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Livre blanc "Open Data, TIC et Tourisme"

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Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme

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  1. 1. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Livre Blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 1
  2. 2. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 2
  3. 3. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » TABLE DES MATIERES Introduction ................................................................................................................................. 4 Informations générales sur l’Open Data ...................................................................................... 5 Première partie : La démarche d’ouverture et d’animation des données touristiques ........ 8 A) Déterminer les données importantes pour un touriste ......................................................... 8 B) Comment ouvrir et animer ses données ............................................................................ 11 C) Les freins potentiels à la démarche d’ouverture des données ........................................... 15 D) Exemples d’ouverture et d’animation des données touristiques ........................................ 17 Deuxième partie : Utilisation, transformation et commercialisation des données publiques dans le domaine du tourisme ................................................................................................. 23 A) L’Open Data: utiliser et transformer les données pour créer des produits et services touristiques issus des TIC. ..................................................................................................... 23 B) La commercialisation des données: le marché de l’Open Data ......................................... 27 Conclusion............................................................................................................................. 32 Remerciements ..................................................................................................................... 34 ANNEXES ................................................................................................................................ 35 Glossaire .................................................................................................................................................. 36 Webographie ........................................................................................................................................... 40 Les 10 principes de l’Open Data selon la Sunlight Foundation ............................................................... 45 Organigramme des institutionnels du tourisme ....................................................................................... 46 Répartition géographique des réponses aux questionnaires « Open Data, TIC et Tourisme » adressés au secteur public et privé ......................................................................................................................... 47 Exemplaire du questionnaire « secteur public »...................................................................................... 49 Résultats du questionnaire « secteur public » ......................................................................................... 53 Exemplaire du questionnaire « secteur privé » ....................................................................................... 60 Résultats du questionnaire « secteur privé » .......................................................................................... 64 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 3
  4. 4. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Introduction L’Open Data, qu’est-ce ; une mode, un enjeu économique, un acte citoyen ? Quel lien potentiel avec le Tourisme, première ou deuxième industrie de la majeure partie d’un grand nombre de pays européens et à l’échelle internationale ? 1 Quel rôle les TIC (Technologies de l’Information et de la Communications) peuvent-elles avoir ? C’est à ces questions simples que nous voulons répondre dans ce livre Blanc dont le but n’est pas d’être en pointe sur les concepts, technologies et autres débats sur l’Open Data mais de :  Démystifier l’Open Data pour les « novices » de la chose  Montrer ce que cela peut apporter au Tourisme  Inciter les administrations et collectivités concernées à ouvrir sans crainte leurs données  Montrer aux entreprises des TIC que peuvent être leurs rôles et enjeux dans ce domaine Ce livre blanc a été réalisé dans le cadre de la commission « m-Tourisme © » (*) de l’Association Telecom Valley qui depuis plus de 20 ans réunit sur Sophia-Antipolis et toute la Région les divers acteurs de la chaine de valeur des TIC et de leurs usages. Un groupe de travail, constitué de représentants de Territoires et Institutions, d’Académiques et d’Entreprises des TIC s’est réuni sur plusieurs semaines pour apporter visions, avis et conseils pour ce livre blanc et l’importance de l’Open Data et l’usage des TIC dans la promotion du Tourisme ; nous les en remercions chaleureusement. Une enquête internationale a été menée auprès des entreprises des TIC et des administrations publiques et institutionnels du tourisme (CRT, CDT, OT...) en septembre 2012 pour apporter de la valeur ajoutée à ce Livre Blanc. Vous en trouverez le contenu et les résultats détaillés en annexe de ce document. Il est à noter que l’open Data étant un mouvement relativement récent, les règles et usages sont en pleine évolution avec, parfois, des oppositions plus ou moins fortes sur les visions de certains acteurs. Nous ne prétendons pas avoir la seule vérité mais vous apporter nos réflexions sur ce sujet riche en potentialité. De nombreuses références vous sont données tout au long du document pour vous permettre tout approfondissement du sujet. Bonne lecture ! Jean-Bernard TITZ Cabinet Dev-Help Animateur de la commission m-Tourisme m-tourisme@telecom-valley.fr (*) m-Tourisme est une marque déposée par Telecom Valley dès l’an 2000 1 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 4
  5. 5. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Informations générales sur l’Open Data 2 Depuis 2007, l'humanité produit plus de données que de capacité à les stocker . L’information, omniprésente, pose la difficulté de la rendre disponible sous la bonne forme et au bon 3 moment à toute personne désirant l’exploiter et y apporter de la valeur ajoutée . L’Open Data est, justement, la mise à disposition des données de manière à ce qu’elles soient 4 5 accessibles, exploitables et réutilisables par tous . 6 On sous-entend ici par « données », des données brutes , qui n’ont pas forcément la valeur d’une information. Il reviendra aux réutilisateurs de transformer ces données brutes en informations utiles, qui seront vectrices potentielles de services innovants. Néanmoins, lors de l’ouverture de ces données brutes, les administrations publiques doivent les rendre compréhensibles par tous et expliquer leur format par des informations autour des données appelées : 7 « métadonnées ». 8 Les réutilisateurs pourront, également, croiser des données ouvertes avec d’autres jeux de données (ouvertes ou non). L’association de ces données produira de nouvelles informations, plus abouties et qui répondront au plus proche des attentes et des besoins des citoyens/touristes. 9 Il faut différencier l’ouverture des données publiques de l’ouverture des données personnelles même si toutes deux peuvent être à la base de la création de produits et/ou de services touristiques. Le partage des données personnelles existent avec, par exemple, des projets internationaux comme « My Data » ou 10 encore « Smart Disclosure » . La frontière est souvent ténue entre l’Open Data public et l’Open Data privé. En effet, on peut retrouver des ambiguïtés dans des bases de données mises en lignes sur des portails Open Data où données personnelles se mélangent aux données publiques comme le numéro de téléphone personnel d’un hébergeur en gîte touristique, par exemple. Pour les administrations publiques, les institutionnels du tourisme et les entreprises des TIC il est intéressant de se pencher sur leurs perceptions de l’Open Data. Pour eux, l’Open Data est principalement un moyen d’encourager l’innovation. Ils sont la moitié environ à le penser et comprennent donc que la finalité de l’ouverture des données est la réutilisation des données pour la création de services innovants. Dans un second temps, l’Open Data est perçu comme un moyen efficace d’informer les citoyens et les touristes mais pour un tiers d’entre eux cette démarche, aussi intéressante soit-elle, est compliquée à mettre en place. Que ce soit le secteur privé ou le secteur public, tous deux partagent la même vision de l’Open Data. Cependant, environ une entité sur dix dans le secteur public avoue ne pas connaître le concept Open Data et environ une entreprise des TIC sur dix considère l’Open Data comme un effet de mode, signe qu’il 2 http://blog.dewost.com/big-data-petites-reflexions 3 http://www.usinenouvelle.com/article/transformer-ses-donnees-brutes-en-informations-strategiques.N140458 4 Cf Glossaire p 37 5 http://www.slideshare.net/libertic/3-axes-de-lopen-data 6 Cf. Glossaire p 37 7 Cf. Glossaire p 37 8 Cf. Glossaire p 37 9 Cf. Glossaire p 37 10 http://123opendata.com/blog/partage-donnees-personnelles/ Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 5
  6. 6. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » est encore important de communiquer sur les services réels créés par l’ouverture et la réutilisation des données ainsi que les bénéfices de la démarche. D’ailleurs, la majorité des entités ayant répondu à 11 l’enquête sont demandeurs d’informations sur le sujet . Il est difficile de dater le concept Open Data car il découle d’une philosophie ancienne de partage, de démocratie et de transparence. Néanmoins, l’année 1999 revient souvent dans les écrits comme son année de naissance aux Etats-Unis. C’est véritablement en mai 2009 avec le lancement du portail data.gov par le gouvernement du président Obama que le phénomène Open Data s’amplifiera avec, notamment, quelques mois plus tard une démarche d’ouverture des données publiques portée par le 12 Royaume-Uni (data.gov.uk) . La libération des données publiques en France se réalisera un an après son voisin britannique avec la ville de Rennes. D’autres villes lui emboîteront ensuite le pas. 13 Le 21 février 2011, la mission Etalab est créée par le Premier Ministre François Fillon pour coordonner la réutilisation des informations publiques du gouvernement. Parmi leurs missions, la création d’un portail mettant à disposition les données publiques françaises : data.gouv.fr. La réflexion sur l’open data basée sur la volonté de transparence de la donnée publique s’est réellement accélérée avec la prise de conscience des enjeux économiques. En effet, d’après un rapport de la commission européenne de 2006 le chiffre d’affaires généré par l’ouverture des données issues du 14 domaine public pourrait avoisiner les 27 milliards d’euros en Europe . 15 16 La Sunlight Foundation a énoncé les dix principes de l’Open Data . On dit qu’une donnée est « ouverte » (open data) à partir du moment où il y a :  Utilisation de données brutes et de formats non propriétaires (aspect technique).  Utilisation de licences les moins contraignantes pour le réutilisateur de données avec clarification des droits et des obligations de celui-ci (aspect juridique). 17  Mise à disposition gratuite ou à très faible coût des données ouvertes (aspect économique) . C’est sur ce dernier point qu’il ne faut pas faire la confusion entre Free Data et Open Data. Le terme « free » peut prêter à confusion puisque ce mot anglais peut signifier à la fois « libre » et « gratuit ». Or, « ouvert » et « libre » ne signifient pas pour autant « gratuit ». 18 En effet, la loi CADA de 1978 et les décrets qui ont permis à cette loi d’évoluer n’imposent pas la 19 gratuité des données ouvertes. Néanmoins, les redevances sont considérées comme un cas particulier et ne doivent pas dépasser les coûts générés par l’ouverture des données (coûts de production, de 20 libération ou encore d'actualisation des données) . Les administrations publiques sont donc très largement incitées à ouvrir et diffuser gratuitement leurs données pour ne pas freiner la réutilisation par, notamment, les petites et moyennes entreprises aux budgets moins conséquents. Si la réutilisation est freinée, il en sera de même pour l’innovation. 11 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 12 http://blogfr.communes.com/open_data_france.html 13 Cf. Glossaire p 37 14 http://blogfr.communes.com/open_data_france.html 15 Cf. Glossaire p 37 16 Voir « Les 10 principes de l’Open Data selon la Sunlight Foundation » en annexe p 46 17 http://www.blogdumoderateur.com/comprendre-lopen-data-interview-de-simon-chignard-livres-gagner/ 18 Cf. Glossaire p 37 19 Cf. Glossaire p 37 20 http://www.groupechronos.org/index.php/fre/blog/open-data-don-redevance-ou-vente Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 6
  7. 7. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » De la même manière, il ne faut pas confondre Open Source et Open Data même si ces deux concepts ont connu à leur démarrage les mêmes problématiques, à savoir : comment partager, selon quel business model, les aspects juridiques...ils n’ont pas de liens particuliers. La loi CADA stipule que la mise à disposition des données publiques reste une obligation légale pour les administrations publiques et un droit pour les citoyens. Un droit opposable en France car l’administration ne peut refuser de transmettre une donnée publique à celui qui en fait la demande. C’est une particularité française. Nous évoquons les administrations mais certaines entreprises privées qui agissent en délégation de service public (exemple : le service de l’eau...) sont également concernées par ces obligations légales et 21 doivent donc ouvrir leurs données . Un cadre juridique définit les informations qui peuvent être rendues publiques et celles qui ne le peuvent pas (les données doivent être non-nominatives, ne pas relever de la 22 vie privée ni de la sécurité) . La libération des données se fait par le biais d'une licence spécifique qui fixe les conditions dans 23 lesquelles ces données pourront être copiées, diffusées, réutilisées et commercialisées . L’Open Data permet de nouer une relation autour de la donnée entre les collectivités, les entreprises et 24 les citoyens/touristes en encourageant la transparence, le développement de nouveaux usages et la participation des individus à l’enrichissement des données. Ainsi, trois acteurs de l’Open Data forment un écosystème autour de la donnée :  le détenteur et émetteur de données caractérisé par les entités qui ouvrent leurs données en les rendant accessibles pour tous ;  le réutilisateur de données qui développe de nouveaux usages à partir de ces données ouvertes ; 25  l’usager final qui bénéficie de ces nouveaux usages . Il faut également mettre en évidence que l’émetteur de données peut aussi être réutilisateur de ses propres données. Une fois la donnée ouverte, l’utilisateur peut simplement la consulter ou la récupérer, la combiner à 26 27 d’autres données et en faire une application qui sera le plus souvent la face visible de l’Open Data . Dans ce cadre, il faut porter une attention particulière aux rôles des TIC dans la démarche Open Data pour le tourisme. Les moyens pour communiquer et partager ne peuvent se faire sans le recours aux technologies que ce 28 29 soit par le biais d’un portail internet , de sites mobiles , ou d’applications. Les usagers en situation de mobilité, et plus particulièrement les touristes en recherche d’informations en temps réel dans un environnement inconnu, ont besoin de données pertinentes et fraîches fournies par des applications pouvant utiliser les données ouvertes. Mais pour que cela soit utile pour l’utilisateur final, il faut veiller à ce que des jeux de données soient facilement accessibles et diffusables au travers de supports média issus des nouvelles technologies. 21 http://mobile.bva.fr/data/actualite/actualite_fiche/329/fichier_download22386.pdf 22 http://www.opendata49.fr/index.php?id=127 23 http://www.indexel.net/infrastructure/comprendre-l-open-data-3580.html 24 https://docs.google.com/file/d/0B3t7bI1jhRFTQk1sd2VDRmc0eUU/edit 25 http://donneesouvertes.info/2012/03/12/ou-est-le-marche-de-lopen-data/ 26 Cf. Glossaire p 37 27 http://donneesouvertes.info/2012/03/12/ou-est-le-marche-de-lopen-data/ 28 Cf. Glossaire p 37 29 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 7
  8. 8. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Première partie : La démarche d’ouverture et d’animation des données touristiques L’ouverture des données est la première étape à franchir pour permettre la consultation et la réutilisation des données par tous. Cette démarche est le moteur d’un processus d’innovation sur le long terme. Nous avons mené une enquête internationale auprès des entreprises des TIC et des administrations publiques et institutionnels du tourisme (CRT, CDT, OT...) en septembre 2012 pour appréhender leur connaissance et leurs attentes vis-à-vis de l’open data. Le questionnaire et les résultats détaillés de cette enquête sont donnés en annexe. Ces résultats permettront d’illustrer les différents éléments abordés dans le Livre. Ainsi, plusieurs éléments peuvent inciter les administrations publiques à ouvrir leurs données. Les principales motivations de leurs démarches vers l’Open Data sont:  Adopter une autre méthode pour promouvoir son territoire (67% des répondants)  Répondre aux nouveaux besoins des citoyens/touristes (65% des répondants)  Dynamiser les acteurs économiques (53% des répondants)  Elargir le champ des idées innovantes (40% des répondants)  Apporter un regard nouveau sur le fonctionnement des collectivités (40% des répondants) 30  Augmenter la transparence vis-à-vis du citoyen/touriste (35% des répondants) Auquel peut s’ajouter la volonté de se conformer aux obligations légales concernant les données. Nous nous sommes focalisés tout au long de notre étude sur l’Open Data dans le secteur touristique. A) Déterminer les données importantes pour un touriste Pourquoi avons-nous choisi de centrer l’étude sur le tourisme ? Tout d’abord, l’industrie du tourisme représente un des secteurs les plus vastes et les plus dynamiques de l'économie mondiale. De plus, l’activité touristique a un impact sur d’autres secteurs d’activités qui lui sont 31 connexes et structure le territoire (réalisation d’aéroports, ouverture de parcs d’attraction...) . Quelques données statistiques nous font prendre conscience de l’importance de cette branche de l’économie, longtemps délaissée, mais devenue incontournable aujourd’hui:  D'après le baromètre du tourisme mondial publié par l'OMT (Organisation Mondiale du 32 Tourisme) , les arrivées de touristes internationaux se sont élevées à 980 millions en 2011 et le chiffre est prévu à la hausse pour 2012. 33  L’industrie du tourisme a généré 1000 milliards de dollars de recettes en 2011 .  En 2011, le secteur touristique représentait 5% du PIB mondial, près de 6% des exportations totales et employait une personne sur douze dans les économies avancées comme dans les 34 économies émergentes .  En France, premier récepteur de touristes au monde, le tourisme représente actuellement 7% du 35 PIB et deux millions d’emplois directs et indirects . 30 Pour voir en détails les résultats de notre enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 31 http://www.tourisme.gouv.fr/cnt/publications/poids-economique-social-du-tourisme.pdf 32 Cf. Glossaire p 37 33 http://veilletourisme.ca/2012/08/08/internet-de-sejour-bonjour-que-nous-suggerez-vous-aujourdhui-2/ 34 http://www.veilleinfotourisme.fr/tourisme-international-92350.kjsp 35 http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/12795.pdf Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 8
  9. 9. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Le voyageur se voit proposer de nombreuses offres numériques avant son départ (portails de destination, plateformes commerciales, comparateurs de prix, sites d’entreprises, réseaux sociaux, sites d’avis, etc...). En revanche, arrivé à destination, il se retrouve souvent confronté à un réel manque d’informations pratiques et pertinentes en adéquation avec son séjour et doit souvent se tourner vers les offices de 36 tourisme . La circulation rapide de l’information touristique incite les touristes en séjour à circuler, visiter et mieux consommer l’ensemble de la chaîne touristique locale et donc, intrinsèquement à dépenser plus d’argent que de temps à la recherche d’information. Notre enquête a montré que les administrations publiques et les institutionnels du tourisme ou les entreprises des TIC partagent à peu près la même conception de la qualité d’une donnée. Dans l’ordre des priorités, une donnée qui soit: Administrations publiques et Entreprises des TIC institutionnels du tourisme Mise à jour régulièrement Mise à jour régulièrement Facilement intégrée (bons formats) Facilement réutilisée (Licences) Géolocalisée Géolocalisée Facilement réutilisée (Licences) • Facilement intégrée (bons formats) NB : la classification a été réalisée en additionnant les critères jugés comme indispensables ou très importants37. Il faut noter que environ les trois-quarts des entités interrogées jugent ces quatre critères comme étant soit très importants soit indispensables. Il faut évaluer la richesse de ses données avant d’entreprendre l’ouverture et se poser des questions: mes données sont-elles encore viables ? Mes données sont-elles intéressantes pour le touriste ? Pour les trois-quarts des administrations publiques et des institutionnels du tourisme interrogés, des progrès sont encore à réaliser au sein de leurs services pour avoir des données de qualité et environ une entité sur dix juge ses données comme peu satisfaisantes. 38 Seulement 19 % des entités interrogées jugent leurs données satisfaisantes . Lorsque le touriste se trouve dans un lieu inconnu, il est souvent en double situation : en manque 39 d’information et en mobilité. L’information doit donc être accessible en temps réel et géolocalisée . 36 http://veilletourisme.ca/2012/08/08/internet-de-sejour-bonjour-que-nous-suggerez-vous-aujourdhui-2/ 37 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 38 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 39 Cf Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 9
  10. 10. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » 40 Les applications mobiles ont donc un rôle prépondérant. Le touriste mobinaute a besoin de se sentir autonome à la prise de décision lors de son voyage et en même temps de recevoir des informations indispensables au bon déroulement de son séjour. 41 Une enquête réalisée en mai 2011 par TripAdvisor auprès des Américains sur leur usage du mobile durant le voyage montre que pour 38% d’entre eux le mobile est destiné à un autre usage que le simple fait de téléphoner avec par exemple: la recherche d’itinéraires (52% d’entre eux) ou encore l’obtention 42 d’informations (48% d’entre eux) . D’autres constats : sur 100 possesseurs de téléphones mobiles, 38 l’ont utilisé pour planifier un voyage et 60 ont téléchargé des applications de voyage. Les informations recherchées sur le mobile dans le cadre de la planification d’un voyage portent à :  52% sur la recherche de restaurants ;  46% sur les informations sur les destinations ;  45% sur les avis de voyageurs ;  42% sur les hébergements (information ou réservation) ;  34% sur les vols (information ou réservation). Et pendant le voyage lui-même :  62% utilisent leur mobile pour chercher des restaurants ;  51% pour vérifier leurs informations de transport aérien ;  46% pour trouver des points d’intérêt ;  38% postent des avis sur les réseaux sociaux pour informer leurs amis sur leurs voyages. Les informations déterminantes restent celles permettant la géolocalisation, l’élaboration d’itinéraires et l’identification des principaux points d’intérêt d’un territoire. La géolocalisation sur mobile permet également une meilleure visibilité et accessibilité des offres des prestataires touristiques C’est souvent lors de séjours courts en ville (city break) que les touristes ont besoin d’une information immédiate pour optimiser la visite de la ville dans un temps limité. Cependant, les habitués de la destination, ceux qui reviennent chaque année en territoire connu, sont peu demandeurs de prestations d’accompagnement comme peuvent en fournir les mobiles. On remarque que les transports ont une place prépondérante dans l’ouverture des données car le voyageur est dans une logique de déplacement continu que ce soit pour trouver son hôtel, effectuer des visites de musées ou bien encore se rendre à un événement. Souvent dépourvu d’un moyen de locomotion qui lui appartient (surtout si le touriste voyage loin de son lieu d’origine), il doit s’adapter aux aléas du transport et a besoin d’informations complètes, consultables à tout moment et mises à jour régulièrement. Une fois arrivé à destination, le touriste est toujours à la recherche d’informations supplémentaires en matière d’hébergement, de restauration ou encore de divertissement mais il a également besoin d’être 43 rassuré sur la pertinence de la donnée . 40 Cf Glossaire p 37 41 Cf Glossaire p 37 42 http://www.industrie.gouv.fr/p3e/etudes-prospectives/m-tourisme/m-tourisme.pdf 43 http://www.detailformation.com/les-besoins-dun-touriste/ Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 10
  11. 11. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Le touriste souhaite vivre une expérience, un changement hors de sa vie quotidienne, il aura donc besoin d’un maximum d’informations en peu de temps sur les activités susceptibles de l’intéresser sur le territoire. Mais nous ne devons pas oublier que le touriste a également les mêmes besoins que n’importe quel citoyen c’est-à-dire qu’il souhaitera avoir accès, par exemple, aux soins médicaux s’il est dans la nécessité (une cartographie des défibrillateurs sur l’ensemble du territoire, connaître l’emplacement des commerces de proximité pour faire de simples courses etc... Outre les données touristiques à proprement parler (monuments, hébergements, activités sportives etc...) le touriste vit dans un écosystème de données, indispensables à connaître pour que son séjour soit réussi. B) Comment ouvrir et animer ses données Selon l’étude que nous avons mené, 46% des institutionnels du tourisme et des administrations publiques pratiquent l’ouverture des données et 55% d’entre eux envisagent d'ouvrir d'autres jeux de données 44 concernant le domaine touristique . D’un point de vue technique, une démarche de publication des données implique une politique de gestion des données pour offrir une qualité et une fiabilité des informations. Il faut par exemple qu’on retrouve des éléments comme:  La date de création  La date de mise à jour (et si possible la fréquence de mise à jour) 45  Une mention de la langue pour chaque jeu de données  Des métadonnées permettant d’obtenir des informations autour du jeu de données et d’effectuer une recherche. Elles servent de guide pour l’usager. Après avoir recensé les données à partager et les avoir regroupé en différents jeux, les administrations publiques peuvent entrer dans une démarche d’ouverture de leurs données. Deux stratégies s’offrent à elles :  Ouvrir des données ciblées en fonction des besoins des touristes et des citoyens. Cela demande la réalisation au préalable d’une étude sur les attentes en termes d’informations et donc d’avoir effectué un travail plus long en amont. L’avantage de l’ouverture de données restreintes est de permettre de traiter à fond un petit nombre de données et de se confronter à toutes les problématiques juridiques et techniques de la publication avant d'appliquer l'expérience acquise à d'autres jeux de données.  Ouvrir toutes les données en possession qu’elles soient ou non liées aux besoins des touristes et des citoyens. Les retours perçus par les utilisateurs permettront de faire évoluer les jeux de données. Les usagers des données sont dès lors intégrés dans une démarche qualité en postant leurs avis sur les jeux de données, leurs attentes, leurs insatisfactions ou encore en suggérant l’ouverture 44 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 45 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 11
  12. 12. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » d’autres jeux de données. Cela implique que les administrations gardent une veille sur les retours et animent leurs données grâce, notamment, à un système de notation des données ou par simple vérification du nombre de téléchargements réalisés. Plus un jeu de données sera téléchargé, plus il y aura de forte chance qu’il apporte de la valeur ajoutée. L’administration publique laissera « parler ses données ». Cette démarche atypique peut révéler quelques surprises : voir des données, qui ne représentaient a priori que peu de valeur, être utilisées directement par les entreprises ou les citoyens, chose qui n’aurait pas été le cas si l’ouverture des données avait été ciblée. Par exemple : une application atypique « Les toilettes de Paris » a été 46 réalisée grâce à des données ouvertes sur le sujet . Mais une donnée accessible n’est pas forcément une donnée exploitable. En effet, ouvrir ses données c’est bien mais il faut également veiller à ce que celles-ci soient facilement réutilisables pour tous (du citoyen au développeur). Ainsi, les administrations publiques doivent ouvrir leurs données dans un format 47 48 49 50 adéquat (CSV , RDF , JSON , XML ...) et éviter au maximum les formats PDF qui sont malheureusement encore trop présents dans les portails de diffusion des données. En témoigne le format des jeux de données de Barcelone : 45% des données étaient encore sous format 51 PDF en janvier 2012 . Pour les organismes en charge de la promotion touristique des territoires qui souhaitent se lancer dans l'ouverture d'un portail Open Data, de nombreuses questions juridiques se posent et dans toutes les phases du projet :  Quelle licence de réutilisation choisir?  Quelles sont mes obligations?  Comment me protéger d'une mauvaise réutilisation de mes données? Les aspects juridiques ne doivent pas constituer un frein mais une aide pour accompagner la collectivité dans sa stratégie d'ouverture de ses données publiques. Le cadre juridique sert à protéger mais aussi à faciliter la rencontre entre le détenteur des données et ses réutilisateurs. Les collectivités doivent donc veiller à ouvrir leurs données sous une licence adéquate, permettant le plus de liberté pour le réutilisateur. 52 53 La Licence ODbL (Open Database Licence, une licence internationale de 2010) et la Licence Ouverte 54 d’Etalab (2011), version française simplifiée de l’ODbL et compatible à l’international, sont les plus utilisées aujourd’hui et permettent une grande liberté de réutilisation des données. Ces licences peuvent être appliquées aux bases de données et données qu'elles contiennent prises isolément. La Licence ODbL définit les droits cédés sur la base de données mais ne dit rien des droits afférents au contenu. Cette licence peut, par exemple, être utilisée pour une base de données contenant des photographies elles-mêmes soumises au droit d'auteur. 46 http://123opendata.com/acteur/47/les-toilettes-paris 47 Cf. Glossaire p 37 48 Cf. Glossaire p 37 49 Cf. Glossaire p 37 50 Cf. Glossaire p 37 51 http://w20.bcn.cat/opendata/ 52 Cf. Glossaire p 37 53 http://www.opendatacommons.org/licenses/odbl/ 54 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 12
  13. 13. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » 55 A contrario, la Licence Ouverte est orientée sur la donnée publique en elle-même . A travers ces deux licences, le réutilisateur est libre de:  Reproduire, copier, publier et transmettre l’information ;  Diffuser et redistribuer l’information ;  Adapter, modifier, extraire et transformer à partir de l’information, notamment pour créer des informations dérivées ;  Exploiter l’information à titre commercial, par exemple en la combinant avec d’autres informations, ou en l’incluant dans son propre produit ou application. Tout ceci s’effectue sous réserve de mentionner la paternité de l’information: sa source (au minimum : le nom du producteur) et la date de sa dernière mise à jour, le réutilisateur peut notamment s’acquitter de cette condition en indiquant un ou des liens hypertextes (URL) renvoyant vers l’information et assurant une mention effective de sa paternité. 56 Les Licences Creative Commons existent depuis fin 2002. Il s'agit en fait d'un groupe de licences qui définissent différentes manières de faciliter la circulation et la réutilisation d’un jeu de données. Ainsi, le 57 détenteur de la donnée pourrait préciser l’interdiction de réutiliser commercialement ses données . Leur but est de fournir un outil juridique qui garantisse à la fois la protection des droits de l'auteur d'une œuvre artistique et la libre circulation du contenu culturel de cette œuvre. Certaines Licences Creative Commons peuvent constituer un frein à la réutilisation des données mais d’autres comme la CC-BY (où il est juste demandé de préciser la paternité) ou la CC0 permettent au titulaire des droits de renoncer au maximum à ceux-ci dans la limite des lois applicables, afin de placer son œuvre au plus près du domaine public. Notre livre blanc est, lui-même, délivré avec cette licence CC-BY Des aspects juridiques sont également en mutation pour rendre gratuite la réutilisation des données et ainsi offrir une meilleure ouverture. Lorsque le choix de la licence et le formatage des données sont adéquats, reste à trouver le moyen de diffuser les jeux de données au travers des outils des TIC. L’administration publique peut alors utiliser un portail de téléchargement qui donne accès aux données 58 brutes ou encore choisir une interface de programmation (API) . Elle peut également choisir la mutualisation des plateformes pour avoir une meilleure cohérence territoriale. Cependant, la publication des jeux de données seule ne suffit pas pour que les touristes, les citoyens ou les entreprises s’en emparent. Le manque de communication autour des données ouvertes peut expliquer le nombre de personnes ne connaissant pas ou peu le concept Open Data encore aujourd’hui. C‘est d’ailleurs l’un des objectifs principaux de ce livre blanc. Pour aller au-delà de la simple démarche de transparence et s’orienter vers une démarche participative, les administrations publiques, les collectivités et les institutionnels doivent encourager et stimuler la 55 http://si-management.blogspot.fr/2012/09/open-data-opportunites-et-limites-dun.html 56 Cf. Glossaire p 37 57 http://creativecommons.org/about/licenses 58 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 13
  14. 14. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » 59 réutilisation de leurs données par d’autres professionnels du tourisme et des TIC . Il est donc nécessaire 60 d’animer l’Open Data en faisant la liaison entre les données et les réutilisateurs . Cette liaison peut se réaliser par le croisement d’acteurs (collectivités, start-up, laboratoires, grandes entreprises, associations, étudiants...) lors de la mise en place de concours Open Data incitant à la réutilisation des données ou encore d’ateliers. Nous pouvons prendre pour exemple la Région PACA qui 61 souhaite lancer un concours d’applications innovantes pour 2013 . Selon notre enquête, 40% des organismes du secteur public ont déjà mené ou sont en train de mener une réflexion stratégique sur la valorisation des données et 25% sont dans une logique de création de 62 concours visant à promouvoir les données . Les appels à projets permettent également la communication des données en vue d’une réutilisation par les professionnels ainsi que la rencontre du porteur de projets avec des partenaires potentiels. L’animation passe également par l’explication du concept d’Open Data sur un portail ou encore la possibilité d’illustrer par des exemples des réutilisations de données réalisées. Le schéma ci-dessous récapitule la démarche d’animation des données : Rappelons également que les entreprises peuvent ouvrir leurs données même si elles ne sont pas contraintes par la loi comme les administrations publiques. L’ouverture des données n’est pas réalisée par tous. Pourquoi ? Quels sont les freins à cette démarche ? Nous avons tenté d’apporter quelques réponses dans le chapitre suivant. 59 http://donneesouvertes.info/ 60 http://donneesouvertes.info/2012/04/06/animer-lopen-data/ 61 http://www.internetactu.net/2012/05/31/open-data-24-animer-animer-et-encore-animer/ 62 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 14
  15. 15. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » C) Les freins potentiels à la démarche d’ouverture des données Selon notre enquête, un tiers des sondés (secteur public et privé confondus) considèrent la démarche 63 Open Data comme intéressante mais compliquée à mettre en œuvre . Parmi les freins à la démarche d’ouverture des données, il faut distinguer les freins réellement existants des appréhensions fondées sur la méconnaissance du concept Open Data. En effet, l’Open Data est une démarche récente encore méconnue par les professionnels du tourisme et certains acteurs du public saisissent difficilement l’utilité de la démarche. Ils sont 42% à avoir rencontré cette difficulté dans la mise en place de leur démarche Open Data. Selon l’étude menée par Bluenove en novembre 2011 : « seulement 47% des responsables d’entreprises de tous secteurs confondus interrogés disent connaître le concept d’Open Data, et seulement 12% disent 64 le connaître « très bien » » . Un tiers d’entre eux déclaraient que leur entreprise n’a pas besoin d’une démarche d’ouverture de données. En une année, l’Open Data s’est démocratisé mais il n’en reste pas moins que la publication de jeux de données implique certaines compétences comme la compréhension des aspects juridiques de l’Open Data, par exemple, où, avec le foisonnement des licences, les administrations publiques comme les professionnels privés se perdent fréquemment. L’ouverture des données amène également à se poser un certain nombre de questions:  Quelles sont les données publiables ?  Ai-je les compétences et le temps nécessaires pour alimenter ces données ?  Une ouverture des données mais pour quels bénéfices ? Certaines de ces questions restent encore sans réponses du fait de la jeunesse relative du phénomène Open Data et donc au manque de recul pour observer les externalités positives ou négatives qui en découlent. Le diffuseur de données publiques est face à l’inconnu lorsqu’il est question de parler des retours sur investissement que ce soit en termes de bénéfices économiques pour son territoire ou en termes de notoriété d’image. Des freins plus spécifiques existent également comme, par exemple, pour l’ouverture des données « Transport » car même si de nombreuses données concernant les transports et les déplacements sont ouvertes, la propriété de ces données peut être un frein important au développement de l’Open Data, notamment en France. En effet, un transporteur ou une collectivité ne peut ouvrir ces données que s’il en est propriétaire. Un autre frein pour la catégorie « Transport » concerne le coût de l’ouverture des données. La création d’un site Internet et d’une plateforme de publication des données peuvent constituer une dépense de quelques milliers d’euros. 63 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 64 http://mobile.bva.fr/data/actualite/actualite_fiche/329/fichier_download22386.pdf Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 15
  16. 16. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » L’alimentation des données (ajout et mise à jour) a aussi un prix ; la Métropole de Rennes débourse par 65 exemple 30 000 euros par an . Dans le secteur touristique, une autre limite spécifique à la France est celle de l’ouverture des données culturelles. En effet, les données culturelles jouissent d’un régime dérogatoire où les établissements, les organismes ou les services culturels déterminent les conditions de réutilisation des données qu’ils produisent et/ou qu’ils détiennent car ces données sont souvent protégées par le droit d’auteur ou celui de 66 la propriété artistique . Il existe donc un frein à leur réutilisation par rapport à des limites apposées lors de l’ouverture des données culturelles. Selon notre enquête, les administrations publiques et les institutionnels du tourisme lors de l’ouverture de leurs données se sont confrontés à:  Des difficultés de traiter et de mettre à jour les données (53% des répondants)  Des résistances au changement (42% des répondants)  La perte du monopole de leurs données (42% des répondants)  Un manque de moyens financiers (37% des répondants)  Un manque de volonté politique (19% des répondants) Environ un quart des entreprises des TIC ont également été confrontées au problème du traitement des données et à peu près la même proportion pour utiliser les données à cause des problèmes de formatage et/ou de licences contraignantes. Mais c’est réellement le « comment trouver les données » qui pose le problème aux réutilisateurs 67 potentiels des données (64% des entreprises des TIC répondantes) . Les acteurs du tourisme rencontrent également des limites après avoir ouvert leurs données. Le manque de communication autour des données ouvertes est un frein à leur réutilisation et si peu de données sont réutilisées alors les collectivités et les institutionnels du tourisme ne seront pas incités à ouvrir d’autres jeux de données. Les « consommateurs » de données se confrontent également à des freins que l’émetteur/publicateur de données se doit de minimiser pour faciliter la compréhension et la réutilisation. Par exemple, le diffuseur de données doit se préoccuper de la fiabilité des données, impliquant un contrôle régulier de sa part et des rectifications nécessaires comme des changements de nom, d’adresse, de numéro de téléphone etc... Cette prise de conscience du travail quotidien à effectuer peut constituer un frein important surtout si la structure manque de moyens humains et de temps. Les administrations publiques souhaitant ouvrir leurs données doivent à la fois fournir un service suffisamment standard pour intéresser le maximum d’utilisateurs et en même temps fournir un service personnalisable pour que chacun puisse se l’approprier. Il faut également qu’elles évitent l’éparpillement : des données sans cohérence. L’ouverture des jeux de données demande donc une réflexion poussée car l’agrégation de plusieurs jeux de données pose le problème de la dispersion des données : sources et formats multiples, fréquences des mises à jour, évolution des jeux de données, traitements nécessaires à l’intégration, etc... 65 http://123opendata.com/blog/freins-ouverture-donnees-transport/ 66 http://www.latitudefrance.org/L-open-data-culturel-en-debats.html 67 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 16
  17. 17. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » 68 Un autre frein spécifique concerne les plateformes mutualisées pour économiser des ressources et tenter de créer une ouverture des données à l’échelle d’un territoire plus vaste. En effet, les collectivités craignent :  Une plateforme collective qui rende leurs actions peu visibles.  Une absence de standards de données partagées par les collectivités. Pour ce dernier point, il est donc nécessaire de créer des référentiels pour permettre de réaliser des croisements d’informations. Ces divers freins, s’ils sont compréhensibles pour certains, ne doivent pas empêcher le développement de l’Open Data et l’une des meilleures solutions pour cela est de communiquer en expliquant tout l’intérêt pour un territoire et son économie d’ouvrir ses données ainsi que de faciliter l’échange de bonnes pratiques. D) Exemples d’ouverture et d’animation des données touristiques Les acteurs de l’ouverture des données touristiques peuvent aussi bien être les collectivités territoriales et locales ou les institutionnels comme les CRT (Comités Régionaux du Tourisme), les CDT (Comités Départementaux du Tourisme) et les Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiatives ou encore diverses 69 associations. La liste n’est ici pas exhaustive . Les gestionnaires des données sont ainsi différents d’une région à l’autre ou d’une ville à l’autre. Pour Montpellier, ce sont la ville, la CCI, l’Association Tela Botanica et l’Insee qui gèrent les données tandis 70 que pour Bordeaux le seul gestionnaire se trouve être la Communauté Urbaine . Ces acteurs des données touristiques et notamment les institutionnels comme les CRT ou les offices de tourisme collectent les informations délivrées par les entreprises du tourisme que ce soit les hôtels, les restaurants ou encore les musées, par exemple. Les entreprises technologiques réutilisant des données touristiques sont quant à elles plus réticentes à ouvrir leurs propres données au public d’une part parce qu’elles n’ont pas l’obligation juridique de le faire et d’autre part pour des raisons stratégiques. En effet, d’après les réponses au questionnaire, seulement 14% des entreprises des TIC nous ont affirmé être prêtes à ouvrir leurs données à tous et 82% à ouvrir 71 leurs données mais sélectivement (pas à leurs concurrents, par exemple) . Les entreprises pensent souvent qu’elles ont plus intérêt à garder le contrôle de leurs données que de 72 générer des coûts pour créer des plateformes dont le retour sur investissement est incertain . Pourtant, les entreprises auraient tout à gagner en ouvrant et partageant leurs données pour :  Se différencier ;  Construire une relation client-entreprise basée sur l’échange et la transparence de l’information ; 73  Améliorer leurs produits et services . 68 http://pro.01net.com/editorial/567381/pourquoi-les-collectivites-rechignent-a-mutualiser-leurs-plates-formes-open-data/ 69 Cf. en annexe : Organigramme des institutionnels du tourisme p 47 70 http://www.opendata-map.org/map 71 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 72 http://www.internetactu.net/2012/06/07/open-data-44-le-monde-de-lentreprise-face-au-defi-de-louverture/ Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 17
  18. 18. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » D’autant plus que leurs données sont généralement riches (mesures, données transformées ou modèles 74 permettant la prise de décisions...) . La libération des données par les territoires progresse considérablement. Les cartes ci-dessous témoignent de l’évolution rapide de l’ouverture des données en France : Janvier 2012 Septembre 2012 http://libertic.wordpress.com/2012/01/02/carte-de-france-de-lopen-data-v4/ http://www.opendata-map.org/map A l’échelle internationale, on observe le même phénomène avec une ouverture des données généralisée (schéma en date de janvier 2012) : www.data.gov 73 http://123opendata.com/blog/open-data-entreprises-privees-donnees/ 74 http://www.zdnet.fr/blogs/green-si/opendata-week-a-nantes-c-est-aussi-pour-les-entreprises-39772086.htm Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 18
  19. 19. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » L’ouverture des données s’est réalisée dans 28 pays, répartis sur les 5 continents et plus de 119 localités 75 réparties en Europe, Amérique et Océanie . De nombreux exemples d’ouverture de données touristiques existent dont voici différents cas de figure : 1. Ouverture des données touristiques d’une ville : Paris. 2. Ouverture des données touristiques d’un département : Les Bouches-du-Rhône. 3. Ouverture des données touristiques par le biais d’un portail mutualisé : Chicago, Seattle, New York et San Francisco. 76 4. Ouverture d’un SIT (Système d’Information Touristique) : Seine-et-Marne Tourisme. 5. Ouverture des données touristiques d’une entreprise publique : la SNCF. Nous allons entrer plus dans le détail pour chacun de ces exemples. 1. Ouverture des données touristiques d’une ville : Paris. La ville de Paris a ouvert son site opendata.paris.fr en janvier 2011. De nombreux jeux de données sont ouverts dont des données sur les lieux de tournage de films dans la capitale. Ces données sont soumises à la Licence ODbL et disponibles sous les formats CSV et XLS. Exemple de données brutes enregistrées sur ce site : Ces données, une fois répertoriées et géolocalisées, permettent d’obtenir une visualisation comme le 77 montre la capture d’écran ci-dessous : 75 http://fr.slideshare.net/ferdi05/open-data-tat-de-lart-introduction-lopen-data 76 Cf. Glossaire p 37 77 http://opendata.paris.fr/opendata/jsp/site/Portal.jsp?document_id=110&portlet_id=106 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 19
  20. 20. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Ces données pourraient offrir la possibilité aux réutilisateurs de créer, par exemple, des applications smartphone avec la possibilité pour le touriste de découvrir la ville en réalisant un circuit sur le thème du cinéma. 2. Ouverture des données touristiques d’un département : Les Bouches-du-Rhône L’association Bouches-du-Rhône Tourisme a rejoint la démarche Open data en ouvrant son portail data.visitprovence.com en avril 2012. Une centaine de jeux de données liées au tourisme furent alors libérés. Les données portent sur l’ensemble du secteur touristique (hébergement, événement, restauration, transport, tradition...) et sont accessibles et réutilisables par tous grâce à la licence ODbL. Le portail permet la consultation et le téléchargement des données. Aussi, le citoyen a un accès rapide au jeu de données recherché grâce au moyen de recherche par thèmes (voir flèche orange sur la capture d’écran ci-dessous). Une fois avoir sélectionné le thème recherché et avoir trouvé son jeu de données, le citoyen/touriste accède à de nombreuses informations importantes autour des données (date de mise à jour, licence, brève description...) et aux données téléchargeables. Ici, par exemple la liste de tous les restaurants sur 78 le département des Bouches-du-Rhône : http://oten.fr/IMG/pdf/cp_data.visitprovence.com.pdf 78 http://data.visitprovence.com/les-donnees/fiche-donnee/donnees/liste-des-restaurants/ Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 20
  21. 21. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » 3. Ouverture des données touristiques par le biais d’un portail mutualisé : Chicago, Seattle, New York et San Francisco Ces quatre grandes villes américaines ont décidé de publier en commun leurs données sur le site internet Cities.Data.Gov en août 2012. Le but est d’éviter la multiplication des portails et de rassembler l’ensemble des données en un site internet pour faciliter leur consultation et leur réutilisation. A terme, le site devrait accueillir d’autres villes. Comme le montre le schéma ci-dessus, le site internet Cities.Data.Gov regroupe différents jeux de données et chaque jeu converge vers le site de la ville concernée possédant les données (ici, le jeu de données « museums and galleries » converge vers le site de la ville de New York). 79 4. Ouverture d’un SIT (Système d’Information Touristique): Seine-et-Marne Tourisme . Seine-et-Marne Tourisme a ouvert en août 2012 son propre Système d’Information Touristique (SIT) à ses partenaires locaux (municipalités, communautés de communes et offices de tourisme) pour, notamment, développer le tourisme de proximité à long terme. Le but d’un SIT est de fournir une information touristique fiable et toujours actualisée sur des supports en ligne aux citoyens/touristes. C’est l’une des premières Agence de Développement Touristique française à proposer ce type de services. Six thématiques ont été sélectionnées : les évènements, les restaurants, le patrimoine culturel et naturel, les prestataires touristiques et les hébergements. Fédérer les partenaires offre la possibilité de:  Rentrer directement les informations propres à la zone de compétences des acteurs locaux ;  Enrichir le fond de la base d’informations ;  Récupérer sur les supports de leur choix les données ainsi entrées. 79 http://www.veilleinfotourisme.fr/paris-ile-de-france-seine-et-marne-tourisme-ouvre-son-systeme-d-information-touristique-s-i-t-a- ses-partenaires--94312.kjsp?RH=1223377672109 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 21
  22. 22. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Le croisement des données et la base de données enrichie (avec données géolocalisées) permettront 80 l’essor de circuits thématiques et la diffusion d’informations hyperlocales pour le touriste. 5. Ouverture des données touristiques d’une entreprise publique : la SNCF. Le transport fait partie intégrant des données touristiques. La SNCF, entreprise de service public, a mis en ligne les données de son réseau ferroviaire depuis mars 2012 sur son site data.sncf.com avec des licences Open Data spécifiques qui varient selon le jeu de données. Ces données peuvent permettre aux réutilisateurs de créer des applications smartphone utiles au touriste désirant choisir le meilleur itinéraire ou encore accéder à des informations en temps réel sur le trafic ferroviaire. C’est le cas avec l’application «Tranquilien », réalisée grâce aux données ouvertes de la SNCF qui sera bientôt proposée aux usagers. Elle permet de connaître l'affluence dans les trains et donc la probabilité d'y trouver une place assise. 80 Cf Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 22
  23. 23. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Deuxième partie : Utilisation, transformation et commercialisation des données publiques dans le domaine du tourisme L’ouverture et l’animation des données doivent pouvoir déboucher sur une utilisation, que ce soit de la simple consultation des données à une réutilisation à des fins commerciales. En effet, l’une des finalités de la démarche Open Data est bien la création de services et de produits innovants dont la matière première est la donnée elle-même. A) L’Open Data: utiliser et transformer les données pour créer des produits et services touristiques issus des TIC. Notre enquête a fait l’analyse de la nature des données publiques collectées et les besoins exprimés par les entreprises. Les administrations publiques et les institutionnels du tourisme collectent de nombreuses données touristiques portant principalement sur:  Les événements, spectacles et manifestations (79%)  Les hébergements (77%)  Les musées et monuments (72%) Les autres données ne sont pas en reste avec, par exemple, des données portant sur les activités sportives (60%) ou encore sur les offices de tourisme et syndicats d’initiatives (65%). Ces données sont nécessaires pour que les entreprises des TIC puissent créer des produits et des services touristiques innovants. Ils ont besoin de données portant principalement sur :  Les transports et déplacements (74%)  Les événements, spectacles et manifestations (71%)  Les musées et monuments (54%) D’autres données leur sont bien évidemment nécessaires (restauration, hébergement, météo etc.). Les données « transports » sont assez peu collectées finalement par le secteur public (49%) alors que c’est le 81 principal besoin des réutilisateurs de données potentiels . L’ouverture des données publiques portant sur le tourisme dans sa globalité a permis aux entreprises des TIC de créer des produits et services à l’usage des touristes et/ou des professionnels du tourisme. 31% des entreprises proposent déjà des produits et/ou des services réutilisant des données publiques. 14% d’entre eux ont déjà créé entre 5 et 15 produits/services exclusivement en lien avec le tourisme. 65% des entreprises des TIC interrogées réutilisant les données publiques envisagent déjà le lancement de nouveaux projets touristiques grâce aux données collectées par les administrations publiques et les institutionnels du tourisme. Comme l’indique l’étude réalisée par BlueNove en 2011, le caractère immatériel des données qu’elles 82 soient ouvertes ou non conduit généralement au développement de services plus que de produits . L’industrie touristique est elle-même basée en majorité sur des activités de services. 81 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 82 http://mobile.bva.fr/data/actualite/actualite_fiche/329/fichier_download22386.pdf Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 23
  24. 24. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Ces services doivent répondre aux besoins des touristes et tournent le plus souvent autour de questions fondamentales pour garantir le bon déroulement du séjour comme:  Où manger ?  Où dormir ?  Qu’il y a-t-il à voir/à faire ?  Quelles manifestations ? Des projets Open Data visent justement à délivrer des informations essentielles aux touristes voir même à apporter une analyse en délivrant des informations annexes pouvant également servir aux prestataires touristiques. C’est le cas du projet espagnol « Ponceus » qui propose de réaliser des stratégies marketing pour les prestataires de services touristiques (restaurants, hôtels, voyagistes, agences de voyages) grâce à la gestion d’information sur les comportements du touriste. Des informations provenant de l’ouverture des 83 données qui permettent, par exemple, de définir la popularité d’événements qui ont lieu dans une ville . 84 D’autres projets sont issus du crowdsourcing où une communauté de citoyens/touristes créent eux- mêmes de la valeur aux données en les agrémentant et en améliorent leur qualité (données mises à jour etc...). Ces contributeurs sont majoritairement volontaires. Donner un avis sur une prestation, développer ou améliorer un produit ou un service, toutes ces démarches font partie du crowdsourcing. Comme le préconise le blog « Hotel Marketing Strategies », le crowdsourcing pourrait permettre à l’industrie hôtelière d’accroître sa visibilité en ligne. Le voyageur peut se faire agent de voyage, guide, 85 critique ou agent de marketing. On peut alors parler de « guestsourcing ». Étant donné que la personne qui planifie son voyage accorde plus d’importance à l’opinion des autres voyageurs qu’à la publicité de 86 l’entreprise, le « guestsourcing » est tout indiqué pour l’entreprise touristique . Des exemples de « guestsourcing » : les sites web hotels.com ou encore booking.com présentent des hôtels classés basés sur les avis des internautes. En Turquie, Wizard Istanbul, une organisation supportée par le ministère de la culture et du tourisme a créé le site wizardistanbul.com, un guide touristique online où les habitants répondent rapidement aux questions que se posent les touristes venus effectuer leur séjour à Istanbul. Le concept est simple et personnalisé : le touriste peut directement demander conseil et poser des questions (le prix du ticket pour visiter le musée, les meilleurs salons de cafés de la ville, etc...) sur le site web fixe ou via les réseaux 87 sociaux (Facebook et Twitter) pour une utilisation mobile du service . Les habitants participent à la création du contenu touristique et peuvent promouvoir ainsi leur 83 http://www.ponceus.com/ 84 Cf. Glossaire p 37 85 Cf. Glossaire p 37 86 http://veilletourisme.ca/2009/09/04/le-crowdsourcing-quand-des-milliers-de-tetes-valent-mieux-qu%E2%80%99une/ 87 http://webmarketing-territorial.tumblr.com/post/17760393077/un-guide-touristique-on-line-ou-les-habitants-repondent Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 24
  25. 25. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » territoire. Le service est entièrement basé sur le crowdsourcing et gratuit pour les touristes. Les services issus des TIC et de l’ouverture des données permettent également d’enrichir l’expérience touristique. Grâce à des données en temps réel, le temps de visite est optimisé et le touriste peut adapter 88 son séjour suivant le contexte (la météo, par exemple) . On peut également jouer sur les opportunités durant la visite de la ville que ce soit des opportunités commerciales (offre promotionnelles sur des produits en lien avec le tourisme) ou non (des événements ponctuels : le marché de noël dans une ville, par exemple) grâce à des alertes sur le smartphone. Le touriste peut avoir accès à des thématiques caractérisant ses besoins comme visiter les lieux exclusivement gratuits si son budget est peu conséquent ou encore réaliser un parcours spécialisé si la personne est à mobilité réduite grâce à des informations sur les zones accessibles en fauteuil roulant. Prenons le cas d’un couple avec enfants souhaitant visiter une région en amoureux. Les services crées grâce à l’ouverture et la réutilisation des données pourraient leur permettre de :  Accéder à la liste des lieux de garderie pour faire garder leurs enfants.  Recevoir sur leur smartphone une alerte concernant un événement ponctuel qui se déroule à proximité de leur localisation (des cours de salsa en plein air, par exemple).  Economiser du temps à trouver une place pour s’y rendre en choisissant le parking dont la fréquentation est la plus basse et situé le plus près de l’événement en question.  Consulter les avis d’internautes sur les restaurants alentours.  Etre alerté (une heure à l’avance) que le temps change. En cas d’annonce d’averses pour l’après- midi, le couple peut donc modifier son programme de visite pour se diriger vers des zones touristiques couvertes. L’exemple ci-dessus montre l’ampleur des possibilités de services touristiques qui peuvent être réalisés via l’ouverture des données et la création d’applications ou même la consultation des informations sur un site mobile. Le voyageur est guidé numériquement et des 89 applications comme « Tour-e-stique » en Saône-et- Loire présentent sous la forme d’une carte, toutes les informations touristiques à proximité du lieu où la personne est située (hébergements, hôtels, restaurants, activités, balades vertes...) avec la possibilité d’avoir accès à des photos, notamment concernant le patrimoine de la ville. [http://opendata71.gronux.org/mobile/index.html] 90 Toujours en Saône-et-Loire, des SSII (Société de Services en Ingénierie Informatique) se sont aussi spécialisées dans le développement d’applications pour smartphone utilisant des données publiques dans 88 http://actionsopendata.org/2011/12/05/louverture-des-donnees-peut-elle-ameliorer-lexperience-touristique/ 89 http://123opendata.com/acteur/154/tour-stique 90 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 25
  26. 26. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » 91 différents domaines comme le transport et la mobilité. C’est le cas de Gfi informatique qui a lancé trois applications mobiles open data pour le tourisme disponibles sur l’AppStore et l’Android Market : « EZ. Sorties », par exemple, permet d’avoir accès à toutes les adresses des sorties de la région Saône- et-Loire et informe des lieux, horaires et des contacts pour accéder facilement à une sortie. Le citoyen/touriste a la possibilité de consulter :  L’annuaire.  La carte.  Tout ce qui se déroule autour de lui. En règle générale, les sites et applications mobiles sur les territoires se présentent avant tout comme des annuaires qui organisent des listes de points d’intérêt et fournissent pour chacun d’eux des fiches descriptives plus ou moins détaillées. Dans une logique de mobilité pour le touriste, les entreprises des TIC réutilisent les données publiques par le biais :  De plateformes (API) pour 66% d’entre eux  D’applications smartphones (55%)  De sites mobiles (45%) Comme nous pouvons le constater, les réutilisateurs de données multiplient les supports de diffusion des 92 données. Il faut évidemment prendre en compte la réutilisation des données par le site web classique . Plus les données seront croisées et plus l’application, le site mobile ou encore l’API pourront permettre une réelle valeur ajoutée pour son utilisateur. Si le touriste prépare son voyage, il aura besoin d’informations détaillées et donc de services complémentaires tandis que le touriste qui doit faire face à un imprévu sera peut-être plus tenté à recevoir une information plus simplifiée, allant droit au but. Le rôle des transformateurs de données est primordial. Des entreprises, des chercheurs, des développeurs, ou même des étudiants donnent du sens aux données ouvertes, produisent des services et créent des outils. Cette ré-exploitation se transforme physiquement en applications smartphone, en sites 93 web, ou en infographies permettant de consulter et de faciliter la lecture des données par tous les 94 usagers . Captain Dash, Antidot ou encore Yakwala en font partis. Ce dernier centralise les informations 95 hyperlocales sous forme de carte ou de fil d’informations permettant la création de services de proximité . 91 http://www.gfi.fr/gfilabs/apps_ez.php 92 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 93 Cf Glossaire p 37 94 https://docs.google.com/file/d/0B3t7bI1jhRFTQk1sd2VDRmc0eUU/edit 95 http://123opendata.com/acteur/78/yakwala Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 26
  27. 27. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Grâce à la géolocalisation apportée par les nouvelles technologies, ces informations hyperlocales répondent au plus proche aux attentes du touriste dans son périmètre. 96 Des concours comme le Hackathon , par exemple, ont la vertu de permettre à des réutilisateurs, le plus souvent des développeurs, de produire concrètement des services en peu de temps et à l’aide de 97 données ouvertes par un organisme public . Les concours se réalisent dans le cadre d’une stratégie 98 d’animation des données pour inciter à la réutilisation des données et s’assurer l’appropriation par tous . Les entreprises et les concours permettent la réutilisation de données ouvertes par les administrations publiques. La multiplication des smartphones dans le monde et le besoin d’une information qui suit la mobilité du touriste poussent les administrations publiques à faire un choix stratégique :  Financer elles-mêmes les applications.  Nouer des partenariats avec des entreprises chargées de créer des applications.  Mettre à disposition les données pour que la communauté et les entreprises créent des 99 applications . Il est préférable pour les administrations publiques de rentrer dans une démarche d’Open Data si elles souhaitent développer des applications sur leurs territoires. Les réutilisateurs privés considèrent ces données ouvertes comme une opportunité commerciale directe (vente de nouveaux produits et services) ou indirectes (services gratuits visant à attirer ou fidéliser les clients). Les prestataires de services touristiques comme les hôtels, notamment les hôtels haut de gamme, peuvent utiliser l’application mobile comme un outil d’appel permettant de mettre en valeur la qualité des services qu’ils proposent. B) La commercialisation des données: le marché de l’Open Data Alors que les estimations de la Commission Européenne porte à 27 milliards d’euros les retombées économiques de l’ouverture des données, la question se pose pour les administrations et les entreprises sur les bénéfices financiers ou non que soulève cette démarche. Peut-on réellement parler de marché de l’Open Data ? Existe-il un modèle économique prédéfini ? Business model pour les administrations publiques et les institutionnels du tourisme: Il est souvent difficile de déterminer les bénéfices économiques perçus grâce à l’Open Data, pourtant ces gains sont bien réels. Le gouvernement national du Danemark en pratiquant l’Open Data peut témoigner d’un retour sur investissement exemplaire avec 2 millions d’euros de coûts mais des gains estimés à 62 100 millions d’euros . Ce tableau ci-après présente les résultats après huit années d’expériences de l’exploitation des données d’adresses au Danemark servant à l’automatisation de 1.3 million de GPS. Il monte les coûts et les 101 bénéfices directs pour l’économie Danoise avant et après une démarche d’Open Data : 96 Cf Glossaire p 37 97 http://123opendata.com/blog/open-data-hackathon-programmez/ 98 http://donneesouvertes.info/tag/concours/ 99 http://www.needocs.com/document/nouvelles-technologies-informatique-web-l-opendata-tout-savoir-ou-presque,1786 100 http://www.adresse-info.dk/Portals/2/Benefit/Value_Assessment_Danish_Address_Data_UK_2010-07-07b.pdf 101 http://www.internetactu.net/2011/03/09/pourquoi-la-reutilisation-des-donnees-publiques-a-des-fins-commerciales-doit-elle-etre- gratuite/ Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 27
  28. 28. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Autre exemple, la Catalogne qui avait créé une plateforme internet en 2002 pour promouvoir la réutilisation de ses données géographiques a eu un retour sur investissement en 4 mois seulement. Ces bénéfices pour les administrations publiques sont basés le plus souvent sur des économies réalisés mais certaines d’entre elles décident également de pratiquer une ouverture des données payante ou semi-payante avec l’accès gratuit à certaines informations mais la demande de rétribution pour des informations plus complètes ou spécifiques. D’après l’enquête réalisée auprès des administrations publiques et des institutionnels du tourisme, ils ne 102 seraient que 5% à pratiquer une ouverture des données semi-payante contre 95% d’ouverture gratuite . Même si la gratuité des données s’est largement répandue, les données de météo France, par exemple, 103 qui concernent indirectement les données touristiques restent entièrement payantes . Il existe même en France des données vendues entre administrations, créant des coûts supplémentaires. Partant du principe que l’accès à l’information est un droit et non un privilège puisque c’est le contribuable 104 qui finance, le Conseil national du numérique (CNNum) a publié un avis en juin 2012 pour apporter des modifications au cadre législatif français avec comme objectif d’obliger les administrations publiques à ouvrir gratuitement leurs données et de minimiser les demandes de redevances par des démarches de 105 validation contraignantes . 102 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 103 http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/10/l-acces-reste-payant-pour-certaines-donnees-publiques_1731714_823448.html 104 Cf Glossaire p 37 105 http://owni.fr/2012/06/07/l%E2%80%99open-data-a-la-croisee-des-chemins-juridiques/ Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 28
  29. 29. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » Au-delà de bénéfices financiers qui peuvent être perçus par un accès payant aux données, l’Open Data permet aux administrations publiques de:  Améliorer l’image du territoire (pour 72% des répondants) ;  Satisfaire le citoyen/touriste (pour 65% des répondants) grâce des services personnalisés et au plus près des nouveaux usages ou encore grâce à un accès rapide aux informations ;  Réaliser des gains de temps et d’efficacité (pour 65% des répondants) ; 106  Des retombées économiques sur le territoire (pour 53 % des répondants) ; Ou encore de:  Développer une administration performante et innovante ; 107  Une plus grande transparence démocratique . Cela peut également aboutir à la création de partenariats à l’échelle du territoire entre des universitaires et des PME, par exemple. A Rennes, la création de 47 applications à partir de données ouvertes n’a coûté que 50 000 €, financé par des partenaires, alors que le coût pour la collectivité aurait été de 940 000 € si elle avait financé elle- 108 même ces applications . De plus, les détenteurs de données perçoivent un bénéfice direct : ils sont parfois eux-mêmes 109 réutilisateurs de leurs propres données . Business model pour les entreprises des TIC: 110 46% des entreprises des TIC voient en la vente d’applications la possibilité de générer du revenu mais la majorité des sondés semblent diversifier leur système de rémunération pour arriver non pas à un mais à des business models. On a tendance à penser que l’open data ne sert qu’à produire des applications mobiles, et il ne faudrait pas restreindre le modèle économique de l’open data à la seule vente de ces applications. Quelques applications ont du succès et permettent de générer des revenus suffisants mais de nombreux développeurs ont du mal à rentabiliser leurs investissements car le taux de pénétration du marché est souvent faible. Quelques éléments de réponse :  L’ouverture des données sur un territoire ou une localité donne une zone de chalandise restreinte.  Les cibles sont les détenteurs d’un smartphone ou d’une tablette numérique. Même si ce nombre est en constante hausse, l’application ne cible qu’une partie de la population.  Faut-il encore que le mobinaute télécharge l’application qui réponde le plus souvent à un besoin du moment. Néanmoins, l’application est souvent la face visible de l’Open Data et permet de montrer tout le potentiel de l’ouverture et de la réutilisation des données. Ainsi en témoigne l’application "Promenade au Thabor" 111 développée par 40degree.com dans le cadre du concours organisé par Rennes Métropole en 2011 . 106 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 107 https://docs.google.com/file/d/0B3t7bI1jhRFTQk1sd2VDRmc0eUU/edit 108 http://www.internetactu.net/2011/03/09/pourquoi-la-reutilisation-des-donnees-publiques-a-des-fins-commerciales-doit-elle-etre- gratuite/ 109 http://donneesouvertes.info/2012/03/12/ou-est-le-marche-de-lopen-data/ 110 Pour voir en détails les résultats de l’enquête, se rendre aux annexes à partir de la p 48 111 http://blogs.orange-business.com/usages-entreprise/2012/05/illustrer-les-possibilites-de-lopen-data-par-lexemple-la-realite- augmentee.html Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 29
  30. 30. Commission m-Tourisme Groupe de Travail Open Data TIC et Tourisme Livre blanc « Open Data, TIC et Tourisme » L'application est disponible sous Androïd et permet d’apporter de la valeur ajoutée au parcours nature du touriste. En effet, le smartphone superpose une information à l'image et le simple fait de pointer un arbre, par exemple, permet d’avoir une information détaillée. Le touriste peut d’autant plus apprécier le parcours grâce à cet aspect ludique convié par l’utilisation à bon escient des technologies et combiné à des données riches. Cette application pourrait générer du profit en proposant un 112 business model basé sur la monétisation de l'application pendant la durée de la promenade. Les tours opérateurs pourrait intégrer cette application de réalité augmentée dans leurs packages, par exemple. 113 Des serious games pourraient également compléter l’offre ou faire figure d’option avec un supplément financier à la charge du touriste. Mais, comme nous l’avons vu précédemment, la vente d’applications mobiles ne permet que très rarement à l’entreprise de pouvoir en vivre. Ainsi, des modèles économiques se développent autour de la consultation de données touristiques par le voyageur. Pour environ la moitié des entreprises des TIC interrogées, l’abonnement plateforme est un moyen de se rémunérer. 114 Des modèles freemium voient le jour où certaines données sont accessibles gratuitement et d’autres 115 moyennant paiement de la part de usagers . L’ouverture des données payantes de l’entreprise doit poser la question de la tarification. Les données peuvent être vendues « au poids » c’est à dire en fonction du volume. Les prix peuvent varier en fonction des types de données (fraîcheur des données…). On peut aussi envisager un système hybride volume/type de données et même des solutions d’abonnements. L’entreprise peut également générer du revenu grâce à la publicité ou lors du développement d’API. Ce dernier répond au plus près à la demande des usagers qui peuvent puiser les données au fur et à mesure de leurs besoins. Selon ce modèle, il serait possible de facturer un droit d’accès forfaitaire complété par des prix au volume réellement consommé. Des entreprises réussissent en combinant plusieurs types de rémunérations à vivre de l’exploitation des données touristiques. 116 C’est le cas du site www.gralon.net , un pure player édité par Webelse et spécialisé dans le tourisme et la culture en France. Il regroupe l’offre touristique, culturelle et de loisir et compte environ 200 000 socio- professionnels référencés ainsi que plus de 3 millions de visiteurs mensuel. L’entreprise a plusieurs systèmes de rémunération et donc plusieurs business models :  Un business model basé sur la publicité qui permet de monétiser le trafic une fois les données récoltées, traitées et enrichies. Selon l’enquête réalisée auprès des entreprises des TIC, ils sont 46% à choisir ce système de rémunération. 112 Cf. Glossaire p 37 113 Cf. Glossaire p 37 114 Cf. Glossaire p 37 115 http://www.capdigital.com/wp-content/uploads/DatAct1_citedonneesservices-2.pdf 116 Cf. Glossaire p 37 Octobre 2012 Document sous licence Creative Commons CC-BY 30

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