Lire en vendee 31

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Revue de la Société des Ecrivains de Vendée

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  1. 1. 0 40 40 40 4 40 40 40 40 4 Lire en Vendée ÉchosMusées n° 31 avril 2017 40 40 40 40 0 40 40 40 40 40 40ans 4040ans 40 40 40 40 40 40 40 40 400 0 40 40 40 4 Revue de la Société des Écrivains de Vendée et des amis de l’Historial de la Vendée 40e rugissant pour les écrivains Christophe Vital et l’Historial...
  2. 2. 2 Lire en Vendée - avril 2017 Mémoire d’une avant-première Il me semble que nous n’étions que quatre. C’était un soir des vacances de Pâques 1977. Nous n’étions que nous dans la biblio- thèque toute neuve de La Roche- sur-Yon Il y avait les deux fers de lance de l’opé- ration, Jean Huguet qui avait créé un peu plus de cinq ans avant les éditions Le Cercle d’or, et Joseph Rouillé dont les ouvrages à inspiration historique connaissaient un beau succès Michel Devantoy, le conservateur de la biblio- thèque, avait bien voulu les recevoir dans son bu- reau à l’heure de la fermeture de l’établissement. Jean m’avait invité à me joindre à eux. Il venait de publier mes deux premiers romans. Il voulait un jeune avec eux. J’écoutais. J’avais plaisir à me joindre à cette aventure, sans savoir où elle m’amè- nerait. (Il me semble que j’ai oublié quelqu’un : Ge- neviève Huguet était certainement là, elle était tou- jours avec Jean, elle était son chauffeur, conduisait vivement le coupé 204). Jean avait déjà tout bien pensé. C’est lui, le père fondateur de l’Association des Écrivains de Vendée. Il était adhérent, déjà, à la Société des Écrivains de l’Ouest. Il a proposé à Joseph Rouillé, qui a été tout de suite d’accord, de créer une section vendéenne associée aux Ecrivains de l’Ouest. « Pourquoi pas, tout de suite, une as- sociation indépendante  ?  » a suggéré ensuite Jo- seph. « Parce que nous ne sommes pas prêts, nous ne sommes pas nombreux, nous allons profiter de l’expérience des Écrivains de l’Ouest et nous verrons après ce que nous pouvons faire. » Cette année-là, Jean publiait au Cercle d’or Henri de Grandmaison, le président des Écrivains de l’Ouest, le rapproche- ment était facile. Joseph a accepté. Jean lui a proposé de prendre la présidence de la section vendéenne. Ils ont convenu de battre le rappel de toutes les plumes vendéennes et de les inviter à la réunion constitutive de l’association. Michel Devantoy a tout de suite consenti à ce que la bibliothèque devienne le siège de l’association et que les réunions aient lieu chez lui. Pour lui, c’était une évidence. La fréquentation de la bibliothèque avait été multipliée par dix depuis son transfert de la mairie dans ce nouvel espace et il était naturel que les écrivains de Vendée y aient une place privilégiée. Il a sorti son calendrier. La date du 4 mai a été retenue pour la réunion de départ. Jean et Joseph ont convenu de s’appeler et de mettre au point le déroulé de la manifestation. Ils ont déjà évoqué des actions à proposer, des conférences, des signatures à la bibliothèque de La Roche, des Sables, de Saint-Gilles, un journal... L’un et l’autre étaient faciles à enflammer ! Michel Devantoy nous a propo- sé de passer dans la réserve de la bibliothèque. Dans un meuble, près du lavabo, il y avait des verres, des bouteilles d’eau. Nous n’allions pas arroser la pose de la première pierre de l’association avec de l’eau ! Il a débouché une bouteille de rosé et ouvert une boîte de gâteaux. Nous sommes repartis par la petite porte en fer, sur le côté de la bibliothèque. Yves Viollier Quatre décennies de partage au- tour du livre La fondation de l’association Autour de Jean Huguet et Joseph Rouillé qui les avaient conviés, ils étaient une douzaine ce mercredi 4 mai 1977, dans la grande salle à l’étage de la Bi- bliothèque Municipale de La Roche-sur-Yon. Il y avait là Claude Bézieau, Alexandre Fillonneau connu sous son pseudonyme Valentin Saint-Vic, Constant Gauducheau, Henri Martin, Nathalie Nelson, Alain Perrocheau, Michel Pineau-Valencienne, Marcel Ri- chard, Francine Robert et Valentin Roussière. Yves Viollier, indisponible, s’était excusé. Bien préparée, la réunion aboutissait rapidement à la mise en place d’un Comité vendéen des Écrivains de l’Ouest, alors association de renom dans les milieux culturels et littéraires lancée par Robert Merle en 1954, et prési- dée à cette époque par Henri de Grandmaison. Joseph Rouillé, très attaché au terroir vendéen et auteur de plusieurs livres sur son histoire et ses traditions, et Jean Huguet, écrivain bien connu et initiateur des Éditions du Cercle d’Or en 1971, avaient concocté un projet de statuts, qui devaient être rapidement discutés puis adoptés. L’objectif était selon la formule de l’époque «la création d’un Comité vendéen permettant la représentativité des écrivains de la Vendée au-delà du département avec pour mission essentielle de promouvoir et défendre l’écrivain vendéen». L’association ouverte à toutes les personnes qui avaient publié un livre, retenait «le principe de deux manifestations annuelles, l’une sur la côte en été et l’autre en hiver à l’intérieur du département», et se proposait de publier un bulletin Les quarante ans de la la Société des Écrivains de Vendée
  3. 3. 3Lire en Vendée - avril 2017 Les quarante ans de la la Société des Écrivains de Vendée
  4. 4. 4 Lire en Vendée - avril 2017 S o m m a i r e 2 Les quarante ans de la Sev 10 Les Prix 16 Région et Département 19 Chanoine Duret, Claude Mercier 22 Les salons 28 Théâtre, cinéma 34 Vendée Historial 37 Christophe Vital 38 Richard Cœur de lion 42 Noirmoutier 47 Restaurations 50 Rallye 52 Nos sélections 79 Le coin du Centre Vendéen de Recherches Historiques 82 Les pages des Écrivains de la mer qui pourrait devenir revue intitulé «Les lettres ven- déennes». Les statuts étaient déposés en préfecture le 26 mai 1977 sous le numéro 2629 et l’association était inscrite au journal officiel des 13 et 14 juin. Le bu- reau mis en place avait la composition suivante : président : Joseph Rouillé, vice-présidents : Claude Bézieau et Michel Pineau-Valencienne : secrétaire : Valentin Saint-Vic, secrétaire adjoint : Marcel Ri- chard, trésorier : Francine Robert, trésorier-adjoint : Alain Perrocheau, archiviste : Henri Martin, délégué auprès de l’association des Écrivains de l’Ouest : Jean Huguet. Très vite, les administrateurs déplaçaient son lieu de réunion de La Roche-sur-Yon aux Sables d’Olonne, où ils étaient souvent accueillis à la Mai- rie même ou au Centre culturel de l’Abbaye Sainte- Croix. C’est d’ailleurs en ce lieu que le Comité vendéen recevait les Écrivains de l’Ouest pour leur congrès le 9 décembre 1978. Une grande séance de dédicaces et de rencontres avec les lecteurs, sorte de mini salon, rassemblait plus de quarante écrivains vendéens et venus des différents départements, des comités d’Anjou et du Maine. Premières actions et animations Fin 1978, le constat était positif. L’association avait porté le nombre de ses adhérents à 25 et ses premières manifestations avaient eu un certain suc- cès auprès du public : rencontres signatures dans les jardins du Tribunal aux Sables, présentation d’un film en introduction à un débat sur les Guerres de Vendée également dans la même ville, puis même type de soirée mais cette fois organisée à Saint- Jean-de-Monts et portant sur Gilles de Rays. Ces soirées devaient pendant plus de dix ans attirer de nombreux spectateurs, surtout lorsque les écrivains vendéens eurent l’idée d’organiser ces débats comme une joute entre blancs et bleus, au cours desquels Jean Huguet, Joseph Rouillé, Valentin Saint-Vic ou Michel Pineau-Valencienne s’investissaient dans ce jeu de rôle avec une véritable passion. Pendant plus d’une décennie, ces rencontres dédicaces et soi- rées débats devai- ent se multiplier avec une certaine réussite, en des lieux variés, mais plus souvent proches de la côte : Les Sables, Sa i n t - Gi l l e s , Sion, Saint-Jean- de-Monts, Bré- tignolles, Chal- lans et Luçon, et cherchant également à varier les thèmes avec par exemple «Contes et légendes de Vendée». Elles étaient l’occasion pour les lecteurs de rencontrer les auteurs, elles étaient pour les écrivains vendéens une opportunité de se retrouver et d’échanger autour de leurs préoccupations et de leurs centres d’intérêt lit- téraires. Elles commencèrent cependant à s’essouf- fler dans la seconde moitié des années 90. Trois autres actions fondamentales, et qui ont perduré jusqu’à aujourd’hui tout en se modifiant, ont porté l’image de la Société des Écrivains de Ven- dée, le Comité vendéen des Écrivains de l’Ouest ayant en 1982 repris son indépendance et changé de nom pour voler de ses propres ailes.
  5. 5. 5Lire en Vendée - avril 2017 Les Prix littéraires C’est en 1982 que le bureau de l’association créa un Prix de la nouvelle et un premier règlement. Ce- lui-ci ouvrait le concours aux écrivains débutants, sur un sujet libre, cependant concernant la «Grande Vendée» selon les termes employés par Jean Yole. Plusieurs de ces nouvelles furent publiées dans le bulletin de l’association, et le prix perdura jusqu’en 2002, ayant récompensé en vingt ans quelques dix- neuf écrivains et conteurs, et distribué plus de vingt mentions spéciales. Quelques-uns de ces lauréats ont ensuite poursuivi leur travail d’écriture et sont venus enrichir les rangs des membres de l’association. Ci- tons sans vouloir être exhaustif, Claude Hiver, Pierre Lataste, Irène Devaux ou Claude Retailleau. Presque à la même époque était créé un Prix de la Société des Écrivains de Vendée, qui cette fois s’adressait aux écrivains publiés. Il récompensait un livre sans distinction de genre, Histoire, roman, es- sai ou autre, paru dans l’année qui précédait l’at- tribution du prix. Ce livre profitait d’une nouvelle exposition médiatique, grâce notamment à la remise officielle qui avait lieu au siège du Conseil général, en présence de son Président ou du responsable des affaires culturelles du Département. On pourra se reporter avec profit à l’article de Gilles Bély, prési- dent de la Société, pour en savoir plus sur les lauréats de ce Prix dont la liste s’allonge d’année en année, puisque chaque mois de décembre voit se renouveler cette cérémonie. Les quarante ans de la la Société des Écrivains de Vendée Dédicaces aux Sables d’Olonne
  6. 6. 6 Lire en Vendée - avril 2017 La revue Lire en Vendée Titré non «Les lettres vendéennes» comme en- visagé précédemment, mais «Écrire en Vendée», un bulletin de huit pages ronéotées et agrafées parut durant l’été 1977, quelques semaines après la consti- tution de l’association. Deux ans plus tard, il deve- nait «Lire en Vendée», sous une présentation plus professionnelle qui occupait quatre pages imprimées chez Doré aux Sables d’Olonne. À part quelques ar- ticles plus généraux, l’essentiel consistait à offrir aux lecteurs de courtes critiques, le plus souvent réalisées par le président de l’association, qui présentaient les ouvrages que les membres de la société faisaient pa- raître mois après mois. Ce numéro annuel venait de changer de titre et ce changement n’était pas ano- din. «Écrire en Vendée» devenait «Lire en Vendée», comme si les écrivains venaient de comprendre que pour publier il faut être lu, et qu’il était temps de partir à la conquête des lecteurs. Depuis cette époque, la revue de la Société des Écrivains de Vendée n’a cessé ni de paraître, ni de s’enrichir. En 1985, apparaissaient quelques élé- ments de couleur qui donnaient du relief. En 2003, sous la présidence de Michel Dillange, le numéro de l’été était tiré avec plusieurs parties en quadrichromie et comptait douze pages, grâce notamment à la par- ticipation financière du Crédit Mutuel. Il continuait de présenter les ouvrages en rapport avec la Vendée ou écrits par des Vendéens, mais évoquait aussi les salons et les prix qu’ils distribuaient. L’équipe des rédacteurs était encore assez réduite, mais aucun n’était avare de ses efforts pour faire connaître le livre et pour attirer tous ceux qui s’y intéressent. Et ceux-ci étaient comblés, parce que depuis les débuts cette revue était distribuée gratuitement dans les points de vente des livres, dans les bibliothèques et dans les salons, et cette action bénévole a toujours perduré jusqu’à aujourd’hui.
  7. 7. 7Lire en Vendée - avril 2017 A partir de 2007, «Lire en Vendée» évo- luait à nouveau. Les compétences de met- teur en page et l’expérience d’éditeur du nouveau président, Jean de Raigniac, per- mettaient de prendre de l’ampleur, de passer à la quadrichromie intégrale et d’offrir au public une belle revue sur papier glacé, gage d’une qualité et d’un attrait efficace sur les lecteurs. Un partenariat avec Les Amis du Musée Vendée His- torial offrait la possibilité d’accéder à une de revue de luxe qui atteignait quatre-vingt-seize pages, et de varier les contenus. D’autres partenariats, avec La Maison des Écrivains de la Mer ou le Centre vendéen de recherches historiques étendaient encore ses pos- sibilités. Actualité des animations du livre en Ven- dée, Salons, page pour un libraire, hommages à des écrivains d’hier et d’aujourd’hui, place au théâtre, cahier des Amis du Musée, participations du CVRH et des Écrivains de la Mer laissaient encore en 2016 place à une vingtaine de pages pour présenter les publications de l’année. Et c’était nécessaire, car les ouvrages publiés sur la Vendée ou dont les auteurs étaient nés ou vivaient en Vendée, s’étaient multi- pliés en quarante ans d’existence de l’association, comme d’ailleurs le nombre d’adhérents qui dépas- saient désormais les cent-vingt. Aujourd’hui, Gille Bély, devenu président, ne ménage pas ses efforts afin de trouver les moyens fi- nancier de pérenniser la revue sous sa forme actuelle. Disons-le tout net, une telle progression, en qualité et en qualité se doit d’être définitivement confortée. Les quarante ans de la la Société des Écrivains de Vendée
  8. 8. 8 Lire en Vendée - avril 2017
  9. 9. 9Lire en Vendée - avril 2017 Les salons du livre Et puis, il y eut les salons du livre. Quand les rencontres dédicaces organisées par Joseph Rouillé, Jean Huguet et leurs acolytes ont peu à peu cessé au début des années 90, ce sont les salons organisés par d’autres structures qui ont offert aux écrivains vendéens les moyens de rencontres nécessaires avec leur public. Pour la naissance du Printemps du Livre en 1988, ils étaient présents et constituaient même l’essentiel des auteurs présents. Bien porté par les collectivités territoriales, le salon de Montaigu, le plus important de l’ouest, a naturellement pris une toute autre envergure, mais les auteurs vendéens ont toujours réussi à y garder une place. Depuis de nombreuses années, ils y ont un stand dans lequel se succèdent plusieurs des adhérents, heureux d’être présents mais souvent frustrés de ne pouvoir partici- per à la totalité de la manifestation. Ailleurs, ils ont été au point de départ de ma- nifestations identiques, quoique de moindre enver- gure. Rappelons-nous le Livre au Village au Puy du Fou qui les a rassemblés plusieurs années avant de s’arrêter. Songeons au salon de Saint-Gervais, où ils se faisaient une fête de l’accueil organisé par le re- gretté Claude Mercier, à ceux de Noirmoutier ou de la Guérinière, à celui du Langon, à la journée du 1er mai à Jard et à tant d’autres manifestations qui n’ont pas toujours pu se pérenniser. Et puis, pen- sons surtout au Refuge du Livre à Grasla, «le Salon du livre vendéen» créé d’abord pour les écrivains de Vendée, et un peu par eux parce qu’ils ont été depuis les débuts les pourvoyeurs de talents littéraires at- tendus par les lecteurs enchantés de découvrir pour une foi les ombrages habités. Là comme ailleurs, les auteurs vendéens étaient présents et savaient distri- buer leur «Lire en Vendée» pour faire connaître leur association et leurs livres. Ils y seront d’autant plus volontiers cette année puisqu’une exposition consti- tuera un temps fort dans la célébration de leur an- niversaire. Quarante ans plus tard, les objectifs fixés pour l’association ont été globalement atteints. «Rassem- bler les auteurs du département» : les membres sont passés de 25 à 120, ils ont progressé comme le livre en Vendée ; mais d’autres auteurs écrivent sur notre territoire et peuvent encore venir nous rejoindre. «Faire connaître leurs œuvres chez eux et hors pro- vince» : tâche accomplie pour la Vendée, pour les autres régions, c’était sans doute un peu ambitieux. La dimension littéraire col- lective s’est aussi retrouvée à travers trois ouvrages publiés par la Société à l’occasion de ses cinquième, dixième et ving- tième anniversaires. Grâce à la participation de plusieurs auteurs adhérents parurent en effet en 1981 aux Éditions Le Cercle d’Or «Les mille et un visages de la Vendée», en 1987 chez IGO «Hauts-lieux de Vendée» et en 1997 chez Vents et Marais «Histoires et nouvelles de Vendée». Ces livres montrent le goût de l’histoire et du pa- trimoine exprimés par nos écrivains, et sont à part entière une partie du patrimoine de l’association. Et puis, si elle n’était pas franchement inscrite dans les statuts, il y a la dimension humaine. Et de ce côté-là, la Société des Écrivains de Vendée a tou- jours bien rempli son rôle. Échanges et convivialité sont des gages de réussite. Ils profitent d’abord aux femmes et aux hommes qui écrivent, mais ils pro- fitent tout simplement, et plus globalement, aux livres et à l’œuvre culturelle offerte dans notre beau département. Alain Perrocheau et Yves Viollier Les quarante ans de la la Société des Écrivains de Vendée
  10. 10. 10 Lire en Vendée - avril 2017 Ce jour-là, lors de mon arri- vée chez Geneviève, le ciel de la Chaume larmoyait et le vent hu- lulait tristement Sans doute se doutaient-ils que nous al- lions évoquer un événement tragique dont Jean Huguet fit un roman, Équinoxe, qui apparait comme l’un des points d’orgue de son œuvre d’écrivain La réédition de ce livre, paru initialement en 1972, apporte l’opportunité de remettre en lumière la genèse de cet ouvrage. Je me souviens que Jean m’en avait offert un exemplaire avec une belle dé- dicace : «ce roman où gronde une mer proche, fa- milière, qui n’est pas le beau décor habituel, mais l’humble réalité quotidienne d’un peuple qui lui doit, sans doute, un certain goût d’éternité», écri- vait-il. - Le chalutier «Christus regnat» dont Jean a ra- conté le drame, explique Geneviève, est né du sou- venir d’une tragédie bien réelle, celle du «Tanit», survenue le 12 juillet 1961. Bien que les faits remontent à plus d’un demi siècle, l’émotion est toujours présente chez celle qui fut l’indissociable compagne de Jean. - A l’époque, nous vivions à Paris, poursuit-elle. Nous passions en été quelques semaines chez ma mère, à «L’horizon», place de Strasbourg aux Sables. Le mois de juillet nous apportait le bonheur des re- trouvailles avec nos familles sablaise et chaumoise. En cette année 1961, le temps était propice à la bai- gnade et le soleil, du remblai jusqu’à La Chaume, nous semblait tellement agréable qu’il n’était pas possible de prévoir que, quelques heures plus tard, la tempête allait se déchaîner. Pourtant, le matin du 12 juillet, au Phare Rouge (où ma mère habitait), des rafales de vent et de sable déferlaient sur la chaussée. En tout début d’après-midi, Louis, le frère de Jean, arriva en toute hâte, affolé. «Mon gars est en mer. Il est perdu. Je le sens. Je le sais». Jean tenta en vain de le calmer. Inutile. Pour Louis, c’était une réalité. Le drame a bien eu lieu. près de Cayola. Le Ta- nit n’a pas réussi à rentrer au port. Le lendemain, on retrouvait des épaves provenant du bateau. Les corps des malheureux marins furent rejetés à la côte quelques jours plus tard, sauf celui du jeune Loulou, 17 ans, qui ne fut jamais retrouvé. - C’est en 1972, à notre retour à La Chaume, que Jean rédigea son beau roman-témoignage, en hommage à ses amis perdus en mer. Les deux frères Syre, Pierre et Charles, avaient 38 et 40 ans. Charles était le camarade de communion de Jean. À bord, se trouvait aussi le matelot Albert Retureau, 39 ans. Un silence. La tempête est dans le cœur de ma narratrice. - Tu sais, Jacques, la réédition de ce livre me pro- cure une grande émotion. Parfois, des lecteurs me demandent une dédicace. Jean est à ce moment-là à mes côtés. Il me souffle quelques mots aimables. Sa présence me rassure. Je crois que sa pensée vaga- bonde encore parmi ses livres. Nous évoquons quelques-uns des personnages du roman. Geneviève a bien connu tous ceux qui ont été les «vrais gens» que l’auteur a dépeints. - Le personnage de Delphine cette «paysine» que Jean décrit dans sa cuisine ou qui fait sa lessive, c’est sa mère. Comme Delphine, elle prenait le taxi au bar du Pont, le mercredi et le samedi matin, pour aller au marché aux Sables. Chaque phrase, chaque mot, c’est tout ma belle-mère ! Quand je relis «Équi- noxe», je crois l’entendre ! Au cœur de la vie d’autrefois de cette Chaume si chère à Jean Huguet et qu’il décrit avec tendresse et talent dans ce beau roman maritime. Jacques Bernard Jean Huguet Équinoxe, un hommage de Jean Huguet aux marins du «Tanit» Geste, 285 p., 25 € Équinoxe, point d’orgue pour Jean Huguet
  11. 11. 11Lire en Vendée - avril 2017 Le mercredi 3 juin 2016, à 10 h 30, en la cave à sel de l’Abbaye Saint-Pierre de Maillezais, sur les pas de François Rabe- lais et d’Agrippa d’Aubigné, en présence de Marie-Jo Chatevaire et de François Bon, il a fait mémoire de nos amis écrivains dispa- rus récemment, Claude Mercier et Claude Burneau Activités de la Société le Président rappelle les subventions obtenues auprès du Conseil départemental, du Conseil régio- nal et du Crédit Mutuel Océan et le Partenariat avec la Bibliothèque départementale de la Vendée qui s’organise autour du Printemps du Livre de Mon- taigu, du dépôt des revues « Lire en Vendée» dans ses locaux de la rue Ampère, à La Roche-sur-Yon, et du 40e anniversaire de la SEV qui se déroulera à Grasla. Le traditionnel déjeuner d’été est fixé au mer- credi 10 août, au Roc Saint-Jean, Les Sables. Salons littéraires Le Printemps du Livre de Montaigu met comme à l’accoutumée un stand à la disposition de la Socié- té. Dix-huit auteurs se succèdent pendant les trois journées du Salon. Assembléegénérale Prix des Écrivains de Vendée La remise des Prix 2015 s’est déroulée le mardi 15 décembre, à l’Hôtel du Département, en pré- sence de M. Yves Auvinet, Président du Conseil dé- partemental, et des représentants du Crédit Mutuel Océan. Le Président Auvinet a remis la Médaille du Département à Michel Dillange, Président d’hon- neur de la SEV. Le rapport d’activités et le rapport financier sont adoptés à l’unanimité. Sur proposition du Conseil, l’assemblée générale décide à l’unanimité de porter la cotisation annuelle de 22 à 25 €. Diffusion de la revue «Lire en Vendée» La diffusion de la revue «Lire en Vendée» s’avère insuffisante et ne couvre pas encore l’ensemble du département. Yves Viollier, vice-président, anime la discussion qui aboutit à l’organisation de la diffu- sion avec le concours des membres de l’assemblée. Élections au Conseil d’administration Frédérique Mory, Alain Perrocheau, Éveline Thomer et Yves Viollier sont réélus à l’unanimité. Suite à la démission de Lydie Gaborit, un siège d’ad- ministrateur est momentanément vacant. Gilles Bély, président de l’association depuis novembre 2015, réunit les écrivains de Vendée à la Cave à Sel de Maillezais
  12. 12. 12 Lire en Vendée - avril 2017 Les autres auteurs nominés François Cérésa, Mariage républicain L’Archipel Un roman historique d’un auteur confirmé, qui s’inscrit dans une série de trois ouvrages: des mystères, du sang, des trahi- sons et les noyades de Nantes... Juliette Chaux-Mazé, Bleu Rêve Ella Les déchirements d’une fa- mille pendant la guerre de Ven- dée. Une approche originale et sensible, l’écriture et le dessin s’y rejoignent. Une jeune au- teure à suivre... René Marquis Émile et Gérard ERM ! Sur les pas du «Tonton du Siam», la quête familiale et obs- tinée d’un petit-neveu pour un personnage extraordinaire aux multiples talents, un regard pas- sionnant sur la Vendée mission- naire, au début du XXe siècle. Laurent Tixier D’âmes en lames Charles Corbet Le bretteur de la plume et de l’épée raconte avec panache les grands duels des temps an- ciens. On le reverra bientôt sur les planches et dans les livres. Souvenirs d’une présidence heureuse J’ai été très surpris quand Joseph Rouillé m’a proposé de prendre sa suite. Cela faisait trois ans, je crois, que j’avais intégré notre société et je n’avais manifesté aucune ambition personnelle. C’est, sans doute, cela qui a déterminé notre pré- sident-fondateur à me faire cette proposition. Proposition flatteuse que l’on ne saurait refuser. Cette présidence, commencée en 2000, m’a ap- porté beaucoup de plaisir et de véritables amitiés. L’écrivain est seul devant sa page blanche et il a besoin d’échanges. Ainsi, certains sont venus me demander conseil; ma position présidentielle me conférait, à leurs yeux, une qualité de jugement que je n’avais peut-être pas. En premier lieu, le rôle de notre société est une participation aux salons littéraires qui per- met à ceux d’entre nous dont l’éditeur n’est pas présent, de proposer ses œuvres dans notre stand. Nous sommes représentés à Saint Gervais, Mon- taigu, Jard, Noirmoutier, Grasla -et j’en oublie. Ensuite, l’instauration de Prix recherchés, remis par le Conseil Général, est une manière de pro- mouvoir la littérature vendéenne. Celle-ci se fait, également, connaître par notre revue, Lire en Vendée. Créée par Joseph Rouillé, elle a pris du poids, au cours des années : de 4 pages en 2000, elle en comptait 20 à mon départ. Aujourd’hui, c’est un volume de 96 pages. Par ailleurs, j’ai attribué le titre de membre d’honneur à Jim Dandurand et à Michel Ragon qui, chacun dans son domaine, ont illustré notre département. Enfin, le principal souci d’un pré- sident c’est le budget. Nous avions le soutien du Conseil Général, j’ai obtenu l’appui du Crédit Mutuel et une subvention de la Région. De plus, la fin de mon mandat, le nombre des adhérents avait triplé. Ce bilan positif est le fruit du travail d’une équipe bénévole qui m’a toujours soutenu. Merci à eux. Pour terminer, je voudrais évoquer la mé- moire de trois personnes qui m’ont épaulé. Émilie Genet, secrétaire particulièrement efficace, dont le seul défaut était de massacrer les personnages de ses romans policiers ; Irène Devaux, trésorière attentive, poète délicate qui fut présidente de l’Es- sor Poétique et, après elle, Anny Launay, poète également, au charisme dynamique. Le 16 Janvier 2008, j’ai passé la main à Jean de Raigniac dont l’activité a été bénéfique. Aujourd’hui, l’aventure continue. Michel Dillange 12
  13. 13. 13Lire en Vendée - avril 2017 Prix des Écrivains de Vendée Yvon Marquis et Georges Perraudeau Lauréats des Prix des Écrivains de Vendée Ces deux ouvrages qui mettent en scène, l’un un amiral, l’autre une paysanne, s’inscrivent parfaite- ment dans l’esprit que la SEV a voulu mettre dans les Prix qu’elle décerne. La Vendée y est décrite côté terre d’une part, côté mer d’autre part. Yvon Marquis Au service du Roy Ce beau roman historique re- met en lumière un grand marin sablais, le vice-amiral Pierre de Vaugiraud, héros de l’Indépen- dance des Etats-Unis, qui paie le prix de sa fidélité à la monarchie et qui sera tardivement reconnu. Yvon Marquis s’est saisi de ce personnage et en donne une vision personnelle très émouvante. Georges Perraudeau Les Perdrieau des Vendéens au XXe siècle Une grand-mère, une pay- sanne anonyme des confins de la Vendée et de la Loire Atlan- tique, raconte sa longue vie à ses petits-enfants. Les travaux et les jours, les guerres, les peines et les joies, les métiers et les villages qui changent, vus par Georges Perraudeau. Authentique et sensible, un roman vrai et positif qui nous parle aussi de l’histoire du siècle dernier. «Non, ce n’était pas mieux avant...» Les Prix 2016 des Écrivains de Vendée ont été remis, selon la tradition, le lundi 12 décembre, à l’Hôtel du Département, en présence d’Yves Auvinet, président du Conseil départemental, de Christophe Du- bois, directeur de la Bibliothèque départe- mentale de la Vendée et de Nathalie Raud, représentant le Crédit Mutuel Océan, par- tenaire de la SEV Gilles Bély, Président de la SEV, a accueilli les nombreux invités, auteurs membres de la SEV, édi- teurs, animateurs des bibliothèques de Vendée no- tamment. Il a salué la mémoire de Claude Burneau et de Claude Mercier qui nous ont quittés en 2016. Il a rappelé l’activité de la SEV qui compte dé- sormais 120 adhérents. Fondée en 1977 par Joseph Rouillé et Jean Huguet, elle fêtera cette année son quarantième anniversaire. Il sera marqué par un temps fort en forêt de Grasla, dans le cadre du Salon du Livre Vendéen (22-23 juillet 2017) et un parte- nariat, actuellement en préparation, avec la Biblio- thèque départementale. Le Prix des Écrivains de Vendée 2016 a été re- mis à Yvon Marquis pour son roman historique «Au service du Roy», paru chez Geste éditions, celui des Écrivains de Vendée - Crédit Mutuel Océan à Georges Perraudeau pour «Les Perdrieau, des Ven- déens au XXe siècle», également chez Geste éditions. Nathalie Raud, Yves Auvinet, Yvon Marquis, Georges Perraudeau et Gilles Bély, remise des Prix au Conseil Départemental
  14. 14. 14 Lire en Vendée - avril 2017 Adoubés par leurs pairs, les soixante lauréats des Écrivains de Vendée Dès 1985, la Société des Écrivains de Vendée a souhaité distinguer et récompenser les auteurs et les ouvrages qui incarnaient, à ce moment-là, sa raison d’être: promouvoir et faire connaître la pensée littéraire vendéenne. Elle a pris soin, chaque année, d’élire au moins deux écrivains, signifiant ainsi la fécondité littéraire du terroir vendéen. Depuis quelques années, le Prix des Écrivains de Vendée - Crédit Mutuel Océan sou- ligne cette volonté Parcourir la liste des lauréats et des ouvrages couronnés, c’est à la fois, s’immerger dans la Vendée, s’imprégner d’une histoire longue et se projeter dans l’avenir. C’est au fond la mission essentielle et profonde notre Société. Soixante écrivains au moins ont partagé cette élection qui leur vient de leurs pairs. Ils ont été adoubés et sont autant de phares qui jalonnent la route lumineuse tracée par nos aînés en écriture. Au début, une femme de Vendée et le Gois Le tout premier Prix de la SEV est décer- né en 1984 à Jeanne Charrier-Lecomte pour «Une femme de Vendée», itinéraire d’une institutrice de l’enseignement libre. Henri Martin, avec «L’extraordinaire passage du Gois» lui succède. Comment ne pas y voir déjà ce qui fera l’unité de notre démarche: la terre et la mer et, entre les deux, cet es- pace incertain et fragile, plein d’espoir et de crainte, à l’image de celui qui, sur la page blanche, inscrit la première lettre ? Les années suivantes imprégneront des images fortes de la Vendée. Thérèse Joly, la bergère, Grignon de Montfort, avec Louis-Marie Clénet, l’île d’Yeu que célèbre justement son chantre, Maurice Esseul, Le Puy du Fou et sa Dame que conte Ménie Grégoire. Ce Puy du Fou qui inspirera un peu plus tard Antoine Morhéry. Le deuxième centenaire de la Révolution aiguise les plumes des écrivains vendéens. La Vendée militaire inspirera nombre de nos devanciers. Louis Delhommeau analyse avec beaucoup de justesse le désarroi des curés vendéens, tandis qu’Octave Fort réveille la mémoire de Domnin d’Avrillé. Entre temps, Gilles Perraudeau et Claude Retailleau feront Comme un chien dans un jeu de quilles ! Je ne suis pas sûr que Joseph Rouillé voyait mon élection d’un bon œil. Quand il a soudain pris la parole ; on s’attendait à un «clash» sévère. Il a commencé «grave». Je ne sais quelle mouche l’a piqué (en fait pas une seule de ces satanées bestioles n’aurait osé voler) il a terminé en m’ac- cueillant à bras ouverts ! Jean Huguet n’y aurait probablement pas pensé non plus, mes «Itinéraires des familles de la Vendée» n’étaient pas les siens. Il me l’avait dit autrefois. Michel Dillange souhaitait un succes- seur, personne n’était d’accord ; comme dans la fable de La Fontaine, ce fut un autre pion qui sortit du chapeau. Mi- chel Gautier s’était amicalement moqué (il était le premier ami écrivain que je m’étais fait en éclusant ensemble notre whisky sur les remparts du Printemps du livre) ; il avait déjà échangé avec mon père sur la «famille» du poète Jacques Bereau pour sa thèse. Avec Louis Dubost et mon compère André Hubert Hérault, aussi un des premiers du Cercle d’Or, «gueux» nous étions, gueux nous restions, heureux quand même «d’être de la famille»... Les Écrivains de Vendée n’ont pas mouffeté, ils se sont mobilisés, rassemblés. en ont profité pour serrer les rangs, s’ou- vrir à leurs congénères, modifier leurs sta- tuts, accepter les plus humbles, s’unir pour se faire mieux entendre, se faire mieux lire, développer leur revue et tous s’y retrouver. Les Écrivains de Vendée ont une iden- tité très marquée, une aura particulière ; ils en sont très jaloux et très fiers. Ils le peuvent, les «non Vendéens» les envient et cherchent à les rejoindre. Avec eux, on cherche ses mots, on trouve beaucoup mieux, de vrais amis. Sinon, je n’ai toujours pas compris comment un jury littéraire auquel j’appar- tenais pouvait préférer un tailleur de haies à de beaux aventuriers (j’ai un ancêtre «forban»). Du coup, je taille les haies, chez moi. Jean de Raigniac 14
  15. 15. 15Lire en Vendée - avril 2017 Les lauréats des Écrivains de Vendée ! éclore les saveurs maraîchines et maritimes de notre Vendée. En 1993, Yves Viollier, membre fondateur de notre SEV, apparaît avec cet émouvant et si long détour que feront beaucoup de ses contemporains. Jean-Pierre Bertrand, le farinou, évoque le temps pas si éloigné des meuniers des crêtes vendéennes et des coches dans les baguettes des boulangers. L’Histoire, notre Histoire commune L’Histoire de notre province revient au premier plan avec le «Dialogue avec Rabelais», de Valentin Saint-Vic, l’un des fondateurs de la SEV, les comtes du Poitou de Michel Dillange, qui a présidé long- temps la SEV. Son érudition, son humour et sa sa- gesse nous sont précieux. Dans la même veine, voici les femmes du Poitou au Moyen-âge d’Isabelle Sou- lard et le «Dominique Dillon» de Jean Artarit qui déploiera plus tard son analyse - sa psychanalyse - subtile à la période révolutionnaire. Jean de Rai- gniac, président de la SEV après Michel Dillange, ouvre les portes de ces châteaux et de ces logis ren- contrés au bout d’une allée de chênes et d’ormes, conservatoires d’une Vendée éternelle. Bertrand Illegems, qui n’est pas encore éditeur, est couronné en 1999 pour son roman «L’écharpe rouge». Juste avant Philippe Mestre, ancien mi- nistre, qui évoque les suites douloureuses de la guerre d’Algérie. En 2001, Robert Audidier retrace la vie humble d’un journalier agricole, son père. La même année, c’est aussi «Le souffle bleu», le roman sensible du regretté Louis-Marie Barbarit, fondateur de la Cinémathèque de Vendée. Il faut le relire au- jourd’hui comme un mémorial. Alain Perrocheau, l’un des fondateurs de la SEV, est distingué ensuite pour ses «Houblons écarlates». Puis Marie-Thé Laurentin brode de délicates den- telles de vie, un hymne aux paysannes de nos bo- cages, femmes de l’ombre, du silence et du travail. Les écrivaines sont encore au rendez-vous de 2004, avec la Vendée secrète des logis d’Anne Cluzel et Frédérique Mory. Contraste remarqué l’année qui suit, avec les rudes souvenirs d’un coupeur de bois en Afrique (Jacques de Hillérin) et le délicat roman d’Éveline Thomer, «Mystère en Vendée». Les jurés de nos prix sont assez naturellement enclins à souligner l’importance de la mémoire en littérature. Mémoire populaire qu’interroge sans relâche Michel Gautier, mémoire royale avec les années de guerre d’Henri IV, retracées par Gilles Bresson, mémoire familiale lorsque Régine Albert se souvient de sa garnd-mère Rose. Quelquefois, le jury succombe à d’autres inspi- rations. L’émotion avec la mer tentatrice de François Bossis, le fantastique quand Yves Bulteau chante la lune noire, la musique du violoncelle d’Anne Tallec ou encore le rêve d’éternité de Xavier Armange, en pèlerinage à Bénarès. Il a parfois des envies d’ailleurs qui souriront aux Afrikaners de Cyriaque Griffon et à Marcel Grelet pour sa Jenny galloise. Il saluera en- core le panache des conquérants avec le «Guillaume» de Yannick Chauvin et la «Floride» de Catherine Gi- rard-Augry. Écrire, c’est aussi plonger dans l’actualité. Actua- lité douloureuse avec le drame de la tempête Xynthia qui endeuille La Faute-sur-Mer (Philippe Ecalle) et le drame du peuple afghan, vécu de l’intérieur par Frédérique Jaumouillé. La Vendée, source inépuisable Les dernières récompenses vont surtout à des livres profondément enracinés en Vendée. Les lec- teurs partagent, avec Maurice Gindreau et Jean-Paul Léger», la rude vie des marins, et avec Henry-Pierre Troussicot les truculentes mésaventures qui se pas- sent sur les bords de l’Auzance. «La Vendée pour les nuls», de Michel Chamard, fera connaître «ce département devenu une province» à un vaste pu- blic. En grand-père pédagogue, Jean Chiron la fait subtilement découvrir aux plus jeunes. Et c’est «un bonheur fou» quand, le jour de la remise des prix, André Audureau parle de Marcel Chabot... La dernière cuvée rend un double hommage à la Vendée. Celle de la mer, avec cet amiral sablais que redécouvre Yvon Marquis, celle de la terre qu’in- carne Laurence, cette paysanne anonyme qui a tra- versé sans bruit le XXe siècle. Parcourir aujourd’hui ce palmarès, c’est retrou- ver les images des couvertures, les visages des au- teurs, les rencontres et les échanges, remonter le fil d’un long compagnonnage. C’est aussi mesurer l’immense richesse d’un patrimoine littéraire, édifié année après année par les écrivains de Vendée, ceux que les jurys ont un jour élus, mais aussi tous les autres. Un patrimoine dont nous avons collective- ment le droit d’être fiers et le devoir de l’enrichir encore. Gilles Bély
  16. 16. 16 Lire en Vendée - avril 2017 Bruno Retailleau : « Il y a effectivement une littéra- ture Vendéenne » Vers quel style d’ouvrages se porte votre préfé- rence ? Historiques, policiers, régionaux ? Les livres politiques font-ils partie de votre quo- tidien ? Je lis naturellement beaucoup de livres poli- tiques, au sens large du terme : je recherche aussi bien des ouvrages traitant de l’actualité que des es- sais de philosophie politique. Ces lectures sont pour moi essentielles car sans la réflexion, l’action poli- tique a vite fait de sombrer dans l’activisme, voire le cynisme. Je crois qu’aujourd’hui plus que jamais, il faut rapprocher la vie politique de « la vie de l’es- prit », afin comme le disait Claude Lefort « de ne pas se laisser engloutir dans l’océan des opinions ni aveugler sous le choc des événements ». Avez-vous un auteur préféré ? Ou que vous suivez au fil de ses œuvres ? Si oui, lequel ? Laquelle ? Ou lesquels ? Auteur de la région ? Auteur venu d’ailleurs ? Difficile de choisir ! J’en citerai deux, très dif- férents : Hannah Arendt et Francois Cheng. La première pour la puissance de ses analyses, en parti- culier cette idée que nous devons préserver tout ce qui permet « la continuation du monde ». Une idée qui m’est chère parce qu’elle renvoie à l’exigence de permanence sur laquelle repose toute société. Le second pour la profondeur de ses « méditations », la poésie des mots également et cet attachement vis- céral à la langue française qui lui a permis d’acqué- rir « une sorte de souveraineté intérieure », pour reprendre la propre expression de François Cheng. Enfin je ne peux m’empêcher d’ajouter naturelle- ment Yves Viollier, écrivain vendéen, dont la sensi- bilité et le réalisme descriptif savent si bien retrans- crire les visages et les paysages de ma Vendée natale. La Vendée produit beaucoup d’écrivains(es), cer- tains de valeur. Comment expliquez- vous ce phé- nomène ? Il y a effectivement une littérature vendéenne, et non pas seulement une littérature en Vendée. Sans doute est-ce lié à notre histoire et notre géographie. L’histoire parce que la Vendée est née d’un drame, et que cette réalité a créé une sensibilité particulière chez les Vendéens, que certains ont exprimé par la littérature et plus largement la culture. Une sensi- bilité renforcée par notre géographie, à travers la ruralité qui est un rapport particulier aux choses et aux êtres. Un rapport propice à l’inspiration, à la création. On le voit dans les œuvres de Jean Giono, de George Sand, de Marcel Pagnol ou de Maurice Genevoix ; mais également dans celles de tous nos grands écrivains vendéens, de Louis Chaigne à Jean Rivière en passant par Michel Ragon, Gilbert Prou- teau etc… Sans oublier Jean Yole naturellement, et cette conviction que « c’est dans le cœur des hommes que s’achèvent les paysages ». Je crois que les pay- sages extérieurs de la Vendée ont progressivement façonné des paysages intérieurs chez les Vendéens. C’est ce fameux « reflet du sol sur les esprits et les corps » qu’évoquait l’auteur du «Malaise paysan». Un reflet qui jette une lumière particulière sur ce qui singularise la « Vendée littéraire » : un lien profond entre la lettre et le lieu. Est-ce que la lecture est pour vous synonyme de vacances ? Ou lisez-vous pour vous détendre, pour faire une rupture avec votre quotidien bien rempli ? La lecture fait partie de mon quotidien. Mais le temps que je lui consacre est naturellement plus im- portant lorsque je prends quelques vacances ! Ces moments de repos me permettent d’avoir une lec- ture plus intense, moins entrecoupée par le rythme de mes activités. Avez-vous été tenté par l’écriture ? Oui, bien sûr. Qui ne l’a jamais été d’ailleurs ? Ce n’est pas l’envie qui me manque mais bien le temps, une fois de plus ! Mais ce temps viendra, je vous le promets !
  17. 17. 17Lire en Vendée - avril 2017 La Région, le Département, partenaires des Écrivains de Vendée ! Que lisent-ils ? Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays de Loire, sénateur de la Vendée Yves Auvinet, président du Conseil dé- partemental de la Vendée Que lisent ces hommes qui dirigent une région pour le premier et un dé- partement pour le second ? Peuvent-ils prendre le temps de lire ? Quels sont leurs auteurs favoris ? Leurs parcours littéraires ? Leurs lectures préférées ? Frédérique Mory leur a posé des ques- tions auxquelles ils ont bien voulu ré- pondre, chacun trouvant un peu de temps dans une vie quotidienne si rem- plie «Lire en Vendée» les remercie chaleu- reusement Yves Auvinet aime les livres Qu’avez-vous aimé dans votre premier métier d’éditeur ? La découverte de talents ? Le contact avec les écrivains ? Mon histoire avec le livre a commencé il y a longtemps, car je suis un passionné. Et avant l’édi- tion, j’ai débuté par la librairie en reprenant Siloë, la librairie religieuse de La Roche-sur-Yon. J’ai dé- couvert ce métier sur le terrain… c’est un métier passionnant. Très riche. Fait de rencontres, et de belles rencontres. Je pense bien évidemment à Mi- chel Thierry, aux côtés de qui j’ai beaucoup appris. À l’époque, il dirigeait les Éditions Siloë à Laval. Et je lui ai soumis l’idée de faire de même en ouvrant les Éditions Siloë à La Roche sur Yon. Je souhai- tais pouvoir éditer des livres régionalistes. Ce que j’ai pu réaliser. Le métier d’éditeur, c’est un véritable cheminement dans la création d’un livre à travers ses étapes successives. C’est une relation particulière avec les auteurs et avec les différentes personnes qui s’investissent à chaque phase de son élaboration. Cela nécessite une certaine intuition, pour sentir les succès de demain, sentir l’air du temps. Il faut être à l’écoute de nouveaux talents, mais également des lecteurs… et avoir une bonne équipe, ce que j’ai eu, je ne m’en cache pas ! Êtes vous fier d’avoir édité certains ouvrages ? Oui, je suis fier, par exemple, d’avoir édité «La Vendée» en 1995, dans son format à l’Italienne, signé par Gilles Bély avec des photos de Bertrand Boufflet. Deuxième grand coup de cœur : j’ai eu l’occa- sion de visiter une exposition à Sarlat en Dordogne. Et j’ai eu un véritable coup de cœur pour des en- luminures peintes à la main par René de La Bar- François Cheng, Jean Yole et Michel Ragon
  18. 18. 18 Lire en Vendée - avril 2017 donnie, rehaussant un texte de Saint Exupéry. J’ai voulu le rencontrer. Et je lui ai proposé de réaliser La Bible-La Genèse, format 24,5 x 33, avec des en- luminures sur une page et, sur l’autre, le texte de la Genèse. Un magnifique ouvrage ! Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes qui envisageraient cette profession ? Je pense que l’amour du livre et des mots est indispensable pour se tourner vers une carrière dans l’édition. Et la première qualité essentielle me semble être la curiosité : curiosité de lire autre chose que ce qu’on lirait pour soi spontanément, curiosité de découvrir de nouveaux auteurs, curiosité de sa- voir ce que les autres lecteurs aiment… Sans pour autant négliger le sens de l’organisation et la rigueur : car pour gérer plusieurs ouvrages en même temps, respecter un budget et des plannings, il faut être ges- tionnaire... Tout est important. La couverture par exemple a son importance, tout comme le titre… Lisez-vous par plaisir ou pour faire une rupture avec un quotidien bien rempli ? J’avoue que faute de temps je lis moins qu’à une époque mais je reste un grand lecteur ! Mes lectures sont variées : « De l’âme » de François Cheng ou le dernier ouvrage d’Éric-Emmanuel Schmidt que je viens de terminer. Il y a quelques années je me suis intéressé, dans le cadre du CVRH, aux travaux de Jean Rivière. Sinon, je lis l’actualité locale, la presse nationale, ses commentaires… J’essaye d’y survivre ! Quels style d’ouvrages aimez-vous ? Avez-vous un écrivain (e) vendéen préféré ? J’aime beaucoup les auteurs vendéens de manière générale. Et me positionner pour l’un ou l’autre me semble fastidieux… Bien évidemment, je reste fidèle à certains écrivains comme Yves Viollier. Et nous avons dans notre territoire vendéen une richesse ex- ceptionnelle de signatures qui mettent leurs talents au service de la Vendée. Parmi les grands, Jean Yole appartient à notre Histoire et il se lit encore en 2017 ! Je pense également à Michel Ragon. Le Département lui rendra d’ailleurs hommage en donnant son nom au tout nouveau collège de Montaigu qui ouvre en septembre. Etes-vous tenté par l’écriture ? Pour l’instant, non ! Je n’ai pas le temps d’y pen- ser. Je me régale en lisant les autres ! Celui qui ne cessait de relier l’enseignement à la vie était resté attaché à sa Vendée natale. Il sé- journait ainsi l’été au village du Pontereau et se rendait à pied, chaque jour, au bourg. Visage as- cétique, petit de taille, il passait l’hiver sans feu dans une sobre chambre-bureau où les livres te- naient lieu de tapisserie. Fine silhouette, il portait en toutes sai- sons la même pèlerine, un cache- col sombre, un vieux chapeau. Intelligent et lettré, cet homme modeste, discret, probe, qui ne se plaignait jamais, avait une volon- té inflexible, tenace. Sa vie inté- rieure intense le portait à écrire et agir au service de ses convictions humanistes, de sa foi. Ennemi acharné du men- songe, Georges Duret disait à ses élèves qui découvraient la philo- sophie : « vous êtes ici pour cher- Le chanoine Georges Duret poète, philosophe, résistant Il y aura cette année cent-trente ans naissait à La Bruffière, le 12 novembre 1887, Georges Duret. Prêtre depuis 1912, professeur de lettres et de philosophie au collège Saint Stanislas de Poitiers, il fera paraître, de 1918 à 1924, 50 Cahiers pour les professeurs catholiques de France qui s’adressaient aux maîtres du public comme du privé Yves Auvinet
  19. 19. 19Lire en Vendée - avril 2017 christianisme, le portait à combattre pour la liberté du citoyen et du croyant, la dignité, la dimension sacrée de tout être humain. Il n’est de vie juste à ses yeux que celle qui rend les actes conformes aux principes. Temporel et spirituel sont liés. D’esprit pacifique, il entre en lutte pour sauvegarder ce qui importe vraiment. Membre du réseau Renard, l’un des premiers groupes de Résistance dans la France occupée, il est arrêté en 1942 dans le collège où il professait, se sachant menacé par la Gestapo. Dans la prison de Wolfenbüttel, seul et dépouillé de tout, s’est éteint le 30 mai 1943 Georges Duret qui s’était montré jusqu’au bout homme de charité. C’est avec son sang que ce cœur ardent, volontaire, qui croyait à la force de l’esprit, a écrit son dernier Cahier pour son pays, pour sa foi. Écoutons pour conclure quelques vers d’Accents, plaquette imprimée clandestinement en 1942 qui s’achève par l’évocation de Blaise Pascal, le dernier chant de cet authentique témoin : Je ne suis qu’un regard pour un point seulement Le reste est divertissement. Jusqu’à ce que le mont nocturne s’éclaircisse, Attendre fait mon exercice.  (Vox in Rama, I). Bernard Grasset cher la Vérité.  » Dans son enseignement comme dans ses écrits, il cherchait à harmoniser raison et foi. Étranger à l’idéalisme, au savoir uniquement li- vresque, qui ignore l’expérience et oublie la sagesse, il avait pour maître Blaise Pascal auquel il consa- crera le premier de ses Cahiers (Vie de Blaise Pascal) et l’un des derniers (Le discours pascalien). « Pascal a le sens non seulement de l’ordre mais de l’ordre dans la profondeur » écrivait-il. Figure importante de la philosophie française de l’esprit, Aimé Forest dédicacera au chanoine, dont il fut l’élève et l’ami, le livre qu’il consacrera à l’auteur des Pensées. Phi- losophe humaniste, interrogateur de l’art, Georges Duret cherchait à exprimer le maximum de pensée dans le minimum de mots et à éveiller chez ses élèves ou lecteurs le sens de l’absolu. C’est comme naturellement qu’il passait de la philosophie à la poésie car il était aussi bien vrai poète que vrai philosophe. Familier des poètes an- tiques, ainsi d’Homère et de Virgile, il goûtait parti- culièrement des auteurs comme Corneille ou encore Chateaubriand. A la cime de la poésie toutefois, c’est Charles Péguy, auquel il consacrera le second de ses Cahiers et des poèmes, qu’il plaçait. Celui qui ne séparait pas l’artiste de l’artisan avait écrit en 1906 une Géographie littéraire de la France où il rattachait les écrivains à leurs terroirs. Parmi ses œuvres poé- tiques, se détachent L’Heure de Prime (avec Les Tra- vaux et les Jours) (1930), La Matinée pensive (1936) et Accents (1942). Marquée d’un esprit classique, sa poésie se distingue par sa sincérité, son humanité et sa densité. Un chant lyrique, à la fois âpre et doux, s’élève des routes de la terre vers l’infini. Le poète usera de vers de longueur variée, aux musiques graves et sereines. En se faisant brefs, ses vers pren- nent une force expressive, un accent moderne. Ainsi dans La Matinée pensive : Un blanc nuage Sur le village, Une pensée A la croisée  (Enfances, I). Poète humaniste, poète géorgique de la Ven- dée (« Mon poème est mon champ, mes strophes sont mes gerbes » écrivait-il dans L’Heure de Prime), Georges Duret a été un émouvant poète-témoin. Le règne du nazisme, il l’a vu comme une nuit descendant sur le monde. Très tôt il entre en résis- tance contre l’Allemagne hitlérienne qu’il perçoit comme anti-humaniste, anti-chrétienne. Sa culture, nourrie des Lettres grecques et latines comme de Georges Duret, hommage !
  20. 20. 20 Lire en Vendée - avril 2017 Lire en Vendée a choisi de rendre très simplement hommage à Claude Mercier avec Louis Gouraud, son compagnon de tou- jours, qui a prononcé le mot d’adieu lors des obsèques de Claude, le 22 avril, en l’église de Beauvoir-sur-Mer et avec ce texte ma- gnifique «Le moment est venu» que Claude avait enregistré et qui a été diffusé pendant la cérémonie. Claude est mort et la Vendée est en deuil Par contre au Ciel, c’est l’allégresse: Saint Pierre est venu lui-même en personne, accueillir Claude à la grande porte du Paradis. «Te voilà enfin, cher Claude, depuis le temps que je t’at- tendais, j’ai hâte d’écouter tes petites histoires drôles, dont tout le monde parle ici.» Puis, s’adressant à Claude, il lui dit: «Sois le bienvenu au Paradis, mon cher Claude, tu vas pouvoir retrouver ta famille et tes amis. Sais-tu que tu as beaucoup d’amis ici ?» Tiens, regarde les Compagnons de la Joie que tu as créés et qui te font une haie d’honneur, et Jean Lagniau, du Souvenir Vendéen, qui te fait signe pour aller t’asseoir entre lui et sa sœur Andrée. Et voici Constant et Maurice, de La fin de la Rabinaïe, ils parlent une drôle de langue que je ne comprends pas, il paraît que c’est du patois vendéen, tu vas pouvoir me le traduire. Qu’est-ce qui arrive en courant ? Mais c’est le bon père Pateau, ton professeur de français, latin-grec à l’Institution Ri- chelieu, que tu as si souvent chahuté. Il t’a pardonné depuis longtemps, mais je serais très heureux si tu pouvais l’imiter, comme si tu sais si bien le faire, dans sa grande homélie sur Jeanne d’Arc, à l’église Saint Louis de La Roche-sur-Yon. Georges Clemenceau qui se trouve loin, dans le secteur le plus à gauche du Paradis, est averti de ton arrivée. Il va venir, il a lu ton livre «Clemenceau, tout simplement» et l’a bien ap- précié. Il est très satisfait pour ton Prix littéraire et te remercie beaucoup pour ton interprétation magistrale de sa personne dans les pièces de théâtre jouées en Vendée.» Oui, vraiment au Paradis, depuis l’arrivée de Claude, c’est la joie partout. Par contre, sur terre, à Saint-Gervais, à Beau- lieu, et dans toute la région, c’est la désolation et la très grande tristesse, car la Vendée vient de perdre l’un de ses personnages les plus attachants. Claude n’était pas un homme de pouvoir, d’ailleurs il n’a jamais voulu être maire de sa commune et en aucune circons- tance, il n’imposait son point de vue. Par contre, c’était un homme de devoir, toujours respectueux de la parole donnée. C’était également un homme de savoir dans de nombreux do- maines. Enfin et surtout, Claude était un homme de cœur, de grand cœur, fidèle en amitiés - nous étions amis depuis 75 ans ! - et toujours prêt à rendre service. Avant d’être l’amuseur public que chacun admirait et ai- mait, Claude avait exercé la profession de notaire à Coulonges- sur-l’Autise. Tout le monde s’accorde à dire que c’était un très bon notaire, bien apprécié de ses clients et de ses confrères qui l’avaient nommé tout d’abord pour les représenter, Délégué départemental des Deux-Sèvres, puis Délégué régional de la Région Poitou-Charentes et enfin, poursuivant son ascension, il avait été pro- pulsé Délégué national, siégeant à Paris au Conseil supérieur du Notariat où il était devenu une vraie vedette, admiré par tout le monde, mais une vedette modeste, res- tée très simple et toujours accessible. Il avait même joué à Paris, au Théâtre Marigny, avec un confrère notaire de Stras- bourg, la pièce «Le Code civil» où il tenait le rôle de Napoléon, et dont la recette fut reversée dans la caisse de Sœur Emma- nuelle, la Sœur des pauvres du Caire. Son activité de retraité était débor- dante: revues, conférences, auteur de livres, interventions à la télévision, pièces de théâtre, etc. Je terminerai par son Salon du Livre de Saint-Gervais, qu’il chérissait tout particu- lièrement, là ou les auteurs avaient plaisir à se retrouver. C’était il y a à peine une quin- zaine de jours. Il avait annoncé que ce se- rait sa dernière année, ce que tout le monde déplorait. Malgré une santé défaillante, il a tenu bon jusqu’au bout, en faisant comme à l’habitude rire toute l’assistance. Mais il a commis une grosse impru- dence : chaque année, il donnait un thème à son Salon. Cette année, le thème, c’était «Le grand vent d’Ouest». Hélas, ce grand vent d’Ouest l’a emporté très loin, trop loin. Il n’est pas revenu, il ne reviendra pas et le vide qu’il laisse près de nous tous sera bien difficile à combler. Au revoir, mon cher Claude, tu vas beaucoup nous manquer. Louis Gouraud
  21. 21. 21Lire en Vendée - avril 2017 Claude et Marie Mercier, dîner des bénévoles à Saint-Gervais le dimanche 10 avril 2016 Aurevoir ClaudeMercier Au revoir, Claude Notre ami Claude Mercier s’en est allé le 18 avril 2016, emporté par le grand vent d’Ouest auprès duquel il avait rameuté tous les poètes qu’il aimait, ceux qui avaient chanté ce souffle qui l’animait en permanence C’était quelques jours plus tôt, à Saint-Gervais, à l’ouverture du Sa- lon du Livre, auquel il a donné depuis vingt ans le meilleur de lui-même. Le Salon lui survivra et les auteurs ven- déens auront à cœur d’y participer, en mémoire de Claude Claude Mercier, Grasla, 20 juillet 2013 Le Moment venu Le jour où moi aussi j’aurai fini mon temps Et où ta voix, d’en haut, me dira: «Maintenant!» Fais, Seigneur, que ce soit un jour où la Vendée Est au matin de juin, de soleil inondée. Je prendrai mon bâton pour faire le voyage Et je me lèverai. Sur le bord du rivage, Debout et face au flot qui découvre le Gois Je humerai la mer une dernière fois. Et puis, à travers prés, en sautant les rigoles, En longeant les fossés, en glissant dans la yole, Le nez dans le soleil et le dos dans le vent, Je vivrai là mon dernier matin de vivant. Foulant la terre rude et les herbes sauvages, Saluant de la main mes amis au passage, Marchant toujours vers toi et sans même un arrêt, Je dirai doucement adieu à mon marais. Le soleil sera haut quand, de mon pas tranquille, Je rejoindrai la Vie aux abords de Saint-Gilles, Flânant près des bateaux, scrutant à marée basse Les grands oiseaux de mer posés sur les pinasses. Alors je trouverai la petite rivière Qui me ramènera au moulin de mon père. Un adieu aux parents, aux anciens de mon âge Et je m’enfoncerai à travers le bocage. Dans les champs, de soleil et de chaleur comblés, Je prendrai dans mes mains l’épi gorgé de blé, Je sentirai mes pieds fouler l’herbe bien grasse, «L’année s’annonce bonne» et je te rendrai grâce. Au bout des chemins creux, d’humbles croix de granit Me donneront déjà une odeur d’infini. Près des logis cachés sous un front de verdure, Dans les fermes enfouies, partout dans la nature, Mon pas résonnera sur un sol de tombeau Et j’entendrai le bruit d’une armée en sabots. Alors je partirai pour ma dernière étape Et lorsque les derniers rayons de soleil frappent, Lorsque l’ombre s’étire et la chaleur descend, Dans le bleu mordoré du ciel resplendissant, Je gravirai enfin les pentes des Alouettes. Il me viendra alors plein de noms dans la tête, Charette, Clemenceau, Jean Yole, Milcendeau, Roussière et Astoul, Simon et Véronneau, Visages disparus, voix qui se sont éteintes Mais qui tous dans mon cœur ont laissé une empreinte. En arrivant en haut, derrière la colline, Ce sera l’heure où le Puy du Fou s’illumine. Tout ce que j’ai aimé, en ce jour de départ, Je l’embrasserai tout dans un dernier regard, Debout sur cette terre mille fois fécondée, Une dernière fois, je verrai ma Vendée. Pour ce jour de bonheur, je te crierai «Merci» Et puis, me retournant, je dirai «Me voici!» Claude Mercier
  22. 22. 22 Lire en Vendée - avril 2017 Elle est naturellement discrète. Elle vit aujourd’hui dans une grande maison en Normandie. On la voit peu dans les salons. Elle a pourtant le contact fa- cile. Elle a publié une quarantaine de livres. Elle est le 4e auteur fran- çais en nombre de livres vendus (8 millions). Ses romans racontent des histoires de famille. Elle présen- tera à Montaigu, entre autres, son dernier roman  : « Face à la mer », éditions Bel- fond. Son héros, Mathieu, est si investi dans son métier de librai- rie qu’un jour il n’en peut plus, il craque, s’effondre. Du jour au lendemain, il change de vie, se sauve et trouve refuge à Sainte-Adresse, près du Havre. Dif- ficile de se reconstruire après l’ou- ragan d’un burn-out. C’est tout le sujet du livre. Les amis qui veulent aider Mathieu sont si maladroits. D’ailleurs peut-on aider quelqu’un dans cet état ? Il faudra des trésors de tendresse et un petit miracle pour qu’il retrouve goût à la vie, face à la mer... Ce roman est du Françoise Bourdin pur jus, un fait de vie, et voilà notre auteure partie bride abattue dans une histoire profondé- ment humaine. Les lecteurs ne s’y trompent pas, ils se retrouvent dans ses livres qui sonnent juste et lui va- lent un énorme succès populaire qui s’est affirmé livre après livre, et qui dure. Y. V. Deux auteurs membres de la SEV sont égale- ment adhérents à l’A.E.A.P (Association des Ar- tistes et Écrivains Paysans). Sur proposition de l’un d’eux, Marc Girard, par ailleurs participant actif de France-Arménie, un voyage au cœur de ce pays a été organisé en septembre dernier. Un lien avec notre association d’auteurs est ap- paru évident. L’identité d’une nation se construit au fil des siècles. La tradition orale en est le premier véhicule. L’écrit corrobore les dires, étaie l’histoire. Les Arméniens y sont d’autant plus sen- sibles que depuis longtemps leur existence même est menacée. D’où l’idée de créer un musée spécifique du manuscrit : le Matenadaran. Ce lieu de mémoire de l’humanité, rassemble des ouvrages anciens (parfois vieux de plus de quinze siècles). Le temple des mots a trouvé refuge ici. La statue de Mashtots, créateur de l’alphabet arménien au Ve siècle, veille jalousement sur l’entrée. Il nous a semblé difficile de ne pas évoquer aussi, les évé- nements cruels vécus par ce peuple au début du XXe siècle. Charles Aznavour les a dénoncés à travers son œuvre. Le mé- morial du génocide est érigé en souvenir du passé cruel mais aussi tourné vers l’espoir en l’homme : Forget-me-not symbo- lise cet appel. Entre flammes, myosotis fleur de l’espoir, et visite du mu- sée où l’horreur rappelée côtoie l’instinct de survie, puissent les envahisseurs potentiels, destructeurs d’identités, se souve- nir avant tout qu’ils sont des hommes et qu’aucune cause, si affirmée soit-elle, ne peut justifier un déclin d’humanité. Les mots seront toujours là pour dénoncer de tels faits. Marcel Grelet Voir également le cahier de voyage « Souvenirs d’Arménie » de Christine Baldasari. Et « Chaleureuse Arménie de Marc Girard » Arménie Françoise Bourdin, présidente d’honneur du 29e Printemps du Livre
  23. 23. 23Lire en Vendée - avril 2017 sous la présidence de Françoise Bourdin Prix Ouest : la sélection 2017 PrintempsdulivredeMontaigu Frédéric Gros Possédées Albin Michel En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure au couvent des Ursu- lines, est brusquement prise de convulsions et d’hallucinations. Elle est bientôt suivie par d’autres sœurs et les autorités de l’Eglise les déclarent «  possédées  ». Contraints par l’exor- cisme, leurs démons désignent bientôt leur maître... Un roman dans une petite ville de la Vienne, à la frontière du grand Ouest. Stéphane Hoffmann Un enfant plein d’angoisse et très sage  Albin Michel Dans ce portrait d’une famille où la tendresse passe mal, on croise une chanteuse qui ne veut plus chanter, un Anglais qui n’aime que les chaussettes et la reine, un petit chien bien imprudent et une égoïste qui veut être ministre. On fait des virées à Londres et Monaco et une traversée du lac Majeur... Stéphane Hoffmann vit à La Baule. Christian Carayon « Un souffle une ombre » Fleuve Noir Voilà à quel moment les choses ont changé. Voilà ce qu’a été l’af- faire de Basse-Misère : trois morts et une moins que vivante ; un lac maudit qui a été rebaptisé ; une enquête catastrophique qui n’a eu de cesse de s’égarer ; un monstre tapi quelque part, à l’abri, peut-être prêt à recommencer... Christian Carayon vit dans la Sarthe. Jérôme Chantreau Avant que naisse la forêt Les Escales Albert vit paisiblement au bout du RER parisien. Un jour il laisse le téléphone sonner. Le répondeur se déclenche : sa mère est morte. Albert décide faire le point et s’enferme avec l’urne maternelle dans la propriéré familiale de Mayenne. Une idée l’obsède : trouver une chanson pour la cérémonie funèbre... Jérôme Chantreau est mayennais. Catherine Ecole-Boivin Enfuir l’hiver Presses de la Cité 1931  : Aëlle et Madalen Ker- madec rencontrent les garçons Valvachet. Ils se marient d’un bel amour. Bien que séparés géo- graphiquement, les deux couples vivent la même épreuve  : un manque d’enfant. Un soir qu’elle rentre chez elle, Aëlle est sauvage- ment agressée. Un enfant naît du viol « La Chose »... Catherine Ecole-Boivin enseigne à Pornic. 29e Printemps du Livre de Montaigu, les 7-8-9 avril au Théâtre de Thalie
  24. 24. 24 Lire en Vendée - avril 2017 Journaliste littéraire, elle est tombée dans la marmite toute petite. Fille d’éditeur roumain, amoureuse de la France depuis toujours, en par- ticulier de la Vendée où elle vit avec son mari et ses deux fille. Cette jeune femme talentueuse aime : la neige dans ses Carpates de Roumanie, l’odeur du poêle à bois dans la cuisine, Cha- teaubriand car elle adore les enchanteurs. Passionnée, elle jette un pont pavé de bons livres entre la Vendée et la Roumanie pour une exploration intime et des échanges fructueux, et propose : «-Installez-vous, regardez, ayez des idées, et proposez-les moi.» https://www.youtube.com/watch? v=UQAcUMNDRc0 E. T. Aïda Valceanu vient de créer une chaine Youtube et invite à la rejoindre ceux qui comme elle sont des passeurs de livres Événements Assembléesgénérales2017 L’assemblée générale de la So- ciété des Écrivains de Vendée aura lieu le 12 avril au musée de l’abbaye Sainte-Croix Celle de Vendée Historial à l’Historial aux Lucs sur Bou- logne le 24 avril Cette année encore, la forêt de Grasla va accueillir les auteurs et éditeurs qui font vivre et rayonner la création littéraire ven- déenne. Le romancier Armel Job conduira cette délégation et sera le Président d’hon- neur du Refuge du Livre 2017 Comme en 2015, avec les Régions de France pour les Nuls, après L’École de Brive, les écrivains d’Alsace- Lorraine, d’Aquitaine et de Bourgogne, le Refuge du Livre a tenu à associer un territoire littéraire d’ex- pression française, et cette année c’est la Belgique qui est mise à l’honneur. Une importante délégation de dix auteurs, six romanciers, deux poètes, deux au- teurs de BD, un historien, va rejoindre les écrivains vendéens et apporter sous les arbres de la forêt le grand souffle de la Wallonie. Le romancier Armel Job conduira cette délégation et sera le Président d’honneur du Refuge du Livre 2017. On connaît le plaisir de déambuler dans la forêt et de passer d’un stand à l’autre, autour des écrivains et des éditeurs qui dédicacent leurs ouvrages dans ce lieu chargé d’histoire où les amis du Refuge de Grasla ont réinventé les huttes qui abritèrent les 2 000 Ven- déens fuyant la barbarie de 1793. L’entrée est excep- tionnellement gratuite pendant ces deux jours. Des rencontres et des conférences seront aussi organisées avec les auteurs français et belges . Le Prix Charette sera proclamé à l’issue de l’inauguration, le matin du samedi 22 juillet. Des dégustations de produits belges proposées par le Ministère de l’Agriculture belge seront offerts aux visiteurs. Fondée en 1977, la Société des Écrivains de Vendée célébrera logiquement son 40e anniversaire au Salon du Livre Vendéen, au cœur de notre Dé- partement et de son histoire. La Bibliothèque dé- partementale de Vendée y présentera une exposition qui retrace les grands moments de l’histoire de la SEV et son action pour promouvoir l’écriture dans notre région. La SEV compte aujourd’hui plus de 120 membres : nombre d’entre eux seront présents à Grasla. Et l’écrivain-conteur Gilles Perraudeau fera revivre sous les chênes et au bord de l’étang quelques-uns des mythes éternels de la Vendée... 22 et 23 juillet 2017 : Le Salon du livre vendéen de Grasla, la Belgique, l’anniver- saire des Écrivains de Vendée, le Prix Charette...
  25. 25. 25Lire en Vendée - avril 2017 Les autres livres nominés : Yvon Marquis Au service du Roy Geste Ce roman historique, inspiré de la vie de l’amiral sablais Pierre de Vaugiraud, avait retenu l’at- tention du jury. À juste titre, puisqu’il obtiendra quelques mois plus tard le Prix des Ecri- vains de Vendée 2016. B. Abtey, P. Deschodt Arsène Lupin les Héritiers XO Pour les amateurs d’Arsène Lu- pin, même si c’est un pastiche... Un récit agréable au tournant du XXe siècle, entre l’incendie du Bazar de la Charité et les tensions qui préludent à la guerre de 14-18. Arsène Lupin revisité est convain- cant et se faufile avec audace et élégance dans les «affaires» d’une époque qui n’en manquait pas. J. de Mandat-Grançays Le Balafré IBA com L’auteur raconte la vie romancée d’un de ses ancêtres, un gentil- homme champenois, pris dans les tourmentes de la Révolution avant d’émigrer. Les rencontres du héros avec Mme Vigée-Le- brun, Malesherbes ou Talleyrand rehaussent ce récit sur la vie d’un chouan (voir également critique dans le n° 30). SalondeGrasla Franz-Olivier Giesbert, Prix Charette 2016 «L’arracheuse de dents» avait connu Charette... Lucile Bradsock, l’arracheuse de dents, a vécu cent ans. C’est un personnage imaginaire bien sûr, né de l’esprit fécond et bouillonnant de Franz-Olivier Giesbert. Par bonheur, à la page 186 du roman, elle a connu Charette, dans tous les sens du terme... Cela ne suffit pas à l’évi- dence pour obtenir le Prix Cha- rette! Le jury, pourtant, n’a pas hésité un instant, parce que ce livre répond en tous points aux critères mêmes du Prix: le panache, l’es- prit d’indépendance, la liberté. Ce roman jubilatoire nous entraîne en com- pagnie de Lucile depuis la guerre d’Indépendance à la fin du Ier empire, en passant par la traite des Noirs et la Révolution française. Lucile y croise, fort intimement parfois, Louis XVI, Jefferson, George Washington, La Fayette et Napoléon Ier . Giesbert brode avec talent les habits de l’Histoire. Sans forcer le sien. Il le fait avec une imagination débordante, de l’humour et la désinvolture qu’on lui connaît. Il y a aussi dans ce roman une grande part de vérité quand l’auteur évoque la traite négrière et «la Révo- lution française qui mangeait ses enfants».
  26. 26. 26 Lire en Vendée - avril 2017 Au Loup Éditions pour les enfants et adolescents Une équipe jeune, dynamique, sympa- thique et passionnée, un gage de réussite : Au Loup Éditions est une entreprise familiale. Au départ, 4 auteurs. Brand Alexander et Mandar sont principalement illustrateurs, Laurence Erwin et Elisabeth Faure, auteurs. Le travail en équipe leur permet de travailler ensemble sur toutes les étapes de la réalisation du livre. Pierrick Barreau vient de les rejoindre. Les premiers titres paraissent en août 2014 avec succès. Le catalogue compte déjà 20 titres. Des histoires pleines de couleurs, de sensibilité pour les tout petits, 0-4 ans, des contes pour les 3-8 ans, des romans pour les 8-15 ans, et même un livre de cui- sine. Des contes illustrés peuplés de dinosaures et d’animaux, des romans fantastiques, une BD avec un chat pirate ! Déjà trois de leurs ouvrages sont pa- rus en anglais. Des livres ludiques, très bien illustrés, aux couvertures chatoyantes. Au Loup continue d’élargir son offre avec d’autres bandes dessinées. Deux albums, destinés aux 6 mois-4 ans présentent les aventures de Filou- loup, un petit loup sympathique qui découvre le monde. Bien accueilli par les jeunes lecteurs, il re- viendra dans d’autres publications dès le printemps prochain. La collection des romans Myrta, destinée aux jeunes à partir de 9 ans, s’est enrichie d’un troisième tome au mois d’octobre. La parution du quatrième est pour le printemps 2017. Une trilogie de romans fan- tastiques, Le Monde d’El- ven, paraît au mois de novembre pour les aux jeunes à partir de 8 ans. Futures publications : Un livre sur la ville de Vouvant rédigé par un jeune historien vendéen. La suite des Myrta, Filou- loup, de la BD Chaboom, des nouveautés : des ro- mans pour les enfants plus jeunes… et pour les plus âgés ! Où les trouver ? Dans les salons du livre, notamment en Vendée (Montaigu, Grasla, La Mothe Achard, Le Langon, etc.).Toutes les informations sur les ouvrages sont disponibles sur le site internet www.auloup-editions. fr ; Facebook : Au Loup Éditions, La distribution dans les librairies et grandes surfaces de Vendée est faite par Séverine Maudet de Diffusion des Mots. Eveline Thomer
  27. 27. 27Lire en Vendée - avril 2017 ÉditionsJeunesse,éditions Les Éditions Robin La revue Lélixire Lire en Vendée veut refléter toute l’activité de l’écrit et du livre du département. Pour- tant il existe une autre petite revue litté- raire : Lélixire Née en 2011, elle a pour origine les Éditions Ro- bin, créées par Jérémy Robin. Déjà, deux cents auteurs se sont partagé les pages de ces carnets de quarante-huit pages à la couverture qui trahit la recherche artistique, l’iconographie qui navigue entre les dessins et les photographies, et un sommaire très original : l’édito ; l’avant-goût ; Hom- mage à… ; Tête à tête avec… ; côté poésie ; Des nouvelles de… ; Infos utiles ; une rubrique au sujet des auteurs et illustrateurs pour se terminer par Un dernier… où vous retrouvez les poètes de toujours : Jean de La Fontaine, Rimbaud, Francis James … Ce que j’ai apprécié, c’est ce petit sac à livre pour protéger Lélixire du moment, fourreau qui protège ce véritable petit trésor bibliophilique. Au cours de l’année dernière, Lélixire en était à son dixième numéro et pour fêter cela, un Hors-Sé- rie de plus grand format à vu le jour, la couverture est signé Gus, graphiste et illustrateur vendéen. Alors, si vous souhaitez participer aux prochains numéros en proposant des poèmes, illustrations, articles, nouvelles, dessins, etc., joignez : contact@ editionsrobins.com Les Éditions Robins, c’est aussi une multitude de recueils poétiques aux formats particulièrement et originalement illustrés, et puis, il existe sa collec- tion jeunesse La tête dans les étoiles. Il faut lire La nuit de Ferdinand, de Peimpourte, Claire Corbin et Miguel Robin, cet ouvrage c’est le Petit Prince de Saint-Exupéry pour enfant du primaire, de plus il existe une version musicale. René Moniot Beaumont
  28. 28. 28 Lire en Vendée - avril 2017 Philippe Gilbert Vendée, terre de cinéma Petit pavé, 214 p., nombreuses photos, 24 € J’ai entre mes mains le dernier Philippe Gilbert, le Vendéen le plus ciné- phile du département. Un Vendéen pur sucre né à Madagascar, il faut le faire… Mais comme je connais le bonhomme, je ne suis pas étonné par cette facétie… Il est un peu, comme Yvan Audouard le Provençal qui a trouvé le moyen lui aussi pour se faire remarquer, de pousser ses premiers vagissements en Indochine. Là, pour- rait s’arrêter la comparaison. Mais le Yvan, ami intime d’Antoine Blondin n’était pas mal non plus dans son genre facétieux. Philippe Gilbert aurait pu être d’une certaine façon son pen- dant océanique… Son livre est un bijou, il fallait oser faire un bouquin sur le cinoche et son histoire en partant de notre Vendée. Je l’ai lu en une nuit, à une vitesse folle, J’ai « flash-backé » dix fois, vingt fois à travers les pages. Moi qui suis un fondu de cinoche, j’ai appris mille choses dans ce découpage, dans cette vivisection, dans ce travail de légiste, d’anthologiste cinématogra- phique... Philippe nous balade à la Chaume avec Florelle, à Noirmoutier avec une palan- quée d’acteurs, actrices, metteurs en scène qui y ont tourné, vécu, bu, fait des pâtés de sables… On se régale avec Gilbert Prouteau et ses anec- dotes. J’ai quinze ans, sept ans, ces pages me ramènent en Algérie dans le village de mon enfance, je suis dans les salles du Comedia, du Splendid avec Gaby Morlaix la Vendéenne que je croyais Pied-Noir, originaire de Biskra… Ce bouquin est une jouvence, un bonheur, je suis en culotte courte un pied sur les deux rives. Philippe m’apprend aussi que Marie- Hélène Breillat, j’étais amoureux de ses yeux, a des origines sud-vendéennes… Je revisite aussi Harry Baur et Florelle en Fantine, j’avais cinq ans quand j’ai vu cette version des « Misé- rables »… Vanel est également dans ces pages, Simenon bien sûr, et d’autres et d’autres… Il est cinq heures du mat, il est temps que j’aille me coucher… je crois que je vais faire de beaux rêves dans les bras de quelques-unes. Pourvu que je ne réveille pas ma femme… Pierre Yborra Cinéma D’où nous arrivent-ils ces mots aux consonances ultra- modernes ou ve- nues d’ailleurs qui, insidieusement, trouvent leur place dans les médias ? Motsd’Aujourd’hui? Remplaceront-ils certaines locutions de notre voca- bulaire ? Ainsi un « paradigme » se substitue peu à peu à une vision du monde, à un modèle, un système, un concept. Très proche de « parangon », substantif mas- culin  qui signifie personne ou chose pouvant servir d’exemple. Tous deux viennent du grec comme  « pa- lindrome » nom masculin qui peut se lire de droite à gauche comme de gauche à droite. Exemples : été, radar, sagas, rever (…en supprimant, comme conseillé, l’ac- cent circonflexe sur le premier e de rêver). Autre mot utilisé souvent dans la presse : un « oxy- more », du grec oxumoros, qui réunit deux noms d’ap- parence contradictoire ou un nom et un adjectif antino- miques. Tel : un silence assourdissant… Retour à la lettre A. Être « addict  » Qu’est ce qu’une « addiction ? ». Avoir une dépendance à l’alcool, à un parfum, à un plat. Peut traduire également une envie très forte et répétée pour un accessoire de mode ou une tendance. « Être addict au selfie » signifie se prendre en photo avec son smartphone. (« Selfie » fait partie des anglicismes qui envahissent notre vocabulaire.) C’est un mathématicien arabe du IX° siècle qui s’est intéressé à l’algorithme. Un algorithme est une défini- tion simple et précise ou une suite d’instructions sous forme de concept permettant de résoudre un problème. Il y a également la « coulrophobie ». Avoir une pho- bie, une peur exagérée des clowns. Ou la « glossopho- bie » la crainte de parler en public. Ou « L’ubris » (du grec ancien hubris ) qui signifie perdre le sens des réali- tés, avoir un comportement outrancier. Pour un trouble du comportement alimentaire (boulimie, anorexie) on évoque une orthoraxie. Une voyelle change et c’est l’ « orthorexie » du grec orthos (droit, correct) et orexis (appétit) ou, pour résumer : manger sainement au quoti- dien. En inscrivant toutefois au menu un plat « sapide » qui a du goût, de la saveur. C’est l’opposé d’insipide, de fade. On peut aussi entretenir sa forme avec de la gym. Mais attention, sans excès. La bigorexie guette les per- sonnes devenues dépendantes d’une pratique excessive du sport. Celles qui sont « accro ». Tout cela peut nous donner de l’empathie : la capa- cité de ressentir les sentiments, les émotions des autres. Le contraire d’égocentrisme, d’égoïsme… des mots qui signent aussi notre époque. Frédérique Mory
  29. 29. 29Lire en Vendée - avril 2017 ​Île d’Olonne On ne change pas une équipe qui gagne ! 1200 spectateurs pour «La fille du saunier» en 2015. Fort de ce succès, Jean-François Chevret, Islais et metteur en scène, reforme la même équipe : Éve- line Thomer pour l’adaptation de la pièce originale de Dominique Eulalie : «Le choix du Roi», Domi- nique Delmée à la mise en scène, Xavier Chauvière pour les chants et les danses. Les comédiens : Le roi, Philippe Perón, la reine, Martine Gaffiero, Damien Robin, Élisa, Claire, Jérôme, Pacôme, et des nou- veaux venus. Le ton est donné, ce sera festif et dé- lirant. Le projet inclut des associations locales pour une farce paysanne enlevée avec des personnages is- lais, réels ou imaginaires. La pièce : le roi veut passer la main à son fils. Celui-ci, très efféminé, a d’autres aspirations. Sur les conseils de la reine, le roi se tourne alors de fort mauvaise grâce vers ses deux filles. Il va de décep- tion en déception, l’une est danseuse dans un caba- ret et se produit en tenue fort légère, la cadette est passionnée de country et veut partir en Amérique. Désespéré par ses trois enfants «ratés», le roi accuse la reine et la nounou de tous les maux, mais la reine rusée et déjantée a plus d’un tour dans son sac... Qui sera le futur roi du Pays des Olonne ? Des comédiens professionnels et amateurs, une garde rapprochée armée de cuivres et tambours, des chants, des danses, des circassiens, un repas ven- déen, en sommes tous les ingrédients pour une soi- rée haute en couleur ! À vos agendas pour un spectacle gratuit en plein air à l’Ile d’Olonne dans le cadre des Mercredis de l’été le 2 août 2017, manifestation culturelle soute- nue par la commune (compter 10 € pour le repas, contact office du tourisme de l’Isle d’Olonne). Théâtre La Tranche, Festival du théâtre amateur, Salle comble à chaque représentation pour cette 9e édition très attendue avec un «maître de séance», Joël Bonnemaison, très en forme Les troupes, vendéennes pour la plupart, don- nent le meilleur d’elles-mêmes à un public fidèle, enthousiaste et participatif. La remise des Prix était présidée par Laurent Tixier, comédien, chanteur, auteur de pièces, de romans, organisateur de spec- tacles. Le rideau s’est baissé et les comédiens nous ont fait oublier parfois... souvent​...​que c’était du théâtre amateur ; ils sont repartis distiller du bon- heur aux quatre coins de la Vendée... «Allez voir les comédiens...»​ Édition 2017, plusieurs pièces seront jouées à la Salle des Floralies à La Tranche du 11 novembre au 18 novembre​. Prix de la tulipe d’or : J’en Grève encore, Les tréteaux de la Marelle de Mouilleron le Captif. Prix du Meilleur comédien : Jean Louis Monnier pour l’Atelier, Mi sèvre Mi raisin de Vertou. Prix de la meilleure comédienne : Émilie Lanters pour Toc Toc, Les Farfelus de Saint Gilles Croix de Vie. personne ne représentant la troupem le prix a été donné à la deuxième Claude Diguet pour Dis à ma fille que je pars en voyage, L’écarquille, pièce diffi- cile jouée avec brio. Prix de la mise en scène : Nicolas Brandicourt, Hortense a dit je m’en fous, Les Bouffons de Vallet. Prix du Meilleur texte ou adaptation : Meli Melo, Les grains de sel de l’Ile d’Olonne. Prix du meilleur costume : Cendrillon, Les Baltim- banques de Clisson. ​Eveline Thomer
  30. 30. 30 Lire en Vendée - avril 2017 Luçon le 9 octobre , Déchets en fête dans le jardin Dumaine L’automne était doux, le so- leil au rendez-vous ; une or- ganisation parfaite, toute en harmonie, cadre ma- gique pour quelques chapi- teaux blancs avec leurs lots de surprises... Livres neufs, d’occasion, œuvres de bois flotté, de couvercles martelés de boites de conserve, meubles de récupération, sculptures, et La Dame aux coquillages de l’Île Penotte, aux Sables d’Olonne, avec ses fresques gigantesques et colorées avec des «éco boys» (coquilles vides que l’on jette).   Corinne Girard et le président Daniel Gachet, avec un mot peu porteur ont réussi une belle per- formance :    ravir et sensibiliser un public ébahi aux problèmes de l’environnement, de l’écologie, et du recyclage : nos  déchets peuvent avoir une «belle» deuxième vie et devenir œuvre d’art !!! 4 décembre, à Saint Vincent sur Jard, salle Cle- menceau Mélangez peintres et écrivains, vous obtenez une journée toute en couleur, en douceur, en rondeur. Un air de fête, un​Rendez-vous Place des Arts, les ar- tistes de la plume et du pinceau au pays de Clemen- ceau Sous la houlette d’Annie Gallet, les membres de l’association  Couleurs et lumière, pinceaux en main, ​exposaient. Une  belle balade entre portraits et paysages où la Vendée avait sa part. Les écrivains, têtes baissées, dédicaçaient leurs ou- vrages. Un glacial soleil d’hiver réchauffait, réchauf- fait... Bravo aux artistes qui «colorent la vie» ! Rendez-vous pour la prochaine édition le 3 dé- cembre 2017​. SALON DES LIVRES ACTUELS ET ANCIENS LA MOTHE ACHARD 13 - 14 Mai 2017 EXPOSANTS : AUTEURS - ÉDITEURS AUTEURS INDÉPENDANTS BOUQUINISTES - LIBRAIRES ROMANS -HISTOIRE - POLICIERS POÈMES- RÉGIONALISME JEUNESSE - BANDES DESSINÉES CONTACT POUR RÉSERVATION : ASSOCIATION A&A LIVRES alain.milcendeau@bbox.fr TÉL : 06 68 55 47 44 PRIX DU ROMAN D’UN AUTEUR RÉGIONAL Envoyer un mail pour recevoir un dossier d’inscription d’exposant Vendée Le Langon, Entre plaine et marais, 20 novembre Le maire, le président des écrivains de Vendée et la presse ouvraient au Langon, loin de l’agitation des villes, ce salon littéraire à la fréquentation fidèle et croissante. Les lecteurs à pas de velours cherchaient à dénicher les ouvrages qui les accompagneront tout au long de l’hiver ou qu’ils pourraient offrir à Noël. Certains y passent presque leur journée, venant et revenant inlassablement. À venir les 13 et 14 mai à La Mothe-Achard Un nouveau salon, organisé par l’association AA Livres avec Alain Milcendeau Grand’Landes le 8 oc- tobre, fête du livre et du premier roman...   Une trentaine d’auteurs vendéens le samedi 8 oc- tobre à l’invitation d’Au- rore Godin et du Prési- dent Pascal Morineau à ce concours du premier roman avec l’obligation d’avoir, en fond,  les terres de Palluau. l’association  Le Cercle d’écriture de Nantes avec Damien Porte Plume encadrait le projet, chaque participant avait comme tuteur un auteur confirmé et la joie de voir leurs écrits sous forme de recueil. Le Prix Estelle  a été gagné par Michèle Prigent, édi- tions Le Jarosset. Une idée originale, innovante, à poursuivre.
  31. 31. 31Lire en Vendée - avril 2017 du 24 au 27 novembre Seconde édition de ce salon à Fontenay-le-Comte, autour du voyage Cette année, les organisateurs ont fait venir des auteurs de l’extérieur, mais aussi des « acteurs » locaux, comme la Compagnie du Noyau, Francis Lebrun, Nathalie Biscaud, Cédric Beaupin et la librairie Ar- cadie de Luçon, entre autres. l’affiche de la 2e édition : Les écrivains, Lionel Duroy, Véronique Ovaldé, Lise Charles, Elisa Shua Dusapin, Catherine Pou- lain, Agnès Desarthe, François Matton (dessinateur et auteur qui vient une semaine en résidence). Un jeune groupe de rock français Radio Elvis pour le concert littéraire, Pierre Misfud animera la « confé- rence de chose ». L’actrice Natacha Régnier lira des textes de Nathalie Sarraute, Michel Vuillermoz des textes de Blaise Cendrars. Nous avions déjà évoqué ce salon atypique que cer- tains qualifiaient de «hors-sol» mais il semble que la glace se rompt petit à petit et que ce nouveau salon saura convaincre de nouveau interlocuteurs. Les ini- tiatives littéraires sont toujours à encourager ! Les sorties des écrivains Éveline Thomer Un été improbable Océane, 300 p., 22 € samedi matin 19 novembre à la bibliothèque de Coëx L’espace d’une dédicace pour Éveline Thomer. Une  bibliothèque active et ludique animée par Monsieur Bernard Ballanger et une vingtaine de bénévoles. Nous avons eu la visite du maire Domi- nique Michaud, de l’écrivain local Gilbert ​Renaud, de présidents d’association... Encore un grand merci aux bibliothécaires qui sans relâche font circuler les bons livres, partager leur coup de cœur​,​et découvrir de nouveaux auteurs. Salon de l’Épine, 4 et 5 août, La Salangane à L’Épine​dans l’Île de Noirmoutier​ Touristes, I​nsulaires​ et Vendéens se pressent à ce rendez-vous avec les auteurs, artistes peintres, pho- tographes ; ambiance joyeuse, presque amicale. Les concours et spectacles organisés par l’association contribuent à ce succès croissant. À ne pas manquer ! Contact : fanny.mainguet@orange.fr Très belle matinée samedi 26 novembre à la Média- thèque de Talmont Saint Hilaire Ambiance médiévale  à l’ombre des ruines du châ- teau de Richard Cœur de Lion roi conquérant. Une journée organisée par le dé- partement de la Vendée et la ville de Talmont consa- crée à la belle et rebelle Aliénor et Richard en per- sonne et une partie de la cour dans des costumes somptueux. Conférence de Mireille Calmel, avec un public nombreux et chaleureux, autour du maire Maxence de Rugy, de Michel et Christine Charmard, des bi- bliothécaires, des lecteurs et passionnés d’histoire, avant de partir finir la journée à l’Historial.. ​Jard le 1er mai Face à la mer, le vent s’invite par- fois mais en cas de trop mauvais temps, repli dans la salle des fêtes. D’année en année ce salon connaît une fréquentation accrue aussi bien des lecteurs que des auteurs. Nadège et les bénévoles sont aux petits soins pour un accueil parfait.
  32. 32. 32 Lire en Vendée - avril 2017
  33. 33. 33Lire en Vendée - avril 2017 Échos-Musées Vendée Historial les Amis du Musée Adhésion à l’association, 15 €, s’adresser à l’Historial ou à la Conservation Départementale des Musées, 18 rue Luneau, 85000 La Roche sur Yon amisvendee-historial.com contact@amisvendee-historial.com Programme 2017 : jeudi 12 janvier 2017, visite de l’exposition Richard Coeur de Lion, guidée par Florence Rionnet. Ga- lette des Rois. vendredi 10 mars 2017, conférence sur «Barbedienne» : l’œuvre d’une dynastie de fondeurs au XIXe siècle dont certains bronzes de Carpeaux, Rodin, Barye... lundi 24 avril 2017, Assemblée gé- nérale de l’association. lundi 8 mai 2017, rallye du Patri- moine. samedi 20 mai 2017, Nuit des mu- sées. mardi 20 juin 2017, sortie abbaye de Fontevraud. mardi 22 août 2017, Assemblée es- tivale, conférence, cocktail. septembre 2017, sortie conférence aux Mathes à St Hilaire de Riez. novembre 2017, conférence. Cette année a été riche en évennements pour notre associa- tion. Elle a surtout été marquée par le départ de Christophe Vital après toute une carrière quasiment consacrée aux mu- sées de Vendée avec en point d’orgue la création et la mise en œuvre de l’Historial de la Vendée. À l’occasion de l’inauguration du nouveau musée des en- fants puis à celle de sa dernière exposition su Richard Cœur de Lion élus et autres personnalités très officielles ont rendu hommage à l’activité débordante de notre conservateur, à sa prodigieuse créativité et à sa faculté d’animation de ses équipes. Il s’est un peu raconté à ces occcasions et surtout lors de sa dernière conférence pour les Amis de l’Historial le 5 sep- tembre dernier. Nous aurons l’occasion de retrouver Christophe et de par- ler de son action ; nous nous associons à l’hommage que tous ont tenu lui rendre. Jean de Raigniac Exposition Richard Cœur de Lion Peter of Langtoft et autres, Richard en majesté entre Francs et Sarrasins, Chronique, 1307-1327, Londres, British Library (inv. Royal 20 A II, folio 8) © British Library Board. All Rights Reserved / Bridgeman Images
  34. 34. 34 Échos-Musées - avril 2017 Nom : Prénom: 2017 Prenez votre carte (cotisation annuelle 15 €) pour participer à nos activités comme en 2016, Revue de la Société des Écrivains de Vendée et de Vendée Historial, les Amis du musée Lire en Vendée Échos Musées n° 30 L’actualité littéraire de la Vendée, Les salons, les prix... Théâtre, cinéma... La vie de nos deux associations avril 2016 nuit des musées, 21 mai, assemblée estivale, 25 août, sortie à Noirmoutier, le 1er octobre, 9 décembre, conférence découverte de La Nymphe au large de Noirmoutier... 12 mars, Cholet, Musée des Beaux Arts, Musée du Textile sortie de la revue, avril, 26 avril 2016, visite exposition «Visages de l’effroi» au Musée de La Roche sur Yon, rallye du 1er mai autour d’Avrillé, dernière conférence Christophe Vital, le 5 septembre, dîner, 18 avril, Assemblée Générale, Activités2016 L’association des Amis de l’Historial de la Vendée a fait un don de 32 000 € pour l’enri- chissement et la restauration des collections de l’Historial et s’est dissoute en juillet 2016 en trans- mettant le flambeau à la nouvelle association Vendée Historial, SOUTIEN LOGISTIQUE ET FINANCIER pour toutes les manifestations de l’Historial, organisation de visites des expositions au musée et dans d’autres musées ou sites culturels, conférences, rallye du Patrimoine en mai et notre as- semblée annuelle fin avril, assis- tance pour la Nuit des Musées et la Journée du Patrimoine, assistance matérielle pour l’organisation de colloques, revue Échos-musées... Partenaire privilégié de l’Historial avec entrée gratuite au musée, visites guidées privées des expo- sitions, invitations aux vernis- sages...
  35. 35. 35Échos-Musées - avril 2017 ChristopheVital 10 ans avec Christophe Vital à l’Historial de la Vendée Dix ans séparent ces deux photographies emblé- matiques de Christophe Vital accueillant en haut les Amis lors de l’ouverture de son musée et dînant avec nous après sa dernière conférence fleuve pour évo- quer ses meilleurs souvenirs à la Conservation des Musées, son action pour la création de l’Historial de la Vendée et bien sûr la vie de l’association. Dix années bien remplies, si riches en exposi- tions, catalogues et animations dans un musée exemplaire. Merci, Christophe, et à bientôt sur notre revue !
  36. 36. 36 Échos-Musées - avril 2017 Richard Cœur de Lion, entre mythe et réalité(s) Du 27 octobre 2016 au 29 janvier 2017 l’Historial de la Vendée a présenté au pu- blic une exposition temporaire consacrée à Richard Cœur de Lion. Ce projet a donné lieu le 26 novembre 2016 à un colloque co- organisé par le Conseil départemental de la Vendée et la ville de Talmont-Saint-Hi- laire et à la parution d’un important cata- logue qui réunit les contributions des plus éminents spécialistes des Plantagenêts. Richard Cœur de Lion, une figure de l’histoire régionale, un souverain anglais Figure historique et littéraire tout autant que héros légendaire, Richard Ier Cœur de Lion (1157 – 1199) incarne par excellence l’idéal chevaleresque tel qu’il se répandit dans l’Empire Plantagenêt au XIIe siècle. Fils puîné du roi d’Angleterre Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine, il fut investi dès 1170-1172 du comté du Poitou qui incluait alors l’actuelle Ven- dée. Ce territoire, rattaché au duché d’Aquitaine, appartenait au domaine Plantagenêt qui s’étendait lui-même sur un vaste espace qui couvrait l’Angle- terre et une grande moitié occidentale de l’Hexa- gone. Profondément attaché à cette région du Poitou - davantage même qu’au royaume d’Angleterre, sa terre natale, - Richard s’y illustra en tant que bien- faiteur et bâtisseur. Ces terres Plantagenêts connais- saient alors une période faste grâce à la présence et à l’essor de puissantes abbayes, comme Saint Mar- tial, Solignac ou Grandmont où se développèrent de nouvelles expressions artistiques, notamment dans le domaine de l’émaillerie. C’est également dans ces régions qu’émergea l’art des troubadours qui exaltait les valeurs chevaleresques naissantes. Richard évolua dans ce milieu et s’illustra lui-même par l’écriture de quelques textes retranscrits dans le parcours de l’exposition. Il s’agissait donc par ce projet de lever d’abord le voile sur une page de l’histoire régionale et d’évo- quer la présence de Richard Cœur de Lion dans le Comté du Poitou et les traces qu’il y a laissées. Connu pour sa bravoure au combat et ses faits d’armes, Richard Cœur de Lion fut couronné roi d’Angleterre sous le nom de Richard Ier à la mort de son père en 1189. Chef d’état, il tenta d’organi- ser son « empire » en dépit de ses chevauchées ré- pétées sur le continent et en Terre Sainte lors de la IIIe Croisade. De son vivant même, ses aventures et ses exploits furent embellis à l’envi par les récits des chroniqueurs, puis ils furent déformés, voire exagé- rés, par l’imagination des peuples. Ses combats, ses victoires, sa captivité, sa sortie de prison, et même sa mort ont été poétisés lui conférant ainsi le sta- tut de héros dont le mythe fut revisité dès le XVIIIe siècle dans l’opéra, la littérature puis par les légendes d’Ivanhoé et de Robin des Bois. Il s’agissait donc également de rappeler dans l’exposition l’histoire de ce souverain anglais qui a marqué l’époque médiévale et dont la légende a tra- versé les siècles jusqu’à incarner l’archétype du roi- chevalier invincible. Merry Joseph Blondel (1781-1853), Richard Ier , Coeur de Lion, roi d’Angleterre en 1189 (1157-1199) - représenté en Croisé, huile sur toile, 1841, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon © RMN-Grand Palais (Château de Versailles)

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