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VTAMagazine 2 - Le magazine du tourisme aux Antilles-Guyane

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VTA Magazine (www.veilletourismeantilles.com) est la revue spécialiste du tourisme aux Antilles-Guyane. Chaque semaine, retrouvez le meilleur de l'actualité touristique sur notre site. Chaque trimestre, une version papier de notre magazine est envoyée.
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Publié dans : Voyages
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VTAMagazine 2 - Le magazine du tourisme aux Antilles-Guyane

  1. 1. NUMÉRO 02 • ÉDITION 2017 L’HEURE DU TOURISME RISQUES NATURELS GAËL MUSQUET TIRE LA SONNETTE D’ALARME LOCATION SAISONNIÈRE LES ASTUCES D’UNE PRO DÉCRYPTAGE L’EAU DE COCO SÉDUIT LES FRANÇAIS ÉVASION MONTRÉAL, LA COSMOPOLITE DOSSIER LES DÉFIS DE LA FORMATION EN HÔTELLERIE- RESTAURATION
  2. 2. Chère lectrice, cher lecteur, VTA Magazine est de retour ! Nos objectifs demeurent : vous informer, vous inspirer et vous inciter à innover dans le tou- risme. Ce trimestre, focus sur la for- mation en hôtellerie-res- tauration. Lorsque, sur un poste de manager en cuisine aux Antilles, la majorité des candidatures proviennent de l’hexagone, faut-il s’inquiéter ? Nous avons enquêté sur les groupes de femmes en voyage. Que recherchent-elles ? Notre offre touristique est-elle en mesure de les satisfaire ? Et puis nous avons tiré un signal d’alarme avec Gaël Musquet, spécialiste de la prévention et gestion des risques : en cas de catastrophe naturelle, les acteurs du tourisme sont-ils prêts à évacuer leurs clients ? Découvrez aussi de nouvelles rubriques : une chronique dédiée à la location saisonnière, une étude de cas sur VaïVaï qui démocratise l’eau de coco ou de bonnes pra- tiques pour mieux appréhender leWeb. Enfin, nous vous emmenons à Montréal, LA ville cosmopolite du Québec. Bon voyage ! Madly SCHENIN-KING Directrice de publication ÉDITO SOMMAIRE VITE DIT • Brèves d’actu RADAR • Initiatives d’entrepreneurs TÊTE-À-TÊTE • Gaël Musquet, spécialiste en gestion des risques ENQUÊTE • Copines et sacs à dos, les femmes en voyage LE BON MOT • Vous avez dit Foodporn ? DOSSIER • Hôtellerie-restauration : les Antilles face aux défis de la formation LOCATION SAISONNIÈRE • La chronique d’Anne ETUDE DE CAS • Zoom sur VaïVaï DESIGN • Horizons magnifiques ÉVASION • Montréal, la cosmopolite P04 P05 P08 P12 P14 Directrice de publication : Madly SCHENIN-KING Rédaction : Garance CHERUBINI, Pierre COSTE, Sarah KANGA, Olivier LELARGEDERVAU, Madly SCHENIN-KING Mise en page, infographie : Rebecca’s Graphisme Relecture et correction : Karen Platel - RédacNet Crédits photos : Benjamin BOCCAS, Ludovic CLAIRE, Brian NOCANDY, Alexandre TRITZ, Norwegian Airlines, Tourisme Montréal Impression : Bercy Copie Tirage 1000 exemplaires VTA MAGAZINE Edité par MAJORINE SAS 3, rue Burnouf 75019 PARIS www.veilletourismeantilles.com P16 P20 P22 P24 P26 @VeilleTourismeAntilles @TourismAntilles
  3. 3. VITE DIT • Norwegian Airlines confirme la desserte entre les États-Unis et les Antilles françaises (Martinique, Gua- deloupe) cet hiver. • Le Parc national de Guadeloupe a comptabilisé environ 970 000 visiteurs sur dix ans à la Soufrière. • Condor reconduit ses vols entre l’Allemagne et la Martinique. Les liaisons s’effectueront les samedis de novembre 2017 à avril 2018. La compagnie décollera de Munich au lieu de Francfort. • La Jamaïque examine l’intérêt de promouvoir le cannabis en tant qu’atout touristique pour des visi- teurs en recherche de bien-être. Un groupe de travail devrait être désigné pour proposer des recommanda- tions aux autorités gouvernementales. • La Fédération des Yoles Rondes de Martinique a retenu l’agence ClardioDesign pour l’accompagner dans sa communication digitale pour le Tour 2017. L’évènement est prévu du 30 juillet au 6 août. • La Toubana Hôtel & Spa souhaite obtenir sa 5e étoile. • An Sav Fè Sa a collecté 14 467 € en crowdfunding pour lancer Carter, une application de covoiturage et de Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) en Guadeloupe. • La compagnie aérienne Thomson assure depuis mai des vols entre le Royaume-Uni et Sainte-Lucie et ce, jusqu’à décembre 2017. 9 000 sièges devraient être proposés. • Beyond The Beach a lancé Go Beyond, un nou- veau service d’excursions en minivan de neuf places sur l’ensemble de la Martinique, de jour comme de nuit, avec des circuits prédéfinis ou à la carte. Parmi les thématiques proposées figurent « Au bout de la nuit » en immersion dans la vie nocturne ; « Art et rencontre d’artiste » ou « Pélerinage catholique ». • L’Unesco a publié un rapport sur le tourisme gastro- nomique et ses opportunités pour les destinations. Il est disponible sur le site de l’institution. • VillaVEO a lancé un nouvel outil pour aider les pro- priétaires de biens saisonniers à gérer leurs cautions en ligne : HelloPiggy (http://hellopiggy.io.fr) • Après Le Guide Guadeloupe, Caraïbes Discovery SAS lance l’application Le Guide Martinique, disponible sur iOS et Android. Madly Schenin-King VTA MAGAZINE04 La Toubana Hotel & Spa poursuit sa montée en gamme. Norwegian Airlines continue son développement avec les Antilles françaises. La Fédération des Yoles se met au numérique
  4. 4. RADAR Faire cap vers l’inconnu, c’est aujourd’hui possible avec Cap Mystère ! Cette nouvelle agence de voyages propose à ses clients de partir en séjour à l’aveugle. Il suffit de remplir un formulaire en ligne en indiquant ses goûts et contraintes. Le voyagiste concocte alors la surprise du chef. Expérimentez le Japon différemment. La East Japan Railway Company met en place son hôtel-train, le Train Suite Shiki-shima, qui offre la possi- bilité de partir en croisière ferroviaire. Il suffit de débourser entre 3 000 et 8 500 dollars pour béné- ficier d’une expérience de 4 jours dans cet héber- gement atypique. Partir en voyage avec style, Des-kodes se lance dans le sur-mesure. Pour une durée de 3 jours, l’entreprise loue des valises, compo- sées de vêtements créés par une styliste, suite à une commande émise sur Internet. Le client n’a qu’à réserver, et, à la fin de son séjour, il peut même acheter les habits qu’il a appréciés. Certains rêvent de sortir de prison, d’autres d’y rentrer. En Slovénie, l’hôtel-auberge de jeu- nesse Celica propose de passer une nuit dans une cellule d’une ancienne prison militaire. Situé à Ljubljana près du centre-ville, il a été reconverti en hébergement en 2003. Pour un tarif de 18 à 33 euros la nuit, devenez maître du barreau ! Cohabiter le temps d’un vol, c’est l’idée de la plateforme Wingly qui propose de voler moins cher en coavionnage. Trois possibilités s’offrent à l’utilisateur : un simple tour en avion, une excur- sion pour une journée, ou un aller vers une desti- nation de son choix. Il suffit juste de tomber sur le bon timing. Bon décollage ! The Ride ou le bus d’un genre nouveau. À New- York, les touristes peuvent désormais visiter la ville sous un angle inattendu. Grâce au bus, ils peuvent découvrir Manhattan en restant assis sur un siège qui bouge pour eux, leur faisant admirer la vue. Des installations multimédias sont même prévues, proposant l’ambiance typique de chaque quartier. Pierre Coste VTA MAGAZINE 05
  5. 5. AGENDA OCTOBRE NOVEMBRESEPTEMBRE DÉCEMBRE JANVIER 2018 9 au 13 octobre La State of the Industry Conference de la Caribbean Tourism Organization aura lieu à Grenade. 23 au 27 octobre L’industrie de la croisière se rendra à Mérida (Mexique) pour la conférence annuelle de la Florida-Caribbean Cruise Association. 6 au 8 novembre World Travel Market (WTM) de Londres, rendez-vous professionnel international du tourisme. 18 novembre La Journée Outre-Mer Développement (JOMD) déménage au Palais Bron- gniart à Paris. Tous les ac- teurs économiques d’outre- mer sont attendus : déci- deurs, entrepreneurs, étu- diants, porteurs de projets, parlementaires ou institu- tionnels. Le programme sera disponible sur www.jomd.fr. 28 et 29 novembre Food Hôtel Tech, le 1er sa- lon B2B dédié aux nouvelles technologies de la restau- ration et de l’hôtellerie se tiendra au Paris Event Cen- ter à la Porte de la Villette. Plus d’informations sur www.food-hotel-tech.com. 14 au 24 septembre Le festival culinaire Marti- nique Gourmande (http://martiniquegourmande.ca) revient pour une 10e édi- tion au Canada à Montréal. L’événement est à l’initiative du Comité Martiniquais du Tourisme. 22 au 24 septembre La Fête de la Gastronomie est un évènement natio- nal qui permet aux profes- sionnels de partager leurs talents et savoir-faire, de sensibiliser au choix des produits et à la diversité des terroirs français. 7 décembre L’association Acteurs du Tourisme Durable (ATD) or- ganise à Paris les « Palmes du tourisme durable », une cérémonie visant à récom- penser les acteurs engagés dans une telle démarche. 17 et 18 janvier Museum Connections, une manifestation dédiée au bu- siness des musées et sites culturels. Les rendez-vous des prochains mois VTA MAGAZINE06 Pour faire figurer votre événement dans cet agenda : info@veilletourismeantilles.com
  6. 6. Il est sur tous les fronts et s’arrête rarement. Son expertise en sciences, en cartographie et en gestion de crise est reconnue par les spécialistes en France et dans le monde. En 2015, Gaël Musquet a participé au sauvetage de migrants en Méditerranée. Plus récemment, l’association qu’il préside, HAND (Hackers Against Natural Disas- ters),aprispartàCaribeWave,unexer- cice de simulation de tsunamis mené par l’Unesco et les États de la Caraïbe. Leur défi : mettre en place un système d’alerte des populations en cas de catastrophemajeure,enutilisantlesré- seaux à disposition (radio, hotspots…) pour sauver des vies. Depuis peu, Gaël Musquet est aussi à la tête de sa propre entreprise, CxLinks, Gaël Musquet, « Les professionnels du tourisme ne sont pas prêts face aux risques naturels. » TÊTE-À-TÊTE Gaël Musquet, spécialiste en gestion des risques hébergée par l’Armée de l’air en Nor- mandie. Pourtant, dans l’archipel qui l’a vu naître et grandir, ce Guadelou- péen peine encore à se faire entendre. Quelles seraient les conséquences d’un tsunami en Martinique et en Guadeloupe ? Les scientifiques estiment que 90 000 personnes pourraient être impactées en Guadeloupe et 65 000 en Martinique. Il s’agit de personnes qui vivent, travaillent, transitent à proximité des côtes. Les deux îles pourraient être coupées du monde pendant plusieurs jours. Il faut préparer notre population et apprendre à coopé- rer avec nos voisins directs. Quel rôle le numérique peut-il jouer en cas de catastrophes naturelles ? Le numérique est sous-exploité, mais il est essentiel pour préparer les po- pulations, les alerter et les secourir. VTA MAGAZINE08
  7. 7. Gaël Musquet, spécialiste en gestion des risques Nous sommes aujourd’hui en mesure de photographier et cartographier les côtes avant et après les désastres ; de mettre en place des réseaux de capteurs citoyens pour anticiper et prévenir de l’imminence de crises majeures ou d’uti- liser les réseaux sociaux afin d’éviter les rumeurs. Comment êtes-vous parvenu à mo- biliser des bénévoles pour Caribe Wave ? Yo inmé mwen (rires). C’est loin d’être simple. La délégation était composée de 17 développeurs, vidéastes, d’une journaliste de Libération, d’un logisticien, de spécialistes du mécénat et du finan- cement d’opérations humanitaires, du BTP ou du tourisme. Ce sont des per- sonnes avec lesquelles j’ai l’habitude de travailler ou qui se sont spontanément portées volontaires. D’autres avaient envie de marier leur expertise tech- nique avec un projet porteur de sens en amont des crises. Nous avons aussi pu compter sur le FabLab de Jarry sur place qui avait tout organisé avant notre arrivée. À la fin de cette aventure, nous étions tous satisfaits et émus car tout a bien fonctionné. « Les Antilles françaises manquent d’une vision en termes de numérique et de gestion de la cité. » Comment financez-vous vos initia- tives ? Pour Caribe Wave, nous avions réalisé un crowdfunding en 2016 et avions obtenu 31 000 €. Cette année, nous avons seulement engagé nos fonds personnels et sollicité un crédit auprès de l’association OpenStreetMap. 60 % d’une telle mission part en transport et en hébergement. Nous n’avons jusqu’à présent reçu aucun soutien financier privé, ni de fonds publics. Toutefois, nous avons récemment signé deux conventions avec des entreprises : la CEPAC et la MIAG. Les dirigeants ont adhéré à nos missions, nos valeurs et nos engagements. En arrivant sur place, aviez-vous conscience de l’impact des risques naturels pour le tourisme ? Oui et non. J’avais clairement identifié le processus d’alerte pour les résidents, mais c’était moins vrai pour les touristes. En cela, la diversité des profils de l’équipe qui m’accompagnait a été cruciale. Ce sont eux qui ont mis le doigt sur le sujet. Ils ont contacté des acteurs touristiques, recueilli leurs témoignages et dressé un état des lieux. Qu’a révélé ce travail d’enquête ? Les opérateurs touristiques se désin- téressent du sujet et n’en font pas une priorité. Dès lors que les hébergements sont remplis, que les prestataires ont de la clientèle, tout va bien ! Les professionnels ne communiquent pas sur les risques auprès des touristes et n’ont pas mis en place de mesures d’évacuation. En revanche, les com- pagnies de croisière ont compris les dangers et organisent des exercices impliquant les passagers à bord. « En Guadeloupe, les exer- cices de prévention sont faits du bout des lèvres alors qu’il faut préparer notre population ! » Qu’en est-il des institutions et col- lectivités ? Politiquement, nous ne sommes pas prêts. J’ai souvent le sentiment de ve- nir dans un climat de défiance. Une mission comme Caribe Wave revient à 35-40 000 € : ce n’est rien en comparai- son de certaines festivités ! Nous avons adressé de nombreux courriers aux élus TÊTE-À-TÊTE VTA MAGAZINE 09
  8. 8. Gaël Musquet, spécialiste en gestion des risques et à leurs cabinets, mais les dossiers sont filtrés plutôt que d’être transmis. Je reste optimiste, car les choses évoluent : cer- taines collectivités de Martinique et de Guadeloupe nous ont indiqué leur désir de collaborer. Qu’est-ce qui vous frustre ? Plusieurs choses. On ne cesse de nous répéter que nous sommes des territoires d’expérimentation et d’innovation. La réalité est que nous sommes toujours en queue de comète ! Nous sommes les derniers pour la 4G, pour la 5G, alors que nous avons la possibilité de prendre de l’avance car nous sommes petits ! Il y a matière à expérimenter chez nous et de voir ensuite ces solutions déclinées à grande échelle. Deuxième point : lors de Caribe Wave, nous avons rencontré des élèves à Marie-Galante et quasiment tous vou- laient partir ! J’en avais les larmes aux yeux. Leur lieu de résidence ne les fait plus rêver alors qu’avec une vraie vision, le numérique pourrait permettre de ré- sorber la précarité, de créer des emplois et de faire rester notre jeunesse. Enfin, je suis inaudible en Guadeloupe et ce sont les Américains qui sont prêts à sou- tenir nos actions en payant le matériel, le voyage. « Je voudrais qu’on ait une vraie politique locale, na- tionale, d’expérimentation en matière d’alerte. » N’est-ce pas créer un climat anxio- gène que de rappeler constamment le risque de catastrophe naturelle ? C’est vrai que ce n’est pas simple d’an- noncer aux visiteurs qu’ils vont voyager dans une zone touristique en proie à des risques, mais le faire c’est agir de ma- nière responsable. Pour sauver des vies, il faut connaître les gestes qui sauvent. En Indonésie, la capacité à ré- pondre aux crises est même devenue un argument marke- ting. Certains hôtels sont prêts à évacuer des personnes à mo- bilité réduite ! On en est loin aux Antilles françaises. « Le manque de pré- vention va nous mettredanslamerde en cas de problème : nous aurons des morts et une belle pagaille. » ll vous a déjà été reproché de ne pas résider en Guadeloupe. Envisa- gez-vous de vous y réinstaller ? Oui ! Je me sens pleinement caribéen. Mais si je devais revenir, je préférerais aller dans les îles où l’on déroule un tapis rouge aux scientifiques et aux techni- ciens. Pour l’heure, en Guadeloupe, on nesaitpasrecevoircetypedepersonnes. D’ailleurs, le tourisme scientifique et technique est totalement sous-exploité. Aujourd’hui, je ne crache pas dans la soupe, mais je serais sûrement plus efficace dans les îles voisines. Retrouvez Gaël Musquet Sur Twitter : @RatZillaS Madly Schenin-King TÊTE À TÊTE VTA MAGAZINE10 ILS ONT DIT « La démarche de Gaël nous donne envie de croire en l’Homme et en l’avenir. Le besoin d’engagement collectif est aussi vieux que l’Humanité, Gaël nous dé- montre que les révolutions numériques autorisent des mobilisations que nos es- prits n’ont peut-être pas encore complètement ap- privoisées. » Joël Destom, directeur Outre-Mer AG2R La Mondiale. « Pendant près de 5 ans, j’ai eu le plaisir d’être le patron de Gaël. C’est un « personnage » comme on en rencontre peu. Drôle, en- joué et compétent, il est un moyen de penser toujours « hors de la boîte », d’ima- giner possible ce qui pour- rait paraître impossible. Ces années durant, nous avons développé une véri- table complémentarité faite de respect, de confiance, de complicité heureuse surtout. Une définition de l’amitié en définitive. » Jean-Baptiste Roger, ex-directeur de La Fonderie
  9. 9. WEBL’œil de…Brinowit Qui es-tu ? Brian Nocandy, j’ai 26 ans et j’habite ce mer- veilleux bijou qu’est la Guadeloupe. Quandes-tuarrivésurInstagram? Le 14 janvier 2013. Comment décrirais-tu ton compte ? Il est le reflet de ma réalité artistique. Je publie ce que j’ai vu, ce que j’ai ressenti au moment d’appuyer sur mon déclencheur. Comment trouves-tu tes sujets/lieux à photogra- phier ? Beaucoup de passionnés diraient que c’est ins- tantané et je crois qu’ils ont raison, par exemple, en sil- lonnant la Guadeloupe bien aidé par ma compagne au volant, j’en prends plein les yeux ! Pour prendre la meilleure photo souvenir en Gua- deloupe, tu recommanderais d’aller… C’est difficile de ne choisir qu’un lieu, mais si je dois écouter mon cœur, je dirais que la plage de Grande Anse à Trois- Rivières offre un décor unique avec sa vue panoramique sur l’archipel des Saintes et son sable noir si poétique. L’œil de @brinowit instagram.com/brinowit Pratique C’est une nouvelle fonctionnalité qui devrait réjouir les community managers : il est désormais possible de publier des photos sur son compte Instagram depuis son ordinateur grâce à la version mobile du site Web. Jusque-là, les utilisateurs devaient passer directement par l’application ou par un outil tiers. Une nouvelle option qui devrait faciliter le quoti- dien des Instagrammeurs ! Marketing La Guadeloupe et la Martinique ont chacune lancé leurs jeux-concours permettant aux internautes de gagner des billets d’avion, des séjours à l’hôtel ou des forfaits téléphoniques. VTA MAGAZINE 11
  10. 10. ENQUÊTE Copines et sacs à dos, les femmes en voyage Copines et sacs à dos, les femmes en voyage « Top 5 des destina- tions pour s’éclater entre filles », « Sélec- tion de voyages pour des vacances 100 % féminines ». Sur Inter- net, plusieurs blogs et magazines de tourisme vantent les mérites des voyages non mixtes. Que ce soit entre amies ou avec de parfaites inconnues, qui sont ces femmes adeptes des voyagesengroupe, et comment orga- nisent-ellesleurpériple? Les Antilles sont-elles en mesure de tirer parti de ces nouvelles com- munautés ? « Passionnée de voyages et de décou- vertes des terres éloignées, cherche copine de voyage pour découvrir Zanzibar en août », peut-on lire sur le forum du Rou- tard. Il n’est pas rare de croiser ce genre d’annonce sur les sites de conseils entre voyageurs. Même constat sur Facebook, où l’on trouve plusieurs groupes qui rassemblent des femmes qui n’osent pas partir seules. Leur but ? Trouver la com- pagne de vacances idéale, en postant une petite annonce. « J’ai publié un mes- sage dans un groupe parce que je voulais passer quelques jours au soleil, mais je ne me voyais pas partir seule. Deux filles m’ont répondu, et on s’est arrangées pour partirensemble», confie Leïla, 32 ans, qui vit à Marseille. « C’est original, ça permet de rencontrer des personnes d’autres régions », justifie-t-elle. Convaincue par le concept, elle envisage de repartir l’été prochain, toujours dans un esprit « week-end détente entre filles ». Comme Leïla, elles sont plusieurs à mettre enavantl’argumentsécuritairedu voyage à plusieurs. «Ilyauneffetsécurisantàpar- tir en groupe. Des femmes qui ne seraient pas parties seules se sentent moins vulné- rables en comité. Ça crée une sorte de bar- rière de protection, qui leur permet d’être en confiance », explique Alix Gauthier. Elle a fondé le site Copines de voyage en2015,enpartantd’unsimpleconstat: beaucoup de femmes ne voyagent pas ou plus quand elles se retrouvent seules, notamment celles qui sont céli- bataires ou récemment divorcées. Avec trois amis, Alix a donc imaginé une plateforme qui se chargerait de mettre en relation les voyageuses, regroupées en une grande communauté. Une fois son profil complété, il suffit de s’inscrire sur l’une des formules de voyage tout compris qui sont proposées. À l’image des sites de voyage pour céli- bataires (Les Covoyageurs, Célivacances, Cpournous, etc.), les plateformes en ligne réservées aux femmes ont elles aussi le vent en poupe. Séverine et Christelle, les deux créatrices du blog VTA MAGAZINE12
  11. 11. pays à risque pour des voyageuses », notent Séverine et Christelle. Même constat chez Copines de voyage, où l’on confirme suivre les recommanda- tions du ministère « à la lettre ». Mais, une fois certains pays écartés, le panel reste large. Sur Copines de voyage, on trouve, au choix, Escalade et yoga en Grèce, Break healthy à Montpellier, ou encore Brésil en mode détente. « Les régions incontournables restent tout de même l’Asie (Thaïlande, Sri Lanka, etc.), et, de plus en plus, les îles, comme les Antilles », précise Alix Gauthier. Sur les groupes Facebook, les destinations qui reviennent le plus souvent dans les dis- cussions sont incontestablement les stations balnéaires. Les plages de sable fin auraient-elles la préférence du public féminin ? « Pour se relaxer tout en en prenant plein les yeux, c’est l’idéal », affirme de son côté Sarah. La quadragénaire y a passé une semaine cet hiver, avec cinq de ses amies. « On avait loué un hôtel et une fois sur place, on a fait confiance aux offices de tourisme pour tout ce qui est balades et découverte des plages. » Unetendancequipeineàconvaincre les agences Du côté des tour-opérateurs et agences de tourisme, l’offre de voyages exclusi- vement féminins se fait pourtant assez rare. Seules certaines compagnies pro- posent dans leur panel un séjour 100 % féminin. C’est le cas de France Ecotours, avec son expédition Paris côté femmes, un séjour culturel « alliant détente, ren- contres, culture et plaisir, avec des femmes Évasion entre copines, proposent également de mettre en relation les globe-trotteuses francophones et de les aider à organiser leur périple, gra- tuitement. « Nous proposons des idées de destination mais également des as- tuces et des bons plans », précisent-elles. Sur ces plateformes, contrairement aux groupes Facebook par exemple, les membres sont majoritairement des femmes ayant déjà voyagé, donc plus aguerries et expérimentées. Souvent habituées des voyages en solo, elles se sont laissées tenter par l’expérience du tourisme en groupe. « La majorité de nos inscritesontentre25et35ans.Pourlaplu- part, ce sont des célibataires dont les amis viennent d’avoir des enfants, et qui n’ont plus personne avec qui partir », précise Alix Gauthier. Le hashtag #WomenTravel a été utilisé plus de 33 000 fois sur Instagram. La combinaison « cocotiers et sable fin » séduit toujours Trouver sa ou ses partenaires de voyage n’est pas tout. Encore faut-il choisir la destination et les activités sur place. Quand certaines se contentent des guides généralistes, ne voyant pas de spécificité quelconque à un voyage fémi- nin, d’autres apprécieront des brochures spécialisées, avec une sélection de lieux, hôtels et autres activités. «Lesthématiques bien-être, méditation ou développement personnel sont très demandées », note de son côté Alix Gauthier. Même son de cloche chez Évasion entre copines, où on évoque également un attrait pour « des activités dites plus girly, comme le shopping, le bien-être et des pauses far- niente ». Côté destinations, certaines régions sont-elles à éviter, ou au contraire, à pri- vilégier, lorsqu’on part entre femmes ? « Nous évitons bien évidemment les ENQUÊTECopines et sacs à dos, les femmes en voyage et entre femmes ». Pourtant, la demande est bien réelle, comme le confirme Alix Gauthier : « On ne compte pas moins de 140 000 membres inscrites sur notre site. L’année dernière, nous avons organisé pas moins de 100 voyages, pour à peu près 1 000 participantes. » Aux États-Unis, on estimait en 2014 que les femmes prenaient 80 % des déci- sions liées au voyage. Leurs dépenses touristiques s’éle- vaient à 125 milliards de dollars. (Forbes) Alors qu’outre-Atlantique, l’offre est bien plus développée. Au Canada ou aux États-Unis, par exemple, il n’est pas rare de trouver des agences spéciali- sées dans les voyages entre femmes. En France, la tendance peine encore à séduire les professionnels du tourisme. « Culturellement, c’est plus un phénomène anglo-saxon. Avec l’avènement du wo- men empowerment et l’augmentation de leur pouvoir d’achat, les femmes veulent des offres de services qui leur soient dé- diées, des produits faits par et pour elles. Elles ne veulent plus renoncer à une envie de voyager. En France, on a, pour l’ins- tant, moins cet état d’esprit », analyse Alix Gauthier. Une tendance qui ne de- mande donc qu’à s’inverser. Garance Cherubini VTA MAGAZINE 13 « Nous avons proposé un premier voyage en Martinique qui a bien marché », Alix Gauthier, fondatrice de Copines de Voyage
  12. 12. F LE BON MOT Décryptage d’une expression du tourisme Plus de 124 millions de photos taggées #Foodporn sur Instagram, presque autant sur Twitter… ces chiffres donnent le tournis. Mais qu’est-ce que la #Foodporn et pourquoi est-elle si tendance ? Le principe est simple : faire saliver les internautes amoureux de la bonne bouffe (food) grâce à des photos, jusqu’à produire un sentiment d’excita- tion qui se rapprocherait de celui procuré par l’acte sexuel (porn). C’est provoquer l’orgasme culinaire visuel. À l’heure où la fréquentation des réseaux sociaux atteint des sommets, la tendance #Foodporn ne faiblit pas. Tasty, page Facebook qui rassemble plus de 84 millions de fans, a une devise simple : pro- curer un plaisir intense aux internautes en propo- sant chaque jour des recettes riches et variées. Et ça fonctionne… Chaque vidéo est visionnée plusieurs dizaines de millions de fois ! Certains professionnels de la gastronomie surfent sur le phénomène pour leur marketing. Leurs clichés postés sur Instagram reprennent joyeusement le hashtag #Foodporn, s’assurant ainsi d’une certaine visibilité et de réactions positives. À ce stade, le plat seul ne suffit presque plus : il faut parvenir à le mettre en scène en choisissant le bon angle de vue, le filtre qui soulignera ses couleurs, bref, à le sublimer. D’autres, en revanche, fustigent cette tendance qui, selon eux, tue l’expérience gustative au profit du plaisir des yeux puisque les internautes photogra- phient leurs plats au lieu de les déguster. Rien qui soit en mesure toutefois de stopper l’engouement des #foodlovers. Olivier Lelargdervau comme « foodporn » F VTA MAGAZINE14
  13. 13. Personnel vieillissant, main-d’œuvre non qualifiée, postes vacants… Tels sont les défis auxquels sont confrontés les professionnels de l’hôtellerie-res- tauration aux Antilles. Comment ex- pliquer ce retard ? Quelles solutions sont mises en place ? Enquête. Un manque de renouvellement La formation aux Antilles doit évoluer. Ce constat fait l’unanimité auprès des différents acteurs de l’hôtellerie-restau- ration en Guadeloupe et Martinique. En effet, ces derniers doivent composer au quotidien avec une main-d’œuvre peu qualifiée, âgée, ne leur permettant pas toujours de répondre au niveau d’exi- gence attendu dans les métiers de ser- vice. Pourtant, des formations existent bel et bien dans les DOM-TOM. Les lycées hôteliers sont notamment pré- sents en Guadeloupe, à Saint-Martin, à Marie-Galante ou encore en Martinique. « Ce n’est pas suffisant, il faudrait aller plus loin », explique Michèle Leger, direc- trice des hôtels Karibéa au Gosier. À la tête d’une équipe de 70 salariés per- manents atteignant les 120 personnes durant la haute saison, elle connaît bien les problèmes liés au recrutement sur l’île : « Cela fait de nombreuses années que nous n’avons plus recruté de personnel à Karibéa », confie-t-elle. Elle ajoute : « Il n’y a pas de mobilité aux Antilles. Les salariés restent trop longtemps à leur poste. Quant aux saisonniers, nous faisons toujours appel aux mêmes. » Selon elle, une meil- leure prise en charge des salariés en fin de carrière permettrait de laisser la place à des personnes fraîchement formées. Un avis que partage Brice Dubois. Titulaire d’un MBA en Hospitality HÔTELLERIE - RESTAURATION: les Antilles face aux défis de la formation DOSSIER Hôtellerie-restauration : les Antilles face aux défis de la formation métiers de service n’est d’ailleurs pas toujours bien vécue. Une main-d’œuvre non qualifiée Avec un BTS hôtellerie-restauration, une licence en arts culinaires et arts de la table et un MBA en Hospitality Manage- ment, Brice Dubois le sait, son parcours académique n’a rien de classique aux Antilles : « Rares sont les profes- sionnels à ce niveau de qualification, reconnaît-il. En général, les jeunes for- més s’arrêtent au CAP ou au BTS car rien n’est imposé dans ce secteur. » Le jeune Martiniquais regrette que les emplois d’hôtellerie et de restauration soient trop souvent perçus non comme Management obtenu à Paris, ce jeune Martiniquais a lui aussi dû faire face à ces problématiques en tant que direc- teur de salle au Bakoua (Martinique) : « Dès ma prise de poste, je me suis retrou- vé face à un personnel vieillissant recruté dans les 1960-1970 au comportement dé- sinvolte et qui attendait surtout le départ à la retraite », rapporte-t-il. Pour lui, le re- nouvellement est une nécessité, même s’il souligne la difficulté de remercier des employés en CDI majoritairement syndiqués. Pour ces derniers, l’arrivée d’une nouvelle génération à des postes fonctionnels qui amène avec elle une nouvelle vision du management et des VTA MAGAZINE16 Le RSMA de Martinique offre une formation de qualité et sans pré-requis, le passage du permis B, le tout logé nourri et rémunéré.
  14. 14. DOSSIERHôtellerie-restauration : les Antilles face aux défis de la formation une réelle vocation mais comme une voie de garage pour des personnes en échec professionnel. Une absence de vocation qui complique le recrutement à des postes de direction. « Dans de nombreux établissements, nous sommes face à un personnel volontaire mais non qualifié, y compris dans les hôtels haut de gamme où il y a un important turn-over aux postes opérationnels et encore plus de vacance aux postes fonctionnels. » Il n’est donc pas rare de voir s’enchaîner les petits CDD de 3 mois recrutés en urgence. Une main-d’œuvre démobili- sée donnant une impression d’amateu- risme et pesant parfois à la baisse sur les notes des établissements sur Internet. De son côté, Arnaud Bloquel, chef et gérant du restaurant L’Orchidea en Guadeloupe, est plus nuancé. Le res- taurateur est membre du jury des BEP, des Bac Pro et des BTS Option Tourisme. Il accueille aussi des étudiants en for- mation. « 90 % des élèves sont conscients que la restauration est un beau métier », insiste-t-il. « Les autres sont avant tout poussés par leurs parents ou choisissent la filière par dépit. » Quid de la formation aux Antilles Les programmes de formation propo- sés par les différents lycées hôteliers présents en Martinique et en Gua- deloupe ne permettent pas toujours de faire face à ces problèmes de pro- fessionnalisation de la main-d’œuvre. « Les lycées hôteliers s’ar- rêtent au Bac Pro et au BTS. » Nous avons besoin d’une école internationale comme on en trouve à la Réunion afin d’aller plus loin dans la formation et de proposer le niveau master », Michèle Léger, directrice Hôtel Kari- bea Gosier*** Pour Stéphane Jules, directeur régio- nal de Pôle Emploi Guadeloupe, ce qui manque à la formation aux Antilles, c’est une plus grande personnalisation. Selon lui, l’apprentissage reste trop gé- nérique et ne répond pas encore assez aux besoins spécifiques des territoires. « Nous avons besoin de formations plus courtes, plus adaptées et disposant d’un label de qualité », explique-t-il. « Il faut en recréer de nouvelles avec par exemple 500 heures en cuisine et davantage de spécialités. Cela ne se fait pas actuellement alorsqu’ilyaunetrèsfortedemandedansce domaine sur l’île. » (259 postes à pourvoir en Guadeloupe). Pour Pôle Emploi Gua- deloupe,c’esttoutlesecteurqu’ilconvient devaloriserens’appuyantnotammentsur les branches professionnelles et le Medef. L’ objectif : mieux faire connaître ces mé- tiers et les valoriser en donnant la parole à leurs principaux acteurs. Pour Brice Dubois, cela passe aussi par de la pédagogie afin de réhabiliter la notion de service. En effet, celle-ci agit encore comme un repoussoir dans une région où elle est souvent assimilée à de la servitude en raison du poids de l’histoire. « Il faut montrer aux jeunes que ces métiers correspondent à un certain art et peuvent être une affaire de passionnés, soutient Brice. C’est aussi l’occasion de faire découvrir sa culture », renforce-t-il. Le jeune homme veut croire à une évolu- tion des mentalités, notamment grâce à la popularité d’émissions culinaires telles que « Top Chef » qui servent de caisse de résonance à ces filières. VTA MAGAZINE 17 BRICE DUBOIS - Diplômé en Hospitality Management de l’ESC La Rochelle, il a choisi de revenir dans le bassin caribéen il y a trois ans.
  15. 15. DOSSIER Hôtellerie-restauration : les Antilles face aux défis de la formation L’UMIH972 au secours de la for- mation Pour pallier le manque de profession- nalisation, l’UMIH, syndicat patronal majoritaire dans la filière Cafés-Hôtel- lerie-Restauration, a créé un centre de formation professionnelle pour adultes. Une démarche d’autant plus impor- tante que pour Catherine Gombart, la responsable formation de l’UMIH972, les personnes qui travaillent sur ce sec- teur d’activité « doivent être le reflet de l’image que le touriste va ramener chez lui du pays ». Cet organisme permet à des salariés non qualifiés de monter en compé- tences via des formations certifiantes, pratiques, courtes et intensives, dispen- sées en dehors des heures de travail. « Beaucoup d’entreprises du secteur font appel à nous pour former leur personnel, explique la responsable. Nous essayons de travailler avec les lycées de Bellefontaine et du François sur l’amélioration constante des programmes pour les faire évoluer », ajoute-t-elle. Certains professionnels n’hésitentpasàfaireappelàl’UMIHpour inciter les jeunes partis dans l’hexagone à revenir travailler en Martinique. L’organisme revendique un taux d’inté- gration à l’emploi à un mois de la forma- tion de 100 %. Même ambition du côté du RSMAM (Régiment du service militaire adapté de la Martinique). Lui aussi œuvre — mais dans un contexte militarisé cette fois — pour l’insertion des jeunes en décrochage par le biais de formations certifiantes allant jusqu’à l’équivalent du bac +5. L’organisme affiche un taux d’insertion de près de 70 %. La formation d’adultes en reconversion est un bon moyen de répondre au manque de main-d’œuvre opération- nelle et efficace selon Brice Dubois. Toutefois, ce dernier regrette que ces formations pratiques ne permettent pas de répondre à la carence des postes de gestion et de direction qui néces- sitent pour leur part un niveau de for- mation absent dans les îles. Antilles-Hexagone : une formation à double vitesse ? Ces problèmes liés à la formation sont- ils spécifiques aux territoires ? PourVéro- nique Bidault des Chaumes, présidente de l’UMIH972, cela ne fait aucun doute. « Le catalogue proposé dans l’hexagone compte plus d’une trentaine de formations alors qu’ici nous n’en aurons que 10 tout au plus», fustige-t-elle. La présidente se bat pour avoir les mêmes formations et les mêmes prises en charge que de l’autre côté de l’Atlantique. « Actuellement, la formation est prise en charge à 100 % dans le cas d’une entreprise de moins de 50 salariés et à 50 % si elle a plus de 50 salariés, pourquoi cette diffé- rence ? », Véronique Bidault des Chaumes, Présidente UMIH972 et hôtel La Page- rie****.» Et d’ajouter : « Les grands hôtels ont du personnel âgé et non qualifié qu’il faut for- mer absolument pour assurer l’accueil et une bonne commercialisation des établis- sements. Mais comment faire s’ils doivent prendre la moitié en charge et faire face à leurs dettes fiscales et sociales ? » Cette dépendance vis-à-vis du conti- nent dans le recrutement de personnes plus qualifiées n’est pas sans susciter quelques mécontentements chez les professionnels locaux. Ces derniers dé- noncent une main-d’œuvre souvent inadaptée au management culturel. C’est ce à quoi se trouve confrontée Michèle Léger, la directrice de Karibéa. Actuellement à la recherche d’un cuisi- nier exécutif, les réponses à son annonce proviennent à 95 % de l’hexagone. Malgré une volonté affichée de recruter des personnes for- mées sur place, la réalité du terrain finit souvent par s’im- poser. Pour Brice Dubois, ce qui rend la VTA MAGAZINE18 Le RSMA dispose de son propre restaurant d’application : Kay Nemo.
  16. 16. formation outre-atlantique plus at- tractive, c’est entre autres la mobilité qui manque cruellement au bassin caribéen : « Lorsque l’on rentre dans un groupe comme Accor dans l’Hexagone, on a la possibilité d’évoluer dans différents établissements du groupe et de découvrir des environnements variés. Ici, c’est beau- coup plus limité », regrette-t-il. Pour le professionnel, ce qu’il faut, c’est coopé- rer avec les îles voisines (Sainte-Lucie, Barbade, etc.) afin d’acquérir une ex- périence supplémentaire à des postes opérationnels, en cuisine et en salle, et découvrir d’autres cultures. À condition toutefois de maîtriser la langue. Fixer les diplômés sur les territoires Pour Stéphane Jules, augmenter le nombre de demandeurs d’emplois for- més, c’est d’abord valoriser le secteur et offrir de réelles perspectives. S’il perçoit la saisonnalité du secteur comme un gage de souplesse pour les entreprises et l’occasion de monter en compétences pour les employés, le directeur penche toutefois pour un encadrement de ce type de recrutement qui représente ac- tuellement 85,9 % des offres d’emploi dans l’hôtellerie en Guadeloupe : « Nous faisons encore trop appel aux saisonniers, admet-il. Il faut mettre en place des forma- tions pour inverser cette tendance via des écoles d’hôtellerie. » 85,9 % des offres d’emploi dans l’hôtellerie en Guade- loupeconcernentdescontrats saisonniers. Offrir davantage de perspectives, c’est aussi l’avis de Brice Dubois. Pour lui, l’hexagone avec ses nombreuses offres d’emploi, ses conditions de travail meil- leures, ses salaires et sa grande mobilité reste un pôle d’attraction majeur. Est-ce la raison pour laquelle près de 60 % des élèves de l’école hôtelière du Gosier en Guadeloupe quittent l’île après leur for- mation ? « Globalement, il y a plus de per- sonnes qui choisissent de rester plutôt que de partir après leur formation », assure Stéphane Jules. Pour le directeur régional de Pôle Emploi, il ne s’agit ni de l’empêcher ni de le pro- voquer. « Le fait de partir n’est pas forcé- ment négatif. Nous avons des bourses pour les jeunes qui leur permettent de se former à l’étranger et de revenir en Guade- loupe plus riches. » STÉPHAN JULES directeur régional de Pôle Emploi Guadeloupe « La question n’est pas de savoir si nos jeunes partent, mais qu’est-ce qu’on fait concrè- tement pour les faire rester. Au-delà des problématiques inhérentes au secteur, s’ils ont des perspectives et qu’ils sont formés, ils resteront. » Un emploi à la clef à la fin de leurs études, Michèle Leger en est convaincue, c’est de cette manière seulement que l’on endi- guera le départ des jeunes diplômés hors des DOM-TOM. Pour Brice Dubois, cela passe aussi par une place plus grande accordée à la dimension internationale de la formation et à la transmission de la culture antillaise. Le spécialiste du ma- nagement en hôtellerie relève d’ailleurs une évolution de la formation depuis 2004 via une plus grande implication des élèves dans la vie des entreprises. Après une période de déclin, le rebond que connaît le parc hôtelier avec des établissements plus haut de gamme et l’arrivée de la restauration rapide consti- tue selon lui une belle opportunité pour l’avenir. « Avec le renouvellement de génération et la contribu- tion des personnes formées à l’étranger, les choses vont évoluer ; c’est une question de temps. » Sarah Kanga DOSSIERHôtellerie-restauration : les Antilles face aux défis de la formation VTA MAGAZINE 19 Caporal-Chef Kévin Julian du RSMA de Martinique Le jeune homme a débuté comme Volon- taire-Stagiaire en 2014. Son souhait initial était de suivre une formation de qualité en restauration tout en restant sur l’île. Il est depuis 2016 Caporal-Chef, le plus haut grade de la catégorie des militaires du rang au sein des Armées. Kévin Julian est également Aide-Moniteur dans la section de formation aux métiers de la restaura- tion et projette de devenir Sous-Officier dans ce même domaine.
  17. 17. « Si vous proposez un apparte- ment, un gîte ou une villa, vous êtes sûrement obsédé par une question : comment se différencier dans un secteur, certes en crois- sance, mais où les acteurs se livrent une guerre économique sévère ? » Pour cette première chronique, attar- dons-nous sur le bien lui-même. Soyons clairs : même en vacances, où repos, dépaysement et farniente sont les maîtres mots, certains tou- ristes acceptent difficilement de ne pas disposer de la même qualité de confort et d’équipement que chez eux. C’est d’autant plus vrai, si on cible une clientèle premium. Direction la cuisine. Imaginez que votre client voyage avec son propre cuisinier (eh oui !) ou décide de s’offrir, le temps d’une soirée, les services d’un chef privé. Il faut, dans les deux cas, mettre à disposition des us- tensiles ainsi qu’une vaisselle ap- propriés pour des repas soignés : verres à vin, coupes à champagne, seau, couteaux à poisson, à huître, plats de cuisson et de service de différentes tailles. Ils sont probable- ment amateurs de langoustes : une grande marmite/un fait-tout propre feront l’affaire ou un barbecue. Passons à la chambre : inutile de four- nir des couettes aux Antilles, n’est-ce pas ? Détrompez-vous ! La clien- tèle nord-américaine préfère dor- mir avec la climatisation à 18°C, à l’abri sous une couette. Dans votre descriptif, vous avancez « Villa idéale pour des vacances en fa- mille ». Et voici toute une petite tribu qui réserve chez vous. L’équipementélectroniquedubien doit être moderne, au goût du jour et en parfait état. Le wifi ? Efficace depuis tous les espaces intérieurs et extérieurs sans exception. Gar- dez à l’esprit que, de nos jours, pour beaucoup, il est primordial, même en vacances, de lire ses e-mails professionnels au quotidien. Nos jeunes générations, quant à elles, ne peuvent plus vivre « déconnectées ». Vos clients veulent boire leur plan- teur au bord de la piscine ? Excellente idée surtout avec de la musique ! Ins- tallez un système son adapté, sans oublier les télévisions connectées et la domotique. Enfin, faites tout pour que vos invités La chronique d’Anne VTA MAGAZINE20 LA CHRONIQUE D’ANNE Proposez un équipement complet aux voyageurs ! LOCATION SAISONNIÈRE Anne Peuchot a été pendant cinq ans res- ponsable des loca- tions saisonnières au sein d’une agence im- mobilière de renom à Saint-Barthélemy. Son expérience lui permet de maîtriser les attentes des tou- ristes qui choisissent la location saisonnière, particulièrement sur le segment du luxe et du haut de gamme. Elle partage ses con- seils et astuces pour satisfaire les visiteurs. se sentent rapidement à l’aise dans leur maison de vacances. Prévoyez no- tamment des interrupteurs gravés, des manuels d’utilisation en français et en anglais pour le matériel électro- nique, une signalétique à l’entrée de la villa, une fiche propre et mise à jour de tous les contacts utiles. Soyez ex- haustif et aidez-vous d’une check-list pièce par pièce. Misez sur la qualité et montrez au client qu’il mérite ce qu’il y a de mieux ! J’espère que ces conseils vous seront utiles. Au plaisir de vous retrouver dans la prochaine édition ! Mon conseil : outre les « basiques » indispensables, pensez à un équipement complet, qui réponde à toutes les situations. Mon astuce : adaptez l’équipement à l’argumentaire en propo- sant des jeux de société, des jeux de plage ou de piscine.
  18. 18. Jouer la carte du 100% naturel « Nos produits sont certifiés sans ajout de sucres, de conservateurs, ou de vitamine C. Contrairement à d’autres marques, on mise tout sur l’authenticité, en conser- vant un ingrédient 100 % naturel. » Zoom sur VaïVaï Les cocotiers sont incontournables aux Antilles. Mais a-t-on pris la pleine mesure de leur potentiel ? En eau, en huile ou en lait, la noix de coco est depuis quelques années la star des recettes et blogs beauté. Depuis 2010, la marque parisienne VaïVaï, fondée par deux amis, surfe sur la popularité de ce fruit aux multiples vertus. Comment rend-elle le coco et ses produits dérivés à la mode ? Décryptage. COMMENT L’ENTREPRISE VAÏVAÏ REND-ELLE LA NOIX DE COCO SEXY ? ÉTUDE DE CAS Des produits innovants et intrigants ! « Chez VaïVaï, notre but c’est de faire connaître le coco, qui est un produit génial, et les bienfaits qui vont avec », explique Gaétan Lédric, directeur général et cofondateur de la marque. L’eau de coco reste encore un produit assez confidentiel : en 2015, moins de 1% des foyers français en avaient acheté une fois dans l’année. Mais ce chiffre a triplé en 2016, preuve que la boisson fait des adeptes ! Cultiver l’esprit « vacances » « La pépite de notre marque, c’est l’eau de coco. On s’est dit que c’était un produit unique, qu’il fallait faire découvrir aux Français, note le cofon- dateur. Quand on en parle, on pense tout de suite au coup de machette pour ouvrir la noix, à la paille plantée dedans, etc. C’est la boisson qu’on boit sur la plage, qui garde un esprit de va- cances. » Un nom et un emballage qui se démarquent Difficile de passer à côté des produits VaïVaï dans les rayons. Les briques colo- rées d’eau de coco, au for- mat de poche, attirent l’œil des consommateurs. Quant au nom de la marque, il signifie « Vas-y vas-y », en brésilien. « C’était le nom de l’école de salsa en bas de ma rue lorsque j’habi- tais au Brésil, le pays où j’ai découvert l’eau de coco », explique Gaétan Lédric. Et pour l’anecdote, « vaï » veut aussi dire « eau » en tahitien ! VTA MAGAZINE22
  19. 19. Une eau pour les sportifs Plusieurs études présentent l’eau de coco comme une bonne boisson pour les sportifs. « Elle est parfaite pour la récupération après l’effort. C’est une alternative naturelle aux boissons sportives, saine et hydratante », confirme Gaétan Lédric. Des produits bons et sains « L’eau de coco peut être une bonne alter- native aux jus de fruits ou boissons sucrées artificiellement », note Gaétan Lédric. Elle est d’ailleurs disponible en saveur fruit de la passion, mangue, fraise ou encore menthe et citron. De même, les pétales de coco croustillants sont parfaits pour un snack sain et naturel, à grignoter dans la journée. ÉTUDE DE CASZoom sur VaïVaï VTA MAGAZINE 23 Des partenariats à gogo Pour se faire connaître, VaïVaï organise régulièrement des évènements dans des concept-stores, des distri- butions gratuites, ou des partenariats. Depuis mars 2016, par exemple, l’association Enfants sans fron- tières, qui lutte en faveur de l’éducation des enfants défavorisés, figure sur les packagings des produits. Miser sur le bio L’eau de coco VaïVaï va se décliner en bio, tout comme l’huile vierge, déjà commercialisée. De quoi séduire de nouveaux consommateurs, « notamment les jeunes urbains, sensibles à l’environnement et ancrés dans la tendance du healthy ». Un ambassadeur d’envergure En 2015, un contrat avec le tennisman Gaël Monfils a été passé, pour qu’il de- vienne ambassadeur de la marque. « On a tout de suite vu qu’il collait à VaïVaï et à notre philosophie. Cette collabora- tion nous permet de mieux nous faire connaître du public. »
  20. 20. DESIGN Horizons magnifiques À PERTE DE VUE Ces établissements ont magnifié leur localisation pour en faireunatouttouristique.Leregards’étire,tâtonne,cherche l’horizon et finalement apprécie ce qu’il découvre. VTA MAGAZINE24 Apolline, Martinique Cet « hôtel particulier créole » offre un panorama somptueux de la baie de Fort-de-France. Apolline présente un mélange subtil d’élégance et de mo- dernité empreint d’une forte identité créole. Un service discret et une gastronomie locale savou- reuse font de ce lieu magique un havre de paix. Jade Mountain, Sainte-Lucie Une architecture organique qui se fond dans le paysage, un design en harmonie avec la nature et la flore caribéenne : un défi remporté haut la main par l’architecte des lieux, Nick Troubetzkoy. Cet hôtel de luxe et ses nombreuses piscines à débordement livrent une vue imprenable sur les pitons de la Soufrière et la mer des Caraïbes. Le Jade Mountain est l’endroit idéal pour profiter du spa ou siroter un cocktail en admirant la beauté incontestable de cette merveilleuse île.
  21. 21. DESIGNHorizons magnifiques VTA MAGAZINE 25 Hôtel Bois Joli, Guadeloupe (Les Saintes) Les adeptes d’eau turquoise et de farniente sur la plage sont servis. L’hôtel Bois Joli offre à ses vacanciers le cadeau de se réveiller tous les matins avec une vue à couper le souffle sur le Pain de Sucre et la baie des Saintes, paraît-il la troisième plus belle du monde. Pour les plus sportifs, les trésors des fonds marins sont à portée de palme… P’tit Morne, St-Barth Perché sur son morne, cet hôtel de charme est un véri- table refuge de sérénité. Les 15 studios équipés et amé- nagés avec goût offrent une intimité appréciée, mais aussi et surtout un paysage splendide sur les baies de Petite Anse et de Flamands. L’accueil chaleureux et la magnifique piscine font du P’tit Morne un petit coin de paradis pour les amoureux de la tranquillité. Bonus : les tarifs sont accessibles. Ecolodge Caïman, Guyane Si vous n’êtes pas férus d’expé- riences insolites, passez votre chemin ou tournez la page. JAL Voyages offre une immersion en plein cœur des marais de Kaw- Roura à bord de lodges flottants : chambre simple ou double, bar à cocktails et deck en bois garan- tissent un confort agréable. Une occasion unique de dormir entou- ré de caïmans noirs, hérons cocoï ou autres singes hurleurs et de se réveiller dans un hamac au beau milieu d’un décor stupéfiant.
  22. 22. ÉVASION Montréal, la cosmopolite Une pointe d’accent québécois, une pincée d’ailleurs, et voici Montréal ! Au Canada, tout près de la frontière américaine, la principale métropole du Québec sait atti- rer les touristes. Célèbre pour ses monu- ments éclectiques et sa mixité culturelle, cette ville cosmopolite a façonné son histoire aux côtés de différents pays : la France, le Royaume-Uni, ou encore les États-Unis. Ses habitants, originaires de nombreuses régions, portent en eux le témoignage du melting-pot à la cana- dienne : celui d’une ville historique et de son brassage culturel. De l’histoire au brassage culturel : Montréal ou la ville aux multiples visages VTA MAGAZINE26 Un mix architectural Montréal revendique une identité multiple. Aujourd’hui québécoise et canadienne, la ville s’est construite sur de nombreuses civilisations. Le récent Quartier des spectacles re- groupe institutions culturelles et lieux d’exposition. Le Vieux-Montréal, lui, permet de remonter dans le temps : on y admire la chapelle Notre-Dame- de-Bon-Secours ou les fortifications bâties par les Français.
  23. 23. EVASIONMontréal, la cosmopolite VTA MAGAZINE 27 Un spectacle : le spectacle son et lumière « Aura » qui illumine la basilique Notre-Dame à l’occasion du 375e anniversaire de la ville. Particularité : à la fois festive et cultu- relle, Montréal montre un visage différent à chaque saison. En été, les parcs sont pris d’assaut et les familles apprécient les activi- tés nautiques. En hiver, enfilez vos patins à glace ! À faire : le Mont-Royal (le Central Park de Montréal) ou le canal de Lachine. « Wouaw » : la tyrolienne Montréal Zipline. Lieu atypique : le pont Jacques Cartier et son illumination interactive. Que manger : la viande de bœuf fumée, smoked meat, ou les bagels. À savoir : le français est la langue officielle, mais il n’est pas rare qu’à l’entrée d’un ma- gasin, le vendeur vous accueille aussi en an- glais. Les bons plans de… Catherine Morellon Gestionnaire médias et marché agrément chez Tourisme Montréal, elle est d’origine mar- tiniquaise et vit à Montréal depuis 10 ans Le mélange des cultures La ville attire les étrangers. Sans surprise, de nombreux étudiants choisissent chaque an- née de s’y installer. Au nord, se trouvent le quartier chinois ou le Montréal haïtien. Le quartier du Plateau Mont-Royal est assidû- ment fréquenté par les Français

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