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Ma sœur donc, est née le 7 novembre 1975. Elle venait de recevoir en cadeau pour ses 10 ans une
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Ma soeur à gauche et moi à droite - Noël 1982
(Bizarrement sur cette photo j’ai les yeux fixés vers ce fameux canapé)
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Surdité de l'oreille droite de Sébastien Marty

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Surdité de l'oreille droite de Sébastien Marty

  1. 1. J’ai 5 ans, mon handicap est découvert. Je me souviensparfaitement de ce moment terrible de ma vie. C’était en début novembre 1985. Je ne me souviens ni du jour exact ni de l’heure à laquelle ce moment s’était passé. Nous étions très sûrementsoitle 7 novembre 1985, soitun desjourssuivants.Je me souviens que c’était en journée. Je ne me souvienspass’il faisaitbeau.Je me souviens parcontre que la lumière dusoleil pénétraitde manière diffuse dans le séjour de la maison que mon mère avait joliment construite de ses mains. Mon père avait acheté un terrain à un cultivateur et y avait construit notre maison. Avant que mon père y construise notre maison,ce terrain, qui se trouve dans un village non loin de Toulouse, était un simple champ cultivé. Les travaux de cette maison étaient déjà bien avancés puisque l’on vivait de manière tout à fait convenable àl’intérieurmême si l’extérieurn’étaitpasfini. Cheznousil n’yavaitpasde fioriture, pas de nombreux objets décorant les murs. Non rien de tout cela. Une maison bien construite et donc agréable à vivre mais sans décoration outre mesure. Je m’ensouvienscomme si c’étaithier. J’avais5ans. Ma mère,masœuret moi,nous étions assis sur le canapé que mon père avaitd’ailleurslui-même construit.C’étaituncanapé un peu dur. Nous nous asseyons sur des coussins noirs d’environ 15 cm d’épaisseur. D’autres coussins identiques étaient fixés à l’arrière avec du velcro et servaient de dossier. Sous les coussins horizontaux de l’assise et derrière lescoussinsverticaux qui servaientde dossier,il yavaitdes planches de lambris. Et derrière ces lambris,c’étaitune constructionjolimentfaite avecde bellespierrescimentées. Autant dire que malgré lasouplesse qu’apportaientlescoussins,ce canapé étaitunpeudur.Mais il avaitla spécificité d’être unique, authentique et « fait maison ». Nousétionsdonctousles3 assissurce canapé. Je croismême pouvoirdire que ma sœur était assise au centre, entre ma mère et moi. Etant paralysée du côté droit, ma sœur a des difficultés à se déplacer. Ainsi elle n’avait pas dû bouger pendant tout ce moment de stupeur. Sébastien Marty à 8 ans
  2. 2. Ma sœur donc, est née le 7 novembre 1975. Elle venait de recevoir en cadeau pour ses 10 ans une montre.Ma mère lui avaitfaitécouterle « tic-tac», ce petitbruitque faitle mécanisme d’horlogerie pour faire avancerlesaiguilleschaque seconde. Puis,mamère m’afaitégalementécouterle fameux « tic-tac » et je n’ai rien entendu… Rien... Un court instant nous avons pensé que cette montre ne fonctionnait peut-être pas correctement… qu’elle s’arrêtait de temps en temps… Ma mère a alorsréécouté plusieursfoiscette montre etelle atoujoursbienentendule fameux « tic- tac ». Elle m’aalors faitécouterlamontre à mon oreille gauche.J’ai alorsparfaitementbienentendu le petitbruit.Puisj’ai prislamontre etl’ai placée contre mon oreille droite et toujours rien... Pas de bruit… Le silence... Puis j’ai replacé la montre contre mon oreille gauche et j’ai encore une fois parfaitement entendu le « tic-tac »… Ce fût un moment particulièrement marquant dans ma vie. Ma sœur, à ce moment-là, n’avait très sûrementpasdutout comprisla gravité de lasituation.Je doisdire que je ne suispassûr d’avoirmoi- même,àcet instant, biensaisi l’importance etsurtoutlesconséquences négatives que cette terrible et triste nouvelle pouvaient entrainer… A partir de ce moment-là il s’en est suivi 2 à 3 ans d’innombrables tests dans les hôpitaux de Toulouse.Toutd’abord pourbienconstatermasurdité totale de l’oreilledroite,ensuite pouressayer de comprendre commentcelaavait-t-il pu se produire et enfin peut-être trouver une solution pour retrouver l’audition. J’ai ainsi de très nombreux souvenirs de moments passés dans des centres d’audition de l’hôpital Rangueil etde l’hôpital Purpande Toulouse.Je me revois,petitenfant,entrainde passercesfameux testsd’audition :j’étaissouventplacé dansuncaisson parfaitementinsonorisé avecuncasque surles oreilles.Levantle brasgauche lorsque j’entendaisunbruitdansl’oreille gauche etne levantjamaisle bras droit... Parfois,aprèscertainstests,nousavonscru à unminuscule retourd’auditionsurl’oreille droite mais ce n’était qu’illusion. A cette époque j’avais déjà passé quelques tests d’audition à l’école primaire et ma surdité de l’oreille droite n’avait bizarrement jamais été détectée. D’aprèslesmédecins,ce qu’il adû se produire c’est que soit les cellules auditives de l’oreille droite n’ont jamais existé, soit elles sont mortes peu après ma naissance. Et il est fort probable que la deuxième possibilité soit la vraie. En effet lorsque j’étais bébé j’avais des otites à répétition. Il est alors tout à fait probable que je n’ai perdu l’audition de l’oreille droite lors de ces otites.
  3. 3. Ma soeur à gauche et moi à droite - Noël 1982 (Bizarrement sur cette photo j’ai les yeux fixés vers ce fameux canapé) Je dois dire que si la raison de ma perte d’audition de l’oreille droite provient de ces otites à répétition, alors je suis heureux d’entendre de mon oreille gauche car cette oreille aurait aussi pu être touchée.J’aurais alorsété sourdetma vie auraitété complètementdifférente.Ainsile handicap auraitété autrementplus important, autrement plus gênant au quotidien. J’aurai eu une autre vie. Bref, dans mon malheur je peux tout de même m’estimer heureux. Voilà, je tenais à vous faire part de ce moment très marquant de ma vie. Un moment traumatisant. Un moment inoubliable. Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à laisser un commentaire. SébastienMarty

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