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147 infose nov2019

La presse nationale et internationale s’est vue noyée dernièrement dans un flot discontinu d’instabilités à la fois géopolitique et climatique à plus ou moins grande échelle. L’équipe rédactrice de l’INF’OSE pour ce mois de novembre s’est donc attachée dans ce numéro à présenter plusieurs focus s’inscrivant dans différents types de défis environnementaux.

1  sur  21
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Mensuel sur l’énergie et l’environnement
S
Novembre 2019	 N°147
LES ALGUES SARGASSES:
La conversion d’un désastre
écologique en ressources du futur
est-elle possible ?
page: 3
MÉTHANISATION DES RÉSIDUS VERTS
dans l’agglomération d’Amiens.
page: 5
LE TRANSPORT MARITIME FACE AUX ENJEUX
ENVIRONNEMENTAUX
page: 10
INTERVIEW ANNE-SOPHIE DESALEUX
pilote de la démarche écoconception à RTE
page: 13
Chère lectrice, cher lecteur,
La presse nationale et internationale s’est
vue noyée dernièrement dans un flot dis-
continu d’instabilités à la fois géopoli-
tique et climatique à plus ou moins grande
échelle.
L’équipe rédactrice de l’INF’OSE pour ce
mois de novembre s’est donc attachée
dans ce numéro à présenter plusieurs
focus s’inscrivant dans différents types
de défis environnementaux.
Nous commencerons tout d’abord par ce
qui nous entoure, avec une présentation
des leviers simples de réduction de la con-
sommation énergétique dans le domaine
du bâtiment.
Par ailleurs, la LTECV faisait état d’un objectif de tri des déchets
à la source pour les particuliers avant 2025, impliquant donc
progressivement une augmentation de la quantité de biodéchets.
Dans une logique de développement d’économie circulaire et
d’incitation collective, il est nécessaire de prendre en compte
et valoriser cette ressource. Un exemple de valorisation dans
le nord de la France est proposé dans un deuxième article.
La réduction de l’empreinte carbone est devenue un sujet
majeur, nécessitant la mise en place d’importants efforts dans
tous les secteurs. Un entretien avec une grande entreprise fran-
çaise est l’occasion de réaliser un focus sur l’écoconception.
Dans un tout autre contexte plus exotique, nous vous proposons
un envol décarboné vers les Antilles avec un sujet de santé pub-
lique tentant d’être pris à bras le corps avec un double impact.
Enfin, cet INF’OSE est l’occasion de revenir sur la thématique en
lien avec le congrès organisé par la promotion précédente, sur le
devenir de l’impact du transport maritime à l’échelle internationale.
Amala et Emmanuel vous souhaitent une agréable lecture.
2 EDITO
ADRESSE E-MAIL
infose@mastere-ose.fr
TELEPHONE
04 97 15 70 73
ADRESSE
Centre de
Mathématiques
Appliquées
Mines Paristech
Rue Claude Daunesse
CS 10 207
06904 Sophia Antipolis
Coordinatrice - Catherine Auguet-Chadaj
Maquettiste - Saul Villamizar
Toute reproduction, représentation, traduction
ou adaptation, qu’elle soit intégrale ou partielle,
quel qu’en soit le procèdé, le support ou le
média, est strictement interdite sans l’autori-
sation des auteurs sauf cas prévus par l’article
L. 122-5 du code de la propriété intellectuelle.
CONTACTS
SOMMAIRE
Actualités Novembre 2019 4
Loi Energie Climat	 4
RTE sur la sécurité d’approvisionnement 2019-2025 	5
La plus grande centrale solaire flottante d’Europe	 6
Les algues sargasses 7
Méthanisation des résidus verts  9
Performance énergétique  12
Le transport maritime face aux enjeux
environnementaux15
Interview d’Anne -Sophie DESALEUX de
RTE sur l’Ecoconception du réseau de
transport d’électricité 18
SMensuel sur l’énergie et l’environnement
3SOMMAIRE
I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9
4 ACTUALITÉS NOVEMBRE 2019
Loi Energie Climat
L
a publication, ce 9 novembre de la
loi Energie Climat au journal officiel
engage définitivement la France à de
nouveaux objectifs dans la lutte contre le
réchauffement climatique. Cette loi est
passée devant le Conseil Constitutionnel,
qui a été saisi par plusieurs parlementaires.
La remise en question portait sur l’Accès
Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique
(ARENH), avec une possibilité pour le gou-
vernement de faire passer le volume annuel de 100 à 150 TWh. Le conseil a jugé que cela était
conforme à la constitution et n’entravait pas la liberté d’entreprendre d’EDF.
Les objectifs suivants sont désormais inscrits dans la loi :
•	 Neutralité carbone pour 2050
•	 Baisse de 40% de la consommation des énergies fossiles d’ici à 2030 (par rapport à 2012)
•	 La réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique à 50% est repoussée à 2035,
représentant la fermeture de 14 réacteurs
•	 La fermeture des dernières centrales à charbon pour 2022
La loi s’empare du sujet des passoires énergétiques, et impose des mesures contraignantes
avec la révision des loyers, conditionnée par le niveau de performance ou encore l’obligation
d’audit énergétique en cas de diagnostic d’un logement à faible performance.
Actualités Novembre 2019
Antoine FOURCADE
R T E s u r l a s é c u r i t é
d ’ a p p r o v i s i o n n e m e n t
2019-2025
D
ans son dernier bilan prévisionnel,
RTE a énoncé ses différentes
prévisions et mesures afin
d’assurer la sécurité d’approvisionnement
du réseau électrique français pour les
cinq années à venir.
Sur la période 2019-2025, il est prévu
de diminuer la capacité installée de 5 GW avec tout d’abord la fermeture de la centrale
nucléaire de Fessenheim (1,8 GW), puis l’arrêt des dernières centrales à charbon (un peu
plus de 3 GW). Tout cela couplé aux retards de la centrale nucléaire de Flamanville, risque
d’impacter la sécurité d’approvisionnement.
Pour cet hiver, RTE est confiant sur la sécurité d’approvisionnement du réseau électrique
avec plus de centrales nucléaires disponibles que l’année dernière. Pour les années 2020 et
2021, la livraison de la centrale gaz à cycle combiné de Landivisiau en Bretagne (446 MW)
et l’augmentation des lignes d’interconnexion avec l’Italie et la Grande-Bretagne assurent la
stabilité du réseau français.
C’est sur la période 2022-2023 que RTE s’inquiète. En effet, il est prévu de fermer plusieurs
centrales nucléaires dans le cadre des visites décennales, à cela s’ajoute la sortie du
nucléaire et du thermique à flamme des pays voisins. Pour faire face à ce risque, RTE
propose trois scénarios :
•	 Une maîtrise de la consommation durant l’hiver (effacement, meilleur pilotage…)
•	 Une optimisation des arrêts de centrales par EDF et l’ASN pour les visites décennales
•	 Repousser la fermeture ou entamer une conversion de la centrale de Cordemais en
centrale biomasse/charbon. RTE garantit que ce scénario est compatible avec les
engagements pris en matière d’émissions de GES
Enfin la période 2023 ne présente pas de risques particuliers avec l’augmentation du parc
des énergies renouvelables et surtout la livraison de l’EPR de Flamanville en 2020.
I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9
5ACTUALITÉS NOVEMBRE 2019
I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9
6 ACTUALITÉS NOVEMBRE 2019
La plus grande centrale
solaire flottante d’Europe
L
e 18 Octobre 2019 la centrale solaire
flottante O’MEGA 1 d’Akuo Solar a été
inaugurée sur le site de Piolenc dans
le Vaucluse à quelques kilomètres au nord
d’Orange. Cette centrale d’une puissance de
17 MWc compte 47000 panneaux solaires et
peut alimenter environ 4700 foyers. Lancé
en 2014, ce projet est cofinancé par les
habitants (17%), la mairie (6%) et par du
financement participatif au travers de la
plateforme Akuo Coop. Pour la rentabilité du projet, un tarif d’achat garanti est aux alentours
de 63 euros /MWh.
La centrale solaire flottante bénéficie d’un rendement de 20 à 25% (selon le cabinet Wavestone),
supérieur à celui d’une centrale au sol, grâce au refroidissement des cellules solaires notam-
ment. De plus cela permet la valorisation d’une étendue d’eau artificielle. Dans ce cas, il s’agit
d’un lac de carrière, mais on peut imaginer des déploiements sur d’autres retenues d’eau arti-
ficielles, des zones inondables, des bassins industriels ou toutes étendues d’eau non valori-
sables. Ce projet présente l’avantage de ne pas empiéter sur des surfaces agricoles ou fonci-
ères, à l’inverse des centrales solaires classiques.
En France, le potentiel des centrales flottantes représente environ 10 GWc selon Akuo Energy
avec un déploiement possible sur le court terme. Il s’agit d’un potentiel largement inexploité
pour le moment. La plupart des grands producteurs ont cependant déjà lancé leurs projets
comme EDF à Lazer sur une retenue artificielle, dans les Hautes-Alpes.
©Akuo Energy

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147 infose nov2019

  • 1. Mensuel sur l’énergie et l’environnement S Novembre 2019 N°147 LES ALGUES SARGASSES: La conversion d’un désastre écologique en ressources du futur est-elle possible ? page: 3 MÉTHANISATION DES RÉSIDUS VERTS dans l’agglomération d’Amiens. page: 5 LE TRANSPORT MARITIME FACE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX page: 10 INTERVIEW ANNE-SOPHIE DESALEUX pilote de la démarche écoconception à RTE page: 13
  • 2. Chère lectrice, cher lecteur, La presse nationale et internationale s’est vue noyée dernièrement dans un flot dis- continu d’instabilités à la fois géopoli- tique et climatique à plus ou moins grande échelle. L’équipe rédactrice de l’INF’OSE pour ce mois de novembre s’est donc attachée dans ce numéro à présenter plusieurs focus s’inscrivant dans différents types de défis environnementaux. Nous commencerons tout d’abord par ce qui nous entoure, avec une présentation des leviers simples de réduction de la con- sommation énergétique dans le domaine du bâtiment. Par ailleurs, la LTECV faisait état d’un objectif de tri des déchets à la source pour les particuliers avant 2025, impliquant donc progressivement une augmentation de la quantité de biodéchets. Dans une logique de développement d’économie circulaire et d’incitation collective, il est nécessaire de prendre en compte et valoriser cette ressource. Un exemple de valorisation dans le nord de la France est proposé dans un deuxième article. La réduction de l’empreinte carbone est devenue un sujet majeur, nécessitant la mise en place d’importants efforts dans tous les secteurs. Un entretien avec une grande entreprise fran- çaise est l’occasion de réaliser un focus sur l’écoconception. Dans un tout autre contexte plus exotique, nous vous proposons un envol décarboné vers les Antilles avec un sujet de santé pub- lique tentant d’être pris à bras le corps avec un double impact. Enfin, cet INF’OSE est l’occasion de revenir sur la thématique en lien avec le congrès organisé par la promotion précédente, sur le devenir de l’impact du transport maritime à l’échelle internationale. Amala et Emmanuel vous souhaitent une agréable lecture. 2 EDITO ADRESSE E-MAIL infose@mastere-ose.fr TELEPHONE 04 97 15 70 73 ADRESSE Centre de Mathématiques Appliquées Mines Paristech Rue Claude Daunesse CS 10 207 06904 Sophia Antipolis Coordinatrice - Catherine Auguet-Chadaj Maquettiste - Saul Villamizar Toute reproduction, représentation, traduction ou adaptation, qu’elle soit intégrale ou partielle, quel qu’en soit le procèdé, le support ou le média, est strictement interdite sans l’autori- sation des auteurs sauf cas prévus par l’article L. 122-5 du code de la propriété intellectuelle. CONTACTS
  • 3. SOMMAIRE Actualités Novembre 2019 4 Loi Energie Climat 4 RTE sur la sécurité d’approvisionnement 2019-2025 5 La plus grande centrale solaire flottante d’Europe 6 Les algues sargasses 7 Méthanisation des résidus verts 9 Performance énergétique 12 Le transport maritime face aux enjeux environnementaux15 Interview d’Anne -Sophie DESALEUX de RTE sur l’Ecoconception du réseau de transport d’électricité 18 SMensuel sur l’énergie et l’environnement 3SOMMAIRE
  • 4. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 4 ACTUALITÉS NOVEMBRE 2019 Loi Energie Climat L a publication, ce 9 novembre de la loi Energie Climat au journal officiel engage définitivement la France à de nouveaux objectifs dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette loi est passée devant le Conseil Constitutionnel, qui a été saisi par plusieurs parlementaires. La remise en question portait sur l’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH), avec une possibilité pour le gou- vernement de faire passer le volume annuel de 100 à 150 TWh. Le conseil a jugé que cela était conforme à la constitution et n’entravait pas la liberté d’entreprendre d’EDF. Les objectifs suivants sont désormais inscrits dans la loi : • Neutralité carbone pour 2050 • Baisse de 40% de la consommation des énergies fossiles d’ici à 2030 (par rapport à 2012) • La réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique à 50% est repoussée à 2035, représentant la fermeture de 14 réacteurs • La fermeture des dernières centrales à charbon pour 2022 La loi s’empare du sujet des passoires énergétiques, et impose des mesures contraignantes avec la révision des loyers, conditionnée par le niveau de performance ou encore l’obligation d’audit énergétique en cas de diagnostic d’un logement à faible performance. Actualités Novembre 2019 Antoine FOURCADE
  • 5. R T E s u r l a s é c u r i t é d ’ a p p r o v i s i o n n e m e n t 2019-2025 D ans son dernier bilan prévisionnel, RTE a énoncé ses différentes prévisions et mesures afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement du réseau électrique français pour les cinq années à venir. Sur la période 2019-2025, il est prévu de diminuer la capacité installée de 5 GW avec tout d’abord la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (1,8 GW), puis l’arrêt des dernières centrales à charbon (un peu plus de 3 GW). Tout cela couplé aux retards de la centrale nucléaire de Flamanville, risque d’impacter la sécurité d’approvisionnement. Pour cet hiver, RTE est confiant sur la sécurité d’approvisionnement du réseau électrique avec plus de centrales nucléaires disponibles que l’année dernière. Pour les années 2020 et 2021, la livraison de la centrale gaz à cycle combiné de Landivisiau en Bretagne (446 MW) et l’augmentation des lignes d’interconnexion avec l’Italie et la Grande-Bretagne assurent la stabilité du réseau français. C’est sur la période 2022-2023 que RTE s’inquiète. En effet, il est prévu de fermer plusieurs centrales nucléaires dans le cadre des visites décennales, à cela s’ajoute la sortie du nucléaire et du thermique à flamme des pays voisins. Pour faire face à ce risque, RTE propose trois scénarios : • Une maîtrise de la consommation durant l’hiver (effacement, meilleur pilotage…) • Une optimisation des arrêts de centrales par EDF et l’ASN pour les visites décennales • Repousser la fermeture ou entamer une conversion de la centrale de Cordemais en centrale biomasse/charbon. RTE garantit que ce scénario est compatible avec les engagements pris en matière d’émissions de GES Enfin la période 2023 ne présente pas de risques particuliers avec l’augmentation du parc des énergies renouvelables et surtout la livraison de l’EPR de Flamanville en 2020. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 5ACTUALITÉS NOVEMBRE 2019
  • 6. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 6 ACTUALITÉS NOVEMBRE 2019 La plus grande centrale solaire flottante d’Europe L e 18 Octobre 2019 la centrale solaire flottante O’MEGA 1 d’Akuo Solar a été inaugurée sur le site de Piolenc dans le Vaucluse à quelques kilomètres au nord d’Orange. Cette centrale d’une puissance de 17 MWc compte 47000 panneaux solaires et peut alimenter environ 4700 foyers. Lancé en 2014, ce projet est cofinancé par les habitants (17%), la mairie (6%) et par du financement participatif au travers de la plateforme Akuo Coop. Pour la rentabilité du projet, un tarif d’achat garanti est aux alentours de 63 euros /MWh. La centrale solaire flottante bénéficie d’un rendement de 20 à 25% (selon le cabinet Wavestone), supérieur à celui d’une centrale au sol, grâce au refroidissement des cellules solaires notam- ment. De plus cela permet la valorisation d’une étendue d’eau artificielle. Dans ce cas, il s’agit d’un lac de carrière, mais on peut imaginer des déploiements sur d’autres retenues d’eau arti- ficielles, des zones inondables, des bassins industriels ou toutes étendues d’eau non valori- sables. Ce projet présente l’avantage de ne pas empiéter sur des surfaces agricoles ou fonci- ères, à l’inverse des centrales solaires classiques. En France, le potentiel des centrales flottantes représente environ 10 GWc selon Akuo Energy avec un déploiement possible sur le court terme. Il s’agit d’un potentiel largement inexploité pour le moment. La plupart des grands producteurs ont cependant déjà lancé leurs projets comme EDF à Lazer sur une retenue artificielle, dans les Hautes-Alpes. ©Akuo Energy
  • 7. Les algues sargasses La conversion d’un désastre écologique en ressources du futur est-elle possible ? L ’algue sargasse est un fléau apparu en masse en 2011 dans les régions côtières des Caraïbes et du Golfe du Mexique. Elle s’est peu à peu étendue sur l’ensemble des rivages de l’Amérique Latine, et borde maintenant le con- tinent Africain en créant une ceinture d’algues de plus de 8000 km reliant les deux continents. L’origine de cette prolifération reste incer- taine. Cependant, des chercheurs américains de l’Université de Floride du Sud soupçonnent la déforestation de l’Amazonie d’en être la prin- cipale cause. Cette algue, qui peut paraître inoffensive, émet une odeur abjecte durant sa décomposition, qui est en réalité très dangereuse pour la santé et pour l’environnement. En effet, elle dégage des gaz très toxiques : l’hydrogène sulfuré (H2S) et l’ammoniac (NH3). Ces derniers provoquent chez la population de forts maux de tête et même parfois, des vomissements. Cette algue est aussi composée de métaux lourds tels que l’arsenic et le cadmium. Au-delà d’un désastre écologique et sanitaire, cette algue conduit aussi à la faillite économique de certaines régions. En effet, les municipalités sont obligées d’interdire l’accès aux plages pour les nettoyer et les touristes fuient, ce qui oblige commerces et hôtels à fermer. L a nécessité à réagir a poussé la région Guadeloupe à organiser une conférence inter- nationale (le salon Sarg’Expo) couplé avec un appel à projet pour la revalorisation de la sar- gasse. Ce salon, qui a eu lieu du 24 au 26 octobre 2019 a rassemblé environ 15 pays. Durant cette conférence, de nombreuses ques- tions ont été abordées. Comment récolter la Source: © Université de Floride du Sud I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 7LES ALGUES SARGASSES
  • 8. sargasse ? Comment la valoriser ? Comment se prémunir des risques sur la santé humaine ? Peut-elle devenir une matière première ? A qui appartient-elle ? Chaque question est un prob- lème qu’il faut résoudre. La première étape du processus de traitement de la sargasse est la collecte. La récolte de l’algue sur la plage grâce à une machine est efficace, mais risque d’endommager un écosys- tème déjà fragilisé et érodé par la montée des eaux. Les locaux récoltent donc ces algues à la main, ce qui est long et fastidieux en plus d’être nocif pour la santé. Par la suite, leur transport est très coûteux. Étant composé à 80% d’eau, il serait peut-être plus judicieux de les faire sécher afin de pouvoir en transporter davan- tage à moindre coût. Dans certains lieux, des barrages ont été mis en place dans le but de protéger les plages. A ce sujet, l’ADEME préconise des barrages dévi- ants afin d’éviter que les algues bloquées ne meurent et viennent asphyxier les fonds marins, tuant alors la faune et la flore présentes. Mais ces barrages ne peuvent être une solution à long terme, car ils ne font que déplacer le problème un peu plus loin sur les côtes. Pour ce qui est de la valorisation de la sargasse, l’appel à projet a porté ses fruits, puisque de nombreuses transformations ont été proposées. Par exemple, l’algue, ajoutée à d’autres déchets, devient du co-compostage. De son côté, Algopack a fabriqué du plastique biosourcé. Le sargasse project, quant à lui, produit une pâte à sar- gasse qui est ensuite converti en papier ou en emballage. Enfin, le mexicain Omar Vasquez Sanchez a utilisé des méthodes ancestrales de compression et a pu construire une maison con- stituée d’algues, d’argile et de paille en seule- ment 15 jours. Cette construction, au-delà de la valorisation de l’algue, pourra aussi être utilisée pour la construction de logements sociaux. Omar Vasquez Sanchez permettra ainsi à des familles de classes sociales défavorisées d’obtenir une maison à un coût raisonnable. Cependant, la valorisation énergétique de l’algue sargasse n’est pas sans contraintes. En effet, la combustion de l’algue à des fins d’exploitation énergétique produit une for te quantité de cendre. Les surcoûts d’entretien de cette dernière menacent la rentabilité de cette filière. Les cendres auraient pu être valorisées sur des sols agricoles ou forestiers. Malheureusement, celles-ci possèdent un taux d’arsenic trop élevé pour être utilisées en tant qu’engrais. En ce qui concerne la méthanisation de l’algue, le processus est très ralenti, voire complétement inhibé, par une forte concentration en sels et sulfates. Au vu de tous les projets émergeants, les localités se sont demandées s’il était possible de baser leur modèle économique sur la revalorisation de l’algue. Cela n’est actuellement pas possible puisque la quantité d’algues s’échouant sur les plages reste irrégulière. Réussirons-nous à vaincre cet ennemi redoutable dans les années à venir ? Au Gosier, en Guadeloupe, le 23 avril 2018. © HELENE VALENZUELA / AFP I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 8 LES ALGUES SARGASSES Tarek FAKOUDI
  • 9. [1] « L e s a l g u e s s a r g a s s e s d e re t o u r e n Guadeloupe », Le Monde.fr, 24-janv-2019. [2] « Optical Oceanography Laboratory — College of Marine Science — University of South Florida ». [En ligne]. Disponible sur: https://optics.marine.usf. edu/. [Consulté le: 05-déc-2019]. [3] « Optical Oceanography Laboratory — College of Marine Science — University of South Florida ». . [4] « situation-perspectives-valorisation-sargas- ses.pdf ». . [5] « Valoriser des algues sargasses pour éviter les pollutions - SUEZ en France ». [En ligne]. Disponible sur: https://www.suez.fr/fr-fr/notre- offre/succes-commerciaux/nos-references/valori- sation-des-sargasses. [Consulté le: 05-déc-2019]. Sources: I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 9MÉTHANISATION DES RÉSIDUS VERTS E n cette période automnale, les températures baissent et les feuilles des arbres commencent à joncher le sol de nos trottoirs, chaussées et parcs. Ce phénomène naturel si attrayant à nos yeux pourrait également être une source de revenus pour les communes. La production d’électricité est assurée par une multitude de technologies différentes avec un fonctionne- ment qui leur est propre pour maintenir une certaine rentabilité. Les moyens de production de l’électricité française peuvent être décom- posés en trois ensembles  : les centrales en base (centrales nucléaires) utilisées plus de 80% de l’année, les centrales dites de semi- base comme les centrales hydrauliques au fil de l’eau et pour finir les centrales de pointe comme les centrales hydrauliques STEP ou les centrales au gaz. La France, pays thermosensible, enregistre des périodes de pointe de consommation élec- trique lors des périodes de froid. Afin d’assu- rer le bon fonctionnement du réseau électrique et l’équilibre offre-demande, le gestionnaire du réseau de transport (RTE) fait appel aux Méthanisation des résidus verts Et des feuilles mortes dans l’agglomération d’Amiens. Production d’électricité par filière (source RTE 2018)
  • 10. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 10 MÉTHANISATION DES RÉSIDUS VERTS centrales au gaz. En effet, ce type de centrale permet de fournir très rapidement l’électricité nécessaire dans un délai de 15 à 30 minutes. La ville d’Amiens et l’entreprise Idex1 possé- dant depuis 1990 la plus grosse centrale de méthanisation de déchets ménagers, ont mis en place un ingénieux cycle de valorisation des déchets ménagers mais également des feuilles mortes de la commune et de ses envi- rons. Avec plus de 50 000 arbres répartis sur le pôle métropolitain du Grand Amiénois, la com- mune et Idex traitent plus de 15  400 tonnes annuelles de résidus verts, de produits ména- gers qui sont ramassés et récoltés par trois déchetteries de la commune et ses services propretés. Depuis le début des années 2000, 1 Idex, entreprise spécialisée dans les services à l’énergie et à l‘environnement, est un des précurseurs de la valorisation d‘énergies locales et du développement d’infrastructures dédiées telles que les centrales à gaz naturel, biomasse et géothermie. ces deux acteurs ont également mis en place un service spécial composé d’une soixantaine de personnes, assurant le ramassage de 500 tonnes de feuilles mortes issues des 50  000 arbres de l’agglomération. Les feuilles sont d’abord ramassées par sec- teur et stockées dans de grandes bennes. Elles sont ensuite déposées à l’usine de méthanisa- tion avec les autres résidus verts et déchets ménagers. L’ensemble de ces déchets est alors pesé puis trié dans le centre de valorisation. Le processus de valorisation commence par un broyage grossier des ordures. Puis, les déchets subissent un processus de filtrage à l’aide d’un trommel pour séparer les matières organiques des déchets à base de plastique ou de tissus. Cette matière organique passe ensuite par un procédé de déferraillage et un Cycle de méthanisation. Source : Capinov
  • 11. [1] « Amiens », Wikipédia. 27-nov-2019. [2] « Coûts de collecte des déchets ménagers », ADEME. [En ligne]. Disponible sur: https://www. ademe.fr/expertises/dechets/quoi-parle-t/preven- tion-gestion-dechets/dossier/collecte/couts-col- lecte. [Consulté le: 02-déc-2019]. [3] « L e s f e u i l l e s m o r t e s s o n t r e v a l o r i - sées en énergie à Amiens », France 3 Hauts- de-France. [En ligne]. Disponible sur: h t t p s : // f r a n c e 3 - r e g i o n s . f r a n c e t - vinfo.fr/hauts-de-france/somme/ amiens/feuilles-mortes-sont-revalorisees-energie- amiens-1743135.html. [Consulté le: 02-déc-2019]. [4] A. Métropole, « Tapis vert(ueux) », Amiens Métropole. [En ligne]. Disponible sur: https://www. amiens.fr/Actualites/Tapis-vert-ueux. [Consulté le: 02-déc-2019]. [5] A. Métropole, « Usine de Méthanisation », Amiens Métropole. [En ligne]. Disponible sur: https:// www.amiens.fr/Vivre-a-Amiens/Gestion-des-dechets/ Usine-de-Methanisation. [Consulté le: 02-déc-2019]. Sources: I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 11MÉTHANISATION DES RÉSIDUS VERTS second tri pour extraire les indésirables lourds comme les cailloux, le verre et le calcaire. La matière organique obtenue à ce stade est envoyée dans un malaxeur pour être mélan- gée avec un diluant enrichi en bactéries. Ce mélange est orienté ensuite vers le digesteur. Le digesteur est une cuve où les déchets or- ganiques subissent une dégradation chimique par des bactéries en conditions contrôlées dans un milieu sans oxygène. Ce mécanisme biologique permet de créer deux produits : un humide, le digestat, pouvant être valorisé en tant que fertilisant s’il satisfait les normes NFU 44-0512 et du biogaz. Ce biogaz est ensuite désulfurisé puis stoc- ké avant d’être revalorisé pour la production d’énergie. La valorisation de ce biogaz se fait directement sur le site d’Amiens par deux mo- teurs thermiques d’une puissance de 1,5MW et par une chaudière produisant la vapeur néces- 2 Le compost normé ne doit pas dépasser certaines valeurs en fonction de ces dénominations et spécifications. saire à la station d’épuration de la commune ainsi qu’à un industriel voisin du site. Le sur- plus d’électricité est quant à lui vendu direc- tement sur le réseau d’électricité grâce à des transformateurs de 15  kV. La chaleur générée par les moteurs thermiques (appelée chaleur critique) est, quant à elle, utilisée pour le processus de production du biogaz. L’ensemble de cette installation permet de traiter annuellement environ 100 000 tonnes de déchets et permet de produire  20  000 tonnes de compost ainsi que 19  000 MWh. Cette pro- duction d’électricité représente la consomma- tion annuelle de plus de 4000 foyers sur les 400 000 habitants que compte l’agglomération. La valorisation de ces déchets a permis à l’ag- glomération de diminuer de 10% ses coûts de ramassage des déchets en 2018, représentant une économie d’une dizaine d’euros par an et par habitant. Antonin PIERRE DE LA BRIERE
  • 12. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 12 PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE E n 2017, 249,36 MTep d’énergie primaire ont été consommées par la France , soit l’équivalent de 2% de la fourniture mon- diale d’énergie primaire en 2017 alors que la population française représente moins de 1% de la population mondiale. Face à ce constat, il est important de consommer l’énergie de manière sobre et efficace. Afin de cibler les points clés où des actions de grande ampleur peuvent être menées à coût réduit, il peut être utile d’analyser la consommation d’énergie par usage et par secteur. En 2017, 46% de la consommation finale d’énergie provenait du secteur résidentiel et tertiaire. Sous l’angle des usages, il apparait que le chauffage et l’ECS (Eau Chaude Sanitaire) comptent pour 54% de l’énergie finale dans le tertiaire et pour 78% dans le résidentiel. Donc finalement, 32% de la consommation finale d’énergie et 31% des émissions des CO2 en France sont imputables à la production de chaleur dans le secteur rési- dentiel-tertiaire. C’est pour cette raison qu’il paraît opportun de s’interroger sur les actions pragmatiques qui peuvent être menées au sein de ce puits de consommation énergétique. Une installation thermique qui ne fait pas l’objet d’une maintenance peut vite être c o n f r o n t é e à d e s d é r i v e s é n e r g é t i q u e s engendrant des surcoûts financiers du fait des surconsommations énergétiques. Elles seront d’autant plus probables et conséquentes que la taille de l’installation thermique est grande et que le nombre d’équipements techniques composant l’installation et la multitude des usagers est important. Le dysfonctionnement d’un petit équipement tel qu’un servomoteur (organe régulant la distribution de chaleur en température) peut engendrer des dérives importantes. Pour cette raison, l’article s’intéressera aux contrats d’exploitation des installations collectives et particulièrement aux moyens permettant d’obtenir, à coût raisonnable, une bonne performance énergétique tout en combinant une consommation sobre de l’énergie avec parfois l’intégration d’EnR. Généralement, les propriétaires n’ont pas le savoir-faire technique pour exploiter leurs i n s t a l l a t i o n s t h e r m i q u e s , t e l l e s q u e l e s chaudières, et peuvent déléguer cette tâche à un professionnel à travers un contrat d ’ e x p l o i t a t i o n . L e c o n t r a t d ’ e x p l o i t a t i o n passe par plusieurs types de prestations à commencer par la maintenance qualifiée P2. Cette prestation permet d’assurer le contrôle et les interventions périodiques de l’installation pour son bon fonctionnement, tels que le ramonage ou le contrôle de combustion. Un deuxième type de prestation, nommé P3 et largement déployé, concerne la gestion du renouvellement de gros matériels comme les Performance énergétique A travers les contrats technico-juridiques.
  • 13. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 13PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE pompes ou bien même les chaudières. Un compte de provision préalablement déterminé p a r l e p ro p r i é t a i re p e r m e t d ’ a s s u re r l e remplacement crucial d’équipements. Sans une prestation P3, il pourrait arriver que le propriétaire n’ait pas les fonds nécessaires au moment du besoin. Ces prestations assurent le bon fonctionnement de l’installation mais n’encouragent pas une démarche d’efficacité énergétique et de sobriété énergétique totale. En effet, l’exploitant a seulement l’obligation de s’assurer du bon fonctionnement de l’installation et peut négliger le fonctionnement o p t i m a l d e s d i ff é r e n t s é q u i p e m e n t s e t également surchauffer les logements si aucune température contractuelle ne figure dans le contrat. Ainsi, une prestation dont l’existence est plus récente que les prestations P2 et P3 permet d’atteindre un objectif d’efficacité : les prestations P1. Celles-ci peuvent encourager l’exploitant à optimiser la consommation du site ou au moins à obtenir un prix de l’énergie attractif. Les prestations de type P1 correspondent à la fourniture d’énergie par l’exploitant. Toutes les considérations administratives du contrat de fourniture d’énergie sont à la charge de l’exploitant et le tarif d’achat du combustible devrait être compétitif car celui-ci investit nor- malement massivement dans l’achat d’énergie pour le compte de ses clients. Les prestations P1 peuvent prendre plusieurs formes sachant que certaines peuvent être très efficaces tandis que d’autres peuvent présenter des risques d’abus de la part de l’exploitant. Le contrat présentant le plus de potentiel de performance est celui qualifié MT (Marché Température) dont le montant pour la fourniture d’énergie est forfaitaire et proportionnel à la rigueur clima- tique sur la période de chauffe. De cette façon, le montant étant fixé par avance, l’exploitant a tout intérêt à optimiser la consommation d’énergie sur la partie production et distri- bution de l’installation afin de maximiser ses marges. Cependant, ce type de marché implique que le client connaisse particulièrement bien la consommation de son site pour éviter une surévaluation du montant forfaitaire. Lorsque le propriétaire du bâtiment ne connait pas précisément ses consommations d’énergie et dispose d’appareils de comptage de chaleur suffisants, un contrat MC (Marché Comptage) peut être envisagé. L’énergie est facturée à la chaleur produite en sortie de chaufferie. De cette manière, l’exploitant est incité à opti- miser les rendements des équipements de production dans la chaufferie mais par contre il n’est pas encouragé à mener des actions optimales sur la zone de distribution de la chaleur car celle-ci se trouve après les compt- eurs. Dans le cas où l’exploitant ne dispose pas de compteurs d’énergie, un marché CP (Combustible Prestation) peut être envisagé Contrat d’entretien Contrat d’exploitation Contrat d’exploitation Contrat d’exploitation Contrat performance énergetique P2 P2 P3 P1 P2 P3 P1 P2 Intéressement P3 P1 P2 Travaux Intéressement P3 Amélioration chronologique des contrats dans une optique d’efficacité énergétique
  • 14. [1] « Bilan énergétique de la France pour 2017 | Données et études statistiques ». [En ligne]. Disponible sur: https://www.statistiques.developpement- durable.gouv.fr/bilan-energetique-de-la-france- pour-2017?rubrique=19dossier=170. [Consulté le: 02-déc-2019]. [2] « e f f i c a c i t e _ e n e r g e t i q u e _ c h a u f f a g e _ climatisation.pdf ». . [3] « exploitation_chauffage.pdf ». . [4] « La performance énergétique s’invite dans les contrats d’exploitation ». [En ligne]. Disponible sur: http:// leparticulier.lefigaro.fr/jcms/c_79450/la-performance- energetique-s-invite-dans-les-contrats-d-exploitation. [Consulté le: 02-déc-2019]. [5] « Les contrats de maintenance de chauffage, contrat entretien et exploitation. | giffard-etc ». . [6] « Liste des pays par population », Wikipédia. 29-nov-2019. [7] « Maintenance CVC Contrats P1 à P5 ; Missenard Climatique », Missenard Climatique. .[8] Sénova, « Tout comprendre sur les contrats d’exploitation en copropriété », Sénova Copropriétés, 03-mai-2016. [En ligne]. Disponible sur: https://coproprietes.senova. fr/conseils-techniques/tout-comprendre-contrats- exploitation-copropriete/. [Consulté le: 02-déc-2019]. Sources: I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 14 PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE où l’énergie est facturée au combustible con- sommé (par exemple, le volume de gaz con- sommé par une chaudière gaz). Sur ce type de marché l’exploitant ne sera cependant pas incité à optimiser l’installation car le rende- ment global de l’installation n’impacte pas ses marges. Un effet pervers pourrait être envisagé si celui-ci possède une rente entre son tarif d’achat avec le fournisseur de combustible et le prix de facturation du combustible auprès de son client. Dans ces conditions, l’exploitant aurait naturellement intérêt à consommer un maximum d’énergie pour maximiser son profit. Afin, de se prémunir contre ce potentiel effet pervers, une clause contractuelle plus récente que les prestations P1, P2, 3 est apparue : l’intéressement. Sur la base d’une cible énergétique, cette clause répartit entre le propriétaire et l’exploitant les gains financiers ou les pertes par rapport à la cible. Ainsi, l’intéressement associé à un marché CP incite l’exploitant à optimiser la consommation d’énergie du site car si la performance du site est meilleure que l’objectif, une rémunération financière sera versée à l’exploitant par le propriétaire. L’enjeu pour le propriétaire est de bien connaître la consommation énergétique de son bâtiment pour définir une cible énergétique ambitieuse et réalisable. Finalement, sans investissement lourd ou l’utilisation de hautes technologies, il est pos- sible d’obtenir un impact sur l’efficacité éner- gétique et la consommation sobre de chaleur par la mise en œuvre de contrats d’exploitation construits et réfléchis. La simple considération des exploitants, personnes morales sachant exploiter les installations thermiques, comme des agents économiques rationnels permet d’obtenir des résultats positifs. Pour aller plus loin dans le souci de performance énergétique et d’intégration des énergies renouvelables, des contrats plus spécifiques sont apparus en 2009 : les CPE (Contrat de Performance Energétique). Le titulaire d’un tel contrat s’engage sur une amélioration de l’efficacité énergétique du patrimoine à sa charge par la réalisation de travaux, par exemple. Adrien LAILLE
  • 15. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 15LE TRANSPORT MARITIME FACE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX Le transport maritime face aux enjeux environnementaux Un secteur contraint mais investi dans la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique L a mutation du secteur des transports est un des sujets centraux de la transition énergétique et de la lutte contre la pollu- tion atmosphérique. Bien que la majorité des débats concerne les véhicules terrestres, une autre partie de la flotte est pleinement con- cernée par la mutation du secteur : les navires du transport maritime. Ceux-ci représentent notamment 5% des émissions de soufre, 20% des émissions de NOx et 3% des émissions mondiales de CO2[1]. En tenant compte des projections de croissance du trafic faites par l’Organisation Maritime Internationale (OMI), ces dernières pourraient représenter jusqu’à 10% des émissions totales en 2050, d’où la nécessité de mettre en place une démarche de sobriété énergétique et se tourner vers des motorisations plus propres. De par leur taille et les distances parcourues, certains navires font partie des engins motori- sés les plus polluants au monde. Cependant, ces derniers mois ont vu naître des initia- tives majeures pour diminuer l’empreinte environnementale de la flotte maritime. Une des solutions proposées concerne la vitesse des bateaux. Une réduction moyenne de 12% entrainerait une baisse de la consommation de carburant de 27%, ce qui diminuerait significa- tivement les émissions de GES et de polluants atmosphériques [2]. Une centaine d’acteurs industriels majeurs du transport maritime ont signé en avril 2019 une lettre pour encourager les autres entreprises à mettre en place cette mesure de sobriété énergétique. Emmanuel Macron avait également évoqué cette idée lors du dernier G7 qui s’est tenu à Biarritz en août dernier [3]. Les initiatives témoignent de la bonne volonté des acteurs de faire face au défi environnemen- tal mais aussi de l’évolution drastique des réglementations internationales liées aux émis- sions des navires de fret. Par exemple, les émissions pondérées des NOx ont été divisées par cinq depuis 2000, la teneur en soufre max- imale des carburants a été divisée par neuf et même quinze dans certaines zones littorales. Ces mesures répondent à une croissance du Crédit : Ron Cogswell
  • 16. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 16 LE TRANSPORT MARITIME FACE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX trafic maritime et un impact environnemental et sanitaire important. En France, l’ONG France Nature Environnement a réalisé une étude en 2017 pour évaluer la pollution générée par les navires. Différentes mesures ont été effec- tuées à Marseille, et le taux de particules ultrafines, responsables de maladies pulmo- naires et cardio-vasculaires, était soixante-dix fois plus important à bord d’un ferry que dans des quartiers éloignés du port [4]. Ces pollu- ants sont notamment responsables de 60.000 morts par an en Europe, d’après les recher- ches menées par l’université de Rostock et le centre de recherche allemand Helmholzzentrum Munich. Le Heavy Fuel Oil (HFO), correspondant aux bases lourdes issues du pétrole et traditionnel- lement utilisé comme carburant par les navires se voit menacé par différentes alternatives. La plus crédible d’entre elles est le Gaz Naturel Liquéfié (GNL). Le méthane, sous forme liquide à -161°C, permet de respecter les normes en termes d’émissions de soufre, NOx et particules fines mais reste un carburant fossile émetteur de GES. Néanmoins il permet de diminuer les émissions de CO2 d’environ 20% par rapport au HFO. D’autres alternatives existent, comme l’hydrogène, les biocarburants ou l’électricité stockée dans des batteries mais celles-ci présentent d’autres inconvénients majeurs, notamment en termes de coût d’investissement et d’autonomie. La faible volumétrie des navires, les surcoûts importants à l’investissement et les contraintes du secteur représentent des freins importants pour entamer pleinement la mutation du secteur maritime. Cependant, des projets innovants commencent à voir le jour et témoignent de l’engagement des acteurs. Maersk, armateur international opérant dans la logistique mari- time s’est notamment engagée à respecter un certain nombre d’objectifs liés au développe- ment durable : mise sur le marché d’un navire non émetteur de CO2 en 2030 et neutralité carbone en 2050 [5]. L’entreprise néerlandaise Port-Liner développe également deux modèles de navires électriques, avec une capacité respective de 24 et 270 conteneurs. Les bat- teries utilisées seraient entreposées dans des conteneurs et remplaçables à quai par d’autres batteries, évitant ainsi des temps de recharge important [6]. Ces prototypes permettraient de réduire fortement les émissions de polluants et les dépenses opérationnelles des transporteurs mais il est de rigueur de rester prudent sur la pénétration de ces navires dans la flotte Le GNL carburant, une solution face au durcissement des réglementations environnementales du secteur du transport, Sia Partners, 2014
  • 17. [1] S. Amant, C. Ramos, et J.-P. Husson, « Le secteur maritime navigue-t-il vers la décarbon- ation ? Un état des lieux », Carbone 4, juill. 2019. [2] A. Rathi, « More than 100 maritime CEOs want to fight climate change by slowing down ships », Quartz, avr-2019. [En ligne]. Disponible sur: https:// qz.com/1608527/the-shipping-industrys-emissions- could-be-cut-by-slow-steaming/. [3] C. Caldini, « “Réduire la vitesse des navires marchands” : cinq questions sur la mesure pour le climat défendue par Macron au G7 », France Info, août-2019. [En ligne]. Disponible sur: https:// www.francetvinfo.fr/monde/sommet-du-g7/reduire- la-vitesse-des-navires-marchands-cinq-questions- sur-la-mesure-pour-le-climat-defendue-par-macron- au-g7_3588951.html. [4] « L’insoutenable pollution de l’air du trans- port maritime », France Nature Environnement. [En ligne]. Disponible sur: https://www.fne.asso.fr/dos- siers/linsoutenable-pollution-de-lair-du-transport- maritime-navire-bateaux-croisières. [5] « Sustainability Report », Maersk, 2018. [6] R. Dormieu, « Port-Liner va mettre à l’eau les tout premiers cargos 100% électriques », Positivr, janv-2018. [En ligne]. Disponible sur: https://pos- itivr.fr/cargos-tesla-electriques-energie-renouvel- able-europe/. Sources: I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 17LE TRANSPORT MARITIME FACE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX mondiale. Les navires les plus imposants et donc les plus polluants ont des capacités d’environ 10 000 conteneurs. D’importantes ruptures technologiques seront nécessaires pour espérer un développement massif de navires plus propres. Pour accélérer cette m u t a t i o n , l a p a r t i c i p a t i o n d e s p o u v o i r s publics, des investisseurs et des armateurs sera incontournable afin de contraindre l’OMI à des mesures encore plus drastiques pour diminuer l’impact du transport maritime sur le réchauffement climatique et la qualité de l’air. Crédit : The Loadstar Arthur OBRY
  • 18. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 18 INTERVIEW - L’ECOCONCEPTION DU RÉSEAU DE TRANSPORT D’ÉLECTRICITÉ Anne-Sophie DESALEUX, pilote de la démarche écoconception à RTE. Ecoconcevoir le réseau de transport d’électricité pour accompagner la transition énergétique Q u’est-ce que l’écoconception ? et comment faire de l’écoconception sur le réseau de transport d’électricité ? I l n ’ y a p a s d e d é f i n i t i o n p r é c i s e d e l’écoconception. A RTE, entreprise qui ne fab- rique pas de produit, cela renvoie à l’idée d’intégrer le critère environnement le plus tôt possible, avec une vision globale des impacts, dans les décisions de conception d’un projet ou d’une politique technique. L’écoconception couvre tout le cycle de vie en partant de l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie en essayant d’évaluer tous les impacts (calculables) sur chacune des étapes. Cette démarche permet d’identifier pour un décideur la solution qui a un impact envi- ronnemental minimal, selon des indicateurs précis. Un travail important dans la démarche d’écoconception, consiste justement à cibler quels indicateurs prendre en compte pour prendre sa décision. Qu’est-ce qui distingue l’écoconception de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) ? L’ACV est en fait un outil d’écoconception, qui produit une évaluation environnementale et nous fournit des informations. L’écoconception va englober tout le processus derrière l’ACV conduisant à retenir une solution la moins i m p a c t a n t e p o s s i b l e d ’ u n p o i n t d e v u e environnemental. C o n c r è t e m e n t c o m m e n t p r a t i q u e r l’écoconception sur le réseau de transport d’électricité ? Plus couramment, l’écoconception se pratique sur un produit que l’on fabrique et consiste à La transition énergétique est engagée en France et s’est matérialisée en 2015 par la loi LTECV. Elle prévoit de favoriser le développement de nouvelles énergies propres et sûres (éoliens, panneaux photovoltaïques,…). C’est pourquoi l’adaptation des réseaux de transport et de distribution d’électricité sera un élément central de la réussite de ce changement. Or, l’implantation des réseaux électriques devra tenir compte de leurs impacts sur l’écosystème et de l’utilisation des ressources naturelles épuisables. De ce fait, RTE le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français ainsi que d’autres entreprises du secteur électrique ont lancé la démarche d’écoconception leur permettant d’intégrer les points cités précédemment dans leurs politiques en faveur de la transition énergétique. Dans cette interview réalisée le 22 novembre 2019 par Lionel MOSSOA et Victor MAQUART, Anne-Sophie DESALEUX pilote de la démarche écoconception à RTE nous éclaire sur le sujet au sein de son entreprise.
  • 19. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 19INTERVIEW - L’ECOCONCEPTION DU RÉSEAU DE TRANSPORT D’ÉLECTRICITÉ essayer de réduire ses impacts environnemen- taux dès l’extraction des matières premières nécessaires à sa conception jusqu’à son traite- ment en fin de vie en passant bien évidemment par les phases de sa conception, de sa distri- bution et de son utilisation. Or, RTE le gestion- naire du réseau de transport d’électricité fran- çais ne fabrique pas de produit. De ce fait, c’est selon 3 axes que RTE cherche à diminuer l’empreinte liée à son activité : Le réseau est constitué d’éléments achetés auprès de constructeurs de matériels. RTE peut dans un premier temps inciter ses fournisseurs à optimiser leurs produits en termes d’impact environnemental. Ensuite, RTE est chargé d’exploiter, concev- oir et maintenir le réseau existant. C’est dans ce domaine que se fait l’écoconception sur l’empreinte qu’il a en responsabilité directe, notamment en matière d’adaptation du réseau où des politiques d’exploitation et de mainte- nance qui peuvent être conçues de manière à intégrer l’environnement dans les décisions. Le dernier axe d’écoconception à RTE tient au fait que RTE est en charge de l’équilibre offre/ demande d’électricité en temps réel mais aussi en prévisionnel. Il est au centre du système électrique et relie les producteurs aux distribu- teurs et consommateurs, avec un rôle important dans le marché de l’électricité : l’entreprise a donc un rôle fondamental dans le système élec- trique, et ses décisions peuvent avoir un impact sur l’empreinte en cycle de vie des producteurs et des consommateurs. En prenant un exemple concret, RTE contribue, par exemple, en amélio- rant l’intégration des énergies renouvelables, à baisser l’empreinte carbone directement chez le consommateur. RTE peut aussi éclairer la décision publique en étudiant les impacts envi- ronnementaux dans ses scénarios énergétiques et en donnant une vision globale des enjeux. Quels sont les objectifs de l’écoconception à RTE et quels sont les rapports entre l’écoconception et la Transition Energétique ? Il est tout d’abord important de souligner qu’il y a aujourd’hui une ambiguïté à lever entre transition énergétique et transition écologique. La première vise à atténuer le changement cli- matique (en essayant de réduire les émis- sions de GES) et la seconde, selon le CGET1 « à préserver une Terre viable et habitable » et prend donc notamment en compte la biodi- versité dans l’équation. Cet aspect écologique dans la transition doit impérativement retenir toute notre attention puisqu’il donne un sens à la transition énergétique. On ne peut pas concevoir la transition énergétique sans tenir compte des impacts environnementaux autres que le carbone. En effet, comment réaliser la transition énergétique si nous épuisons les res- sources terrestres en cours de route ? Et si l’on atteint nos objectifs en matière d’émission de CO2 mais en détruisant la biodiversité, à quoi aura servi la transition énergétique ? Ces sujets sont liés et en négligeant l’un de ces aspects les conséquences peuvent être dramatiques. Cette vision globale, c’est l’écoconception qui nous l’offre. Ainsi, un élément crucial de la transition éner- gétique est que tous les nouveaux produits et services conçus doivent conduire à une empre- inte globale plus faible que celle de ceux qui existent déjà pour le même service rendu. C’est ce qui nous est imposé par la néces- sité de rester dans les limites que nous offre la planète. Dans ce cadre, les objectifs de l’écoconception à RTE se déclinent en trois grandes ambitions à considérer en parallèle pour les impacts liés 1 Commissariat général à l’égalité des territoires
  • 20. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 20 INTERVIEW - L’ECOCONCEPTION DU RÉSEAU DE TRANSPORT D’ÉLECTRICITÉ à son activité, et dans lesquelles nous devons encore accélérer : • Réduire les émissions de GES • Augmenter les surfaces préservées et valo- risées pour la biodiversité • Réduire la consommation des ressources Ces trois objectifs sont-t-ils chiffrés à ce jour par RTE ? Non, c’est un exercice difficile de savoir quelle est la part chiffrée d’un gestionnaire de réseau de transport d’électricité dans ces enjeux, compte tenu notamment du rôle positif que joue le réseau dans la transition énergétique. RTE s’inscrit cependant résolument dans les ambitions de la France, comme par exemple avec l’objectif national de neutralité carbone en 2050 : pour cela l’entreprise cherche sujet par sujet les leviers d’actions efficaces. Pouvez-vous nous parler de quelques projets concrets illustrant la pratique de l’écoconception à RTE? Quels sont les résultats ? Les perspec- tives ? Depuis 2017, s’est mise en place une série d’expérimentations chez RTE, ce qui a constitué une première phase dont le but a été d’acquérir de l’expérience. La seconde phase, amorcée en 2019, con- siste en la mise en place d’outils génériques d’écoconception pour chaque métier, de manière à ce que chacun puisse disposer d’outils sans avoir une expertise dans l’écoconception. Un nombre conséquent de choix ont ainsi été adoptés, on peut citer : • La mise en place d’un prix interne du CO2 pour que les émissions aient du poids dans les décisions. Cette démarche, en cours, permettra déjà d’économiser 35000 t de CO2 équivalent par an juste sur le réseau très Haute tension (400 KV) • La réalisation d’une ACV sur la fin de vie du réseau souterrain dans le but de comparer les différentes solutions techniques et de choisir la moins impactante d’un point de vue environnemental. • Des incitations auprès des fournisseurs à faire des ACV pour connaître et réduire leur empreinte environnementale. • L a s e n s i b i l i s a t i o n e t l a f o r m a t i o n à l’écoconception en interne • Le projet d’études à proposer du recyclage des câbles bas tension en cuivre. U n p a r t a g e d e b o n n e s p r a t i q u e s s u r l’écoconception est-il réalisé avec d’autres entreprises ? Ecoconception va avec coopération. De ce fait, RTE organise des événements avec ses fournis- seurs et travaille avec des chercheurs et des pairs. Pour finir quel est votre pronostic personnel par rapport à la réussite de la transition éner- gétique en France ? Nous avons une longueur d’avance par rapport à d’autres pays, en revanche tout ce que l’on a déjà mis sur la table ne suffit pas. La transition écologique n’est toujours pas assez présente dans l’évaluation des outils de la transition énergétique. Or, on ne devrait pas traiter de manière séparée ces deux sujets. Les objec- tifs fixés sont les bons, mais les moyens ne sont pas encore au rendez-vous. Heureusement, la prise de conscience prend aussi le chemin d’une exponentielle, ce qui pourrait nous tirer d’affaire si elle est suivie d’effets.
  • 21. I N F ’ O S E | N o v e m b r e 2 0 1 9 21DEVENEZ PARTENAIRE DE L’ÉVÉNEMENT OSE 2020 Devenez partenaire de l’événement OSE 2020 Photographie de la promotion 2019 Un mix 100% énergies renouvelables est-il réalisable et soutenable ? Jeudi 24 Septembre 2020 à Sophia Antipolis (06) L’ambition de territoires 100 % renouvelable est analysée à travers un prisme apportant une multitude de conclusions. Malgré les actions entamées ces dernières décennies, la marge de manœuvre est de plus en plus restreinte pour transformer cet objectif en réalité. A défaut, il pourrait bien virer au cauchemar. Si vous êtes un organisme concerné par cet enjeu, saisissez l’opportunité d’apporter votre contribution au 20 eme congrès OSE. Nous comptons sur votre participation et votre concours au financement. Vous pouvez nous contacter à l’adresse mail suivante : evenement@mastere-ose.fr.