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Les Pyrénées
      Nature et culture
Les Pyrénées
    catalanes
Les sources du Llobregat, près de Castellar de n’Hug




Les Pyrénées catalanes offrent toutes sortes
de paysages. Leurs réserves protégées et leurs
parcs naturels, leurs églises romanes inscrites
au patrimoine mondial par l’Unesco, leurs vallées
chargées d’Histoire et d’histoires, leur excellente
cuisine et leurs fêtes plusieurs fois centenaires
en font un lieu de vacances sans équivalent.
3
Val d’Aran

                            Vielha

                                                                                                              France
                                                           Andorre
                                                                                       Llívia

                        El Pont de Suert      Sort
                                                                     Puigcerdà
                                                  La Seu d’Urgell                                                          Figueres


                                                                                           Ripoll

                                                     Pirineus
                                  Tremp                                                                     Olot
                                                                          Berga
                                                          Solsona                                                   Costa Brava



                                                                                                                      Girona
                      Terres de Lleida

                                                                      Catalunya Central
            Lleida




                                                                                                            Costa de Barcelona-Maresme


                                                                Costa del Garraf                Barcelona




                                  Costa Daurada

                                                        Tarragona

Terres de l’Ebre



                                          Mer Méditerranée



                                                                                                Catalogne

                                                                          Val d’Aran


                                                                          Costa Brava
c’est les Pyrénées
Préface                                                7

Le parc national d’Aigüestortes et du lac
de Sant Maurici, des paysages sculptés par la glace    11

Des paysages préservés,
la nature dans toute sa pureté                         21

Le Val d’Aran, un petit pays occitan                  29

La vallée de Boí, patrimoine mondial                  37

Le contraste des vallées,
des cours d’eau porteurs de vie                       45

La Seu d’Urgell, le carrefour des Pyrénées            53

Olot, la ville volcanique                              61

Solsona, des racines de pierre                        69

Les villes de montagne                                77

L’essence médiévale                                   83

La Route des Pyrénées comtales                        89

La vie dans la montagne                               99

Des vacances actives                                  107

La culture du feu, des fêtes toute l’année            115

La cuisine, un bouquet de saveurs ancestrales         123

Renseignements utiles                                 130
Le Pedraforca, une montagne mythique




6
Les Pyrénées
catalanes,
une montagne
infinie
À l’est, la tramontane caresse les côtes brunes des Albères. Plus
au sud, des volcans ponctuent ici et là le territoire de la Garrotxa.
Au-dessus du sanctuaire de Núria, les Pyrénées flirtent avec les
3 000 mètres. Les chaînes du Moixeró et du Cadí délimitent avec
le massif du Pedraforca un espace qui recèle des trésors naturels
de haute montagne. Le sommet catalan le plus élevé est la Pica
d’Estats, qui atteint 3 143 mètres. Tout près s’étend le parc
national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, véritable paradis
de l’eau. Enfin, au nord, le Val d’Aran s’ouvre sur les plaines
gasconnes. Du cap de Creus jusqu’aux abords de l’Aneto, les
Pyrénées catalanes offrent une diversité de paysages inépuisable.

Le climat varie, lui aussi, selon les vallées, depuis le ciel pur de la
Méditerranée où la montagne vient plonger dans la mer, jusqu’aux
vents atlantiques qui guident les nuages vers le Val d’Aran. Le long
de cette chaîne, la neige recouvre les sommets six mois par an.
L’ensoleillement, les températures, l’eau et la main de l’homme ont
donné lieu à une flore et à une faune d’une très grande variété.




                                                                      7
Au cap de Creus   Une loutre                       La Pica d’Estats, le toit de la Catalogne




                               Mais les Pyrénées, c’est aussi une présence de l’homme
                               immémoriale. Les vestiges de toutes les époques sont
                               innombrables, depuis les dolmens et les menhirs du massif
                               des Albères jusqu’aux lacs de barrage les plus récents.
                               De plus, c’est là que l’histoire a fait naître notre pays. De cette
                               période subsiste une église romane dans quasiment tous les
                               villages. Quant au présent, il s’exprime par une culture vivante,
                               pleine de légendes, de plats du terroir, de danses,
                               de chansons et de fêtes populaires. Dans les pages qui
                               suivent, nous tâcherons de vous en donner un aperçu.
                               Nous devrons nous en contenter, car une liste exhaustive
                               dépasserait les limites de cette brochure. Région tout à fait
                               singulière, les Pyrénées catalanes sont autant appréciées par
                               ceux qui souhaitent simplement passer quelques jours au
                               calme que par les amateurs d’activités sportives.
                               Les montagnes sont sillonnées de chemins, la neige tant
                               attendue des skieurs est là chaque hiver, il y a des parois
                               pour l’escalade et des rivières à descendre en kayak. D’un
                               bout à l’autre, les Pyrénées sont riches d’attraits infinis.




8
Le cirque lacustre de Baiau




                              9
10
Le parc national
d’Aigüestortes et du lac
de Sant Maurici
Des paysages sculptés
par la glace
Des sommets de trois mille mètres, des falaises,
des névés, des congères, des lacs par centaines,
des eaux qui jaillissent, d’autres qui se prélassent,
des prairies à n’en plus finir, des forêts de pin
Laricio côtoyant des sous-bois d’airelles et de
rhododendrons, des sapins, des hêtres, des isards,
des coqs de bruyère et, ici et là, un gypaète barbu
qui plane… Le parc national d’Aigüestortes et du lac
de Sant Maurici est un parc de haute montagne,
somptueux et sans pareil, qui attire chaque année
des milliers de visiteurs.
Dans le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici   11
Le refuge Josep Maria Blanc, au bord du lac Tort de Peguera




Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia)        Gentiane des Alpes (Gentiana alpina)                       Digitale pourpre (Digitalis purpurea)




Il y a plus de cinq cents                                                       Très vite, la végétation
millions d’années,                                                              a colonisé les espaces
les plissements qui ont donné lieu à la chaîne des Pyrénées se
sont formés. Ensuite, c’est la force de la glace qui a sculpté les
                                                                                restés libres
montagnes et les vallées du parc national telles que nous les                   Le fond des vallées s’est peuplé de bouleaux et de chênes,
connaissons. Les glaciers sont descendus dans les vallées                       de peupliers et de hêtres, tandis que les pins sylvestres et les
sur plusieurs dizaines de kilomètres, atteignant des centaines                  sapins colonisaient les versants. Le pin Laricio s’est installé
de mètres d’épaisseur, et ont labouré, avec une implacable                      encore plus haut, avec des sous-bois d’airelles, de
ténacité, les parois de ces vallées. La dernière période                        rhododendrons et de genévriers, laissant les cotes les plus
glaciaire s’est achevée il y a dix mille ans. Les glaciers ont                  élevées aux prairies ponctuées de gentianes, d’œillets
alors fondu et laissé à découvert de vastes cirques de pierre                   sauvages et de renoncules. Dans les tourbières a pris place
dans le haut et des vallées en auge, à fond plat et parois                      la violette d’eau. Au milieu des éboulis sont apparues les
verticales, plus bas. Sur chaque replat, l’eau est restée en                    immortelles et les saxifrages. Enfin, près des sommets, sur les
souvenir de ces glaciers disparus. Le parc national recèle des                  parois de pierre lisse, ont poussé les mousses et les lichens.
centaines de lacs, une concentration que l’on ne retrouve nulle
part ailleurs dans les Pyrénées.




12
Le lac Llong

               13
Ces contrées élevées
                                                                      et inhospitalières étaient
                                                                      peu fréquentées par les
                                                                      humains
                                                                      Des siècles durant, il y eut des bergers qui menaient leurs
Chaque étage alpin                                                    troupeaux à l’estive et les borderies dans lesquelles ils se
                                                                      réfugiaient portent encore le témoignage de leur passage.
possède sa propre faune                                               On y travaillait le bois et on y voyait passer des chasseurs.
                                                                      Tout cela jusqu’au début du siècle passé, où, l’énergie
Les isards s’aperçoivent sur les plus hauts rochers.                  hydroélectrique se développant, on construisit des barrages
Le lagopède alpin se cache sur les versants enneigés tandis           sur les lacs et des conduites pour faire descendre l’eau
qu’un aigle royal traverse le ciel ou que planent le gypaète          jusqu’aux centrales. Toute cette agitation fit naître l’idée qu’il
barbu ou le vautour. Dans les prairies, il n’est pas rare             fallait nécessairement protéger la haute montagne. C’est
d’entendre le sifflement des marmottes. Dans les forêts se            pourquoi, en 1955, un décret instituait le parc national
cachent le sanglier et l’écureuil, souvent accompagnés du             d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, le seul parc à avoir
tambourinage du pic ou, pendant la pariade, du chant du coq           ce statut en Catalogne, reclassé par le gouvernement catalan
de bruyère. Les loutres poursuivent les truites dans les rivières.    en vertu de la loi 7/1988, du 30 mars 1988.




Le lac de Sant Maurici                                 Une marmotte




14
Aigüestortes




Le parc national s’étend                                         Dans le secteur
à cheval                                                         d’Aigüestortes,
sur l’Alta Ribagorça et le Pallars Sobirà, débordant sur le      certains sommets dépassent les trois mille mètres. C’est le
Pallars Jussà et le Val d’Aran ; il occupe une superficie de     cas de Punta Alta et de la crête qui relie le Comaloformo et
40 852 ha, dont 14 119 ha correspondent au parc proprement       les Besiberris. Mais la vallée qui reçoit le plus de visiteurs est
dit et 26 733 à sa périphérie. Comme son nom l’indique, il est   celle qui part de la vallée de Boí pour remonter le cours de la
divisé en deux grands secteurs : Aigüestortes, dans l’Alta       rivière Sant Nicolau. Accessible à pied ou en taxi, elle conduit
Ribagorça, qui donne sur la vallée de Boí, et Sant Maurici,      au lac de Llebreta et aux plateaux où la rivière dessine de
dans le Pallars Sobirà, qui s’ouvre sur la vallée d’Espot. Un    nombreux méandres et se divise en de nombreuses
centre d’information a été installé dans chacun de ces           ramifications, d’où le nom d’Aigüestortes (« eaux en zigzags »).
secteurs.                                                        La vallée continue vers le lac Llong, et se poursuit jusqu’au
                                                                 col du Portarró d’Espot. Là, on change de bassin et on passe
                                                                 sur le versant est du parc.

                                                                                                                                 15
Le pic de Montardo




Le secteur                                                          Dans le Val d’Aran,
de Sant Maurici                                                     le pic de Montardo est facilement reconnaissable. Mais le
                                                                    Gran Tuc de Colomers, à 2 936 m, le dépasse de cent mètres.
est accessible en taxi depuis Espot ou à pied. Le lac de Sant       Ce sommet domine un vaste cirque où les eaux dévalent en
Maurici est entouré de prairies et de forêts et dominé par Els      cascades d’un lac à un autre (plus de soixante lacs au total),
Encantats, la montagne aux deux sommets jumeaux, qui                avant d’aller se déverser dans la Garonne.
seraient, d’après ce que nous dit la légende, deux chasseurs
transformés en rochers pour ne pas avoir assisté à la messe.
La piste qui conduit au lac de Sant Maurici continue de
grimper vers les lacs d’Amitges, sous les aiguilles du même
nom, destination de nombreux alpinistes. Du côté du Pallars
Sobirà, on entre dans le parc sous le col de La Bonaigua et on
remonte vers le lac de Gerber, en traversant d’exubérantes
sapinières. Du côté du Pallars Jussà, l’entrée du parc se situe
en haut de la Vall Fosca. Du barrage de Sallente part un
téléphérique qui monte jusqu’au lac Gento. On peut en
redescendre à pied en suivant la voie du petit train qui
transportait autrefois du matériel vers les barrages ; plus loin,
le chemin descend tout droit jusqu’à Sallente.




16
Le parc national
d’Aigüestortes et du lac
de Sant Maurici
est un lieu splendide, un joyau de la nature sous l’emprise
de la pierre, de l’eau et de la végétation. Mais c’est aussi un
endroit fragile, soumis aux périls que peuvent constituer les
nombreuses visites que lui vaut sa beauté. Toute activité
laissant des traces y est donc à proscrire. Si l’on veut y passer
la nuit, il est nécessaire de réserver dans l’un des refuges
prévus à cet effet. Il est vivement recommandé de suivre
l’itinéraire, appelé Carros de Foc (chariots de feu), qui relie
les neuf refuges gardés du parc.
En outre, on n’oubliera jamais que ce parc national est un lieu
de haute montagne : un orage peut s’y former en quelques
heures, les températures peuvent baisser tout d’un coup et
il peut neiger à tout moment de l’année. Il est donc conseillé
d’être toujours bien équipé pour parcourir le parc.




Aigüestortes est un joyau de la nature sous
l’emprise de la pierre, de l’eau et de la végétation.
Le Sant Nicolau dans le secteur d’Aigüestortes




                                                                    17
Pâturages dans les Pyrénées

18
Randonnée
de haute montagne
Le parc du sud au nord
Le point de départ est à Espot. Suivre la vallée de la rivière de
Peguera jusqu’au lac Tort et passer la nuit au refuge Josep Maria
Blanc. Monter jusqu’au lac de la Llastra et au col de Monestero,
descendre au lac de Monestero et suivre la vallée jusqu’au lac de
Sant Maurici ; passer la nuit au refuge Ernest Mallafré. Du Port
de Ratèra de Colomèrs, descendre au lac Deth Miei. Continuer
jusqu’au lac Major de Saboredo, franchir le col entre les Agulhes
(les aiguilles) de Saboredo et descendre jusqu’au refuge Gerber ;
passer par le lac de Gerber pour rejoindre la route C-28.
Difficulté : moyenne. Durée : 4 jours. On aura soin de bien s’équiper
et de réserver sa place aux refuges.
Point de départ : Espot. Il est conseillé de disposer d’une autre
voiture au bout de l’itinéraire, sur le parking du sanctuaire de la Mare
de Déu de les Ares, route C-28.
Pour en savoir plus :
Maison du parc à Espot
Refuge Sant Maurici / J. M. Blanc, tél. (+34) 973 250 108,
www.jmblanc.com
Refuge E. Mallafré, tél. (+34) 973 250 105
Refuge Saboredo, tél. (+34) 973 253 015, www.refugisaboredo.com

Pour faire des randonnées en haute montagne, il est nécessaire
de disposer de bonnes cartes et de se documenter.




Adresses utiles
Entrées du parc                         Itinéraire Carros de Foc
Ca de Simamet, Graieres, 2              www.carrosdefoc.com
25528 Vall de Boí
Tél. (+34) 973 696 189                  Parcs naturels de Catalogne
                                        www.parcsdecatalunya.net
Prat del Guarda, 4
25597 Espot
                                        Offices de tourisme de Sort
Tél. (+34) 973 624 036
                                        et de la Vall de Boí
                                        (Voir pages 130 et 131)
Syndicat d’initiative
de la Vall Fosca
www.vallfosca.cat




                                                                           19
Des paysages préservés
La nature dans toute
sa pureté
Les Pyrénées catalanes recèlent une multitude
de sites naturels de grande valeur, dont l’intérêt est
aussi bien environnemental que culturel ou
architectural. Certains de ces territoires sont
protégés à des degrés divers, afin de préserver la
qualité et l’intérêt du paysage, la richesse de la faune
ou le patrimoine humain qui y subsiste.
Le lac de Naorte                                       21
Le parc naturel
de l’Alt Pirineu
C’est le plus grand parc de Catalogne. Il recouvre quelque        coqs de bruyère y sont plus nombreux que partout ailleurs en
soixante-dix mille hectares de paysages de haute montagne         Catalogne. Ils partagent les lieux avec l’aigle royal, le gypaète
restés pratiquement vierges jusqu’à aujourd’hui et abritant       barbu, la chouette, le lagopède alpin, et avec des ongulés tels
une exceptionnelle diversité de faune et de flore. Il se trouve   que l’isard, le mouflon, l’écureuil, le daim et le sanglier. Un
en plein cœur des Pyrénées, à cheval sur le Pallars Sobirà        grand nombre de rivières et de lacs accueillent différentes
et l’Alt Urgell.                                                  espèces de poissons, dont la truite, et la flore est riche de
Au nombre des sites d’une valeur inestimable figurent la          mille cinq cents espèces, dont beaucoup sont endémiques
vallée de Bonabé et ses épaisses forêts de sapins et de pins      des Pyrénées.
Laricio, et la vallée d’Àrreu, qui n’est accessible qu’à pied     Le parc renferme certaines des montagnes les plus
et a conservé de ce fait un patrimoine naturel d’un très haut     emblématiques et les plus élevées des Pyrénées, telle la Pica
intérêt et très peu altéré. Le cirque de Noarre est, lui aussi,   d’Estats qui, avec ses 3 143 m, est le sommet le plus haut
quasiment intact ; le Pla de Boavi, point de rencontre de         de la Catalogne. Pour bien connaître ce parc, rien de mieux
plusieurs vallées, offre une grande diversité de végétation.      que parcourir à pied les innombrables sentiers et itinéraires
La forêt de Virós est un autre des joyaux naturels du parc,       balisés, mais on peut aussi préférer d’autres modalités
à quoi s’ajoute la vallée de Santa Magdalena, qui recèle          sportives telles que le VTT, l’alpinisme, les raquettes à neige,
des hameaux, des borderies et des chapelles au charme             le ski de fond et le ski alpin, les randonnées à cheval ou les
envoûtant.                                                        activités praticables sur les rivières. Les nombreuses églises
Après de nombreuses années d’absence, l’ours brun se              et chapelles romanes réparties dans tout le parc constituent
promène à nouveau dans ces parages, et les énigmatiques           l’un de ses principaux attraits. Il en est ainsi de Sant Pere


               Borderie dans le parc naturel de l’Alt Pirineu            Une maison traditionnelle




22
Ars



del Burgal, de Sant Serni de Baiasca, de Santa Maria d’Àneu,
de Sant Pau d’Esterri de Cardós, de Santa Maria de Ginestarre, de
Sant Joan d’Isil (sur les bords de la Noguera Pallaresa), de
Santa Maria de Ribera...
Les villages conservent d’intéressants exemples d’architecture
traditionnelle et quelques ensembles historiques
remarquables, comme la cité médiévale fortifiée d’Escaló et le
vieux centre de Castellbò, qui témoignent d’anciens modes
d’aménagement urbain. Les scieries, les ruines de forges
d’antan, les moulins, les pigeonniers, les charbonnières sont
autant de témoignages de l’exploitation des ressources
naturelles de ces vallées.




                                                                    23
L’un des endroits les plus impressionnants du parc
est la face nord du Cadí, avec ses escarpements
géants quasiment verticaux et ses vallées
profondes et boisées.
L’église Sant Joan, à Isil




24
Arsèguel, au pied du massif du Cadí




Le parc naturel                                                    Les Albères et le parc
du Cadí-Moixeró                                                    naturel du cap de Creus
Ce parc englobe les chaînes du Cadí et du Moixeró, le massif       Ces deux unités géographiques constituent les derniers
de Pedraforca – classé site naturel d’intérêt national – et la     contreforts des Pyrénées avant qu’elles ne plongent dans
vallée de Gresolet, ainsi qu’une bonne partie de la Tossa d’Alp    la Méditerranée. Le massif des Albères, classé site naturel
et du Puigllançada. Les endroits les plus impressionnants          d’intérêt national, sert de frontière naturelle entre deux
du parc sont le versant nord du Cadí, avec ses escarpements        grandes plaines catalanes, l’Empordà et le Roussillon, avec
géants quasiment verticaux et ses vallées profondes et boisées,    des sommets comme le Puig Neulós (1 257 m). Le secteur
et le Pedraforca, qui, avec sa majestueuse silhouette, est         ouest, du côté de Requesens, comprend les zones les plus
l’une des montagnes les plus appréciées des alpinistes             humides et les plus élevées, couvertes de forêts de chênes-
catalans. Les autres sites remarquables sont les alpages           lièges, de chênes verts, de chênes rouvre et de châtaigniers,
du Cadí et la roche de l’Ordiguer, sur la face nord du Cadí,       sans compter les hêtraies et les prairies alpines. Le secteur
ou encore la vallée de Gréixer, sur le versant sud, au-dessus      est s’étend autour du monastère de Sant Quirze de Colera.
de laquelle se dresse le Moixeró, qui culmine aux fières           Les Albères sont l’une des régions d’Europe qui possèdent
Penyes Altes de Moixeró.                                           le plus grand nombre de mégalithes.
Un bon nombre de localités conservent leur architecture            Le cap de Creus s’avance dans un site marin exceptionnel.
traditionnelle. Il en va ainsi de Bagà, l’ancien chef-lieu de la   La beauté des côtes de cette presqu’île n’a rien à envier à
baronnie de Pinós, qui a conservé une partie de ses murailles      celle de l’intérieur de ses terres. Plusieurs écosystèmes y
médiévales et une jolie place à arcades, et de Bellver de          coexistent, d’où la présence de nombreuses espèces, dont
Cerdanya, centre d’un ancien bailliage, qui domine la plaine       certaines sont endémiques. Le riche patrimoine architectural
du Segre. Des petits villages de montagne, tous nichés dans        de la région trouve son point d’orgue au monastère de Sant
de beaux sites, ont conservé d’intéressants exemplaires            Pere de Rodes. Tout près s’étend le parc naturel des
d’architecture civile et religieuse : Adraén, Querforadat,         Aiguamolls de l’Empordà, deuxième zone humide de la
Cornellana, Cava, Ansovell, Gisclareny, Gréixer, Gósol,            Catalogne, avec des points d’observation sur les étangs
Gresolet, Bastanist, le monastère de Sant Llorenç prop Bagà,       et les marais.
l’église de Talló, Sant Julià de Pedra, Bor, Coborriu, Tartera,
Mosoll, Talltendre, etc.




                                                                                                                               25
Promenade en calèche dans la hêtraie dite Fageda d’en Jordà      Le défilé de Mont-rebei




Le parc naturel                                                  Le défilé de Mont-rebei
de la zone volcanique                                            En traversant la chaîne du Montsec, les eaux de la Noguera
                                                                 Ribagorçana ont creusé un profond défilé, le seul de Catalogne
de la Garrotxa                                                   à être resté vierge, sans routes, sans voies ferrées, sans lignes
                                                                 électriques. Un chemin creusé partiellement dans le rocher
Espace protégé et très humanisé, ce parc constitue le plus bel   permet d’admirer ce site spectaculaire, formé de parois qui
exemple de paysage volcanique dans la péninsule Ibérique,        atteignent par endroits plus de cinq cents mètres à la verticale.
avec sa trentaine de cônes d’anciens volcans de type
strombolien, ses cratères et ses coulées de lave basaltique.
Les plus beaux éléments en sont les falaises basaltiques
de Castellfollit de la Roca et de Sant Joan les Fonts, les
volcans d’El Croscat, de Santa Margarida et du Montsacopa,
et la hêtraie dite Fageda d’en Jordà, immortalisée dans un
poème de Joan Maragall. La rusticité du paysage de la
Garrotxa s’accentue vers le nord, donnant des lieux
emblématiques comme Sant Aniol d’Aguja et la vallée d’El Bac.




26
La traversée du Moixeró
Le point de départ est Bagà. Se diriger vers le nord pour               Difficulté : moyenne. Durée : 3 jours.
monter jusqu’au refuge de Rebost pour y passer la nuit.                 Point de départ : Bagà, par la route C-16, après Guardiola
Continuer jusqu’au Pla dels Orris, passer par le col de                 de Berguedà.
Comafloriu et rejoindre le sommet de la Tossa d’Alp et le               Pour en savoir plus :
refuge Niu de l’Àliga pour y passer la nuit. Poursuivre l’itinéraire    Bureaux du parc naturel Cadí-Moixeró à Bagà
en suivant la crête du Moixeró et monter jusqu’aux Penyes               Refuge de Rebost, tél. (+34) 608 736 714,
                                                                        www.refugirebost.cat
Altes (2 279 m). Au col de Moixeró, prendre le chemin du col
                                                                        Refuge Niu de l’Àliga, tél. (+34) 647 477 774
d’El Dental et rejoindre le refuge Sant Jordi. Le dernier jour,
                                                                        Refuge Sant Jordi / Font del Faig, tél. (+34) 619 239 860
descendre en suivant le torrent d’El Pendís jusqu’à la piste qui
                                                                        Pour faire des randonnées en haute montagne, il est nécessaire de disposer
longe le cours du Bastareny pour retourner à Bagà.                      de bonnes cartes et de se documenter.




Adresses utiles
Parc naturel de l’Alt Pirineu        Site naturel d’intérêt national    Parc naturel de la zone                 Parcs naturels de Catalogne
Ctra. Val d’Aran, 31                 des Albères                        volcanique de la Garrotxa               www.parcsdecatalunya.net
25595 Llavorsí                       Rectoria Vella, Amadeu Sudrià, 3   Casal dels Volcans, av. Santa
Tél. (+34) 973 622 162               17753 Espolla                      Coloma, s/n
                                     Tél. (+34) 972 545 079             17800 Olot
Parc naturel du Cadí-Moixeró                                            Tél. (+34) 972 266 202
et du massif du Pedraforca           Parc naturel du cap de Creus
Vinya, 1                             Monestir de Sant Pere de Rodes     Défilé de Mont-rebei
08695 Bagà                           17489 El Port de la Selva          Ajuntament de Sant Esteve
Tél. (+34) 938 244 151               Tél. (+34) 972 193 191             de la Sarga
                                                                        Tél. (+34) 973 653 377




                                                                                                                                                27
28
Le Val d’Aran
Un petit pays occitan
À l’extrémité ouest des Pyrénées catalanes,
le Val d’Aran, qui s’ouvre vers le nord de la chaîne,
se distingue par un ensemble de traits que l’on ne
trouve nulle part ailleurs en Catalogne.
L’orientation de la vallée a pour conséquence
que les vents atlantiques y pénètrent chargés
d’humidité. Dans le Val d’Aran, la pluviosité est plus
régulière que dans les autres régions pyrénéennes
de Catalogne, où la pluie dépend davantage des
caprices méditerranéens. L    ’eau, en torrents ou
rivières, se déverse dans la Garonne, qui devient
plus loin le grand fleuve traversant les plaines
aquitaines avant de se jeter dans l’Atlantique.
Gausac                                                   29
Comme les nuages
                                                                  Dès que l’on sort du
et la pluie,
le commerce et la culture se sont tournés vers le nord. Au sud,
                                                                  tunnel de Vielha,
la barrière montagneuse a rendu les communications difficiles     on voit tout de suite que les pentes sont plus vertes, que le
avec l’Aragon et la Catalogne. Pendant des siècles, la neige      climat a changé et aussi les villages, avec leurs clochers
a empêché, six mois par an, toute traversée des cols des          couronnés de toits en pointe. Nombreux sont les villages qui
montagnes. Il n’est donc pas étonnant que les Romains soient      ont conservé leur structure et leur architecture traditionnelles.
entrés dans cette vallée en suivant le cours de la Garonne,       En revanche, Vielha, le chef-lieu situé au centre de la vallée,
et que sa langue, l’aranais, soit un dialecte du gascon et par    est une ville dynamique et moderne. De son origine romaine,
là même un dialecte de l’occitan, la langue des troubadours       elle a conservé son nom, et de son passé médiéval les
du Moyen Âge. Mais l’histoire a rapproché le Val d’Aran des       vestiges romans et gothiques de l’église Sant Miquèu. Cette
comtés aragonais et catalans. En 1313, Jacques II accordait       église abrite une sculpture sur bois remarquable : Le Christ
à la vallée le privilège de la Querimonia, une charte juridique   de Mijaran, qui faisait partie d’une Descente de Croix romane.
qui octroyait d’importantes exonérations aux Aranais. Le Val      Dans la vieille ville, on peut voir de belles maisons
d’Aran était structuré en six terçons, qui élisaient leurs        seigneuriales, telle la Casa de Santesmasses, aussi appelée
conselhers au Conselh Generau, une institution qui s’est          Tor deth Generau Martinhon. Elle héberge le musée du Val
maintenue jusqu’en 1835 puis a été rétablie en 1991.              d’Aran, qui présente une vision complète de ce territoire.


Le Torà                                                           Arties




30
Peintures de style tardo-gothique dans l’église Sant Andrèu, à Salardú   Le Christ de Mijaran, dans l’église Sant Miquèu, à Vielha




Le patrimoine artistique                                                 En remontant le cours
est disséminé dans                                                       de la Garonne
toute la vallée                                                          viennent Betren et Gausac, aux abords de Vielha. L’église
                                                                         de Betren présente un portail gothique à voussures sculptées.
Près de la frontière avec la France, sur la rive gauche de la            L’église Sant Martin de Gausac est gothique, possédant un
Garonne, le village de Bossòst possède une belle église du               robuste clocher qui servait de tour de défense, ce qui n’est
XIIe siècle, dite Era Mair de Diu dera Purificacion ; ce bel             pas rare dans les églises de l’époque, dont l’enceinte était
édifice roman comporte trois absides à décoration lombarde               aussi une protection. Par exemple, une enceinte fortifiée
et a un portail orné de trois arcades, de colonnes et de                 entourait Santa Maria d’Arties. D’origine romane, cette église
chapiteaux sculptés ainsi que d’un tympan montrant un Christ             est sur plan basilical ; l’intérieur abrite un retable gothique
en majesté et les Évangélistes. Vilamòs, perché sur la rive              peint par le maître de Vielha et des fresques de style gothique
droite, recèle une autre église romane, l’une des plus                   tardif montrant le jugement dernier. Arties s’est développé
anciennes. La Casa Joanchiquet a été aménagée en musée.                  autour de cette église et s’étend aujourd’hui en une mosaïque
                                                                         de toits de schiste ardoisier. On y remarque Ço de Paulet,
                                                                         une belle demeure du XVIe siècle, et la solide tour de la maison
                                                                         des Portolà, une famille à laquelle appartenait le premier
                                                                         gouverneur de Californie, Gaspar de Portolà. Toujours à
                                                                         Arties, l’église Sant Joan, de style roman à la base, a évolué
                                                                         vers un gothique austère ; elle sert aujourd’hui de salle
                                                                         d’expositions temporaires.




                                                                                                                                       31
Après le travail vient
                                                                      le temps de la fête,
À Salardú,
l’église Sant Andrèu est un édifice roman et gothique de
                                                                      des danses...
transition, montrant trois nefs et trois absides, et un imposant      Et, parmi ces danses, figurent de nombreuses danses
clocher octogonal. À l’intérieur, on admire un magnifique             traditionnelles qui ont survécu jusqu’à nos jours. La première
Christ roman, qui rappelle celui de l’église de Casarilh en aval      fête de l’année est celle des Magràs ou fête du carnaval.
du fleuve, et des peintures du gothique tardif restaurées à la        Pendant la semaine de Pâques, on assiste à des processions
fin du siècle dernier. Plus haut, Unha possède une belle église       à Bossòst. Le 13 mai, la fête de la Sainte-Croix, à Salardú,
romane, Santa Eulària, dont le clocher est coiffé d’un bulbe.         rassemble autour du Christ de Salardú les croix des huit
Dans ces bourgades, la population vivait essentiellement              hameaux de la commune. Le solstice d’été, le 23 juin, est
de l’élevage et de l’exploitation du bois. Mais il y avait d’autres   particulièrement fêté à Les et à Arties (voir la rubrique des
activités, et notamment une tradition minière : extraction            fêtes). De plus, chaque village organise sa fête patronale.
de fer, de cobalt, de galène et, surtout, de zinc et de plomb,        Une fête plus moderne, la Hèsta d’Aran, a lieu le 17 juin,
ce dont témoigne une mine réhabilitée au nord d’Arres, la             en commémoration du rétablissement du Conselh Generau.
Mina Victòria. À Vielha, on peut visiter la Fabrica dera Lan          Enfin, la Corsa Aran per sa Lengua, une course populaire
(fabrique de laine), qui utilisait la force motrice des eaux du       organisée pour la défense de l’aranais, rassemble des
Nere. Enfin, à Salardú fonctionne un ancien moulin à farine.          coureurs des divers terçons et s’achève par un concert.


Salardú




32
Danses traditionnelles à Arròs                                   Bossòst




Mais le Val d’Aran n’est                                              Pour reprendre des
pas que villages, travail                                             forces après une
et fêtes                                                              journée bien remplie,
Le Val d’Aran, c’est d’abord la montagne. Un tiers du territoire      rien de tel que goûter à la cuisine de la vallée, qui offre une
aranais se trouve à une altitude supérieure à deux mille              grande variété de spécialités (voir le chapitre « La cuisine, un
mètres. Si des milliers de skieurs profitent de la neige à            bouquet de saveurs ancestrales »). Une brochure sur le Val
Baqueira Beret pendant les mois d’hiver, il existe aussi              d’Aran, publiée dans cette même collection, présente en détail
d’autres options. Ainsi, on ne manquera pas d’aller voir              les spécificités de cette belle vallée.
L’ Artiga de Lin et les chutes des Uelhs deth Joèu, où jaillissent
les eaux provenant du glacier de l’Aneto. Le Montcorbison,
tout près de Vielha, est d’ascension facile et offre de
magnifiques panoramas. Dans le secteur du parc national
d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, on retiendra le
sommet du Montardo et le cirque de Colomèrs, où se trouve
une importante zone lacustre. Sur les versants qui ferment la
vallée au nord, le chemin qui va du Pla de Beret jusqu’au
sanctuaire de la Mair de Diu de Montgarri est bien connu des
randonneurs. En hiver, ce chemin est praticable à raquettes.
Partout, on trouve des pentes qui offrent d’infinies possibilités
pour pratiquer le ski alpin ou le ski de fond. En été, le nord
de la vallée est peu fréquenté ; il présente néanmoins de très
beaux sommets, tel le Tuc de Maubèrme.




                                                                                                                                   33
Unha

34
La forêt de La Tuca
(À VTT)
Sur la place de Betren, prendre la direction de Vielha. Avant
de traverser le pont qui enjambe le Nere, tourner à gauche vers
la place de l’église. Continuer et remonter la piste qui longe
la rivière jusqu’au km 5, où l’on rejoint la route de Vielha et de
la France (N-230) devant la bouche nord du tunnel de Vielha.
Continuer sur la piste jusqu’à l’incinérateur. Sur la droite monte
une piste forestière qui atteint la cote maximale de cet itinéraire
(1 530 m). Redescendre jusqu’à la route C-28, qu’il faut
traverser pour revenir à Betren.
Difficulté : moyenne.
Point de départ : Betren, que l’on rejoint, en venant de Vielha, par la
C-28 en direction de Salardú (vers l’est).
Pour en savoir plus :
Routes du Palau Robert, www.gencat.cat/probert
Office de tourisme de Vielha




Adresses utiles
Office de tourisme
du Val d’Aran
Ctra. Gausac, 1
25530 Vielha e Mijaran
Tél. (+34) 973 640 688
www.torismearan.org

Offices de tourisme de Les,
Salardú et Vielha
(Voir pages 130 et 131)




                                                                          35
36
La vallée de Boí
Patrimoine mondial
L art roman le plus pur atteint son apogée dans
  ’
la vallée de Boí, avec une concentration
exceptionnelle d’églises construites aux xe, xie et xiie
siècles, qui ont conservé leurs beaux clochers,
une décoration extérieure raffinée et des peintures
religieuses de renom international. L ensemble des
                                         ’
neuf églises de la vallée de Boí (l’ Assumpció de Cóll,
Santa Maria de Cardet, Sant Feliu de Barruera,
l’église de la Nativitat et la chapelle de Sant Quirc de
Durro, Santa Eulàlia d’Erill la Vall, Sant Joan de Boí,
Santa Maria de Taüll et Sant Climent de Taüll) a été
inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco.
L’église Sant Feliu, à Barruera                       37
L’église de la Navitat, à Durro   L’église Sant Joan, à Boí                                        La chapelle de Sant Quirc, près de Durro




L’église Santa Maria, à Cóll      L’église Santa Eulàlia, à Erill la Vall                          La Main de Dieu, Sant Climent, Taüll (MNAC)




                                                                   Des joyaux de l’art roman
                                                                   La construction de ces églises est due à l’initiative des
                                                                   seigneurs d’Erill, une grande famille féodale attestée dès 1077
                                                                   qui exerça sa domination sur toute la vallée. Son isolement
                                                                   a contribué à préserver une grande partie de l’ensemble
                                                                   monumental actuel. Entre 1919 et 1923, la direction des
                                                                   musées de Barcelone a procédé au transfert de la plupart
                                                                   des peintures, afin de parer à l’éventualité d’une spoliation.
                                                                   Les fresques ont été détachées et sont visibles aujourd’hui
                                                                   à Barcelone, au Musée national d’art de Catalogne (MNAC).
                                                                   Les deux églises de Taüll (Santa Maria et Sant Climent) ont
                                                                   été classées monument historique et artistique en 1931. Plus
                                                                   tard, le gouvernement catalan a classé l’ensemble des églises
                                                                   romanes « bien d’intérêt culturel ». En 1994, un plan de
                                                                   restauration architecturale de ces monuments fut mis en place
                                                                   et l’Unesco procéda à leur inscription sur la liste du patrimoine
                                                                   mondial en l’an 2000.




                                                                                                             L’église Sant Climent, à Taüll
38
39
En route dans la vallée
de Boí
L’une des premières églises romanes que l’on trouve dans               Mais on peut admirer une reproduction fidèle de ce groupe
la vallée est celle de Cóll, à l’extérieur du village : petite, elle   à l’intérieur de l’église.
présente un portail roman du XIIe siècle.                              Un embranchement mène à Boí. L’église Sant Joan a
Un peu plus haut se trouve Cardet. Son église romane Santa             conservé son clocher d’origine, de style lombard, et une
Maria n’a qu’une seule nef et son abside est d’une hauteur             abside. Les autres parties de l’édifice sont le résultat de
considérable ; elle abrite une statue de la Vierge de                  différentes restaurations. À l’intérieur, on voit une reproduction
Cabanasses.                                                            des peintures murales des XI e et XII e siècles qu’abritait
À Barruera, l’église romane Sant Feliu se trouve aussi                 auparavant l’église.
à l’extérieur du village. À une seule nef, elle a un clocher carré     Enfin, un kilomètre plus loin ou guère plus, la route rejoint
très robuste.                                                          Taüll. Divisé en deux secteurs, ce village s’est développé
On gagne Durro par une route secondaire. L’église romane               autour de deux des églises romanes les plus emblématiques
de la Mare de Déu de Durro, du XIIe siècle, présente une seule         de toutes les Pyrénées : Santa Maria et Sant Climent. L’église
nef couverte d’un berceau et un porche latéral à arcades ;             Santa Maria est l’église paroissiale de Taüll. Datée du XIIe
le clocher est carré, à voûtes lombardes ; le portail est formé        siècle, elle se trouve sur la Plaça Major et se compose de trois
d’archivoltes reposant sur une double rangée de colonnes.              nefs séparées par des colonnes et terminées par trois absides ;
Une Vierge romane du XIIe siècle provenant de Durro, et qui            on y admire une reproduction de l’ensemble pictural qui
faisait partie d’une Descente de Croix, est aujourd’hui visible        l’ornait ; le clocher est sur plan carré. En bas du village se
au MNAC.                                                               dresse l’église Sant Climent. Datée du XIIe siècle, elle a été
Erill la Vall se trouve sur la rive droite de la Noguera de Tor.       construite en même temps que l’église Santa Maria, et toutes
Son église paroissiale Santa Eulàlia, du XIIe siècle, est l’un         deux furent consacrées par l’évêque Ramon Guillem de Roda
des joyaux de l’architecture romane d’influence lombarde :             en décembre 1123. Sant Climent a, elle aussi, trois nefs
une seule nef, une abside et deux absidioles formant un trèfle ;       séparées par des colonnes et terminées par trois absides
un porche formé d’arcades en plein cintre et un clocher très           décorées d’arcatures lombardes et de fenêtres géminées ;
stylisé. Au début du XXe siècle, on retrouva dans la sacristie un      le clocher s’élève sur six étages. À l’intérieur de l’église se
groupe sculpté en bois de style roman, du XIIe siècle, qui             trouvent des peintures murales d’une polychromie remarquable
représentait une Descente de Croix. Aujourd’hui, une partie en         ainsi que la reproduction du célèbre Pantocrator, ou Christ en
est conservée au musée épiscopal de Vic et l’autre au MNAC.            majesté, qui se trouvait auparavant dans l’abside centrale.


L’église Santa Maria, à Cardet




40
Caldes de Boí




Une station thermale
en pleine montagne
Un bon bain peut être l’assurance d’un repos bien mérité,
après ces nombreuses visites ou une randonnée dans le parc
national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici. À Caldes
de Boí, il y avait, au XVIIIe siècle, un établissement de bains.
C’est aujourd’hui un complexe comprenant deux hôtels, un
établissement thermal, un centre de soins de beauté et des
salles de conférence.



                                                                   41
Le Pantocrator de l’église Sant Climent, à Taüll

42
De Barruera à Durro
À Barruera, emprunter la route de Durro et traverser le pont
qui franchit la Noguera de Tor ; un peu plus loin commence le
chemin balisé. À Durro, prendre le chemin de pierre qui monte à
l’église, continuer de monter pour rejoindre, en haut du village,
la piste qui conduit à la chapelle Sant Quirc de Durro.
7,5 km, 2 h 15 min.


Difficulté : aucune difficulté, 360 m de montée.
Point de départ : Barruera. À El Pont de Suert, prendre la N-230,
puis la L-500.
Pour en savoir plus :
Offices de tourisme d’El Pont de Suert et de la vallée de Boí




Adresses utiles
Centre de l’art roman de la            Musée épiscopal de Vic
vallée de Boí                          Pl. Bisbe Oliva, 3
Camí del Batalló, 5                    08500 Vic
25528 Erill la Vall                    Tél. (+34) 938 869 360
Tél. (+34) 973 696 715                 www.museuepiscopalvic.com
www.centreromanic.com
                                       Syndicat d’initiative de la
Musée national d’art de                vallée de Boí
Catalogne (MNAC)                       www.vallboi.com
Palau Nacional
Parc de Montjuïc                       Offices de tourisme d’El Pont
08038 Barcelona                        de Suert et de la vallée de Boí
Tél. (+34) 936 220 376                 (Voir pages 130 et 131)
www.mnac.cat




                                                                         Détail du parement d’autel de Sant Pere de Boí (vers 1260), au MNAC




                                                                                                                                               43
Le contraste des vallées
Des cours d’eau porteurs
de vie
Les cours d’eau qui dévalent des sommets
pyrénéens ont creusé des dizaines de vallées, dont
chacune est différente des autres. Nous en avons
choisi sept, aux attraits et au peuplement très
diversifiés, que nous présentons selon la course du
soleil, d’est en ouest. Une liste minimale, qui pourrait
être beaucoup plus étendue.
Pont sur le Llierca                                    45
Le train à crémaillère de Núria                                      Le sanctuaire de Núria




La vallée de Sant Aniol                                              La vallée de Núria
« Garrotxa » signifie terre âpre et rocailleuse, et l’on n’est pas   Pour rejoindre Núria, on prend un train à crémaillère à Ribes
surpris de ce nom lorsque l’on pénètre dans les vallées qui          de Freser ou à Queralbs, dont il convient de visiter la belle
ferment cette région au nord. En remontant le cours du               église romane. En montant, le train laisse derrière lui des forêts
Llierca, on rencontre bientôt un pont médiéval à une seule           de frênes et de noisetiers et des chênes rouvre qui s’éloignent
arche, qui franchit, aérien, un gouffre profond. Plus loin, après    au fond des vallées. Le pin Laricio obscurcit les versants, puis,
le petit village de Sadernes, la rivière s’encaisse entre des        remontant des torrents au bord des falaises, le train parvient
parois calcaires. La vallée de Sant Aniol s’étire entre les          au bord d’un lac. De l’autre côté se dresse le complexe du
montagnes de Gitarriu et le Puig de Plansesserres, et la rivière     sanctuaire, avec la chapelle qui abrite la Vierge de Núria, une
se repose dans des gouffres calmes et transparents.                  statue romane en bois, du XIIe siècle. Le complexe comprend
Des chênes verts, des houx, des châtaigniers et des chênes           des restaurants, des boutiques et un hôtel. Plus haut, on
rouvre jalonnent le chemin. Sur la rive gauche part le chemin        trouve une auberge. On est ici à deux mille mètres d’altitude,
qui monte vers le Puig de Bassegoda ; sur l’autre rive, un autre     et les sommets qui entourent la vallée de Núria avoisinent les
chemin monte jusqu’à Taleixà, un village aujourd’hui                 trois mille mètres. Outre une petite station de ski et des
abandonné. En suivant le cours de la rivière, on aboutit à la        balades à cheval en été, la vallée offre de multiples activités
chapelle Sant Aniol d’Aguja, nichée dans un site plein de            possibles : ascension du Puigmal ou des pics de Noufonts,
charme, où l’écrivain Marià Vayreda situe le début de son            de La Fossa del Gegant et de l’Infern, traversées vers Ulldeter
roman La punyalada. Un peu plus haut, on rejoint les chutes          et les gorges de Carançà.
d’El Brull.




46
Llívia




La Cerdagne
Contrairement aux autres vallées pyrénéennes, qui sont              vallée, comme en témoigne l’enclave de Llívia, perchée
orientées vers le nord ou vers le sud, la vallée de la Cerdagne     comme une île en plein territoire français. Au cœur de la
s’étend d’est en ouest, bordée par les hauts sommets des            Cerdagne, sur une hauteur, se dresse Puigcerdà, le chef-lieu,
Pyrénées et ceux du Moixeró et du Cadí. Cela est dû au fait         qui constitue un excellent belvédère sur la région. Au début du
que la Cerdagne s’est formée par l’enfoncement d’une faille.        siècle dernier, les touristes y venaient pour la pureté de l’air
Du peuplement préromain subsistent des toponymes tels que           et la fraîcheur en été. Aujourd’hui, il existe une grande station
Bor, Urús, Alp et Das. Le Moyen Âge a laissé dans cette vallée      de sports d’hiver, créée par la réunion des pistes de La
des églises romanes, Sant Pere d’Olopte, Santa Cecília de           Masella et de La Molina. L’été offre mille randonnées à travers
Bolvir et la majestueuse basilique de Santa Maria de Talló, par     les pins et les sapins du parc naturel du Cadí-Moixeró, vers les
exemple, ainsi que l’ancienne muraille de Bellver. Mais le traité   lacs de La Pera et de Malniu, ou encore vers les sommets
des Pyrénées a fractionné de façon aléatoire l’unité de la          frontaliers de l’Andorre.



                                                                                                                                  47
La vallée d’Aigua d’Ora                                                La vallée de Cardós
À l’extrémité est du Solsonès, la rivière Aigua d’Ora s’étire,         La route se fraye un passage en concurrence avec les eaux
depuis le village de Navès, dans une étroite et longue vallée          de la Noguera de Cardós. Plus haut, la vallée s’élargit et
parsemée de solides maisons rurales et où l’on peut visiter            Ribera de Cardós apparaît : petits hôtels, tour romane à côté
un écomusée où fonctionnent encore une vieille scierie et un           de l’église, ruelles étroites, murs et toits d’ardoise, sans oublier
moulin alimentés par la force de l’eau. Au fond, les montagnes         mille et une propositions de sports d’aventure. Entourée
de Busa dessinent un haut plateau entouré d’impressionnantes           de sommets qui font partie du parc naturel de l’Alt Pirineu,
falaises. En aval, dans un rétrécissement de la vallée, se niche une   la vallée est ponctuée de rares plats où ont pu s’installer
jolie église romane du XIIe siècle : Sant Pere de Graudescales.        des villages : Surri, Anàs, Estaon (construit sur un éperon),
Cette église, qui appartenait à un monastère vite disparu,             Ginestarre et sa petite église romane qui en garde l’entrée,
présente un plan en croix latine, une coupole au-dessus du             Aineto (accroché à la montagne), Tavascan. Au-dessus,
transept et trois absides.                                             c’est la montagne qui impose sa loi.




Entourée de sommets qui font partie du parc
naturel de l’Alt Pirineu, la vallée est ponctuée
de rares plats où ont pu s’installer des villages.

Sant Pere de Graudescales




48
L’église Santa Maria, à Ribera de Cardós




Les vallées d’Àneu                                                 La Vall Fosca
Dans la partie haute du Pallars Sobirà, les vallées d’Àneu         Dans cette vallée fermée par des montagnes, le soleil se
sont occupées par quatre communes qui rassemblent vingt-           couche tôt (d’où son nom, « vallée sombre »). La partie haute
quatre hameaux et lieux-dits. Entourées du parc naturel            est limitrophe avec le parc national d’Aigüestortes et du lac
de l’Alt Pirineu et du parc national d’Aigüestortes et du          de Sant Maurici. Puis elle s’étire vers le sud en suivant le cours
lac de Sant Maurici, elles présentent un intérêt écologique        du Flamisell. Cabdella, le dernier village, possède une belle
évident. Il s’y trouve aussi un riche patrimoine d’art roman :     église romane (Sant Vicenç) et offre des vues magnifiques.
églises Sant Joan d’Isil et Santa Maria d’Àneu à Escalarre,        En contrebas se trouve la centrale de Cabdella, qui abrite un
ensemble monumental de Son de Pi, monastère bénédictin             musée de l’hydro-électricité. Plus au sud, Espui conserve
de Sant Pere del Burgal à Escaló, ponts d’Espot et d’Esterri       aussi une église romane, l’église Sant Julià. À La Torre de
d’Àneu ; sans oublier l’écomusée des vallées d’Àneu (voir les      Cabdella se trouve la chapelle Sant Martí. Enfin, Estavill a
détails dans la rubrique consacrée à la vie dans la montagne).     gardé sa structure médiévale de village fortifié et un réseau
Enfin, la fondation Territori i Paisatge, installée à Les Planes   de ruelles couvertes.
de Son, propose des activités visant à faire découvrir la nature
d’une façon à la fois ludique et pédagogique.




                                                                                                                                  49
Olopte

50
Montée à Perafita
et Monturull à partir
des lacs de la Pera
Le point de départ est à Les Pollineres. Monter jusqu’au               Difficulté : moyenne. Durée : de 4 à 5 h.
premier lac, laisser sur la gauche le lac Inferior de la Pera          Point de départ : Les Pollineres. À Martinet de Cerdanya, emprunter
et passer le petit pont qui franchit la rivière. Emprunter le chemin   la route LV-4036. Avant d’arriver à Lles, tourner sur la gauche pour
                                                                       aller à Arànser, d’où l’on rejoint, par un chemin goudronné, les pistes
qui remonte la rivière sur sa rive droite. Au bout de 200 m,
                                                                       de ski nordique. Suivre sur 12 km la piste forestière qui mène à Les
on rejoint le lac Superior de la Pera. Monter vers le col sur          Pollineres (2 040 m), où on laisse la voiture.
la gauche du Monturull puis au pic de Monturull. Descendre
                                                                       Pour en savoir plus :
jusqu’au col de Claror, et suivre la crête qui monte jusqu’au
                                                                       Refuge des lacs de la Pera, Lles de Cerdanya
Perafita ou Tossal de la Truita. Descendre au Port de Perafita         Tél. (+34) 972 140 559 et (+34) 934 120 777
et au Collet Sant Vicenç. En longeant la montagne sous le pic          Offices de tourisme de la Cerdagne
d’El Sirvent, on redescend jusqu’au refuge des lacs de la Pera
                                                                       Pour faire des randonnées en haute montagne, il est nécessaire de disposer
et de là jusqu’à Les Pollineres.                                       de bonnes cartes et de se documenter.




Adresses utiles
Consortium de l’Alta Garrotxa        Mairie de Navès                   Syndicat d’initiative municipal
(Vall de Sant Aniol)                 (Vall d’Aigua d’Ora)              de la Vall Fosca
Rectoria de Sadernes                 Tél. (+34) 973 482 553            Tél. (+34) 973 663 001
Tél. (+34) 972 287 882               naves.ddl.net                     www.vallfosca.cat
www.altagarrotxa.org
                                     Conseil culturel des vallées      Offices de tourisme d’Esterri
Vallée de Núria                      d’Àneu                            d’Àneu, La Torre de Cabdella,
Tél. (+34) 972 732 020               Tél. (+34) 973 626 316            Puigcerdà, Ribera de Cardós,
www.valldenuria.cat                  www.aneu.org                      Ribes de Freser et Solsona
                                                                       (Voir pages 130 et 131)
Portail touristique de la
Cerdagne
www.cerdanya.cat




                                                                                                                                               51
La Seu d’Urgell
Le carrefour des Pyrénées
Le chef-lieu de l’Alt Urgell occupe un emplacement
privilégié : La Seu se trouve au centre des Pyrénées
catalanes, entre les montagnes andorranes et les
derniers contreforts de la chaîne du Cadí, dominant
la plaine alluviale déposée par les eaux du Segre
et de la Valira. Un carrefour ancestral de voies de
communication entre le Pallars Sobirà, l’Andorre et la
Cerdagne, qui a vécu au cœur de l’histoire du pays
Le cloître de la cathédrale                         53
La cathédrale
     La ville primitive, appelée Orgellia, occupait la butte où se
     trouve aujourd’hui le quartier de Castellciutat. Siège épiscopal,
     elle fut saccagée par les musulmans. Plus tard, on transféra la
     ville dans la plaine et on y construisit une cathédrale qui fut
     consacrée au IXe siècle. Mais, au XIIe siècle, on la remplaça
     par la grande cathédrale romane Santa Maria d’Urgell. D’une
     délicate architecture lombarde, elle présente l’un des plus
     beaux cloîtres de style roman catalan, avec des colonnes
     couronnées par des chapiteaux de granit sculptés de
     personnages appartenant à la mythologie médiévale, qui
     évoquent les chapiteaux présents dans le Roussillon. Adossée
     au cloître, l’église Sant Miquel, romane, est la seule survivante
     d’un ensemble d’églises épiscopales construites à l’initiative
     de saint Ermengol au début du XIe siècle.


     La cathédrale romane Santa Maria d’Urgell




54
L’urne en argent dédiée à saint Ermengol (1755)                  Le Beatus de Liébana




La cathédrale présente l’un des plus beaux
cloîtres de style roman catalan, avec des colonnes
couronnées par des chapiteaux de granit sculptés
de personnages appartenant à la mythologie
médiévale, qui évoquent les chapiteaux présents
dans le Roussillon.


Le musée diocésain
d’Urgell
Jouxtant la cathédrale, ce musée présente l’une des plus
belles collections d’art médiéval de Catalogne. Il recèle une
inestimable collection de pièces d’art sacré provenant de tout
l’évêché d’Urgell ainsi qu’une importante série de Vierges
romanes. Mais ses pièces les plus connues sont le célèbre
Beatus de Liébana (un manuscrit enluminé du Xe siècle), le
retable gothique d’Abella de la Conca exécuté par Pere Serra
en 1364 ou encore une urne en argent de 1755, dédiée à saint
Ermengol et que l’on doit à l’orfèvre baroque Pere Lleopart.




                                                                                        55
Dans le centre historique




Le quartier médiéval                                               Une ville de culture
Près de la cathédrale partent les deux rues à arcades de La Seu    Tout au long de l’année se succèdent divers événements :
d’Urgell. L’une est le Carrer dels Canonges, principal axe de la   festival international de musique Joan Brudieu en juillet et août ;
vieille ville, jalonné de belles demeures aux fenêtres gothiques   représentations du Retaule de Sant Ermengol la première
et aux poutres décorées : Cal Botxí, Cal Roger, Ca l’Armenter…     quinzaine d’août (inspirées du retable du même nom) ; foire
L’autre rue à arcades est le Carrer Major, où l’on voit les        de la Saint-Ermengol, le troisième dimanche d’octobre, lors de
« mesures de la Bladeria » (deux blocs de pierre qui servaient à   laquelle ont lieu plusieurs manifestations thématiques : la foire
mesurer le grain) et quelques demeures seigneuriales. Le Carrer    aux fromages d’artisanat des Pyrénées, la foire aux produits
de Capdevila et le Carrer de les Eres datent de l’agrandissement   touristiques des Pyrénées et du ski nordique, l’exposition de
de la ville effectué au XIIIe siècle.                              produits alimentaires traditionnels « Fet i pastat a la Seu » et
                                                                   un petit marché dans le Carrer dels Canonges, où se tiennent
                                                                   des artisans des Pyrénées. L’église gothique Sant Domènec,
                                                                   devenue maison de la culture, organise régulièrement des
                                                                   expositions, des congrès et des concerts.




56
Le marché hebdomadaire                                     Kayak dans le parc olympique du Segre




Les marchés                                                         Le parc olympique
Un marché hebdomadaire se tient à La Seu d’Urgell depuis
1029, et sa foire est attestée depuis 1048. Aujourd’hui, tous
                                                                    du Segre
les mardis et samedis, les rues du centre historique se             Cet équipement sportif unique a été créé à l’occasion des Jeux
remplissent d’étals. Dans les commerces de la ville, on trouve      olympiques de 1992. Un ensemble de canaux d’eaux calmes
les produits d’artisanat typiques des Pyrénées, les meilleurs       et d’eaux vives, disposant d’un système de remontées
fromages et beurres de la région, des charcuteries, du miel,        mécaniques, accueille les amateurs de canoë-kayak, de rafting
des conserves de champignons ainsi que toutes sortes                et d’hydrospeed.
de viandes et autres produits frais du terroir.




                                                                                                                                57
Le centre de La Seu d’Urgell

58
De La Seu d’Urgell à Alàs
et Les Peces
(À VTT)
Le point de départ est le parc du Segre. Suivre la rive droite           Difficulté : moyenne.
de la rivière et la traverser par la passerelle d’Alàs. Emprunter la     Point de départ : le parc olympique du Segre, à La Seu d’Urgell.
route qui monte à Alàs ; sur la place, prendre la piste qui mène         Pour en savoir plus :
à Les Peces et à Banat. Plus haut se trouve l’église romane              Centre VTT La Seu –Alt Urgell, parc olympique du Segre
Santa Maria de les Peces. Pour le retour, redescendre à Alàs             www.parcolimpic.com/btt
et, sans traverser le Segre, suivre la piste de la rive gauche.
Traverser la rivière par la passerelle de La Seu pour entrer
dans la ville.
14,6 km




Adresses utiles
Musée diocésain d’Urgell
Pl. Deganat
25700 la Seu d’Urgell
Tél. (+34) 973 353 242
www.museudiocesaurgell.org

Parc olympique du Segre
Tél. (+34) 973 360 092
www.parcolimpic.com

Syndicat d’initiative de La Seu
d’Urgell
www.turismeseu.com

Offices de tourisme de La Seu
d’Urgell
(Voir pages 130 et 131)




                                                                  Un chapiteau du cloître de la cathédrale
                                                                                                                                            59
60
Olot
La ville volcanique
Quand on nous parle d’explosions, de tremblements
de terre, de langues de feu, de coulées volcaniques,
nous imaginons les portes de l’enfer ; nous
n’imaginons pas la Garrotxa, ni son chef-lieu, Olot.
Pourtant, Olot est entouré de quatre volcans :
le volcan des Bisaroques, celui de Montolivet, celui
de la Garrinada et le volcan Montsacopa. Le plus
visible est le Montsacopa, avec sa chapelle Sant
Francesc au bord du cratère et ses flancs entourés
du tissu urbain.
Santa Pau                                          61
Mais il n’y a pas lieu de
s’inquiéter : ces volcans
se sont endormis il
y a plus de 11 000 ans
et les deux derniers séismes dévastateurs ont eu lieu
il y a cinq siècles. Quasiment tous les murs s’effondrèrent
                                                                      Le musée cantonal est
à ce moment-là, ce qui poussa la population à changer
l’emplacement de la ville et à quitter les terrains qui
                                                                      aménagé dans l’ancien
appartenaient au monastère de Ripoll, échappant de ce fait
à sa juridiction. La ville qui s’étend aux pieds du Montsacopa
                                                                      hospice
en est aujourd’hui le résultat. En descendant du volcan, on           On y voit l’évolution de la région ainsi que des œuvres des
trouve le Firal ou Passeig d’en Blay, qui accueille un marché         grands artistes qui l’ont visitée. Plusieurs salles sont
tous les lundis. C’est là que se dresse la Casa Solà Morales,         consacrées à l’école paysagiste d’Olot, fondée par les frères
un remarquable édifice moderniste rénové par Lluís                    Joaquim et Marià Vayreda, avec Josep Berga, les premiers
Domènech i Montaner et orné de cariatides sculptées par               artistes en Catalogne qui sont sortis de leur atelier pour
Eusebi Arnau. La visite suivante pourrait être celle de l’église      peindre en pleine nature. Il y a aussi des sculptures de Miquel
Sant Esteve, un solide monument à la façade baroque qui               Blay et de Josep Clarà, le célèbre tableau de Ramon Casas
abrite des retables du même style ; un tableau du Gréco est           La Charge et une collection d’affiches publicitaires des
exposé au musée paroissial. À côté, Can Trincheria est une            Cigarrillos París. Enfin, des salles sont réservées aux
maison transformée en musée.                                          expositions temporaires.




Can Trincheria                                                     Les Lavandières, de Joaquim et Marià Vayreda (MCG)




Le musée des volcans                      L’église Sant Esteve                                     La Torre Malagrida

62
Le volcan de Santa Margarida

                               63
Après avoir traversé
                                                                    le Fluvià, on entre dans
                                                                    le parc Nou,
                                                                    à l’ombre d’un bois de chênes rouvre qui occupe
                                                                    l’emplacement de ce qui était la plaine d’Olot. On y voit aussi
                                                                    des tilleuls, des frênes, des ormes, des cerisiers et des
                                                                    érables, dépassant d’un sous-bois où poussent les noisetiers,
Dans le centre d’Olot,                                              les houx, le buis et des buissons d’aubépines. Le parc abrite
                                                                    un musée des volcans. Installé dans l’ancienne Torre
les rues qui entourent la Plaça Major invitent à la promenade,      Castanys, il présente l’origine, le fonctionnement et les effets
tout comme les cloîtres d’El Carme, un ouvrage Renaissance          des séismes et des volcans ; un simulateur y donne l’occasion
qui abrite aujourd’hui l’École d’art d’Olot. De la Plaça de Josep   de ressentir les effets d’un tremblement de terre. On y
Clarà part vers le sud le Passeig de Barcelona, flanqué             découvre aussi les principaux écosystèmes de la Garrotxa
d’immenses platanes. C’est là que commence l’Eixample               (ce qui ne saurait dispenser d’une visite des sites en question) :
Malagrida, une zone résidentielle conçue comme une cité-            tout près, par exemple, on trouve les marais de la Moixina ; un
jardin et offerte par Malagrida, un fils d’Olot émigré en           peu plus loin, la hêtraie dite Fageda d’en Jordà, chantée par
Argentine, qui s’était enrichi dans le commerce du tabac.           le poète Joan Maragall ; il y a aussi les volcans d’El Croscat et
La Torre Malagrida, qui abrite aujourd’hui une auberge              de Santa Margarida. Enfin, une option intéressante : enfourcher
de jeunesse, est la maison seigneuriale qu’il fit construire        le vélo et suivre la Ruta del Carrilet, une « voie verte »
pour sa famille.                                                    empruntant l’ancienne ligne de chemin de fer menant à Gérone.




La hêtraie dite Fageda d’en Jordà




64
Casa Solà-Morales. Olot


Le volcan du Montsacopa



Dans le parc Nou, on voit des tilleuls, des frênes,
des ormes, des cerisiers et des érables, dépassant
d’un sous-bois où poussent les noisetiers, les houx,
le buis et des buissons d’aubépines.

La Plaça Major            La Casa Escubós   La Casa Gaietà Vila




                                                                                      65
Le centre d’Olot

66
D’Olot à la hêtraie dite
Fageda d’en Jordà
Sortir du parc Nou (le « nouveau parc ») par la porte sud.
Au lieu-dit La Moixina commence l’itinéraire 9 ; sur la gauche,
on voit le Camp d’en Broc, une zone de marécages. Une fois
arrivé à El Triai, on traverse un champ et on rejoint le chemin
qui vient du pont de Les Móres et qui mène à la hêtraie d’En
Jordà. Avant de pénétrer dans la forêt, le chemin décrit une
fourche : en prenant à droite, on traverse la hêtraie, on passe
par Can Jordà, on revient sur la hêtraie et on monte vers Can
Xel, d’où l’on peut gagner les glaisières du volcan Croscat
ou le volcan Santa Margarida.
Difficulté : moyenne.
Point de départ : le parc Nou, à Olot.
Pour en savoir plus :
Maison des volcans
Office de tourisme d’Olot
Office de tourisme de la Garrotxa




Adresses utiles
Musée cantonal de la                 Maison des volcans               Office de tourisme d’Olot
Garrotxa                             Parc Nou, av. Santa Coloma, 43   (Voir pages 130 et 131)
Hospici, 8 – 17800 Olot              17800 Olot
Tél. (+34) 972 279 130               Tél. (+34) 972 266 202
museucomarcal@olot.org               museuvolcans@olot.cat

Institut culturel de la Ville        Office de tourisme de la
d’Olot                               Garrotxa
Casa Museu Can Trincheria            Av. Onze de Setembre, 22, 2n
Sant Esteve, 29 – 17800 Olot         17800 Olot
Tél. (+34) 972 272 777               Tél. (+34) 972 271 600
www.olot.cat/cultura                 www.turismegarrotxa.com




                                                                                                  Détail d’un balcon de la Casa Solà-Morales




                                                                                                                                        67
Solsona
Des racines de pierre
Solsona est une ville pleine de caractère, qui
possède un patrimoine riche et cossu, édifié
pendant plusieurs siècles, pierre à pierre, sur
de solides fondations. Ses rues à arcades, ses
belles demeures gothiques, Renaissance
et néoclassiques et ses sveltes fontaines méritent
d’être longuement visitées. Mais la ville sait aussi
exploser de vie, lorsque le vacarme des tromblons,
les géants et les personnages du bestiaire
folklorique catalan animent les nombreuses fêtes
qui ponctuent l’année. Solsona et sa région,
le Solsonès, s’enorgueillissent également d’un
très riche héritage de l’époque baroque, au sein
duquel le sanctuaire d’El Miracle et le retable de la
Mare de Déu dels Colls, à Sant Llorenç de Morunys,
occupent une place de choix.
Dans le vieux quartier de Solsona                   69
Le musée diocésain et cantonal et la cathédrale




Le musée diocésain                                               La vieille ville
et cantonal                                                      Une promenade dans les rues pavées de la vieille ville passe
                                                                 forcément par la Plaça Major, la place à arcades où se tient le
Il se trouve dans le palais épiscopal, un très bel édifice       marché tous les vendredis. De là part le Carrer del Castell, où
néoclassique. Sa collection comprend des outils                  se trouvent l’hôtel de ville, une belle bâtisse Renaissance, et la
préhistoriques, ibères et romains, mais l’essentiel des pièces   Tour des Heures. Tout près, une fontaine du XVe siècle se
exposées a surtout trait au Moyen Âge : les fresques             dresse sur la Plaça de Sant Joan. Au sud du Carrer del
préromanes provenant de l’église Sant Quirze de Pedret, un       Castell, on rejoint le Carrer de Llobera où subsistent une autre
grand nombre de statues de la Vierge, des parements d’autel      porte de la ville et de nombreuses demeures cossues. Dans
provenant de Sagàs, et La Cène, un tableau gothique de           cette rue, un musée du couteau et des instruments tranchants
Jaume Ferrer Ier, entre autres. On y voit aussi une grande       nous rappelle la tradition industrielle de Solsona, qui
collection d’objets liturgiques plus récents.                    concurrençait Olot ou Tolède, célèbres pour la qualité du
                                                                 travail de leurs artisans ferronniers.




70
La porte d’El Pont                                                  La cathédrale
Une bonne partie des remparts construits autour de Solsona          La cathédrale gothique actuelle possède trois absides et un
au XIe siècle est encore debout. La porte d’El Pont, qui date       clocher romans ayant appartenu à une cathédrale plus
de la fin du XVIIIe siècle, est toujours l’entrée principale        ancienne. À l’intérieur, on admire un retable baroque et une
du cœur de la vieille ville. Plus haut, la cathédrale arbore        belle statue en pierre de la Mare de Déu del Claustre (la Vierge
ses trois absides romanes.                                          du cloître), la sainte patronne de la ville, réalisée au XIIe siècle.




La cathédrale gothique actuelle possède trois
absides et un clocher romans ayant appartenu
à une cathédrale plus ancienne. On peut y voir un
retable baroque et une belle statue en pierre de la
Mare de Déu del Claustre (la Vierge du cloître),
la sainte patronne de la ville.
Fontaine du XVe siècle sur la Plaça de Sant Joan                Le Carrer del Castell




                                                                                                                                       71
Le musée diocésain et cantonal de Solsona

72
Le retable de la chapelle de la Mare de Déu dels Colls,         Le retable du sanctuaire d’El Miracle, à Riner
à Sant Llorenç de Morunys



Olius                                                           El Miracle
À six kilomètres à l’est de Solsona se trouve l’église romane   À douze kilomètres au sud de Solsona, le sanctuaire
Sant Esteve. On y découvre une belle crypte intime, sous une    d’El Miracle comprend plusieurs édifices austères qui
voûte de pierre rustique soutenue par six délicates colonnes.   contrastent fortement avec l’impressionnant retable baroque
De l’autre côté de la route, un cimetière se fond dans le       de la basilique. Il fallut dix ans à Carles Morató pour le
paysage ; très inspiré par l’architecture de Gaudí, il a été    sculpter, et dix autres années à Antoni Bordons pour le dorer.
conçu en 1916 par Bernadí Martorell.                            Le résultat est spectaculaire comme une scène d’opéra :
                                                                saints et anges gesticulant, éclats d’or, volutes et spirales
                                                                de nuages.




                                                                                                                             73
Le centre de Solsona

74
Solsona et ses environs
(À pied et en voiture)
Entrer à pied dans Solsona par la porte d’El Pont. À gauche
se trouvent la cathédrale et, tout à côté, le palais épiscopal
qui abrite le musée diocésain et cantonal. Continuer vers la
Plaça Major et le Carrer del Castell. Sur la droite de l’hôtel
de ville, un passage rejoint la Plaça de Sant Joan. Revenir au
Carrer del Castell et passer par le Musée du couteau et des
instruments tranchants. Repasser sous la porte d’El Pont et
prendre la voiture. Par la route de Manresa (C-55) et la C-26,
on rejoint l’embranchement d’Olius. Revenir sur la C-26 et
continuer sur la C-149 ; ensuite, la LV-3005 et la LV-3002 nous
conduisent au sanctuaire d’El Miracle, à 12 km de Solsona.

Difficulté : aucune.
Point de départ : le parking situé devant la porte d’El Pont.
Pour en savoir plus :
Office de tourisme de Solsona




Adresses utiles
Musée diocésain et cantonal           Mairie d’Olius
Palau Episcopal                       Tél. (+34) 973 480 961
Pl. Palau, 1                          olius.ddl.net
25280 Solsona
Tél. (+34) 973 482 101                Sanctuaire d’El Miracle
museu.bisbatsolsona.cat               25287 El Miracle
                                      Tél. (+34) 973 480 002
Musée du couteau et des               www.santuarielmiracle.com
instruments tranchants
Trav. St. Josep, 9                    Office de tourisme de Solsona
25280 Solsona                         (Voir pages 130 et 131)
Tél. (+34) 973 480 050
www.ajsolsona.cat




                                                                      La crypte de Sant Esteve, à Olius




                                                                                                          75
76
Les villes de montagne
Situés au cœur même de la montagne, les villes,
bourgs et villages pyrénéens se trouvent en
des lieux stratégiques qui, depuis des siècles,
constituent de véritables carrefours faisant le lien
entre la montagne et la plaine. Tel est le cas
de Ripoll, de Puigcerdà, de Berga, ou encore
de Tremp, de Sort et d’El Pont de Suert. Ces villes
chargées d’histoire, restées fidèles à leur glorieux
passé, ont toutes leur marché et leurs quartiers
commerçants, où les gens de la montagne
viennent s’approvisionner régulièrement. Elles ont
gardé leur charme et leur personnalité d’antan.
Le portail roman du monastère de Ripoll                77
Ripoll
C’est la vallée qui a déterminé l’emplacement de ce chef-lieu
du Ripollès, au confluent de deux rivières, le Ter et le Freser.
Au centre du bourg se dresse l’église d’un monastère fondé
                                                                       Puigcerdà
par le comte Wilfred le Velu au IXe siècle, sur le clocher             Chef-lieu de la Cerdagne, Puigcerdà domine la plaine cerdane
de laquelle le drapeau aux quatre barres symbolisant la                du haut de la colline qui lui a donné son nom. On y jouit de
Catalogne – qui fut la bannière du comte – flotte en                   l’un des plus beaux points de vue de toute la Catalogne. Ville
permanence. Le monastère de Ripoll fut le plus important               de marché, c’est depuis des lustres le centre de services de la
du pays pendant plusieurs siècles, avant d’être saccagé puis           région. On peut y voir des fresques gothiques au couvent Sant
incendié en 1835 ; on y voit encore un portail roman d’un              Domènec, ainsi que de beaux monuments, comme le pont
intérêt exceptionnel. La cité, qui s’était développée autour           gothique Sant Martí, l’hôpital ou encore Can Deulofeu. Son
du monastère, avait pour spécialité le travail du fer et de l’acier,   magnifique lac, un immense bassin d’irrigation du XIVe siècle
obtenus selon un ensemble de procédés connu sous le nom                autour duquel furent construites de magnifiques demeures au
de « forge à la catalane ». Il convient donc d’aller voir la belle     siècle dernier, lorsque la bourgeoisie barcelonaise s’éprit du
collection des armes que l’on y fabriquait qui est conservée           climat frais et tonifiant de la Cerdagne, est empreint d’une
au musée ethnographique de Ripoll.                                     indéniable noblesse.




Ripoll                                                                  Lac près de Puigcerdà




78
Le sanctuaire de Queralt




Berga
Située dans le piémont pyrénéen, Berga occupe une situation
stratégique qui lui permet de faire le lien entre la plaine et la
montagne. De l’ancienne cité fortifiée et de son château
subsistent encore des pans de mur du château, des tronçons
des remparts qui la protégeaient et une porte d’accès à la
vieille ville sur la Plaça de Santa Magdalena. À Berga se trouve
                                                                     Sort
aussi la petite chapelle romane Sant Pere de Madrona, l’église       Chef-lieu du Pallars Sobirà, Sort est située sur la rive droite
Sant Joan (beaux éléments gothiques) et des vestiges de              de la Noguera Pallaresa, au pied d’un château médiéval.
l’ancien quartier juif. La ville abrite également un théâtre et un   Dans la partie ancienne de la ville, on peut encore voir les
casino de style moderniste (l’Art nouveau catalan). Une visite       grandes tours rondes, la façade gothique et les murs du
de Berga s’accompagne agréablement d’une montée au                   château, dont l’intérieur a été rénové et sert désormais
sanctuaire de Queralt, d’un tour du côté du pont et de l’église      d’espace polyvalent pour l’organisation d’expositions et
préromane de Sant Quirze de Pedret ou d’une balade dans              autres activités. Sort est également le point de départ de
le beau paysage pyrénéen d’Els Rasos de Peguera, mais                nombreuses belles randonnées, notamment vers plusieurs
de nombreuses autres randonnées sont aussi possibles.                villages de la vallée d’Àssua, tels qu’Altron, Sorre ou
Il ne serait pas envisageable de parler de la ville sans évoquer     Llessui. Les rapides de la Noguera Pallaresa qui se trouvent
la Patum, une fête populaire déclarée chef-d’œuvre du                à la hauteur de Sort sont particulièrement appréciés des
patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco.            amateurs de canoë-kayak en eaux vives.




                           Berga                                             Sort

                                                                                                                                  79
Tremp
Les remparts de Tremp étaient protégés par six tours,
dont trois subsistent aujourd’hui. Une visite de Tremp ne
                                                                   El Pont de Suert
peut ignorer l’hôpital des pauvres, la basilique de la Mare        Le chef-lieu de l’Alta Ribagorça se trouve sur les bords de la
de Déu de Valldeflors ou le pont Sant Jaume, d’origine             Noguera Ribagorçana, au confluent des vallées de Barravés,
romane. Mais le territoire du chef-lieu du Pallars Jussà est       Boí, Castanesa et Viu. Dans son vieux quartier, on pourra
très étendu. C’est le plus grand de Catalogne car il englobe       visiter la Plaça Major, la Plaça del Mercadal, l’église Vella (la
la Terreta, une vallée plantée de chênes rouvre, de hêtres et      vieille église) et le palais abbatial. L’église Nova (la nouvelle
d’ifs qui est sillonnée de nombreux sentiers à parcourir à pied.   église) est un bel édifice construit en 1955.




La basilique de Tremp                                              La nouvelle église d’El Pont de Suert




80
La Route du fer
Ripoll – Sant Joan
de les Abadesses
(À vélo)
En suivant le Passeig de Sant Joan à Ripoll puis la C-26,        Difficulté : aucune, 120 m de montée.
qui conduit à Camprodon, on rejoint la piste cyclable qui mène   Point de départ : Ripoll.
à la gare de Toralles, à Sant Joan de les Abadesses (km 12).     Pour en savoir plus :
Ici, une visite s’impose : monastère, musée, église Sant         Routes du Palau Robert
Joanipol et pont médiéval. Pour revenir au point de départ,      www.gencat.cat/probert
rebrousser chemin.
24 km, 1 h 30 min.




Adresses utiles
Musée ethnographique
de Ripoll
(Fermé pour travaux ;
expositions temporaires)
Pl. Ajuntament, 3 – 17500 Ripoll
Tél. (+34) 972 703 144
www.museuderipoll.org

Offices de tourisme de Berga,
El Pont de Suert, Puigcerdà,
Ripoll, Sort et Tremp
(Voir pages 130 et 131)




                                                                                       Sant Joan de les Abadesses




                                                                                                                    81
82
L’essence médiévale
La Catalogne s’est développée avec les Pyrénées
pour colonne vertébrale. Le rôle clé qu’ont joué ces
montagnes au Moyen Âge est attesté par la quantité
et la qualité du patrimoine existant. L médiéval est
                                       ’art
partout présent : dans les églises et les monastères
romans, dans l’architecture civile et dans les petites
chapelles nichées dans les endroits les plus
inaccessibles.
Sant Pere de Rodes                                   83
Sant Pere de Rodes
Dominant El Port de la Selva, ce monastère, dit la légende,
aurait reçu les reliques de saint Pierre et autres saints. L’église
actuelle remonte probablement au XIe siècle, mais elle
présente des éléments appartenant à la période préromane.
                                                                      Sant Quirze de Colera
Ses trois nefs, très hautes, sont séparées par des piliers et         Au pied des monts des Albères se dresse une petite abbaye
des colonnes reposant sur de grands socles et couronnés par           bénédictine rénovée vers 1123. Construite par une superposition
des chapiteaux corinthiens ornés de têtes zoomorphes et               de pierres en épine de poisson, elle présente trois nefs et trois
polygonales et de motifs géométriques. Le clocher, haut de            absides de type lombard, ainsi que des restes d’une église
vingt-sept mètres, est de type lombard. Un sentier monte              antérieure, d’un cloître et de fortifications. Non loin se trouve
jusqu’à la ligne de crête et aux vestiges du château Sant             l’ancienne église paroissiale Santa Maria de Colera, un petit
Salvador, d’où l’on a une superbe vue panoramique.                    édifice à une nef et une abside construit au XIIe siècle.




Sant Quirze de Colera                                                                               Le Très Saint Mystère, à Sant Joan de les Abadesses




Le monastère de Sant                                                  Le monastère de Santa
Joan de les Abadesses                                                 Maria de Ripoll
Fondé au IXe siècle par Wilfred le Velu, ce monastère recèle un       D’origine wisigothique, Santa Maria de Ripoll fut refondé à la fin
magnifique groupe sculpté du XIIIe siècle, appelé Très Saint          du IXe siècle par le célèbre comte Wilfred le Velu. Sous son
Mystère, qui représente une Descente de Croix. On y voit              égide, la bibliothèque monastique devient l’une des plus riches
aussi des retables gothiques dédiés à saint Augustin et à             de l’époque. À partir du Xe siècle, l’abbé Oliba poursuit la
sainte Marie la Blanche et la tombe du bienheureux Miró,              construction de l’édifice dans le style roman. Santa Maria de
gothique également. Un cloître gothique, une salle capitulaire        Ripoll arbore un portail du XIIe siècle, qui est l’ouvrage roman
dotée d’une fenêtre romane et la chapelle baroque d’Els               sculpté le plus important de la Catalogne. Panthéon comtal, il
Dolors, qui abrite une belle Pietà contemporaine, complètent          abrite les restes du comte Wilfred.
cet ensemble.


84
Sant Serni de Tavernoles                       Sant Jaume de Frontanyà




                                                                      Santa Maria de Gerri, à Gerri de la Sal




Sant Jaume                                                                 Sant Serni
de Frontanyà                                                               de Tavèrnoles
Cette ancienne collégiale augustinienne est un très beau                   Cette abbaye existait déjà au début du IXe siècle et avait des
spécimen du roman lombard du XIe siècle. Construite sur plan               possessions qui s’étendaient du Berguedà à l’Andorre, de la
de croix latine, elle présente trois absides et une façade                 Cerdagne à Isona et au Pallars, ainsi que des domaines en
austère. On peut voir à l’intérieur de l’église une majestueuse            Aragon et en Castille. Ce qui explique la grande église abbatiale
coupole polygonale à douze faces, soutenue par des trompes                 consacrée en 1040, dont le seul élément resté entier est le
coniques ; cet élément, unique en Catalogne, a servi de                    chevet. Des chapiteaux du cloître et le parement d’autel sont
modèle pour la restauration du monastère de Ripoll.                        exposés au Musée national d’art de Catalogne (MNAC).
                                                                           Plusieurs documents provenant de l’abbaye, et notamment
                                                                           son cartulaire, sont conservés à La Seu d’Urgell.

Santa Maria de Gerri
Ancienne abbaye sur les bords de la Noguera Pallaresa.
L’image caractéristique de cet édifice est sa façade couronnée
d’un clocher à jour de trois étages. L’intérieur, à trois nefs, est
plus spacieux qu’il ne le semble depuis l’extérieur.




                                                                                                                                          85
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Les Pyrénées catalanes

  • 1. Les Pyrénées Nature et culture
  • 2. Les Pyrénées catalanes
  • 3. Les sources du Llobregat, près de Castellar de n’Hug Les Pyrénées catalanes offrent toutes sortes de paysages. Leurs réserves protégées et leurs parcs naturels, leurs églises romanes inscrites au patrimoine mondial par l’Unesco, leurs vallées chargées d’Histoire et d’histoires, leur excellente cuisine et leurs fêtes plusieurs fois centenaires en font un lieu de vacances sans équivalent.
  • 4. 3
  • 5. Val d’Aran Vielha France Andorre Llívia El Pont de Suert Sort Puigcerdà La Seu d’Urgell Figueres Ripoll Pirineus Tremp Olot Berga Solsona Costa Brava Girona Terres de Lleida Catalunya Central Lleida Costa de Barcelona-Maresme Costa del Garraf Barcelona Costa Daurada Tarragona Terres de l’Ebre Mer Méditerranée Catalogne Val d’Aran Costa Brava
  • 6. c’est les Pyrénées Préface 7 Le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, des paysages sculptés par la glace 11 Des paysages préservés, la nature dans toute sa pureté 21 Le Val d’Aran, un petit pays occitan 29 La vallée de Boí, patrimoine mondial 37 Le contraste des vallées, des cours d’eau porteurs de vie 45 La Seu d’Urgell, le carrefour des Pyrénées 53 Olot, la ville volcanique 61 Solsona, des racines de pierre 69 Les villes de montagne 77 L’essence médiévale 83 La Route des Pyrénées comtales 89 La vie dans la montagne 99 Des vacances actives 107 La culture du feu, des fêtes toute l’année 115 La cuisine, un bouquet de saveurs ancestrales 123 Renseignements utiles 130
  • 7. Le Pedraforca, une montagne mythique 6
  • 8. Les Pyrénées catalanes, une montagne infinie À l’est, la tramontane caresse les côtes brunes des Albères. Plus au sud, des volcans ponctuent ici et là le territoire de la Garrotxa. Au-dessus du sanctuaire de Núria, les Pyrénées flirtent avec les 3 000 mètres. Les chaînes du Moixeró et du Cadí délimitent avec le massif du Pedraforca un espace qui recèle des trésors naturels de haute montagne. Le sommet catalan le plus élevé est la Pica d’Estats, qui atteint 3 143 mètres. Tout près s’étend le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, véritable paradis de l’eau. Enfin, au nord, le Val d’Aran s’ouvre sur les plaines gasconnes. Du cap de Creus jusqu’aux abords de l’Aneto, les Pyrénées catalanes offrent une diversité de paysages inépuisable. Le climat varie, lui aussi, selon les vallées, depuis le ciel pur de la Méditerranée où la montagne vient plonger dans la mer, jusqu’aux vents atlantiques qui guident les nuages vers le Val d’Aran. Le long de cette chaîne, la neige recouvre les sommets six mois par an. L’ensoleillement, les températures, l’eau et la main de l’homme ont donné lieu à une flore et à une faune d’une très grande variété. 7
  • 9. Au cap de Creus Une loutre La Pica d’Estats, le toit de la Catalogne Mais les Pyrénées, c’est aussi une présence de l’homme immémoriale. Les vestiges de toutes les époques sont innombrables, depuis les dolmens et les menhirs du massif des Albères jusqu’aux lacs de barrage les plus récents. De plus, c’est là que l’histoire a fait naître notre pays. De cette période subsiste une église romane dans quasiment tous les villages. Quant au présent, il s’exprime par une culture vivante, pleine de légendes, de plats du terroir, de danses, de chansons et de fêtes populaires. Dans les pages qui suivent, nous tâcherons de vous en donner un aperçu. Nous devrons nous en contenter, car une liste exhaustive dépasserait les limites de cette brochure. Région tout à fait singulière, les Pyrénées catalanes sont autant appréciées par ceux qui souhaitent simplement passer quelques jours au calme que par les amateurs d’activités sportives. Les montagnes sont sillonnées de chemins, la neige tant attendue des skieurs est là chaque hiver, il y a des parois pour l’escalade et des rivières à descendre en kayak. D’un bout à l’autre, les Pyrénées sont riches d’attraits infinis. 8
  • 10. Le cirque lacustre de Baiau 9
  • 11. 10
  • 12. Le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici Des paysages sculptés par la glace Des sommets de trois mille mètres, des falaises, des névés, des congères, des lacs par centaines, des eaux qui jaillissent, d’autres qui se prélassent, des prairies à n’en plus finir, des forêts de pin Laricio côtoyant des sous-bois d’airelles et de rhododendrons, des sapins, des hêtres, des isards, des coqs de bruyère et, ici et là, un gypaète barbu qui plane… Le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici est un parc de haute montagne, somptueux et sans pareil, qui attire chaque année des milliers de visiteurs. Dans le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici 11
  • 13. Le refuge Josep Maria Blanc, au bord du lac Tort de Peguera Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) Gentiane des Alpes (Gentiana alpina) Digitale pourpre (Digitalis purpurea) Il y a plus de cinq cents Très vite, la végétation millions d’années, a colonisé les espaces les plissements qui ont donné lieu à la chaîne des Pyrénées se sont formés. Ensuite, c’est la force de la glace qui a sculpté les restés libres montagnes et les vallées du parc national telles que nous les Le fond des vallées s’est peuplé de bouleaux et de chênes, connaissons. Les glaciers sont descendus dans les vallées de peupliers et de hêtres, tandis que les pins sylvestres et les sur plusieurs dizaines de kilomètres, atteignant des centaines sapins colonisaient les versants. Le pin Laricio s’est installé de mètres d’épaisseur, et ont labouré, avec une implacable encore plus haut, avec des sous-bois d’airelles, de ténacité, les parois de ces vallées. La dernière période rhododendrons et de genévriers, laissant les cotes les plus glaciaire s’est achevée il y a dix mille ans. Les glaciers ont élevées aux prairies ponctuées de gentianes, d’œillets alors fondu et laissé à découvert de vastes cirques de pierre sauvages et de renoncules. Dans les tourbières a pris place dans le haut et des vallées en auge, à fond plat et parois la violette d’eau. Au milieu des éboulis sont apparues les verticales, plus bas. Sur chaque replat, l’eau est restée en immortelles et les saxifrages. Enfin, près des sommets, sur les souvenir de ces glaciers disparus. Le parc national recèle des parois de pierre lisse, ont poussé les mousses et les lichens. centaines de lacs, une concentration que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans les Pyrénées. 12
  • 15. Ces contrées élevées et inhospitalières étaient peu fréquentées par les humains Des siècles durant, il y eut des bergers qui menaient leurs Chaque étage alpin troupeaux à l’estive et les borderies dans lesquelles ils se réfugiaient portent encore le témoignage de leur passage. possède sa propre faune On y travaillait le bois et on y voyait passer des chasseurs. Tout cela jusqu’au début du siècle passé, où, l’énergie Les isards s’aperçoivent sur les plus hauts rochers. hydroélectrique se développant, on construisit des barrages Le lagopède alpin se cache sur les versants enneigés tandis sur les lacs et des conduites pour faire descendre l’eau qu’un aigle royal traverse le ciel ou que planent le gypaète jusqu’aux centrales. Toute cette agitation fit naître l’idée qu’il barbu ou le vautour. Dans les prairies, il n’est pas rare fallait nécessairement protéger la haute montagne. C’est d’entendre le sifflement des marmottes. Dans les forêts se pourquoi, en 1955, un décret instituait le parc national cachent le sanglier et l’écureuil, souvent accompagnés du d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, le seul parc à avoir tambourinage du pic ou, pendant la pariade, du chant du coq ce statut en Catalogne, reclassé par le gouvernement catalan de bruyère. Les loutres poursuivent les truites dans les rivières. en vertu de la loi 7/1988, du 30 mars 1988. Le lac de Sant Maurici Une marmotte 14
  • 16. Aigüestortes Le parc national s’étend Dans le secteur à cheval d’Aigüestortes, sur l’Alta Ribagorça et le Pallars Sobirà, débordant sur le certains sommets dépassent les trois mille mètres. C’est le Pallars Jussà et le Val d’Aran ; il occupe une superficie de cas de Punta Alta et de la crête qui relie le Comaloformo et 40 852 ha, dont 14 119 ha correspondent au parc proprement les Besiberris. Mais la vallée qui reçoit le plus de visiteurs est dit et 26 733 à sa périphérie. Comme son nom l’indique, il est celle qui part de la vallée de Boí pour remonter le cours de la divisé en deux grands secteurs : Aigüestortes, dans l’Alta rivière Sant Nicolau. Accessible à pied ou en taxi, elle conduit Ribagorça, qui donne sur la vallée de Boí, et Sant Maurici, au lac de Llebreta et aux plateaux où la rivière dessine de dans le Pallars Sobirà, qui s’ouvre sur la vallée d’Espot. Un nombreux méandres et se divise en de nombreuses centre d’information a été installé dans chacun de ces ramifications, d’où le nom d’Aigüestortes (« eaux en zigzags »). secteurs. La vallée continue vers le lac Llong, et se poursuit jusqu’au col du Portarró d’Espot. Là, on change de bassin et on passe sur le versant est du parc. 15
  • 17. Le pic de Montardo Le secteur Dans le Val d’Aran, de Sant Maurici le pic de Montardo est facilement reconnaissable. Mais le Gran Tuc de Colomers, à 2 936 m, le dépasse de cent mètres. est accessible en taxi depuis Espot ou à pied. Le lac de Sant Ce sommet domine un vaste cirque où les eaux dévalent en Maurici est entouré de prairies et de forêts et dominé par Els cascades d’un lac à un autre (plus de soixante lacs au total), Encantats, la montagne aux deux sommets jumeaux, qui avant d’aller se déverser dans la Garonne. seraient, d’après ce que nous dit la légende, deux chasseurs transformés en rochers pour ne pas avoir assisté à la messe. La piste qui conduit au lac de Sant Maurici continue de grimper vers les lacs d’Amitges, sous les aiguilles du même nom, destination de nombreux alpinistes. Du côté du Pallars Sobirà, on entre dans le parc sous le col de La Bonaigua et on remonte vers le lac de Gerber, en traversant d’exubérantes sapinières. Du côté du Pallars Jussà, l’entrée du parc se situe en haut de la Vall Fosca. Du barrage de Sallente part un téléphérique qui monte jusqu’au lac Gento. On peut en redescendre à pied en suivant la voie du petit train qui transportait autrefois du matériel vers les barrages ; plus loin, le chemin descend tout droit jusqu’à Sallente. 16
  • 18. Le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici est un lieu splendide, un joyau de la nature sous l’emprise de la pierre, de l’eau et de la végétation. Mais c’est aussi un endroit fragile, soumis aux périls que peuvent constituer les nombreuses visites que lui vaut sa beauté. Toute activité laissant des traces y est donc à proscrire. Si l’on veut y passer la nuit, il est nécessaire de réserver dans l’un des refuges prévus à cet effet. Il est vivement recommandé de suivre l’itinéraire, appelé Carros de Foc (chariots de feu), qui relie les neuf refuges gardés du parc. En outre, on n’oubliera jamais que ce parc national est un lieu de haute montagne : un orage peut s’y former en quelques heures, les températures peuvent baisser tout d’un coup et il peut neiger à tout moment de l’année. Il est donc conseillé d’être toujours bien équipé pour parcourir le parc. Aigüestortes est un joyau de la nature sous l’emprise de la pierre, de l’eau et de la végétation. Le Sant Nicolau dans le secteur d’Aigüestortes 17
  • 19. Pâturages dans les Pyrénées 18
  • 20. Randonnée de haute montagne Le parc du sud au nord Le point de départ est à Espot. Suivre la vallée de la rivière de Peguera jusqu’au lac Tort et passer la nuit au refuge Josep Maria Blanc. Monter jusqu’au lac de la Llastra et au col de Monestero, descendre au lac de Monestero et suivre la vallée jusqu’au lac de Sant Maurici ; passer la nuit au refuge Ernest Mallafré. Du Port de Ratèra de Colomèrs, descendre au lac Deth Miei. Continuer jusqu’au lac Major de Saboredo, franchir le col entre les Agulhes (les aiguilles) de Saboredo et descendre jusqu’au refuge Gerber ; passer par le lac de Gerber pour rejoindre la route C-28. Difficulté : moyenne. Durée : 4 jours. On aura soin de bien s’équiper et de réserver sa place aux refuges. Point de départ : Espot. Il est conseillé de disposer d’une autre voiture au bout de l’itinéraire, sur le parking du sanctuaire de la Mare de Déu de les Ares, route C-28. Pour en savoir plus : Maison du parc à Espot Refuge Sant Maurici / J. M. Blanc, tél. (+34) 973 250 108, www.jmblanc.com Refuge E. Mallafré, tél. (+34) 973 250 105 Refuge Saboredo, tél. (+34) 973 253 015, www.refugisaboredo.com Pour faire des randonnées en haute montagne, il est nécessaire de disposer de bonnes cartes et de se documenter. Adresses utiles Entrées du parc Itinéraire Carros de Foc Ca de Simamet, Graieres, 2 www.carrosdefoc.com 25528 Vall de Boí Tél. (+34) 973 696 189 Parcs naturels de Catalogne www.parcsdecatalunya.net Prat del Guarda, 4 25597 Espot Offices de tourisme de Sort Tél. (+34) 973 624 036 et de la Vall de Boí (Voir pages 130 et 131) Syndicat d’initiative de la Vall Fosca www.vallfosca.cat 19
  • 21.
  • 22. Des paysages préservés La nature dans toute sa pureté Les Pyrénées catalanes recèlent une multitude de sites naturels de grande valeur, dont l’intérêt est aussi bien environnemental que culturel ou architectural. Certains de ces territoires sont protégés à des degrés divers, afin de préserver la qualité et l’intérêt du paysage, la richesse de la faune ou le patrimoine humain qui y subsiste. Le lac de Naorte 21
  • 23. Le parc naturel de l’Alt Pirineu C’est le plus grand parc de Catalogne. Il recouvre quelque coqs de bruyère y sont plus nombreux que partout ailleurs en soixante-dix mille hectares de paysages de haute montagne Catalogne. Ils partagent les lieux avec l’aigle royal, le gypaète restés pratiquement vierges jusqu’à aujourd’hui et abritant barbu, la chouette, le lagopède alpin, et avec des ongulés tels une exceptionnelle diversité de faune et de flore. Il se trouve que l’isard, le mouflon, l’écureuil, le daim et le sanglier. Un en plein cœur des Pyrénées, à cheval sur le Pallars Sobirà grand nombre de rivières et de lacs accueillent différentes et l’Alt Urgell. espèces de poissons, dont la truite, et la flore est riche de Au nombre des sites d’une valeur inestimable figurent la mille cinq cents espèces, dont beaucoup sont endémiques vallée de Bonabé et ses épaisses forêts de sapins et de pins des Pyrénées. Laricio, et la vallée d’Àrreu, qui n’est accessible qu’à pied Le parc renferme certaines des montagnes les plus et a conservé de ce fait un patrimoine naturel d’un très haut emblématiques et les plus élevées des Pyrénées, telle la Pica intérêt et très peu altéré. Le cirque de Noarre est, lui aussi, d’Estats qui, avec ses 3 143 m, est le sommet le plus haut quasiment intact ; le Pla de Boavi, point de rencontre de de la Catalogne. Pour bien connaître ce parc, rien de mieux plusieurs vallées, offre une grande diversité de végétation. que parcourir à pied les innombrables sentiers et itinéraires La forêt de Virós est un autre des joyaux naturels du parc, balisés, mais on peut aussi préférer d’autres modalités à quoi s’ajoute la vallée de Santa Magdalena, qui recèle sportives telles que le VTT, l’alpinisme, les raquettes à neige, des hameaux, des borderies et des chapelles au charme le ski de fond et le ski alpin, les randonnées à cheval ou les envoûtant. activités praticables sur les rivières. Les nombreuses églises Après de nombreuses années d’absence, l’ours brun se et chapelles romanes réparties dans tout le parc constituent promène à nouveau dans ces parages, et les énigmatiques l’un de ses principaux attraits. Il en est ainsi de Sant Pere Borderie dans le parc naturel de l’Alt Pirineu Une maison traditionnelle 22
  • 24. Ars del Burgal, de Sant Serni de Baiasca, de Santa Maria d’Àneu, de Sant Pau d’Esterri de Cardós, de Santa Maria de Ginestarre, de Sant Joan d’Isil (sur les bords de la Noguera Pallaresa), de Santa Maria de Ribera... Les villages conservent d’intéressants exemples d’architecture traditionnelle et quelques ensembles historiques remarquables, comme la cité médiévale fortifiée d’Escaló et le vieux centre de Castellbò, qui témoignent d’anciens modes d’aménagement urbain. Les scieries, les ruines de forges d’antan, les moulins, les pigeonniers, les charbonnières sont autant de témoignages de l’exploitation des ressources naturelles de ces vallées. 23
  • 25. L’un des endroits les plus impressionnants du parc est la face nord du Cadí, avec ses escarpements géants quasiment verticaux et ses vallées profondes et boisées. L’église Sant Joan, à Isil 24
  • 26. Arsèguel, au pied du massif du Cadí Le parc naturel Les Albères et le parc du Cadí-Moixeró naturel du cap de Creus Ce parc englobe les chaînes du Cadí et du Moixeró, le massif Ces deux unités géographiques constituent les derniers de Pedraforca – classé site naturel d’intérêt national – et la contreforts des Pyrénées avant qu’elles ne plongent dans vallée de Gresolet, ainsi qu’une bonne partie de la Tossa d’Alp la Méditerranée. Le massif des Albères, classé site naturel et du Puigllançada. Les endroits les plus impressionnants d’intérêt national, sert de frontière naturelle entre deux du parc sont le versant nord du Cadí, avec ses escarpements grandes plaines catalanes, l’Empordà et le Roussillon, avec géants quasiment verticaux et ses vallées profondes et boisées, des sommets comme le Puig Neulós (1 257 m). Le secteur et le Pedraforca, qui, avec sa majestueuse silhouette, est ouest, du côté de Requesens, comprend les zones les plus l’une des montagnes les plus appréciées des alpinistes humides et les plus élevées, couvertes de forêts de chênes- catalans. Les autres sites remarquables sont les alpages lièges, de chênes verts, de chênes rouvre et de châtaigniers, du Cadí et la roche de l’Ordiguer, sur la face nord du Cadí, sans compter les hêtraies et les prairies alpines. Le secteur ou encore la vallée de Gréixer, sur le versant sud, au-dessus est s’étend autour du monastère de Sant Quirze de Colera. de laquelle se dresse le Moixeró, qui culmine aux fières Les Albères sont l’une des régions d’Europe qui possèdent Penyes Altes de Moixeró. le plus grand nombre de mégalithes. Un bon nombre de localités conservent leur architecture Le cap de Creus s’avance dans un site marin exceptionnel. traditionnelle. Il en va ainsi de Bagà, l’ancien chef-lieu de la La beauté des côtes de cette presqu’île n’a rien à envier à baronnie de Pinós, qui a conservé une partie de ses murailles celle de l’intérieur de ses terres. Plusieurs écosystèmes y médiévales et une jolie place à arcades, et de Bellver de coexistent, d’où la présence de nombreuses espèces, dont Cerdanya, centre d’un ancien bailliage, qui domine la plaine certaines sont endémiques. Le riche patrimoine architectural du Segre. Des petits villages de montagne, tous nichés dans de la région trouve son point d’orgue au monastère de Sant de beaux sites, ont conservé d’intéressants exemplaires Pere de Rodes. Tout près s’étend le parc naturel des d’architecture civile et religieuse : Adraén, Querforadat, Aiguamolls de l’Empordà, deuxième zone humide de la Cornellana, Cava, Ansovell, Gisclareny, Gréixer, Gósol, Catalogne, avec des points d’observation sur les étangs Gresolet, Bastanist, le monastère de Sant Llorenç prop Bagà, et les marais. l’église de Talló, Sant Julià de Pedra, Bor, Coborriu, Tartera, Mosoll, Talltendre, etc. 25
  • 27. Promenade en calèche dans la hêtraie dite Fageda d’en Jordà Le défilé de Mont-rebei Le parc naturel Le défilé de Mont-rebei de la zone volcanique En traversant la chaîne du Montsec, les eaux de la Noguera Ribagorçana ont creusé un profond défilé, le seul de Catalogne de la Garrotxa à être resté vierge, sans routes, sans voies ferrées, sans lignes électriques. Un chemin creusé partiellement dans le rocher Espace protégé et très humanisé, ce parc constitue le plus bel permet d’admirer ce site spectaculaire, formé de parois qui exemple de paysage volcanique dans la péninsule Ibérique, atteignent par endroits plus de cinq cents mètres à la verticale. avec sa trentaine de cônes d’anciens volcans de type strombolien, ses cratères et ses coulées de lave basaltique. Les plus beaux éléments en sont les falaises basaltiques de Castellfollit de la Roca et de Sant Joan les Fonts, les volcans d’El Croscat, de Santa Margarida et du Montsacopa, et la hêtraie dite Fageda d’en Jordà, immortalisée dans un poème de Joan Maragall. La rusticité du paysage de la Garrotxa s’accentue vers le nord, donnant des lieux emblématiques comme Sant Aniol d’Aguja et la vallée d’El Bac. 26
  • 28. La traversée du Moixeró Le point de départ est Bagà. Se diriger vers le nord pour Difficulté : moyenne. Durée : 3 jours. monter jusqu’au refuge de Rebost pour y passer la nuit. Point de départ : Bagà, par la route C-16, après Guardiola Continuer jusqu’au Pla dels Orris, passer par le col de de Berguedà. Comafloriu et rejoindre le sommet de la Tossa d’Alp et le Pour en savoir plus : refuge Niu de l’Àliga pour y passer la nuit. Poursuivre l’itinéraire Bureaux du parc naturel Cadí-Moixeró à Bagà en suivant la crête du Moixeró et monter jusqu’aux Penyes Refuge de Rebost, tél. (+34) 608 736 714, www.refugirebost.cat Altes (2 279 m). Au col de Moixeró, prendre le chemin du col Refuge Niu de l’Àliga, tél. (+34) 647 477 774 d’El Dental et rejoindre le refuge Sant Jordi. Le dernier jour, Refuge Sant Jordi / Font del Faig, tél. (+34) 619 239 860 descendre en suivant le torrent d’El Pendís jusqu’à la piste qui Pour faire des randonnées en haute montagne, il est nécessaire de disposer longe le cours du Bastareny pour retourner à Bagà. de bonnes cartes et de se documenter. Adresses utiles Parc naturel de l’Alt Pirineu Site naturel d’intérêt national Parc naturel de la zone Parcs naturels de Catalogne Ctra. Val d’Aran, 31 des Albères volcanique de la Garrotxa www.parcsdecatalunya.net 25595 Llavorsí Rectoria Vella, Amadeu Sudrià, 3 Casal dels Volcans, av. Santa Tél. (+34) 973 622 162 17753 Espolla Coloma, s/n Tél. (+34) 972 545 079 17800 Olot Parc naturel du Cadí-Moixeró Tél. (+34) 972 266 202 et du massif du Pedraforca Parc naturel du cap de Creus Vinya, 1 Monestir de Sant Pere de Rodes Défilé de Mont-rebei 08695 Bagà 17489 El Port de la Selva Ajuntament de Sant Esteve Tél. (+34) 938 244 151 Tél. (+34) 972 193 191 de la Sarga Tél. (+34) 973 653 377 27
  • 29. 28
  • 30. Le Val d’Aran Un petit pays occitan À l’extrémité ouest des Pyrénées catalanes, le Val d’Aran, qui s’ouvre vers le nord de la chaîne, se distingue par un ensemble de traits que l’on ne trouve nulle part ailleurs en Catalogne. L’orientation de la vallée a pour conséquence que les vents atlantiques y pénètrent chargés d’humidité. Dans le Val d’Aran, la pluviosité est plus régulière que dans les autres régions pyrénéennes de Catalogne, où la pluie dépend davantage des caprices méditerranéens. L ’eau, en torrents ou rivières, se déverse dans la Garonne, qui devient plus loin le grand fleuve traversant les plaines aquitaines avant de se jeter dans l’Atlantique. Gausac 29
  • 31. Comme les nuages Dès que l’on sort du et la pluie, le commerce et la culture se sont tournés vers le nord. Au sud, tunnel de Vielha, la barrière montagneuse a rendu les communications difficiles on voit tout de suite que les pentes sont plus vertes, que le avec l’Aragon et la Catalogne. Pendant des siècles, la neige climat a changé et aussi les villages, avec leurs clochers a empêché, six mois par an, toute traversée des cols des couronnés de toits en pointe. Nombreux sont les villages qui montagnes. Il n’est donc pas étonnant que les Romains soient ont conservé leur structure et leur architecture traditionnelles. entrés dans cette vallée en suivant le cours de la Garonne, En revanche, Vielha, le chef-lieu situé au centre de la vallée, et que sa langue, l’aranais, soit un dialecte du gascon et par est une ville dynamique et moderne. De son origine romaine, là même un dialecte de l’occitan, la langue des troubadours elle a conservé son nom, et de son passé médiéval les du Moyen Âge. Mais l’histoire a rapproché le Val d’Aran des vestiges romans et gothiques de l’église Sant Miquèu. Cette comtés aragonais et catalans. En 1313, Jacques II accordait église abrite une sculpture sur bois remarquable : Le Christ à la vallée le privilège de la Querimonia, une charte juridique de Mijaran, qui faisait partie d’une Descente de Croix romane. qui octroyait d’importantes exonérations aux Aranais. Le Val Dans la vieille ville, on peut voir de belles maisons d’Aran était structuré en six terçons, qui élisaient leurs seigneuriales, telle la Casa de Santesmasses, aussi appelée conselhers au Conselh Generau, une institution qui s’est Tor deth Generau Martinhon. Elle héberge le musée du Val maintenue jusqu’en 1835 puis a été rétablie en 1991. d’Aran, qui présente une vision complète de ce territoire. Le Torà Arties 30
  • 32. Peintures de style tardo-gothique dans l’église Sant Andrèu, à Salardú Le Christ de Mijaran, dans l’église Sant Miquèu, à Vielha Le patrimoine artistique En remontant le cours est disséminé dans de la Garonne toute la vallée viennent Betren et Gausac, aux abords de Vielha. L’église de Betren présente un portail gothique à voussures sculptées. Près de la frontière avec la France, sur la rive gauche de la L’église Sant Martin de Gausac est gothique, possédant un Garonne, le village de Bossòst possède une belle église du robuste clocher qui servait de tour de défense, ce qui n’est XIIe siècle, dite Era Mair de Diu dera Purificacion ; ce bel pas rare dans les églises de l’époque, dont l’enceinte était édifice roman comporte trois absides à décoration lombarde aussi une protection. Par exemple, une enceinte fortifiée et a un portail orné de trois arcades, de colonnes et de entourait Santa Maria d’Arties. D’origine romane, cette église chapiteaux sculptés ainsi que d’un tympan montrant un Christ est sur plan basilical ; l’intérieur abrite un retable gothique en majesté et les Évangélistes. Vilamòs, perché sur la rive peint par le maître de Vielha et des fresques de style gothique droite, recèle une autre église romane, l’une des plus tardif montrant le jugement dernier. Arties s’est développé anciennes. La Casa Joanchiquet a été aménagée en musée. autour de cette église et s’étend aujourd’hui en une mosaïque de toits de schiste ardoisier. On y remarque Ço de Paulet, une belle demeure du XVIe siècle, et la solide tour de la maison des Portolà, une famille à laquelle appartenait le premier gouverneur de Californie, Gaspar de Portolà. Toujours à Arties, l’église Sant Joan, de style roman à la base, a évolué vers un gothique austère ; elle sert aujourd’hui de salle d’expositions temporaires. 31
  • 33. Après le travail vient le temps de la fête, À Salardú, l’église Sant Andrèu est un édifice roman et gothique de des danses... transition, montrant trois nefs et trois absides, et un imposant Et, parmi ces danses, figurent de nombreuses danses clocher octogonal. À l’intérieur, on admire un magnifique traditionnelles qui ont survécu jusqu’à nos jours. La première Christ roman, qui rappelle celui de l’église de Casarilh en aval fête de l’année est celle des Magràs ou fête du carnaval. du fleuve, et des peintures du gothique tardif restaurées à la Pendant la semaine de Pâques, on assiste à des processions fin du siècle dernier. Plus haut, Unha possède une belle église à Bossòst. Le 13 mai, la fête de la Sainte-Croix, à Salardú, romane, Santa Eulària, dont le clocher est coiffé d’un bulbe. rassemble autour du Christ de Salardú les croix des huit Dans ces bourgades, la population vivait essentiellement hameaux de la commune. Le solstice d’été, le 23 juin, est de l’élevage et de l’exploitation du bois. Mais il y avait d’autres particulièrement fêté à Les et à Arties (voir la rubrique des activités, et notamment une tradition minière : extraction fêtes). De plus, chaque village organise sa fête patronale. de fer, de cobalt, de galène et, surtout, de zinc et de plomb, Une fête plus moderne, la Hèsta d’Aran, a lieu le 17 juin, ce dont témoigne une mine réhabilitée au nord d’Arres, la en commémoration du rétablissement du Conselh Generau. Mina Victòria. À Vielha, on peut visiter la Fabrica dera Lan Enfin, la Corsa Aran per sa Lengua, une course populaire (fabrique de laine), qui utilisait la force motrice des eaux du organisée pour la défense de l’aranais, rassemble des Nere. Enfin, à Salardú fonctionne un ancien moulin à farine. coureurs des divers terçons et s’achève par un concert. Salardú 32
  • 34. Danses traditionnelles à Arròs Bossòst Mais le Val d’Aran n’est Pour reprendre des pas que villages, travail forces après une et fêtes journée bien remplie, Le Val d’Aran, c’est d’abord la montagne. Un tiers du territoire rien de tel que goûter à la cuisine de la vallée, qui offre une aranais se trouve à une altitude supérieure à deux mille grande variété de spécialités (voir le chapitre « La cuisine, un mètres. Si des milliers de skieurs profitent de la neige à bouquet de saveurs ancestrales »). Une brochure sur le Val Baqueira Beret pendant les mois d’hiver, il existe aussi d’Aran, publiée dans cette même collection, présente en détail d’autres options. Ainsi, on ne manquera pas d’aller voir les spécificités de cette belle vallée. L’ Artiga de Lin et les chutes des Uelhs deth Joèu, où jaillissent les eaux provenant du glacier de l’Aneto. Le Montcorbison, tout près de Vielha, est d’ascension facile et offre de magnifiques panoramas. Dans le secteur du parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici, on retiendra le sommet du Montardo et le cirque de Colomèrs, où se trouve une importante zone lacustre. Sur les versants qui ferment la vallée au nord, le chemin qui va du Pla de Beret jusqu’au sanctuaire de la Mair de Diu de Montgarri est bien connu des randonneurs. En hiver, ce chemin est praticable à raquettes. Partout, on trouve des pentes qui offrent d’infinies possibilités pour pratiquer le ski alpin ou le ski de fond. En été, le nord de la vallée est peu fréquenté ; il présente néanmoins de très beaux sommets, tel le Tuc de Maubèrme. 33
  • 36. La forêt de La Tuca (À VTT) Sur la place de Betren, prendre la direction de Vielha. Avant de traverser le pont qui enjambe le Nere, tourner à gauche vers la place de l’église. Continuer et remonter la piste qui longe la rivière jusqu’au km 5, où l’on rejoint la route de Vielha et de la France (N-230) devant la bouche nord du tunnel de Vielha. Continuer sur la piste jusqu’à l’incinérateur. Sur la droite monte une piste forestière qui atteint la cote maximale de cet itinéraire (1 530 m). Redescendre jusqu’à la route C-28, qu’il faut traverser pour revenir à Betren. Difficulté : moyenne. Point de départ : Betren, que l’on rejoint, en venant de Vielha, par la C-28 en direction de Salardú (vers l’est). Pour en savoir plus : Routes du Palau Robert, www.gencat.cat/probert Office de tourisme de Vielha Adresses utiles Office de tourisme du Val d’Aran Ctra. Gausac, 1 25530 Vielha e Mijaran Tél. (+34) 973 640 688 www.torismearan.org Offices de tourisme de Les, Salardú et Vielha (Voir pages 130 et 131) 35
  • 37. 36
  • 38. La vallée de Boí Patrimoine mondial L art roman le plus pur atteint son apogée dans ’ la vallée de Boí, avec une concentration exceptionnelle d’églises construites aux xe, xie et xiie siècles, qui ont conservé leurs beaux clochers, une décoration extérieure raffinée et des peintures religieuses de renom international. L ensemble des ’ neuf églises de la vallée de Boí (l’ Assumpció de Cóll, Santa Maria de Cardet, Sant Feliu de Barruera, l’église de la Nativitat et la chapelle de Sant Quirc de Durro, Santa Eulàlia d’Erill la Vall, Sant Joan de Boí, Santa Maria de Taüll et Sant Climent de Taüll) a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco. L’église Sant Feliu, à Barruera 37
  • 39. L’église de la Navitat, à Durro L’église Sant Joan, à Boí La chapelle de Sant Quirc, près de Durro L’église Santa Maria, à Cóll L’église Santa Eulàlia, à Erill la Vall La Main de Dieu, Sant Climent, Taüll (MNAC) Des joyaux de l’art roman La construction de ces églises est due à l’initiative des seigneurs d’Erill, une grande famille féodale attestée dès 1077 qui exerça sa domination sur toute la vallée. Son isolement a contribué à préserver une grande partie de l’ensemble monumental actuel. Entre 1919 et 1923, la direction des musées de Barcelone a procédé au transfert de la plupart des peintures, afin de parer à l’éventualité d’une spoliation. Les fresques ont été détachées et sont visibles aujourd’hui à Barcelone, au Musée national d’art de Catalogne (MNAC). Les deux églises de Taüll (Santa Maria et Sant Climent) ont été classées monument historique et artistique en 1931. Plus tard, le gouvernement catalan a classé l’ensemble des églises romanes « bien d’intérêt culturel ». En 1994, un plan de restauration architecturale de ces monuments fut mis en place et l’Unesco procéda à leur inscription sur la liste du patrimoine mondial en l’an 2000. L’église Sant Climent, à Taüll 38
  • 40. 39
  • 41. En route dans la vallée de Boí L’une des premières églises romanes que l’on trouve dans Mais on peut admirer une reproduction fidèle de ce groupe la vallée est celle de Cóll, à l’extérieur du village : petite, elle à l’intérieur de l’église. présente un portail roman du XIIe siècle. Un embranchement mène à Boí. L’église Sant Joan a Un peu plus haut se trouve Cardet. Son église romane Santa conservé son clocher d’origine, de style lombard, et une Maria n’a qu’une seule nef et son abside est d’une hauteur abside. Les autres parties de l’édifice sont le résultat de considérable ; elle abrite une statue de la Vierge de différentes restaurations. À l’intérieur, on voit une reproduction Cabanasses. des peintures murales des XI e et XII e siècles qu’abritait À Barruera, l’église romane Sant Feliu se trouve aussi auparavant l’église. à l’extérieur du village. À une seule nef, elle a un clocher carré Enfin, un kilomètre plus loin ou guère plus, la route rejoint très robuste. Taüll. Divisé en deux secteurs, ce village s’est développé On gagne Durro par une route secondaire. L’église romane autour de deux des églises romanes les plus emblématiques de la Mare de Déu de Durro, du XIIe siècle, présente une seule de toutes les Pyrénées : Santa Maria et Sant Climent. L’église nef couverte d’un berceau et un porche latéral à arcades ; Santa Maria est l’église paroissiale de Taüll. Datée du XIIe le clocher est carré, à voûtes lombardes ; le portail est formé siècle, elle se trouve sur la Plaça Major et se compose de trois d’archivoltes reposant sur une double rangée de colonnes. nefs séparées par des colonnes et terminées par trois absides ; Une Vierge romane du XIIe siècle provenant de Durro, et qui on y admire une reproduction de l’ensemble pictural qui faisait partie d’une Descente de Croix, est aujourd’hui visible l’ornait ; le clocher est sur plan carré. En bas du village se au MNAC. dresse l’église Sant Climent. Datée du XIIe siècle, elle a été Erill la Vall se trouve sur la rive droite de la Noguera de Tor. construite en même temps que l’église Santa Maria, et toutes Son église paroissiale Santa Eulàlia, du XIIe siècle, est l’un deux furent consacrées par l’évêque Ramon Guillem de Roda des joyaux de l’architecture romane d’influence lombarde : en décembre 1123. Sant Climent a, elle aussi, trois nefs une seule nef, une abside et deux absidioles formant un trèfle ; séparées par des colonnes et terminées par trois absides un porche formé d’arcades en plein cintre et un clocher très décorées d’arcatures lombardes et de fenêtres géminées ; stylisé. Au début du XXe siècle, on retrouva dans la sacristie un le clocher s’élève sur six étages. À l’intérieur de l’église se groupe sculpté en bois de style roman, du XIIe siècle, qui trouvent des peintures murales d’une polychromie remarquable représentait une Descente de Croix. Aujourd’hui, une partie en ainsi que la reproduction du célèbre Pantocrator, ou Christ en est conservée au musée épiscopal de Vic et l’autre au MNAC. majesté, qui se trouvait auparavant dans l’abside centrale. L’église Santa Maria, à Cardet 40
  • 42. Caldes de Boí Une station thermale en pleine montagne Un bon bain peut être l’assurance d’un repos bien mérité, après ces nombreuses visites ou une randonnée dans le parc national d’Aigüestortes et du lac de Sant Maurici. À Caldes de Boí, il y avait, au XVIIIe siècle, un établissement de bains. C’est aujourd’hui un complexe comprenant deux hôtels, un établissement thermal, un centre de soins de beauté et des salles de conférence. 41
  • 43. Le Pantocrator de l’église Sant Climent, à Taüll 42
  • 44. De Barruera à Durro À Barruera, emprunter la route de Durro et traverser le pont qui franchit la Noguera de Tor ; un peu plus loin commence le chemin balisé. À Durro, prendre le chemin de pierre qui monte à l’église, continuer de monter pour rejoindre, en haut du village, la piste qui conduit à la chapelle Sant Quirc de Durro. 7,5 km, 2 h 15 min. Difficulté : aucune difficulté, 360 m de montée. Point de départ : Barruera. À El Pont de Suert, prendre la N-230, puis la L-500. Pour en savoir plus : Offices de tourisme d’El Pont de Suert et de la vallée de Boí Adresses utiles Centre de l’art roman de la Musée épiscopal de Vic vallée de Boí Pl. Bisbe Oliva, 3 Camí del Batalló, 5 08500 Vic 25528 Erill la Vall Tél. (+34) 938 869 360 Tél. (+34) 973 696 715 www.museuepiscopalvic.com www.centreromanic.com Syndicat d’initiative de la Musée national d’art de vallée de Boí Catalogne (MNAC) www.vallboi.com Palau Nacional Parc de Montjuïc Offices de tourisme d’El Pont 08038 Barcelona de Suert et de la vallée de Boí Tél. (+34) 936 220 376 (Voir pages 130 et 131) www.mnac.cat Détail du parement d’autel de Sant Pere de Boí (vers 1260), au MNAC 43
  • 45.
  • 46. Le contraste des vallées Des cours d’eau porteurs de vie Les cours d’eau qui dévalent des sommets pyrénéens ont creusé des dizaines de vallées, dont chacune est différente des autres. Nous en avons choisi sept, aux attraits et au peuplement très diversifiés, que nous présentons selon la course du soleil, d’est en ouest. Une liste minimale, qui pourrait être beaucoup plus étendue. Pont sur le Llierca 45
  • 47. Le train à crémaillère de Núria Le sanctuaire de Núria La vallée de Sant Aniol La vallée de Núria « Garrotxa » signifie terre âpre et rocailleuse, et l’on n’est pas Pour rejoindre Núria, on prend un train à crémaillère à Ribes surpris de ce nom lorsque l’on pénètre dans les vallées qui de Freser ou à Queralbs, dont il convient de visiter la belle ferment cette région au nord. En remontant le cours du église romane. En montant, le train laisse derrière lui des forêts Llierca, on rencontre bientôt un pont médiéval à une seule de frênes et de noisetiers et des chênes rouvre qui s’éloignent arche, qui franchit, aérien, un gouffre profond. Plus loin, après au fond des vallées. Le pin Laricio obscurcit les versants, puis, le petit village de Sadernes, la rivière s’encaisse entre des remontant des torrents au bord des falaises, le train parvient parois calcaires. La vallée de Sant Aniol s’étire entre les au bord d’un lac. De l’autre côté se dresse le complexe du montagnes de Gitarriu et le Puig de Plansesserres, et la rivière sanctuaire, avec la chapelle qui abrite la Vierge de Núria, une se repose dans des gouffres calmes et transparents. statue romane en bois, du XIIe siècle. Le complexe comprend Des chênes verts, des houx, des châtaigniers et des chênes des restaurants, des boutiques et un hôtel. Plus haut, on rouvre jalonnent le chemin. Sur la rive gauche part le chemin trouve une auberge. On est ici à deux mille mètres d’altitude, qui monte vers le Puig de Bassegoda ; sur l’autre rive, un autre et les sommets qui entourent la vallée de Núria avoisinent les chemin monte jusqu’à Taleixà, un village aujourd’hui trois mille mètres. Outre une petite station de ski et des abandonné. En suivant le cours de la rivière, on aboutit à la balades à cheval en été, la vallée offre de multiples activités chapelle Sant Aniol d’Aguja, nichée dans un site plein de possibles : ascension du Puigmal ou des pics de Noufonts, charme, où l’écrivain Marià Vayreda situe le début de son de La Fossa del Gegant et de l’Infern, traversées vers Ulldeter roman La punyalada. Un peu plus haut, on rejoint les chutes et les gorges de Carançà. d’El Brull. 46
  • 48. Llívia La Cerdagne Contrairement aux autres vallées pyrénéennes, qui sont vallée, comme en témoigne l’enclave de Llívia, perchée orientées vers le nord ou vers le sud, la vallée de la Cerdagne comme une île en plein territoire français. Au cœur de la s’étend d’est en ouest, bordée par les hauts sommets des Cerdagne, sur une hauteur, se dresse Puigcerdà, le chef-lieu, Pyrénées et ceux du Moixeró et du Cadí. Cela est dû au fait qui constitue un excellent belvédère sur la région. Au début du que la Cerdagne s’est formée par l’enfoncement d’une faille. siècle dernier, les touristes y venaient pour la pureté de l’air Du peuplement préromain subsistent des toponymes tels que et la fraîcheur en été. Aujourd’hui, il existe une grande station Bor, Urús, Alp et Das. Le Moyen Âge a laissé dans cette vallée de sports d’hiver, créée par la réunion des pistes de La des églises romanes, Sant Pere d’Olopte, Santa Cecília de Masella et de La Molina. L’été offre mille randonnées à travers Bolvir et la majestueuse basilique de Santa Maria de Talló, par les pins et les sapins du parc naturel du Cadí-Moixeró, vers les exemple, ainsi que l’ancienne muraille de Bellver. Mais le traité lacs de La Pera et de Malniu, ou encore vers les sommets des Pyrénées a fractionné de façon aléatoire l’unité de la frontaliers de l’Andorre. 47
  • 49. La vallée d’Aigua d’Ora La vallée de Cardós À l’extrémité est du Solsonès, la rivière Aigua d’Ora s’étire, La route se fraye un passage en concurrence avec les eaux depuis le village de Navès, dans une étroite et longue vallée de la Noguera de Cardós. Plus haut, la vallée s’élargit et parsemée de solides maisons rurales et où l’on peut visiter Ribera de Cardós apparaît : petits hôtels, tour romane à côté un écomusée où fonctionnent encore une vieille scierie et un de l’église, ruelles étroites, murs et toits d’ardoise, sans oublier moulin alimentés par la force de l’eau. Au fond, les montagnes mille et une propositions de sports d’aventure. Entourée de Busa dessinent un haut plateau entouré d’impressionnantes de sommets qui font partie du parc naturel de l’Alt Pirineu, falaises. En aval, dans un rétrécissement de la vallée, se niche une la vallée est ponctuée de rares plats où ont pu s’installer jolie église romane du XIIe siècle : Sant Pere de Graudescales. des villages : Surri, Anàs, Estaon (construit sur un éperon), Cette église, qui appartenait à un monastère vite disparu, Ginestarre et sa petite église romane qui en garde l’entrée, présente un plan en croix latine, une coupole au-dessus du Aineto (accroché à la montagne), Tavascan. Au-dessus, transept et trois absides. c’est la montagne qui impose sa loi. Entourée de sommets qui font partie du parc naturel de l’Alt Pirineu, la vallée est ponctuée de rares plats où ont pu s’installer des villages. Sant Pere de Graudescales 48
  • 50. L’église Santa Maria, à Ribera de Cardós Les vallées d’Àneu La Vall Fosca Dans la partie haute du Pallars Sobirà, les vallées d’Àneu Dans cette vallée fermée par des montagnes, le soleil se sont occupées par quatre communes qui rassemblent vingt- couche tôt (d’où son nom, « vallée sombre »). La partie haute quatre hameaux et lieux-dits. Entourées du parc naturel est limitrophe avec le parc national d’Aigüestortes et du lac de l’Alt Pirineu et du parc national d’Aigüestortes et du de Sant Maurici. Puis elle s’étire vers le sud en suivant le cours lac de Sant Maurici, elles présentent un intérêt écologique du Flamisell. Cabdella, le dernier village, possède une belle évident. Il s’y trouve aussi un riche patrimoine d’art roman : église romane (Sant Vicenç) et offre des vues magnifiques. églises Sant Joan d’Isil et Santa Maria d’Àneu à Escalarre, En contrebas se trouve la centrale de Cabdella, qui abrite un ensemble monumental de Son de Pi, monastère bénédictin musée de l’hydro-électricité. Plus au sud, Espui conserve de Sant Pere del Burgal à Escaló, ponts d’Espot et d’Esterri aussi une église romane, l’église Sant Julià. À La Torre de d’Àneu ; sans oublier l’écomusée des vallées d’Àneu (voir les Cabdella se trouve la chapelle Sant Martí. Enfin, Estavill a détails dans la rubrique consacrée à la vie dans la montagne). gardé sa structure médiévale de village fortifié et un réseau Enfin, la fondation Territori i Paisatge, installée à Les Planes de ruelles couvertes. de Son, propose des activités visant à faire découvrir la nature d’une façon à la fois ludique et pédagogique. 49
  • 52. Montée à Perafita et Monturull à partir des lacs de la Pera Le point de départ est à Les Pollineres. Monter jusqu’au Difficulté : moyenne. Durée : de 4 à 5 h. premier lac, laisser sur la gauche le lac Inferior de la Pera Point de départ : Les Pollineres. À Martinet de Cerdanya, emprunter et passer le petit pont qui franchit la rivière. Emprunter le chemin la route LV-4036. Avant d’arriver à Lles, tourner sur la gauche pour aller à Arànser, d’où l’on rejoint, par un chemin goudronné, les pistes qui remonte la rivière sur sa rive droite. Au bout de 200 m, de ski nordique. Suivre sur 12 km la piste forestière qui mène à Les on rejoint le lac Superior de la Pera. Monter vers le col sur Pollineres (2 040 m), où on laisse la voiture. la gauche du Monturull puis au pic de Monturull. Descendre Pour en savoir plus : jusqu’au col de Claror, et suivre la crête qui monte jusqu’au Refuge des lacs de la Pera, Lles de Cerdanya Perafita ou Tossal de la Truita. Descendre au Port de Perafita Tél. (+34) 972 140 559 et (+34) 934 120 777 et au Collet Sant Vicenç. En longeant la montagne sous le pic Offices de tourisme de la Cerdagne d’El Sirvent, on redescend jusqu’au refuge des lacs de la Pera Pour faire des randonnées en haute montagne, il est nécessaire de disposer et de là jusqu’à Les Pollineres. de bonnes cartes et de se documenter. Adresses utiles Consortium de l’Alta Garrotxa Mairie de Navès Syndicat d’initiative municipal (Vall de Sant Aniol) (Vall d’Aigua d’Ora) de la Vall Fosca Rectoria de Sadernes Tél. (+34) 973 482 553 Tél. (+34) 973 663 001 Tél. (+34) 972 287 882 naves.ddl.net www.vallfosca.cat www.altagarrotxa.org Conseil culturel des vallées Offices de tourisme d’Esterri Vallée de Núria d’Àneu d’Àneu, La Torre de Cabdella, Tél. (+34) 972 732 020 Tél. (+34) 973 626 316 Puigcerdà, Ribera de Cardós, www.valldenuria.cat www.aneu.org Ribes de Freser et Solsona (Voir pages 130 et 131) Portail touristique de la Cerdagne www.cerdanya.cat 51
  • 53.
  • 54. La Seu d’Urgell Le carrefour des Pyrénées Le chef-lieu de l’Alt Urgell occupe un emplacement privilégié : La Seu se trouve au centre des Pyrénées catalanes, entre les montagnes andorranes et les derniers contreforts de la chaîne du Cadí, dominant la plaine alluviale déposée par les eaux du Segre et de la Valira. Un carrefour ancestral de voies de communication entre le Pallars Sobirà, l’Andorre et la Cerdagne, qui a vécu au cœur de l’histoire du pays Le cloître de la cathédrale 53
  • 55. La cathédrale La ville primitive, appelée Orgellia, occupait la butte où se trouve aujourd’hui le quartier de Castellciutat. Siège épiscopal, elle fut saccagée par les musulmans. Plus tard, on transféra la ville dans la plaine et on y construisit une cathédrale qui fut consacrée au IXe siècle. Mais, au XIIe siècle, on la remplaça par la grande cathédrale romane Santa Maria d’Urgell. D’une délicate architecture lombarde, elle présente l’un des plus beaux cloîtres de style roman catalan, avec des colonnes couronnées par des chapiteaux de granit sculptés de personnages appartenant à la mythologie médiévale, qui évoquent les chapiteaux présents dans le Roussillon. Adossée au cloître, l’église Sant Miquel, romane, est la seule survivante d’un ensemble d’églises épiscopales construites à l’initiative de saint Ermengol au début du XIe siècle. La cathédrale romane Santa Maria d’Urgell 54
  • 56. L’urne en argent dédiée à saint Ermengol (1755) Le Beatus de Liébana La cathédrale présente l’un des plus beaux cloîtres de style roman catalan, avec des colonnes couronnées par des chapiteaux de granit sculptés de personnages appartenant à la mythologie médiévale, qui évoquent les chapiteaux présents dans le Roussillon. Le musée diocésain d’Urgell Jouxtant la cathédrale, ce musée présente l’une des plus belles collections d’art médiéval de Catalogne. Il recèle une inestimable collection de pièces d’art sacré provenant de tout l’évêché d’Urgell ainsi qu’une importante série de Vierges romanes. Mais ses pièces les plus connues sont le célèbre Beatus de Liébana (un manuscrit enluminé du Xe siècle), le retable gothique d’Abella de la Conca exécuté par Pere Serra en 1364 ou encore une urne en argent de 1755, dédiée à saint Ermengol et que l’on doit à l’orfèvre baroque Pere Lleopart. 55
  • 57. Dans le centre historique Le quartier médiéval Une ville de culture Près de la cathédrale partent les deux rues à arcades de La Seu Tout au long de l’année se succèdent divers événements : d’Urgell. L’une est le Carrer dels Canonges, principal axe de la festival international de musique Joan Brudieu en juillet et août ; vieille ville, jalonné de belles demeures aux fenêtres gothiques représentations du Retaule de Sant Ermengol la première et aux poutres décorées : Cal Botxí, Cal Roger, Ca l’Armenter… quinzaine d’août (inspirées du retable du même nom) ; foire L’autre rue à arcades est le Carrer Major, où l’on voit les de la Saint-Ermengol, le troisième dimanche d’octobre, lors de « mesures de la Bladeria » (deux blocs de pierre qui servaient à laquelle ont lieu plusieurs manifestations thématiques : la foire mesurer le grain) et quelques demeures seigneuriales. Le Carrer aux fromages d’artisanat des Pyrénées, la foire aux produits de Capdevila et le Carrer de les Eres datent de l’agrandissement touristiques des Pyrénées et du ski nordique, l’exposition de de la ville effectué au XIIIe siècle. produits alimentaires traditionnels « Fet i pastat a la Seu » et un petit marché dans le Carrer dels Canonges, où se tiennent des artisans des Pyrénées. L’église gothique Sant Domènec, devenue maison de la culture, organise régulièrement des expositions, des congrès et des concerts. 56
  • 58. Le marché hebdomadaire Kayak dans le parc olympique du Segre Les marchés Le parc olympique Un marché hebdomadaire se tient à La Seu d’Urgell depuis 1029, et sa foire est attestée depuis 1048. Aujourd’hui, tous du Segre les mardis et samedis, les rues du centre historique se Cet équipement sportif unique a été créé à l’occasion des Jeux remplissent d’étals. Dans les commerces de la ville, on trouve olympiques de 1992. Un ensemble de canaux d’eaux calmes les produits d’artisanat typiques des Pyrénées, les meilleurs et d’eaux vives, disposant d’un système de remontées fromages et beurres de la région, des charcuteries, du miel, mécaniques, accueille les amateurs de canoë-kayak, de rafting des conserves de champignons ainsi que toutes sortes et d’hydrospeed. de viandes et autres produits frais du terroir. 57
  • 59. Le centre de La Seu d’Urgell 58
  • 60. De La Seu d’Urgell à Alàs et Les Peces (À VTT) Le point de départ est le parc du Segre. Suivre la rive droite Difficulté : moyenne. de la rivière et la traverser par la passerelle d’Alàs. Emprunter la Point de départ : le parc olympique du Segre, à La Seu d’Urgell. route qui monte à Alàs ; sur la place, prendre la piste qui mène Pour en savoir plus : à Les Peces et à Banat. Plus haut se trouve l’église romane Centre VTT La Seu –Alt Urgell, parc olympique du Segre Santa Maria de les Peces. Pour le retour, redescendre à Alàs www.parcolimpic.com/btt et, sans traverser le Segre, suivre la piste de la rive gauche. Traverser la rivière par la passerelle de La Seu pour entrer dans la ville. 14,6 km Adresses utiles Musée diocésain d’Urgell Pl. Deganat 25700 la Seu d’Urgell Tél. (+34) 973 353 242 www.museudiocesaurgell.org Parc olympique du Segre Tél. (+34) 973 360 092 www.parcolimpic.com Syndicat d’initiative de La Seu d’Urgell www.turismeseu.com Offices de tourisme de La Seu d’Urgell (Voir pages 130 et 131) Un chapiteau du cloître de la cathédrale 59
  • 61. 60
  • 62. Olot La ville volcanique Quand on nous parle d’explosions, de tremblements de terre, de langues de feu, de coulées volcaniques, nous imaginons les portes de l’enfer ; nous n’imaginons pas la Garrotxa, ni son chef-lieu, Olot. Pourtant, Olot est entouré de quatre volcans : le volcan des Bisaroques, celui de Montolivet, celui de la Garrinada et le volcan Montsacopa. Le plus visible est le Montsacopa, avec sa chapelle Sant Francesc au bord du cratère et ses flancs entourés du tissu urbain. Santa Pau 61
  • 63. Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter : ces volcans se sont endormis il y a plus de 11 000 ans et les deux derniers séismes dévastateurs ont eu lieu il y a cinq siècles. Quasiment tous les murs s’effondrèrent Le musée cantonal est à ce moment-là, ce qui poussa la population à changer l’emplacement de la ville et à quitter les terrains qui aménagé dans l’ancien appartenaient au monastère de Ripoll, échappant de ce fait à sa juridiction. La ville qui s’étend aux pieds du Montsacopa hospice en est aujourd’hui le résultat. En descendant du volcan, on On y voit l’évolution de la région ainsi que des œuvres des trouve le Firal ou Passeig d’en Blay, qui accueille un marché grands artistes qui l’ont visitée. Plusieurs salles sont tous les lundis. C’est là que se dresse la Casa Solà Morales, consacrées à l’école paysagiste d’Olot, fondée par les frères un remarquable édifice moderniste rénové par Lluís Joaquim et Marià Vayreda, avec Josep Berga, les premiers Domènech i Montaner et orné de cariatides sculptées par artistes en Catalogne qui sont sortis de leur atelier pour Eusebi Arnau. La visite suivante pourrait être celle de l’église peindre en pleine nature. Il y a aussi des sculptures de Miquel Sant Esteve, un solide monument à la façade baroque qui Blay et de Josep Clarà, le célèbre tableau de Ramon Casas abrite des retables du même style ; un tableau du Gréco est La Charge et une collection d’affiches publicitaires des exposé au musée paroissial. À côté, Can Trincheria est une Cigarrillos París. Enfin, des salles sont réservées aux maison transformée en musée. expositions temporaires. Can Trincheria Les Lavandières, de Joaquim et Marià Vayreda (MCG) Le musée des volcans L’église Sant Esteve La Torre Malagrida 62
  • 64. Le volcan de Santa Margarida 63
  • 65. Après avoir traversé le Fluvià, on entre dans le parc Nou, à l’ombre d’un bois de chênes rouvre qui occupe l’emplacement de ce qui était la plaine d’Olot. On y voit aussi des tilleuls, des frênes, des ormes, des cerisiers et des érables, dépassant d’un sous-bois où poussent les noisetiers, Dans le centre d’Olot, les houx, le buis et des buissons d’aubépines. Le parc abrite un musée des volcans. Installé dans l’ancienne Torre les rues qui entourent la Plaça Major invitent à la promenade, Castanys, il présente l’origine, le fonctionnement et les effets tout comme les cloîtres d’El Carme, un ouvrage Renaissance des séismes et des volcans ; un simulateur y donne l’occasion qui abrite aujourd’hui l’École d’art d’Olot. De la Plaça de Josep de ressentir les effets d’un tremblement de terre. On y Clarà part vers le sud le Passeig de Barcelona, flanqué découvre aussi les principaux écosystèmes de la Garrotxa d’immenses platanes. C’est là que commence l’Eixample (ce qui ne saurait dispenser d’une visite des sites en question) : Malagrida, une zone résidentielle conçue comme une cité- tout près, par exemple, on trouve les marais de la Moixina ; un jardin et offerte par Malagrida, un fils d’Olot émigré en peu plus loin, la hêtraie dite Fageda d’en Jordà, chantée par Argentine, qui s’était enrichi dans le commerce du tabac. le poète Joan Maragall ; il y a aussi les volcans d’El Croscat et La Torre Malagrida, qui abrite aujourd’hui une auberge de Santa Margarida. Enfin, une option intéressante : enfourcher de jeunesse, est la maison seigneuriale qu’il fit construire le vélo et suivre la Ruta del Carrilet, une « voie verte » pour sa famille. empruntant l’ancienne ligne de chemin de fer menant à Gérone. La hêtraie dite Fageda d’en Jordà 64
  • 66. Casa Solà-Morales. Olot Le volcan du Montsacopa Dans le parc Nou, on voit des tilleuls, des frênes, des ormes, des cerisiers et des érables, dépassant d’un sous-bois où poussent les noisetiers, les houx, le buis et des buissons d’aubépines. La Plaça Major La Casa Escubós La Casa Gaietà Vila 65
  • 68. D’Olot à la hêtraie dite Fageda d’en Jordà Sortir du parc Nou (le « nouveau parc ») par la porte sud. Au lieu-dit La Moixina commence l’itinéraire 9 ; sur la gauche, on voit le Camp d’en Broc, une zone de marécages. Une fois arrivé à El Triai, on traverse un champ et on rejoint le chemin qui vient du pont de Les Móres et qui mène à la hêtraie d’En Jordà. Avant de pénétrer dans la forêt, le chemin décrit une fourche : en prenant à droite, on traverse la hêtraie, on passe par Can Jordà, on revient sur la hêtraie et on monte vers Can Xel, d’où l’on peut gagner les glaisières du volcan Croscat ou le volcan Santa Margarida. Difficulté : moyenne. Point de départ : le parc Nou, à Olot. Pour en savoir plus : Maison des volcans Office de tourisme d’Olot Office de tourisme de la Garrotxa Adresses utiles Musée cantonal de la Maison des volcans Office de tourisme d’Olot Garrotxa Parc Nou, av. Santa Coloma, 43 (Voir pages 130 et 131) Hospici, 8 – 17800 Olot 17800 Olot Tél. (+34) 972 279 130 Tél. (+34) 972 266 202 museucomarcal@olot.org museuvolcans@olot.cat Institut culturel de la Ville Office de tourisme de la d’Olot Garrotxa Casa Museu Can Trincheria Av. Onze de Setembre, 22, 2n Sant Esteve, 29 – 17800 Olot 17800 Olot Tél. (+34) 972 272 777 Tél. (+34) 972 271 600 www.olot.cat/cultura www.turismegarrotxa.com Détail d’un balcon de la Casa Solà-Morales 67
  • 69.
  • 70. Solsona Des racines de pierre Solsona est une ville pleine de caractère, qui possède un patrimoine riche et cossu, édifié pendant plusieurs siècles, pierre à pierre, sur de solides fondations. Ses rues à arcades, ses belles demeures gothiques, Renaissance et néoclassiques et ses sveltes fontaines méritent d’être longuement visitées. Mais la ville sait aussi exploser de vie, lorsque le vacarme des tromblons, les géants et les personnages du bestiaire folklorique catalan animent les nombreuses fêtes qui ponctuent l’année. Solsona et sa région, le Solsonès, s’enorgueillissent également d’un très riche héritage de l’époque baroque, au sein duquel le sanctuaire d’El Miracle et le retable de la Mare de Déu dels Colls, à Sant Llorenç de Morunys, occupent une place de choix. Dans le vieux quartier de Solsona 69
  • 71. Le musée diocésain et cantonal et la cathédrale Le musée diocésain La vieille ville et cantonal Une promenade dans les rues pavées de la vieille ville passe forcément par la Plaça Major, la place à arcades où se tient le Il se trouve dans le palais épiscopal, un très bel édifice marché tous les vendredis. De là part le Carrer del Castell, où néoclassique. Sa collection comprend des outils se trouvent l’hôtel de ville, une belle bâtisse Renaissance, et la préhistoriques, ibères et romains, mais l’essentiel des pièces Tour des Heures. Tout près, une fontaine du XVe siècle se exposées a surtout trait au Moyen Âge : les fresques dresse sur la Plaça de Sant Joan. Au sud du Carrer del préromanes provenant de l’église Sant Quirze de Pedret, un Castell, on rejoint le Carrer de Llobera où subsistent une autre grand nombre de statues de la Vierge, des parements d’autel porte de la ville et de nombreuses demeures cossues. Dans provenant de Sagàs, et La Cène, un tableau gothique de cette rue, un musée du couteau et des instruments tranchants Jaume Ferrer Ier, entre autres. On y voit aussi une grande nous rappelle la tradition industrielle de Solsona, qui collection d’objets liturgiques plus récents. concurrençait Olot ou Tolède, célèbres pour la qualité du travail de leurs artisans ferronniers. 70
  • 72. La porte d’El Pont La cathédrale Une bonne partie des remparts construits autour de Solsona La cathédrale gothique actuelle possède trois absides et un au XIe siècle est encore debout. La porte d’El Pont, qui date clocher romans ayant appartenu à une cathédrale plus de la fin du XVIIIe siècle, est toujours l’entrée principale ancienne. À l’intérieur, on admire un retable baroque et une du cœur de la vieille ville. Plus haut, la cathédrale arbore belle statue en pierre de la Mare de Déu del Claustre (la Vierge ses trois absides romanes. du cloître), la sainte patronne de la ville, réalisée au XIIe siècle. La cathédrale gothique actuelle possède trois absides et un clocher romans ayant appartenu à une cathédrale plus ancienne. On peut y voir un retable baroque et une belle statue en pierre de la Mare de Déu del Claustre (la Vierge du cloître), la sainte patronne de la ville. Fontaine du XVe siècle sur la Plaça de Sant Joan Le Carrer del Castell 71
  • 73. Le musée diocésain et cantonal de Solsona 72
  • 74. Le retable de la chapelle de la Mare de Déu dels Colls, Le retable du sanctuaire d’El Miracle, à Riner à Sant Llorenç de Morunys Olius El Miracle À six kilomètres à l’est de Solsona se trouve l’église romane À douze kilomètres au sud de Solsona, le sanctuaire Sant Esteve. On y découvre une belle crypte intime, sous une d’El Miracle comprend plusieurs édifices austères qui voûte de pierre rustique soutenue par six délicates colonnes. contrastent fortement avec l’impressionnant retable baroque De l’autre côté de la route, un cimetière se fond dans le de la basilique. Il fallut dix ans à Carles Morató pour le paysage ; très inspiré par l’architecture de Gaudí, il a été sculpter, et dix autres années à Antoni Bordons pour le dorer. conçu en 1916 par Bernadí Martorell. Le résultat est spectaculaire comme une scène d’opéra : saints et anges gesticulant, éclats d’or, volutes et spirales de nuages. 73
  • 75. Le centre de Solsona 74
  • 76. Solsona et ses environs (À pied et en voiture) Entrer à pied dans Solsona par la porte d’El Pont. À gauche se trouvent la cathédrale et, tout à côté, le palais épiscopal qui abrite le musée diocésain et cantonal. Continuer vers la Plaça Major et le Carrer del Castell. Sur la droite de l’hôtel de ville, un passage rejoint la Plaça de Sant Joan. Revenir au Carrer del Castell et passer par le Musée du couteau et des instruments tranchants. Repasser sous la porte d’El Pont et prendre la voiture. Par la route de Manresa (C-55) et la C-26, on rejoint l’embranchement d’Olius. Revenir sur la C-26 et continuer sur la C-149 ; ensuite, la LV-3005 et la LV-3002 nous conduisent au sanctuaire d’El Miracle, à 12 km de Solsona. Difficulté : aucune. Point de départ : le parking situé devant la porte d’El Pont. Pour en savoir plus : Office de tourisme de Solsona Adresses utiles Musée diocésain et cantonal Mairie d’Olius Palau Episcopal Tél. (+34) 973 480 961 Pl. Palau, 1 olius.ddl.net 25280 Solsona Tél. (+34) 973 482 101 Sanctuaire d’El Miracle museu.bisbatsolsona.cat 25287 El Miracle Tél. (+34) 973 480 002 Musée du couteau et des www.santuarielmiracle.com instruments tranchants Trav. St. Josep, 9 Office de tourisme de Solsona 25280 Solsona (Voir pages 130 et 131) Tél. (+34) 973 480 050 www.ajsolsona.cat La crypte de Sant Esteve, à Olius 75
  • 77. 76
  • 78. Les villes de montagne Situés au cœur même de la montagne, les villes, bourgs et villages pyrénéens se trouvent en des lieux stratégiques qui, depuis des siècles, constituent de véritables carrefours faisant le lien entre la montagne et la plaine. Tel est le cas de Ripoll, de Puigcerdà, de Berga, ou encore de Tremp, de Sort et d’El Pont de Suert. Ces villes chargées d’histoire, restées fidèles à leur glorieux passé, ont toutes leur marché et leurs quartiers commerçants, où les gens de la montagne viennent s’approvisionner régulièrement. Elles ont gardé leur charme et leur personnalité d’antan. Le portail roman du monastère de Ripoll 77
  • 79. Ripoll C’est la vallée qui a déterminé l’emplacement de ce chef-lieu du Ripollès, au confluent de deux rivières, le Ter et le Freser. Au centre du bourg se dresse l’église d’un monastère fondé Puigcerdà par le comte Wilfred le Velu au IXe siècle, sur le clocher Chef-lieu de la Cerdagne, Puigcerdà domine la plaine cerdane de laquelle le drapeau aux quatre barres symbolisant la du haut de la colline qui lui a donné son nom. On y jouit de Catalogne – qui fut la bannière du comte – flotte en l’un des plus beaux points de vue de toute la Catalogne. Ville permanence. Le monastère de Ripoll fut le plus important de marché, c’est depuis des lustres le centre de services de la du pays pendant plusieurs siècles, avant d’être saccagé puis région. On peut y voir des fresques gothiques au couvent Sant incendié en 1835 ; on y voit encore un portail roman d’un Domènec, ainsi que de beaux monuments, comme le pont intérêt exceptionnel. La cité, qui s’était développée autour gothique Sant Martí, l’hôpital ou encore Can Deulofeu. Son du monastère, avait pour spécialité le travail du fer et de l’acier, magnifique lac, un immense bassin d’irrigation du XIVe siècle obtenus selon un ensemble de procédés connu sous le nom autour duquel furent construites de magnifiques demeures au de « forge à la catalane ». Il convient donc d’aller voir la belle siècle dernier, lorsque la bourgeoisie barcelonaise s’éprit du collection des armes que l’on y fabriquait qui est conservée climat frais et tonifiant de la Cerdagne, est empreint d’une au musée ethnographique de Ripoll. indéniable noblesse. Ripoll Lac près de Puigcerdà 78
  • 80. Le sanctuaire de Queralt Berga Située dans le piémont pyrénéen, Berga occupe une situation stratégique qui lui permet de faire le lien entre la plaine et la montagne. De l’ancienne cité fortifiée et de son château subsistent encore des pans de mur du château, des tronçons des remparts qui la protégeaient et une porte d’accès à la vieille ville sur la Plaça de Santa Magdalena. À Berga se trouve Sort aussi la petite chapelle romane Sant Pere de Madrona, l’église Chef-lieu du Pallars Sobirà, Sort est située sur la rive droite Sant Joan (beaux éléments gothiques) et des vestiges de de la Noguera Pallaresa, au pied d’un château médiéval. l’ancien quartier juif. La ville abrite également un théâtre et un Dans la partie ancienne de la ville, on peut encore voir les casino de style moderniste (l’Art nouveau catalan). Une visite grandes tours rondes, la façade gothique et les murs du de Berga s’accompagne agréablement d’une montée au château, dont l’intérieur a été rénové et sert désormais sanctuaire de Queralt, d’un tour du côté du pont et de l’église d’espace polyvalent pour l’organisation d’expositions et préromane de Sant Quirze de Pedret ou d’une balade dans autres activités. Sort est également le point de départ de le beau paysage pyrénéen d’Els Rasos de Peguera, mais nombreuses belles randonnées, notamment vers plusieurs de nombreuses autres randonnées sont aussi possibles. villages de la vallée d’Àssua, tels qu’Altron, Sorre ou Il ne serait pas envisageable de parler de la ville sans évoquer Llessui. Les rapides de la Noguera Pallaresa qui se trouvent la Patum, une fête populaire déclarée chef-d’œuvre du à la hauteur de Sort sont particulièrement appréciés des patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco. amateurs de canoë-kayak en eaux vives. Berga Sort 79
  • 81. Tremp Les remparts de Tremp étaient protégés par six tours, dont trois subsistent aujourd’hui. Une visite de Tremp ne El Pont de Suert peut ignorer l’hôpital des pauvres, la basilique de la Mare Le chef-lieu de l’Alta Ribagorça se trouve sur les bords de la de Déu de Valldeflors ou le pont Sant Jaume, d’origine Noguera Ribagorçana, au confluent des vallées de Barravés, romane. Mais le territoire du chef-lieu du Pallars Jussà est Boí, Castanesa et Viu. Dans son vieux quartier, on pourra très étendu. C’est le plus grand de Catalogne car il englobe visiter la Plaça Major, la Plaça del Mercadal, l’église Vella (la la Terreta, une vallée plantée de chênes rouvre, de hêtres et vieille église) et le palais abbatial. L’église Nova (la nouvelle d’ifs qui est sillonnée de nombreux sentiers à parcourir à pied. église) est un bel édifice construit en 1955. La basilique de Tremp La nouvelle église d’El Pont de Suert 80
  • 82. La Route du fer Ripoll – Sant Joan de les Abadesses (À vélo) En suivant le Passeig de Sant Joan à Ripoll puis la C-26, Difficulté : aucune, 120 m de montée. qui conduit à Camprodon, on rejoint la piste cyclable qui mène Point de départ : Ripoll. à la gare de Toralles, à Sant Joan de les Abadesses (km 12). Pour en savoir plus : Ici, une visite s’impose : monastère, musée, église Sant Routes du Palau Robert Joanipol et pont médiéval. Pour revenir au point de départ, www.gencat.cat/probert rebrousser chemin. 24 km, 1 h 30 min. Adresses utiles Musée ethnographique de Ripoll (Fermé pour travaux ; expositions temporaires) Pl. Ajuntament, 3 – 17500 Ripoll Tél. (+34) 972 703 144 www.museuderipoll.org Offices de tourisme de Berga, El Pont de Suert, Puigcerdà, Ripoll, Sort et Tremp (Voir pages 130 et 131) Sant Joan de les Abadesses 81
  • 83. 82
  • 84. L’essence médiévale La Catalogne s’est développée avec les Pyrénées pour colonne vertébrale. Le rôle clé qu’ont joué ces montagnes au Moyen Âge est attesté par la quantité et la qualité du patrimoine existant. L médiéval est ’art partout présent : dans les églises et les monastères romans, dans l’architecture civile et dans les petites chapelles nichées dans les endroits les plus inaccessibles. Sant Pere de Rodes 83
  • 85. Sant Pere de Rodes Dominant El Port de la Selva, ce monastère, dit la légende, aurait reçu les reliques de saint Pierre et autres saints. L’église actuelle remonte probablement au XIe siècle, mais elle présente des éléments appartenant à la période préromane. Sant Quirze de Colera Ses trois nefs, très hautes, sont séparées par des piliers et Au pied des monts des Albères se dresse une petite abbaye des colonnes reposant sur de grands socles et couronnés par bénédictine rénovée vers 1123. Construite par une superposition des chapiteaux corinthiens ornés de têtes zoomorphes et de pierres en épine de poisson, elle présente trois nefs et trois polygonales et de motifs géométriques. Le clocher, haut de absides de type lombard, ainsi que des restes d’une église vingt-sept mètres, est de type lombard. Un sentier monte antérieure, d’un cloître et de fortifications. Non loin se trouve jusqu’à la ligne de crête et aux vestiges du château Sant l’ancienne église paroissiale Santa Maria de Colera, un petit Salvador, d’où l’on a une superbe vue panoramique. édifice à une nef et une abside construit au XIIe siècle. Sant Quirze de Colera Le Très Saint Mystère, à Sant Joan de les Abadesses Le monastère de Sant Le monastère de Santa Joan de les Abadesses Maria de Ripoll Fondé au IXe siècle par Wilfred le Velu, ce monastère recèle un D’origine wisigothique, Santa Maria de Ripoll fut refondé à la fin magnifique groupe sculpté du XIIIe siècle, appelé Très Saint du IXe siècle par le célèbre comte Wilfred le Velu. Sous son Mystère, qui représente une Descente de Croix. On y voit égide, la bibliothèque monastique devient l’une des plus riches aussi des retables gothiques dédiés à saint Augustin et à de l’époque. À partir du Xe siècle, l’abbé Oliba poursuit la sainte Marie la Blanche et la tombe du bienheureux Miró, construction de l’édifice dans le style roman. Santa Maria de gothique également. Un cloître gothique, une salle capitulaire Ripoll arbore un portail du XIIe siècle, qui est l’ouvrage roman dotée d’une fenêtre romane et la chapelle baroque d’Els sculpté le plus important de la Catalogne. Panthéon comtal, il Dolors, qui abrite une belle Pietà contemporaine, complètent abrite les restes du comte Wilfred. cet ensemble. 84
  • 86. Sant Serni de Tavernoles Sant Jaume de Frontanyà Santa Maria de Gerri, à Gerri de la Sal Sant Jaume Sant Serni de Frontanyà de Tavèrnoles Cette ancienne collégiale augustinienne est un très beau Cette abbaye existait déjà au début du IXe siècle et avait des spécimen du roman lombard du XIe siècle. Construite sur plan possessions qui s’étendaient du Berguedà à l’Andorre, de la de croix latine, elle présente trois absides et une façade Cerdagne à Isona et au Pallars, ainsi que des domaines en austère. On peut voir à l’intérieur de l’église une majestueuse Aragon et en Castille. Ce qui explique la grande église abbatiale coupole polygonale à douze faces, soutenue par des trompes consacrée en 1040, dont le seul élément resté entier est le coniques ; cet élément, unique en Catalogne, a servi de chevet. Des chapiteaux du cloître et le parement d’autel sont modèle pour la restauration du monastère de Ripoll. exposés au Musée national d’art de Catalogne (MNAC). Plusieurs documents provenant de l’abbaye, et notamment son cartulaire, sont conservés à La Seu d’Urgell. Santa Maria de Gerri Ancienne abbaye sur les bords de la Noguera Pallaresa. L’image caractéristique de cet édifice est sa façade couronnée d’un clocher à jour de trois étages. L’intérieur, à trois nefs, est plus spacieux qu’il ne le semble depuis l’extérieur. 85