LeRapporteLearningAfrica 2012Avec le Soutien de:Parrainé par:
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REMERCIEMENTS ET EXONÉRATION DE RESPONSABILITÉLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 5Le Rapport eLearning Africa 2012 est le fr...
ACRONYMES6 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012AULP Association des Universités de LanguePortugaiseBBC British Broadcasting Co...
AVANT-PROPOSLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 7L’expérience collective du eLearning enAfrique, relatée par les Africains eu...
NOTE DES ÉDITEURS8 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012LAfrique a deux visages : celui dunerichesse et dun optimisme croissant...
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Au cours des sept dernières années, lemonde du eLearning en Afrique sestdéveloppé à pas de géant. Cela est évi-dent lorsqu...
MÉTHODOLOGIE LENQUÊTE eLEARNING AFRICA 201212 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Le cœur de lanalyse du RapporteLearning Afri...
sont pas de nationalité africaine, 100 %effectuent un travail centré sur un paysafricain. Plus de la moitié des répon-dant...
RÉSULTATS DU RAPPORT CONTEXTE ET DÉFINITIONS3.2.1 Qu’entend-on paréducation et formationrenforcées par les TIC ?Les répond...
RÉSULTATS DU RAPPORTQuelles sont les compétences clés requises pour traverser leXXIème siècle ? Virtuellement, nimporte qu...
RÉSULTATS DU RAPPORT CONTEXTE ET DÉFINITIONSde projets éducatifs. Seuls 3 % dutotal rapportent que les quatre alterna-tive...
RÉSULTATS DU RAPPORT DAVID ANGWINÉtendre laccès à des technologies de linformation fiables estdéterminant pour élever le n...
dire ce quils considéraient comme lesfacteurs les plus importants lors duchoix dun modèle daccès aux tech-nologies pour le...
RÉSULTATS DU RAPPORTnécessaires pour diriger son propre développement. Pour y par-venir, le savoir traditionnel, culturel ...
RÉSULTATS DU RAPPORT QUELLES SONT LES CONTRAINTES AU NIVEAU NATIONAL EN MATIÈRED’ÉDUCATION ET DE FORMATION RENFORCÉES PAR ...
RÉSULTATS DU RAPPORTLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 21LEONARD MWAREIl y a une crise croissante de la gestion des eDéchets...
RÉSULTATS DU RAPPORT QUELS SONT LES FACTEURS DÉTERMINANTS AU NIVEAU DES ORGANISMESEN MATIÈRE D’ÉDUCATION ET DE FORMATION R...
RÉSULTATS DU RAPPORT THÈMES CLÉSLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 233.5.1 Lapprentissageprécoce nest pas (encore)une priori...
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eLearning Africa Report 2012

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|| Le rapport e-learning Africa 2012 ||

Les membres du comité de rédaction : Maureen Agena, Ben Akoh, Mohamed Bougroum, Enala Mwase, Elizabeth Akua Ohene, Simeon Oriko, Mor Seck, Charles Senkondo, Thomson Sinkala and Rebecca Stromeyer.

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eLearning Africa Report 2012

  1. 1. LeRapporteLearningAfrica 2012Avec le Soutien de:Parrainé par:
  2. 2. SOMMAIRELE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 3Liste de points de vue ...............................................4Remerciements et exonération de responsabilité ...5Acronymes ..................................................................6Avant-propos .............................................................7Note des éditeurs ......................................................8Synthèse ...................................................................101. Introduction .....................................................112. Méthodologie ..................................................112.1 LEnquête eLearning Africa 2012 ........................122.1.1 Traiter les donnéesqualitatives de lEnquête.............................122.1.2 Les répondants à lEnquête.........................123. Résultats du Rapport .......................................133.1 Introduction à lanalyse........................................133.2 Contexte et définitions ........................................143.2.1 Qu’entend-on par éducation etformation renforcées par les TIC ? .............143.2.2 Quelles sont les technologiesutilisées, et dans quel contexte ? ...............163.2.3 Pourquoi les gens utilisent-ils lesTIC et comment décident-ils dece qu’ils utilisent ? .....................................173.3 Quelles sont les contraintes au niveaunational en matière d’éducation et deformation renforcées par les TIC ? ......................203.4 Quels sont les facteurs déterminants au niveaudes organismes en matière d’éducation etde formation renforcées par les TIC ? .................223.5 Thèmes clés ........................................................233.5.1 Lapprentissage précoce nest pas(encore) une priorité ..................................233.5.2 Parti pris urbain, espoir rural ......................273.5.3 Le gouvernement - principalagent du changement ...............................273.5.4 Les étudiants africains peuventapprendre plus, mieux et plus vitegrâce aux technologies ..............................323.5.5 Le rôle de la radio ......................................363.6 Les cinq dernières années : les facteursdéterminants du eLearning en Afrique ................373.7 Les cinq prochaines années : laccèsà la technologie jouera encore un rôle ................444. Conclusions et recommandations ...................47Bibliographie ...........................................................49Annexes ....................................................................51Annexe 1 : Résumé de lEnquêteeLearning Africa 2012 ..............................51Annexe 2 : Biographies des membres duComité de Rédaction ................................52Annexe 3 : Le Cartoon Movement .............................54Annexe 4 : Biographies des caricaturistes ...................54Rapport eLearning Africa 2012Sommaire
  3. 3. LISTE DE POINTS DE VUE4 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Contenu critique et possibilités decommunication : fondamentaux pourl’éducation en Afrique à lâge de lacommunication numériqueLaura Czerniewicz .........................................................15Solutions technologiques durables etadaptées à léducation en AfriqueDavid Angwin................................................................17Le choix de lAfrique : numériser sonsavoir traditionnel ou perdre sa cultureet son développementGaston Donnat Bappa...................................................18Comment le secteur de léducationproduit des eDéchets au Kenya et pourquoiil devrait être responsable de la gestiondes déchets électroniquesLeonard Mware ............................................................21L’Apprentissage précoce de la lecture parlenseignement mobile en Afrique : le casde ladaptation de Graphogame au KenyaCarol Suzanne Adhiambo Otieno ................................24Les défis rencontrés par les universitésde langue portugaise en AfriqueJorge Ferrão et Stephen Thompson.............................25Financement et durabilité des solutionsTIC dans lenseignement supérieur au BéninRaphael Darboux...........................................................26Pourquoi investir dans l’utilisation des TICdans léducation en Afrique ?Mike Trucano.................................................................31Jeunesse africaine, formation delidentité et médias sociauxTanja Bosch....................................................................33Apprendre aux ex-gangsters et aux mères deCape Flats comment tweeter et bloguerpour changerMarlon Parker................................................................35Pourquoi la radio a encore un rôle à jouerAugustine Kamlongera et Said Yasin...........................36L’accès à la large bande en Afrique :une chance pour linnovation ?Eric Osiakwan ................................................................38mLearning : se connecter aux opportunitésLauren Dawes................................................................40Comment les entrepreneurs africains se formentpour profiter de nouvelles opportunitésMonika Weber-Fahr ......................................................43Sûreté et éducation soutenuespar les technologiesHarold Elletson..............................................................46Liste de points de vue
  4. 4. REMERCIEMENTS ET EXONÉRATION DE RESPONSABILITÉLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 5Le Rapport eLearning Africa 2012 est le fruit dune collaboration qui a bénéficié de la contribution de nombreuses personnesde talent et engagées. Les membres du comité de rédaction et ceux qui nous ont livré leur point de vue, des interviews et descaricatures méritent des remerciements particuliers.Les membres du comité de rédaction : Maureen Agena, Ben Akoh, Mohamed Bougroum, Enala Mwase, Elizabeth Akua Ohene,Simeon Oriko, Mor Seck, Charles Senkondo, Thomson Sinkala and Rebecca Stromeyer.Les auteurs de points de vue, dinterviews et de caricatures : David Angwin, Gaston Bappa, Tanja Bosch, Laura Czerniewicz,Raphael Darboux, Lauren Dawes, Harold Elletson, Jorge Ferrão, Augustine Kamlongera, Rasha Mahdi, Popa Matumula, LeonardMware, Victor Ndula, Eric Osiakwan, Carol Suzanne Adhiambo Otieno, Marlon Parker, Stephen Thompson, Mike Trucano,Monika Weber-Fahr, Said Yasin.Merci également à : Tarkan Maner et Wyse Technology ; Rob Burnet et Shujaaz ; Tjeerd Royaards et le « Cartoon Movement » ;Harold Elletson, Astrid Jaeger, Ndeye Fatou Ndiaye et Adam Salkeld pour leur assistance stratégique ; Claire Thrower pour sesrelectures, Adrian Ernst pour son assistance technique, Cecilia Hulshof et le reste de léquipe d’ICWE.Le Rapport eLearning Africa 2012 est disponible via une licence Creative Commons (attribution - pas dutilisation commerciale -pas de modification). Cela signifie que le contenu du rapport peut être utilisé dans toute publication non commerciale maisdoit être entièrement attribué à laide des références ci-après.Pour les citations extraites du corps principal du rapport, veuillez mentionner :Isaacs, S. and Hollow, D., (eds) 2012. The eLearning Africa 2012 Report, ICWE : Germany.Pour les citations extraites de lun des points de vue composant le Rapport, veuillez mentionner le nom de famille de lauteur,suivi dune référence au Rapport. Par exemple :Bappa, G.D., 2012. Le choix de lAfrique : numériser le savoir traditionnel ou perdre sa culture et son développement.In: Isaacs, S. and Hollow, D., (eds) 2012. The eLearning Africa 2012 Report, ICWE : Germany.Le nuage de mots situé à l’intérieur de la première de couverture, représente les réponses combinées à la question « En consid-érant les cinq prochaines années : quel sera d’après vous le changement le plus important dans le domaine de l’éducation et laformation renforcées par les TIC sur votre lieu de travail ? » de l’Enquête eLearning Africa 2012. Le nuage de mots au verso dela quatrième de couverture représente les réponses combinées à la question suivante : « Pourquoi pensez-vous que ce sera lechangement le plus important ? » de l’Enquête eLearning Africa 2012.Conception et graphisme : Christina Sonnenberg-WestesonISBN 978-3-941055-15-5Remerciements etexonération de responsabilité
  5. 5. ACRONYMES6 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012AULP Association des Universités de LanguePortugaiseBBC British Broadcasting CorporationCCK Commission de la communication du KenyaCFSK Computers for Schools Kenya(Des ordinateurs pour les écoles du Kenya)EASSY Eastern Africa Submarine Cable System(Système de câble sous-marin delAfrique de lEst)ECCE Early Childhood Care and Education(Protection et éducation de la petiteenfance)EFA Education for All (Léducation pour Tous)EMIS Education Management InformationSystem (Système dinformation et degestion de léducation)FDI Foreign Direct Investment (Investissementdirect étranger)FTTH Fibre to the Home (Fibre à domicile)GCI Global Competitiveness Index (Indice decompétitivité mondiale)GEI Global Education Initiative (Initiativemondiale pour léducation)GMR Global Monitoring Report (Rapport desuivi mondial)GSM Global System for Mobile communications(Groupe Spécial Mobile)IAI Interactive Audio Instruction (Programmedinstruction audio interactif)TIC Technologies de lInformation et de laCommunicationIFC International Finance Corporation(Société financière internationale)IRI Interactive Radio Instruction (Programmedinstruction interactif par radio)ISP Internet Service Provider(Fournisseur de services Internet)ITU International TelecommunicationUnion (Union internationale destélécommunications)LMS Learning Management System(Système de gestion de lapprentissage)MDG Millennium Development Goal (Objectifdu Millénaire pour le Développement)TPE/PME Très Petites, Petites et Moyennes EntreprisesNOFBI National Optical Fibre BackboneInfrastructure (Infrastructure nationaleen fibre optique)ODA Official Development Assistance(Aide publique au développement)PME Petites et Moyennes EntreprisesSRC Shared Resource Computing (Partagedes ressources informatiques)SSA Sub Saharan Africa (Afrique subsaharienne)TEAMS The East African Marine Systems (Systèmesmarins de lAfrique de lEst)TVET Technical and Vocational Education andTraining (Enseignement et formationtechniques et professionnels)UIS UNESCO Institute for Statistics (Institut dela statistique de lUNESCO)UPE Universal Primary Education (Enseignementprimaire universel)WEEE Waste Electrical and Electronic Equipment(Déchets déquipements électriques etélectroniques)WEF World Economic Forum(Forum économique mondial)WHO World Health Organisation(Organisation mondiale de la santé)Acronymes
  6. 6. AVANT-PROPOSLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 7L’expérience collective du eLearning enAfrique, relatée par les Africains eux-mêmes et couvrant plus de 41 paysafricains n’avait jamais été documentéeauparavant. La richesse de nos pointsde vue, de nos aspirations, de noscritiques et de nos réflexions, souventdivergents, n’avaient jamais étépartagés de cette manière. Je suis trèsfier d’annoncer la parution du RapporteLearning Africa 2012 qui apporte unecontribution retentissante à la compila-tion des connaissances produites parles Africains. Ce réseau a réuni uncomité de rédaction qui comprend desreprésentants de Cape Town à Mar-rakech, de Lusaka à Kampala, intégranttoute la richesse de notre diversité lin-guistique et culturelle. Il a aussi offertun espace à la polémique et au débatsur les problèmes qui touchent aucœur de la problématique du eLearningen Afrique. J’ai eu envie de lire les 15points de vue, les caricatures et lesbandes dessinées, de regarder les pho-tographies de femmes et d’enfantsfascinés par les technologies. Le Rap-port eLearning Africa 2012 capte ainsiune part de l’environnement extrême-ment complexe de l’Afrique et montreque celui-ci recèle aussi bien des défisque des opportunités inimaginables. Ilmontre également à quel point nous,Africains, sommes motivés.Ce Rapport marque une étape impor-tante de la croissance et du développe-ment du réseau eLearning Africa.J’espère qu’il deviendra la courroie detransmission de mécanismes plus largesvisant à mettre en œuvre des pro-grammes de eLearning volontaristes etde grande ampleur permettant detransformer nos systèmes d’éducationet de faire de l’Éducation pour Tousune réalité. J’encourage chacun à lelire, à le discuter, à relever les défis qu’ilpose et à exprimer ses idées sur lamanière de l’améliorer en permanence.Max Barthélémy Ahouèkè,Ministre de la Communication etdes Technologies de l’Informationet de la Communication dugouvernement du Bénin.Avant-proposPhoto :Wayan Vota - Inveneo / Réaliser ses rêves grâce aux TIC
  7. 7. NOTE DES ÉDITEURS8 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012LAfrique a deux visages : celui dunerichesse et dun optimisme croissants,et celui dune pauvreté et dune détéri-oration indescriptibles. LAfrique est àla veille dun changement capital : lin-novation, lesprit dentreprise et uneénergie vivace et enthousiasmante sonten train de simposer. Ceci pour uneraison simple : les taux de croissanceéconomique ont augmenté dans uncontexte de récession mondiale et letaux des investissements étrangers aété décuplé au cours de la dernièredécennie. LAfrique compte à présentplus denfants scolarisés en primaireque jamais auparavant, le nombre defilles qui fréquentent lécole augmente,le nombre denfants qui décèdentavant leur cinquième anniversairediminue et de plus en plus de femmessavent lire et écrire. Certains paysdAfrique ont fait des progrès consid-érables en direction des Objectifs duMillénaire pour le développement(MDG) (Rapport 2012 de lUNESCO surlAfrique, 2011a, 2010). La dernièreperspective économique pour les pro-jets de la Banque mondiale table surune croissance de plus de 5 % enAfrique subsaharienne en 2012 et2013. Cest plus que les taux de crois-sance moyens des pays en développe-ment (hormis la Chine), et consid-érablement plus élevé que lesprojections pour les pays à hautsrevenus (Banque mondiale, 2012).Loptimisme grandissant est renforcépar dautresprojections indicatives concernantlavenir de lAfrique. La classe moyennedu continent croît rapidement. Environ60 millions dAfricains disposent dunrevenu annuel de 3.000 USD ou plus eton sattend à ce que ce chiffre atteigne100 millions en 2015 (The Economist,2011). Selon la Banque africaine dedéveloppement, dici 2060, lespérancede vie atteindra 70,3 ans, 99 % de lapopulation auront un accès Internet àhaut débit (large bande) et lalphabéti-sation atteindra 97 % (Ware, 2012).Néanmoins, ce dynamisme coexisteavec une crise permanente etendémique des prestations de servicessociaux, une pauvreté invalidante, lacorruption, la guerre et le piratage.Dans toute lAfrique subsaharienne, 10millions denfants abandonnent lécoleprimaire tous les ans et la moyenne desadolescents de 15 ans nest pas scolar-isée (UNESCO, 2011a, 2010). Plus de300 millions de personnes nont pasaccès à leau potable et seuls 36 % dela population ont des installations sani-taires adéquates (Salami et al., 2011).Sur 1.000 enfants africains, 118 mour-ront avant lâge de cinq ans (The Econ-omist, 2011). Des niveaux de précipita-tions en baisse, une répartitiondéficiente et des familles déplacéessuite à des conflits ont laissé quelque13 à 15 millions de personnes dansune situation de sécurité alimentaireminimale au Niger, au Mali, au BurkinaFaso, au Tchad et en Mauritanie.Finalement, selon lindice de perceptionde la corruption 2010, lAfrique estconsidérée comme la région la pluscorrompue du monde (TransparencyInternational, 2011).Dans ce contexte, quel rôle les acteursimpliqués dans l’éducation et la forma-tion renforcées par les TIC peuvent-ilsjouer en faveur de la croissance et dudéveloppement de lAfrique ? Où etcomment travaillent-ils ? Quelles tech-nologies utilisent-ils et quelles visionsdu monde et opinions sous-tendentleur action ? Le Rapport eLearningAfrica 2012 a été rédigé pour répondreà ces questions clés. Le Rapport est nédu constat d’un manque de docu-mentation complète, consistante etcohérente sur la pratique du eLearningen Afrique. Le but du Rapport eLearn-ing Africa 2012 est daider à comblercette lacune.Lune des principales vertus du RapporteLearning Africa 2012 est son accès àdes experts de lensemble du continentqui ont aidé à mettre en forme lesrésultats. Ce Rapport a été piloté pardes Africains et s’appuie sur la sagesseet lexpérience du réseau eLearningAfrica. En tant quéditeurs, nous avonstenté de rendre la diversité de ceréseau, et avons inclus des contribu-tions émanant dinvestisseurs, dedonateurs, duniversitaires, de chefs deNote des éditeursLe “droit à l’éducation” par Popa Matumala
  8. 8. LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 20122 9tribus, de caricaturistes, de militants etde fonctionnaires.Le Rapport 2012 de eLearning Africa aété conçu pour être lu par des publicsdivers et il sadresse à un large panelde lecteurs. Nous espérons que ce Rap-port suscitera lengagement de prati-ciens, dacteurs politiques, duniversi-taires, de membres des gouvernementset du public intéressé à traverslAfrique et au-delà. Lune des con-séquences de lengagement auprès dece large public est quil ne correspondà aucune des catégories traditionnellesde rapports. Bien que, dans une cer-taine mesure, il se fonde sur des élé-ments théoriques, il est essentiellementdestiné à soutenir la pratique et lesstratégies, avec un accent mis sur lesconnaissances orientées vers laction.Une série dexperts a contribué à létab-lissement du Rapport par la rédactionde points de vue, en accordant des in-terviews, en participant au comité derédaction, et/ou en répondant à lEn-quête. Les lecteurs constateront in-évitablement la diversité des perspec-tives dont certaines se contredisententre elles. Ceci est notamment le casdes 15 points de vue qui parsèment l-analyse de lenquête. Les auteurs de cesavis ont été priés de donner leur visionpersonnelle plutôt que de délivrer unmessage uniforme. Ayant choisi cetteapproche, il est à noter que linclusiondans le Rapport eLearning Africa 2012ne signifie aucunement que les vues ex-primées sont avalisées par eLearningAfrica, les éditeurs du Rapport ou lecomité de rédaction. Le lecteur ne seradonc pas surpris de trouver des docu-ments avec lesquels il ou elle ne serapas forcément daccord. En fait, nousnous attendons à ce que personnenacquiesce à la totalité des opinions.Nous espérons que les lecteurs ac-cepteront dêtre confrontés à de multi-ples perspectives, parfois provenant desources inattendues. eLearning Africacroit en la valeur de lapprentissagetout au long de la vie grâce à la partici-pation à des réseaux de collaboration.La conférence annuelle fournit un con-texte dans lequel lapprentissage peutavoir lieu par la confrontation avec despoints de vue divers. Nous considéronsque le Rapport eLearning Africa doitêtre le prolongement de cet environ-nement éducatif.eLearning Africa a toujours été bienplus quune conférence, et le Rapportconstitue un jalon dans la maturationdu réseau. Le Rapport est lié au Portaild’Actualités eLearning Africa[www.ela-newsportal.com] conçu pourfaciliter le partage des connaissances etléchange didées tout au long delannée. Alors que eLearning Africa aprécédemment publié des résultatsdenquêtes centrées sur des thèmesspécifiques, il sagit ici du premier rap-port de ce type. Beaucoup de chosespeuvent sans aucun doute se voir en-core améliorées. Les éditeurs du Rap-port eLearning Africa 2012 acceptentvolontiers les commentaires et les sug-gestions qui viendront enrichir lesfutures éditions du Rapport.L’éducation et la formation renforcéespar les TIC en Afrique sont passion-nantes, enthousiasmantes et porteusesdun vaste potentiel pour transformerle visage de lAfrique. Le Rapport nefournit quun aperçu du dynamisme decette énergie. Il montre que le conti-nent se trouve à la veille dun change-ment majeur. La puissance de la tech-nologie comme catalyseur dunchangement positif fait lobjet de nom-breux débats. Cependant, à lui seul,l’enthousiasme pour l’innovation n’en-gendre pas la transformation. Les avan-tages de linnovation technologiquerestent menacés par les dysfonction-nements systémiques continus et invali-dants qui requièrent de toute urgencelattention. Le Rapport reflète cetteambigüité et cette tension et cherche àpromouvoir un changement positif. Lescinq prochaines années seront locca-sion de rendre les bienfaits de lappren-tissage enrichis par les TIC de plus enplus accessibles aux populations lesplus marginalisées, notamment auxjeunes gens actuellement exclus detoute formation de base. Cela exigel’autonomisation des individus, la pro-motion de partenariats et l’accroisse-ment de la volonté et du leadershippolitiques. Le Rapport démontre quechaque facteur clé du changement estvivace et se déploie de manière effec-tive au sein du réseau eLearning Africa: tous ces éléments doivent être main-tenant exploités afin de mettre en œuvreune transformation durable et équitable.Shafika Isaacs et David HollowMai 2012“Buts élevés” par Victor NdulaNOTE DES ÉDITEURS
  9. 9. SYNTHÈSE10 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Voici quelques-uns des principauxrésultats de lEnquête eLearning Africa2012, émanant de 447 répondants.Une analyse détaillée des résultats delEnquête est fournie dans le RapporteLearning Africa 2012, premier de cetype, qui regroupe les opinions de pro-fessionnels du eLearning et dune sériedautres parties prenantes en prove-nance de 41 pays africains.Quel rôle joue le monde de l’éducationet la formation soutenus par les TICdans la croissance et le développementde lAfrique ? Il sagit là de la questionfondamentale qui fixe le cadre du Rap-port eLearning Africa 2012. Commentles gens définissent-ils l’éducation et laformation renforcées par les TIC ?Quelles sont les technologies utiliséesdans ce secteur ? Dans quels contextessont-elles utilisées ? Quest-ce quimotive les gens à utiliser les TIC etcomment les utilisent-ils ? Chacunede ces questions est examinée dans l-analyse de lEnquête.Le Rapport passe en revue lexpériencedu eLearning en Afrique au cours descinq dernières années et met en évi-dence les thèmes et les caractéristiquesqui ont défini ce secteur jusquàaujourdhui. Il identifie également lestendances qui se dessinent pour lescinq prochaines années, en explorantles implications de laccès et de la con-nectivité croissants sur tout le conti-nent. La totalité du Rapport eLearningAfrica 2012 est destinée à provoquer, àinspirer et à être utile à tous ceux quisont engagés dans ce domaine : pro-fessionnels, praticiens, acteurs politiques,chefs dentreprise et enseignants.Le Rapport est né du constat d’unmanque de documentation complète,consistante et cohérente sur la pratiquedu eLearning en Afrique. Le RapporteLearning Africa 2012 a pour but daiderà combler cette lacune, à proposer unmodèle de leadership réfléchi et à met-tre en forme la stratégie et la pratiqueà travers tout le continent, de manièreà ce que le potentiel transformateur dela technologie au service de lenseigne-ment et de lapprentissage puisse seréaliser encore plus pleinement.Le Rapport eLearning Africa 2012 pos-sède des qualités uniques. Lanalyse delEnquête est jalonnée de 15 points devue rédigés par des experts de renomdu eLearning, ainsi que des chefs detribus, des entrepreneurs et des in-vestisseurs internationaux. Elle est com-plétée tout au long du rapport par unesérie de caricatures, de bandes dess-inées et de photographies, chaque élé-ment offrant des perspectives inéditeset provocatrices sur les sujets brûlantspropres au secteur. Le Rapportfournit ainsi un aperçu de laspectbigarré et du dynamisme du réseaueLearning Africa.Il y a maintenant plus dune décennieque le eLearning promettait une révo-lution dans le domaine de léducationen Afrique. Ce Rapport dépeint lamanière dont cette promesse est com-prise et dont elle émerge. Il positionnecette image dans le contexte africainhautement polarisé et complexe, carac-térisé à la fois par une croissanceéconomique accélérée et un grand op-timisme dune part, et de lautre parune extrême pauvreté et un grand dés-espoir. Dans le cadre de ces réalités, leréseau eLearning Africa cherche àdéfinir son identité et son rôle danslaccomplissement de lobjectif vitalpour lAfrique de lEducation pour Tous.SynthèseLe répondant moyen àlEnquête eLearning Africa 2012est basé au Nigéria ; il travailledans lenseignement supérieur ;il utilise les TIC en priorité dansles zones urbaines dans le cadredune classe ; le potentiel desTIC le motive à améliorer laqualité de lenseignement ; ilpense que le gouvernement estle premier agent de change-ment en matière de eLearninget est persuadé que lAfriqueréalisera laccès universel auxTIC dans le domaine de léduca-tion au cours des cinq annéesqui viennent.Quel rôle joue le monde del’éducation et la formationsoutenues par les TIC dans lacroissance et le développementde lAfrique ? Il sagit là de laquestion fondamentale qui fixele cadre du Rapport eLearningAfrica 2012.Photo : Istvan Csakany / Salle de classe virtuelle entre le Kenya et la Hongrie
  10. 10. Au cours des sept dernières années, lemonde du eLearning en Afrique sestdéveloppé à pas de géant. Cela est évi-dent lorsque lon considère le nombreet la diversité des participants annuelsaux conférences sur le eLearning enAfrique et le nombre croissant de pro-grammes de eLearning, les initiativesde recherche et les organisationsprésentes sur le sol africain. Cettecroissance numérique sest égalementaccompagnée dune maturation de lacompréhension conceptuelle, de lapensée et de lapprentissage des prati-ciens du eLearning en Afrique, tels quereflétés par le développement des pro-grammes de conférences qui se sonttenues dans le cadre de eLearningAfrica au fil des années.En dépit des aperçus fournis par lesenquêtes dédiées à eLearning Africaréalisées dans le passé, il ny a jamaiseu de vue densemble des progrèsconstatés ni de lévolution. Lobjectifprincipal de lEnquête et du Rapportest de relayer les réflexions, les aspira-tions, les activités et les points de vuedes parties prenantes tels quereprésentés au sein de ce réseau enpleine évolution, et ce de manière sys-tématique et au fil du temps.INTRODUCTION MÉTHODOLOGIELe motif principal du Rapport eLearn-ing Africa 2012 est de fournir des con-naissances exploitables (Argyris 1996).Les connaissances exploitables dépen-dent du contexte et reposent sur uneapproche de la résolution des prob-lèmes dans le cadre des réalités so-ciales. Le Rapport se concentre en con-séquence sur la production de savoirfondé sur lexpérience et les réalitésdes praticiens africains, délibérémentchoisis pour influer sur la pratique etprovoquer un changement positif. LeRapport eLearning Africa 2012 est lerésultat d’un effort de collaborationvisant à enrichir les échanges relatifsau eLearning en Afrique. Il a été pro-duit en tant que ressource qui sappuiesur la sagesse et lexpérience dun largepanel de parties prenantes, utilisanttoute une série de méthodes diverses.La méthode de recherche principale aété lEnquête eLearning Africa 2012,ce qui est expliqué en détails ci-après.Par ailleurs, une grande partie du Rap-port comprend des points de vuedestinés à susciter la réflexion,émanant dexperts réputés, d’investis-seurs et de praticiens sur des sujetsdactualité et des expériences, ainsiqu’une tentative de refléter le spectredes opinions et des perspectives à lin-térieur du réseau de eLearning Africa.Ces points de vue se veulent polémiqueset catalysent la discussion aussi bienque des enseignements qualitatifs surles données fournies par lEnquête.Le rapport est plein didées commu-niquées par des mots. Les caricatureset les bandes dessinées fournissentune puissante alternative permettantde véhiculer des idées, elles ont été in-cluses dans le but de soulever desquestions, de provoquer la réflexion etde susciter le débat. Comme lexpliquele Cartoon Movement : « Une carica-ture et une bande dessinée possèdentla capacité unique dexpliquer les prob-lèmes de manière immédiate et claire.Les caricatures peuvent perturber, tra-casser, piquer, indigner, exaspérer, cha-touiller et éclairer. Les caricatures sat-taquent à larrogance et à lignorance,à la corruption et aux abus, exposentceux qui ont besoin dêtre exposés,défendent la liberté et provoquentmême le changement. » De même, labande dessinée de Shujaaz souligne lesmodes innovants dutilisation des nou-veaux médias au service de la transfor-mation sociale au Kenya. Le Rapportinclut également une série de pho-tographies provenant des concours dephotographie de eLearning Africa [quipeuvent être visionnées surwww.elearning-africa.com/photo_competition_home.php], et qui illus-trent un certain nombre de perspec-tives personnelles sur la manière dontles TIC sont utilisées dans toute lAfrique.2. MéthodologieLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 111. IntroductionLa mission de eLearning Africa est decréer un réseau éducatif compétent depraticiens, dinvestisseurs, de décideurset de partenariats à même de renforceret daméliorer la pratique du eLearningen tant que partie intégrante dun ef-fort collectif de soutien à lEducationpour Tous et aux Objectifs du Millé-naire pour le Développement enAfrique. Accéder aux idées et aux con-naissances de ce réseau éducatif peutétayer notre compréhension collectivedes processus de développement afinde prendre de meilleures décisions enfaveur du continent dans son ensemble.Photo : Olufemi Olubodun /Pas de barrière de l’âge avec les TICs
  11. 11. MÉTHODOLOGIE LENQUÊTE eLEARNING AFRICA 201212 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Le cœur de lanalyse du RapporteLearning Africa 2012 est basé sur lesrésultats de l’Enquête eLearning Africa2012. Cette Enquête a été diffusée pareLearning Africa et ouverte entre le 21février et le 13 mars 2012. LEnquête aété diffusée par e-mail à la liste de dif-fusion de eLearning Africa. Elle a égale-ment été promue sur Facebook, Twitteret Linkedin et pouvait être remplie viaun questionnaire en ligne ou un docu-ment PDF hors connexion. Au total, 876questionnaires ont été reçus dont 447entièrement remplis. 864 répondantsont rempli le questionnaire en ligne et12 ont utilisé la version hors connexion.Les répondants avaient la possibilité deremplir le questionnaire en portugais,en français ou en anglais. LEnquêtecomportait 37 questions dont 19étaient des questions fermées et 18des questions ouvertes. Un résumé dé-taillé de lEnquête peut être visionnéen Annexe 1. Les réponses provenaientde 41 pays dAfrique avec 86 % deréponses de personnes de nationalitéafricaine. Une ventilation détaillée descaractéristiques des répondants estfournie en introduction de lanalyse.Les questions fermées ont été traitéesà laide dune analyse quantitative etprésentées sous forme de pourcentagesutilisés dans lensemble de lEnquête.2.1.1 Traiter les donnéesqualitatives de lEnquêteLes données qualitatives se carac-térisent par les réponses aux questionsouvertes, qui sopposent ainsi auxquestions à choix multiple contenuesdans lEnquête. Les questions ouvertesavaient pour objet la compréhensiondu eLearning enrichi par les TIC qu’ontles répondants; rétrospectivement, leurpoint de vue sur les principales évolu-tions du eLearning en Afrique au coursdes cinq dernières années, et, en re-gardant vers lavenir, leur point de vuesur les principales évolutions attenduesau cours des cinq prochaines années.Ces réponses ont été synthétisées dansune feuille de calcul et systématique-ment codées selon le pays, le typedorganisme et le niveau de formationcorrespondant au lieu où se concentrele travail du répondant.Les codes ont été rassemblés en fonc-tion de la similarité des idées et desthèmes, faisant apparaître de grandescatégories primaires et étroitement asso-ciées. Lanalyse fournie dans ce Rapporttraite des relations entre ces catégoriescentrales. Dans une tentative de main-tenir lintégrité des données qualitatives,lanalyse inclut des références aux don-nées qualitatives fournies par les répon-dants sous forme de citations littérales.Des limites évidentes concernent le traite-ment des données qualitatives de lEn-quête. Le procédé de codage utilisé pourtraiter les données qualitatives est sujet àinterprétation de la part des chercheurs.Le biais qui en résulte a été minimisé parla triangulation des données, la consulta-tion de publications et la désignationdun comité de rédaction de dixreprésentants experts aux parcours divers.2.1.2 Les répondants àlEnquêtel’Enquête eLearning Africa 2012 sestlimitée à un public disposant dun ac-cès à une messagerie électronique. Laconduite dune enquête panafricainepar e-mail limite le cercle des répon-dants à ceux qui disposent déjà dunaccès Internet. Il convient de garder entête la stratégie déchantillonnage lorsde la lecture du Rapport et de la réflex-ion sur les implications de ses résultats.Il est important de souligner le fait queles caractéristiques des répondants nesont en rien représentatives de la pop-ulation africaine en général, ni néces-sairement des pédagogues africains. Cecipeut être illustré par le niveau détudesde ceux qui ont répondu à lEnquêtecomparé au niveau moyen du conti-nent (Banque mondiale 2012, UIS 2011).Parmi ceux qui ont entièrement réponduà l’Enquête eLearning Africa 2012 :• 99 % des répondants ont indiquéavoir terminé des études sec-ondaires, alors quà léchelle delAfrique dans son ensemble, moinsde 20 % de la population totale ter-minent des études secondaires ;• 85 % des répondants ont indiquéavoir terminé au moins un niveaudétudes supérieures, alors quàléchelle de lAfrique dans son en-semble, moins de 5 % de la popula-tion totale terminent des étudessupérieures ;• 21 % des répondants ont indiquéavoir obtenu un doctorat, alors quàléchelle de lAfrique dans son ensem-ble, moins de 1 % de la populationtotale effectue des études doctorales ;Il nest pas surprenant que ceux qui sesont impliqués dans l’Enquête eLearningAfrica 2012 aient un niveau détudesnettement plus élevé que la majorité dela population. La plupart dentre euxutilisent déjà les TIC comme outil pourrenforcer l’éducation et la formation dediverses manières, et beaucoup dentreeux constituent ce qui peut être consid-éré comme une « élite professionnelle »de niche. Pratiquer la transparence àlégard de cette stratégie délibéréedéchantillonnage permet déviter detirer des conclusions erronées concer-nant les éléments généralisables. Lesperspectives qui constituent la base delanalyse du Rapport eLearning Africa2012 ne doivent pas être interprétéescomme révélatrices de lensemble de lapopulation. Cette stratégie doit plutôtêtre considérée comme légitime puisquelobjectif était de connaître lavis de ceuxqui, en Afrique, sont déjà activementimpliqués dans le eLearning, valorisantainsi lexpérience et contribuant à créerun pilotage réfléchi de ce secteur.2.1 The eLearning Africa 2012 SurveyCeux qui se sont impliqués danslEnquête eLearning Africa 2012ont un niveau détudes nette-ment plus élevé que la majoritéde la population.
  12. 12. sont pas de nationalité africaine, 100 %effectuent un travail centré sur un paysafricain. Plus de la moitié des répon-dants (57 %) travaille pour un gou-vernement ou une organisation gou-vernementale. La catégorie suivante entermes dimportance (18 %) travaillepour une organisation non gouverne-mentale, suivie par 15 % qui travaillentpour un organisme privé. Quelque 43% des répondants rapportent que leprincipal niveau détudes sur lequel seconcentre leur travail est lenseigne-ment supérieur. 20 % supplémentairesdéclarent que leur travail est concentréRÉSULTATS DU RAPPORT INTRODUCTION À LANALYSELE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 13Les résultats du Rapport eLearningAfrica 2012 sont présentés sous formede récit intégrant les différentes méth-odes utilisées. Lanalyse qualitative etquantitative de lEnquête est présentéeavec des points de vue associés à descaricatures, des citations clés, des nu-ages de mots, et une bande dessinée.Cette approche permet dobtenir unevue densemble du secteur de l’éduca-tion et de la formation renforcées parles TIC en Afrique ainsi que des détailssur les thèmes clés et les tendancesactuels. Lanalyse commence par unesynthèse globale des données qui in-dique quel type de personnes arépondu à lEnquête, leurs parcours,leurs secteurs et les domaines priori-taires de leur travail. Elle aborde en-suite trois questions principales delEnquête en vue de fournir un con-texte général. Ensuite, lanalyse defond est divisée en thèmes clés.Les 447 questionnaires entièrementremplis émanaient de personnes tra-vaillant dans 41 pays africains différents.Les cinq premiers pays qui comptaient leplus de répondants sont le Nigéria (16 %),lAfrique du Sud (14 %), le Kenya (9 %),lOuganda (8 %) et la Zambie (7 %).86 % de lensemble des réponsesproviennent de pays africains. En de-hors de lAfrique, la proportion la plusélevée de répondants vient du Roy-aume Uni (4 %) et des Etats-Unis (3 %).Parmi les 14 % de répondants qui nedans les écoles, et 12 % sur lEFTP. Laquatrième réponse par ordre dimpor-tance, qui émane de 11 % des répon-dants, est quils travaillent de manièreégale pour tous les niveaux détudes.3. Résultats du Rapport3.1 Introduction à lanalyseNigeria.................................................. 16%Afrique du Sud .................................... 14%Kenya...................................................... 9%Ouganda ................................................ 8%Zambie.................................................... 7%Tanzanie................................................. 5%Ghana..................................................... 4%Cameroun............................................... 3%Bénin ...................................................... 3%Tunisie .................................................... 2%Autre .................................................... 29%Enseignement supérieur ..................... 43%Ecoles (primaire, collègeou secondaire) ..................................... 20%Apprentissage en instituttechnique ou formation...................... 11%De manière égale à tousles niveaux d’éducation....................... 11%Autre ...................................................... 6%De manière égale à tousles niveaux d’éducation......................... 4%Education informelle............................. 4%Petite enfance (maternelle) .................. 1%Dans quel niveau d’éducationles répondants travaillent-ils ?Dans quels pays travaillentles répondants ?Le répondant moyen àlEnquête eLearning Africa 2012travaille dans lenseignementsupérieur au Nigéria et utilisesurtout les TIC en zone urbainedans le cadre de la salle declasse. Cette personne pensequil est en premier lieu de laresponsabilité du gouvernementde constater les progrès enmatière dutilisation des TICdans le domaine de léducation,et sa motivation personnelle àutiliser les TIC est daméliorer laqualité de son enseignement.Une organisation gouvernementaleou soutenue par le gouvernement .... 58%Une organisationnon-gouvernementale ........................ 18%Une organisation à fonds privés..........15%Je travaille indépendammentde toute organisation ........................... 4%Une organisationinter-gouvernementale......................... 3%Ne sapplique pas................................... 2%Un organisme caritatif .......................... 1%Dans quel type dorganisationsles répondants travaillent-ils ?
  13. 13. RÉSULTATS DU RAPPORT CONTEXTE ET DÉFINITIONS3.2.1 Qu’entend-on paréducation et formationrenforcées par les TIC ?Les répondants ont été priés de choisirune définition de l’éducation et de laformation renforcées par les TIC. Unevaste palette de réponses nous est par-venue, reflétant les parcours et les per-spectives divers constituant le réseaueLearning Africa. Parmi les réponsesreçues, les termes clés qui apparaissentrégulièrement dans les définitions sont« flexible et personnalisé » et « ren-forcement des connaissances », paral-lèlement au rôle central de l« innova-tion » et de l« intégration ». Plusieursfils conducteurs émergent égalementdes réponses, avec différents aspectsconsidérés comme autant de facteursdéterminants :La nature pratique de ce secteur estsoulignée par certains comme étant lepremier facteur déterminant, définiecomme « lassociation de l’éducationrenforcée par les TIC et des projetsconcrets » qui rendent « l’éducation etla formation plus ludiques et plusagréables de manière à motiver lélèvepour lesquels la connectivité est lefacteur clé, suggérant que l’éducationrenforcée par les TIC concerne « nim-porte quel type denseignement, dap-prentissage, de partage de connaissances,ou de création de connaissances quiserait impossible sans accès à Internet ».Avant tout, de nombreux répondantsinsistent dans leurs définitions sur lefait quau bout du compte, ce secteurest celui de léducation, de lenseigne-ment et de lapprentissage et que latechnologie en est loutil de mise enœuvre : « Les TIC sont un moyen auservice dune fin - pour permettre unmeilleur enseignement et un meilleurapprentissage ». Il est clair que toutecompréhension holistique de la manièrede définir le secteur de l’éducation etde la formation renforcées par les TICtirera profit de ces accentuations. Alintérieur de ces différentes accentua-tions, le Rapport eLearning Africa 2012utilise le dernier point commeréférence première, considérant tousles types de TIC comme des outils es-sentiels pour promouvoir les améliora-tions de tous les aspects de lenseigne-ment et de lapprentissage.3.2 Contexte et définitionsà rechercher plus dinformations parlui-même ». Dautres répondantsdéfinissent le terme en insistant sur lepotentiel davenir, suggérant que l’éd-ucation renforcée par les TIC existelorsque « l’éducation est parfaitementenrichie par la technologie, lesparticipants utilisant la technologie demanière transparente sans être con-scients de sa présence » et le fait queles outils technologiques « facilitentlapprentissage ».Parallèlement, les prioritéséconomiques sont égalementsoulignées, avec des répondants définis-sant l’éducation et la formation renfor-cées par les TIC par la manière dont «ils permettent la globalisation etélèvent le système éducatif au niveaude la compétition et deléconomie mondiales ». Dautresdonnent des définitions plus opéra-tionnelles, considérant les implicationsen termes de vitesse comme une car-actéristique déterminante, constatantquil sagit dune « méthode den-seignement simple et rapide basée surle partage et la diffusion des informa-tions ». Il existe ici un lien avec ceuxRéponses combinées à la question de l’Enquête : Comment définiriez-vous l’éducation et laformation renforcées par les TIC ?14 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012
  14. 14. RÉSULTATS DU RAPPORTQuelles sont les compétences clés requises pour traverser leXXIème siècle ? Virtuellement, nimporte quel commentairesoulignera la nécessité de maîtriser la culture de linformation oules TIC. Bien quencore importantes, ces injonctions sont devenuesde tels clichés quelles en ont perdu toute signification. Outre leterrain miné que représente la tentative de définir les différentstypes de culture, largument est communément avancé que le be-soin de ces compétences nest, en fait, pas nouveau, et quellesont toujours été nécessaires pour garantir une citoyenneté respon-sable et engagée. Même si cela est vrai, il nen demeure pas moinsque dans un contexte de communication numérique, le change-ment de nature des contenus et de la communication les rendentplus complexes que jamais. Lorsque lon prend conscience destransformations de la nature des contenus et de la communicationen ligne, il devient un peu plus évident que leur maîtrise est unequestion de survie, de réussite et dopportunité à l’ère de la com-munication numérique. En effet, la nature même de la culture esten train de connaître un changement substantiel au XXIème siècle.Il est notoire que nous vivons à une époque caractérisée parlabondance de linformation et que gérer cette pléthore dinforma-tions représente un défi de taille. Lampleur du défi est terrifiante,il y a actuellement presque autant de bits dinformation dans lu-nivers numérique que détoiles dans lunivers physique (Gantz etReinsel, 2011).Les contenus et la communication sont de plus en plus hybrides àlâge de la communication numérique. La diversité des formes enperpétuelle mutation est sous-tendue par les concepts de réseaux,de granularité, dhyperliens, de désagrégation, dagrégation, din-tégration et dinteropérabilité. En substance, les composants peu-vent être séparés et reconstitués sous des formes multiples et àtravers de nombreuses plates-formes et cela peut être réalisé demanière répétée et dans des configurations novatrices. Les impli-cations sont immenses.Le contenu nest plus statique. De nouveaux outils et pratiquessignifient l’existence de versions nombreuses, rendant la notion de« version finale » obsolète. On sattend à ce que le contenu puissechanger, être annoté, commenté et mis à jour, mettant en ques-tion lidée de « version autorisée », et redéfinissant le conceptmême de publication. Les lecteurs auront besoin de nouvelles com-pétences et de flexibilité pour gérer les multiples versions et lanouvelle fluidité de la publication.La nature du contenu lui-même est en train de changer, requérantde nouveaux modes de lecture. Dans le secteur scolaire, de nou-veaux types de manuels multimodaux et interactifs sont dévelop-pés, qui intègrent le multimédia, les simulations, les jeuxéducatifs et équivalent, donnant ainsi une nouvelle significationau concept de « lecture » dun manuel. De même, dans le domainede la recherche, lieu traditionnel de publication darticles statiquesbidimensionnels, on voit lémergence expérimentale de « publica-tions augmentées », établissant des liens hypertextes directs avecles données (sous diverses formes), les sources ou les références.Lexplosion des médias enrichis fait partie intégrante de tous cesphénomènes : vidéos, podcasts, lecture-casts, animations, simula-tions etc. qui développent tous leur propre grammaire et lisibilité.Au sein du monde académique, lavènement dun « tournant infor-matique » dans le domaine des humanités numériques, et lex-ploitation concomitante de grands ensembles de données ensciences, voient souvent leurs résultats présentés visuellement demanière simpliste bien quils nécessitent des compétences spéci-fiques pour être interprétés. Ces nouvelles formes de représenta-tion exigent de nouveaux codes de décryptage.Un autre changement qui est en train d’apparaître est linstaura-tion dun estompement ou dune fusion du contenu et de lacommunication, de même que du contenu et du processus. Ecrireet parler sont de plus en plus difficiles à distinguer en ligne, et lesconversations et les commentaires deviennent à leur tour de nou-velles formes de contenu. Dans lespace universitaire, les proces-sus de recherche et les conversations deviennent des objets àpartager, augmentant ainsi la transparence des processus dédu-cation et de recherche. Par ailleurs, auparavant, partage collégialsignifiait échange, mais avec les nouvelles formes de logiciels,partager signifie à présent échange et diffusion, élargir et réartic-uler le lectorat et les publics (Wittel, 2011).Il est possible de défier et même de modifier les relations de pou-voir et dautorité dans un univers Web « lire-écrire » où des outilsde création de contenu sont faciles à utiliser et librementdisponibles (voir Bamboo DiRT http://dirt.projectbamboo.org). Àune époque caractérisée par la présence de moyens dauto-com-munication de masse (Castells, 2009), le contenu autoproduit peutêtre largement rendu disponible par des émetteurs « mondiale-ment diffusés et mondialement répartis ». Cela permet de gérerles déséquilibres de la production mondiale de contenus, avec desopportunités étendues de contribution en ligne. Ainsi, les compé-tences du XXIème siècle doivent-elles inclure la capacité et la con-fiance nécessaires pour créer et contribuer au contenu en ligne,pour des motifs à la fois sociaux et éducatifs.Dans le contexte du XXIème siècle, le contenu devient plus social,plus fluide, plus mobile, plus visuel, plus dynamique et plusdispersé car moins structuré, et lautorité et lexpertise devien-nent vraisemblablement, du même coup, moins explicites. Enconséquence, outre les cultures qui incluent les pratiques éclairéeset conscientes de création de contenu, on constate limportancecroissante de la capacité critique dapprécier et dévaluer le con-tenu et la communication en ligne. Les éducateurs, les étudiantset les universitaires doivent par conséquent être capables demaîtriser de nouveaux types de contenus et de communicationtout en sinterrogeant sur la nature des changements sur le terrainde léducation enrichie par les technologies du numérique.Laura Czerniewicz est professeur associé au Centre pourle Développement de lEnseignement supérieur,Université de Cape Town, Afrique du SudLAURA CZERNIEWICZContenu critique et possibilités de communication : fondamentaux pourléducation africaine à lâge de la communication numériqueLaura CzerniewiczLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 15
  15. 15. RÉSULTATS DU RAPPORT CONTEXTE ET DÉFINITIONSde projets éducatifs. Seuls 3 % dutotal rapportent que les quatre alterna-tives ont été utilisées. Parmi ceux quiont utilisé au moins trois des quatrealternatives, un grand nombre de pays,de secteurs et de niveaux détudessont représentés.Enfin, les répondants ont été priés dedécrire les contextes dans lesquels ilsutilisent les TIC sur leur lieu de travail.Comme on peut sy attendre, unegrande majorité de personnes, 74 %,utilisent les TIC en classe pour renforcerl’éducation et la formation. Quelque58 % utilisent les TIC pour accéder à desressources en ligne pour les enseignants,52 % des répondants utilisent les TIC àdes fins de collaboration et de réseau-tage, et 52 % utilisent les TIC pourcollecter des données et pour leurssystèmes de gestion de linformation.10% 20% 30% 40% 50%0%Clients légers ou zéroPartage des ressources informatiquesVirtualisation des postes de travailTéléphones mobilesAucuneLaquelle des alternatives suivantes à la technologie du PC a été utiliséepar votre organisme pour des projets éducatifs ?16%36%29%48%14%16 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 20123.2.2 Quelles sont les tech-nologies utilisées, et dansquel contexte ?Une large gamme de technologiesdifférentes est utilisée dans le cadre del’éducation et de la formation renfor-cées par les TIC. À la lumière de cela,le Rapport eLearning Africa 2012 avaitpour but didentifier, parmi les dif-férentes technologies disponibles,celles que les professionnels dusecteurs utilisent le plus souvent surle continent. Lorsquon leur a posé laquestion, les répondants ont le plusfréquemment répondu les ordinateurs,Internet, les projecteurs vidéos et lesmobiles. A côté de ces éléments, denombreux logiciels différents sontmentionnés dans les réponses, avecune référence régulière à PowerPoint.De même, divers systèmes de gestionde lapprentissage (LMS) sont notés,le plus populaire étant Moodle. Lesréponses à la question sont illustréespar le nuage de mots ci-après.Afin danalyser les tendances d’utilisa-tion plus en détails, les répondants ontété priés détablir une liste des alterna-tives à lordinateur personnel utiliséespar leur organisme pour la mise enœuvre de projets éducatifs. Comme lemontre le tableau ci-dessous, 48 %des répondants utilisent des téléphonesmobiles, 36 % utilisent un partage desressources informatiques (SRC), 29 %utilisent la virtualisation du poste detravail et 16 % utilisent des appareilssans empreinte ou client léger. Sur les415 personnes ayant répondu à cettequestion, 15 % nont utilisé aucun deces outils. 18 % rapportent que leurorganisme a utilisé au moins trois deces alternatives pour la mise en œuvreRéponses combinées à la question de l’Enquête : Quelle technologie éducative utilisez-vous le plus ?une grande majorité depersonnes, 74 %, utilisent lesTIC en classe pour renforcerl’éducation et la formation.
  16. 16. RÉSULTATS DU RAPPORT DAVID ANGWINÉtendre laccès à des technologies de linformation fiables estdéterminant pour élever le niveau déducation de nos enfants. Ceciest notamment vrai des économies dAfrique qui connaissent undéveloppement rapide où lattente dun accès aux TIC à lécole aaugmenté étant donné quun plus grand nombre de citoyensutilisent les technologies de linformation comme les téléphonesmobiles dans leur vie quotidienne.Cependant, à notre avis, les objectifs ambitieux du eLearning enAfrique ne peuvent être atteints quà laide de technologies desalles de classe intrinsèquement durables. Mais que signifie dura-bilité dans le contexte africain ? Tout dabord, il ne sagit pas decocher la case dune quelconque politique écologique des tech-nologies de linformation définie par un gouvernement. La réalitéde lextension des salles de classe numériques aux zones urbaineset rurales dAfrique est que la mise à disposition desdites tech-niques doit prendre en compte labsence dalimentation fiable enénergie. Toute interruption peut être gérée à laide de solutionsnouvelles telles que des batteries de secours ou lénergie solairepour alimenter une classe dans les lieux isolés.Même lorsque des sources dénergie fiables sont disponibles, unefaible consommation dénergie restera un enjeu important quant àla manière dont les écoles gèrent leur budget. Cela rend les ordina-teurs sans empreinte ou client léger très attractifs puisquilsutilisent généralement seulement entre 3 et 15 watt de puissance.La durabilité du eLearning en Afrique est beaucoup plus que leffi-cacité énergétique. Elle se réfère également à la manière dont lestechnologies de linformation dans les écoles doivent être faciles àinstaller et à gérer parce quil est irréaliste de sattendre à cequune école ait toujours accès à des compétences de gestion destechnologies de linformation sur le terrain. Les éducateursafricains prévoyant une extension du eLearning, ils ont besoin desassurer que les technologies pour les salles de classe soient sim-ples à mettre en place, à gérer et à utiliser dans la classe. La ges-tion centralisée et la fonction « plug and play » (prêt-à-utiliser) deslaboratoires de classe utilisant les technologies de virtualisationrépondent à cette exigence, et garantissent que les investisse-ments dans les laboratoires de classe génèrent un gain éducatifmaximum sur une longue période.En investissant dans des classes numériques, les éducateursafricains font preuve dun incroyable esprit d’anticipation concer-nant ce dont les nouvelles générations dAfricains ont besoin pouraméliorer leur vie. Ils ont besoin de se prémunir contre des décisionsrelatives aux technologies de linformation qui les enferment dans lepassé. Sachant que les budgets seront toujours serrés, les éduca-teurs africains doivent être ambitieux sur le sujet des TIC dans lédu-cation et tirer profit des derniers raisonnements en vigueur auXXIème siècle sur linformatique virtualisée et le cloud computing.Une autre dimension de la durabilité est le degré dancrage dans lefutur des TIC et la manière dont il peut évoluer au rythme desdéveloppements futurs en matière dapplications et de données.Les éducateurs utilisent déjà des solutions de ce type pour trans-former les TIC dans leurs écoles et leurs collèges. En Afrique duSud, déjà plus dun million et demi détudiants ont un accès auxTIC grâce à des laboratoires de classes utilisant la technologie decloud computing Wyse.La durabilité du eLearning africain est vitale pour rendre les TIClargement accessibles aux étudiants sur lensemble du continent.En fait, les pays africains semblent prêts à ouvrir la voie à dautreséconomies par leur usage novateur du « cloud client computing »à une échelle très large.David Angwin est Vice-Président,Marketing Opérationnel pour Wyse Technology et basé au Royaume Uni.Solutions technologiques durables et adaptéesà l’éducation en AfriqueDavid Angwin3.2.3 Pourquoi les gensutilisent-ils les TIC etcomment décident-ils dece qu’ils utilisent?LEnquête a également cherché àétablir quel était le plus grand facteurde motivation des répondants enfaveur de lutilisation de lenseigne-ment enrichi par les TIC. Le groupe leplus important, 42 %, indique quelamélioration de la qualité de len-seignement est le facteur principal demotivation dans la décision de mettreen œuvre un enseignement enrichi parles TIC. Ensuite, des proportions égalesde répondants (18 %) déclarent queles motivations les plus importantessont respectivement la faculté dedévelopper des compétences du XXIèmesiècle et l’amélioration de laccès à léd-ucation dans les zones reculées. Laquatrième réponse par ordre dimpor-tance, avec 12 %, est la promotion dela créativité et de la pensée critiquecomme première motivation.Les répondants ont ensuite été priés de0% 10% 20% 30% 40% 50%Améliorer la qualité de l’enseignementDévelopper des compétences du XXIèmesiècleAméliorer l’accès à l’éducation dansles régions reculéesPromouvoir la créativité et leraisonnement critiqueAutreDevenir économiquement compétitifQuelle est votre principale motivation pour l’utilisation del’éducation et la formation renforcées par les TIC ?42%18%17%11%9%3%LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 17
  17. 17. dire ce quils considéraient comme lesfacteurs les plus importants lors duchoix dun modèle daccès aux tech-nologies pour les parties prenantesdans léducation avec lesquelles travail-lent leurs organismes. Les réponses lesplus fréquentes sont « valeur éducative» et « coût financier » avec respective-ment 15 % et 14 % de réponses. Vi-ennent ensuite « simplicité, y comprisfacilité dinstallation, dutilisation et demaintenance » et « support techniqueet maintenance », avec respectivement13 % de réponses, suivi par « durabil-ité et robustesse de la technologie »avec 12 %.reculées. La quatrième réponse par or-dre dimportance, avec 12 %, est lapromotion de la créativité et de la pen-sée critique comme première motivation.RÉSULTATS DU RAPPORT CONTEXTE ET DÉFINITIONSGaston Donnat Bappa fait valoir que les traditions et lescultures africaines, fondements du développement du conti-nent, ont été mises à mal par cinq siècles desclavage et decolonisation, et quen conséquence, leur survie à lheureactuelle est menacée par des modes de vie qui sen éloignent.Ce chef dune communauté rurale déclare que le savoir an-cien, ancestral de lAfrique, est toujours vivant et que lutilisa-tion des TIC est essentielle pour les protéger et transmettre lesavoir lié à lidentité aux générations actuelles et futures.Les ingérences extérieures ont aliéné lAfriquetout au long de sa longue histoireLa vie et le développement des populations africaines ont été pro-fondément perturbés par lesclavage entre le XVIèmeet le XVIIIèmesiècle, par la colonisation qui a suivi au XIXèmeet au XXèmesiècleset par la néo-colonisation qui se poursuit de nos jours. Aujourdhui,ces évènements sont plus profondément ancrés dans la vie desAfricains que leurs propres traditions et la structure ancestralede leurs sociétés. Pourtant, les Africains ont accumulé un savoirimportant depuis que lHomme est apparu sur la planète Terre enAfrique il y a plusieurs millions dannées.Laliénation des peuples africains est renforcée quotidiennementpar linvasion de techniques nouvelles et dinformations en prove-nance dautres cultures, notamment celles de loccident, quipénètrent à laide des médias globalisés. Laliénation est parailleurs exacerbée par labsence presque totale de programmesdéducation stratégiques au service de lidentité nationale quidevraient être ancrés dans la culture et le savoir traditionnelsanciens des peuples. À défaut didentité, les nations et leurscitoyens sont dans lincapacité de discerner ce quils doivent ac-cepter du savoir quils reçoivent dautres cultures.La culture et le savoir anciens, traditionnelsde lAfrique sont toujours vivants.Aujourdhui plus que jamais, lAfrique est connue pour ses tradi-tions qui ont résisté à lépreuve du temps. Elle est enrichie par descoutumes ancestrales et une multitude de langues dont chacunerecèle des connaissances anciennes particulières et constitue unesource précieuse de richesses pour toute lhumanité. Elle estenrichie par ses peuples indigènes, sa culture orale, perpétrée parles « griots » (conteurs), ses proverbes, ses mythes et ses légen-des, ses totems, ses sorciers et ses patriarches et par ses relationsavec les morts à travers les rites et les cérémonies funéraires. Elleest enrichie par son animisme qui constitue la source de sa spiritu-alité spécifique, sa pharmacopée dont lefficacité avérée a étésauvegardée par les guérisseurs ; par ses arts et ses métiersinaltérables, inépuisables, son folklore, ses chants, ses danses,son communautarisme et la « joie de vivre » communicative quicaractérise ses peuples. LAfrique possède tant datouts et de tré-sors à la disposition de lhumanité qui en a encore besoin aujour-dhui. Il est impératif de les protéger. Les traditions africaines sontriches de dispositions et de lois pour toutes les étapes de la vie : lanaissance, ladolescence, lâge adulte, la vieillesse, la mort et au-delà, sans oublier les lois sur les femmes, les hommes, le mariage,le travail et bien dautres encore. Depuis des temps anciens, ellesont permis à tous les membres dune communauté de vivre leurépoque de manière acceptable et de préserver les espèces.Conseil sur le développement de lAfrique par la culture,la tradition, les TIC, la science et la technologieLAfrique doit trouver durgence des solutions pour s’imposer dansnotre monde globalisé en tant que partie intégrante de la sociétéet de léconomie de linformation. LAfrique dispose des moyensLe choix de lAfrique : numériser son savoir traditionnel ouperdre sa culture et son développementGaston Donnat Bappa18 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Le groupe le plus important,42 %, indique que laméliora-tion de la qualité de lenseigne-ment est le facteur principal demotivation dans la décision demettre en œuvre un enseigne-ment enrichi par les TIC.
  18. 18. RÉSULTATS DU RAPPORTnécessaires pour diriger son propre développement. Pour y par-venir, le savoir traditionnel, culturel et historique doit être la prior-ité fondamentale du système éducatif afin que les citoyenspossèdent les repères identitaires nécessaires à lorganisation età la construction de leur vie au XXIème siècle. En même temps, ilfaut poursuivre et renforcer le développement intellectuel danstous les domaines, notamment en sciences et dans les technolo-gies. La véritable histoire de lAfrique, qui a été dénaturée par ceuxqui lont exploitée, doit être restaurée.Le cas des femmes africaines illustre parfaitement cet état de fait.De nombreuses personnes pensent que les cultures africaines nesont pas favorables aux femmes. Cest faux. La tradition africainese nourrit de ce que représentent les femmes pour la vie commune.La tradition de lAfrique noire est incarnée par une femme, ladéesse égyptienne Maat qui personnifie lordre, la vérité, la justice,légalité, léquilibre et la droiture. Les femmes jouent égalementun rôle crucial en tant que gardiennes de la culture et de lhéritageafricains. Dans les familles africaines, cest la femme qui agit entant que conservatrice de la richesse, outre le fait que, dans laplupart des civilisations africaines traditionnelles, les relationsfamiliales sont matriarcales.Cependant, les conditions de lhistoire de lAfrique ont mis lesfemmes dans une position extrême. Lesclavage et la colonisationont eu pour conséquence que de nombreux hommes étaient soitdéportés, soit tués suite au travail forcé. Les femmes ont donc étésoumises à une demande élevée de procréation dans le but de don-ner naissance à un plus grand nombre dhommes. Elles étaient sol-licitées pour de nombreuses autres tâches, telles que lagriculture,étant donné que les hommes nétaient plus disponibles.Nous devons aujourdhui comprendre et être conscients de cela,afin de redonner aux femmes africaines la place centrale quellesoccupaient dans la vie de la communauté et de leur rendre leur in-dépendance. La renaissance de lAfrique, qui implique la restaura-tion de sa conscience historique, est une tâche essentielle commele faisait valoir avec conviction Cheik Anta Diop, lanthropologuesénégalais légendaire. Pour y parvenir, lAfrique a besoin déduca-tion à grande échelle couvrant tous les niveaux. Seules les TICpeuvent faire advenir cette évolution pour que les Africains trou-vent leur voie, où quils vivent dans le monde.Les formes traditionnelles de communication, en premier lieu latransmission orale, les tams-tams, les messagers humains ou lessignaux de fumée disparaissent. Ces méthodes dacquisition, detransmission et de sauvegarde du savoir ont permis à notre cultureet à nos traditions de perdurer pendant des milliers dannées. Ellessont étroitement liées aux nouvelles TIC en termes de modes du-tilisation. Il est impératif de les protéger, et dutiliser à grandeéchelle les moyens de communication modernes tels que lécrit-ure, la radio, le téléphone, la télévision, les ordinateurs, et endernier ressort, Internet.Pour garantir une utilisation efficace de la technologie pour pro-mouvoir et protéger la culture et les traditions, et pour assurerleur avenir à long terme, il est vital de créer des contenus locauxnumériques à grande échelle. Les Africains eux-mêmes y aurontaccès, étant les principaux intéressés, et le reste du mondeégalement. Sans ces contenus locaux, les outils TIC ne seront riende plus que des cages de résonnance de cultures étrangèrescherchant à perpétuer laliénation de la jeunesse africaine enléloignant progressivement de son identité et de sa créativité.Les implications du progrès technique du XXIème siècle pourla perpétuation des cultures africaines traditionnellesLes centres de formation, de développement et dexpression destraditions et de la culture doivent être créés dans des lieux où cestraditions et cette culture existent et sont renforcés par les outilsTIC appropriés. Dans cette optique, jaimerais conclure en faisantdeux recommandations.Premièrement, la création et le développement de centres de ré-ception de radiodiffusion et de télévision sont essentiels dans lescommunautés rurales. Un mélange de technologies mobiles peutfaire émerger une nouvelle ère dengagement des communautésrurales dans un certain nombre de formats divers. Les villages sontles lieux principaux où le savoir ancestral est encore vivant. Lespopulations rurales fournissent elles-mêmes les contenus et lestransmettent dans les langues locales. Ceci peut susciter un grandintérêt au sein des communautés, tout simplement parce que lavoix de lun dentre eux peut être entendue à la radio, provoquerdes discussions sur des problèmes importants abordés dans uneémission. Les contenus peuvent également être sauvegardés et re-traités numériquement afin de pouvoir être retransmis sur Inter-net pour les ressortissants vivant au loin et dans le reste du monde.Deuxièmement, les coûts de production baissent, en conséquence,la création, la diffusion et la sauvegarde des contenus multimé-dias locaux sont bien plus aisés. Comme la si bien exprimélécrivain Amadou Hampate Bâ, « en Afrique, lorsquune personneâgée décède, cest une bibliothèque qui brûle. » Pour garantir queces bibliothèques vivantes que sont les vieux patriarches ne brû-lent pas, les États africains devraient encourager la création devéritables bibliothèques rurales dans les lieux où les traditionssont préservées, tels que les chefferies, les lieux de rencontre, lespatriarcats, les centres culturels et les musées. Les ordinateursjoueront un rôle déterminant dans la collecte et la sauvegarde descontenus locaux. De même, les connexions sans fil permettront-elles aux bibliothèques rurales dêtre reliées aux centres régionauxet nationaux, ouvertes à tous via laccès Internet, de mettre enforme et de conserver des contenus divers et de faciliter léduca-tion, la recherche et linnovation.En renouant fermement avec ses traditions et sa culture à laidedes TIC, et en comprenant la science et la technologie, lAfriquepourra enfin émerger de manière plus concrète dans le mondemoderne.Gaston Donnat Bappa est un chef traditionnel du Cameroun et unspécialiste des communautés rurales. Il est consultant senior en matièrede technologies de l’information, titulaire de diplômes en ingénierie deGASTON DONNAT BAPPALE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 19
  19. 19. RÉSULTATS DU RAPPORT QUELLES SONT LES CONTRAINTES AU NIVEAU NATIONAL EN MATIÈRED’ÉDUCATION ET DE FORMATION RENFORCÉES PAR LES TIC ?20 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Lévolution rapide du secteur de l’édu-cation et de la formation renforcéespar les TIC signifie que sa nature estfréquemment définie par les facteursqui brident sa croissance et sondéveloppement. Parmi tous les défisrencontrés, lEnquête a tenté didentifierles facteurs les plus importants qui limi-tent lutilisation des TIC dans chacundes pays où travaillent les répondants.Le facteur le plus contraignant est lalimitation des bandes passantes (17%), suivi par le manque de ressourcesfinancières, des capacités enressources humaines inadéquates etune puissance électrique limitée,respectivement 11 %. Une analysespécifique a été réalisée pour chacundes sept pays ayant donné plus de 20réponses (Nigéria, Afrique du Sud,Kenya, Ouganda, Zambie, Ghana etTanzanie). Le tableau ci-après montrequels sont les pays qui considèrentchacun de ces facteurs contraignantscomme le plus ou le moins important.(Ce tableau ne doit pas être interprétécomme reflétant ce que les répondantsde chacun des pays perçoivent commeétant la contrainte principale, maisplutôt quel est le pays le plus ou lemoins susceptible didentifier ce pointcomme une contrainte, en comparai-son avec les six autres pays).3.3 Quelles sont les contraintes au niveau nationalen matière d’éducation et de formation renforcéespar les TIC ?Rang Facteur contraignant % Pays le plus Pays le moinssusceptible susceptibledidentifier didentifierceci comme ceci commeune contrainte une contrainte1 Largeur de bande limitée 17 Zambie Kenya2 Manque de ressources financières 11 Zambie Nigeria2 Capacité en ressources humaines inadéquates 11 Afrique du Sud Tanzanie2 Electricité limitée 11 Nigeria Afrique du Sud5 Absence dapprentissage approprié 8 Kenya Ouganda6 Absence d’équipements informatiquesappropriés 7 Tanzanie Ghana7 Manque denseignants qualifiés 6 Afrique du Sud Nigeria8 Manque de logiciels appropriés 6 Tanzanie Ghana9 Manque de volonté politique 4 Nigeria Ouganda10 Corruption et vol des ressources 4 Ouganda Zambie10 Manque de contenus éducatifs de qualité 4 Tanzanie Nigeria12 Pression de la pauvreté 3 Kenya Ouganda12 La durabilité nest pas une priorité 3 Kenya Tanzanie12 Manque de leadership 3 Nigeria Ouganda15 Instabilité et manque de sécurité 1 Afrique du Sud Zambie15 Autres facteurs 1 N/A N/AContraintes clés qui font obstacle au eLearning au niveau nationalPhoto : Jan-Willem Loggers /Femme recevant une question concernant la santéLe facteur le plus contraignantest la limitation des bandespassantes (17 %)
  20. 20. RÉSULTATS DU RAPPORTLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 21LEONARD MWAREIl y a une crise croissante de la gestion des eDéchets au Kenya.Bien que certaines initiatives se mettent en place montrant unfort potentiel pour lavenir, elles restent extrêmement rares. Cedont on a besoin, entre autres mesures, cest dun effort concertéet systémique de toute la communauté éducative en vue de lutili-sation et de lélimination des produits électroniques au Kenya.Une étude de lUNEP (2009) estime que le volume actuel deeDéchets généré au Kenya sélève à 11.400 tonnes pour lesréfrigérateurs, 2.800 tonnes pour les téléviseurs, 2.500 tonnes pourles ordinateurs personnels, 500 tonnes pour les imprimantes et 150tonnes pour les téléphones mobiles. Une seconde étude mandatéepar le réseau Kenyan daction pour les TIC - Kenya ICT Action Net-work (KICTANET) - en 2007 a évalué le volume de eDéchets générédans la capitale Nairobi à 3.000 tonnes par an. La disparité desévaluations montre que la quantité de eDéchets produite au Kenyanest pas connue. Cela suggère que, outre le déversement desdéchets électroniques, lAfrique en général et le Kenya en partic-ulier génèrent également leurs propres eDéchets.On estime quenviron 50 % du marché kenyan des ordinateurs estconstitué dordinateurs de seconde main utilisés dans les écoles,les cybercafés, les PME et par les ménages. Les déchets électron-iques sont ouvertement déversés dans des décharges sans soucides risques quils représentent pour la santé et lenvironnement.Les initiatives telles que le Centre pour les déchets déquipementsélectriques et électroniques -Waste Electrical and Electronic Equip-ment (WEEE) Centre - organisé par Ordinateurs pour les EcolesKenya (CFSK) tentent de résoudre ce problème. A lheure actuelle,leurs efforts ne sont pas efficaces, principalement en raison dumanque général de conscience des conséquences nocives de laug-mentation des déchets électroniques. Par exemple, la plupart desparties prenantes et des travailleurs des décharges de eDéchets nesont pas conscients des substances toxiques répandues par leseDéchets telles que le mercure, le cadmium et les hydrocarburespolycycliques aromatiques (PAH).Dans un rapport intitulé « Le marché mondial de produits et deservices de eLearning sur mesure : 2010-2015 prévisions et analyse(Worldwide Market for Self-paced eLearning Products and Services:2010-2015 Forecast and Analysis) » Ambient Insight (2011) prévoitque le eLearning va connaître en Afrique un taux de croissance de16 % par an. Cette croissance rapide est couplée avec ce que TheEconomist décrit comme « lenthousiasme de lAfrique pour latechnologie », en référence à laugmentation rapide de lusage dutéléphone mobile en Afrique. Ceci augmente le casse-tête delélimination des téléphones mobiles terminant leur vie sous formede déchets électroniques.Le changement technologique rapide saccompagne dune obsoles-cence rapide des anciennes technologies remplacées par denouvelles. Les technologies obsolètes sont conçues pour être réu-tilisées, recyclées ou éliminées. Hewlett Packard (HP) estime queles déchets électroniques sont le flux de déchets qui augmente leplus dans de nombreuses régions dAfrique (Fetzer, 2009). Cepen-dant, cela peut se transformer en opportunité.Lélimination des eDéchets est considérée comme une opportunitéde croissance pour les PME africaines. Elle est perçue, à ce stade,comme faisant partie dun secteur informel qui crée des emplois àfaible technicité et à faible revenu. Les institutions éducatives sontmieux placées pour conduire des recherches sur les méthodesdélimination plus sûres, sur limpact des eDéchets sur les com-munautés et loffre de formation.Etant donné la bienveillance dont bénéficient les établissementsdenseignement dans la société, leur implication dans la détermi-nation dun agenda de gestion des eDéchets est critique. AuKenya, lUniversité des Sciences et des Techniques de MasindeMuliro (MMUST) a pris la tête, en partenariat avec Ordinateurspour les Ecoles Kenya et Computer Aid International, dun pro-gramme de formation sur la gestion des déchets électroniques.La MMUST propose actuellement un enseignement de niveau dudiplôme sur la gestion des eDéchets, une première dans cette par-tie de lAfrique. Il sagit dune excellente approche pratique adop-tée par cette université et elle devrait être reprise par de nombreuxétablissements denseignement.De manière générale, les universités et autres établissementsdenseignement, ont un rôle à jouer dans la sensibilisation parmiun large panel de parties prenantes à travers les médias, des ate-liers, des séminaires et la recherche. Cela peut jeter les bases deladoption dune législation adéquate, lobtention de techniques detraitement améliorées, le développement de méthodes meilleureset plus fiables délimination des déchets électroniques et linculca-tion de compétences entrepreneuriales par lapprentissage.Ce nest quen développant les capacités humaines et financièresdes parties prenantes impliquées dans la gestion des eDéchetsque ce problème peut être correctement traité. Bien que les exem-ples mentionnés plus haut viennent du Kenya, dautres paysafricains ne disposant pas dactivités similaires peuvent tirerprofit de lexpérience du Kenya. Des exemples analogues de bonnepratique en provenance dautres parties du monde doivent êtrepris en considération lorsquil sagit délaborer un plan dactionglobal pour lAfrique.Leonard Mware est Directeur exécutif de ICWE Africa, basé au Kenya. Il disposedune expérience de plus de 25 ans des TIC dans le domaine de léducation, ilest consultant en matière de systèmes dinformation, en ingénierie des télé-communications, et en tant que chargé de cours à luniversité.Comment le secteur éducatif produit des eDéchets au Kenya et pourquoiil doit être responsable de la gestion de ces déchets électroniquesLeonard Mware
  21. 21. RÉSULTATS DU RAPPORT QUELS SONT LES FACTEURS DÉTERMINANTS AU NIVEAU DES ORGANISMESEN MATIÈRE D’ÉDUCATION ET DE FORMATION RENFORCÉES PAR LES TIC ?22 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012Les répondants ont été priés de répon-dre à certaines questions du point devue de leur organisme plutôt que deleur pays dans son ensemble. On leur ademandé quels étaient les facteurs lesplus déterminants pour la mise en œu-vre dune éducation et dune formationrenforcées par les TIC au sein de leurorganisation. Le tableau suivant affichela hiérarchie des réponses en indiquantles plus hautes priorités.Comme anticipé, les différents typesdorganismes mettent laccent sur dif-férents éléments comme priorités ab-solues pour la mise en place dune éd-ucation et d’une formation renforcéespar les TIC :• Les ONG sont le plus susceptiblesdidentifier les régions rurales, lesacquis de lenseignement et lamodularité comme les plus hautespriorités ;• le gouvernement est le plus sus-ceptible didentifier lanalyse delimpact et le suivi et lévaluationcomme les plus hautes priorités ; et• le secteur privé est le plus suscep-tible didentifier la croissance delapprentissage mobile, la rentabil-ité et la durabilité comme les plushautes priorités.Les répondants ont également été priésdindiquer ce que leurs organismesconsidéraient comme le principal fac-teur pour le choix dun modèle daccèsà la technologie. Comme lillustre legraphique ci-après, la répartition estrelativement équilibrée, la valeur éd-ucative (15 %) étant considéréecomme le facteur le plus important,tous secteurs confondus. Elle est suiviede près par le coût financier et le rap-port qualité-prix (14 %).Il existe de légères différences entre cespriorités dans chaque secteur. Lors duchoix dun modèle daccès à la tech-nologie :• le secteur des ONG est celui quimet la priorité sur le coût financieret lefficacité énergétique ;• le gouvernement met la prioritésur linteropérabilité, la durabilité etla robustesse de la technologie ; et• le secteur privé se préoccupe enpriorité de la simplicité daccès.3.4 Quels sont les facteurs déterminants au niveaudes organismes en matière d’éducation et deformation renforcées par les TIC ?Les facteurs les plus déterminants au niveau des organismes pourl’éducation et la formation renforcées par les TIC0% 3% 6% 9% 12% 15%14%14%11%12%11%13%12%12%1%Coût financier (rapport qualité/prix)Valeur éducativeEfficacité énergétiqueLogiciel adaptéInteropérabilité (peut fonctionner avecdifférents systèmes d’exploitation)Simplicité (facilité d’installation,d’utilisation et de maintenance)Assistance technique et maintenanceDurabilité et robustesse de la technologieAutreQuel est le facteur le plus important lors du choixd’un modèle d’accès à la technologieRang Facteur %1 Laccès à des contenus appropriés 182 Linfrastructure : électricité, bâtiments, bande large 163 Développement professionnel et apprentissage 124 Accès à des ordinateurs à prix abordable et fiables 115 La recherche sur l’éducation et la formation renforcées par les TIC 76 L’éducation et la formation renforcées par les TIC dans les zones rurales 56 Les acquis de l’éducation et de la formation renforcées par les TIC 58 La durabilité de l’éducation et de la formation renforcées par les TIC 48 Laugmentation de lapprentissage mobile 48 Les partenariats multiples avec les parties prenantes 411 Lanalyse dimpact 311 Le suivi et lévaluation 311 La modularité 314 Les médias sociaux 214 La rentabilité 214 Autre 2
  22. 22. RÉSULTATS DU RAPPORT THÈMES CLÉSLE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012 233.5.1 Lapprentissageprécoce nest pas (encore)une prioritéLe graphique à secteurs ci-contremontre la répartition des secteurs surlesquels les répondants concentrent laplus grande partie de leur travail. Ilmontre qu’une majorité de répondants(43 %) travaille dans lenseignementsupérieur, suivi du secteur scolaire (20 %),comparé au secteur du développe-ment de la petite enfance (1 %).Ceci suggère que le réseau de eLearningAfrica se concentre majoritairementsur lenseignement supérieur et lesecteur scolaire comparativement à laprotection et léducation de la petiteenfance (EPPE). Sur les 447 répondants,seuls trois ont indiqué concentrer leurtravail sur la petite enfance et 18 quilstravaillaient dans tous les secteurs deléducation. Ces derniers peuventégalement inclure le secteur de lapetite enfance. Les trois répondantsviennent dAfrique du Sud etdOuganda, lun étant basé au seindune organisation gouvernementale,lautre dans une ONG et lautre dansune organisation à capitaux privés.Le faible score remporté par la protec-tion et léducation de la petite enfance(EPPE) peut être dû au fait que la ma-jorité des répondants travaille dans desétablissements denseignementsupérieur publics. Il pourrait égalementrefléter la volonté des gouvernementsafricains et de leurs partenaires dat-teindre lobjectif de lenseignementprimaire universel (EPU) dans le cadredes efforts déployés pour réaliser lÉd-ucation pour Tous dici 2015. Laccentmis sur la volonté daugmenter lenombre délèves à laide de lEPUaurait bien pu avoir été érigé en prior-ité aux dépens dautres secteurs essen-tiels de léducation, y compris lEPPE.Ce résultat apparaît dans le contextedune attention croissante du mondesur lEPPE comme priorité importantepour le développement de lhumanité.En 2010, la première Conférence mon-diale sur léducation et la protection dela petite enfance (WCECCE) qui sesttenue à Moscou, Russie, a adopté unevision holistique de lEPPE et une atten-tion particulière à la prise en charge, àléducation, à la santé, à lalimentationet à la sécurité des enfants, de la nais-sance à lâge de huit ans. La con-férence a débattu des enseignementsde la recherche ayant confirmé lamanière dont lEPPE fournit les basesindispensables à lapprentissage toutau long de la vie, à une meilleuresanté, à une plus grande efficacité delenseignement, à légalité des sexes, àlemployabilité et une meilleure qualitéde vie (UNESCO 2011c).La conférence eLearning Africa 2012de Cotonou, Bénin, comportait deuxsessions consacrées à lintégration desTIC, y compris des téléphones mobilesdans lEPPE. Il est à espérer quil sagitdun signe que lEPPE est en train deprendre une plus grande place dans lediscours du réseau eLearning Africa.Par ailleurs, la communauté desbailleurs de fonds semble accroître sesinvestissements dans ce secteur etsoutenir des projets et des initiativescentrés sur lapprentissage précoce dela lecture en Afrique. Lintégration ef-fective des TIC dans les programmesdEPPE permet datteindre plus facile-ment cet objectif denseignement pri-maire pour tous.3.5 Thèmes clésEnseignement supérieur ..................... 43%Ecoles (primaire, collègeou secondaire) ..................................... 20%Apprentissage en instituttechnique ou formation...................... 11%De manière égale à tousles niveaux d’éducation ...................... 11%Autre ...................................................... 6%De manière égale à tousles niveaux d’éducation......................... 4%Education informelle............................. 4%Petite enfance (maternelle) .................. 1%Dans quel niveau d’éducationles répondants travaillent-ils ?Photo : Mohamed Adama Thiam / Encourager l’éducation des filles à l’aide des TIC
  23. 23. RÉSULTATS DU RAPPORT24 LE RAPPORT eLEARNING AFRICA 2012CAROL SUZANNE ADHIAMBO OTIENOAvec une attention globale renouvelée pour limportance derenforcer lapprentissage précoce de la lecture, quelquesétudes abordent la question de savoir dans quelle mesure lestéléphones mobiles peuvent jouer un rôle de soutien, notam-ment dans lacquisition de la langue locale et lutilisation desplates-formes de jeux. Ceci est lhistoire dune initiative de cetype au Kenya.A lorigine, Graphogame a été conçu comme un outil de recherchepermettant détudier lapprentissage de la lecture par létude lon-gitudinale sur la dyslexie effectuée à Jyväskylä (Jyväskylä Longitu-dinal study of Dyslexia) (JLD). Il est basé sur la version finlandaise,Ekapeli. Les adaptations de ce jeu ont été conçues à des fins derecherche à laide de la technologie de la téléphonie mobile enAfrique en différentes langues Bantoues - à savoir le Kiswahili, leKikuyu, le Cinyanja et le Tonga. Le jeu est idéalement destiné à desenfants de six ans et plus, parce que la recherche montre que pen-dant cette période, lenfant doit avoir développé des capacités dereconnaissance phonologique. Le jeu implique que lenfant entenddes sons à travers des écouteurs de bonne qualité et en mêmetemps, différents objets apparaissent sur lécran du téléphone.Lenfant est ensuite prié de choisir lobjet qui correspond au sonquil/elle entend. Le jeu introduit les premiers phonèmes parlés etensuite des syllabes et finalement des mots. Le jeu est destiné auxenfants pour lesquels lapprentissage de la lecture est un réel défiet, par conséquent, il est important que le jeu soit agréable. Cecipermet de maintenir lintérêt des enfants pour le jeu, et de lesmotiver pour apprendre grâce au succès quils expérimentent aucours du jeu (Lyytinen et al 2009).Au Kenya, la recherche sur lefficacité des versions en Kikuyu etKiswahili du Graphogame sest achevée en 2011. Les deux étudesont révélé que les enfants qui lutilisaient amélioraient leur facultéà épeler et à orthographier au bout dun minimum de 3 heures, cequi impliquait de jouer pendant des périodes de 10 minutesplusieurs fois par jour pendant 4 jours. Par ailleurs, les enseignantsont rapporté que les enfants qui ont joué avec ce jeu ont accru leurdegré dattention pendant la réalisation de la tâche. A des fins derecherche, les enfants qui ont participé se sont vu remettre destéléphones mobiles.Conformément à la Commission des communications du Kenya(CCK), le Kenya avait un total de 25,27 millions dabonnés au télé-phone mobile en 2011. Cependant, la majorité des usagers vit dansles zones urbaines. La situation est différente dans les zonesrurales. Une étude générale dans les deux zones urbaines etrurales à bas revenu, dans lesquelles sest déroulée la recherchesur le Graphogame pour déterminer le niveau de pénétration dutéléphone mobile pour la future mise en œuvre du jeu, a révélé quemoins de 30 % des familles de la zone rurale possédait au moinsun téléphone et que les parents qui possédaient les téléphonesnétaient pas prêts à les donner à leurs enfants, même sous sur-veillance. Dans la zone urbaine, 50 % des familles possédaient destéléphones mobiles, mais rares étaient ceux dont les téléphonesavaient coûté plus de 20 USD et ces téléphones ne disposaient pasdun logiciel permettant dutiliser la technologie de Graphogame.Cette étude a montré que lapprentissage à laide du téléphonemobile peut accompagner la lecture précoce, notamment parceque les enfants utilisent volontiers les téléphones mobiles. Néan-moins, il est clair que plus de ressources doivent être investiesdans laccessibilité de téléphones mobiles adéquats et leur entre-tien, surtout dans les zones rurales, si lon veut réaliser la visionde lapprentissage précoce de la lecture à laide du téléphonemobile au Kenya et en Afrique.Carol Suzanne Adhiambo Otieno vient du Kenya et rédige actuellement undoctorat en neuropsychologie sur le thème de « Lenseignement précoce de lalecture dans les langues locales à laide de la technologie mobile au Kenya »(« Teaching early reading in local languages using mobile technology in Kenyaat the University ») à lUniversité de Jyvaskyla, FinlandeLapprentissage précoce de la lecture à laide de lenseignementmobile en Afrique : le cas des adaptations de Graphogame au KenyaCarol Suzanne Adhiambo Otieno

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