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Afin de prévenir la répétition d'un cas simil...
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Hypothèse Sapir-Whorf appliquée à Lufthansa/GermanWings

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Hypothèse Sapir-Whorf appliquée à un contexte socio-culturel germanique.
Dans ce document, nous prenons notre langue maternelle, le français comme point de référence et nous analysons les caractéristiques du contexte socio-culturel germanique en comparaison avec la référence.
Nous analysons les conséquences de ces différences sur le comportement individuel et social des locuteurs de ces différents contextes sociaux et nous déterminons si ces différences peuvent apporter un éclairage sur l'action du co-pilote A.L. responsable du crash du vol Lufthansa/GermanWings 4U9525.
Nous nous servons des enseignements tirés de ces analyses pour émettre des lignes directrices et des recommandations pour prévenir la récidive d'un tel acte ou de tout acte présentant une genèse similaire.

Mise à jour du 2015.06.29

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  • Vous qui entrez dans ce document, n'abandonnez aucune espérance mais tenez compte du fait que les comportements dans le cadre de l'analyse d'un contexte culturel sont difficilement discernables les uns des autres. Par conséquent, j'ai dû augmenter le contraste au maximum. Les comportements sembleront peut-être caricaturaux, c'est le résultat du très fort contraste, ils n'en demeurent pas moins tels que décrits. L'autre point important à prendre en compte est le caractère probabiliste des constatations, il est toujours possible de trouver un contre-exemple qui démontre l'inverse de mes affirmations. Le seul point à prendre en compte est l'attitude de la majorité. Merci de votre compréhension et bonne lecture !
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Hypothèse Sapir-Whorf appliquée à Lufthansa/GermanWings

  1. 1. Didier BAUDOIS Blue Ocean, Sweet Blue Ocean Strategy Ingénieur en génie logiciel HES Systemics in action Chemin de l'Ouche-Dessus 54 CH-1616 Attalens Page 1 / 14 Consensus et perception du futur: Vol GermanWings 4U 9525, pourquoi la Lufthansa n'aurait jamais pu détecter le cas A. L. Nous allons examiner les caractéristiques syntaxiques, sémantiques et sociales de la langue allemande en comparaison avec la langue française et la langue anglaise afin de déterminer si le crash du vol (Lufthansa) GermanWings 4U 9525 peut s'expliquer dans le cadre de l'hypothèse Sapir- Whorf (HSW) telle que décrite dans ce premier document et ce deuxième document. Cette théorie remonte aux années 1930 et prétend que la langue utilisée façonne la pensée par le biais des mots et concepts disponibles dans le champ sémantique de cette langue. Par exemple, les langues amérindiennes Hopi ne connaissent aucun terme temporel; par conséquent, selon cette théorie, les Hopis ne seraient pas capables de penser en unités de temps telles que le nombre de jours ou de mois séparant deux événements distincts. Selon cette description, l'hypothèse Sapir-Whorf est censée agir au niveau de la cognition, la façon dont le sujet forme sa pensée, ses idées ou ses émotions. Pour ma part, et en accord avec mes études sur la communication systémique, je considère que l'hypothèse Sapir-Whorf doit être comprise comme agissant au niveau de la verbalisation des idées et de leur partage avec d'autres interlocuteurs, c'est-à-dire de leur communication. Si la langue ne dispose pas de mots supportant un concept donné, la conséquence en est que le sujet ne pourra pas verbaliser, s'expliquer à lui-même, son idée, son émotion, ou devra recourir à des périphrases et des analogies. Il en ira de même lorsque le sujet tentera d'expliciter sa pensée, son idée ou son émotion à d'autres interlocuteurs. L'absence de concepts universellement acceptés à l'intérieur du champ sémantique d'une langue donnée force le sujet à utiliser des périphrases et des analogies, ce qui augmente le risque d'incompréhension et de malentendus. Le cas échéant, par peur des conséquences de l'incompréhension, le sujet peut être amené à renoncer à communiquer et partager sa pensée. Cette possibilité est d'autant plus probable si le thème d'une éventuelle discussion est en rapport avec des domaines sensibles tels que les tabous. Au début était le verbe J'ai considéré que le verbe est le moteur de la transmission des idées et sa conjugaison permet la mise en œuvre de l'intention du locuteur. J'ai identifié les temps de conjugaison des langues suivantes: - Français - Allemand académique (Hochdeutsch) - Anglais J'ai ensuite réparti ces temps en 4 catégories: - Les temps du présent qui déterminent une action se passant au moment de la narration. - Les temps du passé qui déterminent une action ayant eu lieu avant le moment de la narration. - Les temps du futur qui déterminent une action qui se déroulera après le moment de la narration. - Les temps conjecturaux, conditionnel et subjonctif, qui recouvrent le champ des actions hypothétiques ou soumises à la réalisation préalable d'une autre action.
  2. 2. Systemics in action Page 2 / 14 Je n'ai pas retenu le temps de l'impératif à cause de son usage restreint et identique dans les 3 langues considérées. Je présente le résultat dans le tableau ci-dessous. Français Allemand Anglais Présent 1 temps présent 1 temps présent 1 temps présent L'anglais fait une différence entre le present simple et le present continuous ou present progressif qui se traduisent par des périphrases dans les deux autres langues. Passé 5 temps passés 3 temps passés 3 temps passés Ces temps sont dédoublés en modes simples et progressifs. Futur 2 + 1 temps futurs Le français connait un futur proche et un futur lointain. Le futur antérieur sert à définir l'antériorité d'une tâche dans le futur. 1 + 1 temps futur L'allemand connait un futur indifférencié. Le futur antérieur sert à définir l'antériorité d'une tâche dans le futur. 5+ 1 temps futurs L'anglais connait un future simple et 4 temps modaux dépendant du contexte. Le future perfect est l'équiva- lent du futur antérieur. Conjectural 8 temps conjecturaux 8 temps conjecturaux 6 temps conjecturaux Certains sont dédoublés en modes simples et progressifs. CAVEAT: Je suis de langue maternelle française et je me suis servi du français comme référence pour l'analyse comparative des deux autres langues Présent Nous constatons que toutes les langues examinées disposent d'un seul temps pour parler du présent. L'anglais présente la particularité d'avoir une conjugaison spécialisée pour parler d'une action en cours d'exécution: le présent continu ou progressif. Le français et l'allemand résolvent cette question au moyen d'une périphrase: "Je suis en train de…" resp. "Ich bin am …" Passé L'allemand et l'anglais disposent de 3 temps passés alors que le français dispose de 5 possibilités d'exprimer une action appartenant au passé. Ici également et, pour chacune des 3 conjugaisons, l'anglais présente la particularité d'avoir une déclinaison spécialisée pour relater des événements ayant eu lieu alors qu'une action était en cours d'exécution: le temps progressif. Le français et l'allemand résolvent cette question au moyen de périphrases. Temps conjecturaux L'allemand et le français disposent de 8 temps conjecturaux alors que l'anglais dispose de 6 possibilités d'exprimer une action hypothétique ou conditionnelle. Ici également, certaines conjugaisons anglaises présentent la particularité d'avoir une déclinaison spécialisée pour relater des événements pouvant avoir lieu alors qu'une action est en cours d'exécution: le temps progressif. Le français et l'allemand résolvent cette question au moyen de périphrases.
  3. 3. Systemics in action Page 3 / 14 Futur Français La verbalisation du futur est le domaine qui présente le maximum de diversité. Le français dispose de 2 temps pour exprimer une action qui se déroulera dans le futur: - Le futur simple qui décrit des actions qui auront lieu dans un futur plus ou moins lointain, par exemple "Je ferai". - Le futur composé qui décrit des actions qui se produiront dans un futur proche "Je vais faire" - Le futur antérieur est un temps qui sert à définir quelle action aura lieu avant celle identifiée par le temps de l'action principal, il établit la séquence de travail. Le futur antérieur se conjugue sous la forme "J'aurai fait" qui décrit l'action future préalable à l'action effectuée au futur simple "Lorsque j'aurai fait ceci, je ferai cela". Ainsi que je l'ai explicité dans ce document, il est possible de déterminer sans aucune ambiguïté l'ordre de réalisation de deux actions en fonction des temps utilisés pour les décrire. Par exemple, la phrase "Je vais boire un café, je mangerai un sandwich" permet de comprendre sans équivoque que l'action de boire un café est un futur proche alors que manger un sandwich est un futur plus lointain. Le futur antérieur ne donne aucune information de proximité temporelle. Par exemple, dans les phrases "Lorsque j'aurai fait ceci, je ferai cela" ou "Lorsque j'aurai fait ceci, je vais faire cela", le futur antérieur ne renseigne que sur l'ordre des actions, seul le temps de la phrase principale, futur simple ou composé, peut nous informer sur la proximité de l'action. Anglais L'anglais possède un seul temps de conjugaison pour le futur. Il dispose de plusieurs temps modaux pour distinguer les différentes formes de futur, proche ou lointain, planifié avec ou sans certitude. Ces différentes formes permettent de distinguer sans ambiguïté les différentes formes de futur. L'anglais dispose également d'un futur antérieur pour ordonner la séquence des tâches. Allemand L'allemand ne dispose que d'un seul temps futur, ce qui ne permet pas de différencier les aspects proches ou lointains du futur. L'allemand résout cette question au moyen de périphrases. L'allemand dispose d'un futur antérieur pour ordonner la séquence des tâches. Des périphrases La différence entre les temps modaux et les périphrases est essentiellement une question de norme sociale. A l'opposé de la périphrase qui est une construction individuelle, le temps modal est une construction normalisée dont la structure obéit à des règles explicites. De ce fait, il n'y a pas d'ambiguïté sur le sens véhiculé par le temps modal. Aussi bien l'émetteur du message que le récepteur disposent d'une grille de lecture commune sur la façon de construire et d'interpréter la communication. Des formes littéraires comparées aux formes vernaculaires Dans le cadre de l'hypothèse Sapir-Whorf, il est primordial de bien comprendre que le langage examiné est le langage usuel. Le sujet de l'étude est la communication au sein de la globalité de la communauté considérée. Par conséquent, le langage analysé sera le plus petit dénominateur commun à l'ensemble des membres de la communauté. Il peut exister des formes littéraires ou désuètes qui autorisent une communication univoque. Mais le fait que seule une minorité ait encore la maitrise de ces formes les rend inaccessibles à l'ensemble des locuteurs.
  4. 4. Systemics in action Page 4 / 14 Je cite par exemple la concordance des temps en français qui est progressivement abandonnée par la majorité des locuteurs. Le célèbre "Si j'aurais su, j'aurais pas venu" opposé à la forme académiquement correcte "Si j'avais su, je ne serais pas venu" démontre sans équivoque la perte de qualité qui résulte de l'abandon de la maitrise de la grammaire. Certes, on comprend toujours l'intention du locuteur mais la confusion des temps due à l'absence de concordance impose un effort de réflexion supplémentaire pour déterminer quelle action est subordonnée à l'autre. D'autres langues telles que l'espagnol accordent une très grande importance à la concordance des temps, y compris dans le parler vernaculaire. Conséquences comparées En français comme en anglais, les locuteurs disposent d'outils pour séquencer le futur. Ces formes grammaticales sont connues de la grande majorité de la population et leur utilisation est banale, ce qui crée un cercle vertueux qui renforce aussi bien leur maitrise que leur usage. L'allemand ne dispose pas de tels outils servant à ordonner la suite des actions à entreprendre. Le locuteur se voit contraint à recourir aux périphrases dont nous avons vu qu'elles peuvent être source de malentendus et de confusion à cause de l'absence de normes sur leur emploi. La conséquence de cette réalité est que le locuteur allemand se trouve face à un dilemme lorsqu'apparait le besoin de synchroniser son action avec d'autres intervenants. L'alternative qui lui est offerte consiste à choisir entre la contrainte d'une communication explicite en cherchant à déterminer l'ordre des tâches à effectuer selon une séquence aussi exacte que possible ou la tolérance d'un certain "flou artistique" dans la réalisation de la séquence de tâches. Nous avons vu que l'allemand ne dispose pas de futurs distincts. Par conséquent, la définition d'une séquence sera une tâche longue et fastidieuse, c'est-à-dire coûteuse en énergie. Le locuteur allemand se retrouve face à un choix cornélien: - Soit il consacre un temps et une énergie importante à synchroniser les actions des intervenants. - Soit il accepte de donner aux autres intervenants une grande liberté de mouvement dans la réalisation de leurs actions. La complexité et le coût énergétique de la synchronisation fait que cette solution ne sera choisie que s'il existe d'impérieuses raisons d'y recourir. Dans tous les autres cas, en accord avec le principe d'économie d'énergie, la liberté d'action prévaudra. Au vu de ce qui précède, il n'est pas surprenant que la culture allemande soit fortement marquée par les notions de consensus implicite et les non-dits. Le non-dit est le résultat de la volonté de rester autant que possible dans la zone d'économie d'énergie alors que le consensus est le résultat des négociations implicites et explicites à effectuer chaque fois que les contraintes du moment imposent une synchronisation de l'action, que cette synchronisation soit explicitement ou implicitement conclue. En résumé, la culture allemande va privilégier autant que possible le non-dit, principalement pour une question d'économie de moyens, avant de céder à la nécessité du consensus, lequel présente toujours le risque d'être fastidieux à obtenir à cause des contraintes résultant de la neutralisation des ambiguïtés que les périphrases sont susceptibles de générer. C'est également pour une question d'économie d'énergie que la langue allemande utilise aussi souvent des formulations passives et dépersonnalisées car elles représentent un moyen très efficace d'accélérer la conclusion du consensus car on ne nomme pas directement la ou les personne(s) en charge du problème.
  5. 5. Systemics in action Page 5 / 14 Les non-dits: "Don't ask, don't tell" ou "Pas vu, pas pris" ? La culture allemande ne peut agir que selon le principe du "Don't ask, don't tell". En effet, seul ce contexte culturel garantit l'expression du non-dit d'une manière soutenable à long terme avec les exigences du consensus. La comparaison des modes d'action de ces deux contextes lève toute ambiguïté. Le contexte de culture française du "Pas vu, pas pris" laisse un degré de liberté en dehors des actions socialement autorisées et valorisées. Selon ce contexte, celui qui veut agir en dehors du contexte socialement accepté peut le faire à condition de masquer les actions en question, c'est le "Pas vu". S'il réussit à cacher ces actions aux yeux de la société, bien que ces actions soient socialement réprimées, l'individu ne subira aucune sanction sociale, c'est le "Pas pris". Cette situation peut donner lieu à ce qui passe pour une certaine hypocrisie lorsque le pas de côté devient un secret de polichinelle. Mais le texte complet de la maxime nous renseigne mieux sur le contexte culturel global: "Pas vu, pas pris. Pris, pendu ! ". Ceci signifie que celui qui passe outre un interdit social, lorsqu'il sera pris, sera pendu, c'est-à-dire que la sanction sera socialement visible et infamante, marquant de ce fait la reprise du pouvoir par un ordre social qui tolère les écarts tant qu'ils sont cachés mais qui n'admet pas la contestation explicite, visible de cet ordre social. Comme je l'ai mentionné, l'acceptation de la transgression à condition qu'elle ne trouble pas l'ordre social peut passer pour hypocrite. Cette position morale est parfaitement justifiée et, dans un monde idéal, une telle hypocrisie devrait être combattue. En tolérant, et la pratique, et l'hypocrisie qui en résulte, le contexte social reconnait implicitement que nous ne vivons pas dans un monde parfait et accompagne cette reconnaissance d'imperfection de la nécessaire tolérance face aux rébellions légères. Cette souplesse dans l'application du cadre social rend le contexte plus résilient et favorise son adaptation à l'évolution des mœurs et des contextes sociaux. A contrario, dans le "Don't ask, don't tell", l'écart n'est ni toléré, c'est le "Don't tell", ni même intégré d'une manière ou d'une autre dans le contexte social, c'est le "Don't ask". Alors que dans le contexte socio-culturel français, il existe une soupape de sécurité sous la forme d'une tolérance face à la transgression, ces systèmes de sécurité sont absents du contexte social allemand qui n'admet que la perfection d'un ordre absolu. Toute personne qui se voit contrainte, sous quelque circonstance que ce soit, à venir frôler les marges ou qui se voit poussée à la transgression, ne dispose de facto d'aucune échappatoire. L'absence de mécanisme social de dissipation des tensions fait qu'une accumulation de contraintes peut dégénérer en désintégration plus ou moins violente lorsque le seuil de rupture est franchi. Un tel contexte social est plus contraignant, moins résilient pour ses membres qu'un contexte plus souple, moins soucieux de perfection, avec toutes les conséquences que ce constat implique.
  6. 6. Systemics in action Page 6 / 14 Le cas GermanWings Ce que la Lufthansa pouvait faire, ce qu'elle ne pouvait pas faire Les médias ont révélé récemment que l'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) avait constaté plusieurs cas de non-conformité "aux règlements européens en matière de sécurité aérienne, en particulier dans le domaine du suivi médical" dans l'application par les autorités allemandes des règlements européens en la matière. Je ne suis absolument pas surpris par ces découvertes étant donné le contexte social qui encadre la mise en œuvre des règlements en question au sein de l'environnement allemand. Que ce soit la Lufthansa ou l'administration fédérale allemande concernée, ces organisations sont formées d'humains qui sont soumis aux contraintes sociales de leur milieu professionnel et privé. Si un règlement impose une exigence qui entre en contradiction avec ces contraintes sociales, l'humain n'a pas d'autre choix que de développer une stratégie d'adaptation qui rendra la contrainte supportable. Parmi toutes les stratégies d'adaptation à disposition des personnes en question, le "Don't ask, don't tell" est une des méthodes les plus performantes qui soit lorsqu'il s'agit de NE PAS agir en fonction d'une contrainte à laquelle on ne peut socialement se plier, bien que la mise en œuvre de cette stratégie d'évitement soit souvent source de dommages collatéraux plus importants que les dangers censés être prévenus par l'application de la contrainte originelle. La conséquence de cet état de fait est que le contexte social allemand ne sera JAMAIS capable de garantir un niveau de sécurité approchant le niveau susceptible d'être atteint par un contexte plus souple tel que le "pas vu, pas pris". Je ne doute pas que les directives européennes soient de grande valeur et participent pleinement à la sécurité du trafic aérien. Je constate que, par défaut de prise en compte du contexte social du groupe cible, les directives ne peuvent être appliquées conformément aux intentions du législateur européen, conduisant à une dégradation notable de leur efficacité. Une des lois fondamentales de la systémique affirme que le but de tout système est de maintenir son activité. À travers divers mécanismes adaptatifs, chaque changement de l'environnement va déclencher une réponse correctrice qui assure le maintien des fonctions du système. Afin de ménager autant que possible les réserves énergétiques du système, tout changement sera effectué en y consacrant aussi peu d'énergie que possible. Il est possible de modéliser les interactions entre plusieurs intervenants de la même manière que n'importe quel autre système, chaque intervenant est représenté comme un élément de type "humain" et l'analyse porte sur les relations entre les éléments ainsi que sur la consommation d'énergie en fonction de la durée des interactions et des comportements mis en œuvre par les différents intervenants. Dans le cas de la recherche du consensus, les intervenants vont systématiquement chercher à minimiser la quantité d'énergie nécessaire à l'établissement du consensus. Entre autres mécanismes adaptatifs, il y a la procrastination qui peut être comparée à un effet de seuil. La recherche du consensus n'est pas immédiate, un intervenant peut tolérer de se trouver momentanément dans une zone d'inconfort si la dépense d'énergie liée à sa présence dans cette zone d'inconfort reste dans des limites considérées comme supportables par l'intervenant lui-même. Il s'agit d'un processus dynamique. Aussi longtemps que le seuil de l'insupportable n'est pas franchi, rien ne va changer. Sitôt ce seuil franchi, une réponse adaptatrice sera générée qui va corriger la situation. Cette correction sera aussi grande que nécessaire pour redescendre en dessous du seuil d'inconfort, mais aussi faible que possible, pour ne pas épuiser les réserves d'énergie.
  7. 7. Systemics in action Page 7 / 14 En d'autres termes, laissé à lui-même, un système ou un élément du système tel qu'un intervenant ne va jamais chercher à atteindre un optimum idéal car cette recherche demande une consommation d'énergie plus élevée que celle nécessitée par la seule correction vers un inconfort léger. Un système, un intervenant va toujours évoluer entre une zone d'inconfort insupportable, qui est à fuir à cause de son coût prohibitif, et une zone d'inconfort supportable dans laquelle le maintien du fonctionnement est souhaité en raison de la faible dépense d'énergie. En fonction de certains aléas, le système, l'intervenant peut parfois se retrouver dans une zone de confort notable, mais l'intervenant ne va jamais tout mettre en œuvre pour s'y maintenir car les corrections à apporter pour y rester impliquent une dépense d'énergie plus élevée que celle nécessitée par le maintien dans la zone d'inconfort léger. Par conséquent, l'intervenant va tolérer à long terme de rester dans cet inconfort léger sans chercher à tout prix le confort optimal. Selon les lois de la systémique, un système stable est donc un système qui oscille entre une zone de confort passagère, car la dépense d'énergie pour s'y maintenir est trop élevée, et une zone d'inconfort insupportable également transitoire, car le prix de l'inconfort est si élevé qu'il justifie la dépense nécessitée par la fuite hors de cette zone inconfortable. La zone comprise entre ces deux est la zone d'inconfort léger qui n'est satisfaisante que parce que le séjour y est très économique. Une des conséquences de cette réalité que chacun peut constater, est que la notion de qualité, non seulement ne fait pas partie de la finalité d'un système, mais lui est plutôt antinomique. Il est possible d'expérimenter cette réalité de manière pragmatique : la démarche qualité la plus primaire ne consiste pas à produire le meilleur produit possible, mais à l'améliorer suffisamment pour maintenir les critiques des utilisateurs juste en dessous du niveau considéré comme insupportable... Transposé dans le système de la sécurité aérienne, cette réalité fait qu'il est illusoire d'espérer qu'un individu, une entreprise ou une administration cherchent à tout prix à atteindre le plus haut niveau de qualité ou de sécurité puisque cette situation est définie par la systémique comme étant à fuir, car trop coûteuse à obtenir, tout comme est à fuir l'absence de sécurité qui est tout autant coûteuse car elle peut amener le client à fuir ce système de transport. Cette situation a été cyniquement résumée il y a plus de 30 ans par un spécialiste de l'aviation civile en une phrase-couperet "Combien de morts par année sommes-nous prêts à considérer comme acceptable dans la lutte contre les accidents d'avion ?" Ce que le co-pilote pouvait faire, ce qu'il ne pouvait pas faire Aussi étrange que cela puisse paraitre de prime abord, cet acte apparait comme très encadré par les contraintes sociales propres à la culture allemande. Les contraintes nées du contexte "Don't tell!" le coupant de toute possibilité de verbaliser son malaise, il est resté prisonnier du maelström d'impulsions antagonistes qu'il a contribué à créer. Qu'on en juge: - Dès son enfance, il s'est focalisé sur le métier de pilote d'avion, ainsi qu'en rêvent de nombreux enfants avant de passer à autre chose. - A. L. a persévéré, il est entré dans une club de vol à voile dès qu'il a eu l'âge d'en faire partie et s'est lui-même enfermé dans la contrainte sociale née de l'annonce urbi et orbi de la volonté d'exercer un métier bénéficiant d'un grand prestige. - Hélas pour lui, on ne peut impunément confondre les contraintes caractérisant l'exercice d'un hobby pratiqué au sein d'un groupe de passionnés toujours prêts à soutenir la relève, surtout lorsque celle-ci est très motivée, avec celles d'une profession très exigeante et soumise à des pressions économiques à la limite de l'excès. - Les commentaires et les faits divulgués par les médias tendent à indiquer qu'A. L. était un individu très intelligent et certainement aussi très sensible, d'une émotivité supérieure à la
  8. 8. Systemics in action Page 8 / 14 moyenne et vécue dans un mode très introverti. Le constat d'imaginer ne pas être à la hauteur des contraintes du métier a certainement dû apparaitre très tôt après l'entame de la formation de pilote professionnel. - Le portrait qui commence à se dégager de cette constellation est celui d'un jeune homme au bénéfice de bonnes aptitudes pour le pilotage mais qui qui scie lui-même la branche sur laquelle il se tient en s'infligeant des pressions psychologiques excessives. - Cette situation l'a, entre autres, amené à interrompre sa formation initiale, le temps de soigner un épisode dépressif. - Les contraintes sociales nées du contexte germanique de consensus ont encore renforcé le caractère pathologique de ce schéma relationnel. La structure sémantique de la langue allemande la rendant modérément apte à analyser le passé, en comparaison du français, et mal équipée pour la maitrise du futur, il en résulte un contexte social qui tend à éviter les remises en question publiques. Personne dans l'entourage privé et professionnel du jeune homme n'a pu socialement prendre le risque d'aborder ouvertement les questions qui fâchent. - Même son employeur n'avait d'autre choix que de le déclarer "100% apte à piloter, sans aucune restriction" ! - Suffisamment intelligent et conscient des responsabilités de son travail mais privé de toute possibilité de dialogue sur ses éventuels doutes, il est patent que ce jeune homme s'est trouvé soumis à des pressions psychologiques et sociales qui se sont accumulées jusqu'à entrainer sa tragique fin. - Entre autres manœuvres désespérées pour se libérer de cette pression, il a démarré une relation avec une collègue de travail en parallèle de la relation qu'il entretenait depuis plusieurs années avec un amour de jeunesse, supposant peut-être que cette personne, en tant que membre de la même entreprise et du même milieu du personnel volant, serait plus à même de l'aider à sortir de son marasme. L'avenir a prouvé que cette hypothèse était particulièrement mal fondée puisque cette relation n'a duré que le temps de leur affectation commune. - L'annonce de la grossesse de sa compagne de longue date ainsi que la découverte simultanée de la tromperie de son partenaire, laquelle découverte a entrainé de très grosses perturbations de la relation, se sont ajoutées aux pressions existantes. - Un possible décollement de rétine ou toute autre atteinte sérieuse de sa vision, probable conséquence d'un accident de la circulation, lui a fait prendre conscience qu'il risquait la révocation définitive de la licence de vol au prochaine contrôle médical planifié en juin de cette année. Soumis à de telles contraintes, certaines nées de ses propres actions, d'autres résultant des aléas de la vie, la question n'était pas de savoir SI ce jeune homme allait craquer mais QUAND et surtout COMMENT se produirait cet éclat. Un faisceau d'indices tend à montrer qu'A.L. s'est progressivement focalisé sur son employeur en tant que cause principale de ses problèmes, le crash qui a dramatiquement mis fin à sa vie ainsi qu'à celle des 149 autres passagers de l'Airbus A320 pouvant s'expliquer comme une ultime revanche, un moyen de faire souffrir Lufthansa comme lui-même a considéré avoir souffert à cause de Lufthansa puisque cette souffrance était manifestement liée à sa profession.
  9. 9. Systemics in action Page 9 / 14 Une vision orientée vers le futur Hypothèses Afin de prévenir la répétition d'un cas similaire, que ce soit en Allemagne ou ailleurs dans le monde, que cela concerne le transport aérien ou toute autre activité susceptible d'entrainer une atteinte à l'intégrité, nous allons nous attacher à découvrir les éléments sous-jacents qui ont participé à la genèse de cet événement. Je ne m'occuperai ni de responsabilité ni de culpabilité car ce n'est ni mon rôle ni ma compétence. Je pose comme hypothèse que les facteurs en cause sont le fruit de la manière dont le sujet aborde sa vie, en particulier, de la manière dont il entrevoit et planifie son futur. Je pose également comme contrainte le fait que le contexte culturel allemand est peu performant en ce qui concerne les possibilités de verbaliser le futur à cause de l'absence d'outil linguistique permettant de séquencer le futur. Constats sur l'attitude d'A.L. La collection d'indices qui sert de base à ma recherche de solution révèle qu'A.L. s'est très vite enfermé dans un schéma focalisé sur un seul futur professionnel possible: il veut devenir pilote d'avion. L'existence d'un certain talent supportant ce désir a, dans un premier temps, permis de renforcer la détermination et la motivation du jeune adolescent. Déjà à cette époque, aucune mesure susceptible de limiter la focalisation ni aucune mesure visant à provoquer une ouverture vers d'autres alternatives n'ont pu être mises en œuvre car le contexte sociologique germanique interdit une telle remise en question. Par la suite, lorsque sont apparues les premières fissures dans l'édifice, ces dernières ont été perçues à un stade précoce par le sujet lui-même, ainsi qu'en témoignent ses épisodes dépressifs initiaux. Malgré cela, l'absence d'outils de communication appropriés au sein du contexte social lui a interdit de faire part de ses doutes et de ses appréhensions à qui que ce soit. Il semble qu'A.L. a vainement cherché des moyens de se confier sur ses peurs, allant jusqu'à tromper sa partenaire de longue date dans l'espoir qu'une liaison avec une collègue navigante lui permettrait de mieux cerner ses problèmes. L'échec de cette tentative ainsi que le poids des conséquences qui en ont résulté ont certainement agi comme déclencheur total ou partiel de sa solution finale. L'échec de ses tentatives de compréhension de sa situation, l'échec de ses appels au secours ont certainement induit son retournement contre son employeur. Lorsqu'il a pris conscience que ses problèmes de santé psychique et ses difficultés visuelles allaient mettre un terme définitif à sa carrière ainsi qu'au statut social lié à sa profession, il s'est senti acculé au point de ne voir d'autre issue que la mort. Se sentant certainement abandonné de tous et surtout de son employeur qu'il avait perçu comme seul capable de lui fournir la reconnaissance sociale à laquelle il aspirait, les frustrations accumulées l'ont amené à se venger d'une manière qui ne laisserait personne aveugle sur la détresse qu'il a ressentie, ainsi qu'en ont témoigné certains de ses proches et collègues. Il est facile de constater que l'expression des facteurs en cause sont d'ordre individuel (en d'autres termes: personne ne pointait d'arme sur le co-pilote pour l'amener à agir comme il l'a fait) mais si les expressions sont individuelles, il est tout autant patent que nombre de ces expressions sont le résultat d'une contrainte sociale, c'est-à-dire que le libre-arbitre n'est de loin pas aussi libre que le lieu commun le prétend.
  10. 10. Systemics in action Page 10 / 14 Constats sur l'attitude de la Lufthansa La publication récente de nombreuses justifications de la part de divers services de la Lufthansa cherchant à démontrer avoir tenté d'intervenir à temps sur le cas A.L. prouve que l'environnement socio-professionnel lié au contexte germanique ne dispose d'aucun outil susceptible d'influencer sur l'homéostasie d'une telle situation. Pour mémoire, je rappelle que l'homéostasie est une sorte de ligne directrice qui guide l'évolution d'un système. Je renvoie le lecteur intéressé aux documents suivants: Présentation, Mise en situation sur cas d'étude, Analyses du cas d'étude doc 1 et doc 2. Quelles qu'aient été les recommandations ou les avertissements des divers professionnels ayant été en contact avec A.L., leurs avis sont restés lettre morte. Aucun n'a réussi à infléchir le cours des événements. Aucune intervention n'a réussi à dépasser le seuil homéostatique qui a retenu les tentatives qui n'affichaient pas un degré d'urgence suffisant. Conditions minimales pour des solutions viables Au vu de ce qui précède, j'affirme que les solutions envisagées doivent absolument respecter les principes de l'homéostasie, c'est-à-dire chercher à appliquer un changement aussi petit que possible sur un acteur ou un contexte social soigneusement choisi en veillant à profiter au plus grand nombre tout en limitant les inévitables nuisances à un cercle aussi réduit que possible. Mesures à entreprendre et explications sur ces mesures J'ai constaté que le co-pilote a disjoncté sous l'effet de sa perception d'une accumulation réelle ou supposée de circonstances en opposition avec les projets professionnels et privés qu'il a esquissé tout au long de sa vie. J'ai relevé le constat par les autorités concernées d'une détérioration de la sécurité du trafic aérien par l'application non adéquate des directives européennes de sécurité aérienne, entre autres dans le domaine du suivi médical. J'ai constaté que l'entreprise elle-même est consciente du caractère problématique de cette situation et semble manifester un désir sincère de correction du problème. Les solutions à cette problématique peuvent être appliquées à plusieurs niveaux: - Modification du contexte socio-culturel de la société allemande dans son ensemble, par exemple par une modification de l'environnement social de manière à fortement diminuer l'influence du contexte "Don't ask, don't tell". - Modification du contexte socio-culturel de la Lufthansa, par exemple par une modification de l'environnement social de l'entreprise de manière à fortement diminuer l'influence du contexte "Don't ask, don't tell". Cette modification de l'influence du contexte en question étant limitée au seul domaine de la Lufthansa, elle va ipso facto générer des conflits potentiels entre l'environnement social de cette entreprise et l'environnement constitué du reste de la société allemande puisque la Lufthansa, en tant que sous-ensemble de la société allemande sera régie par des règles sociales différentes et parfois incompatibles avec les règles sociales du super- ensemble que la contient. - Modification du contexte socio-culturel d'une partie de la Lufthansa, par exemple une modification de l'environnement social du personnel naviguant de manière à fortement diminuer l'influence du contexte "Don't ask, don't tell". La modification du contexte social d'une partie de l'entreprise créera le même genre de conflits potentiels qu'évoqué plus haut entre les diverses parties de l'entreprise.
  11. 11. Systemics in action Page 11 / 14 - Modification des procédures de travail du personnel des compagnies aériennes, éventuellement limité au seul personnel volant, au niveau mondial / européen / allemand / de la Lufthansa sans adresser le problème du "Don't ask, don't tell" avec les mêmes dommages collatéraux potentiels. - Modification des procédures de suivi de carrière du personnel naviguant au niveau mondial / européen / allemand / de la Lufthansa sans adresser le problème du "Don't ask, don't tell " avec les mêmes dommages collatéraux potentiels. Il est possible de se focaliser sur une seule de ces mesures, sur un paquet de plusieurs mesures ou sur l'ensemble des propositions. J'ai classé ces propositions dans l'ordre de la meilleure efficience globale à la moins bonne efficience. Conclusion J'ai constaté que la sécurité du trafic aérien est péjorée par l'application non adéquate des directives européennes de sécurité aérienne, entre autres dans le domaine du suivi médical. La solution de cette problématique passe par une modification du contexte social local ou global de manière à fortement diminuer l'influence du "Don't ask, don't tell". D'autres solutions systémiques peuvent également être introduites au niveau européen afin de réduire autant que possible le risque de récidive d'un événement tel que l'accident du vol GermanWings 4U 9525 car même si d'autres contextes sont de prime abord plus résilients que le contexte en cause dans cet accident, ils n'en sont pas moins eux aussi susceptibles de conduire à des dérives dépendant de leurs idiosyncrasies. Je rappelle au lecteur que des événements similaires au crash du vol GermanWings 4U 9525 se sont déjà produits à de nombreuses reprises. Ci-dessous, selon Wikipedia (en), la liste des vols commerciaux s'étant terminé par un suicide d'un membre du personnel naviguant, certains de ces actes sont sujets à dispute: - Japan Airlines, vol 350, 9 février 1982 - Royal Air Maroc, vol 630, 21 août 1994 - SilkAir, vol 185, 19 décembre 1997 - EgyptAir, vol 990, 31 octobre 1999 - LAM Mozambique Airlines, vol 470, 29 novembre 2013 - Malaysia Airlines, vol 370, 8 mars 2014 (non confirmé, lieu du crash inconnu et boites noires pas retrouvées) Dans le cas du contexte allemand, il convient de noter que l'interaction entre ce contexte socio- culturel et les directives européennes de sécurité aérienne a déjà été prise en défaut. Dans le cas des manquements constatés par l'autorité de surveillance européenne, il est possible de n'agir que sur le cadre ponctuel des services administratifs concernés en resserrant les dispositions d'application. J'avertis explicitement les autorités concernées que, quelle que soit la ou les décisions qu'elles puissent prendre, chaque décision va automatiquement entrainer une rétroaction homéostatique systémique. Plus l'action sera locale et plus la rétroaction sera importante afin de maintenir l'homéostasie sociale globale, laquelle a déjà été à l'origine, entre autres, des problèmes constatés par l'administration européenne. Par conséquent, la non-prise en compte du contexte systémique ne pourra que mener à une répétition des problèmes constatés sous une forme similaire ou différente. Je recommande une action globale de faible énergie.
  12. 12. Systemics in action Page 12 / 14 Une action globale va automatiquement modifier l'homéostasie globale, ne laissant personne à l'abri de la transformation souhaitée. Lorsque correctement expliquée et médiatisée, l'action globale va entrainer un contrôle social implicite qui garantira à long terme l'acceptation et l'implémentation correcte de la modification. Une action de faible énergie ne requiert que peu d'engagement de la part des membres du groupe social cible de la modification. Par conséquent, les personnes concernées étant dispensées d'investir une énergie élevée dans un effort important, elles seront d'autant moins susceptibles de s'opposer au changement, facilitant ipso facto son acceptation sociale. En résumé, l'accident du vol GermanWings 4U9525 a généré un problème de société dont la solution ne peut être que médiatique et politique. La société allemande dans son ensemble se trouve face à une alternative: soit elle reconnait le caractère sociétal de ce problème et entreprend d'y apporter une réponse globale, soit elle rejette cette interprétation et préfère une action plus locale au risque de voir une récidive se produire dans le même ou dans un autre secteur social. Si la société allemande reconnait le caractère global du problème et accepte la solution globale, le bénéfice sera lui aussi globalement partagé entre tous les membres de la société. Si la société allemande se réfugie dans le non-dit et refuse la solution globale, le sous-ensemble de la société allemande qui se verra contraint à subir une solution locale sera pris entre le marteau de cette solution et l'enclume des habitudes sociales, entrouvrant la porte à une récidive. Le lecteur désireux de savoir comment la systémique est à même de traiter et analyser les questions de personnalité, d'émotions et de sentiments humains peut se référer au document http://fr.slideshare.net/DidierBaudois/blue-ocean-strategy-05-analyses-comparees . Quoi qu'il en soit, le temps presse ! Le pire ennemi du changement social est l'inertie sociale. Actuellement, cette inertie a été fortement secouée à cause du retentissement national de cet accident, il serait par conséquent judicieux de profiter de cet affaiblissement temporaire de l'inertie sociale pour initier un changement susceptible de résoudre ce problème. Il serait également judicieux de cesser l'escalade des propositions irréalistes telle celle présentée par le président du Deutscher Fliegerarztverband (association des médecins allemands du transport aérien). Hans-Werner Teichmüller propose une surveillance de la consommation de psychotropes. De telles idées sont manifestement lancées sous l'effet de l'émotion et risquent d'être fortement contre- productives car elles vont briser le lien de confiance entre les médecins et les pilotes. Il faut rester raisonnable et garder la tête froide. Demander des examens plus fréquents et plus rigoureux va seulement aboutir à une martyrisation des pilotes, de même que l'éventuelle introduction de tests psychologiques. De tels tests vont inutilement alourdir les procédures car les pilotes ne sont pas malades et ne doivent pas a priori être considérés comme tels. Ces solutions font inutilement peser un lourd soupçon sur une corporation déjà soumise à de très fortes sollicitations et risquent aussi bien de lever de très nombreux faux-positifs que d'amener les éventuels profils à haut risque à mieux cacher leur état. Il existe suffisamment de solutions systémiques respectant l'équilibre homéostatique qui permettent de mieux encadrer le personnel naviguant sans qu'on se laisse aller à de telles dérives hystériques.
  13. 13. Systemics in action Page 13 / 14 Addendum 20 juin 2015 Selon le procureur Brice Robin en charge du dossier, A.L. a vu pas moins de 41 docteurs durant les 5 années précédant le crash1 . Dans le dernier mois avant l'accident, il a consulté au moins 7 docteurs, dont 3 psychiatres et 3 ophtalmologistes. Deux conclusions peuvent être extraites de ces faits: - Ce n'est pas le comportement d'une personne normale. - Ce n'est ni le comportement d'un serial killer ni celui d'un terroriste. A.L. était un homme anxieux de sa santé, très conscient de l'influence de celle-ci sur la suite de sa carrière. Il a tenté d'attirer l'attention sur son cas sans pour autant accepter de le faire à visage découvert pour ne pas voir sa carrière brutalement interrompue. Ainsi que je l'ai mentionné ici et dans les autres documents consacrés à ce sujet, en particulier dans l'analyse du témoignage de Bernard (voir ce document), A.L. a agi en parfait produit de son contexte socio-culturel, il a été incapable de voir plus loin que la prochaine tâche à accomplir. Dans son cas, cette prochaine tâche ne pouvait être que le prochain embarquement à bord de l'avion qu'il aurait à piloter. Même dans sa manière de tromper son amie, il n'a pas vu plus loin que l'utilité d'établir une relation intime avec une collègue de travail à qui ouvrir son cœur, si possible, sans imaginer que cette relation à court terme pouvait déboucher sur une absence de solution le concernant, ni même sur les conséquences potentielles de la découverte de son acte par son amie avec laquelle il n'a pas rompu, sa grossesse témoignant de leur proximité sentimentale. Incapable de s'extraire des contraintes de son contexte culturel par absence d'outils linguistiques appropriés, il a cherché jusqu'à l'extrême limite une solution à son problème, une solution ménageant la chèvre et le chou, sa volonté inflexible de devenir commandant de bord et son état médical, aussi bien physique que psychique. Incapable d'imaginer des alternatives, qu'il s'agisse d'alternatives à ses demandes de soin ou d'alternatives à la poursuite de sa carrière professionnelle, il a accumulé les tensions jusqu'à la rupture finale. Cette ultime rupture a révélé aussi bien son incapacité à sortir du cercle vicieux qu'il contribué à créer par son entêtement à vouloir contrôler tous les aspects de sa vie que l'incapacité du contexte socio-culturel allemand à prendre en charge de tels individus qui ne doivent pas être aussi rares que la neige au Sahara ! Ce dernier point témoigne de l'urgence de trouver une solution globale à cette problématique car ce qui s'est déjà produit a de fortes chances de se reproduire tôt ou tard. Une solution systémique Après avoir soigneusement analysé cette situation, j'ai défini une solution systémique qui respecte toutes les contraintes homéostatiques décrites ci-dessus. Cette solution est formée de 2 volets, la première partie étant conçue pour soigner globalement le contexte social de langue allemande, la deuxième partie devant sécuriser localement le contexte du personnel volant partout dans le monde. La première partie est une liste comprenant 5 mots, la deuxième partie est constituée d'une seule phrase. Et ces deux éléments sont aussi inséparables que les deux pôles magnétiques d'un aimant. 1 http://www.nytimes.com/2015/06/12/world/europe/germanwings-crash-criminal-inquiry-planned-by-france.html?_r=0
  14. 14. Systemics in action Page 14 / 14 La deuxième partie, destinée au personnel volant, a été développée en prenant en considération les spécificités du contexte socio-culturel anglo-saxon, du contexte socio-culturel des langues européennes issues du latin, du contexte de la langue allemande ainsi que des langues asiatiques caractérisées par leur dépendance au contexte temporel (voir ce document.) Je me tiens naturellement à disposition pour adapter cette solution à d'autres contextes socio-culturels en compagnie d'experts de ces différents domaines. Didier BAUDOIS Ingénieur en génie logiciel HES Ce texte est soumis aux conditions Creative Commons CC-BY-NC-SA.

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