SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  11
Télécharger pour lire hors ligne
1
L’intégration économique en Afrique centrale : état des lieux, forces, faiblesses, problèmes et
perspectives : Comment consolider les avancées de l’intégration régionale économique et
politique en Afrique centrale et mieux gérer son impact sur la sécurité humaine
Objectif : Passer en revue les progrès réalisés et les obstacles à l’intégration économique en
Afrique centrale, identifier et explorer les possibilités ainsi que les opportunités de relance du
processus.
By:
Professor Alain Ndedi
Dean: School of Business and Public Policy,
Saint Monica University
Buea, Cameroon
Email: ndedi.alain@gmail.com
Introduction
L’importance de la coopération et de l’intégration économique régionale pour accélérer et
renforcer le développement économique et social est reconnue depuis longtemps par les
intellectuels et les dirigeants africains. L’unité, la coopération et l’intégration de l’Afrique ont
été de tout temps des objectifs pour de nombreux responsables africains comme George
Patmore, W. E. B. Dubois ou Marcus Garvey, ainsi que pour des nationalistes africains
comme Kwane Nkrumah qui, dans son livre Africa Must Unite, préconisait déjà l’unité
africaine. Cet objectif d’intégration est donc profondément ancré dans l’histoire de l’Afrique,
même si, comme dans d’autres régions, la priorité a été initialement de s’assurer un poids et
une autorité politiques accrus sur la scène internationale. Mais au fur et à mesure que les défis
de la mondialisation et de l’interdépendance se sont imposés aux pays de la région, avec le
risque d’une marginalisation du continent africain, cet objectif d’intégration est redevenu
prioritaire. L’Organisation de l’Unité africaine (OUA) a été établie en 1963 pour intégrer
économiquement les pays d’Afrique, régler les conflits dans les pays africains et entre ces
pays, promouvoir le développement et améliorer le niveau de vie des populations
(Olubomehin et Kawonishe, 2004). Plusieurs groupements sous-régionaux africains ont été
formés par la suite.
En juin 1991, le Traité d’Abuja, qui prévoyait la création d’une communauté économique
africaine à l’échelle du continent d’ici à 2027, a été signé. La formation d’arrangements
régionaux de coopération économique permet de jeter les bases de la communauté
économique africaine envisagée. Le régionalisme en Afrique répond à deux nécessités. La
première était de renforcer l’unité politique au niveau sous –régional et panafricain. La
seconde consistait à promouvoir la croissance économique et le développement des sous
ensemble. Le régionalisme, en particulier pour une intégration des marchés au niveau
régional, était un moyen d’aider les pays africains à surmonter les problèmes structurels
auxquels ils étaient confrontés.
Le concept paper avance qu’une intégration intra-africaine renforcée est indispensable pour le
développement. On a le sentiment que les initiatives régionales prises dans le passé en
Afrique en général et dans la sous-région, axées surtout sur des aspects politiques, n’avaient
pas beaucoup contribué à améliorer la situation économique des parties prenantes ni à leur
assurer une croissance durable. De ce fait, le concept paper entends montrer que l’intégration
régionale, à condition d’être conçue et appliquée dans le cadre d’une stratégie de
2
développement plus vaste visant à promouvoir la diversification économique, les mutations
structurelles et le développement technologique, pouvait renforcer les capacités productives
des pays de l’Afrique Centrale, permettre des économies d’échelle, améliorer la compétitivité
et servir à ces pays de tremplin pour participer de manière effective à l’économie mondiale.
Plus spécifiquement, le concept paper vise à se focaliser sur l’intégration économique en
Afrique centrale: état des lieux, forces, faiblesses, problèmes et perspectives: Comment
consolider les avancées de l’intégration régionale économique et politique en Afrique centrale
et mieux gérer son impact sur la sécurité humaine. A la fin du papier, on aura défini des
stratégies détaillant comment passer en revue les progrès réalisés et les obstacles à
l’intégration économique en Afrique centrale, identifier et explorer les possibilités ainsi que
les opportunités de relance du processus.
La première partie de ce concept paper aborde l’état d’avancement du processus d’intégration
en Afrique Centrale. La seconde section discute la justification de l’intégration économique
en Afrique centrale. La troisième partie développe les problèmes à l’intégration de l’Afrique
Centrale, alors que la quatrième partie s’oriente sur les implications des nuisances à
l’intégration. La cinquième section s’attèlera sur le renforcement de l’intégration sous-
régionale: Quelques Perspectives.
SECTION 1 : Etat d’avancement du processus d’intégration régionale
Les traités instituant la CEEAC, la CEMAC et les autres institutions de coopération
d’Afrique Centrale se situent dans une approche plurielle, avec des schémas et stratégies
qui ambitionnent de créer un espace économique unifié dans toutes ses composantes:
création d’un marché commun, convergence des politiques macro-économiques, mise
en œuvre de politiques sectorielles communes et promotion d’un environnement de paix
et de sécurité. Les principaux programmes mis en œuvre par les deux communautés et
leurs institutions spécialisées portent principalement sur:
-la réalisation de zones de libre échange et d’unions douanières,
-la libre circulation des personnes et des biens,
-le développement et l’interconnexion des infrastructures de transport et d’énergie,
-l’accroissement de la productivité et de production agricoles,
-la gestion optimale des ressources en eau,
-la convergence des politiques macro-économiques,
-la promotion et la consolidation d’un espace de paix et de sécurité.
Dix ans après l’entrée en vigueur du Traité de la CEMAC et l’adoption du programme
de relance de la CEEAC, une revue desdits programmes montre dans l’ensemble des
évolutions contrastées, et des résultats –pour l’instant- en deçà des attentes formulées.
En dépit de sa position de carrefour, de la diversité de ses ressources naturelles et d’un
écosystème très favorable, l’espace Afrique Centrale reste l’un des moins intégrés du
Continent, en termes de flux commerciaux inter-états, de mouvement des personnes et
d’interconnexion des infrastructures physiques.
Quelques progrès ont néanmoins été enregistrés en 2008, et ont notamment concerné les
fonds régionaux. Le FODEC/CEMAC a ainsi connu ses premières budgétisations en
juin et décembre 2008 avec des dotations respectives de 4 et 12 milliards de francs CFA
au titre des exercices 2008 et 2009. En dépit des faibles taux d’exécution du budget
2008 (45,5 % des recettes et seulement 14,9 % des dépenses), cette avancée s’est déjà
traduite par l’allocation de ressources à plusieurs projets communautaires (COSCAP,
Centre Phytosanitaire d’Afrique Centrale CPAC, Programme de lutte contre la
trypanosomiase, Capitalisation d’Air CEMAC) notamment.
3
Dans le même ordre d’idées, la CEEAC a budgétisé pour la première fois une dotation
forfaitaire de 0,5 milliards de francs CFA au titre du Fonds de compensation de la
Communauté. Le début d’opérationnalisation de cet instrument et la budgétisation du
Guichet II du FODEC/CEMAC sont de nature à donner une nouvelle impulsion au
marché régional et au secteur privé local, les versements compensatoires étant en
principe dédiés au financement des PME/PMI de la sous-région. Dans le même ordre
d’idées, la décision prise en juillet 2008 par le Conseil des Ministres de la CEEAC de
créer un Fonds Spécial Régional de Développement Agricole FSRDA et la « libération
à brève échéance » d’une première dotation en capital de 200.000 dollars par Etat
membre devrait permettre à l’espace régional de se doter d’un premier fonds structurel,
dans un secteur d’activités hautement stratégique au regard de la réalisation des OMD
en Afrique Centrale.
En matière de convergence macro-économique, les Etats CEMAC ont dans l’ensemble
observé les critères de premier rang, excepté celui relatif à l’inflation. Ces performances
ont été réalisées par tous les Etats – y compris ceux en situation de post-conflit – dans
un contexte de crise plurielle : forte variation des prix du pétrole et des recettes
d’exportation, flambée des prix des produits alimentaires et défiscalisation de plusieurs
produits de première nécessité, réduction en fin d’exercice de la demande mondiale de
matières premières, ralentissement de la production et des investissements dans
l’industrie minière. Par ailleurs, le mécanisme de surveillance multilatérale a gagné en
efficacité, avec la résorption des retards de production des rapports y afférents (données
2008 et prévisions 2009 disponibles en décembre 2008). Cette mise à niveau
opérationnelle va donner aux organes délibérants communautaires et aux
administrations nationales des instruments d’analyse et de prise de décision actualisés,
indispensables à une gestion efficiente des économies de la sous-région. (UNECA,
2016)
L’opérationnalisation des instruments du Conseil de Paix et de Sécurité de la CEEAC se
poursuit à un rythme satisfaisant. Le MARAC a procédé aux choix stratégiques,
géographiques et thématiques de l’observation, et est entré dans une phase active de
production d’analyses mensuelles à l’attention des décideurs, avec l’appui de
correspondants décentralisés dans chaque Etat membre. La FOMAC a engagé plusieurs
cycles de formation et d’entraînement tant pour ses personnels de commandement que
pour les unités positionnées dans les Etats au titre de la Brigade Régionale en Attente.
Les études techniques, préparatoires à la mise en œuvre des programmes
d’infrastructures de transport et d’énergie se poursuivent, avec toutefois un rythme
moins soutenu. La première table ronde des bailleurs de fonds du PDCT-AC,
initialement programmée en 2008, devrait pouvoir être organisée en 2009 après
finalisation de l’évaluation économique et financière des 55 projets dits de première
priorité. Par ailleurs, l’évolution normale du processus de mise en œuvre des 14 projets
du Plan d’Action à court terme PACT/NEPAD/AC reste entravée par les retards
enregistrés pour la signature de protocoles d’accord ou de requêtes conjointes entre
Etats, la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs pour le financement des
études de faisabilité et l’insuffisante efficacité de la coordination régionale
NEPAD/Afrique Centrale. (UNECA, 2016)
Le marché régional Afrique Centrale demeure le moins performant en Afrique, avec
pour 2006 des échanges intra-communautaires oscillant entre 0,5 et 1 % du commerce
total des Etats membres, contre 5 % pour le COMESA, 10 % pour la SADC et la
CEDEAO, 15 % pour l’UEMOA. Le rapport d’évaluation réalisé par le Projet
4
FacilityTrade.com ACP/Union Européenne a abouti au constat d’une quasi ignorance
des instruments de la ZLE/CEEAC par les opérateurs économiques de la sous-région
(Tarif préférentiel, règles d’origine, procédures d’agrément et documents
d’accompagnement). Du côté de la CEMAC, les conditions réelles d’application du
TPG restent inconnues, de même que les entreprises et les produits bénéficiant de la
préférence régionale. La réintroduction toute récente dans le dispositif réglementaire
CEMAC d’un comité sur l’origine et d’une procédure d’agrément pourrait aider les
deux communautés et les opérateurs économiques de la sous-région à mieux
s’approprier les outils de la coopération commerciale, et aider le marché d’Afrique
Centrale à se hisser au moins au même niveau de performance que celui des autres
marchés régionaux africains. (UNECA, 2016)
Pour l’UNECA (2016), les conditions actuelles d’application des principaux paramètres des
prélèvements communautaires – TCI et CCI – sont loin d’être satisfaisantes, en dépit de
l’amélioration relative des finances des deux institutions. Pour le cas particulier de la TCI, les
dysfonctionnements constatés dans les rapports sur l’état de l’intégration 2006-2007 et 2008
de la CEA/BSR-AC commencent à produire les effets redoutés : accumulation d’arriérés par
plusieurs Etats, amplification des écarts de rendement, persistance du phénomène de rétention
des avoirs, recul du niveau de sécurisation des recettes. Comme dans l’expérience du
PCS/CEAO en 1992, l’absence de mesures correctives pertinentes et rapides pourrait aboutir à
un quasi-blocage du système à court ou moyen terme (1 à 2 ans). Pour la CCI/CEEAC,
l’engagement de tous les Etats reste à confirmer, pour conférer à la Communauté Economique
Régionale d’Afrique Centrale une capacité minimale d’autonomie et d’initiatives qui lui
permette de jouer son rôle dans la stratégie de mise en œuvre des objectifs du Traité d’Abuja
et de l’Acte Constitutif de l’Union Africaine.
Au plan institutionnel, la coopération entre la CEMAC et la CEEAC n’est pas à un niveau
optimal. Si l’on excepte l’expérience en cours du PDCT, la gestion des négociations APE et le
transfert récent d’autorité de la FOMUC à la FOMAC, les autres activités et initiatives
continuent pour la plupart d’être menées de manière parallèle. Les quelques efforts de
rapprochement déployés par la CEA/BSR-AC s’avèrent insuffisants pour générer la mise en
cohérence et toutes les synergies indispensables à l’accélération du processus d’intégration en
Afrique Centrale.
D’après l’UNECA (2016), en plus des actions préconisées dans les rapports 2006, 2007 et
2008 de la CEA/BSR-AC, et qui pour la plupart restent actuelles, de nouvelles mesures
doivent être prises aux plans juridique, institutionnel et opérationnel pour mettre le processus
d’intégration d’Afrique Centrale à un niveau de performance à la dimension des défis de
développement de la sous-région.
SECTION 2 : Justification de l’intégration économique en Afrique centrale
L’intégration de l’Afrique Centrale est d’actualité pour trois raisons.
Premièrement, l’Afrique Centrale voit la structure de sa coopération internationale évoluer
avec une multitude de partenariats externes (bilatéraux, régionaux ou multilatéraux), et elle
doit mettre à profit les opportunités au niveau de la sous-région qui peuvent l’aider à parvenir
à des taux de croissance économique plus élevés et à réaliser ses objectifs de développement.
Deuxièmement, la crise financière et économique mondiale et accrue affecte les pays sous-
région avec le recul de l’aide publique au développement (APD), des importations et des
5
investissements, et l’intensification du commerce sous-régionale constitue donc une stratégie
de développement et de diversification commerciale.
Troisièmement, l’intégration sous-régionale régionale pouvait, à travers la mise en commun
des ressources et le développement des marchés locaux, stimuler la production, le commerce
et l’investissement. Les possibilités de commerce et d’investissement au niveau sous-régional
n’étaient pas pleinement exploitées jusqu’à présent, avec la faible proportion des échanges
commerciaux en Afrique Centrale par rapport aux exportations totales.
SECTION 3 : Les problèmes à l’intégration de l’Afrique Centrale
D’après Ndedi (2008) et Bassilekin (2012), Il ya plusieurs éléments qui nuisent à l’intégration
de l’Afrique Centrale :
a) Discontinuité historique :
Du point de vue historique en remontant strictement à la période coloniale, l’Afrique Centrale
que nous analyserons c’est l’agrégation de l’Ancienne Afrique Equatoriale Française,
d’Anciennes possessions Belges, portugaises et de l’Unique possession espagnole en Afrique
Centrale. Procéder donc à la déconstruction de cet ensemble hétérogène qu’est aujourd’hui
l’Afrique Centrale dans sa version CEEAC, c’est aller au cœur des complexités de la mise
sous-tutelle de ce continent par des puissances Métropolitaines qui depuis le Traité de Berlin,
n’ont à proprement parler jamais quitté la région.
b) Discontinuité institutionnelle :
Cet héritage historique fait cohabiter dans la région des Etats à forte tradition centralisatrice et
d’autres où cette tradition est plus relâchée, ce qui a des conséquences sur la capacité d’action
de ce médiateur, entrepreneur du projet d’intégration. Cet écartèlement de l’Afrique Centrale
entre divers facteurs d’extraversion politique, économique et culturelle pèse comme une
hypothèque sur le volontarisme intégrateur de ces Etats postcoloniaux aujourd’hui en charge
du projet d’intégration des peuples de la région.
c) Discontinuité de peuplement
Parlant des peuples, l’Afrique Centrale, c’est à partir du Nord, notamment au Tchad un
ensemble de populations de l’espace soudano-sahélien sujets depuis la nuit des temps au
nomadisme et plus on s’enfonce vers le Sud en aboutissant à l’Angola, on rencontre des
populations bantous qui, de part l’intensité des forêts, ont une tradition de sédentarité, en clair,
les instincts migratoires ne sont pas les mêmes dans la région.
d) Singularité géographique
L’Afrique Centrale, c’est également la zone de concentration de la plus grande biodiversité du
continent où se trouve le tiers des réserves forestières de la planète, lesquelles contribuent à la
régulation écologique du monde; c’est aussi la concentration régionale la plus élevée de
ressources naturelles et minérales du continent. Cette réalité fait de la région une zone de
convoitises et d’ancrages géopolitiques aussi bien d’anciennes métropoles que de pays
émergents, ce qui se traduit par une conflictualité récurrente, au point où la vision de la
CEMAC à l’horizon 2025 est de faire de la région « un espace économique intégré émergent,
où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance, au service du développement
humain».
6
A ces quatre nuisances, s’ajoute la disparité linguistique, entre le Français largement parlée,
s’ajoutent l’Anglais parlé à plus 20 pour cent de la population au Cameroun, et l’Espagnol
étant la langue de communication en guinée équatoriale.
L’Afrique Centrale, c’est enfin comme sa position géographique le suggère, la zone-carrefour
du continent; sur le réseau des 9 routes transafricaines servant à relier le continent d’Est en
Ouest et du Nord au Sud, 5 passent par l’Afrique Centrale à l’exception des transafricaines: le
Caire-Dakar; Beira (Mozambique) -Lobito (Angola); Le Caire-Gaborone et Dakar-Lagos.
SECTION IV: Implications des nuisances à l’intégration
Les pesanteurs à l’intégration sous régionale ont des conséquences néfastes directs et voire
indirects aux efforts des décideurs de la sous-région à promouvoir l’intégration. On pourrait
citer les nuisances suivantes :
1. La juxtaposition de deux Communautés Economiques Régionales
L’Afrique Centrale fait cohabiter la CEEAC avec 10 Etats membres et près de 160 millions
d’habitants tandis que la CEMAC avec 6 Etats membres totalise à peine 43 millions
d’habitants. La CEMAC est crée en 1996 à Ndjamena pour succéder à l’UDEAC, laquelle
lancée en 1964 à Brazzaville avait elle-même succédé à l’Union douanière Equatoriale qui
regroupait en 1959 sous l’administration coloniale le Congo, le Gabon, le Tchad et la
Centrafrique rejoints par le Cameroun en 1961. La CEEAC créée en 1983 à Libreville est
opérationnelle depuis 1984.
Si la CEEAC est une sous-région au sens du traité d’Abuja et reconnue à cette fin par l’Union
Africaine en ce sens qu’elle est sensée servir de véhicule à l’avènement du marché commun
africain, elle reste encore au stade de la mise en place de la Zone de Libre Echange. La
CEMAC pourrait donc être assimilée à un sous-ensemble de la CEEAC, les pays étant par
ailleurs dotés d’une monnaie commune et œuvrant à la convergence des performances de
leurs politiques économiques au moyen du dispositif de la surveillance multilatérale. (Ndei,
2008 ; Bassilekin, 2012)
Si les pays de la CEMAC ont en commun l’utilisation du Franc CFA et d’un Tarif Extérieur
Commun (TEC), l’application rigoureuse par tous les membres n’est pas une réalité; les effets
de l’application erratique par les membres de la CEMAC de ce TEC restent néanmoins
contenus au regard de la faiblesse des échanges entre les pays de la région. Cependant, au cas
où les échanges commerciaux s’intensifieraient avec les pays non membres, il y a aurait des
effets de distorsion et même de détournement des échanges. De plus, la discontinuité
monétaire entre les pays membres de la CEEAC a pour effet de ralentir les transactions,
d’atténuer les échanges et conduit les opérateurs économiques à recourir aux devises
étrangères, dont principalement le dollar ou l’Euro.
La juxtaposition de deux organisations d’intégration régionale en Afrique centrale pose le
problème de la cohérence de la capacité des Etats membres à assumer d’un point de vue
institutionnel la dynamique d’adaptation aux normatives émises par ces deux institutions.
D’où la nécessité du Plan d’Action d’Abuja qui avait institué en 1991 la Communauté
Economique Africaine et prescrit la nécessité par chaque région de former un seul ensemble
économique. (Ndedi, 2008; Bassilekin, 2012)
Ces difficultés d’harmonisation des politiques d’intégration est source de pertes de ressources,
de cacophonie institutionnelle, et se révèle finalement contre productive aussi bien pour le
développement de la région que pour la marche vers l’idéal communautaire. Par exemple, on
note la coexistence de deux taux préférentiels dans la région régissant les échanges entre la
CEMAC d’une part, et la CEEAC d’autre part, entravant de ce fait la libre circulation des
7
marchandises. En effet, la CEMAC applique un taux de 35% de la valeur ajoutée exigible aux
produits originaires de ses pays membres alors que la CEEAC qui en plus de ces 6 pays,
comprend l’Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé et Principe applique pour sa part un
taux de 30%. Il est à relever que le tarif préférentiel qui avait été institué à la CEEAC en
2004, applicable aux produits originaires des pays membres prévoyait d’aboutir selon le
calendrier au taux 0 en 2007.
Aux dernières nouvelles, un conflit de normes persiste entre les deux régimes et malgré les
amendements apportés aux textes régissant le libre-échange entre les deux communautés, des
divergences subsistent sur les conditions d’application du taux 0. Il est donc à constater
l’urgence d’accélérer l’harmonisation des instruments de politique commerciale notamment la
politique tarifaire, l’origine des marchandises, la valeur en douane pour donner de l’élan aux
échanges intra-régionaux.
2. Le financement endogène du chantier de l’intégration régionale
D’après Ndedi et Bunwaree (2006), la réalisation de l’intégration passe d’abord par la
capacité des Etats membres à traduire en actes sur le plan national leurs engagements
souscrits au titre du chantier de l’intégration mais à cela se heurte une propension naturelle à
s’abriter derrière l’argument des contraintes budgétaires. Les contraintes budgétaires
constituent à la fois une réalité et parfois un prétexte. Pourtant, en l’absence de mobilisation
des ressources pour financer leurs obligations, les pays de la région entravent ainsi la
réalisation des infrastructures diverses d’interconnexion notamment routières, fluviales,
ferroviaires, d’énergie. Elles privent les Secrétariats de la CEMAC et de la CEEAC des
ressources dont elles ont besoin pour réaliser le programme économique régionale. (Ndedi,
2008; Bassilekin, 2012)
3. La mobilité et la migration de la main d’œuvre
Les migrations, dans leur sens le plus large, couvrent tous les types de déplacement de
populations, quelles que soient les raisons et les durées de séjour. Elles peuvent être internes,
lorsque les déplacements se produisent à l’intérieur d’un pays donné, ou internationales,
lorsque les populations se déplacent entre le pays A et le pays. La migration, ou la mobilité,
de la main-d’œuvre n’est donc qu’un des nombreux aspects de ce phénomène. L’expression
«mobilité de la main-d’œuvre», empruntée au jargon, et l’expression «libre circulation des
personnes» désignent le même concept. Les dispositions relatives à la mobilité de la main-
d’œuvre figurant dans la plupart des accords de libre-échange et autres accords commerciaux
sous-régionaux font référence à la libre circulation des personnes, notamment les accords
conclus après l’adoption de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) de
l’OMC.
Dans un monde de plus en plus intégré, les migrations internationales se poursuivront
inévitablement, voire prendront probablement de l’ampleur. Cela est d’autant plus vrai dans le
cas de l’Afrique Centrale, où les déplacements de populations sont monnaie courante, en
particulier entre les États limitrophes. Reconnaissant l’importance de la libre circulation des
personnes, le Traité instituant la Communauté économique africaine (CEA), signé à Abuja en
juin 1991, exhorte les États membres à adopter des politiques de l’emploi qui permettent la
libre circulation des personnes à l’intérieur de la Communauté, par le renforcement et la
création de bourses de travail en vue de faciliter l’emploi de la main-d’œuvre qualifiée et
disponible d’un État membre dans d’autres États membres (art. 71 e)), élément essentiel pour
promouvoir la coopération et l’intégration régionales en Afrique.
Dans l’ensemble, la libre circulation des personnes et/ou la mobilité de la main-d’œuvre en
Afrique Centrale ont été freinées par un, voire plusieurs éléments, notamment les contractions
8
économiques, des sentiments xénophobes ou des pressions politiques visant à donner les
emplois aux travailleurs locaux. La Zone d’Afrique Centrale a toutefois réellement besoin de
travailleurs, même saisonniers, d’où la nécessité de bien gérer les mouvements migratoires.
4. Les problèmes infrastructurels de transport
D’après Mua (2016), Les chiffres globaux sur les échanges entre pays de l’Afrique Centrale
demeurent minimes en raison notamment du fait que les pays ont jusqu’à maintenant
privilégié un processus d’intégration qui favorise une intégration institutionnelle au détriment
d’une intégration physique. En raison de leur caractère volumineux, les marchandises
échangées entre pays de la sous-région exigent des systèmes de transport efficaces, qui font
actuellement défaut. L’importance des infrastructures pour l’intégration économique de
l’Afrique Centrale est dûment reconnue.
5. Le climat des affaires est inefficient
L’exécrable climat des affaires qui pénalise l’attractivité de la région aussi bien des
investissements aussi bien que intra-régionaux qu’extra régionaux. Les pays de l’Afrique
Centrale doivent s’attaquer à plusieurs mesures nationales qui nuisent au développement du
commerce sous-régional. Ils devraient procéder à un examen approfondi de leur secteur
commercial, identifier ses lacunes et adopter une stratégie permettant de mettre en place les
mesures de facilitation du commerce appropriées. Ainsi, dans certains cas, on pourrait
accélérer les échanges en simplifiant les procédures administratives (douanières) et en
effectuant un investissement de base dans les technologies pertinentes.
6. Le volonté politique mise en cause
En tant état de cause, la CEMAC et la CEEAC ont accompli ces dernières années de réels
progrès bien que subsistent de réelles inerties et l’urgence d’initier une véritable
complémentarité des économies pour venir à bout des égoïsmes nationaux. Ces égoïsmes
nationaux sont un réel frein au développement de l’Afrique Centrale.
SECTION V : Renforcement de l’intégration sous-régionale: Quelques Perspectives
Les recommandées proposées par ce concept paper reposent sur une vision stratégique du rôle
de l’intégration sous-régionale dans le processus de développement. Les décideurs africains
en général et ceux de l’Afrique en particulier devraient en effet considérer que l’intégration
sous-régionale s’inscrit dans une stratégie de développement plus vaste. L’intégration des
marchés cloisonnés de l’Afrique Centrale peut contribuer à attirer les investissements,
provenant du continent ou du reste du monde, nécessaires au développement d’économies
compétitives et plus diversifiées grâce à de meilleurs systèmes de production qui tiennent
davantage compte des objectifs de développement. Sous cet angle, l’intégration sous-
régionale devrait offrir un plus grand nombre de perspectives économiques sur les plans de
l’investissement, de la production, des échanges et de la mobilité des facteurs, ce qui, par le
fait même, devrait permettre aux pays africains de mieux intégrer l’économie mondiale.
Bien que, globalement, les échanges entre les pays de l’Afrique Centrale soient relativement
peu élevés, ils représentent tout de même une part importante du total des échanges extérieurs
pour nombre d’entre eux. De plus, les débouchés commerciaux de la sous-région demeurent
inexploités. Pour tirer parti d’un tel potentiel, il faut supprimer les principales contraintes aux
échanges entre pays de l’Afrique Centrale.
9
Les orientations recommandées ci-après sont des exemples de quelques-unes des mesures que
ces pays pourraient envisager de prendre pour profiter des possibilités que l’intégration
économique sous-régionale leur offre.
1. Initiative d’intégration régionale et investissements dans la zone CEEAC
En raison de l’intense concurrence que les pays se livrent pour les marchés et les ressources
externes, il est impératif que les pays de la sous-région renforcent leurs liens économiques
entre eux dans la foulée d’une intégration économique officielle ou d’une intégration
institutionnelle.
a) Entreprendre des projets sous-régionaux d’IED (Investissement Etranger Direct)
Pour des raisons stratégiques, les sociétés transnationales (STN) de la sous-région,
généralement petites, peuvent choisir de coopérer et d’investir avec des entreprises installées
dans d’autres pays ou dans des pays d’accueil. Comme elles disposent de compétences et de
ressources limitées, les petites entreprises sont extrêmement vulnérables sur les marchés
hautement concurrentiels, ce qui explique pourquoi les petites STN se tournent davantage vers
les coentreprises que les STN plus importantes. Différentes avenues de collaboration s’offrent
aux pays africains qui souhaitent atteindre cet objectif, notamment des accords de
collaboration industrielle, des accords de licence, une coopération sur le plan des services
d’ingénierie et des services techniques, la formation du personnel et la prestation de services
de recherche développement.
La coopération devrait débuter par l’identification et la conception de projets industriels qui
présentent un intérêt commun, notamment la réalisation d’études de faisabilité et la
formulation de projets pouvant bénéficier de concours bancaires. Des réseaux d’information
efficaces devraient être établis pour fournir des informations exactes et actualisées sur les
perspectives d’investissement, les débouchés technologiques et le potentiel du marché, les lois
et réglementations nationales, les coûts, la disponibilité de la main-d’œuvre et d’autres
ressources, les expériences d’éventuels partenaires, etc. L’établissement d’associations
professionnelles régionales pourrait jouer un rôle particulièrement stimulant pour relier entre
elles les entreprises locales de différents pays.
b) Renforcer les mesures réglementaires pour promouvoir les IED entre pays africains
Les modifications apportées aux réglementations nationales ces dernières années ont accentué
la libéralisation et la déréglementation, ce qui devrait avoir un effet positif sur les IED. Pour
veiller à ce que les intérêts des milieux d’affaires soient respectés, ceux-ci devraient être
mieux représentés au sein des organes de décision de la région, et ce de façon plus
systématique. En outre, les politiques d’investissement devraient être harmonisées au niveau
de la sous région pour empêcher les objectifs contradictoires.
c) Privilégier les accords d’investissement sous-régionaux plutôt que bilatéraux
La multiplication des initiatives bilatérales, plus limitées, ne devrait pas exclure une approche
sous régionale de la coopération économique. Les pays de la sous région ont eu tendance à
nouer de plus en plus d’accords bilatéraux en matière de commerce et d’investissement. Ces
mécanismes bilatéraux devraient toutefois préluder à des mécanismes sous régionale, et non
l’inverse. Les accords d’investissement sous-régional réussissent en effet davantage à attirer
les investissements étrangers intra-africains que les accords bilatéraux que les pays de la sous-
région seraient amenés à signer unilatéralement. .
d) Mise sur pied d’un secteur financier fort
10
Toute politique d’investissement intra-africain devrait reposer sur un solide secteur financier.
De fait, la présence de réseaux bancaires dans plusieurs pays africains favorise l’apparition
des mécanismes de paiement nécessaires pour promouvoir le commerce et les flux financiers
entre les pays.
2. Les initiatives visant l’amélioration de la mobilité de la main d’œuvre
Il faudrait peut-être aussi modifier les législations nationales et les codes d’investissement qui
empêchent les «étrangers», y compris les ressortissants des États de la communauté, d’exercer
certains types d’activités économiques. Les efforts et initiatives des régions pour harmoniser
au niveau sous-régional les lois et réglementations sur la mobilité de la main-d’œuvre
devraient être soutenus par une volonté politique. On pourrait aussi envisager une mise en
œuvre progressive des différents accords. Les autres voies empruntées pour faciliter les
déplacements de populations, des catégories spécifiques de personnes se déplaçant pour
fournir des services dans des secteurs spécifiques. Dans le cas des pays africains en
particulier, l’exploitation des avantages de la migration (par exemple l’utilisation, pour des
activités productives, des fonds envoyés par les travailleurs migrants) pourrait contribuer à
réduire la pauvreté et à améliorer la santé et le niveau d’instruction de certaines populations
dans les pays de la sous-région.
3. Les initiatives visant à améliorer les infrastructures
L’Afrique Centrale devrait tirer le meilleur parti possible des possibilités offertes pour
financer les infrastructures, comme celles prévues par le Consortium pour les infrastructures
en Afrique (ICA). Compte tenu de ce qui précède, le développement des infrastructures sous-
régionales devrait faire partie des critères utilisés pour évaluer les progrès accomplis au titre
de l’intégration sous-régionale.
4. Le leadership des dirigeants de la zone Afrique Centrale
La chance sourira à l'Afrique si les dirigeants font montre de déterminisme en acceptant un
transfert de souveraineté nationale au profit des structures supranationales communautaires.
En arrêtant une stratégie collective de promotion globale au lieu de poursuivre une stratégie
individuelle de promotion nationale. En comptant sur les capacités productives locales, en
n'ignorant pas des conditions environnementales spécifiques. en ne perdant pas de vue que les
États n'ont pas d'amis mais uniquement que des intérêts qui permettent aux dirigeants de
résister aux pressions extérieures, en libérant les capacités personnelles par l'instruction.,
l'éducation et la formation technique et professionnelle, les conditions minimales seront
remplies pour un développement harmonieux durable. Le développement africain ne sera réel
que si l'Afrique mise sur la dynamique de coopération sectorielle et sur la dynamique de
coopération régionale, seules conditions pour un développement endogène et introverti
conséquent. À force de volonté et de persévérance, l'on pourra y parvenir. (Agbobli, 2006)
CONCLUSION
Ce concept paper montre plus que jamais l’urgence de l’intégration en Afrique Centrale serait
salvatrice non pas seulement pour les pouvoir publics et les peuples de la région, mais pour la
consolidation du projet d’intégration du continent noir dans son ensemble allant au devant des
enjeux du 21e
siècle. D’après Mua (2016a), l’intégration sous régionale visant une autonomie
collective des populations serra possible que si le développement des marchés est pris en
compte dans un contexte de globalisation. L’Afrique Centrale, dotée des ressources naturelles
ne pourrait devenir le continent de l’Avenir avec une population grandissante que si l’Afrique
11
centrale qui concentre de nombreuses ressources stratégiques et critiques pour l’essor du
continent jouait sa partition dans le projet d’intégration continentale. C’est dire la
responsabilité géographique des gouvernements et des organisations d’intégration de la région
dans la stimulation du développement. En effet, tout retard pris dans le chantier de
l’intégration ne peut qu’avoir des répercussions négatives sur le projet continental
d’intégration. En définitive, c’est d’Afrique Centrale qu’on observera au mieux la mutation
d’un continent morcelé, tenaillé par la division et les querelles internes de leadership (dernière
élection présidentielle contestée par la partie perdante au Gabon en est un exemple) vers une
Afrique prospère, trouvant la place qui lui revient dans ce monde en mutation.
REFERENCES
Adedeji A. (2002). History and prospects for regional integration in Africa. Document
présenté à la troisième réunion du Forum pour le développement en Afrique, Addis-Abeba
(Éthiopie), 3-8 mars.
Agbobli, E, K, (2006), Dynamisme de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest :
Historique, diagnostic, perspectives. Sciences sociales et humaines. Revue du CAMES -
Nouvelle Série B, Vol. 007 N° 2-2006 (2'- Semestre)
Bassilekin, A. (2012), les Enjeux et intérêts d’une politique d’intégration en Afrique Centrale.
Papier présenté lors de la Conférence Débat sur le thème de l’Intégration en Afrique Centrale
organisée le Samedi 17 mars 2012 à l’Université Libre de Bruxelles.
Mua, K, K (2016), Infrastructure Development in Fragile Economies Will Foster Better
African Integration. Africa Policy Journal. Disponible à
https://apj.fas.harvard.edu/infrastructure-development-in-fragile-economies-will-foster-better-
african-integration/ (Accédé le 14 Octobre 2016.
Mua, Kelly Kingsly, (2016a), Regional Integration as a Tool for Economic Transformation
(June 15, 2016). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2796344 (Accédé le 14
Octobre 2016)
Ndedi, A, A, (2008) Can Africa Reclain the 21st Century ? University of Pretoria Printers.
Ndedi, A et Bunwaree, S (2006), Making African poverty history: Interrogating NEPAD.
Available at Global Development Network.
Olubomehin D. et Kawonishe D. (2004). The African Union and the challenges of regional
integration in Africa. Document présenté à la conférence annuelle de la African Studies
Association of Australia and the Pacific (AFSAAP). 26-28 novembre. University of Western
Australia.
UNECA (2016), Etat d’avancement du processus d’intégration régionale. Disponible à
http://www1.uneca.org/sro-ca-fr/fr-fr/processusdint%C3%A9grationr%C3%A9gionale.aspx
(Accédé le 14 Octobre 2016)

Contenu connexe

Tendances

Recherche sur la gestion des conflits
Recherche sur la gestion des conflitsRecherche sur la gestion des conflits
Recherche sur la gestion des conflitsyouness jabbar
 
Communication de crise
Communication de criseCommunication de crise
Communication de criseTaoufik IGRI
 
L’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNEL
L’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNELL’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNEL
L’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNELDocuments
 
Conduite du changement : les bases
Conduite du changement : les basesConduite du changement : les bases
Conduite du changement : les basesPascal Ponty
 
Les conflits en entreprises
Les conflits en entreprisesLes conflits en entreprises
Les conflits en entreprisesFlorent Alima
 
3 les styles de management
3   les styles de management3   les styles de management
3 les styles de managementNASSIMA1970
 

Tendances (6)

Recherche sur la gestion des conflits
Recherche sur la gestion des conflitsRecherche sur la gestion des conflits
Recherche sur la gestion des conflits
 
Communication de crise
Communication de criseCommunication de crise
Communication de crise
 
L’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNEL
L’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNELL’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNEL
L’HARCELEMENT MORAL EN MILIEU PROFESSIONNEL
 
Conduite du changement : les bases
Conduite du changement : les basesConduite du changement : les bases
Conduite du changement : les bases
 
Les conflits en entreprises
Les conflits en entreprisesLes conflits en entreprises
Les conflits en entreprises
 
3 les styles de management
3   les styles de management3   les styles de management
3 les styles de management
 

Similaire à L'INTEGRATION EN AFRIQUE CENTRALE (CEMAC)

Conclusions VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAME
Conclusions  VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAMEConclusions  VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAME
Conclusions VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAMEASCAME
 
Présentation de la CEEAC (historique, structure, missions, fonctionnement, p...
Présentation de la CEEAC  (historique, structure, missions, fonctionnement, p...Présentation de la CEEAC  (historique, structure, missions, fonctionnement, p...
Présentation de la CEEAC (historique, structure, missions, fonctionnement, p...propac
 
Dr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BAD
Dr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BADDr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BAD
Dr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BADFatoumata Chérif
 
Revue Echos Finances #13
Revue Echos Finances #13Revue Echos Finances #13
Revue Echos Finances #13senmfb
 
Nouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdf
Nouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdfNouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdf
Nouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdfBdhrDmb
 
Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...
Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...
Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...Africa Cheetah Run
 
Exe catalogue forum sen ppp finance
Exe catalogue forum sen ppp financeExe catalogue forum sen ppp finance
Exe catalogue forum sen ppp financeDFPPP
 
Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...
Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...
Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...Sou Mia
 
Newspaper ascame medanews juin-juillet francais
Newspaper   ascame medanews juin-juillet francaisNewspaper   ascame medanews juin-juillet francais
Newspaper ascame medanews juin-juillet francaisASCAME
 
Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010
Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010
Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010AFRICAESS
 
ASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en français
ASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en françaisASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en français
ASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en françaisASCAME
 
Étude de Cas de Gestion Stratégique en Afrique
Étude de Cas de Gestion Stratégique en AfriqueÉtude de Cas de Gestion Stratégique en Afrique
Étude de Cas de Gestion Stratégique en AfriquePROF ALAIN NDEDI
 
2010 stratégie 2010 2015 senegal bad
2010 stratégie 2010 2015 senegal bad2010 stratégie 2010 2015 senegal bad
2010 stratégie 2010 2015 senegal badWilliams Paolo Bella
 
Revue Echos Finances #21.pdf
Revue Echos Finances #21.pdfRevue Echos Finances #21.pdf
Revue Echos Finances #21.pdfsenmfb
 
Douanes d'Afrique occidentale et centrale
Douanes d'Afrique occidentale et centraleDouanes d'Afrique occidentale et centrale
Douanes d'Afrique occidentale et centraleWilliam Bayiha
 
Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN
Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN
Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN LucileD
 
Le royaume du Maroc. Terre d'opportunités
Le royaume du Maroc. Terre d'opportunitésLe royaume du Maroc. Terre d'opportunités
Le royaume du Maroc. Terre d'opportunitésASCAME
 

Similaire à L'INTEGRATION EN AFRIQUE CENTRALE (CEMAC) (20)

Conclusions VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAME
Conclusions  VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAMEConclusions  VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAME
Conclusions VIII Semaine Méditerranéenne des Leaders Economiques ASCAME
 
Le Cycle De Doha Accord De Partenariat Acp Omc
Le Cycle De Doha   Accord De Partenariat Acp OmcLe Cycle De Doha   Accord De Partenariat Acp Omc
Le Cycle De Doha Accord De Partenariat Acp Omc
 
Présentation de la CEEAC (historique, structure, missions, fonctionnement, p...
Présentation de la CEEAC  (historique, structure, missions, fonctionnement, p...Présentation de la CEEAC  (historique, structure, missions, fonctionnement, p...
Présentation de la CEEAC (historique, structure, missions, fonctionnement, p...
 
Dr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BAD
Dr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BADDr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BAD
Dr Akinwumi a. Adesina: Nouveau Président de la BAD : Sa vision pour la BAD
 
PPT these par Yanic KENHOUNG
PPT these par Yanic KENHOUNGPPT these par Yanic KENHOUNG
PPT these par Yanic KENHOUNG
 
Revue Echos Finances #13
Revue Echos Finances #13Revue Echos Finances #13
Revue Echos Finances #13
 
Nouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdf
Nouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdfNouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdf
Nouvelle étendard de l’émergence des États Africain ua-nepad.pdf
 
Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...
Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...
Excellents points de vue: secteur extractif - perspectives africaines, juille...
 
Exe catalogue forum sen ppp finance
Exe catalogue forum sen ppp financeExe catalogue forum sen ppp finance
Exe catalogue forum sen ppp finance
 
Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...
Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...
Wps 138 politique economique et facteurs institutionnels dans le développemen...
 
Newspaper ascame medanews juin-juillet francais
Newspaper   ascame medanews juin-juillet francaisNewspaper   ascame medanews juin-juillet francais
Newspaper ascame medanews juin-juillet francais
 
Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010
Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010
Remess actes de_la_rencontre_africaine_kenitra_2010
 
ASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en français
ASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en françaisASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en français
ASCAMEMedaNews décembre- janvier 2015 version en français
 
Étude de Cas de Gestion Stratégique en Afrique
Étude de Cas de Gestion Stratégique en AfriqueÉtude de Cas de Gestion Stratégique en Afrique
Étude de Cas de Gestion Stratégique en Afrique
 
2010 stratégie 2010 2015 senegal bad
2010 stratégie 2010 2015 senegal bad2010 stratégie 2010 2015 senegal bad
2010 stratégie 2010 2015 senegal bad
 
Revue Echos Finances #21.pdf
Revue Echos Finances #21.pdfRevue Echos Finances #21.pdf
Revue Echos Finances #21.pdf
 
Douanes d'Afrique occidentale et centrale
Douanes d'Afrique occidentale et centraleDouanes d'Afrique occidentale et centrale
Douanes d'Afrique occidentale et centrale
 
CORAF side event2: note conceptuelle_Un modèle pour l’investissement durable ...
CORAF side event2: note conceptuelle_Un modèle pour l’investissement durable ...CORAF side event2: note conceptuelle_Un modèle pour l’investissement durable ...
CORAF side event2: note conceptuelle_Un modèle pour l’investissement durable ...
 
Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN
Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN
Note du Réseau Climat & Développement pour l'AMCEN
 
Le royaume du Maroc. Terre d'opportunités
Le royaume du Maroc. Terre d'opportunitésLe royaume du Maroc. Terre d'opportunités
Le royaume du Maroc. Terre d'opportunités
 

L'INTEGRATION EN AFRIQUE CENTRALE (CEMAC)

  • 1. 1 L’intégration économique en Afrique centrale : état des lieux, forces, faiblesses, problèmes et perspectives : Comment consolider les avancées de l’intégration régionale économique et politique en Afrique centrale et mieux gérer son impact sur la sécurité humaine Objectif : Passer en revue les progrès réalisés et les obstacles à l’intégration économique en Afrique centrale, identifier et explorer les possibilités ainsi que les opportunités de relance du processus. By: Professor Alain Ndedi Dean: School of Business and Public Policy, Saint Monica University Buea, Cameroon Email: ndedi.alain@gmail.com Introduction L’importance de la coopération et de l’intégration économique régionale pour accélérer et renforcer le développement économique et social est reconnue depuis longtemps par les intellectuels et les dirigeants africains. L’unité, la coopération et l’intégration de l’Afrique ont été de tout temps des objectifs pour de nombreux responsables africains comme George Patmore, W. E. B. Dubois ou Marcus Garvey, ainsi que pour des nationalistes africains comme Kwane Nkrumah qui, dans son livre Africa Must Unite, préconisait déjà l’unité africaine. Cet objectif d’intégration est donc profondément ancré dans l’histoire de l’Afrique, même si, comme dans d’autres régions, la priorité a été initialement de s’assurer un poids et une autorité politiques accrus sur la scène internationale. Mais au fur et à mesure que les défis de la mondialisation et de l’interdépendance se sont imposés aux pays de la région, avec le risque d’une marginalisation du continent africain, cet objectif d’intégration est redevenu prioritaire. L’Organisation de l’Unité africaine (OUA) a été établie en 1963 pour intégrer économiquement les pays d’Afrique, régler les conflits dans les pays africains et entre ces pays, promouvoir le développement et améliorer le niveau de vie des populations (Olubomehin et Kawonishe, 2004). Plusieurs groupements sous-régionaux africains ont été formés par la suite. En juin 1991, le Traité d’Abuja, qui prévoyait la création d’une communauté économique africaine à l’échelle du continent d’ici à 2027, a été signé. La formation d’arrangements régionaux de coopération économique permet de jeter les bases de la communauté économique africaine envisagée. Le régionalisme en Afrique répond à deux nécessités. La première était de renforcer l’unité politique au niveau sous –régional et panafricain. La seconde consistait à promouvoir la croissance économique et le développement des sous ensemble. Le régionalisme, en particulier pour une intégration des marchés au niveau régional, était un moyen d’aider les pays africains à surmonter les problèmes structurels auxquels ils étaient confrontés. Le concept paper avance qu’une intégration intra-africaine renforcée est indispensable pour le développement. On a le sentiment que les initiatives régionales prises dans le passé en Afrique en général et dans la sous-région, axées surtout sur des aspects politiques, n’avaient pas beaucoup contribué à améliorer la situation économique des parties prenantes ni à leur assurer une croissance durable. De ce fait, le concept paper entends montrer que l’intégration régionale, à condition d’être conçue et appliquée dans le cadre d’une stratégie de
  • 2. 2 développement plus vaste visant à promouvoir la diversification économique, les mutations structurelles et le développement technologique, pouvait renforcer les capacités productives des pays de l’Afrique Centrale, permettre des économies d’échelle, améliorer la compétitivité et servir à ces pays de tremplin pour participer de manière effective à l’économie mondiale. Plus spécifiquement, le concept paper vise à se focaliser sur l’intégration économique en Afrique centrale: état des lieux, forces, faiblesses, problèmes et perspectives: Comment consolider les avancées de l’intégration régionale économique et politique en Afrique centrale et mieux gérer son impact sur la sécurité humaine. A la fin du papier, on aura défini des stratégies détaillant comment passer en revue les progrès réalisés et les obstacles à l’intégration économique en Afrique centrale, identifier et explorer les possibilités ainsi que les opportunités de relance du processus. La première partie de ce concept paper aborde l’état d’avancement du processus d’intégration en Afrique Centrale. La seconde section discute la justification de l’intégration économique en Afrique centrale. La troisième partie développe les problèmes à l’intégration de l’Afrique Centrale, alors que la quatrième partie s’oriente sur les implications des nuisances à l’intégration. La cinquième section s’attèlera sur le renforcement de l’intégration sous- régionale: Quelques Perspectives. SECTION 1 : Etat d’avancement du processus d’intégration régionale Les traités instituant la CEEAC, la CEMAC et les autres institutions de coopération d’Afrique Centrale se situent dans une approche plurielle, avec des schémas et stratégies qui ambitionnent de créer un espace économique unifié dans toutes ses composantes: création d’un marché commun, convergence des politiques macro-économiques, mise en œuvre de politiques sectorielles communes et promotion d’un environnement de paix et de sécurité. Les principaux programmes mis en œuvre par les deux communautés et leurs institutions spécialisées portent principalement sur: -la réalisation de zones de libre échange et d’unions douanières, -la libre circulation des personnes et des biens, -le développement et l’interconnexion des infrastructures de transport et d’énergie, -l’accroissement de la productivité et de production agricoles, -la gestion optimale des ressources en eau, -la convergence des politiques macro-économiques, -la promotion et la consolidation d’un espace de paix et de sécurité. Dix ans après l’entrée en vigueur du Traité de la CEMAC et l’adoption du programme de relance de la CEEAC, une revue desdits programmes montre dans l’ensemble des évolutions contrastées, et des résultats –pour l’instant- en deçà des attentes formulées. En dépit de sa position de carrefour, de la diversité de ses ressources naturelles et d’un écosystème très favorable, l’espace Afrique Centrale reste l’un des moins intégrés du Continent, en termes de flux commerciaux inter-états, de mouvement des personnes et d’interconnexion des infrastructures physiques. Quelques progrès ont néanmoins été enregistrés en 2008, et ont notamment concerné les fonds régionaux. Le FODEC/CEMAC a ainsi connu ses premières budgétisations en juin et décembre 2008 avec des dotations respectives de 4 et 12 milliards de francs CFA au titre des exercices 2008 et 2009. En dépit des faibles taux d’exécution du budget 2008 (45,5 % des recettes et seulement 14,9 % des dépenses), cette avancée s’est déjà traduite par l’allocation de ressources à plusieurs projets communautaires (COSCAP, Centre Phytosanitaire d’Afrique Centrale CPAC, Programme de lutte contre la trypanosomiase, Capitalisation d’Air CEMAC) notamment.
  • 3. 3 Dans le même ordre d’idées, la CEEAC a budgétisé pour la première fois une dotation forfaitaire de 0,5 milliards de francs CFA au titre du Fonds de compensation de la Communauté. Le début d’opérationnalisation de cet instrument et la budgétisation du Guichet II du FODEC/CEMAC sont de nature à donner une nouvelle impulsion au marché régional et au secteur privé local, les versements compensatoires étant en principe dédiés au financement des PME/PMI de la sous-région. Dans le même ordre d’idées, la décision prise en juillet 2008 par le Conseil des Ministres de la CEEAC de créer un Fonds Spécial Régional de Développement Agricole FSRDA et la « libération à brève échéance » d’une première dotation en capital de 200.000 dollars par Etat membre devrait permettre à l’espace régional de se doter d’un premier fonds structurel, dans un secteur d’activités hautement stratégique au regard de la réalisation des OMD en Afrique Centrale. En matière de convergence macro-économique, les Etats CEMAC ont dans l’ensemble observé les critères de premier rang, excepté celui relatif à l’inflation. Ces performances ont été réalisées par tous les Etats – y compris ceux en situation de post-conflit – dans un contexte de crise plurielle : forte variation des prix du pétrole et des recettes d’exportation, flambée des prix des produits alimentaires et défiscalisation de plusieurs produits de première nécessité, réduction en fin d’exercice de la demande mondiale de matières premières, ralentissement de la production et des investissements dans l’industrie minière. Par ailleurs, le mécanisme de surveillance multilatérale a gagné en efficacité, avec la résorption des retards de production des rapports y afférents (données 2008 et prévisions 2009 disponibles en décembre 2008). Cette mise à niveau opérationnelle va donner aux organes délibérants communautaires et aux administrations nationales des instruments d’analyse et de prise de décision actualisés, indispensables à une gestion efficiente des économies de la sous-région. (UNECA, 2016) L’opérationnalisation des instruments du Conseil de Paix et de Sécurité de la CEEAC se poursuit à un rythme satisfaisant. Le MARAC a procédé aux choix stratégiques, géographiques et thématiques de l’observation, et est entré dans une phase active de production d’analyses mensuelles à l’attention des décideurs, avec l’appui de correspondants décentralisés dans chaque Etat membre. La FOMAC a engagé plusieurs cycles de formation et d’entraînement tant pour ses personnels de commandement que pour les unités positionnées dans les Etats au titre de la Brigade Régionale en Attente. Les études techniques, préparatoires à la mise en œuvre des programmes d’infrastructures de transport et d’énergie se poursuivent, avec toutefois un rythme moins soutenu. La première table ronde des bailleurs de fonds du PDCT-AC, initialement programmée en 2008, devrait pouvoir être organisée en 2009 après finalisation de l’évaluation économique et financière des 55 projets dits de première priorité. Par ailleurs, l’évolution normale du processus de mise en œuvre des 14 projets du Plan d’Action à court terme PACT/NEPAD/AC reste entravée par les retards enregistrés pour la signature de protocoles d’accord ou de requêtes conjointes entre Etats, la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs pour le financement des études de faisabilité et l’insuffisante efficacité de la coordination régionale NEPAD/Afrique Centrale. (UNECA, 2016) Le marché régional Afrique Centrale demeure le moins performant en Afrique, avec pour 2006 des échanges intra-communautaires oscillant entre 0,5 et 1 % du commerce total des Etats membres, contre 5 % pour le COMESA, 10 % pour la SADC et la CEDEAO, 15 % pour l’UEMOA. Le rapport d’évaluation réalisé par le Projet
  • 4. 4 FacilityTrade.com ACP/Union Européenne a abouti au constat d’une quasi ignorance des instruments de la ZLE/CEEAC par les opérateurs économiques de la sous-région (Tarif préférentiel, règles d’origine, procédures d’agrément et documents d’accompagnement). Du côté de la CEMAC, les conditions réelles d’application du TPG restent inconnues, de même que les entreprises et les produits bénéficiant de la préférence régionale. La réintroduction toute récente dans le dispositif réglementaire CEMAC d’un comité sur l’origine et d’une procédure d’agrément pourrait aider les deux communautés et les opérateurs économiques de la sous-région à mieux s’approprier les outils de la coopération commerciale, et aider le marché d’Afrique Centrale à se hisser au moins au même niveau de performance que celui des autres marchés régionaux africains. (UNECA, 2016) Pour l’UNECA (2016), les conditions actuelles d’application des principaux paramètres des prélèvements communautaires – TCI et CCI – sont loin d’être satisfaisantes, en dépit de l’amélioration relative des finances des deux institutions. Pour le cas particulier de la TCI, les dysfonctionnements constatés dans les rapports sur l’état de l’intégration 2006-2007 et 2008 de la CEA/BSR-AC commencent à produire les effets redoutés : accumulation d’arriérés par plusieurs Etats, amplification des écarts de rendement, persistance du phénomène de rétention des avoirs, recul du niveau de sécurisation des recettes. Comme dans l’expérience du PCS/CEAO en 1992, l’absence de mesures correctives pertinentes et rapides pourrait aboutir à un quasi-blocage du système à court ou moyen terme (1 à 2 ans). Pour la CCI/CEEAC, l’engagement de tous les Etats reste à confirmer, pour conférer à la Communauté Economique Régionale d’Afrique Centrale une capacité minimale d’autonomie et d’initiatives qui lui permette de jouer son rôle dans la stratégie de mise en œuvre des objectifs du Traité d’Abuja et de l’Acte Constitutif de l’Union Africaine. Au plan institutionnel, la coopération entre la CEMAC et la CEEAC n’est pas à un niveau optimal. Si l’on excepte l’expérience en cours du PDCT, la gestion des négociations APE et le transfert récent d’autorité de la FOMUC à la FOMAC, les autres activités et initiatives continuent pour la plupart d’être menées de manière parallèle. Les quelques efforts de rapprochement déployés par la CEA/BSR-AC s’avèrent insuffisants pour générer la mise en cohérence et toutes les synergies indispensables à l’accélération du processus d’intégration en Afrique Centrale. D’après l’UNECA (2016), en plus des actions préconisées dans les rapports 2006, 2007 et 2008 de la CEA/BSR-AC, et qui pour la plupart restent actuelles, de nouvelles mesures doivent être prises aux plans juridique, institutionnel et opérationnel pour mettre le processus d’intégration d’Afrique Centrale à un niveau de performance à la dimension des défis de développement de la sous-région. SECTION 2 : Justification de l’intégration économique en Afrique centrale L’intégration de l’Afrique Centrale est d’actualité pour trois raisons. Premièrement, l’Afrique Centrale voit la structure de sa coopération internationale évoluer avec une multitude de partenariats externes (bilatéraux, régionaux ou multilatéraux), et elle doit mettre à profit les opportunités au niveau de la sous-région qui peuvent l’aider à parvenir à des taux de croissance économique plus élevés et à réaliser ses objectifs de développement. Deuxièmement, la crise financière et économique mondiale et accrue affecte les pays sous- région avec le recul de l’aide publique au développement (APD), des importations et des
  • 5. 5 investissements, et l’intensification du commerce sous-régionale constitue donc une stratégie de développement et de diversification commerciale. Troisièmement, l’intégration sous-régionale régionale pouvait, à travers la mise en commun des ressources et le développement des marchés locaux, stimuler la production, le commerce et l’investissement. Les possibilités de commerce et d’investissement au niveau sous-régional n’étaient pas pleinement exploitées jusqu’à présent, avec la faible proportion des échanges commerciaux en Afrique Centrale par rapport aux exportations totales. SECTION 3 : Les problèmes à l’intégration de l’Afrique Centrale D’après Ndedi (2008) et Bassilekin (2012), Il ya plusieurs éléments qui nuisent à l’intégration de l’Afrique Centrale : a) Discontinuité historique : Du point de vue historique en remontant strictement à la période coloniale, l’Afrique Centrale que nous analyserons c’est l’agrégation de l’Ancienne Afrique Equatoriale Française, d’Anciennes possessions Belges, portugaises et de l’Unique possession espagnole en Afrique Centrale. Procéder donc à la déconstruction de cet ensemble hétérogène qu’est aujourd’hui l’Afrique Centrale dans sa version CEEAC, c’est aller au cœur des complexités de la mise sous-tutelle de ce continent par des puissances Métropolitaines qui depuis le Traité de Berlin, n’ont à proprement parler jamais quitté la région. b) Discontinuité institutionnelle : Cet héritage historique fait cohabiter dans la région des Etats à forte tradition centralisatrice et d’autres où cette tradition est plus relâchée, ce qui a des conséquences sur la capacité d’action de ce médiateur, entrepreneur du projet d’intégration. Cet écartèlement de l’Afrique Centrale entre divers facteurs d’extraversion politique, économique et culturelle pèse comme une hypothèque sur le volontarisme intégrateur de ces Etats postcoloniaux aujourd’hui en charge du projet d’intégration des peuples de la région. c) Discontinuité de peuplement Parlant des peuples, l’Afrique Centrale, c’est à partir du Nord, notamment au Tchad un ensemble de populations de l’espace soudano-sahélien sujets depuis la nuit des temps au nomadisme et plus on s’enfonce vers le Sud en aboutissant à l’Angola, on rencontre des populations bantous qui, de part l’intensité des forêts, ont une tradition de sédentarité, en clair, les instincts migratoires ne sont pas les mêmes dans la région. d) Singularité géographique L’Afrique Centrale, c’est également la zone de concentration de la plus grande biodiversité du continent où se trouve le tiers des réserves forestières de la planète, lesquelles contribuent à la régulation écologique du monde; c’est aussi la concentration régionale la plus élevée de ressources naturelles et minérales du continent. Cette réalité fait de la région une zone de convoitises et d’ancrages géopolitiques aussi bien d’anciennes métropoles que de pays émergents, ce qui se traduit par une conflictualité récurrente, au point où la vision de la CEMAC à l’horizon 2025 est de faire de la région « un espace économique intégré émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance, au service du développement humain».
  • 6. 6 A ces quatre nuisances, s’ajoute la disparité linguistique, entre le Français largement parlée, s’ajoutent l’Anglais parlé à plus 20 pour cent de la population au Cameroun, et l’Espagnol étant la langue de communication en guinée équatoriale. L’Afrique Centrale, c’est enfin comme sa position géographique le suggère, la zone-carrefour du continent; sur le réseau des 9 routes transafricaines servant à relier le continent d’Est en Ouest et du Nord au Sud, 5 passent par l’Afrique Centrale à l’exception des transafricaines: le Caire-Dakar; Beira (Mozambique) -Lobito (Angola); Le Caire-Gaborone et Dakar-Lagos. SECTION IV: Implications des nuisances à l’intégration Les pesanteurs à l’intégration sous régionale ont des conséquences néfastes directs et voire indirects aux efforts des décideurs de la sous-région à promouvoir l’intégration. On pourrait citer les nuisances suivantes : 1. La juxtaposition de deux Communautés Economiques Régionales L’Afrique Centrale fait cohabiter la CEEAC avec 10 Etats membres et près de 160 millions d’habitants tandis que la CEMAC avec 6 Etats membres totalise à peine 43 millions d’habitants. La CEMAC est crée en 1996 à Ndjamena pour succéder à l’UDEAC, laquelle lancée en 1964 à Brazzaville avait elle-même succédé à l’Union douanière Equatoriale qui regroupait en 1959 sous l’administration coloniale le Congo, le Gabon, le Tchad et la Centrafrique rejoints par le Cameroun en 1961. La CEEAC créée en 1983 à Libreville est opérationnelle depuis 1984. Si la CEEAC est une sous-région au sens du traité d’Abuja et reconnue à cette fin par l’Union Africaine en ce sens qu’elle est sensée servir de véhicule à l’avènement du marché commun africain, elle reste encore au stade de la mise en place de la Zone de Libre Echange. La CEMAC pourrait donc être assimilée à un sous-ensemble de la CEEAC, les pays étant par ailleurs dotés d’une monnaie commune et œuvrant à la convergence des performances de leurs politiques économiques au moyen du dispositif de la surveillance multilatérale. (Ndei, 2008 ; Bassilekin, 2012) Si les pays de la CEMAC ont en commun l’utilisation du Franc CFA et d’un Tarif Extérieur Commun (TEC), l’application rigoureuse par tous les membres n’est pas une réalité; les effets de l’application erratique par les membres de la CEMAC de ce TEC restent néanmoins contenus au regard de la faiblesse des échanges entre les pays de la région. Cependant, au cas où les échanges commerciaux s’intensifieraient avec les pays non membres, il y a aurait des effets de distorsion et même de détournement des échanges. De plus, la discontinuité monétaire entre les pays membres de la CEEAC a pour effet de ralentir les transactions, d’atténuer les échanges et conduit les opérateurs économiques à recourir aux devises étrangères, dont principalement le dollar ou l’Euro. La juxtaposition de deux organisations d’intégration régionale en Afrique centrale pose le problème de la cohérence de la capacité des Etats membres à assumer d’un point de vue institutionnel la dynamique d’adaptation aux normatives émises par ces deux institutions. D’où la nécessité du Plan d’Action d’Abuja qui avait institué en 1991 la Communauté Economique Africaine et prescrit la nécessité par chaque région de former un seul ensemble économique. (Ndedi, 2008; Bassilekin, 2012) Ces difficultés d’harmonisation des politiques d’intégration est source de pertes de ressources, de cacophonie institutionnelle, et se révèle finalement contre productive aussi bien pour le développement de la région que pour la marche vers l’idéal communautaire. Par exemple, on note la coexistence de deux taux préférentiels dans la région régissant les échanges entre la CEMAC d’une part, et la CEEAC d’autre part, entravant de ce fait la libre circulation des
  • 7. 7 marchandises. En effet, la CEMAC applique un taux de 35% de la valeur ajoutée exigible aux produits originaires de ses pays membres alors que la CEEAC qui en plus de ces 6 pays, comprend l’Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé et Principe applique pour sa part un taux de 30%. Il est à relever que le tarif préférentiel qui avait été institué à la CEEAC en 2004, applicable aux produits originaires des pays membres prévoyait d’aboutir selon le calendrier au taux 0 en 2007. Aux dernières nouvelles, un conflit de normes persiste entre les deux régimes et malgré les amendements apportés aux textes régissant le libre-échange entre les deux communautés, des divergences subsistent sur les conditions d’application du taux 0. Il est donc à constater l’urgence d’accélérer l’harmonisation des instruments de politique commerciale notamment la politique tarifaire, l’origine des marchandises, la valeur en douane pour donner de l’élan aux échanges intra-régionaux. 2. Le financement endogène du chantier de l’intégration régionale D’après Ndedi et Bunwaree (2006), la réalisation de l’intégration passe d’abord par la capacité des Etats membres à traduire en actes sur le plan national leurs engagements souscrits au titre du chantier de l’intégration mais à cela se heurte une propension naturelle à s’abriter derrière l’argument des contraintes budgétaires. Les contraintes budgétaires constituent à la fois une réalité et parfois un prétexte. Pourtant, en l’absence de mobilisation des ressources pour financer leurs obligations, les pays de la région entravent ainsi la réalisation des infrastructures diverses d’interconnexion notamment routières, fluviales, ferroviaires, d’énergie. Elles privent les Secrétariats de la CEMAC et de la CEEAC des ressources dont elles ont besoin pour réaliser le programme économique régionale. (Ndedi, 2008; Bassilekin, 2012) 3. La mobilité et la migration de la main d’œuvre Les migrations, dans leur sens le plus large, couvrent tous les types de déplacement de populations, quelles que soient les raisons et les durées de séjour. Elles peuvent être internes, lorsque les déplacements se produisent à l’intérieur d’un pays donné, ou internationales, lorsque les populations se déplacent entre le pays A et le pays. La migration, ou la mobilité, de la main-d’œuvre n’est donc qu’un des nombreux aspects de ce phénomène. L’expression «mobilité de la main-d’œuvre», empruntée au jargon, et l’expression «libre circulation des personnes» désignent le même concept. Les dispositions relatives à la mobilité de la main- d’œuvre figurant dans la plupart des accords de libre-échange et autres accords commerciaux sous-régionaux font référence à la libre circulation des personnes, notamment les accords conclus après l’adoption de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) de l’OMC. Dans un monde de plus en plus intégré, les migrations internationales se poursuivront inévitablement, voire prendront probablement de l’ampleur. Cela est d’autant plus vrai dans le cas de l’Afrique Centrale, où les déplacements de populations sont monnaie courante, en particulier entre les États limitrophes. Reconnaissant l’importance de la libre circulation des personnes, le Traité instituant la Communauté économique africaine (CEA), signé à Abuja en juin 1991, exhorte les États membres à adopter des politiques de l’emploi qui permettent la libre circulation des personnes à l’intérieur de la Communauté, par le renforcement et la création de bourses de travail en vue de faciliter l’emploi de la main-d’œuvre qualifiée et disponible d’un État membre dans d’autres États membres (art. 71 e)), élément essentiel pour promouvoir la coopération et l’intégration régionales en Afrique. Dans l’ensemble, la libre circulation des personnes et/ou la mobilité de la main-d’œuvre en Afrique Centrale ont été freinées par un, voire plusieurs éléments, notamment les contractions
  • 8. 8 économiques, des sentiments xénophobes ou des pressions politiques visant à donner les emplois aux travailleurs locaux. La Zone d’Afrique Centrale a toutefois réellement besoin de travailleurs, même saisonniers, d’où la nécessité de bien gérer les mouvements migratoires. 4. Les problèmes infrastructurels de transport D’après Mua (2016), Les chiffres globaux sur les échanges entre pays de l’Afrique Centrale demeurent minimes en raison notamment du fait que les pays ont jusqu’à maintenant privilégié un processus d’intégration qui favorise une intégration institutionnelle au détriment d’une intégration physique. En raison de leur caractère volumineux, les marchandises échangées entre pays de la sous-région exigent des systèmes de transport efficaces, qui font actuellement défaut. L’importance des infrastructures pour l’intégration économique de l’Afrique Centrale est dûment reconnue. 5. Le climat des affaires est inefficient L’exécrable climat des affaires qui pénalise l’attractivité de la région aussi bien des investissements aussi bien que intra-régionaux qu’extra régionaux. Les pays de l’Afrique Centrale doivent s’attaquer à plusieurs mesures nationales qui nuisent au développement du commerce sous-régional. Ils devraient procéder à un examen approfondi de leur secteur commercial, identifier ses lacunes et adopter une stratégie permettant de mettre en place les mesures de facilitation du commerce appropriées. Ainsi, dans certains cas, on pourrait accélérer les échanges en simplifiant les procédures administratives (douanières) et en effectuant un investissement de base dans les technologies pertinentes. 6. Le volonté politique mise en cause En tant état de cause, la CEMAC et la CEEAC ont accompli ces dernières années de réels progrès bien que subsistent de réelles inerties et l’urgence d’initier une véritable complémentarité des économies pour venir à bout des égoïsmes nationaux. Ces égoïsmes nationaux sont un réel frein au développement de l’Afrique Centrale. SECTION V : Renforcement de l’intégration sous-régionale: Quelques Perspectives Les recommandées proposées par ce concept paper reposent sur une vision stratégique du rôle de l’intégration sous-régionale dans le processus de développement. Les décideurs africains en général et ceux de l’Afrique en particulier devraient en effet considérer que l’intégration sous-régionale s’inscrit dans une stratégie de développement plus vaste. L’intégration des marchés cloisonnés de l’Afrique Centrale peut contribuer à attirer les investissements, provenant du continent ou du reste du monde, nécessaires au développement d’économies compétitives et plus diversifiées grâce à de meilleurs systèmes de production qui tiennent davantage compte des objectifs de développement. Sous cet angle, l’intégration sous- régionale devrait offrir un plus grand nombre de perspectives économiques sur les plans de l’investissement, de la production, des échanges et de la mobilité des facteurs, ce qui, par le fait même, devrait permettre aux pays africains de mieux intégrer l’économie mondiale. Bien que, globalement, les échanges entre les pays de l’Afrique Centrale soient relativement peu élevés, ils représentent tout de même une part importante du total des échanges extérieurs pour nombre d’entre eux. De plus, les débouchés commerciaux de la sous-région demeurent inexploités. Pour tirer parti d’un tel potentiel, il faut supprimer les principales contraintes aux échanges entre pays de l’Afrique Centrale.
  • 9. 9 Les orientations recommandées ci-après sont des exemples de quelques-unes des mesures que ces pays pourraient envisager de prendre pour profiter des possibilités que l’intégration économique sous-régionale leur offre. 1. Initiative d’intégration régionale et investissements dans la zone CEEAC En raison de l’intense concurrence que les pays se livrent pour les marchés et les ressources externes, il est impératif que les pays de la sous-région renforcent leurs liens économiques entre eux dans la foulée d’une intégration économique officielle ou d’une intégration institutionnelle. a) Entreprendre des projets sous-régionaux d’IED (Investissement Etranger Direct) Pour des raisons stratégiques, les sociétés transnationales (STN) de la sous-région, généralement petites, peuvent choisir de coopérer et d’investir avec des entreprises installées dans d’autres pays ou dans des pays d’accueil. Comme elles disposent de compétences et de ressources limitées, les petites entreprises sont extrêmement vulnérables sur les marchés hautement concurrentiels, ce qui explique pourquoi les petites STN se tournent davantage vers les coentreprises que les STN plus importantes. Différentes avenues de collaboration s’offrent aux pays africains qui souhaitent atteindre cet objectif, notamment des accords de collaboration industrielle, des accords de licence, une coopération sur le plan des services d’ingénierie et des services techniques, la formation du personnel et la prestation de services de recherche développement. La coopération devrait débuter par l’identification et la conception de projets industriels qui présentent un intérêt commun, notamment la réalisation d’études de faisabilité et la formulation de projets pouvant bénéficier de concours bancaires. Des réseaux d’information efficaces devraient être établis pour fournir des informations exactes et actualisées sur les perspectives d’investissement, les débouchés technologiques et le potentiel du marché, les lois et réglementations nationales, les coûts, la disponibilité de la main-d’œuvre et d’autres ressources, les expériences d’éventuels partenaires, etc. L’établissement d’associations professionnelles régionales pourrait jouer un rôle particulièrement stimulant pour relier entre elles les entreprises locales de différents pays. b) Renforcer les mesures réglementaires pour promouvoir les IED entre pays africains Les modifications apportées aux réglementations nationales ces dernières années ont accentué la libéralisation et la déréglementation, ce qui devrait avoir un effet positif sur les IED. Pour veiller à ce que les intérêts des milieux d’affaires soient respectés, ceux-ci devraient être mieux représentés au sein des organes de décision de la région, et ce de façon plus systématique. En outre, les politiques d’investissement devraient être harmonisées au niveau de la sous région pour empêcher les objectifs contradictoires. c) Privilégier les accords d’investissement sous-régionaux plutôt que bilatéraux La multiplication des initiatives bilatérales, plus limitées, ne devrait pas exclure une approche sous régionale de la coopération économique. Les pays de la sous région ont eu tendance à nouer de plus en plus d’accords bilatéraux en matière de commerce et d’investissement. Ces mécanismes bilatéraux devraient toutefois préluder à des mécanismes sous régionale, et non l’inverse. Les accords d’investissement sous-régional réussissent en effet davantage à attirer les investissements étrangers intra-africains que les accords bilatéraux que les pays de la sous- région seraient amenés à signer unilatéralement. . d) Mise sur pied d’un secteur financier fort
  • 10. 10 Toute politique d’investissement intra-africain devrait reposer sur un solide secteur financier. De fait, la présence de réseaux bancaires dans plusieurs pays africains favorise l’apparition des mécanismes de paiement nécessaires pour promouvoir le commerce et les flux financiers entre les pays. 2. Les initiatives visant l’amélioration de la mobilité de la main d’œuvre Il faudrait peut-être aussi modifier les législations nationales et les codes d’investissement qui empêchent les «étrangers», y compris les ressortissants des États de la communauté, d’exercer certains types d’activités économiques. Les efforts et initiatives des régions pour harmoniser au niveau sous-régional les lois et réglementations sur la mobilité de la main-d’œuvre devraient être soutenus par une volonté politique. On pourrait aussi envisager une mise en œuvre progressive des différents accords. Les autres voies empruntées pour faciliter les déplacements de populations, des catégories spécifiques de personnes se déplaçant pour fournir des services dans des secteurs spécifiques. Dans le cas des pays africains en particulier, l’exploitation des avantages de la migration (par exemple l’utilisation, pour des activités productives, des fonds envoyés par les travailleurs migrants) pourrait contribuer à réduire la pauvreté et à améliorer la santé et le niveau d’instruction de certaines populations dans les pays de la sous-région. 3. Les initiatives visant à améliorer les infrastructures L’Afrique Centrale devrait tirer le meilleur parti possible des possibilités offertes pour financer les infrastructures, comme celles prévues par le Consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA). Compte tenu de ce qui précède, le développement des infrastructures sous- régionales devrait faire partie des critères utilisés pour évaluer les progrès accomplis au titre de l’intégration sous-régionale. 4. Le leadership des dirigeants de la zone Afrique Centrale La chance sourira à l'Afrique si les dirigeants font montre de déterminisme en acceptant un transfert de souveraineté nationale au profit des structures supranationales communautaires. En arrêtant une stratégie collective de promotion globale au lieu de poursuivre une stratégie individuelle de promotion nationale. En comptant sur les capacités productives locales, en n'ignorant pas des conditions environnementales spécifiques. en ne perdant pas de vue que les États n'ont pas d'amis mais uniquement que des intérêts qui permettent aux dirigeants de résister aux pressions extérieures, en libérant les capacités personnelles par l'instruction., l'éducation et la formation technique et professionnelle, les conditions minimales seront remplies pour un développement harmonieux durable. Le développement africain ne sera réel que si l'Afrique mise sur la dynamique de coopération sectorielle et sur la dynamique de coopération régionale, seules conditions pour un développement endogène et introverti conséquent. À force de volonté et de persévérance, l'on pourra y parvenir. (Agbobli, 2006) CONCLUSION Ce concept paper montre plus que jamais l’urgence de l’intégration en Afrique Centrale serait salvatrice non pas seulement pour les pouvoir publics et les peuples de la région, mais pour la consolidation du projet d’intégration du continent noir dans son ensemble allant au devant des enjeux du 21e siècle. D’après Mua (2016a), l’intégration sous régionale visant une autonomie collective des populations serra possible que si le développement des marchés est pris en compte dans un contexte de globalisation. L’Afrique Centrale, dotée des ressources naturelles ne pourrait devenir le continent de l’Avenir avec une population grandissante que si l’Afrique
  • 11. 11 centrale qui concentre de nombreuses ressources stratégiques et critiques pour l’essor du continent jouait sa partition dans le projet d’intégration continentale. C’est dire la responsabilité géographique des gouvernements et des organisations d’intégration de la région dans la stimulation du développement. En effet, tout retard pris dans le chantier de l’intégration ne peut qu’avoir des répercussions négatives sur le projet continental d’intégration. En définitive, c’est d’Afrique Centrale qu’on observera au mieux la mutation d’un continent morcelé, tenaillé par la division et les querelles internes de leadership (dernière élection présidentielle contestée par la partie perdante au Gabon en est un exemple) vers une Afrique prospère, trouvant la place qui lui revient dans ce monde en mutation. REFERENCES Adedeji A. (2002). History and prospects for regional integration in Africa. Document présenté à la troisième réunion du Forum pour le développement en Afrique, Addis-Abeba (Éthiopie), 3-8 mars. Agbobli, E, K, (2006), Dynamisme de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest : Historique, diagnostic, perspectives. Sciences sociales et humaines. Revue du CAMES - Nouvelle Série B, Vol. 007 N° 2-2006 (2'- Semestre) Bassilekin, A. (2012), les Enjeux et intérêts d’une politique d’intégration en Afrique Centrale. Papier présenté lors de la Conférence Débat sur le thème de l’Intégration en Afrique Centrale organisée le Samedi 17 mars 2012 à l’Université Libre de Bruxelles. Mua, K, K (2016), Infrastructure Development in Fragile Economies Will Foster Better African Integration. Africa Policy Journal. Disponible à https://apj.fas.harvard.edu/infrastructure-development-in-fragile-economies-will-foster-better- african-integration/ (Accédé le 14 Octobre 2016. Mua, Kelly Kingsly, (2016a), Regional Integration as a Tool for Economic Transformation (June 15, 2016). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2796344 (Accédé le 14 Octobre 2016) Ndedi, A, A, (2008) Can Africa Reclain the 21st Century ? University of Pretoria Printers. Ndedi, A et Bunwaree, S (2006), Making African poverty history: Interrogating NEPAD. Available at Global Development Network. Olubomehin D. et Kawonishe D. (2004). The African Union and the challenges of regional integration in Africa. Document présenté à la conférence annuelle de la African Studies Association of Australia and the Pacific (AFSAAP). 26-28 novembre. University of Western Australia. UNECA (2016), Etat d’avancement du processus d’intégration régionale. Disponible à http://www1.uneca.org/sro-ca-fr/fr-fr/processusdint%C3%A9grationr%C3%A9gionale.aspx (Accédé le 14 Octobre 2016)