Trombinoscope "Chercheurs d’humanité"
Chercheurs de sens
ou spirituels
de 1916 à 1929
Étienne Godinot .03.07.2016
Marie-Émile Boismard
Claude Boismard (1916-2004), exégète français, dominicain,
professeur de Nouveau Testament à l'École ...
Pierre de Locht
(1916-2007), prêtre et théologien belge, fondateur, pour la Belgique
francophone, du Centre national de pa...
Florin Callerand
(1917-1998), prêtre français. Passe 5 ans de captivité au camp
de prisonniers de guerre de Wustrau, près ...
Florin Callerand
Énumère 7 caractéristiques des faux-prophètes que dénonçait le
prophète Jérémie :
• « - Ils annoncent qu’...
René Laurentin
Né en 1917, docteur en théologie et en lettres, exégète, historien,
auteur de plus de 160 livres. Prisonnie...
Roger Parmentier
(1918-2012). Théologien français, protestant dissident. Officier
pendant la 2ème guerre mondiale. Études ...
Raimon Panikkar
(1918-2010), né d’une mère catalane catholique et d’un père
indien hindou, docteur en chimie, en philosoph...
Chiara Lubich
(1920-2008), fondatrice et présidente du Mouvement des
Focolari ("foyers"). En décembre 1943, décide de cons...
Fredy Kunz
(1920-2000). Né en Suisse, éduqué en France, prisonnier de
guerre résistant. Prêtre en 1949, vit avec les exclu...
Georges Sauvage
(1920-2014), franciscain capucin français, directeur du petit
séminaire des Capucins à Angers, prêtre dans...
Georges Sauvage
« Si Jésus est né d’une vierge, s’il marche sur l’eau, transforme l’eau
en vin, multiplie les pains, ressu...
Jean-Émile Charon
(1920-1998), physicien et philosophe français. D'abord spécialisé
dans la recherche nucléaire, au CEA à ...
Émile Poulat
(1920-2014), historien et sociologue français, Résistant. Prêtre de
1945 à 1954, quitte la prêtrise après la ...
Philippe Maillard
(1920-2013), dominicain français. Avocat, entre chez les
dominicains en 1943. Aumônier de la faculté de ...
Philippe Maillard
« D’abord, ne pas oublier les atrocités d’hier et celles
d’aujourd’hui. Le procès Papon est aussi le nôt...
Jean Moussé
(1921-2003), déporté à Buchenwald, jésuite, aumônier national du
Mouvement des Cadres, ingénieurs et dirigeant...
Michel Quoist
(1921-1997), prêtre, sociologue, écrivain et conférencier
français. Coursier dès l’âge de 14 ans, apprenti, ...
Olivier Clément
(1921-2009), écrivain, poète et théologien orthodoxe français. Se
convertit à l'âge de 30 ans après une lo...
Jean Cardonnel
(1921-2009), dominicain, philosophe et écrivain français,
prédicateur au verbe provocateur et malicieux. En...
Annick de Souzenelle
Née en 1922, écrivaine française d'inspiration jungienne.
Études de mathématiques, de théologie et d’...
Annick de Souzenelle
« La violence animale que sont les énergies potentielles au-
dedans de nous peut prendre trois direct...
Maurice Bellet
Né en 1923, prêtre catholique français, docteur en philosophie
et en théologie. Auteur de 40 ouvrages. Trav...
Maurice Bellet
« Ne garder d’autre lien que ce très fragile
et invisible lien qui nous donne d’être, c’est-
à-dire d’être ...
Jean Delumeau
Français né en 1923, normalien, docteur ès lettres, professeur
au Collège de France durant 20 ans , historie...
Jacques Dupuis
(1923-2004), jésuite et théologien belge. Enseigne à partir de
1949 en Inde (aide Henri Le Saux dans son pr...
René Girard
(1923-2015), philosophe français, docteur en histoire, chrétien.
Effectue la totalité de sa carrière aux États...
René Girard
L’Évangile de Jésus de Nazareth affirme clairement
l’innocence de la victime et remet en cause l’ordre sacrifi...
Edmond Pezet
(1923-2008), prêtre français. Témoin des tortures infligées
aux suspects vietminh pendant la guerre d’Indochi...
Enrique Angelelli
(1923-1976), Argentin fils d’immigrés italiens, évêque
catholique du diocèse de La Rioja, dans le nord-o...
Luigi Bettazzi
Né en 1923, évêque catholique italien. Dénonce au Concile
Vatican II l’Index des livres interdits par l’Égl...
Simone Pacot
Née en 1924 au Maroc. Avocate spécialisée dans les conflits
familiaux. Travaille dans une équipe à la réconci...
Cleve Backster
(1924-2013), États-unien, spécialiste de l’interrogatoire à la Central
Intelligence Agency (CIA), fonde en ...
Jean Debruynne
(1925-2006), Français, prêtre de la Mission de France, aumônier
de divers mouvements, scénariste, poète et ...
Arnaud Desjardins
(1925-2011), auteur français, réalisateur de films, un des
premiers Occidentaux à faire connaître les tr...
Bert Hellinger
Né en 1925, psychothérapeute allemand. Études de philoso-
phie, de théologie et de pédagogie. Après 16 ans ...
André Verheyen
(1925-2007), prêtre belge, curé à Bruxelles. Après sa retraite,
fonde en 1991 l’association et la revue Lib...
Michel de Certeau
(1925 -1986), jésuite français aux marges de l’institution,
philosophe et historien, cofondateur de la r...
Juan Luis Segundo
(1925-1996), jésuite uruguayen, théologien de la libération.
Études en Argentine et en Belgique. Thèse d...
Jean d’Ormesson
Né en 1925, écrivain, chroniqueur, éditorialiste, acteur et
philosophe français. Ex-président du Conseil i...
Jean d’Ormesson
« La vérité est que sur l’avant-notre-monde et sur l’après-notre-
mort, nous ne savons rien. (…) Dieu n’es...
Claude Geffré
Né en 1926, dominicain français, docteur en théologie, ex-
directeur de l’École biblique et archéologique fr...
Thich Nhat Hahn
né en 1926, moine bouddhiste vietnamien, réfugié politique en
France en 1972. Crée en 1982 avec la moniale...
Elisabeth Kübler-Ross
(1926-2004), psychiatre et psychologue états-unienne née en
Suisse, pionnière de l'approche des soin...
Jacques Pohier
(1926-2007) , dominicain français, docteur en philosophie, doyen
de la faculté de théologie du Saulchoir.
M...
Paul Baudiquey
(1926-2002), petit-fils et fils d'artisans ébénistes de tradition,
prêtre catholique du diocèse de Besançon...
Jürgen Moltmann
Né en 1926, un des plus importants théologiens réformés
allemands du 20ème siècle. Prisonnier de guerre, s...
Max Delespesse
(1926-2013), prêtre, philosophe et militant belge. Proche de la
Communauté de la Poudrière, fondée en 1958 ...
Max Delespesse
Coordinateur de la Faculté ouverte Religion et Laïcité du
Centre Universitaire de Charleroi.
« Pour passer ...
Lawrence Kohlberg
(1927-1987), psychologue états-unien, professeur à
l'université de Chicago et à Harvard. Mène ses recher...
Jean et Hélène Bastaire
J.B. (1927-2013), intellectuel français chrétien et socialiste
libertaire, spécialiste de Charles ...
Mohammed Arkoun
(1928-2010), d’origine algérienne, docteur en philosophie, professeur
d’histoire de la pensée islamique à ...
Gérard Bessière
Né en 1928, prêtre français, auteur d’une trentaine de livres,
poète, ancien aumônier national des Équipes...
Gérard Bessière
« Jésus n’est jamais lénifiant. Il exacerbe les conflits. Il les
porte jusqu’à la moelle des os. On ne pou...
Gérard Bessière
« L'affirmation que le Fils de l'Homme était le Fils de Dieu
exprimait-elle, révélait-elle le Mystère, ou ...
Pedro Casaldáliga
Né en 1928, né en Espagne et naturalisé Brésilien, évêque
catholique de Sao Felix de Araguaïa de 1971 à ...
Élie Wiesel
(1928-2016) Né en Roumanie d’une famille juive hongroise,
déporté à Auschwitz puis à Buchenwald. Romancier,
dr...
Jean Vanier
Né en 1928, officier dans la marine canadienne,
démissionne pour passer un doctorat de philosophie.
En 1964, r...
Jean Vanier
« Le monde a besoin d’hommes et de femmes en
paix. Des prophètes de paix, qui sachent faire naître la
liberté ...
Hans Küng
Né en 1928, théologien suisse
Fondateur et président depuis 1993 de la Fondation
Weltethos («Pour une éthique pl...
Placide Gaboury
(1928-2012), essayiste canadien, auteur de plus de 60 livres,
professeur, peintre et pianiste professionne...
Gustavo Gutiérrez
Né en 1928, péruvien. Études de philosophie et psychologie
à Louvain, de théologie à Lyon. Ordonné prêtr...
Rutilio Grande
(1928-1977), prêtre jésuite salvadorien, curé de Aguilares où il
développe une action pastorale basée sur l...
Charles Perrot
(1929-2013), prêtre, professeur à l'Institut catholique de Paris,
bibliste, spécialiste des langues bibliqu...
Bernard Jouanet
Thaddée Ntihinyurwa, cardinal X
B.J. : Né en 1929, théologien, enseignant en psychologie
clinique et aumôn...
Bernard Jouanet
Thaddée Ntihinyurwa, cardinal X
« Ces tueries mettent en évidence un fait que nous ne
voulions peut-être p...
Bernard Jouanet
Thaddée Ntihinyurwa
Cardinal X
La même analyse est faite par le cardinal X interviewé en
2005 par l’écriva...
Jean-François Six
Né en 1929, théologien catholique et écrivain français.
Docteur en lettres, en théologie et en sciences ...
Jacques Brel
(1929-1978), auteur-compositeur-interprète, acteur de cinéma
et réalisateur belge. Se rend à Paris en 1953. S...
Jacques Brel
« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie
furieuse d’en réaliser quelques uns. Je vous souhai...
François Cheng
Né en 1929 en Chine, (nom d'auteur, en chinois : "Qui
embrasse l'Unité"), écrivain, poète et calligraphe ch...
François Cheng
« Le diamant du lexique français, pour moi, c’est le substantif
"sens". Condensé en une monosyllabe – sensi...
Jean Vernette
(1929-2002), prêtre français, vicaire général de Montauban,
écrivain. Pendant près de 30 ans, Secrétaire nat...
Jean Vernette
3) Comment se gère l’avoir ?
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L’adepte retrouvera-...
Dorothy Retallack
États-unienne (19??-19??), organiste et chanteuse de profession.
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Peter Higgs
Né en 1929, physicien britannique, chercheur et professeur de à
l’université d'Édimbourg. Dans les années 1960...
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Chercheurs de sens ou spirituels de 1916 à 1929

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Pour en savoir plus sur les « chercheurs d’humanité » (non-violence, alternatives économiques, écologie, changement sociétal, spiritualité) : www.irnc.org, rubrique « Diaporamas »

Chercheurs de sens (ou spirituels), scientifiques, religieux, mystiques, philosophes, écrivains ou artistes, croyants, agnostiques ou athées, nés entre 1916 et 1929

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Chercheurs de sens ou spirituels de 1916 à 1929

  1. 1. Trombinoscope "Chercheurs d’humanité" Chercheurs de sens ou spirituels de 1916 à 1929 Étienne Godinot .03.07.2016
  2. 2. Marie-Émile Boismard Claude Boismard (1916-2004), exégète français, dominicain, professeur de Nouveau Testament à l'École biblique et archéologique française de Jérusalem et à l'Université de Fribourg (Suisse). A notamment participé à la traduction de la Bible de Jérusalem. S'est intéressé à l'évangile selon Jean, émettant l'hypothèse que l'apôtre Jean ne serait pas l'auteur de cet évangile. « Quelle que soit la perspective adoptée (mentalité sémitique ou pensée platonicienne), il n'est jamais question d'une résurrection du cadavre déposé dans la tombe ; c'est la raison pour laquelle le terme de "résurrection" peut prêter à confusion dès que l'on admet la présence en l'homme d'une âme immortelle. (…) Notre résurrection est la même que celle de Jésus. C'est la présence du Royaume en nous dans la vie présente. C'est rejoindre notre être véritable, notre "je" éternel. »
  3. 3. Pierre de Locht (1916-2007), prêtre et théologien belge, fondateur, pour la Belgique francophone, du Centre national de pastorale familiale (CEFA), expert en sciences de la famille et en sexologie à l'Université catholique de Louvain. Plaide en faveur de l'ordination des hommes mariés et des femmes à la prêtrise, critique la centralisation du pouvoir au sein de l'Église catholique. «Quand je constate qu'un petit groupe d'hommes célibataires décide pour le monde entier de ce qui est une valeur morale dans la contraception, je m'interroge. Et je me demande quel lien cela a réellement avec l'Évangile.(…) Faut-il une autorisation pour faire ce que l’on croit mieux ? » « Si Dieu me paraissait restreindre en quoi que ce soit ma capacité humaine, je renoncerais à Dieu plutôt qu'à mon identité humaine. » « La spiritualité, c’est le feu intérieur d’un être en recherche de conscience et de liberté au cœur d’un univers dont il est solidaire ».
  4. 4. Florin Callerand (1917-1998), prêtre français. Passe 5 ans de captivité au camp de prisonniers de guerre de Wustrau, près de Berlin, où il apprend "la liberté derrière les barbelés" et où nait sa vocation de proclamer l’Évangile. Fonde en 1950 la Communauté de la Roche d’Or à Besançon (photo du bas), dans l’intuition des Foyers de Charité initiés par Marthe Robin, mais avec une liturgie et dévotion mariale renouvelées. Ne s’enlise dans aucune lecture expiationniste ou sacrificielle. Avec Françoise Porte, modératrice arrivée en 1980, met en œuvre un nouveau mode de vie communautaire. Durant ses derniers mois, en relation avec Thérèse de Lisieux, reçoit l'intelligence profonde de son testament spirituel. « Laissez tomber la religion, suivez Jésus ! » « Continuez, continuez, tout est en avant ! » Après avoir fait un commentaire de la mosaïque de Tagba, « Voilà, j’espère que ca vous a plu. En tout cas, moi, ça m’a bien intéressé ! » ../..
  5. 5. Florin Callerand Énumère 7 caractéristiques des faux-prophètes que dénonçait le prophète Jérémie : • « - Ils annoncent qu’on ne peut rencontrer Dieu que dans le temple et dans la religion instituée, alors qu’Il est dans les consciences. - Ils se mettent en corporations, se recommandent les uns des autres, se copient et disent tous la même chose. - Ils prétendent parler au nom de Dieu, mais ils ne disent rien d’inspiré. Leur discours n’a pas de couleur, de saveur, pas d’originalité. - Ils mettent l’accent sur les règles et les dogmes, les cultes et les rites, et non sur le souci des autres, et notamment des plus démunis et des plus rejetés. - Ils ne disent pas où est Dieu : Il est au cœur de la matière, au fond de la conscience de l’homme. Ils n’ont pas de cœur à cœur avec Lui. - Ils sont les théologiens du pouvoir établi. Ils ne dénoncent pas la violence et l’injustice, les idoles et les faux-dieux qui aliènent la liberté de l’homme. - Ils présentent Dieu comme un juge ou un fardeau, non comme un père au coeur de mère. » Photo : P. Roger Robert, successeur de Florin Callerand, et Françoise Porte, modératrice
  6. 6. René Laurentin Né en 1917, docteur en théologie et en lettres, exégète, historien, auteur de plus de 160 livres. Prisonnier pendant la 2ème guerre mondiale, enseigne l'hébreu à l'université de son Oflag, expert au Concile Vatican II (1962-1965). Spécialiste notamment des apparitions mariales au regard de la médecine, de la sociologie, de la psychanalyse, de l’histoire, de la mystique, du droit canon : 2 400 ont laissé une trace dans l’histoire. Entre le rationalisme incrédule et un certain “spiritualisme” sentimental, se bat pour le caractère raisonnable du fait de croire. «Le mot "diable" vient du grec diabolos qui signifie : le diviseur. Le démon a bien des tours dans son sac pour diviser, à tous niveaux : familles, entreprises, nations, et même les Églises. (…) L'existence du démon s'impose aussi de manière expérimentale. Les polices américaines et allemandes le connaissent à ce titre ; je cite leurs livres. J'ai travaillé avec cinquante exorcistes pratiquants de dix nations. Ils ne voient pas le diable partout. »
  7. 7. Roger Parmentier (1918-2012). Théologien français, protestant dissident. Officier pendant la 2ème guerre mondiale. Études de théologie protestante à Paris sous l'occupation, président des Étudiants Protestants, fonde un groupe clandestin de lutte contre l'antisémitisme. Volontaire pour être pasteur à Sétif après l'insurrection du 8 mai 1945 et à Philippeville pendant la guerre d'Algérie. Pasteur à Rodez, Montreuil, professeur à l'ENAP (sciences sociales). Militant syndical et politique. Fondateur de la méthode des actualisations de la Bible et des transpositions culturelles. « Esprit qui inspire toute la terre contre toutes les forces de destruction et de mensonge et tout être humain, Toi qui inspires surtout les sages et les prophètes, viens à notre aide pour que nous sachions les écouter ; Que la proposition de Jésus de renverser sans violence tout ce qui fait souffrir et mourir soit accueillie et mise en pratique partout . »
  8. 8. Raimon Panikkar (1918-2010), né d’une mère catalane catholique et d’un père indien hindou, docteur en chimie, en philosophie, et en théologie, grand connaisseur du bouddhisme. Ordonné prêtre en 1946, enseigne en Inde en 1954, puis aux États-Unis en 1966. Après sa retraite, s’installe dans un village de montagne près de Barcelone, y crée la Fondation Vivarium pour promouvoir la tolérance et le dialogue interreligieux. « Il ne faut pas s’étonner que la violence et la guerre apparaissent inévitables. De fait, il n’existe aucun autre moyen de résoudre les conflits tant que chaque camp se croit en possession de la vérité absolue. (…) Si l’on ne transcende pas les tensions dialectiques par un approfondissement des problèmes et par une contribution des autres cultures, le monde s’achèvera avec la destruction de l’Histoire elle-même. »
  9. 9. Chiara Lubich (1920-2008), fondatrice et présidente du Mouvement des Focolari ("foyers"). En décembre 1943, décide de consacrer sa vie à Dieu. Face aux exactions et destructions commises lors de la Seconde Guerre mondiale, a l'intime conviction que c’est le seul idéal qui ne s’écroule pas. En 1956, crée les Volontaires de Dieu, qui se consacrent aux activités les plus variées dans la politique, dans l'art, dans la religion ou l'économie, dans le but de répandre la fraternité dans la société. Pionnière du dialogue interreligieux. « Vous, Chrétiens, allez de l’avant ; vous qui avez une autre religion, allez de l’avant ; vous qui vous réclamez d’une autre culture, allez de l’avant ! Vous ne connaissez pas Dieu, mais vous sentez l’idéal d’un monde uni. Tous, main dans la main, soyez-en sûrs : la victoire vous appartient. »
  10. 10. Fredy Kunz (1920-2000). Né en Suisse, éduqué en France, prisonnier de guerre résistant. Prêtre en 1949, vit avec les exclus au Canada puis au Brésil. Durant la grande sécheresse de 1979 à 1983, alors que les militaires veulent mobiliser les habitants de Crateus contre l’invasion des flagelados, victimes du fléau, organise un jeûne de neuf jours. 2000 maisons de la ville, dont celle de l’évêque, Antonio Fragoso, apposent des cartons "Porte ouverte aux affamés". Fonde, sous le patronage de Maximilien Kolbe, la Fraternité du Serviteur Souffrant, ouverte aux femmes abandonnées, chômeurs, malades mentaux, alcooliques, présente aujourd’hui dans plus de 20 pays. En 1995, à 75 ans, rejoint les souffrants de la rue, dormant sur un carton pendant plusieurs mois. "Les pauvres prophétisent pour que les riches changent de vie, car les vrais malades, ce sont les pays riches. »
  11. 11. Georges Sauvage (1920-2014), franciscain capucin français, directeur du petit séminaire des Capucins à Angers, prêtre dans les Missions Régionales à travers la France pendant 19 ans, aumônier de prison à Fleury-Mérogis pendant 12 ans, ermite et concierge pendant 5 ans . Après la rencontre de Marcel Légaut, et de nombreuses lectures et rencontres, s’intéresse à l’humanité et à la divinisation de Jésus de Nazareth, devient ermite près de Die. Lance en 1995 le bulletin Jésus simplement destiné à celles et ceux qui sont interpellés par le message, la vie et la mort du prophète de Nazareth. À la fin de sa vie, n’est plus en état de continuer sa recherche ni même de la défendre. « Il y a des hommes et des femmes qui croient assez en Jésus pour s’inspirer de lui dans leur vie sans jamais penser qu’il soit Dieu, Fils Unique, Seconde Personne de la Trinité.(…) Jésus, prophète exceptionnel de Dieu, et témoin non moins exceptionnel de la grandeur de l’homme, ferment d’humanité par le témoignage de toute sa vie et de sa mort. » ../..
  12. 12. Georges Sauvage « Si Jésus est né d’une vierge, s’il marche sur l’eau, transforme l’eau en vin, multiplie les pains, ressuscite les morts, et ressuscite lui- même des morts, personne bien sûr ne peut l’imiter. Du coup, on ne l’imite pas non plus dans ce qu’il a vraiment dit et fait, et dans ce qu’il nous a demandé de faire : être fidèle aux intuitions, aux appels et aux exigences qui montent du fond de sa conscience, faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait, ne pas juger, ne pas répondre au mal par la violence, dénoncer les faux dieux de l’avoir, du savoir et du pouvoir, etc. J’ai eu très tôt l’impression que Jésus, qui n’était pas Dieu, qui était un homme comme nous, devenait alors un exemple d’homme accompli significatif pour moi et pour tout être humain. » « Je n’ai pas le sentiment de renier le christianisme, mais de consentir à le dépasser »
  13. 13. Jean-Émile Charon (1920-1998), physicien et philosophe français. D'abord spécialisé dans la recherche nucléaire, au CEA à Saclay. S'oriente ensuite vers la physique théorique fondamentale, où il cherche à prolonger les idées d’Einstein. Se pose le problème fondamental de la connaissance humaine, celui des méthodologies de pensée, puis enfin le problème de l'homme lui-même dans sa totalité. Travaille sur une "théorie unitaire" de l'univers. Introduit la notion d'infrapsychisme : toute particule a deux regards, un de conscience (onde psi), un de mémoire (onde sigma). « Il existe une réalité profonde, partout présente dans l’Univers, qui est capable de faire “naître” la pensée dans l’espace, dans le même sens qu’un électron est capable de faire naître autour de lui un champ électrique dans l’espace. Dès lors, la pensée est partout présente, aussi bien dans le minéral, le végétal ou l’animal que dans l’homme. »
  14. 14. Émile Poulat (1920-2014), historien et sociologue français, Résistant. Prêtre de 1945 à 1954, quitte la prêtrise après la condamnation des prêtres- ouvriers. Docteur en théologie, cofondateur avec Henri Desroches du premier groupe de sociologie des religions au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dès 1954. Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), directeur de recherche au CNRS, auteur de 33 livres. Ses recherches portent surtout sur le conflit entre culture catholique et culture moderne dans l'histoire du catholicisme contemporain. Grand spécialiste de la laïcité à la française. « Ma conviction est que, si écouter l’autre et parler ensemble ne résout pas tout, cela évite souvent de transformer un désaccord en conflit. C’est une économie qui, je dois bien le constater, a été longtemps étrangère à la culture ecclésiastique. » « J’ai fait mienne la formule de la communauté de Sant’Egidio : la prière, les pauvres, la paix. »
  15. 15. Philippe Maillard (1920-2013), dominicain français. Avocat, entre chez les dominicains en 1943. Aumônier de la faculté de droit de Paris, lié aux milieux clandestins combattant la torture en Algérie. Prieur des couvents dominicains de Strasbourg puis de Toulouse, directeur du Centre international de la Sainte-Baume. À 58 ans, après avoir rencontré le P. Joseph Wresinski, rejoint le quartier alors très pauvre de Lille-Moulins, d’abord comme permanent d’ATD Quart Monde, puis dans une petite communauté qu’il fonde en 1978, au 28 rue de Wattignies. Longtemps aumônier de prison à Loos-lès-Lille. « Le prêtre ne peut pas être seulement un frère humain parmi les hommes. Il est là pour déranger. Car le Christ est venu pour déranger. Le prêtre est porteur d’une exigence. » ../..
  16. 16. Philippe Maillard « D’abord, ne pas oublier les atrocités d’hier et celles d’aujourd’hui. Le procès Papon est aussi le nôtre, à chacun de nous qui aurons subi l’horreur sans protester. Pour cela, partager autant qu’il est possible la condition des petits, des exclus, des éternelles victimes ». « La prière, ce n’est pas autre chose que d’être devant Dieu comme une éolienne. Elle se dispose pour capter le souffle, mais c’est pour en recevoir l’énergie et permettre à l’eau de sourdre des profondeurs. Alors, le dernier mot n’est pas à la tristesse ; au contraire, il est à cette autre joie, d’un Royaume à venir sans doute, mais présent déjà dans cet incessant rejaillissement d’un amour obstiné, têtu, plus fort que le mal et la mort, et qui fait la noblesse de l’homme debout, au cœur de la tempête. »
  17. 17. Jean Moussé (1921-2003), déporté à Buchenwald, jésuite, aumônier national du Mouvement des Cadres, ingénieurs et dirigeants Chrétiens (MCC) de 1970 à 1977, écrivain, enseigne l'éthique des affaires dans plusieurs Universités et écoles de commerce. Affirme à partir de 1984 que Jésus a été déifié, qu’il n’est pas le "Fils unique de Dieu", mais le plus grand prophète de Dieu dans l’histoire humaine. Observe que le cœur du message évangé- lique, les Béatitudes, est absent du symbole de Nicée (le Credo). « Au fond, je ne m’inquiète pas vraiment de savoir qui était Jésus exactement. C’était un homme et même un Juif. Il n’était pas Dieu, ne serait-ce qu’à cause de ce que signifie le verbe "être". (…) Je préfère m’interroger sur la manière dont je suis moi-même ce chemin. En fait, il m’importe moins de le savoir (car on tâtonne toujours) que de le faire. La foi est de l’ordre de l’action, et la réflexion ne trouve de sens que dans nos manières de vivre ».
  18. 18. Michel Quoist (1921-1997), prêtre, sociologue, écrivain et conférencier français. Coursier dès l’âge de 14 ans, apprenti, militant dans la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC). Chercheur et praticien, met au point une méthode d'enquête urbaine devenue un classique. Secrétaire général du Comité Épiscopal France Amérique Latine (CEFAL), fondateur de l’association Échanges Amérique Latine. « L’amour n'est pas un solide ancrage au port du bonheur, mais il est levée d'ancre et voyage en pleine mer, dans la brise ou la tempête. Il n'est pas un Oui triomphant, dit comme un énorme point final qu'on écrit en musique, au milieu des sourires et des bravos, mais il est multitude de Oui qui pointillent la vie, parmi une multitude de Non qu'on efface en marchant. »
  19. 19. Olivier Clément (1921-2009), écrivain, poète et théologien orthodoxe français. Se convertit à l'âge de 30 ans après une longue recherche dans l'athéisme et les spiritualités asiatiques. Disciple de Vladimir Lossky. Agrégé d'histoire, a longtemps enseigné au lycée Louis- le-Grand à Paris. Professeur à l’Institut Saint-Serge, Institut de théologie orthodoxe de Paris. Un des fondateurs de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, auteur de 30 ouvrages. Attaché à un dialogue interreligieux ouvert, " où ne prévalent ni l’indifférence ni la domination ". Attentif aux interrogations de la modernité auxquelles il répond à travers une réflexion puissante et poétique, à la fois enracinée dans la Tradition de l'Église, mais en même temps créatrice et rénovatrice. « Je ne vois pas pourquoi il y aurait une seule religion. Même et surtout dans le Christ. » « L’âge permet d’approfondir pas mal de choses. Et surtout de renoncer à la polémique. J’ai renoncé à penser contre. »
  20. 20. Jean Cardonnel (1921-2009), dominicain, philosophe et écrivain français, prédicateur au verbe provocateur et malicieux. En 1953, défend des époux Rosenberg, couple américain communiste, condamné à mort pour espionnage. Supérieur au couvent de Marseille, démissionne en 1954 pour protester contre la condamnation par l'Église catholique de l'expérience des prêtres ouvriers. Professe la théologie de la libération à Rio de Janeiro. En 1968, fait un prêche à la Mutualité sur le thème "Évangile et Révolution". En 2002, au retour d'un voyage à La Réunion, retrouve ses affaires déménagées de sa cellule du couvent de Montpellier : porte plainte contre son ancien prieur pour violation de domicile, obtient gain de cause en 2007. "Du plus loin que je me regarde, j'ai la fidélité dans la peau et la rébellion dans le sang. Fidèle rebelle. Deux maîtres mots qui n'en font qu'un. » « Le seul regret qu'il avait, pendant ces dernières journées d'hospitalisation, c'était de ne pas pouvoir prendre la parole à son enterrement ! » Une de ses proches
  21. 21. Annick de Souzenelle Née en 1922, écrivaine française d'inspiration jungienne. Études de mathématiques, de théologie et d’hébreu, infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute. Poursuit depuis une trentaine d'années un chemin spirituel d'essence judéo- chrétienne, ouvert aux autres traditions. Auteure de 18 ouvrages de spiritualité. « L’Arbre de la Connaissance n’est pas celui du Bien et du Mal, mais celui de l’accompli et non encore accompli (le potentiel) de tout être. Ce qui veut dire que tout être est ontologiquement un mutant. Dans notre mode d’exil, la réduction de cet arbre au paradigme Bien-Mal induit la stérilité. (…) Se réapproprier le subtil de nos vies implique le retournement vers ce féminin de nos profondeurs, l’autre côté de nous qui n’a jamais été une côte ! » ../..
  22. 22. Annick de Souzenelle « La violence animale que sont les énergies potentielles au- dedans de nous peut prendre trois directions : – ou bien ces énergies sont refoulées dans la cage des interdits et constituent l’ombre de l’homme, ombre qui le détruit à petit feu ; – ou bien, non accomplies et non maintenues dans la cage, elles fusent en maladies personnelles ou sociales, en troubles de tous ordres, voire en violences destructrices ; – ou bien elles sont dressées sur les autels intérieurs où le « divin cuiseur », dans une alchimie secrète, les transmute en lumière – lumière de la connaissance et de l’amour –. La non-violence extérieure n’est juste que si elle s’accompagne du Grand’œuvre divino-humain à l’intérieur de l’homme ».
  23. 23. Maurice Bellet Né en 1923, prêtre catholique français, docteur en philosophie et en théologie. Auteur de 40 ouvrages. Travaille et recherche au croisement de la philosophie, de la théologie et de la psychanalyse. Outre de nombreuses interventions et conférences, exerce une activité d’écoute psychanalytique. Attentif notamment à l’horreur économique » ("tout ce qui nous fait envie, nous l’aurons") et à l’horreur technologique ("tout ce qui est possible, nous le ferons"). « Vous commencerez par le respect. Vous ne souillerez pas votre parole par le déni de justice, l'invitation trompeuse, le mépris insultant, l'entortillement de la vérité, le chantage, ou quoi que ce soit qui induise autrui à l'erreur et au malheur. » «Qu’est-ce qui reste quand il ne reste rien ? Ceci : que nous soyons humains envers les humains, qu’entre nous demeure l’entre nous qui nous fait hommes. » ../..
  24. 24. Maurice Bellet « Ne garder d’autre lien que ce très fragile et invisible lien qui nous donne d’être, c’est- à-dire d’être les uns aux autres ? Pensée terrible. Elle défait tous les grands édifices construits sur le divin supposé. Tout commence autrement. Naître en humanité. Aimer la présence, la parole, l’amour, la vie, le regard, le doux toucher, jubiler de cette impossible genèse, passer le seuil des tristesses meurtrières, je dis que c’est enfanter ce que les vieilles traditions désignaient comme le divin. »
  25. 25. Jean Delumeau Français né en 1923, normalien, docteur ès lettres, professeur au Collège de France durant 20 ans , historien spécialiste du christianisme et de l’histoire de la peur et de l’espérance (la peur et la culpabilisation en occident, le Paradis, etc.). « Moins de sermons et plus de charité, moins d’obligations et plus d’intériorisation » « Il est temps de faire advenir un christianisme à la fois réunifié et divers, donc acceptant des options théologiques différentes, voire divergentes, pourvu qu’elles ne mettent pas en cause un credo fondamental, simple et accessible à tous, et dont la formulation pourrait être réexaminée d’âge en âge » « Dieu, autrefois moins vivant qu'on ne l'a cru, est aujourd'hui moins mort qu'on ne le dit. »
  26. 26. Jacques Dupuis (1923-2004), jésuite et théologien belge. Enseigne à partir de 1949 en Inde (aide Henri Le Saux dans son projet de rencontre de l'hindouisme et du christianisme) et à partir de 1984 à l'Université pontificale grégorienne de Rome. Estime que les non-Chrétiens peuvent eux aussi rencontrer Dieu sans qu'il faille nécessairement les convertir. « La terrible affirmation d'un disciple de saint Augustin "Hors de l'Église, point de salut" ne peut se maintenir à l'échelle d'une planète si diversifiée. De plus, elle ne peut correspondre à l'idée d'un Dieu miséricordieux qui ne veut pas la mort du pécheur. Une voie plus inductive, c'est-à-dire intérieure et non dogmatique, peut tracer des ouvertures vers une rencontre de l'autre en qui Dieu est aussi présent à sa manière. »
  27. 27. René Girard (1923-2015), philosophe français, docteur en histoire, chrétien. Effectue la totalité de sa carrière aux États-Unis. Travaille sur le caractère mimétique du désir, le sacrifice, le mécanisme victimaire et celui du bouc émissaire. Jette les bases d’une nouvelle anthropologie. Parce que nos désirs sont par nature instables, flottants et incertains, nous avons besoin d’un tiers pour désirer : un médiateur, une personne qui va éclairer et désigner l’objet de notre désir. Nous voulons alors l’imiter. Mais quand deux personnes désirent le même objet, il y a conflit, rivalité mimétique, crise mimétique, source de querelles de voisinage, de bureau, aussi bien que de guerres sanglantes. Nous avons besoin de "boucs émissaires", victimes que l’on charge de tous les maux pour résoudre la crise mimétique universelle. ../..
  28. 28. René Girard L’Évangile de Jésus de Nazareth affirme clairement l’innocence de la victime et remet en cause l’ordre sacrificiel sur lequel reposent les sociétés. Jésus meurt « parce qu’il refuse de se soumettre à la loi de la violence ». « Il n’y a rien, dans les Évangiles, pour suggérer que la mort de Jésus est un sacrifice, quelle que soit la définition qu’on donne de ce sacrifice, expiation, substitution, etc. ». La lecture sacrificielle de sa mort est « le malentendu le plus paradoxal et le plus colossal de toute l’histoire ». Tous les efforts déployés par les théologiens pour expliquer le pacte sacrificiel qui aurait été conclu entre le Père et le Fils, « n’aboutissent qu’à des absurdités. (…) Ce postulat a plus fait que tout autre chose, sans doute, pour discréditer le christianisme aux yeux des hommes de bonne volonté dans le monde moderne ». R. Girard figure aussi dans le trombinoscope de la non-violence
  29. 29. Edmond Pezet (1923-2008), prêtre français. Témoin des tortures infligées aux suspects vietminh pendant la guerre d’Indochine, décide de revenir plus tard comme missionnaire pour compenser le mal qu’il a vu. En 1970, apprend le sanskrit et étudie le bouddhisme à Bangkok. Vit avec les moines bouddhistes de la forêt. N’est pas autorisé par sa hiérarchie à mener une vie contemplative et revient en France en 1989. Montre à quel enrichissement peut contribuer la voie bouddhiste pour raffermir la fidélité à la voie de Jésus. « Le problème n’est pas : quel est ou qui est l’Être Absolu à rejoindre ? Mais quelle est l'attitude intérieure suprême ? Bouddha la définit comme la désappropriation de soi . (…) La foi est toujours humble ; c’est la spéculation rationnelle qui est en perpétuelle tentation, sinon tentative, de ne pas l’être. »
  30. 30. Enrique Angelelli (1923-1976), Argentin fils d’immigrés italiens, évêque catholique du diocèse de La Rioja, dans le nord-ouest argentin, de 1968 à 1976. Encourage la création de syndicats de mineurs, de travailleurs ruraux et domestiques, de coopératives, invite à travailler les terres en friche. Assassiné lors d’un accident causé à sa camionnette le 4 août 1976, au retour d'une messe célébrée à El Chamical en hommage de deux prêtres assassinés, Gabriel Longueville et Carlos de Dios Murias. « Je ne viens pas pour être servi, mais pour servir. Servir tous, sans distinction de classes sociales, de convictions ou de croyances. Comme Jésus, je veux être un serviteur de nos frères pauvres » Photo du dessous : Gabriel Longueville
  31. 31. Luigi Bettazzi Né en 1923, évêque catholique italien. Dénonce au Concile Vatican II l’Index des livres interdits par l’Église. Evêque d’Ivrea, président international de Pax Christi, mouvement catholique pour la paix, de 1978 à 1985. Participe en début d’année à la "Route du 1er janvier" pour alerter l’opinion sur divers sujets : sit-in devant une prison où sont enfermés des objecteurs de conscience; manifestation à Varèse, ville d’Italie où il y a la plus grande concentration d’usines d’armements. Participe en 1992 à la marche contre les euromissiles à Mons (Belgique), siège du commandement de l’OTAN. « Si l’Église a des difficultés à parler de non-violence, c’est certainement parce qu’elle a une longue tradition de liens avec l’Armée. (…)Lorsqu’on aborde la non-violence, on en arrive forcément à la question de la désobéissance civile. Et je me demande si l’Église a fait un travail théologique en profondeur sur le problème de l’obéissance. »
  32. 32. Simone Pacot Née en 1924 au Maroc. Avocate spécialisée dans les conflits familiaux. Travaille dans une équipe à la réconciliation entre Juifs, Chrétiens et Musulmans. Pressent en elle un domaine resté inexploré, la dimension psychologique, entreprend une psycho- thérapie. Marquée par la parole de Jésus "Lève-toi, prends ton grabat et marche", crée en 1987 les sessions "Évangélisation des profon- deurs" comme un trajet spirituel afin d'amener la personne à accepter ses limites, reconnaître ses blessures, assumer son histoire afin de se remettre en route sur des chemins de vie. Identifie 5 lois fondamentales de vie : 1) le choix de la vie; 2) l'acceptation de son humanité; 3) le déploiement de son identité spécifique; 4) la recherche de l'unité entre le corps, le psychique et le spirituel; 5) la fécondité et le don. « Prendre conscience de ses erreurs, de ses fausses routes, les nommer, y renoncer, choisir de s'engager sur un chemin de vie. »
  33. 33. Cleve Backster (1924-2013), États-unien, spécialiste de l’interrogatoire à la Central Intelligence Agency (CIA), fonde en 1965 la Backster Research Foundation Inc. en 1965 pour développer son travail sur les polygraphes (détecteurs de mensonges), docteur es sciences en Medicina Alternativa en 1996. S’appuyant sur les recherches du physicien Jagadish Chandra Bose, constate dans les années 1960 que les cellules vivantes, même végétales, se révèlent bel et bien sensibles et se mettent en phase avec les événements, les émotions et les intentions humaines se produisant dans leur environnement. Qualifie "perception primaire", la sensibilité des plantes à des émotions ou à des pensées et publie ses conclusions dans l'International Journal of Parapsychologie en 1968. Ses recherches ont été discréditées par de nombreux scientifiques occidentaux, et prises au sérieux en Russie et dans les pays orientaux.
  34. 34. Jean Debruynne (1925-2006), Français, prêtre de la Mission de France, aumônier de divers mouvements, scénariste, poète et écrivain. Marqué par Madeleine Delbrel, Jacques Prévert et Jean-Louis Barrault. Auteur de chants et chansons, de productions audiovisuelles et de jeux scéniques, convaincu que la scène est un carrefour d’humanisation de l’homme. « Résister, c’est être assez têtu pour voir se lever le jour derrière les barbelés. C’est refuser l’humiliation, c’est refuser la bêtise. C’est devenir un dissident qui refuse de se mettre au garde à vous devant n’importe quelle publicité. (…) Le plus grand acte de résistance que les pays riches pourraient poser serait d’arrêter de laisser croire aux pays pauvres que le mode de vie des pays nantis est une réussite et un modèle. » « Naître, c'est oser, C'est prendre le risque, C'est quitter la terre ferme, C'est ne pas savoir à l'avance Ce qu'il y a devant, C'est accepter l'inconnu, L'inattendu, L'imprévu et la rencontre. »
  35. 35. Arnaud Desjardins (1925-2011), auteur français, réalisateur de films, un des premiers Occidentaux à faire connaître les traditions spirituelles orientales telles que l’hindouisme, le bouddhisme tibétain, le zen et le soufisme. Disciple du maître indien Swâmi Prajnânpad, s’est fait le relais de la tradition de l’adhyatma yoga. A créé un centre de formation et de rencontres à St Laurent- du-Pape (Ardèche). La présence d’une salle d’étude juive, d’une chapelle et d’une petite mosquée appelle à l’érosion de l’égocentrisme compatible avec les diverses traditions religieuses. « La quête de sens est aujourd’hui cruciale. Elle s’exprimera de manière universelle et cela passera par la rencontre entre les religions. »
  36. 36. Bert Hellinger Né en 1925, psychothérapeute allemand. Études de philoso- phie, de théologie et de pédagogie. Après 16 ans auprès des Zoulous d'Afrique du Sud comme missionnaire-enseignant, abandonne la prêtrise. Anime des séminaires sur l’analyse des scénarios de vie développée par Éric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle. Avec son épouse Sophie, développe dans les années 1990 une méthode de thérapie familiale, la constellation familiale, voie de passage vers un autre niveau de conscience dans un processus cosmique. Les représentants dans une constellation ressentent les émotions et sensations des personnes qu’ils représentent, sans savoir quoi que ce soit à leur sujet. « L’attitude et la manière de procéder qu’exige la constellation familiale nécessitent une attitude de profonde humilité, ouverte et bienveillante envers tout qu’elle voit. Une attitude exempte d’intérêt personnel, qui ne cherche pas à “faire” ni à atteindre un but défini d’avance. Une attitude de confiance et d’abandon total, qui ne vise pas à savoir où et comment se fera l’étape suivante. »
  37. 37. André Verheyen (1925-2007), prêtre belge, curé à Bruxelles. Après sa retraite, fonde en 1991 l’association et la revue Libre Pensée Chrétienne, actuellement animées par Christiane et Herman Van den Meersschaut-Janssens (photo du bas). « Le discours officiel de nos Églises est largement dépassé et, de ce fait, grandement responsable de la désaffectation massive vis- à-vis du christianisme que l'on constate en Occident au début de ce troisième millénaire.(…) Les trois orientations qui nous semblent les plus importantes sont : - La liberté de pensée qui est un acquis irréversible de l'humanité et une condition essentielle à la démarche de foi ; - Une relecture des textes bibliques à la lumière des acquis de l'exégèse contemporaine en refusant tout fondamentalisme et tout dogmatisme ; - Une ouverture qui accueille aussi ceux qui, sans se référer à une institution confessionnelle, adhèrent aux valeurs de justice, d’amour, de liberté et de vérité. »
  38. 38. Michel de Certeau (1925 -1986), jésuite français aux marges de l’institution, philosophe et historien, cofondateur de la revue Christus et de l’École freudienne de Paris, directeur d’étude à l’EHESS, enseigne aux États-Unis. Auteur d'études d'histoire religieuse et d'ouvrages de réflexion plus générale sur l'histoire et son épistémologie, la psychanalyse, et le statut de la religion dans le monde moderne. « Avec l’arme nucléaire, le juste et l’injuste ne sont plus pertinents. C’est comme le camp de concentration : on tombe dans l’impensable (…). » « Allons-nous accepter une fatalité de l’histoire que nous allons nommer "le sacré", ou bien allons-nous chercher les voies d’un contrôle humain qui prendra des formes politiques, juridiques et éthiques ? »
  39. 39. Juan Luis Segundo (1925-1996), jésuite uruguayen, théologien de la libération. Études en Argentine et en Belgique. Thèse de doctorat d’État à la Sorbonne sur Berdiaev. Crée les Cursos de Complementación Cristiana, cours durant lesquels il analyse, de 1961 à 1964, les problèmes économiques, sociaux et politiques à la lumière du christianisme. Co-fonde en 1965 le Centro de Investigación y Acción Social Pedro Fabro qu'il dirige jusqu'en 1971. Le centre est fermé par la dictature militaire (1973-1985). Forcé à l'exil sous la dictature, enseigne au Brésil, au Canada et aux Etats-Unis. « La vraie mesure de nos universités jésuites réside dans notre capacité à former des hommes de compétence et de compassion pour devenir des agents du changement et travailler à monde un monde meilleur. »
  40. 40. Jean d’Ormesson Né en 1925, écrivain, chroniqueur, éditorialiste, acteur et philosophe français. Ex-président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO, membre de l’Académie française. Marqué à droite, ex- directeur de la rédaction du Figaro. « Je suis agnostique, ce qui veut dire que je ne sais pas. Il y a des gens qui savent que Dieu existe, d’autres qui savent que Dieu n’existe pas. Moi, je ne sais pas. (…) Je trouve que l’athéisme est magnifique. J’admire les femmes et les hommes qui ne croient pas en Dieu et qui font le bien. Car, tout de même, les Chrétiens, les Musulmans, les Juifs attendent une récompense dans l’autre monde. Les athées qui ne croient en rien et qui font du bien, je pense que ce sont ceux-là qu’on devrait faire asseoir à la droite de ce Dieu auquel ils ne croient pas. » ../..
  41. 41. Jean d’Ormesson « La vérité est que sur l’avant-notre-monde et sur l’après-notre- mort, nous ne savons rien. (…) Dieu n’est que silence et absence. « Il n’y a pas de grande figure de conquérant, de découvreur, d’inventeur qui n’air pas, au moins une fois dans sa vie, été suivi par le hasard. » « La souffrance existe avant les hommes, mais le mal n’apparaît qu’avec eux. » « Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu’il y a une histoire, et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande bien d’où elle pourrait venir s’il n’y avait pas de Dieu. » « Il y a quelque chose au dessus des hommes qui nous est inconnu et qui nous pousse à aimer les hommes au lieu de les détester ».
  42. 42. Claude Geffré Né en 1926, dominicain français, docteur en théologie, ex- directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem. Veut interpréter le sens du pluralisme religieux. Esquisse le projet d'une théologie "interreligieuse" qui réinterprète la singularité chrétienne en tenant compte de la vérité dont témoignent d'autres traditions religieuses. « Il y a une secrète complicité entre l'humanisme évangélique et l'humanisme séculier. L'humanisme des droits de l'homme témoigne de la dignité de la personne et des exigences de la justice, mais il a besoin d'être fécondé et stimulé par l'humanis- me évangélique dans le sens de l'amour gratuit, du pardon et de la mémoire des victimes. » « Le dialogue entre les religions est le grand défi de la théologie du XXIème siècle. Il ne conduit pas au relativisme, mais à une meilleure intelligence de la singularité de chacune.»
  43. 43. Thich Nhat Hahn né en 1926, moine bouddhiste vietnamien, réfugié politique en France en 1972. Crée en 1982 avec la moniale Chân Khong le centre bouddhique des Pruniers en Lot-et-Garonne. Engagé pour la paix et pour un autre développement, prône la pleine conscience de l’être, enseigne l’art de vivre pleinement et met l’accent sur la vigilance et l’attention. « Le miracle n’est pas de marcher sur l’eau. Il est de marcher sur la terre et d’apprécier la paix et la beauté qui sont disponibles maintenant. » « Nous ne pouvons pas voir l’occasion de joie qui est juste devant nous quand nous sommes convaincus que le bonheur devrait prendre telle ou telle forme. »
  44. 44. Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004), psychiatre et psychologue états-unienne née en Suisse, pionnière de l'approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie. A théorisé les différents stades par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation (pas nécessairement dans cet ordre). « Se préoccuper de la mort n'est pas une fuite devant la vie, au contraire. L'intégration de la mort dans sa pensée permet à l'homme de vivre de façon plus consciente et plus concentrée et le préserve de gaspiller trop de temps pour des choses sans importance ». « Nous n'avons rien à craindre de la mort. Cet épouvantail de l'humanité moderne, qu'on préfère ignorer, écarter sciemment comme l'ennemi de la vie, n'est pas une fin, mais plutôt un commencement rayonnant ».
  45. 45. Jacques Pohier (1926-2007) , dominicain français, docteur en philosophie, doyen de la faculté de théologie du Saulchoir. Marqué par l’expression de Thomas d’Aquin « l’homme comme image de Dieu, c’est-à-dire comme disposant d’un libre arbitre et responsable de son agir ». Interdit d’enseigner par le Vatican en 1979 suite à son livre Quand je dis Dieu. Quitte l’ordre des prêcheurs en août 1989. Président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) de 1992 à 1995, puis administrateur jusqu’en 2007. Justifie la liberté de l’homme face à la mort et son souhait d’une loi dépénalisant le suicide assisté. « Il est opportun de mourir. Je n’ai pas du tout envie de survivre comme un légume à 95 ans, aveugle, sourd et paralytique. (…) Parce que mourir est une étape naturelle de l’existence, aider à mourir n’est pas du tout aider à tuer. Aider à mourir, c’est du même genre qu’aider à naître, à respirer, à marcher. »
  46. 46. Paul Baudiquey (1926-2002), petit-fils et fils d'artisans ébénistes de tradition, prêtre catholique du diocèse de Besançon, conférencier, écrivain, spécialiste des arts et de la culture. Fasciné surtout par le tableau de Rembrandt Le retour du prodigue. « Oui, c’est bien lui, le Père, qui a pleuré le plus. Si c’était lui, le vrai "prodigue" ? » « Il y a résurrection, chaque fois qu'une perte entraîne un gain, chaque fois qu'un vide ouvre à une plénitude, et la cruauté des peines à une vie plus féconde ; chaque fois que le silence mûrit en nous une parole vive et qu'un départ achemine à une vraie rencontre ; et encore quand le dénuement conduit à la vérité nue, la déprime à une vie plus indomptée et l'injustice au pardon. » « Les vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent. » « Il est plus facile de croire en Dieu que de croire en soi-même »
  47. 47. Jürgen Moltmann Né en 1926, un des plus importants théologiens réformés allemands du 20ème siècle. Prisonnier de guerre, se rapproche de la foi chrétienne. Déçu par l’évolution de l’Église confessante, autrefois prophétique et devenue opportuniste. Pasteur, profes- seur à l’université de Tübingen, puis aux États-Unis. Écrit avec son épouse Elisabeth Wendel, également théologienne. Sa Théologie de l’espérance (1964), notamment inspirée par l’œuvre d'Ernst Bloch, exerce une influence sur toute la théologie de la libération. Dans les années 1980, son livre Dieu dans la création. Traité écologique de la création est le premier vrai ouvrage chrétien sur l'écologie. « Il n'y a qu'un seul problème réel en théologie chrétienne : c'est le problème de l'avenir. » « L’attente chrétienne au sujet de l’avenir n’a rien à voir avec la fin, celle de cette vie, celle de l’histoire ou celle du monde. Elle se focalise sur le commencement, celui de la vraie vie, celui du royaume de Dieu, de la nouvelle création de toutes choses… »
  48. 48. Max Delespesse (1926-2013), prêtre, philosophe et militant belge. Proche de la Communauté de la Poudrière, fondée en 1958 dans la lignée d’Emmaüs. Fondateur en 1966 et directeur du Courrier Commu- nautaire International, destiné à l’étude de la vie communautaire sous toutes ses formes. Désavoué par l’Église catholique qui craint les dérives libertaires. Après avoir quitté la prêtrise en 1977, met sur pieds dans la région de Charleroi, avec son épouse Linette Dengis, divers services sociaux destinés à répondre aux besoins humains fondamentaux et culturels, surtout des plus défavorisés. Initiateur dans les années 1980 du Carrefour des alternatives. Pilier de la "nouvelle économie sociale" et de la création du Comité européen des coopératives ouvrières de production (CECOP), président de Solidarité des Alternatives Wallonnes, qui représente plus de 300 entreprises sociales en Wallonie et à Bruxelles, soit 15 000 travailleurs. ../..
  49. 49. Max Delespesse Coordinateur de la Faculté ouverte Religion et Laïcité du Centre Universitaire de Charleroi. « Pour passer le cap des temps intermédiaires avant l’instauration d’une société démocratique à l’échelle mondiale, je vois 4 axes d’action : la lutte sociale, la constitution d’un véritable marché coopératif, le colmatage des brèches de la société duale, l’économie conviviale. » « Face à la décroissance économique, la croissance en humanité. » « C’est dans le chemin vers la communauté qu’il nous faut avancer ... et, en tout cas, par la force d’un esprit que chacun ira chercher quelque part à l’intérieur de lui-même ». « L’avenir de la Terre et de l’humanité nous forcera un jour à l’utopie. Autant nous y préparer. »
  50. 50. Lawrence Kohlberg (1927-1987), psychologue états-unien, professeur à l'université de Chicago et à Harvard. Mène ses recherches dans le domaine de l'éducation, du raisonnement et du développement. Établit une échelle du développement moral en 6 stades : 1 : punition et obéissance à l'autorité; loi du plus fort; 2 : relativisme instrumental; chacun pour soi; satisfaire ses propres besoins; - - 3 : bonne concordance interpersonnelle; chercher l'approbation et à plaire; 4 : obéissance aux lois établies; la loi et l'ordre; 5 : le bien commun; le contact social; 6 : principes généraux déterminant le bien et le mal; éthique universelle.
  51. 51. Jean et Hélène Bastaire J.B. (1927-2013), intellectuel français chrétien et socialiste libertaire, spécialiste de Charles Péguy et de Paul Claudel, auteur de nombreux ouvrages. Sa réflexion touche la politique et la morale, la théologie, la poésie, l’écologie. Dans les années 1960, sous l'influence de sa femme Hélène, médecin et militante de la protection animale, entreprend, sur une base historique (François d’Assise, Hildegard de Bingen, Angelus Silesius, François de Sales, Berdiaev, etc.), une longue réflexion sur les fondements théologiques d'une "écologie chrétienne". « Selon toute la tradition judéo-chrétienne, Dieu a délégué à l'homme non pas l'arbitraire d'un pouvoir oppressif, mais les intentions d'une sollicitude paternelle qui s'étend de l'atome à l'étoile, à travers l'arbre et l'animal (…) Pour les premiers chapitres de la Genèse, dominer la nature est la même chose que la domestiquer. Ce n'est pas la transformer en usine à poulets, mais en maison pour tous ».
  52. 52. Mohammed Arkoun (1928-2010), d’origine algérienne, docteur en philosophie, professeur d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne. Humaniste, laïque, militant actif du dialogue entre les religions, les peuples et les hommes, plaide pour un islam repensé dans le monde contemporain et pour la destruction des préjugés : l’Occident n’est pas plus l'incarnation du démon matérialiste, immoral et athée, que l’Islam n’est réductible au fondamentalisme intégriste, terreau du terrorisme et incompatible avec la démocratie et la modernité. « À cheval entre deux cultures, M. Arkoun (…) a forgé son indépendance à partir de cette dualité, enraciné en l’une et l’autre, mais échappant à l’une et l’autre, et il les dépasse l’une et l’autre en les transgressant. D’où l’incompréhension qui a accompagné sa si juste et nécessaire recherche. D’où aussi sa fécondité qui se manifestera de plus en plus dans le futur.” Edgar Morin
  53. 53. Gérard Bessière Né en 1928, prêtre français, auteur d’une trentaine de livres, poète, ancien aumônier national des Équipes enseignantes, éditeur aux Éditions du Cerf (1969 -1988), journaliste à La Vie (1975-1988), retiré dans son village natal de Luzerch (Lot). « Si l’Église est la foule de celles et de ceux qui ont été atteints et mus au long des temps par la démarche libre et aimante de Jésus, alors, je ne prends pas distance. Je suis de ce peuple où se côtoient l’héroïsme, la médiocrité, la faiblesse, pendant que continuent les avancées, les drames, les lenteurs de la marche des hommes. Peuple qui peine, qui souffre, qui s’exalte, qui construit et reconstruit. Qui se souvient de Jésus, célèbre son passage et le garde comme premier de cordée. Qu’il faille des responsables, bien sûr, mais pourquoi ne seraient-ils pas choisis par le peuple et ses représentants, comme ce fut le cas durant les premiers siècles ? »
  54. 54. Gérard Bessière « Jésus n’est jamais lénifiant. Il exacerbe les conflits. Il les porte jusqu’à la moelle des os. On ne pourra pas s’abriter derrière des observances, des rites, des pratiques. Il ne suffira pas d’appartenir à une race, élue, de faire partie des hommes pieux, de jeûner et de donner la dîme. Aucune morale, aucune religion ne protégera contre le regard de Jésus. C’est au cœur de l’homme, à la pulsation la plus profonde de sa vie, que le prophète de Nazareth sépare l’ombre et la lumière. C’est là que l’homme doit sans cesse recevoir de Dieu un cœur de chair à la place du cœur de pierre, c’est là que l’homme doit sans cesse […] reconnaître les traits de Dieu dans la foule des frères humains. Dans les conflits qui déchiraient la société palestinienne, Jésus ne prendra même pas parti pour les marginaux et les exclus de toutes sortes : publicains, samaritains, malades, pécheurs, étrangers, Jésus ne se fera pas leur leader. Son attitude sera d’une autre altitude : il les fera exister. »
  55. 55. Gérard Bessière « L'affirmation que le Fils de l'Homme était le Fils de Dieu exprimait-elle, révélait-elle le Mystère, ou était-elle la plus haute tentative humaine d'apprivoiser l'Ineffable inaccessible et ténébreux ? Je ne peux plus adhérer à cette croyance centrale, exclusive, des Églises chrétiennes. Je verrais plutôt cette incarnation comme le surgissement et l'accueil de Dieu, comparable ou supérieur à celui que l'on pourrait constater chez les prophètes, chez François d'Assise, et dans l'immense sainteté de tant de vies généreuses. Cette invasion divine de la vie humaine aurait atteint son sommet dans la personne de Jésus... »
  56. 56. Pedro Casaldáliga Né en 1928, né en Espagne et naturalisé Brésilien, évêque catholique de Sao Felix de Araguaïa de 1971 à 2005, auteur de plusieurs ouvrages sur l’anthropologie, la sociologie et l’écologie. Théologien de la libération, plusieurs fois menacé de mort. Soutient le Mouvement des Sans Terre, Via Campesina, le mouvement zapatiste au Chiapas, dénonce la centralisation du gouvernement de son Église et ses attitudes d’exclusion. Engagé dans la défense des droits des indiens Xavante, est menacé de mort en 2012, probablement par les propriétaires terriens et les colons qui ont occupé illégalement leurs terres, et obligé de quitter son domicile. Sa devise épiscopale : « Ne rien avoir, ne rien prendre en charge, ne rien demander, ne rien taire et surtout ne rien tuer »
  57. 57. Élie Wiesel (1928-2016) Né en Roumanie d’une famille juive hongroise, déporté à Auschwitz puis à Buchenwald. Romancier, dramaturge, essayiste, conteur. Préside la Fondation Élie Wiesel pour l’humanité. Prix Nobel de la paix (1986). Agit pour la défense de la mémoire de la Shoah et contre l’indifférence, l’intolérance et l’injustice. Défend notamment le peuple tibétain. « Le personnage biblique le plus tragique, c’est Dieu, que ses créatures déçoivent et accablent si souvent. Dieu là-haut pleure, il pleure son peuple et sur sa création, comme pour dire « Qu’avez-vous fait de mon œuvre ? ». On peut L’invoquer non seulement avec indignation, mais avec compassion. Pour Lui. »
  58. 58. Jean Vanier Né en 1928, officier dans la marine canadienne, démissionne pour passer un doctorat de philosophie. En 1964, rencontre deux personnes ayant un handicap mental, est touché par leur détresse et leur propose de partager sa vie. Avec le P. Thomas Philippe, fonde L’Arche, association qui accueille des personnes handicapées mentales et développe trois dimensions : communautaire, professionnelle, spirituelle. 135 communautés existent dans 40 pays. Chaque personne y a la possibilité de devenir sujet de sa vie, de déployer sa propre parole, de dire qui elle est et de faire des choix. « Les vies commencent et se terminent dans la très grande faiblesse (…) L’amour, ce n’est pas faire des choses extraordinaires et héroïques, mais faire des choses ordinaires avec tendresse. » ../..
  59. 59. Jean Vanier « Le monde a besoin d’hommes et de femmes en paix. Des prophètes de paix, qui sachent faire naître la liberté dans les cœurs des opprimés : la liberté d’œuvrer pour la paix, d’aimer la vérité, de ne pas être gouvernés par la peur et la haine – la liberté d’être eux-mêmes. » Jean Vanier « Au soir de l’attentat du World Trade Center, le 11 septembre 2001, Jean Vanier a demandé d’arrêter de prier pour la paix. Il voulait plutôt que nous priions pour que Dieu nous aide à devenir des artisans de paix ». Maria Biedrawa
  60. 60. Hans Küng Né en 1928, théologien suisse Fondateur et président depuis 1993 de la Fondation Weltethos («Pour une éthique planétaire »), basée à Tübingen (Allemagne). Cette Fondation développe la coopération entre les religions et mène des initiatives concrètes en vue de la paix et du développement durable. « Pas de dialogue entre les religions sans normes éthiques globales. Pas de survie de notre planète sans une éthique planétaire soutenue par l’ensemble des êtres humains, croyants et incroyants. »
  61. 61. Placide Gaboury (1928-2012), essayiste canadien, auteur de plus de 60 livres, professeur, peintre et pianiste professionnel. Jésuite de 1949 à 1983. Croyant révolté, pourfendeur des dogmes établis et des "vérités" à la mode, défenseur de l’autonomie spirituelle et pionnier d’une spiritualité ouverte encore à définir. « S’aimer soi-même, c’est reconnaître que vos qualités ne viennent pas de vous. » « Un Royaume est en train d’émerger dont on ne connaît pas encore le vrai visage, puisque c’est celui de l’Esprit. » « Pour celui qui a une expérience mystique, une religion culturelle a une valeur négligeable. » Une dizaine de ses livres écrits entre 1972 et 1990 sont dédiés à la pensée du courant New Age, reprenant ses grands thèmes de prédilection. Mais en 1990, prend ses distances avec ce courant qu'il dénonce alors, comme "une foire spectaculaire, un marché aux évasions" où les adeptes sont "empêtrés dans des recettes de pacotille".
  62. 62. Gustavo Gutiérrez Né en 1928, péruvien. Études de philosophie et psychologie à Louvain, de théologie à Lyon. Ordonné prêtre en 1959, s'investit auprès des plus démunis comme vicaire d'une paroisse d'un quartier pauvre de Lima. Publie en 1971 Teología de la liberación, qui inspire la Conférence épiscopale latino-américaine (CELAM). Après 20 ans de dialogue avec le Vatican, sa théologie est reconnue évangélique. Devient dominicain en 1998. « La pauvreté et ses séquelles sont toujours le grand défi de notre temps en Amérique latine et dans bien d’autres endroits du monde. Pratiquer la justice, travailler à la libération des hommes, c’est parler de Dieu. C’est un acte d’évangélisation. »
  63. 63. Rutilio Grande (1928-1977), prêtre jésuite salvadorien, curé de Aguilares où il développe une action pastorale basée sur la théologie de la libération. Son travail pastoral est essentiellement religieux, mais a des conséquences sociales. Les paysans recouvrent leur dignité, demandent une juste rémunération. Tué par balles le 12 mars 1977 par des Escadrons de la mort au service de la dictature, ainsi que ses deux collaborateurs, alors qu’il rentre d’une visite pastorale (photo du bas). 100 000 personnes, dont 200 prêtres, participent à la messe de funérailles célébrée par le P. Oscar Romero. "Quand j'ai regardé Rutilio couché là mort, j’ai pensé que s’ils l'ont tué à cause de ce qu'il a fait, alors moi aussi je devais prendre le même chemin." Oscar Romero
  64. 64. Charles Perrot (1929-2013), prêtre, professeur à l'Institut catholique de Paris, bibliste, spécialiste des langues bibliques (araméen, syriaque), du judaïsme contemporain de Jésus et de la littérature paulinienne. Directeur spirituel au Séminaire des Carmes jusqu’en 1994. « Le plus important dans la Bible, chers amis, c’est la reliure. La reliure qui fait tenir ensemble des livres si différents dans le canon des Écritures. » « L’important n’est donc pas l’existence ou non de tels prodiges, mais leur sens, et leur signification devient invalide s’ils portent à l’idolâtrie. » « Il faudra bien manger pour mon enterrement ! »
  65. 65. Bernard Jouanet Thaddée Ntihinyurwa, cardinal X B.J. : Né en 1929, théologien, enseignant en psychologie clinique et aumônier de la faculté de médecine de Dar es- Salaam, missionnaire Père Blanc en Tanzanie. T.N. : né en 1942, évêque de Cyangugu (Rwanda) de 1982 à 1996, actuellement archevêque de Kigali. Se sont interrogés sur la monstrueuse tuerie de 1994 entre chrétiens tutsis et hutus, qui a fait environ 800 000 morts, malgré l’évangélisation massive du Rwanda (62 % de catholiques et 26 % de protestants). « Je crois que, jusqu’à présent, le christianisme n’a été qu’un vernis fragile. L’Évangile n’a pas pénétré en profondeur. Une fois la paix revenue, il nous faudra expliquer sans cesse les valeurs de l’homme, ses droits. » T. Ntihinyurwa ../.. Photos : - Thaddée Ntihinyurwa - 3 évêques du Rwanda massacrés le 5 juin 1994
  66. 66. Bernard Jouanet Thaddée Ntihinyurwa, cardinal X « Ces tueries mettent en évidence un fait que nous ne voulions peut-être pas voir. A savoir que la paroisse avec sa pastorale de masse, ses centaines de catéchumènes et d’adolescents confirmés, ses milliers de communions n’évangélise pas la vie en profondeur et donc n’arrive pas à contrôler les pulsions profondes de l’homme (…). Ces liturgies si vivantes, cette joie si communicative, ces foules qui assistent à la messe à l’extérieur faute de place dans l’église, donnent une impression de vitalité (…). Mais, à l’évidence, elles ne touchent souvent que la surface de la personnalité en satisfaisant un certain sentiment religieux. (…) Les petits groupes d’approfondissement de la vie chrétienne constituent l’alternative à l’Église du dimanche fréquentée par des paroissiens qui ne veulent pas que l’Évangile influence leur vie ». B. Jouanet ../..
  67. 67. Bernard Jouanet Thaddée Ntihinyurwa Cardinal X La même analyse est faite par le cardinal X interviewé en 2005 par l’écrivain et journaliste Olivier le Gendre. « La grande leçon du Rwanda est celle-ci : la foi chrétienne, notre foi chrétienne, n’a pas empêché que surviennent ces atrocités en grand nombre. D’où la question (…) : de telles atrocités dans des pays chrétiens – le Rwanda des années 90, l’Allemagne de l’avant-guerre – ne sont-elles pas le signe d’un échec chrétien . De l’échec chrétien ? (…) Quand une religion, en l’occurrence la religion chrétienne, met au centre de son message l’amour de Dieu et du prochain, on est en droit de se demander si des génocides survenant en terre chrétienne ne sont pas le signe que cette religion a échoué dans sa mission. » Photo : Olivier le Gendre
  68. 68. Jean-François Six Né en 1929, théologien catholique et écrivain français. Docteur en lettres, en théologie et en sciences des religions. Président du Centre national de la médiation qu'il a fondé en 1988 et directeur de l'Institut de formation à la médiation. A fondé, avec un membre du Grand Orient de France, la revue de dialogue maçonnique Brèche. « La médiation institutionnelle, promue par le haut, repré- sente toutes les formes de médiations instaurées par la puissance publique et remplissant une fonction précise. La médiation citoyenne, par le bas, elle est celle que pratiquent spontanément les individus engagés dans la vie sociale. Ces deux types de médiation, fondamentalement différents, dans leur pratique et dans leur signification, peuvent et doivent coexister pour atteindre une efficacité maximale. »
  69. 69. Jacques Brel (1929-1978), auteur-compositeur-interprète, acteur de cinéma et réalisateur belge. Se rend à Paris en 1953. Succès à l’Olympia en 1957, chante en Europe et dans le monde entier. Grand fumeur, cancer du poumon en 1974. Pilote d’avion-taxi entre les îles Marquises et Tahiti durant les dernières années de sa vie. « Ainsi certains jours paraît, Une flamme en nos cœurs. Mais nous ne voulons jamais Laisser luire sa lueur Nous nous bouchons les oreilles Et nous nous voilons les yeux Nous n'aimons point les réveils De notre coeur déjà vieux. » « Rêver un impossible rêve, Porter le chagrin des départs, Brûler d'une possible fièvre, Partir où personne ne part, Aimer jusqu'à la déchirure, Aimer, même trop, même mal, Tenter, sans force et sans armure, D'atteindre l'inaccessible étoile. Telle est ma quête » ../..
  70. 70. Jacques Brel « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable. » 1er janvier 1968 (Europe 1)
  71. 71. François Cheng Né en 1929 en Chine, (nom d'auteur, en chinois : "Qui embrasse l'Unité"), écrivain, poète et calligraphe chinois naturalisé français en 1971. Arrive à Paris en 1948 lorsque son père obtient un poste à l'UNESCO. Quand sa famille émigre aux États-Unis en 1949 en raison de la guerre civile chinoise, reste en France, motivé par sa passion pour la culture française. Professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales, Membre de l’Académie française depuis 2002. « Révolutionnaire est le Cantique des Créatures de François d’Assise qui appelle la mort corporelle "notre sœur". Un changement de perspective s’offre alors à nous : au lieu de dévisager la mort comme un épouvantail à partir de ce côté-ci de la vie, nous pourrions envisager la vie à partir de l’autre côté qu’est notre mort. Dans cette posture, tant que nous sommes en vie, notre orientation et nos actes seraient toujours élans vers la vie. » ../..
  72. 72. François Cheng « Le diamant du lexique français, pour moi, c’est le substantif "sens". Condensé en une monosyllabe – sensible donc à l’oreille d’un Chinois – qui évoque un surgissement, un avancement, ce mot polysémique cristallise en quelque sorte les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l’univers vivant : sensation, direction, signification. » « La beauté nous transfigure, car elle nous sort de l’habitude, nous permet de revoir les choses qui nous entourent comme au matin du monde, comme pour la première fois. (…) La vraie beauté est élan de l’Être vers la beauté et le renouvellement de cet élan ; (…) Une bonne éternité ne saurait être faite que d’instants saillants où la vie jaillit vers son plein pouvoir d’extase. (…) La bonté est le garant de la qualité de la beauté. La bonté irradie la beauté et la rend désirable. »
  73. 73. Jean Vernette (1929-2002), prêtre français, vicaire général de Montauban, écrivain. Pendant près de 30 ans, Secrétaire national de l'épiscopat français pour l'étude des sectes et nouveaux mouvements religieux. « Quelques critères de discernement pour identifier les tendances sectaires et discerner entre les groupes : 1) Comment fonctionne le pouvoir ? À qui appartient-il ? Qui l’a confié au leader ? Est-il contrôlé, et comment ? La dérive sectaire s’appelle l’oppression. 2) Comment circule le savoir ? Qui détient l’information dans le groupe ? Quelle place est faite à la parole de chacun ? Est-ce seulement le leader qui « sait » ? Le groupe a-t-il l’assurance d’avoir toujours raison contre quiconque, se sent-il investi de mission de faire la leçon à tous les autres groupes. Les dérives s’appellent suffisance et endoctrinement. ../..
  74. 74. Jean Vernette 3) Comment se gère l’avoir ? D’où vient l’argent, qui en a le contrôle, à qui va-t-il ? L’adepte retrouvera-t-il des moyens de vivre s’il quitte le groupe ? La dérive s’appelle l’exploitation. 4) Comment sont vécues les relations dans le groupe (liberté d’échange entre membres et respect des différences) ? avec les autres groupes ? Pense-t-il se suffire à lui-même, centré sur son développement ? La dérive s’appelle fermeture.
  75. 75. Dorothy Retallack États-unienne (19??-19??), organiste et chanteuse de profession. Mène entre 1968 et 1973 au Colorado Women’s College de Denver, avec le biologiste et professeur de musique Francis Broman (photo) des expériences sur les réactions des plantes à la musique. Construit 5 serres où elle plante du maïs, des courges, des soucis, des zinnias et des pétunias. Les 5 serres reçoivent la même quantité d'eau et de lumière. Pendant plusieurs mois, des musiques différentes sont diffusées dans les serres. Montre que les plantes sont extrêmement attirées par la musique indienne (sitar et tabla), très attirées par la musique classique (Bach), indifférentes à la musique country, et repoussées par des musiques modernes (Jimmy Hendrix) qui peuvent provoquer des maladies ou même la mort des plantes. En 2006, une équipe de recherche de l’université de Florence approfondit les recherches. Ainsi, selon le professeur en agriculture Stefano Mancuso, la musique de Mozart a des effets positifs sur la croissance de la vigne et la surface foliaire.
  76. 76. Peter Higgs Né en 1929, physicien britannique, chercheur et professeur de à l’université d'Édimbourg. Dans les années 1960, simultanément à d'autres chercheurs, propose une rupture de symétrie dans la théorie des particules, concernant la force électrofaible, expliquant notamment l'origine de la masse des particules élémentaires, et plus particulièrement les bosons W et Z. Prix Nobel de physique avec le belge François Englert pour leurs travaux sur l'origine de la masse. Le mécanisme de Brout-Englert-Higgs-Hagen-Guralnik-Kibble ou mécanisme BEHHGK, prédit l'existence d'une nouvelle particule, appelée par commodité le boson de Higgs, ou boson scalaire massif. Ce boson semble avoir été mis en évidence en juillet 2012 par les physiciens du LHC (Large hadron collider) au CERN. Ce boson prouverait l’impossibilité de remonter le passé au-delà d’une fraction infinitésimale de seconde après l’explosion primitive d’où est sorti le grain de poussière minuscule qui deviendra l’Univers. ■

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