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#FocusOn
volume 1
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Première édition
Publiée le 24 Décembre 2016
Mise en page éditions ONNI
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SOMMAIRE Présentation du projet
Remerciements
Betty Bouteiller
Sarah Daninthe
Christine Bellocq
Sophie Floreani
Martin G...
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Mais quel intérêt de vivre ces rencontres sans les partager ?
C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’interviewer chaque mois u...
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Remerciements
Je tiens à remercier les différentes personnes qui ont accepté l’interview, du
temps qu’elles ont passé à ...
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Droits sur le livre blanc #FocusOn vol. 1
L’intégralité de l’œuvre (photographies, textes, illustrations, mise en page)
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Betty Bouteiller
Bonjour je suis Betty Bouteiller et j’ai créé ONNI en novembre 2015. Avant
ONNI, j’ai fait une Prépa et...
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C’est quoi un livre
interactif ?
C’est un livre dans lequel le
lecteur aura des actions à faire.
Cela peut, soit changer...
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Betty Bouteiller – ONNI (CEO)
Un projet plus scolaire mais qui
reste, pour le moment confidentiel.
Et un appel à projet ...
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Sarah Daninthe
Rencontrée au WEB2Business 2016, Sarah est une working girl, SHN
(Sportive de Haut Niveau) et femme au g...
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centre commerciaux, cinémas,
aéroports…. Cela permet de faire
des profils linéaires et transverses
du consommateur, ave...
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j’aime, j’ai investi du temps et de
l’énergie pour y bosser.
J’ai commencé par Twitter, cherché
àencomprendrelefonction...
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hospitalisés. On organise des après-
midis pour les enfants. Pendant
leur hospitalisation ils rencontrent
des athlètes ...
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Sarah Daninthe – OPEN FIELD et Premier de Cordée
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Christine Bellocq
Bonjour, je m’appelle Christine Bellocq. Je suis la fondatrice et directrice de
l’entreprise Trésya C...
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Grande mesure ?
La grande mesure ça vient de la
qualification très ancienne des
différents niveaux de couture
que l’on ...
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les aisances et toutes les formes de
patron que l’on appelle de base :
les découpes princesse, les pinces
Dior, les déc...
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1 tailleur = 3 pièces
Quand on fait un tailleur grande
mesure on fait 3 pièces. La
première en tissu est le tailleur du...
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Comment devient-on
créatrice de
grande mesure ?
Je ne suis pas couturière. Je suis
artisan d’art. J’ai notamment la
let...
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car c’est la plateforme dédiée à
l’entrepreneuriat féminin et parce
que j’ai aimé l’image. Annona est la
déesse romaine...
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Sophie Floreani
Sophie Floreani est responsable de la Conduite du Changement au sein de la DSI de BNP
Paribas Internati...
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Se recentrer sur l’humain
Depuis novembre 2011 je travaille
dans l’informatique. Le système
éducatif français nous appr...
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et c’est aussi une façon d’enlever la
pyramide hiérarchique même si elle
est toujours là.
0 slides…
En 2015, lors d’une...
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Sophie Floreani – BNP Paribas International Retail Banking - DSI
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Martin Garanger
Bonjour, je suis Martin Garanger, je suis tireur et photographe.
L’Atelier Martin Garanger est né le 2 ...
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du Paysage. Il avait besoin d’une
personne pour numériser les
tirages photos fournis par les
photographes de l’agence. ...
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appareil photographique à sténopé
géant. (NDLR : Un appareil
photographique à sténopé se
présente sous la forme d’une b...
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Le tirage le plus long
Il fait 38m de long sur 20cm
de haut en 1 seule laize que
j’ai imprimé en 2 exemplaires.
L’impre...
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Portrait de Martin Garanger dans son atelier de Montreuil.
lui produit des photos et moi je
peux les imprimer, les agra...
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Thierry Cardot
Bonjour, je suis Thierry Cardot, le fondateur de l’Atelier Aubépine. C’est
un atelier d’étude et de conc...
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conçu un nouveau lieu dans lequel
ils peuvent se retrouver en lien avec
leur propre démarche personnelle
et spirituelle...
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sur la nature pour créer un tableau,
un théâtre, un mouvement naturel
ou sophistiqué en tenant compte
de l’histoire du ...
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Thierry Cardot – Atelier Aubépine – Fondateur et CEO
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Geneviève Bouché
Bonjour, je m’appelle Geneviève Bouché, je suis économiste, futurologue
et ingénieur dans le domaine d...
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social et sur le plan économique
parce que ces 3 environnements
sont interdépendants.
Aujourd’hui mon cabinet fait du
m...
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arrive à dessiner quand justement
on s’intéresse au temps long soit
avec des évènements brutaux
difficilement prévisibl...
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Que peut-on dire sur ce grand
changement ?
Ce qui est très anxiogène, là je
vous livre mon point de vue de
futurologue,...
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Geneviève Bouché – Futurologue
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Valérie Anne
d’AsnièresJe suis Valérie Anne d’Asnières. La famille est importante pour moi, elle
m’inspire beaucoup. Je...
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un brevet, et avant son dépôt je
me suis fait accompagner pour
créer ma première société « Cœur
de Couleur » et une mar...
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économique, j’ai besoin de
différents corps de métiers, je suis
comme un chef d’orchestre, je veux
faire travailler bea...
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aérosols avec un gaz propre.
En discutant avec les streets artists
de Vitry sur Seine en particulier
j’ai compris qu’il...
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Valérie Anne d’Asnière – Cœur de Couleur – Fondateur et CEO
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Guy Lessieux
Guy Lessieux, j’ai 74 ans, j’ai toujours souhaité être médecin, ça a été mon
objectif depuis toujours. J’a...
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soir à partir de 20h30 jusqu’à
parfois 5h du matin ! Nous ne
pouvions pas proposer plus de
sorties au vu de notre petit...
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Comment trouves-tu
les SDF ? Quel réseau te
permet de pouvoir les
géolocaliser ?
LesSDFsontsignalésparleséquipes
de mar...
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soupe qu’elle accepte non pas pour
son plaisir mais pour nous faire
plaisir.
Je la revois la semaine suivante
ou elle m...
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Guy Lessieux pendant les maraudes médicalisées – Ordre de Malte - Médecin
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existent, mais ne sont pas accessibles
pour des raisons saisonnières…
De quoi l’Ordre de Malte
a besoin pour changer la...
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François-Xavier
Leroux
Bonjour, je m’appelle François-Xavier, vigneron. Après plusieurs années de
préparation j’ai lanc...
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La maison Hippolyte
Leroux
Il y a un siècle, mon arrière-
grand-père Hippolyte a perdu son
père très jeune. Il s’est re...
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J’ai augmenté les recherches,
les études, rencontré un grand
nombre de personnes travaillant
dans le vin mais aussi dan...
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10 Portraits de dirigeant-e-s expert-e-s dans un métier qui est peu, pas ou mal connu.
10 Portraits of expert CEOs in a trade that is little, not or little known.

Publié dans : Business
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#FocusOn Volume 1 by Gaël Durpret

  1. 1. 1 #FocusOn volume 1
  2. 2. 2 Première édition Publiée le 24 Décembre 2016 Mise en page éditions ONNI
  3. 3. 3 SOMMAIRE Présentation du projet Remerciements Betty Bouteiller Sarah Daninthe Christine Bellocq Sophie Floreani Martin Garanger Thierry Cardot Geneviève Bouché Valérie Anne d’Asnières Guy Lessieux François-Xavier Leroux Biographie Gaël Dupret p.4 p.5 p.7 p.10 p.15 p.21 p.25 p.30 p.34 p.39 p.44 p.50 p.56
  4. 4. 4 Mais quel intérêt de vivre ces rencontres sans les partager ? C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’interviewer chaque mois une personne et de réaliser son portrait photo. Ce format permet de réaliser un portrait complet et de lier mon métier de photographe corporate et de presse je l’ai appelé Focus On. Toute l’année 2016 j’ai fait un Focus On par mois qui était diffusé en priorité aux lecteurs de ma newsletter et le mois suivant rendu public sur mon site. Ce livre blanc est la réunion des 10 Focus On réalisés. Projet #FocusOn Mon métier de photographe me donne la chance de rencontrer des personnes d’exception, des personnes différentes qui ont des métiers qui sont peu, pas ou mal connu du grand public. Généralement ce sont des expert-e-s dans leur domaine. Et les expert-e-s sont souvent des personnes très intéressantes auprès desquels on apprend toujours. Pourquoi 10 et pas 12 ? Tout simplement parce que j’ai commencé la publication des Focus On en février et qu’en août, ce sont les vacances ! Pourquoi un livre blanc ? L’envie de vous offrir l’intégralité des Focus On de 2016 en un seul volume pour bien commencer la nouvelle année 2017. Le livre blanc permet une diffusion multi-support et d’augmenter la transmission de ces portraits de femmes et d’hommes auprès d’un plus large public que les milliers d’inscrits à ma newsletter et les visiteurs de mon site.
  5. 5. 5 Remerciements Je tiens à remercier les différentes personnes qui ont accepté l’interview, du temps qu’elles ont passé à répondre aux questions et à l’accueil qu’elles m’ont réservées, Je tiens à remercier Sophie pour la phase de correction de chaque #FocusOn avant l’envoi de mes newsletters, Je tiens à remercier Valérie Beaudoin qui m’a formé aux techniques de l’interview lors de mes débuts de journaliste à la République du Centre, Et je tiens à remercier mon Père qui m’a appris la photographie,
  6. 6. 6 Droits sur le livre blanc #FocusOn vol. 1 L’intégralité de l’œuvre (photographies, textes, illustrations, mise en page) est protégée par les droits d’auteur et la propriété intellectuelle. Droits de diffusion : la diffusion de ce livre blanc se fait exclusivement par internet et l’œuvre doit rester dans son intégralité. Il est interdit : • D’en extraire une partie, • De commercialiser tout ou partie de l’œuvre, • De publier et / ou imprimer cette œuvre sur quelque support qu’il soit. Comment diffuser ? Pour diffuser le livre blanc vous pouvez utiliser le lien direct présent sur mon site : Gaeldupret.com/focuson-volume-1/ Ce livre est diffusé via la plateforme : Linkedin Slideshare
  7. 7. 7 Betty Bouteiller Bonjour je suis Betty Bouteiller et j’ai créé ONNI en novembre 2015. Avant ONNI, j’ai fait une Prépa et un Master dans la communication visuelle multimédia. Pourquoi ONNI ? Léonard et Compagnie, est mon projet de Master. Pour le monter j’ai rencontré plusieurs éditeurs et j’ai eu beaucoup d’encouragements de leur part ce qui m’a conforté dans l’idée de lancer ce projet « pour de vrai ». Et comme je ne trouvais personne pour l’éditer… j’ai créé ONNI ! C’est quoi ONNI ? ONNI - pour Objet Numérique Non‑Identifié - est une maison d’édition numérique qui a pour objectif de se spécialiser dans le récit illustré interactif pour jeunes et adultes. L’idée, est de montrer que l’on peut faire des livres interactifs intelligents : l’interactivité apporte une valeur ajoutée au récit. Donc tout ce qui est en plus du texte,permetdemieuxcomprendre, d’approfondir l’histoire et n’est pas là uniquement pour faire joli. Cela montre également que les tablettes peuvent avoir des applications intéressantes, ludiques, intelligente et qui donnent envie de lire. J’ai monté ONNI avec Jonathan Helme que j’ai rencontré sur LinkedIn. Il a fait l’école des Gobelins que je voulais faire. En travaillant avec Jonathan sur le projet Métronautes on s’est rendu compte que ça matchait bien entre nous. Comme le feeling et la confiance étaient au rendez-vous, on a décidé de monter ONNI. Betty Bouteiller – ONNI (CEO)
  8. 8. 8 C’est quoi un livre interactif ? C’est un livre dans lequel le lecteur aura des actions à faire. Cela peut, soit changer l’histoire, soit faire vivre au lecteur un passage de l’histoire pour mieux le comprendre. Par exemple : dans Léonard et Compagnie, à un moment donné, le loup est perdu et il faut l’aider à construire une carte pour qu’il puisse se retrouver. Les plus connus sont les livres dont vous êtes le héros. Nous avons envie d’en faire et de trouver de nouvelles façons de raconter des histoires. L’interaction donne un peu plus de pouvoir au lecteur, mais il faut le faire intelligemment ! Léonard 1er livre interactif Léonard et Compagnie c’est 3 histoires de loups qui vont rencontrer le petit chaperon rouge. Mais ces 3 jeunes loups ont des caractères différents et ça ne va pas se passer comme dans le conte. Contrairement au célèbre conte, ces 3 histoires sont axées sur la manière de voir, de percevoir les 3 petits loups plutôt que sur le petit chaperon rouge. Les histoires sont linéaires avec des pauses interactives. L’idée est de s’arrêter pour faire des mini-jeux qui aident à comprendre l’enjeu du passage. Les jeux ne sont pas obligatoires. Par exemple un loup est perdu, nous allons pouvoir l’aider à sortir d’un labyrinthe, lui construire une carte... Les prochains projets : Été 2016 : Un petit garçon qui va affronter sa peur des monstres avec ses parents et le lecteur. Celui-là sera imprégné de l’univers du jeu vidéo. Notamment pour montrer qu’on peut être à la frontière du jeu vidéo et du livre et s’amuser. C’est une histoire que j’ai écrite et pour les dessins c’est une collaboration avec l’illustratrice Natacha Lebrun. Betty Bouteiller – ONNI (CEO)
  9. 9. 9 Betty Bouteiller – ONNI (CEO) Un projet plus scolaire mais qui reste, pour le moment confidentiel. Et un appel à projet pour faire un livre sur noël avec un collectif d’auteurs En résumé Léonard et Compagnie sort en Février 2016 pour les tablettes sous Androïd et iOS. Pour en savoir plus : Onni.fr Linkedin.com/in/betty-bouteiller- b07b454a Twitter.com/ONNI_editions Facebook.com/editiononni
  10. 10. 10 Sarah Daninthe Rencontrée au WEB2Business 2016, Sarah est une working girl, SHN (Sportive de Haut Niveau) et femme au grand cœur. Sarah me reçoit en exclusivité chez elle au gymnase Éric Srecki de Levallois-Perret ou elle s’entraine quotidiennement. Bonjour, je suis Sarah Daninthe, escrimeuse, épéiste, double championne du monde, médaillée olympique, en route pour la qualification des JO de Rio et je travaille aussi dans le digital. Actuellement je travaille dans le marketing et communication pour Open Field une start-up spécialisée dans l’analyse des datas. Sarah Femme Business Auparavant je travaillais dans un lab, proche d’une start-up, ce qui m’a justement incitée à me spécialiser dans le conseil auprès de ces entreprises. Dans un premier temps des start-ups du milieu sportif, du fait que je sois sportive de haut niveau, et puis j’ai agrandi mon champ d’action à tout type de start-up en tant que conseillère et bêta-testeuse. La start-up Open Field est peu connue en France et en Europe car le milieu de la data commence tout juste à s’ouvrir. Mais ils ont levé quelques millions et signé avec de grosses structures. Ils sont actuellement en pour-parler avec la NBA (Ndlr : National Basketball Association). Open Field ? Open Field fait de l’analyse de données pour mettre en place une stratégie sur l’étude du comportement du consommateur dans tous les lieux connectés, Sarah Daninthe – OPEN FIELD et Premier de Cordée
  11. 11. 11 centre commerciaux, cinémas, aéroports…. Cela permet de faire des profils linéaires et transverses du consommateur, avec son accord, afin de mettre en place une stratégie pour lui. Un exemple concret : Actuellement en signature, un de nos prospects possède un casino, plusieurs hôtels, restaurants, magasins… La valeur ajouté d’Open Field c’est la réalisation du profil personnalisé de leurs clients. Que vous preniez une nuit dans l’un de leurs hôtels, ou que vous fassiez des achats dans une de leurs boutiques, ils prendront, avec votre accord, toutes sortes de données d’analyse : ce que vous aimez manger, ce que vous aimez voir, ce que vous aimez faire, si vous prenez une carte à l’AS Monaco ou que l’on sache dans l’hôtel où avez l’habitude de descendre, si vous aimez faire du shopping et que vous aimez les chaussures, etc. L’ensemble des données se rapportant à un client dans tous les lieux connectés possibles permettra d’établir le profil de Monsieur X et de mettre en place une stratégie par rapport à ces données, mais toujours avec l’accord du consommateur. Cela se fait avec le téléphone du client, sinon c’est de la data anonyme. Du sport haut niveau au monde de la data et du digital ? J’ai un parcours un peu particulier. J’ai un Master spécialité « étude du consommateur»etcen’estpeut-être pas un hasard si je suis chez Open Field aujourd’hui. Cependant, pendant plusieurs années j’ai mis le sport comme première priorité avec beaucoup de persévérance. Ce qui m’a permis de revenir médaillée mondiale et olympique. En parallèle j’ai toujours aimé le numérique. Je suis une vraie #digitalenative voire même un peu droguée ! L’escrime n’est pas un sport professionnel et comme le numérique est un univers que Sarah Daninthe – Épéiste – Équipe de France
  12. 12. 12 j’aime, j’ai investi du temps et de l’énergie pour y bosser. J’ai commencé par Twitter, cherché àencomprendrelefonctionnement, les codes, les influenceurs. J’ai été aidée par des personnes qui m’ont conseillée. J’ai aussi beaucoup lu.  A l’époque les journées étaient bien chargées. Travail la journée, entrainement le soir et ensuite encore 2h sur le numérique ou je lisais, m’interrogeais, posais des questions… J’ai débuté en commentant les tweets ainsi que les autres grands réseaux sociaux et j’ai commencé à me faire un petit nom. J’ai commencé par investir le milieu du sport car mon statut de sportive de haut niveau me légitimait. Puis je me suis ouverte à d’autres horizons. J’ai postulé pour un premier poste et maintenant je m’y plais vraiment. Conseils auprès de start-up Je fais essentiellement du conseil auprès de start-up dans le milieu du numérique. Je teste des applications en tant qu’utilisatrice. Je suis assez accessible et sans hésitation je suis contente de collaborer avec ces start-ups. Je les aide en leur disant ce que je vis au quotidien, en quoi leurs applications pourraient m’aider, comment ils pourraient l’améliorer, etc. Actuellement je travaille avec la start-up Plume Air qui est sur la data côté météo. Je ne suis pas une spécialiste mais je donne mon avis d’utilisatrice finale. Plume Air C’est une start-up française qui a brillé lors de la COP 21. Là encore elle brille aux Etats Unis sur le secteur de la data mais pas en France. Je ne sais pas si la France à un problème avec le secteur de la data mais il va falloir se réveiller ! Plume Air récolte des données et analyse l’air pour connaitre le taux de pollution. Au début j’étais simple utilisatrice de cette appli, je leur ai dit ce que j’en pensais. On s’est rencontré et ils m’ont proposé d’être bêta-testeuse. On a parlé de différents points dont les objets connectés. Ils ont pris note et je pense que dans quelque temps on devrait en entendre parler ! « Si tu vas à Rio… » L’équipe de France est qualifiée pour Rio avec un quota de 3 personnes + 1 remplaçante. Maintenant il va falloir qu’on se bastonne entre nous pour Rio ! La guerre n’est pas finie. Il nous reste 3 compétitions mondiales pour le faire. Grace au pacte de performance du ministère des sports, j’ai la chance de pouvoir travailler à mi-temps chez Open Field et de pouvoir m’entrainer dans mon club de Levallois ou à l’INSEP. Je m’entraine quasi 6 jours par semaine, des leçons avec mon prof et les préparations physiques avec mon entraineur, de la muscu, du cardio, etc. Rio, les jeux c’est quelque chose d’assez particulier, pour l’avoir déjà vécu. Le plus dur ce sont les qualifs plus que la compétition parce que c’est la guerre pendant 1 an, 1 an ½ mais ça reste une aventure extraordinaire. On mange Rio, on boit Rio… C’est sûr de temps en temps j’ai envie d’aller boire des coups avec des potes mais c’est pas vraiment le moment ! Faut rester Focus sur ce que l’on doit faire… Le mental d’abord ! Le mental est primordial il faut beaucoup de force, beaucoup de détermination. On ne peut avoir « juste envie » On est déterminé, on sait ce que l’on veut, on se donne les moyens sinon ça ne peut pas marcher. Déjà qu’en se donnant à fond on n’y arrive pas toujours. Les jeux (jeux olympique NDLR) c’est particulier. Mais ce qui est bien avec les jeux c’est que la vraie nature se révèle, donc si on est pas solide on ne passe pas. Premier de cordée Premier de cordée est une association qui vient en soutien à des enfants handicapés et
  13. 13. 13 hospitalisés. On organise des après- midis pour les enfants. Pendant leur hospitalisation ils rencontrent des athlètes de haut niveau, on organise des sorties… Tant que ça leur change de leur quotidien et leur donner le sourire, alors c’est banco ! C’est aussi un soutien pour les familles. J’organise pour des entreprises des demi-journées de team building : je fais découvrir l’escrime à des salariés d’une entreprise et je réponds à une problématique comme un problème de communication, de tension, voire de guerre entre salariés… L’argent récolté est intégralement reversé à Premier de cordée. Un exemple concret, dernièrement j’ai passé une journée dans une entreprise en Normandie. La problématique de cette société était la tension et la non-communication entre deux équipes. Les deux équipes étaient en conflit ouvert et refusaient de travailler ensemble. L’objectif était de leur faire découvrir l’escrime et aussi le travail d’équipe. J’ai donc fait des équipes en mélangeant les 2 groupes en conflit et je les ai fait travailler et communiquer ensemble. Ça s’est bien passé. Pour en savoir plus : Sarahdaninthe.com Linkedin.com/in/sarahdaninthe Twitter.com/sarahdaninthe Open Field : openfieldlive.com Plume Air : plumelabs.com/en/ Sarah Daninthe – OPEN FIELD et Premier de Cordée
  14. 14. 14 Sarah Daninthe – OPEN FIELD et Premier de Cordée
  15. 15. 15 Christine Bellocq Bonjour, je m’appelle Christine Bellocq. Je suis la fondatrice et directrice de l’entreprise Trésya Couture. Je crée des vêtements sur mesure, en particulier des tailleurs, pour les « Executive Women ». A l’équivalent des tailleurs grande mesure pour hommes, je suis un tailleur grande mesure pour femme et non pas une couturière. Je fais du tailleur professionnel pour accompagner la carrière des femmes, leur donner la qualité « Executive Presence » c’est à dire montrer ses capacités au leadership. Selon diverses études faites, 97% de la communication est non verbale, 55% de l’impression que l’on se fait d’une personne se fait dans les premières secondes. Une des premières choses que l’on voit de la personne c’est le vêtement. Certes il y a le regard, la voix, l’attitude, la posture… mais il est plus facile d’avoir une stature de leadership quand on est bien habillé. Un tailleur ça participe de cette posture On se tient mieux quand on est bien maquillé, bien chaussé, bien habillé… ça participe de l’image que l’on renvoi. Quand on veut décrocher un contrat, un budget auprès de son PDG, il ne faut pas avoir l’air d’une petite souris. Il faut arriver avec l’image d’une personne capable de gérer un projet de bout en bout, capable de faire face à des situations de crises qu’on va forcément connaitre et le vêtement participe de cette attitude. C’est ça que je développe au travers de mes vêtements. Christine Bellocq – Trésya - Fondatrice et CEO
  16. 16. 16 Grande mesure ? La grande mesure ça vient de la qualification très ancienne des différents niveaux de couture que l’on faisait chez les tailleurs hommes qui ont longtemps eu le monopole des vêtements. La corporation des couturières a été créée en 1675 soit un siècle et demi après celle des tailleurs. Les femmes s’habillaient toutes seules ou avaient une couturière qui faisait partie de la domesticité quand elles étaient riches. Voici les 3 niveaux de couture :  1. La petite mesure : est l’ensemble des retouches faites sur des vêtements standards. C’était les prémices du prêt-à-porter qui apparut au XXème siècle. La petite mesure ne s’emploie plus, c’est devenu la retouche.   2. La demie mesure : on part de gabarits intermédiaires et que l’on met à la taille de la personne.   3. La grande mesure : est la création intégrale d’un vêtement unique pour chaque client. En termes de coupe, de choix de détails, de cols, de poches…. Chez les femmes, il n’y a pas la notion de tailleur mais de couturière, qui d’ailleurs n’avaient pas le droit, jusqu’à récemment, de faire les vestes. Cela restait le monopole des tailleurs. On parlait de vestes pour femmes. On n’emploie pas le terme de grande mesure mais de sur-mesure, comme si les femmes n’avaient pas le droit à de la grande mesure ou que l’on avait de la couture au rabais. C’est pour cela que j’impose le terme de grande mesure au féminin. Parce que je m’adresse au même type de cliente Femmes que les Hommes qui se font faire des costumes grande mesure. Je travaille uniquement pour les femmes. C’est un choix parce que je connais leurs besoins, je connais le secteur dans lequel elles évoluent et que je me sens légitime. 1,2,3… 26 mesures Pour le travail, hormis la feuille Excel dans laquelle je reporte les mesures, je travaille manuellement. Je n’ai pas de scanner laser qui tourne autour de la personne pour dessiner la silhouette. D’abord par ce que cela ne sert que dans le prêt- à-porter et non pas dans la grande mesure et dans l’individualité, parce que ce n’est pas rentable et que cela n’a pas d’intérêts. La prise de mesure ne suffit pas en elle-même. Ainsi, pour faire un vêtement, je ne prends pas 3 mesures, tour de poitrine, tour de taille, tour de hanche, mais 26, en horizontal, en vertical et en écartement. Et même avec ces 26 mesures, il faut faire un gabarit toile du fait que nous ne sommes pas symétriques. Elles ne sont pas non plus suffisantes pour déterminer les emplacements des creux. C’est-à-dire que des personnes faites avec un même tour de poitrine et même hauteur de bassin, les pinces se positionneront à des endroits différents. Ainsi un même vêtement, pour qu’il ait la même allure, pour 2 personnes différentes, je placerai les pinces à des endroits différents. Je garde le gabarit à plat pour une question d’espace, mais je pourrai les remplir de paille, les fermer au niveau de la tête et du bas du corps et j’aurai ainsi des mannequins à la taille exacte de mes clientes, comme on voyait autrefois dans les grandes maisons. Ces gabarits je les gardes, et quand ma cliente revient, je lui réessaie le gabarit. Si ses mesures n’ont pas évolué, je sais que je peux le réutiliser. Après je fais un carton, sur lequel je reporte à plat toutes les mesures et tous les détails que j’ai détecté sur le volume. Sur la base de ce carton je peux faire tous les vêtements possibles : de la lingerie au manteau en passant par le tailleur, un pantalon, une jupe, une robe forme kimono, faire des manches tailleur ou des manches droites… Sur ce carton, va se rajouter toutes
  17. 17. 17 les aisances et toutes les formes de patron que l’on appelle de base : les découpes princesse, les pinces Dior, les découpes kimono, les différents types de cols, aplatis, arrondis, droits… Cela permet d’avoir un carton avec 5 patrons de base qui me permettent de décliner à l’infini toutes les formes possibles. On se rend ainsi compte qu’un tailleur qui est plutôt minimaliste dans sa définition, offre des opportunités de création énorme. A contrario du tailleur prêt-à- porter, il permet de définir le style de chaque personne. C’est 80 heures de temps de travail pour un tailleur vraiment abouti c’est-à-dire avec tous les détails d’un tailleur : une boutonnière passepoilée, des poches, un col tailleur… Sachant qu’un tailleur ça s’entoile, il faut renforcer les coutures au niveau des épaules, des emmanchures parce que cela doit résister à l’utilisation quotidienne. Christine Bellocq – Trésya - Fondatrice et CEO
  18. 18. 18 1 tailleur = 3 pièces Quand on fait un tailleur grande mesure on fait 3 pièces. La première en tissu est le tailleur du dessus. Il y a ensuite la doublure et enfin la parmenture ; il s’agit des revers faits dans le même tissu ou dans un tissu contrasté pour des effets d’esthétique mais qui sont les parties qui ne sont pas en doublure. Ces parmentures sont entoilées pour donner le tombé du devant, des bas de manche, des bas de jupe ou de pantalons. Après on rassemble le tailleur du dessus et les parmentures puis au final on fixe la doublure à la main. Robes de mariées Je fais des robes de mariées bien que ce ne soit pas mon cœur de métier. Généralement je fais des robes de mariées pour des clientes que je connais, qui m’ont déjà acheté des tailleurs. A l’exception d’une fois ou j’ai fait une robe, type princesse en tulle blanc avec des plumes, des strass, elle était belle mais sans l’effet choucroute ni meringue ; mes créations sont des robes de mariées plutôt atypique parce que j’ai des clientes plus mûres qui ont envie de se faire plaisir. Par exemples, l’une était toute en dentelle rouge et noire, l’autre était jaune. En final ce sont des robes de mariées avec des coupes un peu particulières et très personnelles qui ne ressemblent en rien à ce que l’on voit en magasin. Spécial cocktail Je créée des robes ou tenues de cocktail. Je les fais essentiellement pour ma clientèle de cœur de métier de tailleur qui a des soirées cocktail mais aussi pour les personnes participant par exemple aux Galas de l’X où on porte encore des robes de cocktail et des gants longs. Je travaille avec une brodeuse qui fait de la broderie haute couture (broderie au crochet ou à l’aiguille) et qui travaille pour de grandes maisons comme Alexander McQueen ou autre. On fait des pièces qui permettent de se rajouter au tailleur de jour et qui en fait un tailleur cocktail. Nous faisons des pièces somptueuses qui vont venir se fixer avec des aimants néodyme sur le col tailleur pour le transformer. Double moment d’émotion Dans la création du tailleur j’aime particulièrement deux moments. Le premier est le moment où l’on définit le modèle que je vais lui faire (car c’est un travail en collaboration). Au moment où l’on a choisi le tissu, que le dessin est finalisé, Il y a un moment où je sais intimement que c’est ce tailleur là et ma cliente aussi. Un jour une cliente m’a dit « Je sais que l’on a fait le bon choix car vous avez les yeux qui pétillent ». L’essayage final est un vrai moment d’émotion. Je le vis intensément mais par procuration : j’adore observer ma cliente se regarder dans le miroir et changer de posture. Même si elle est en collant et qu’elle n’a pas remis ses chaussures je la vois se redresser, se trouver belle et fière d’elle. Et là, oui, c’est un grand moment de bonheur. C’est aussi à ce moment-là que je sais que j’ai gagné, surtout quand elle a la larme à l’œil. J’ai autant de plaisir à voir un tailleur porté par ma cliente qu’elle peut en avoir à le porter je suis très fière de mes tailleurs et de mes autres créations. Et heureusement car si je n’en étais pas fière alors je ne vois pas comment mes clientes pourraient l’être. Christine Bellocq – Trésya - Fondatrice et CEO
  19. 19. 19 Comment devient-on créatrice de grande mesure ? Je ne suis pas couturière. Je suis artisan d’art. J’ai notamment la lettre du président de la chambre des métiers m’accordant la qualification du titre d’artisan d’art parce que je fais ce métier depuis plus de 6 ans et que j’excelle dans un domaine artistique qui est la couture. Ce n’est cependant pas ma formation. A la base j’ai un BAC D Mathématique et sciences de la vie suivit d’un DEUG de science Biochimie et physiologie Cellulaire car dans ma famille on ne fait que des études scientifiques. D’ailleurs ce n’était pas passe ton bac d’abord, mais passe ton bac+5 d’abord et ensuite tu feras ce que tu souhaites. Étant une fille j’avais quand même le droit de faire Science de la Vie. Mon premier acte de rébellion fut le choix de Sciences Po plutôt que l’X ou Mines. Quand j’ai annoncé mon choix, mes parents m’ont dit que j’allais me le financer car ils pensaient que je sortais du cadre et que ce n’était pas de vraies études. J’ai adoré Sciences Po. Ça a été dur et on bosse beaucoup mais c’est passionnant.  Diplôme de Science Po en poche j’ai fait le choix de sacrifier la réalisation de mes rêves. Je suis donc rentrée dans la finance d’entreprise plutôt que dans des cabinets type Deloitte ou Arthur Andersen. Plutôt que d’intégrer une nouvelle bulle, j’avais envie de me confronter à la réalité du monde. J’avais déjà été dans une bulle (famille, Sciences Po), et rentrer dans un cabinet cela aurait été encore le même univers, la même bulle. Je suis donc allée dans une entreprise pour être au contact des gens. Ce qui ne fut pas une mince affaire.  Quand on sort de Science Po, on est en tailleur escarpin avec des phrases un peu sophistiquées et tu te rends compte que les gens ne te comprennent pas. J’ai gardé le tailleur escarpin mais, afin de me faire comprendre, j’ai simplifié ma manière de parler. J’ai appris à travailler avec des gens qui n’avaient pas le même âge, ni le même cursus scolaire, ce qui fut très formateur. J’avais la chance d’avoir un bon profil et à part mon premier travail, je n’ai pas eu à chercher de nouvelles opportunités car on me chassait. Au bout de 12 ans plus ça allait, plus je changeais de métiers et un jour je n’ai pas réussi à me lever. J’ai donc quitté mon emploi et j’ai créé ma société. Je ne l’ai pas fait comme il le fallait : je l’ai créé car j’avais envie de faire de la couture pour tout le monde. Je n’avais donc pas ciblé la clientèle, et ça n’a pas marché. Après quelques années, je me suis rendue à la chambre des métiers, où on m’a expliqué que je n’avais pas monté mon projet initial comme il fallait. A ce moment-là il s’est dessiné une évidence : je devais m’adresser à des femmes comme moi. Celles qui avaient le même parcours et à qui j’allais offrir le petit plus que je m’offrais quand j’étais salariée : la création de mes tailleurs. Il y a eu un petit contretemps : je me suis cassé la jambe et suis resté alitée pendant 2 ans. Cela m’a permis de murir le projet, d’être au clair, de trouver les bons professionnels, les artisanes vraiment d’exception : ma couturière et ma brodeuse qui travaillent avec les techniques des maisons de haute couture. Le projet Trésya est né en 2004, Trésya Couture a été créé en 2008 et Trésya en mars 2014 et enfin l’ouverture d’un showroom sur Paris dans les prochaines semaines. Levée de fonds Au départ j’avais prévu une vraie levée de fonds avec un tour de table et des actionnaires. Cependant quand j’ai fait appel à certains actionnaires ils m’ont dit qu’ils préféraient donner sans pour autant devenir actionnaire et ils m’ont suggéré l’idée d’utiliser une plateforme participative. J’ai choisi la plateforme MyAnnona
  20. 20. 20 car c’est la plateforme dédiée à l’entrepreneuriat féminin et parce que j’ai aimé l’image. Annona est la déesse romaine de l’abondance. Elle est représentée comme une femme sur un bateau. Et je trouvais que j’avais fait une belle traversée. Depuis le 28 mars la plateforme est ouverte et les gens commencent à donner pour la levée de fonds et pour ouvrir un beau showroom à Paris au cœur du monde du sur mesure qui va avec ma clientèle et l’image que j’ai envie de donner. Pour en savoir plus : Tresyacouture.com/fr Linkedin.com/in/tresyacouture Twitter.com/Tresyacouture Christine Bellocq – Trésya - Fondatrice et CEO
  21. 21. 21 Sophie Floreani Sophie Floreani est responsable de la Conduite du Changement au sein de la DSI de BNP Paribas International Retail Banking. Née de parents italiens, elle a 2 enfants et parle 9 langues . Elle se définit comme une femme ayant du caractère, persévérante et pour qui le relationnel est fondamental. Mon métier me plait parce que je permets aux personnes de mieux supporter, de mieux vivre le changement et non pas de le subir. Et dans la société actuelle, avec toutes les disruptions que nous vivons, savoir s’adapter est indispensable. J’ai le sentiment d’être utile aux autres. Le changement, partie intégrante de mon parcours de vie J’ai eu un parcours riche et atypique qui m’a permis d’avoir une carrière internationale et d’apprendre 9 langues : faire de l’audit au Brésil, participer à la structuration de la « mission Eurostar », enseigner le français à Houston, en Indonésie, au sultanat d’Oman au Moyen- Orient, en Russie, diriger une école de Français pour Etrangers en France, mettre en place l’harmonisation du concours international de l’ESCP, … J’ai intégré BNP Paribas en mars 2006. J’ai commencé par m’occuper des séminaires d’intégration au niveau de la France et de l’international, puis une mission de 3 ans en Ukraine pour faire adhérer au changement que représente la mise  en place du modèle Multicanal. C’est en 2011 que la DSI me donne mon poste actuel : j’entre au CODIR. On me confie la responsabilité des enquêtes de satisfaction des utilisateurs de l’informatique pour nos filiales, le rôle de relai RH, Formation, Communication et surtout je dois monter une cellule de conduite du changement… Je c’est Nous Je dis « JE » mais le « JE » c’est mon équipe et moi. On fonctionne en mode start-up, les membres de l’équipe sont autonomes et responsabilisés, et du coup très innovants. J’ai toujours eu l’âme d’une entrepreneure ! Sophie Floreani – BNP Paribas International Retail Banking - DSI
  22. 22. 22 Se recentrer sur l’humain Depuis novembre 2011 je travaille dans l’informatique. Le système éducatif français nous apprend souvent à nous concentrer sur la performance et la course à l’excellence, sur le rationnel, en négligeant parfois l’émotionnel et l’importance de se soucier de son corps, ce qui fait de nous des êtres humains complets. On est des êtres humains ! Il ne faut pas qu’on l’oublie et on doit capitaliser sur cette force. Plus on capitalisera dessus, plus on sera productif et performant pour le bien collectif. Mettre ses compétences individuelles au service du collectif. C’est du gagnant-gagnant. Mon objectif est donc de montrer que la productivité passe par le recentrage par l’Humain et en repensant les organisations.    Maintenant, on le sait, la performance purement financière, n’est plus un gage de réussite. Plus qu’un effet de mode, il y a des exemples concrets de grandes entreprises et d’institutions qui sont devenues performantes, en remettant la relation humaine au coeur de leurs actions et process. Pour mener à bien ce changement mon équipe et moi-même avons  mis en place des initiatives innovantes. Programme PEP’S C’est un programme d’accompagnement du changement auprès des collaborateurs suite à une réorganisation de notre I.T. Il vise à développer la motivation et la satisfaction des collaborateurs. Il s’agit d’ateliers ou conférences hebdomadaires ouverts à tous sur la base du volontariat, une bulle d’air dans la semaine,  durant lesquels les collaborateurs découvrent plusieurs outils directement applicables au quotidien autour de différents thèmes : nouveaux modes de management, techniques de créativité et d’innovation, connaissance de soi et gestion de la relation à l’autre, nouveaux enjeux business. Les intervenants sont variés à l’image des sujets proposés. Nous avons organisé des séances de sophrologie, de PNL et de pleine conscience (Mindfulness). Un ancien champion du monde de ski de vitesse a parlé de la gestion d’énergie pour être plus performant et un expert en GTD (Getting Things Done) a abordé l’organisation du temps pour la gestion de multiprojets sans stress. Nous avons touché quasiment tous les collaborateurs de la DSI qui ont dit avoir découvert des outils concrets qu’ils utilisent maintenant et dont ils ne soupçonnaient pas la puissance. About You Pour valoriser nos collaborateurs tous les jeudis, un collaborateur (de Paris, Rennes ou du Maroc) est présenté à toute notre DSI. (Plus de 500 personnes). Portrait personnel et professionnel, le collaborateur choisit son template, ses questions. L’objectif est de créer du lien, leur permettre de se découvrir entre eux. Vis mon job Cette action de découverte permet à un collaborateur de recevoir un de ses collègues pendant une demi-journée et de lui présenter concrètement son travail. Ça leur permet d’apprendre à se connaitre et de comprendre l’utilité de l’autre dans le groupe. Lors d’un « Vis mon job » un collaborateur a présenté son travail et notamment un de ses problèmes récurrent. La personne accueillie, de son regard neuf lui a suggéré une solution qui s’est avérée être efficace.  Le DSI, patron du CODIR I.T. a fait son « Vis mon job ». Il était ravi, son invité avait été tiré au sort par mon équipe parmi les volontaires. Il va maintenant être accueilli par la personne qu’il avait reçue. Il y a une vraie utilité à tout ça : cela montre une image différente de l’IT super expert, qui sont ouverts et innovants quand on leur propose et qu’on leur laisse le choix
  23. 23. 23 et c’est aussi une façon d’enlever la pyramide hiérarchique même si elle est toujours là. 0 slides… En 2015, lors d’une convention nous avons donné comme consigne aux collaborateurs de réaliser des présentations sans aucune slide. Ils ont tous réalisé des films décalés mais pertinents. C’était génial ! A ce moment-là je me suis dit qu’ils avaient compris quelque chose : ils ont fait ce qu’ils n’auraient jamais fait avant : communiquer autrement. Les réseaux sociaux Je suis très active sur les réseaux sociaux, en particulier sur Linkedin, car ils permettent de s’enrichir de nouvelles connaissances et de partager des convictions ou des initiatives dans lesquelles on croit. C’est un puissant outil d’échanges, d’information et de communication. Cela fait partie du relationnel dans notre société actuelle et pour l’avenir. Je suis d’ailleurs impliquée dans un collectif de bénévoles pour l’emploi créé par Alban Jarry,  #i4emploi représentant plus d’1 Million de followers. Nous accompagnons depuis 7 mois plus de 270 demandeurs d’emplois dans leur recherche sur Twitter. Le collectif est d’ailleurs nominé dans la catégorie « Transformation de l‘économie traditionnelle » pour le prix « du Capital Humain » des ACSEL’R Awards 2016, qui sera décerné ce lundi 2 mai. Un livre blanc et un M.B.A. Le comité scientifique de l’Ecole Polytechnique d’Assurances (EPA) présidé par Luc Ferry auquel j’ai participé a permis d’aboutir à la rédaction d’un livre blanc «  L’Humain… dans le numérique et le Big Data » ainsi que la création d’un M.B.A. en Data Science en assurance  en partenariat avec Télécom ParisTech. L’idée de ce M.B.A. est de former des Data Scientists éclairés qui ne soient pas que des supers experts en DataScience, mais aussi professionnels qui remettent l’humain au centre. Ce M.B.A. donne un enseignement sur la stratégie, sur l’éthique et le management. C’est naturellement sur la partie enseignement managériale, qui dure 8 jours, que je suis intervenue. Je l’ai construit, pensé et je suis ensuite allée chercher les bonnes personnes pour l’enseigner. L’idée c’est de leur enseigner l’humain dans le management (on est vraiment dans l’innovation managériale) et les nouveaux modes d’organisation. C’est leur faire vivre des pratiques d’intelligence collective, leur apprendre un mode de fonctionnement collaboratif.  C’est la manière dont nous avons d’ailleurs fonctionné au sein de ce Comité Scientifique qui compte une quarantaine de personnes volontaires. Si nous avons pu créer ce MBA, c’est parce que nous avons mis nos égos de côté et apporté nos compétences individuelles au profit du collectif. Le mot de la fin « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » Proverbe africain Pour en savoir plus : Linkedin.com/in/sophf Twitter.com/sophiefloreani
  24. 24. 24 Sophie Floreani – BNP Paribas International Retail Banking - DSI
  25. 25. 25 Martin Garanger Bonjour, je suis Martin Garanger, je suis tireur et photographe. L’Atelier Martin Garanger est né le 2 janvier 2001. C’est un atelier d’impression numérique jet d’encre à pigment micro encapsulé. J’ai commencé avec la première imprimante au monde qui utilisait des encres à pigments : une Epson qui passait des rouleaux d’1m12 de large. Contrairement aux précédentes imprimantes qui utilisaient des encres à colorant, elle permettait, de par sa qualité, la réalisation de tirages non seulement d’exposition mais aussi de collection. Cela vient, notamment, du fait que, les encres à pigment résistent longtemps aux UV. On peut également choisir le support d’impression comme des papiers pur coton sans acide, des papiers d’art mat ou brillant, des supports plus ou moins blancs, plus ou moins texturés, etc. On fait des tirages qui par la nature du papier ne vont pas jaunir : ils ont une durée de vie de plus ou moins cent ans. Martin Garanger – Atelier Martin Garanger (Fondateur et CEO) Comment es-tu devenu tireur ? Je suis tombé dans la photo quand j’étais petit : mon père (NDLR : Marc Garanger) était photographe. Aujourd’hui il est à la retraite et ne produit plus de photos mais il a beaucoup voyagé et a notamment travaillé sur les campagnes de pub pour Kodak.  Etant jeune je me suis posé la question d’être, comme mon père, auteur photographe mais je n’ai pas réussi à trouver mon style et mon book était rempli de photos hétéroclites. Finalement j’ai travaillé dans l’audiovisuel en régie, casting et tournages. En 1999 j’ai travaillé pour l’agence Paysages fondée par Daniel Quesney un ancien photographe de l’Observatoire Photographique
  26. 26. 26 du Paysage. Il avait besoin d’une personne pour numériser les tirages photos fournis par les photographes de l’agence. C’était des tirages 18×24 ou 24×30 cm que je numérisais sur un scanner à plat Epson ou Agfa à 600 DPI. Cela générait des fichiers de taille importante mais permettait de conserver une image de très haute qualité afin de répondre à toutes les demandes et même au-delà. A l’automne 2000 Daniel Quesney me suggère d’aller au salon de la photo. Epson y présente sa première imprimante au monde avec des encres à pigments :  une révolution dans le milieu. Fort de mon expérience auprès de l’agence Paysage et d’une somme perçue d’un héritage, j’en ai acheté une et me suis inscrit à la Chambre des Métiers en tant qu’artisan. Je me suis lancé dans ma toute nouvelle entreprise en tant que tireur avec mes quelques bases, directement sans avoir été tireur chez un confrère ce qui est généralement le cursus du métier. J’ai quand même fait un stage chez Picto et chez Georges Fèvre (NDLR : tireur de Robert Doisneau et Henri Cartier Bresson) avec qui j’ai énormément appris. Dans le domaine de la couleur j’étais un novice mais j’ai appris rapidement. Ainsi, les premières années de mon atelier, j’ai travaillé en collaboration avec le tireur Philippe Guilvard qui était à l’époque le grand spécialiste du tirage d’après négatif couleur à l’agrandisseur. J’ai beaucoup appris à ses côtés ; et de son côté cela lui permettait de pouvoir proposer à ses clients des impressions jet d’encres. Mon métier c’est d’accompagner un photographe, un peintre ou un plasticien en intervenant sur les aspects techniques de choix d’agrandissements, du papier, de la définition, de la retouche, de la chromie, de la densité, du contraste, etc. Je suis très à l’aise et j’y prends un vrai plaisir ! Ça ne m’empêche pas à mes heures de taquiner l’obturateur mais mon métier c’est le tirage, ça l’est depuis plus de 15 an. Tireur d’exception J’ai la chance de pouvoir travailler avec de grands photographes qui viennent de loin pour que ce soit moi qui tire leurs photos. Je pense notamment à Stefanie Dworkin qui prend son billet d’avion de New-York pour faire ses tirages ici avec moi et qui repart avec ses tirages sous le bras. En 2015 Henri Clément, un ami photographe de mon père, m’invite au vernissage de son exposition de photos lenticulaires. Alors qu’il était avec un de ses amis, il me présente en lui disant « Je te présente Martin Garanger un des meilleurs tireurs d’impression numérique ». J’apporte un grand investissement à chacun de mes clients, qu’ils soient grands artistes ou amateurs éclairés. Leurs retours me permettent d’évoluer dans ma pratique, et leur reconnaissance alimente ma passion pour mon métier. Participer par mon travail à l’immortalisation des œuvres de ces photographes est un grand privilège. Mon plus grand tirage Il fait 10m de haut sur 18m de large. Il est composé de 68 laizes qui font chacune 1m de large sur 2m40 de haut (taille des plaques réalisées par le maçon). Pour réaliser ce tirage, il m’a fallu 1 mois de travail, 3 jeux complets de cartouches d’encre et l’impression de 100 laizes et pour avoir les 68 bonnes. Il s’agit d’un tirage accroché sur un plafond en biais du Nouveau Théâtre LE MANEGE à MONS en Belgique. Il se trouve au dos des gradins en biais et devant il y a une verrière composée de vitres transparentes intercalées de vitres dépolies. La photo que j’ai tirée est une création de l’association Caravana Obscura fondée par Christine Felten et de Véronique Massinger. Pour la réalisation de cette photo elles ont transformé une caravane en
  27. 27. 27 appareil photographique à sténopé géant. (NDLR : Un appareil photographique à sténopé se présente sous la forme d’une boîte dont l’une des faces est percée d’un trou minuscule qui laisse entrer la lumière. Sur la surface opposée à cette ouverture vient se former l’image inversée de la réalité extérieure, que l’on peut capturer sur un support photosensible, tel que du papier photographique. Comme l’œil, le sténopé capture des images inversées du visible. (Voir article Wikipédia). Elles ont utilisé du papier inversible couleur Cibachrome (NDLR : L’Ilfochrome, connu aussi sous le nom de Cibachrome, est un procédé de tirage photographique couleur depuis un film inversible, souvent sous la forme d’une diapositive couleur, produit par Ilford jusqu’en 2013) d’1m de haut sur 1m80 de large collé au fond de la caravane pour « imprimer » l’image. La durée de prise de vue est très longue : 1 journée, on voit ainsi par étape le déplacement du soleil. Cette photo représente un paysage avec une grande partie de ciel bleu très dégradé qui s’assombrit dans les coins. Ce travail photographique nécessite un gros travail de repérage et de préparation… Pour que je puisse tirer la photo, il a fallu numériser l’image originale chez Picto Front de Seine où il y a un scanner géant. Seulement c’est un scanner fait pour la réduction et non pas pour l’agrandissement, par exemple pour les peintres qui font des grands formats et qui ont besoin de visuels plus petits pour l’édition. On a donc scanné avec la plus haute résolution possible et il y a eu un fort ré-échantillonnage à l’impression pour conserver un rendu fidèle à la photo initiale. Ma plus grande crainte concernait le ciel qui était composé d’un très grand nombre de laizes car lors de l’impression il m’était impossible d’avoir suffisamment de recul pour savoir si le dégradé allait être fluide d’une laize à l’autre pour un assemblage final harmonieux et fidèle. Je suis allé à l’inauguration du théâtre et c’était magnifique. Illustration du fonctionnement schématique d’un sténopé.
  28. 28. 28 Le tirage le plus long Il fait 38m de long sur 20cm de haut en 1 seule laize que j’ai imprimé en 2 exemplaires. L’impression a duré 3h mais il a fallu rester attentif tout le long pour vérifier que le papier restait bien droit malgré son changement de volume dû à l’encrage. La finition a pris beaucoup de temps également : un rouleau fait 1m20 de largeur et 40m de longueur, il a donc fallu réaliser les découpes sur chaque longueur des 2 exemplaires, soit 4x38m à raison d’1m par 1m. C’est la première fois que j’utilisais un rouleau dans son intégralité pour un seul tirage. Il s’agissait d’un papier mat de 115g qui avait besoin d’être fin pour qu’une fois roulé l’objet ne soit pas trop épais. La photo finale se regarde de gauche à droite et se manipule comme une Torah mais en image : on la fait défiler avec des manettes de gauche à droite C’est un ami photographe qui a offert cet objet à ses parents qui fêtaient leurs 50 ans de mariage et c’était toute leur vie en photos sur 38mètres de long. Le tirage le plus petit Il est à peine plus grand qu’un timbre-poste et fait 2cm sur 3cm. C’est une artiste qui avait fixé ses tirages au mur avec une loupe à côté des tirages pour que le spectateur puis les regarder. Le résultat m’a impressionné : avec la même imprimante que pour mon tirage de 38m de long, j’ai pu réaliser ceux de 2cm sur 3cm et cela reste des photos de qualité et non pas des points d’encres qui donnent un semblant d’image. Être Fils de… Quand j’étais plus jeune c’était plus difficile pour moi de trouver ma place. Mais ce qui est vraiment bien dans le fait d’être devenu tireur c’est que je peux travailler avec mon père en apportant ma valeur ajoutée. Nous sommes complémentaires  : Portrait de Martin Garanger dans son atelier de Montreuil.
  29. 29. 29 Portrait de Martin Garanger dans son atelier de Montreuil. lui produit des photos et moi je peux les imprimer, les agrandir. Elles sont déjà magnifiques par son travail d’auteur et moi je peux leur donner vie en les matérialisant. Le mot de la fin Je pense à l’avenir Depuis quelques années je ne suis plus inquiet pour l’avenirdemonatelieret,Inch’allah, pourvu que ça dure ! Ma liberté de travail me plaît et j’espère pouvoir continuer de faire des tirages à mon propre compte, car je sais que c’est ce qui plait aussi à mes clients. Et ça c’est très important. Pour en savoir plus : Martingaranger.com Facebook.com/martin.garanger
  30. 30. 30 Thierry Cardot Bonjour, je suis Thierry Cardot, le fondateur de l’Atelier Aubépine. C’est un atelier d’étude et de conception paysagère qui aménage des lieux privés ou public. Mon métier est la valorisation des lieux de vie ou de passage. Je considère l’histoire du lieu, des gens qui l’ont traversé ou qui le traversent actuellement ainsi que son environnement afin de construire une nouvelle histoire ou de continuer cette histoire commune. Pourquoi ce nom de l’Atelier Aubépine ? L’aubépine, c’est cette fameuse plante qui a été l’une des plus récalcitrantes que j’ai rencontré lors de ma jeunesse, celle que je voulais absolument faire disparaitre du fond du jardin parce qu’elle piquait et elle m’a résisté. En 2009, 20 ans après, c’est devenu l’Atelier Aubépine, Aubépine Crataegus. Mes clients L’Atelier Aubépine travaille avec tous, il peut s’agir d’entreprises, d’institutionspubliques,d’associations, de particuliers, etc. Je peux œuvrer sur des propriétés urbaines (hôtels particuliers, terrasses, copropriétés), mais également sur des propriétés domaniales ou historiques de province ayant un passé familial et/ ou patrimonial. Le premier projet de l’Atelier Aubépine a été l’étude et l’aménagement du couvent Dominicain de l’Annonciation (222 rue du Faubourg Saint Honoré) à Paris. L’architecte Jean- Marie Dutilleul venait de rénover leur lieu et ils m’ont demandé d’imaginer quelle suite donner à ce cloître qui avait été chamboulé par les réaménagements. Je leur ai Thierry Cardot – Atelier Aubépine – Fondateur et CEO
  31. 31. 31 conçu un nouveau lieu dans lequel ils peuvent se retrouver en lien avec leur propre démarche personnelle et spirituelle. Vous pouvez voir quelques un de mes travaux sur le site internet de l’Atelier Aubépine et notamment le cloîtreducouventdel’Annonciation qui fut mon premier projet et qui peut être visité sur demande. J’ai un projet en cours à la Maison de la Pierre à coté de Chantilly avec une association historique liée à l’univers des carrières, ainsi que la réalisation des jardins ouverts au public de l’église Saint Pierre de Montmartre. Pour ce dernier projet, une recherche de mécènes est en cours par l’association. Comment je travaille ? Il s’agit d’une rencontre à 3. Il y a tout d’abord mon client, que je préfère appeler partenaire, avec ses désirs et envies qu’il projette. Il y a également le lieu, qui a sa propre histoire et enfin le paysagiste et sa passion, son regard. Le paysagiste réalise une histoire commune entre ces 3 personnes. Lors des premières rencontres nous échangeons sur l’identité du lieu : est-ce pour recevoir, y jouer, méditer ; sur les personnes qui y vivent actuellement, qui y sont passés et même qui doivent y venir. En fait le paysagiste travaille en fonction du lieu, des gens et de ce qu’il va en ressentir, il ne donne pas son propre caractère. C’est toujours l’approche du lieu et des gens qui le guide dans ces réflexions et dans la conception des propositions de projet, en tout cas c’est ainsi que je travaille. Après cela je vais pouvoir faire des propositions. Elles ne sont jamais fixes puisqu’il s’agit d’un dialogue, qui permet une évolution de la proposition au fur et à mesure des échanges. Adapter le projet permet au propriétaire de se projeter et de s’investir dans son lieu. Nous validons ensemble chacune des étapes de la réalisation jusqu’à la réception des travaux. Cela peut être un travail sur plusieurs années quand le cahier des charges est important et qu’il fluctue. C’est le partenaire qui fixe le programme et le paysagiste le suit ; Cela peut-être aussi une démarche à court terme. Par exemple en 2015 l’évêché de Pontoise a souhaité que je les assiste à l’organisation de l’événement « Rendez-vous aux jardins » organisé sur un week-end de juin par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Dans le parc de l’évêché, sur 1 hectare ½ environ, il y avait différents artistes qui venaient exposer et j’ai réalisé la scénographie éphémère. J’ai également une démarche de conseil ou pédagogique : j’enseigne auprès de différents publics : jeunes et moins jeunes, en continuité ou reconversion professionnelle, agents de maitrise et jardiniers de collectivités territoriales sur des sujets liés à la biodiversité, le fleurissement durable, la gestion différenciée des espaces verts… Artiste ? D’abord j’ai eu une approche technique, de jardinier, que j’ai fait évoluer au fur et à mesure de mes expériences et formation. Mais la technique seule ne suffit pas pour créer quelque chose d’unique et adapté pour chaque projet. Un jour je me suis posé la question : que fait un paysagiste ? L’architecture est un art et je pense que l’architecture des jardins l’est aussi. Les jardins, quels que soient leur taille, leur fonction sont de véritables lieux d’expression artistique. L’école de Barbizon est un mouvement de peintres qui s’échappaient dans la nature pour la peindre. C’était un mouvement exceptionnel, enfin de mon regard. Cela m’a amené à peindre, à dessiner et même à photographier la nature. Le paysagiste s’appuie
  32. 32. 32 sur la nature pour créer un tableau, un théâtre, un mouvement naturel ou sophistiqué en tenant compte de l’histoire du propriétaire, celle du lieu, des envies et des besoins des personnes qui y viennent et y viendront. L’avenir Le futur de l’Atelier Aubépine c’est d’ouvrir son regard tout en continuant son travail sur des lieux précieux botaniquement, qui sont un peu des trésors paysagers, tels des bijoux dans leurs écrins. L’Atelier Aubépine va continuer dans cette direction et va s’ouvrir en tant «qu’ aménageurs social ». La question de l’aménageur urbain est de se dire : « mais qui est l’homme dans la ville ? » et « quel est le paysage dans la ville ? ». La ville devient le temple de la préservation de la biodiversité. Dans les champs, aujourd’hui, les insectes sont en train de mourir, les abeilles sont en train de disparaitre elles ont de plus en plus de mal à retourner à la ruche, a se géolocaliser elles-mêmes et meurent. On se rend compte que les insectes deviennent de plus en plus protégés par la ville. Par la mise en place du protocole « Zéro phyto » dans les espaces verts, des ruches sont installées au cœur des villes. Ce que l’on appelle le fameux miel béton qui d’un point de vue énergétique et gustatif est très bon. Les insectes sont en train de revenir en ville, coloniser la ville, parce que nos plantations, la réalisation de microcosmes tels que des squares des parcs dans la ville, des zones tampons vertes dans la ville, plus ces allées, créent un maillage organique « vert », et devient donc un temple de la préservation de la biodiversité. On a toujours cette image un peu de Pagnol, de la petite maison au bord du champ. Mais aujourd’hui la petite maison au bord du champ utilise beaucoup d’insecticides, alors que dans la ville moins. Tout n’est pas parfait, loin de là, mais il y une véritable réflexion sur la place de la nature dans notre environnement citadin bétonné et sur notre place à nous. L’Atelier Aubépine c’est une histoire de passion depuis l’âge de 14 ans. C’est ma rencontre avec la nature. Jeune, je partais avec mon vélo et j’allais me promener, je regardais ce qui m’entourait. Le fameux fossé du bord de la route, la plupart des gens le regarde à peine, et pourtant il fourmille de vie, de nuance de couleur, de forme et de texture. Cela m’a toujours intrigué, je le faisais de façon insouciante à l’époque mais ça a construit mon regard d’aujourd’hui. Pour en savoir plus : Atelieraubepine.com Linkedin.com/in/thierry-cardot-76775237 Twitter.com/atelieraubepine Facebook.com/atelier.aubepine Thierry Cardot – Atelier Aubépine – Fondateur et CEO
  33. 33. 33 Thierry Cardot – Atelier Aubépine – Fondateur et CEO
  34. 34. 34 Geneviève Bouché Bonjour, je m’appelle Geneviève Bouché, je suis économiste, futurologue et ingénieur dans le domaine des Télécoms. J’ai un cabinet de conseils qui fait du management de l’innovation : il aide les investisseurs et les start-ups à investir en prenant directement les orientations qui préparent le futur. J’ai décidé de redonner vie au métier de futurologue parce que j’estime que nous traversons une période très mouvante où les futurologues pourraient aider par leurs savoirs faire. Futurologue c’est quoi ? Un futurologue c’est une personne qui essaie de comprendre le sens de l’histoire en s’intéressant au passé très récent et très lointain. Elle essaie de comprendre le sens de l’histoire afin de déterminer à quoi ressemblera le futur… Par exemple le Brexit qui vient d’avoir lieu la semaine dernière, c’est un évènement fort, mais quand on regarde le sens de l’histoire, toutes les conséquences qui vont en découler aurait dû, de toute façon avoir lieu, et étaient prévisibles. C’est un exemple typique de ce que savent faire les futurologues. J’ai appris la futurologie en côtoyant les commissaires au plan de l’équipe de Charles de Gaulle, qui étaient encore en fonction à la fin des années 70, et j’ai soutenu ma thèse avec 2 d’entre eux (dont Simon Nora). Un de nos chargés de TD a également fait parler de lui : Jacques Attali. Ces gens avaient des méthodes de travail, des visions et surtout une éthique que je trouve extrêmement intéressante à mettre à disposition de tous les gens qui ont envie de réfléchir et ensuite d’agir dans un changement. Pas seulement sur le plan de l’environnement écologique mais sur le plan de l’environnement Geneviève Bouché – Futurologue
  35. 35. 35 social et sur le plan économique parce que ces 3 environnements sont interdépendants. Aujourd’hui mon cabinet fait du management de l’innovation pour les investisseurs qui veulent orienter leur portefeuille d’investissement en s’installant dans le sens de l’histoire parce qu’ils investissent à 5 ou 10 ans et même beaucoup plus loin. Les start-ups sont pensées pour le monde de dans 20ans. Dans les bibliothèques on pense à 30 ou 40 ans et même au-delà. Je mets également mon savoir-faire à disposition de partis politique, d’ONG, de Think tank, etc. La politique ? Pour la présidentielle de 2012, j’ai réaliséunepublicationquis’appelait « Mieux que la réindustrialisation » et je l’ai adressée à tous les candidats. Cette publication qui était en créative commons a été téléchargée plus de 2700 fois. Je me suis rendue compte que ce que j’y disais avait finalement été entendu, comme les feuilles de thé dans l’eau : ça avait infusé. Pour la présidentielle de 2017, à priori, je vais faire la même chose mais dans l’autre sens : je ne vais pas m’adresser aux candidats, mais aux électeurs. J’ai envie de leur dire d’arrêter de détester la classe politique. Il me semble plus constructif de formuler des demandes, d’accompagner les élus jusqu’à la réalisation, mais également de tirer ensemble les leçons des échecs pour les prochaines tentatives. Combien de futurologues en France ? On m’a dit un jour que nous étions 4. Je n’en connais qu’un. Si nous sommes aussi peu en France, c’est parce que notre métier est vraiment peu connu. Quand on m’a donné mon diplôme, on m’a quand même dit qu’il y avait peu de chance que je puisse gagner ma vie avec… C’est vrai que dans mes premiers jobs, je m’en suis servi sans m’en rendre compte et dans tous les cas de façon non-officielle. C’est en avançant en âge, en voyant qu’on s’enfonçait dans ce que l’on a appelé improprement « la crise », qui n’est pas une crise mais un changement de civilisation,  que j’ai commencé à prendre conscience que ce que je savais faire pouvais beaucoup apporter. Je m’implique dans une structure qui a maintenant 4 ans : La Société Française de Prospective où l’on est 2 futurologues Thierry Gaudin et moi. Sinon tous les autres membres (une quarantaine) sont des prospectivistes. La différence entre la prospective et la futurologie ? La prospective c’est pour 3 ans, 10 ans ; les prospectivistes travaillent sur des mécanismes de différentes scénarios : extrêmes (« Tout le monde aime mon produit » / « Personne n’aime mon produit »), probables, souhaitables. On peut ensuite dire quelle est la stratégie qu’il faut avoir aujourd’hui pour aller vers l’accomplissement du scénario que l’on souhaite voir se réaliser. La futurologie, va plutôt s’attacher aux évènements passés et à leurs incidences aujourd’hui. Le futurologue dit « oui étant donné que là on a fait des coups foireux, cacher la poussière sous le tapis,… on sait, de façon certaine, que ça va remonter à la surface… » Le Brexit, c’est l’Angleterre qui a au moins 3 identités d’attache fortes mais qui ne sont pas compatibles. Total, à tout vouloir ils se retrouvent avec rien. Et ça va être compliqué pour eux et pour les problèmes qu’ils créent aux autres, ça c’est typiquement un travail de futurologue. Est-ce que Tchernobyl, dont on vient de fêter les 30 ans, peut rentrer dans le cadre d’un job de Futurologue ? Le principe de la futurologie c’est de s’affranchir de ce que l’on appelle « la petite histoire » c’est- à-dire qu’en fait, dans le cosmos, tout change sans arrêt et ce qui doit arriver, arrive. Cela peut se faire soit à travers des processus lents que l’on
  36. 36. 36 arrive à dessiner quand justement on s’intéresse au temps long soit avec des évènements brutaux difficilement prévisibles mais qui finalement devaient arriver. Tchernobylc’était,malheureusement, dans le champ du possible. Il se trouve que c’est arrivé comme ça, du coup la déclinaison immédiate va avoir des effets spécifiques. Je ne sais pas si un futurologue aurait pu le prévoir précisément, mais cet évènement et ses conséquences nous ont permis d’apprendre beaucoup, non pas sur les aspects techniques d’une centrale, mais sur la gestion d’une crise et de l’impact que cela a pu avoir sur chacun à différents degré et à différentes temporalités. De par notre développement, nous sommes devenus énergivores, et donclapistedunucléaireabeaucoup séduit même si on savait que c’était très dangereux.  Pour l’anecdote, un des hommes qui travaillait avec Marie Curie, était fasciné par cette pierre fluorescente. Il la mettait même dans sa chemise pour la présenter lors de soirées ! Comme pour beaucoup d’innovations et de découvertes, on trouve souvent au début que c’est magnifique, révolutionnaire, etc. Et avec le temps et un approfondissement de nos connaissances on se rend compte parfois des dangers terribles que nous ne soupçonnions pas ou de nouvelles utilisations possibles dans des domaines tout autre que celui au départ. Ce n’est pas l’histoire de l’énergie nucléaire qui m’intéresse, c’est plutôt toute l’histoire de la maitrise de l’énergie qui me semble intéressante. Si on regarde attentivement ce qui se passe dans ce domaine, on s’aperçoit que l’on revient à des choses beaucoup moins spectaculaires, et en même temps, beaucoup plus proche de ce que la nature fait, depuis toujours. C’est-à-dire qu’on admet qu’un corps vivant est à la fois producteur et consommateur d’un certain nombre de chose et donc l’homme organise la production et la consommation. Ça c’est tout à fait fascinant. Sans vouloir raconter mon dernier livre Changeons de civilisation mais ce mécanisme-là est en train de s’opérer dans tout ce qui concerne l’information d’une façon tout à fait symétrique. Or l’information pour l’homme c’est excessivement important, Manger boire et dormir ce n’est pas suffisant, il lui faut de l’information. Il devient à la fois producteur et consommateur d’information, comme pour l’énergie. On est en train de basculer de la loi du plus fort à celle du plus adaptable. Et c’est là que notre civilisation est en train de faire un changement phénoménal parce qu’on change vraiment le disque dur. Le système de base est en train de basculer. Et ce qui est extraordinaire, c’est que ce changement de civilisation n’est pas porté par un pays ou une classe sociale qui devient dominante mais il est porté par les générations Y et toutes celles qui sont derrière et qui le font avec une force absolument magnifique parce qu’elles ont peur que la planète périclite. Geneviève Bouché – Futurologue
  37. 37. 37 Que peut-on dire sur ce grand changement ? Ce qui est très anxiogène, là je vous livre mon point de vue de futurologue, c’est que quand on décortique la caractéristique du changement de civilisation qu’on est en train de vivre par rapport à d’autres changement de civilisations de références comme par exemple la chute de Rome, la révolution de 1789, la guerre de sécession aux Etats Unis, là c’est un changement de civilisation d’une amplitude comparable à ce que nos ancêtres ont connu quand ils se sont sédentarisés. Ils ont également inventés ces 2 concepts avec lesquels nous sommes toujours empêtrés : la propriété et le produit de la propriété, la rente. C’est un changement de civilisation excessivement complexe et profond qui s’annonce. Mais le problème, c’est que nous n’avons pas le même délai que nos ainés. Ils se sont sédentarisés étapes par étapes, zone géographique par zone géographique et sur plusieurs milliers d’années. Nous, nous sommesquandmêmetrèsbousculés par les problèmes climatiques, démographiques, économiques, etc.  Les études prédisent une population mondiale à 9 milliards en 2050, la planète n’est pas faite pour supporter autant, à 7 milliards elle est déjà à la peine. Le mot de la fin Les hommes sont maîtres de leur destin, ils peuvent faire des choses effroyables comme des choses extraordinaires. Mais dans tous les cas, faire le travail de réflexion sur notre avenir souhaitable, qui ne sera que la résultante du sens de l’histoire et de la suite que nous voulons lui donner, est indispensable. Le savoir-faire des futurologues est encore présent en France, il faut le faire connaitre. Que les gens se l’approprient et fassent des merveilles avec. Pour en savoir plus : Linkedin.com/in/gbouche Lire en ligne l’édition du livre « Mieux que la réindustrialisation » Le site de la Société Française de Prospective : societefrancaisedeprospective.fr
  38. 38. 38 Geneviève Bouché – Futurologue
  39. 39. 39 Valérie Anne d’AsnièresJe suis Valérie Anne d’Asnières. La famille est importante pour moi, elle m’inspire beaucoup. Je suis issue d’une vieille famille normande d’Asnières en Bessin, pays des âniers. Je tiens de ma famille mon sens de l’engagement : mon grand-père était un des agents de renseignements d’Omaha Beach. Pour moi, la Liberté ça a un sens, un prix et je suis très fière de ça. Je suis une femme qui ne renonce jamais et je sais ce que veut dire l’engagement. Mon projet est né dans ma cuisine et j’en suis fière. C’est un clin d’œil à ma grand-mère parisienne qui était une cuisinière hors pair. La genèse J’ai fait des études de pharmacie et j’ai travaillé plus de 20 ans dans la promotion et la vente des médicaments, mais j’ai fait un burn out. Il a donc fallu que je pense différemment et que je revoie ma situation professionnelle : j’ai pris des cours de décoration intérieure, option ameublement, toujours en rapport avec la matière et je suis devenue artiste peintre plasticienne spécialisée en art animalier. Un jour un de mes fils m’a demandé au petit déjeuner un chocolat chaud mais la boite qui était ouverte au fond du placard était périmée depuis très longtemps… Je ne pouvais pas lui donner, mais je trouvais dommage de jeter ce chocolat. Je me suis dit que ce serait vraiment drôle de m’en servir pour créer une nouvelle matière et c’est de là que tout est parti. Après ça a fait boule de neige : j’ai rédigé Valérie Anne d’Asnières – Cœur de Couleur – Fondateur et CEO
  40. 40. 40 un brevet, et avant son dépôt je me suis fait accompagner pour créer ma première société « Cœur de Couleur » et une marque de peinture dans le domaine des loisirs créatifs : « HADOINIE ». Je travaille sur la valorisation des déchets et des détritus alimentaires. J’ai élaboré et mis au point des matériaux à base de pigments d’origine alimentaire dans le domaine de la décoration (peinture, vernis, enduits et encres) ainsi qu’en cosmétique (vernis à ongles, teinture, soins capillaire et poudre maquillante). Comment trouves-tu tes matières premières ? Je fais du « sourcing ». Certes, je pourrai prendre une poubelle, la trier, la valoriser, mais il est plus judicieux de travailler par étapes. Ainsi je travaille d’abord sur des sous-produits. Je suis en contact avec différentes plateformes de valorisation des déchets, d’aliments invendus telles que Phenix, Eqosphere, Bien Manger… Ça peut être aussi des industriels de l’agro-alimentaire qui font de la transformation ou des collaborations comme avec l’université de Nanterre avec laquelle je vais travailler sur 3 résidus de produits :   - Le pain   - Les peaux d’oranges issus des distributeurs de jus d’orange frais,   - Et le café. Je travaille avec des passionnés de la matière. Ça va du professeur enseignant, chercheur des mines en passant par des architectes, des designers, des entreprises comme la mienne. On réfléchit comment améliorer la gestion des déchets, l’amélioration de la santé en combattant la pollution due à ces déchets. J’ai envie de participer à la création de nouvelles valeurs dans ces filières. Par exemple j’aimerai rencontrer Ladurée ou Pierre Hermé et leur proposer une collaboration qui leur apporte une valeur ajoutée dans leur RSE. Comme moi ils sont en recherche constante, de nouvelles saveurs, couleur matière, à travers la dégustation. La différence c’est que je m’arrête avant la dégustation. Je prends l’exemple de mon chocolat périmé  qui a une seconde vie sous la forme de peinture, pourquoi les restes de macaron ne pourraient-il pas devenir complètement autre chose à leur tour ? On pourrait travailler ensemble et créer une encre ou un vernis à ongle à base de macaron. Mon projet permet un début de solution par l’économie circulaire : j’utilise  nos déchets pour les transformer et les rendre utiles. Mon projet, c’est tout un tissu Valérie Anne d’Asnières – Cœur de Couleur – Fondateur et CEO
  41. 41. 41 économique, j’ai besoin de différents corps de métiers, je suis comme un chef d’orchestre, je veux faire travailler beaucoup de monde à chaque étape de mon innovation. C’est ça qui est intéressant. Lancement de ma première unité de production Actuellement, après plus d’un an et demi de réflexion, je suis dans la phase de création de ma première usine. Je suis très bien entourée et soutenue. Il ne me manque plus que des aides financières que je vais avoir bientôt via l’État,  je suis donc très contente. A la rentrée je vais faire le point avec Paris Ouest la Défense qui me soutient, l’Ecole des Arts et de l’Image de Rueil Malmaison, plus tous les acteurs qui m’entourent, puis commencer à chercher des locaux, estimer le budget exact et rencontrer des investisseurs. Positionnement des grandes maisons cosmétiques par rapport à toi ? J’ai des retours très positifs ! J’ai passé plusieurs concours et il y’en a un dans lequel je suis arrivé 5ème sur 70, j’étais le petit outsider face aux grands. La lauréate a travaillé sur la génétique des plantes pendant des années avec toute une équipe derrière elle ; et je suis vraiment ravie d’être arrivée 5ème et d’avoir pu pitcher devant les grands noms de la cosmétique. La Cosmetic Valley m’a dit que mon intervention avait beaucoup intéressé et suscité beaucoup de questions. Pour mes projets dans la cosmétique j’ai dû travailler sur la question de la qualité, de la traçabilité des produits sans risques d’allergie : les Safety Agrements. J’ai donc proposé aux industriels de l’agro-alimentaire d’ajouter à leur batterie de tests toxicologiques et bactériologiques déjà existante certaines analyses leur permettant d’avoir le label Safety Agreements pour les produits qui seront ensuite réutilisés. Les industriels de la cosmétique trouvent ça génial, car ça augmente la qualité, la sécurité et la traçabilité. Le coût de ces nouveaux tests n’est pas très élevé et cela permet par la suite de travailler avec les « déchets » agro-alimentaire devenus des matières premières sûres. Les consommateurs sont de de plus en plus éclairés et exigeants, ils veulent de l’innovation du Safety, du bio, ils veulent tout. J’essaye de répondre à leur demande en leur proposant des produits différents dans leur conception.  Cette gestion optimisée de nos ressources est plus respectueuse de l’environnement, et les produits conçus sont d’excellente qualité. Les streets artists Je me lance dans la cosmétique, mais je n’oublie mes autres projets ! J’attache la même exigence de qualité à tous mes produits. L’artiste graffeur Socrome (qui évolue au sein du collectif Le Chat Noir) a réalisé une performance le soir de l’inauguration du 20ème salon du chocolat en utilisant mes peintures que j’avais pour l’occasion conditionnées en format Valérie Anne d’Asnières – Cœur de Couleur – Fondateur et CEOFondateur et CEO
  42. 42. 42 aérosols avec un gaz propre. En discutant avec les streets artists de Vitry sur Seine en particulier j’ai compris qu’il y avait un réel potentiel au niveau des peintures. J’ai compris leurs contraintes et, à leur demande, j’ai réalisé un cahier des charges afin de pouvoir leur fournir des peintures naturelles en aérosols qui leur permettent de travailler en intérieur sans masques et de pouvoir proposer des ateliers auprès d’un plus large public comme les enfants. Avec le cahier des charges j’ai commencé ma première étude de faisabilité. C’est loin d’être fini, mais après un an de travail, je pense que ce sera abouti d’ici une dizaine de jours. Je vais pouvoir envoyer les premiers dosages en prototypage. Si les artistes valident mon produit, je pense que je lancerai une campagne de crowfunding. Elle servira à me faire connaitre, mais aussi estimer les premières sorties de flacons. De l’économie circulaire à la tour Eiffel en chocolat Mon projet fait vivre beaucoup de monde, je crée du lien, de l’emploi et de la solidarité. Mon meilleur exemple est ma rencontre avec la Mairie de Paris que j’ai fait rire. Je suis allée les voir en leur parlant de mon rêve : récolter tous les résidus de cacao partout en France, que tout le monde s’y mette du petit citoyen qui va à l’école, aux brasseries et aux grosses entreprises ; fabriquer ainsi 60 tonnes de peinture pour repeindre la tour Eiffel afin de montrer que l’économie circulaire ça marche si chacun de nous se lance ! Vous imaginez tout ce qui serait possible si nous étions tous sensibilisés et avancions pour une cause commune. BPW C’est une des plus vieilles ONG de femmes au monde qui a été créée en 1930 par le Dr Lena Madesin Phillips. Nous travaillons sur l’égalité Homme Femme et la discrimination dans le monde du travail et luttons contre les stéréotypes. BPW travaille sur la valorisation et l’autonomie des femmes. Cette ONG internationale a mis en place la Journée de l’égalité salariale (Equal Pay Day). Cet indicateur permet de mettre en évidence le nombre de jours supplémentaires que les femmes doivent travailler pour atteindre les mêmes salaires que les hommes l’année précédente. Ce jour-là j’aimerai mettre en place une performance artistique avec la réalisation d’une fresque par des femmes et des hommes streets artistes. J’aimerai aussi proposer une association avec Marc Jacob qui vient de sortir un vernis à ongle pour hommes afin que tous les hommes et les femmes soient vernis. Il est important que nous soyons tous mobilisé et je sais déjà qu’il y a plusieurs réseaux qui seraient partie prenante, pour nous soutenir. Pour moi BPW c’est certes un engagement mais c’est joindre l’utile à l’agréable. Cela fait partie de moi. J’aimerai en faire un avec VoxFemina car chez BPW nous sommes toutes experte dans notre domaine et on a toutes besoin de se soutenir, de savoir se valoriser. Le mot de la fin Je vais commencer à rédiger une conférence pour expliquer mon innovation, ce que j’en ai fait et ce que je vais en faire. Je souhaite que mon expérience puisse aider d’autres femmes dans leurs projets respectifs. C’est là mon engagement.   Pour en savoir plus : Linkedin.com/in/valerieanne Twitter.com/Hadoinie Site de Phenix : wearephenix.com Site d’Eqosphère : eqosphere.com Site de Socrome : socrome.com
  43. 43. 43 Valérie Anne d’Asnière – Cœur de Couleur – Fondateur et CEO
  44. 44. 44 Guy Lessieux Guy Lessieux, j’ai 74 ans, j’ai toujours souhaité être médecin, ça a été mon objectif depuis toujours. J’ai fait mes études à la faculté de médecine de Paris, il n’y avait qu’une seule faculté de médecine à l’époque et c’est le putsch des étudiants en 1968 qui a permis l’ouverture de plusieurs facultés. Toute ma carrière a été faite en médecine générale. Conjointement à l’exercice libéral, j’ai été médecin de soins à la RATP et j’ai assuré pendant 20 ans les fonctions de médecin directeur du service d’hygiène de la ville de Boulogne Billancourt. A 65 ans j’ai cessé mon activité professionnelle. Comment j’ai débuté à l’Ordre de Malte ? Un soir de 1997, alors que j’allais faire une séance de vaccination contre la grippe, mon épouse qui était infirmière me demande si je vaccinais les sans-abris. Elle me pose une problématique que je n’imaginais pas. J’ai pris contact avec la mairie de Boulogne Billancourt qui m’informe que l’ordre de Malte réfléchissait à la création d’une structure médicale pour les sans- abris. C’est ainsi que j’ai commencé à travailler comme bénévole à l’Ordre de Malte. SAMU social médical : 40 personnes au service des SDF Dans la nuit du 6 au 7 février 1998, a eu lieu la première maraude médicalisée dans les Hauts de Seine. Au début nous étions moins d’une dizaine de bénévoles (2 médecins, 2 infirmières, 1 pharmacienne, 2 assistants et 1 ou 2 conducteurs), et nous ne tournions que le mardi Guy Lessieux pendant les maraudes médicalisées – Ordre de Malte - Médecin
  45. 45. 45 soir à partir de 20h30 jusqu’à parfois 5h du matin ! Nous ne pouvions pas proposer plus de sorties au vu de notre petit effectif. Depuis le nombre de médecins et de bénévoles a augmenté régulièrement et nous pouvons assurer 2 maraudes par semaines : le mardi et jeudi soir. Actuellement nous sommes 40 bénévoles : 10 médecins, 10 infirmières, 10 conducteurs et 10 assistants. Une pratique illégale Le SAMU social médicalisé était, à ses débuts, une activité illégale : le Conseil de l’Ordre des Médecins interdit de faire de la « médecine foraine».J’aidoncécritauPrésident du Conseil de l’Ordre des Hauts de Seine qui a trouvé la question trop complexe pour pouvoir donner son accord. Il a transmis la demande au président du Conseil National de l’Ordre des Médecins qui a répondu immédiatement en nous approuvant à 100%. Certes la médecine foraine est interdite mais il a donné son accord au nom de la nécessité médicale. Qu’est-ce que la médecine foraine ? Un médecin, soit il est appelé au chevet d’un malade chez lui, soit le patient vient au cabinet. La médecine foraine, pratique interdite en France, c’est faire de la médecine dans la rue. En maraude la réalité du terrain diffère de la théorie de la médecine : les SDF montent dans l’ambulance pour recevoir le diagnostic et les soins nécessaires uniquement quand ils le veulent bien. Mais la majorité du temps on fait diagnostics et soins sur le trottoir et c’est contre la règle théorique de l’exercice de la médecine. Comment ça se passe sur le terrain ? Comment vous accueillent les SDF ? La plupart du temps, très chaleureusement avec un grand sourire, ce sont des amis. On se serre souvent dans les bras. Parfois lorsqu’ils sont très alcoolisés, ils peuvent être agressifs et nous envoyer promener. L’alcool est une des pathologies les plus courantes du monde de la rue. Nous tissons des liens avec chaque personne. Cela peut prendre du temps, mais dans l’ensemble ils attendent nos visites et sont peinés lorsqu’ils ne nous voient pas. Un patient qui avait des lésions monstrueuses au membre inférieur droit avec un œdème et des plaies refusait totalement les soins. Au fur et à mesure, il a accepté que nous le soignons. Il refusait de monter dans l’ambulance, mais il a accepté qu’on lui fasse le pansement sur le trottoir. Les passants dans la rue sur le trottoir regardaient ça avec de grands yeux, surpris et étonnés. Cet homme c’est un miracle : on a mis 4 ans pour pouvoir le soigner et le sauver. Guy Lessieux pendant les maraudes médicalisées – Ordre de Malte - Médecin
  46. 46. 46 Comment trouves-tu les SDF ? Quel réseau te permet de pouvoir les géolocaliser ? LesSDFsontsignalésparleséquipes de maraudes non médicalisé de l’Ordre de Malte, il y a 2 équipes (Rueil Malmaison et Boulogne Billancourt), mais également par le 115 ou les autres équipes de maraudes non médicalisées. Toutes les associations et institutions connaissent mes coordonnées et m’envoient les signalements. C’est un vrai maillage : on ne peut pas travailler seul. Nous travaillons tous ensemble, en réseau. Mais nous ne fournissons aucune information médicale à nos partenaires. Le serment d’Hippocrate me lie au secret médical absolu. Je peux dire si j’ai vu X ou Y mais jamais pour quelle pathologie. Refus de soins ? Pour les SDF c’est comme pour toi, je ne peux pas t’obliger à te faire soigner même si je te dis que ta vie est en danger. Cependant, en psychiatrie, il y a l’Hospitalisation d’Office lorsque la personne est dangereuse pour elle ou pour autrui.  Ça m’est déjà arrivé de devoir réaliser un certificat de ce type. Cependant lorsqu’ils ressortent de l’établissement psychiatrique, généralement ils sont très mécontents, c’est un moment dur, pénible pour eux. Par sécurité pour les bénévoles et pour moi, les SDF ne savent jamais qui fait le certificat. Je suis un peu prudent ! Combien réussissent vraiment à s’en sortir ? A retrouver un toit, une sociabilisation ? C’est un monde extrêmement difficile ne soyons ni pessimiste ni optimiste, peut-être 10%… Ce n’est pas beaucoup. Lorsqu’on est au fond d’un gouffre il faut remonter les marches les unes après les autres. Pour te faire comprendre voici l’histoire vraie de Madame L. Il y a au moins 15 ans, dans une ville X, près de la boutique Orange. C’était une personne à qui nous proposions des soins, de la nourriture… elle refusait tout. Elle était toujours allongée sous sa couverture, son matelas et nous ne savions même pas si elle était grande ou petite.  Un jour elle me dit qu’elle a mal au thorax. Je lui demande de monter dans l’ambulance pour se défaire afin que je puisse l’examiner. A force de persuasion elle accepte et nous avons tendu des draps par discrétion. Elle s’est légèrement dévêtue et j’ai vu un « magnifique » Zona Intercostal. C’est une infection virale, qui fait très mal. Je lui donne les médicaments adaptés à son zona. On lui offre aussi une Guy Lessieux pendant les maraudes médicalisées – Ordre de Malte - Médecin
  47. 47. 47 soupe qu’elle accepte non pas pour son plaisir mais pour nous faire plaisir. Je la revois la semaine suivante ou elle m’annonce être guérie : ses lésions avaient effectivement disparues. C’était miraculeux. Elle a accepté une soupe, toujours pour nous faire plaisir. Les services sociaux la prennent en charge et la reloge dans un petit 2 pièces. On pensait que c’était un beau résultat. Et que si cela pouvait se faire pour tous les sans-abris se serait merveilleux. Un jour elle a demandé à ce que nous passions la voir chez elle dans son petit appartement pour nous offrir un apéritif chaleureux. Nous y sommes allés. Elle ne dormait pas dans sa chambre, dans son lit mais par terre dans sa cuisine contre des sacs en plastique : on ne peut pas changer les habitudes. Sur une planche entre 2 tréteaux, elle avait préparé l’apéritif : une bouteille de vin blanc, de l’eau si on voulait couper le vin blanc, des verres et sur une assiette en plastique, du pain coupé en lamelle avec un kleenex par-dessus par propreté et hygiène, une véritable évolution par rapport à sa vie dans la rue. Elle nous sert l’apéritif et demande à voir le docteur, moi en l’occurrence. Par discrétion et par réserve, nous allons dans la pièce d’à côté et je lui demande ce qui se passe.  Elle me demande un médicament pour dormir. Je lui demande si elle dort mal, mais elle me répond que Non ! elle veut le médicament pour dormir dé-fi-ni-ti-ve-ment. C’est-à-dire qu’elle voulait mourir. Extrêmement penné d’entendre cela je lui demande ce qu’il se passe. Et là elle m’a dit qu’elle a connu la pire des choses : la rue. Maintenant elle est dans le luxe, elle est bien et elle peut s’endormir définitivement. Conclusion de l’histoire : elle a regrimpé les marches trop vite. Il faut que les personnes de la rue remontent étape par étape progressivement pour qu’ils se reconstruisent c’est extrêmement important, mais il y a de ça 15 ans on ne le savait pas encore. Il n’y a pas encore de cours à la faculté pour apprendre la réinsertion et les soins des malades de la rue. C’est l’expérience qui nous l’apportent et là maintenant nous en avons tiré la leçon. Nous travaillons avec des Centre d’hébergement qui permettent ce temps de reconstruction et d’accompagnement vers l’autonomie. L’Ordre de Malte a plusieurs structures de ce type. Nous travaillons en particulier avec la Péniche Le Fleuron Saint Jean à Paris qui accueille des gens venant de la rue qui vont avoir besoin de beaucoup de temps, et la Péniche le Fleuron Saint Michel à Asnières où le public accueilli est déjà dans des démarches d’insertion. 1er novembre : la trêve hivernale – Qu’est-ce qui se passe ? Le gouvernement donne plus de moyens et ouvre des lieux d’accueil supplémentaires pour les SDF. Certes ça leur apporte un toit, ils sont mis à l’abri pour la durée de l’hiver, malheureusement ces lieux sont fermés le reste de l’année et ça pose problème. Et chaque année à partir d’avril, recommence le problème du manque de place. Les médias n’en parlent pas mais l’été est plus dramatique que l’hiver. Malgré la mise en place de « plan canicule », la prise en charge des personnes SDF durant la belle saison est encore largement insuffisante. Lorsqu’il fait très chaud ils ne boivent pas de l’eau mais du vin de la bière ou des alcools fort, voire de l’eau de Cologne (à même dose d’alcool nous, nous serions morts) ce qui les déshydrate fortement. Le risque d’insolation est donc accru pour ce public, avec malheureusement parfois des conséquences dramatiques. En 2016, il n’est vraiment pas normal que des gens se retrouvent sans solution d’hébergement, malgré leur demande ! C’est d’autant plus révoltant quand on sait que des structures adaptées
  48. 48. 48 Guy Lessieux pendant les maraudes médicalisées – Ordre de Malte - Médecin
  49. 49. 49 existent, mais ne sont pas accessibles pour des raisons saisonnières… De quoi l’Ordre de Malte a besoin pour changer la donne ? Nous avons besoins de plus de bénévoles. Je suis à la recherche de médecins, d’infirmières, car bien que nous soyons une dizaine de médecins, parallèlement à la maraude médicale, nous créons des consultations dans les foyers, et actuellement je suis en train de créer une 9ème consultation hebdomadaire dans un foyer d’hébergement. C’est extrêmement important de le développer : la plupart du temps, ils ne peuvent pas aller consulter ailleurs et très souvent ils oublient les rdv. Il est donc important qu’ils puissent consulter sur les lieux même qui les accueille au quotidien. Les foyers sont les accueils de jour ou nocturne. Par exemple au Fleuron Saint Jean nous consultons 3 fois par semaine. Ce sont des passagers qui arrivent à 18 h et qui repartent à 8h le lendemain matin. Y’a d’autres foyers ou les accueils et consultations se font dans la journée. Régis de Nacfaire de Saint Paulet le Directeur Général de l’Ordre de Malte a annoncé en 2015 qu’il y aurait 8 structures en France d’ici 2020. Il vient de se créer une consultation médicale à Lille et cette année une maraude médicale va se faire à Annecy. Il y en a une prévue à Montpellier et une dans les Yvelines, les choses bougent. Nous travaillons à l’acquisition d’une nouvelle ambulance pour les maraudes médicalisées du 92. Nous avons besoin de 55.000€ en fonds public et fonds privés. C’est la division du don et legs qui gère cette partie pour récolter les fonds ; il y a déjà plusieurs contacts dont la famille Bettencourt [L’Oréal NDLR]. Le mot de la fin Les personnes SDF ne doivent pas être réduites à leur condition de personnes sans-abris. Ce sont des personnes courageuses qui nous peuvent nous apporter énormément si nous prenons le temps d’être à leur écoute. Pour en savoir plus : Ordredemaltefrance.org Le site du Samu Social International : Samu-social-international.com Le baromètre du 115 sur le site de la FNARS : Fnars.org/publications-fnars/barometre-115 Collectif Les Morts de la Rue : Mortsdelarue.org Gaël Dupret/MaxPPP Maraude Médicalisée de l’Ordre de Malte
  50. 50. 50 François-Xavier Leroux Bonjour, je m’appelle François-Xavier, vigneron. Après plusieurs années de préparation j’ai lancé ma maison de champagne « Hippolyte Leroux ». 2016 est ma deuxième année de commercialisation. J’ai passé mon BAC en région Champagne à Avize puis un BTS en apprentissage à Beaune en Bourgogne et une Licence Professionnelle de Commerce à Chalon-sur-Saône. J’ai continué mes études en Suisse à Changins la Haute Ecole de Viticulture et Œnologie de Nyon (entre Genève et Lausanne). Je suis une personne curieuse de tout et je lis énormément sur le vin, la nature, l’architecture, ainsi que l’art en général. Ma grande passion et mon métier c’est le Vin. J’adore faire des dégustations, découvrir de nouvelles régions, de nouveaux vins. Depuis deux ans je fais parti d’un club de dégustation des vins étrangers. Cela me permet de découvrir des vins réalisés avec des terroirs différents mais aussi un état d’esprit et une culture différente de la nôtre. Les histoires de ces vignerons, qui se sont lancés sans aucun héritage ni savoir-faire et qui font tout pour faire la meilleure qualité sont riches en enseignements. On découvre également d’autres vignobles d’Europe qui ont 1000 ou 2000 ans mais dont on n’entend pas parler en France… François Xavier Leroux – Maison Hippolyte Leroux – Fondateur et CEO
  51. 51. 51 La maison Hippolyte Leroux Il y a un siècle, mon arrière- grand-père Hippolyte a perdu son père très jeune. Il s’est retrouvé propriétaire d’une ferme avec toutes les activités agricoles de l’élevage à la viticulture. A la fin du 19ème siècle, les maladies et les parasites, notamment le phylloxéra, le mildiou, et l’oïdium apparaissent sans que les vignerons n’aient de solutions viables pour les combattre. La première Guerre Mondiale a également ravagé la région par les bombardements intensifs. Sortie de la guerre, il fallait reconstruire car la ferme avait bien souffert, le vignoble avait été ravagé. Créer un vignoble coûte de l’argent et à l’époque le champagne n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui (c’était une toute petite partie de la Champagne qui était entre Epernay et Reims), il a donc pris la décision de ne pas recréer le vignoble. Près de 70 années se sont écoulées avant que mon grand-père et mon père prennent le choix de recréer le vignoble. Comme il reste encore beaucoup de terres à planter, j’ai repris le flambeau en créant mon vignoble. Pourquoi avoir recréé ton vignoble ? Par passion. Mes parents m’ont toujours fait gouté un peu de vin aux repas de famille pour éveiller mon palais et à 16 ans j’achetais mes premières bouteilles. Au collège, lorsqu’on doit choisir un métier, vigneron s’est imposé comme une évidence. De plus c’est un métier complet qui t’offre l’équilibre d’être en pleine nature, dans la campagne et en parallèle il y a la production et la commercialisation du vin… c’est très varié. Savoir s’entourer Le vin c’est vraiment très long à élaborer et nécessite un savoir- faire complexe que l’on acquière au fil des années. Quand un peintre ou un artisan veut créer un objet, il va essayer, se tromper et va recommencer, … alors que le vin c’est une fois par an. Là où Picasso faisait plusieurs dizaines ou centaines de dessins par jour pour s’entrainer et pour travailler son geste le vigneron a dans toute sa vie, 40 voire au mieux 50 tentatives pour faire le meilleur vin… Ainsi, pour mon champagne j’ai décidé de m’entourer de partenaires compétents pour réaliser le meilleur champagne possible. J’ai appris à mettre en place des collaborations qui permettent de profiter des expériences et des savoir-faire de chacun. Le vin est un milieu très complet : on peut tout faire mais il faut aussi savoir déléguer pour faire de la qualité. S-California ? C’est ma première cuvée. La prochaine est en cours d’élaboration. C’est en pleine crise de 2008 que je décide de faire du champagne. Quand j’ai commencé à planter mon vignoble tout allait bien en Champagne, les ventes augmentaient chaque année. La crise arrive, les consommateurs réduisent leurs achats et le champagne voit ses ventes baisser. Initialement, comme toutes les maisons de champagne, je pensais faire mon champagne, coller une étiquette et le vendre. Seulement l’avenir devenant incertain je me suis posé beaucoup de questions sur la faisabilité de mon projet, mon marché, mon positionnement vis-à-vis de celui-ci. Autour de moi les grandes maisons révisaient leurs budgets communication, leurs stratégies…
  52. 52. 52 J’ai augmenté les recherches, les études, rencontré un grand nombre de personnes travaillant dans le vin mais aussi dans des métiers complètement externes à mon univers. Grâce à internet, j’ai regardé les trajectoires et les conseils d’entrepreneurs, et surtout ceux qui avaient vécu des crises et comprendre comment ils avaient fait pour la dépasser sans que cela n’ait trop d’impact sur eux. C’est ainsi que j’ai découvert l’esprit entrepreneurial Californien. C’est un état d’esprit de philanthrope  : ils partagent aisément toutes les clés, le savoir-faire de leur réussite. L’entrepreneur français garde précieusement ses clés de réussite. Il ne les donnera qu’à quelques personnes en qui il a vraiment confiance de peur que quelqu’un vienne « chasser sur ses terre » et lui prenne sa place. En Californie ils partagent pour le bien du pays, par esprit patriotique : en donnant les clés, les méthodes de réussite, d’autres vont réussir, l’économie du pays va se développer et tout le monde sera gagnant. Ils partent du principe que lorsque tu as réussi tu es sur une position dominante, et il devient compliqué de prendre ta place. J’ai vraiment profité de toute cette connaissance, de toute cette expérience et de ce savoir-faire. Ce partage à conditionné ma vision de l’entreprise et au final mon champagne. Le nom S-California c’est une forme de remerciements car sans ce partage j’aurai fait énormément d’erreurs et je pense qu’aujourd’hui je n’aurais pas pu aller aussi loin au niveau de la qualité. Un packaging différent Le monde change, tout change. Je crée ma maison dans le 21ème siècle, l’état d’esprit diffère de celui du 19ème ou 20ème siècle quand les autres maisons se sont créées. J’ai énormément travaillé sur l’histoire des maisons de champagne. Toutes, lors de leur création, étaient en avance sur leur temps. C’était des chefs d’entreprise visionnaires qui se sont entourés des dernières technologies de leur époque. Ce fut par exemple les premières entreprises à s’équiper en électricité. La Champagne est un des berceaux de l’aviation car les maisons de champagne ont sponsorisélespionniersdel’aviation française et étrangère pour leur permettre de se développer. Dom Pérignon, sous Louis XIV, utilisait lui aussi des techniques qui pour son époque étaient étonnantes et nouvelles. Dans mon projet d’avant crise je voulais faire quelque chose de traditionnel, et au final je me suis dit que créant ma maison au 21ème siècle, il fallait qu’elle en soit le reflet. Ainsi j’ai conçu l’habillage de mes bouteilles en m’inspirant de mon époque. Comment es-tu perçu dans la profession ? L’habillage surprend beaucoup. Que ce soit en France ou dans le reste du monde, Il est extrêmement rare de voir un habillage aussi coloré. Les vignerons sont très traditionnels mais ils aiment également beaucoup la nouveauté.

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