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1
UNIVERSITE DE YAOUNDE II
THE UNIVERSITY OF YAOUNDE II
INSTITUT DES RELATIONS
INTERNATIONALES DU CAMEROUN
B.P.: 1637 Yaoundé
Tel: 22 31 03 05
Fax: (237) 22 31 89 99
E-mail: contact@iricuy2.net
INTERNATIONAL RELATIONS
INSTITUTE OF CAMEROON
P.O Box: 1637 Yaoundé
Tel: 22 31 03 05
Fax: (237) 22 31 89 99
E-mail: contact@iricuy2.ne
P
MEMOIRE
COMPETITIVITE ET ATTRACTIVITE MINIERE
DU CAMEROUN
Mémoire soutenu en vue de l’obtention du Master Professionnel en Relations
Internationales, option Marketing International
Rédigé par:
SAVOM Willy Jackson,
Licence en Gestion des Entreprises
Sous la direction:
Pr. AVOM Désiré,
Agrégé des facultés de sciences économiques
Enseignant associé à l’IRIC
Année 2012 -2013
2
SOMMAIRE…………………………………………………………………………………………………………………i
DEDICACE………………………………………………………………………………………………………………….ii
LISTE DES ABREVIATIONS…………………………………………………………………………………………….iii
LISTE DES TABLEAUX………………………………………………………………………….………………………iv
LISTE DES ANNEXES……………………………………………………………………………….……………………v
REMERCIEMENTS……………………………………………………………………………………….……………….vi
RESUME………………………………………………………………………………………………….………………..vii
ABSTRACT……………………………………………………………………………………………………………….viii
INTRODUCTION GENERALE…………………………………………………………………………………………….1
PREMIERE PARTIE: LES DETERMINANTS DE LA COMPETITIVITE ET DE L’ATTRACTIVITE DU
TERRITOIRE…….………………………..…………………………………………………………………….……….16
CHAPITRE I. LE CONCEPT DE COMPETITIVITE ET SES DETERMINANTS……………………………..…..…...18
SECTION I. le concept de compétitivité : définitions et critères d’évaluations………………………………....………..18
SECTION II. les déterminants de la compétitivité : aperçu théorique, ses déterminants et ces
mesures…………………………………………………………………………………………………………...………...24
CHAPITRE II : LE CONCEPT D’ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE ET SES
DETERMINANTS………………………………………………………………………………………...….……………35
SECTION I. l’attractivité du territoire : ses fondements théoriques et ses indicateurs de mesures
………………………………………………….…………………………………………..………………….……...……35
SECTION II. les politiques d’attractivité du territoire et l’impact économique de l’Etat comme
déterminant………………………………………………………………….….……………….………….………………45
DEUXIEME PARTIE: LE SECTEUR MINIER AU CAMEROUN FAIBLEMENT COMPETITIF ET
ATTRACTIF……………………………………………………………………..…………………………………….…53
CHAPITRE III : UN SECTEUR MINIER FAIBLEMENT COMPETITIF DE PAR SES DETERMINANTS ET SES
INDICAEURS INTERNATIONAUX………………………………………...…………………………………..……….55
SECTION I. le secteur minier du Cameroun faiblement compétitif………………………………….…..….……….……55
SECTION II. les faiblesses de la compétitivité minière: classement du Cameroun et cadre réglementaire et
institutionnel……………………….……………………………………………………………….……..………………..64
CHAPITRE IV: UN SECTEUR MINIER FAIBLEMENT ATTRACTIF DE PAR SES DETERMINANTS ET
L’INTERVENTION DE L’ETAT…………...……………………………………………………...…..…………………72
SECTION I. les déterminants faiblement attractifs : le cadre réglementaire, juridique et les classements
………………………………………………..………………………………………………………………………….…72
SECTION II.les faiblesses de l’attractivité minière au Cameroun : évaluations et
recommandations…………………………………………..…………...………………………..…..……………………..80
CONCLUSION……………...……..…………………………….…………………………….…………………………..87
BIBLIOGRAPHIE……………...………………………………………………………..……………………………..….90
ANNEXES...………………….………………………………………………………………………..………94
3
TABLE DES MATIERES…..………..………………………………….……………………………………104
DEDICACE
A mes parents MEBAL SAVOM et MEMANE KOULOP Evelyne,
Vos efforts constants pour m’offrir une éducation sont pour moi une source
intarissable de motivation
LISTE DES ABREVIATIONS
4
API : Agence de Promotion des Investissements
BRGM : Bureau de Recherche Géologique et Minière
CAPAM : Cadre d’Appui à la Promotion de l’Artisanale Minier
CEA : Commission Economique des nations unies pour l’Afrique
CEEAC : Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale
CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
CIMEC : Cameroon International Mining Conference & Exhibition
CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement
DSCE : Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi
FMI : Fond Monétaire International
IDE : Investissement Direct Etranger
IMD : International Institut for Management Development
ITIE : Initiative de Transparence des Industries Extractives
IPIE : Indicateur de performance en termes d’investissement entrant
IPAIE : Indice du Potentiel d’attractivité en termes d’investissement entrant
MINEPAT : Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
MINMIDT : Ministère des Mines de l’Industrie et du Développement Technologique
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique
ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
WEF : World Economic Forum.
5
LISTE DESTABLEAUX
Tableau n°1 : Les déterminants de la compétitivité……………...……..…………...………30
Tableau n°2: Les composantes de l’indicateur du potentiel d’attractivité en termes d’investissement
entrant…………………………………………………………………………………………42
Tableau n° 3: La matrice de comparaison de la performance du potentiel………….………43
Tableau n° 4 : Les critères d’évaluation du « Doing Business »………………….………....45
Tableau n° 5: Quelques indicateurs d’attractivité...……………..…………..……………….46
Tableau n° 6: Classement comparatif « Doing Business 2012/2013 »………………………67
Tableau n° 7 : Production minière des entreprises……………………………….…..……...71
Tableau n° 8: Contribution des recettes minières sur le budget de l’Etat ..…………………72
Tableau n° 9 : Comparaison des taux de fiscalité minière………………………..…….……77
Tableau n° 10 : classement par rapport aux performances et potentiels du Cameroun……...84
LISTE DES ANNEXES
6
Annexe n°1 : La cartographie minière du Cameroun……………………………….……………..…97
Annexe n°2 : Indice de perception du risque pays en CEMAC………….………………..…………98
Annexe n°3 : Comparaison internationale sur la protection des investisseurs……………………….99
Annexe n°4 : Indicateur sur les investissements…………………………………………………….100
Annexe n° 5 : Indice de perception de la corruption en CEMAC…………………………………..101
Annexe n°6 : répartition par région les gisements prouvés et développés de matière
premières…………………………………………………………………………………………….102
Annexe n°7 : inventaires et volumes des gisements de 35 zones minières du Cameroun………..…103
Annexe n°8 : contribution par secteur d’activité minière(en million de francs)………………….…105
7
REMERCIEMENTS
Nous tenons à exprimer ici nos sincères remerciements à notre directeur de recherche,
Monsieur le Professeur AVOM Désiré, pour sa compréhension, sa disponibilité et son inconditionnel
soutien.
Mes remerciements vont également à l’endroit du Directeur de l’IRIC et aux enseignants de
la filière Marketing International.
Nous remercions le coordonnateur du CAPAM , la coordinatrice du secrétariat ITIE et
Madame le Directeur de l’API qui nous ont permis d’avoir accès aux informations sur l’exploitation
minière et les instruments de promotion des investissements au Cameroun.
Nous remercions le personnel du MINMIDT pour la disponibilité, et l’accueil chaleureux
qu’ils nous ont réservé pendant notre séjour dans leurs locaux ;
Un merci à toute ma famille et à mes proches pour leur constant soutien et encouragement
Nos remerciements s’adressent aussi à :
 Mme AVOM Claude IKITO pour son soutien indéfectible ;
 A mes frères du REPEBAG et ceux de la JADAN ;
 A mes camarades de promotion, particulière à WEPEPE Karens, Williams Casuis ;
 A tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à ce travail, trouvez ici l’expression de notre
sincère reconnaissance.
8
RESUME
Ce présent travail qui porte sur la compétitivité et l’attractivité du secteur minier au
Cameroun se justifie dans un contexte économique marqué par le réel souci des autorités Politiques et
publiques à mettre en œuvre des mécanismes pour consolider la croissance économique sur le long
terme. L’objectif de notre recherche est de poser un diagnostique Profond sur la compétitivité et
l’attractivité minière au Cameroun afin de relever les différents problèmes qui empêchent son
éclosion, par la suite de proposer des recommandations orientées dans la promotion pour remédier à
cette situation.
Pour parvenir à cet objectif, sur le plan méthodologique, nous avons adoptés la démarche
est hypothético-déductive, celle-ci soutenu par une recherche documentaire poussée. Dans une
première partie, nous avons présentés les fondements théoriques des concepts de compétitivité
(Chapitre I) et d’attractivité du territoire (Chapitre II). Dans une seconde partie, nous avons analysés
le cadre Institutionnel (CAPAM, ITIE) et réglementaire (Code minier, code d’investissement, Droit
OHADA et Fiscalité minière) qui structure le fonctionnement de ce secteur, ainsi que les indicateurs
internationaux de la compétitivité et de l’attractivité de l’économie du Cameroun. Pour ce faire nous
nous sommes appuyés sur les différents rapports et études publiés par les institutions nationales et
internationales spécialisées.
Les résultats obtenus à l’issue du traitement de notre problématique, montrent que les
faiblesses de la compétitivité et de l’attractivité minière du Cameroun sont les conséquences directes
de la faiblesse des déterminants de l’économie camerounaise dans son l’ensemble et en particulier
ceux du cadre réglementaire, et institutionnel qui structurent le fonctionnement des activités minières
au Cameroun. Bien regorgeant un énorme potentiel minier, l’industrialisation du secteur minier reste
encore embryonnaire.
Concepts-clés: compétitivité, attractivité
9
ABSTRACT
This present work which relates to the competitiveness and the attractivity of the mining
sector to Cameroun justifies in an economic context marked by the real concern of the public
authorities to implement mechanisms to consolidate the economic growth.
The objective of our research is to pose a diagnotics on competitiveness and the mining
attractivity in Cameroon in order to raise the various problems which prevent its blossoming, to
thereafter propose recommendations to rectify this situation.
To reach that point to this objective, on the methodological level, we adopted the step is
hypothético-deductive which enabled us to analyze the international indicators of the competitiveness
and the attractivity of the economy of Cameroon. With this intention we were based on the various
specialized reports/ratios and studies published by the national and international institutions.
The results obtained show that the weaknesses of the competitiveness and the mining attractivity of
Cameroon are the direct consequences of the weakness of the determinants of the economy
Cameroonians on the it’s whole and in particular those of the lawful framework, and institutional
which structure operation of the mining activities in Cameroon.
Keys word: competitiveness, attractivity
10
INTRODUCTION GENERALE
11
Dans « Africa competitiveness Report, 2004 » publié par World Economic Forum (W.E.F), le
classement n’a retenu que 25 pays africains considérés comme les plus compétitifs et attractifs au
regard des effets générateurs d’une croissance durable qui mettent l’accent sur l’environnement
macro-économique, la qualité des institutions publiques, le niveau de la technologie et des
infrastructures. Dans ce classement, on ne retrouve que dix pays miniers (Botswana, Afrique du Sud,
Namibie, Ghana, Algérie, Nigéria, Zambie, Cameroun, Angola et Tchad), dont trois à peine
d’Afrique Centrale. Ainsi les deux Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale n’ont même pas été
retenus par le W.E.F. Le Botswana arrive en tête de classement parmi les pays africains (36ème sur
192 économies du monde examinées dans ce rapport), car il a progressé dans tous les domaines ;
notamment la qualité de services publics, sauf dans l’innovation. La Tunisie se classe 2ème parmi les
25 pour les mêmes raisons que le Botswana et dispose d’une bonne marge de progression dans le
domaine de la technologie et des infrastructures. L’Afrique du Sud se classe 3ème, car ce pays domine
tous les pays du continent en matière de technologie et d’infrastructures. Le constat fait est que la
compétitivité et l’attractivité des économies à l’échelle mondiale découlent largement du rôle
économique de l’Etat.
Dans le rapport 2012 du WEF sur la compétitivité, l’Afrique du sud occupe la 52èmeposition et reste
l’économie africaine la plus compétitive. Dans le reste de l’Afrique francophone, le Cameroun gagne
malgré tout plus quatre places à la 112ème position. Par ailleurs en termes d’attractivité, l'économie
camerounaise qui a les potentiels pour être l'une des plus prospères et des plus disposées à recevoir
des Investissements Directs Etrangers(IDE) du continent africain, s'est située en 2012 dans le bas du
tableau en termes d'attractivité des IDE1. En effet, le pays dispose de nombreuses ressources
naturelles (pétrole, sylviculture, pêche) et des terres fertiles sur lesquelles s'appuyer. Mais le
Cameroun doit améliorer et simplifier son administration afin de relancer la création d'entreprises, et
lutter contre la corruption qui atteint des proportions endémiques. Le climat des affaires dans le pays
s’est détérioré en 2012. La même intensité dans le développement des indices miniers est également
observée au niveau des pays de l’espace CEMAC. Le secteur des ressources minières occupe plus
que jamais une place importante dans le développement économique du Cameroun, d’où l’intérêt
économique que soulève notre travail.
1Des informations concernant les flux effectifs d’IDE en 2012 sur cette région du monde ont été consultées surle Global
Investment Trade Monitor publié en janvier 2013 par la Conférence des Nations Unies surle Commerce et le
Développement.
12
La période de 2004 à 2010 peut être considérée comme l’âge d’or de la promotion de notre secteur
minier et de son exploration. Cette période coïncide avec un contexte international favorable marquée
par la montée exponentielle d’une demande des produits miniers sur le marché mondial. Cette
période constitue une étape décisive dans le processus de développement des différents indices et
gisements miniers mis en évidence depuis les inventaires réalisés de 1960 à 1990. Ainsi donc sur la
base des indices déjà connus, l’axe fondamental de l’industrie d’exploration dans notre domaine
minier est constitué de gisements de bauxite (Ngaoundal, Minim-Martap, Fon go-Tongo), de fer
(Mbalam à l’Est, Mamelles à Kribi), Nickel-Cobalt et Manganèseà Lomié, et des prospects
d’Uranium (Poli, Lolodorf et Teubang-Voko-Salaki), d’Etain et wolfram de Mayo Darlé, d’or
(Batouri, Bétaré-Oya, Bindiba, Ntem), de diamantde Mobilong. Des actions de promotion engagées
par la participation des responsables de la Direction des Mines et de la Géologie appuyés par leurs
différents Ministres au niveau des plateformes internationales telles que le sommet annuel sur
l’investissement minier en Afrique (Indaba) à Cape Town (Afrique du Sud), le Prospectors and
Developpers Association of Canada (PDAC) Trade Show à Toronto (Canada), ont permis d’attirer
dans notre domaine minier, un investissement important dans l’exploration par la venue des
opérateurs des grands pays miniers (Afrique du Sud, Australie, Canada, USA, Inde, Dubaï, Chine,
Corée du Sud, Royaume-Uni).
1. actualité du sujet
Comme l’a relevé les études2jadis menées, le Camerounais regorge de nombreux indices et gisements
miniers dont l’exploitation judicieuse peut le conduire sur la route du développement, passage
incontournable pour atteindre l’émergence à l’horizon 2035. Autres études présentent le sous-sol
camerounais comme l'un des plus riches en gaz naturelle et en gisements miniers.
L'exploitation de certains gisements et les recherches en cours dans un avenir proche consolidera le
tissu économique du pays. Au regard des gisements découverts ou en cours d'exploration, les
perspectives de développement laissent entrevoir un avenir prometteur. Les données géologiques
actuelles révèlent que six à sept gisements minéraux ont dépassé le stade de la recherche, certains
minerais se trouvant déjà dans une phase d'exploitation. Il s'agit du fer, de la bauxite, du nickel/cobalt
et du rutile. Au Ministère de des Mines, l'Industrie, et du Développement Technologique
(MINMIDT), le Gouvernement encourage les partenaires stratégiques qui possèdent une expérience
2Depuis la création des Services Géologique et des Mines, et leur fusion en 1961 au sein de la Direction des Mines.
13
avérée à accompagner ces projets afin de sortir d'autres gisements du stade de recherche à celui de
projet.
Ces études révèlent par exemple qu’une production de 2,5 millions de tonnes de bauxite rapporterait
à l’exportation brute 62,5 millions de dollars. Si cette même quantité était transformée sur place en
aluminium, le gain serait de 1000 millions de dollars, soit une valorisation seize fois plus élevée. Une
lecture de la situation qui confirme les études concordantes faisant état d'un potentiel énorme. On
peut citer, entre autres, la bauxite pour 1000 millions de tonnes, le fer pour 1000 millions de tonnes,
le cobalt/nickel/manganèse pour 225 millions de tonnes, le rutile pour 300 millions de tonnes et un
important gisement de diamant de 736 millions de carats. La valeur cumulée des ressources ci-dessus
citées serait supérieure à 100 milliards de dollars pour plus de 2000000 emplois directs et indirects.
Le Cameroun, qui est signataire de certains accords internationaux dans le secteur, semble, depuis
quelque temps, mettre l'accent sur la transparence et la bonne gouvernance dans ce secteur. Ce qui
suppose l'application des mesures de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives
(ITIE)3 , l'insertion dans le code Minier des mesures non discriminatoires d'octroi et de gestion des
titres miniers et de la répartition des revenus de la taxation minière, ainsi que l'application effective
du processus de Kimberley pour la commercialisation de ses substances minérales. De plus, le
Cameroun s’est engagé dans un processus d’ouverture de son marché dans le cadre de multiples
accords commerciaux internationaux. Son engagement sera plus déterminant qu’il lui permettra de
vitaliser ses atouts qu’il détient par rapport aux autres membres de la CEMAC
2. contexte de l’étude
Les études réalisées et publiées par les institutions telles que la Banque Mondiale montrent que
L’environnement des affaires du Cameroun est un déterminant capital pour la compétitivité et
l’attractivité de l’économie nationale. De ce qui ressort de ce rapport4, le climat des affaires du
Cameroun est gangrené par un ensemble de facteurs qui font du territoire une destination non viable
pour les investissements en général, car en terme d’attractivité, le Cameroun occupe le rang de 161ème
pays sur 183. Autres publications notamment ceux de la Commission des Nations Unies pour le
Commerce et le Développement (CNUCED) montrent que l’attractivité des investissements au
3 Coalition d’Etats, d’entreprises, de groupe de sociétés civiles, d’investisseurs et d’organismes internationaux. Elle
établit une norme internationale de transparence pour le secteur pétrolier, gazier et minier.
4 Doing Business 2012, page 5
14
Cameroun reste très faible depuis une décennie du entre autres à la corruption5, au faible niveau du
capital social qui renvoie aux institutions de qualité.
Même si cet environnement peu favorable à l’investissement discrédite dans une certaine mesure la
compétitivité et l’attractivité de l’économie du Cameroun dans sa globalité, néanmoins le secteur
minier, depuis quelques années suscite un grand intérêt auprès de l’Etat et des investisseurs étrangers.
C’est l’un des leviers sur lequel le Cameroun peut s’appuyer pour assurer son développement
économique tel que prévu dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE).
Ajouté à cela, le Cameroun dispose de plusieurs atouts pour pouvoir capitaliser sur l’ensemble de ses
ressources minières pour sortir du sous développement.
Le premier atout est celui de la libéralisation du secteur minier à travers la mise en place du code
minier par la loi n°2002 fixant les modalités d’application de la loi n°001 du 16 Avril 2001 portant
code minier, puis par la loi 2010 portant modificatif de certains dispositions du code minier de 2002.
Cette loi minière est beaucoup plus détaillée que l’ancienne (116 articles contre 47), elle statue sur
des domaines nouveaux (convention minière, artisanat minier, environnement).
Les études6 réalisées notamment par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM), par
les Services Géologique et des Mines, de la Direction des Mines en 1961 et l’étude de Mobilong7, menée
par la société « C and K mining »estimant à 750 millions de carats (estimation géologique) la valeur
de ses diamants viennent crédibiliser l’énorme richesse minière du sous-sol du Cameroun.
Le second atout est celui de l’éligibilité du Cameroun depuis le 14 Août 2012, au processus de
Kimberley, qui est une institution internationale de certification8 des ressources minières vient
garantir la transparence et la traçabilité qui doivent désormais promouvoir l’extraction et la
commercialisation des minerais sur le marché mondial. Par ailleurs, le Cameroun bénéficie d’autres
atouts notamment sur sa position géostratégique dans la sous région, son engagement est plus
5Confère tableau des indices de corruption de transparency International en annexe 5
6Les experts du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) ont mené des études qui ont abouti à la mise à
jour de 41 occurrences où l’exportation artisanale du diamant a lieu. L’étude sur ces occurrences d’exploitations
artisanales a abouti à une évaluation sommaire située entre trois millions et cinq millions de carats de diamants
alluvionnaires. L’exploration se poursuit et nous n’avons aucune connaissance sur du potentiel co nglomératique
7 Région de l’Est Cameroun
8Cas des diamants bruts
15
déterminant qu’il permettra de vitaliser les atouts qu’il détient par rapport aux autres pays membres
de la communauté. Ces atouts sont de divers ordres :
Sur le plan géographique, la position stratégique admirable par rapport à ses autres partenaires de la
CEMAC. En effet, c’est le seul pays de la sous-région qui partage les frontières communes avec tous
les autres pays de la sous-région, de plus il possède trois façades maritimes (Douala, Kribi, et
Limbe). Ce qui lui procure un avantage commercial, puisqu’il peut facilement échanger à tout
moment avec tous les autres pays de la communauté et bénéficie des coûts de transferts relativement
moins élevés.
Sur le plan économique, il dispose d’un poids économique prépondérant indéniable au regard de
certains indicateurs tels que :
 Le produit intérieur Brut estimé à 10979,3 milliard de francs (pour l’année 2008)
 Un taux de croissance est de 3,8%
 La main d’œuvre est la plus abondante et qualifiée
 Une grande implantation industrielle, bénéficiant de ce faite d’un grand afflux d’IDE
notamment dans le secteur pétroliers.
Sur le plan sociopolitique, le développement des affaires dans un climat de stabilité politique est un
déterminant capital. Sur le plan purement interne, le Cameroun se distingue de bon nombre de ses
voisins par sa stabilité politique qui apparait comme un très grand avantage. Tous ses éléments pour
ne que cité ceux-ci, à priori laissent croire que le Cameroun serait une destination opportune et
privilégiée pour les investisseurs et par conséquent il est attractif et compétitif.
3. Intérêt du sujet
Fort du constat fait ci-haut, notre sujet s’intitule : Compétitivité et Attractivité minière au
Cameroun Si nous prenons l’intérêt ici dans le sens des motivations qui nous ont poussées à choisir
ce sujet, nous pouvons les décliner ainsi qu’il suit
 Un intérêt économique
Le contexte national est marqué par des grandes mutations tant politiques qu’économiques9. D’après
le MINMIDT, Plus 50% du territoire du Cameroun reste encore inexploré. L’intérêt de notre travail
9 Emergence du Cameroun à l’horizon2035 confiné dans le DSCE est une préparation à la mutation économique
16
est de faire de ce secteur minier au regard de son énorme potentiel un moyen d’atteinte le statut de
pays industrialisé dans un horizon proche.
 Un intérêt scientifique :
Ce travail peut servir de cadre de travail aux autorités et agents publics qui s’intéressent au domaine
minier, particulière dans le champ de la compétitivité et attractivité.
4. Problématique du sujet
Le deuxième forum minier organisé conjointement par l’Etat du Cameroun et la Banque Mondiale
en date du 23 Mai 2012 a axé sa démarche optimale à suivre pour concrétiser la stratégie de
développement du secteur minier au Cameroun. Le forum a parcouru un grand nombre de
problématiques liées à l’exploitation minière, la gouvernance, le cadastre, la fiscalité, les normes,
l’environnement, la congestion des mines entre pays voisins et les conflits relatifs à l’exploitation
minière ont fait l’objet des grands débats. Se situant dans le même prolongement, notre travail a pour
mérite de s’intéresser à la problématique de compétitivité et d’attractivité minière. Par ailleurs le
problème que pose notre thématique est celui relatif aux faiblesses de l’éclosion minière du
Cameroun. Ainsi, la préoccupation principale tout au long de notre travail, est de montrer que les
causes des faiblesses du secteur minier à être compétitif (à pouvoir offrir un cadre propice au
développement des activités minières à la dimension des pays tels que Toronto et Indaba) et attractif
(à attirer, puis à retenir les investissements étrangers ou les entreprises) sont dues aux déterminants
de la compétitivité et de l’attractivité de l’économie du Cameroun dans son cadre général. En
d’autres termes de cette préoccupation découle la question suivante: quelles sont les faiblesses des
déterminants majeurs et spécifiques sur lesquels reposent la compétitivité et l’attractivité
minière au Cameroun ?
5. Hypothèses de recherche
La réponse à cette question principale passe par l’énoncé de deux hypothèses qui tiennent lieu de
réponses provisoires à notre questionnement :
17
Hypothèse 1 : Les faiblesses des déterminants majeurs de la compétitivité et de l’attractivité
minière au Cameroun sont respectivement le climat des affaires, et les insuffisances de conditions
d’attraction, les insuffisances des politiques publiques, les infrastructures de bases.
Hypothèse 2 : Le cadre réglementaire, juridique et institutionnel sont les faiblesses des
déterminants spécifiques qui impactent sur la compétitivité et l’attractivité minière au Cameroun.
6. Objectifs
L’objectif général de notre travail est de poser un diagnostic en termes de compétitivité et
d’attractivité du secteur minier. Au Cameroun et d’autre part de lancer l’industrialisation minière
telle que prévue dans le DSCE. Nous relevons à propos des objectifs spécifiques ci-après :
La mise en place des mesures incitatives et réglementaires fortes, servant facilité la
compétitivité du secteur des mines solides.
L’intervention des institutions publiques10 et privés11 visant le développement et à garantir la
transparence dans l’industrie minière.
7. Délimitation du sujet
Notre étude sera délimitée tant dans le temps que dans l’espace :
a) Délimitation temporelle
Dans le cadre de notre étude nous nous intéresserons essentiellement aux années 2002 à 2011. Car
pendant cette période, plusieurs mesures susceptibles d’encourager l’exploration et l’exploitation
minière ont été prises et mises en œuvre. Nous pensons notamment à :
La reforme minière de 2001, la mise en place de la charte des investissements, la facilitation dans la
création des entreprises locales, les multiples conventions signées entre le Cameroun et les potentiels
investisseurs dans le secteur minier, l’adhésion au processus de Kimberley, la publication des
rapports de conciliation par l’ITIE 2009-2010, etc...
b) Délimitation spatiale
10 MINMIDT
11 ONUDI, API et ITIE
18
Telle que la thématique et la problématique le précise, nous n’examinerons que dans ce travail que le
secteur minier. Nous nous intéressons uniquement aux ressources minérales solides.
c) Délimitation Matérielle
L’élaboration de cette étude nécessité le recours aux connaissances théoriques de certaines
composantes de l’économie camerounaise et internationale :
 Doing Business 2011 et 2012, publié par la Banque Mondiale ;
 Cahier économique du Cameroun publié par la Banque Mondiale ;
 Africa Infrastructure country diagnostic (AICD-2011) publié par la Banque Mondiale;
 Le Code minier du Cameroun publié par le gouvernement du Cameroun ;
 Le rapport 209- 2010 de conciliation de l’ITIE.
8. Revue de la littérature
Ainsi pour répondre à la préoccupation de notre thème, nous avons consulté une documentation assez
variée portant sur les différents aspects. Parmi les ouvrages que nous avons consultés, certains
traitent essentiellement sur les grandes théories qui portent sur la compétitivité avec des auteurs tels
que :
- MICHAEL PORTER 12
PORTER dans l’ouvrage« Competitive Advantage of nations »publié en 1990, développe le modèle
en diamant« Diamond model » afin d’aider à comprendre la position comparative d’une nation en
concurrence globale.
Sur le plan théorique, l’auteur introduit le concept d’agglomérats, qui sont des concentrations
géographiques des facteurs, tels que incluant des fournisseurs spécialisés, des fournisseurs de service,
et des institutions associées dans un secteur d’activité particulier. Toutes reliées pour former un
réseau.
12Michael PORTER the competitive advantage: creating and sustaining superior performance, the free press-A division of
MacMillan Inc,New York,1985, page 23
19
Sur le plan empirique, l’auteur montre que ces agglomérats peuvent influencer la concurrence de trois
manières :
 Accroitre la productivité des entreprise dans l’agglomérat ;
 Conduire l’innovation dans le secteur d’activité ;
 Stimule de nouvelles entreprises dans le secteur d’activité.
- Philip KOTLER et al13.
Ces auteurs introduisent la notion de chaine de valeur pour facilite l’identification des modes de
création de valeur. Toute société remplit un ensemble de fonction afin de créer, fabriquer et
commercialiser ses produits. La chaine de valeur décortique ces activités autour de neuf pôles qui
sont à la fois centres de cout et sources de valeur. Les neuf pôles qui sont à la fois centre de cout et
sources de valeur. Les neuf pôles comportent cinq activités de base et quatre activités de soutien.
Les activités de base s’articulent autour de la séquence approvisionnement-fabrication-
commercialisation-marketing-service. Les activités de soutien apportent l’appui nécessaire grâce à
des services spécialisés ; il s’agit de l’achat de toutes les ressources dont l’entreprise a besoin, de
l’innovation via la recherche et le développement, du management des ressources humaines et de
l’infrastructure de l’entreprise.
- Bernard LASSUDRIE-DUCHENE et Deniz UNAL KESENCI14
Partant du constat qu’il existe deux modèles de base de l’avantage comparatif qui correspond à deux
théories de la valeur : le modèle classique élaboré dans le cadre théorique de la valeur travail et le
modèle néo-classique construit dans le cadre de la théorie de l’utilité marginale. Ses auteurs font une
démonstration à partir du modèle classique et celui Ricardien afin de mettre en évidence les
différences qui apparaissent lorsqu’on explique l’avantage comparatif à partir du modèle néo-
classique.
Sur le plan empirique, D. Ricardo fournit la démonstration du gain de l’échange dans le cadre de
deux pays (Angleterre et Portugal), deux biens (drap et Vin) et un facteur de production (travail). Ce
dernier est immobile entre les nations, mais mobile entre les secteurs. Le coût absolu des produits est
13 Philip KOTLER et al, Marketing Management, Paris, Nouveau Horizon, 13ième édition, 2009, Pp 45 à 46.
14 Bernard LASSUDRIE et al, Economie mondiale : L’avantage comparatif, notion fondamentale et controversée, CEPII,
édition la découverte, collection 2002 pages 95 à 105
20
lié au travail nécessaire à leur fabrication. Les prix des biens tendent à s’aligner sur les couts de
production, qui sont constants et ne se modifient pas avec les quantités produites.
Pour résumé la théorie de l’avantage comparatif de D. Ricardo, l’échange international de deux biens
entre deux pays fournira un gain réciproque après la spécialisation sous deux conditions : la structure
de prix (couts comparés) est différente en autarcie dans les deux pays.
Le taux d’échange à l’international est compris entre les limites des couts comparés internes. Nous
notons en outre que la notion d’avantage comparatif est principalement utilisée dans les relations
commerciales internationales, mais l’avantage comparatif est un principe d’économie générale
applicable à l’échange interne entre agents particuliers. En échange international, l’avantage
comparatif à un caractère nettement macroéconomique. Il s’applique aux régions et nations qui
disposent collectivement d’avantages et désavantages les unes par rapport aux autres.
Pour ce qui est des déterminants de l’avantage comparatif, partant de l’analyse (Angleterre et
Portugal) fait par D. Ricardo on peut venir à des explications par le climat, la fertilité de la terre, par
la coutume ou l’histoire, bref par des éléments exogènes qui sont des déterminants de cet avantage
comparatif. Bien plus loin encore plus précisément au début du XXe siècle, deux auteurs suédois E.
Heckscher(1919) et B.Ohlin(1933) ont renouvelé la théorie de l’avantage comparatif en l’expliquant
par des éléments plus facilement modélisables qui sont les quantités relatives de facteurs (terre,
travail, capital) détenue par une région ou nation. L’intuition de ces auteurs est que le pays exporte
les produits contenant intensivement les facteurs dont ils disposent en abondance et importent les
biens qui nécessitent les facteurs qui sont la pénurie.
Le modèle néo-classique de l’avantage comparatif abouti, comme le modèle Ricardien, à montrer
sans difficultés l’existence d’un gain d’échange réciproque pour les participants, même dans le cas
des pays défavorisés pour les biens.
Dans le rapport JACQUEMIN ET PENCH15 insistent sur le fait que le discours sur la compétitivité
est essentiellement un discours sur les moyens car cette notion ne constitue ni une fin en soi, ni un
objectif. Elle est un moyen de relever le niveau de vie et plus généralement le bien être des habitants.
- Géographie économique
15 Jacquemin A., et Pench L..R., , Europe Competing in the Global Economy: Report of the competitiveness advisory
Group,American International Distribution corporation, Williston, 1997
21
Bien que toutes les théories ci-dessus aient la pertinence avec la compréhension de la compétitivité,
elles manquent souvent d'une dimension territoriale qui est si crucial pour comprendre la compétitivité
régionale la source évidente pour de telles théories est le champ des sciences économiques appropriées
et régionales de géographie économique, et de la prétendue nouvelle géographie économique dans des
sciences économiques.
D’autres rapports et articles s’intéressent aussi plus à l’aspect de la compétitivité et attractivité.
- Théophile DZAKA KIKOUTA, Xavier BITEMO NDIWULU16
Ces auteurs visent à répondre à la question de savoir si l’intervention économique de l’Etat reste
pertinente aujourd’hui dans les pays en voie de développement d’Afrique Centrale surtout, en vue de
l’attractivité du territoire via notamment le développement des infrastructures économiques et
sociales.
Sur le plan méthodologique, l’étude se réfère à la littérature disponible en particulier sur la nouvelle
économie géographique sur l’attractivité du territoire en liaison avec l’intervention économique de
l’Etat, l’attractivité étant appréhendée au sens large comme la capacité d’un territoire à attirer et
maintenir ses ressources, qu’elles soient humaines, financières ou technologique.
Sur le plan théorique, analyse des deux comportements type de l’Etat en contexte africain et asiatique
pour en déduire les politiques publiques vis à vis de l’attractivité du territoire.
Sur le plan empirique, une étude économétrique basée en particulier sur la méthode de Moindres
Carrés Ordinaires (MCO) tente une vérification visant à montrer l’importance du rôle économique de
l’Etat à travers le développement des infrastructures de base et du capital humain, dans la capacité
des territoires à attirer les investissements directs étrangers.
Comme résultat, il en ressort que pour les pays pétroliers et miniers d’Afrique Centrale et d’ailleurs,
les enseignements de l’expérience de l’Etat capitaliste développeur d’Asie et rares pays émergents
d’Afrique qui sont aussi tributaires de la rente minière.
16
T., DZAKA, X., BITEMO L’impact du rôle de l’Etat sur l’attractivité du territoire des PVD : cas des pays miniers et
pétroliers d’Afrique centrale ,2005
22
Selon le rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE)de
2006 « la compétitivité désigne la capacité d’entreprises, d’industries, de régions, de nations ou
d’ensembles supranationaux de générer de façon durable un revenu et un niveau d’emploi
relativement élevés, tout en étant et restant exposés à la concurrence internationale » qu’il s’agisse
d’une firme, d’une région, d’un territoire ou d’une économie nationale, être compétitif consiste, donc,
à faire face a la concurrence, à gagner des parts de marché à l’exportation et à limiter les importations
sur le marché intérieur. La compétitivité constitue un indicateur pertinent de la performance
économique d’un pays ou d’une région.
La Commission Economique des nations unies pour l’Afrique(CEA) a tenu une réunion du 20 au 22
aout 2008 du groupe technique d’expert en vue d’élaborer la nouvelle vision du régime minier de
l’Afrique en 2050 en préparation de la première conférence de l’union africaine des ministres en
charges du développement des ressources minières.
Le Groupe Technique d’expert conjointement mis en place par l’Union Africaine(UA) et la CEA
compte notamment des représentant des partenariats Minier africain(le forum intergouvernemental
des ministres africains, chargés des mines), la Banque Africaine de Développement(BAD), la
CNUCED et l’ONUDI. La vision du régime minier de l’Afrique en 2050 est le résultat de
nombreuses initiatives et d’efforts aux niveaux sous régional, continental et mondial visant à élaborer
des cadres régulatrices de politiques afin de maximiser les produits issus de l’exploitation des
ressources minières. Nous pouvons citer la déclaration de politique de Johannesburg ainsi que le plan
de mise en œuvre, du sommet mondial sur le développement durable, la vision de Yaoundé sur
l’exploitation minière artisanat et à petite échelle, le partenariat minier africain sur la charte du
développement durable et le cadre de politique minière, le cadre SADC de mise en œuvre de
l’harmonisation des politiques minières, les normes, les cadres législatifs et régulatrices, la politique
minière commune de l’UEMOA et le code minier communautaire, le rapport sommaire « Big Table »
de 2007 sur la « gestion des ressources naturelles minières de l’Afrique pour la croissance et la
réduction de la pauvreté » qui a fait l’objet d’une réunion organisée conjointement par la CEA et la
BAD, les travaux du Groupe du travail international chargé de la révision des régimes miniers
d’Afrique. La mise en œuvre se fera progressivement et tiendra compte du contexte local et de sa
spécificité.
23
Le comité17 de suivi et de mise en œuvre de l’Initiative de Transparence dans les Industries
Extractives(ITIE) au Cameroun, vise à améliorer la gouvernance et la transparence dans la gestion
des revenus issus du secteur extractif et maximiser les effets positifs dudit secteur sur la croissance
afin de relever le niveau de vie de ses populations. L’ITIE s’appui sur la conviction partagée que
l’usage prudent des richesses en ressources naturelles peut potentiellement servir de fondement à la
croissance et au développement économique durable. Depuis le lancement de l’ITIE, plusieurs pays
se sont approprié cet engagement du respect de la transparence et de l’obligation de rendre compte
dans la vie publique. Le rapport de conciliation présenté le 28 Novembre 2012 nous a permis
d’apprécier les causes pour lesquelles le Cameroun n’a pas réussit à adhérer à l’initiative ITIE.
Le rapport du « WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK », rédigé chaque année depuis le
début des années 1990 par l’International Institut for Management Development (IMD) dans le cadre
de la préparation du forum économique mondial, qui a donné à cette approche sa plus grande
notoriété (IMD, 2004).Le but de ce rapport est de recueillir des éléments comparatifs de base sur les
caractéristiques de l’environnement des affaires et de les synthétiser sous forme d’indicateur unique
censé classer les pays en fonction de la qualité d’ensemble de l’environnement offerts aux
entreprises. Environ 200 données de bases sont collectées dans les domaines très divers :
compétitivité, et stabilité macroéconomique, qualité et cout des facteurs, infrastructures, recherche et
innovation, gestion de l’entreprise, environnement administratif, fiscal et parlementaire.
- Le Rapport18 sur la compétitivité de l’Afrique
La quatrième édition du Rapport sur la compétitivité en Afrique 2013 portant sur le thème «
Connecter les marchés de l'Afrique de façon durable » a été lancée au Cap lors du forum économique
mondial pour l'Afrique le 9 mai 2013. Le rapport indique que la croissance de l'Afrique doit
s’accompagner de gains de compétitivité, car de nombreux pays africains sont classés parmi les pays
les moins compétitifs au monde. Bien qu'il existe d'importantes disparités sur le continent, les faibles
niveaux d'intégration régionale et le déficit d'infrastructure ont été identifiés comme les principaux
obstacles à l'amélioration de la productivité, de la diversification économique, du développement du
secteur privé et de l’inclusion spatiale. Ces défis sont particulièrement importants dans les pays
enclavés et doivent être la priorité des décideurs africains. Le rapport est publié conjointement depuis
6 ans tous les deux ans par le Forum économique mondial, la Banque africaine de développement et
17 Rapport de conciliation des chiffres et volumes dans le cadre de l’Initiative de Transparence dans les industries
Extractives au Cameroun pour les années 2001-2004
18 The Africa competitiveness report, Banque Africaine de Développement, 2013
24
la Banque mondiale publient conjointement. La Commission pour l'Afrique les a rejoints en tant que
partenaire en 2011. Des hommes et des femmes d'affaires, tout comme des chercheurs et des
membres des organisations de la société civile ont pris part à l’événement.
9. Démarche méthodologique
Dans le cadre de notre étude, nous utilisons la méthode hypothético-déductive dans la mesure où
nous partons de nos hypothèses que nous vérifieront tout au long de notre recherche, il s’agit d’une
méthode scientifique qui consiste à formuler des hypothèses afin d’en dégager des actions
observables futures, permettant d’en déterminer la validité. Nous utilisons pour ce peu, les méthodes
de calculs des indicateurs élaborés par les institutions internationales pour pouvoir d’une part
apprécier les déterminants majeurs de la compétitivité et l’attractivité de l’économie du Cameroun et
d’autre part, analyser les faiblesses des déterminants spécifiques de ceux du secteur minier. Enfin
d’approfondir notre analyse, nous avons bénéficié de l’appui respectivement avec la coordinatrice de
l’ITIE, le coordonnateur du Cadre d’Appui à la Promotion de l’Artisanat Minier (CAPAM) et de
l’Agence de Promotion des Investissements (API). Des séances d’entretiens directs (portant sur la
perception d’investir dans le secteur minier au Cameroun) organisées avec les exposants qui ont pris
part aux activités de la CIMEC19 2013 fait l’objet de notre démarche méthodologique. Nous avons
bénéficié du rapport portant sur l’enquête sur le climat de l’investissement réalisé par la Banque
Mondiale en 2007 et des différents rapports sur les indicateurs d’attractivités publiés par les
institutions internationales, qui d’ailleurs ont fait l’objet d’une exploitation profonde.
10. Annonce du Plan
L’élaboration de notre étude se présente ainsi que suit : Dans la première partie consacrée au cadre
théorique intitulée : les déterminants de la compétitivité et de l’attractivité économique en deux
chapitres, Nous explorons respectivement dans chaque chapitre les approches théoriques du concept
19 Cameroon International Mining Conference& Exhibition
25
et des déterminants de la compétitivité et de l’attractivité. Puis, dans la deuxième partie consacrée au
cadre pratique intitulée : le secteur minier du Cameroun faiblement compétitif et attractif en
deux chapitres, nous présentons respectivement les faiblesses des déterminants (majeurs et
spécifiques) et les indicateurs de la compétitivité et de l’attractivité minière du Cameroun.
Ière PARTIE
LES DETERMINANTS DE LA
COMPETITIVITE ET DE
L’ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE
26
Cette première partie nous permet de mieux appréhender les concepts de compétitivité et
d’attractivité. A travers les approches théoriques, nous présentons respectivement le concept de
compétitivité et ses déterminants (Chapitre. I) et celui de l’attractivité suivi de ses déterminants
(chapitre. II).
27
CHAPITRE I. LE CONCEPT DE COMPETITIVITEET SES
DETERMINANTS
Actuellement, les mutations que connait l’économie mondiale sont très importantes. Alors que le
monde entier est penché sur les questions des échanges, le concept de compétitivité surgit comme
étant le sujet le plus dominant dans l’économie moderne. Les préoccupations pour une meilleure
compréhension de la compétitivité apparaissent dans tous les discours politiques, les arènes
académiques et les débats des industries du monde entier. Ce chapitre se donne d’un double objectif.
Il s’agit d’une part de proposer un ensemble des approches théoriques de ce concept (Section I), puis
d’identifier ses déterminants sur la notion de compétitivité (Section II).
SECTION I. Le concept de compétitivité : définitions et critères
d’évaluations
Le concept de compétitivité n’est pas statique, c’est un concept relatif dont la perception change avec
le niveau d’analyse menée. Une multitude de facteurs, aussi bien nationaux qu’internationaux,
peuvent avoir des effets profonds sur la compétitivité d’une entité donnée. La recherche d’un cadre
conceptuel dans cette section fait l’objet d’une compréhension complète sur les différentes
définitions (A) que nous pouvons lui donné et sur ses dimensions (B).
PARAGRAPHE I définitions et dimensions
28
Selon Sarah MARNIESSE et Ewa FILIPIAK, « la compétitivité est une notion encore mal cernée »20.
Il nous semble donc important de comprendre d'une part ce que recouvre ce concept de compétitivité
(A), et d'autre part de savoir comment il est mesuré (B).
I. Les définitions du concept
Qu’es ce que la compétitivité (A) reviens à faire un détour dans son étymologie et de dégager ses
différents types (B)
A. qu’est-ce que la compétitivité ?
A l'origine, le verbe « compétir » est tiré du latin competere qui signifie « chercher ensemble »21. Le
verbe lui-même veut dire « être adapté ». Cependant, en 1620, lorsque le mot a été adopté dans la
langue française, sons sens avait évolué. Compétir voulait dire « s'efforcer de façon consciente ou
inconsciente d'atteindre un objectif »22.
De nos jours, la notion de compétitivité fait également intervenir celle de concurrence. Ainsi, être
compétitif, c'est « être apte à affronter dans des conditions favorables la concurrence qui s'exerce
dans un domaine de la vie économique et sociale »23. La compétitivité n'est donc pas une notion
exclusive au domaine économique ; quoique celui-ci reste son champ d'application habituel. Dans le
champ de l'économie, la notion de compétitivité s'applique en premier lieu à l'entreprise24, même si
son usage tend à déborder. En effet, si on peut s'interroger sur la compétitivité d'une entreprise, il est
aussi possible de s'interroger sur celle d'une branche industrielle ou encore de l'économie d'une
nation, etc. Selon Claire MAINGUY25, du point de vue économique, la compétitivité peut être
appréhendée à deux principaux échelons : au niveau de la nation et au niveau de l'entreprise. Nous
présentons par la suite ces deux dimensions.
20MARNIESSE S. & FILIPIAK E., Compétitivité et mise à niveau des entreprises : Approches théoriques et déclinaisons
opérationnelles, Agence Française de Développement, Paris, 2003, Page 43
21AMA NDOUNGO S., L'insertion de l'économie camerounaise dans le marché global : la normalisation et la qualité
comme éléments d'amélioration de la compétitivité des entreprises industrielles , UCAC, Yaoundé, 2001, Page 32
22 COHEN E, op-cit, Page 63
23 Idem
24 Idem
25 MAINGUY C., L'Afrique peut-elle être compétitive, Karthala, Paris, 1998, Page 36
29
B. Les types de compétitivité
Les travaux sur la compétitivité distinguent deux types : la compétitivité par les couts (1) et la
compétitivité par la différentiation de l’offre (2).
1. La compétitivité par les coûts
Elle est due à une concurrence autour du prix. Elle se base sur une stratégie de réduction des couts de
travail et de production et une dérèglementation du marché du travail. Elle repose sur le fait que la
diminution des couts accroit la productivité et le profit. Néanmoins, certains auteurs26 mettent
l’accent sur le fait que la précarité des salaires et des conditions d’emploi provoquent un exode de la
main d’œuvre et des compétences, ce qui à terme, recentre les activités sur la production standard à
faible valeur ajoutée, soit, à l’échéance, des activités peu compétitives.
2. La compétitivité par la différentiation de l’offre
Elle est plutôt fondée sur une concurrence autour de la qualité et porte sur un renforcement de la
capacité innovatrice afin de générer de nouveaux produits. Pour cela Porter (1993) insiste sur le rôle
central des connaissances désincarnées ou immatérielles, afin de promouvoir l’innovation et une
compétitivité s’appuyant sur des apprentissages et de la coopération et donnant lieu à un
renouvellement continuel des ressources.
II. Les dimensions de la compétitivité
La dimension est aspect très important pour mieux cerner le concept de compétitivité, la dimension
renvoie au niveau d’analyse sur lequel porte le concept de compétitivité, par conséquent nous
distinguons la compétitivité de l’entreprise(A) et la compétitivité des nations(B)
26C., Courlet, « les systèmes productifs locaux : de la définition au model » dans DATAR (éd) Réseaux d’entreprises et
territoires. Regard sur les systèmes productifs locaux, paris, 2001, pp. 17-61
30
A. La compétitivité de l’entreprise
La compétitivité de l'entreprise est celle qui est fonction des performances commerciales. Elle se
définit par rapport à la position de l’entreprise sur les marchés vis-à-vis de ses principaux
concurrents. Elle peut être perçue comme la capacité de l'entreprise à réaliser des gains de parts de
marché par rapport à ses concurrents. En d'autres termes, c'est « la capacité de l'entreprise à réaliser
des performances supérieures à la moyenne »27.
B. La compétitivité des nations
Pour cerner la compétitivité de la nation, l'approche commerciale suggérée par Sarah MARNIESSE
et Ewa FILIPIAK28 nous semble la plus adaptée. Dans ce cas précis, un pays est considéré comme
compétitif s'il est capable de maintenir ses parts de marché ou de gagner des parts de marché
supplémentaires par rapport à d'autres pays concurrents. Dans un rapport publié il y'a plus de 20 ans,
les professionnels du Boston Consulting Group ajoutent que « La compétitivité d'un pays résulte de la
conjonction de ses ressources intrinsèques et des positions culturelles de ses entreprises »29. Ainsi la
compétitivité d'un pays est tout simplement fonction de la compétitivité de ses entreprises sur le
marché international. C'est pour cette raison que pour rester compétitif, un pays doit veiller de
manière permanente à la modernisation de ses entreprises et de l'environnement économique. Il faut
tout de même préciser que pour certains auteurs tels que P. Krugman30, on ne peut parler de
compétitivité au niveau d'une économie nationale. Pour cause, traiter de compétitivité de la nation,
sous entend que les pays se font concurrence ; ce qui remet en cause l'enseignement essentiel du
principe des avantages comparatifs, à savoir que toutes les nations gagnent à l'échange international.
Dans la mesure où notre travail porte sur la compétitivité et l’attractivité du Cameroun, c’est cette
approche qui va nous intéresser dans cette étude. Il faut tout de même savoir que ces deux
dimensions de la compétitivité sont étroitement liées. En effet, la mesure de la compétitivité de la
nation est obtenue à partir de celle des entreprises. Qu’en est-il des indicateurs et ses facteurs.
PARAGRAPHE II. Les indicateurs et les facteurs de compétitive
27 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 44
28 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 45
29 Boston Consulting Group, « Les mécanismes fondamentaux de la compétitivité », in La logistique d'entreprise, vers un
management plus compétitif, Paris, Dunod, 1988, Page 107
30 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 43
31
Au regard de l’évolution et de la complexité de l’économie mondiale, nous proposons ici les
indicateurs les plus courants (I) sur le concept puis de ses facteurs (II)
I. Les indicateurs de compétitivité les plus courants
L’examen de la revue de la littérature traitant le concept de compétitivité révèle l’absence d’une
définition unique du terme pour guider les efforts des chercheurs. Aussi, il apparait que la
compétitivité change avec le niveau de l’analyse menée (nation, secteur, entreprise), le bien analysé
(bien homogène ou différencié), et enfin l’objectif de l’analyse. Sarah MARNIESSE et Ewa
FILIPIAK31 distinguent la compétitivité prix(A) et la compétitivité hors prix(B).
A. la compétitivité-prix
C'est la capacité pour un pays ou une entreprise à proposer des prix inférieurs à ceux sur le marché.
Suzanne AMA NDOUNGO32 différencie la compétitivité prix à l'exportation de la compétitivité prix
sur le marché domestique. La première se mesure par le rapport entre l'indice des prix à l'exportation
des principaux concurrents et l'indice des prix à l'exportation du pays. La seconde se mesure par le
rapport entre l'indice des prix à l'importation d'un produit et l'indice des prix à la production du même
produit
B. La compétitivité hors prix
Elle exprime la capacité d'une économie ou d'une entreprise à imposer ses produits par des facteurs
autres que le prix et à s'adapter aux évolutions de la demande. Elle est essentiellement fondée sur
l'investissement, l'innovation, la souplesse et la flexibilité de l'allocation des ressources. La
compétitivité hors prix peut également recouvrir la compétitivité technologique et la compétitivité
structurelle.
31 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 45
32 Marniesse S. & FILIPIAK E. , Compétitivité et mise à niveau des entreprises : approches théoriques et déclinaisons
opérationnelles, Agence Francaise de Développement, Paris,2003, page 43.
32
 La compétitivité technologique : ici, la concurrence entre les pays ou les firmes ne s'opère pas
au niveau des prix ou des coûts, mais au niveau du produit proprement dit. Elle se réfère à
l'innovation, à la recherche et à l'accumulation du savoir technologique ;
 La compétitivité structurelle : sa particularité est de mettre en avant tous les facteurs dits
structurels susceptibles d'avoir une influence sur la production tels que la capacité de
financement, les infrastructures techniques, etc. Le terme de « compétitivité structurelle »
permet d'exprimer l'idée que la compétitivité des entreprises procède aussi de la cohérence et
de l'efficacité des structures productives. Il est également possible d'appréhender la
compétitivité d'un point de vue temporel. Dans cette optique, on distingue d'une part la
compétitivité à court terme. Elle est la comparaison en un instant t des performances de
l'entreprise avec celles des concurrents. D'autre part, on distingue la compétitivité à
longterme. Elle correspond à un processus de préparation des conditions structurelles de
l'amélioration de la compétitivité du pays ou de la firme.
La compétitivité prix relève de l'ordre du court terme, tandis que la compétitivité hors prix est de
l'ordre du long terme.
C. Le taux de change.
Dans le cadre des politiques d’ajustement structurel préconisées en Afrique subsaharienne, le taux de
change est un outil souvent considéré comme fondamental pour améliorer la compétitivité. Toute
chose étant égale par ailleurs, une dépréciation du taux de change rend les exportations moins
coûteuses, or dans les faits, cet effet sur la compétitivité-prix varie considérablement selon les
produits. Le prix de vente des matières premières en devises ne change pas puisqu’il est déterminé
sur le marché international pour un petit pays. L’effet de la dévaluation sur la compétitivité-prix varie
également en fonction de la part des intrants importés inclus dans le prix de revient, mais aussi des
réactions des acteurs impliqués.
Les indicateurs dont il est question maintenant sont des indicateurs globaux en ce sens qu’ils reflètent
l’ensemble des caractéristiques de la compétitivité. Ils sont calculés ex-post et révèlent les effets de la
compétitivité ils sont également bien sur, le reflet d’autres facteurs sans lien avec la compétitivité.
II. Les facteurs influençant la compétitivité
33
L'environnement socioculturel, l'environnement économique, l'environnement politique et juridique
et le réseau de relations dans lequel s'inscrit le Cameroun constituent les facteurs externes, sources de
compétitivité
A. L’environnement socioculturel
Quelque soit la nature de ses activités, une firme ne doit pas ignorer les variables relatives à
l'environnement socioculturel dans lequel elle veut s'insérer. Mœurs, habitudes, comportements, idées
reçues, tous ces éléments doivent être intégrés dans les études et les analyses devant orienter la
décision d'investir. Par exemple, dans certaines régions, tout projet d'implantation d'une structure
nécessite au préalable des négociations avec des riverains.
B. L'environnement économique
C'est celui sur lequel la plupart des entreprises se focalise. Généralement, ils effectuent des analyses
portant sur des indicateurs tels que : le volume de la demande intérieure, la quantité et qualité des
facteurs de production disponibles, le revenu moyen par habitant, les dépenses en consommation, le
niveau de l'épargne, la concurrence, etc. Avec la mondialisation, l'environnement économique est
devenu encore plus important pour les entreprises qui n'hésitent plus à se rapprocher autant que
possible des conditions qu'ils estiment propices à leur croissance.
C. L'environnement politique et juridique
C'est un autre déterminant de l'investissement pour les firmes. La stabilité politique ou encore la
qualité des institutions est autant d'éléments qui captent l'attention des investisseurs. Bien entendu, ils
s'intéressent aussi aux lois en vigueur relatives à leurs activités en se demandant si dans l'ensemble
elles sont contraignantes ou si elles sont plutôt souples.
34
SECTION II. Les déterminants de la compétitivité : aperçu théorique,
ses déterminants et ses mesures
En dépit de l’usage intensif de ce concept, un consensus sur la définition du terme est loin d’être
atteint. Par ailleurs pour ce qui est des déterminants, dans cette deuxième section, il est question de
présenter un aperçu théorique sur la revue de la littérature (Paragraphe I) sur ce concept et par la suite
de présenter les outils de mesures de ce concept (Paragraphe II).
PARAGRAPHE I. revue de la littérature et déterminants
Pendant longtemps, la théorie économique s’est intéressée aux déterminants économiques de
l’échange. Il est question dans cette partie à présenter un aperçu économique sur le concept(I) et les
déterminants proprement dit(II).
I. Aperçu de la littérature économique
La théorie macroéconomique ne considère qu’une baisse du taux de change réel, c'est-à-dire une
baisse du prix relatif des biens échangeables en termes de biens non échangeables, permet, toute
chose égale par ailleurs, de stimuler les exportations et de desserrer la contrainte externe. De cet
angle la dévaluation constitue un puisant facteur susceptible de promouvoir le développement et la
compétitivité internationale. Nous faisons allusion essentiellement à la littérature de la pensée
économique classique, celle néo-classique(A) et les nouvelles théories du commerce international
(B).
A. Théorie classique, néo-classique
Dans la théorie traditionnelle des échanges, l’étude de l’échange international repose sur la différence
d’avantages comparatifs. Dans le cadre des analyses technologiques (Ricardo, 1984), cet avantage est
analysé comme le résultat de différences technologiques qui en général se traduisent par des écarts de
productivité du travail ou, par des différences de dotations en facteurs de production pour les
analystes factorielles (Heckscher-Ohlin).
35
Selon la vision ricardienne l’écart technologique résiderait donc de la détention de la nation ; d’une
part, d’avantages naturels et, d’autre part artificiels. La technologie est considérée plutôt comme une
variable exogène au système économique, donnée une fois pour toute aux nations, sans qu’il y ait
possibilité d’imitation entre les pays. Ainsi, la technologie constitue une variable sur laquelle les pays
ne peuvent agir et qui s’impose à eux. L’analyse néo-classique reprend les hypothèses du modèle
Ricardien de base. Mais, contrairement à Ricardo, ses protagonistes arguent que les pays accèdent, à
l’échelle mondiale, aux mêmes types de facteurs de production, substituables les uns aux autres, ainsi
qu’aux mêmes technologies. Dans cette perspective, le changement technique ne peut être conçu que
comme un mouvement le long des fonctions de production, en réponse aux variations des prix
relatifs : l’innovation ne constitue qu’une simple adaptation aux prix relatifs des facteurs de
production visant à minimiser les coûts.
Dès lors, les seuls éléments en mesure d’expliquer l’échange international et les différences de
techniques de production ne peuvent être que des différences en dotation en capital et en travail. Le
seul véritable progrès technologique envisagé est exogène et provient de l’activité scientifique. La
technologie est donc « une manne tombée du ciel » d’accès libre, non appropriable qui s’assimile à
une simple information à laquelle les firmes sont supposées s’ajuster instantanément. Dans
l’ensemble, ces types de raisonnements reposent sur le postulat selon lequel le commerce se base
uniquement sur des éléments de compétitivité par les coûts, en écartant tous les éléments hors couts.
Aujourd’hui, dans un contexte mondial bouleversé, ou l’on assiste à une diversité des goûts et une
variabilité de la demande, la maitrise de l’information, avérée imparfaite ou parfois même
inexistante, s’impose comme la condition sine qua non que devraient satisfaire les firmes pour faire
face à l’incertitude. Ces derniers sont plus que jamais à développer un commerce de variétés ou
commerce intra-branche, qui reflète les économies d’échelle et les goûts. C’est ainsi qu’actuellement
plus de 80% des échanges commerciaux à l’échelle planétaire sont constitués, de produits capitaux
similaires. Le commerce intra-branche a été expliqué dans le cadre des nouvelles théories du
commerce international, par Krugman (1981). Cependant, à l’instar de la théorie traditionnelle des
échanges, dans cette théorie, les échanges n’ont pas d’influence sur la technologie qui demeure
exogène. Ce n’est qu’avec la théorie de la croissance endogène dérivée des modèles de Either(1982),
Romer(1987) , Romer et Rivera Batiz(1991), que fut pris en compte le caractère endogène du
phénomène technologique : la diversité des biens capitaux procure des rendements d’échelle qui sont
endogènes. Elle favorise l’innovation de biens nouveaux qui dépend du niveau des connaissances.
Dans leur modèle de connaissance Romer et Rivera Batiz(1991), arguent que les idées sont
identifiées aux biens capitaux dont l’importation pourrait constituer un véritable levier de croissance.
36
B. les nouvelles théories du commerce international
La prise en considération du phénomène technologique dans l’appréhension du dynamisme du
commerce international suggère, de part et d’autre, la remise en cause du schéma traditionnel de la
technologie. Aujourd’hui, l’écart technologique frappant entre les pays développés et les pays en
voies de l’être ne laisse, a priori, entrevoir aucun processus de rattrapage que pourraient entreprendre
et réussir ses derniers afin d’améliorer leur compétitivité internationale et mener à bien leur processus
d’intégration dans le nouvel ordre mondial ; il tend, en revanche, à confirmer la thèse de la division
international du travail. Ainsi, leur forte spécialisation dans les secteurs traditionnels, naguère
considérés comme créneaux porteurs, captant une part prépondérante de la demande mondiale et
générateurs de prospérité et de bien-être, explique t’elle la médiocrité de leurs performances
économiques et commerciales. Cependant, les grands bouleversements du système techno-
économique, la mondialisation de la production, de la recherche et développement et des marchés,
ont eu comme corollaire, notamment à partir des années 1980, la prolifération des accords de
coopération interentreprises et l’intensification du phénomène d’internalisation des firmes. Ils ont de
ce fait renouvelé les discussions sur l’aptitude des pays en développement à tirer meilleur profit de
l’essor technologique remarquable des pays industrialisés, et à se doter d’avantages compétitif sur le
marché mondial.
II. Les déterminants de la compétitivité
Une revue exhaustive de la littérature sur la compétitivité révèle qu’un cadre théorique pouvant
dresser la question est, jusqu'à nos jours absent. Cependant les nouveaux développements de la
théorie de la croissance économique (Grossman and Helpman, 1990) et celle de l’organisation
industrielle (Jacquemin, 1987) représentant toutes les deux une réaction aux limites du modèle
néoclassique, ont permis d’adopter des éléments de réponses aux différentes questions posées et en
l’occurrence un éclairage sur les facteurs pouvant affecter la compétitivité. De ce qui suit, nous
proposons un cadre conceptuel intégrant les différents déterminants de la compétitivité (voir Tableau
1 ) D’après ce cadre, la compétitivité est le résultat d’un ensemble de facteurs aussi bien nationaux
qu’internationaux. A l’échelle nationale, les dotations en ressources, la technologie, la productibilité,
les caractéristiques du produits, la régulation fiscale et monétaire et enfin la politique des échanges
semblent être les facteurs les plus importants qui conditionnent la compétitivité d’une industrie/ ou
entreprise.
1) Les dotations en ressources
37
Les ressources naturelles (terre, climat, eau, etc.) aussi bien que les ressources en capital humain sont
des facteurs critiques dans la détermination de la compétitivité d’un produit ou d’une entreprise
donnée. Une composante importante de la dimension capitale humaine est l’expertise des décideurs
au niveau des entreprises. Ainsi, la qualité de gestion peut être déterminante du succès ou de l’échec
de ces unités.
2) La technologie
Le progrès technologique ainsi que l’efficacité du processus de production impliquent tous les deux
une productivité des facteurs plus élevée et par conséquent conditionne l’avantage compétitif d’une
entreprise ou d’un secteur donné. La recherche et le développement de nouvelles techniques plus
appropriées, nécessitant parfois des investissements lourds, peuvent conférer aux différentes entités
une meilleure compétitivité.
3) Les caractéristiques du produit
Les caractéristiques d’un produit donné peuvent être très importantes dans la détermination de sa
position concurrentielle sur le marché et ceci est d’autant plus vrai quand le produit est différencié.
Par conséquent, étant donné la diversité des préférences des consommateurs, les entreprises peuvent
focaliser leur stratégie à servir des niches de marchés pour répondre à une demande bien particulière.
D’autres éléments tels que la maintenance, la fiabilité, le service après vente, etc. peuvent être des
éléments décisifs à la détermination de la compétitivité d’un produit.
4) Les économies d’échelle
La productivité des ressources et donc le coût marginal varie avec le niveau de production d’un
produit donné. Ainsi, l’économie d’échelle est un facteur critique dans l’évaluation de la
compétitivité d’un produit donné.
5) La régulation et les politiques des changes
Non moins important que les facteurs cités ci-dessus, les mesures de politique de l’Etat ont aussi des
effets profonds sur la compétitivité d’une industrie ou d’un produit donné. Les politiques fiscale et
monétaire (taxation, taux d’intérêt, contrôle de l’inflation), la politique interventionniste de l’Etat
(subvention) et celle des échanges commerciaux avec l’extérieur (tarifs, quotas, etc.) ont toutes des
influences sur la compétitivité des différents produits.
38
A l’échelle internationale, la compétitivité dépend d’un multiple de facteurs. Parmi les plus important
nous pouvons citer le taux de change, les conditions du marché international, le cout de transport
international et enfin les préférences et arrangements entre les différents pays. Le taux de change est
déterminé par l’offre et la demande relatives d’une monnaie à une autre. Dans certains cas, ce taux
est influencé par les mesures de politique que les différents gouvernements mettent en place. Ainsi, la
dévaluation de la monnaie d’un pays par rapport à celle de son concurrent se traduit par une
amélioration de la compétitivité des produits exportés.
Tableau n°1: les déterminants de la compétitivité
Niveau national Niveau International
Source : nos soins
Etant donné que cette revue des différents facteurs peut influencer la compétitivité, la question qui est
à se poser est celle de savoir quelles sont les instruments appropriés pour mesurer la compétitivité
d’une nation, d’une industrie ou d’une entreprise.
PARAGRAPHE II. Comment mesurer la compétitivité ?
Au vu des approches de la compétitivité abordées supra, il semble que l'analyse des parts de marché
soit son indicateur principal de mesure. Toutefois, MARNIESSE et FILIPIAK33 pensent que cet
indicateur peut s'accompagner de ratios plus précis concernant la rentabilité, la productivité et la
33 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 49
Compétitivité
Dotation en ressources
Technologie
Caractéristique du produit
Economie d’échelle
Cout de commercialisation
et de transport
Régulation fiscale
monétaire et politiques des
échanges
Taux de change
Préférences et
arrangements
Conditions du
marché mondial
Cout de transport
international
39
profitabilité. Par ailleurs la mesure de la compétitivité(I) suivi de ses indicateurs(II) fait l’objet de ce
paragraphe.
I. Les mesures de la compétitivité
Nombreux sont les instruments qui ont été utilisés dans les travaux empiriques portant sur
l’évaluation de la compétitivité sont surtout focaliser sur le déficit de la balance commerciale ainsi
que la croissance de la productivité nationale des facteurs. Au niveau sectoriel, trois types de mesures
ont été utilisées :
A. Les mesures relatives aux couts de production
La théorie de l’avantage comparatif stipule la comparaison des coûts relatifs et non des coûts absolus
de production. Cependant, la majorité des travaux d’évaluation de la compétitivité et par conséquent
de l’avantage comparatif ont été principalement axés sur la comparaison internationale des coûts
absolus de production. Par ailleurs, étant donné les différentes procédures d’échantillonnage,
d’agrégation, ainsi que les différentes sources de données, les coûts de production peuvent ne pas être
directement comparables et constituent, par conséquent, des indicateurs imparfaits de la
compétitivité. Ainsi le coefficient de coût des ressources, le coût de production d’une unité de
produit, apparait comme une meilleure alternative pour l’application du modèle de l’avantage
comparatif Van Duren et Martin, 199234
B. Les mesures relatives à la productivité des facteurs
Jorgensen et Nishimizu35 (1978) ont été les premiers à introduire la notion des écarts de productivité
entre deux entités, définies comme étant la différence relative de produit moins la somme de la
différence relative du niveau des intrants pondérés par leurs parts. Ainsi, la diminution de l’écart de
productivité entre deux entités implique que la première entité est en train d’améliorer sa position
concurrentielle par rapport à la seconde. L’écart de productivité comme instrument d’évaluation de la
compétitivité présente deux contraintes majeures. La première est que cet indicateur ne capte que les
différences dues à la technologie et aux écarts d’efficacités techniques. La deuxième est que cet
instrument, à l’instar des couts de production, ne contient aucune information quant aux déterminants
de la compétitivité hors prix.
34 Van Duren, E. et Martin, LAssessing the impact of the Canada-U.S trade agreement on food processing in Canada: An
analytical framework and result for poultry, dairy and tomatoes. Agribusiness, 1992.
35 Jorgenson, D., Nishimizu, D. U.S and Japanese economic growth 1925-74: An international comparison. Economic
Journal, 88: 707-26, 1978
40
C. Les mesures relatives aux échanges commerciaux
A l’instar des indicateurs de performance relatifs à la production des facteurs, ceux relatifs aux
échanges commerciaux sont basés également sur la théorie de l’avantage comparatif. En effet
l’existence d’un avantage comparatif entraine un avantage cout et donc une certaine spécialisation
dans ce produit expliquant sa part importante dans les exportations.
Plusieurs indicateurs axés principalement sur la part des exportations ont été construit. Parmi ces
indicateurs, on cite :
La part dans le marché d’exportation, l’indice de l’avantage comparatif révélé de Balassa, l’indice
des exportations nettes de Balassa et Bauwen
III. Les indicateurs de mesure de la compétitivité
De nombreuses organisations internationales publient aujourd’hui des indicateurs synthétiques
destinés à classer les différents pays du monde en fonction de divers critères tels que la compétitivité.
Ce paragraphe présente en premier une revue de la littérature sur les indicateurs de mesure du
concept de compétitivité (A) pour ensuite aborder le cas des indicateurs synthétiques généralistes (B)
spécifiquement destinés à comparer l’attractivité des pays pour l’investissement international.
A. Revue de la littérature
S'il est difficile de donner une définition satisfaisante de la compétitivité, sa mesure est tout aussi
complexe. Après la seconde guerre mondiale, plusieurs types d'indicateurs ont servi à la mesure de la
compétitivité. Ainsi, la croissance de la production, des ventes, des actifs ou des effectifs employés
servait généralement de référence pour mesurer la performance. Au niveau macro économique, c'est
le taux de croissance qui était utilisé. Au début des années soixante-dix, plus que sur son rythme, c'est
sur la qualité de la croissance que l'interrogation s'est portée. En effet, rappelons que l'augmentation
de la production peut s'effectuer à rendements décroissants, que l'accumulation du capital peut se
traduire par une perte d'efficacité, et que l'extension des effectifs peut s'accompagner d'une chute de
la productivité. Cette remise en cause des indicateurs basés sur la croissance a inspiré des auteurs tels
que T. Peters et R. Waterman36 ou encore Michael Porter37. Cependant, comme le souligne Elie
36 Auteurs de l'ouvrage Le Prix de l'excellence, Interéditions, Paris, 1983
37 Auteur de Choix stratégiques et concurrence,Économica, Paris, 1982 et L'Avantage concurrentiel, Interéditions, Paris,
1986
41
Cohen, « Les « règles de l'excellence » de Peters et Waterman mettent en jeu des qualités de réaction,
d'offensive et de combativité et se réduisent en fin de compte à un répertoire pragmatique des
conditions de la compétitivité38. En d'autres termes, au lieu de présenter des indicateurs de mesure de
compétitivité, Peters et Waterman nous exposent plutôt le cadre dans lequel toute entreprise peut la
maximiser. En effet, pour les adeptes de « l'école de l'excellence » les aptitudes requises des
dirigeants et de leur structure sont : une attitude d'ouverture, d'adaptabilité, et une capacité à
mobiliser le personnel. Leur discours se situe donc plus sur un terrain doctrinal, voire idéologique,
que sur le terrain des méthodes opératoires de gestion.
Par contre, Porter39centre sa réflexion sur la nécessité de l'acquisition et la conservation de l'avantage
concurrentiel. Sans remettre en cause l'intérêt de la croissance en tant que telle, il souligne
l'importance des conditions dans lesquelles elle se déroule. Pour lui, une expansion des activités ou
du patrimoine peut s'avérer bénéfique, quelle que soit son rythme tant qu'elle préserve et consolide
les avantages concurrentiels de l'entreprise. Sinon elle deviendra illusoire à terme si elle dilue ou
dissipe ces avantages. Autrement dit, l'utilisation de la croissance comme indicateur ne pose pas un
problème en soi. L'essentiel est que cette croissance permette à l'entreprise de conserver, voire
développer les éléments qui font sa force par rapport à ses concurrents.
B. Les indicateurs synthétiques généralistes
Les Benchmarks, et l’analyse comparée constituent des instruments qui fournissent des éléments de
réponses aux problématiques sur les déterminants de l’avantage compétitif. Ces Benchmarks
permettent une comparaison avec les meilleures pratiques, notamment en vue d’apprendre de celle-ci
et d’améliorer ses propres performances dans les domaines visés. Comparés à des indicateurs
individuels, ces Benchmarks composites permettent de regrouper de multiples de ces indicateurs
isolés dans une valeur synthétisant une variété de caractéristiques. Ces indicateurs composites
fournissent ainsi une approximation, à savoir une image globale, de la compétitivité.
1) Growth competitiveness Index.
Le forum économique mondial(WEF) a publié de son étude comparative de la compétitivité des pays
à travers le monde, le Global competitiveness report, dont l’objet est d’évaluer le potentiel des
38 COHEN E., op-cit, Page 64
39 Idem
42
économies mondiales à atteindre une croissance soutenue à moyen et à long terme. Cette étude
mesure le degré de compétitivité de 139 pays à travers le monde, sur la base de 110 indicateurs.
Ces indicateurs sont répartis en trois piliers fondamentaux de la croissance et de la compétitivité :
Les exigences fondamentales en matière de compétitivité (institutions, infrastructure, environnement
macroéconomique, santé et éducation de base). Les améliorations d’efficacité (enseignement
supérieur et formation, efficacité du marché des biens, efficacité du marché du travail,
développement du marché financier, développement technologique, taille de marché)
Les déterminants de l’innovation et sophistication (degré de sophistication des activités commerciales
et innovation).
L’étude tient compte du fait que les pays ne se trouvent pas au même niveau de développement
économique, et donc que l’importance relative des différents facteurs de compétitivité est fonction
des conditions de départ. L’indice composite « Growth Competitiveness Index » ainsi calculé pour
classer les pays est établi sur la base d’une combinaison de données statistiques et des résultats de
sondages, notamment l’enquête annuelle auprès des chefs d’entreprises.
2) Global Competitiveness Index
Dans son rapport sur la compétitivité, l’International Institute for Management Development (IMD)
analyse annuellement la capacité des pays à créer et à maintenir un environnement soutenant la
compétitivité des entreprises. La création de richesse est supposé se faire au niveau des entreprises
qui opèrent dans un environnement national qui soit facilite, soit entrave, la compétitivité. Dans cette
édition, 58 pays sont analysés à travers plus de 300 critères.
L’analyse se base à la fois sur des indicateurs quantitatifs (représentant 2/3 du poids total) et sur les
résultats d’une enquête annuelle. Le classement IMD se base sur l’analyse de quatre séries
d’indicateurs :
Les performances économiques, l’efficacité des pouvoirs publics et l’environnement des affaires et la
qualité des infrastructures
43
Pourquoi une entreprise multinationale choisit-elle d’implanter une filiale dans tel pays d’accueil et
dans telle région plutôt que dans tel ou telle autre? Cette question est longtemps restée purement
académique. Aujourd’hui, elle est devenue quasiment stratégique pour les autorités économiques et
politiques qui s’efforcent d’attirer sur leur territoire, tant national que régional, les investissements
supposés être créateurs d’emplois et susceptibles de redynamiser le tissu industriel en difficulté. Par
ailleurs l’attractivité est un concept que l’on peut aborder sous plusieurs aspects : étude des
déterminants, théoriques ou empiriques ; mesure de la capacité d’attraction potentielle des différentes
économies. Dans ce deuxième chapitre, notre intérêt est porté respectivement à décliner le cadre
conceptuel d’attractivité territorial et par la suite d’identifier ses déterminants.
44
CHAPITRE II : LE CONCEPT D’ATTRACTIVITE DU
TERRITOIRE ET SES DETERMINANTS
L’objectif de ce chapitre est double, d’une part elle vise à donner une clarification théorique
respectivement du concept d’attractivité du territoire, ses fondements et ses indicateurs de mesure
(Section I).
D’autre part, le recensement des théories l’attractivité, éléments de réponses sur les politiques
d’attractivité du territoire et l’impact économique de l’intervention de l’Etat comme des déterminants
capitaux.(Section II).
SECTION I. Le concept d’attractivité du territoire: ses fondements
théoriques et ses indicateurs de mesure
Le concept d’attractivité du territoire indique généralement la capacité de celui-ci à attirer et retenir
les entreprises tant nationales qu’étrangères. D’autres rapports40 abordent la question de l’attractivité
du territoire et insistent sur la dimension humaine dans le développement de ce concept. Compte tenu
de ces éléments, l’attractivité du territoire peut être définie comme la capacité à y attirer les
investissements étrangers et à conserver les investissements qui sont déjà présents et implantés sur le
territoire. Ainsi, toute politique d’attractivité doit consister à attirer les investissements à la fois
40 Rapport de l’OCDE sur l’attractivité de ses pays et celui de la BAD sur la compétitivité en Afrique
45
exogènes et endogènes sur le territoire donné dans l’objectif d’y maintenir et aussi d’y accroitre le
niveau d’activité économique. Cette définition met essentiellement le point sur le territoire en tant
qu’espace limité par le frontière (administratives, géographie…) Ceci dit, sur quels sont les
fondements théoriques reposent l’attractivité territoriale. Par ailleurs, ce concept (Paragraphe I) et
ses indicateurs de mesures (Paragraphe II) seront évoqués dans cette première section.
PARAGRAPHE 1 : le concept d’attractivité du territoire
Pour élucider ce concept, il est nécessaire de se référer en premier dans ses fondements théoriques (I)
et par la suite, de présenter les différents niveaux d’attractivité (II).
I. Les fondements théoriques
Afin de mieux appréhender le concept d’attractivité, il convient de se référer à deux cadres d’analyse
économique à savoir la nouvelle économie géographique(A) et l’économie industrielle (B)
A. La nouvelle économie géographique(NEG)
La NEG est une approche qui s’est développée depuis les années 1990(Balwin41 et al, 2003) vise à
expliquer les choix de localisation des activités dans une économie globalisée qui suppose l’échange
généralisé des biens et services ainsi que la mobilité des personnes. Dans ce contexte, la localisation
des activités n’est que partiellement dépendante de la dotation initiale en facteurs, elle est aussi
conditionnée par d’effets d’agglomérations. Pour les tenants de la NEG, comme Paul Krugman42
(1991), la théorie de la localisation des industries repose sur l’idée que les choix d’implantation
résultent à la fois deux types de forces antagonistes :
1) Les forces d’agglomération
Ce sont des forces qui incitent les entreprises à se concentrer géographiquement pour bénéficier
d’économies d’échelles et parmi celles-ci l’existence d’une zone à pouvoir d’achat élevé et un facteur
important.
2) Les forces de dispersions
41 R., BALDWIN, R., FORSLID, P.MARTIN, G. OTTAVIANO, F., ROBERT-NICOUD,.),Economy Geography and
publics policy. Princeton University Press., 2003
42 P., KRUGMAN, ,( Increasing returns and economy geography. Journal of political Economy. 1991.
46
Elles favorisent la dissémination des activités vu les contraintes de disponibilité de ressources
naturelles et la fixité de certains facteurs de production.
En résumé la NEG permet à la fois de mieux comprendre le rôle des facteurs hors prix dans la
compétitivité d’une nation et de rendre compte de situations ou un ou plusieurs secteurs répartis
auparavant entre plusieurs économies se concentrent dans une seule. L’intérêt de cette approche est
qu’elle intègre la dissociation croissante entre ce qui concerne la compétitivité des territoires qui a
trait à celle des firmes et évite ainsi une limite de l’économie industrielle.
B. L’économie industrielle
Elle explique les modes d’organisation et de développement des entreprises. Elle apporte ainsi un
éclairage complémentaire pour appréhender les choix de localisation, vu que les ressorts de la
compétitivité d’une firme ne sont pas uniquement liés aux caractéristiques de son territoire
d’élection, mais dépendent aussi des caractéristiques spécifiques.
Cette approche permet d’éviter une limite de la NEG qui serait de négliger le rôle de ses choix
stratégiques spécifiques. En bref, l’évaluation de la compétitivité technologique et l’analyse des
liaisons inter-industrielles sont les principaux apports de l’économie industrielle à l’étude de
l’attractivité. La NEG et l’Economie Industrielle constituent deux cadres d’analyse économique de
l’attractivité d’un territoire. Cette dernière peut être appréhendée selon différents niveaux.
II. Les différents niveaux d’attractivité du territoire
En partant d’une définition simple de l’attractivité du territoire « capacité d’un territoire donné à
attirer une quantité importante d’activités productives », Fabrice Hatem43 identifie cinq grandes
catégories d’approches pour appréhender le concept d’attractivité : l’approche Macro (A) et
l’approche Méso (B)
A. L’approche macro
Cette approche vise à identifier les déterminants globaux expliquant le degré d’attractivité du
territoire considéré pour les investissements internationaux, c'est-à-dire sa capacité à attirer d’une part
ces investissements plus importante que d’autres territoires. Sur le plan théorique, cette approche peut
être considérée comme une descendante de la théorie du commerce international, dans une vision ou
l’hypothèse de fixité du capital productif est levée. Il s’agit d’expliquer, non seulement les conditions
43 F., HATEM, Investissement international et politique d’attractivité, Paris,Economica, , 2004
47
de spécialisation des territoires dans certaines productions, à dotations données en facteurs fixes, et
donc une certaine configuration de leur commerce international, mais, plus en amont, les
déterminants de la localisation d’un facteur de production mobile : le capital.
B. L’approche méso
Pour cette approche, il s’agit ici de comprendre pourquoi une catégorie spécifique d’activités est
d’avantage attirée par un territoire particulier. Le fondement théorique de cette approche remonte
jusqu’aux travaux d’Alfred Marshall sur la notion d’atmosphère industrielle44. Originellement ce
courant d’analyse n’est pas focalisé sur la question des investissements étrangers, ni même sur celle
de la localisation du capital productif considéré comme facteur mobile, mais plutôt sur l’analyse des
dynamiques locales permettant l’émergence endogène d’un pôle de production et de compétitivité.
Ce cadre d’analyse peut ce pendant être élargi de manière relativement aisée à la prise en compte des
comportements de localisation du capital productif.
Cette approche a donné lieu à deux développements dans deux domaines distincts :
 D’une part les travaux de l’école dite de la « nouvelle économie géographiques » cherchent à
réintégrer la dimension spatiale dans les modèles d’équilibre économique
 D’autre part, les approches en termes de « clusters » développés, dans la lignée directe
d’Alfred Marshall, par de nombreux auteurs dont le plus connu est Michael Porter.
Nous avons défini l’attractivité d’un territoire comme étant la capacité à attirer des investissements
et à retenir ceux déjà existant. Cette définition fait apparaitre un problème concret, c’est celui de la
mesure de l’attractivité. Sur quelles bases pouvons-nous dire qu’un pays est plus attractif qu’un
autre ? Quels sont les indicateurs qui permettent de classer les pays selon le degré d’attractivité des
investissements.
PARAGRAHE II : les indicateurs de mesure de l’attractivité du territoire
Dans ce paragraphe, nous présentons les approches selon le degré d’attractivité(I) et les indicateurs
élaborés (II) par les institutions internationales.
I. Les approches qui classent selon le degré d’attractivité
44 O., Lagnel , , l’attractivité des territoires, thèse, soutenue à l’Université de Paris-X- Nanterre,1998
48
Les enquêtes d’opinions(A), et les approches économétriques(B), sont des diverses approches servant
à classer le degré d’attractivité d’un pays.
A. Les enquêtes d’opinions
Ces enquêtes se font auprès des investisseurs, on leur demande de classer les critères de localisation
et de donner un classement relatif des différent pays d’accueil potentiel par rapport à ces critères.
C’est le cas du baromètre d’Ernst Young45. Ce dernier est publié annuellement. Il porte sur une
enquête auprès des dirigeants d’entreprises multinationales.
B. Les approches économétriques
Ces approches prennent comme variable à expliquer les investissements directs étrangers et comme
variables explicatives les différents facteurs ou critères de localisation. Les variables explicatives sont
généralement des indicateurs macroéconomiques ou des indicateurs agrégés utilisés comme proxy
des variables explicatives issues du modèle théorique. Notons que l’intérêt de ces approches est
qu’elles permettent de dégager les variables jugées significatives de l’attraction des IDE, ce qui
permet d’expliquer l’attractivité comparée des différents pays.
II. Les indicateurs synthétiques élaborés par les institutions internationales
La CNUCED publie chaque année un classement des pays en fonction de leur attractivité, classement
qui est présenté sous forme d’une matrice, elle-même obtenu en croissant deux indicateurs qui sont :
l’indicateur de performance en termes d’investissement entrant (A) et l’indicateur du potentiel
d’attractivité en termes d’investissement entrant( B)
A. L’indicateur de performance en termes d’investissement entrant (IPIE)
Cet indicateur reflète la mesure dans laquelle un pays reçoit des IDE comparativement à sa taille. Si
un pays représente 5% du PIB mondial, alors s’il en 5% de l’investissement mondial, l’indice IPIE
45 Ernst and Young, European attractiveness: the opportunity of diversity, la Baule, Mai 2004.
Mémoire de Master II
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  • 1. 1 UNIVERSITE DE YAOUNDE II THE UNIVERSITY OF YAOUNDE II INSTITUT DES RELATIONS INTERNATIONALES DU CAMEROUN B.P.: 1637 Yaoundé Tel: 22 31 03 05 Fax: (237) 22 31 89 99 E-mail: contact@iricuy2.net INTERNATIONAL RELATIONS INSTITUTE OF CAMEROON P.O Box: 1637 Yaoundé Tel: 22 31 03 05 Fax: (237) 22 31 89 99 E-mail: contact@iricuy2.ne P MEMOIRE COMPETITIVITE ET ATTRACTIVITE MINIERE DU CAMEROUN Mémoire soutenu en vue de l’obtention du Master Professionnel en Relations Internationales, option Marketing International Rédigé par: SAVOM Willy Jackson, Licence en Gestion des Entreprises Sous la direction: Pr. AVOM Désiré, Agrégé des facultés de sciences économiques Enseignant associé à l’IRIC Année 2012 -2013
  • 2. 2 SOMMAIRE…………………………………………………………………………………………………………………i DEDICACE………………………………………………………………………………………………………………….ii LISTE DES ABREVIATIONS…………………………………………………………………………………………….iii LISTE DES TABLEAUX………………………………………………………………………….………………………iv LISTE DES ANNEXES……………………………………………………………………………….……………………v REMERCIEMENTS……………………………………………………………………………………….……………….vi RESUME………………………………………………………………………………………………….………………..vii ABSTRACT……………………………………………………………………………………………………………….viii INTRODUCTION GENERALE…………………………………………………………………………………………….1 PREMIERE PARTIE: LES DETERMINANTS DE LA COMPETITIVITE ET DE L’ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE…….………………………..…………………………………………………………………….……….16 CHAPITRE I. LE CONCEPT DE COMPETITIVITE ET SES DETERMINANTS……………………………..…..…...18 SECTION I. le concept de compétitivité : définitions et critères d’évaluations………………………………....………..18 SECTION II. les déterminants de la compétitivité : aperçu théorique, ses déterminants et ces mesures…………………………………………………………………………………………………………...………...24 CHAPITRE II : LE CONCEPT D’ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE ET SES DETERMINANTS………………………………………………………………………………………...….……………35 SECTION I. l’attractivité du territoire : ses fondements théoriques et ses indicateurs de mesures ………………………………………………….…………………………………………..………………….……...……35 SECTION II. les politiques d’attractivité du territoire et l’impact économique de l’Etat comme déterminant………………………………………………………………….….……………….………….………………45 DEUXIEME PARTIE: LE SECTEUR MINIER AU CAMEROUN FAIBLEMENT COMPETITIF ET ATTRACTIF……………………………………………………………………..…………………………………….…53 CHAPITRE III : UN SECTEUR MINIER FAIBLEMENT COMPETITIF DE PAR SES DETERMINANTS ET SES INDICAEURS INTERNATIONAUX………………………………………...…………………………………..……….55 SECTION I. le secteur minier du Cameroun faiblement compétitif………………………………….…..….……….……55 SECTION II. les faiblesses de la compétitivité minière: classement du Cameroun et cadre réglementaire et institutionnel……………………….……………………………………………………………….……..………………..64 CHAPITRE IV: UN SECTEUR MINIER FAIBLEMENT ATTRACTIF DE PAR SES DETERMINANTS ET L’INTERVENTION DE L’ETAT…………...……………………………………………………...…..…………………72 SECTION I. les déterminants faiblement attractifs : le cadre réglementaire, juridique et les classements ………………………………………………..………………………………………………………………………….…72 SECTION II.les faiblesses de l’attractivité minière au Cameroun : évaluations et recommandations…………………………………………..…………...………………………..…..……………………..80 CONCLUSION……………...……..…………………………….…………………………….…………………………..87 BIBLIOGRAPHIE……………...………………………………………………………..……………………………..….90 ANNEXES...………………….………………………………………………………………………..………94
  • 3. 3 TABLE DES MATIERES…..………..………………………………….……………………………………104 DEDICACE A mes parents MEBAL SAVOM et MEMANE KOULOP Evelyne, Vos efforts constants pour m’offrir une éducation sont pour moi une source intarissable de motivation LISTE DES ABREVIATIONS
  • 4. 4 API : Agence de Promotion des Investissements BRGM : Bureau de Recherche Géologique et Minière CAPAM : Cadre d’Appui à la Promotion de l’Artisanale Minier CEA : Commission Economique des nations unies pour l’Afrique CEEAC : Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale CIMEC : Cameroon International Mining Conference & Exhibition CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement DSCE : Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi FMI : Fond Monétaire International IDE : Investissement Direct Etranger IMD : International Institut for Management Development ITIE : Initiative de Transparence des Industries Extractives IPIE : Indicateur de performance en termes d’investissement entrant IPAIE : Indice du Potentiel d’attractivité en termes d’investissement entrant MINEPAT : Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire MINMIDT : Ministère des Mines de l’Industrie et du Développement Technologique OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine WEF : World Economic Forum.
  • 5. 5 LISTE DESTABLEAUX Tableau n°1 : Les déterminants de la compétitivité……………...……..…………...………30 Tableau n°2: Les composantes de l’indicateur du potentiel d’attractivité en termes d’investissement entrant…………………………………………………………………………………………42 Tableau n° 3: La matrice de comparaison de la performance du potentiel………….………43 Tableau n° 4 : Les critères d’évaluation du « Doing Business »………………….………....45 Tableau n° 5: Quelques indicateurs d’attractivité...……………..…………..……………….46 Tableau n° 6: Classement comparatif « Doing Business 2012/2013 »………………………67 Tableau n° 7 : Production minière des entreprises……………………………….…..……...71 Tableau n° 8: Contribution des recettes minières sur le budget de l’Etat ..…………………72 Tableau n° 9 : Comparaison des taux de fiscalité minière………………………..…….……77 Tableau n° 10 : classement par rapport aux performances et potentiels du Cameroun……...84 LISTE DES ANNEXES
  • 6. 6 Annexe n°1 : La cartographie minière du Cameroun……………………………….……………..…97 Annexe n°2 : Indice de perception du risque pays en CEMAC………….………………..…………98 Annexe n°3 : Comparaison internationale sur la protection des investisseurs……………………….99 Annexe n°4 : Indicateur sur les investissements…………………………………………………….100 Annexe n° 5 : Indice de perception de la corruption en CEMAC…………………………………..101 Annexe n°6 : répartition par région les gisements prouvés et développés de matière premières…………………………………………………………………………………………….102 Annexe n°7 : inventaires et volumes des gisements de 35 zones minières du Cameroun………..…103 Annexe n°8 : contribution par secteur d’activité minière(en million de francs)………………….…105
  • 7. 7 REMERCIEMENTS Nous tenons à exprimer ici nos sincères remerciements à notre directeur de recherche, Monsieur le Professeur AVOM Désiré, pour sa compréhension, sa disponibilité et son inconditionnel soutien. Mes remerciements vont également à l’endroit du Directeur de l’IRIC et aux enseignants de la filière Marketing International. Nous remercions le coordonnateur du CAPAM , la coordinatrice du secrétariat ITIE et Madame le Directeur de l’API qui nous ont permis d’avoir accès aux informations sur l’exploitation minière et les instruments de promotion des investissements au Cameroun. Nous remercions le personnel du MINMIDT pour la disponibilité, et l’accueil chaleureux qu’ils nous ont réservé pendant notre séjour dans leurs locaux ; Un merci à toute ma famille et à mes proches pour leur constant soutien et encouragement Nos remerciements s’adressent aussi à :  Mme AVOM Claude IKITO pour son soutien indéfectible ;  A mes frères du REPEBAG et ceux de la JADAN ;  A mes camarades de promotion, particulière à WEPEPE Karens, Williams Casuis ;  A tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à ce travail, trouvez ici l’expression de notre sincère reconnaissance.
  • 8. 8 RESUME Ce présent travail qui porte sur la compétitivité et l’attractivité du secteur minier au Cameroun se justifie dans un contexte économique marqué par le réel souci des autorités Politiques et publiques à mettre en œuvre des mécanismes pour consolider la croissance économique sur le long terme. L’objectif de notre recherche est de poser un diagnostique Profond sur la compétitivité et l’attractivité minière au Cameroun afin de relever les différents problèmes qui empêchent son éclosion, par la suite de proposer des recommandations orientées dans la promotion pour remédier à cette situation. Pour parvenir à cet objectif, sur le plan méthodologique, nous avons adoptés la démarche est hypothético-déductive, celle-ci soutenu par une recherche documentaire poussée. Dans une première partie, nous avons présentés les fondements théoriques des concepts de compétitivité (Chapitre I) et d’attractivité du territoire (Chapitre II). Dans une seconde partie, nous avons analysés le cadre Institutionnel (CAPAM, ITIE) et réglementaire (Code minier, code d’investissement, Droit OHADA et Fiscalité minière) qui structure le fonctionnement de ce secteur, ainsi que les indicateurs internationaux de la compétitivité et de l’attractivité de l’économie du Cameroun. Pour ce faire nous nous sommes appuyés sur les différents rapports et études publiés par les institutions nationales et internationales spécialisées. Les résultats obtenus à l’issue du traitement de notre problématique, montrent que les faiblesses de la compétitivité et de l’attractivité minière du Cameroun sont les conséquences directes de la faiblesse des déterminants de l’économie camerounaise dans son l’ensemble et en particulier ceux du cadre réglementaire, et institutionnel qui structurent le fonctionnement des activités minières au Cameroun. Bien regorgeant un énorme potentiel minier, l’industrialisation du secteur minier reste encore embryonnaire. Concepts-clés: compétitivité, attractivité
  • 9. 9 ABSTRACT This present work which relates to the competitiveness and the attractivity of the mining sector to Cameroun justifies in an economic context marked by the real concern of the public authorities to implement mechanisms to consolidate the economic growth. The objective of our research is to pose a diagnotics on competitiveness and the mining attractivity in Cameroon in order to raise the various problems which prevent its blossoming, to thereafter propose recommendations to rectify this situation. To reach that point to this objective, on the methodological level, we adopted the step is hypothético-deductive which enabled us to analyze the international indicators of the competitiveness and the attractivity of the economy of Cameroon. With this intention we were based on the various specialized reports/ratios and studies published by the national and international institutions. The results obtained show that the weaknesses of the competitiveness and the mining attractivity of Cameroon are the direct consequences of the weakness of the determinants of the economy Cameroonians on the it’s whole and in particular those of the lawful framework, and institutional which structure operation of the mining activities in Cameroon. Keys word: competitiveness, attractivity
  • 11. 11 Dans « Africa competitiveness Report, 2004 » publié par World Economic Forum (W.E.F), le classement n’a retenu que 25 pays africains considérés comme les plus compétitifs et attractifs au regard des effets générateurs d’une croissance durable qui mettent l’accent sur l’environnement macro-économique, la qualité des institutions publiques, le niveau de la technologie et des infrastructures. Dans ce classement, on ne retrouve que dix pays miniers (Botswana, Afrique du Sud, Namibie, Ghana, Algérie, Nigéria, Zambie, Cameroun, Angola et Tchad), dont trois à peine d’Afrique Centrale. Ainsi les deux Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale n’ont même pas été retenus par le W.E.F. Le Botswana arrive en tête de classement parmi les pays africains (36ème sur 192 économies du monde examinées dans ce rapport), car il a progressé dans tous les domaines ; notamment la qualité de services publics, sauf dans l’innovation. La Tunisie se classe 2ème parmi les 25 pour les mêmes raisons que le Botswana et dispose d’une bonne marge de progression dans le domaine de la technologie et des infrastructures. L’Afrique du Sud se classe 3ème, car ce pays domine tous les pays du continent en matière de technologie et d’infrastructures. Le constat fait est que la compétitivité et l’attractivité des économies à l’échelle mondiale découlent largement du rôle économique de l’Etat. Dans le rapport 2012 du WEF sur la compétitivité, l’Afrique du sud occupe la 52èmeposition et reste l’économie africaine la plus compétitive. Dans le reste de l’Afrique francophone, le Cameroun gagne malgré tout plus quatre places à la 112ème position. Par ailleurs en termes d’attractivité, l'économie camerounaise qui a les potentiels pour être l'une des plus prospères et des plus disposées à recevoir des Investissements Directs Etrangers(IDE) du continent africain, s'est située en 2012 dans le bas du tableau en termes d'attractivité des IDE1. En effet, le pays dispose de nombreuses ressources naturelles (pétrole, sylviculture, pêche) et des terres fertiles sur lesquelles s'appuyer. Mais le Cameroun doit améliorer et simplifier son administration afin de relancer la création d'entreprises, et lutter contre la corruption qui atteint des proportions endémiques. Le climat des affaires dans le pays s’est détérioré en 2012. La même intensité dans le développement des indices miniers est également observée au niveau des pays de l’espace CEMAC. Le secteur des ressources minières occupe plus que jamais une place importante dans le développement économique du Cameroun, d’où l’intérêt économique que soulève notre travail. 1Des informations concernant les flux effectifs d’IDE en 2012 sur cette région du monde ont été consultées surle Global Investment Trade Monitor publié en janvier 2013 par la Conférence des Nations Unies surle Commerce et le Développement.
  • 12. 12 La période de 2004 à 2010 peut être considérée comme l’âge d’or de la promotion de notre secteur minier et de son exploration. Cette période coïncide avec un contexte international favorable marquée par la montée exponentielle d’une demande des produits miniers sur le marché mondial. Cette période constitue une étape décisive dans le processus de développement des différents indices et gisements miniers mis en évidence depuis les inventaires réalisés de 1960 à 1990. Ainsi donc sur la base des indices déjà connus, l’axe fondamental de l’industrie d’exploration dans notre domaine minier est constitué de gisements de bauxite (Ngaoundal, Minim-Martap, Fon go-Tongo), de fer (Mbalam à l’Est, Mamelles à Kribi), Nickel-Cobalt et Manganèseà Lomié, et des prospects d’Uranium (Poli, Lolodorf et Teubang-Voko-Salaki), d’Etain et wolfram de Mayo Darlé, d’or (Batouri, Bétaré-Oya, Bindiba, Ntem), de diamantde Mobilong. Des actions de promotion engagées par la participation des responsables de la Direction des Mines et de la Géologie appuyés par leurs différents Ministres au niveau des plateformes internationales telles que le sommet annuel sur l’investissement minier en Afrique (Indaba) à Cape Town (Afrique du Sud), le Prospectors and Developpers Association of Canada (PDAC) Trade Show à Toronto (Canada), ont permis d’attirer dans notre domaine minier, un investissement important dans l’exploration par la venue des opérateurs des grands pays miniers (Afrique du Sud, Australie, Canada, USA, Inde, Dubaï, Chine, Corée du Sud, Royaume-Uni). 1. actualité du sujet Comme l’a relevé les études2jadis menées, le Camerounais regorge de nombreux indices et gisements miniers dont l’exploitation judicieuse peut le conduire sur la route du développement, passage incontournable pour atteindre l’émergence à l’horizon 2035. Autres études présentent le sous-sol camerounais comme l'un des plus riches en gaz naturelle et en gisements miniers. L'exploitation de certains gisements et les recherches en cours dans un avenir proche consolidera le tissu économique du pays. Au regard des gisements découverts ou en cours d'exploration, les perspectives de développement laissent entrevoir un avenir prometteur. Les données géologiques actuelles révèlent que six à sept gisements minéraux ont dépassé le stade de la recherche, certains minerais se trouvant déjà dans une phase d'exploitation. Il s'agit du fer, de la bauxite, du nickel/cobalt et du rutile. Au Ministère de des Mines, l'Industrie, et du Développement Technologique (MINMIDT), le Gouvernement encourage les partenaires stratégiques qui possèdent une expérience 2Depuis la création des Services Géologique et des Mines, et leur fusion en 1961 au sein de la Direction des Mines.
  • 13. 13 avérée à accompagner ces projets afin de sortir d'autres gisements du stade de recherche à celui de projet. Ces études révèlent par exemple qu’une production de 2,5 millions de tonnes de bauxite rapporterait à l’exportation brute 62,5 millions de dollars. Si cette même quantité était transformée sur place en aluminium, le gain serait de 1000 millions de dollars, soit une valorisation seize fois plus élevée. Une lecture de la situation qui confirme les études concordantes faisant état d'un potentiel énorme. On peut citer, entre autres, la bauxite pour 1000 millions de tonnes, le fer pour 1000 millions de tonnes, le cobalt/nickel/manganèse pour 225 millions de tonnes, le rutile pour 300 millions de tonnes et un important gisement de diamant de 736 millions de carats. La valeur cumulée des ressources ci-dessus citées serait supérieure à 100 milliards de dollars pour plus de 2000000 emplois directs et indirects. Le Cameroun, qui est signataire de certains accords internationaux dans le secteur, semble, depuis quelque temps, mettre l'accent sur la transparence et la bonne gouvernance dans ce secteur. Ce qui suppose l'application des mesures de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE)3 , l'insertion dans le code Minier des mesures non discriminatoires d'octroi et de gestion des titres miniers et de la répartition des revenus de la taxation minière, ainsi que l'application effective du processus de Kimberley pour la commercialisation de ses substances minérales. De plus, le Cameroun s’est engagé dans un processus d’ouverture de son marché dans le cadre de multiples accords commerciaux internationaux. Son engagement sera plus déterminant qu’il lui permettra de vitaliser ses atouts qu’il détient par rapport aux autres membres de la CEMAC 2. contexte de l’étude Les études réalisées et publiées par les institutions telles que la Banque Mondiale montrent que L’environnement des affaires du Cameroun est un déterminant capital pour la compétitivité et l’attractivité de l’économie nationale. De ce qui ressort de ce rapport4, le climat des affaires du Cameroun est gangrené par un ensemble de facteurs qui font du territoire une destination non viable pour les investissements en général, car en terme d’attractivité, le Cameroun occupe le rang de 161ème pays sur 183. Autres publications notamment ceux de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) montrent que l’attractivité des investissements au 3 Coalition d’Etats, d’entreprises, de groupe de sociétés civiles, d’investisseurs et d’organismes internationaux. Elle établit une norme internationale de transparence pour le secteur pétrolier, gazier et minier. 4 Doing Business 2012, page 5
  • 14. 14 Cameroun reste très faible depuis une décennie du entre autres à la corruption5, au faible niveau du capital social qui renvoie aux institutions de qualité. Même si cet environnement peu favorable à l’investissement discrédite dans une certaine mesure la compétitivité et l’attractivité de l’économie du Cameroun dans sa globalité, néanmoins le secteur minier, depuis quelques années suscite un grand intérêt auprès de l’Etat et des investisseurs étrangers. C’est l’un des leviers sur lequel le Cameroun peut s’appuyer pour assurer son développement économique tel que prévu dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). Ajouté à cela, le Cameroun dispose de plusieurs atouts pour pouvoir capitaliser sur l’ensemble de ses ressources minières pour sortir du sous développement. Le premier atout est celui de la libéralisation du secteur minier à travers la mise en place du code minier par la loi n°2002 fixant les modalités d’application de la loi n°001 du 16 Avril 2001 portant code minier, puis par la loi 2010 portant modificatif de certains dispositions du code minier de 2002. Cette loi minière est beaucoup plus détaillée que l’ancienne (116 articles contre 47), elle statue sur des domaines nouveaux (convention minière, artisanat minier, environnement). Les études6 réalisées notamment par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM), par les Services Géologique et des Mines, de la Direction des Mines en 1961 et l’étude de Mobilong7, menée par la société « C and K mining »estimant à 750 millions de carats (estimation géologique) la valeur de ses diamants viennent crédibiliser l’énorme richesse minière du sous-sol du Cameroun. Le second atout est celui de l’éligibilité du Cameroun depuis le 14 Août 2012, au processus de Kimberley, qui est une institution internationale de certification8 des ressources minières vient garantir la transparence et la traçabilité qui doivent désormais promouvoir l’extraction et la commercialisation des minerais sur le marché mondial. Par ailleurs, le Cameroun bénéficie d’autres atouts notamment sur sa position géostratégique dans la sous région, son engagement est plus 5Confère tableau des indices de corruption de transparency International en annexe 5 6Les experts du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) ont mené des études qui ont abouti à la mise à jour de 41 occurrences où l’exportation artisanale du diamant a lieu. L’étude sur ces occurrences d’exploitations artisanales a abouti à une évaluation sommaire située entre trois millions et cinq millions de carats de diamants alluvionnaires. L’exploration se poursuit et nous n’avons aucune connaissance sur du potentiel co nglomératique 7 Région de l’Est Cameroun 8Cas des diamants bruts
  • 15. 15 déterminant qu’il permettra de vitaliser les atouts qu’il détient par rapport aux autres pays membres de la communauté. Ces atouts sont de divers ordres : Sur le plan géographique, la position stratégique admirable par rapport à ses autres partenaires de la CEMAC. En effet, c’est le seul pays de la sous-région qui partage les frontières communes avec tous les autres pays de la sous-région, de plus il possède trois façades maritimes (Douala, Kribi, et Limbe). Ce qui lui procure un avantage commercial, puisqu’il peut facilement échanger à tout moment avec tous les autres pays de la communauté et bénéficie des coûts de transferts relativement moins élevés. Sur le plan économique, il dispose d’un poids économique prépondérant indéniable au regard de certains indicateurs tels que :  Le produit intérieur Brut estimé à 10979,3 milliard de francs (pour l’année 2008)  Un taux de croissance est de 3,8%  La main d’œuvre est la plus abondante et qualifiée  Une grande implantation industrielle, bénéficiant de ce faite d’un grand afflux d’IDE notamment dans le secteur pétroliers. Sur le plan sociopolitique, le développement des affaires dans un climat de stabilité politique est un déterminant capital. Sur le plan purement interne, le Cameroun se distingue de bon nombre de ses voisins par sa stabilité politique qui apparait comme un très grand avantage. Tous ses éléments pour ne que cité ceux-ci, à priori laissent croire que le Cameroun serait une destination opportune et privilégiée pour les investisseurs et par conséquent il est attractif et compétitif. 3. Intérêt du sujet Fort du constat fait ci-haut, notre sujet s’intitule : Compétitivité et Attractivité minière au Cameroun Si nous prenons l’intérêt ici dans le sens des motivations qui nous ont poussées à choisir ce sujet, nous pouvons les décliner ainsi qu’il suit  Un intérêt économique Le contexte national est marqué par des grandes mutations tant politiques qu’économiques9. D’après le MINMIDT, Plus 50% du territoire du Cameroun reste encore inexploré. L’intérêt de notre travail 9 Emergence du Cameroun à l’horizon2035 confiné dans le DSCE est une préparation à la mutation économique
  • 16. 16 est de faire de ce secteur minier au regard de son énorme potentiel un moyen d’atteinte le statut de pays industrialisé dans un horizon proche.  Un intérêt scientifique : Ce travail peut servir de cadre de travail aux autorités et agents publics qui s’intéressent au domaine minier, particulière dans le champ de la compétitivité et attractivité. 4. Problématique du sujet Le deuxième forum minier organisé conjointement par l’Etat du Cameroun et la Banque Mondiale en date du 23 Mai 2012 a axé sa démarche optimale à suivre pour concrétiser la stratégie de développement du secteur minier au Cameroun. Le forum a parcouru un grand nombre de problématiques liées à l’exploitation minière, la gouvernance, le cadastre, la fiscalité, les normes, l’environnement, la congestion des mines entre pays voisins et les conflits relatifs à l’exploitation minière ont fait l’objet des grands débats. Se situant dans le même prolongement, notre travail a pour mérite de s’intéresser à la problématique de compétitivité et d’attractivité minière. Par ailleurs le problème que pose notre thématique est celui relatif aux faiblesses de l’éclosion minière du Cameroun. Ainsi, la préoccupation principale tout au long de notre travail, est de montrer que les causes des faiblesses du secteur minier à être compétitif (à pouvoir offrir un cadre propice au développement des activités minières à la dimension des pays tels que Toronto et Indaba) et attractif (à attirer, puis à retenir les investissements étrangers ou les entreprises) sont dues aux déterminants de la compétitivité et de l’attractivité de l’économie du Cameroun dans son cadre général. En d’autres termes de cette préoccupation découle la question suivante: quelles sont les faiblesses des déterminants majeurs et spécifiques sur lesquels reposent la compétitivité et l’attractivité minière au Cameroun ? 5. Hypothèses de recherche La réponse à cette question principale passe par l’énoncé de deux hypothèses qui tiennent lieu de réponses provisoires à notre questionnement :
  • 17. 17 Hypothèse 1 : Les faiblesses des déterminants majeurs de la compétitivité et de l’attractivité minière au Cameroun sont respectivement le climat des affaires, et les insuffisances de conditions d’attraction, les insuffisances des politiques publiques, les infrastructures de bases. Hypothèse 2 : Le cadre réglementaire, juridique et institutionnel sont les faiblesses des déterminants spécifiques qui impactent sur la compétitivité et l’attractivité minière au Cameroun. 6. Objectifs L’objectif général de notre travail est de poser un diagnostic en termes de compétitivité et d’attractivité du secteur minier. Au Cameroun et d’autre part de lancer l’industrialisation minière telle que prévue dans le DSCE. Nous relevons à propos des objectifs spécifiques ci-après : La mise en place des mesures incitatives et réglementaires fortes, servant facilité la compétitivité du secteur des mines solides. L’intervention des institutions publiques10 et privés11 visant le développement et à garantir la transparence dans l’industrie minière. 7. Délimitation du sujet Notre étude sera délimitée tant dans le temps que dans l’espace : a) Délimitation temporelle Dans le cadre de notre étude nous nous intéresserons essentiellement aux années 2002 à 2011. Car pendant cette période, plusieurs mesures susceptibles d’encourager l’exploration et l’exploitation minière ont été prises et mises en œuvre. Nous pensons notamment à : La reforme minière de 2001, la mise en place de la charte des investissements, la facilitation dans la création des entreprises locales, les multiples conventions signées entre le Cameroun et les potentiels investisseurs dans le secteur minier, l’adhésion au processus de Kimberley, la publication des rapports de conciliation par l’ITIE 2009-2010, etc... b) Délimitation spatiale 10 MINMIDT 11 ONUDI, API et ITIE
  • 18. 18 Telle que la thématique et la problématique le précise, nous n’examinerons que dans ce travail que le secteur minier. Nous nous intéressons uniquement aux ressources minérales solides. c) Délimitation Matérielle L’élaboration de cette étude nécessité le recours aux connaissances théoriques de certaines composantes de l’économie camerounaise et internationale :  Doing Business 2011 et 2012, publié par la Banque Mondiale ;  Cahier économique du Cameroun publié par la Banque Mondiale ;  Africa Infrastructure country diagnostic (AICD-2011) publié par la Banque Mondiale;  Le Code minier du Cameroun publié par le gouvernement du Cameroun ;  Le rapport 209- 2010 de conciliation de l’ITIE. 8. Revue de la littérature Ainsi pour répondre à la préoccupation de notre thème, nous avons consulté une documentation assez variée portant sur les différents aspects. Parmi les ouvrages que nous avons consultés, certains traitent essentiellement sur les grandes théories qui portent sur la compétitivité avec des auteurs tels que : - MICHAEL PORTER 12 PORTER dans l’ouvrage« Competitive Advantage of nations »publié en 1990, développe le modèle en diamant« Diamond model » afin d’aider à comprendre la position comparative d’une nation en concurrence globale. Sur le plan théorique, l’auteur introduit le concept d’agglomérats, qui sont des concentrations géographiques des facteurs, tels que incluant des fournisseurs spécialisés, des fournisseurs de service, et des institutions associées dans un secteur d’activité particulier. Toutes reliées pour former un réseau. 12Michael PORTER the competitive advantage: creating and sustaining superior performance, the free press-A division of MacMillan Inc,New York,1985, page 23
  • 19. 19 Sur le plan empirique, l’auteur montre que ces agglomérats peuvent influencer la concurrence de trois manières :  Accroitre la productivité des entreprise dans l’agglomérat ;  Conduire l’innovation dans le secteur d’activité ;  Stimule de nouvelles entreprises dans le secteur d’activité. - Philip KOTLER et al13. Ces auteurs introduisent la notion de chaine de valeur pour facilite l’identification des modes de création de valeur. Toute société remplit un ensemble de fonction afin de créer, fabriquer et commercialiser ses produits. La chaine de valeur décortique ces activités autour de neuf pôles qui sont à la fois centres de cout et sources de valeur. Les neuf pôles qui sont à la fois centre de cout et sources de valeur. Les neuf pôles comportent cinq activités de base et quatre activités de soutien. Les activités de base s’articulent autour de la séquence approvisionnement-fabrication- commercialisation-marketing-service. Les activités de soutien apportent l’appui nécessaire grâce à des services spécialisés ; il s’agit de l’achat de toutes les ressources dont l’entreprise a besoin, de l’innovation via la recherche et le développement, du management des ressources humaines et de l’infrastructure de l’entreprise. - Bernard LASSUDRIE-DUCHENE et Deniz UNAL KESENCI14 Partant du constat qu’il existe deux modèles de base de l’avantage comparatif qui correspond à deux théories de la valeur : le modèle classique élaboré dans le cadre théorique de la valeur travail et le modèle néo-classique construit dans le cadre de la théorie de l’utilité marginale. Ses auteurs font une démonstration à partir du modèle classique et celui Ricardien afin de mettre en évidence les différences qui apparaissent lorsqu’on explique l’avantage comparatif à partir du modèle néo- classique. Sur le plan empirique, D. Ricardo fournit la démonstration du gain de l’échange dans le cadre de deux pays (Angleterre et Portugal), deux biens (drap et Vin) et un facteur de production (travail). Ce dernier est immobile entre les nations, mais mobile entre les secteurs. Le coût absolu des produits est 13 Philip KOTLER et al, Marketing Management, Paris, Nouveau Horizon, 13ième édition, 2009, Pp 45 à 46. 14 Bernard LASSUDRIE et al, Economie mondiale : L’avantage comparatif, notion fondamentale et controversée, CEPII, édition la découverte, collection 2002 pages 95 à 105
  • 20. 20 lié au travail nécessaire à leur fabrication. Les prix des biens tendent à s’aligner sur les couts de production, qui sont constants et ne se modifient pas avec les quantités produites. Pour résumé la théorie de l’avantage comparatif de D. Ricardo, l’échange international de deux biens entre deux pays fournira un gain réciproque après la spécialisation sous deux conditions : la structure de prix (couts comparés) est différente en autarcie dans les deux pays. Le taux d’échange à l’international est compris entre les limites des couts comparés internes. Nous notons en outre que la notion d’avantage comparatif est principalement utilisée dans les relations commerciales internationales, mais l’avantage comparatif est un principe d’économie générale applicable à l’échange interne entre agents particuliers. En échange international, l’avantage comparatif à un caractère nettement macroéconomique. Il s’applique aux régions et nations qui disposent collectivement d’avantages et désavantages les unes par rapport aux autres. Pour ce qui est des déterminants de l’avantage comparatif, partant de l’analyse (Angleterre et Portugal) fait par D. Ricardo on peut venir à des explications par le climat, la fertilité de la terre, par la coutume ou l’histoire, bref par des éléments exogènes qui sont des déterminants de cet avantage comparatif. Bien plus loin encore plus précisément au début du XXe siècle, deux auteurs suédois E. Heckscher(1919) et B.Ohlin(1933) ont renouvelé la théorie de l’avantage comparatif en l’expliquant par des éléments plus facilement modélisables qui sont les quantités relatives de facteurs (terre, travail, capital) détenue par une région ou nation. L’intuition de ces auteurs est que le pays exporte les produits contenant intensivement les facteurs dont ils disposent en abondance et importent les biens qui nécessitent les facteurs qui sont la pénurie. Le modèle néo-classique de l’avantage comparatif abouti, comme le modèle Ricardien, à montrer sans difficultés l’existence d’un gain d’échange réciproque pour les participants, même dans le cas des pays défavorisés pour les biens. Dans le rapport JACQUEMIN ET PENCH15 insistent sur le fait que le discours sur la compétitivité est essentiellement un discours sur les moyens car cette notion ne constitue ni une fin en soi, ni un objectif. Elle est un moyen de relever le niveau de vie et plus généralement le bien être des habitants. - Géographie économique 15 Jacquemin A., et Pench L..R., , Europe Competing in the Global Economy: Report of the competitiveness advisory Group,American International Distribution corporation, Williston, 1997
  • 21. 21 Bien que toutes les théories ci-dessus aient la pertinence avec la compréhension de la compétitivité, elles manquent souvent d'une dimension territoriale qui est si crucial pour comprendre la compétitivité régionale la source évidente pour de telles théories est le champ des sciences économiques appropriées et régionales de géographie économique, et de la prétendue nouvelle géographie économique dans des sciences économiques. D’autres rapports et articles s’intéressent aussi plus à l’aspect de la compétitivité et attractivité. - Théophile DZAKA KIKOUTA, Xavier BITEMO NDIWULU16 Ces auteurs visent à répondre à la question de savoir si l’intervention économique de l’Etat reste pertinente aujourd’hui dans les pays en voie de développement d’Afrique Centrale surtout, en vue de l’attractivité du territoire via notamment le développement des infrastructures économiques et sociales. Sur le plan méthodologique, l’étude se réfère à la littérature disponible en particulier sur la nouvelle économie géographique sur l’attractivité du territoire en liaison avec l’intervention économique de l’Etat, l’attractivité étant appréhendée au sens large comme la capacité d’un territoire à attirer et maintenir ses ressources, qu’elles soient humaines, financières ou technologique. Sur le plan théorique, analyse des deux comportements type de l’Etat en contexte africain et asiatique pour en déduire les politiques publiques vis à vis de l’attractivité du territoire. Sur le plan empirique, une étude économétrique basée en particulier sur la méthode de Moindres Carrés Ordinaires (MCO) tente une vérification visant à montrer l’importance du rôle économique de l’Etat à travers le développement des infrastructures de base et du capital humain, dans la capacité des territoires à attirer les investissements directs étrangers. Comme résultat, il en ressort que pour les pays pétroliers et miniers d’Afrique Centrale et d’ailleurs, les enseignements de l’expérience de l’Etat capitaliste développeur d’Asie et rares pays émergents d’Afrique qui sont aussi tributaires de la rente minière. 16 T., DZAKA, X., BITEMO L’impact du rôle de l’Etat sur l’attractivité du territoire des PVD : cas des pays miniers et pétroliers d’Afrique centrale ,2005
  • 22. 22 Selon le rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE)de 2006 « la compétitivité désigne la capacité d’entreprises, d’industries, de régions, de nations ou d’ensembles supranationaux de générer de façon durable un revenu et un niveau d’emploi relativement élevés, tout en étant et restant exposés à la concurrence internationale » qu’il s’agisse d’une firme, d’une région, d’un territoire ou d’une économie nationale, être compétitif consiste, donc, à faire face a la concurrence, à gagner des parts de marché à l’exportation et à limiter les importations sur le marché intérieur. La compétitivité constitue un indicateur pertinent de la performance économique d’un pays ou d’une région. La Commission Economique des nations unies pour l’Afrique(CEA) a tenu une réunion du 20 au 22 aout 2008 du groupe technique d’expert en vue d’élaborer la nouvelle vision du régime minier de l’Afrique en 2050 en préparation de la première conférence de l’union africaine des ministres en charges du développement des ressources minières. Le Groupe Technique d’expert conjointement mis en place par l’Union Africaine(UA) et la CEA compte notamment des représentant des partenariats Minier africain(le forum intergouvernemental des ministres africains, chargés des mines), la Banque Africaine de Développement(BAD), la CNUCED et l’ONUDI. La vision du régime minier de l’Afrique en 2050 est le résultat de nombreuses initiatives et d’efforts aux niveaux sous régional, continental et mondial visant à élaborer des cadres régulatrices de politiques afin de maximiser les produits issus de l’exploitation des ressources minières. Nous pouvons citer la déclaration de politique de Johannesburg ainsi que le plan de mise en œuvre, du sommet mondial sur le développement durable, la vision de Yaoundé sur l’exploitation minière artisanat et à petite échelle, le partenariat minier africain sur la charte du développement durable et le cadre de politique minière, le cadre SADC de mise en œuvre de l’harmonisation des politiques minières, les normes, les cadres législatifs et régulatrices, la politique minière commune de l’UEMOA et le code minier communautaire, le rapport sommaire « Big Table » de 2007 sur la « gestion des ressources naturelles minières de l’Afrique pour la croissance et la réduction de la pauvreté » qui a fait l’objet d’une réunion organisée conjointement par la CEA et la BAD, les travaux du Groupe du travail international chargé de la révision des régimes miniers d’Afrique. La mise en œuvre se fera progressivement et tiendra compte du contexte local et de sa spécificité.
  • 23. 23 Le comité17 de suivi et de mise en œuvre de l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives(ITIE) au Cameroun, vise à améliorer la gouvernance et la transparence dans la gestion des revenus issus du secteur extractif et maximiser les effets positifs dudit secteur sur la croissance afin de relever le niveau de vie de ses populations. L’ITIE s’appui sur la conviction partagée que l’usage prudent des richesses en ressources naturelles peut potentiellement servir de fondement à la croissance et au développement économique durable. Depuis le lancement de l’ITIE, plusieurs pays se sont approprié cet engagement du respect de la transparence et de l’obligation de rendre compte dans la vie publique. Le rapport de conciliation présenté le 28 Novembre 2012 nous a permis d’apprécier les causes pour lesquelles le Cameroun n’a pas réussit à adhérer à l’initiative ITIE. Le rapport du « WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK », rédigé chaque année depuis le début des années 1990 par l’International Institut for Management Development (IMD) dans le cadre de la préparation du forum économique mondial, qui a donné à cette approche sa plus grande notoriété (IMD, 2004).Le but de ce rapport est de recueillir des éléments comparatifs de base sur les caractéristiques de l’environnement des affaires et de les synthétiser sous forme d’indicateur unique censé classer les pays en fonction de la qualité d’ensemble de l’environnement offerts aux entreprises. Environ 200 données de bases sont collectées dans les domaines très divers : compétitivité, et stabilité macroéconomique, qualité et cout des facteurs, infrastructures, recherche et innovation, gestion de l’entreprise, environnement administratif, fiscal et parlementaire. - Le Rapport18 sur la compétitivité de l’Afrique La quatrième édition du Rapport sur la compétitivité en Afrique 2013 portant sur le thème « Connecter les marchés de l'Afrique de façon durable » a été lancée au Cap lors du forum économique mondial pour l'Afrique le 9 mai 2013. Le rapport indique que la croissance de l'Afrique doit s’accompagner de gains de compétitivité, car de nombreux pays africains sont classés parmi les pays les moins compétitifs au monde. Bien qu'il existe d'importantes disparités sur le continent, les faibles niveaux d'intégration régionale et le déficit d'infrastructure ont été identifiés comme les principaux obstacles à l'amélioration de la productivité, de la diversification économique, du développement du secteur privé et de l’inclusion spatiale. Ces défis sont particulièrement importants dans les pays enclavés et doivent être la priorité des décideurs africains. Le rapport est publié conjointement depuis 6 ans tous les deux ans par le Forum économique mondial, la Banque africaine de développement et 17 Rapport de conciliation des chiffres et volumes dans le cadre de l’Initiative de Transparence dans les industries Extractives au Cameroun pour les années 2001-2004 18 The Africa competitiveness report, Banque Africaine de Développement, 2013
  • 24. 24 la Banque mondiale publient conjointement. La Commission pour l'Afrique les a rejoints en tant que partenaire en 2011. Des hommes et des femmes d'affaires, tout comme des chercheurs et des membres des organisations de la société civile ont pris part à l’événement. 9. Démarche méthodologique Dans le cadre de notre étude, nous utilisons la méthode hypothético-déductive dans la mesure où nous partons de nos hypothèses que nous vérifieront tout au long de notre recherche, il s’agit d’une méthode scientifique qui consiste à formuler des hypothèses afin d’en dégager des actions observables futures, permettant d’en déterminer la validité. Nous utilisons pour ce peu, les méthodes de calculs des indicateurs élaborés par les institutions internationales pour pouvoir d’une part apprécier les déterminants majeurs de la compétitivité et l’attractivité de l’économie du Cameroun et d’autre part, analyser les faiblesses des déterminants spécifiques de ceux du secteur minier. Enfin d’approfondir notre analyse, nous avons bénéficié de l’appui respectivement avec la coordinatrice de l’ITIE, le coordonnateur du Cadre d’Appui à la Promotion de l’Artisanat Minier (CAPAM) et de l’Agence de Promotion des Investissements (API). Des séances d’entretiens directs (portant sur la perception d’investir dans le secteur minier au Cameroun) organisées avec les exposants qui ont pris part aux activités de la CIMEC19 2013 fait l’objet de notre démarche méthodologique. Nous avons bénéficié du rapport portant sur l’enquête sur le climat de l’investissement réalisé par la Banque Mondiale en 2007 et des différents rapports sur les indicateurs d’attractivités publiés par les institutions internationales, qui d’ailleurs ont fait l’objet d’une exploitation profonde. 10. Annonce du Plan L’élaboration de notre étude se présente ainsi que suit : Dans la première partie consacrée au cadre théorique intitulée : les déterminants de la compétitivité et de l’attractivité économique en deux chapitres, Nous explorons respectivement dans chaque chapitre les approches théoriques du concept 19 Cameroon International Mining Conference& Exhibition
  • 25. 25 et des déterminants de la compétitivité et de l’attractivité. Puis, dans la deuxième partie consacrée au cadre pratique intitulée : le secteur minier du Cameroun faiblement compétitif et attractif en deux chapitres, nous présentons respectivement les faiblesses des déterminants (majeurs et spécifiques) et les indicateurs de la compétitivité et de l’attractivité minière du Cameroun. Ière PARTIE LES DETERMINANTS DE LA COMPETITIVITE ET DE L’ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE
  • 26. 26 Cette première partie nous permet de mieux appréhender les concepts de compétitivité et d’attractivité. A travers les approches théoriques, nous présentons respectivement le concept de compétitivité et ses déterminants (Chapitre. I) et celui de l’attractivité suivi de ses déterminants (chapitre. II).
  • 27. 27 CHAPITRE I. LE CONCEPT DE COMPETITIVITEET SES DETERMINANTS Actuellement, les mutations que connait l’économie mondiale sont très importantes. Alors que le monde entier est penché sur les questions des échanges, le concept de compétitivité surgit comme étant le sujet le plus dominant dans l’économie moderne. Les préoccupations pour une meilleure compréhension de la compétitivité apparaissent dans tous les discours politiques, les arènes académiques et les débats des industries du monde entier. Ce chapitre se donne d’un double objectif. Il s’agit d’une part de proposer un ensemble des approches théoriques de ce concept (Section I), puis d’identifier ses déterminants sur la notion de compétitivité (Section II). SECTION I. Le concept de compétitivité : définitions et critères d’évaluations Le concept de compétitivité n’est pas statique, c’est un concept relatif dont la perception change avec le niveau d’analyse menée. Une multitude de facteurs, aussi bien nationaux qu’internationaux, peuvent avoir des effets profonds sur la compétitivité d’une entité donnée. La recherche d’un cadre conceptuel dans cette section fait l’objet d’une compréhension complète sur les différentes définitions (A) que nous pouvons lui donné et sur ses dimensions (B). PARAGRAPHE I définitions et dimensions
  • 28. 28 Selon Sarah MARNIESSE et Ewa FILIPIAK, « la compétitivité est une notion encore mal cernée »20. Il nous semble donc important de comprendre d'une part ce que recouvre ce concept de compétitivité (A), et d'autre part de savoir comment il est mesuré (B). I. Les définitions du concept Qu’es ce que la compétitivité (A) reviens à faire un détour dans son étymologie et de dégager ses différents types (B) A. qu’est-ce que la compétitivité ? A l'origine, le verbe « compétir » est tiré du latin competere qui signifie « chercher ensemble »21. Le verbe lui-même veut dire « être adapté ». Cependant, en 1620, lorsque le mot a été adopté dans la langue française, sons sens avait évolué. Compétir voulait dire « s'efforcer de façon consciente ou inconsciente d'atteindre un objectif »22. De nos jours, la notion de compétitivité fait également intervenir celle de concurrence. Ainsi, être compétitif, c'est « être apte à affronter dans des conditions favorables la concurrence qui s'exerce dans un domaine de la vie économique et sociale »23. La compétitivité n'est donc pas une notion exclusive au domaine économique ; quoique celui-ci reste son champ d'application habituel. Dans le champ de l'économie, la notion de compétitivité s'applique en premier lieu à l'entreprise24, même si son usage tend à déborder. En effet, si on peut s'interroger sur la compétitivité d'une entreprise, il est aussi possible de s'interroger sur celle d'une branche industrielle ou encore de l'économie d'une nation, etc. Selon Claire MAINGUY25, du point de vue économique, la compétitivité peut être appréhendée à deux principaux échelons : au niveau de la nation et au niveau de l'entreprise. Nous présentons par la suite ces deux dimensions. 20MARNIESSE S. & FILIPIAK E., Compétitivité et mise à niveau des entreprises : Approches théoriques et déclinaisons opérationnelles, Agence Française de Développement, Paris, 2003, Page 43 21AMA NDOUNGO S., L'insertion de l'économie camerounaise dans le marché global : la normalisation et la qualité comme éléments d'amélioration de la compétitivité des entreprises industrielles , UCAC, Yaoundé, 2001, Page 32 22 COHEN E, op-cit, Page 63 23 Idem 24 Idem 25 MAINGUY C., L'Afrique peut-elle être compétitive, Karthala, Paris, 1998, Page 36
  • 29. 29 B. Les types de compétitivité Les travaux sur la compétitivité distinguent deux types : la compétitivité par les couts (1) et la compétitivité par la différentiation de l’offre (2). 1. La compétitivité par les coûts Elle est due à une concurrence autour du prix. Elle se base sur une stratégie de réduction des couts de travail et de production et une dérèglementation du marché du travail. Elle repose sur le fait que la diminution des couts accroit la productivité et le profit. Néanmoins, certains auteurs26 mettent l’accent sur le fait que la précarité des salaires et des conditions d’emploi provoquent un exode de la main d’œuvre et des compétences, ce qui à terme, recentre les activités sur la production standard à faible valeur ajoutée, soit, à l’échéance, des activités peu compétitives. 2. La compétitivité par la différentiation de l’offre Elle est plutôt fondée sur une concurrence autour de la qualité et porte sur un renforcement de la capacité innovatrice afin de générer de nouveaux produits. Pour cela Porter (1993) insiste sur le rôle central des connaissances désincarnées ou immatérielles, afin de promouvoir l’innovation et une compétitivité s’appuyant sur des apprentissages et de la coopération et donnant lieu à un renouvellement continuel des ressources. II. Les dimensions de la compétitivité La dimension est aspect très important pour mieux cerner le concept de compétitivité, la dimension renvoie au niveau d’analyse sur lequel porte le concept de compétitivité, par conséquent nous distinguons la compétitivité de l’entreprise(A) et la compétitivité des nations(B) 26C., Courlet, « les systèmes productifs locaux : de la définition au model » dans DATAR (éd) Réseaux d’entreprises et territoires. Regard sur les systèmes productifs locaux, paris, 2001, pp. 17-61
  • 30. 30 A. La compétitivité de l’entreprise La compétitivité de l'entreprise est celle qui est fonction des performances commerciales. Elle se définit par rapport à la position de l’entreprise sur les marchés vis-à-vis de ses principaux concurrents. Elle peut être perçue comme la capacité de l'entreprise à réaliser des gains de parts de marché par rapport à ses concurrents. En d'autres termes, c'est « la capacité de l'entreprise à réaliser des performances supérieures à la moyenne »27. B. La compétitivité des nations Pour cerner la compétitivité de la nation, l'approche commerciale suggérée par Sarah MARNIESSE et Ewa FILIPIAK28 nous semble la plus adaptée. Dans ce cas précis, un pays est considéré comme compétitif s'il est capable de maintenir ses parts de marché ou de gagner des parts de marché supplémentaires par rapport à d'autres pays concurrents. Dans un rapport publié il y'a plus de 20 ans, les professionnels du Boston Consulting Group ajoutent que « La compétitivité d'un pays résulte de la conjonction de ses ressources intrinsèques et des positions culturelles de ses entreprises »29. Ainsi la compétitivité d'un pays est tout simplement fonction de la compétitivité de ses entreprises sur le marché international. C'est pour cette raison que pour rester compétitif, un pays doit veiller de manière permanente à la modernisation de ses entreprises et de l'environnement économique. Il faut tout de même préciser que pour certains auteurs tels que P. Krugman30, on ne peut parler de compétitivité au niveau d'une économie nationale. Pour cause, traiter de compétitivité de la nation, sous entend que les pays se font concurrence ; ce qui remet en cause l'enseignement essentiel du principe des avantages comparatifs, à savoir que toutes les nations gagnent à l'échange international. Dans la mesure où notre travail porte sur la compétitivité et l’attractivité du Cameroun, c’est cette approche qui va nous intéresser dans cette étude. Il faut tout de même savoir que ces deux dimensions de la compétitivité sont étroitement liées. En effet, la mesure de la compétitivité de la nation est obtenue à partir de celle des entreprises. Qu’en est-il des indicateurs et ses facteurs. PARAGRAPHE II. Les indicateurs et les facteurs de compétitive 27 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 44 28 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 45 29 Boston Consulting Group, « Les mécanismes fondamentaux de la compétitivité », in La logistique d'entreprise, vers un management plus compétitif, Paris, Dunod, 1988, Page 107 30 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 43
  • 31. 31 Au regard de l’évolution et de la complexité de l’économie mondiale, nous proposons ici les indicateurs les plus courants (I) sur le concept puis de ses facteurs (II) I. Les indicateurs de compétitivité les plus courants L’examen de la revue de la littérature traitant le concept de compétitivité révèle l’absence d’une définition unique du terme pour guider les efforts des chercheurs. Aussi, il apparait que la compétitivité change avec le niveau de l’analyse menée (nation, secteur, entreprise), le bien analysé (bien homogène ou différencié), et enfin l’objectif de l’analyse. Sarah MARNIESSE et Ewa FILIPIAK31 distinguent la compétitivité prix(A) et la compétitivité hors prix(B). A. la compétitivité-prix C'est la capacité pour un pays ou une entreprise à proposer des prix inférieurs à ceux sur le marché. Suzanne AMA NDOUNGO32 différencie la compétitivité prix à l'exportation de la compétitivité prix sur le marché domestique. La première se mesure par le rapport entre l'indice des prix à l'exportation des principaux concurrents et l'indice des prix à l'exportation du pays. La seconde se mesure par le rapport entre l'indice des prix à l'importation d'un produit et l'indice des prix à la production du même produit B. La compétitivité hors prix Elle exprime la capacité d'une économie ou d'une entreprise à imposer ses produits par des facteurs autres que le prix et à s'adapter aux évolutions de la demande. Elle est essentiellement fondée sur l'investissement, l'innovation, la souplesse et la flexibilité de l'allocation des ressources. La compétitivité hors prix peut également recouvrir la compétitivité technologique et la compétitivité structurelle. 31 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 45 32 Marniesse S. & FILIPIAK E. , Compétitivité et mise à niveau des entreprises : approches théoriques et déclinaisons opérationnelles, Agence Francaise de Développement, Paris,2003, page 43.
  • 32. 32  La compétitivité technologique : ici, la concurrence entre les pays ou les firmes ne s'opère pas au niveau des prix ou des coûts, mais au niveau du produit proprement dit. Elle se réfère à l'innovation, à la recherche et à l'accumulation du savoir technologique ;  La compétitivité structurelle : sa particularité est de mettre en avant tous les facteurs dits structurels susceptibles d'avoir une influence sur la production tels que la capacité de financement, les infrastructures techniques, etc. Le terme de « compétitivité structurelle » permet d'exprimer l'idée que la compétitivité des entreprises procède aussi de la cohérence et de l'efficacité des structures productives. Il est également possible d'appréhender la compétitivité d'un point de vue temporel. Dans cette optique, on distingue d'une part la compétitivité à court terme. Elle est la comparaison en un instant t des performances de l'entreprise avec celles des concurrents. D'autre part, on distingue la compétitivité à longterme. Elle correspond à un processus de préparation des conditions structurelles de l'amélioration de la compétitivité du pays ou de la firme. La compétitivité prix relève de l'ordre du court terme, tandis que la compétitivité hors prix est de l'ordre du long terme. C. Le taux de change. Dans le cadre des politiques d’ajustement structurel préconisées en Afrique subsaharienne, le taux de change est un outil souvent considéré comme fondamental pour améliorer la compétitivité. Toute chose étant égale par ailleurs, une dépréciation du taux de change rend les exportations moins coûteuses, or dans les faits, cet effet sur la compétitivité-prix varie considérablement selon les produits. Le prix de vente des matières premières en devises ne change pas puisqu’il est déterminé sur le marché international pour un petit pays. L’effet de la dévaluation sur la compétitivité-prix varie également en fonction de la part des intrants importés inclus dans le prix de revient, mais aussi des réactions des acteurs impliqués. Les indicateurs dont il est question maintenant sont des indicateurs globaux en ce sens qu’ils reflètent l’ensemble des caractéristiques de la compétitivité. Ils sont calculés ex-post et révèlent les effets de la compétitivité ils sont également bien sur, le reflet d’autres facteurs sans lien avec la compétitivité. II. Les facteurs influençant la compétitivité
  • 33. 33 L'environnement socioculturel, l'environnement économique, l'environnement politique et juridique et le réseau de relations dans lequel s'inscrit le Cameroun constituent les facteurs externes, sources de compétitivité A. L’environnement socioculturel Quelque soit la nature de ses activités, une firme ne doit pas ignorer les variables relatives à l'environnement socioculturel dans lequel elle veut s'insérer. Mœurs, habitudes, comportements, idées reçues, tous ces éléments doivent être intégrés dans les études et les analyses devant orienter la décision d'investir. Par exemple, dans certaines régions, tout projet d'implantation d'une structure nécessite au préalable des négociations avec des riverains. B. L'environnement économique C'est celui sur lequel la plupart des entreprises se focalise. Généralement, ils effectuent des analyses portant sur des indicateurs tels que : le volume de la demande intérieure, la quantité et qualité des facteurs de production disponibles, le revenu moyen par habitant, les dépenses en consommation, le niveau de l'épargne, la concurrence, etc. Avec la mondialisation, l'environnement économique est devenu encore plus important pour les entreprises qui n'hésitent plus à se rapprocher autant que possible des conditions qu'ils estiment propices à leur croissance. C. L'environnement politique et juridique C'est un autre déterminant de l'investissement pour les firmes. La stabilité politique ou encore la qualité des institutions est autant d'éléments qui captent l'attention des investisseurs. Bien entendu, ils s'intéressent aussi aux lois en vigueur relatives à leurs activités en se demandant si dans l'ensemble elles sont contraignantes ou si elles sont plutôt souples.
  • 34. 34 SECTION II. Les déterminants de la compétitivité : aperçu théorique, ses déterminants et ses mesures En dépit de l’usage intensif de ce concept, un consensus sur la définition du terme est loin d’être atteint. Par ailleurs pour ce qui est des déterminants, dans cette deuxième section, il est question de présenter un aperçu théorique sur la revue de la littérature (Paragraphe I) sur ce concept et par la suite de présenter les outils de mesures de ce concept (Paragraphe II). PARAGRAPHE I. revue de la littérature et déterminants Pendant longtemps, la théorie économique s’est intéressée aux déterminants économiques de l’échange. Il est question dans cette partie à présenter un aperçu économique sur le concept(I) et les déterminants proprement dit(II). I. Aperçu de la littérature économique La théorie macroéconomique ne considère qu’une baisse du taux de change réel, c'est-à-dire une baisse du prix relatif des biens échangeables en termes de biens non échangeables, permet, toute chose égale par ailleurs, de stimuler les exportations et de desserrer la contrainte externe. De cet angle la dévaluation constitue un puisant facteur susceptible de promouvoir le développement et la compétitivité internationale. Nous faisons allusion essentiellement à la littérature de la pensée économique classique, celle néo-classique(A) et les nouvelles théories du commerce international (B). A. Théorie classique, néo-classique Dans la théorie traditionnelle des échanges, l’étude de l’échange international repose sur la différence d’avantages comparatifs. Dans le cadre des analyses technologiques (Ricardo, 1984), cet avantage est analysé comme le résultat de différences technologiques qui en général se traduisent par des écarts de productivité du travail ou, par des différences de dotations en facteurs de production pour les analystes factorielles (Heckscher-Ohlin).
  • 35. 35 Selon la vision ricardienne l’écart technologique résiderait donc de la détention de la nation ; d’une part, d’avantages naturels et, d’autre part artificiels. La technologie est considérée plutôt comme une variable exogène au système économique, donnée une fois pour toute aux nations, sans qu’il y ait possibilité d’imitation entre les pays. Ainsi, la technologie constitue une variable sur laquelle les pays ne peuvent agir et qui s’impose à eux. L’analyse néo-classique reprend les hypothèses du modèle Ricardien de base. Mais, contrairement à Ricardo, ses protagonistes arguent que les pays accèdent, à l’échelle mondiale, aux mêmes types de facteurs de production, substituables les uns aux autres, ainsi qu’aux mêmes technologies. Dans cette perspective, le changement technique ne peut être conçu que comme un mouvement le long des fonctions de production, en réponse aux variations des prix relatifs : l’innovation ne constitue qu’une simple adaptation aux prix relatifs des facteurs de production visant à minimiser les coûts. Dès lors, les seuls éléments en mesure d’expliquer l’échange international et les différences de techniques de production ne peuvent être que des différences en dotation en capital et en travail. Le seul véritable progrès technologique envisagé est exogène et provient de l’activité scientifique. La technologie est donc « une manne tombée du ciel » d’accès libre, non appropriable qui s’assimile à une simple information à laquelle les firmes sont supposées s’ajuster instantanément. Dans l’ensemble, ces types de raisonnements reposent sur le postulat selon lequel le commerce se base uniquement sur des éléments de compétitivité par les coûts, en écartant tous les éléments hors couts. Aujourd’hui, dans un contexte mondial bouleversé, ou l’on assiste à une diversité des goûts et une variabilité de la demande, la maitrise de l’information, avérée imparfaite ou parfois même inexistante, s’impose comme la condition sine qua non que devraient satisfaire les firmes pour faire face à l’incertitude. Ces derniers sont plus que jamais à développer un commerce de variétés ou commerce intra-branche, qui reflète les économies d’échelle et les goûts. C’est ainsi qu’actuellement plus de 80% des échanges commerciaux à l’échelle planétaire sont constitués, de produits capitaux similaires. Le commerce intra-branche a été expliqué dans le cadre des nouvelles théories du commerce international, par Krugman (1981). Cependant, à l’instar de la théorie traditionnelle des échanges, dans cette théorie, les échanges n’ont pas d’influence sur la technologie qui demeure exogène. Ce n’est qu’avec la théorie de la croissance endogène dérivée des modèles de Either(1982), Romer(1987) , Romer et Rivera Batiz(1991), que fut pris en compte le caractère endogène du phénomène technologique : la diversité des biens capitaux procure des rendements d’échelle qui sont endogènes. Elle favorise l’innovation de biens nouveaux qui dépend du niveau des connaissances. Dans leur modèle de connaissance Romer et Rivera Batiz(1991), arguent que les idées sont identifiées aux biens capitaux dont l’importation pourrait constituer un véritable levier de croissance.
  • 36. 36 B. les nouvelles théories du commerce international La prise en considération du phénomène technologique dans l’appréhension du dynamisme du commerce international suggère, de part et d’autre, la remise en cause du schéma traditionnel de la technologie. Aujourd’hui, l’écart technologique frappant entre les pays développés et les pays en voies de l’être ne laisse, a priori, entrevoir aucun processus de rattrapage que pourraient entreprendre et réussir ses derniers afin d’améliorer leur compétitivité internationale et mener à bien leur processus d’intégration dans le nouvel ordre mondial ; il tend, en revanche, à confirmer la thèse de la division international du travail. Ainsi, leur forte spécialisation dans les secteurs traditionnels, naguère considérés comme créneaux porteurs, captant une part prépondérante de la demande mondiale et générateurs de prospérité et de bien-être, explique t’elle la médiocrité de leurs performances économiques et commerciales. Cependant, les grands bouleversements du système techno- économique, la mondialisation de la production, de la recherche et développement et des marchés, ont eu comme corollaire, notamment à partir des années 1980, la prolifération des accords de coopération interentreprises et l’intensification du phénomène d’internalisation des firmes. Ils ont de ce fait renouvelé les discussions sur l’aptitude des pays en développement à tirer meilleur profit de l’essor technologique remarquable des pays industrialisés, et à se doter d’avantages compétitif sur le marché mondial. II. Les déterminants de la compétitivité Une revue exhaustive de la littérature sur la compétitivité révèle qu’un cadre théorique pouvant dresser la question est, jusqu'à nos jours absent. Cependant les nouveaux développements de la théorie de la croissance économique (Grossman and Helpman, 1990) et celle de l’organisation industrielle (Jacquemin, 1987) représentant toutes les deux une réaction aux limites du modèle néoclassique, ont permis d’adopter des éléments de réponses aux différentes questions posées et en l’occurrence un éclairage sur les facteurs pouvant affecter la compétitivité. De ce qui suit, nous proposons un cadre conceptuel intégrant les différents déterminants de la compétitivité (voir Tableau 1 ) D’après ce cadre, la compétitivité est le résultat d’un ensemble de facteurs aussi bien nationaux qu’internationaux. A l’échelle nationale, les dotations en ressources, la technologie, la productibilité, les caractéristiques du produits, la régulation fiscale et monétaire et enfin la politique des échanges semblent être les facteurs les plus importants qui conditionnent la compétitivité d’une industrie/ ou entreprise. 1) Les dotations en ressources
  • 37. 37 Les ressources naturelles (terre, climat, eau, etc.) aussi bien que les ressources en capital humain sont des facteurs critiques dans la détermination de la compétitivité d’un produit ou d’une entreprise donnée. Une composante importante de la dimension capitale humaine est l’expertise des décideurs au niveau des entreprises. Ainsi, la qualité de gestion peut être déterminante du succès ou de l’échec de ces unités. 2) La technologie Le progrès technologique ainsi que l’efficacité du processus de production impliquent tous les deux une productivité des facteurs plus élevée et par conséquent conditionne l’avantage compétitif d’une entreprise ou d’un secteur donné. La recherche et le développement de nouvelles techniques plus appropriées, nécessitant parfois des investissements lourds, peuvent conférer aux différentes entités une meilleure compétitivité. 3) Les caractéristiques du produit Les caractéristiques d’un produit donné peuvent être très importantes dans la détermination de sa position concurrentielle sur le marché et ceci est d’autant plus vrai quand le produit est différencié. Par conséquent, étant donné la diversité des préférences des consommateurs, les entreprises peuvent focaliser leur stratégie à servir des niches de marchés pour répondre à une demande bien particulière. D’autres éléments tels que la maintenance, la fiabilité, le service après vente, etc. peuvent être des éléments décisifs à la détermination de la compétitivité d’un produit. 4) Les économies d’échelle La productivité des ressources et donc le coût marginal varie avec le niveau de production d’un produit donné. Ainsi, l’économie d’échelle est un facteur critique dans l’évaluation de la compétitivité d’un produit donné. 5) La régulation et les politiques des changes Non moins important que les facteurs cités ci-dessus, les mesures de politique de l’Etat ont aussi des effets profonds sur la compétitivité d’une industrie ou d’un produit donné. Les politiques fiscale et monétaire (taxation, taux d’intérêt, contrôle de l’inflation), la politique interventionniste de l’Etat (subvention) et celle des échanges commerciaux avec l’extérieur (tarifs, quotas, etc.) ont toutes des influences sur la compétitivité des différents produits.
  • 38. 38 A l’échelle internationale, la compétitivité dépend d’un multiple de facteurs. Parmi les plus important nous pouvons citer le taux de change, les conditions du marché international, le cout de transport international et enfin les préférences et arrangements entre les différents pays. Le taux de change est déterminé par l’offre et la demande relatives d’une monnaie à une autre. Dans certains cas, ce taux est influencé par les mesures de politique que les différents gouvernements mettent en place. Ainsi, la dévaluation de la monnaie d’un pays par rapport à celle de son concurrent se traduit par une amélioration de la compétitivité des produits exportés. Tableau n°1: les déterminants de la compétitivité Niveau national Niveau International Source : nos soins Etant donné que cette revue des différents facteurs peut influencer la compétitivité, la question qui est à se poser est celle de savoir quelles sont les instruments appropriés pour mesurer la compétitivité d’une nation, d’une industrie ou d’une entreprise. PARAGRAPHE II. Comment mesurer la compétitivité ? Au vu des approches de la compétitivité abordées supra, il semble que l'analyse des parts de marché soit son indicateur principal de mesure. Toutefois, MARNIESSE et FILIPIAK33 pensent que cet indicateur peut s'accompagner de ratios plus précis concernant la rentabilité, la productivité et la 33 MARNIESSE S. & FILIPIAK E. op-cit, Page 49 Compétitivité Dotation en ressources Technologie Caractéristique du produit Economie d’échelle Cout de commercialisation et de transport Régulation fiscale monétaire et politiques des échanges Taux de change Préférences et arrangements Conditions du marché mondial Cout de transport international
  • 39. 39 profitabilité. Par ailleurs la mesure de la compétitivité(I) suivi de ses indicateurs(II) fait l’objet de ce paragraphe. I. Les mesures de la compétitivité Nombreux sont les instruments qui ont été utilisés dans les travaux empiriques portant sur l’évaluation de la compétitivité sont surtout focaliser sur le déficit de la balance commerciale ainsi que la croissance de la productivité nationale des facteurs. Au niveau sectoriel, trois types de mesures ont été utilisées : A. Les mesures relatives aux couts de production La théorie de l’avantage comparatif stipule la comparaison des coûts relatifs et non des coûts absolus de production. Cependant, la majorité des travaux d’évaluation de la compétitivité et par conséquent de l’avantage comparatif ont été principalement axés sur la comparaison internationale des coûts absolus de production. Par ailleurs, étant donné les différentes procédures d’échantillonnage, d’agrégation, ainsi que les différentes sources de données, les coûts de production peuvent ne pas être directement comparables et constituent, par conséquent, des indicateurs imparfaits de la compétitivité. Ainsi le coefficient de coût des ressources, le coût de production d’une unité de produit, apparait comme une meilleure alternative pour l’application du modèle de l’avantage comparatif Van Duren et Martin, 199234 B. Les mesures relatives à la productivité des facteurs Jorgensen et Nishimizu35 (1978) ont été les premiers à introduire la notion des écarts de productivité entre deux entités, définies comme étant la différence relative de produit moins la somme de la différence relative du niveau des intrants pondérés par leurs parts. Ainsi, la diminution de l’écart de productivité entre deux entités implique que la première entité est en train d’améliorer sa position concurrentielle par rapport à la seconde. L’écart de productivité comme instrument d’évaluation de la compétitivité présente deux contraintes majeures. La première est que cet indicateur ne capte que les différences dues à la technologie et aux écarts d’efficacités techniques. La deuxième est que cet instrument, à l’instar des couts de production, ne contient aucune information quant aux déterminants de la compétitivité hors prix. 34 Van Duren, E. et Martin, LAssessing the impact of the Canada-U.S trade agreement on food processing in Canada: An analytical framework and result for poultry, dairy and tomatoes. Agribusiness, 1992. 35 Jorgenson, D., Nishimizu, D. U.S and Japanese economic growth 1925-74: An international comparison. Economic Journal, 88: 707-26, 1978
  • 40. 40 C. Les mesures relatives aux échanges commerciaux A l’instar des indicateurs de performance relatifs à la production des facteurs, ceux relatifs aux échanges commerciaux sont basés également sur la théorie de l’avantage comparatif. En effet l’existence d’un avantage comparatif entraine un avantage cout et donc une certaine spécialisation dans ce produit expliquant sa part importante dans les exportations. Plusieurs indicateurs axés principalement sur la part des exportations ont été construit. Parmi ces indicateurs, on cite : La part dans le marché d’exportation, l’indice de l’avantage comparatif révélé de Balassa, l’indice des exportations nettes de Balassa et Bauwen III. Les indicateurs de mesure de la compétitivité De nombreuses organisations internationales publient aujourd’hui des indicateurs synthétiques destinés à classer les différents pays du monde en fonction de divers critères tels que la compétitivité. Ce paragraphe présente en premier une revue de la littérature sur les indicateurs de mesure du concept de compétitivité (A) pour ensuite aborder le cas des indicateurs synthétiques généralistes (B) spécifiquement destinés à comparer l’attractivité des pays pour l’investissement international. A. Revue de la littérature S'il est difficile de donner une définition satisfaisante de la compétitivité, sa mesure est tout aussi complexe. Après la seconde guerre mondiale, plusieurs types d'indicateurs ont servi à la mesure de la compétitivité. Ainsi, la croissance de la production, des ventes, des actifs ou des effectifs employés servait généralement de référence pour mesurer la performance. Au niveau macro économique, c'est le taux de croissance qui était utilisé. Au début des années soixante-dix, plus que sur son rythme, c'est sur la qualité de la croissance que l'interrogation s'est portée. En effet, rappelons que l'augmentation de la production peut s'effectuer à rendements décroissants, que l'accumulation du capital peut se traduire par une perte d'efficacité, et que l'extension des effectifs peut s'accompagner d'une chute de la productivité. Cette remise en cause des indicateurs basés sur la croissance a inspiré des auteurs tels que T. Peters et R. Waterman36 ou encore Michael Porter37. Cependant, comme le souligne Elie 36 Auteurs de l'ouvrage Le Prix de l'excellence, Interéditions, Paris, 1983 37 Auteur de Choix stratégiques et concurrence,Économica, Paris, 1982 et L'Avantage concurrentiel, Interéditions, Paris, 1986
  • 41. 41 Cohen, « Les « règles de l'excellence » de Peters et Waterman mettent en jeu des qualités de réaction, d'offensive et de combativité et se réduisent en fin de compte à un répertoire pragmatique des conditions de la compétitivité38. En d'autres termes, au lieu de présenter des indicateurs de mesure de compétitivité, Peters et Waterman nous exposent plutôt le cadre dans lequel toute entreprise peut la maximiser. En effet, pour les adeptes de « l'école de l'excellence » les aptitudes requises des dirigeants et de leur structure sont : une attitude d'ouverture, d'adaptabilité, et une capacité à mobiliser le personnel. Leur discours se situe donc plus sur un terrain doctrinal, voire idéologique, que sur le terrain des méthodes opératoires de gestion. Par contre, Porter39centre sa réflexion sur la nécessité de l'acquisition et la conservation de l'avantage concurrentiel. Sans remettre en cause l'intérêt de la croissance en tant que telle, il souligne l'importance des conditions dans lesquelles elle se déroule. Pour lui, une expansion des activités ou du patrimoine peut s'avérer bénéfique, quelle que soit son rythme tant qu'elle préserve et consolide les avantages concurrentiels de l'entreprise. Sinon elle deviendra illusoire à terme si elle dilue ou dissipe ces avantages. Autrement dit, l'utilisation de la croissance comme indicateur ne pose pas un problème en soi. L'essentiel est que cette croissance permette à l'entreprise de conserver, voire développer les éléments qui font sa force par rapport à ses concurrents. B. Les indicateurs synthétiques généralistes Les Benchmarks, et l’analyse comparée constituent des instruments qui fournissent des éléments de réponses aux problématiques sur les déterminants de l’avantage compétitif. Ces Benchmarks permettent une comparaison avec les meilleures pratiques, notamment en vue d’apprendre de celle-ci et d’améliorer ses propres performances dans les domaines visés. Comparés à des indicateurs individuels, ces Benchmarks composites permettent de regrouper de multiples de ces indicateurs isolés dans une valeur synthétisant une variété de caractéristiques. Ces indicateurs composites fournissent ainsi une approximation, à savoir une image globale, de la compétitivité. 1) Growth competitiveness Index. Le forum économique mondial(WEF) a publié de son étude comparative de la compétitivité des pays à travers le monde, le Global competitiveness report, dont l’objet est d’évaluer le potentiel des 38 COHEN E., op-cit, Page 64 39 Idem
  • 42. 42 économies mondiales à atteindre une croissance soutenue à moyen et à long terme. Cette étude mesure le degré de compétitivité de 139 pays à travers le monde, sur la base de 110 indicateurs. Ces indicateurs sont répartis en trois piliers fondamentaux de la croissance et de la compétitivité : Les exigences fondamentales en matière de compétitivité (institutions, infrastructure, environnement macroéconomique, santé et éducation de base). Les améliorations d’efficacité (enseignement supérieur et formation, efficacité du marché des biens, efficacité du marché du travail, développement du marché financier, développement technologique, taille de marché) Les déterminants de l’innovation et sophistication (degré de sophistication des activités commerciales et innovation). L’étude tient compte du fait que les pays ne se trouvent pas au même niveau de développement économique, et donc que l’importance relative des différents facteurs de compétitivité est fonction des conditions de départ. L’indice composite « Growth Competitiveness Index » ainsi calculé pour classer les pays est établi sur la base d’une combinaison de données statistiques et des résultats de sondages, notamment l’enquête annuelle auprès des chefs d’entreprises. 2) Global Competitiveness Index Dans son rapport sur la compétitivité, l’International Institute for Management Development (IMD) analyse annuellement la capacité des pays à créer et à maintenir un environnement soutenant la compétitivité des entreprises. La création de richesse est supposé se faire au niveau des entreprises qui opèrent dans un environnement national qui soit facilite, soit entrave, la compétitivité. Dans cette édition, 58 pays sont analysés à travers plus de 300 critères. L’analyse se base à la fois sur des indicateurs quantitatifs (représentant 2/3 du poids total) et sur les résultats d’une enquête annuelle. Le classement IMD se base sur l’analyse de quatre séries d’indicateurs : Les performances économiques, l’efficacité des pouvoirs publics et l’environnement des affaires et la qualité des infrastructures
  • 43. 43 Pourquoi une entreprise multinationale choisit-elle d’implanter une filiale dans tel pays d’accueil et dans telle région plutôt que dans tel ou telle autre? Cette question est longtemps restée purement académique. Aujourd’hui, elle est devenue quasiment stratégique pour les autorités économiques et politiques qui s’efforcent d’attirer sur leur territoire, tant national que régional, les investissements supposés être créateurs d’emplois et susceptibles de redynamiser le tissu industriel en difficulté. Par ailleurs l’attractivité est un concept que l’on peut aborder sous plusieurs aspects : étude des déterminants, théoriques ou empiriques ; mesure de la capacité d’attraction potentielle des différentes économies. Dans ce deuxième chapitre, notre intérêt est porté respectivement à décliner le cadre conceptuel d’attractivité territorial et par la suite d’identifier ses déterminants.
  • 44. 44 CHAPITRE II : LE CONCEPT D’ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE ET SES DETERMINANTS L’objectif de ce chapitre est double, d’une part elle vise à donner une clarification théorique respectivement du concept d’attractivité du territoire, ses fondements et ses indicateurs de mesure (Section I). D’autre part, le recensement des théories l’attractivité, éléments de réponses sur les politiques d’attractivité du territoire et l’impact économique de l’intervention de l’Etat comme des déterminants capitaux.(Section II). SECTION I. Le concept d’attractivité du territoire: ses fondements théoriques et ses indicateurs de mesure Le concept d’attractivité du territoire indique généralement la capacité de celui-ci à attirer et retenir les entreprises tant nationales qu’étrangères. D’autres rapports40 abordent la question de l’attractivité du territoire et insistent sur la dimension humaine dans le développement de ce concept. Compte tenu de ces éléments, l’attractivité du territoire peut être définie comme la capacité à y attirer les investissements étrangers et à conserver les investissements qui sont déjà présents et implantés sur le territoire. Ainsi, toute politique d’attractivité doit consister à attirer les investissements à la fois 40 Rapport de l’OCDE sur l’attractivité de ses pays et celui de la BAD sur la compétitivité en Afrique
  • 45. 45 exogènes et endogènes sur le territoire donné dans l’objectif d’y maintenir et aussi d’y accroitre le niveau d’activité économique. Cette définition met essentiellement le point sur le territoire en tant qu’espace limité par le frontière (administratives, géographie…) Ceci dit, sur quels sont les fondements théoriques reposent l’attractivité territoriale. Par ailleurs, ce concept (Paragraphe I) et ses indicateurs de mesures (Paragraphe II) seront évoqués dans cette première section. PARAGRAPHE 1 : le concept d’attractivité du territoire Pour élucider ce concept, il est nécessaire de se référer en premier dans ses fondements théoriques (I) et par la suite, de présenter les différents niveaux d’attractivité (II). I. Les fondements théoriques Afin de mieux appréhender le concept d’attractivité, il convient de se référer à deux cadres d’analyse économique à savoir la nouvelle économie géographique(A) et l’économie industrielle (B) A. La nouvelle économie géographique(NEG) La NEG est une approche qui s’est développée depuis les années 1990(Balwin41 et al, 2003) vise à expliquer les choix de localisation des activités dans une économie globalisée qui suppose l’échange généralisé des biens et services ainsi que la mobilité des personnes. Dans ce contexte, la localisation des activités n’est que partiellement dépendante de la dotation initiale en facteurs, elle est aussi conditionnée par d’effets d’agglomérations. Pour les tenants de la NEG, comme Paul Krugman42 (1991), la théorie de la localisation des industries repose sur l’idée que les choix d’implantation résultent à la fois deux types de forces antagonistes : 1) Les forces d’agglomération Ce sont des forces qui incitent les entreprises à se concentrer géographiquement pour bénéficier d’économies d’échelles et parmi celles-ci l’existence d’une zone à pouvoir d’achat élevé et un facteur important. 2) Les forces de dispersions 41 R., BALDWIN, R., FORSLID, P.MARTIN, G. OTTAVIANO, F., ROBERT-NICOUD,.),Economy Geography and publics policy. Princeton University Press., 2003 42 P., KRUGMAN, ,( Increasing returns and economy geography. Journal of political Economy. 1991.
  • 46. 46 Elles favorisent la dissémination des activités vu les contraintes de disponibilité de ressources naturelles et la fixité de certains facteurs de production. En résumé la NEG permet à la fois de mieux comprendre le rôle des facteurs hors prix dans la compétitivité d’une nation et de rendre compte de situations ou un ou plusieurs secteurs répartis auparavant entre plusieurs économies se concentrent dans une seule. L’intérêt de cette approche est qu’elle intègre la dissociation croissante entre ce qui concerne la compétitivité des territoires qui a trait à celle des firmes et évite ainsi une limite de l’économie industrielle. B. L’économie industrielle Elle explique les modes d’organisation et de développement des entreprises. Elle apporte ainsi un éclairage complémentaire pour appréhender les choix de localisation, vu que les ressorts de la compétitivité d’une firme ne sont pas uniquement liés aux caractéristiques de son territoire d’élection, mais dépendent aussi des caractéristiques spécifiques. Cette approche permet d’éviter une limite de la NEG qui serait de négliger le rôle de ses choix stratégiques spécifiques. En bref, l’évaluation de la compétitivité technologique et l’analyse des liaisons inter-industrielles sont les principaux apports de l’économie industrielle à l’étude de l’attractivité. La NEG et l’Economie Industrielle constituent deux cadres d’analyse économique de l’attractivité d’un territoire. Cette dernière peut être appréhendée selon différents niveaux. II. Les différents niveaux d’attractivité du territoire En partant d’une définition simple de l’attractivité du territoire « capacité d’un territoire donné à attirer une quantité importante d’activités productives », Fabrice Hatem43 identifie cinq grandes catégories d’approches pour appréhender le concept d’attractivité : l’approche Macro (A) et l’approche Méso (B) A. L’approche macro Cette approche vise à identifier les déterminants globaux expliquant le degré d’attractivité du territoire considéré pour les investissements internationaux, c'est-à-dire sa capacité à attirer d’une part ces investissements plus importante que d’autres territoires. Sur le plan théorique, cette approche peut être considérée comme une descendante de la théorie du commerce international, dans une vision ou l’hypothèse de fixité du capital productif est levée. Il s’agit d’expliquer, non seulement les conditions 43 F., HATEM, Investissement international et politique d’attractivité, Paris,Economica, , 2004
  • 47. 47 de spécialisation des territoires dans certaines productions, à dotations données en facteurs fixes, et donc une certaine configuration de leur commerce international, mais, plus en amont, les déterminants de la localisation d’un facteur de production mobile : le capital. B. L’approche méso Pour cette approche, il s’agit ici de comprendre pourquoi une catégorie spécifique d’activités est d’avantage attirée par un territoire particulier. Le fondement théorique de cette approche remonte jusqu’aux travaux d’Alfred Marshall sur la notion d’atmosphère industrielle44. Originellement ce courant d’analyse n’est pas focalisé sur la question des investissements étrangers, ni même sur celle de la localisation du capital productif considéré comme facteur mobile, mais plutôt sur l’analyse des dynamiques locales permettant l’émergence endogène d’un pôle de production et de compétitivité. Ce cadre d’analyse peut ce pendant être élargi de manière relativement aisée à la prise en compte des comportements de localisation du capital productif. Cette approche a donné lieu à deux développements dans deux domaines distincts :  D’une part les travaux de l’école dite de la « nouvelle économie géographiques » cherchent à réintégrer la dimension spatiale dans les modèles d’équilibre économique  D’autre part, les approches en termes de « clusters » développés, dans la lignée directe d’Alfred Marshall, par de nombreux auteurs dont le plus connu est Michael Porter. Nous avons défini l’attractivité d’un territoire comme étant la capacité à attirer des investissements et à retenir ceux déjà existant. Cette définition fait apparaitre un problème concret, c’est celui de la mesure de l’attractivité. Sur quelles bases pouvons-nous dire qu’un pays est plus attractif qu’un autre ? Quels sont les indicateurs qui permettent de classer les pays selon le degré d’attractivité des investissements. PARAGRAHE II : les indicateurs de mesure de l’attractivité du territoire Dans ce paragraphe, nous présentons les approches selon le degré d’attractivité(I) et les indicateurs élaborés (II) par les institutions internationales. I. Les approches qui classent selon le degré d’attractivité 44 O., Lagnel , , l’attractivité des territoires, thèse, soutenue à l’Université de Paris-X- Nanterre,1998
  • 48. 48 Les enquêtes d’opinions(A), et les approches économétriques(B), sont des diverses approches servant à classer le degré d’attractivité d’un pays. A. Les enquêtes d’opinions Ces enquêtes se font auprès des investisseurs, on leur demande de classer les critères de localisation et de donner un classement relatif des différent pays d’accueil potentiel par rapport à ces critères. C’est le cas du baromètre d’Ernst Young45. Ce dernier est publié annuellement. Il porte sur une enquête auprès des dirigeants d’entreprises multinationales. B. Les approches économétriques Ces approches prennent comme variable à expliquer les investissements directs étrangers et comme variables explicatives les différents facteurs ou critères de localisation. Les variables explicatives sont généralement des indicateurs macroéconomiques ou des indicateurs agrégés utilisés comme proxy des variables explicatives issues du modèle théorique. Notons que l’intérêt de ces approches est qu’elles permettent de dégager les variables jugées significatives de l’attraction des IDE, ce qui permet d’expliquer l’attractivité comparée des différents pays. II. Les indicateurs synthétiques élaborés par les institutions internationales La CNUCED publie chaque année un classement des pays en fonction de leur attractivité, classement qui est présenté sous forme d’une matrice, elle-même obtenu en croissant deux indicateurs qui sont : l’indicateur de performance en termes d’investissement entrant (A) et l’indicateur du potentiel d’attractivité en termes d’investissement entrant( B) A. L’indicateur de performance en termes d’investissement entrant (IPIE) Cet indicateur reflète la mesure dans laquelle un pays reçoit des IDE comparativement à sa taille. Si un pays représente 5% du PIB mondial, alors s’il en 5% de l’investissement mondial, l’indice IPIE 45 Ernst and Young, European attractiveness: the opportunity of diversity, la Baule, Mai 2004.