SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  21
Télécharger pour lire hors ligne
La Fabrique de l’industrie est un think tank créé en 2011 par l’UIMM, le
Cercle de l’industrie et le GFI, rejoints depuis par le GIM et le GIFAS, pour
que la réflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en
qualité. Co-présidée par Louis Gallois et Denis Ranque, La Fabrique s’appuie
sur un conseil d’orientation comprenant une cinquantaine d’experts (écono-
mistes, sociologues, journalistes, entrepreneurs, syndicalistes…) garants de
l’ouverture et de la robustesse de ses travaux. La Fabrique a pour ambition
de faire connaître largement les travaux et événements qu’elle suscite ou
auxquels elle contribue.
LA FABRIQUE DE L’INDUSTRIE
PLUS D’INFORMATIONS SUR LE CONCOURS
ÉTUDIANTS JEUNES CHERCHEURS DE LA FABRIQUE :
#CEJC
www.la-fabrique.fr
CONCOURS
ÉTUDIANTS
JEUNES
CHERCHEURS
PREMIÈRE ÉDITION
2017
En partenariat avec:
Concours
étudiants
jeunes
chercheurs
Première édition
2017
som-
mai-
re
Remerciements4
5
33
#CEJC
Mentions spéciales
13 articles
14
17
20
Standardiser le contrôle de la qualité
au toucher
Gouvernance des pratiques de
développement durable des industries
Risque industriel et territoires : le coût
d’une information partielle
6 mémoires
7
10
Le créateur industriel au service de
l’économie circulaire
Vers un rôle accru du secteur privé dans
le contrôle des exportations d’armement
thèses
Un capitalisme d’ingénieurs : sociologie
d’une stratégie industrielle dans
l’aéronautique
24
27
30
Les multinationales, actrices de la mise
en œuvre des droits des travailleurs
Ne donnez pas du temps à vos salariés
pour innover, laissez-les en prendre !
23
Nos remerciements vont tout d’abord aux candidats qui ont par-
ticipé à cette première édition du concours pour étudiants et
jeunes chercheurs de La Fabrique de l’industrie, pour l’intérêt et
la confiance qu’ils nous ont témoignés en nous proposant leurs
travaux.
Nous remercions ensuite les membres du jury : Louis Gallois
(La Fabrique de l’industrie), Emmanuel Bézy (Direction générale
des entreprises), Sarah Guillou (OFCE-Sciences Po), François
Pellerin (région Nouvelle-Aquitaine), Ulrike Steinhorst (Nuria) et
Jean-Marc Vittori (Les Échos).
Enfin, nous adressons nos sincères remerciements aux évaluateurs
pour le temps qu’ils ont consacré à l’examen des candidatures et
pour la qualité de leurs observations.
Marc Alochet ; Olivier Appert ; Farhad Hossein Arabi ; Daniel Atlan ;
Eric Ballot ; Mathieu Baudrin ; Pascal Bérion ; Clément Bertholet ;
Pierre Bitard ; Alain Cadix ; Serge Catoire ; Pascal Clément ; Simon
Colas ; Adrien Crémon ; Gérard Creuzet ; Jean-François Di Meglio ;
Edwige Dubos-Paillard ; David Encaoua ; Pierre Fleckinger ; Antoine
Frémont ; Patrick Fridenson ; Jean-Luc Gaffard ; Gilles Garel ; André
Gauron ; François Gayet ; Dominique Gillier ; Matthieu Glachant ;
Pierre-Yves Gomez ; Dominique Jacquet ; Philippe Lefebvre ; Pascal
Le Masson ; Laura Letourneau ; François Levêque ; Ariel Mendez ;
Régis Mollard ; Paul Parnière ; Bruno Patin ; Félix von Pechman ;
Sophie Pène ; Marie-Madeleine Péretié ; Jean-Loup Picard ; Thierry
Pigot ;FrançoisPistre ;CédricPoivret ;GrégoirePostel-Vinay ;Cécile
Roche ; Paul Santelmann ; Jean-Michel Saussois ; Amélie Seignour ;
Julien Theisse ; Jean-Claude Thoenig ; André Torre ; Claire Tutenuit ;
Dominique Vignon ; Etienne Wasmer ; Marie Zimmer.
La Fabrique anime le débat sur l’industrie avec toutes celles et ceux
qui participent à sa construction, dans le respect de la diversité des
points de vue. À travers nos publications, conférences et interven-
tions, nous donnons à voir la richesse des réflexions en cours, tout
en reliant des mondes qui se méconnaissent parfois : chercheurs,
industriels, journalistes, étudiants, grand public…
Les chercheurs et leurs étudiants nous éclairent sur le passé, le
présent et le devenir de l’industrie, analysent les mutations en cours,
explorent des voies de progrès possible, renouvellent les méthodes et
outils à la disposition des praticiens. C’est pourquoi nous avons
souhaité, à travers ce concours pour étudiants et jeunes chercheurs,
valoriser des travaux originaux.
L’industrie et les acteurs qui la composent font l’objet d’études dans
de très nombreuses disciplines, comme en témoigne la variété des
soixante-quinze candidatures reçues. Les huit finalistes des trois
catégories attestent de cette diversité : ils sont économistes, socio-
logues, juristes, designers, spécialistes des systèmes d’information,
chercheurs en sciences politiques ou en gestion.
Dans ce livret, nous vous invitons à découvrir la richesse de leurs
travaux portant sur des thèmes essentiels pour la compétitivité
industrielle : dialogue social, smart systems, travail, développement
durable, mondialisation, créativité…
Je vous souhaite une très bonne lecture.
Louis Gallois,
co-président de La Fabrique de l’industrie
et président du jury
Remerciements #CEJC
4 5Concours étudiants jeunes chercheurs #CEJC
mém-
oires
STÉPHANIE SOUAN
Yann WENDEL
Le créateur industriel
au service de
l’économie circulaire
STÉPHANIE SOUAN
Son mémoire Économie circulaire en pratique a
été présenté en 2014 dans le cadre du Master
de l’École nationale supérieure de création
industrielle (ENSCI-Les Ateliers). Dans ce
travail, mené sous la direction de Cloé Pitiot,
Stéphanie met à profit un double cursus avec
l’École Centrale Paris entre 2011 et 2013,
où elle a découvert le champ de l’innovation
environnementale, et sa mission de fin d’études
à la direction de l’innovation de Décathlon, en
collaboration avec la direction environnement.
Stéphanie est aujourd’hui en mission pour
le groupe RATP où elle pilote le développement
de nouveaux équipements et mobiliers pour
le réseau.
7
souan.stephanie@gmail.com
Le modèle de l’économie circulaire
combine un ensemble de pratiques
tout le long du cycle de vie d’un pro-
duit pour viser le « zéro déchet » à
chaque étape. Il se positionne en
rupture du modèle linéaire, fréquem-
ment utilisé dans notre société, qui
consiste à extraire des matières pre-
mières, produire puis consommer et
jeter.
De nombreuses entreprises intègrent
des démarches environnementales
dans leurs projets de conception. Or,
il existe un fossé entre les ambitions
de l’économie circulaire et la réalité
des pratiques en éco-conception.
Dans le mémoire, ces ambitions sont
d’abord confrontées à la réalité des
pratiques de gestion de la fin de vie
des objets sur le territoire français.
Et il s’avère que les attentes et les
besoins des usagers sont très peu
pris en compte dans la gestion des
déchets à l’échelle du territoire et
dans la façon traditionnelle d’éco-
concevoir des produits et services.
Ce point est particulièrement criti-
que pour le développement de l’éco-
nomie circulaire en France. Ensuite,
l’étude se concentre sur les pra-
tiques actuelles en conception en-
virronnementale. Généralement, ce
sont les ingénieurs produits qui sont
responsables de ces questions dans
les groupes industriels. Le designer
industriel quant à lui est la plupart du
temps interpellé en aval des projets
industriels et non en amont lors de
la définition des objectifs à attein-
dre et de la démarche à mettre en
place, alors même qu’il accorde une
place centrale à l’usager.
Une sélection de projets menés par
des designers – par ex. la gamme
de petit électroménager conçus à
partir de composants mis au rebut
du Re-Do Studio ou le concept de
cuisine Ekokook de Faltazi Lab va-
lorisant les différents déchets pro-
duits, met en évidence l’intérêt d’as-
socier les designers aux démarches
d’éco-conception pour la diffusion
du modèle de l’économie circulaire.
Dans ce cadre, le créateur industriel
peut avoir trois types de postures :
celle de « créateur » (capacité à ima-
giner et rendre tangible et concret),
de « facilitateur » (capacité à faire le
lien entre plusieurs domaines de
compétences) ou encore d’« éclai-
reur » (capacité à se projeter et à
réaliser de la prospective).
RésumÉ
8
Il est nécessaire que
les créateurs industriels
intègrent les pôles de conception
environnementaux
pour le développement de
l’économie circulaire.
Des démarches d’économie circu-
laire rompant avec notre système
actuel d’économie linéaire voient le
jour partout dans le monde, notam-
ment aux États-Unis et en Chine où
les enjeux sont de taille. Au-delà de
la prise en compte des impératifs en-
vironnementaux, ce modèle répond
à des impératifs économiques (réa-
liser des économies sur les matières
premières, créer des emplois) et so-
ciétaux, en particulier de transforma-
tion des modes de vie en se basant
sur des logiques collaboratives et
une économie d’usage plutôt que de
propriété. L’économie circulaire offre
ainsi des opportunités de développer
de nouveaux produits et services. Le
nouveau Président de la République
disait lors de sa campagne vouloir
faire de « la France le pays leader de
l’économie circulaire ».
Le mémoire donne des clefs de com-
préhension aux acteurs industriels
sur les multiples enjeux de cette nou-
velle économie. Il interpelle en par-
ticulier les acteurs des ressources
humaines des pôles conception et
environnement du secteur des biens
de consommation grand public. Le
créateur industriel a toujours accom-
pagné les différentes mutations de
l’industrie avec la préoccupation de
l’usager final. Il est nécessaire qu’il
puisse intégrer ces pôles stratégi-
ques afin de contribuer à développer
une économie circulaire en France et
en Europe qui soit en phase avec les
besoins des usagers.
INTéRêT POUR L’INDUSTRIE
9mémoiresConcours étudiants jeunes chercheurs
10 11
Vers un rôle accru
du secteur privé
dans le contrôle
des exportations
d’armement
Yann WENDEL
Après un Master « Affaires Publiques »
de Sciences Po Paris,Yann a suivi un Master
« Défense et Dynamiques Industrielles » de
l’université Panthéon-Assas Paris 2 durant lequel
il a rédigé son mémoire La responsabilisation
du secteur privé dans le contrôle des exportations
de défense en France. Ses études ont été
réalisées en alternance chez Airbus lui
permettant de conduire des entretiens au sein
de la communauté de défense française
et européenne. Après avoir passé environ
deux ans aux affaires publiques d’Airbus,
il prépare les concours administratifs pour
entrer dans la fonction publique d’État.
La production et l’exportation d’ar-
mements nécessitent de concilier la
logique régalienne des États et la lo-
gique économique des entreprises.
Les changements d’organisation du
secteur, tels que l’internationalisation
des chaînes de valeur et la mise en
œuvre de programmes multinatio-
naux, ont bouleversé les modalités
de commercialisation des produits de
défense. Cette nouvelle donne a en
effet entraîné un besoin de fluidifier
les échanges de composants entre
pays européens, au moyen de dispo-
sitifs de contrôle export adaptés à
l’émergence d’une base industrielle
et technologique de défense (BITD)
à l’échelon européen.
La directive européenne 43/2009
dite « directive sur les transferts intra-
communautaires » (TIC) a constitué
le point de départ du renouvellement
des pratiques de contrôle export en
France, qu’elles concernent les trans-
ferts entre États européens ou bien
des exportations vers des pays tiers.
Elle a permis la mise en place d’outils
tels que le contrôle a posteriori, les
licences générales de produits ou la
certification d’entreprises, qui vont
tous dans le sens d’une plus grande
responsabilisation du secteur privé.
Le contrôle des opérations courantes
se déplace alors au niveau des entre-
prises exportatrices, ce qui permet
une gestion plus fluide de la chaîne
de valeurs et un allégement des con-
trôles administratifs traditionnels.
Cette privatisation d’attributions ré-
galiennes a entraîné une redéfinition
des liens entre les secteurs public et
privé dans un esprit davantage colla-
boratif. L’acteur industriel participe
de ce fait à la décision éminemment
politiquedel’exportationd’armement,
laissant à l’État le soin de se concen-
trer sur la détermination de règles, la
délivrance de licences plus englo-
bantes et le contrôle du respect de
ces normes par les entreprises. Cet
état de fait permet peu à peu de
voir émerger un système sécuritaro-
industriel, les capacités d’interven-
tion de l’État se retrouvant mieux
adaptées aux nouveaux enjeux des
exportations d’armement.
Résumé
mémoiresConcours étudiants jeunes chercheurs
yann.wendel@gmail.com
12
Les entreprises de défense
doivent pouvoir s’échanger
des composants de manière
fluide pour préserver
leur compétitivité.
Les résultats de cette étude conver-
gent vers le besoin pour l’État de re-
nouveler ses modes de régulation du
champ économique, suivant une logi-
que d’accompagnement du secteur
privé de type « leadership from be-
hind ». Ce caractère est rendu encore
plus prégnant dans le secteur des
industries de défense, étant donné
l’importance du besoin de suivi éta-
tique d’affaires très sensibles.
Les entreprises de défense doivent,
pour préserver leur compétitivité,
pouvoir s’échanger des composants
demanièrefluide,malgrélaprésence
de nombreuses régulations natio-
nales. La refonte du système de con-
trôle intracommunautaire, caracté-
risée par une plus grande latitude
couplée à une plus grande responsa-
bilité des entreprises, leur permet de
devenir« délégataires »d’unepartiede
la gestion des flux en contrôlantelles-
mêmes les opérations courantes.
La puissance publique concentre
quant à elle ses ressources sur le
suivi de l’organisation interne des in-
dustriels dans une logique de con-
trôle a posteriori. Les services de
l’Étatdeviennentunpartenairegarant
de la qualité des contrôles internes
des acteurs privés.
Compte tenu de son rôle englobant et
de ses prérogatives particulières, la
puissance publique est en mesure
d’établir la confiance et le dialogue
entre les différents acteurs écono-
miques (banques, fournisseurs…) au
moyen de référentiels communs, tels
que des labels de qualité de type ISO.
Ces marqueurs seraient attribués à
des entreprises de défense dont le
processus interne de contrôle aurait
été vérifié. Cette innovation appor-
terait davantage de lisibilité au con-
trôle des exportations, et incarnerait
pleinement la logique partenariale
public-privé défendue dans ce mé-
moire.
INTéRêT POUR L’INDUSTRIE
Concours étudiants jeunes chercheurs
arti-
cles
BRUNO ALBERT
HéLOïSE BERKOWITZ
MARIANNE BLéHAUT
Standardiser
le contrôle de
la qualité au toucher
BRUNO ALBERT
Son article A Smart System for Haptic Quality
Control: Introducing an Ontological Representation
of Sensory Perception Knowledge a été présenté à
la conférence internationale KEOD 2016. Il a été
réalisé dans le cadre d’une thèse CIFRE issue
d’une collaboration entre l’entreprise INEVA et
les laboratoires SYMME (université de Savoie)
et Icube (université de Strasbourg). Actuellement
en 2e
année de thèse, Bruno est encadré par
Maurice Pillet et Cecilia Zanni-Merk. Son travail
fait appel à l’organisation des connaissances,
au contrôle qualité des produits et
à la mécatronique.
Ce travail s’inscrit dans la volonté de
la société INEVA, centre d’ingénierie
et d’essai, d’être précurseur dans le
domaine du contrôle de la qualité
sensorielle dans l’industrie. Dans
cette perspective, l’accent est mis
dans un premier temps sur la per-
ception au toucher, aussi appelée
perception haptique. Cette notion
désigne les aptitudes humaines à
percevoir par la peau (perception
tactile) ainsi que par les muscles et
tendons (perception kinesthésique).
Dans l’industrie, contrôler la percep-
tion au toucher d’un produit s’avère
très difficile, tant chaque opérateur
interprète et décrit ses sensations
de manière subjective. De ce fait,
la première phase de nos travaux a
conduit à l’introduction d’une mé-
thode innovante de formalisation
des sensations, sources de notre
perception sensorielle. Un nombre
réduit de sensations haptiques élé-
mentaires a ainsi été identifié et mis
en relation avec le vocabulaire usuel-
lement utilisé. Cette méthode est la
base du système proposé pour la
définition des spécifications de con-
trôle. Étant à la fois générique à tout
domaine d’application et pouvant être
enrichi par l’expérience, ce système
aide à la mise en place du contrôle
de la qualité sensorielle dans l’in-
dustrie.
Concrètement, une étude globale du
vocabulaire sensoriel a permis l’éla-
boration d’une représentation com-
plète des connaissances liées à la
perception humaine. Celle-ci s’ap-
puie en particulier sur l’utilisation de
méthodes de la science des connais-
sances, telles que l’analyse séman-
tique ou encore l’organisation des
connaissances sous forme d’onto-
logie. La modularité et la flexibilité
du système permettent notamment
une adaptation précise aux diffé-
rents contextes d’application (tels
que le type de produit, les matériaux
impliqués, etc.), ainsi que l’enrichis-
sement continu par l’expérience de
la base de connaissances.
La seconde phase des travaux con-
cerne l’instrumentation de ce type
de contrôle. L’enjeu de ce projet est
l’identification et la mise en relation
d’instruments adaptés à la mesure
des sensations élémentaires, afin de
proposer des solutions permettant
d’aider efficacement les contrôleurs
dans leurs décisions.
Résumé
14 15Concours étudiants jeunes chercheurs articles
bruno.albert@ineva.fr
Co-auteurs : Cecilia Zanni-Merk, Francois de Bertrand de
Beuvron, Jean-Luc Maire, Maurice Pillet, Julien Charrier
et Christophe Knecht.
L’outil s’adresse aux industriels
souhaitant améliorer
la vérification de la qualité
au toucher de leurs produits,
en simplifiant et en rendant plus
objectif ce type de contrôle.
Lors du choix d’un produit par un
consommateur, la première impres-
sion est cruciale. Parmi l’ensemble
de ses perceptions sensorielles, son
sens du toucher joue un rôle primor-
dial qui se concrétise très souvent
par la prise en main du produit,
comme l’essai d’une montre ou d’un
bijou par exemple. Lors de la valida-
tion en production de la qualité au
toucherdesproduits,l’interprétation
des contrôleurs humains est donc
décisive. Néanmoins, dans l’industrie,
le contrôle de la qualité liée à ce sens
est généralement très peu standar-
disé, ce qui cause de fortes varia-
bilités et peut entraîner un amoin-
drissement de la qualité perçue par
l’utilisateur final, ou même nuire à
l’image de marque.
L’outil proposé, basé sur une repré-
sentation générique et formalisée des
connaissances de la qualité senso-
rielle, s’adresse aux industriels sou-
haitant améliorer la vérification de la
qualité au toucher de leurs produits,
en simplifiant et en rendant plus ob-
jectif ce type de contrôle. L’outil guide
les industriels dans la définition des
spécifications de contrôle et dans la
mise en place de protocoles adaptés
aux problématiques rencontrées. Un
cas d’application dans le domaine de
l’horlogerie de luxe a par exemple
permis d’améliorer les performances
du contrôle de la qualité au toucher,
validant ainsi la pertinence de la mé-
thode proposée. Une description pré-
cise et réduite des anomalies tactiles
pouvant être perçues sur le produit
a ainsi été formulée et un protocole
de contrôle simple mais efficace a
permis une réduction importante de
la variabilité de contrôle.
INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
Gouvernance
des pratiques
de développement
durable des
industries
HéLOïSE BERKOWITZ
Son article Comment une idée abstraite
peut devenir un dispositif de gestion : le cas
du développement durable s’appuie sur des
entretiens dans le secteur pétrolier et a été publié
dans la revue Gérer & Comprendre des Annales
des Mines. Héloïse a produit son article dans
le cadre de sa thèse en sciences de gestion
dirigée par Hervé Dumez au Centre de Recherche
en Gestion de l’Ecole polytechnique. Depuis sa
thèse soutenue en 2016, elle poursuit ses travaux
de recherche à l’Institut Barcelona d’Estudis
Internacionals grâce à une bourse de mobilité
Bernard Sutter, attribuée par la Conférence
des Grandes Écoles.
16 17Concours étudiants jeunes chercheurs articles
heloise.berkowitz@polytechnique.edu
Les effets du changement climatique
ne cessent de s’aggraver en partie
car les pratiques des firmes ne sont
pas transformées en profondeur.
C’est l’enjeu de ce que l’on nomme la
« transition ». Or le phénomène crois-
santdel’actioncollectiveentrefirmes
en matière de développement dura-
ble a été relativement négligé. Pour-
tant ces coopérations volontaires
transforment bel et bien les firmes
individuelles, par exemple par l’adop-
tiondestandards.Pourtant,lesfirmes
sont considérées soit comme des
cibles d’une régulation de plus en
plus contraignante, soit comme des
acteurs opportunistes qui utilisent le
développement durable, on pense
bien sûr au greenwashing. Cette
double vision affaiblit le rôle collectif
des firmes d’agent de la transition.
Ce travail de recherche étudie les
formes de gouvernance coopérative
sectorielle pour la transition et leurs
effets sur les pratiques des firmes
individuelles. En analysant une firme
du secteur pétrolier, l’article montre
comment le développement durable,
en tant qu’idée abstraite et globale,
peut engendrer, par un enchaînement
de mécanismes, des dispositifs con-
crets locaux.
L’idée de développement durable
telle que promue par les institutions
internationales (comme l’ONU) est
construite collectivement via des
méta-organisations, organisations
dont les membres sont eux-mêmes
des organisations. La firme étudiée
est impliquée dans ces méta-orga-
nisations en y déléguant des collabo-
rateurs issus de différentes directions
orientées vers le développement du-
rable. Ces collaborateurs retrans-
mettent ensuite l’information à des
comités internes à la firme. Puis les
comités pilotent et coordonnent l’ap-
plication des principes de dévelop-
pement durable ou mettent en place
des dispositifs locaux et opérationnels
(par exemple, le community liaison
officer, interface entre la filiale et les
communautés locales). Afin de sur-
veiller les progrès en matière de dé-
veloppement durable (notamment le
respect des peuples indigènes), la
firme procède ensuite au reporting et
communiquesursesactivitésdeRSE
(responsabilité sociétale des entre-
prises).
Résumé
En cherchant à s’organiser
collectivement pour répondre
aux enjeux de développement
durable, les firmes sont
confrontées à des effets
non-anticipés de complexité.
Le développement durable est une
doctrine imprécise qui suit une
chaîne de mécanismes pour devenir
« performative » c’est-à-dire s’incarner
dans les pratiques des firmes. Cette
chaîne de mécanismes de gestion va
du chaînon le plus global (les ins-
tances internationales) au chaînon le
plus local et opérationnel (le dispo-
sitif de community liaison officer dans
les filiales). C’est ainsi que l’idée de
développement durable est rendue
actionnable : elle est opérationnalisée
dans divers dispositifs à plusieurs
niveaux.
Cette chaine a pour conséquence
d’augmenter la complexité organisa-
tionnelle pour les acteurs, par une
multiplication des méta-organisa-
tions, des comités internes aux firmes,
des standards et des obligations de
reporting, des indicateurs de perfor-
mance extra-financière, et des injonc-
tions des diverses parties prenantes.
Le cas de la firme pétrolière étudiée
montre une situation où l’effort d’or-
ganisation semble produire de la
désorganisation à la fois interne et
externe, qui est susceptible de ren-
forcer les situations d’hypocrisie
organisationnelle ou de découplage
entre discours et actions.
Les enjeux du développement dura-
ble appellent des solutions collectives
de la part des industries. Pourtant, en
cherchant à y répondre en s’orga-
nisant collectivement, les firmes se
retrouvent confrontées à des effets
non-anticipés de complexité, où il
devient difficile de distinguer ce qui
relève de la sur-organisation ou de la
désorganisation. Mais ce chaos est
sans doute le préalable à la transition
des industries vers plus de dévelop-
pement durable.
INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
18 19Concours étudiants jeunes chercheurs articles
Risque industriel
et territoires :
le coût d’une
information
partielle
MARIANNE BLéHAUT
Actuellement en post-doctorat au CNRS où
elle étudie les comportements de
consommation d’énergie, son article a pour
titre How does a change in risk perception
affect the housing market ? Evidence from
an industrial accident in France. Il a été rédigé
pendant sa thèse de sciences économiques
réalisée à l’université Paris-Saclay au sein
du laboratoire RITM, encadrée par Miren
Lafourcade et Laurent Gobillon.
Dans cet article, il est question des
conséquences socio-économiques de
l’accident d’AZF à Toulouse (2001)
sur les marchés des logements expo-
sés à un risque industriel mais qui
n’ont pas été directement touchés
par l’accident. Plus particulièrement,
cet accident est considéré comme
un révélateur du risque industriel sur
le territoire français : très médiatisé
et lourd de conséquences humaines
et matérielles, il a conduit la popula-
tion à réévaluer ce risque. Dans les
zones exposées au risque industriel,
on peut s’attendre à ce que cette
prise de conscience conduise à des
changements de comportement,
notamment en termes de choix rési-
dentiels. À l’aide de données exhaus-
tives originales, cet article montre en
effet que l’accident s’est traduit par
une baisse à court terme des prix
immobiliers dans les zones à risque
(de l’ordre de 2 %). À moyen terme,
les prix décroissent encore de l’ordre
de 5 % supplémentaires. En outre,
le taux de vacance augmente égale-
ment à court terme dans ces zones
de manière significative. L’ensemble
de ces éléments est cohérent avec
une première phase, de court terme,
pendant laquelle les acheteurs ont
ajusté le prix qu’ils sont prêts à payer
à la baisse tandis que les vendeurs
sont encore réticents à accepter une
décote. Dans un second temps, à
moyen terme, la baisse de prix est
acceptée comme inévitable et l’en-
semble des vendeurs potentiels ajus-
tent leur prix à la baisse également.
Enfin, certains éléments sont cohé-
rents avec une forme de sélection
des ménages les moins favorisés
dans ces zones à risque. Logique-
ment, les effets mesurés sont plus
importants dans le quart sud-ouest
de la France (dans lequel se situait
l’usine), et les voisinages d’usines
chimiques (l’usine AZF était elle-
même un site de production chi-
mique). Enfin, l’effet dépréciatif est
extrêmement local et décroît très ra-
pidement à mesure que l’on s’éloi-
gne des sites à risque. En conclu-
sion, augmenter l’information sur le
risque industriel conduit à dégrader
le marché immobilier dans les zones
à risque par rapport aux autres.
Résumé
20 21Concours étudiants jeunes chercheurs articles
marianne.blehaut@ensae.fr
L’enjeu pour les industriels
est d’adopter une politique
de transparence et
de communication auprès
des populations concernées
par le risque industriel.
L’élément central de cet article est la
notion d’information. Dans les zones
qui n’ont pas été touchées par l’acci-
dent d’AZF, le risque industriel avant
et après l’accident est le même. L’in-
formationapportéeparcederniercon-
duit cependant à modifier de manière
durable les caractéristiques des mar-
chés immobiliers locaux soumis au
risque industriel. En d’autres termes,
la situation initiale, avant l’accident
de 2001, était caractérisée par un
manque d’information des popula-
tions locales. Ce manque a d’ailleurs
bien été identifié par les responsa-
bles politiques, conduisant en 2003
à l’adoption des lois dites Bachelot
qui renforcent la réglementation du
risque industriel en France. Un volet
crucial de cette réglementation est
l’information des populations, via le
dispositif des plans de prévention
des risques technologiques (mis en
œuvre à partir de 2006). La spéci-
ficité de ce dispositif est son carac-
tère local : pour chaque bassin de
risque, l’ensemble des acteurs con-
cernés est associé à une concerta-
tion visant à mesurer, expliquer et
limiter les risques spécifiques à ce
bassin. L’enjeu pour les industriels
est évidemment très fort, puisqu’ils
se doivent d’adopter une politique
de transparence et de communi-
cation auprès des populations con-
cernées. Il ne s’agit cependant pas de
stigmatiser ces activités indispensa-
bles à l’économie, mais de permettre
une meilleure prise en compte des
conséquences tant négatives que po-
sitives qu’elles impliquent. Au final,
une meilleure information dès le dé-
part aurait pu éviter aux ménages
résidant dans les zones à risque
d’avoir à subir la dépréciation de leur
bien suite à la révélation « forcée » de
ce que le risque industriel peut en-
gendrer de pire – une catastrophe
technologique.
INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
thè-
ses
Hadrien COUTANT
MATHILDE FRAPARD
LUCIE PUECH
22 Concours étudiants jeunes chercheurs
Un capitalisme
d’ingénieurs :
sociologie d’une
stratégie industrielle
dans l’aéronautique
Hadrien COUTANT
Sa thèse de sociologie Un capitalisme
d’ingénieurs. Construire un groupe aéronautique
après une fusion soutenue en 2016 à
Sciences Po est le fruit d’un travail de six ans
de recherche au Centre de Sociologie des
Organisations sous la direction de Pierre-Éric
Tixier. Elle a été réalisée en collaboration avec
le groupe Safran, dans le cadre d’une convention
CIFRE. Hadrien poursuit actuellement ses
recherches sur les transformations des formes
économiques dans le cadre d’un post-doctorat
avec Sciences Po et l’Université de Louvain
portant sur la relation de service dans le Facility
Management.
La thèse se focalise sur la construc-
tion du groupe aéronautique Safran,
né en 2005 de la fusion conflictuelle
d’une entreprise privée – Sagem –
et d’un groupe public – Snecma. Elle
examine comment la direction et les
équipes d’ingénieurs ont surmonté
les blocages qu’auraient pu induire
les nombreuses contraintes organisa-
tionnelles,marchandes,politiques et
financières qui pesaient sur l’entre-
prise.
L’organisation, la stratégie et l’inté-
gration de Safran ont été structurées
par une idéologie d’ingénieurs, con-
ception technocratique qui fait de
l’innovation et de la maîtrise techno-
logique la clé de la survie et du déve-
loppement de l’entreprise. Dans un
contextedefinanciarisationdel’action
industrielle de l’État, ce « capitalisme
d’ingénieurs » permet de sauvegarder
une continuité de la politique indus-
trielle française. L’entreprise est mise
en récit autour d’un imaginaire, de
représentations et d’un langage par-
tagés par ses salariés (principalement
des ingénieurs et de techniciens su-
périeurs),ainsiqueparcertainsinter-
locuteurs institutionnels. Ceci permet
d’articuler un contrôle du marché, un
enrôlement des actionnaires et de
l’État (à la fois actionnaire et régula-
teur) tout en assurant l’intégration,
à la fois idéologique et organisation-
nelle des diverses composantes de
l’entreprise autour d’un projet très po-
litique de mutualisation de certaines
activités de R&D. Les projets de dé-
veloppement technologique produi-
sent alors de l’intégration sociale en
soudant les personnels.
Enfin, alors que le débat s’intensifie
sur les participations de l’État dans
lesentreprisesprivées,publiquesou
mixtes, cette thèse fournit, après le
récentrapportdelaCourdesComptes
(janvier 2017), un examen de l’action
de l’Agence des participations de
l’État créée en 2004, en montrant
le cas d’un secteur où l’État est non
seulement actionnaire, mais aussi
client de la firme.
Résumé
24 25Concours étudiants jeunes chercheurs thèses
hadrien.coutant@sciencespo.fr
Il existe des moyens concrets
d’enrôler les actionnaires autour
d’une vision industrielle
de long-terme.
Alors que la compétitivité industrielle
de la France a été sérieusement mise
à l’épreuve ces dernières années,
cette thèse permet de mieux com-
prendre comment la France a pu gar-
der sa compétitivité dans le secteur
des moteurs d’avion. Elle lie objectifs
industriels, investissements technolo-
giques et répartition de la conception
et de la production entre la firme et
ses équipementiers et sous-traitants.
Elle examine notamment l’impact de
la création d’une entité consacrée au
logiciel, Safran Electronics.
Àl’heureoùlaquestiondelafinancia-
risation de l’économie fait débat, ce
travail décrit un modèle qui permet de
concilier la profitabilité à long terme
avec les enjeux d’innovation, de crois-
sance, d’ordre social interne et de
gouvernance de la filière industrielle.
Cette thèse contribue ainsi à une ré-
flexion sur la variété des formes éco-
nomiques et des voies potentielles
de développement pour l’industrie
française, loin d’une alternative sim-
pliste entre la financiarisation et le
refus du marché. Elle montre que
dans un secteur oligopolistique où
la perspective financière est bel et
bien présente, y compris chez les
représentants de l’État, il existe des
moyens concrets et éventuellement
réplicables d’enrôler les actionnaires
autour d’une vision industrielle de
long-terme.
Elle montre enfin les généalogies mul-
tiples des choix contemporains des
industriels de l’aéronautique, entre
technocratiefrançaise,stratégiemon-
diale et exigences des marchés.
INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
Les multinationales,
actrices de la mise
en œuvre des droits
des travailleurs
26 27Concours étudiants jeunes chercheurs thèses
MATHILDE FRAPARD
Sa thèse de droit social soutenue en 2016
a pour titre La protection négociée des droits
sociaux fondamentaux des travailleurs :
contribution à l’étude des accords d’entreprise
transnationaux. Elle a été élaborée à l’Université
de Strasbourg, dans l’équipe de l’UMR Droit,
religion, entreprise et société, sous la direction
de Mélanie Schmitt. La thèse a fait l’objet
d’une convention CIFRE avec la Confédération
CFDT. Mathilde y travaille aujourd’hui en tant
que juriste en charge des dossiers
internationaux et européens ainsi que
des questions de responsabilité sociale
des entreprises (RSE).
mathilde.frapard@gmail.com
Les accords d’entreprise transnatio-
naux s’inscrivent au cœur des thèmes
de la mondialisation de l’économie
et des relations professionnelles in-
ternationales. De tels accords sont
conclus au sein de multinationales,
par un représentant de la direction
et des fédérations syndicales inter-
nationales, européennes ou des co-
mités d’entreprise européens.
Face à la globalisation des échanges
financiers et économiques, et dans
un contexte où les entreprises s’éten-
dent à plusieurs pays, il est devenu
important de rendre les droits so-
ciaux saisissables, notamment par
la privatisation des normes interna-
tionales et européennes du travail.
En effet, la protection des droits des
travailleurs ne relève plus unique-
ment de la responsabilité des États
mais se révèle davantage comme ap-
partenant à la responsabilité sociale
des entreprises via la négociation.
Ainsi ces accords, qui se sont déve-
loppés en l’absence de cadre juri-
dique, visent notamment à encadrer
les relations de travail et à offrir une
protection des droits sociaux fonda-
mentaux aux travailleurs des filiales,
voire à ceux des sous-traitants et
fournisseurs.
Depuis la signature du premier ac-
cord en 1988 par le groupe Danone,
près de 300 accords ont été conclus,
portant sur diverses thématiques et
s’inscrivant dans une politique RSE
de l’entreprise.
L’ambition de la thèse est de démon-
trer que ces accords, initiés volontai-
rement par les acteurs d’entreprises
via la négociation, ne poursuivent pas
un simple objectif de marketing so-
cial, mais s’inscrivent dans une forme
de gouvernance d’entreprise et dans
une volonté de faire bénéficier l’en-
semble des salariés des droits conte-
nus dans l’accord. Dès lors, l’analyse
de ces accords nécessite d’étudier
leur élaboration, leur contenu et leur
mise en œuvre au sein des entre-
prises transnationales tout en s’in-
téressant au comportement et aux
pratiques des acteurs sociaux et à la
manière dont ceux-ci les mobilisent.
Résumé
28 29Concours étudiants jeunes chercheurs thèses
Ce travail propose aux acteurs
sociaux des modèles
de négociation d’accords
et des outils d’amélioration
de leur effectivité.
Ce travail de recherche participe à une
meilleure connaissance de 267 ac-
cords d’entreprise transnationaux et
de leur contribution à la protection
des droits des travailleurs.
Tout en interrogeant les préoccupa-
tions des acteurs de multinationales
appelés à les élaborer, ce travail pro-
pose des modèles de négociation
d’accords et des outils d’améliora-
tion de leur effectivité. Au préalable,
la thèse définit des typologies d’ac-
cords selon des critères géographi-
ques,lesecteurd’activitéetleurobjet.
Ces accords sont empreints d’une
spécificité européenne qui s’exporte
au-delà des frontières de l’Union
européenne. En effet, ce sont prin-
cipalement des entreprises euro-
péennes (notamment françaises et
allemandes) qui concluent ce type
d’accords. Cette spécificité se re-
trouve lorsqu’on étudie l’objet des
accords qui renvoie notamment aux
thèmes des restructurations, l’anti-
cipation du changement, la santé-
sécurité ou l’égalité des chances. En-
suite, la thèse apporte des réponses
sur les moyens pratiques de mise en
œuvre de ces accords pour rendre les
droits effectifs, notamment par l’iden-
tification d’outils de transposition et
de suivi de l’accord au niveau local
(reporting, indicateurs de suivi,
clauses de règlement des conflits).
Chacun de ces outils a pour particu-
larité d’associer les acteurs sociaux.
Enfin, la thèse propose des réponses
aux questions que soulève l’articula-
tion de l’accord avec le droit local.
INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
Ne donnez pas
du temps à
vos salariés pour
innover, laissez-les
en prendre !
LUCIE PUECH
Aujourd’hui maître de conférences à l’université
Paul Sabatier à Toulouse, elle a soutenu
sa thèse en sciences de gestion intitulée
Processus intrapreneurial : entre temps alloué
et temps autosaisi en 2014. Ce travail a été
réalisé au CNAM Paris sous la direction de
Thomas Durand, et en partenariat avec
l’un des centres de R&D du groupe ENGIE,
ENGIE Lab Crigen.
Certaines grandes organisations font
le choix d’allouer du temps libre à
leurs collaborateurs pour promou-
voir l’innovation. Google par exemple
donne la possibilité à ses salariés de
consacrer 20 % de leur temps à un
projet de leur choix ; ceci est reconnu
comme une manière de révolution-
ner les pratiques managériales et
perçu de manière positive par le
grand public.
La thèse questionne l’intérêt d’une
telle mesure. Elle traite de la contri-
bution du temps à l’émergence et à
la poursuite des projets intrapreneu-
riaux, qui intègrent une large part d’in-
novation, mais se situent en dehors
des activités courantes prescrites et
ne disposent donc a priori d’aucunes
ressources supplémentaires.
L’étude empirique, conduite dans un
centre de R&D du groupe ENGIE,
permet de mettre en avant la dimen-
sion qualitative du temps. Le proces-
sus intrapreneurial – identification,
poursuite et développement d’une
opportunité innovante – se nourrit de
formes de temps plurielles, qui se
caractérisent par une qualité singu-
lière, la disponibilité d’esprit. Celle-ci
s’entend comme la capacité à se dé-
tacher du quotidien, soit pour laisser
son esprit se promener, se concen-
trer sur un sujet innovant ou pour
partager un moment collectif en
étant réceptif aux sollicitations des
pairs. Aussi, pour conduire des acti-
vités intrapreneuriales, la qualité du
temps importerait davantage que sa
quantité.
En outre, même lorsque l’organisation
encourage et soutient les activités
innovantes à travers un ensemble de
moyens tangibles et intangibles, les
activités intrapreneuriales reposent
sur une forme de proactivité des ac-
teurs vis-à-vis des ressources temps,
c’est-à-dire sur leur faculté à s’em-
parer délibérément de temps ; c’est
parce que ces temps sont autosaisis,
pris délibérément, que les acteurs
disposent de disponibilité d’esprit et
qu’ils parviennent à conduire des
activités intrapreneuriales. L’intra-
preneuriat reposerait alors davan-
tage sur la capacité de l’entreprise
à laisser les collaborateurs prendre
du temps, qu’ils s’y sentent autorisés
et incités, plutôt que sur une allo-
cation systématique de temps libre.
Résumé du travail
30 31Concours étudiants jeunes chercheurs thèses
lucie.puech@iut-tlse3.fr
Les travaux de six autres jeunes chercheurs ont également retenu
l’attention du jury. Ils ont été invités à présenter leurs réflexions
au moyen de posters durant la cérémonie de remise des prix.
Catégorie ARTICLES
Michael Llopart – Histoire
La Chambre de commerce de Toulouse et l’organisation de la for-
mation professionnelle en Haute-Garonne 1919-1945
Catégorie THÈSES
Maylïs Gantois – Sciences politiques
La négociation collective en France : institutions, usages et pratiques.
Contribution à une sociologie politique des relations professionnelles
Pierre Plantard – STAPS
Objectivation et standardisation des évaluations ergonomiques des
postes de travail à partir de données Kinect
Lucie Renou – Aménagement de l’espace et urbanisme
La politique des pôles de compétitivité : une production de territoires
Clément Sehier – Sciences économiques
Responsabilité sociale des entreprises et capitalisme en république
populaire de Chine. Quelles transformations du rapport salarial ?
Axel Villareal – Sciences politiques
L’industrie automobile à l’épreuve des voitures électriques. Entre
changement et continuité
Mentions spéciales
32 33Concours étudiants jeunes chercheurs Mentions spéciales
La poursuite d’une opportunité
innovante dépend principalement
de la capacité des acteurs
à prendre du temps.
Si la créativité s’avère largement sou-
tenue par des dispositifs internes,
les entreprises semblent rencontrer
davantage de difficultés à trouver
les moyens pour favoriser la trans-
formation de ces idées foisonnantes
en innovations. En mettant en ex-
ergue les enjeux majeurs en termes
de ressources que revêt cette étape
intermédiaire, la thèse envisage de
manière singulière la gestion du
temps pour les acteurs de l’inno-
vation. Une fois l’opportunité inno-
vante identifiée, sa poursuite dépend
principalement de leur capacité à
prendre du temps. Il s’avèrerait per-
tinent d’investir dans des « espaces-
temps » que les collaborateurs peu-
vent mobiliser lorsqu’ils le jugent
opportun. Dit autrement, les laisser
choisir délibérément le moment où
ils se sentent « disponibles » pour ré-
fléchir à leur projet intrapreneurial et
innovers’avèred’autantplusaiséque
des « espaces-temps » sur lesquels
cette autosaisie opère, existent : par
exemple du temps non alloué aux
activités prescrites, des marges ga-
gnées dans la négociation des con-
trats avec les clients, de la latitude
dans les livrables…
Encourager les intrapreneurs à s’auto-
saisir de temps leur offre davantage
de liberté et d’autonomie, rendant
ainsi l’exigence d’autodiscipline légi-
time. La réponse du dosage et des
limites à instaurer serait alors à
trouver dans la construction d’un
dialogue de confiance entre mana-
gers et collaborateurs. Aussi est-il
possible de considérer l’existence
d’une compétence particulière à
savoir « mobiliser du temps » à bon
escient, et d’envisager que les mana-
gers soient incités à la développer
chez leurs collaborateurs afin d’étayer
les capacités de jugement de chacun
à l’égard des activités innovantes qui
émergent en marge des activités
prescrites. Il s’agirait en somme d’ap-
prendre (ou de réapprendre) à pren-
dre du temps, son temps.
INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
NotesNotes
34 35Concours étudiants jeunes chercheurs notes
Notes
36
Suivi de projet : La Fabrique de l’industrie
Conception graphique : Laétitia Lafond
Achevé d’imprimer par Newmeric, imprimeur, SAS – 75010 Paris
Dépôt légal : mai 2017 – Imprimé en France
Concours étudiants jeunes chercheurs
La Fabrique de l’industrie est un think tank créé en 2011 par l’UIMM, le
Cercle de l’industrie et le GFI, rejoints depuis par le GIM et le GIFAS, pour
que la réflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en
qualité. Co-présidée par Louis Gallois et Denis Ranque, La Fabrique s’appuie
sur un conseil d’orientation comprenant une cinquantaine d’experts (écono-
mistes, sociologues, journalistes, entrepreneurs, syndicalistes…) garants de
l’ouverture et de la robustesse de ses travaux. La Fabrique a pour ambition
de faire connaître largement les travaux et événements qu’elle suscite ou
auxquels elle contribue.
LA FABRIQUE DE L’INDUSTRIE
PLUS D’INFORMATIONS SUR LE CONCOURS
ÉTUDIANTS JEUNES CHERCHEURS DE LA FABRIQUE :
#CEJC
www.la-fabrique.fr
CONCOURS
ÉTUDIANTS
JEUNES
CHERCHEURS
PREMIÈRE ÉDITION
2017
En partenariat avec:

Contenu connexe

Tendances

Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...
Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...
Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...La Fabrique de l'industrie
 
Semaine de l'industrie 2017 programme la fabrique
Semaine de l'industrie 2017   programme la fabriqueSemaine de l'industrie 2017   programme la fabrique
Semaine de l'industrie 2017 programme la fabriqueLa Fabrique de l'industrie
 
Regarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contact
Regarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contactRegarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contact
Regarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contactLa Fabrique de l'industrie
 
Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...
Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...
Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...La Fabrique de l'industrie
 
Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre
Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre
Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre La Fabrique de l'industrie
 
De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?
De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?
De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?La Fabrique de l'industrie
 
Réussir la mise en place des administrateurs salariés
Réussir la mise en place des administrateurs salariésRéussir la mise en place des administrateurs salariés
Réussir la mise en place des administrateurs salariésLa Fabrique de l'industrie
 
MATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondial
MATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondialMATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondial
MATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondialLa Fabrique de l'industrie
 
L'industrie du futur : une compétition mondiale
L'industrie du futur : une compétition mondialeL'industrie du futur : une compétition mondiale
L'industrie du futur : une compétition mondialeLa Fabrique de l'industrie
 
Formation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrain
Formation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrainFormation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrain
Formation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrainLa Fabrique de l'industrie
 
Les entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en France
Les entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en FranceLes entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en France
Les entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en FranceLa Fabrique de l'industrie
 
L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...
L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...
L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...La Fabrique de l'industrie
 
Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...
Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...
Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...La Fabrique de l'industrie
 
Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?
Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?
Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?La Fabrique de l'industrie
 
Internationalisation, performances des entreprises et emploi
Internationalisation, performances des entreprises et emploiInternationalisation, performances des entreprises et emploi
Internationalisation, performances des entreprises et emploiLa Fabrique de l'industrie
 

Tendances (20)

Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...
Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...
Paroles d'ETI : les entreprises de taille intermédiaire à la conquête de la c...
 
Rapport d’activité 2012-2013
Rapport d’activité 2012-2013Rapport d’activité 2012-2013
Rapport d’activité 2012-2013
 
A quoi servent les filières ?
A quoi servent les filières ?A quoi servent les filières ?
A quoi servent les filières ?
 
Semaine de l'industrie 2017 programme la fabrique
Semaine de l'industrie 2017   programme la fabriqueSemaine de l'industrie 2017   programme la fabrique
Semaine de l'industrie 2017 programme la fabrique
 
Regarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contact
Regarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contactRegarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contact
Regarder et montrer l'industrie : la visite d'usine comme point de contact
 
Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...
Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...
Etude - Véhicules autonomes : ne ratons pas la révolution ! - La Fabrique de ...
 
Rapport d’activité 2014
Rapport d’activité 2014Rapport d’activité 2014
Rapport d’activité 2014
 
Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre
Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre
Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre
 
De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?
De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?
De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires ?
 
Réussir la mise en place des administrateurs salariés
Réussir la mise en place des administrateurs salariésRéussir la mise en place des administrateurs salariés
Réussir la mise en place des administrateurs salariés
 
MATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondial
MATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondialMATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondial
MATFER BOURGEAT 202 ans d’innovation ou comment rester leader mondial
 
L'industrie du futur : une compétition mondiale
L'industrie du futur : une compétition mondialeL'industrie du futur : une compétition mondiale
L'industrie du futur : une compétition mondiale
 
Formation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrain
Formation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrainFormation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrain
Formation professionnelle et industrie : le regard des acteurs de terrain
 
Les entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en France
Les entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en FranceLes entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en France
Les entretiens de la Fabrique : Pour un dialogue social apaise en France
 
L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...
L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...
L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-all...
 
Le salariat, un modèle dépassé ?
Le salariat, un modèle dépassé ?Le salariat, un modèle dépassé ?
Le salariat, un modèle dépassé ?
 
Cultivons notre industrie
Cultivons notre industrieCultivons notre industrie
Cultivons notre industrie
 
Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...
Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...
Les entretiens de la Fabrique : Partenariats industriels avec l’Afrique : déf...
 
Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?
Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?
Précaution et compétitivité : deux exigences compatibles ?
 
Internationalisation, performances des entreprises et emploi
Internationalisation, performances des entreprises et emploiInternationalisation, performances des entreprises et emploi
Internationalisation, performances des entreprises et emploi
 

Similaire à Concours étudiants et jeunes chercheurs

Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...
Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...
Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...La Fabrique de l'industrie
 
Le créateur industriel au service de l'économie circulaire
Le créateur industriel au service de l'économie circulaireLe créateur industriel au service de l'économie circulaire
Le créateur industriel au service de l'économie circulaireLa Fabrique de l'industrie
 
Note La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationaux
Note La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationauxNote La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationaux
Note La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationauxLa Fabrique de l'industrie
 
L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?
L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?
L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?La Fabrique de l'industrie
 
Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...
Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...
Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...Cyril Durand
 
Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009
Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009
Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009INNOVATION COPILOTS
 
"Le Design du Travail en action" Extrait
"Le Design du Travail en action" Extrait"Le Design du Travail en action" Extrait
"Le Design du Travail en action" ExtraitFrançois PELLERIN
 
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...La Fabrique de l'industrie
 
Dossier thématique Agropolis : Ecotechnologies
Dossier thématique Agropolis  : EcotechnologiesDossier thématique Agropolis  : Ecotechnologies
Dossier thématique Agropolis : EcotechnologiesAgropolis International
 
Dossier de presse biomim'expo 2019
Dossier de presse biomim'expo 2019Dossier de presse biomim'expo 2019
Dossier de presse biomim'expo 2019Alain Renaudin
 
Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...
Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...
Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...lafabriqueecolo
 
Programme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 paris
Programme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 parisProgramme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 paris
Programme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 parisYannick Quentel
 
Le financement des eco quartiers
Le financement des eco quartiersLe financement des eco quartiers
Le financement des eco quartiersAdequation
 
Lettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrieLettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrieElisa Ohnheiser
 
Lettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrieLettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrieLa Fabrique de l'industrie
 
Economie verte numerique
Economie verte numeriqueEconomie verte numerique
Economie verte numeriquePhilippe Porta
 
Les transformations du modèle économique suédois
Les transformations du modèle économique suédoisLes transformations du modèle économique suédois
Les transformations du modèle économique suédoisLa Fabrique de l'industrie
 
2011 rapport cosei financement innovation
2011 rapport cosei financement innovation2011 rapport cosei financement innovation
2011 rapport cosei financement innovationPEXE
 
Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019
Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019
Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019La Fabrique de l'industrie
 

Similaire à Concours étudiants et jeunes chercheurs (20)

Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...
Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...
Et les lauréats du concours étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de ...
 
Le créateur industriel au service de l'économie circulaire
Le créateur industriel au service de l'économie circulaireLe créateur industriel au service de l'économie circulaire
Le créateur industriel au service de l'économie circulaire
 
Note La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationaux
Note La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationauxNote La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationaux
Note La Fabrique de l'industrie - Les accords d'entreprise transnationaux
 
L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?
L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?
L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?
 
Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...
Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...
Rapport morand manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_l_innovation_-_escp_euro...
 
Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009
Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009
Pour une nouvelle vision de l'innovation 2009
 
"Le Design du Travail en action" Extrait
"Le Design du Travail en action" Extrait"Le Design du Travail en action" Extrait
"Le Design du Travail en action" Extrait
 
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des ...
 
Dossier thématique Agropolis : Ecotechnologies
Dossier thématique Agropolis  : EcotechnologiesDossier thématique Agropolis  : Ecotechnologies
Dossier thématique Agropolis : Ecotechnologies
 
Dossier de presse biomim'expo 2019
Dossier de presse biomim'expo 2019Dossier de presse biomim'expo 2019
Dossier de presse biomim'expo 2019
 
Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...
Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...
Développer les PME vertes - Les éco-entreprises de taille intermédiaire, outi...
 
Programme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 paris
Programme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 parisProgramme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 paris
Programme 8eme rencontre des directeurs de l'innovation 16 et 17 juin 2015 paris
 
Le financement des eco quartiers
Le financement des eco quartiersLe financement des eco quartiers
Le financement des eco quartiers
 
Présentation du Gieco ipbc
Présentation du Gieco ipbcPrésentation du Gieco ipbc
Présentation du Gieco ipbc
 
Lettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrieLettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre trimestrielle du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
 
Lettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrieLettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
Lettre du printemps 2017 - La Fabrique de l'industrie
 
Economie verte numerique
Economie verte numeriqueEconomie verte numerique
Economie verte numerique
 
Les transformations du modèle économique suédois
Les transformations du modèle économique suédoisLes transformations du modèle économique suédois
Les transformations du modèle économique suédois
 
2011 rapport cosei financement innovation
2011 rapport cosei financement innovation2011 rapport cosei financement innovation
2011 rapport cosei financement innovation
 
Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019
Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019
Concours "étudiants et jeunes chercheurs" 2019
 

Plus de La Fabrique de l'industrie

Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...
Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...
Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...La Fabrique de l'industrie
 
ETI et talents : les clés pour que ça matche
ETI et talents : les clés pour que ça matcheETI et talents : les clés pour que ça matche
ETI et talents : les clés pour que ça matcheLa Fabrique de l'industrie
 
Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.
Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.
Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.La Fabrique de l'industrie
 
L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...
L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...
L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...La Fabrique de l'industrie
 
Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...
Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...
Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...La Fabrique de l'industrie
 
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétiqueLes grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétiqueLa Fabrique de l'industrie
 
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétiqueLes grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétiqueLa Fabrique de l'industrie
 
Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...
Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...
Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...La Fabrique de l'industrie
 
La transition écologique des territoires industriels
La transition écologique des territoires industrielsLa transition écologique des territoires industriels
La transition écologique des territoires industrielsLa Fabrique de l'industrie
 
Refaire de l’industrie un projet de territoire
Refaire de l’industrie un projet de territoireRefaire de l’industrie un projet de territoire
Refaire de l’industrie un projet de territoireLa Fabrique de l'industrie
 
Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...
Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...
Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...La Fabrique de l'industrie
 
Réindustrialisation : le potentiel caché de nos territoires
Réindustrialisation : le potentiel caché de nos territoiresRéindustrialisation : le potentiel caché de nos territoires
Réindustrialisation : le potentiel caché de nos territoiresLa Fabrique de l'industrie
 
Le nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportable
Le nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportableLe nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportable
Le nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportableLa Fabrique de l'industrie
 
Couvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’hui
Couvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’huiCouvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’hui
Couvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’huiLa Fabrique de l'industrie
 
Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...
Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...
Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...La Fabrique de l'industrie
 
Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...
Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...
Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...La Fabrique de l'industrie
 
Facture énergétique : un coûteux manque d’autonomie
Facture énergétique : un coûteux manque d’autonomieFacture énergétique : un coûteux manque d’autonomie
Facture énergétique : un coûteux manque d’autonomieLa Fabrique de l'industrie
 
L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...
L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...
L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...La Fabrique de l'industrie
 

Plus de La Fabrique de l'industrie (20)

Aménager la ville productive. LFI et PUCA
Aménager la ville productive. LFI et PUCAAménager la ville productive. LFI et PUCA
Aménager la ville productive. LFI et PUCA
 
Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...
Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...
Is disruptive innovation only for start-ups? French Industry in the Face of K...
 
ETI et talents : les clés pour que ça matche
ETI et talents : les clés pour que ça matcheETI et talents : les clés pour que ça matche
ETI et talents : les clés pour que ça matche
 
Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.
Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.
Foncier industriel et strategies publiques locales une articulation imparfaite.
 
L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...
L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...
L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up ? L’industrie f...
 
Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...
Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...
Répondre aux défis sociétaux : le retour en grâce des politiques « orientées ...
 
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétiqueLes grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
 
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétiqueLes grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
Les grandes entreprises sur la voie de la sobriété énergétique
 
Faiseurs, Faiseuses
Faiseurs, FaiseusesFaiseurs, Faiseuses
Faiseurs, Faiseuses
 
Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...
Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...
Emplois industriels menacés par la crise énergétique, le MACF et l’IRA : une ...
 
La transition écologique des territoires industriels
La transition écologique des territoires industrielsLa transition écologique des territoires industriels
La transition écologique des territoires industriels
 
Refaire de l’industrie un projet de territoire
Refaire de l’industrie un projet de territoireRefaire de l’industrie un projet de territoire
Refaire de l’industrie un projet de territoire
 
Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...
Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...
Les jeunes élites face au travail - Regards croisés entre Polytechnique et Ha...
 
Réindustrialisation : le potentiel caché de nos territoires
Réindustrialisation : le potentiel caché de nos territoiresRéindustrialisation : le potentiel caché de nos territoires
Réindustrialisation : le potentiel caché de nos territoires
 
Le nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportable
Le nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportableLe nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportable
Le nucléaire, clé d’un mix électrique économiquement supportable
 
Couvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’hui
Couvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’huiCouvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’hui
Couvrir nos besoins énergétiques : 2050 se prépare aujourd’hui
 
Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...
Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...
Les nouveaux modes de management et d’organisation - Innovation ou effet de m...
 
Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...
Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...
Nouveaux modes de management et d’organisation : six pratiques récurrentes et...
 
Facture énergétique : un coûteux manque d’autonomie
Facture énergétique : un coûteux manque d’autonomieFacture énergétique : un coûteux manque d’autonomie
Facture énergétique : un coûteux manque d’autonomie
 
L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...
L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...
L’industrie face aux prix de l’énergie - Les marchés européens sont-ils en dé...
 

Concours étudiants et jeunes chercheurs

  • 1. La Fabrique de l’industrie est un think tank créé en 2011 par l’UIMM, le Cercle de l’industrie et le GFI, rejoints depuis par le GIM et le GIFAS, pour que la réflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en qualité. Co-présidée par Louis Gallois et Denis Ranque, La Fabrique s’appuie sur un conseil d’orientation comprenant une cinquantaine d’experts (écono- mistes, sociologues, journalistes, entrepreneurs, syndicalistes…) garants de l’ouverture et de la robustesse de ses travaux. La Fabrique a pour ambition de faire connaître largement les travaux et événements qu’elle suscite ou auxquels elle contribue. LA FABRIQUE DE L’INDUSTRIE PLUS D’INFORMATIONS SUR LE CONCOURS ÉTUDIANTS JEUNES CHERCHEURS DE LA FABRIQUE : #CEJC www.la-fabrique.fr CONCOURS ÉTUDIANTS JEUNES CHERCHEURS PREMIÈRE ÉDITION 2017 En partenariat avec:
  • 3. som- mai- re Remerciements4 5 33 #CEJC Mentions spéciales 13 articles 14 17 20 Standardiser le contrôle de la qualité au toucher Gouvernance des pratiques de développement durable des industries Risque industriel et territoires : le coût d’une information partielle 6 mémoires 7 10 Le créateur industriel au service de l’économie circulaire Vers un rôle accru du secteur privé dans le contrôle des exportations d’armement thèses Un capitalisme d’ingénieurs : sociologie d’une stratégie industrielle dans l’aéronautique 24 27 30 Les multinationales, actrices de la mise en œuvre des droits des travailleurs Ne donnez pas du temps à vos salariés pour innover, laissez-les en prendre ! 23
  • 4. Nos remerciements vont tout d’abord aux candidats qui ont par- ticipé à cette première édition du concours pour étudiants et jeunes chercheurs de La Fabrique de l’industrie, pour l’intérêt et la confiance qu’ils nous ont témoignés en nous proposant leurs travaux. Nous remercions ensuite les membres du jury : Louis Gallois (La Fabrique de l’industrie), Emmanuel Bézy (Direction générale des entreprises), Sarah Guillou (OFCE-Sciences Po), François Pellerin (région Nouvelle-Aquitaine), Ulrike Steinhorst (Nuria) et Jean-Marc Vittori (Les Échos). Enfin, nous adressons nos sincères remerciements aux évaluateurs pour le temps qu’ils ont consacré à l’examen des candidatures et pour la qualité de leurs observations. Marc Alochet ; Olivier Appert ; Farhad Hossein Arabi ; Daniel Atlan ; Eric Ballot ; Mathieu Baudrin ; Pascal Bérion ; Clément Bertholet ; Pierre Bitard ; Alain Cadix ; Serge Catoire ; Pascal Clément ; Simon Colas ; Adrien Crémon ; Gérard Creuzet ; Jean-François Di Meglio ; Edwige Dubos-Paillard ; David Encaoua ; Pierre Fleckinger ; Antoine Frémont ; Patrick Fridenson ; Jean-Luc Gaffard ; Gilles Garel ; André Gauron ; François Gayet ; Dominique Gillier ; Matthieu Glachant ; Pierre-Yves Gomez ; Dominique Jacquet ; Philippe Lefebvre ; Pascal Le Masson ; Laura Letourneau ; François Levêque ; Ariel Mendez ; Régis Mollard ; Paul Parnière ; Bruno Patin ; Félix von Pechman ; Sophie Pène ; Marie-Madeleine Péretié ; Jean-Loup Picard ; Thierry Pigot ;FrançoisPistre ;CédricPoivret ;GrégoirePostel-Vinay ;Cécile Roche ; Paul Santelmann ; Jean-Michel Saussois ; Amélie Seignour ; Julien Theisse ; Jean-Claude Thoenig ; André Torre ; Claire Tutenuit ; Dominique Vignon ; Etienne Wasmer ; Marie Zimmer. La Fabrique anime le débat sur l’industrie avec toutes celles et ceux qui participent à sa construction, dans le respect de la diversité des points de vue. À travers nos publications, conférences et interven- tions, nous donnons à voir la richesse des réflexions en cours, tout en reliant des mondes qui se méconnaissent parfois : chercheurs, industriels, journalistes, étudiants, grand public… Les chercheurs et leurs étudiants nous éclairent sur le passé, le présent et le devenir de l’industrie, analysent les mutations en cours, explorent des voies de progrès possible, renouvellent les méthodes et outils à la disposition des praticiens. C’est pourquoi nous avons souhaité, à travers ce concours pour étudiants et jeunes chercheurs, valoriser des travaux originaux. L’industrie et les acteurs qui la composent font l’objet d’études dans de très nombreuses disciplines, comme en témoigne la variété des soixante-quinze candidatures reçues. Les huit finalistes des trois catégories attestent de cette diversité : ils sont économistes, socio- logues, juristes, designers, spécialistes des systèmes d’information, chercheurs en sciences politiques ou en gestion. Dans ce livret, nous vous invitons à découvrir la richesse de leurs travaux portant sur des thèmes essentiels pour la compétitivité industrielle : dialogue social, smart systems, travail, développement durable, mondialisation, créativité… Je vous souhaite une très bonne lecture. Louis Gallois, co-président de La Fabrique de l’industrie et président du jury Remerciements #CEJC 4 5Concours étudiants jeunes chercheurs #CEJC
  • 5. mém- oires STÉPHANIE SOUAN Yann WENDEL Le créateur industriel au service de l’économie circulaire STÉPHANIE SOUAN Son mémoire Économie circulaire en pratique a été présenté en 2014 dans le cadre du Master de l’École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI-Les Ateliers). Dans ce travail, mené sous la direction de Cloé Pitiot, Stéphanie met à profit un double cursus avec l’École Centrale Paris entre 2011 et 2013, où elle a découvert le champ de l’innovation environnementale, et sa mission de fin d’études à la direction de l’innovation de Décathlon, en collaboration avec la direction environnement. Stéphanie est aujourd’hui en mission pour le groupe RATP où elle pilote le développement de nouveaux équipements et mobiliers pour le réseau. 7 souan.stephanie@gmail.com
  • 6. Le modèle de l’économie circulaire combine un ensemble de pratiques tout le long du cycle de vie d’un pro- duit pour viser le « zéro déchet » à chaque étape. Il se positionne en rupture du modèle linéaire, fréquem- ment utilisé dans notre société, qui consiste à extraire des matières pre- mières, produire puis consommer et jeter. De nombreuses entreprises intègrent des démarches environnementales dans leurs projets de conception. Or, il existe un fossé entre les ambitions de l’économie circulaire et la réalité des pratiques en éco-conception. Dans le mémoire, ces ambitions sont d’abord confrontées à la réalité des pratiques de gestion de la fin de vie des objets sur le territoire français. Et il s’avère que les attentes et les besoins des usagers sont très peu pris en compte dans la gestion des déchets à l’échelle du territoire et dans la façon traditionnelle d’éco- concevoir des produits et services. Ce point est particulièrement criti- que pour le développement de l’éco- nomie circulaire en France. Ensuite, l’étude se concentre sur les pra- tiques actuelles en conception en- virronnementale. Généralement, ce sont les ingénieurs produits qui sont responsables de ces questions dans les groupes industriels. Le designer industriel quant à lui est la plupart du temps interpellé en aval des projets industriels et non en amont lors de la définition des objectifs à attein- dre et de la démarche à mettre en place, alors même qu’il accorde une place centrale à l’usager. Une sélection de projets menés par des designers – par ex. la gamme de petit électroménager conçus à partir de composants mis au rebut du Re-Do Studio ou le concept de cuisine Ekokook de Faltazi Lab va- lorisant les différents déchets pro- duits, met en évidence l’intérêt d’as- socier les designers aux démarches d’éco-conception pour la diffusion du modèle de l’économie circulaire. Dans ce cadre, le créateur industriel peut avoir trois types de postures : celle de « créateur » (capacité à ima- giner et rendre tangible et concret), de « facilitateur » (capacité à faire le lien entre plusieurs domaines de compétences) ou encore d’« éclai- reur » (capacité à se projeter et à réaliser de la prospective). RésumÉ 8 Il est nécessaire que les créateurs industriels intègrent les pôles de conception environnementaux pour le développement de l’économie circulaire. Des démarches d’économie circu- laire rompant avec notre système actuel d’économie linéaire voient le jour partout dans le monde, notam- ment aux États-Unis et en Chine où les enjeux sont de taille. Au-delà de la prise en compte des impératifs en- vironnementaux, ce modèle répond à des impératifs économiques (réa- liser des économies sur les matières premières, créer des emplois) et so- ciétaux, en particulier de transforma- tion des modes de vie en se basant sur des logiques collaboratives et une économie d’usage plutôt que de propriété. L’économie circulaire offre ainsi des opportunités de développer de nouveaux produits et services. Le nouveau Président de la République disait lors de sa campagne vouloir faire de « la France le pays leader de l’économie circulaire ». Le mémoire donne des clefs de com- préhension aux acteurs industriels sur les multiples enjeux de cette nou- velle économie. Il interpelle en par- ticulier les acteurs des ressources humaines des pôles conception et environnement du secteur des biens de consommation grand public. Le créateur industriel a toujours accom- pagné les différentes mutations de l’industrie avec la préoccupation de l’usager final. Il est nécessaire qu’il puisse intégrer ces pôles stratégi- ques afin de contribuer à développer une économie circulaire en France et en Europe qui soit en phase avec les besoins des usagers. INTéRêT POUR L’INDUSTRIE 9mémoiresConcours étudiants jeunes chercheurs
  • 7. 10 11 Vers un rôle accru du secteur privé dans le contrôle des exportations d’armement Yann WENDEL Après un Master « Affaires Publiques » de Sciences Po Paris,Yann a suivi un Master « Défense et Dynamiques Industrielles » de l’université Panthéon-Assas Paris 2 durant lequel il a rédigé son mémoire La responsabilisation du secteur privé dans le contrôle des exportations de défense en France. Ses études ont été réalisées en alternance chez Airbus lui permettant de conduire des entretiens au sein de la communauté de défense française et européenne. Après avoir passé environ deux ans aux affaires publiques d’Airbus, il prépare les concours administratifs pour entrer dans la fonction publique d’État. La production et l’exportation d’ar- mements nécessitent de concilier la logique régalienne des États et la lo- gique économique des entreprises. Les changements d’organisation du secteur, tels que l’internationalisation des chaînes de valeur et la mise en œuvre de programmes multinatio- naux, ont bouleversé les modalités de commercialisation des produits de défense. Cette nouvelle donne a en effet entraîné un besoin de fluidifier les échanges de composants entre pays européens, au moyen de dispo- sitifs de contrôle export adaptés à l’émergence d’une base industrielle et technologique de défense (BITD) à l’échelon européen. La directive européenne 43/2009 dite « directive sur les transferts intra- communautaires » (TIC) a constitué le point de départ du renouvellement des pratiques de contrôle export en France, qu’elles concernent les trans- ferts entre États européens ou bien des exportations vers des pays tiers. Elle a permis la mise en place d’outils tels que le contrôle a posteriori, les licences générales de produits ou la certification d’entreprises, qui vont tous dans le sens d’une plus grande responsabilisation du secteur privé. Le contrôle des opérations courantes se déplace alors au niveau des entre- prises exportatrices, ce qui permet une gestion plus fluide de la chaîne de valeurs et un allégement des con- trôles administratifs traditionnels. Cette privatisation d’attributions ré- galiennes a entraîné une redéfinition des liens entre les secteurs public et privé dans un esprit davantage colla- boratif. L’acteur industriel participe de ce fait à la décision éminemment politiquedel’exportationd’armement, laissant à l’État le soin de se concen- trer sur la détermination de règles, la délivrance de licences plus englo- bantes et le contrôle du respect de ces normes par les entreprises. Cet état de fait permet peu à peu de voir émerger un système sécuritaro- industriel, les capacités d’interven- tion de l’État se retrouvant mieux adaptées aux nouveaux enjeux des exportations d’armement. Résumé mémoiresConcours étudiants jeunes chercheurs yann.wendel@gmail.com
  • 8. 12 Les entreprises de défense doivent pouvoir s’échanger des composants de manière fluide pour préserver leur compétitivité. Les résultats de cette étude conver- gent vers le besoin pour l’État de re- nouveler ses modes de régulation du champ économique, suivant une logi- que d’accompagnement du secteur privé de type « leadership from be- hind ». Ce caractère est rendu encore plus prégnant dans le secteur des industries de défense, étant donné l’importance du besoin de suivi éta- tique d’affaires très sensibles. Les entreprises de défense doivent, pour préserver leur compétitivité, pouvoir s’échanger des composants demanièrefluide,malgrélaprésence de nombreuses régulations natio- nales. La refonte du système de con- trôle intracommunautaire, caracté- risée par une plus grande latitude couplée à une plus grande responsa- bilité des entreprises, leur permet de devenir« délégataires »d’unepartiede la gestion des flux en contrôlantelles- mêmes les opérations courantes. La puissance publique concentre quant à elle ses ressources sur le suivi de l’organisation interne des in- dustriels dans une logique de con- trôle a posteriori. Les services de l’Étatdeviennentunpartenairegarant de la qualité des contrôles internes des acteurs privés. Compte tenu de son rôle englobant et de ses prérogatives particulières, la puissance publique est en mesure d’établir la confiance et le dialogue entre les différents acteurs écono- miques (banques, fournisseurs…) au moyen de référentiels communs, tels que des labels de qualité de type ISO. Ces marqueurs seraient attribués à des entreprises de défense dont le processus interne de contrôle aurait été vérifié. Cette innovation appor- terait davantage de lisibilité au con- trôle des exportations, et incarnerait pleinement la logique partenariale public-privé défendue dans ce mé- moire. INTéRêT POUR L’INDUSTRIE Concours étudiants jeunes chercheurs arti- cles BRUNO ALBERT HéLOïSE BERKOWITZ MARIANNE BLéHAUT
  • 9. Standardiser le contrôle de la qualité au toucher BRUNO ALBERT Son article A Smart System for Haptic Quality Control: Introducing an Ontological Representation of Sensory Perception Knowledge a été présenté à la conférence internationale KEOD 2016. Il a été réalisé dans le cadre d’une thèse CIFRE issue d’une collaboration entre l’entreprise INEVA et les laboratoires SYMME (université de Savoie) et Icube (université de Strasbourg). Actuellement en 2e année de thèse, Bruno est encadré par Maurice Pillet et Cecilia Zanni-Merk. Son travail fait appel à l’organisation des connaissances, au contrôle qualité des produits et à la mécatronique. Ce travail s’inscrit dans la volonté de la société INEVA, centre d’ingénierie et d’essai, d’être précurseur dans le domaine du contrôle de la qualité sensorielle dans l’industrie. Dans cette perspective, l’accent est mis dans un premier temps sur la per- ception au toucher, aussi appelée perception haptique. Cette notion désigne les aptitudes humaines à percevoir par la peau (perception tactile) ainsi que par les muscles et tendons (perception kinesthésique). Dans l’industrie, contrôler la percep- tion au toucher d’un produit s’avère très difficile, tant chaque opérateur interprète et décrit ses sensations de manière subjective. De ce fait, la première phase de nos travaux a conduit à l’introduction d’une mé- thode innovante de formalisation des sensations, sources de notre perception sensorielle. Un nombre réduit de sensations haptiques élé- mentaires a ainsi été identifié et mis en relation avec le vocabulaire usuel- lement utilisé. Cette méthode est la base du système proposé pour la définition des spécifications de con- trôle. Étant à la fois générique à tout domaine d’application et pouvant être enrichi par l’expérience, ce système aide à la mise en place du contrôle de la qualité sensorielle dans l’in- dustrie. Concrètement, une étude globale du vocabulaire sensoriel a permis l’éla- boration d’une représentation com- plète des connaissances liées à la perception humaine. Celle-ci s’ap- puie en particulier sur l’utilisation de méthodes de la science des connais- sances, telles que l’analyse séman- tique ou encore l’organisation des connaissances sous forme d’onto- logie. La modularité et la flexibilité du système permettent notamment une adaptation précise aux diffé- rents contextes d’application (tels que le type de produit, les matériaux impliqués, etc.), ainsi que l’enrichis- sement continu par l’expérience de la base de connaissances. La seconde phase des travaux con- cerne l’instrumentation de ce type de contrôle. L’enjeu de ce projet est l’identification et la mise en relation d’instruments adaptés à la mesure des sensations élémentaires, afin de proposer des solutions permettant d’aider efficacement les contrôleurs dans leurs décisions. Résumé 14 15Concours étudiants jeunes chercheurs articles bruno.albert@ineva.fr Co-auteurs : Cecilia Zanni-Merk, Francois de Bertrand de Beuvron, Jean-Luc Maire, Maurice Pillet, Julien Charrier et Christophe Knecht.
  • 10. L’outil s’adresse aux industriels souhaitant améliorer la vérification de la qualité au toucher de leurs produits, en simplifiant et en rendant plus objectif ce type de contrôle. Lors du choix d’un produit par un consommateur, la première impres- sion est cruciale. Parmi l’ensemble de ses perceptions sensorielles, son sens du toucher joue un rôle primor- dial qui se concrétise très souvent par la prise en main du produit, comme l’essai d’une montre ou d’un bijou par exemple. Lors de la valida- tion en production de la qualité au toucherdesproduits,l’interprétation des contrôleurs humains est donc décisive. Néanmoins, dans l’industrie, le contrôle de la qualité liée à ce sens est généralement très peu standar- disé, ce qui cause de fortes varia- bilités et peut entraîner un amoin- drissement de la qualité perçue par l’utilisateur final, ou même nuire à l’image de marque. L’outil proposé, basé sur une repré- sentation générique et formalisée des connaissances de la qualité senso- rielle, s’adresse aux industriels sou- haitant améliorer la vérification de la qualité au toucher de leurs produits, en simplifiant et en rendant plus ob- jectif ce type de contrôle. L’outil guide les industriels dans la définition des spécifications de contrôle et dans la mise en place de protocoles adaptés aux problématiques rencontrées. Un cas d’application dans le domaine de l’horlogerie de luxe a par exemple permis d’améliorer les performances du contrôle de la qualité au toucher, validant ainsi la pertinence de la mé- thode proposée. Une description pré- cise et réduite des anomalies tactiles pouvant être perçues sur le produit a ainsi été formulée et un protocole de contrôle simple mais efficace a permis une réduction importante de la variabilité de contrôle. INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE Gouvernance des pratiques de développement durable des industries HéLOïSE BERKOWITZ Son article Comment une idée abstraite peut devenir un dispositif de gestion : le cas du développement durable s’appuie sur des entretiens dans le secteur pétrolier et a été publié dans la revue Gérer & Comprendre des Annales des Mines. Héloïse a produit son article dans le cadre de sa thèse en sciences de gestion dirigée par Hervé Dumez au Centre de Recherche en Gestion de l’Ecole polytechnique. Depuis sa thèse soutenue en 2016, elle poursuit ses travaux de recherche à l’Institut Barcelona d’Estudis Internacionals grâce à une bourse de mobilité Bernard Sutter, attribuée par la Conférence des Grandes Écoles. 16 17Concours étudiants jeunes chercheurs articles heloise.berkowitz@polytechnique.edu
  • 11. Les effets du changement climatique ne cessent de s’aggraver en partie car les pratiques des firmes ne sont pas transformées en profondeur. C’est l’enjeu de ce que l’on nomme la « transition ». Or le phénomène crois- santdel’actioncollectiveentrefirmes en matière de développement dura- ble a été relativement négligé. Pour- tant ces coopérations volontaires transforment bel et bien les firmes individuelles, par exemple par l’adop- tiondestandards.Pourtant,lesfirmes sont considérées soit comme des cibles d’une régulation de plus en plus contraignante, soit comme des acteurs opportunistes qui utilisent le développement durable, on pense bien sûr au greenwashing. Cette double vision affaiblit le rôle collectif des firmes d’agent de la transition. Ce travail de recherche étudie les formes de gouvernance coopérative sectorielle pour la transition et leurs effets sur les pratiques des firmes individuelles. En analysant une firme du secteur pétrolier, l’article montre comment le développement durable, en tant qu’idée abstraite et globale, peut engendrer, par un enchaînement de mécanismes, des dispositifs con- crets locaux. L’idée de développement durable telle que promue par les institutions internationales (comme l’ONU) est construite collectivement via des méta-organisations, organisations dont les membres sont eux-mêmes des organisations. La firme étudiée est impliquée dans ces méta-orga- nisations en y déléguant des collabo- rateurs issus de différentes directions orientées vers le développement du- rable. Ces collaborateurs retrans- mettent ensuite l’information à des comités internes à la firme. Puis les comités pilotent et coordonnent l’ap- plication des principes de dévelop- pement durable ou mettent en place des dispositifs locaux et opérationnels (par exemple, le community liaison officer, interface entre la filiale et les communautés locales). Afin de sur- veiller les progrès en matière de dé- veloppement durable (notamment le respect des peuples indigènes), la firme procède ensuite au reporting et communiquesursesactivitésdeRSE (responsabilité sociétale des entre- prises). Résumé En cherchant à s’organiser collectivement pour répondre aux enjeux de développement durable, les firmes sont confrontées à des effets non-anticipés de complexité. Le développement durable est une doctrine imprécise qui suit une chaîne de mécanismes pour devenir « performative » c’est-à-dire s’incarner dans les pratiques des firmes. Cette chaîne de mécanismes de gestion va du chaînon le plus global (les ins- tances internationales) au chaînon le plus local et opérationnel (le dispo- sitif de community liaison officer dans les filiales). C’est ainsi que l’idée de développement durable est rendue actionnable : elle est opérationnalisée dans divers dispositifs à plusieurs niveaux. Cette chaine a pour conséquence d’augmenter la complexité organisa- tionnelle pour les acteurs, par une multiplication des méta-organisa- tions, des comités internes aux firmes, des standards et des obligations de reporting, des indicateurs de perfor- mance extra-financière, et des injonc- tions des diverses parties prenantes. Le cas de la firme pétrolière étudiée montre une situation où l’effort d’or- ganisation semble produire de la désorganisation à la fois interne et externe, qui est susceptible de ren- forcer les situations d’hypocrisie organisationnelle ou de découplage entre discours et actions. Les enjeux du développement dura- ble appellent des solutions collectives de la part des industries. Pourtant, en cherchant à y répondre en s’orga- nisant collectivement, les firmes se retrouvent confrontées à des effets non-anticipés de complexité, où il devient difficile de distinguer ce qui relève de la sur-organisation ou de la désorganisation. Mais ce chaos est sans doute le préalable à la transition des industries vers plus de dévelop- pement durable. INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE 18 19Concours étudiants jeunes chercheurs articles
  • 12. Risque industriel et territoires : le coût d’une information partielle MARIANNE BLéHAUT Actuellement en post-doctorat au CNRS où elle étudie les comportements de consommation d’énergie, son article a pour titre How does a change in risk perception affect the housing market ? Evidence from an industrial accident in France. Il a été rédigé pendant sa thèse de sciences économiques réalisée à l’université Paris-Saclay au sein du laboratoire RITM, encadrée par Miren Lafourcade et Laurent Gobillon. Dans cet article, il est question des conséquences socio-économiques de l’accident d’AZF à Toulouse (2001) sur les marchés des logements expo- sés à un risque industriel mais qui n’ont pas été directement touchés par l’accident. Plus particulièrement, cet accident est considéré comme un révélateur du risque industriel sur le territoire français : très médiatisé et lourd de conséquences humaines et matérielles, il a conduit la popula- tion à réévaluer ce risque. Dans les zones exposées au risque industriel, on peut s’attendre à ce que cette prise de conscience conduise à des changements de comportement, notamment en termes de choix rési- dentiels. À l’aide de données exhaus- tives originales, cet article montre en effet que l’accident s’est traduit par une baisse à court terme des prix immobiliers dans les zones à risque (de l’ordre de 2 %). À moyen terme, les prix décroissent encore de l’ordre de 5 % supplémentaires. En outre, le taux de vacance augmente égale- ment à court terme dans ces zones de manière significative. L’ensemble de ces éléments est cohérent avec une première phase, de court terme, pendant laquelle les acheteurs ont ajusté le prix qu’ils sont prêts à payer à la baisse tandis que les vendeurs sont encore réticents à accepter une décote. Dans un second temps, à moyen terme, la baisse de prix est acceptée comme inévitable et l’en- semble des vendeurs potentiels ajus- tent leur prix à la baisse également. Enfin, certains éléments sont cohé- rents avec une forme de sélection des ménages les moins favorisés dans ces zones à risque. Logique- ment, les effets mesurés sont plus importants dans le quart sud-ouest de la France (dans lequel se situait l’usine), et les voisinages d’usines chimiques (l’usine AZF était elle- même un site de production chi- mique). Enfin, l’effet dépréciatif est extrêmement local et décroît très ra- pidement à mesure que l’on s’éloi- gne des sites à risque. En conclu- sion, augmenter l’information sur le risque industriel conduit à dégrader le marché immobilier dans les zones à risque par rapport aux autres. Résumé 20 21Concours étudiants jeunes chercheurs articles marianne.blehaut@ensae.fr
  • 13. L’enjeu pour les industriels est d’adopter une politique de transparence et de communication auprès des populations concernées par le risque industriel. L’élément central de cet article est la notion d’information. Dans les zones qui n’ont pas été touchées par l’acci- dent d’AZF, le risque industriel avant et après l’accident est le même. L’in- formationapportéeparcederniercon- duit cependant à modifier de manière durable les caractéristiques des mar- chés immobiliers locaux soumis au risque industriel. En d’autres termes, la situation initiale, avant l’accident de 2001, était caractérisée par un manque d’information des popula- tions locales. Ce manque a d’ailleurs bien été identifié par les responsa- bles politiques, conduisant en 2003 à l’adoption des lois dites Bachelot qui renforcent la réglementation du risque industriel en France. Un volet crucial de cette réglementation est l’information des populations, via le dispositif des plans de prévention des risques technologiques (mis en œuvre à partir de 2006). La spéci- ficité de ce dispositif est son carac- tère local : pour chaque bassin de risque, l’ensemble des acteurs con- cernés est associé à une concerta- tion visant à mesurer, expliquer et limiter les risques spécifiques à ce bassin. L’enjeu pour les industriels est évidemment très fort, puisqu’ils se doivent d’adopter une politique de transparence et de communi- cation auprès des populations con- cernées. Il ne s’agit cependant pas de stigmatiser ces activités indispensa- bles à l’économie, mais de permettre une meilleure prise en compte des conséquences tant négatives que po- sitives qu’elles impliquent. Au final, une meilleure information dès le dé- part aurait pu éviter aux ménages résidant dans les zones à risque d’avoir à subir la dépréciation de leur bien suite à la révélation « forcée » de ce que le risque industriel peut en- gendrer de pire – une catastrophe technologique. INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE thè- ses Hadrien COUTANT MATHILDE FRAPARD LUCIE PUECH 22 Concours étudiants jeunes chercheurs
  • 14. Un capitalisme d’ingénieurs : sociologie d’une stratégie industrielle dans l’aéronautique Hadrien COUTANT Sa thèse de sociologie Un capitalisme d’ingénieurs. Construire un groupe aéronautique après une fusion soutenue en 2016 à Sciences Po est le fruit d’un travail de six ans de recherche au Centre de Sociologie des Organisations sous la direction de Pierre-Éric Tixier. Elle a été réalisée en collaboration avec le groupe Safran, dans le cadre d’une convention CIFRE. Hadrien poursuit actuellement ses recherches sur les transformations des formes économiques dans le cadre d’un post-doctorat avec Sciences Po et l’Université de Louvain portant sur la relation de service dans le Facility Management. La thèse se focalise sur la construc- tion du groupe aéronautique Safran, né en 2005 de la fusion conflictuelle d’une entreprise privée – Sagem – et d’un groupe public – Snecma. Elle examine comment la direction et les équipes d’ingénieurs ont surmonté les blocages qu’auraient pu induire les nombreuses contraintes organisa- tionnelles,marchandes,politiques et financières qui pesaient sur l’entre- prise. L’organisation, la stratégie et l’inté- gration de Safran ont été structurées par une idéologie d’ingénieurs, con- ception technocratique qui fait de l’innovation et de la maîtrise techno- logique la clé de la survie et du déve- loppement de l’entreprise. Dans un contextedefinanciarisationdel’action industrielle de l’État, ce « capitalisme d’ingénieurs » permet de sauvegarder une continuité de la politique indus- trielle française. L’entreprise est mise en récit autour d’un imaginaire, de représentations et d’un langage par- tagés par ses salariés (principalement des ingénieurs et de techniciens su- périeurs),ainsiqueparcertainsinter- locuteurs institutionnels. Ceci permet d’articuler un contrôle du marché, un enrôlement des actionnaires et de l’État (à la fois actionnaire et régula- teur) tout en assurant l’intégration, à la fois idéologique et organisation- nelle des diverses composantes de l’entreprise autour d’un projet très po- litique de mutualisation de certaines activités de R&D. Les projets de dé- veloppement technologique produi- sent alors de l’intégration sociale en soudant les personnels. Enfin, alors que le débat s’intensifie sur les participations de l’État dans lesentreprisesprivées,publiquesou mixtes, cette thèse fournit, après le récentrapportdelaCourdesComptes (janvier 2017), un examen de l’action de l’Agence des participations de l’État créée en 2004, en montrant le cas d’un secteur où l’État est non seulement actionnaire, mais aussi client de la firme. Résumé 24 25Concours étudiants jeunes chercheurs thèses hadrien.coutant@sciencespo.fr
  • 15. Il existe des moyens concrets d’enrôler les actionnaires autour d’une vision industrielle de long-terme. Alors que la compétitivité industrielle de la France a été sérieusement mise à l’épreuve ces dernières années, cette thèse permet de mieux com- prendre comment la France a pu gar- der sa compétitivité dans le secteur des moteurs d’avion. Elle lie objectifs industriels, investissements technolo- giques et répartition de la conception et de la production entre la firme et ses équipementiers et sous-traitants. Elle examine notamment l’impact de la création d’une entité consacrée au logiciel, Safran Electronics. Àl’heureoùlaquestiondelafinancia- risation de l’économie fait débat, ce travail décrit un modèle qui permet de concilier la profitabilité à long terme avec les enjeux d’innovation, de crois- sance, d’ordre social interne et de gouvernance de la filière industrielle. Cette thèse contribue ainsi à une ré- flexion sur la variété des formes éco- nomiques et des voies potentielles de développement pour l’industrie française, loin d’une alternative sim- pliste entre la financiarisation et le refus du marché. Elle montre que dans un secteur oligopolistique où la perspective financière est bel et bien présente, y compris chez les représentants de l’État, il existe des moyens concrets et éventuellement réplicables d’enrôler les actionnaires autour d’une vision industrielle de long-terme. Elle montre enfin les généalogies mul- tiples des choix contemporains des industriels de l’aéronautique, entre technocratiefrançaise,stratégiemon- diale et exigences des marchés. INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE Les multinationales, actrices de la mise en œuvre des droits des travailleurs 26 27Concours étudiants jeunes chercheurs thèses MATHILDE FRAPARD Sa thèse de droit social soutenue en 2016 a pour titre La protection négociée des droits sociaux fondamentaux des travailleurs : contribution à l’étude des accords d’entreprise transnationaux. Elle a été élaborée à l’Université de Strasbourg, dans l’équipe de l’UMR Droit, religion, entreprise et société, sous la direction de Mélanie Schmitt. La thèse a fait l’objet d’une convention CIFRE avec la Confédération CFDT. Mathilde y travaille aujourd’hui en tant que juriste en charge des dossiers internationaux et européens ainsi que des questions de responsabilité sociale des entreprises (RSE). mathilde.frapard@gmail.com
  • 16. Les accords d’entreprise transnatio- naux s’inscrivent au cœur des thèmes de la mondialisation de l’économie et des relations professionnelles in- ternationales. De tels accords sont conclus au sein de multinationales, par un représentant de la direction et des fédérations syndicales inter- nationales, européennes ou des co- mités d’entreprise européens. Face à la globalisation des échanges financiers et économiques, et dans un contexte où les entreprises s’éten- dent à plusieurs pays, il est devenu important de rendre les droits so- ciaux saisissables, notamment par la privatisation des normes interna- tionales et européennes du travail. En effet, la protection des droits des travailleurs ne relève plus unique- ment de la responsabilité des États mais se révèle davantage comme ap- partenant à la responsabilité sociale des entreprises via la négociation. Ainsi ces accords, qui se sont déve- loppés en l’absence de cadre juri- dique, visent notamment à encadrer les relations de travail et à offrir une protection des droits sociaux fonda- mentaux aux travailleurs des filiales, voire à ceux des sous-traitants et fournisseurs. Depuis la signature du premier ac- cord en 1988 par le groupe Danone, près de 300 accords ont été conclus, portant sur diverses thématiques et s’inscrivant dans une politique RSE de l’entreprise. L’ambition de la thèse est de démon- trer que ces accords, initiés volontai- rement par les acteurs d’entreprises via la négociation, ne poursuivent pas un simple objectif de marketing so- cial, mais s’inscrivent dans une forme de gouvernance d’entreprise et dans une volonté de faire bénéficier l’en- semble des salariés des droits conte- nus dans l’accord. Dès lors, l’analyse de ces accords nécessite d’étudier leur élaboration, leur contenu et leur mise en œuvre au sein des entre- prises transnationales tout en s’in- téressant au comportement et aux pratiques des acteurs sociaux et à la manière dont ceux-ci les mobilisent. Résumé 28 29Concours étudiants jeunes chercheurs thèses Ce travail propose aux acteurs sociaux des modèles de négociation d’accords et des outils d’amélioration de leur effectivité. Ce travail de recherche participe à une meilleure connaissance de 267 ac- cords d’entreprise transnationaux et de leur contribution à la protection des droits des travailleurs. Tout en interrogeant les préoccupa- tions des acteurs de multinationales appelés à les élaborer, ce travail pro- pose des modèles de négociation d’accords et des outils d’améliora- tion de leur effectivité. Au préalable, la thèse définit des typologies d’ac- cords selon des critères géographi- ques,lesecteurd’activitéetleurobjet. Ces accords sont empreints d’une spécificité européenne qui s’exporte au-delà des frontières de l’Union européenne. En effet, ce sont prin- cipalement des entreprises euro- péennes (notamment françaises et allemandes) qui concluent ce type d’accords. Cette spécificité se re- trouve lorsqu’on étudie l’objet des accords qui renvoie notamment aux thèmes des restructurations, l’anti- cipation du changement, la santé- sécurité ou l’égalité des chances. En- suite, la thèse apporte des réponses sur les moyens pratiques de mise en œuvre de ces accords pour rendre les droits effectifs, notamment par l’iden- tification d’outils de transposition et de suivi de l’accord au niveau local (reporting, indicateurs de suivi, clauses de règlement des conflits). Chacun de ces outils a pour particu- larité d’associer les acteurs sociaux. Enfin, la thèse propose des réponses aux questions que soulève l’articula- tion de l’accord avec le droit local. INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
  • 17. Ne donnez pas du temps à vos salariés pour innover, laissez-les en prendre ! LUCIE PUECH Aujourd’hui maître de conférences à l’université Paul Sabatier à Toulouse, elle a soutenu sa thèse en sciences de gestion intitulée Processus intrapreneurial : entre temps alloué et temps autosaisi en 2014. Ce travail a été réalisé au CNAM Paris sous la direction de Thomas Durand, et en partenariat avec l’un des centres de R&D du groupe ENGIE, ENGIE Lab Crigen. Certaines grandes organisations font le choix d’allouer du temps libre à leurs collaborateurs pour promou- voir l’innovation. Google par exemple donne la possibilité à ses salariés de consacrer 20 % de leur temps à un projet de leur choix ; ceci est reconnu comme une manière de révolution- ner les pratiques managériales et perçu de manière positive par le grand public. La thèse questionne l’intérêt d’une telle mesure. Elle traite de la contri- bution du temps à l’émergence et à la poursuite des projets intrapreneu- riaux, qui intègrent une large part d’in- novation, mais se situent en dehors des activités courantes prescrites et ne disposent donc a priori d’aucunes ressources supplémentaires. L’étude empirique, conduite dans un centre de R&D du groupe ENGIE, permet de mettre en avant la dimen- sion qualitative du temps. Le proces- sus intrapreneurial – identification, poursuite et développement d’une opportunité innovante – se nourrit de formes de temps plurielles, qui se caractérisent par une qualité singu- lière, la disponibilité d’esprit. Celle-ci s’entend comme la capacité à se dé- tacher du quotidien, soit pour laisser son esprit se promener, se concen- trer sur un sujet innovant ou pour partager un moment collectif en étant réceptif aux sollicitations des pairs. Aussi, pour conduire des acti- vités intrapreneuriales, la qualité du temps importerait davantage que sa quantité. En outre, même lorsque l’organisation encourage et soutient les activités innovantes à travers un ensemble de moyens tangibles et intangibles, les activités intrapreneuriales reposent sur une forme de proactivité des ac- teurs vis-à-vis des ressources temps, c’est-à-dire sur leur faculté à s’em- parer délibérément de temps ; c’est parce que ces temps sont autosaisis, pris délibérément, que les acteurs disposent de disponibilité d’esprit et qu’ils parviennent à conduire des activités intrapreneuriales. L’intra- preneuriat reposerait alors davan- tage sur la capacité de l’entreprise à laisser les collaborateurs prendre du temps, qu’ils s’y sentent autorisés et incités, plutôt que sur une allo- cation systématique de temps libre. Résumé du travail 30 31Concours étudiants jeunes chercheurs thèses lucie.puech@iut-tlse3.fr
  • 18. Les travaux de six autres jeunes chercheurs ont également retenu l’attention du jury. Ils ont été invités à présenter leurs réflexions au moyen de posters durant la cérémonie de remise des prix. Catégorie ARTICLES Michael Llopart – Histoire La Chambre de commerce de Toulouse et l’organisation de la for- mation professionnelle en Haute-Garonne 1919-1945 Catégorie THÈSES Maylïs Gantois – Sciences politiques La négociation collective en France : institutions, usages et pratiques. Contribution à une sociologie politique des relations professionnelles Pierre Plantard – STAPS Objectivation et standardisation des évaluations ergonomiques des postes de travail à partir de données Kinect Lucie Renou – Aménagement de l’espace et urbanisme La politique des pôles de compétitivité : une production de territoires Clément Sehier – Sciences économiques Responsabilité sociale des entreprises et capitalisme en république populaire de Chine. Quelles transformations du rapport salarial ? Axel Villareal – Sciences politiques L’industrie automobile à l’épreuve des voitures électriques. Entre changement et continuité Mentions spéciales 32 33Concours étudiants jeunes chercheurs Mentions spéciales La poursuite d’une opportunité innovante dépend principalement de la capacité des acteurs à prendre du temps. Si la créativité s’avère largement sou- tenue par des dispositifs internes, les entreprises semblent rencontrer davantage de difficultés à trouver les moyens pour favoriser la trans- formation de ces idées foisonnantes en innovations. En mettant en ex- ergue les enjeux majeurs en termes de ressources que revêt cette étape intermédiaire, la thèse envisage de manière singulière la gestion du temps pour les acteurs de l’inno- vation. Une fois l’opportunité inno- vante identifiée, sa poursuite dépend principalement de leur capacité à prendre du temps. Il s’avèrerait per- tinent d’investir dans des « espaces- temps » que les collaborateurs peu- vent mobiliser lorsqu’ils le jugent opportun. Dit autrement, les laisser choisir délibérément le moment où ils se sentent « disponibles » pour ré- fléchir à leur projet intrapreneurial et innovers’avèred’autantplusaiséque des « espaces-temps » sur lesquels cette autosaisie opère, existent : par exemple du temps non alloué aux activités prescrites, des marges ga- gnées dans la négociation des con- trats avec les clients, de la latitude dans les livrables… Encourager les intrapreneurs à s’auto- saisir de temps leur offre davantage de liberté et d’autonomie, rendant ainsi l’exigence d’autodiscipline légi- time. La réponse du dosage et des limites à instaurer serait alors à trouver dans la construction d’un dialogue de confiance entre mana- gers et collaborateurs. Aussi est-il possible de considérer l’existence d’une compétence particulière à savoir « mobiliser du temps » à bon escient, et d’envisager que les mana- gers soient incités à la développer chez leurs collaborateurs afin d’étayer les capacités de jugement de chacun à l’égard des activités innovantes qui émergent en marge des activités prescrites. Il s’agirait en somme d’ap- prendre (ou de réapprendre) à pren- dre du temps, son temps. INTÉRÊT POUR L’INDUSTRIE
  • 19. NotesNotes 34 35Concours étudiants jeunes chercheurs notes
  • 20. Notes 36 Suivi de projet : La Fabrique de l’industrie Conception graphique : Laétitia Lafond Achevé d’imprimer par Newmeric, imprimeur, SAS – 75010 Paris Dépôt légal : mai 2017 – Imprimé en France Concours étudiants jeunes chercheurs
  • 21. La Fabrique de l’industrie est un think tank créé en 2011 par l’UIMM, le Cercle de l’industrie et le GFI, rejoints depuis par le GIM et le GIFAS, pour que la réflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en qualité. Co-présidée par Louis Gallois et Denis Ranque, La Fabrique s’appuie sur un conseil d’orientation comprenant une cinquantaine d’experts (écono- mistes, sociologues, journalistes, entrepreneurs, syndicalistes…) garants de l’ouverture et de la robustesse de ses travaux. La Fabrique a pour ambition de faire connaître largement les travaux et événements qu’elle suscite ou auxquels elle contribue. LA FABRIQUE DE L’INDUSTRIE PLUS D’INFORMATIONS SUR LE CONCOURS ÉTUDIANTS JEUNES CHERCHEURS DE LA FABRIQUE : #CEJC www.la-fabrique.fr CONCOURS ÉTUDIANTS JEUNES CHERCHEURS PREMIÈRE ÉDITION 2017 En partenariat avec: