UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
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UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE
EN LETTRES, ARTS ET COMMUNICATION
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DEDICACE
A tous ceux dont le soutien a permis notre succès. A ceux qui assurèrent la
couverture financière de nos années...
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REMERCIEMENTS
Nous exprimons toute notre gratitude à toutes les personnes qui ont œuvré
d'une manière ou d'une autre à ...
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Sommaire
INTRODUCTION....................................................................................................
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Chapitre III : Présentation et analyse des données .................................................. 25
III.1- présent...
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INTRODUCTION
0.1- Problématique
Le Burkina Faso tout comme la plupart des pays africains est un pays
multilingue. En eff...
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Alors, nous nous poserons les questions suivantes :
- Quel est le comportement langagier des locuteurs Bisaphones dans l...
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véhiculaire dans d’autres pays mais il n’est vernaculaire que là où il est la langue
maternelle.
0.3- Objectifs
Notre pr...
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un facteur d’émergence de langues véhiculaires mais aussi de régression de
certaines d’entre elles.
0.5- Méthode de trav...
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0.6- Plan de travail
Notre travail s’articule autour de trois chapitres :
- le premier chapitre fait une présentation de...
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Chapitre I : Présentation du cadre d’étude
Ce chapitre dont l’objectif est de présenter la ville de Ouagadougou, nous
pe...
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I.2- Bref aperçu historique
Selon Georges MADIEGA et Oumarou NAO (2003), la ville de Ouagadougou,
capitale du Burkina Fa...
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Tableau de répartition des arrondissements, secteurs et villages de la
commune de Ouagadougou
Arrondissements Secteurs V...
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I.4- La population
Au recensement général de la population de 2006, il a été dénombré dans la
ville de Ouagadougou 1 499...
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I.5- Caractéristiques de la population selon les langues parlées
La langue parlée, en tant que moyen de communication e...
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I.5.2- Langue parlée et arrondissements de résidence
La langue parlée présente une diversité par rapport à l’arrondisse...
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I.5.3- Structure par âge de la population selon les différentes
langues parlées
Répartition en (%) de la population de ...
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Chapitre II : Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou
Avant d’aborder la situation géo-sociolinguist...
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Selon Gérard KEDREBEOGO, cité par Bernard KABORE (2004 : 31), les
différentes langues nationales du Burkina Faso diffèr...
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communication, les langues se livrent bataille pour occuper l’espace socio-
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En plus de ces langues, a...
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II.4.1- Statut et fonction du français
Le français est la langue officielle au Burkina Faso. Sa situation est très
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Selon Bernard KABORE (2004 :39), les fonctions assumées par les l...
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II.5- Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou
On retrouve presque toutes les langues du pays dans la...
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II.5.2- Le poids démographique
Selon la monographie de la ville de Ouagadougou (INSD), le mooré est parlé
par 79,1%. Le...
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de communication, une fonction commerciale. Ce pôle est essentiellement assuré
par le mooré, le français et le dioula.
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- Le français
Installé avec la colonisation, le français est la langue officielle. Aussi, elle
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II.6- Aperçu sur la situation linguistique du Bisa
II.6.1- Présentation de l’aire géographique
La zone bisa s’étend ent...
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La population de la région se caractérise essentiellement par la pluralité des
provenances et par une importante souche...
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administrative ainsi que les nombreux petits métiers qui y fleurissent expliquent
l’important flot migratoire des bisap...
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Chapitre III : Présentation et analyse des données
C’est la partie charnière de notre travail. Le présent chapitre sera...
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III.1.1- Enquêtés non-scolarisés
III.1.1.1- Présentation des enquêtés non-scolarisés
Enquêtés non-
scolarisés
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Identification de l’enquêté 1 (E1)
- Elle ne sait pas lire et écrire en français et bisa
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extra-familial informel.
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Commentaires sociolinguistiques
L’usage du bisa se fait surtout remarquer dans la communication familiale
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- Au marché : français-mooré
- Au travail : français
- Avec les amis : français
- Avec d’autres Bisa : bisa
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Commentaires sociolinguistiques
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- Avec les amis : mooré
- Avec d’autres Bisa : bisa
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- Langue parlée avec la conjointe : bisa
- Est-elle du même groupe ethnique que vous : oui
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marché et au travail, « je parle le mooré car j...
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Commentaires sociolinguistiques
En effet, il parle le bisa, sa langue ethnique que lorsqu’il se trouve en famille,
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- Langue parlée dans la rue : mooré
- Au marché : mooré
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- Avec les amis : mooré
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- Est-elle du même groupe ethnique que vous : --------
- Est-elle scolarisée : --------
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III.1.2- Enquêtés scolarisés
III.1.2.1- Présentation des enquêtés scolarisés
Enquêtés
scolarisés
Noms et prénoms Profes...
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Identification de l’enquêté’ 1 (E’1)
- Il ne sait pas lire et écrire en bisa.
- Langue parlée en famille : bisa-françai...
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Dans le milieu extra-familial formel et informel, il ne s’exprime qu’en français.
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Commentaires sociolinguistiques
E’2 maîtrise très bien le français que les autres langues. Elle affirme parler le
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- Au travail : français
- Avec les amis : français-mooré
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- Langue parlée dans la rue : français-mooré
- Au marché : français-mooré
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- Avec d’autres Bisa : bisa-français-mooré
- A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : a toutes les occasions,
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- Au travail : français
- Avec les amis : français
- Avec d’autres Bisa : bisa-français
- A quelles autres occasions pa...
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Identification de l’enquêté’9 (E’9)
- Il ne sait pas lire et écrire en bisa
- Langue parlée en famille : mooré-français...
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Il ne comprend pas le bisa et selon lui parce qu’il est né et a grandi à
Ouagadougou. « Le bisa disparaît petit à petit...
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Commentaires sociolinguistiques
Selon E’10, le français et le dioula interviennent plus dans toutes les sphères
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- Le déterminisme de répertoire
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Chez les personnes scolarisées
Milieu extra-familial formel : français + (mooré)
Milieu extra-familial informel : franç...
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(français, mooré, dioula) sur leur langue et leur comportement langagier évoqué
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En ce qui concerne le sen...
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III.3.2- Une langue stable
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les groupes de pairs, les ONG, les associations villageoises, les associations de
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Conclusion
Notre étude a porté sur l’avenir des langues minoritaires en milieu urbain : cas
du bisa dans la ville de Ou...
69
Ces hypothèses ont pu être vérifiées à travers nos informations recueillies.
Nous avons alors constaté que le comportem...
70
BIBLIOGRAPHIE
BATIANA A, 1985 : Variation linguistique et comportement langagiers dans la
communauté lyélé. Thèse de do...
71
DRABO S, 1997 : Multilinguisme et comportement langagier dans le cadre de vie
familial à Bobo Dioulasso, mémoire de maî...
72
MADIEGA G, et NAO O, 2003 : Burkina Faso : cent ans d’histoire (1895-1995), tome
1, 2 éd. Karthala-PUO, Paris, 2169 P
M...
73
SANOGO L, 2000 : « Langues et pratiques langagières en pays toussian : le cas de
Djiguèra dans le plurilinguisme urbain...
74
Annexe
Guide d’entretien
Thème « L’avenir des langues minoritaires en milieu urbain : cas du bissa dans la
ville de Oua...
75
5. Quelle(s) langue(s) parlez vous avec votre frère(s) :………………………
Pourquoi :………………………………………………………………………………………
………………………...
76
Avec vos amis:……………………………………………………………………
Pourquoi :………………………………………………………………………………………
.………………………………………………………………………………………...
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Table des matières
DEDICACE...............................................................................................
MEMOIRE DE MAITRISE Moné
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MEMOIRE DE MAITRISE Moné

  1. 1. UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU ------------------------- UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN LETTRES, ARTS ET COMMUNICATION (UFR/LAC) ------------------------------ DEPARTEMENT DE LINGUISTIQUE MEMOIRE DE MAITRISE Présenté par Eliassa MONE Sous la direction de Bernard KABORE Maître Assistant Année académique 2010-2011 L’avenir des langues minoritaires en milieu urbain : cas du bisa dans la ville de Ouagadougou
  2. 2. I DEDICACE A tous ceux dont le soutien a permis notre succès. A ceux qui assurèrent la couverture financière de nos années d'études : - notre père MONE Hamadou ; - notre mère GUEYGANE Bimata ; - notre oncle MONE Elie ; - notre tante Bambara Nathalie ; - nos frères et sœurs.
  3. 3. II REMERCIEMENTS Nous exprimons toute notre gratitude à toutes les personnes qui ont œuvré d'une manière ou d'une autre à l'élaboration du présent document. A cet effet, nous tenons à remercier : - monsieur Bernard KABORE qui a su toujours nous soutenir et guider nos pas tout au long de cette étude. Son ardeur au travail a été pour nous un modèle ; - le professeur Abou NAPON toujours attentif aux préoccupations des étudiants. Ses conseils et encouragements ont été pour nous un stimulant ; - tous les enseignants du département de linguistique ; - tous les étudiants du département de linguistique, au Club de Linguistique de l’Université de Ouagadougou (CLUO) en particulier ; - monsieur Raphael Savadogo qui nous a été d’un grand soutien ; - tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à l’élaboration de ce présent document.
  4. 4. III Sommaire INTRODUCTION........................................................................................................ 1 0.1- Problématique.................................................................................................. 1 0.2- Hypothèses ...................................................................................................... 2 0.3- Objectifs ........................................................................................................... 3 0.4- Cadre théorique ............................................................................................... 3 0.5- Méthode de travail............................................................................................ 4 0.6- Plan de travail .................................................................................................. 5 Chapitre I : Présentation du cadre d’étude ................................................................. 6 I.1- Structuration de la ville de Ouagadougou ......................................................... 6 I.2- Bref aperçu historique ....................................................................................... 7 I.3- Situation géographique ..................................................................................... 7 I.4- La population..................................................................................................... 9 I.5- Caractéristiques de la population selon les langues parlées............................. 9 Chapitre II : Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou ................. 13 II.1- La classification des langues nationales au Burkina Faso ............................ 13 II. 2 - La distribution géographique........................................................................ 14 II.3- Le poids démographique des langues ........................................................... 14 II.4- Statut et fonction des langues au Burkina Faso............................................. 15 II.5- Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou .......................... 18 II.6- Aperçu sur la situation linguistique du Bisa.................................................... 22
  5. 5. IV Chapitre III : Présentation et analyse des données .................................................. 25 III.1- présentation des données............................................................................. 25 III.2- Analyse des données.................................................................................... 54 III.3- Avenir du bisa dans la ville de Ouagadougou ............................................... 63 III.4- Stratégies de sauvegarde du bisa................................................................. 65 Conclusion................................................................................................................ 68 BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................... 70 Annexe ..................................................................................................................... 74 Table des matières................................................................................................... 77
  6. 6. 1 INTRODUCTION 0.1- Problématique Le Burkina Faso tout comme la plupart des pays africains est un pays multilingue. En effet, ce plurilinguisme se constate plus dans les grandes agglomérations du pays. De ce fait, la capitale Ouagadougou tout comme les autres agglomérations du pays vivent cette réalité. La ville de Ouagadougou est alors prise d’assaut par des personnes de groupes ethniques divers ; ce qui a une contrepartie linguistique notamment le brassage linguistique. Du fait de la concentration des structures éducatives, administratives, politiques et économiques, les minorités ethniques sont obligées de converger vers la capitale Ouagadougou pourtant reconnue comme fief de l’ethnie moaaga et lieu de la pratique du français « par excellence », celui-ci étant la langue de l’administration. Ainsi ce brassage linguistique a contribué à la naissance de langues véhiculaires, plus utilisées dans la communication urbaine. Les locuteurs des langues minoritaires sont par conséquent obligés de cohabiter avec ceux des langues présentes dans la ville de Ouagadougou, en particulier les langues dites majoritaires telles que le français, le mooré et le dioula. Les Bisaphones, installés dans la ville de Ouagadougou, ne sont pas en marge de cette contrainte d’où le choix de notre thème portant sur l’avenir des langues minoritaires en milieu urbain : cas du bisa dans la ville de Ouagadougou.
  7. 7. 2 Alors, nous nous poserons les questions suivantes : - Quel est le comportement langagier des locuteurs Bisaphones dans la ville de Ouagadougou? - Quelle place occupe le bisa dans le paysage linguistique en milieu urbain de Ouagadougou ? - Quel est l’avenir du bisa en milieu urbain de Ouagadougou ? Ces interrogations ont reçu des éléments de réponse qui constituent les hypothèses de notre travail. 0.2- Hypothèses - Le comportement langagier des Bisaphones est soumis à deux types de déterminismes : le déterminisme de répertoire et le déterminisme social. - Chez les locuteurs Bisaphones, le bisa dans la ville de Ouagadougou est une langue grégaire (intra-familiale …) ; - On assiste chez certains locuteurs Bisaphones à une vernacularisation des langues véhiculaires au détriment du bisa. Selon le dictionnaire de linguistique Jean Dubois, par opposition à la langue véhiculaire, une langue vernaculaire est un système linguistique spécifique employé dans la région ou dans la commune d’origine. Comme le dioula en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Mali, le vernaculaire d’une région peut devenir le
  8. 8. 3 véhiculaire dans d’autres pays mais il n’est vernaculaire que là où il est la langue maternelle. 0.3- Objectifs Notre préoccupation est de cerner d’une part, les conséquences de ce contact sur la langue bisa et d’autre part d’analyser le sort réservé à cette langue dans un tel milieu urbain. Dans la sphère de communication, les langues se livrent une bataille pour occuper les différents espaces de communication selon leur fonctionnalité. Il s’agit pour nous dans cette étude, de nous interroger sur l’avenir des langues minoritaires en milieu urbain de manière générale et, de façon spécifique sur l’avenir du bisa dans la ville de Ouagadougou ; ce qui permettra de faire des propositions pour la sauvegarde des langues minoritaires comme le bisa. 0.4- Cadre théorique Notre travail s’inscrit dans le cadre de la sociolinguistique urbaine. En effet la ville constitue un milieu de convergence d’hommes de provenances diverses, " cette convergence (…) vers la cité a sa contrepartie linguistique ", Louis Jean Calvet (1994:10). Prenant en compte cette réalité, il s’agit pour nous d’appréhender les phénomènes qui pourraient en découler, car la coexistence de plusieurs langues est
  9. 9. 4 un facteur d’émergence de langues véhiculaires mais aussi de régression de certaines d’entre elles. 0.5- Méthode de travail Notre enquête a porté sur les Bisaphones installés dans quelques secteurs de la ville de Ouagadougou. Le travail, dans le but de prendre en compte tous les niveaux, a couvert 40 personnes, des individus scolarisés et non-scolarisés. Ce qui nous a permis de cerner les langues utilisées par ces derniers dans leur interaction en milieu familial, en milieu extra-familial formel et en milieu extra-familial informel. Une sortie sur le terrain nous a permis de mener notre enquête auprès de ces Bisa résidant dans la ville de Ouagadougou. S’agissant d’une étude sur les langues utilisées par les bisa dans la ville, la prise en compte de tous les Bisa installés dans la ville n’a pas semblé nécessaire. En effet, pour une étude de ce genre, un échantillon qualitatif nous a été utile. Aussi, avons-nous préféré un échantillon se limitant aux secteurs 11, 17, 19, 20, 21, 22, 23, 28, 29 et 30 de la ville de Ouagadougou. Notre guide d’entretien a été administré à ces 40 personnes (scolarisées et non-scolarisées) installées dans ces secteurs. Le choix de ces secteurs est dû au fait que nous y avons des connaissances qui nous ont permis d’accéder facilement à ces individus. Aussi, faut- il noter quelquefois une forte concentration des Bisa dans lesdits secteurs.
  10. 10. 5 0.6- Plan de travail Notre travail s’articule autour de trois chapitres : - le premier chapitre fait une présentation de notre cadre d’étude ; - le deuxième chapitre est axé sur la situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou ; - le troisième chapitre est consacré à la présentation et à l’analyse des données.
  11. 11. 6 Chapitre I : Présentation du cadre d’étude Ce chapitre dont l’objectif est de présenter la ville de Ouagadougou, nous permettra d’avoir un aperçu général sur la ville de Ouagadougou qui est ici notre cadre d’étude. I.1- Structuration de la ville de Ouagadougou La structuration de la ville est presque comparable à celle de la plupart des capitales africaines: un Centre-ville où l'on trouve les différentes administrations et les différents commerces, entourés par des quartiers populaires et quelques quartiers résidentiels « chics » à l'image de Petit paris, Zone du bois, Ouaga 2000 et les différentes Cités. A Ouagadougou, des ensembles très modernes (buildings ou villas) alternent avec des bidonvilles, et des constructions locales (maisons en banco), indiquant une urbanisation en plein essor. Nous constatons que le développement urbain de la ville se poursuit tout au long des axes routiers sortant de la ville et aussi la création de nombreux bidonvilles communément appelés "non lotis". Aujourd'hui, la ville de Ouagadougou est le principal centre administratif et économique du pays avec plus de 60% des unités industrielles sur son ressort territorial. Elle est également le siège du gouvernement, des représentations diplomatiques et de tous les attributs de l'Etat. Son importance économique, commerciale, administrative ainsi que les nombreux petits métiers qui y fleurissent expliquent cet important flot migratoire venant de l'intérieur du pays vers Ouagadougou, la capitale.
  12. 12. 7 I.2- Bref aperçu historique Selon Georges MADIEGA et Oumarou NAO (2003), la ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso est située dans la région du Centre, plus précisément dans la province du Kadiogo dont elle est le chef-lieu. Lors du passage de l'explorateur, Binger, Ouagadougou était déjà « la capitale du moogo ». Elle le demeura jusqu'à la conquête en 1866 par les Français qui venaient de mettre fin à l'indépendance du moogo précolonial. Mais suite à la création de la colonie autonome de Haute-Volta en 1919, la localité de Ouagadougou en est le chef-lieu (capitale territoriale) jusqu'à la suppression de la Haute-Volta (1932) et après la reconstitution de celle-ci en 1947. Enfin, depuis l'indépendance de l'ex-colonie voltaïque en 1960, Ouagadougou devient la capitale de la Haute-Volta indépendante rebaptisée Burkina Faso en 1984. I.3- Situation géographique La commune urbaine de Ouagadougou, est limitée au nord par les communes rurales de Pabré et de Loumbila, à l’est par celle de Saaba, au sud par celles de Koubri et de Komsilga et enfin à l’ouest par la commune rurale de Tanghin Dassouri. La ville de Ouagadougou est située au cœur de la province du Kadiogo, elle- même située au Centre du Burkina Faso. Elle couvre une superficie de 518 km², soit 0,2 % du territoire national. La commune urbaine de Ouagadougou compte cinq (5) arrondissements, trente (30) secteurs et dix-sept (17) villages. (Voir tableau synoptique ci-dessous)
  13. 13. 8 Tableau de répartition des arrondissements, secteurs et villages de la commune de Ouagadougou Arrondissements Secteurs Villages Baskuy 12 secteurs : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 Bogodogo 5 secteurs : 14, 15, 28, 29, 30 2 villages : Yamtenga, Balkuy Boulmiougou 4 secteurs : 16, 17, 18, 19 4 villages : Boassa, Zaghtouli, Sandogo, Zongo Nongremassem 6 secteurs : 13, 23, 24, 25, 26, 27 5 villages : Nioko, Polesgo, Sakoula, Soguedin, Roumtenga. Sig-Nonghin 3 secteurs : 20, 21, 22 6 villages : Bassenko, Kamboice, Bissighin, Silmiougou, yagma, Darsalam Source : Recensement général de la population et de l’habitation 2006 Capitale du Burkina Faso, la ville de Ouagadougou est au terminus de la voie ferrée venant d’Abidjan (Côte d’Ivoire) et occupe de ce fait une position géographique favorable aux échanges commerciaux.
  14. 14. 9 I.4- La population Au recensement général de la population de 2006, il a été dénombré dans la ville de Ouagadougou 1 499 023 individus composés de 755 579 hommes (50,4%) et de 743 444 femmes (49,6%). Cette population était constituée de 23 184 visiteurs et de 1 475 839 résidents. Par rapport à la population résidente totale urbaine (3 181 967), la ville de Ouagadougou compte pour 46,4 %. I.4.1- Population des arrondissements La ville de Ouagadougou, rappelons-le, est composée de cinq arrondissements (Baskuy, Bogodogo, Boulmiougou, Nongremassom, Sig-Nonghin). La répartition de la population par arrondissement montre que Boulmiougou est le plus grand arrondissement avec 449 519 personnes soit 30,5% de la population totale. Il est suivi de l’arrondissement de Bogodogo constitué de 426 185 personnes avec 28,9% et Nongremassom 220 891 résidents qui réunit 15,0% de la population. Les plus petits arrondissements sont ceux de Baskuy 195 793 personnes et de Sig-Nonghin 182 835 résidents qui représentent respectivement 13,3% et 12,4% de la population. Source : (INSD) monographie de la commune urbaine de Ouagadougou
  15. 15. 10 I.5- Caractéristiques de la population selon les langues parlées La langue parlée, en tant que moyen de communication et d’échanges, est un élément de rapprochement entre individus, groupes de personnes, communautés, nations, etc. Les principales langues parlées dans une région sont souvent utilisées dans les programmes de développement pour sensibiliser les populations bénéficiaires. I.5.1- Population et langue parlée On constate d’une manière générale que le mooré (77,5 %) est la langue nationale la plus parlée dans la ville de Ouagadougou. Elle est suivie du français (8,7 %), du dioula (4,6 %). Les autres langues regroupant plus de trente langues nationales ou non, sont parlées par 9,2 % de la population de la ville de Ouagadougou. Source : (INSD) monographie de la commune urbaine de Ouagadougou
  16. 16. 11 I.5.2- Langue parlée et arrondissements de résidence La langue parlée présente une diversité par rapport à l’arrondissement de résidence. En effet, les principales langues à savoir le mooré, le français et le dioula, sont les plus parlées dans les arrondissements de Ouagadougou. Répartition en (%) de la population par langue parlée selon l’arrondissement. Principale langue parlée Arrondissement Baskuy Bogodogo Boulmiougou Nongre- Massem Sig- nonghin ambassade Ensem- Ble Français 9,5 13,5 5,1 9,1 4,5 66,2 8,7 Mooré 72,2 70,5 80,3 81,6 87,9 11,3 77,5 Dioula 7,2 4,4 5,3 2,7 2,9 2,0 4,6 Autres langues 9,4 9,6 6,7 4,5 3,5 3,7 7,2 ND 1,8 2,0 2,6 2,2 1,1 16,8 2,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source : (INSD) monographie de la commune urbaine de Ouagadougou
  17. 17. 12 I.5.3- Structure par âge de la population selon les différentes langues parlées Répartition en (%) de la population de 3ans ou plus par groupe d’âge selon les principales langues parlées. Groupe d’âge Langue parlée Mooré Français Dioula Autres langues Total 3-14 83,3 6,2 4,0 6,5 100,0 15-39 77,0 10,4 5,1 7,5 100,0 40-59 76,8 10,1 5,0 8,1 100,0 60+ 86,0 3,3 3,4 7,3 100,0 ND 84,3 5,8 3,9 6,1 100,0 Source : (INSD) monographie de la commune urbaine de Ouagadougou On constate d’une manière générale que, selon les groupes d’âges considérés, le mooré reste la langue dominante dans la ville de Ouagadougou. 79,1 % de la population de la ville parlent couramment le mooré contre 8,9 % et 4,7 % qui parlent respectivement le français et le dioula. Par ailleurs 7,3% de la population parle d’autres langues. Au regard de cette réalité, la ville de Ouagadougou se présente comme une ville multilingue où les langues connaissent des fortunes diverses.
  18. 18. 13 Chapitre II : Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou Avant d’aborder la situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou, nous allons d’abord prendre connaissance de celle du pays c'est-à-dire du Burkina Faso. Selon l’Atlas linguistique du Burkina Faso (1979), on dénombre une soixantaine de langues au Burkina Faso. II.1- La classification des langues nationales au Burkina Faso La soixantaine de langues identifiées au Burkina Faso appartient à trois grandes familles de langues qui sont : - les langues gur ou voltaïque représentées par le mooré ; - les langues mandé représentées par le dioula ; - les langues Ouest atlantiques représentées par le fulfudé. En plus de ces 3 grandes familles, nous avons : - La famille nilo-saharienne qui comprend le songokiini, le maranse et le zarma ; - La famille chamito-sémitique avec les sous-familles berbères et tchamique où l’on a des langues comme le tamaashaaq et le haussa, sans oublier des langues comme le seme et le dogon.
  19. 19. 14 Selon Gérard KEDREBEOGO, cité par Bernard KABORE (2004 : 31), les différentes langues nationales du Burkina Faso diffèrent selon leur poids démographique et leur distribution géographique. II. 2 - La distribution géographique On distingue au Burkina Faso deux grandes régions sur la base de la configuration spatiale des langues. Nous avons d’une part, la région de l’Est qui couvre 30 provinces et d’autre part, la région de l’Ouest qui regroupe 15 provinces. Selon Gérard KEDREBEOGO, la seconde région, c'est-à-dire celle de l’Ouest comporte 40 langues contre 19 pour la région de l’Est qui comprend pourtant plus de provinces. De ce fait, la contrepartie linguistique dans la région de l’Ouest est l’émergence d’une lingua franca-dioula pour la communication entre les différentes communautés. II.3- Le poids démographique des langues Selon Gérard KEDREBEGO op. cit (2004 :31), il existe une différence importante entre les deux régions linguistiques sus-mentionnées. En effet, seulement 14 langues sont parlées par 90,11% de la population tandis que 45 langues sont parlées par 9,89 % de la population. Un constat qui fait dire que dans le champ de
  20. 20. 15 communication, les langues se livrent bataille pour occuper l’espace socio- communicationnel. En plus de ces langues, au Burkina Faso, on rencontre le français qui est une langue introduite par la colonisation et qui fait office de langue officielle. II.4- Statut et fonction des langues au Burkina Faso Nous allons maintenant nous intéresser au rôle et à la fonction des différentes langues, notamment le français et les langues nationales. Selon Gabriel MANESSY (1978 :101) " le statut d’une variété de langues dépend de l’attitude des usagers à son égard ". De ce fait, le statut d’une langue serait l’image que l’ensemble des locuteurs lui attribue. Pour André BATIANA (1985 : 91) " La notion de statut recouvre deux aspects : - Le premier concerne le caractère national, autrement dit, la reconnaissance par les autorités gouvernementales d’un rôle précis ; - Le second fait appel essentiellement aux sentiments qu’inspire chacune de ces langues aux membres de la communauté". Nous prendrons en compte la notion de statut donnée par André BATIANA. Cette définition nous semble plus précise car elle englobe l’aspect reconnaissance par les gouvernants et les représentations des locuteurs.
  21. 21. 16 II.4.1- Statut et fonction du français Le français est la langue officielle au Burkina Faso. Sa situation est très particulière dans la ville de Ouagadougou. Selon Lamine SANOGO (2000:422), "utilisée comme langue d’appoint ou comme un symbole du lettré face à l’illettré, on rencontre aussi deux types de locuteurs. Ceux qui parlent un français approximatif et ceux qui semblent détenir « la norme ». En effet, ces derniers sont entre autres les fonctionnaires, les universitaires et les scolaires". Le français est alors une langue véhiculaire, une langue inter-ethnique parce qu’elle facilite la communication intercommunautaire. II.4.2- Statut et fonction des langues nationales - Statut des langues nationales " La langue officielle de la Haute-Volta est le français. Une loi fixe les modalités de promotion des langues nationales". Telle est la disposition de la Constitution de la troisième république à son article 3. Quant à l’article 35 de la Constitution de la quatrième république du 2 juin 1991, elle n’a fait que reprendre l’article 3 de la Constitution précédente. Tous ces aspects montrent que les autorités politiques occultent le problème de promotion de langue nationale. Ce qui pousse Abou NAPON (1992 :37) à affirmer que " La politique linguistique du Burkina Faso en matière de promotion des langues locales est symbolique ".
  22. 22. 17 - Fonctions sociolinguistiques des langues nationales Selon Bernard KABORE (2004 :39), les fonctions assumées par les langues nationales au Burkina Faso sont à l’image de leur statut peu enviable ; ce qui ne leur permet pas de peser lourd sur le plan de communication. On pourrait retenir les fonctions suivantes et ce, en tenant compte de la nature des différentes langues inter-ethniques ou intra-linguistiques : Pour ce qui est des langues inter-ethniques, elles occupent trois fonctions : - la fonction (W) ou fonction de communication étendue, du fait qu’elles constituent des langues véhiculaires régionales ; - la fonction (E) ou fonction d’Enseignement dans le cadre de l’alphabétisation fonctionnelle et les écoles bilingues ; - la fonction (R) ou fonction Religieuse. Les langues sont aussi utilisées pour dire des messes aussi bien en milieu urbain que rural. Quant aux langues vernaculaires, elles assurent deux fonctions : - la fonction (P) ou fonction Provinciale, c'est-à-dire que chacune de ces langues couvre toute une province et - la fonction (R) ou fonction Religieuse parce qu’elles sont utilisées pour les cérémonies religieuses. Au regard de cette situation géo-sociolinguistique du Burkina Faso, qu’en est-il du cas spécifique de la ville de Ouagadougou ?
  23. 23. 18 II.5- Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou On retrouve presque toutes les langues du pays dans la ville de Ouagadougou ainsi que des langues étrangères, surtout africaines. Etant la capitale du pays, les gens ont tendance à y converger à la recherche d’emploi ou pour d’autres raisons. II.5.1- La distribution géographique Dans la ville de Ouagadougou, nous constatons que les populations se sont installées un peu en fonction de leurs intérêts ou relations avec leurs devanciers. Ainsi, nous remarquons l’existence de fortes concentrations de groupes ethniques dans certains quartiers ou arrondissements de la ville. Dans l’arrondissement de Bogodogo, dans les secteurs 29 et 30 (quartiers Sanyiri et Karpala), on y trouve une forte communauté bisa. Dans l’arrondissement de Boulmiougou et de Baskuy, nous avons une forte représentation de dioulaphones dans les quartiers surtout à Gounghin. Dans des quartiers comme Dapoya et Hamdalaye à Nonsin, on retrouve une forte communauté fulaphone. A la sortie Est (Dassasgho) de la ville de Ouagadougou, on y trouve une forte présence de Gulmance. Et enfin le français qui est beaucoup parlé au centre-ville, surtout dans les administrations publique et privée. Certes il est aussi parlé dans les quartiers chics de la ville de Ouagadougou tels que Petit Paris, Ouaga 2000, la Zone du bois et dans les cités, mais compte tenu de la situation géographique de l’université de Ouagadougou, le quartier Zogona fait également partie des endroits où le français est beaucoup parlé.
  24. 24. 19 II.5.2- Le poids démographique Selon la monographie de la ville de Ouagadougou (INSD), le mooré est parlé par 79,1%. Le français vient en deuxième position avec 8,7% et le dioula en troisième position avec 4,7%. Les autres langues se partagent les 7,3%. II.5.3- Fonctions des langues en présence Selon Lamine SANOGO (2000 :423), "Les fonctions des langues dans le milieu plurilingue africain sont analysées à partir d’un canevas opposant deux pôles : le pôle grégaire et le pôle véhiculaire ". Il affirme de ce fait qu’il convient de compléter à cette procédure d’analyse un ensemble de faits qui tiennent compte des usagers des langues en présence, des lieux d’usage, des moments ainsi que des formes utilisées. Notre analyse essayera de mettre en exergue la situation des langues des communautés en présence. Cela se constate dans la ville de Ouagadougou. II.5.3.1- Le pôle véhiculaire Ce sont des langues inter-ethniques parlées par l’ensemble des communautés linguistiques présentes dans la ville de Ouagadougou. Au moins une de ces langues est maîtrisée par chaque membre. Toutes les générations utilisent les langues véhiculaires ; ce qui permet de dire qu’elles assument des fonctions importantes et bénéficient d’une représentation favorable. Principales langues utilisées dans les échanges commerciaux, marchands, rencontres inter-ethniques, les langues véhiculaires assument en plus de la fonction
  25. 25. 20 de communication, une fonction commerciale. Ce pôle est essentiellement assuré par le mooré, le français et le dioula. - Le mooré Selon l’ordre de classification de Greenberg, Gabriel MANESSY (1978 :73) classe le mooré, langue moaaga dans la famille Niger-Congo. Elle est la plus importante des langues Oti-Volta de la série des langues centrales du groupe gur. Les moosé, ethnie majoritaire du Burkina Faso, occupent le plateau central du pays. Outre cette zone, le mooré est beaucoup pratiqué dans diverses autres parties du pays grâce à leur mobilité et leur poids démographique. - Le dioula Du sous-groupe des langues du Nord, du groupe mandé et de la famille Niger- Congo, le dioula est surtout répandu dans les régions Ouest du pays. C’est une langue de large diffusion car utilisée dans beaucoup de pays de l’Afrique occidentale, surtout la Côte d’Ivoire et le Mali. Selon Gérard TIENDREBEOGO et Zakaria Yago (1982 :24) on retrouve trois variétés de dioula : celle de Kong, celle d’Odienné et le dioula véhiculaire. Les deux premières variétés sont utilisées par les natifs de la langue, la dernière servant surtout aux migrants et dans le commerce. Le dioula est la troisième langue la plus parlée dans la ville de Ouagadougou
  26. 26. 21 - Le français Installé avec la colonisation, le français est la langue officielle. Aussi, elle s’étend sur tout le territoire burkinabè. Par le biais de l’école, le français se répand vite, même dans les zones reculées du pays. Selon Lamine SANOGO (2000 :426), "Langue de l’administration et de l’administrateur, le français bénéficie d’une représentation linguistique favorable. Utilisé à l’écrit pendant la période coloniale jusqu’à nos jours, cette langue est longtemps restée le symbole de l’administration et, partant, son usage a toujours procuré un certain pouvoir, ce qui n’est pas certain aujourd’hui ". Il reste néanmoins l’unique langue dans laquelle sont rendus les actes d’état civil ainsi que les jugements. II.5.3.2- Le pôle grégaire Dans cette deuxième catégorie, nous avons les langues minoritaires en général où on peut inclure le bisa qui fait l’objet de notre étude. Ces langues sont alors considérées comme des langues grégaires. En effet, les autres langues que l’on peut retrouver sur le territoire urbain, que ce soit des langues nationales ou étrangères sont considérées ici comme des langues intra-ethniques ou communautaires. Le bisa fait partie de ces langues minoritaires. Comment peut-on présenter le bisa ? Quelle est son aire géographique et linguistique ?
  27. 27. 22 II.6- Aperçu sur la situation linguistique du Bisa II.6.1- Présentation de l’aire géographique La zone bisa s’étend entre le 11° et le 12° de latitude nord et entre le 0° et le 1° de longitude ouest. Cette région se situe dans le Centre-Est du Burkina Faso et est traversée par le Nakambé et le Nazinon. L’actuel lac de Bagré divise la région en deux sur environ cinquante kilomètres. Selon Vanhoudt BETTIE (1992 : 13) l’aire linguistique bisa occupe une superficie d’environ 12 000 km². Malheureusement nous ne pouvons pas déterminer avec exactitude le nombre de bisa dans le pays et surtout dans le pays bisa. Nous ne sommes pas à mesure de donner avec exactitude le nombre de bisa dans la localité par manque d’information. Selon la Société Internationale de Linguistique, In part of the ethnologie, elle regroupe environ 400 000 habitants, ces données ne datent pas d’aujourd’hui. Le pays bisa correspond en gros à la province du Boulgou, située au Sud-Est du Burkina Faso. Administrativement, le pays bisa est inclus dans la province du Boulgou dont la capitale est Tenkodogo. Cette province comprend 8 départements. Les agglomérations les plus importantes de la région sont Tenkodogo, Garango et Zabré. C’est une des régions les plus concernées par les migrations qui s’effectuent en majorité vers le Ghana, la Côte d’Ivoire, les Etats Unis et surtout l’Italie. L’activité économique de la localité est basée sur l’agriculture et l’élevage. Le climat est tropical humide avec une saison de pluie et une saison sèche.
  28. 28. 23 La population de la région se caractérise essentiellement par la pluralité des provenances et par une importante souche moaaga qui a adopté en quelque sorte la culture bisa. Le peuple désigne son village par le terme « bisa-ku ». II.6.2- Présentation de l’aire linguistique Le bisa appartient au groupe mandé, notamment au sous-groupe mandé sud. Le bisa est aussi situé à la périphérie orientale de l’aire des langues mandé. Parlé dans les départements de Bittou, Garango, Gomboussougou, Tenkodogo et Zabré selon VOSSEN (1998 :111) cité par Clarisse YANKINE (2008 :1), le bisa comporte 4 dialectes parmi lesquels on distingue les dialectes principaux : le barka et le lebir et les dialectes secondaires : le lere sud-est et le lere nord-est. BATIANA et al. (2006 :9) Cité par Clarisse YANKINE (2008 :1) distinguent deux grandes zones dialectales ; le barka qui se subdivise en deux variétés bien distinctes : le barka et le gormine et le lebir qui connait également deux variantes : le lebir et le lere. Le barka et le lebir sont donc les deux entités dialectales du bisa à l’intérieur desquelles existe une intercompréhension. Le lebir appelé aussi dialecte de l’ouest est parlé dans les départements de Gomboussougou et de Zabré. Quant au barka ou dialecte de l’est, il est parlé dans les départements de Garango et de Tenkodogo. La ville de Ouagadougou étant le principal centre administratif et économique du pays et également le siège du gouvernement, des représentations diplomatiques et de tous les attributs de l'Etat, son importance économique, commerciale,
  29. 29. 24 administrative ainsi que les nombreux petits métiers qui y fleurissent expliquent l’important flot migratoire des bisaphones d’où leur présence dans la ville de Ouagadougou.
  30. 30. 25 Chapitre III : Présentation et analyse des données C’est la partie charnière de notre travail. Le présent chapitre sera subdivisé en deux points : le premier abordera la présentation des données recueillies et le second portera sur l’analyse de ces données. III.1- présentation des données L’enquête sociolinguistique que nous avons menée dans le cadre de notre travail laisse paraître quatre langues dont trois langues nationales : le bisa, le français, le dioula et le mooré. Dans cette partie, nous présenterons le comportement langagier des enquêtés non-scolarisés et scolarisés. Cette démarche nous permettra de faire, au regard du niveau d’instruction, une lecture des langues utilisées dans les différents milieux (familial, extra-familial formel et extra-familial informel). Ce qui nous donnera un aperçu des langues utilisées par ces locuteurs bisaphones dans leurs quotidiens. Dans la présentation de nos données, nous avons laissé des vides au niveau des parties sans réponse. En effet, lorsque l’enquêté n’est pas concerné par la question, nous avons préféré ne rien y mettre. Ce qui justifie la présence de certains vides dans l’identification de nos enquêtés.
  31. 31. 26 III.1.1- Enquêtés non-scolarisés III.1.1.1- Présentation des enquêtés non-scolarisés Enquêtés non- scolarisés Noms et prénoms professions Répertoire linguistique Enquêté 1 E1 Bambara Nathalie Ménagère bisa-mooré Enquêté 2 E2 Gueygané Mariam Ménagère bisa-mooré Enquêté 3 E3 Samandoulgou Seydou Chauffeur bisa-français- mooré Enquêté 4 E4 Moné Kader Menuisier mooré-bisa- français Enquêté 5 E5 Saré Fati Ménagère bisa-mooré Enquêté 6 E6 Bambara Isidore Mécanicien bisa-mooré- français Enquêté 7 E7 Zankané Ibrahim Cordonnier bisa-mooré- français Enquêté 8 E8 Benbané Arouna Cuisinier bisa-mooré- français Enquêté 9 E9 Bancé Souleymane Cireur de chaussures bisa-mooré- français Enquêté 10 E10 Déné Mahamadi Marchand ambulant bisa-mooré- français
  32. 32. 27 Identification de l’enquêté 1 (E1) - Elle ne sait pas lire et écrire en français et bisa - Langue parlée en famille : bisa-mooré - Langue parlée avec les enfants : bisa-mooré - Langue parlée avec le conjoint : bisa - Est-il du même groupe ethnique que vous : oui - Est-il scolarisé : non - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjoint : bisa - Celle des enfants : mooré - Langue parlée dans la rue : mooré - Au marché : mooré - Au travail : ---------- - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : lors des rencontres entre communauté et au village. Commentaires sociolinguistiques La présentation des données laisse paraître que le bisa est seulement utilisé avec le conjoint qui est du même groupe ethnique. Aussi, la langue est utilisée lors des rencontres entre membres de la même communauté. Avec les enfants, les deux langues sont utilisées dans la communication et cela est dû à la non maîtrise de la
  33. 33. 28 langue par les enfants. Le mooré est également la langue utilisée dans le milieu extra-familial informel. Identification de l’enquêté 2 (E2) - Elle ne sait pas lire et écrire en français et bisa. - Langue parlée en famille : bisa - Langue parlée avec les enfants : bisa - Langue parlée avec le conjoint : bisa - Est-il du même groupe ethnique que vous : oui - Est-il scolarisé : oui - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjoint : bisa - Celle des enfants : bisa - Langue parlée dans la rue : mooré - Au marché : mooré - Au travail : ---------- - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : au village et pendant les rencontres d’association.
  34. 34. 29 Commentaires sociolinguistiques L’usage du bisa se fait surtout remarquer dans la communication familiale c'est-à-dire la communication entre la mère, le père, et les enfants qui ont tous le bisa comme langue première. « Nous comprenons tous le bisa et aussi pour que les enfants puissent bien le maîtriser », a laissé entendre E2. Ce qui favorise également son utilisation lors des rencontres entre bisa et avec d’autres Bisa dans la ville. Par contre elle reconnaît parler le mooré dans les lieux publics c'est-à-dire dans le milieu extra-familial informel (au marché, dans la rue) et aussi avec les amis « Parce que tout le monde ne parle pas ma langue et c’est en parlant le mooré qu’on arrive à se comprendre », a affirmé E2 avant de conclure « nous sommes obligés de parler le mooré pour nous comprendre ». Identification de l’enquêté 3 (E3) - Il ne sait pas lire et écrire en français et bisa - Langue parlée en famille : bisa-français - Langue parlée avec les enfants : bisa - Langue parlée avec la conjointe : bisa - Est-elle du même groupe ethnique que vous : oui - Est-il scolarisé : non - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : bisa - Celle des enfants : bisa - Langue parlée dans la rue : français
  35. 35. 30 - Au marché : français-mooré - Au travail : français - Avec les amis : français - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : lors des réunions d’association et pendant mon séjour au village. Commentaires sociolinguistiques Dans cette présentation, le bisa et un peu le français sont utilisés dans le milieu familial surtout avec les enfants. Selon E3, les enfants doivent bien comprendre la langue et c’est ce qui le pousse à beaucoup communiquer avec eux dans cette langue. Le bisa est de ce fait utilisé entre membre de la famille mais aussi lorsque notre enquêté est en face d’un locuteur de la langue ou lors des réunions d’associations. Dans le milieu extra-familial informel, il reconnaît faire usage du français et un peu du mooré. « Je ne comprends pas bien le mooré et cela parce que je viens de la Côte d’Ivoire ». En effet, il dit avoir des difficultés à s’exprimer en mooré mais est souvent obligé de le parler quand il va au marché. « Beaucoup de commerçants ne comprennent pas le français donc je suis souvent obligé de parler le mooré pour me faire comprendre ».
  36. 36. 31 Identification de l’enquêté 4 (E4) - Il ne sait pas lire et écrire en français et bisa. - Langue parlée en famille : bisa-mooré - Langue parlée avec les enfants : ---------- - Langue parlée avec la conjointe : ----------- - Est-elle du même groupe ethnique que vous : ---------- - Est-elle scolarisée : --------- - Quelle est votre langue première : mooré - Celle de votre conjointe : --------- - Celle des enfants : -------- - Langue parlée dans la rue : mooré - Au marché : mooré - Au travail : mooré-français - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : mooré-bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : au village et avec ceux qui viennent immédiatement du village.
  37. 37. 32 Commentaires sociolinguistiques Les échanges entre les membres de la famille se font en bisa et mooré. Notre enquêté affirme faire usage du bisa surtout lorsqu’il est en face de son père ou de sa mère. Aussi, le bisa est parlé avec les étrangers qui viennent du village et qui ne comprennent que le bisa. Avec ses frères, il parle le mooré « on a l’habitude de parler le mooré entre nous et aussi nous sommes à l’aise dans cette langue », a-t-il confié. Dans le milieu extra-familial informel, il a recours au mooré et souvent au français. Mais le mooré est le plus utilisé parce que selon lui c’est la langue qu’il maîtrise. Au travail « je parle le français avec les clients qui ne comprennent pas le mooré », a-t-il conclu. Identification de l’enquêté 5 (E5) - Elle ne sait pas lire et écrire en français et bisa - Langue parlée en famille : bisa-mooré - Langue parlée avec les enfants : mooré - Langue parlée avec le conjoint : bisa - Est-il du même groupe ethnique que vous : oui - Est-il scolarisé : non - Quelle est votre langue première : mooré - Celle de votre conjoint : bisa - Celle des enfants : mooré - Langue parlée dans la rue : mooré
  38. 38. 33 - Au marché : mooré - Au travail : ---------- - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : au village. Commentaires sociolinguistiques Le mooré et le bisa sont utilisés dans la communication familiale. E5 justifie cela par le fait de cohabiter avec des moosé et aussi de ne pas comprendre le français. Par contre, elle fait usage du bisa lorsqu’elle communique avec ses frères, son conjoint, avec d’autres Bisa et lors de son séjour au village. Le mooré est pratiquement parlé avec les enfants, dans la rue, au marché ainsi qu’avec les amis. Et en sus, le mooré est la langue première de l’enquêtée ainsi que de ses enfants. « C’est Ouagadougou, tout le monde parle le mooré », a-t-elle laissé entendre. Il ressort que E5 est née à Ouagadougou d’où sa maîtrise du mooré. Quant à l’avenir du bisa dans la ville, « le bisa ne peut pas être laissé. Nous pouvons dire que nous sommes des bisa-moosé ». En effet, elle affirme être bisa-moaaga parce qu’elle est née à Ouagadougou et manie bien ces deux langues nationales. Identification de l’enquêté 6 (E6) - Il ne sait pas lire et écrire en français et bisa. - Langue parlée en famille : bisa - Langue parlée avec les enfants : bisa
  39. 39. 34 - Langue parlée avec la conjointe : bisa - Est-elle du même groupe ethnique que vous : oui - Est-elle scolarisée : non - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : bisa - Celle des enfants : bisa - Langue parlée dans la rue : mooré - Au marché : mooré - Au travail : mooré-français - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : lors des rencontres entre Bisa ou à chaque fois que j’ai un parent en face de moi. Commentaires sociolinguistiques Notre enquêté parle le bisa dans le milieu familial et aussi avec toute personne qui parle bien la langue. E6 ne maîtrise que le bisa et le mooré. Le mooré est parlé dans le milieu extra-familial informel avec toute personne qui ne comprend pas le bisa. E6 affirme se débrouiller en français souvent face aux clients qui ne comprennent pas le mooré.
  40. 40. 35 Identification de l’enquêté 7 (E7) - Elle ne sait pas lire et écrire en français et bisa. - Langue parlée en famille : bisa - Langue parlée avec les enfants : --------- - Langue parlée avec la conjointe : --------- - Est-elle du même groupe ethnique que vous : --------- - Est-elle scolarisée : ---------- - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : ----------- - Celle des enfants : -------- - Langue parlée dans la rue : mooré - Au marché : mooré - Au travail : mooré - Avec les amis : mooré-bisa - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : avec d’autres Bisa et lors des rencontres. Commentaires sociolinguistiques E7 vient du village. Il parle le bisa en famille parce que selon lui, c’est la langue qu’il maîtrise. « C’est notre langue et je la comprends très bien », a-t-il laissé entendre. En réalité le bisa est sa langue première et est également parlé lors des rencontres avec les autres Bisa ainsi qu’avec ses frères.
  41. 41. 36 Quant au mooré et au français, ces langues sont parlées dans la rue, au marché et au travail, « je parle le mooré car je ne comprends pas très bien le français mais il arrive souvent que mon interlocuteur ne comprenne pas le mooré alors je suis obligé de le faire en français » et « tout cela parce qu’ils ne comprennent pas ma langue », a-t-il soutenu. Identification de l’enquêté 8 (E8) - Il ne sait pas lire et écrire en français et bisa - Langue parlée en famille : bisa - Langue parlée avec les enfants : bisa - Langue parlée avec la conjointe : bisa - Est-elle du même groupe ethnique que vous : oui - Est-elle scolarisée : non - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : bisa - Celle des enfants : bisa - Langue parlée dans la rue : mooré-français - Au marché : mooré-français - Au travail : mooré-français - Avec les amis : mooré-français-bisa - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : lors des rencontres entre Bisa.
  42. 42. 37 Commentaires sociolinguistiques En effet, il parle le bisa, sa langue ethnique que lorsqu’il se trouve en famille, avec ses frères, sa conjointe et avec ses enfants. Il faut noter qu’il a aussi des amis avec qui il s’exprime en bisa lors de causeries. Il fait également usage de la langue lorsqu’il est en compagnie d’autres personnes du même groupe ethnique que lui. « Je parle le bisa quand j’ai en face de moi un parent et aussi à la maison pour que mes enfants la comprennent très bien afin de préserver notre langue ». Les langues véhiculaires mooré et français sont utilisées dans des situations inter-linguistiques c'est-à-dire au marché, dans la rue, au travail où il n’a pas en face de lui forcément des membres de sa communauté ethnique. « Ce sont les langues les plus parlées dans la rue et au marché surtout, les commerçants ne parlent que le mooré », a-t-il précisé. Identification de l’enquêté 9 (E9) - Il ne sait pas lire et écrire en français et bisa - Langue parlée en famille : bisa - Langue parlée avec les enfants : --------- - Langue parlée avec la conjointe : ------- - Est-elle du même groupe ethnique que vous : --------- - Est-elle scolarisée : ---------- - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : ------- - Celle des enfants : ---------
  43. 43. 38 - Langue parlée dans la rue : mooré - Au marché : mooré - Au travail : mooré-français - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : avec tous les Bisa que je rencontre. Commentaires sociolinguistiques E9 utilise le bisa en milieu familial. C’est aussi sa langue première donc sa maîtrise parfaite de la langue est due au fait qu’il vient du village. Le mooré et le français sont présents dans ses habitudes linguistiques par besoin de communiquer surtout avec le milieu extérieur. Il justifie l’usage du mooré en disant que « c’est chez les moosé » d’où l’obligation de s’exprimer dans la langue au marché, dans la rue et avec quelques amis, c'est-à-dire dans le milieu extra- familial informel. Le français est parlé par ce dernier parce qu’il rencontre souvent des clients qui ne comprennent pas le mooré. Identification de l’enquêté 10 (E10) - Il ne sait pas lire et écrire en français et bisa - Langue parlée en famille : bisa - Langue parlée avec les enfants : -------- - Langue parlée avec la conjointe : --------
  44. 44. 39 - Est-elle du même groupe ethnique que vous : -------- - Est-elle scolarisée : -------- - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : --------- - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : mooré-français - Au marché : mooré - Au travail : mooré-français - Avec les amis : mooré - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : avec tous les Bisa que je rencontre. Commentaires sociolinguistiques La bisa encore une fois, apparaît ici comme une langue intra-linguistique parce que notre enquêté ne parle la langue que lorsqu’il est en face d’un bisa soit en famille, avec les frères ou avec toute autre personne du même groupe ethnique. Comme langue inter-linguistique, le mooré est alors incontournable pour notre enquêté. Etant marchand, il parle le mooré pour aborder ses clients. Selon lui, « je parle le mooré parce que c’est la langue que tout le monde parle. Donc je ne peux pas parler le bisa avec n’importe qui que je croiserai dans la rue ».
  45. 45. 40 III.1.2- Enquêtés scolarisés III.1.2.1- Présentation des enquêtés scolarisés Enquêtés scolarisés Noms et prénoms Professions Répertoire linguistique Enquêté’1 E’1 Bambara Lamine Etudiant français-bisa Enquêté’2 E’2 Yankiné Clarisse Etudiante français-bisa Enquêté’3 E’3 Zouré Adjara Elève français-mooré- bisa Enquêté’4 E’4 Nombré Oumar Elève français-mooré- bisa-dioula Enquêté’5 E’5 Kéré Toussaint Postier français-mooré Enquêté’6 E’6 Zouré Abdou Journaliste français-bisa- mooré Enquêté’7 E’7 Zinsoné Julienne Agent de bureau français-mooré- bisa Enquêté’8 E’8 Sambaré Abdoulaye Géologue français-bisa-dioula Enquêté’9 E’9 Goulla Gautier Contrôleur financier français-mooré Enquêté’10 E’10 Lengané Oukiattou Inspectrice du trésor français-bisa-dioula
  46. 46. 41 Identification de l’enquêté’ 1 (E’1) - Il ne sait pas lire et écrire en bisa. - Langue parlée en famille : bisa-français - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjointe : -------- - Est-elle du même groupe ethnique que vous : --------- - Est-elle scolarisée : ------- - Quelle est votre langue première : français - Celle de votre conjointe : --------- - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français - Au marché : français - Au travail : français - Avec les amis : français - Avec d’autres Bisa : bisa-français - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : au village et aussi quand je suis en face d’un parent illettré. Commentaires sociolinguistiques E’1 affirme parler le français en famille « parce que tous les membres de la famille parlent bien le français ». Le français et le bisa sont utilisés avec les frères. Le bisa est surtout parlé lorsqu’il rencontre un parent qui ne comprend que le bisa.
  47. 47. 42 Dans le milieu extra-familial formel et informel, il ne s’exprime qu’en français. Pour lui, parler le français c’est normal parce que c’est la langue officielle. Pour terminer, il laisse entendre que le bisa a un avenir sombre. Identification de l’enquêté’ 2 (E’2) - Elle sait lire et écrire en bisa. - Langue parlée en famille : français - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjoint : -------- - Est-il du même groupe ethnique que vous : --------- - Est-il scolarisé : ------- - Quelle est votre langue première : français - Celle de votre conjoint : --------- - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français - Au marché : français - Au travail : français - Avec les amis : français - Avec d’autres Bisa : bisa-français - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : lors de mon séjour au village.
  48. 48. 43 Commentaires sociolinguistiques E’2 maîtrise très bien le français que les autres langues. Elle affirme parler le français presqu’à tous les niveaux. Elle ne parle le bisa que lorsqu’elle se sent obligée. Par exemple lors de son séjour au village ou lorsqu’elle est en face d’un Bisa qui ne comprend absolument pas le français. Selon elle le français est la langue officielle donc censé être parlé par tout le monde. Pour elle le bisa est une langue en voie de disparition parce que le mooré est la langue nationale la plus parlée ou principale langue véhiculaire du milieu. Par contre elle affirme savoir lire et écrire en bisa. Identification de l’enquêté’ 3 (E’3) - Elle sait lire et écrire en bisa. - Langue parlée en famille : bisa-français - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjoint : -------- - Est-il du même groupe ethnique que vous : --------- - Est-il scolarisé : ------- - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjoint : --------- - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français-mooré - Au marché : français-mooré
  49. 49. 44 - Au travail : français - Avec les amis : français-mooré - Avec d’autres Bisa : bisa-français - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : en compagnie d’un ami Bisa. Commentaires sociolinguistiques Le français et le bisa sont parlés en milieu familial. Le français et mooré sont parlés dans le milieu extra-familial informel. Quant au français uniquement, il est parlé dans le milieu extra-familial formel. Le bisa est parlé avec les autres amis Bisa. Selon notre enquêtée, le bisa peut avoir le statut de langue officielle à condition que chaque bisa accepte valoriser la langue. Identification de l’enquêté’ 4 (E’4) - Il ne sait pas lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : bisa-français-mooré-dioula - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjointe : -------- - Est-elle du même groupe ethnique que vous : --------- - Est-elle scolarisée : ------- - Quelle est votre langue première : français - Celle de votre conjointe : --------- - Celle des enfants : ---------
  50. 50. 45 - Langue parlée dans la rue : français-mooré - Au marché : français-mooré - Au travail : français - Avec les amis : français-mooré - Avec d’autres Bisa : bisa-français-mooré - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : au village et aussi en présence des parents. Commentaires sociolinguistiques Dans le milieu familial de E’4, quatre langues sont utilisées. Il s’agit du bisa, français, mooré et dioula. Il affirme avoir séjourné en Côte d’Ivoire où ils ont appris le dioula, en plus du français et du bisa. Quant au mooré, c’est à Ouagadougou qu’ils ont appris la langue. Selon lui, ce qui le pousse à parler le mooré en milieu extra- familial informel, est que certaines personnes ne parlent que le mooré. Aussi, il fait remarquer que la langue utilisée est fonction de l’individu qui est en face de lui. « La langue que je parle dépend de la personne qui est devant moi et aussi du sujet que nous abordons ». En réalité, il révèle qu’il parle le bisa à la maison surtout avec les parents qui l’exigent.
  51. 51. 46 Identification de l’enquêté’5 (E’5) - Il ne sait pas lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : mooré-français - Langue parlée avec vos enfants : français-mooré - Langue parlée avec votre conjointe : français-mooré - Est-elle du même groupe ethnique que vous : non - Est-elle scolarisée : oui - Quelle est votre langue première : mooré - Celle de votre conjointe : mooré - Celle des enfants : mooré - Langue parlée dans la rue : français-mooré - Au marché : français-mooré - Au travail : français-mooré - Avec les amis : français-mooré - Avec d’autres Bisa : bisa-français-mooré - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : avec ma maman ou lors de mon séjour à Garango. Commentaires sociolinguistiques Né à Ouagadougou, E’5 s’est familiarisé aux langues véhiculaires du milieu que sont le français et le mooré. Donc ces deux langues sont les plus utilisées. Selon lui, l’utilisation de ces deux langues en famille a toujours été ainsi depuis leur enfance.
  52. 52. 47 En effet, il maîtrise si bien ces deux langues qu’elles sont également utilisées au marché, dans la rue, avec ses amis et au travail. « Je parle le français avec celui qui ne comprend pas le mooré et vice-versa », s’est-il justifié. Le bisa est parlé lorsque notre enquêté est en face de quelqu’un qui ne parle ni le français ni le mooré. Il parle aussi le bisa souvent avec sa maman « Quand elle veut s’amuser avec moi, elle le fait en bisa mais il faut avouer que je ne maîtrise pas la langue ». Quant à l’avenir de la langue dans la ville, il reconnaît que cela dépendra des bisa eux-mêmes et des structures qui œuvrent à la conservation des langues nationales et aussi c’est une langue parlée par une minorité. Identification de l’enquêté’ 6 (E’6) - Il ne sait pas lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : français-bisa - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjointe : français-bisa - Est-elle du même groupe ethnique que vous : oui - Est-elle scolarisée : oui - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : bisa - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français-mooré - Au marché : français-mooré - Au travail : français-mooré - Avec les amis : français-mooré
  53. 53. 48 - Avec d’autres Bisa : bisa-français-mooré - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : a toutes les occasions, quand j’ai un bisa en face de moi. Commentaires sociolinguistiques Le bisa est parlé en famille et selon E’6 « nous sommes nés trouver les parents qui parlent le bisa, alors nous parlons aussi le bisa ». En effet, cette langue est parlée avec les frères, la conjointe, d’autres Bisa qui comprennent bien la langue et à toutes les occasions de parler la langue. Dans le milieu extra-familial informel, il reconnaît avoir recours à toutes les langues de son répertoire en fonction de la langue parlée par son interlocuteur. « Le mooré parce que c’est la langue du milieu, le français avec d’autres personnes qui ne comprennent pas le mooré et le bisa quand je rencontre les gens de la même ethnie que moi ». Dans le milieu extra-familial formel, il parle le français mais avec son métier de journaliste, E’6 a souvent recours au mooré dans sa quête de l’information. Pour lui, le bisa résistera à la domination des autres langues mais il sera difficile d’atteindre le niveau des autres langues majoritaires.
  54. 54. 49 Identification de l’enquêté’ 7 (E’7) - Elle ne sait lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : bisa-mooré-français - Langue parlée avec vos enfants : bisa-mooré-français - Langue parlée avec votre conjoint : mooré-français - Est-il du même groupe ethnique que vous : non - Est-il scolarisé : oui - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjoint : mooré - Celle des enfants : français - Langue parlée dans la rue : mooré-français - Au marché : mooré - Au travail : français - Avec les amis : français - Avec d’autres Bisa : bisa - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : au village lorsqu’on se retrouve entre ressortissant de la même localité avec les enfants lorsqu’on ne veut pas se faire comprendre par des personnes étrangères. Commentaires sociolinguistiques Le bisa, le mooré et le français sont les langues parlées en famille. En effet, selon E’7, le français est parlé avec tous les membres de la famille. Le mooré également mais le bisa est parlé avec des étrangers qui viennent du village.
  55. 55. 50 Aussi, E’7 reconnaît que les enfants s’expriment difficilement en bisa par rapport aux autres langues véhiculaires. Elle prétend parler le mooré dans le milieu extra-familial informel « c’est la langue commune aux Burkinabè, surtout ceux qui habitent Ouagadougou ». Avec les amis, elle parle le français ainsi que dans le milieu extra-familial formel parce que selon elle « c’est la langue du travail ». Elle parle le bisa lors de son séjour au village, lors des rencontres entre ressortissants de la même localité et aussi un peu avec les enfants en présence d’étranger « lorsqu’on ne veut pas se faire comprendre par des personnes étrangères ». Identification de l’enquêté’8 (E’8) - Il ne sait pas lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : bisa-français - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjointe : français - Est-elle du même groupe ethnique que vous : non - Est-elle scolarisée : oui - Quelle est votre langue première : français - Celle de votre conjointe : mooré - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français - Au marché : français-dioula
  56. 56. 51 - Au travail : français - Avec les amis : français - Avec d’autres Bisa : bisa-français - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : fréquemment au village, avec les parents en Côte d’Ivoire (en famille) et lorsque je rends visite à certains parents ici à Ouaga. Commentaires sociolinguistiques Selon E’8, le bisa est parlé à 20 % avec les frères. Il faut noter que la langue est aussi parlée avec d’autres bisa mais « je parle plus le bisa avec ceux qui n’ont pas la maîtrise du français ». Le français est la langue la plus parlée. En effet, E’8 affirme avoir le français comme langue première. Ensuite le français est plus parlé avec ses frères 80% car dit-il « nous sommes tous scolarisés et nous avons aussi de bon niveau d’étude ». Dans le milieu extra-familial formel et informel, il reconnaît qu’il s’exprime en français. « A Ouagadougou la langue la plus parlée est le mooré. Il se trouve cependant que je ne comprends pas le mooré ». Au marché, le dioula est souvent utilisé « c’est aussi cette langue que je comprends et je la parle avec mon interlocuteur quand ce dernier comprend le dioula». Quant à l’avenir du bisa dans la ville, E’8 laisse entendre que la communauté bisa est aujourd’hui très représentative à Ouagadougou et de plus en plus croissante. Toutefois l’avenir de la langue dépend de la communauté bisa elle-même et en particulier du travail de la sous-commission de la langue bisa.
  57. 57. 52 Identification de l’enquêté’9 (E’9) - Il ne sait pas lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : mooré-français - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjointe : -------- - Est-elle du même groupe ethnique que vous : -------- - Est-elle scolarisée : -------- - Quelle est votre langue première : mooré - Celle de votre conjointe : ------- - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français-mooré - Au marché : français-mooré - Au travail : français-mooré - Avec les amis : français-mooré - Avec d’autres Bisa : français-mooré - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : je ne comprends pas le bisa. Commentaires sociolinguistiques E’9 ne comprend que deux langues, le mooré et le français. Ce qui fait que ces deux langues sont parlées à tous les niveaux c'est-à-dire dans le milieu familial, extra-familial informel et extra-familial formel.
  58. 58. 53 Il ne comprend pas le bisa et selon lui parce qu’il est né et a grandi à Ouagadougou. « Le bisa disparaît petit à petit et cela est surtout dû à la disparité des couples », s’est-il exprimé pour conclure. Identification de l’enquêté’ 10 (E’10) - Elle ne sait pas lire et écrire en bisa - Langue parlée en famille : bisa-français-dioula - Langue parlée avec vos enfants : -------- - Langue parlée avec votre conjoint : français - Est-il du même groupe ethnique que vous : oui - Est-il scolarisé : oui - Quelle est votre langue première : bisa - Celle de votre conjointe : bisa - Celle des enfants : --------- - Langue parlée dans la rue : français-dioula - Au marché : français-dioula - Au travail : français - Avec les amis : français-dioula - Avec d’autres Bisa : bisa-français-dioula - A quelles autres occasions parlez-vous le bisa : quand je suis en face de ceux qui ne comprennent pas le français et le dioula.
  59. 59. 54 Commentaires sociolinguistiques Selon E’10, le français et le dioula interviennent plus dans toutes les sphères de communication. Il faut noter que le bisa est parlé avec d’autres Bisaphones « qui n’ont pas la maîtrise du français et du dioula et qui ne me sont pas familiers ». Le français est la langue la plus parlée et selon notre constat c’est la seule langue utilisée dans le milieu extra-familial formel. Pourquoi parle-t-elle le dioula et le français avec ses frères ? « Ils sont tous scolarisés et aussi nous avons grandi dans un milieu où le dioula est beaucoup parlé ». Pourquoi le dioula et français dans le milieu extra-familial informel ? « Ce sont ces deux langues que j’ai en commun avec mes interlocuteurs et en plus je ne comprends pas le mooré ». « A Ouagadougou la langue la plus parlée est le mooré. Il se trouve cependant que je ne la comprends pas ». Quant à l’avenir du bisa dans la ville, elle laisse entendre que la langue est de moins en moins parlée à cause du français pour ceux qui sont scolarisé et du mooré pour ceux qui ne le sont pas. Malgré les efforts des locuteurs de la langue les autres langues dominent ». III.2- Analyse des données Pour l’analyse des données, afin de rendre saillants les phénomènes sociolinguistiques, nous allons les synthétiser sous forme de tableau en tenant compte des différents sphères de communication et du niveau d’instruction des enquêtés.
  60. 60. 55  Présentation du tableau des enquêtés non-scolarisés Enquêtés Non-scolarisés E Lieux Marché Dans la rue Avec les amis En famille Au travail D’autres Bisa E1 mooré mooré mooré bisa mooré _ bisa E2 mooré mooré mooré bisa _ bisa E3 français mooré français français bisa français français bisa E4 mooré mooré mooré bisa mooré mooré français bisa mooré E5 mfooré mooré mooré bisa mooré _ bisa E6 mooré mooré mooré bisa mooré français bisa E7 mooré mooré mooré bisa mooré français bisa E8 mooré français mooré français mooré français bisa mooré français bisa E9 mooré mooré mooré bisa mooré français bisa
  61. 61. 56 E10 mooré mooré mooré bisa mooré français bisa Chez les enquêtés non-scolarisés, la langue déclarée la plus utilisée en dehors du milieu familial est le mooré et son usage la plus fréquente est dans la rue, au marché, avec les amis et souvent au travail. Mais la langue arrive quelque fois à pénétrer le milieu familial. Beaucoup affirment faire usage du bisa en famille et souvent du mooré. Pour certains, le bisa est utilisé lors des rencontres entre membres de la même communauté. Des enquêtés déclarent faire usage du français lorsqu’ils se retrouvent dans des situations qui l’obligent. Il faut retenir que la majorité de nos enquêtés viennent du village, certains à la recherche d’emploi et d’autres, surtout les femmes, pour rejoindre leurs époux installés dans la capitale. Et quelques uns, ont par contre séjourné en Côte d’Ivoire où ils ont pu apprendre le français. L’usage en bisa marque le plus la conversation dans les fratries du fait de la non-scolarisation. De ce fait, il ressort que le bisa, langue ethnique, est beaucoup préservées chez les personnes non-scolarisées car nous constatons que moins l’individu est scolarisé, plus le bisa est parlé en milieu familial. Et enfin notons que nos enquêtés non-scolarisés, selon les informations reçues évoluent pour la plupart dans le secteur informel.
  62. 62. 57  Présentation du tableau des personnes scolarisées Enquêtés Scolarisés E’ Lieux Au marché Dans la rue Avec les amis En famille Au travail D’autres Bisa E’1 français français français bisa français français français bisa E’2 français français français français français français bisa E’3 français mooré français mooré français mooré français bisa français français bisa E’4 français mooré français mooré français mooré français bisa mooré dioula français mooré français bisa mooré E’5 français mooré français mooré français mooré français mooré français mooré français mooré bisa E’6 français mooré français mooré français mooré français bisa français mooré français bisa mooré E’7 mooré mooré français français mooré français mooré bisa français bisa E’8 français dioula français français français bisa français français bisa
  63. 63. 58 E’9 français mooré français mooré français mooré français mooré français mooré français mooré E’10 français dioula français dioula français dioula français dioula bisa français bisa français dioula Pour les enquêtés scolarisés, on note une forte présence du français. C’est la langue officielle, la langue de l’enseignement, celle privilégiée dans l’administration et dans les institutions (milieu extra-familial formel). Etant scolarisés, ces enquêtés ont, en quelque sorte intériorisé cette culture citadine qui leur facilite la communication en langue française. "Dans un grand nombre de pays, être instruit signifie être bilingue". En effet, cette assertion de William F Mackey (1976 :19) va en droite ligne avec ce que nous constatons chez les locuteurs Bisaphones scolarisés. Certes, chez les enquêtés scolarisés, le français est la langue la plus utilisée dans les différentes sphères de la communication (dans la rue, au travail, au marché, avec les amis et même en famille…). Le français occupe de ce fait une place importante en alternance d’une part avec le bisa, en milieu familial, avec d’autres bisa et d’autre part avec le mooré en milieu extra-familial informel. Aussi, le français marque la conversation dans les fratries parce que beaucoup se réfèrent à leurs niveaux de scolarisation. Des personnes scolarisées ne font souvent usage du bisa que lorsqu’elles sont contraintes. « Je parle le bisa lorsque j’ai en face de moi quelqu’un qui ne comprend pas le français », a déclaré E’2.
  64. 64. 59 L’école est sans aucun doute un lieu de changement où se cristallisent les tensions provoquées par le passage entre deux formes de cultures, avec le déséquilibre qui en résulte au niveau des modèles traditionnels. L’étude des personnes scolarisées peut être ainsi un moyen de repérer les changements et la dynamique du multilinguisme d’une communauté en pleine mutation. En somme, nous constatons que le français, le mooré et quelque fois le dioula sont utilisés par les enquêtés dans les milieux extra-familiaux que ce soit formel ou informel. En plus l’utilisation du bisa par ces derniers semblent relever d’une contrainte en fonction de la langue parlée par l’interlocuteur. De ce qui précède, l’on peut affirmer que le comportement langagier est soumis aux déterminismes social et de répertoire.
  65. 65. 60 - Le déterminisme social L’on entend par déterminisme « la situation où le choix de la langue est déterminé entièrement par la société ou le répertoire des locuteurs » Gardner cité par Abou NAPON (1993). Le déterminisme social s’explique par le besoin d’identification à un groupe, les contraintes de service et pression sociale. Dans notre cas, ce phénomène se remarque chez certains locuteurs qui ont recours à la langue maternelle (surtout en milieu familial). La ville étant un cadre de brassage linguistique, parler sa langue maternelle, c’est manifester son appartenance à une ethnie déterminée. En effet, en famille le bisa apparaît comme une langue identitaire, une langue qui permet aux Bisaphones de revendiquer leur identité et valoriser leur culture afin d’éviter toute acculturation. Mais dans les milieux extra-familiaux formels et informels, le français et le mooré sont surtout utilisés dans la communication. Ainsi pour les personnes scolarisées, l’usage de la langue de “ Molière ” aux différents niveaux est une manière d’affirmer leur statut de locuteurs légitimes du français. Quant aux personnes non-scolarisées, l’utilisation du mooré est plus fréquente. En somme, l’utilisation des langues véhiculaires (français, mooré, dioula) est une manifestation de contraintes de service et de pression sociale.
  66. 66. 61 - Le déterminisme de répertoire Le degré d’instruction influence d’une part les comportements langagiers des Bisaphones. Ainsi, il s’opère un aménagement afin de pouvoir satisfaire aux besoins de communication selon que l’interlocuteur parle une langue ou pas. Autrement dit " le comportement linguistique n’est pas simplement une forme d’obéissance à des normes sociétales mais le locuteur participe activement à la construction des situations dans lesquelles il se trouve ". Gardner cité par Abou NAPON (1993). Chez les personnes scolarisées, le milieu extra-familial formel est un milieu où règne la langue française. Mais cela ne les empêche pas de communiquer en langue nationale lorsque ces dernières sont en face d’un individu qui ne comprend pas le français. Le mooré et le dioula sont plus utilisés par les non-scolarisées dans le milieu extra-familial informel mais eux aussi sont souvent appelés à communiquer en français lorsque le besoin se fait sentir. De ce fait, la plupart des Bisaphones sont au moins bilingues en milieu urbain de Ouagadougou. Cela pourrait nous permettre de dresser le répertoire linguistique des Bisaphones à Ouagadougou de la façon suivante et ce, en tenant compte du niveau d’instruction et des différentes sphères de communication. Chez les personnes non-scolarisées Milieu extra-familial formel : mooré + (français) Milieu extra-familial informel : mooré + (français) Milieu familial : bisa + (mooré) + (français)
  67. 67. 62 Chez les personnes scolarisées Milieu extra-familial formel : français + (mooré) Milieu extra-familial informel : français + mooré + (dioula) Milieu familial : français + (bisa) + (mooré) + (dioula) Au regard de ce répertoire linguistique, quel est alors l’avenir de la langue bisa dans la ville de Ouagadougou ? III.3- Avenir de la langue bisa La rencontre d’individus de divers horizons engendre obligatoirement des confrontations de cultures y compris linguistique. Selon Martial Nkouka (2000 :147), "La langue vernaculaire n’apparaît plus toujours au premier rang des langues maternelles ; les enfants des villes acquièrent de plus en plus les langues véhiculaires comme langue première". Et poursuit-il (op. cit. 147) "Certes très jeune, l’individu apprend à distinguer la langue dominante d’un nombre X d’autres langues qu’il parlera ou qu’il ne parlera pas en fonction des liens qu’il y aura entre lui et son interlocuteur mais quand la domination de la langue dominante est forte, l’enfant finit par épouser la langue dominante, c'est-à-dire la langue du milieu". Si le bisa est une langue minoritaire dans la ville de Ouagadougou, nous nous intéressons à son avenir. Pour ce faire, nous prendrons en compte le sentiment des locuteurs du bisa vis-à-vis de l’influence des langues majoritaires ou véhiculaires
  68. 68. 63 (français, mooré, dioula) sur leur langue et leur comportement langagier évoqué précédemment. En ce qui concerne le sentiment des locuteurs du bisa, nous leur avons posé la question suivante : quel est l’avenir du bisa dans la ville de Ouagadougou ? III.3.1- Une langue en régression Il y a ceux qui pensent que le bisa est en régression au profit des langues majoritaires. Ils sont 55% de nos enquêtés scolarisés et non-scolarisés. Pour eux, le français est la langue officielle, donc a plus de privilège ; le mooré est la langue du milieu depuis longtemps, donc incontournable surtout pour les non-scolarisés. Pour d’autres le dioula est une langue qui n’est pas en reste. Ainsi pour E’1 : « le bisa aura un avenir sombre dans la ville de Ouagadougou parce que les bisa sont très minoritaires ». Quant à E’2, elle affirme que : « la langue n’a aucun avenir. En voie de disparition parce que le mooré est la langue nationale la plus parlée dans la ville ». Pour Louis-Jean CALVET (1999 :17), une chose est sûre, si "les langues déjà répandues prennent encore plus d’ampleur aux dépens des langues minoritaires, les langues majoritaires prennent de l’importance alors que les langues minoritaires en perdent ". Et c’est ce que nous constatons dans la ville de Ouagadougou dans le cas de notre étude. Et de ce fait, les Bisaphones sont donc contraints à un bilinguisme.
  69. 69. 64 III.3.2- Une langue stable Les optimistes 30% de nos enquêtés pensent que la langue ne disparaîtra jamais parce qu’on a tendance à avoir une forte concentration des locuteurs de la langue. Nombreux sont les non-scolarisés qui pensent que le bisa se maintient. Aussi cette concentration permet aux locuteurs de maintenir la langue hors du cadre familial. Un autre élément est que les locuteurs de la langue arrivent à se ressourcer lors de leurs déplacements au village et pendant les rencontres associatives. Aussi avec l’exode rural, Il y a toujours des locuteurs natifs qui rejoignent la ville à la recherche d’emploi. E’6 fait partie de ceux-là : « Elle survivra entre les locuteurs qui la parlent et qui la comprennent ». III.3.3- Une langue à entretenir D’autres ont préféré s’abstenir de tout commentaire. Ils sont 15%, ceux-là qui affirment que le maintien de la langue dépend de l’attitude de ses locuteurs. Pour eux, ce sont les Bisa eux-mêmes qui peuvent décider du sort de leur langue dans la ville. « Le bisa peut être à la longue une langue majoritaire si chacun de nous accepte la valoriser », a laissé entendre E’3. Quant à E’5, il trouve que le développement de la langue dépendra de l’attitude des bisa eux-mêmes et des structures qui œuvrent à la conservation des langues nationales ». Pour notre part, nous pouvons dire que la conservation de la langue dépendra en réalité de la volonté manifeste de ses locuteurs. Selon Abou NAPON (1994 :228) "la coexistence des langues est souvent source d’enrichissement mutuel pour les communautés linguistiques en contact. Cependant on note des cas où le plurilinguisme est mal vécu par les populations". La langue bisa peut tout de même
  70. 70. 65 coexister avec les autres langues du milieu. Cette coexistence est possible à condition que les locuteurs du bisa prennent conscience du danger que court leur langue et arrivent à la maintenir. Si les avis sont partagés entre optimisme et pessimisme, l’arbre ne doit pas cacher la forêt, car au regard des comportements langagiers chez les lettrés surtout, on assiste à une vernacularisation des langues véhiculaires chez certains Bisaphones. Le tableau synoptique des Bisaphones scolarisés le montre si bien car on relève l’utilisation exclusive comme langue première des langues comme le français et le mooré ; d’où la nécessité de stratégies de sauvegarde de la langue. III.4- Stratégies de sauvegarde de la langue Afin de préserver la langue ainsi que toutes les langues minoritaires dans la ville, nous suggérons ici toute une série de mesures qui interpellent surtout les membres de la communauté concernée. Pour pouvoir développer ces stratégies, il faudra certainement recourir aux passeurs. Selon Martine DREYFUS et Caroline JUILLARD (2005 :295) « les passeurs sont des personnes qui introduisent une langue dans un environnement et la font circuler : il peut s’agir de personnes fonctionnant au sein de groupements plus ou moins institutionnalisés (école, média, les intellectuels et groupe divers : associations sportives et culturelles disséminées dans les quartiers urbains ainsi que
  71. 71. 66 les groupes de pairs, les ONG, les associations villageoises, les associations de femmes, d’étudiants … ». - Les artistes La création littéraire et artistique doit jouer un grand rôle à ce niveau. La façon dont la langue est utilisée et associée par les artistes les plus récents est appréciée par les locuteurs de la langue et d’autres se reconnaissent dans ces œuvres surtout musicales : les chanteurs comme Smockey, Sami Rama, Eudoxie, Bonsa, Dondonsy qui pour leur part associent des chansons en langue nationale bisa. - Les ONG Les ONG jouent également un rôle de passeurs de langues auprès d’une diversité de personnes, de formateurs de l’enseignement non formel qu’elles contribuent à former et aussi des adultes et des jeunes demandeurs d’alphabétisation. Ces ONG peuvent de ce fait, le faire au profit des différentes communautés linguistiques qui résident dans la ville de Ouagadougou. - Les associations de ressortissants ethniques Selon Martine DREYFUS et Caroline JUILLARD (2005 :295), L’attachement à la langue du groupe se manifeste notamment par l’existence d’associations de promotion de la langue. En matière de promotion des langues nationales, on peut citer le rôle des associations de ressortissants ethniques (dans les quartiers, à
  72. 72. 67 l’université ou au lycée). Elles peuvent développer des stratégies de préservation ou de développement de la langue. Déjà, le fait de se réunir leur permet aussi de maintenir la langue car les rencontres se font généralement dans leur langue. - Les intellectuels Par des actions ponctuelles dans la presse : la radio, la télévision, à l’université. Leur participation aux campagnes d’alphabétisations et aussi à travers la création de terminologie et d’autres documents de base. Aussi un rôle important est la description de la langue sous toutes les formes. Et la mise en place de dictionnaire incluant les différences dialectales.
  73. 73. 68 Conclusion Notre étude a porté sur l’avenir des langues minoritaires en milieu urbain : cas du bisa dans la ville de Ouagadougou. La ville étant le lieu de convergence d’hommes en provenance de divers horizons et parlant diverses langues, elle donne à voir un brassage linguistique. Pour ce faire, nous nous sommes posé les questions suivantes : - Quel est le comportement langagier des locuteurs Bisaphones dans la ville de Ouagadougou? - Quelle place occupe le bisa dans le paysage linguistique en milieu urbain de Ouagadougou ? - Quel est l’avenir du bisa en milieu urbain de Ouagadougou ? Les hypothèses que nous avons posées afin d’essayer d’apporter des éléments de réponses sont entre autres que : - Le comportement langagier des Bisaphones est soumis à deux déterminismes : le déterminisme de répertoire et le déterminisme social ; - Chez les locuteurs Bisaphones, le Bisa dans la ville de Ouagadougou est une langue grégaire (intra-familiale …) ; - On assiste chez certains locuteurs Bisaphones à une vernacularisation des langues véhiculaires au détriment du bisa. Pour vérifier ces hypothèses, nous avons analysé les comportements langagiers des locuteurs dans les milieux familial, extra-familial formel et extra-familial informel en prenant en compte leurs niveaux d’instruction.
  74. 74. 69 Ces hypothèses ont pu être vérifiées à travers nos informations recueillies. Nous avons alors constaté que le comportement langagier des Bisaphones est soumis à deux déterminismes : le déterminisme social et le déterminisme de répertoire. Le bisa est également une langue grégaire ou vernaculaire. Aussi avons- nous constaté que l’espace familial bisa n’est pas à l’abri de l’influence des langues majoritaires. Le répertoire des différents groupes enquêtés montre la dominance des langues véhiculaires dans les différents milieux. La présence du bisa chez certains est due à la maîtrise de la langue par ces derniers surtout chez les non-scolarisés. Par contre nous constatons néanmoins une vernacularisation du français chez les personnes scolarisées et du mooré chez les non-scolarisées. Afin de savoir le sentiment des Bisaphones sur l’avenir de leur langue dans la ville de Ouagadougou, ces derniers se sont exprimés différemment. Il y a ceux qui pensent que le bisa est en régression, d’autres se sont penchés vers une stabilité de la langue et enfin les derniers à intervenir ont préféré s’abstenir de tout commentaire. Ils ont tout simplement insisté sur le rôle de la communauté bisa quant à la préservation et à promotion de la langue. Et c’est dans ce sens que nous avons proposé des stratégies de sauvegarde de la langue. Ces stratégies consistent à recourir aux passeurs. Les artistes, les associations ethniques et les ONG sont entre autres des acteurs qui peuvent contribuer à la préservation de la langue.
  75. 75. 70 BIBLIOGRAPHIE BATIANA A, 1985 : Variation linguistique et comportement langagiers dans la communauté lyélé. Thèse de doctorat 3e cycle, Université de Nice, 237p. BATIANA A, 1998 : « Multilinguisme et dynamisme des langues au Burkina Faso » dans les travaux des enseignants du département de linguistique, 25e anniversaire du 29 avril au 1er mai 1999, pp 1-8 CALVET J-L, 1994 : Les voix de la ville : Introduction à la sociolinguistique Urbaine, Payot, 308p 1999 : La guerre des langues et les politiques linguistiques, Hachette littérature, Paris, 294p DUBOIS J et al. , 2001 : Dictionnaire de linguistique, Larousse, Paris, 514 p
  76. 76. 71 DRABO S, 1997 : Multilinguisme et comportement langagier dans le cadre de vie familial à Bobo Dioulasso, mémoire de maîtrise, Faculté des langues, des lettres, des arts, des sciences humaines et sociales (FLASHS), 73p DREYFUS M et JUILLARD C, 2005 : Le plurilinguisme au Sénégal : langue et identité en devenir, Karthala, Clamecy, 358p HAMMERS J.F et BLANC M, 1983 : Bilingualité et bilinguisme, Pierre Mardaga, Bruxelle, 498p ILBOUDO M, 2009 : Les comportements langagiers dans les familles exogamiques ou couples mixtes de la ville de Ouagadougou : cas des fonctionnaires et des non fonctionnaires, mémoire de maîtrise, Département de Linguistique, UFR/LAC, 83p KABORE B, 2004 : La coexistence du français et des langues nationales en contexte urbain burkinabè : cas des villes de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso, thèse de doctorat unique, UFR/LAC, 364p MACKEY W.F, 1976 : Bilinguisme et contact de langues, Klincksieck, Paris, 534p
  77. 77. 72 MADIEGA G, et NAO O, 2003 : Burkina Faso : cent ans d’histoire (1895-1995), tome 1, 2 éd. Karthala-PUO, Paris, 2169 P MANESSY G, 1978 « Le français d’Afrique Noire, français créole ou créole français ? » dans langue française n°7, Larousse, Paris, pp. 91-105 NAPON A, 1992 : Etude du français des non-lettrés au Burkina Faso, Université De Rouen, thèse de doctorat (nouveau régime), 316p 1993 : « Pour un bilinguisme français-langues nationales : Propositions glottopolitiques » dans les langues nationales dans le système éducatif du Burkina Faso : Etat des lieux et perspectives, Actes de colloque, 2-5 mars Ouagadougou, MEBAM (DGINA), pp. 94-100 1994 : « Un cas de conflit linguistique au Burkina Faso : l’exemple du Nuni et du Mooré à Léo » dans les Travaux des enseignants du département de linguistique, 25e anniversaire du 29 avril au 1er mai 1999 pp 227-245 NKOUKA M, 2000 : « Emergence des langues véhiculaires comme langues premières chez les adolescents de Brazzaville dans le plurilinguisme urbain », dans Le plurilinguisme urbain, Actes du colloque de Libreville « Les villes plurilingues », 25-29 septembre 2000, pp147-157
  78. 78. 73 SANOGO L, 2000 : « Langues et pratiques langagières en pays toussian : le cas de Djiguèra dans le plurilinguisme urbain », dans Le plurilinguisme urbain, Actes du colloque de Libreville « Les villes plurilingues », 25-29 septembre 2000, pp 419-429 VANHOUDT B, 1992 : Description du bisa de zabré : langue mandé du groupe Sud- Est, Thèse de doctorat, Université Libre de Bruxelles, Faculté de philosophie et de lettres, 548p YANKINE C, 2008 : La derivation en Bisa-Barka, mémoire de maîtrise, Département de Linguistique, UFR/LAC, Université de Ouagadougou, 96p INSD, 2006 : Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-2006) INSD, 2009 : Monographie de la commune urbaine de Ouagadougou, décembre 2009
  79. 79. 74 Annexe Guide d’entretien Thème « L’avenir des langues minoritaires en milieu urbain : cas du bissa dans la ville de Ouagadougou » Nom:…………………………………… Prénom :……………………………… Quartier………………………………….Secteur………………………………… Profession………………………………..Ethnie………………………………… 1. Etes vous scolarisé:…………………………………………………………… 2. Savez-vous lire et écrire en français ……….........en bisa………………… 3. Quelle(s) langue(s) parlez vous en famille:………………………………… Pourquoi:……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………… 4. Quelle(s) langue(s) parlez vous avec vos enfants :………………………… Pourquoi :……………………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………….
  80. 80. 75 5. Quelle(s) langue(s) parlez vous avec votre frère(s) :……………………… Pourquoi :……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………… 6. Quelle(s) langue(s) parlez vous avec votre conjoint(e) :………………… ……………………………………………………………………………………… 7. Est elle / il du même groupe ethnique que vous ? :………………………… 8. Est elle/ il scolarisé(e) ?.............................................................................. 9. Quelle est votre langue première……….Celle de votre conjoint(e)……… 10. quelle est la langue première de vos enfants ?......................................... 11. Quelle(s) langue(s) parlez vous : Dans la rue ?.................................... Pourquoi :……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………… Au marché:…………………………. …………………………………………….. Pourquoi :……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………
  81. 81. 76 Avec vos amis:…………………………………………………………………… Pourquoi :……………………………………………………………………………………… .…………………………………………………………………………………………………. ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………… Avec d’autres Bissa :………………………..................................................... Pourquoi :……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………… Au travail :………………………………………………………………… ……… Pourquoi :……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………… 12. À quelle(s) occasion(s) parlez vous le bissa ? :....................................... ……………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………….. .……………………………………………………………………………………………… 13. Selon vous quel est l’avenir du Bissa dans la ville de Ouagadougou :… ………………………………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………………………………
  82. 82. 77 Table des matières DEDICACE.................................................................................................................. I REMERCIEMENTS.................................................................................................... II INTRODUCTION........................................................................................................ 1 0.1- Problématique.................................................................................................. 1 0.2- Hypothèses ...................................................................................................... 2 0.3- Objectifs ........................................................................................................... 3 0.4- Cadre théorique ............................................................................................... 3 0.5- Méthode de travail............................................................................................ 4 0.6- Plan de travail .................................................................................................. 5 Chapitre I : Présentation du cadre d’étude ................................................................. 6 I.1- Structuration de la ville de Ouagadougou ......................................................... 6 I.2- Bref aperçu historique ....................................................................................... 7 I.3- Situation géographique ..................................................................................... 7 I.4- La population..................................................................................................... 9 I.4.1- Population des arrondissements................................................................. 9 I.5- Caractéristiques de la population selon les langues parlées........................... 10 I.5.1- Population et langue parlée ...................................................................... 10 I.5.2- Langue parlée et arrondissements de résidence ...................................... 11 I.5.3- Structure par âge de la population selon les différentes ........................... 12 Chapitre II : Situation géo-sociolinguistique de la ville de Ouagadougou ................. 13 II.1- La classification des langues nationales au Burkina Faso ............................ 13 II. 2 - La distribution géographique........................................................................ 14 II.3- Le poids démographique des langues ........................................................... 14

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