Préface 
En ce début du troisième millénaire, on peut faire une rétrospective 
de la grande variété de contributions des p...
x LA GLOIRE ET LA FAUTE 
Muni de ces clarifications et de leurs implications, Lussier, 
dans son second but, ne propose ri...
PRÉFACE xi 
Très peu d’analystes sont capables d’égaler Lussier dans sa 
patience combinée à sa maîtrise de trois langues,...
xii LA GLOIRE ET LA FAUTE 
de la même association tenant d’autres responsabilités importantes; 
son doctorat portant sur l...
PRÉFACE xiii 
introduire un fait curieux et peut-être pas accidentel: l’idéalisation 
et la perfection sont des sujets qui...
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Patrick Mahony, préface La Gloire et la Faute

291 vues

Publié le

The "préface" of the book La gloire et la faute by Patrick Mahony, Ph.D.at University of Montreal and member of the Royal Society of Canada

Publié dans : Spirituel
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
291
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
4
Actions
Partages
0
Téléchargements
2
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Patrick Mahony, préface La Gloire et la Faute

  1. 1. Préface En ce début du troisième millénaire, on peut faire une rétrospective de la grande variété de contributions des psychanalystes, en commen-çant par Freud lui-même. Un point cardinal de son enseignement avancé traitait de la théorie structurale. Et pourtant, autant cette théorie du Ça, du Moi et du Surmoi marquait un progrès signi-ficatif, autant elle se heurtait néanmoins à des problèmes internes qui n’ont jamais été entièrement élucidés jusqu’à ce jour. Ainsi, malgré les suppléments apportés par plusieurs des disciples, bien connus de Freud, il n’en demeure pas moins qu’il restait beaucoup à faire, même en ce qui concerne le coeur de l’enseignement psycha-nalytique, d’où la pertinence de l’apport pionnier magnifique du professeur André Lussier. Lussier vise deux buts interreliés. Son premier but est de cla-rifier certains concepts-clefs en psychanalyse qui ont fait l’objet d’incompréhension massive et de confusion tant au point de vue théorique que clinique, à partir de Freud lui-même. Plus particu-lièrement, Lussier retrace, dans le texte original allemand , le développement de l’utilisation erratique que Freud fait – parfois à son insu – des termes de Moi, Moi idéal et Surmoi. Dans ses travaux, Freud a employé ces termes de façon confuse, non seule-ment d’un article à l’autre, et d’un paragraphe à l’autre, mais même à l’intérieur d’une même phrase ; de plus, compliquant davantage ce fouillis, Freud a souvent eu recours au terme «idéal», un vocable qui changeait parfois de sens selon le contexte. Lussier a réussi à mettre de l’ordre dans ce fouillis terminologique et conceptuel qui a été trop souvent négligé ou dont on a minimisé l’importance tout en sapant son applicabilité clinique. © 2006 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : La Gloire et la Faute, André Lussier, ISBN 2-7605-1399-8 •D1399N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
  2. 2. x LA GLOIRE ET LA FAUTE Muni de ces clarifications et de leurs implications, Lussier, dans son second but, ne propose rien d’autre qu’une réorientation clinique majeure du complexe d’OEdipe et de ses liens dynamiques à la pathologie narcissique et préoedipienne. Le titre du livre de Lussier, La Gloire et la Faute, fait référence précisément à ces forces déterminantes du narcissisme qui sont présentes avant, pendant et après le stade oedipien. Plus spécifiquement, il explique la présence d’un conflit universel fondamental chez les hommes entre la grandiosité et le plaisir sans limites demandé par le Moi idéal, et les forces « civilisantes » de contrainte exercées par le Surmoi. Dans ce combat entre la grandiosité et le plaisir du Moi idéal et les contraintes civilisantes du Surmoi, le complexe d’OEdipe peut souvent régresser vers le terrain perturbateur du Moi idéal. Dans un chapitre strictement clinique, Lussier démontre le mérite empirique de ses découvertes en les appliquant à deux cas mémorables et quatre vignettes secondaires; ici nous trouvons une puissante démonstration de la façon dont la théorie structurale, une fois revisée et nettoyée de ses incohérences, peut éclairer grandement des configurations variées d’un conflit fondamental. Dans un chapitre complémentaire, Lussier spécifie davantage sa position clinique et met à jour cette position en la contrastant avec celle de certains psychanalystes français chefs de file, incluant André Green envers qui il déclare se sentir le plus redevable après Freud. Dans un examen rigoureux de leurs écrits, Lussier évalue leur logique profonde et la pertinence clinique. Il s’objecte aussi aux dires de ceux qui célèbrent l’incohérence textuelle de Freud comme le produit reposant intentionnellement sur des ambiguïtés fécondes. Une telle attitude donnant « carte blanche », insiste Lussier, ne peut que mener à une incompréhension totale et à une stagnation conceptuelle si ce n’est pas à une paralysie complète. À la thèse de Lussier on peut ajouter que, si Freud lui-même voyait d’un bon oeil une certaine flexibilité dans le langage, il s’insurgeait contre l’incohérence. Rappelons ici le texte de Freud dans Contribution à l’Histoire du mouvement psychanalytique dans lequel il critiquait Adler pour «la confusion la plus fondamentale qui puisse exister dans les concepts de celui-ci ». © 2006 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : La Gloire et la Faute, André Lussier, ISBN 2-7605-1399-8 •D1399N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
  3. 3. PRÉFACE xi Très peu d’analystes sont capables d’égaler Lussier dans sa patience combinée à sa maîtrise de trois langues, sa compétence clinique aussi bien qu’herméneutique, nécessaires pour lire et relire des milliers de pages d’une littérature souvent difficile. Dans sa procédure en tant qu’auteur, nous trouvons une évidence cons-tante d’interfécondation au carrefour de la pratique et de la lecture clinique avec, pour conséquence, un examen critique constant de l’interaction de ce croisement. En tout temps, le respect de Lussier pour la tradition psychanalytique est tempéré par un esprit d’indépen-dance ardente alors qu’il passe avec une aisance remarquable de la métapsychologie à la théorie clinique et, de là, à la pratique clinique. Dans sa discussion des travaux de Freud ainsi que d’autres analystes, Lussier suit patiemment la séquence de la pensée, ici dans sa rigueur, là dans son laxisme manifesté par des ambiguïtés, des inconstances et des contradictions. Il est toujours prêt à prendre une nouvelle route: pour souligner des implications passées sous silence, pour manifester un désaccord, tout en étant toujours attentif à respecter et à faire l’éloge du meilleur dans la position des autres. Loin d’être une réflexion mécanique ou désincarnée, la méthode engageante de Lussier enlève certaines aspérités à ce qui risquerait parfois de devenir dense et aride. Son livre est aussi une narration présentée sur le ton de «Mémoires», ce qui souligne son engagement et son évolution personnelle à comprendre ses deux buts principaux d’exposition. Comme résultat, nous avons le plaisir de suivre les divers mouvements des réactions de l’auteur: admiration, anticipation, désappointement, perplexité, surprise et satisfaction. Le professeur Lussier possède des qualifications multiples et diverses pour ce travail complexe qu’il a entrepris. Une brève révision de son cheminement professionnel atteste de sa présence exceptionnelle au centre de l’histoire psychanalytique contempo-raine : formation analytique à Londres avec Anna Freud et Winnicott qui furent du nombre de ses superviseurs ; analyste chevronné avec une large expérience dans le traitement d’enfants, d’adolescents et d’adultes ; l’un des pionniers de la Société cana-dienne de psychanalyse et plus tard son président; vice-président de l’Association psychanalytique internationale et membre distingué © 2006 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : La Gloire et la Faute, André Lussier, ISBN 2-7605-1399-8 •D1399N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
  4. 4. xii LA GLOIRE ET LA FAUTE de la même association tenant d’autres responsabilités importantes; son doctorat portant sur le Surmoi et l’Idéal du moi, basé sur près d’un quart de siècle d’expérience analytique ; ses études bien connues à partir d’une critique profonde de Kohut jusqu’à l’examen exhaustif de l’hystérie et du fétichisme à la lumière de la pratique clinique et d’une connaissance de l’abondante littérature analytique pertinente; un nombre considérable d’autres publications et confé-rences qui attestent de sa connaissance profonde et intime des courants majeurs de la psychanalyse continentale et nord-américaine, passée et présente; récipiendaire de prix nationaux et internationaux de prestige, incluant le prix Sigourney ; auteur engagé dans le domaine social allant de la politique internationale et nationale à la criminologie et au féminisme ; et finalement dans son explo-ration plus poussée du sujet de sa dissertation, il a ajouté trois décades de réflexion déterminée et de pratique psychanalytique clinique, d’où un travail soutenu durant un demi-siècle qui culmine dans un livre brillant, un classique. Avant de conclure, j’aimerais dire brièvement que mon propre travail clinique permet d’ajouter à la démonstration du conflit psychique fondamental universel tel qu’il a été élucidé par Lussier. Je ne peux résister à citer une autodescription d’un patient dont le lapsus encapsule brillamment une thèse de Lussier: « Dans le va-et-vient de ma vie d’homme d’affaires, je suis assis sur le dessus et tous les autres sont en-dessous ; je siège ainsi au plus haut point, comme le Bill Gates de la culpabilité, et pour être nourri et survivre là-haut, je suis attaché à un cordon ombiblical par lequel passe la culpabilité ». À part le matériel clinique, ce n’est pas par hasard que la plus grande tragédie grecque, OEdipe Roi, met en évidence ce conflit fondamental particulier avancé par Lussier. Si on ignore ceci, il est en effet impossible de comprendre vraiment le chef-d’oeuvre de Sophocle. Afin de clarifier davantage la question du conflit fondamental, on trouve dans «Les pulsions et leurs vicissitudes » de Freud la remarque portant sur le fait que la pression des pulsions n’a pas un impact «momentané» mais incessant. Une telle pression constante caractérise aussi le fonctionnement de l’Idéal du Moi, cette instance psychique la plus près du Ça. Je pourrais aussi © 2006 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : La Gloire et la Faute, André Lussier, ISBN 2-7605-1399-8 •D1399N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
  5. 5. PRÉFACE xiii introduire un fait curieux et peut-être pas accidentel: l’idéalisation et la perfection sont des sujets qui conduisent les analystes à faire usage d’un langage exagéré. Dans «Le Narcissisme », par exemple, Freud lui-même est poussé à faire une affirmation globale selon laquelle « l’évaluation sexuelle exagérée d’un objet en est une idéalisation », comme si toute appréciation excessive devait être une idéalisation. Quand nous lisons plus loin dans le même texte que le fait d’être amoureux « élève l’objet sexuel en un idéal sexuel », nous devrions garder à l’esprit comment le mot «idéal», à moins que son sens réaliste ou irréaliste ne soit précisé, peut facilement induire en erreur le lecteur inattentif. Et encore, c’est Strachey lui-même qui propose que Freud utilise un langage exagéré dans la trente et unième des Nouvelles conférences d’introduction . De cette façon, Strachey fait de Freud celui qui émet l’impossibilité intrinsèque que le Moi-idéal exige «toujours une plus grande perfection », alors que Freud a simplement dit «toujours une amélioration » (Vervollkommung). Pour terminer, La Gloire et la Faute du professeur Lussier abonde en matériel riche pour le clinicien, le théoricien, l’exégète de Freud et, de façon plus générale, pour la personne de notre époque qui est préoccupée par le politique et le social. Et nous pouvons envier de façon bienveillante ces jeunes analystes qui ont la chance de bénéficier de ce classique au début de leur carrière. Patrick J. Mahony, Ph. D. Professeur Émérite, Université de Montréal Membre, Société Royale du Canada © 2006 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : La Gloire et la Faute, André Lussier, ISBN 2-7605-1399-8 •D1399N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés

×