SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  40
Télécharger pour lire hors ligne
Lettres de Châteaux
Marie-Stéphane Malbec
ms.malbec@lettres-de-chateaux.com
+33 (0) 5 56 44 63 50
DOSSIER DE PRESSE	
Millésime 2016
Sommaire	
LE MILLÉSIME 2016 À BORDEAUX				
« Bordeaux 2016, un grand et généreux millésime » .............................. 3 - 4
Château Castera, Cru Bourgeois, Médoc .................................................5
Château Talbot, Grand Cru Classé en 1855, Saint-Julien .........................6 - 7
Château Paveil de Luze, Cru Bourgeois, Margaux ...................................8-9
Château Marquis de Terme, Grand Cru Classé en 1855, Margaux ..........10-14
Château Belle-Vue, Château de Gironville, Crus Bourgeois, Haut-Médoc
et Château Bolaire, Bordeaux Supérieur ..................................................15-16
Château Cantemerle, Grand Cru Classé en 1855, Haut-Médoc ..............17-18
Château Sénéjac, Cru Bourgeois, Haut-Médoc ........................................19
Château Malleret, Cru Bourgeois, Haut-Médoc .......................................20
Château Carbonnieux, Grand Cru Classé, Graves ...................................21-22
Château Chauvin, Grand Cru Classé, Saint-Emilion .................................23-26
Château Grand Corbin, Grand Cru Classé, Saint-Emilion ........................27
LE MILLÉSIME 2016 À SAUTERNES ET BARSAC
« 2016 : un grand millésime, structuré, tendu, enjôleur » ........................28
Château Guiraud, Grand Cru Classé en 1855, Sauternes ........................29-31
LE MILLÉSIME 2016 A BERGERAC
Château Monestier La Tour, Bergerac ......................................................32
LE MILLÉSIME 2016 EN LANGUEDOC-ROUSSILLON
Vignobles Lorgeril, Languedoc-Roussillon ................................................33-34
Château de Caraguilhes, Corbières ..........................................................35-36
LE MILLÉSIME 2016 EN BOURGOGNE
« Millésime 2016 en Bourgogne, la belle surprise ! » ...............................37-38
Maison Louis Jadot, Bourgogne ...............................................................39-40
2
Bordeaux 2016,
un grand et généreux millésime	
2016, une année contrastée favorable
à la naissance d’un magnifique millésime
Ce millésime est caractérisé par une floraison homogène à l’origine d’une
bonne fécondation, un déficit hydrique climatique important pendant l’été
associé à un fort ensoleillement et une véraison homogène. La maturation
a évolué sous un soleil radieux avec de belles amplitudes thermiques.
Enfin, l’été indien a permis d’attendre la maturité optimum de chaque
parcelle et cépage ; les vendanges se sont déroulées en toute sérénité.
• VINS BLANCS SECS : ces tout jeunes vins se montrent aromatiques,
vifs, avec une jolie fraîcheur et une belle tension. Les vendanges des
blancs secs ont débuté à partir du 5 septembre avec le cépage sauvignon.
• VINS ROUGES : les vins rouges se présentent avec une couleur intense,
des concentrations en anthocyanes très élevées, un nez de petits fruits
noirs (cassis, mûre, myrtille), une bouche structurée et puissante, et des
tanins ronds et délicats.
Début des vendanges aux alentours du 24 septembre pour les rosés et les
rouges sur les terroirs les plus précoces, pour le cépage merlot. Elles se
sont poursuivies avec le cabernet franc et le cabernet sauvignon, autour
du 12 octobre.
Notons la qualité exceptionnelle des raisins arrivés à parfaite maturité au
moment des vendanges.
• VINS ROSÉS : de couleur rose pâle et limpide, ils offrent une belle
fraicheur en bouche accompagnée de notes acidulées avec des saveurs
de framboise, mûre et fraise des bois.
• VINS MOELLEUX ET LIQUOREUX : d’une grande pureté de goût avec
une belle concentration et une grande fraicheur aromatique. Les premières
tries ont débuté mi-septembre sur les terroirs les plus précoces, puis
elles se sont généralisées sur l’ensemble des appellations productrices
de liquoreux. Vendanges : les toutes premières tries ont débuté fin
septembre. La récolte des liquoreux s’est étalée sur le mois d’octobre.
3
Récolte 2016 : 5,8 millions hectolitres (+9% par rapport à la récolte
2015)
Une année 2016 en 2 temps :
• Les 6 premiers mois : 722,4 mm de pluie (valeur normal : 444,7 mm) /
+62% de pluie
830 h d’insolation (valeur normal : 1017 h) / -18% de soleil
Le premier trimestre a été exceptionnelement pluvieux. La réserve
hydrique ainsi constituée a permis de faire face à la sécheresse de l’été.
• Juillet - août - sept - oct : 101,1 mm de pluie (valeur normal : 283,5 mm)
/ -64% de pluie
975 h d’insolation (valeur normal : 840 h) / +16% de soleil
Nuits fraiches et températures diurnes excédentaires de 1/2 à 2 degrès.
Janvier 2017
https://www.bordeaux.com/fr/ 4
Château Castera
Cru Bourgeois, Haut Médoc
Philippe Grynfelt - Régisseur
Millésime2016àBordeaux-Castera
De mémoire de vigneron (de moins de 50 ans), il n’existe pas de références
climatiques similaires à cette année 2016. Pour les autres, il faut aller
chercher bien loin dans sa mémoire. En effet, plus de 700 mm de pluie sur
les six premiers mois de 2016 ont engendré des conditions favorables à
l’apparition du mildiou que nous avons dû surveiller.
Comme par miracle, les premières éclaircies coïncident avec le
développement de la fleur. A partir du 19/20 juin, les éclaircies se
transforment en journées ensoleillées plutôt rassurantes. Un mois de juillet
sans pluie ni chaleur excessive offre à la vigne les conditions parfaites pour
une pousse régulière et un grossissement des baies harmonieux.
Le mois d’août marqué par la sécheresse et une mini période de canicule
ont provoqué un ralentissement notoire de la maturité de la vigne.
Les argilo-calcaire de Castera ont su constituer une réserve d’eau suffisante
pour permettre à la vigne de faire face à ce cruel manque d’eau et malgré
la chaleur, elle avait jolie mine.
Le mois de septembre apporte toujours un peu de pluie, notamment de
fortes précipitations, le 13 et le 14.
De tels phénomènes peuvent parfois gâcher un millésime mais, cette
année, ces pluies ont été salutaires. Les très longues vendanges qui
s’ensuivent nous permettent de faire un tri désormais très performant
grâce aux nouvelles générations de machines à trier.
L’excellence des baies de raisins nous a incités à surveiller plutôt
qu’intervenir. Il y a des années où la nature est assez grande pour se
débrouiller toute seule, 2016 est l’une d’entre elles.
Les vins sont maintenant terminés et assemblés, donnant des arômes
d’une grande maturité et des tanins d’une puissance raisonnable.
Si l’on effeuille la marguerite des millésimes exceptionnels, le dernier
pétale tombera forcément sur « 2016, je l’aime...à la folie ».
Mars 2017
http://www.chateau-castera.com 5
Château Talbot
Grand Cru Classé en 1855, Saint Julien
Christian Hostein - Directeur Technique
Millésime2016àBordeaux-Talbot
2016, le millésime des racines
Il fallait faire le tour des vignobles début septembre, dans notre cher
Médoc pour comprendre les itinéraires techniques choisis depuis de
nombreuses années par les différents crus ! Ce que nos yeux voyaient
reflétait la réponse de la vigne au stress hydrique de l’été 2016 mais
aussi aux problèmes d’asphyxie racinaire qui avaient été induit par la
pluviométrie plus que généreuse du premier semestre 2016 (672 mm !).
Une façon traditionnelle d’entretien des vignes permet de lisser ces
impacts climatiques annuels, déjà rencontrés par le passé, et permet à la
vigne de mûrir au mieux son précieux fruit : c’est le labour des terres et la
destruction des racines superficielles.
Affranchie de ce fait des premiers centimètres les plus riches et les plus
variables en termes de rétention d’eau, elle va puiser au plus profond de
nos graves les éléments minéraux dont elle a besoin et la quantité d’eau
nécessaire mais avec parcimonie.
Nos vignes présentaient à la vendange une récolte bien répartie, avec
un feuillage fonctionnel et des caractéristiques analytiques intéressantes
avec une richesse polyphénolique de bon augure et surtout extractible.
Les vieux merlots en particulier étaient surprenants : longueur de grappe
remarquable et des grains espacés, riches et gouteux. Les rendements de
ces vieilles vignes ont surpris et les cuves ainsi remplies nous ont donné des
vins au profil tannique surprenant pour ce cépage sur notre terroir. C’est
probablement l’assemblage de février prochain qui fera la différence avec
le millésime 15, lui aussi réussi, mais marqué par les cabernets sauvignons.
Les cabernets sauvignon de cette année, eux, nous savions qu’ils
étaient plutôt en faible quantité au vu de notre ressenti et du comptage
d’inflorescence : « sortie » faible, apparence modeste, grappe ramassée.
Ces commentaires concernent la quantité. La qualité, elle, fût par contre
au rendez-vous en ce début d’octobre et l’homogénéité des cuves de ce
cépage remarquable ! Décidemment les 5 et les 6 sont souvent réussis
dans la succession chronologique des millésimes avec cette différence
dans la qualité des vieux merlots.
6
Et les blancs : vendanges tardives, là aussi puisque nous nous sommes
lancés le 19 septembre après-midi pour terminer le 21 au soir : état sanitaire
parfait des sauvignons, belle concentration de notre pièce de sémillon que
nous avons pu amener loin sans frelons ni botrytis !
Beaucoup de fraîcheur dans les moûts et dans la palette aromatique
exotique qu’il reste encore à révéler ; ces vins, élevés sur lies sont encore
en voie d’engraissage par le bâtonnage.
Dates clefs
- Essais technologiques des chaines de récolte : les 29 et 30 septembre
- Grande troupe de 110 vendangeurs sur les merlots, toute la semaine du
3 au 7 octobre : merlots denses, juteux très sains.
- La semaine du 10 au 15 octobre : tous nos efforts portent sur les cabernets
sauvignon et nous finissons le lundi 17 octobre, rompus mais heureux de
l’accouchement libérateur et des promesses du nouveau-né.
- Nous fîmes la fête 2 fois dans la semaine : le mercredi 19 avec le départ
de nos vendangeurs lusitaniens et le vendredi 21 avec le personnel de la
propriété réuni autour d’un barbecue brésilien !
Pluviométrie 2016
Janvier : 250 mm
Février : 153 mm
Mars : 80 mm
Avril : 42 mm
Mai : 72 mm
Juin : 75 mm
Dates remarquables
Les 21 et 22 mai : orages, fortes averses, grand vent, nombreux rameaux
cassés.
Le 30 mai : grosses pluies sur les premières fleurs de la vigne
Le 6 juin : c’est la mi-floraison à Talbot des merlots noirs
Le 8 juin :
- pleine fleur des merlots, ½ fleur des cabernets sauvignon, début de la
fleur des sauvignons
- grand beau temps, enfin
Tout le mois de juin : intense combat contre le mildiou
La récolte se joue à la mi-juin !
Juillet : grand beau, 2ème
façon de cavaillon, c’est gagné !
Décembre 2016
http://chateau-talbot.com
Juillet : 2 mm
Août : 13 mm
Septembre : 41 mm (le 14/09 : 35 mm)
Octobre : 18 mm
Novembre : 85 mm
Décembre : à venir mais très faible
Millésime2016àBordeaux-Talbot
7
Château Paveil de luze
Cru Bourgeois, Margaux
Edouard de Luze - Propriétaire
Millésime2016àBordeaux-PaveildeLuze
« 2016, la belle surprise inattendue. »
2016 restera gravé à jamais dans la mémoire du Château Paveil de Luze.
Le vin ne serait rien sans la rencontre d’un homme et de son terroir. L’un
ne fait que passer, mais il se met au service de l’autre, tente d’en extraire
la plus pure expression et de donner un second souffle à la vigne une
fois arrivée dans sa phase de maturation. Le terroir, quant à lui, semble
éternel, insaisissable, imperturbable, bien que soumis lui aussi au destin
que lui dresse la nature.
Le cycle de la vigne ne s’arrête pas mais il est chahuté par des conditions
météorologiques plus ou moins favorables. Au Château Paveil de Luze, le
millésime 2016 a été une belle surprise, presque inattendue.
Tout a commencé par un hiver et un printemps très pluvieux. Une douceur,
anormale pour la saison, s’est installée sur notre vignoble et a provoqué
un débourrement très précoce. Nous avons craint des gelées, l’œil rivé
vers le ciel et sur le thermomètre. Vu les conditions climatiques, il y a eu
une pression mildiou très importante jusqu’au milieu du mois de juillet.
En théorie, la véraison débute vers le 25 juillet. Pour ce millésime, elle a
commencé avec 15 jours de retard et un gros décalage entre les premières
et les dernières baies verrées.
2016, né sous une bonne étoile
C’est alors que tout semblait mal parti, incertain, complexe… que le
soleil s’est mis à pointer enfin sur le bout de nos vignes. Un signe du ciel
encourageant, que personne n’avait vu venir, et un temps au beau fixe sur
tous les mois d’août et teptembre. Des conditions idéales pour rattraper
notre retard mais rien n’était encore joué.
Début octobre, le retard était quasiment comblé. Il nous restait plus qu’à
prier pour pouvoir ramasser ce millésime tardif dans de bonnes conditions.
Et c’est ce qui est arrivé !
Nous avons pu récolter au fur et à mesure de la maturité en étendant les
vendanges sur trois semaines, une première au Paveil ! Le dernier jour,
l’état sanitaire était absolument parfait sans aucune baie botrytisée.
8
Une superbe surprise !
Si les choses avaient mal commencé, on peut aujourd’hui dire que l’été
prolongé nous a sauvés et a même créé la surprise nous laissant espérer
une nouvelle grande récolte.
Une récolte qualitative mais aussi quantitative puisque nous avons pu faire
le rendement sur les deux appellations (Margaux et Bordeaux).
Bien sûr, il est trop tôt pour se prononcer mais voici nos premières
impressions sur ce millésime qui sera présenté en primeur début avril :
les premières dégustations laissent apparaître des vins de cépages très
riches avec une expression dense. Des couleurs très intenses, des arômes
puissants et subtils vont vous surprendre lors des prochaines dégustations.
Le Château Paveil de Luze est le dernier millésime inachevé de Frédéric
de Luze. Il est parti sans avoir pu le voir naître mais toute l’équipe de
la propriété, et toute la famille de Luze savent qu’il aurait été très fier
de ce millésime 2016. A lui de tenir maintenant toutes ses promesses
et de s’inscrire dans le temps comme l’une des grandes réussites que
cette propriété a su produire et, nous l’espérons, qu’elle continuera de
produire.
Un vin sans mémoire est un vin sans avenir. Notre millésime 2016 a devant
lui un horizon de souvenirs qu’il nous tarde de vous faire partager.
Février 2017
http://www.chateaupaveildeluze.com
Millésime2016àBordeaux-PaveildeLuze
9
Château Marquis de terme
Grand Cru Classé en 1855, Margaux
Ludovic David - Directeur Technique
Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme
« Nous sommes heureux de produire et de vinifier des vins naturels … et
quand la pluie est salvatrice tout va pour le mieux ! »
Les millésimes se succèdent et ne se ressemblent pas. Mais s’il est une
habitude dans le vignoble bordelais, c’est celle de s’adapter, récolte
après récolte à de fortes fluctuations météorologiques. Cette année 2016
ne déroge pas à la règle, marquée par des caractéristiques fortes elle
pourrait se définir tout simplement par ces quelques mots : « de la pluie
qui mouille, du soleil qui sèche et de la pluie qui sauve ! ». C’est une vraie
comptine pour enfant que nous avons vécu cette année dans les rangs du
Château Marquis de Terme.
Très sensible à l‘eau et capable de faire face au stress hydrique, la vigne a
su s’adapter une fois encore à ces fortes variations en jouant subtilement
avec la pluie et le soleil afin de produire des raisins de très grande qualité.
Chaque année, je me pose cette éternelle question de savoir si je vais
vivre un millésime identique aux années précédentes. Je me dis toujours
que cela démarre comme celui-ci ou comme celui-là et puis patatras…!
La campagne viticole commence et tout est différent. Les prévisions
restent difficiles dans la culture de la vigne ; mais c’est ce qui rend chaque
millésime unique, renforçant notre passion et … cet « effet millésime »
tant plébiscité à Bordeaux.
Notre métier de viticulteur réside dans notre capacité à faire face aux
caprices de la nature. Pluie, soleil, vent, chaleur et froid rythment nos
décisions et c’est la compréhension de nos terroirs grâce à une longue
observation qui permet de devancer ces phénomènes.
Cependant, chaque vendange comprend une part de surprise, une
alchimie secrète entre la nature et le pied de vigne, qui l’emporte toujours
sur nos prédictions.
Cette somme d’éléments crée chaque année l’émotion d’un nouveau
millésime et avec elle, le désir d’en parler à notre entourage en racontant
son histoire en quelques lignes.
Initialement estimé par nos soins de façon inquiétante à 28hl/ha au
début du mois d’août, le rendement effectif de la récolte 2016 atteindra
finalement 47hl/ha à la fin du mois d’octobre. Une erreur de prévision ?
Pas exactement …
10
Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme
Souffrantd’unesécheresseimportanteàlafindel’été,lesracinesprofondes
des pieds de vigne ont su trouver l’eau pour continuer à alimenter la
plante. En effet, les pluies fortes du printemps ont permis de constituer
des réserves en eau qui ont été stockées dans les nappes phréatiques,
donnant l’opportunité aux eaux interstitielles des sols de faire leur effet.
Une fois encore, la vigne prouve son fabuleux pouvoir d’adaptation et de
résistance sur les grands terroirs de graves du Médoc.
On parle beaucoup de réchauffement climatique mais malgré la sècheresse
et l’ensoleillement, l’été que nous avons connu est loin d’être le plus chaud
enregistré sur les dernières décennies.
Nous mettons trop souvent l’agriculture dans des cadres et des
certifications, oubliant de ce fait que la nature dicte sa loi et par définition
produit des raisins naturels.
Nous travaillons nos vignes selon les méthodes inspirées de la charte «bio»
sur 60 % de notre domaine. Ces parcelles ont pu être sélectionnées car
leurs pentes, l’ensoleillement dont elles bénéficient, l’orientation de leurs
rangs s’y prêtent et pour autant nous n’avons engagé aucune démarche
de certification. Pourquoi se cacher derrière un dogmatisme et des
agréments lorsque nous vivons notre vignoble chaque jour, connaissons
chacune de nos parcelles et les besoins de notre environnement ?
Nous n’avons jamais été autant respectueux des sols que ces dernières
années. Les excès constatés dans les années 1970 à 2000 sont loin derrière
nous. La technicité des tracteurs et les protections du personnel n’ont
jamais été aussi efficaces. Nous défendons ensemble un futur « propre et
sain ».
Cette conduite écologique de notre vignoble nous amène à adopter
une politique multifactorielle qui passe entre autres par : la suppression
des herbicides, la confusion sexuelle (suppression des insecticides),
la replantation régulière des arbres et des haies, l’utilisation de liens
et attaches biodégradables et la recherche permanente de toutes les
techniques qui nous permettront d’inscrire notre culture dans le respect
de l’environnement.
Dans le même temps, l’appellation Margaux a développé depuis quelques
années un programme complet d’analyse de la biodiversité afin de tout
mettre en œuvre pour favoriser la protection mais aussi le développement
de la faune et de la flore locale. Le Château Marquis de Terme s’implique
pleinement dans cet enjeu.
Aujourd’hui, notre démarche viticole nous permet de produire des vins
naturels. Une zone de plantation naturellement adaptée aux terroirs, aux
pentes, au vent et au soleil ; les levures naturelles aidant à la fermentation
des vins ; l’élevage en barriques de chêne français naturel… tous ces
éléments contribuent à l’ensemble de notre produit et à son harmonie.
11
Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme
Quoi de plus naturel que des raisins, des levures issues du terroir, du bois
et un peu de soufre pour stabiliser les vins ? Nous le savons, le soufre se
trouve à l’état natif sur terre, à proximité des volcans notamment. Après,
le carbone, c’est certainement l’un des éléments chimiques les plus connus
depuis l’Antiquité car il servait notamment à purifier les emplacements
infestés de vermines et à blanchir les tissus. Son action antiseptique
et dermatologique est très ancienne et légitimement transposée à la
stabilisation de nos vins afin d’éviter qu’ils ne se transforment en vinaigre.
Enfin, rentre dans nos techniques de vinification, l’utilisation de la chaleur
ou du froid pour obtenir davantage de précision organoleptique.
Après réflexion, je ne vois, par définition, que des produits naturels ! Alors
oui … avec nos équipes nous sommes heureux de produire et de vinifier
des vins naturels !
Le vin n’est pas un produit qui existe à l’état brut dans la nature, il est
façonné par l’homme qui le crée avec sa personnalité et son goût. Cette
émotion accordée au vin participe indéniablement à sa richesse, son style,
c’est ce qui définit le côté unique de chaque cuvée. Depuis l’antiquité et
grâce à sa connaissance de la nature, l’homme a su élaborer de grands
vins et sélectionner les plus beaux terroirs.
Ce millésime 2016 a été marqué par un hiver exceptionnellement doux,
avec une température moyenne supérieure de 1.9°C à la moyenne 2000-
2016 entre le 1er
novembre 2015 et le 28 février 2016. Les précipitations
ont, quant à elles été, extrêmement importantes entre janvier et février
(200 mm de plus que la moyenne trentenaire).
De ce fait, les premiers signes de débourrement étaient déjà visibles à la
fin du mois de février. Cette reprise prématurée de l’activité végétative
inquiétante (risque de gelée), a été tempérée par l’abaissement des
températures moyennes.
En mars, les températures basses associées aux importantes quantités
d’eau présentes dans les sols, ont retardé le réchauffement et donc
compensé l’avance prise par le débourrement en obligeant la vigne à
prendre du retard jusqu’à la fin du mois de juin.
Cela n’a pas empêché la floraison de débuter le 06 juin et d’atteindre son
apogée sur la majorité des secteurs à partir du 13 juin ; à la faveur d’une
fenêtre de beau temps et de températures moyennes chaudes (au-dessus
de 20°C).
Les conditions printanières humides et douces ont eu pour conséquence
de favoriser le développement du mildiou identifié parfois sur les feuilles
et aussi, mais plus rarement, sur grappes. Cette pression sanitaire s’est
maintenue jusqu’à la véraison ; stade ou les baies ne sont plus réceptives.
12
Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme
En 4 mois nous avons eu plus de la moitié de la pluviométrie annuelle
(de janvier à mai : 450mm). Et à partir de fin juin, le millésime a changé
radicalement de profil avec l’installation d’un temps sec qui fit apparaître
des signes de stress hydrique sur nos jeunes vignes, enracinées peu
profondément et sur nos cabernets sauvignons installés quant à eux, sur
des sols très filtrants composés de graves sableuses.
Les premières baies verrées n’ont été visibles que le 1er
août. La vigne n’a
pas récupéré ses 15 jours de retard et laissait déjà entrevoir des vendanges
tardives. Les températures estivales furent normales jusqu’à la mi-août,
puis l’été indien s’est paisiblement installé jusqu’à mi-novembre.
Cependant, en août la situation est devenue délicate. Le manque de pluie
ayant provoqué un stress hydrique important dans le vignoble, nous avons
assisté à des blocages de maturation des raisins et quelques défoliations
sur des jeunes vignes, empêchant de ce fait le grossissement des baies.
A notre retour de congés, nous étions très inquiets de constater que les
baies de cabernet sauvignon étaient toutes petites du fait du manque
d’eau. On pouvait mesurer des poids très faibles de 0,4 grammes par baie
tout en sachant que le poids normal pour des cabernets se situe autour
de 1 gramme et de 1,3 gramme pour les merlots. Après tous les efforts
apportés nous nous dirigions vers une toute petite récolte similaire à 2011
ce qui aurait soulevé la frustration de nos équipes.
Le 13 septembre une pluie salvatrice de 50 mm a redonné du volume
aux baies de cabernet sauvignon et le sourire à nos vignerons. D’une
certaine manière cette pluie a sauvé le millésime. Elle a permis à la fois
de réactiver le fonctionnement de la vigne pour permettre sa phase finale
de maturation, et en même temps de garantir un rendement satisfaisant
pour la propriété.
Nos premiers merlots ont été vendangés le 29 septembre, puis après une
pause de quelques jours, nous avons continué doucement notre rythme
de récolte au gré des évolutions de maturités. Les petits verdots ont été
vendangés le 13 octobre et les cabernets sauvignons du 14 au 21 octobre.
Les vendanges se sont déroulées sereinement, notamment grâce au
maintien du beau temps. Ainsi, chaque parcelle a pu être appréhendée
au moment opportun, sans que la pression sur l’état sanitaire des raisins
n’intervienne dans le choix de nos dates de récolte.
« Des vendanges comme nous aimons, après une campagne culturale
difficile où l’on s’est battu contre les éléments. Ce sont ces mêmes
éléments qui nous ont aidés à récolter un superbe 2016, à venir dans nos
verres » aime à souligner David HOUDET, chef de culture.
A l’instar de 2005, 2009, 2010 ou encore 2015, la récolte 2016 aura
bénéficié du même été indien que celui qui caractérise les plus belles
années des vins Bordeaux.
13
Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme
Un nouveau grand millésime est en train de se construire sous nos yeux.
Au chai, les vinifications ont reposé sur un ensemble de choix que nous
avons mis en œuvre avec l’équipe technique.
Un choix de cuves adaptées au travail parcellaire pour, d’une part
optimiser la douceur des extractions des tanins, et d’autre part préserver
l’intégrité des peaux des raisins lors du travail de pigeage. Empruntée à
la Bourgogne il y a très longtemps, nous développons aujourd’hui cette
technique car elle est douce et précise, à l’image du style des vins que
nous souhaitons élaborer.
La rénovation de notre cuvier nous permet aujourd’hui un grand choix de
techniques complémentaires. Des cuves tronconiques de 45 à 140 hl en
bois, inox et béton nous permettent les plus grandes sélections possibles.
Nous avons également développé les vinifications en petits contenant en
bois (390 litres) afin de retrouver les bienfaits des méthodes ancestrales
du tunnel du vin où raisin et bois se marient subtilement.
Pour Julien Brahmi, maître de chai : « nous étions très attentifs aux rapports
marc/jus et aux équilibres de chaque cuve. Nous avons poursuivi ce travail
dans un plan de sélection des vins de presse beaucoup plus poussé que
par le passé pour améliorer encore les assemblages possibles ».
Les macérations ont été poussées jusqu’à 5 semaines pour une grande
partie des lots tant les tanins étaient soyeux et délicats.
Pour Julien Brahmi : « ne large et belle palette de couleurs est aujourd’hui
constituée pour composer encore un Grand Millésime ».
Au Château Marquis de Terme, nous recherchons l’équilibre entre la nature
et les vins que nous élaborons afin de susciter notre émotion et celle des
consommateurs qui les dégustent. Nous souhaitons faire apprécier nos
vins en faisant découvrir nos grands terroirs, c’est ce qui guide notre
travail ainsi que notre investissement au quotidien.
Le millésime 2016 du Château Marquis de Terme est fruité, sur des notes
de cassis et de mûres. Les tanins sont élégants, veloutés et la fraîcheur
vient donner beaucoup de finesse et de délicatesse au vin en bouche.
L’élevage en barrique contribue à construire la ligue finale complexe.
Dans l’histoire des millésimes de Bordeaux on cite souvent les duos :
1982/1983, 1989/1990, 2000/2001 et le fameux 2009/2010 … Aujourd’hui
et surtout demain nous devrons ajouter 2015/2016 et continuer à apprécier
longtemps ce nouveau grand duo.
Ensemble partageons l’amour des grands vins. Excellente dégustation à
tous !
Mars 2017
http://www.chateau-marquis-de-terme.com/fr/
14
Château Belle-Vue &
Château de Gironville
Crus Bourgeois, Haut Médoc
Château Bolaire, Bordeaux Supérieur
Vincent Bache-Gabrielsen, Consultant
Millésime de contrastes et d’émotions
Ce millésime 2016 nous aura procuré des sensations très fortes et
opposées, de désarroi comme d’enthousiasme débordant ! Un début de
campagne viticole chaotique, des conditions idylliques de juillet à octobre,
2016 est un vrai millésime de contrastes et d’émotions.
Une météorologie de contrastes
Les mois de mars à juin, très arrosés, ont caractérisé le début du millésime
2016. Alternance de pluie et de coups de froid, avec un gel heureusement
très circonscrit les 7-8 et 29 avril, ce début de campagne nous aura causé
quelques sueurs froides. Qui dit pluie, dit pression mildiou extrêmement
forte et pousse importante de l’herbe. Savoir anticiper les fenêtres de
tir pour travailler dans les meilleures conditions, faire preuve d’efficacité
étaient les maîtres mots pour maintenir notre vignoble dans les meilleures
conditions.
	
Fort heureusement, une période de beau temps permettait à la vigne de
fleurir dans de bonnes conditions, évitant coulure et millerandage. Nous
constations alors la naissance de nombreuses baies de raisin.
Dès la fin du mois de juin, s’installait un temps drastiquement opposé
à celui des mois précédents, avec de belles journées accompagnées de
précipitations exceptionnellement faibles. Les nuits fraîches permettaient
à nos vignes de se reposer et de ne pas souffrir excessivement de cette
contrainte hydrique nouvelle.
L’aoûtement pouvait avoir lieu très précocement et ce dès la fin du mois
de juillet. L’ensoleillement accompagné de fortes alternances thermiques
permettait la disparition rapide des arômes végétaux et la synthèse
conséquente d’arômes de fruits frais et de polyphénols. L’acidité se
maintenait à des niveaux très intéressants et le potentiel de sucres ne
progressait que faiblement, nous laissant présager des équilibres d’un
grand millésime bordelais.
En parallèle, les baies de raisin restaient minuscules, permettant d’anticiper
des niveaux de concentration extrêmement intéressants.
Millésime2016àBordeaux-Belle-Vue,Gironville,Bolaire
15
Nous sentions néanmoins une certaine lassitude de nos vignes début
septembre. Les phénomènes de maturation semblaient alors ralentir,
marque d’un manque d’eau certain.
	
Le 13 septembre, par miracle, un orage arrosait toute la Gironde d’une
pluie homogène de 33 mm, le niveau de précipitations dont nous avions
rêvé !
Les pellicules des baies, qui étaient encore un peu contractées, avec des
tanins serrés, pouvaient alors prolonger leur maturation jusqu’à atteindre
des niveaux parfaits.
Des vendanges de rêve
Etalées du 3 au 22 octobre, les vendanges 2016, nous ont permis de
récolter chaque parcelle de manière chirurgicale. Nos merlots ont
été cueillis du 3 au 8 octobre pour exprimer un fruit frais intense et
complexe. Nous avons ensuite patienté jusqu’au 14 octobre pour récolter
nos cabernets sauvignons à l’équilibre idéal entre velouté tannique et
puissance aromatique. Nos petits verdots, une nouvelle fois exceptionnels,
parvenaient à une maturité fringante entre le 15 et le 22 octobre. Ce
cépage est tellement extraordinaire cette année que nous avons décidé
de créer une Cuvée 100% petit verdot, issue de nos très vieilles vignes
plantées en 1936, 1940 et 1950. Elevés partiellement en Jarre en argile,
en lien avec le terroir originel constitué de plus de 60% d’argiles, ces petits
verdots expriment toute la complexité de ce cépage : fleurs blanches,
épices, violette et griotte.
Malgré leur taille minuscule, les nombreuses baies présentes sur les
grappes ont permis d’atteindre des volumes généreux, marqueurs des
grands millésimes classiques bordelais comme 1990, 2000 et 2010.
De grands vins d’équilibres
Ainsi, la météorologie extrêmement contrastée de 2016 nous aura procuré
de grands raisins, qu’une vinification précise et adaptée, valorisant la
fraîcheur du fruit et une trame tannique dense et équilibrée, aura permis
de sublimer. Les pH sont faibles, amenant conjointement buvabilité et
capacité de garde, et les niveaux d’alcool sont contenus.
Fraîcheur, densité et velouté, ouverture aromatique et complexité, ces
descripteurs caractérisent les grands millésimes bordelais, avec un maître
mot : Equilibre !
A la dégustation, nos vins nous font oublier toutes les émotions ressenties
au cours de ce millésime de contrastes pour en créer de nouvelles, encore
plus intenses. Et c’est un vrai bonheur de pouvoir vous les faire découvrir
prochainement !
Février 2017
http://www.chateau-belle-vue.com/fr
Millésime2016àBordeaux-Belle-Vue,Gironville,Bolaire
16
Château Cantemerle
Grand Cru Classé en 1855, Haut Médoc
Philippe Dambrine - Directeur
Millésime2016àBordeaux-Cantemerle
2016, année miracle ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les différents épisodes de la saison
2016, auront été contrastés.
Tout d’abord, ce fut une pluie ininterrompue qui nous accompagna durant
les six premiers mois de l’année avec l’équivalent d’un volume annuel de
précipitation. En avril et mai, étapes majeure du développement de la
végétation, il fallait à la fois maîtriser une vigne rendue folle par tant d’eau
versée et veiller à ne pas laisser le mildiou et ses compères s’emparer de
la future récolte.
Une première fenêtre de beau temps s’ouvrit réellement début juin, offrant
des conditions idéales à la floraison et au développement des grappes.
Au mois de juillet, une vague brulante mais de courte durée déferla sur
le vignoble et fut suivie d’une longue période de sécheresse. La vigne se
lamentait d’un manque d’eau et enroulait parfois ses feuilles en cornets
pour limiter l’évaporation de ses réserves. La véraison connut en cela une
progression relativement lente au mois d’août.
Un court épisode pluvieux à la mi-septembre vint ensuite relancer le
processus de maturation des baies. Enfin, un superbe été indien alternant
nuits fraîches et journées ensoleillées s’accrocha à l’automne jusqu’à la fin
des vendanges qui furent certainement les plus longues que nous ayons
connues ces dernières années. Chaque jour passant, il était amusant de
voir des sourires de plus en plus larges éclairer les visages de nos confrères
croisés matin et soir sur les routes du Médoc...
Au cuvier, après quelques jours de fermentation, c’était une symphonie
de parfums qui célébrait l’entrée des grappes nouvellement cueillies. La
richesse du moût sans être excessive laissait peu à peu la place à des
records de composés phénoliques. La dégustation des vins de goutte en
fin de fermentation confirmait l’analyse laboratoire. Nous assistions à la
naissance d’une très grande cuvée.
17
http://www.cantemerle.com
Le millésime 2016 à CANTEMERLE
Le cycle de la vigne
Débourrement :					 du 24 mars au 31 mars
Floraison :						 du 29 mai au 6 juin
Début nouaison - Fermeture de la grappe :	 du 14 juin au 18 juillet
Mi-véraison :						 du 10 août au 17 août
Vendanges : 						 du 22 septembre au 17 		
							octobre
	
Données techniques
Vendanges : manuelles avec tri sélectif
Egrappage : total
Tri post-égrappage : mécanique puis manuel sur table de tri
Types de cuves : tronc conique en chêne, cylindrique en Inox, cubique en
ciment
Elevage : 16 mois dont 12 mois en barriques et 4 mois en cuves après
assemblage final. Barrique en chêne français, chauffe moyenne, dont 40%
neuves, 40% 1 vin et 20% 2 vins.
Collage : très léger, filtration à la mise en bouteille.
Assemblage Château Cantemerle 2016
52% cabernet sauvignon
39% merlot
5% cabernet franc
4% petit verdot
Mars 2017
Millésime2016àBordeaux-Cantemerle
18
Château Sénéjac
Cru Bourgeois, Haut Médoc
Damien Hostein - Directeur Technique
	 Nous nous sommes quittés l’an passé à cette même période
avec une question :
le millésime 2016 sera-t-il d’aussi bonne facture que le 2015 ?
Et bien oui ! Et je dirai même qu’à Sénéjac le 2016 est légèrement plus
puissant et tendu que le millésime précédent, ce qui le placera sûrement
un ton au-dessus à la fin de son élevage.
Si nous avons fini les vendanges et l’année avec le sourire, cela n’a pas été
forcément le cas tout au long de cette dernière. En effet, les six premiers
mois de l’année ont été extrêmement pluvieux, il a fallu être vigilant pour
« piloter » le vignoble et amener des raisins sains au début de l’été ! Et
c’est à ce moment-là que la météo a basculé…
Si l’an passé, nous avions eu un beau mois de juillet, cette année nous
avons eu juillet et août !
Une sécheresse de surface s’est installée et nous n’avions plus qu’à
attendre la maturité optimale. Même l’orage de 40 mm du 13 septembre
a porté ses fruits, ce n’est pas de l’eau qui est tombée, mais du vin !
Nous commençons les vendanges le 3 octobre par les « plantes de merlot »,
pour finir les derniers vieux merlots le 11. Nous continuerons par ramasser
les cabernets francs puis sauvignons, pour finir le 19 octobre. Nous ferons
une journée de vendanges sur les petits verdots le 15 octobre.
En 2016 à Sénéjac, les merlots sont d’un très grand niveau, rarement vu
pour ma part…
Nous sommes la veille du dernier jour de l’année, le Sénéjac 2016 est
assemblé, les barriques neuves entonnées dans leur chai tout juste rénové,
et nous commençons déjà à préparer le prochain millésime…
Pluviométrie 2016
Janvier : 258,5 mm	
Février : 161,5 mm	
Mars: 97,5 mm
Avril : 	56 mm	
Mai : 84 mm		
Juin : 85,mm
Janvier 2017
http://www.chateau-senejac.com
Juillet : 10,5 mm
Août : 10 mm
Septembre : 43,5 mm
Octobre : 14 mm
Novembre : 95,5 mm
Décembre : 17,5 mm (en cours)
Millésime2016àBordeaux-Sénéjac
19
Château de Malleret
Cru Bourgeois, Haut Médoc
Aymar du Vivier - Consultant en
Communication
Le millésime 2016
Les six premiers mois de l’année 2016 ont été caractérisés par une
pluviométrierecord:600à700mm,soitledoubled’uneannéenormalement
pluvieuse. Ces conditions climatiques exceptionnelles génèrent une
attaque de mildiou fin mai, début juin. L’équipe vignes de Malleret (Cyril
Nadalini et Christophe Vignaud) la maîtrise. Puis nous connaissons une
belle hétérogène et fin juin le grand beau temps s’installe : ciel bleu,
températures agréables, nuits fraîches. Même conditions en juillet et
août, pas une goutte d’eau. Le stress hydrique, atténué par les fortes
précipitations du début de l’année, apparaît fin août, début septembre,
surtout sur les sols filtrants. Nous avons heureusement la chance d’avoir
sur le plateau de graves günziennes de Malleret, une fine couche d’argile
sous trois mètres d’épaisseur des dites graves. Le phénomène est encore
atténué. Nous décidons aussi d’opérer les vendanges en vert non en juillet
mais en août pour homogénéiser la maturité.
Puis bénédiction divine : le ciel nous envoie quarante millimètres d’eau
les 13 et 14 septembre, exactement ce qu’il nous fallait. Et le temps se
remet au grand beau temps dans la foulée jusqu’à la fin des vendanges.
Nous commençons le ramassage le 3 octobre par les merlots, puis les
petits verdots et ramassons les dernières grappes de cabernet sauvignon
le 22 octobre. Vendanges manuelles, cagettes, tables de tri, nuits fraîches
qui développent les arômes et avec ces conditions climatiques idéales, la
possibilité de vendanger chaque parcelle à maturité optimale.
Pour nous, un très grand millésime, aussi bon, sinon meilleur que le 2015,
et avec le 2014, trois bons millésimes qui se suivent, nos trois premiers
avec l’expertise de Stéphane Derenoncourt et de son équipe.
Décembre 2016
CHATEAU de MALLERET
Haut-Médoc
G
R
A N D
V I N D E B O R D E A U
X
http://www.chateau-malleret.fr
Millésime2016àBordeaux-Malleret
20
Château Carbonnieux
Cru Classé de Graves
Eric et Philibert Perrin - Propriétaires
2016, La bonne surprise !
Les années climatiques se suivent et ne se ressemblent pas.
Si 2015 a connu un printemps ensoleillé et un été frais, 2016 a lui profité
d’une météo complétement inverse. Le printemps généreux en pluie et
en température basse s’est poursuivi par un été exceptionnellement sec,
gorgé de soleil et de chaleur. Alors que les rendements de 2015 étaient
timides, il a fallu soulager certains pieds de vigne trop chargés en 2016.
	
Par chance, la floraison s’est calée sur une fenêtre météo favorable, sèche
et les températures estivales sont restées malgré tout raisonnables. Grâce
aux réserves en eau du sous-sol, la vigne n’a pas souffert de cette longue
absence de pluie.
	
Les vendanges ont démarré le 5 septembre par les sauvignons blancs,
date parfaitement dans la norme, avec une vigne présentant un état
sanitaire exceptionnel grâce à la sècheresse de l’été. Les blancs ont été
ramassés plutôt rapidement puisque les critères de maturité donnaient
entière satisfaction, alors que les rouges ont pu être étalés dans le temps
afin de profiter des généreux rayons de soleil de ce début d’automne. Au
final, les vendanges 2016 ont duré presque sept semaines avec quelques
journées d’interruption par-ci par-là. Entre la fin du ramassage des blancs
et le début des rouges, des pluies nocturnes sont venues par deux fois
repulper certaines baies restées petites.
Le mot de Philibert Perrin : «Pour les blancs, la fraîcheur nocturne a
maintenu nos précieux équilibres aromatiques typiques et si convoités des
Pessac-Léognan. L’atout majeur de ce millésime sera certainement la belle
concentration des raisins qui devraient révéler de très jolies textures et de
profondes couleurs dans les cépages rouges. »
Le mot d’Eric Perrin : « 2016 me fait penser au millésime 1996 qui a donné
des vins magnifiques en qualité, tant en rouge qu’en blanc et qui fut
également généreux en quantité. »
Millésime2016àBordeaux-Carbonnieux
21
http://www.carbonnieux.com
Actualités 2016
Denis Dubourdieu nous a quitté pendant l’été 2016.
Une très triste nouvelle pour le monde viticole. Après 28 années de
partage, nous sommes sûrs qu’il gardera un œil bienveillant sur le vignoble
de Carbonnieux grâce aux bons soins de Christophe Ollivier, son associé,
avec qui nous collaborons déjà depuis de nombreuses années.
Nouveautés 2016
• Un troisième pressoir dernière génération sous gaz inerte (INERTYS)
• Un relooking du cuvier de réception de la vendange.
• Un nouveau site internet www.carbonnieux.com avec un espace dédié
négoce.
• Poursuite des nouvelles méthodes de taille de vigne pour respecter au
mieux les flux de sève.
• Maintien au sein de l’association SME, certifiée ISO14001. Pour être en
constante amélioration au niveau environnemental et sécurité.
• Agrandissement de notre parcelle bio.
Décembre 2016
Millésime2016àBordeaux-Carbonnieux
22
Château Chauvin
Grand Cru Classé, Saint-Emilion
Sylvie Cazes - Propriétaire
Millésime2016àBordeaux-Chauvin
2016 : l’aventure d’un millésime miraculeux !
La nature a mené de main de maître ce millésime, nous entraînant du doute
à l’évidence : 2016 est un millésime sublimé par une météo capricieuse
mais généreuse à Bordeaux.
Les différentes études menées par notre directeur technique depuis 2014
(étude des sols par fosses pédologiques, étude de résistivité des sols,
cartographie de la vigueur par drones et GreenSeeker…) nous ont permis
d’adapter le travail de la vigne, de piloter les vendanges, et d’affiner les
vinifications micro-parcellaires.
Un cycle végétatif tardif mais homogène
La météorologie de ce début de millésime 2016 se caractérise par la
clémence des températures et la pluviométrie élevée de la période
hivernale. Ces conditions pouvant favoriser le développement de certains
parasites, il nous faut être extrêmement vigilants tout au cours du cycle
végétatif.
Suite à cet hiver doux, le débourrement se fait de façon précoce et
homogène.
Les conditions humides se prolongent au printemps avec une saison
historiquement pluvieuse : on enregistre 90 mm de pluie supplémentaire
par rapport aux normes de saison de février à avril. Les températures sont
nettement inférieures à la moyenne, la vigne prend alors du retard sur son
cycle mais son développement reste très homogène.
Avant la floraison les conditions sont toujours fraîches et humides, peu
favorables à la photosynthèse. Nous sommes cependant épargnés par le
gel qui touche certaines appellations voisines.
A ce stade, tout reste à faire : l’inquiétude est latente et on ne sait comment
se prononcer sur ce millésime.
Pluviométrie
Octobre : 52 mm
Novembre : 52 mm
Décembre : 13 mm
Janvier : 198 mm
Février : 138 mm
Mars : 80 mm
Avril : 86 mm
Mai : 67 mm
Juin : 75 mm
Juillet : 2 mm
Août : 11 mm
Septembre : 35 mm
Octobre : 18 mm
23
Millésime2016àBordeaux-Chauvin
A notre grand soulagement, une fenêtre climatique favorable au début du
mois de juin permet une belle floraison, toujours très homogène : pleine
floraison le 4 juin pour le merlot, le 15 juin pour le cabernet franc et le 23
juin pour le cabernet sauvignon.
Les conditions thermiques de juillet proches de la moyenne pluriannuelle
ne permettent pas de rattraper le retard accumulé au printemps, et la
véraison commence tardivement début août. La pression du vers de la
grappe est bien maîtrisée grâce à la confusion sexuelle et l’attention
particulière de notre équipe qui contrôle régulièrement la qualité des
baies.
Au mois d’août, le profil du millésime change radicalement et un fort
ensoleillement s’installe, accompagné d’un déficit hydrique important.
Après les déluges du début d’année, ces conditions paraissent d’abord
inespérées : les vignes supportent bien le début de la sécheresse grâce à
leurs réserves d’eau, mais un stress hydrique trop important risquerait de
bloquer la maturation des baies.
Le terroir de Chauvin entre alors en jeu. L’argile présent à un mètre de
profondeur maintient un stress hydrique modéré très qualitatif et une
certaine fraîcheur, permettant une excellente maturation des pellicules.
La véraison se fait de façon lente et étalée sur plusieurs semaines dans
un contexte de déficit en eau, favorisant un épaississement des pellicules
et un chargement en polyphénols, pour une belle concentration. Au 31
août, la véraison de tous les cépages est terminée, elle aura commencé
le 5 août !
Les nuits chaudes en août se rafraîchissent à partir de septembre, avec
une quasi absence d’orages estivaux. Cet écart de température entre les
nuits et le jour favorise la richesse en polyphénols des baies.
Après la sécheresse du mois d’août, de légères précipitations salvatrices
à la mi-septembre redonnent un élan à la maturation, sans pour autant
diluer le contenu de la baie : l’équilibre acide / alcool est ainsi rétabli, avec
des degrés potentiels d’alcool autour des 14 % et un potentiel aromatique
important.
Le millésime reste tardif, mais le magnifique mois d’octobre permet
d’atteindre une parfaite maturité des baies.
Entre dégustations des baies quotidiennes et analyses de maturité, une
météo clémente nous permet d’aborder les vendanges en toute sérénité,
avec un potentiel tannique et en anthocyanes optimal, et une belle
extractibilité.
24
Millésime2016àBordeaux-Chauvin
Des vendanges historiques :
Les vendanges se font en cagettes de petite capacité, et démarrent par
le merlot, du 6 au 17 octobre. Le cabernet franc est ensuite récolté les
17 et 18 octobre, et enfin le cabernet sauvignon le 20 octobre. Pour la
propriété, ces dates sont historiques : ces vendanges sont parmi les plus
longues et les plus tardives du Château Chauvin, dans des conditions
exceptionnelles !
Une vinification dans le respect de la matière première :
Les raisins obtenus sont extrêmement sains. Le tri manuel minutieux à
la parcelle, suivi par le tri au chai d’abord par densité puis de nouveau
manuel, sélectionnent les meilleurs fruits : seules les baies parfaitement
mûres et non flétries sont encuvées.
La vendange est d’abord mise en chambre froide afin de faciliter une fois
en cuve, la macération pré-fermentaire à froid qui se fait sur 5 jours entre
5 et 8°C afin d’y extraire tous les meilleurs composés de la pellicule. Les
extractions se font en douceur et facilement, compte tenu du potentiel
initial important, et sont pilotées par la dégustation quotidienne.
Les fermentations sont conduites une dizaine de jours pour atteindre 28°C
environ en macération finale à chaud.
Une fois la fermentation alcoolique terminée, la fermentation malo-lactique
se fait en barriques pour les deux tiers du volume, pour une meilleure
intégration du bois dans le vin.
L’élevage est fait en barriques de chêne français, dont 60% de barriques
neuves, pourcentage adapté à la qualité et au potentiel du millésime.
Forgé dans des conditions extrêmes, 2016 s’annonce être un millésime
historique, mais il est avant tout pour nos équipes et nous une très grande
fierté. Il s’agit d’un millésime marqué par le climat, valorisé par le terroir
de Chauvin, unique par son parcours thermique et hydrique hors normes.
Il est la preuve que rien n’est jamais joué d’avance !
2016, la dégustation :
Château Chauvin 2016 se caractérise par une couleur intense, un
nez distingué, qui dévoile à l’aération un joli fruit, indiquant une belle
maturité. En bouche, l’attaque révèle une belle concentration et une
grand complexité, portée par une trame tannique élégante et soyeuse.
Sa fraîcheur et sa tension sont remarquables. Un grand millésime, avec un
très bon potentiel de garde.
Folie de Chauvin 2016 est d’abord plus immédiat, et donne un bel aperçu
de ce grand millésime : un nez gourmand, en bouche un fruit généreux,
enrobé par des tanins d’une grande finesse.
25
Pour la troisième année, la nouvelle identité visuelle de la propriété illustre
les bouteilles de Château Chauvin.
Nous avons puisé dans l’histoire du Château ce nouvel habit, inspiré d’une
étiquette de 1929, et orné d’une allégorie de l’attachement à sa terre
traduisant le sens du mot « Chauvin ». Cupidon, dieu de l’Amour, arbore
fièrement une bannière représentant le lion emblématique de Saint-
Emilion, sa terre qu’il surveille avec un regard bienveillant.
Folie de Chauvin, second vin créé par Sylvie Cazes en 2014, trouve aussi
son origine dans les racines de la propriété, et joue sur le double sens du
mot « folie ».
La folie, c’est tout d’abord cette maison de campagne que Victor Ondet
acquiert avec le vignoble de Chauvin à la fin du XIXe siècle, et qu’il dédie
à l’accueil, au partage et à la convivialité.
La folie exprime également la déraison de la passion : il s’agit d’un vin
dont le charme séduit de façon irrésistible.
Sur son étiquette, nous retrouvons Cupidon et son lion, le symbole de la
propriété.
Mars 2017
Millésime2016àBordeaux-Chauvin
http://www.chateauchauvin.com 26
Château Grand Corbin
Grand Cru Classé, Saint-Emilion
Antoine Couthures - Régisseur
2016 : Le millésime de tous les excès
C’est après un hiver doux, mais les pieds dans l’eau que nous débutons
cette nouvelle saison.
En effet, des cumuls de pluies exceptionnelles sont enregistrés au
printemps. L’accès aux parcelles en tracteurs devient même impossible
pendant plusieurs semaines.
Cela commence bien !
Avec des précipitations fréquentes, c’est encore la pluie qui vient rythmer
notre calendrier jusqu’à mi-juin. Ce sont donc des conditions difficiles
et favorables au mildiou qui nous accompagnent nécessitant ainsi une
extrême vigilance du vignoble.
Des mesures de prophylaxie tels que l’effeuillage précoce des deux côtés,
le décompactage de la zone fructifère et le maintien de l’enherbement
nous ont permis de contenir la pression.
Inespéré, le soleil vient enfin chasser les nuages à partir du 20 juin. Bien
décidé à s’installer durablement, il reste pendant toute la période estivale
et nous fait ainsi passer un été sans une seule goutte !
Dans ces conditions d’ensoleillement, la maturation se fait de manière
parfaitement homogène.
Les vendanges manuelles commencent doucement et très surement, début
octobre, dans des conditions optimales. Le fruit est riche et abondant.
En cave, très rapidement, le raisin libère toute la puissance de ce millésime
exceptionnel ! 2016 sera inoubliable.
Février 2017
http://grand-corbin.com
Millésime2016àBordeaux-GrandCorbin
27
Un grand millésime,
structuré, tendu, enjôleur
Mercredi 15 février la plupart des propriétaires et responsables techniques
des Crus Classés de Sauternes et Barsac se sont réunis au Château Guiraud
pour la traditionnelle dégustation interne du millésime primeur.
L’occasion pour chacun de dévoiler ce millésime, exprimé de multiples
façons au gré des terroirs et des hommes qui l’ont façonné…
C’est toujours un moment recueilli, important, avec son petit lot de
suspens…Particulièrement cette année avec ce 2016 pas si simple… (si
tant est que le mot « simple » puisse un jour convenir à Sauternes, à la
nature de ses vins, comme à leur élaboration).
Alors, c’est un bonheur et une fierté de découvrir un ensemble d’une
formidable homogénéité, avec des vins structurés, tendus et précis
marqués par un fruit très attrayant et des notes florales qui leur donnent
beaucoup de charme. Les vins sont déjà très expressifs, vivants avec une
belle dynamique…
La palette est très diversifiée, chaque propriété a son identité, on reconnait
les styles des quartiers de Sauternes, c’est un beau parcours au cœur de la
nature celle des terroirs comme celle des hommes.
Les choses n’avaient pourtant pas bien commencé avec une météo très
contrastée marquée par un printemps exécrable, (avec, Dieu merci, une
accalmie début juin au moment de la fleur) et un été exceptionnellement
sec.
Les vendanges se sont étalées entre la troisième semaine de septembre et
la seconde de novembre, sur 4 tries en moyenne. A partir du 10 octobre,
le rythme s’accélère avec le développent plus rapide d’un botrytis idéal,
d’une grande pureté qui marquera le cœur du millésime.
Des pluies interviennent le 23, beaucoup ont terminé, les quelques
domaines qui ramasseront après cet épisode (vite oublié grâce à un vent
constant et bienvenu) seront toutefois étonnés de la qualité de ce dernier
lot qui rentrera souvent dans l’assemblage du grand vin.
Le mélange de toutes ces tries avec un assemblage de botrytis récolté à
des périodes de maturité différentes est très intéressant.
2016 fait incontestablement partie de la série des grands millésimes, il est
à la fois imposant et vif, doté d’un bel équilibre. Même si on sait que sa
structure est taillée pour une longue et belle garde, on a du mal à résister
dès aujourd’hui à son fruit enjôleur et sa nature ouverte et accessible ….
Février 2017
28
Millésime2016àSauternesetBarsac
Château Guiraud
Grand Cru Classé en 1855, Sauternes
Xavier Planty - Directeur
Le millésime 2016 se distingue par son caractère exceptionnel qui a
demandé une attention toute particulière sans laisser un moment de répit
pour l’équipe de la propriété.
	
Luc Planty, chef de culture, nous narre les diverses péripéties du vignoble
qui ont influencé une récolte 2016 tant qualitative que quantitative.
Décembre-Février
	
La vigne est taillée pendant un hiver très doux par le personnel de la
propriété, formé chaque année à cet exercice, pour améliorer, comprendre
et respecter le vignoble en permanence.
Mars-Avril
Mi-mars, le sommeil hivernal de la vigne se termine très tôt. La température
est basse et la pluviométrie est importante. Le gel tardif est évité sur une
grande partie du vignoble.
Aux alentours du 10 avril, la reprise de l’activité du système racinaire fait
pleurer la vigne et laisse les premières feuilles apparaître joyeusement sur
la vigne.
Château Guiraud entame son 6ème
millésime certifié en Agriculture
Biologique. Au-delà de cette certification AB, les pratiques
environnementales développées sur la propriété protègent la vigne de ce
printempsparticulier.L’applicationducompostliquide,encomplémentarité
des tisanes et du purin, renforce manifestement la plante.
Mai-Juin
La pluie n’arrête pas de tomber. Début juin, nous enregistrons, à quelques
millimètres près, autant de pluie que sur la totalité de l’année 2015. Contre
toutes attentes, la nature nous gâte. La floraison se déroule entre le 6 et le
15 juin. La fleur s’épanouit sous un temps ensoleillé et sec journalier, avec
une température variant entre 18°C et 22°C. Les rameaux grandissent à
leur guise.
Millésime2016àSauternesetBarsac-Guiraud
29
Juillet
La pluie reprend, après la floraison, pour s’arrêter le 11 du mois et ne
plus revenir jusqu’en septembre. A ce stade, la pression maladie est
nulle, les dégâts climatiques sont minimaux, la prévision de la récolte est
propice. En comparaison avec les millésimes antérieurs, nous observons
une cadence de traitement dans le vignoble en constante diminution,
avec une réduction des quantités de cuivre utilisées. La cure préventive
dispensée en début de campagne a permis de sortir indemne de ce début
d’année très particulier.
Août-Septembre
Les réserves hydriques accumulées pendant le printemps permettent une
magnifique maturation des raisins. L’année 2016 annonce un millésime
basé sur l’excellence.
Le temps des vendanges
Bordeaux Blanc sec, Le G de Château Guiraud
Le 6 septembre, 30 vendangeurs démarrent tranquillement la récolte
manuelle des baies matures à souhait.
Du 7 au 22 septembre, c’est à présent 90 sécateurs qui s’actionnent
pendant 8 jours de vendanges. Les conditions sont optimales, avec
toujours un petit regard sur la météo qui annonce de temps à autres des
risques d’orages. Nous sommes passés au travers, heureusement.
Sauternes, Château Guiraud, 1er
Grand Cru Classé en 1855 et Petit
Guiraud
Le 22 et 23 septembre, le microclimat propice au développement de
la pourriture noble s’installe tardivement. Avec l’apparition du soleil au
cours de la matinée, le brouillard disparaît laissant place aux températures
chaudes qui vont sécher et concentrer les raisins. La récolte débute le 22
septembre dans un vignoble homogène et parfaitement sain. Plus de 150
vendangeurs s’affairent à la 1ère
trie de nettoyage sur la propriété. Les
choses sérieuses commencent et l’équipe est aux aguets.
Le 29 et 30 septembre, le nettoyage reprend avec la 2ème
trie une semaine
plus tard. Des beaux et petits volumes sont récoltés. Le vignoble est «
remis à zéro », le Botrytis cinerea peut alors s’implanter lentement, avec
homogénéité. Ces tris de nettoyage laissent place à une pourriture jeune,
ce qui fournira aux vins sa traditionnelle netteté aromatique et sa douceur
épicée.
Millésime2016àSauternesetBarsac-Guiraud
30
Le 11, 12 et 13 octobre, le rythme des vendanges va crescendo avec la 3ème
trie. La pourriture noble se développe avec une rare pureté. Ce millésime
promet d’être étincelant.
Du 17 au 22 octobre, le tempo s’accélère avec la 4ème
trie. La climatologie
est idyllique. Les cagettes sont remplies de belles baies nobles, rôties et
très fraiches. Il s’agit vraisemblablement de la trie la plus importante de ce
millésime. L’équipe vendange avec une grande facilité à un rythme soutenu.
97% de la récolte est alors entre nos mains. Dans le chai, tout reste à faire.
Le 23 octobre, le pluviomètre indique 15mm. Nous sommes bien heureux
que la récolte soit quasi-finie.
Le 27, 28 et 29 octobre, Après la pluie, une bonne ventilation permet
d’assécher les baies, la 5ème
et dernière trie permet de ramasser les quelques
grappes restantes.
Nos premières impressions, une beauté pour les papilles
Le 8 décembre, les premières dégustations de nos lots de Sauternes
confirment nos impressions. Chaque lot offre de grandes surprises !
L’assemblage donnera un très grand Château Guiraud, prônant avant tout,
la signature de la propriété : « La fraîcheur tout en tension ». Sans aucun
doute, 2016 sera un millésime exceptionnel.
Chiffres clés
Surface récoltée : 95.32 ha (G de Château Guiraud : 29.46 ha - Sauternes :
65.86 ha).
Jours de récolte : 23,5 jours (G de Château Guiraud : 8 jours - Sauternes :
15,5 jours)
Soit 13 763 heures travaillées avec une moyenne de 90 saisonniers par jour.
Janvier 2017
http://www.chateauguiraud.fr
Millésime2016àSauternesetBarsac-Guiraud
31
Château Monestier la Tour
Bergerac
Corinne Comme - Directrice Technique
Pouvez-nous résumer en quelques lignes le cycle de la vigne en 2016 ?
Printemps pluvieux jusqu’au 23 juin, le plus terrible s’est passé du 15 au
23 juin, avec des pluies intenses de 40 à 50 mm d’eau par jour.
A partir de juillet, été très sec avec orages le 13 septembre, qui a permis
de fournir et faire grossir les grappes.
Les points forts et délicats
Point fort : été chaud et sec
Point délicat : les positionnements de traitement étaient difficiles, nous
avons dû faire face à une météo capricieuse et des pluies continues.
Les dates et le déroulement des vendanges
Vendanges des blancs : sauvignon le 21/09/16, rosé le 26/09/16, sémillon
et muscadelle le 28/09/16. Les vendanges ont été faites la nuit pour garder
la fraicheur et les arômes.
Vendanges des rouges : merlot, cabernet franc et malbec le 06/10/16 et
le cabernet sauvignon le 7/10/16. Conditions climatiques exceptionnelles,
vendanges faites à maturité. Belle homogénéité des grappes.
Quelles ont été les caractéristiques de cette année ?
Millésime tardif, éprouvant mais de belle qualité, très belle surprise.
A votre avis, quelle sera la spécificité du 2016 ?
Sur les secs : vin de grande intensité aromatique avec des parfums
d’agrumes
Sur les rouges : couleur soutenue, très jolis fruits avec des tanins souples
sur les Bergerac et plus structurés sur le grand vin.
Aucun défaut, nous ferons ce que nous voulons !
A quel autre millésime le 2016 vous fait-il penser ?
Millésime comparable à 2005 et 2010
Et quelques lignes sur le 2016 :
Les complications climatiques ont, malgré tout, permis de réaliser
un millésime exceptionnel. Pour un vignoble en pleine conversion
biodynamique, 2016 peut être qualifié comme millésime de tous les défis
mais avec une fin heureuse…
Décembre 2016
Millésime2016àBergerac-MonestierlaTour
http://www.chateaumonestierlatour.com 32
Vignobles Lorgeriil
Languedoc-Roussillon
Miren de Lorgeril - Propriétaire
Histoire de la passionnante, longue et finalement très belle
année 2016…
« En 30 ans, je n’ai pas connu d’année avec autant de rebondissements …
pour un résultat final d’une qualité exceptionnelle ! » estime Nicolas de
Lorgeril.
Les vignobles du Languedoc ont été comme d’autres, marqués par
un printemps instable, entraînant des dégâts de gel et de grêle, mais
permettant aussi de belles réserves hydriques.
En juillet, l’alimentation hydrique restait satisfaisante sur nos hauts coteaux
grâce aux pluies généreuses et régulières ; le très bon état sanitaire du
vignoble laissait espérer une belle récolte équilibrée.
L’été a été très chaud et sec, mais décalé de 6 semaines. La période de
canicule a démarré mi-août et a été très chaude, très longtemps, en valeur
absolue, mais surtout par rapport à l’avancement du cycle de maturation.
Le gonflement des baies a été stoppé et les teneurs en sucre se sont vite
concentrées, conduisant fin août à des raisins petits, contenant des taux
de sucre préoccupant pour les degrés d’alcool potentiel qu’ils laissaient
prévoir.
Deux beaux orages ont renversé la tendance la première semaine de
septembre, rééquilibrant les baies et ramenant un temps frais qui a
permis aux zones plus fraîches et tardives de reprendre une maturation
équilibrée et lente ; ce sont les zones de prédilection de nos domaines,
tous installés dans des zones d’altitude ou de courant d’air frais, fil rouge
de notre maison. Les vendanges ont pu démarrer aux dates habituelles
(28 septembre - 17 octobre pour les rouges), avec une pleine maturité de
raisins savoureux et charnus à la dégustation.
La petite taille des baies a produit une « petite récolte »
• - 20% en ouest Languedoc : Cabardès au château de Pennautier,
Minervois et La Livinière, au Domaine de la Borie Blanche
• - 10% ailleurs : Faugères, Saint-Chinian au château de Ciffre, Coteaux du
Languedoc et Roussillon au Mas des Montagnes.
Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Lorgeril
33
La crainte de concentration disharmonieuse en raison de la petite taille
des raisins a été déjouée par des fermentations différentes : privilégiant
l’extraction d’arômes à basse température, avant de lancer des
fermentations que nous avons conduites avec douceur et peu d’extraction,
sur une durée moins longue que d’autres années.
L’extraction s’est ainsi faite naturellement et lentement et nous avons
eu la joie de découvrir un millésime particulièrement sur le fruit, ample,
souple et long en bouche. Les vins sont ‘venus tout seuls’, sans efforts…
Bref la Nature nous a récompensés de nos frayeurs et de notre patience,
faisant elle-même le travail du millésime 2016.
Bernard Durand, Directeur Technique des Domaines, précise que « les
cépages bordelais qui ont bénéficié des pluies du printemps, ont atteint
un niveau d’anthocyanes et d’IPT supérieurs aux années précédentes,
des MP plus bas (tanins non astringents) et des équilibres acides proches
de ceux de 2010/2011 : pH peu élevés et niveau de malique correct. La
qualité des feuillages a par ailleurs permis aux syrah de mûrir pleinement».
Ce sera donc un très grand millésime pour les zones fraîches du Languedoc
et des Roussillon Village d’altitude. Zones d’élection de la Maison Lorgeril.
Décembre 2016
http://www.lorgeril.com
Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Lorgeril
34
Château de Caraguilhes
Corbières
Etienne Besancenot - Directeur Technique
Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Caraguilhes
Un hiver sec et doux, un printemps frais et humide, puis 4 mois sans une
goutte de pluie du 14 mai au 14 septembre, voilà ce qui caractérise en
grande partie 2016.
Un printemps froid n’est jamais bon pour la bonne vie du sol qui doit
restituer les éléments à la vigne. La vigne est donc partie avec quelques
carences selon les parcelles car les sols ne se sont pas réchauffés assez vite.
C’est en partie pour cette raison que nous avons connu un phénomène
de coulure important sur les grenaches et donc une très faible récolte sur
ce cépage.
Les autres cépages ont trouvé un équilibre au cours du printemps et à partir
de début juin avec des chaleurs intéressantes pour le développement de
la vigne.
Nous avons connu ensuite une période très sèche et chaque pied de vigne
a montré son incroyable résistance au manque d’eau. Nous avons vu là
la réalité du terroir de Boutenac qui se caractérise par ce qu’on appelle
des molasses du miocène, matrice argileuse qui fonctionne comme une
véritable éponge restituant modérément l’eau aux plantes pendant l’été.
Entre temps, nous nous sommes penchés sur la biodynamie et 3 parcelles
ont donc subi les préceptes de Rudolf Steiner : la syrah plateau, le carignan
forge et la syrah combe. Nous développons cette année les surfaces
mais sommes encore en phase d’observation avant d’être pleinement
convaincus.
Nous travaillons en parallèle à la cave pour limiter au mieux l’usage des
sulfites. Cette année, aucun raisin n’a été sulfité à l’entrée en cave. Leur
excellent état sanitaire nous a permis de le faire. Le but est d’essayer
de contrôler au mieux l’usage des sulfites dans les vins. Nous observons
des doses déjà fables sur nos vins mis en bouteille (le Classique 2014 ne
dépasse pas 35mg/L de SO2 total)
35
http://www.caraguilhes.fr
Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Caraguilhes
2016 reste un millésime tardif. Nous avons des dates de vendanges
similaires à 2013 avec des syrah que nous avons commencé à récolter
début octobre. Mais mieux que 2013, l’état sanitaire était parfait cette
année, le choix de date de récolte a donc été fait uniquement sur la bonne
maturité du raisin. Les syrah et carignan offrent de très belles expressions
de fraîcheur et de profondeur. Les Blancs, souvent plus sensibles aux
fortes chaleurs et aux périodes de sécheresse, offrent une belle suavité
méditerranéenne en gardant une réelle fraicheur que l’on recherche pour
nos équilibres.
C’est donc un millésime encore différent. Nous n’avions pas connu une
telle saison depuis notre arrivée en 2007. 2016 aura donc sa personnalité
propre comme l’ont eu 2015, 2014 et 2013 dans des styles très différents.
L’effet millésime se fait de plus en plus ressentir dans les Corbières...
Février 2017
36
Millésime 2016 en Bourgogne, la belle surprise !
Les Bourguignons aiment les histoires qui finissent bien. Les vins de
Bourgogne du millésime 2016 exhaussent ce souhait, affichant une
qualité inespérée au vu d’un démarrage compliqué. Les évènements
climatiques du printemps ont amputé la récolte, qui sera sans doute parmi
les plus petites de ces 20 dernières années. Ils n’ont heureusement pas
empêché d’élaborer des vins à la hauteur des attentes des amoureux de
la Bourgogne.
Une nuit de glace
La nuit du 26 au 27 avril restera gravée dans la mémoire de tous les
Bourguignons. C’est une gelée de printemps historique, alors que les
premières feuilles sont déjà là. Si certains secteurs sont coutumiers de ce
phénomène, son ampleur géographique est inédite. Quelques jours plus
tôt, un violent orage de grêle a frappé le sud du
vignoble. Le 27 mai, la grêle touche de nouveau le Mâconnais et le nord
Bourgogne.
Une partie importante de la récolte est d’ores et déjà compromise. Chacun
s’attèle cependant à préserver ce qui a été épargné et à soigner les vignes
blessées. Personne n’imagine ce qu’il peut advenir de ce millésime.
D’un extrême à l’autre
Le jour du solstice d’été (21 juin), la tendance s’inverse radicalement.
Après un printemps particulièrement humide et froid, soleil et chaleur
s’imposent. Ce changement soudain permet aux vignes de reprendre des
forces. Les parcelles rattrapent le retard pris au début du cycle végétatif.
Après l’excès d’eau, le manque se fait sentir par endroit, heureusement
limité par quelques pluies salvatrices, en septembre, qui donnent
aux fruits l’occasion de mûrir dans de très bonnes conditions. Celles-ci
vont se poursuivre jusqu’à fin octobre, offrant l’opportunité à
chaque parcelle d’être récoltée au moment idéal.
Les vendanges démarrent vers le 20 septembre et s’étendent durant un
mois.
37
Au final… un millésime de qualité
Les raisins récoltés sont parfaitement sains, mûrs et des plus appétents !
Autre bonne surprise, la vigne a profité de l’été pour repartir, arborant une
végétation foisonnante qui ouvre de belles perspectives pour le millésime
2017.
Le vignoble présente néanmoins deux situations opposées : très peu,
voire pas de récolte sur les parcelles gelées ou grêlées ; a contrario, de
beaux rendements sur les secteurs épargnés.
Au cours des vinifications, le potentiel qualitatif se confirme très
rapidement. Les équilibres en bouche, qui confèrent élégance, finesse et
structure aux vins, en blanc comme en rouge. Ils constituent la signature
inespérée de ce millésime.
En 2016 plus que jamais, chaque vigneron a laissé une part de lui-même
dans ses vins, qui reflètent l’histoire de ce millésime unique.
Les vins blancs
Aladégustation,cesvinsprésententlatensioncaractéristiquedesblancsde
Bourgogne. Il y a déjà une belle matière, qui devrait pleinement s’exprimer
à l’issue des fermentations malolactiques. La palette aromatique, marquée
par les fruits blancs, devrait également s’enrichir au cours de l’élevage.
Les vins rouges
D’un rouge profond et éclatant, les couleurs surprennent par leur intensité.
Séduisantes, elles révèlent ce que le nez, encore un peu timide, ne dévoile
pas pour le moment : des vins qui donneront du plaisir. La bouche, fraîche
et tendre, confirme cette première impression, soutenue par une belle
ampleur. Il faudra cependant attendre quelques mois pour découvrir toute
la personnalité de ces vins.
Communiqué complet, ici
Bourgogne, 20 novembre 2016
http://www.vins-bourgogne.fr 38
Maison Louis Jadot
Bourgogne
Frédéric Barnier - Directeur Technique
Millésime2016enBourgogne-LouisJadot
L’hiver 2016 fut tardif avec quelques températures plus froides en février
et mars. Il a été plutôt humide par rapport à la moyenne.
Début avril arrivent les premiers signes de réveil de la vigne ce qui place
ce millésime dans une précocité toute relative et très comparable à 2015.
Ce tout début de printemps est plutôt doux et régulièrement arrosé puis
courant avril plus frais.
Dernière semaine d’avril, une vague de froid venu du pôle Nord pénètre
au cœur de nos vignobles. Un gel tardif qui selon les secteurs, prend les
premières pousses au petit matin du 27 avril avec une humidité dans
l’air très importante (-4°C dans l’Yonne mais seulement -1/-2°C en Côte
d’Or suffisent à détruire un très fort pourcentage des bourgeons). Ce qui
n’est pas détruit par ce gel l’est par l’effet loupe du soleil qui, comble de
malheur brille ce matin-là…
Le Beaujolais et le Mâconnais sont globalement épargnés (sauf quelques
vignes au Nord du Mâconnais) mais les dégâts sont lourds en Côte d’Or
de Marsannay à Rully en passant par Chambolle ou Savigny et dans le
Chablisien (autour de Chablis notamment).
Se suivent les mois d’avril, mai et une partie de juin avec de nombreuses
perturbations et des températures globalement en dessous des normales
de saisons. La végétation stagne et les vignes gelées restent muettes
pour le moment.
La grêle tombe le 13 avril dans le Chablisien (Nord) et la Saône et Loire
(Pouilly, Fuissé, Saint-Vérand). Le 13 mai puis le 27 mai en Mâconnais
(Vergisson, Prissé) et Beaujolais (Romanèche, Chapelle de Guinchay) et
touche aussi une partie du chablisien (Préhy, Courgis).
Le 24 juin en Beaujolais une nouvelle fois et mi-juillet quelques piqûres à
Chassagne et en Côte Chalonnaise (sud).
C’est un début de saison très compliqué avec une pression de mildiou
sans précédent dans un contexte de vignes fragilisées par les incidents
climatiques.
39
Juillet voit cependant l’arrivée d’un temps beaucoup plus clément. Enfin,
des températures d’ailleurs au-dessus des normales en juillet, août et
septembre. Première réaction de la plante, elle pousse vite et fort sur des
sols dont la réserve hydrique est importante ! Nos vignerons courent dans
les rangs pour la contenir.
La fleur passe fin juin, parfois début juillet sur des vignes gelées ce qui
place cette fois 2016 dans les années tardives (très comparable à 2013).
La véraison intervient dans la deuxième partie d’août et certains raisins
changent de couleur dans les premiers jours de septembre.
Il faudra donc attendre et se montrer patient sur les vignes chargées.
Contraste avec le début de saison, en cette fin septembre on manque
d’eau car l’été fut assez sec en Côte d’Or (moins dans le Beaujolais et
Mâconnais ou Chablis). Cette nécessaire pluie nous l’aurons le 17 et 18
septembre et nous décidons d’attendre et de capitaliser cette eau pour
laisser la plante repartir en maturation. Les raisins sont sains et semblent
tenir bon.
Nous lançons les vendanges le 27 septembre (10 jours cette année, 12 en
2015). Les conditions de récolte ont été excellentes.
Notre patience est récompensée et le niveau de maturité est très
intéressant. Les rouges sont tendres, avec des tanins mûrs et souples, les
robes sont superbes d’un noir profond.
Les blancs ont été cueillis avec de beaux équilibres et les fermentations
ont été dynamiques.
Février 2017
http://www.louisjadot.com/fr/
Millésime2016enBourgogne-LouisJadot
40

Contenu connexe

Tendances

Communiqué Millésime 2011
Communiqué Millésime 2011 Communiqué Millésime 2011
Communiqué Millésime 2011
LettresDeChateaux
 
VINO QUIZZ
VINO QUIZZVINO QUIZZ
VINO QUIZZ
kaption
 
Revue de presse - Avril / Mai 2013
Revue de presse - Avril / Mai 2013Revue de presse - Avril / Mai 2013
Revue de presse - Avril / Mai 2013
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Décembre 2011
Revue de presse - Décembre 2011Revue de presse - Décembre 2011
Revue de presse - Décembre 2011
LettresDeChateaux
 
Atelier Languedoc et roussillon
Atelier Languedoc et roussillonAtelier Languedoc et roussillon
Atelier Languedoc et roussillon
Hadrien Van Biesen
 

Tendances (20)

TOUT SUR LE VIN
TOUT SUR LE VINTOUT SUR LE VIN
TOUT SUR LE VIN
 
YAM
YAMYAM
YAM
 
Wine club Vin Je t'emmène
Wine club Vin Je t'emmèneWine club Vin Je t'emmène
Wine club Vin Je t'emmène
 
Crus Classés de Sauternes & Barsac - Millésime 2011
Crus Classés de Sauternes & Barsac - Millésime 2011Crus Classés de Sauternes & Barsac - Millésime 2011
Crus Classés de Sauternes & Barsac - Millésime 2011
 
Derniers coups de sécateurs appellation margaux…
Derniers coups de sécateurs appellation margaux…Derniers coups de sécateurs appellation margaux…
Derniers coups de sécateurs appellation margaux…
 
Communiqué Millésime 2011
Communiqué Millésime 2011 Communiqué Millésime 2011
Communiqué Millésime 2011
 
VINO QUIZZ
VINO QUIZZVINO QUIZZ
VINO QUIZZ
 
Millésime 2014 en France
Millésime 2014 en FranceMillésime 2014 en France
Millésime 2014 en France
 
Quizz Vin
Quizz VinQuizz Vin
Quizz Vin
 
Quizz Vin1
Quizz Vin1Quizz Vin1
Quizz Vin1
 
Les vins clotilde davenne
Les vins clotilde davenneLes vins clotilde davenne
Les vins clotilde davenne
 
Présentation Soirée Vins de l'Eté
Présentation Soirée Vins de l'EtéPrésentation Soirée Vins de l'Eté
Présentation Soirée Vins de l'Eté
 
Revue de presse - Avril / Mai 2013
Revue de presse - Avril / Mai 2013Revue de presse - Avril / Mai 2013
Revue de presse - Avril / Mai 2013
 
Vpc sieur-arques-2015
Vpc sieur-arques-2015Vpc sieur-arques-2015
Vpc sieur-arques-2015
 
Celler Hugas de Batlle - Empordà DOP - Wines from the Tramuntana
Celler Hugas de Batlle - Empordà DOP - Wines from the TramuntanaCeller Hugas de Batlle - Empordà DOP - Wines from the Tramuntana
Celler Hugas de Batlle - Empordà DOP - Wines from the Tramuntana
 
Revue de presse - Juin 2013
Revue de presse - Juin 2013Revue de presse - Juin 2013
Revue de presse - Juin 2013
 
Revue de presse - Décembre 2011
Revue de presse - Décembre 2011Revue de presse - Décembre 2011
Revue de presse - Décembre 2011
 
Soirée Sherry casks
Soirée Sherry casksSoirée Sherry casks
Soirée Sherry casks
 
Atelier Languedoc et roussillon
Atelier Languedoc et roussillonAtelier Languedoc et roussillon
Atelier Languedoc et roussillon
 
Le Vin. Francisco Ginés. 2ºIB
Le Vin. Francisco Ginés. 2ºIBLe Vin. Francisco Ginés. 2ºIB
Le Vin. Francisco Ginés. 2ºIB
 

En vedette

En vedette (10)

Vintage 2016
Vintage 2016Vintage 2016
Vintage 2016
 
2015 Vintage
2015 Vintage2015 Vintage
2015 Vintage
 
Hololens-pechakucha
Hololens-pechakuchaHololens-pechakucha
Hololens-pechakucha
 
Iskira starFlash
Iskira starFlashIskira starFlash
Iskira starFlash
 
Thiết kế hệ thống treo cho xe tải 4 tấn
Thiết kế hệ thống treo cho xe tải 4 tấnThiết kế hệ thống treo cho xe tải 4 tấn
Thiết kế hệ thống treo cho xe tải 4 tấn
 
Присоединение Астраханского ханства к Российскому государству. 9-й класс
Присоединение Астраханского ханства к Российскому государству. 9-й классПрисоединение Астраханского ханства к Российскому государству. 9-й класс
Присоединение Астраханского ханства к Российскому государству. 9-й класс
 
Percussion syllabus 2017 2019
Percussion syllabus 2017 2019Percussion syllabus 2017 2019
Percussion syllabus 2017 2019
 
3D- Doctor
3D- Doctor3D- Doctor
3D- Doctor
 
Aparato digestivo2
Aparato digestivo2Aparato digestivo2
Aparato digestivo2
 
Power tool-safety
Power tool-safetyPower tool-safety
Power tool-safety
 

Similaire à Millésime 2016

Press Pack - 2010 vintage - ENG
Press Pack - 2010 vintage - ENGPress Pack - 2010 vintage - ENG
Press Pack - 2010 vintage - ENG
LettresDeChateaux
 
Dossier de presse - millésime 2012
Dossier de presse -  millésime 2012Dossier de presse -  millésime 2012
Dossier de presse - millésime 2012
LettresDeChateaux
 
Documentaire sur le vin
Documentaire sur le vinDocumentaire sur le vin
Documentaire sur le vin
Papy Denis
 
L'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirs
L'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirsL'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirs
L'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirs
Alex Mitrecey
 
Revue de presse - mars / avril / mai 2014
Revue de presse - mars / avril / mai 2014Revue de presse - mars / avril / mai 2014
Revue de presse - mars / avril / mai 2014
LettresDeChateaux
 
La peira hi_res_francais
La peira hi_res_francaisLa peira hi_res_francais
La peira hi_res_francais
Claude34
 
Catalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charenteCatalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charente
proyecto_comenius
 
Catalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charenteCatalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charente
proyecto_comenius
 

Similaire à Millésime 2016 (20)

Press Pack - 2010 vintage - ENG
Press Pack - 2010 vintage - ENGPress Pack - 2010 vintage - ENG
Press Pack - 2010 vintage - ENG
 
Millésime 2014 - Crus Classés de Sauternes et Barsac
Millésime 2014 -  Crus Classés de Sauternes et BarsacMillésime 2014 -  Crus Classés de Sauternes et Barsac
Millésime 2014 - Crus Classés de Sauternes et Barsac
 
Brochure Les Vins du Centre-Loire
Brochure Les Vins du Centre-LoireBrochure Les Vins du Centre-Loire
Brochure Les Vins du Centre-Loire
 
20230925_degustation.pdf
20230925_degustation.pdf20230925_degustation.pdf
20230925_degustation.pdf
 
Champagne
ChampagneChampagne
Champagne
 
Dossier de presse - millésime 2012
Dossier de presse -  millésime 2012Dossier de presse -  millésime 2012
Dossier de presse - millésime 2012
 
Documentaire sur le vin
Documentaire sur le vinDocumentaire sur le vin
Documentaire sur le vin
 
L'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirs
L'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirsL'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirs
L'actualité ALIMENTAIRE | V10 N5 | Vins et plaisirs
 
Тероарите на Северна Рона
Тероарите на Северна РонаТероарите на Северна Рона
Тероарите на Северна Рона
 
Fav Colmar 2016
Fav Colmar 2016Fav Colmar 2016
Fav Colmar 2016
 
Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)
 
Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)
 
Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)
 
Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)Brumont 2010 (1)
Brumont 2010 (1)
 
Revue de presse - mars / avril / mai 2014
Revue de presse - mars / avril / mai 2014Revue de presse - mars / avril / mai 2014
Revue de presse - mars / avril / mai 2014
 
La peira hi_res_francais
La peira hi_res_francaisLa peira hi_res_francais
La peira hi_res_francais
 
1er mercredi whisky à la Station HO.ST - les céréales
1er mercredi whisky à la Station HO.ST -  les céréales1er mercredi whisky à la Station HO.ST -  les céréales
1er mercredi whisky à la Station HO.ST - les céréales
 
Sancerre Cote Coulisse
Sancerre  Cote CoulisseSancerre  Cote Coulisse
Sancerre Cote Coulisse
 
Catalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charenteCatalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charente
 
Catalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charenteCatalogue des produits du poitou charente
Catalogue des produits du poitou charente
 

Plus de LettresDeChateaux

Revue de presse novembre 2014
Revue de presse   novembre 2014Revue de presse   novembre 2014
Revue de presse novembre 2014
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Août 2014
Revue de presse - Août 2014Revue de presse - Août 2014
Revue de presse - Août 2014
LettresDeChateaux
 
Revue de presse juillet 2014
Revue de presse juillet 2014Revue de presse juillet 2014
Revue de presse juillet 2014
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Janvier / Février 2014
Revue de presse - Janvier / Février 2014Revue de presse - Janvier / Février 2014
Revue de presse - Janvier / Février 2014
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013
Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013
Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Novembre / Décembre 2013
Revue de presse - Novembre / Décembre 2013Revue de presse - Novembre / Décembre 2013
Revue de presse - Novembre / Décembre 2013
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Octobre 2013
Revue de presse - Octobre 2013Revue de presse - Octobre 2013
Revue de presse - Octobre 2013
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Août / Septembre 2013
Revue de presse - Août / Septembre 2013Revue de presse - Août / Septembre 2013
Revue de presse - Août / Septembre 2013
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Juillet 2013
Revue de presse - Juillet 2013Revue de presse - Juillet 2013
Revue de presse - Juillet 2013
LettresDeChateaux
 
Revue de presse - Février / Mars 2013
Revue de presse - Février / Mars 2013Revue de presse - Février / Mars 2013
Revue de presse - Février / Mars 2013
LettresDeChateaux
 

Plus de LettresDeChateaux (20)

Un projet désastreux, absurde et impopulaire, remis à l'ordre du jour : la LG...
Un projet désastreux, absurde et impopulaire, remis à l'ordre du jour : la LG...Un projet désastreux, absurde et impopulaire, remis à l'ordre du jour : la LG...
Un projet désastreux, absurde et impopulaire, remis à l'ordre du jour : la LG...
 
The 2014 vintage in France
The 2014 vintage in FranceThe 2014 vintage in France
The 2014 vintage in France
 
The 2014 vintage - Crus classés de Sauternes et Barsac
The 2014 vintage - Crus classés de Sauternes et BarsacThe 2014 vintage - Crus classés de Sauternes et Barsac
The 2014 vintage - Crus classés de Sauternes et Barsac
 
Revue de presse - decembre 2014
Revue de presse -  decembre 2014Revue de presse -  decembre 2014
Revue de presse - decembre 2014
 
SOS SAUTERNES
SOS SAUTERNESSOS SAUTERNES
SOS SAUTERNES
 
Revue de presse novembre 2014
Revue de presse   novembre 2014Revue de presse   novembre 2014
Revue de presse novembre 2014
 
SONDAGE EXCLUSIF POUR LES 15 ANS DE WINEANDCO.COM « LES FRANÇAIS ET LE VIN »
SONDAGE EXCLUSIF POUR LES 15 ANS DE WINEANDCO.COM « LES FRANÇAIS ET LE VIN »SONDAGE EXCLUSIF POUR LES 15 ANS DE WINEANDCO.COM « LES FRANÇAIS ET LE VIN »
SONDAGE EXCLUSIF POUR LES 15 ANS DE WINEANDCO.COM « LES FRANÇAIS ET LE VIN »
 
Revue de presse - Septembre / Octobre 2014
Revue de presse - Septembre / Octobre 2014Revue de presse - Septembre / Octobre 2014
Revue de presse - Septembre / Octobre 2014
 
Revue de presse - Août 2014
Revue de presse - Août 2014Revue de presse - Août 2014
Revue de presse - Août 2014
 
Revue de presse juillet 2014
Revue de presse juillet 2014Revue de presse juillet 2014
Revue de presse juillet 2014
 
Revue de presse - Juin 2014
Revue de presse - Juin 2014Revue de presse - Juin 2014
Revue de presse - Juin 2014
 
Revue de presse - Janvier / Février 2014
Revue de presse - Janvier / Février 2014Revue de presse - Janvier / Février 2014
Revue de presse - Janvier / Février 2014
 
2013 Vintage in France
2013 Vintage in France2013 Vintage in France
2013 Vintage in France
 
Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013
Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013
Revue de presse - Champagne Philipponnat Décembre 2013
 
Revue de presse - Novembre / Décembre 2013
Revue de presse - Novembre / Décembre 2013Revue de presse - Novembre / Décembre 2013
Revue de presse - Novembre / Décembre 2013
 
Revue de presse - Octobre 2013
Revue de presse - Octobre 2013Revue de presse - Octobre 2013
Revue de presse - Octobre 2013
 
Revue de presse - Août / Septembre 2013
Revue de presse - Août / Septembre 2013Revue de presse - Août / Septembre 2013
Revue de presse - Août / Septembre 2013
 
Revue de presse - Juillet 2013
Revue de presse - Juillet 2013Revue de presse - Juillet 2013
Revue de presse - Juillet 2013
 
Revue de presse - Février / Mars 2013
Revue de presse - Février / Mars 2013Revue de presse - Février / Mars 2013
Revue de presse - Février / Mars 2013
 
2012 Vintage - Press Pack
2012 Vintage - Press Pack2012 Vintage - Press Pack
2012 Vintage - Press Pack
 

Millésime 2016

  • 1. Lettres de Châteaux Marie-Stéphane Malbec ms.malbec@lettres-de-chateaux.com +33 (0) 5 56 44 63 50 DOSSIER DE PRESSE Millésime 2016
  • 2. Sommaire LE MILLÉSIME 2016 À BORDEAUX « Bordeaux 2016, un grand et généreux millésime » .............................. 3 - 4 Château Castera, Cru Bourgeois, Médoc .................................................5 Château Talbot, Grand Cru Classé en 1855, Saint-Julien .........................6 - 7 Château Paveil de Luze, Cru Bourgeois, Margaux ...................................8-9 Château Marquis de Terme, Grand Cru Classé en 1855, Margaux ..........10-14 Château Belle-Vue, Château de Gironville, Crus Bourgeois, Haut-Médoc et Château Bolaire, Bordeaux Supérieur ..................................................15-16 Château Cantemerle, Grand Cru Classé en 1855, Haut-Médoc ..............17-18 Château Sénéjac, Cru Bourgeois, Haut-Médoc ........................................19 Château Malleret, Cru Bourgeois, Haut-Médoc .......................................20 Château Carbonnieux, Grand Cru Classé, Graves ...................................21-22 Château Chauvin, Grand Cru Classé, Saint-Emilion .................................23-26 Château Grand Corbin, Grand Cru Classé, Saint-Emilion ........................27 LE MILLÉSIME 2016 À SAUTERNES ET BARSAC « 2016 : un grand millésime, structuré, tendu, enjôleur » ........................28 Château Guiraud, Grand Cru Classé en 1855, Sauternes ........................29-31 LE MILLÉSIME 2016 A BERGERAC Château Monestier La Tour, Bergerac ......................................................32 LE MILLÉSIME 2016 EN LANGUEDOC-ROUSSILLON Vignobles Lorgeril, Languedoc-Roussillon ................................................33-34 Château de Caraguilhes, Corbières ..........................................................35-36 LE MILLÉSIME 2016 EN BOURGOGNE « Millésime 2016 en Bourgogne, la belle surprise ! » ...............................37-38 Maison Louis Jadot, Bourgogne ...............................................................39-40 2
  • 3. Bordeaux 2016, un grand et généreux millésime 2016, une année contrastée favorable à la naissance d’un magnifique millésime Ce millésime est caractérisé par une floraison homogène à l’origine d’une bonne fécondation, un déficit hydrique climatique important pendant l’été associé à un fort ensoleillement et une véraison homogène. La maturation a évolué sous un soleil radieux avec de belles amplitudes thermiques. Enfin, l’été indien a permis d’attendre la maturité optimum de chaque parcelle et cépage ; les vendanges se sont déroulées en toute sérénité. • VINS BLANCS SECS : ces tout jeunes vins se montrent aromatiques, vifs, avec une jolie fraîcheur et une belle tension. Les vendanges des blancs secs ont débuté à partir du 5 septembre avec le cépage sauvignon. • VINS ROUGES : les vins rouges se présentent avec une couleur intense, des concentrations en anthocyanes très élevées, un nez de petits fruits noirs (cassis, mûre, myrtille), une bouche structurée et puissante, et des tanins ronds et délicats. Début des vendanges aux alentours du 24 septembre pour les rosés et les rouges sur les terroirs les plus précoces, pour le cépage merlot. Elles se sont poursuivies avec le cabernet franc et le cabernet sauvignon, autour du 12 octobre. Notons la qualité exceptionnelle des raisins arrivés à parfaite maturité au moment des vendanges. • VINS ROSÉS : de couleur rose pâle et limpide, ils offrent une belle fraicheur en bouche accompagnée de notes acidulées avec des saveurs de framboise, mûre et fraise des bois. • VINS MOELLEUX ET LIQUOREUX : d’une grande pureté de goût avec une belle concentration et une grande fraicheur aromatique. Les premières tries ont débuté mi-septembre sur les terroirs les plus précoces, puis elles se sont généralisées sur l’ensemble des appellations productrices de liquoreux. Vendanges : les toutes premières tries ont débuté fin septembre. La récolte des liquoreux s’est étalée sur le mois d’octobre. 3
  • 4. Récolte 2016 : 5,8 millions hectolitres (+9% par rapport à la récolte 2015) Une année 2016 en 2 temps : • Les 6 premiers mois : 722,4 mm de pluie (valeur normal : 444,7 mm) / +62% de pluie 830 h d’insolation (valeur normal : 1017 h) / -18% de soleil Le premier trimestre a été exceptionnelement pluvieux. La réserve hydrique ainsi constituée a permis de faire face à la sécheresse de l’été. • Juillet - août - sept - oct : 101,1 mm de pluie (valeur normal : 283,5 mm) / -64% de pluie 975 h d’insolation (valeur normal : 840 h) / +16% de soleil Nuits fraiches et températures diurnes excédentaires de 1/2 à 2 degrès. Janvier 2017 https://www.bordeaux.com/fr/ 4
  • 5. Château Castera Cru Bourgeois, Haut Médoc Philippe Grynfelt - Régisseur Millésime2016àBordeaux-Castera De mémoire de vigneron (de moins de 50 ans), il n’existe pas de références climatiques similaires à cette année 2016. Pour les autres, il faut aller chercher bien loin dans sa mémoire. En effet, plus de 700 mm de pluie sur les six premiers mois de 2016 ont engendré des conditions favorables à l’apparition du mildiou que nous avons dû surveiller. Comme par miracle, les premières éclaircies coïncident avec le développement de la fleur. A partir du 19/20 juin, les éclaircies se transforment en journées ensoleillées plutôt rassurantes. Un mois de juillet sans pluie ni chaleur excessive offre à la vigne les conditions parfaites pour une pousse régulière et un grossissement des baies harmonieux. Le mois d’août marqué par la sécheresse et une mini période de canicule ont provoqué un ralentissement notoire de la maturité de la vigne. Les argilo-calcaire de Castera ont su constituer une réserve d’eau suffisante pour permettre à la vigne de faire face à ce cruel manque d’eau et malgré la chaleur, elle avait jolie mine. Le mois de septembre apporte toujours un peu de pluie, notamment de fortes précipitations, le 13 et le 14. De tels phénomènes peuvent parfois gâcher un millésime mais, cette année, ces pluies ont été salutaires. Les très longues vendanges qui s’ensuivent nous permettent de faire un tri désormais très performant grâce aux nouvelles générations de machines à trier. L’excellence des baies de raisins nous a incités à surveiller plutôt qu’intervenir. Il y a des années où la nature est assez grande pour se débrouiller toute seule, 2016 est l’une d’entre elles. Les vins sont maintenant terminés et assemblés, donnant des arômes d’une grande maturité et des tanins d’une puissance raisonnable. Si l’on effeuille la marguerite des millésimes exceptionnels, le dernier pétale tombera forcément sur « 2016, je l’aime...à la folie ». Mars 2017 http://www.chateau-castera.com 5
  • 6. Château Talbot Grand Cru Classé en 1855, Saint Julien Christian Hostein - Directeur Technique Millésime2016àBordeaux-Talbot 2016, le millésime des racines Il fallait faire le tour des vignobles début septembre, dans notre cher Médoc pour comprendre les itinéraires techniques choisis depuis de nombreuses années par les différents crus ! Ce que nos yeux voyaient reflétait la réponse de la vigne au stress hydrique de l’été 2016 mais aussi aux problèmes d’asphyxie racinaire qui avaient été induit par la pluviométrie plus que généreuse du premier semestre 2016 (672 mm !). Une façon traditionnelle d’entretien des vignes permet de lisser ces impacts climatiques annuels, déjà rencontrés par le passé, et permet à la vigne de mûrir au mieux son précieux fruit : c’est le labour des terres et la destruction des racines superficielles. Affranchie de ce fait des premiers centimètres les plus riches et les plus variables en termes de rétention d’eau, elle va puiser au plus profond de nos graves les éléments minéraux dont elle a besoin et la quantité d’eau nécessaire mais avec parcimonie. Nos vignes présentaient à la vendange une récolte bien répartie, avec un feuillage fonctionnel et des caractéristiques analytiques intéressantes avec une richesse polyphénolique de bon augure et surtout extractible. Les vieux merlots en particulier étaient surprenants : longueur de grappe remarquable et des grains espacés, riches et gouteux. Les rendements de ces vieilles vignes ont surpris et les cuves ainsi remplies nous ont donné des vins au profil tannique surprenant pour ce cépage sur notre terroir. C’est probablement l’assemblage de février prochain qui fera la différence avec le millésime 15, lui aussi réussi, mais marqué par les cabernets sauvignons. Les cabernets sauvignon de cette année, eux, nous savions qu’ils étaient plutôt en faible quantité au vu de notre ressenti et du comptage d’inflorescence : « sortie » faible, apparence modeste, grappe ramassée. Ces commentaires concernent la quantité. La qualité, elle, fût par contre au rendez-vous en ce début d’octobre et l’homogénéité des cuves de ce cépage remarquable ! Décidemment les 5 et les 6 sont souvent réussis dans la succession chronologique des millésimes avec cette différence dans la qualité des vieux merlots. 6
  • 7. Et les blancs : vendanges tardives, là aussi puisque nous nous sommes lancés le 19 septembre après-midi pour terminer le 21 au soir : état sanitaire parfait des sauvignons, belle concentration de notre pièce de sémillon que nous avons pu amener loin sans frelons ni botrytis ! Beaucoup de fraîcheur dans les moûts et dans la palette aromatique exotique qu’il reste encore à révéler ; ces vins, élevés sur lies sont encore en voie d’engraissage par le bâtonnage. Dates clefs - Essais technologiques des chaines de récolte : les 29 et 30 septembre - Grande troupe de 110 vendangeurs sur les merlots, toute la semaine du 3 au 7 octobre : merlots denses, juteux très sains. - La semaine du 10 au 15 octobre : tous nos efforts portent sur les cabernets sauvignon et nous finissons le lundi 17 octobre, rompus mais heureux de l’accouchement libérateur et des promesses du nouveau-né. - Nous fîmes la fête 2 fois dans la semaine : le mercredi 19 avec le départ de nos vendangeurs lusitaniens et le vendredi 21 avec le personnel de la propriété réuni autour d’un barbecue brésilien ! Pluviométrie 2016 Janvier : 250 mm Février : 153 mm Mars : 80 mm Avril : 42 mm Mai : 72 mm Juin : 75 mm Dates remarquables Les 21 et 22 mai : orages, fortes averses, grand vent, nombreux rameaux cassés. Le 30 mai : grosses pluies sur les premières fleurs de la vigne Le 6 juin : c’est la mi-floraison à Talbot des merlots noirs Le 8 juin : - pleine fleur des merlots, ½ fleur des cabernets sauvignon, début de la fleur des sauvignons - grand beau temps, enfin Tout le mois de juin : intense combat contre le mildiou La récolte se joue à la mi-juin ! Juillet : grand beau, 2ème façon de cavaillon, c’est gagné ! Décembre 2016 http://chateau-talbot.com Juillet : 2 mm Août : 13 mm Septembre : 41 mm (le 14/09 : 35 mm) Octobre : 18 mm Novembre : 85 mm Décembre : à venir mais très faible Millésime2016àBordeaux-Talbot 7
  • 8. Château Paveil de luze Cru Bourgeois, Margaux Edouard de Luze - Propriétaire Millésime2016àBordeaux-PaveildeLuze « 2016, la belle surprise inattendue. » 2016 restera gravé à jamais dans la mémoire du Château Paveil de Luze. Le vin ne serait rien sans la rencontre d’un homme et de son terroir. L’un ne fait que passer, mais il se met au service de l’autre, tente d’en extraire la plus pure expression et de donner un second souffle à la vigne une fois arrivée dans sa phase de maturation. Le terroir, quant à lui, semble éternel, insaisissable, imperturbable, bien que soumis lui aussi au destin que lui dresse la nature. Le cycle de la vigne ne s’arrête pas mais il est chahuté par des conditions météorologiques plus ou moins favorables. Au Château Paveil de Luze, le millésime 2016 a été une belle surprise, presque inattendue. Tout a commencé par un hiver et un printemps très pluvieux. Une douceur, anormale pour la saison, s’est installée sur notre vignoble et a provoqué un débourrement très précoce. Nous avons craint des gelées, l’œil rivé vers le ciel et sur le thermomètre. Vu les conditions climatiques, il y a eu une pression mildiou très importante jusqu’au milieu du mois de juillet. En théorie, la véraison débute vers le 25 juillet. Pour ce millésime, elle a commencé avec 15 jours de retard et un gros décalage entre les premières et les dernières baies verrées. 2016, né sous une bonne étoile C’est alors que tout semblait mal parti, incertain, complexe… que le soleil s’est mis à pointer enfin sur le bout de nos vignes. Un signe du ciel encourageant, que personne n’avait vu venir, et un temps au beau fixe sur tous les mois d’août et teptembre. Des conditions idéales pour rattraper notre retard mais rien n’était encore joué. Début octobre, le retard était quasiment comblé. Il nous restait plus qu’à prier pour pouvoir ramasser ce millésime tardif dans de bonnes conditions. Et c’est ce qui est arrivé ! Nous avons pu récolter au fur et à mesure de la maturité en étendant les vendanges sur trois semaines, une première au Paveil ! Le dernier jour, l’état sanitaire était absolument parfait sans aucune baie botrytisée. 8
  • 9. Une superbe surprise ! Si les choses avaient mal commencé, on peut aujourd’hui dire que l’été prolongé nous a sauvés et a même créé la surprise nous laissant espérer une nouvelle grande récolte. Une récolte qualitative mais aussi quantitative puisque nous avons pu faire le rendement sur les deux appellations (Margaux et Bordeaux). Bien sûr, il est trop tôt pour se prononcer mais voici nos premières impressions sur ce millésime qui sera présenté en primeur début avril : les premières dégustations laissent apparaître des vins de cépages très riches avec une expression dense. Des couleurs très intenses, des arômes puissants et subtils vont vous surprendre lors des prochaines dégustations. Le Château Paveil de Luze est le dernier millésime inachevé de Frédéric de Luze. Il est parti sans avoir pu le voir naître mais toute l’équipe de la propriété, et toute la famille de Luze savent qu’il aurait été très fier de ce millésime 2016. A lui de tenir maintenant toutes ses promesses et de s’inscrire dans le temps comme l’une des grandes réussites que cette propriété a su produire et, nous l’espérons, qu’elle continuera de produire. Un vin sans mémoire est un vin sans avenir. Notre millésime 2016 a devant lui un horizon de souvenirs qu’il nous tarde de vous faire partager. Février 2017 http://www.chateaupaveildeluze.com Millésime2016àBordeaux-PaveildeLuze 9
  • 10. Château Marquis de terme Grand Cru Classé en 1855, Margaux Ludovic David - Directeur Technique Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme « Nous sommes heureux de produire et de vinifier des vins naturels … et quand la pluie est salvatrice tout va pour le mieux ! » Les millésimes se succèdent et ne se ressemblent pas. Mais s’il est une habitude dans le vignoble bordelais, c’est celle de s’adapter, récolte après récolte à de fortes fluctuations météorologiques. Cette année 2016 ne déroge pas à la règle, marquée par des caractéristiques fortes elle pourrait se définir tout simplement par ces quelques mots : « de la pluie qui mouille, du soleil qui sèche et de la pluie qui sauve ! ». C’est une vraie comptine pour enfant que nous avons vécu cette année dans les rangs du Château Marquis de Terme. Très sensible à l‘eau et capable de faire face au stress hydrique, la vigne a su s’adapter une fois encore à ces fortes variations en jouant subtilement avec la pluie et le soleil afin de produire des raisins de très grande qualité. Chaque année, je me pose cette éternelle question de savoir si je vais vivre un millésime identique aux années précédentes. Je me dis toujours que cela démarre comme celui-ci ou comme celui-là et puis patatras…! La campagne viticole commence et tout est différent. Les prévisions restent difficiles dans la culture de la vigne ; mais c’est ce qui rend chaque millésime unique, renforçant notre passion et … cet « effet millésime » tant plébiscité à Bordeaux. Notre métier de viticulteur réside dans notre capacité à faire face aux caprices de la nature. Pluie, soleil, vent, chaleur et froid rythment nos décisions et c’est la compréhension de nos terroirs grâce à une longue observation qui permet de devancer ces phénomènes. Cependant, chaque vendange comprend une part de surprise, une alchimie secrète entre la nature et le pied de vigne, qui l’emporte toujours sur nos prédictions. Cette somme d’éléments crée chaque année l’émotion d’un nouveau millésime et avec elle, le désir d’en parler à notre entourage en racontant son histoire en quelques lignes. Initialement estimé par nos soins de façon inquiétante à 28hl/ha au début du mois d’août, le rendement effectif de la récolte 2016 atteindra finalement 47hl/ha à la fin du mois d’octobre. Une erreur de prévision ? Pas exactement … 10
  • 11. Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme Souffrantd’unesécheresseimportanteàlafindel’été,lesracinesprofondes des pieds de vigne ont su trouver l’eau pour continuer à alimenter la plante. En effet, les pluies fortes du printemps ont permis de constituer des réserves en eau qui ont été stockées dans les nappes phréatiques, donnant l’opportunité aux eaux interstitielles des sols de faire leur effet. Une fois encore, la vigne prouve son fabuleux pouvoir d’adaptation et de résistance sur les grands terroirs de graves du Médoc. On parle beaucoup de réchauffement climatique mais malgré la sècheresse et l’ensoleillement, l’été que nous avons connu est loin d’être le plus chaud enregistré sur les dernières décennies. Nous mettons trop souvent l’agriculture dans des cadres et des certifications, oubliant de ce fait que la nature dicte sa loi et par définition produit des raisins naturels. Nous travaillons nos vignes selon les méthodes inspirées de la charte «bio» sur 60 % de notre domaine. Ces parcelles ont pu être sélectionnées car leurs pentes, l’ensoleillement dont elles bénéficient, l’orientation de leurs rangs s’y prêtent et pour autant nous n’avons engagé aucune démarche de certification. Pourquoi se cacher derrière un dogmatisme et des agréments lorsque nous vivons notre vignoble chaque jour, connaissons chacune de nos parcelles et les besoins de notre environnement ? Nous n’avons jamais été autant respectueux des sols que ces dernières années. Les excès constatés dans les années 1970 à 2000 sont loin derrière nous. La technicité des tracteurs et les protections du personnel n’ont jamais été aussi efficaces. Nous défendons ensemble un futur « propre et sain ». Cette conduite écologique de notre vignoble nous amène à adopter une politique multifactorielle qui passe entre autres par : la suppression des herbicides, la confusion sexuelle (suppression des insecticides), la replantation régulière des arbres et des haies, l’utilisation de liens et attaches biodégradables et la recherche permanente de toutes les techniques qui nous permettront d’inscrire notre culture dans le respect de l’environnement. Dans le même temps, l’appellation Margaux a développé depuis quelques années un programme complet d’analyse de la biodiversité afin de tout mettre en œuvre pour favoriser la protection mais aussi le développement de la faune et de la flore locale. Le Château Marquis de Terme s’implique pleinement dans cet enjeu. Aujourd’hui, notre démarche viticole nous permet de produire des vins naturels. Une zone de plantation naturellement adaptée aux terroirs, aux pentes, au vent et au soleil ; les levures naturelles aidant à la fermentation des vins ; l’élevage en barriques de chêne français naturel… tous ces éléments contribuent à l’ensemble de notre produit et à son harmonie. 11
  • 12. Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme Quoi de plus naturel que des raisins, des levures issues du terroir, du bois et un peu de soufre pour stabiliser les vins ? Nous le savons, le soufre se trouve à l’état natif sur terre, à proximité des volcans notamment. Après, le carbone, c’est certainement l’un des éléments chimiques les plus connus depuis l’Antiquité car il servait notamment à purifier les emplacements infestés de vermines et à blanchir les tissus. Son action antiseptique et dermatologique est très ancienne et légitimement transposée à la stabilisation de nos vins afin d’éviter qu’ils ne se transforment en vinaigre. Enfin, rentre dans nos techniques de vinification, l’utilisation de la chaleur ou du froid pour obtenir davantage de précision organoleptique. Après réflexion, je ne vois, par définition, que des produits naturels ! Alors oui … avec nos équipes nous sommes heureux de produire et de vinifier des vins naturels ! Le vin n’est pas un produit qui existe à l’état brut dans la nature, il est façonné par l’homme qui le crée avec sa personnalité et son goût. Cette émotion accordée au vin participe indéniablement à sa richesse, son style, c’est ce qui définit le côté unique de chaque cuvée. Depuis l’antiquité et grâce à sa connaissance de la nature, l’homme a su élaborer de grands vins et sélectionner les plus beaux terroirs. Ce millésime 2016 a été marqué par un hiver exceptionnellement doux, avec une température moyenne supérieure de 1.9°C à la moyenne 2000- 2016 entre le 1er novembre 2015 et le 28 février 2016. Les précipitations ont, quant à elles été, extrêmement importantes entre janvier et février (200 mm de plus que la moyenne trentenaire). De ce fait, les premiers signes de débourrement étaient déjà visibles à la fin du mois de février. Cette reprise prématurée de l’activité végétative inquiétante (risque de gelée), a été tempérée par l’abaissement des températures moyennes. En mars, les températures basses associées aux importantes quantités d’eau présentes dans les sols, ont retardé le réchauffement et donc compensé l’avance prise par le débourrement en obligeant la vigne à prendre du retard jusqu’à la fin du mois de juin. Cela n’a pas empêché la floraison de débuter le 06 juin et d’atteindre son apogée sur la majorité des secteurs à partir du 13 juin ; à la faveur d’une fenêtre de beau temps et de températures moyennes chaudes (au-dessus de 20°C). Les conditions printanières humides et douces ont eu pour conséquence de favoriser le développement du mildiou identifié parfois sur les feuilles et aussi, mais plus rarement, sur grappes. Cette pression sanitaire s’est maintenue jusqu’à la véraison ; stade ou les baies ne sont plus réceptives. 12
  • 13. Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme En 4 mois nous avons eu plus de la moitié de la pluviométrie annuelle (de janvier à mai : 450mm). Et à partir de fin juin, le millésime a changé radicalement de profil avec l’installation d’un temps sec qui fit apparaître des signes de stress hydrique sur nos jeunes vignes, enracinées peu profondément et sur nos cabernets sauvignons installés quant à eux, sur des sols très filtrants composés de graves sableuses. Les premières baies verrées n’ont été visibles que le 1er août. La vigne n’a pas récupéré ses 15 jours de retard et laissait déjà entrevoir des vendanges tardives. Les températures estivales furent normales jusqu’à la mi-août, puis l’été indien s’est paisiblement installé jusqu’à mi-novembre. Cependant, en août la situation est devenue délicate. Le manque de pluie ayant provoqué un stress hydrique important dans le vignoble, nous avons assisté à des blocages de maturation des raisins et quelques défoliations sur des jeunes vignes, empêchant de ce fait le grossissement des baies. A notre retour de congés, nous étions très inquiets de constater que les baies de cabernet sauvignon étaient toutes petites du fait du manque d’eau. On pouvait mesurer des poids très faibles de 0,4 grammes par baie tout en sachant que le poids normal pour des cabernets se situe autour de 1 gramme et de 1,3 gramme pour les merlots. Après tous les efforts apportés nous nous dirigions vers une toute petite récolte similaire à 2011 ce qui aurait soulevé la frustration de nos équipes. Le 13 septembre une pluie salvatrice de 50 mm a redonné du volume aux baies de cabernet sauvignon et le sourire à nos vignerons. D’une certaine manière cette pluie a sauvé le millésime. Elle a permis à la fois de réactiver le fonctionnement de la vigne pour permettre sa phase finale de maturation, et en même temps de garantir un rendement satisfaisant pour la propriété. Nos premiers merlots ont été vendangés le 29 septembre, puis après une pause de quelques jours, nous avons continué doucement notre rythme de récolte au gré des évolutions de maturités. Les petits verdots ont été vendangés le 13 octobre et les cabernets sauvignons du 14 au 21 octobre. Les vendanges se sont déroulées sereinement, notamment grâce au maintien du beau temps. Ainsi, chaque parcelle a pu être appréhendée au moment opportun, sans que la pression sur l’état sanitaire des raisins n’intervienne dans le choix de nos dates de récolte. « Des vendanges comme nous aimons, après une campagne culturale difficile où l’on s’est battu contre les éléments. Ce sont ces mêmes éléments qui nous ont aidés à récolter un superbe 2016, à venir dans nos verres » aime à souligner David HOUDET, chef de culture. A l’instar de 2005, 2009, 2010 ou encore 2015, la récolte 2016 aura bénéficié du même été indien que celui qui caractérise les plus belles années des vins Bordeaux. 13
  • 14. Millésime2016àBordeaux-MarquisdeTerme Un nouveau grand millésime est en train de se construire sous nos yeux. Au chai, les vinifications ont reposé sur un ensemble de choix que nous avons mis en œuvre avec l’équipe technique. Un choix de cuves adaptées au travail parcellaire pour, d’une part optimiser la douceur des extractions des tanins, et d’autre part préserver l’intégrité des peaux des raisins lors du travail de pigeage. Empruntée à la Bourgogne il y a très longtemps, nous développons aujourd’hui cette technique car elle est douce et précise, à l’image du style des vins que nous souhaitons élaborer. La rénovation de notre cuvier nous permet aujourd’hui un grand choix de techniques complémentaires. Des cuves tronconiques de 45 à 140 hl en bois, inox et béton nous permettent les plus grandes sélections possibles. Nous avons également développé les vinifications en petits contenant en bois (390 litres) afin de retrouver les bienfaits des méthodes ancestrales du tunnel du vin où raisin et bois se marient subtilement. Pour Julien Brahmi, maître de chai : « nous étions très attentifs aux rapports marc/jus et aux équilibres de chaque cuve. Nous avons poursuivi ce travail dans un plan de sélection des vins de presse beaucoup plus poussé que par le passé pour améliorer encore les assemblages possibles ». Les macérations ont été poussées jusqu’à 5 semaines pour une grande partie des lots tant les tanins étaient soyeux et délicats. Pour Julien Brahmi : « ne large et belle palette de couleurs est aujourd’hui constituée pour composer encore un Grand Millésime ». Au Château Marquis de Terme, nous recherchons l’équilibre entre la nature et les vins que nous élaborons afin de susciter notre émotion et celle des consommateurs qui les dégustent. Nous souhaitons faire apprécier nos vins en faisant découvrir nos grands terroirs, c’est ce qui guide notre travail ainsi que notre investissement au quotidien. Le millésime 2016 du Château Marquis de Terme est fruité, sur des notes de cassis et de mûres. Les tanins sont élégants, veloutés et la fraîcheur vient donner beaucoup de finesse et de délicatesse au vin en bouche. L’élevage en barrique contribue à construire la ligue finale complexe. Dans l’histoire des millésimes de Bordeaux on cite souvent les duos : 1982/1983, 1989/1990, 2000/2001 et le fameux 2009/2010 … Aujourd’hui et surtout demain nous devrons ajouter 2015/2016 et continuer à apprécier longtemps ce nouveau grand duo. Ensemble partageons l’amour des grands vins. Excellente dégustation à tous ! Mars 2017 http://www.chateau-marquis-de-terme.com/fr/ 14
  • 15. Château Belle-Vue & Château de Gironville Crus Bourgeois, Haut Médoc Château Bolaire, Bordeaux Supérieur Vincent Bache-Gabrielsen, Consultant Millésime de contrastes et d’émotions Ce millésime 2016 nous aura procuré des sensations très fortes et opposées, de désarroi comme d’enthousiasme débordant ! Un début de campagne viticole chaotique, des conditions idylliques de juillet à octobre, 2016 est un vrai millésime de contrastes et d’émotions. Une météorologie de contrastes Les mois de mars à juin, très arrosés, ont caractérisé le début du millésime 2016. Alternance de pluie et de coups de froid, avec un gel heureusement très circonscrit les 7-8 et 29 avril, ce début de campagne nous aura causé quelques sueurs froides. Qui dit pluie, dit pression mildiou extrêmement forte et pousse importante de l’herbe. Savoir anticiper les fenêtres de tir pour travailler dans les meilleures conditions, faire preuve d’efficacité étaient les maîtres mots pour maintenir notre vignoble dans les meilleures conditions. Fort heureusement, une période de beau temps permettait à la vigne de fleurir dans de bonnes conditions, évitant coulure et millerandage. Nous constations alors la naissance de nombreuses baies de raisin. Dès la fin du mois de juin, s’installait un temps drastiquement opposé à celui des mois précédents, avec de belles journées accompagnées de précipitations exceptionnellement faibles. Les nuits fraîches permettaient à nos vignes de se reposer et de ne pas souffrir excessivement de cette contrainte hydrique nouvelle. L’aoûtement pouvait avoir lieu très précocement et ce dès la fin du mois de juillet. L’ensoleillement accompagné de fortes alternances thermiques permettait la disparition rapide des arômes végétaux et la synthèse conséquente d’arômes de fruits frais et de polyphénols. L’acidité se maintenait à des niveaux très intéressants et le potentiel de sucres ne progressait que faiblement, nous laissant présager des équilibres d’un grand millésime bordelais. En parallèle, les baies de raisin restaient minuscules, permettant d’anticiper des niveaux de concentration extrêmement intéressants. Millésime2016àBordeaux-Belle-Vue,Gironville,Bolaire 15
  • 16. Nous sentions néanmoins une certaine lassitude de nos vignes début septembre. Les phénomènes de maturation semblaient alors ralentir, marque d’un manque d’eau certain. Le 13 septembre, par miracle, un orage arrosait toute la Gironde d’une pluie homogène de 33 mm, le niveau de précipitations dont nous avions rêvé ! Les pellicules des baies, qui étaient encore un peu contractées, avec des tanins serrés, pouvaient alors prolonger leur maturation jusqu’à atteindre des niveaux parfaits. Des vendanges de rêve Etalées du 3 au 22 octobre, les vendanges 2016, nous ont permis de récolter chaque parcelle de manière chirurgicale. Nos merlots ont été cueillis du 3 au 8 octobre pour exprimer un fruit frais intense et complexe. Nous avons ensuite patienté jusqu’au 14 octobre pour récolter nos cabernets sauvignons à l’équilibre idéal entre velouté tannique et puissance aromatique. Nos petits verdots, une nouvelle fois exceptionnels, parvenaient à une maturité fringante entre le 15 et le 22 octobre. Ce cépage est tellement extraordinaire cette année que nous avons décidé de créer une Cuvée 100% petit verdot, issue de nos très vieilles vignes plantées en 1936, 1940 et 1950. Elevés partiellement en Jarre en argile, en lien avec le terroir originel constitué de plus de 60% d’argiles, ces petits verdots expriment toute la complexité de ce cépage : fleurs blanches, épices, violette et griotte. Malgré leur taille minuscule, les nombreuses baies présentes sur les grappes ont permis d’atteindre des volumes généreux, marqueurs des grands millésimes classiques bordelais comme 1990, 2000 et 2010. De grands vins d’équilibres Ainsi, la météorologie extrêmement contrastée de 2016 nous aura procuré de grands raisins, qu’une vinification précise et adaptée, valorisant la fraîcheur du fruit et une trame tannique dense et équilibrée, aura permis de sublimer. Les pH sont faibles, amenant conjointement buvabilité et capacité de garde, et les niveaux d’alcool sont contenus. Fraîcheur, densité et velouté, ouverture aromatique et complexité, ces descripteurs caractérisent les grands millésimes bordelais, avec un maître mot : Equilibre ! A la dégustation, nos vins nous font oublier toutes les émotions ressenties au cours de ce millésime de contrastes pour en créer de nouvelles, encore plus intenses. Et c’est un vrai bonheur de pouvoir vous les faire découvrir prochainement ! Février 2017 http://www.chateau-belle-vue.com/fr Millésime2016àBordeaux-Belle-Vue,Gironville,Bolaire 16
  • 17. Château Cantemerle Grand Cru Classé en 1855, Haut Médoc Philippe Dambrine - Directeur Millésime2016àBordeaux-Cantemerle 2016, année miracle ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les différents épisodes de la saison 2016, auront été contrastés. Tout d’abord, ce fut une pluie ininterrompue qui nous accompagna durant les six premiers mois de l’année avec l’équivalent d’un volume annuel de précipitation. En avril et mai, étapes majeure du développement de la végétation, il fallait à la fois maîtriser une vigne rendue folle par tant d’eau versée et veiller à ne pas laisser le mildiou et ses compères s’emparer de la future récolte. Une première fenêtre de beau temps s’ouvrit réellement début juin, offrant des conditions idéales à la floraison et au développement des grappes. Au mois de juillet, une vague brulante mais de courte durée déferla sur le vignoble et fut suivie d’une longue période de sécheresse. La vigne se lamentait d’un manque d’eau et enroulait parfois ses feuilles en cornets pour limiter l’évaporation de ses réserves. La véraison connut en cela une progression relativement lente au mois d’août. Un court épisode pluvieux à la mi-septembre vint ensuite relancer le processus de maturation des baies. Enfin, un superbe été indien alternant nuits fraîches et journées ensoleillées s’accrocha à l’automne jusqu’à la fin des vendanges qui furent certainement les plus longues que nous ayons connues ces dernières années. Chaque jour passant, il était amusant de voir des sourires de plus en plus larges éclairer les visages de nos confrères croisés matin et soir sur les routes du Médoc... Au cuvier, après quelques jours de fermentation, c’était une symphonie de parfums qui célébrait l’entrée des grappes nouvellement cueillies. La richesse du moût sans être excessive laissait peu à peu la place à des records de composés phénoliques. La dégustation des vins de goutte en fin de fermentation confirmait l’analyse laboratoire. Nous assistions à la naissance d’une très grande cuvée. 17
  • 18. http://www.cantemerle.com Le millésime 2016 à CANTEMERLE Le cycle de la vigne Débourrement : du 24 mars au 31 mars Floraison : du 29 mai au 6 juin Début nouaison - Fermeture de la grappe : du 14 juin au 18 juillet Mi-véraison : du 10 août au 17 août Vendanges : du 22 septembre au 17 octobre Données techniques Vendanges : manuelles avec tri sélectif Egrappage : total Tri post-égrappage : mécanique puis manuel sur table de tri Types de cuves : tronc conique en chêne, cylindrique en Inox, cubique en ciment Elevage : 16 mois dont 12 mois en barriques et 4 mois en cuves après assemblage final. Barrique en chêne français, chauffe moyenne, dont 40% neuves, 40% 1 vin et 20% 2 vins. Collage : très léger, filtration à la mise en bouteille. Assemblage Château Cantemerle 2016 52% cabernet sauvignon 39% merlot 5% cabernet franc 4% petit verdot Mars 2017 Millésime2016àBordeaux-Cantemerle 18
  • 19. Château Sénéjac Cru Bourgeois, Haut Médoc Damien Hostein - Directeur Technique Nous nous sommes quittés l’an passé à cette même période avec une question : le millésime 2016 sera-t-il d’aussi bonne facture que le 2015 ? Et bien oui ! Et je dirai même qu’à Sénéjac le 2016 est légèrement plus puissant et tendu que le millésime précédent, ce qui le placera sûrement un ton au-dessus à la fin de son élevage. Si nous avons fini les vendanges et l’année avec le sourire, cela n’a pas été forcément le cas tout au long de cette dernière. En effet, les six premiers mois de l’année ont été extrêmement pluvieux, il a fallu être vigilant pour « piloter » le vignoble et amener des raisins sains au début de l’été ! Et c’est à ce moment-là que la météo a basculé… Si l’an passé, nous avions eu un beau mois de juillet, cette année nous avons eu juillet et août ! Une sécheresse de surface s’est installée et nous n’avions plus qu’à attendre la maturité optimale. Même l’orage de 40 mm du 13 septembre a porté ses fruits, ce n’est pas de l’eau qui est tombée, mais du vin ! Nous commençons les vendanges le 3 octobre par les « plantes de merlot », pour finir les derniers vieux merlots le 11. Nous continuerons par ramasser les cabernets francs puis sauvignons, pour finir le 19 octobre. Nous ferons une journée de vendanges sur les petits verdots le 15 octobre. En 2016 à Sénéjac, les merlots sont d’un très grand niveau, rarement vu pour ma part… Nous sommes la veille du dernier jour de l’année, le Sénéjac 2016 est assemblé, les barriques neuves entonnées dans leur chai tout juste rénové, et nous commençons déjà à préparer le prochain millésime… Pluviométrie 2016 Janvier : 258,5 mm Février : 161,5 mm Mars: 97,5 mm Avril : 56 mm Mai : 84 mm Juin : 85,mm Janvier 2017 http://www.chateau-senejac.com Juillet : 10,5 mm Août : 10 mm Septembre : 43,5 mm Octobre : 14 mm Novembre : 95,5 mm Décembre : 17,5 mm (en cours) Millésime2016àBordeaux-Sénéjac 19
  • 20. Château de Malleret Cru Bourgeois, Haut Médoc Aymar du Vivier - Consultant en Communication Le millésime 2016 Les six premiers mois de l’année 2016 ont été caractérisés par une pluviométrierecord:600à700mm,soitledoubled’uneannéenormalement pluvieuse. Ces conditions climatiques exceptionnelles génèrent une attaque de mildiou fin mai, début juin. L’équipe vignes de Malleret (Cyril Nadalini et Christophe Vignaud) la maîtrise. Puis nous connaissons une belle hétérogène et fin juin le grand beau temps s’installe : ciel bleu, températures agréables, nuits fraîches. Même conditions en juillet et août, pas une goutte d’eau. Le stress hydrique, atténué par les fortes précipitations du début de l’année, apparaît fin août, début septembre, surtout sur les sols filtrants. Nous avons heureusement la chance d’avoir sur le plateau de graves günziennes de Malleret, une fine couche d’argile sous trois mètres d’épaisseur des dites graves. Le phénomène est encore atténué. Nous décidons aussi d’opérer les vendanges en vert non en juillet mais en août pour homogénéiser la maturité. Puis bénédiction divine : le ciel nous envoie quarante millimètres d’eau les 13 et 14 septembre, exactement ce qu’il nous fallait. Et le temps se remet au grand beau temps dans la foulée jusqu’à la fin des vendanges. Nous commençons le ramassage le 3 octobre par les merlots, puis les petits verdots et ramassons les dernières grappes de cabernet sauvignon le 22 octobre. Vendanges manuelles, cagettes, tables de tri, nuits fraîches qui développent les arômes et avec ces conditions climatiques idéales, la possibilité de vendanger chaque parcelle à maturité optimale. Pour nous, un très grand millésime, aussi bon, sinon meilleur que le 2015, et avec le 2014, trois bons millésimes qui se suivent, nos trois premiers avec l’expertise de Stéphane Derenoncourt et de son équipe. Décembre 2016 CHATEAU de MALLERET Haut-Médoc G R A N D V I N D E B O R D E A U X http://www.chateau-malleret.fr Millésime2016àBordeaux-Malleret 20
  • 21. Château Carbonnieux Cru Classé de Graves Eric et Philibert Perrin - Propriétaires 2016, La bonne surprise ! Les années climatiques se suivent et ne se ressemblent pas. Si 2015 a connu un printemps ensoleillé et un été frais, 2016 a lui profité d’une météo complétement inverse. Le printemps généreux en pluie et en température basse s’est poursuivi par un été exceptionnellement sec, gorgé de soleil et de chaleur. Alors que les rendements de 2015 étaient timides, il a fallu soulager certains pieds de vigne trop chargés en 2016. Par chance, la floraison s’est calée sur une fenêtre météo favorable, sèche et les températures estivales sont restées malgré tout raisonnables. Grâce aux réserves en eau du sous-sol, la vigne n’a pas souffert de cette longue absence de pluie. Les vendanges ont démarré le 5 septembre par les sauvignons blancs, date parfaitement dans la norme, avec une vigne présentant un état sanitaire exceptionnel grâce à la sècheresse de l’été. Les blancs ont été ramassés plutôt rapidement puisque les critères de maturité donnaient entière satisfaction, alors que les rouges ont pu être étalés dans le temps afin de profiter des généreux rayons de soleil de ce début d’automne. Au final, les vendanges 2016 ont duré presque sept semaines avec quelques journées d’interruption par-ci par-là. Entre la fin du ramassage des blancs et le début des rouges, des pluies nocturnes sont venues par deux fois repulper certaines baies restées petites. Le mot de Philibert Perrin : «Pour les blancs, la fraîcheur nocturne a maintenu nos précieux équilibres aromatiques typiques et si convoités des Pessac-Léognan. L’atout majeur de ce millésime sera certainement la belle concentration des raisins qui devraient révéler de très jolies textures et de profondes couleurs dans les cépages rouges. » Le mot d’Eric Perrin : « 2016 me fait penser au millésime 1996 qui a donné des vins magnifiques en qualité, tant en rouge qu’en blanc et qui fut également généreux en quantité. » Millésime2016àBordeaux-Carbonnieux 21
  • 22. http://www.carbonnieux.com Actualités 2016 Denis Dubourdieu nous a quitté pendant l’été 2016. Une très triste nouvelle pour le monde viticole. Après 28 années de partage, nous sommes sûrs qu’il gardera un œil bienveillant sur le vignoble de Carbonnieux grâce aux bons soins de Christophe Ollivier, son associé, avec qui nous collaborons déjà depuis de nombreuses années. Nouveautés 2016 • Un troisième pressoir dernière génération sous gaz inerte (INERTYS) • Un relooking du cuvier de réception de la vendange. • Un nouveau site internet www.carbonnieux.com avec un espace dédié négoce. • Poursuite des nouvelles méthodes de taille de vigne pour respecter au mieux les flux de sève. • Maintien au sein de l’association SME, certifiée ISO14001. Pour être en constante amélioration au niveau environnemental et sécurité. • Agrandissement de notre parcelle bio. Décembre 2016 Millésime2016àBordeaux-Carbonnieux 22
  • 23. Château Chauvin Grand Cru Classé, Saint-Emilion Sylvie Cazes - Propriétaire Millésime2016àBordeaux-Chauvin 2016 : l’aventure d’un millésime miraculeux ! La nature a mené de main de maître ce millésime, nous entraînant du doute à l’évidence : 2016 est un millésime sublimé par une météo capricieuse mais généreuse à Bordeaux. Les différentes études menées par notre directeur technique depuis 2014 (étude des sols par fosses pédologiques, étude de résistivité des sols, cartographie de la vigueur par drones et GreenSeeker…) nous ont permis d’adapter le travail de la vigne, de piloter les vendanges, et d’affiner les vinifications micro-parcellaires. Un cycle végétatif tardif mais homogène La météorologie de ce début de millésime 2016 se caractérise par la clémence des températures et la pluviométrie élevée de la période hivernale. Ces conditions pouvant favoriser le développement de certains parasites, il nous faut être extrêmement vigilants tout au cours du cycle végétatif. Suite à cet hiver doux, le débourrement se fait de façon précoce et homogène. Les conditions humides se prolongent au printemps avec une saison historiquement pluvieuse : on enregistre 90 mm de pluie supplémentaire par rapport aux normes de saison de février à avril. Les températures sont nettement inférieures à la moyenne, la vigne prend alors du retard sur son cycle mais son développement reste très homogène. Avant la floraison les conditions sont toujours fraîches et humides, peu favorables à la photosynthèse. Nous sommes cependant épargnés par le gel qui touche certaines appellations voisines. A ce stade, tout reste à faire : l’inquiétude est latente et on ne sait comment se prononcer sur ce millésime. Pluviométrie Octobre : 52 mm Novembre : 52 mm Décembre : 13 mm Janvier : 198 mm Février : 138 mm Mars : 80 mm Avril : 86 mm Mai : 67 mm Juin : 75 mm Juillet : 2 mm Août : 11 mm Septembre : 35 mm Octobre : 18 mm 23
  • 24. Millésime2016àBordeaux-Chauvin A notre grand soulagement, une fenêtre climatique favorable au début du mois de juin permet une belle floraison, toujours très homogène : pleine floraison le 4 juin pour le merlot, le 15 juin pour le cabernet franc et le 23 juin pour le cabernet sauvignon. Les conditions thermiques de juillet proches de la moyenne pluriannuelle ne permettent pas de rattraper le retard accumulé au printemps, et la véraison commence tardivement début août. La pression du vers de la grappe est bien maîtrisée grâce à la confusion sexuelle et l’attention particulière de notre équipe qui contrôle régulièrement la qualité des baies. Au mois d’août, le profil du millésime change radicalement et un fort ensoleillement s’installe, accompagné d’un déficit hydrique important. Après les déluges du début d’année, ces conditions paraissent d’abord inespérées : les vignes supportent bien le début de la sécheresse grâce à leurs réserves d’eau, mais un stress hydrique trop important risquerait de bloquer la maturation des baies. Le terroir de Chauvin entre alors en jeu. L’argile présent à un mètre de profondeur maintient un stress hydrique modéré très qualitatif et une certaine fraîcheur, permettant une excellente maturation des pellicules. La véraison se fait de façon lente et étalée sur plusieurs semaines dans un contexte de déficit en eau, favorisant un épaississement des pellicules et un chargement en polyphénols, pour une belle concentration. Au 31 août, la véraison de tous les cépages est terminée, elle aura commencé le 5 août ! Les nuits chaudes en août se rafraîchissent à partir de septembre, avec une quasi absence d’orages estivaux. Cet écart de température entre les nuits et le jour favorise la richesse en polyphénols des baies. Après la sécheresse du mois d’août, de légères précipitations salvatrices à la mi-septembre redonnent un élan à la maturation, sans pour autant diluer le contenu de la baie : l’équilibre acide / alcool est ainsi rétabli, avec des degrés potentiels d’alcool autour des 14 % et un potentiel aromatique important. Le millésime reste tardif, mais le magnifique mois d’octobre permet d’atteindre une parfaite maturité des baies. Entre dégustations des baies quotidiennes et analyses de maturité, une météo clémente nous permet d’aborder les vendanges en toute sérénité, avec un potentiel tannique et en anthocyanes optimal, et une belle extractibilité. 24
  • 25. Millésime2016àBordeaux-Chauvin Des vendanges historiques : Les vendanges se font en cagettes de petite capacité, et démarrent par le merlot, du 6 au 17 octobre. Le cabernet franc est ensuite récolté les 17 et 18 octobre, et enfin le cabernet sauvignon le 20 octobre. Pour la propriété, ces dates sont historiques : ces vendanges sont parmi les plus longues et les plus tardives du Château Chauvin, dans des conditions exceptionnelles ! Une vinification dans le respect de la matière première : Les raisins obtenus sont extrêmement sains. Le tri manuel minutieux à la parcelle, suivi par le tri au chai d’abord par densité puis de nouveau manuel, sélectionnent les meilleurs fruits : seules les baies parfaitement mûres et non flétries sont encuvées. La vendange est d’abord mise en chambre froide afin de faciliter une fois en cuve, la macération pré-fermentaire à froid qui se fait sur 5 jours entre 5 et 8°C afin d’y extraire tous les meilleurs composés de la pellicule. Les extractions se font en douceur et facilement, compte tenu du potentiel initial important, et sont pilotées par la dégustation quotidienne. Les fermentations sont conduites une dizaine de jours pour atteindre 28°C environ en macération finale à chaud. Une fois la fermentation alcoolique terminée, la fermentation malo-lactique se fait en barriques pour les deux tiers du volume, pour une meilleure intégration du bois dans le vin. L’élevage est fait en barriques de chêne français, dont 60% de barriques neuves, pourcentage adapté à la qualité et au potentiel du millésime. Forgé dans des conditions extrêmes, 2016 s’annonce être un millésime historique, mais il est avant tout pour nos équipes et nous une très grande fierté. Il s’agit d’un millésime marqué par le climat, valorisé par le terroir de Chauvin, unique par son parcours thermique et hydrique hors normes. Il est la preuve que rien n’est jamais joué d’avance ! 2016, la dégustation : Château Chauvin 2016 se caractérise par une couleur intense, un nez distingué, qui dévoile à l’aération un joli fruit, indiquant une belle maturité. En bouche, l’attaque révèle une belle concentration et une grand complexité, portée par une trame tannique élégante et soyeuse. Sa fraîcheur et sa tension sont remarquables. Un grand millésime, avec un très bon potentiel de garde. Folie de Chauvin 2016 est d’abord plus immédiat, et donne un bel aperçu de ce grand millésime : un nez gourmand, en bouche un fruit généreux, enrobé par des tanins d’une grande finesse. 25
  • 26. Pour la troisième année, la nouvelle identité visuelle de la propriété illustre les bouteilles de Château Chauvin. Nous avons puisé dans l’histoire du Château ce nouvel habit, inspiré d’une étiquette de 1929, et orné d’une allégorie de l’attachement à sa terre traduisant le sens du mot « Chauvin ». Cupidon, dieu de l’Amour, arbore fièrement une bannière représentant le lion emblématique de Saint- Emilion, sa terre qu’il surveille avec un regard bienveillant. Folie de Chauvin, second vin créé par Sylvie Cazes en 2014, trouve aussi son origine dans les racines de la propriété, et joue sur le double sens du mot « folie ». La folie, c’est tout d’abord cette maison de campagne que Victor Ondet acquiert avec le vignoble de Chauvin à la fin du XIXe siècle, et qu’il dédie à l’accueil, au partage et à la convivialité. La folie exprime également la déraison de la passion : il s’agit d’un vin dont le charme séduit de façon irrésistible. Sur son étiquette, nous retrouvons Cupidon et son lion, le symbole de la propriété. Mars 2017 Millésime2016àBordeaux-Chauvin http://www.chateauchauvin.com 26
  • 27. Château Grand Corbin Grand Cru Classé, Saint-Emilion Antoine Couthures - Régisseur 2016 : Le millésime de tous les excès C’est après un hiver doux, mais les pieds dans l’eau que nous débutons cette nouvelle saison. En effet, des cumuls de pluies exceptionnelles sont enregistrés au printemps. L’accès aux parcelles en tracteurs devient même impossible pendant plusieurs semaines. Cela commence bien ! Avec des précipitations fréquentes, c’est encore la pluie qui vient rythmer notre calendrier jusqu’à mi-juin. Ce sont donc des conditions difficiles et favorables au mildiou qui nous accompagnent nécessitant ainsi une extrême vigilance du vignoble. Des mesures de prophylaxie tels que l’effeuillage précoce des deux côtés, le décompactage de la zone fructifère et le maintien de l’enherbement nous ont permis de contenir la pression. Inespéré, le soleil vient enfin chasser les nuages à partir du 20 juin. Bien décidé à s’installer durablement, il reste pendant toute la période estivale et nous fait ainsi passer un été sans une seule goutte ! Dans ces conditions d’ensoleillement, la maturation se fait de manière parfaitement homogène. Les vendanges manuelles commencent doucement et très surement, début octobre, dans des conditions optimales. Le fruit est riche et abondant. En cave, très rapidement, le raisin libère toute la puissance de ce millésime exceptionnel ! 2016 sera inoubliable. Février 2017 http://grand-corbin.com Millésime2016àBordeaux-GrandCorbin 27
  • 28. Un grand millésime, structuré, tendu, enjôleur Mercredi 15 février la plupart des propriétaires et responsables techniques des Crus Classés de Sauternes et Barsac se sont réunis au Château Guiraud pour la traditionnelle dégustation interne du millésime primeur. L’occasion pour chacun de dévoiler ce millésime, exprimé de multiples façons au gré des terroirs et des hommes qui l’ont façonné… C’est toujours un moment recueilli, important, avec son petit lot de suspens…Particulièrement cette année avec ce 2016 pas si simple… (si tant est que le mot « simple » puisse un jour convenir à Sauternes, à la nature de ses vins, comme à leur élaboration). Alors, c’est un bonheur et une fierté de découvrir un ensemble d’une formidable homogénéité, avec des vins structurés, tendus et précis marqués par un fruit très attrayant et des notes florales qui leur donnent beaucoup de charme. Les vins sont déjà très expressifs, vivants avec une belle dynamique… La palette est très diversifiée, chaque propriété a son identité, on reconnait les styles des quartiers de Sauternes, c’est un beau parcours au cœur de la nature celle des terroirs comme celle des hommes. Les choses n’avaient pourtant pas bien commencé avec une météo très contrastée marquée par un printemps exécrable, (avec, Dieu merci, une accalmie début juin au moment de la fleur) et un été exceptionnellement sec. Les vendanges se sont étalées entre la troisième semaine de septembre et la seconde de novembre, sur 4 tries en moyenne. A partir du 10 octobre, le rythme s’accélère avec le développent plus rapide d’un botrytis idéal, d’une grande pureté qui marquera le cœur du millésime. Des pluies interviennent le 23, beaucoup ont terminé, les quelques domaines qui ramasseront après cet épisode (vite oublié grâce à un vent constant et bienvenu) seront toutefois étonnés de la qualité de ce dernier lot qui rentrera souvent dans l’assemblage du grand vin. Le mélange de toutes ces tries avec un assemblage de botrytis récolté à des périodes de maturité différentes est très intéressant. 2016 fait incontestablement partie de la série des grands millésimes, il est à la fois imposant et vif, doté d’un bel équilibre. Même si on sait que sa structure est taillée pour une longue et belle garde, on a du mal à résister dès aujourd’hui à son fruit enjôleur et sa nature ouverte et accessible …. Février 2017 28 Millésime2016àSauternesetBarsac
  • 29. Château Guiraud Grand Cru Classé en 1855, Sauternes Xavier Planty - Directeur Le millésime 2016 se distingue par son caractère exceptionnel qui a demandé une attention toute particulière sans laisser un moment de répit pour l’équipe de la propriété. Luc Planty, chef de culture, nous narre les diverses péripéties du vignoble qui ont influencé une récolte 2016 tant qualitative que quantitative. Décembre-Février La vigne est taillée pendant un hiver très doux par le personnel de la propriété, formé chaque année à cet exercice, pour améliorer, comprendre et respecter le vignoble en permanence. Mars-Avril Mi-mars, le sommeil hivernal de la vigne se termine très tôt. La température est basse et la pluviométrie est importante. Le gel tardif est évité sur une grande partie du vignoble. Aux alentours du 10 avril, la reprise de l’activité du système racinaire fait pleurer la vigne et laisse les premières feuilles apparaître joyeusement sur la vigne. Château Guiraud entame son 6ème millésime certifié en Agriculture Biologique. Au-delà de cette certification AB, les pratiques environnementales développées sur la propriété protègent la vigne de ce printempsparticulier.L’applicationducompostliquide,encomplémentarité des tisanes et du purin, renforce manifestement la plante. Mai-Juin La pluie n’arrête pas de tomber. Début juin, nous enregistrons, à quelques millimètres près, autant de pluie que sur la totalité de l’année 2015. Contre toutes attentes, la nature nous gâte. La floraison se déroule entre le 6 et le 15 juin. La fleur s’épanouit sous un temps ensoleillé et sec journalier, avec une température variant entre 18°C et 22°C. Les rameaux grandissent à leur guise. Millésime2016àSauternesetBarsac-Guiraud 29
  • 30. Juillet La pluie reprend, après la floraison, pour s’arrêter le 11 du mois et ne plus revenir jusqu’en septembre. A ce stade, la pression maladie est nulle, les dégâts climatiques sont minimaux, la prévision de la récolte est propice. En comparaison avec les millésimes antérieurs, nous observons une cadence de traitement dans le vignoble en constante diminution, avec une réduction des quantités de cuivre utilisées. La cure préventive dispensée en début de campagne a permis de sortir indemne de ce début d’année très particulier. Août-Septembre Les réserves hydriques accumulées pendant le printemps permettent une magnifique maturation des raisins. L’année 2016 annonce un millésime basé sur l’excellence. Le temps des vendanges Bordeaux Blanc sec, Le G de Château Guiraud Le 6 septembre, 30 vendangeurs démarrent tranquillement la récolte manuelle des baies matures à souhait. Du 7 au 22 septembre, c’est à présent 90 sécateurs qui s’actionnent pendant 8 jours de vendanges. Les conditions sont optimales, avec toujours un petit regard sur la météo qui annonce de temps à autres des risques d’orages. Nous sommes passés au travers, heureusement. Sauternes, Château Guiraud, 1er Grand Cru Classé en 1855 et Petit Guiraud Le 22 et 23 septembre, le microclimat propice au développement de la pourriture noble s’installe tardivement. Avec l’apparition du soleil au cours de la matinée, le brouillard disparaît laissant place aux températures chaudes qui vont sécher et concentrer les raisins. La récolte débute le 22 septembre dans un vignoble homogène et parfaitement sain. Plus de 150 vendangeurs s’affairent à la 1ère trie de nettoyage sur la propriété. Les choses sérieuses commencent et l’équipe est aux aguets. Le 29 et 30 septembre, le nettoyage reprend avec la 2ème trie une semaine plus tard. Des beaux et petits volumes sont récoltés. Le vignoble est « remis à zéro », le Botrytis cinerea peut alors s’implanter lentement, avec homogénéité. Ces tris de nettoyage laissent place à une pourriture jeune, ce qui fournira aux vins sa traditionnelle netteté aromatique et sa douceur épicée. Millésime2016àSauternesetBarsac-Guiraud 30
  • 31. Le 11, 12 et 13 octobre, le rythme des vendanges va crescendo avec la 3ème trie. La pourriture noble se développe avec une rare pureté. Ce millésime promet d’être étincelant. Du 17 au 22 octobre, le tempo s’accélère avec la 4ème trie. La climatologie est idyllique. Les cagettes sont remplies de belles baies nobles, rôties et très fraiches. Il s’agit vraisemblablement de la trie la plus importante de ce millésime. L’équipe vendange avec une grande facilité à un rythme soutenu. 97% de la récolte est alors entre nos mains. Dans le chai, tout reste à faire. Le 23 octobre, le pluviomètre indique 15mm. Nous sommes bien heureux que la récolte soit quasi-finie. Le 27, 28 et 29 octobre, Après la pluie, une bonne ventilation permet d’assécher les baies, la 5ème et dernière trie permet de ramasser les quelques grappes restantes. Nos premières impressions, une beauté pour les papilles Le 8 décembre, les premières dégustations de nos lots de Sauternes confirment nos impressions. Chaque lot offre de grandes surprises ! L’assemblage donnera un très grand Château Guiraud, prônant avant tout, la signature de la propriété : « La fraîcheur tout en tension ». Sans aucun doute, 2016 sera un millésime exceptionnel. Chiffres clés Surface récoltée : 95.32 ha (G de Château Guiraud : 29.46 ha - Sauternes : 65.86 ha). Jours de récolte : 23,5 jours (G de Château Guiraud : 8 jours - Sauternes : 15,5 jours) Soit 13 763 heures travaillées avec une moyenne de 90 saisonniers par jour. Janvier 2017 http://www.chateauguiraud.fr Millésime2016àSauternesetBarsac-Guiraud 31
  • 32. Château Monestier la Tour Bergerac Corinne Comme - Directrice Technique Pouvez-nous résumer en quelques lignes le cycle de la vigne en 2016 ? Printemps pluvieux jusqu’au 23 juin, le plus terrible s’est passé du 15 au 23 juin, avec des pluies intenses de 40 à 50 mm d’eau par jour. A partir de juillet, été très sec avec orages le 13 septembre, qui a permis de fournir et faire grossir les grappes. Les points forts et délicats Point fort : été chaud et sec Point délicat : les positionnements de traitement étaient difficiles, nous avons dû faire face à une météo capricieuse et des pluies continues. Les dates et le déroulement des vendanges Vendanges des blancs : sauvignon le 21/09/16, rosé le 26/09/16, sémillon et muscadelle le 28/09/16. Les vendanges ont été faites la nuit pour garder la fraicheur et les arômes. Vendanges des rouges : merlot, cabernet franc et malbec le 06/10/16 et le cabernet sauvignon le 7/10/16. Conditions climatiques exceptionnelles, vendanges faites à maturité. Belle homogénéité des grappes. Quelles ont été les caractéristiques de cette année ? Millésime tardif, éprouvant mais de belle qualité, très belle surprise. A votre avis, quelle sera la spécificité du 2016 ? Sur les secs : vin de grande intensité aromatique avec des parfums d’agrumes Sur les rouges : couleur soutenue, très jolis fruits avec des tanins souples sur les Bergerac et plus structurés sur le grand vin. Aucun défaut, nous ferons ce que nous voulons ! A quel autre millésime le 2016 vous fait-il penser ? Millésime comparable à 2005 et 2010 Et quelques lignes sur le 2016 : Les complications climatiques ont, malgré tout, permis de réaliser un millésime exceptionnel. Pour un vignoble en pleine conversion biodynamique, 2016 peut être qualifié comme millésime de tous les défis mais avec une fin heureuse… Décembre 2016 Millésime2016àBergerac-MonestierlaTour http://www.chateaumonestierlatour.com 32
  • 33. Vignobles Lorgeriil Languedoc-Roussillon Miren de Lorgeril - Propriétaire Histoire de la passionnante, longue et finalement très belle année 2016… « En 30 ans, je n’ai pas connu d’année avec autant de rebondissements … pour un résultat final d’une qualité exceptionnelle ! » estime Nicolas de Lorgeril. Les vignobles du Languedoc ont été comme d’autres, marqués par un printemps instable, entraînant des dégâts de gel et de grêle, mais permettant aussi de belles réserves hydriques. En juillet, l’alimentation hydrique restait satisfaisante sur nos hauts coteaux grâce aux pluies généreuses et régulières ; le très bon état sanitaire du vignoble laissait espérer une belle récolte équilibrée. L’été a été très chaud et sec, mais décalé de 6 semaines. La période de canicule a démarré mi-août et a été très chaude, très longtemps, en valeur absolue, mais surtout par rapport à l’avancement du cycle de maturation. Le gonflement des baies a été stoppé et les teneurs en sucre se sont vite concentrées, conduisant fin août à des raisins petits, contenant des taux de sucre préoccupant pour les degrés d’alcool potentiel qu’ils laissaient prévoir. Deux beaux orages ont renversé la tendance la première semaine de septembre, rééquilibrant les baies et ramenant un temps frais qui a permis aux zones plus fraîches et tardives de reprendre une maturation équilibrée et lente ; ce sont les zones de prédilection de nos domaines, tous installés dans des zones d’altitude ou de courant d’air frais, fil rouge de notre maison. Les vendanges ont pu démarrer aux dates habituelles (28 septembre - 17 octobre pour les rouges), avec une pleine maturité de raisins savoureux et charnus à la dégustation. La petite taille des baies a produit une « petite récolte » • - 20% en ouest Languedoc : Cabardès au château de Pennautier, Minervois et La Livinière, au Domaine de la Borie Blanche • - 10% ailleurs : Faugères, Saint-Chinian au château de Ciffre, Coteaux du Languedoc et Roussillon au Mas des Montagnes. Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Lorgeril 33
  • 34. La crainte de concentration disharmonieuse en raison de la petite taille des raisins a été déjouée par des fermentations différentes : privilégiant l’extraction d’arômes à basse température, avant de lancer des fermentations que nous avons conduites avec douceur et peu d’extraction, sur une durée moins longue que d’autres années. L’extraction s’est ainsi faite naturellement et lentement et nous avons eu la joie de découvrir un millésime particulièrement sur le fruit, ample, souple et long en bouche. Les vins sont ‘venus tout seuls’, sans efforts… Bref la Nature nous a récompensés de nos frayeurs et de notre patience, faisant elle-même le travail du millésime 2016. Bernard Durand, Directeur Technique des Domaines, précise que « les cépages bordelais qui ont bénéficié des pluies du printemps, ont atteint un niveau d’anthocyanes et d’IPT supérieurs aux années précédentes, des MP plus bas (tanins non astringents) et des équilibres acides proches de ceux de 2010/2011 : pH peu élevés et niveau de malique correct. La qualité des feuillages a par ailleurs permis aux syrah de mûrir pleinement». Ce sera donc un très grand millésime pour les zones fraîches du Languedoc et des Roussillon Village d’altitude. Zones d’élection de la Maison Lorgeril. Décembre 2016 http://www.lorgeril.com Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Lorgeril 34
  • 35. Château de Caraguilhes Corbières Etienne Besancenot - Directeur Technique Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Caraguilhes Un hiver sec et doux, un printemps frais et humide, puis 4 mois sans une goutte de pluie du 14 mai au 14 septembre, voilà ce qui caractérise en grande partie 2016. Un printemps froid n’est jamais bon pour la bonne vie du sol qui doit restituer les éléments à la vigne. La vigne est donc partie avec quelques carences selon les parcelles car les sols ne se sont pas réchauffés assez vite. C’est en partie pour cette raison que nous avons connu un phénomène de coulure important sur les grenaches et donc une très faible récolte sur ce cépage. Les autres cépages ont trouvé un équilibre au cours du printemps et à partir de début juin avec des chaleurs intéressantes pour le développement de la vigne. Nous avons connu ensuite une période très sèche et chaque pied de vigne a montré son incroyable résistance au manque d’eau. Nous avons vu là la réalité du terroir de Boutenac qui se caractérise par ce qu’on appelle des molasses du miocène, matrice argileuse qui fonctionne comme une véritable éponge restituant modérément l’eau aux plantes pendant l’été. Entre temps, nous nous sommes penchés sur la biodynamie et 3 parcelles ont donc subi les préceptes de Rudolf Steiner : la syrah plateau, le carignan forge et la syrah combe. Nous développons cette année les surfaces mais sommes encore en phase d’observation avant d’être pleinement convaincus. Nous travaillons en parallèle à la cave pour limiter au mieux l’usage des sulfites. Cette année, aucun raisin n’a été sulfité à l’entrée en cave. Leur excellent état sanitaire nous a permis de le faire. Le but est d’essayer de contrôler au mieux l’usage des sulfites dans les vins. Nous observons des doses déjà fables sur nos vins mis en bouteille (le Classique 2014 ne dépasse pas 35mg/L de SO2 total) 35
  • 36. http://www.caraguilhes.fr Millésime2016enLanguedoc-Roussillon-Caraguilhes 2016 reste un millésime tardif. Nous avons des dates de vendanges similaires à 2013 avec des syrah que nous avons commencé à récolter début octobre. Mais mieux que 2013, l’état sanitaire était parfait cette année, le choix de date de récolte a donc été fait uniquement sur la bonne maturité du raisin. Les syrah et carignan offrent de très belles expressions de fraîcheur et de profondeur. Les Blancs, souvent plus sensibles aux fortes chaleurs et aux périodes de sécheresse, offrent une belle suavité méditerranéenne en gardant une réelle fraicheur que l’on recherche pour nos équilibres. C’est donc un millésime encore différent. Nous n’avions pas connu une telle saison depuis notre arrivée en 2007. 2016 aura donc sa personnalité propre comme l’ont eu 2015, 2014 et 2013 dans des styles très différents. L’effet millésime se fait de plus en plus ressentir dans les Corbières... Février 2017 36
  • 37. Millésime 2016 en Bourgogne, la belle surprise ! Les Bourguignons aiment les histoires qui finissent bien. Les vins de Bourgogne du millésime 2016 exhaussent ce souhait, affichant une qualité inespérée au vu d’un démarrage compliqué. Les évènements climatiques du printemps ont amputé la récolte, qui sera sans doute parmi les plus petites de ces 20 dernières années. Ils n’ont heureusement pas empêché d’élaborer des vins à la hauteur des attentes des amoureux de la Bourgogne. Une nuit de glace La nuit du 26 au 27 avril restera gravée dans la mémoire de tous les Bourguignons. C’est une gelée de printemps historique, alors que les premières feuilles sont déjà là. Si certains secteurs sont coutumiers de ce phénomène, son ampleur géographique est inédite. Quelques jours plus tôt, un violent orage de grêle a frappé le sud du vignoble. Le 27 mai, la grêle touche de nouveau le Mâconnais et le nord Bourgogne. Une partie importante de la récolte est d’ores et déjà compromise. Chacun s’attèle cependant à préserver ce qui a été épargné et à soigner les vignes blessées. Personne n’imagine ce qu’il peut advenir de ce millésime. D’un extrême à l’autre Le jour du solstice d’été (21 juin), la tendance s’inverse radicalement. Après un printemps particulièrement humide et froid, soleil et chaleur s’imposent. Ce changement soudain permet aux vignes de reprendre des forces. Les parcelles rattrapent le retard pris au début du cycle végétatif. Après l’excès d’eau, le manque se fait sentir par endroit, heureusement limité par quelques pluies salvatrices, en septembre, qui donnent aux fruits l’occasion de mûrir dans de très bonnes conditions. Celles-ci vont se poursuivre jusqu’à fin octobre, offrant l’opportunité à chaque parcelle d’être récoltée au moment idéal. Les vendanges démarrent vers le 20 septembre et s’étendent durant un mois. 37
  • 38. Au final… un millésime de qualité Les raisins récoltés sont parfaitement sains, mûrs et des plus appétents ! Autre bonne surprise, la vigne a profité de l’été pour repartir, arborant une végétation foisonnante qui ouvre de belles perspectives pour le millésime 2017. Le vignoble présente néanmoins deux situations opposées : très peu, voire pas de récolte sur les parcelles gelées ou grêlées ; a contrario, de beaux rendements sur les secteurs épargnés. Au cours des vinifications, le potentiel qualitatif se confirme très rapidement. Les équilibres en bouche, qui confèrent élégance, finesse et structure aux vins, en blanc comme en rouge. Ils constituent la signature inespérée de ce millésime. En 2016 plus que jamais, chaque vigneron a laissé une part de lui-même dans ses vins, qui reflètent l’histoire de ce millésime unique. Les vins blancs Aladégustation,cesvinsprésententlatensioncaractéristiquedesblancsde Bourgogne. Il y a déjà une belle matière, qui devrait pleinement s’exprimer à l’issue des fermentations malolactiques. La palette aromatique, marquée par les fruits blancs, devrait également s’enrichir au cours de l’élevage. Les vins rouges D’un rouge profond et éclatant, les couleurs surprennent par leur intensité. Séduisantes, elles révèlent ce que le nez, encore un peu timide, ne dévoile pas pour le moment : des vins qui donneront du plaisir. La bouche, fraîche et tendre, confirme cette première impression, soutenue par une belle ampleur. Il faudra cependant attendre quelques mois pour découvrir toute la personnalité de ces vins. Communiqué complet, ici Bourgogne, 20 novembre 2016 http://www.vins-bourgogne.fr 38
  • 39. Maison Louis Jadot Bourgogne Frédéric Barnier - Directeur Technique Millésime2016enBourgogne-LouisJadot L’hiver 2016 fut tardif avec quelques températures plus froides en février et mars. Il a été plutôt humide par rapport à la moyenne. Début avril arrivent les premiers signes de réveil de la vigne ce qui place ce millésime dans une précocité toute relative et très comparable à 2015. Ce tout début de printemps est plutôt doux et régulièrement arrosé puis courant avril plus frais. Dernière semaine d’avril, une vague de froid venu du pôle Nord pénètre au cœur de nos vignobles. Un gel tardif qui selon les secteurs, prend les premières pousses au petit matin du 27 avril avec une humidité dans l’air très importante (-4°C dans l’Yonne mais seulement -1/-2°C en Côte d’Or suffisent à détruire un très fort pourcentage des bourgeons). Ce qui n’est pas détruit par ce gel l’est par l’effet loupe du soleil qui, comble de malheur brille ce matin-là… Le Beaujolais et le Mâconnais sont globalement épargnés (sauf quelques vignes au Nord du Mâconnais) mais les dégâts sont lourds en Côte d’Or de Marsannay à Rully en passant par Chambolle ou Savigny et dans le Chablisien (autour de Chablis notamment). Se suivent les mois d’avril, mai et une partie de juin avec de nombreuses perturbations et des températures globalement en dessous des normales de saisons. La végétation stagne et les vignes gelées restent muettes pour le moment. La grêle tombe le 13 avril dans le Chablisien (Nord) et la Saône et Loire (Pouilly, Fuissé, Saint-Vérand). Le 13 mai puis le 27 mai en Mâconnais (Vergisson, Prissé) et Beaujolais (Romanèche, Chapelle de Guinchay) et touche aussi une partie du chablisien (Préhy, Courgis). Le 24 juin en Beaujolais une nouvelle fois et mi-juillet quelques piqûres à Chassagne et en Côte Chalonnaise (sud). C’est un début de saison très compliqué avec une pression de mildiou sans précédent dans un contexte de vignes fragilisées par les incidents climatiques. 39
  • 40. Juillet voit cependant l’arrivée d’un temps beaucoup plus clément. Enfin, des températures d’ailleurs au-dessus des normales en juillet, août et septembre. Première réaction de la plante, elle pousse vite et fort sur des sols dont la réserve hydrique est importante ! Nos vignerons courent dans les rangs pour la contenir. La fleur passe fin juin, parfois début juillet sur des vignes gelées ce qui place cette fois 2016 dans les années tardives (très comparable à 2013). La véraison intervient dans la deuxième partie d’août et certains raisins changent de couleur dans les premiers jours de septembre. Il faudra donc attendre et se montrer patient sur les vignes chargées. Contraste avec le début de saison, en cette fin septembre on manque d’eau car l’été fut assez sec en Côte d’Or (moins dans le Beaujolais et Mâconnais ou Chablis). Cette nécessaire pluie nous l’aurons le 17 et 18 septembre et nous décidons d’attendre et de capitaliser cette eau pour laisser la plante repartir en maturation. Les raisins sont sains et semblent tenir bon. Nous lançons les vendanges le 27 septembre (10 jours cette année, 12 en 2015). Les conditions de récolte ont été excellentes. Notre patience est récompensée et le niveau de maturité est très intéressant. Les rouges sont tendres, avec des tanins mûrs et souples, les robes sont superbes d’un noir profond. Les blancs ont été cueillis avec de beaux équilibres et les fermentations ont été dynamiques. Février 2017 http://www.louisjadot.com/fr/ Millésime2016enBourgogne-LouisJadot 40