Levee de fonds, mode d'emploi 2015

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« Levées de fonds, mode d’emploi », pour tout savoir sur comment mener à bien un tour de table. Vous pourrez y retrouver notamment des témoignages de chefs d’entreprise qui vous livrent leurs précieux conseils …

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Levee de fonds, mode d'emploi 2015

  1. 1. #08B I S S E P T E M B R E 2 0 1 5 L E V ÉE S D E FO ND S M O D E D ’ E M P L O I
  2. 2. Différents modes de financements peuvent intervenir lors de la création et du développement d’une entre- prise. Les subventions, prêts et autres aides sont des modes de finance- ment non dilutifs, contrairement aux levées de fonds qui entrainent une prise de participation d’investisseurs au capital de l’entreprise. La levée de fonds est devenue un véritable « buzzword » dans l’univers des start-ups. De nombreux entre- preneurs sont ainsi attirés vers ce mode de financement. Néanmoins, mener une levée de fonds demeure complexe et difficile, long et ne comporte pas que des avantages. En outre, un grand nombre de dossiers ne trouve pas d’investisseurs. Avant de se lancer dans cette aventure, il est essentiel de s’interroger : un autre type de financement serait-il plus adapté ? Pourquoi mener une levée de fonds ? Quand ? A quelle hauteur ? … Puis, vient le temps de la préparation. Ce guide se veut un véritable mode d’emploi pour les entrepreneurs désireux de recourir à ce mode de fi- nancement pour créer et développer leur société. Il est édité par la Plaine Images en complément du Pano- rama //08 : « Financer la créativité numérique ». L E V É E S D E F O N D S : M O D E D ’ E M P LO I
  3. 3. < 1. La levée de fonds : une nécessité ? > PAGES < 4 - 5 - 6 - 7 > < 2. Quelques Chiffres > PAGES < 8 - 9 > < 3. Levées de fonds : Panorama des modes de financements dilutifs Le capital d’amorçage > PAGES < 10 - 11 > < Zoom sur … les business Angels > PAGE < 11 > < 4. 3 Questions à … Tuyen Pham, co-fondateur et PDG d’A-Volute > PAGES < 12 - 13 > < 5. Le capital-investissement > PAGES < 14 - 15 - 16 - 17 > < Zoom sur … Media for Equity et IT for Equity > PAGE < 17 > < 6. 3 Questions à … Frédérique Grigolato, fondatrice et PDG de Clic and Walk > PAGES < 18 - 19 > < 7. L’equity-crowdfunding > PAGE < 20 > < 8. 3 Questions à … Benjamin Cliquennois, fondateur d’Holusion > PAGES < 22 - 23 > < 9. Les étapes de la levée de fonds > PAGES < 24 - 25 - 26 - 27 > < Zoom sur les acteurs régionaux > PAGE < 27 > < 10. 3 Questions à … Johan Cnossen, gestionnaire de NFA > PAGES < 28 - 29 > < Pour aller plus loin > PAGE < 30 > S O M M A I R E
  4. 4. L A L E V É E D E F O N D S : U N E N É C E S S I T É ? Une levée de fonds est une démarche longue qui peut durer entre 6 et 9 mois, et même davantage. Durant cette période, le chef d’entreprise et certains collaborateurs sont fortement mobilisés : du temps de travail qui n’est plus consacré au quotidien de l’entreprise ! Or, la levée de fonds n’est pas adaptée à toutes les entreprises en recherche de financements et peut parfois avoir des effets pervers. « Si on peut le faire, il ne faut pas lever des fonds. Privilégiez l’argent gratuit (subven- tions, concours...) ou peu cher comme les prêts ; et les clients, c’est mieux ! » Tuyen Pham, co-fondateur et CEO d’A-Volute. Parmi les entreprises du classement Inc. 500 de 2014 –classement des entreprises américaines à plus forte croissance- seules 7% ont eu recours à une levée de fonds pour développer leur business. P o u r q u i ? Le principe de la levée de fonds est de faire entrer des investisseurs au capital d’une entreprise. Ceux-ci ambitionnent de réaliser une plus-value à court ou moyen terme. Ainsi, la levée de fonds s’adresse à des projets à fort et rapide potentiel de développement. Les projets doivent présenter de fortes perspectives de croissance du chiffre d’affaires et une bonne rentabilité, ainsi qu’un positionnement stratégique susceptible de permettre d’envisager une revente totale ou partielle de la société. P o u r q u o i ? Certains secteurs ont davantage besoin de financements que d’autres, notam- ment les entreprises à fort caractère technologique ou les activités engendrant page 12 4 LA LEVEE DE FONDS UNE NECESSITE ? 1
  5. 5. des coûts élevés de R&D ou encore les innovations de services qui ont souvent besoin d’évangéliser le marché avec beau- coup de communication avant d’entrevoir une rentabilité. Source : « Baromètre du capital risque en France – Bilan annuel 2014 », EY La levée de fonds peut répondre à plu- sieurs types de besoins de l’entreprise : - Un besoin en apport financier pour : ▪▪ Réaliser de gros investissements as- sociés à des revenus décalés dans le temps : investissements en R&D (pour mettre au point un produit), en produc- tion (matériel, outillage...), en dévelop- pement commercial (réseau de vente, packaging, publicité...) ; ▪▪ Accompagner ou accélérer le développement de la société, en France ou à l’international ; ▪▪ Démarrer une nouvelle activité ; ▪▪ Gagner ou garder une avance, et se protéger contre les offensives de concurrents. - Un besoin en communication : accroître la crédibilité de la société, sa notoriété et sa visibilité auprès des clients, leaders d’opinion, partenaires, collaborateurs… SERVICES INTERNET LOGICIELS BIOTECH CLEANTECH ELECTRONIQUE 347 M€ pour 157 opérations 137 M€ pour 73 opérations 124 M€ pour 30 opérations 82 M€ pour 27 opérations 73 M€ pour 21 opérations 5
  6. 6. Q u e l l e s c o n s é q u e n c e s ? La concrétisation d’une levée de fonds n’est pas uniquement une pure opération financière. Il s’agit aussi de la création d’un partenariat engageant avec les investisseurs, qui prennent des risques au côté des fondateurs sur un projet dans lequel ils croient. Leur engagement se traduit par certaines obligations pour l’entreprise et ses fondateurs : - le partage du capital et une moins grande autonomie dans la gestion de l’entreprise ; - l’orientation de la stratégie vers une création rapide de valeur ; - l’exigence de sortie de l’investisseur pouvant entraîner la revente de l’entreprise ; - signature d’un pacte d’actionnaires parfois contraignant. Le choix des partenaires financiers est donc un facteur de réussite. Q u a n d ? A u p r è s d e q u i ? Une levée de fonds s’effectue auprès d’investisseurs différents selon le stade de maturité de l’entreprise. Lors d’une première ouverture du capital, un entrepreneur a souvent recours à la Love Money : il fait appel à ses proches ! Les business angels sont souvent la deu- xième étape de l’ouverture du capital, lorsque les besoins en financement sont plus conséquents. Après ces premières levées de fonds ou en phase de développement, un entrepre- neur peut frapper à la porte des capitaux risqueurs ou venture capitalists (VC) qui gèrent les fonds d’investissement en capi- tal-risque puis aux autres fonds d’investis- sement. Dans tous les cas, il est essentiel d’anticiper la durée de la levée de fonds pour s’assu- rer que la trésorerie encore à disposition est suffisante. 6 LA LEVEE DE FONDS UNE NECESSITE ? 1
  7. 7. R&D LOVE MONEY CONCOURS PRÊTS D’HONNEUR AIDES PUBLIQUES INCUBATEURS 50 - 300 K€ CRÉATION T E M P S PREMIERS SUCCÈS DÉCOLLAGE MATURITÉ BUSINESS ANGELS CROWFUNDING FONDS AMORÇAGE 100 - 500 K€ CAPITAL RISQUE 0,5 - 10 M€ CAPITAL DÉVELOPPEMENT > 5 M€ MARCHÉ 7
  8. 8. Q U ELQ U E S CHIF F RE S L e s l e v é e s d e f o n d s e u r o p é e n n e s d e s e n t r e p r i s e s i n n o v a n t e s 6,9 milliards de dollars de fonds levés sur les six premiers mois de l’année 2015 par des sociétés innovantes, soit une hausse de 86 % par rapport à la même période l’an dernier (le périmètre exclut les levées de fonds de moins de 500.000 dollars et les introductions en Bourse). La France : dans le Top 3 des pays européens attirant le plus d’investisseurs ; N°1 en termes du plus grand nombre de levées de fonds, avec 159 opérations. Source : « European Innovation Financing / H1 2015 », Clipperton Finance L e c a p i t a l - i n v e s t i s s e m e n t e n F r a n c e 8,7 milliards d’euros ont été investis dans les entreprises par les acteurs français du capital-investissement en 2014, tous secteurs confondus. Une progression de +35% par rapport à 2013. 57% des 1648 entreprises financées sont des PME et 17% sont des TPE. L’industrie, les services ou encore le secteur médical - biotech ont drainé le plus d’argent. Source : « Activité des acteurs français du capital-investissement en 2014 », AFIC & Grant Thornton, mars 2015 897 millions d’euros levés en capital-risque en 372 opérations en 2014 avec un montant moyen par opération de 2,5 millions d’euros. Le domaine du digital a attiré 54% de ces investissements. Source : « Baromètre du capital risque en France – Bilan annuel 2014 », EY L e c a p i t a l - i n v e s t i s s e m e n t e n r é g i o n N P d C 83 millions d’euros investis en 2013 auprès de 97 entreprises régionales. Source : Observatoire du Capital- Investissement Régional par Ambition Capital En 2014, le NPdC est la 5° région française en nombres d’entreprises soutenues avec 52 entreprises mais la 10° en termes de montants investis avec 93 millions d’euros. Source : Le Capital-Investissement en Nord- Pas de Calais, AFIC, juin 2015 8QUELQUES CHIFFRES 2
  9. 9. D e s l e v é e s d e f o n d s f r a n ç a i s e s r e c o r d s e m b l é m a t i q u e s Sigfox lève 88 millions d’euros en février 2015 La start-up, qui opère un réseau télécom dédié aux objets connectés, va utiliser ces fonds pour son expansion à l’international. BlaBlaCar lève 73 millions d’euros en juillet 2014 Le leader du covoiturage en France souhaite accélérer son expansion à l’international. Showroomprivé lève 60 millions d’euros Le site marchand souhaite amorcer sa prochaine phase de croissance dans son développement international. Q u e l q u e s l e v é e s d e f o n d s r é g i o n a l e s a u 1 e r t r i m e s t r e 2 0 1 5 Clic and Walk lève 3,5 millions d’euros en juillet 2015 La start-up boucle un deuxième tour de table pour accélérer son développement sur les marchés européens et accentuer sa R&D. Vekia lève 2,4 millions d’euros en juin 2015 Le spécialiste de la gestion et de l’optimisation logistique veut booster son développement. A-Volute finalise fin mai une nouvelle levée de fonds d’1,7 million d’euros. La société poursuit un objectif mondial : faire de Nahimic LA référence en technologie audio d’ici 5 ans. Phocéis lève plus d’1 million d’euros en mars 2015 L’agence lilloise de conseil en commerce et marketing digital vient de boucler un tour de table pour développer une expertise dans l’édition de logiciels et se développer à l’international. Bmobile lève 1 million d’euros en juin 2015 L’agence digitale souhaite accélérer sa croissance en commercialisant Dartagnan, son cloud dédiée à l’email marketing mobile et aux contenus mobiles responsive. U n e l e v é e d e f o n d s r e c o r d e n r é g i o n OVH lève 267 millions d’euros en décembre 2014 Le spécialiste de la gestion et de l’optimisation logistique veut booster son 9
  10. 10. LEVÉES DE FONDS : PA N O R A M A D E S M O D E S D E F IN A N CEMENT S D ILU TIF S L e s i n v e s t i s s e u r s e n c a p i t a l e n F r a n c e p e u v e n t s e r é p a r t i r e n p l u s i e u r s f a m i l l e s c a r a c t é r i s é e s p a r l e s t a d e d ’ a v a n c e m e n t d e l ’ e n t r e p r i s e d a n s l a q u e l l e i l s p e u v e n t i n v e s t i r . L e c a p i t a l d ’a m o r ç a g e Ces fonds constituent le premier apport en capital d’une entreprise. Parfois réunis avant même la création de l’entreprise, ils sont généralement utilisés pour financer tous les frais préalables à la mise sur le marché du premier produit ou service de la société : frais de recherche et développement, création de prototype, business plan, conseils juridiques, loyers, etc. La Love Money La source première de financement pour les jeunes entreprises se trouve souvent auprès de leurs familles, amis et proches : c’est ce qu’on appelle la « love money ». Au tout début de l’aventure entrepreneuriale, les garanties que l’on peut apporter aux investisseurs sont limitées : faire appel à des fonds extérieurs est donc peu aisé. L’apport financier de son entourage proche, basé sur la confiance, est alors plus opportun à ce stade. Ayant ainsi constitué leur capital social de démarrage, les entrepreneurs peuvent ensuite se tourner vers les business angels. Les business angels Un business angel est une personne qui investit directement une partie de son patrimoine personnel dans des sociétés. Les business angels peuvent jouer un rôle majeur en phase de création de la société, notamment pour soutenir des activités innovantes à fort potentiel. Cet investissement précoce, non dénué de risque, comporte dans la plupart des cas une dimension « coup de cœur ». Souvent anciens entrepreneurs ou cadres dirigeants, ces investisseurs sont en mesure d’apporter, en complément de fonds en capital, leur expérience, un soutien opérationnel et un réseau relationnel au profit de la société. Les business angels sont généralement organisés en réseaux, par secteur ou par région, qui permettent la mise en relation d’investisseurs potentiels et d’entrepreneurs. Les réseaux de business angels sont répertoriés sur le site de la fédération nationale des business angels : France Angels. Des plateformes de mise en relation entre investisseurs et business angels se sont également développées comme Fundme ou Gust ou SmartAngels. 10 PANORAMA DES MODES DE FINANCEMENTS DILUTIFS 3
  11. 11. ZOOM ZOOM ZOOM ZOOM Zoom sur… Les business angels Les fonds d’amorçage Les fonds d’amoçage concernent les entreprises en phase de démarrage dont les besoins sont inférieurs à 1 million d’euros. Les entreprises à caractère innovant et technologique sont les bénéficiaires privilégiées de ce type de fonds. Les opérations d’amorçage sont réalisées en priorité par des fonds régionaux et les nouveaux fonds co-alimentés par le FNA (Fonds National d’Amorçage) depuis 2011. Il s’agit d’un fonds national d’amorçage public, géré par Bpifrance, qui investit dans des fonds d’amorçage existants ou à créer. Plusieurs fonds d’amorçage ont récemment vu le jour comme « Partech Entrepreneur II » un fonds de 60 millions d’euros destiné aux start-up de la high-tech et du Web lancé en avril 2015. En janvier 2015, Orange avait lancé une initiative comparable, avec le fonds «Digital Ventures», prêt à investir 20 millions d’euros. Axa avait inauguré le sien il y a deux ans, avec 10 millions d’euros. Les fonds régionaux sont répertoriés dans l’annuaire de l’AFIC et les fonds FNA sont listés par la BPI. NOM BIOGRAPHIE NOMBRE D’INVESTISSEMENTS TOTAL (K€) 1 Xavier Niel Fondateur Free 230 35 000 2 Fabrice Grinda Co-fondateur du site d’enchères Aucland 170 26 000 3 Marc Simoncini Fondateur Meetic 23 12 000 4 PierreKosciuscko-Morizet Fondateur Priceminister 18 9 000 5 Pierre-Edouard Stérin FondateurdeSmartbox,investisseurhistoriquedeLaFourchette 7 7 000 6 Denys Chalumeau Fondateur SeLoger.com 8 2 400 7 Oleg Tscheltzoff Fondateur de Fotolia (revendue 800 millions à Adobe) 21 2 100 8 Jacques-AntoineGranjon Fondateur VentesPrivées.com 19 1 900 9 DamienGuermonprez Ex-Auchan, repreneur Cetelem Belgique (revendue en 2014) 9 1 450 10 Denis Liotta Président de Mediaco Vrac, fondateur de NetAngels 13 1 350 SELON LES CHIFFRES DE FRANCE ANGELS : -442 Business Angels regroupés dans 78 réseaux dont : ▪ 58 réseaux régionaux ▪ 18 réseaux nationaux (sectoriels & anciens élèves de grandes écoles et Université) ▪ 2 réseaux à l’étranger - 305 entreprises financées - 36,5 millions d’euros investis - Un investissement moyen de 120 000 euros par entreprise financée - Le secteur du digital représente 51% des entreprises financées avec 44% des montants investis. Au cours des 5 dernières années les Business Angels ont financé près de 1 500 entreprises pour un montant global de 200 millions d’euros. L’ i n v e s t i s s e m e n t d e s b u s i n e s s a n g e l s e n F r a n c e e n 2 0 1 4 Le Top 10 du classement fundme-challenges 2015 des business angels 11
  12. 12. 3 Questions à … Tuyen Pham, co-fondateur et PDG d’A-Volute Fondée en 2004 et basée à Roubaix, A-Volute est spécialisée dans les logiciels audio 3D. Lors de la création de la société, les deux fondateurs ont investi 12 500 euros dans le capital, notamment via un prêt bancaire. Un an après la création, A-Volute mène une première levée de fonds auprès d’Autonomie et Solidarité avant de faire entrer d’autres fonds au capital lors de tours de table suivants, jusqu’à la dernière levée de fonds de 1,7 millions d’euros en mai 2015. Pourquoi avoir eu recours à la levée de fonds comme mode de financement ? « A-Volute est une société technologique à fort besoin de R&D, en outre positionnée sur des marchés internationaux avec des concurrents énormes. L’accès au marché a un certain coût et les besoins en fonds de roulement sont très importants. Nous avons donc besoin de beaucoup de fonds, d’autant que nous avons de grandes ambitions ! Nous devons grossir car sur le marché de l’électronique grand public, il ne faut pas rester petit. Nous n’avons donc pas eu d’autres choix que de recourir à la levée de fonds. » Comment s’est déroulée l’ouverture du capital ? « Lors de la première levée de fonds, nous étions suivi par un incubateur CFK : l’incubateur Centrale- ESC Lille. Nous avons été bien accompagnés sur les concours et les fonds à solliciter comme sur la constitution des différents dossiers. Nous avons réalisé de très nombreuses répétitions avant de nous présenter à un fonds. C’est la force de ce type de structure qui a pu nous conseiller sur quels fonds solliciter en fonction du stade de développement de l’entreprise et de la préparation. Sur le déroulé, nous avons préparé notre business plan en interne, etc, puis nous avons commencé à voir des fonds. Nous avons d’abord vu de petits fonds afin de nous entraîner avant d’aller voir les fonds que nous avions ciblés. Puis, vient le temps de la négociation pour réaliser le pacte d’actionnaires. » 12I N T E R V I E W 4
  13. 13. Quels conseils donneriez-vous pour réussir une levée de fonds ? « La première question à se poser est de savoir si on a besoin de lever de fonds ! Faire entrer des investisseurs coûte cher et fait entrer l’entreprise dans une logique de croissance soutenue et de performance. Il faut d’abord utiliser au maximum les subventions et autres aides publiques. Pour lever des fonds, il faut être prêt car on n’a pas la chance de faire deux fois bonne impression ! Il faut connaître les forces et les faiblesses de son dossier et apporter des réponses précises aux investisseurs pour les convaincre. Il existe des règles du jeu. Chaque fonds a des critères différents et il faut les connaître avant de présenter son projet afin de mettre en avant les bons éléments. C’est très important et c’est pour cette raison qu’il faut quand même être accompagné. Les règles ne sont pas écrites mais les accompagnateurs et les incubateurs connaissent très bien ces règles et aident à préparer le dossier au mieux. Ensuite, il faut lever la bonne quantité d’argent : ni trop peu pour éviter de passer son temps à lever des fonds ; ni trop car si on utilise mal l’argent, la croissance est menacée et le capital dilué. Il faut lever des fonds au bon moment pour éviter d’être à court de cash lors des discussions et négociations avec les fonds. Car, il faut négocier les conditions et se faire accompagner pour les détails juridiques dans la réalisation du pacte d’actionnaires.» 13
  14. 14. L E C A P I TA L- I N V E S T I S S E M E N T Le capital-investissement est une activité de financement consistant pour un investisseur à entrer au capital d’une société qui a besoin de capitaux propres. Le terme de capital-inves- tissement concerne généralement l’investisse- ment dans des sociétés non cotées pour finan- cer leur développement ou leur transmission. Ces opérations financières s’effectuent : - soit par rachat de titres existants (actions principalement) auprès d’anciens actionnaires - soit par apport de nouveaux fonds propres par émission de nouveaux titres. Le capital-investissement se décline sous diffé- rentes formes selon l’étape de développement de la société : - Le capital-risque - Le capital-développement - Le capital-transmission - Le capital-retournement Il existe en outre des formes spécifiques du capital-investissement comme le corporate venture. L e c a p i t a l - r i s q u e Le capital-risque, ou « venture capital », est sollicité pour le financement de sociétés à forte croissance et innovantes. Il offre à ces entreprises la possibilité de lever entre 1 et 10 millions d’euros. Dans les situations de financement par le capital-risque, la croissance est au cœur du partenariat entre l’entrepreneur et l’investisseur, l’investissement étant prioritairement destiné à financer celle-ci. Le partenaire financier apporte son soutien pour favoriser la réalisation du projet d’entreprise et il est associé dans les décisions structurantes. On peut distinguer les fonds de capital-risque en fonction de l’origine des fonds qu’ils gèrent. Il y a d’abord les fonds « fiscaux » alimentés par la défiscalisation des personnes physiques (IRPP et ISF). Ces dispositifs ont permis de créer les Holdings et fonds ISF ainsi que les FIP et les FCPI. L’autre partie des fonds investis dans le capital-risque provient d’investisseurs institutionnels classiques : banques, assurances, family office, grands groupes, ou personnes physiques fortunées comme certains entrepreneurs du web ayant réussi. Ces fonds viennent généralement alimenter un véhicule d’investissement de type FCPR qui sera opéré par l’équipe de gestion. LE CAPITAL-INVESTISSEMENT 5 LE CAPITAL-INVESTISSEMENT14
  15. 15. L e c a p i t a l - d é v e l o pp e m e n t Principal levier des entreprises en expan- sion, ce mode de financement s’adresse aux sociétés matures, cotées ou non, ayant atteint un seuil de rentabilité. Ce segment du capital-investissement joue un rôle primordial pour l’apport en fonds propres aux PME. Il peut permettre de lever des fonds d’un montant supérieur à 5 millions d’euros, destinés à augmenter les capacités de production ou dévelop- per de nouveaux produits et services. Le capital-développement investit dans des secteurs d’activité diversifiés et affiche une prédominance dans l’industrie, les activités spécialisées, scientifiques et techniques, de l’information et de la communication. 15
  16. 16. L e s f o n d s d e c o r p o r a t e v e n t u r e Le corporate venture ou capital-investissement d’entreprise est une forme spécifique de capital-investissement. Cette méthode de financement recouvre en pratique l’investis- sement d’une entreprise dans une autre, telle que la prise de participation d’une grande entreprise dans une jeune PME innovante. Pour les grands groupes, investir en minoritaire dans des petites sociétés en croissance présente des intérêts multiples : s’assurer une veille stratégique, s’ouvrir à des procédés innovants, intégrer une nouvelle dimension entrepreneuriale dans la culture d’entreprise. Pour la PME, le fonds corporate est en premier lieu synonyme d’apport financier ; mais il lui permet également de développer son activité, d’élargir son réseau, de répondre à des appels d’offre en bénéficiant d’un accompagnement sectoriel et technologique. Trois secteurs concentrent particulièrement ce type de financement : l’économie numé- rique, les sciences de la vie et les énergies propres. L e c a p i t a l - r e t o u r n e m e n t Le capital-retournement est le capital apporté à une société en proie à des difficultés financières. Le capital-retour- nement évite la liquidation possible de l’entreprise cible mais renforce également la confiance des autres intervenants. Le capital retournement permet donc de lever les nouveaux capitaux qui sont indis- pensables à la survie de l’entreprise. L’ensemble des fonds de capital-investis- sement est listé sur l’annuaire de l’AFIC (Association Française des Investisseurs pour la croissance). L e c a p i t a l - t r a n s m i s s i o n Le capital-transmission vise à faciliter le changement de propriétaire d’une entreprise à maturité dont les actionnaires ne disposent pas de successeurs ayant la capacité ou l’envie de diriger l’entreprise. Objectif des investissements réalisés à ce stade de la vie de l’entreprise : organiser la reprise de celle-ci par un nouvel acteur. LE CAPITAL-INVESTISSEMENT 5 LE CAPITAL-INVESTISSEMENT16
  17. 17. ZOOM ZOOM ZOOM ZOOM L e M e d i a f o r E q u i t y Le Media for Equity est un mode alternative de soutien aux startups qui engendre également une prise de participation au capital de l’entreprise. Dans ce mode de financement, des groupes média mettent à la disposition des startups B2C prometteuses des espaces publicitaires pour dynamiser leur notoriété. En échange, ils obtiennent des parts de capital de la startup. Ce modèle permet aux groupes média de monétiser différemment leurs inventaires tout en mettant un pied dans l’univers des startups. Pour celles-ci, c’est l’occasion d’accéder à des campagnes massives dans les médias traditionnels sans avoir à dépenser de la trésorerie. Il existe deux modèles de Media for Equity, celui mené par des fonds indépendants de Media for Equity, comme 5M Ventures, et celui mené par les groupes de média eux-mêmes, comme L’Express Ventures. L’ IT f o r E q u i t y Face à la pénurie de développeurs, l’IT for Equity est un moyen de faire développer son produit en échange de parts au capital. C’est dans cette logique que le groupe Noveo a, par exemple, fondé et lancé son fonds d’amorçage, baptisé NovX Capital. Le processus est relativement simple. Après avoir établi le cahier des charges qui permet de chiffrer le besoin technique, à l’issue du projet, une facture est émise puis convertie en équity. Zoom sur… Media for Equity et IT for Equity Depuis quelques années, les exemples de corporate venture à destination des jeunes entreprises se multiplient: outre les précur- seurs Total et SFR, Solvay, Schneider Elec- tric et Alstom ont abondé un fonds d’Aster Capital de 105 millions d’euros; GDF Suez en a lancé un de 100 millions au printemps sous son nom; Publicis et Orange ont confié 150 millions à Iris Capital; Lagardère a apporté 11 millions à Idinvest. Néanmoins, cette pratique demeure encore trop marginale. Avec 290 millions levés en 2013 en France selon Bercy, le corporate venture ne représente que 10% du capital-investissement total. L’objectif est d’arriver par la nouvelle disposition à 1 milliard en 2017. Un dispositif modifié d’amortissement fiscal pour l’investis- sement dans les PME innovantes par les sociétés a récemment été mis en place par la publication de la seconde loi rectifica- tive de finances pour 2014. 17
  18. 18. 3 Questions à … Frédérique Grigolato, PDG de Clic and Walk Trois ans après sa création sur la Plaine Images, Clic and Walk a réalisé en 2015 une levée de fonds record de 3,5 millions d’euros (en 2013 la société avait déjà réalisé une première levée de fonds de 750 000 € ). L’entreprise, pionnière et leader européenne de la collecte d’informations marketing et commerciales off-line géolocalisées, va ainsi accélérer son développement européen et renforcer sa R&D. Pourquoi avoir eu recours à la levée de fonds comme mode de financement ? 18 Pourquoi avoir eu recours à la levée de fonds comme mode de financement ? « Clic and Walk est une start-up innovante qui évolue dans un nouveau modèle économique. Or, une entreprise de ce type, qui se développe sur un marché à risques, n’offre pas suffisamment de garanties aux banques lors du démarrage de l’activité. Il est donc difficile d’obtenir un prêt conséquent. Dans le cas de Clic and Walk, nos besoins impliquaient l’accélération du développement à l’étranger ainsi que des investissements dans la R&D. La levée de fonds était donc le seul moyen d’obtenir la somme suffisante en un temps relativement court. Enfin, ce mode de financement permet de faire entrer au capital d’autres profils de personnes. » Comment s’est déroulée l’ouverture du capital ? « Cela passe par le choix des fonds d’investissement. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte : le stade de maturité de l’entreprise, la nécessité de réitérer une levée de fonds dans l’avenir proche, le besoin de faire appel à un fonds régional, national ou international. En ce qui concerne les futurs actionnaires, au delà du « bon feeling », il y a une question qu’il faut se poser : qu’est-ce qu’on attend d’eux ? Il est fondamental de bien choisir ses futurs associés en fonction de ce vous souhaitez faire de votre entreprise… » 6 I N T E R V I E W
  19. 19. 19 Quels conseils donneriez-vous pour réussir une levée de fonds ? « Il s’agit tout d’abord de vendre la vision de l’entreprise d’ici 4, voire 10 ans : c’est ça que les investisseurs achètent ! Cela comporte la connaissance parfaite de ses capacités et de ses faiblesses et un travail d’équipe considérable. Il est important de ne pas se laisser décourager, de s’accrocher. Un refus doit être l’occasion d’écouter les raisons, d’apprendre à s’améliorer. Il ne faut pas hésiter à demander des conseils à son entourage, des témoignages, des avis concernant différents fonds d’investissement. Enfin, il est capital de se faire accompagner par un bon avocat lorsqu’il faut établir le pacte d’associés car c’est ça qui va définir la vie de sa société. »
  20. 20. L’ E Q U I T Y- C ROW D F U N D I N G Pour augmenter le capital d’une entreprise, l’une des dernières évolutions du crowdfunding offre la possibilité de lever des fonds propres en échange d’une prise de participation au capital par de nouveaux actionnaires. L’equity-crowdfunding est une solution pour les entreprises trop petites pour intéresser les fonds d’investissement et les business angels mais trop grosses pour se contenter de l’aide des proches du créateur. Les investisseurs et les intermédiaires privilégient les projets d’entreprise où la viabilité économique ne fait aucun doute, les entreprises innovantes et à fort potentiel de croissance. Plusieurs plateformes se partagent ce marché en France : Anaxago, Wiseed, Finance Utile ou encore Smart Angels. Il existe deux modèles d’intervention du crowdfunding en capital: l’investissement en direct (proposé par Smartangels) sur le projet choisi ou bien l’investissement via une holding dédiée à l’opération (Wiseed, FinanceUtile.com, Anaxago). Avantages de cette dernière: les investisseurs sont mutualisés et représentés par un tiers unique interlocuteur pour l’entrepreneur : le problème d’un actionnariat trop diversifié ne se pose pas. Créée pour l’occasion par la plate-forme de crowdfunding, elle va regrouper l’ensemble des investisseurs particuliers et leur permettre d’investir collectivement dans le projet (et uniquement celui-ci). 20EQUITY-CROWDFUND 7
  21. 21. L’equity-crowdfunding est en plein essor. Sur un total de 152 millions d’euros récoltés par les sites français de crowdfunding, les platesformes d’investissement en capital ont collecté 25,4 millions d’euros, selon le baromètre de l’Association Financement Participatif France (FPF) publié le 18 février 2015. 21DING
  22. 22. 3 Questions à … Benjamin Cliquennois, co-fondateur d’Holusion Créée en 2014, Holusion conçoit, réalise et programme des projecteurs d’hologrammes haut de gamme pour des solutions de communication innovantes. En octobre 2014, cette entreprise basée à la Plaine Images a entamé une levée de fonds à travers d’Anaxago, plateforme d’equity-crowdfounding 22 Pourquoi avoir eu recours à l’equity crowdfunding comme mode de financement ? « Nous avons choisi ce modèle parce qu’il s’agit d’un système relativement nouveau qui présente trois avantages. Le premier, c’est qu’il permet de proposer des parts à un grand nombre de personnes sans pour autant complexifier le conseil d’administration de l’entreprise. Ça donne la possibilité d’avoir beaucoup d’investisseurs sur des petits montants, tout en simplifiant les démarches de l’entrepreneur (voir le focus « l’equity-crowdfounding, page 20»). Le deuxième, c’est la rapidité : ça va plus vite qu’avec les fonds d’investissement classiques car les investisseurs, intéressés aussi par la défiscalisation, sont les premiers clients de cette plateforme. Enfin, le dernier avantage c’est bien évidemment la visibilité que cette plateforme assure à l’entreprise. » Quelle est la différence entre ce type de crowdfounding participatif et les autres ? « Par rapport aux autres types de crowdfunding, l’equity crowdfunding présente un côté citoyen: il permet notamment à chacun de rentrer dans l’aventure startup et d’en partager le succès.» 8 I N T E R V I E W
  23. 23. 23 Quels conseils donneriez-vous avant d’entamer une levée de fonds ? « Tout d’abord : bien préparer son pitch et commencer les démarches et les rencontres des fonds d’investissement bien en amont. Ensuite, multiplier les contacts, ne pas s’adresser à un seul fonds d’investissement et s’appuyer sur des réseaux, comme par exemple Invest’Innove… Enfin, avoir une vision de l’entreprise à 5 et même à 10 ans, ainsi qu’un plan concret d’action sur 18 mois pour l’opérationnel à mettre en place. »
  24. 24. L E S É TA P E S D E L A L E V É E D E F O N D S La levée de fonds est un processus très co- difié, qui s’organise en phases successives bien établies. Pour réaliser une levée de fonds, il faut en effet suivre une procédure spécifique, méthodique et rigoureuse, qui se décline en plusieurs étapes. L a p r é p a r a t i o n La préparation est une étape essentielle de la levée de fonds qui nécessite une vision claire sur la stratégie à venir de l’entreprise. Avant de contacter les inves- tisseurs, il est nécessaire de préparer une série de documents : le pack investisseur. Celui-ci est classiquement composé de : - Un business plan - Un executive summary - Un pitch d’une dizaine de slides pour une présentation orale - Un modèle financier faisant apparaitre le besoin de financement et la valorisation de l’entreprise - Une démonstration de l’offre L e c i b l a g e e t l ’a pp r o c h e d e s i n v e s t i s s e u r s Chaque investisseur possède ses propres critères de sélection et sa cible privilégiée d’en- treprise. Afin de trouver et solliciter les investisseurs en adéquation avec l’entreprise, plusieurs éléments peuvent être pris en compte : - Le stade de son intervention : amorçage, création, développement… ; - Les montants d’investissements accordés ; - Les secteurs d’intervention : certains fonds sont spécialisés selon des secteurs d’activité précis, sur lesquels ils ont alors une expertise et un réseau importants. - La couverture géographique : intervention à une échelle régionale, nationale, euro- péenne, ou mondiale. Plusieurs sources permettent d’identifier les différents investisseurs. Pour les business an- gels, par exemple, le site de l’association France Angels, qui fédère les réseaux locaux de business angels, apporte une liste étoffée. Pour les fonds d’investissements, l’AFIC tient un annuaire de ses membres. Si les annuaires sont de bons outils, il ne faut pas oublier que le monde du capital investis- sement évolue très vite. Il est indispensable de faire des recherches sur internet, de lire des articles sur les levées de fonds réalisées et de se rapprocher des acteurs économiques locaux. En outre, de nombreux événements proposent de pitcher des projets devant des investis- seurs. Une veille constante sur ce type d’événements est essentielle. 24LES ETAPES DE LA LEVEE DE FONDS 9
  25. 25. L e p i t c h L’enjeu d’un premier rendez-vous est de délivrer les messages clés du pitch. Le pitch se travaille et s’adapte selon l’in- terlocuteur et le temps alloué. De nombreuses répétitions sont néces- saires pour réussir cette phase du premier rendez-vous. Il s’agira de séduire, de donner envie de rejoindre l’aventure de l’entreprise. Il est également nécessaire d’anticiper les remarques et questions afin d’apporter des éléments de réponses concrets. De la qualité du pitch dépend l’obtention de rendez-vous suivants pour approfondir. Suit une phase plus longue d’analyse, d’étude de projet et de due diligence. Il est également possible de faire appel à un leveur de fonds qui a pour mission d’ac- compagner les entrepreneurs dans leur recherche de financements en leur ouvrant leur réseau et en les conseillant. L’approche des investisseurs est une étape capitale pour décrocher un premier rendez-vous. Il est conseillé de n’envoyer que l’executive summary avant le dossier complet aux investisseurs intéressés. L a d u e d i l i g e n c e La due diligence représente la procédure de vérification faite par les fonds avant d’investir dans la société. Ce processus est réalisé par des experts certifiés et permet aux investisseurs de connaitre l’état de santé de l’entreprise de manière plus transparente et d’évaluer ses forces et ses faiblesses : - Validation de la rentabilité estimée en cas de succès. - Identification des risques associés à l’investissement : juridique, financier, propriété industrielle, marché, produits et équipe. Clients et fournisseurs peuvent aussi être sollicités. La durée de la due diligence dépend du type de situation rencontrée (en général comprise entre un et plusieurs mois). Cette phase est jalonnée par des passages en comité, qui valident le passage à l’étape suivante. Le nombre de comités successifs varient selon les structures. En cas de décision favorable et avant d’entrer dans des négociations plus fines, l’investisseur rédige une lettre d’intention : la term sheet. L a T e r m S h e e t Ce document précise les conditions de l’éventuelle intervention de ou des investisseurs : valorisation de l’entreprise, conditions financières, conditions juridiques et principales clauses qui se trouveront dans le pacte d’actionnaires… Si l’entreprise accepte de contre- signer ce document, une nouvelle négociation démarre pour finaliser la valorisation et rédiger le pacte. 25
  26. 26. L e p a c t e d ’a c t i o n n a i r e s Le pacte d’actionnaires est un document organisant les relations entre les investisseurs et les associés de l’entreprise. Il s’agit d’une véri- table négociation entre les différents acteurs qui a pour but de protéger les intérêts de chaque partie. Les négociations financières concernent plusieurs aspects : - La valorisation. Il existe des méthodes plus ou moins complexes pour le calcul de cette valorisation. La valorisation finale est avant tout la résultante d’une négociation ; - La table de capitalisation et d’évolution du capital, avec de possibles mécanismes de réajustement de la valeur, ainsi que les systèmes incitatifs pour les salariés ; - Les conditions de sortie des investisseurs. L’entrée d’investisseurs au capital s’accompagne également de négociations juridiques sur : - La modification des statuts de la société ; - La rédaction du pacte d’associés/d’actionnaires. L’objectif du pacte d’actionnaires est de prévoir un maximum de situations de la vie de l’entreprise, et l’enjeu est de trouver un équilibre entre la défense des droits des investisseurs, la défense des droits des actionnaires historiques, et les intérêts de la société. Il est important de se faire accompagner dans la réalisation de ce pacte. 26 LES ETAPES DE LA LEVEE DE FONDS 9
  27. 27. ZOOM ZOOM ZOOM ZOOM Il existe plus d’une trentaine d’acteurs spécialisés dans l’investissement en capital dans la région Nord-Pas de Calais. Une liste de ces acteurs est consultable sur le site Je trouve des fonds propres en Nord-Pas de Calais www.jetrouvedesfondspropres.fr L’ e x e m p l e d e N o r d F r a n c e A m o r ç a g e Créé en février 2013 et initialement doté de 10 millions d’euros, NFA est aujourd’hui un fonds de 30 millions d’euros. Il est détenu à 100% par la Région, qui mobilise des fonds FEDER à hauteur de 21,5 millions d’euros pour intervenir en fonds propres dans des PME Public(s) cible(s) : Création, Amorçage Présentation de la structure : Créée à l’initiative de la région Nord- Pas-de-Calais et détenue à 100 % par celle-ci, la société de capital-risque Nord France Amorçage (NFA) accompagne les jeunes entreprises innovantes. NFA apporte une solution de financement en intervenant aux mêmes conditions et aux côtés d’acteurs privés. L’objectif de NFA, société de co investissement, est de créer un levier de financement. Apportant des fonds propres, NFA va en effet permettre de convaincre les autres investisseurs ainsi que les banques de financer ces projets. C’est d’ailleurs la philosophie de ce fonds qui prévoit que ce soient les fonds d’investissement qui orientent les entreprises vers Nord France Amorçage. Les outils : Le fonds Nord France Amorçage intervient en fonds propres aux mêmes conditions et en partenariat avec des sociétés de capital-risque et business angels agréés. NFA intervient en qualité d’investisseur minoritaire dans des PME régionales innovantes, prioritairement en phase d’amorçage, et avec des tickets compris entre 50 000 euros et 1 million d’euros au premier tour. NFA a pour objectif de favoriser le démarrage et la croissance de jeunes entreprises dont l’activité présente une innovation technologique, de services ou d’usages et créatrice de richesse et d’emplois. Zoom sur… les acteurs régionaux L e c l o s i n g e t l ’a p r è s - c l o s i n g Le closing concerne le moment où le finan- cement est réalisé par l’investisseur. Il se fait à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire qu’il faut réunir, et lors de laquelle le pacte d’actionnaires est signé. Suite à la levée de fonds, les investisseurs deviennent associés/actionnaires de la société. À ce titre, ils participent aux assemblées générales de l’entreprise, et disposent des droits prévus par les statuts et le pacte. Il est important de savoir si les investisseurs s’impliquent dans la gestion au quotidien de l’entreprise. L’idéal est de constituer un board qui accompagne l’entreprise dans le développement. 27
  28. 28. 3 Questions à … Johan Cnossen, chargé de mission pour Nord France Amorçage - Siparex Johan Cnossen est chargé de mission pour Nord France Amorçage – Siparex, fonds régional dédié à l’amorçage d’entreprises innovantes. Ce fonds régional intervient aux côtés du co-investisseur pour soutenir les entreprises dans les premières phases de leur croissance (amorçage, démarrage et expansion) 28 Quels sont les critères de sélection des entreprises pour Nord France Amorçage ? « Tout d’abord : être une Petite ou Moyenne Entreprise (au sens de la réglementation européenne) et ne pas être cotée sur un marché réglementé (au sens communautaire). Ensuite, avoir son siège social ou un site d’exploitation significatif en région Nord Pas de Calais. Pour une petite entreprise : être en phase d’amorçage, de démarrage ou de post amorçage. Pour une moyenne entreprise : être en phase d’amorçage ou de démarrage dans les régions non assistées ainsi qu’en phase de post amorçage dans les régions assistées. L’activité doit présenter un potentiel innovant, créateur de richesses et d’emplois, relevant d’innovation technologiques, d’innovation de services ou d’innovation par les usages. L’entreprise doit participer à une croissance inclusive, innovante et durable (elle doit être issue notamment, mais non exclusivement, des domaines d’activités stratégiques définis dans la Stratégie Régionale de l’Innovation et principalement : Transports ferroviaires, Commerce du futur, Matériaux, Santé Nutrition Alimentation, étant entendu que, si l’intérêt économique régional le justifie, d’autres secteurs d’activités peuvent être éligibles après étude au cas par cas). Enfin, l’entreprise doit requérir une certaine intensité capitalistique. » 1 0 I N T E R V I E W
  29. 29. Que recherche un investisseur dans un dossier ? L’investisseur recherche un porteur de projet efficace, de la barrière à l’entrée (les obstacles que doit surmonter une entreprise désirant se lancer sur un nouveau marché) et du potentiel de développement. Quels conseils donneriez vous à une entreprise pour convaincre un investisseur ? Accepter d’être challengée, ne pas être fermée et trop ambitieuse en terme de première valorisation et enfin, avoir des preuves de retours clients (lettres d’engagement, marque d’intérêt ou autre...) 29
  30. 30. < E u r o Q u i t y > EuroQuity est un service web, créé par Bpifrance, de mise en relation entre les sociétés françaises, allemandes, belges, plus largement européennes et les investisseurs. Son objectif est d’accompagner la croissance des PME. www.euroquity.com/fr# < J e t r o u v e d e s f o n d s p r o p r e s e n N P d C > Les partenaires régionaux du Schéma Régional de Développement Economique ont souhaité mettre en place une plateforme régionale commune chargée d’orienter les entreprises en recherche de fonds vers les outils les plus adaptés à leurs besoins, de les accompagner et, plus largement, d’identifier leurs problèmes structurels de financement. www.jetrouvedesfondspropres.fr < A m b i t i o n C a p i t a l > Club des acteurs régionaux du capital-investissement hébergé par Lille Place Tertiaire. www.lilleplacetertiaire.com/ambition_capital < L’ UNICER > L’UNICER regroupe des investisseurs régionaux qui apportent aux entreprises de leurs régions des solutions de financement diversifiées à l’obstacle de l’investissement. www.unicer.fr POUR ALLER PLUS LOIN 30
  31. 31. Différents modes de financements peuvent intervenir lors de la création et du développement d’une entreprise. Les subventions, prêts et autres aides sont des modes de financement non dilutifs, contrairement aux levées de fonds qui entrainent une prise de participation d’investisseurs au capital de l’entreprise. La levée de fonds est devenue un véritable « buzzword » dans l’univers des start-ups. De nombreux entrepreneurs sont ainsi attirés vers ce mode de financement. Néanmoins, mener une levée de fonds demeure complexe et difficile, long et ne comporte pas que des avantages. En outre, un grand nombre de dossiers ne trouve pas d’investisseurs. Avant de se lancer dans cette aventure, il est essentiel de s’interroger : un autre type de financement serait-il plus adapté ? Pourquoi mener une levée de fonds ? Quand ? A quelle hauteur ? … Puis, vient le temps de la préparation. Ce guide se veut un véritable mode d’emploi pour les entrepreneurs désireux de recourir à ce mode de financement pour créer et développer leur société. Il est édité par la Plaine Images en complément du Panorama //08 : « Financer la créativité numérique ». L E V É E S D E F O N D S : M O D E D ’ E M P L O I Rédaction : Blandine Lebourg / blebourg@plaine-images.fr // Graphisme : Walid Haji / whaji@plaine-images.fr // Directrice de Publication : Pascale Debrock | SEPTEMBRE 2015 L A C O M M U N A U T É D E L’ I M A G E E N N O R D - P A S D E C A L A I S P L A I N E I M A G E S 99a Boulevard Descat 59200 Tourcoing - Fr | +33 (0)3 20 29 89 50 | contact@plaine-images.fr www.plaine-images.fr | .@plaineimages | .plaine.images

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