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Articles fr reflexions theoriques_4

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  1. 1. http://www.uneeducationpourdemain.org       Page 1 sur 4   La volonté humaine comme outil pour un enseignement plus efficace - Cecilia Bartoli Le besoin de diriger son attention vers les élèves plutôt que vers les enseignants se fait sentir depuis quelques années. Pourtant, il me semble que de penser en termes "d'élèves" et "d'enseignants" dans une situation d'apprentissage/enseignement peut être trompeur, parce que l'attention reste dirigée vers le rôle de l'individu plutôt que vers la totalité de sa personnalité. Les élèves sont vus seulement en termes de leur rôle en classe : leur compréhension de la matière, leur participation et leur performance en rapport avec la quantité de matière qu'ils ont absorbée. A moins de comprendre clairement que les enseignants comme les élèves sont d'abord des êtres humains, nous pouvons facilement commettre l'erreur de réfléchir à des questions réductrices, trompeuses et hors sujet. Discuter le contenu du programme, de la présentation du matériel, du choix des textes, de l'organisation de la salle de classe et d'autres sujets constituent des manières de réfléchir qui sont réductrices. La préoccupation majeure devrait être le processus d'apprentissage pour les enseignants comme pour les élèves. Quand un enseignant n'apprend plus rien pendant son travail en classe, il arrive à une impasse et s'use. Dans ma propre expérience, il m'a été long et difficile de relever le défi qui est d'agir sur le fait que je n'enseigne pas "l'anglais" mais aux "personnes" et que moi aussi je suis une personne avant d'être un enseignant et que ma tâche est de continuer à évoluer et de devenir consciente de mon propre processus d'apprentissage. Jour après jour, cela engendre beaucoup d'erreurs et beaucoup de réussites illusoires mais cela m'a donné aussi le sentiment d'avancer et de devenir plus compétente. Comprendre ce concept de manière intellectuelle est facile parce que c'est sensé, mais comme je l'ai découvert au fil des années, le mettre en pratique dans les rapports humains est un travail pour toute une vie. Ce qui m'a le plus aidé à devenir, comme être humain et comme enseignante, "différente" fut de devenir consciente des fonctionnements humains, lesquels sont toujours présents mais dont on ne se rend pas compte tellement ils sont familiers. Pour que l'apprentissage en classe soit plus efficace, nous devons commencer à observer, à comprendre et à apprendre de l'expérience des apprentissages spontanés : les apprentissages informels des expériences quotidiennes, les apprentissages dont nous ne tenons pas compte parce qu'ils vont de soi. Pourtant, si nous faisons une pause pour réfléchir à ce que nous apprenons "naturellement" - par exemple se mettre debout, marcher, courir, faire de la bicyclette et plus encore parler sa langue maternelle - nous découvrons vite que : ▪ Toutes ces activités sont extrêmement complexes et leur maîtrise demande de la précision, de la détermination, de la sélectivité, de l'intentionnalité. Bref, elles ne s'apprennent pas par un coup de hasard. ▪ Elles impliquent l'acquisition et l'utilisation délibérées de nombreux pouvoirs mentaux qui permettent à l'individu d'établir des critères appropriés à chaque pas. ▪ Maîtriser ces activités ne demande pas d'effort particulier, même quand cela demande
  2. 2. http://www.uneeducationpourdemain.org       Page 2 sur 4   beaucoup de temps. Pensez au fait que vous vous rendez compte de savoir faire quelque chose bien que vous ne sachiez ni quand ni comment vous l'avez appris. La première découverte que j'ai faite était qu'il existe des réalités intérieures qui gouvernent notre vie mais qu'elles ne se voient pas forcément dans nos comportements extérieurs. Devenir conscient de ce monde "invisible" qui appartient à chacun de nous implique un processus de connaissance de soi qui ne peut que rendre la vie plus riche et plus responsable. Et si on agrandit le champ de ce processus pour aider d'autres à devenir conscients de leurs réalités invisibles, il devient clair que l'éducation prendra un nouveau sens. C'est dans ce cadre que je me suis engagée dans l'étude de "la volonté". Jusqu'à il y a environ dix ans, j'utilisais ce mot souvent mais de manière automatique. Je ne m'étais jamais interrogée sur ce qu'il voulait dire pour moi. J'ai commencé à examiner le mot plus profondément quand j'ai entendu Gattegno dire que puisque la volonté est un attribut de l'esprit, il est plus juste de dire que nous sommes une volonté plutôt que nous avons une volonté. Dans cette structure syntaxique, le mot "volonté" semblait très bizarre, et son sens m'échappait. Mais c'était justement cette bizarrerie qui me forçait à réfléchir à ce mot et j'ai commencé à me demander ce que je voulais réellement en dire. J'ai vite découvert que son sens pour moi était lié intimement à celui d'autres mots comme "désir" et "vouloir" et que c'était pratiquement un synonyme de volontarisme : "Je voulais dire quelque chose de mal poli, mais je ne l'ai pas fait parce que j'ai eu la volonté de me retenir", "Je ne peux pas m'arrêter de fumer parce que je n'en ai pas la volonté", ou bien "Je suis allée en Angleterre contre l'avis de tout le monde, j'ai vraiment voulu ce voyage", etc. Pour le dire autrement, j'étais consciente de ma "volonté" seulement quand il y avait implication d'un effort quelconque ou d'une grande dépense d'énergie. Ceci m'a menée à observer moi-même et d'autres avec cet éclairage et je me suis rendu compte que beaucoup de conflits avaient peu de rapport avec une pomme de discorde évidente, mais que l'explication était que les "volontés" des personnes concernées se heurtaient. Ceci m'a rendu bien plus sensible aux heurts qui se produisent même quand aucun conflit n'est apparent. Je me souviens très bien d'un élève qui était incapable d'apprendre une structure grammaticale italienne, malgré tous mes efforts. J'ai tout essayé pour sortir de l'impasse. Et enfin il m'est venu à l'esprit de déplacer mon attention du contenu de la leçon à l'état de mon esprit. Mon climat intérieur était celui de "vouloir" qu'il apprenne, et je me suis rendu compte que j'avais investi beaucoup d'énergie dans ce vouloir. Avec cet éclairage, ma compréhension de la situation a changé de manière dramatique : il était clair que, malgré le comportement "gentil" et coopératif de l'élève et sa bonne "volonté" apparente, en fait il résistait à mon vouloir. Son énergie était tellement absorbée à défendre l'intégrité de sa volonté que son esprit n'était pas libre pour se concentrer sur le problème de la langue. Pour tester mon hypothèse, j'ai retiré mon énergie. Quand j'ai cessé de "vouloir", les énergies coagulées dans le conflit se sont dissoutes et la solution fut immédiate. Bien qu'un mécanisme de "cause-à-effet" puisse sembler trop simpliste pour décrire la réalité du mouvement dans la situation, le changement abrupt m'a impressionnée profondément. Dès ce moment-là, j'ai essayé d'être attentive à mes propres résistances et à mes difficultés et de découvrir les dynamiques et les mécanismes qui les gouvernaient. Derrière chacun d'eux, j'ai découvert une défense très forte ou bien un besoin d'affirmer ma "volonté", que j'identifiais avec tout mon être. Chaque fois que je percevais que l'on faisait pression sur moi pour que j'aie un comportement particulier, je rassemblais toutes mes énergies pour me libérer
  3. 3. http://www.uneeducationpourdemain.org       Page 3 sur 4   de l'interférence de cette "autre volonté", d'où mes résistances et mes difficultés. Bien que je ne sois pas consciente des causes réelles, mon comportement montrait un besoin profond de préserver quelque chose que je considérais comme vital pour ma propre intégrité, pour mon essence même. Ceci était vrai même quand il a pu être démontré objectivement que la "résistance" ou les "difficultés" étaient contre mes propres intérêts. Je me suis rendu compte petit à petit que cette "défense" acharnée de ma volonté, chaque fois qu'on l'attaquait ou que l'on empiétait sur elle, ne pouvait s'expliquer que par le fait qu'elle faisait intégralement partie de mon Moi, qu'elle était en effet un de ses attributs. Appeler la volonté un attribut de l'esprit suggère qu'aucun être humain ne peut exister sans elle, tout comme un objet ne peut exister sans une forme, une couleur, etc. Alors, il est plus logique de dire "être une volonté" que "avoir une volonté". Ce simple changement de syntaxe m'a aidée à localiser d'une manière bien plus précise la réalité de la volonté. Pour commencer, je me suis rendu compte que puisque la volonté est omniprésente, son fonctionnement peut être saisi à tout moment de la vie. Et quand j'ai commencé à la chercher, je la trouvais partout. Qu'est-ce qui me fait bouger le bon doigt pour taper sur la bonne touche du clavier en écrivant cet article ? Comment suis-je capable de parler sans mobiliser ma volonté ? Comment pourrais-je arrêter un mouvement ou une pensée sans m'en servir ? Donc, la "volonté" ne s'associe pas seulement avec de grandes quantités d'énergie, comme je l'avais cru. Plutôt, on peut la comprendre comme ce qui "libère" de l'énergie qui est ensuite objectivée d'une manière ou d'une autre, y compris l'absence d'objectivation. Avec cette conscience, j'ai essayé d'observer ma volonté au travail pour la connaître plus intimement dans ma manière quotidienne de vivre. Et il m'est venu qu'une des raisons pour laquelle la "volonté" (comme attribut de l'esprit) passe inaperçue, c'est qu'un de nos mécanismes principaux pour économiser de l'énergie et libérer l'esprit pour d'autres tâches, c'est de prendre ce que nous avons appris et de le rendre automatique. Des actions automatiques, pourtant, se caractérisent par deux choses : elles deviennent si familières qu'elles passent inaperçues ; et la quantité d'énergie nécessaire pour les réaliser est si petite que l'on manque facilement de remarquer le moment exact où elle est libérée. Donc, on n'est pas conscient qu'il y a un agent mobilisateur (la volonté) derrière chaque libération. C'est pourquoi je n'étais en contact avec ma volonté que dans des cas où il s'agissait de mobiliser beaucoup d'énergie : comme dans des conflits ou en arrêtant une action ou une pensée. Au fur et à mesure que mes réflexions progressaient et que je connaissais mieux ma volonté, j'ai vu que d'identifier la totalité de moi-même avec ma volonté était une opération réductrice. Je pouvais la faire sortir de l'oubli de l'automatisme et l'utiliser de façon délibérée dans beaucoup d'occasions différentes, et donc acquérir un pouvoir et un contrôle sur ma vie. J'ai appris à retirer de l'énergie dans les moments de tension, à prendre du recul, à avoir une vision plus claire de ce qui se passe, à apprécier plus pleinement une expérience esthétique et à supporter une situation peu claire ou frustrante. Je me suis rendu compte également que je pouvais me laisser emporter par mes désirs, mes efforts, mes vouloirs, qui absorbaient beaucoup d'énergie et donc réduisaient mon efficacité au lieu de l'accroître, dans les tâches que je me donnais. En reprenant le contrôle de ma volonté par la conscience, je pouvais redresser la situation et faire ce qu'il fallait. J'ai
  4. 4. http://www.uneeducationpourdemain.org       Page 4 sur 4   découvert que ceci était particulièrement vrai dans une situation d'apprentissage. Par exemple, quand j'étudiais l'allemand, j'ai trouvé que j'apprenais de manière beaucoup plus efficace quand je ne faisais aucun effort. Si je m'empêchais de "travailler dur" pour permettre à ma volonté de mobiliser très peu d'énergie, les sons et les phrases venaient avec bien plus de facilité et de fluidité. Etre en contact constant avec sa volonté pour mobiliser la quantité juste d'énergie devient une discipline essentielle dans une situation d'apprentissage. Retrouver sa présence dans la volonté veut dire, surtout, rester en contact avec la réalité de la vie et accentuer sa fluidité et ses possibilités. Combien de fois nous sommes-nous retenus de faire quelque chose seulement parce que nous pensions que nous n'en étions pas capables? Nous étions en rapport avec une image de nous-mêmes que nous avions créée dans le passé et, automatiquement, nous nous sommes identifiés à elle sans prendre en compte les conditions changées. De manière similaire, il se peut que nous étiquetions une personne d'une certaine façon, en limitant sa personnalité à un ensemble de comportements, comme si tout changement en elle était impossible. Accentuer les qualités statiques d'une personne, que ce soit soi-même ou autrui, peut rendre la vie très difficile parce qu'on est en rapport avec une réalité qui ne reflète pas la vérité du moment présent. Et ceci est certainement très utile dans la salle de classe. Je l'applique comme outil d'enseignement. Avoir conscience du fait que chaque personne là devant moi est une "volonté", un attribut dont on se sert tout le temps, m'aide de deux manières. Premièrement, je peux agir de façon consciente sur ma volonté pour encourager un climat de consommation "basse" d’énergie ; et deuxièmement, je peux voir quand des élèves se bloquent parce qu'ils sont en rapport avec une image statique d'eux-mêmes ou parce qu'ils mettent trop d'énergie dans une tâche et n'utilisent pas leur volonté correctement. Beaucoup, comme moi, confondent effort, vouloir, ou volontarisme et volonté. Une des stratégies que j'utilise maintenant dans mon enseignement est de montrer aux élèves qu'ils peuvent reprendre le contrôle de ce pouvoir qu'ils ont et de les éduquer dans la discipline de l'utilisation de la volonté comme mobilisateur de la bonne quantité d'énergie. Il est évident qu'une telle prise de conscience n'est pas provoquée par des mots ou des explications : elle doit se découvrir dans l'expérience de la vie. De cette manière, les élèves, ou n'importe qui d'ailleurs, peut être plus fort et plus capable de développer ses stratégies pour travailler avec des méthodes plus efficaces. Je me rends compte que cet article ne servira à rien, à moins que le lecteur ne soit volontaire pour tourner ses réflexions vers le laboratoire d'observation de ses propres expériences. Mon espoir est qu'il puisse stimuler une considération introspective de ses propres dynamiques intérieures. © Cecilia Bartoli La Science de l'Education en Questions - N° 2 - février 1990 "La volonté humaine comme outil pour un enseignement plus efficace" de Cecilia Bartoli est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas de Modification 3.0 non transposé.

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