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Non au plan Holbrooke-Masire
Pour la mise sous tutelle du Congo
L’accord de Lusaka est caduc
Arracher par le « dialogue non-congolais »
ce qu’ils n’ont pas pu imposer
par la guerre d’agression
Après trois guerres à Kisangani
les agresseurs doivent
quitter le Congo
immédiatement et sans conditions
Ludo Martens
1 juin – 10 juillet 2000
Note de la rédaction
Ludo Martens était, du 5 au 22 août, à Lumumbashi pour l’ouverture de la
session de l’Assemblée Constituante et Législative.
En attendant le jour de l’ouverture solennelle, intervenue finalement le 21 août,
il a eu des discussions avec un grand nombre des 300 nouveaux députés.
Après « l’échec » du sommet de Lusaka le 15 août, les Accords de Lusaka
étaient au centre de toutes les discussions.
Ludo Martens venait de terminer le document que vous avez sous les yeux.
Les parlementaires lui ont « arraché » la vingtaine d’exemplaires dont il
disposait et le document a ensuite été amplement photocopié. Son contenu a
également été l’object d’une interview de 45 minutes à la télévision de
Lubumbashi.
La « mission Holbrooke » :
le Congo sera occupé jusqu’en 2002
Le Conseil de Sécurité a envoyé du 4 au 8 mai 2000 une « Mission » au Congo et en
Afrique. Dirigée par l’Américain Holbrooke, elle était composée des représentants
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des Etats-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de la Hollande ainsi que du
Mali, de la Tunisie et de la Namibie. Elle a visité le Congo, la Zambie, le Zimbabwe,
le Rwanda et l’Ouganda.
Le Rapport officiel de cette Mission, rédigé en 79 points, montre bien que les Etats-
Unis œuvrent opiniâtrement à la mise sous tutelle du Congo et à l’élimination du
gouvernement nationaliste de Kabila. Le rapport démontre une fois de plus à quel
point l’ONU est devenue un jouet de grandes puissances impérialistes.
Est-ce le Congo qui veut la guerre ?
Les membres de la délégation ont osé écrire ceci au point 6 de leur rapport : « Il est
temps pour la République Démocratique du Congo de choisir entre la paix et la
guerre »
Toute l’hypocrisie de ces messieurs éclate dans ces quelques mots. On aimerait leur
demander: est-ce le Congo qui a fait le « choix » de la guerre ? Ce pays, n’a-t-il pas
été complètement pris au dépourvu par une agression minutieusement préparée ?
N’est-ce pas le droit et le devoir sacré du gouvernement Kabila de défendre son pays
et sa population martyrisée par les envahisseurs ?
En fait, la Mission dénie au Congo le droit de se défendre.
Devant la Mission, des membres de la Commission militaire mixte, et notamment
l’Ouganda et les deux RCD ont évoqué « le climat d’hostilité envers les rebelles créé
par la propagande incendiaire que le gouvernement diffuse par la radio ». La Mission
a répondu dans son point 19 qu’elle « était d’accord que la MONUC devait faire des
rapports sur des discours incendiaires et la propagande hostile à l’attention du
gouvernement et chercher à mettre fin à ces émissions. »
Que dire d’une telle ignominie proférée par des politiciens occidentaux qui ne jurent
que par la « démocratie » ? Est-ce que la population de l’Est, terrorisée et
massacrée, a vraiment besoin de « propagande incendiaire » pour être hostile aux
occupants ? Mais en plus, lorsque la Belgique et la France étaient occupées par les
nazis allemands, est-ce que Radio-Londres ne menait pas une « propagande
hostile » aux envahisseurs ? La « propagande hostile », n’est-ce pas une partie
intégrante de tout effort de résistance à une agression ?
Le Congo a exprimé à multiples reprises qu’il préfère que l’ONU prenne sa
responsabilité et fasse appliquer sa Charte, qu’elle oblige, par des moyens
politiques, les « forces non invitées » à retourner chez elles. Mais lorsque l’ONU s’y
refuse, c’est l’obligation du gouvernement de bouter dehors les agresseurs par des
moyens militaires.
En fait, pour les Américains, « choisir la paix » signifie que Kabila doit rencontrer les
conditions posées par les agresseurs dont ils tirent les ficelles. Tu capitules devant
les complots américains et tu choisis la paix, tu refuses de te soumettre et tu choisis
la guerre, c’est cela leur véritable pensée qu’ils partagent d’ailleurs avec les
Tshisekedi, Olengankoy et consorts.
L’Accord de Lusaka est caduc
Cette politique de chantage est justifiée en faisant constamment référence à l’Accord
de Lusaka. Nous avons déjà écrit que, pris à la lettre, cet accord est indéfendable du
point de vue congolais. Un jour, toute la lumière sera faite sur la façon dont cet
accord à été imposé au Congo.
3
3
Mais pour l’instant, il suffit de constater que cet accord n’a pas donné les résultats
que les impérialistes en attendaient, que le contraire ! Placé dans une situation
impossible, le gouvernement congolais a bien manœuvré, il a gagné du temps pour
renforcer sa défense et pour faire reconnaître sa juste cause par une majorité de
plus en plus large de pays. Avec le temps et devant l’hostilité féroce de toute la
population congolaise, des contradictions devaient nécessairement éclater chez
l’ennemi rwandais et ougandais et parmi les rebelles. Le 4 août 1999, un mois
seulement après avoir signé l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, les deux
agresseurs ont ouvert le feu l’un contre l’autre. Et les Ougandais, qui ont compté 200
morts, ont juré de se venger… Neuf mois après l’Accord de Lusaka, la « rébellion »,
complètement éclatée, a cessé d’exister. Cet Accord est caduc, mais les Américains
veulent le garder comme un drapeau autour duquel ils regroupent tous leurs agents,
qu’ils soient opposants ou ex-rebelles ou fonctionnaires de leurs ONG. Les Accords
de Lusaka sont devenus le dernier espoir des Américains pour imposer, malgré
toutes les défaites et échecs de leur politique en Afrique centrale, la liquidation du
gouvernement nationaliste.
L’ONU ne vient pas mettre dehors les agresseurs
Lorsque l’UDPS de Tshisekedi déclare son « soutien total et sans nuance »1
aux
Accords de Lusaka et au Facilitateur et fait croire que cet accord apporte la paix, elle
ment délibérément sur le véritable contenu desdits accords.
Pas mal de Congolais croient toujours que les troupes de l’ONU interviendront pour
apporter la paix. Mais l’ONU ne cesse de répéter qu’elle ne fera rien pour le
rétablissement de la paix et qu’elle ne peut rien faire! Le rapport de la Mission le
confirme dans son point 70. «Le déploiement de la MONUC pourrait seulement être
exécuté dans les circonstances les plus difficiles pour ce qui concerne la logistique, à
des frais élevés et avec la bonne volonté des belligérants. … La MONUC ne serait
pas dans une position d’exercer un contrôle militaire sérieux des violations.»
La signification de ces mots est sans équivoque. L’ONU ne vient pas au Congo pour
mettre dehors les agresseurs. Les Accords de Lusaka ne reprennent pas les mots
« agression » et « occupation militaire ». L’ONU vient officiellement appuyer un
accord de cessez-le-feu « entre belligérants » et elle compte, tout aussi
officiellement, sur « la bonne volonté » des agresseurs. Mais si le Rwanda et
l’Ouganda déclenchent de nouvelles offensives militaires, l’ONU affirme d’ores et
déjà qu’elle ne fera rien. Et de nouvelles offensives jusqu’à Kinshasa ne sont pas à
exclure aussi longtemps que les agresseurs ne sont pas rentrés chez eux.
« Dialoguer » la fin d’un conflit armé interne ?
Si l’ONU ne vient pas pour aider le peuple congolais à se débarrasser des forces
d’occupation, que vient-elle chercher ? Même à ce jour, en mai 2000, l’ONU,
manipulée par les Américains, base son action sur la fable du départ, sur le
mensonge mille fois réitéré par la vie : au Congo il y a un conflit interne qu’il faut
résoudre par la réconciliation entre les deux parties congolaises. C’est cela, la
signification de ces références incessantes et malveillantes au « dialogue inter-
congolais ».
La Mission affirme dans son point 22 : « Holbrooke a dit que le déploiement de la
MONUC et le progrès du dialogue inter-congolais vont main dans la main. La
MONUC, une mission d’observation, ne peut pas réussir s’il n’y a pas de progrès
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4
dans la réconciliation entre les parties. » En fait, c’est comme si le déploiement des
forces de l’ONU est le cadeau le plus extraordinaire que les bienfaiteurs américains
peuvent offrir au Congo. Mais le pays de Lumumba ne recevra ce présent magique
qu’à condition que les Congolais dialoguent entre eux ! C’est toujours ce mensonge
nauséabond qui affirme que le Congo est déchiré par un « conflit interne » qui peut
être résolu par un « dialogue entre Congolais ». C’est toujours le mensonge débité
début août 1998 par les Rwandais, par le rebelle Zahidi N’goma et par Tshisekedi :
une guerre a éclaté à cause du caractère non démocratique du régime de Kabila et
on peut mettre fin à cette guerre par un dialogue entre tous les Congolais sans
exclusion et par la formation d’un gouvernement d’union nationale.
Dans le cadre des Accords de Lusaka, l’ONU ne vient pas mettre dehors les
agresseurs, elle vient « observer » le cessez-le-feu entre agresseurs et agressés.
Holbrooke affirme que le déploiement des observateurs de l’ONU ne peut progresser
qu’à mesure où le Dialogue inter-congolais progresse. En quoi cette « mission »
d’observer un cessez-le-feu, a-t-elle un rapport quelconque avec le dialogue inter-
congolais ? Est-ce que ces cinglés du State Department à Washington veulent
vraiment faire croire que le cessez-le-feu au Congo dépend des rebelles ? Et qu’il
faut donc contenter ces individus par un dialogue qui doit les propulser au
gouvernement à Kinshasa ? Les débris d’une rébellion qui n’a jamais eu une assise
populaire, ne jouent plus le moindre rôle dans la guerre ou dans l’observation du
cessez-le-feu.
Le point 28 dit : « Les membres de la mission ont souligné la nécessité d’un progrès
dans la réconciliation au Congo, si l’on veut consolider le cessez-le-feu. Seul le
dialogue inter-congolais représente les opinions du peuple congolais qui veut la paix
pour mener une vie normale. » Ainsi, ce sont les puissances impérialistes qui
décident au nom du peuple congolais ce que doit être « son opinion ». Et « son
opinion », serait que la paix dépend du dialogue inter-congolais, et non du départ des
agresseurs !
Le « dialogue » ne mettra pas fin à la guerre et aux massacres
Quel Congolais censé ose encore prétendre, comme le font ici les représentants des
Etats-Unis, de la France et de la Grande Bretagne, que la question de la guerre et de
la paix dépend des rebelles ? En quoi le « dialogue inter-congolais » peut-il
empêcher les occupants rwandais et ougandais de massacrer les Congolais ? Les
rebelles décident si peu de la paix, qu’ils n’ont même pas pu élever la voie lorsque
leurs parrains ougandais et rwandais ont décidé de se rentrer dedans le 5 mai 2000
à Kisangani à coups d’artillerie lourde et au prix de 700 cadavres congolais. Les
Américains veulent toujours faire croire aux ignares que la paix au Congo dépend du
« dialogue » avec ces rebelles, haïs par tous les Congolais, éparpillés, ne contrôlant
plus aucun territoire ni aucun groupe d’hommes à l’Est du Congo.
Le « dialogue inter-congolais » est une dernière tentative désespérée des
Américains pour faire durer la guerre et réaliser in extremis l’objectif de la guerre : la
chute de Kabila et du gouvernement nationaliste. Le « Dialogue » est la seule
manière de remettre tant soit peu sur pieds une « rébellion » qui a cessé d’exister.
S’il y a « dialogue », ce qui veut dire : « postes à arracher », nous verrons des
cadavres politiques sortir de leurs tombes comme au jour du dernier jugement.
Aujourd’hui, seule la perspective d’un poste peut pousser un homme disposant de
toutes ses facultés mentales à s’identifier au cadavre puant de la rébellion.
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Le dialogue inter-congolais constitue pour les Américains un dernier espoir de se
créer une force d’appui conséquente au Congo en constituant un front uni entre les
débris de la rébellion, l’opposition non armée et les fractions pro-impérialistes de la
Société Civile.
Le « dialogue » prolongera la guerre
Cela n’a rien à voir avec la création des conditions de paix au Congo, bien au
contraire. Ce dialogue de facture américaine fera justement prolonger la guerre et les
souffrances insupportables des populations de l’Est. Ouvrir cette boîte aux mauvais
génies qu’est ce « dialogue » créera une pagaille invraisemblable au sommet de
l’Etat. On a vu quelle cacophonie ces politiciens ivres d’argent et se ruant sur les
« postes » ont créé du temps de la CNS-HCR-PT. Mais alors, ils étaient entre
copains. Maintenant, ils seront face à l’équipe abhorrée et détestée des kabilistes…
Quel Congolais peut croire que le spectacle triste qu’offriront ces batailles en
perspective, facilitera l’effort pour bouter dehors les agresseurs ? Jamais dans
l’histoire, aucun peuple confronté à une menace aussi grave pour son existence et
son indépendance, n’a permis que l’anarchie s’installe au sommet de l’Etat. Pour un
peuple agressé qui voit son territoire occupé et ses fils et filles assassinés, la paix
passe par un seul chemin : renforcer l’armée nationale, élargir la guerre populaire,
bouter dehors les agresseurs. Et tous ceux qui veulent prendre ce chemin sont les
bienvenus.
Parlant toujours du « dialogue inter-congolais », la Mission dit dans son point 75 :
« Sans une voie politique, les parties vont inévitablement se concentrer sur la voie
militaire ». Décidément, les Américains ont complètement perdu la tête. Posons-leur
la question : mais qui sont ces « parties » congolaises, participants éventuels à un
hypothétique dialogue, qui vont prendre « la voie militaire » ? Les rebelles ? Eux, ils
ont déjà fait semblant et l’échec a été aussi foudroyant que les offensives qu’ils
menaient dans leurs rêves. Alors les autres fanatiques du « dialogue », les
Tshisekedi, Gizenga, Bo-Boliko et Olenghankoy ? Ils n’y pensent même pas. Alors,
monsieur Holbrooke, c’est quoi, votre menace d’une « voie militaire » ? Vous
comptez relancer contre Kinshasa vos Rwandais et Ougandais ? Après le tas de
ferrailles qu’ils se sont jeté mutuellement à la figure à Kisangani, ce ne sera pas
évident. Ou alors vous faites simplement un dernier chantage pour arracher par la
voie politique ce que vous ne pouvez plus obtenir par la voie militaire ?
Lusaka et la souveraineté « conditionnelle » du Congo
Quel est le véritable objectif poursuivi par les Etats-Unis avec le déploiement des
‘observateurs’ de l’ONU ? Ils ont l’intention de maintenir les armées d’agression
pendant encore un ou deux ans au Congo. Ils espèrent que cela créera une telle
dégradation de la situation économique et sociale que les oppositions armée et non
armée réussiront finalement à renverser le régime de Kabila. Holbrooke a ouvert
cette piste en formulant les théories de l’indépendance conditionnée et de la
souveraineté limitée du Congo.
Pourtant, en cas d’agression flagrante, le droit international veut que le pays
coupable retire ses troupes immédiatement et inconditionnellement. Holbrooke a
inventé deux conditions que le Congo doit remplir avant que l’ONU puisse demander
gentiment aux « forces non invitées » de se retirer. Première condition : la tenue et la
conduite à bon terme du dialogue inter-congolais. Nous en avons parlé. La seconde :
6
6
le désarmement des Interahamwe et ex-Far. Cyniquement, dans le point 67, la
Mission appelle ces deux conditions imposées à l’indépendance et à la souveraineté
du Congo « les deux voies vers une sécurité durable dans le pays ».
La mission a évoqué « le processus de désarmement, démobilisation, réintégration
et remise au travail » des membres des groupes armés dont le nombre est estimé
« entre 3.000 et 30.000 ». Selon les points 31 et 76, Holbrooke a affirmé que « ce
processus est absolument critique pour assurer une paix durable au Congo ». Sans
ce processus « il n’est pas possible d’obtenir une cessation permanente du conflit ».
On ne peut pas dire que la manœuvre est d’un grand raffinement. Sans résoudre la
question des Interahamwe, il n’y aura, selon les Américains, ni « paix au Congo », ni
« cessation du conflit ». Mais il n’y a aucune fraction congolaise, aussi minime soit-
elle, qui veut se lancer dans une guerre civile inter-congolaise à cause de la
présence, somme toute marginale, de quelques groupes d’Interahamwe. Il n’y a que
les Rwandais qui mènent la guerre aux Congolais sous le prétexte qu’ils veulent
éliminer les Interahwamwe. Holsbrooke défend ici publiquement le « droit » des
Rwandais d’intervenir militairement au Congo, de l’agresser, en somme, sous le
prétexte de vouloir mettre fin aux incursions des Interahamwe au Rwanda.
Si quelques bandes d’Interahamwe à l’Est du Congo posent des problèmes au
Rwanda (pour ne pas parler des villageois congolais qu’ils volent et qu’ils
massacrent…), c’est au gouvernement congolais de les mater. Et pour ce faire, il
peut librement faire appel à des pays amis ou à l’OUA, voire l’ONU. Il n’y a là rien qui
puisse justifier l’agression rwando-ougandaise et a fortiori l’occupation, la terreur et le
pillage…
Holbrooke veut garantir encore deux ans d’occupation…
Mais Holbrooke ne veut pas que ses chers soldats rwandais et ougandais quittent le
territoire congolais avant que ce problème des milices rwandaises soit réglé. Cela
peut prendre deux années, dans les calculs de Holbrooke. Et donc, le Congo aura à
subir pendant deux années supplémentaires l’agression et l’occupation …
Ceci est confirmé dans le point 62, où la Mission reconnaît : «Très peu de réflexions
ont été consacrées à la solution de ce problème. » Donc on n’est encore nulle part.
Sur la question du désarmement des milices rwandaises, le point 76 du Rapport dit
ceci: « La mission reconnaît qu’il faudra du temps pour cela et un déploiement très
important de forces de maintien de la paix au delà de la phase II de la MONUC ».
Cette fameuse Phase II durera sans doute jusqu’au début 2001. Ensuite seulement
commencera la troisième phase très délicate qui consiste à traquer et désarmer les
milices. Cela également prendra au minimum un an. Bref : Holbrooke garantit aux
Congolais qu’ils auront l’armée rwandaise sur le dos pour encore au moins deux ans.
Et derrière tout cela, ce calcul morbide : les Congolais ne pourront plus supporter
pendant aussi longtemps la misère, la famine, la maladie, et cela provoquera
fatalement des bouleversements qui conduiront au renversement de ce maudit
Kabila. Dès que cela sera fait, les Américains cesseront du jour au lendemain de
parler de dialogue et de milices Interahamwe. Le but sera atteint. Les Etats-Unis
auront repris en main les destinées du Congo….
Dialogue inter-congolais : Kagame y tient !
Nous venons encore par un autre chemin à la compréhension de la nature véritable
du « dialogue inter-congolais ». La Mission a proposé à Kagame de retirer une partie
7
7
de ses forces du Congo. Point 44 : « Une grande partie de l’Armée Patriotique
Rwandaise est maintenant en opération en dehors de ses frontières. Sa présence
provoque un ressentiment dans certaines parties de la R.D. du Congo. » Remarquez
que ces gens ne mènent pas une guerre d’agression et de pillage, non, ils sont
simplement « en opération en dehors de leurs frontières ». Voilà de quel langage
cynique et hypocrite les Américains savent couvrir de nos jours les agressions les
plus barbares… Kagame a accepté « de prendre en considération une démarche
pareille à condition que les autres belligérants fassent de même. » Puis, après une
discussion sur la réduction des dépenses militaires de toutes les parties, « Kagame a
souligné l’importance du dialogue inter-congolais pour faire régner la confiance et
renforcer la sécurité. » Ainsi donc, le « dialogue inter-congolais » est une idée chère
à Kagame. Il compte sur ce dialogue pour renforcer la sécurité du Rwanda. Après
une telle « confidence », il est clair que le « dialogue » sert à imposer au Congo un
gouvernement qui convient aux Rwandais et aux Américains…
Notons que Museveni aussi est un fanatique du dialogue « inter-congolais ». Il a
déclaré que « Kabila est responsable du retard pris dans les négociations
intercongolaises ». « Kabila bien sûr est un problème, parce qu’il ne voit pas la
nécessité d’une résolution rapide de ce problème. Pourtant, plus il attend, plus la
situation dans son pays se complique ». »Je pense que le dialogue est la seule
solution. Que ce dialogue inclue Kabila ou pas, il doit y avoir un ».2
Kisangani « retiré » au gouvernement légal
Lors des discussions que la Mission a eues à Kampala, l’Ouganda et le Rwanda ont
conclu un accord pour retirer leurs troupes de Kisangani. La Mission du Conseil de
Sécurité et les gouvernements rwandais et ougandais américaine.recommandent
dans une déclaration commune, reprise dans le point 55, que « la MONUC puisse
déployer ses forces aussi vite que possible à Kisangani pour exercer un contrôle
neutre sur la zone démilitarisée autour de la ville et les aéroports. »
Apparemment, les Américains se comportent comme si le gouvernement congolais
est déjà renversé. En effet, ils n’ont pas jugé nécessaire de demander au
gouvernement Kabila s’il veut, lui, « démilitariser » la troisième ville de son pays,
Kisangani. Décidément, pour Holbrooke, le gouvernement n’a plus rien à dire,
n’existe simplement plus sur la moitié du territoire national ! Une telle imposture est
franchement inacceptable pour tout gouvernement qui se respecte. Interdire au
gouvernement et à l’armée congolais l’accès à Kisangani, c’est créer un précédent
pour lui interdire demain l’accès aux autres territoires provisoirement occupés par
l’ennemi à l’Est.
Le Congo est déjà en partie sous tutelle
Et la Mission a poussé l’insolence au point de souligner dans son point 56
« l’obligation d’appliquer l’Accord de Lusaka dans tous ses aspects, et, dans ce
contexte, elle exige de toutes les parties de respecter cet accord entre les
gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda pour démilitariser Kisangani et de
n’entreprendre aucune action, en aucune circonstance, qui violerait la zone
démilitarisée. » C’est donc au nom de l’Accord de Lusaka que les Américains placent
le Congo sous tutelle, qu’ils retirent aujourd’hui Kisangani à l’autorité du
gouvernement légal et demain peut-être les autres territoires occupés. Dans une
importante ville congolaise, l’ONU interdit au gouvernement légal du Congo « toute
action, en toute circonstance » qui violerait une « zone démilitarisée » proclamée
unilatéralement par des puissances étrangères ! Si un tel forfait peut se faire au nom
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des Accords de Lusaka, il est décidément urgent de les renégocier pour qu’ils
correspondent à la Charte de l’ONU et les nouvelles réalités sur le terrain.
Tout l’Est sous tutelle ?
Bien sûr, la question se pose : de quel droit l’ONU est intervenue à Kisangani. La
réponse de la Mission dans son point 19: «C’était le droit et le devoir des Nations
Unies d’intervenir pour aider à arrêter les combats à Kisangani surtout parce qu’ils
avaient causé la mort d’un certain nombre de civils congolais. »
Cette réponse ne vaut absolument rien. Il doit bien y avoir autre chose. Les
Américains et l’ONU se foutent complètement des civils congolais tués dans cette
guerre. Vers la même époque, il y a eu 300 villageois congolais massacrés à
Katogota. Holbrooke ne s’est pas précipité sur les lieux du crime. Tout l’activisme de
Holbrooke s’explique, non par la mort de civils congolais, mais par la mort annoncée
de la politique africaine de Clinton…
C’est toute la stratégie américaine pour contrôler le Congo qui s’effondre. Les deux
alliés des Etats-Unis qui devaient débarrasser le Congo de Kabila et des
nationalistes, sont en train de se canarder. Les Américains ont déjà perdu la rébellion
comme force politique et militaire crédible. Si, à cause d’une guerre entre le Rwanda
et l’Ouganda sur le territoire d’un Etat souverain, les Etats-Unis ne peuvent plus
longtemps maintenir ces armées d’occupation au Congo, ils manqueront des forces
sur le terrain pour imposer leur volonté. Ceux qui estiment que l’occupation peut
encore bien traîner deux ans au Congo, sont brusquement tout feu tout flamme pour
envoyer des troupes de l’ONU à Kisangani pour exercer un contrôle « neutre » sur la
ville et ses environs. Il faut d’urgence rétablir les bonnes relations entre les alliés
rwandais et ougandais pour sauvegarder ainsi les moyens pour imposer un
« dialogue inter-congolais conduisant au renversement de Kabila ». L’idée de cette
« neutralisation » une fois acquise, les Américains voient directement tout l’avantage
qu’ils peuvent tirer de la nouvelle situation.
Le point 74 du Rapport dit : « la déclaration sur la démilitarisation de Kisangani par
les gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda faite le 8 mai … pourrait offrir aux
parties des facilités neutres et sécurisées pour des échanges politiques et militaires à
l’avenir.» En clair, le « dialogue inter-congolais » que les Etats-Unis veulent imposer,
devrait avoir lieu à Kisangani, ville sous tutelle américaine. Ce sera plus facile pour
les Américains d’influencer de façon déterminante les discussions. Cela rappelle le
précédent fâcheux du Conclave de Lovanium. Selon le témoignage de feu Félix
Mukulubundu, Mukwidi s’était âprement plaint à l’époque que dans les coulisses du
Conclave, les hommes des Américains et des Belges achetaient littéralement les
consciences pour faire passer Adoula.
Guerre à Kisangani : pas une violation du cessez-le-feu…
Un dernier petit détail qui illustre parfaitement le cynisme de ces grands
« démocrates ». La Mission de l’ONU et le gouvernement rwandais ont signé une
déclaration commune où il est dit entre autres que « les combats récents à
Kisangani, quoique regrettables, ne représentent pas nécessairement une menace
pour l’Accord de Lusaka ». Cela se trouve dans le point 44. C’est une variante sur la
thèse de Chiluba, reprise au point 23 : « Les combats à Kisangani ne sont pas
strictement une violation du cessez-le-feu, dans le sens que les pays concernés sont
nominalement des alliés. » Donc, ce fameux cessez-le-feu de Lusaka cher aux
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rebelles et aux ‘opposants’ implique que les Forces Armées Congolaises ne peuvent
pas venir en aide aux populations congolaises victimes d’actes de génocide à l’Est.
Empêcher des massacres comme à Katogota serait violer le cessez-le-feu. Mais les
agresseurs qui opèrent de façon complètement illégale au Congo, peuvent se battre
aux armes lourdes pour se répartir les fruits de leur agression commune. Ce n’est
pas vraiment une violation du cessez-le-feu. Qu’ils tuent en passant des centaines
de Congolais, c’est une forme de «collateral damage», de dégâts secondaires
inévitables.
Masire et le dialogue non-congolais
Les Accords de Lusaka ont été imposés au gouvernement congolais par l’alliance
Etats-Unis, Afrique du Sud, Rwanda, Ouganda et les « rebelles » sous le chantage le
plus éhonté. Il reviendra à l’Assemblée législative et constitutionnelle d’éclaircir les
conditions dans lesquelles ces Accords injustes ont dû être signés et de redresser
une situation inacceptable pour un pays souverain et un gouvernement légitime.
Le « facilitateur » affiche son mépris pour Kabila
Depuis le temps que Masire a été nommé facilitateur du dialogue inter-congolais, cet
homme s’est comporté comme un véritable complicateur. Il n’agit pas comme un
Africain voulant rendre plus facile le dialogue entre Congolais, mais comme un
homme des Américains, décidé à faciliter la mainmise de ces derniers sur le Congo.
Le mépris de monsieur Masire pour Kabila et le gouvernement de salut public est
tout simplement indécent. Il traite Kabila comme un petit agent des Zimbabwéens et
des Angolais, comme Wamba, Ilunga et Bemba sont de petits agents des Rwandais.
Masire a déclaré ceci : « J’ai consulté tous les Congolais, le gouvernement,
l’opposition armée et non armée. … Après avoir rencontré toutes ces personnes, je
suis allé voir les gens qui les soutiennent. Si ceux qui soutiennent Kabila et ceux qui
soutiennent les rebelles ne savaient pas ce qui se passait entre leurs agents et moi-
même, cela ne servirait à rien. »3
En réalité, Masire a surtout pris le temps d’aller discuter avec Mbeki, le principal
intermédiaire des Américains. Et il affirme qu’il lui manquait de l’argent pour se payer
un billet pour Luanda ! Textuellement : « Nous avons une puissance politique en
Afrique australe – l’Afrique du Sud – et je suis allé voir Mbeki. Si j’avais eu de l’argent
et les moyens pour me déplacer plus souvent en avion, j’aurais vu tout le monde y
compris Dos Santos. » 4
La composition du « dialogue »
C’est sous la pression des armées ennemies et sous le chantage des Américains
que le Congo a dû signer les Accords de Lusaka. Sans l’agression, les Américains
n’auraient pas été en mesure d’imposer un « dialogue inter-congolais » qui regroupe
le gouvernement, l’opposition armée et non armée et la société civile, avec un
« statut identique ».
Par la force des armes, des acteurs non-Congolais ont déterminé la composition du
soi-disant « dialogue inter-congolais » codifié à Lusaka. Cette composition est un
résultat direct de l’agression rwando-ougandaise. En plus, elle peut encore être
manipulée à volonté par le « facilitateur ». A la question : « Comment les
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10
représentants de l’opposition non armée et de la société civile seront-ils
sélectionnés ? » Masire répond qu’au cas où ils n’arrivent pas à s’entendre, « Je
prendrai la décision moi-même. Je dirai : ‘Je vous ai laissé faire, vous n’avez pas
réagi, donc c’est à moi de prendre une décision’. »5
La rébellion a aujourd’hui éclaté en pratiquement autant de fractions qu’elle a compté
d’individus. Ces accords ont été signés par deux parties congolaises : le
gouvernement et la « rébellion ». Cette dernière ayant cessé d’exister, les Accords
de Lusaka sont caducs pour tout ce qui concerne les questions de politique
intérieure du Congo. Les Américains ne peuvent plus s’appuyer sur ces Accords
pour imposer un « dialogue inter-congolais » à leur convenance.
Les Congolais ont perdu 1.800.000 des leurs dans l’aventure criminelle lancée par
les armées rwandaise et burundaise et couverte par les chefs rebelles. La majorité
de ces dirigeants a désormais quitté cette entreprise criminelle. S’il doit y avoir un
dialogue entre les Congolais, le peuple n’acceptera jamais que le dernier carré des
rebelles y participe. Ce serait comme une prime de persévérance dans le crime. Des
anciens rebelles, en revanche, pourraient bien y être invités.
Il ne peut pas y avoir aujourd’hui un dialogue entre Congolais, sans que les
dirigeants de la résistance patriotique dans les territoires occupés y soient associés
de façon éminente. Il s’agit des combattants des Forces d’Autodéfense Populaires,
appelées parfois Maï-Maï, et des organisations qui ont encadré la population dans la
résistance civique.
Ensuite, on voit mal comment pourra s’organiser un dialogue entre Congolais sans y
associer les seuls élus du peuple que compte aujourd’hui le Congo : les
représentants des Comités du Pouvoir Populaire qui ont été choisis
démocratiquement dans leur rue, leur quartier et leur commune. Emanations de
différents courants existants à la base, les CPP se distinguent du gouvernement
comme de l’administration centrale.
Quant au statut identique des participants, il s’agit uniquement de l’égalité des droits
de tous les individus qui participent à ce forum. Personne ne peut trouver dans cette
notion mal définie un argument pour placer la défunte rébellion ou la société civile
sur un même pied que le gouvernement légal. La direction actuelle du Congo n’a pas
démérité, qu’au contraire : elle a chassé Mobutu et le mobutisme, entamé avec
succès la reconstruction et ensuite défendu avec ténacité l’indépendance et l’unité
du Congo contre les agresseurs. Un dialogue inter-congolais ne peut se faire qu’à
l’initiative du gouvernement du salut public.
Rendez-vous à Kinshasa
S’il s’agissait vraiment d’un dialogue entre Congolais, il est évident que l’assemblée
ne pouvait se tenir nulle part ailleurs que dans la capitale nationale. Mais comme
pour apporter une preuve supplémentaire que ce « dialogue » n’a rien de congolais,
tous les agents de l’étranger qui s’agitent autour de cette question veulent fuir
Kinshasa comme la peste. Ils ont proposé n’importe quelle capitale où les Américains
sont sûrs de pouvoir peser sur les délibérations : Gaborone, Lusaka, Nairobi, Addis
Abeba, le Caire… Masire lui-même a laissé apparaître son aversion pour Kinshasa :
« Si le dialogue a lieu à Kinshasa, je m’y rendrais mais je n’ai aucun moyen d’évaluer
si oui on non les participants s’y sentiraient en sécurité. Tous les rebelles armés,
presque tous les partis politiques et la majorité de la société civile le souhaiteraient
en dehors de Kinshasa. »6
11
11
L’opinion progressiste a constaté avec étonnement que le PALU, qui, à défaut d’être
révolutionnaire passait toujours pour nationaliste, refuse de « dialoguer » à Kinshasa
et propose de le faire dans l’ancienne métropole coloniale, à Bruxelles ! Imaginez un
instant que les Belges, las des conflits tribaux entre Flamands et Wallons, décident
d’organiser un « dialogue inter-belge » et qu’un facilitateur popose de tenir ce
dialogue à Kinhasa.
Si le gouvernement congolais gouverne encore le pays, il décidera qu’un dialogue
inter-congolais, s’il doit se tenir, ne peut avoir lieu qu’à Kinshasa. Et il laissera les
autres montrer leur véritable nature d’agents de l’étranger, par leur refus de se réunir
dans la capitale du pays dont ils revendiquent la direction.
« Dialoguer » la chute de Kabila ?
D’emblée, Masire-le-complicateur a annoncé clairement la couleur : « L’objectif du
dialogue national est de créer une nouvelle base constitutionnelle et
gouvernementale favorisant une paix durable au Congo ».7
C’est affirmer que la base constitutionnelle et gouvernementale créée par la
révolution du 17 mai 1997 ne favorisait pas la paix au Congo, qu’elle porte la
responsabilité de la guerre actuelle et qu’elle doit être éliminée. Masire nie les
caractéristiques fondamentales de la situation actuelle au Congo. Première
caractéristique : le problème-clé auquel fait face le pays est l’agression rwando-
ougandaise ; et la deuxième : Kabila et le gouvernement nationaliste combattent
avec vaillance les agresseurs dont la défaite et le retrait inconditionnel sont les
conditions du retour de la paix.
Evoquant à quoi va ressembler le « nouvel ordre politique » qu’il veut imposer au
Congo, Masire a eu le culot de dire : « On peut citer l’exemple de l’Afrique du Sud et
du Zimbabwe ». 8
Pour cette seule phrase, Masire mérite d’être chassé du Congo
comme un chien. Dans cette petite phrase, il révèle toute la perfidie de la stratégie
américaine dont il est l’instrument. Cette petite phrase place le gouvernement Kabila
sur le même pied que les gouvernements coloniaux, racistes et terroristes qui ont
régné pendant des décennies sur ces deux pays de l’apartheid blanc. Kabila
comparé à des racistes comme Verwoerd et Botha de l’Afrique du Sud et Ian Smith
de la Rodhésie : il fallait le faire !
En quoi consiste le « modèle » zimbabwéen et sud-africain dont Masire veut
s’inspirer? .
Sans la lutte armée et la mobilisation de toute la population africaine, dirigée par
Chris Hani et par Robert Mugabe, ces régimes racistes blancs seraient toujours en
place. Mais dans ces deux pays, les puissances impérialistes, principalement
britannique et américaine, ont réussi à imposer une « sortie » du régime colonial qui
ménageait les intérêts de grands colons. La fin de la domination exclusive de la
minorité blanche n’était donc qu’une victoire partielle obtenue par la lutte populaire.
Les anciens colons gardaient toujours la possibilité et l’espoir de maintenir l’essentiel
de leur pouvoir économique et politique.
En Afrique du Sud et au Zimbabwe, il y a eu une lutte armée entre les oppresseurs et
exploiteurs d’une part, et les masses africaines d’autre part. La situation que connaît
le Congo n’est en rien comparable à celle de ces deux pays. Ici, les acteurs
principaux sont les agresseurs rwandais et ougandais d’un côté, et de l’autre le
peuple congolais tout entier, dirigé par le gouvernement Kabila qui refuse l’agression,
12
12
l’occupation et le pillage. Masire fait abstraction de cette donnée fondamentale pour
faire croire qu’il y a un conflit interne au Congo qui place d’un côté un ordre injuste,
celui de Kabila, comparable aux régimes de l’apartheid, et de l’autre un combat de
libération mené par les rebelles et l’opposition « démocratique ».
Le principal souci de Masire est de «faciliter » la liquidation du gouvernement
légitime du Congo. Masire n’est pas un facilitateur, c’ est un imposeur. Il affiche
clairement son intention d’imposer un nouveau régime. Et il ose même traiter Kabila
d’usurpateur parce qu’il veut maintenir son gouvernement de salut public. Masire
déclare : « Je pense que le gouvernement actuel souhaiterait devenir le
gouvernement de transition, mais je leur ai dit que ceci constituerait une usurpation
du dialogue. »9
Cette célébrité locale du Botswana a également décidé à la place des Congolais que
Kabila ne peut plus être président de la République. Sauf s’il acceptait de fonctionner
comme une marionnette au service des forces pro-américaines et pro-rwandaises
que Masire veut hisser au pouvoir à Kinshasa. Ce que tout le monde sait que c’est
impensable. Celui dont la véritable tâche est de « faciliter » l’imposition de l’ordre
américain au Congo déclare : « Il se pourrait que Kabila ne soit pas le chef de ce
gouvernement. Mon avis à propos de Kabila est que plus il saura gérer le
changement, plus tout le monde aura confiance en sa capacité de diriger un
gouvernement de transition. »10
Masire formateur du prochain gouvernement congolais?
C’est désormais clair comme l’eau de roche : Masire est l’organisateur attitré du plan
américain de la mise sous tutelle du Congo. Holbrooke lui-même a indiqué le chemin
en retirant la ville de Kisangani à l’autorité gouvernementale pour la « démilitariser »
et la placer sous la tutelle de l’ONU. Mais c’est Masire qui est chargé d’élargir ce
processus au Congo tout entier. Personne ne peut s’y tromper : sur instruction de
Holbrooke, Masire a déjà décidé que le Congo n’a plus de gouvernement et que la
fonction de formateur du prochain gouvernement congolais lui revient.
On sait qu’au moment où les Rwandais et Ougandais ont déclenché leur agression,
le gouvernement Kabila était en pleine préparation de la convocation d’une
Assemblée législative et constituante. Aujourd’hui que la fiction d’une « rébellion
interne » a complètement éclatée, Kabila reprend ce projet interrompu par la guerre.
Masire, en charge de la tutelle sur le Congo, l’a immédiatement rappelé à l’ordre :
« L’Assemblée constituante est destinée à faire avorter le processus du dialogue, car
je ne vois aucune autre raison valable qui puisse l’expliquer. »11
Cette phrase a le mérite de rendre les choses claires : le terme « dialogue inter-
congolais » est utilisé par Masire pour couvrir un véritable coup d’Etat qui, en fait, a
déjà retiré au gouvernement légitime plusieurs ses prérogatives. Le pays est placé
sous tutelle, Kabila et le gouvernement de salut public sont considérés comme
démissionnaires, ils ne gouvernent plus, il leur est interdit de continuer le travail
gouvernemental interrompu par l’agression. C’est cela la logique de Masire et des
Américains qui rencontrera nécessairement le refus le plus total du peuple congolais.
Un gouvernement secret est mis en place
Sous le prétexte de « faciliter » le « dialogue », Masire est déjà en train de constituer
un gouvernement secret qui décidera de l’avenir du Congo. Masire a établi son
quartier général à Gaborone, sous le prétexte qu’il y « dispose de moyens de
13
13
communication et de ressources humaines ». Le gouvernement du Botswana,
proche des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud, a mis à sa disposition un avocat et un
ancien ambassadeur du Botswana aux Etats-Unis.
Les ‘ressources humaines’ dont Masire dispose à Gaborone sont essentiellement les
fonctionnaires des ambassades américaine et sud-africaine, ces deux pays
constituant les véritables parrains du gouvernement que Masire compte imposer aux
Congolais. Comment le « quartier général » du « dialogue inter-congolais » peut-il
être dirigé par un anglophone qui ignore tout du Congo et être placé dans une
capitale où les Américains et Sud-Africains règnent en maîtres ?
Masire a décidé de « créer rapidement un petit groupe informel d’universitaires
africains et, au besoin, étrangers qui fournira une analyse de la situation, proposera
des solutions réalistes et des recommandations, (s’occupera de) l’élaboration de
solutions de rechange » 12
Ceci est le projet d’un gouvernement de l’ombre qui élaborera des décisions qui
correspondent aux exigences américaines et que Masire espère faire «valider » par
« l’opposition » armée et non armée et une partie de la Société Civile.
Le « dialogue inter-congolais » sera encadré de façon efficace par des agents
américains pour faire passer le complot. Masire choisira un adjoint principal, un chef
d’équipe à Gaborone, un chef de bureau à Kinshasa, un conseiller politique et quatre
conseillers chargés des questions militaires, constitutionnelles, électorales et du
développement, et enfin, quatre « animateurs » qui présideront les comités traitant
de ces quatre matières.
Masire présidera toutes les séances plénières du dialogue non-congolais et, en plus,
il présidera chaque jour un comité directeur avec son adjoint principal, avec le chef
d’équipe à Gaborone, le chef de bureau de Kinshasa, les animateurs qui présideront
les quatre comités et qui seront spécialement engagés pour cela, puis, sur invitation,
les quatre conseillers.13
Un dialogue sous haute surveillance
Tout cet échafaudage a été érigé pour que rien dans ce « dialogue inter-congolais »
ne puisse échapper au contrôle des non-Congolais qui dirigeront cette farce. Ainsi,
les acteurs principaux de ce « dialogue » appelé abusivement inter-congolais, seront
Masire, les « spécialistes » qu’il a choisis pour réaliser ses desseins et les
Américains qui le « conseilleront » dans les coulisses. Masire imposera des solutions
concoctées par des forces étrangères et soutenues par les Congolais qui ont
toujours mangé dans la main de l’impérialisme. L’usurpateur, c’est bien Masire.
Masire est l’homme du coup d’Etat au Congo. Il ne reconnaît pas la légitimité et la
légalité du régime du 17 mai et son coup d’Etat sera donc nécessairement une
revanche des mobutistes endurcis. Les nationalistes qui ont bravement défendu
l’indépendance et la souveraineté de leur pays, seront renversés par ce clown pro-
américain sous les applaudissements de tous les complices des agresseurs. Du
moins, c’est le rêve fou d’un extra-terrestre anglophone.
Un dialogue pour libérer le Congo des forces d’occupation
Toute discussion est impossible avec un individu qui a abattu aussi franchement ses
cartes.
Les patriotes congolais ont le sentiment qu’il est temps de mettre fin à ces
distractions sinistres et de revenir à l’essentiel. Dans beaucoup de pays qui
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ont été agressés et occupés, des personnalités de différentes tendances
politiques ont, toutes affaires cessantes, débattu d’ abord la question de
l’unité nationale contre l’ennemi. En Chine, entre 1921 et 1936, des centaines
de milliers de paysans, d’ouvriers et d’intellectuels communistes avaient été
tués par Tchang Kaï-Chek. Pourtant, Mao Zedong et Chou En-Laï ont accepté
de former un front uni avec le parti de Tchiang pour combattre l’agresseur
japonais.
Aujourd’hui, le Congo a un gouvernement légal et légitime reconnu par tous les Etats
du monde. Ce gouvernement peut prendre souverainement la décision d’organiser
un dialogue avec certaines forces congolaises ou de s’élargir à d’autres courants
politiques. Mais en temps de guerre, dans tous les pays qui se trouvent agressés et
occupés, le seul thème du dialogue est celui-ci : comment unir toutes les forces
capables d’être unies pour mobiliser le peuple tout entier afin de bouter dehors les
agresseurs.
Jamais en temp de guerre, un gouvernement responsable peut désorienter son
peuple en s’engageant dans un « dialogue » en vue de créer « un nouvel ordre
politique » avec des forces qui sont complices des agresseurs ou qui s’opposent aux
efforts de défense. Si le gouvernement dialogue avec ces forces, c’est dans le seul
but de leur faire prendre position contre l’agression et l’occupation et pour la défense
de la patrie.
Si un dialogue entre Congolais doit avoir lieu au moment où une partie du territoire
national reste sous occupation rwando-ougandaise, le point essentiel, sinon l’unique
de l’agenda, doit être la mobilisation de toutes les forces du pays pour mettre dehors
les « forces non invitées » dont la résolution 1234 du Conseil de Sécurité de l’ONU
adoptée le 9 avril 1999 exigea déjà le départ immédiat.
S’il doit y avoir remaniement gouvernemental à l’issue de ces délibérations, on
s’attend à ce que les nouveaux ministres soient choisis pour l’apport qu’ils auront
dans l’intensification de la mobilisation pour la défense et dans le développement
des efforts pour assurer la survie d’une population durement éprouvée.
Mai 2000 : la deuxième guerre de Kisangani.
Au cours du mois d’avril 2000, l’Ouganda a massé beaucoup de troupes et une
grande quantité de matériel militaire autour de Kisangani. L’heure de la revanche
pour la défaite d’août 1999 avait sonné. Le 4 mai, l’armée ougandaise a commencé à
pilonné les positions rwandaises. Le moment était bien choisi : les Rwandais étaient
très occupés sur le front du Katanga et du Kasaï, ainsi qu’au Kivu.
L’armée ougandaise a détruit la principale base des Rwandais à Kisangani, c’est-à-
dire l’aérogare et les bâtiments annexes de Simi-Simi où se trouvaient un dépôt de
munitions rwandais et un hôpital militaire. L’artillerie ougandaise a rasé la radio et la
maison du gouverneur du RCD-Goma. L’Ouganda affirme avoir tué 50 militaires
rwandais.
Un combat pour le leadership régional
Après deux guerre entre « alliés », on peut affirmer que les contradictions entre
l’Ouganda et le Rwanda ont dépassé désormais le cadre du Congo, elles ne
concernent plus uniquement le partage du butin. Un diplomate à Nairobi déclara:
15
15
“Des armées et spécialement des armées alliées, ne se tirent pas dessus de cette
façon sans qu’il y ait un problème plus profond”.14
Les contradictions concernent la stratégie globale de l’Ouganda et du Rwanda en
Afrique de l’Est et dans la Région des Grands Lacs. Les Etats-Unis poussent à une
unité économique et militaire de la région sous leur hégémonie. L’Ouganda, qui se
considérait comme la force dirigeante, est désormais confronté au rival rwandais qui
manifeste également des ambitions de leadership régional.
Cela explique que le 8 mai, les Ougandais ont concentré des troupes dans les
collines de Mirama et à Kamwenzi et dans les villes de Kabale et de Kisoro, proches
de la frontière rwandaise. Il est désormais possible que l’Ouganda déclenche une
guerre contre le Rwanda pour casser ses ambitions jugées démesurées, avant qu’il
ne soit trop tard…
La lutte pour le contrôle des richesses du Congo et la lutte pour l’hégémonie dans la
région de l’Afrique de l’Est se traduit en hostilité entre les deux armées. Un
journaliste a posé au commandant de l’armée ougandaise, le général-major Jeje
Odongo, la question suivante: “Vous concentrez des troupes à la frontière. Préparez-
vous une guerre sérieuse avec le Rwanda?” Le lecteur s’attend à une réponse dans
le genre « il y a de petits problèmes, mais entre alliés et proches compagnons
d’armes nous trouverons vite une solution ». Mais non, Jeje Odongo répondit : « Si,
disons, Peter veut se faufiler dans la maison de Jeje et s’emparer de sa fille, alors il
doit avoir peur du chien. C’est notre devoir de sauvegarder notre territoire et c’est ce
que nous faisons. » A la question : « Brigadier Kazini disait récemment que le
Rwanda était l’ennemi », le chef de l’armée ougandaise ne répondit pas : ‘non, c’est
impossible’, mais bien ceci: « Avons-nous déjà atteint ce stade? Je ne le crois
pas. »15
Le Chef d’Etat-Major rwandais, le général brigadier Kayumba, manifesta à son tour
une non moindre hostilité à l’égard de l’armée ougandaise. Au journaliste qui lui
rappelait que les Ougandais considèrent avoir gagné cette seconde bataille de
Kisangani, il répondit : « Nous les avons complètement battus. Ils n’ont même pas eu
le temps de compter leurs morts, comment auraient-ils eu le temps de compter les
nôtres? Ils nous ont attaqués dans nos positions de défense. Nous les avons bien
battus. Ils ont abandonné leurs 16 morts et leurs chars en flammes. »16
L’hostilité entre les armées ougandaise et rwandaise entrave désormais
sérieusement la poursuite de leurs objectifs militaires au Congo. Chaque armée fait
maintenant face à trois forces ennemies : le peuple congolais, les Forces armées
congolaises et les troupes de l’« allié»…
Pierre Bigras, qui est un observateur militaire avisé de la scène congolaise, explique
la défaite rwandaise dans cette deuxième bataille : « L’armée rwandaise est
actuellement déployée au maximum, sur un arc de plusieurs milliers de kilomètres
qui va du Lac Tanganika jusqu’au Kasaï en passant par le front intérieur très ‘chaud’
des deux Kivu. Elle a été incapable de renforcer son dispositif dans la troisième ville
en importance de la RDC. » « L’APR a atteint et même dépassée les limites de ses
capacités opérationnelles en RDC. »17
C’est dire que le Rwanda n’a pas les moyens
de se permettre deux guerres, l’une qu’elle mène aujourd’hui contre le Congo et
l’autre qui se dessine déjà contre l’Ouganda.
Les contradictions entre l’Ouganda et le Rwanda s’accumulent
Outre des ambitions régionales opposées, l’Ouganda et le Rwanda ont de
nombreuses divergences politiques et tactiques dans la guerre contre le Congo. Des
16
16
observateurs ougandais développent l’argument selon lequel Kagame veut toujours
marcher jusqu’à Kinshasa et chasser Kabila. Museveni, en revanche, estime que la
solution militaire n’est plus possible et qu’il faut tout miser sur la « solution politique »
que les Etats-Unis tentent d’imposer grâce aux Accords de Lusaka. Il faut désormais
concentrer les efforts pour faire sortir du dialogue inter-congolais « une alternative à
Kabila ».
Museveni pense par ailleurs que la poursuite de la guerre met en péril les progrès
économiques de l’Ouganda. Un journal ougandais, commentant la guerre de
Kisangani, écrit que la guerre menée par les forces ougandaises au Congo a « eu
des effets négatifs sur le commerce. C’est ce qu’ont dit des personnes travaillant à
Kikuubo et au Parc Arua, les centres commerciaux principaux de Kampala. Les
affaires se sont effondrées depuis que la guerre a commencé et beaucoup de
commerçants ont été ruinés. C’est un bon baromètre pour la confiance du monde
des affaires ».18
Les Ougandais vont maintenant jusqu’à accuser Kagame de chercher la vengeance
contre les Hutu en donnant la chasse à tous les soi-disant Interahamwe au Congo.
L’armée rwandaise ne peut réaliser cette politique qu’en installant un régime de
marionnettes au Congo.19
Dans l’optique de Museveni, il est impossible de réaliser
une influence permanente au Congo avec un régime de marionnettes : il faut plutôt
un gouvernement d’union nationale à base très large.
Selon d’autres observateurs ougandais, le Rwanda aurait également attaqué à
Kisangani pour détourner l’opinion internationale des accusations formulées contre
Kagame selon lesquelles il est responsable de l’explosion de l’avion de
Habyarimana. Le Rwanda voudrait à nouveau jouer la victime, agressée cette fois-çi
par l’Ouganda.
Le Rwanda, quant à lui, estime avoir fait le gros de l’effort aux premiers mois de la
guerre et avoir « libéré » Kisangani. Les troupes ougandaises sont venues par la
suite lui rafler les fruits de ses efforts…
Des officiers rwandais craignent que l’Ouganda veut chasser les Rwandais de
Kisangani parce que Museveni aurait conclu un accord avec Kabila et voudrait
rétablir les relations avec Kinshasa. Bemba deviendrait alors l’allié de Kabila. Ce qui
donnerait à Museveni une influence prépondérante à Kinshasa, au détriment du
Rwanda.
D’autres observateurs croient que Kagame veut empêcher à tout prix que Kisangani
revienne sous le contrôle de l’armée congolaise : ce serait une base pour une
attaque contre le Rwanda.20
Empire « hima-tutsi » ou empire américaine ?
Le 8 mai 2000, Museveni et Kagame ont publié, sous forte pression de Holbrooke,
une déclaration commune sur un cessez-le-feu entre «frères ennemis» et sur la
démilitarisation de Kisangani. Puis le 14 mai, en Tanzanie, sous le patronage du
président Mkapa, ils ont négocié la mise en pratique de cette démilitarisation. Mkapa
affirma que « les discussions ont été très bonnes ». Mais un membre de la
délégation rwandaise dit franchement: « Je ne crois pas qu’ils ont trouvé un terrain
d’entente, la tension pouvait se lire sur leurs visages. »21
Lorsqu’ils se sont rencontrés le 14 mai en Tanzanie, Museveni et Kagame ne se sont
pas serré la main.22
Et quand Kagamé a été intronisé président de la République,
Museveni n’a même pas pris la peine de se déplacer…Tous ces éléments indiquent
17
17
à quel point les visions et les démarches politiques de l’Ouganda et du Rwanda sont
devenues divergentes, voire opposées et même antagonistes.
On sait que certains ont expliqué la guerre déclenchée le 8 août 1998 par la volonté
de Museveni et de Kagame de construire un « empire hima-tutsi ». La suite a
démontré une fois de plus la fausseté de cette explication. La grande masse des
Hima ougandais et des Tutsi rwandais n’a absolument rien à voir avec cette
agression. La grande bourgeoisie rwandaise tout comme celle de l’Ouganda, s’est
engagée dans cette guerre dans le but d’améliorer son « statut » auprès des Etats-
Unis et de s’enrichir grâce au contrôle des richesses du Congo. Le Congo n’a jamais
été menacé par un « empire » hima-tutsi imaginaire, mais par l’empire américain bien
réel, par la seule superpuissance de notre monde qui utilise deux de ses vassaux,
l’Ouganda et le Rwanda, pour arriver à ses fins. Comme toute bourgeoisie cherche
l’enrichissement maximal dans le délai le plus court, la rivalité entre les bourgeoisies
vassales ougandaise et rwandaise devait nécessairement éclater tôt ou tard.
Un faux : les « Accords secrets de Lemera »
Le 6 et 7 mai, Richard Ismaël Tutwemoto s’est rendu à Kampala, porteur d’un
message de Kabila. Il en a gardé l’impression que Museveni veut se retirer du
Congo, la situation économique et politique de l’Ouganda se dégradant très vite.23
Le
14-15 mai, c’est Mwenze Kongolo qui est allé discuter avec Kagame au nom du chef
de l’Etat.
Le Congo a maintenant la possibilité d’exploiter les contradictions entre les deux
agresseurs pour précipiter le moment de leur retrait. C’est ce qui a conduit à la
rencontre Kabila-Kagame à Naïrobi. Cette rencontre a poussée l’opposition dite
« démocratique » à révéler une fois de plus sa véritable nature.
En août 98, la plupart de ces partis soutenaient politiquement la rébellion et donc les
agresseurs; ces partis dénoncent aujourd’hui Kabila pour avoir rencontré Kagame.
Or, depuis le premier jour de la guerre, Kabila a dit avec constance qu’il refuse de
négocier avec les rebelles qui ne représentent rien, qu’il veut traiter directement avec
Museveni et Kagame, les chefs des armées d’agression. Les « opposants » qui
étaient et qui sont toujours de mèche avec les agresseurs-rebelles et leurs parrains
américains, tentent maintenant de faire croire que Kabila a signé des « accords
secrets » avec Kagame !
Jean-Pierre Bemba, mobutiste et agent de l’Ouganda, déclara sur RFI qu’il y a eu un
complot entre Kagame et Kabila pour chasser les Ougandais et attaquer ensuite le
MLC que lui, Bemba, dirige. Cet argument est digne de l’idéologie mobutiste qui a
toujours fait la part belle à l’intoxication.
Il y a un an, Kabila est allé voir Museveni et ils ont signé, publiquement, les Accords
de Syrte. Etait-ce un « complot » entre Museveni et Kabila pour « chasser » les
Rwandais et « se partager les richesses du Congo » ? Il est évident qu’il s’agissait de
la part de Kabila d’un effort pour fissurer et affaiblir le front des agresseurs.
Olengankoy, reprenant l’intoxication de Bemba, déclara sur RFI que Kabila et
Kagame s’amusent avec les morts du peuple congolais et qu’ils se sont arrangés
pour « partager » le pays.
Les mobutistes et tshisekedistes ont profité de la rencontre Kabila-Kagame pour
reprendre leur propagande d’octobre 1996 : « Kabila a ‘vendu’ le Kivu aux Tutsi ».
Affirmation grotesque : ce n’est quand même pas au moment où Kabila est en train
de gagner la grande guerre politique et militaire contre les agresseurs, et cela malgré
la complicité et le sabotage de l’opposition « démocratique », qu’il va capituler !
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Recourant au mensonge comme arme préférée du combat « pour la démocratie »,
l’opposition a publié et largement utilisé un faux notoire, le texte des soi-disant
« Accords secrets de Lemera ». Le journal tshisekediste UMOJA l’a publié le 4 avril
2000. La falsification est tellement grossière qu’elle porte la date du 23 octobre au
lieu du 18, jour où l’Accord officiel a été signé à Lemera. Les signataires se seraient
réunis pour faire un texte bidon le 18, pour se retrouver cinq jours plus tard afin de
mettre au point le véritable Accord, secret celui-là ? N’est-il pas évident que l’accord
‘véritable’, difficile à négocier, doit précéder l’accord ‘bidon’ qui servira à tromper
l’opinion ?
Les faussaires ont eux-mêmes fait l’aveu de leur falsification. Ils écrivent : « Article 1.
Il est créé à ce jour du 23 octobre 1996 une Alliance des Forces Démocratiques pour
la Libération… » Ce qui implique que le texte de l’accord officiel a été signé le même
jour que le faux. Or, la signature du véritable accord a bel et bien eu lieu le 18
octobre. La fausse date étant une preuve que tout le texte est une falsification, la
rédaction d’UMOJA pousse l’imposture au point décrire : « La date importe peu,
l’essentiel étant que les Accords aient été signés.»
Presque tous les articles de ce soi-disant « Accord secret » puent la falsification.
« Article 2 : Le sol et le sous sol congolais appartiennent à l’Alliance. » Le premier
credo de Kabila est que le sol et sous-sol congolais appartiennent exclusivement au
peuple congolais et à la nation congolaise. L’idée qu’il accepterait de brader les
richesses du pays à une quelconque organisation politique est simplement absurde.
« Article 4 : Prêchant le panafricanisme, l’Alliance s’engage à céder 300 km aux
frontières congolaises, à l’intérieur du pays, pour sécuriser ses voisins ougandais,
rwandais et burundais contre l’insurrection rebelle. »
Pour Kabila, le panafricanisme a toujours été la solidarité dans le combat contre
l’impérialisme de toutes les forces nationalistes du continent. Il ne pourrait jamais
abuser de ce mot pour « couvrir » un marchandage sans principes. Son combat
nationaliste depuis 1960 est la garantie que Kabila serait sans doute le dernier
Congolais à pouvoir « céder » la moindre partie du territoire national à qui que ce
soit. En plus, en octobre 1996, pour « sécuriser » le Rwanda, il pouvait uniquement
être question de renvoyer chez eux tous les Rwandais entassés dans les camps de
réfugiés. Personne ne pensait à garder des insurgés hutu rwandais au Congo. Et
personne ne pouvait donc à ce moment invoquer une quelconque présence
d’insurgés pour prôner un démembrement du Congo !
Puis, on sait que Kissase Ngandu était le principal responsable militaire au moment
de la signature de l’Accord de Lemera. Il est grotesque d’affirmer que cet homme
signa un document « cédant » une zône de 300 km du territoire national. Lorsque
des officiers rwandais commençaient à voler des biens congolais, au début de la
guerre de libération, Kissase les dénonça dans des termes violents. Ce qui a poussé
les Rwandais à le tuer en janvier 1997…
« Article 5 : Dès que l’Alliance aura gagné la victoire, une rétribution spéciale sera
allouée aux Alliés. Sa détermination est de la compétence de l’instance supérieure
de l’Alliance ».
L’attitude de Kabila dans la guerre de résistance commencée le 2 août 1998 montre
l’absurdité de ce mensonge. Kabila a demandé aux Zimbabwéens des services et du
matériel et ils ont fixé d’un commun accord le prix à payer. Kabila fait des alliances
avec d’autres pays pour atteindre un objectif commun, il contracte des dettes qu’il
payera le moment venu. Mais il n’aurait jamais pu s’engager à accorder, après la
victoire, une « rétribution spéciale » dont le montant serait arbitrairement fixé par lui-
19
19
même. Si les Rwandais auvaient « imposé » un « accord secret », c’est clair qu’ils
fixeraient eux-mêmes d’avance le prix à payer !
« Article 8 : L’Anglais et le Swahili devront concurrencer le français dans l’espace
linguistique de notre pays »24
La formule « le Swahili doit concurrencer le Français »
indique une fois de plus que nous sommes en présence d’une falsification grossière
fabriquée à des fins d’agitation. Une falsification tant soit peu intelligente aurait
simplement indiqué que l’Anglais et le Français sont des langues officielles du
Congo. La falsification manque d’ailleurs toute logique: à Kinshasa, par exemple, le
Swahili pourrait « concurrencer » une autre langue africaine comme le Lingala, mais
pas le Français. Puis, on ne voit pas ce qu’une affaire de langues vient faire dans un
« accord secret ». Le professeur sénégalais Cheick Anta Diop a proposé de faire du
Swahili la langue africaine universelle. L’idée de propager le Swahili dans tout le
Congo se défend parfaitement et on n’a pas besoin d’un accord « secret » pour cela.
Faire figurer ce point dans un faux « accord secret » sert uniquement à exciter les
Kinois(Lingalaphones) contre les Swahilophones de l’Est.
Que les journaux de la mouvance UDPS en soient arrivés à recourir à des
mensonges aussi grossiers pour tenter d’intoxiquer des Congolais peu avertis, en dit
long sur la faillite politique de cette « opposition ».
Mais UJOMA va encore plus loin : il impute à Kabila la responsabilité de la guerre
d’agression que subit le Congo: les armées rwandaise et ougandaise occuperaient le
Congo « fortes des accords secrets » signés par Kabila ! Les faux Accords de
Lemera, soi-disant signés par Kabila, seraient à l’origine de la guerre et de toutes les
destructions et tous les massacres que connaît le Congo.
« Les erreurs commises hier continuent de se répéter avec le RCD-Goma … les
alliés ougandais et rwandais, forts des accords signés, administrent, sous forme
d’une colonie, une partie de notre territoire. » 25
« La guerre qui sévit en RDC a
principalement pour origine les accords de Lemera …Les deux parties en conflit
(Kabila et ses anciens alliés) n’ont pas voulu davantage délier leur langue de peur
d’être réprouvés par les Congolais qui paient le tribut de sang à la suite d’un
marchandage douteux. »26
En temps de guerre, dans les pays occidentaux, des accusations pareilles
mèneraient leurs auteurs en prison et provoqueraient l’interdiction du journal qui les a
publiées. Pendant la guerre 1940-1944, quoique le Congo ne fut ni agressé ni
occupé, les autorités belges ont interdit tout discours ou propos défaitiste sous peine
d’un mois à deux ans de prison (Ordonnance n°86/APAJ du 27 mai 1940) ; elles ont
instauré le contrôle de la presse, obligeant les journaux à se soumettre à
l’approbation de la censure (Ordonnance n°99/APAJ du 2 juin 1940).
L’agression contre le Congo
a déjà causé 1.800.000 morts !
Selon le « Centre américain pour le Contrôle des Maladies et International Rescue
Committee », la guerre menée par l’Ouganda et le Rwanda contre le Congo et
l’occupation ont déjà coûté, d’ août 1998 au mois de mai 2000, la vie à 1.700.000
Congolais dans l’Est du pays.
Il y a eu 200.000 morts causés directement par la violence de la guerre. Il y a eu
1.500.000 morts à la suite de l’effondrement de l’infrastructure médicale et du
système d’ approvisionnement en vivres et en médicaments. Ces chiffres couvrent la
période du début de l’agression, le 2 août 1998, au mois de mai 2000. En 22 mois, il
20
20
y a eu 2.300.000 décès dans les cinq provinces de l’Est, alors qu’avec le taux normal
de mortalité, il y en aurait eu 600.000.27
En moyenne, 2.600 personnes meurent chaque jour pour des causes directement
liées à cette guerre d’agression et depuis le début de l’année 2000, ce chiffre a
augmenté. C’est ce qu’affirme l’auteur de l’étude, l’épidémiologiste américain Les
Roberts. 28
3.000 morts par jour ! Il faut des batailles très acharnées pour tuer autant de soldats.
Mais les civils congolais comptent chaque jour autant de cadavres. Il y a des jours
qui passent sans affrontement militaire. Mais chaque jour, la population congolaise
affronte la mort. Chaque mois qui passe, 100.000 morts s’ajoutent aux 1.700.000
comptés en mai 2000. Le génocide en cours au Congo dépasse déjà de loin celui
organisé par les extrémistes hutu au Rwanda en 1994, lorsqu’un million de Tutsi et
de Hutu démocratiques furent massacrés à la machette, à la hache, au gourdin, au
bâton muni de clous, à la barre de fer... Cette fois-ci, le génocide congolais, moins
visible mais tout aussi féroce, est essentiellement l’œuvre des extrémistes et
militaristes Tutsi rwandais et leurs alliés ougandais.
Ce génocide a été commis avec la complicité des Etats-Unis, la France et la
Belgique. Les gouvernements de ces trois pays avaient décidé depuis décembre
1997 d’éliminer Kabila, et ils pensaient que Kagame et Museveni pouvaient se
charger de cette tâche dans une guerre courte et « chirurgicale ». Ces trois pays,
communément appelés « la troïka », ont soutenu l’aventure rwando-ougandaise
dans l’espoir de mettre fin à l’éveil nationaliste, à l’éveil anti-impérialiste du peuple
congolais.
Le 15 juillet 2000, j’ai fait une conférence devant les responsables CPP de Makala. A
un moment, j’ai posé la question de savoir qui, dans l’assistance, connaissait le
nombre de morts dans les territoires occupés depuis le début de l’agression.
Personne ! Un homme devinait : 100.000 ? Un autre : Presqu’un million ? Tous les
interlocuteurs présents étaient choqués d’apprendre qu’on dépassait déjà 1.800.000
morts provoqués par l’agression. Apparemment, les instances congolaises n’ont pas
fait les efforts nécesaires pour faire connaître à tous les Congolais, jusqu’au dernier,
ce chiffre qui exprime toutes les horreurs de cette guerre d’agression …
Les Américains veulent prolonger le génocide des Congolais
Il faut avoir ces 3.000 morts par jour en mémoire quand on juge la tactique
américaine qui consiste à laisser durer cette guerre pendant encore deux ans pour
avoir la peau de Kabila ! Et quand on juge la tactique de Tshisekedi, Olengankoy,
Bo-Boliko et même Gizenga, qui soutiennent cette approche américaine pour entrer
dans un gouvernement « d’union nationale » grâce au Dialogue inter-congolais
abasourdi, choqué, révolté...
Les maîtres génocidaires, ce sont bel et bien les Américains qui peuvent, à tout
moment, donner l’ordre à leurs laquais rwandais et ougandais de rentrer chez eux .
Chaque mois supplémentaire que les Américains maintiennent la guerre au Congo
sous le prétexte qu’il faut d’abord faire un dialogue « inter-congolais », signifie
100.000 morts supplémentaires. Le génocide continue au nom du « dialogue » !
S’attaquant à la convocation d’une Assemblée constituante par Kabila, les
Américains défendent « leur » dialogue inter-congolais avec un acharnement plus
que suspect. Voici ce que déclare le Département d’Etat le 13 juin 2000 : « Les
Etats-Unis jugent très inquiétantes les initiatives mises en œuvre par le
gouvernement congolais afin de bloquer le démarrage du dialogue national prôné par
21
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l'Accord de Lusaka. La semaine dernière, ce gouvernement a boycotté la réunion
préparatoire de Cotonou et empêché d'autres participants congolais de quitter le
pays pour y assister. Ces actions ont été suivies par des appels à la révocation de M.
Masire en tant que médiateur et par une menace de retrait du gouvernement
congolais du processus ; ces développements … constituent une violation indéniable
des engagements pris par ce gouvernement lorsqu'il a signé l'Accord de Lusaka. Cet
accord constitue le seul moyen viable de résoudre de façon pacifique le conflit au
Congo. Le rejet du dialogue national congolais, l'un des éléments les plus importants
de l'Accord de Lusaka, ne fera que prolonger la guerre et les souffrances du peuple
congolais. »29
Ainsi, les Accords de Lusaka sont devenus l’argument essentiel des Américains pour
justifier les violations de la Charte de l’ONU commises par les agresseurs. La thèse
des américano-rwando-ougandais est celle-ci : les armées rwandaise et ougandaise
ont sans doute violé la souveraineté et l’intégrité territoriale du Congo ; cependant,
leur retrait est soumis à une condition: Kabila doit d’abord être renversé par un coup
d’Etat que nous appelons « dialogue inter-congolais ». Les criminels qui dirigent les
Etats-Unis déclarent presque ouvertement vouloir « prolonger la guerre et les
souffrances du peuple congolais ». En effet, toute personne ayant un minimum de
sens de justice et de respect de la Charte de l’ONU dira qu’ après 1.800.000 morts
congolais et après la destruction de la troisième ville congolaise : trop, c’est trop, il
faut appliquer la Charte de l’ONU, les agresseurs doivent se retirer immédiatement,
sans conditions. Non !, répliquent les Américains, la guerre et l’occupation doivent se
poursuivre jusqu’à ce qu’il y aura un « dialogue inter-congolais » dans les termes que
nous avons dictés !
La troisième guerre de Kisangani :
qu’ils partent immédiatement !
L’armée ougandaise avait perdu la première guerre de Kisangani au prix de 50 à 200
morts, selon les différentes sources. Kazini a juré de se venger. Et la deuxième
tourna à l’avantage des Ougandais. La troisième guerre a commencé le 4 juin.
Les soldats rwandais et ougandais étaient bien dans les tranchées, mais les obus
ont éclaté dans les maisons, dans les rues et les cours publiques, sur des civils
pratiquement sans abris. Un obus a frappé l’hôpital général de Kisangani.
« A l’hôpital universitaire, des centaines de Congolais, surtout des femmes et des
enfants, blessés, malades, mourants, s’entassent sur des matelas sales et tachés de
sang .» 30
Des médecins ont dû faire des opérations chirurgicales sans anesthésie,
sans instruments propres, sans eau et électricité, sans réserve de sang ! Des gens
sont restés terrés dans leurs maisons pendant quatre jours sans manger et sans
boire.
Le docteur Bertrand Mubiayi déclara le 10 juin : « De plus en plus de cas de
maladies se déclarent du fait de la grande concentration de populations dans des
conditions d’hygiène déplorables. Nous craignons des épidémies comme la typhoïde,
les diarrhées, voire le choléra.»31
Le 9 juin, le commandant Sissoko Ramadan de la MONUC dit que les Ougandais
attendent des renforts, mais que les Rwandais aussi ont fait converger vers
Kisangani des troupes stationnées dans divers points du Congo. « Avant, j’étais
optimiste. Mais maintenant, chaque camp veut la victoire à tout prix. »32
Selon un
observateur de l’ONU, les Ougandais occupaient à ce moment-là des positions
jusqu’à 500 mètres au sud du pont Tshopo33
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22
Les trois leçons de la guerre de Kisangani
Collette Braeckman a vécu sous ce déluge de bombes à Kisangani. Le 8juin, elle a
passé « une nuit de cauchemar durant laquelle les bombes sont tombées sans arrêt
sur les maisons, les magasins, les édifices publics. Kisangani est en ruine. Dans la
rue principale, les habitations sont pulvérisées. Dans un arrière-cour, des corps
baignent dans leur sang, sont alignés sous des couvertures ou des pagnes, des
blessés gémissent ou crient. » Colette a rencontré le lieutenant-colonel Paiva de la
MONUC qui lui répétait : « Des commandants militaires qui placent leurs hommes et
leurs armes au milieu d’une population civile, doivent répondre de crimes contre
l’humanité, de génocide. »34
Sous les bombes, Colette a formulé deux conclusions qui sont du domaine politique
et qui nous semblent tout à fait pertinentes et fondamentales. « En ce moment, que
l’on ne vienne pas parler aux gens de Kisangani d’un dialogue inter-congolais qui
imposerait les groupes rebelles à la table des négociations. Ici, chacun le répète
avec conviction : il n’y a pas de rébellion contre le régime de Kabila, rien d’autre
qu’une invasion de troupes étrangères. » « Kisangani est aussi le cimetière où
s’engloutit le crédit moral que le régime rwandais avait tiré du génocide. » 35
Un habitant de Kisangani, interrogé par un journaliste de l’AFP, a tiré une troisième
conclusion politique: « Dit à Kabila de nous envoyer des armes et de munitions. Si
nous avions des armes, nous aurions chassé ces gens nous-mêmes ».36
Le peuple
qui subit la terreur des occupants comprend parfaitement que ces gens ne partiront
qu’au moment où ils y seront forcés par les armes.
« Cessez-le-feu » et victoire rwandaise…
Sous la pression des Américains, un cessez-le-feu a été signé le 8 juin par
Museveni et Kagame… Mais trois jours plus tard, les Rwandais ont infligé une défaite
humiliante à l’armée ougandaise. Le samedi 10 juin, cette dernière a été repoussée
de l’autre côté du pont Tshopo par les Rwandais.37
Dans le quartier de Tshopo, 70
pour-cent de maisons ont été détruites lors de ces batailles acharnées.
Les responsables de l’Armée Patriotique Rwandaise ont déclaré : « Les troupes
rwandaises ont chassé les forces ougandaises de Kisangani ce dimanche 11 juin au
terme d’une semaine de combats à l’artillerie. Les corps d’au moins 40 soldats
ougandais criblés de balles ont été retrouvés dans le Nord de la ville.»38
Les Ougandais ont dû avouer leur défaite… en parlant d’un retrait volontaire « pour
épargner la vie des civils. … Les Rwandais utilisent des boucliers humains, alors
nous avons dû nous retirer pour que notre nom ne soit pas sali ».39
L’Ouganda a indiscutablement subi de lourdes pertes. Le lieutenant colonel Patrick
Kiyingi, l’aide de camp du chef de l’Etat-Major James Kazini, est mort au combat. Il
était aussi le commandant du neuvième bataillon basé à Kapalata. Quatre officiers
en route vers l’office de la MONUC avec un message de cessez-le-feu ont été tués
en pleine ville par les Rwandais. Parmi eux, le major Issa Baguma et le capitaine
David Kanyerezi. .40
L’Ouganda ne peut se permettre cette seconde humiliation devant l’armée
rwandaise. Wapakhabulo, un des principaux responsables politiques ougandais, a
déclaré que les combats à Kisangani sont le résultat de différence de stratégie entre
l’Ouganda et le Rwanda. « L’AP Rwandaise veut éliminer complètement l’armée
ougandaise de Kisangani et même prendre Kapalata ».41
Cette « différence de
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23
stratégie » est liée à la perspective du « dialogue» imposé par les Accords de
Lusaka. Il fallait déterminer par la force des armes qui, du Rwanda ou de l’Ouganda,
pèserait le plus lourd sur ce fameux « dialogue inter-congolais ». Et la puissance
régionale qui aura acquis la plus grande influence à Kinshasa, sera dans une
position de force pour prétendre au rôle dirigeant dans l’Union de l’Afrique de l’Est…
On peut donc s’attendre à de nouvelles escalades de la guerre entre l’Ouganda et le
Rwanda.
Qui permet l’extravangante guerre de Kisangani ?
Deux armées agresseurs qui se trouvent au Congo au mépris de la Charte de l’ONU,
se battent pour les diamants et pour le partage des autres richesses d’un pays
indépendant et souverain, le Congo.
Pourquoi peuvent-elles se permettre une telle extravagance que personne ne
pourrait accepter sous d’autres cieux ? Parce qu’elles sont là avec l’aval des
Américains et pour atteindre un objectif leur assigné : casser Kabila et le mouvement
nationaliste.
Clinton et Holsbrooke, les commanditaires de cette guerre entamée le 2 août 1998,
sont co-responsables des massacres que les Rwandais et Ougandais commettent
aujourd’hui à Kisangani. Le mot « génocide » a même été utilisé par le lieutenant-
colonel Danilo Paiva, le commandant de l’équipe militaire de l’ONU stationnée à
Kisangani. « Il n’y a pas d’objectif pour ces bombardements de la ville. Les soldats
sont en sécurité dans leurs tranchées. Les seuls qui meurent sont les civils » « Ils
commettent un génocide contre la ville. Ils détruisent la ville et doivent être tenus
responsables de leurs actions ».42
C’est à ces gens que les Américains demandent,
non pas de quitter le Congo, mais de reculer quelque cent kilomètres. Parce qu’ils
auront encore besoin de leur présence au Congo…
En fait, les trois guerres de Kisangani marquent la faillite de toute la politique
américaine au Congo. Ce sont les Américains qui ont donné le feu vert à la guerre
d’agression de leurs alliés rwandais et ougandais. Ils ont systématiquement caché et
nié la présence massive des armées rwandaise et ougandaise au Congo. Ils ont
imposé, sous le chantage, l’Accord de Lusaka : leur texte ne connaît ni le mot
agression ni le mot occupation, il est entièrement basé sur le mensonge du « conflit
interne » ! Les trois guerres de Kisangani ont révélé au monde entier que le Congo
est bel et bien la victime d’une agression flagrante et que la thèse américaine d’une
« guerre civile interne » est basée sur un mensonge honteux.
Kofi Annan exige le retrait immédiat des agresseurs
Le secrétaire-général de l’ONU, Kofi Annan, a été choqué par le spectacle terrifiant
de deux pays africains se livrant, pour la troisième fois, la guerre sur le territoire d’un
autre pays africain. Il a dit que le Rwanda et l’Ouganda « doivent être tenus pour
responsables des pertes en vies humaines et des destructions de propriétés » subies
par la population civile de Kisangani. « J’invite le Conseil de Sécurité, agissant sous
le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, de demander que les gouvernements
du Rwanda et de l’Ouganda donnent des ordres à leurs troupes de ne plus continuer
les combats et de se retirer immédiatement de Kisangani et ensuite très vite du
territoire de la RDC ».43
Annan a également recommandé d’imposer des sanctions au
Rwanda et à l’Ouganda s’ils ne retirent pas leurs troupes du Congo.
24
24
Mais Emmanuel Ndahiro, porte-parole de l’armée rwandaise, a répliqué
immédiatement, le mercredi 13 juin : « Nous ne partiront pas du Congo aussi
longtemps que les préoccupations sécuritaires du Rwanda n’ont pas reçu une
réponse adéquate. Jusqu’à ce que les Interahamwe et les ex-FAR seront
neutralisés, l’Accord de Lusaka est le seul cadre qui peut apporter la paix et la
sécurité dans la Région des Grands Lacs. » 44
Et Seth Kamanzi, un responsable du
ministère des Affaires étrangères du Rwanda affirma : « Nous ne partirons pas avant
que notre sécurité soit garantie et nous ne demandons pas des excuses pour cela ».
L’ambassadeur Mike Rwigema ajouta : « Si le Conseil de Sécurité continue de cette
façon, l'Accord de Lusaka sera mort» .45
Ces répliques sont remarquables sous
plusieurs aspects. Les Rwandais osent maintenant affirmer en toute clarté : si vous
osez exiger que nous partions immédiatement du Congo, alors, pour nous, les
Accords de Lusaka sont morts.
Les Accords de Lusaka intéressent donc uniquement les Rwandais dans la mesure
où ils permettent de prolonger leur agression et leur occupation. Dans le but de
renverser Kabila et d’installer à Kinshasa un régime qui subira l’influence américaine
et rwandaise.
Même un homme proche des Américains comme Kofi Annan, reconnaît aujourd’hui
cette vérité : après presque deux années d’agression et d’occupation caractérisées,
après 1.800.000 morts provoqués par cette agression, après trois guerres entre
agresseurs à Kisangani, la situation du Congo ne permet plus de cacher l’essentiel.
Et l’essentiel est que le Congo subit une agression et que la Charte de l’ONU exige
que les agresseurs retirent immédiatement et inconditionnellement leurs troupes de
ce pays.
Les agresseurs lui répondent que c’est contraire aux Accords de Lusaka ! Selon ces
Accords, il faudrait d’abord « neutraliser » les Interahamwe et organiser un dialogue
soi-disant inter-congolais avant qu’on puisse demander aux « forces non-invitées »
de partir du Congo. Les Accords de Lusaka sont devenus désormais le principal
argument des Américains, des Rwandais et des Ougandais pour faire durer
l’agression et l’occupation du Congo jusqu’au renversement de Kabila.
Tshisekedi veut que les agresseurs restent !
Pour Annan, la goutte qui a fait déborder le vase, c’est la troisième guerre de
Kisangani. Après ces horreurs, le Secrétaire général estime que les agresseurs
doivent immédiatement partir. Le Conseil de Sécurité a largement suivi Koffi Annan.
Sa résolution 1304 du 14 juin 2000 reconnaît explicitement que « les combats … se
poursuivent entre les forces ougandaises et rwandaises à Kisangani, en violation de
la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République Démocratique du
Congo ». La résolution, dans son point 4, « Exige … que l'Ouganda et le Rwanda,
qui ont porté atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République
Démocratique du Congo, commencent à retirer toutes leurs forces de son territoire
sans plus tarder. »
Eh bien ! Aucun Congolais ne doit ignorer quelle a été la position de Tshisekedi à ce
propos. Cet homme complètement dépassé s’est hâté pour rejoindre Kagame dans
son opposition au retrait immédiat des armées d’agression !
Tshisekedi avait déclaré à la presse qu’il demande le départ des troupes rwandaises
et ougandaises de Kisangani. Les journalistes l’ont prié de préciser s'il exigeait leur
départ de Kisangani ou de tous les territoires congolais. Tshisekedi a fait l’insulte aux
25
25
Congolais en déclarant que, selon lui, les agresseurs devaient rester en RDC !
Textuellement il dit : « Nous sommes dans un processus, celui de Lusaka. Pour
l'instant, nous exigeons leur départ de Kisangani et de ses environs ».46
Tshisekedi refuse d’exiger le départ immédiat des criminels qui ont déjà tué
1.800.000 de ses compatriotes, et cela, au nom des Accords de Lusaka. A nouveau,
le choix devant lequel se trouvent les Congolais est nettement défini : est-ce qu’il faut
appliquer la Charte de l’ONU, la résolution 1234 et la résolution 1304 qui exigent le
départ immédiat des agresseurs ? Ou est-ce qu’il faut appliquer les Accords de
Lusaka qui veulent le maintien des agresseurs jusqu’au jour où un « dialogue inter-
congolais » arbitrairement composé, puisse exiger le « départ immédiat » de Kabila ?
Aujourd’hui, une priorité détermine toute la vie politique en RDC : il faut unir, autour
du président Kabila et du gouvernement de salut public, tous les patriotes qui veulent
bouter dehors les agresseurs par tous les moyens, diplomatiques si possible,
militaires si nécessaire. Ceux qui veulent faire traîner la guerre dans l’espoir
d’arracher un poste ministériel lors d’un « dialogue non-congolais » imposé par les
Américains, seront co-responsables de la mort de 100.000 Congolais, chaque mois
qui passe. Et ils porteront également la responsabilité morale d’ une éventuelle
quatrième guerre de Kisangani qui est déjà inscrit dans la logique des événements.
Y aura-t-il une quatrième guerre de Kisangani ?
Les Ougandais n’ accepteront certainement pas leur défaite humiliante face au
Rwanda. Quant au Rwanda, il ne manque pas d’exploiter sa victoire pour renforcer
ses positions au Congo. Les deux alliés-ennemis se préparent déjà à l’affrontement
suivant qui pourra être décisif. Cela était évident dès la défaite ougandaise, le 10
juin.
Les conditions de la victoire rwandaise garantissent déjà que les combats
reprendront à l’avenir. Samedi 10 juin, le brigadier Kazini avait lancé un ultimatum,
demandant à la population d'évacuer la ville. Puis une rumeur disait qu'en renfort,
des troupes ougandaises, déjà supérieures en nombre aux Rwandais et des milliers
d'anciens de la DSP, se préparaient à attaquer. Le début de panique fut arrêté par la
victoire soudaine des Rwandaises qui, après des combats acharnés, réussîrent à
repousser les Ougandais sur l'autre rive de la Tshopo, vers leurs positions initiales.
Dès le « cessez-le-feu », les deux parties ont commencé à préparer le prochain
affrontement. Le major ougandais Phineas Katirima déclara le 16 juin : « Les
Rwandais amènent des renforts militaires. Nous ne comprenons pas pourquoi ils
doivent amener des troupes dans la région de Kisangani qui est supposée être
démilitarisée ». Il ajouta que des troupes rwandaises quittaient le centre ville, mais
que certaines marchaient vers le Nord, en violation de l’accord.47
Le samedi 17 juin, l’ambassadeur portugais à Kinshasa, Francesco Machado, disait,
au nom de l’Union Européenne qu’une délégation avait vu à Kisangani des chars
ougandais et des mines anti-char « qui n’étaient pas là hier » 48
.
Le même jour, Théogène Rudasingwa, chef de cabinet de Kagame, disait : « Nos
troupes ont pratiquement complété leur retrait de Kisangani, mais d’autres troupes
(ougandaises) y arrivent. »49
Certains témoins affirment que des soldats rwandais, sans uniforme, restent présents
à Kisangani. Des Rwandais peuvent aussi se cacher sous l’étiquette de « membres
du RCD-Goma ». En effet, ce dernier déclara par la bouche de Hugo Ilondo, son chef
d’Etat-Major : « Kisangani a été libéré en septembre 1998 par des soldats du RCD
appuyés par l’APR. L’armée ougandaise est arrivée plus tard par avion, invitée par le
26
26
RCD et l’APR. Pour cette raison, il est absurde que notre mouvement, composé de
Congolais, devrait quitter Kisangani. Pour aller où ? » On imagine difficilement que
les derniers débris du Rassemblement Congolais pour la Démocratie feraient ces
déclaration fracassantes sans y avoir été instruits par Kagame. Juste comme au
début de la guerre, Kagame pourra dire : « Ce n’est pas nous, ce sont les
rebelles… ».50
Ilunga, le président du RCD-Goma, a déjà annoncé qu’il « couvrira » sous son
drapeau la présence continue des Rwandais à Kisangani : « Les Ougandais
voulaient s'assurer le contrôle d'une capitale provinciale, mais, pour la troisième fois,
ils ont échoué. C'est avec nous seuls que la Monuc négocie et, après le retrait des
Rwandais, ce sont nos forces qui vont gérer la ville. »51
Kisangani ou la mort de l’Accord de Lusaka
A Kisangani, les Rwandais et Ougandais ont déchiqueté les Accords de Lusaka à
l’arme lourde. Après la destruction de quartiers entiers de la troisième ville du Congo
et la mort sous les bombes de 700 à 1.000 habitants, les Accords de Lusaka sont
définitivement morts. Quel Congolais patriote peut encore soutenir un Accord qui
permet à deux armées agresseurs de mener trois guerres à Kisangani, de détruire la
troisième ville du pays et d’y tuer et blesser des milliers de Congolais?
Selon ces Accords, les « rebelles » ont le droit d’administrer les territoires occupés
jusqu’à la fin du « dialogue inter-congolais ». Dans la guerre de Kisangani, ce sont
les deux armées d’agression qui crachaient le feu. Les « rebelles » n’étaient nulle
part. Rwandais et Ougandais ne leur ont rien demandé. Ils n’avaient rien à dire dans
ce territoire qu’ils sont supposer « administrer », mais où ils ne contrôlent même pas
une petite ruelle. Les Accords de Lusaka veulent imposer au peuple congolais ces
rebelles, volatilisés à Kisangani au moment du danger, comme « partenaires égaux »
au gouvernement nationaliste ! Des Accords basés sur une telle forfaiture, une
pareille imposture sont bel et bien caducs.
Même Kofi Annan, l’homme des Américains, s’est dit « indigné et choqué » parce
que les forces armées rwandaise et ougandaise continuent « leur combat absurde
sur le territoire d’un pays tiers. »52
Or, les Accords de Lusaka garantissent justement, non pas la paix, mais la
continuation de la guerre… jusqu’au « Dialogue inter-congolais » qui doit renverser
Kabila…
Kisangani ou la mort politique de Tshisekedi
Si la guerre de Kisangani a détruit à l’arme lourde les Accords de Lusaka, elle a
également fait éclater en mille miettes le peu de prestige qui restait encore à
monsieur Tshisekedi. Les Congolais qui ont entendu les propos qu’il a tenus le 10
avril 2000 devant le parti socialiste de Belgique, tiennent cet individu pour traître à
leur Patrie. N’a-t-il pas osé, une fois de plus, nier l’agression rwando-ougandaise et
cela, malgré tous les massacres, toutes les destructions, tous les pillages, malgré les
1.800.000 morts dus à cette agression ? Tshisekedi déclara : “Mon pays traverse une
grave crise essentiellement due à l’absence de l’Etat, de démocratie et plus
directement à la non application de l’Accord de Lusaka”53
. Tshisekedi est le dernier
homme qui continue à répéter le mensonge rwandais débité dès le 2 août 1998 :
« C’est un conflit interne au Congo dû à l’absence de démocratie… » Et, selon
Tshisekedi, la « crise » congolaise perdure aujourd’hui, non pas à cause du refus
27
27
obstiné des agresseurs de retirer leurs armées, mais parce que Kabila refuse
d’appliquer les Accords de Lusaka imposés sous le chantage. Ces Accords ont été
dictés par les Américains pour faire durer la guerre et créer ainsi les conditions pour
renverser Kabila grâce au « dialogue inter-congolais ». Puis, Tshisekedi a répété sa
demande d’un embargo contre son propre pays, embargo qui poussera la misère du
petit peuple à son comble ! Il dit : “Je demande à la famille socialiste: faire adopter au
niveau de l’ONU une résolution demandant l’embargo sur la vente des armes aux
pays impliqués dans le conflit congolais; imposer un embargo sur l’achat de diamant
en provenance de la RDC.”54
Aucun diplomate occidental nous contredira : dans tous les pays occidentaux, en cas
de guerre d’agression, un individu qui tente ainsi de saboter la défense nationale en
empêchant son pays d’acheter des armes pour se défendre, est immédiatement jeté
en prison et il est passible de la peine de mort !
Tshisekedi s’efforce effectivement de saboter par tous les moyens la défense du
territoire congolais contre les agresseurs et occupants. Et on ne peut pas nier que
son agitation anti-congolaise a eu un certain impact en Occident. Selon IRIN, Koen
Vervaeke, porte-parole du ministère des Affaires étrangères a parlé le 5 mai des
quatre hélicoptères achetés par le Congo et « immobilisés » à l’aéroport d’Ostende.
« Toute la question est de savoir s’ils sont civils ou militaires. S’ils sont militaires,
nous n’accorderons pas une licence de transit, parce qu’il y a un embargo sur le
Congo ». Cela est un véritable camouflet à tous les Congolais qui aiment et
défendent leur pays, une véritable insulte à la mémoire des 1.800.000 Congolais
morts à cause de cette agression criminelle. Lorsque le gouvernement belge refuse
aux Congolais le droit de défendre leur pays, il prend une responsabilité directe pour
les centaines de milliers de morts qui suivront. Cette responsabilité, il la partage avec
Tshisekedi.
A ce propos, il est bon de savoir que pendant la guerre 1940-44, les autorités du
Congo, alors colonie belge, ont publié l’Ordonnance législative n° 314 bis / APAJ du
16 septembre 1940 qui prévoit « la peine de mort » pour des « infractions commises
dans le but d’affaiblir les moyens de défense de la colonie ».
1
Déclaration UDPS, 16 mai 2000, dans Le Phare, 18.05.2000
2
IRIN, 23 mai 2000 n°56 : RDC : Museveni impute à Kabila…
3
IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
4
IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
5
IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
6
IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
7
Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000
8
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9
IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
10
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11
IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
12
Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000
13
Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000
14
The Monitor, Kampala, May 11, 2000, Ogen Kevin Aliro
15
New Vision, May 14, 2000 : Kisangani Saga
16
The Monitor, May 13, 2000 (Henry Ochieng ?)
17
Pierre Bigras, Observatoire, 10 mai 2000
18
New Vision, Kampala, 11 May, 2000, Willy Kalyabe
19
New Vision, May 7, 2000 : Who will make peace…
20
New Vision, May 14, 2000 : What Are we Fighting For ?
21
Référence Plus, 15 mai 2000 : Rencontre Kagame Musevani
22
AIPS, Kinshasa, Juakali Kambale, 16 mai 2000
28
28
23
Conversation avec R.I. Tutwemoto, 20 juin 2000
24
Claudia McElroy, Sky TV Londres : « In Search of the Power » Ed Penguin, Londres, 1999
25
Claudia McElroy, Sky TV Londres : « In Search of the Power » Ed Penguin, Londres, 1999
26
Claudia McElroy, Sky TV Londres : « In Search of the Power » Ed Penguin, Londres, 1999
27
Reuters, United Nations, Anthony Goodman, June 8, 2000
28
Reuters, United Nations, Anthony Goodman, June 8, 2000
29
Washington File - 15/06/00 : Département d'Etat des Etats-Unis, Bureau du porte-parole 13 juin
2000
30
AP, Kisangani, Hrovje Hranjski, 12 juin 2000 : Le calvaire des civils…
31
AFP, Kisangali, 11 juin 2000
32
AP, Kisangani, Hrvoje Hransjski, 10 juin 2000
33
Reutres, Kisangani, Todd Pitma, 11 juin 2000 : Rwanda pulls out…
34
Le Soir, 9 août 2000 : Un génocide est en cours…
35
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36
Reuters, Kisangani, 10 juin 2000 : Rwanda, Uganda battle on…
37
Reutres, Kisangani, Todd Pitma, 11 juin 2000 : Rwanda pulls out…
38
Reuters, Kisangani, 11 juin 2000
39
AP, Kampala, 11 juin 2000
40
New Vision, Kampala, June 14, 2000, Emmy Allio and James Mujuni
41
New Vision, Kampala, June 14, 2000, Emmy Allio and James Mujuni
42
Reuters, Todd Pitman, Kisangani, 8 août 2000
43
Reuters, United Nations, June 14, 2000 UN Security Council must act on Congo - Annan
44
Reuters, KIGALI, June 14, 2000
45
AP, KIGALI, Rwanda, Rwanda says it will not withdraw… June 14, 2000
46
Le Phare - 14/06/00
47
Reuters, 17 juin 2000 Paul Busharizi KAMPALA
48
AFP, KINSHASA, 06/18/00
49
AFP, KINSHASA, 06/18/00
50
IRIN, NAIROBI, 13 June, 2000
51
Les Soir, COLETTE BRAECKMAN, 13 juin 2000
52
Reuters, United Nations, 10 juin 2000 : Annana to ask S ;C to Act
53
Le Phare, 05.05.2000
54
Le Phare, 05.05.2000

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L’accord de Lusaka est caduc

  • 1. 1 1 Non au plan Holbrooke-Masire Pour la mise sous tutelle du Congo L’accord de Lusaka est caduc Arracher par le « dialogue non-congolais » ce qu’ils n’ont pas pu imposer par la guerre d’agression Après trois guerres à Kisangani les agresseurs doivent quitter le Congo immédiatement et sans conditions Ludo Martens 1 juin – 10 juillet 2000 Note de la rédaction Ludo Martens était, du 5 au 22 août, à Lumumbashi pour l’ouverture de la session de l’Assemblée Constituante et Législative. En attendant le jour de l’ouverture solennelle, intervenue finalement le 21 août, il a eu des discussions avec un grand nombre des 300 nouveaux députés. Après « l’échec » du sommet de Lusaka le 15 août, les Accords de Lusaka étaient au centre de toutes les discussions. Ludo Martens venait de terminer le document que vous avez sous les yeux. Les parlementaires lui ont « arraché » la vingtaine d’exemplaires dont il disposait et le document a ensuite été amplement photocopié. Son contenu a également été l’object d’une interview de 45 minutes à la télévision de Lubumbashi. La « mission Holbrooke » : le Congo sera occupé jusqu’en 2002 Le Conseil de Sécurité a envoyé du 4 au 8 mai 2000 une « Mission » au Congo et en Afrique. Dirigée par l’Américain Holbrooke, elle était composée des représentants
  • 2. 2 2 des Etats-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de la Hollande ainsi que du Mali, de la Tunisie et de la Namibie. Elle a visité le Congo, la Zambie, le Zimbabwe, le Rwanda et l’Ouganda. Le Rapport officiel de cette Mission, rédigé en 79 points, montre bien que les Etats- Unis œuvrent opiniâtrement à la mise sous tutelle du Congo et à l’élimination du gouvernement nationaliste de Kabila. Le rapport démontre une fois de plus à quel point l’ONU est devenue un jouet de grandes puissances impérialistes. Est-ce le Congo qui veut la guerre ? Les membres de la délégation ont osé écrire ceci au point 6 de leur rapport : « Il est temps pour la République Démocratique du Congo de choisir entre la paix et la guerre » Toute l’hypocrisie de ces messieurs éclate dans ces quelques mots. On aimerait leur demander: est-ce le Congo qui a fait le « choix » de la guerre ? Ce pays, n’a-t-il pas été complètement pris au dépourvu par une agression minutieusement préparée ? N’est-ce pas le droit et le devoir sacré du gouvernement Kabila de défendre son pays et sa population martyrisée par les envahisseurs ? En fait, la Mission dénie au Congo le droit de se défendre. Devant la Mission, des membres de la Commission militaire mixte, et notamment l’Ouganda et les deux RCD ont évoqué « le climat d’hostilité envers les rebelles créé par la propagande incendiaire que le gouvernement diffuse par la radio ». La Mission a répondu dans son point 19 qu’elle « était d’accord que la MONUC devait faire des rapports sur des discours incendiaires et la propagande hostile à l’attention du gouvernement et chercher à mettre fin à ces émissions. » Que dire d’une telle ignominie proférée par des politiciens occidentaux qui ne jurent que par la « démocratie » ? Est-ce que la population de l’Est, terrorisée et massacrée, a vraiment besoin de « propagande incendiaire » pour être hostile aux occupants ? Mais en plus, lorsque la Belgique et la France étaient occupées par les nazis allemands, est-ce que Radio-Londres ne menait pas une « propagande hostile » aux envahisseurs ? La « propagande hostile », n’est-ce pas une partie intégrante de tout effort de résistance à une agression ? Le Congo a exprimé à multiples reprises qu’il préfère que l’ONU prenne sa responsabilité et fasse appliquer sa Charte, qu’elle oblige, par des moyens politiques, les « forces non invitées » à retourner chez elles. Mais lorsque l’ONU s’y refuse, c’est l’obligation du gouvernement de bouter dehors les agresseurs par des moyens militaires. En fait, pour les Américains, « choisir la paix » signifie que Kabila doit rencontrer les conditions posées par les agresseurs dont ils tirent les ficelles. Tu capitules devant les complots américains et tu choisis la paix, tu refuses de te soumettre et tu choisis la guerre, c’est cela leur véritable pensée qu’ils partagent d’ailleurs avec les Tshisekedi, Olengankoy et consorts. L’Accord de Lusaka est caduc Cette politique de chantage est justifiée en faisant constamment référence à l’Accord de Lusaka. Nous avons déjà écrit que, pris à la lettre, cet accord est indéfendable du point de vue congolais. Un jour, toute la lumière sera faite sur la façon dont cet accord à été imposé au Congo.
  • 3. 3 3 Mais pour l’instant, il suffit de constater que cet accord n’a pas donné les résultats que les impérialistes en attendaient, que le contraire ! Placé dans une situation impossible, le gouvernement congolais a bien manœuvré, il a gagné du temps pour renforcer sa défense et pour faire reconnaître sa juste cause par une majorité de plus en plus large de pays. Avec le temps et devant l’hostilité féroce de toute la population congolaise, des contradictions devaient nécessairement éclater chez l’ennemi rwandais et ougandais et parmi les rebelles. Le 4 août 1999, un mois seulement après avoir signé l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, les deux agresseurs ont ouvert le feu l’un contre l’autre. Et les Ougandais, qui ont compté 200 morts, ont juré de se venger… Neuf mois après l’Accord de Lusaka, la « rébellion », complètement éclatée, a cessé d’exister. Cet Accord est caduc, mais les Américains veulent le garder comme un drapeau autour duquel ils regroupent tous leurs agents, qu’ils soient opposants ou ex-rebelles ou fonctionnaires de leurs ONG. Les Accords de Lusaka sont devenus le dernier espoir des Américains pour imposer, malgré toutes les défaites et échecs de leur politique en Afrique centrale, la liquidation du gouvernement nationaliste. L’ONU ne vient pas mettre dehors les agresseurs Lorsque l’UDPS de Tshisekedi déclare son « soutien total et sans nuance »1 aux Accords de Lusaka et au Facilitateur et fait croire que cet accord apporte la paix, elle ment délibérément sur le véritable contenu desdits accords. Pas mal de Congolais croient toujours que les troupes de l’ONU interviendront pour apporter la paix. Mais l’ONU ne cesse de répéter qu’elle ne fera rien pour le rétablissement de la paix et qu’elle ne peut rien faire! Le rapport de la Mission le confirme dans son point 70. «Le déploiement de la MONUC pourrait seulement être exécuté dans les circonstances les plus difficiles pour ce qui concerne la logistique, à des frais élevés et avec la bonne volonté des belligérants. … La MONUC ne serait pas dans une position d’exercer un contrôle militaire sérieux des violations.» La signification de ces mots est sans équivoque. L’ONU ne vient pas au Congo pour mettre dehors les agresseurs. Les Accords de Lusaka ne reprennent pas les mots « agression » et « occupation militaire ». L’ONU vient officiellement appuyer un accord de cessez-le-feu « entre belligérants » et elle compte, tout aussi officiellement, sur « la bonne volonté » des agresseurs. Mais si le Rwanda et l’Ouganda déclenchent de nouvelles offensives militaires, l’ONU affirme d’ores et déjà qu’elle ne fera rien. Et de nouvelles offensives jusqu’à Kinshasa ne sont pas à exclure aussi longtemps que les agresseurs ne sont pas rentrés chez eux. « Dialoguer » la fin d’un conflit armé interne ? Si l’ONU ne vient pas pour aider le peuple congolais à se débarrasser des forces d’occupation, que vient-elle chercher ? Même à ce jour, en mai 2000, l’ONU, manipulée par les Américains, base son action sur la fable du départ, sur le mensonge mille fois réitéré par la vie : au Congo il y a un conflit interne qu’il faut résoudre par la réconciliation entre les deux parties congolaises. C’est cela, la signification de ces références incessantes et malveillantes au « dialogue inter- congolais ». La Mission affirme dans son point 22 : « Holbrooke a dit que le déploiement de la MONUC et le progrès du dialogue inter-congolais vont main dans la main. La MONUC, une mission d’observation, ne peut pas réussir s’il n’y a pas de progrès
  • 4. 4 4 dans la réconciliation entre les parties. » En fait, c’est comme si le déploiement des forces de l’ONU est le cadeau le plus extraordinaire que les bienfaiteurs américains peuvent offrir au Congo. Mais le pays de Lumumba ne recevra ce présent magique qu’à condition que les Congolais dialoguent entre eux ! C’est toujours ce mensonge nauséabond qui affirme que le Congo est déchiré par un « conflit interne » qui peut être résolu par un « dialogue entre Congolais ». C’est toujours le mensonge débité début août 1998 par les Rwandais, par le rebelle Zahidi N’goma et par Tshisekedi : une guerre a éclaté à cause du caractère non démocratique du régime de Kabila et on peut mettre fin à cette guerre par un dialogue entre tous les Congolais sans exclusion et par la formation d’un gouvernement d’union nationale. Dans le cadre des Accords de Lusaka, l’ONU ne vient pas mettre dehors les agresseurs, elle vient « observer » le cessez-le-feu entre agresseurs et agressés. Holbrooke affirme que le déploiement des observateurs de l’ONU ne peut progresser qu’à mesure où le Dialogue inter-congolais progresse. En quoi cette « mission » d’observer un cessez-le-feu, a-t-elle un rapport quelconque avec le dialogue inter- congolais ? Est-ce que ces cinglés du State Department à Washington veulent vraiment faire croire que le cessez-le-feu au Congo dépend des rebelles ? Et qu’il faut donc contenter ces individus par un dialogue qui doit les propulser au gouvernement à Kinshasa ? Les débris d’une rébellion qui n’a jamais eu une assise populaire, ne jouent plus le moindre rôle dans la guerre ou dans l’observation du cessez-le-feu. Le point 28 dit : « Les membres de la mission ont souligné la nécessité d’un progrès dans la réconciliation au Congo, si l’on veut consolider le cessez-le-feu. Seul le dialogue inter-congolais représente les opinions du peuple congolais qui veut la paix pour mener une vie normale. » Ainsi, ce sont les puissances impérialistes qui décident au nom du peuple congolais ce que doit être « son opinion ». Et « son opinion », serait que la paix dépend du dialogue inter-congolais, et non du départ des agresseurs ! Le « dialogue » ne mettra pas fin à la guerre et aux massacres Quel Congolais censé ose encore prétendre, comme le font ici les représentants des Etats-Unis, de la France et de la Grande Bretagne, que la question de la guerre et de la paix dépend des rebelles ? En quoi le « dialogue inter-congolais » peut-il empêcher les occupants rwandais et ougandais de massacrer les Congolais ? Les rebelles décident si peu de la paix, qu’ils n’ont même pas pu élever la voie lorsque leurs parrains ougandais et rwandais ont décidé de se rentrer dedans le 5 mai 2000 à Kisangani à coups d’artillerie lourde et au prix de 700 cadavres congolais. Les Américains veulent toujours faire croire aux ignares que la paix au Congo dépend du « dialogue » avec ces rebelles, haïs par tous les Congolais, éparpillés, ne contrôlant plus aucun territoire ni aucun groupe d’hommes à l’Est du Congo. Le « dialogue inter-congolais » est une dernière tentative désespérée des Américains pour faire durer la guerre et réaliser in extremis l’objectif de la guerre : la chute de Kabila et du gouvernement nationaliste. Le « Dialogue » est la seule manière de remettre tant soit peu sur pieds une « rébellion » qui a cessé d’exister. S’il y a « dialogue », ce qui veut dire : « postes à arracher », nous verrons des cadavres politiques sortir de leurs tombes comme au jour du dernier jugement. Aujourd’hui, seule la perspective d’un poste peut pousser un homme disposant de toutes ses facultés mentales à s’identifier au cadavre puant de la rébellion.
  • 5. 5 5 Le dialogue inter-congolais constitue pour les Américains un dernier espoir de se créer une force d’appui conséquente au Congo en constituant un front uni entre les débris de la rébellion, l’opposition non armée et les fractions pro-impérialistes de la Société Civile. Le « dialogue » prolongera la guerre Cela n’a rien à voir avec la création des conditions de paix au Congo, bien au contraire. Ce dialogue de facture américaine fera justement prolonger la guerre et les souffrances insupportables des populations de l’Est. Ouvrir cette boîte aux mauvais génies qu’est ce « dialogue » créera une pagaille invraisemblable au sommet de l’Etat. On a vu quelle cacophonie ces politiciens ivres d’argent et se ruant sur les « postes » ont créé du temps de la CNS-HCR-PT. Mais alors, ils étaient entre copains. Maintenant, ils seront face à l’équipe abhorrée et détestée des kabilistes… Quel Congolais peut croire que le spectacle triste qu’offriront ces batailles en perspective, facilitera l’effort pour bouter dehors les agresseurs ? Jamais dans l’histoire, aucun peuple confronté à une menace aussi grave pour son existence et son indépendance, n’a permis que l’anarchie s’installe au sommet de l’Etat. Pour un peuple agressé qui voit son territoire occupé et ses fils et filles assassinés, la paix passe par un seul chemin : renforcer l’armée nationale, élargir la guerre populaire, bouter dehors les agresseurs. Et tous ceux qui veulent prendre ce chemin sont les bienvenus. Parlant toujours du « dialogue inter-congolais », la Mission dit dans son point 75 : « Sans une voie politique, les parties vont inévitablement se concentrer sur la voie militaire ». Décidément, les Américains ont complètement perdu la tête. Posons-leur la question : mais qui sont ces « parties » congolaises, participants éventuels à un hypothétique dialogue, qui vont prendre « la voie militaire » ? Les rebelles ? Eux, ils ont déjà fait semblant et l’échec a été aussi foudroyant que les offensives qu’ils menaient dans leurs rêves. Alors les autres fanatiques du « dialogue », les Tshisekedi, Gizenga, Bo-Boliko et Olenghankoy ? Ils n’y pensent même pas. Alors, monsieur Holbrooke, c’est quoi, votre menace d’une « voie militaire » ? Vous comptez relancer contre Kinshasa vos Rwandais et Ougandais ? Après le tas de ferrailles qu’ils se sont jeté mutuellement à la figure à Kisangani, ce ne sera pas évident. Ou alors vous faites simplement un dernier chantage pour arracher par la voie politique ce que vous ne pouvez plus obtenir par la voie militaire ? Lusaka et la souveraineté « conditionnelle » du Congo Quel est le véritable objectif poursuivi par les Etats-Unis avec le déploiement des ‘observateurs’ de l’ONU ? Ils ont l’intention de maintenir les armées d’agression pendant encore un ou deux ans au Congo. Ils espèrent que cela créera une telle dégradation de la situation économique et sociale que les oppositions armée et non armée réussiront finalement à renverser le régime de Kabila. Holbrooke a ouvert cette piste en formulant les théories de l’indépendance conditionnée et de la souveraineté limitée du Congo. Pourtant, en cas d’agression flagrante, le droit international veut que le pays coupable retire ses troupes immédiatement et inconditionnellement. Holbrooke a inventé deux conditions que le Congo doit remplir avant que l’ONU puisse demander gentiment aux « forces non invitées » de se retirer. Première condition : la tenue et la conduite à bon terme du dialogue inter-congolais. Nous en avons parlé. La seconde :
  • 6. 6 6 le désarmement des Interahamwe et ex-Far. Cyniquement, dans le point 67, la Mission appelle ces deux conditions imposées à l’indépendance et à la souveraineté du Congo « les deux voies vers une sécurité durable dans le pays ». La mission a évoqué « le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et remise au travail » des membres des groupes armés dont le nombre est estimé « entre 3.000 et 30.000 ». Selon les points 31 et 76, Holbrooke a affirmé que « ce processus est absolument critique pour assurer une paix durable au Congo ». Sans ce processus « il n’est pas possible d’obtenir une cessation permanente du conflit ». On ne peut pas dire que la manœuvre est d’un grand raffinement. Sans résoudre la question des Interahamwe, il n’y aura, selon les Américains, ni « paix au Congo », ni « cessation du conflit ». Mais il n’y a aucune fraction congolaise, aussi minime soit- elle, qui veut se lancer dans une guerre civile inter-congolaise à cause de la présence, somme toute marginale, de quelques groupes d’Interahamwe. Il n’y a que les Rwandais qui mènent la guerre aux Congolais sous le prétexte qu’ils veulent éliminer les Interahwamwe. Holsbrooke défend ici publiquement le « droit » des Rwandais d’intervenir militairement au Congo, de l’agresser, en somme, sous le prétexte de vouloir mettre fin aux incursions des Interahamwe au Rwanda. Si quelques bandes d’Interahamwe à l’Est du Congo posent des problèmes au Rwanda (pour ne pas parler des villageois congolais qu’ils volent et qu’ils massacrent…), c’est au gouvernement congolais de les mater. Et pour ce faire, il peut librement faire appel à des pays amis ou à l’OUA, voire l’ONU. Il n’y a là rien qui puisse justifier l’agression rwando-ougandaise et a fortiori l’occupation, la terreur et le pillage… Holbrooke veut garantir encore deux ans d’occupation… Mais Holbrooke ne veut pas que ses chers soldats rwandais et ougandais quittent le territoire congolais avant que ce problème des milices rwandaises soit réglé. Cela peut prendre deux années, dans les calculs de Holbrooke. Et donc, le Congo aura à subir pendant deux années supplémentaires l’agression et l’occupation … Ceci est confirmé dans le point 62, où la Mission reconnaît : «Très peu de réflexions ont été consacrées à la solution de ce problème. » Donc on n’est encore nulle part. Sur la question du désarmement des milices rwandaises, le point 76 du Rapport dit ceci: « La mission reconnaît qu’il faudra du temps pour cela et un déploiement très important de forces de maintien de la paix au delà de la phase II de la MONUC ». Cette fameuse Phase II durera sans doute jusqu’au début 2001. Ensuite seulement commencera la troisième phase très délicate qui consiste à traquer et désarmer les milices. Cela également prendra au minimum un an. Bref : Holbrooke garantit aux Congolais qu’ils auront l’armée rwandaise sur le dos pour encore au moins deux ans. Et derrière tout cela, ce calcul morbide : les Congolais ne pourront plus supporter pendant aussi longtemps la misère, la famine, la maladie, et cela provoquera fatalement des bouleversements qui conduiront au renversement de ce maudit Kabila. Dès que cela sera fait, les Américains cesseront du jour au lendemain de parler de dialogue et de milices Interahamwe. Le but sera atteint. Les Etats-Unis auront repris en main les destinées du Congo…. Dialogue inter-congolais : Kagame y tient ! Nous venons encore par un autre chemin à la compréhension de la nature véritable du « dialogue inter-congolais ». La Mission a proposé à Kagame de retirer une partie
  • 7. 7 7 de ses forces du Congo. Point 44 : « Une grande partie de l’Armée Patriotique Rwandaise est maintenant en opération en dehors de ses frontières. Sa présence provoque un ressentiment dans certaines parties de la R.D. du Congo. » Remarquez que ces gens ne mènent pas une guerre d’agression et de pillage, non, ils sont simplement « en opération en dehors de leurs frontières ». Voilà de quel langage cynique et hypocrite les Américains savent couvrir de nos jours les agressions les plus barbares… Kagame a accepté « de prendre en considération une démarche pareille à condition que les autres belligérants fassent de même. » Puis, après une discussion sur la réduction des dépenses militaires de toutes les parties, « Kagame a souligné l’importance du dialogue inter-congolais pour faire régner la confiance et renforcer la sécurité. » Ainsi donc, le « dialogue inter-congolais » est une idée chère à Kagame. Il compte sur ce dialogue pour renforcer la sécurité du Rwanda. Après une telle « confidence », il est clair que le « dialogue » sert à imposer au Congo un gouvernement qui convient aux Rwandais et aux Américains… Notons que Museveni aussi est un fanatique du dialogue « inter-congolais ». Il a déclaré que « Kabila est responsable du retard pris dans les négociations intercongolaises ». « Kabila bien sûr est un problème, parce qu’il ne voit pas la nécessité d’une résolution rapide de ce problème. Pourtant, plus il attend, plus la situation dans son pays se complique ». »Je pense que le dialogue est la seule solution. Que ce dialogue inclue Kabila ou pas, il doit y avoir un ».2 Kisangani « retiré » au gouvernement légal Lors des discussions que la Mission a eues à Kampala, l’Ouganda et le Rwanda ont conclu un accord pour retirer leurs troupes de Kisangani. La Mission du Conseil de Sécurité et les gouvernements rwandais et ougandais américaine.recommandent dans une déclaration commune, reprise dans le point 55, que « la MONUC puisse déployer ses forces aussi vite que possible à Kisangani pour exercer un contrôle neutre sur la zone démilitarisée autour de la ville et les aéroports. » Apparemment, les Américains se comportent comme si le gouvernement congolais est déjà renversé. En effet, ils n’ont pas jugé nécessaire de demander au gouvernement Kabila s’il veut, lui, « démilitariser » la troisième ville de son pays, Kisangani. Décidément, pour Holbrooke, le gouvernement n’a plus rien à dire, n’existe simplement plus sur la moitié du territoire national ! Une telle imposture est franchement inacceptable pour tout gouvernement qui se respecte. Interdire au gouvernement et à l’armée congolais l’accès à Kisangani, c’est créer un précédent pour lui interdire demain l’accès aux autres territoires provisoirement occupés par l’ennemi à l’Est. Le Congo est déjà en partie sous tutelle Et la Mission a poussé l’insolence au point de souligner dans son point 56 « l’obligation d’appliquer l’Accord de Lusaka dans tous ses aspects, et, dans ce contexte, elle exige de toutes les parties de respecter cet accord entre les gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda pour démilitariser Kisangani et de n’entreprendre aucune action, en aucune circonstance, qui violerait la zone démilitarisée. » C’est donc au nom de l’Accord de Lusaka que les Américains placent le Congo sous tutelle, qu’ils retirent aujourd’hui Kisangani à l’autorité du gouvernement légal et demain peut-être les autres territoires occupés. Dans une importante ville congolaise, l’ONU interdit au gouvernement légal du Congo « toute action, en toute circonstance » qui violerait une « zone démilitarisée » proclamée unilatéralement par des puissances étrangères ! Si un tel forfait peut se faire au nom
  • 8. 8 8 des Accords de Lusaka, il est décidément urgent de les renégocier pour qu’ils correspondent à la Charte de l’ONU et les nouvelles réalités sur le terrain. Tout l’Est sous tutelle ? Bien sûr, la question se pose : de quel droit l’ONU est intervenue à Kisangani. La réponse de la Mission dans son point 19: «C’était le droit et le devoir des Nations Unies d’intervenir pour aider à arrêter les combats à Kisangani surtout parce qu’ils avaient causé la mort d’un certain nombre de civils congolais. » Cette réponse ne vaut absolument rien. Il doit bien y avoir autre chose. Les Américains et l’ONU se foutent complètement des civils congolais tués dans cette guerre. Vers la même époque, il y a eu 300 villageois congolais massacrés à Katogota. Holbrooke ne s’est pas précipité sur les lieux du crime. Tout l’activisme de Holbrooke s’explique, non par la mort de civils congolais, mais par la mort annoncée de la politique africaine de Clinton… C’est toute la stratégie américaine pour contrôler le Congo qui s’effondre. Les deux alliés des Etats-Unis qui devaient débarrasser le Congo de Kabila et des nationalistes, sont en train de se canarder. Les Américains ont déjà perdu la rébellion comme force politique et militaire crédible. Si, à cause d’une guerre entre le Rwanda et l’Ouganda sur le territoire d’un Etat souverain, les Etats-Unis ne peuvent plus longtemps maintenir ces armées d’occupation au Congo, ils manqueront des forces sur le terrain pour imposer leur volonté. Ceux qui estiment que l’occupation peut encore bien traîner deux ans au Congo, sont brusquement tout feu tout flamme pour envoyer des troupes de l’ONU à Kisangani pour exercer un contrôle « neutre » sur la ville et ses environs. Il faut d’urgence rétablir les bonnes relations entre les alliés rwandais et ougandais pour sauvegarder ainsi les moyens pour imposer un « dialogue inter-congolais conduisant au renversement de Kabila ». L’idée de cette « neutralisation » une fois acquise, les Américains voient directement tout l’avantage qu’ils peuvent tirer de la nouvelle situation. Le point 74 du Rapport dit : « la déclaration sur la démilitarisation de Kisangani par les gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda faite le 8 mai … pourrait offrir aux parties des facilités neutres et sécurisées pour des échanges politiques et militaires à l’avenir.» En clair, le « dialogue inter-congolais » que les Etats-Unis veulent imposer, devrait avoir lieu à Kisangani, ville sous tutelle américaine. Ce sera plus facile pour les Américains d’influencer de façon déterminante les discussions. Cela rappelle le précédent fâcheux du Conclave de Lovanium. Selon le témoignage de feu Félix Mukulubundu, Mukwidi s’était âprement plaint à l’époque que dans les coulisses du Conclave, les hommes des Américains et des Belges achetaient littéralement les consciences pour faire passer Adoula. Guerre à Kisangani : pas une violation du cessez-le-feu… Un dernier petit détail qui illustre parfaitement le cynisme de ces grands « démocrates ». La Mission de l’ONU et le gouvernement rwandais ont signé une déclaration commune où il est dit entre autres que « les combats récents à Kisangani, quoique regrettables, ne représentent pas nécessairement une menace pour l’Accord de Lusaka ». Cela se trouve dans le point 44. C’est une variante sur la thèse de Chiluba, reprise au point 23 : « Les combats à Kisangani ne sont pas strictement une violation du cessez-le-feu, dans le sens que les pays concernés sont nominalement des alliés. » Donc, ce fameux cessez-le-feu de Lusaka cher aux
  • 9. 9 9 rebelles et aux ‘opposants’ implique que les Forces Armées Congolaises ne peuvent pas venir en aide aux populations congolaises victimes d’actes de génocide à l’Est. Empêcher des massacres comme à Katogota serait violer le cessez-le-feu. Mais les agresseurs qui opèrent de façon complètement illégale au Congo, peuvent se battre aux armes lourdes pour se répartir les fruits de leur agression commune. Ce n’est pas vraiment une violation du cessez-le-feu. Qu’ils tuent en passant des centaines de Congolais, c’est une forme de «collateral damage», de dégâts secondaires inévitables. Masire et le dialogue non-congolais Les Accords de Lusaka ont été imposés au gouvernement congolais par l’alliance Etats-Unis, Afrique du Sud, Rwanda, Ouganda et les « rebelles » sous le chantage le plus éhonté. Il reviendra à l’Assemblée législative et constitutionnelle d’éclaircir les conditions dans lesquelles ces Accords injustes ont dû être signés et de redresser une situation inacceptable pour un pays souverain et un gouvernement légitime. Le « facilitateur » affiche son mépris pour Kabila Depuis le temps que Masire a été nommé facilitateur du dialogue inter-congolais, cet homme s’est comporté comme un véritable complicateur. Il n’agit pas comme un Africain voulant rendre plus facile le dialogue entre Congolais, mais comme un homme des Américains, décidé à faciliter la mainmise de ces derniers sur le Congo. Le mépris de monsieur Masire pour Kabila et le gouvernement de salut public est tout simplement indécent. Il traite Kabila comme un petit agent des Zimbabwéens et des Angolais, comme Wamba, Ilunga et Bemba sont de petits agents des Rwandais. Masire a déclaré ceci : « J’ai consulté tous les Congolais, le gouvernement, l’opposition armée et non armée. … Après avoir rencontré toutes ces personnes, je suis allé voir les gens qui les soutiennent. Si ceux qui soutiennent Kabila et ceux qui soutiennent les rebelles ne savaient pas ce qui se passait entre leurs agents et moi- même, cela ne servirait à rien. »3 En réalité, Masire a surtout pris le temps d’aller discuter avec Mbeki, le principal intermédiaire des Américains. Et il affirme qu’il lui manquait de l’argent pour se payer un billet pour Luanda ! Textuellement : « Nous avons une puissance politique en Afrique australe – l’Afrique du Sud – et je suis allé voir Mbeki. Si j’avais eu de l’argent et les moyens pour me déplacer plus souvent en avion, j’aurais vu tout le monde y compris Dos Santos. » 4 La composition du « dialogue » C’est sous la pression des armées ennemies et sous le chantage des Américains que le Congo a dû signer les Accords de Lusaka. Sans l’agression, les Américains n’auraient pas été en mesure d’imposer un « dialogue inter-congolais » qui regroupe le gouvernement, l’opposition armée et non armée et la société civile, avec un « statut identique ». Par la force des armes, des acteurs non-Congolais ont déterminé la composition du soi-disant « dialogue inter-congolais » codifié à Lusaka. Cette composition est un résultat direct de l’agression rwando-ougandaise. En plus, elle peut encore être manipulée à volonté par le « facilitateur ». A la question : « Comment les
  • 10. 10 10 représentants de l’opposition non armée et de la société civile seront-ils sélectionnés ? » Masire répond qu’au cas où ils n’arrivent pas à s’entendre, « Je prendrai la décision moi-même. Je dirai : ‘Je vous ai laissé faire, vous n’avez pas réagi, donc c’est à moi de prendre une décision’. »5 La rébellion a aujourd’hui éclaté en pratiquement autant de fractions qu’elle a compté d’individus. Ces accords ont été signés par deux parties congolaises : le gouvernement et la « rébellion ». Cette dernière ayant cessé d’exister, les Accords de Lusaka sont caducs pour tout ce qui concerne les questions de politique intérieure du Congo. Les Américains ne peuvent plus s’appuyer sur ces Accords pour imposer un « dialogue inter-congolais » à leur convenance. Les Congolais ont perdu 1.800.000 des leurs dans l’aventure criminelle lancée par les armées rwandaise et burundaise et couverte par les chefs rebelles. La majorité de ces dirigeants a désormais quitté cette entreprise criminelle. S’il doit y avoir un dialogue entre les Congolais, le peuple n’acceptera jamais que le dernier carré des rebelles y participe. Ce serait comme une prime de persévérance dans le crime. Des anciens rebelles, en revanche, pourraient bien y être invités. Il ne peut pas y avoir aujourd’hui un dialogue entre Congolais, sans que les dirigeants de la résistance patriotique dans les territoires occupés y soient associés de façon éminente. Il s’agit des combattants des Forces d’Autodéfense Populaires, appelées parfois Maï-Maï, et des organisations qui ont encadré la population dans la résistance civique. Ensuite, on voit mal comment pourra s’organiser un dialogue entre Congolais sans y associer les seuls élus du peuple que compte aujourd’hui le Congo : les représentants des Comités du Pouvoir Populaire qui ont été choisis démocratiquement dans leur rue, leur quartier et leur commune. Emanations de différents courants existants à la base, les CPP se distinguent du gouvernement comme de l’administration centrale. Quant au statut identique des participants, il s’agit uniquement de l’égalité des droits de tous les individus qui participent à ce forum. Personne ne peut trouver dans cette notion mal définie un argument pour placer la défunte rébellion ou la société civile sur un même pied que le gouvernement légal. La direction actuelle du Congo n’a pas démérité, qu’au contraire : elle a chassé Mobutu et le mobutisme, entamé avec succès la reconstruction et ensuite défendu avec ténacité l’indépendance et l’unité du Congo contre les agresseurs. Un dialogue inter-congolais ne peut se faire qu’à l’initiative du gouvernement du salut public. Rendez-vous à Kinshasa S’il s’agissait vraiment d’un dialogue entre Congolais, il est évident que l’assemblée ne pouvait se tenir nulle part ailleurs que dans la capitale nationale. Mais comme pour apporter une preuve supplémentaire que ce « dialogue » n’a rien de congolais, tous les agents de l’étranger qui s’agitent autour de cette question veulent fuir Kinshasa comme la peste. Ils ont proposé n’importe quelle capitale où les Américains sont sûrs de pouvoir peser sur les délibérations : Gaborone, Lusaka, Nairobi, Addis Abeba, le Caire… Masire lui-même a laissé apparaître son aversion pour Kinshasa : « Si le dialogue a lieu à Kinshasa, je m’y rendrais mais je n’ai aucun moyen d’évaluer si oui on non les participants s’y sentiraient en sécurité. Tous les rebelles armés, presque tous les partis politiques et la majorité de la société civile le souhaiteraient en dehors de Kinshasa. »6
  • 11. 11 11 L’opinion progressiste a constaté avec étonnement que le PALU, qui, à défaut d’être révolutionnaire passait toujours pour nationaliste, refuse de « dialoguer » à Kinshasa et propose de le faire dans l’ancienne métropole coloniale, à Bruxelles ! Imaginez un instant que les Belges, las des conflits tribaux entre Flamands et Wallons, décident d’organiser un « dialogue inter-belge » et qu’un facilitateur popose de tenir ce dialogue à Kinhasa. Si le gouvernement congolais gouverne encore le pays, il décidera qu’un dialogue inter-congolais, s’il doit se tenir, ne peut avoir lieu qu’à Kinshasa. Et il laissera les autres montrer leur véritable nature d’agents de l’étranger, par leur refus de se réunir dans la capitale du pays dont ils revendiquent la direction. « Dialoguer » la chute de Kabila ? D’emblée, Masire-le-complicateur a annoncé clairement la couleur : « L’objectif du dialogue national est de créer une nouvelle base constitutionnelle et gouvernementale favorisant une paix durable au Congo ».7 C’est affirmer que la base constitutionnelle et gouvernementale créée par la révolution du 17 mai 1997 ne favorisait pas la paix au Congo, qu’elle porte la responsabilité de la guerre actuelle et qu’elle doit être éliminée. Masire nie les caractéristiques fondamentales de la situation actuelle au Congo. Première caractéristique : le problème-clé auquel fait face le pays est l’agression rwando- ougandaise ; et la deuxième : Kabila et le gouvernement nationaliste combattent avec vaillance les agresseurs dont la défaite et le retrait inconditionnel sont les conditions du retour de la paix. Evoquant à quoi va ressembler le « nouvel ordre politique » qu’il veut imposer au Congo, Masire a eu le culot de dire : « On peut citer l’exemple de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe ». 8 Pour cette seule phrase, Masire mérite d’être chassé du Congo comme un chien. Dans cette petite phrase, il révèle toute la perfidie de la stratégie américaine dont il est l’instrument. Cette petite phrase place le gouvernement Kabila sur le même pied que les gouvernements coloniaux, racistes et terroristes qui ont régné pendant des décennies sur ces deux pays de l’apartheid blanc. Kabila comparé à des racistes comme Verwoerd et Botha de l’Afrique du Sud et Ian Smith de la Rodhésie : il fallait le faire ! En quoi consiste le « modèle » zimbabwéen et sud-africain dont Masire veut s’inspirer? . Sans la lutte armée et la mobilisation de toute la population africaine, dirigée par Chris Hani et par Robert Mugabe, ces régimes racistes blancs seraient toujours en place. Mais dans ces deux pays, les puissances impérialistes, principalement britannique et américaine, ont réussi à imposer une « sortie » du régime colonial qui ménageait les intérêts de grands colons. La fin de la domination exclusive de la minorité blanche n’était donc qu’une victoire partielle obtenue par la lutte populaire. Les anciens colons gardaient toujours la possibilité et l’espoir de maintenir l’essentiel de leur pouvoir économique et politique. En Afrique du Sud et au Zimbabwe, il y a eu une lutte armée entre les oppresseurs et exploiteurs d’une part, et les masses africaines d’autre part. La situation que connaît le Congo n’est en rien comparable à celle de ces deux pays. Ici, les acteurs principaux sont les agresseurs rwandais et ougandais d’un côté, et de l’autre le peuple congolais tout entier, dirigé par le gouvernement Kabila qui refuse l’agression,
  • 12. 12 12 l’occupation et le pillage. Masire fait abstraction de cette donnée fondamentale pour faire croire qu’il y a un conflit interne au Congo qui place d’un côté un ordre injuste, celui de Kabila, comparable aux régimes de l’apartheid, et de l’autre un combat de libération mené par les rebelles et l’opposition « démocratique ». Le principal souci de Masire est de «faciliter » la liquidation du gouvernement légitime du Congo. Masire n’est pas un facilitateur, c’ est un imposeur. Il affiche clairement son intention d’imposer un nouveau régime. Et il ose même traiter Kabila d’usurpateur parce qu’il veut maintenir son gouvernement de salut public. Masire déclare : « Je pense que le gouvernement actuel souhaiterait devenir le gouvernement de transition, mais je leur ai dit que ceci constituerait une usurpation du dialogue. »9 Cette célébrité locale du Botswana a également décidé à la place des Congolais que Kabila ne peut plus être président de la République. Sauf s’il acceptait de fonctionner comme une marionnette au service des forces pro-américaines et pro-rwandaises que Masire veut hisser au pouvoir à Kinshasa. Ce que tout le monde sait que c’est impensable. Celui dont la véritable tâche est de « faciliter » l’imposition de l’ordre américain au Congo déclare : « Il se pourrait que Kabila ne soit pas le chef de ce gouvernement. Mon avis à propos de Kabila est que plus il saura gérer le changement, plus tout le monde aura confiance en sa capacité de diriger un gouvernement de transition. »10 Masire formateur du prochain gouvernement congolais? C’est désormais clair comme l’eau de roche : Masire est l’organisateur attitré du plan américain de la mise sous tutelle du Congo. Holbrooke lui-même a indiqué le chemin en retirant la ville de Kisangani à l’autorité gouvernementale pour la « démilitariser » et la placer sous la tutelle de l’ONU. Mais c’est Masire qui est chargé d’élargir ce processus au Congo tout entier. Personne ne peut s’y tromper : sur instruction de Holbrooke, Masire a déjà décidé que le Congo n’a plus de gouvernement et que la fonction de formateur du prochain gouvernement congolais lui revient. On sait qu’au moment où les Rwandais et Ougandais ont déclenché leur agression, le gouvernement Kabila était en pleine préparation de la convocation d’une Assemblée législative et constituante. Aujourd’hui que la fiction d’une « rébellion interne » a complètement éclatée, Kabila reprend ce projet interrompu par la guerre. Masire, en charge de la tutelle sur le Congo, l’a immédiatement rappelé à l’ordre : « L’Assemblée constituante est destinée à faire avorter le processus du dialogue, car je ne vois aucune autre raison valable qui puisse l’expliquer. »11 Cette phrase a le mérite de rendre les choses claires : le terme « dialogue inter- congolais » est utilisé par Masire pour couvrir un véritable coup d’Etat qui, en fait, a déjà retiré au gouvernement légitime plusieurs ses prérogatives. Le pays est placé sous tutelle, Kabila et le gouvernement de salut public sont considérés comme démissionnaires, ils ne gouvernent plus, il leur est interdit de continuer le travail gouvernemental interrompu par l’agression. C’est cela la logique de Masire et des Américains qui rencontrera nécessairement le refus le plus total du peuple congolais. Un gouvernement secret est mis en place Sous le prétexte de « faciliter » le « dialogue », Masire est déjà en train de constituer un gouvernement secret qui décidera de l’avenir du Congo. Masire a établi son quartier général à Gaborone, sous le prétexte qu’il y « dispose de moyens de
  • 13. 13 13 communication et de ressources humaines ». Le gouvernement du Botswana, proche des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud, a mis à sa disposition un avocat et un ancien ambassadeur du Botswana aux Etats-Unis. Les ‘ressources humaines’ dont Masire dispose à Gaborone sont essentiellement les fonctionnaires des ambassades américaine et sud-africaine, ces deux pays constituant les véritables parrains du gouvernement que Masire compte imposer aux Congolais. Comment le « quartier général » du « dialogue inter-congolais » peut-il être dirigé par un anglophone qui ignore tout du Congo et être placé dans une capitale où les Américains et Sud-Africains règnent en maîtres ? Masire a décidé de « créer rapidement un petit groupe informel d’universitaires africains et, au besoin, étrangers qui fournira une analyse de la situation, proposera des solutions réalistes et des recommandations, (s’occupera de) l’élaboration de solutions de rechange » 12 Ceci est le projet d’un gouvernement de l’ombre qui élaborera des décisions qui correspondent aux exigences américaines et que Masire espère faire «valider » par « l’opposition » armée et non armée et une partie de la Société Civile. Le « dialogue inter-congolais » sera encadré de façon efficace par des agents américains pour faire passer le complot. Masire choisira un adjoint principal, un chef d’équipe à Gaborone, un chef de bureau à Kinshasa, un conseiller politique et quatre conseillers chargés des questions militaires, constitutionnelles, électorales et du développement, et enfin, quatre « animateurs » qui présideront les comités traitant de ces quatre matières. Masire présidera toutes les séances plénières du dialogue non-congolais et, en plus, il présidera chaque jour un comité directeur avec son adjoint principal, avec le chef d’équipe à Gaborone, le chef de bureau de Kinshasa, les animateurs qui présideront les quatre comités et qui seront spécialement engagés pour cela, puis, sur invitation, les quatre conseillers.13 Un dialogue sous haute surveillance Tout cet échafaudage a été érigé pour que rien dans ce « dialogue inter-congolais » ne puisse échapper au contrôle des non-Congolais qui dirigeront cette farce. Ainsi, les acteurs principaux de ce « dialogue » appelé abusivement inter-congolais, seront Masire, les « spécialistes » qu’il a choisis pour réaliser ses desseins et les Américains qui le « conseilleront » dans les coulisses. Masire imposera des solutions concoctées par des forces étrangères et soutenues par les Congolais qui ont toujours mangé dans la main de l’impérialisme. L’usurpateur, c’est bien Masire. Masire est l’homme du coup d’Etat au Congo. Il ne reconnaît pas la légitimité et la légalité du régime du 17 mai et son coup d’Etat sera donc nécessairement une revanche des mobutistes endurcis. Les nationalistes qui ont bravement défendu l’indépendance et la souveraineté de leur pays, seront renversés par ce clown pro- américain sous les applaudissements de tous les complices des agresseurs. Du moins, c’est le rêve fou d’un extra-terrestre anglophone. Un dialogue pour libérer le Congo des forces d’occupation Toute discussion est impossible avec un individu qui a abattu aussi franchement ses cartes. Les patriotes congolais ont le sentiment qu’il est temps de mettre fin à ces distractions sinistres et de revenir à l’essentiel. Dans beaucoup de pays qui
  • 14. 14 14 ont été agressés et occupés, des personnalités de différentes tendances politiques ont, toutes affaires cessantes, débattu d’ abord la question de l’unité nationale contre l’ennemi. En Chine, entre 1921 et 1936, des centaines de milliers de paysans, d’ouvriers et d’intellectuels communistes avaient été tués par Tchang Kaï-Chek. Pourtant, Mao Zedong et Chou En-Laï ont accepté de former un front uni avec le parti de Tchiang pour combattre l’agresseur japonais. Aujourd’hui, le Congo a un gouvernement légal et légitime reconnu par tous les Etats du monde. Ce gouvernement peut prendre souverainement la décision d’organiser un dialogue avec certaines forces congolaises ou de s’élargir à d’autres courants politiques. Mais en temps de guerre, dans tous les pays qui se trouvent agressés et occupés, le seul thème du dialogue est celui-ci : comment unir toutes les forces capables d’être unies pour mobiliser le peuple tout entier afin de bouter dehors les agresseurs. Jamais en temp de guerre, un gouvernement responsable peut désorienter son peuple en s’engageant dans un « dialogue » en vue de créer « un nouvel ordre politique » avec des forces qui sont complices des agresseurs ou qui s’opposent aux efforts de défense. Si le gouvernement dialogue avec ces forces, c’est dans le seul but de leur faire prendre position contre l’agression et l’occupation et pour la défense de la patrie. Si un dialogue entre Congolais doit avoir lieu au moment où une partie du territoire national reste sous occupation rwando-ougandaise, le point essentiel, sinon l’unique de l’agenda, doit être la mobilisation de toutes les forces du pays pour mettre dehors les « forces non invitées » dont la résolution 1234 du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptée le 9 avril 1999 exigea déjà le départ immédiat. S’il doit y avoir remaniement gouvernemental à l’issue de ces délibérations, on s’attend à ce que les nouveaux ministres soient choisis pour l’apport qu’ils auront dans l’intensification de la mobilisation pour la défense et dans le développement des efforts pour assurer la survie d’une population durement éprouvée. Mai 2000 : la deuxième guerre de Kisangani. Au cours du mois d’avril 2000, l’Ouganda a massé beaucoup de troupes et une grande quantité de matériel militaire autour de Kisangani. L’heure de la revanche pour la défaite d’août 1999 avait sonné. Le 4 mai, l’armée ougandaise a commencé à pilonné les positions rwandaises. Le moment était bien choisi : les Rwandais étaient très occupés sur le front du Katanga et du Kasaï, ainsi qu’au Kivu. L’armée ougandaise a détruit la principale base des Rwandais à Kisangani, c’est-à- dire l’aérogare et les bâtiments annexes de Simi-Simi où se trouvaient un dépôt de munitions rwandais et un hôpital militaire. L’artillerie ougandaise a rasé la radio et la maison du gouverneur du RCD-Goma. L’Ouganda affirme avoir tué 50 militaires rwandais. Un combat pour le leadership régional Après deux guerre entre « alliés », on peut affirmer que les contradictions entre l’Ouganda et le Rwanda ont dépassé désormais le cadre du Congo, elles ne concernent plus uniquement le partage du butin. Un diplomate à Nairobi déclara:
  • 15. 15 15 “Des armées et spécialement des armées alliées, ne se tirent pas dessus de cette façon sans qu’il y ait un problème plus profond”.14 Les contradictions concernent la stratégie globale de l’Ouganda et du Rwanda en Afrique de l’Est et dans la Région des Grands Lacs. Les Etats-Unis poussent à une unité économique et militaire de la région sous leur hégémonie. L’Ouganda, qui se considérait comme la force dirigeante, est désormais confronté au rival rwandais qui manifeste également des ambitions de leadership régional. Cela explique que le 8 mai, les Ougandais ont concentré des troupes dans les collines de Mirama et à Kamwenzi et dans les villes de Kabale et de Kisoro, proches de la frontière rwandaise. Il est désormais possible que l’Ouganda déclenche une guerre contre le Rwanda pour casser ses ambitions jugées démesurées, avant qu’il ne soit trop tard… La lutte pour le contrôle des richesses du Congo et la lutte pour l’hégémonie dans la région de l’Afrique de l’Est se traduit en hostilité entre les deux armées. Un journaliste a posé au commandant de l’armée ougandaise, le général-major Jeje Odongo, la question suivante: “Vous concentrez des troupes à la frontière. Préparez- vous une guerre sérieuse avec le Rwanda?” Le lecteur s’attend à une réponse dans le genre « il y a de petits problèmes, mais entre alliés et proches compagnons d’armes nous trouverons vite une solution ». Mais non, Jeje Odongo répondit : « Si, disons, Peter veut se faufiler dans la maison de Jeje et s’emparer de sa fille, alors il doit avoir peur du chien. C’est notre devoir de sauvegarder notre territoire et c’est ce que nous faisons. » A la question : « Brigadier Kazini disait récemment que le Rwanda était l’ennemi », le chef de l’armée ougandaise ne répondit pas : ‘non, c’est impossible’, mais bien ceci: « Avons-nous déjà atteint ce stade? Je ne le crois pas. »15 Le Chef d’Etat-Major rwandais, le général brigadier Kayumba, manifesta à son tour une non moindre hostilité à l’égard de l’armée ougandaise. Au journaliste qui lui rappelait que les Ougandais considèrent avoir gagné cette seconde bataille de Kisangani, il répondit : « Nous les avons complètement battus. Ils n’ont même pas eu le temps de compter leurs morts, comment auraient-ils eu le temps de compter les nôtres? Ils nous ont attaqués dans nos positions de défense. Nous les avons bien battus. Ils ont abandonné leurs 16 morts et leurs chars en flammes. »16 L’hostilité entre les armées ougandaise et rwandaise entrave désormais sérieusement la poursuite de leurs objectifs militaires au Congo. Chaque armée fait maintenant face à trois forces ennemies : le peuple congolais, les Forces armées congolaises et les troupes de l’« allié»… Pierre Bigras, qui est un observateur militaire avisé de la scène congolaise, explique la défaite rwandaise dans cette deuxième bataille : « L’armée rwandaise est actuellement déployée au maximum, sur un arc de plusieurs milliers de kilomètres qui va du Lac Tanganika jusqu’au Kasaï en passant par le front intérieur très ‘chaud’ des deux Kivu. Elle a été incapable de renforcer son dispositif dans la troisième ville en importance de la RDC. » « L’APR a atteint et même dépassée les limites de ses capacités opérationnelles en RDC. »17 C’est dire que le Rwanda n’a pas les moyens de se permettre deux guerres, l’une qu’elle mène aujourd’hui contre le Congo et l’autre qui se dessine déjà contre l’Ouganda. Les contradictions entre l’Ouganda et le Rwanda s’accumulent Outre des ambitions régionales opposées, l’Ouganda et le Rwanda ont de nombreuses divergences politiques et tactiques dans la guerre contre le Congo. Des
  • 16. 16 16 observateurs ougandais développent l’argument selon lequel Kagame veut toujours marcher jusqu’à Kinshasa et chasser Kabila. Museveni, en revanche, estime que la solution militaire n’est plus possible et qu’il faut tout miser sur la « solution politique » que les Etats-Unis tentent d’imposer grâce aux Accords de Lusaka. Il faut désormais concentrer les efforts pour faire sortir du dialogue inter-congolais « une alternative à Kabila ». Museveni pense par ailleurs que la poursuite de la guerre met en péril les progrès économiques de l’Ouganda. Un journal ougandais, commentant la guerre de Kisangani, écrit que la guerre menée par les forces ougandaises au Congo a « eu des effets négatifs sur le commerce. C’est ce qu’ont dit des personnes travaillant à Kikuubo et au Parc Arua, les centres commerciaux principaux de Kampala. Les affaires se sont effondrées depuis que la guerre a commencé et beaucoup de commerçants ont été ruinés. C’est un bon baromètre pour la confiance du monde des affaires ».18 Les Ougandais vont maintenant jusqu’à accuser Kagame de chercher la vengeance contre les Hutu en donnant la chasse à tous les soi-disant Interahamwe au Congo. L’armée rwandaise ne peut réaliser cette politique qu’en installant un régime de marionnettes au Congo.19 Dans l’optique de Museveni, il est impossible de réaliser une influence permanente au Congo avec un régime de marionnettes : il faut plutôt un gouvernement d’union nationale à base très large. Selon d’autres observateurs ougandais, le Rwanda aurait également attaqué à Kisangani pour détourner l’opinion internationale des accusations formulées contre Kagame selon lesquelles il est responsable de l’explosion de l’avion de Habyarimana. Le Rwanda voudrait à nouveau jouer la victime, agressée cette fois-çi par l’Ouganda. Le Rwanda, quant à lui, estime avoir fait le gros de l’effort aux premiers mois de la guerre et avoir « libéré » Kisangani. Les troupes ougandaises sont venues par la suite lui rafler les fruits de ses efforts… Des officiers rwandais craignent que l’Ouganda veut chasser les Rwandais de Kisangani parce que Museveni aurait conclu un accord avec Kabila et voudrait rétablir les relations avec Kinshasa. Bemba deviendrait alors l’allié de Kabila. Ce qui donnerait à Museveni une influence prépondérante à Kinshasa, au détriment du Rwanda. D’autres observateurs croient que Kagame veut empêcher à tout prix que Kisangani revienne sous le contrôle de l’armée congolaise : ce serait une base pour une attaque contre le Rwanda.20 Empire « hima-tutsi » ou empire américaine ? Le 8 mai 2000, Museveni et Kagame ont publié, sous forte pression de Holbrooke, une déclaration commune sur un cessez-le-feu entre «frères ennemis» et sur la démilitarisation de Kisangani. Puis le 14 mai, en Tanzanie, sous le patronage du président Mkapa, ils ont négocié la mise en pratique de cette démilitarisation. Mkapa affirma que « les discussions ont été très bonnes ». Mais un membre de la délégation rwandaise dit franchement: « Je ne crois pas qu’ils ont trouvé un terrain d’entente, la tension pouvait se lire sur leurs visages. »21 Lorsqu’ils se sont rencontrés le 14 mai en Tanzanie, Museveni et Kagame ne se sont pas serré la main.22 Et quand Kagamé a été intronisé président de la République, Museveni n’a même pas pris la peine de se déplacer…Tous ces éléments indiquent
  • 17. 17 17 à quel point les visions et les démarches politiques de l’Ouganda et du Rwanda sont devenues divergentes, voire opposées et même antagonistes. On sait que certains ont expliqué la guerre déclenchée le 8 août 1998 par la volonté de Museveni et de Kagame de construire un « empire hima-tutsi ». La suite a démontré une fois de plus la fausseté de cette explication. La grande masse des Hima ougandais et des Tutsi rwandais n’a absolument rien à voir avec cette agression. La grande bourgeoisie rwandaise tout comme celle de l’Ouganda, s’est engagée dans cette guerre dans le but d’améliorer son « statut » auprès des Etats- Unis et de s’enrichir grâce au contrôle des richesses du Congo. Le Congo n’a jamais été menacé par un « empire » hima-tutsi imaginaire, mais par l’empire américain bien réel, par la seule superpuissance de notre monde qui utilise deux de ses vassaux, l’Ouganda et le Rwanda, pour arriver à ses fins. Comme toute bourgeoisie cherche l’enrichissement maximal dans le délai le plus court, la rivalité entre les bourgeoisies vassales ougandaise et rwandaise devait nécessairement éclater tôt ou tard. Un faux : les « Accords secrets de Lemera » Le 6 et 7 mai, Richard Ismaël Tutwemoto s’est rendu à Kampala, porteur d’un message de Kabila. Il en a gardé l’impression que Museveni veut se retirer du Congo, la situation économique et politique de l’Ouganda se dégradant très vite.23 Le 14-15 mai, c’est Mwenze Kongolo qui est allé discuter avec Kagame au nom du chef de l’Etat. Le Congo a maintenant la possibilité d’exploiter les contradictions entre les deux agresseurs pour précipiter le moment de leur retrait. C’est ce qui a conduit à la rencontre Kabila-Kagame à Naïrobi. Cette rencontre a poussée l’opposition dite « démocratique » à révéler une fois de plus sa véritable nature. En août 98, la plupart de ces partis soutenaient politiquement la rébellion et donc les agresseurs; ces partis dénoncent aujourd’hui Kabila pour avoir rencontré Kagame. Or, depuis le premier jour de la guerre, Kabila a dit avec constance qu’il refuse de négocier avec les rebelles qui ne représentent rien, qu’il veut traiter directement avec Museveni et Kagame, les chefs des armées d’agression. Les « opposants » qui étaient et qui sont toujours de mèche avec les agresseurs-rebelles et leurs parrains américains, tentent maintenant de faire croire que Kabila a signé des « accords secrets » avec Kagame ! Jean-Pierre Bemba, mobutiste et agent de l’Ouganda, déclara sur RFI qu’il y a eu un complot entre Kagame et Kabila pour chasser les Ougandais et attaquer ensuite le MLC que lui, Bemba, dirige. Cet argument est digne de l’idéologie mobutiste qui a toujours fait la part belle à l’intoxication. Il y a un an, Kabila est allé voir Museveni et ils ont signé, publiquement, les Accords de Syrte. Etait-ce un « complot » entre Museveni et Kabila pour « chasser » les Rwandais et « se partager les richesses du Congo » ? Il est évident qu’il s’agissait de la part de Kabila d’un effort pour fissurer et affaiblir le front des agresseurs. Olengankoy, reprenant l’intoxication de Bemba, déclara sur RFI que Kabila et Kagame s’amusent avec les morts du peuple congolais et qu’ils se sont arrangés pour « partager » le pays. Les mobutistes et tshisekedistes ont profité de la rencontre Kabila-Kagame pour reprendre leur propagande d’octobre 1996 : « Kabila a ‘vendu’ le Kivu aux Tutsi ». Affirmation grotesque : ce n’est quand même pas au moment où Kabila est en train de gagner la grande guerre politique et militaire contre les agresseurs, et cela malgré la complicité et le sabotage de l’opposition « démocratique », qu’il va capituler !
  • 18. 18 18 Recourant au mensonge comme arme préférée du combat « pour la démocratie », l’opposition a publié et largement utilisé un faux notoire, le texte des soi-disant « Accords secrets de Lemera ». Le journal tshisekediste UMOJA l’a publié le 4 avril 2000. La falsification est tellement grossière qu’elle porte la date du 23 octobre au lieu du 18, jour où l’Accord officiel a été signé à Lemera. Les signataires se seraient réunis pour faire un texte bidon le 18, pour se retrouver cinq jours plus tard afin de mettre au point le véritable Accord, secret celui-là ? N’est-il pas évident que l’accord ‘véritable’, difficile à négocier, doit précéder l’accord ‘bidon’ qui servira à tromper l’opinion ? Les faussaires ont eux-mêmes fait l’aveu de leur falsification. Ils écrivent : « Article 1. Il est créé à ce jour du 23 octobre 1996 une Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération… » Ce qui implique que le texte de l’accord officiel a été signé le même jour que le faux. Or, la signature du véritable accord a bel et bien eu lieu le 18 octobre. La fausse date étant une preuve que tout le texte est une falsification, la rédaction d’UMOJA pousse l’imposture au point décrire : « La date importe peu, l’essentiel étant que les Accords aient été signés.» Presque tous les articles de ce soi-disant « Accord secret » puent la falsification. « Article 2 : Le sol et le sous sol congolais appartiennent à l’Alliance. » Le premier credo de Kabila est que le sol et sous-sol congolais appartiennent exclusivement au peuple congolais et à la nation congolaise. L’idée qu’il accepterait de brader les richesses du pays à une quelconque organisation politique est simplement absurde. « Article 4 : Prêchant le panafricanisme, l’Alliance s’engage à céder 300 km aux frontières congolaises, à l’intérieur du pays, pour sécuriser ses voisins ougandais, rwandais et burundais contre l’insurrection rebelle. » Pour Kabila, le panafricanisme a toujours été la solidarité dans le combat contre l’impérialisme de toutes les forces nationalistes du continent. Il ne pourrait jamais abuser de ce mot pour « couvrir » un marchandage sans principes. Son combat nationaliste depuis 1960 est la garantie que Kabila serait sans doute le dernier Congolais à pouvoir « céder » la moindre partie du territoire national à qui que ce soit. En plus, en octobre 1996, pour « sécuriser » le Rwanda, il pouvait uniquement être question de renvoyer chez eux tous les Rwandais entassés dans les camps de réfugiés. Personne ne pensait à garder des insurgés hutu rwandais au Congo. Et personne ne pouvait donc à ce moment invoquer une quelconque présence d’insurgés pour prôner un démembrement du Congo ! Puis, on sait que Kissase Ngandu était le principal responsable militaire au moment de la signature de l’Accord de Lemera. Il est grotesque d’affirmer que cet homme signa un document « cédant » une zône de 300 km du territoire national. Lorsque des officiers rwandais commençaient à voler des biens congolais, au début de la guerre de libération, Kissase les dénonça dans des termes violents. Ce qui a poussé les Rwandais à le tuer en janvier 1997… « Article 5 : Dès que l’Alliance aura gagné la victoire, une rétribution spéciale sera allouée aux Alliés. Sa détermination est de la compétence de l’instance supérieure de l’Alliance ». L’attitude de Kabila dans la guerre de résistance commencée le 2 août 1998 montre l’absurdité de ce mensonge. Kabila a demandé aux Zimbabwéens des services et du matériel et ils ont fixé d’un commun accord le prix à payer. Kabila fait des alliances avec d’autres pays pour atteindre un objectif commun, il contracte des dettes qu’il payera le moment venu. Mais il n’aurait jamais pu s’engager à accorder, après la victoire, une « rétribution spéciale » dont le montant serait arbitrairement fixé par lui-
  • 19. 19 19 même. Si les Rwandais auvaient « imposé » un « accord secret », c’est clair qu’ils fixeraient eux-mêmes d’avance le prix à payer ! « Article 8 : L’Anglais et le Swahili devront concurrencer le français dans l’espace linguistique de notre pays »24 La formule « le Swahili doit concurrencer le Français » indique une fois de plus que nous sommes en présence d’une falsification grossière fabriquée à des fins d’agitation. Une falsification tant soit peu intelligente aurait simplement indiqué que l’Anglais et le Français sont des langues officielles du Congo. La falsification manque d’ailleurs toute logique: à Kinshasa, par exemple, le Swahili pourrait « concurrencer » une autre langue africaine comme le Lingala, mais pas le Français. Puis, on ne voit pas ce qu’une affaire de langues vient faire dans un « accord secret ». Le professeur sénégalais Cheick Anta Diop a proposé de faire du Swahili la langue africaine universelle. L’idée de propager le Swahili dans tout le Congo se défend parfaitement et on n’a pas besoin d’un accord « secret » pour cela. Faire figurer ce point dans un faux « accord secret » sert uniquement à exciter les Kinois(Lingalaphones) contre les Swahilophones de l’Est. Que les journaux de la mouvance UDPS en soient arrivés à recourir à des mensonges aussi grossiers pour tenter d’intoxiquer des Congolais peu avertis, en dit long sur la faillite politique de cette « opposition ». Mais UJOMA va encore plus loin : il impute à Kabila la responsabilité de la guerre d’agression que subit le Congo: les armées rwandaise et ougandaise occuperaient le Congo « fortes des accords secrets » signés par Kabila ! Les faux Accords de Lemera, soi-disant signés par Kabila, seraient à l’origine de la guerre et de toutes les destructions et tous les massacres que connaît le Congo. « Les erreurs commises hier continuent de se répéter avec le RCD-Goma … les alliés ougandais et rwandais, forts des accords signés, administrent, sous forme d’une colonie, une partie de notre territoire. » 25 « La guerre qui sévit en RDC a principalement pour origine les accords de Lemera …Les deux parties en conflit (Kabila et ses anciens alliés) n’ont pas voulu davantage délier leur langue de peur d’être réprouvés par les Congolais qui paient le tribut de sang à la suite d’un marchandage douteux. »26 En temps de guerre, dans les pays occidentaux, des accusations pareilles mèneraient leurs auteurs en prison et provoqueraient l’interdiction du journal qui les a publiées. Pendant la guerre 1940-1944, quoique le Congo ne fut ni agressé ni occupé, les autorités belges ont interdit tout discours ou propos défaitiste sous peine d’un mois à deux ans de prison (Ordonnance n°86/APAJ du 27 mai 1940) ; elles ont instauré le contrôle de la presse, obligeant les journaux à se soumettre à l’approbation de la censure (Ordonnance n°99/APAJ du 2 juin 1940). L’agression contre le Congo a déjà causé 1.800.000 morts ! Selon le « Centre américain pour le Contrôle des Maladies et International Rescue Committee », la guerre menée par l’Ouganda et le Rwanda contre le Congo et l’occupation ont déjà coûté, d’ août 1998 au mois de mai 2000, la vie à 1.700.000 Congolais dans l’Est du pays. Il y a eu 200.000 morts causés directement par la violence de la guerre. Il y a eu 1.500.000 morts à la suite de l’effondrement de l’infrastructure médicale et du système d’ approvisionnement en vivres et en médicaments. Ces chiffres couvrent la période du début de l’agression, le 2 août 1998, au mois de mai 2000. En 22 mois, il
  • 20. 20 20 y a eu 2.300.000 décès dans les cinq provinces de l’Est, alors qu’avec le taux normal de mortalité, il y en aurait eu 600.000.27 En moyenne, 2.600 personnes meurent chaque jour pour des causes directement liées à cette guerre d’agression et depuis le début de l’année 2000, ce chiffre a augmenté. C’est ce qu’affirme l’auteur de l’étude, l’épidémiologiste américain Les Roberts. 28 3.000 morts par jour ! Il faut des batailles très acharnées pour tuer autant de soldats. Mais les civils congolais comptent chaque jour autant de cadavres. Il y a des jours qui passent sans affrontement militaire. Mais chaque jour, la population congolaise affronte la mort. Chaque mois qui passe, 100.000 morts s’ajoutent aux 1.700.000 comptés en mai 2000. Le génocide en cours au Congo dépasse déjà de loin celui organisé par les extrémistes hutu au Rwanda en 1994, lorsqu’un million de Tutsi et de Hutu démocratiques furent massacrés à la machette, à la hache, au gourdin, au bâton muni de clous, à la barre de fer... Cette fois-ci, le génocide congolais, moins visible mais tout aussi féroce, est essentiellement l’œuvre des extrémistes et militaristes Tutsi rwandais et leurs alliés ougandais. Ce génocide a été commis avec la complicité des Etats-Unis, la France et la Belgique. Les gouvernements de ces trois pays avaient décidé depuis décembre 1997 d’éliminer Kabila, et ils pensaient que Kagame et Museveni pouvaient se charger de cette tâche dans une guerre courte et « chirurgicale ». Ces trois pays, communément appelés « la troïka », ont soutenu l’aventure rwando-ougandaise dans l’espoir de mettre fin à l’éveil nationaliste, à l’éveil anti-impérialiste du peuple congolais. Le 15 juillet 2000, j’ai fait une conférence devant les responsables CPP de Makala. A un moment, j’ai posé la question de savoir qui, dans l’assistance, connaissait le nombre de morts dans les territoires occupés depuis le début de l’agression. Personne ! Un homme devinait : 100.000 ? Un autre : Presqu’un million ? Tous les interlocuteurs présents étaient choqués d’apprendre qu’on dépassait déjà 1.800.000 morts provoqués par l’agression. Apparemment, les instances congolaises n’ont pas fait les efforts nécesaires pour faire connaître à tous les Congolais, jusqu’au dernier, ce chiffre qui exprime toutes les horreurs de cette guerre d’agression … Les Américains veulent prolonger le génocide des Congolais Il faut avoir ces 3.000 morts par jour en mémoire quand on juge la tactique américaine qui consiste à laisser durer cette guerre pendant encore deux ans pour avoir la peau de Kabila ! Et quand on juge la tactique de Tshisekedi, Olengankoy, Bo-Boliko et même Gizenga, qui soutiennent cette approche américaine pour entrer dans un gouvernement « d’union nationale » grâce au Dialogue inter-congolais abasourdi, choqué, révolté... Les maîtres génocidaires, ce sont bel et bien les Américains qui peuvent, à tout moment, donner l’ordre à leurs laquais rwandais et ougandais de rentrer chez eux . Chaque mois supplémentaire que les Américains maintiennent la guerre au Congo sous le prétexte qu’il faut d’abord faire un dialogue « inter-congolais », signifie 100.000 morts supplémentaires. Le génocide continue au nom du « dialogue » ! S’attaquant à la convocation d’une Assemblée constituante par Kabila, les Américains défendent « leur » dialogue inter-congolais avec un acharnement plus que suspect. Voici ce que déclare le Département d’Etat le 13 juin 2000 : « Les Etats-Unis jugent très inquiétantes les initiatives mises en œuvre par le gouvernement congolais afin de bloquer le démarrage du dialogue national prôné par
  • 21. 21 21 l'Accord de Lusaka. La semaine dernière, ce gouvernement a boycotté la réunion préparatoire de Cotonou et empêché d'autres participants congolais de quitter le pays pour y assister. Ces actions ont été suivies par des appels à la révocation de M. Masire en tant que médiateur et par une menace de retrait du gouvernement congolais du processus ; ces développements … constituent une violation indéniable des engagements pris par ce gouvernement lorsqu'il a signé l'Accord de Lusaka. Cet accord constitue le seul moyen viable de résoudre de façon pacifique le conflit au Congo. Le rejet du dialogue national congolais, l'un des éléments les plus importants de l'Accord de Lusaka, ne fera que prolonger la guerre et les souffrances du peuple congolais. »29 Ainsi, les Accords de Lusaka sont devenus l’argument essentiel des Américains pour justifier les violations de la Charte de l’ONU commises par les agresseurs. La thèse des américano-rwando-ougandais est celle-ci : les armées rwandaise et ougandaise ont sans doute violé la souveraineté et l’intégrité territoriale du Congo ; cependant, leur retrait est soumis à une condition: Kabila doit d’abord être renversé par un coup d’Etat que nous appelons « dialogue inter-congolais ». Les criminels qui dirigent les Etats-Unis déclarent presque ouvertement vouloir « prolonger la guerre et les souffrances du peuple congolais ». En effet, toute personne ayant un minimum de sens de justice et de respect de la Charte de l’ONU dira qu’ après 1.800.000 morts congolais et après la destruction de la troisième ville congolaise : trop, c’est trop, il faut appliquer la Charte de l’ONU, les agresseurs doivent se retirer immédiatement, sans conditions. Non !, répliquent les Américains, la guerre et l’occupation doivent se poursuivre jusqu’à ce qu’il y aura un « dialogue inter-congolais » dans les termes que nous avons dictés ! La troisième guerre de Kisangani : qu’ils partent immédiatement ! L’armée ougandaise avait perdu la première guerre de Kisangani au prix de 50 à 200 morts, selon les différentes sources. Kazini a juré de se venger. Et la deuxième tourna à l’avantage des Ougandais. La troisième guerre a commencé le 4 juin. Les soldats rwandais et ougandais étaient bien dans les tranchées, mais les obus ont éclaté dans les maisons, dans les rues et les cours publiques, sur des civils pratiquement sans abris. Un obus a frappé l’hôpital général de Kisangani. « A l’hôpital universitaire, des centaines de Congolais, surtout des femmes et des enfants, blessés, malades, mourants, s’entassent sur des matelas sales et tachés de sang .» 30 Des médecins ont dû faire des opérations chirurgicales sans anesthésie, sans instruments propres, sans eau et électricité, sans réserve de sang ! Des gens sont restés terrés dans leurs maisons pendant quatre jours sans manger et sans boire. Le docteur Bertrand Mubiayi déclara le 10 juin : « De plus en plus de cas de maladies se déclarent du fait de la grande concentration de populations dans des conditions d’hygiène déplorables. Nous craignons des épidémies comme la typhoïde, les diarrhées, voire le choléra.»31 Le 9 juin, le commandant Sissoko Ramadan de la MONUC dit que les Ougandais attendent des renforts, mais que les Rwandais aussi ont fait converger vers Kisangani des troupes stationnées dans divers points du Congo. « Avant, j’étais optimiste. Mais maintenant, chaque camp veut la victoire à tout prix. »32 Selon un observateur de l’ONU, les Ougandais occupaient à ce moment-là des positions jusqu’à 500 mètres au sud du pont Tshopo33
  • 22. 22 22 Les trois leçons de la guerre de Kisangani Collette Braeckman a vécu sous ce déluge de bombes à Kisangani. Le 8juin, elle a passé « une nuit de cauchemar durant laquelle les bombes sont tombées sans arrêt sur les maisons, les magasins, les édifices publics. Kisangani est en ruine. Dans la rue principale, les habitations sont pulvérisées. Dans un arrière-cour, des corps baignent dans leur sang, sont alignés sous des couvertures ou des pagnes, des blessés gémissent ou crient. » Colette a rencontré le lieutenant-colonel Paiva de la MONUC qui lui répétait : « Des commandants militaires qui placent leurs hommes et leurs armes au milieu d’une population civile, doivent répondre de crimes contre l’humanité, de génocide. »34 Sous les bombes, Colette a formulé deux conclusions qui sont du domaine politique et qui nous semblent tout à fait pertinentes et fondamentales. « En ce moment, que l’on ne vienne pas parler aux gens de Kisangani d’un dialogue inter-congolais qui imposerait les groupes rebelles à la table des négociations. Ici, chacun le répète avec conviction : il n’y a pas de rébellion contre le régime de Kabila, rien d’autre qu’une invasion de troupes étrangères. » « Kisangani est aussi le cimetière où s’engloutit le crédit moral que le régime rwandais avait tiré du génocide. » 35 Un habitant de Kisangani, interrogé par un journaliste de l’AFP, a tiré une troisième conclusion politique: « Dit à Kabila de nous envoyer des armes et de munitions. Si nous avions des armes, nous aurions chassé ces gens nous-mêmes ».36 Le peuple qui subit la terreur des occupants comprend parfaitement que ces gens ne partiront qu’au moment où ils y seront forcés par les armes. « Cessez-le-feu » et victoire rwandaise… Sous la pression des Américains, un cessez-le-feu a été signé le 8 juin par Museveni et Kagame… Mais trois jours plus tard, les Rwandais ont infligé une défaite humiliante à l’armée ougandaise. Le samedi 10 juin, cette dernière a été repoussée de l’autre côté du pont Tshopo par les Rwandais.37 Dans le quartier de Tshopo, 70 pour-cent de maisons ont été détruites lors de ces batailles acharnées. Les responsables de l’Armée Patriotique Rwandaise ont déclaré : « Les troupes rwandaises ont chassé les forces ougandaises de Kisangani ce dimanche 11 juin au terme d’une semaine de combats à l’artillerie. Les corps d’au moins 40 soldats ougandais criblés de balles ont été retrouvés dans le Nord de la ville.»38 Les Ougandais ont dû avouer leur défaite… en parlant d’un retrait volontaire « pour épargner la vie des civils. … Les Rwandais utilisent des boucliers humains, alors nous avons dû nous retirer pour que notre nom ne soit pas sali ».39 L’Ouganda a indiscutablement subi de lourdes pertes. Le lieutenant colonel Patrick Kiyingi, l’aide de camp du chef de l’Etat-Major James Kazini, est mort au combat. Il était aussi le commandant du neuvième bataillon basé à Kapalata. Quatre officiers en route vers l’office de la MONUC avec un message de cessez-le-feu ont été tués en pleine ville par les Rwandais. Parmi eux, le major Issa Baguma et le capitaine David Kanyerezi. .40 L’Ouganda ne peut se permettre cette seconde humiliation devant l’armée rwandaise. Wapakhabulo, un des principaux responsables politiques ougandais, a déclaré que les combats à Kisangani sont le résultat de différence de stratégie entre l’Ouganda et le Rwanda. « L’AP Rwandaise veut éliminer complètement l’armée ougandaise de Kisangani et même prendre Kapalata ».41 Cette « différence de
  • 23. 23 23 stratégie » est liée à la perspective du « dialogue» imposé par les Accords de Lusaka. Il fallait déterminer par la force des armes qui, du Rwanda ou de l’Ouganda, pèserait le plus lourd sur ce fameux « dialogue inter-congolais ». Et la puissance régionale qui aura acquis la plus grande influence à Kinshasa, sera dans une position de force pour prétendre au rôle dirigeant dans l’Union de l’Afrique de l’Est… On peut donc s’attendre à de nouvelles escalades de la guerre entre l’Ouganda et le Rwanda. Qui permet l’extravangante guerre de Kisangani ? Deux armées agresseurs qui se trouvent au Congo au mépris de la Charte de l’ONU, se battent pour les diamants et pour le partage des autres richesses d’un pays indépendant et souverain, le Congo. Pourquoi peuvent-elles se permettre une telle extravagance que personne ne pourrait accepter sous d’autres cieux ? Parce qu’elles sont là avec l’aval des Américains et pour atteindre un objectif leur assigné : casser Kabila et le mouvement nationaliste. Clinton et Holsbrooke, les commanditaires de cette guerre entamée le 2 août 1998, sont co-responsables des massacres que les Rwandais et Ougandais commettent aujourd’hui à Kisangani. Le mot « génocide » a même été utilisé par le lieutenant- colonel Danilo Paiva, le commandant de l’équipe militaire de l’ONU stationnée à Kisangani. « Il n’y a pas d’objectif pour ces bombardements de la ville. Les soldats sont en sécurité dans leurs tranchées. Les seuls qui meurent sont les civils » « Ils commettent un génocide contre la ville. Ils détruisent la ville et doivent être tenus responsables de leurs actions ».42 C’est à ces gens que les Américains demandent, non pas de quitter le Congo, mais de reculer quelque cent kilomètres. Parce qu’ils auront encore besoin de leur présence au Congo… En fait, les trois guerres de Kisangani marquent la faillite de toute la politique américaine au Congo. Ce sont les Américains qui ont donné le feu vert à la guerre d’agression de leurs alliés rwandais et ougandais. Ils ont systématiquement caché et nié la présence massive des armées rwandaise et ougandaise au Congo. Ils ont imposé, sous le chantage, l’Accord de Lusaka : leur texte ne connaît ni le mot agression ni le mot occupation, il est entièrement basé sur le mensonge du « conflit interne » ! Les trois guerres de Kisangani ont révélé au monde entier que le Congo est bel et bien la victime d’une agression flagrante et que la thèse américaine d’une « guerre civile interne » est basée sur un mensonge honteux. Kofi Annan exige le retrait immédiat des agresseurs Le secrétaire-général de l’ONU, Kofi Annan, a été choqué par le spectacle terrifiant de deux pays africains se livrant, pour la troisième fois, la guerre sur le territoire d’un autre pays africain. Il a dit que le Rwanda et l’Ouganda « doivent être tenus pour responsables des pertes en vies humaines et des destructions de propriétés » subies par la population civile de Kisangani. « J’invite le Conseil de Sécurité, agissant sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, de demander que les gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda donnent des ordres à leurs troupes de ne plus continuer les combats et de se retirer immédiatement de Kisangani et ensuite très vite du territoire de la RDC ».43 Annan a également recommandé d’imposer des sanctions au Rwanda et à l’Ouganda s’ils ne retirent pas leurs troupes du Congo.
  • 24. 24 24 Mais Emmanuel Ndahiro, porte-parole de l’armée rwandaise, a répliqué immédiatement, le mercredi 13 juin : « Nous ne partiront pas du Congo aussi longtemps que les préoccupations sécuritaires du Rwanda n’ont pas reçu une réponse adéquate. Jusqu’à ce que les Interahamwe et les ex-FAR seront neutralisés, l’Accord de Lusaka est le seul cadre qui peut apporter la paix et la sécurité dans la Région des Grands Lacs. » 44 Et Seth Kamanzi, un responsable du ministère des Affaires étrangères du Rwanda affirma : « Nous ne partirons pas avant que notre sécurité soit garantie et nous ne demandons pas des excuses pour cela ». L’ambassadeur Mike Rwigema ajouta : « Si le Conseil de Sécurité continue de cette façon, l'Accord de Lusaka sera mort» .45 Ces répliques sont remarquables sous plusieurs aspects. Les Rwandais osent maintenant affirmer en toute clarté : si vous osez exiger que nous partions immédiatement du Congo, alors, pour nous, les Accords de Lusaka sont morts. Les Accords de Lusaka intéressent donc uniquement les Rwandais dans la mesure où ils permettent de prolonger leur agression et leur occupation. Dans le but de renverser Kabila et d’installer à Kinshasa un régime qui subira l’influence américaine et rwandaise. Même un homme proche des Américains comme Kofi Annan, reconnaît aujourd’hui cette vérité : après presque deux années d’agression et d’occupation caractérisées, après 1.800.000 morts provoqués par cette agression, après trois guerres entre agresseurs à Kisangani, la situation du Congo ne permet plus de cacher l’essentiel. Et l’essentiel est que le Congo subit une agression et que la Charte de l’ONU exige que les agresseurs retirent immédiatement et inconditionnellement leurs troupes de ce pays. Les agresseurs lui répondent que c’est contraire aux Accords de Lusaka ! Selon ces Accords, il faudrait d’abord « neutraliser » les Interahamwe et organiser un dialogue soi-disant inter-congolais avant qu’on puisse demander aux « forces non-invitées » de partir du Congo. Les Accords de Lusaka sont devenus désormais le principal argument des Américains, des Rwandais et des Ougandais pour faire durer l’agression et l’occupation du Congo jusqu’au renversement de Kabila. Tshisekedi veut que les agresseurs restent ! Pour Annan, la goutte qui a fait déborder le vase, c’est la troisième guerre de Kisangani. Après ces horreurs, le Secrétaire général estime que les agresseurs doivent immédiatement partir. Le Conseil de Sécurité a largement suivi Koffi Annan. Sa résolution 1304 du 14 juin 2000 reconnaît explicitement que « les combats … se poursuivent entre les forces ougandaises et rwandaises à Kisangani, en violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo ». La résolution, dans son point 4, « Exige … que l'Ouganda et le Rwanda, qui ont porté atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, commencent à retirer toutes leurs forces de son territoire sans plus tarder. » Eh bien ! Aucun Congolais ne doit ignorer quelle a été la position de Tshisekedi à ce propos. Cet homme complètement dépassé s’est hâté pour rejoindre Kagame dans son opposition au retrait immédiat des armées d’agression ! Tshisekedi avait déclaré à la presse qu’il demande le départ des troupes rwandaises et ougandaises de Kisangani. Les journalistes l’ont prié de préciser s'il exigeait leur départ de Kisangani ou de tous les territoires congolais. Tshisekedi a fait l’insulte aux
  • 25. 25 25 Congolais en déclarant que, selon lui, les agresseurs devaient rester en RDC ! Textuellement il dit : « Nous sommes dans un processus, celui de Lusaka. Pour l'instant, nous exigeons leur départ de Kisangani et de ses environs ».46 Tshisekedi refuse d’exiger le départ immédiat des criminels qui ont déjà tué 1.800.000 de ses compatriotes, et cela, au nom des Accords de Lusaka. A nouveau, le choix devant lequel se trouvent les Congolais est nettement défini : est-ce qu’il faut appliquer la Charte de l’ONU, la résolution 1234 et la résolution 1304 qui exigent le départ immédiat des agresseurs ? Ou est-ce qu’il faut appliquer les Accords de Lusaka qui veulent le maintien des agresseurs jusqu’au jour où un « dialogue inter- congolais » arbitrairement composé, puisse exiger le « départ immédiat » de Kabila ? Aujourd’hui, une priorité détermine toute la vie politique en RDC : il faut unir, autour du président Kabila et du gouvernement de salut public, tous les patriotes qui veulent bouter dehors les agresseurs par tous les moyens, diplomatiques si possible, militaires si nécessaire. Ceux qui veulent faire traîner la guerre dans l’espoir d’arracher un poste ministériel lors d’un « dialogue non-congolais » imposé par les Américains, seront co-responsables de la mort de 100.000 Congolais, chaque mois qui passe. Et ils porteront également la responsabilité morale d’ une éventuelle quatrième guerre de Kisangani qui est déjà inscrit dans la logique des événements. Y aura-t-il une quatrième guerre de Kisangani ? Les Ougandais n’ accepteront certainement pas leur défaite humiliante face au Rwanda. Quant au Rwanda, il ne manque pas d’exploiter sa victoire pour renforcer ses positions au Congo. Les deux alliés-ennemis se préparent déjà à l’affrontement suivant qui pourra être décisif. Cela était évident dès la défaite ougandaise, le 10 juin. Les conditions de la victoire rwandaise garantissent déjà que les combats reprendront à l’avenir. Samedi 10 juin, le brigadier Kazini avait lancé un ultimatum, demandant à la population d'évacuer la ville. Puis une rumeur disait qu'en renfort, des troupes ougandaises, déjà supérieures en nombre aux Rwandais et des milliers d'anciens de la DSP, se préparaient à attaquer. Le début de panique fut arrêté par la victoire soudaine des Rwandaises qui, après des combats acharnés, réussîrent à repousser les Ougandais sur l'autre rive de la Tshopo, vers leurs positions initiales. Dès le « cessez-le-feu », les deux parties ont commencé à préparer le prochain affrontement. Le major ougandais Phineas Katirima déclara le 16 juin : « Les Rwandais amènent des renforts militaires. Nous ne comprenons pas pourquoi ils doivent amener des troupes dans la région de Kisangani qui est supposée être démilitarisée ». Il ajouta que des troupes rwandaises quittaient le centre ville, mais que certaines marchaient vers le Nord, en violation de l’accord.47 Le samedi 17 juin, l’ambassadeur portugais à Kinshasa, Francesco Machado, disait, au nom de l’Union Européenne qu’une délégation avait vu à Kisangani des chars ougandais et des mines anti-char « qui n’étaient pas là hier » 48 . Le même jour, Théogène Rudasingwa, chef de cabinet de Kagame, disait : « Nos troupes ont pratiquement complété leur retrait de Kisangani, mais d’autres troupes (ougandaises) y arrivent. »49 Certains témoins affirment que des soldats rwandais, sans uniforme, restent présents à Kisangani. Des Rwandais peuvent aussi se cacher sous l’étiquette de « membres du RCD-Goma ». En effet, ce dernier déclara par la bouche de Hugo Ilondo, son chef d’Etat-Major : « Kisangani a été libéré en septembre 1998 par des soldats du RCD appuyés par l’APR. L’armée ougandaise est arrivée plus tard par avion, invitée par le
  • 26. 26 26 RCD et l’APR. Pour cette raison, il est absurde que notre mouvement, composé de Congolais, devrait quitter Kisangani. Pour aller où ? » On imagine difficilement que les derniers débris du Rassemblement Congolais pour la Démocratie feraient ces déclaration fracassantes sans y avoir été instruits par Kagame. Juste comme au début de la guerre, Kagame pourra dire : « Ce n’est pas nous, ce sont les rebelles… ».50 Ilunga, le président du RCD-Goma, a déjà annoncé qu’il « couvrira » sous son drapeau la présence continue des Rwandais à Kisangani : « Les Ougandais voulaient s'assurer le contrôle d'une capitale provinciale, mais, pour la troisième fois, ils ont échoué. C'est avec nous seuls que la Monuc négocie et, après le retrait des Rwandais, ce sont nos forces qui vont gérer la ville. »51 Kisangani ou la mort de l’Accord de Lusaka A Kisangani, les Rwandais et Ougandais ont déchiqueté les Accords de Lusaka à l’arme lourde. Après la destruction de quartiers entiers de la troisième ville du Congo et la mort sous les bombes de 700 à 1.000 habitants, les Accords de Lusaka sont définitivement morts. Quel Congolais patriote peut encore soutenir un Accord qui permet à deux armées agresseurs de mener trois guerres à Kisangani, de détruire la troisième ville du pays et d’y tuer et blesser des milliers de Congolais? Selon ces Accords, les « rebelles » ont le droit d’administrer les territoires occupés jusqu’à la fin du « dialogue inter-congolais ». Dans la guerre de Kisangani, ce sont les deux armées d’agression qui crachaient le feu. Les « rebelles » n’étaient nulle part. Rwandais et Ougandais ne leur ont rien demandé. Ils n’avaient rien à dire dans ce territoire qu’ils sont supposer « administrer », mais où ils ne contrôlent même pas une petite ruelle. Les Accords de Lusaka veulent imposer au peuple congolais ces rebelles, volatilisés à Kisangani au moment du danger, comme « partenaires égaux » au gouvernement nationaliste ! Des Accords basés sur une telle forfaiture, une pareille imposture sont bel et bien caducs. Même Kofi Annan, l’homme des Américains, s’est dit « indigné et choqué » parce que les forces armées rwandaise et ougandaise continuent « leur combat absurde sur le territoire d’un pays tiers. »52 Or, les Accords de Lusaka garantissent justement, non pas la paix, mais la continuation de la guerre… jusqu’au « Dialogue inter-congolais » qui doit renverser Kabila… Kisangani ou la mort politique de Tshisekedi Si la guerre de Kisangani a détruit à l’arme lourde les Accords de Lusaka, elle a également fait éclater en mille miettes le peu de prestige qui restait encore à monsieur Tshisekedi. Les Congolais qui ont entendu les propos qu’il a tenus le 10 avril 2000 devant le parti socialiste de Belgique, tiennent cet individu pour traître à leur Patrie. N’a-t-il pas osé, une fois de plus, nier l’agression rwando-ougandaise et cela, malgré tous les massacres, toutes les destructions, tous les pillages, malgré les 1.800.000 morts dus à cette agression ? Tshisekedi déclara : “Mon pays traverse une grave crise essentiellement due à l’absence de l’Etat, de démocratie et plus directement à la non application de l’Accord de Lusaka”53 . Tshisekedi est le dernier homme qui continue à répéter le mensonge rwandais débité dès le 2 août 1998 : « C’est un conflit interne au Congo dû à l’absence de démocratie… » Et, selon Tshisekedi, la « crise » congolaise perdure aujourd’hui, non pas à cause du refus
  • 27. 27 27 obstiné des agresseurs de retirer leurs armées, mais parce que Kabila refuse d’appliquer les Accords de Lusaka imposés sous le chantage. Ces Accords ont été dictés par les Américains pour faire durer la guerre et créer ainsi les conditions pour renverser Kabila grâce au « dialogue inter-congolais ». Puis, Tshisekedi a répété sa demande d’un embargo contre son propre pays, embargo qui poussera la misère du petit peuple à son comble ! Il dit : “Je demande à la famille socialiste: faire adopter au niveau de l’ONU une résolution demandant l’embargo sur la vente des armes aux pays impliqués dans le conflit congolais; imposer un embargo sur l’achat de diamant en provenance de la RDC.”54 Aucun diplomate occidental nous contredira : dans tous les pays occidentaux, en cas de guerre d’agression, un individu qui tente ainsi de saboter la défense nationale en empêchant son pays d’acheter des armes pour se défendre, est immédiatement jeté en prison et il est passible de la peine de mort ! Tshisekedi s’efforce effectivement de saboter par tous les moyens la défense du territoire congolais contre les agresseurs et occupants. Et on ne peut pas nier que son agitation anti-congolaise a eu un certain impact en Occident. Selon IRIN, Koen Vervaeke, porte-parole du ministère des Affaires étrangères a parlé le 5 mai des quatre hélicoptères achetés par le Congo et « immobilisés » à l’aéroport d’Ostende. « Toute la question est de savoir s’ils sont civils ou militaires. S’ils sont militaires, nous n’accorderons pas une licence de transit, parce qu’il y a un embargo sur le Congo ». Cela est un véritable camouflet à tous les Congolais qui aiment et défendent leur pays, une véritable insulte à la mémoire des 1.800.000 Congolais morts à cause de cette agression criminelle. Lorsque le gouvernement belge refuse aux Congolais le droit de défendre leur pays, il prend une responsabilité directe pour les centaines de milliers de morts qui suivront. Cette responsabilité, il la partage avec Tshisekedi. A ce propos, il est bon de savoir que pendant la guerre 1940-44, les autorités du Congo, alors colonie belge, ont publié l’Ordonnance législative n° 314 bis / APAJ du 16 septembre 1940 qui prévoit « la peine de mort » pour des « infractions commises dans le but d’affaiblir les moyens de défense de la colonie ». 1 Déclaration UDPS, 16 mai 2000, dans Le Phare, 18.05.2000 2 IRIN, 23 mai 2000 n°56 : RDC : Museveni impute à Kabila… 3 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 4 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 5 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 6 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 7 Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000 8 Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000 9 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 10 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 11 IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire 12 Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000 13 Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000 14 The Monitor, Kampala, May 11, 2000, Ogen Kevin Aliro 15 New Vision, May 14, 2000 : Kisangani Saga 16 The Monitor, May 13, 2000 (Henry Ochieng ?) 17 Pierre Bigras, Observatoire, 10 mai 2000 18 New Vision, Kampala, 11 May, 2000, Willy Kalyabe 19 New Vision, May 7, 2000 : Who will make peace… 20 New Vision, May 14, 2000 : What Are we Fighting For ? 21 Référence Plus, 15 mai 2000 : Rencontre Kagame Musevani 22 AIPS, Kinshasa, Juakali Kambale, 16 mai 2000
  • 28. 28 28 23 Conversation avec R.I. Tutwemoto, 20 juin 2000 24 Claudia McElroy, Sky TV Londres : « In Search of the Power » Ed Penguin, Londres, 1999 25 Claudia McElroy, Sky TV Londres : « In Search of the Power » Ed Penguin, Londres, 1999 26 Claudia McElroy, Sky TV Londres : « In Search of the Power » Ed Penguin, Londres, 1999 27 Reuters, United Nations, Anthony Goodman, June 8, 2000 28 Reuters, United Nations, Anthony Goodman, June 8, 2000 29 Washington File - 15/06/00 : Département d'Etat des Etats-Unis, Bureau du porte-parole 13 juin 2000 30 AP, Kisangani, Hrovje Hranjski, 12 juin 2000 : Le calvaire des civils… 31 AFP, Kisangali, 11 juin 2000 32 AP, Kisangani, Hrvoje Hransjski, 10 juin 2000 33 Reutres, Kisangani, Todd Pitma, 11 juin 2000 : Rwanda pulls out… 34 Le Soir, 9 août 2000 : Un génocide est en cours… 35 Le Soir, 9 août 2000 : Un génocide est en cours… 36 Reuters, Kisangani, 10 juin 2000 : Rwanda, Uganda battle on… 37 Reutres, Kisangani, Todd Pitma, 11 juin 2000 : Rwanda pulls out… 38 Reuters, Kisangani, 11 juin 2000 39 AP, Kampala, 11 juin 2000 40 New Vision, Kampala, June 14, 2000, Emmy Allio and James Mujuni 41 New Vision, Kampala, June 14, 2000, Emmy Allio and James Mujuni 42 Reuters, Todd Pitman, Kisangani, 8 août 2000 43 Reuters, United Nations, June 14, 2000 UN Security Council must act on Congo - Annan 44 Reuters, KIGALI, June 14, 2000 45 AP, KIGALI, Rwanda, Rwanda says it will not withdraw… June 14, 2000 46 Le Phare - 14/06/00 47 Reuters, 17 juin 2000 Paul Busharizi KAMPALA 48 AFP, KINSHASA, 06/18/00 49 AFP, KINSHASA, 06/18/00 50 IRIN, NAIROBI, 13 June, 2000 51 Les Soir, COLETTE BRAECKMAN, 13 juin 2000 52 Reuters, United Nations, 10 juin 2000 : Annana to ask S ;C to Act 53 Le Phare, 05.05.2000 54 Le Phare, 05.05.2000