Rapport OMD 2013

223 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
223
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
4
Actions
Partages
0
Téléchargements
2
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Rapport OMD 2013

  1. 1. Organisation internationale de la Francophonie 19-21, avenue Bosquet 75007 Paris, France Tel +33 (0)1 44 37 33 00 www.francophonie.org Rapport 2013 La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Rapport2013|LaFrancophonieetlesObjectifsdumillénairepourledéveloppement
  2. 2. Rapport 2013 La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement
  3. 3. INTRODUCTION Avant-propos du Secrétaire général de la Francophonie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 La Francophonie, quelles modalités d’action ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 OBJECTIF 1 | éliminer l’extrême pauvreté et la faim. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 OBJECTIF 2 | Assurer l’éducation primaire pour tous. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 OBJECTIF 3 | Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 OBJECTIF 4 | Réduire la mortalité infantile.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 OBJECTIF 5 | Améliorer la santé maternelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 OBJECTIF 6 | Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 OBJECTIF 7 | Assurer un environnement durable.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 OBJECTIF 8 | Mettre en place un partenariat mondial pour le développement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55 Synthèse générale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 CONCLUSION | Acquis et perspectives. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 ANNEXES Les Objectifs du millénaire pour le développement et leurs cibles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Statistiques francophones........................................................................ 76 L’Organisation internationale de la Francophonie en quelques mots. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 Acronymes et sigles................................................................................. 90 Références. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91 Sommaire
  4. 4. Introduction ©JasminMerdan/Fotolia.com
  5. 5. Alors que nous sommes à deux ans de l’échéance de 2015, fixée pour la réa- lisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés par les Nations unies en 2000, force est de constater que le défi ne pourra pas être atteint pour l’ensemble des objectifs. Bien que l’adoption d’un référentiel commun par la communauté internationale constitue une avancée importante, et que les progrès accomplis dans la mise en œuvre des OMD, même inégaux, soient remarquables, le moment est venu d’en tirer tous les enseignements utiles afin de tracer les perspectives d’un nouvel agenda du développement pour l’après-2015. Fondée sur le partage d’une langue commune autour de réalités culturelles mais aussi économiques diversifiées, la Francophonie a un rôle majeur à jouer pour faire vivre la solidarité au sein d’un espace marqué par des disparités importantes de développement, avec, par exemple, deux pays membres du G20, d’une part, et 23 des 49 pays les moins avancés (PMA), d’autre part. C’est pourquoi, dès 2000, la Francophonie a fait des OMD une priorité dans l’ensemble de ses domaines d’intervention, confirmée par les choix retenus dans son Cadre stratégique décennal adopté en 2004 à Ouagadougou. De ce fait, la Francophonie fonde sa démarche d’action sur un double rôle d’acteur des relations internationales et de plaidoyer, d’une part, et de soli- Avant-propos d’Abdou Diouf Secrétaire général de la Francophonie ©CyrilBailleul/OIF 4
  6. 6. 5 darité et d’accompagnement des pays membres en développement (PED), d’autre part. Ceux-ci sont, en effet, les premiers concernés par les enjeux et problé- matiques des OMD. La Francophonie contribue ainsi à faire « coopérer les coopérations » en ce qu’elle réunit, grâce au dialogue qu’elle suscite, différents cercles d’appartenance cultu- relle (hispanophonie, arabophonie, lusophonie) mais aussi politique avec des pays membres de l’Union européenne, de l’Union africaine, du Commonwealth, de l’Accord de libre-échange nord-américan (Aléna), de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) et de la Communauté caribéenne. En tant que facilitateur et médiateur du dialogue inter- national, la Francophonie s’efforce ainsi d’assurer un rôle de vigie pour que la solidarité internationale s’exerce pleinement. Dès 2008, au lendemain de la crise financière et économique mondiale, la Francophonie a appelé au redoublement des efforts. Hélas, les effets de celle-ci, avec ses prolongements sur le plan social, écologique et alimentaire, ont touché encore plus sévèrement les pays les moins avancés et les populations les plus vulnérables. L’élaboration d’un nouvel agenda du développement pour l’après-2015 sur la base d’un partenariat mon- dial plus fécond et solidaire, constitue, à cet égard, un nouveau défi majeur à relever avec l’impérieuse nécessité d’une action renouvelée et renforcée. La communauté internationale devra laisser une large priorité à la jeunesse dont les revendications, de plus en plus pressantes, exprimées ici et là, nous invitent à lui accorder davantage d’attention et d’écoute, d’autant plus que les dynamiques démographiques démontrent que sa voix pèsera de plus en plus pour l’avenir de la planète. La feuille de route de l’après-2015 devra prendre en compte les bouleversements apparus depuis le début du nouveau millénaire, tout en anticipant les prochains défis que ces bouleversements génèrent. Se pose ainsi la question de l’élargissement des OMD, par exemple, aux thématiques des droits de l’Homme, de la culture, de la transition énergétique face aux chan- gements climatiques, le tout avec une approche de durabilité. Je me réjouis que les travaux du panel de haut niveau pour l’agenda pour le développement après 2015, mis en place par le Secrétaire général des Nations unies, et ceux du groupe de travail ouvert sur les Objectifs du développement durable (ODD) incitent à la convergence des deux démarches. Je forme le vœu que l’ensemble des parties prenantes mette tout en œuvre pour qu’une telle convergence puisse aboutir pleinement et être effective dès que possible. Pour cela, la Francophonie ne manquera pas de pour- suivre son engagement en apportant sa contribution autour de quelques priorités que représentent les modes de consommation et de production durables, l’éducation de la jeunesse et l’accès à l’emploi, l’éner- gie durable pour tous et la prise en compte de la dimension culturelle dans le développement durable. La Francophonie prendra toute sa part de responsa- bilité dans ce moment crucial où s’élabore le cadre de référence pour l’action future de l’ensemble de la communauté internationale. Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
  7. 7. Le Cadre stratégique décennal que les États et gouvernements membres de la Francophonie avaient adopté en 2004, à Ouagadougou, donnait une défini- tion du développement durable fondée sur « la gestion maîtrisée et saine des ressources naturelles, un progrès économique inclusif et continu, un dévelop- pement social équitable faisant appel à la tolérance et s’appuyant sur l’éduca- tion et la formation, des garanties de démocratie et d’État de droit à tous les citoyens et une large ouverture à la diversité culturelle et linguistique ». C’est avec une telle vision et une approche conciliant les dimensions écono- mique, sociale, environnementale et culturelle que la Francophonie a structuré son action en faveur de l’atteinte des OMD. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n’étant pas un bailleur de fonds, cette action se décline en deux missions essentielles, autour d’un plaidoyer politique sur les OMD et la coopération internationale, d’une part, et d’une action d’accompagnement pour le renforcement des capacités humaines et institutionnelles des pays membres, d’autre part. En fonction de ses moyens et de la nature de ses missions, la Francophonie apporte ainsi une contribution à l’atteinte des OMD qui concernent la pauvreté, l’éducation primaire, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’environnement durable et le partenariat mondial. S’agissant des objectifs relatifs à la mortalité infantile, la santé maternelle et la lutte contre le sida, le paludisme et d’autres maladies, la Francophonie, qui n’intervient pas dans le domaine de la santé, ne peut agir que de manière indi- recte étant donné que d’autres organismes spécialisés sont davantage outillés dans ces domaines. L’ensemble de ces actions tant de plaidoyer que de coopération s’appuient sur une approche partenariale nouée avec d’autres organisations internationales et régionales ainsi que des réseaux institutionnels et professionnels. Une telle approche se traduit notamment par la mobilisation de l’expertise francophone et la diffusion de l’information pertinente. Le présent document, préparé à l’occasion du Sommet des Nations unies qui se tiendra en septembre 2013, à deux ans de l’échéance de 2015, a pour objet de présenter une synthèse de l’état d’avancement des OMD au sein de l’espace francophone et de rappeler l’essentiel de la contribution de la Francophonie à cette réalisation, tout en tirant les enseignements de l’expérience acquise et en traçant quelques perspectives. La Francophonie, quelles modalités d’action ? 6
  8. 8. 7 Objectif 1 éliminer l’extrême pauvreté et la faim 7 ©Soupstock/Fotolia.com
  9. 9. 8 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Malgré la récession internationale, les taux de pau- vreté n’ont jamais été aussi bas au niveau mon- dial. Selon la Banque mondiale, le taux d’extrême pauvreté fixé à 1,25 dollar US par jour a été réduit de plus de la moitié depuis 1990. La proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour a diminué dans l’ensemble des régions en développement, passant de 43 à 22 % entre 1990 et 2008(1) . En chiffres absolus, le nombre de per- sonnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté est ainsi passé de 1,9 milliard à 1,3 milliard durant cette même période. Il n’en demeure pas moins que, au rythme actuel de progression, plus d’un milliard de personnes dans le monde vivront encore en des- sous du seuil de pauvreté extrême en 2015. Cette tendance générale masque, néanmoins, d’importantes disparités régionales. Au sein de l’es- pace francophone, l’Afrique subsaharienne peine encore à éradiquer ce fléau malgré d’importantes avancées. Les données les plus récentes montrent que la proportion de la population disposant de moins de 1,25 dollar par jour dans les pays fran- cophones est de 44 %(2) en Afrique subsaharienne, bien que certains pays enregistrent des chiffres encourageants, tels que le Cameroun, le Cap-Vert, état des lieux CIBLE | Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1,25 dollar US par jour O B J E C T I F 1  : é limi n er l’ e x t r ê me pauvre t é e t la faim (1) Source : Banque mondiale. (2) Cette moyenne est calculée sur la base des données les plus récentes des pays concernés. 0 20 40 60 Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe 0 20 40 60 Afrique subsaharienne Afrique du Nord et Moyen-Orient Asie du Sud-Est Caraïbes et Océanie 44% 2% 23% 38% (%) (%) 37% 53% 49% Proportion de la population vivant avec moins de 1,25 dollar US par jour parité du pouvoir d’achat Données les plus récentes de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Statistiques complémentaires en annexe. 0 20 40 60 Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe 0 20 40 60 Afrique subsaharienne Afrique du Nord et Moyen-Orient Asie du Sud-Est Caraïbes et Océanie 44% 2% 23% 38% (%) (%) 37% 53% 49% Par région Afrique subsaharienne
  10. 10. 9 la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, le Ghana et la Mauritanie. Il convient toutefois de signaler que cette moyenne s’élevait approximativement à 60 % au début des années 1990. L’Afrique du Nord et l’Asie du Sud-Est connaissent une meilleure situa- tion avec, respectivement, 2 % et 23 % de la popu- lation vivant dans la pauvreté extrême. Malgré une reprise de l’emploi en 2010, le chômage dans le monde connaît cette année encore une nouvelle poussée et touche 200 millions d’individus – soit une augmentation de 27 millions depuis le début de la crise(1) . À l’échelle mondiale, les femmes et les jeunes demeurent les plus vulnérables, car fortement exposés au chômage ou cantonnés dans des emplois définis comme vulnérables(2) . Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont particulière- ment touchés par la crise. En 2011, on dénombrait 74,8 millions de jeunes au chômage dans le monde, soit 4 millions de plus depuis 2007. Les femmes ont, quant à elles, plus de risques que les hommes d’être confinées dans des emplois vul- nérables, principalement en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La pro- gression de l’emploi vulnérable s’observe au niveau mondial et porte à 58 %(3) la part globale des tra- vailleurs en situation d’emploi vulnérable dans les régions en développement. Leur nombre est estimé dans le monde à 1,52 milliard d’individus, soit une augmentation de 136 millions depuis 2000 et de près de 23 millions depuis 2009(4) . L’Afrique subsaharienne francophone continue de présenter des ratios emploi/population(5) élevés(6) et en légère hausse depuis le début de la crise, passant de 66,4 à 66,8 % entre 2007 et 2011. Ce niveau élevé est intimement lié au fort taux de pau- vreté qui subsiste dans la région, astreignant sou- vent les populations pauvres à accepter un travail quelle que soit sa qualité. CIBLE | Assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif Indicateurs clés de la base de données sur le marché du travail, Organisation internationale du travail. Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe 0 10 2011 20 30 40 50 60 70 80 (%) 2007 63,5% 64,1% 70,4% 70,7% 64,1% 64,5% Afrique subsaharienne Ratio emploi/population personnes âgées de 15 ans et plus Baisse de 60à 44 % Proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar US par jour en Afrique subsaharienne francophone depuis 1990 (1) Source : Tendances mondiales de l’emploi 2012. Prévenir une aggravation de la crise de l’emploi, Organisation internationale du travail. (2) L’emploi vulnérable est défini comme la somme des pourcentages de travailleurs familiaux non rémunérés et de travailleurs à leur propre compte dans l’emploi total. (3) Source : Rapport 2012 sur les Objectifs du millénaire pour le développement, Nations unies. (4) Source : Tendances mondiales de l’emploi 2012. Prévenir une aggravation de la crise de l’emploi, Organisation internationale du travail. (5) Le ratio emploi/population indique ici la capacité de l’Afrique subsaharienne à générer de l’emploi. (6) Au plan mondial, le ratio emploi/population est passé, selon les estimations de l’Organisation internationale du travail, de 61,2 à 60,3 % entre 2007 et 2011.
  11. 11. 10 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Bien qu’un habitant de la planète sur huit souffrait encore de la faim entre 2010 et 2012, soit près de 870 millions d’individus(1) , la situation de la faim dans le monde s’améliore. La proportion mondiale d’indi- vidus souffrant de la faim a baissé de 132 millions entre 1990 et 2012. Les régions en développement ont ainsi enre- gistré quelques progrès avec un nombre total de personnes sous-alimentées passant de 23,2 % en 1990 à 14,9 % en 2012(2) . On enregistre ces progrès notamment en Asie du Sud-Est et aux Caraïbes. Néanmoins, depuis le début de la crise mondiale, les progrès pour réduire la faim se sont ralentis puis stabilisés. Au sein de l’espace francophone, la proportion de personnes sous-alimentées reste particulièrement élevée en Afrique subsaharienne, où la prévalence de la sous-alimentation se chiffre à plus de 21 %(3) de la population en 2011. Toutefois, des pays comme Djibouti, le Ghana, la Guinée- Bissau et le Mali ont avancé à pas de géant en réduisant de moitié, entre 2000 et 2012, la part de leur population sous-alimentée. CIBLE | Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim Prévalence de la malnutrition Statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture 2002-2004 2010-2012 Djibouti 40,2  % 19,8  % Ghana 12,7  % 5  % Guinée-Bissau 19,9  % 8,7  % Mali 18,3  % 7,9  % EXEMPLESDERÉUSSITE O B J E C T I F 1  : é limi n er l’ e x t r ê me pauvre t é e t la faim (1) Source : The state of food insecurity in the world, FAO, 2012. (2) Ibid. (3) Données de la Banque mondiale. ©EricIsselée/Fotolia.com
  12. 12. 11 (1) Liste des PMA à l’adresse : http://www.unohrlls.org/en/ldc/25/ (2) Déclaration de Bamako : adoptée lors du Symposium international sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, tenu à Bamako du 1er au 3 novembre 2000. http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Declaration_Bamako_2000_modif_02122011.pdf (3) Déclaration de Saint-Boniface : adoptée par la Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, le 14 mai 2006. http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Declaration_Saint-Boniface.pdf (4) Déclaration de Paris : adoptée par la IVe Conférence des ministres francophones de la Justice, le 14 février 2008. http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Declaration_4e_conf_justice_Paris_2008.pdf (5) Déclaration de Kinshasa : adoptée par le XIVe Sommet des chefs d’état et de gouvernement des pays ayant le français en partage, tenu à Kinshasa les 13 et 14 octobre 2012. http://www.francophonie.org/IMG/pdf/SOMMET_XIV_Decl_Kinshasa_2012.pdf La Francophonie est un espace contrasté en termes de niveau de développement, avec, à chaque extrémité, deux pays du G20 et 23 des 49 PMA(1) . Engagée par un devoir de solidarité entre ses pays membres, l’OIF fait de la lutte contre la pauvreté une priorité absolue. C’est dans cet esprit qu’elle accompagne les pays, en travaillant de concert avec l’ensemble de la communauté internationale, pour mettre en œuvre les Objectifs du millénaire pour le développement et promouvoir un développement durable et solidaire. À travers des initiatives inédites et reconnues, la Francophonie s’efforce ainsi de mettre en œuvre et de diversifier davantage son action au service des populations les plus fragiles. Cette priorité se trouve pleinement inscrite dans son Cadre stratégique décennal de la Francopho- nie (2005-2014) qui se décline en actions fondées sur le renforcement des capacités institutionnelles et humaines, l’accès à l’information et la mutuali- sation des expériences. La Francophonie considère qu’il ne peut y avoir de développement durable et de lutte conséquente contre la pauvreté sans gouvernance démocra- tique assumée et sans respect effectif des droits de l’Homme, qu’il s’agisse des droits politiques et civils ou des droits économiques, sociaux et culturels. Dans cet esprit, la Francophonie contribue à l’ancrage de la démocratie, mais également à la consolidation de l’État de droit, ainsi qu’à la pro- motion et à la protection des droits de l’Homme au sein de l’espace francophone. Les Déclarations de Bamako sur la démocratie, les droits et liber- tés (2000)(2) et de Saint-Boniface sur la prévention des conflits et la sécurité humaine (2006)(3) sont les instruments de référence de la Francophonie au service de ces valeurs. Les Déclarations de Paris (2008)(4) et de Kinshasa (2012)(5) ont, à leur tour, consacré et consolidé l’engagement constant de la Francophonie dans ces domaines. L’ACTION DE LA FRANCOPHONIE | Le respect et la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme : un prérequis pour la lutte contre la pauvreté « La démocratie et le développement   sont indissociables : ce sont là   les facteurs d’une paix durable. » Déclaration de Bamako
  13. 13. 12 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Inscrivant son action en vue de la réalisation de l’objectif de réduction de la pauvreté, l’OIF favorise l’implication à tous les niveaux des acteurs en ren- forçant les politiques sectorielles par des approches de proximité. C’est pourquoi elle agit en faveur du développement local et solidaire en apportant un appui et une expertise aux acteurs locaux et en les accompagnant dans la réalisation de projets de proximité générateurs de revenus. L’objectif est d’accroître les initiatives des communautés de base en renforçant leurs capacités d’ingénierie sociale, d’élaboration, de gestion et de maintenance de projets communautaires. Il s’agit de favoriser le développement d’une démarche de gestion de l’ac- tion locale et de son insertion dans les programmes nationaux de lutte contre la pauvreté. Au cours de la dernière décennie, l’OIF a apporté un soutien technique et financier à la mise en œuvre de plus de 350 projets locaux. Elle a également contribué à l’élaboration et à la mise en œuvre de plans de développement local dans 14 localités de 5 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, qui ont touché près de 25 000 bénéficiaires dont 75 % de femmes. Forte de cette expérience, l’OIF a initié, en 2009, un nouveau programme de lutte contre la pauvreté au profit des pays en développement de la Franco- phonie. Cette refondation de l’offre francophone en matière de développement a mené au lancement du nouveau Programme francophone d’appui au développement local (Profadel) en 2011. Suivant une méthode participative, ce programme soli- daire en faveur des communautés de base vise à doter les collectivités des zones rurales et périur- baines bénéficiaires de plans locaux de dévelop- pement. Actuellement, Profadel est entré dans la phase d’appropriation par les collectivités locales et les communautés de base bénéficiaires, afin d’ancrer les résultats acquis dans leurs propres plans locaux de développement. Outre les actions de formation et de renforcement de capacité, 12 plans locaux de développement ont été élaborés à ce jour. Depuis 2012, six projets prioritaires, issus des plans locaux de développe- ment au Sénégal, au togo et au Rwanda, ont fait l’objet d’une subvention de l’OIF, touchant près de 30 000 bénéficiaires dont près de 17 000 femmes. | Une action de proximité pour un développement local inclusif 55000 bénéficiaires appui au développement local en afrique francophone depuis 2000 O B J E C t I F 1 : é L I M I n E R L’ E x t R ê M E PA U V R E t é E t L A FA I M payS ET lOCalITéS BéNéFICIaIRES DU pROFaDEl Suite à un appel à manifestation d’intérêt lancé dans les pays du Sud membres de l’OIF, quatre pays en développement ont ainsi été sélectionnés pour amorcer ce nouveau projet : la République centrafricaine, le Rwanda, le Sénégal et le togo. Dans chacun de ces pays, trois localités d’intervention ont été retenues. République centrafricaine • Commune de la Mbi dans la sous- préfecture de Bossembele (préfecture d’Ombella Mpoko) • Communes de la Lesse et de nola dans la sous- préfecture de Mbaïki (préfecture de la Lobaye) • Commune de ngoumbele, dans la sous-préfecture de Sibut (préfecture de la Kemo) Rwanda • ngororero, dans la Province de l’Ouest (secteurs de Muhanda et Kavumu) • nyanza dans la Province du Sud (secteurs de Kigoma et Busasamana) • Rutsiro dans la Province de l’Ouest (secteurs de Murunda et de Musasa) Sénégal • taïba ndiaye (région de thiès) • ndiognick (région de Kaffrine) • nguer Malal (région de Louga) Togo • Agbétiko (préfecture d’Agou) • Kovié (préfecture de Zio) • Katanga (préfecture du Golfe)
  14. 14. 13 Par ailleurs, consciente des enjeux du développe- ment de la microfinance dans les pays du Sud, l’OIF apporte un soutien dans ce domaine dans le cadre de partenariats avec des institutions de microfinance. Ces partenariats ont permis la mise en place de projets destinés à développer les compétences humaines en termes de ges- tion stratégique d’une institution de microfinance. Depuis 2008, cet accompagnement a touché plus de 600 cadres, dirigeants et techniciens, prove- nant principalement d’Afrique de l’Ouest. Près de quinze ans après les premières Assises francophones de la formation professionnelle et technique (FPt) à Bamako en mai 1998, la Franco- phonie a pu dresser un état des lieux de son action dans ce domaine lors des Assises de Ouagadou- gou en septembre 2012 (lire encadré page sui- vante). Parmi les conclusions, il est ressorti que la mobilisation et le développement d’une expertise reconnue en matière de FPt ont pu contribuer à favoriser l’insertion des jeunes – filles et garçons –, à l’économie et l’emploi. L’OIF accompagne en effet de nombreux pays francophones en développement, notamment en Afrique subsaharienne, dans la refondation ou la consolidation de leurs systèmes de formation pro- fessionnelle et technique. Des formations sont régulièrement organisées au bénéfice des déci- deurs politiques, des gestionnaires des centres de formation professionnelle et technique ainsi que des partenaires techniques et financiers, pour la mise en œuvre de leur politique et l’élaboration des programmes de formation avec les entreprises. Depuis 2007, l’OIF a mobilisé une centaine d’ex- perts issus de tout l’espace francophone. À titre d’exemple, seize pays(1) en ont bénéficié en 2011. En complément, l’OIF élabore et diffuse des guides méthodologiques permettant d’adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail. Ces outils, devenus des références dans la plupart des pays francophones, sont partagés sur un portail internet : www.fpt-francophonie.org | Promouvoir l’insertion professionnelle Depuis 2008, le projet Transfert et accompagnement national pour le développement d’une expertise en microfinance (Tandem), initié avec Développement international Desjardins (DID*), a per- mis la formation de plus de 210 cadres et dirigeants, provenant de 138 institutions de microfinance de l’Union économique et moné- taire ouest-africaine (UEMOA). Dans le même esprit, il convient de noter que la Confédération des institutions financières (CIF), qui représente aujourd’hui 70 % du marché de la microfinance en Afrique de l’Ouest, avec 2,4 millions de membres, avait été mise en place, dès 2000, avec le soutien de l’OIF. * développement international desjardins est pionnier dans le déploiement et le développement de la microfinance à travers le monde. eXeMPLeSderÉuSSIte (1) Albanie, Bulgarie, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Comores, Ex-République yougoslave de Macédoine, Laos, Lituanie, Mali, Maurice, Moldavie, Roumanie, Rwanda, Seychelles, Vietnam. QUaTRE aXES maJEURS pOUR l’INSERTION SOCIO-pROFESSIONNEllE DES JEUNES Le programme de la FPT de l’OIF est structuré autour de quatre thématiques : • L’élaboration d’une politique sectorielle efficiente recourant à l’approche programme. Les besoins du marché du travail viennent définir les orientations des formations tout en tenant compte des moyens des états ; • La rédaction des programmes de formation selon l’approche par les compétences (APC). La révision et la rédaction des référentiels de formation se réalisent, dans chaque corps de métier, en fonction des compétences dont ont besoin les entreprises ; • L’insertion dans les cursus de formation professionnelle de modules liés aux connaissances dont un jeune peut avoir besoin pour fonder son entreprise ; • Un soutien à l’hôtellerie-tourisme dans les pays où ce secteur économique particulier représente un pourcentage non négligeable dans leur produit intérieur brut (PIB).
  15. 15. 14 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement En optant pour une approche transversale de la question de la jeunesse, l’OIF agit en s’appuyant sur un double principe: l’inclusion et le renforcement des capacités des jeunes. La jeunesse demeure une cible prioritaire dans l’ensemble des actions de l’OIF contribuant à la lutte contre la pauvreté. Convaincue qu’une inclusion des jeunes est néces- saire dans la recherche de solutions appropriées et durables, l’OIF s’est attelée à accroître leurs capa- cités d’action en soutenant les organisations et les initiatives des jeunes francophones. Depuis 2008, les Écoles d’été de la Francophonie servent de cadre de formation destiné à renforcer les compétences de jeunes, issus de la société civile, dans l’optique d’améliorer leur employabilité. Elles offrent annuellement l’occasion à une centaine de jeunes de s’informer pleinement sur la Francophonie et ses actions, de se rencontrer, d’échanger et de suivre des ateliers de formation et de réflexion pour renforcer leurs capacités d’action dans les domaines d’intervention prioritaires de la Francophonie. Les quatre premières éditions se sont tenues à Casa- blanca (Maroc) en 2008 sur le thème de l’économie de l’environnement, à Ouagadougou (Burkina Faso) en 2009 sur le thème de l’entreprenariat social des jeunes, à tunis (tunisie) en 2010 sur la diversité au service de la paix, et à nouakchott (Mauritanie) en 2011 sur les migrations internationales et le dévelop- pement dans l’espace francophone. Ces écoles d’été ont permis de structurer quatre réseaux jeunesse autour des thématiques sui- vantes : « Droits de l’Homme, démocratie et paix », « Culture numérique », « Développement durable », « Langue française, diversité culturelle et linguis- tique ». Les travaux de ces réseaux ont lieu lors d’ateliers régionaux ainsi que sur le portail jeu- nesse de la Francophonie, plate-forme numérique de débats et d’échanges(1) . Outre les mobilisations propres à la Francophonie, l’OIF a soutenu, depuis 2005, la participation de plus de 450 jeunes francophones à une trentaine de grandes réunions internationales, organisées par l’OnU, l’Union africaine et la société civile notamment. (1) En 2012, le portail jeunesse de la Francophonie a reçu 700 000 visiteurs et compte aujourd’hui près de 16 000 membres de son réseau social. | Pour l’engagement des jeunes eXeMPLeS de rencontreS InternAtIonALeS Évaluation du Programme d’action mondial pour la jeunesse (Le Caire, 2005) ; Forum urbain mondial (Vancouver, 2006) ; Forum mondial des droits de l’Homme (Nantes, 2006) ; 5e Forum pour le développement de l’Afrique (Addis-Abeba, 2006) ; Forum mondial sur la jeunesse et les TIC au service du développement (Genève, 2007) ; 1er Forum africain des jeunes (Ouagadougou, 2007) ; confé- rences sur les changements climatiques, trois rencontres internationales organisées respectivement par l’Union afri- caine (Zimbabwe, 2010) et l’ONU (Mexique, 2010, et New York, 2011) ; etc. O B J E C t I F 1 : é L I M I n E R L’ E x t R ê M E PA U V R E t é E t L A FA I M aSSISES SUR l’ENSEIgNEmENT ET la FORmaTION TEChNIQUES ET pROFESSIONNElS La Conférence des ministres de l’éducation des pays ayant le fran- çais en partage (Confémen) et l’OIF ont organisé, en collaboration avec le gouvernement du Burkina Faso, les 2es Assises sur l’enseignement et la formation techniques et pro- fessionnels (EFtP), du 4 au 7 sep- tembre 2012 à Ouagadougou. trois cents participants étaient invités à débattre autour du thème : « quelles compétences profession- nelles et techniques pour une meil- leure insertion socio-économique des jeunes ? ». Ces assises ont servi de cadre pour faire l’état des lieux de l’EFtP depuis les Assises de Bamako en 1998 et identifier les contraintes majeures qui entravent le dévelop- pement de l’EFtP dans les pays francophones. Les participants ont également formulé des recomman- dations en vue de renforcer la coo- pération de l’OIF et de la Confémen dans ce domaine.
  16. 16. 15 DEUX JEUNES VOlONTaIRES TémOIgNENT Mission de volontariat en tant qu’assistante de projets de développement rural (Burkina Faso) « Cela a été pour moi une période d’échange avec des hommes, des femmes et des enfants si différents souvent, et pourtant si proches dans leur humanité, le début d’une nouvelle aventure sur le plan professionnel… » occupe aujourd’hui le poste de spécialiste en renforcement des capacités locales pour la formation professionnelle et technique dans le secteur du tourisme à fort potentiel. Mission de volontariat en tant qu’attachée de coopération pour le commerce et développement durable (Gabon) « Pendant un an j’ai pu m’intégrer au contexte et à la culture locale. J’ai appris à voir des choses sous plusieurs angles et à analyser prudemment des circonstances car la diversité culturelle peut affecter des pratiques professionnelles et sociales. Il faut toujours garder la volonté de travailler, d’apprendre, de partager et de collaborer. » occupe aujourd’hui le poste de consultante pour la banque mondiale. Le VIf en cHIffreS • 45% de femmes, 55% d’hommes • Moyenne d’âge: 28AnS • Ressortissants de 29 PAYS de la Francophonie • Missions réparties dans 28 PAYS de la Francophonie • 80% d’entre eux sont originaires des pays du Sud et de l’europe centrale et orientale VOLONTARIAT INTERNATIONAL DE LA FRANCOpHONIE toujours avec le même souci de cibler prioritaire- ment la jeunesse, le programme de Volontariat international de la Francophonie (ViF), mis en place en 2007, permet aux jeunes francophones d’agir concrètement en mettant leurs compétences au service d’organismes situés dans l’un des 57 états et gouvernements membres de l’OIF. Ces jeunes s’engagent à apporter leur concours à la mise en œuvre de projets de développement et de coopération, qui touchent notamment à l’éduca- tion, au numérique et au développement durable. Ce programme de volontariat s’inscrit doublement dans le cadre de la réalisation de l’Objectif 1, en ce qu’il permet aux volontaires de mener, d’une part, une mission de développement dans un pays fran- cophone et, d’autre part, d’améliorer leurs compé- tences pour favoriser leur insertion professionnelle. En effet, ce programme professionnalisant permet d’accroître l’employabilité des jeunes volontaires. Il leur est particulièrement bénéfique à leur retour comme tremplin à l’emploi, première préoccupa- tion d’une grande majorité de jeunes francophones. Ces derniers acquièrent une plus grande confiance dans leurs capacités, ce qui élargit leurs perspec- tives d’emploi qualifié et stable, facteur d’intégra- tion sociale et d’insertion dans la vie économique de leur pays. Depuis ses débuts, le programme de volontariat de l’OIF a bénéficié à près de 150 jeunes déployés sur les cinq continents. Ces jeunes vivent une expérience enrichissante et formatrice dans un environnement culturel et social différent du leur. Outre l’acquisition de compétences nouvelles, ces jeunes s’ouvrent à d’autres cultures et tissent des liens de confiance et de réciprocité grâce à l’origi- nalité de cette mobilité Sud-Sud. Clément Duhaime, Administrateur de l’OIF, et les cinquante et un jeunes volontaires de la promotion 2012 du programme de Volontariat international de la Francophonie à Paris, le 25 octobre 2012. ©patrickLazic/OIF ATTIBA TANIA (bénin) CHU THI QUYNH MAY (Vietnam) ©photos:patrickLazic/OIF
  17. 17. 16 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Dès ses origines, en tant qu’organisation fondée sur le partage d’une langue commune, l’OIF s’attache à promouvoir le rôle de la culture en tant que dimen- sion incontournable pour le développement écono- mique et social. Le poète-président Léopold Sédar Senghor, l’un des pères fondateurs de la Franco- phonie, avait ainsi coutume de dire que «la culture est au début et à la fin de tout développement». Depuis le premier Sommet de la terre, en 1992, en passant par celui de Johannesburg en 2002 et plus récemment celui de Rio +20, la Francophonie a tou- jours affirmé cette position. Parce que la richesse et la diversité de leurs cultures constituent un atout majeur de dévelop- pement pour les pays de l’espace francophone, l’OIF, après avoir largement soutenu le processus menant à l’adoption de la Convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005), participe, depuis, à sa mise en œuvre, en accompagnant les indus- tries culturelles et la structuration des filières de la culture dans les pays en développement. Le programme d’appui au développement des politiques et industries culturelles permet ainsi d’accompagner ces pays dans la création d’un environnement favorable à la culture sur le plan pROFIlS CUlTURElS DES payS DU SUD L’OIF a lancé depuis 2007 un vaste chantier de cartographie des filières des industries culturelles dans les pays du Sud. Cette opération a permis de réaliser le profil culturel de dix pays et la publication en 2012 de trois ouvrages régionaux : Asie du Sud-Est et Pacifique (Cambodge, Laos, Vietnam, Vanuatu), Caraïbes (Haïti, Dominique, Sainte-Lucie) et Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal). Le projet a été étendu en 2011 à trois pays d’Afrique centrale : Cameroun, Congo, Gabon. | Renforcer la contribution de la culture au développement O B J E C t I F 1 : é L I M I n E R L’ E x t R ê M E PA U V R E t é E t L A FA I M OBJECTIFS DU pROgRammE D’appUI aU DéVElOppEmENT DES pOlITIQUES ET INDUSTRIES CUlTUREllES • Accompagner les états membres dans la production et la diffusion de leurs expressions culturelles ainsi que dans le renforcement de leurs politiques culturelles publiques : organisation de séminaires, mise à disposition d’expertise, soutien financier, etc. ; • Contribuer à l’établissement d’un système d’information économique sur la culture (mise à jour des données sur l’économie de la culture, sur l’état de structuration des filières culturelles et sur la contribution de ces filières à l’économie nationale): mise à disposition d’un guide d’élaboration et de mise en œuvre des politiques culturelles, cartographie des industries culturelles dans les pays du Sud et publication de profils culturels (lire encadré ci-contre); • Faciliter l’accès des opérateurs culturels aux financements, notamment auprès des banques et des institutions financières, dans les pays francophones du Sud : mise en place de trois fonds de garantie des industries culturelles (FGIC)*, financés à raison de 1,43 million d’euros, qui permettent de cautionner à hauteur de 70 à 80 % les prêts des institutions bancaires consentis aux entrepreneurs culturels. Ces fonds sont gérés en partenariat avec des établissements bancaires locaux ; • Professionnaliser et structurer les filières et les métiers de la culture à travers l’organisation d’activités de formation : une vingtaine de soutiens financiers ont été apportés à l’organisation de formations techniques (animation et administration culturelles, régie générale, régie son et lumière, management d’artistes, etc.). * Pays bénéficiaires : deux pays francophones du Maghreb (Maroc et Tunisie) ainsi que les 15 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
  18. 18. 17 politique, législatif et juridique afin de favori- ser l’émergence d’une véritable économie de la culture. Depuis 2005, ce sont 850 entrepreneurs culturels qui ont bénéficié de formations. Plus récemment, quatre pays (Burkina Faso, Gabon, Niger et Sénégal) ont été retenus, en 2011, sur manifestation d’intérêt international pour bénéfi- cier d’un accompagnement structurant sur quatre ans qui touche aussi bien à leur politique nationale culturelle, à l’élaboration d’outils d’aide à la déci- sion qu’à la formation de cadres institutionnels et d’opérateurs de la culture. Parallèlement, l’OIF apporte un soutien aux filières de la culture par ses Fonds d’aide dédiés à la circula- tion des artistes et aux arts visuels. Depuis 2002, l’OIF permet chaque année la participation de près de 45 artistes, issus d’une cinquantaine de pays francophones, à des manifestations culturelles. Elle accompagne également les professionnels de l’audiovisuel des pays francophones du Sud dans la production et la valorisation de leurs œuvres à travers, d’une part, son Fonds de production audiovisuelle du Sud et, d’autre part, divers par- tenariats avec des festivals qui valorisent les ciné- mas du Sud, parmi lesquels le Festival pan-afri- cain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco), les Journées cinématographiques de Carthage et le pavillon des cinémas du monde du Festival de Cannes. En 2012, près de 1,2 million d’euros d’aides ont été alloués par le Fonds fran- cophone de production audiovisuelle du Sud, qui appuie chaque année entre 50 et 70 projets (longs et courts métrages, séries télévisées, etc.). Le film Sur la planche de Leïla Kilani (Maroc), soutenu par le Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud, a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival international du film de Cannes en 2011. 1,2million d’euros alloués en 2012 par le Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud
  19. 19. 18 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement
  20. 20. 19 Objectif 2 Assurer l’éducation primaire pour tous ©VincentOhl/OIF 19
  21. 21. 20 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement La scolarisation dans l’enseignement primaire pro- gresse dans la plupart des régions en développe- ment, passant de 84 à 91 % entre 1999 et 2010. On enregistre les augmentations les plus notables en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, mais sur- tout en Afrique subsaharienne. En effet, nombre de pays francophones d’Afrique subsaharienne affichent des progrès particulièrement impres- sionnants, comme le Bénin, le Burundi, le Burkina Faso, la Guinée, Madagascar, le Mali et le Niger, où les taux nets de scolarisation dans le primaire ont augmenté de plus de 25 points de pourcen- tage entre 1999 et 2009. Le Burundi, le Rwanda, São Tomé-et-Príncipe et le Togo ont, quant à eux, d’ores et déjà atteint l’objectif de l’éducation pri- maire pour tous ou sont sur le point de l’atteindre. Quelques avancées ont également été enregis- trées dans l’intégration des filles dans l’enseigne- ment primaire(1) dans le monde. Dans les régions en développement, la part des filles non scolari- sées a légèrement chuté, passant de 58 à 53 % sur la période 1999-2010. Si les abandons en cours de scolarité restent encore trop importants dans de nombreux pays, état des lieux CIBLE | D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens de terminer un cycle complet d’études primaires O B J E C T I F 2  : A ssurer l’ é ducat io n primaire pour t ous (1) Taux net ajusté de scolarisation dans le cycle primaire. Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) 90% 96% 95% 72% (%) 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 Afrique de l’Ouest 69% Afrique centrale 66% Afrique orientale et australe 89% Données les plus récentes de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Statistiques complémentaires en annexe. Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) 90% 96% 95% 72% (%) 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 Afrique de l’Ouest 69% Afrique centrale 66% Afrique orientale et australe 89% Par région Taux d’achèvement de l’école primaire total du groupe d’âge pertinent Afrique subsaharienne
  22. 22. 21 le taux mondial d’achèvement de l’éducation pri- maire atteint les 90 % en 2010. Au sein de l’espace francophone, si le taux s’élève à 72 %(1) en Afrique subsaharienne, il tourne autour de 90 % en Asie du Sud-Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ainsi que dans les Caraïbes et l’Océanie selon les dernières estimations. En dépit de ces évolutions, des disparités régio- nales entre les sexes dans l’enseignement pri- maire demeurent, amoindrissant ainsi les progrès d’ores et déjà obtenus. Les disparités entre zones urbaines et rurales persistent, la probabilité de ne pas être scolarisé étant deux fois plus forte pour les enfants des zones rurales. Au cœur de la réalisation des Objectifs du millé- naire pour le développement, l’éducation demeure la pierre angulaire des stratégies de développe- ment et de lutte contre la pauvreté. La Franco- phonie s’est résolument engagée sur la voie de l’éducation universelle de qualité comme le men- tionne son Cadre stratégique décennal appelant à « contribuer à l’effort international pour permettre aux États et gouvernements d’assurer un cycle complet d’études primaires en éliminant les dis- parités entre les sexes ». La Francophonie s’attache à favoriser le par- tage d’expériences et de pratiques afin d’agir de concert avec l’ensemble des acteurs et partenaires internationaux concernés. Depuis le Sommet de la Francophonie de Bucarest (2006), et en se fon- dant sur l’expérience acquise des années anté- rieures, l’OIF a mis en œuvre des initiatives inno- vantes exemplaires pour s’adapter aux besoins des populations de l’espace francophone. Face au constat du manque d’enseignants du primaire dans le monde, que l’Unesco évalue à 18 millions en 2015, la Francophonie a fait le choix de concentrer ses efforts autour de la formation des maîtres du primaire. À la suite du XIe Sommet de la Francophonie en 2006, l’OIF et l’Agence universitaire de la Fran- cophonie (AUF) ont ainsi développé l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (Ifadem). Il s’agit d’une approche parti- culièrement innovante destinée à améliorer les compétences professionnelles des instituteurs en poste, prioritairement dans des zones rurales, car ces zones souvent défavorisées demandent un investissement particulier. Il s’agit d’un disposi- tif de formation de 200 à 300 heures, dispensé principalement à distance, en autoformation, per- mettant aux instituteurs de suivre leur formation en parallèle à leurs activités de classe. Fortement L’ACTION DE LA FRANCOPHONIE | Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (1) Cette moyenne est calculée sur la base des données les plus récentes des pays concernés. L’année de référence pour chaque pays est indiquée en annexe. 90 % Taux d’achèvement des études primaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient francophones
  23. 23. 22 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement ancrée dans les contextes administratifs et aca- démiques locaux, l’Ifadem est gérée en lien étroit avec les gouvernements des pays partenaires et fait de ce principe d’action une priorité. Actuellement déployée dans six pays francophones: le Bénin, le Burundi, Haïti, le Liban, le niger et la République démocratique du Congo, l’Ifadem est appelée à s’étendre dans quatre nouveaux pays en 2013: le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le togo. À ce jour, près de 10 000 maîtres et for- mateurs ont été formés. Afin de répondre aux demandes croissantes de formations spécialisées en technologies éduca- tives, des ateliers de formation et d’initiation à l’informatique, à l’internet et aux technologies de l’information et de la communication pour l’édu- cation (tICE) ont été proposés aux instituteurs et aux professionnels du secteur, en complément du parcours de formation Ifadem. Ces opérations ont facilité les initiatives liées à l’intégration des tIC dans l’éducation, et permis d’initier un processus d’appropriation du numérique au sein de plusieurs milieux professionnels. En 2010-2011, environ 500 professionnels des tICE ont ainsi pu participer à des rencontres professionnelles et bénéficier d’ateliers de formation à cet effet. Ces rencontres ont été suivies par la production d’outils pédago- giques en ligne. Formation à l’informatique à l’espace numérique Ifadem de Kayanza au Burundi. O B J E C t I F 2 : A S S U R E R L’ é D U C At I O n P R I M A I R E P O U R t O U S en 2013, L’IfAdeM dAnS Le Monde, ce Sont : • 325000 élèves concernés dans sept pays • 6800 personnes formées aux tiCe • 19 espaces numériques • 9500 enseignants formés • 1000 équipements numériques • 500 formateurs et encadreurs • 140000 ouvrages et dotations pédagogiques • 88% d’enseignants certifiés pRINCIpaUX OBJECTIFS DU DISpOSITIF IFaDEm • Mettre en œuvre des dispositifs de formation hybride, en partie à distance, en introduisant progressivement l’usage des tICE ; • Améliorer les méthodes d’enseignement à la faveur de pratiques innovantes, de l’emploi de nouveaux outils didactiques et de nouvelles méthodes pédagogiques ; • Renforcer la professionnalisation des formateurs locaux ; • Appuyer la définition de stratégies de formation continue des enseignants du primaire ; • Analyser les retombées et le rapport coût-efficacité du dispositif mis en œuvre. ©Ifadem
  24. 24. 23 L’offre d’accompagnement de l’OIF se concentre autour des politiques et institutions nationales et des compétences humaines. Dans l’objectif d’appuyer les gouvernements dans l’élaboration ou le renforcement de politiques natio- nales garantes de l’équité et de la qualité de l’ensei- gnement, l’OIF mène, depuis 2009, un projet nova- teur visant à renforcer le rôle de l’État en tant que régulateur de la qualité et de l’équité des ser- vices éducatifs. Le projet concerne d’ores et déjà huit pays francophones (Burkina Faso, Haïti, Maroc, Maurice, République démocratique du Congo, Roumanie, Rwanda et Vietnam). En outre, depuis 2012, cinq pays ont organisé un séminaire national de sensibilisation et de diagnostic sur la régulation par l’état de la qualité et de l’équité de l’éducation (Burkina Faso, Maroc, République démocratique du Congo, Roumanie et Vietnam). Ces séminaires ont pour objectif de réunir un échantillon significa- tif d’acteurs du système éducatif aussi bien public que privé, afin de relever les forces et les faiblesses des stratégies existantes et d’identifier les mesures prioritaires à mettre en place. Parce que les dispositifs nationaux d’évaluation (dNE) sont des outils incontournables pour informer efficacement les décideurs et les acteurs locaux sur le niveau des acquis scolaires, les conditions d’en- seignement et l’environnement des écoles, l’OIF soutient, depuis 2010, trois pays francophones (Burkina Faso, Liban et Sénégal) pour la mise en place d’un dispositif national d’évaluation. Depuis 2013, chacun de ces pays dispose d’un point focal lui permettant de coordonner le travail d’évalua- tion, ainsi que de bureaux mis à la disposition des membres du DnE par les ministères de l’éducation nationale. Dans ce cadre, afin de soutenir le travail des membres du DnE et d’assurer la pérennité et l’autonomie de ces dispositifs, l’OIF a équipé les bureaux de matériel informatique et mis à disposi- tion des experts internationaux en évaluation. Parallèlement, en partenariat avec la Confémen et l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco), l’OIF mène, depuis 2006, un projet visant le renforcement des capa- cités des personnels de gestion du système édu- catif dans sept pays francophones (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mauritanie, République centra- fricaine, Congo et tchad). Elle intervient principa- lement en fournissant un appui technique et finan- cier à ces pays, par le biais notamment de mise à disposition d’expertise, pour l’élaboration d’outils de formation destinés aux gestionnaires de leur système éducatif. Elle accompagne ces stratégies de formation des gestionnaires en mettant à dis- position de ces pays des outils méthodologiques. Depuis 2005, l’OIF a appuyé 20 pays d’Afrique et de l’océan Indien dans la formulation de politiques nationales de formation et d’encadrement des maîtres. Au total, 600 hauts cadres ont bénéficié de ces formations. Par ailleurs, l’OIF a élaboré plu- sieurs outils méthodologiques, tels que des réfé- rentiels de compétence ou de formation ainsi que des guides pédagogiques. | Gestion et régularisation des systèmes éducatifs SémINaIRE NaTIONal DE DIagNOSTIC SUR la RégUlaTION paR l’éTaT DE la QUalITé ET DE l’éQUITé DE l’éDUCaTION Du 14 au 16 mars 2013, 90 représentants de la communauté éducative du Maroc ont participé à un séminaire national de diagnostic sur la régulation par l’état de la qualité et de l’équité de l’éducation, organisé par l’OIF en partenariat avec le ministère de l’éducation nationale marocain. L’objectif était d’établir, de manière participative entre les divers acteurs de la communauté éducative (gouvernement, administration, partenaires sociaux, enseignants, chefs d’établissements publics et privés…), un consensus sur les points prioritaires sur lesquels des décisions de régulation devront être prises en matière d’équité et de qualité de l’éducation au Maroc.
  25. 25. 24 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Pour la Francophonie, il est toujours apparu pri- mordial que l’appui nécessaire à l’enseignement du français prenne en compte les contextes cultu- rels et linguistiques très différents dans lesquels s’inscrit cet enseignement. L’OIF contribue ainsi, depuis 2007, à la promo- tion et à la valorisation des langues nationales, en facilitant la formation à l’approche de la didactique convergente français/langues nationales de près de 600 enseignants. Il s’agit de produire et de mettre à la disposition des 15 pays concernés(1) des outils pédagogiques diversifiés, parmi les- quels des guides didactiques, des bi-grammaires et des dictionnaires bilingues et trilingues. Cette action se trouve amplifiée par le lancement en 2012 de l’initiative École et langues nationales en Afrique (ÉLAN-Afrique) menée en partenariat avec l’AUF, le ministère des Affaires étrangères français et l’Agence française de développement (AFD) au bénéfice de huit pays francophones d’Afrique sub- saharienne (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Came- roun, Mali, Niger, République démocratique du Congo, Sénégal) retenus sur appel à propositions. élan-Afrique est fondée sur les résultats d’études menées antérieurement tel le projet de Langues de scolarisation dans l’enseignement fonda- mental en Afrique subsaharienne francophone (Lascolaf). Ce projet a pour objectif de promou- voir l’usage conjoint des langues africaines et de la langue française dans l’enseignement primaire, ce qui, à terme, touchera plus de 627 000 ensei- gnants et 15 millions d’élèves. Cet accompagnement vise d’une part à créer, au sein de l’espace francophone, un dispositif inter- national de capitalisation et de renforcement des capacités (échange d’expériences, expertise et formation) au service de l’enseignement bilingue dans les pays africains, et d’autre part à renfor- cer les huit ministères de l’Éducation nationale concernés pour conduire les réformes nécessaires à l’usage croissant des langues africaines avec le français dans l’enseignement primaire. Par ailleurs, des sessions de formation et des outils pédagogiques destinés au renforcement des compétences des professeurs de français ont été déployés, depuis 2009, en direction d’une quaran- taine de pays où le français n’est pas la seule ou la principale langue au sein du système éducatif. À cet effet, pas moins de 250 formations bénéficient, depuis 2010, à près de 27 000 formateurs, ensei- gnants et experts nationaux pour un renforcement de leurs capacités pédagogiques. Enfin, dans le cadre de la promotion et de la dif- fusion des langues partenaires, le Prix Kadima, créé par l’OIF en 1989, a pour but de valoriser et de promouvoir les langues africaines et créoles en encourageant les recherches appliquées ainsi que les efforts de création littéraire et de traduc- tion dans ces langues. Il est décerné tous les deux ans à un auteur d’œuvre inédite rédigée dans l’une de ces langues – ou en français s’il s’agit d’une traduction. | éducation et multilinguisme O B J E C T I F 2  : A ssurer l’ é ducat io n primaire pour t ous Promotion et valorisation   des langues nationales au sein   de l’espace francophone (1) Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Niger, République démocratique du Congo et Sénégal), Zone arabophone (Liban, Maroc et Tunisie), zone créolophone (Dominique, Haïti, Sainte-Lucie et Seychelles).
  26. 26. 25 ©RogerMoukarzel/OIF Afin de compléter les actions relatives à l’alpha- bétisation et favoriser la lecture publique, l’OIF a bâti un réseau qui se chiffre aujourd’hui à près de 300 Centres de lecture et d’animation cultu- relle (Clac) dans 21 pays(1) en développement. Plus d’une centaine de nouveaux Clac doivent être implantés d’ici à la fin 2013 dans une douzaine de pays francophones, parmi lesquels cinq n’ont jamais bénéficié du programme par le passé. Les Clac permettent au public des milieux ruraux ou périurbains d’accéder au savoir en accueil- lant près de 3 millions de visiteurs chaque année. Cette initiative permet ainsi de compléter les poli- tiques d’éducation ou d’alphabétisation et vient appuyer la mise en place d’un réseau national de lecture publique. Elle cible, à terme, l’appropriation des moyens et des compétences nécessaires à la pérennisation d’une véritable politique de lecture publique par les pays concernés. | éducation non formelle : la lecture publique comme vecteur d’éducation Clac de Haret Hreik (Liban). (1) Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Haïti, Liban, Madagascar, Maurice, Mauritanie, Mali, niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, tchad, togo. lES CENTRES DE lECTURE ET D’aNImaTION CUlTUREllE ET lEUR ImpaCT SUR lES OmD En facilitant l’accès au savoir, les Clac ont un impact social et économique conséquent sur plusieurs des Objectifs du millénaire. • Sur la jeunesse : les moins de 16 ans représentent 70 % de la fréquentation des Clac. • En matière d’éducation : les élèves abonnés à un Clac ont deux à trois fois plus de chances de réussite aux examens (CEP, BEPC, baccalauréat). • Sur l’égalité des genres et la santé maternelle : les Clac permettent de toucher un public féminin que certaines traditions locales ou religieuses tiennent parfois à l’écart de l’accès au savoir. En particulier, des résultats significatifs en matière de lutte contre les grossesses précoces et contre l’excision ont été relevés (évaluations menées au Bénin, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire). • Sur la promotion sanitaire et la santé des enfants : au bénéfice des populations issues souvent des zones défavorisées, les Clac servent régulièrement de relais à des actions sanitaires (vaccination, lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, le sida et le paludisme). En matière de vaccination infantile, le taux est passé, dans certains cas, de 10 à 60 % de la population suite à l’implantation d’un centre (évaluations menées en Guinée et au Sénégal). • 3000000 de visiteurs par an • 200000 nouveaux abonnés par an • 1,3million de prêts de livres par an 300 ClaC DaNS 21 payS
  27. 27. 26 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement La Francophonie soutient tout particulièrement les jeunes à travers les technologies de l’infor- mation et de la communication pour encourager l’éducation par les pairs et les activités d’éduca- tion non formelle et informelle. Les jeunes franco- phones ont ainsi partagé leurs expériences dans ce domaine à l’occasion de grands rassemble- ments internationaux, tels que le Forum mondial de la jeunesse « TIC et développement » (Genève, 2007) et le Forum mondial « TIC et innovation pour l’éducation » (Monterrey, 2009). Plus précisément, l’OIF, en synergie avec d’autres acteurs de pre- mier plan tels que l’Unesco, le Commonwealth of Learning et l’Union africaine, a soutenu plusieurs initiatives visant à promouvoir et développer l’ac- cès aux ressources éducatives libres(2) dans l’espace francophone. Dans ce cadre, l’Organisation s’est mobilisée pour favoriser la présence francophone aux principaux rassemblements autour des ressources éduca- tives libres, depuis 2002, lors du Forum mondial sur les ressources éducatives libres organisé par l’Unesco, jusqu’à récemment, lors du Congrès mondial sur les ressources éducatives libres (Paris, juin 2012). O B J E C T I F 2  : A ssurer l’ é ducat io n primaire pour t ous | éducation et technologies de l’information et de la communication (1) Il peut être téléchargé gratuitement à partir du lien Internet suivant : http://lewebpedagogique.com/oif/files/2009/10/version_numerique_alphabetisation_education_nonformelle_afrique.pdf/ (2) Matériaux d’enseignement, d’apprentissage ou de recherche, appartenant au domaine public ou publiés avec une licence de propriété intellectuelle, permettant leur utilisation, adaptation et distribution à titre gratuit. De manière générale, l’OIF mène régulièrement des actions d’éducation non formelle dans des domaines importants pour la Francophonie : éducation au développement durable, éducation citoyenne, éducation aux droits de l’Homme, édu- cation à l’égalité des genres, etc. Par ailleurs, au cours des dernières années, l’OIF a apporté à divers ONG et organismes locaux son appui technique et financier dans la mise en œuvre de programmes d’alphabétisation dans une ving- taine de pays d’Afrique francophone. Cet appui a permis notamment l’organisation de sessions de formation de formateurs, d’agents d’alphabétisation et d’enfants déscolarisés, ainsi que des dotations en manuels, livres, kits de formation ou produits parascolaires. L’OIF met également à disposition des États et gouverne- ments membres des outils méthodologiques en matière d’éducation non formelle, tels que le guide L’Alphabétisation et l’éducation non formelle en Afrique : exemples de bonnes pratiques en Franco- phonie(1) , publié en 2009.
  28. 28. 27 Objectif 3 Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ©VincentOhl/OIF 27
  29. 29. 28 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Des progrès sont enregistrés dans de nombreux pays en développement ayant atteint la parité filles-garçons dans l’enseignement primaire. En 2010, on comptait 97 filles inscrites pour 100 gar- çons dans le cycle primaire et 96 filles pour 100 garçons dans le cycle secondaire. En 1999, les ratios étaient respectivement de 91 pour 100 et de 88 pour 100. En dépit de ces évolutions encourageantes, l’ac- cès à l’éducation reste encore inégal dans de nom- breuses régions en développement. La parité entre les sexes reste particulièrement difficile à atteindre dans l’enseignement secondaire et supérieur, bien plus onéreux que l’enseignement primaire. Au sein de l’espace francophone, l’Afrique sub- saharienne compte, selon les dernières statis- tiques, 87 filles inscrites pour 100 garçons(1) dans l’enseignement primaire et secondaire. Elles sont au nombre de 96 pour 100 garçons en Asie du Sud-Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. état des lieux CIBLE | Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015, au plus tard O B J E C T I F 3  : P romouvoir l’ é gali t é des se x es e t l’ au t o n omisat io n des femmes Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe Afrique subsaharienne Afrique du Nord et Moyen-Orient Asie du Sud-Est Caraïbes et Océanie 87% 96% 96% 99% (%) 0 20 40 60 80 100 85% 87% 94% (%) 0 20 40 60 80 100 Données les plus récentes de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Statistiques complémentaires en annexe. Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe Afrique subsaharienne Afrique du Nord et Moyen-Orient Asie du Sud-Est Caraïbes et Océanie 87% 96% 96% 99% (%) 0 20 40 60 80 100 85% 87% 94% (%) 0 20 40 60 80 100 Par région Ratio de filles et garçons dans l’enseignement primaire et secondaire Afrique subsaharienne L’ÉGALITÉ DANS L’ÉDUCATION
  30. 30. 29 Les femmes sont de plus en plus nombreuses à détenir un emploi salarié non agricole mais la pro- gression demeure extrêmement lente. La part des femmes dans les emplois salariés non agricoles est passée de 35 % en 1990 à seulement 40 % en 2010. Au sein de l’espace francophone, la participation des femmes au marché du travail a légèrement progressé en Asie du Sud-Est et dans les Caraïbes et l’Océanie, où la part des femmes travaillant dans le secteur non agricole est respectivement de 39 % et 44 %(1) . Quelques améliorations sont également constatées en Afrique subsaharienne, où leur part dans l’emploi total s’élève à 31 %. L’écart entre les sexes est, toutefois, particulièrement marqué en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où seulement 22 % de la main-d’œuvre non agricole est compo- sée de femmes. À cause des obstacles à l’emploi dans l’écono- mie formelle, les femmes sont plus susceptibles de se retrouver dans l’économie informelle que les hommes, privées de protection sociale et de prestations d’emploi, telles que les congés mala- die. La participation des femmes au marché du travail demeure particulièrement problématique en Afrique subsaharienne où ces dernières restent encore beaucoup cantonnées dans les filières informelles ou agricoles. À titre d’exemple, au Mali et à Madagascar, plus de 80 % des femmes déte- nant un emploi non agricole occupent un emploi informel. Afrique de l’Ouest Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) (%) 44% 39% 22% 31% 28% Afrique centrale 36% Afrique orientale et australe 34% 0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 Données de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Statistiques complémentaires en annexe. Afrique de l’Ouest Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) (%) 44% 39% 22% 31% 28% Afrique centrale 36% Afrique orientale et australe 34% 0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 Par région Part de femmes travaillant dans le secteur non agricole Afrique subsaharienne L’ÉGALITÉ DANS l’emploi (1) et (2) Ces moyennes sont calculées sur la base des données les plus récentes des pays concernés. L’année de référence pour chaque pays est indiquée en annexe.
  31. 31. 30 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement L’objectif minimal de 30 % de femmes à des posi- tions de pouvoir est loin d’être atteint, la progres- sion demeurant extrêmement lente à l’échelle mondiale. En 2011, les femmes représentaient seu- lement 19,7 %(1) des parlementaires dans le monde. On note toutefois quelques progrès notables, grâce à l’existence de quotas et de mesures d’incitation introduits dans les systèmes électoraux de certains pays, telle la Constitution du Rwanda, adoptée en 2003. Au sein de l’espace francophone, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique subsaharienne enregistrent les résultats les plus encourageants, avec respecti- vement 23 % et 18 % de femmes parlementaires. Quatre pays d’Afrique subsaharienne ont ainsi d’ores et déjà dépassé l’objectif (Burundi, Rwanda, Sénégal et Seychelles). Le niveau le plus élevé se trouve au Rwanda, où 56 % des parlementaires sont des femmes, alors qu’elles n’étaient que 17 %(2) en 1999. À l’inverse, le taux de représentation reste faible en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi que dans les Caraïbes et l’Océanie, où respective- ment 12 % et 11 % des sièges sont détenus par des femmes. O B J E C T I F 3  : P romouvoir l’ é gali t é des se x es e t l’ au t o n omisat io n des femmes L’ÉGALITÉ DANS LA PRISE DE DÉCISIONS POLITIQUES Afrique de l’Ouest Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) (%) 11% 23% 12% 18% 16% Afrique centrale 19% Afrique orientale et australe 20% 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 Données 2011 de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Statistiques complémentaires en annexe. Afrique de l’Ouest Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) (%) 11% 23% 12% 18% 16% Afrique centrale 19% Afrique orientale et australe 20% 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 Par région Proportion de sièges occupés par des femmes dans les parlements nationaux Afrique subsaharienne 19,7 % Taux de femmes parlementaires dans le monde en 2011 (1) Source : Rapport 2012 sur les Objectifs du millénaire pour le développement, Nations unies. (2) Données de la Banque mondiale.
  32. 32. 31 Considérant que l’égalité entre les femmes et les hommes est un droit humain fondamental, et qu’il ne peut y avoir de développement ni de gouver- nance durables sans une implication effective des femmes, l’OIF poursuit son engagement en faveur de l’égalité et l’autonomisation des femmes dans l’espace francophone. La Francophonie s’est mobilisée dès la Confé- rence mondiale sur les femmes organisée par les nations unies à Pékin en 1995. Les recommanda- tions issues de la Conférence des femmes de la Francophonie (Luxembourg, 2000), et réitérées en 2005 à l’occasion de Pékin + 10, ont permis à la Francophonie d’adopter une stratégie dont l’ob- jectif fondamental est de renforcer le statut des femmes et l’intégration transversale de la dimen- sion du genre, tant dans les politiques nationales des pays membres qu’au sein même des pro- grammes de l’Organisation. Cet engagement a été réitéré et consigné dans le Cadre stratégique décennal pour l’ensemble des quatre grandes missions de l’OIF, dans l’objectif d’accroître la participation effective et active des femmes à tous les niveaux au même titre que les hommes. Aussi, le Cadre stratégique décen- nal oblige à tenir compte de la place des femmes comme acteurs clés dans la mise en œuvre des objectifs de la Francophonie. Aujourd’hui, l’intégration de la dimension de genre dans les politiques nationales des pays et sa prise en compte dans leurs budgets demeurent incon- tournables pour la concrétisation des Objectifs du millénaire pour le développement. À cet égard, consciente des enjeux que cette problématique représente, l’OIF met en œuvre une stratégie d’intervention alliant des activités spécifiques en faveur du renforcement des capacités d’action des femmes, et une prise en compte des enjeux de genre dans ses grandes missions. Dans ce cadre, l’OIF agit auprès des gouverne- ments francophones pour favoriser l’intégration du genre dans leurs politiques de développement, y compris au niveau de leurs budgets. Un certain nombre de pays ont ainsi bénéficié d’une assis- tance technique, notamment via des formations théoriques et pratiques, assurées en langues nationales, destinée à soutenir la mise en œuvre de projets tenant compte de l’approche genre. L’aCtiON de La FRaNCOPHONie | Consolider le statut des femmes et l’égalité entre les sexes appUI À la BUDgéTISaTION SENSIBlE aU gENRE L’OIF et le Conseil de l’Europe se sont associés, depuis 2009, dans le cadre d’un projet de budgétisation sensible au genre. Il s’agit d’accompagner les pays ciblés dans leurs efforts en matière d’intégration du genre dans les budgets nationaux, en informant les agents nationaux concernés par le biais d’activités de sensibilisation et la mise à disposition de documents en langues nationales, puis en les formant sur le contenu théorique et les méthodes pratiques de travail. Les budgets sensibles au genre représentent un pas décisif pour traduire en actes concrets les engagements internationaux en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes. Ils constituent des outils efficaces pour assurer une plus grande transparence en matière d’information concernant la parité homme-femme, mais également pour tenir les gouvernements responsables au regard des engagements pris.
  33. 33. 32 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Depuis 2010, un projet pilote, mené en partenariat avec le Conseil de l’Europe, a permis la mise en place de budgets sensibles au genre dans deux pays membres de la Francophonie, l’Arménie et l’ex-République yougoslave de Macédoine. Près de 200 fonctionnaires et parlementaires de ces deux pays ont été sensibilisés et formés en armé- nien et en macédonien à l’intégration du genre dans le budget national. L’OIF soutient également la mobilisation collective des femmes francophones autour d’enjeux d’ac- tualité internationale. Un appui est apporté aux organisations de femmes francophones et aux institutions en charge de l’égalité dans les pays francophones, cela afin de leur permettre de parti- ciper à des rencontres régionales et internationales autour de la problématique du genre, telles que la Marche mondiale des femmes, le forum internatio- nal de l’Association pour les droits de la femme et le développement (AWID), ou encore la Commis- sion de la condition de la femme (CCF) du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc). Le 20 mars 2013, le premier Forum mondial des femmes francophones, organisé par le minis- tère français des Affaires étrangères en partena- riat notamment avec l’OIF, a accueilli plus de 400 femmes actives de toutes les régions du monde pour échanger autour des problématiques du genre : la lutte contre les violences exercées à l’égard des femmes, l’éducation des filles et l’émer- gence des femmes dans la sphère économique. À l’issue du forum, les participantes ont lancé un appel à l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement francophones visant à fonder un nouveau statut des femmes dans l’espace francophone dans lequel elles proclament que « la participation, sur un pied d’égalité, des femmes et des hommes à tous les domaines de la vie économique, politique et publique conditionne les aspirations à la démocratie et au développement durable, pour lesquelles nous continuerons de com- battre. » O B J E C T I F 3  : P romouvoir l’ é gali t é des se x es e t l’ au t o n omisat io n des femmes Coopération entre l’OIF et ONU-Femmes Pour intensifier les efforts de l’OIF en faveur de l’égalité des sexes dans l’espace francophone, le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, et la directrice exécutive d’ONU-Femmes*, Michelle Bachelet, ont signé le 21 mai 2012, un accord- cadre de coopération visant le renforcement mutuel des initiatives et des projets en faveur des femmes dans les pays francophones. La coopération entre les deux organisations s’articule autour de plusieurs axes prioritaires : • la lutte contre les violences faites aux femmes ; • la participation des femmes à la prise de décision politique ; • le plaidoyer en faveur de l’égalité femme-homme ; • l’intégration de l’égalité des genres dans le développement durable ; • les initiatives budgétaires intégrant le genre. Dans le cadre du mois de la Francophonie à New York, l’OIF et ONU-Femmes ont organisé en mars 2013, au siège des Nations unies, une concertation francophone de haut niveau qui a permis l’adoption d’un Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles. * ONU-Femmes est l’agence des Nations unies consacrée à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Abdou Diouf et Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères chargée de la Francophonie, à l’ouverture du Forum des femmes francophones. Abdou Diouf et Michelle Bacchelet lors de la signature de l’accord entre l’OIF et ONU-Femmes. ©CyrilBailleul/OIF ©CyrilBailleul/OIF
  34. 34. 33 La Francophonie accorde une attention toute par- ticulière à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, violences qui représentent l’un des obstacles majeurs à l’atteinte de la parité entre les sexes et à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Dans le cadre de l’évaluation des quinze années de mise en œuvre de la plate-forme d’action de Pékin en mars 2010, les états et gouvernements membres de l’OIF ont adopté la Déclaration fran- cophone sur les violences faites aux femmes, qui pose les principes de la lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles, et propose une définition élargie de ces violences, soit « tout acte de violence sexiste qui cause, ou est susceptible de causer à la femme une atteinte à son intégrité ou une souffrance physique, sexuelle ou psychologique, y compris la menace d’un tel acte, la contrainte et la priva- tion arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ». En adoptant cette déclaration, les pays membres de l’OIF ont franchi une étape importante dans la promotion des droits des femmes, en confir- mant leur engagement à promouvoir l’égalité entre les sexes et à prévenir toute atteinte à l’intégrité physique et morale des femmes et des filles. Les objectifs de cette déclaration sont notamment de sensibiliser sur la problématique des violences faites aux femmes, d’apporter un accompagne- ment approprié aux victimes et de promouvoir une éducation à la non-violence. En mars 2013, en marge de la 57e session de la Commission de la condition de la femme, la Francophonie s’est dotée d’un Plan d’action sur les violences faites aux femmes et aux filles, qui intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration francophone sur les violences faites aux femmes. Les états et gouvernements | Lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles ©VincentOhl/OIF TEXTES DE RéFéRENCE • 1979 : Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes • 1995 : Déclaration et Plan d’action de la 4e Conférence mondiale sur les femmes • 2000 : Déclaration de Luxembourg • 2005 : Contribution de l’OIF à Pékin +10 • 2010 : Déclaration francophone sur les violences faites aux femmes • 2013 : Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles
  35. 35. 34 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement membres de la Francophonie « déclarent adop- ter une politique de “ tolérance zéro ” à l’égard de toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles, et sont déterminés à veiller à ce que l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles soit un aspect prioritaire du programme de développement post-2015 ». Dans le cadre de son action, l’OIF appuie et ini- tie des projets de lutte contre les violences faites aux femmes dans plusieurs de ses pays membres, notamment au Vietnam et en République démo- cratique du Congo (RDC), afin de sensibiliser les organisations de la société civile à la question des violences fondées sur le genre, et d’optimiser leur capacité d’action par la formation et l’accompa- gnement des victimes dans leur reconstruction et leur réinsertion sociale. O B J E C t I F 3 : P R O M O U V O I R L’ é G A L I t é D E S S E x E S E t L’ A U t O n O M I S At I O n D E S F E M M E S appUI aUX FEmmES VICTImES DE VIOlENCES EN RDC En 2009, l’OIF a initié un projet d’accompagnement des femmes et filles victimes de violences dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, visant à fournir un appui global – médical, psychologique et juridique – aux victimes. Il s’agissait, en outre, de mener des actions de sensibilisation auprès des communautés et des familles, cela afin de permettre la réintégration sociale des victimes et survivantes qui sont fortement marginalisées suite aux graves violences qu’elles ont subies. Ce projet a permis l’accompagnement de 818 femmes et filles victimes de violences sexuelles et de 636 femmes et filles vulnérables dans le Sud-Kivu. Plus spécifiquement, l’OIF a apporté, en 2010, un appui financier à l’accompagnement juridique et judiciaire des femmes et filles victimes de violences à Kinshasa. Elle a également soutenu la participation des OnG de femmes congolaises à la 3e Marche mondiale des femmes à Bukavu (RDC) en 2010, au cours de laquelle l’OIF a organisé des activités de concertation qui ont permis aux déléguées francophones de défendre leur plaidoyer politique. Réunion d’information à Hoa Bink, Vietnam, 2009. ©OIF
  36. 36. 35 L’intégration de la dimension genre dans les sys- tèmes éducatifs des pays francophones constitue un enjeu majeur et une priorité pour la Francopho- nie. Depuis plus d’une décennie, l’OIF contribue à l’identification des politiques éducatives ayant produit des résultats tangibles dans le domaine de l’éducation des filles et à la sensibilisation des dif- férents acteurs concernés à l’importance de cette problématique dans la réalisation des OMD. L’OIF a engagé des actions en faveur de l’intégra- tion de l’approche genre dans les programmes de formation. Elle a également élaboré des outils pédagogiques prenant en compte cette problé- matique et formé des enseignants aux enjeux du genre dans le domaine de l’éducation, dans le but d’éliminer tous les stéréotypes liés au genre dans l’enseignement. De par son action, l’OIF encourage le partage d’expériences novatrices en matière d’éducation des filles entre les États membres, tout en appuyant les structures d’édu- cation et de formation, tant au niveau national que régional, dans leur action dans ce domaine. Par l’amélioration de l’offre scolaire, la formation des enseignants et l’optimisation de la disponibilité de services scolaires, elle est résolument engagée dans les efforts mondiaux pour soutenir l’égalité entre les sexes dans l’enseignement. Au cours de la dernière décennie, l’OIF a mis en place des projets d’appui à la scolarisation des filles et à la réduction des disparités entre les filles et les garçons à l’école dans 10 pays d’Afrique francophone(1) . Plus spécifiquement, elle a sou- tenu l’amélioration de l’offre scolaire, l’élaboration de curricula et la formation d’enseignants, ainsi que celle de la disponibilité de services scolaires (cantines, garderies) ou encore des programmes adaptés pour les enfants qui accomplissent chez eux de lourdes tâches ménagères. | éliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement ©ImageinStudio/OIF (1) Bénin, Burkina-Faso, Djibouti, Guinée, Mali, Niger, République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad et Togo.
  37. 37. 36 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement
  38. 38. 37 Objectif 5 Améliorer la santé maternelle Objectif 4 Réduire la mortalité infantile Objectif 6 Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies ©VincentOhl/OIF©DanièleTaulin-Hommell/OIF 37 ©Khunaspix/Fotolia.com
  39. 39. 38 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement À l’échelle mondiale, des progrès considérables ont été obtenus dans la réduction du taux de mor- talité des enfants de moins de 5 ans. Dans les régions en développement, ce taux a décliné de 97 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1990 à 63 pour 1 000 naissances vivantes en 2010(1) . Le taux de mortalité des moins de 5 ans est globa- lement plus satisfaisant au sein de l’espace fran- cophone, où l’on compte en moyenne, en 2011, 28 décès pour 1 000 naissances vivantes dans les Caraïbes et l’Océanie et 35 décès pour 1 000 nais- sances vivantes en Asie du Sud-Est. Les progrès les plus notables sont enregistrés en Afrique du Nord où la cible 4 des OMD a, d’ores et déjà, été atteinte. Le taux de mortalité infantile y a été réduit de 67 % entre 1990 et 2010. En 2011, on y a enre- gistré 20 décès pour 1 000 naissances vivantes. L’Afrique subsaharienne demeure, quant à elle, la région ayant le taux de mortalité des moins de 5 ans le plus élevé, avec en moyenne 101 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2011. Il convient néanmoins de souligner que ce taux s’élevait, en 2007, à 120 décès pour 1 000 naissances vivantes. CIBLE | Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans Afrique de l’Ouest Afrique orientale et australe Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (‰) (‰) 28‰ 35‰ 20‰ 52‰ 112‰101‰ Afrique centrale 114‰ 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 120 Données 2010 de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Statistiques complémentaires en annexe. Afrique de l’Ouest Afrique orientale et australe Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (‰) (‰) 28‰ 35‰ 20‰ 52‰ 112‰101‰ Afrique centrale 114‰ 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 120 Par région Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans pour 1 000 naissances vivantes Afrique subsaharienne O B J E C T I F 4  : R é duire la mor tali t é i n fa n t ile (1) Source : Rapport 2012 sur les Objectifs du millénaire pour le développement, Nations unies.
  40. 40. 39 La mortalité maternelle a été divisée par deux en l’espace de vingt ans dans le monde. Selon les dernières estimations, le nombre de décès mater- nels a chuté de 543 000 en 1990 à 287 000 en 2010, soit une diminution de près de 47 %(1) . Cette diminution est imputable à l’amélioration des soins de santé destinés aux femmes. En effet, la pro- portion d’accouchements assistés par un per- sonnel de santé qualifié (médecin, infirmière ou sage-femme) a sensiblement augmenté dans les régions en développement, passant de 55 à 65 % au cours de cette période(2) . Dans les régions francophones en développe- ment, le taux de mortalité maternelle a chuté, en moyenne, de 538 à 372 décès pour 100 000 naissances vivantes entre 2005 et 2010. La situa- tion demeure particulièrement préoccupante en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, avec des taux moyens s’élevant respectivement à 599 et 444 décès maternels pour 100 000 naissances en 2010. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, où l’on recense en moyenne 65 décès maternels pour 100 000 naissances, enregistrent, quant à eux, le plus faible taux de mortalité maternelle parmi les régions francophones en développement. CIBLE | Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle O B J E C T I F 5  : A m é liorer la sa n t é mat er n elle Afrique de l’Ouest Afrique orientale et australe Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne 165 260 65 19 460 Afrique centrale 0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 Afrique de l’Ouest Afrique orientale et australe Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne 165 260 65 195 444460 Afrique centrale 599 0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600 Par région Afrique subsaharienne Taux de mortalité maternelle pour 100 000 naissances vivantes - 47 % Diminution de la mortalité maternelle dans le monde entre 1990 et 2010 (1) Source : Statistiques sanitaires mondiales 2012, Organisation mondiale de la santé. (2) Source : Rapport 2012 sur les Objectifs du millénaire pour le développement, Nations unies.
  41. 41. 40 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Au plan mondial, le nombre de nouvelles infec- tions au VIH/sida ne cesse de diminuer. En 2011, 2,5 millions de personnes (adultes et enfants confondus) ont contracté le virus, soit 20 % de moins qu’en 2001(1) . Selon les estimations, 34 millions de personnes dans le monde vivaient avec le VIH en 2011. L’Afrique subsaharienne demeure la région la plus gravement touchée avec près d’1 adulte sur 20 infecté par le virus. C’est, néanmoins, l’une des régions où l’on observe la baisse la plus importante du nombre de nouvelles infections au VIH/sida depuis 2001. À l’inverse, la situation demeure pré- occupante au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où le nombre de nouvelles infections a augmenté de 35  % depuis 2001. Au sein de l’espace francophone, la prévalence du VIH/sida dans la population des 15-49 ans est, en moyenne, de 1,7  % dans les régions en dévelop- pement selon les dernières estimations. L’Afrique subsaharienne détient le taux de prévalence du VIH/sida le plus élevé avec 2,1  %. À l’autre bout du spectre, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient enregistrent la plus faible prévalence avec 0,1  %. CIBLE | D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance (1) Source : Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2012, Onusida. Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) (%) 1,2% 0,5% 0,1% 0,7% 3,7% 1,5%2,1% 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 Données 2011 de la Banque mondiale ou rapports pays transmis. Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne (%) (%) 1,2% 0,5% 0,1% 0,7% 3,7% 1,5%2,1% 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 Par région Prévalence du VIH/sida dans la population des 15-49 ans Afrique subsaharienne O B J E C T I F 6   : C ombat t re le V I H / sida , le paludisme e t d ’ au t res maladies
  42. 42. 41 Des avancées significatives ont été obtenues en matière de prévention et de lutte contre le palu- disme. À l’échelle mondiale, les taux de mortalité dus à cette maladie ont été réduits d’un quart depuis 2000. Selon les dernières estimations, on enregistrait 219 millions de cas de paludisme en 2010(1) . À titre d’exemple, la République démocra- tique du Congo figure parmi les pays endémiques les plus affectés d’Afrique subsaharienne. Les taux de mortalité attribués à la tuberculose sont également en baisse dans la plupart des régions. Le nombre de nouveaux cas de tuberculose dans le monde ne cesse de baisser depuis 2007. En 2011, on recensait quelque 8,7 millions(2) de nouveaux cas de tuberculose, contre 9,3 millions en 2007(3) . CIBLE | D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies et inversé la tendance actuelle Indicateurs clés de la base de données sur le marché du travail, Organisation internationale du travail. Statistiques complémentaires en annexe. Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe 2011 20072011 2007 189 192 249 289 141 148 Caraïbes et Océanie Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient Afrique subsaharienne 89 77 310 279 39 41 170 186 0 50 100 150 200 250 300 350 0 50 100 150 200 250 300 Afrique de l’Ouest Afrique centrale Afrique orientale et australe 2011 20072011 2007 189 192 249 289 141 148 es nie sie Est rd nt ue ne 89 77 310 279 39 41 170 186 0 50 100 150 200 250 300 350 0 50 100 150 200 250 300 Par région Afrique subsaharienne Incidence de la tuberculose pour 100 000 personnes (1) Source : Rapport 2012 sur le paludisme dans le monde, Organisation mondiale de la santé. (2) Source : Rapport 2012 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, Organisation mondiale de la santé. (3) Source : Rapport 2009 sur les Objectifs du millénaire pour le développement, Nations unies. ©Ursule/Fotolia.com
  43. 43. 42 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement Parce que d’autres organismes de coopération spécialisés sont mieux outillés pour agir dans les domaines relatifs aux Objectifs du millénaire pour le développement 4, 5 et 6 relatifs à la réduction de la mortalité infantile, à l’amélioration de la santé maternelle ainsi qu’à la lutte contre le VIH/sida(1) , le paludisme et les autres maladies, la Franco- phonie a fait le choix de ne pas intervenir directe- ment dans ces domaines et de se concentrer là où elle bénéficie d’une valeur ajoutée certaine. L’OIF concourt, néanmoins, de manière indirecte à la concrétisation de ces trois objectifs, notamment grâce aux effets induits de son action globale en faveur des OMD sur les comportements sanitaires et environnementaux des populations de l’espace (1) Parmi lesquels l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme commun des nations unies sur le VIH/sida (Onusida) et le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef). O B J E C t I F S 4 , 5 E t 6 L’eNGaGeMeNt iNdiReCt de La FRaNCOPHONie POuR L’atteiNte deS OBJeCtiFS 4, 5 et 6 paRTENaRIaT aVEC l’ONUSIDa L’OIF et le Programme commun des nations unies sur le VIH/sida (Onu- sida) ont signé un accord-cadre de coopération en décembre 2009, pour agir conjointement contre l’épidémie de VIH/sida qui affecte le monde francophone. Les axes de coopération de cet accord-cadre s’articulent autour des thèmes suivants : • la démocratie et les droits de l’Homme, incluant les aspects législatifs concernant le VIH/sida ; • l’éducation et la recherche, avec l’AUF et l’Université Senghor d’Alexandrie ; • l’action au niveau des centres urbains et des collectivités territo- riales, avec l’Association interna- tionale des maires francophones (AIMF); • l’information et la sensibilisation, avec tV5 MOnDE. Dans le cadre du partenariat avec l’Onusida, l’opérateur spécialisé de la Francophonie qu’est l’Université Senghor d’Alexandrie organise un atelier de formation continue inti- tulé: «Migrations, mobilités et vulné- rabilités au VIH». L’AIMF développe, quant à elle, un projet de centres de santé dans 13 pays francophones. Ce projet s’intègre dans son pro- gramme de lutte contre le sida. Enfin, le Réseau parlementaire de lutte contre le VIH de l’Assemblée parle- mentaire de la Francophonie (APF) a tenu, en octobre 2012, sa dixième réunion à Libreville, au Gabon.
  44. 44. 43 francophone. À titre d’exemple, les Centres de lec- ture et d’animation culturelle sont des lieux privilé- giés en zone rurale ou périurbaine pour mettre en place régulièrement des actions de sensibilisation et d’éducation informelle à ces problématiques. En outre, l’OIF a toujours mené une large mobilisa- tion pour la prise en compte de la dimension cultu- relle du développement durable, ce qui concourt ainsi aux objectifs précités. De plus, par son action de plaidoyer politique en faveur du respect des droits de l’Homme, pour la solidarité et le partage, ainsi que son rôle moteur dans la lutte contre la pauvreté, elle apporte une contribution modeste à la réalisation de ces objectifs. Parce qu’ils touchent une large population dans des zones souvent défavorisée, les Clac servent de relais à des actions sanitaires : vaccination, lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, le VIH/sida et le paludisme. ©VincentOhl/OIF
  45. 45. 44 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement
  46. 46. 45 Objectif 7 Assurer un environnement durable 45 ©Nito/Fotolia.com
  47. 47. 46 | La Francophonie et les Objectifs du millénaire pour le développement À l’échelle mondiale, la perte nette de superficies boisées est tombée à 5,2 millions d’hectares par an à partir des années 2000, contre 8,3 millions dans les années 1990. Ces avancées ont été obtenues grâce à des programmes de reboise- ment mis en place dans de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, notamment francophones, tels que le Vietnam. Les déperditions globales de zones boisées conti- nuent, cependant, à un rythme effréné en Amérique du Sud et en Afrique, alors que l’Asie enregistre un gain net annuel de près de 2,2 millions d’hectares au cours de la dernière décennie(1) . Les émissions mondiales de gaz à effet de serre n’ont, quant à elles, que très légèrement décru sur la période 2008-2009. Cette légère diminution est attribuable principalement au ralentissement de l’activité économique dû à la crise mondiale. Ainsi, les émissions en 2009 demeuraient supérieures de 39 % au niveau de 1990. état des lieux CIBLE | Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales (1) Source : Rapport 2012 sur les Objectifs du millénaire pour le développement, Nations Unies. O B J E C T I F 7  : A ssurer u n e n viro n n eme n t durable Baisse de 8,3à 5,2millions d’hectares Perte nette annuelle de superficies boisées dans le monde depuis 1990 ©ClaudiaDewald/iStockphoto

×