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LES BIBLIOTHÈQUES
UNIVERSITAIRES PEUVENT-ELLES
DEVENIR DES OUTILS DE
JUSTICE COGNITIVE DANS LES
PAYS DU NORD ET DES SUDS?
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UNE ANTHROPOLOGUE
ENGAGÉE CHEZ LES
BIBLIOTHÉCAIRES…
MERCI DE L’INVITATION!
DE LA RECHERCHE À LA RECHERCHE-
ACTION ET À L’ACTION : MON
ITINÉRAIRE
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LA MATÉRIALITÉ DU SAVOIR
Rapports complexes entre bibliothécaires et scientifiques
• Bibliothécaires invisibles pour les s...
LA MATÉRIALITÉ DU SAVOIR
Pourtant :
• Rôle central (méconnu) des bibliothécaires dans le
mouvement du libre accès
• Ont un...
LES ENJEUX ÉPISTÉMOLOGIQUES ET
SOCIAUX DE LA SCIENCE
Inversement :
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LE SYSTÈME-MONDE DE LA SCIENCE
• Un centre (USA, GB), une semi-périphérie (Europe,
BRICS, Asie, Amérique latine) et une lo...
Vision tronquée
qui ne prend
pas en compte
la science à
l’extérieur du
web of science
LE SYSTÈME-MONDE DE LA SCIENCE
• En Afrique, extraversion vers le Nord :
• Faire de la science comme les gens du Nord
• Al...
INJUSTICE COGNITIVE
Une injustice cognitive est une situation, un phénomène,
une politique ou une attitude qui empêche les...
1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à
l'adoption de la science ouverte dans les unive...
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l'adoption de la science ouverte dans les unive...
1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à
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LES BOUTIQUES DES SCIENCES ET DES
SAVOIRS : UN OUTIL CONCRET, PEU
COÛTEUX, POUR RÉALISER CETTE
VISION
• Inventé par des ét...
DISPOSITIF DE LA « SCIENCE SHOP »
Acteurs :
- Des organismes à but non lucratif : des associations,
des organismes communa...
Gratuité de la
transaction
Publication des
résultats en libre
accès
Le cheminement d’un projet dans une boutique des sciences et des savoirs
Au cours de ses quatre premières années
d’existence, Accès savoirs a piloté plus de 180
projets réalisés pour 114 organi...
UN MODÈLE ADAPTÉ POUR LES PAYS
DES SUDS
• Sortir la boutique des murs de l’université, la délocaliser
dans les quartiers o...
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l'adoption de la science ouverte dans les unive...
JUILLET 2017, COTONOU
FLORENCE PIRON, UNIVERSITÉ LAVAL, AVEC LA COLLABORATION DE JUDICAËL
ALLADATIN, THOMAS MBOA NKOUDOU E...
POURQUOI LE CAMES?
• Le CAMES reçoit de très nombreux travaux scientifiques de toute
l’Afrique francophone sous format num...
UNE VISION
Le CAMES peut transformer son site en une archive
ouverte Dspace qui :
• pérennisera l’accessibilité des travau...
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1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à
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PREMIERS RÉSULTATS : NEUF INJUSTICES COGNITIVES VÉCUES
PAR LES UNIVERSITAIRES AFRICAINS ET HAÏTIENS
1. Absence d’infrastru...
LE BUT : VISER LA JUSTICE COGNITIVE
La justice cognitive est un idéal épistémologique, éthique et
politique visant l’éclos...
LES AMBIGUÏTÉS DU MOUVEMENT DU
LIBRE ACCÈS
• Les bibliothèques universitaires africaines et haïtiennes
ont peu de ressourc...
LIBRE ACCÈS POST-COLONIAL
• Le libre accès peut aggraver l’aliénation épistémique des
scientifiques des Suds lorsqu’ils et...
AGIR
Éthique : dire ce qu’on fait… et faire ce qu’on dit
Ne pas se contenter de « il faudrait que » (utopie) ou « il
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ASSOCIATION SCIENCE ET
BIEN COMMUN
PUBLIER EN LIBRE ACCÈS SUR LE
WEB ET EN VERSION IMPRIMÉE
• Les Éditions science et bien commun : Pour l'accès libre et uni...
54 portraits
d’immigrants
et d’immigrantes
issus de 16 pays
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d’étudiants et
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Version en ligne, en libre accès, grâce au logiciel
Pressbooks, dérivé de Wordpress, logiciel libre et gratuit
LA PUBLICATION DES PORTRAITS DE
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CE QUE
PEUVENT
FAIRE LES
BU DU NORD
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• Offrir des forma...
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BIEN COMMUN DANS L’UNIVERSITÉ
• Participer à la lutte contre l’oligopole des éditeurs à b...
SOLIDARITÉ DES BU DU NORD
AVEC LES BU DES SUDS
• Éduquer au libre accès, faire une veille, etc.
• Contribuer au Koombook d...
POUR LES BU DES SUDS,
PROPOSITION DE WOOD MARK
(HAÏTI)
• Pour combattre l'injustice cognitive relative aux questions
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ATTENTION À LA CHARITÉ MAL
PLACÉE : LE CAS RESEARCH4LIFE
Qu’est-ce que Research4life ?
• Des bouquets de revues, appartena...
EMPOWERMENT OU DÉPENDANCE?
 Maintiennent tout le système injuste de l’édition scientifique du Nord en
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 Ne résolven...
CETTE PRÉSENTATION
Est sous licence Creative Commons:
Vous pouvez l’utiliser, telle quelle ou en la
modifiant, pour vos ac...
Les bibliothèques universitaires peuvent-elles devenir des outils de justice cognitive dans les pays du Nord et des Suds?
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Les bibliothèques universitaires peuvent-elles devenir des outils de justice cognitive dans les pays du Nord et des Suds?

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Publié le

Conférence de Florence Piron, Université Laval
Journée de réflexion des bibliothèques de l’Université de Montréal
24 novembre 2017

Publié dans : Formation

Les bibliothèques universitaires peuvent-elles devenir des outils de justice cognitive dans les pays du Nord et des Suds?

  1. 1. LES BIBLIOTHÈQUES UNIVERSITAIRES PEUVENT-ELLES DEVENIR DES OUTILS DE JUSTICE COGNITIVE DANS LES PAYS DU NORD ET DES SUDS? JOURNÉE DE RÉFLEXION DES BIBLIOTHÈQUES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 24 NOVEMBRE 2017 FLORENCE.PIRON@COM.ULAVAL.CA Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence creative commons attribution 4.0 canada
  2. 2. UNE ANTHROPOLOGUE ENGAGÉE CHEZ LES BIBLIOTHÉCAIRES… MERCI DE L’INVITATION!
  3. 3. DE LA RECHERCHE À LA RECHERCHE- ACTION ET À L’ACTION : MON ITINÉRAIRE • Thèse sur l’éthique de la recherche anthropologique et l’écriture académique : les enjeux de savoir et pouvoir • Projet de recherche sur les savoirs des femmes au Sahel : découverte du mépris de la science pour ces savoirs • Réflexion sur les usages et les effets de la recherche : engagement pour démocratiser la science et le débat sur les enjeux éthiques des sciences • Séjour au Conseil de la santé et du bien-être : une sortie énergisante hors du monde universitaire • Plusieurs projets participatifs, création de l’Association science et bien commun et de la boutique des sciences Accès savoirs (Ulaval) • Ma découverte du mouvement du libre accès • Le projet SOHA : La science ouverte comme outil de justice cognitive et de développement du pouvoir d’agir en Haïti et en Afrique francophone : trois autres projets de recherche-action
  4. 4. LA MATÉRIALITÉ DU SAVOIR Rapports complexes entre bibliothécaires et scientifiques • Bibliothécaires invisibles pour les scientifiques, sauf quand une revue n’est pas accessible • Scientifiques inaccessibles pour les bibliothécaires qui dépendent de l’administration  Des rapports complexes et rares  Des scientifiques peu sensibilisés à la dimension matérielle (économique et politique)
  5. 5. LA MATÉRIALITÉ DU SAVOIR Pourtant : • Rôle central (méconnu) des bibliothécaires dans le mouvement du libre accès • Ont un rôle vital à jouer pour éduquer les scientifiques à la « matérialité du savoir » d’un point de vue autre que celui de la carrière (du CV) • Les enjeux de la marchandisation du savoir • Les coûts sociaux du système actuel de publication dans les pays du Nord • Les injustices et les exclusions de ce système • Les aberrations du facteur d’impact • La nécessité de la bibliodiversité (appel de Jussieu) • Le rôle des archives ouvertes et de l’auto-archivage pour faire circuler le savoir  Un retour à l’ethos de la science moderne axé sur la mise en commun des savoirs, des idées, des théories.
  6. 6. LES ENJEUX ÉPISTÉMOLOGIQUES ET SOCIAUX DE LA SCIENCE Inversement : Les sciences de l’information et de la documentation passent un peu vite sur la réflexion épistémologique et sociale de la science. • La science est une production culturelle située dans une histoire et un espace : l’Europe de la Renaissance. Elle s’est développée en même temps que la modernité (coloniale, exploiteuse des ressources naturelles). • Elle a été longtemps le privilège d’hommes blancs (en blouse blanche) détenteurs du pouvoir de véridiction. • Elle produit des savoirs, mais produit aussi des ignorances : des sujets qui n’intéressent pas les financeurs de la science ou les pays où ils vivent. • Elle s’organise autour d’un réseau d’institutions, de ressources, d’acteurs sociaux, de politiques publiques et est dotée d’un capital symbolique plus ou moins prestigieux selon les contextes.  C’est la perspective constructiviste de la science.  La vision positiviste de la science, bien que dominante, n’est pas la seule!
  7. 7. LE SYSTÈME-MONDE DE LA SCIENCE • Un centre (USA, GB), une semi-périphérie (Europe, BRICS, Asie, Amérique latine) et une lointaine périphérie (Afrique) • Des décalages énormes de ressources (web, littératie numérique, électricité, assurances, salaires, etc.) • Dans les pays du centre et de la semi-périphérie, invisibilité des savoirs de la périphérie  Carte du Web of science 2011
  8. 8. Vision tronquée qui ne prend pas en compte la science à l’extérieur du web of science
  9. 9. LE SYSTÈME-MONDE DE LA SCIENCE • En Afrique, extraversion vers le Nord : • Faire de la science comme les gens du Nord • Aller étudier au Nord • Utiliser les théories du Nord • Publier dans les revues du Nord  Rare et difficile!  FRACTURE SCIENTIFIQUE NORD-SUD • Les publications africaines sont rares/non numérisées/non diffusées/non lues/non citées/non utilisées • L’essentiel de la science africaine se trouve dans les mémoires et les thèses, non numérisés jusqu’à récemment  QUEL GÂCHIS ALORS QUE CES SAVOIRS SONT PRÉCIEUX LOCALEMENT!
  10. 10. INJUSTICE COGNITIVE Une injustice cognitive est une situation, un phénomène, une politique ou une attitude qui empêche les étudiants, étudiantes, chercheurs et chercheuses de déployer le plein potentiel de leur capacité de recherche scientifique en faveur du développement durable local de leur pays. Pour les chercheurs et chercheures des Suds, plusieurs injustices sont particulièrement puissantes et difficiles à renverser. Le projet SOHA vise à lutter contre ces injustices en les identifiant, en les documentant et en favorisant l’empowerment des étudiants, étudiantes, chercheurs et chercheuses d’Haïti et d’Afrique francophone pour mieux les contrer : RECHERCHE-ACTION, recherche engagée.
  11. 11. 1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à l'adoption de la science ouverte dans les universités partenaires  Enquête web SOHA, 878 répondants dans 18 pays
  12. 12. 1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à l'adoption de la science ouverte dans les universités partenaires  Enquête web SOHA, 878 répondants dans 18 pays 2. Appuyer la création d'outils locaux de formation à la science ouverte par le biais de ressources éducatives libres  création d’un MOOC sur la conception et la rédaction d’un projet de thèse
  13. 13. 1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à l'adoption de la science ouverte dans les universités partenaires  Enquête web SOHA, 878 répondants dans 18 pays 2. Appuyer la création d'outils locaux de formation à la science ouverte par le biais de ressources éducatives libres  création d’un MOOC sur la conception et la rédaction d’un projet de thèse 3. Tester la faisabilité de dépôts institutionnels et de boutiques de sciences dans ces universités :  10 projets de boutique en Afrique et à Port-au-Prince
  14. 14. LES BOUTIQUES DES SCIENCES ET DES SAVOIRS : UN OUTIL CONCRET, PEU COÛTEUX, POUR RÉALISER CETTE VISION • Inventé par des étudiants de biologie aux Pays-Bas au début des années 1970, pour rendre service à une association d’habitants inquiets de la qualité de leur eau • Soutenu par la Commission européenne à partir de 2001 sous le vocable « Science shop » • Un réseau international piloté depuis l’Allemagne et les Pays-Bas : Living Knowledge qui regroupe plus d’une centaine de boutiques, essentiellement en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, en Afrique du Sud • Des formats variés : une boutique nationale aux Pays-Bas, une boutique indépendante de toute université à Grenoble, mais les boutiques sont la plupart du temps intégrées à une université.
  15. 15. DISPOSITIF DE LA « SCIENCE SHOP » Acteurs : - Des organismes à but non lucratif : des associations, des organismes communautaires ou d’économie sociale, mais aussi des organismes parapublics tels que des écoles ou des dispensaires qui ont des besoins, des projets, des savoirs, mais qui n’ont pas les ressources pour les réaliser - Des étudiants et étudiantes universitaires des 3 cycles qui tentent d’assimiler de nouvelles connaissances et compétences - Des enseignants et enseignantes responsables d’un cours ou d’un TP, à la recherche de méthodes pédagogiques efficaces et professionnalisantes - Une petite équipe, celle de la boutique des sciences, qui fait des liens entre tous ces acteurs
  16. 16. Gratuité de la transaction Publication des résultats en libre accès
  17. 17. Le cheminement d’un projet dans une boutique des sciences et des savoirs
  18. 18. Au cours de ses quatre premières années d’existence, Accès savoirs a piloté plus de 180 projets réalisés pour 114 organismes et mobilisant plus de 1000 étudiants et etudiantes et 50 enseignants et enseignantes. 50 projets par année environ. Accès savoirs, la boutique de sciences et des savoirs de l’Université Laval
  19. 19. UN MODÈLE ADAPTÉ POUR LES PAYS DES SUDS • Sortir la boutique des murs de l’université, la délocaliser dans les quartiers où sont les associations • Utiliser les langues locales • Faire des interventions fréquentes et de l’observation dans les associations pour recueillir les besoins et proposer des projets • Transformer les régimes pédagogiques des universités en valorisant les compétences professionnalisantes, le travail de terrain, le souci du développement local durable, le service du bien commun • Former davantage d’enseignants à la pédagogie active par projet et au travail collaboratif • Ajouter d’autres dimensions à la boutique : tiers-lieu de fabrication numérique, formation méthodologique et gestion de projet, formation au numérique, à la demande de subvention, à la recherche d’emploi, etc.
  20. 20. 1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à l'adoption de la science ouverte dans les universités partenaires  Enquête web SOHA, 878 répondants dans 18 pays 2. Appuyer la création d'outils locaux de formation à la science ouverte par le biais de ressources éducatives libres  création d’un MOOC sur la conception et la rédaction d’un projet de thèse 3. Tester la faisabilité de dépôts institutionnels et de boutiques de sciences dans ces universités :  10 projets de boutique en Afrique et à Port-au-Prince  Création du DICAMES : le dépôt institutionnel du CAMES (Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur) qui gère plusieurs aspects de la vie universitaire des universités publiques de 19 pays d’Afrique francophone subsaharienne
  21. 21. JUILLET 2017, COTONOU FLORENCE PIRON, UNIVERSITÉ LAVAL, AVEC LA COLLABORATION DE JUDICAËL ALLADATIN, THOMAS MBOA NKOUDOU ET TOUS LES MEMBRES DU PROJET SOHA FLORENCE.PIRON@COM.ULAVAL.CA Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence creative commons attribution 4.0 canada Une solution pour la mise en valeur de la production scientifique des universités de l’espace CAMES : une archive numérique ouverte en libre accès
  22. 22. POURQUOI LE CAMES? • Le CAMES reçoit de très nombreux travaux scientifiques de toute l’Afrique francophone sous format numérique • Il détient le fichier numérique de 4000 thèses et de 20 000 articles scientifiques • Il est en contact avec toutes les universités d’Afrique francophone subsaharienne • Il a une équipe aguerrie de bibliothécaires et d’informaticiens • Son plan stratégique propose : • « La dotation du CAMES d’une doublure virtuelle pour assurer une plus grande visibilité et limiter l’isolement intellectuel professionnel du CAMES, en promouvant la mobilité des connaissances, en accroissant l’accès à moindre coût aux ressources documentaires et en facilitant les échanges institutionnels. » • « Le renforcement du rayonnement et de la visibilité du CAMES afin de rendre l’institution incontournable dans l’exécution des missions pour lesquelles elle jouit d’une légitimité politique et juridique. »
  23. 23. UNE VISION Le CAMES peut transformer son site en une archive ouverte Dspace qui : • pérennisera l’accessibilité des travaux qui y seront déposés • Permettra de générer des listes de publication par chercheur ou chercheuse, pour les comités d’évaluation (en utilisant le système ORCID pour gérer les homonymes) • Offrira aux universités membres une vitrine pour leurs travaux scientifiques sans qu’elles doivent investir dans leur propre archive si elles ne le souhaitent ou ne le peuvent pas. • Sera interdépendante avec les archives ouvertes des universités qui décideront d’investir pour en créer une spécifique • Assurera la visibilité sur le web de tous les travaux archivés, dans une « grande conversation scientifique » plus inclusive, plus ouverte
  24. 24. 1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à l'adoption de la science ouverte dans les universités partenaires  Enquête web SOHA, 878 répondants dans 18 pays 2. Appuyer la création d'outils locaux de formation à la science ouverte par le biais de ressources éducatives libres  création d’un MOOC sur la conception et la rédaction d’un projet de thèse 3. Tester la faisabilité de dépôts institutionnels et de boutiques de sciences dans ces universités :  10 projets de boutique en Afrique et à Port-au-Prince  Création du DICAMES : le dépôt institutionnel du CAMES 4. Créer et animer un réseau interdisciplinaire d'information et d'échanges sur la science ouverte en Haïti et en Afrique francophone :  le Collectif SOHA, devenue APSOHA (Association pour la promotion de la science ouverte en Haïti et en Afrique), un grand groupe Facebook (8495 membres) et 25 plus petits, 5 groupes Whatsapp
  25. 25. 1. Réaliser une vaste enquête empirique afin de comprendre les obstacles à l'adoption de la science ouverte dans les universités partenaires  Enquête web SOHA, 878 répondants dans 18 pays 2. Appuyer la création d'outils locaux de formation à la science ouverte par le biais de ressources éducatives libres  création d’un MOOC sur la conception et la rédaction d’un projet de thèse 3. Tester la faisabilité de dépôts institutionnels et de boutiques de sciences dans ces universités :  10 projets de boutique en Afrique et à Port-au-Prince  Création du DICAMES : le dépôt institutionnel du CAMES 4. Créer et animer un réseau interdisciplinaire d'information et d'échanges sur la science ouverte en Haïti et en Afrique francophone :  le Collectif SOHA, devenue APSOHA (Association pour la promotion de la science ouverte en Haïti et en Afrique), un grand groupe Facebook (8495 membres) et 25 plus petits, 5 groupes Whatsapp  Écriture numérique collective d’une pièce de théâtre sur la justice cognitive
  26. 26. PREMIERS RÉSULTATS : NEUF INJUSTICES COGNITIVES VÉCUES PAR LES UNIVERSITAIRES AFRICAINS ET HAÏTIENS 1. Absence d’infrastructure de recherche dans leurs universités 2. Barrières financières, légales et numériques dans l’accès aux publications scientifiques 3. Accès difficile à Internet et faible littératie numérique des universitaires 4. Ignorance ou mépris pour les savoirs locaux, socialement et culturellement pertinents 5. Coupure entre les priorités de la recherche et celles de la société, des communautés locales 6. Le système de la science du Nord est normatif, exclusif et très difficile à pénétrer (domination du positivisme) 7. L’hégémonie des langues coloniales en science 8. Pédagogie de l’humiliation encore en vigueur dans les universités 9. Aliénation épistémique : devoir penser dans une épistémologie et des catégories de pensée post-coloniales (du Nord), privilégier les références bibliographiques du Nord, ne pas connaître les travaux scientifiques des Suds
  27. 27. LE BUT : VISER LA JUSTICE COGNITIVE La justice cognitive est un idéal épistémologique, éthique et politique visant l’éclosion de savoirs socialement pertinents partout sur la planète et non pas seulement dans les pays du Nord, au sein d’une science pratiquant un universalisme inclusif, ouvert à tous les savoirs. Elle insiste sur l'empowerment des scientifiques des Suds, notamment des étudiants et étudiantes, pour mettre leur potentiel de création de savoir au service du développement local durable. Elle s’oppose au cadre normatif positiviste dominant la science du Nord, car il conduit à dévaloriser les savoirs locaux au profit d’une épistémologie hégémonique Elle valorise l’ancrage local des savoirs, y compris de la science, et de leurs porteurs et porteuses. Elle exige l’accès au web pour lire et publier librement.
  28. 28. LES AMBIGUÏTÉS DU MOUVEMENT DU LIBRE ACCÈS • Les bibliothèques universitaires africaines et haïtiennes ont peu de ressources : leurs étudiants et enseignants- chercheurs sont dans la même situation que les « exclus » du Nord (non-universitaires). • Le libre accès immédiat et intégral est une immense opportunité pour eux d’avoir accès à des ressources scientifiques à jour, récentes ou anciennes, que ce soit par le biais de revues en libre accès ou de dépôt institutionnel. Une finalité très pertinente… Plus pertinente en Afrique que l’augmentation de la productivité des scientifiques et la création d’innovations commercialisables (autres finalités du libre accès). MAIS
  29. 29. LIBRE ACCÈS POST-COLONIAL • Le libre accès peut aggraver l’aliénation épistémique des scientifiques des Suds lorsqu’ils et elles n’ont que des références du Nord pour avancer en recherche et que leurs propres travaux restent invisibles ou inaccessibles au Nord et au Sud.  Il faut rééquilibrer la situation en :  Encourageant les scientifiques des Suds à publier davantage malgré les conditions difficiles  Numérisant leurs travaux, notamment les mémoires de maitrise et les thèses, et en les mettant en ligne en libre accès  Créant des revues dans les pays des Suds qui favoriseront les échanges de savoirs sud-sud Une quatrième finalité du libre accès : l’empowerment des chercheurs et chercheures des Suds et la justice cognitive dans une visée décoloniale (décolonisation de la science et des esprits)
  30. 30. AGIR Éthique : dire ce qu’on fait… et faire ce qu’on dit Ne pas se contenter de « il faudrait que » (utopie) ou « il faut que » (moralisme) Incarner ce qu’on souhaite dans ce qu’on fait : « Faisons- le et ça se fera » (Vivian Labrie).  Pratiquer la justice cognitive dans ma pratique de recherche et d’enseignement • Faire de l’empowerment de jeunes chercheurs et chercheures d’afrique et d’Haïti • Proposer une vision :« Une autre science est possible », ouverte, collaborative, généreuse, en phase avec les besoins locaux et les valeurs locales, réhumanisée • Innover dans le domaine de l’enseignement et de la publication scientifique
  31. 31. ASSOCIATION SCIENCE ET BIEN COMMUN
  32. 32. PUBLIER EN LIBRE ACCÈS SUR LE WEB ET EN VERSION IMPRIMÉE • Les Éditions science et bien commun : Pour l'accès libre et universel, par le biais du numérique, à des livres scientifiques, des livres de science participative et des essais publiés par des auteures et auteurs de pays des Suds et du Nord • Un projet politique, engagé en faveur de la justice cognitive, contre la fracture scientifique nord-sud et la marchandisation du savoir • La volonté de contribuer aux Communs de la connaissance et de proposer une économie sociale et solidaire du savoir, contre l’économie de marché du savoir (les éditeurs scientifiques à but lucratif) • Un pari : la version en ligne fait de la publicité pour la version imprimée payante, elle permet de lire à ceux et celles qui ne peuvent avoir accès au livre imprimé • Financement : ventes, contribution volontaires des auteurs, dons et subventions
  33. 33. 54 portraits d’immigrants et d’immigrantes issus de 16 pays d’Afrique subsaharienne, réalisés par autant d’étudiants et d’étudiantes du cours Éthique de la communication publique, Lancé le 22 février 2016 Projet Québec, ville ouverte
  34. 34. Version en ligne, en libre accès, grâce au logiciel Pressbooks, dérivé de Wordpress, logiciel libre et gratuit
  35. 35. LA PUBLICATION DES PORTRAITS DE QUÉBEC, VILLE OUVERTE SOUS CC-BY Elle permet la fabrication et la commercialisation des livres imprimés, mais aussi la réutilisation des portraits pour : • Bande dessinée • Livres pour enfants • Manuels scolaires • Livres audio • Scénario de films, de spectacles, pièce de théâtre • Nouvelle littéraire • Recherche sur le racisme (consultation sur le racisme systémique) • Jeu de société • Conférences • Etc.
  36. 36. CE QUE PEUVENT FAIRE LES BU DU NORD
  37. 37. ENCOURAGER LA JUSTICE COGNITIVE DANS L’UNIVERSITÉ • Acquérir des livres et des revues des Pays des Suds • Offrir des formations à la recherche documentaire adaptées aux étudiants et étudiantes originaires d’Afrique francophone et d’Haïti • Diffuser une fiche technique sur l’importance de la justice cognitive à destination des scientifiques et des étudiants et étudiantes • Faciliter les anthologies / épilivres, avec le bureau du droit d’auteur, mettant en valeur la bibliodiversité • Valoriser le moteur de recherche BASE • Critiquer et refuser la pratique commerciale des frais demandés aux auteurs (APC) • Stimuler la réflexion critique de l’université sur le facteur d’impact dans les comités d’évaluation du personnel enseignant
  38. 38. APPUYER LA SCIENCE AU SERVICE DU BIEN COMMUN DANS L’UNIVERSITÉ • Participer à la lutte contre l’oligopole des éditeurs à but lucratif, notamment l’hégémonie de Springer et d’Elsevier • Encourager la création de revues à but non lucratif lancée par des chercheurs et chercheuses de l’université • Appuyer les éditeurs et les revues qui publient en libre accès • Respecter les principes de la Charte BibLib • Travailler davantage avec les chercheures et chercheurs pour leur faire découvrir les avantages de la bibliodiversité et de la pluralité épistémologique • Promouvoir les licences libres • Offrir des installations de numérisation accessibles à tous (en collaboration avec un fablab au besoin) • Offrir de la formation en littératie numérique scientifique
  39. 39. SOLIDARITÉ DES BU DU NORD AVEC LES BU DES SUDS • Éduquer au libre accès, faire une veille, etc. • Contribuer au Koombook de l’APSOHA • Contribuer à la curation collective du web pour identifier des ressources pertinentes pour l’Afrique • Appuyer le DICAMES en préparant des liens vers les thèses réalisées par des chercheurs et chercheuses des Suds • Faire connaître le DICAMES comme une ressource essentielle pour toutes les personnes qui travaillent sur l’Afrique • Encourager les BU à offrir de la formation au numérique • Participer au plaidoyer en faveur de l’Accès au web comme droit collectif (Estonie)
  40. 40. POUR LES BU DES SUDS, PROPOSITION DE WOOD MARK (HAÏTI) • Pour combattre l'injustice cognitive relative aux questions linguistiques, les bibliothèques peuvent, dans la mesure du possible, faciliter la circulation des savoirs dans la langue nationale. • Comme dit Dominique Wolton, la traduction est le passeport pour aller vers l'autre. Une bibliothèque, comme instance médiatrice entre celui qui produit la connaissance et celui qui en consomme, par conséquent, doivent avoir une politique linguistique qui priorise la langue maternelle de ses membres. Sans quoi (cette politique linguistique en faveur les lecteurs ) on risque de faire sombrer la réception des idées dans une incompréhension totale, conséquence d'une incommunication entre de potentiels co-producteurs de connaissances
  41. 41. ATTENTION À LA CHARITÉ MAL PLACÉE : LE CAS RESEARCH4LIFE Qu’est-ce que Research4life ? • Des bouquets de revues, appartenant à des éditeurs commerciaux, sont offerts aux universités des pays du Sud gratuitement ou à des taux privilégiés. Pratique! Comment ça se passe ? • Des ordinateurs avec des mots de passe qui changent tous les mois dans les bibliothèques universitaires qui ont signé l’entente : ce n’est pas du libre accès, même si ça peut dépanner à court terme.
  42. 42. EMPOWERMENT OU DÉPENDANCE?  Maintiennent tout le système injuste de l’édition scientifique du Nord en place  Ne résolvent qu’un aspect de l’injustice cognitive (l’accès fermé aux ressources du Nord)  Peuvent renforcer les autres injustices cognitives : aliénation épistémique des scientifiques d’Afrique et d’Haïti qui puisent toutes leurs références dans des revues du Nord où il leur est très difficile de publier et qui imposent des catégories de penser du Nord  Imposent des choix de revues aux universités qui sont privées du pouvoir de choisir ce qui convient à leurs lecteurs  Programme qui dépend du bon vouloir des éditeurs et qui peut être terminé à tout moment : les universités du Sud qui comptent sur ce programme au lieu de développer leurs stratégies de libre accès pourraient le regretter… À court terme, une situation intéressante, MAIS NON DURABLE ET SURTOUT CONTRAIRE À L’EMPOWERMENT LOCAL DES UNIVERSITÉS ET DES UNIVERSITÉS AFRICAINES ET HAÏTIENNES : DE LA DÉPENDANCE
  43. 43. CETTE PRÉSENTATION Est sous licence Creative Commons: Vous pouvez l’utiliser, telle quelle ou en la modifiant, pour vos activités d’enseignement ou de formation. Elle fait partie des communs de la connaissance, elle appartient à tous. À vous de jouer!

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