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VTA Magazine - L'info business du tourisme aux Antilles-Guyane - N°1

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VTA Magazine est le seul média dédié au tourisme aux Antilles-Guyane.
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Publié dans : Voyages
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VTA Magazine - L'info business du tourisme aux Antilles-Guyane - N°1

  1. 1. NUMÉRO 01 • ÉDITION 2017 ET SI ON PARLAIT TOURISME ? ENQUÊTE : OUVRIR UN SPA, RENTABLE OU PAS ? DANIEL LABONNE, CHEF À WASHINGTON DOSSIER CAPTER LE MARCHÉ AFRO-AMÉRICAIN
  2. 2. Chère lectrice, cher lecteur, C’est avec beaucoup de plai- sir et d’émotion que je vous présente la première édition papier de VTA Magazine, seule publication dédiée à l’économie du tourisme aux Antilles-Guyane. Notre ambition : être une res- source incontournable - un must have - pour les professionnels du tourisme, à chaque stade de leur activité. Ce magazine imprimé vient compléter le dispo- sitif en ligne de VTA Magazine composé du site www.veilletourismeantilles.com, de la newsletter, ainsi que d’une présence sur les réseaux sociaux. Nous sommes pleinement un média de l’industrie touristique. J’espère que ce numéro vous plaira. En mêlant ancrage territorial et horizons lointains, expertise sectorielle et accessibilité, portraits et analyses, mon équipe et moi-même avons tout mis en œuvre afin de vous proposer un magazine de qualité. Au plaisir d’échanger avec vous, Madly SCHENIN-KING Directrice de MAJORINE, éditrice de VTA Magazine ÉDITO SOMMAIRE VITE DIT • Brèves d’actu RADAR • Initiatives d’entrepreneurs ENQUÊTE • Spa hôtelier : ticket gagnant aux Antilles ? LE BON MOT • Vous avez dit Bleisure ? DOSSIER • Capter le marché afro-américain LA MAIN À LA PÂTE • Daniel Labonne, chef à l’ambassade de France à Washington TECH • Les bons comptes font les bons amis SHOPPING • Vogayer connecté DESIGN • Les hébergements caribéens se font Tropical Chic ÉVASION • Découverte des îles Vierges britanniques P04 P05 P08 P12 P17 Directrice de publication : Madly SCHENIN-KING Rédaction : Madly SCHENIN-KING, Sarah KANGA, Audrey OLLON, Fannie RASCLE, Eric NUEVO Mise en page, infographie : Rebecca’s Graphisme Relecture et correction : Karen Platel - RédacNet Crédits photos : Fannie RASCLE, Evita ROBINSON, Francesca MURRAY, Noémi E.M, La Créole Beach and Spa, French Coco, Villa Marie Impression : Bercy Copie Tirage 500 exemplaires VTA MAGAZINE Edité par MAJORINE SAS 3, rue Burnouf 75019 PARIS www.veilletourismeantilles.com www.majorine.com P10 P18 P19 P20 P22 @VeilleTourismeAntilles @TourismAntilles
  3. 3. VITE DIT 2017 a été proclamée Année du tourisme durable pour le développement par les Nations unies. La durabilité repose sur trois piliers : le social, l’environne- ment et l’économique. Le spiritourisme séduit en Martinique. Les 12 distilleries ont reçu 700 000 visiteurs en 2016, soit +20 % par rapport à 2015. Source : CODERUM. Après Aruba et la Jamaïque, Curaçao a signé un partenariat avec Airbnb. La Direction des affaires culturelles de Guadeloupe a publié un ouvrage intitulé 111 monuments historiques de Guadeloupe, Saint-Barthélémy et Saint-Martin recensant l’ensemble des monuments historiques de l’archipel. Le chef étoilé Marcel Ravin a été promu au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Les résultats de Corsair ont été « significativement positifs » en 2016. La nouvelle série de Canal+, Guyane, diffusée depuis le 23 janvier, a été tournée à Cayenne, Roura et Kaw. Le budget avoisine les 12 millions d’euros. 3 255 424 personnes (arrivées et départs) ont voyagé entre Paris Orly et les DOM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte) en 2016 soit une augmentation de 3,6 % par rapport à 2015. Source : Paris Aéroport. Le tourisme et l’hôtellerie-restauration ont représenté 10,2 % des offres d’emploi en Outre-Mer selon Jobijoba. La santé ainsi que le commerce et la vente occupent les deux premières places du podium. Le volume d’affaires des GîtesdeFrance®Martinique a progressé de 20 % en 2016 par rapport à 2015. La France continentale compte 2 292 résidences de tourisme soit 90 000 lits, loin derrière l’hôtellerie (1 200 000 lits) et l’hôtellerie de plein air (890 000 lits). Source : Atout France. Environ 200 participants ont participé en 2016 au programme de formation e-tourisme mis en place par la Chambre de commerce et d’industrie de la Martinique. VTA MAGAZINE04 Canal+ a mis en place une opération marketing pour le lancement de la série dans les couloirs du métro. Signature de l’accord entre Airbnb et Curaçao
  4. 4. RADAR Coralie Febrissy a créé Creoletrip, une plateforme de mise en relation dans le tourisme collaboratif en Guadeloupe qui propose des activités insolites ou authentiques. Sweet Caribbean Holidays offre aux voyageurs un service digital d’assistance et d’accompagnement de séjour dans la Caraïbe, une conciergerie en ligne ainsi qu’une possibilité de réserver les activités de loisirs directement sur le site ou l’application. Le projet, porté par Sarah Chillan Heusel, a remporté le concours Étincelles d’Orange en 2013. GuadeloupeAdvisor est un site web bilingue d’achat et de réservation de produits touristiques proposés par des prestataires locaux : eBooks, excursions, activités, locations de véhicules et d’hébergements. Après les ateliers, Foodîles, le guide digital touristique guadeloupéen, lance le chéquier Foodilicious incluant des réductions dans des restaurants de l’archipel. VTA MAGAZINE 05 VTA Magazine a repéré des entreprises, des initiatives et des concepts touristiques aux Antilles et dans le reste du monde.
  5. 5. AGENDA AVRIL JUILLET / AOÛTMARS NOVEMBRE SEPTEMBRE OCTOBRE 1er et 2 avril Journées Nationales Tourisme et Handicap 10 au 15 avril 8e édition des Voiles de St-Barth. 1 200 marins de plus de 20 nationalités sont attendus cette année. 15 au 23 avril Guadarun, un raid aventure de 150 km en 6 étapes à travers les îles de l’archipel guadeloupéen. 31 juillet au 6 août Tour des Yoles Rondes de Martinique. 8 au 12 mars ITB Berlin, salon mondial du tourisme. 13 au 16 mars Seatrade Miami, événement professionnel dédié à la croisière. 28 et 29 mars Salon Rendez-Vous en France d’Atout France à Rouen. Deux jours de rencontres professionnelles où 900 prescripteurs inter- nationaux sont attendus. 18 novembre Départ du Rallye des Îles du Soleil depuis la Marina Lanzarote (Canaries) à Marie-Galante (Guadeloupe). La date d’arrivée estimée à Marie-Galante est pendant la première quinzaine de décembre. 26 au 29 septembre IFTM Top Résa (Paris). 14 au 24 septembre Martinique Gourmande au Canada : un festival culi- naire dans les restaurants de Montréal. 1er octobre Départ de la Mini Transat. Cette compétition nautique se déroule en deux étapes : la première relie La Rochelle à Las Palmas (Canaries). Puis, début novembre, les skippers repartent en mer vers le Marin. L’arrivée en Martinique est prévue mi-novembre. 17 et 18 octobre Rencontres Nationales du e-tourisme institutionnel à Pau. Les rendez-vous des prochains mois VTA MAGAZINE06
  6. 6. ENQUÊTE Le spa hôtelier : ticket gagnant aux Antilles ? LE SPA HÔTELIER: ticket gagnant aux Antilles ? Tandis que l’offre spa et bien-être fait un carton plein dans l’Hexagone et gagne toujours plus de terrain au sein des structures hôtelières, qu’en est- il en Martinique et en Guadeloupe ? Ces espaces dédiés à la Sanitas per aquam, la santé par l’eau, peuvent-ils relancer un secteur hôtelier à la peine ? Renforcer son attractivité En quelques années, le spa est passé d’un marketing de niche au statut d’incontournable de l’offre hôtelière haut de gamme. Tandis que le bien-être s’imposait comme un phénomène durable, les spas sont devenus des outilsdedifférenciation.Ilsinfluentaussi bien sur l’attractivité des établissements que sur leur taux d’occupation, tout en servant de relais d’opinion. Une manne financière qui n’a pas échappé aux spécialistes du secteur aux Antilles. Malgré un contexte local moins favorable (coût d’exploitation élevé, forte concur- rence régionale, saisonnalité, etc.), certains hôtels ont choisi de se démarquer en investissant dans ce type de presta- tions. C’est le cas de LaPlantationResort&Spa**** en Guadeloupe qui, avec son spa de 1500 m² proposant jacuzzi, bassin tro- pical, cascade rafraîchissante et carbets de relaxation fait office de pionnier sur l’île depuis 2008. Même chose en Martinique où le Cap Est Lagoon Resort & Spa**** a fait le choix d’un centre dédié au bien-être afin de renforcer son attractivité. Aujourd’hui, ses six cabines proposant hydrojet, balnéo, espace relaxation ou bain japonais tournent à plein régime. Le spa du Cap Est Lagoon Resort & Spa**** a provo- qué un bond des revenus de l’hôtel. « Dès l’ouverture du spa, nous avons enregistré une évolution immédiate de notre chiffre d’affaires », explique Valérie Deguitre, directrice commerciale & marketing de l’hôtel. Un succès qu’elle impute à une forte demande sur l’île mais aussi au choix clef du modèle économique : « Notre spa s’est développé en partenariat avec différentes marques dont Guerlain et s’appuie depuis mai dernier sur l’expertise de Cinq Mondes. » Une caution supplémentaire selon la directrice puisqu’une marque rassure VTA MAGAZINE08 La Créole Beach Hôtel & Spa
  7. 7. ENQUÊTELe spa hôtelier : ticket gagnant aux Antilles ? quant au savoir-faire et à la qualité des prestations. À condition toutefois de sélectionner la bonne, celle qui permettra de proposer une qualité de produits optimale et des tarifs compétitifs, un équilibre dont dépend la performance du spa. Cetéquilibre,LaCréoleBeachHôtel&Spa**** en Guadeloupe semble l’avoir trouvé. Passéde3à4étoiles,ensedotantd’un spa griffé Payot, cet hôtel s’est fait le relaisd’unedemandecroissanteautour des notions de bien-être aussi bien de la part du marché local que de la clientèleétrangère,etconnaîtunfranc succès. « Notre spa est l’un des meilleurs de la Guadeloupe, se félicite Alex Monier, directeur de l’établissement. Nous ne recevonsquesurréservationetaccueillons désormais nos clients 7/7 jours jusqu’à 20 h. C’est un centre de profit rentable. » Undynamismequiimpactedirectement les résultats de l’hôtel dont le cahier de réservations se veut tout aussi garni. Pour La Créole Beach Hôtel & Spa****, il s’agit de « capter un potentiel client im- portant sur un marché local représentant 420000habitantshorsmineursetbébés.» Le directeur en est convaincu, le spa constitue une valeur ajoutée supplé- mentaire pour l’hôtel et garantit une image qualitative. Un positionnement essentielle- ment haut de gamme ? C’est aussi l’avis de Georges Carreyre et de Sylvie Clément, son épouse. Ensemble, ils ont créé en 1999 le Tendacayou, une station thermale non classée proposant gîtes et écolodges dans un cadre où se mêlent nature, écologie et confort chic. Après avoir fait appel à des masseurs pour répondre aux besoins de leur clientèle, ils ont décidé de se lancer dans l’aventure bien-être et spa en février 2010, non sans succès : « Depuis l’ouverture du spa, explique Romain Clément, fils aîné de la famille et directeur de l’établissement, le Tendacayou connaît un succès sans précédent.Nousavonsdûtriplerlenombre d’employés du centre », ajoute-t-il. Il faut dire que le lieu a de quoi convaincre avec sa cascade située en plein milieu du spa et sa rivière qui le jouxte. Sans compter l’imprenable vue sur la baie. Cependant, les 2 500 m² de ce décor idyllique ont nécessité un investissement conséquent et exigent un entretien de chaque instant : « Ici, tous les matériaux sont naturels et le bois quientourenosbassinsvieillitvite, reprend Romain. Il faut aussi faire des retouches de peinture et entretenir la végétation ambiante sans l’abîmer. Le jardin d’or- chidées entourant le spa nécessite à lui tout seul trois heures de préparation chaque matin. » Un travail non négli- geable pour un spa développé en gestion directe. Cependant, le centre parvient à dégager du profit, y compris hors saison : « Nous travaillons beau- coup avec la clientèle locale, se réjouit le directeur. C’est elle qui nous permet de maintenir notre activité spa durant la basse saison. » Et pour répondre à une demande toujours plus grande, l’écolodge a dû ouvrir deux habitations supplémentaires et augmenter le stan- ding général du lieu afin de suivre la montée en gamme induite par le spa. Si l’établissement hôtelier est mal géré, le spa peut de- venir un gouffre financier. Il est recommandé de séparer les comptes. Une offre encore marginale Si les spas peuvent servir de levier de dé- veloppementpourlesétablissementshô- teliers, plusieurs obstacles empêchent cettetendancedeprendredel’ampleur auxAntillesetcesbonsrésultatsnesont pas représentatifs de l’ensemble. Le recrutement et la formation du personnel constituent par exemple un écueil, car l’activiténécessitedeséquipesdiplômées et qualifiées, ce qui a une incidence sur le coût salarial. Se pose également la question de l’in- vestissement dans un secteur déjà structurellement déficitaire. « Les frais d’investissement sont assez élevés », concède Jean-Baptiste Tourtelot, fon- dateur de JBT Consulting et spécialiste de l’activité hôtelière domienne. « Pour un spa hammam sauna, en fonction de la taille, il faut compter entre 100 000 à 200 000 euros », poursuit-il. Sans oublier les frais d’entretien. « C’est pour cette raison que la majorité des hôteliers préfèrent faire appel à des prestataires extérieurs ou sous-traitent ces services à des enseignes compétentes à qui ils louent leurs locaux. En règle générale, un spa représente une marge commerciale d’environ 20 % aux- quels il faut soustraire les 10 % revenant au prestataire sollicité lorsqu’il ne s’agit pas de gestion directe. » Tous ces freins maintiennent l’offre spa hôtelière dans une certaine marginalité malgré une demande qui semble réelle. « La notion de revenue management se développe, mais des progrès restent à accomplir, regrette M. Tourtelot. En effet, pour cela, il faudrait que les prix de vente soient plus flexibles et que l’on ait une plus grande visibilité sur les produits à l’année. Sans compter que l’offre 100 % spa est déjà bien développée. » La belle performance des établissements citésplushautnesauraitdoncfaireoublier que si cette tendance spa et bien-être au sein des hôtels antillais est prometteuse, elle reste encore timide et doit encore faire face à de nombreux freins. VTA MAGAZINE 09
  8. 8. B LE BON MOT Décryptage d’une expression du tourisme Allier déplacement professionnel et tourisme ? Le principe n’est pas nouveau. Selon une étude menée par Carlson Wagonlit Travel, 1 voyageur d’affaires sur 5 aménage ses séjours professionnels de façon à y intégrer une plage loisirs. Des chiffres stables depuis 2009. Pourtant, le principe est devenu tendance, et la tendance se transforme tout doucement en phé- nomène. On lui a même attribué un petit nom : le « bleisure », contraction des termes an- glais « business » et « leisure », soit « affaires » et « loisirs ». Un mélange des genres qui consiste à profiter d’un séjour professionnel pour visiter les lieux, jouir de la culture et de la gastronomie locales, ou jouer les prolongations après la fin de ses obliga- tions corporate. Divergences des pratiques Visiter un musée entre deux réunions, assister à un spectacle la veille de son rendez-vous, ou prolonger d’un week-end entier pour se promener dans les environs… Les pratiques de « bleisure » divergent. Chacun joint l’utile à l’agréable en fonction de ses goûts, des possibilités offertes par la destination, de la nature du séjour. Les voyageurs d’affaires qui parcourent de longues distances sont plus suscep- tibles de rentabiliser ainsi leurs heures de vol. Selon la même étude CWT, 46 % des voyageurs pro- longent leur séjour professionnel après leurs obligations, 34 % arrivent quelques jours avant, et 20 % font les deux. Des divergences culturelles se font jour éga- lement. Ainsi, un sondage publié par Egencia tend à démontrer que les Français sont plus nombreux à pratiquer le « bleisure » : 24 %, contre 20 % des Allemands et 10 % des Britanniques. «LesFrançaisassocientlevoyaged’affairesauxnotions de motivation et de plaisir », avance Jérôme Fouque de l’agence Egencia, « tandis que les Britanniques y voient surtout du stress et de la fatigue, ce qui explique pourquoi ces derniers souhaitent rentrer chez eux au plus vite ». Le « bleisure » serait-il en train de devenir un art hexagonal ? comme « bleisure » B VTA MAGAZINE10
  9. 9. En 2016, 1,235 milliard de touristes ont voyagé à travers le globe. C’est près de 46 millions de plus qu’en 2015 pour une économie qui représente 9 % du PIB mondial selon l’Organisation mondiale du tourisme. Si les Chinois continuent de tirer le secteur vers le haut et restent les plus grands voya- geurs au monde, l’émergence d’une nouvelle niche pourrait bien rebattre les cartes sur ce marché. Son nom : le « Black Travel Movement ». Portés par une ascension digitale fulgurante, ses membres ultra-connectés militent pour une offre touristique plus inclu- sive et placent leurs racines noires au centre de cette stratégie. Les Antilles sont-elles en mesure d’en tirer parti ? Enquête. TasteMakers Africa, Travel Noire, Black Girls Travel Too… Ces communautés de voyageurs mêlant exploration du monde et revendications identitaires sont devenues en quelques années les hauts lieux d’une nouvelle forme de fierté noire. Au cœur de ce mouve- ment, des Afro-Américaines diplômées, ultra-connectées et issues de la géné- ration Y partageant le même constat : les Noirs américains sont les grands absents des stratégies de communi- cation dans le domaine touristique. Et enlamatière,leschiffressontéloquents: seuls 2,6 % des publicités ciblent ce public1 . BLACK TRAVEL MOVEMENT attirer les Afro-Américains DOSSIER Black Travel Movement : attirer les Afro-Américains 1 Nielsen. 2 Rapport « Young, Connected and Black », Nielsen, 2016. Célébrer l’identité noire Depuis quelques années, une réappro- priation de ce qui fait l’essence de l’iden- tité noire voit le jour et se traduit dans le milieu du cinéma, dans la musique, la mode ou le sport. L’heure n’est plus à la conformité mais à la célébration de sa différence, y compris dans son rapport au monde. Dans l’univers du voyage, Chelle et Crystal Roberts sont deux sœurs à l’origine de Brown Girls Fly, un magazine en ligne créé en 2010, qui s’adresse aux femmes de couleur en quête de conseils, bons 50 milliards de dollars : c’est le montant dépensé annuellement par les Afro-Américains dans les voyages en 2011. Le poids de l’histoire Plusieurs raisons peuvent expliquer ce retard dans un pays où il aura fallu attendre les années 1960 et les droits civiques pour voir Blancs et Noirs par- tager les mêmes tables dans les restau- rants, les mêmes hôtels, ou les mêmes places dans les transports publics. Au- jourd’hui, les Afro-Américains sont plus diplômés. Ils étaient 25 % à atteindre le secondaireen1940contre86%en2015, soit presque autant que la moyenne nationale de 88 % selon le National Center for Education Statistics. Parallèle- ment, le niveau de vie de cette partie de la population et donc son pouvoir d’achat n’ont eu de cesse de croître : on estimait celui-ci à 1,2 trillion de dollars en 20152 . S’ils sont absents des dépliants publicitaires, les Afro-Américains dé- pensent chaque année 50 milliards de dollars dans les voyages selon Mandala Research et 70 % d’entre eux optent pour des destinations internationales. Un déséquilibre entre perception et réalité qui témoigne de la lente évolution des mentalités et explique l’émergence du Black Travel Movement. VTA MAGAZINE12
  10. 10. DOSSIERBlack Travel Movement : attirer les Afro-Américains plans et témoignages pour explorer le monde. « Lorsque nous avons lancé le site, très peu de supports mettaient en avant les touristes de couleur », se sou- vient Chelle Roberts. Brown Girls Fly est né de cette volonté de proposer un espace d’échange et de conversation à ce public. « Voyager est une pratique universelle qui permet de construire des ponts culturels, maisentantqueNoirs,nosexpériencessont parfoissingulières.Ilfallaitlespartager.» Le site joue également le rôle de miroir positif pour ces explorateurs. « C’est inspirant de lire le récit d’un voyageur en An- tarctique, d’un globe-trotter en Asie du Sud-Est ou d’un pilote au-dessus des nuages lorsquelespersonnessurles photos vous ressemblent. » Zim Ugochukwu, fondatrice du po- pulaire Travel Noire, partage cet avis. « Pendant longtemps, lorsque je faisais une recherche sur “voyage noir” en ligne, tout ce que j’obtenais c’était des photos de sacs de voyage de couleur noire. » Cette Américaine de 27 ans, fille d’immi- grés nigérians et passionnée de piano, de design et de photographie, a renoncé à un avenir prometteur dans la biologie pour explorer l’Asie en train pendant un an. Un voyage aussi atypique que formateur qui lui fera découvrir une vision du monde bien éloignée de la surenchère occidentale autour de l’argent, du travail et de la carrière. Pourtant, cette quête de sens, Zim regrette de ne pou- voir la partager avec des gens qui lui ressemblent, ayant les mêmes repères qu’elle sur un continent comptant très peu de Noirs. C’est de là que lui vient l’idée de créer une plateforme mettant à l’honneur la singularité de cette expé- rience noire à l’étranger. Son site a été conçu pour servir de vitrine à la diaspora et promouvoir l’attachement àlaculture et aux voyages. Soigné, urbain, branché, depuis son lancement en 2013, Travel Noire connaît un franc succès au-delà des États-Unis. Des quatre coins du monde, des Afro-Américains, mais aussi des Africains, des Antillais, des Brésiliens, partagent leurs témoignages, leurs photos de vacances à Abu Dhabi, New Delhi, Bali ou encore d’Antarctique. Zim Ugochukwu partage en ligne tout ce que son expérience lui a appris sur l’art de voyager à moindres frais. On y apprend l’art de dénicher des vols internationaux à 50 dollars ou des séjours dans des 5 étoiles dès 40 dollars la nuit, à travailler sans frontière, etc. Tout cela par le biais de formations axées sur la gestion de son budget, les programmes de fidélisation des compa- gnies et les alliances entre elles. « Plutôt que d’aller à Miami ou Las Vegas, poursuit Zim, vous dépensez la même somme, dénichez un deal, et vous retrouvez à Jo- hannesburg. » Pari réussi donc pour celle qui voulait VTA MAGAZINE 13
  11. 11. DOSSIER Black Travel Movement : attirer les Afro-Américains « rendrelevoyageinternationalplusinclu- sif et représentatif des globe-trotters noirs en les incitant à explorer fréquemment de nouvelles destinations ». Le compte Ins- tagram Travel Noire compte désormais plus de 300 000 abonnés rêvant d’y faire figurer un jour leurs photos à l’autre bout du monde. Aujourd’hui, tous les indicateurs sont au vert pour son entreprise nommée parmi les plus in- novantes au monde par Fast Company. Le site peut écouler jusqu’à 8 voyages différents en moins de 90 minutes, notamment grâce à une centaine de contributeurs et le soutien de marques comme Airbnb, Desley ou Lo & Sons qui ont pris conscience de l’importance de ce marché de niche. Le revenu mensuel a bondi de 300 % entre 2013 et 2015 et le nombre de visiteurs uniques sur Travel Noire a augmenté de 215 %. Lau- réate du palmarès Forbes récompensant les entrepreneurs de moins de 30 ans et interviewée par le New York Times, le TIME, ou encore ELLE Magazine, Zim Ugochukwu veut capitaliser sur ce succès inespéré pour impulser un changement des mentalités sur le long terme en s’appuyant sur les réseaux sociaux, et inciter les Afro-Américains à épouser un mode de vie plus globalisé. Un phénomène protéiforme Si Travel Noire illustre bien le succès rencontré par le Black Travel Movement, ce dernier prend des formes diverses et est traversé par différentes sensibi- lités. Black Girls Travel, Black Girls Travel Too et Brown Girls Fly ciblent exclusive- ment les femmes noires, tandis que Up In The Air s’adresse à une clientèle haut de gamme. Tastemakers Africa propose aux Afro-Américains de partir à la découverte du continent noir et de leur histoire, quand Nomadness Travel Tribe exige d’avoir au moins un tampon sur son passeport pour rejoindre sa tribu d’aguerris soucieux de leur budget. La force de frappe des réseaux sociaux, dont sont particulièrement friands les Afro-Américains, transforme la tendance en une lame de fond. Les hashtags dédiés se multi- plient : #TravelNoire a été uti- lisé plus d’un demi million de fois sur Instagram ; #cocoatra- velersintl plus de 33 000 fois ; #BlackTravelprèsde34000fois ou#BlackTravelista23000fois. Parallèlement à la présence web, les modèles économiques de ces sites se structurent. Ils proposent des prestations et des services dédiés à leurs communautés : cours en ligne, conférences présentielles, afterworks, voyages sur mesure, bootcamps, lignes de maillots ou de prêt-à-porter en sont quelques exemples. Un racisme inversé ? Ces voyages conçus par les Noirs pour les Noirs hors des canaux touristiques traditionnels soulèvent quelques inter- rogations. En effet, en utilisant les res- sorts de la discrimination raciale qu’elle prétend pourtant combattre et en étantcirconscriteàunpublicspécifique — non-blanc en l’occurrence — cette démarchen’est-ellepascontradictoire? Ce n’est pas l’avis de Cherae Robinson, PDG deTastemakers Africa créé en 2014. Selon elle, le Black Travel Movement se contente de répondre aux spécifici- tés propres à cette communauté. Les Afro-Américains sont « plus proches des populations locales, préfèrent se déplacer en groupes […] et investissent davantage de moyens dans l’hébergement que dans les activités ». Ses voyages en Afrique sont ouverts à toutes les communautés même si 93 % de ses clients sont noirs. Avec son agence de voyages, Cherae Robinson a souhaité prendre le contre- SUIVEZ LES HASHTAGS #TravelNoire #CocoaTravelersintl #SoulSociety #BlackGirlsTravel #BlackTravelFeed #TravelIsTheNewClub #SoulTravel #BlackTravel #BlackTravelHackers #BlackAndAbroad # pied d’une offre touristique locale essentiellement centrée sur les retraités européens et profiter d’un marché laissé vacant ; celui du tourisme mémoriel pour les jeunes afro-américains. Evita Robinson est du même avis. Pion- nière du mouvement avec le lancement en 2011 de Nomadness Travel Tribe, financé grâce au crowdfunding, ses voyages ciblés offrent l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre et de confronter les stéréotypes au réel. « Lorsque je voyage, je veux découvrir les entrailles du pays, embrasser aussi bien le beau et le laid. Si je suisconfrontéeàduracisme,jeneleprends pas personnellement. La perception que les locaux ont des Noirs est surtout celle relayée dans les médias qui nous dé- peignent comme agressifs. Je ne le prends pas à cœur. Je me mets à leur place. » Si la liste d’attente pour rejoindre la tribu est ouverte à toutes personnes faisant des voyages sa priorité. Malgré une offre restreinte aux « savvy blacks travelers », Zim Ugochukwu se défend de créer un racisme inversé. Elle affirme avoir voulu créer « quelque VTA MAGAZINE14
  12. 12. Les Afro-Américains sont particulièrement attirés par les destinations et les lieux de visites liés à leur héritage culturel selon l’étude Mandala. Ces voya- geurs souhaitent aussi pouvoir sensibiliser leurs enfants à cette histoire. Le Mémorial ACTe, présenté comme « le plus grand musée au monde dédié à la mémoire et l’histoire de l’esclavage du début du XVIIe siècle à nos jours », vient renforcer l’attractivité de la Guadeloupe. Ce lieu de mémoire a reçu l’approbation du révérend Jesse Jackson, compagnon de route de Martin Luther King, lors de sa visite en Guadeloupe en 2015. Inscrit sur la « Route de l’esclave » initiéeparl’Unesco,leMémorialACTea suscité un grand intérêt aux États-Unis selon Sandra Vénite, directrice régio- nale du Comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG), basée à New York. Elle souligne que l’île a figuré dans le clas- sement du prestigieux New York Times des 52 endroits à visiter : «LaGuadeloupe fait partie des destinations choisies par Henderson Travel, le numéro 1 américain des tour-opérateurs dédiés à l’héritage de l’histoire noire », se félicite-t-elle. « Le bureau du tourisme guadeloupéen est aussi membre de l’association TPOC (Travel Professionals Of Color). Nous avons réalisé une formation dans leurs branches basées à Atlanta, Washington, Chicago et New York afin de DOSSIERBlack Travel Movement : attirer les Afro-Américains chose de spécial, d’authentique et de beau pour les gens de couleur » et souligne que les voyages sont justement la meilleure manière de lutter contre les stéréotypes raciaux en nous montrant que « l’on a plus de points communs que de diffé- rences avec l’Autre ». Pour Zim, l’enjeu est de servir de caisse de résonance à un public noir « bien réel » dont les hôteliers et compagnies aériennes auraient tout intérêt à reconnaître la plasticité. « Le Black Travel Move- ment a gagné en visibilité ces dernières années », explique Chelle Roberts de Brown Girls Fly. « Beaucoup de marques commencent à comprendre l’intérêt de communiquer auprès des touristes afro-américains. Elles nous proposent des partenariats pour se faire connaître au- près de nos lecteurs. » UneopportunitépourlesAntilles? Le tourisme franco-antillais peut-il bénéficier de cette nouvelle manne financière ? Avec désormais deux compagnies desservant les États-Unis, American Airlines et Norwegian en low cost, la Martinique et la Guadeloupe sont reliées à Miami, Boston, Washington ou New York, où la communauté afro-américaine est importante. « Au total, plus de 110 000 sièges seront mis en vente par Norwegian entre les États-Unis et les Antilles », rapporte le transporteur. Un argument fort qui ne doit pas faire perdre de vue la nécessité d’une offre touristique à la hauteur des attentes des visiteurs afro-américains. VTA MAGAZINE 15
  13. 13. DOSSIER Black Travel Movement : attirer les Afro-Américains former des agents de voyages sur les spéci- ficités de la Guadeloupe, le Mémorial ACTe et La Route de l’esclave », poursuit Sandra Venite. Le Comité de tourisme des îles de Guadeloupe est par ailleurs en contact permanent avec les communautés du type Travel Noire. « Le Mémorial ACTe a été l’occasion de pénétrer ce marché », se réjouit la directrice régionale qui lie cet engouement autour du Mémorial ACTe à l’ouverture récente d’un musée afro-américain à Washington. De son côté, la Martinique travaille aussi au développement du marché afro-américainetmisesursonauthen- ticité et son riche héritage pour attirer les visiteurs. Muriel Wiltord, directrice régionale du Comité martiniquais du tourisme (CMT), basée à New York, met en avant l’immersion culturelle que représentent « les danses traditionnelles, les tambours hérités de l’Afrique, la nourri- ture,oudesécrivainstelsqueFrantzFanon, Aimé Césaire, bien connus des élèves et étudiants afro-américains ». L’île entend bien tirer profit de ce dynamisme porté par la communauté noire des États-Unis et par des sites tels que Travel Noire qui figurera dans sa prochaine campagne numérique. « Nous avons participé à la semaine d’Harlem en août dernier et déve- loppons des liens étroits avec la Chambre de commerce du quartier », poursuit Muriel Wiltord. Pour Francesca Murray, une Afro-Américaine installée à la Martinique depuis plus d’un an, et auteure du blog One Girl One World, les touristes américains de couleur se rendant en Martinique trouveront de quoi étancher leur soif de culture. « Je n’oublierai jamais la première fois où j’ai conduit à travers une plantation. J’ai réalisé que des esclaves avaient travaillé ici. J’étais presque en larmes, car je n’avais jamais été dans un tel lieu. Honnêtement, l’histoire est partout en Martinique, et elle apparaît même lorsque tu t’amuses. Si on prend l’exemple de l’Habitation Clément, c’est une distillerie où l’on peut goûter du rhum, mais c’est aussi un lieu qui a une histoire coloniale présentée pendant la visite. J’ai également été surprise de découvrirquec’étaitlelieuoùGeorgeBush avait déclaré la fin de la guerre du Golfe en 1991. » Francesca Murray a noté l’intérêt grandissant des Afro-Américains pour la Martinique, mais surtout, leur mécon- naissance de la destination. Elle a décidé de capitaliser sur son expérience locale et sa notoriété sur les réseaux sociaux pour proposer un guide touristique digital, entièrement rédigé en anglais, sous forme d’ebook. « J’y donne des conseils en tant qu’Américaine résidant en Martinique. Ce n’est pas un guide fait par un rédacteur de passage sur l’île. C’est un guide par une Américaine, pour les Américains. J’y réponds à toutes les ques- tions qui m’ont déjà été posées par ceux qui veulent se rendre en Martinique. Les lecteurs peuvent, par exemple, y trouver des conseils en matière d’hébergement sur Airbnb, les hotspots wifi, des phrases simples en français et en créole. » Les Afro-Américains se laisseront-ils tenter par la Martinique et la Guade- loupe ? Une chose est sûre, le Black Travel Movement a encore de beaux jours devant lui. VTA MAGAZINE16
  14. 14. Ce chef, originaire de la Martinique, a beaucoup voyagé avant de s’installer dans la capitale fédérale américaine. Ses cuisines, ce sont aujourd’hui celles de l’ambassade de France. Pour accéder à la table de Daniel Labonne, il faut prendre… sa carte d’identité. Sécurité oblige, on n’entre pas dans l’ambassade de France à Washington sans montrer patte blanche. À l’intérieur, on découvre d’abord une cafétéria qui sert chaque jour 150 couverts puis un véritable res- taurant presque caché, à l’ambiance feutrée, avant d’accéder enfin aux immenses salles de réception, là où ont lieu cocktails de gala et dîners officiels. Ce sont autant de vitrines pour la gas- tronomie française. Et le chef Labonne, originaire de la Martinique, n’oublie jamais d’y ajouter une touche caribéenne. Pour découvrir où est née la vocation de Daniel Labonne, il suffit de re- tourner sur les traces de son enfance, dans la pâtisserie artisanale familiale installée au Robert. « Quand je n’avais mêmepas10ans,jemelevaisà5heuresdu matin et je faisais des tartes avec ma mère enutilisantdesrestesdepâteetdelaconfi- ture. Elle m’a transmis cet amour des bons produits. Et à 15 ans, je faisais mes propres gâteaux de mariage », se remémore Daniel Labonne. Le chef, regard doux et voix posée, a toujours eu une autre passion : celle des voyages. D’abord à Toulouse pour finir ses études, puis à Saint-Tropez, au tout début de sa carrière, un premier « choc des cultures », avant de rejoindre une île privée appartenant à un milliar- daire aux Bahamas. « C’était une autre dimension, on servait des stars comme Janet Jackson ou Bruce Willis à qui j’apprenais aussi le français (rires). Il n’y avait pas de carte et on devait simple- ment répondre à la demande », ex- plique ce passionné qui a rencontré au cours de cette expérience des chefs venus des quatre coins de la planète. Et a beaucoup appris à leurs côtés. La cuisine du chef Labonne, au- jourd’hui, est française, forcément. Caribéenne aussi. La banane plan- tain, la mangue ou la langouste ne sont jamais bien loin. Mais « mon travail est finalement international. Je fais une cuisine classique, avec toute la tech- nique de la gastronomie française mais avecunpeuplusd’épices,plussavoureuse», analyse-t-il. C’est parce qu’il avait une fois de plus « envie de changer d’air » que Daniel Labonne a finalement posé ses valises à Washington il y a une dizaine d’années. « Je ne sais pas pourquoi, mais il y a eu un déclic. Les Américains aiment bien demanderàrencontrerlechefaprèsunbon repas. J’ai senti une reconnaissance ici », se félicite-t-il. Au Bistro La Bonne, le pre- mier restaurant à porter officiellement son nom, « on pouvait simplement venir manger des moules-frites, au bar, un soir de la semaine ». Un septennat plus tard, cette aventure « à la bonne franquette » s’achève et le chef rebondit dans un tout autre monde : celui de la diplomatie. Représenter la France dans l’assiette, c’est aujourd’hui sa mission. Au final, Daniel Labonne n’a travaillé qu’une année à la Martinique, c’était au tout début de sa carrière. « J’y étais très bien, l’hôtel La Batelière voulait me garder et était prêt à signer un CDI… et j’ai dit non. J’avais envie de bouger », raconte-t-il. Aujourd’hui, il y retourne une fois par an et pense à investir dans l’île. Avant de s’y réinstaller, sans doute pour sa retraite. « On est tellement bien à la Martinique que c’est toujours difficile d’en partir. Et vos amis vont certainement vous dire de ne pas le faire. Mais il faut se jeter à l’eau, il ne faut pas hésiter », lance-t-il aux jeunes cui- siniers qui auraient, comme lui, la « bougeotte ». DANIEL LABONNE ambassadeur de la gastronomie à Washington LA MAIN À LA PÂTEDaniel Labonne à Washington VTA MAGAZINE 17
  15. 15. TECH Les bons comptes font les bons amis Une sortie en groupe, un restaurant à plusieurs, des vacances entre amis, un cadeau commun… À chaque fois, c’est le casse-tête au moment de payer. On ne sait jamais qui doit rembourser quoi, ni à qui. Si l’on dit que les bons comptes font les bons amis, il reste que les mauvais comptes, eux, peuvent donner la migraine. Heureusement, la technologie vient à la rescousse : de nombreuses applications mobiles se proposent de faciliter les dépenses groupées, quel que soit l’événement. Gérer vos dépenses communes en quelques clics, et sans prise de tête, c’est désormais à portée de doigts ! Partager l’addition Les applications de « gestion des comptes entre amis » permettent de créer des événements et d’y ajouter des participants et des dépenses. Le système s’occupe de faire les calculs tout seul, à tout instant ou en fin de repas/voyage/sortie. Tout se fait en ligne, et chacun reçoit une notification lui indiquant le montant de ses dettes ainsi que la personne à rembourser. Voici une sélection des meilleures applis du genre (pour Apple et Android) : Les Bons Comptes Cospender Debal Splitwise Tricount Rembourser un(e) ami(e) Ce collègue qui vous a avancé quelques euros au déjeuner, ce virement que vous souhaitez faire à votre fille sans en avoir le temps : autant de situa- tions rendues compliquées par l’absence de RIB, les montants parfois trop faibles et les chèques qui prennent du temps à être encaissés. Certaines applis permettent de s’échanger de l’argent entre proches gratuitement, instantanément et facilement. Lydia Pumpkin Acheter un cadeau commun Dans un genre un peu différent, les applis de « cagnotte » se sont doucement imposées au sein des groupes d’amis. Elles fonctionnent comme des tirelires virtuelles, dans le but d’acheter un cadeau commun ou de réunir des dons. Certaines proposent également un système de paiement en ligne qui les rapproche des services bancaires. En voici quatre parmi les plus intéressantes (Apple et Android) : Leetchi LePotCommun Morning (anciennement Payname) APPS - Les bons comptes font les bons amis VTA MAGAZINE18
  16. 16. SHOPPINGVoyager connecté 03Sac à dos Otonohm, ID-ENERGIE Pas toujours facile de trouver une prise lorsqu’on voyage. Avec le sac à dos Otonohm équipé d’une prise 230 V (+ 4 prises USB + 1 prise allume-cigare), vous pouvez recharger ou alimenter tous types d’appareils, où vous voulez, quand vous voulez. Le sac Otonohm permet de recharger un ordinateur 2 fois, un smart- phone 8 fois, une tablette 4 fois, mais aussi votre appareil photo, votre console de jeux ou votre GPS. Disponible en deux coloris, à partir de 229 € en exclusivité chez Boulanger. 05Étiquette E-LOSTBAG® L’étiquette E-LOSTBAG permet aux voyageurs d’identifier leurs bagages de manière efficace auprès de tous les acteurs du transport et du voyage grâce à un système de puçage électro- nique. E-LOSTBAG se colle à l’intérieur de la valise, ce qui lui procure l’avantage de ne pas être sou- mise aux éléments extérieurs qui pourraient l’endommager. La marque Lancel a d’ailleurs équipé les valises de sa gamme Explorer de la technologie E-LOSTBAG. Étiquette Garantie 5 ans. À partir de 8,90 € sur http://www.e-lostbag.com 04Voilà !, WISTIKI Le Voilà ! est un tracker Bluetooth Low Energy qui permet de retrouver toutes les affaires du quotidien : sac, clés, voiture… Il n’y a de limite que l’imagination. Grâce à une sonnerie à 90 décibels, une map et un radar chaud/froid, il n’a jamais été aussi facile de retrouver tous ses objets. D’ailleurs, le Voilà ! fonctionne aussi avec le téléphone portable. Créé avec l’aide du designer Philippe Starck, le Voilà ! est disponible en orange, jaune, rose et violet. Prix : 49,90 €. Disponible sur www.wistiki.com, Fnac, Boulanger, Lick, Colette, Système U, Carrefour, Orange, Norauto. 01Tablette Bamboo Folio, Wacom La promesse du bloc-notes intelligent Bamboo Folio ? Vous permettre d’écrire aussi naturellement qu’avec un stylo classique sur n’importe quel papier, puis d’une simple touche, numériser vos notes. Celles-ci sont déplacées vers votre smartphone ou dans le cloud grâce à une application dédiée. Bamboo Folio est proposé au format A4 avec un compartiment pour ranger vos papiers. Disponible en ligne sur la boutique Wacom et dans différents points de vente. Tarif : 199 €. 02Housse Arlequin, BibeliB Chaque housse de valise de la marque française d’accessoires BibeliB est équipée d’un QR code qui l’identifie de manière unique et indissociable. Une fois activée, la housse donne la capacité au personnel aéroportuaire d’identifier aisément votre bagage et de vous prévenir par e-mail/ SMS de sa localisation. Bonus : BibeliB propose une assurance de 500 € en cas de vol de votre bagage. Plusieurs coloris disponibles. À partir de 44,90 €. VTA MAGAZINE 19
  17. 17. DESIGN Les hébergements caribéens se font Tropical Chic Juché sur les hauteurs deTartane, àTrinité, en Martinique, l’hôtelFrenchCoco****secachederrièredespalissades en bois. Une fois les portes passées, il offre un savoureux mélange de luxe créole et de raffinement. Ici, l’esprit design mêle habilement culture créole ancienne et contemporaine, élégance et authenticité. Un mélange audacieux pour un résultat naturel, affirme l’architecte Olivier Compère. « Nous n’imitons pas les styles du passé, mais nous les réinterprétons pour créer un vocabulaire architectural qui nous est propre. » Le parti pris est de lais- ser aisément « entrer la lumière naturelle, ventiler agréa- blement tout en préservant l’intimité, un point important aux Antilles », indique Olivier Compère. Depuis1995,sonagenceatravaillésurdeshébergements bien connus sur l’île : le French Coco, le Plein Soleil*** au François ou le Panoramic*** des Trois-Îlets. Son talent en fait l’une des coqueluches des gérants d’hôtels. Nadège Pellegatta, directrice générale déléguée du French Coco, aremarquéletravaildel’architecteilyaquelquesannées. « J’avais à l’époque été séduite par deux de ses réalisations : le Plein Soleil et le Domaine d’Émeraude du Morne-Rouge », explique celle qui, en faisant appel à Olivier Compère, souhaitait une « proposition architecturale adaptée aux contraintes nombreuses de notre environnement ». Pour elle, l’architecture du French Coco a « étonnamment redonné du souffle au paysage ». À Saint-Barth, la Villa Marie*****, propriété de la famille Sibuet, vient d’ouvrir ses portes et propose 22 bunga- lows et 3 villas. La décoration a été « conçue dans un esprit ethnique et tropical inspiré par le courant Gypset1 pour une ambiance moderne chic », explique Émilie Piriou, en charge de la communication. Bois blanchis et polis par le soleil et les vents tropicaux, lustres en co- quillage, mobilier en bambou, tout a été pensé afin de s’intégrer de manière harmonieuse. « Nous avons puisé dans l’ADN du lieu », souligne Émilie Piriou. LES HÉBERGEMENTS CARIBÉENS SE FONT TROPICAL CHIC Un vent de renouveau souffle depuis quelque temps sur plusieurs struc- tures hôtelières des Antilles. Un style d’architecture et d’aménagement se démarque : le « Tropical Chic » ou « Créole Chic ». Ce courant amène de la sophistication aux codes de la tradition antillaise, il les réécrit. Le TropicalChicjoueaveclestonschaleureux,privilégielesmatièresnobles, revisite le mobilier et séduit par son charme indiscutable. Visite guidée en Martinique et à Saint-Barthélemy. 1 Gypset : contraction de « gypsy » et « jet-set », qui trouve son origine sous la plume de la journaliste américaine Julia Chaplin. C’est elle qui a formalisé et popularisé le style bohème chic appliqué à l’univers de la décoration. VTA MAGAZINE20
  18. 18. DESIGNLes hébergements caribéens se font Tropical Chic Raffinement caribéen, art de vivre français Végétation luxuriante Mobilier en bois Le French Coco en Martinique La nature s’invite dans les chambres de la Villa Marie à Saint-Barth Le restaurant François Plantation, Villa Marie VTA MAGAZINE 21
  19. 19. EVASION Les îles Vierges britanniques Vous pensiez avoir fait le tour des plus beaux spots de la planète ? Sur l’arc antillais de la mer des Caraïbes, entre Puerto Rico et Saint-Martin, les îles Vierges britanniques dé- ploient un archipel constellé de 60 îles et îlots truffés de plages de sable fin, de criques enchanteresses et de terres préservées. La destina- tion rêvée pour les voyageurs en quête de dépaysement et de séré- nité, dans un cadre exceptionnel. La famille Obama en a fait son lieu de vacances après avoir quitté la Mai- son Blanche. Visite. À chaque île sa promesse d’émer- veillement Parmi les 16 îles habitées de l’archipel, l’essentiel de la population se concentre sur Tortola, dans les charmantes maisons aux couleurs pastel de sa capitale, Road Town. Chaque île, petite ou grande, pro- met de nouvelles merveilles : Virgin Gorda et ses blocs de granit — les Baths — au détour desquels surgissent piscines natu- relles et criques intimistes, baignées par une eau bleue comme le ciel. Norman Island — inspiration de Robert Louis Stevenson pour son île au trésor — et ses cavités sous-marines idéales pour les ran- données palmées. Ou Anegada Island, qui protège derrière ses récifs aiguisés la beauté de ses plages de sable blanc et rose, de ses lagons où s’ébattent tortues marines et iguanes antillais, de ses restau- rants où l’on déguste les langoustes les plus savoureuses. Luxe, calme et volupté aux îles Vierges britanniques VTA MAGAZINE22
  20. 20. EVASIONLes îles Vierges britanniques Entre activités et farniente, profi- tez des îles Vierges britanniques En fonction de vos goûts et de vos envies, l’archipel vous propose ses activités de nautisme (yachting, voile), ses excursions en plongée sous-marine et ses balades en bateau. Offrez-vous une séance de far- niente sur la plage d’une île-hôtel, dans les bungalows-suites environnés de na- ture ou dans les guest houses au charme atypique. Facilement accessibles depuis Saint-Martin, à 45 minutes de vol dans un petit avion qui laisse déjà planer un parfum d’exclusivité, les îles Vierges bri- tanniques sont à votre portée. Et si vous profitiez de votre part de Paradis sur mer ? Pour : les amateurs de plongée et de yachting. À faire : nager avec les tortues. Dormir : on se laisse tenter par les tentes luxueuses de l’Anegada Beach Club. Pour les plus exigeants, Guana, une île privée, propose des cottages à flanc de mon- tagne avec vue sur mer. Se déplacer : sur l’eau, le produit phare de la destination est le charter-yacht à privatiser. Sur route, la conduite et le vo- lant sont à gauche. Shopping : le dollar américain est la monnaie locale bien que les îles soient britanniques. Manger : le Tree House, un café au som- met des arbres. VTA MAGAZINE 23

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