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Charline madenaz 13 avril-julien gracq-jacques demy

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Les Quarantièmes Rugissants, dans les latitudes hautes, ont la même violence que mon histoire. Aujourd’hui ma vie est apaisée. Ce titre est une catharsis.
C’est un pacte de vérité envers moi-même et mon lecteur.  J’ai écrit mon moi.  Et je l’assume.
Charline Madenaz

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Charline madenaz 13 avril-julien gracq-jacques demy

  1. 1. Les Quarantièmes Rugissants, dans les latitudes hautes, ont la même violence que mon histoire. Aujourd’hui ma vie est apaisée. Ce titre est une catharsis. C’est un pacte de vérité envers moi-même et mon lecteur. J’ai écrit mon moi. Et je l’assume. Charline M. Découvrez Latitudes Hautes en cliquant ici
  2. 2. Découvrez la suite Samedi 1er mars Serais-je arrivée dans la ville en remontant le fleuve pour y accoster comme les navires autrefois, j'aurais aussi été déçue. Les quais aujourd'hui sont vides, propres et déserts. Je suis arrivée à Nantes par un TGV si rapide qu'il permet à peine au voyageur de longuement imaginer la cité qui l'attend. Suzanne - qui depuis de nombreuses années a quitté Polyèdres pour revenir vivre là où elle est née - m'avait laissé son appartement. Il est situé en plein centre, près de la place Royale. Dans un bel immeuble louis-philippard. " L'appart est très class... ", m'avait-elle assuré. Je ne connaissais pas la ville. J'y suis partie pour trois jours.
  3. 3. Découvrez la suite J'aime préparer mes voyages en lisant les livres se rapportant aux lieux que je vais découvrir. J'ai acheté " La Forme d'une Ville " de Julien Gracq. Je savais qu'il avait été professeur d'histoire-géo à Claude Bernard, près de la place Stefanik, bien avant que mes enfants ne fréquentent l'établissement. J'ai soigneusement noté ce qu'il fallait voir... Le port, la brasserie La Cigale et le passage Pommeraye entre autres. Allais-je y trouver la trace des surréalistes dont Gracq cite les noms... Breton, Jacques Vaché? Il méconnaît Claude Cahun que Tim considérait comme une photographe exceptionnelle dont l'histoire - douloureuse - éveillait en lui certaines résonnances, parce que Juive elle aussi. J'ai également relu " La Fuite en Egypte " de Michel Chaillou qui vient de mourir. Il y évoque sa ville et l'histoire de l'une de ses grands-mères séduite par une espèce de bohémien-prestidigitateur, à La Cigale justement. La Cigale, n'était-ce pas L'Eldorado de Lola ? J'ai adoré le film de Jacques Demy. Anouk Aimé en guêpière noire et bas résille. Ses déhanchements suggestifs, ses clins d'oeil canailles et cette voix un peu voilée qui confie son identité aux marins en bordée venus l'applaudir.... " Cest moi... c'est moi Lola... ".
  4. 4. Découvrez la suite L'appartement de Suzanne lui ressemble bien : bourgeois. J'y ai pris mes aises. Elle était partie garder sa petite-fille à Los Angeles où son fils aîné s'est expatrié. Sous mes fenêtres, le flot ininterrompu des passants foulait les dalles de la zone piétonne. Un accordéoniste venu sans doute de l'Est enchaînait du matin au soir les airs que ses congénères massacrent à Paris dans le métro. J'ai frisé le crise de nerfs. Ayrault a réussi dans son entreprise. La ville est propre, restaurée, embellie. Débarrassée de presque tous les bistrots qui la colonisaient parait-il autrefois. Ne restent, là où flânent les touristes, que des bars branchés se qualifiant prétentieusement de " lounges ". Les hôtels particuliers arrogants à frontons et pilastres des armateurs ou négriers la font ressembler par endroits à un musée. Son coeur n'est qu'un immense emporium colonisé par la mode, les fringues et les boutiques à smartphones. Tout est ravalé, rénové. C'est très tendance. Le centre commerçant de cette ville qui plait tant aux CSP+, comme disent les sociologues, est désolant de conformisme boboïsant. Je dois être objective pourtant. J'y ai croisé beaucoup de gens aux visages témoignant de leurs origines ultra-marines.
  5. 5. Découvrez la suite Des femmes voilées, des abonnés aux minima sociaux. Tous arrivaient de la périphérie par le tramway ou y retournaient. Sans doute, comme le dit Gracq, pour retrouver " la désolation morne de la cité un peu morose... la ville hâve et laborieuse ". qui l'enserre comme une ceinture de béton laid. Le premier soir, alors que les boutiques fermaient, rendant la rue d'Orléans sous mes fenêtres à la vacuité des nuits d'hiver, une faune spécifiquement nantaise de routards accompagnés de leurs chiens a investi les lieux, déambulant entre la cathédrale Saint Pierre et la place Royale où, sporadiquement, s'élevaient leurs gueulantes avinées. J'ai éprouvé quelques difficultés à m'endormir. Dès mon arrivée, après avoir posé mes bagages, j'ai filé vers le port. Il n'y était plus. Je m'attendais comme l'écrit le petit prof de Claude Bernard, à " la forêt de poutres métalliques dressées, aux cales retentissantes de la construction navale... ". Pas de porte-conteneurs et de navires bananiers. Rien. Que le fleuve aux eaux vertes filant vers l'Atlantique, en aval, sous un ciel invariablement gris. Seul un navire de guerre désarmé, comme une âme en peine, quai de la Fosse semblait monter la garde. En face, sur la pointe ouest de l'ïle Beaulieu que l'on appelle la Prairie au Duc, une grue encore debout ressemblait à une vigie n'attendant plus rien.

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