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Décharger les soignants des tâches
administratives et offrir une solution simple
de suivi
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Biloba
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digital de manière intelligente
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La solution de virtualisation de logiciels et
de gestion IT
Avec Semeia nous offrons une solution de
télésurveillance des patients pour les
professionnels de santé.
Nous avons fait le double constat suivant : les
malades sont de plus en plus nombreux, en
particulier avec le développement de maladies
chroniques, alors que le nombre de médecins et
infimiers/ères est constant voire en diminution. Il y
a mécaniquement moins de médecin par patient
et donc moins de disponibilité pour assurer un
suivi au long cours. Un autre effet vient s’ajouter, la
médecine est devenue de plus en plus pointue,
avec des normes, la gestion des données, etc. Les
soignants n’ont pas le temps de réaliser les tâches
administratives tel que la saisie de données dans
les systèmes de suivi.
Nous avons donc voulu répondre à cet enjeu :
comment offrir une solution de suivi des patients
non chronophage pour les soignants ?
Pierre Hornus
Semeia : décharger les soignants des
tâches administratives et offrir une
solution simple de suivi
Pierre Hornus, cofondateur de Semeia | Propos recueillis par Flavie Joos, Novembre 2021
Pierre Hornus, le cofondateur de Semeia,
propose une solution de télésurveillance des
patients.
Quel est le concept développé par Semeia ?
Concrètement, comment fonctionne
Semeia ?
D’où viennent les données sur les patients
et comment sont-elles traitées ?
4
Un corps sain
La principale difficulté à surmonter est la recherche
et la structuration de la donnée. Les données
exploitées par notre solution viennent de deux
sources principales.
D’une part, la carte vitale des patients regroupe un
ensemble des données très riche qui sont
destinées en premier lieu au remboursement mais
qui peuvent aussi être exploitées pour en tirer des
informations médicales utiles aux soignants. On
retraite et on structure ce flux pour en extraire des
données médicales utiles à la mise en place de
suivi personnalisé. Par exemple, on peut extraire les
données sur les derniers rendez-vous chez un
radiologue qui nous donne l’information sur le type
d’acte opéré (par exemple une mammographie)
que nous allons traduire dans un langage médical.
Puis une ordonnance prescrite par un médecin
généraliste va nous permettre de créer une alerte
de suivi sur les effets indésirables ou des
interactions entre les deux traitements prescrits
par le radiologue et le généraliste. En gros, on «
remédicalise » l’information fournie par la sécurité
sociale. Ce sont des données fiables et robustes car
elles sont liées à la facturation des actes médicaux.
Semeia permet de récupérer les données de
manière automatique et structurée. Nous
développons des algorithmes, parfois complexes,
pour lever des alertes, identifier des patients à
risque, etc. Nous visons à limiter les travaux
administratifs et les saisies par les médecins ou
patients.
Actuellement, notre solution est opérationnelle
pour un périmètre bien défini de patients :
• Greffes de rein ou poumon où le suivi est
primordial du fait de risque important sur le
greffon,
• Cancer du sein où l’adhésion au traitement est
critique pour éviter toute rechute ou récidive,
Seuls les infirmiers/ières intégrés
à notre réseau sont autorisés à
accéder aux données de santé
• Le suivi des personnes bipolaires,
• La rhumatologie.
Nous travaillons à faire évoluer notre solution pour
toucher un plus large panel de patients.
Semeia : décharger les soignants des
tâches administratives et offrir une
solution simple de suivi
Pierre Hornus, cofondateur de Semeia | Propos recueillis par Flavie Joos, Novembre 2021
La deuxième source principale de données est
issue des analyses biologiques réalisées en
laboratoire. Ce sont des fichiers textes envoyés au
médecin prescripteur que nous normalisons et
structurons dans une base de données.
Sur ces deux sources, nous appliquons des règles
de gestion afin d’identifier les traitements et les
actions de suivi.
Enfin, seules les infirmiers/ières intégrés à notre
réseau sont autorisés à accéder aux données de
santé. Pour les data scientistes, nous donnons
accès aux données anonymisées, dans une « bulle
sécurisée » ou toutes leurs actions sont
enregistrées et tracées. Ainsi, nos équipes ne
peuvent pas croiser des données qui
permettraient d’identifier les patients. Nous avons
développé un serveur agréé par la CNIL, ce qui fut
long et coûteux mais nous permet maintenant de
créer des modèles pertinents en toute sécurité.
5
Pierre Hornus
Quel bilan à date et quelles perspectives
d’évolution ?
Aujourd’hui, nous sommes 30 personnes, réparties
entre Toulouse et Paris. Nous accompagnons 20
hôpitaux et environ 1 000 patients.
Nous souhaitons élargir notre périmètre
d’intervention à d’autres pathologies ; par
exemple, le suivi pour les greffes de poumon date
d’octobre 2021 et pour le cancer du sein de juin
2021. Dans un hôpital, l’organisation se fait par
services selon les pathologies. Ce qui implique que
chaque service se dote d’un outil adapté à ses
besoins, ce qui démultiplie les outils au sein de
l’hôpital. Ceci explique que le marché soit très
fragmenté, avec des entreprises en concurrence
et spécialisées par pathologie. Les médecins
échangent entre eux et diffusent la connaissance
sur les différentes solutions à disposition selon les
besoins.
A plus ou moins court terme, nous souhaitons
aussi ouvrir notre service aux professionnels de
santé de ville. Pour cela, nous allons passer par les
communautés professionnelles territoriales de
santé (CPTS) financées par les ARS (agences
régionales de santé), les CPAM (Caisses Primaires
d’Assurance Maladie) et les collectivités
territoriales et qui visent à structurer l’organisation
et les outils à disposition des professionnels de
santé d’une région.
Enfin, nous avons aussi comme projet de travailler
en étroite collaboration avec les Ehpad afin de
permettre aux personnes âgées dépendantes qui
souhaitent restées chez elles d’être
accompagnées « hors les murs » de l’Ehpad.
Un corps sain
Quel est l’historique du projet ?
De formation actuaire, j’ai commencé ma carrière
dans le conseil ; j’ai réalisé beaucoup de missions
pour l’assurance maladie. C’est comme cela que
j’ai découvert l’importance du sujet des données
dans la santé. Aussi, mes parents sont médecins,
ce qui m’a permis d’être très tôt sensibilisé aux
questions de santé.
L’idée m’est donc venue de travailler sur les
données de la sécurité sociale pour y exploiter les
informations utiles au suivi. Nous avons créé le
projet au cours d’un hackathon organisé par la
sécurité sociale sur le sujet du bon usage des
données de prescription. Je me suis associé avec
mon colocataire de l’époque ayant un profil
ingénieur et avec un troisième collaborateur au
profil commercial. Nous avons démarré le projet
en 2017.
Nous souhaitons aussi ouvrir
notre service aux professionnels
de santé de ville.
Comment voyez-vous l’accompagnement
du pouvoir public dans la Medtech ?
Au sein de Semeia nous avons la Banque des
Territoires comme actionnaire. Cela nous semble
important et sain d’être sur un investissement
social et un financement avec des fonds publics.
Semeia : décharger les soignants des
tâches administratives et offrir une
solution simple de suivi
Pierre Hornus, cofondateur de Semeia | Propos recueillis par Flavie Joos, Novembre 2021
Côté patient, il y a très peu de refus car ce sont les
médecins qui proposent le suivi à leurs patients ce
qui favorise leur confiance. De plus, ce sont des
patients aux pathologies lourdes et chroniques
qui connaissent l’importance du suivi pour le
traitement de leur pathologie. La plateforme pour
le patient reste limitée pour l’instant (messagerie
instantanée). Nous menons un projet d’étude avec
des chercheurs en sociologie et psychologie pour
cibler ce qui intéresserait les patients en termes
de fonctionnalités sur la solution.
6
Pierre Hornus
En France, la e-santé est en pleine effervescence
avec de nombreux projets en développement. Le
covid a mis au grand jour les besoins là-dessus.
Cependant, elle reste fractionnée et manque de
structuration. Il faut désormais amorcer une phase
de maturité pour structurer les initiatives.
Aussi, la FrenchTech de manière générale doit
surmonter un enjeu de taille : attirer et conserver
ses talents ! Ce n’est pas évident de s’aligner avec
les Facebook, Google et autres géants de la tech.
Les jeunes embauchés sont friands de sujets éco-
responsables et RSE, ce que nous essayons de
développer au maximum au sein de Semeia.
L’avenir de la Tech française passe par la recherche
du sens et de l’impact social. Il y a donc un
changement de paradigme, dans la medtech, on
cherche autre chose qu’un travail.
Au sein de Semeia, nous nous attachons à
comprendre les attentes de nos employés, capter
leur feedback ; nous mettons aussi l’accent sur la
transparence en affichant la rémunération des
dirigeants par exemple. Nous allons aussi chercher
à obtenir le label B corp certifiant les entreprises
répondant à des exigences sociétales et
environnementales, de gouvernance ainsi que de
transparence envers le public.
Quel est le niveau d’adhésion des patients
et des médecins à votre solution ?
On remarque depuis la crise du covid, une
nouvelle prise de conscience assez forte de la part
des médecins et de la sphère publique sur la
télémédecine et la télé-surveillance. Chez Semeia,
nous pensons qu’il faut mettre en place les garde-
fous nécessaires : la télémédecine pourra se
développer si on donne suffisamment de
garanties aux patients sur leurs données.
Le traitement des données de santé est spécifique
aux pays, du fait de systèmes différents et de
cultures de la donnée différentes. Par exemple,
nous travaillons actuellement sur les maladies
mentales pour anticiper des crises bipolaires et
faire des prédictions. En France, nous ne pouvons
avoir accès qu’à un ensemble de données limité
sur les téléphones : seulement les métadonnées et
pas de données de contenu. Par exemple, les
données d’ouverture de téléphone peuvent
prédire un épisode maniaque. Mais nous n’aurons
pas accès aux données sur les photos par exemple
qui peuvent donner des informations pertinentes
selon leur contraste. Une étude similaire menée
aux USA donnerait donc davantage de résultats
du fait de données plus précises.
Un corps sain
La e-santé c’est quoi pour vous ?
Côté professionnels de santé, ils sont convaincus
par l’aspect automatique de la solution qui ne leur
crée pas de tâches supplémentaires. En termes
d’adhésion au numérique, le panel est large : des «
geeks » très enthousiastes, des adhérents sans
conviction, des réfractaires, etc. Ce qui est
indéniable c’est que la crise du covid a fait infuser
l’utilité du suivi à distance et a montré que cela
était possible.
Les professionnels de santé sont
convaincus par l’aspect
automatique de la solution
La FrenchTech doit surmonter un
enjeu de taille : attirer et
conserver ses talents !
Benjamin Hardy
Biloba, l’application ATAWAD* de la
pédiatrie
Benjamin Hardy, fondateur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021
Peux-tu nous pitcher le concept de Biloba ?
Biloba est une application de télé pédiatrie qui
offre une véritable consultation médicale par
messagerie instantanée. Biloba n’a pas vocation à
remplacer la consultation « physique » chez un
pédiatre, c’est un nouveau service pour un nouvel
usage qui ne perturbe pas le parcours de soin.
Avec Biloba nous offrons aux parents de
l’assurance et un véritable médecin en quelques
minutes.
Biloba est une application de télémédecine
ayant pour vocation de changer la manière dont
on traite avec nos praticiens de santé : un
médecin, n’importe où, n’importe quand ? C’est
la promesse de Biloba.
*ATAWAD : AnyTime, AnyWhere, AnyDevice
7
Concrètement, comment fonctionne Biloba ?
On a compris qu’il y avait un réel besoin d’expert
de confiance pour répondre à ces questions qui
dépassaient le cadre de la vaccination et
s’intéressaient plus largement à la santé des
enfants ! Il ne s’agissait pas d’ajouter juste une
nouvelle fonctionnalité sur l’application mais il y
avait bien un vrai usage à développer.
A partir de ce
nouveau constat,
on a décidé de
développer une
application avec
un nouveau
modèle. Nous
offrons la
possibilité d’être
connecté à un
professionnel de
santé par
messagerie
instantanée
(chat). L’aspect
asynchrone de la
messagerie
instantanée est
entré dans les
mœurs, c’est une
véritable attente.
L’application est en ligne depuis
2018 et plus de 50 000 parents
l’utilisent
Quel problème as-tu voulu résoudre en
créant Biloba ?
Biloba a trois ans mais l’application telle qu’elle
existe a juste un an, nous l’avons lancée le 2 avril
dernier pendant le premier confinement.
Historiquement, nous avions conçu Biloba comme
une application de suivi de l’état vaccinal des
enfants. Avec mon associé de l’époque, nous
avons créé Biloba car nous étions de jeunes
parents un peu perdus face au sujet des vaccins
des enfants et nous trouvions les outils existants
peu adaptés. Nous avions démarré l’aventure en
réalisant un questionnaire fin 2015 pour des amis
parents en leur demandant : qu’est-ce que vous
comprenez le moins dans le carnet de santé ? La
réponse était sans appel : le carnet de vaccination !
On a donc développé une application pour le
rendre simple et intelligible, avec pour objectif
d’assurer un meilleur état de vaccination des
enfants. L’application est en ligne depuis 2018 et
plus de 50 000 parents l’utilisent.
Nous avions prévu dans l’app une bulle de
discussion « support client » qui a été très vite
détournée par les parents pour poser des
questions sur les sujets auxquels l’app ne pouvait
pas répondre.
Le canal de discussion entre le patient et le
médecin est unique, toujours ouvert et disponible.
Suivant la gestion des plannings, c’est un praticien
différent qui peut répondre ; il a accès à l’ensemble
de l’historique de discussion sur le chat ce qui offre
un véritable outil de suivi du patient.
Concernant le contenu, nous traitons tout ce qui
peut être réalisé en visio-conférence (pas moins !)
grâce à l’envoi de vidéos, photos en asynchrone.
Quoi qu’il en soit, tout ce qui ne peut pas être fait
en présentiel ne peut pas être fait en voie digital,
quel que soit le mode de consultation : visio ou
messagerie. Le contact est tout aussi facile qu’en
visio, parfois même plus aisé : on se permet de
poser des questions « bêtes » par message qu’on
n’aurait pas osé poser en direct ! L’avantage
principal, c’est qu’avec le chat et l’historique de
conversation, on peut « relire » la consultation ; ce
qui est souvent très pratique quand, pris par le
stress de la situation, on ne retient pas tout de la
consultation et des conseils du praticien.
Un corps sain 7
Biloba, l’application ATAWAD* de la
pédiatrie
Benjamin Hardy, fondaeur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021
8
Benjamin Hardy
Enfin, la consultation se solde par un diagnostic et
la délivrance d’une ordonnance (quand
nécessaire) qu’on s’applique à rendre
compréhensible, avec des explications détaillées
sur l’usage de chaque médicament prescrit.
Cela peut paraître contre intuitif, mais la
messagerie instantanée ce n’est pas que de la «
bobologie » et de la réassurance pour les parents :
nos praticiens traitent de vraies questions de
santé comme des sujets dermatologiques,
d’allaitement, d’ophtalmologie, orl, gastro…etc. Au
moindre doute, on redirige les parents vers le
médecin traitant ou les urgences. Bref, on ne
remplace pas le rendez-vous présentiel mais tout
ce qui peut être fait à distance est réalisable avec
Biloba.
Comment est constituée la communauté
de médecins de Biloba ?
Notre communauté de professionnels de santé est
constituée de médecins, généralistes, pédiatres,
infirmières. Nous essayons de construire une
équipe médicale pluridisciplinaire pour faciliter et
encourager la collaboration multi expertises. On
leur met à disposition des espaces pour échanger
sur les bonnes pratiques, enrichir leurs
connaissances selon leur domaine de prédilection.
Concernant les profils, ce sont actuellement des
femmes, mères de famille et ayant une activité
principale libérale ; Biloba est une activité
secondaire.
Un corps sain
Notre modèle de rémunération fonctionne sur la
base d’un statut libéral avec un temps maximum
dédié à la plateforme Biloba (rémunération au
temps passé). L’activité est assez aléatoire, avec
parfois des pics les soirs et les weekends. Les
praticiens font des vacations sur la plateforme
grâce à des plannings préparés quelques semaines
à l’avance selon leurs disponibilités.
Pour l’instant, nous n’avons jamais fait de «
campagne de recrutement » : nos praticiens nous
ont connus et rejoints par eux-mêmes, souvent
grâce au bouche-à-oreille !
Nous avons eu un bon accueil ; peu de
professionnels de santé sont réticents. Peu importe
l’âge aussi, la plupart adhèrent.
Ce qui leur plaît c’est l’idée d’apporter un nouveau
service aux parents. Le logiciel est facile
d’utilisation et surtout ils ont enfin l’impression de
faire du « vrai télétravail » : pas besoin de se rendre
au cabinet !
Les parents sont aussi très gratifiants et
reconnaissants, c’est donc valorisant pour les
professionnels de santé de travailler avec Biloba.
Finalement, cela rend agréable de pratiquer de
cette manière : l’usage est simple et sain. Nos
praticiens sont même les premiers à proposer des
évolutions sur la plateforme !
Quel retour as-tu par les professionnels de
santé sur l’usage de la plateforme ?
L’année 2020 a été l’année la plus intense de ma
vie : nous sommes passés de 2 à 16 personnes en
un an, nous avons plus de 20 000 consultations à
notre compteur, et avons déjà reçu un prix (le coup
de cœur Apple 2021).
Pour la suite, on envisage d’étendre notre cible
avec par exemple le suivi de grossesse. Sur le
même principe, on ne remplacera pas les rendez-
vous chez le gynécologue ou la sage-femme mais
on proposera un service de suivi entre les rendez-
vous pour toute question ou doute.
Quelles sont les suites du développement
de Biloba ?
L’année 2020 a été l’année la plus
intense de ma vie : nous sommes
passés de 2 à 16 personnes en 1 an
Biloba, l’application ATAWAD* de la
pédiatrie
Benjamin Hardy, fondaeur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021
9
Benjamin Hardy
On a donc construit un outil de grande qualité
pour que les gens soient près à payer pour cela :
bonne expérience utilisateur, pas de bug, équipe
médicale performante…etc. C’est « l’expérience
Biloba ». Finalement, nos utilisateurs sont de plus
en plus nombreux, peu de turnover et ne
rechignent pas à payer ! On a beaucoup itéré sur
les prix mais pour nous rendre le service gratuit
(comme ont pu le faire certains de nos
concurrents) c’est transformer le client en produit.
Effectivement, il y a des verrous mentaux à faire
sauter mais ce n’est pas le prix : le verrou c’est de
savoir si mon enfant va bien être pris en charge via
la messagerie instantanée ; le verrou saute très vite
grâce à notre suivi exigeant, un accompagnement
sur mesure.
Il ne faut pas comparer Biloba aux autres services «
gratuits » de la santé mais plutôt aux autres
abonnements qu’on s’offre dans notre quotidien
car cela devient incohérent de comparer quelque
chose de gratuit avec quelque chose de payant.
Notre modèle économique actuel nous permet de
rester indépendant : nous fonctionnons avec un
abonnement et notre prestation n’est pas
remboursée par la sécurité sociale. Nous
souhaitons rester libres de tout système de santé
dépendant d’un pays en proposant un service de
santé en plus dans la vie de tous les jours. Ceci
nous permet donc d’envisager de se développer
dans de nouveaux pays, sans contrainte.
Justement, selon quel modèle économique
fonctionne Biloba ?
En France, c’est compliqué car la santé est «
gratuite » : nous avons un bon système de santé
(même si on a pu se poser des questions
récemment avec la crise du covid), nous sommes
bien soignés mais nous ne nous rendons plus
compte de la valeur des choses. Surtout qu’in fine,
ce sont les citoyens qui payent : charges, CRDS
(contribution pour le remboursement de la dette
sociale) … La question est de savoir : quel est le
juste prix ?
A Paris, par exemple, la moitié des
arrondissements sont considérés comme déserts
médicaux (trop de demande par rapport à l’offre) :
pour gagner en temps et efficacité, nous sommes
convaincus qu’il faut développer la messagerie
instantanée car une consultation visio prend
autant de temps qu’une consultation présentielle
pour un praticien. Les médecins donnent déjà des
petits conseils par message ou sur WhatsApp : la
médecine générale est l’enfant pauvre de la
médecine mais aussi la plus sollicitée ! Les
médecins peuvent passer une ou deux heures par
jour sur des actes non remboursés en donnant ces
conseils par messagerie. Doctolib par exemple
commence déjà à faire du lobbying pour que les
consultations en messagerie instantanée soient
remboursées par la sécurité sociale.
Nous avons pris le parti pris de ne pas se lancer
dans un business model selon le triptyque :
patient / médecin / tiers payant privé ou public.
Car selon nous c’est un modèle perdant : l’usager
n’est pas le payeur !
Un corps sain
L’immédiateté est primordiale ! Si on ne répond
pas en moins de 5 minutes, les patients vont s’auto
diagnostiquer sur google. Internet amène du
contenu infini et nous avons tendance à vouloir
tout, tout de suite et maintenant ! De la même
manière que l’immédiateté s’est immiscée dans
notre quotidien (je veux manger, je commande sur
deliveroo, je veux regarder un film, je vais sur
netflix…), il faut apporter de l’immédiateté en santé
aussi. Ce n’est pas envisageable d’avoir un usage
immédiat pour toutes les industries et tous les
types de services… sauf la santé ! La santé se
réinvente : le secteur est impacté par les nouveaux
usages. Une nouvelle économie de la santé va se
créer.
Comment vois-tu l’avenir de la santé ?
A Paris la moitié des
arrondissements sont considérés
comme déserts médicaux
Biloba, l’application ATAWAD* de la
pédiatrie
Benjamin Hardy, fondaeur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021
10
Benjamin Hardy
Je suis super fier de Biloba, cela va dans le sens de
l’histoire de la santé : c’est simple, utile et de
qualité ; et on paye pour la qualité. Ce n’est pas
une énième nouvelle application de santé. Biloba
apporte de la qualité médicale, évite l’auto
médicamentation et les déplacements inutiles.
C’est aussi une révolution d’usage pour les
patients et une réinvention du métier des
professionnels de santé : finie la partie
administrative, bienvenue au télétravail ! Avec en
bout de course deux objectifs : créer de la
proximité et redonner du temps aux praticiens.
La santé du futur ce n’est pas de l’IA : le diagnostic
est dans le cerveau des médecins ; la technologie
doit juste être utilisée pour simplifier la vie de
médecins… mais un questionnaire de 40 questions
pour faire un diagnostic c’est moins efficace qu’un
médecin !
Je pense que des surcouches administratives et
un peu d’arrogance ont rendu notre système de
santé parfois moins performant que celui d’autres
pays soi-disant en retard, mais qui ont développé
des systèmes de santé innovants. Pour changer le
système, nous prenons le parti pris de développer
de nouvelles choses hors système : cela ne veut
pas dire hors règles mais hors des façons de faire
usuelles ! Nous appliquons les règles mais faisons
différemment ; cela nous permet d’être innovant,
plus créatif et plus lucide aussi.
Ainsi, nous avons réinventé l’ordonnance avec une
vue structurée qui explique la molécule, la
posologie, sans les acronymes incompréhensibles
pour le patient et une vue standard pour le
pharmacien. C’est la même évolution que le billet
de train devenu digital : avant, on n’y comprenait
pas grand-chose car il était conçu pour le
contrôleur mais servait aussi au voyageur. La
révolution d’usage c’était de rendre la chose
simple et accessible sur une application.
Enfin, nous souhaitons rendre le patient acteur de
sa santé ; c’est un enjeu pour la santé de demain.
Par exemple, nous allons lancer une fonctionnalité
pour communiquer les données de santé entre
patient et praticien (et non entre praticiens) pour
fluidifier le parcours de soin.
Un corps sain
Nous avons réinventé
l’ordonnance avec une vue
structurée qui explique la
molécule, la posologie, sans les
acronymes incompréhensibles
pour le patient
Le mot de la fin ?
Camille Corman
Nutrition Personnalisée
Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me | Propos recueillis par Balthazar Dadvisard, Mai 2021
Quel est votre parcours ?
Je suis diplômée de l’ESSEC. J’ai rejoint Unilever
en 2000 en tant que chef de produit puis
d’innovation sur des produits de grande
consommation. C’est pour Unilever que suis
partie à Buenos Aires en 2005 pour travailler sur le
marché de l’Amérique du Sud. Puis nouveau
départ 4 ans plus tard pour San Francisco en 2009
où j’ai travaillé en marketing digital et où j’ai lancé
une première société dans la personnalisation
vestimentaire pour aider les clients à trouver des
habits qui correspondent à leurs goûts,
préférences et à leur morphologie plus facilement
en ligne. Je suis revenue à l’innovation alimentaire
chez The Clorox Company, où ma mission était de
remplacer des composants de formules par des
ingrédients naturels. C’est en travaillant sur le
marché alimentaire américain que j’ai testé des
programmes digitaux innovants de rééquilibrage
alimentaire fondés sur des tests biologiques.
J’entame alors personnellement une vraie
transition alimentaire. Et je rentre en France en
2017 avec pour idée d’adapter le concept aux
besoins et aux spécificités françaises et
européennes.
Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me, a
développé un programme digital innovant de
nutrition bien-être personnalisé.
11
J’ai identifié 3 obstacles clés du changement
alimentaire :
• absence de personnalisation
• absence de suivi au quotidien
• absence d’outil de mesure pertinent.
Le programme digital de nutrition personnalisée
1Food1Me permet de lever ces 3 obstacles
récurrents.
Son point de départ est des analyses biologiques
nutritionnelles réalisées dans l’un des laboratoires
partenaires de 1Food1Me (plusieurs centaines en
France) qui évaluent chez chacun des déficits (et
excès) nutritionnels.
Chaque personne est différente dans son
alimentation : tous ne réagissent pas de la même
façon aux mêmes aliments. C’est l’obstacle auquel
vont se heurter les régimes non personnalisés.
1Food1Me n'agit pas comme un programme
diététique ciblant uniquement la perte de poids.
C’est un programme qui s’adresse à tous,
personnellement, et a pour but de créer des
changements ciblés et personnalisés dans
l’alimentation de chacun, pour gagner en forme,
en force et en énergie.
Par manque de suivi au quotidien, il est difficile de
changer de routine. Le parcours 1Food1Me est
hybride digital et humain, ce qui permet aux
clients de recevoir et mettre en place des
changements alimentaires chaque semaine, et
pour le service et son équipe de les suivre à
distance, à l’opposé des solutions commerciales
communes, qui ne proposent pas de suivi entre
deux rendez-vous.
Un corps sain
Quel est le problème à résoudre qui a lancé
1Food1Me ?
Nous mourrons aujourd’hui de maladies
chroniques (cancers, diabète de type 2, maladies
cardiovasculaires, alzheimer..) : 70% des décès
dans le monde sont causés par ces maladies dites
non transmissibles.
L’alimentation est le 1er facteur de risque de ces
maladies. Elle est aujourd’hui le levier le plus
puissant pour optimiser la santé humaine.
La pandémie de la Covid-19 a accéléré la prise de
conscience des populations sur l’importance de
notre mode de vie et de notre nutrition. Mais trop
peu de changements de pratiques alimentaires
sont réalisés dans les faits.
1Food1Me est le premier programme
digital de nutrition bien-être fondé
sur la biologie en Europe
Nutrition Personnalisée
Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me | Propos recueillis par Balthazar Dadvisard, Mai 2021
12
Camille Corman
Le client démarre le programme par une analyse
de sang et une analyse d’urines dans un
laboratoire proche de chez lui et partenaire de
1Food1Me. Ces analyses sont complétées d’un
questionnaire sur son mode de vie et ses objectifs
de bien-être. Puis, le client réalise une “journée
photo” : une photographie de tout ce qu’il
consomme pendant une journée.
Toutes ces données sont ensuite traitées par un
algorithme propriétaire qui déclenche un
parcours complet, animé et ciblé de
recommandations et de changement alimentaires
sur 3 mois. Ce parcours est personnalisé, objectif
et mesurable.
Le programme vient avec des listes de courses et
des menus personnalisables, des consultations à
distance avec un des professionnels de santé
1Food1Me, et des points de suivi toutes les deux
semaines avec une personne de l’équipe
Customer Care de 1Food1Me.
Chaque semaine, la personne s’évalue sur ses
changements, ce qui apporte un indicateur sur
son niveau d’engagement dans le programme.
Les données sont traitées par un
algorithme propriétaire déclenchant
un parcours de changement de
comportement alimentaire
Un corps sain
Comment se déroule le programme ?
Comment avez-vous lancé le projet ?
J’ai créé 1Food1Me en 2018 sur la base d’un
premier prototype, et d’un partenariat avec le plus
large réseau national de laboratoires d’analyse.
Après une preuve de concept validée,
l’industrialisation s’est réalisée grâce à une Bourse
Frenchtech de Bpifrance obtenue en 2019.
Le service 1Food1Me a été commercialisé en
France en Janvier 2020, en Belgique en Janvier
2021. Il est actuellement en pilote en Suisse.
L’ambition est de se déployer en Europe.
Après avoir lancé 1Food1Me en B2C, le service est
désormais plus largement commercialisé en B2B
auprès de deux canaux principaux :
• des entreprises souhaitant en faire bénéficier à
leur collaborateurs
• des mutuelles souhaitant s’engager
activement sur le secteur de la prévention
santé et établir une relation proactive et
positive d’amélioration du bien-être et de l’état
de santé de leurs adhérents.
J’ai été lauréate du Réseau Entreprendre en 2020
et j’ai réalisé une levée de Friends and Family qui
permet de recruter 3 personnes cette année.
L’objectif est d’être une vingtaine de
collaborateurs d’ici 3 ans.
J’ai aujourd’hui 7 collaborateurs et 2 stagiaires. Je
recherche activement un Head of Sales B2B
auprès de grands comptes dans les secteurs
proches de ceux sur lesquels agit 1Food1Me (santé,
prévention, assurance, ressources humaines, CSE
bien-être) avec une culture forte de la vente en
BtoB. Avis aux intéressés !
Les outils de mesure pertinents sont peu connus
et peu accessibles. Notre programme inclut un
bilan d’analyse de 18 biomarqueurs nutritionnels.
Nos clients mesurent ainsi objectivement l’impact
des changements qu’ils ont entrepris dans leur
biologie, ce qui est un facteur de motivation
supplémentaire.
Le programme 1Food1Me est personnalisé selon
des objectifs propres à chacun.
Nutrition Personnalisée
Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me | Propos recueillis par Balthazar Dadvisard, Mai 2021
13
Camille Corman
Deux objectifs principaux :
• Accélérer la commercialisation en B2B2C sur
les différents canaux avec un « fit-to-market »
spontané
• Le développement à l’international : l’objectif
est de réussir en France et de réussir dans
d’autres pays d’Europe où la prévention est plus
développée
Quels sont les projets pour le futur ?
Nous avons commencé sur un modèle B2C et
nous accélérons aujourd’hui un modèle B2B2C sur
3 verticales notamment :
• Les entreprises, qui veulent faire bénéficier de
ce programme à leurs collaborateurs. Notre
offre est particulièrement pertinente dans un
contexte de télétravail avec moins de moments
de déconnexion, une pratique sportive
appauvrie, plus de repas à préparer depuis chez
soi, plus de personnes présentes à domicile
(enfants, étudiants, conjoint), et des impacts sur
la qualité du sommeil, le moral, le bien-être tant
physique que mental.
• Les mutuelles et compagnies d’assurances qui
s’engagent activement sur le marché de la
prévention.
• Les acteurs de l’alimentaire dont l’offre est
complémentaire aux recommandations
nutritionnelles du service.
Un corps sain
Quel est le modèle économique ?
L’entrepreneuriat semble un monde encore
très masculin, quel est votre avis sur la
question ?
L’entrepreneuriat reste très inégalitaire, les chiffres
le montrent : le % des entreprises fondées par une
femme est faible, le montant de financement levé
par des femmes l’est aussi. Mais il y a beaucoup de
signaux positifs et je crois en un rééquilibrage
progressif. Beaucoup de monde est sûrement
d’accord avec cela : une société où l’innovation est
faite majoritairement par des hommes, c’est triste!
Accélérer la commercialisation
auprès des entreprises sur les
différents canaux
Le côté plus éprouvant, c’est qu’on est souvent
seul aux manettes. Au-delà de la passion, il faut
donc durer dans le temps.
Et puis être créateur d’entreprise, c’est rêver
d’avoir une empreinte sur le monde. En ce qui me
concerne, c’est rendre accessible à tous une
nutrition santé fondée sur les besoins de chacun
pour améliorer comme cela n’a jamais été fait
auparavant le bien-être des personnes.
Aimer la course de fond! Avoir une vision, y croire,
avoir une bonne capacité de travail, mais aussi
savoir bien s’entourer. Les bons côtés, c’est qu’on
peut orienter le ton de l’entreprise, ses valeurs,
choisir ce qu’on veut apporter à ses clients, ses
collaborateurs etc.
Quels enseignements tirez-vous de cette
expérience ?
Adrien Rambaud
Morio lutte contre le vol de vélos et
participe à la mobilité durable
Adrien Rambaud, co-fondateur de Morio | Propos recueillis par Flavie Joos, Décembre 2021
Peux-tu pitcher Morio ?
Morio offre une solution complète de sécurisation
des flottes de vélos. Cela se traduit par la mise à
disposition d’une plateforme web comprenant
plusieurs services tels que la géolocalisation des
vélos, l’alerte en cas de mouvement ou vol, grâce à
un traceur intégré au vélo qui remonte sa position
en temps réel. Nous proposons aussi un service
complémentaire d’assurance : soit le vélo est
retrouvé soit il est remboursé.
Nous sommes sur un positionnement B2B ; notre
service est fourni aux gérants de flottes de vélos,
que ce soient des entreprises, des collectivités
locales, des logisticiens (livraisons repas ou colis tel
que Deliveroo) et des acteurs du tourisme (loueurs
de vélos, hôtels, etc.).
Adrien Rambaud est co-fondateur de Morio,
projet visant à développer l’usage du vélo grâce
à la sécurisation des flottes et ainsi favoriser la
mobilité durable.
14
Dis-nous en plus sur le service Morio ?
D’une part, il y a la recherche du vélo volé. Le
traceur fonctionne en temps réel, et dans la plupart
des cas, notre client retrouve lui-même son vélo :
s’il réagit rapidement à l’alerte, il le retrouve vite car
les voleurs ont tendance à abandonner le vélo pas
loin du lieu de vol (ce sont des vols à l’opportunité
d’un unique vélo pour être revendu au marché
noir). Cela arrive parfois aussi de faire appel à la
police, mais le délai de dépôt de plainte prend plus
de temps. L’objectif est d’avoir un service réactif,
nous travaillons à structurer davantage ce service.
Quant au service d’assurance, nous avons monté
un partenariat avec Allianz ce qui nous permet de
revendre des assurances en option à nos clients ; ce
service est pertinent, car dans le monde
professionnel, l’assurance est devenue un réflexe
(contrairement aux particuliers).
Quel bilan fais-tu en cette fin d’année 2021 ?
La société a désormais 5 ans et après nos débuts à
Lyon, nous sommes maintenant installés depuis 4
ans à Toulouse. L’équipe a bien grossi, passant de
deux à sept personnes. En parallèle, on a étoffé
notre offre en passant de l’installation du capteur
aux services (par exemple, l’offre « assurance » est
proposée depuis 2 ans). Nous nous orientons et
focalisons de plus en plus sur l’approche servicielle,
là où nous pouvons avoir de la valeur. Le marché
des traceurs s’est développé et propose désormais
des produits très performants ce qui nous permet
d’envisager une externalisation de cette
production et concentrer nos efforts sur nos
services.
La planète dit oui
Notre service est fourni aux
gérants de flottes de vélos
Quelle est l’origine du projet ?
L’idée est venue d’un problème malheureusement
devenu classique de vols de vélo. Et j’en ai subi
plusieurs des vols ! Le projet est né de la rencontre
avec mon associé Jean, qui gérait à l’époque un
magasin de vélo. Notre objectif initial était de
fabriquer le traceur pour géolocaliser les vélos. Ce
type de produit n’existait pas il y a 5 ans quand on
s’est lancé ; nous avons conçu et développé notre
propre traceur. Cela nous a pris 2 ans pour en
arriver à la mise sur le marché. Puis nous avons
testé le marché.
Notre premier client a été un gérant de Domino’s
Pizza. Puis nous avons eu à équiper et gérer des
flottes plus importantes comme celle des vélos de
la mairie de Besançon (jusqu’à 500 vélos !).
Morio lutte contre le vol de vélos et
participe à la mobilité durable
Adrien Rambaud, co-fondateur de Morio | Propos recueillis par Flavie Joos, Décembre 2021
15
Adrien Rambaud
Nous poursuivons deux principaux objectifs pour
l’année prochaine : d’une part, un développement
à l’international (surtout en Europe) et d’autre part
une bascule servicielle réussie. Nous visons de
devenir un acteur de référence sur la lutte contre
le vol de vélo et non plus simplement un fabricant
de traceur.
En ce moment, le marché est plutôt calme du fait
de la pénurie des matériaux que subissent de
nombreux secteurs. Dans le secteur de la mobilité
et du vélo en particulier, ce sont beaucoup de
composants mécaniques qui sont impactés :
boitiers, freins, suspensions, roues, etc. Mais nous
percevons déjà le rebond économique : on
observe un boom du vélo cargo pour offrir des
solutions plus écologiques de livraison au dernier
kilomètre chez les acteurs de la logistique. Les
villes veulent du transport « propre ». Pour l’instant
c’est une niche mais qui va s’intensifier avec des
gros transporteurs comme Amazon ou UPS.
Quelles sont les ambitions pour 2022 ?
En parlant de transport durable, avez-vous
fait le bilan carbone de Morio ?
Objectifs 2022 : développement à
l’international et bascule
servicielle
C’est dur et il ne faut pas lâcher, il faut de la
résilience. Monter une boite c’est un peu comme
faire un ultra trail : on ne sait pas dans quoi on se
lance mais avec du courage on y arrive !
On a vécu des moments difficiles : au début, avec
la fabrication du traceur et toute la gestion des
hardwares. Nous n’avions pas assez de trésorerie
pour assurer nos développements ; on a souhaité
tout faire construire en France, ça n’a forcément
pas le même prix que si on avait délocalisé.
Puis il y a les moments de doute au démarrage :
est-ce que le marché est pertinent ? Aurons-nous
des clients ? Et les doutes évoluent au fur et à
mesure du projet. Mais il faut aussi voir le coté
positif de l’entrepreneuriat : il y a aussi des
avantages comme la liberté d’action,
l’épanouissement personnel etc. Et dans le fond, le
projet vaut le coup ! Car le combat au quotidien
c’est quand même d’inciter le plus de personnes à
se déplacer en vélo et faire disparaitre les voitures
des villes. On a vraiment l’impression de mettre
notre pierre à l’édifice écologique.
La planète dit oui
En quelques chiffres, Morio c’est 4 000 vélos
équipés de traceur, un taux de retrouvaille de 75%
et une société rentable depuis 2020. Nous
sommes positionnés sur quasiment l’ensemble du
territoire français : Vannes, Roanne, Lille, Marseille,
Besançon, le Pays Basque, etc.
Nous n’avons pas encore réalisé le bilan carbone
de l’impact de notre service pour nos clients mais
nous réalisons des bilans sur les flottes de vélos de
nos clients. Ainsi, nous réalisons des reporting
pour nos clients sur les gains en économie de CO2
; par exemple, une flotte de 400 vélos apporte une
économie de 57 tonnes de CO2 sur l’année.
Un mot pour conclure sur l’entrepreneuriat ?
Victor Breban
Noil : passer au deux-roues électrique
et accélérer la transition vers une
mobilité urbaine durable
Victor Breban, co-fondateur de Noil| Propos recueillis par Flavie Joos, Septembre 2021
Quelles sont les origines du projet ?
Il s’agit de l’aventure entrepreneuriale de trois
amis d’enfance : nous étions tous les trois animés
de la volonté d’entreprendre et grands utilisateurs
de deux roues !
Nous habitons en ville et avons vite perçu les
contraintes liées à l’utilisation de nos propres
véhicules. Nos vieux véhicules avaient beaucoup
de problèmes techniques, et on n’arrivait pas à les
vendre. On a donc voulu leur donner une seconde
vie. C’est de là qu’est parti le projet : Noil a été créé
en mai 2019.
Aujourd’hui, nous pouvons voir que l’histoire nous
a donné raison : la réglementation s’est durcie
avec la vignette Crit’Air et dans Paris le
stationnement sur la voie publique des deux-
roues thermiques sera soumis à redevance là où
les deux-roues électriques seront exonérés.
A la découverte de Noil, une jeune startup
fondée par trois amis d’enfance dont l’ambition
est de transformer les deux-roues thermiques et
polluants en véhicules électriques.
Nous avons construit le premier prototype sur mon
véhicule. Raphael, notre CTO, avait la compétence
technique grâce à son expérience professionnelle
dans les grosses entreprises. Clément, acheteur
industriel de formation, a travaillé à la structuration
de la société et au business plan. Et pour ma part,
de formation juridique, j’ai pris en charge les
partenariats et la relation client.
Nous avons réalisé trois types de partenariats.
D’une part, des partenariats auprès des assureurs
car les problématiques d’assurance sont au cœur
de la stratégie de rétrofit. En mai 2019, il n’existait
pas de cadre réglementaire sur le rétrofit en
France. Nous avons donc fait du lobbying pour
obtenir un texte qui encadrait notre activité ; nous
l’avons obtenu en mars 2020. Ainsi, l’électrification
d’un véhicule thermique est désormais encadrée
par la loi. Nous avons été les premiers à obtenir
l’homologation sur notre kit d’électrification de
véhicule. Ceci nous a permis de rassurer les
assureurs, c’était une première grande étape.
Ensuite, il y a les installateurs partenaires qui
réalisent la conversion du système thermique au
système électrique. Ce sont des garagistes
spécialistes des deux-roues. Nous les formons à
l’électrique et à notre méthode de rétrofit. Cela leur
permet de diversifier leur activité et de leur
rapporter un revenu direct via nos demandes
d’intervention et un revenu indirect avec les
nouveaux clients propriétaires de véhicules
électriques.
16
La planète dit oui
Noil est la première solution pour convertir les
deux et trois-roues thermiques en électrique et
ainsi accélérer la transition énergétique de la ville
et des zones urbaines. Nous prenons le parti pris
de capitaliser sur le parc existant plutôt que de
construire un nouveau parc tout électrique et qui
impliquerait de mettre à la casse les véhicules
thermiques. Ainsi, nous donnons une deuxième
vie à ces véhicules et évitons le gaspillage : c’est de
l’économie circulaire appliquée au secteur du
véhicule.
Peux-tu pitcher Noil ?
Nos vieux véhicules avaient
beaucoup de problèmes
techniques, et on n’arrivait pas à
les vendre. On a donc voulu leur
donner une seconde vie. C’est de
là qu’est parti le projet
Comment êtes-vous passé de 0 à 1 ?
Noil : passer au deux-roues électrique
et accélérer la transition vers une
mobilité urbaine durable
Victor Breban, co-fondateur de Noil| Propos recueillis par Flavie Joos, Septembre 2021
Cette collaboration permet de réintégrer
pleinement les garagistes dans la transition
écologique qui étaient laissés sur le bas-côté ; en
effet, les véhicules électriques demandant moins
d’entretien, ces interventions sont moins
attractives économiquement. Avec Noil, les
garagistes montent en compétence sur
l’électrique et au fur et à mesure que le parc
existant se transforme il se tourne vers l’électrique.
Nous sommes fiers d’avoir 20 partenaires en
France ainsi que le réseau Feu vert.
Enfin, le dernier type de partenariat concerne les
acteurs de l’écosystème du véhicule électrique
avec qui nous réalisons des actions de
communication pour se faire mutuellement
connaître.
17
Victor Breban
Comment est perçu le projet par les
usagers ?
Nous avons réussi à développer un bon
référencement sur internet et une animation des
réseaux sociaux ce qui nous permet d’avoir de la
visibilité : notre newsletter comprend plus de
6000 personnes. Les utilisateurs de deux-roues
viennent donc à nous facilement quand ils entrent
dans la démarche de vouloir électrifier leur
scooter.
Nous avons aussi investi beaucoup de temps à
faire un travail de pédagogie sur le retrofit pour
faire connaitre ce concept. Nous avons eu
beaucoup de visibilité presse : JT de 20h sur TF1,
M6 et BFM.
Enfin, un de nos canaux d’acquisition est notre
réseau de partenaires installateurs qui sont
directement en contact avec les clients.
Tout commence vraiment avec l’homologation :
nous avons eu la première certification en avril
2021 sur le Solex, puis la 2ème sur le Peugeot 103
et en septembre sur la Vespa 50cc.
Aujourd’hui, nous avons 215 pré-commandes pour
réserver un kit d’électrification sur le site Noil sans
compter les commandes faites directement
auprès de notre réseau d’installateurs. Ceci
représente une vraie preuve du marché que nous
adressons !
Notre équipe s’est bien constituée aussi, et
compte désormais une dizaine de personnes.
Enfin nous finalisons actuellement une levée de
fonds ; cette levée de fonds permettra de financer
la R&D sur les batteries, l’homologation des
prochains véhicules, des recrutements, etc.
A moyen terme, nous visons de rester le leader en
France de la conversion électriques des deux-
roues et de sécuriser notre activité. Cela passera
par l’extension de notre gamme de véhicules.
Le projet est bien reçu, pour plusieurs raisons.
Tout d’abord d’un point de vue économique ;
l’assurance d’un véhicule électrifié coute autant
voire moins que celle d’un véhicule thermique.
Pour l’intervention d’électrification, cela varie
selon la gamme du véhicule entre 1000 et 1500
euros mais avec les aides de l’Etat cela revient
bien moins cher que d’acheter un véhicule neuf.
Finalement, tout compte fait, l’utilisateur y trouve
son compte.
Et surtout, il conserve un véhicule qui lui plait sur
les aspects esthétiques et confort. Il existe peu de
scooters intéressants sur le marché de l’électrique
: l’offre est restreinte et souvent de faible qualité.
Nous avons eu beaucoup de
visibilité presse : JT de 20h sur TF1,
M6 et BFM
La planète dit oui
Comment vous êtes-vous fait connaitre
auprès de votre public cible ?
Comment vous êtes-vous fait connaitre
auprès de votre public cible ?
Noil : passer au deux-roues électrique
et accélérer la transition vers une
mobilité urbaine durable
Victor Breban, co-fondateur de Noil| Propos recueillis par Flavie Joos, Septembre 2021
18
Victor Breban
À plus ou moins long terme, nous visons le
marché européen ; en effet, des pays comme
l’Italie, l’Espagne, mais aussi l’Allemagne ou le
Royaume-Uni représentent un gros marché
potentiel.
En parlant de bilan, quel est votre bilan
carbone ?
On y travaille ! L’ADEME a rendu récemment un
dossier assez complet sur le retrofit.
De notre côté, nous mettons en œuvre une
démarche respectueuse de l’environnement, en ne
produisant pas de véhicules supplémentaires : ce
sont 200 kg de CO2 par an économisés pour un
scooter électrifié. Aussi, nous nous attachons à
réaliser notre sourcing en France ou en Europe ;
seuls les éléments électroniques sont produits en
Chine.
Nous nous engageons pleinement dans
l’économie circulaire : nous retraitons tous les
matériaux que nous retirons des véhicules.
Le bilan est très positif, c’est sûr ! Noil est avant tout
une aventure humaine, plus familiale qu’amicale
même.
Parfois, il y a des disputes mais on règle les
problèmes comme en famille et cela se passe
toujours bien. Avec mes associés, nous sommes
très proches et avons une véritable relation de
confiance ; nous sommes plutôt sereins et
confiants ! Nous avons quand même mis en place
un pacte d’actionnaires comme dans toutes les
sociétés…
Ce qui fait que ça fonctionne bien c’est que nous
essayons de faire la part des choses dans nos
relations professionnelles et personnelles. Et
surtout nous avons trois expertises différentes et
complémentaires ; nous sommes tous les trois très
curieux et pensons de manière différente ce qui
permet de faire bouger les choses sans se marcher
sur les pieds.
On est aussi très fiers de ce qu’on fait et du projet ;
nous avons l’impression de participer à créer un
monde un peu meilleur même si ce n’est qu’à
l’échelle des scooters ! Notre action participe au
bien être de tout le monde : moins de bruit, moins
d’odeur, moins de pollution en ville !
La planète dit oui
Quels enseignements tirez-vous de cette
expérience ?
Ilfynn Lagarde
youzd : la plateforme d’échange de
seconde main pour en finir avec le
gaspillage des objets de la maison
Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021
Ilfynn, peux-tu nous pitcher youzd ?
youzd, en une phrase, c’est la plateforme pour en
finir avec le gaspillage des objets de maison.
youzd fait rimer la seconde main des objets de
maison avec simplicité et plaisir en s’appuyant sur
la technologie et la logistique.
Notre objectif est de démocratiser le recours à la
seconde main pour les objets de maison comme
le mobilier, l’électroménager et les objets de
décoration. En fait, on se positionne un peu
comme le Vinted du canapé et du frigo.
A la découverte d’un beau projet : youzd. J’ai eu
le plaisir de rencontrer Ilfynn Lagarde,
fondatrice de youzd. Interview dynamique, riche
et pétillante…
19
Comment est né le projet ?
Les origines du projet sont multiples et viennent
converger vers le même point : une volonté de
faire un geste pour la planète.
J’ai vécu aux USA pendant des années étant jeune,
et j’ai connu le tremblement de terre de San
Francisco en 1989. Cet événement a bouleversé la
petite fille que j’étais à l’époque ; je me suis rendue
compte à quel point nous étions petits par rapport
à la planète.
Maintenant, je suis mère de trois enfants et je
ressens le besoin d’agir pour leur laisser une
planète en bonne santé !
De manière peut-être plus pragmatique, j’ai vécu
pas mal de déménagements et se débarrasser de
ses encombrants peut s’avérer une véritable
épreuve. J’ai le souvenir de bonnes heures de
galère à faire rentrer une penderie de deux mètres
de haut dans le coffre d’une petite Opel, sans
outils pour démonter les portes de la penderie…
L’objectif est donc de traiter les objets
encombrants qui représentent beaucoup de “pain
points” et occasionnent du stress lors d’un
déménagement : comment faire pour que ce soit
aussi simple que sur Vinted de vendre ces gros
objets qui nous encombrent ? Voilà comment est
né youzd.
On a envie de te demander : en quoi youzd
se différencie des autres marketplaces
comme Leboncoin ?
Déjà nous sommes spécialisés dans les objets de la
maison : électroménager, meubles et décoration.
Ensuite, nous nous définissons moins par ce que
vous y trouverez à vendre mais par comment nous
le vendons. En effet, nous avons un niveau de
gamme varié, du vintage, du concept, des vieux
trucs à retaper, etc. Mais quel que soit l’objet notre
mission est de rendre son accès à la seconde vie
simple pour le vendeur comme pour l’acheteur.
Pour le vendeur, on lui assure de vendre au
meilleur prix sans se soucier des éventuelles
négociations. Le vendeur ne fixe pas de prix initial
mais plutôt une fourchette (prix idéal et prix bas) et
le délai qu’il souhaite pour vendre son bien (en
gros, le temps qu’il a devant lui avant d’être
vraiment embêté par ses encombrants). Ensuite,
notre plateforme fait marcher “une moulinette” qui
détermine le bon prix. On s’est inspiré des
principes utilisés sur les marchés agricoles (vente
au cadran) pour dynamiser et soutenir le cours des
denrées périssables ; il s’agit de faire baisser le prix
automatiquement jusqu’à ce que l’objet trouve
preneur. Ce système incite à acheter avant que le
bien ne nous passe sous le nez et donc garantir un
prix attractif pour l’acheteur et acceptable pour le
vendeur.
La planète dit oui
youzd : la plateforme d’échange de
seconde main pour en finir avec le
gaspillage des objets de la maison
Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021
Quel premier bilan fais-tu de l’aventure
youzd ?
20
Ilfynn Lagarde
Nous en sommes encore au début mais c’est déjà
tellement gratifiant et agréable de voir les résultats
de notre travail !
Pour rappeler l’historique, après 15 ans de
marketing et commercial dans le secteur de la
grande consommation, j’ai quitté mon précédent
emploi à l’été 2019. En septembre 2019, je me suis
mise sérieusement sur mon projet. J’ai rencontré
mon associé en novembre 2019. On a commencé
les travaux sur la plateforme en février 2020… et
après moins d’un mois de collaboration, nous voilà
confinés ! On a appris à travailler ensemble à
distance et on a pu lancer le site en mai à la sortie
du confinement.
L’acquisition sur le site a réellement commencé à
partir de septembre 2020 ; nous avons eu deux
belles opérations qui nous ont fait connaître : nous
avons aidé les Grands Voisins à donner une
seconde vie à leur mobilier et nous avons organisé
la revente de tout le mobilier de The Family. Ce fut
une belle réussite, nous avons mis en ligne pas loin
de 400 annonces rien que pour The Family.
Début 2021, 375 jours exactement après la
naissance officielle de l’entreprise, nous avons fini
notre premier tour de table. Cette levée de fonds va
nous permettre d’accélérer le projet sur 2021 :
continuer à améliorer le produit et accélérer
l’acquisition.
La planète dit oui
Pour l’acheteur, nous lui facilitons la vie en lui
proposant une solution logistique 100% intégrée.
Nous avons intégré directement dans notre
plateforme notre chaîne logistique : partenariats
avec des sociétés de déménagement, plateforme
de stockage tampon. Cette plateforme sert à faire
des regroupements de colis pour assurer une
livraison rapide et en une seule fois à un acheteur
qui aurait fait l’acquisition de plusieurs biens
auprès de différents vendeurs.
Aussi, nous proposons (comme d’autres
marketplaces) le paiement en ligne sécurisé, via
un système de tirelire ou l’argent est séquestré
avant d’être transféré au vendeur, quand la
livraison est bien réceptionnée. Ce qui est
important pour nous, c’est surtout de proposer
une expérience fluide et sans mauvaise surprise à
l’acheteur et d’assurer d’aller au bout de l’achat.
Pour cela, nous avons intégré les frais de service
dans le prix d’achat, et les frais de livraison sont
affichés clairement et forfaitaires au sein de la
zone couverte : pas de mauvaise surprise au
moment de finaliser l’achat.
Enfin, notre force c’est de proposer des modes de
recherche et filtres pertinents sur les objets
recherchés. Comme nous sommes spécialisés
dans les objets de maison, on peut proposer un
accompagnement vraiment personnalisé et
adapté aux réalités du quotidien. Par exemple,
quand on cherche une penderie, on va avoir des
critères sur l’aménagement et la typologie des
rangements : penderie, étagères, tiroirs… on
optimise tout ça pour faciliter la recherche des
acheteurs. L’objectif est qu’ils passent le moins de
temps possible sur notre site et concrétisent leur
achat le plus simplement possible. Pour cela, je
m’inspire de mon expérience professionnelle en
“category management” pour des enseignes de
grande distribution (aménagement de rayons,
merchandising, etc.). Nous avons plein d’outils et
méthodologies pour comprendre les
comportements d’achats et schémas de pensée
des clients.
Notre force c’est de proposer des
modes de recherche et filtres
pertinents sur les objets
recherchés
youzd : la plateforme d’échange de
seconde main pour en finir avec le
gaspillage des objets de la maison
Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021
21
Ilfynn Lagarde
Je voulais donc changer de métier, retrouver du
sens, arrêter de ronronner, la quarantaine
approchant,… scénario classique ! J’ai pris le temps
de réfléchir à ce que je voulais faire et je me suis
lancée.
Entreprendre à 38 ans, c’est entreprendre riche de
son expérience, et avec une certaine conscience
qu’on pourra retomber sur ses pattes quoi qu’il
arrive. Du coup, je vis pleinement cette expérience :
je savoure tout autant le chemin que je garde la
destination à atteindre en ligne de mire.
La planète dit oui
Nous devons accélérer et accroître l’acquisition.
Une personne de Blabla Lines avec qui j’ai
échangé au démarrage de mon projet m’a dit
quelque chose qui m’a beaucoup marquée : “ une
marketplace c’est comme avoir une poignée de
sable dans chaque main et jeter le sable en l’air en
espérant que les grains se rencontrent. Il vaut
mieux avoir beaucoup de sable ! «
Sur l’échelle entrepreneuriale, nous sommes
passés de 0 à 1; maintenant nous devons passer de
1 à 10. Cette année, les travaux seront axés sur la
structuration de l’équipe, l’amélioration du
produit, le développement à Paris et dans une ou
deux autres villes peut-être afin d’atteindre une
taille critique et gagner en notoriété.
Je voulais donc changer de métier,
retrouver du sens, arrêter de
ronronner, la quarantaine
approchant,… scénario classique !
Et justement, pour 2021, quelles sont les
ambitions ?
Passer du salariat à l’entrepreneuriat n’est
pas toujours chose aisée, comment as-tu
franchi le cap ? As-tu été accompagnée ?
Mon père était entrepreneur, j’avais donc ce
modèle dans la famille. Aussi, j’ai fait mes études à
HEC, avec une majeure Entrepreneuriat. Par ce
réseau je connais beaucoup de monde autour de
moi qui ont franchi le cap, cela m’a permis de
désacraliser l’entrepreneuriat.
Je voulais vivre une expérience professionnelle en
entreprise avant de me lancer dans
l’entrepreneuriat (et je n’avais pas spécialement
d’idée à la sortie de mes études !). J’ai eu
beaucoup de postes différents en 15 ans, mais j’en
avais fait le tour : le marketing c’est cyclique,
toujours le même calendrier d’une année sur
l’autre.
youzd : la plateforme d’échange de
seconde main pour en finir avec le
gaspillage des objets de la maison
Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021
Déjà, je suis plutôt contre la discrimination
positive : ce n’est pas parce qu’on est une femme
qu’on ne va pas y arriver seule par nos propres
moyens et notre mérite. En France il existe un
écosystème qui soutient les femmes
entrepreneurs, j’ai pu en profiter et je trouve cela
très bien, car c’est vrai que les chiffres montrent
que c’est encore loin d’être paritaire.
Je préfère les actions concrètes. En novembre, la
marque Faguo a lancé le mouvement “Make
friday Green again” pour dénoncer le black friday
et proposer des modes de consommation
alternatifs et responsables. Pour ne pas s’arrêter à
un coup de com’ ponctuel, nous avons créé le
Hashtag “Make every friday Green again”. Tous les
vendredi, sur notre compte instagram nous
réalisons un post sur le thème de la maison green.
Le vendredi 5 mars, quelques jours avant la
journée de la femme, nous avons posté une
réflexion sur le sujet du rapport des femmes à
l’écologie ; effectivement, un constat m’avait
marqué depuis que je suis dans l’entrepeneuriat «
à impact ». L’impression de voir une grande
majorité de femmes à la tête de start-up durables
/ éco responsables, “care” ou entreprise à mission.
Comme si l’entrepreneuriat social était une affaire
de femmes ! J’ai donc effectué quelques
recherches, sur les statistiques, et il semblerait
qu’il existe effectivement un biais cognitif qui
expliquerait ce constat : notre mode d’éducation
pousserait les petites filles à avoir des actions à
portée sociétale, dans le “care”.
22
Ilfynn Lagarde
Enfin, en tant que femme, je me rends bien
compte de la difficulté à trouver un équilibre entre
ma vie professionnelle et personnelle. Même si
mon compagnon me soutient dans mon projet et
prend largement sa part des tâches à la maison et
avec nos trois jeunes enfants, mon activité
professionnelle est sur du B2C, ce qui implique une
forte sollicitation le weekend et les soirs. J’essaye
donc de passer moins de temps sur mon
téléphone à la maison… mais pas facile !
La planète dit oui
Je lisais un article récemment sur
“l’entreprenariat au féminin”: les obstacles,
la sous-représentativité des femmes dans
les start-up de la tech et leur sur-
représentativité dans les start-up à impact
sociétal… qu’en penses-tu ?
J’essaye de passer moins de
temps sur mon téléphone à la
maison… mais pas facile !
Otto Nijdam
Foodco’ : la « Factory Digitale » des
concepts de restauration
Otto Nijdam, co-fondateur de Foodco’ | Propos recueillis par Armel Gilibert, Octobre 2021
D’où est née Foodco’ ?
Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours eu cette
envie de créer mon entreprise. A la fin de mes
études de commerce, j’ai eu une première
expérience de travail en tant que salarié, dans le
but d’apprendre & comprendre un peu mieux le
milieu professionnel, mais je savais qu’à un
moment j’allais entreprendre.
En 2018, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai
lancé mon premier restaurant. J’ai un profil
financier et j’ai très vite compris qu’il y avait
beaucoup de charges que je pouvais éliminer ou
optimiser grâce au digital (main d’œuvre, caisses,
gestion fournisseurs …). Fin 2019, j’ai eu l’idée de
créer Foodco’, une Factory Digitale qui centralise
la gestion du modèle de restaurant en tirant un
maximum profit du digital. L’objectif est de créer
des synergies et des possibilités d’optimisation
aussi bien dans les ventes et le marketing que
dans la gestion des coûts et des charges. Je me
suis associé à un chef de renom et un expert du
marketing pour créer la société en juillet 2020.
Nous avons ouvert nos bureaux en janvier 2021.
Otto Nijdam est co-fondateur de l’entreprise
Foodco’, spécialisée dans la gestion de marque
de restauration.
• Pour des petites structures, le chef se retrouve
régulièrement au four et au moulin. Ce n’est pas
tout de cuisiner des bons plats, il faut avoir le
temps de gérer l’entreprise derrière, les stocks,
les employés, le marketing… Pour avancer, il faut
être en total maîtrise de ses coûts du début à la
fin, tout le monde connait cette phrase mais elle
est très vraie « le premier argent gagné est
l’argent qui n’est pas dépensé »
Pour répondre à ces deux problématiques, notre
philosophie, c’est le « Digital First ». Le mot d’ordre,
dès le démarrage, a été par exemple l’optimisation
de la main d’œuvre. Nous avons des logiciels de
prévision de vente qui nous permettent d’anticiper
les pics de commande et donc d’optimiser les
achats et de mieux gérer la main d’œuvre. La
relation avec nos fournisseurs est 100% digitale et
je passe mes commandes directement via des
applications en quelques clics. Proposer des
canaux de vente en B to C digitaux qui permettent
de diminuer vos charges fixes et d’augmenter le
panier moyen. Engranger du volume de
commande via des marques que nous distribuons
via le digital. C’est via toutes ces spécificités que
nous pouvons être vraiment réactif et de capter la
demande dans les meilleures conditions.
23
Aidez votre entreprise
À quelles problématiques répond Foodco’ ?
Il n’y avait pas de problème de marché, c’est juste
que l’industrie de la restauration était «old school».
L’idée était d’optimiser au maximum la gestion de
la restauration traditionnelle avec le digital. Pour
ce fait, il fallait restructurer le marché avec un
nouveau business model axé sur la centralisation
de la gestion de marques. Cette configuration
permet de répondre aux deux gros challenges du
restaurateur : générer du volume et optimiser ses
coûts.
• Dans un restaurant traditionnel, tu es limité par
le nombre de places assises et le nombre de
services que tu peux faire. Étant donné que le
volume d’affaire est limité, il est impératif de
bien comprendre ses coûts et d’être en contrôle
de sa marge
Optimiser au maximum la gestion
de la restauration traditionnelle
Foodco’ : la « Factory Digitale » des
concepts de restauration
Otto Nijdam, co-fondateur de Foodco’ | Propos recueillis par Armel Gilibert, Octobre 2021
Nous avons tout d’abord notre Factory Digitale qui
gère nos marques de restaurant. Nous nous
appuyons sur des alternants pour créer du
contenu marketing pour nos différentes
enseignes. Notre gagne-pain aujourd’hui, ce sont
nos concepts de restaurant. À terme, c’est la
Factory Digitale qui sera porteuse, mais pour
l’instant, ce sont nos 2 marques avec pignons sur
rue et nos 3 marques filles qui font tourner
l’entreprise. On voulait tout lancer dans le même
temps pour créer des synergies et nous
professionnaliser sur la gestion de business model.
Je m’appuie sur un concept de « transparence »
où le consommateur commande sur des bornes
avec un accès direct aux cuisines. L’espace dédié
à la salle devient maintenant un espace de
production ce qui me permet d’optimiser la
rentabilité de mon local.
Les enseignes gérées par la Foodco’ aujourd’hui :
Foca’ la focaccia contemporaine, La Maison du roll,
Froid – les bowls du monde, Quinoa Lovers.
La maison du roll : Le labo urbain 2.0
Une cuisine ouverte sur la rue où l’on peut
commander sur des bornes tactiles des rolls,
pokés et salades à emporter. Cette grande cuisine
accueille également nos 3 marques filles sur le
modèle de la « ghost kitchen ». Nous préparons
des plats destinés exclusivement à la livraison afin
de générer plus de volume dans le même espace
en mutualisant les ressources. Cela me permet de
jouer sur plusieurs fronts et de servir avec très peu
de ressources additionnelles, plusieurs segments
de consommateur.
Foca : Le comptoir food
Dans une atmosphère italienne avec du marbre
au mur et au sol, le Foca est un concept de bar
mono produit avec une production minute. Le but
est de faire vivre une expérience au
consommateur et ne pas être une simple cuisine
de livraison. Les commandes sont dématérialisées,
via une tablette connectée pour les pick-up ou
bien en livraison.
24
Otto Nijdam
Où en est Foodco’ aujourd’hui ?
Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous sommes actuellement en pleine réflexion,
savoir si nous allons chercher du cash pour
financer notre croissance ou attendre un peu.
Avec mes associés, nous développons
actuellement 3 business modèles : ouverture de
nouveaux points de ventes en fonds propre, la
franchise, ou bien l’implantation de nos marques
sur le F&B des hôtels.
Le premier modèle est celui que nous avons suivi
jusqu’à maintenant. Nous développons nous-
même des points de ventes pour l’ensemble de
nos marques. Depuis peu, nous avons ouvert notre
premier point de vente en franchise à Anglet avec
la Maison du Roll. Nous percevons des droits
d’entrée et des redevances d’exploitation, mais ce
modèle demande beaucoup d’investissement au
départ pour fournir tout le contenu nécessaire au
franchisé (Cahier des charges, déploiement
market etc..). Le dernier modèle est de proposer
des concepts pour les F&B des hôtels. Nous avons
récemment signé un partenariat avec Mövenpick
Hotel Mansour Eddahbi Marrakech pour notre
marque la Maison du Roll.
Pour l’instant, nous nous donnons la liberté
d’explorer toutes ces options pour évaluer la plus
porteuse.
C’est important de comprendre que ce n’est pas
nous qui décidons mais le marché, ce sera donc
lui qui m’indiquera sur quels business model on se
focalise.
Aidez votre entreprise
Plusieurs enseignes gérées
Foodco’ : la « Factory Digitale » des
concepts de restauration
Otto Nijdam, co-fondateur de Foodco’ | Propos recueillis par Armel Gilibert, Octobre 2021
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Otto Nijdam
D’un point de vue personnel, cette aventure m’a
fait réaliser que quand tu fais ce que tu aimes, tu
ne comptes plus tes journées. On peut avoir
tendance à se comparer à son entourage et à
remettre en cause ses choix, mais quand on a une
conviction, il faut la suivre. J’ai vraiment pris
conscience de la liberté que m’a apportée
l’entrepreneuriat. Je suis libre de mes opinions et
de ma façon de penser. Via Foodco’, je peux
mettre en pratique ma vision de la restauration de
demain. Par contre, cette liberté à un prix, elle
nécessite une organisation. Tu ne coupes jamais
vraiment.
D’un point de vue business, il faut savoir déléguer
et ne pas compter que sur soi-même. Il y aura
toujours des personnes plus talentueuses que toi
pour faire certaines tâches. Le vrai talent de
l’entrepreneur est de savoir coordonner tous ses
talents pour les faire avancer dans la même
direction.
C’est dans ces moments que le quotidien peut
devenir plus compliqué mais c’est aussi ce qu’on
aime. C’est pour cette raison qu’il faut être au clair
avec soi-même et se lancer pour les bonnes
raisons.
Deuxième et dernier conseil, ce qui fait vivre votre
entreprise c’est la finance, c’est le noyau de votre
entreprise, le fuel qu’on met dans le moteur, sans
finance vous n’existerez pas. Beaucoup
d’entreprises avec de très bons concepts ont
échoué à cause d’une mauvaise gestion de leur
finance. Je pense qu’il est très risqué de laisser
cette responsabilité à un salarié. L’entrepreneur
doit maîtriser ce socle pour bien piloter son futur. Si
ce n’est pas entre tes mains, tu ne peux pas
connaître la marge de manœuvre dont tu disposes,
les points d’optimisations, les points critiques qui
vont assurer la pérennité de ton entreprise. Vous
ne mourrez pas d’exploitation mais de trésorerie
c’est pourquoi avoir une connaissance et un nez
dans votre finance d’entreprise est primordial.
Quels enseignements as-tu tiré de cette
expérience ?
Aidez votre entreprise
Quelques conseils pour ceux qui voudraient
se lancer ?
Pour se lancer, il ne faut pas l’idée du siècle. Il faut
être à l’écoute du marché et identifier les points
de souffrance d’un secteur. J’ai simplement vu
une opportunité pour améliorer ce qui se faisait
déjà. Il ne suffit pas d’avoir une idée, il faut la
mettre en application. C’est ça qui compte
vraiment. Pour le coup, il est impossible d’être
préparé à 100%. Il y a forcément des imprévus à
gérer au fur et à mesure qui sont durs à anticiper.
Pour se lancer, il ne faut pas l’idée
du siècle. Il faut être à l’écoute du
marché et identifier les points de
souffrance d’un secteur
Florence Vasilescu
FirmFunding plateforme innovante de
financement des PME
Florence Vasilescu fondatrice de FirmFunding | Propos recueillis par Louis Alexandre Louvet, Mars 2021
Quel est le problème à résoudre qui a lancé
FirmFunding ?
Le problème à résoudre est de donner accès aux
PME à une source supplémentaire de
financement.
Il existe 3 grandes sources de financements pour
les entreprises :
• L’emprunt bancaire : le chef d’entreprise va
demander de l’argent à son banquier ;
• L’augmentation de capital : le chef d’entreprise
fait entrer un nouvel actionnaire qui apporte du
capital, et qui acquiert en passant des parts
sociales, ce qui a pour conséquence de diluer
les actionnaires déjà présent ;
• Enfin, le financement moins connu des PME,
avec l’emprunt obligataire : il s’agit d’un
d’emprunt, aux conditions connues à l’avance,
qui oblige l’entreprise à des remboursements
dans le temps, contre un apport immédiat de
liquidités.
Les entreprises cotées, grands groupes,
connaissent déjà très bien cette troisième source
de financement : il y a dix ans, elles étaient déjà à
70% sur l’obligataire et sont maintenant passées à
75%. Cependant, ces entreprises sont expertes en
instruments et accès aux marchés financiers.
Les PME n’avaient que très peu accès à dette
privé, alors que c’est un outil de financement très
utile, notamment pour les aider à gérer leur
croissance et se développer partout en France.
Dans le cadre de nos rencontres avec des
entrepreneurs, nous avons eu la chance de
rencontrer Florence Vasilescu, fondatrice d’une
plateforme innovante de Financement pour les
entreprises, FirmFunding. Florence partage
avec ISLEAN le parcours de l’aventure
entrepreneuriale et son expérience.
J’ai démarré seule, début 2016, après avoir quitté
l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) : cela m’a
permis de passer du statut de régulateur à
entrepreneur ! Je m’étais donné 2 ans pour y
arriver. J’ai préféré sauter rapidement le pas seule
pour donner corps à mon idée, après une première
recherche non concluante d’associé.
Après avoir créé la société en janvier 2016, j’ai
rapidement mené une 1ère levée de fonds en juin
2016. Cela a fait monter à bord des personnes de
mon entourage qui connaissaient le projet et
auxquels j’ai demandé de constituer un 1er comité
stratégique pour pouvoir partager la vision. Cela
m’a aidé à sortir de la solitude de l’entrepreneur !
Comme il manquait une compétence dans ce
premier tour sur le digital, j’ai également pu faire
rentrer un investisseur, entrepreneur expérimenté,
sur le sujet.
Comment avez-vous lancé le projet ?
Les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire)
l’utilisent de plus en plus : elles sont passées en 10
ans de 15% à 30% en obligataire. Les PME
seulement de 3 à 7%, comme nous l’indique la
Banque de France. Le problème sous-jacent est
que sans financement, les PME ne peuvent pas se
développer et que les PME sont souvent le premier
moteur de l’économie dans les territoires !
La solution que j’ai imaginée était de chercher à
faciliter l’accès au financement privé pour les PME,
en utilisant un outil digital. Il s’agissait de faciliter la
rencontre entre des investisseurs professionnels (ex
: Société de gestion, Family office) et des PME, pour
réaliser des financements obligataires de 1 à 20M€.
Dans cette approche de plateforme de rencontre
autour du financement, « Marketplace de solutions
de dette privée », j’ai pu confirmer qu’il y avait un
problème également du côté des investisseurs :
lors de mon étude de marché, les investisseurs
m’ont également indiqué qu’ils avaient du mal à
trouver des PME à financer sans y passer trop de
temps. Il leur manquait un bout de la chaine :
comment trouver les entreprises à financer.
Aidez votre entreprise
J’ai démarré seule, début 2016,
après avoir quitté l’AMF : cela m’a
permis de passer du statut de
régulateur à entrepreneur
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FirmFunding plateforme innovante de
financement des PME
Florence Vasilescu fondatrice de FirmFunding | Propos recueillis par Louis Alexandre Louvet, Mars 2021
Au démarrage, je suis passée par une entreprise
qui développait des plateformes en marque
blanche ; cela m’a permis d’aller rapidement tester
mon idée avec des clients pour un coût limité.
J’ai utilisé mon réseau de contacts pour
rencontrer des investisseurs, et ai également
prospecté : le marché comptait alors assez peu
d’acteurs et j’ai pu rapidement en faire le tour.
Cette époque m’a amené à affuter mon projet
autour du besoin réel du marché. Je me suis
également très vite rapproché de BNPParibas,
pour avoir une licence bancaire et pour pouvoir
être agent payeur, ce qui permet à la plateforme
d’offrir un service complet aux clients. Aujourd’hui,
devenu 2 offres séparées.
Fin 2017, FirmFunding réalisait son premier chiffre
d’affaire !
Depuis 2018, le chiffre d’affaire est devenu
récurrent : cette année-là, FirmFunding
accompagnait une dizaine de financements via sa
plateforme. En 2019, après une nouvelle levée de
fonds, la plateforme a pu participer au
financement d’une trentaine d’entreprises.
Les suites du développement ?
27
Florence Vasilescu
Depuis un an, nous avons également lancé une
deuxième gamme de services, en tant qu’agent
payeur pour des opérations de placement privé et
de closings.
Au niveau de l’équipe, j’ai également pu accueillir
deux associés : le CTO (Chief Technology Officer)
avec lequel nous avons démarré en freelance, pour
entièrement réécrire la plateforme, et une de mes
anciennes collègue de l’AMF, dotée d’une expertise
en droit couplée à une réelle vision du marché.
Aidez votre entreprise
FirmFunding aujourd’hui ?
En 2020, malgré le quasi-arrêt lié à la crise
sanitaire de la Covid en mars / avril, la plateforme a
permis le financement de 22 entreprises.
Après ces quelques années, la plateforme qui
porte la marketplace de financement, ce sont 320
millions d’euros de financement, dans une
soixantaine d’entreprises, soit 5 M€ de
financement moyen.
Ce sont aussi 250 investisseurs professionnels
enregistrés sur la plateforme de Marketplace.
En 2020, malgré la crise sanitaire,
la plateforme a permis le
financement de 22 entreprises
Nous continuons notre développement,
notamment auprès des pays limitrophes pour
européaniser les financements de la Marketplace.
La plateforme est déjà en deux langues. Nous
voyons des PME étrangères et aussi des
investisseurs étrangers ; ces derniers peuvent
investir en France comme nos investisseurs
français dans des PME à l’étranger.
La crise sanitaire a des conséquences différentes
selon les pays : si la France bénéficie pour le
moment d’un très fort soutien de l’Etat, ce n’est pas
le cas dans tous les pays. Il y a donc de très belles
PME qui cherchent des financements de
croissance.
Globalement, nous avançons de façon
pragmatique, avec une belle équipe, et essayons
d’être le plus réactif possible aux besoins de notre
marché 😊
FirmFunding plateforme innovante de
financement des PME
Florence Vasilescu fondatrice de FirmFunding | Propos recueillis par Louis Alexandre Louvet, Mars 2021
Certes, c’est important d’avoir un cap, mais il faut
d’abord être prêt à tirer des bords imprévus
pendant toute cette phase de démarrage. Dans
tous les cas, c’est le marché qui a raison !
Dans le développement d’une startup, il faut donc
être assez ouvert sur le chemin à prendre.
Je pense que c’est important de s’entourer le plus
et le mieux possible : je suis convaincue qu’il faut
parler de ses idées et ne jamais avoir peur de le
faire. On gagne tellement plus à recueillir des avis
pour avancer vers le marché, qu’à garder la «
meilleure idée du monde » dans un coffre-fort.
Je suis contente de ne pas être restée seule trop
longtemps ! Même si j’ai démarré seule, je pense
qu’il faut savoir s’ouvrir très vite au reste du
monde, même dans le cas où on démarre en
équipe. J’ai vu des amis qui finissait par tourner en
rond entre associés. J’ai appris à multiplier les
points de vue.
Enfin, ce sont les valeurs derrière le projet qui nous
font lever le matin et bien travailler ensemble :
avec mes associés, nous sommes convaincus qu’il
est critique de favoriser la croissance des PME,
créatrices d’emplois, dans les régions. C’est
seulement cela qui permet d’éviter la
désertification des campagnes, faute d’emplois.
28
Florence Vasilescu
Bien tester le marché, beaucoup échanger avec
d’autres personnes avant de se lancer et ne pas
s’enfermer dans une idée : tester, tester, tester.
Aller très vite sur le marché avec un produit, avec
un MVP (Produit minimum viable) peu complexe
et peu cher (même si on n’en est pas propriétaire,
mais si le produit est faible technologiquement…).
Si le marché est là, on pourra toujours internaliser
la plateforme !
S’entourer, ne pas rester seul trop longtemps.
Echanger sur le monde extérieur.
La création d’entreprise, c’est long. Il faut savoir
garder patience. Le Marché vit déjà sa vie, il ne
nous attend pas. En plus de la patience, il faut
s’être organisé sur le plan financier pour ne pas
être pris de court.
Prendre vite un expert-comptable et un avocat.
Ces professionnels du chiffre et du juridique
évitent les erreurs de départ, permettent de se
concentrer sur son business cœur. J’ai vu trop
d’exemples où ces sujets avaient été négligés ! Il
vaut mieux réfléchir en amont sur ces enjeux très
forts : par exemple, un Pacte d’associés rédigé par
un avocat permet de bien baliser les sujets au sein
de l’équipe et des actionnaires.
S’entourer, ne pas rester seul trop
longtemps. Echanger sur le
monde extérieur
Les enseignements pour Florence ?
Aidez votre entreprise
Quelques conseils pour ceux qui voudraient
se lancer ?
Patrick Ragaru
Hackuity lutte pour la cybersécurité
des organisations
Patrick Ragaru, co-fondateur d’Hackuity | Propos recueillis par Antoine Matta, Décembre 2021
Comment en êtes-vous arrivés à fonder
Hackuity ?
Depuis la sortie de l’école j’ai eu plusieurs
expériences entrepreneuriales, c’est mon
quatrième projet. Je suis donc un jeune
entrepreneur de 50 ans. Concernant la création
d’Hackuity, après la session de ma précédente
société (Lexsi) j à Orange CyberDéfense (OCD) en
2015, j’ai été directeur technique d’OCD et
responsable d’une BU de 250 personnes. Au
contact de nos nombreux clients, en France et à
l’international, j’ai eu la confirmation qu’un besoin
existe toujours pour la gestion des vulnérabilités
et assurer la cybersécurité des organisations.
Patrick Ragaru est CEO et co-fondateur
d’Hackuity. La startup, basée à Lyon, a
développé une plateforme permettant de lutter
contre les vulnérabilités de cybersécurité des
organisations. Hackuity a remporté de
nombreux prix en 2021 : Lauréat du Prix du Jury
du Salon FIC de Lille, vainqueur du Prix de
l’innovation des Assises de la Cybersécurité et
lauréat du Grand Défi Cyber piloté par le
Secrétariat Général pour l’Investissement.
29
Hackuity est une plateforme technologique qui va
orchestrer l’écosystème autour de la gestion des
vulnérabilités pour les identifier, les qualifier, les
prioriser et les corriger.
Comme les entreprises font face aujourd’hui à
tellement de vulnérabilités – plusieurs millions par
an pour une grande organisation – l’enjeu actuel
n’est plus de traiter toutes les vulnérabilités mais
en priorité celles qui sont des menaces réelles et
avérées pour l’entreprise. Hackuity aide les
entreprises à automatiser les opérations de
détection, de qualification et de remédiation des
vulnérabilités avec 2 ambitions majeures : réduire
les durées de correction des vulnérabilités les plus
critiques – et donc améliorer la posture de sécurité
de l’entreprise – et diminuer les coûts de
traitement en automatisant les tâches à faible
valeur ajoutée aujourd’hui encore trop souvent
réalisées manuellement.
La plateforme, disponible en SaaS ou installée chez
le client, est connectée aux sources internes ou
externes de vulnérabilité de l’entreprise
(référentiels, scanner, résultats de pentest, bug-
bounty). Les vulnérabilités sont ensuite qualifiées
automatiquement en les confrontant aux menaces
du moment, en les corrélant à des sources de
Cyber Threat Intelligence. Nous avons élaboré un
algorithme qui va attribuer en continu un score de
risque – le True Risk Score – à toutes les
vulnérabilités. Ce score est spécifique au contexte
technique ou business de chaque organisation.
Chut ! aujourd’hui ?
La plateforme, disponible en SaaS
ou installée chez le client
La tech à votre service
Quel est le concept que vous avez
développé avec Hackuity ?
Hackuity, fondée début 2019, est un éditeur de
solution qui adresse l’un des plus vieux métiers de
la cyber : la gestion des vulnérabilités et donc pour
la cybersécurité des organisations. Les
vulnérabilités sont les failles que l’on peut trouver
dans les systèmes informatiques et qui peuvent
servir de porte d’entrée pour mener à bien des
attaques, des vols de données ou permettre la
propagation des ransomwares… Aujourd’hui on
considère que la grande majorité de ces incidents
de sécurité a encore pour origine l’exploitation
d’une vulnérabilité.
L’enjeu actuel n’est plus de
traiter toutes les vulnérabilités
mais en priorité celles qui sont
des menaces réelles et avérées
pour l’entreprise
Hackuity lutte pour la cybersécurité
des organisations
Patrick Ragaru, co-fondateur d’Hackuity | Propos recueillis par Antoine Matta, Décembre 2021
30
Patrick Ragaru
Aujourd’hui, nous avons 40 clients abonnés, et de
nombreux grands comptes Notre premier client a
été signé mi- 2020. Nous avons maintenant pour
ambition d’adresser des clients de taille plus
modeste qui ont en définitive les mêmes enjeux.
Notre solution est adaptée à tout type de besoin,
de taille ou de périmètre technique.
Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de
personnes dans l’aventure.
La Banque de Territoires (Caisse des Dépôts) a
investi en juin 2021 dans Hackuity. L’objectif est de
nous aider à nous développer, et en particulier
d’adresser de plus petites structures sur le
territoire. L’ambition est de pouvoir accompagner
par exemple des CHU ou des collectivités
territoriales qui sont aussi confrontés à ces
attaques et à ces vulnérabilités. On se rappelle par
exemple parmi de nombreux autres l’attaque subie
par le CH de Villefranche-sur-Saône.
Nous avons mis en place 3 axes stratégiques pour
2022 :
1. Continuer de se développer en France et en
Europe
2. Ouvrir un bureau Singapour en janvier 2022
pour s’étendre sur l’Asie et à la zone Pacifique
Un associé qui vit et travaille sur place depuis 5
ans nous rejoindra prochainement.
3. Assurer le financement de notre go-to-market
et de notre R&D avec une levée de fonds
prévue pour mi-2022.
L’objectif est de croître rapidement, notamment
pour maintenir notre avance technologique et se
préparer à affronter la concurrence internationale.
A l’heure actuelle, Hackuity n’a pas de concurrent
en Europe. ; seules quelques startups aux état-unis
ou en israël ont aujourd’hui un positionnement
similaire au nôtre.
Les suites du développement envisagées ?
J’ai co-créé l’entreprise avec 4 associés. Les 3
autres associés sont des experts techniques qui
ont conçu et développé la solution. J’ai apporté
ma connaissance du marché, mon réseau et
assuré les premières phases de commercialisation
Nous avons démarré le go to market le 1er mars
2020. Deux semaines après, le confinement
commençait. Le Covid a donc été une période très
compliquée pour nous comme pour beaucoup de
jeunes startups.
De par mon réseau développé dans mes
précédentes expériences, nous nous sommes
adressés au départ à des grands comptes, des
entreprises du CAC 40 ou des grandes structures
publiques (Ministère, Opérateur de l’Etat). Le sujet
de cybersécurité des organisations est plus
mature dans les grosse structures. Elles ont
identifié leurs risques cyber, et connaissent les
enjeux autour des vulnérabilités.
La solution s’adresse à deux types d’interlocuteurs
• La gouvernance pilote le programme de
gestion des vulnérabilités et la Cybersécurité
des organisations: le Responsable de la sécurité
des systèmes d’information (RSSI) est souvent
notre donneur d’ordre et le principal sponsor de
la solution dans l’entreprise. En effet, grâce à
Hackuity et de ses nombreux tableaux de bords
fournis en standard, le reporting et le pilotage
de la conformité sont grandement simplifiés
• Les opérationnels sont les principaux
utilisateurs qui ont en charge la correction des
vulnérabilités. Ils vont récupérer les
informations forunies par Hackuity et appliquer
les correctifs ou les mesures de contournement
40 clients abonnés, et de
nombreux grands comptes
La tech à votre service
Comment avez-vous lancé le projet vous
permettant d’assurer la cybersécurité des
organisations ?
Où en est l’entreprise aujourd’hui ?
Hackuity lutte pour la cybersécurité
des organisations
Patrick Ragaru, co-fondateur d’Hackuity | Propos recueillis par Antoine Matta, Décembre 2021
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Patrick Ragaru
Lorsqu’on lance un projet, on a toujours le souci
de rencontrer son marché. Il y a 2 ans, j’avais la
certitude que l’idée à la base de la création
d’Hackuity était bonne et adressait des besoins
réels des entreprises. mais j’espérais aussi que je
n’étais pas le seul à le constater.
Aujourd’hui nos premiers clients nous
renouvellent leur confiance et nous avons acquis
ce que toutes les start-ups espèrent valider
rapidement, cad le “product-market-fit” comme
disent les anglo-saxons .A présent, on est à la
croisée des chemins. L’objectif est maintenant de
maintenir notre avance technologique et de
conquérir des parts de marché. “Time to scale”
comme disent les anglo-saxons !
Quel apport personnel et partage
d’expérience en tirez-vous ?
La tech à votre service
• Le premier conseil que je donnerais est de ne
jamais penser que l’on sait et peut tout faire
seul, même dans une startup. Réussir un projet
entrepreneurial, c’est aussi et surtout savoir
s’entourer.
• Un deuxième conseil : une idée, c’est bien, mais
il faut un marché. Lorsqu’on construit son
projet, il faut raisonner avec des clients
rapidement pour valider le plus rapidement
possible ce fameux “product-market-fit”.
Quels conseils donnez-vous à ceux qui ont
envie de se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Hackuity a annoncé une levée de fonds de 12
millions d’euros auprès de Sonae IM et de la
Banque des Territoires en mars 2022. Le bureau
asiatique a ouvert à Singapour début 2022. La
startup connait une forte croissance de
recrutement depuis le début de l’année avec
l’arrivée d’une dizaine de personnes, cette phase de
recrutement va s’intensifier tout au long de l’année
2022.
Les dernières actualités d’Hackuity
Jonathan Foureur et Laurence Fornari
Phedone : une solution d’analyse des
retours clients augmentée par
l’intelligence artificielle
Jonathan Foureur et Laurence Fornari, fondateurs de Phedone| Propos recueillis par Loïc Leprat, Juillet 2021
A quelles problématiques répond Phedone ?
La genèse de Phedone s’est faite autour d’une
question du monde de la recherche : comment
faire passer à l’échelle les résultats de recherche
sur l’intelligence collective grâce aux outils du
numérique ?
Nous avons donc créé Phedone en réponse à deux
problématiques :
• Aujourd’hui l’analyse d’avis clients en langage
naturel (ticketing, enquêtes de satisfaction,
retours d’expérience, vos commentaires sous
cet article par exemple) est souvent faite… à la
main, par des humains qui y consacrent un
temps d’autant plus considérable lorsque les
avis à analyser sont nombreux : avec ses
algorithmes d’intelligence artificielle, Phedone
permet d’extraire de plusieurs milliers d’avis
une valeur intelligible, exploitable et
agnostique en quelques minutes
• De plus, il manque souvent une dimension aux
analyses qui adressent des avis clients en grand
nombre et en langage naturel : l’identification
des synergies entre les avis clients
Phedone répond à ces problématiques par un
triptyque :
• L’analyse micro de chaque verbatim pour en
extraire sa substance (si on le faisait à la main,
on parlerait ici de « qualification » des avis)
• L’analyse macro de l’ensemble des verbatims
qui permet d’identifier des tendances, des
signaux faibles, les grands thèmes abordés (à la
main on parlerait ici de « synthèse »)
• L’analyse synergique : par le prisme de
l’intelligence collective, Phedone croise les avis
pour identifier des tendances de groupes (par
localisation, ligne produit, profil, etc. de chaque
client), les jeux de perception propres à des
entités, des Métiers, etc.
Jonathan Foureur et Laurence Fornari sont les
cofondateurs de la solution d’analyse des
retours clients augmentée par l’intelligence
artificielle Phedone
32
Où en est Phedone aujourd’hui et quelles
prochaines étapes ?
Nous avons un premier produit en production basé
sur de nombreuses briques technologiques faites
maison – faisant l’objet d’un dépôt de brevet – ou
open source.
Notre solution est en phase de commercialisation
sur deux verticales :
• La voix du client où nous aidons notamment les
services de ticketing pour les utilisateurs SI de
grandes entreprises.
• La voix du patient (hôpitaux, les laboratoires de
recherche, etc.) où dans leurs parcours
médicaux, les patients sont rarement
encouragés à s’exprimer à travers des questions
ouvertes – et même quand ils le sont, ces
données ne sont pas ou peu exploitées : sur ce
segment il y a donc également un véritable
enjeu sur la phase de collecte de données pour
permettre l’amélioration du parcours du patient.
A ce stade, Phedone est principalement utilisé par
des clients dans les Télécommunications et le
Retail : ces secteurs sont particulièrement
intéressants pour nous car les volumes d’avis
clients y sont très importants – leurs retours nous
aident beaucoup à tester la pertinence des
analyses de la solution et sa résilience aux volumes
injectés. Premier succès avec ces utilisateurs : nous
avons réussi à faire passer le temps nécessaire pour
la qualification d’un ticket de 15-20min à 100ms.
Nous avons un premier produit en
production basé sur de
nombreuses briques
technologiques faites maison
La tech à votre service
Phedone répond à deux
problématiques
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  • 2. ENTREPRENEURS CAHIER 2022 MERCI À ELLES ET EUX D’INVENTER L’ENTREPRISE DE DEMAIN ! Florence Vasilescu Ilfynn Lagarde Camille Corman Benjamin Hardy Victor Breban Pierre Hornus Otto Nijdam Jonathan Foureur Laurence Fornari Arthur Verrez Adrien Rambaud Patrick Ragaru
  • 3. Morio Lutter contre le vol de vélos et participer à la mobilité durable Semeia Décharger les soignants des tâches administratives et offrir une solution simple de suivi Foodco’ La « Factory Digitale » des concepts de restauration Biloba L’application ATAWAD* de la pédiatrie 1Food1Me Nutrition personnalisée Noil Passer au deux-roues électrique et accélérer la transition vers une mobilité urbaine durable Youzd Plateforme d’échange de seconde main pour en finir avec le gaspillage des objets de la maison FirmFunding La plateforme innovante de financement des PME La planète dit oui Un corps sain Aidez votre entreprise 7 16 24 Que sont-ils devenus ? La tech à votre service 30 Hackuity Lutter pour la cybersécurité des organisations Phedone Une solution d’analyse des retours clients augmentée par l’intelligence artificielle 40 Meanwhile Boutique Le marketplace pour la consommation responsable Nannybag La consigne accessible et connectée Dipongo Apprendre aux enfants à utiliser le digital de manière intelligente Energysquare Les chargeurs ne sont que du vintage ! Flaneer La solution de virtualisation de logiciels et de gestion IT
  • 4. Avec Semeia nous offrons une solution de télésurveillance des patients pour les professionnels de santé. Nous avons fait le double constat suivant : les malades sont de plus en plus nombreux, en particulier avec le développement de maladies chroniques, alors que le nombre de médecins et infimiers/ères est constant voire en diminution. Il y a mécaniquement moins de médecin par patient et donc moins de disponibilité pour assurer un suivi au long cours. Un autre effet vient s’ajouter, la médecine est devenue de plus en plus pointue, avec des normes, la gestion des données, etc. Les soignants n’ont pas le temps de réaliser les tâches administratives tel que la saisie de données dans les systèmes de suivi. Nous avons donc voulu répondre à cet enjeu : comment offrir une solution de suivi des patients non chronophage pour les soignants ? Pierre Hornus Semeia : décharger les soignants des tâches administratives et offrir une solution simple de suivi Pierre Hornus, cofondateur de Semeia | Propos recueillis par Flavie Joos, Novembre 2021 Pierre Hornus, le cofondateur de Semeia, propose une solution de télésurveillance des patients. Quel est le concept développé par Semeia ? Concrètement, comment fonctionne Semeia ? D’où viennent les données sur les patients et comment sont-elles traitées ? 4 Un corps sain La principale difficulté à surmonter est la recherche et la structuration de la donnée. Les données exploitées par notre solution viennent de deux sources principales. D’une part, la carte vitale des patients regroupe un ensemble des données très riche qui sont destinées en premier lieu au remboursement mais qui peuvent aussi être exploitées pour en tirer des informations médicales utiles aux soignants. On retraite et on structure ce flux pour en extraire des données médicales utiles à la mise en place de suivi personnalisé. Par exemple, on peut extraire les données sur les derniers rendez-vous chez un radiologue qui nous donne l’information sur le type d’acte opéré (par exemple une mammographie) que nous allons traduire dans un langage médical. Puis une ordonnance prescrite par un médecin généraliste va nous permettre de créer une alerte de suivi sur les effets indésirables ou des interactions entre les deux traitements prescrits par le radiologue et le généraliste. En gros, on « remédicalise » l’information fournie par la sécurité sociale. Ce sont des données fiables et robustes car elles sont liées à la facturation des actes médicaux. Semeia permet de récupérer les données de manière automatique et structurée. Nous développons des algorithmes, parfois complexes, pour lever des alertes, identifier des patients à risque, etc. Nous visons à limiter les travaux administratifs et les saisies par les médecins ou patients. Actuellement, notre solution est opérationnelle pour un périmètre bien défini de patients : • Greffes de rein ou poumon où le suivi est primordial du fait de risque important sur le greffon, • Cancer du sein où l’adhésion au traitement est critique pour éviter toute rechute ou récidive, Seuls les infirmiers/ières intégrés à notre réseau sont autorisés à accéder aux données de santé • Le suivi des personnes bipolaires, • La rhumatologie. Nous travaillons à faire évoluer notre solution pour toucher un plus large panel de patients.
  • 5. Semeia : décharger les soignants des tâches administratives et offrir une solution simple de suivi Pierre Hornus, cofondateur de Semeia | Propos recueillis par Flavie Joos, Novembre 2021 La deuxième source principale de données est issue des analyses biologiques réalisées en laboratoire. Ce sont des fichiers textes envoyés au médecin prescripteur que nous normalisons et structurons dans une base de données. Sur ces deux sources, nous appliquons des règles de gestion afin d’identifier les traitements et les actions de suivi. Enfin, seules les infirmiers/ières intégrés à notre réseau sont autorisés à accéder aux données de santé. Pour les data scientistes, nous donnons accès aux données anonymisées, dans une « bulle sécurisée » ou toutes leurs actions sont enregistrées et tracées. Ainsi, nos équipes ne peuvent pas croiser des données qui permettraient d’identifier les patients. Nous avons développé un serveur agréé par la CNIL, ce qui fut long et coûteux mais nous permet maintenant de créer des modèles pertinents en toute sécurité. 5 Pierre Hornus Quel bilan à date et quelles perspectives d’évolution ? Aujourd’hui, nous sommes 30 personnes, réparties entre Toulouse et Paris. Nous accompagnons 20 hôpitaux et environ 1 000 patients. Nous souhaitons élargir notre périmètre d’intervention à d’autres pathologies ; par exemple, le suivi pour les greffes de poumon date d’octobre 2021 et pour le cancer du sein de juin 2021. Dans un hôpital, l’organisation se fait par services selon les pathologies. Ce qui implique que chaque service se dote d’un outil adapté à ses besoins, ce qui démultiplie les outils au sein de l’hôpital. Ceci explique que le marché soit très fragmenté, avec des entreprises en concurrence et spécialisées par pathologie. Les médecins échangent entre eux et diffusent la connaissance sur les différentes solutions à disposition selon les besoins. A plus ou moins court terme, nous souhaitons aussi ouvrir notre service aux professionnels de santé de ville. Pour cela, nous allons passer par les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) financées par les ARS (agences régionales de santé), les CPAM (Caisses Primaires d’Assurance Maladie) et les collectivités territoriales et qui visent à structurer l’organisation et les outils à disposition des professionnels de santé d’une région. Enfin, nous avons aussi comme projet de travailler en étroite collaboration avec les Ehpad afin de permettre aux personnes âgées dépendantes qui souhaitent restées chez elles d’être accompagnées « hors les murs » de l’Ehpad. Un corps sain Quel est l’historique du projet ? De formation actuaire, j’ai commencé ma carrière dans le conseil ; j’ai réalisé beaucoup de missions pour l’assurance maladie. C’est comme cela que j’ai découvert l’importance du sujet des données dans la santé. Aussi, mes parents sont médecins, ce qui m’a permis d’être très tôt sensibilisé aux questions de santé. L’idée m’est donc venue de travailler sur les données de la sécurité sociale pour y exploiter les informations utiles au suivi. Nous avons créé le projet au cours d’un hackathon organisé par la sécurité sociale sur le sujet du bon usage des données de prescription. Je me suis associé avec mon colocataire de l’époque ayant un profil ingénieur et avec un troisième collaborateur au profil commercial. Nous avons démarré le projet en 2017. Nous souhaitons aussi ouvrir notre service aux professionnels de santé de ville. Comment voyez-vous l’accompagnement du pouvoir public dans la Medtech ? Au sein de Semeia nous avons la Banque des Territoires comme actionnaire. Cela nous semble important et sain d’être sur un investissement social et un financement avec des fonds publics.
  • 6. Semeia : décharger les soignants des tâches administratives et offrir une solution simple de suivi Pierre Hornus, cofondateur de Semeia | Propos recueillis par Flavie Joos, Novembre 2021 Côté patient, il y a très peu de refus car ce sont les médecins qui proposent le suivi à leurs patients ce qui favorise leur confiance. De plus, ce sont des patients aux pathologies lourdes et chroniques qui connaissent l’importance du suivi pour le traitement de leur pathologie. La plateforme pour le patient reste limitée pour l’instant (messagerie instantanée). Nous menons un projet d’étude avec des chercheurs en sociologie et psychologie pour cibler ce qui intéresserait les patients en termes de fonctionnalités sur la solution. 6 Pierre Hornus En France, la e-santé est en pleine effervescence avec de nombreux projets en développement. Le covid a mis au grand jour les besoins là-dessus. Cependant, elle reste fractionnée et manque de structuration. Il faut désormais amorcer une phase de maturité pour structurer les initiatives. Aussi, la FrenchTech de manière générale doit surmonter un enjeu de taille : attirer et conserver ses talents ! Ce n’est pas évident de s’aligner avec les Facebook, Google et autres géants de la tech. Les jeunes embauchés sont friands de sujets éco- responsables et RSE, ce que nous essayons de développer au maximum au sein de Semeia. L’avenir de la Tech française passe par la recherche du sens et de l’impact social. Il y a donc un changement de paradigme, dans la medtech, on cherche autre chose qu’un travail. Au sein de Semeia, nous nous attachons à comprendre les attentes de nos employés, capter leur feedback ; nous mettons aussi l’accent sur la transparence en affichant la rémunération des dirigeants par exemple. Nous allons aussi chercher à obtenir le label B corp certifiant les entreprises répondant à des exigences sociétales et environnementales, de gouvernance ainsi que de transparence envers le public. Quel est le niveau d’adhésion des patients et des médecins à votre solution ? On remarque depuis la crise du covid, une nouvelle prise de conscience assez forte de la part des médecins et de la sphère publique sur la télémédecine et la télé-surveillance. Chez Semeia, nous pensons qu’il faut mettre en place les garde- fous nécessaires : la télémédecine pourra se développer si on donne suffisamment de garanties aux patients sur leurs données. Le traitement des données de santé est spécifique aux pays, du fait de systèmes différents et de cultures de la donnée différentes. Par exemple, nous travaillons actuellement sur les maladies mentales pour anticiper des crises bipolaires et faire des prédictions. En France, nous ne pouvons avoir accès qu’à un ensemble de données limité sur les téléphones : seulement les métadonnées et pas de données de contenu. Par exemple, les données d’ouverture de téléphone peuvent prédire un épisode maniaque. Mais nous n’aurons pas accès aux données sur les photos par exemple qui peuvent donner des informations pertinentes selon leur contraste. Une étude similaire menée aux USA donnerait donc davantage de résultats du fait de données plus précises. Un corps sain La e-santé c’est quoi pour vous ? Côté professionnels de santé, ils sont convaincus par l’aspect automatique de la solution qui ne leur crée pas de tâches supplémentaires. En termes d’adhésion au numérique, le panel est large : des « geeks » très enthousiastes, des adhérents sans conviction, des réfractaires, etc. Ce qui est indéniable c’est que la crise du covid a fait infuser l’utilité du suivi à distance et a montré que cela était possible. Les professionnels de santé sont convaincus par l’aspect automatique de la solution La FrenchTech doit surmonter un enjeu de taille : attirer et conserver ses talents !
  • 7. Benjamin Hardy Biloba, l’application ATAWAD* de la pédiatrie Benjamin Hardy, fondateur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021 Peux-tu nous pitcher le concept de Biloba ? Biloba est une application de télé pédiatrie qui offre une véritable consultation médicale par messagerie instantanée. Biloba n’a pas vocation à remplacer la consultation « physique » chez un pédiatre, c’est un nouveau service pour un nouvel usage qui ne perturbe pas le parcours de soin. Avec Biloba nous offrons aux parents de l’assurance et un véritable médecin en quelques minutes. Biloba est une application de télémédecine ayant pour vocation de changer la manière dont on traite avec nos praticiens de santé : un médecin, n’importe où, n’importe quand ? C’est la promesse de Biloba. *ATAWAD : AnyTime, AnyWhere, AnyDevice 7 Concrètement, comment fonctionne Biloba ? On a compris qu’il y avait un réel besoin d’expert de confiance pour répondre à ces questions qui dépassaient le cadre de la vaccination et s’intéressaient plus largement à la santé des enfants ! Il ne s’agissait pas d’ajouter juste une nouvelle fonctionnalité sur l’application mais il y avait bien un vrai usage à développer. A partir de ce nouveau constat, on a décidé de développer une application avec un nouveau modèle. Nous offrons la possibilité d’être connecté à un professionnel de santé par messagerie instantanée (chat). L’aspect asynchrone de la messagerie instantanée est entré dans les mœurs, c’est une véritable attente. L’application est en ligne depuis 2018 et plus de 50 000 parents l’utilisent Quel problème as-tu voulu résoudre en créant Biloba ? Biloba a trois ans mais l’application telle qu’elle existe a juste un an, nous l’avons lancée le 2 avril dernier pendant le premier confinement. Historiquement, nous avions conçu Biloba comme une application de suivi de l’état vaccinal des enfants. Avec mon associé de l’époque, nous avons créé Biloba car nous étions de jeunes parents un peu perdus face au sujet des vaccins des enfants et nous trouvions les outils existants peu adaptés. Nous avions démarré l’aventure en réalisant un questionnaire fin 2015 pour des amis parents en leur demandant : qu’est-ce que vous comprenez le moins dans le carnet de santé ? La réponse était sans appel : le carnet de vaccination ! On a donc développé une application pour le rendre simple et intelligible, avec pour objectif d’assurer un meilleur état de vaccination des enfants. L’application est en ligne depuis 2018 et plus de 50 000 parents l’utilisent. Nous avions prévu dans l’app une bulle de discussion « support client » qui a été très vite détournée par les parents pour poser des questions sur les sujets auxquels l’app ne pouvait pas répondre. Le canal de discussion entre le patient et le médecin est unique, toujours ouvert et disponible. Suivant la gestion des plannings, c’est un praticien différent qui peut répondre ; il a accès à l’ensemble de l’historique de discussion sur le chat ce qui offre un véritable outil de suivi du patient. Concernant le contenu, nous traitons tout ce qui peut être réalisé en visio-conférence (pas moins !) grâce à l’envoi de vidéos, photos en asynchrone. Quoi qu’il en soit, tout ce qui ne peut pas être fait en présentiel ne peut pas être fait en voie digital, quel que soit le mode de consultation : visio ou messagerie. Le contact est tout aussi facile qu’en visio, parfois même plus aisé : on se permet de poser des questions « bêtes » par message qu’on n’aurait pas osé poser en direct ! L’avantage principal, c’est qu’avec le chat et l’historique de conversation, on peut « relire » la consultation ; ce qui est souvent très pratique quand, pris par le stress de la situation, on ne retient pas tout de la consultation et des conseils du praticien. Un corps sain 7
  • 8. Biloba, l’application ATAWAD* de la pédiatrie Benjamin Hardy, fondaeur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021 8 Benjamin Hardy Enfin, la consultation se solde par un diagnostic et la délivrance d’une ordonnance (quand nécessaire) qu’on s’applique à rendre compréhensible, avec des explications détaillées sur l’usage de chaque médicament prescrit. Cela peut paraître contre intuitif, mais la messagerie instantanée ce n’est pas que de la « bobologie » et de la réassurance pour les parents : nos praticiens traitent de vraies questions de santé comme des sujets dermatologiques, d’allaitement, d’ophtalmologie, orl, gastro…etc. Au moindre doute, on redirige les parents vers le médecin traitant ou les urgences. Bref, on ne remplace pas le rendez-vous présentiel mais tout ce qui peut être fait à distance est réalisable avec Biloba. Comment est constituée la communauté de médecins de Biloba ? Notre communauté de professionnels de santé est constituée de médecins, généralistes, pédiatres, infirmières. Nous essayons de construire une équipe médicale pluridisciplinaire pour faciliter et encourager la collaboration multi expertises. On leur met à disposition des espaces pour échanger sur les bonnes pratiques, enrichir leurs connaissances selon leur domaine de prédilection. Concernant les profils, ce sont actuellement des femmes, mères de famille et ayant une activité principale libérale ; Biloba est une activité secondaire. Un corps sain Notre modèle de rémunération fonctionne sur la base d’un statut libéral avec un temps maximum dédié à la plateforme Biloba (rémunération au temps passé). L’activité est assez aléatoire, avec parfois des pics les soirs et les weekends. Les praticiens font des vacations sur la plateforme grâce à des plannings préparés quelques semaines à l’avance selon leurs disponibilités. Pour l’instant, nous n’avons jamais fait de « campagne de recrutement » : nos praticiens nous ont connus et rejoints par eux-mêmes, souvent grâce au bouche-à-oreille ! Nous avons eu un bon accueil ; peu de professionnels de santé sont réticents. Peu importe l’âge aussi, la plupart adhèrent. Ce qui leur plaît c’est l’idée d’apporter un nouveau service aux parents. Le logiciel est facile d’utilisation et surtout ils ont enfin l’impression de faire du « vrai télétravail » : pas besoin de se rendre au cabinet ! Les parents sont aussi très gratifiants et reconnaissants, c’est donc valorisant pour les professionnels de santé de travailler avec Biloba. Finalement, cela rend agréable de pratiquer de cette manière : l’usage est simple et sain. Nos praticiens sont même les premiers à proposer des évolutions sur la plateforme ! Quel retour as-tu par les professionnels de santé sur l’usage de la plateforme ? L’année 2020 a été l’année la plus intense de ma vie : nous sommes passés de 2 à 16 personnes en un an, nous avons plus de 20 000 consultations à notre compteur, et avons déjà reçu un prix (le coup de cœur Apple 2021). Pour la suite, on envisage d’étendre notre cible avec par exemple le suivi de grossesse. Sur le même principe, on ne remplacera pas les rendez- vous chez le gynécologue ou la sage-femme mais on proposera un service de suivi entre les rendez- vous pour toute question ou doute. Quelles sont les suites du développement de Biloba ? L’année 2020 a été l’année la plus intense de ma vie : nous sommes passés de 2 à 16 personnes en 1 an
  • 9. Biloba, l’application ATAWAD* de la pédiatrie Benjamin Hardy, fondaeur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021 9 Benjamin Hardy On a donc construit un outil de grande qualité pour que les gens soient près à payer pour cela : bonne expérience utilisateur, pas de bug, équipe médicale performante…etc. C’est « l’expérience Biloba ». Finalement, nos utilisateurs sont de plus en plus nombreux, peu de turnover et ne rechignent pas à payer ! On a beaucoup itéré sur les prix mais pour nous rendre le service gratuit (comme ont pu le faire certains de nos concurrents) c’est transformer le client en produit. Effectivement, il y a des verrous mentaux à faire sauter mais ce n’est pas le prix : le verrou c’est de savoir si mon enfant va bien être pris en charge via la messagerie instantanée ; le verrou saute très vite grâce à notre suivi exigeant, un accompagnement sur mesure. Il ne faut pas comparer Biloba aux autres services « gratuits » de la santé mais plutôt aux autres abonnements qu’on s’offre dans notre quotidien car cela devient incohérent de comparer quelque chose de gratuit avec quelque chose de payant. Notre modèle économique actuel nous permet de rester indépendant : nous fonctionnons avec un abonnement et notre prestation n’est pas remboursée par la sécurité sociale. Nous souhaitons rester libres de tout système de santé dépendant d’un pays en proposant un service de santé en plus dans la vie de tous les jours. Ceci nous permet donc d’envisager de se développer dans de nouveaux pays, sans contrainte. Justement, selon quel modèle économique fonctionne Biloba ? En France, c’est compliqué car la santé est « gratuite » : nous avons un bon système de santé (même si on a pu se poser des questions récemment avec la crise du covid), nous sommes bien soignés mais nous ne nous rendons plus compte de la valeur des choses. Surtout qu’in fine, ce sont les citoyens qui payent : charges, CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) … La question est de savoir : quel est le juste prix ? A Paris, par exemple, la moitié des arrondissements sont considérés comme déserts médicaux (trop de demande par rapport à l’offre) : pour gagner en temps et efficacité, nous sommes convaincus qu’il faut développer la messagerie instantanée car une consultation visio prend autant de temps qu’une consultation présentielle pour un praticien. Les médecins donnent déjà des petits conseils par message ou sur WhatsApp : la médecine générale est l’enfant pauvre de la médecine mais aussi la plus sollicitée ! Les médecins peuvent passer une ou deux heures par jour sur des actes non remboursés en donnant ces conseils par messagerie. Doctolib par exemple commence déjà à faire du lobbying pour que les consultations en messagerie instantanée soient remboursées par la sécurité sociale. Nous avons pris le parti pris de ne pas se lancer dans un business model selon le triptyque : patient / médecin / tiers payant privé ou public. Car selon nous c’est un modèle perdant : l’usager n’est pas le payeur ! Un corps sain L’immédiateté est primordiale ! Si on ne répond pas en moins de 5 minutes, les patients vont s’auto diagnostiquer sur google. Internet amène du contenu infini et nous avons tendance à vouloir tout, tout de suite et maintenant ! De la même manière que l’immédiateté s’est immiscée dans notre quotidien (je veux manger, je commande sur deliveroo, je veux regarder un film, je vais sur netflix…), il faut apporter de l’immédiateté en santé aussi. Ce n’est pas envisageable d’avoir un usage immédiat pour toutes les industries et tous les types de services… sauf la santé ! La santé se réinvente : le secteur est impacté par les nouveaux usages. Une nouvelle économie de la santé va se créer. Comment vois-tu l’avenir de la santé ? A Paris la moitié des arrondissements sont considérés comme déserts médicaux
  • 10. Biloba, l’application ATAWAD* de la pédiatrie Benjamin Hardy, fondaeur de Biloba | Propos recueillis par Flavie Joos, Août 2021 10 Benjamin Hardy Je suis super fier de Biloba, cela va dans le sens de l’histoire de la santé : c’est simple, utile et de qualité ; et on paye pour la qualité. Ce n’est pas une énième nouvelle application de santé. Biloba apporte de la qualité médicale, évite l’auto médicamentation et les déplacements inutiles. C’est aussi une révolution d’usage pour les patients et une réinvention du métier des professionnels de santé : finie la partie administrative, bienvenue au télétravail ! Avec en bout de course deux objectifs : créer de la proximité et redonner du temps aux praticiens. La santé du futur ce n’est pas de l’IA : le diagnostic est dans le cerveau des médecins ; la technologie doit juste être utilisée pour simplifier la vie de médecins… mais un questionnaire de 40 questions pour faire un diagnostic c’est moins efficace qu’un médecin ! Je pense que des surcouches administratives et un peu d’arrogance ont rendu notre système de santé parfois moins performant que celui d’autres pays soi-disant en retard, mais qui ont développé des systèmes de santé innovants. Pour changer le système, nous prenons le parti pris de développer de nouvelles choses hors système : cela ne veut pas dire hors règles mais hors des façons de faire usuelles ! Nous appliquons les règles mais faisons différemment ; cela nous permet d’être innovant, plus créatif et plus lucide aussi. Ainsi, nous avons réinventé l’ordonnance avec une vue structurée qui explique la molécule, la posologie, sans les acronymes incompréhensibles pour le patient et une vue standard pour le pharmacien. C’est la même évolution que le billet de train devenu digital : avant, on n’y comprenait pas grand-chose car il était conçu pour le contrôleur mais servait aussi au voyageur. La révolution d’usage c’était de rendre la chose simple et accessible sur une application. Enfin, nous souhaitons rendre le patient acteur de sa santé ; c’est un enjeu pour la santé de demain. Par exemple, nous allons lancer une fonctionnalité pour communiquer les données de santé entre patient et praticien (et non entre praticiens) pour fluidifier le parcours de soin. Un corps sain Nous avons réinventé l’ordonnance avec une vue structurée qui explique la molécule, la posologie, sans les acronymes incompréhensibles pour le patient Le mot de la fin ?
  • 11. Camille Corman Nutrition Personnalisée Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me | Propos recueillis par Balthazar Dadvisard, Mai 2021 Quel est votre parcours ? Je suis diplômée de l’ESSEC. J’ai rejoint Unilever en 2000 en tant que chef de produit puis d’innovation sur des produits de grande consommation. C’est pour Unilever que suis partie à Buenos Aires en 2005 pour travailler sur le marché de l’Amérique du Sud. Puis nouveau départ 4 ans plus tard pour San Francisco en 2009 où j’ai travaillé en marketing digital et où j’ai lancé une première société dans la personnalisation vestimentaire pour aider les clients à trouver des habits qui correspondent à leurs goûts, préférences et à leur morphologie plus facilement en ligne. Je suis revenue à l’innovation alimentaire chez The Clorox Company, où ma mission était de remplacer des composants de formules par des ingrédients naturels. C’est en travaillant sur le marché alimentaire américain que j’ai testé des programmes digitaux innovants de rééquilibrage alimentaire fondés sur des tests biologiques. J’entame alors personnellement une vraie transition alimentaire. Et je rentre en France en 2017 avec pour idée d’adapter le concept aux besoins et aux spécificités françaises et européennes. Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me, a développé un programme digital innovant de nutrition bien-être personnalisé. 11 J’ai identifié 3 obstacles clés du changement alimentaire : • absence de personnalisation • absence de suivi au quotidien • absence d’outil de mesure pertinent. Le programme digital de nutrition personnalisée 1Food1Me permet de lever ces 3 obstacles récurrents. Son point de départ est des analyses biologiques nutritionnelles réalisées dans l’un des laboratoires partenaires de 1Food1Me (plusieurs centaines en France) qui évaluent chez chacun des déficits (et excès) nutritionnels. Chaque personne est différente dans son alimentation : tous ne réagissent pas de la même façon aux mêmes aliments. C’est l’obstacle auquel vont se heurter les régimes non personnalisés. 1Food1Me n'agit pas comme un programme diététique ciblant uniquement la perte de poids. C’est un programme qui s’adresse à tous, personnellement, et a pour but de créer des changements ciblés et personnalisés dans l’alimentation de chacun, pour gagner en forme, en force et en énergie. Par manque de suivi au quotidien, il est difficile de changer de routine. Le parcours 1Food1Me est hybride digital et humain, ce qui permet aux clients de recevoir et mettre en place des changements alimentaires chaque semaine, et pour le service et son équipe de les suivre à distance, à l’opposé des solutions commerciales communes, qui ne proposent pas de suivi entre deux rendez-vous. Un corps sain Quel est le problème à résoudre qui a lancé 1Food1Me ? Nous mourrons aujourd’hui de maladies chroniques (cancers, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, alzheimer..) : 70% des décès dans le monde sont causés par ces maladies dites non transmissibles. L’alimentation est le 1er facteur de risque de ces maladies. Elle est aujourd’hui le levier le plus puissant pour optimiser la santé humaine. La pandémie de la Covid-19 a accéléré la prise de conscience des populations sur l’importance de notre mode de vie et de notre nutrition. Mais trop peu de changements de pratiques alimentaires sont réalisés dans les faits. 1Food1Me est le premier programme digital de nutrition bien-être fondé sur la biologie en Europe
  • 12. Nutrition Personnalisée Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me | Propos recueillis par Balthazar Dadvisard, Mai 2021 12 Camille Corman Le client démarre le programme par une analyse de sang et une analyse d’urines dans un laboratoire proche de chez lui et partenaire de 1Food1Me. Ces analyses sont complétées d’un questionnaire sur son mode de vie et ses objectifs de bien-être. Puis, le client réalise une “journée photo” : une photographie de tout ce qu’il consomme pendant une journée. Toutes ces données sont ensuite traitées par un algorithme propriétaire qui déclenche un parcours complet, animé et ciblé de recommandations et de changement alimentaires sur 3 mois. Ce parcours est personnalisé, objectif et mesurable. Le programme vient avec des listes de courses et des menus personnalisables, des consultations à distance avec un des professionnels de santé 1Food1Me, et des points de suivi toutes les deux semaines avec une personne de l’équipe Customer Care de 1Food1Me. Chaque semaine, la personne s’évalue sur ses changements, ce qui apporte un indicateur sur son niveau d’engagement dans le programme. Les données sont traitées par un algorithme propriétaire déclenchant un parcours de changement de comportement alimentaire Un corps sain Comment se déroule le programme ? Comment avez-vous lancé le projet ? J’ai créé 1Food1Me en 2018 sur la base d’un premier prototype, et d’un partenariat avec le plus large réseau national de laboratoires d’analyse. Après une preuve de concept validée, l’industrialisation s’est réalisée grâce à une Bourse Frenchtech de Bpifrance obtenue en 2019. Le service 1Food1Me a été commercialisé en France en Janvier 2020, en Belgique en Janvier 2021. Il est actuellement en pilote en Suisse. L’ambition est de se déployer en Europe. Après avoir lancé 1Food1Me en B2C, le service est désormais plus largement commercialisé en B2B auprès de deux canaux principaux : • des entreprises souhaitant en faire bénéficier à leur collaborateurs • des mutuelles souhaitant s’engager activement sur le secteur de la prévention santé et établir une relation proactive et positive d’amélioration du bien-être et de l’état de santé de leurs adhérents. J’ai été lauréate du Réseau Entreprendre en 2020 et j’ai réalisé une levée de Friends and Family qui permet de recruter 3 personnes cette année. L’objectif est d’être une vingtaine de collaborateurs d’ici 3 ans. J’ai aujourd’hui 7 collaborateurs et 2 stagiaires. Je recherche activement un Head of Sales B2B auprès de grands comptes dans les secteurs proches de ceux sur lesquels agit 1Food1Me (santé, prévention, assurance, ressources humaines, CSE bien-être) avec une culture forte de la vente en BtoB. Avis aux intéressés ! Les outils de mesure pertinents sont peu connus et peu accessibles. Notre programme inclut un bilan d’analyse de 18 biomarqueurs nutritionnels. Nos clients mesurent ainsi objectivement l’impact des changements qu’ils ont entrepris dans leur biologie, ce qui est un facteur de motivation supplémentaire. Le programme 1Food1Me est personnalisé selon des objectifs propres à chacun.
  • 13. Nutrition Personnalisée Camille Corman, fondatrice de 1Food1Me | Propos recueillis par Balthazar Dadvisard, Mai 2021 13 Camille Corman Deux objectifs principaux : • Accélérer la commercialisation en B2B2C sur les différents canaux avec un « fit-to-market » spontané • Le développement à l’international : l’objectif est de réussir en France et de réussir dans d’autres pays d’Europe où la prévention est plus développée Quels sont les projets pour le futur ? Nous avons commencé sur un modèle B2C et nous accélérons aujourd’hui un modèle B2B2C sur 3 verticales notamment : • Les entreprises, qui veulent faire bénéficier de ce programme à leurs collaborateurs. Notre offre est particulièrement pertinente dans un contexte de télétravail avec moins de moments de déconnexion, une pratique sportive appauvrie, plus de repas à préparer depuis chez soi, plus de personnes présentes à domicile (enfants, étudiants, conjoint), et des impacts sur la qualité du sommeil, le moral, le bien-être tant physique que mental. • Les mutuelles et compagnies d’assurances qui s’engagent activement sur le marché de la prévention. • Les acteurs de l’alimentaire dont l’offre est complémentaire aux recommandations nutritionnelles du service. Un corps sain Quel est le modèle économique ? L’entrepreneuriat semble un monde encore très masculin, quel est votre avis sur la question ? L’entrepreneuriat reste très inégalitaire, les chiffres le montrent : le % des entreprises fondées par une femme est faible, le montant de financement levé par des femmes l’est aussi. Mais il y a beaucoup de signaux positifs et je crois en un rééquilibrage progressif. Beaucoup de monde est sûrement d’accord avec cela : une société où l’innovation est faite majoritairement par des hommes, c’est triste! Accélérer la commercialisation auprès des entreprises sur les différents canaux Le côté plus éprouvant, c’est qu’on est souvent seul aux manettes. Au-delà de la passion, il faut donc durer dans le temps. Et puis être créateur d’entreprise, c’est rêver d’avoir une empreinte sur le monde. En ce qui me concerne, c’est rendre accessible à tous une nutrition santé fondée sur les besoins de chacun pour améliorer comme cela n’a jamais été fait auparavant le bien-être des personnes. Aimer la course de fond! Avoir une vision, y croire, avoir une bonne capacité de travail, mais aussi savoir bien s’entourer. Les bons côtés, c’est qu’on peut orienter le ton de l’entreprise, ses valeurs, choisir ce qu’on veut apporter à ses clients, ses collaborateurs etc. Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?
  • 14. Adrien Rambaud Morio lutte contre le vol de vélos et participe à la mobilité durable Adrien Rambaud, co-fondateur de Morio | Propos recueillis par Flavie Joos, Décembre 2021 Peux-tu pitcher Morio ? Morio offre une solution complète de sécurisation des flottes de vélos. Cela se traduit par la mise à disposition d’une plateforme web comprenant plusieurs services tels que la géolocalisation des vélos, l’alerte en cas de mouvement ou vol, grâce à un traceur intégré au vélo qui remonte sa position en temps réel. Nous proposons aussi un service complémentaire d’assurance : soit le vélo est retrouvé soit il est remboursé. Nous sommes sur un positionnement B2B ; notre service est fourni aux gérants de flottes de vélos, que ce soient des entreprises, des collectivités locales, des logisticiens (livraisons repas ou colis tel que Deliveroo) et des acteurs du tourisme (loueurs de vélos, hôtels, etc.). Adrien Rambaud est co-fondateur de Morio, projet visant à développer l’usage du vélo grâce à la sécurisation des flottes et ainsi favoriser la mobilité durable. 14 Dis-nous en plus sur le service Morio ? D’une part, il y a la recherche du vélo volé. Le traceur fonctionne en temps réel, et dans la plupart des cas, notre client retrouve lui-même son vélo : s’il réagit rapidement à l’alerte, il le retrouve vite car les voleurs ont tendance à abandonner le vélo pas loin du lieu de vol (ce sont des vols à l’opportunité d’un unique vélo pour être revendu au marché noir). Cela arrive parfois aussi de faire appel à la police, mais le délai de dépôt de plainte prend plus de temps. L’objectif est d’avoir un service réactif, nous travaillons à structurer davantage ce service. Quant au service d’assurance, nous avons monté un partenariat avec Allianz ce qui nous permet de revendre des assurances en option à nos clients ; ce service est pertinent, car dans le monde professionnel, l’assurance est devenue un réflexe (contrairement aux particuliers). Quel bilan fais-tu en cette fin d’année 2021 ? La société a désormais 5 ans et après nos débuts à Lyon, nous sommes maintenant installés depuis 4 ans à Toulouse. L’équipe a bien grossi, passant de deux à sept personnes. En parallèle, on a étoffé notre offre en passant de l’installation du capteur aux services (par exemple, l’offre « assurance » est proposée depuis 2 ans). Nous nous orientons et focalisons de plus en plus sur l’approche servicielle, là où nous pouvons avoir de la valeur. Le marché des traceurs s’est développé et propose désormais des produits très performants ce qui nous permet d’envisager une externalisation de cette production et concentrer nos efforts sur nos services. La planète dit oui Notre service est fourni aux gérants de flottes de vélos Quelle est l’origine du projet ? L’idée est venue d’un problème malheureusement devenu classique de vols de vélo. Et j’en ai subi plusieurs des vols ! Le projet est né de la rencontre avec mon associé Jean, qui gérait à l’époque un magasin de vélo. Notre objectif initial était de fabriquer le traceur pour géolocaliser les vélos. Ce type de produit n’existait pas il y a 5 ans quand on s’est lancé ; nous avons conçu et développé notre propre traceur. Cela nous a pris 2 ans pour en arriver à la mise sur le marché. Puis nous avons testé le marché. Notre premier client a été un gérant de Domino’s Pizza. Puis nous avons eu à équiper et gérer des flottes plus importantes comme celle des vélos de la mairie de Besançon (jusqu’à 500 vélos !).
  • 15. Morio lutte contre le vol de vélos et participe à la mobilité durable Adrien Rambaud, co-fondateur de Morio | Propos recueillis par Flavie Joos, Décembre 2021 15 Adrien Rambaud Nous poursuivons deux principaux objectifs pour l’année prochaine : d’une part, un développement à l’international (surtout en Europe) et d’autre part une bascule servicielle réussie. Nous visons de devenir un acteur de référence sur la lutte contre le vol de vélo et non plus simplement un fabricant de traceur. En ce moment, le marché est plutôt calme du fait de la pénurie des matériaux que subissent de nombreux secteurs. Dans le secteur de la mobilité et du vélo en particulier, ce sont beaucoup de composants mécaniques qui sont impactés : boitiers, freins, suspensions, roues, etc. Mais nous percevons déjà le rebond économique : on observe un boom du vélo cargo pour offrir des solutions plus écologiques de livraison au dernier kilomètre chez les acteurs de la logistique. Les villes veulent du transport « propre ». Pour l’instant c’est une niche mais qui va s’intensifier avec des gros transporteurs comme Amazon ou UPS. Quelles sont les ambitions pour 2022 ? En parlant de transport durable, avez-vous fait le bilan carbone de Morio ? Objectifs 2022 : développement à l’international et bascule servicielle C’est dur et il ne faut pas lâcher, il faut de la résilience. Monter une boite c’est un peu comme faire un ultra trail : on ne sait pas dans quoi on se lance mais avec du courage on y arrive ! On a vécu des moments difficiles : au début, avec la fabrication du traceur et toute la gestion des hardwares. Nous n’avions pas assez de trésorerie pour assurer nos développements ; on a souhaité tout faire construire en France, ça n’a forcément pas le même prix que si on avait délocalisé. Puis il y a les moments de doute au démarrage : est-ce que le marché est pertinent ? Aurons-nous des clients ? Et les doutes évoluent au fur et à mesure du projet. Mais il faut aussi voir le coté positif de l’entrepreneuriat : il y a aussi des avantages comme la liberté d’action, l’épanouissement personnel etc. Et dans le fond, le projet vaut le coup ! Car le combat au quotidien c’est quand même d’inciter le plus de personnes à se déplacer en vélo et faire disparaitre les voitures des villes. On a vraiment l’impression de mettre notre pierre à l’édifice écologique. La planète dit oui En quelques chiffres, Morio c’est 4 000 vélos équipés de traceur, un taux de retrouvaille de 75% et une société rentable depuis 2020. Nous sommes positionnés sur quasiment l’ensemble du territoire français : Vannes, Roanne, Lille, Marseille, Besançon, le Pays Basque, etc. Nous n’avons pas encore réalisé le bilan carbone de l’impact de notre service pour nos clients mais nous réalisons des bilans sur les flottes de vélos de nos clients. Ainsi, nous réalisons des reporting pour nos clients sur les gains en économie de CO2 ; par exemple, une flotte de 400 vélos apporte une économie de 57 tonnes de CO2 sur l’année. Un mot pour conclure sur l’entrepreneuriat ?
  • 16. Victor Breban Noil : passer au deux-roues électrique et accélérer la transition vers une mobilité urbaine durable Victor Breban, co-fondateur de Noil| Propos recueillis par Flavie Joos, Septembre 2021 Quelles sont les origines du projet ? Il s’agit de l’aventure entrepreneuriale de trois amis d’enfance : nous étions tous les trois animés de la volonté d’entreprendre et grands utilisateurs de deux roues ! Nous habitons en ville et avons vite perçu les contraintes liées à l’utilisation de nos propres véhicules. Nos vieux véhicules avaient beaucoup de problèmes techniques, et on n’arrivait pas à les vendre. On a donc voulu leur donner une seconde vie. C’est de là qu’est parti le projet : Noil a été créé en mai 2019. Aujourd’hui, nous pouvons voir que l’histoire nous a donné raison : la réglementation s’est durcie avec la vignette Crit’Air et dans Paris le stationnement sur la voie publique des deux- roues thermiques sera soumis à redevance là où les deux-roues électriques seront exonérés. A la découverte de Noil, une jeune startup fondée par trois amis d’enfance dont l’ambition est de transformer les deux-roues thermiques et polluants en véhicules électriques. Nous avons construit le premier prototype sur mon véhicule. Raphael, notre CTO, avait la compétence technique grâce à son expérience professionnelle dans les grosses entreprises. Clément, acheteur industriel de formation, a travaillé à la structuration de la société et au business plan. Et pour ma part, de formation juridique, j’ai pris en charge les partenariats et la relation client. Nous avons réalisé trois types de partenariats. D’une part, des partenariats auprès des assureurs car les problématiques d’assurance sont au cœur de la stratégie de rétrofit. En mai 2019, il n’existait pas de cadre réglementaire sur le rétrofit en France. Nous avons donc fait du lobbying pour obtenir un texte qui encadrait notre activité ; nous l’avons obtenu en mars 2020. Ainsi, l’électrification d’un véhicule thermique est désormais encadrée par la loi. Nous avons été les premiers à obtenir l’homologation sur notre kit d’électrification de véhicule. Ceci nous a permis de rassurer les assureurs, c’était une première grande étape. Ensuite, il y a les installateurs partenaires qui réalisent la conversion du système thermique au système électrique. Ce sont des garagistes spécialistes des deux-roues. Nous les formons à l’électrique et à notre méthode de rétrofit. Cela leur permet de diversifier leur activité et de leur rapporter un revenu direct via nos demandes d’intervention et un revenu indirect avec les nouveaux clients propriétaires de véhicules électriques. 16 La planète dit oui Noil est la première solution pour convertir les deux et trois-roues thermiques en électrique et ainsi accélérer la transition énergétique de la ville et des zones urbaines. Nous prenons le parti pris de capitaliser sur le parc existant plutôt que de construire un nouveau parc tout électrique et qui impliquerait de mettre à la casse les véhicules thermiques. Ainsi, nous donnons une deuxième vie à ces véhicules et évitons le gaspillage : c’est de l’économie circulaire appliquée au secteur du véhicule. Peux-tu pitcher Noil ? Nos vieux véhicules avaient beaucoup de problèmes techniques, et on n’arrivait pas à les vendre. On a donc voulu leur donner une seconde vie. C’est de là qu’est parti le projet Comment êtes-vous passé de 0 à 1 ?
  • 17. Noil : passer au deux-roues électrique et accélérer la transition vers une mobilité urbaine durable Victor Breban, co-fondateur de Noil| Propos recueillis par Flavie Joos, Septembre 2021 Cette collaboration permet de réintégrer pleinement les garagistes dans la transition écologique qui étaient laissés sur le bas-côté ; en effet, les véhicules électriques demandant moins d’entretien, ces interventions sont moins attractives économiquement. Avec Noil, les garagistes montent en compétence sur l’électrique et au fur et à mesure que le parc existant se transforme il se tourne vers l’électrique. Nous sommes fiers d’avoir 20 partenaires en France ainsi que le réseau Feu vert. Enfin, le dernier type de partenariat concerne les acteurs de l’écosystème du véhicule électrique avec qui nous réalisons des actions de communication pour se faire mutuellement connaître. 17 Victor Breban Comment est perçu le projet par les usagers ? Nous avons réussi à développer un bon référencement sur internet et une animation des réseaux sociaux ce qui nous permet d’avoir de la visibilité : notre newsletter comprend plus de 6000 personnes. Les utilisateurs de deux-roues viennent donc à nous facilement quand ils entrent dans la démarche de vouloir électrifier leur scooter. Nous avons aussi investi beaucoup de temps à faire un travail de pédagogie sur le retrofit pour faire connaitre ce concept. Nous avons eu beaucoup de visibilité presse : JT de 20h sur TF1, M6 et BFM. Enfin, un de nos canaux d’acquisition est notre réseau de partenaires installateurs qui sont directement en contact avec les clients. Tout commence vraiment avec l’homologation : nous avons eu la première certification en avril 2021 sur le Solex, puis la 2ème sur le Peugeot 103 et en septembre sur la Vespa 50cc. Aujourd’hui, nous avons 215 pré-commandes pour réserver un kit d’électrification sur le site Noil sans compter les commandes faites directement auprès de notre réseau d’installateurs. Ceci représente une vraie preuve du marché que nous adressons ! Notre équipe s’est bien constituée aussi, et compte désormais une dizaine de personnes. Enfin nous finalisons actuellement une levée de fonds ; cette levée de fonds permettra de financer la R&D sur les batteries, l’homologation des prochains véhicules, des recrutements, etc. A moyen terme, nous visons de rester le leader en France de la conversion électriques des deux- roues et de sécuriser notre activité. Cela passera par l’extension de notre gamme de véhicules. Le projet est bien reçu, pour plusieurs raisons. Tout d’abord d’un point de vue économique ; l’assurance d’un véhicule électrifié coute autant voire moins que celle d’un véhicule thermique. Pour l’intervention d’électrification, cela varie selon la gamme du véhicule entre 1000 et 1500 euros mais avec les aides de l’Etat cela revient bien moins cher que d’acheter un véhicule neuf. Finalement, tout compte fait, l’utilisateur y trouve son compte. Et surtout, il conserve un véhicule qui lui plait sur les aspects esthétiques et confort. Il existe peu de scooters intéressants sur le marché de l’électrique : l’offre est restreinte et souvent de faible qualité. Nous avons eu beaucoup de visibilité presse : JT de 20h sur TF1, M6 et BFM La planète dit oui Comment vous êtes-vous fait connaitre auprès de votre public cible ? Comment vous êtes-vous fait connaitre auprès de votre public cible ?
  • 18. Noil : passer au deux-roues électrique et accélérer la transition vers une mobilité urbaine durable Victor Breban, co-fondateur de Noil| Propos recueillis par Flavie Joos, Septembre 2021 18 Victor Breban À plus ou moins long terme, nous visons le marché européen ; en effet, des pays comme l’Italie, l’Espagne, mais aussi l’Allemagne ou le Royaume-Uni représentent un gros marché potentiel. En parlant de bilan, quel est votre bilan carbone ? On y travaille ! L’ADEME a rendu récemment un dossier assez complet sur le retrofit. De notre côté, nous mettons en œuvre une démarche respectueuse de l’environnement, en ne produisant pas de véhicules supplémentaires : ce sont 200 kg de CO2 par an économisés pour un scooter électrifié. Aussi, nous nous attachons à réaliser notre sourcing en France ou en Europe ; seuls les éléments électroniques sont produits en Chine. Nous nous engageons pleinement dans l’économie circulaire : nous retraitons tous les matériaux que nous retirons des véhicules. Le bilan est très positif, c’est sûr ! Noil est avant tout une aventure humaine, plus familiale qu’amicale même. Parfois, il y a des disputes mais on règle les problèmes comme en famille et cela se passe toujours bien. Avec mes associés, nous sommes très proches et avons une véritable relation de confiance ; nous sommes plutôt sereins et confiants ! Nous avons quand même mis en place un pacte d’actionnaires comme dans toutes les sociétés… Ce qui fait que ça fonctionne bien c’est que nous essayons de faire la part des choses dans nos relations professionnelles et personnelles. Et surtout nous avons trois expertises différentes et complémentaires ; nous sommes tous les trois très curieux et pensons de manière différente ce qui permet de faire bouger les choses sans se marcher sur les pieds. On est aussi très fiers de ce qu’on fait et du projet ; nous avons l’impression de participer à créer un monde un peu meilleur même si ce n’est qu’à l’échelle des scooters ! Notre action participe au bien être de tout le monde : moins de bruit, moins d’odeur, moins de pollution en ville ! La planète dit oui Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?
  • 19. Ilfynn Lagarde youzd : la plateforme d’échange de seconde main pour en finir avec le gaspillage des objets de la maison Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021 Ilfynn, peux-tu nous pitcher youzd ? youzd, en une phrase, c’est la plateforme pour en finir avec le gaspillage des objets de maison. youzd fait rimer la seconde main des objets de maison avec simplicité et plaisir en s’appuyant sur la technologie et la logistique. Notre objectif est de démocratiser le recours à la seconde main pour les objets de maison comme le mobilier, l’électroménager et les objets de décoration. En fait, on se positionne un peu comme le Vinted du canapé et du frigo. A la découverte d’un beau projet : youzd. J’ai eu le plaisir de rencontrer Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd. Interview dynamique, riche et pétillante… 19 Comment est né le projet ? Les origines du projet sont multiples et viennent converger vers le même point : une volonté de faire un geste pour la planète. J’ai vécu aux USA pendant des années étant jeune, et j’ai connu le tremblement de terre de San Francisco en 1989. Cet événement a bouleversé la petite fille que j’étais à l’époque ; je me suis rendue compte à quel point nous étions petits par rapport à la planète. Maintenant, je suis mère de trois enfants et je ressens le besoin d’agir pour leur laisser une planète en bonne santé ! De manière peut-être plus pragmatique, j’ai vécu pas mal de déménagements et se débarrasser de ses encombrants peut s’avérer une véritable épreuve. J’ai le souvenir de bonnes heures de galère à faire rentrer une penderie de deux mètres de haut dans le coffre d’une petite Opel, sans outils pour démonter les portes de la penderie… L’objectif est donc de traiter les objets encombrants qui représentent beaucoup de “pain points” et occasionnent du stress lors d’un déménagement : comment faire pour que ce soit aussi simple que sur Vinted de vendre ces gros objets qui nous encombrent ? Voilà comment est né youzd. On a envie de te demander : en quoi youzd se différencie des autres marketplaces comme Leboncoin ? Déjà nous sommes spécialisés dans les objets de la maison : électroménager, meubles et décoration. Ensuite, nous nous définissons moins par ce que vous y trouverez à vendre mais par comment nous le vendons. En effet, nous avons un niveau de gamme varié, du vintage, du concept, des vieux trucs à retaper, etc. Mais quel que soit l’objet notre mission est de rendre son accès à la seconde vie simple pour le vendeur comme pour l’acheteur. Pour le vendeur, on lui assure de vendre au meilleur prix sans se soucier des éventuelles négociations. Le vendeur ne fixe pas de prix initial mais plutôt une fourchette (prix idéal et prix bas) et le délai qu’il souhaite pour vendre son bien (en gros, le temps qu’il a devant lui avant d’être vraiment embêté par ses encombrants). Ensuite, notre plateforme fait marcher “une moulinette” qui détermine le bon prix. On s’est inspiré des principes utilisés sur les marchés agricoles (vente au cadran) pour dynamiser et soutenir le cours des denrées périssables ; il s’agit de faire baisser le prix automatiquement jusqu’à ce que l’objet trouve preneur. Ce système incite à acheter avant que le bien ne nous passe sous le nez et donc garantir un prix attractif pour l’acheteur et acceptable pour le vendeur. La planète dit oui
  • 20. youzd : la plateforme d’échange de seconde main pour en finir avec le gaspillage des objets de la maison Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021 Quel premier bilan fais-tu de l’aventure youzd ? 20 Ilfynn Lagarde Nous en sommes encore au début mais c’est déjà tellement gratifiant et agréable de voir les résultats de notre travail ! Pour rappeler l’historique, après 15 ans de marketing et commercial dans le secteur de la grande consommation, j’ai quitté mon précédent emploi à l’été 2019. En septembre 2019, je me suis mise sérieusement sur mon projet. J’ai rencontré mon associé en novembre 2019. On a commencé les travaux sur la plateforme en février 2020… et après moins d’un mois de collaboration, nous voilà confinés ! On a appris à travailler ensemble à distance et on a pu lancer le site en mai à la sortie du confinement. L’acquisition sur le site a réellement commencé à partir de septembre 2020 ; nous avons eu deux belles opérations qui nous ont fait connaître : nous avons aidé les Grands Voisins à donner une seconde vie à leur mobilier et nous avons organisé la revente de tout le mobilier de The Family. Ce fut une belle réussite, nous avons mis en ligne pas loin de 400 annonces rien que pour The Family. Début 2021, 375 jours exactement après la naissance officielle de l’entreprise, nous avons fini notre premier tour de table. Cette levée de fonds va nous permettre d’accélérer le projet sur 2021 : continuer à améliorer le produit et accélérer l’acquisition. La planète dit oui Pour l’acheteur, nous lui facilitons la vie en lui proposant une solution logistique 100% intégrée. Nous avons intégré directement dans notre plateforme notre chaîne logistique : partenariats avec des sociétés de déménagement, plateforme de stockage tampon. Cette plateforme sert à faire des regroupements de colis pour assurer une livraison rapide et en une seule fois à un acheteur qui aurait fait l’acquisition de plusieurs biens auprès de différents vendeurs. Aussi, nous proposons (comme d’autres marketplaces) le paiement en ligne sécurisé, via un système de tirelire ou l’argent est séquestré avant d’être transféré au vendeur, quand la livraison est bien réceptionnée. Ce qui est important pour nous, c’est surtout de proposer une expérience fluide et sans mauvaise surprise à l’acheteur et d’assurer d’aller au bout de l’achat. Pour cela, nous avons intégré les frais de service dans le prix d’achat, et les frais de livraison sont affichés clairement et forfaitaires au sein de la zone couverte : pas de mauvaise surprise au moment de finaliser l’achat. Enfin, notre force c’est de proposer des modes de recherche et filtres pertinents sur les objets recherchés. Comme nous sommes spécialisés dans les objets de maison, on peut proposer un accompagnement vraiment personnalisé et adapté aux réalités du quotidien. Par exemple, quand on cherche une penderie, on va avoir des critères sur l’aménagement et la typologie des rangements : penderie, étagères, tiroirs… on optimise tout ça pour faciliter la recherche des acheteurs. L’objectif est qu’ils passent le moins de temps possible sur notre site et concrétisent leur achat le plus simplement possible. Pour cela, je m’inspire de mon expérience professionnelle en “category management” pour des enseignes de grande distribution (aménagement de rayons, merchandising, etc.). Nous avons plein d’outils et méthodologies pour comprendre les comportements d’achats et schémas de pensée des clients. Notre force c’est de proposer des modes de recherche et filtres pertinents sur les objets recherchés
  • 21. youzd : la plateforme d’échange de seconde main pour en finir avec le gaspillage des objets de la maison Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021 21 Ilfynn Lagarde Je voulais donc changer de métier, retrouver du sens, arrêter de ronronner, la quarantaine approchant,… scénario classique ! J’ai pris le temps de réfléchir à ce que je voulais faire et je me suis lancée. Entreprendre à 38 ans, c’est entreprendre riche de son expérience, et avec une certaine conscience qu’on pourra retomber sur ses pattes quoi qu’il arrive. Du coup, je vis pleinement cette expérience : je savoure tout autant le chemin que je garde la destination à atteindre en ligne de mire. La planète dit oui Nous devons accélérer et accroître l’acquisition. Une personne de Blabla Lines avec qui j’ai échangé au démarrage de mon projet m’a dit quelque chose qui m’a beaucoup marquée : “ une marketplace c’est comme avoir une poignée de sable dans chaque main et jeter le sable en l’air en espérant que les grains se rencontrent. Il vaut mieux avoir beaucoup de sable ! « Sur l’échelle entrepreneuriale, nous sommes passés de 0 à 1; maintenant nous devons passer de 1 à 10. Cette année, les travaux seront axés sur la structuration de l’équipe, l’amélioration du produit, le développement à Paris et dans une ou deux autres villes peut-être afin d’atteindre une taille critique et gagner en notoriété. Je voulais donc changer de métier, retrouver du sens, arrêter de ronronner, la quarantaine approchant,… scénario classique ! Et justement, pour 2021, quelles sont les ambitions ? Passer du salariat à l’entrepreneuriat n’est pas toujours chose aisée, comment as-tu franchi le cap ? As-tu été accompagnée ? Mon père était entrepreneur, j’avais donc ce modèle dans la famille. Aussi, j’ai fait mes études à HEC, avec une majeure Entrepreneuriat. Par ce réseau je connais beaucoup de monde autour de moi qui ont franchi le cap, cela m’a permis de désacraliser l’entrepreneuriat. Je voulais vivre une expérience professionnelle en entreprise avant de me lancer dans l’entrepreneuriat (et je n’avais pas spécialement d’idée à la sortie de mes études !). J’ai eu beaucoup de postes différents en 15 ans, mais j’en avais fait le tour : le marketing c’est cyclique, toujours le même calendrier d’une année sur l’autre.
  • 22. youzd : la plateforme d’échange de seconde main pour en finir avec le gaspillage des objets de la maison Ilfynn Lagarde, fondatrice de youzd | Propos recueillis par Flavie Joos, Mars 2021 Déjà, je suis plutôt contre la discrimination positive : ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on ne va pas y arriver seule par nos propres moyens et notre mérite. En France il existe un écosystème qui soutient les femmes entrepreneurs, j’ai pu en profiter et je trouve cela très bien, car c’est vrai que les chiffres montrent que c’est encore loin d’être paritaire. Je préfère les actions concrètes. En novembre, la marque Faguo a lancé le mouvement “Make friday Green again” pour dénoncer le black friday et proposer des modes de consommation alternatifs et responsables. Pour ne pas s’arrêter à un coup de com’ ponctuel, nous avons créé le Hashtag “Make every friday Green again”. Tous les vendredi, sur notre compte instagram nous réalisons un post sur le thème de la maison green. Le vendredi 5 mars, quelques jours avant la journée de la femme, nous avons posté une réflexion sur le sujet du rapport des femmes à l’écologie ; effectivement, un constat m’avait marqué depuis que je suis dans l’entrepeneuriat « à impact ». L’impression de voir une grande majorité de femmes à la tête de start-up durables / éco responsables, “care” ou entreprise à mission. Comme si l’entrepreneuriat social était une affaire de femmes ! J’ai donc effectué quelques recherches, sur les statistiques, et il semblerait qu’il existe effectivement un biais cognitif qui expliquerait ce constat : notre mode d’éducation pousserait les petites filles à avoir des actions à portée sociétale, dans le “care”. 22 Ilfynn Lagarde Enfin, en tant que femme, je me rends bien compte de la difficulté à trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et personnelle. Même si mon compagnon me soutient dans mon projet et prend largement sa part des tâches à la maison et avec nos trois jeunes enfants, mon activité professionnelle est sur du B2C, ce qui implique une forte sollicitation le weekend et les soirs. J’essaye donc de passer moins de temps sur mon téléphone à la maison… mais pas facile ! La planète dit oui Je lisais un article récemment sur “l’entreprenariat au féminin”: les obstacles, la sous-représentativité des femmes dans les start-up de la tech et leur sur- représentativité dans les start-up à impact sociétal… qu’en penses-tu ? J’essaye de passer moins de temps sur mon téléphone à la maison… mais pas facile !
  • 23. Otto Nijdam Foodco’ : la « Factory Digitale » des concepts de restauration Otto Nijdam, co-fondateur de Foodco’ | Propos recueillis par Armel Gilibert, Octobre 2021 D’où est née Foodco’ ? Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours eu cette envie de créer mon entreprise. A la fin de mes études de commerce, j’ai eu une première expérience de travail en tant que salarié, dans le but d’apprendre & comprendre un peu mieux le milieu professionnel, mais je savais qu’à un moment j’allais entreprendre. En 2018, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai lancé mon premier restaurant. J’ai un profil financier et j’ai très vite compris qu’il y avait beaucoup de charges que je pouvais éliminer ou optimiser grâce au digital (main d’œuvre, caisses, gestion fournisseurs …). Fin 2019, j’ai eu l’idée de créer Foodco’, une Factory Digitale qui centralise la gestion du modèle de restaurant en tirant un maximum profit du digital. L’objectif est de créer des synergies et des possibilités d’optimisation aussi bien dans les ventes et le marketing que dans la gestion des coûts et des charges. Je me suis associé à un chef de renom et un expert du marketing pour créer la société en juillet 2020. Nous avons ouvert nos bureaux en janvier 2021. Otto Nijdam est co-fondateur de l’entreprise Foodco’, spécialisée dans la gestion de marque de restauration. • Pour des petites structures, le chef se retrouve régulièrement au four et au moulin. Ce n’est pas tout de cuisiner des bons plats, il faut avoir le temps de gérer l’entreprise derrière, les stocks, les employés, le marketing… Pour avancer, il faut être en total maîtrise de ses coûts du début à la fin, tout le monde connait cette phrase mais elle est très vraie « le premier argent gagné est l’argent qui n’est pas dépensé » Pour répondre à ces deux problématiques, notre philosophie, c’est le « Digital First ». Le mot d’ordre, dès le démarrage, a été par exemple l’optimisation de la main d’œuvre. Nous avons des logiciels de prévision de vente qui nous permettent d’anticiper les pics de commande et donc d’optimiser les achats et de mieux gérer la main d’œuvre. La relation avec nos fournisseurs est 100% digitale et je passe mes commandes directement via des applications en quelques clics. Proposer des canaux de vente en B to C digitaux qui permettent de diminuer vos charges fixes et d’augmenter le panier moyen. Engranger du volume de commande via des marques que nous distribuons via le digital. C’est via toutes ces spécificités que nous pouvons être vraiment réactif et de capter la demande dans les meilleures conditions. 23 Aidez votre entreprise À quelles problématiques répond Foodco’ ? Il n’y avait pas de problème de marché, c’est juste que l’industrie de la restauration était «old school». L’idée était d’optimiser au maximum la gestion de la restauration traditionnelle avec le digital. Pour ce fait, il fallait restructurer le marché avec un nouveau business model axé sur la centralisation de la gestion de marques. Cette configuration permet de répondre aux deux gros challenges du restaurateur : générer du volume et optimiser ses coûts. • Dans un restaurant traditionnel, tu es limité par le nombre de places assises et le nombre de services que tu peux faire. Étant donné que le volume d’affaire est limité, il est impératif de bien comprendre ses coûts et d’être en contrôle de sa marge Optimiser au maximum la gestion de la restauration traditionnelle
  • 24. Foodco’ : la « Factory Digitale » des concepts de restauration Otto Nijdam, co-fondateur de Foodco’ | Propos recueillis par Armel Gilibert, Octobre 2021 Nous avons tout d’abord notre Factory Digitale qui gère nos marques de restaurant. Nous nous appuyons sur des alternants pour créer du contenu marketing pour nos différentes enseignes. Notre gagne-pain aujourd’hui, ce sont nos concepts de restaurant. À terme, c’est la Factory Digitale qui sera porteuse, mais pour l’instant, ce sont nos 2 marques avec pignons sur rue et nos 3 marques filles qui font tourner l’entreprise. On voulait tout lancer dans le même temps pour créer des synergies et nous professionnaliser sur la gestion de business model. Je m’appuie sur un concept de « transparence » où le consommateur commande sur des bornes avec un accès direct aux cuisines. L’espace dédié à la salle devient maintenant un espace de production ce qui me permet d’optimiser la rentabilité de mon local. Les enseignes gérées par la Foodco’ aujourd’hui : Foca’ la focaccia contemporaine, La Maison du roll, Froid – les bowls du monde, Quinoa Lovers. La maison du roll : Le labo urbain 2.0 Une cuisine ouverte sur la rue où l’on peut commander sur des bornes tactiles des rolls, pokés et salades à emporter. Cette grande cuisine accueille également nos 3 marques filles sur le modèle de la « ghost kitchen ». Nous préparons des plats destinés exclusivement à la livraison afin de générer plus de volume dans le même espace en mutualisant les ressources. Cela me permet de jouer sur plusieurs fronts et de servir avec très peu de ressources additionnelles, plusieurs segments de consommateur. Foca : Le comptoir food Dans une atmosphère italienne avec du marbre au mur et au sol, le Foca est un concept de bar mono produit avec une production minute. Le but est de faire vivre une expérience au consommateur et ne pas être une simple cuisine de livraison. Les commandes sont dématérialisées, via une tablette connectée pour les pick-up ou bien en livraison. 24 Otto Nijdam Où en est Foodco’ aujourd’hui ? Quelles sont les prochaines étapes ? Nous sommes actuellement en pleine réflexion, savoir si nous allons chercher du cash pour financer notre croissance ou attendre un peu. Avec mes associés, nous développons actuellement 3 business modèles : ouverture de nouveaux points de ventes en fonds propre, la franchise, ou bien l’implantation de nos marques sur le F&B des hôtels. Le premier modèle est celui que nous avons suivi jusqu’à maintenant. Nous développons nous- même des points de ventes pour l’ensemble de nos marques. Depuis peu, nous avons ouvert notre premier point de vente en franchise à Anglet avec la Maison du Roll. Nous percevons des droits d’entrée et des redevances d’exploitation, mais ce modèle demande beaucoup d’investissement au départ pour fournir tout le contenu nécessaire au franchisé (Cahier des charges, déploiement market etc..). Le dernier modèle est de proposer des concepts pour les F&B des hôtels. Nous avons récemment signé un partenariat avec Mövenpick Hotel Mansour Eddahbi Marrakech pour notre marque la Maison du Roll. Pour l’instant, nous nous donnons la liberté d’explorer toutes ces options pour évaluer la plus porteuse. C’est important de comprendre que ce n’est pas nous qui décidons mais le marché, ce sera donc lui qui m’indiquera sur quels business model on se focalise. Aidez votre entreprise Plusieurs enseignes gérées
  • 25. Foodco’ : la « Factory Digitale » des concepts de restauration Otto Nijdam, co-fondateur de Foodco’ | Propos recueillis par Armel Gilibert, Octobre 2021 25 Otto Nijdam D’un point de vue personnel, cette aventure m’a fait réaliser que quand tu fais ce que tu aimes, tu ne comptes plus tes journées. On peut avoir tendance à se comparer à son entourage et à remettre en cause ses choix, mais quand on a une conviction, il faut la suivre. J’ai vraiment pris conscience de la liberté que m’a apportée l’entrepreneuriat. Je suis libre de mes opinions et de ma façon de penser. Via Foodco’, je peux mettre en pratique ma vision de la restauration de demain. Par contre, cette liberté à un prix, elle nécessite une organisation. Tu ne coupes jamais vraiment. D’un point de vue business, il faut savoir déléguer et ne pas compter que sur soi-même. Il y aura toujours des personnes plus talentueuses que toi pour faire certaines tâches. Le vrai talent de l’entrepreneur est de savoir coordonner tous ses talents pour les faire avancer dans la même direction. C’est dans ces moments que le quotidien peut devenir plus compliqué mais c’est aussi ce qu’on aime. C’est pour cette raison qu’il faut être au clair avec soi-même et se lancer pour les bonnes raisons. Deuxième et dernier conseil, ce qui fait vivre votre entreprise c’est la finance, c’est le noyau de votre entreprise, le fuel qu’on met dans le moteur, sans finance vous n’existerez pas. Beaucoup d’entreprises avec de très bons concepts ont échoué à cause d’une mauvaise gestion de leur finance. Je pense qu’il est très risqué de laisser cette responsabilité à un salarié. L’entrepreneur doit maîtriser ce socle pour bien piloter son futur. Si ce n’est pas entre tes mains, tu ne peux pas connaître la marge de manœuvre dont tu disposes, les points d’optimisations, les points critiques qui vont assurer la pérennité de ton entreprise. Vous ne mourrez pas d’exploitation mais de trésorerie c’est pourquoi avoir une connaissance et un nez dans votre finance d’entreprise est primordial. Quels enseignements as-tu tiré de cette expérience ? Aidez votre entreprise Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? Pour se lancer, il ne faut pas l’idée du siècle. Il faut être à l’écoute du marché et identifier les points de souffrance d’un secteur. J’ai simplement vu une opportunité pour améliorer ce qui se faisait déjà. Il ne suffit pas d’avoir une idée, il faut la mettre en application. C’est ça qui compte vraiment. Pour le coup, il est impossible d’être préparé à 100%. Il y a forcément des imprévus à gérer au fur et à mesure qui sont durs à anticiper. Pour se lancer, il ne faut pas l’idée du siècle. Il faut être à l’écoute du marché et identifier les points de souffrance d’un secteur
  • 26. Florence Vasilescu FirmFunding plateforme innovante de financement des PME Florence Vasilescu fondatrice de FirmFunding | Propos recueillis par Louis Alexandre Louvet, Mars 2021 Quel est le problème à résoudre qui a lancé FirmFunding ? Le problème à résoudre est de donner accès aux PME à une source supplémentaire de financement. Il existe 3 grandes sources de financements pour les entreprises : • L’emprunt bancaire : le chef d’entreprise va demander de l’argent à son banquier ; • L’augmentation de capital : le chef d’entreprise fait entrer un nouvel actionnaire qui apporte du capital, et qui acquiert en passant des parts sociales, ce qui a pour conséquence de diluer les actionnaires déjà présent ; • Enfin, le financement moins connu des PME, avec l’emprunt obligataire : il s’agit d’un d’emprunt, aux conditions connues à l’avance, qui oblige l’entreprise à des remboursements dans le temps, contre un apport immédiat de liquidités. Les entreprises cotées, grands groupes, connaissent déjà très bien cette troisième source de financement : il y a dix ans, elles étaient déjà à 70% sur l’obligataire et sont maintenant passées à 75%. Cependant, ces entreprises sont expertes en instruments et accès aux marchés financiers. Les PME n’avaient que très peu accès à dette privé, alors que c’est un outil de financement très utile, notamment pour les aider à gérer leur croissance et se développer partout en France. Dans le cadre de nos rencontres avec des entrepreneurs, nous avons eu la chance de rencontrer Florence Vasilescu, fondatrice d’une plateforme innovante de Financement pour les entreprises, FirmFunding. Florence partage avec ISLEAN le parcours de l’aventure entrepreneuriale et son expérience. J’ai démarré seule, début 2016, après avoir quitté l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) : cela m’a permis de passer du statut de régulateur à entrepreneur ! Je m’étais donné 2 ans pour y arriver. J’ai préféré sauter rapidement le pas seule pour donner corps à mon idée, après une première recherche non concluante d’associé. Après avoir créé la société en janvier 2016, j’ai rapidement mené une 1ère levée de fonds en juin 2016. Cela a fait monter à bord des personnes de mon entourage qui connaissaient le projet et auxquels j’ai demandé de constituer un 1er comité stratégique pour pouvoir partager la vision. Cela m’a aidé à sortir de la solitude de l’entrepreneur ! Comme il manquait une compétence dans ce premier tour sur le digital, j’ai également pu faire rentrer un investisseur, entrepreneur expérimenté, sur le sujet. Comment avez-vous lancé le projet ? Les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) l’utilisent de plus en plus : elles sont passées en 10 ans de 15% à 30% en obligataire. Les PME seulement de 3 à 7%, comme nous l’indique la Banque de France. Le problème sous-jacent est que sans financement, les PME ne peuvent pas se développer et que les PME sont souvent le premier moteur de l’économie dans les territoires ! La solution que j’ai imaginée était de chercher à faciliter l’accès au financement privé pour les PME, en utilisant un outil digital. Il s’agissait de faciliter la rencontre entre des investisseurs professionnels (ex : Société de gestion, Family office) et des PME, pour réaliser des financements obligataires de 1 à 20M€. Dans cette approche de plateforme de rencontre autour du financement, « Marketplace de solutions de dette privée », j’ai pu confirmer qu’il y avait un problème également du côté des investisseurs : lors de mon étude de marché, les investisseurs m’ont également indiqué qu’ils avaient du mal à trouver des PME à financer sans y passer trop de temps. Il leur manquait un bout de la chaine : comment trouver les entreprises à financer. Aidez votre entreprise J’ai démarré seule, début 2016, après avoir quitté l’AMF : cela m’a permis de passer du statut de régulateur à entrepreneur 26
  • 27. FirmFunding plateforme innovante de financement des PME Florence Vasilescu fondatrice de FirmFunding | Propos recueillis par Louis Alexandre Louvet, Mars 2021 Au démarrage, je suis passée par une entreprise qui développait des plateformes en marque blanche ; cela m’a permis d’aller rapidement tester mon idée avec des clients pour un coût limité. J’ai utilisé mon réseau de contacts pour rencontrer des investisseurs, et ai également prospecté : le marché comptait alors assez peu d’acteurs et j’ai pu rapidement en faire le tour. Cette époque m’a amené à affuter mon projet autour du besoin réel du marché. Je me suis également très vite rapproché de BNPParibas, pour avoir une licence bancaire et pour pouvoir être agent payeur, ce qui permet à la plateforme d’offrir un service complet aux clients. Aujourd’hui, devenu 2 offres séparées. Fin 2017, FirmFunding réalisait son premier chiffre d’affaire ! Depuis 2018, le chiffre d’affaire est devenu récurrent : cette année-là, FirmFunding accompagnait une dizaine de financements via sa plateforme. En 2019, après une nouvelle levée de fonds, la plateforme a pu participer au financement d’une trentaine d’entreprises. Les suites du développement ? 27 Florence Vasilescu Depuis un an, nous avons également lancé une deuxième gamme de services, en tant qu’agent payeur pour des opérations de placement privé et de closings. Au niveau de l’équipe, j’ai également pu accueillir deux associés : le CTO (Chief Technology Officer) avec lequel nous avons démarré en freelance, pour entièrement réécrire la plateforme, et une de mes anciennes collègue de l’AMF, dotée d’une expertise en droit couplée à une réelle vision du marché. Aidez votre entreprise FirmFunding aujourd’hui ? En 2020, malgré le quasi-arrêt lié à la crise sanitaire de la Covid en mars / avril, la plateforme a permis le financement de 22 entreprises. Après ces quelques années, la plateforme qui porte la marketplace de financement, ce sont 320 millions d’euros de financement, dans une soixantaine d’entreprises, soit 5 M€ de financement moyen. Ce sont aussi 250 investisseurs professionnels enregistrés sur la plateforme de Marketplace. En 2020, malgré la crise sanitaire, la plateforme a permis le financement de 22 entreprises Nous continuons notre développement, notamment auprès des pays limitrophes pour européaniser les financements de la Marketplace. La plateforme est déjà en deux langues. Nous voyons des PME étrangères et aussi des investisseurs étrangers ; ces derniers peuvent investir en France comme nos investisseurs français dans des PME à l’étranger. La crise sanitaire a des conséquences différentes selon les pays : si la France bénéficie pour le moment d’un très fort soutien de l’Etat, ce n’est pas le cas dans tous les pays. Il y a donc de très belles PME qui cherchent des financements de croissance. Globalement, nous avançons de façon pragmatique, avec une belle équipe, et essayons d’être le plus réactif possible aux besoins de notre marché 😊
  • 28. FirmFunding plateforme innovante de financement des PME Florence Vasilescu fondatrice de FirmFunding | Propos recueillis par Louis Alexandre Louvet, Mars 2021 Certes, c’est important d’avoir un cap, mais il faut d’abord être prêt à tirer des bords imprévus pendant toute cette phase de démarrage. Dans tous les cas, c’est le marché qui a raison ! Dans le développement d’une startup, il faut donc être assez ouvert sur le chemin à prendre. Je pense que c’est important de s’entourer le plus et le mieux possible : je suis convaincue qu’il faut parler de ses idées et ne jamais avoir peur de le faire. On gagne tellement plus à recueillir des avis pour avancer vers le marché, qu’à garder la « meilleure idée du monde » dans un coffre-fort. Je suis contente de ne pas être restée seule trop longtemps ! Même si j’ai démarré seule, je pense qu’il faut savoir s’ouvrir très vite au reste du monde, même dans le cas où on démarre en équipe. J’ai vu des amis qui finissait par tourner en rond entre associés. J’ai appris à multiplier les points de vue. Enfin, ce sont les valeurs derrière le projet qui nous font lever le matin et bien travailler ensemble : avec mes associés, nous sommes convaincus qu’il est critique de favoriser la croissance des PME, créatrices d’emplois, dans les régions. C’est seulement cela qui permet d’éviter la désertification des campagnes, faute d’emplois. 28 Florence Vasilescu Bien tester le marché, beaucoup échanger avec d’autres personnes avant de se lancer et ne pas s’enfermer dans une idée : tester, tester, tester. Aller très vite sur le marché avec un produit, avec un MVP (Produit minimum viable) peu complexe et peu cher (même si on n’en est pas propriétaire, mais si le produit est faible technologiquement…). Si le marché est là, on pourra toujours internaliser la plateforme ! S’entourer, ne pas rester seul trop longtemps. Echanger sur le monde extérieur. La création d’entreprise, c’est long. Il faut savoir garder patience. Le Marché vit déjà sa vie, il ne nous attend pas. En plus de la patience, il faut s’être organisé sur le plan financier pour ne pas être pris de court. Prendre vite un expert-comptable et un avocat. Ces professionnels du chiffre et du juridique évitent les erreurs de départ, permettent de se concentrer sur son business cœur. J’ai vu trop d’exemples où ces sujets avaient été négligés ! Il vaut mieux réfléchir en amont sur ces enjeux très forts : par exemple, un Pacte d’associés rédigé par un avocat permet de bien baliser les sujets au sein de l’équipe et des actionnaires. S’entourer, ne pas rester seul trop longtemps. Echanger sur le monde extérieur Les enseignements pour Florence ? Aidez votre entreprise Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ?
  • 29. Patrick Ragaru Hackuity lutte pour la cybersécurité des organisations Patrick Ragaru, co-fondateur d’Hackuity | Propos recueillis par Antoine Matta, Décembre 2021 Comment en êtes-vous arrivés à fonder Hackuity ? Depuis la sortie de l’école j’ai eu plusieurs expériences entrepreneuriales, c’est mon quatrième projet. Je suis donc un jeune entrepreneur de 50 ans. Concernant la création d’Hackuity, après la session de ma précédente société (Lexsi) j à Orange CyberDéfense (OCD) en 2015, j’ai été directeur technique d’OCD et responsable d’une BU de 250 personnes. Au contact de nos nombreux clients, en France et à l’international, j’ai eu la confirmation qu’un besoin existe toujours pour la gestion des vulnérabilités et assurer la cybersécurité des organisations. Patrick Ragaru est CEO et co-fondateur d’Hackuity. La startup, basée à Lyon, a développé une plateforme permettant de lutter contre les vulnérabilités de cybersécurité des organisations. Hackuity a remporté de nombreux prix en 2021 : Lauréat du Prix du Jury du Salon FIC de Lille, vainqueur du Prix de l’innovation des Assises de la Cybersécurité et lauréat du Grand Défi Cyber piloté par le Secrétariat Général pour l’Investissement. 29 Hackuity est une plateforme technologique qui va orchestrer l’écosystème autour de la gestion des vulnérabilités pour les identifier, les qualifier, les prioriser et les corriger. Comme les entreprises font face aujourd’hui à tellement de vulnérabilités – plusieurs millions par an pour une grande organisation – l’enjeu actuel n’est plus de traiter toutes les vulnérabilités mais en priorité celles qui sont des menaces réelles et avérées pour l’entreprise. Hackuity aide les entreprises à automatiser les opérations de détection, de qualification et de remédiation des vulnérabilités avec 2 ambitions majeures : réduire les durées de correction des vulnérabilités les plus critiques – et donc améliorer la posture de sécurité de l’entreprise – et diminuer les coûts de traitement en automatisant les tâches à faible valeur ajoutée aujourd’hui encore trop souvent réalisées manuellement. La plateforme, disponible en SaaS ou installée chez le client, est connectée aux sources internes ou externes de vulnérabilité de l’entreprise (référentiels, scanner, résultats de pentest, bug- bounty). Les vulnérabilités sont ensuite qualifiées automatiquement en les confrontant aux menaces du moment, en les corrélant à des sources de Cyber Threat Intelligence. Nous avons élaboré un algorithme qui va attribuer en continu un score de risque – le True Risk Score – à toutes les vulnérabilités. Ce score est spécifique au contexte technique ou business de chaque organisation. Chut ! aujourd’hui ? La plateforme, disponible en SaaS ou installée chez le client La tech à votre service Quel est le concept que vous avez développé avec Hackuity ? Hackuity, fondée début 2019, est un éditeur de solution qui adresse l’un des plus vieux métiers de la cyber : la gestion des vulnérabilités et donc pour la cybersécurité des organisations. Les vulnérabilités sont les failles que l’on peut trouver dans les systèmes informatiques et qui peuvent servir de porte d’entrée pour mener à bien des attaques, des vols de données ou permettre la propagation des ransomwares… Aujourd’hui on considère que la grande majorité de ces incidents de sécurité a encore pour origine l’exploitation d’une vulnérabilité. L’enjeu actuel n’est plus de traiter toutes les vulnérabilités mais en priorité celles qui sont des menaces réelles et avérées pour l’entreprise
  • 30. Hackuity lutte pour la cybersécurité des organisations Patrick Ragaru, co-fondateur d’Hackuity | Propos recueillis par Antoine Matta, Décembre 2021 30 Patrick Ragaru Aujourd’hui, nous avons 40 clients abonnés, et de nombreux grands comptes Notre premier client a été signé mi- 2020. Nous avons maintenant pour ambition d’adresser des clients de taille plus modeste qui ont en définitive les mêmes enjeux. Notre solution est adaptée à tout type de besoin, de taille ou de périmètre technique. Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de personnes dans l’aventure. La Banque de Territoires (Caisse des Dépôts) a investi en juin 2021 dans Hackuity. L’objectif est de nous aider à nous développer, et en particulier d’adresser de plus petites structures sur le territoire. L’ambition est de pouvoir accompagner par exemple des CHU ou des collectivités territoriales qui sont aussi confrontés à ces attaques et à ces vulnérabilités. On se rappelle par exemple parmi de nombreux autres l’attaque subie par le CH de Villefranche-sur-Saône. Nous avons mis en place 3 axes stratégiques pour 2022 : 1. Continuer de se développer en France et en Europe 2. Ouvrir un bureau Singapour en janvier 2022 pour s’étendre sur l’Asie et à la zone Pacifique Un associé qui vit et travaille sur place depuis 5 ans nous rejoindra prochainement. 3. Assurer le financement de notre go-to-market et de notre R&D avec une levée de fonds prévue pour mi-2022. L’objectif est de croître rapidement, notamment pour maintenir notre avance technologique et se préparer à affronter la concurrence internationale. A l’heure actuelle, Hackuity n’a pas de concurrent en Europe. ; seules quelques startups aux état-unis ou en israël ont aujourd’hui un positionnement similaire au nôtre. Les suites du développement envisagées ? J’ai co-créé l’entreprise avec 4 associés. Les 3 autres associés sont des experts techniques qui ont conçu et développé la solution. J’ai apporté ma connaissance du marché, mon réseau et assuré les premières phases de commercialisation Nous avons démarré le go to market le 1er mars 2020. Deux semaines après, le confinement commençait. Le Covid a donc été une période très compliquée pour nous comme pour beaucoup de jeunes startups. De par mon réseau développé dans mes précédentes expériences, nous nous sommes adressés au départ à des grands comptes, des entreprises du CAC 40 ou des grandes structures publiques (Ministère, Opérateur de l’Etat). Le sujet de cybersécurité des organisations est plus mature dans les grosse structures. Elles ont identifié leurs risques cyber, et connaissent les enjeux autour des vulnérabilités. La solution s’adresse à deux types d’interlocuteurs • La gouvernance pilote le programme de gestion des vulnérabilités et la Cybersécurité des organisations: le Responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) est souvent notre donneur d’ordre et le principal sponsor de la solution dans l’entreprise. En effet, grâce à Hackuity et de ses nombreux tableaux de bords fournis en standard, le reporting et le pilotage de la conformité sont grandement simplifiés • Les opérationnels sont les principaux utilisateurs qui ont en charge la correction des vulnérabilités. Ils vont récupérer les informations forunies par Hackuity et appliquer les correctifs ou les mesures de contournement 40 clients abonnés, et de nombreux grands comptes La tech à votre service Comment avez-vous lancé le projet vous permettant d’assurer la cybersécurité des organisations ? Où en est l’entreprise aujourd’hui ?
  • 31. Hackuity lutte pour la cybersécurité des organisations Patrick Ragaru, co-fondateur d’Hackuity | Propos recueillis par Antoine Matta, Décembre 2021 31 Patrick Ragaru Lorsqu’on lance un projet, on a toujours le souci de rencontrer son marché. Il y a 2 ans, j’avais la certitude que l’idée à la base de la création d’Hackuity était bonne et adressait des besoins réels des entreprises. mais j’espérais aussi que je n’étais pas le seul à le constater. Aujourd’hui nos premiers clients nous renouvellent leur confiance et nous avons acquis ce que toutes les start-ups espèrent valider rapidement, cad le “product-market-fit” comme disent les anglo-saxons .A présent, on est à la croisée des chemins. L’objectif est maintenant de maintenir notre avance technologique et de conquérir des parts de marché. “Time to scale” comme disent les anglo-saxons ! Quel apport personnel et partage d’expérience en tirez-vous ? La tech à votre service • Le premier conseil que je donnerais est de ne jamais penser que l’on sait et peut tout faire seul, même dans une startup. Réussir un projet entrepreneurial, c’est aussi et surtout savoir s’entourer. • Un deuxième conseil : une idée, c’est bien, mais il faut un marché. Lorsqu’on construit son projet, il faut raisonner avec des clients rapidement pour valider le plus rapidement possible ce fameux “product-market-fit”. Quels conseils donnez-vous à ceux qui ont envie de se lancer dans l’entrepreneuriat ? Hackuity a annoncé une levée de fonds de 12 millions d’euros auprès de Sonae IM et de la Banque des Territoires en mars 2022. Le bureau asiatique a ouvert à Singapour début 2022. La startup connait une forte croissance de recrutement depuis le début de l’année avec l’arrivée d’une dizaine de personnes, cette phase de recrutement va s’intensifier tout au long de l’année 2022. Les dernières actualités d’Hackuity
  • 32. Jonathan Foureur et Laurence Fornari Phedone : une solution d’analyse des retours clients augmentée par l’intelligence artificielle Jonathan Foureur et Laurence Fornari, fondateurs de Phedone| Propos recueillis par Loïc Leprat, Juillet 2021 A quelles problématiques répond Phedone ? La genèse de Phedone s’est faite autour d’une question du monde de la recherche : comment faire passer à l’échelle les résultats de recherche sur l’intelligence collective grâce aux outils du numérique ? Nous avons donc créé Phedone en réponse à deux problématiques : • Aujourd’hui l’analyse d’avis clients en langage naturel (ticketing, enquêtes de satisfaction, retours d’expérience, vos commentaires sous cet article par exemple) est souvent faite… à la main, par des humains qui y consacrent un temps d’autant plus considérable lorsque les avis à analyser sont nombreux : avec ses algorithmes d’intelligence artificielle, Phedone permet d’extraire de plusieurs milliers d’avis une valeur intelligible, exploitable et agnostique en quelques minutes • De plus, il manque souvent une dimension aux analyses qui adressent des avis clients en grand nombre et en langage naturel : l’identification des synergies entre les avis clients Phedone répond à ces problématiques par un triptyque : • L’analyse micro de chaque verbatim pour en extraire sa substance (si on le faisait à la main, on parlerait ici de « qualification » des avis) • L’analyse macro de l’ensemble des verbatims qui permet d’identifier des tendances, des signaux faibles, les grands thèmes abordés (à la main on parlerait ici de « synthèse ») • L’analyse synergique : par le prisme de l’intelligence collective, Phedone croise les avis pour identifier des tendances de groupes (par localisation, ligne produit, profil, etc. de chaque client), les jeux de perception propres à des entités, des Métiers, etc. Jonathan Foureur et Laurence Fornari sont les cofondateurs de la solution d’analyse des retours clients augmentée par l’intelligence artificielle Phedone 32 Où en est Phedone aujourd’hui et quelles prochaines étapes ? Nous avons un premier produit en production basé sur de nombreuses briques technologiques faites maison – faisant l’objet d’un dépôt de brevet – ou open source. Notre solution est en phase de commercialisation sur deux verticales : • La voix du client où nous aidons notamment les services de ticketing pour les utilisateurs SI de grandes entreprises. • La voix du patient (hôpitaux, les laboratoires de recherche, etc.) où dans leurs parcours médicaux, les patients sont rarement encouragés à s’exprimer à travers des questions ouvertes – et même quand ils le sont, ces données ne sont pas ou peu exploitées : sur ce segment il y a donc également un véritable enjeu sur la phase de collecte de données pour permettre l’amélioration du parcours du patient. A ce stade, Phedone est principalement utilisé par des clients dans les Télécommunications et le Retail : ces secteurs sont particulièrement intéressants pour nous car les volumes d’avis clients y sont très importants – leurs retours nous aident beaucoup à tester la pertinence des analyses de la solution et sa résilience aux volumes injectés. Premier succès avec ces utilisateurs : nous avons réussi à faire passer le temps nécessaire pour la qualification d’un ticket de 15-20min à 100ms. Nous avons un premier produit en production basé sur de nombreuses briques technologiques faites maison La tech à votre service Phedone répond à deux problématiques