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36ème
annéeMembre du réseau Médiaf
Prix : 3000 FCN° 7236 du samedi 10 février 2018
La passion d’informer sans passion
Éditeur
GROUPE DE PRESSE
Siège social
873, av. du Bas-Congo,
Kinshasa – RD Congo
La détermination s’affiche. Et
plus rien ne sera comme
avant. Tout chrétien devrait se
sentir concerné par la politi-
que, surtout que les choix poli-
tiques ont non seulement une
portée immédiate mais aussi à
long terme. PAGE 2
SUIVEZ RADIO7SUR 106.1MHZ
PAGE 3
L’Église s’assume
Sommaire
LE POTENTIEL
À HAÀ HAÀ HAÀ HAÀ HAUTE VUTE VUTE VUTE VUTE VOIXOIXOIXOIXOIX
PAGE 5
P. 2
SSSSSporporporporportststststs
PAGE 14
PAGE 6
ÉÉÉÉÉconomieconomieconomieconomieconomie
PAGE 4
PPPPPolitiqueolitiqueolitiqueolitiqueolitique
Biodiversité :
3,3 millions d’euros
de l’AWF pour
soutenir Bili-Uélé
PPPPPrrrrrooooovincesvincesvincesvincesvinces
La production et la
commercialisation
des sacs en plastique
interdites à partir du
30 juin PAGE 9
Préliminaires C1/C2 :
V. Club et Maniema
Union se lancent
ce week-end
Troupeaux de vaches venues de Tanganyika
Le caucus des députés
nationaux du Kwango exige
une enquête parlementaire
MgrFridolinAmbongo :
«Nousavonsinvitéles
chrétienscatholiquesà
semettredéboutetà
prendreleurdestinen
mains »
PPPPPolitiqueolitiqueolitiqueolitiqueolitique
PAGE 5
La Grande-Bretagne
rappelle la nécessité
d’appliquer
intégralement l’Accord
du 31 décembre 2016
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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L’Église s’assume
(Suite de la page 1)
ÀÀÀÀÀ hauthauthauthauthaute ve ve ve ve voixoixoixoixoix
2 La Une
Face à cette res-
ponsabilité, l’Église ca-
tholique ne cesse de rap-
peler aux chrétiens de
se sentir concernés par
la politique. En termes
clairs, l’Église de la RDC
s’assume et assume sa
mission prophétique,
celle d’éveiller les cons-
ciences à la lumière de
l’évangile du Christ.
Cela a été rappelé au
cours de la messe dite
en mémoire des victi-
mes de la marche des
chrétiens catholiques le
21 janvier 2018. « Le
Comité des laïcs est à
applaudir, l’Église at-
tend d’autres initiatives
du CLC, la marche des
chrétiens ne s’arrêtera
pas. Nous devons conti-
nuer le combat pour un
Congo nouveau. Notre
mission est d’apporter
de la lumière dans les
coins et recoins de la
RDC ». Cette déclara-
tion courageuse de
l’abbé François Luyeye
de la paroisse Notre-
Dame de la Sagesse de
l’Université de Kinshasa
sonne le réveil de la
conscience populaire.
Un réveil destiné à met-
tre un terme à la médio-
crité.
Il s’agit, en effet,
d’un tournant décisif
pour la survie du pays
en tant que Nation et
peuple. Tout chrétien,
mieux tout Congolais,
doit prendre conscience
du rôle particulier et
propre qui est le sien
pour sauver la démocra-
tie en agissant en faveur
de la promotion des va-
leurs.
Ainsi, s’opposer à
tout ce qui va à l’encon-
tre de la dignité de l’être
humain devient un acte
héroïque pour la conti-
nuation du combat pour
l’avènement d’un Congo
nouveau.
Qui gouverne ? A
cette interrogation, le
pape François a répondu
sans ambages en sep-
tembre 2017, aux fidè-
les rassemblés dans la
Chapelle Sainte-Marthe
pour la messe du matin.
« Qui gouverne doit
aimer son peuple, car un
gouvernant qui n’aime
pas, ne peut pas gouver-
ner… ». Et de poursui-
vre : « Le bon catholi-
que, lui, ne doit pas se
désintéresser de la po-
litique, il doit au con-
traire, pour le bien de
tous, faire son possible
pour que le gouvernant
gouverne bien, en parti-
cipant de son mieux à la
vie politique ».
Oraison funèbre
(Ce vendredi 9 février 2018)
Excellences.
Frères et sœurs dans la foi.
Ceux qui nous quittent aujourd’hui ont un
nom. Ils ont un âge. Ils ont un visage:
1. Thérèse Kapangala
2. Hussein gandu Kisene
3. Jackson Kabadiatshi Malango
4. Benjamin Mwingilau
5. Serge Kikunda
6. Matthieu Mfuamba
7. Un mort par balle non identifié à Lemba
au Camp Mzee Kabila
Tous, des jeunes êtres que des ar-
mes en folie ont arraché à la vie. Ils ne rê-
vaient que d’une seule chose: vivre heureux
sur cette terre de nos ancêtres. Ils n’ont
jamais cru, un seul instant, qu’ils devaient
donner leurs vies pour que les dirigeants de
ce pays comprennent qu’ils n’avaient sim-
plement soif que de liberté et de bonheur.
Ces morts que nous honorons
aujourd’hui suscitent de multiples interroga-
tions parmi lesquelles je retiendrai celles du
corps innocent de Thérèse. Là où elle se
trouve, à cet instant, Thérèse nous inter-
roge tous, en commençant sans doute par
son père, officier de Police, membre d’un
Corps dont le rôle est de protéger la vie des
citoyens:
« Oui, papa, aujourd’hui la Police a tué sa
propre fille, elle qui à toujours tiré sur les
enfants des autres;
Oui papa, tous les officiers comme toi, dans
tous nos camps militaires et de Police, ne
savent plus à qui adresser les condoléan-
ces.
Mais au-delà de ces instants de douleur, ma
mort cherche quelques réponses à mes in-
terrogations :
· Qui, dans vos services. donne des armes
de guerre pour encadrer des marches paci-
fiques ? Dis-moi qui, papa?
· Qui, dans vos services, distribuent, comme
des petits pains, ces munitions qui tuent?
Dis-moi qui, papa?
· Qui, clans vos services, donnent les or-
dres de tuer, après avoir pourtant donné
des assurances que les bavures d ‘hier ne
se reproduiraient plus? Oui papa, qui?
· Qui vous vend ces armes et munitions car,
à ce que je sache, notre pays n’en produit
pas. Peux-tu répondre papa, qui?
· Enfin, pourquoi obéissez-vous à des or-
dres injustes? Pourquoi, papa!
Je suis morte, mais je ne te quitterai que
lorsque tu auras répondu à mes interroga-
tions. C’est alors que je pourrai les partager
avec mes compagnons d’infortune. C’est
alors que nous cesserons de hanter les es-
prits de tous nos pères, tes collègues de la
Police, de l’Armée et des Services de Ren-
seignements. Car, au moment où je te parle,
je suis toujours là, ma tête sur tes jambes
jusqu’à ce que tu me déposes, endormie.
Sur mon lit.
Tu resteras toujours mon père adoré. Je
t’aime. »
Pour le COMITE LAIC DE COORDINATION
Thierry Nlandu Mayamba
Messe en mémoire des morts de la marche du 21 janvier
Église catholique : « La marche
des chrétiens ne s’arrêtera pas »
Les photos des victimes de la marche pacifique des chrétiens
du 21 janvier 2018 ont paré, le vendredi 9 janvier 2018, l’autel
de la cathédrale Notre-Dame du Congo. Une messe y a été
dite, à l’initiative du CLC, en mémoire de ces Congolais qui ont
vu leur destin brisé par des forces de sécurité
instrumentalisées par le pouvoir. Au-delà de la douleur que
ces morts suscitent, l’église catholique s’assume. « La mar-
che des chrétiens ne s’arrêtera pas», a clamé l’officient du
jour au nom du cardinal Laurent Monsengwo.
LE POTENTIEL
L’Eglise catholique a orga
nisé, hier vendredi 9 fé-
vrier dans la cathédrale No-
tre-Dame du Congo à Kins-
hasa, une messe de requiem
pour recommander les âmes
des victimes tuées lors de la
marche pacifique du 21 jan-
vier 2018. Le cardinal Laurent
Monsengwo Pasinya, arche-
vêque de Kinshasa, a concé-
lébré cette messe en pré-
sence des représentants des
missions diplomatiques, des
membres de familles des vic-
times, de quelques membres
du Comité laïc de coordina-
tion, de plusieurs personnali-
tés des forces politiques et
sociales du changement ainsi
que des Congolais anonymes.
Cette messe de re-
quiem a résonné comme la
preuve irréfutable que les for-
ces de sécurité de la Républi-
que démocratique du Congo
ont tué des manifestants pa-
cifiques qui n’avaient qu’entre
leurs mains un chapelet, une
bible, un crucifix ou tout autre
objet religieux. La répression
brutale de la marche du 21
janvier a fauché la vie de 7
Congolais, tous des jeunes
âmes. Des photos de cinq de
ces victimes ont été affichées
dans l’église devant l’autel.
« LA POLICE A TUÉ SA
PROPRE FILLE »
Cette messe a surtout
été un moment de réarme-
ment spirituel tant pour les fi-
dèles catholiques traumatisés
par la brutalité de la violence
lors de deux dernières mar-
ches que pour tous les chré-
tiens et personnes de bonne
volonté qui répondent aux
appels à la marche du Comité
laïc de coordination.
Dans l’homélie faite par
M. l’Abbé François Luyeye de
la paroisse universitaire Notre-
Dame de la Sagesse à
l’UNIKIN, l’Eglise catholique
n’est nullement résignée en-
core moins apeurée par la
terreur que le pouvoir oppose
aux manifestants pacifiques.
« Nos frères qui sont tombés
sous les balles de ceux qui
sont censés nous protéger
sont en ce moment devant
le trône de Dieu. Loin de nous,
la peur de ceux qui cherchent
à faire disparaître les corps de
leurs victimes après les avoir
assassinés », a dit l’officiant
avant d’appeler les Congolais
à poursuivre les marches et,
surtout, la résistance.
« Le Comité laïc est ap-
plaudir. L’Eglise catholique at-
tend d’autres initiatives du
CLC. La marche des chrétiens
ne s’arrêtera pas. Nous de-
vons continuer le combat
pour un Congo nouveau. No-
tre mission est d’apporter de
la lumière dans les coins et
recoins de la République dé-
mocratique du Congo », a dit
François Luyeye, sous l’inspi-
ration du cardinal Laurent
Monsengwo.
Avant la fin de la céré-
monie d’hommage aux victi-
mes de la répression, le pro-
fesseur Thierry Nlandu, un
des leaders du Comité laïc de
coordination, a dit l’oraison
funèbre. « Ceux qui nous
quittent aujourd’hui ont un
nom. Ils ont un âge. Ils ont
un visage », a-t-il dit avant
de citer les sept noms :
« 1.Thérèse Kapangala, 2.
Hussein Ngandu Kisene, 3.
Jackson Kabadiatshi Malango,
4. Benjamin Mwingilau, 5.
Serge Kikunda, 6. Mathieu
Mfuamba, et 7. un mort par
balle non identifié à Lemba au
camp Kabila ».
« Ces morts que nous
honorons aujourd’hui susci-
tent de multiples interroga-
tions parmi lesquelles je re-
tiendrai celles du corps inno-
cent de Thérèse. Là où elle
se trouve, à cet instant, Thé-
rèse nous interroge tous, en
commençant sans doute par
son père, officier de police,
membre d’un corps dont le
rôle est de protéger la vie des
citoyens », a ajouté Thierry
Nlandu, évoquant ici le cas de
cette jeune aspirante catholi-
que tuée à bout portant à la
paroisse Saint François à
Kintambo.
Loin de baisser les bras,
l’Eglise catholique encourage la
poursuite des marches pacifi-
ques, lesquelles ont pour exi-
gence l’application de l’Accord
du 31 décembre 2016 et le
respect de la Constitution. Mgr
Fridolin Ambongo, le nouvel
archevêque coadjuteur de
Kinshasa, a indiqué, dans une
interview accordée le jeudi 8
février à la radio allemande
Deutsche Welle, qu’il allait pour-
suivre le combat du cardinal
Monsengwo. Une façon de
faire taire ceux qui pensaient
que la position du cardinal
n’était largement partagée au
sein de l’Eglise catholique. En
tout cas, tout indique que les
Catholiques sont déterminés,
par le truchement du CLC, de
mener jusqu’au bout le com-
bat pour l’avènement d’un
Etat de droit.
(Suite en page 3)
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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Événement 3
Les mouvements citoyens plébiscitent Laurent
Monsengwo pour diriger la transition
LE POTENTIEL
La tenue d’élections du 23 décem
bre 2018 reste une gageure dans
l’état actuel des choses en Républi-
que démocratique du Congo. Le pro-
cessus électoral est torpillé de toutes
parts au point qu’il est illusoire d’espé-
rer l’organisation d’élections selon le
calendrier de la Commission électo-
rale nationale indépendante.
En effet, le régime en place à
Kinshasa a tout verrouillé. Les mani-
festations politiques sont interdites,
sinon réprimées dans le sang. Les
deux marches pacifiques des chré-
tiens, le 31 décembre 2017 et le 21
janvier 2018, sont la preuve que la
majorité au pouvoir a instauré un ré-
gime de terreur qui ne favorise pas
un processus électoral apaisé encore
moins crédible. Plusieurs acteurs poli-
tiques sont en prison pendant que
d’autres sont contraints à l’exil. Les
médias sont ouverts aux seuls partis
du pouvoir.
Autant de faits qui réconfortent
les mouvements citoyens dans leur
position : il faut une transition sans le
président Joseph Kabila pour organi-
ser un processus électoral apaisé et
crédible. Ayant déjà épuisé ses deux
mandats constitutionnels, l’actuel chef
de l’Etat ne veut pas organiser les
élections qui le feront partir du pou-
voir. D’où, il y aura toujours de blo-
cage dans le processus qui mène à la
tenue d’élections en RDC.
C’est dans cette perspective
que les mouvements citoyens font le
lobbying dans les capitales occidenta-
les pour une transition sans Joseph
Kabila.
MONSENGWO,
PERSONNALITÉ NEUTRE
C’est depuis décembre 2017
que le mouvement citoyen « Paix et
Solidarité » a publié le résultat final du
« vote citoyen » organisé en novem-
bre 2017, pour choisir un « Adminis-
trateur » susceptible de diriger une
transition sans le président Joseph
Kabila.
D’après ce résultat, le cardinal
Laurent Monsengwo Pasinya vient en
tête avec 3.581.423 voix. Par cette
victoire, l’archevêque de Kinshasa
devient la personne la mieux indiquée
pour diriger la transition en RDC, se-
lon ces mouvements citoyens. Le
mouvement « Paix et Solidarité »,
organisateur de ce « vote citoyen »,
en RDC et à l’étranger, l’« Administra-
teur » élu fait office de chef d’Etat
pour une transition devant remettre
le processus électoral sur le rail.
Ce vote était destiné aux mou-
vements citoyens congolais basés tant
en RDC qu’à l’étranger. Au niveau
national, des locaux des églises et
écoles ont servi de bureaux de vote.
Au total, il y avait douze candidats.
Outre le cardinal Laurent Monsengwo,
il y avait notamment comme candi-
dat, le docteur Denis Mukwege, Mgr
André Bokundua de l’ECC, Mgr Mar-
cel Utembi, Mgr Fridolin Ambongo.
Le mouvement « Paix et Soli-
darité » s’est inspiré de l’article 64 de
la Constitution pour organiser ce vote
citoyen. Cet article stipule que, « Tout
Congolais a le devoir de faire échec
aÌ tout individu, ou groupe d’individus
qui prend le pouvoir par la force ou
qui l’exerce en violation des disposi-
tions de la présente Constitution ».
Pour Pitchou-Roland Shomongo, coor-
donnateur du mouvement citoyen
« Réveil citoyen congolais (REC)»,
« C’est la finalité de notre action qui
va se réaliser bientôt pour restaurer
notre Constitution ».Selon lui, « L’ad-
ministrateur vient d’être désigné par
le peuple congolais sur une liste pro-
posée par le souverain primaire, se-
lon l’article 5 de la Constitution qui sti-
pule : +La souveraineté nationale ap-
partient au peuple+ ».
Plusieurs mouvements citoyens
en RDC ont participé à ce vote, no-
tamment Filimbi, Lucha, Congolais De-
bout, Compte à Rebours, Il est temps,
Réveil citoyen congolais, etc. Le coor-
donnateur de «Réveil citoyen congo-
lais » (REC), qui a voté pour le cardi-
nal Monsengwo Pasinya, pense qu’«
aujourd’hui, les discours, les dialogues,
les villes mortes ne suffisent plus pour
faire respecter la Constitution du 18
février 2006 et toutes les solutions
politiques ont également échoué ».
Cet activiste est d’avis que ce
n’est que de cette façon que le pacte
républicain peut être préservé. « La
situation socio-politique nous oblige à
agir dès maintenant et nous ne pou-
vons plus attendre une quelconque
date pour sauver notre pacte républi-
cain qui est la Constitution du 18 fé-
vrier 2006 …Nous ne sommes pas
obligés d’accepter un président usur-
pateur du pouvoir et en fin de man-
dat de demeurer au fauteuil jusqu’à
l’organisation d’une nouvelle élection
présidentielle que nous savons tous
d’avance douteuse », soutient Pitchou
Shomongo.
Le résultat du vote citoyen organisé
par Paix et Solidarité se présente de
la manière suivante :
1. Cardinal Laurent Monsengwo 3.581.423 voix (34.22%)
2. Docteur Denis Mukwege 1.934.254 voix (18.48%)
3. Mgr André Bokundua 808,052 voix (7.72%)
4. Mgr Marcel Utembi 799,646 voix (7.64%)
5. Mgr Fridolin Ambongo 717,137 voix (6.85%)
6. M. François Biyombo 517,215 voix (4.94%)
7. M. Paul Nsapu 481,837 voix (4.6%)
8. Prof. André Mbata 396,307 voix (3.79%)
9. M. Christopher Ngoy 361,747 voix (3.46%)
10. Abbé Donatien Nshole 320,070 voix (3.06%)
11. Julienne Lusenge 295,420 voix (2.82%)
12. Madeleine Kalala 254,181 voix (2.43%)
Homélie de M. l’abbé François
Luyeye faite au nom du
cardinal Monsengwo
Nous sommes réunis dans ce lieu
saint pour recommander les
âmes de nos frères et sœurs à la
miséricorde divine. Pour cela, nous ac-
complissons un devoir fraternel. Et
nous confessons, homme et femme,
notre foi à la vie éternelle. Nous som-
mes réunis pour confesser notre foi
à la résurrection du Christ. Une ré-
surrection qui donne sens à notre
naissance, afin que sa mission s’ac-
complisse à ce jour pour notre salut.
Au-delà de béatitudes et de nos vies
individuelles, il faut vivre comme
avaient prévu nos ancêtres jusqu’à
la terre promise.
A travers le désert, Dieu a veillé
sur son peuple en lui envoyant des
mannes pour sauver son peuple du
venin. Pour mettre fin aux petits guer-
riers, les frères et sœurs, vous de-
vez savoir que Dieu ne nous aban-
donneront pas, car il est là, il sait que
son peuple souffre.
Nos frères qui sont tombés
sous les balles de ceux qui sont cen-
sés nous protéger sont en ce mo-
ment devant le trône de Dieu. Loin
de nous, la peur de ceux qui cher-
chent à faire disparaitre les corps de
leurs victimes après les avoir assassi-
nés.
Par contre, nous sommes vrai-
ment remplis de pitié de Dieu. Que
celui qui a déjà donné l’ordre de tirer
sur les manifestants sans armes, que
celui qui a tiré sur les manifestants
sans arme, sache que la balle est
dans son corps et non dans le corps
de celui qui est tombé, la balle est
dans sa propre conscience. Et nous
disons : « Père, pardonne-leur, car ils
ne savent pas ce qu’ils fonts ».
Les frères et sœurs, l’évangile
de la béatitude est l’avant-garde de
tout ce que nous arrive pour que nous
puissions arriver à la terre promise.
Heureux les pauvres, heureux ceux
qui ont faim, heureux les miséricor-
dieux, car votre récompense se trouve
dans le ciel. En fait, ce sont ceux qui
ont faim, qui ont soif de la justice.
Mais à ce temps, aucune justice n’est
rendue.
Le Comité laïc est applaudir,
l’Eglise catholique attend d’autres ini-
tiatives du CLC, la marche des chré-
tiens ne s’arrêtera pas. Nous devons
continuer le combat pour un Congo
nouveau. Notre mission est d’appor-
ter de la lumière dans les coins et
recoins de la République démocrati-
que du Congo.
Texte décrypté par Le Potentiel
(Suite de la page 3)
Les mouvements citoyens restent convaincus que le président Joseph Kabila
ne pourra pas organiser des élections apaisées et crédibles. Dès lors, ils con-
tinuent de mener un lobbying auprès de la communauté internationale en vue
d’une transition sans l’actuel chef de l’Etat dont le mandat a expiré depuis le
20 décembre 2016. Sur un panel d’une douzaine de personnalités de la So-
ciété civile, le vote citoyen organisé par ces mouvements de la Société civile
vient de plébisciter le cardinal Laurent Monsengwo comme
« administrateur »de la transition post-Joseph Kabila.
Le cardinal
Laurent
Monsengwo
Pasinya
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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4 Nation
Mgr Fridolin Ambongo : «Nous avons invité les chrétiens catholiques
à se mettre débout et à prendre leur destin en mains »
Dans une interview à la Deutsche Welle, Mgr Fridolin Ambongo, archevêque
coadjuteur de Kinshasa, a annoncé ses couleurs. Il déclare avoir une mission
d’encadrer le peuple de Dieu dans toutes les dimensions, notamment la di-
mension spirituelle, économique et politique. Quant aux manifestations ini-
tiées par le Comité laïc de coordination, dans le cadre d’appeler le régime au
respect de la Constitution, Mgr Ambongo affirme que cette structure n’a fait
que répondre à l’appel lancé par la CENCO. Interview.
Comment réagissez-vous à vo
tre nomination comme arche-
vêque coadjuteur de Kinshasa?
Ma première réaction, c’était d’abord
l’expérience de ma propre petitesse.
Je dirai la modestie de ma personne
par rapport à la hauteur de la charge
à laquelle je suis appelé. Et en même
temps, je fais confiance au Seigneur,
parce que quand il appelle, il donne
aussi la grâce, la force….
Est-ce que vous vous attendiez à
être désigné comme successeur
de Mgr Monsengwo ?
Pour dire la vérité, je dirai non. Parce
que le système tel qu’il fonctionne dans
l’Eglise catholique voudrait que la per-
sonne concernée ne soit jamais con-
sultée. C’est au dernier moment que
l’on vient vers vous quand tout est
terminé. Je n’avais donc aucune
chance de savoir que quelqu’un pen-
sait à moi.
La relation entre l’Eglise catho-
lique et les autorités congolaises
ne sont pas bonnes du tout. Quel
rôle allez-vous jouer pour espé-
rer décrisper le climat politique
en général ?
La première chose, c’est que je viens
à Kinshasa pour une mission religieuse,
une mission d’évangélisation en pro-
fondeur du peuple de Dieu. Et cette
mission d’évangélisation est aussi une
mission libératrice pour que le peuple,
les enfants de Dieu vivent mieux. Et
cette vie, qui est la vie du peuple de
Dieu comporte la dimension spirituelle,
la dimension économique et la dimen-
sion politique. Evidemment, c’est un
peu dans ce cadre que j’aurai aussi à
tenir compte de cette dimension poli-
tique pour que le peuple de Dieu qui
est dans l’archidiocèse de Kinshasa
puisse vivre une vie paisible.
En janvier dernier, Mgr
Monsengwo a appelé les médio-
cres à dégager pour que règne la
paix et la justice en RDC. Ces pro-
pos ont beaucoup irrité jusqu’au
président Kabila qui a demandé
à ce qu’on rende à César ce qui
est à César et à Dieu ce qui lui
est dû. Est-ce que vous allez évo-
luer sur la même lancée que Mgr
Monsengwo ?
Moi, je ne comprends pas pourquoi
on s’offusque de l’utilisation de ce mot
parce que c’est aussi utilisé dans nos
écoles pour évaluer les élèves à la fin
de l’année. Et aucun parent ne s’est
jamais offusqué lorsque son enfant
reçoit la note médiocre. Evidemment,
quand un élève reçoit cette note, c’est
pour qu’après il puisse s’améliorer. Je
sais que cela a suscité des réactions,
mais je pense que nous devons tou-
jours apprendre à être sincère avec
nous-même. Au-delà des mots, po-
sons-nous la question : Est-ce que ce
qui est dit est vrai ou pas ?
Donc, pour vous, les médiocres
sont ceux qui gouvernent en ce
moment la RDC ?
Ça, c’est ce que le cardinal avait dit.
Mais moi je pense que l’utilisation des
mots devait plutôt nous renvoyer,
envoyer les uns les autres à notre
propre conscience. A notre sens de
responsabilité.
Vous avez co-présidé les pour-
parlers qui ont abouti, fin décem-
bre 2016, à l’Accord dit de la
Saint-Sylvestre. Est-ce que vous
allez condamner une éventuelle
candidature du président Joseph
Kabila à la présidentielle de
2018 ?
La question de la candidature du pré-
sident Kabila ne se pose pas. Vous
connaissez quand même la Constitu-
tion de notre pays. Il a terminé son
deuxième mandat constitutionnel. Et
la Constitution est claire. Moi, je ne
sais pas comment on peut encore
parler d’un autre mandat du président
Kabila alors que la Constitution est là.
Officiellement, le président
Kabila n’a pas déclaré qu’il ne
sera pas candidat. C’est ce qui lui
rend soupçonneux ?
Là, c’est mieux que vous lui posiez la
question. Moi je sais que la Constitu-
tion ne lui autorise pas plus de deux
mandats.
On sait que depuis mai 2017, les
laïcs catholiques ont initié une
série de manifestations pour de-
mander à ce que le président
Kabila ne se représente pas en
2018. Est-ce que vous allez ap-
puyer ces initiatives des laïcs
catholiques ?
Ce que font aujourd’hui les Catholi-
ques, à travers le Comité laïc de coor-
dination, ce n’est que la mise en ap-
plication au message : « Le pays va
très mal, debout Congolais ! ». Nous
avons invité les chrétiens catholiques
à se mettre debout et à prendre leur
destin en mains. S’il y a un groupe
qui prend au sérieux notre message
et qui essaie de le concrétiser, nous
ne pouvons le décourager.
Vous allez appuyer tous les ef-
forts visant à rendre possible
l’alternance politique en RDC ?
Je crois que c’est un objectif pour tout
le peuple Congolais. Un calendrier a
été publié. La Céni travaille dans la
perspective des élections. Evidem-
ment, c’est un objectif pour lequel tout
Congolais sérieux devait donner le
meilleur de lui-même pour que les
élections aient lieu et qu’il y ait une
vraie alternance démocratique pour
la première fois dans notre pays.
Et que répondez-vous à ceux qui
disent que l’Eglise catholique ne
devait pas s’immiscer dans la
politique ?
Seulement, quand ils ont besoin de
l’Eglise catholique, ils nous cherchent.
S’immiscer dans la politique du Congo,
je ne sais pas ce que cela signifie,
puisque la politique n’est qu’une des
dimensions de la société. Comment
l’église peut-elle s’occuper de toutes
les dimensions de la vie sauf la di-
mension politique. Ce serait un non
sens.
Vous allez donc évoluer comme
l’a fait Mgr Monsengwo ?
Mais, qu’a fait Mgr Monsengwo ? Il
n’a fait qu’assumer sa mission de pas-
teur dans toutes ses dimensions. Et
si moi je suis pasteur selon les nor-
mes de l’Eglise catholique, je ne peux
que reprendre là où il s’est arrêté à la
fin de sa mission et continuer à aller
de l’avant, parce que la mission qui
était celle du cardinal Monsengwo, ce
n’est pas sa mission à lui. C’est la
mission de Jésus-Christ qu’il lui a con-
fiée. A un certain moment, il lui a reçu
de son prédécesseur et moi je vais
recevoir de lui. On continue la même
mission de Jésus-Christ.
Donc, l’Eglise catholique a bien
raison de se mêler de la politi-
que ? C’est ça ?
L’Eglise ne se mêle pas de la politi-
que. Elle assume sa mission évangé-
lique, sa mission de relèvement de
l’être humain sous toutes ses dimen-
sions, y compris la dimension politi-
que.
Juste après l’annonce de votre
nomination, Mgr Laurent
Monsengwo a expliqué que son
coadjuteur évoluera à ses côtés
au même titre que son évêque
auxiliaire. Est-ce que vous pou-
vez nous en dire un peu plus, nous
les profanes ?
Ils ont eu le temps de vous l’expli-
quer. Un évêque coadjuteur, c’est un
évêque qui est nommé par le Saint
Père auprès d’un évêque diocésain,
celui qui a la charge du diocèse. Et
c’est dans la perspective d’une éven-
tuelle succession. C’est pourquoi on
l’appelle coadjuteur. On ne l’appelle
pas auxiliaire, il est coadjuteur parce
qu’en plus du fait qu’il est l’aide princi-
pal, il a aussi le droit de succession.
Quand est-ce que vous allez de-
venir effectivement archevêque
de Kinshasa ?
Ça, je ne suis pas Dieu le Père pour
le savoir. Donc, ça sera le jour où le
cardinal Monsengwo aura fini sa
charge comme archevêque métropo-
litain de Kinshasa.
Est-ce que Mgr Monsengwo at-
teint déjà l’âge de l’éméritat ?
L’âge de l’éméritat, c’est 75 ans, con-
formément au droit canonique. Il a
déjà atteint cet âge. Et quand un évê-
que atteint cet âge-là, il doit donner
sa démission. Mais libre au pape de
l’accepter ou de ne pas l’accepter.
C’est la situation actuelle du cardinal
Laurent Monsengwo. Il va finir sa mis-
sion quand le pape va accepter sa
démission. Jusque-là, il n’a pas en-
core accepté.
Dans la foulée de la crise politi-
que et institutionnelle de la RDC,
beaucoup d’évêques catholiques,
même des fidèles sont menacés
pour leur prise de position. Cela
ne vous inquiète pas ?
Ça nous inquiète. Parce que l’Eglise
catholique, jusque-là, n’a fait qu’as-
sumer son rôle dans la société. Et
parmi les fidèles catholiques qui font
à l’Eglise, on n’a jamais attrapé un
seul avec une arme, des bâtons pour
se livrer à des violences ou bien au
vandalisme. Mais, malgré ça, ils sont
considérés comme des gens dange-
reux qu’on doit brutaliser, sur qui on
doit jeter des gaz lacrymogènes, et
cette situation est inacceptable.
Vous pouvez lancer un message
aux fidèles congolais qui vous
écoutent ?
Je voudrais dire aux fidèles, à tous
les hommes et toutes les femmes
de bonne volonté de notre pays que
malgré la situation que nous sommes
en train de vivre dans le pays, nous
n’avons aucune raison de désespé-
rer, parce que l’avenir de notre pays
dépend de nous. Et nous devons nous
impliquer. Chacun là où il est, à la hau-
teur de sa responsabilité, de donner
à ce pays un avenir heureux. A don-
ner à ce peuple congolais une raison
d’espérer. Et pour cela, nous n’avons
pas à désespérer même si le temps
est dur. LeSseigneur sera toujours du
côté de ceux qui mettent leur espoir
en lui.
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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Politique 5
Troupeaux de vaches venues de Tanganyika
Le caucus des députés nationaux du Kwango
exige une enquête parlementaire
Sud-Kivu : 70 élé-
ments Maï-Maï et
munitions présentés
à Uvira
Au total, 70 éléments Maï-Maï
Yakutumba et plusieurs armes
ainsi que munitions ont été pré-
sentés, jeudi à Uvira (Sud-Kivu), à
la presse et la population locale, a
rapporté l’Agence congolaise de
presse (ACP). Selon le comman-
dant des opérations Sukola II Sud-
Kivu, le général des brigades Yav
Philémon, l’offensive contre les
troupes de Yakutumba dans le
territoire de Fizi ont duré dix jours
et ont permis de saisir une impor-
tance cargaison d’armes légères
et lourdes, en plus des munitions
et des moteurs hors-bords dont
se servait le groupe armé
Yakutumba. Parmi les capturés
figure le commandant second du
groupe armé Yakutumba, Ekanda
Sadi alias Dragila entouré de
certains de ses acolytes. Le géné-
ral Yav a annoncé la fuite de
William Amuri alias Yakutumba
sous les blessures dans les forêts
du territoire de Fizi et dont sa
traque est opérée par les militaires
FARDC. Il a, par la même occa-
sion, rassuré que l’ennemi est
débandade sur tout le littoral au
lac Tanganyika, depuis Kalemie
jusqu’à Uvira en passant par
Yungu, Talama, Kazimia et
Ubwari.
She Okitundu en
visite de travail à
Caracas
Le vice-Premier ministre, ministre
des Affaires étrangères et Inté-
gration régionale, Léonard She
Okitundu, est arrivé jeudi à Cara-
cas, capitale du Venezuela pour
une visite de travail de 48 heures
en vue de la relance de coopéra-
tion sud-sud, dans son volet
«développement triangulaire»
entre la RDC et le Venezuela.
Selon l’Agence congolaise de
presse (ACP), le chef de la diplo-
matie congolaise a prévu, dans
son agenda, la signature non
seulement d’un Accord-cadre de
coopération entre les deux pays
mais également d’un mémoran-
dum d’entente pour l’établisse-
ment d’un Mécanisme des consul-
tations politiques entre le ministre
congolais des Affaires étrangères
et le ministre vénézuélien du
Pouvoir populaire pour les affaires
étrangères. Son programme a
également prévu une visite à la
Caserne de la Montagne et à
l’Institut de Recherches stratégi-
ques pour l’Afrique et sa diaspora,
suivi d’une importante réunion
avec le ministre du Commerce
extérieur, Vielma Mira, et celui du
Développement économique,
Nelson Hermandez.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
L’arrivée de ces troupeaux dans le
Kwango et dans le Kwilu inquiète les
populations locales.
P.M.
L’arrivée des troupeaux de bovins
dans le Kwango et dans le Kwilu
inquiète les populations locales. Selon
des témoins, ces animaux sont visi-
bles dans plusieurs brousses, notam-
ment du côté de Bukanga-Lonzo et
Popokabaka dans le Kwango, vers
Vanga et Masamuna dans le Kwilu.
Pour le caucus des députés na-
tionaux du Kwango, il faut vite tirer
au clair cette situation. Il s’agit, selon
eux, d’une occupation qui ne tient pas
compte des procédures légales.
Dans une déclaration rendue
publique jeudi 8 février à Kinshasa,
ces députés nationaux sont préoccu-
pés et surpris de voir ces éleveurs
occuper les groupements Barengayi,
kitshongo dans le secteur de
Bukanga-Lonzo, et autres chefferies
avec leurs troupeaux.
Ils indiquent avoir déjà saisi of-
ficiellement le bureau de l’Assemblée
nationale et entendent descendre
dans le Kwango pour obtenir des dé-
tails précis sur les identités réelles de
ces éleveurs difficiles à identifier. Leur
action, expliquent-ils, est motivée par
l’inquiétude grandissante de leurs ba-
ses électorales.
Selon d’autres témoignages, ces
troupeaux de vaches de type « zé-
bus » appartiendraient aux éleveurs
« banyamulenge ». Celui qui donne
cette information ne serait autre
qu’Enock Ruberangabo Sebineza, pré-
senté comme membre de la com-
munauté banyamulenge et ancien
ministre adjoint des PTT, cité par
radiookapi.
Selon lui, « ces éleveurs se sont
associés avec les membres d’autres
communautés dont les Bafuliiru et les
Shi ainsi que des éleveurs du Tanga-
nyika pour organiser cette transhu-
mance. Leur intention est de vendre
ce bétail à Kinshasa. Ils ont traversé
à partir du Sud-Kivu, Fizi, Kabambare,
Mbuji-Mayi, Tshikapa et les voilà en
route pour la capitale. Ils vendent
leurs troupeaux à Kinshasa. C’est
autour de 1500 et 2000 USD la tête.
Le marché de la viande de bœuf à
Kinshasa étant florissant ».
Enock Ruberangabo Sebineza
appellerait même « les leaders des ter-
ritoires de l’ex-Bandundu à s’approprier
de cette activité commerciale, qui pour-
rait s’avérer lucrative pour la popula-
tion et économiquement bénéfique, no-
tamment dans le vaste plateau des
Bateke qui est souvent vide».
Le caucus des députés nationaux du Kwango préoccupés de l’arrivée des
troupeaux de bovins dans le Kwilu.
La Grande-Bretagne rappelle la nécessité d’appliquer
intégralement l’Accord du 31 décembre 2016
Plusieurs diplomates ont pris part,
hier vendredi 9 février à la cathé-
drale Notre-Dame du Congo, à
Lingwala, à la messe des hommages
aux victimes de la marche du 21 jan-
vier dernier à Kinshasa, à l’initiative
du Comité laïc de coordination (CLC).
A l’issue de la célébration, l’am-
bassadeur de Grande-Bretagne en
République démocratique du Congo,
John Murton, a rappelé la nécessité
d’appliquer intégralement l’Accord du
31 décembre 2016. « L’ambassade
de Grande-Bretagne a toujours sou-
tenu le droit des gens à manifester
dans une manière paisible, et c’est
une des mesures de décrispation exi-
gées dans l’Accord de la Saint-Sylves-
tre », a-t-il soutenu.
Partant de la différence de per-
ception de l’application de l’Accord, le
diplomate britannique relève des
points de rapprochements en ces ter-
mes : « Le gouvernement et l’oppo-
sition sont tous en faveur de l’appli-
cation totale de l’Accord de la Saint-
Sylvestre. Il y a de différences, bien
sûr, mais en principe, ils sont tous en
faveur de l’application de l’Accord…
Alors, c’est la seule issue de sortie de
la crise politique actuelle ».
Pour rappel, le 21 janvier der-
nier, le Comité laïc de coordination, une
structure de l’archidiocèse de Kins-
hasa, a appelé à une manifestation
pour exiger l’application intégrale de
l’Accord du 31 décembre 2016, dit «
Accord de la Saint-Sylvestre ». Répri-
mée par les forces de l’ordre, la
Monusco a comptabilisé six morts.
DES CHERCHEURS DE LA DIAS-
PORA SOUTIENNENT LE CLC
Par ailleurs, depuis l’appel à des
mouvements de protestation en vue
de réclamer la mise en application inté-
grale de l’Accord de la Saint-Sylvestre,
des membres du Comité laïc de coordi-
nation vivent en clandestinité parce que
faisant l’objet de mandat d’arrêt.
La situation préoccupe autant
l’Association des études sur l’Afrique
centrale (CASA). Dans un communi-
qué, cette structure condamne les
poursuites enclenchées contre ces
acteurs et exprime son soutien à la «
démarche pacifique » menée par les
laïcs catholiques. « La persécution
contre ces éminents collègues est
inacceptable et nous dénonçons le
mandat d’arrêt », note-t-on dans le
communiqué.
Dans la foulée, l’Association des
études sur l’Afrique centrale, une or-
ganisation scientifique regroupant de
chercheurs enseignants disséminés à
travers le monde, demande au gou-
vernement de garantir le droit à ma-
nifester et le droit à la liberté d’ex-
pression, qui sont des droits recon-
nus dans la Constitution de la Répu-
blique démocratique du Congo.
LP/CAS-INFO
John Murton,
ambassadeur de
Grande-Bretagne
en RDC
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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6 Économie
Biodiversité : 3,3 millions d’euros de l’AWF
pour soutenir Bili-Uélé
Quelques jours après la signature de la convention de
subvention, l’African Wildlife Foundation (AWF) vient de lancer son projet de
conservation à Bili-Uélé, dans la partie Nord du pays. Ce projet de 50 mois
dont le coût global est estimé à 3,3 millions d’euros, soit 3 millions d’euros de
subvention de l’UE et 300 mille euros représentant la contrepartie d’AWF, vise à
assurer un avenir durable pour le complexe d’aires protégées de Bili-Uélé, ses
populations et sa biodiversité.
Le projet va s’attaquer
prioritairement à l’aménagement
participatif du territoire et
la gouvernance des ressources. Cette
activité aidera l’ONG à identifier et pla-
nifier les activités économiques à dé-
velopper avec les communautés lo-
cales. « Dès le début, ce sont des
communautés qui sont impliquées
dans la prise de décision pour leur
future. Ce n’est pas à nous de
leur dire quoi faire, mais on peut ap-
porter notre expertise pour les aider »,
a précisé Jeff Dupain, vice-président
d’AWF pour la zone Afrique centrale
et Afrique de l’Ouest.
A en croire ce cadre de l’AWF,
l’activité de planification d’utilisation des
terres est une étape importante dans
l’implémentation de ce projet, car elle
permettra dans la suite, d’implanter
de manière pérenne, les différents
microprojets économiques, écologi-
ques et sociaux.
Au regard de besoins sur
terrain, et du défi à relever pour la
meilleure gouvernance de ce domaine
de chasse, la protection des espèces,
ainsi que l’amélioration des conditions
de vie des communautés locales
autour de ce complexe, AWF compte
revoir à la hausse sa contribution fi-
nancière à ce projet. « Après la vi-
site, on s’est rendu compte que le
besoin est beaucoup plus consistant.
Je rentre à Nairobi pour trouver des
partenaires publics et privés pour aug-
menter notre contribution », a
déclaré le directeur général de cette
organisation, Thom Ogilvie-
Graham en séjour en RDC.
Le premier contact avec les
communautés locales a révélé le
besoin d’un investissement consé-
quent dans le domaine de l’agricul-
ture durable, la pêche, mais aussi
dans la formalisation des activités mi-
nières artisanales, considérées comme
l’un des piliers du développement éco-
nomique de ce contré.
« L’activité minière artisanale,
c’est une expertise spécifique dont on
a besoin. En ce moment même à
Kinshasa, nous sommes en train
d’échanger avec les experts qui vont
nous accompagner dans les réflexions
pour trouver des solutions potentiel-
les », a indiqué M. Dupain, qui pour
lui, aucun développement n’est pos-
sible sans le désenclavement de cette
région. « Toutes ces activités visent
à désenclaver cette zone ».
Toutefois, l’ONG ne sous-estime
pas non plus les menaces que repré-
sente cette zone considérée comme
la porte d’entrée des braconniers. Elle
entend cependant, développer la
coordination avec les autres acteurs
importants dans cette région pour
faire face à l’insécurité.
« C’est important de ne pas
sous-estimer le problème et les ris-
ques. Sans doute il y a des risques
pour notre staff comme il en existe
aussi pour les autres acteurs. On es-
saie de prendre des mesures pour
les atténuer », a précisé le direc-
teur général d’AWF.
QUEL PARTENARIAT, POUR
QUEL RÉSULTAT ?
African Wildlife Foundation a si-
gné un accord de cogestion avec l’ICCN
(Institut congolais pour la conservation
de la nature). Elle s’est engagée à ac-
compagner cette institution congolaise
dans la mise œuvre de la stratégie de
conservation communautaire, en vue
de promouvoir une conservation qui
profite aux communautés riveraines.
« Avec l’expertise que l’on a en RDC et
ailleurs, nous accompagnons l’ICCN à
trouver des solutions durables dans
cette stratégie. Comment impliquer les
communautés dans une meilleure ges-
tion en faisant aussi le développement
durable au tour de l’aire protégée », a
déclaré Jeff Dupain. L’AWF apporte
également son expertise à l’ICCN dans
le zonage pour une exploitation durable
des ressources.
Présente dans 16 pays d’Afri-
que avec plus de 40 projets, African
Wildlife Foundation cherche à péren-
niser le futur de la faune sauvage et
les terres sauvages en Afrique. Pour
ce faire, elle identifie les populations
prioritaires de grands mammifères et
s’investit dans la conservation de ces
espèces.
A Bili-Uélé, l’ONG est beaucoup
plus intéressée par la population d’élé-
phants de forêt et la sous-espèce des
chimpanzés de l’Est. Rappelons que
ce projet s’inscrit dans le cadre du
programme des Écosystèmes des
forêts d’Afrique centrale (ECOFAC
VI), lancé l’an dernier à Douala,
au Cameroun.
ENVIRONEWS-RDC/LP
La révision du Code minier, objet d’échanges à Indaba Mining
C’est un son « discordant » en
tendu au breakfast consacré au
secteur minier de la RDC mercredi 7
février 2018 dans le cadre des activi-
tés de Mining Indaba. Le gouverne-
ment et les opérateurs miniers du
secteur privé n’ont pas évolué sur la
même ligne mélodique. Si pour l’exé-
cutif, toutes les étapes ont été fran-
chies, dans un élan participatif, et que
la dernière consiste en la promulga-
tion de la loi, pour les investisseurs
miniers, l’heure est à la réouverture
des débats afin d’aplanir les divergen-
ces.
« Je voudrais, aujourd’hui, que
l’on mette (comme on le dit en fran-
çais) les points sur les i. Et que nous
sortions d’ici satisfaits des réponses à
nos questions », a lancé le ministre
des mines, Martin Kabwelulu dans son
mot d’introduction. A comprendre que
les divergences autour du Code mi-
nier révisé, en instance de promulga-
tion, sont persistantes entre l’Etat et
les opérateurs miniers.
Effectivement, le déboulonnage
de la clause de stabilité de 10 ans est
l’une des principales préoccupations
du secteur minier dont les membres
approuvent, par ailleurs, la démarche
de voir les Congolais bénéficier des
produits de son sous-sol.
D’après Mark Bristow, il est plus
qu’urgent que les parties retournent
à la table des discussions afin de d’ar-
rondir les angles. Et dans cette dé-
marche, a-t-il préconisé, le secteur
minier devrait éviter de faire cavalier
solitaire. Dans le milieu d’opérateurs
miniers, il se développe l’option d’un
dialogue constructif avec l’Etat autour
de certains points d’achoppement
contenus dans le Code minier révisé.
« Au stade où nous sommes,
quelle est la procédure pour rouvrir
les débats sur le Code minier ? Si les
miniers veulent rouvrir les débats,
quelle en est la procédure ? Je vous
ai dit que les étapes ont été fran-
chies. La prochaine étape, c’est la
promulgation. Dans tous les pays du
monde, le processus est celui-là. Il
faut le respecter », a précisé Martin
Kabwelulu.
D’après le ministre des Mines,
toutes les parties prenantes à l’élabo-
ration de ce code ont chacune fait
des concessions sur certains nombre
de dissensions. Donc, quoi de plus
normal que cette loi, comme toute
autre, ne fasse l’unanimité.
Et d’ajouter : « Toutes les par-
ties prenantes ont mis, dans ce code,
des dispositions devant nous aider
dans le processus de relever les défis
de la pauvreté en RDC. Nous allons
le faire. Les uns y croyant, les autres
n’y croyant pas ».
Face aux bonnes perspectives
pour tous les minerais de la RDC sur
les cours des matières premières, le
ministre des Mines a rassuré son audi-
toire, particulièrement les opérateurs
miniers, que le Code minier attendu
ne sera pas un frein au développe-
ment du secteur minier.
« Je compare ce Code minier
qui vient à un feu de brousse. Ceux
qui n’auront pas de racines solides
seront emportés par le feu. Mais je
sais que ceux qui auront des racines
solides dans le sol vont encore émer-
ger. Et la brousse va encore revenir.
Le secteur minier va redevenir une
forêt », a insisté Martin Kabwelulu.
Si les investisseurs miniers
croient qu’il est encore possible d’har-
moniser certaines dispositions qui les
fâchent dans le Code minier en ins-
tance de promulgation, le gouverne-
ment, lui, estime que la démarche de
révision de cette loi a atteint un ni-
veau irréversible.
Donc, cette absence d’harmo-
nie de vues entre les deux parties
prenantes n’est pas suspensive à la
promulgation du Code minier révisé
qui, pour le gouvernement, est non
seulement attractif et incitatif mais
aussi rémunérateur et win-win.
ZOOM ÉCO/LP
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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Société 7
Kongo Central : le Cadre de concertation
provincial des OSC en assemblée générale
Un Cadre de concertation provincial
des organisations de la Société civile
du Kongo Central vient d’être mis en
place, suivi d’un plan opérationnel.
Lequel va orienter désormais toutes
les actions concertées et à mener par
les membres de ce cadre.
«Renforcer les capacités des dé
légués et participants pour une
redynamisation de la coordination du
Cadre de concertation provincial des
organisations de la Société civile du
Kongo Central qui se veut multi-ac-
teurs, inclusif et très opérationnel »,
tels sont les maîtres-mots de l’assem-
blée générale de ce Cadre de concer-
tation provincial. Elle s’est tenue der-
nièrement à Matadi, dans la salle de
fête de l’auberge « La Réciprocité »,
signale caritasdev.cd qui rapporte que
le chargé de projet à la Caritas Congo
Absl, Patrick Mwaku, a pris part à ces
assises en qualité de facilitateur.
Il ressort de ces travaux une
coordination du Cadre de concerta-
tion provincial de la Société civile du
Kongo Central (CCPSC); Cadre qui
inclut les sensibilités et les diversités
avec une représentation reprenant les
délégués de huit territoires de cette
province (Bas-fleuve, Boma, Muanda,
Luozi, Songololo, Mbanza-Ngungu,
Kasangulu, Madimba et Kimvula) et
de deux villes de Boma et Matadi. Un
cadre doublé d’un plan opérationnel
devant orienter désormais toutes les
actions concertées et à mener par le
Cadre de concertation de la Société
civile du Kongo Central.
REDYNAMISER LES GTT
De la redynamisation des Grou-
pes thématiques de travail (GTT), le
facilitateur Patrick Mwaku a focalisé
son intervention en expliquant aux
participants l’objectif de la mise en
place de ce cadre de concertation :
celui d’assurer une opérationnalité sa-
tisfaisante.
Pour lui, l’objectif général des
GTT est de maximiser et travailler les
efforts de tous les teams leaders en
synergie avec les membres de leurs
groupes respectifs. Cet objectif vise
aussi à professionnaliser le travail de
développement en mettant à contri-
bution tous les Groupes thématiques
de travail au service du Cadre de con-
certation de la Société civile au Kongo
Central. Il a aussi émis les vœux d’har-
moniser et de redynamiser des GTT
dans les prochains jours.
Dans la suite ses interventions,
le facilitateur a orienté les délégués
vers les échanges et sur le partage
des outils de gouvernance ci-après :
la charte des organisations de la So-
ciété civile, le Code d’éthique et de
déontologie, le Règlement intérieur et
celui des assemblées plénières de ce
Cadre de concertation et de ses sta-
tuts ainsi que le texte sur l’observa-
toire.
De l’état des lieux sur le fonc-
tionnement du même Cadre, quelques
matières ont été abordées au cours
de ces travaux. Les matières ont été
constituées par leplaidoyer auprès des
autorités provinciales et nationales
pour la restauration des prisons du
Kongo Central, l’implication dans le
règlement de conflits ayant opposé
l’entreprise Souza Pedro à
ses employés. Il faut noter aussi la
sensibilisation par le Réseau ‘Femme
et Développement’ (REFED) sur les
violences sexuelles. La tenue régulière
des réunions, la séance de travail avec
la délégation de l’ambassade de
l’Afrique du Sud, l’étude du milieu pour
un investissement avec la
Banque mondiale ont été aussi les
points abordés parmi tant d’autres, à
cette assemblée.
MATIÈRES ABORDÉES
Quatre groupes de travail ont
été constitués selon les lieux de pro-
venance des participants pour parler
de leurs difficultés rencontrées, des
objectifs et des actions à mener, de
la période, des acteurs et du budget
y afférent. Quatre thèmes ont été
au centre des échanges pour ces
groupes. Le premier thème a été axé
sur la problématique des conflits fon-
ciers entre les entreprises et les com-
munautés locales. Le deuxième a pris
en charge la dégradation avancée des
routes de desserte agricole et la lutte
contre l’impunité. Le troisième a con-
cerné la mauvaise gestion de l’envi-
ronnement. Et le quatrième a abordé
l’accès difficile aux services sociaux
de base.
Plusieurs interventions ont mar-
qué l’ouverture de ces travaux. Il s’agit
notamment des mots du ministre pro-
vincial de l’Agriculture et du Dévelop-
pement rural qui a représenté le gou-
verneur de la province, du président
du comité des sages et de la vice-
présidente du CCPSC. Le représen-
tant du gouverneur a invité les parti-
cipants au travail à la mise en valeur
de la méritocratie lors à la désignation
des membres du CCPSC du Kongo
Central.
Le président du Comité des sa-
ges du CCPSC a souhaité la bienve-
nue à l’assistance. Il a montré, par
cette occasion, la nécessité de l’as-
semblée générale du cadre de con-
certation. La vice-présidente du
CCPSC, pour sa part, a brossé les
grandes réalisations du cadre au cours
des années écoulées (2014-2017).
Le facilitateur Patrick Mwaku a
finalement pris la parole pour expli-
quer la raison d’être de ses assises à
travers la présentation des termes de
référence de la mission d’organisation
des assemblées générales.
Tenue pendant quatre jours,
l’assemblée a été clôturée par le di-
recteur de cabinet du ministre provin-
cial en charge de la Justice et de l’Ad-
ministration provinciale. Celui-ci a ex-
horté les participants à travailler pour
ne pas ternir l’image de la Société ci-
vile. Un travail en partenariat avec le
gouvernement est à inscrire car, a-t-il
dit, le travail des uns et des autres
n’a pour bénéficiaire que la commu-
nauté.
O. DIOSO/LP
Réforme foncière : un plan d’action pour le Groupe de travail
des peuples autochtones en gestation
Un atelier a été organisé dernière
ment dans la salle de réunion de
la Ligue nationale des associations pyg-
mées du Congo (LINAPYCO), à Kins-
hasa. Il a porté sur l’élaboration du
plan d’action du Groupe de travail des
peuples autochtones sur la réforme
foncière en RDC (GTAREF).
Cet atelier a permis de recueillir
les points de vue des représentants
des peuples autochtones et d’autres
parties prenantes réunis au sein de
ce groupe de travail. L’objectif visé
était d’enrichir le premier draft du plan
de travail avant sa soumission à l’exa-
men et l’approbation par les Groupes
de travail provinciaux ainsi qu’à la
CONAREF (Commission nationale de
la réforme foncière).
Ces assises ont également per-
mis aux participants d’être informés
des avancées du processus de la ré-
forme foncière en RDC et de donner
de grandes orientations du plan en
rapport avec le droits d’accès des
peuples autochtones à la terre.
Cet atelier a réuni 39 person-
nes, dont les membres du Groupe
de travail des peuples autochtones sur
la réforme foncière et les organisa-
tions de la Société civile impliquées
dans la réforme pro-autochtone.
Parmi ces organisations, la DGPA,
l’ERND, l’OSAPY, le CTIDD, le GTF,
l’ANAPAC, le REPALEF, la FECOFFA, la
LINAPYCO, le GTCRR et la CARITAS
CONGO ASBL.
VERS UNE NOUVELLE POLITI-
QUE FONCIÈRE
Les travaux de groupes se sont
réalisés et la facilitation a été assurée
par Bienvenue Ngoy du Groupe de
travail Forêt (GTF). Le premier draft
du plan de travail stratégique de
GTAREF a été produit, à cette occa-
sion.
En fait, la réforme foncière qui
devra aboutir à la promulgation d’une
nouvelle loi et d’une nouvelle politique
foncière constitue une grande oppor-
tunité, et non des moindres, pour les
peuples autochtones et les organi-
sations qui les représentent, a fait
savoir le président de la LINAPYCO,
Kapupu Diwa. Tout doit être fait pour
que la question cruciale de la recon-
naissance et de la sécurisation des
terres traditionnelles des peuples
autochtones trouve une réponse dans
cette réforme en cours, a-t-il fait va-
loir.
Pour rappel, cet atelier a été
organisé avec l’appui financier du Pro-
jet d’appui aux communautés dépen-
dantes de la forêt (PACDF), dans le
cadre du contrat signé entre la Caritas
Congo Asbl (Agence d’exécution na-
tionale de ce projet) et la LINAPYCO,
en ce qui concerne la collecte des
données sur les terres des peuples
autochtones, en vue d’appuyer le plai-
doyer pour la reconnaissance légale
et la sécurisation de ces terres en
République démocratique du Congo.
CARITASDEV.CD/LP
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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8 Société
Vingt-un OPJ de l’OSCEP en charge de la lutte
contre la corruption prêtent serment
Vingt-unagentsdecommandementde
l’Observatoire de Surveillance de la
Corruption et de l’Ethique Profession-
nelle (OSCEP) ont prêté serment ven-
dredi à Kinshasa devant le procureur
de la République près le tribunal de
grande instance de Kinshasa-Gombe,
Yves Mwepu Ilunga, en qualité d’offi-
ciers de police judiciaire (OPJ) à com-
pétence générale.
Cette prestation de serment leur
permet désormais d’accompagner
l’Officier du ministère public (magis-
trat du parquet) dans la recherche
des infractions à la loi pénale, de ras-
sembler les preuves et de rechercher
les auteurs de ces infractions, a af-
firmé le procureur Mwepu. Il leur a dit
qu’ils sont appelés à être intègres et
sans partie pris dans toutes les ac-
tions qu’ils auront à mener en tant
qu’OPJ. Le procureur de la Républi-
que près le tribunal de grande ins-
tance de Kinshasa-Gombe a insisté
auprès des OPJ de l’OSCEP pour qu’ils
soient dignes et exemplaires vis-à-vis
de toutes les personnes qu’ils sont
appelés à servir, quelles que soient
leurs nationalités, leurs origines, leurs
conditions sociales, leurs convictions
politiques, religieuses et philosophiques.
Le Directeur Général de l’Obser-
vatoire de Surveillance de la Corrup-
tion et de l’Ethique Professionnelle
(OSCEP), le Pr Saint Augustin
Mwendambali , visiblement ému, a
expliqué le sens de cette prestation
des OPJ de cet Observatoire qui re-
lève du ministère de la Fonction publi-
que. Au moment où les Nations du
monde se mobilisent et se coalisent
pour contrer l’expansion de la corrup-
tion sur la planète Terre, a-t-il indiqué,
la RDC s’est librement et résolument
engagé à accompagner ces efforts qui
consistent à éradiquer ce fléau.
C’est ainsi que le chef de l’Etat,
Joseph Kabila Kabange, fidèle à ce
combat auquel la RDC participe d’une
manière assidue, a investi l’OSCEP
d’une grandiose et délicate mission de
faire la surveillance de la corruption et
d’encadrer le comportement éthique
deq agents publics en RDC, a affirmé
le Pr Mwendambali.
Face à la résistance au chan-
gement de mentalité après 13 ans
d’exercice de l’OSCEP, le Président de
la République avait instruit le gouver-
nement de renforcer cet Observatoire
dans ses dispositifs d’intervention.
C’est ainsi que le Premier ministre avait
signé en 2015 un décret renforçant
les prérogatives des agents de l’OSCEP
en faisant d’eux des OPJ à compé-
tence générale.
Pour le DG de l’OSCEP, il était
indispensable que cet Observatoire
passe des étapes de la prévention et
de la détection-investigation à celle de
la répression de la corruption. C’est
pourquoi, a-t-il précisé, l’OSCEP a re-
couru au pouvoir judiciaire pour la for-
mation et la prestation de serment
de ses OPJ.
ACP/LP
Les FARDC affirment
avoir asséné des
coups sérieux aux
rebelles dans le Sud-
Kivu
L’armée régulière a affirmé vendredi
avoir capturé 120 rebelles d’un des
principaux groupes armés actifs dans
l’est de la République démocratique
du Congo. L’armée régulière a af-
firmé vendredi avoir capturé 120
rebelles d’un des principaux groupes
armés actifs dans l’est de la Répu-
blique démocratique du Congo, et
repris le contrôle de leur bastion au
fil d’une offensive lancée depuis dix
jours dans la province du Sud-Kivu.
L’armée congolaise affirme
mener une offensive sur les rives
du lac Tanganyika contre les rebel-
les Yakutumba, du nom de l’ex-gé-
néral William AmuriYakutumba, dé-
serteur opposé au président Joseph
Kabila. Les Yakutumba avaient at-
taqué la ville d’Uvira fin septembre -
en bombardant leur cible depuis le
lac au cours d’une opération navale
avec des embarcations motorisées-
avant d’être repoussés par la force
des Nations unies (Monusco).
Ces derniers jours, certains
ont fui l’offensive de l’armée congo-
laise en se réfugiant sur l’autre rive
au Burundi, lequel a remis 34 mili-
ciens à la RDC il y a une semaine.
«Le bilan présenté hier (jeudi)
est de 120 éléments capturés», a
indiqué à un correspondant de l’AFP
un porte-parole de l’armée.
Parmi eux se trouve «le com-
mandant de la force navale de
Yakutumba, le capitaine Ekanda»,
selon ce porte-parole, le major Louis-
Claude Tshimwang.
Le chef rebelle Yakutumba n’a
pas été arrêté d’après lui: «S’agis-
sant du sort de Yakutumba, je ras-
sure qu’il est trop affaibli (...) C’est
le commencement de la fin de
Yakutumba». «Côté humain, le bi-
lan de ces opérations qui ont duré
dix jour fait état de 48 morts dans
le rang des rebelles Yakutumba et
côté armée nous déplorons 5
morts», selon le porte-parole.
«Plusieurs armes lourdes et
légères y compris des munitions et
quelques embarcations motorisées»
ont été saisies», a-t-il indiqué.
Le commandant des opéra-
tions, le général Philémon Yav, a fait
état pour sa part d’un bilan de 83
rebelles et 6 soldats tués, cité par la
radio onusienne Okapi.
«D’après le commandant de
l’opération, le général Philémon Yav,
la quasi-totalité des localités jadis
sous contrôle de Yakutumba a été
récupérée, y compris l’ensemble de
la presqu’ile d’Ubwari ainsi que tout
le littoral du lac Tanganyika, partant
de Kalémie à Uvira», ajoute le site
de radio Okapi.
«Je confirme que tout (le ter-
ritoire de) Fizi est sous contrôle de
l’armée régulière», a indiqué le porte-
parole de l’armée à l’AFP.
AFP/LP
Marche du 21 janvier : des possibles cas des crimes
de guerre et crimes contre l’humanité identifiés
Le Réseau d’organisation des Droits
humains et d’éducation civique
d’Inspiration chrétienne en RDC
(RODHCIC) indique avoir documenté
lors de la marche des catholiques laïcs
le 21 janvier dernier des cas des vio-
lations des droits humains commis par
les agents de l’ordre et qui pourraient
être assimilés à des crimes de guerre
et des crimes contre l’humanité.
Dans une communication à la
presse faite jeudi 8 février à Kinshasa,
le secrétaire exécutif de cette organi-
sation Paul Kabeya pointe notamment
l’usage des gaz lacrymogènes pour
disperser des cultes et l’usage des
mêmes gaz à la maternité de Del-
vaux à Kinshasa.
Ces actes sont identifiés dans
le Statut de Rome comme des cri-
mes de guerre, soutient M. Kabeya.
«Nous faisons allusion à l’article 8B,
alinéa 9 du statut de Rome qui consi-
dère le fait de diriger intentionnelle-
ment des attaques contre des bâti-
ments consacrés à la religion, à l’en-
seignement, à l’art, à la science ou à
l’action caritative comme des crimes
de guerre», argumente-t-il.
Le RODHCIC a également noté
des cas que le statut de Rome quali-
fie de crimes contre l’humanité lors
cette manifestation. M.Kabeya cite
notamment l’usage des gaz lacrymo-
gènes périmés contre les fidèles de la
Paroisse St Joseph de Matonge.
«Le cas de celui qu’on a ra-
massé dans la paroisse St Joseph de
Kalamu. L’article 7K du statut de
Rome identifie comme crime contre
l’humanité les actes inhumains cau-
sant intentionnellement les grandes
souffrances ou des atteintes graves
à l’intégrité physique ou à la santé
physique ou mental», prévient-il.
D’après lui, son organisation se
prépare à déposer tous les éléments
de preuves des différentes violations
des droits humains à la commission
d’enquête mise en place par le minis-
tère des Droits humains afin que les
coupables soient sanctionnés.
RADIO OKAPI/LP
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
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Provinces 9
Marches des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018:
la CNDH dénombre 11 morts à Kinshasa
Dans un double rapport ponctuel
rendu public hier vendredi 9 février à
son siège situé à Gombe, la Commis-
sion nationale des droits de l’Homme
(CNDH RDC) a dénombré un total de 7
morts pour la marche du 31 décem-
bre 2017 et 4 tués à l’issue de la mar-
che du 21 janvier 2018.
ST AUGUSTIN K.
La CNDH, à travers ce double rap
port, passe en revue les principa-
les violations des droits de l’Homme
et atteintes aux libertés fondamenta-
les consécutives à la marche pacifi-
que organisée le 31 décembre 2017
et celle du 21 janvier 2018 par le Co-
mité laïc de coordination (CLC). C’est
cette structure de l’archidiocèse de
Kinshasa qui a organisé, en synergie
avec les partis politiques, l’opposition,
les mouvements citoyens et quelques
organisations de la Société civile, ces
manifestations pacifiques.
Le 1er rapport présente une
évaluation approximative de la situa-
tion des droits de l’Homme relative à
l’enquête menée sur le terrain du 31
décembre 2017 au 18 janvier 2018
dans la ville de Kinshasa. Dans ce
document, la CNDH relève des cas
d’atteintes et de violations des droits
de l’Homme. Et dans son décompte
macabre, la CNDH note que 7 per-
sonnes sont décédées, plusieurs bles-
sés, des cas d’extorsions de biens,
de cas de destruction des biens pu-
blics et privés, des cas de traitements
inhumains, cruels ou dégradants.
Le 2ème rapport rend compte
des conclusions de l’enquête menée
sur le terrain du 21 au 25 janvier der-
nier. Au terme de cette enquête, la
CNDH note que 4 personnes ont été
tuées en plus des autres atteintes aux
droits fondamentaux des citoyens
relevés dans le premier rapport.
LES RESPONSABILITÉS
Pour la CNDH, ces actes ont
été généralement attribués à des élé-
ments des forces de l’ordre et cer-
tains manifestants, tous non autre-
ment identifiés. En ce qui concerne
les violations des droits de l’Homme,
la responsabilité est à attribuer à cer-
tains éléments de la police et des
FARDC, non autrement identifiés. Pour
ce qui est des atteintes aux droits
fondamentaux des citoyens, la res-
ponsabilité est partagée entre certains
manifestants et les organisateurs de
la marche.
Pourquoi publier un rapport à un
moment où la ministre des Droits hu-
mains a mis sur pied une commission
d’enquête en charge de ce dossier ?
De l’avis M. Mwamba Mushikonde
Mwamus, président de la CNDH RDC,
le rapport rendu public par son institu-
tion complète le travail de la commis-
sion de la ministre des Droits humains.
Soit dit en passant, la commission a
pour objectif d’identifier les auteurs des
violations des droits de l’Homme lors
des marches des 21 décembre 2017
et 21 janvier 2018, en vue de les dé-
férer devant la justice. Alors que l’en-
quête de la CNDH s’est limitée à iden-
tifier les victimes selon ses méthodes.
C’est à la commission d’aller au-delà
en identifiant les auteurs de ces actes
répréhensibles.
En outre, a précisé le président
de la CNDH RDC, ce rapport ne con-
cerne que la ville de Kinshasa. Raison
invoquée : son institution n’a pas eu
suffisamment de ressources pour
documenter tous les cas de violations
des droits de l’Homme consécutives
à ces marches pacifiques à travers le
territoire national. Néanmoins, la CNDH
est en train de réceptionner des rap-
ports des antennes provinciales qu’elle
est train de fiabiliser ; lesquels feront,
à terme, l’objet d’un rapport ultérieur.
Ngaliema : relance
des travaux de réha-
bilitation de l’ave-
nue Général Basuki
à Manenga
Les travaux de réhabilitation de
l’avenue Général Basuki au quartier
Manenga, dans la commune de
Ngaliema, à Kinshasa, ont
redémarré jeudi 8 février. Le tron-
çon prévu pour cette réhabilitation
va du bureau du commissariat de
Police de Gulf jusqu’au pont
Molende. La Société d’études d’en-
treprises et des travaux de cons-
truction (SETRACO) en est le maî-
tre d’ouvrage.
Les travaux sont financés par
le gouvernement provincial de Kins-
hasa. Interrogé, un agent de la
SETRACO a révélé que c’est depuis
l’année passée que ces travaux ont
débuté sur ce tronçon. Ils avaient
été suspendus faute de moyens fi-
nanciers. Ils redémarrent donc six
mois après. Toutefois, il a exprimé
sa crainte quant à leur aboutisse-
ment heureux, invoquant la lenteur
dans le décaissement des fonds.
Car, a-t-il révélé, les travaux sont
exécutés au rythme du
décaissement des fonds. Les agents
se sont plaints de cette situation,
a-t-il fait savoir.
PRISCA LUMP (STAGIAIRE/UPN)
Inobservance de la
mesure fixant la ga-
rantie locative à
Kinshasa
La mesure réglementant la garan-
tie locative pour les maisons d’habi-
tation fixée à trois mois n’est pas
respectée dans la ville de Kinshasa,
a déploré jeudi M. André Ngoyi, res-
ponsable du service de l’habitat à la
commune de Ngiri-Ngiri, à Kinshasa,
au cours d’un entretien avec
l’Agence congolaise de presse
(ACP). Selon M. Ngoyi, l’anarchie
dans ce secteur réside dans le fait
que des bailleurs tiennent à préser-
ver, contre vents et marées, leurs
avantages, foulant aux pieds cette
mesure de l’autorité urbaine et ba-
fouant ainsi les droits des locatai-
res.
Il a noté que la croissance dé-
mographique, doublée de l’exode
rural dans la capitale congolaise et
l’absence d’une politique des loge-
ments sociaux, capables de pallier
la carence entre l’offre et la demande
dans le domaine de l’immobilier sont
à la base de cette situation. Pour
remédier à cette crise, ce préposé
du service d’habitat a invité l’Etat
congolais à se lancer dans un vaste
programme de construction, à long
terme, des logements sociaux dans
cette ville, en perpétuelle extension,
et à favoriser la création d’une classe
moyenne congolaise dynamique et
apte à opérer dans ce secteur.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
La production et la commercialisation des sacs
en plastique interdites à partir du 30 juin
La production, l’importation, la
commercialisation et l’utilisation des
sacs, sachets et autres emballages
en plastique seront interdites en Ré-
publique démocratique du Congo à
partir du 30 juin prochain.
La décision a été annoncée
mercredi 7 février à la presse par le
ministre de l’Industrie, Marcel Ilunga,
en séjour à Matadi, chef-lieu de la
province du Kongo Central. D’après
le ministre, cette décision vise à appli-
quer le décret signé le 30 décembre
2017 par le Premier ministre Bruno
Tshibala.
« A partir du 30 juin, tout celui
qui mettra encore en vente des sacs
en plastique ou celui qui va en importer
ou en produire, est passible des sanc-
tions. C’est-à-dire que ce décret accorde
un délai de six mois à dater de sa si-
gnature», a prévenu le ministre.
Il recommande aux importateurs
et opérateurs économiques œuvrant
dans ce secteur de se saisir de ce
moratoire pour écouler rapidement
leurs productions ou éliminer ces pro-
duits de leurs activités. L’ONG Congo
Green Citizen, qui travaille dans la pro-
tection de l’environnement, a lancé
depuis une semaine une pétition en li-
gne sur le site
Internet www.change.org pour recueillir
des signatures en faveur d’une inter-
diction de la production et de l’usage
des sacs en plastique à Kinshasa.
« Pour une ville de Kinshasa
sans sacs en plastique à usage uni-
que », indique la pétition.
L’ONG compte réunir plus de
100 000 signatures qui seront remi-
ses au gouvernement provincial de
Kinshasa et au ministère de l’Environ-
nement pour obtenir l’interdiction de
la production et de l’usage des sacs
en plastique en 2018. Congo Green
Citizen estime que les sacs en plasti-
que ont favorisé les inondations ré-
cemment enregistrées à Kinshasa.
Sur son site Internet, l’ONG
explique qu’à cause des sacs en plas-
tique, les égouts et caniveaux sont
bouchés dans plusieurs quartiers. «
Il faut 100 à 1 000 ans pour qu’une
matière en plastique soit absorbée par
la nature (le sol) », souligne l’organi-
sation environnementale.
DES SACS BIODÉGRADABLES
Congo Green Citizen préconise
l’usage des emballages biodégrada-
bles à Kinshasa. L’ONG recommande
aux autorités congolaises d’encoura-
ger les entreprises qui fabriquent les
emballages en plastique d’investir dans
la production des emballages biodé-
gradables. Les produits biodégrada-
bles sont facilement absorbés par le
sol et peuvent constituer une alter-
native à la« pollution de Kinshasa par
des emballages en plastique », note
l’organisation.
N° 7236 du samedi 10 février 2018
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10 Forum
En Afrique, la laïcité à la croisée des chemins ?
La laïcité fait toujours débat. Et l’Afri-
que de demain a encore bien des am-
biguïtés à gérer sur cette question.
Entre la volonté d’émancipation des
pressions religieuses et les reven-
dications culturelles, la laïcité doit dé-
sormais trouver sa voie sur le conti-
nent. Elle a déjà sauvé plusieurs pays
de la tendance du tout religieux ; il lui
reste maintenant à transcender le
clientélisme politique. Le développe-
ment socio-économique du continent,
ne pourra en tout cas pas faire l’éco-
nomie d’une clarification constitution-
nelle de la place du temporel et du
spirituel.
Même circonscrit au seul cercle
intellectuel, la laïcité déchaîne des pas-
sions et embarrasse autant qu’elle
sert. Cet héritage colonial « verrouillé
» dans plusieurs constitutions des pays
d’Afrique francophone est pourtant
assez méconnu des citoyens. Rares
sont ceux qui connaissent la réalité
qu’elle recouvre. Contrairement à la
France, ce principe n’a pas de réalité
historique sur le continent. Son appli-
cation stricte est donc sujette à cau-
tion.
Plusieurs constitutions africaines
de pays francophones sont basées
sur le modèle français de 1958. La
laïcité y figure en bonne place. Elle se
trouve dès le préambule de la Consti-
tution du Mali ou dans celle de la troi-
sième République ivoirienne, plus d’un
demi-siècle après les indépendances,
qui consacrent l’engagement « à dé-
fendre (…) la laïcité de l’État ».
Cependant, ses contours res-
tent flous. Le Bénin est un État Laïc
(article 2) le président élu prête pour-
tant serment en évoquant : « Dieu,
les Mânes des Ancêtres » (article 53).
Contraint par la cour Constitutionnelle
en 1996, le président Mathieu Kérékou
a été obligé de prêter à nouveau son
serment d’investiture, pour avoir déli-
bérément omis, prétendant sa foi, le
membre de phrase « les Mânes des
Ancêtres ».
Ainsi, l’application de la laïcité
dans les faits dépend de la réalité de
chaque pays, de son histoire et sa
politique. À l’instar du Bénin, se pose
pour les autres pays africains la ques-
tion de savoir ce qui a motivé l’ins-
cription de la laïcité dans la Constitu-
tion. Un copier-coller de la Constitu-
tion française de 1958 sans tenir
compte des réalités historiques et cul-
turelles ou une volonté de se départir
des cultes vaudoun, islamique, chré-
tien ?
Léopold Sédar Senghor, alors
président de la République du Séné-
gal, disait à ce propos : « Notre État
est laïc, il n’y a pas de religion d’État,
mais nous coopérons avec les com-
munautés religieuses ». Cette coo-
pération dont les frontières ne sont
pas si étanches pousse la société ci-
vile, constituée au gré des réalités du
moment, à interférer dans le fonc-
tionnement de l’État.
LA PENSÉE LAÏQUE N’A JAMAIS
EU D’ÉCHO DANS LE QUOTI-
DIEN DES AFRICAINS
Les conférences nationales des
années 1990 ont été présidées par
des éminences catholiques : Mgr Isi-
dore de Souza (Bénin), Mgr Philippe
Kpodzro (Gabon). Le cas le plus mar-
quant a été celui de la RDC (ex-Zaïre)
où il a fallu la pression du Vatican pour
que la conférence reprenne après sa
suspension par le président Mobutu.
Plus récemment en Tunisie, l’article 6
de la Constitution « garantit la liberté
de conscience et de croyance », mais
pour la journaliste Monia Ben Hamadi,
par exemple, « cette Constitution ne
garantit rien ».
Les valeurs, la tradition, les reli-
gions structurent une nouvelle pen-
sée qui veut faire table rase des «
inséminations colonialistes ». La pen-
sée laïque n’a jamais eu d’écho dans
le quotidien des Africains. Le panthéon
vaudoun regroupe plusieurs divinités.
Dans la même famille cohabitent les
fidèles de religions différentes et per-
sonne n’est indigné de voir un homme
politique dans une mosquée et le jour
suivant dans une église. Des hom-
mes politiques font allégeance à Dieu.
Les gouvernements des pays
maraboutiques et musulmans comme
le Mali ou le Sénégal composent avec
les puissances religieuses endogènes.
Régulièrement, la Constitution est mise
à mal ; les lois coutumières et reli-
gieuses sont invoquées pour remet-
tre en cause le principe de laïcité tant
invoquée. Il faudra bien trancher un
jour.
AUGUSTIN CODJA (JEUNE AFRIQUE)
La FAO appelle à mobiliser 1,06 milliard de dollars
pour lutter contre la faim dans 26 pays
L’Organisation des Nations unies
pour l’alimentation et l’agriculture
(FAO) appelle à la mobilisation de 1,06
milliard de dollars en vue de sauver
des vies et lutter contre la faim aiguë
dans 26 pays.
Avec l’aide des bailleurs de
fonds, la FAO espère venir en aide à
plus de 30 millions de personnes qui
dépendent de l’agriculture pour leurs
moyens d’existence, et ce, par le biais
de différentes interventions visant à
restaurer rapidement la production
alimentaire locale et à améliorer la
nutrition.
Selon la FAO, il s’agira par
exemple de fournir des semences, des
outils et du matériel pour les activités
agricoles et de protéger le bétail grâce
à des soins vétérinaires, d’organiser
des formations visant à améliorer la
production, la transformation et la
gestion des terres et de l’eau et de
donner de l’argent aux familles dans
le besoin de façon à ce qu’elles puis-
sent acheter de la nourriture.
L’organisme onusien basé à
Rome explique en grande partie la
forte hausse des besoins humanitai-
res par « la persistance, l’intensifica-
tion et l’ampleur des violences et con-
flits, dont les répercussions sont sou-
vent amplifiées et s’aggravent en cas
de choc climatique ».
« Maintenir la production alimen-
taire et reconstruire le secteur agri-
cole est essentiel afin d’éviter de nou-
velles pertes humaines dues à de gra-
ves souffrances liées à la faim et
d’ouvrir la voie vers plus de résilience
au milieu d’une crise humanitaire », a
déclaré Dominique Burgeon, Directeur
de la Division des urgences et réhabi-
litation de la FAO et Chef du Pro-
gramme stratégique de la FAO sur la
résilience.
PARMI CES 26 PAYS FIGURENT
LE YÉMEN, LA SYRIE, LA RDC
ET LE SOUDAN DU SUD
L’appel humanitaire de la FAO
pour 2018 aura pour objectif de venir
en aide aux personnes vulnérables
frappées par une crise dans 26 des
pays les plus touchés par l’insécurité
alimentaire.
Il s’agit notamment du Yémen
- le pays avec le plus grand nombre
de personnes en situation d’insécurité
alimentaire aiguë - où l’Organisation a
pour ambition d’aider 5,7 millions de
personnes. Toujours au Moyen-Orient,
la FAO viendra en aide à 2,3 millions
de personnes en Syrie où les trois
quarts des familles rurales produisent
toujours leur propre nourriture.
En République démocratique du
Congo, la FAO a l’intention d’aider près
de 2,8 millions de personnes. Au Sou-
dan du Sud, il sera question de sou-
tenir les moyens d’existence de 3,9
millions de personnes de manière ur-
gente. Enfin, en Somalie, l’agence
viendra en aide à 2,7 millions de per-
sonnes confrontées à de graves souf-
frances liées à la faim.
UN PARE-FEU CONTRE LA FA-
MINE
Le dernier rapport de l’ONU sur
la faim dans le monde a révélé
qu’après plusieurs années de baisse
constante, les cas de malnutrition
avaient de nouveau augmenté pour
atteindre maintenant 815 millions de
personnes. Le caractère continu des
conflits en Iraq, au Soudan du Sud,
en Syrie, au Yémen et ailleurs, ainsi
que de nouvelles explosions de vio-
lence en République centrafricaine, en
République démocratique du Congo et
au Myanmar, ont joué un rôle prédo-
minant dans la hausse des chiffres
liés à la faim.
Dans les Caraïbes, les ouragans
Irma et Maria ont laissé des vies et
des moyens d’existence en lambeaux,
tandis que dans la Corne de l’Afrique,
la sécheresse continue a causé de
lourdes pertes. Sur le continent afri-
cain, la chenille légionnaire d’automne
menace les cultures de millions d’agri-
culteurs.
L’année dernière, des tendan-
ces décourageantes comme celles-ci
ont entraîné des situations de famine
(et de nombreux décès suite à de
graves souffrances liées à la faim)
dans plusieurs régions d’un pays, le
Soudan du Sud, et font craindre la
même chose dans trois autres, à sa-
voir le Yémen, la Syrie et le Nord du
Nigéria.
Dans ces conditions, la FAO
mise sur la fourniture de semences,
d’équipements, d’engrais et l’organi-
sation de formations qui ont permis à
six millions de personnes au Nigéria,
en Somalie, au Soudan du Sud et au
Yémen de planter et de mener à bien
leurs récoltes. L’autre est de venir en
aide à 43 millions d’animaux dans ces
quatre pays et permettre ainsi à des
millions de familles d’éleveurs dépen-
dantes du bétail de se nourrir et de
rester autonomes. Enfin, la FAO rap-
pelle que près de 2 millions de familles
très vulnérables et pauvres ont bé-
néficié des transferts d’argent de la
FAO, soit 42 millions de dollars au to-
tal.
UN.ORG/LP
N° 7236 du samedi 10 février 2018
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Afrique/éco 11
Ghana : Nana Akufo-Addo veut
tourner le dos à l’assistance du FMI
C’est devant le parlement que le pré-
sident ghanéen a réitéré sa promesse
de ne pas prolonger au-delà de 2018
l’assistance du Fonds monétaire inter-
national dans le cadre de la stabilisa-
tion de l’économie du pays. Nana
Akufo-Addo est convaincu que l’éco-
nomie ghanéenne se porte mieux. Le
Ghana a augmenté ses réserves inter-
nationales, maintenu la stabilité rela-
tive du taux de change, réduit le ratio
dette / PIB et le taux d’accumulation
de dette.
AMK AVEC AGENCE ECOFIN
A l’occasion de son deuxième dis
cours sur l’état de la nation, pro-
noncé, ce jeudi, devant le parlement,
le président du Ghana, Nana Akufo-
Addo (photo), a confirmé son intention
de ne plus avoir recours à l’assistance
du Fonds monétaire international (FMI),
au terme de l’actuel programme éco-
nomique et financier triennal appuyé par
la facilité élargie de crédit (FEC).
« Je suis ravi d’annoncer que le
programme appuyé par la facilité élar-
gie de crédit qui a débuté en 2015 et qui
est soutenu par le FMI, prendra fin cette
année », a-t-il déclaré. Ajoutant que «
la performance macroéconomique rela-
tivement bonne en 2017 soutiendra for-
tement la réussite de ce programme ».
Poursuivant, Nana Akufo-Addo a
déclaré : « Nous sommes déterminés
à mettre en place des mesures pour
assurer l’irréversibilité et maintenir la sta-
bilité macroéconomique, afin que nous
n’ayons aucune raison de demander à
nouveau l’assistance de cette puissante
organisation mondiale ».
Avec cette annonce, le président
ghanéen maintient inchangée sa posi-
tion adoptée à l’endroit du FMI, depuis
son accession au pouvoir, en décem-
bre 2016. Nana Akufo-Addo avait, en
effet, annoncé, en juillet 2017, qu’il ne
comptait pas prolonger le programme
économique et financier triennal conclu
avec le FMI, au-delà d’avril 2018.
Pour rappel, le programme éco-
nomique et financier triennal soutenu
par une facilité élargie de crédit entre le
FMI et le Ghana, a été approuvé le 03
avril 2015. D’une durée initiale de trois
ans, ce programme qui s’élève à
664,20 millions de DTS (environ 918
millions $ ou 180% du quota, au mo-
ment de l’approbation de l’arrangement)
a été, toutefois, prolongé d’une année,
en août 2017.
L’objectif poursuivi par ce pro-
gramme consiste notamment à réta-
blir la durabilité de la dette et la stabilité
macroéconomique dans le pays, afin
de favoriser le retour à une forte crois-
sance et à la création d’emplois tout en
protégeant les dépenses sociales.
Ainsi, après une année 2016 au
cours de laquelle la croissance du pays
était de 3,5%, le niveau le plus bas
depuis deux décennies, le FMI table
sur un retour à une croissance plus vi-
goureuse en 2017-18. En raison no-
tamment de l’augmentation de la pro-
duction pétrolière, de la baisse de l’in-
flation et de la baisse des déséquilibres
avec la bonne mise en œuvre des po-
litiques par les autorités ghanéennes.
Pour sa part, Nana Akufo-Addo
a estimé que l’économie ghanéenne se
porte désormais mieux, sous la con-
duite de son gouvernement. « Je suis
heureux de pouvoir rapporter que
l’équipe de gestion économique, sous
ladirectiondubrillantéconomiste,levice-
président MahamuduBawumia, a relevé
le défi. Et le dur labeur commence à
produire des résultats positifs », a-t-il
déclaré.
Ajoutant que « nous avons aug-
menté nos réserves internationales,
maintenu la stabilité relative du taux de
change, réduit le ratio dette / PIB et le
taux d’accumulation de dette. Nous
avons payé près de la moitié des arrié-
rés hérités et, surtout, nous sommes
à jour de nos obligations à l’endroit des
fonds statutaires ».
« Nous avons réduit les impôts,
nous réduisons l’inflation et les taux d’in-
térêt. La croissance économique aug-
mente, passant du taux alarmant de
3,5% en décembre 2016, à 7,9% dès
notre première année [2017, Ndlr]. Et
tout porte à croire que ce sera encore
mieux, cette année », s’est félicité le
président ghanéen.
Le Nigeria devrait
investir 3,6 milliards
$ dans les infras-
tructures en 2018
Recevant ce mardi une délégation
composée d’une vingtaine d’investis-
seurs internationaux, la ministre nigé-
riane des finances, Kemi Adeosun
(photo9, a révélé que le gouverne-
ment fédéral du Nigeria a prévu d’in-
vestir annuellement 1300 milliards de
nairas (environ 3,6 milliards $) afin
combler l’écart en matière d’infrastruc-
tures nécessaires pour attirer des in-
vestissements dans le pays. « Le
gouvernement a investi environ 1300
milliards de nairas l’année dernière
(année fiscale 2016/2017) pour dé-
velopper les routes, le chemin de fer,
l’électricité, le logement et toutes les
infrastructures qu’il estime nécessai-
res pour relancer notre économie »
a-t-elle déclaré. Ajoutant que ce vo-
lume d’investissement dans les infras-
tructures devrait être le même pour
l’exercice fiscal 2017/2018. Kemi
Adeosun a, par ailleurs, déclaré que
le gouvernement fédéral du Nigeria
avait la ferme conviction qu’investir
dans des infrastructures adéquates
était le meilleur moyen pour attirer
des investissements, afin de stimuler
la croissance dans d’autres secteurs
d’activités tels que l’agriculture ou en-
core les mines. Permettant ainsi de
rendre l’économie du pays moins dé-
pendante du pétrole. La ministre des
finances a également souligné que les
Nigérians commençaient à « ressen-
tir l’impact des efforts du gouverne-
ment en termes de développement
des infrastructures », après que de
nombreux projets actuellement gé-
rés par les autorités, aient été aban-
donnés pendant plus de 10 ans.
Blanchiment d’ar-
gent : la Tunisie à
nouveau «
blacklistée » par
l’Union européenne
La Tunisie a été inscrite sur la liste
noire des pays à haut risque en ma-
tière de blanchiment d’argent et de
financement du terrorisme, à l’issue
d’une délibération du Parlement euro-
péen, ce mercredi 7 février. Cette
décision s’est basée sur le rapport du
Groupe d’Action financière pour le
Moyen-Orient et l’Afrique du Nord
(GAFI/MENA), publié fin 2017. Selon
ce rapport, l’Etat tunisien serait très
laxiste par rapport à la lutte contre le
blanchiment d’argent. Cette situation
se traduit par l’absence de dispositifs
de contrôle contraignants dans l’envi-
ronnement économique du pays.
Ainsi, 80% des entreprises étrangè-
res présentes en Tunisie n’emploie-
raient aucun salarié, selon les statisti-
ques du rapport, relayées par le site
Econostrum. Sur les 376 voix néces-
saires pour rejeter l’inclusion du pays
dans cette liste, seules 357 voix ont
été réunies, montrant ainsi les fortes
dissensions qu’a soulevées ce
vote.Rappelons, qu’en décembre
2017, le pays avait déjà été placé sur
la liste noire des paradis fiscaux, éla-
borée par l’UE, avant d’en être reti-
rée, un mois plus tard.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Congo : Brazzaville démantèle ses entreprises
publiques d’eau et d’électricité
Lors du conseil des ministres du 2
février, le gouvernement de la Ré-
publique du Congo a validé deux pro-
jets de loi portant sur la dissolution des
deux entreprises publiques et décidé
d’impulser la création de sociétés ano-
nymes dédiées à l’eau et à l’électricité.
Une annonce qui intervient alors que le
FMI a récemment réclamé des « ré-
formes fortes et immédiates ».
« En dépit des lourds investisse-
ments consentis par l’État, en matière
d’infrastructures de production, de
transport et de distribution de l’électri-
cité, et malgré une assistance techni-
que voulue par les pouvoirs publics, la
Société nationale d’électricité (SNE) n’a
malheureusement pas pu recouvrer un
niveau de rentabilité et de viabilité suffi-
sants. Cet état de fait a entraîné le
versement continuel de subventions
dont le maintien devient difficile en cette
période de resserrement des ressour-
ces budgétaires. »
Ce constat lapidaire a été fait par
Serge Blaise Zoniaba, ministre de l’Éner-
gie et de l’Hydraulique de la République
du Congo, lors du conseil des ministres
du 2 février à Brazzaville.
CONTRE-PERFORMANCES ET
RELATIONS COMMERCIALES «
EXÉCRABLES »
La même situation, ou presque,
est à déplorer du côté de la Société
nationale de distribution d’eau (SNDE),
à ceci près que celle-ci « ne peut plus,
hélas, comme pour la SNE, compter
sur des subventions d’État rendues uto-
piques en ces temps de raréfaction des
ressources budgétaires ».
Le ministre a donc proposé à ses
collègues l’adoption de deux projets de
loi portant dissolution de chacune des
deux sociétés, tandis que le conseil des
ministres autorisait le gouvernement à
engager le processus de créations de
trois sociétés anonymes de droit Ohada
: l’une, de patrimoine, pour le secteur
de l’électricité, la deuxième pour le sec-
teur de l’eau, et la dernière pour le
transport de l’électricité.
Ce statut, estime le gouverne-
ment, devrait permettre aux futures
sociétés d’avoir « une dimension com-
merciale plus affirmée », alors que les
contre-performances des sociétés ac-
tuelles en matière de distribution et de
commercialisation « ont eu pour con-
séquence de détériorer leurs relations
avec leurs clients et usagers respec-
tifs, au point de les rendre exécrables».
« AUCUNE CONSÉQUENCE SUR
LE PLAN SOCIAL »
« Le statut de société anonyme
est mieux adapté à un secteur devenu
fortement concurrentiel, favorise un
management innovant et permet des
possibilités multiples dans la recherche
d’une plus grande efficacité », estime
en ainsi Serge Blaise Zoniaba, précisant
que les futures sociétés agiront par
délégation de service public.
Ces mesures n’auront « aucune
conséquence sur le plan social, car le
patrimoine, le personnel, ainsi que les
droits et obligations des structures an-
ciennes seront transférés de plein droit
aux futures sociétés de patrimoine »,
a déclaré le chef de l’État, Denis Sassou
N’Guesso, lors de la même réunion,
avant d’inviter son gouvernement à «
communiquer davantage », tant en
direction des citoyens qu’envers les
agents.
Les deux projets de loi doivent
encore être soumis au vote des parle-
mentaires, » ce qui va permettre un
débat démocratique sur une question
d’une telle importance », estime le Pre-
mier ministre, Clément Mouamba. Un
comité technique interministériel devrait
prochainement voir le jour afin d’accom-
pagner la réforme.
UNE DETTE PUBLIQUE D’AU
MOINS 110% DU PIB
Cette annonce intervient quel-
ques semaines après les conclusions
d’une mission du FMI, délivrée fin dé-
cembre à Brazzaville, qui réclamait des
« réformes fortes et immédiates en
matière de gouvernance » et s’inquié-
tait notamment de « l’accumulation d’ar-
riérés de l’État met en péril l’activité du
secteur privé, contribuant aux pénu-
ries de liquidités bancaires et compro-
mettant la provision des services so-
ciaux ».
Le FMI a réévalué en août 2017
la dette publique du Congo à 110 % du
PIB, soit plus de 9,1 milliards de dol-
lars, contre 77 % précédemment. Une
évaluation qui serait sous-estimée, se-
lon l’agence Fitch.
JEUNE AFRIQUE/LP
N° 7236 du samedi 10 février 2018
Le Potentiel
www.lepotentielonline.com
12 Afrique
Urgence humanitaire au Nord-est du Nigeria :
l’ONU lance un appel à financement
La crise humanitaire au Nord-est du
Nigeria a atteint des proportions in-
quiétantes. Aux Nations unies, la mo-
bilisation est totale. Un appel à finan-
cement a été lancé jeudi dernier dans
l’espoir de récolter des milliards né-
cessaires pour répondre à l’urgence
humanitaire.
LP/ ONU
Alors que la crise dans le Nord-est
du Nigeria - une région dévastée
par l’insurrection de Boko Haram –
dure depuis plus de huit ans, les agen-
ces des Nations unies et leurs parte-
naires humanitaires ont lancé jeudi un
appel de fonds de 1 milliard de dollars
pour financer des programmes d’as-
sistance d’urgence.
« La crise humanitaire dans le
Nord-est du Nigeria, qui s’est propa-
gée dans la région du lac Tchad, est
l’une des plus graves au monde », a
déclaré le coordinateur humanitaire
pour ce pays, Edward Kallon. « Cette
crise est avant tout une crise de pro-
tection qui a également évolué vers
une crise alimentaire et nutritionnelle».
Selon les estimations, près de
huit millions de personnes ont besoin
d’une forme d’aide humanitaire dans
le Nord-est, les États de Borno,
Adamawa et Yobe étant les plus tou-
chés.
S’il est entièrement financé, le
Plan d’intervention humanitaire 2018
atteindra 6,1 millions de personnes
vulnérables, leur fournissant nourri-
ture, protection, eau, abris et assai-
nissement, médicaments, soins de
santé, éducation et un soutien à l’agri-
culture.
Au total, une soixantaine d’or-
ganisations humanitaires, dont des
agences des Nations unies et des or-
ganisations non gouvernementales,
mettront en œuvre le plan de réponse
humanitaire en 2018.
« C’est un pas en avant vers le
renforcement du lien entre l’humani-
taire, le développement et la paix,
conformément à la nouvelle méthode
de travail et aux engagements pris
lors du Sommet humanitaire mondial
en mai 2016 », a déclaré M. Kallon.
Soulignant l’importance d’une
coordination forte et d’un financement
généreux, le représentant de l’ONU
a rappelé les efforts humanitaires en
2017, qui ont permis de sauver des
millions de vies dans la région, de con-
tenir une épidémie mortelle de cho-
léra et aidé les enfants à aller à l’école.
Cependant, malgré les succès
enregistrés, de nombreux défis de-
meurent et les affrontements conti-
nuent de forcer les gens à quitter leurs
domiciles. Et au-delà de l’aide huma-
nitaire, une solution politique durable
est essentielle, a déclaré M. Kallon.
*Nigeria : deux mem-
bres du gouvernement
en possession de 86
voitures de luxe, in-
culpé pour fraudes
Deux membres du gouvernement ni-
gérian sont passés devant une cour
de justice jeudi pour fraudes, après
la découverte à leurs domiciles de 86
voitures de luxe. Ibrahim Tumsah,
directeur financier pour le ministère
nigérian du Travail, de l’Energie et du
Logement, est inculpé aux côtés de
son frère Tijani Tumsah, membre du
comité présidentiel pour la gestion de
la crise dans le nord-est du pays, ré-
gion dévastée par l’insurrection
jihadiste Boko Haram. Selon les dos-
siers de la Cour que l’AFP a pu consul-
ter, il leur est reproché de ne pas avoir
déclaré 86 voitures de luxe, dont 23
véhicules blindés, ainsi que quatre pro-
priétés et un terrain. Faute de n’avoir
pu produire «d’excuses raisonnables»
aux enquêteurs de la commission
spéciale d’investigation sur les biens
publics, ils ont été traduits en justice.
Leur procès devrait reprendre le 1er
mars. Le président nigérian
Muhammadu Buhari a fait de la lutte
contre la corruption, le «cancer» qui
ronge la première puissance pétro-
lière d’Afrique, la priorité de son man-
dat. Ses détracteurs lui reprochent
néanmoins de ne viser que ses ad-
versaires politiques et non les mem-
bres de son propre gouvernement.
*Cameroun : récep-
tion provisoire d’une
centrale hydroélectri-
que construite par une
entreprise chinoise
Une cérémonie de réception provisoire
de la centrale hydroélectrique de
Memve’ele, l’un des projets phares
du plan pour l’émergence du Came-
roun d’ici à 2035, a eu lieu jeudi. «La
qualité [du projet] est bonne, c’est
très bien fait», s’est félicité le chef du
projet, Jean-Louis Cervetti, qui justi-
fie d’une expérience de quarante ans
dans le domaine hydroélectrique. Si-
tuée dans le village de Nyabizan, dans
la région du Sud, la centrale de
Memve’ele a été construite par l’en-
treprise chinoise POWERCHINA avec
un financement de 637 millions de
dollars accordé par China Exim Bank.
D’une puissance installée de 211 mé-
gawatts, le projet vise à réduire lar-
gement le déficit d’électricité que con-
naît le Cameroun, pays riche en res-
sources hydriques. «Ce qui a été ac-
compli est le résultat du travail acharné
des ingénieurs, des techniciens et des
ouvriers chinois et camerounais», a
indiqué Serge Ngangoua, représen-
tant en chef de POWERCHINA au
Cameroun. Pour le représentant du
maître d’ouvrage, le ministre came-
rounais de l’Eau et de l’Energie, Basile
Atangana Kouna, le projet réceptionné
est «remarquable». «Nous avons
aujourd’hui un très bel ouvrage, cela
participe à la bonne collaboration et à
la coopération que nous avons avec
la Chine», a-t-il indiqué à la suite de la
signature des documents de récep-
tion.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Soudan : l’ONU proroge d’un an la surveillance
de l’application des sanctions au Darfour
Considérant que la situation au Sou
dan continue de menacer la paix
et la sécurité internationales dans la
région, le Conseil de sécurité a pro-
rogé jeudi jusqu’au 12 mars 2019, le
mandat du Groupe d’experts ratta-
ché au Comité des sanctions applica-
bles à ce pays.
En adoptant à l’unanimité de ses
15 membres la résolution 2400
(2018), le Conseil affirme également
son intention d’examiner régulière-
ment les mesures concernant le Dar-
four, compte tenu de l’évolution de la
situation sur le terrain, en tenant
compte des recommandations du
comité, lesquelles figureront dans des
rapports périodiques. Le prochain de-
vra être remis au Conseil au plus tard
le 12 août 2018, et le rapport final au
plus tard le 12 janvier 2019.
Le groupe d’experts a pour
mandat d’appuyer les travaux du
Comité des sanctions, créé en vertu
de la résolution 1591 (2005) pour sur-
veiller l’application de l’embargo sur les
armes, l’interdiction de voyager et le
gel des avoirs imposés « à toutes les
parties à l’Accord de cessez-le-feu de
N’Djamena et tous autres belligérants
», accord qui date de 2004 et qui a
été suivi, en 2011, du Document de
Doha pour la paix au Darfour.
Le représentant du Soudan a
affirmé que la situation dans les cinq
États du Darfour s’était considérable-
ment améliorée au cours des derniers
mois, grâce aux efforts conjoints de
son gouvernement, de l’Opération de
l’Union africaine et des Nations unies
(MINUAD) et des partenaires huma-
nitaires.
À la lumière de ces progrès, il
s’est lancé dans un plaidoyer vigou-
reux en faveur de la levée des sanc-
tions imposées par le Conseil à son
pays, en considérant qu’il devrait être
mis fin au mandat du groupe d’ex-
perts « de manière graduelle, je le
répète, de manière graduelle ». Le «
retour à la normale » au Darfour ayant
décidé le Conseil de sécurité à envi-
sager la mise en place graduelle d’une
stratégie de sortie pour la MINUAD,
le régime de sanctions n’a selon lui
plus de raison d’être.
Après avoir appelé les groupes
rebelles encore actifs à rejoindre la
table des négociations, le délégué sou-
danais a toutefois précisé que Khar-
toum ne tolèrerait pas que certains
individus ou factions puissent prendre
en otages les étapes finales du pro-
cessus de paix. Il a porté à l’atten-
tion du Conseil le fait que certains bel-
ligérants opèrent depuis des pays li-
mitrophes, la Libye et le Soudan du
Sud, lui demandant d’aborder ce conflit
pour ce qu’il est, un conflit internatio-
nal plutôt qu’interne.
ONU/LP
Le Conseil de sécurité des Nations unies
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  • 1. 36ème annéeMembre du réseau Médiaf Prix : 3000 FCN° 7236 du samedi 10 février 2018 La passion d’informer sans passion Éditeur GROUPE DE PRESSE Siège social 873, av. du Bas-Congo, Kinshasa – RD Congo La détermination s’affiche. Et plus rien ne sera comme avant. Tout chrétien devrait se sentir concerné par la politi- que, surtout que les choix poli- tiques ont non seulement une portée immédiate mais aussi à long terme. PAGE 2 SUIVEZ RADIO7SUR 106.1MHZ PAGE 3 L’Église s’assume Sommaire LE POTENTIEL À HAÀ HAÀ HAÀ HAÀ HAUTE VUTE VUTE VUTE VUTE VOIXOIXOIXOIXOIX PAGE 5 P. 2 SSSSSporporporporportststststs PAGE 14 PAGE 6 ÉÉÉÉÉconomieconomieconomieconomieconomie PAGE 4 PPPPPolitiqueolitiqueolitiqueolitiqueolitique Biodiversité : 3,3 millions d’euros de l’AWF pour soutenir Bili-Uélé PPPPPrrrrrooooovincesvincesvincesvincesvinces La production et la commercialisation des sacs en plastique interdites à partir du 30 juin PAGE 9 Préliminaires C1/C2 : V. Club et Maniema Union se lancent ce week-end Troupeaux de vaches venues de Tanganyika Le caucus des députés nationaux du Kwango exige une enquête parlementaire MgrFridolinAmbongo : «Nousavonsinvitéles chrétienscatholiquesà semettredéboutetà prendreleurdestinen mains » PPPPPolitiqueolitiqueolitiqueolitiqueolitique PAGE 5 La Grande-Bretagne rappelle la nécessité d’appliquer intégralement l’Accord du 31 décembre 2016
  • 2. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com L’Église s’assume (Suite de la page 1) ÀÀÀÀÀ hauthauthauthauthaute ve ve ve ve voixoixoixoixoix 2 La Une Face à cette res- ponsabilité, l’Église ca- tholique ne cesse de rap- peler aux chrétiens de se sentir concernés par la politique. En termes clairs, l’Église de la RDC s’assume et assume sa mission prophétique, celle d’éveiller les cons- ciences à la lumière de l’évangile du Christ. Cela a été rappelé au cours de la messe dite en mémoire des victi- mes de la marche des chrétiens catholiques le 21 janvier 2018. « Le Comité des laïcs est à applaudir, l’Église at- tend d’autres initiatives du CLC, la marche des chrétiens ne s’arrêtera pas. Nous devons conti- nuer le combat pour un Congo nouveau. Notre mission est d’apporter de la lumière dans les coins et recoins de la RDC ». Cette déclara- tion courageuse de l’abbé François Luyeye de la paroisse Notre- Dame de la Sagesse de l’Université de Kinshasa sonne le réveil de la conscience populaire. Un réveil destiné à met- tre un terme à la médio- crité. Il s’agit, en effet, d’un tournant décisif pour la survie du pays en tant que Nation et peuple. Tout chrétien, mieux tout Congolais, doit prendre conscience du rôle particulier et propre qui est le sien pour sauver la démocra- tie en agissant en faveur de la promotion des va- leurs. Ainsi, s’opposer à tout ce qui va à l’encon- tre de la dignité de l’être humain devient un acte héroïque pour la conti- nuation du combat pour l’avènement d’un Congo nouveau. Qui gouverne ? A cette interrogation, le pape François a répondu sans ambages en sep- tembre 2017, aux fidè- les rassemblés dans la Chapelle Sainte-Marthe pour la messe du matin. « Qui gouverne doit aimer son peuple, car un gouvernant qui n’aime pas, ne peut pas gouver- ner… ». Et de poursui- vre : « Le bon catholi- que, lui, ne doit pas se désintéresser de la po- litique, il doit au con- traire, pour le bien de tous, faire son possible pour que le gouvernant gouverne bien, en parti- cipant de son mieux à la vie politique ». Oraison funèbre (Ce vendredi 9 février 2018) Excellences. Frères et sœurs dans la foi. Ceux qui nous quittent aujourd’hui ont un nom. Ils ont un âge. Ils ont un visage: 1. Thérèse Kapangala 2. Hussein gandu Kisene 3. Jackson Kabadiatshi Malango 4. Benjamin Mwingilau 5. Serge Kikunda 6. Matthieu Mfuamba 7. Un mort par balle non identifié à Lemba au Camp Mzee Kabila Tous, des jeunes êtres que des ar- mes en folie ont arraché à la vie. Ils ne rê- vaient que d’une seule chose: vivre heureux sur cette terre de nos ancêtres. Ils n’ont jamais cru, un seul instant, qu’ils devaient donner leurs vies pour que les dirigeants de ce pays comprennent qu’ils n’avaient sim- plement soif que de liberté et de bonheur. Ces morts que nous honorons aujourd’hui suscitent de multiples interroga- tions parmi lesquelles je retiendrai celles du corps innocent de Thérèse. Là où elle se trouve, à cet instant, Thérèse nous inter- roge tous, en commençant sans doute par son père, officier de Police, membre d’un Corps dont le rôle est de protéger la vie des citoyens: « Oui, papa, aujourd’hui la Police a tué sa propre fille, elle qui à toujours tiré sur les enfants des autres; Oui papa, tous les officiers comme toi, dans tous nos camps militaires et de Police, ne savent plus à qui adresser les condoléan- ces. Mais au-delà de ces instants de douleur, ma mort cherche quelques réponses à mes in- terrogations : · Qui, dans vos services. donne des armes de guerre pour encadrer des marches paci- fiques ? Dis-moi qui, papa? · Qui, dans vos services, distribuent, comme des petits pains, ces munitions qui tuent? Dis-moi qui, papa? · Qui, clans vos services, donnent les or- dres de tuer, après avoir pourtant donné des assurances que les bavures d ‘hier ne se reproduiraient plus? Oui papa, qui? · Qui vous vend ces armes et munitions car, à ce que je sache, notre pays n’en produit pas. Peux-tu répondre papa, qui? · Enfin, pourquoi obéissez-vous à des or- dres injustes? Pourquoi, papa! Je suis morte, mais je ne te quitterai que lorsque tu auras répondu à mes interroga- tions. C’est alors que je pourrai les partager avec mes compagnons d’infortune. C’est alors que nous cesserons de hanter les es- prits de tous nos pères, tes collègues de la Police, de l’Armée et des Services de Ren- seignements. Car, au moment où je te parle, je suis toujours là, ma tête sur tes jambes jusqu’à ce que tu me déposes, endormie. Sur mon lit. Tu resteras toujours mon père adoré. Je t’aime. » Pour le COMITE LAIC DE COORDINATION Thierry Nlandu Mayamba Messe en mémoire des morts de la marche du 21 janvier Église catholique : « La marche des chrétiens ne s’arrêtera pas » Les photos des victimes de la marche pacifique des chrétiens du 21 janvier 2018 ont paré, le vendredi 9 janvier 2018, l’autel de la cathédrale Notre-Dame du Congo. Une messe y a été dite, à l’initiative du CLC, en mémoire de ces Congolais qui ont vu leur destin brisé par des forces de sécurité instrumentalisées par le pouvoir. Au-delà de la douleur que ces morts suscitent, l’église catholique s’assume. « La mar- che des chrétiens ne s’arrêtera pas», a clamé l’officient du jour au nom du cardinal Laurent Monsengwo. LE POTENTIEL L’Eglise catholique a orga nisé, hier vendredi 9 fé- vrier dans la cathédrale No- tre-Dame du Congo à Kins- hasa, une messe de requiem pour recommander les âmes des victimes tuées lors de la marche pacifique du 21 jan- vier 2018. Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, arche- vêque de Kinshasa, a concé- lébré cette messe en pré- sence des représentants des missions diplomatiques, des membres de familles des vic- times, de quelques membres du Comité laïc de coordina- tion, de plusieurs personnali- tés des forces politiques et sociales du changement ainsi que des Congolais anonymes. Cette messe de re- quiem a résonné comme la preuve irréfutable que les for- ces de sécurité de la Républi- que démocratique du Congo ont tué des manifestants pa- cifiques qui n’avaient qu’entre leurs mains un chapelet, une bible, un crucifix ou tout autre objet religieux. La répression brutale de la marche du 21 janvier a fauché la vie de 7 Congolais, tous des jeunes âmes. Des photos de cinq de ces victimes ont été affichées dans l’église devant l’autel. « LA POLICE A TUÉ SA PROPRE FILLE » Cette messe a surtout été un moment de réarme- ment spirituel tant pour les fi- dèles catholiques traumatisés par la brutalité de la violence lors de deux dernières mar- ches que pour tous les chré- tiens et personnes de bonne volonté qui répondent aux appels à la marche du Comité laïc de coordination. Dans l’homélie faite par M. l’Abbé François Luyeye de la paroisse universitaire Notre- Dame de la Sagesse à l’UNIKIN, l’Eglise catholique n’est nullement résignée en- core moins apeurée par la terreur que le pouvoir oppose aux manifestants pacifiques. « Nos frères qui sont tombés sous les balles de ceux qui sont censés nous protéger sont en ce moment devant le trône de Dieu. Loin de nous, la peur de ceux qui cherchent à faire disparaître les corps de leurs victimes après les avoir assassinés », a dit l’officiant avant d’appeler les Congolais à poursuivre les marches et, surtout, la résistance. « Le Comité laïc est ap- plaudir. L’Eglise catholique at- tend d’autres initiatives du CLC. La marche des chrétiens ne s’arrêtera pas. Nous de- vons continuer le combat pour un Congo nouveau. No- tre mission est d’apporter de la lumière dans les coins et recoins de la République dé- mocratique du Congo », a dit François Luyeye, sous l’inspi- ration du cardinal Laurent Monsengwo. Avant la fin de la céré- monie d’hommage aux victi- mes de la répression, le pro- fesseur Thierry Nlandu, un des leaders du Comité laïc de coordination, a dit l’oraison funèbre. « Ceux qui nous quittent aujourd’hui ont un nom. Ils ont un âge. Ils ont un visage », a-t-il dit avant de citer les sept noms : « 1.Thérèse Kapangala, 2. Hussein Ngandu Kisene, 3. Jackson Kabadiatshi Malango, 4. Benjamin Mwingilau, 5. Serge Kikunda, 6. Mathieu Mfuamba, et 7. un mort par balle non identifié à Lemba au camp Kabila ». « Ces morts que nous honorons aujourd’hui susci- tent de multiples interroga- tions parmi lesquelles je re- tiendrai celles du corps inno- cent de Thérèse. Là où elle se trouve, à cet instant, Thé- rèse nous interroge tous, en commençant sans doute par son père, officier de police, membre d’un corps dont le rôle est de protéger la vie des citoyens », a ajouté Thierry Nlandu, évoquant ici le cas de cette jeune aspirante catholi- que tuée à bout portant à la paroisse Saint François à Kintambo. Loin de baisser les bras, l’Eglise catholique encourage la poursuite des marches pacifi- ques, lesquelles ont pour exi- gence l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 et le respect de la Constitution. Mgr Fridolin Ambongo, le nouvel archevêque coadjuteur de Kinshasa, a indiqué, dans une interview accordée le jeudi 8 février à la radio allemande Deutsche Welle, qu’il allait pour- suivre le combat du cardinal Monsengwo. Une façon de faire taire ceux qui pensaient que la position du cardinal n’était largement partagée au sein de l’Eglise catholique. En tout cas, tout indique que les Catholiques sont déterminés, par le truchement du CLC, de mener jusqu’au bout le com- bat pour l’avènement d’un Etat de droit. (Suite en page 3)
  • 3. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com Événement 3 Les mouvements citoyens plébiscitent Laurent Monsengwo pour diriger la transition LE POTENTIEL La tenue d’élections du 23 décem bre 2018 reste une gageure dans l’état actuel des choses en Républi- que démocratique du Congo. Le pro- cessus électoral est torpillé de toutes parts au point qu’il est illusoire d’espé- rer l’organisation d’élections selon le calendrier de la Commission électo- rale nationale indépendante. En effet, le régime en place à Kinshasa a tout verrouillé. Les mani- festations politiques sont interdites, sinon réprimées dans le sang. Les deux marches pacifiques des chré- tiens, le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018, sont la preuve que la majorité au pouvoir a instauré un ré- gime de terreur qui ne favorise pas un processus électoral apaisé encore moins crédible. Plusieurs acteurs poli- tiques sont en prison pendant que d’autres sont contraints à l’exil. Les médias sont ouverts aux seuls partis du pouvoir. Autant de faits qui réconfortent les mouvements citoyens dans leur position : il faut une transition sans le président Joseph Kabila pour organi- ser un processus électoral apaisé et crédible. Ayant déjà épuisé ses deux mandats constitutionnels, l’actuel chef de l’Etat ne veut pas organiser les élections qui le feront partir du pou- voir. D’où, il y aura toujours de blo- cage dans le processus qui mène à la tenue d’élections en RDC. C’est dans cette perspective que les mouvements citoyens font le lobbying dans les capitales occidenta- les pour une transition sans Joseph Kabila. MONSENGWO, PERSONNALITÉ NEUTRE C’est depuis décembre 2017 que le mouvement citoyen « Paix et Solidarité » a publié le résultat final du « vote citoyen » organisé en novem- bre 2017, pour choisir un « Adminis- trateur » susceptible de diriger une transition sans le président Joseph Kabila. D’après ce résultat, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya vient en tête avec 3.581.423 voix. Par cette victoire, l’archevêque de Kinshasa devient la personne la mieux indiquée pour diriger la transition en RDC, se- lon ces mouvements citoyens. Le mouvement « Paix et Solidarité », organisateur de ce « vote citoyen », en RDC et à l’étranger, l’« Administra- teur » élu fait office de chef d’Etat pour une transition devant remettre le processus électoral sur le rail. Ce vote était destiné aux mou- vements citoyens congolais basés tant en RDC qu’à l’étranger. Au niveau national, des locaux des églises et écoles ont servi de bureaux de vote. Au total, il y avait douze candidats. Outre le cardinal Laurent Monsengwo, il y avait notamment comme candi- dat, le docteur Denis Mukwege, Mgr André Bokundua de l’ECC, Mgr Mar- cel Utembi, Mgr Fridolin Ambongo. Le mouvement « Paix et Soli- darité » s’est inspiré de l’article 64 de la Constitution pour organiser ce vote citoyen. Cet article stipule que, « Tout Congolais a le devoir de faire échec aÌ tout individu, ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des disposi- tions de la présente Constitution ». Pour Pitchou-Roland Shomongo, coor- donnateur du mouvement citoyen « Réveil citoyen congolais (REC)», « C’est la finalité de notre action qui va se réaliser bientôt pour restaurer notre Constitution ».Selon lui, « L’ad- ministrateur vient d’être désigné par le peuple congolais sur une liste pro- posée par le souverain primaire, se- lon l’article 5 de la Constitution qui sti- pule : +La souveraineté nationale ap- partient au peuple+ ». Plusieurs mouvements citoyens en RDC ont participé à ce vote, no- tamment Filimbi, Lucha, Congolais De- bout, Compte à Rebours, Il est temps, Réveil citoyen congolais, etc. Le coor- donnateur de «Réveil citoyen congo- lais » (REC), qui a voté pour le cardi- nal Monsengwo Pasinya, pense qu’« aujourd’hui, les discours, les dialogues, les villes mortes ne suffisent plus pour faire respecter la Constitution du 18 février 2006 et toutes les solutions politiques ont également échoué ». Cet activiste est d’avis que ce n’est que de cette façon que le pacte républicain peut être préservé. « La situation socio-politique nous oblige à agir dès maintenant et nous ne pou- vons plus attendre une quelconque date pour sauver notre pacte républi- cain qui est la Constitution du 18 fé- vrier 2006 …Nous ne sommes pas obligés d’accepter un président usur- pateur du pouvoir et en fin de man- dat de demeurer au fauteuil jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle que nous savons tous d’avance douteuse », soutient Pitchou Shomongo. Le résultat du vote citoyen organisé par Paix et Solidarité se présente de la manière suivante : 1. Cardinal Laurent Monsengwo 3.581.423 voix (34.22%) 2. Docteur Denis Mukwege 1.934.254 voix (18.48%) 3. Mgr André Bokundua 808,052 voix (7.72%) 4. Mgr Marcel Utembi 799,646 voix (7.64%) 5. Mgr Fridolin Ambongo 717,137 voix (6.85%) 6. M. François Biyombo 517,215 voix (4.94%) 7. M. Paul Nsapu 481,837 voix (4.6%) 8. Prof. André Mbata 396,307 voix (3.79%) 9. M. Christopher Ngoy 361,747 voix (3.46%) 10. Abbé Donatien Nshole 320,070 voix (3.06%) 11. Julienne Lusenge 295,420 voix (2.82%) 12. Madeleine Kalala 254,181 voix (2.43%) Homélie de M. l’abbé François Luyeye faite au nom du cardinal Monsengwo Nous sommes réunis dans ce lieu saint pour recommander les âmes de nos frères et sœurs à la miséricorde divine. Pour cela, nous ac- complissons un devoir fraternel. Et nous confessons, homme et femme, notre foi à la vie éternelle. Nous som- mes réunis pour confesser notre foi à la résurrection du Christ. Une ré- surrection qui donne sens à notre naissance, afin que sa mission s’ac- complisse à ce jour pour notre salut. Au-delà de béatitudes et de nos vies individuelles, il faut vivre comme avaient prévu nos ancêtres jusqu’à la terre promise. A travers le désert, Dieu a veillé sur son peuple en lui envoyant des mannes pour sauver son peuple du venin. Pour mettre fin aux petits guer- riers, les frères et sœurs, vous de- vez savoir que Dieu ne nous aban- donneront pas, car il est là, il sait que son peuple souffre. Nos frères qui sont tombés sous les balles de ceux qui sont cen- sés nous protéger sont en ce mo- ment devant le trône de Dieu. Loin de nous, la peur de ceux qui cher- chent à faire disparaitre les corps de leurs victimes après les avoir assassi- nés. Par contre, nous sommes vrai- ment remplis de pitié de Dieu. Que celui qui a déjà donné l’ordre de tirer sur les manifestants sans armes, que celui qui a tiré sur les manifestants sans arme, sache que la balle est dans son corps et non dans le corps de celui qui est tombé, la balle est dans sa propre conscience. Et nous disons : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils fonts ». Les frères et sœurs, l’évangile de la béatitude est l’avant-garde de tout ce que nous arrive pour que nous puissions arriver à la terre promise. Heureux les pauvres, heureux ceux qui ont faim, heureux les miséricor- dieux, car votre récompense se trouve dans le ciel. En fait, ce sont ceux qui ont faim, qui ont soif de la justice. Mais à ce temps, aucune justice n’est rendue. Le Comité laïc est applaudir, l’Eglise catholique attend d’autres ini- tiatives du CLC, la marche des chré- tiens ne s’arrêtera pas. Nous devons continuer le combat pour un Congo nouveau. Notre mission est d’appor- ter de la lumière dans les coins et recoins de la République démocrati- que du Congo. Texte décrypté par Le Potentiel (Suite de la page 3) Les mouvements citoyens restent convaincus que le président Joseph Kabila ne pourra pas organiser des élections apaisées et crédibles. Dès lors, ils con- tinuent de mener un lobbying auprès de la communauté internationale en vue d’une transition sans l’actuel chef de l’Etat dont le mandat a expiré depuis le 20 décembre 2016. Sur un panel d’une douzaine de personnalités de la So- ciété civile, le vote citoyen organisé par ces mouvements de la Société civile vient de plébisciter le cardinal Laurent Monsengwo comme « administrateur »de la transition post-Joseph Kabila. Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya
  • 4. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com 4 Nation Mgr Fridolin Ambongo : «Nous avons invité les chrétiens catholiques à se mettre débout et à prendre leur destin en mains » Dans une interview à la Deutsche Welle, Mgr Fridolin Ambongo, archevêque coadjuteur de Kinshasa, a annoncé ses couleurs. Il déclare avoir une mission d’encadrer le peuple de Dieu dans toutes les dimensions, notamment la di- mension spirituelle, économique et politique. Quant aux manifestations ini- tiées par le Comité laïc de coordination, dans le cadre d’appeler le régime au respect de la Constitution, Mgr Ambongo affirme que cette structure n’a fait que répondre à l’appel lancé par la CENCO. Interview. Comment réagissez-vous à vo tre nomination comme arche- vêque coadjuteur de Kinshasa? Ma première réaction, c’était d’abord l’expérience de ma propre petitesse. Je dirai la modestie de ma personne par rapport à la hauteur de la charge à laquelle je suis appelé. Et en même temps, je fais confiance au Seigneur, parce que quand il appelle, il donne aussi la grâce, la force…. Est-ce que vous vous attendiez à être désigné comme successeur de Mgr Monsengwo ? Pour dire la vérité, je dirai non. Parce que le système tel qu’il fonctionne dans l’Eglise catholique voudrait que la per- sonne concernée ne soit jamais con- sultée. C’est au dernier moment que l’on vient vers vous quand tout est terminé. Je n’avais donc aucune chance de savoir que quelqu’un pen- sait à moi. La relation entre l’Eglise catho- lique et les autorités congolaises ne sont pas bonnes du tout. Quel rôle allez-vous jouer pour espé- rer décrisper le climat politique en général ? La première chose, c’est que je viens à Kinshasa pour une mission religieuse, une mission d’évangélisation en pro- fondeur du peuple de Dieu. Et cette mission d’évangélisation est aussi une mission libératrice pour que le peuple, les enfants de Dieu vivent mieux. Et cette vie, qui est la vie du peuple de Dieu comporte la dimension spirituelle, la dimension économique et la dimen- sion politique. Evidemment, c’est un peu dans ce cadre que j’aurai aussi à tenir compte de cette dimension poli- tique pour que le peuple de Dieu qui est dans l’archidiocèse de Kinshasa puisse vivre une vie paisible. En janvier dernier, Mgr Monsengwo a appelé les médio- cres à dégager pour que règne la paix et la justice en RDC. Ces pro- pos ont beaucoup irrité jusqu’au président Kabila qui a demandé à ce qu’on rende à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui est dû. Est-ce que vous allez évo- luer sur la même lancée que Mgr Monsengwo ? Moi, je ne comprends pas pourquoi on s’offusque de l’utilisation de ce mot parce que c’est aussi utilisé dans nos écoles pour évaluer les élèves à la fin de l’année. Et aucun parent ne s’est jamais offusqué lorsque son enfant reçoit la note médiocre. Evidemment, quand un élève reçoit cette note, c’est pour qu’après il puisse s’améliorer. Je sais que cela a suscité des réactions, mais je pense que nous devons tou- jours apprendre à être sincère avec nous-même. Au-delà des mots, po- sons-nous la question : Est-ce que ce qui est dit est vrai ou pas ? Donc, pour vous, les médiocres sont ceux qui gouvernent en ce moment la RDC ? Ça, c’est ce que le cardinal avait dit. Mais moi je pense que l’utilisation des mots devait plutôt nous renvoyer, envoyer les uns les autres à notre propre conscience. A notre sens de responsabilité. Vous avez co-présidé les pour- parlers qui ont abouti, fin décem- bre 2016, à l’Accord dit de la Saint-Sylvestre. Est-ce que vous allez condamner une éventuelle candidature du président Joseph Kabila à la présidentielle de 2018 ? La question de la candidature du pré- sident Kabila ne se pose pas. Vous connaissez quand même la Constitu- tion de notre pays. Il a terminé son deuxième mandat constitutionnel. Et la Constitution est claire. Moi, je ne sais pas comment on peut encore parler d’un autre mandat du président Kabila alors que la Constitution est là. Officiellement, le président Kabila n’a pas déclaré qu’il ne sera pas candidat. C’est ce qui lui rend soupçonneux ? Là, c’est mieux que vous lui posiez la question. Moi je sais que la Constitu- tion ne lui autorise pas plus de deux mandats. On sait que depuis mai 2017, les laïcs catholiques ont initié une série de manifestations pour de- mander à ce que le président Kabila ne se représente pas en 2018. Est-ce que vous allez ap- puyer ces initiatives des laïcs catholiques ? Ce que font aujourd’hui les Catholi- ques, à travers le Comité laïc de coor- dination, ce n’est que la mise en ap- plication au message : « Le pays va très mal, debout Congolais ! ». Nous avons invité les chrétiens catholiques à se mettre debout et à prendre leur destin en mains. S’il y a un groupe qui prend au sérieux notre message et qui essaie de le concrétiser, nous ne pouvons le décourager. Vous allez appuyer tous les ef- forts visant à rendre possible l’alternance politique en RDC ? Je crois que c’est un objectif pour tout le peuple Congolais. Un calendrier a été publié. La Céni travaille dans la perspective des élections. Evidem- ment, c’est un objectif pour lequel tout Congolais sérieux devait donner le meilleur de lui-même pour que les élections aient lieu et qu’il y ait une vraie alternance démocratique pour la première fois dans notre pays. Et que répondez-vous à ceux qui disent que l’Eglise catholique ne devait pas s’immiscer dans la politique ? Seulement, quand ils ont besoin de l’Eglise catholique, ils nous cherchent. S’immiscer dans la politique du Congo, je ne sais pas ce que cela signifie, puisque la politique n’est qu’une des dimensions de la société. Comment l’église peut-elle s’occuper de toutes les dimensions de la vie sauf la di- mension politique. Ce serait un non sens. Vous allez donc évoluer comme l’a fait Mgr Monsengwo ? Mais, qu’a fait Mgr Monsengwo ? Il n’a fait qu’assumer sa mission de pas- teur dans toutes ses dimensions. Et si moi je suis pasteur selon les nor- mes de l’Eglise catholique, je ne peux que reprendre là où il s’est arrêté à la fin de sa mission et continuer à aller de l’avant, parce que la mission qui était celle du cardinal Monsengwo, ce n’est pas sa mission à lui. C’est la mission de Jésus-Christ qu’il lui a con- fiée. A un certain moment, il lui a reçu de son prédécesseur et moi je vais recevoir de lui. On continue la même mission de Jésus-Christ. Donc, l’Eglise catholique a bien raison de se mêler de la politi- que ? C’est ça ? L’Eglise ne se mêle pas de la politi- que. Elle assume sa mission évangé- lique, sa mission de relèvement de l’être humain sous toutes ses dimen- sions, y compris la dimension politi- que. Juste après l’annonce de votre nomination, Mgr Laurent Monsengwo a expliqué que son coadjuteur évoluera à ses côtés au même titre que son évêque auxiliaire. Est-ce que vous pou- vez nous en dire un peu plus, nous les profanes ? Ils ont eu le temps de vous l’expli- quer. Un évêque coadjuteur, c’est un évêque qui est nommé par le Saint Père auprès d’un évêque diocésain, celui qui a la charge du diocèse. Et c’est dans la perspective d’une éven- tuelle succession. C’est pourquoi on l’appelle coadjuteur. On ne l’appelle pas auxiliaire, il est coadjuteur parce qu’en plus du fait qu’il est l’aide princi- pal, il a aussi le droit de succession. Quand est-ce que vous allez de- venir effectivement archevêque de Kinshasa ? Ça, je ne suis pas Dieu le Père pour le savoir. Donc, ça sera le jour où le cardinal Monsengwo aura fini sa charge comme archevêque métropo- litain de Kinshasa. Est-ce que Mgr Monsengwo at- teint déjà l’âge de l’éméritat ? L’âge de l’éméritat, c’est 75 ans, con- formément au droit canonique. Il a déjà atteint cet âge. Et quand un évê- que atteint cet âge-là, il doit donner sa démission. Mais libre au pape de l’accepter ou de ne pas l’accepter. C’est la situation actuelle du cardinal Laurent Monsengwo. Il va finir sa mis- sion quand le pape va accepter sa démission. Jusque-là, il n’a pas en- core accepté. Dans la foulée de la crise politi- que et institutionnelle de la RDC, beaucoup d’évêques catholiques, même des fidèles sont menacés pour leur prise de position. Cela ne vous inquiète pas ? Ça nous inquiète. Parce que l’Eglise catholique, jusque-là, n’a fait qu’as- sumer son rôle dans la société. Et parmi les fidèles catholiques qui font à l’Eglise, on n’a jamais attrapé un seul avec une arme, des bâtons pour se livrer à des violences ou bien au vandalisme. Mais, malgré ça, ils sont considérés comme des gens dange- reux qu’on doit brutaliser, sur qui on doit jeter des gaz lacrymogènes, et cette situation est inacceptable. Vous pouvez lancer un message aux fidèles congolais qui vous écoutent ? Je voudrais dire aux fidèles, à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté de notre pays que malgré la situation que nous sommes en train de vivre dans le pays, nous n’avons aucune raison de désespé- rer, parce que l’avenir de notre pays dépend de nous. Et nous devons nous impliquer. Chacun là où il est, à la hau- teur de sa responsabilité, de donner à ce pays un avenir heureux. A don- ner à ce peuple congolais une raison d’espérer. Et pour cela, nous n’avons pas à désespérer même si le temps est dur. LeSseigneur sera toujours du côté de ceux qui mettent leur espoir en lui.
  • 5. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com Politique 5 Troupeaux de vaches venues de Tanganyika Le caucus des députés nationaux du Kwango exige une enquête parlementaire Sud-Kivu : 70 élé- ments Maï-Maï et munitions présentés à Uvira Au total, 70 éléments Maï-Maï Yakutumba et plusieurs armes ainsi que munitions ont été pré- sentés, jeudi à Uvira (Sud-Kivu), à la presse et la population locale, a rapporté l’Agence congolaise de presse (ACP). Selon le comman- dant des opérations Sukola II Sud- Kivu, le général des brigades Yav Philémon, l’offensive contre les troupes de Yakutumba dans le territoire de Fizi ont duré dix jours et ont permis de saisir une impor- tance cargaison d’armes légères et lourdes, en plus des munitions et des moteurs hors-bords dont se servait le groupe armé Yakutumba. Parmi les capturés figure le commandant second du groupe armé Yakutumba, Ekanda Sadi alias Dragila entouré de certains de ses acolytes. Le géné- ral Yav a annoncé la fuite de William Amuri alias Yakutumba sous les blessures dans les forêts du territoire de Fizi et dont sa traque est opérée par les militaires FARDC. Il a, par la même occa- sion, rassuré que l’ennemi est débandade sur tout le littoral au lac Tanganyika, depuis Kalemie jusqu’à Uvira en passant par Yungu, Talama, Kazimia et Ubwari. She Okitundu en visite de travail à Caracas Le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et Inté- gration régionale, Léonard She Okitundu, est arrivé jeudi à Cara- cas, capitale du Venezuela pour une visite de travail de 48 heures en vue de la relance de coopéra- tion sud-sud, dans son volet «développement triangulaire» entre la RDC et le Venezuela. Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), le chef de la diplo- matie congolaise a prévu, dans son agenda, la signature non seulement d’un Accord-cadre de coopération entre les deux pays mais également d’un mémoran- dum d’entente pour l’établisse- ment d’un Mécanisme des consul- tations politiques entre le ministre congolais des Affaires étrangères et le ministre vénézuélien du Pouvoir populaire pour les affaires étrangères. Son programme a également prévu une visite à la Caserne de la Montagne et à l’Institut de Recherches stratégi- ques pour l’Afrique et sa diaspora, suivi d’une importante réunion avec le ministre du Commerce extérieur, Vielma Mira, et celui du Développement économique, Nelson Hermandez. UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION L’arrivée de ces troupeaux dans le Kwango et dans le Kwilu inquiète les populations locales. P.M. L’arrivée des troupeaux de bovins dans le Kwango et dans le Kwilu inquiète les populations locales. Selon des témoins, ces animaux sont visi- bles dans plusieurs brousses, notam- ment du côté de Bukanga-Lonzo et Popokabaka dans le Kwango, vers Vanga et Masamuna dans le Kwilu. Pour le caucus des députés na- tionaux du Kwango, il faut vite tirer au clair cette situation. Il s’agit, selon eux, d’une occupation qui ne tient pas compte des procédures légales. Dans une déclaration rendue publique jeudi 8 février à Kinshasa, ces députés nationaux sont préoccu- pés et surpris de voir ces éleveurs occuper les groupements Barengayi, kitshongo dans le secteur de Bukanga-Lonzo, et autres chefferies avec leurs troupeaux. Ils indiquent avoir déjà saisi of- ficiellement le bureau de l’Assemblée nationale et entendent descendre dans le Kwango pour obtenir des dé- tails précis sur les identités réelles de ces éleveurs difficiles à identifier. Leur action, expliquent-ils, est motivée par l’inquiétude grandissante de leurs ba- ses électorales. Selon d’autres témoignages, ces troupeaux de vaches de type « zé- bus » appartiendraient aux éleveurs « banyamulenge ». Celui qui donne cette information ne serait autre qu’Enock Ruberangabo Sebineza, pré- senté comme membre de la com- munauté banyamulenge et ancien ministre adjoint des PTT, cité par radiookapi. Selon lui, « ces éleveurs se sont associés avec les membres d’autres communautés dont les Bafuliiru et les Shi ainsi que des éleveurs du Tanga- nyika pour organiser cette transhu- mance. Leur intention est de vendre ce bétail à Kinshasa. Ils ont traversé à partir du Sud-Kivu, Fizi, Kabambare, Mbuji-Mayi, Tshikapa et les voilà en route pour la capitale. Ils vendent leurs troupeaux à Kinshasa. C’est autour de 1500 et 2000 USD la tête. Le marché de la viande de bœuf à Kinshasa étant florissant ». Enock Ruberangabo Sebineza appellerait même « les leaders des ter- ritoires de l’ex-Bandundu à s’approprier de cette activité commerciale, qui pour- rait s’avérer lucrative pour la popula- tion et économiquement bénéfique, no- tamment dans le vaste plateau des Bateke qui est souvent vide». Le caucus des députés nationaux du Kwango préoccupés de l’arrivée des troupeaux de bovins dans le Kwilu. La Grande-Bretagne rappelle la nécessité d’appliquer intégralement l’Accord du 31 décembre 2016 Plusieurs diplomates ont pris part, hier vendredi 9 février à la cathé- drale Notre-Dame du Congo, à Lingwala, à la messe des hommages aux victimes de la marche du 21 jan- vier dernier à Kinshasa, à l’initiative du Comité laïc de coordination (CLC). A l’issue de la célébration, l’am- bassadeur de Grande-Bretagne en République démocratique du Congo, John Murton, a rappelé la nécessité d’appliquer intégralement l’Accord du 31 décembre 2016. « L’ambassade de Grande-Bretagne a toujours sou- tenu le droit des gens à manifester dans une manière paisible, et c’est une des mesures de décrispation exi- gées dans l’Accord de la Saint-Sylves- tre », a-t-il soutenu. Partant de la différence de per- ception de l’application de l’Accord, le diplomate britannique relève des points de rapprochements en ces ter- mes : « Le gouvernement et l’oppo- sition sont tous en faveur de l’appli- cation totale de l’Accord de la Saint- Sylvestre. Il y a de différences, bien sûr, mais en principe, ils sont tous en faveur de l’application de l’Accord… Alors, c’est la seule issue de sortie de la crise politique actuelle ». Pour rappel, le 21 janvier der- nier, le Comité laïc de coordination, une structure de l’archidiocèse de Kins- hasa, a appelé à une manifestation pour exiger l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, dit « Accord de la Saint-Sylvestre ». Répri- mée par les forces de l’ordre, la Monusco a comptabilisé six morts. DES CHERCHEURS DE LA DIAS- PORA SOUTIENNENT LE CLC Par ailleurs, depuis l’appel à des mouvements de protestation en vue de réclamer la mise en application inté- grale de l’Accord de la Saint-Sylvestre, des membres du Comité laïc de coordi- nation vivent en clandestinité parce que faisant l’objet de mandat d’arrêt. La situation préoccupe autant l’Association des études sur l’Afrique centrale (CASA). Dans un communi- qué, cette structure condamne les poursuites enclenchées contre ces acteurs et exprime son soutien à la « démarche pacifique » menée par les laïcs catholiques. « La persécution contre ces éminents collègues est inacceptable et nous dénonçons le mandat d’arrêt », note-t-on dans le communiqué. Dans la foulée, l’Association des études sur l’Afrique centrale, une or- ganisation scientifique regroupant de chercheurs enseignants disséminés à travers le monde, demande au gou- vernement de garantir le droit à ma- nifester et le droit à la liberté d’ex- pression, qui sont des droits recon- nus dans la Constitution de la Répu- blique démocratique du Congo. LP/CAS-INFO John Murton, ambassadeur de Grande-Bretagne en RDC
  • 6. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com 6 Économie Biodiversité : 3,3 millions d’euros de l’AWF pour soutenir Bili-Uélé Quelques jours après la signature de la convention de subvention, l’African Wildlife Foundation (AWF) vient de lancer son projet de conservation à Bili-Uélé, dans la partie Nord du pays. Ce projet de 50 mois dont le coût global est estimé à 3,3 millions d’euros, soit 3 millions d’euros de subvention de l’UE et 300 mille euros représentant la contrepartie d’AWF, vise à assurer un avenir durable pour le complexe d’aires protégées de Bili-Uélé, ses populations et sa biodiversité. Le projet va s’attaquer prioritairement à l’aménagement participatif du territoire et la gouvernance des ressources. Cette activité aidera l’ONG à identifier et pla- nifier les activités économiques à dé- velopper avec les communautés lo- cales. « Dès le début, ce sont des communautés qui sont impliquées dans la prise de décision pour leur future. Ce n’est pas à nous de leur dire quoi faire, mais on peut ap- porter notre expertise pour les aider », a précisé Jeff Dupain, vice-président d’AWF pour la zone Afrique centrale et Afrique de l’Ouest. A en croire ce cadre de l’AWF, l’activité de planification d’utilisation des terres est une étape importante dans l’implémentation de ce projet, car elle permettra dans la suite, d’implanter de manière pérenne, les différents microprojets économiques, écologi- ques et sociaux. Au regard de besoins sur terrain, et du défi à relever pour la meilleure gouvernance de ce domaine de chasse, la protection des espèces, ainsi que l’amélioration des conditions de vie des communautés locales autour de ce complexe, AWF compte revoir à la hausse sa contribution fi- nancière à ce projet. « Après la vi- site, on s’est rendu compte que le besoin est beaucoup plus consistant. Je rentre à Nairobi pour trouver des partenaires publics et privés pour aug- menter notre contribution », a déclaré le directeur général de cette organisation, Thom Ogilvie- Graham en séjour en RDC. Le premier contact avec les communautés locales a révélé le besoin d’un investissement consé- quent dans le domaine de l’agricul- ture durable, la pêche, mais aussi dans la formalisation des activités mi- nières artisanales, considérées comme l’un des piliers du développement éco- nomique de ce contré. « L’activité minière artisanale, c’est une expertise spécifique dont on a besoin. En ce moment même à Kinshasa, nous sommes en train d’échanger avec les experts qui vont nous accompagner dans les réflexions pour trouver des solutions potentiel- les », a indiqué M. Dupain, qui pour lui, aucun développement n’est pos- sible sans le désenclavement de cette région. « Toutes ces activités visent à désenclaver cette zone ». Toutefois, l’ONG ne sous-estime pas non plus les menaces que repré- sente cette zone considérée comme la porte d’entrée des braconniers. Elle entend cependant, développer la coordination avec les autres acteurs importants dans cette région pour faire face à l’insécurité. « C’est important de ne pas sous-estimer le problème et les ris- ques. Sans doute il y a des risques pour notre staff comme il en existe aussi pour les autres acteurs. On es- saie de prendre des mesures pour les atténuer », a précisé le direc- teur général d’AWF. QUEL PARTENARIAT, POUR QUEL RÉSULTAT ? African Wildlife Foundation a si- gné un accord de cogestion avec l’ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature). Elle s’est engagée à ac- compagner cette institution congolaise dans la mise œuvre de la stratégie de conservation communautaire, en vue de promouvoir une conservation qui profite aux communautés riveraines. « Avec l’expertise que l’on a en RDC et ailleurs, nous accompagnons l’ICCN à trouver des solutions durables dans cette stratégie. Comment impliquer les communautés dans une meilleure ges- tion en faisant aussi le développement durable au tour de l’aire protégée », a déclaré Jeff Dupain. L’AWF apporte également son expertise à l’ICCN dans le zonage pour une exploitation durable des ressources. Présente dans 16 pays d’Afri- que avec plus de 40 projets, African Wildlife Foundation cherche à péren- niser le futur de la faune sauvage et les terres sauvages en Afrique. Pour ce faire, elle identifie les populations prioritaires de grands mammifères et s’investit dans la conservation de ces espèces. A Bili-Uélé, l’ONG est beaucoup plus intéressée par la population d’élé- phants de forêt et la sous-espèce des chimpanzés de l’Est. Rappelons que ce projet s’inscrit dans le cadre du programme des Écosystèmes des forêts d’Afrique centrale (ECOFAC VI), lancé l’an dernier à Douala, au Cameroun. ENVIRONEWS-RDC/LP La révision du Code minier, objet d’échanges à Indaba Mining C’est un son « discordant » en tendu au breakfast consacré au secteur minier de la RDC mercredi 7 février 2018 dans le cadre des activi- tés de Mining Indaba. Le gouverne- ment et les opérateurs miniers du secteur privé n’ont pas évolué sur la même ligne mélodique. Si pour l’exé- cutif, toutes les étapes ont été fran- chies, dans un élan participatif, et que la dernière consiste en la promulga- tion de la loi, pour les investisseurs miniers, l’heure est à la réouverture des débats afin d’aplanir les divergen- ces. « Je voudrais, aujourd’hui, que l’on mette (comme on le dit en fran- çais) les points sur les i. Et que nous sortions d’ici satisfaits des réponses à nos questions », a lancé le ministre des mines, Martin Kabwelulu dans son mot d’introduction. A comprendre que les divergences autour du Code mi- nier révisé, en instance de promulga- tion, sont persistantes entre l’Etat et les opérateurs miniers. Effectivement, le déboulonnage de la clause de stabilité de 10 ans est l’une des principales préoccupations du secteur minier dont les membres approuvent, par ailleurs, la démarche de voir les Congolais bénéficier des produits de son sous-sol. D’après Mark Bristow, il est plus qu’urgent que les parties retournent à la table des discussions afin de d’ar- rondir les angles. Et dans cette dé- marche, a-t-il préconisé, le secteur minier devrait éviter de faire cavalier solitaire. Dans le milieu d’opérateurs miniers, il se développe l’option d’un dialogue constructif avec l’Etat autour de certains points d’achoppement contenus dans le Code minier révisé. « Au stade où nous sommes, quelle est la procédure pour rouvrir les débats sur le Code minier ? Si les miniers veulent rouvrir les débats, quelle en est la procédure ? Je vous ai dit que les étapes ont été fran- chies. La prochaine étape, c’est la promulgation. Dans tous les pays du monde, le processus est celui-là. Il faut le respecter », a précisé Martin Kabwelulu. D’après le ministre des Mines, toutes les parties prenantes à l’élabo- ration de ce code ont chacune fait des concessions sur certains nombre de dissensions. Donc, quoi de plus normal que cette loi, comme toute autre, ne fasse l’unanimité. Et d’ajouter : « Toutes les par- ties prenantes ont mis, dans ce code, des dispositions devant nous aider dans le processus de relever les défis de la pauvreté en RDC. Nous allons le faire. Les uns y croyant, les autres n’y croyant pas ». Face aux bonnes perspectives pour tous les minerais de la RDC sur les cours des matières premières, le ministre des Mines a rassuré son audi- toire, particulièrement les opérateurs miniers, que le Code minier attendu ne sera pas un frein au développe- ment du secteur minier. « Je compare ce Code minier qui vient à un feu de brousse. Ceux qui n’auront pas de racines solides seront emportés par le feu. Mais je sais que ceux qui auront des racines solides dans le sol vont encore émer- ger. Et la brousse va encore revenir. Le secteur minier va redevenir une forêt », a insisté Martin Kabwelulu. Si les investisseurs miniers croient qu’il est encore possible d’har- moniser certaines dispositions qui les fâchent dans le Code minier en ins- tance de promulgation, le gouverne- ment, lui, estime que la démarche de révision de cette loi a atteint un ni- veau irréversible. Donc, cette absence d’harmo- nie de vues entre les deux parties prenantes n’est pas suspensive à la promulgation du Code minier révisé qui, pour le gouvernement, est non seulement attractif et incitatif mais aussi rémunérateur et win-win. ZOOM ÉCO/LP
  • 7. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com Société 7 Kongo Central : le Cadre de concertation provincial des OSC en assemblée générale Un Cadre de concertation provincial des organisations de la Société civile du Kongo Central vient d’être mis en place, suivi d’un plan opérationnel. Lequel va orienter désormais toutes les actions concertées et à mener par les membres de ce cadre. «Renforcer les capacités des dé légués et participants pour une redynamisation de la coordination du Cadre de concertation provincial des organisations de la Société civile du Kongo Central qui se veut multi-ac- teurs, inclusif et très opérationnel », tels sont les maîtres-mots de l’assem- blée générale de ce Cadre de concer- tation provincial. Elle s’est tenue der- nièrement à Matadi, dans la salle de fête de l’auberge « La Réciprocité », signale caritasdev.cd qui rapporte que le chargé de projet à la Caritas Congo Absl, Patrick Mwaku, a pris part à ces assises en qualité de facilitateur. Il ressort de ces travaux une coordination du Cadre de concerta- tion provincial de la Société civile du Kongo Central (CCPSC); Cadre qui inclut les sensibilités et les diversités avec une représentation reprenant les délégués de huit territoires de cette province (Bas-fleuve, Boma, Muanda, Luozi, Songololo, Mbanza-Ngungu, Kasangulu, Madimba et Kimvula) et de deux villes de Boma et Matadi. Un cadre doublé d’un plan opérationnel devant orienter désormais toutes les actions concertées et à mener par le Cadre de concertation de la Société civile du Kongo Central. REDYNAMISER LES GTT De la redynamisation des Grou- pes thématiques de travail (GTT), le facilitateur Patrick Mwaku a focalisé son intervention en expliquant aux participants l’objectif de la mise en place de ce cadre de concertation : celui d’assurer une opérationnalité sa- tisfaisante. Pour lui, l’objectif général des GTT est de maximiser et travailler les efforts de tous les teams leaders en synergie avec les membres de leurs groupes respectifs. Cet objectif vise aussi à professionnaliser le travail de développement en mettant à contri- bution tous les Groupes thématiques de travail au service du Cadre de con- certation de la Société civile au Kongo Central. Il a aussi émis les vœux d’har- moniser et de redynamiser des GTT dans les prochains jours. Dans la suite ses interventions, le facilitateur a orienté les délégués vers les échanges et sur le partage des outils de gouvernance ci-après : la charte des organisations de la So- ciété civile, le Code d’éthique et de déontologie, le Règlement intérieur et celui des assemblées plénières de ce Cadre de concertation et de ses sta- tuts ainsi que le texte sur l’observa- toire. De l’état des lieux sur le fonc- tionnement du même Cadre, quelques matières ont été abordées au cours de ces travaux. Les matières ont été constituées par leplaidoyer auprès des autorités provinciales et nationales pour la restauration des prisons du Kongo Central, l’implication dans le règlement de conflits ayant opposé l’entreprise Souza Pedro à ses employés. Il faut noter aussi la sensibilisation par le Réseau ‘Femme et Développement’ (REFED) sur les violences sexuelles. La tenue régulière des réunions, la séance de travail avec la délégation de l’ambassade de l’Afrique du Sud, l’étude du milieu pour un investissement avec la Banque mondiale ont été aussi les points abordés parmi tant d’autres, à cette assemblée. MATIÈRES ABORDÉES Quatre groupes de travail ont été constitués selon les lieux de pro- venance des participants pour parler de leurs difficultés rencontrées, des objectifs et des actions à mener, de la période, des acteurs et du budget y afférent. Quatre thèmes ont été au centre des échanges pour ces groupes. Le premier thème a été axé sur la problématique des conflits fon- ciers entre les entreprises et les com- munautés locales. Le deuxième a pris en charge la dégradation avancée des routes de desserte agricole et la lutte contre l’impunité. Le troisième a con- cerné la mauvaise gestion de l’envi- ronnement. Et le quatrième a abordé l’accès difficile aux services sociaux de base. Plusieurs interventions ont mar- qué l’ouverture de ces travaux. Il s’agit notamment des mots du ministre pro- vincial de l’Agriculture et du Dévelop- pement rural qui a représenté le gou- verneur de la province, du président du comité des sages et de la vice- présidente du CCPSC. Le représen- tant du gouverneur a invité les parti- cipants au travail à la mise en valeur de la méritocratie lors à la désignation des membres du CCPSC du Kongo Central. Le président du Comité des sa- ges du CCPSC a souhaité la bienve- nue à l’assistance. Il a montré, par cette occasion, la nécessité de l’as- semblée générale du cadre de con- certation. La vice-présidente du CCPSC, pour sa part, a brossé les grandes réalisations du cadre au cours des années écoulées (2014-2017). Le facilitateur Patrick Mwaku a finalement pris la parole pour expli- quer la raison d’être de ses assises à travers la présentation des termes de référence de la mission d’organisation des assemblées générales. Tenue pendant quatre jours, l’assemblée a été clôturée par le di- recteur de cabinet du ministre provin- cial en charge de la Justice et de l’Ad- ministration provinciale. Celui-ci a ex- horté les participants à travailler pour ne pas ternir l’image de la Société ci- vile. Un travail en partenariat avec le gouvernement est à inscrire car, a-t-il dit, le travail des uns et des autres n’a pour bénéficiaire que la commu- nauté. O. DIOSO/LP Réforme foncière : un plan d’action pour le Groupe de travail des peuples autochtones en gestation Un atelier a été organisé dernière ment dans la salle de réunion de la Ligue nationale des associations pyg- mées du Congo (LINAPYCO), à Kins- hasa. Il a porté sur l’élaboration du plan d’action du Groupe de travail des peuples autochtones sur la réforme foncière en RDC (GTAREF). Cet atelier a permis de recueillir les points de vue des représentants des peuples autochtones et d’autres parties prenantes réunis au sein de ce groupe de travail. L’objectif visé était d’enrichir le premier draft du plan de travail avant sa soumission à l’exa- men et l’approbation par les Groupes de travail provinciaux ainsi qu’à la CONAREF (Commission nationale de la réforme foncière). Ces assises ont également per- mis aux participants d’être informés des avancées du processus de la ré- forme foncière en RDC et de donner de grandes orientations du plan en rapport avec le droits d’accès des peuples autochtones à la terre. Cet atelier a réuni 39 person- nes, dont les membres du Groupe de travail des peuples autochtones sur la réforme foncière et les organisa- tions de la Société civile impliquées dans la réforme pro-autochtone. Parmi ces organisations, la DGPA, l’ERND, l’OSAPY, le CTIDD, le GTF, l’ANAPAC, le REPALEF, la FECOFFA, la LINAPYCO, le GTCRR et la CARITAS CONGO ASBL. VERS UNE NOUVELLE POLITI- QUE FONCIÈRE Les travaux de groupes se sont réalisés et la facilitation a été assurée par Bienvenue Ngoy du Groupe de travail Forêt (GTF). Le premier draft du plan de travail stratégique de GTAREF a été produit, à cette occa- sion. En fait, la réforme foncière qui devra aboutir à la promulgation d’une nouvelle loi et d’une nouvelle politique foncière constitue une grande oppor- tunité, et non des moindres, pour les peuples autochtones et les organi- sations qui les représentent, a fait savoir le président de la LINAPYCO, Kapupu Diwa. Tout doit être fait pour que la question cruciale de la recon- naissance et de la sécurisation des terres traditionnelles des peuples autochtones trouve une réponse dans cette réforme en cours, a-t-il fait va- loir. Pour rappel, cet atelier a été organisé avec l’appui financier du Pro- jet d’appui aux communautés dépen- dantes de la forêt (PACDF), dans le cadre du contrat signé entre la Caritas Congo Asbl (Agence d’exécution na- tionale de ce projet) et la LINAPYCO, en ce qui concerne la collecte des données sur les terres des peuples autochtones, en vue d’appuyer le plai- doyer pour la reconnaissance légale et la sécurisation de ces terres en République démocratique du Congo. CARITASDEV.CD/LP
  • 8. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com 8 Société Vingt-un OPJ de l’OSCEP en charge de la lutte contre la corruption prêtent serment Vingt-unagentsdecommandementde l’Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Ethique Profession- nelle (OSCEP) ont prêté serment ven- dredi à Kinshasa devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, Yves Mwepu Ilunga, en qualité d’offi- ciers de police judiciaire (OPJ) à com- pétence générale. Cette prestation de serment leur permet désormais d’accompagner l’Officier du ministère public (magis- trat du parquet) dans la recherche des infractions à la loi pénale, de ras- sembler les preuves et de rechercher les auteurs de ces infractions, a af- firmé le procureur Mwepu. Il leur a dit qu’ils sont appelés à être intègres et sans partie pris dans toutes les ac- tions qu’ils auront à mener en tant qu’OPJ. Le procureur de la Républi- que près le tribunal de grande ins- tance de Kinshasa-Gombe a insisté auprès des OPJ de l’OSCEP pour qu’ils soient dignes et exemplaires vis-à-vis de toutes les personnes qu’ils sont appelés à servir, quelles que soient leurs nationalités, leurs origines, leurs conditions sociales, leurs convictions politiques, religieuses et philosophiques. Le Directeur Général de l’Obser- vatoire de Surveillance de la Corrup- tion et de l’Ethique Professionnelle (OSCEP), le Pr Saint Augustin Mwendambali , visiblement ému, a expliqué le sens de cette prestation des OPJ de cet Observatoire qui re- lève du ministère de la Fonction publi- que. Au moment où les Nations du monde se mobilisent et se coalisent pour contrer l’expansion de la corrup- tion sur la planète Terre, a-t-il indiqué, la RDC s’est librement et résolument engagé à accompagner ces efforts qui consistent à éradiquer ce fléau. C’est ainsi que le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, fidèle à ce combat auquel la RDC participe d’une manière assidue, a investi l’OSCEP d’une grandiose et délicate mission de faire la surveillance de la corruption et d’encadrer le comportement éthique deq agents publics en RDC, a affirmé le Pr Mwendambali. Face à la résistance au chan- gement de mentalité après 13 ans d’exercice de l’OSCEP, le Président de la République avait instruit le gouver- nement de renforcer cet Observatoire dans ses dispositifs d’intervention. C’est ainsi que le Premier ministre avait signé en 2015 un décret renforçant les prérogatives des agents de l’OSCEP en faisant d’eux des OPJ à compé- tence générale. Pour le DG de l’OSCEP, il était indispensable que cet Observatoire passe des étapes de la prévention et de la détection-investigation à celle de la répression de la corruption. C’est pourquoi, a-t-il précisé, l’OSCEP a re- couru au pouvoir judiciaire pour la for- mation et la prestation de serment de ses OPJ. ACP/LP Les FARDC affirment avoir asséné des coups sérieux aux rebelles dans le Sud- Kivu L’armée régulière a affirmé vendredi avoir capturé 120 rebelles d’un des principaux groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo. L’armée régulière a af- firmé vendredi avoir capturé 120 rebelles d’un des principaux groupes armés actifs dans l’est de la Répu- blique démocratique du Congo, et repris le contrôle de leur bastion au fil d’une offensive lancée depuis dix jours dans la province du Sud-Kivu. L’armée congolaise affirme mener une offensive sur les rives du lac Tanganyika contre les rebel- les Yakutumba, du nom de l’ex-gé- néral William AmuriYakutumba, dé- serteur opposé au président Joseph Kabila. Les Yakutumba avaient at- taqué la ville d’Uvira fin septembre - en bombardant leur cible depuis le lac au cours d’une opération navale avec des embarcations motorisées- avant d’être repoussés par la force des Nations unies (Monusco). Ces derniers jours, certains ont fui l’offensive de l’armée congo- laise en se réfugiant sur l’autre rive au Burundi, lequel a remis 34 mili- ciens à la RDC il y a une semaine. «Le bilan présenté hier (jeudi) est de 120 éléments capturés», a indiqué à un correspondant de l’AFP un porte-parole de l’armée. Parmi eux se trouve «le com- mandant de la force navale de Yakutumba, le capitaine Ekanda», selon ce porte-parole, le major Louis- Claude Tshimwang. Le chef rebelle Yakutumba n’a pas été arrêté d’après lui: «S’agis- sant du sort de Yakutumba, je ras- sure qu’il est trop affaibli (...) C’est le commencement de la fin de Yakutumba». «Côté humain, le bi- lan de ces opérations qui ont duré dix jour fait état de 48 morts dans le rang des rebelles Yakutumba et côté armée nous déplorons 5 morts», selon le porte-parole. «Plusieurs armes lourdes et légères y compris des munitions et quelques embarcations motorisées» ont été saisies», a-t-il indiqué. Le commandant des opéra- tions, le général Philémon Yav, a fait état pour sa part d’un bilan de 83 rebelles et 6 soldats tués, cité par la radio onusienne Okapi. «D’après le commandant de l’opération, le général Philémon Yav, la quasi-totalité des localités jadis sous contrôle de Yakutumba a été récupérée, y compris l’ensemble de la presqu’ile d’Ubwari ainsi que tout le littoral du lac Tanganyika, partant de Kalémie à Uvira», ajoute le site de radio Okapi. «Je confirme que tout (le ter- ritoire de) Fizi est sous contrôle de l’armée régulière», a indiqué le porte- parole de l’armée à l’AFP. AFP/LP Marche du 21 janvier : des possibles cas des crimes de guerre et crimes contre l’humanité identifiés Le Réseau d’organisation des Droits humains et d’éducation civique d’Inspiration chrétienne en RDC (RODHCIC) indique avoir documenté lors de la marche des catholiques laïcs le 21 janvier dernier des cas des vio- lations des droits humains commis par les agents de l’ordre et qui pourraient être assimilés à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Dans une communication à la presse faite jeudi 8 février à Kinshasa, le secrétaire exécutif de cette organi- sation Paul Kabeya pointe notamment l’usage des gaz lacrymogènes pour disperser des cultes et l’usage des mêmes gaz à la maternité de Del- vaux à Kinshasa. Ces actes sont identifiés dans le Statut de Rome comme des cri- mes de guerre, soutient M. Kabeya. «Nous faisons allusion à l’article 8B, alinéa 9 du statut de Rome qui consi- dère le fait de diriger intentionnelle- ment des attaques contre des bâti- ments consacrés à la religion, à l’en- seignement, à l’art, à la science ou à l’action caritative comme des crimes de guerre», argumente-t-il. Le RODHCIC a également noté des cas que le statut de Rome quali- fie de crimes contre l’humanité lors cette manifestation. M.Kabeya cite notamment l’usage des gaz lacrymo- gènes périmés contre les fidèles de la Paroisse St Joseph de Matonge. «Le cas de celui qu’on a ra- massé dans la paroisse St Joseph de Kalamu. L’article 7K du statut de Rome identifie comme crime contre l’humanité les actes inhumains cau- sant intentionnellement les grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mental», prévient-il. D’après lui, son organisation se prépare à déposer tous les éléments de preuves des différentes violations des droits humains à la commission d’enquête mise en place par le minis- tère des Droits humains afin que les coupables soient sanctionnés. RADIO OKAPI/LP
  • 9. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com Provinces 9 Marches des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018: la CNDH dénombre 11 morts à Kinshasa Dans un double rapport ponctuel rendu public hier vendredi 9 février à son siège situé à Gombe, la Commis- sion nationale des droits de l’Homme (CNDH RDC) a dénombré un total de 7 morts pour la marche du 31 décem- bre 2017 et 4 tués à l’issue de la mar- che du 21 janvier 2018. ST AUGUSTIN K. La CNDH, à travers ce double rap port, passe en revue les principa- les violations des droits de l’Homme et atteintes aux libertés fondamenta- les consécutives à la marche pacifi- que organisée le 31 décembre 2017 et celle du 21 janvier 2018 par le Co- mité laïc de coordination (CLC). C’est cette structure de l’archidiocèse de Kinshasa qui a organisé, en synergie avec les partis politiques, l’opposition, les mouvements citoyens et quelques organisations de la Société civile, ces manifestations pacifiques. Le 1er rapport présente une évaluation approximative de la situa- tion des droits de l’Homme relative à l’enquête menée sur le terrain du 31 décembre 2017 au 18 janvier 2018 dans la ville de Kinshasa. Dans ce document, la CNDH relève des cas d’atteintes et de violations des droits de l’Homme. Et dans son décompte macabre, la CNDH note que 7 per- sonnes sont décédées, plusieurs bles- sés, des cas d’extorsions de biens, de cas de destruction des biens pu- blics et privés, des cas de traitements inhumains, cruels ou dégradants. Le 2ème rapport rend compte des conclusions de l’enquête menée sur le terrain du 21 au 25 janvier der- nier. Au terme de cette enquête, la CNDH note que 4 personnes ont été tuées en plus des autres atteintes aux droits fondamentaux des citoyens relevés dans le premier rapport. LES RESPONSABILITÉS Pour la CNDH, ces actes ont été généralement attribués à des élé- ments des forces de l’ordre et cer- tains manifestants, tous non autre- ment identifiés. En ce qui concerne les violations des droits de l’Homme, la responsabilité est à attribuer à cer- tains éléments de la police et des FARDC, non autrement identifiés. Pour ce qui est des atteintes aux droits fondamentaux des citoyens, la res- ponsabilité est partagée entre certains manifestants et les organisateurs de la marche. Pourquoi publier un rapport à un moment où la ministre des Droits hu- mains a mis sur pied une commission d’enquête en charge de ce dossier ? De l’avis M. Mwamba Mushikonde Mwamus, président de la CNDH RDC, le rapport rendu public par son institu- tion complète le travail de la commis- sion de la ministre des Droits humains. Soit dit en passant, la commission a pour objectif d’identifier les auteurs des violations des droits de l’Homme lors des marches des 21 décembre 2017 et 21 janvier 2018, en vue de les dé- férer devant la justice. Alors que l’en- quête de la CNDH s’est limitée à iden- tifier les victimes selon ses méthodes. C’est à la commission d’aller au-delà en identifiant les auteurs de ces actes répréhensibles. En outre, a précisé le président de la CNDH RDC, ce rapport ne con- cerne que la ville de Kinshasa. Raison invoquée : son institution n’a pas eu suffisamment de ressources pour documenter tous les cas de violations des droits de l’Homme consécutives à ces marches pacifiques à travers le territoire national. Néanmoins, la CNDH est en train de réceptionner des rap- ports des antennes provinciales qu’elle est train de fiabiliser ; lesquels feront, à terme, l’objet d’un rapport ultérieur. Ngaliema : relance des travaux de réha- bilitation de l’ave- nue Général Basuki à Manenga Les travaux de réhabilitation de l’avenue Général Basuki au quartier Manenga, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa, ont redémarré jeudi 8 février. Le tron- çon prévu pour cette réhabilitation va du bureau du commissariat de Police de Gulf jusqu’au pont Molende. La Société d’études d’en- treprises et des travaux de cons- truction (SETRACO) en est le maî- tre d’ouvrage. Les travaux sont financés par le gouvernement provincial de Kins- hasa. Interrogé, un agent de la SETRACO a révélé que c’est depuis l’année passée que ces travaux ont débuté sur ce tronçon. Ils avaient été suspendus faute de moyens fi- nanciers. Ils redémarrent donc six mois après. Toutefois, il a exprimé sa crainte quant à leur aboutisse- ment heureux, invoquant la lenteur dans le décaissement des fonds. Car, a-t-il révélé, les travaux sont exécutés au rythme du décaissement des fonds. Les agents se sont plaints de cette situation, a-t-il fait savoir. PRISCA LUMP (STAGIAIRE/UPN) Inobservance de la mesure fixant la ga- rantie locative à Kinshasa La mesure réglementant la garan- tie locative pour les maisons d’habi- tation fixée à trois mois n’est pas respectée dans la ville de Kinshasa, a déploré jeudi M. André Ngoyi, res- ponsable du service de l’habitat à la commune de Ngiri-Ngiri, à Kinshasa, au cours d’un entretien avec l’Agence congolaise de presse (ACP). Selon M. Ngoyi, l’anarchie dans ce secteur réside dans le fait que des bailleurs tiennent à préser- ver, contre vents et marées, leurs avantages, foulant aux pieds cette mesure de l’autorité urbaine et ba- fouant ainsi les droits des locatai- res. Il a noté que la croissance dé- mographique, doublée de l’exode rural dans la capitale congolaise et l’absence d’une politique des loge- ments sociaux, capables de pallier la carence entre l’offre et la demande dans le domaine de l’immobilier sont à la base de cette situation. Pour remédier à cette crise, ce préposé du service d’habitat a invité l’Etat congolais à se lancer dans un vaste programme de construction, à long terme, des logements sociaux dans cette ville, en perpétuelle extension, et à favoriser la création d’une classe moyenne congolaise dynamique et apte à opérer dans ce secteur. UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION La production et la commercialisation des sacs en plastique interdites à partir du 30 juin La production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs, sachets et autres emballages en plastique seront interdites en Ré- publique démocratique du Congo à partir du 30 juin prochain. La décision a été annoncée mercredi 7 février à la presse par le ministre de l’Industrie, Marcel Ilunga, en séjour à Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central. D’après le ministre, cette décision vise à appli- quer le décret signé le 30 décembre 2017 par le Premier ministre Bruno Tshibala. « A partir du 30 juin, tout celui qui mettra encore en vente des sacs en plastique ou celui qui va en importer ou en produire, est passible des sanc- tions. C’est-à-dire que ce décret accorde un délai de six mois à dater de sa si- gnature», a prévenu le ministre. Il recommande aux importateurs et opérateurs économiques œuvrant dans ce secteur de se saisir de ce moratoire pour écouler rapidement leurs productions ou éliminer ces pro- duits de leurs activités. L’ONG Congo Green Citizen, qui travaille dans la pro- tection de l’environnement, a lancé depuis une semaine une pétition en li- gne sur le site Internet www.change.org pour recueillir des signatures en faveur d’une inter- diction de la production et de l’usage des sacs en plastique à Kinshasa. « Pour une ville de Kinshasa sans sacs en plastique à usage uni- que », indique la pétition. L’ONG compte réunir plus de 100 000 signatures qui seront remi- ses au gouvernement provincial de Kinshasa et au ministère de l’Environ- nement pour obtenir l’interdiction de la production et de l’usage des sacs en plastique en 2018. Congo Green Citizen estime que les sacs en plasti- que ont favorisé les inondations ré- cemment enregistrées à Kinshasa. Sur son site Internet, l’ONG explique qu’à cause des sacs en plas- tique, les égouts et caniveaux sont bouchés dans plusieurs quartiers. « Il faut 100 à 1 000 ans pour qu’une matière en plastique soit absorbée par la nature (le sol) », souligne l’organi- sation environnementale. DES SACS BIODÉGRADABLES Congo Green Citizen préconise l’usage des emballages biodégrada- bles à Kinshasa. L’ONG recommande aux autorités congolaises d’encoura- ger les entreprises qui fabriquent les emballages en plastique d’investir dans la production des emballages biodé- gradables. Les produits biodégrada- bles sont facilement absorbés par le sol et peuvent constituer une alter- native à la« pollution de Kinshasa par des emballages en plastique », note l’organisation.
  • 10. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com 10 Forum En Afrique, la laïcité à la croisée des chemins ? La laïcité fait toujours débat. Et l’Afri- que de demain a encore bien des am- biguïtés à gérer sur cette question. Entre la volonté d’émancipation des pressions religieuses et les reven- dications culturelles, la laïcité doit dé- sormais trouver sa voie sur le conti- nent. Elle a déjà sauvé plusieurs pays de la tendance du tout religieux ; il lui reste maintenant à transcender le clientélisme politique. Le développe- ment socio-économique du continent, ne pourra en tout cas pas faire l’éco- nomie d’une clarification constitution- nelle de la place du temporel et du spirituel. Même circonscrit au seul cercle intellectuel, la laïcité déchaîne des pas- sions et embarrasse autant qu’elle sert. Cet héritage colonial « verrouillé » dans plusieurs constitutions des pays d’Afrique francophone est pourtant assez méconnu des citoyens. Rares sont ceux qui connaissent la réalité qu’elle recouvre. Contrairement à la France, ce principe n’a pas de réalité historique sur le continent. Son appli- cation stricte est donc sujette à cau- tion. Plusieurs constitutions africaines de pays francophones sont basées sur le modèle français de 1958. La laïcité y figure en bonne place. Elle se trouve dès le préambule de la Consti- tution du Mali ou dans celle de la troi- sième République ivoirienne, plus d’un demi-siècle après les indépendances, qui consacrent l’engagement « à dé- fendre (…) la laïcité de l’État ». Cependant, ses contours res- tent flous. Le Bénin est un État Laïc (article 2) le président élu prête pour- tant serment en évoquant : « Dieu, les Mânes des Ancêtres » (article 53). Contraint par la cour Constitutionnelle en 1996, le président Mathieu Kérékou a été obligé de prêter à nouveau son serment d’investiture, pour avoir déli- bérément omis, prétendant sa foi, le membre de phrase « les Mânes des Ancêtres ». Ainsi, l’application de la laïcité dans les faits dépend de la réalité de chaque pays, de son histoire et sa politique. À l’instar du Bénin, se pose pour les autres pays africains la ques- tion de savoir ce qui a motivé l’ins- cription de la laïcité dans la Constitu- tion. Un copier-coller de la Constitu- tion française de 1958 sans tenir compte des réalités historiques et cul- turelles ou une volonté de se départir des cultes vaudoun, islamique, chré- tien ? Léopold Sédar Senghor, alors président de la République du Séné- gal, disait à ce propos : « Notre État est laïc, il n’y a pas de religion d’État, mais nous coopérons avec les com- munautés religieuses ». Cette coo- pération dont les frontières ne sont pas si étanches pousse la société ci- vile, constituée au gré des réalités du moment, à interférer dans le fonc- tionnement de l’État. LA PENSÉE LAÏQUE N’A JAMAIS EU D’ÉCHO DANS LE QUOTI- DIEN DES AFRICAINS Les conférences nationales des années 1990 ont été présidées par des éminences catholiques : Mgr Isi- dore de Souza (Bénin), Mgr Philippe Kpodzro (Gabon). Le cas le plus mar- quant a été celui de la RDC (ex-Zaïre) où il a fallu la pression du Vatican pour que la conférence reprenne après sa suspension par le président Mobutu. Plus récemment en Tunisie, l’article 6 de la Constitution « garantit la liberté de conscience et de croyance », mais pour la journaliste Monia Ben Hamadi, par exemple, « cette Constitution ne garantit rien ». Les valeurs, la tradition, les reli- gions structurent une nouvelle pen- sée qui veut faire table rase des « inséminations colonialistes ». La pen- sée laïque n’a jamais eu d’écho dans le quotidien des Africains. Le panthéon vaudoun regroupe plusieurs divinités. Dans la même famille cohabitent les fidèles de religions différentes et per- sonne n’est indigné de voir un homme politique dans une mosquée et le jour suivant dans une église. Des hom- mes politiques font allégeance à Dieu. Les gouvernements des pays maraboutiques et musulmans comme le Mali ou le Sénégal composent avec les puissances religieuses endogènes. Régulièrement, la Constitution est mise à mal ; les lois coutumières et reli- gieuses sont invoquées pour remet- tre en cause le principe de laïcité tant invoquée. Il faudra bien trancher un jour. AUGUSTIN CODJA (JEUNE AFRIQUE) La FAO appelle à mobiliser 1,06 milliard de dollars pour lutter contre la faim dans 26 pays L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle à la mobilisation de 1,06 milliard de dollars en vue de sauver des vies et lutter contre la faim aiguë dans 26 pays. Avec l’aide des bailleurs de fonds, la FAO espère venir en aide à plus de 30 millions de personnes qui dépendent de l’agriculture pour leurs moyens d’existence, et ce, par le biais de différentes interventions visant à restaurer rapidement la production alimentaire locale et à améliorer la nutrition. Selon la FAO, il s’agira par exemple de fournir des semences, des outils et du matériel pour les activités agricoles et de protéger le bétail grâce à des soins vétérinaires, d’organiser des formations visant à améliorer la production, la transformation et la gestion des terres et de l’eau et de donner de l’argent aux familles dans le besoin de façon à ce qu’elles puis- sent acheter de la nourriture. L’organisme onusien basé à Rome explique en grande partie la forte hausse des besoins humanitai- res par « la persistance, l’intensifica- tion et l’ampleur des violences et con- flits, dont les répercussions sont sou- vent amplifiées et s’aggravent en cas de choc climatique ». « Maintenir la production alimen- taire et reconstruire le secteur agri- cole est essentiel afin d’éviter de nou- velles pertes humaines dues à de gra- ves souffrances liées à la faim et d’ouvrir la voie vers plus de résilience au milieu d’une crise humanitaire », a déclaré Dominique Burgeon, Directeur de la Division des urgences et réhabi- litation de la FAO et Chef du Pro- gramme stratégique de la FAO sur la résilience. PARMI CES 26 PAYS FIGURENT LE YÉMEN, LA SYRIE, LA RDC ET LE SOUDAN DU SUD L’appel humanitaire de la FAO pour 2018 aura pour objectif de venir en aide aux personnes vulnérables frappées par une crise dans 26 des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire. Il s’agit notamment du Yémen - le pays avec le plus grand nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë - où l’Organisation a pour ambition d’aider 5,7 millions de personnes. Toujours au Moyen-Orient, la FAO viendra en aide à 2,3 millions de personnes en Syrie où les trois quarts des familles rurales produisent toujours leur propre nourriture. En République démocratique du Congo, la FAO a l’intention d’aider près de 2,8 millions de personnes. Au Sou- dan du Sud, il sera question de sou- tenir les moyens d’existence de 3,9 millions de personnes de manière ur- gente. Enfin, en Somalie, l’agence viendra en aide à 2,7 millions de per- sonnes confrontées à de graves souf- frances liées à la faim. UN PARE-FEU CONTRE LA FA- MINE Le dernier rapport de l’ONU sur la faim dans le monde a révélé qu’après plusieurs années de baisse constante, les cas de malnutrition avaient de nouveau augmenté pour atteindre maintenant 815 millions de personnes. Le caractère continu des conflits en Iraq, au Soudan du Sud, en Syrie, au Yémen et ailleurs, ainsi que de nouvelles explosions de vio- lence en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Myanmar, ont joué un rôle prédo- minant dans la hausse des chiffres liés à la faim. Dans les Caraïbes, les ouragans Irma et Maria ont laissé des vies et des moyens d’existence en lambeaux, tandis que dans la Corne de l’Afrique, la sécheresse continue a causé de lourdes pertes. Sur le continent afri- cain, la chenille légionnaire d’automne menace les cultures de millions d’agri- culteurs. L’année dernière, des tendan- ces décourageantes comme celles-ci ont entraîné des situations de famine (et de nombreux décès suite à de graves souffrances liées à la faim) dans plusieurs régions d’un pays, le Soudan du Sud, et font craindre la même chose dans trois autres, à sa- voir le Yémen, la Syrie et le Nord du Nigéria. Dans ces conditions, la FAO mise sur la fourniture de semences, d’équipements, d’engrais et l’organi- sation de formations qui ont permis à six millions de personnes au Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen de planter et de mener à bien leurs récoltes. L’autre est de venir en aide à 43 millions d’animaux dans ces quatre pays et permettre ainsi à des millions de familles d’éleveurs dépen- dantes du bétail de se nourrir et de rester autonomes. Enfin, la FAO rap- pelle que près de 2 millions de familles très vulnérables et pauvres ont bé- néficié des transferts d’argent de la FAO, soit 42 millions de dollars au to- tal. UN.ORG/LP
  • 11. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com Afrique/éco 11 Ghana : Nana Akufo-Addo veut tourner le dos à l’assistance du FMI C’est devant le parlement que le pré- sident ghanéen a réitéré sa promesse de ne pas prolonger au-delà de 2018 l’assistance du Fonds monétaire inter- national dans le cadre de la stabilisa- tion de l’économie du pays. Nana Akufo-Addo est convaincu que l’éco- nomie ghanéenne se porte mieux. Le Ghana a augmenté ses réserves inter- nationales, maintenu la stabilité rela- tive du taux de change, réduit le ratio dette / PIB et le taux d’accumulation de dette. AMK AVEC AGENCE ECOFIN A l’occasion de son deuxième dis cours sur l’état de la nation, pro- noncé, ce jeudi, devant le parlement, le président du Ghana, Nana Akufo- Addo (photo), a confirmé son intention de ne plus avoir recours à l’assistance du Fonds monétaire international (FMI), au terme de l’actuel programme éco- nomique et financier triennal appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC). « Je suis ravi d’annoncer que le programme appuyé par la facilité élar- gie de crédit qui a débuté en 2015 et qui est soutenu par le FMI, prendra fin cette année », a-t-il déclaré. Ajoutant que « la performance macroéconomique rela- tivement bonne en 2017 soutiendra for- tement la réussite de ce programme ». Poursuivant, Nana Akufo-Addo a déclaré : « Nous sommes déterminés à mettre en place des mesures pour assurer l’irréversibilité et maintenir la sta- bilité macroéconomique, afin que nous n’ayons aucune raison de demander à nouveau l’assistance de cette puissante organisation mondiale ». Avec cette annonce, le président ghanéen maintient inchangée sa posi- tion adoptée à l’endroit du FMI, depuis son accession au pouvoir, en décem- bre 2016. Nana Akufo-Addo avait, en effet, annoncé, en juillet 2017, qu’il ne comptait pas prolonger le programme économique et financier triennal conclu avec le FMI, au-delà d’avril 2018. Pour rappel, le programme éco- nomique et financier triennal soutenu par une facilité élargie de crédit entre le FMI et le Ghana, a été approuvé le 03 avril 2015. D’une durée initiale de trois ans, ce programme qui s’élève à 664,20 millions de DTS (environ 918 millions $ ou 180% du quota, au mo- ment de l’approbation de l’arrangement) a été, toutefois, prolongé d’une année, en août 2017. L’objectif poursuivi par ce pro- gramme consiste notamment à réta- blir la durabilité de la dette et la stabilité macroéconomique dans le pays, afin de favoriser le retour à une forte crois- sance et à la création d’emplois tout en protégeant les dépenses sociales. Ainsi, après une année 2016 au cours de laquelle la croissance du pays était de 3,5%, le niveau le plus bas depuis deux décennies, le FMI table sur un retour à une croissance plus vi- goureuse en 2017-18. En raison no- tamment de l’augmentation de la pro- duction pétrolière, de la baisse de l’in- flation et de la baisse des déséquilibres avec la bonne mise en œuvre des po- litiques par les autorités ghanéennes. Pour sa part, Nana Akufo-Addo a estimé que l’économie ghanéenne se porte désormais mieux, sous la con- duite de son gouvernement. « Je suis heureux de pouvoir rapporter que l’équipe de gestion économique, sous ladirectiondubrillantéconomiste,levice- président MahamuduBawumia, a relevé le défi. Et le dur labeur commence à produire des résultats positifs », a-t-il déclaré. Ajoutant que « nous avons aug- menté nos réserves internationales, maintenu la stabilité relative du taux de change, réduit le ratio dette / PIB et le taux d’accumulation de dette. Nous avons payé près de la moitié des arrié- rés hérités et, surtout, nous sommes à jour de nos obligations à l’endroit des fonds statutaires ». « Nous avons réduit les impôts, nous réduisons l’inflation et les taux d’in- térêt. La croissance économique aug- mente, passant du taux alarmant de 3,5% en décembre 2016, à 7,9% dès notre première année [2017, Ndlr]. Et tout porte à croire que ce sera encore mieux, cette année », s’est félicité le président ghanéen. Le Nigeria devrait investir 3,6 milliards $ dans les infras- tructures en 2018 Recevant ce mardi une délégation composée d’une vingtaine d’investis- seurs internationaux, la ministre nigé- riane des finances, Kemi Adeosun (photo9, a révélé que le gouverne- ment fédéral du Nigeria a prévu d’in- vestir annuellement 1300 milliards de nairas (environ 3,6 milliards $) afin combler l’écart en matière d’infrastruc- tures nécessaires pour attirer des in- vestissements dans le pays. « Le gouvernement a investi environ 1300 milliards de nairas l’année dernière (année fiscale 2016/2017) pour dé- velopper les routes, le chemin de fer, l’électricité, le logement et toutes les infrastructures qu’il estime nécessai- res pour relancer notre économie » a-t-elle déclaré. Ajoutant que ce vo- lume d’investissement dans les infras- tructures devrait être le même pour l’exercice fiscal 2017/2018. Kemi Adeosun a, par ailleurs, déclaré que le gouvernement fédéral du Nigeria avait la ferme conviction qu’investir dans des infrastructures adéquates était le meilleur moyen pour attirer des investissements, afin de stimuler la croissance dans d’autres secteurs d’activités tels que l’agriculture ou en- core les mines. Permettant ainsi de rendre l’économie du pays moins dé- pendante du pétrole. La ministre des finances a également souligné que les Nigérians commençaient à « ressen- tir l’impact des efforts du gouverne- ment en termes de développement des infrastructures », après que de nombreux projets actuellement gé- rés par les autorités, aient été aban- donnés pendant plus de 10 ans. Blanchiment d’ar- gent : la Tunisie à nouveau « blacklistée » par l’Union européenne La Tunisie a été inscrite sur la liste noire des pays à haut risque en ma- tière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, à l’issue d’une délibération du Parlement euro- péen, ce mercredi 7 février. Cette décision s’est basée sur le rapport du Groupe d’Action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFI/MENA), publié fin 2017. Selon ce rapport, l’Etat tunisien serait très laxiste par rapport à la lutte contre le blanchiment d’argent. Cette situation se traduit par l’absence de dispositifs de contrôle contraignants dans l’envi- ronnement économique du pays. Ainsi, 80% des entreprises étrangè- res présentes en Tunisie n’emploie- raient aucun salarié, selon les statisti- ques du rapport, relayées par le site Econostrum. Sur les 376 voix néces- saires pour rejeter l’inclusion du pays dans cette liste, seules 357 voix ont été réunies, montrant ainsi les fortes dissensions qu’a soulevées ce vote.Rappelons, qu’en décembre 2017, le pays avait déjà été placé sur la liste noire des paradis fiscaux, éla- borée par l’UE, avant d’en être reti- rée, un mois plus tard. UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION Congo : Brazzaville démantèle ses entreprises publiques d’eau et d’électricité Lors du conseil des ministres du 2 février, le gouvernement de la Ré- publique du Congo a validé deux pro- jets de loi portant sur la dissolution des deux entreprises publiques et décidé d’impulser la création de sociétés ano- nymes dédiées à l’eau et à l’électricité. Une annonce qui intervient alors que le FMI a récemment réclamé des « ré- formes fortes et immédiates ». « En dépit des lourds investisse- ments consentis par l’État, en matière d’infrastructures de production, de transport et de distribution de l’électri- cité, et malgré une assistance techni- que voulue par les pouvoirs publics, la Société nationale d’électricité (SNE) n’a malheureusement pas pu recouvrer un niveau de rentabilité et de viabilité suffi- sants. Cet état de fait a entraîné le versement continuel de subventions dont le maintien devient difficile en cette période de resserrement des ressour- ces budgétaires. » Ce constat lapidaire a été fait par Serge Blaise Zoniaba, ministre de l’Éner- gie et de l’Hydraulique de la République du Congo, lors du conseil des ministres du 2 février à Brazzaville. CONTRE-PERFORMANCES ET RELATIONS COMMERCIALES « EXÉCRABLES » La même situation, ou presque, est à déplorer du côté de la Société nationale de distribution d’eau (SNDE), à ceci près que celle-ci « ne peut plus, hélas, comme pour la SNE, compter sur des subventions d’État rendues uto- piques en ces temps de raréfaction des ressources budgétaires ». Le ministre a donc proposé à ses collègues l’adoption de deux projets de loi portant dissolution de chacune des deux sociétés, tandis que le conseil des ministres autorisait le gouvernement à engager le processus de créations de trois sociétés anonymes de droit Ohada : l’une, de patrimoine, pour le secteur de l’électricité, la deuxième pour le sec- teur de l’eau, et la dernière pour le transport de l’électricité. Ce statut, estime le gouverne- ment, devrait permettre aux futures sociétés d’avoir « une dimension com- merciale plus affirmée », alors que les contre-performances des sociétés ac- tuelles en matière de distribution et de commercialisation « ont eu pour con- séquence de détériorer leurs relations avec leurs clients et usagers respec- tifs, au point de les rendre exécrables». « AUCUNE CONSÉQUENCE SUR LE PLAN SOCIAL » « Le statut de société anonyme est mieux adapté à un secteur devenu fortement concurrentiel, favorise un management innovant et permet des possibilités multiples dans la recherche d’une plus grande efficacité », estime en ainsi Serge Blaise Zoniaba, précisant que les futures sociétés agiront par délégation de service public. Ces mesures n’auront « aucune conséquence sur le plan social, car le patrimoine, le personnel, ainsi que les droits et obligations des structures an- ciennes seront transférés de plein droit aux futures sociétés de patrimoine », a déclaré le chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, lors de la même réunion, avant d’inviter son gouvernement à « communiquer davantage », tant en direction des citoyens qu’envers les agents. Les deux projets de loi doivent encore être soumis au vote des parle- mentaires, » ce qui va permettre un débat démocratique sur une question d’une telle importance », estime le Pre- mier ministre, Clément Mouamba. Un comité technique interministériel devrait prochainement voir le jour afin d’accom- pagner la réforme. UNE DETTE PUBLIQUE D’AU MOINS 110% DU PIB Cette annonce intervient quel- ques semaines après les conclusions d’une mission du FMI, délivrée fin dé- cembre à Brazzaville, qui réclamait des « réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance » et s’inquié- tait notamment de « l’accumulation d’ar- riérés de l’État met en péril l’activité du secteur privé, contribuant aux pénu- ries de liquidités bancaires et compro- mettant la provision des services so- ciaux ». Le FMI a réévalué en août 2017 la dette publique du Congo à 110 % du PIB, soit plus de 9,1 milliards de dol- lars, contre 77 % précédemment. Une évaluation qui serait sous-estimée, se- lon l’agence Fitch. JEUNE AFRIQUE/LP
  • 12. N° 7236 du samedi 10 février 2018 Le Potentiel www.lepotentielonline.com 12 Afrique Urgence humanitaire au Nord-est du Nigeria : l’ONU lance un appel à financement La crise humanitaire au Nord-est du Nigeria a atteint des proportions in- quiétantes. Aux Nations unies, la mo- bilisation est totale. Un appel à finan- cement a été lancé jeudi dernier dans l’espoir de récolter des milliards né- cessaires pour répondre à l’urgence humanitaire. LP/ ONU Alors que la crise dans le Nord-est du Nigeria - une région dévastée par l’insurrection de Boko Haram – dure depuis plus de huit ans, les agen- ces des Nations unies et leurs parte- naires humanitaires ont lancé jeudi un appel de fonds de 1 milliard de dollars pour financer des programmes d’as- sistance d’urgence. « La crise humanitaire dans le Nord-est du Nigeria, qui s’est propa- gée dans la région du lac Tchad, est l’une des plus graves au monde », a déclaré le coordinateur humanitaire pour ce pays, Edward Kallon. « Cette crise est avant tout une crise de pro- tection qui a également évolué vers une crise alimentaire et nutritionnelle». Selon les estimations, près de huit millions de personnes ont besoin d’une forme d’aide humanitaire dans le Nord-est, les États de Borno, Adamawa et Yobe étant les plus tou- chés. S’il est entièrement financé, le Plan d’intervention humanitaire 2018 atteindra 6,1 millions de personnes vulnérables, leur fournissant nourri- ture, protection, eau, abris et assai- nissement, médicaments, soins de santé, éducation et un soutien à l’agri- culture. Au total, une soixantaine d’or- ganisations humanitaires, dont des agences des Nations unies et des or- ganisations non gouvernementales, mettront en œuvre le plan de réponse humanitaire en 2018. « C’est un pas en avant vers le renforcement du lien entre l’humani- taire, le développement et la paix, conformément à la nouvelle méthode de travail et aux engagements pris lors du Sommet humanitaire mondial en mai 2016 », a déclaré M. Kallon. Soulignant l’importance d’une coordination forte et d’un financement généreux, le représentant de l’ONU a rappelé les efforts humanitaires en 2017, qui ont permis de sauver des millions de vies dans la région, de con- tenir une épidémie mortelle de cho- léra et aidé les enfants à aller à l’école. Cependant, malgré les succès enregistrés, de nombreux défis de- meurent et les affrontements conti- nuent de forcer les gens à quitter leurs domiciles. Et au-delà de l’aide huma- nitaire, une solution politique durable est essentielle, a déclaré M. Kallon. *Nigeria : deux mem- bres du gouvernement en possession de 86 voitures de luxe, in- culpé pour fraudes Deux membres du gouvernement ni- gérian sont passés devant une cour de justice jeudi pour fraudes, après la découverte à leurs domiciles de 86 voitures de luxe. Ibrahim Tumsah, directeur financier pour le ministère nigérian du Travail, de l’Energie et du Logement, est inculpé aux côtés de son frère Tijani Tumsah, membre du comité présidentiel pour la gestion de la crise dans le nord-est du pays, ré- gion dévastée par l’insurrection jihadiste Boko Haram. Selon les dos- siers de la Cour que l’AFP a pu consul- ter, il leur est reproché de ne pas avoir déclaré 86 voitures de luxe, dont 23 véhicules blindés, ainsi que quatre pro- priétés et un terrain. Faute de n’avoir pu produire «d’excuses raisonnables» aux enquêteurs de la commission spéciale d’investigation sur les biens publics, ils ont été traduits en justice. Leur procès devrait reprendre le 1er mars. Le président nigérian Muhammadu Buhari a fait de la lutte contre la corruption, le «cancer» qui ronge la première puissance pétro- lière d’Afrique, la priorité de son man- dat. Ses détracteurs lui reprochent néanmoins de ne viser que ses ad- versaires politiques et non les mem- bres de son propre gouvernement. *Cameroun : récep- tion provisoire d’une centrale hydroélectri- que construite par une entreprise chinoise Une cérémonie de réception provisoire de la centrale hydroélectrique de Memve’ele, l’un des projets phares du plan pour l’émergence du Came- roun d’ici à 2035, a eu lieu jeudi. «La qualité [du projet] est bonne, c’est très bien fait», s’est félicité le chef du projet, Jean-Louis Cervetti, qui justi- fie d’une expérience de quarante ans dans le domaine hydroélectrique. Si- tuée dans le village de Nyabizan, dans la région du Sud, la centrale de Memve’ele a été construite par l’en- treprise chinoise POWERCHINA avec un financement de 637 millions de dollars accordé par China Exim Bank. D’une puissance installée de 211 mé- gawatts, le projet vise à réduire lar- gement le déficit d’électricité que con- naît le Cameroun, pays riche en res- sources hydriques. «Ce qui a été ac- compli est le résultat du travail acharné des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers chinois et camerounais», a indiqué Serge Ngangoua, représen- tant en chef de POWERCHINA au Cameroun. Pour le représentant du maître d’ouvrage, le ministre came- rounais de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna, le projet réceptionné est «remarquable». «Nous avons aujourd’hui un très bel ouvrage, cela participe à la bonne collaboration et à la coopération que nous avons avec la Chine», a-t-il indiqué à la suite de la signature des documents de récep- tion. UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION Soudan : l’ONU proroge d’un an la surveillance de l’application des sanctions au Darfour Considérant que la situation au Sou dan continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région, le Conseil de sécurité a pro- rogé jeudi jusqu’au 12 mars 2019, le mandat du Groupe d’experts ratta- ché au Comité des sanctions applica- bles à ce pays. En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2400 (2018), le Conseil affirme également son intention d’examiner régulière- ment les mesures concernant le Dar- four, compte tenu de l’évolution de la situation sur le terrain, en tenant compte des recommandations du comité, lesquelles figureront dans des rapports périodiques. Le prochain de- vra être remis au Conseil au plus tard le 12 août 2018, et le rapport final au plus tard le 12 janvier 2019. Le groupe d’experts a pour mandat d’appuyer les travaux du Comité des sanctions, créé en vertu de la résolution 1591 (2005) pour sur- veiller l’application de l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs imposés « à toutes les parties à l’Accord de cessez-le-feu de N’Djamena et tous autres belligérants », accord qui date de 2004 et qui a été suivi, en 2011, du Document de Doha pour la paix au Darfour. Le représentant du Soudan a affirmé que la situation dans les cinq États du Darfour s’était considérable- ment améliorée au cours des derniers mois, grâce aux efforts conjoints de son gouvernement, de l’Opération de l’Union africaine et des Nations unies (MINUAD) et des partenaires huma- nitaires. À la lumière de ces progrès, il s’est lancé dans un plaidoyer vigou- reux en faveur de la levée des sanc- tions imposées par le Conseil à son pays, en considérant qu’il devrait être mis fin au mandat du groupe d’ex- perts « de manière graduelle, je le répète, de manière graduelle ». Le « retour à la normale » au Darfour ayant décidé le Conseil de sécurité à envi- sager la mise en place graduelle d’une stratégie de sortie pour la MINUAD, le régime de sanctions n’a selon lui plus de raison d’être. Après avoir appelé les groupes rebelles encore actifs à rejoindre la table des négociations, le délégué sou- danais a toutefois précisé que Khar- toum ne tolèrerait pas que certains individus ou factions puissent prendre en otages les étapes finales du pro- cessus de paix. Il a porté à l’atten- tion du Conseil le fait que certains bel- ligérants opèrent depuis des pays li- mitrophes, la Libye et le Soudan du Sud, lui demandant d’aborder ce conflit pour ce qu’il est, un conflit internatio- nal plutôt qu’interne. ONU/LP Le Conseil de sécurité des Nations unies Un camp de réfugiés au Nord-est du Nigeria