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NOUVEAU PROJET DE
RÉPARTITION DE L’EFFORT
CLIMATIQUE EUROPÉEN
L’UE incohérente
avec les résultats
de la COP21
CLIMAT
2
L
e 20 juillet 2016, la Commission européenne publie son projet
pour le futur partage de l’effort entre les pays de l’UE pour la
période 2020-2030. Il doit permettre à l’Europe d’atteindre l’ob-
jectif d’au moins 40 % de baisse des émissions de gaz à effet de
serre d’ici à 2030 (par rapport à 1990). Ce plan est très important pour
l’application, en Europe, de l’Accord de Paris sur le climat : il couvre en-
viron 60 % des émissions européennes de gaz à effet de serre (dans les
transports, l’agriculture, le bâtiment et les déchets). La proposition de la
Commission sera ensuite débattue par les États membres de l’UE et par
le Parlement européen, pour une adoption en 2017 ou 2018.
Ce projet, dont les bases ont été conçues plus d’un an avant la COP21,
est obsolète avant même d’être adopté. Ses objectifs sont insuffisants
pour respecter l’Accord de Paris. Il devra donc être amélioré d’ici à 2018,
moment où l’ONU a prévu un premier bilan mondial des progrès réali-
sés. Par ailleurs, certains États européens espèrent pouvoir tricher avec
le climat. Ils veulent affaiblir les règles d’application de ce plan, réduisant
ainsi son efficacité.
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elle aussi de tous les avantages de la transition énergétique. Saura-t-elle
prendre le virage d’une nouvelle société plus économe en énergie, moins
polluante, plus solidaire ? L’Union européenne importe toujours l’essen-
tiel de son énergie (des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon), et pos-
sède très peu de ressources naturelles. En parallèle, l’UE a les capacités
d’innover et de déployer les marchés de demain.
Le même jour, la Commission publie aussi deux autres textes : sa straté-
gie climatique pour le secteur des transports, et une proposition sur la
comptabilisation des gaz à effet de serre dans le secteur des forêts et de
l’usage des terres.
Contact presse
CÉLIA GAUTIER
Responsable des politiques européennes au Réseau Action Climat
06 72 34 00 27
3
Un objectif contraignant
pour la France, à horizon 2030
C
e plan européen est un instrument essentiel pour appliquer en Europe l’Accord de
Paris sur le climat, conclu à la COP21. Il couvre en effet 60 % des émissions euro-
péennes, provenant des transports (le secteur le plus émetteur de CO2
en Europe),
de l’agriculture, des déchets et du bâtiment. Il définit une obligation, répartie entre
les États de l’UE, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de ces secteurs de 30%
d’ici à 2030 (par rapport à 1990). Les autres réductions d’émissions seront effectuées par
les installations industrielles et énergétiques assujetties au marché carbone européen.
Un chiffre contraignant est attendu pour la France, qui pourrait se rapprocher ou corres-
pondre aux objectifs contenus dans la loi de transition énergétique, adoptée en 2015, et
de la stratégie bas-carbone qui y est liée.
L’Europe à la traîne
L
a Commission européenne va sans doute affirmer que son plan est ambitieux,
cohérent avec les engagements de la COP21. Mais ce n’est pas vrai. Il a été an-
noncé bien avant la COP21, en octobre 2014, et donc avant que les objectifs de
l’Accord de Paris ne soient adoptés (maintenir le réchauffement planétaire bien
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croisant les données de la Commission européenne et celles de l’ONU, on s’aperçoit que le
plan prévu par l’Europe table sur un réchauffement de 2 à 2,4°C par rapport à la période
préindustrielle. Les textes de la COP21 reconnaissent d’ailleurs que les plans déjà annon-
cés par les pays sont insuffisants et qu’il faut que chacun accélère ses efforts.
Autrefois à la pointe de l’innovation, l’Europe est aujourd’hui à la traîne dans le développe-
ment des énergies renouvelables, par rapport à des pays comme la Chine (qui en 2015 a
dépensé 2,5 fois plus que l’UE dans les énergies propres - source Bloomberg New Energy
Finance). En retrouvant son rôle moteur, l’Europe pourrait améliorer les conditions de vie
de millions de ménages précaires, par exemple en augmentant ses exigences en termes
d’efficacité énergétique, notamment dans le bâtiment. Elle pourrait aussi épargner des
centaines de milliers de vies perdues1
à cause de la pollution de l’air, en développant les
transports propres et en fermant ses centrales à charbon.
Mais l’Europe et la Commission, continuent d’être aveugles face à tous ces avantages.
1. 482 000 morts prématurées en Europe en 2012, à cause de la pollution de l’air extérieure, d’après l’Organisation mondiale de la
santé.
LES ÉMISSIONS EUROPÉENNES DE GAZ À EFFET DE SERRE CONCERNÉES
PAR LE TEXTE DE LA COMMISSION, SECTEUR PAR SECTEUR (2005)
5%
PERTES 6%
AUTRE
35%
TRANSPORT
11%
INDUSTRIE
26%
CONSTRUCTION
17%
AGRICULTURE
4
Prévoir une “ clause de revoyure ” en 2018
S
’il est difficile, dans le contexte politique actuel, de viser une augmentation immé-
diate des objectifs européens, le minimum vital pour l’UE et la Commission euro-
péenne est de permettre une telle relève des engagements, d’ici à 2018. C’est en
effet en 2018 que les États ont décidé, à la COP21, d’effectuer un premier bilan
mondial des progrès réalisés sur le climat.
Enfin, l’Accord de Paris prévoit une fameuse “clause de revoyure” tous les cinq ans, pour
évaluer régulièrement les actions menées par les pays et rectifier le tir lorsqu’elles ne vont
pas assez loin. L’Union européenne devrait suivre ce rythme.
Quelles conséquences du Brexit ?
I
l est trop tôt pour connaître avec précision les conséquences d’une sortie du Royaume-
Uni de l’Union européenne sur les mesures politiques climat-énergie. S’il y a une consé-
quence du Brexit, elle est d’abord d’ordre géopolitique : on ne peut pas lutter contre
les changements climatiques, un problème mondial et collectif, si tous les États se
concentrent uniquement sur leurs préoccupations nationales, de court terme. La logique
de coopération, celle qui était à l’oeuvre lors de la COP21 doit être préservée.
Tant que le Royaume-Uni n’a pas activé la clause de sortie du traité de Lisbonne (l’article
50), ce que les dirigeants britanniques ne semblent pas pressés de faire, il fera partie de l’ef-
fort climatique communautaire. Si le pays confirme sa sortie de l’UE, il faudra un mécanisme
pour revoir la répartition de l’effort climatique européen entre les États. Les autres pays
devront reprendre leur part de l’effort. Les pays européens à hauts et faibles revenus ne ver-
raient pas de grande différence, ceux du “milieu du panier” pourraient être plus concernés.
©SteveJurvetson
5
Gare aux tricheurs !
L
a négociation sur le partage de l’effort, qui débute au Conseil, ne doit pas être
un processus où chaque État conteste l’effort qui lui est demandé, mais plutôt
une dynamique de coopération, pour maximiser l’apport de l’Europe à la lutte
contre le changement climatique et mettre un coup d’accélérateur à la transition
écologique.
Face à l’urgence climatique, nous avons besoin de politiques publiques qui ne trichent
pas avec le climat.
Interdire les faux départs
P
our limiter le réchauffement, ce qui compte, c’est la quantité de gaz à effet de
serre émise sur toute la période 2020-2030 et qui s’accumule dans l’atmosphère,
pas uniquement le point d’arrivée en 2030.
C’est pourquoi le point de départ de l’effort collectif européen en 2021 est im-
portant : pour chaque pays, ce point de départ doit correspondre à l’option la plus ambi-
tieuse. Or, la Commission va proposer une option (une moyenne des émissions entre 2016
et 2018) qui donnerait une récompense non méritée aux 4 pays qui n’atteindront pas leur
objectif climatique pour 2020 (Belgique, Luxembourg, Autriche et Irlande).
Ne pas déformer les règles du jeu
D
e nombreux pays européens demandent à rendre les règles d’application de ce
plan plus laxistes. De telles demandes sont inacceptables, alors qu’il est primor-
dial, pour tous les pays, de rectifier le tir et de viser plus loin dans leurs efforts.
• Certains États membres veulent pouvoir conserver leur surplus de permis à pol-
luer pour après 2020 (dont le total équivaut à 1,5 milliard de tonnes de CO2
, soit
3 fois les émissions annuelles de la France). Il faudrait au contraire maintenir les
règles en vigueur au niveau européen : les permis non utilisés par les États doivent
disparaître en 2020.
• Certains États veulent pouvoir utiliser les permis à polluer valables dans
d’autres secteurs que ceux du partage de l’effort (soit ceux du marché carbone,
qui concerne l’industrie, la production d’électricité et l’aviation), alors même que
ce marché est lui aussi inondé d’un excédent de permis (3 à 4 milliards de tonnes
de CO2
d’ici à 2020, soit 8 fois les émissions annuelles de la France).
• Plusieurs pays (souvent forestiers) veulent pouvoir tricher avec le climat, via
l’usage de leurs forêts. S’il est indispensable de protéger et d’accroître le couvert
forestier en Europe, il n’est pas possible d’utiliser les forêts pour compenser le
carbone rejeté par les voitures et les bâtiments. Ces secteurs doivent, eux aussi,
réduire leurs émissions, en isolant mieux les maisons et en améliorant les trans-
ports en commun, par exemple. Enfin, l’Europe montrerait le mauvais exemple
à l’international si elle se permettait d’utiliser des règles de comptabilisation du
carbone stocké dans les forêts qui trichent avec le climat.
6
Deux autres textes accompagnent
la proposition de partage de l’effort
• La stratégie climatique sur les transports,
premier secteur pollueur en Europe
L
a Commission européenne publie aujourd’hui sa “stratégie de mobilité à basse
émission” pour réduire l’impact climatique du secteur des transports d’ici à
2030. Les réglementations contraignantes visant à limiter les émissions de CO2
des camionnettes, des voitures et des camions neufs à l’horizon 2025 comptent
parmi les instruments incontournables pour réduire la consommation d’énergies fossiles
et réduire les pollutions des transports.
Au lendemain du scandale des tests automobiles et après 20 ans de stagnation de la
consommation de carburant des véhicules lourds vendus en Europe, les propositions de la
Commission européenne sont vivement attendues.
La France devra jouer un rôle clé pour assurer la mise en oeuvre de législations ambi-
tieuses pour réduire la consommation d’énergie des différents types de véhicules, confor-
mément à ses engagements nationaux et internationaux, sans oublier de les accompagner
de mesures plus ambitieuses au niveau national et local, pour favoriser le report modal.
Enfin, la Commission européenne ne peut continuer à faire l’impasse sur le secteur du
transport aérien dont les émissions de gaz à effet de serre sont amenées à augmenter
rapidement si aucune mesure n’est prise à leur encontre.
En savoir plus :
http://rac-f.org/Quelle-strategie-europeenne-pour-reduire-l-impact-des-transports-sur-
le-climat
©PublicDomain
7
• L’agriculture, 50% des émissions européennes
en 2050
L
a Commission présente aussi sa proposition de loi sur l’usage des sols et des forêts
(appelée “LULUCF”). L’agriculture représente aujourd’hui 10 % des émissions de
gaz à effet de serre de l’Europe, mais sa part devrait s’accroître au cours des pro-
chaines décennies, pour atteindre 50 %.
Il sera traité séparément des autres secteurs, compte tenu de sa particularité, puisqu’il
stocke aussi du carbone.
La proposition législative de la Commission devrait surtout porter sur la méthode de
comptabilisation du carbone dans les sols et les forêts. Elle devrait se baser sur les mé-
thodes actuelles (adoptées en 2013)2
, en les simplifiant. La France a proposé une réforme
intéressante de ces règles afin de rendre compte exactement du carbone qui entre et sort
de l’atmosphère via les forêts et les sols.
2. Décision européenne No 529/2013/EU du 13 mai 2013 sur les règles de comptabilisation des gaz à effet de serre et des puits de
carbone en Europe http://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=OJ:JOL_2013_165_R_0080_01
©BY-SA3.0
Le Réseau Action Climat-France (RAC-F) est une
association spécialisée sur le thème des changements
climatiques, regroupant 16 associations nationales de
défense de l’environnement, de solidarité internationale,
d’usagers des transports et d’alternatives énergétiques
Proposer
des politiques
publiques
cohérentes avec
les engagements
internationaux
de la France
Les missions du Réseau Action Climat sont :
Informer
sur les changements
climatiques et ses
enjeux.
Suivre
les engagements
et les actions de
l’État et des
collectivités locales
en ce qui concerne
la lutte contre les
changements
climatiques.
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Dp 16.04.20 v2-simple

  • 1. NOUVEAU PROJET DE RÉPARTITION DE L’EFFORT CLIMATIQUE EUROPÉEN L’UE incohérente avec les résultats de la COP21 CLIMAT
  • 2. 2 L e 20 juillet 2016, la Commission européenne publie son projet pour le futur partage de l’effort entre les pays de l’UE pour la période 2020-2030. Il doit permettre à l’Europe d’atteindre l’ob- jectif d’au moins 40 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 (par rapport à 1990). Ce plan est très important pour l’application, en Europe, de l’Accord de Paris sur le climat : il couvre en- viron 60 % des émissions européennes de gaz à effet de serre (dans les transports, l’agriculture, le bâtiment et les déchets). La proposition de la Commission sera ensuite débattue par les États membres de l’UE et par le Parlement européen, pour une adoption en 2017 ou 2018. Ce projet, dont les bases ont été conçues plus d’un an avant la COP21, est obsolète avant même d’être adopté. Ses objectifs sont insuffisants pour respecter l’Accord de Paris. Il devra donc être amélioré d’ici à 2018, moment où l’ONU a prévu un premier bilan mondial des progrès réali- sés. Par ailleurs, certains États européens espèrent pouvoir tricher avec le climat. Ils veulent affaiblir les règles d’application de ce plan, réduisant ainsi son efficacité. L’amélioration de ce projet est indispensable pour que l’Europe bénéficie elle aussi de tous les avantages de la transition énergétique. Saura-t-elle prendre le virage d’une nouvelle société plus économe en énergie, moins polluante, plus solidaire ? L’Union européenne importe toujours l’essen- tiel de son énergie (des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon), et pos- sède très peu de ressources naturelles. En parallèle, l’UE a les capacités d’innover et de déployer les marchés de demain. Le même jour, la Commission publie aussi deux autres textes : sa straté- gie climatique pour le secteur des transports, et une proposition sur la comptabilisation des gaz à effet de serre dans le secteur des forêts et de l’usage des terres. Contact presse CÉLIA GAUTIER Responsable des politiques européennes au Réseau Action Climat 06 72 34 00 27
  • 3. 3 Un objectif contraignant pour la France, à horizon 2030 C e plan européen est un instrument essentiel pour appliquer en Europe l’Accord de Paris sur le climat, conclu à la COP21. Il couvre en effet 60 % des émissions euro- péennes, provenant des transports (le secteur le plus émetteur de CO2 en Europe), de l’agriculture, des déchets et du bâtiment. Il définit une obligation, répartie entre les États de l’UE, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de ces secteurs de 30% d’ici à 2030 (par rapport à 1990). Les autres réductions d’émissions seront effectuées par les installations industrielles et énergétiques assujetties au marché carbone européen. Un chiffre contraignant est attendu pour la France, qui pourrait se rapprocher ou corres- pondre aux objectifs contenus dans la loi de transition énergétique, adoptée en 2015, et de la stratégie bas-carbone qui y est liée. L’Europe à la traîne L a Commission européenne va sans doute affirmer que son plan est ambitieux, cohérent avec les engagements de la COP21. Mais ce n’est pas vrai. Il a été an- noncé bien avant la COP21, en octobre 2014, et donc avant que les objectifs de l’Accord de Paris ne soient adoptés (maintenir le réchauffement planétaire bien en deçà de 2°C voire 1,5°C, et parvenir à la neutralité climatique entre 2050 et 2100). En croisant les données de la Commission européenne et celles de l’ONU, on s’aperçoit que le plan prévu par l’Europe table sur un réchauffement de 2 à 2,4°C par rapport à la période préindustrielle. Les textes de la COP21 reconnaissent d’ailleurs que les plans déjà annon- cés par les pays sont insuffisants et qu’il faut que chacun accélère ses efforts. Autrefois à la pointe de l’innovation, l’Europe est aujourd’hui à la traîne dans le développe- ment des énergies renouvelables, par rapport à des pays comme la Chine (qui en 2015 a dépensé 2,5 fois plus que l’UE dans les énergies propres - source Bloomberg New Energy Finance). En retrouvant son rôle moteur, l’Europe pourrait améliorer les conditions de vie de millions de ménages précaires, par exemple en augmentant ses exigences en termes d’efficacité énergétique, notamment dans le bâtiment. Elle pourrait aussi épargner des centaines de milliers de vies perdues1 à cause de la pollution de l’air, en développant les transports propres et en fermant ses centrales à charbon. Mais l’Europe et la Commission, continuent d’être aveugles face à tous ces avantages. 1. 482 000 morts prématurées en Europe en 2012, à cause de la pollution de l’air extérieure, d’après l’Organisation mondiale de la santé. LES ÉMISSIONS EUROPÉENNES DE GAZ À EFFET DE SERRE CONCERNÉES PAR LE TEXTE DE LA COMMISSION, SECTEUR PAR SECTEUR (2005) 5% PERTES 6% AUTRE 35% TRANSPORT 11% INDUSTRIE 26% CONSTRUCTION 17% AGRICULTURE
  • 4. 4 Prévoir une “ clause de revoyure ” en 2018 S ’il est difficile, dans le contexte politique actuel, de viser une augmentation immé- diate des objectifs européens, le minimum vital pour l’UE et la Commission euro- péenne est de permettre une telle relève des engagements, d’ici à 2018. C’est en effet en 2018 que les États ont décidé, à la COP21, d’effectuer un premier bilan mondial des progrès réalisés sur le climat. Enfin, l’Accord de Paris prévoit une fameuse “clause de revoyure” tous les cinq ans, pour évaluer régulièrement les actions menées par les pays et rectifier le tir lorsqu’elles ne vont pas assez loin. L’Union européenne devrait suivre ce rythme. Quelles conséquences du Brexit ? I l est trop tôt pour connaître avec précision les conséquences d’une sortie du Royaume- Uni de l’Union européenne sur les mesures politiques climat-énergie. S’il y a une consé- quence du Brexit, elle est d’abord d’ordre géopolitique : on ne peut pas lutter contre les changements climatiques, un problème mondial et collectif, si tous les États se concentrent uniquement sur leurs préoccupations nationales, de court terme. La logique de coopération, celle qui était à l’oeuvre lors de la COP21 doit être préservée. Tant que le Royaume-Uni n’a pas activé la clause de sortie du traité de Lisbonne (l’article 50), ce que les dirigeants britanniques ne semblent pas pressés de faire, il fera partie de l’ef- fort climatique communautaire. Si le pays confirme sa sortie de l’UE, il faudra un mécanisme pour revoir la répartition de l’effort climatique européen entre les États. Les autres pays devront reprendre leur part de l’effort. Les pays européens à hauts et faibles revenus ne ver- raient pas de grande différence, ceux du “milieu du panier” pourraient être plus concernés. ©SteveJurvetson
  • 5. 5 Gare aux tricheurs ! L a négociation sur le partage de l’effort, qui débute au Conseil, ne doit pas être un processus où chaque État conteste l’effort qui lui est demandé, mais plutôt une dynamique de coopération, pour maximiser l’apport de l’Europe à la lutte contre le changement climatique et mettre un coup d’accélérateur à la transition écologique. Face à l’urgence climatique, nous avons besoin de politiques publiques qui ne trichent pas avec le climat. Interdire les faux départs P our limiter le réchauffement, ce qui compte, c’est la quantité de gaz à effet de serre émise sur toute la période 2020-2030 et qui s’accumule dans l’atmosphère, pas uniquement le point d’arrivée en 2030. C’est pourquoi le point de départ de l’effort collectif européen en 2021 est im- portant : pour chaque pays, ce point de départ doit correspondre à l’option la plus ambi- tieuse. Or, la Commission va proposer une option (une moyenne des émissions entre 2016 et 2018) qui donnerait une récompense non méritée aux 4 pays qui n’atteindront pas leur objectif climatique pour 2020 (Belgique, Luxembourg, Autriche et Irlande). Ne pas déformer les règles du jeu D e nombreux pays européens demandent à rendre les règles d’application de ce plan plus laxistes. De telles demandes sont inacceptables, alors qu’il est primor- dial, pour tous les pays, de rectifier le tir et de viser plus loin dans leurs efforts. • Certains États membres veulent pouvoir conserver leur surplus de permis à pol- luer pour après 2020 (dont le total équivaut à 1,5 milliard de tonnes de CO2 , soit 3 fois les émissions annuelles de la France). Il faudrait au contraire maintenir les règles en vigueur au niveau européen : les permis non utilisés par les États doivent disparaître en 2020. • Certains États veulent pouvoir utiliser les permis à polluer valables dans d’autres secteurs que ceux du partage de l’effort (soit ceux du marché carbone, qui concerne l’industrie, la production d’électricité et l’aviation), alors même que ce marché est lui aussi inondé d’un excédent de permis (3 à 4 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2020, soit 8 fois les émissions annuelles de la France). • Plusieurs pays (souvent forestiers) veulent pouvoir tricher avec le climat, via l’usage de leurs forêts. S’il est indispensable de protéger et d’accroître le couvert forestier en Europe, il n’est pas possible d’utiliser les forêts pour compenser le carbone rejeté par les voitures et les bâtiments. Ces secteurs doivent, eux aussi, réduire leurs émissions, en isolant mieux les maisons et en améliorant les trans- ports en commun, par exemple. Enfin, l’Europe montrerait le mauvais exemple à l’international si elle se permettait d’utiliser des règles de comptabilisation du carbone stocké dans les forêts qui trichent avec le climat.
  • 6. 6 Deux autres textes accompagnent la proposition de partage de l’effort • La stratégie climatique sur les transports, premier secteur pollueur en Europe L a Commission européenne publie aujourd’hui sa “stratégie de mobilité à basse émission” pour réduire l’impact climatique du secteur des transports d’ici à 2030. Les réglementations contraignantes visant à limiter les émissions de CO2 des camionnettes, des voitures et des camions neufs à l’horizon 2025 comptent parmi les instruments incontournables pour réduire la consommation d’énergies fossiles et réduire les pollutions des transports. Au lendemain du scandale des tests automobiles et après 20 ans de stagnation de la consommation de carburant des véhicules lourds vendus en Europe, les propositions de la Commission européenne sont vivement attendues. La France devra jouer un rôle clé pour assurer la mise en oeuvre de législations ambi- tieuses pour réduire la consommation d’énergie des différents types de véhicules, confor- mément à ses engagements nationaux et internationaux, sans oublier de les accompagner de mesures plus ambitieuses au niveau national et local, pour favoriser le report modal. Enfin, la Commission européenne ne peut continuer à faire l’impasse sur le secteur du transport aérien dont les émissions de gaz à effet de serre sont amenées à augmenter rapidement si aucune mesure n’est prise à leur encontre. En savoir plus : http://rac-f.org/Quelle-strategie-europeenne-pour-reduire-l-impact-des-transports-sur- le-climat ©PublicDomain
  • 7. 7 • L’agriculture, 50% des émissions européennes en 2050 L a Commission présente aussi sa proposition de loi sur l’usage des sols et des forêts (appelée “LULUCF”). L’agriculture représente aujourd’hui 10 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe, mais sa part devrait s’accroître au cours des pro- chaines décennies, pour atteindre 50 %. Il sera traité séparément des autres secteurs, compte tenu de sa particularité, puisqu’il stocke aussi du carbone. La proposition législative de la Commission devrait surtout porter sur la méthode de comptabilisation du carbone dans les sols et les forêts. Elle devrait se baser sur les mé- thodes actuelles (adoptées en 2013)2 , en les simplifiant. La France a proposé une réforme intéressante de ces règles afin de rendre compte exactement du carbone qui entre et sort de l’atmosphère via les forêts et les sols. 2. Décision européenne No 529/2013/EU du 13 mai 2013 sur les règles de comptabilisation des gaz à effet de serre et des puits de carbone en Europe http://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=OJ:JOL_2013_165_R_0080_01 ©BY-SA3.0
  • 8. Le Réseau Action Climat-France (RAC-F) est une association spécialisée sur le thème des changements climatiques, regroupant 16 associations nationales de défense de l’environnement, de solidarité internationale, d’usagers des transports et d’alternatives énergétiques Proposer des politiques publiques cohérentes avec les engagements internationaux de la France Les missions du Réseau Action Climat sont : Informer sur les changements climatiques et ses enjeux. Suivre les engagements et les actions de l’État et des collectivités locales en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques. Dénoncer les lobbies et les États qui ralentissent ou affaiblissent l’action internationale.