Numéro 1 - Novembre 2012
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DOSSIER
L’ÉCOLOGIE EST-ELLE SOLUBLE
DANS LE CAPITALISME ?
Découvertes scientifiques, génomes, pollution, déchets industrie...
ZOOM SUR :
Les marchés de
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de la nature. Le libre-échange a ainsi
permis la délocalisation des émissions.
La plupart des projets ont été réalisés en
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L’écologie en tant
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scientifique et poli-
tique est-elle in-
compatible avec le
marxisme ? Le so-
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Comment réviser nos modes de
consommation ?
Réduire les emballages, augmenter la du-
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Le mercredi
19 septembre
2012 ont été
lancées à Lyon
les Universités
Populaires de l’Ecosocialisme. Organi-
sées par cycle...
Quelques mois après le Sommet de
Rio+20, Timothée Duverger revient pour
nous sur l’histoire des Sommets de la
Terre de Sto...
Le jeudi 8 novembre, les Jeunes
Socialistes se sont mobilisés partout
en Europe pour que les Etats
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Revue Ecosocialiste n°1

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Revue Ecosocialiste n°1

  1. 1. Numéro 1 - Novembre 2012 Le capitalisme, c’est autant l’exploitation de l’Homme que de la nature. L’ÉCOLOGIE EST- ELLE SOLUBLE DANS LE CAPITALISME ? RENCONTRE AVEC SUSAN GEORGE Susan George est politologue, essayiste, présidente d’hon- neur et membre du conseil scientifique d’ATTAC, (Association pour la Taxation des Transactions financières et l’Aide aux Citoyens), présidente-fondatrice du conseil du Transnatio- nal Institute à Amsterdam. Cette figure de l’altermondialisme nous a accordé un entretien, avec pour fer de lance un mes- sage offensif : A leur logique, opposons la nôtre. Page 8 CAPITALISME, MARCHÉS ET ÉCOLOGIE, LES LIAISONS DANGEREUSES Le libéralisme économique semble avoir vaincu et consacré l’emprise des marchés et de la finance sur l’écologie politique. Quelques points historiques et théoriques sur ces liaisons dangereuses entre mar- chés et écologie. Page 5 LES PRÉCAIRES DU NUCLÉAIRES Enquête sur ces travailleurs de l’ombre. Page 4 socialistefaire le socialisme du 21e siècle l’eco DOSSIER 1
  2. 2. Depuis dix ans d’engage- ment militant combien de week-end de formation, d’universités d’été où je n’ai pas assisté à la schizo- phrénie qui guette le militant de gauche ? Prenons un exemple simple. D’abord une table ronde « Mais pourquoi ont-ils tué Keynes ? » pour évoquer la nécessité de relancer l’économie par la consomma- tion et l’investissement public afin de lutter contre le chômage qui touche 5 millions de personnes en France. Ensuite une autre table ronde « Un autre modèle de développement : sortir du dogme de la croissance » qui aborde l’incongruité du PIB comme mesure de toute chose, le dérèglement climatique, la part de plus en plus importante des dépenses éner- gétiques dans le budget des ménages, tout comme la progression des maladies chroniques. Là est la schizophrénie du militant de gauche, socialiste en particulier. Il a pleinement compris que le capitalisme exploite la terre et les humains dans un même élan. Nous savons pleinement que la question écologique est une question sociale. Nous savons que ce sont ceux de notre camp qui sont en première ligne SOMMAIRE EDITO 2 SANTÉ - LE MONOXYDE DE CARBONE RÉVÉLATEUR DE LA PRÉCARITÉ 3 ÉNERGÉTIQUE DU NORD-PAS-DE-CALAIS SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT - GAZ DE SCHISTE : FAUSSE BONNE IDÉE ? 3 TROIS QUESTIONS À - CATHERINE QUIGNON-LE TYRANT 3 TRAVAIL - LES PRÉCAIRES DU NUCLÉAIRE 4 LEDOSSIER-L’ÉCOLOGIEEST-ELLESOLUBLEDANSLECAPITALISME? CAPITALISME, MARCHÉS ET ÉCOLOGIE, LES LIAISONS DANGEREUSES 5 ZOOM SUR - LES MARCHÉS DE DROITS À ÉMISSIONS DE GAZ CARBONIQUE 6 RISE UP - POUR UNE ÉCONOMIE FAIBLEMENT ÉMETTRICE EN CARBONE, 7 FORTEMENT ÉMETTRICE EN EMPLOIS ENTRETIEN - SUSAN GEORGE, PRÉSIDENTE D’HONNEUR D’ATTAC 8 ALLER PLUS LOIN - MARX ÉCOLOGISTE, JOHN BELLAMY FOSTER 8 UNIVERSITÉS POPULAIRES DE L’ÉCOSOCIALISME - RENCONTRE AVEC NÉGAWATT 10 PETITE HISTOIRE DES SOMMETS DE LA TERRE 11 UN CHIFFRE À RETENIR 230 millions Surproduction, assèchement de la demande, carnets de commandes dé- sespérément vides… L’industriel doit-il nécessairement vendre plus pour ga- gner plus ? Demandez à Mittal : vous seriez surpris. A l’arrêt depuis octobre 2011, le site de Florange rapporte finalement plus d’argent à Mittal fermé qu’ouvert. Jusqu’à 230 millions d’euros de droits d’émissions de gaz à effet de serre vendus l’an passé, sur un marché qui a rapporté plus d’un milliard à Mittal de- puis 2009. Mittal revend ainsi le CO2 qu’il n’émet pas en fermant ses usines. Dommage, le marché ne dépasse plus les 7 euros depuis un moment. Pas suffisant pour dissuader les émissions, mais bien assez pour faire des affaires. Comme quoi se payer la tête du sys- tème, ça n’a pas de prix. devant les pollutions, la malbouffe, la cherté de l’énergie et l’augmentation des maladies dues à nos modes de vies et de consommation. Et pourtant, quand vient le temps des propositions, il est toujours plus simple d’en revenir aux anciennes recettes : celui de la lutte contre le chô- mage par la relance de la croissance, oubliant trop rapidement l’impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini ; et l’impossibilité de retourner à une croissance supérieure à 2% vu la dépen- dance de notre économie au pétrole, dont les prix ne font qu’exploser à chaque hausse de la demande, tuant dans l’œuf toute reprise de l’économie. C’est pour répondre à cette contradiction que nous souhaitons lancer cette revue de l’écosocialisme. Il ne s’agit pas de faire du vert tinté de rouge ou du rouge teinté de vert mais bien de mélanger les deux jusqu’à ce que ces deux couleurs soient indissociables. Cette revue est donc l’espace d’expres- sion, d’inventions, de controverses idéo- logiques pour tous ceux qui souhaitent faire le socialisme du 21e siècle. Thierry Marchal-Beck EDITO L’écosocialisme pour en finir avec la schizophrénie du militant de gauche Directeur de la publication: Thierry Marchal-Beck Imprimé par nos soins ILS ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO Anthony Aly Hugo Baillet Romain Bossis Hadrien Chneiweiss Pierre Doubovetzky Timothée Duverger Stéphane Gonzalez Floréale Mangin Thierry Marchal-Beck Mathilde Maulat Alizée Ostrowsky Juliette Perchepied Rama Sall Laura Slimani Lucas Trotouin Vous souhaitez participer à la créationduprochainnuméro de la revue écosocialiste ? Envoyez vos contributions par mail à l’adresse revue@ecosocialiste.fr 2 ElsaPeinturier
  3. 3. L’intoxication au mo- noxyde de carbone est la première cause de mor- talité par intoxication en France. La majorité des cas est d’origine domes- tique et accidentelle due à un mode de chauffage défectueux. Si le nombre de décès est en diminution régulière depuis les années 1980 pour atteindre 98 décès en 2008, la situation reste alarmante avec 5000 cas d’hospitalisations par an. En plus de cela, toutes les régions ne sont pas touchées de la même manière, 16% des intoxications surviennent en effet dans la région Nord-Pas-de-Calais, dues à la part importante de logement indivi- duels privés et la prégnance de chauf- fages au charbon. Les épisodes d’intoxication corres- pondent à la période de chauffe entre octobre et mars. L’utilisation d’un mode de chauffage à combustion est un facteur de risque, mais les conditions climatiques peuvent augmenter les risques. L’intoxi- cation au monoxyde de carbone peut être un symptôme de précarité énergé- tique qui est la difficulté, voire l’incapa- cité à pouvoir chauffer correctement son logement à un coût acceptable. En 2006, on estimait qu’un peu plus de 260 000 ménages du Nord-Pas-de-Calais dépen- saient plus de 10% de leur revenu dans la consommation d’énergie. Or, de la combustion de charbon, source de cha- leur peu chère, émane beaucoup de gaz carbonique. Cependant, toutes les caté- gories sociales de la région Nord-Pas- de-Calais sont concernées, touchant également les ménages ayant procédé à des travaux d’isolation thermiques non adaptés, provoquant ainsi l’accumula- tion de monoxyde de carbone dans l’air de leur intérieur[i]. Le charbon est impli- qué dans 55% des foyers d’intoxication, contre moins de 10% en France métro- politaine, et 40 % des cas surviennent dans le bassin minier où l’utilisation de ce mode de chauffage est la plus impor- tante. La lutte contre ces intoxications, symp- tômes de précarité énergétique, reste un enjeu d’équipement, d’information, de maîtrise de l’énergie et d’assainissement thermique des logements. Une réponse politique doit émerger afin de rendre ces mesures accessibles à tous les ménages, et ne pas faire payer aux plus pauvres le poids de la transition énergétique. Catherine Quignon-Le Tyrant est maire de Montdidier dans la Somme, une com- mune pilote dans le domaine des éner- gies renouvelables (électricité éolienne et solaire, réduction de l’éclairage public, isolation thermique des bâtiments pu- blics, réseau de chaleur alimenté par une chaufferie bois…) et qui gère ces énergies grâce à une régie communale d’électri- cité. En 2011, la commune a inauguré le premier parc public éolien de France équipé de quatre éoliennes. Pourquoi s’intéresser aux questions énergétiques dans une ville comme Montdidier, touchée par le chômage et la précarité ? Nous avons commencé par diagnosti- quer nos bilans énergétiques sur tout le patrimoine, pour mettre en œuvre de nouvelles pratiques afin d’économiser de l’énergie et diversifier les sources de pro- duction. Il s’agit d’un intérêt économique pour mes concitoyens puisque la facture est diminuée. C’est aussi contribuer à la préservation de l’environnement grâce à la diminution des émissions de gaz à effets de serre. Le contexte économique et social de Montdidier était en 2004 peu favorable à un vaste investissement. A-t’il joué le rôle de plan de relance en dynamisant la demande et donc l’activité locale? Effectivement, cela nous a permis d’ac- cueillir de nouvelles entreprises, une pour la géothermie, une autre pour le recyclage des matériaux de bâtiments, etc[...] Les commerçants locaux envisagent peu à peu leur reconversion écologique, épaulés par des aides communales à hauteur de 40%. Tout cela contribue soit à une dynamique de maintien de l’em- ploi, soit au développement des activités. Les résultats sont là et nous avons pour objectif en 2015 l’autonomie énergétique ! Cette politique énergétique est-elle applicable à une autre échelle ? Nous étions un projet pilote. Nous avons pu arriver à la conclusion suivante, il est plus utile de se concentrer sur l’isolation d’un bâtiment plutôt que d’investir sur une petite chaufferie bois. Par contre un réseau de chaleur bois qui alimente plu- sieurs équipements devient intéressant, car avec les économies réalisées on peut investir dans les opérations de maîtrise de l’énergie. Cette vision là devrait être démultipliée. TROIS QUESTIONS À CATHERINE QUIGNON-LE TYRANT, MAIRE DE MONTDIDIER SANTÉ LE MONOXYDE DE CARBONE, RÉVÉLATEUR DE LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE DU NORD-PAS DE CALAIS SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT GAZ DE SCHISTE : FAUSSE BONNE IDÉE ? Issus de roches poreuses d’origine sédi- mentaires et argileuses, les gaz de schiste sont aujourd’hui au cœur du débat sur la transition énergétique. En 10 ans, leur exploitation grandissante a bouleversé l’équilibre énergétique de certains pays comme les Etats-Unis, devenus premier producteur mondial. Avec des ressources mondiales équivalentes à 140 ans de consommation en gaz naturel, les enjeux financiers, politiques et économiques sont énormes. Le principal problème de cette res- source fossile réside dans sa technique d’extraction par hydro-fracturation. Elle nécessite des millions de mètre-cubes d’eau et de nombreux additifs chimiques ; menaçant ainsi de polluer les nappes phréatiques. Outre les risques sismiques avérés, la fracturation des roches libère des substances toxiques fortement can- cérigènes, tels que les métaux lourds ou la radioactivité naturelle. Enfin, une par- tie du gaz extrait, du méthane, s’échap- perait dans l’atmosphère et son potentiel d’effet de serre est bien supérieur à celui C02. La tentation d’une énergie fossile bon marché et créatrice d’emplois est grande, mais le gaz de schiste n’est pas une éner- gie d’avenir et ne doit pas nous retarder dans la voie de la transition énergétique. 3
  4. 4. Ils seraient 22 000, devenus le secret honteux d’une filière censée être le fleu- ron de l’industrie française, le nucléaire. Ce sont des ouvriers, intérimaires, sous- traitants, qui vont de chantiers en chan- tiers pour maintenir en état les 19 cen- trales et 58 réacteurs du parc nucléaire français. Témoins de l’externalisation mise en place par l’industrie nucléaire. La préservation du mythe d’une énergie à bas prix entraîne un bouleversement dans la structure salariale. 80% des tra- vailleurs sur site sont des sous-traitants, il y a 20 ans, ils étaient 20%. Un statut qui est constamment en danger et syno- nyme de précarité : multiples déplace- ments, travail fragmenté, rémunération à la journée, incertitude quant à l’emploi. La pression se fait sentir sur le lieu de tra- vail. Un jour d’arrêt d’un réacteur coûte un million d’euros à EDF, il faut donc agir vite. Dans ce laps de temps, les ouvriers prestataires doivent contrôler, changer des pièces dans le réacteur et nettoyer les filtres de la cheminée. Appelés jum- pers, ils descendent dans la partie cen- trale du réacteur et ne peuvent y rester que 2 minutes tant l’exposition aux radia- tions y est forte. Quels dangers pour leur santé ? On estime qu’ils reçoivent 80% des doses totales de radiations reçues. Et ces ouvriers ne disposent pas d’un suivi médical continu. Seuls leurs badges enregistrent les taux de radiations aux- quels ils ont été soumis. Quand ce taux est trop élevé, ils bénéficient de congés mais perdent une partie de leurs revenus, ce qui contraint certains travailleurs, qui l’avouent, à cacher leur badge pour éviter le seuil critique. Aujourd’hui ignorés des pouvoirs publics, ces travailleurs pour- raient représenter une bombe à retar- dement sanitaire selon certains, compa- rable à celle créée par l’amiante. Penser la fin du nucléaire civil, c’est aussi leur assurer une reconversion profes- sionnelle, un statut et un suivi médical. Une étude réalisée par l’Institut Natio- nal de Recherche et de Sécurité (INRS) concluait que 82% d’entre eux souhaite- raient quitter la filière s’ils en avaient la possibilité. Quitter le nucléaire pour eux ce serait quitter la précarité, ne plus être le secret honteux de l’énergie française. TRAVAIL LES PRÉCAIRES DU NUCLÉAIRE : SOUS-TRAITANCE ET RADIATION QUAND IL Y A DE L’ANTI-ÉCOLOGIE « Alors que la France court à sa ruine...en chantant, elle continue à faire comme les autruches tandis qu’elle a sous ses pieds un véritable pactole que géologues et foreurs sont parfaitement capables d’explorer et de produire sans polluer la moindre nappe phréatique ni tuer le moindre individu, quand bien même ne serait-ce qu’un animal » Amicale des foreurs et métiers du pétrole, aout 2012 Vous aussi, aidez les agriculteurs, en remplaçant la culture ali- mentaire peu rentable par la fabrication d’un nouveau gasoil. Envie de rouler militant ? Vous voulez sauver de la misère les pays émergents ? Roulez aux biocarburants ! Leur production, aimablement organisée par quelques multinationales agroali- mentaires, remplacera celle des denrées alimentaires peu ren- tables et permettra d’étendre la civilisation par delà les jungles les plus reculées… Vous pensez que l’obésité est le fléau du monde moderne ? Choisissez les agrocarburants, vous pourrez ainsi réduire sen- siblement la production alimentaire mondiale tout en faisant augmenter le prix des pâtes ! Enfin une bonne raison de tenter un régime pour l’été. *Les agrocarburants ont été élus produit anti-écologique de l’année 2012 ! 4 QUAND IL Y A DU GREENWASHING POURQUOI ADOPTER UN AGROCARBURANT* ? VincentDesjardinsSaturnâTM
  5. 5. DOSSIER L’ÉCOLOGIE EST-ELLE SOLUBLE DANS LE CAPITALISME ? Découvertes scientifiques, génomes, pollution, déchets industriels, tout peut-il se vendre ? Voilà ce que semblent croire les tenants de l’écologie libérale depuis des années, encouragés en cela par les forces économiques capitalistes. Intégrant les G8 et autres Sommets de la Terre, ils ont échoué à nous sortir de la crise écologique tout en nous endettant pour demain. La nature est devenue marchande et les inégalités sociales, renforcées par la crise écologique, demeurent la règle. Ce sont les maux d’un système qui exploite, détruit et exclue. Mais quelle place pour les citoyens dans tout ça ? Démocratie, libéralisme et écologie sont-ils compatibles ? Peut-on finalement résoudre la crise écologique sans dépasser le capitalisme ? Voilà les questions auxquelles nous avons cherché à répondre en rencontrant Susan George, en revenant sur les marchés carbone, en se plongeant dans l’histoire des sommets de la Terre et en relisant Marx pour mieux comprendre l’écologie. L’actuelle crise marque l’impasse d’un modèle d’accumulation et de dévelop- pement qui ne produit qu’instabilité, inégalités et dégradations souvent irré- versibles. Multidimensionnelle, elle sévit avec gravité tout d’abord dans le do- maine économique mais aussi social, à cause de l’extrême concentration des ri- chesses entre les mains de quelques-uns, et écologique du fait de l’épuisement des ressources naturelles, notamment fos- siles. Voici la définition même du capitalisme, à savoir l’appropriation privée des moyens de production par quelques uns, un sys- tème économique motivé par la notion de croissance constante et intenable. L’obsolescence programmée des pro- duits conditionne la société dans une consommation permanente, sans cesse renouvelée. L’hégémonie du capitalisme fait de la surconsommation le seul com- portement prôné, exacerbant les iné- galités. On assiste à la montée en puis- sance du néolibéralisme avec l’extension du marché à des domaines de plus en plus nombreux. La crise systémique que traverse le monde exprime finalement l’arrivée aux limites écologiques d’un modèle, qui en se globalisant, soutire de la planète plus qu’elle ne peut repro- duire. L’absence de questionnement sur la notion de croissance basée sur l’ex- ploitation de ressources énergétiques et naturelles finies reste caractéristique de cette pensée. Ces limites, non négociables ac- centuent la concur- rence internationale, la pression sur les socié- tés et sur le travail et amplifient les inégalités. L’écologie américaine d’obédience libérale promeut le capitalisme vert et son éco- nomie verte. La transition écologique im- plique au contraire de prendre acte dès maintenant de ces limites et d’en faire un levier pour une transformation de notre modèle de développement. La victoire du libéralisme à l’origine d’une écologie culpabilisatrice L’émergence politique de la thématique écologiste a coïncidé avec la victoire politique du modèle libéral sur le key- nésianisme. Le libéralisme privilégie en effet l’action de l’individu à l’intervention de l’Etat, vue comme un frein aux liber- tés individuelles. Dans cette vision de l’écologie, le consommateur joue un rôle central dans la crise écologique. Premièrement, la stratégie libérale consiste en un éloi- gnement organisé des citoyens des questions écologiques. Le vocabulaire pour désigner la crise écologique en est un bon exemple : les termes de « désastre », de « catastrophe », donnent à sa résolution une dimen- sion divine, inatteignable, et nourrissent CAPITALISME, MARCHÉS ET ÉCOLOGIE ; LES LIAISONS DANGEREUSES 5 « La stratégie libé- rale consiste en un éloignement orga- nisé des citoyens des questions écolo- giques »
  6. 6. ZOOM SUR : Les marchés de droits à émissions de gaz carbonique: ma pollution contre ton argent ? Sur le papier le système est séduisant : 2 entreprises polluantes A et B ont pour ambition de ne pas dépasser 20 tonnes d’émissions de gaz carbonique (CO2) dans l’année. On autorise alors chaque entreprise à émettre 10 tonnes. Si l’entre- prise A n’utilise « que » 8 tonnes, et que l’entreprise B a besoin de 12 tonnes, alors l’entreprise A peut vendre 2 tonnes à l’entreprise B. A mesure que le nombre de tonnes de CO2 autorisé diminue, le prix de la tonne de CO2 augmente assez pour que les entreprises aient intérêt à investir pour devenir moins polluantes. Outre l’aspect archaïque de cette mé- thode vendue par les libéraux et basée sur une hypothétique main invisible du marché, il s’agit pour une entreprise de s’enrichir sans pour autant modifier ses comportements. Alors que le prix du CO2 est théorique- ment censé s’élever afin de dissuader les émissions, il est en réalité très variable. Depuis 2008 et le ralentissement de l’activité les entreprises émettent moins de CO2. Cela a eu pour conséquence de faire baisser le prix de la tonne de CO2, la rendant beaucoup moins chère qu’un lourd investissement en matière de so- briété et d’efficacité énergétique. Pis en- core, le dogme libéral des politiques eu- ropéennes comme nationales a empêché toute intervention politique régulatrice sur le marché. Aucun prix minimal de la tonne carbone ni de pénalités dissuasives n’ont été imposés pour les entreprises dépassant leurs quotas. Une fois encore la puissance des lobbys combinée à l’opa- cité des débats démocratiques au niveau européen a empêché toute remontée par la supposée « loi » du marché, du prix de la tonne de carbone. Mais le système ne s’arrête pas là. Une entreprise peut également être payée en tonne de CO2 si elle investit dans des projets de dépollution. En 20 ans, ce mé- canisme a offert 1 milliard de tonnes de CO2. Poursuivant l’entreprise capitalis- tique de destruction de l’homme comme le doute, voire le rejet. Cette vision pré- sente les solutions à la crise comme hors de la portée du politique et donc laissées au marché. Le second volet de cette stratégie d’éloi- gnement réside dans ce qu’Aurélien Ber- nier qualifie de « dictature de l’expertise et de la gouvernance ». Débats d’experts et controverses scientifiques mises sur un piédestal organisent la désinforma- tion citoyenne et excluent les profanes des décisions. Enfin, la stratégie libérale ne serait pas complète si elle ne désignait pas des cou- pables : les consommateurs. Consom- mateurs coupables d’une part, industries exemptes de responsabilités d’autre part. Voilà la stratégie libérale qui consiste en l’attente perpétuelle d’un nouveau pro- grès technique pour sortir de la crise écologique, nous résignant à l’attendre, oubliant que le premier pilier de notre transition énergétique sera de miser sur le kw/h non consommé, et donc sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Le marché comme fausse bonne idée Le marché et sa main invisible sont pré- sentés comme des réponses écologistes par la théorie libérale, relayée par de nombreux lobbies, elle s’exporte en Eu- rope depuis les Etats-Unis. Dès 1989, la Global Climate Coalition est créée par un grand nombre de firmes multinatio- nales pour contrer le GIEC et délégitimer le discours sur les causes humaines du dérèglement climatique. Entre 1990 et 2007 s’étend l’économie de la connais- sance qui donne lieu à un dépôt massif de brevets « dormants » ou « bloquants » empêchant la circulation des connais- sances. Les accords ADPIC (Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle relatifs au Commerce) renforcent la protection et les sanctions prévues des brevets et donnent le pouvoir d’exploiter la biodi- versité. La tentation de se tourner vers l’autoré- gulation des marchés par la soi-disant « main invisible » est forte. Les externali- tés négatives du mar- ché ne sont pas prises en compte dans les coûts de production. Pour rétablir l’exacti- tude du marché, les libéraux préconisent donc d’appliquer un prix à la pollution. Mais ces marchés négligent le fait que l’entreprise risque de répercuter le coût supplémentaire sur le prix de vente du bien, plus cher pour les consommateurs. Ce faisant, il évacue la question des iné- galités. Dans cette stratégie, l’appropriation des richesses naturelles est l’unique option envisageable pour les « préserver », en attribuant un prix reflétant la rencontre de l’offre et de la demande. En faisant de l’eau, de la biodiversité et des ressources naturelles des marchandises, les libé- raux consacrent l’inégal accès à ces res- sources devenues privées. L’Europe n’est pas exempte de cette stratégie com- merciale lorsqu’elle privatise les services publics et renonce aux régies pour l’eau, le gaz, l’électricité et au contrôle par la puissance publique de leur accès pour tous. L’échec des théories libérales à contrer la crise écologique est révélé par l’exemple des marchés de droits à émissions de carbone (voir encadré ci-contre), qui cautionnent la pollution sans remettre en question les com- portements, incitent à la délocalisation des émissions et ins- taurent la primauté de la finance et du profit sur les intérêts éco- logiques. Tant que le producteur paie, on accepte que la pla- nète soit polluée. Dépasser le système capitaliste pour résoudre la crise écologique Barry Commoner, économiste américain, fut l’un des premiers à alerter sur l’incom- patibilité du libre échange et du système capitaliste avec la préservation de l’envi- ronnement. Dans son ouvrage « TheClo- 6 « Les libéraux affir- ment que s’appro- prier des richesses naturelles est l’unique option en- visageable pour les préserver » KnowMaltabyPeterGrima
  7. 7. de la nature. Le libre-échange a ainsi permis la délocalisation des émissions. La plupart des projets ont été réalisés en Chine où le coût d’une tonne de CO2 évi- tée est moins cher. Pour ne rien gâcher la finance a finale- ment créé de nouveaux hybrides, pro- fitant des processus de titrisation pour faire de ces quotas d’émissions de véri- tables produits financiers. La saviez-vous ? Il existe déjà des junks carbone (« crédits carbone pourris ») sur le même modèle que les subprimes du marché immobilier américain. La finance carbone est au- jourd’hui une nouvelle bulle spéculative où la logique du profit prédomine large- ment sur des impératifs écologiques. Les marchés ne permettent pas de ré- pondre à l’urgence climatique et à celle de la transition énergétique. La réponse sera politique et passera par la sortie de ce système libéral. Elle passera par l’éco- socialisme. singCircle » de 1971, il invoque le socialisme pour atteindre cet objectif tout en permet- tant la satisfaction des besoins sociaux. En effet, la transition écologique requiert un changement complet de paradigme et non un aménagement du capitalisme. Seul le pouvoir politique peut établir des normes élaborées démocratiquement, qui contraignent le privé à changer de modes de production et de distribution et rompre avec la pensée dominante et la centralité de la propriété. Contrairement aux tenants de l’économie verte qui étendent la sphère du marché pour lui permettre de gérer les biens communs et environnementaux, c’est le champ d’intervention du marché qui doit être réduit. La relance économique par les investisse- ments dans la transition écologique doit faire figure de porte de sortie. Redistribuer et réduire les inégalités constitue un volet à part entière de la réponse à la crise éco- logique. Mais c’est le modèle entier qui doit être repensé, y compris en résolvant les contradictions internes au socialisme. Remettre en cause la centralité de la crois- sance est essentiel. Sortir de la logique du profit, suppose d’amener un nouveau modèle basé sur une économie relocali- sée, coopérative et sociale, où l’égalité des conditions d’existence et la préservation des équilibres écologiques sont le point d’arrivée. 7 DOSSIER ENTRETIEN AVEC SUSAN GEORGE Susan George est politologue, essayiste, présidente d’honneur et membre du conseil scientifique d’ATTAC, (Associa- tion pour la Taxation des Transactions financières et l’Aide aux Citoyens), prési- dente-fondatrice du conseil du Transna- tional Institute à Amsterdam. Cette figure de l’altermondialisme nous a accordé un entretien, avec pour fer de lance un mes- sage offensif : A leur logique, opposons la nôtre. ATTAC a-t-elle eu dès le départ une di- mension écologique ? Nous sommes une association d’édu- cation populaire tournée vers l’action car l’on demande de plus en plus aux citoyens de se prononcer sur des sujets extrêmement complexes. Créée en 1998 autour de questions financières Attac n’avait pas au début une sensibilité éco- logique particulière à l’exception de quelques personnes, mais depuis sept ans, nous avons une commission «éco- logie et societe» animée, entre autres, par Geneviève Azam et Jean-Marie Har- ribey. Nous sommes représentés comme beaucoup d’autres Organisations Non Gouvernementales aux grandes confé- rences de des Nations Unies telles que les «COP» (Conférence des Parties) ou Rio + 20 et nous essayons d’intégrer la dimension écologique dans l’ensemble de notre travail. Festivals de films, conférences, site web alimenté par le conseil scientifique, activités de nos très nombreux comités locaux, voilà nos outils pour produire et diffuser nos connaissances. Le capitalisme est un système qui ex- ploite l’homme et la nature dans un monde à bout de souffle. Comment en est-on arrivés là ? Mettre la « croissance » au centre de l’économie entraîne une prédation iné- vitable. Nous sommes dans un sys- tème d’accaparement, d’exploitation et d’expulsion. C’est ainsi que des pay- sans d’Afrique ou d’Amérique latine sont expulsés de leurs terres par les grands groupes d’agribusiness et que les travail- leurs Européens sont licenciés de leurs usines quand on peut trouver un meil- leur rendement financier ailleurs. On privilégie la finance à l’investissement dans la transition écologique (rénovation thermique du bâtiment, énergies alter- natives, transports collectifs innovants, etc.) L’économie réelle locale, les PME, disposent aussi de moins en moins de financements. Le capitalisme libéré de la sphère fi- nancière pourrait-il être compatible avec l’écologie ? J’estime que le « Welfare state » d’après- guerre, système capitaliste mais régu- lé, bridé, a été une grande réalisation, notamment en Eu- rope. Nous aurions pu l’adopter et l’adap- ter pour en faire un « Green New Deal », combinant action de l’Etat, des entreprises et des citoyens, car tout système sans régulation mène au désastre. Mais pour entreprendre une telle transition, il aurait fallu mettre toutes les banques sauvées depuis le début de la crise par l’argent public sous tutelle, socialiser les crédits, investir dans l’innovation écologique, prêter aux PME et aux ménages avec un projet « vert », créer des eurobonds pour permettre la réalisation de grands projets européens d’énergie et de transport. Je n’adhère pas à tout le programme des « décroissants » mais notre obsession de la croissance à tout prix est auto-déstruc- trice, cela est certain. Que pensez-vous du capitalisme vert, solution souvent présentée pour ré- soudre la crise écologique et sociale ? Ce que l’on n’a pas encore suffisamment saisi, c’est que tout ce qui est vivant est considéré comme un produit potentiel. LudwigVanStandardLamp « Notre obsession de la croissance à tout prix est auto- déstructrice, cela est certain. »
  8. 8. L’écologie en tant que discipline scientifique et poli- tique est-elle in- compatible avec le marxisme ? Le so- cialisme de manière général, fortement imprégné de logiques productiviste, est- il compatible avec une pensée écologiste ? C’est la question qu’a décidé de se poser John Bellamy Foster en retraçant le rap- port de Marx à la nature, de ses textes de jeunesse jusqu’aux écrits post-marxistes en passant par l’écriture du Capital pour finalement démontrer que Marx n’a ces- sé de penser la nature et ses interactions avec l’Homme et la société. Marx et l’écologie, une histoire an- cienne L’influence de Darwin sur les travaux de Marx et d’Engels est fondamentale pour mieux comprendre leur conception du rôle du travail dans l’évolution humaine. Ils chercheront en effet à comprendre la façon dont la nature et la société inte- ragissent, puis pensent l’autonomisa- tion des processus sociaux vis-à-vis du monde naturel. Il développent l’idée que la société humaine est indépendante de son environnement. Cette logique appa- raîtra donc anti-écologique pour cer- tains, alors que pour d’autres son ana- lyse de la dégradation écologique serait séparée de son analyse sociale. L’acca- parement des écrits de Marx par l’Union Soviétique ultraproductiviste au 20ème siècle achèvera de purger toute dimen- sion écologiste de la doctrine marxiste répandue et enseignée lors du siècle der- nier. Pourtant, la critique que Marx fait de l’agriculture moderne du point de vue des sciences naturelles apparaît très tôt dans ses écrits. Pour lui, l’agriculture intensive ne respecte pas la «loi de la restitution» des nutriments à la terre dans le proces- sus de production, amenant à la crise des sols du 19ème siècle qui toucha notam- ment la Grande-Bretagne. Des colonies entières voyaient leurs ressources volées pour soutenir l’industrialisation des pays colonisateurs. L’homme a donc rompu avec « l’interaction métabolique entre l’homme et la nature », avec pour consé- quences la fracture villes-campagnes ou l’arrachement des peuples à la terre. Pour l’auteur, le travail de Marx constitue le départ d’une sociologie complète de l’environnement qui amènera à repenser les révolutions agricoles et la croyance absolue des marxistes classiques et d’En- gels en la science comme moteur du progrès humain. Pour Marx, un problème de production subsiste. Cependant, la transition néces- saire vers le socialisme ne sera pas auto- matique. Une planification est nécessaire afin de mieux répartir les populations entre villes et campagnes, assurer la restitution des sols et gérer les déchets industriels. Poursuivant l’analyse de l’ex- ploitation de la nature par le capitalisme dans son ouvrage « Introduction générale à lacritiquedel’économiepolitique», Marx at- taque l’analyse de Bacon et les lois auto- nomes de la nature qui la subordonnent aux volontés humaines. Il les qualifie de ruse libérale permettant de mieux assu- jettir la nature comme objet de consom- mation et comme moyen de production. La nature selon Marx contribue donc à la production de richesses au même titre que le travail, critiquant par la même occasion les conceptions socialistes trop réductrices de la production de richesses uniquement basées sur la valeur du tra- vail. Capitalisme, écologie et organisation du travail selon Marx Marx explique que dans le système capi- taliste la recherche du profit et la dépen- dance des produits agricoles aux fluctua- tions du marché entraînent un perpétuel changement de ces cultures. Ceci est en contradiction avec l’agriculture ration- nelle qui doit se développer en tenant FICHE DE LECTURE MARX ÉCOLOGISTE, JOHN BELLAMY FOSTER 8 La nouvelle frontière est celle de la bio- logie synthétique qui devient capable de fabriquer tout et n’importe quoi avec des composants pris dans la nature. C’est ça l’économie verte telle qu’elle a été célé- brée à Rio, c’est la marchandisation de la nature avec zéro dimension sociale. Il s’agit d’une stratégie vieille de trente ans, mise en œuvre par de grandes entreprises regroupées au sein du World Business Council for Sustai- nable Development, ou du Global Com- pact, espace de l’ONU laissé aux multina- tionales sans contrepartie ni contrôle. Mais voilà, si personne d’autre n’accepte d’investir dans la réduction des émis- sions de gaz à effet de serre, je préfère que les entreprises le fassent, car après les faillites successives de Copenhague, Cancun et Durban, il est évident que les Etats ne feront rien. Bien au contraire, certains comme la Norvège ouvrent de nouveaux terrains à l’exploitation, autour du pôle nord. Même Total a avoué que cela pourrait être catastrophique. Mais encore une fois, il faut réguler : quand la France prend la bonne décision de ne pas exploiter le gaz de schiste, l’industrie s’y oppose. Quepréconisez-vous pour contraindre les Etats à investir dans la transition écolo- gique ? Imaginez qu’au lieu de licencier le personnel PSA et de lui payer des allocations chô- mage, on lui disait “Mettez-vous autour de la table, on vous paie pour inventer de nouvelles méthodes de production, pour convertir à l’écologie votre usine, créer des produits socialement utiles et acquérir une nouvelle formation.” On né- glige complètement la créativité des tra- vailleurs et même des ingénieurs. Cela a été essayé il y a 35 ans en Angleterre, puis le gouvernement et les syndicats ont mis fin a l’expérience pourtant réussie des salariés de la Lucas Aérospace; craignant sans doute d’en perdre le contrôle. Le progrès technique, la science, n’ont-ils pas tendance à être présentés comme des solutions miracle au dérè- glement climatique ? Le progrès technique ne nous sauvera pas tout seul, mais sera nécessaire si nous voulons continuer à vivre dans l’environ- nement complexe des vieux pays indus- trialisés et pas dans quelqu’utopie rurale et imaginaire. Le choix politique est pri- mordial. Il faut une gestion publique et citoyenne des ressources naturelles, des réseaux publics, des transports, etc. Bertrand Delanoë a remunicipalisé l’eau à Paris; c’est un très bon début. « On ne sortira pas de la consommation, mais il faut savoir quels sec- teurs doivent croître ou décroître. »
  9. 9. Comment réviser nos modes de consommation ? Réduire les emballages, augmenter la du- rée de vie des produits. On ne sortira pas de la consommation, mais il faut savoir quels secteurs doivent croître et quels secteurs doivent décroître. Tout cela est une question d’impulsion par la puissance publique. Je suis pour une croissance de l’éducation, de la santé. L’obsolescence des produits est souvent programmée et on fait trop peu d’efforts sur le recyclage. Il faut développer l’économie circulaire, contraindre les entreprises à reprendre le produit en fin de cycle pour lui donner une nouvelle vie. Pour résoudre les inégalités de la mon- dialisation, on parle aujourd’hui de protectionnisme européen et de juste échange. Pensez-vous que c’est une solution ? La stratégie nationale doit rechercher la compte des conditions d’existence des générations qui se succèdent. Il saisissait là l’idée contemporaine de développe- ment soutenable. Selon lui si la Terre peut jouer un rôle dans la production de la va- leur d’usage d’une marchandise, c’est le travail qui lui donne sa valeur marchande. Marx développe son concept de « pre- mière contradiction » entre les rapports de production et les forces productives en termes d’inégalités. James O’Connor, fondateur de la revue Capitalism, nature, socialism, décrira quant à lui plus tard une «seconde contradiction» du capita- lisme, écologique celle-ci. Ce qui intéressait Marx c’est la durabilité et la régulation des sociétés humaines et de la nature à travers l’organisation du travail. La force de son analyse n’a jamais résidé principalement dans sa théorie des crises économiques, ni dans ses ana- lyses de la lutte des classes elles-mêmes. Elle repose davantage sur sa conception matérialiste de l’histoire, tant humaine que naturelle. C’est finalement un Marx sorti de toute logique productiviste que l’auteur nous décrit dans cet ouvrage, un Karl Marx que l’on a envie de relire pour mieux appréhender les enjeux écolo- giques contemporains. John Bellamy Foster, Marx écologiste Editions Amsterdam, 2011, 133 pages, 12€ souveraineté en alimentation, en eau, en énergie et protéger les économies lo- cales. L’Organisation mondiale du Com- merce décourage une telle politique. De plus, les exportations agricoles des pays développés comme les Etats-unis ou la France ruinent les paysans du Sud. Je suis pour interdire de telles pratiques mais aussi pour un protectionnisme éco- logique aux frontières de l’Europe qui récompense les pays qui respectent des normes sociales et environnementales du mieux qu’ils peuvent, à leur niveau de développement. Autrement dit, on ne demande pas au Burkina Faso de faire aussi bien que l’Aus- tralie, mais chacun à son niveau devrait être reconnu pour ses efforts. Il faudrait créer des cercles ver- tueux incitant tous les pays à améliorer leur comportement social et écologique. On en est loin ! Que répondre à ceux qui agitent l’épouvantail de la hausse du coût du travail en cas de protectionnisme ou de fiscalité écologique ? Il faut moins taxer le travail et taxer le ca- pital et la pollution. Arthur Cecil Pigou, économiste contemporain de Keynes à Cambridge, préconisait une taxation sélective en fonction des objectifs visés. Par exemple : taxer davantage la pollu- tion, les emballages, les pesticides, etc. La tendance actuelle à la désignation des comportements individuels, du consommateur comme coupables, ne nous fait-elle pas passer à côté des vrais coupables de la crise écologique ?
 J’essaie de ne jamais décourager les changements de comportements indi- viduels, mais en meme temps j’essaie de faire comprendre que la remarque cou- rante « Mais si nous faisions tous….. » ne marche pas. D’abord parce qu’on ne le fera jamais tous sans contrainte ; ensuite parce qu’il est beaucoup plus efficace de rejoindre une organisation et de travail- ler ensemble pour le changement. Il faut des scientifiques citoyens. L’étude ré- cente sur les OGM produite par l’équipe du Professeur Séralini a montré non seu- lement les effets sur les rats mais aussi le poids des critiques orchestrées par Monsanto pour brouiller le débat public et l’information citoyenne. Aider les gens à distinguer le vrai du faux dans le débat, c’est le sens de l’éducation populaire. Comment remettre plus de démocratie dans tout cela ? Encore une fois, en s’organisant avec d’autres pour que toute la société puisse s’approprier telle ou telle innovation et pas seulement les catégories sociales plus aisées et plus éduquées. Les « tran- sition towns », très répandues en Angle- terre et en Irlande, offrent à chacun un mode d’implication de son choix à son échelle. Il faut fournir une structure lé- gère et démocratique que chacun puisse rejoindre selon ses moyens et centres d’intérêts comme les AMAP. Qu’est-ce qui pour- rait déclencher un déclic citoyen et en engagement massif dans la transition écologique ? Seule la mobilisation collective fera en- tendre que la transition écologique est un vivier d’emplois. Il faut aller chercher l’argent pour la réaliser là où il se trouve. Le gouvernement français paraît trop préoccupé par son budget pour agir et il reste figé dans le modèle d’un autre age. Voyez le projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Il faut réajuster la fis- calité, notamment celle des entreprises, pour réduire la pression sur les res- sources naturelle et pour que ça coûte plus cher de produire de manière socia- lement et écologiquement irresponsable. Tout un programme ! 9 DOSSIER « Seule la mobilisation collective fera entendre que la transition éco- logique est un vivier d’emplois et qu’il faut aller chercher là où il se trouve. » Susan George, Cette Fois, en Finir avec la Democra- tie : Le Rapport Lugano II, Editions Du Seuil, 2012 Susan George, Leurs crises, nos solutions, Editions Albin Michel, 2010 POUR ALLER PLUS LOIN
  10. 10. Le mercredi 19 septembre 2012 ont été lancées à Lyon les Universités Populaires de l’Ecosocialisme. Organi- sées par cycles thématiques, ouvertes à tous ceux qui souhaitent y assister, elles réuniront des citoyens enga- gés, des associations, des femmes et hommes politiques et des scientifiques lors de conférences thématiques. L’écosocialisme est un sujet d’actualité, au cœur des débats amené par la volonté de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, tout en relançant l’économie en créant de l’emploi. L’Ecosocialisme est une question vaste qui ne tient pas seu- lement compte du réchauffement clima- tique. Elle est aussi sociale, démocratique et économique. Il s’agit de comprendre les enjeux actuels et pour ce faire de mettre à la portée de tous les citoyens les connaissances scientifiques acquises jusqu’à aujourd’hui. Le premier cycle des Universités popu- laires a pour thématique la transition énergétique. La première étape a été accueillie par les Jeunes Socialistes du Rhône au Château Sans Souci dans le 3e arrondissement de Lyon. Elle s’est dé- roulée en présence de Thierry Marchal- Beck, président des Jeunes Socialistes et de Marc Jedliczka, porte-parole de l’as- sociation NégaWatt. En 2011 était publié leur livre Scenario Manifeste NegaWatt, qui s’est retrouvé sur le devant de la scène médiatique suite aux évènements de Fukushima. C’est un scénario de tran- sition énergétique réaliste et soutenable car il s’agit de penser la trajectoire et pas seulement le point d’arrivée. Marc Jed- liczka dénonce un déficit d’information et une confiscation de la thématique de l’énergie par quelques grands ingénieurs, et nous présente les énergies en crise dans un monde en difficulté avec le pic pétrolier, et les dérèglements climatiques avec l’apparition de phénomènes que les prévisions des climatologues annon- çaient pour 2030. Le scénario NégaWatt se résume en trois mots : sobriété, ré- duire à la source les besoins de services énergétiques par des pratiques aux ni- veaux collectif et individuel ; efficacité, constructive, adaptative, fonctionnelle et productive ; et renouvelable avec des énergies inépuisables et donc des im- pacts environnementaux moindres. Les Universités Populaires de l’Ecosocia- lisme ont donc pour but d’informer les citoyens des nouvelles énergies alterna- tives, mais c’est aussi un lieu de débat, d’échange d’idées, et de réflexion. Un lancement réussi ! Retrouvez ci-dessous une interview ré- sumant l’Université Populaire de présen- tation du scénario Negawatt. ENTRETIEN AVEC Marc Jedliczka, du scénario Négawatt Fondée en France en 2001, l’Associa- tion NégaWatt promeut et développe le concept et la sobriété énergétique dans la société française. L’association souhaite contribuer à une dépendance moindre aux énergies fossiles et nu- cléaire pour diminuer l’impact négatif de l’économie sur la biosphère et le climat tout en permetant (puis préservant) un partage équitable des ressources natu- relles. Elle promeut en outre la solida- rité et la paix en passant par un déve- loppement harmonieux des territoires, sans pour autant diminuer la qualité de vie et tout en répondant à tous les be- soins humains et sociaux. La « démarche NégaWatt » s’appuie sur la sobriété et l’efficacité énergétique passant par un recours aux énergies propres et par une sortie du nucléaire civil. Le pic maximal de production d’éner- gie a été atteint en août, cela veut dire que notre consommation est à crédit jusqu’à fin 2012. L’année dernière, il avait été atteint en septembre, nous reculons donc d’un mois chaque an- née. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir, en terme de coûts et de dispo- nibilité des ressources ? Je suppose que vous faites référence à « l’empreinte écologique » qui englobe non seulement la consommation d’éner- gie, mais aussi de manière plus large celle des ressources non-renouvelables (ma- tières premières, eau, sols, etc.) Il est clair que l’humanité dans son en- semble, et plus encore les pays riches dont la France fait partie, a déjà large- ment dépassé le niveau de prédation des ressources naturelles que la planète est capable de supporter sans que la vie de ses habitants devienne proprement invi- vable. Ceci n’est pas une simple question de coûts : même les plus riches d’entre nous ne pourront échapper au désastre si nous n’empruntons pas de toute urgence la voie de la raison et de la sobriété. Mais on sait aujourd’hui qu’en matière d’énergie le problème principal n’est pas la raréfaction des ressources non-renou- velables : le sous-sol contient largement assez de matières premières fossiles et nucléaires pour que nous soyons plu- sieurs fois capables de modifier définiti- vement le climat ou de rendre définitive- ment inhabitables des régions entières autour de nos centrales nucléaires. Là est le problème ! Comme des enfants qui ont bougrement envie de faire une grosse bêtise, il nous faut renoncer à la tentation de faire comme si nous ne sa- vions pas et de nous dire que tout cela n’est pas si grave et qu’on peut continuer comme avant. C’est la responsabilité historique directe des dirigeants actuels de faire prendre conscience à tout un chacun que les changements dont il est question ne sont pas simplement esthé- tiques ni même moraux : ils sont tout simplement vitaux. Si nous ne faisons rien ou pas assez, ce qui revient au même, il sera trop tard dans cinq ans ou dix ans. Pour être honnête, on a eu la démons- tration depuis une bonne décennie qu’on ne risquait pas de pouvoir compter sur le retour de la droite au pouvoir pour faire le boulot ! Retrouvez la suite de l’entretien sur www. ecosocialiste.fr UNIVERSITÉS POPULAIRES DE L’ÉCOSOCIALISME RENCONTRE AVEC NÉGAWATT 10
  11. 11. Quelques mois après le Sommet de Rio+20, Timothée Duverger revient pour nous sur l’histoire des Sommets de la Terre de Stockholm à nos jours Les années 1970, la croissance pour la première fois interrogée Alorsquel’euphoriedesTrenteGlorieuses atteint son paroxysme, la science se fait réflexive et interroge le progrès. C’est le choc du rapport The Limits to Growth paru en 1972 qui constate l’épuisement des ressources naturelles et l’explosion démographique et conclut à la nécessité d’une « croissance zéro ». Parallèlement l’ONU organise une conférence des Na- tions unies sur l’environnement humain (CNUED). Ce premier Sommet de la Terre se tient à Stockholm du 5 au 16 juin 1972 avec pour slogan : « Une seule Terre ». Le Président de la Commission européenne Sicco Mansholty appelle à une « crois- sance en dessous de zéro ». Mais il est miné par les tensions Est-Ouest autour de la guerre du Vietnam et les réticences des pays du Sud à voir remettre en cause leur développement. Une Déclaration et un « Plan d’action » porteur de 109 recommandations sont quand même adoptés, qui s’accompagnent de deux créations institutionnelles: un Fonds volontaire pour financer les programmes et la recherche et le Programme des Na- tions unies pour l’environnement (PNUE). Trois conférences mondiales suivent le sommet pour le prolonger : une en 1976 à Vancouver sur les établissements humains et deux en 1977 à Nairobi sur la désertification et à Mar del Plata sur l’eau. Le rapport Brundtland et l’invention du concept de développement durable En 1983, le secrétaire général de l’ONU nomme une Commission mondiale sur l’environnement et le développement dont il confie la présidence à Gro Har- lem Brundtland, Premier ministre de la Norvège. Le document final procède à l’inventaire des problèmes environne- mentaux de la planète et systématise le développement durable : « Un dévelop- pement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des généra- tions futures de répondre aux leurs ». L’ONU organise une Conférence des Nations unies pour l’environnement et le déve- loppement (CNUED), qui se tient du 3 au 14 juin 1992 à Rio de Janeiro. Le déve- loppement durable, redéfini à partir des trois piliers du progrès économique, de la justice sociale et de la préservation de l’environnement, est ici popularisé : 172 Etats (dont 108 chefs d’Etat), 1 400 ONG, 30 000 personnes et 8 000 journalistes sont présents. La Déclaration de Rio re- prend celle de Stockholm et l’approfon- dit, mais c’est l’Agenda 21 qui occupe le plus les délégations. Catalogue de me- sures de près de 800 pages, c’est un plan d’action détaillé pour le XXIème siècle. Trois autres textes sont signés pour com- pléter l’accord : deux conventions cadres négociées, l’une sur le changement cli- matique (CCCC) et l’autre sur la diversité biologique (CDB), et une déclaration de principes sur les forêts. Les grands-messes se succèdent sans succès L’échec de Rio+5 censé évaluer les pro- grès accomplis témoigne de l’essouffle- ment, même si le Protocole de Kyoto est adopté en 1997 qui impose une réduction des gaz à effet de serre (GES) aux pays industrialisés à l’aide d’un commerce de permis d’émissions. Plusieurs Conven- tions enrichissent le droit international de l’environnement sur la lutte contre la désertification, les stocks de poissons chevauchants, l’accord préalable en connaissance de cause pour certaines substances chimiques et pesticides et sur les polluants organiques persistants. Après les grands-messes de Stockholm et Rio, l’ONU organise le Sommet mon- dial du développement durable (SMDD) dont les ambitions sont plus réduites puisqu’il ne rassemble « que » 107 États, 9 000 délégués gouvernementaux, 8 000 observateurs et 4 000 journalistes. Si son Plan de mise en œuvre adopte des cibles qui donnent un agenda aux engagements, celles-ci sont souvent floues, simplement réaffirmées et parfois réduites voire abandonnées. L’environ- nement est relégué au second plan et les initiatives « de type 2 » n’y changent rien. Jacques Chirac dit vrai : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». À quand le changement de voie ? Le rebond de 2006, avec le film-docu- mentaire d’Al Gore Une Vérité qui dé- range sur le réchauffement climatique et le rapport de Nicholas Stern sur ses conséquences et ses coûts, crée une mo- bilisation exceptionnelle fin 2009 pour la conférence de Copenhague sur le climat mais elle aboutit finalement à une régres- sion puisqu’elle ne fixe que deux objectifs sans processus contraignant ni engage- ment chiffré de réduction des GES. Arrive enfin le Sommet de la Terre de Rio+20. Le cinquième rapport sur L’Avenir de l’environnement mondial montre que plusieurs seuils critiques sont dépassés. Mais l’échec est une nouvelle fois patent : le renforcement du PNUE masque mal l’abandon d’une Organisation mondiale de l’environnement et l’économie verte tant vantée est rejetée par les pays émer- gents qui y voient un frein à leur déve- loppement. Seul l’accord sur la création d’Objectifs du développement durable sauve les apparences, mais reste à trou- ver les financements et à s’entendre sur la répartition des efforts. La gouvernance internationale continue d’éprouver ses limites. À quand le changement de voie ? UN PEU D’HISTOIRE PETITE HISTOIRE DES SOMMETS DE LA TERRE 11 CGIARClimate
  12. 12. Le jeudi 8 novembre, les Jeunes Socialistes se sont mobilisés partout en Europe pour que les Etats investissent massivement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables sur 5 ans, créant ainsi des millions d’emplois dans la transition énergétique. L’activité économique européenne est en effet fortement émettrice en car- bone et génératrice d’inégalités abys- sales. Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés par l’Union Européenne, déjà insuffi- sants, sont loin d’être atteints. L’échec du marché des émissions de Gaz à Ef- fet de Serre, en place depuis 2007 en Europe, doit nous pousser vers une politique volontariste qui ne peut plus attendre. Résorber les inégalités et réduire drastiquement nos émissions en carbone, tel est le défi posé à notre génération. Le premier principe de cette politique doit être la réduction de notre consom- mation énergétique globale. Il tient donc aux Etats d’investir massivement dans la rénovation du bâti, la construc- tion de logements basse consomma- tion, qui réduira consommation d’éner- gie et créera des milliers d’emplois. Le second consiste en la diversification et la décentralisation de nos sources en énergie. Nous avons besoin d’une véri- table politique européenne de l’énergie pour développer les énergies renouve- lables et la production locale d’énergie et mettre en réseau nos sources d’élec- tricité à l’échelle européenne, mais aussi les transports doux. La transition énergétique, en plus d’une nécessité pour notre planète, sera également un formidable outil de création d’emploi : dans l’agriculture en subvention- nant les productions respectueuses de l’environnement, en accompagnant la reconversion écologique des indus- tries et leur relocalisation grâce au protectionnisme européen sur critères sociaux et environnementaux, et par la création d’emplois verts d’avenir. Une ambition réalisable seulement si la Banque Centrale Européenne prête directement aux Etats et les libère ainsi de la pression des marchés sur leurs dépenses pour qu’ils puissent investir dans de grands projets. Nous pouvons vivre sur Terre avec un déficit de 4%, mais pas avec trois degrés de plus. RISE UP ! RISEUP,POURUNE TRANSISTION ÉCOLOGIQUEEURO- PÉENNE VISITEZ LE SITE ecosocialiste.fr Rendez-vous sur le site ecosocialiste.fr et retrouvez les vidéos des Universités Popu- laires de l’Écosocialisme, d’autres articles et bien plus encore. 12 RECEVEZ LA REVUE ÉCOSOCIALISTE Prénom Adresse Ville Nom Code postal Renvoyez ce coupon au 10 rue de Solférino, 75007, Paris ALLER PLUS LOIN Aurélien Bernier, Comment la mon- dialisation a tué l’écologie, Editions Mille et Une Nuits, 2012 André Gorz, Capitalisme, socia- lisme, écologie Editions Galilée, 1991 Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme Editions du Seuil, 2009 Timothée Duverger, La Décroissance une idée pour demain, Editions Le Sang de la Terre, 2011

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