SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  139
Télécharger pour lire hors ligne
Évaluation
del’AFD
DÉCEMBRE
2019
N°81
Rapport complet
AuteursAudreyBarbe,CécileMouchel
etBrunoValfrey(Hydroconseil),
ThomasCazalis,FlorenceDeramMalerbe,
ThomasHertzogetGabrielLambert(Agriate)
Évaluation rétrospective
des interventions
de l’Agence française
de développement dans
le secteur de l’irrigation
Sous la coordination de
Karen Rousseau (AFD)
Ont participé à la collecte et à
l’analyse des informations, ainsi qu’à
l’élaboration de la méthodologie:
Jean-Louis Couture, Camille Salaün et
Délia Sanchez Trancon (Hydroconseil).
Les auteurs remercient chaleureusement
toutes les personnes rencontrées aussi bien
en France qu’au Cambodge, au Maroc et au
Sénégal pour le temps qu’elles ont bien voulu
leur consacrer.
Des remerciements sont adressés également
aux membres du groupe de référence de
l’évaluation, au personnel des agences AFD
dans les pays visités et à l’équipe « Agriculture,
développement rural et biodiversité (ARB) »
pour leur disponibilité et leur contribution.
Le rapport complet de l’évaluation ainsi
que les cinq études de cas associées sont
téléchargeables à l’adresse:
https://www.afd.fr/fr/ressources-accueil
Avertissement
Les analyses et conclusions de ce document sont formulées
sous la responsabilité de ses auteurs. Elles ne reflètent pas
nécessairement le point de vue officiel de l’Agence française de
développement ou des institutions partenaires.
Directeur de la publication: Rémy Rioux
Directrice de la rédaction: Nathalie Le Denmat
ISSN: 2425-7087
Dépôt légal: 4e
trimestre 2019
© AFD
Photos de couverture:
En haut, à droite, Rencontre entre les évaluateurs et des usagers du
périmètre de Stung Chinit (Cambodge) © Florence Deram Malerbe
Au milieu, à droite, Oued Inanouen aval, affluent de l’oued Sébou,
projet Moyen Sébou (Maroc) © Gabriel Lambert/Agriate
En bas, à droite, Moisson sur le périmètre de Chork réservoir, projet
sectoriel hydro-agricole (Cambodge) © Florence Deram Malerbe
Photo centrale, à gauche, Projet de gestion de l’eau dans le bassin
du fleuve Rouge, province de Ninh Binh (Vietnam) © François
Carlet-Soulages, NOI Pictures/AFD
Direction Innovation, Recherche et Savoirs
Département Évaluation et Apprentissage (EVA)
Agence française de développement
5, rue Roland Barthes, 75012 Paris, France
www.afd.fr
Agence Française de Développement
E valuation rétros pective des interventions
de l’Agence Français e de Développement
dans le s ecteur de l’irrigation
R apport d’évaluation
Version finale du 30 septembre 2019
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 2
Titre : Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation
Statut du rapport : Rapport d’évaluation, version finale
Client : Agence Française de Développement (AFD)
Consultant : Groupement Hydroconseil-Agriate (France)
Démarrage du contrat : 28 août 2017 (réunion de démarrage)
Date de soumission du présent document : 30 septembre 2019 (version électronique)
Numéro de révision (interne) : 17
Personnes ayant contribué à l’écriture du rapport : Audrey Barbe, Florence Deram
Malerbe, Bruno Valfrey, Gabriel Lambert, Thomas Cazalis et Thomas Hertzog
Coordination, édition, relecture et assurance qualité : Bruno Valfrey
Des questions sur ce rapport ? Ecrire à : hydroconseil@hydroconseil.com
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 3
Sommaire
A. Contexte de l’évaluation..................................................................9
B. Vue d’ensemble de l’évaluation.................................................... 10
B.1. Contexte et objectifs ..........................................................................................10
B.1.1. Justification............................................................................................................................. 10
B.1.2. Finalité et utilité....................................................................................................................... 10
B.1.3. Objectif global et objectifs spécifiques.................................................................................... 10
B.1.4. Périmètre de l’évaluation ........................................................................................................ 11
B.1.5. Utilisation et public ciblé ......................................................................................................... 13
B.1.6. Démarche générale et calendrier de l’évaluation.................................................................... 14
B.2. Méthodes et outils de l’évaluation ....................................................................17
B.2.1. Méthodologie de reconstitution de la logique d’intervention ................................................... 17
B.2.2. Méthode de construction de la matrice d’évaluation............................................................... 21
B.2.3. Vue d’ensemble des outils de collecte et d’analyse................................................................ 22
B.3. Les limites de l’évaluation .................................................................................23
B.3.1. Une période d’évaluation exceptionnellement longue ............................................................ 23
B.3.2. Une documentation hétérogène ............................................................................................. 24
B.3.3. La difficulté à évaluer l’impact des projets .............................................................................. 24
B.3.4. Le concept des « communs » et son application.................................................................... 25
C. Evolution temporelle des logiques d’intervention de l’AFD dans
le secteur de l’irrigation ................................................................ 26
C.1. Méthode de reconstitution et limites.................................................................26
C.2. Frise chronologique simplifiée du contexte national et international ............27
C.3. 1983-1991 : Développement de l’agriculture irriguée : vers la fin d’une
approche aménagiste des Etats et des bailleurs .............................................29
C.4. 1992-2000 : Révision des schémas de gestion des périmètres pour une
meilleure sécurisation des investissements ....................................................33
C.5. 2001-2008 : Optimisation économique et environnementale de l’eau agricole :
réduction des investissements et promotion d'une agriculture irriguée
respectueuse de l'environnement.....................................................................36
C.6. 2009-2017 : (Re)déploiement d'une agriculture irriguée compétitive, orientée
vers la sécurité alimentaire et adaptée au changement climatique................39
D. Analyse évaluative par critère ...................................................... 43
D.1. Pertinence et cohérence ....................................................................................43
D.1.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 43
D.1.2. Les orientations stratégiques de l’AFD sont cohérentes avec celles des autres bailleurs...... 43
D.1.3. Les choix stratégiques sont pertinents avec les besoins des pays et évoluent avec
ceux-ci dans la limite des moyens que l’AFD veut et peut mobiliser ...................................... 48
D.1.4. Les choix conceptuels, globalement pertinents, se heurtent régulièrement à des
difficultés de mise en œuvre mal anticipées et à des choix opérationnels parfois
inadaptés................................................................................................................................ 50
D.1.5. La qualité des processus d’instruction et d’analyse de faisabilité est variable et repose
plus sur des expériences et sensibilités individuelles que sur une démarche
systématique .......................................................................................................................... 56
D.1.6. L’insuffisance des mécanismes de capitalisation fait peser un risque sur le maintien
d’un bon niveau d’expertise interne et les capacités d’innovation de l’AFD............................ 60
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 4
D.1.7. La valeur ajoutée de l’AFD est bien identifiée et reconnue par ses partenaires ..................... 62
D.1.8. En conclusion, les interventions de l’AFD sont pertinentes, cohérentes avec les choix
stratégiques des pays ; la valeur ajoutée et les principes défendus par l’AFD sont
reconnus et appréciés ; mais la pertinence des choix conceptuels est parfois remise en
question par les choix opérationnels et des difficultés de mise en œuvre. La faiblesse
de la capitalisation interne est une contrainte pour l’amélioration des projets ........................ 64
D.2. Efficacité .............................................................................................................66
D.2.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 66
D.2.2. Précautions méthodologiques spécifiques.............................................................................. 66
D.2.3. Une description parfois trop générale des réalisations et des résultats à atteindre, qui
s’améliore au fil du temps....................................................................................................... 67
D.2.4. Des réalisations et des résultats hétérogènes en fonction des composantes de chacun
des projets.............................................................................................................................. 68
D.2.5. En conclusion, les résultats attendus sont globalement atteints, avec des niveaux
variables entre les infrastructures et les mesures d’accompagnement ; la description
des résultats attendus est souvent trop générale mais s’améliore au fil du temps ................. 76
D.3. Efficience ............................................................................................................78
D.3.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 78
D.3.2. Précautions méthodologiques spécifiques.............................................................................. 78
D.3.3. Des coûts unitaires en général cohérents avec les standards des aménageurs et des
autres bailleurs ....................................................................................................................... 79
D.3.4. Un déséquilibre de la structure des budgets en faveur des infrastructures et au
détriment de l’accompagnement............................................................................................. 79
D.3.5. Une efficience en matière de gestion variable en fonction de la nature des
interventions ........................................................................................................................... 80
D.3.6. Une efficience qui ne s’améliore pas ou peu au cours du temps............................................ 80
D.3.7. En conclusion, l’efficience des projets de l’AFD est jugée globalement satisfaisante et
relativement stable dans le temps, avec néanmoins un déséquilibre structurel des
budgets au détriment des mesures d’accompagnement ........................................................ 81
D.4. Impact..................................................................................................................83
D.4.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 83
D.4.2. La question de l’impact est encore faiblement prise en compte lors de la conception et
de l’évaluation des projets de l’AFD ....................................................................................... 83
D.4.3. Il existe un faisceau concordant d’éléments pointant vers un impact positif des projets
financés par l’AFD sur les conditions de vie des producteurs................................................. 84
D.4.4. Des impacts documentés mais difficiles à mesurer sur l’allocation des ressources
foncières et hydriques ............................................................................................................ 85
D.4.5. Des impacts sur les communs difficiles à mettre en évidence dans la plupart des
projets, mais la question de la prise en compte des communs est une piste de travail
intéressante pour améliorer les projets de l’AFD dans le secteur........................................... 86
D.4.6. L’AFD a contribué à l’évolution des politiques publiques en matière d’irrigation et d’eau
agricole dans certains pays, au travers d’une intervention continue et d’une approche
flexible basée sur le dialogue et la promotion de principes..................................................... 87
D.4.7. En conclusion : des impacts difficiles à mesurer et à quantifier, mais perceptibles
notamment sur les conditions socio-économiques des irrigants et sur les politiques
publiques ................................................................................................................................ 91
D.5. Durabilité.............................................................................................................93
D.5.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 93
D.5.2. Précautions méthodologiques spécifiques.............................................................................. 93
D.5.3. La durabilité est de mieux en mieux prise en compte par l’AFD et ce dès la conception
des projets.............................................................................................................................. 94
D.5.4. Une recherche constante d’amélioration de la durabilité technique des interventions de
l’AFD....................................................................................................................................... 94
D.5.5. Les mécanismes de financement des coûts d’opération et de maintenance, un élément
de durabilité caractéristique des interventions de l’AFD......................................................... 97
D.5.6. L’appui organisationnel et institutionnel est perçu comme une condition préalable à la
durabilité des interventions..................................................................................................... 99
D.5.7. Une prise en compte trop timide des enjeux liés à la durabilité sociale et
environnementale ?.............................................................................................................. 101
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 5
D.5.8. L’amélioration de la macro-durabilité des interventions par des relations avec les
partenaires construites sur le temps long............................................................................. 102
D.5.9. En conclusion, la durabilité des projets financés par l’AFD s’est renforcée, aidée par la
capacité de l’AFD à se projeter dans le temps long dans certaines géographies – mais
la prise en compte de la durabilité sociale et environnementale reste timide ....................... 103
E. Recommandations....................................................................... 105
E.1. Recommandations transversales....................................................................105
E.1.1. Recommandation 1 : Mener des analyses économiques, politiques et sociologiques
dans les pays d’intervention dans le secteur de l’irrigation................................................... 105
E.1.2. Recommandation 2 : Adapter la programmation, les approches et la mobilisation des
moyens au temps long des projets....................................................................................... 106
E.1.3. Recommandation 3 : Etablir un dialogue de politique publique et contribuer à y inscrire
les projets de l’AFD .............................................................................................................. 106
E.1.4. Recommandation 4 : Mieux anticiper, mesurer et suivre les effets socio-économiques
et agricoles des projets......................................................................................................... 107
E.2. Recommandations stratégiques .....................................................................107
E.2.1. Recommandation 5 : Produire une note technique qui définisse les grands principes
d’intervention de l’AFD en matière d’irrigation ...................................................................... 108
E.3. Recommandations opérationnelles ................................................................109
E.3.1. Recommandation 6 : Mieux intégrer, dans les études préparatoires aux projets de
l’AFD, les dimensions techniques, institutionnelles, socio-économiques et juridiques
des projets............................................................................................................................ 109
E.3.2. Recommandation 7 : Consulter et associer les bénéficiaires finaux des infrastructures
et des services, dès la phase d’étude de faisabilité et de conception des projets, y
compris sur les aspects qui influenceront les choix technologiques, la nature des
infrastructures et les conditions technico-économiques et financières de leur
exploitation et de leur maintenance...................................................................................... 109
E.3.3. Recommandation 8 : Réhabiliter l’analyse économique des projets et la considérer
comme un outil vivant à mettre en œuvre à différents stades du développement d’un
projet .................................................................................................................................... 110
E.3.4. Recommandation 9 : Adapter l’infrastructure au contexte .................................................... 110
E.3.5. Recommandation 10 : Renforcer et sécuriser les financements pour toutes les
composantes des projets...................................................................................................... 110
E.3.6. Recommandation 11 : Définir et accompagner les communs dans les projets
d’irrigation............................................................................................................................. 111
F. Annexes ....................................................................................... 112
F.1. Références bibliographiques principales.......................................................112
F.2. Liste des membres du groupe de référence...................................................113
F.3. Liste des personnes rencontrées....................................................................114
F.3.1. En dehors des études de cas ............................................................................................... 114
F.3.2. Au Cambodge....................................................................................................................... 115
F.3.3. Avant et après la mission Cambodge................................................................................... 115
F.3.4. Au Maroc .............................................................................................................................. 116
F.3.5. Avant et après mission Maroc .............................................................................................. 116
F.3.6. Au Sénégal........................................................................................................................... 117
F.3.7. Etude de cas politiques publiques ........................................................................................ 118
F.4. Version finale de la matrice d’évaluation........................................................119
F.4.1. Pertinence et cohérence....................................................................................................... 119
F.4.2. Efficacité............................................................................................................................... 122
F.4.3. Efficience.............................................................................................................................. 124
F.4.4. Impact................................................................................................................................... 125
F.4.5. Durabilité .............................................................................................................................. 128
F.5. Liste des projets de l’échantillon constitué pour l’évaluation ......................130
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 6
Liste des sigles et abréviations
2IS......................Initiative Irrigation Sahel, programme financé par la Banque Mondiale
3PRD..................Projet de Promotion de Partenariats Rizicoles dans le Delta (Sénégal)
ABN....................Agence de Bassin du Niger
AES ....................Division Appui Environnemental et Social, Développement Durable de l’AFD
AFD ....................Agence Française de Développement
AFEID.................Association Française pour l’Eau, l’Irrigation et le Drainage
AI........................Associations d’Irrigants
AIDEP.................Projet Appui à l’Agriculture Irriguée et au Développement Economique de Podor (Sénégal)
AIPA ...................Association des Irrigants de la Plaine de l’Arcahaie (Haïti)
ANO....................Avis de Non Objection
APD....................Aide Publique au Développement
APEFAM.............Projet d’Appui à la Promotion des Exploitations Familiales dans la région de Matam (2 phases) (Sénégal)
ARB....................Division Agriculture, développement Rural et Biodiversité de l’AFD
ASA ....................Association Syndicale Autorisée (France)
ASAMM ..............Projet Amélioration de la Sécurité alimentaire et Appui à la Mise en Marché (Matam, Sénégal)
ASIRRI ...............Projet d’Appui aux Irrigants et aux Services aux Irrigants (financement FISONG)
AT.......................Assistant(ce) technique
AUE....................Association d’Usagers de l’Eau
AUEA..................Association d’Usagers de l’Eau Agricole (Maroc)
AVSF..................Agronomes et Vétérinaires sans Frontières, ONG internationale de développement
BAfD...................Banque Africaine de Développement
BAsD ..................Banque Asiatique de Développement
BE.......................Bureau d’études
BID .....................Banque Islamique de Développement
BNDA .................Banque Nationale du Développement Agricole
CACG.................Compagnie d’Aménagement des Côteaux de Gascogne
CAD....................Comité d’Aide au Développement (OCDE)
CASL..................Compagnie Agricole de Saint Louis (Sénégal)
CCCE .................Caisse Centrale de Coopération Economique – nom de l’AFD de 1958 à 1992
CCFOM ..............Caisse centrale de la France d'outre-mer – nom de l’AFD de 1944 à 1958
CDI .....................Charte du Domaine Irrigué (Sénégal)
CFD....................Caisse Française de Développement –nom de l’AFD de 1992 à 1998
CFMA .................Centre de Formation au Machinisme Agricole (en cours d’installation) (Sénégal)
CGER.................Centre de Gestion et d’Economie Rurale (Sénégal)
CIFA ...................Centre Interprofessionnel pour la Formation aux métiers de l’Agriculture (Sénégal)
CILSS.................Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel
CIRAD ................Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement
CIRIZ..................Centre Interprofessionnel du Riz (Sénégal)
CIS .....................Cadre d’Intervention Stratégique
CISIS..................Cambodian Information System on Irrigation Schemes (Cambodia)
CNCAS...............Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal (Sénégal)
COPIL.................Comité de Pilotage
COSTEA.............COmité Scientifique et Technique Eau Agricole
CPS....................Centres de Prestations de Services (Mali)
CST ....................Comité Scientifique et Technique COSTEA
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 7
CUP....................Communauté des Polders de Prey Nup (Cambodge)
DIAEA.................Direction de l’Irrigation et de l’Aménagement de l’Espace Agricole (Ministère Agriculture) (Maroc)
DPA....................Directions Provinciales de l’Agriculture (Maroc)
DRA....................Directions Régionales de l’Agriculture (Maroc)
ED ......................Evaluation Décentralisée
EEA ....................Division Eau et Assainissement de l’AFD
EVA ....................Département Evaluation et Apprentissage de l’AFD
FAI......................Fonds d’Appui aux Intercommunalités (Sénégal)
FAUEA ...............Fédération d’Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (Maroc)
FEPP..................Fonds d’Etudes et Préparation de Projets
FERC..................Fonds d’Etudes et de Renforcement de Capacités
FFEM..................Fonds Français pour l’Environnement Mondial
FIP......................Fiche d’Identification de Projet
FISONG..............Facilité d'Innovation Sectorielle pour les ONG
FNDASP.............Fonds National de Développement Agro Sylvo Pastoral (Sénégal)
FWN ...................Farmers Water Network (Cambodia)
FWUC.................Farmer Water User Committee/Community (Cambodia)
GCF....................Global Climate Fund – Fonds Vert pour le climat
GH......................Grande Hydraulique : appellation générique des grands périmètres publics gérés par des ORMVA (Maroc)
GIRE...................Gestion Intégrée des Ressources en Eau
GOANA ..............Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (Sénégal)
GPI-PIM..............Gestion Participative de l’Irrigation – Participatory Irrigation Management
GR......................Groupe de Référence (spécifique à cette évaluation)
GRDR.................Groupe de Recherches et de Réalisations pour le Développement Rural dans le Tiers Monde
GRET .................Groupe de Recherche et d’Etudes, ONG internationale de développement solidaire
GSE....................Gestion Sociale de l’Eau
IDB .....................Banque Interaméricaine de Développement
IFI .......................Institutions Financières Internationales
IPAR ..................Initiative de Prospective Agricole et Rurale
IRAM ..................Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de développement, bureau d'études associatif
IRD .....................Institut de Recherche pour le Développement
ISC .....................Irrigation Service Center (Cambodge)
ISRA...................Institut Sénégalais de Recherche Agronomique (Sénégal)
JICA....................Agence Japonaise de Coopération Internationale – Japan International Cooperation Agency
LCS ....................Levée des Conditions Suspensives
MAE....................Ministère des Affaires Etrangères (France)
MAFP .................Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (Cambodge)
MoAFF................Ministry of Agriculture, Forestry and Fisheries (Cambodia)
MCA ...................Millenium Challenge Account
MCC ...................Millenium Challenge Corporation
MEAE .................Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères
MoWRAM...........Ministry of Water Ressources and Meteorology (Cambodia)
MREM ................Ministère des Ressources en Eau et de la Météorologie (Cambodge)
NAT ....................Direction Transition écologique et ressources naturelles de l’AFD
NCS....................Note au Conseil de Surveillance
NPP....................Note de Préparation de Projet
NWISP................Northwest Irrigation Sector Project (co-financement BAsD-AFD) (Cambodge)
OCDE.................Organisation pour la Coopération et le Développement Economique
ODD ...................Objectifs de Développement Durable
OERT .................Organisation d’Entretien du Réseau Tertiaire (Office du Niger, Mali)
OMD...................Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMVS.................Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 8
ON......................Office du Niger (Mali)
ONAHA...............Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (Niger)
ONG ...................Organisations Non Gouvernementales
ORMVA ..............Offices Régionaux de Mise en Valeur, gestionnaires des grands périmètres publics (GH) (Maroc)
ORMVAG ...........ORMVA du Gharb (Maroc)
ORSTOM............Office de Recherche Scientifique et Technique d’Outre-Mer (devenu IRD)
PACR .................Projet d’Appui aux Communautés Rurales (Sénégal)
PDMAS...............Programme de Développement des Marchés Agricoles du Sénégal
PI........................Périmètre irrigué
PIDAM................Programme Intérimaire de Développement Agricole de Matam (Sénégal)
PMA....................Pays les Moins Avancés
PMH ...................Petite et moyenne hydraulique, périmètres sous la responsabilité des DRA (Maroc)
PNAR .................Programme National d’Autosuffisance en Riz (Sénégal)
PPP ....................Pays Pauvres Prioritaires
PPP ....................Partenariats Publics Privés1
PRACAS.............Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (Sénégal)
RAP....................Rapport d’Achèvement de Projet
PSEA..................Projet Sectoriel Eau et Agriculture (Cambodge)
PSP ....................Participation du Secteur Privé
SAED..................Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve
Sénégal et de la Falémé (Sénégal)
SAGI...................Société d’Aménagement et de Gestion de l’Irrigation (Sénégal)
SAR....................Société d’Aménagement Régionale française (CACG, SCP, BRL)
SCAC .................Service de Coopération et d’Action Culturelle (Ambassade de France)
SCP....................Société du Canal de Provence
SCV....................Systèmes de Cultures sous Couvert Végétal
SIF......................Système d’Information Foncier
SIG .....................Système d’Information Géographique
SODAGRI...........Société de Développement Agricole et Industriel (Sénégal)
SOGED ..............Société de Gestion et d’Exploitation du barrage de Diama (Sénégal)
SOMALAC..........Société d’Aménagement du Lac Alaotra (Madagascar)
SPC....................Direction Stratégie, Partenariats et Communication de l’AFD
SQE....................Sous-question évaluative
SRBMA...............Senegal River Basin Monitoring Activity (Sénégal)
UE ......................Union européenne
UFAUEA.............Union des Fédérations d’Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (Maroc)
UGB....................Université Gaston Berger (Saint Louis, Sénégal)
VFS ....................Vallée du Fleuve Sénégal
WUA...................Water Users Associations
ZSP ....................Zone de Solidarité Prioritaire
1
Ce sigle générique recouvre une grande diversité de situations : de la délégation de service public pour la ges-
tion d’une infrastructure hydro-agricole (Maroc) à des contrats de mise en valeur agricole avec contribution au
financement et à la gestion des infrastructures terminales (3PRD au Sénégal), lesquels relèvent plus de la PSP.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 9
A. Contexte de l’évaluation
Après plusieurs décennies d’intervention dans le secteur de l’irrigation, l’AFD a commandité
la présente évaluation thématique rétrospective, qui fait partie intégrante de sa réflexion stra-
tégique menée dans ce secteur et s’inscrit dans le cadre de sa politique d’évaluation.
L’objectif global de cette évaluation formative est de fournir à l’AFD des pistes d’amélioration
de son positionnement et de ses interventions dans le secteur de l’irrigation. Pour y parvenir,
l’évaluation a répondu aux objectifs spécifiques suivants :
• Fournir une appréciation argumentée et indépendante de l’intervention de l’AFD dans
le domaine de l’irrigation sur une période longue (de 1983 à 2017) ;
• Tirer les enseignements transversaux et participer à la capitalisation de l’expérience de
34 années d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation ;
• Tirer des conclusions et formuler des recommandations stratégiques et opération-
nelles, permettant de faire évoluer les approches et les pratiques de l’AFD.
Cette évaluation a été conduite d’août 2017 à juillet 2019 par le groupement Hydroconseil-
Agriate. Son pilotage général a été assuré par le Département Evaluation et Apprentissage
(EVA) de l’AFD. Un Groupe de Référence composé d’experts de l’AFD et de personnes res-
sources extérieures s’est réuni à cinq reprises pour orienter le processus, commenter et
améliorer les produits successifs de l’évaluation.
L’échantillon constitué pour cette évaluation était composé de 47 interventions, soit 103 pro-
jets matérialisés par 157 concours, dans 23 pays représentatifs des principales géographies
de l’AFD. Cet échantillon représente un engagement net d’environ 1,2 milliards d’euros de la
part de l’AFD sur les 34 années de la période d’évaluation.
Pour bâtir les réponses aux 12 questions principales de l’évaluation, un appareil méthodolo-
gique sur mesure a été défini et mis en œuvre, afin de répondre aux défis spécifiques posés
par la longueur de la période considérée, la taille de l’échantillon et la faible disponibilité de
la documentation sur la première partie de la période d’évaluation. L’équipe d’évaluation a
combiné plusieurs outils pour effectuer son analyse :
• Une analyse documentaire complète qui a notamment porté sur l’ensemble des docu-
ments du cycle projet AFD pour l’ensemble de l’échantillon ;
• Une centaine d’entretiens semi-directifs au niveau des pays d’intervention et une cin-
quantaine d’entretiens au niveau global, auprès de l’AFD et de ses partenaires ;
• Trois études de cas pays au Cambodge, au Maroc et au Sénégal ; chaque pays a été
visité entre juin et septembre 2018 par un binôme d’évaluateurs qui ont rencontré les
principaux partenaires et bénéficiaires des projets financés par l’AFD et ont également
visité un échantillon représentatif des infrastructures réalisées ;
• Deux études de cas « transversales », l’une sur la question des communs et l’autre sur
l’impact des projets de l’AFD sur les politiques publiques.
Le présent rapport fait partie d’un ensemble de sept documents produits dans le cadre de
cette évaluation (et qui sont tous téléchargeables à l’adresse http://editions.afd.fr) :
• Un rapport d’évaluation final complet, y compris ses annexes ;
• Une synthèse de l’évaluation (publiée dans la collection « Ex-post » de l’AFD) ;
• Trois études de cas pays (Cambodge, Maroc, Sénégal) ;
• Deux études de cas transversales (communs et politiques publiques).
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 10
B. Vue d’ensemble de l’évaluation
Ce premier chapitre du rapport d’évaluation permet de rappeler le contexte de l’exercice et
de présenter une vue générale de la méthodologie et des outils mobilisés. La troisième sous-
partie présente les limites de cette évaluation à travers une mise en perspective de ce qui
avait été anticipé et de la réalité de la mise en œuvre de ce travail.
B.1. Contexte et objectifs
B.1.1. Justification
Cette évaluation intervient à un moment charnière dans l’histoire de l’aide publique au déve-
loppement en général et de la stratégie de l’AFD en particulier, qui voit s’opérer un reposi-
tionnement en faveur de l’agriculture et notamment du « secteur » de l’irrigation.
Ce repositionnement stratégique réaffirme le rôle central que joue la maîtrise de l’eau dans
la sécurité alimentaire, le développement social et économique des territoires ruraux et
l’objectif final de réduction de la pauvreté réaffirmé en septembre 2015 par la communauté
internationale à l’occasion de l’adoption des Objectifs de Développement Durable.
Depuis quelques années, la ressource en eau n’est plus seulement envisagée en termes de
disponibilité et d’usage (vision utilitariste) mais également comme un bien commun à trans-
mettre aux générations futures. Dans ce contexte, l’irrigation constitue un des éléments ma-
jeurs des programmes de développement des territoires ruraux au Sud en ce qu’elle con-
centre les efforts pour concilier viabilité économique, maintien des équilibres écologiques
(notamment en lien avec le grand cycle de l’eau) et participation sociale.
Forte de plusieurs décennies d’intervention dans le secteur de l’irrigation, l’AFD a commandi-
té la présente évaluation thématique rétrospective, qui fait partie intégrante de sa réflexion
stratégique menée dans ce secteur et s’inscrit dans le cadre de sa politique d’évaluation.
B.1.2. Finalité et utilité
Cet exercice d’évaluation a été envisagé comme un outil d’apprentissage et de pilotage stra-
tégique. Autrement dit, il doit permettre à l’AFD :
• De tirer les enseignements et capitaliser des interventions passées afin de
renforcer sa compréhension des approches soutenues, en termes de forces et de
faiblesses et ainsi poursuivre sa réflexion sur les choix stratégiques et opérationnels à
faire pour les interventions futures dans le secteur de l’irrigation ;
• De disposer des éléments nécessaires pour rendre compte de la mise en œuvre et
des effets de son intervention dans le secteur de l’irrigation et favoriser ainsi le
dialogue auprès des différents partenaires concernés.
Les entretiens préliminaires menés lors de la phase de cadrage ont confirmé l’intérêt pour
l’AFD de faire le point sur ses pratiques et leur évolution en matière de conception et de mise
en œuvre de projets d’irrigation et de développer une réflexion sur la valeur ajoutée de
l’AFD, effective ou telle que perçue par ses principaux partenaires.
B.1.3. Objectif global et objectifs spécifiques
L’objectif global d’une telle évaluation formative est de fournir à l’AFD des pistes
d’amélioration de son positionnement et de ses interventions dans le secteur de
l’irrigation. Pour y parvenir, l’évaluation a répondu aux objectifs spécifiques suivants :
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 11
• Fournir une appréciation argumentée et indépendante de l’intervention de l’AFD dans
le domaine de l’irrigation sur une période longue (de 1983 à 2017), en portant une
attention toute particulière à la pertinence et à la cohérence des orientations
stratégiques et des choix opérationnels de l’AFD, ainsi qu’à l’efficacité, l’efficience, la
pérennité et l’impact des projets soutenus par l’AFD ;
• Tirer les enseignements transversaux et participer à la capitalisation de l’expérience de
34 années d’intervention dans le secteur de l’irrigation ;
• Tirer des conclusions et formuler des recommandations tout autant stratégiques
qu’opérationnelles, traduites sous forme de scenarii d’orientation des approches
futures de l’AFD dans le secteur de l’irrigation (et d’évolution de ses pratiques).
B.1.4. Périmètre de l’évaluation
Les ambitions et le périmètre de cette évaluation lui ont conféré un caractère atypique.
Analyser 34 années d’intervention dans 23 pays a posé des défis conceptuels et méthodolo-
giques majeurs, parmi lesquels : la prise en compte de l’évolution des pratiques en matière
de gestion de projet et des cadres stratégiques dans lesquels ils s’inscrivent ; la possibilité
ou non de mobiliser la mémoire institutionnelle de l’AFD ; la durée des interventions de l’AFD
dans certaines géographies (vallée du fleuve Sénégal, Cambodge…) ; les spécificités des
contextes dans lesquels s’inscrivent les interventions de l’AFD ; la difficulté de comparer les
interventions « toutes choses égales par ailleurs » ; le caractère transversal et plurisectoriel
de l’irrigation ; et enfin, l’évolution des concepts et des cadres théoriques qui ont sous-tendu
les logiques d’intervention au cours de la période considérée.
Afin de limiter certains écueils susceptibles d’influencer la qualité de l’évaluation et la perti-
nence de ses recommandations, un travail a été mené lors de la phase de démarrage dans
l’optique de préciser les éléments de cadrage de l’évaluation (géographiques, temporels,
méthodologiques, etc.). Le tableau suivant résume ces éléments de cadrage et précise les
limites de l’évaluation, notamment méthodologiques et thématiques.
Tableau 1 : Eléments de cadrage de l’évaluation
2
On entend ici par « intervention » une suite de projets conduits sur un même territoire et dans un temps long,
poursuivant un même objectif global ; le concept d’intervention est propre à cette évaluation et n’existe pas en
tant que tel dans les procédures opérationnelles de l’AFD.
Niveaux d’analyse • Stratégie de l’AFD et programmation dans le secteur de l’irrigation
au niveau du siège (Direction des Opérations, Divisions ARB et
EAA notamment) et des Agences-pays.
• Stratégie de l’AFD au sens large (cf. plan d’orientation stratégique –
chantiers prioritaires et thématiques ciblées) et stratégie spécifique
de l’AFD en matière d’évaluation et de capitalisation.
• Performance de l’AFD au niveau des projets financés, en prenant
en compte les différents types d’acteurs : équipes projet, bénéfi-
ciaires, partenaires, cofinanceurs...
Interventions2
ciblées
• Toutes les interventions ciblées « irrigation », composant un échan-
tillon primaire (fourni par l’AFD) de 47 interventions, soit 103 pro-
jets et 157 concours au total sur la période considérée, ce qui
représente un engagement net de l’AFD de 1,1 milliards d’euros.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 12
3
Il s’agira de flécher les montants engagés par l’AFD par intervention spécifique ou par « grappe de projets »
répondant à une même logique d’intervention, sur le temps long.
4
A ce jour, le seul pays concerné par cette géographie sur la période considérée est Haïti.
5
Les pays de l’échantillon cités comme pays pauvres prioritaires (PPP) ou comme pays en crise ou sortie de
crise sont issus des listes établies par le CICID dans le cadre de l’aide bilatérale française. Les pays les moins
avancés (hors PPP) sont issus de la liste établie par l’ONU. Les pays à revenu intermédiaire sont définis quant à
eux selon la nouvelle classification des pays en fonction de leur revenu de la Banque Mondiale.
6
Réorganisation des cinq dimensions initialement suggérées/proposées dans les TdR de l’évaluation.
• Développement d’une approche par intervention ou « grappe de
projets », tant pour la dimension historique que pour le niveau
d’engagements réalisés3
.
Géographies • Les 103 projets sont répartis entre l’Afrique Subsaharienne (58), le
pourtour méditerranéen (10), l’Asie et le Pacifique (25) et la zone
Amérique Latine / Caraïbes4
(5), dont 5 projets multipays.
• Un total de 23 pays représentés, dont 8 PPP (Pays Pauvres Priori-
taires – Burkina Faso, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger,
Sénégal, Tchad), 4 PMA (Pays Moins Avancés ne figurant pas dans
la liste des PPP – Cambodge, Ethiopie, Laos, Mozambique), 4 pays
en crise ou sortie de crise (Afghanistan, Birmanie, Haïti, Jordanie)
et 6 pays à revenus faibles et intermédiaires (Arménie, Côte
d’Ivoire, Egypte, Ghana, Maroc, Tunisie, Vietnam), selon le croise-
ment de trois classifications en vigueur aujourd’hui5
.
• Couverture des aires géographiques et des différentes catégories
de pays rappelées ci-dessus (liste des bénéficiaires de l’APD fran-
çaise, classement selon les critères du CAD et du MEAE).
Temporalité • 34 années d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation
depuis 1983. L’analyse des projets au sein d’une même intervention
est privilégiée, dans une perspective historique.
• Focus sur « l’après 2000 » et surtout sur la période récente 2009-
2017, en lien avec la difficulté d’accès aux données avant 2000 et
au fait que les périodes anciennes sont potentiellement moins perti-
nentes pour orienter les actions futures de l’AFD.
• La longue durée reste privilégiée pour les terrains « historiques »
de l’AFD (vallée du Sénégal, Office du Niger, Cambodge, etc.) ; no-
tamment en ce qui concerne la cohérence, la durabilité et l’impact.
• Les jugements et les recommandations seront formulés prioritaire-
ment sur la dernière période de la logique d’intervention qui offre
une certaine cohérence stratégique (celle du CIS Sécurité alimen-
taire) et qui permet d’accéder aux données indispensables notam-
ment pour les critères d’efficacité et d’efficience.
• Pour l’ensemble des critères d’évaluation, la mise en perspective
historique sur le temps long permet de mettre en lumière les con-
traintes et facteurs ayant abouti au positionnement stratégique ac-
tuel de l’AFD et d’éclairer les performances observées sur la pé-
riode récente (10 dernières années).
Couverture
thématique
• Analyse déclinée selon trois dimensions6
: (i) infrastructures phy-
siques ; (ii) aspects institutionnels et organisationnels ; (iii) mise en
valeur socio-économique (qui englobe les aspects suivants : ren-
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 13
B.1.5. Utilisation et public ciblé
Dans le droit-fil de la finalité, des objectifs et du périmètre décrits plus haut, l’utilisation atten-
due de l’évaluation est triple :
• Actualiser et renforcer la connaissance de la stratégie de l’AFD dans le secteur de
l’irrigation, sur la base de preuves tangibles issues de l’expérience opérationnelle ;
• Développer des recommandations stratégiques et opérationnelles au niveau du groupe
AFD et des pays partenaires pour guider l’intervention de l’AFD en faveur de projets
qui répondent aux enjeux (actuels et futurs) en matière d’aménagement des territoires
ruraux au Sud, de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté ;
7
Par méta évaluation, nous entendons l’analyse systématique et structurée des évaluations ex post ou évalua-
tions décentralisées produites (14 au total) afin de répondre à un double objectif : (i) effectuer la synthèse narra-
tive et argumentée des principales constations tirées en matière de pertinence, efficacité, efficience, impact et
durabilité des projets/interventions évalués, et ainsi monter en généralité ; (ii) apprécier dans quelle mesure et
dans quels cas les évaluations permettent ou non d’influencer les interventions à venir, en rapport avec la qualité
des connaissances évaluatives et leur utilité (capacité à être réellement utilisées).
dements, revenus, filières...).
• Analyse des politiques publiques comme problématiques trans-
versales aux trois dimensions décrites ci-dessus (et non pas
comme une dimension séparée) ; attention particulière consacrée à
la mise en évidence de « communs de l’eau » au sein des projets
de l’échantillon ; ces deux aspects faisant l’objet des deux études
de cas « sur table » intégrées à cette évaluation.
Couverture
financière
• L’ensemble des outils financiers mobilisés et engagés par
l’AFD pour la mise en œuvre des interventions/projets de
l’échantillon, que le projet ait fait l’objet d’un cofinancement ou non.
Niveau d’analyse
par pays
• Au sein d’un même pays, sélection d’un nombre restreint de projets
pour approfondissement de l’analyse, via les études de cas, en pri-
vilégiant les projets en cours ou de réalisation récente, faisant suite
lorsque cela est possible à des projets antérieurs (inscription plus
large dans des « interventions » longues).
• Rencontre des différents niveaux d’acteurs : partenaires institution-
nels, bailleurs de fonds (partenaires ou non de l’AFD), équipes pro-
jet, bénéficiaires directs et indirects.
• En revanche, il n’a pas été prévu dans cette évaluation de collecte
systématique de données (primaires) au niveau des bénéficiaires fi-
naux, directs et indirects (paysans, ménages...).
Outils et méthodes • Performance évaluée à l’aune des 5 critères OCDE/CAD : perti-
nence, efficacité, efficience, durabilité et impact.
• La collecte des données a combiné plusieurs outils : entretiens se-
mi-structurés en France ; revue documentaire élargie, y compris da-
ta mining et méta-évaluation7
; études de cas terrain (incluant des
entretiens semi-structurés, mais aussi des mini-ateliers et de visites
de terrain) et études de cas sur table (combinaison d’outils de col-
lecte et d’analyse qualitatifs et quantitatifs). Voir la partie « Outils et
méthodes » dans ce même chapitre.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 14
• Poursuivre la politique de l’AFD en matière d’évaluation rétrospective dans une logique
de transparence et de redevabilité (ce qui suppose une diffusion relativement large des
principaux résultats et recommandations de l’évaluation).
Les publics cibles de cette évaluation sont les suivants :
• L’AFD et notamment les départements techniques et géographiques de la DOE. Le
premier cercle de l’audience est constitué par les divisions ARB et EAA ainsi que par
les référents « agriculture » au niveau des agences-pays et dans les autres divisions
techniques (AES notamment). Le deuxième cercle de l’audience inclut la direction IRS,
la direction SPC et les agences-pays plus largement ;
• La triple tutelle de l’AFD et plus particulièrement les représentants du ministère des
Affaires étrangères et européennes (MAEE) ;
• Les représentants des gouvernements des pays et partenaires du Sud qui ont
bénéficié ou bénéficient de l’appui de l’AFD dans le secteur ;
• Les représentants des banques ou agences de développement partenaires qui
œuvrent dans le secteur et cofinancent des actions avec l’AFD ;
• Les bénéficiaires directs des projets financés par l’AFD et les partenaires institutionnels
(ONG, collectivités territoriales, instituts de recherche...) qui participent de la co-
construction et de la mise en œuvre des interventions de l’AFD dans le secteur ;
• Plus largement, l’ensemble des praticiens du développement qui s’intéressent aux
problématiques soulevées par la mise en œuvre de projets en lien avec l’irrigation.
B.1.6. Démarche générale et calendrier de l’évaluation
L’évaluation s’est déroulée en quatre phases successives, ponctuées par la remise de li-
vrables spécifiques et par l’organisation de réunions avec le Groupe de Référence (GR)
constitué par l’AFD pour le suivi de cette évaluation :
Une phase de cadrage de revue documentaire et d’entretiens visant à préciser la logique
d’intervention de l’AFD et à élaborer la matrice d’évaluation.
Une phase documentaire consistant à effectuer un état de l’art de la littérature produite sur
le sujet (documentation interne et externe à l’AFD), à compléter l’inventaire des interventions
et à conduire une évaluation provisoire (hypothèses concernant les réponses aux questions
d’évaluation et métriques associées), tout en mettant en évidence les éléments de réponse
manquants devant faire l’objet d’investigations complémentaires.
Une phase de recueil de données complémentaires : réalisation de 3 études de cas pays,
entretiens complémentaires, exploitation des bases de données et réalisation de 2 études de
cas « sur table » (études de cas transversales) dont l’objectif est de rassembler les données
nécessaires pour compléter l’information permettant de répondre aux questions d’évaluation,
et en particulier, confirmer ou infirmer les hypothèses et conclusions préliminaires formulées
au cours de la phase documentaire par une triangulation des différents outils.
Une phase de synthèse dont l’objectif a été d’analyser les données quantitatives et les in-
formations qualitatives obtenues, de les croiser et de vérifier leur fiabilité pour en dériver des
constats fondés et des réponses aux questions d’évaluation. Des jugements ou conclusions
et leçons globales et conclusions spécifiques relatives aux composantes-projets ont été for-
mulés et, le cas échéant, des propositions de recommandations ont été faites pour améliorer
des points soulevés par les conclusions.
Le présent rapport d’évaluation marque l’achèvement de cette phase de synthèse. Ce
rapport final inclut les observations écrites reçues sur les versions intermédiaires succes-
sives et les commentaires oraux formulés lors des séance de travail du Groupe de Réfé-
rence de l’évaluation. Ce rapport provisoire inclut enfin les recommandations de l’atelier de
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 15
co-construction des recommandations organisé le 19 mars 2019 avec l’ensemble des dépar-
tements et divisions de l’AFD concernés, et les échanges qui ont suivi.
Une réunion publique de restitution sera organisée au siège de l’AFD à Paris.
Le processus global est résumé dans le schéma ci-après (qui constitue la version actualisée
du schéma figurant dans l’offre technique du groupement). Pour chaque étape, les activités
réalisées sont présentées, ainsi que les livrables, les réunions du Groupe de Référence,
l’atelier de co-construction des recommandations et la réunion de restitution.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 16
Figure 1 : Processus et chronogramme de l’évaluation (version mise à jour, septembre 2019)
Timeline (en mois)
Livrables
Réunions
- Collecte et analysedocuments clés
- Reconstitution de la logique
d'intervention de l'AFD et description
du contexte de cooperation
- Proposition questions évaluatives
- Formulation de critères de jugement
et des indicateurs
- Proposition méthodes pour collecte
et analyse des données
- Etablissementde la basede données
des projets AFD
- Incorporation commentaires
- Proposition deméthodes d'analyseappropriées
des données et informations collectées
- Finalisation des indicateurs etdes méthodes
pour l'analysedes données
- Collecte informations supplémentaires
- Analysedes programmes de coopération
- Entretiens (AFD Paris,Skype...)
- 1ers éléments de réponse aux questions
évaluatives,affinement de l'évaluabilité
- Elaboration d'hypothèses de travail pour la phase
de terrain (études de cas pays)
- Identification interventions/projets à analyser
plus en détail pendant phaseterrain
- Elaboration planningdéfinitif phaseterrain
- Incorporation commentaires
- Missionsdeterrain dans trois pays :Maroc,
Sénégal et Cambodge
- Réunion de présentation des constats et
premières conclusions(chaquepays)
- Deux études de cas thématiques : politiques
publiques et communs
- Rédaction des comptes-rendus des visites
pays + notes de synthèse des deux études de
cas transversales
- Analyseapprofondiefaits et constats
- Confirmation constats
- Jugement et formulation conclusions
- Rédaction rapportprovisoire
- Rédaction rapportrévisé
- Rédaction synthèse de l'évaluation
- Elaboration présentation (PowerPoint)
- Ebauche recommandations
- Atelier de co-construction des
recommandations de l'évaluation
- Incorporation commentaires
- Finalisation del'ensembledes produits (sept
livrables au total)
Phase de cadrage
Questions
Critères
Indicateurs
Phase documentaire
Collecte de
données
Analyse et
interprétation
Visites pays et recueil
de données complémentaires
Etudes de cas
(3 études pays +
2 thématiques)
Triangulation avec
autres outils
Analyse finale et synthèse
Réponses consolidées et aux
questions d'évaluation
Synthèse et recommandations
Note de
cadrage
Rapport
documentaire
Produits
finaux
Note de
cadrage
Rapport
provisoire
GR1
Logique
d'intervention
CR des
études
Atelier de co-
construction des
recommendations
RE
Août
2017
Restitution et diffusion
GR2 GR3
Restitution
publique
GR4 GR5
Rapport
révisé +
synthèse
RE RE
Janvier
2018
Juillet
2018
Décembre
2018
Septembre
2019
Groupe de
Réunion
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 17
B.2. Méthodes et outils de l’évaluation
Les deux premières phases de l’évaluation ont permis de construire et de développer un
ensemble d’outils et de méthodes qui ont été déployés dans les phases suivantes. Cette
section présente la méthodologie de reconstitution des logiques d’intervention, la construc-
tion de la matrice d’évaluation et son évolution, ainsi que les différents outils mobilisés pour
collecter les données nécessaires à l’évaluation.
B.2.1. Méthodologie de reconstitution de la logique d’intervention
Enjeu(x) de cette reconstitution
L’évaluation de 34 années d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation suppose de
pouvoir reconstituer un système cohérent d’objectifs et de logiques propres à l’AFD dans ce
secteur. Ce travail était un prérequis indispensable pour conduire l’évaluation à partir d’une
référence partagée par l’ensemble des acteurs impliqués.
L’un des premiers objectifs de la phase de cadrage a donc consisté à reconstruire la logique
d’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation, sur la période couverte par
l’échantillon de projets fournis pour l’évaluation. La démarche de reconstitution a posteriori
implique d’examiner rétrospectivement les différentes interventions menées par l’AFD pour
en reconstituer le cheminement et les situer autant que possible dans le contexte internatio-
nal de l’aide au développement qui prévalait aux différentes époques. L’équipe d’évaluation
a également gardé à l’esprit que certaines interventions dans le domaine de l’irrigation pou-
vaient avoir été dictées par des stratégies nationales ou des logiques géographiques
propres. Le choix a donc été de ne pas rechercher à tout prix à ancrer les interventions de
ces 34 dernières années dans un chemin unique, mais de les considérer dans leur diversité.
Cette étape de reconstitution de la logique d’intervention a répondu à quatre objectifs :
• Comprendre les changements opérés dans la stratégie d’intervention sur le temps
long et identifier les différentes logiques à l’œuvre ainsi que les points d’inflexion (en
mettant en évidence les principaux déterminants internes et externes à l’AFD) ;
• Analyser la cohérence interne de la stratégie en clarifiant au fil du temps les relations
entre les objectifs poursuivis et les effets attendus (en explicitant les activités, les réali-
sations, les résultats, les impacts) ;
• Identifier des questions d’évaluation relatives à ces effets (au sens large du terme)
et influencer l’élaboration de la matrice d’évaluation ;
• Accroître la visée formative de l’évaluation en dégageant les lignes de tendance
qu’il serait logique et pertinent de prolonger au cours des prochaines années.
C’est finalement l’entrée temporelle qui a été privilégiée dans la reconstitution des logiques
successives d’intervention de l’AFD au cours des 34 dernières années ; il est néanmoins
important de garder en tête que, même si les grandes étapes semblent se retrouver partout
dans les grandes lignes, cette logique d’intervention ne s’est pas forcément déployée de la
même façon, ni avec le même calendrier, sur toutes les géographies de l’AFD et que la lec-
ture géographique reste fondamentale.
Elaboration du cadre conceptuel
La logique d’intervention est définie comme « l’ensemble des activités mises en œuvre, des
effets attendus (réalisations, résultats et impacts) ainsi que des hypothèses qui expliquent
comment les activités vont conduire aux effets dans le contexte de l’intervention » (Source :
Evaluation Unit DEVCO, Union Européenne).
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 18
La littérature récente souligne les écueils d’une relecture des interventions à travers les con-
ventions de financement. Selon Jacob et Lavigne-Delville (2016), une telle périodisation ba-
sée sur le démarrage ou l’arrêt des conventions de financement ne se concentre pas sur les
bons vecteurs et facteurs de changements. L’intervention d’acteurs influents ou les priorités
politiques ponctuelles qui président à la signature de certaines conventions de financement
peuvent en effet masquer les stratégies d’intervention sur le temps plus long.
Les financements octroyés par l’AFD depuis 1983 ne constituent donc pas une clé d’entrée
pertinente pour retracer l’évolution des logiques d’intervention. A cela, nous avons préféré
nous inspirer du concept d’unité de problématisation proposé par Jacob et Lavigne-Delville
(2016). Selon ces auteurs, une problématisation « émerge à un moment donné et se maté-
rialise, grâce à la convergence d’un certain nombre d’acteurs, d’institutions qui, à un moment
donné, partagent la conviction que c’est comme cela qu’il faut penser ou agir ». L’unité de
problématisation regroupe alors les actions (dans le cadre de cette évaluation, les interven-
tions) menées en réponse à cette problématique générale.
Figure 2 : Schéma conceptuel de reconstitution de la logique d’intervention comme
« unité de problématisation » (inspirée de Jacob et Lavigne-Delville, 2016)
La reconstitution de l’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation depuis 1983
s’appuie sur cette représentation schématique ainsi que sur les postulats suivants :
• Une unité de problématisation peut être décrite à travers l’ensemble des projets ou
interventions qui la constitue, appelé grappe de projets ;
• Les projets appartenant à une même « grappe » (ici projets A1, A2 et B) ont des objec-
tifs spécifiques communs ou à minima des activités similaires ;
• Une grappe de projets peut être caractérisée par une logique d’intervention type ; lo-
gique artificielle reconstituée à partir de la synthèse des logiques de chacun des pro-
jets et qui peut être déclinée en activités, produits, résultats et impacts ;
• Une logique d’intervention type marque une période précise d’intervention de l’AFD
dans le domaine de l’irrigation ; période qui débute par l’émergence d’une nouvelle
problématique et se termine par la remise en cause éventuelle de cette problématique
ou tout du moins l’identification de ses limites.
Selon ces partis-pris conceptuels, il ne s’agit donc pas de reconstituer a posteriori la logique
d’intervention de l’AFD, mais bien des logiques d’intervention qui se sont succédées sur le
temps long. Ainsi, chacune de ces logiques d’intervention a, pendant une période donnée,
été le moteur des interventions de l’AFD dans le domaine de l’irrigation.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 19
Préalables méthodologiques
La période longue couverte par l’évaluation a été marquée par des facteurs de changement
internes et externes à l’AFD. Les facteurs externes sont les caractéristiques intrinsèques du
secteur de l’irrigation et les éléments de contexte liés à l’aide publique au développement, à
la politique française d’aide ou au financement des Etats concernés.
Ces facteurs de changement internes et externes sont précisés lorsqu’ils constituent des
déterminants forts des changements de paradigme dans l’appui de l’AFD à l’irrigation.
Les principaux défis à relever pour effectuer la périodisation de l’action de l’AFD et caractéri-
ser les logiques d’intervention type de chacune de ces périodes sont liés à (i) la diversité des
pays d’intervention et des contextes géographiques couverts par l’évaluation ; (ii) la com-
plexité du secteur de l’irrigation et des différentes dimensions de la gestion de l’eau agricole ;
(iii) le faible nombre de documents-cadres traitant spécifiquement de la stratégie de l’AFD,
ou de tout bailleur, dans un domaine par nature transversal.
En effet, en dépit de sa longue tradition d’intervention dans le secteur, l’irrigation n’a pas fait
l’objet de priorité sectorielle affichée ou de document stratégique spécifique de la part de
l’AFD8
. La stratégie d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation s’est construite pro-
gressivement, sur la base des retours d’expérience des programmes qu’elle a financés ou de
ceux financés par d’autres bailleurs de fonds. Les projets d’irrigation financés par l’AFD dans
le temps ont ainsi pu être guidés par des opportunités d’interventions dans des aires géo-
graphiques ciblées plutôt que par une stratégie déterminée à l’avance.
Dans ce contexte, appréhender les évolutions de l’intervention de l’AFD dans le secteur de
l’irrigation a nécessité l’élaboration d’un modèle analytique en cinq étapes successives :
• Ouvrir la « boîte noire » de la formulation des projets pour s’intéresser à leur genèse et
à leur logique d’intervention propre ;
• Identifier des grappes de projets appartenant à des logiques d’interventions proches
(même unité de problématisation) ;
• Mettre en perspective la logique d’intervention de ces grappes de projets avec le con-
texte d’évolution externe et interne à l’AFD dans lequel ces projets s’inscrivent ;
• Identifier dans le temps les facteurs de changement qui expliquent l’infléchissement de
la logique d’intervention de l’AFD ;
• Découper les logiques d’intervention successives identifiées en grandes « périodes »
et les caractériser de manière homogène.
Cette étape de périodisation et caractérisation de l’intervention de l’AFD s’est appuyée sur
une revue documentaire ciblée, une analyse exploratoire des bases de données des projets
fournies par l’AFD et sur une première série d’entretiens auprès de personnes-ressources de
l’AFD (cf. Tableau 2). Il a conduit au découpage de l’intervention de l’AFD de 1983 à
2017 en quatre grandes périodes explicitées et détaillées dans le chapitre C.
8
L’irrigation a toutefois fait l’objet de plusieurs bilans et notes sectorielles « Eau et Agriculture » (note de plai-
doyer, cadre conceptuel pour l’AFD…) au cours de la dernière décennie, à l’initiative des spécialistes irrigation de
la division ARB. En l’absence de documents stratégiques, ce sont principalement les CIP (cadre d’intervention
pays de l’AFD) qui guident au plan opérationnel les interventions en matière d’irrigation.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 20
Tableau 2 : Outils et méthodes utilisés pour la reconstitution de la logique d’intervention
Exploitation de la bibliographie fournie/disponible
Méthodes Fonds mobilisés Documents consultés Eléments recherchés
Revue documentaire
Littérature grise et diverse
afférente à la problématique
 Contexte international de l’APD
 Evolutions de l’APD pour l’agriculture et l’irrigation
 Contexte de politique d’APD française en matière de dévelop-
pement agricole, d’irrigation et de sécurité alimentaire
 Principales dates et réformes qui ont marqué l’histoire de l’AFD
 Dates et faits saillants de l’APD
 Evolution des paradigmes de l’APD
 Articulation avec le secteur agricole
 Dates et faits saillants dans l’évolution
interne de l’AFD
Analyse des documents
récents de programmation
et positionnement de
l’AFD
Documents dans lesquels
l’irrigation est un axe majeur
 Notes sectorielles Eau et Agriculture (ARB)
 Note de Recadrage de l’Action française en matière d’Eau Agri-
cole (MAE, 2000)
 CIS Développement Rural 2010-2012 et CIS Sécurité Alimen-
taire en Afrique Subsaharienne 2013-2016
 Cadre Stratégique pour l’Eau Agricole au Sahel 2016-2020
 Présentations diverses (Dakar, Washington)
 Cadre stratégique COSTEA 2 (2017)
 Principales inflexions stratégiques en
matière d’intervention dans le secteur
agricole depuis 2000
 Evolution du rôle et de la place accor-
dée à l’irrigation par l’AFD
Analyse exploratoire et
transversale des projets
Documentation des logiques
d’intervention des projets
 Notes de présentation des projets
 Notes au conseil
 Reconstitution des cadres logiques
 Caractérisation des grappes de projets
Entretiens avec des personnes-ressources de l’AFD
Méthode Cible des entretiens Personnes rencontrées Aspects discutés
Entretien semi-directif
(1-2 personnes)
Personnel ARB + EVA
Personnes ressources pour
leurs expériences de pilotage
et de stratégie
 Karen Rousseau et Julien Calas (EVA)
 Jean-Luc François, Marie-Cécile Thirion, Vatché Papazian et
Fahide Si Tahar (ARB)
 Olivier Gilard (EAA)
 Matthieu Legrix (AFD Tunis)
 Serge Michaïlof (DEO 2001-2004)
 Jean-Yves Grosclaude (DEO 2010 – 2013)
 Contexte relatif à l’évaluation 2017
 Inflexions stratégiques : thématiques,
financements et géographies
 Positionnement et identité de l’AFD
dans le secteur de l’irrigation
 Validation de la périodisation
 Grandes étapes de l’histoire de l’AFD
Etudes de cas pays et études de thématiques transversales
Etudes Méthodes Documents et interlocuteurs Eléments recherchés
Etudes de cas Maroc,
Sénégal et Cambodge Recherche bibliographique,
articles de recherche, entre-
tiens semi-directifs et visites
de terrain dans les trois pays
 Documents de projets, documents de capitalisation et évalua-
tion, articles de recherche
 Représentants des administrations et partenaires techniques et
financiers dans les pays
 Personnel AFD dans les agences
 Eléments de triangulation et
d’illustration des périodes
 Déterminants des principales inflexions
stratégiques et opérationnelles
Etudes de thématiques
transversales
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 21
B.2.2. Méthode de construction de la matrice d’évaluation
Construction de la matrice
Au cours de la phase de cadrage, les questions figurant dans les TdR ont été réorganisées
en 12 questions évaluatives clés associées aux 5 critères OCDE de l’évaluation. La question
de la valeur ajoutée (qui aurait pu faire l’objet d’une question évaluation spécifique) a été
intégrée dans le critère pertinence/cohérence. Selon leur niveau d’importance et de détail,
les questions figurant dans les TdR ont été : soit prises en compte comme questions évalua-
tives clés ; soit prises en compte comme sous-questions ; soit renvoyées à des listes de con-
trôle9
développées ultérieurement lors de la phase documentaire.
La question de l’évaluabilité10
Il n’était pas prévu d’étape spécifique visant à déterminer l’évaluabilité. Compte tenu du ca-
ractère sectoriel, complexe, multipays et stratégique de l’évaluation, il n’a pas semblé perti-
nent de mesurer l’évaluabilité d’ensemble de l’évaluation. Cette mesure a donc été faite au
niveau de chaque sous-question évaluative à partir des trois critères suivants11
:
• Existence et qualité des données disponibles (pour certaines sous-questions il s’agit
d’une estimation qui sera affinée lors de la phase documentaire) ;
• Contribution intrinsèque de la sous-question pour répondre à la question évaluative (tri
entre les questions « need to know » et les questions « nice to know ») ;
• Effort prévisible (temps) nécessaire pour collecter et analyser les données en fonction
de l’analyse préalable du fonds documentaire réalisée lors de la phase de cadrage.
L’évaluabilité de certaines sous-questions n’a été déterminée de manière définitive qu’à la fin
de la phase documentaire. Certains choix – reformulation ou abandon de certaines sous-
questions – ont alors été faits en fonction des ressources disponibles.
Place de la matrice dans le processus d’évaluation
La matrice d’évaluation a été nourrie de l’analyse préalable développée lors de la phase de
cadrage et notamment la reconstitution de la logique d’intervention. Une fois la matrice stabi-
lisée à la fin de la phase de cadrage, les colonnes « sources d’information » et « outils mobi-
lisés » ont permis de générer de manière relativement mécanique les outils en tant que tels
(questionnaires, termes de référence pour les études de cas, listes de contrôle, etc.).
La phase documentaire a fourni des éléments de réponse à un certain nombre de critères de
jugement et de sous-questions évaluatives. Cette phase a aussi permis de déterminer les
sous-questions pour lesquelles l’évaluation ne permettrait probablement pas d’apporter de
réponses. La matrice a ainsi évolué avec les résultats de la phase documentaire ; elle a éga-
lement évolué (à la marge) lors de la construction des outils d’évaluation.
La version finale de la matrice d’évaluation figure en annexe du rapport.
9
Pour les exemples de listes de contrôle, se référer à la note méthodologique produite en début d’étape 2.
10
Pour mémoire, l’évaluabilité vise à déterminer « dans quelle mesure une activité ou un projet peut être éva-
lué(e) d’une manière fiable et crédible » (source : OCDE-CAD).
11
Adapté à partir de Davies (2013) et de Peersman, G., Guijt, I., and Pasanen, T. (2015). La deuxième référence
concerne essentiellement les évaluations d’impact mais la liste de contrôle reste pertinente.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 22
B.2.3. Vue d’ensemble des outils de collecte et d’analyse
Plusieurs outils ont été utilisés lors de la phase de collecte et d'analyse des données pour
répondre aux questions et sous-questions d’évaluation. Ces outils ont été complémentaires
et chaque sous-question a mobilisé entre 2 et 4 outils, permettant d’effectuer une triangula-
tion aussi rigoureuse et systématique que possible des informations collectées.
Tableau 3 : Vue d’ensemble des outils de l’évaluation
Outil Description Points d’application
Data mining Extraction de données spécifiques des
systèmes/outils de suivi des projets
utilisés par l’AFD (et plus générale-
ment de n’importe quel ensemble
homogène de documents ou de
sources d’information) en vue
d’appliquer des méthodes statistiques
pour analyser les données et informer
les indicateurs quantitatifs
Base de données des documents du
cycle projet AFD (FIP/FPP, Notes aux
instances et RAP)
Base de données des évaluations de
projet menées par l’AFD
Littérature scientifique (notamment celle
produite par l’AFD ou dans le cadre de
projets AFD)
Données extraites du système de suivi
budgétaire AFD
Rapports annuels produits par les autres
agences de développement, les parte-
naires et maîtres d’ouvrage des projets
financés par l’AFD
Analyse
documentaire
Documenter les aspects spécifiques
(principalement qualitatifs) de
l’évaluation en lisant les documents
produits par l’AFD et d'autres organi-
sations et en extrayant les informa-
tions pertinentes et vue d’une exploita-
tion à caractère analytique
Documents produits par l’AFD et les
autres partenaires, au niveau global ou
au niveau régional/pays
La liste des documents utilisée pour la
revue documentaire est similaire à celle
visée par le « data mining » (à
l’exception du suivi budgétaire)
Entretiens
semi-structurés
Recueillir des informations approfon-
dies auprès de personnes clés dispo-
sant d’informations spécifiques, pour
éclairer les indicateurs qualitatifs ou
pour étudier et expliquer les résultats
quantitatifs
Approfondir certaines thématiques à
l’issue de la phase documentaire,
lorsque certains constats ont com-
mencé à émerger
Préparer les études de cas pays et les
études de cas transversales et valider
certaines conclusions évaluatives à
l’issue des visites pays
Une cinquantaine d’entretiens ont été
réalisés au niveau global (agents AFD et
personnes ressources extérieures) et
une centaine au niveau pays. Voir liste
des personnes rencontrées en annexe
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 23
Outil Description Points d’application
Etudes de cas Etudes pays
Apporter des éléments de preuve au
niveau des pays/des projets sur le
terrain, en particulier pour les aspects
liés à la mise en œuvre (efficience,
efficacité) et aux effets et résultats
(durabilité, impact)
Documenter certaines spécificités
nationales et recueillir des données
qualitatives
Faciliter la triangulation avec les
autres outils de l’évaluation
Trois pays finalement retenus après ana-
lyse du portefeuille : Maroc, Cambodge
et Sénégal
Chaque étude de cas pays a été réalisée
au moyen d’un éventail d'instruments
évaluatifs, dont l’observation, les entre-
tiens semi-structurés, les groupes focaux
de discussion et les ateliers participatifs
Revue documentaire ciblée menée en
préalable à chaque visite pays
Principaux interlocuteurs rencontrés
dans le pays : partenaires institutionnels,
instituts de recherche locaux, maîtres
d’ouvrages nationaux ou régionaux, bé-
néficiaires directs ou indirects, presta-
taires impliqués dans la mise en œuvre
des projets, personnel de l’AFD en
agence
Etudes transversales
Apporter des éléments de preuve sur
certains thèmes transversaux sans se
limiter en termes de géographies, en
mobilisant essentiellement une ana-
lyse documentaire et des entretiens
semi-directifs
Faciliter la triangulation avec les
autres outils de l’évaluation
Analyse documentaire principalement.
Entretiens semi-directifs (à distance pour
la plupart) auprès de différentes catégo-
ries d’acteurs (partenaires impliqués
dans la mise en œuvre des interventions,
personnel AFD, chercheurs…)
Certaines études de cas transversales
ont bénéficié des missions réalisées
dans d’autres cadres par les membres
de l’équipe d’évaluation
B.3. Les limites de l’évaluation
Cet exercice d’évaluation a présenté un certain nombre de limites identifiées dès la phase de
cadrage et liées au format et à l’ampleur de l’échantillon concerné. Cette section passe en
revue les limites qui ont le plus fortement influencé l’approche évaluative.
B.3.1. Une période d’évaluation exceptionnellement longue
L’évaluation portait sur une période de 34 ans, ce qui est exceptionnellement long pour une
évaluation (même rétrospective). Cette période renvoie à des dispositifs et pratiques en ma-
tière de gestion des projets qui ont profondément changé, de même que le cadre stratégique
dans lequel a évolué l’AFD à la fois au niveau international ou dans le cadre plus retreint de
la politique française de coopération au développement.
La longueur de cette période a entraîné des contraintes, que ce soit en termes d’accessibilité
à l’information, de possibilités de traitement et d’analyse de certaines sources d’information
ou encore de disponibilité des acteurs ayant une mémoire institutionnelle couvrant la période
d’évaluation. De plus, la mémoire longue est, de fait, couplée à l’expérience personnelle et
au ressenti des acteurs. Leurs témoignages ont donc été considérés avec précaution, afin de
distinguer les faits des expériences individuelles.
Les enjeux d’une période aussi longue viennent également de la difficulté d’accès et
d’obtention de la documentation ancienne. La consultation systématique des archives pour
chaque étude de cas pays a représenté un travail minutieux, chronophage et dont le rende-
ment a été relativement faible sur un plan évaluatif.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 24
B.3.2. Une documentation hétérogène
L’équipe d’évaluation a cherché, au cours de la phase documentaire, à optimiser l’utilisation
des ressources disponibles pour inclure le maximum de documents et donner à l’exercice
une profondeur analytique maximale. Compte tenu du grand nombre de documents dispo-
nibles et de leur diversité, la stratégie de l’équipe d’évaluation s’est d’abord orientée vers la
sélection de groupes de documents présentant potentiellement le plus d’informations et cou-
vrant une longue période. L’équipe d’évaluation a ensuite développé une méthode de sco-
ring qui a permis d’unifier la méthode d’analyse des documents entre les différents évalua-
teurs impliqués. Malgré une recherche permanente d’efficacité, les constats suivants
s’imposent et apparaissent comme autant de limites à cet exercice :
• L’hétérogénéité de la documentation disponible a imposé de limiter les traitements
quantitatifs à la période 2000-2017 et à certains types de documents identifiés ;
• La relative rareté des documents pour les périodes les plus anciennes (1983-1991 et
1992-2000) (une difficulté prévisible et anticipée) et de surcroit, le format scanné de
nombreux documents de ces deux périodes qui a empêché un traitement semi-
automatisé à commencer par la recherche de mots clés ;
• La qualité inégale des données disponibles dans les documents du cycle de projet car
l’information cherchée n’existe pas forcément dans tous les documents ; si la qualité
des documents s’est globalement améliorée au fil des périodes, cela laisse de nom-
breuses zones d’ombre pour une revue documentaire systématique ;
• La proportion faible de projets de l’échantillon ayant fait l’objet d’une évaluation (no-
tamment d’une évaluation décentralisée – ED) ; ce manque progressivement comblé
(les projets plus récents ayant plus systématiquement fait l’objet d’une ED) correspond
à la montée en puissance de l’évaluation comme outil de pilotage à l’AFD. Ce phéno-
mène n’est pas propre au secteur de l’irrigation, mais il a amené l’équipe d’évaluation à
réduire ses ambitions quant aux résultats à attendre de cet exercice ;
• Le caractère qualitatif de beaucoup de critères de jugement, qui laissait un spectre de
notation relativement large à chacun des évaluateurs chargés du scoring ; cette di-
mension subjective a été prise en compte en précisant le mieux possible l’application
des critères de jugement et en octroyant davantage de temps pour discuter, confronter
et calibrer le scoring au sein de l’équipe. Malgré le biais que peut créer cette part de
subjectivité dans le scoring, elle a aussi pu ajouter de la valeur à l’analyse en mobili-
sant les connaissances de chacun des experts thématiques ;
• La mise à disposition des budgets détaillés à chaque projet était initialement envisagée
comme une source d’information primordiale pour répondre aux questions liées au cri-
tère efficience. Toutefois, la structure et le niveau de détail des fichiers mis à disposi-
tion n’ont permis un traitement que partiel ; à savoir de réussir à faire la distinction
entre la part de hard et de soft allouée à chaque projet – même si certaines incerti-
tudes subsistent encore à ce niveau.
B.3.3. La difficulté à évaluer l’impact des projets
Il n’était pas prévu de réaliser une véritable étude d’impact dans le cadre de cette évaluation.
L’estimation de l’impact des interventions de l’AFD s’est donc appuyée sur une analyse de
contribution qualitative, mise en place dans les protocoles des études de cas pays. La sous-
question évaluation 7.2 envisageait « l’utilisation des outils statistiques disponibles au niveau
national pour déterminer l’impact socio-économique des projets » dans le cadre des études
de cas pays, mais cette utilisation s’est révélée extrêmement difficile à mettre en œuvre,
même sur un nombre réduit de projets financés par l’AFD.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 25
B.3.4. Le concept des « communs » et son application
Le cadre théorique des communs a été développé récemment (fin 2015) au sein de l’AFD, la
proportion de projets dans le périmètre de cette évaluation rétrospective s’y référant explici-
tement est donc réduite. Cela ne veut cependant pas dire que les projets de l’AFD, même
plus anciens, n’ont pas eu un impact sur les communs liés à l’irrigation, via les innovations
sociales et institutionnelles encouragées ou promues.
En conséquence, le format et le périmètre de l’étude de cas transversale « communs » a
évolué au cours de l’évaluation. Cette évolution a eu une double conséquence : l’étude de
cas transversale communs s’est quelque peu éloignée du cadre évaluatif initial (et notam-
ment de son critère de rattachement, l’impact) ; dans le même temps, l’étude de cas dans sa
version finale répond mieux aux questionnements de l’AFD et a permis de dégager des
pistes de travail qui bénéficieront autant à la division ARB qu’au département de la re-
cherche (qui a un rôle d’animateur sur cette thématique au sein de l’AFD).
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 26
C. Evolution temporelle des logiques
d’intervention de l’AFD dans le
secteur de l’irrigation
C.1. Méthode de reconstitution et limites
L’analyse réalisée propose de distinguer quatre grandes périodes, pour chacune desquelles
une logique d’intervention a été identifiée et reconstruite. Pour plus de détail sur la mé-
thode utilisée, se référer au chapitre précédent (section B.2.1).
Les dates considérées pour chaque période correspondent aux dates de l’échantillon de
projets analysés pour ce travail. Elles ne doivent pas être considérées à l’année près.
L’année 1983, notamment, ne correspond pas au démarrage d’une période particulière mais,
de manière un peu arbitraire, au début de la période évaluée.
Par ailleurs, les évolutions qui sont développées dans ces quatre périodes, même si elles
semblent se retrouver pour l’essentiel dans la plupart des pays d’intervention, ne se réalisent
pas partout selon le même calendrier. Il peut y avoir un décalage temporel important
entre les évènements qui déterminent une inflexion de politique, la traduction de cette
évolution dans l’intervention et la diffusion dans les différentes géographies.
Ainsi, si chacune des périodes permet de mettre en évidence des inflexions ou des change-
ments en matière d’objectifs et de logiques d’intervention, les remises en cause peuvent être
antérieures et avoir émergé au cours de la phase précédente. Il faut également considérer le
temps de la transition : un changement de politique ne se traduit pas par des effets immé-
diats, que ce soit en termes d’appropriation de la vision par les acteurs et sa traduction au
plan opérationnel. De plus, les problématiques n’émergent pas de la même manière, ni au
même moment selon les pays qui ont chacun leur propre histoire politique et institutionnelle.
Enfin, la durée de conception et d’instruction des projets peut créer des décalages de
quelques mois à quelques années entre l’émergence d’une problématique et le financement
des projets dont les notes de présentation ont été analysées.
Chaque période identifiée fait l’objet d’une contextualisation permettant d’établir la per-
tinence de mettre en relation la logique d’intervention identifiée et le contexte global, interne
et externe à l’AFD, dans lequel sa formulation et sa mise en œuvre sur le terrain s’inscrivent.
Chaque logique d’intervention est ensuite détaillée et présentée sous forme d’un diagramme
des impacts attendus qui en facilite la compréhension. Ces diagrammes représentent les
différents éléments autour desquels se structurent les projets, sans pour autant que tous ces
éléments se retrouvent dans tous les projets de la période considérée. Les diagrammes re-
présentent donc plutôt l’univers des possibles de chaque époque considérée.
L’intervention de l’AFD se caractérise cependant par une grande diversité de projets pour
une période donnée. Il serait donc erroné de considérer que la logique d’intervention de
l’AFD est identique dans toutes les géographies. Mais, pour les besoins de l’évaluation, il a
été nécessaire d’axer la présentation des périodes sur les grandes lignes observables, sans
pouvoir entrer dans le détail de projets qui s’en démarquent.
Enfin, l’analyse descriptive des logiques d’intervention accorde une attention particulière à la
« sémantique » associée de chaque période considérée, qui se reflète dans les documents
de référence et notamment la documentation des projets, entendant ainsi montrer comment
cette sémantique a elle aussi évolué dans le temps.
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 27
C.2. Frise chronologique simplifiée du contexte
national et international
Evènements marquants dans
l’histoire de l'AFD
Politique française
d'aide au développement
Cadre international de l'aide
Création de la CCFOM 1944 1944 Conférence de Brazzaville 1944
Accords de Bretton Woods :
création BM (BIRD) et FMI
1948
GATT (General Agreement
on Tariffs and Trade)
1957
Traité de Rome (Communau-
té Européenne)
Création de la CCCE 1958
1959
Création du Fonds d’aide et
de coopération (FAC) 1959
Fonds Européen de Déve-
loppement
Autorisation de financements
aux conditions du marché 1975 1975
Accords de Lomé CE-Pays
ACP (plusieurs accords
successifs jusqu'en 2000)
Elargissement du périmètre à
des pays anglophones et
lusophones d’Afrique et Haïti
Création de PROPARCO 1977
1979
BM-FMI : Plans d'ajustement
structurels (PAS)
Début des aides budgétaires 1981
1982
Début de mise en œuvre des
PAS et « Nouvelle Politique
Agricole » au Sud
Démarrage de la période d’évaluation
Ouverture d’un guichet sub-
vention pour les pays les
moins avancés (PMA) 1990 1990 Sommet de La Baule
La CCCE devient la CFD 1992 1992
Conférence internationale sur
l’eau et l’environnement de
Dublin & Sommet de la Terre
de Rio
Elargissement du périmètre
(60 pays) : Méditerranée,
Asie, Pacifique, DOM-TOM
Publication des travaux
d'Elinor Ostrom sur les com-
muns
1993
Création Fonds d’étude et
d’Aide au Secteur Privé
(FASEP)
Création du FFEM 1994 1994 Dévaluation du Franc CFA
1995 Création de l'OMC
1996
Club de Paris : programme
PPTE pour réduire l'endette-
ment
La CFD devient l'AFD 1998 1998
Intégration du Ministère de la
Coopération dans le Minis-
tère des Affaires Étrangères
Création du CICID
1998
Création Réserve des Pays
Emergents (RPE)
1999
Définition de la Zone de
Solidarité Prioritaire (ZSP) 1999
G8 (Cologne) : Initiative
d'allègement de la dette
2000
Stratégie française de l’eau
agricole
pour le développement
(MAE) 2000
Sommet du Millénaire : Adop-
tion des 8 OMD
Accords de Cotonou (UE-
pays ACP)
Contrat de désendettement
et de développement (C2D) 2001
Création du Fonds de solida-
rité prioritaire (FSP)
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 28
Evènements marquants dans
l’histoire de l'AFD
Politique française
d'aide au développement
Cadre international de l'aide
2002
Conférence de Monterrey sur
le financement de l'aide
Début de l'ouverture aux
pays émergents (Chine,
Turquie) 2003 2003
Déclaration de Rome sur
l'harmonisation de l'aide
2004 2004
Création de la Conférence
d’orientation stratégique et
de programmation (COSP)
Transfert à l'AFD des FSP
relatifs au secteur de l'agri-
culture et du développement
rural
2005
Réforme du dispositif de la
coopération française 2005
G8 (Gleneagles) : initiative
d'allègement de la dette
multilatérale (IADM)
Déclaration de Paris sur
l’efficacité de l’aide au déve-
loppement (Accra)
Suite de l'ouverture aux pays
émergents (Brésil, Inde,
Indonésie, Pakistan) 2007 2007
Premier budget
triennal de l'APD
2008 Programme d'action d'Accra
Intégration de pays d'Amé-
rique centrale et latine dans
le périmètre 2009 2009
Prix Nobel décerné à Elinor
Ostrom et Oliver Williamson
pour leurs travaux sur la
gouvernance économique
Début des financements pour
des initiatives de la société
civile
2012
Rio + 20 : Sommet de la
Terre (Des OMD aux ODD)
2013
Forum de haut niveau sur
l’irrigation au Sahel - Déclara-
tion de Dakar
Intégration des ODD 2015 2015
Prêt du Trésor non conces-
sionnel (nouvel outil) 2015
UN : Conférence d'Addis-
Abeba, adoption des ODD
COP 21 : Accords de Paris
sur le climat
Renforcement de l'action de
l'AFD (+4 milliards
d’engagements d'ici à 2020) 2016
Alliance stratégique de l’AFD
avec la Caisse des dépôts et
consignations 2017
Hydroconseil & Agriate
Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 29
C.3. 1983-1991 : Développement de l’agriculture
irriguée : vers la fin d’une approche aménagiste
des Etats et des bailleurs
Pendant la décennie qui suit les indépendances (1960-1970), le début de l’intervention de la
CCCE (Caisse Centrale de Coopération Economique) dans les anciennes colonies fran-
çaises s’inscrit dans la poursuite des grands programmes d’aménagements hydro-agricoles
initiés pendant la période coloniale (notamment : Office du Niger au Mali, delta du fleuve
Sénégal, lac Alaotra à Madagascar). Cette intervention est marquée par des politiques agri-
coles volontaristes orientées vers l’autosuffisance alimentaire (riz) et les productions
d’exportation (coton, sucre). Cette époque se caractérise également par la création de
grandes sociétés d’aménagement d’Etat12
auxquelles sont confiées la maitrise d’ouvrage et
la gestion et la mise en valeur agricole des périmètres publics. Ce mouvement ne se limite
pas à la zone d’intervention de la CCCE, il est également présent en Afrique du Nord avec la
création des Offices au Maroc (ORMVA) et en Tunisie.
A l’orée des années 1980, début de la période d’évaluation, les orientations de l’intervention
AFD en irrigation sont les mêmes que celles des deux décennies qui précèdent.
Jusqu’à la fin des années 1990, la majorité des projets financés par la CCCE se situe en
Afrique subsaharienne (principalement francophone) bien que la CCCE soit autorisée à in-
tervenir dans les pays africains anglophones et lusophones ainsi qu’en Haïti à partir de 1975.
L’intervention en irrigation est axée sur l’aménagement des grands systèmes irrigués sur les
rives des fleuves Sénégal et Niger. Elle est également significative dans le Nord Cameroun
(riz), dans les pays du Golfe de Guinée (sucre en Côte d’Ivoire) et au Mozambique (début
d’une longue intervention sur le grand périmètre de Chokwé)13
.
Durant cette période (et jusqu’en 2005 – voir infra), l’aide au développement conduite par la
France se partage entre la CCCE et le Ministère en charge de la coopération14
qui intervient
dans les pays « du champ »15
. Les rôles se partagent globalement de la manière suivante :
la CCCE finance, sur prêts, des projets (principalement d’infrastructures) dans les secteurs
économiques dont l’agriculture, tandis que le Ministère de la Coopération porte, sur subven-
tions, des projets dans les secteurs dits sociaux (santé, éducation…) et des programmes
d’assistance technique et d’appui institutionnel dans tous les secteurs. Ainsi, le Ministère de
la Coopération conduit des programmes d’assistance technique dans les pays d’intervention
de la CCCE, notamment auprès des ministères de l’agriculture. Il y a donc superposition des
deux mécanismes sur l’agriculture et l’irrigation dans de nombreux pays, avec parfois une
articulation explicite entre les deux, les assistants techniques de la coopération pouvant ac-
compagner les projets d’investissement financés par la CCCE. Selon les pays et les interve-
nants des deux institutions, cette superposition était aussi vécue comme une concurrence,
plus que comme une complémentarité, ce qui a pu poser des difficultés ou tout au moins
conduire à une mauvaise exploitation des synergies potentielles.
A la même époque, le Ministère de la Coopération pouvait également mener, via les SCAC,
des projets dans le secteur irrigation dans d’autres géographies que celles de la CCCE
(c’était par exemple le cas en Afrique du Nord).
Cette première période correspond à une étape de transition fondamentale dans l’aide au
développement, avec le début de la mise en œuvre des premiers plans d’ajustements struc-
12
Certaines de ces structures sont antérieures, notamment l’Office du Niger dont la création remonte à 1932.
13
L’échantillon de projets disponibles sur la période ne couvre pas tous les pays d’intervention.
14
Désigné par la suite « Ministère de la Coopération » par commodité.
15
Principalement les anciennes colonies françaises ayant acquis leur indépendance dans les années 1960.
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019
Eval projetsirrigationafd2019

Contenu connexe

Similaire à Eval projetsirrigationafd2019

Suivi Mares - 2017 - PCN
Suivi Mares - 2017 - PCNSuivi Mares - 2017 - PCN
Suivi Mares - 2017 - PCNLISEA
 
Rapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil - Jaiti Mohammed
Rapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil  - Jaiti MohammedRapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil  - Jaiti Mohammed
Rapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil - Jaiti MohammedMohammed JAITI
 
Construire une vision prospective partagée des emplois et des compétences
Construire une vision prospective partagée des emplois et des compétencesConstruire une vision prospective partagée des emplois et des compétences
Construire une vision prospective partagée des emplois et des compétencesFrance Stratégie
 
PFE rapport final
PFE rapport final PFE rapport final
PFE rapport final Adrien164091
 
Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...
Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...
Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...France Stratégie
 
rapport_stage_issame
rapport_stage_issamerapport_stage_issame
rapport_stage_issameAMAL Issame
 
Compte personnel de formation : rapport 2018
Compte personnel de formation : rapport 2018Compte personnel de formation : rapport 2018
Compte personnel de formation : rapport 2018Société Tripalio
 
Guide étude sectorielle
Guide étude sectorielleGuide étude sectorielle
Guide étude sectoriellePhilippe Porta
 
Guide de mise en conformité
Guide de mise en conformitéGuide de mise en conformité
Guide de mise en conformitésmemanager
 
La filière transformation et valorisation des déchets
La filière transformation et valorisation des déchetsLa filière transformation et valorisation des déchets
La filière transformation et valorisation des déchetsFrance Stratégie
 
Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...
Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...
Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...tayebbousfiha1
 
CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...
CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...
CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...csfd
 
AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...
AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...
AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...Ministère de l'Environnement
 
En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...
En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...
En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...nuntiis
 
Appel d'offres : conception des formations 2018/2019
Appel d'offres : conception des formations 2018/2019Appel d'offres : conception des formations 2018/2019
Appel d'offres : conception des formations 2018/2019CNCC Formation
 
Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...
Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...
Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...Mohamed Boubaya
 
Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)
Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)
Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)Rodolphe Chavanon
 
RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...
RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...
RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...France Stratégie
 

Similaire à Eval projetsirrigationafd2019 (20)

Suivi Mares - 2017 - PCN
Suivi Mares - 2017 - PCNSuivi Mares - 2017 - PCN
Suivi Mares - 2017 - PCN
 
Guide audit
Guide auditGuide audit
Guide audit
 
Rapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil - Jaiti Mohammed
Rapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil  - Jaiti MohammedRapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil  - Jaiti Mohammed
Rapport de stage PFE ( DUT) chez Synthèse Conseil - Jaiti Mohammed
 
Construire une vision prospective partagée des emplois et des compétences
Construire une vision prospective partagée des emplois et des compétencesConstruire une vision prospective partagée des emplois et des compétences
Construire une vision prospective partagée des emplois et des compétences
 
PFE rapport final
PFE rapport final PFE rapport final
PFE rapport final
 
Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...
Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...
Élaboration des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences : sour...
 
rapport_stage_issame
rapport_stage_issamerapport_stage_issame
rapport_stage_issame
 
Compte personnel de formation : rapport 2018
Compte personnel de formation : rapport 2018Compte personnel de formation : rapport 2018
Compte personnel de formation : rapport 2018
 
Guide étude sectorielle
Guide étude sectorielleGuide étude sectorielle
Guide étude sectorielle
 
Guide de mise en conformité
Guide de mise en conformitéGuide de mise en conformité
Guide de mise en conformité
 
Etude des effets de l'instauration de la loi concernant le droit à l'intégrat...
Etude des effets de l'instauration de la loi concernant le droit à l'intégrat...Etude des effets de l'instauration de la loi concernant le droit à l'intégrat...
Etude des effets de l'instauration de la loi concernant le droit à l'intégrat...
 
La filière transformation et valorisation des déchets
La filière transformation et valorisation des déchetsLa filière transformation et valorisation des déchets
La filière transformation et valorisation des déchets
 
Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...
Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...
Rapport de Stage PFE - Développement d'un Projet ALTEN MAROC Concernant le Sy...
 
CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...
CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...
CSFD, 2013. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégrad...
 
AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...
AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...
AGAP rapport technique intermédiaire sur la Protection de la Biodiversité et ...
 
En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...
En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...
En association avec le CEFRIO et HEC Montréal, le CIGREF délivre les résultat...
 
Appel d'offres : conception des formations 2018/2019
Appel d'offres : conception des formations 2018/2019Appel d'offres : conception des formations 2018/2019
Appel d'offres : conception des formations 2018/2019
 
Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...
Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...
Conception et developpement d'un site web pour la suggestion et notification ...
 
Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)
Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)
Chavanon.rodolphe m2 mms2019-perception site internet b to b (4) (1)
 
RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...
RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...
RSE et performance globale : mesures et évaluations - État des lieux des prat...
 

Plus de PatrickTanz

Les effets/causes du declin des insectes en France
Les effets/causes du declin des insectes en FranceLes effets/causes du declin des insectes en France
Les effets/causes du declin des insectes en FrancePatrickTanz
 
Bien etre animal cta 2014
Bien etre animal cta 2014Bien etre animal cta 2014
Bien etre animal cta 2014PatrickTanz
 
Paris agreement westafrica diagnosis capacity needs
Paris agreement westafrica diagnosis capacity needsParis agreement westafrica diagnosis capacity needs
Paris agreement westafrica diagnosis capacity needsPatrickTanz
 
Guide referenceanalysevulnerabilite giz
Guide referenceanalysevulnerabilite gizGuide referenceanalysevulnerabilite giz
Guide referenceanalysevulnerabilite gizPatrickTanz
 
Plan pollinisateur en France 2021
Plan pollinisateur en France 2021Plan pollinisateur en France 2021
Plan pollinisateur en France 2021PatrickTanz
 
Transport par voies navigables en Europe 2021
Transport par voies navigables en Europe 2021Transport par voies navigables en Europe 2021
Transport par voies navigables en Europe 2021PatrickTanz
 
Net zerotargetsettinginfinancialsector
Net zerotargetsettinginfinancialsectorNet zerotargetsettinginfinancialsector
Net zerotargetsettinginfinancialsectorPatrickTanz
 
Strateg frbascarbone oct2020
Strateg frbascarbone oct2020Strateg frbascarbone oct2020
Strateg frbascarbone oct2020PatrickTanz
 
Synthese fccc ndc-ccnucc
Synthese fccc ndc-ccnuccSynthese fccc ndc-ccnucc
Synthese fccc ndc-ccnuccPatrickTanz
 
Guide concertation communale
Guide concertation communaleGuide concertation communale
Guide concertation communalePatrickTanz
 
Filière foret bois et changement climatique
Filière foret bois et changement climatiqueFilière foret bois et changement climatique
Filière foret bois et changement climatiquePatrickTanz
 
Le travail des femmes au Burkina Faso; l' histoire de Tonnoma
Le travail des  femmes au Burkina Faso; l' histoire de TonnomaLe travail des  femmes au Burkina Faso; l' histoire de Tonnoma
Le travail des femmes au Burkina Faso; l' histoire de TonnomaPatrickTanz
 
Manifeste de Marseille 2021 IUCN
Manifeste de Marseille 2021 IUCNManifeste de Marseille 2021 IUCN
Manifeste de Marseille 2021 IUCNPatrickTanz
 
Plastics costs to the society and the environment
Plastics costs to the society and the environmentPlastics costs to the society and the environment
Plastics costs to the society and the environmentPatrickTanz
 
Plastics, the costs to societyand the environment
Plastics, the costs to societyand the environmentPlastics, the costs to societyand the environment
Plastics, the costs to societyand the environmentPatrickTanz
 
Former les cadres pour la foret apres 2025_agroparistech
Former les cadres pour la foret apres 2025_agroparistechFormer les cadres pour la foret apres 2025_agroparistech
Former les cadres pour la foret apres 2025_agroparistechPatrickTanz
 
Fondamentaux pour la gouvernance et le developpement de la resilience
Fondamentaux pour la  gouvernance et le developpement de la resilienceFondamentaux pour la  gouvernance et le developpement de la resilience
Fondamentaux pour la gouvernance et le developpement de la resiliencePatrickTanz
 
Nutrient management handbook_ifa2016
Nutrient management handbook_ifa2016Nutrient management handbook_ifa2016
Nutrient management handbook_ifa2016PatrickTanz
 
Digestats agriculture agro_paristech
Digestats agriculture agro_paristechDigestats agriculture agro_paristech
Digestats agriculture agro_paristechPatrickTanz
 
Estimations des emissions GES fao 2015
Estimations des emissions GES fao 2015Estimations des emissions GES fao 2015
Estimations des emissions GES fao 2015PatrickTanz
 

Plus de PatrickTanz (20)

Les effets/causes du declin des insectes en France
Les effets/causes du declin des insectes en FranceLes effets/causes du declin des insectes en France
Les effets/causes du declin des insectes en France
 
Bien etre animal cta 2014
Bien etre animal cta 2014Bien etre animal cta 2014
Bien etre animal cta 2014
 
Paris agreement westafrica diagnosis capacity needs
Paris agreement westafrica diagnosis capacity needsParis agreement westafrica diagnosis capacity needs
Paris agreement westafrica diagnosis capacity needs
 
Guide referenceanalysevulnerabilite giz
Guide referenceanalysevulnerabilite gizGuide referenceanalysevulnerabilite giz
Guide referenceanalysevulnerabilite giz
 
Plan pollinisateur en France 2021
Plan pollinisateur en France 2021Plan pollinisateur en France 2021
Plan pollinisateur en France 2021
 
Transport par voies navigables en Europe 2021
Transport par voies navigables en Europe 2021Transport par voies navigables en Europe 2021
Transport par voies navigables en Europe 2021
 
Net zerotargetsettinginfinancialsector
Net zerotargetsettinginfinancialsectorNet zerotargetsettinginfinancialsector
Net zerotargetsettinginfinancialsector
 
Strateg frbascarbone oct2020
Strateg frbascarbone oct2020Strateg frbascarbone oct2020
Strateg frbascarbone oct2020
 
Synthese fccc ndc-ccnucc
Synthese fccc ndc-ccnuccSynthese fccc ndc-ccnucc
Synthese fccc ndc-ccnucc
 
Guide concertation communale
Guide concertation communaleGuide concertation communale
Guide concertation communale
 
Filière foret bois et changement climatique
Filière foret bois et changement climatiqueFilière foret bois et changement climatique
Filière foret bois et changement climatique
 
Le travail des femmes au Burkina Faso; l' histoire de Tonnoma
Le travail des  femmes au Burkina Faso; l' histoire de TonnomaLe travail des  femmes au Burkina Faso; l' histoire de Tonnoma
Le travail des femmes au Burkina Faso; l' histoire de Tonnoma
 
Manifeste de Marseille 2021 IUCN
Manifeste de Marseille 2021 IUCNManifeste de Marseille 2021 IUCN
Manifeste de Marseille 2021 IUCN
 
Plastics costs to the society and the environment
Plastics costs to the society and the environmentPlastics costs to the society and the environment
Plastics costs to the society and the environment
 
Plastics, the costs to societyand the environment
Plastics, the costs to societyand the environmentPlastics, the costs to societyand the environment
Plastics, the costs to societyand the environment
 
Former les cadres pour la foret apres 2025_agroparistech
Former les cadres pour la foret apres 2025_agroparistechFormer les cadres pour la foret apres 2025_agroparistech
Former les cadres pour la foret apres 2025_agroparistech
 
Fondamentaux pour la gouvernance et le developpement de la resilience
Fondamentaux pour la  gouvernance et le developpement de la resilienceFondamentaux pour la  gouvernance et le developpement de la resilience
Fondamentaux pour la gouvernance et le developpement de la resilience
 
Nutrient management handbook_ifa2016
Nutrient management handbook_ifa2016Nutrient management handbook_ifa2016
Nutrient management handbook_ifa2016
 
Digestats agriculture agro_paristech
Digestats agriculture agro_paristechDigestats agriculture agro_paristech
Digestats agriculture agro_paristech
 
Estimations des emissions GES fao 2015
Estimations des emissions GES fao 2015Estimations des emissions GES fao 2015
Estimations des emissions GES fao 2015
 

Eval projetsirrigationafd2019

  • 2. Sous la coordination de Karen Rousseau (AFD) Ont participé à la collecte et à l’analyse des informations, ainsi qu’à l’élaboration de la méthodologie: Jean-Louis Couture, Camille Salaün et Délia Sanchez Trancon (Hydroconseil). Les auteurs remercient chaleureusement toutes les personnes rencontrées aussi bien en France qu’au Cambodge, au Maroc et au Sénégal pour le temps qu’elles ont bien voulu leur consacrer. Des remerciements sont adressés également aux membres du groupe de référence de l’évaluation, au personnel des agences AFD dans les pays visités et à l’équipe « Agriculture, développement rural et biodiversité (ARB) » pour leur disponibilité et leur contribution. Le rapport complet de l’évaluation ainsi que les cinq études de cas associées sont téléchargeables à l’adresse: https://www.afd.fr/fr/ressources-accueil Avertissement Les analyses et conclusions de ce document sont formulées sous la responsabilité de ses auteurs. Elles ne reflètent pas nécessairement le point de vue officiel de l’Agence française de développement ou des institutions partenaires. Directeur de la publication: Rémy Rioux Directrice de la rédaction: Nathalie Le Denmat ISSN: 2425-7087 Dépôt légal: 4e trimestre 2019 © AFD Photos de couverture: En haut, à droite, Rencontre entre les évaluateurs et des usagers du périmètre de Stung Chinit (Cambodge) © Florence Deram Malerbe Au milieu, à droite, Oued Inanouen aval, affluent de l’oued Sébou, projet Moyen Sébou (Maroc) © Gabriel Lambert/Agriate En bas, à droite, Moisson sur le périmètre de Chork réservoir, projet sectoriel hydro-agricole (Cambodge) © Florence Deram Malerbe Photo centrale, à gauche, Projet de gestion de l’eau dans le bassin du fleuve Rouge, province de Ninh Binh (Vietnam) © François Carlet-Soulages, NOI Pictures/AFD Direction Innovation, Recherche et Savoirs Département Évaluation et Apprentissage (EVA) Agence française de développement 5, rue Roland Barthes, 75012 Paris, France www.afd.fr
  • 3. Agence Française de Développement E valuation rétros pective des interventions de l’Agence Français e de Développement dans le s ecteur de l’irrigation R apport d’évaluation Version finale du 30 septembre 2019
  • 4. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 2 Titre : Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation Statut du rapport : Rapport d’évaluation, version finale Client : Agence Française de Développement (AFD) Consultant : Groupement Hydroconseil-Agriate (France) Démarrage du contrat : 28 août 2017 (réunion de démarrage) Date de soumission du présent document : 30 septembre 2019 (version électronique) Numéro de révision (interne) : 17 Personnes ayant contribué à l’écriture du rapport : Audrey Barbe, Florence Deram Malerbe, Bruno Valfrey, Gabriel Lambert, Thomas Cazalis et Thomas Hertzog Coordination, édition, relecture et assurance qualité : Bruno Valfrey Des questions sur ce rapport ? Ecrire à : hydroconseil@hydroconseil.com
  • 5. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 3 Sommaire A. Contexte de l’évaluation..................................................................9 B. Vue d’ensemble de l’évaluation.................................................... 10 B.1. Contexte et objectifs ..........................................................................................10 B.1.1. Justification............................................................................................................................. 10 B.1.2. Finalité et utilité....................................................................................................................... 10 B.1.3. Objectif global et objectifs spécifiques.................................................................................... 10 B.1.4. Périmètre de l’évaluation ........................................................................................................ 11 B.1.5. Utilisation et public ciblé ......................................................................................................... 13 B.1.6. Démarche générale et calendrier de l’évaluation.................................................................... 14 B.2. Méthodes et outils de l’évaluation ....................................................................17 B.2.1. Méthodologie de reconstitution de la logique d’intervention ................................................... 17 B.2.2. Méthode de construction de la matrice d’évaluation............................................................... 21 B.2.3. Vue d’ensemble des outils de collecte et d’analyse................................................................ 22 B.3. Les limites de l’évaluation .................................................................................23 B.3.1. Une période d’évaluation exceptionnellement longue ............................................................ 23 B.3.2. Une documentation hétérogène ............................................................................................. 24 B.3.3. La difficulté à évaluer l’impact des projets .............................................................................. 24 B.3.4. Le concept des « communs » et son application.................................................................... 25 C. Evolution temporelle des logiques d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation ................................................................ 26 C.1. Méthode de reconstitution et limites.................................................................26 C.2. Frise chronologique simplifiée du contexte national et international ............27 C.3. 1983-1991 : Développement de l’agriculture irriguée : vers la fin d’une approche aménagiste des Etats et des bailleurs .............................................29 C.4. 1992-2000 : Révision des schémas de gestion des périmètres pour une meilleure sécurisation des investissements ....................................................33 C.5. 2001-2008 : Optimisation économique et environnementale de l’eau agricole : réduction des investissements et promotion d'une agriculture irriguée respectueuse de l'environnement.....................................................................36 C.6. 2009-2017 : (Re)déploiement d'une agriculture irriguée compétitive, orientée vers la sécurité alimentaire et adaptée au changement climatique................39 D. Analyse évaluative par critère ...................................................... 43 D.1. Pertinence et cohérence ....................................................................................43 D.1.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 43 D.1.2. Les orientations stratégiques de l’AFD sont cohérentes avec celles des autres bailleurs...... 43 D.1.3. Les choix stratégiques sont pertinents avec les besoins des pays et évoluent avec ceux-ci dans la limite des moyens que l’AFD veut et peut mobiliser ...................................... 48 D.1.4. Les choix conceptuels, globalement pertinents, se heurtent régulièrement à des difficultés de mise en œuvre mal anticipées et à des choix opérationnels parfois inadaptés................................................................................................................................ 50 D.1.5. La qualité des processus d’instruction et d’analyse de faisabilité est variable et repose plus sur des expériences et sensibilités individuelles que sur une démarche systématique .......................................................................................................................... 56 D.1.6. L’insuffisance des mécanismes de capitalisation fait peser un risque sur le maintien d’un bon niveau d’expertise interne et les capacités d’innovation de l’AFD............................ 60
  • 6. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 4 D.1.7. La valeur ajoutée de l’AFD est bien identifiée et reconnue par ses partenaires ..................... 62 D.1.8. En conclusion, les interventions de l’AFD sont pertinentes, cohérentes avec les choix stratégiques des pays ; la valeur ajoutée et les principes défendus par l’AFD sont reconnus et appréciés ; mais la pertinence des choix conceptuels est parfois remise en question par les choix opérationnels et des difficultés de mise en œuvre. La faiblesse de la capitalisation interne est une contrainte pour l’amélioration des projets ........................ 64 D.2. Efficacité .............................................................................................................66 D.2.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 66 D.2.2. Précautions méthodologiques spécifiques.............................................................................. 66 D.2.3. Une description parfois trop générale des réalisations et des résultats à atteindre, qui s’améliore au fil du temps....................................................................................................... 67 D.2.4. Des réalisations et des résultats hétérogènes en fonction des composantes de chacun des projets.............................................................................................................................. 68 D.2.5. En conclusion, les résultats attendus sont globalement atteints, avec des niveaux variables entre les infrastructures et les mesures d’accompagnement ; la description des résultats attendus est souvent trop générale mais s’améliore au fil du temps ................. 76 D.3. Efficience ............................................................................................................78 D.3.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 78 D.3.2. Précautions méthodologiques spécifiques.............................................................................. 78 D.3.3. Des coûts unitaires en général cohérents avec les standards des aménageurs et des autres bailleurs ....................................................................................................................... 79 D.3.4. Un déséquilibre de la structure des budgets en faveur des infrastructures et au détriment de l’accompagnement............................................................................................. 79 D.3.5. Une efficience en matière de gestion variable en fonction de la nature des interventions ........................................................................................................................... 80 D.3.6. Une efficience qui ne s’améliore pas ou peu au cours du temps............................................ 80 D.3.7. En conclusion, l’efficience des projets de l’AFD est jugée globalement satisfaisante et relativement stable dans le temps, avec néanmoins un déséquilibre structurel des budgets au détriment des mesures d’accompagnement ........................................................ 81 D.4. Impact..................................................................................................................83 D.4.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 83 D.4.2. La question de l’impact est encore faiblement prise en compte lors de la conception et de l’évaluation des projets de l’AFD ....................................................................................... 83 D.4.3. Il existe un faisceau concordant d’éléments pointant vers un impact positif des projets financés par l’AFD sur les conditions de vie des producteurs................................................. 84 D.4.4. Des impacts documentés mais difficiles à mesurer sur l’allocation des ressources foncières et hydriques ............................................................................................................ 85 D.4.5. Des impacts sur les communs difficiles à mettre en évidence dans la plupart des projets, mais la question de la prise en compte des communs est une piste de travail intéressante pour améliorer les projets de l’AFD dans le secteur........................................... 86 D.4.6. L’AFD a contribué à l’évolution des politiques publiques en matière d’irrigation et d’eau agricole dans certains pays, au travers d’une intervention continue et d’une approche flexible basée sur le dialogue et la promotion de principes..................................................... 87 D.4.7. En conclusion : des impacts difficiles à mesurer et à quantifier, mais perceptibles notamment sur les conditions socio-économiques des irrigants et sur les politiques publiques ................................................................................................................................ 91 D.5. Durabilité.............................................................................................................93 D.5.1. Rappel des questions et sous-questions évaluatives ............................................................. 93 D.5.2. Précautions méthodologiques spécifiques.............................................................................. 93 D.5.3. La durabilité est de mieux en mieux prise en compte par l’AFD et ce dès la conception des projets.............................................................................................................................. 94 D.5.4. Une recherche constante d’amélioration de la durabilité technique des interventions de l’AFD....................................................................................................................................... 94 D.5.5. Les mécanismes de financement des coûts d’opération et de maintenance, un élément de durabilité caractéristique des interventions de l’AFD......................................................... 97 D.5.6. L’appui organisationnel et institutionnel est perçu comme une condition préalable à la durabilité des interventions..................................................................................................... 99 D.5.7. Une prise en compte trop timide des enjeux liés à la durabilité sociale et environnementale ?.............................................................................................................. 101
  • 7. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 5 D.5.8. L’amélioration de la macro-durabilité des interventions par des relations avec les partenaires construites sur le temps long............................................................................. 102 D.5.9. En conclusion, la durabilité des projets financés par l’AFD s’est renforcée, aidée par la capacité de l’AFD à se projeter dans le temps long dans certaines géographies – mais la prise en compte de la durabilité sociale et environnementale reste timide ....................... 103 E. Recommandations....................................................................... 105 E.1. Recommandations transversales....................................................................105 E.1.1. Recommandation 1 : Mener des analyses économiques, politiques et sociologiques dans les pays d’intervention dans le secteur de l’irrigation................................................... 105 E.1.2. Recommandation 2 : Adapter la programmation, les approches et la mobilisation des moyens au temps long des projets....................................................................................... 106 E.1.3. Recommandation 3 : Etablir un dialogue de politique publique et contribuer à y inscrire les projets de l’AFD .............................................................................................................. 106 E.1.4. Recommandation 4 : Mieux anticiper, mesurer et suivre les effets socio-économiques et agricoles des projets......................................................................................................... 107 E.2. Recommandations stratégiques .....................................................................107 E.2.1. Recommandation 5 : Produire une note technique qui définisse les grands principes d’intervention de l’AFD en matière d’irrigation ...................................................................... 108 E.3. Recommandations opérationnelles ................................................................109 E.3.1. Recommandation 6 : Mieux intégrer, dans les études préparatoires aux projets de l’AFD, les dimensions techniques, institutionnelles, socio-économiques et juridiques des projets............................................................................................................................ 109 E.3.2. Recommandation 7 : Consulter et associer les bénéficiaires finaux des infrastructures et des services, dès la phase d’étude de faisabilité et de conception des projets, y compris sur les aspects qui influenceront les choix technologiques, la nature des infrastructures et les conditions technico-économiques et financières de leur exploitation et de leur maintenance...................................................................................... 109 E.3.3. Recommandation 8 : Réhabiliter l’analyse économique des projets et la considérer comme un outil vivant à mettre en œuvre à différents stades du développement d’un projet .................................................................................................................................... 110 E.3.4. Recommandation 9 : Adapter l’infrastructure au contexte .................................................... 110 E.3.5. Recommandation 10 : Renforcer et sécuriser les financements pour toutes les composantes des projets...................................................................................................... 110 E.3.6. Recommandation 11 : Définir et accompagner les communs dans les projets d’irrigation............................................................................................................................. 111 F. Annexes ....................................................................................... 112 F.1. Références bibliographiques principales.......................................................112 F.2. Liste des membres du groupe de référence...................................................113 F.3. Liste des personnes rencontrées....................................................................114 F.3.1. En dehors des études de cas ............................................................................................... 114 F.3.2. Au Cambodge....................................................................................................................... 115 F.3.3. Avant et après la mission Cambodge................................................................................... 115 F.3.4. Au Maroc .............................................................................................................................. 116 F.3.5. Avant et après mission Maroc .............................................................................................. 116 F.3.6. Au Sénégal........................................................................................................................... 117 F.3.7. Etude de cas politiques publiques ........................................................................................ 118 F.4. Version finale de la matrice d’évaluation........................................................119 F.4.1. Pertinence et cohérence....................................................................................................... 119 F.4.2. Efficacité............................................................................................................................... 122 F.4.3. Efficience.............................................................................................................................. 124 F.4.4. Impact................................................................................................................................... 125 F.4.5. Durabilité .............................................................................................................................. 128 F.5. Liste des projets de l’échantillon constitué pour l’évaluation ......................130
  • 8. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 6 Liste des sigles et abréviations 2IS......................Initiative Irrigation Sahel, programme financé par la Banque Mondiale 3PRD..................Projet de Promotion de Partenariats Rizicoles dans le Delta (Sénégal) ABN....................Agence de Bassin du Niger AES ....................Division Appui Environnemental et Social, Développement Durable de l’AFD AFD ....................Agence Française de Développement AFEID.................Association Française pour l’Eau, l’Irrigation et le Drainage AI........................Associations d’Irrigants AIDEP.................Projet Appui à l’Agriculture Irriguée et au Développement Economique de Podor (Sénégal) AIPA ...................Association des Irrigants de la Plaine de l’Arcahaie (Haïti) ANO....................Avis de Non Objection APD....................Aide Publique au Développement APEFAM.............Projet d’Appui à la Promotion des Exploitations Familiales dans la région de Matam (2 phases) (Sénégal) ARB....................Division Agriculture, développement Rural et Biodiversité de l’AFD ASA ....................Association Syndicale Autorisée (France) ASAMM ..............Projet Amélioration de la Sécurité alimentaire et Appui à la Mise en Marché (Matam, Sénégal) ASIRRI ...............Projet d’Appui aux Irrigants et aux Services aux Irrigants (financement FISONG) AT.......................Assistant(ce) technique AUE....................Association d’Usagers de l’Eau AUEA..................Association d’Usagers de l’Eau Agricole (Maroc) AVSF..................Agronomes et Vétérinaires sans Frontières, ONG internationale de développement BAfD...................Banque Africaine de Développement BAsD ..................Banque Asiatique de Développement BE.......................Bureau d’études BID .....................Banque Islamique de Développement BNDA .................Banque Nationale du Développement Agricole CACG.................Compagnie d’Aménagement des Côteaux de Gascogne CAD....................Comité d’Aide au Développement (OCDE) CASL..................Compagnie Agricole de Saint Louis (Sénégal) CCCE .................Caisse Centrale de Coopération Economique – nom de l’AFD de 1958 à 1992 CCFOM ..............Caisse centrale de la France d'outre-mer – nom de l’AFD de 1944 à 1958 CDI .....................Charte du Domaine Irrigué (Sénégal) CFD....................Caisse Française de Développement –nom de l’AFD de 1992 à 1998 CFMA .................Centre de Formation au Machinisme Agricole (en cours d’installation) (Sénégal) CGER.................Centre de Gestion et d’Economie Rurale (Sénégal) CIFA ...................Centre Interprofessionnel pour la Formation aux métiers de l’Agriculture (Sénégal) CILSS.................Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel CIRAD ................Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement CIRIZ..................Centre Interprofessionnel du Riz (Sénégal) CIS .....................Cadre d’Intervention Stratégique CISIS..................Cambodian Information System on Irrigation Schemes (Cambodia) CNCAS...............Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal (Sénégal) COPIL.................Comité de Pilotage COSTEA.............COmité Scientifique et Technique Eau Agricole CPS....................Centres de Prestations de Services (Mali) CST ....................Comité Scientifique et Technique COSTEA
  • 9. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 7 CUP....................Communauté des Polders de Prey Nup (Cambodge) DIAEA.................Direction de l’Irrigation et de l’Aménagement de l’Espace Agricole (Ministère Agriculture) (Maroc) DPA....................Directions Provinciales de l’Agriculture (Maroc) DRA....................Directions Régionales de l’Agriculture (Maroc) ED ......................Evaluation Décentralisée EEA ....................Division Eau et Assainissement de l’AFD EVA ....................Département Evaluation et Apprentissage de l’AFD FAI......................Fonds d’Appui aux Intercommunalités (Sénégal) FAUEA ...............Fédération d’Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (Maroc) FEPP..................Fonds d’Etudes et Préparation de Projets FERC..................Fonds d’Etudes et de Renforcement de Capacités FFEM..................Fonds Français pour l’Environnement Mondial FIP......................Fiche d’Identification de Projet FISONG..............Facilité d'Innovation Sectorielle pour les ONG FNDASP.............Fonds National de Développement Agro Sylvo Pastoral (Sénégal) FWN ...................Farmers Water Network (Cambodia) FWUC.................Farmer Water User Committee/Community (Cambodia) GCF....................Global Climate Fund – Fonds Vert pour le climat GH......................Grande Hydraulique : appellation générique des grands périmètres publics gérés par des ORMVA (Maroc) GIRE...................Gestion Intégrée des Ressources en Eau GOANA ..............Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (Sénégal) GPI-PIM..............Gestion Participative de l’Irrigation – Participatory Irrigation Management GR......................Groupe de Référence (spécifique à cette évaluation) GRDR.................Groupe de Recherches et de Réalisations pour le Développement Rural dans le Tiers Monde GRET .................Groupe de Recherche et d’Etudes, ONG internationale de développement solidaire GSE....................Gestion Sociale de l’Eau IDB .....................Banque Interaméricaine de Développement IFI .......................Institutions Financières Internationales IPAR ..................Initiative de Prospective Agricole et Rurale IRAM ..................Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de développement, bureau d'études associatif IRD .....................Institut de Recherche pour le Développement ISC .....................Irrigation Service Center (Cambodge) ISRA...................Institut Sénégalais de Recherche Agronomique (Sénégal) JICA....................Agence Japonaise de Coopération Internationale – Japan International Cooperation Agency LCS ....................Levée des Conditions Suspensives MAE....................Ministère des Affaires Etrangères (France) MAFP .................Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (Cambodge) MoAFF................Ministry of Agriculture, Forestry and Fisheries (Cambodia) MCA ...................Millenium Challenge Account MCC ...................Millenium Challenge Corporation MEAE .................Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères MoWRAM...........Ministry of Water Ressources and Meteorology (Cambodia) MREM ................Ministère des Ressources en Eau et de la Météorologie (Cambodge) NAT ....................Direction Transition écologique et ressources naturelles de l’AFD NCS....................Note au Conseil de Surveillance NPP....................Note de Préparation de Projet NWISP................Northwest Irrigation Sector Project (co-financement BAsD-AFD) (Cambodge) OCDE.................Organisation pour la Coopération et le Développement Economique ODD ...................Objectifs de Développement Durable OERT .................Organisation d’Entretien du Réseau Tertiaire (Office du Niger, Mali) OMD...................Objectifs du Millénaire pour le Développement OMVS.................Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal
  • 10. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 8 ON......................Office du Niger (Mali) ONAHA...............Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (Niger) ONG ...................Organisations Non Gouvernementales ORMVA ..............Offices Régionaux de Mise en Valeur, gestionnaires des grands périmètres publics (GH) (Maroc) ORMVAG ...........ORMVA du Gharb (Maroc) ORSTOM............Office de Recherche Scientifique et Technique d’Outre-Mer (devenu IRD) PACR .................Projet d’Appui aux Communautés Rurales (Sénégal) PDMAS...............Programme de Développement des Marchés Agricoles du Sénégal PI........................Périmètre irrigué PIDAM................Programme Intérimaire de Développement Agricole de Matam (Sénégal) PMA....................Pays les Moins Avancés PMH ...................Petite et moyenne hydraulique, périmètres sous la responsabilité des DRA (Maroc) PNAR .................Programme National d’Autosuffisance en Riz (Sénégal) PPP ....................Pays Pauvres Prioritaires PPP ....................Partenariats Publics Privés1 PRACAS.............Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (Sénégal) RAP....................Rapport d’Achèvement de Projet PSEA..................Projet Sectoriel Eau et Agriculture (Cambodge) PSP ....................Participation du Secteur Privé SAED..................Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (Sénégal) SAGI...................Société d’Aménagement et de Gestion de l’Irrigation (Sénégal) SAR....................Société d’Aménagement Régionale française (CACG, SCP, BRL) SCAC .................Service de Coopération et d’Action Culturelle (Ambassade de France) SCP....................Société du Canal de Provence SCV....................Systèmes de Cultures sous Couvert Végétal SIF......................Système d’Information Foncier SIG .....................Système d’Information Géographique SODAGRI...........Société de Développement Agricole et Industriel (Sénégal) SOGED ..............Société de Gestion et d’Exploitation du barrage de Diama (Sénégal) SOMALAC..........Société d’Aménagement du Lac Alaotra (Madagascar) SPC....................Direction Stratégie, Partenariats et Communication de l’AFD SQE....................Sous-question évaluative SRBMA...............Senegal River Basin Monitoring Activity (Sénégal) UE ......................Union européenne UFAUEA.............Union des Fédérations d’Associations d’Usagers de l’Eau Agricole (Maroc) UGB....................Université Gaston Berger (Saint Louis, Sénégal) VFS ....................Vallée du Fleuve Sénégal WUA...................Water Users Associations ZSP ....................Zone de Solidarité Prioritaire 1 Ce sigle générique recouvre une grande diversité de situations : de la délégation de service public pour la ges- tion d’une infrastructure hydro-agricole (Maroc) à des contrats de mise en valeur agricole avec contribution au financement et à la gestion des infrastructures terminales (3PRD au Sénégal), lesquels relèvent plus de la PSP.
  • 11. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 9 A. Contexte de l’évaluation Après plusieurs décennies d’intervention dans le secteur de l’irrigation, l’AFD a commandité la présente évaluation thématique rétrospective, qui fait partie intégrante de sa réflexion stra- tégique menée dans ce secteur et s’inscrit dans le cadre de sa politique d’évaluation. L’objectif global de cette évaluation formative est de fournir à l’AFD des pistes d’amélioration de son positionnement et de ses interventions dans le secteur de l’irrigation. Pour y parvenir, l’évaluation a répondu aux objectifs spécifiques suivants : • Fournir une appréciation argumentée et indépendante de l’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation sur une période longue (de 1983 à 2017) ; • Tirer les enseignements transversaux et participer à la capitalisation de l’expérience de 34 années d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation ; • Tirer des conclusions et formuler des recommandations stratégiques et opération- nelles, permettant de faire évoluer les approches et les pratiques de l’AFD. Cette évaluation a été conduite d’août 2017 à juillet 2019 par le groupement Hydroconseil- Agriate. Son pilotage général a été assuré par le Département Evaluation et Apprentissage (EVA) de l’AFD. Un Groupe de Référence composé d’experts de l’AFD et de personnes res- sources extérieures s’est réuni à cinq reprises pour orienter le processus, commenter et améliorer les produits successifs de l’évaluation. L’échantillon constitué pour cette évaluation était composé de 47 interventions, soit 103 pro- jets matérialisés par 157 concours, dans 23 pays représentatifs des principales géographies de l’AFD. Cet échantillon représente un engagement net d’environ 1,2 milliards d’euros de la part de l’AFD sur les 34 années de la période d’évaluation. Pour bâtir les réponses aux 12 questions principales de l’évaluation, un appareil méthodolo- gique sur mesure a été défini et mis en œuvre, afin de répondre aux défis spécifiques posés par la longueur de la période considérée, la taille de l’échantillon et la faible disponibilité de la documentation sur la première partie de la période d’évaluation. L’équipe d’évaluation a combiné plusieurs outils pour effectuer son analyse : • Une analyse documentaire complète qui a notamment porté sur l’ensemble des docu- ments du cycle projet AFD pour l’ensemble de l’échantillon ; • Une centaine d’entretiens semi-directifs au niveau des pays d’intervention et une cin- quantaine d’entretiens au niveau global, auprès de l’AFD et de ses partenaires ; • Trois études de cas pays au Cambodge, au Maroc et au Sénégal ; chaque pays a été visité entre juin et septembre 2018 par un binôme d’évaluateurs qui ont rencontré les principaux partenaires et bénéficiaires des projets financés par l’AFD et ont également visité un échantillon représentatif des infrastructures réalisées ; • Deux études de cas « transversales », l’une sur la question des communs et l’autre sur l’impact des projets de l’AFD sur les politiques publiques. Le présent rapport fait partie d’un ensemble de sept documents produits dans le cadre de cette évaluation (et qui sont tous téléchargeables à l’adresse http://editions.afd.fr) : • Un rapport d’évaluation final complet, y compris ses annexes ; • Une synthèse de l’évaluation (publiée dans la collection « Ex-post » de l’AFD) ; • Trois études de cas pays (Cambodge, Maroc, Sénégal) ; • Deux études de cas transversales (communs et politiques publiques).
  • 12. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 10 B. Vue d’ensemble de l’évaluation Ce premier chapitre du rapport d’évaluation permet de rappeler le contexte de l’exercice et de présenter une vue générale de la méthodologie et des outils mobilisés. La troisième sous- partie présente les limites de cette évaluation à travers une mise en perspective de ce qui avait été anticipé et de la réalité de la mise en œuvre de ce travail. B.1. Contexte et objectifs B.1.1. Justification Cette évaluation intervient à un moment charnière dans l’histoire de l’aide publique au déve- loppement en général et de la stratégie de l’AFD en particulier, qui voit s’opérer un reposi- tionnement en faveur de l’agriculture et notamment du « secteur » de l’irrigation. Ce repositionnement stratégique réaffirme le rôle central que joue la maîtrise de l’eau dans la sécurité alimentaire, le développement social et économique des territoires ruraux et l’objectif final de réduction de la pauvreté réaffirmé en septembre 2015 par la communauté internationale à l’occasion de l’adoption des Objectifs de Développement Durable. Depuis quelques années, la ressource en eau n’est plus seulement envisagée en termes de disponibilité et d’usage (vision utilitariste) mais également comme un bien commun à trans- mettre aux générations futures. Dans ce contexte, l’irrigation constitue un des éléments ma- jeurs des programmes de développement des territoires ruraux au Sud en ce qu’elle con- centre les efforts pour concilier viabilité économique, maintien des équilibres écologiques (notamment en lien avec le grand cycle de l’eau) et participation sociale. Forte de plusieurs décennies d’intervention dans le secteur de l’irrigation, l’AFD a commandi- té la présente évaluation thématique rétrospective, qui fait partie intégrante de sa réflexion stratégique menée dans ce secteur et s’inscrit dans le cadre de sa politique d’évaluation. B.1.2. Finalité et utilité Cet exercice d’évaluation a été envisagé comme un outil d’apprentissage et de pilotage stra- tégique. Autrement dit, il doit permettre à l’AFD : • De tirer les enseignements et capitaliser des interventions passées afin de renforcer sa compréhension des approches soutenues, en termes de forces et de faiblesses et ainsi poursuivre sa réflexion sur les choix stratégiques et opérationnels à faire pour les interventions futures dans le secteur de l’irrigation ; • De disposer des éléments nécessaires pour rendre compte de la mise en œuvre et des effets de son intervention dans le secteur de l’irrigation et favoriser ainsi le dialogue auprès des différents partenaires concernés. Les entretiens préliminaires menés lors de la phase de cadrage ont confirmé l’intérêt pour l’AFD de faire le point sur ses pratiques et leur évolution en matière de conception et de mise en œuvre de projets d’irrigation et de développer une réflexion sur la valeur ajoutée de l’AFD, effective ou telle que perçue par ses principaux partenaires. B.1.3. Objectif global et objectifs spécifiques L’objectif global d’une telle évaluation formative est de fournir à l’AFD des pistes d’amélioration de son positionnement et de ses interventions dans le secteur de l’irrigation. Pour y parvenir, l’évaluation a répondu aux objectifs spécifiques suivants :
  • 13. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 11 • Fournir une appréciation argumentée et indépendante de l’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation sur une période longue (de 1983 à 2017), en portant une attention toute particulière à la pertinence et à la cohérence des orientations stratégiques et des choix opérationnels de l’AFD, ainsi qu’à l’efficacité, l’efficience, la pérennité et l’impact des projets soutenus par l’AFD ; • Tirer les enseignements transversaux et participer à la capitalisation de l’expérience de 34 années d’intervention dans le secteur de l’irrigation ; • Tirer des conclusions et formuler des recommandations tout autant stratégiques qu’opérationnelles, traduites sous forme de scenarii d’orientation des approches futures de l’AFD dans le secteur de l’irrigation (et d’évolution de ses pratiques). B.1.4. Périmètre de l’évaluation Les ambitions et le périmètre de cette évaluation lui ont conféré un caractère atypique. Analyser 34 années d’intervention dans 23 pays a posé des défis conceptuels et méthodolo- giques majeurs, parmi lesquels : la prise en compte de l’évolution des pratiques en matière de gestion de projet et des cadres stratégiques dans lesquels ils s’inscrivent ; la possibilité ou non de mobiliser la mémoire institutionnelle de l’AFD ; la durée des interventions de l’AFD dans certaines géographies (vallée du fleuve Sénégal, Cambodge…) ; les spécificités des contextes dans lesquels s’inscrivent les interventions de l’AFD ; la difficulté de comparer les interventions « toutes choses égales par ailleurs » ; le caractère transversal et plurisectoriel de l’irrigation ; et enfin, l’évolution des concepts et des cadres théoriques qui ont sous-tendu les logiques d’intervention au cours de la période considérée. Afin de limiter certains écueils susceptibles d’influencer la qualité de l’évaluation et la perti- nence de ses recommandations, un travail a été mené lors de la phase de démarrage dans l’optique de préciser les éléments de cadrage de l’évaluation (géographiques, temporels, méthodologiques, etc.). Le tableau suivant résume ces éléments de cadrage et précise les limites de l’évaluation, notamment méthodologiques et thématiques. Tableau 1 : Eléments de cadrage de l’évaluation 2 On entend ici par « intervention » une suite de projets conduits sur un même territoire et dans un temps long, poursuivant un même objectif global ; le concept d’intervention est propre à cette évaluation et n’existe pas en tant que tel dans les procédures opérationnelles de l’AFD. Niveaux d’analyse • Stratégie de l’AFD et programmation dans le secteur de l’irrigation au niveau du siège (Direction des Opérations, Divisions ARB et EAA notamment) et des Agences-pays. • Stratégie de l’AFD au sens large (cf. plan d’orientation stratégique – chantiers prioritaires et thématiques ciblées) et stratégie spécifique de l’AFD en matière d’évaluation et de capitalisation. • Performance de l’AFD au niveau des projets financés, en prenant en compte les différents types d’acteurs : équipes projet, bénéfi- ciaires, partenaires, cofinanceurs... Interventions2 ciblées • Toutes les interventions ciblées « irrigation », composant un échan- tillon primaire (fourni par l’AFD) de 47 interventions, soit 103 pro- jets et 157 concours au total sur la période considérée, ce qui représente un engagement net de l’AFD de 1,1 milliards d’euros.
  • 14. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 12 3 Il s’agira de flécher les montants engagés par l’AFD par intervention spécifique ou par « grappe de projets » répondant à une même logique d’intervention, sur le temps long. 4 A ce jour, le seul pays concerné par cette géographie sur la période considérée est Haïti. 5 Les pays de l’échantillon cités comme pays pauvres prioritaires (PPP) ou comme pays en crise ou sortie de crise sont issus des listes établies par le CICID dans le cadre de l’aide bilatérale française. Les pays les moins avancés (hors PPP) sont issus de la liste établie par l’ONU. Les pays à revenu intermédiaire sont définis quant à eux selon la nouvelle classification des pays en fonction de leur revenu de la Banque Mondiale. 6 Réorganisation des cinq dimensions initialement suggérées/proposées dans les TdR de l’évaluation. • Développement d’une approche par intervention ou « grappe de projets », tant pour la dimension historique que pour le niveau d’engagements réalisés3 . Géographies • Les 103 projets sont répartis entre l’Afrique Subsaharienne (58), le pourtour méditerranéen (10), l’Asie et le Pacifique (25) et la zone Amérique Latine / Caraïbes4 (5), dont 5 projets multipays. • Un total de 23 pays représentés, dont 8 PPP (Pays Pauvres Priori- taires – Burkina Faso, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad), 4 PMA (Pays Moins Avancés ne figurant pas dans la liste des PPP – Cambodge, Ethiopie, Laos, Mozambique), 4 pays en crise ou sortie de crise (Afghanistan, Birmanie, Haïti, Jordanie) et 6 pays à revenus faibles et intermédiaires (Arménie, Côte d’Ivoire, Egypte, Ghana, Maroc, Tunisie, Vietnam), selon le croise- ment de trois classifications en vigueur aujourd’hui5 . • Couverture des aires géographiques et des différentes catégories de pays rappelées ci-dessus (liste des bénéficiaires de l’APD fran- çaise, classement selon les critères du CAD et du MEAE). Temporalité • 34 années d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation depuis 1983. L’analyse des projets au sein d’une même intervention est privilégiée, dans une perspective historique. • Focus sur « l’après 2000 » et surtout sur la période récente 2009- 2017, en lien avec la difficulté d’accès aux données avant 2000 et au fait que les périodes anciennes sont potentiellement moins perti- nentes pour orienter les actions futures de l’AFD. • La longue durée reste privilégiée pour les terrains « historiques » de l’AFD (vallée du Sénégal, Office du Niger, Cambodge, etc.) ; no- tamment en ce qui concerne la cohérence, la durabilité et l’impact. • Les jugements et les recommandations seront formulés prioritaire- ment sur la dernière période de la logique d’intervention qui offre une certaine cohérence stratégique (celle du CIS Sécurité alimen- taire) et qui permet d’accéder aux données indispensables notam- ment pour les critères d’efficacité et d’efficience. • Pour l’ensemble des critères d’évaluation, la mise en perspective historique sur le temps long permet de mettre en lumière les con- traintes et facteurs ayant abouti au positionnement stratégique ac- tuel de l’AFD et d’éclairer les performances observées sur la pé- riode récente (10 dernières années). Couverture thématique • Analyse déclinée selon trois dimensions6 : (i) infrastructures phy- siques ; (ii) aspects institutionnels et organisationnels ; (iii) mise en valeur socio-économique (qui englobe les aspects suivants : ren-
  • 15. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 13 B.1.5. Utilisation et public ciblé Dans le droit-fil de la finalité, des objectifs et du périmètre décrits plus haut, l’utilisation atten- due de l’évaluation est triple : • Actualiser et renforcer la connaissance de la stratégie de l’AFD dans le secteur de l’irrigation, sur la base de preuves tangibles issues de l’expérience opérationnelle ; • Développer des recommandations stratégiques et opérationnelles au niveau du groupe AFD et des pays partenaires pour guider l’intervention de l’AFD en faveur de projets qui répondent aux enjeux (actuels et futurs) en matière d’aménagement des territoires ruraux au Sud, de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté ; 7 Par méta évaluation, nous entendons l’analyse systématique et structurée des évaluations ex post ou évalua- tions décentralisées produites (14 au total) afin de répondre à un double objectif : (i) effectuer la synthèse narra- tive et argumentée des principales constations tirées en matière de pertinence, efficacité, efficience, impact et durabilité des projets/interventions évalués, et ainsi monter en généralité ; (ii) apprécier dans quelle mesure et dans quels cas les évaluations permettent ou non d’influencer les interventions à venir, en rapport avec la qualité des connaissances évaluatives et leur utilité (capacité à être réellement utilisées). dements, revenus, filières...). • Analyse des politiques publiques comme problématiques trans- versales aux trois dimensions décrites ci-dessus (et non pas comme une dimension séparée) ; attention particulière consacrée à la mise en évidence de « communs de l’eau » au sein des projets de l’échantillon ; ces deux aspects faisant l’objet des deux études de cas « sur table » intégrées à cette évaluation. Couverture financière • L’ensemble des outils financiers mobilisés et engagés par l’AFD pour la mise en œuvre des interventions/projets de l’échantillon, que le projet ait fait l’objet d’un cofinancement ou non. Niveau d’analyse par pays • Au sein d’un même pays, sélection d’un nombre restreint de projets pour approfondissement de l’analyse, via les études de cas, en pri- vilégiant les projets en cours ou de réalisation récente, faisant suite lorsque cela est possible à des projets antérieurs (inscription plus large dans des « interventions » longues). • Rencontre des différents niveaux d’acteurs : partenaires institution- nels, bailleurs de fonds (partenaires ou non de l’AFD), équipes pro- jet, bénéficiaires directs et indirects. • En revanche, il n’a pas été prévu dans cette évaluation de collecte systématique de données (primaires) au niveau des bénéficiaires fi- naux, directs et indirects (paysans, ménages...). Outils et méthodes • Performance évaluée à l’aune des 5 critères OCDE/CAD : perti- nence, efficacité, efficience, durabilité et impact. • La collecte des données a combiné plusieurs outils : entretiens se- mi-structurés en France ; revue documentaire élargie, y compris da- ta mining et méta-évaluation7 ; études de cas terrain (incluant des entretiens semi-structurés, mais aussi des mini-ateliers et de visites de terrain) et études de cas sur table (combinaison d’outils de col- lecte et d’analyse qualitatifs et quantitatifs). Voir la partie « Outils et méthodes » dans ce même chapitre.
  • 16. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 14 • Poursuivre la politique de l’AFD en matière d’évaluation rétrospective dans une logique de transparence et de redevabilité (ce qui suppose une diffusion relativement large des principaux résultats et recommandations de l’évaluation). Les publics cibles de cette évaluation sont les suivants : • L’AFD et notamment les départements techniques et géographiques de la DOE. Le premier cercle de l’audience est constitué par les divisions ARB et EAA ainsi que par les référents « agriculture » au niveau des agences-pays et dans les autres divisions techniques (AES notamment). Le deuxième cercle de l’audience inclut la direction IRS, la direction SPC et les agences-pays plus largement ; • La triple tutelle de l’AFD et plus particulièrement les représentants du ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE) ; • Les représentants des gouvernements des pays et partenaires du Sud qui ont bénéficié ou bénéficient de l’appui de l’AFD dans le secteur ; • Les représentants des banques ou agences de développement partenaires qui œuvrent dans le secteur et cofinancent des actions avec l’AFD ; • Les bénéficiaires directs des projets financés par l’AFD et les partenaires institutionnels (ONG, collectivités territoriales, instituts de recherche...) qui participent de la co- construction et de la mise en œuvre des interventions de l’AFD dans le secteur ; • Plus largement, l’ensemble des praticiens du développement qui s’intéressent aux problématiques soulevées par la mise en œuvre de projets en lien avec l’irrigation. B.1.6. Démarche générale et calendrier de l’évaluation L’évaluation s’est déroulée en quatre phases successives, ponctuées par la remise de li- vrables spécifiques et par l’organisation de réunions avec le Groupe de Référence (GR) constitué par l’AFD pour le suivi de cette évaluation : Une phase de cadrage de revue documentaire et d’entretiens visant à préciser la logique d’intervention de l’AFD et à élaborer la matrice d’évaluation. Une phase documentaire consistant à effectuer un état de l’art de la littérature produite sur le sujet (documentation interne et externe à l’AFD), à compléter l’inventaire des interventions et à conduire une évaluation provisoire (hypothèses concernant les réponses aux questions d’évaluation et métriques associées), tout en mettant en évidence les éléments de réponse manquants devant faire l’objet d’investigations complémentaires. Une phase de recueil de données complémentaires : réalisation de 3 études de cas pays, entretiens complémentaires, exploitation des bases de données et réalisation de 2 études de cas « sur table » (études de cas transversales) dont l’objectif est de rassembler les données nécessaires pour compléter l’information permettant de répondre aux questions d’évaluation, et en particulier, confirmer ou infirmer les hypothèses et conclusions préliminaires formulées au cours de la phase documentaire par une triangulation des différents outils. Une phase de synthèse dont l’objectif a été d’analyser les données quantitatives et les in- formations qualitatives obtenues, de les croiser et de vérifier leur fiabilité pour en dériver des constats fondés et des réponses aux questions d’évaluation. Des jugements ou conclusions et leçons globales et conclusions spécifiques relatives aux composantes-projets ont été for- mulés et, le cas échéant, des propositions de recommandations ont été faites pour améliorer des points soulevés par les conclusions. Le présent rapport d’évaluation marque l’achèvement de cette phase de synthèse. Ce rapport final inclut les observations écrites reçues sur les versions intermédiaires succes- sives et les commentaires oraux formulés lors des séance de travail du Groupe de Réfé- rence de l’évaluation. Ce rapport provisoire inclut enfin les recommandations de l’atelier de
  • 17. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 15 co-construction des recommandations organisé le 19 mars 2019 avec l’ensemble des dépar- tements et divisions de l’AFD concernés, et les échanges qui ont suivi. Une réunion publique de restitution sera organisée au siège de l’AFD à Paris. Le processus global est résumé dans le schéma ci-après (qui constitue la version actualisée du schéma figurant dans l’offre technique du groupement). Pour chaque étape, les activités réalisées sont présentées, ainsi que les livrables, les réunions du Groupe de Référence, l’atelier de co-construction des recommandations et la réunion de restitution.
  • 18. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 16 Figure 1 : Processus et chronogramme de l’évaluation (version mise à jour, septembre 2019) Timeline (en mois) Livrables Réunions - Collecte et analysedocuments clés - Reconstitution de la logique d'intervention de l'AFD et description du contexte de cooperation - Proposition questions évaluatives - Formulation de critères de jugement et des indicateurs - Proposition méthodes pour collecte et analyse des données - Etablissementde la basede données des projets AFD - Incorporation commentaires - Proposition deméthodes d'analyseappropriées des données et informations collectées - Finalisation des indicateurs etdes méthodes pour l'analysedes données - Collecte informations supplémentaires - Analysedes programmes de coopération - Entretiens (AFD Paris,Skype...) - 1ers éléments de réponse aux questions évaluatives,affinement de l'évaluabilité - Elaboration d'hypothèses de travail pour la phase de terrain (études de cas pays) - Identification interventions/projets à analyser plus en détail pendant phaseterrain - Elaboration planningdéfinitif phaseterrain - Incorporation commentaires - Missionsdeterrain dans trois pays :Maroc, Sénégal et Cambodge - Réunion de présentation des constats et premières conclusions(chaquepays) - Deux études de cas thématiques : politiques publiques et communs - Rédaction des comptes-rendus des visites pays + notes de synthèse des deux études de cas transversales - Analyseapprofondiefaits et constats - Confirmation constats - Jugement et formulation conclusions - Rédaction rapportprovisoire - Rédaction rapportrévisé - Rédaction synthèse de l'évaluation - Elaboration présentation (PowerPoint) - Ebauche recommandations - Atelier de co-construction des recommandations de l'évaluation - Incorporation commentaires - Finalisation del'ensembledes produits (sept livrables au total) Phase de cadrage Questions Critères Indicateurs Phase documentaire Collecte de données Analyse et interprétation Visites pays et recueil de données complémentaires Etudes de cas (3 études pays + 2 thématiques) Triangulation avec autres outils Analyse finale et synthèse Réponses consolidées et aux questions d'évaluation Synthèse et recommandations Note de cadrage Rapport documentaire Produits finaux Note de cadrage Rapport provisoire GR1 Logique d'intervention CR des études Atelier de co- construction des recommendations RE Août 2017 Restitution et diffusion GR2 GR3 Restitution publique GR4 GR5 Rapport révisé + synthèse RE RE Janvier 2018 Juillet 2018 Décembre 2018 Septembre 2019 Groupe de Réunion
  • 19. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 17 B.2. Méthodes et outils de l’évaluation Les deux premières phases de l’évaluation ont permis de construire et de développer un ensemble d’outils et de méthodes qui ont été déployés dans les phases suivantes. Cette section présente la méthodologie de reconstitution des logiques d’intervention, la construc- tion de la matrice d’évaluation et son évolution, ainsi que les différents outils mobilisés pour collecter les données nécessaires à l’évaluation. B.2.1. Méthodologie de reconstitution de la logique d’intervention Enjeu(x) de cette reconstitution L’évaluation de 34 années d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation suppose de pouvoir reconstituer un système cohérent d’objectifs et de logiques propres à l’AFD dans ce secteur. Ce travail était un prérequis indispensable pour conduire l’évaluation à partir d’une référence partagée par l’ensemble des acteurs impliqués. L’un des premiers objectifs de la phase de cadrage a donc consisté à reconstruire la logique d’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation, sur la période couverte par l’échantillon de projets fournis pour l’évaluation. La démarche de reconstitution a posteriori implique d’examiner rétrospectivement les différentes interventions menées par l’AFD pour en reconstituer le cheminement et les situer autant que possible dans le contexte internatio- nal de l’aide au développement qui prévalait aux différentes époques. L’équipe d’évaluation a également gardé à l’esprit que certaines interventions dans le domaine de l’irrigation pou- vaient avoir été dictées par des stratégies nationales ou des logiques géographiques propres. Le choix a donc été de ne pas rechercher à tout prix à ancrer les interventions de ces 34 dernières années dans un chemin unique, mais de les considérer dans leur diversité. Cette étape de reconstitution de la logique d’intervention a répondu à quatre objectifs : • Comprendre les changements opérés dans la stratégie d’intervention sur le temps long et identifier les différentes logiques à l’œuvre ainsi que les points d’inflexion (en mettant en évidence les principaux déterminants internes et externes à l’AFD) ; • Analyser la cohérence interne de la stratégie en clarifiant au fil du temps les relations entre les objectifs poursuivis et les effets attendus (en explicitant les activités, les réali- sations, les résultats, les impacts) ; • Identifier des questions d’évaluation relatives à ces effets (au sens large du terme) et influencer l’élaboration de la matrice d’évaluation ; • Accroître la visée formative de l’évaluation en dégageant les lignes de tendance qu’il serait logique et pertinent de prolonger au cours des prochaines années. C’est finalement l’entrée temporelle qui a été privilégiée dans la reconstitution des logiques successives d’intervention de l’AFD au cours des 34 dernières années ; il est néanmoins important de garder en tête que, même si les grandes étapes semblent se retrouver partout dans les grandes lignes, cette logique d’intervention ne s’est pas forcément déployée de la même façon, ni avec le même calendrier, sur toutes les géographies de l’AFD et que la lec- ture géographique reste fondamentale. Elaboration du cadre conceptuel La logique d’intervention est définie comme « l’ensemble des activités mises en œuvre, des effets attendus (réalisations, résultats et impacts) ainsi que des hypothèses qui expliquent comment les activités vont conduire aux effets dans le contexte de l’intervention » (Source : Evaluation Unit DEVCO, Union Européenne).
  • 20. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 18 La littérature récente souligne les écueils d’une relecture des interventions à travers les con- ventions de financement. Selon Jacob et Lavigne-Delville (2016), une telle périodisation ba- sée sur le démarrage ou l’arrêt des conventions de financement ne se concentre pas sur les bons vecteurs et facteurs de changements. L’intervention d’acteurs influents ou les priorités politiques ponctuelles qui président à la signature de certaines conventions de financement peuvent en effet masquer les stratégies d’intervention sur le temps plus long. Les financements octroyés par l’AFD depuis 1983 ne constituent donc pas une clé d’entrée pertinente pour retracer l’évolution des logiques d’intervention. A cela, nous avons préféré nous inspirer du concept d’unité de problématisation proposé par Jacob et Lavigne-Delville (2016). Selon ces auteurs, une problématisation « émerge à un moment donné et se maté- rialise, grâce à la convergence d’un certain nombre d’acteurs, d’institutions qui, à un moment donné, partagent la conviction que c’est comme cela qu’il faut penser ou agir ». L’unité de problématisation regroupe alors les actions (dans le cadre de cette évaluation, les interven- tions) menées en réponse à cette problématique générale. Figure 2 : Schéma conceptuel de reconstitution de la logique d’intervention comme « unité de problématisation » (inspirée de Jacob et Lavigne-Delville, 2016) La reconstitution de l’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation depuis 1983 s’appuie sur cette représentation schématique ainsi que sur les postulats suivants : • Une unité de problématisation peut être décrite à travers l’ensemble des projets ou interventions qui la constitue, appelé grappe de projets ; • Les projets appartenant à une même « grappe » (ici projets A1, A2 et B) ont des objec- tifs spécifiques communs ou à minima des activités similaires ; • Une grappe de projets peut être caractérisée par une logique d’intervention type ; lo- gique artificielle reconstituée à partir de la synthèse des logiques de chacun des pro- jets et qui peut être déclinée en activités, produits, résultats et impacts ; • Une logique d’intervention type marque une période précise d’intervention de l’AFD dans le domaine de l’irrigation ; période qui débute par l’émergence d’une nouvelle problématique et se termine par la remise en cause éventuelle de cette problématique ou tout du moins l’identification de ses limites. Selon ces partis-pris conceptuels, il ne s’agit donc pas de reconstituer a posteriori la logique d’intervention de l’AFD, mais bien des logiques d’intervention qui se sont succédées sur le temps long. Ainsi, chacune de ces logiques d’intervention a, pendant une période donnée, été le moteur des interventions de l’AFD dans le domaine de l’irrigation.
  • 21. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 19 Préalables méthodologiques La période longue couverte par l’évaluation a été marquée par des facteurs de changement internes et externes à l’AFD. Les facteurs externes sont les caractéristiques intrinsèques du secteur de l’irrigation et les éléments de contexte liés à l’aide publique au développement, à la politique française d’aide ou au financement des Etats concernés. Ces facteurs de changement internes et externes sont précisés lorsqu’ils constituent des déterminants forts des changements de paradigme dans l’appui de l’AFD à l’irrigation. Les principaux défis à relever pour effectuer la périodisation de l’action de l’AFD et caractéri- ser les logiques d’intervention type de chacune de ces périodes sont liés à (i) la diversité des pays d’intervention et des contextes géographiques couverts par l’évaluation ; (ii) la com- plexité du secteur de l’irrigation et des différentes dimensions de la gestion de l’eau agricole ; (iii) le faible nombre de documents-cadres traitant spécifiquement de la stratégie de l’AFD, ou de tout bailleur, dans un domaine par nature transversal. En effet, en dépit de sa longue tradition d’intervention dans le secteur, l’irrigation n’a pas fait l’objet de priorité sectorielle affichée ou de document stratégique spécifique de la part de l’AFD8 . La stratégie d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation s’est construite pro- gressivement, sur la base des retours d’expérience des programmes qu’elle a financés ou de ceux financés par d’autres bailleurs de fonds. Les projets d’irrigation financés par l’AFD dans le temps ont ainsi pu être guidés par des opportunités d’interventions dans des aires géo- graphiques ciblées plutôt que par une stratégie déterminée à l’avance. Dans ce contexte, appréhender les évolutions de l’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation a nécessité l’élaboration d’un modèle analytique en cinq étapes successives : • Ouvrir la « boîte noire » de la formulation des projets pour s’intéresser à leur genèse et à leur logique d’intervention propre ; • Identifier des grappes de projets appartenant à des logiques d’interventions proches (même unité de problématisation) ; • Mettre en perspective la logique d’intervention de ces grappes de projets avec le con- texte d’évolution externe et interne à l’AFD dans lequel ces projets s’inscrivent ; • Identifier dans le temps les facteurs de changement qui expliquent l’infléchissement de la logique d’intervention de l’AFD ; • Découper les logiques d’intervention successives identifiées en grandes « périodes » et les caractériser de manière homogène. Cette étape de périodisation et caractérisation de l’intervention de l’AFD s’est appuyée sur une revue documentaire ciblée, une analyse exploratoire des bases de données des projets fournies par l’AFD et sur une première série d’entretiens auprès de personnes-ressources de l’AFD (cf. Tableau 2). Il a conduit au découpage de l’intervention de l’AFD de 1983 à 2017 en quatre grandes périodes explicitées et détaillées dans le chapitre C. 8 L’irrigation a toutefois fait l’objet de plusieurs bilans et notes sectorielles « Eau et Agriculture » (note de plai- doyer, cadre conceptuel pour l’AFD…) au cours de la dernière décennie, à l’initiative des spécialistes irrigation de la division ARB. En l’absence de documents stratégiques, ce sont principalement les CIP (cadre d’intervention pays de l’AFD) qui guident au plan opérationnel les interventions en matière d’irrigation.
  • 22. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 20 Tableau 2 : Outils et méthodes utilisés pour la reconstitution de la logique d’intervention Exploitation de la bibliographie fournie/disponible Méthodes Fonds mobilisés Documents consultés Eléments recherchés Revue documentaire Littérature grise et diverse afférente à la problématique  Contexte international de l’APD  Evolutions de l’APD pour l’agriculture et l’irrigation  Contexte de politique d’APD française en matière de dévelop- pement agricole, d’irrigation et de sécurité alimentaire  Principales dates et réformes qui ont marqué l’histoire de l’AFD  Dates et faits saillants de l’APD  Evolution des paradigmes de l’APD  Articulation avec le secteur agricole  Dates et faits saillants dans l’évolution interne de l’AFD Analyse des documents récents de programmation et positionnement de l’AFD Documents dans lesquels l’irrigation est un axe majeur  Notes sectorielles Eau et Agriculture (ARB)  Note de Recadrage de l’Action française en matière d’Eau Agri- cole (MAE, 2000)  CIS Développement Rural 2010-2012 et CIS Sécurité Alimen- taire en Afrique Subsaharienne 2013-2016  Cadre Stratégique pour l’Eau Agricole au Sahel 2016-2020  Présentations diverses (Dakar, Washington)  Cadre stratégique COSTEA 2 (2017)  Principales inflexions stratégiques en matière d’intervention dans le secteur agricole depuis 2000  Evolution du rôle et de la place accor- dée à l’irrigation par l’AFD Analyse exploratoire et transversale des projets Documentation des logiques d’intervention des projets  Notes de présentation des projets  Notes au conseil  Reconstitution des cadres logiques  Caractérisation des grappes de projets Entretiens avec des personnes-ressources de l’AFD Méthode Cible des entretiens Personnes rencontrées Aspects discutés Entretien semi-directif (1-2 personnes) Personnel ARB + EVA Personnes ressources pour leurs expériences de pilotage et de stratégie  Karen Rousseau et Julien Calas (EVA)  Jean-Luc François, Marie-Cécile Thirion, Vatché Papazian et Fahide Si Tahar (ARB)  Olivier Gilard (EAA)  Matthieu Legrix (AFD Tunis)  Serge Michaïlof (DEO 2001-2004)  Jean-Yves Grosclaude (DEO 2010 – 2013)  Contexte relatif à l’évaluation 2017  Inflexions stratégiques : thématiques, financements et géographies  Positionnement et identité de l’AFD dans le secteur de l’irrigation  Validation de la périodisation  Grandes étapes de l’histoire de l’AFD Etudes de cas pays et études de thématiques transversales Etudes Méthodes Documents et interlocuteurs Eléments recherchés Etudes de cas Maroc, Sénégal et Cambodge Recherche bibliographique, articles de recherche, entre- tiens semi-directifs et visites de terrain dans les trois pays  Documents de projets, documents de capitalisation et évalua- tion, articles de recherche  Représentants des administrations et partenaires techniques et financiers dans les pays  Personnel AFD dans les agences  Eléments de triangulation et d’illustration des périodes  Déterminants des principales inflexions stratégiques et opérationnelles Etudes de thématiques transversales
  • 23. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 21 B.2.2. Méthode de construction de la matrice d’évaluation Construction de la matrice Au cours de la phase de cadrage, les questions figurant dans les TdR ont été réorganisées en 12 questions évaluatives clés associées aux 5 critères OCDE de l’évaluation. La question de la valeur ajoutée (qui aurait pu faire l’objet d’une question évaluation spécifique) a été intégrée dans le critère pertinence/cohérence. Selon leur niveau d’importance et de détail, les questions figurant dans les TdR ont été : soit prises en compte comme questions évalua- tives clés ; soit prises en compte comme sous-questions ; soit renvoyées à des listes de con- trôle9 développées ultérieurement lors de la phase documentaire. La question de l’évaluabilité10 Il n’était pas prévu d’étape spécifique visant à déterminer l’évaluabilité. Compte tenu du ca- ractère sectoriel, complexe, multipays et stratégique de l’évaluation, il n’a pas semblé perti- nent de mesurer l’évaluabilité d’ensemble de l’évaluation. Cette mesure a donc été faite au niveau de chaque sous-question évaluative à partir des trois critères suivants11 : • Existence et qualité des données disponibles (pour certaines sous-questions il s’agit d’une estimation qui sera affinée lors de la phase documentaire) ; • Contribution intrinsèque de la sous-question pour répondre à la question évaluative (tri entre les questions « need to know » et les questions « nice to know ») ; • Effort prévisible (temps) nécessaire pour collecter et analyser les données en fonction de l’analyse préalable du fonds documentaire réalisée lors de la phase de cadrage. L’évaluabilité de certaines sous-questions n’a été déterminée de manière définitive qu’à la fin de la phase documentaire. Certains choix – reformulation ou abandon de certaines sous- questions – ont alors été faits en fonction des ressources disponibles. Place de la matrice dans le processus d’évaluation La matrice d’évaluation a été nourrie de l’analyse préalable développée lors de la phase de cadrage et notamment la reconstitution de la logique d’intervention. Une fois la matrice stabi- lisée à la fin de la phase de cadrage, les colonnes « sources d’information » et « outils mobi- lisés » ont permis de générer de manière relativement mécanique les outils en tant que tels (questionnaires, termes de référence pour les études de cas, listes de contrôle, etc.). La phase documentaire a fourni des éléments de réponse à un certain nombre de critères de jugement et de sous-questions évaluatives. Cette phase a aussi permis de déterminer les sous-questions pour lesquelles l’évaluation ne permettrait probablement pas d’apporter de réponses. La matrice a ainsi évolué avec les résultats de la phase documentaire ; elle a éga- lement évolué (à la marge) lors de la construction des outils d’évaluation. La version finale de la matrice d’évaluation figure en annexe du rapport. 9 Pour les exemples de listes de contrôle, se référer à la note méthodologique produite en début d’étape 2. 10 Pour mémoire, l’évaluabilité vise à déterminer « dans quelle mesure une activité ou un projet peut être éva- lué(e) d’une manière fiable et crédible » (source : OCDE-CAD). 11 Adapté à partir de Davies (2013) et de Peersman, G., Guijt, I., and Pasanen, T. (2015). La deuxième référence concerne essentiellement les évaluations d’impact mais la liste de contrôle reste pertinente.
  • 24. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 22 B.2.3. Vue d’ensemble des outils de collecte et d’analyse Plusieurs outils ont été utilisés lors de la phase de collecte et d'analyse des données pour répondre aux questions et sous-questions d’évaluation. Ces outils ont été complémentaires et chaque sous-question a mobilisé entre 2 et 4 outils, permettant d’effectuer une triangula- tion aussi rigoureuse et systématique que possible des informations collectées. Tableau 3 : Vue d’ensemble des outils de l’évaluation Outil Description Points d’application Data mining Extraction de données spécifiques des systèmes/outils de suivi des projets utilisés par l’AFD (et plus générale- ment de n’importe quel ensemble homogène de documents ou de sources d’information) en vue d’appliquer des méthodes statistiques pour analyser les données et informer les indicateurs quantitatifs Base de données des documents du cycle projet AFD (FIP/FPP, Notes aux instances et RAP) Base de données des évaluations de projet menées par l’AFD Littérature scientifique (notamment celle produite par l’AFD ou dans le cadre de projets AFD) Données extraites du système de suivi budgétaire AFD Rapports annuels produits par les autres agences de développement, les parte- naires et maîtres d’ouvrage des projets financés par l’AFD Analyse documentaire Documenter les aspects spécifiques (principalement qualitatifs) de l’évaluation en lisant les documents produits par l’AFD et d'autres organi- sations et en extrayant les informa- tions pertinentes et vue d’une exploita- tion à caractère analytique Documents produits par l’AFD et les autres partenaires, au niveau global ou au niveau régional/pays La liste des documents utilisée pour la revue documentaire est similaire à celle visée par le « data mining » (à l’exception du suivi budgétaire) Entretiens semi-structurés Recueillir des informations approfon- dies auprès de personnes clés dispo- sant d’informations spécifiques, pour éclairer les indicateurs qualitatifs ou pour étudier et expliquer les résultats quantitatifs Approfondir certaines thématiques à l’issue de la phase documentaire, lorsque certains constats ont com- mencé à émerger Préparer les études de cas pays et les études de cas transversales et valider certaines conclusions évaluatives à l’issue des visites pays Une cinquantaine d’entretiens ont été réalisés au niveau global (agents AFD et personnes ressources extérieures) et une centaine au niveau pays. Voir liste des personnes rencontrées en annexe
  • 25. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 23 Outil Description Points d’application Etudes de cas Etudes pays Apporter des éléments de preuve au niveau des pays/des projets sur le terrain, en particulier pour les aspects liés à la mise en œuvre (efficience, efficacité) et aux effets et résultats (durabilité, impact) Documenter certaines spécificités nationales et recueillir des données qualitatives Faciliter la triangulation avec les autres outils de l’évaluation Trois pays finalement retenus après ana- lyse du portefeuille : Maroc, Cambodge et Sénégal Chaque étude de cas pays a été réalisée au moyen d’un éventail d'instruments évaluatifs, dont l’observation, les entre- tiens semi-structurés, les groupes focaux de discussion et les ateliers participatifs Revue documentaire ciblée menée en préalable à chaque visite pays Principaux interlocuteurs rencontrés dans le pays : partenaires institutionnels, instituts de recherche locaux, maîtres d’ouvrages nationaux ou régionaux, bé- néficiaires directs ou indirects, presta- taires impliqués dans la mise en œuvre des projets, personnel de l’AFD en agence Etudes transversales Apporter des éléments de preuve sur certains thèmes transversaux sans se limiter en termes de géographies, en mobilisant essentiellement une ana- lyse documentaire et des entretiens semi-directifs Faciliter la triangulation avec les autres outils de l’évaluation Analyse documentaire principalement. Entretiens semi-directifs (à distance pour la plupart) auprès de différentes catégo- ries d’acteurs (partenaires impliqués dans la mise en œuvre des interventions, personnel AFD, chercheurs…) Certaines études de cas transversales ont bénéficié des missions réalisées dans d’autres cadres par les membres de l’équipe d’évaluation B.3. Les limites de l’évaluation Cet exercice d’évaluation a présenté un certain nombre de limites identifiées dès la phase de cadrage et liées au format et à l’ampleur de l’échantillon concerné. Cette section passe en revue les limites qui ont le plus fortement influencé l’approche évaluative. B.3.1. Une période d’évaluation exceptionnellement longue L’évaluation portait sur une période de 34 ans, ce qui est exceptionnellement long pour une évaluation (même rétrospective). Cette période renvoie à des dispositifs et pratiques en ma- tière de gestion des projets qui ont profondément changé, de même que le cadre stratégique dans lequel a évolué l’AFD à la fois au niveau international ou dans le cadre plus retreint de la politique française de coopération au développement. La longueur de cette période a entraîné des contraintes, que ce soit en termes d’accessibilité à l’information, de possibilités de traitement et d’analyse de certaines sources d’information ou encore de disponibilité des acteurs ayant une mémoire institutionnelle couvrant la période d’évaluation. De plus, la mémoire longue est, de fait, couplée à l’expérience personnelle et au ressenti des acteurs. Leurs témoignages ont donc été considérés avec précaution, afin de distinguer les faits des expériences individuelles. Les enjeux d’une période aussi longue viennent également de la difficulté d’accès et d’obtention de la documentation ancienne. La consultation systématique des archives pour chaque étude de cas pays a représenté un travail minutieux, chronophage et dont le rende- ment a été relativement faible sur un plan évaluatif.
  • 26. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 24 B.3.2. Une documentation hétérogène L’équipe d’évaluation a cherché, au cours de la phase documentaire, à optimiser l’utilisation des ressources disponibles pour inclure le maximum de documents et donner à l’exercice une profondeur analytique maximale. Compte tenu du grand nombre de documents dispo- nibles et de leur diversité, la stratégie de l’équipe d’évaluation s’est d’abord orientée vers la sélection de groupes de documents présentant potentiellement le plus d’informations et cou- vrant une longue période. L’équipe d’évaluation a ensuite développé une méthode de sco- ring qui a permis d’unifier la méthode d’analyse des documents entre les différents évalua- teurs impliqués. Malgré une recherche permanente d’efficacité, les constats suivants s’imposent et apparaissent comme autant de limites à cet exercice : • L’hétérogénéité de la documentation disponible a imposé de limiter les traitements quantitatifs à la période 2000-2017 et à certains types de documents identifiés ; • La relative rareté des documents pour les périodes les plus anciennes (1983-1991 et 1992-2000) (une difficulté prévisible et anticipée) et de surcroit, le format scanné de nombreux documents de ces deux périodes qui a empêché un traitement semi- automatisé à commencer par la recherche de mots clés ; • La qualité inégale des données disponibles dans les documents du cycle de projet car l’information cherchée n’existe pas forcément dans tous les documents ; si la qualité des documents s’est globalement améliorée au fil des périodes, cela laisse de nom- breuses zones d’ombre pour une revue documentaire systématique ; • La proportion faible de projets de l’échantillon ayant fait l’objet d’une évaluation (no- tamment d’une évaluation décentralisée – ED) ; ce manque progressivement comblé (les projets plus récents ayant plus systématiquement fait l’objet d’une ED) correspond à la montée en puissance de l’évaluation comme outil de pilotage à l’AFD. Ce phéno- mène n’est pas propre au secteur de l’irrigation, mais il a amené l’équipe d’évaluation à réduire ses ambitions quant aux résultats à attendre de cet exercice ; • Le caractère qualitatif de beaucoup de critères de jugement, qui laissait un spectre de notation relativement large à chacun des évaluateurs chargés du scoring ; cette di- mension subjective a été prise en compte en précisant le mieux possible l’application des critères de jugement et en octroyant davantage de temps pour discuter, confronter et calibrer le scoring au sein de l’équipe. Malgré le biais que peut créer cette part de subjectivité dans le scoring, elle a aussi pu ajouter de la valeur à l’analyse en mobili- sant les connaissances de chacun des experts thématiques ; • La mise à disposition des budgets détaillés à chaque projet était initialement envisagée comme une source d’information primordiale pour répondre aux questions liées au cri- tère efficience. Toutefois, la structure et le niveau de détail des fichiers mis à disposi- tion n’ont permis un traitement que partiel ; à savoir de réussir à faire la distinction entre la part de hard et de soft allouée à chaque projet – même si certaines incerti- tudes subsistent encore à ce niveau. B.3.3. La difficulté à évaluer l’impact des projets Il n’était pas prévu de réaliser une véritable étude d’impact dans le cadre de cette évaluation. L’estimation de l’impact des interventions de l’AFD s’est donc appuyée sur une analyse de contribution qualitative, mise en place dans les protocoles des études de cas pays. La sous- question évaluation 7.2 envisageait « l’utilisation des outils statistiques disponibles au niveau national pour déterminer l’impact socio-économique des projets » dans le cadre des études de cas pays, mais cette utilisation s’est révélée extrêmement difficile à mettre en œuvre, même sur un nombre réduit de projets financés par l’AFD.
  • 27. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 25 B.3.4. Le concept des « communs » et son application Le cadre théorique des communs a été développé récemment (fin 2015) au sein de l’AFD, la proportion de projets dans le périmètre de cette évaluation rétrospective s’y référant explici- tement est donc réduite. Cela ne veut cependant pas dire que les projets de l’AFD, même plus anciens, n’ont pas eu un impact sur les communs liés à l’irrigation, via les innovations sociales et institutionnelles encouragées ou promues. En conséquence, le format et le périmètre de l’étude de cas transversale « communs » a évolué au cours de l’évaluation. Cette évolution a eu une double conséquence : l’étude de cas transversale communs s’est quelque peu éloignée du cadre évaluatif initial (et notam- ment de son critère de rattachement, l’impact) ; dans le même temps, l’étude de cas dans sa version finale répond mieux aux questionnements de l’AFD et a permis de dégager des pistes de travail qui bénéficieront autant à la division ARB qu’au département de la re- cherche (qui a un rôle d’animateur sur cette thématique au sein de l’AFD).
  • 28. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 26 C. Evolution temporelle des logiques d’intervention de l’AFD dans le secteur de l’irrigation C.1. Méthode de reconstitution et limites L’analyse réalisée propose de distinguer quatre grandes périodes, pour chacune desquelles une logique d’intervention a été identifiée et reconstruite. Pour plus de détail sur la mé- thode utilisée, se référer au chapitre précédent (section B.2.1). Les dates considérées pour chaque période correspondent aux dates de l’échantillon de projets analysés pour ce travail. Elles ne doivent pas être considérées à l’année près. L’année 1983, notamment, ne correspond pas au démarrage d’une période particulière mais, de manière un peu arbitraire, au début de la période évaluée. Par ailleurs, les évolutions qui sont développées dans ces quatre périodes, même si elles semblent se retrouver pour l’essentiel dans la plupart des pays d’intervention, ne se réalisent pas partout selon le même calendrier. Il peut y avoir un décalage temporel important entre les évènements qui déterminent une inflexion de politique, la traduction de cette évolution dans l’intervention et la diffusion dans les différentes géographies. Ainsi, si chacune des périodes permet de mettre en évidence des inflexions ou des change- ments en matière d’objectifs et de logiques d’intervention, les remises en cause peuvent être antérieures et avoir émergé au cours de la phase précédente. Il faut également considérer le temps de la transition : un changement de politique ne se traduit pas par des effets immé- diats, que ce soit en termes d’appropriation de la vision par les acteurs et sa traduction au plan opérationnel. De plus, les problématiques n’émergent pas de la même manière, ni au même moment selon les pays qui ont chacun leur propre histoire politique et institutionnelle. Enfin, la durée de conception et d’instruction des projets peut créer des décalages de quelques mois à quelques années entre l’émergence d’une problématique et le financement des projets dont les notes de présentation ont été analysées. Chaque période identifiée fait l’objet d’une contextualisation permettant d’établir la per- tinence de mettre en relation la logique d’intervention identifiée et le contexte global, interne et externe à l’AFD, dans lequel sa formulation et sa mise en œuvre sur le terrain s’inscrivent. Chaque logique d’intervention est ensuite détaillée et présentée sous forme d’un diagramme des impacts attendus qui en facilite la compréhension. Ces diagrammes représentent les différents éléments autour desquels se structurent les projets, sans pour autant que tous ces éléments se retrouvent dans tous les projets de la période considérée. Les diagrammes re- présentent donc plutôt l’univers des possibles de chaque époque considérée. L’intervention de l’AFD se caractérise cependant par une grande diversité de projets pour une période donnée. Il serait donc erroné de considérer que la logique d’intervention de l’AFD est identique dans toutes les géographies. Mais, pour les besoins de l’évaluation, il a été nécessaire d’axer la présentation des périodes sur les grandes lignes observables, sans pouvoir entrer dans le détail de projets qui s’en démarquent. Enfin, l’analyse descriptive des logiques d’intervention accorde une attention particulière à la « sémantique » associée de chaque période considérée, qui se reflète dans les documents de référence et notamment la documentation des projets, entendant ainsi montrer comment cette sémantique a elle aussi évolué dans le temps.
  • 29. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 27 C.2. Frise chronologique simplifiée du contexte national et international Evènements marquants dans l’histoire de l'AFD Politique française d'aide au développement Cadre international de l'aide Création de la CCFOM 1944 1944 Conférence de Brazzaville 1944 Accords de Bretton Woods : création BM (BIRD) et FMI 1948 GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) 1957 Traité de Rome (Communau- té Européenne) Création de la CCCE 1958 1959 Création du Fonds d’aide et de coopération (FAC) 1959 Fonds Européen de Déve- loppement Autorisation de financements aux conditions du marché 1975 1975 Accords de Lomé CE-Pays ACP (plusieurs accords successifs jusqu'en 2000) Elargissement du périmètre à des pays anglophones et lusophones d’Afrique et Haïti Création de PROPARCO 1977 1979 BM-FMI : Plans d'ajustement structurels (PAS) Début des aides budgétaires 1981 1982 Début de mise en œuvre des PAS et « Nouvelle Politique Agricole » au Sud Démarrage de la période d’évaluation Ouverture d’un guichet sub- vention pour les pays les moins avancés (PMA) 1990 1990 Sommet de La Baule La CCCE devient la CFD 1992 1992 Conférence internationale sur l’eau et l’environnement de Dublin & Sommet de la Terre de Rio Elargissement du périmètre (60 pays) : Méditerranée, Asie, Pacifique, DOM-TOM Publication des travaux d'Elinor Ostrom sur les com- muns 1993 Création Fonds d’étude et d’Aide au Secteur Privé (FASEP) Création du FFEM 1994 1994 Dévaluation du Franc CFA 1995 Création de l'OMC 1996 Club de Paris : programme PPTE pour réduire l'endette- ment La CFD devient l'AFD 1998 1998 Intégration du Ministère de la Coopération dans le Minis- tère des Affaires Étrangères Création du CICID 1998 Création Réserve des Pays Emergents (RPE) 1999 Définition de la Zone de Solidarité Prioritaire (ZSP) 1999 G8 (Cologne) : Initiative d'allègement de la dette 2000 Stratégie française de l’eau agricole pour le développement (MAE) 2000 Sommet du Millénaire : Adop- tion des 8 OMD Accords de Cotonou (UE- pays ACP) Contrat de désendettement et de développement (C2D) 2001 Création du Fonds de solida- rité prioritaire (FSP)
  • 30. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 28 Evènements marquants dans l’histoire de l'AFD Politique française d'aide au développement Cadre international de l'aide 2002 Conférence de Monterrey sur le financement de l'aide Début de l'ouverture aux pays émergents (Chine, Turquie) 2003 2003 Déclaration de Rome sur l'harmonisation de l'aide 2004 2004 Création de la Conférence d’orientation stratégique et de programmation (COSP) Transfert à l'AFD des FSP relatifs au secteur de l'agri- culture et du développement rural 2005 Réforme du dispositif de la coopération française 2005 G8 (Gleneagles) : initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM) Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au déve- loppement (Accra) Suite de l'ouverture aux pays émergents (Brésil, Inde, Indonésie, Pakistan) 2007 2007 Premier budget triennal de l'APD 2008 Programme d'action d'Accra Intégration de pays d'Amé- rique centrale et latine dans le périmètre 2009 2009 Prix Nobel décerné à Elinor Ostrom et Oliver Williamson pour leurs travaux sur la gouvernance économique Début des financements pour des initiatives de la société civile 2012 Rio + 20 : Sommet de la Terre (Des OMD aux ODD) 2013 Forum de haut niveau sur l’irrigation au Sahel - Déclara- tion de Dakar Intégration des ODD 2015 2015 Prêt du Trésor non conces- sionnel (nouvel outil) 2015 UN : Conférence d'Addis- Abeba, adoption des ODD COP 21 : Accords de Paris sur le climat Renforcement de l'action de l'AFD (+4 milliards d’engagements d'ici à 2020) 2016 Alliance stratégique de l’AFD avec la Caisse des dépôts et consignations 2017
  • 31. Hydroconseil & Agriate Evaluation rétrospective des interventions de l’AFD dans le secteur de l’irrigation – Rapport final Page 29 C.3. 1983-1991 : Développement de l’agriculture irriguée : vers la fin d’une approche aménagiste des Etats et des bailleurs Pendant la décennie qui suit les indépendances (1960-1970), le début de l’intervention de la CCCE (Caisse Centrale de Coopération Economique) dans les anciennes colonies fran- çaises s’inscrit dans la poursuite des grands programmes d’aménagements hydro-agricoles initiés pendant la période coloniale (notamment : Office du Niger au Mali, delta du fleuve Sénégal, lac Alaotra à Madagascar). Cette intervention est marquée par des politiques agri- coles volontaristes orientées vers l’autosuffisance alimentaire (riz) et les productions d’exportation (coton, sucre). Cette époque se caractérise également par la création de grandes sociétés d’aménagement d’Etat12 auxquelles sont confiées la maitrise d’ouvrage et la gestion et la mise en valeur agricole des périmètres publics. Ce mouvement ne se limite pas à la zone d’intervention de la CCCE, il est également présent en Afrique du Nord avec la création des Offices au Maroc (ORMVA) et en Tunisie. A l’orée des années 1980, début de la période d’évaluation, les orientations de l’intervention AFD en irrigation sont les mêmes que celles des deux décennies qui précèdent. Jusqu’à la fin des années 1990, la majorité des projets financés par la CCCE se situe en Afrique subsaharienne (principalement francophone) bien que la CCCE soit autorisée à in- tervenir dans les pays africains anglophones et lusophones ainsi qu’en Haïti à partir de 1975. L’intervention en irrigation est axée sur l’aménagement des grands systèmes irrigués sur les rives des fleuves Sénégal et Niger. Elle est également significative dans le Nord Cameroun (riz), dans les pays du Golfe de Guinée (sucre en Côte d’Ivoire) et au Mozambique (début d’une longue intervention sur le grand périmètre de Chokwé)13 . Durant cette période (et jusqu’en 2005 – voir infra), l’aide au développement conduite par la France se partage entre la CCCE et le Ministère en charge de la coopération14 qui intervient dans les pays « du champ »15 . Les rôles se partagent globalement de la manière suivante : la CCCE finance, sur prêts, des projets (principalement d’infrastructures) dans les secteurs économiques dont l’agriculture, tandis que le Ministère de la Coopération porte, sur subven- tions, des projets dans les secteurs dits sociaux (santé, éducation…) et des programmes d’assistance technique et d’appui institutionnel dans tous les secteurs. Ainsi, le Ministère de la Coopération conduit des programmes d’assistance technique dans les pays d’intervention de la CCCE, notamment auprès des ministères de l’agriculture. Il y a donc superposition des deux mécanismes sur l’agriculture et l’irrigation dans de nombreux pays, avec parfois une articulation explicite entre les deux, les assistants techniques de la coopération pouvant ac- compagner les projets d’investissement financés par la CCCE. Selon les pays et les interve- nants des deux institutions, cette superposition était aussi vécue comme une concurrence, plus que comme une complémentarité, ce qui a pu poser des difficultés ou tout au moins conduire à une mauvaise exploitation des synergies potentielles. A la même époque, le Ministère de la Coopération pouvait également mener, via les SCAC, des projets dans le secteur irrigation dans d’autres géographies que celles de la CCCE (c’était par exemple le cas en Afrique du Nord). Cette première période correspond à une étape de transition fondamentale dans l’aide au développement, avec le début de la mise en œuvre des premiers plans d’ajustements struc- 12 Certaines de ces structures sont antérieures, notamment l’Office du Niger dont la création remonte à 1932. 13 L’échantillon de projets disponibles sur la période ne couvre pas tous les pays d’intervention. 14 Désigné par la suite « Ministère de la Coopération » par commodité. 15 Principalement les anciennes colonies françaises ayant acquis leur indépendance dans les années 1960.