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Feminism in Canada V.S. Feminism in Morocco: 1 common goal, 2 strategies

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This is the university paper I chose to write for my Political Sciences class. It compares feminism in Morocco with that of Canada. It's an interesting perspective given from a person who is born in Morocco and lives in Canada.

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Feminism in Canada V.S. Feminism in Morocco: 1 common goal, 2 strategies

  1. 1. LE FÉMINISME AU CANADA COMPARÉ AU FÉMINISME AU MAROC : UN OBJECTIF EN COMMUN, DEUX STRATÉGIES DIFFÉRENTES Sara El Bouri, M.Eng. PUBLIÉ À MONTRÉAL POUR L’UNIVERSITÉ CONCORDIA, DÉPARTEMENT DE SCIENCES POLITIQUES AVRIL 2010
  2. 2. INTRODUCTION Les mouvements sociaux font partie intégrante de la vie en société. Il s’agit des événements au cours desquels certains groupes cherchent à modifier l’organisation de la société en fonction de leurs idéaux. Ces mouvements deviennent politiques lorsqu’ils ont comme volonté d’entreprendre une somme d’actions qui se veulent la concrétisation d’un progrès social. Trouvant ses prémices dans la révolution française de 1789, le mouvement féministe se veut la libération, la fin de l’oppression de la femme ainsi que l’amélioration de son statut dans les sociétés où la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe. Ce mouvement se base sur une idéologie1 chercehant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile2, tout en reprochant au « genre3 » et a au patriarcat4 d’être les principales causes de l’oppression des femmes. Or, comme le stipule Carmel Vasquez dans son livre « Towards A Revolutionary Ethics », « il y a autant de définitions du Féminisme qu’il y a de féministes5 ». En effet, comme toutes idéologies, le Féminisme a connu plusieurs évolutions se manifestant par son embranchement en 3 principaux genres et par l’apparition de 3 principales vagues. La première vague du mouvement prend naissance avec la publication en Grande Bretagne du livre« A Vindiciation of the Rights of Woman » écrit par Mary Wollstonecraft, une féministe libérale qui considère que les femmes, étant des acteurs autonomes et rationnels, doivent avoir les même droit à l’éducation que les hommes. Ainsi, la première vague considère le droit de vote des femmes6comme étant un sujet central car il permet d’accomplir d’autres réformes importantes. A partir des années 1 Ensemble d’idées 2 Pour cela, il faut politiser les problèmes considérés comme appartenant à la sphère privée. 3 Principal concept du féminisme utilisé pour décrire les différentes caractéristiques des hommes et des femmes qui sont socialement construits plutôt que biologiquement déterminés. 4 Autre concept du féminisme qui fait référence à un système institutionnalisé de la domination masculine qui subordonne et marginalise les femmes. 5 Mapping the political landscape, page140 : “Feminism : a movement to end sexists oppression”,Bell hooks :“There are as many definitions of Feminism as there are feminists(…)”Carmen Vasquez 6 1920 : droit de vote des femmes aux Etats Unis. 1921 : droit de vote des femmes au Canada.
  3. 3. 60, une nouvelle vague militante féministe qui souligne la nécessité de l’égalité des opportunités des femmes, émerge aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest. L’écrivaine Betty Friedan est l’une des principales figures du mouvement féministe moderne (aussi connu sous le nom de seconde vague). Dans son essai La Femme mystifiée,7 Betty Friedan développe l'idée que les femmes sont « victimes d'un système dominé par des illusions et des fausses valeurs qui les poussent à trouver épanouissement et identité indirectement, grâce à leurs époux et leurs enfants ». Suite au succès de son livre, Betty Friedan fonde en 1966 le National Organization for Women (Now), une association réformiste visant une plus grande égalité des femmes devant la loi et l’emploi. Si ses travaux ont fortement influencé une nouvelle génération de féministes à s’affirmer en Occident, Betty Friedan a toutefois suscité plusieurs critiques car son engagement a été jugé trop modéré8 et ethnique par ses compères féministes. L’apparition dans les années 90 d’une troisième vague9 du féminisme est considérée comme une réponse aux échecs de la seconde vague. En effet, les militants de ce troisième mouvement prônent une plus grande reconnaissance de la diversité et des multiples identités de la femme10. Ils affirment que les précédents mouvements du féminisme négligent les spécificités de culture et de tradition dans les autres parties du monde, à savoir le Tiers Monde. L’évolution de l’idéologie Féministe se traduit aussi par son orientation autour de trois principaux différents pôles11. Tout d’abord, le féminisme libéral, en soulignant les principes d’égalité, d’équité, et d’autonomie individuelle, souhaite réformer le système en place par le moyen de mesures législatives. Les féministes marxistes militent pour le renversement du système capitaliste qu’elles considèrent à l’origine de 7 The Feminine Mystique, Betty Friedan, 1963 8 Betty Friedan a prôné un féminisme modéré sans pour autant se positionner en opposition aux hommes.(NOW est la National Organization for Women, non of Women) 9 Aussi connue sous le nom de “féminisme postmoderne”. La première apparition de ce termed fût dans l’article de l’écrivaine américaine Rebecca Walker “Becoming the Third Wave”(1992) qui critique le caractère bourgeois et “blanc” du féminisme radical. 10 Multiples identités : mère, travailleuse, lesbienne, artiste… 11 Sont enumerés seulement les principaux poles, en effet d’autres types de féminisme existent(l’Ecoféminisme, le “black feminism”…)
  4. 4. l’oppression des femmes. Quant aux féministes dîtes radicales12, elles s’attaquent au système patriarcal et militent pour le développement et la reconnaissance d’une culture féminine13, mais aussi encouragent les femmes à s’émanciper sexuellement. Quelque soit le courant de pensée auquel il appartient14, le féminisme en général a réussi à élargir la définition que l’on se fait du politique, en transformant les affaires considérées autrefois comme privées en publiques15.Toutefois, il semblerait que d’un côté, il s’agisse d’un processus inachevé car certaines inégalités entre hommes et femmes demeurent dans les pays occidentaux, et que d’un autre côté, il s’agisse à présent d’un mouvement révolu avec mois de pertinence qu’autrefois. Cette copie cherchera alors à analyser l’état paradoxal du féminisme aujourd’hui dans les sociétés occidentales et plus précisément au Canada. De plus, il expliquera que bien qu’elles se font moins entendre dans les pays en développement, les revendications féministes y connaissent des évolutions majeures. Ainsi, il s’agira de comparer l’état et l’influence du féminisme au Canada avec celui d’un pays plus pauvre16, le Maroc. De toutes évidences, le féminisme a accomplit un grand nombre de réformes dans les sociétés occidentalisées, plus particulièrement au Canada, reconnu par la communauté internationale pour son leadership en matière d’égalité des droits. En effet, depuis une dizaine d’années, les femmes y ont conquis la maitrise de leur fécondité et plus généralement le droit de disposer de leur corps. De plus elles ont résolument rompu avec leur statut de femmes au foyer en prenant leur place dans le monde des études et dans le 12 Ce type de féminisme, developpé à la fin des années 60, n’est lié ni aux ideologies liberales ni aux ideologies socialistes. La reproduction biologique est considérée comme la source primaine de l’oppression des femmes. 13 En effet, elles revendiquent une société androgène, ou les différences de genres n’existent plus. 14 Libéral, marxiste-socialiste, ou radical. 15 “Le personnel est politique”, un slogan du féminisme radical. 16 Pauvre en terme de PIB : environ 1 million de dollars en 2010 pour le Canada, contre seulement 88 000 pour le Maroc.
  5. 5. marché du travail. Justement, selon un rapport de Condition Féminine Canada17, en 2009, les femmes ont obtenu 61% de tous les diplômes et certificats universitaires décernés en 2008, comparativement à 55% en 1998. Mieux encore, en 2009, les femmes Canadiennes lancent deux fois plus de petites entreprises que les hommes, et leur revenu a augmenté de près de 17% depuis 2002. Le gouvernement Canadien joue un rôle important dans ce progrès en subventionnant des organismes ayant pour but la lutte contre l’oppression des femmes. Par exemple, en décembre 2009, il investit 1 million de dollars dans Uniting To End Violence Against Women18 . Le programme de la promotion de la femme du CFC est un bon exemple pour illustrer l’engagement continu de la pensée féministe au Canada. Cependant, cet engagement est parfois voué à des échecs. C’est bien le constat qu’établit le rapport des égalités hommes-femmes de l’institut de sondages Canadien, « Léger Marketing ». Ce dernier estime que 66,8% de l’ensemble de la population canadienne sont d’avis que les femmes n’ont pas tous les mêmes avantages sur les plans socio-économique et politique que les hommes.19Je me fais le même avis en voyant que les femmes au Canada gagnent en moyenne seulement 68,6% du salaire des hommes20, soit 70,5 centimes pour chaque dollar gagné par un homme. De surcroît, sur le plan social, les femmes sont victimes de violence conjugales 4,9 fois plus souvent que les hommes21. Par conséquent, le féminisme au Canada n’a pas encore accomplit toutes les réformes qu’il revendiquait. S’ajoutant à cela, le féminisme n’est pas parvenu à modifier la profonde nature qui fait les spécificités de chaque genre (« Feminism did not re-make the world of relationships »)22. Dans ce sens, j’entends qu’il a été et sera impossible pour le féminisme 17 CFC est un organisme federal qui favorise la participation des femmes canadiennes à la vie économique, sociale et politique du Canada. La commission de CFC est une commission du Conseil économique et social de l’ONU qui chaque année sétablit un rapport sur la condition de la femme dans le pays auquel elle est ratachée. 18 “S’unir pour metre fin à la violence faite aux femmes”,un projet d’organismes canadien administrant des refuges pour victimes de violence. 19 Rapport annuel de l’Institut de Sondage Canadien Léger Marketing 20 Article du journal LeDevoir publié le 6 mars 2010 par Claire Harvey 21 Rapport annuel de l’Institut de Sondage Canadien Léger Marketing 22 Coursepack POLI202 p.19 : Coffea,Tea,Then Equality: “Feminism did not resolve the conflicting desires for passion and domesticity, familiarity and romance, and the
  6. 6. de changer la nature même de la féminité de la femme qui en fait ses spécificités qui la diffèrent de l’homme23, et qui, dans un sens justifie son éventuelle infériorité. Et c’est à cause de cela que l’on peut noter une certaine mauvaise répercussion de l’avancée des femmes, dans le marché du travail : Par exemple, depuis 2001, 80% des candidats admis au programme de doctorat en médecine de l’Université de Montréal, donnant droit au titre de docteur, étaient des femmes24.Et l’avenir n’est guère reluisant car depuis 2002 on note un manque de médecins au Québec.25Ainsi, c’est dans l’observation de ces échecs et limites notamment envers la population Canadienne que je conclurais que le mouvement féministe est inachevé. Dans cette deuxième partie, nous verrons que bien qu’au Canada, le mouvement féministe n’est qu’aux commencements de ses accomplissements, il semblerait qu’il manque de pertinence. En effet, c’est bien ce qu’affirme Time Magazine dans son article intitulé « Is Feminism Dead ? » paru en Juin 1998. La principale thèse de l’article est que le féminisme n’est plus vraiment significatif pour la nouvelle génération de jeunes femmes préoccupées par « le gloss à lèvres et le solipsisme26 sexuel obsédé par lui-même »27. L’auteur de l’article se base sur la supposition que se fait un grand un nombre de personnes aujourd’hui : Si le féminisme est bien mort, c’est parce qu’il a gagné28et fait son travail. Un sondage de Segma Unimarketing en 2008 a révélé que sur 505 Canadiennes, 60% affirment irreconciliable differences between those who love the Marx Brothers and those who prefer the Three Stooges” 23 Spécificités : la femme est physiquement plus faible que l’homme, plus romantique, plus apte à s’occuper des enfants, plus sensible… 24 D’après l’article de Mathieu-Robert Sauvé dans le forum de l’hebdomadaire d’information de l’Université de Montréal, volume 41 numéro 6, le 2 octobre 2006 25 D’après l’article de Isabelle pare paru le 23 mai 2002 dans le journal LeDevoir(“Etude du Collège des médecins-De mois en mois de médecins à temps plein”) 26 Définition du dictionnaire Mediadico : Doctrine philosophique selon laquelle le sujet (qui pense, qui a des sensations, des sentiments, qui veut, qui ne veut pas, etc.) est la seule réalité. 27 “lip gloss and self-obsessed sexual solipsism” 28 Extrait de l’article : “If feminism is dead, it’s because it has won”
  7. 7. être féministes et 40% refusent cette étiquette. Ce qui est relevant dans ce sondage c’est que les 60% qui se considèrent féministes appartiennent à la tranche d’âge de 55-64 ans, et que le reste regroupe les jeunes femmes de 18 à 34 ans. De façon presque unanime (94%), les sondées estiment que la progression des droit des femmes au Canada est significative depuis les années 70 ; mais encore là les générations ont une vision différente de la chose car plus les femmes sont jeunes, plus elles ont une perception positive de l’avancé des droits des femmes29.Par conséquent, les petites filles de celles qui ont lutté pendant des années pour la libération des femmes, ne se soucieraient pas de ce que peut être le féminisme ni de ce qu’il puisse revendiquer, car pour elles, l’égalité entre hommes et femmes va de soit. Or, selon moi, il y a une motivation plus profonde qui explique l’impertinence du féminisme aujourd’hui . Il semblerait, en effet, que la connotation de l’appellation de « féministe » renvoie à une telle image de repoussoir que les jeunes femmes ne veulent surtout pas y être identifiées. Pour affirmer ceci, je me réfère à une enquête d’Erudit 30sur la vision des jeunes du féminisme, qui révèle qu’un grand nombre de jeunes canadiennes sondées qualifient le féminisme comme un « mouvement extrême ». Ce qu’on reproche au féminisme est donc son exagération. Le scandale des fausses statistiques du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec sur la violence conjugale, est d’ailleurs révélateur de l’excès des revendications féministes : En novembre 2008, des femmes membres de l’équipe de statisticiens du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec auraient falsifiés les statistiques de femmes victimes de violence conjugale, en révélant faussement un nombre excessivement élevé de celles-ci. De toute évidence, l’unique but de cette fraude est le soulignement de la souffrance de la femme. En conclusion, l’exagération du féminisme ne fait que discréditer ses valeurs et explique, de la même manière, pourquoi la nouvelle génération des femmes refuse de s’attribuer l’étiquette de « féministe ». Le féminisme, en tant que mouvement social et politique, dans la coutume sociale, appartient 29 Selon le sondage, les 18-24 ans ont été 82% à qualifier la progression de “grande” alors que seulement 44% des 65 ans et plus ont été aussi positives. 30 Erudit est un portail canadien de revues, de dépôt d’articles et d’ouvrage électroniques. L’article intitulé “Les jeunes et leurs visions du féminisme” a été écrit par Christiane Bernier et Renée C.Mallet qui ont eux-mêmes mené l’enquête.
  8. 8. au passé. Il est n’est donc plus utile d’attribuer un nom à la lutte de ce qui paraît allant de soit, à savoir de l’égalité des femmes, puisqu’il est naturel pour les femmes d’aujourd’hui de refuser leur oppression (ce qui n’était pas une évidence aux débuts de l’histoire du mouvement). Ainsi, celles qui s’affirment « féministes » ont des idées supérieures à la simple égalité des sexes, voire sexistes. On pourrait donc penser que la continuation du féminisme occidental en général se projette en Orient, plus particulièrement dans les pays moins développés et plus rattachés aux traditions ; c’est bien le but de la troisième vague, qui dénonce l’homogénéité et le monolithisme du mouvement. Prenons le Maroc, pays en majorité arabe et musulman, et dont le PIB le classe au rang des pays en développement, en guise de comparaison avec le Canada pour le sujet du féminisme. Avant tout, si nous devions dresser les différences entre le Canada et le Maroc au sujet du féminisme, on commencerait par la plus marquante: le retard du Maroc. En effet, ce n’est qu’à partir de la fin des années 80 que les femmes Marocaines commencent réellement à porter leur voix sur différents plans, en opposition au Canada, qui des les années 20 avait déjà accorder à la gente féminine le droit de vote. Il a fallut attendre 1963 pour que les Marocaines puissent voter. Alors que le Canada a connu les 3 vagues du féminisme, il semblerait que le mouvement au Maroc ne s’articule encore qu’autour de la première. Toutefois, si les revendications ont prit du retard, c’est avec une progression relativement rapide que le mouvement féministe Marocain évolue. C’est bien ce qu’illustre l’AFDM (Association Démocratique des Femmes du Maroc), fondée en juin 1985 par Rabia Naciri. Cette ONG a pour mission d’accompagner les femmes dans leur combat pour l’égalité et la citoyenneté. Même si ses programmes annuels d’actions consacrent une part importante de mobilisation de ressources humaines aux actions de formation et de conseil juridique, l’AFDM revendique ne pas être à caractère social mais plutôt politique. Grâce à cette association et aux pressions des « modernistes », le statut de la femme Marocaine a grandement évolué, principalement grâce à la réforme de la « Mudawana » (le code de la famille) adoptée en janvier 2004 par le Parlement. Cette révolution est un pas de géant pour
  9. 9. les femmes Marocaines qui, jusque-là, avaient toujours vécu sous la tutelle d'un homme, que ce soit celle du père, du frère ou du mari. Depuis la réforme, la répudiation est interdite et la polygamie, très sérieusement limitée. Mais la plus grande victoire est, sans contredit, le droit au divorce, que les femmes ont acquis grâce à cette réforme. Une telle modification de la loi a été arrachée de haute lutte par le mouvement féministe Marocain. Deuxièmement, le Maroc ne connaît pas les différents pôles du féminisme Occidental, à savoir le radical, libéral et marxiste-socialiste. Il s’oriente plutôt autour de deux principaux types : le féminisme dît « importé » et le féminisme rattaché aux traditions. Par « importé » on entend « copié », « imitateur » et inspiré par les Occidentaux. En revanche, ce genre de féminisme n’est plus vraiment convoité et populaire aujourd’hui car ses principes sont considérés comme inappropriés. D’ailleurs, la célèbre féministe islamiste Nadia Yacine 31affirme32 que la lutte des femmes musulmanes diffère énormément de celle des femmes occidentales, car, « dans les racines judéo-chrétiennes, les femmes n’avaient aucun droit, et c’est grâce à une histoire mouvementée de guerres et conflits (notamment la Seconde Guerre Mondiale), que la femme occidentale a pût acquérir davantage de droits. Par contre, chez les musulmanes c’est le contraire : A l’origine elles avaient beaucoup de droits qui ont été usurpés par la suite à cause d’une histoire ou les femmes ont été marginalisées ». 33Le féminisme Occidental est celui de mai 1968, de la Révolution Française de 1789, de Betty Friedan et de Simone De Beauvoir, auquel, affirme Nadia Yacine, ne pas s’y identifier. C’est dans ce sens que s’oriente le féminisme typique marocain et traditionnel, qui pour l’instant ne se souci pas de certains problèmes qui au Canada, sont au centre des préoccupations, à savoir la sexualité de la femme ou l’interruption volontaire de grossesse (l’IVG). Au contraire, ce type de féminisme entreprend une démarche plutôt pragmatique et stratégique qui vise à revenir sur les textes (le Coran) dans le but de contre argumenter les religieux, et d’entreprendre une lecture plus « féminine » du Coran. Car, en effet, tout repose sur l’interprétation des textes religieux, 31 Fondatrice de l’association féministe Justice et Bienfaisance . 32 Lors d’une conference à Casablanca le 21 mars 2008 sur le statut des femmes marocaines 33 Citation de Nadia Yacine lors d’un interview de RadioCanada en 2006
  10. 10. qui, selon les féministes traditionalistes, malgré ce que l’on pourrait penser, accordent une grande importance au respect de la femme34. Contrairement au Canadien, le féminisme Marocain doit affronter plusieurs stéréotypes. Parmi ces clichés, il y a l’idée qu’on ne peut pas coïncider religion et féminisme. Les féministes traditionalistes souhaitent renverser ce stéréotype, d’ailleurs, elles refusent l’appellation de « Féministe musulmane » qui, selon elles, connoterait une contradiction. Le problème n’est donc pas l’islam, mais le patriarcat et le genre, comme au Canada et autres pays Occidentaux développés. Comme autre cliché, il y’aurait celui de l’éventuel isolement des féministes au Maroc. Ce n’est bien entendu pas le cas puisque les revendications féministes marocaines ont avancé le débat social en général et ont renforcé la société civile. C’est pour cela que le féminisme suscite une certaine peur au Maroc, car en effet, il s’agit d’un projet de société qui n’exclut pas les hommes. 34 Extrait d’un “hadit”(écrits du prophète Mohamet) : “Il n’ya que les généreux qui traitent bien les femmes, et que les minables qui les maltraitent.”
  11. 11. CONCLUSION En conclusion, comme nous l’avons analysé à grande échelle (celle du Canada), il semblerait que le mouvement n’est pas encore réalisé toutes les réformes qui font qu’aujourd’hui on se sente à total égal des hommes. S’ajoutant à cela, le féminisme a tout l’air d’avoir perdu de sa pertinence de nos jours dans les pays occidentaux. Les jeunes générations pensent le féminisme d’une telle manière qu’ils l’assignent directement aux aspirations radicales du mouvement, au point même d’en oublier son côté modéré. C’est à cause de cette vision réductrice que de plus en plus de femmes refusent l’étiquette de « féministe ». Toutefois, c’est le contraire du Maroc ou le mouvement féministe dans son plein élan, devient de plus en plus significatif et même nécessaire à l’émancipation de la femme. Or ce qui le différencie du Canada et des autres pays occidentaux en général est qu’on lui attribue une certaine légitimité grâce à la religion, d’où l’avancée des féministes traditionalistes grandement rattachées aux textes. Alors, le féminisme, à l’échelle mondial est un phénomène différé dans le temps et dans l’espace : Alors qu’aux pays en développement plutôt de tradition arabo-musulmane, on n’en est encore qu’aux revendications des droits basiques de la femme, en Occident, bien que tout ne soit pas encore totalement acquit, il semblerait qu’on soit déjà dans une quatrième vague avec un tout nouveau combat, celui de la revalorisation du terme « féministe ».

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