La mémoire jacques heurtier

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La mémoire jacques heurtier

  1. 1. CONFORT COGNITIF ET ERREURS DE JUGEMENT« Tout le monde se plaint de sa mémoire et personne ne se plaintde son jugement »La Rochefoucauld disait cela en son temps et comme la plupart deses maximes, cela reste dans l’air du temps.Quels sont donc les liens qui unissent les fonctions de la mémoire etcelle du jugement ?Tel est l’enjeu de cette conférence : clarifier les liens et apporter deséléments de réponse à la question : pourquoi commet-on tantd’erreurs de jugement ?1- attention et mémorisation2- impact de l’attention sur l’humeur3 - l’enregistrement inconscient4- inconvénients de la mémoire à court terme1 Que sont les sciences cognitives :Elles regroupent un ensemble de disciplines scientifiques dédiées àlétude et la compréhension des mécanismes de la pensée humaine,animale ou artificielle, et plus généralement de tout système cognitif,cest-à-dire tout système complexe de traitement de linformationcapable dacquérir, conserver, utiliser et transmettre desconnaissances.PARTIE 1 : La mémoire et l’âge.Notre mémoire fonctionne avec de petites cellules appelées neurones,cellules de Schwann et de la névroglie. Nous en possédons environ140 milliards en fin de croissance. A cela s’ajoute les nombreusesconnexions qui se créent chaque jour entre les cellules.
  2. 2. Chaque jour, un individu en bonne santé perd environ 100.000neurones. Bien sûr ce résultat s’accroît en cas de consommation deproduits illicites (crack, héroïne, …)Donc, combien de neurones restera-t-il à quelqu’un de 100 ans, si il ouelle perd 100 000 neurones par jour ?… »« Eh bien il lui en restera plus de 100 milliards…c’est-à-diresuffisamment pour apprendre une encyclopédie en 50 volumes parcœur...Tout cela nous indique que, contrairement à une idée répandue dansle grand public, la perte neuronale liée à l’âge n’altère pas lefonctionnement biologique de la mémoire. Sauf cas de pathologiesdiverses dont les pathologies neuro-dégénératives. »« La deuxième question est la suivante : quel est l’âge de la meilleuremémoire : 20 ans, 40 ans, 60 ans ? »« La réponse est 60 ans, a contrario des idées reçues. Alors pourquoi ?Eh bien parce que c’est à 60 ans que nous avons enregistré le plus dechoses, d’une part. Donc, à 60 ans, on sait plus de choses qu’à 40 ou20.D’autre part, à 60 ans on sait mieux gérer ses émotions qu’a 20 ou 40.Ces deux faits cumulés font généralement qu’à 60 ans on optimisemieux sa mémoire et d’une façon générale l’utilisation de son cerveaumême si, parfois, la perte d’une activité professionnelle peut mettrece processus entre parenthèses. C’est la raison pour laquelle, onconfie généralement les grandes responsabilités politiques,économiques et sociales à des gens de cet âge. »« La troisième question est : utilise-t-on 10%, 25% ou plus de soncerveau ? »
  3. 3. « La réponse est simple depuis que l’homme a inventé les IRM et lesscanners : on utilise 100% de son cerveau. »Pour bien mémoriser, il vaut mieux être attentif. Or on n’a pas lemême niveau d’attention selon qu’on regarde un sitcom à la TV ouque l’on participe à une réunion importante.*Effectivement, la nature nous a dotés de 3 niveaux d’attention quenous utilisons quotidiennement dans notre vie personnelle etprofessionnelle en fonction de ce que nous avons à faire.Le niveau le plus bas, le niveau 1 – N1– est le niveau le plus faible,celui qui est utilisé lorsque nous accomplissons des actes routiniers(faire le ménage, les courses, regarder la TV, bref toutes les activitésque nous maîtrisons bien sans avoir besoin d’y réfléchir.)Le second niveau d’attention, le niveau 2 – N2 – est celui que nousutilisons quand nous avons plusieurs choses à faire ou à penser enmême temps. C’est très souvent le cas.Prenons un exemple : 3 personnes regardent la vitrine d’une boutiqueet sont très intéressées par les articles. Au même moment ellesentendent « au voleur », se retournent et voient une silhouette passerà toute allure. Lorsque la police arrive, elle ont du mal à faire unedescription. Mais si quelques minutes avant, on les avait prévenuesqu’un voleur allait passer et qu’il faudrait le décrire, alors ellesn’auraient eu aucun mal à faire une description….Le troisième niveau est le niveau de concentration le plus élevé : leniveau 3- N3) – c’est celui que nous avons, par exemple, au coursd’un stage de formation (intéressant).Ces trois niveaux, 1, 2 et 3, influent sur la mémoire et aussi sur lescomportements
  4. 4. La nature faisant bien les choses, pour chaque niveau d’attention,nous avons une conduite mnémonique, c’est à dire une façon de noussouvenir.Pour le niveau d’attention le plus bas N1, note façon de nous souvenir,notre conduite mnémonique, est la reconnaissance. R1La reconnaissance, comme son nom l’indique est le fait de reconnaîtreun événement, une information qui s’est produite dans un passérécent ou ancien. « Si je dis à quelqu’un : - Votre prénom c’est Amélie ou Hortense ?- jelui pose une question de reconnaissance puisque cette personne doitreconnaître parmi ces 2 choix quel est son prénom. »La reconnaissance est une fonction essentielle mais un peuméconnue de la mémoire. En effet, cette fonction nous permet àtout moment de savoir où nous sommes et ce que nous faisons. Parexemple, ce stylo que je tiens entre les mains, en un millionième deseconde mon cerveau l’a reconnu. Si cette fonction estendommagée, je vais avoir entre les mains un objet qui m’estfamilier mais dont je ne sais plus le nom ou je vais passer devantune maison qui me « dit quelque chose » sans me souvenir que c’estla mienne. C’est le cas dans la maladie d’Alzheimer.Pour le niveau médian, (niveau 2), notre façon de nous souvenir serala reconstruction R2.La reconstruction est le fait de se souvenir avec un indice.Par exemple, voir une brosse à dents peut rappeler un rendez-vouschez le dentiste. »Donc, si je dis à un(e) patient(e) – Citez-moi un prénom féminincommençant par C ? – C’est une question de reconstruction car il (elle)
  5. 5. doit trouver un prénom – Christine, Colette,…- à partir d’un indice, lalettre C.Pour le niveau 3, notre façon de nous souvenir, notre conduitemnémonique est le rappel R3 -Le rappel est une façon de se souvenir spontanément, sans indices,parce que le niveau d’attention (ou de concentration) était élevé. « Donc si je pose la question – quelle est la capitale de l’Angleterre ?-il s’agit d’une question de rappel.En résumé, je dirais que l’être humain possède 3 niveau d’attention,du plus bas au plus haut, et que pour chaque niveau, il y a une façonde mémoriser.Donc, si l’on demande à une patiente – Quel est le nom du premierMinistre? – il s’agit bien d’une question de rappel.« Mais si je me demande quel est le niveau d’attention des patient(e)sdevant la TV, c’est plutôt un niveau d’attention faible N1.On devrait donc leur poser une question de reconnaissance. (EX / Lepremier Ministre s’appelle François Fillon ou Nicolas Sarkozy ?)Les niveaux d’attention, N1, N2 et N3 dans la vie courante sedistribuent par tiers : c’est-à-dire que les gens sont généralement auniveau 1 : 33% de leur temps, au niveau 2 : 33% et au niveau 3 :33%. »
  6. 6. Présentation des 3 mémoires (instantanée, à court terme et à longterme).Un des aspects de la mémoire s’appelle la mémoire instantanée.La mémoire instantanée est une faculté dont dispose chaque individu.Elle permet de se souvenir pendant quelques secondes (en généraljusqu’à 7) d’informations que l’on vient d’enregistrer.C’est elle qui permet par exemple à quelqu’un de chercher unnuméro de téléphone sur l’annuaire, puis de le composer sansregarder.En revanche si quelqu’un entre dans la pièce et pose une questionpendant que l’on compose le numéro, il va être oublié. La nouvelleinformation effacera l’ancienne.Donc l’efficacité de la mémoire instantanée est conditionnée par letemps (maxi 7 secondes) et par l’environnement (ne pas êtredérangé).EXEMPLE :Une jeune femme décide de nettoyer la salle de bains. Elle prend sonseau, son détergent et se dirige dans cette pièce. Dans le couloir ellecroise sa fille qui lui demande : Maman, où sont mes pantoufles…Elle répond : Je ne sais pas, peut être sous ton lit…Quand elle arrive dans la salle de bains, elle se dit j’ai oublié quelquechose, mais quoi ?…
  7. 7. Elle repart dans la cuisine et là, hop, ça lui revient : le balai brossedans le garage.Dans le couloir, elle se disait qu’il fallait aussi penser au balai-brosse.Mais, la question de la fillette lui a fait oublier.C’est ainsi que fonctionne la mémoire instantanée : elle enregistre etoublie aussi tôt (sauf si c’est très important). Et heureusement, carque serait la vie si nous retenions tout ? Y compris les plaquesminéralogiques des voitures que nous avons croisées en allant autravail.La mémoire à court terme :Si la mémoire instantanée ne s’exerce que quelques secondes, lamémoire à court terme utilisera un temps plus long, de plus de 7secondes à quelques semaines environ.Qu’est-ce que la mémoire à long terme ?Eh bien ce sont toutes les connaissances que nous avons acquisesdepuis notre enfance sur nous-mêmes et sur le monde.IMPACT DES NIVEAUX D’ATTENTION SUR L’HUMEURChez TOUT INDIVIDU, les niveaux d’attention conditionnentl’humeur et la façon de réagir.Au niveau 1 d’attention (le plus faibles) les réactions spontanéesexpriment les sentiments suivants : joie, peine, colère, honte…face àla situation rencontrée.Au niveau 2 d’attention (niveau médian) les réactions sont plus
  8. 8. élaborées et se divisent en 2 parties : les réactions normatives(jugements) et les réactions d’aide (conseils).Le niveau 2 est utilisé très souvent lors de négociationsimportantes : centré sur son message et sur l’impact de sonmessage, la possibilité d’une de ces 2 réactions est très probable.Or elle ne trouve pas toujours preneur…Il faudrait donc, à ce moment de l’exposé, passer au niveau 3.Au niveau 3 les réponses sont les plus élaborées et les plusrationnelles.On comprend dès lors mieux pourquoi les personnes « installés dansdes niveaux d’attention faibles » réagissent souvent spontanémentpar l’agressivité, le refus, …Un des moyens les plus sûrs de faire s’accroître le niveau d’attentionchez un interlocuteur est le questionnement (dans la mesure où il estpertinent).En effet, une question « pertinente » sollicitera l’attention del’interlocuteur.donc impossibilité d’accéder au niveau 3 d’attention spontanément.INCONVENIENT DE LA MEMOIRE A COURT TERMELa notion de « distorsion cognitive ».Nous reconstituons rarement les faits à l’aide de lois logiques ouprobabilistes : nous interprétons la réalité en nous appuyant sur noscroyances et nos connaissances (souvent) partielles.On utilise donc dans la plupart des cas pour prendre une décision une
  9. 9. « heuristique » (un mode opératoire) pour simplifier un problème,accélérer le traitement de l’information et évaluer les probabilitésdans des situations d’incertitude.(prendre des exemples autour de soi, généraliser son expérience,…)EXEMPLE :Si l’on demande à 100 personnes si il y a plus de mots de 5 lettrescommençant par la lettre Rou plus de mots de 5 lettres contenant la lettre R en 3e position, plusde 75% des personnes interrogées choisiront la 1ere option.Or la bonne réponse est la 2e option.En fait on choisit la première réponse par « distorsion cognitive ».En effet on accède plus rapidement aux mots « commençant par… »plutôt qu’aux mots « contenant… ».La source de l’erreur provient donc bien de cette propension àutiliser spontanément ce mode opératoire.On cherche spontanément plutôt que de s’interroger sur« comment chercher ».Autre exemple : le palmarès des 100 meilleures chansons françaisescontient un maximum de succès de la dernière décennie. En effet onse souvient généralement mieux des événements récents.La distorsion cognitive amène donc à sous-estimer les évolutions àlong terme et surestimer le court terme (meilleur exemple : laBourse et la crise financière, le marché de l’immobilier qui grimpe« trop vite » puis choit,…)En d’autres termes, la distorsion cognitive nous amène à utiliser plusnotre mémoire récente que notre mémoire à long terme.
  10. 10. Avant d’agir, nous passons par 3 stades :- la perception et l’analyse d’une situation- l’évaluation des possibilités- recherche de la meilleure décisionLa première étape est souvent trop rapide : c’est probablementaussi parce que notre peur de l’inconnu (de ne pas trouver) est plusforte que notre souhait d’être rationnel.Pour la deuxième étape : La distorsion cognitive nous amène aussi àutiliser des stéréotypes (sans lesquels d’ailleurs nous serionsincapables de réfléchir ou de nous souvenir) au dépens d’une analyselogique.Autre exemple :Carole à 31 ans. Elle a fait des études de philosophie et un mémoiresur les discriminations sociales.Si l’on demande à 100 personnes :A-t-elle plus de chances d’être guichetière dans une banque ouguichetière dans une banque ET active dans des mouvementsféministes, la plupart des réponses iront à la deuxième option.La bonne réponse est la première option.Pourquoi ?1/ les personnes interrogées sont influencées par la description(notamment le mémoire sur les discriminations qui va êtreautomatiquement associé au mouvement féministe)2 / parce qu’il y a surestimation : en effet selon les lois de laprobabilité il y a plus de chance que se produise un événementunique (être guichetière) plutôt que deux (être guichetière et
  11. 11. féministe).Les cas les plus fréquents sont les constructions de scénarios(politiques, relationnels) ou l’on déduit les comportements d’autrui àpartir de nos propres règles. (Genre : si je fais ça, alors il risque depenser ça, donc il vaut mieux que…). Ca ne marche quasiment jamais,mais on recommence tout le temps….Nous sommes tous animés par l’idée de donner du sens aux choses etaux comportements d’autrui.Généralement les équipes lors d’un conflit avec un client distinguentles causes internes d’un comportement (personnelles) et les causesexternes (situationnelles) avec une propension à expliquer lecomportement d’autrui (M. Truc est agressif) par des causes interneset le leur par des causes externes (Nous n’avons pas assez de temps).Lorsque la psychologie sociale se penche sur la droite et la gauche enpolitique, elle constate que d’avantage de gens à droite attribuent lescomportements déviants (pauvreté, alcoolisme, délinquance) à desfacteurs internes (paresse, faiblesse,…) et d’avantage de gens àgauche attribuent ces comportements à des facteurs externes(inégalité des chances, système économique,…).Chaque individu a une tendance naturelle à rechercher les opinionset les faits qui confirment ses propres opinions et hypothèses etégalement une tendance à ignorer les faits qui infirment sesopinions : Les gens ont plus confiance en la météo quand elleannonce du beau temps et les journaux financiers se vendent mieuxlorsque la bourse monte…
  12. 12. D’une façon générale, nous accordons aussi trop d’importance à ceque nous savons par rapport à ce que nous ignorons. Cettetendance peut amener des erreurs (judiciaires, médicales, …).Lorsque nous sommes confrontés à des événements négatifs (hors decontrôle) nous disposons d’un mécanisme appelé l’illusion (quiconsiste à nous persuader que nous disposons d’un pouvoir sur notreenvironnement).Par exemple, plus de 75% des gens craignent généralement moins lesaccidents comme conducteur de voiture que lorsqu’ils prennentl’avion.Exemple d’un choix médical difficile :Imaginons une épidémie qui pourrait tuer 6000 personnes.Si on propose un vaccin A qui sauvera 2000 personnes ou un vaccin Bqui propose 1 chance sur 3 de sauver les 6000, la plupart des genschoisiraient le plan A.Si l’on propose le vaccin A en disant que 4000 personnes décéderontet qu’avec le plan B il n’y a que 2 chances sur 3 que 6000 personnesdécèdent, la plupart des gens choisiront le plan B.Ces choix se fondent sur la peur de la perte qui modifie notremanière de prendre des décisions.En effet, selon que l’on insistera sur les vies gagnées (1ere option) oules vies perdues (2e option) les choix seront différents.
  13. 13. Donc face à un enjeu identique, la peur de la perte sera plus forteque l’envie du gain.A l’inverse, la plupart des personnes qui « retrouvent » un billet de 50€ sous leur canapé ne le remettent pas simplement dans leurportefeuille : il sera considéré comme « un gain exceptionnel »et réjouira son propriétaire.Herbert Simon, Prix Nobel d’économie 1978 a introduit la notion de« rationalité limitée » : il dit que l’être humain sous l’influence denombreux facteurs ne cherche pas à maximiser ses choix mais plutôtà atteindre un certain niveau d’aspiration et de satisfaction.Selon Nietzche, les sociétés modernes se « pourrissent la vie » avec leressentiment.Pour lui, le ressentiment est le fait que si un individu souffre, un autreindividu doit en être responsable.Dans certains cas, cette attribution est imaginaire : le confort cognitif(autre appellation de la distorsion cognitive) ne nous permet pasd’identifier correctement la cause de la souffrance.Dans d’autres cas, elle est identifiée correctement mais le« ressassement » de cette souffrance prend le pas sur la souffranceinitiale et l’aggrave : le sentiment d’être une victime devient doncune « maladie » à part entière. Il s’agirait donc d’une escaladeautodestructrice.Selon lui, le ressentiment reposerait donc sur 2 piliers : l’impuissanceà réagir face aux problèmes et l’incapacité à oublier.
  14. 14. L’Oubli comme solution ?Pour Nietzche, la capacité à oublier les expériences pénibles estessentielle à la santé psychique.Plus près de nous, Cyrulnik pense que c’est la capacité à lestranscender qui fonde la résilience.On ne peut donc reconstruire qu’après avoir « oublié » sessouffrances et les avoir remplacées par des perspectives….Merci de votre lecture,Jacques HEURTIERanfg@orange.fr

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