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2040, Et si on slashait ?

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2040, Et si on slashait ?

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Prospective fiction retraçant la journée de Christophe, véritable slasher en 2040 à la fois maker / aidant / réparateur de cycles / sculpteur virtuel dans le métaverse / permaculteur et qui développe différentes compétences et talents en fonction de ses diverses activités.

Texte écrit dans le cadre de la première édition de la biennale Ecoposs 2022 : ‘Osons l’éloge du futur !’ lors de l’atelier ‘X Ray Management’ co-animé au Techshop Lille avec HÉMiSF4iRE - Design School autour des compétences cachées & des madskills, de la pédagogie expérientielle et du maquettage.

Cette histoire cherche à questionner notre rapport au monde physique / virtuel, à valoriser l’état d’esprit du faire et la culture des makers dans le futur, à montrer l’importance des mad skills et des valeurs de l’artisanat dans l’évolution du monde du travail, et à poser cette question : Et si les slashing devenait la norme de l’organisation du travail demain ?

Prospective fiction retraçant la journée de Christophe, véritable slasher en 2040 à la fois maker / aidant / réparateur de cycles / sculpteur virtuel dans le métaverse / permaculteur et qui développe différentes compétences et talents en fonction de ses diverses activités.

Texte écrit dans le cadre de la première édition de la biennale Ecoposs 2022 : ‘Osons l’éloge du futur !’ lors de l’atelier ‘X Ray Management’ co-animé au Techshop Lille avec HÉMiSF4iRE - Design School autour des compétences cachées & des madskills, de la pédagogie expérientielle et du maquettage.

Cette histoire cherche à questionner notre rapport au monde physique / virtuel, à valoriser l’état d’esprit du faire et la culture des makers dans le futur, à montrer l’importance des mad skills et des valeurs de l’artisanat dans l’évolution du monde du travail, et à poser cette question : Et si les slashing devenait la norme de l’organisation du travail demain ?

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2040, Et si on slashait ?

  1. 1. 2040, Et si on slashait ?! 27 octobre 2040 à Roubaix, il est 9h du matin. Christophe, 37 ans prend son petit déjeuner. Son agenda apparaît sur l’écran de sa cuisine et la voix robotique de son IA personnel lui énonce le programme complet de sa journée : - 10h : rendez-vous chez mamie pour s’occuper d’elle et faire ses courses - 14h : mission de réparation d’un tricycle à la Fab’cycle du quartier - 17h : création sculpturale dans le métaverse - 19h : plantation de vignes dans le potager partagé Pas le temps de chômer ! Christophe se rend chez sa grand-mère à quelques kilomètres de chez lui. En y allant, il voit une affiche annonçant la prochaine Maker Faire Lille 2040 et cela lui remémore sa première participation à l’édition 2022 lorsqu’il avait tout juste 19 ans avec son école. Une expérience qui allait véritablement faire basculer son orientation et toute sa vie. Dans le contexte anxiogène de l’époque marqué par des crises sanitaires, énergétiques, économiques et géopolitiques, il avait tout de suite adhéré aux valeurs du monde des makers, véritables créateurs et solutionneurs de problèmes, qui inventaient des solutions d’avenir : repair cafés, chauffe eau solaire low tech, agriculture urbaine en serres, produits DIY by Décathlon Makers, mobilier en bois de palettes, centrale électro musculaire, imprimante 3D béton, upcycling à partir de déchets plastiques, en métal, de coquilles moules ou encore de collants ! Cela lui avait ouvert les yeux et avaient guidé ses choix de formation vers des métiers du faire combinant innovation créative et impact sociétal. Par ses multiples expériences de vie et de projets dans des tiers-lieux apprenants, il avait pu obtenir une sacrée collection d’open badges lui permettant à chaque entretien ou présentation de montrer rapidement le portfolio et la palette de ses multiples talents, capacités et appétences. 10h : Aimer / Échanger / Prendre soin ; Christophe échange avec sa mémé qui lui rappelle qu’avant la mise en place du fameux revenu contributif en 2030, toutes les activités et les métiers qui avaient une vraie utilité sociale comme aidants familiaux ou parents éducateurs n’étaient pas rétribué à leur juste valeur. Christophe est désormais rémunéré par la société quand il s’occupe de personnes âgées ou malades et c’est tant mieux pour lui et ses amis, car avec le vieillissement de la population, les aidants représentent désormais plus du quart des salariés actifs ! 14h : Réparer / Manipuler avec dextérité / Coopérer ; arrivé dans le fablab du quartier, véritable lieu de vie et fabrique de liens sociaux, Christophe s’attelle à réparer un tricycle électrique à l’aide de lunettes de réalité augmentée le guidant pas à pas dans le choix des pièces détachées à utiliser et des gestes techniques à réaliser. Christophe a été embauché, il y a 1 an, comme salarié de la coopérative de vélos du quartier en CMO (Contrat de Mission Oeuvrier). Fini le temps des CDI, il se considère comme néo artisan et prend plaisir à réparer chaque vélo avec passion, il a ainsi signé un contrat d'ouvrage plutôt qu'un contrat de labeur avec son employeur. Le cycle, sous toutes ses formes, s’est considérablement développé depuis les années 20, ce sont des sortes de véhicules plus légers, construits en matériaux recyclés, pouvant transporter jusqu’à 4 personnes avec un système d’assistance électrique bridé à 45 km/h, largement suffisant pour des usages urbains, où la vitesse maximale est de plus en plus souvent abaissée à 30 km/h. Bien plus qu’un moyen de transport, le cycle est une œuvre d’art, reflet de la personne qui l’enfourche et de celle qui le répare. Christophe est libre de choisir son temps de travail comme il le souhaite, du moment que sa mission de réparation du jour a été réalisée, et il termine avec 30 minutes d’avance dans son agenda.
  2. 2. * Conclusion inspirée du livre Éloge de l’audace de Philippe Gabilliet 2 16h30 : Créer / Sculpter / Limer / Ciseler / Recommencer ; rentré chez lui, Christophe prend confortablement place dans son fauteuil favori et chausse son casque de réalité virtuelle pour rejoindre son atelier dans le métaverse. Depuis qu’il s’est découvert une passion pour l’antiquité grec, il est devenu sculpteur virtuel de statuaires en réinterprétant de grands classiques comme la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace. Il a l’avantage de savoir bien manier l’outil virtuel avec l’aide d’une IA qui le guide et le conseille à chaque étape de sa création. Sa mission : rendre plus beau les mondes virtuels du web 5.0 dans lesquels de nombreuses personnes vivent une réalité décentralisée plus vraie que nature. En tant que qu’artisan 2.0, il fait partie d’une guilde avec d’autres makers - créateurs comme des tailleurs de pierre virtuels. Ils revendiquent des valeurs qui sont des fins en soi, telles que la curiosité, la confiance créative, l’amour du travail bien fait, l’autonomie, l'expression de soi, l'invention et la collaboration le tout… sans les contraintes du monde physique. Pour ce travail, il est rémunéré en ‘tips’ sous forme de cryptomonnaies par sa communauté de followers qui peuvent, s’ils le souhaitent, télécharger ses œuvres d’art et les fabriquer dans le monde physique grâce à des imprimantes 3D multi-matériaux et multi-couleurs. 19h : Cultiver / Designer / Planter / Comprendre ; la fin de journée approche, Christophe sort de la virtualité pour revenir à une réalité plus prosaïque mais non pas moins intéressante : celle de cultiver un potager partagé et de poursuivre le design permaculturel des vignes qu’il est en train de planter. Avec le réchauffement climatique, la culture du vin est désormais possible dans le Nord de la France et le vin made in Roubaix est désormais recherché. Depuis quelques années, des fermes verticales se sont développées sur tout le territoire ; elles jouxtent très souvent des fablabs-estaminets où les produits locaux sont directement consommés sur place. Depuis la fin du pétrole bon marché, les consommateurs devenus prosommateurs ont réellement pris conscience de la vraie valeur des choses et la proximité ainsi que la solidarité sont devenus des principes cardinaux des politiques publiques. 21h : Christophe rejoint ses amis dont la majorité sont des slasheurs tout comme lui ; ils ont tous choisi d’exercer librement des activités rémunératrices tout en étant utiles pour le monde et qui contribuent en même temps à leur épanouissement personnel. Les compétences purement académiques sont devenues au fil du temps moins utiles que les compétences pratiques : esprit de débrouillardise, créativité, design, résilience. Beaucoup se considèrent désormais comme des makers mais c’est finalement le faire ensemble qui est devenu la norme dans la société et dans les « Maker Cities » telle que Roubaix. Le point commun entre toutes leurs activités : l’art de s’adapter et leur flexibilité intellectuelle, l’art de switcher rapidement d’une activité à l’autre, de passer du virtuel au physique et inversement, et finalement leur audace. Audace de se réaliser plutôt que de suivre un chemin tout tracé, audace de mener une vie intense et mémorable, pleine de rebondissements et d’imprévus, plutôt qu’une existence peinarde, tranquille, mais tellement lisse et monotone, audace de se remettre en question et d’apprendre tout au long de sa vie, audace de prendre des risques, d’élargir leur zone de confort et d’agrandir leur champ des « vies possibles ». Et si le temps était venu de faire le choix de l’audace et de la vie romanesque ?* Et si l’éloge du futur débouchait sur l’éloge de l’audace ? Car il suffit d’oser… Chris Delepierre Pour aller plus loin : - Livre Du labeur à l'ouvrage : Pourquoi l'artisanat est le futur du travail de Laëtitia Vitaud - Maker City : makercity.com - Film Why do we even work? (2022) : www.wipdocumentary.com

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