UNIVERSITÉ NOTRE DAME D’HAÏTI
Évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique après le séisme de 2010 à Port-au-Pr...
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THÉMATIQUE
Le travail présenté ci-dessous se propose de décrire l’évolution de l’offre des services
chirurgicaux pédiatr...
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TITRE DE LA RECHERCHE
Évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique après le séisme de 2010 à Port-au-
Prince.
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TABLE DES MATIÈRES
THÉMATIQUE..............................................................................................
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RÉSULTATS..................................................................................................................
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LISTE DES ABBRÉVIATIONS
Ob/Gyn : Obstétrique-gynécologie
OMS : Organisaton mondiale de la santé
ONG : Organisation non-g...
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LISTE DES GRAPHIQUES
Graphique 1 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période
d’...
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Graphique 11 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs durant
la période d’étude
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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital Bernard Mevs
en fonction...
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RÉSUMÉ
But de l’étude : Cette étude a pour but d’étudier l’évolution du profil opératoire en chirurgie
pédiatrique aprè...
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INTRODUCTION
À Port-au-Prince, janvier 2010 et les mois qui suivent se présentent comme une période
de défis et d’ajust...
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Alors que beaucoup d’hôpitaux ont évalué leur performance en période contraignante –
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JUSTIFICATION SCIENTIFIQUE
Objectifs
Objectif général
Ce mémoire a pour but d’étudier l’évolution de la pratique chirur...
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Hypothèse
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REVUE DE LITÉRATURE
Concepts et définitions
Dans le cadre de ce mémoire, quelques concepts sont indispensables à défini...
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définition qui peut être plus ou moins controversée. La deuxième question devient : à
quelle population on a à faire?
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(Hughes, 2012). Par contre, d’autres régions des Amériques et d’Afrique rapportent des
fréquences variables et différen...
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Définition des périodes
Pré-séisme 2010
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Ces trouvailles font contraste avec le rapport de l’OMS sur les besoins en soins de
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une différence significative de la nature des cas chirurgicaux pédiatriques du post-séisme
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MÉTHODOLOGIE
Type et conception générale de l'étude
Par ce mémoire, une étude descriptive, quantitative et rétrospectiv...
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4. Nationalité du chirurgien : nationalité du chirurgien qui a opéré sur le cas, elle est
rapportée accordement à la na...
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Intervention proposée
Pour atteindre les objectifs de cette étude, une collecte rétrospective de données est
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Nouvelliste, 2012; Le Matin, 2011; Le Nouvelliste, 2013). Ainsi, ces hôpitaux représentent un
échantillon représentatif...
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RÉSULTATS
Les résultats présentés ci-dessous décrivent non seulement le profil épidémiologique en
chirurgie pédiatrique...
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5). Ces proportions sont très différentes à l’Hôpital St-Damien, où 39% des cas opératoires en
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Évolution de la chirurgie pédiatrique sur 4 ans
Les données recueillies dans le cadre de cette étude ont permis l’analy...
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immédiat et le post-séisme tardif, ceci découle du fait de l’existence d’un programme chirurgical
pédiatrique qui fonct...
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Pour les deux hôpitaux, l’hypothèse nulle n’est pas rejetée (p = 0,029 pour l’Hôpital
Bernard Mevs et p = 0,000 pour l’...
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GRAPHIQUES
Éléments descriptifs de la population concernée
Graphique 1 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hô...
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Graphique 2 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hôpital St-Damien durant la
période d’étude
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Graphique 3 : Distribution de l’âge des enfants opérés à l’Hôpital Bernard Mevs durant la
période d’étude
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Graphique 4 : Distribution de l’âge des enfants opérés à l’Hôpital St-Damien durant la
période d’étude
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Graphique 5 : Caractéristiques des cas opératoires à l’Hôpital Bernard Mevs durant la
période d’étude
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Graphique 6 : Caractéristiques des cas opératoires à l’Hôpital St-Damien durant la période
d’étude
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Profil épidémiologique de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince
Graphique 7 : Volume chirurgical pédiatrique à l’Hô...
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Graphique 8 : Volume chirurgical pédiatrique à l’Hôpital St-Damien Mevs durant la
période d’étude
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Graphique 9 : Poids des sous-spécialités chirurgicales pédiatriques dans la balance
opératoire de l’Hôpital Bernard Mev...
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Graphique 10 : Poids des sous-spécialités chirurgicales pédiatriques dans la balance
opératoire de l’Hôpital St-Damien ...
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Graphique 11 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs
durant la période d’étude
43
Graphique 12 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs
durant la période d’étude
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TABLEAUX
Tableau 1 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital Bernard Mevs en
fonction de la pé...
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Tableau 2 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital St-Damien en
fonction de la période post-s...
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Tableau 4 : Méthodes de transport des patients chirurgicaux pédiatriques à l’Hôpital St-
Damien en fonction de la pério...
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Tableau 5: Nationalité du premier chirurgien pédiatrique en fonction de la période post-
séisme à l’Hôpital Bernard Mev...
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DISCUSSION
État actuel de la chirurgie pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs
Avant d’évaluer l’offre des services de chi...
49
Un si faible taux de cas chirurgicaux pédiatriques vus d’urgence explique la sous-
utilisation des services de transpor...
50
L’Hôpital St-Damien offre des services de chirurgie spécialisé à une population d’enfant,
pour la plupart relativement ...
51
Quelles sont les différences entre un hôpital à mission chirurgicale générale et un hôpital à
mission chirurgicale pédi...
52
activités chirurgicales pédiatriques avant le tremblement de terre de 2010. Cependant, là n’était
pas le but de cette é...
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CONCLUSION
Cette étude a permis l’étude du profil opératoire chirurgical pédiatrique à Port-au-Prince
dans ces différen...
54
RÉFÉRENCES
Bayard, D 2010, « Haiti earthquake relief, phase two – long term needs and local
ressources » New England Jo...
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Adams, P 2010, « Health-care dynamics in Haiti », The Lancet, vol. 376, no. 9744, pp.
859-860.
Sarrani, B, Mehta, S, As...
56
Olasinde, A, Oluwadiya, K, Akinkuolie, A et Oginni, L 2004, « Pediatric surgical
admissions in a tertiary hospital in W...
57
Gamulin, A, Armenter-Duran, J, Assal, M, Hagon, O et Dayer, R 2012, « Conditions
found among pediatric survivors during...
58
Ivers, IC, Garfein, ES, Augustin, J, Raymonville, M, Yang, AT, Sugarbaker, DS et
Farmer, PE 2008, « Increasing surgical...
59
NPH Haiti St-Damien Pediatric Hospital, About, consulté le 12 avril 2015,
http://saintdamienhospital.nph.org/about/.
De...
60
ANNEXES
Instruments de collecte de données, développement de méthodes et procédures à utiliser, etc.
Valeurs possibles ...
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Évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique après le séisme de 2010 à Port-au-Prince

  1. 1. UNIVERSITÉ NOTRE DAME D’HAÏTI Évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique après le séisme de 2010 à Port-au-Prince MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES SOUMISE À LA FACULTÉ DE MÉDECINE ET DES SCIENCES DE LA SANTÉ En vue de l’obtention du diplôme de : DOCTEUR EN MÉDECINE Par : Max Herby Derenoncourt Directeur de mémoire : Guesly Delva, MD PORT-AU-PRINCE, HAÏTI Juin, 2015
  2. 2. 2 THÉMATIQUE Le travail présenté ci-dessous se propose de décrire l’évolution de l’offre des services chirurgicaux pédiatriques, après le séisme de 2010, à Port-au-Prince. Cette description se fera en rapport à des hôpitaux ayant une mission chirurgicale bien établie et qui offrent des services de chirurgie aux enfants.
  3. 3. 3 TITRE DE LA RECHERCHE Évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique après le séisme de 2010 à Port-au- Prince.
  4. 4. 4 TABLE DES MATIÈRES THÉMATIQUE................................................................................................................................2 TABLE DES MATIÈRES.................................................................................................................4 LISTE DES ABBRÉVIATIONS.......................................................................................................6 LISTE DES GRAPHIQUES.............................................................................................................7 LISTE DES TABLEAUX .................................................................................................................9 RÉSUMÉ........................................................................................................................................10 INTRODUCTION ..........................................................................................................................11 JUSTIFICATION SCIENTIFIQUE...............................................................................................13 Objectifs......................................................................................................................................13 Objectif général.......................................................................................................................13 Objectifs spécifiques ................................................................................................................13 Problématique.............................................................................................................................13 Hypothèse ...................................................................................................................................14 REVUE DE LITÉRATURE............................................................................................................15 Concepts et définitions ................................................................................................................15 Concepts de chirurgie pédiatriques.............................................................................................15 Définition des périodes................................................................................................................18 Pré-séisme 2010.......................................................................................................................18 Post-séisme immédiat ..............................................................................................................20 Post-séisme tardif ....................................................................................................................22 Comprendre le profil opératoire .................................................................................................22 MÉTHODOLOGIE........................................................................................................................23 Type et conception générale de l'étude ........................................................................................23 Définitions opérationnelles des variables.....................................................................................23 Critères d'inclusion et d'exclusion...............................................................................................24 Intervention proposée .................................................................................................................25 Procédures pour la collecte des données......................................................................................25 Instruments à utiliser et méthodes pour le contrôle de la qualité des données.............................25 Procédures pour garantir les aspects éthiques dans les recherches avec des sujets humains .......25 Présentation des sites de l’étude ..................................................................................................25
  5. 5. 5 RÉSULTATS..................................................................................................................................27 Population étudiée.......................................................................................................................27 Profil épidémiologique chirurgical pédiatrique ...........................................................................28 Évolution de la chirurgie pédiatrique sur 4 ans...........................................................................29 GRAPHIQUES...............................................................................................................................32 Éléments descriptifs de la population concernée .........................................................................32 Profil épidémiologique de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince ..........................................38 TABLEAUX...................................................................................................................................44 DISCUSSION.................................................................................................................................48 État actuel de la chirurgie pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs...............................................48 État actuel de la chirurgie pédiatrique à l’Hôpital St-Damien.....................................................49 Quelles sont les différencesentre un hôpital à mission chirurgicale générale etun hôpital à mission chirurgicale pédiatrique? ...............................................................................................51 Perspectives futures pour la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince...........................................51 Les limites de l’étude...................................................................................................................51 CONCLUSION...............................................................................................................................53 RÉFÉRENCES...............................................................................................................................54 ANNEXES......................................................................................................................................60
  6. 6. 6 LISTE DES ABBRÉVIATIONS Ob/Gyn : Obstétrique-gynécologie OMS : Organisaton mondiale de la santé ONG : Organisation non-gouvernementale ORL : Otorhinolaryngologie
  7. 7. 7 LISTE DES GRAPHIQUES Graphique 1 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude Graphique 2 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude Graphique 3 : Distribution de l’âge des enfants opérés à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude Graphique 4 : Distribution de l’âge des enfants opérés à l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude Graphique 5 : Caractéristiques des cas opératoires à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude Graphique 6 : Caractéristiques des cas opératoires à l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude Graphique 7 : Volume chirurgical pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude Graphique 8 : Volume chirurgical pédiatrique à l’Hôpital St-Damien Mevs durant la période d’étude Graphique 9 : Poids des sous-spécialités chirurgicales pédiatriques dans la balance opératoire de l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude Graphique 10 : Poids des sous-spécialités chirurgicales pédiatriques dans la balance opératoire de l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude
  8. 8. 8 Graphique 11 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude Graphique 12 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  9. 9. 9 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital Bernard Mevs en fonction de la période post-séisme Tableau 2 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital St-Damien en fonction de la période post-séisme Tableau 3 : Méthodes de transport des patients chirurgicaux pédiatriques à l’Hôpital Bernard Mevs en fonction de la période post-séisme Tableau 4 : Méthodes de transport des patients chirurgicaux pédiatriques à l’Hôpital St- Damien en fonction de la période post-séisme Tableau 5: Nationalité du premier chirurgien pédiatrique en fonction de la période post- séisme à l’Hôpital Bernard Mevs Tableau 6: Nationalité du premier chirurgien pédiatrique en fonction de la période post- séisme à l’Hôpital St-Damien
  10. 10. 10 RÉSUMÉ But de l’étude : Cette étude a pour but d’étudier l’évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique après le tremblement de terre de 2010 à Port-au-Prince. De plus, elle veut permettre une comparaison entre le profil opératoire du post-séisme précoce à celui du post-séisme tardif. Méthodologie : Pour atteindre l’objectif fixé, une étude retrospective est effectuée, basée sur la révision des cas chirurgicaux pédiatriques de deux hôpitaux offrant des services de chirurgie pédiatrique à proprement parlé à partir d’un Département de chirurgie pédiatrique. Une révision des dossiers chirurgicaux pédiatriques, complétés de janvier 2010 à janvier 2014, à l’Hôpital Bernard Mevs et l’Hôpital St-Damien est faite. Un profil opératoire a été déterminé à partir des informations du patient et du chirurgien traitant. Résultats : À l’Hôpital Bernard Mevs s’observent le plus de changements en chirurgie pédiatrique de 2010 à 2014. Ces changements sont pour la plupart positifs, venant d’un plus grand investissement de cet hôpital dans les soins chirurgicaux pédiatriques généraux, particulièrement ciblés à la région qu’elle dessert. À l’Hôpital St-Damien, s’observent peu de changements en chirurgie pédiatrique de 2010 à 2014. Cette absence de grands changements vient du fait de la présence et du maintien d’un programme de chirurgie pédiatrique tertiaire, qui offre des soins opératoires plus ciblés. Conclusions : L’évolution du profil opératoire en chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince varie selon l’institution concernée. L’offre de services opératoires généraux ou ciblés jouent un rôle dans le type de chirurgie offert aux enfants.. Un investissement croissant dans ce champ médical est à encourager.
  11. 11. 11 INTRODUCTION À Port-au-Prince, janvier 2010 et les mois qui suivent se présentent comme une période de défis et d’ajustements, particulièrement dans le domaine de la santé. Le tremblement de terre qui a touché la ville durant cette période a causé une perte importante en vies humaines, infrastructures et matériaux (Bayard, 2010) et créé une demande énorme en soins de santé, particulièrement chirurgicaux (DeGennaro et al., 2011). Les hôpitaux de Port-au-Prince ont, non seulement, dû géré une augmentation de volume des patients vus pour causes chirurgicales, mais aussi une augmentation de la complexité des soins requis, pour des raisons diverses (Hugues et al., 2011; Dulski et al., 2011; Teicher et al., 2014; Pinkert et al., 2013). Cette pression retrouvée au niveau du système de santé de la ville complique le fonctionnement de certaines institutions, particulièrement les hôpitaux, qui conséquemment forment quelques stratégies afin de s’accommoder (Adams, 2010). Ainsi, pour arriver à cautionner la demande de soins de santé chirurgicaux, plusieurs hôpitaux de Port-au-Prince – et des régions de province – ont établi des relations formelles avec des organisations non-gouvernementales (ONG) et institutions de formation supérieures étrangères. Ces partenariats ont l’avantage d’apporter un support financier et technique aux hôpitaux locaux, tout en permettant aux institutions invitées d’augmenter leur sphère d’influence et leur expérience de travail en milieu difficile (Sarrani et al., 2011; Hotz et al., 2011). Dans les mois et, subséquemment, les années qui ont suivi le séisme de 2010, plusieurs hôpitaux ont retrouvés un mode de fonctionnement normal ou subnormal. De plus, l’offre de soins chirurgicaux, se rapportant à plusieurs spécialités, a tant bien que mal repris à divers degré de succès.
  12. 12. 12 Alors que beaucoup d’hôpitaux ont évalué leur performance en période contraignante – les semaines et mois qui ont suivi le séisme 2010 – rien n’est dit sur le fonctionnement normal de ceux-ci après une catastrophe aussi importante (Dulski et al., 2011; Teicher et al. 2014; Pinkert et al., 2013; Benner et al., 2012). De plus, puisqu’un nombre intéressant de publications a déjà déterminé l’utilité d’évaluer le niveau et les caractéristiques de l’offre de soins de santé chirurgicaux réguliers à Port-au-Prince, la nécessité de passer à l’action se manifeste (DeGennaro et al., 2011). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les enfants représentent une portion significative de la population haïtienne. Effectivement, trente-six pour cent de la population haïtienne représente des jeunes de moins de quinze ans (OMS, 2015). Ils présentent des besoins en soins chirurgicaux au même titre que les adultes et une négligence de la santé, particulièrement en ce qui a trait aux soins chirurgicaux, de cette population peut avoir des effets néfaste et persistant après d’une société. Dans cette optique, Hughes et al. (2012) a tenté de comprendre l’effet du tremblement de terre de 2010 sur cette population spécifiquement. Cependant, quelques questions demeurent. Qu’en est-il, actuellement, des soins chirurgicaux qui sont offerts aux enfants? Quel sont leurs besoins? Qu’est-ce qui est possible en matière de chirurgie pédiatrique aujourd’hui en Haïti? Quels sont les obstacles à relever pour obtenir un meilleur accès à la chirurgie pour les enfants qui en présentent le besoin?
  13. 13. 13 JUSTIFICATION SCIENTIFIQUE Objectifs Objectif général Ce mémoire a pour but d’étudier l’évolution de la pratique chirurgicale, en ce qui a trait à la chirurgie pédiatrique, au cours des années qui ont suivi le tremblement de terre – de 2010 à 2014 – à Port-au-Prince. Objectifs spécifiques Décrire les caractéristiques de la population concernée par la chirurgie pédiatrique de 2010 à 2014. Décrire l’état actuel de la pratique de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince. Étudier l’évolution de la chirurgie pédiatrique, à Port-au-Prince, en utilisant comme point de départ le mois de janvier 2010. Problématique Il existe très peu de matériel descriptif de la conduite de la chirurgie pédiatrique à Port- au-Prince, en dehors de périodes de désastres et catastrophes naturelles – et plus précisément, en dehors du contexte du tremblement de terre de 2010. Alors que l’effet de ce tremblement de terre sur la pratique chirurgicale pédiatrique est important à élucider, il est tout aussi important de se pencher sur le profil opératoire en chirurgie pédiatrique en temps « normal », c’est-à-dire, à l’écart des périodes de difficultés extrêmes.
  14. 14. 14 Hypothèse Il existe un profil opératoire chirurgical pédiatrique en temps régulier à Port-au-Prince, qui est différent du profil opératoire que l’on retrouve immédiatement après le tremblement de terre de 2010.
  15. 15. 15 REVUE DE LITÉRATURE Concepts et définitions Dans le cadre de ce mémoire, quelques concepts sont indispensables à définir afin d’assurer une analyse cohérente, basée sur un front commun de compréhension. Ainsi, les concepts de chirurgie pédiatrique, périodes pré et post-séismes ainsi que profil opératoire en chirurgie pédiatrique. Concepts de chirurgie pédiatriques Quelles sont les composantes de la chirurgie pédiatrique? L’American Board of Surgery (2013) définit la chirurgie pédiatrique comme suit: « branche de la chirurgie qui s’intéresse au diagnostic et aux soins chirurgicaux, opératoires et post-opératoires, des patients souffrant d’anomalies ou de maladies congénitales ou acquises de la période prénatale à l’adolescence. Ces affections peuvent être des défauts du développement normal, de maladies inflammatoires, néoplasique ou traumatiques ». Ainsi, la chirurgie pédiatrique s’intéresse aux soins de santé chirurgicaux de l’enfant, dans toute sa complexité. Elle comprend différentes facettes et a pour but ultime le bien-être de l’enfant, quel qu’il soit et indépendamment de son histoire personnel ou social. En chirurgie pédiatrique, deux aspects sont incontournables et seront, par la présente, définies. D’une part, on considère le type de soins chirurgicaux offerts; il faut donc se demander : quels types de soins opératoires sont dispensés ? Dans un deuxième temps, il faut explorer la définition de l’enfant pour le chirurgien pédiatrique, une
  16. 16. 16 définition qui peut être plus ou moins controversée. La deuxième question devient : à quelle population on a à faire? Parmi les pathologies qui requièrent une intervention chirurgicale, on retrouve, en premier lieu, les anomalies congénitales qui représentent, d’après Hughes et al. (2012) et Barros Polita et al., 2013, qui confirment une plus grande prévalence de celles-ci dans des pays d’Amérique, comme Haiti et le Brésil. D’autres auteurs, ont estimé la contribution des anomalies congénitales à la conduite de la chirurgie pédiatrique dans d’autres milieux. Cette contribution est assez importante, particulièrement en pays – et villes – à ressources limitées, comparable à Haïti d’après la liste des niveaux économiques publiée par la Banque mondiale (2012). Alors, on retrouvera un grand nombre d’interventions chirurgicales pédiatrique en Afrique sub-saharienne qui sont pratiquées avec pour indication une malformation congénitale quelconque, particulièrement au Gambie et en Nigéria (Bickler et Sanno- Duanda, 2000; Olasinde, 2004). Haïti, la Gambie et le Nigéria sont des pays à niveaux économiques comparables – d’après la Banque mondiale; ils se retrouvent dans la liste des pays à faible niveau économique pour lesquels les statistiques générales concernant la pratique chirurgicale pédiatrique a pu être retrouvée dans la littérature disponible aujourd’hui (Banque mondiale, 2002; Bickler et Sanno-Duanda, 2000; Olasinde, 2004). Qu’en est-il des autres types de pathologies de l’enfant requérant une intervention chirurgicale? Pour leur part, les infections chirurgicales de l’enfant, les traumatismes représentent, pour Haïti, une cause moindre d’interventions chirurgicales pédiatriques
  17. 17. 17 (Hughes, 2012). Par contre, d’autres régions des Amériques et d’Afrique rapportent des fréquences variables et différentes (Bickler et Sanno-Duanda, 2000; Osifo et al., 2010, Sømme et al., 2013; Tzong et al., 2012). Somme toute, les indications opératoires sont variées dépendamment du pays, de la région, de la ville et même de l’hôpital concerné. Conséquemment, se justifie la nécessité de déterminer la fréquence des indications opératoires à Port-au-Prince pour favoriser la prise de meilleures décisions stratégiques par les pourvoyeurs de soins de santé dans la région. Quelle est la population consernée? La chirurgie pédiatrique, une spécialité qui a pris toute sa forme tout au cours du XXème siècle, a pour un temps peiné à définir ce que représente « l’enfant » pour le chirurgien pédiatrique (Parigi, 2002). Ainsi, pendant longtemps, il a été difficile de délimiter la chirurgie générale de la chirurgie pédiatrique; deux spécialités sœurs, mais tout de même distinctes (Parigi, 2002). Losty (1999), dans son étude des avancées réalisées en chirurgie pédiatrique, a fini par affirmer la longitudinalité de la pratique chirurgicale pédiatrique, qui, d’après lui, n’est pas définie par un barême d’âge. Cependant, Parigi (2002) ajoute que dans le cadre d’une étude, le chirurgien décide lui-même de définir sa population pédiatrique comme il le désire. Ceci implique qu’alors qu’il est possible de considérer comme « pédiatrique » des individus de toutes tranches d’âge, il est de la discrétion du chercheur de se délimiter, à des fins de faisabilité.
  18. 18. 18 Définition des périodes Pré-séisme 2010 Pour comprendre les circonstances actuelles de l’offre de soins en chirurgie pédiatrique aujourd’hui en Haïti, il faut d’abord comprendre l’offre de soins opératoires aux enfants telle qu’elle était, dans certains établissements d’Haïti, avant le séisme de 2010, une période considérée « régulière ». Les Statistiques sur la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rapportent que les jeunes de moins de quinze ans représentent trente-six pour cent de la population haïtienne (World Health Organizaiton, 2013). Ils contribuent de manière significative au pool de patients en chirurgie pédiatrique qui, pour la plupart des auteurs, regroupe tout patient de moins de 18 ans. Chez ce groupe de patients, les interventions chirurgicales pratiquées avant janvier 2010 étaient prédominées par les corrections de malformations congénitales et d’affections génito-urinaires et obstétricales-gynécologiques du jeune (Hughes et al., 2012) Hughes a tenté de comparer l’offre de soins chirurgicaux pédiatriques de l’année 2010 et celle des années antérieures, à l’Hôpital Zanmi Lasante au département du Centre d’Haiti (Hughes et al., 2012). Après l’étude de 2057 cas, de juillet 2009 à janvier 2010, ils ont conclus que les procédures chirurgicales pédiatriques représentent vingt pour cent de toutes les chirurgies dans le département du Centre d’Haïti. La plupart de ces opérations visaient la correction d’anomalies congénitales, qui représentent 33,5% des opérations sur le jeune. Ils vont jusqu’à citer les opérations les plus fréquemment pratiquées par ordre décroissant, notamment : la cure de hernie inguinale, de cryptorchidie et d’hydrocèle, pour mettre l’emphase sur le volume important de la demande en ce qui concerne la correction de malformations congénitales.
  19. 19. 19 Ces trouvailles font contraste avec le rapport de l’OMS sur les besoins en soins de santé chirurgicaux pédiatriques en pays sous-développé. D’après ce rapport datant de 2002, 90% des affections chirurgicales chez les moins de dix-huit ans regroupent: traumatismes, anomalies congénitales et infections chirurgicales. Alors que les traumatismes du mineur font partie des affections chirurgicales pédiatriques les plus fréquentes, en moyenne, dans les pays à faible niveau économique, en Haïti la prévalence la plus importante est celle des anomalies congénitales. La différence entre la situation des autres pays en voie de développement et celle d’Haïti est expliquée par Hughes à partir de deux propositions (Hughes et al., 2012). Il veut que la précarité du réseau routier soit un facteur contribuant à la moindre importance des traumatismes pédiatriques, mais encore il suppose que les grands traumatisés pédiatriques n’arrivent pas à accéder aux soins hospitaliers à temps vu les limites physiques que pose le réseau de transport haïtien. Par ailleurs, la correction des pathologies génito-urinaires, obstétricales et gynécologiques suit de très près celle des anomalies congénitales chez l’enfant. Ensemble, ils regroupent 27,8% des interventions effectuées en Haïti avant janvier 2010. Un rapport plus récent de l’OMS sur la charge morbide chirurgicale globale rapporte que les complications de la grossesse comptent pour six pour cent (6%) des pathologies nécessitant une intervention chirurgicale (Bickler et al., 2002). Puisqu’une tranche considérable des filles ayant moins de dix-huit ans, en Haïti, a déjà un ou plusieurs enfants, il est vraisemblable que ce phénomène concourt à l’importance de la pratique obstétricale pédiatrique, qui seule contribue à 13,5% des interventions pédiatriques (Rogow et al., 2013).
  20. 20. 20 Malgré un nombre restreint de publications sur la nature des interventions en chirurgie pédiatrique en Haïti avant 2010, quelques études permettent d’apprécier l’offre prédominante de l’époque. Celle-ci comprenait essentiellement : correction de malformations congénitales, de pathologies chirurgicales génito-urinaires et d’interventions en obstétrique-gynécologie. Post-séisme immédiat Par comparaison aux besoins chirurgicaux de la période précédant immédiatement le séisme du 12 janvier 2010, la demande en expertise chirurgicale du post-séisme précoce – l’année 2010 – est nettement différente. Baird (2010) définit dans ses détails les modalités de rétablissement d’une région après le passage d’une catastrophe naturelle. Il décrit ce rétablissement comme une période qui suit généralement la réponse immédiate à la catastrophe, pendant laquelle une communauté s’adapte à sa nouvelle réalité (Baird, 2010) Deux phases la caractérisent : le rétablissement à court et à long- terme. Le rétablissement à court-terme sert à reprendre les activités vitales, parmi lesquelles l’offre de soins de santé, tandis que le rétablissement à long-terme a pour but le retour à un mode de vie dit « normal », équivalent au mode de vie précédent la catastrophe. Ainsi, les activités d’une région affectée par un désastre tendent, après la phase de détresse précoce, à reprendre graduellement leur cours normal, similaire à celles qu’elles étaient avant l’incident. Gamulin (2012) a décrit la conduite des activités en chirurgie pédiatrique, dans la région de Port-au-Prince, des quarante-trois jours suivant le séisme (P < 0,001). Il a noté
  21. 21. 21 une différence significative de la nature des cas chirurgicaux pédiatriques du post-séisme immédiat par rapport à ceux du pré-séisme tels que décrit par Hughes. Les estimations du Congressional Research Service du gouvernement américain rapportent à 300 000 le nombre de blessés, des suites du séisme de janvier 2010 à Port-au-Prince (Cavallo et al., 2010). Parmi ces victimes, 25 à 46% étaient des enfants et 52% de ceux-ci nécessitaient des soins chirurgicaux (Gamulin et al., 2012). Les recherches conduites dans les jours suivant le séisme de 2010 confirment que les besoins de la période étaient majoritairement de nature orthopédique (Farfel et al., 2011; McIntyre et al., 2011). Des patients ayant survécu au désastre, 88% se sont présentés pour causes traumatiques orthopédiques. Les plaies délabrantes, fractures ouvertes ou fermées ont été diagnostiquées fréquemment. Cette demande en soins traumatiques chez l’enfant est restée élevée durant les dix à douze jours post-séisme (McIntyre et al., 2011). En vue d’une meilleure description des cas, McIntyre et son équipe ont maintenu leurs observations sur une plus longue période de temps allant jusqu’à trois semaines post-séisme (McIntyre et al., 2011). De ce fait, ils ont pu aboutir à la conclusion que la fixation de fractures d’os long comptait pour le tiers des cas recensés dans les trois semaines suivant le séisme. Néanmoins, les observations de Gamulin ne sont pas spécifiques des patients pédiatriques (Gamulin et al., 2012) Par contre, qu’en est-il des activités opératoires régulières en chirurgie pédiatrique après la période de crise aiguë? Le rétablissement des activités chirurgicales pédiatriques régulières a un mode similaire au rétablissement de toute activité médicale en post- désastre (World Health Organization, 2008; Rothstein, 2013). Passée la phase aiguë de la catastrophe, il y a un retour graduel des activités au fonctionnement antérieur de concert
  22. 22. 22 aux efforts de recouvrement (Rothstein, 2013). Cependant, le rythme auquel une région y parvient dépend de ses moyens de réponse économiques et institutionnels et de l’impact social de la catastrophe (Baird, 2010; Benjamin et al., 2011). Post-séisme tardif Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de comprendre l’état actuel de la pratique courante de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince, en raison d’une absence complète d’informations à ce sujet. Plusieurs auteurs mettent en garde contre une baisse de la vigilance à long terme et ceux-ci encouragent un recensement continu des cas chirurgicaux pédiatriques pour comprendre la variation temporelle de la capacité des hôpitaux à offrir des soins (Bayard, 2010; Ivers et al., 2008; Walk et al., 2011). D’après plusieurs, la surveillance chirurgicale à long terme devient actuellement une priorité, dans le but de favoriser un meilleur investissement futur en ressources matérielles et humaines. Ivers encourage à porter une attention particulière à la capacité de répondre aux besoins exprimés (Ivers et al., 2008). Comprendre le profil opératoire Le profil opératoire d’une région est très important à comprendre (Bickler et Sanno- Duanda, 2000; Tzong et al., 2012, Moonesinghe et al., 2011). Il se rapporte à la description de l’épidémiologie opératoire d’une région, d’un hôpital ou d’une unité de santé (Moonesinghe et al., 2011). En pratique, il sert à comprendre les caractéristiques chirurgicales de ladite région, pour ainsi pointer vers les facteurs l’influençant (Moonesinghe et al., 2011). Ainsi, ce mémoire se concentrera sur la description du profil opératoire de Port-au-Prince, en ce qui concerne la chirurgie pédiatrique.
  23. 23. 23 MÉTHODOLOGIE Type et conception générale de l'étude Par ce mémoire, une étude descriptive, quantitative et rétrospective sera menée afin d’élucider, d’analyser et d’expliquer le profil opératoire chirurgical pédiatrique de la région de Port-au-Prince. Pour ce faire, un échantillon représentatif d’institutions et de départements de chirurgie pédiatrique sera choisi afin de recueillir des données s’étalant sur quatre années, donc de janvier 2010 à janvier 2014. Janvier 2010 constitue la période de temps à partir de laquelle la collecte commencera. L’année 2010 a beaucoup ajouté, en terme de connaissances épidémiologiques en chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince. Les années suivantes ont vu diminué le nombre de publications descriptifs du profil opératoire en chirurgie pédiatrique, alors elles constituent une bonne période à étudier en détails. Le but ultime est de donner une bonne impression du : « que se passe-t-il actuellement dans le domaine de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince? ». Définitions opérationnelles des variables Certaines variables seront nécessaires afin de dresser un tableau adéquat du profil opératoire de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince. Les variables sont les suivants : 1. Sexe : sexe du patient, tel qu’indiqué dans le dossier médical du patient 2. Âge : âge du patient, en mois, le jour de l’intervention chirurgicale, tel qu’indiqué dans le dossier médical 3. Sous-spécialité: sous-spécialité de la chirurgie pédiatrique de laquelle répond l’intervention chirurgicale pratiquée
  24. 24. 24 4. Nationalité du chirurgien : nationalité du chirurgien qui a opéré sur le cas, elle est rapportée accordement à la nationalité avec laquelle le chirurgien est enregistré à l’Hôpital dans lequel il opère 5. Intervention pratiquée : titre de l’intervention pratiquée, telle qu’indiquée dans le dossier médical du patient 6. Caractéristique opératoire du cas : urgence du cas opératoire, tel qu’indiqué dans le dossier médical 7. Date de l’intervention chirurgicale : date de l’intervention chirurgicale, rapporté en jour, mois et année, telle qu’indiquée dans le dossier médical du patient Critères d'inclusion et d'exclusion La population incluse dans cette étude concerne les patients qui ont un âge compris entre 0 et 18 ans, qui ont subi une intervention chirurgicale pédiatrique dans un hôpital de Port-au- Prince dans lequel des services exclusifs de chirurgie pédiatrique ont été offerts entre janvier 2010 et janvier 2014. Dans ce mémoire, les patients de plus de 18 ans sont volontairement exclus – même s’ils peuvent eux-même subir des interventions chirurgicales pédiatriques – du fait que l’étude ci- présente veut également se pencher sur l’offre de services chirurgicaux pédiatriques aux enfants, légalement mineur en Haïti, c’est-à-dire de moins de 18 ans. De plus, seront exclus les patients de centre hospitaliers ou hôpitaux qui offrent des interventions chirurgicales aux enfants, mais sans avoir une approche de chirurgie pédiatrique. Ainsi, seuls les hôpitaux de Port-au-Prince offrant des services exclusifs de chirurgie pédiatriques aux enfants – qui se manifeste par la présence d’un Département de chirurgie pédiatrique – seront considérés.
  25. 25. 25 Intervention proposée Pour atteindre les objectifs de cette étude, une collecte rétrospective de données est effectuée afin de recueillir les variables précités sur les patients qui remplissent les critères d’inclusion. Cette collecte rétrospective se fait par la vérification des dossiers de chirurgie pédiatrique des hôpitaux qui correspondent aux critères d’inclusion. Procédures pour la collecte des données Un report des données retrouvées dans les dossiers convenant aux principes de l’étude est fait sur un tableur Excel. L’analyse des données se fait à partir du logiciel d’analyse statistique SPSS. Instruments à utiliser et méthodes pour le contrôle de la qualité des données Pour assurer la qualité des données recueillies, l’investigateur a lui-même recueilli les données présentées et participera à l’analyse de celles-ci, après les avoir triées et formatées de manière appropriée. Procédures pour garantir les aspects éthiques dans les recherches avec des sujets humains Le protocole de recherche de ce mémoire a été soumis pour révision et approuvé par le Comité d’éthique de la recherche de la Faculté de Médecine de l’Université Notre Dame d’Haïti et des hôpitaux concernés. Présentation des sites de l’étude Cette étude a pour but d’analyser le profil opératoire de tous les hôpitaux ayant un Département de chirurgie pédiatrique et qui ont été en fonction de janvier 2010 à janvier 2014. Ainsi, deux hôpitaux ont été retenus dans cette liste : l’Hôpital St-Damien et l’Hôpital Bernard Mevs (Le
  26. 26. 26 Nouvelliste, 2012; Le Matin, 2011; Le Nouvelliste, 2013). Ainsi, ces hôpitaux représentent un échantillon représentatif de la conduite de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince.
  27. 27. 27 RÉSULTATS Les résultats présentés ci-dessous décrivent non seulement le profil épidémiologique en chirurgie pédiatrique de 2010 à 2014, mais sert aussi de base de comparaison de la performance chirurgicale de l’Hôpital Bernard Mevs par rapport à l’Hôpital St-Damien. Cette comparaison se veut un exercice académique, pourvue de bonnes intentions, qui permettra d’apprendre sur le déroulement des activités chirurgicales, dans un hôpital dans lequel on opère régulièrement sur les enfants. Ainsi, la description des résultats obtenus se fera en deux parties. D’une part, il y aura la description détaillée de la population étudiée à travers divers caractéristiques démographiques. Dans un deuxième temps, la description même du profil épidémiologique chirurgical pédiatrique se fera sous le format d’analyse comparative. Population étudiée Les deux hôpitaux – l’Hôpital Bernard Mevs et l’Hôpital St-Damien – ont une population chirurgicale pédiatrique composée majoritairement de garçons, 63% et 58% respectivement (Graphiques 1 et 2). L’Hôpital Bernard Mevs opère majoritairement sur les enfants de plus de 10 ans (45%) et très peu sur la population d’enfants de moins d’un an (5%). L’Hôpital St-Damien a une distribution plus égale de la population sur laquelle elle opère, incluant un fort pourcentage d’enfants comprenant ceux de moins d’un an (15%). Les deux hôpitaux ont en commun un plus fort de leurs pourcentage opératoires visant les jeunes de 1 à 10 ans, avec respectivement 47 et 49% de leur volume opératoire pédiatrique consacré à cette population (Graphiques 3 et 4). Une caractéristique opératoire additionnelle, pour laquelle il existe une différence marquée entre les deux hôpitaux, est le pourcentage des cas opératoires pour lesquels on opère en urgence par rapport aux cas sélectifs. En effet, à l’Hôpital Bernard Mevs, on opère majoritairement sur les cas chirurgicaux séléctifs contre seulement 8% de cas urgents (Graphique
  28. 28. 28 5). Ces proportions sont très différentes à l’Hôpital St-Damien, où 39% des cas opératoires en chirurgie pédiatrique sont des cas opératoires pour lesquels une intervention d’urgence a été instituée (Graphique 6). Profil épidémiologique chirurgical pédiatrique Le recensement de cas complets a été fait pour l’Hôpital Bernard Mevs (n = 263) et l’Hôpital St-Damien (n = 530). L’Hôpital Bernard Mevs se trouve à effectuer une moyenne de 66 cas chirurgicaux pédiatriques par année et l’Hôpital St-Damien 133 (Graphiques 7 et 8). Ces interventions ont été stratifiées par sous-spécialité chirurgicale afin faire valoir leur contribution brute au volume chirurgical pédiatrique, ainsi que leur contribution proportionnellement à l’ensemble des interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs (Graphique 9) et l’Hôpital St-Damien (Graphique 10). Ainsi, les interventions en chirurgie pédiatrique générale représentent le plus grand pourcentage d’interventions chirurgicales aux deux hôpitaux, avec 54% pour l’Hôpital Bernard Mevs et 43% pour l’Hôpital St-Damien. D’autres spécialités contribuent de manière significatives au pool d’interventions aux deux hôpitaux. Notamment, l’urologie et la chirurgie plastique sont les deux spécialités les plus pratiquées en chirurgie pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs. Cependant, à l’Hôpital St-Damien, les spécialités qui gagnent la deuxième et la troisième position sont la neurochirurgie pédiatrique, l’orthopédie; il est significatif de noter que les interventions ophtalmologiques chez l’enfant suivent de près les interventions précitées. La description spécifique des interventions les plus pratiquées est donnée (Graphiques 11 et 12). Elles représentent un groupe hétérogène et varié. Néanmoins, elles permettent une vue d’ensemble sur la pratique opératoire des deux hôpitaux concernés.
  29. 29. 29 Évolution de la chirurgie pédiatrique sur 4 ans Les données recueillies dans le cadre de cette étude ont permis l’analyse de l’évolution de la pratique chirurgicale pédiatrique à Port-au-Prince durant deux périodes distinctes, qui sont le post-séisme précoce (allant de janvier 2010 à janvier 2011) et le post-séisme tardif (allant de janvier 2011 à janvier 2014). Une analyse comparative, qualitative de la pratique de la chirurgie pédiatrique durant ces deux périodes a été réalisée. Une comparaison de divers variables est faite et présenté dans les tableaux 1, 2 et 3 sous forme de comparaisons statistiques – test de chi-carré – accompagné du degré de signification du test – la p-value. Une p-value égale ou inférieure à 0,05 est jugée statistiquement significative. Lorsqu’on analyse le contexte opératoire de l’Hôpital Bernard Mevs et de l’Hôpital St- Damien, il est intéressant de se demander si les spécialités chirurgicales pédiatriques les plus actives sont les mêmes pour les deux hôpitaux et pendant les deux périodes (post-séisme précoce et post-séisme tardif). L’hypothèse nulle suppose qu’il n’existe aucune différence qualitative entre les spécialités les plus actives durant ces deux périodes, pour les deux hôpitaux. Au final, pour l’Hôpital Bernard Mevs, l’hypothèse nulle est rejetée (p = 0,689), signifiant qu’il existe une différence significative entre les spécialités chirurgicales les plus actives durant le post-séisme immédiat comparé aux spécialités les plus actives durant le post- séisme tardif. Alors qu’avant 2010, l’Hôpital Bernard Mevs n’avait pas une pratique chirurgicale pédiatrique stable, elle a établir un programme de chirurgie pédiatrique viable et fonctionnel. Par contre, pour l’Hôpital St-Damien, l’hypothèse nulle ne sera pas rejetée (p = 0,000). Voulant dire qu’il n’y a pas de différence significative entre les spécialités de la chirurgie pédiatrique entre la période du post-séisme précoce et la période du post-séisme tardif. Comme il n’y a pas eu grand changement dans la pratique chirurgicale de cet hôpital entre le post-séisme
  30. 30. 30 immédiat et le post-séisme tardif, ceci découle du fait de l’existence d’un programme chirurgical pédiatrique qui fonctionnait et pour laquelle la pratique n’a pas été modifiée après le séisme de 2010. Un autre point d’analyse a été utilisé pour les deux hôpitaux, pendant les deux périodes précitées. Ainsi, une comparaison des méthodes de transport des patients vers l’Hôpital Bernard Mevs et l’Hôpital St-Damien est faite. L’Hypothèse nulle suppose qu’il n’existe aucune différence qualitative entre les méthodes de transport des patients de la chirurgie pédiatrique vers les deux hôpitaux, durant les deux périodes. Pour l’Hôpital Bernard Mevs, l’hypothèse nulle a été rejetée (p = 0,718), témoignant d’une différence qualitative entre méthodes de transport des patients vers l’Hôpital durant le post-séisme immédiat par rapport au post-séisme tardif. Ainsi, le programme de transport d’urgence à l’Hôpital Bernard Mevs a augmenté sa capacité à mobilité les patients chirurgicaux pédiatriques tout au long de la période d’étude. Par contre, encore une fois, les résultats de l’Hôpital St-Damien seront différents. L’Hypothèse nulle ne sera pas rejetée (p = 0,000), témoignant du fait qu’il n’existe pas une grande différence entre les méthodes de transport des patients chirurgicaux pédiatriques vers cet hôpital pendant les périodes du post-séisme précoce et du post-séisme tardif. Ceci Traduit un programme qui n’a pas su augmenter – mais pour lequel il n’y a pas eu non plus de diminution – de son effectif de transport d’urgence. Une analyse de la nationalité des chirurgiens qui opèrent a été réalisée. L’hypothèse nulle suppose qu’il n’existe pas de différence qualitative entre la nationalité des chirurgiens qui opèrent durant le post-séisme précoce et ceux qui opèrent durant le post-séisme tardif.
  31. 31. 31 Pour les deux hôpitaux, l’hypothèse nulle n’est pas rejetée (p = 0,029 pour l’Hôpital Bernard Mevs et p = 0,000 pour l’Hôpital St-Damien), témoignant du fait qu’il n’y a pas une différence qualitative significative entre les chirurgiens qui opèrent durant le post-séisme précoce et le post-séisme tardif, la majorité étant des chirurgiens pédiatriques de nationalité étrangère.
  32. 32. 32 GRAPHIQUES Éléments descriptifs de la population concernée Graphique 1 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  33. 33. 33 Graphique 2 : Distribution du sexe des enfants opérés à l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude
  34. 34. 34 Graphique 3 : Distribution de l’âge des enfants opérés à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  35. 35. 35 Graphique 4 : Distribution de l’âge des enfants opérés à l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude
  36. 36. 36 Graphique 5 : Caractéristiques des cas opératoires à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  37. 37. 37 Graphique 6 : Caractéristiques des cas opératoires à l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude
  38. 38. 38 Profil épidémiologique de la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince Graphique 7 : Volume chirurgical pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  39. 39. 39 Graphique 8 : Volume chirurgical pédiatrique à l’Hôpital St-Damien Mevs durant la période d’étude
  40. 40. 40 Graphique 9 : Poids des sous-spécialités chirurgicales pédiatriques dans la balance opératoire de l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  41. 41. 41 Graphique 10 : Poids des sous-spécialités chirurgicales pédiatriques dans la balance opératoire de l’Hôpital St-Damien durant la période d’étude
  42. 42. 42 Graphique 11 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  43. 43. 43 Graphique 12 : Description des types d’interventions pratiquées à l’Hôpital Bernard Mevs durant la période d’étude
  44. 44. 44 TABLEAUX Tableau 1 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital Bernard Mevs en fonction de la période post-séisme Sous-spécialité chirurgicale pédiatrique Période du Post-séisme Post-séisme précoce Post-séisme tardif Total Générale 7 137 144 Vasculaire 0 2 2 Ob/Gyn 0 3 3 Plastique 1 31 32 Urologique 5 57 62 Neurologique 1 5 6 Cardiothoracique 0 11 11 ORL 0 3 3 Total 14 249 263 p-value 0,689
  45. 45. 45 Tableau 2 : Sous-spécialités chirurgicales pédiatriques offertes à l’Hôpital St-Damien en fonction de la période post-séisme Sous-spécialité chirurgicale pédiatrique Date de l’opération Post-séisme précoce Post-séisme tardif Total Générale 136 90 226 Traumatique 2 16 18 Vasculaire 0 16 16 Ob/Gyn 1 16 17 Orthopédique 4 25 29 Plastique 0 17 17 Urologique 3 38 41 Neurologique 8 30 38 Cardiothoracique 2 24 26 ORL 0 35 35 GI 0 22 22 Ophtalmologique 2 29 31 Podiatrique 0 14 14 Total 158 372 530 p-value 0,000 Tableau 3 : Méthodes de transport des patients chirurgicaux pédiatriques à l’Hôpital Bernard Mevs enfonction de la période post-séisme Période du post-séisme Méthode de Transport vers l’hôpital Ambulance Autre type de transport médicalisé Véhicule non- médicalisé Total Post-séisme immédiat 0 1 13 14 Post-séisme tardif 1 10 238 249 Total 1 11 251 263 p-value 0,718
  46. 46. 46 Tableau 4 : Méthodes de transport des patients chirurgicaux pédiatriques à l’Hôpital St- Damien en fonction de la période post-séisme Période du post-séisme Méthode de Transport vers l’hôpital Ambulance Autre type de transport médicalisé Véhicule non- médicalisé Total Post-séisme immédiat 9 1 133 15 Post-séisme tardif 78 0 370 249 Total 87 1 503 530 p-value 0,000
  47. 47. 47 Tableau 5: Nationalité du premier chirurgien pédiatrique en fonction de la période post- séisme à l’Hôpital Bernard Mevs Période du post- séisme Nationalité du premier chirurgien Haïtienne Étrangère Total Post-séisme immédiat 9 5 14 Post-séisme tardif 78 171 249 Total 87 176 263 p-value 0,029 Tableau 6: Nationalité du premier chirurgien pédiatrique en fonction de la période post- séisme à l’Hôpital St-Damien Période du post- séisme Nationalité du premier chirurgien Haïtienne Étrangère Total Post-séisme immédiat 117 41 158 Post-séisme tardif 166 206 372 Total 283 247 530 p-value 0,000
  48. 48. 48 DISCUSSION État actuel de la chirurgie pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs Avant d’évaluer l’offre des services de chirurgie pédiatrique à l’Hôpital Bernard Mevs, il faut savoir que l’Hôpital Bernard Mevs est un hôpital à mission chirurgicale générale, où malgré le fait qu’il y ait une offre de chirurgie pédiatrique, elle n’est pas la seule spécialité à faire poids dans la balance (Derenoncourt et al., 2014). Ainsi, certaines particularités de leur profil opératoire en chirurgie pédiatriques s’expliquent et se font valoir, d’autant plus que le Département de chirurgie pédiatrique pour cet hôpital est relativement jeune. Parmi les points forts à retenir des résultats présentés ci-dessus, déjà il faut comprendre que l’Hôpital Bernard Mevs offre des services de chirurgie générale aux enfants de la région qu’elle dessert. Cet hôpital a une population d’enfants relativement âgés, pour la plupart des garçons, qui viennent pour recevoir des services de chirurgies sélectives. De par cela, l’Hôpital Bernard Mevs participe du répertoire des hôpitaux chirurgicaux tous-services sur lequel une population d’enfants peut compter. Malgré une priorité accordée aux services généraux de chirurgie pédiatrique, l’Hôpital Bernard Mevs, à partir de sa coopération avec l’organisation américaine Project Medishare, reçoit très fréquemment des missions chirurgicales diverses, qui l’aident à remplir ses fonctions en chirurgie urologique, plastique, neurologique et cardiothoracique (Hotz et al., 2011). Un programme de ce genre, jeune d’après le tremblement de terre de 2010, montre sa capacité à être fiable aux cours des années sur lesquels s’est portée l’étude présente. On remarque une augmentation qualitative du volume de cas chirurgicaux pédiatriques vus l’Hôpital Bernard Mevs, ainsi qu’une augmentation progressive des services spécialisés offerts, particulièrement après 2011.
  49. 49. 49 Un si faible taux de cas chirurgicaux pédiatriques vus d’urgence explique la sous- utilisation des services de transport d’urgence à cet hôpital. Par contre, il faut garder en tête la possibilité d’un besoin plus accru dans un futur rapproché et penser à un investissement plus significatif, puisqu’une vie n’a pas de prix. Une autre sphère de l’Hôpital requerra, un investissement plus marqué dans le futur. Bien sûr, une proportion majoritaire de chirurgien pédiatrique de nationalité étrangère opèrent à l’Hôpital Bernard Mevs. Ce fait, bien que bénin, mets l’hôpital dans une situation de dépendence, puisque la majorité de ses activités chirurgicales pédiatriques continuera seulement si des chirurgiens de nationalités étrangères continuent à offrir leurs services. Ainsi, faudrait-il, dans l’optique d’une utilisation croissante des services de chirurgie pédiatrique, s’assurer d’une équipe permanente pouvant offrir des services réguliers. Une équipe de ce genre pourrait être synergique avec des équipes étrangères qui opèrent de manière provisoires et à des périodes sporadiques de l’année. Ainsi, l’Hôpital Bernard Mevs présente un modèle d’hôpital à mission générale qui réussit adéquatement à pourvoir des services spécialisés à une tranche de sa population qui n’en aurait pas accès autrement. État actuel de la chirurgie pédiatrique à l’Hôpital St-Damien L’Hôpital St-Damien est un peu différent de l’Hôpital Bernard Mevs du fait qu’elle consiste en un hôpital qui dessert exclusivement une population pédiatrique – et celle-ci n’est pas restreinte à la réception de services chirurgicaux (Hôpital St-Damien, 2015). Cet hôpital a également certaines particularités qui sont propres à sa mission de travail.
  50. 50. 50 L’Hôpital St-Damien offre des services de chirurgie spécialisé à une population d’enfant, pour la plupart relativement jeune et ayant des besoins assez spécifiques en terme de soins de santé. De ce fait, l’Hôpital St-Damien fait partie d’un répertoire d’Hôpitaux offrant des soins chirurgicaux tertiaires, devant être utilisés de manière justifiée. L’Hôpital St-Damien offre notamment un volume de services chirurgicaux pédiatriques d’urgence, qui fait une démarcation importante entre celui-ci et l’Hôpital Bernard Mevs. Aussi, une utilisation des services d’urgence plus importante est vue au niveau de cet hôpital. L’Hôpital St-Damien travaille également en partenariat avec une organisation américaine, NPH Haïti qui permet une participation importante de chirurgiens de nationalité étrangère à l’offre de services chirurgicaux pédiatrique. C’est une situation retrouvée dans les deux hôpitaux offrant des soins chirurgicaux pour enfants à Port-au-Prince. De ce fait, il faut penser que les soins chirurgicaux pédiatriques en région de Port-au-Prince, dépendent de la participation de chirurgiens étrangers pour continuer à maintenir un volume aussi important, voire pour l’augmenter. Contrairement à l’Hôpital Bernard Mevs, la misson chirurgicale pédiatrique de cet hôpital est vieille d’avant le tremblement de terre de 2010. Ce qui explique une différence peu significative des services offert durant le post-séisme précoce par rapport au post-séisme tardif. Pour ainsi dire, alors que l’Hôpital Bernard Mevs est en phase d’atteindre sa « vitesse de croisière », l’Hôpital St-Damien est en phase de maintenance, où le but est de garder une offre de services stable. Serait-il temps de penser à l’expansion du programme chirurgical pédiatrique de l’Hôpital St-Damien? Cette piste pourrait être explorée dans une future étude. L’Hôpital St-Damien représente un bon modèle d’un hôpital offrant des soins tertiaires pour lequel une population bien spécifique est visée.
  51. 51. 51 Quelles sont les différences entre un hôpital à mission chirurgicale générale et un hôpital à mission chirurgicale pédiatrique? L’Hôpital Bernard Mevs et l’Hôpital St-Damien, bien qu’ayant des sphères d’activités similaires à certains égards, ont des domaines activités distinctes l’une de l’autre, bien que possiblement complémentaires. L’Hôpital Bernard Mevs, en matière de chirurgie pédiatrique, est un hôpital offrant des services de santé secondaires. Ces services sont essentiels, mais s’inscrivent dans le cadre de l’offre des services généraux à la population environnante qu’elle dessert. L’Hôpital St-Damien, en matière de chirurgie pédiatrique, est un hôpital offrant des services de santé tertiaires. Ces services sont essentiels, mais ne s’inscrivent pas nécessairement dans le cadre de l’offre de services de soins de santé généraux. Cependant, cet hôpital est bien positionné pour servir de centre de références chirurgical pédiatrique pour une population d’enfants très jeunes, ayant des problèmes de santé nécessitant des soins ciblés. Perspectives futures pour la chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince En chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince, on peut envisager une augmentation du besoin de soins chirurgicaux spécialisés, durant les années futures, si on se fie aux données trouvées dans le cadre de ce mémoire. Ce besoin se fera sentir qu’il soit demandé dans un centre de santé secondaire ou tertiaire (Derenoncourt et al., 2015). Les limites de l’étude Certaines limites se rapportent à ce mémoire et concernent particulièrement les questions auxquelles il ne s’est pas adressé. Parmi lesquelles, on retrouve une absence de la description des
  52. 52. 52 activités chirurgicales pédiatriques avant le tremblement de terre de 2010. Cependant, là n’était pas le but de cette étude. Ce mémoire fait cas de données rétrospectives, recueillies de deux hôpitaux chirurgicaux où l’on offre des services de chirurgie pédiatrique. Un grand nombre d’information a pu être tiré de ce travail, cependant les données présentées ci-dessus représentent les particularités de ces hôpitaux précis durant la période de janvier 2010 à janvier 2014. De ce fait, ces données ne parlent que pour la période qu’elles représentent, puisqu’aucune analyse d’inférence n’a été réalisée. Pour finir, par faute de temps et de faisabilité, très peu de variables ont été étudiées. Cependant, celles incluses dans ce mémoire transmettent beaucoup d’informations utiles et pertinentes.
  53. 53. 53 CONCLUSION Cette étude a permis l’étude du profil opératoire chirurgical pédiatrique à Port-au-Prince dans ces différentes facettes. Elle a aussi permis la comparaison de l’offre des services de chirurgie pédiatrique dans des hôpitaux avec des missions distinctes. Le profil opératoire en chirurgie pédiatrique a effectivement changé au fil des quatre ans qui ont constitué la période d’étude. De plus, ce profil opératoire, comme expliqué plus haut, varie selon l’institution qu’elle concerne. Ainsi, la différence de mission de l’hôpital dans laquelle une chirurgie pédiatrique est offerte peut expliquer son profil opératoire de manière intéressante. De ce fait, un hôpital qui offre des services de chirurgie pédiatrique à Port-au-Prince peut spécialiser les services offert, ne serait-ce que des services de chirurgie générale pour enfant. Il devient alors important pour les hôpitaux concernés de cibler leurs services afin d’augmenter leur performance futurs. De manière plus générale, on peut comprendre que la chirurgie pédiatrique a toute sa place à Port-au-Prince. Déjà, la nécessité de ces services se manifeste lorsqu’on observe le nombre de patients qui en bénéficient chaque année. Un investissement croissant dans l’offre locale et durable de ces services est à envisager et à encourager.
  54. 54. 54 RÉFÉRENCES Bayard, D 2010, « Haiti earthquake relief, phase two – long term needs and local ressources » New England Journal of Medicine, vol. 362, no. 20, pp.1858-1861. DeGennaro, V Jr, DeGennaro, V Sr et Ginzburg, E 2011, « Haiti's dilemma: how to incorporate foreign health professionals to assist in short-term recovery while capacity building for the future », Journal of Public Health, vol. 33, no.3, pp. 459-461. Hughes, CD, Nash, KA, Alkire, BC, McClain, CD, Hagander, LE, Smithers, CJ, Raymonville, M, Sullivan, SR, Riviello, R, Rogers, SO et Meara, JG 2012, « The impact of natural disaster on pediatric surgery delivery: A review of Haiti six months before and after the 2010 earthquake », Journal of Healthcare for the Poor and Underserved, vol. 23, no. 2, pp. 523- 533. Dulski, TM, Basavaraju, SV, Hotz, GA, Xu, L, Selent, MU, DeGennaro, VA, Andrews, D, Ford, H, Coronado, VG et Ginzburg, E 2010, « Factors associated with inpatient mortality in a field hospital following the Haiti earthquake, January-May 2010 », American Journal of Disaster Medicine, vol. 6, no. 5, pp. 275–284. Teicher, CL, Alberti, K, Porten, K, Elder, G, Baron, E et Herard, P 2014, « Médecins sans frontières experience in orthopedic surgery in postearthquake Haiti in 2010 », Prehospital and Disaster Medicine, vol. 29, no. 1, pp. 21-26. Pinkert, M, Dar, S, Goldberg, D, Abargel, A, Cohen-Marom, O, Kreiss, Y et Merin, O 2013, « Lessons learned from an obstetrics and gynecology field hospital response to natural disasters », Obstetrics and Gynecology, vol. 122, no. 3, pp. 532-536.
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  60. 60. 60 ANNEXES Instruments de collecte de données, développement de méthodes et procédures à utiliser, etc. Valeurs possibles des variables qui ont été recueillies 1. Sexe : masculin ou féminin 2. Âge : 0 – 215 mois 3. Sous-spécialité de la chirurgie pédiatrique : générale, traumatique, vasculaire, obstétrique-gynécologie, orthopédique, plastique, urologie, neurochirurgie, cardio- thoracique, oto-rhino-laryngologie (ORL), gastro-entérologie, ophtalmologie, podiatrie ou inconnue 4. Nationalité du chirurgien : haïtienne ou étrangère 5. Intervention pratiquée : à compléter selon le dossier médical 6. Caractéristique opératoire du cas : urgent ou sélectif 7. Date de l’intervention chirurgicale : à compléter selon le dossier médical

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