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Intervention civile de paix. — 01. L’ICP : définition, principes, modalités, avenir

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Intervention civile de paix. — 01. L’ICP : définition, principes, modalités, avenir

  1. 1. Étienne Godinot 19.10.2022 Série ‘Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle’ Sous-série 3 - ‘Préparer une défense civile non-violente’ Diaporama n° 1 1- Une alternative à la défense armée
  2. 2. Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle : un ensemble de trois sous-séries de diaporamas 1 – Abolir les armes nucléaires 2 – Développer l’intervention civile de paix 3 – Préparer une défense civile non-violente Rappel : ce diaporama fait partie de la sous-série 1 - ‘Abolir l’arme nucléaire’ qui fait elle-même partie de la série ‘Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle’ sur irnc.org
  3. 3. Sous-série ‘Préparer une défense civile non-violente’ - Sommaire Diaporama 1- Une alternative à la défense armée Diaporama 2 - Exemples historiques de résistance civile non-armée à une agression militaire : la résistance civile non-violente pendant la 2ème Guerre mondiale Diaporama 3 - La résistance civile en Tchécoslovaquie en août 1968 Diaporama 4 - La résistance non-violente contre le communisme en Europe de l’Est Diaporama 5 - La résistance civile non armée contre les dictatures, Diaporama 6 - La résistance civile contre les coups d’État Diaporama 7 - La résistance civile contre le terrorisme Diaporama 8 - Définition et schéma d’une défense civile non-violente Diaporama 9 - Conditions d’une défense civile non-violente - Le transarmement Photos : - Manifestation non-violente à Leipzig en octobre 1989, peu avant l’effondrement du mur de Berlin - Blocage des chars par la population à Manille en 1986, peu avant la chute du dictateur Ferdinand Marcos Rappel : ce diaporama fait partie de la sous-série 3 - ‘Préparer une défense civile non-violente’ qui fait elle-même partie de la série ‘Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle’ sur irnc.org
  4. 4. Préparer une défense civile non-violente Sources - Écrits de Jean-Marie Muller : Stratégie de l’action non-violente, Points Seuil, réed. 1981; Vous avez dit "Pacifisme" ?. De la menace nucléaire à la défense civile non-violente, Le Cerf, 1984 ; Désobéir à Vichy, Presses Universitaires de Nancy, 1994; Dictionnaire de la non-violence, Relié Poche, 2005; L’impératif de désobéissance. Fondements philosophiques et stratégiques de la désobéissance civile, Le passager clandestin, 2011; Gandhi l’insurgé. L’épopée de la marche du sel, Albin Michel, 2014; Libérer la France de l’arme nucléaire, Chronique sociale, 2014, etc. - Brochure Armée ou défense civile non-violente ? (Olivier Maurel et un groupe de civils et de militaires, éd. Combat non-violent, 1975) https://fr.wikibooks.org/wiki/Arm%C3%A9e_ou_d%C3%A9fense_civile_non-violente_%3F ../..
  5. 5. Préparer une défense civile non-violente Sources (suite) - Jacques Sémelin, Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe - 1939-1943, Payot, 1989 ; Face au totalitarisme, la résistance civile, André Versaille, 2011 - La dissuasion civile, Christian Mellon, Jean-Marie Muller et Jacques Sémelin, Fondation pour les Études de Défense Nationale, 1985, épuisé (le meilleur tirage de la Collection des sept épées….) - publications du MAN, notamment les brochures * Se défendre sans se détruire, Gilbert Girondeau, François Vaillant, Hugues Colle, 1982 * Non violence : éthique et politique, éd. Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme, 1996 - Les stratégies civiles de défense, Actes du colloque international organisé par l’IRNC à Strasbourg en 1985, éd. ANV 1986, etc. Les images présentées dans ces diaporamas nous ont été fournies par des sources diverses. Ne pouvant nous assurer qu’elles ne sont pas soumises au régime des droits d’auteur, nous prions leurs ayants droit éventuels de nous préciser s’ils souhaitent que nous les retirions.
  6. 6. Diaporama n° 1 DLa défense civile non-violente, une alternative à la défense armée Sommaire - La défense, une nécessité vitale. Fonctions de la défense - La non-violence n’est pas le pacifisme ni l’antimilitarisme - La défense armée est-elle vraiment efficace ? - Les divers types de défense armée * La défense conventionnelle * La défense populaire armée * La dissuasion nucléaire - Quelle défense de la France et de l’Europe face aux menaces actuelles ?
  7. 7. La défense, une nécessité vitale La défense est une fonction vitale de tout organisme vivant. Toute existence est une lutte pour la vie, et cette lutte implique de pouvoir se défendre contre les agressions. Cette nécessité s’impose aussi aux sociétés. Il est vain d’espérer vivre un jour dans un monde sans conflit. La coexistence entre les hommes et entre les peuples doit devenir pacifique, mais elle restera toujours pour une part conflictuelle. Photos : - Cellules qui organisent leur défense contre des virus - L’illusion ou le vœu pieux Peace and love (Paix et amour). « Certes, il vaut mieux formuler des vœux pieux que des vœux impies, mais cela ne change rien à la réalité », plaisante Jean-Marie Muller. La paix et l’amour sont des objectifs spirituels lointains. Le combat non-violent vise un objectif politique : faire respecter le droit et la justice au terme d’un rapport de force exercé dans le respect de l’adversaire. Les non-violents ne sont pas les ‘bisounours’ que raille Hubert Védrine quand il parle des partisans d’un désarmement nucléaire…
  8. 8. Les fonctions de la défense Une politique de défense doit anticiper sur des situations limites qui ne sont pas probables ni prévisibles aujourd’hui, mais qui sont possibles demain. La politique de défense doit organiser une réaction* de la nation** en cas d’agression interne ou externe. Elle doit aussi dissuader*** un agresseur potentiel, en lui faisant comprendre que les dommages ou les difficultés qu’il subirait seraient plus importants que les bénéfices qu’il espère retirer de son agression. * Bien sûr, "réaction" ne signifie pas forcément "réaction militaire", "nation"** ne signifie pas "les armées" et encore moins le Président (presse bouton) de la République, et "dissuasion"*** ne doit pas être réduit à "dissuasion nucléaire"".
  9. 9. Bâtir une alternative La guerre est une méthode d’action, et sa finalité est juste lorsqu’elle vise à défendre ou à rétablir les droits de l’homme. La méthode est détestable, mais l’action* n’en est pas moins néces- saire. Pour promouvoir une politique de désarmement, il faut donc concevoir des "équivalents fonctionnels de la guerre" qui permettent aux nations de se défendre contre l’agression et contre les menaces qui pèsent sur elles par d’autres moyens que la guerre ou que la menace de la destruction mutuelle. Ce n’est pas la paix qui est le plus important, mais la justice qui permet la dignité et la liberté. * Charles Péguy reprochait aux idéalistes kantiens de n’avoir aucune prise sur l’histoire : « Ils ont les mains pures, mais ils n’ont pas de mains ! », disait-il. Quand on demandait à Cesar Chavez, le leader non-violent des Chicanos en Californie dans les années 1980, si le boycott des raisins mené par son syndicat, l’United Farm Workers, touchait les cœur des propriétaires de l’agro-business, il répondait : « Bien sûr, nous touchons leur cœur, parce que leur cœur, c’est leur porte-monnaie, et le boycott touche leur porte-monnaie ! » Photo du bas : Cesar Chavez (1927-1993)
  10. 10. La non-violence n’est pas le pacifisme Le pacifiste est réputé vouloir la paix "à tout prix", fut-ce au prix de la justice, et préférer n'importe quelle paix à n'importe quelle guerre. Il y a des paix honteuses, comme celle des accords de Munich, dénoncés par Gandhi. Pour Blaise Pascal (1623-1662), il faut avoir le courage de dénoncer la paix lorsqu’elle est injuste. Car la paix n’est pas une valeur en soi, elle n’est pas à préserver à n’importe quel prix : c’est « aller contre la fin de la paix que de laisser entrer les étrangers dans un État pour le piller, sans s’y opposer ». Le pacifisme peut même être qualifié "d'erreur criminelle", selon l’expression de la philosophe Simone Weil (1909-1943) si la collectivité ne prépare pas d'alternative à la défense armée contre l'agression et l'oppression. Mais on ne peut que partager avec les pacifistes le constat de la folie et de l’absurdité de la guerre… Images : - Les accords de Munich (septembre 1938), par lesquels les Anglais et les Français capitulent devant les ambitions d’Hitler qui revendique la région des Sudètes, partie occidentale de la Tchécoslovaquie, ont été dénoncés par Gandhi comme un acte de lâcheté - La tuerie dans les tranchées de Verdun, 1916
  11. 11. La non-violence n’est pas l’antimilitarisme La condamnation de la personne et de l’action des militaires est une grave injustice et une grossière erreur, qui empêchent la réflexion et le dialogue. La guerre est toujours meurtrière, mais les militaires ne sont pas pour autant des assassins… Les partisans de la non-violence respectent et saluent les soldats et les officiers qui mènent des actions militaires pour rétablir la paix ou le droit. Ils veulent aussi confronter leur analyse avec celle avec les partisans (il en reste…) de la dissuasion nucléaire qui estiment nécessaire de préparer la guerre pour avoir la paix. Photos : - Maxime Leforestier et la chanson « Parachutiste » (1972) - Intervention militaire en Libye après l’autorisation de l’ONU le 17 mars 2011 à la requête de la Ligue arabe, pour protéger la population de Benghazi menacée par les troupes de Mouamar Kadhafi. Alain Juppé était alors ministre de la Défense. Le problème est que l’intervention internationale n’a été que militaire, et non politico-économique et sociétale (élections sans processus de réconciliation), et qu’un chaos politique a succédé au régime dictatorial de Kadhafi…
  12. 12. Un dialogue constructif et cordial avec les militaires Tout en refusant le militarisme et les politiques de "militarisation" (simulations nucléaires du programme Mégajoule, ventes d'armes, budgets pour la dissuasion nucléaire), les partisans* des stratégies non-violentes mènent un dialogue, parfois contradictoire mais très cordial et constructif, avec les militaires*. - sur l’(in)efficacité et les dangers des armements nucléaires - et sur les possibilités offertes par les stratégies non-violentes de défense et d’intervention civile de paix à l’extérieur. * - À la suite de la publication de l’ouvrage La dissuasion civile, écrit sur une comman- de du ministre de la Défense Charles Hernu, échanges entre des membres de l’IRNC et des généraux attachés au ‘Secrétariat Général de la Défense Nationale’ (SGDN) dans les années 1985-2000, - collaboration avec le ‘Commandement de Formation des Armées de Terre’ (COFAT) pour la formation ‘Intervention civile de paix’ à Lyon en 2001, - échanges réguliers à l’École Militaire depuis 2018 avec des officiers, à l’initiative de l’IRNC et du cabinet de stratégie ‘La Vigie’, mais cela n’intéresse pas ou peu le ministère de la Défense, qui s’accroche au dogme de la dissuasion nucléaire… Photos : Logos - du SGDN (devenu SGDSN - Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale), - du COFAT (remplacé en 2009 par la Sous-Direction Formation et Écoles - SDFE) - et du cabinet de synthèse stratégique ‘La Vigie’
  13. 13. La défense armée protège-t-elle le territoire ? - En 1814, - en 1815, - en 1870, - en 1914 *, - en 1940, sur 5 conflits, la France a connu 5 invasions. L’agresseur a le plus souvent l’avantage, car c’est lui qui choisit le lieu et le moment de l’attaque. L’agressé hésite à utiliser tous ses moyens de destruction sur son propre territoire. * En 1914-18, les Allemands, arrivés à 100 km de Paris, ont été arrêtés par une guerre de tranchées avec les pertes que l’on sait Photos : - Siège et bombardement de Paris par les Prussiens en 1870 - L’armée allemande à Paris en 1942
  14. 14. La défense armée* protège-t-elle la population ? La proportion des civils parmi les victimes des guerres ne cesse de croître jusqu'à l'absurde : guerre de 1914-18 ……… 48 % de civils guerre de 1939-45 ……… 58 % de civils guerre de Corée (1953).... 60 % de civils guerre du Viet-Nam ……. 85 % de civils guerre nucléaire …………100 % de civils guerres (en moyenne) dans le monde en 2019 : 90 % de civils * qui inclut l’attaque contre une armée occupante sur le sol national, par ex. le débarquement allié en Provence, en Normandie Photos : - La guerre de 1914-1918 - Cimetière militaire de Colleville (plages du débarquement) - Hiroshima, 6 août 1945
  15. 15. La défense conventionnelle Elle consiste à repousser ou à détruire les armées de l’agresseur par une action militaire terrestre, maritime ou aérienne, menée par des militaires professionnels et/ou par des appelés. - Elle défend très mal le territoire (cf. ante) - Elle est très coûteuse en vies humaines (cf. ante) - Elle repose sur un corps de spécialistes ou sur une fraction limitée de la population, la plupart du temps les mâles de 18 à 50 ans en bonne santé physique. Photos : armements de la 2ème guerre mondiale Char d’assaut américain Patton Navire croiseur anglais HMS Belfast Avion chasseur anglais Spittfire
  16. 16. La défense populaire armée Elle consiste à armer la population, en référence aux guerres de libération chinoise, indochinoise, algérienne, aux ouvrages de Mao Ze Dong ou du général Giap, aux systèmes de défense de la Suisse ou de la Yougoslavie du temps de Tito. Elle ne consiste pas à défendre les frontières, mais à harceler l’ennemi jusqu’à ce qu’il abandonne le terrain. Elle suppose deux conditions : de vastes abris naturels difficilement pénétrables et une population essentiellement rurale. Photos : - Le général Vo Nguyên Giap (1911-2013, guerre d’Indochine) - Des fellaghas (combattants pour l’indépendance) pendant la guerre d’Algérie - La Suisse est l'un des rares pays à avoir maintenu la conscription obligatoire. L‘armée suisse est une ‘armée de milice’ appuyée par des militaires professionnels. ../..
  17. 17. La défense populaire armée - Elle est très coûteuse en vies humaines. - Elle est inconcevable dans un pays largement urbanisé : il est facile de priver une ville entière d’eau, d’alimentation, d’électricité. La population civile serait réduite au rôle passif de victime et d’otage. - Une telle défense ne peut pas être démocratique. La lutte contre une armée moderne suppose système hiérarchique pyramidal, centralisation des décisions, secret militaire, clandestinité, compétence militaire et technique. Photo du haut : la guerre d’Algérie (1954-1963)
  18. 18. La défense populaire armée La guerre d’Algérie menée par la France (nov. 1954 - mars 1962) et la guerre du Vietnam menée par les États-Unis (mars 1965 - avril 1975) ont été perdues pas tant par un échec militaire que par le fait que l’opinion publique française et états-unienne étaient de plus en plus opposées à ces "sales guerres". La guerre d’Algérie a été, comme l’a remarqué Charles-Robert Ageron, une guerre politique beaucoup plus que militaire : son issue ne s’est pas décidée sur un champ de bataille, mais elle a dépendu davantage de facteurs psychologiques et moraux. Si le général de Gaulle prend la décision de mettre fin à la guerre par un accord avec le FLN, cette décision ne lui est pas imposée par une défaite militaire, mais elle lui est inspirée par la perception qu’il a des opinions publiques en Algérie, en France et dans le monde, qui l’ont convaincu de la vanité d’une victoire sur le terrain. De même aux États-Unis. Les journaux diffusent des photographies qui choquent l'opinion publique américains et internationale : bombardements au napalm, massacre de Mỹ Lai en mars 1968, défoliation de la forêt, etc. Des manifestations énormes et des die in se multiplient aux É.U. et dans le monde entier, les jeunes refusent la conscription. La guerre du Vietnam provoque une profonde déchirure dans la société américaine.
  19. 19. La dissuasion nucléaire, suicidaire et totalitaire La dissuasion nucléaire menace l’agresseur potentiel de destructions terribles, avec le risque d’être détruit en retour : c’est la ‘destruction mutuelle assurée’, en anglais Mutual Assured Destruc- tion (ou mad, mot qui veut dire ‘fou’…) Il est en effet insensé de prendre, pour se défendre, le risque de se détruire. La menace nucléaire s’apparente directement à la prise d’otage d’une population civile. La dissuasion nucléaire implique la démission des citoyens qui abandonnent leur destin à la seule décision d’un chef d’État. - Albert Camus : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. » - Georges Bernanos : « Au monde de la bombe atomique, on ne saurait déjà plus rien n’opposer que la révolte des consciences, du plus grand nombre de consciences possible. »
  20. 20. La dissuasion nucléaire n’est pas crédible Valéry Giscard d’Estaing, écrit dans ses Mémoires, à propos d’ un scénario d’invasion massive des forces soviétiques en direction de l’Europe de l’Ouest durant la "guerre froide" : « Une conclusion se fait jour peu à peu : ni de loin, où je suis, ni sur le terrain, où se situent les responsables militaires, la décision d’employer l’arme nucléaire tactique n’apparaît opportune. ( …) Quoi qu’il arrive je ne prendrai jamais l’initiative d’un geste qui conduirait à l’anéantissement de la France. » Une arme inutilisable, dont l’agresseur potentiel sait qu’elle ne sera pas utilisée, ne peut avoir aucun effet dissuasif. *Valéry Giscard d’Estaing, Le pouvoir et la vie, tome II, L’affrontement, Le Livre de Poche, 1992, p. 196 s.
  21. 21. La dissuasion nucléaire est inefficace - L’Égypte a attaqué Israël en 1967 malgré l'arme nucléaire israélienne, - l'Argentine n'a pas craint l'arme nucléaire britannique en 1982 quand elle a voulu annexer les îles Malouines, - la Russie n'a pas eu peur des armes nucléaires de l'Occident quand elle a phagocyté une partie du Donbass ukrainien en 2014. - Les armes nucléaires soviétiques et chinoises n’ont pas empêché la guerre russo-chinoise de 1969 au sujet d'une île du fleuve Oussouri, l'île Zhenbao. De nos jours, la CIA et de nom- breux historiens estiment le bilan humain à 20 000 morts. - Les armes nucléaires indiennes et pakistanaises n’ont pas empêché les crises entre l’Inde et le Pakistan depuis 1999, dont celle de Kargil, ("guerre des glaciers") qui a causé plus de 1 000 morts.
  22. 22. La dissuasion nucléaire est dangereuse - à cause de la prolifération dans le monde (USA, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord, peut-être Arabie saoudite, Iran, Syrie, etc.) - à cause des risques d’accidents. Par ex., un responsable du Pentagone a révélé, le 27 octobre 2010, que l’armée américaine avait perdu le contact, quatre jours plus tôt, pendant 45 minutes, avec 50 missiles nucléaires balistiques intercontinentaux d’une portée de 5 500 km. Une panne informatique est à l’origine de cet incident. Le Monde daté du vendredi 29 octobre 2010 Photo du haut : Les États dotés de l’arme nucléaire sur la carte du monde.
  23. 23. La dissuasion nucléaire démobilise la population au sujet de sa défense Comme naguère la ligne Maginot* face au nazisme, le risque principal de la dissuasion nucléaire est de démobiliser la population au sujet de sa défense, et de la laisser complètement démunie en cas d’échec de la dissuasion. * La ligne Maginot, est une ligne de fortifications construite par la France le long de sa frontière avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie entre 1928 et 1940. Bien qu'utili- sées pendant les combats de mai-juin 1940, ces fortifications, contournées notamment par la Belgique, n'empêchent pas la défaite française, à tel point que l'expression "ligne Maginot" est devenue synonyme d'une défense qu'on croit inviolable, mais qui se révèle inefficace. Sur l’arme atomique et la dissuasion nucléaire, voir sur ce site la série de diaporamas ‘Abolir l’arme nucléaire’ Images : - La ligne Maginot - L’exode de 1940 - Un livre sur la collaboration sous le régime de Vichy
  24. 24. Quelle défense de la France et de l’Europe face aux menaces actuelles? Les menaces réelles et nouvelles qui pèsent sur nos sociétés ne sont plus seulement le déferlement d’unités armées poursuivant des objectifs de conquête ou d’asservissement, comme l’armée russe en Ukraine en 2022. Elles sont d’une tout autre nature : Conséquences de la fuite en avant : réchauffement climatique ; chute de la biodiversité ; pollution ; crises économiques et financières ; crises d’approvisionnement énergétique (pétrole, gaz) et, par suite, alimentaires ; conflits liés aux ressources naturelles (terres, eaux, minerais), accaparement des ressources par des États et des sociétés multinationales, etc.
  25. 25. Quelle défense face à des menaces nouvelles ? - Conséquences du repli sur soi identitaire et de la volonté de revanche : terrorisme, fanatisme, nationalisme et xénophobie, impérialisme de certains pays (impérialisme russe sous Poutine, expansionisme économique et militaire chinois, revendications turques en Méditerranée, etc.) - et, selon une approche de ces menaces qui s’efforce d’être globale et systémique, le risque d’effondrement qu’analysent les collapsologues.
  26. 26. La dissuasion nucléaire : inopérante … Face à ces diverses menaces, quels constats peut-on faire ? La dissuasion nucléaire ne permet de faire face à aucune de ces menaces, pas même à l’impérialisme économique et militaire chinois, aux revendications russes sur le Donbass ou l’Arctique ou turques en Méditerranée. Les puissances à visée expansioniste - constatent que notre dissuasion ne les empêche ni ne les freine en rien dans leurs ambitions, - et savent que nos armes nucléaires ne peuvent pas être utilisées contre elles. Si elles l’étaient contre des puissances nucléaires, notre pays serait détruit par leur riposte. Faire peser sur notre pays un tel risque est pour le moins une curieuse façon de vouloir le défendre. La réponse, française et européenne, doit être économique (sanctions), politique (action dans les instances internationales, soutien aux démocrates dans les dictatures et "démocratures"), culturelle et médiatique (mobilisation de la société civile internationale).
  27. 27. La dissuasion nucléaire : inopérante … … et nuisible Au contraire, la dissuasion nucléaire aggrave ces menaces : - prolifération horizontale (nombre de pays dictatoriaux ou autoritaires tentés par l’acquisition de ces armes) et verticale ("performance" des armes), - risques d’erreurs humaines, de défaillances techniques et informatiques, - risques d’attaques cybernétiques perturbant les systèmes d’alerte et de déclenchement des armes, - détournement des ressources humaines et financières qui pourraient être utilisées de façon morale et intelligente pour faire face aux défis de notre monde : misère, analphabétisme, pandémies, exclusion, etc.
  28. 28. Européaniser les interventions militaires Dans l’urgence, les démarches diplomatiques et les stratégies non-violentes de prévention et de résolution non-violente des conflits, qui doivent être la norme et la règle, sont la plupart du temps inopér- antes, à plus forte raison face à certains types d’acteurs fanatiques comme Daech ou Boko Haram. Certes, un développement économique durable, la prévention des conflits et l’intervention civile de paix sont les bonnes orientations à long terme. Mais, face à un péril actuel et immédiat, il n’est pas possible de laisser sévir les criminels et de se laver les mains derrière les belles idées, les principes de morale et l’attente d’un monde meilleur. Dans l’état actuel de l’humanité, les interventions militaires de pays démocratiques sont nécessaires face à des dictateurs, des groupes extrémistes violents, ou pour séparer des belligérants, protéger des populations menacées, etc.
  29. 29. Européaniser les interventions militaires (suite) L’important est donc de définir dans quelles conditions ces interventions peuvent être envisageables, plutôt que laisser les critères être définis uniquement par nos dirigeants sans concertation démocratique suffisante. Ces interventions doivent être menées par des professionnels disponibles rapidement, très bien formés et équipés, dans un cadre politique et éthique précis. Il importe - qu’elles soient assurées désormais dans le cadre européen, ce qui garantira leur prise en charge internationale, leur bien-fondé (et notamment qu’elles ne soient pas décidées pour des motifs très discutables de défense des intérêts économiques ou politiques d’un seul intervenant), - et de les accompagner par une action politique réfléchie et cohérente avec nos partenaires, notamment africains, pas seulement leurs dirigeants politiques, mais leur société civile.
  30. 30. Faire connaître et développer la défense civile non-violente (DCNV) La DCNV* est une défense démocratique de la démocratie. Elle repose sur la non-collaboration (économique, politique, psychologique) préparée et organisée, de toute la population face à un agresseur extérieur ou à un régime dictatorial ou autoritaire en interne, combinant la résistance des autorités légitimes de la nation et celle de toutes les forces vives du pays. Elle est conçue à la fois comme une résistance face à une agression ou à un coup d’État, et comme une dissuasion envers des acteurs externes et internes malveil- lants ou dangereux. Elle nous apparaît être la forme de défense la plus appropriée pour faire face aux divers types de défis actuels. * voir les diaporamas suivants, notamment 8 et 9 ■

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