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TONY
JEUNE
GAY
>> RÉSUMÉ DE L'ÉVALUATION/ACTION DE «TONY JEUNE GAY»
>> À DESTINATION DES ACTEURS DE TERRAIN
ET DES PARTENAIRES
WWW.TONYJG.FR
©CRIPS•DEC2015•DESSIN:KINUSEKIGUSHI
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 2 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
APRÈS
10 MOIS
D’INTERVENTION :
• 10 786 utilisateurs (sans précision
de cible, ni d’origine géographique).
• Durée de connexion de trois
minutes quarante-deux secondes.
• 18,8 % reviennent une fois.
• Taux de rebond de 36 %.
• 63 % d’utilisateurs d’IDF.
• 50 questionnaires de satisfaction
remplis.
• 50 messages envoyés à Tony.
• 825 followers sur la page facebook.
« Tony jeune gay » est une application web de
prévention en santé sexuelle et mentale à destination
des jeunes HSH (hommes ayant des rapports sexuels
avec d’autres hommes) franciliens de 18 à 25 ans,
éloignés des réseaux communautaires, qui compte 10
786 utilisateurs.
LES OBJECTIFS DE L’ÉVALUATION ÉTAIENT :
• Évaluer l’efficacité de la webapp « Tony jeune gay »
afin d’améliorer les connaissances du public HSH
de 18 à 25 ans, vivant en région parisienne, sur les
comportements de prévention combinée et leurs
représentations en termes de santé sexuelle et
mentale.
• Apporter de nouvelles connaissances sur les jeunes
HSH de 18 à 25 ans vivant en région parisienne afin
d’améliorer les interventions en santé sexuelle et
mentale.
POUR CELA
4 ÉTAPES ONT ÉTÉ ENVISAGÉES :
• Étude descriptive et ponctuelle (questionnaire).
• Évaluation post-test avec un groupe témoin, à partir
de SCORE.
• Évaluation qualitative à travers une analyse en série
chronologique.
• Étape exploratoire : collecte non-structurée des
données pour l’amélioration de l’application et pour
la compréhension de la cible par le biais de focus
groupes.
LE SUIVI DU PROJET
S’EST FAIT PAR DEUX COMITÉS
DE PILOTAGE DISTINCTS :
• Comité de pilotage « Recherche ».
• Comité de pilotage « Action ».
CARTOGRAPHIE DE L’OUTREACH EN ÎLE-DE-FRANCE
«TONY JEUNE GAY»,
C’EST QUOI ?
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 3 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
RÉSULTATS DU QUESTIONNAIRE
• La principale IST hors VIH est la
gonococcie, suivie du HPV et des
chlamydiae.
• Une persistance des croyances
imaginaires sur les moyens de
contamination et de protection du
VIH.
• Une bonne santé mentale (score
moyen sur l’échelle MH5 de 16,6/25)
pour l’ensemble des répondants.
• Les départements de Seine-et-Marne
et Seine-Saint-Denis sont ceux où
les jeunes parlent le moins à leur
entourage proche de leurs pratiques
sexuelles.
À PARTIR DES 124 RÉPONDANTS RÉPARTIS SUR L’ENSEMBLE DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE
(39 % PARIS VS. 61 % HORS PARIS), NOUS AVONS TROUVÉ LES RÉSULTATS SUIVANTS :
POURCENTAGE DE RÉPONDANTS UTILISANT PEU,
SOUVENT OU JAMAIS DE PRÉSERVATIFS
LORS DE RELATIONS SEXUELLES PAR RAPPORT
À LA CONNAISSANCE DE LEUR STATUT SÉROLOGIQUE
POURCENTAGE DE RÉPONDANTS N’AYANT MENTIONNÉ À PERSONNE
LEURS PRATIQUES SEXUELLES, (PAR DÉPARTEMENT)
• Les variations du nombre de dépistages fluctuent en fonction du département de résidence
(moyennemaximalede7dépistagesdanslesHauts-de-Seineetminimalede2dansl’Essonne,
la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne), et de l’identité sexuelle (3 dépistages en moyenne
pour ceux qui se définissent comme bisexuels et 5 pour ceux qui se définissent comme gays).
• Ils sont 32 % à déclarer avoir été victimes d’homophobie.
• Ils sont 21 % à avoir eu recours aux relations tarifées.
• Le recours à Internet est de plus de 80 % dans l’ensemble des départements en ce qui concerne la sociabilité.
• Concernant les applications mobiles de rencontre, Tinder est la plus utilisée pour la recherche d’amis et de
relations affectives, tandis que Hornet, Grindr et Planet Romeo sont, respectivement, les plus utilisées pour
la recherche de partenaires occasionnels.
• La satisfaction de l’application Tony est de 15/20. Les départements hors Paris indiquent un taux de
satisfaction plus élevé (62 % vs. 54 %).
• Nous n’avons pas été en capacité de prouver une différence significative en termes d’acquisition des
connaissances entre les utilisateurs et non-utilisateurs de Tony avec le score que nous avons construit.
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 4 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
RÉSULTATS DES FOCUS GROUPES
 LA PHASE QUALITATIVE DU PROJET APPORTE LES
RÉSULTATS SUIVANTS :
 EN MATIÈRE DE MARKETING SOCIAL :
• Les jeunes utilisateurs et non-utilisateurs identifient
clairement les objectifs de l’application.
« On dirait qu’on va parler plus à
un grand frère, quelqu’un qui a de
l’expérience et qui conseille. »
(22 ans, Dpt. 93).
« Fournir des informations à un public
spécifique qui n'y a pas forcément accès
ou qui ne sait pas forcément où aller la
chercher. » (21 ans, dpt. 94).
• Un usage inattendu de Tony est son rôle de
renforcement des connaissances en matière de
comportements préventifs.
• L’applicationobtientuneappréciationglobalede8,1/10.
• Tony se confirme comme un personnage efficace
pour générer l’identification des jeunes. Son profil de
« cité » est identifié par les répondants. Néanmoins,
cette efficacité se fait au prix de la reproduction de
quelques stéréotypes homonormatifs : la virilité,
l’aspect hypermusclé, etc.
• Le principal point positif est le contenu.
• Le principal point à améliorer est l'interactivité.
• Les améliorations vont dans le sens des remarques
rencontrées pour personnaliser les quizz
(contenu), favoriser le contact personnalisé avec
des professionnel.le.s de santé, augmenter la
participation via des sujets de discussion, et améliorer
techniquement l’application pour inclure une barre de
recherche.
• Les recherches d’information en santé des jeunes
arriventtardivement(austadecuratif),surdesforums
classiques comme Doctissimo. Tony semble avoir une
place avant l’arrivée de l’infection (au stade préventif),
avec un vocabulaire non médicalisé et une position de
non-jugement.
 POUR ORIENTER NOS INTERVENTIONS
EN PRÉVENTION, NOS PRENONS EN COMPTE
LES ÉLÉMENTS SUIVANTS :
• Les discussions sur l’utilisation
du préservatif ne se présentent
pas avant la rencontre. Trois cas
de figure se dégagent. D’abord,
ceux qui pensent à introduire le
sujet mais qui ne le font pas par
peur du jugement. Ensuite, ceux
qui ne l’introduisent pas à cause
des protections imaginaires (la
beauté, les critères moraux,
etc.). Enfin, ceux qui banalisent
la non-utilisation du préservatif
comme une variable possible
pour la rencontre sexuelle.
• Nous n’identifions pas de freins
spécifiques pour le dépistage. En
revanche, nous observons que le
médecin traitant ne représente
pas un acteur de référence en
matière de dépistage (par sa
distance, sa figure autoritaire,
sa proximité avec la famille)
pour des jeunes qui n’ont pas
forcément encore fait leur
coming out.
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 5 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
« Ah non non, je vais toujours
dans les centres anonymes en fait,
parce que comme c’est le médecin
familial, j’aime pas trop. »
(18 ans, dpt. 94).
• Le rapport à la séropositivité se présente dans
trois situations : certains jeunes se montrent
prêts à la rencontre affective avec quelqu’un
vivant avec le VIH ; d’autres ne peuvent
envisager cette possibilité, freinés par les
représentations véhiculées autour du VIH
comme maladie mortelle ; enfin, ceux qui ont
des représentations plus péjoratives (autour de
la « triche » et la saleté) sur la personne vivant
avec le VIH.
• Nous confirmons l’hypothèse d’une
segmentation des identités homosexuelles
qui résistent à l’idée unique de communauté,
sous prétexte de « communautarisme ». Cela
témoigne à la fois de la résistance à un mode de
vie unique de l’homosexualité, mais aussi à une
persistance du stigmate sexuel. Ces positions
obligent à penser des modes de prévention
diversifiés à la fois « communautaires » et
« non communautaires ».
• Concernant l’homophobie, les récits renvoient
à l’ensemble des lieux de sociabilité des jeunes :
la famille, les amis, la rue et l’école.
• Dans toute l’Île-de-France, les jeunes
répondants semblent devoir adapter leur
identitéhomosexuelleauxdifférentsterritoires,
en fonction des contraintes de rejet et discrédit.
• Les récits rendent compte de l’impact
psychique de ces adaptations, allant jusqu’aux
tentatives de suicide.
• Enfin, si le terrain numérique apporte un
topo particulier pour construire leur identité
sexuelle, ce travail semble se faire plutôt dans
la solitude et sans consentement systématique
sur l’ensemble des expériences sexuelles.
• Concernant la participation aux focus groupes,
les jeunes valorisent et se montrent satisfaits
d’être consultés par l’association sur des sujets
qui les impliquent.
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 6 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
DISCUSSION SUR NOTRE MÉTHODE D’ENQUÊTE
CROISER LES MÉTHODOLOGIES QUANTITATIVES ET QUALITATIVES A ÉTÉ FONDAMENTAL
POUR ENRICHIR LA COMPRÉHENSION DE QUELQUES THÉMATIQUES :
 1. En ce qui concerne les idées reçues en matière de
VIH, nous attirons l’attention sur les représentations
suivantes:43%pensentqueleVIHpeutêtretransmis
par une piqûre de moustique et 38 % pensent
que « se retirer avant l’éjaculation » représente un
moyen potentiel de se protéger contre le VIH. Ces
croyances imaginaires se confirment à partir des
focus groupes.
2. Le score de santé mentale s’est présenté comme
une mesure qui n’a pas dégagé de tendances
significatives dans le questionnaire administré.
Le score semble montrer un bon état de santé
mentale pour l’ensemble des répondants. Si nous
ne pouvons pas contredire ces données, les focus
groupes montrent des nuances à introduire avec des
situations d’isolement social, des récits de tentatives
de suicide impliquant un impact psychique pour les
jeunes rencontrés. Certains ne pensent pas pouvoir
aborder la question de leur orientation sexuelle avec
la famille. La plupart d’entre eux n’en ont pas encore
discuté, et ceux qui l’ont déjà fait ont déclenché une
période de crise familiale. De plus, nous pouvons
confirmer une légère différence entre les résultats
des jeunes victimes et non-victimes d’homophobie.
Ces éléments en lien avec la santé mentale des
JHSH nécessitent d’être approfondis.
3. Les tendances sur l’homophobie (32 %) sont
complétées par les récits des focus groupes en ce
qui concerne les lieux précis de discrimination. Nous
trouvons également des témoignages qui relèvent
de l’homophobie intériorisée. L’impression qui
ressort des entretiens est que les jeunes touchés par
des actes homophobes tendent à les sous-estimer
quand ils ne sont pas de l’ordre de l’agression. Cela
nous confronte à la réflexion sur le recueil de ce type
de données sensibles, quand la plupart des jeunes
vivent au sein d’entourages qui ont « naturalisé » les
violences homophobes ne dépassant pas le seuil de
l’agression physique. De la même
façon, la tendance signalée (lors du
questionnaire) sur le département
de Seine-Saint-Denis comme étant
undépartementoùladiscussionsur
l’identité et l’orientation sexuelle est
difficile avec l’entourage proche, se
confirme à travers nos échanges en
focus groupes.
 4. Un autre sujet surprenant est celui des relations
tarifées (21 % des 124 répondants déclarent ces
pratiqueslorsduquestionnaire).Celaseconfirme
lors des focus groupes avec 3 participants sur
les 19 qui déclarent ouvertement avoir accepté
des rapports sexuels en échange de biens ou
services.
 5. Nos deux méthodologies confirment la tendance
à ne pas discuter l’utilisation du préservatif avant
le rapport sexuel. Sur le questionnaire en ligne,
74 % des jeunes qui n’ont pas discuté l’usage
du préservatif, l’ont « toujours » ou « souvent »
effectivement utilisé pour se faire pénétrer. Trois
raisons principales ressortent des focus groupes
sur ces prises de risques : la peur du jugement
pour ceux qui tentent de négocier l’utilisation
du préservatif ; les protections imaginaire ; la
banalisation des pratiques anales non protégées
pour ceux qui reconnaissent ouvertement ne
pas tenter la discussion.
 6. Enfin, nous constatons que la satisfaction sur
l’utilisation de l’application web se rejoint du
côté du questionnaire et des focus groupes,
avec une prépondérance de jeunes de niveaux
socioéconomiques autoperçus comme
défavorables et venant de la banlieue parisienne.
Si la moyenne de satisfaction est de 15/20 sur le
questionnaire, la notation d’appréciation globale
de l’application est de 8,1 pour les focus groupes.
Les focus groupes ont permis d’identifier le rôle de
l’application web Tony comme étant un « renfort »
d’informations de santé.
DEGRÉS D’ACCORD DES REPONDANTS
SUR LA POSSIBILITÉ DE TRANSMISSION DU VIH
DANS LES SITUATIONS PRESENTÉES
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 7 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
LES AMÉLIORATIONS APPORTÉES :
• Perception de la source de l’intervention comme
crédible (critères Honcode).
• Amélioration de l’interface du site à partir de l’avis
des jeunes.
• Révision et présentation de la littérature existante
sur les données probantes en matière de
prévention numérique pour des jeunes HSH.
• Introductiondenouveauxcontenusàpartirdublog
(avec témoignages et sections à renouveler de
façon mensuelle) et une permanence mensuelle
sur facebook.
LES POINTS QUI RESTENT À TRAVAILLER :
• Apporter des motivations aux jeunes pour visiter
l’intervention (goodies, etc.).
• Améliorer le référencement sur les moteurs de
recherche.
• Réfléchir au cadre conceptuel qui soutient
l’intervention.
• Améliorer la personnalisation des quiz.
• Utiliser des matériels visuels (graphiques, vidéos,
images).
• Introduire des présentations plus interactives
(forums, serious games, etc.).
• Travailler sur les relances/rappels pour revisiter
l’intervention.
LES AVANCÉES DE L’ACTION
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 8 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016
CONCLUSION ET PERSPECTIVESLa présente étude dresse un portrait assez éloquent des besoins des Franciliens HSH âgés de 18 à 25 ans.
Unpremierélémentàsoulignerestlacapacitédecetteévaluationàtoucherunediversitégéographiqueimportante,
grâce au questionnaire en ligne et à l’outreach via les applications mobiles de rencontre existantes.
LES RÉSULTATS SUGGÈRENT QUE, COMPARATIVEMENT
AUX PLUS ÂGÉS, LES JEUNES HSH ÉPROUVENT
DAVANTAGE DE VULNÉRABILITÉS :
• Difficulté à parler de leurs pratiques sexuelles à leur
entourage proche.
• Entrée dans la sexualité via des applications mobiles (et
manque de consentement pour certaines expériences
sexuelles).
• Isolementparrapportauxformesclassiquesdesociabilité
communautaire.
« Tony jeune gay » est un projet pilote pour le Crips. À partir
des données de Google analytics, du questionnaire et des
focus groupes, nous pouvons identifier une adéquation
élevée entre les besoins repérés et le public ciblé par Tony.
Tony semble trouver une place spécifique pour renforcer
les connaissances des jeunes HSH franciliens. Néanmoins,
la mesure de l’acquisition des connaissances sur Internet
nécessite d’être perfectionnée.
Les répondants considèrent l’information fournie par Tony pertinente et facile à comprendre. Ce sont les
points les plus forts de l’intervention. En revanche, certains aspects restent à améliorer, notamment en
matière de renouvellement et interactivité des contenus. Les demandes des jeunes en matière de contact
avec des professionnel.le.s en santé et d’espace de discussion rendent compte d’un réel besoin en matière
d’accompagnement sur la vie affective et sexuelle.
TONY TOUCHE UNE PROPORTION NON NÉGLIGEABLE
DE JEUNES HSH QUI PRENNENT DES RISQUES

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Résumé de l'évaluation / action de "Tony jeune gay"

  • 1. TONY JEUNE GAY >> RÉSUMÉ DE L'ÉVALUATION/ACTION DE «TONY JEUNE GAY» >> À DESTINATION DES ACTEURS DE TERRAIN ET DES PARTENAIRES WWW.TONYJG.FR ©CRIPS•DEC2015•DESSIN:KINUSEKIGUSHI
  • 2. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 2 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 APRÈS 10 MOIS D’INTERVENTION : • 10 786 utilisateurs (sans précision de cible, ni d’origine géographique). • Durée de connexion de trois minutes quarante-deux secondes. • 18,8 % reviennent une fois. • Taux de rebond de 36 %. • 63 % d’utilisateurs d’IDF. • 50 questionnaires de satisfaction remplis. • 50 messages envoyés à Tony. • 825 followers sur la page facebook. « Tony jeune gay » est une application web de prévention en santé sexuelle et mentale à destination des jeunes HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes) franciliens de 18 à 25 ans, éloignés des réseaux communautaires, qui compte 10 786 utilisateurs. LES OBJECTIFS DE L’ÉVALUATION ÉTAIENT : • Évaluer l’efficacité de la webapp « Tony jeune gay » afin d’améliorer les connaissances du public HSH de 18 à 25 ans, vivant en région parisienne, sur les comportements de prévention combinée et leurs représentations en termes de santé sexuelle et mentale. • Apporter de nouvelles connaissances sur les jeunes HSH de 18 à 25 ans vivant en région parisienne afin d’améliorer les interventions en santé sexuelle et mentale. POUR CELA 4 ÉTAPES ONT ÉTÉ ENVISAGÉES : • Étude descriptive et ponctuelle (questionnaire). • Évaluation post-test avec un groupe témoin, à partir de SCORE. • Évaluation qualitative à travers une analyse en série chronologique. • Étape exploratoire : collecte non-structurée des données pour l’amélioration de l’application et pour la compréhension de la cible par le biais de focus groupes. LE SUIVI DU PROJET S’EST FAIT PAR DEUX COMITÉS DE PILOTAGE DISTINCTS : • Comité de pilotage « Recherche ». • Comité de pilotage « Action ». CARTOGRAPHIE DE L’OUTREACH EN ÎLE-DE-FRANCE «TONY JEUNE GAY», C’EST QUOI ?
  • 3. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 3 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 RÉSULTATS DU QUESTIONNAIRE • La principale IST hors VIH est la gonococcie, suivie du HPV et des chlamydiae. • Une persistance des croyances imaginaires sur les moyens de contamination et de protection du VIH. • Une bonne santé mentale (score moyen sur l’échelle MH5 de 16,6/25) pour l’ensemble des répondants. • Les départements de Seine-et-Marne et Seine-Saint-Denis sont ceux où les jeunes parlent le moins à leur entourage proche de leurs pratiques sexuelles. À PARTIR DES 124 RÉPONDANTS RÉPARTIS SUR L’ENSEMBLE DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE (39 % PARIS VS. 61 % HORS PARIS), NOUS AVONS TROUVÉ LES RÉSULTATS SUIVANTS : POURCENTAGE DE RÉPONDANTS UTILISANT PEU, SOUVENT OU JAMAIS DE PRÉSERVATIFS LORS DE RELATIONS SEXUELLES PAR RAPPORT À LA CONNAISSANCE DE LEUR STATUT SÉROLOGIQUE POURCENTAGE DE RÉPONDANTS N’AYANT MENTIONNÉ À PERSONNE LEURS PRATIQUES SEXUELLES, (PAR DÉPARTEMENT) • Les variations du nombre de dépistages fluctuent en fonction du département de résidence (moyennemaximalede7dépistagesdanslesHauts-de-Seineetminimalede2dansl’Essonne, la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne), et de l’identité sexuelle (3 dépistages en moyenne pour ceux qui se définissent comme bisexuels et 5 pour ceux qui se définissent comme gays). • Ils sont 32 % à déclarer avoir été victimes d’homophobie. • Ils sont 21 % à avoir eu recours aux relations tarifées. • Le recours à Internet est de plus de 80 % dans l’ensemble des départements en ce qui concerne la sociabilité. • Concernant les applications mobiles de rencontre, Tinder est la plus utilisée pour la recherche d’amis et de relations affectives, tandis que Hornet, Grindr et Planet Romeo sont, respectivement, les plus utilisées pour la recherche de partenaires occasionnels. • La satisfaction de l’application Tony est de 15/20. Les départements hors Paris indiquent un taux de satisfaction plus élevé (62 % vs. 54 %). • Nous n’avons pas été en capacité de prouver une différence significative en termes d’acquisition des connaissances entre les utilisateurs et non-utilisateurs de Tony avec le score que nous avons construit.
  • 4. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 4 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 RÉSULTATS DES FOCUS GROUPES LA PHASE QUALITATIVE DU PROJET APPORTE LES RÉSULTATS SUIVANTS : EN MATIÈRE DE MARKETING SOCIAL : • Les jeunes utilisateurs et non-utilisateurs identifient clairement les objectifs de l’application. « On dirait qu’on va parler plus à un grand frère, quelqu’un qui a de l’expérience et qui conseille. » (22 ans, Dpt. 93). « Fournir des informations à un public spécifique qui n'y a pas forcément accès ou qui ne sait pas forcément où aller la chercher. » (21 ans, dpt. 94). • Un usage inattendu de Tony est son rôle de renforcement des connaissances en matière de comportements préventifs. • L’applicationobtientuneappréciationglobalede8,1/10. • Tony se confirme comme un personnage efficace pour générer l’identification des jeunes. Son profil de « cité » est identifié par les répondants. Néanmoins, cette efficacité se fait au prix de la reproduction de quelques stéréotypes homonormatifs : la virilité, l’aspect hypermusclé, etc. • Le principal point positif est le contenu. • Le principal point à améliorer est l'interactivité. • Les améliorations vont dans le sens des remarques rencontrées pour personnaliser les quizz (contenu), favoriser le contact personnalisé avec des professionnel.le.s de santé, augmenter la participation via des sujets de discussion, et améliorer techniquement l’application pour inclure une barre de recherche. • Les recherches d’information en santé des jeunes arriventtardivement(austadecuratif),surdesforums classiques comme Doctissimo. Tony semble avoir une place avant l’arrivée de l’infection (au stade préventif), avec un vocabulaire non médicalisé et une position de non-jugement. POUR ORIENTER NOS INTERVENTIONS EN PRÉVENTION, NOS PRENONS EN COMPTE LES ÉLÉMENTS SUIVANTS : • Les discussions sur l’utilisation du préservatif ne se présentent pas avant la rencontre. Trois cas de figure se dégagent. D’abord, ceux qui pensent à introduire le sujet mais qui ne le font pas par peur du jugement. Ensuite, ceux qui ne l’introduisent pas à cause des protections imaginaires (la beauté, les critères moraux, etc.). Enfin, ceux qui banalisent la non-utilisation du préservatif comme une variable possible pour la rencontre sexuelle. • Nous n’identifions pas de freins spécifiques pour le dépistage. En revanche, nous observons que le médecin traitant ne représente pas un acteur de référence en matière de dépistage (par sa distance, sa figure autoritaire, sa proximité avec la famille) pour des jeunes qui n’ont pas forcément encore fait leur coming out.
  • 5. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 5 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 « Ah non non, je vais toujours dans les centres anonymes en fait, parce que comme c’est le médecin familial, j’aime pas trop. » (18 ans, dpt. 94). • Le rapport à la séropositivité se présente dans trois situations : certains jeunes se montrent prêts à la rencontre affective avec quelqu’un vivant avec le VIH ; d’autres ne peuvent envisager cette possibilité, freinés par les représentations véhiculées autour du VIH comme maladie mortelle ; enfin, ceux qui ont des représentations plus péjoratives (autour de la « triche » et la saleté) sur la personne vivant avec le VIH. • Nous confirmons l’hypothèse d’une segmentation des identités homosexuelles qui résistent à l’idée unique de communauté, sous prétexte de « communautarisme ». Cela témoigne à la fois de la résistance à un mode de vie unique de l’homosexualité, mais aussi à une persistance du stigmate sexuel. Ces positions obligent à penser des modes de prévention diversifiés à la fois « communautaires » et « non communautaires ». • Concernant l’homophobie, les récits renvoient à l’ensemble des lieux de sociabilité des jeunes : la famille, les amis, la rue et l’école. • Dans toute l’Île-de-France, les jeunes répondants semblent devoir adapter leur identitéhomosexuelleauxdifférentsterritoires, en fonction des contraintes de rejet et discrédit. • Les récits rendent compte de l’impact psychique de ces adaptations, allant jusqu’aux tentatives de suicide. • Enfin, si le terrain numérique apporte un topo particulier pour construire leur identité sexuelle, ce travail semble se faire plutôt dans la solitude et sans consentement systématique sur l’ensemble des expériences sexuelles. • Concernant la participation aux focus groupes, les jeunes valorisent et se montrent satisfaits d’être consultés par l’association sur des sujets qui les impliquent.
  • 6. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 6 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 DISCUSSION SUR NOTRE MÉTHODE D’ENQUÊTE CROISER LES MÉTHODOLOGIES QUANTITATIVES ET QUALITATIVES A ÉTÉ FONDAMENTAL POUR ENRICHIR LA COMPRÉHENSION DE QUELQUES THÉMATIQUES : 1. En ce qui concerne les idées reçues en matière de VIH, nous attirons l’attention sur les représentations suivantes:43%pensentqueleVIHpeutêtretransmis par une piqûre de moustique et 38 % pensent que « se retirer avant l’éjaculation » représente un moyen potentiel de se protéger contre le VIH. Ces croyances imaginaires se confirment à partir des focus groupes. 2. Le score de santé mentale s’est présenté comme une mesure qui n’a pas dégagé de tendances significatives dans le questionnaire administré. Le score semble montrer un bon état de santé mentale pour l’ensemble des répondants. Si nous ne pouvons pas contredire ces données, les focus groupes montrent des nuances à introduire avec des situations d’isolement social, des récits de tentatives de suicide impliquant un impact psychique pour les jeunes rencontrés. Certains ne pensent pas pouvoir aborder la question de leur orientation sexuelle avec la famille. La plupart d’entre eux n’en ont pas encore discuté, et ceux qui l’ont déjà fait ont déclenché une période de crise familiale. De plus, nous pouvons confirmer une légère différence entre les résultats des jeunes victimes et non-victimes d’homophobie. Ces éléments en lien avec la santé mentale des JHSH nécessitent d’être approfondis. 3. Les tendances sur l’homophobie (32 %) sont complétées par les récits des focus groupes en ce qui concerne les lieux précis de discrimination. Nous trouvons également des témoignages qui relèvent de l’homophobie intériorisée. L’impression qui ressort des entretiens est que les jeunes touchés par des actes homophobes tendent à les sous-estimer quand ils ne sont pas de l’ordre de l’agression. Cela nous confronte à la réflexion sur le recueil de ce type de données sensibles, quand la plupart des jeunes vivent au sein d’entourages qui ont « naturalisé » les violences homophobes ne dépassant pas le seuil de l’agression physique. De la même façon, la tendance signalée (lors du questionnaire) sur le département de Seine-Saint-Denis comme étant undépartementoùladiscussionsur l’identité et l’orientation sexuelle est difficile avec l’entourage proche, se confirme à travers nos échanges en focus groupes. 4. Un autre sujet surprenant est celui des relations tarifées (21 % des 124 répondants déclarent ces pratiqueslorsduquestionnaire).Celaseconfirme lors des focus groupes avec 3 participants sur les 19 qui déclarent ouvertement avoir accepté des rapports sexuels en échange de biens ou services. 5. Nos deux méthodologies confirment la tendance à ne pas discuter l’utilisation du préservatif avant le rapport sexuel. Sur le questionnaire en ligne, 74 % des jeunes qui n’ont pas discuté l’usage du préservatif, l’ont « toujours » ou « souvent » effectivement utilisé pour se faire pénétrer. Trois raisons principales ressortent des focus groupes sur ces prises de risques : la peur du jugement pour ceux qui tentent de négocier l’utilisation du préservatif ; les protections imaginaire ; la banalisation des pratiques anales non protégées pour ceux qui reconnaissent ouvertement ne pas tenter la discussion. 6. Enfin, nous constatons que la satisfaction sur l’utilisation de l’application web se rejoint du côté du questionnaire et des focus groupes, avec une prépondérance de jeunes de niveaux socioéconomiques autoperçus comme défavorables et venant de la banlieue parisienne. Si la moyenne de satisfaction est de 15/20 sur le questionnaire, la notation d’appréciation globale de l’application est de 8,1 pour les focus groupes. Les focus groupes ont permis d’identifier le rôle de l’application web Tony comme étant un « renfort » d’informations de santé. DEGRÉS D’ACCORD DES REPONDANTS SUR LA POSSIBILITÉ DE TRANSMISSION DU VIH DANS LES SITUATIONS PRESENTÉES
  • 7. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 7 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 LES AMÉLIORATIONS APPORTÉES : • Perception de la source de l’intervention comme crédible (critères Honcode). • Amélioration de l’interface du site à partir de l’avis des jeunes. • Révision et présentation de la littérature existante sur les données probantes en matière de prévention numérique pour des jeunes HSH. • Introductiondenouveauxcontenusàpartirdublog (avec témoignages et sections à renouveler de façon mensuelle) et une permanence mensuelle sur facebook. LES POINTS QUI RESTENT À TRAVAILLER : • Apporter des motivations aux jeunes pour visiter l’intervention (goodies, etc.). • Améliorer le référencement sur les moteurs de recherche. • Réfléchir au cadre conceptuel qui soutient l’intervention. • Améliorer la personnalisation des quiz. • Utiliser des matériels visuels (graphiques, vidéos, images). • Introduire des présentations plus interactives (forums, serious games, etc.). • Travailler sur les relances/rappels pour revisiter l’intervention. LES AVANCÉES DE L’ACTION
  • 8. RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION p. 8 TONY JEUNE GAY, NOVEMBRE 2016 CONCLUSION ET PERSPECTIVESLa présente étude dresse un portrait assez éloquent des besoins des Franciliens HSH âgés de 18 à 25 ans. Unpremierélémentàsoulignerestlacapacitédecetteévaluationàtoucherunediversitégéographiqueimportante, grâce au questionnaire en ligne et à l’outreach via les applications mobiles de rencontre existantes. LES RÉSULTATS SUGGÈRENT QUE, COMPARATIVEMENT AUX PLUS ÂGÉS, LES JEUNES HSH ÉPROUVENT DAVANTAGE DE VULNÉRABILITÉS : • Difficulté à parler de leurs pratiques sexuelles à leur entourage proche. • Entrée dans la sexualité via des applications mobiles (et manque de consentement pour certaines expériences sexuelles). • Isolementparrapportauxformesclassiquesdesociabilité communautaire. « Tony jeune gay » est un projet pilote pour le Crips. À partir des données de Google analytics, du questionnaire et des focus groupes, nous pouvons identifier une adéquation élevée entre les besoins repérés et le public ciblé par Tony. Tony semble trouver une place spécifique pour renforcer les connaissances des jeunes HSH franciliens. Néanmoins, la mesure de l’acquisition des connaissances sur Internet nécessite d’être perfectionnée. Les répondants considèrent l’information fournie par Tony pertinente et facile à comprendre. Ce sont les points les plus forts de l’intervention. En revanche, certains aspects restent à améliorer, notamment en matière de renouvellement et interactivité des contenus. Les demandes des jeunes en matière de contact avec des professionnel.le.s en santé et d’espace de discussion rendent compte d’un réel besoin en matière d’accompagnement sur la vie affective et sexuelle. TONY TOUCHE UNE PROPORTION NON NÉGLIGEABLE DE JEUNES HSH QUI PRENNENT DES RISQUES