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4 NUMÉROS — JOURNAL BIMENSUEL — PARUTION DU JEUDI 2 FÉVRIER 2012


CONSOLIDER LES ENTREPRISES FRANÇAISES
DANS LA COMPÉTITION MONDIALE




                                              WWW.CROISSANCEPLUS.COM
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                                                         créativité. Il importe de les
                                                         préserver mais en même
                                                         temps de modifier le cadre
                                                         économique, social, fiscal,
                                                         au sein duquel opèrent nos
                                                         entreprises, comme le pro-
Hors de la compétitivité,                                pose avec constance Crois-
                                                         sancePlus depuis quelques
point de salut…                                          années, non sans succès.
                                                         Comme l’explique fort bien
                                                         Nicolas Baverez, cela passe
D ans   ce Deuxième numéro Du « P etit J our -           par une réforme substan-
nal     De   c amPagne »   c roissance P lus
                            De                           tielle du modèle économique
Destiné à alimenter De façon Directe ,                   français. Ce sujet doit être
transParente et Dynamique les Débats éco -               au cœur des débats des
nomiques et sociaux Des élections Pré -                  élections à venir. Les enjeux
siDentielle et législatives , nous avons                 sont décisifs. Nous devons
choisi D ’ aborDer le thème De la comPé -                trouver les ressources pour
titivité Des entrePrises . n ous Donnons                 créer les emplois d’au-
également notre oPinion sur la comPéti -                 jourd’hui et de demain. Nous
tivité De la f rance , car les Deux suJets               devons adapter notre appa-
sont étroitement liés , Dans le caDre De la              reil industriel afin que le site
comPétition monDiale .                                   de production France rede-
                                                         vienne attrayant et source
                                                         de création de richesses.
Dans l’interview qu’il nous a accordée, Nicolas          Nous devons permettre aux
Baverez, dont on connaît l’esprit aiguisé et la plume    entreprises d’évoluer dans
acérée, cadre très bien le sujet : aujourd’hui, la       un environnement souple,
France est dans une situation difficile. Elle est tou-   adaptable, tenant compte de
chée par des crises diverses qui affectent sa com-       l’évolution de plus en plus
pétitivité et sa position dans l’économie mondiale.      rapide des conditions écono-
Elle n’est pas la seule, mais en Europe, on voit         miques. C’est à ce prix que la
bien se dessiner une tendance qui coupe le Vieux         France tiendra son rang dans
continent en deux parties, le nord qui se redresse,      la compétition mondiale.
à l’image de l’Allemagne, et le sud, en proie aux
difficultés que l’on connaît. La France est au milieu    Olivier Duha,
du gué. Elle doit rester sur la bonne rive du fleuve.    Président de CroissancePlus
Que l’on ne dise surtout pas que c’est impos-
sible. Notre pays dispose d’atouts majeurs que
sont ses entreprises, et notamment ses PME, son
potentiel de recherche, ses jeunes diplômés, sa




                                                                                       02. 2012
4                                                                                                                                                                                       5




LE PETIT JOURNAL DE CAMPAGNE EST ÉDITÉ PAR CROISSANCEPLUS

Quelques mots sur CroissancePlus
          PREMIÈRE ASSOCIATION FRANÇAISE DES ENTREPRENEURS                                                 DANS L’ACTUALITÉ                                                             4
DE CROISSANCE, CroissancePlus réunit une nouvelle génération de 350 entre-
preneurs innovants afin de réformer l’environnement économique, social, juridique                          Vivre sans le triple AAA
et fiscal, et favoriser la création d’entreprises et d’emplois en France. Présidée par                     Sommet social, mode d’emploi
Olivier DUHA , CroissancePlus agit au quotidien comme force de propositions et                             La zone euro face à un défaut grec ?
de lobbying en formulant de nombreuses recommandations auprès des pouvoirs
publics et des leaders d’opinion. Lieu d’échanges et de networking, CroissancePlus                         VU DANS LA PRESSE                                                            8
s’impose également dans le débat public à travers l’organisation de nombreux évé-
nements autour de personnalités politiques et économiques de tout premier plan.                            L’économie américaine sur la voie du redressement ? (New York Times)
                                                                                                           La Scandinavie, paradis du capital investissement (La Tribune)
          PORTER TOUJOURS PLUS HAUT L’ESPRIT D’ENTREPRISE ET                                               Un entrepreneur à la Maison-Blanche ? (The Economist)
FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES ENTREPRENEURS DANS LES MÉDIAS,                                                  Si vous voulez des comportements adultes,
telle est la volonté de CroissancePlus qui accompagne les dirigeants d’entreprise                          traitez les gens comme des bébés… (Financial Times)
dans leur développement en France et à l’international.                                                    La croissance par l’investissement (Le Figaro)
                                                                                                           20 millions de dollars de dons pour Wikipédia (Le Monde)

Nos missions                                                                                               DOSSIER — Renforcer les entreprises françaises
                                                                                                           dans la compétition mondiale                                                12
          ÊTRE UNE FORCE DE PROPOSITIONS RECONNUE DES
POUVOIRS PUBLICS. Les propositions de CroissancePlus émanent d’hommes                                      1 / Pour un vrai Made in France
et de femmes de terrain, de commissions et groupes de travail qui se réunissent                            2 / Améliorer notre approche des marchés extérieurs
régulièrement dans les domaines suivants : création et financement d’entreprise /                          3 / Assouplir l’environnement fiscal, social et financier des entreprises
juridique et fiscal / social et emploi / recherche et innovation / relations grands                        4 / Réduire les délais de paiement
groupes-PME / international / croissance responsable. Propositions consultables sur
www.croissanceplus.com.                                                                                    Les chiffres de la compétitivité                                            22
                 CONSTITUER UN RÉSEAU PERFORMANT D’ENTREPRENEURS                                           LE GRAND ENTRETIEN —
CroissancePlus est également un lieu reconnu d’échanges et de rencontres per-                              Nicolas Baverez : La modernisation du modèle
mettant de développer des synergies entrepreneuriales, des compétences tech-                               économique français n’a rien d’impossible                                   24
niques ou tout simplement partager expérience et bonnes pratiques. Les nombreux
événements : déjeuners et dîners-débats, petits-déjeuners thématiques, Be to Be,                           IDÉES                                                                       30
déjeuners mensuels business, etc… sont autant d’occasions d’accueillir des per-
sonnalités de tout premier plan et contribuer à la notoriété de CroissancePlus et de                       Management
ses membres.                                                                                               Lu pour vous
                                                                                                           Débats
                                                                                                           Livres
RÉDACTION ET DOCUMENTATION : Antoine Bayle • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
DIRECTION ARTISTIQUE – GRAPHISME : Alexandra Roucheray, Olivia Grandperrin • • • • • • • • • • • • •       PETITES HISTOIRES DE LA GUERRE ÉCONOMIQUE                                   36
COMITÉ ÉDITORIAL : Florence Dépret, Clothilde Hervouet, Gwennaelle Pierre, Emmanuelle Skowron • •
UN JOURNAL RÉALISÉ PAR Les Rois Mages - www.lesroismages.fr - téléphone : 01 41 10 08 08 • • • •           Chanakya, le Machiavel Hindou




                                                                                                                                                                                        02. 2012
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                                             tout faire pour former les salariés dans     de CroissancePlus (lire l’encadré) qui            L’exemple du
Le modèle social                             l’entreprise plutôt que de les licencier »   estime que des améliorations apportées
                                             a affirmé Nicolas Sarkozy.                   sur ces deux sujets clés pourraient limi-         « Kurzarbeit »
français face à la                                                                        ter les effets de la crise notamment pour
                                             L’autre mesure annoncée à l’issue du         les entreprises de croissance.                    en Allemagne
crise —                                      sommet est l’embauche de 1 000 sala-
                                             riés en CDD pour renforcer les effectifs     Même si le sommet du 18 janvier n’avait       Pendant la crise de 2009, où le PIB
                                             de Pôle Emploi. Enfin, les très petites      pas vocation à résoudre, en une seule         avait chuté de 5,1%, le marché du
Le sommet social qui s’est déroulé le        entreprises (TPE) qui embauchent des         réunion, l’ensemble des problématiques        travail allemand a fait preuve d’une
18 janvier dernier à l’Elysée devait per-    jeunes de moins de 25 ans, bénéficieront     sociales du pays, il témoigne néanmoins       résistance assez remarquable, grâce
mettre au Président de la République de      d’une exonération de charges sociales.       d’une volonté d’agir dans un domaine          à des mesures de chômage partiel,
présenter aux partenaires sociaux un         Au total, ce dispositif représente près de   clé pour l’avenir de notre économie           « kurzarbeit », qui ont permis de
certain nombre d’initiatives d’urgence       430 millions d’euros de dépenses.            dans les contraintes budgétaires que          réduire le temps de travail sans aug-
destinées à enrayer l’augmentation du                                                     l’on connaît.                                 menter le chômage. En juin 2009, le
chômage. Ce dernier atteint en effet         Par ailleurs le chef de l’Etat a indiqué     L’emploi des jeunes, la flexibilité du        gouvernement a décidé de rallonger
un niveau préoccupant : le nombre de         que six chantiers prioritaires, dont cer-    temps de travail, la réorientation de         la durée possible du « kurzarbeit » à
demandeurs d’emploi s’est accru de           tains ne concernent pas directement          l’épargne vers les entreprises sont des       24 mois (au lieu de six mois), tandis
122 000 personnes au cours des onze          la situation de l’emploi, seraient enga-     axes stratégiques majeurs pour relancer       que l’Agence fédérale de l’emploi
premiers mois de 2011. Qu’est-il sorti de    gés d’ici l’élection présidentielle : la     l’activité et améliorer la compétitivité de   prenait en charge 100% des charges
ce sommet ? Quelques décisions à effet       TVA sociale ; la flexibilité du temps        la France.                                    sociales des salariés placés en chô-
immédiat et la réaffirmation par le chef     de travail notamment par le biais des                                                      mage partiel. Ces mesures excep-
de l’Etat d’un certain nombre de chan-       accords compétitivité-emploi ; la réforme    C’est la raison pour laquelle Crois-          tionnelles, qui ont été supprimées
tiers prioritaires. Du côté des mesures      de la formation professionnelle dont l’an-   sancePlus propose notamment de créer          depuis, ont bénéficié, au plus haut, à
concrètes, le gouvernement va faciliter      cien président du Sénat, Gérard Larcher,     un revenu progressif pour les jeunes          1,1 million de salariés. Cela a permis
le dispositif qui encadre le chômage         devra définir les bases ; la hausse de       de 17-24 ans, (dont le taux d’emploi          aux entreprises allemandes d’at-
partiel, rebaptisé « activité partielle ».   l’offre de logements, la création d’un       en France est le plus faible de tous les      tendre la reprise de leurs carnets de
                                             organisme pour financer l’industrie et la    pays industrialisés) et une annualisation     commandes sans avoir à procéder à
L’idée est de simplifier le mécanisme        taxe sur les transactions financières.       « nationale » du temps de travail (via une    des licenciements massifs. Mais un
actuel et de le rendre plus accessible                                                    négociation globale et une loi-cadre).        tel dispositif demande que trois
aux PME. L’objectif est « de tout faire      Parmi les décisions du gouverne-             Ces mesures permettront de sécuriser          conditions au moins soient réunies :
pour éviter de couper les liens entre        ment, la réforme du dispositif du chô-       l’emploi tout en donnant une marge de         l’absence de volonté de licencier,
le salarié et son entreprise, tout faire     mage partiel et la flexibilité du temps      manœuvre aux entreprises dans des             une reprise de l’activité dans un délai
pour maintenir en activité les salariés,     de travail, font écho aux propositions       périodes difficiles.                          rapide, la capacité de l’Etat à finan-
                                                                                                                                        cer le coût d’une telle mesure.




                                                                                                                                                                                  02. 2012
Les 7 propositions
8                                                de CroissancePlus                                                                                                            9

                                                 au Président                          La vie
                                                 de la République                      sans Triple A —
                                             Le 13 janvier dernier, Croissance
                                             Plus a été reçu par Nicolas Sarkozy.      La décision de Standard & Poors de pri-       Enfin, les analystes de S&P n’ont pas
Et si l’on parlait                           Il s’agissait de lui faire partager un    ver la France de sa notation Triple A était   été suivis par les autres agences, ce
                                             certain nombre de propositions            redoutée. Finalement, elle n’a eu, pour       qui relativise quelque peu leur décision.
davantage de                                 concrètes pour que les entreprises        l’instant, que peu d’effets. L’émission de    Surtout, il n’est pas niable que les gou-
                                             françaises contribuent à l’amé-           dette souveraine réalisée par la France       vernements de la zone euro sont, de
croissance ? —                               lioration de la compétitivité et de       dans les jours qui ont suivi s’est faite à    fait, engagés dans des processus de
                                             l’emploi en France. Olivier Duha,         un taux inférieur à 2%, moins élevé que       réformes structurelles et de baisse de
                                             Président de CroissancePlus, a            lors d’émissions analogues réalisées au       l’endettement qui, s’ils n’ont pas encore
Il serait temps de penser un peu à la        notamment mis l’accent sur le fait        mois de décembre 2011. La raison en           porté leurs fruits, n’en sont pas moins
croissance… C’est apparemment la             que l’allègement du coût du travail       est multiple : d’abord la perte d’une note    significatifs et mesurables. C’est notam-
conviction qui commence à gagner peu         devait être une priorité pour que la      souveraine se fait sentir sur le moyen et     ment le cas de l’Italie où le gouverne-
à peu les chefs d’Etat et de gouverne-       France reste compétitive. Il a égale-     long terme, puisqu’un certain nombre          ment a adopté le 20 janvier 2012 un
ment de l’Union Européenne. Après            ment insisté sur la nécessité d’aug-      d’institutions ou d’entreprises, liées        plan de réformes structurelles, portant
avoir multiplié les plans d’austérité se     menter le temps de travail avec une       d’une façon ou d’une autre à la signa-        notamment sur l’ouverture à une plus
traduisant en général par une hausse de      flexibilité dans sa mise en œuvre.        ture de l’Etat, sont aussi dégradées.         grande concurrence de secteurs entiers
la fiscalité et une baisse des dépenses      CroissancePlus s’est également            Ensuite, la sanction de S&P portait sur-      de l’économie : banques, assurances,
publiques, ce qui entraîne dans certains     dite préoccupée par la situation des      tout sur la gouvernance de la zone euro,      professions       libérales,  distribution,
pays des conséquences rudes pour la          PME face aux délais de paiement           sur la lenteur du processus de décision,      transports publics locaux, pharmacies,
population, notamment en Espagne, en         qui s’allongent de façon anormale,        sur les dérapages de calendrier entre         taxis…
Irlande, en Italie, mais aussi en France,    une tendance dangereuse pour leur         les mesures annoncées et les mesures
sans parler de la Grèce, les respon-         croissance et leur pérennité.             prises, concernant notamment le finan-
sables politiques prennent conscience                                                  cement du FESF et la conclusion de
de la difficulté de tenir cette direction    Dans le cadre de cette rencontre,         l’accord entre la Grèce et ses créan-
sans tenter, en même temps, de relancer      CroissancePlus a remis au Président       ciers. La France, en tant que membre
l’activité. Or, ceci n’est pas forcément     de la République sept propositions        clé de la zone euro, a donc payé, en
contradictoire. Le sommet européen du        concrètes :                               partie, une défaillance collective.
30 janvier devait se révéler intéressant à
cet égard, puisqu’il est censé examiner      / Faire respecter la loi sur les délais
un plan en plusieurs points, présenté        de paiement et porter progressive-
par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au      ment le délai à 30 jours                            AAA
Président du Conseil européen, Herman        / Mieux répartir la pression fiscale
Van Rompuy, pour renforcer la crois-         sur les entreprises pour relancer
sance, l’emploi et la compétitivité et       l’investissement                                    AA+
prévoyant même la création d’un fonds        / Passer de l’épargne stérile à
spécial de croissance et de compéti-         l’épargne fertile
tivité. Ces lignes étant écrites avant la    / Annualiser le temps de travail au
                                                                                                 A
tenue du Sommet, les lecteurs du Petit       plan national
Journal de Campagne seront donc en           / Créer un revenu progressif pour
mesure de juger si les dirigeants fran-      les 17-24 ans
çais et allemands ont été jusqu’au bout      / Instaurer un contrat de travail                   BBB+
de leur initiative…                          unique avec gain de droits progres-
                                             sifs
                                             / Adapter la représentativité du                    CC
                                             personnel aux caractéristiques des
                                             PME




                                                                                                                                                                              02. 2012
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                                                 C’est pourquoi nous faisons plus de
     L’économie                                  progrès que l’Europe, en tout cas, il est
                                                 clair que l’Europe fait pire que nous.
     américaine sur                              Pour une raison simple : elle s’effraye
                                                 des mauvaises choses. La Banque cen-
     la voie du redres-                          trale européenne se soucie de l’inflation
                                                 (au point qu’elle a relevé les taux en
     sement ?                                    2011 avant de se raviser un peu plus
                                                 tard), au lieu de se soucier de soutenir la
                                                 reprise de l’économie. »
     « Comment se porte l’Amérique ? Il faut
     bien reconnaître que l’état de l’écono-                                 Paul Krugman,
     mie est terrible. Trois ans après l’arri-             New York Times, 24 janvier 2012
     vée au pouvoir du président Obama, et
     deux ans et demi après la fin officielle
     de la récession, le chômage demeure         La Scandinavie,
     à un niveau douloureusement élevé.
     Pourquoi laissais-je une lueur d’opti-      paradis du capital
     misme poindre à travers les nuages ?
     Les statistiques économiques ont été        investissement
     un peu meilleures ces derniers temps.
     Mais une hirondelle ne fait pas le prin-
     temps. Plus important : il y a des signes   « Le capital investissement scandinave
     qui montrent que les deux problèmes         est en plein boom. Et ce, malgré un
     qui sont à l’origine de nos difficultés,    contexte morose pour l’ensemble du
     l’effondrement de l’immobilier et une       secteur en Europe. En 2011, les pays
     dette privée excessive, sont en voie        nordiques ont représenté 21% des 94
     d’amélioration. Sur la question de l’im-    milliards de dollars d’opérations de
     mobilier, un cercle vertueux pourrait       capital equity réalisées en Europe selon
     s’engager : une reprise de l’économie,      Thomson Reuters. Non seulement la
     même légère, pourrait entraîner une         part du capital investissement scandi-
     reprise de la construction, qui consoli-    nave a doublé depuis un an, mais son
     derait la relance de l’économie et ainsi    poids est désormais supérieur à celui
     de suite. En outre, nous avons réalisé      du Royaume-Uni. Les pays nordiques
     des progrès significatifs en matière de     comptent aujourd’hui 155 fonds d’in-
     diminution de la dette privée, comme le     vestissement, disposant d’une capacité
     montre un récent rapport de McKinsey.       d’investissement de 13 milliards d’euros.




                                                                                          02. 2012
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                                                                                            compagnon. C’est cher et c’est mau-
                                             Si vous voulez des                             vais pour les mariages. Pourtant, tout
                                                                                            le monde voyage. La plupart des entre-
L’une des explications de cette vitalité     comportements                                  prises tentent de résoudre le problème        avec cette logique low-cost pour lui
est la vigueur des banques scandi-                                                          en interdisant tout voyage, sauf les plus     substituer un schéma fondé sur l’inves-
naves, en bien meilleure posture que         adultes, traitez                               importants. Mais cela ne marche pas.          tissement. Sur ce point notre pays ne
leurs homologues du reste de l’Europe.                                                      C’est trop vague, car chacun affirme          cesse de reculer. Les 125 entreprises
En outre, la Scandinavie affiche des         les gens comme                                 que « son » voyage est important. Si,         françaises qui dépensent le plus en R&D
taux d’endettement public nettement                                                         au contraire, vous traitez tout le monde      ont baissé annuellement leur effort de
inférieurs à ceux des autres pays euro-      des bébés…                                     comme des bébés et imposez des                0,4% ces trois dernières années. »
péens (en moyenne 50% du PIB). »                                                            règles arbitraires, les gens n’ont d’autre
                                                                                            choix que de s’y plier. Imposer de telles                                Gilles Le Blanc,
                         Christine Lejoux,   « Lloyds Bank a trouvé une nouvelle            décisions sur des adultes est moins                            Le Figaro, 16 janvier 2012
               La Tribune, 17 janvier 2012   façon d’économiser de l’argent : elle          étrange qu’il n’y paraît. L’histoire sug-
                                             interdit à ses cadres de voyager durant        gère que les êtres humains aiment plu-
                                             la troisième semaine du mois. Comme            tôt cela. Et si l’interdiction des voyages
                                             c’est pathétique, ai-je pensé lorsque          au cours d’une semaine donnée est             20 millions
Un entrepreneur à                            j’ai entendu cela. Cette idée semble un        une bonne idée, alors il faut l’élargir aux
                                             non sens : si un voyage est important, il      autres domaines dans lesquels nous ne         de dollars de dons
la Maison-Blanche ?                          doit être entrepris au moment où il faut.      sommes pas sages. Cela pourrait être
                                             Et s’il n’est pas important, inutile de le     une solution au problème des emails,          pour Wikipédia
                                             faire. Plus grotesque encore, la banque        des réunions, des déjeuners d’affaire
« Mitt Romney, le candidat Républicain       explique que cette décision fait par-          et quand aux petits-déjeuners d’affaire,
à l’élection présidentielle, a quelque       tie de son programme « Intelligence et         ils pourraient être interdits tous les        « Quelque 450 millions de personnes
chose dont le président et ses autres        Responsabilité » et en accord avec l’une       jours… »                                      consultent chaque mois Wikipédia.
adversaires Républicains manquent            de ses valeurs phares : « Nous agissons                                  Nancy Kellaway,     L’encyclopédie est traduite en 280 lan-
cruellement : une expérience de l’entre-     de façon sage ». Lloyds prétend que                      Financial Times, 16 janvier 2012    gues, et propose 1,1 million d’articles en
prise. Pendant vingt-cinq ans, il a gagné    ce dispositif a rencontré un vif succès.                                                     français consultés par 18,8 millions de
beaucoup d’argent en aidant des entre-       Depuis qu’il a été mis en place, il y a six                                                  lecteurs. C’est le quatrième site le plus
prises, en tant que consultant, à devenir    mois, le nombre de voyages a diminué           La croissance par                             visité du monde après Google, Yahoo !,
plus efficaces. Oui, dans certains cas,      de 70 000, ce qui représente une éco-                                                        You Tube et Facebook. Indépendante,
cela a amené à licencier des salariés,       nomie de 1,5 million de livres par mois.       l’investissement                              l’encyclopédie participative est financée
mais cela a aussi nourri la croissance       Mieux encore : le nombre de voyages au                                                       à 85% par des dons de particuliers, le
de l’économie. Jusqu’à maintenant, Mitt      cours des trois semaines « autorisées »                                                      reste provenant de fondations. La der-
Romney ne s’est pas vraiment défendu         est en légère baisse. Donc cette idée          « On parle sans arrêt de l’explosion de la    nière campagne de collecte de fonds,
contre ceux qui l’attaquent, dans un         n’est peut-être pas aussi stupide, après       dette publique. Mais on oublie que c’est      qui s’est terminée le 3 janvier, a battu un
esprit de « destruction créative » qui est   tout. Peut-être est-il nécessaire de traiter   celle des ménages qui a augmenté le           record : 20 millions de dollars, donnés
l’essence même du capitalisme. Il dit        ses cadres adultes comme des bébés             plus fortement en dix ans : + 60%. C’est      par 1 million de personnes. Wikipédia
qu’il a créé 100 000 emplois lorsqu’il       parce que, contrairement à la devise           le déclenchement d’un véritable cercle        s’inscrit dans le courant coopératif né
était chez Bain. C’est un chiffre impos-     « Nous agissons de façon sage », ces           vicieux : recherche des prix les plus bas     avec Internet. Pour ses fondateurs,
sible à prouver, mais il pourrait défendre   cadres adultes se comportent de façon          pour continuer à consommer malgré             Wikipédia est un temple de l’esprit, un
plus fortement l’idée que les avantages      très peu sage lorsqu’il s’agit de voyager.     des salaires en berne, augmentation           lieu où apprendre et partager la connais-
des restructurations sont bien supé-         Tout le monde voyage plus que néces-           des importations des pays émergents,          sance, pas un espace marchand. »
rieurs à leurs inconvénients. »              saire. C’est une épreuve difficile de se       pression accrue sur les entreprises
                                             retrouver seul dans une chambre d’hôtel        domestiques pour réduire leurs prix et                                 Frédéric Joignot,
        The Economist, 14/20 janvier 2012    anonyme, avec le minibar comme seul            leurs coûts. Il faut rompre radicalement                      Le Monde, 14 janvier 2012




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RENFORCER LES ENTREPRISES FRANÇAISES
DANS LA COMPÉTITION MONDIALE
  La partie qui se joue dans l’économie mondiale est sérieuse : nous n’en            Depuis quelques années, la compé-                                   de 20 milliards de plus qu’en 2010.
  sommes encore qu’au début de la montée en puissance des entreprises                titivité du site de production français                             Cette dérive est liée à la perte de
  venues des pays émergents qui élargissent chaque jour davantage leur               est entamée. Deux indicateurs le                                    compétitivité des produits français,
  champ de compétences technologiques, commerciales ou financières.                  révèlent sans ambiguïté : la baisse                                 puisque dans les mêmes conditions
  L’Europe, et en particulier la France, dont il ne faut pas minorer le rôle dans    de l’emploi industriel et le déficit de                             macro-économiques et avec un
  les échanges mondiaux, ont néanmoins une place, des entreprises, un site           notre balance commerciale. Entre                                    taux identique de l’euro par rapport
  de production, des emplois à défendre mais surtout à développer. Les che-          1980 et 2009, l’industrie française                                 aux autres monnaies identique, les
  mins de la croissance passent obligatoirement par un renforcement de la            a perdu 2 millions d’emplois. Selon                                 entreprises allemandes ont franchi
  compétitivité des entreprises françaises, mais aussi du site de production         les études de l’INSEE, le rythme des                                l’année dernière la barre symbolique
  France. Cela implique des améliorations à apporter à l’environnement fiscal,       disparitions d’emplois s’est accéléré                               des 1 000 milliards d’euros d’expor-
  économique et social des entreprises et une approche de la compétition plus        ces dix dernières années, au cours                                  tations, soit plus que le double des
  groupée de la part de « l’équipe de France »… Analyse et témoignages…              desquelles environ 60% de ces des-                                  exportations françaises.
                                                                                     tructions ont été directement liées à
                                           mois, c’est probablement la ques-         la concurrence étrangère. Quant au
                                           tion la plus importante qui se posera     déficit commercial, il atteindra pour
  Pour un vrai                             en matière de définition d’une poli-      l’année 2011 le montant record de
                                           tique économique et sociale pour          près de 75 milliards d’euros, soit plus
  Made in France                           les années qui viennent. La compé-
                                           titivité d’une entreprise est liée à de   Po u r p e r m e t t r e a u x e n t r e p r i s e s f r a n -
  Comment rendre plus compéti-             très nombreux facteurs. Certains          çaises d’exporter encore plus leurs pro-
  tif le site de production France ?       sont internes à l’entreprise (mode de     ductions à valeur ajoutée nationale, une
  Comment faire en sorte que le            fonctionnement, process de fabrica-       parité entre l’euro et le dollar serait
  « Made in France » reste une réfé-       tion, technologies, qualité des diri-     très appréciable. Un euro à 1,30/1,40
  rence sur les marchés étrangers et       geants, formation des salariés…).         d o l l a r n e fa c i l i t e p a s l ’ ex p o r t a t i o n d u
  que les emplois industriels ne soient    Mais elle dépend aussi d’éléments         ‘Made in France’, et n’incite pas non
  pas irrémédiablement condamnés           extérieurs : environnement social et      p l u s à r e l o c a l i s e r d e s fa b r i c a t i o n s e n
  à être délocalisés vers des pays         fiscal, dispositifs d’aides et d’assu-    France. »
  dont le coût du travail est beaucoup     rance, valeur de la monnaie, effica-      —
  moins élevé ? Pour la future équipe      cité du secteur financier et bien sûr,    CHRISTIAN DELAGE,                                                   Christian Delage,
  qui dirigera le pays dans quelques       coût du travail.                          Dirigeant des Bouchages Delage                                      Dirigeant des Bouchages Delage (DR)
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Renforcer les entreprises
françaises dans la compétition                                                                            Améliorer notre                                    A uj our d’hui ,       30 %      de
                                                                                                                                                             ve nte s sont fa i te s da ns l e s
                                                                                                                                                                                                    nos



mondiale —                                                                                                approche des                                       pa ys é m e r ge nts e t c e tte pa r t
                                                                                                                                                             a tte i ndr a    50 %       d’i c i   de ux
                                                                                                          marchés extérieurs                                 a ns. L’i nte r na ti ona l , c ’e st l a
                                                                                                                                                             r e m i se e n c a use pe r m a ne nte .
                                                                                                          Le potentiel français à l’exporta-                 Ve ndr e à l ’é tr a nge r, c e n’e st
                                                                                                          tion existe, il n’y a qu’à considérer              pa s j uste e nvoye r de s c om -
     Redonner de la compétitivité au site                  dans la logique du développement               les performances des entreprises                   pa tr i ote s à l ’a utr e bout du
     de production France est donc une                     de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou           membres de CroissancePlus dans                     m onde . I l fa ut a da pte r de s
     priorité mais ne peut que se réali-                   de la Russie, que les entreprises de           leur déploiement international. Mais               offr e s i nno va nte s e n pr e na nt
     ser sur le moyen terme. Cela passe                    ces pays accélèrent dans les années            ce potentiel doit être renforcé au tra-            e n c om pte l e s spé c i fi c i té s de s
     par une action concertée incluant la                  qui viennent leur déploiement hors             vers de plusieurs types de mesures                 m a r c hé s l oc a ux. »
     baisse du coût du travail, l’assou-                   de leurs frontières. La France doit            ou d’actions concrètes pour aider la               —
     plissement de la durée du travail,                    être en position d’entrer en compéti-          France à tenir son rang dans la com-               O L I VI E R CA I X,
     mais aussi une concentration des                      tion avec les autres pays européens            pétition mondiale.                                 Dirigeant de Diana
     efforts de l’Etat sur des axes de                     pour en capter une partie, ce qui
     recherche et de développement                         sera facteur de création d’emplois et          Une première idée serait de renforcer
     prioritaires. Mais il faut aussi accé-                de richesses…                                  les réseaux d’entreprises françaises.
     lérer le processus de transformation                                                                 Ce n’est un mystère pour personne
     des PME en ETI, pourquoi pas en                                                                      que l’efficacité des entreprises alle-
     initiant l’écriture d’un Small Business                                                              mandes à l’étranger repose sur une
     Act à la française. Le processus de                                                                  solidarité des entreprises entre elles,
     mutation vers les ETI ne peut s’ac-                                                                  notamment entre les grands groupes
     complir que si ces entreprises de                                                                    et les PME. Une telle solidarité fait
     taille intermédiaire se déploient lar-                                                               défaut aux entreprises françaises.
     gement vers les marchés extérieurs ;                                                                 Il est nécessaire de l’instaurer. Les
     ce qui implique une forte capacité                                                                   grands groupes peuvent agir à deux
     d’innovation.                                                                                        niveaux : mettre à disposition des
                                                                                                          petites et moyennes entreprises
     Pour donner envie aux futurs chefs                                                                   leurs réseaux commerciaux et leur
     d’entreprise de se lancer à l’internatio-                                                            organisation logistique ; privilégier
     nal, il fa u t m on t r er l es g r an d s s u ccès                                                  l’offre française dans la réponse
     français, les grandes réussites de so-                                                               aux appels d’offres, dans lesquels
     ciétés françaises à l’étranger. Cet effort                                                           les grandes entreprises pourraient
     d’exemplarité doit tourner autour de                                                                 réserver une part à leurs sous-trai-
     produits du quotidien et non seulement                                                               tants ou partenaires français.            Olivier Caix, Dirigeant de Diana (DR)
     d’innovations technologiques. »                                                                      Dans un autre ordre d’idée,
     —                                                                                                    CroissancePlus propose la création        françaises « chassent en meute »
     JEAN RAUSCHER,                                        Jean Rauscher, Dirigeant d’Yseop,              dans un certain nombre de pays            si possible autour d’un champion
     Dirigeant d’Yseop, Co-président                       Co-président de la Commission Internationale   d’une Maison France-Business,             national déjà bien implanté. On
                                                           de CroissancePlus (DR)
     de la Commission Internationale                                                                      qui serait un centre d’affaires d’une     pourrait même imaginer que les
     de CroissancePlus                                                                                    taille critique convenable (regrou-       locaux de ces Maisons France-
                                                                                                          pant une centaine d’entreprises) et       Business soient proches de ceux
     Enfin, l’enjeu de l’amélioration de                                                                  leur proposant des services variés et     d’une grande entreprise française
     la compétitivité du site France est                                                                  adaptés lors de la prospection ou de      disposant d’une présence forte dans
     aussi dans notre capacité à attirer                                                                  l’implantation sur un marché étran-       le pays considéré afin de tisser des
     des investissements étrangers. Il est                                                                ger. L’objectif est que les entreprises   liens et de renforcer les coopérations.
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Renforcer les entreprises                                                                                                       Le développement international des

françaises dans la compétition
                                                                                                                                entreprises est créateur de richesses
                                                                                                                                dans notre pays. Tout emploi créé à
                                                                                                                                l’international est en réalité le plus

mondiale —                                                                                                                      souvent égal à un emploi créé en
                                                                                                                                France, par l’effet direct qu’il a sur
                                                                                                                                la croissance de l’entreprise et sa
                                                                                                                                capacité à créer de la valeur.

                                                                                                                                Enfin, parmi les multiples autres
                                                                                                                                actions à mener, il convient de renfor-
     Parmi les services que cette struc-                                                                                        cer le potentiel de soutien à l’export,   Se     l a nc e r     à    l ’i nte r na ti ona l ,
     ture pourrait rendre aux entreprises                                                                                       d’améliorer les conditions de l’assu-     c ’e st r é pondr e a ux be soi ns
     figurent notamment l’assistance-                                                                                           rance risque pays et risque client,       spé c i fi que s de c ha que pa ys
     secrétariat, l’assistance juridique,                                                                                       et de rendre les grandes écoles           vi sé . E n E spa gne pa r exe m pl e ,
     la traduction et l’interprétariat, la                                                                                      d’ingénieurs françaises plus visibles     l e ta ux de c hôm a ge (pr è s de
     comptabilité, un data center, des                                                                                          à l’international (à l’image de l’Ecole   20 % de l a popul a ti on a c ti ve )
     salles équipées pour visio et audio                                                                                        centrale en Chine, par exemple,           obl i ge à a da pte r nos offr e s.
     conférences.                                                                                                               dont nous avons parlé dans le pre-        A xi a te l a a i nsi dé ve l oppé de s
                                                                                                                                mier numéro du Petit Journal de           se r vi c e s de ve nte e n l i gne gr a -
                                                                                                                                Campagne), au besoin en organisant        tui ts ou sa ns fr a i s d’i nsta l l a -
     Il faudr ai t q u e l es g r an d s g r ou p es                                                                            un regroupement des moyens. Ces           ti on pa r exe m pl e . L’expé r i e nc e
     qui sont p r és en t s d an s t ou s l es p ay s                                                                           actions seraient une façon de trans-      de l ’e ntr e pr e ne ur i a t à l ’é tr a n-
     du m on d e, q u i on t u n e ex p ér i en ce           Alexandre Gérard, Dirigeant d’inov-On                              former les entreprises en multinatio-     ge r n’e st pa s à pr e ndr e à l a
     de t e rrai n , q u i on t l es r éf ér en ces et       et de Chronoflex (DR)                                              nales de la connaissance technolo-        l é gè r e . I l y be a uc oup de suj e ts
     le s contact s , p r en n en t s ou s l eu r ai l e                                                                        gique et scientifique et en un outil de   à m a î tr i se r c om m e l e s m oye ns
     un ce rt ai n n om b r e d ’en t r ep r i s es q u i            Il y a d e u x l e vi e r s p o u r d é ve -               promotion du savoir-faire français à      de     pa i e m e nt, l e s        que sti ons
     ve ule nt s ’i m p l an t er à l ’ét r an g er, q u e           l o p p e r l e s E T I. L e p r e mi e r                  l’étranger.                               de     TVA      ou        les   di ffé r e nc e s
     c e soien t d es s ou s -t r ai t an t s ou d es                se r a i t d e c o n f i e r u n e p a r t i e                                                       c ul tur e l l e s.   Mais        c ’e st    une
     part enai r es , p ou r l eu r ap p or t er s ou -              d e l a c o mma n d e p u b l i q u e a u x                                                          expé r i e nc e c r uc i a l e . Se r e -
     t ie n e t s av oi r-fai r e. »                                 e n t r e p r i se s d e 3 0 0 o u 4 0 0                                                             tr ouve r e n fa c e d’e ntr e pr i se s
     —                                                               p e r so n n e s. C ’ e st l e se n s d ’ u n                                                        c hi noi se s ou a m é r i c a i ne s qui
     AL EXAN DRE S AU BOT,                                           S ma l l B u si n e ss A c t à l a f r a n -                                                         ont de gr a nde s fa c i l i té s e n de -
     Dirigeant d’Haulotte                                            ç a i se . A l ’ i n t e r n a t i o n a l , l ’ E t a t                                             hor s de l e ur s fr onti è r e s, c ’e st
                                                                     pourrait           é g a l e me n t         inciter                                                  e nr i c hi ssa nt. »
                                                                     l e s g r a n d s c o mp t e s f r a n ç a i s                                                       —
     Transformer des entreprises moyen-                              à c o l l a b o r e r a ve c l e s P M E . Il                                                        SA CH A D O L I N E R ,
     nes en entreprises exportatrices                                p o u r r a i t s’ a g i r d ’ u n syst è me                                                         D i r i ge a nt d’A xi a te l
     nécessite aussi que l’exemplarité                               i n c i t a t i f p o si t i f p o u r q u e l e s
     soit un moteur. On ne parle pas                                 P M E o u l e s E T I p u i sse n t so u s-
     assez dans les médias des PME qui                               t r a i t e r d a va n t a g e . U n e t e l l e
     exportent, on ne voit pas assez de                              me su r e p e r me t t r a i t u n a p p e l
     témoignages de patrons globe-trot-                              d ’ a i r mé c a n i q u e . C a r q u a n d o n
     ters. On pourrait fort bien décréter                            ve u t se d é ve l o p p e r à l ’ i n t e r-
     une « Année de l’international » qui                            n a t i o n a l , c e q u i c o mp t e c ’ e st
     ferait des entreprises exportatrices                            l a p r e mi è r e ma r c h e . »
     des champions nationaux. En paral-                              —
     lèle, il importe de lutter contre l’idée                        A L E X A N D R E G É R A R D,
     que tout emploi créé à l’étranger est                           D i r i g e a n t d ’ i n o v- O n e t
     un emploi supprimé en France.                                   d e C h r o n o f l ex                                     Sacha Doliner, Dirigeant d’Axiatel (DR)
21

Renforcer les entreprises                                                                                      charges sociales sur les entreprises        CroissancePlus propose que le réfé-

françaises dans la compétition
                                                                                                               puisqu’une partie des charges de            rentiel de la durée légale du travail
                                                                                                               la protection sociale est transférée        sur une base annuelle soit appliqué
                                                                                                               vers la consommation. À l’heure             avec un minimum hebdomadaire

mondiale —                                                                                                     où ce numéro part sous presse, le
                                                                                                               Président de la République, Nicolas
                                                                                                                                                           de 30 heures et un maximum de 40
                                                                                                                                                           heures, afin de conserver une cer-
                                                                                                               Sarkozy, n’a pas encore détaillé le         taine stabilité pour les salariés.
                                                                                                               dispositif exact qu’il prévoit d’an-        En outre, la politique visant à alléger
                                                                                                               noncer aux Français dans quelques           le coût du travail en faveur des sala-
                                                                                                               jours. Cependant, il était d’ores et        riés les moins qualifiés et des bas
                                                                                                               déjà acquis qu’une augmentation du          salaires est une stratégie positive
     Assouplir l’envi-                                 U n e é t u d e r é c e n t e a f f i r me q u e        taux de TVA, assortie d’une baisse          pour l’emploi. Il convient donc de la
                                                       l e s so c i é t é s f r a n ç a i se s o n t           des charges sociales patronales et          préserver.
     ronnement fiscal,                                 3 5 % d e mo i n s d e r é su l t a t b r u t           salariales, serait très bientôt mise en
                                                       d ’ exp l o i t a t i o n      par       rapport        place. C’est un premier pas encou-                 N ous a vons un pr obl è m e a ve c
     social et juridique                               a u x e n t r e p r i se s a l l e ma n d e s.          rageant, consistant à détaxer le travail.          l e c oût du tr a va i l e n F r a nc e .
                                                       Po u rq u o i ?       Pa r c e       que     nous                                                          I l fa udr a i t fl ui di fi e r l e m a r c hé
     des entreprises                                   so mme s          ponctionnés               d’une       La deuxième condition d’une amé-                   du tr a va i l e t a c c e pte r l ’i dé e
                                                       ma n i è r e      ext r ê me me n t         forte.      lioration de l’environnement social                qu’une e ntr e pr i se doi t a voi r
     Restaurer la compétitivité des entre-             C ’ e st é n o r me . A i d o n s p l u t ô t           des entreprises serait d’augmen-                   une va r i a bl e d’a j uste m e nt sur
     prises, c’est restaurer la compétiti-             l e s e n t r e p r i se s q u i ve u l e n t           ter le temps de travail. Le sujet est              sa m a sse sa l a r i a l e . A l ’é tr a n-
     vité de notre environnement fiscal,               se d é ve l o p p e r, à g r a n d i r l e              complexe, mais il n’est plus permis                ge r, i l s l ’ont bi e n c om pr i s. J e
     social et juridique. Cela passe par               p l u s p o ssi b l e . N o u s so mme s,               d’ignorer une constatation d’évi-                  pe nse à un c ontr a t de tr a va i l
     un certain nombre d’actions et de                 c h e z CroissancePlus, beaucoup                        dence : la flexibilité du marché du                uni que ou à de s pr oc é dur e s
     mesures concrètes visant à produire               d’entrep r e n e u r s à a vo i r c e t t e             travail est un moyen de créer massi-               de l i c e nc i e m e nt qui se r a i e nt
     moins cher, à créer un droit du tra-              capacité          de        d é ve l o p p e me n t .   vement des emplois. Il importe donc                m oi ns pe r ç ue s pa r l e sa l a r i é
     vail moins rigide, à améliorer la ren-            L a i sse z - n o u s d é ve l o p p e r n o s          que cette question fasse l’objet d’un              c om m e pa r l e di r i ge a nt c om m e
     tabilité des PME et à assainir nos                e n t r e p r i se s. »                                 débat et d’initiatives législatives afin           un dr a m e . »
     finances publiques dans la durée.                 —                                                       que les PME puissent s’adapter                     —
     Les conditions du produire moins                  E V E LYN E P L AT N IC C O H E N ,                     rapidement à l’évolution de l’envi-                F R A N ÇO I S B I E B E R ,
     cher sont assez bien connues. Le                  Dirigeante de Booster Academy                           ronnement économique.                              Dirigeant de C2B-NetAffiliation
     premier constat est qu’en France, le
     coût du travail est trop élevé et que                                                                     CroissancePlus préconise un retour
     les salaires sont trop bas. Comment                                                                       à une durée légale du travail de 39
     sortir de ce paradoxe dans un esprit                                                                      heures, mais dans le cadre d’une
     citoyen et une éthique de responsa-                                                                       annualisation nationale du temps
     bilité ? Le but d’un système fiscal est                                                                   de travail (via une négociation glo-
     de parvenir à améliorer le potentiel                                                                      bale et une loi cadre) qui permettrait
     des entreprises de ce pays, favoriser                                                                     à la fois de sécuriser l’emploi des
     la prise de risque et l’investissement                                                                    salariés et de donner une marge
     productif, et générer des compor-                                                                         de manœuvre aux entrepreneurs
     tements vertueux de création de                                                                           dans les périodes difficiles en évi-
     richesse.                                                                                                 tant de recourir à des licenciements.
     Parmi les mesures envisageables                                                                           L’activité des entreprises est par
     figure notamment l’instauration de la                                                                     nature erratique. Pouvoir ajuster son
     TVA emploi. Nous avons déjà décrit                                                                        effort de production à la volatilité
     les avantages de ce mécanisme dans                                                                        de la demande par un référentiel de
     le premier numéro du Petit Journal                                                                        temps de travail plus souple permet
     de Campagne. La TVA emploi a le           Evelyne Platnic Cohen,                                          de sécuriser des emplois et d’éviter        François Bieber,
     mérite de permettre une baisse des        Dirigeante de Booster Academy (DR)                              des licenciements.                          Dirigeant de C2B-NetAffiliation (DR)
23

Renforcer les entreprises                                                                                                      par CroissancePlus auprès de ses
                                                                                                                               350 adhérents, 73 % des entreprises
                                                                                                                                                                                       caps sur les entreprises si l’on veut
                                                                                                                                                                                       qu’elles puissent se battre à armes

françaises dans la compétition
                                                                                                                               subissent un allongement des délais                     égales avec les entreprises euro-
                                                                                                                               de paiement de leurs clients. Et les                    péennes, américaines et des pays
                                                                                                                               entrepreneurs ne sont pas optimistes                    émergents.

mondiale —                                                                                                                     pour les mois à venir : 79 % pensent
                                                                                                                               que les délais de paiement vont                         C’est la raison pour laquelle
                                                                                                                               continuer à se dégrader. Malgré les                     CroissancePlus demande que le
                                                                                                                               améliorations apportées par la loi de                   Médiateur des Délais de Paiement,
                                                                                                                               modernisation de l’économie (LME),                      placé sous l’autorité du Premier
                                                                                                                               reconnues par 56 % des entrepre-                        ministre et disposant des services
     La remise en cause de ce dispositif                                                                                       neurs, et la création de la média-                      de la DGCCRF soit un recours pour
     engendrerait une perte de compéti-                                                                                        tion interentreprises, les mauvaises                    les PME qui subissent les abus les
     tivité pour les PME. Ce qui pose, au                                                                                      pratiques perdurent. Résultat : les                     plus manifestes de certains clients.
     passage, le problème de la stabilité                                                                                      PME croulent sous les impayés de                        Ses services doivent constituer
     du cadre social et fiscal dans lequel                                                                                     leurs clients et font la trésorerie des                 un fichier central des mauvais
     opèrent les entreprises. Il importe                                                                                       grandes entreprises.                                    payeurs et déclencher des audits
     que cette stabilité soit garantie le                                                                                                                                              et des contrôles d’entreprises. Ce
     mieux possible afin d’accorder aux                                                                                        He ur e use m e nt que l a l oi de m ode r ni -         Médiateur doit être doté d’un pou-
     entreprises une certaine pérennité                                                                                        s a ti on de l 'é c onom i e a é té un r e m pa r t     voir de sanction pour infliger des
     dans les politiques qu’elles mettent                                                                                      fac e à l a c r i se , nota m m e nt a u suj e t        amendes immédiates en l’absence
     en œuvre.                                                                                                                 de s dé l a i s de pa i e m e nt. Ca r de pui s         de régularisation. Mais il faut aussi
                                                               Sandra le Grand, Dirigeante de Kalidea,                         que l que s m oi s, l e s gr a nds gr oupe s se         une évolution législative afin que le
     Il y a de m u l t i p l es am él i or at i on s à         Vice-présidente de CroissancePlus (DR)                          condui se nt tr è s m a l a ve c l e s pe ti te s       démarrage d’une prestation suffise
     apport er : l a r ég l em en t at i on s oci al e                                                                         entr e pr i se s e t ti r e nt l a c or de c onc e r-   à qualifier une relation commer-
     s’appliqu an t au x s al ar i és t r avai l l an t                Il fa u t p r o mo u vo i r t o u t e s l e s           na nt nos tr é sor e r i e s. L a r e sponsa bi -       ciale et non pas l’émission du bon
     dans des p ay s ét r an g er s d ev r ai t êt r e                 me su r e s       qui     engendreraient                l ité soc i é ta l e de c e s gr a nds gr oupe s        de commande, comme c’est le cas
     assoupli e, l e cad r e f i s cal con cer n an t                  un     t r a n sf e r t   de     c o t i sa t i o n s   est i c i é c or né e . »                               aujourd’hui. La législation masque la
     le s e nt r ep r i s es q u i on t d e m u l t i p l es           p a t r o n a l e s e t sa l a r i a l e s ve r s       —                                                       réalité des délais de paiement dans
     f iliale s à l ’ét r an g er d ev r ai t êt r e r ev u            u n e t a xe à l a c o n so mma t i o n                 H U B E RT R E Y N I E R ,                              notre pays. Il faut donc la faire évo-
     e t surt ou t l ’ad m i n i s t r at i on d ev r ai t             e t q u i p e r me t t r a i t e n p a r a l l è l e    Di r i ge a nt de Vi sc onti , Co-pr é si de nt         luer pour que les délais ne soient
     t e nir co m p t e d u fai t q u e l es en t r e-                 u n e h a u sse d e s sa l a i r e s. C ’ e st          de l a Com m i ssi on I nte r na ti ona l e             plus de 60 jours mais limités à 30 jours.
     prises q u i ex p or t en t s on t à p r és er v er               une priorité pour relancer la                           de Cr oi ssa nc e Pl us
     plut ôt q u ’à t ax er à ou t r an ce. »                          c r o i ssa n c e . »
     —                                                                 —                                                       Or, en ce moment plus que jamais,                              L e s m e na c e s de r uptur e de
     RÉG I S ARNOU X ,                                                 S A N D R A L E G R A N D,                              les PME doivent pouvoir maîtriser                              c ontr a t qui pè se nt sur l e s PM E
     Dirigean t d e C I S                                              Dirigeante de Kalidea                                   leurs encours de créances four-                                sont honte use s e t da nge r e use s
                                                                                                                               nisseurs. Elles souffrent déjà de                              pour l e ur c r oi ssa nc e e t l e ur
                                                                                                                               niveaux de rentabilité inférieurs à                            c om pé ti ti vi té . I l e st a i sé de
                                                                                   Réduire les                                 leurs concurrentes européennes                                 c om pr e ndr e que l e s PM E ont
                                                                                                                               (notamment allemandes et britan-                               be soi n d’ê tr e pa yé e s da ns l e s
                                                                                   délais de                                   niques), à cause du coût élevé du                              te m ps pa r l e ur s cl i e nts pour
                                                                                                                               travail et de la pression fiscale. Elles                       s’a ssur e r une tr é sor e r i e qui
                                                                                   paiement                                    affichent l’un des taux d’autofinan-                           l e ur   pe r m e tte nt      nota m m e nt
                                                                                                                               cement les plus faibles d’Europe,                              d’i nve sti r e t de gr a ndi r »
                                                               Les délais de paiement constituent                              au moment où les autres sources                                —
                                                               l’un des problèmes les plus aigus                               de financement se tarissent, notam-                            A L A I N TH I B A U LT, D i r i ge a nt
                                                               auxquels doivent faire face les                                 ment le crédit bancaire mais aussi                             de B e r na r d J ul hi e t G r oup,
                                                               PME, et le ralentissement de l’acti-                            les fonds drainés via les dispositifs                          Co-pr é si de nt de l a Com m i s-
                                                               vité économique n’arrange pas les                               ISF pour les PME. On ne peut pas                               si on PM E / G r a nds G r oupe s
     Régis Arnoux, Dirigeant de CIS (DR)                       choses. Selon une enquête réalisée                              laisser s’accumuler autant de handi-                           de Cr oi ssa nc e Pl us
25
Les chiffres de la compétitivité —                                                                   En examinant ces chiffres, on ne peut
                                                                                                     qu’être frappé par l’écart entre les pays                          ce que les pays européens (à l’exception
                                                                                                     émergents et les zones économiques                                 peut-être de l’Allemagne et du Royaume-
                                                  prise au sein des pays du G20. Ernst &             matures.                                                           Uni) déploient de sérieux efforts dans
Les chiffres-clé de                               Young a proposé cette affirmation à des                                                                               cette direction.
                                                  échantillons d’entrepreneurs dans tous             Dans les régions à croissance rapide,
l’entrepreneurship                                les pays du G20 : la culture de votre pays         36 % des personnes interrogées sont tout                           En corollaire à cette question, Ernst &
                                                  encourage l’entrepreneurship ? Voici les           à fait d’accord pour estimer que la culture                        Young en a posée une autre concernant
au sein du G20 —                                  réponses :
                                                                       Entièrement   Partiellement
                                                                                                     de leur pays favorise l’entrepreneurship.                          la façon dont l’échec entrepreneurial est
                                                                                                     C’est presque 10 fois plus qu’en France,                           perçu dans les pays du G20. Les pays
                                                                       d’accord      d’accord
Une étude exclusive d’Ernst & Young                                                                  dont le score est particulièrement faible.                         dans lesquels la majorité des personnes
                                                                          57%            41%
                                                  Inde                                               Nous sommes dans le bas du tableau !                               interrogées estime que l’échec est une
                                                                                                     L’Inde, la Chine, sont des pays où le                              occasion d’apprendre sont, sans surprise,
                                                                          54%            38%
La compétitivité d’une nation ne réside           Chine                                              souffle entrepreunerial prend sans cesse                           la Chine, la Turquie, le Brésil, les Etats-
pas seulement dans les indices macro-                                                                de la puissance. Quant aux Etats-Unis,                             Unis, l’Inde, le Mexique. Les pays dans
                                                                          44%            44%
économiques ou dans les chiffres de la            Canada                                             ils ne démentent pas leur image de pays                            lesquels l’échec est considéré comme un
pression fiscale. Elle se mesure aussi à la                                                          phare de la création d’entreprise, ce qui                          handicap pour de futurs projets d’entre-
                                                                          60%            28%
vitalité de l’esprit d’entreprise, à la vigueur   Etats-Unis                                         est une source majeure de compétitivité                            prise sont, dans l’ordre, l’Allemagne, la
de la création d’entreprises et à la densité                                                         et de croissance. Il y a donc urgence à                            France, le Japon, la Russie…
                                                                          48%            38%
du mouvement d’entrepreneurship qui               Arabie Saoudite
irrigue l’ensemble de l’économie et même
de la société. Des entreprises à forte            Corée du Sud            30%            54%
                                                                                                     Le paysage du capital-risque —
croissance dirigées par des entrepreneurs
                                                                          44%            40%
de talents sont tout à fait capable de trou-      Indonésie
ver leur voie même dans des périodes                                                                 L’esprit d’entreprise est certes très important. Mais il doit s’appuyer sur des structures finan-
                                                                          26%            56%
difficiles et sont tout à fait à même, non        Argentine                                          cières qui favorisent la création d’entreprise, et notamment la vitalité du capital-risque. De ce
seulement de surmonter, mais aussi de                                                                point de vue, le paysage offert par le G20 est très contrasté, comme le montrent les chiffres
                                                                          38%            42%
tirer profit des crises économiques. C’est        Australie                                          ci-dessous. La puissance des Etats-Unis dans ce domaine est sans égale, mais la montée
pourquoi les entrepreneurs ont une res-                                                              de la Chine est intéressante à souligner, de même que celle de l’Inde, qui se situe au même
                                                                          26%            54%
ponsabilité particulière dans la prospérité       Turquie                                            niveau ou presque que la France.
future du G20. C’est en tout cas la convic-
                                                                          26%            52%              Etats-Unis                                                                                  23 785
tion d’Ernst & Young, qui a réalisé en 2011       Allemagne
                                                                                                              Chine                              4 274
un baromètre de l’entrepreneurship dans
                                                                          22%            56%           Royaume-Uni                       2 151
les pays du G20, dont le Petit Journal de         Mexique
                                                                                                               Inde                   1 349
Campagne a extrait les indicateurs et les
                                                                                                             France                   1 348
                                                                          20%            56%
chiffres les plus significatifs.                  Italie
                                                                                                             Canada               1 226

                                                                                                              Brésil             776
                                                                          30%            46%
                                                  Royaume-Uni
L’importance de                                                           44%            30%
                                                                                                          Allemagne

                                                                                                       Corée du Sud
                                                                                                                                 646

                                                                                                                                274
                                                  Brésil
la culture                                                                28%            46%
                                                                                                             Russie

                                                                                                           Australie
                                                                                                                            146

                                                                                                                            132
                                                  Afrique du Sud
entrepreneuriale —                                                                                            Japon         90

                                                                                                            Mexique         28
                                                                          18%            48%
                                                  Japon                                                        Italie       25

                                                                                                     Afrique du Sud         23
                                                                           8%            42%
On peut s’accorder sur le fait qu’un pays         Russie                                                     Turquie        23
dont la culture favorise la création d’en-                                                                Argentine         20
                                                                           4%            20%
treprise est mieux armé qu’un autre dans          France                                             Arabie Saoudite        5
la compétition internationale. Il est donc
                                                                                                                        0                        5 000    10 000            15 000           20 000      25 000
                                                                          22%            42%
intéressant de comparer l’esprit d’entre-         Union Européenne
                                                                                                                        Montant investi en capital-risque en 2010 (en millions de dollars)
Le grand entretien — Nicolas Baverez :
                                                       « La modernisation du modèle économique
                                                       français n’a rien d’impossible. »


                                                             Face aux chocs qui s’annoncent, le modèle économique fran-
                                                             çais est-il de taille à résister ? Et à quelles conditions ? La
                                                             question est aujourd’hui au cœur des débats politiques et
                                                             oppose souvent les prophètes du déclin historique et irrémé-
                                                             diable de la France et ceux qui estiment que des réformes sont
                                                             possibles, que les atouts économiques, industriels, technolo-
                                                             giques et scientifiques de la France sont de nature à préser ver
                                                             son rôle dans la mondialisation. C’est sur cette ligne de pen-
                                                             sée que se situe Nicolas Baverez, qui a accepté de répondre
                                                             aux questions du Petit Journal de Campagne.

                                                             / Le Petit Journal de Campagne :           insoutenable de la monnaie unique
                                                             Nous vivons aujourd’hui deux crises        qui ne peut gérer les chocs internes
                                                             qui se superposent : celle de la           ou externes.
                                                             zone euro, à cause d’une prise de          Enfin une crise proprement fran-
                                                             conscience tardive des risques liés        çaise, liée à l’implosion d’un modèle

Nicolas Baverez                                              à la montée de la dette publique
                                                             dans les pays du sud. Et une crise
                                                             en France, confrontée à la remise en
                                                                                                        économique de croissance à crédit
                                                                                                        exclusivement fondé sur la consom-
                                                                                                        mation, financée par les transferts
L’infatigable défenseur                                      cause de son modèle et à un affai-         sociaux (33 % du PIB), eux-mêmes
                                                             blissement de sa puissance écono-          financés par la dette publique (86 %
de la compétitivité                                          mique, financière et commerciale.          du PIB). Au total, la croissance
                                                             Comment ces deux crises se relient-        française est revenue de 3,2 % par
de la France                                                 elles l’une à l’autre ?                    an dans les années 1970 à 1,1 %
                                                                                                        dans les années 2000. Ce ralentis-
                                                             / Nicolas Baverez :                        sement est la conséquence directe
Avocat, éditorialiste et essayiste, Nicolas Baverez          En réalité, trois crises se super-         de l’euthanasie du secteur privé qui
est l’un des rares personnages à se montrer aussi            posent. Celle du capitalisme mon-          ne représente plus que 43,4 % de la
à l’aise dans les joutes intellectuelles que dans            dialisé qui a éclaté en 2007 avec le       dépense nationale et de l’effondre-
les prétoires. Traitant de dossiers très souvent             dégonflement des bulles spécula-           ment de la compétitivité du pays.
complexes, il a acquis une connaissance intime               tives et qui se traduit par une violente   Le tissu économique français se
des rouages de l’économie et de la finance. En               déflation par la dette, avec à la clé un   décompose, avec seulement 185
même temps, il porte sur la France un regard                 ralentissement net de la croissance        entreprises de plus de 5 000 sala-
acéré, sans complaisance, mais qui éclaire sou-              mondiale, une montée du chômage            riés et 4 195 entreprises employant
vent des réalités mal connues ou mal décrites.               et une déstabilisation des classes         entre 250 et 5 000 personnes. Et sa
Pour autant, il n’est pas un décliniste, mais plutôt         moyennes dans les pays dévelop-            décomposition est à l’origine des
un infatigable combattant du redressement de la              pés. Celle de la zone euro ensuite,        autres maux français : le surendet-
France, qui passe d’abord par la compétitivité               qui découle du surendettement des          tement public ; le chômage per-
de ses entreprises, de son territoire et de son              Etats, de la chute de la croissance        manent ; le déchirement du corps
modèle social.                                               potentielle et d’une gouvernance           social.
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CroissancePlus : Le Petit Journal de Campagne - Numéro 2

  • 1. 4 NUMÉROS — JOURNAL BIMENSUEL — PARUTION DU JEUDI 2 FÉVRIER 2012 CONSOLIDER LES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS LA COMPÉTITION MONDIALE WWW.CROISSANCEPLUS.COM
  • 2. 3 créativité. Il importe de les préserver mais en même temps de modifier le cadre économique, social, fiscal, au sein duquel opèrent nos entreprises, comme le pro- Hors de la compétitivité, pose avec constance Crois- sancePlus depuis quelques point de salut… années, non sans succès. Comme l’explique fort bien Nicolas Baverez, cela passe D ans ce Deuxième numéro Du « P etit J our - par une réforme substan- nal De c amPagne » c roissance P lus De tielle du modèle économique Destiné à alimenter De façon Directe , français. Ce sujet doit être transParente et Dynamique les Débats éco - au cœur des débats des nomiques et sociaux Des élections Pré - élections à venir. Les enjeux siDentielle et législatives , nous avons sont décisifs. Nous devons choisi D ’ aborDer le thème De la comPé - trouver les ressources pour titivité Des entrePrises . n ous Donnons créer les emplois d’au- également notre oPinion sur la comPéti - jourd’hui et de demain. Nous tivité De la f rance , car les Deux suJets devons adapter notre appa- sont étroitement liés , Dans le caDre De la reil industriel afin que le site comPétition monDiale . de production France rede- vienne attrayant et source de création de richesses. Dans l’interview qu’il nous a accordée, Nicolas Nous devons permettre aux Baverez, dont on connaît l’esprit aiguisé et la plume entreprises d’évoluer dans acérée, cadre très bien le sujet : aujourd’hui, la un environnement souple, France est dans une situation difficile. Elle est tou- adaptable, tenant compte de chée par des crises diverses qui affectent sa com- l’évolution de plus en plus pétitivité et sa position dans l’économie mondiale. rapide des conditions écono- Elle n’est pas la seule, mais en Europe, on voit miques. C’est à ce prix que la bien se dessiner une tendance qui coupe le Vieux France tiendra son rang dans continent en deux parties, le nord qui se redresse, la compétition mondiale. à l’image de l’Allemagne, et le sud, en proie aux difficultés que l’on connaît. La France est au milieu Olivier Duha, du gué. Elle doit rester sur la bonne rive du fleuve. Président de CroissancePlus Que l’on ne dise surtout pas que c’est impos- sible. Notre pays dispose d’atouts majeurs que sont ses entreprises, et notamment ses PME, son potentiel de recherche, ses jeunes diplômés, sa 02. 2012
  • 3. 4 5 LE PETIT JOURNAL DE CAMPAGNE EST ÉDITÉ PAR CROISSANCEPLUS Quelques mots sur CroissancePlus PREMIÈRE ASSOCIATION FRANÇAISE DES ENTREPRENEURS DANS L’ACTUALITÉ 4 DE CROISSANCE, CroissancePlus réunit une nouvelle génération de 350 entre- preneurs innovants afin de réformer l’environnement économique, social, juridique Vivre sans le triple AAA et fiscal, et favoriser la création d’entreprises et d’emplois en France. Présidée par Sommet social, mode d’emploi Olivier DUHA , CroissancePlus agit au quotidien comme force de propositions et La zone euro face à un défaut grec ? de lobbying en formulant de nombreuses recommandations auprès des pouvoirs publics et des leaders d’opinion. Lieu d’échanges et de networking, CroissancePlus VU DANS LA PRESSE 8 s’impose également dans le débat public à travers l’organisation de nombreux évé- nements autour de personnalités politiques et économiques de tout premier plan. L’économie américaine sur la voie du redressement ? (New York Times) La Scandinavie, paradis du capital investissement (La Tribune) PORTER TOUJOURS PLUS HAUT L’ESPRIT D’ENTREPRISE ET Un entrepreneur à la Maison-Blanche ? (The Economist) FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES ENTREPRENEURS DANS LES MÉDIAS, Si vous voulez des comportements adultes, telle est la volonté de CroissancePlus qui accompagne les dirigeants d’entreprise traitez les gens comme des bébés… (Financial Times) dans leur développement en France et à l’international. La croissance par l’investissement (Le Figaro) 20 millions de dollars de dons pour Wikipédia (Le Monde) Nos missions DOSSIER — Renforcer les entreprises françaises dans la compétition mondiale 12 ÊTRE UNE FORCE DE PROPOSITIONS RECONNUE DES POUVOIRS PUBLICS. Les propositions de CroissancePlus émanent d’hommes 1 / Pour un vrai Made in France et de femmes de terrain, de commissions et groupes de travail qui se réunissent 2 / Améliorer notre approche des marchés extérieurs régulièrement dans les domaines suivants : création et financement d’entreprise / 3 / Assouplir l’environnement fiscal, social et financier des entreprises juridique et fiscal / social et emploi / recherche et innovation / relations grands 4 / Réduire les délais de paiement groupes-PME / international / croissance responsable. Propositions consultables sur www.croissanceplus.com. Les chiffres de la compétitivité 22 CONSTITUER UN RÉSEAU PERFORMANT D’ENTREPRENEURS LE GRAND ENTRETIEN — CroissancePlus est également un lieu reconnu d’échanges et de rencontres per- Nicolas Baverez : La modernisation du modèle mettant de développer des synergies entrepreneuriales, des compétences tech- économique français n’a rien d’impossible 24 niques ou tout simplement partager expérience et bonnes pratiques. Les nombreux événements : déjeuners et dîners-débats, petits-déjeuners thématiques, Be to Be, IDÉES 30 déjeuners mensuels business, etc… sont autant d’occasions d’accueillir des per- sonnalités de tout premier plan et contribuer à la notoriété de CroissancePlus et de Management ses membres. Lu pour vous Débats Livres RÉDACTION ET DOCUMENTATION : Antoine Bayle • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • DIRECTION ARTISTIQUE – GRAPHISME : Alexandra Roucheray, Olivia Grandperrin • • • • • • • • • • • • • PETITES HISTOIRES DE LA GUERRE ÉCONOMIQUE 36 COMITÉ ÉDITORIAL : Florence Dépret, Clothilde Hervouet, Gwennaelle Pierre, Emmanuelle Skowron • • UN JOURNAL RÉALISÉ PAR Les Rois Mages - www.lesroismages.fr - téléphone : 01 41 10 08 08 • • • • Chanakya, le Machiavel Hindou 02. 2012
  • 4. 6 7 tout faire pour former les salariés dans de CroissancePlus (lire l’encadré) qui L’exemple du Le modèle social l’entreprise plutôt que de les licencier » estime que des améliorations apportées a affirmé Nicolas Sarkozy. sur ces deux sujets clés pourraient limi- « Kurzarbeit » français face à la ter les effets de la crise notamment pour L’autre mesure annoncée à l’issue du les entreprises de croissance. en Allemagne crise — sommet est l’embauche de 1 000 sala- riés en CDD pour renforcer les effectifs Même si le sommet du 18 janvier n’avait Pendant la crise de 2009, où le PIB de Pôle Emploi. Enfin, les très petites pas vocation à résoudre, en une seule avait chuté de 5,1%, le marché du Le sommet social qui s’est déroulé le entreprises (TPE) qui embauchent des réunion, l’ensemble des problématiques travail allemand a fait preuve d’une 18 janvier dernier à l’Elysée devait per- jeunes de moins de 25 ans, bénéficieront sociales du pays, il témoigne néanmoins résistance assez remarquable, grâce mettre au Président de la République de d’une exonération de charges sociales. d’une volonté d’agir dans un domaine à des mesures de chômage partiel, présenter aux partenaires sociaux un Au total, ce dispositif représente près de clé pour l’avenir de notre économie « kurzarbeit », qui ont permis de certain nombre d’initiatives d’urgence 430 millions d’euros de dépenses. dans les contraintes budgétaires que réduire le temps de travail sans aug- destinées à enrayer l’augmentation du l’on connaît. menter le chômage. En juin 2009, le chômage. Ce dernier atteint en effet Par ailleurs le chef de l’Etat a indiqué L’emploi des jeunes, la flexibilité du gouvernement a décidé de rallonger un niveau préoccupant : le nombre de que six chantiers prioritaires, dont cer- temps de travail, la réorientation de la durée possible du « kurzarbeit » à demandeurs d’emploi s’est accru de tains ne concernent pas directement l’épargne vers les entreprises sont des 24 mois (au lieu de six mois), tandis 122 000 personnes au cours des onze la situation de l’emploi, seraient enga- axes stratégiques majeurs pour relancer que l’Agence fédérale de l’emploi premiers mois de 2011. Qu’est-il sorti de gés d’ici l’élection présidentielle : la l’activité et améliorer la compétitivité de prenait en charge 100% des charges ce sommet ? Quelques décisions à effet TVA sociale ; la flexibilité du temps la France. sociales des salariés placés en chô- immédiat et la réaffirmation par le chef de travail notamment par le biais des mage partiel. Ces mesures excep- de l’Etat d’un certain nombre de chan- accords compétitivité-emploi ; la réforme C’est la raison pour laquelle Crois- tionnelles, qui ont été supprimées tiers prioritaires. Du côté des mesures de la formation professionnelle dont l’an- sancePlus propose notamment de créer depuis, ont bénéficié, au plus haut, à concrètes, le gouvernement va faciliter cien président du Sénat, Gérard Larcher, un revenu progressif pour les jeunes 1,1 million de salariés. Cela a permis le dispositif qui encadre le chômage devra définir les bases ; la hausse de de 17-24 ans, (dont le taux d’emploi aux entreprises allemandes d’at- partiel, rebaptisé « activité partielle ». l’offre de logements, la création d’un en France est le plus faible de tous les tendre la reprise de leurs carnets de organisme pour financer l’industrie et la pays industrialisés) et une annualisation commandes sans avoir à procéder à L’idée est de simplifier le mécanisme taxe sur les transactions financières. « nationale » du temps de travail (via une des licenciements massifs. Mais un actuel et de le rendre plus accessible négociation globale et une loi-cadre). tel dispositif demande que trois aux PME. L’objectif est « de tout faire Parmi les décisions du gouverne- Ces mesures permettront de sécuriser conditions au moins soient réunies : pour éviter de couper les liens entre ment, la réforme du dispositif du chô- l’emploi tout en donnant une marge de l’absence de volonté de licencier, le salarié et son entreprise, tout faire mage partiel et la flexibilité du temps manœuvre aux entreprises dans des une reprise de l’activité dans un délai pour maintenir en activité les salariés, de travail, font écho aux propositions périodes difficiles. rapide, la capacité de l’Etat à finan- cer le coût d’une telle mesure. 02. 2012
  • 5. Les 7 propositions 8 de CroissancePlus 9 au Président La vie de la République sans Triple A — Le 13 janvier dernier, Croissance Plus a été reçu par Nicolas Sarkozy. La décision de Standard & Poors de pri- Enfin, les analystes de S&P n’ont pas Et si l’on parlait Il s’agissait de lui faire partager un ver la France de sa notation Triple A était été suivis par les autres agences, ce certain nombre de propositions redoutée. Finalement, elle n’a eu, pour qui relativise quelque peu leur décision. davantage de concrètes pour que les entreprises l’instant, que peu d’effets. L’émission de Surtout, il n’est pas niable que les gou- françaises contribuent à l’amé- dette souveraine réalisée par la France vernements de la zone euro sont, de croissance ? — lioration de la compétitivité et de dans les jours qui ont suivi s’est faite à fait, engagés dans des processus de l’emploi en France. Olivier Duha, un taux inférieur à 2%, moins élevé que réformes structurelles et de baisse de Président de CroissancePlus, a lors d’émissions analogues réalisées au l’endettement qui, s’ils n’ont pas encore Il serait temps de penser un peu à la notamment mis l’accent sur le fait mois de décembre 2011. La raison en porté leurs fruits, n’en sont pas moins croissance… C’est apparemment la que l’allègement du coût du travail est multiple : d’abord la perte d’une note significatifs et mesurables. C’est notam- conviction qui commence à gagner peu devait être une priorité pour que la souveraine se fait sentir sur le moyen et ment le cas de l’Italie où le gouverne- à peu les chefs d’Etat et de gouverne- France reste compétitive. Il a égale- long terme, puisqu’un certain nombre ment a adopté le 20 janvier 2012 un ment de l’Union Européenne. Après ment insisté sur la nécessité d’aug- d’institutions ou d’entreprises, liées plan de réformes structurelles, portant avoir multiplié les plans d’austérité se menter le temps de travail avec une d’une façon ou d’une autre à la signa- notamment sur l’ouverture à une plus traduisant en général par une hausse de flexibilité dans sa mise en œuvre. ture de l’Etat, sont aussi dégradées. grande concurrence de secteurs entiers la fiscalité et une baisse des dépenses CroissancePlus s’est également Ensuite, la sanction de S&P portait sur- de l’économie : banques, assurances, publiques, ce qui entraîne dans certains dite préoccupée par la situation des tout sur la gouvernance de la zone euro, professions libérales, distribution, pays des conséquences rudes pour la PME face aux délais de paiement sur la lenteur du processus de décision, transports publics locaux, pharmacies, population, notamment en Espagne, en qui s’allongent de façon anormale, sur les dérapages de calendrier entre taxis… Irlande, en Italie, mais aussi en France, une tendance dangereuse pour leur les mesures annoncées et les mesures sans parler de la Grèce, les respon- croissance et leur pérennité. prises, concernant notamment le finan- sables politiques prennent conscience cement du FESF et la conclusion de de la difficulté de tenir cette direction Dans le cadre de cette rencontre, l’accord entre la Grèce et ses créan- sans tenter, en même temps, de relancer CroissancePlus a remis au Président ciers. La France, en tant que membre l’activité. Or, ceci n’est pas forcément de la République sept propositions clé de la zone euro, a donc payé, en contradictoire. Le sommet européen du concrètes : partie, une défaillance collective. 30 janvier devait se révéler intéressant à cet égard, puisqu’il est censé examiner / Faire respecter la loi sur les délais un plan en plusieurs points, présenté de paiement et porter progressive- par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au ment le délai à 30 jours AAA Président du Conseil européen, Herman / Mieux répartir la pression fiscale Van Rompuy, pour renforcer la crois- sur les entreprises pour relancer sance, l’emploi et la compétitivité et l’investissement AA+ prévoyant même la création d’un fonds / Passer de l’épargne stérile à spécial de croissance et de compéti- l’épargne fertile tivité. Ces lignes étant écrites avant la / Annualiser le temps de travail au A tenue du Sommet, les lecteurs du Petit plan national Journal de Campagne seront donc en / Créer un revenu progressif pour mesure de juger si les dirigeants fran- les 17-24 ans çais et allemands ont été jusqu’au bout / Instaurer un contrat de travail BBB+ de leur initiative… unique avec gain de droits progres- sifs / Adapter la représentativité du CC personnel aux caractéristiques des PME 02. 2012
  • 6. 10 11 C’est pourquoi nous faisons plus de L’économie progrès que l’Europe, en tout cas, il est clair que l’Europe fait pire que nous. américaine sur Pour une raison simple : elle s’effraye des mauvaises choses. La Banque cen- la voie du redres- trale européenne se soucie de l’inflation (au point qu’elle a relevé les taux en sement ? 2011 avant de se raviser un peu plus tard), au lieu de se soucier de soutenir la reprise de l’économie. » « Comment se porte l’Amérique ? Il faut bien reconnaître que l’état de l’écono- Paul Krugman, mie est terrible. Trois ans après l’arri- New York Times, 24 janvier 2012 vée au pouvoir du président Obama, et deux ans et demi après la fin officielle de la récession, le chômage demeure La Scandinavie, à un niveau douloureusement élevé. Pourquoi laissais-je une lueur d’opti- paradis du capital misme poindre à travers les nuages ? Les statistiques économiques ont été investissement un peu meilleures ces derniers temps. Mais une hirondelle ne fait pas le prin- temps. Plus important : il y a des signes « Le capital investissement scandinave qui montrent que les deux problèmes est en plein boom. Et ce, malgré un qui sont à l’origine de nos difficultés, contexte morose pour l’ensemble du l’effondrement de l’immobilier et une secteur en Europe. En 2011, les pays dette privée excessive, sont en voie nordiques ont représenté 21% des 94 d’amélioration. Sur la question de l’im- milliards de dollars d’opérations de mobilier, un cercle vertueux pourrait capital equity réalisées en Europe selon s’engager : une reprise de l’économie, Thomson Reuters. Non seulement la même légère, pourrait entraîner une part du capital investissement scandi- reprise de la construction, qui consoli- nave a doublé depuis un an, mais son derait la relance de l’économie et ainsi poids est désormais supérieur à celui de suite. En outre, nous avons réalisé du Royaume-Uni. Les pays nordiques des progrès significatifs en matière de comptent aujourd’hui 155 fonds d’in- diminution de la dette privée, comme le vestissement, disposant d’une capacité montre un récent rapport de McKinsey. d’investissement de 13 milliards d’euros. 02. 2012
  • 7. 12 13 compagnon. C’est cher et c’est mau- Si vous voulez des vais pour les mariages. Pourtant, tout le monde voyage. La plupart des entre- L’une des explications de cette vitalité comportements prises tentent de résoudre le problème avec cette logique low-cost pour lui est la vigueur des banques scandi- en interdisant tout voyage, sauf les plus substituer un schéma fondé sur l’inves- naves, en bien meilleure posture que adultes, traitez importants. Mais cela ne marche pas. tissement. Sur ce point notre pays ne leurs homologues du reste de l’Europe. C’est trop vague, car chacun affirme cesse de reculer. Les 125 entreprises En outre, la Scandinavie affiche des les gens comme que « son » voyage est important. Si, françaises qui dépensent le plus en R&D taux d’endettement public nettement au contraire, vous traitez tout le monde ont baissé annuellement leur effort de inférieurs à ceux des autres pays euro- des bébés… comme des bébés et imposez des 0,4% ces trois dernières années. » péens (en moyenne 50% du PIB). » règles arbitraires, les gens n’ont d’autre choix que de s’y plier. Imposer de telles Gilles Le Blanc, Christine Lejoux, « Lloyds Bank a trouvé une nouvelle décisions sur des adultes est moins Le Figaro, 16 janvier 2012 La Tribune, 17 janvier 2012 façon d’économiser de l’argent : elle étrange qu’il n’y paraît. L’histoire sug- interdit à ses cadres de voyager durant gère que les êtres humains aiment plu- la troisième semaine du mois. Comme tôt cela. Et si l’interdiction des voyages c’est pathétique, ai-je pensé lorsque au cours d’une semaine donnée est 20 millions Un entrepreneur à j’ai entendu cela. Cette idée semble un une bonne idée, alors il faut l’élargir aux non sens : si un voyage est important, il autres domaines dans lesquels nous ne de dollars de dons la Maison-Blanche ? doit être entrepris au moment où il faut. sommes pas sages. Cela pourrait être Et s’il n’est pas important, inutile de le une solution au problème des emails, pour Wikipédia faire. Plus grotesque encore, la banque des réunions, des déjeuners d’affaire « Mitt Romney, le candidat Républicain explique que cette décision fait par- et quand aux petits-déjeuners d’affaire, à l’élection présidentielle, a quelque tie de son programme « Intelligence et ils pourraient être interdits tous les « Quelque 450 millions de personnes chose dont le président et ses autres Responsabilité » et en accord avec l’une jours… » consultent chaque mois Wikipédia. adversaires Républicains manquent de ses valeurs phares : « Nous agissons Nancy Kellaway, L’encyclopédie est traduite en 280 lan- cruellement : une expérience de l’entre- de façon sage ». Lloyds prétend que Financial Times, 16 janvier 2012 gues, et propose 1,1 million d’articles en prise. Pendant vingt-cinq ans, il a gagné ce dispositif a rencontré un vif succès. français consultés par 18,8 millions de beaucoup d’argent en aidant des entre- Depuis qu’il a été mis en place, il y a six lecteurs. C’est le quatrième site le plus prises, en tant que consultant, à devenir mois, le nombre de voyages a diminué La croissance par visité du monde après Google, Yahoo !, plus efficaces. Oui, dans certains cas, de 70 000, ce qui représente une éco- You Tube et Facebook. Indépendante, cela a amené à licencier des salariés, nomie de 1,5 million de livres par mois. l’investissement l’encyclopédie participative est financée mais cela a aussi nourri la croissance Mieux encore : le nombre de voyages au à 85% par des dons de particuliers, le de l’économie. Jusqu’à maintenant, Mitt cours des trois semaines « autorisées » reste provenant de fondations. La der- Romney ne s’est pas vraiment défendu est en légère baisse. Donc cette idée « On parle sans arrêt de l’explosion de la nière campagne de collecte de fonds, contre ceux qui l’attaquent, dans un n’est peut-être pas aussi stupide, après dette publique. Mais on oublie que c’est qui s’est terminée le 3 janvier, a battu un esprit de « destruction créative » qui est tout. Peut-être est-il nécessaire de traiter celle des ménages qui a augmenté le record : 20 millions de dollars, donnés l’essence même du capitalisme. Il dit ses cadres adultes comme des bébés plus fortement en dix ans : + 60%. C’est par 1 million de personnes. Wikipédia qu’il a créé 100 000 emplois lorsqu’il parce que, contrairement à la devise le déclenchement d’un véritable cercle s’inscrit dans le courant coopératif né était chez Bain. C’est un chiffre impos- « Nous agissons de façon sage », ces vicieux : recherche des prix les plus bas avec Internet. Pour ses fondateurs, sible à prouver, mais il pourrait défendre cadres adultes se comportent de façon pour continuer à consommer malgré Wikipédia est un temple de l’esprit, un plus fortement l’idée que les avantages très peu sage lorsqu’il s’agit de voyager. des salaires en berne, augmentation lieu où apprendre et partager la connais- des restructurations sont bien supé- Tout le monde voyage plus que néces- des importations des pays émergents, sance, pas un espace marchand. » rieurs à leurs inconvénients. » saire. C’est une épreuve difficile de se pression accrue sur les entreprises retrouver seul dans une chambre d’hôtel domestiques pour réduire leurs prix et Frédéric Joignot, The Economist, 14/20 janvier 2012 anonyme, avec le minibar comme seul leurs coûts. Il faut rompre radicalement Le Monde, 14 janvier 2012 02. 2012
  • 8. RENFORCER LES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS LA COMPÉTITION MONDIALE La partie qui se joue dans l’économie mondiale est sérieuse : nous n’en Depuis quelques années, la compé- de 20 milliards de plus qu’en 2010. sommes encore qu’au début de la montée en puissance des entreprises titivité du site de production français Cette dérive est liée à la perte de venues des pays émergents qui élargissent chaque jour davantage leur est entamée. Deux indicateurs le compétitivité des produits français, champ de compétences technologiques, commerciales ou financières. révèlent sans ambiguïté : la baisse puisque dans les mêmes conditions L’Europe, et en particulier la France, dont il ne faut pas minorer le rôle dans de l’emploi industriel et le déficit de macro-économiques et avec un les échanges mondiaux, ont néanmoins une place, des entreprises, un site notre balance commerciale. Entre taux identique de l’euro par rapport de production, des emplois à défendre mais surtout à développer. Les che- 1980 et 2009, l’industrie française aux autres monnaies identique, les mins de la croissance passent obligatoirement par un renforcement de la a perdu 2 millions d’emplois. Selon entreprises allemandes ont franchi compétitivité des entreprises françaises, mais aussi du site de production les études de l’INSEE, le rythme des l’année dernière la barre symbolique France. Cela implique des améliorations à apporter à l’environnement fiscal, disparitions d’emplois s’est accéléré des 1 000 milliards d’euros d’expor- économique et social des entreprises et une approche de la compétition plus ces dix dernières années, au cours tations, soit plus que le double des groupée de la part de « l’équipe de France »… Analyse et témoignages… desquelles environ 60% de ces des- exportations françaises. tructions ont été directement liées à mois, c’est probablement la ques- la concurrence étrangère. Quant au tion la plus importante qui se posera déficit commercial, il atteindra pour Pour un vrai en matière de définition d’une poli- l’année 2011 le montant record de tique économique et sociale pour près de 75 milliards d’euros, soit plus Made in France les années qui viennent. La compé- titivité d’une entreprise est liée à de Po u r p e r m e t t r e a u x e n t r e p r i s e s f r a n - Comment rendre plus compéti- très nombreux facteurs. Certains çaises d’exporter encore plus leurs pro- tif le site de production France ? sont internes à l’entreprise (mode de ductions à valeur ajoutée nationale, une Comment faire en sorte que le fonctionnement, process de fabrica- parité entre l’euro et le dollar serait « Made in France » reste une réfé- tion, technologies, qualité des diri- très appréciable. Un euro à 1,30/1,40 rence sur les marchés étrangers et geants, formation des salariés…). d o l l a r n e fa c i l i t e p a s l ’ ex p o r t a t i o n d u que les emplois industriels ne soient Mais elle dépend aussi d’éléments ‘Made in France’, et n’incite pas non pas irrémédiablement condamnés extérieurs : environnement social et p l u s à r e l o c a l i s e r d e s fa b r i c a t i o n s e n à être délocalisés vers des pays fiscal, dispositifs d’aides et d’assu- France. » dont le coût du travail est beaucoup rance, valeur de la monnaie, effica- — moins élevé ? Pour la future équipe cité du secteur financier et bien sûr, CHRISTIAN DELAGE, Christian Delage, qui dirigera le pays dans quelques coût du travail. Dirigeant des Bouchages Delage Dirigeant des Bouchages Delage (DR)
  • 9. 17 Renforcer les entreprises françaises dans la compétition Améliorer notre A uj our d’hui , 30 % de ve nte s sont fa i te s da ns l e s nos mondiale — approche des pa ys é m e r ge nts e t c e tte pa r t a tte i ndr a 50 % d’i c i de ux marchés extérieurs a ns. L’i nte r na ti ona l , c ’e st l a r e m i se e n c a use pe r m a ne nte . Le potentiel français à l’exporta- Ve ndr e à l ’é tr a nge r, c e n’e st tion existe, il n’y a qu’à considérer pa s j uste e nvoye r de s c om - Redonner de la compétitivité au site dans la logique du développement les performances des entreprises pa tr i ote s à l ’a utr e bout du de production France est donc une de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou membres de CroissancePlus dans m onde . I l fa ut a da pte r de s priorité mais ne peut que se réali- de la Russie, que les entreprises de leur déploiement international. Mais offr e s i nno va nte s e n pr e na nt ser sur le moyen terme. Cela passe ces pays accélèrent dans les années ce potentiel doit être renforcé au tra- e n c om pte l e s spé c i fi c i té s de s par une action concertée incluant la qui viennent leur déploiement hors vers de plusieurs types de mesures m a r c hé s l oc a ux. » baisse du coût du travail, l’assou- de leurs frontières. La France doit ou d’actions concrètes pour aider la — plissement de la durée du travail, être en position d’entrer en compéti- France à tenir son rang dans la com- O L I VI E R CA I X, mais aussi une concentration des tion avec les autres pays européens pétition mondiale. Dirigeant de Diana efforts de l’Etat sur des axes de pour en capter une partie, ce qui recherche et de développement sera facteur de création d’emplois et Une première idée serait de renforcer prioritaires. Mais il faut aussi accé- de richesses… les réseaux d’entreprises françaises. lérer le processus de transformation Ce n’est un mystère pour personne des PME en ETI, pourquoi pas en que l’efficacité des entreprises alle- initiant l’écriture d’un Small Business mandes à l’étranger repose sur une Act à la française. Le processus de solidarité des entreprises entre elles, mutation vers les ETI ne peut s’ac- notamment entre les grands groupes complir que si ces entreprises de et les PME. Une telle solidarité fait taille intermédiaire se déploient lar- défaut aux entreprises françaises. gement vers les marchés extérieurs ; Il est nécessaire de l’instaurer. Les ce qui implique une forte capacité grands groupes peuvent agir à deux d’innovation. niveaux : mettre à disposition des petites et moyennes entreprises Pour donner envie aux futurs chefs leurs réseaux commerciaux et leur d’entreprise de se lancer à l’internatio- organisation logistique ; privilégier nal, il fa u t m on t r er l es g r an d s s u ccès l’offre française dans la réponse français, les grandes réussites de so- aux appels d’offres, dans lesquels ciétés françaises à l’étranger. Cet effort les grandes entreprises pourraient d’exemplarité doit tourner autour de réserver une part à leurs sous-trai- produits du quotidien et non seulement tants ou partenaires français. Olivier Caix, Dirigeant de Diana (DR) d’innovations technologiques. » Dans un autre ordre d’idée, — CroissancePlus propose la création françaises « chassent en meute » JEAN RAUSCHER, Jean Rauscher, Dirigeant d’Yseop, dans un certain nombre de pays si possible autour d’un champion Dirigeant d’Yseop, Co-président Co-président de la Commission Internationale d’une Maison France-Business, national déjà bien implanté. On de CroissancePlus (DR) de la Commission Internationale qui serait un centre d’affaires d’une pourrait même imaginer que les de CroissancePlus taille critique convenable (regrou- locaux de ces Maisons France- pant une centaine d’entreprises) et Business soient proches de ceux Enfin, l’enjeu de l’amélioration de leur proposant des services variés et d’une grande entreprise française la compétitivité du site France est adaptés lors de la prospection ou de disposant d’une présence forte dans aussi dans notre capacité à attirer l’implantation sur un marché étran- le pays considéré afin de tisser des des investissements étrangers. Il est ger. L’objectif est que les entreprises liens et de renforcer les coopérations.
  • 10. 19 Renforcer les entreprises Le développement international des françaises dans la compétition entreprises est créateur de richesses dans notre pays. Tout emploi créé à l’international est en réalité le plus mondiale — souvent égal à un emploi créé en France, par l’effet direct qu’il a sur la croissance de l’entreprise et sa capacité à créer de la valeur. Enfin, parmi les multiples autres actions à mener, il convient de renfor- Parmi les services que cette struc- cer le potentiel de soutien à l’export, Se l a nc e r à l ’i nte r na ti ona l , ture pourrait rendre aux entreprises d’améliorer les conditions de l’assu- c ’e st r é pondr e a ux be soi ns figurent notamment l’assistance- rance risque pays et risque client, spé c i fi que s de c ha que pa ys secrétariat, l’assistance juridique, et de rendre les grandes écoles vi sé . E n E spa gne pa r exe m pl e , la traduction et l’interprétariat, la d’ingénieurs françaises plus visibles l e ta ux de c hôm a ge (pr è s de comptabilité, un data center, des à l’international (à l’image de l’Ecole 20 % de l a popul a ti on a c ti ve ) salles équipées pour visio et audio centrale en Chine, par exemple, obl i ge à a da pte r nos offr e s. conférences. dont nous avons parlé dans le pre- A xi a te l a a i nsi dé ve l oppé de s mier numéro du Petit Journal de se r vi c e s de ve nte e n l i gne gr a - Campagne), au besoin en organisant tui ts ou sa ns fr a i s d’i nsta l l a - Il faudr ai t q u e l es g r an d s g r ou p es un regroupement des moyens. Ces ti on pa r exe m pl e . L’expé r i e nc e qui sont p r és en t s d an s t ou s l es p ay s actions seraient une façon de trans- de l ’e ntr e pr e ne ur i a t à l ’é tr a n- du m on d e, q u i on t u n e ex p ér i en ce Alexandre Gérard, Dirigeant d’inov-On former les entreprises en multinatio- ge r n’e st pa s à pr e ndr e à l a de t e rrai n , q u i on t l es r éf ér en ces et et de Chronoflex (DR) nales de la connaissance technolo- l é gè r e . I l y be a uc oup de suj e ts le s contact s , p r en n en t s ou s l eu r ai l e gique et scientifique et en un outil de à m a î tr i se r c om m e l e s m oye ns un ce rt ai n n om b r e d ’en t r ep r i s es q u i Il y a d e u x l e vi e r s p o u r d é ve - promotion du savoir-faire français à de pa i e m e nt, l e s que sti ons ve ule nt s ’i m p l an t er à l ’ét r an g er, q u e l o p p e r l e s E T I. L e p r e mi e r l’étranger. de TVA ou les di ffé r e nc e s c e soien t d es s ou s -t r ai t an t s ou d es se r a i t d e c o n f i e r u n e p a r t i e c ul tur e l l e s. Mais c ’e st une part enai r es , p ou r l eu r ap p or t er s ou - d e l a c o mma n d e p u b l i q u e a u x expé r i e nc e c r uc i a l e . Se r e - t ie n e t s av oi r-fai r e. » e n t r e p r i se s d e 3 0 0 o u 4 0 0 tr ouve r e n fa c e d’e ntr e pr i se s — p e r so n n e s. C ’ e st l e se n s d ’ u n c hi noi se s ou a m é r i c a i ne s qui AL EXAN DRE S AU BOT, S ma l l B u si n e ss A c t à l a f r a n - ont de gr a nde s fa c i l i té s e n de - Dirigeant d’Haulotte ç a i se . A l ’ i n t e r n a t i o n a l , l ’ E t a t hor s de l e ur s fr onti è r e s, c ’e st pourrait é g a l e me n t inciter e nr i c hi ssa nt. » l e s g r a n d s c o mp t e s f r a n ç a i s — Transformer des entreprises moyen- à c o l l a b o r e r a ve c l e s P M E . Il SA CH A D O L I N E R , nes en entreprises exportatrices p o u r r a i t s’ a g i r d ’ u n syst è me D i r i ge a nt d’A xi a te l nécessite aussi que l’exemplarité i n c i t a t i f p o si t i f p o u r q u e l e s soit un moteur. On ne parle pas P M E o u l e s E T I p u i sse n t so u s- assez dans les médias des PME qui t r a i t e r d a va n t a g e . U n e t e l l e exportent, on ne voit pas assez de me su r e p e r me t t r a i t u n a p p e l témoignages de patrons globe-trot- d ’ a i r mé c a n i q u e . C a r q u a n d o n ters. On pourrait fort bien décréter ve u t se d é ve l o p p e r à l ’ i n t e r- une « Année de l’international » qui n a t i o n a l , c e q u i c o mp t e c ’ e st ferait des entreprises exportatrices l a p r e mi è r e ma r c h e . » des champions nationaux. En paral- — lèle, il importe de lutter contre l’idée A L E X A N D R E G É R A R D, que tout emploi créé à l’étranger est D i r i g e a n t d ’ i n o v- O n e t un emploi supprimé en France. d e C h r o n o f l ex Sacha Doliner, Dirigeant d’Axiatel (DR)
  • 11. 21 Renforcer les entreprises charges sociales sur les entreprises CroissancePlus propose que le réfé- françaises dans la compétition puisqu’une partie des charges de rentiel de la durée légale du travail la protection sociale est transférée sur une base annuelle soit appliqué vers la consommation. À l’heure avec un minimum hebdomadaire mondiale — où ce numéro part sous presse, le Président de la République, Nicolas de 30 heures et un maximum de 40 heures, afin de conserver une cer- Sarkozy, n’a pas encore détaillé le taine stabilité pour les salariés. dispositif exact qu’il prévoit d’an- En outre, la politique visant à alléger noncer aux Français dans quelques le coût du travail en faveur des sala- jours. Cependant, il était d’ores et riés les moins qualifiés et des bas déjà acquis qu’une augmentation du salaires est une stratégie positive Assouplir l’envi- U n e é t u d e r é c e n t e a f f i r me q u e taux de TVA, assortie d’une baisse pour l’emploi. Il convient donc de la l e s so c i é t é s f r a n ç a i se s o n t des charges sociales patronales et préserver. ronnement fiscal, 3 5 % d e mo i n s d e r é su l t a t b r u t salariales, serait très bientôt mise en d ’ exp l o i t a t i o n par rapport place. C’est un premier pas encou- N ous a vons un pr obl è m e a ve c social et juridique a u x e n t r e p r i se s a l l e ma n d e s. rageant, consistant à détaxer le travail. l e c oût du tr a va i l e n F r a nc e . Po u rq u o i ? Pa r c e que nous I l fa udr a i t fl ui di fi e r l e m a r c hé des entreprises so mme s ponctionnés d’une La deuxième condition d’une amé- du tr a va i l e t a c c e pte r l ’i dé e ma n i è r e ext r ê me me n t forte. lioration de l’environnement social qu’une e ntr e pr i se doi t a voi r Restaurer la compétitivité des entre- C ’ e st é n o r me . A i d o n s p l u t ô t des entreprises serait d’augmen- une va r i a bl e d’a j uste m e nt sur prises, c’est restaurer la compétiti- l e s e n t r e p r i se s q u i ve u l e n t ter le temps de travail. Le sujet est sa m a sse sa l a r i a l e . A l ’é tr a n- vité de notre environnement fiscal, se d é ve l o p p e r, à g r a n d i r l e complexe, mais il n’est plus permis ge r, i l s l ’ont bi e n c om pr i s. J e social et juridique. Cela passe par p l u s p o ssi b l e . N o u s so mme s, d’ignorer une constatation d’évi- pe nse à un c ontr a t de tr a va i l un certain nombre d’actions et de c h e z CroissancePlus, beaucoup dence : la flexibilité du marché du uni que ou à de s pr oc é dur e s mesures concrètes visant à produire d’entrep r e n e u r s à a vo i r c e t t e travail est un moyen de créer massi- de l i c e nc i e m e nt qui se r a i e nt moins cher, à créer un droit du tra- capacité de d é ve l o p p e me n t . vement des emplois. Il importe donc m oi ns pe r ç ue s pa r l e sa l a r i é vail moins rigide, à améliorer la ren- L a i sse z - n o u s d é ve l o p p e r n o s que cette question fasse l’objet d’un c om m e pa r l e di r i ge a nt c om m e tabilité des PME et à assainir nos e n t r e p r i se s. » débat et d’initiatives législatives afin un dr a m e . » finances publiques dans la durée. — que les PME puissent s’adapter — Les conditions du produire moins E V E LYN E P L AT N IC C O H E N , rapidement à l’évolution de l’envi- F R A N ÇO I S B I E B E R , cher sont assez bien connues. Le Dirigeante de Booster Academy ronnement économique. Dirigeant de C2B-NetAffiliation premier constat est qu’en France, le coût du travail est trop élevé et que CroissancePlus préconise un retour les salaires sont trop bas. Comment à une durée légale du travail de 39 sortir de ce paradoxe dans un esprit heures, mais dans le cadre d’une citoyen et une éthique de responsa- annualisation nationale du temps bilité ? Le but d’un système fiscal est de travail (via une négociation glo- de parvenir à améliorer le potentiel bale et une loi cadre) qui permettrait des entreprises de ce pays, favoriser à la fois de sécuriser l’emploi des la prise de risque et l’investissement salariés et de donner une marge productif, et générer des compor- de manœuvre aux entrepreneurs tements vertueux de création de dans les périodes difficiles en évi- richesse. tant de recourir à des licenciements. Parmi les mesures envisageables L’activité des entreprises est par figure notamment l’instauration de la nature erratique. Pouvoir ajuster son TVA emploi. Nous avons déjà décrit effort de production à la volatilité les avantages de ce mécanisme dans de la demande par un référentiel de le premier numéro du Petit Journal temps de travail plus souple permet de Campagne. La TVA emploi a le Evelyne Platnic Cohen, de sécuriser des emplois et d’éviter François Bieber, mérite de permettre une baisse des Dirigeante de Booster Academy (DR) des licenciements. Dirigeant de C2B-NetAffiliation (DR)
  • 12. 23 Renforcer les entreprises par CroissancePlus auprès de ses 350 adhérents, 73 % des entreprises caps sur les entreprises si l’on veut qu’elles puissent se battre à armes françaises dans la compétition subissent un allongement des délais égales avec les entreprises euro- de paiement de leurs clients. Et les péennes, américaines et des pays entrepreneurs ne sont pas optimistes émergents. mondiale — pour les mois à venir : 79 % pensent que les délais de paiement vont C’est la raison pour laquelle continuer à se dégrader. Malgré les CroissancePlus demande que le améliorations apportées par la loi de Médiateur des Délais de Paiement, modernisation de l’économie (LME), placé sous l’autorité du Premier reconnues par 56 % des entrepre- ministre et disposant des services La remise en cause de ce dispositif neurs, et la création de la média- de la DGCCRF soit un recours pour engendrerait une perte de compéti- tion interentreprises, les mauvaises les PME qui subissent les abus les tivité pour les PME. Ce qui pose, au pratiques perdurent. Résultat : les plus manifestes de certains clients. passage, le problème de la stabilité PME croulent sous les impayés de Ses services doivent constituer du cadre social et fiscal dans lequel leurs clients et font la trésorerie des un fichier central des mauvais opèrent les entreprises. Il importe grandes entreprises. payeurs et déclencher des audits que cette stabilité soit garantie le et des contrôles d’entreprises. Ce mieux possible afin d’accorder aux He ur e use m e nt que l a l oi de m ode r ni - Médiateur doit être doté d’un pou- entreprises une certaine pérennité s a ti on de l 'é c onom i e a é té un r e m pa r t voir de sanction pour infliger des dans les politiques qu’elles mettent fac e à l a c r i se , nota m m e nt a u suj e t amendes immédiates en l’absence en œuvre. de s dé l a i s de pa i e m e nt. Ca r de pui s de régularisation. Mais il faut aussi Sandra le Grand, Dirigeante de Kalidea, que l que s m oi s, l e s gr a nds gr oupe s se une évolution législative afin que le Il y a de m u l t i p l es am él i or at i on s à Vice-présidente de CroissancePlus (DR) condui se nt tr è s m a l a ve c l e s pe ti te s démarrage d’une prestation suffise apport er : l a r ég l em en t at i on s oci al e entr e pr i se s e t ti r e nt l a c or de c onc e r- à qualifier une relation commer- s’appliqu an t au x s al ar i és t r avai l l an t Il fa u t p r o mo u vo i r t o u t e s l e s na nt nos tr é sor e r i e s. L a r e sponsa bi - ciale et non pas l’émission du bon dans des p ay s ét r an g er s d ev r ai t êt r e me su r e s qui engendreraient l ité soc i é ta l e de c e s gr a nds gr oupe s de commande, comme c’est le cas assoupli e, l e cad r e f i s cal con cer n an t un t r a n sf e r t de c o t i sa t i o n s est i c i é c or né e . » aujourd’hui. La législation masque la le s e nt r ep r i s es q u i on t d e m u l t i p l es p a t r o n a l e s e t sa l a r i a l e s ve r s — réalité des délais de paiement dans f iliale s à l ’ét r an g er d ev r ai t êt r e r ev u u n e t a xe à l a c o n so mma t i o n H U B E RT R E Y N I E R , notre pays. Il faut donc la faire évo- e t surt ou t l ’ad m i n i s t r at i on d ev r ai t e t q u i p e r me t t r a i t e n p a r a l l è l e Di r i ge a nt de Vi sc onti , Co-pr é si de nt luer pour que les délais ne soient t e nir co m p t e d u fai t q u e l es en t r e- u n e h a u sse d e s sa l a i r e s. C ’ e st de l a Com m i ssi on I nte r na ti ona l e plus de 60 jours mais limités à 30 jours. prises q u i ex p or t en t s on t à p r és er v er une priorité pour relancer la de Cr oi ssa nc e Pl us plut ôt q u ’à t ax er à ou t r an ce. » c r o i ssa n c e . » — — Or, en ce moment plus que jamais, L e s m e na c e s de r uptur e de RÉG I S ARNOU X , S A N D R A L E G R A N D, les PME doivent pouvoir maîtriser c ontr a t qui pè se nt sur l e s PM E Dirigean t d e C I S Dirigeante de Kalidea leurs encours de créances four- sont honte use s e t da nge r e use s nisseurs. Elles souffrent déjà de pour l e ur c r oi ssa nc e e t l e ur niveaux de rentabilité inférieurs à c om pé ti ti vi té . I l e st a i sé de Réduire les leurs concurrentes européennes c om pr e ndr e que l e s PM E ont (notamment allemandes et britan- be soi n d’ê tr e pa yé e s da ns l e s délais de niques), à cause du coût élevé du te m ps pa r l e ur s cl i e nts pour travail et de la pression fiscale. Elles s’a ssur e r une tr é sor e r i e qui paiement affichent l’un des taux d’autofinan- l e ur pe r m e tte nt nota m m e nt cement les plus faibles d’Europe, d’i nve sti r e t de gr a ndi r » Les délais de paiement constituent au moment où les autres sources — l’un des problèmes les plus aigus de financement se tarissent, notam- A L A I N TH I B A U LT, D i r i ge a nt auxquels doivent faire face les ment le crédit bancaire mais aussi de B e r na r d J ul hi e t G r oup, PME, et le ralentissement de l’acti- les fonds drainés via les dispositifs Co-pr é si de nt de l a Com m i s- vité économique n’arrange pas les ISF pour les PME. On ne peut pas si on PM E / G r a nds G r oupe s Régis Arnoux, Dirigeant de CIS (DR) choses. Selon une enquête réalisée laisser s’accumuler autant de handi- de Cr oi ssa nc e Pl us
  • 13. 25 Les chiffres de la compétitivité — En examinant ces chiffres, on ne peut qu’être frappé par l’écart entre les pays ce que les pays européens (à l’exception émergents et les zones économiques peut-être de l’Allemagne et du Royaume- prise au sein des pays du G20. Ernst & matures. Uni) déploient de sérieux efforts dans Les chiffres-clé de Young a proposé cette affirmation à des cette direction. échantillons d’entrepreneurs dans tous Dans les régions à croissance rapide, l’entrepreneurship les pays du G20 : la culture de votre pays 36 % des personnes interrogées sont tout En corollaire à cette question, Ernst & encourage l’entrepreneurship ? Voici les à fait d’accord pour estimer que la culture Young en a posée une autre concernant au sein du G20 — réponses : Entièrement Partiellement de leur pays favorise l’entrepreneurship. la façon dont l’échec entrepreneurial est C’est presque 10 fois plus qu’en France, perçu dans les pays du G20. Les pays d’accord d’accord Une étude exclusive d’Ernst & Young dont le score est particulièrement faible. dans lesquels la majorité des personnes 57% 41% Inde Nous sommes dans le bas du tableau ! interrogées estime que l’échec est une L’Inde, la Chine, sont des pays où le occasion d’apprendre sont, sans surprise, 54% 38% La compétitivité d’une nation ne réside Chine souffle entrepreunerial prend sans cesse la Chine, la Turquie, le Brésil, les Etats- pas seulement dans les indices macro- de la puissance. Quant aux Etats-Unis, Unis, l’Inde, le Mexique. Les pays dans 44% 44% économiques ou dans les chiffres de la Canada ils ne démentent pas leur image de pays lesquels l’échec est considéré comme un pression fiscale. Elle se mesure aussi à la phare de la création d’entreprise, ce qui handicap pour de futurs projets d’entre- 60% 28% vitalité de l’esprit d’entreprise, à la vigueur Etats-Unis est une source majeure de compétitivité prise sont, dans l’ordre, l’Allemagne, la de la création d’entreprises et à la densité et de croissance. Il y a donc urgence à France, le Japon, la Russie… 48% 38% du mouvement d’entrepreneurship qui Arabie Saoudite irrigue l’ensemble de l’économie et même de la société. Des entreprises à forte Corée du Sud 30% 54% Le paysage du capital-risque — croissance dirigées par des entrepreneurs 44% 40% de talents sont tout à fait capable de trou- Indonésie ver leur voie même dans des périodes L’esprit d’entreprise est certes très important. Mais il doit s’appuyer sur des structures finan- 26% 56% difficiles et sont tout à fait à même, non Argentine cières qui favorisent la création d’entreprise, et notamment la vitalité du capital-risque. De ce seulement de surmonter, mais aussi de point de vue, le paysage offert par le G20 est très contrasté, comme le montrent les chiffres 38% 42% tirer profit des crises économiques. C’est Australie ci-dessous. La puissance des Etats-Unis dans ce domaine est sans égale, mais la montée pourquoi les entrepreneurs ont une res- de la Chine est intéressante à souligner, de même que celle de l’Inde, qui se situe au même 26% 54% ponsabilité particulière dans la prospérité Turquie niveau ou presque que la France. future du G20. C’est en tout cas la convic- 26% 52% Etats-Unis 23 785 tion d’Ernst & Young, qui a réalisé en 2011 Allemagne Chine 4 274 un baromètre de l’entrepreneurship dans 22% 56% Royaume-Uni 2 151 les pays du G20, dont le Petit Journal de Mexique Inde 1 349 Campagne a extrait les indicateurs et les France 1 348 20% 56% chiffres les plus significatifs. Italie Canada 1 226 Brésil 776 30% 46% Royaume-Uni L’importance de 44% 30% Allemagne Corée du Sud 646 274 Brésil la culture 28% 46% Russie Australie 146 132 Afrique du Sud entrepreneuriale — Japon 90 Mexique 28 18% 48% Japon Italie 25 Afrique du Sud 23 8% 42% On peut s’accorder sur le fait qu’un pays Russie Turquie 23 dont la culture favorise la création d’en- Argentine 20 4% 20% treprise est mieux armé qu’un autre dans France Arabie Saoudite 5 la compétition internationale. Il est donc 0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 22% 42% intéressant de comparer l’esprit d’entre- Union Européenne Montant investi en capital-risque en 2010 (en millions de dollars)
  • 14. Le grand entretien — Nicolas Baverez : « La modernisation du modèle économique français n’a rien d’impossible. » Face aux chocs qui s’annoncent, le modèle économique fran- çais est-il de taille à résister ? Et à quelles conditions ? La question est aujourd’hui au cœur des débats politiques et oppose souvent les prophètes du déclin historique et irrémé- diable de la France et ceux qui estiment que des réformes sont possibles, que les atouts économiques, industriels, technolo- giques et scientifiques de la France sont de nature à préser ver son rôle dans la mondialisation. C’est sur cette ligne de pen- sée que se situe Nicolas Baverez, qui a accepté de répondre aux questions du Petit Journal de Campagne. / Le Petit Journal de Campagne : insoutenable de la monnaie unique Nous vivons aujourd’hui deux crises qui ne peut gérer les chocs internes qui se superposent : celle de la ou externes. zone euro, à cause d’une prise de Enfin une crise proprement fran- conscience tardive des risques liés çaise, liée à l’implosion d’un modèle Nicolas Baverez à la montée de la dette publique dans les pays du sud. Et une crise en France, confrontée à la remise en économique de croissance à crédit exclusivement fondé sur la consom- mation, financée par les transferts L’infatigable défenseur cause de son modèle et à un affai- sociaux (33 % du PIB), eux-mêmes blissement de sa puissance écono- financés par la dette publique (86 % de la compétitivité mique, financière et commerciale. du PIB). Au total, la croissance Comment ces deux crises se relient- française est revenue de 3,2 % par de la France elles l’une à l’autre ? an dans les années 1970 à 1,1 % dans les années 2000. Ce ralentis- / Nicolas Baverez : sement est la conséquence directe Avocat, éditorialiste et essayiste, Nicolas Baverez En réalité, trois crises se super- de l’euthanasie du secteur privé qui est l’un des rares personnages à se montrer aussi posent. Celle du capitalisme mon- ne représente plus que 43,4 % de la à l’aise dans les joutes intellectuelles que dans dialisé qui a éclaté en 2007 avec le dépense nationale et de l’effondre- les prétoires. Traitant de dossiers très souvent dégonflement des bulles spécula- ment de la compétitivité du pays. complexes, il a acquis une connaissance intime tives et qui se traduit par une violente Le tissu économique français se des rouages de l’économie et de la finance. En déflation par la dette, avec à la clé un décompose, avec seulement 185 même temps, il porte sur la France un regard ralentissement net de la croissance entreprises de plus de 5 000 sala- acéré, sans complaisance, mais qui éclaire sou- mondiale, une montée du chômage riés et 4 195 entreprises employant vent des réalités mal connues ou mal décrites. et une déstabilisation des classes entre 250 et 5 000 personnes. Et sa Pour autant, il n’est pas un décliniste, mais plutôt moyennes dans les pays dévelop- décomposition est à l’origine des un infatigable combattant du redressement de la pés. Celle de la zone euro ensuite, autres maux français : le surendet- France, qui passe d’abord par la compétitivité qui découle du surendettement des tement public ; le chômage per- de ses entreprises, de son territoire et de son Etats, de la chute de la croissance manent ; le déchirement du corps modèle social. potentielle et d’une gouvernance social.