EHESS
La Puissance et l'acte: La parenté dans les basses terres d'Amérique du Sud
Author(s): Eduardo Viveiros De Castro an...
Eduardo Viveiros de Castro et Carlos Fausto
La Puissanceet l'acte
La parentédansles bassesterresd'Amériquedu Sud
EduardoVi...
142 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
Dans le cas amazonien,la parentéest habituellementbilatéraleet égo-
centrée...
La Puissanceet l'acte 143
crucialede l'alliancepourles sociétésde la région,il suggère,d'autrepart,
que la parenté- filiat...
144 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
inhérentesaux régimesmatrimoniauxde la région.L'analysede l'écartentre
lesd...
La Puissanceet l'acte 145
lointainet le contrasteconsanguin/affin,une superpositioncommandéepar
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146 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
du hautXingu).Dans d'autresenfin,lestermesd'affinitésontutilisésexclusi-
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La Puissanceet l'acte 147
La simplicitédumodèlemécaniquedel'alliancesymétriqueamazonienneimpose
unetraductionstatistiqueco...
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thèse,ilconvientdenoterque...
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les sociétésamérindiennesfinissentparproduireuneaffinitépurequi assume
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Parailleurs,legrandfinaledesStructuresélémentairesde laparenté,quiconfère
unevaleurd'universalit...
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entrele mariagepatrilatéraletlesformulesbilatéraleetmatrilatérale.L'échange...
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A A1
B B1
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Fig. 1. Schéma multi-bilatéral
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Fig. 2. Schéma patrilatéral
Les schéma...
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avec la FZD ou la MBD d...
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donnentpasaccèsà uneformuleglobaled'articulationdela sociétémachiguenga.
Il...
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d'alliancepatrilatéraledécalée(mariageavecla FFZDD). Cecinousrapproche
d'unautresystèmeamazonien...
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quela situationsirionopeuts'interprétercommeunetransformationdumariage
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éloignés,desenfantsde cousinscroisés.Dans le cas tupi-guarani,cettefigure
nesembleserencontrerqu...
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Vers le Brésil central
Unairdefamilleunitlesterminologiesobliquesdesbassest...
La Puissanceetl'acte 161
clansmatrilinéairesexogamesqui,enfonctiond'une« prescription» demariage
entreenfantsdecousinspara...
162 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
NOTES
1. OveringKaplan 1975; Basso 1970; Crocker1967.Dans d'autrescas,ellet...
La Puissanceet l'acte 163
1986: 329); le cannibalismemétaphoriquedesétrangersdansles riteswari',distinctde l'exo-
cannibal...
164 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
ilssontbeaux-frères,se traitentparuntermed'affinitéeffective.QuandMB etZS p...
La Puissanceet l'acte 165
BIBLIOGRAPHIE
Albert, B.
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La Puissanceet l'acte 167
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1982 Ainsi Parlaientnos ancêtres.Essai d'ethnohistoirewayãpl. Paris, ORSTOM.
Henley,...
168 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
McCallum, C.
1989 Gender,Personhoodand Social OrganizationamongsttheCashina...
La Puissanceet l'acte 169
SCHEFFLER, H. & F. LOUNSBURY
1971 A StudyinStructuralSemantics: TheSirionoKinshipSystem.Englewoo...
170 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO
ABSTRACT
EduardoViveirosdeCastro & CarlosFausto, ThePowerandtheAct. Kinship...
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La puissance et l'acte la parenté dans les basses terres d'amérique du sud

  1. 1. EHESS La Puissance et l'acte: La parenté dans les basses terres d'Amérique du Sud Author(s): Eduardo Viveiros De Castro and Carlos Fausto Source: L'Homme, 33e Année, No. 126/128, La remontée de l'Amazone (AVRIL-DÉCEMBRE 1993), pp. 141-170 Published by: EHESS Stable URL: http://www.jstor.org/stable/40589891 . Accessed: 25/04/2011 14:50 Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of JSTOR's Terms and Conditions of Use, available at . http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp. JSTOR's Terms and Conditions of Use provides, in part, that unless you have obtained prior permission, you may not download an entire issue of a journal or multiple copies of articles, and you may use content in the JSTOR archive only for your personal, non-commercial use. Please contact the publisher regarding any further use of this work. Publisher contact information may be obtained at . http://www.jstor.org/action/showPublisher?publisherCode=ehess. . Each copy of any part of a JSTOR transmission must contain the same copyright notice that appears on the screen or printed page of such transmission. JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org. EHESS is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to L'Homme. http://www.jstor.org
  2. 2. Eduardo Viveiros de Castro et Carlos Fausto La Puissanceet l'acte La parentédansles bassesterresd'Amériquedu Sud EduardoViveirosde Castro & Carlos Fausto, La Puissanceet l'acte: la parenté danslesbassesterresd'Amériquedu Sud. - Les systèmesde parentédanslesbasses terresd'Amériquedu Sud s'ordonnentsurun continuumentredeuxpôles: l'échange restreintamazonien,codifiépar des terminologiesdravidiennes; les configurations « semi-complexes» du Brésilcentral,où l'on trouvedesterminologiesà équivalences transgénérationnelles.S'agissantdesterminologies,le diamétralismedu paradigmedra- vidienclassiquese voitsurdéterminé,en Amazonie,par des classificationsconcen- triquesbaséessurla distancede cognation,parunedistinctionradicaleentreaffinité réelleet potentiellequi soutientdes structuresternaires,et par des figuresvariées d'obliquitéterminologiquequi exprimentle mariageavunculaire.Les équivalencestrans- générationnellesdessystèmesdu Brésilcentralsontinterprétéescommedescas limites dessystèmesobliquesde l'Amazonie(Trio,Parakanã,Siriono,Txicão),ce qui permet de s'interrogersurles formesde transitionentrel'échangerestreintamazonienet le régime« semi-complexe» du Brésilcentral.Un modèled'alliance- l'échangemulti- bilatéraletsesvariantespatrilatéraleetavunculaire- estproposécommeinfrastructure généralede parentédans les basses terres. panoramacompositedes bassesterressud-américaines,en matière de systèmesde parenté,paraîts'organiserentredeuxpôles: lesgroupes de la forêttropicalegravitentautourd'une structureélémentairedra- vidienne; les peuplesde languegé du Brésilcentralpossèdentdes termi- nologiesobliques,sans corrélationsmatrimonialesévidentes,qui évoquent les typescrow et omaha. En Amazonie,où domineune morphologiede groupeslocaux petitset atomisés,le mariagedes cousinscroisésbilatéraux s'observesouventdans un cadred'endogamielocale ; dans le Brésilcentral, avec ses grandsvillagescomposésde segmentsrésidentielsexogamiques,le régimeestde « non-prescription» ettendà interdirele mariageentreparents. Les peuplesde cetterégionaffichentdes morphologiesdualistescompliquées maisd'une portéematrimonialeréduite.En revanche,en Amazonie,les sys- tèmestypiquesde mariagebilatéralfleurissentdans des sociétéssans organi- sationsdualistes. L'Homme126-128,avr.-déc.1993,XXXIII (2-4),pp. 141-170.
  3. 3. 142 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO Dans le cas amazonien,la parentéest habituellementbilatéraleet égo- centrée,bienqu'elle soitfréquemmentaccompagnéed'idéologiespatrifocales qui peuventse consoliderencatégoriesd'unifiliation.Les formesde résidence sontcomplexesetmontrentrarementuneunilocalitésanséquivoque.On dis- tinguecependant,en dépitd'exceptionsvirilocales,la présenced'un « attrac- teuruxorilocal» de base,infléchissantunchampstratégiqueoù le poidspoli- tiquedespárentelesestle facteurdécisif.Dans le Brésilcentral,l'uxorilocalité estunerèglemécaniquequi a desimplicationsstructuralesd'uneportéeconsi- dérable.Ce principerésidentielpeutdébouchersurla constitutionde « per- sonnesmorales» d'allurematrifiliative,clansou maisonsse distinguantpar despropriétésonomastiquesetrituelles.L'uxorilocalitéestparfoiscontrebalancée par des principespatrifiliatifs,sociologiquesou cérémoniels,rendantencore plus manifestel'oppositionfondamentale,et communeà toutesles sociétés du Brésilcentral,entreles parentspaternelset maternels. Les catégoriesde descendancesontraresen Amazonie,dans une région où la ramificationlatéraledespárentelescognatiquesl'emportesurla vertica- litépyramidaledes généalogies.Là où ils existent,les groupesd'unifiliation ne se définissentpas d'ordinaireen référenceà Pancestralité,valeurpratique- mentabsentedans la région.Dans le Brésilcentral,les variationsentreles diversessociétésse compliquentdu faitdesdifférencesentrelesethnographes, qui tantôtsoulignentla présencede groupesetde catégoriesunilinéaires,tantôt la minimisentou la gommenten faveurd'autresprincipesetsymbolesorgani- sationnels.De toutefaçon,enAmazoniecommedansle Brésilcentral,toutes les sociétésréserventune place à la parentèle,et en généraldépendentd'un régimeoù la résidenceestd'un rendementstructurelplusélevéque la descen- dance.Dans les deuxrégions,les systèmesonomastiques,les attitudescogni- tiveset les conceptionsphilosophiquess'associentpour produireune confi- gurationoù les généalogiessontpeu profondeset peu importantes,et où la discontinuitéontologiqueentreles vivantset les mortstendà prévaloirsur les différencessociologiquesentreles vivants. Si la filiationoccupe une place subordonnéedans les systèmessociaux desbassesterres,l'alliance,enrevanche,yjoue unrôlemajeur.Ceci estclair dansles systèmesamazoniens,maisse vérifieaussidansles sociétésdu Brésil centraloù, si on netrouvepas de prescriptiond'alliance,prolifèrentdesrela- tionsetdesinstitutionsde « para-parenté» - amitiésformelles,associations cérémonielles,liensonomastiques- qui fontun usageintensed'une symbo- lique de l'affinité.En revanche,là où l'on trouvedes structuresd'échange restreint- dans l'Amazoniedravidienne- , l'alliancede mariagene fonc- tionnepas commeun algorithmede constitutiondu socius,maiscommeun opérateurde fermeturedes nexusendogameslocaux,dontles relationsavec lesautresnexusse nouentprincipalementdanslesdimensionspolitiques,guer- rièreset rituelles.L'affinitécontinueà servirde langagedominant,maisen tantqu'affinitépotentielle,reliantdes unitésqui ne sontpas liéesentreelles parun intermariage.Si ce faittémoigne,d'unepart,de la valeuridéologique
  4. 4. La Puissanceet l'acte 143 crucialede l'alliancepourles sociétésde la région,il suggère,d'autrepart, que la parenté- filiationet alliance,consanguinitéet affinité- n'agitpas ici commeun opérateursociologiquede totalisation. Variabilitéet complexité Sansaucundoute,onpeutparlerd'unnoyaudravidien« élémentaire» pour l'Amazonieetd'unprofilprobablement« semi-complexe» pourle Brésilcen- tral.Il convienttoutefoisd'insistersurla variabilitéetla complexitédesformes de réalisationde tellesstructures.Les bassesterresmontrentun continuum multidimensionnelreliantles sociétésde l'Amazonieet du Brésilcentral,où les formesde transitionsontplusfréquentesque les exemplespursde telou teltypeclassique. Ainsi,si l'Amazonieestgénéralementdravidienne,il existedesgroupesde la forêttropicaleavecdes nomenclaturesanaloguesà cellesdu Brésilcentral, etinversementdessociétégéavecdesnomenclaturessymétriques.Sil'endogamie localeetconsanguineestcommuneenAmazonie,onytrouveaussidessociétés quipratiquentl'exogamielocaleetd'autresquiévitentlemariageentrecousins au premierdegréou autresparentsproches.Silemariagebilatéraldansuncadre nondualisteestla règledansla région,denombreuxgroupesdela famillepano présententdesmoitiésexogamiquesetdesnomenclaturesdetypekariera.Enfin, la littératuresurlespeuplesduBrésilcentralprésentedesindicesd'échangesymé- triqueetplusieursréférencesau mariagedescousins...Ces variationsrésistent auxtentativesderéductionlinguistico-culturelles: lessouchesetfamilleslinguis- tiquesdesbassesterresmontrentunegrandehétérogénéitéinterne,etlaprésencede nomenclatures,demorphologiessocialesetderégimesd'alliancedifférentsd'un pointdevuetypologiqueestcourantedansunmêmeensembleethnohistorique. Cettevariétéenextension,s'approfondissantencompréhension,devientce qu'on pourraitappelerunevéritablecomplexité.Les systèmesde parentédes bassesterresprésententen effet,à l'intérieurde chaquesociété,de multiples niveauxsémantiqueset sociologiques,dépendantsde différentscontextesde pertinenceet d'usage. Lesdifférencesentrelestermes(ou usages)deparentéréférentielsetd'adresse sontd'une énormeimportancedans nombrede systèmessud-américains.La comparaisondesnomenclaturesd'adresseetderéférencepeutnotammentappa- raîtreindispensablepourdéterminerdes« super-classes» pertinentesdansune perspectivesociologiqueet conceptuelle.Mais elle permetsurtoutde révéler l'interactionentreterminologieetattitudessoulignéeilya longtempsparLévi- Strauss.Le jeu différentielentreréférenceetadressese déploieselonplusieurs axes- pointsdevuemasculinetféminin,paramètresdedistancegénéalogique etpolitique,d'asymétried'âge ou d'affinité- , etil estparticulièrementeffi- cacepourla gestiondel'alliance.Exprimantla transformationd'affinsenconsan- guins,et réciproquement,il dévoileet masque en mêmetempsles tensions
  5. 5. 144 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO inhérentesaux régimesmatrimoniauxde la région.L'analysede l'écartentre lesdeuxordresterminologiques- qui ne sauraitse réduireau décalageentre « normes» et « pratiques» - permetd'appréhenderune dynamiqueconsti- tutiveetd'échapperainsià la contemplationstériledesgrillesterminologiques isoléesde leurcontexted'usage. Autrephénomènerépandu,la présencedansunemêmesociétédemultiples optionsde classificationterminologique,lesquellespeuventvarierau pointde formerdessystèmesalternatifs.L'existenced'alternativesterminologiquessignale la présencede niveauxetde contextesdistinctsdansl'appréhensiondes diffé- rencesinternesau socius: soitensoulignantsa natured'unitécognatique,soit enmarquantlesoppositionsentreconsanguinitéetaffinité(Piaroa,Kalapalo) ; soiten délimitantdes groupessociocentrés,soiten adoptantun pointde vue égocentréet relationel(Bororó)1. Enfin,il fautrappelerque, dans de nombreusessociétésde la région,les terminologiesde parentéégocentréesne constituentqu'un systèmeou plande classificationsocialeparmid'autres.ChezlesYaminahuaetautresPano, par exemple,se superposentunestructure« dravidienne» de base,fondéesurune conceptioncognatiquede la parenté,une structure« kariera» d'équivalence entregénérationsalternées,fondéessurunerègledetransmissiononomastique, etuneclassificationbinairedela sociétéetducosmos,sous-jacenteauxmoitiés patrilinéaires2. Tout ceci indiquela présencede niveauxet contexteshiérarchiquesde classificationsociale,ainsique des stratégiesmatrimonialeselles-mêmeshié- rarchisées.Cependant,lerecoursà l'idéed'unepluralitédeconceptionsdeparenté alternativescache parfoisune autreformede complexitécaractéristiquedes systèmesamérindiens: l'interférencestructuraleentredesprincipesou desorien- tationsantagonistesà l'intérieurd'une même matriceterminologiqueet matrimoniale. Le proche et le lointain La différenciationentreparents« proches» ou « réels» etparents« éloi- gnés» ou « classificatoires» esttrèsimportantedanslessystèmesamazoniens. Il estclairaujourd'huiquelesterminologiesdecetterégionadmettentdesinter- prétationstantcatégoriellesque généalogiques,etque cesdernièresnesontpas triviales.L'assimilationde la distancegénéalogiqueà la distancesociale,bien décritepourla Guyane,estuncas particulierde l'opérationdu critèrede dis- tancedanslesclassificationssocialesetlesstratégiesmatrimoniales: l'alliance sysmétriqueet la grilleterminologiquecorrélatives'exercentdans un milieu scalaire. Il ya interférenceentrele diamétralismede la structureterminologiquede baseetleconcentrismedel'oppositionproche/lointain.Dans plusieurscas (les Yanomamisontexemplaires; Albert1985),on voit,entrele gradientproche/
  6. 6. La Puissanceet l'acte 145 lointainet le contrasteconsanguin/affin,une superpositioncommandéepar la distinctionentreles cognats(dans le cas guyanais, identifiésen généralà descorésidents)etnon-cognats(noncorésidents).La cognationneconstituant pas, en règlegénérale,un empêchementà l'alliance,l'effetestd'induireune expansionde la classeterminologiquedesaffins,expansionqui s'accompagne cependantd'unefracturedécisiveà l'intérieurdecelle-ci: affinseffectifsversus affinspotentiels. Précisons.Cognat/non-cognatestunedistinctionsociologiquequi contient uneréférencegénéalogique; consanguin/affinestunedistinctionterminologique au contenucatégoriel.Le domainedes cognatsinclut,dans le modèleendo- gamedela Guyane,tantdesconsanguinsque desaffins,celuidesnon-cognats également; maisle gradientde la cognationsurdéterminele calculdesclasses dela terminologie.À l'intérieurdela sphèredescognats,l'affinitéestdominée parla consanguinité- un affinestune sous-espècede consanguin.À l'exté- rieurde cettesphère(ou mieuxdit,à l'extrémitéde ce gradient),la consangui- nitéestdominéepar l'affinité.Les consanguinséloignés,catégoriequi peut incluretoutela société,sonttransformésen affinspotentiels: ainsitoutnon- cognatpeutdevenirunaffin.La circularitédu paradigmeterminologiquedra- vidien,avecsoninfiniealternanceconsanguins/affins,donnelieuà uneconcep- tionscalairede la distance: l'affinitéenglobepotentiellementla sphèrede la parentéactuelle.Les calibragesscalairesne sontpas, commec'estparfoisle casenInde,internesà chacunedesdeuxclassesmaisilslestraversent,enconver- tissantune classeen l'autre3. L'affinitén'estpas un conceptsimpleen Amazonie.Il estnécessairede distinguer: (1) l'affinitévirtuellecognatique(lescousinscroisés,parexemple); (2) l'affinitéeffectiveou réelle(les beaux-frères); (3) l'affinitépotentielleou « socio-politique» (lescognatséloignés,lesnon-parents).La plupartdesauteurs neséparepas l'affinitéque nousappelons« virtuelle» de celleque nousnom- mons« potentielle». L'expressionanalytiquedel'affinitéconnaîtenAmazonie dravidienneunevariationconsidérable.Celle-ciopère,quantà la présencede termesdistinctspourlesaffinsréels,le longd'un continuumallantdestermi- nologiespurementà « deuxsections» à cellesqui contiennentdes ensembles completsde termesd'affinitésansconnotationde consanguinité.Dans lescas de dravidianitéplusorthodoxe,lestroisaspectsde l'affinitése confondentsur leplanterminologique.Dans lessystèmesquiontdestermesproprespourl'affi- nitéeffective,quelques-uns« étendent» à (3) les termespour (1), d'autres « étendent» à (3) lestermespour(2). Dans certainscas pourtant,il existedes termescaractéristiquespourl'affinitépotentielle: lepitotrio,le tiwàaraweté, le paje parakanã. Lorsque les termesd'affinitéréellesont présents,plusieurspossibilités s'offrent.Dans certainscas (Trio; Rivière1969),lestermesd'affinitésontseu- lementemployésquandle mariagene lie pas des cognats.Dans d'autrescas, les termesd'affiniténe sontemployésque lorsqu'unmariagetransformedes affinsvirtuelsou potentielsen affinsréels(certainsTupi-Guarani,les sociétés
  7. 7. 146 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO du hautXingu).Dans d'autresenfin,lestermesd'affinitésontutilisésexclusi- vementpourles non-parentsavec lesquelsego n'estpas lié par le mariage: end'autrestermes,lescognatscroisésetlesaffinseffectifssonttousdésignés pardes termesd'affinitécognatiqueou virtuelle(WF esttraitéde MB, etc.), alorsque des étrangers,affinssymboliques,seraientdésignéspar des termes d'affinité- unétrangerseraittraitédeWF ou ZH. (Il existemêmeunevariante où les affinseffectifssontdésignéspar des termespropresmaisappeléspar lestermesd'affinitécognatique).Cela sembleêtrele cas des Piaroa (Overing Kaplan1975),desNambikwara(Price1972),de certainsJivaro(Taylor1989), et de tous les systèmesoù l'endogamieprescritetransformedes affinsnon apparentésen affinsapparentés,c'est-à-direen parentscroisés. Cettedistinctionentrele procheetle lointainestparfoissi prononcéeque la dichotomiedravidiennes'entrouveneutralisée,enparticulierà la génération d'Ego - ceseraitlecasdecessystèmesauxtraits« hawaïens» quitransforment enconsanguinstouslesparentsde cettegénération(Thomas1977).La concep- tionselonlaquellela consanguinitéenglobel'affinité(un englobementlocal qui inversel'ordresupérieurde la valeur)rencontreraitici son expression complète.Dans les systèmesqui favorisentle mariageavec des représentants éloignésdescatégoriesprescritesau détrimentdesproches,cesderniers,affins virtuels,peuventrecevoirlesvaleursd'ambiguïtéou d'hostilitérituellecarac- téristiquesde l'affinitépotentielle.Au lieuque les affinseffectifssoientassi- milésà des cognats(cousinscroisés),commec'estle cas pourla Guyane,ce sontles cousinscroisésavec lesquelsne furentpas établisd'échangesmatri- moniauxqui se voientassimilésà desaffinspotentiels,ennemisrituels4.Ainsi, dansle hautXingu,l'affinréelestl'objetd'un évitementqui estuneattitude de « super-parenté» - rappelonsque le célèbreifutisudes Kalapalo (Basso 1975)caractérisantl'affinitéestenmêmetempsl'attitudegénéraledela cognation proche- , alorsque l'affinvirtuel/potentielestl'objetde relationsà plaisan- terieset d'affrontementscérémoniels5. La dialectiquedu procheet du lointain- qui sembleêtreégalementà la base des régimesdu Brésilcentral- opèrede façondifférenciéeà l'intérieur de chaquesociété: les« idées» d'endogamieou d'exogamiesontprécisément desidéespourn'êtrepas empiriquementgénérales.Ainsi,lesstratégiesmatri- monialespeuventdéfinirdessituationsspécifiquesde pouvoir,parl'ouverture desdispositifsendogamiquesou parleurcontractionmaximale: soituneforme d'alliancepolitiquesupra-locale,soitune manifestationd'autarcie(Overing Kaplan 1975: 156-163; Taylor1983).Dans d'autrescas, ce sontlesmariages marginauxhorsdu groupelocal endogame,contractésparceuxqui n'ontpas depouvoir,quitissentdeprocheenprochedesliensintercommunautairesayant unefonctionde substratempiriquepourdes structuresd'échangesymbolique (Albert1985: 208sq.). Enfin,mêmelà où la normed'exogamielocaleesten vigueur,celle-cis'inscrit,avecsesvariantes,suruncontinuumanalogueà celui qui s'affirmedansles systèmesendogames(Àrhem1981b).Le gradientde la distanceestle terrainparexcellencede l'interactionentrestructureethistoire.
  8. 8. La Puissanceet l'acte 147 La simplicitédumodèlemécaniquedel'alliancesymétriqueamazonienneimpose unetraductionstatistiquecomplexe(Taylor1983)qui ne peutêtreécartéepar le recoursusuelà la contingencedémographiqueou au décalageentrenormes et pratiques: le « jeu » des règlesfaitpartiedes règlesdu jeu. Le diamétralet le concentrique La structuredesterminologiesdravidiennesestdetypediamétral.Le champ terminologiquese partage,danslesgénérationscentrales(au moins),en deux classesexhaustivesetmutuellementexclusives.Le calculcatégorielestde type booléen: le consanguind'un consanguinestunconsanguin,l'affind'un affin estunconsanguin; le consanguind'un affinestunaffin,l'affind'un consan- guinestunaffin.L'oppositionconsanguin/affinest« distinctive» etequipollente (Dumont 1971: 131, 1983a: 166-167),soumiseaux principesde la non- contradiction,de la doublenégationetdu tiersexclu- affinitéetconsangui- nités'articulentcommedes prédicatscontradictoires. Cettereprésentationestformellementinattaquable,tantquela logiquecatégo- rielleresteséparéedes dimensionspragmatiquesimpliquéespar son applica- tion; posturede base,semble-t-il,desindianistes.L'accentmissurla « symé- trieparfaite» (Good 1981: 111)de la nomenclatures'expliquepeut-êtreà la lumièredespositionscritiquesde Dumont(1971: 35-38)à l'égardde l'impor- tanceaccordéepar Radcliffe-Brownet Lévi-Straussaux systèmesd'attitudes. Le caractèreconcentriqueetscalairedes attitudesrendraitcettedimensionde la parenté« peusystématique» etobscurciraitla contemplationstructuraledes terminologies. Il estnéanmoinsfondamental,pourunesociologiede la parentéen Ama- zonie,d'allerau-delàdecesconsidérationsformelles,enmettantenscènel'inter- actionentreterminologieetidéologie: carl'oppositionentreconsanguinitéet affinitéesticiconcentrique.Les consanguinsetlesaffinscognatscorésidents, tousappréhendéssous le signedes attitudesassociéesà la consanguinité(qui au niveaulocal englobel'affinité),occupentle centredu champsocial; les consanguinséloignésetlesaffinsclassificatoires,placéssousle signede l'affi- nitépotentielle(quilà englobela consanguinité),sontà la périphériedecechamp; età l'extérieursontlesennemis,catégoriequipeutrecevoiretfournirdesaffins potentiels,toutcommele deuxièmecerclereçoitdes consanguinséloignéset rendéventuellementdes affinsréels. Concentrique,ce systèmeestégalementdynamique.Si l'analyseprécédente s'inspiredela modélisationdesrelationsinter-communautairesyanomamiétablie par Albert(1985),elle estd'applicationassez générale.À premièrevue, ces cerclesde sociabiliténe seraientriend'autrequ'un avatardessecteursde réci- procitédéfinisparSahlins(1965).Onremarquerapourtantunedifférenceimpor- tante.Dans le modèlede Sahlins,il y a englobementhiérarchiquedes sphères extérieuresparlecercleintérieur: la réciprocitégénéraliséeinterneestla valeur,
  9. 9. 148 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO le parangonà partirduquels'échelonnentdes formesde sociabilitéprogres- sivementplus négatives.Or, si ce modèleparaîtcongruentavec l'idéologie endogamede régionscommela Guyane,il ne correspondguèreà la structure profondequi commandetantcetteidéologieque les figuresglobalesde la sociabilitéamazonienne.Car, danscettestructure,les relationshiérarchiques « coïncident» avecle schémaconcentrique,lequeldoitêtrelu commeundia- grammede Venn: si au niveaulocal la consanguinitéenglobel'affinité,au niveausupra-locall'affinitéenglobela consanguinité,etau niveauglobalc'est l'affinitéelle-mêmequi se voitdéfiniepar l'inimitiéet l'extériorité.C'est la parentécommeun toutqui se voitd'abord englobéepar l'affinitéetfinale- mentsubordonnéeà la relationavec l'extérieur. La dispositionconcentriquedu champsocial s'accompagne,nousl'avons vu,d'uneclassificationscalairequiredistribuela partitiondiamétraledusquelette terminologique.Des genssontplusou moinsconsanguins(lescorésidentsversus les étrangers)et d'autresplus ou moinsaffins(les affinspotentielsversus les affinscognats): il y a entreles deuxclassesune relationde contrariété graduée.Certainsparentssontconsanguinsetaffins,sinon« atthesametime, inthesamerespect,andinthesamerelation» (Llyod1987: 87) - puisqu'en effetle mouleterminologiqueimpliquel'exclusionmutuelledes classes- , au moinsdans le sensoù le caractèrenon marquéde l'affinitécognatique dupointdevuedesattitudesassimilecelle-cià la consanguinitéetoù la consan- guinitééloignéeest assimiléeà l'affinitépotentielle.L'« oppositiondistinc- tive», equipollenteet exhaustivede la consanguinitéet de l'affinitédravi- diennes,reçoitainsiuneinflexiondynamiqueetasymétrique,dès lorsqu'elle estprojetéesurle concentrismesocio-cosmologiqueamazonien.Sur le plan desvaleurs,ilya uneoppositionhiérarchiqueentreconsanguinitéetaffinité: l'une et l'autrene sontpas dans la mêmerelationavec le « tout». Il est curieuxque Dumont(1983b: 210-221),critiqueà l'égardde ceux qui réduisentl'oppositionà sa variantepauvre,distinctiveetsymétrique,défi- nissel'oppositioncaractéristiquedes systèmesdravidienscomme« équistatu- taire» (1983a : vii, 166-167).Dans les systèmesdravidiensde l'Amazonie, nousassistonsnon seulementà Penglobementde la consanguinitépar l'affi- nitéau plan politique,rituelet cosmologique- alorsqu'au plan local c'est l'inversequi a lieu- , maisà Penglobementde l'affinitéelle-même,età tra- verselle de la parentédans son ensemble,par la relationavec l'extérieur; englobementqui s'opèredansl'élémentsymboliquedu cannibalisme,cettepré- dationpredicativecaractéristiquedes cosmologiesamazoniennes.La valeur ambiguë- stratégiqueet problématique- de l'affinitédans les sociétésde la régiondériveraitainside sa positionmédiatriceà l'intérieurd'unestructure hiérarchiquecomplexe. Le régimeconcentriquedes classificationsamazoniennespourraits'expli- queren principepar la réfractionde la terminologiebinairedans un milieu généralementcognatique,avecdespárentelesdensémentimbriquéesdansleurs régionscentralesetseraréfiantà la périphérie.Les classificationspargradient
  10. 10. La Puissanceet l'acte 149 seraientainsitypiquesdesystèmesdutypekindred.Sanspréjugerdecettehypo- thèse,ilconvientdenoterquedessystèmesunilinéairescommeceuxdesTukano présententaussi des dispositionsconcentriquesdans le champmatrimonial (Àrhem1981b); on peutendireautantde systèmesdualistescommeceuxdes Pano, où coexistentdes terminologiesbinaireset des classificationsternaires etgraduelles.Mais la questionne se limitepas à la simplecoexistenced'une grillebinaireetd'uneéchellecontinue; elletouchesurtoutauxtorsionsstruc- turalesquela secondefaitsubirà la première,enmodifiantle sensdel'opposi- tiondebase. Du reste,la gradationn'expliquepas la distributiondifférentielle de la consanguinitéet de l'affinitéau longde cetteéchelle,et encoremoins Penglobementhiérarchiquede la premièreparla seconde,etde l'intérieurpar l'extérieur6. En Amazonie,l'oppositionaffinité/consanguinitéesthiérarchique,etnon paséquistatutaireou « distinctive». Contrairementà cequisepassedansd'autres régions7,la consanguinitén'estpas ici le pôle englobant.C'est l'affinitéqui établitun pontentrela parentéet l'extérieur. L'affinitépotentielle Unefracturetraverseledomainedel'affinitédanslessystèmesamazoniens. Le mondedes affinsprésenteun chiasmequi le diviseen deuxrégionssymé- triquesetinverses: d'unepart,onyvoitdesaffinssansl'affinité,d'autrepart, l'affinitésansaffins.Les termesetlesrelationsdivergent,isolésparuneligne analogueà cellequi séparel'actedela puissance.D'un côté,l'affinitéeffective estattiréeparla consanguinité: parl'endogamielocale,l'échangesymétrique réitéré,les alliancesavunculairesetpatrilatérales,les fictionsde prescription, la teknonymieconsanguinisante,lesidéologiesde la cognationetdela consub- stantialitéconjugale,lespréférencesmatrimonialesexpriméesentermesdeproxi- mitégénéalogique.L'affinité,elle,seréduitauxaffins.D'un autrecôté,l'affi- nitépotentielleouvrel'introversiondela parentéau commerceavecl'extérieur: danslemytheetl'eschatologie,dansla guerreetleritefunéraire,danslesmondes imaginairesdu sexesans affinitéou de l'affinitésans sexe.Elle se condense en une purerelationarticulantdes termesqui précisémentne sontpas reliés par le mariage.L'affinvéritableestceluiaveclequelon échangenonpas des femmesmaisd'autreschoses: des mortset des rites,des nomset des biens, desâmesetdestêtes.L'affineffectifconstituesa versionappauvrieetlocale, contaminéeréellementou virtuellementparla consanguinité; l'affinpotentiel estl'affinglobal,génériqueetprototypique.L'affinitépotentielleestendéfini- tivela sphèreoù la parentécommestructureconnaîtseslimitesdetotalisation. Toutse passeainsicommesi nousavions,d'unepart,la parenté(consan- guinitéplusaffinité),et,d'autrepart,l'affinitépotentielle.Figurequi surgit du statutproblématiquede l'allianceet en exprimeune contradictionfonda- mentale: à forcededompterl'affinitéenla divisantentrela puissanceetl'acte,
  11. 11. 150 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO les sociétésamérindiennesfinissentparproduireuneaffinitépurequi assume la valeurde termenonmarqué,limitantla parentédansla mesuremêmeoù celle-ciselocaliseetcréeautourd'elleuneaffinitégénéralisée.C'estle cas par exemplede la contradictionpiaroaanalyséeparOveringKaplan(1975,1984), où lesmonadeslocalesse constituentparl'allianceendogame,maisoù l'affi- nité« n'existepas » carelleestprojetéeversl'extérieur,au plan supra-local, et rapportéemythologiquementaux originessauvagesde la culture.Le véri- tableaffinn'estpas icil'affinréelmaisbienl'étrangercannibale,nondomesti- quéparl'échangesymétriqueetrépétéqui,enproduisantdel'affinité,engendre de la consanguinité.Rappelons-nousaussile cas des Tupinamba,où le beau- frèreidéal estl'ennemicaptif,mariédans le groupede ses ravisseursavant le sacrificecannibale.Entrela préférenceavunculairede la sociététupinamba etce simulacreritueld'exogamieauquel se soumettentla victimeetsesravis- seurs,l'affinitédisparaît,écarteléeentredes extrêmes: le cannibalisme(litté- ral, contreles affinsmétaphoriques)et l'inceste(métonymique,avec la fille de la sœur).Ou reportons-nous,en sortantde la « dravidianité» stricte,aux Wari'(Vilaça 1992): ici,lesliensindividuelsd'affinitéeffectivesontmasqués par uneterminologied'adresserelevantde la consanguinitéet par une idéo- logiedecognationgénéralisée; maislesrituels,quiconfrontentdessous-groupes territoriauxendogames,caractérisentcesétrangers(aveclesquelson n'échange pas de femmes)commedes affinsprototypiques8. Lesfaitswari'nousconduisentà cetaspectdel'affinitépotentiellequiapparaît égalementdansl'étuded'Albert(1985)surlesYanomami: sa natureclassifica- toire,collectiveetsociocentrée.L'affinitépotentiellequalifielesrelationsentre catégoriesgénériques: lessiensetlesennemis,lesvivantsetlesmorts,leshumains etles animaux,les humainset les esprits.Ce passageà la dimensionglobale sefaittoutefoisau prixd'uneperteducontenumatrimonialdela notiond'affi- nité: l'allianceresteconfinéeà dessolutionslocales,au sensgéographique(endo- gamielocale)ou sociologique(endogamiedeparentèle,cyclescourts,intransitivité ducalculterminologique).L'affinitépotentielleestunphénomènepolitico-rituel, extérieuret supérieurau planenglobéde la parenté.Tout se passe commesi la « dynamisation» de l'affinité,en réduisantà l'immatérialitésa référence substantiveoriginale- l'alliancedemariage- , faisaitapparaîtrelesprédicats de cetterelationà l'étatpur,etPélevaità la conditiond'uneauthentiquecaté- gorie.L'affinitérevêtainsiune valeurproprementtranscendantale. Il s'agitici d'autrechose que d'une simpleillustrationdu principelévi- straussiende l'alliancecommeinstauratricede la Société.On garderacepen- dantà l'espritque Lévi-Strausscommencesa réflexionavecunbagaged'amé- ricaniste,etque l'un de ses premierstravaux(1943: 398) prétendaitmontrer comment« a certainkinshiptie,thebrother-in-lawrelationship,oncepossessed a meaningamongmanySouthAmericantribesfartranscendinga simpleexpres- sionofrelationship», inaugurantainsiunelonguesériederéférencesau carac- tèrestratégiquede l'affinitédansles bassesterres,à sa fonctionde charnière entrele local et le global,la parentéet le politique,l'intérieuret l'extérieur.
  12. 12. La Puissanceet l'acte 151 Parailleurs,legrandfinaledesStructuresélémentairesde laparenté,quiconfère unevaleurd'universalitéau mytheandamande l'au-delàsansaffinité,a reçu untraitementprivilégiédela partdesaméricanistes,ce qui suggèrela prédomi- nenceambiguëdecettecatégoriedansla philosophiesocialeamérindienne.Reste à soulignerquelemodespécifiqued'opérationdecettecatégorieentantqu'ins- tancemédiatriceentrelesdimensionsdusociusestl'affinitépotentielle.L'affi- niténe peutfonctionnercommedispositifde subordinationhiérarchiquede la parentéque dansla mesureoù ellene se réfèreplusaux contenusconcrets del'affinitéeffective.C'estdirequeleslimitesdela parenténesontpasétablies par la parenté. Ainsi,au-delà des jugementsprescriptifsde l'affinitécognatique,où le mariagene faitriende plus qu'actualiserce qui étaitdéjà donné,il y a en sommeunusageproprementsynthétiquea prioriréservéà l'affinitépotentielle. Au régimecomplémentairede l'oppositionconsanguinité/affinité,soumisaux critèresformelsdujugementanalytique,ilestnécessaired'ajouterla « supplémen- tarité» inhérenteau caractèresynthétiquedel'affinitépotentielle,lieuoù quelque chosese passe. L'affinitépotentielleestPaltéritédéterminée9. L'alliance dans les basses terres Jusqu'ici,nousnoussommesattachéà décrirecertainsdestraitsque nous croyonscaractéristiquesdes systèmesde classificationsocialedans les basses terres.Il nousfautà présentaborderla structured'alliancepropreà cetterégion. Sansaucundoute,ils'agitdel'échangebilatéral(Rivière1973; Hornborg1988) - mais d'une variantespécifiquede cettefigure. L'oppositionentreles systèmesbaséssuruneformulelocaleetegocentrée etceuxbaséssuruneformuleglobaleetsociocentréea étéproposéeparDumont (1971) pour limiterla portéede la thèsede Lévi-Straussselon laquelle les typesde mariageentrecousinscorrespondentà des structuresd'échangeentre segmentsde la sociétéglobale.Mais, à y regarderde plusprès,cetteopposi- tionne faitriend'autreque reprendrela célèbredistinctionlévi-straussienne (1967) entrela méthodedes relationset la méthodedes classes.Le mariage des cousinscroisésbilatérauxestdéfinidans Les Structuresélémentairesde la parentécommeun « procédé» ou une « tendance», par oppositionà la « formuleglobale» de l'organisationdualisteet son dédoublementen sec- tions(Lévi-Strauss1967: 118-119).Mais puisqueles organisationsdualistes (méthodedes classes)codifieraientle mêmeprinciped'échangerestreintpré- sentdansle mariagedes cousins(méthodedes relations),les solutionslocale et globalesonten généralvues commeinterchangeables- et c'est cela qui légitimeleprivilègeaccordéparLévi-Straussà la « précisionetnetteté» (ibid.: 528) des classesaustraliennes. La pertinencede la distinctionentrelocal et globalréapparaîtcependant dansLes Structuresélémentairesde laparenté(1967: 513-514)aveclecontraste
  13. 13. 152 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO entrele mariagepatrilatéraletlesformulesbilatéraleetmatrilatérale.L'échange bilatéral(réduità sa varianteaustralienne)etl'échangematrilatéralconstitue- raientdes « structuresglobalesde réciprocité» traduisiblesen « lois», alors que la « recette» patrilatéralen'engendreraitqu'un agrégatmétonymiquede « structureslocales». Il sembleainsis'établirunerelationentre: (1) lemariage descousinscroisésbilatérauxselonla méthodedesrelationsetle schémapatri- latéral; (2) l'échange bilatéralpar la méthodedes classes et le schéma matrilatéral. Notrehypothèseestquelessystèmesdravidiensdel'Amazonieappartiennent au premiertype: ilssontassociésà unrégimelocald'échangerestreintinclusif (Ekeh 1974)ou d'échangemulti-bilatéral(Geffray1990),par oppositionaux systèmesglobauxd'échangerestreintexclusif(entre2n classesréductiblesà 2 super-classesmatrimoniales).Un systèmed'échangeinclusifpossèdeundegré de libertésupplémentairepar rapportà l'échangeexclusif.Il ignoreen effet, ou appliquede façonlimitée,le calculqui définitl'échangerestreintexclusif ou global,à savoir: l'alliéd'unalliéestunconsanguin,lemariageavecl'affin d'un affinestinterdit. L'échangemulti-bilatéralpeutêtrereprésentéparun schémaà troisunités s'unissantbilatéralement,de tellefaçonque l'alliéd'un alliéestaussiunallié. Ce modèleexigepourtantledédoublementdudiagramme« paléolithique» (Lévi- Strauss1966)au moyenduquelon représentehabituellementles formesélé- mentairesde l'alliance- réductionde chaqueunitéd'échangeà uncouplede germainspargénération- , de manièreà avoirdeuxcouplesde germainspar unité.Il existepourtantunemodélisationplussimple,quirespectela condition paléolithique,decettefiguremulti-bilatérale: la formulepatrilatérale.Des trois schémasde mariagesentrecousinsqui caractérisentlessystèmesélémentaires, celuiavecla FZD estsymétrique(d'un pointde vue diachronique)maisirré- ductibleà deuxpartenaires: lesalliésdesalliéssontdesalliés.Deuxcontraintes alternatives,donc,pourdéfinirunsystèmed'échangemulti-bilatéralà troispar- tenaires: si l'on admetl'échangede sœurs,il fautdédoublerlespairespaléo- lithiquesdegermains; sionl'interdit,ledédoublementsynchroniquedesunités devientalorsinutileetil estremplacéparun dédoublementdiachronique.Le modèlepatrilatéralestleschémaélémentairede l'échangerestreintinclusif,ou échangemulti-bilatéral. Lévi-Strauss(1967: 533)a observéqu'on doitconcevoirl'échangerestreint commeuncasparticulierdel'échangegénéralisé.De la mêmefaçonqu'il existe deux structuresde ce derniertype- l'une matrilatéraleet globale,l'autre patrilatéraleet locale- , il y en auraitdeuxdu premier: l'échangerestreint exclusif,dégénérationdu schémamatrilatéral(mariagebilatéralcommedouble échangematrilatéral),et l'échangerestreintinclusif,dégénérationdu schéma patrilatéral(mariagebilatéralcommedoubleéchangepatrilatéral).Ces deux figuresde l'échangerestreintsonthétéromorphes: la réductiondu schéma matrilatéralengendreunestructuredemariageentrecousinscroisés; la réduction non trivialedu schémapatrilatéralengendrele mariageavunculaire10.
  14. 14. La Puissanceet l'acte 153 A A1 B B1 * > C C Fig. 1. Schéma multi-bilatéral A B =7 c Fig. 2. Schéma patrilatéral Les schémaspatrilatéraletavunculairene sontpas des structuresélémen- tairesdel'alliancemaisbiendesprincipescomplexesquiinterfèrentdansd'autres régimesmatrimoniaux(Viveirosde Castro1990,1993).Commeon le sait,il n'existepas de systèmespursd'« allianceprescriptive» patrilatéraleou avun- culaire.Ainsi,la préférencepatrilatérales'exercetoujoursdansunmilieubilatéral- élémentaire(Indedu Sud,nord-ouestamazonien)ou « semi-complexe» (Tro- briand,Iatmul,Haida, Samo).De la mêmefaçon,onneconnaîtpasdesystème qui pratiquele mariageMB-ZD etexcluttouslesmariagesentrecousins- le mariageavunculairea lieutoujoursdansunmilieubilatéralquipermetlemariage avec la FZD et de toutefaçonne peutpas exclurela MBD. Notrehypothèse,donc,estque lessystèmesd'alliancedanslesbassesterres opèrentselonunschémad'alliancebilatéraledisperséenondualiste- l'échange multi-bilatéral- , avecdesmodulationspatrilatéralesetavunculaires.Cestrois figuressontdesvariantesd'unemêmestructure: unrégimecomplexed'échange restreintlocal,qui favoriselescyclescourtsde réciprocitéetnefonctionnepas commeunalgorithmed'intégrationglobaledusocius.Ainsi,quandplusavant nousdéfinironscertainssystèmestupicomme« avunculaires-patrilatéraux», ilnes'agirapas d'uneformulationbaroquedumariagebilatéral(puisquedans leschémaavunculaireZD = MBD), maisd'unefaçondenommersansambiguïté cettevariantespécifiqued'échangesymétrique. Le mariage patri-bilatéralen Amazonie Le régimed'alliancelepluscommunenAmazonieestdutypemulti-bilatéral: chaquephratriecommandedes politiquesd'échangesbilatérauxmultiples,en conjuguantla dispersionsynchroniqueetla réitérationdiachronique,encréant des champsmatrimoniauxconcentriqueset poussantles affinsdes affinsen directionde l'affinité11.Ce régimes'exercesoitdans des conditionsd'endo- gamievillageoise,etde préférencepardesmariagesproches- unedispersion « parl'intérieur» qui inhibel'émergencede groupeséchangistesstables(Ove- ringKaplan1975: 141-144,184)- , soitenarticulantdesespacessociauxplus
  15. 15. 154 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO amples,où l'échangediscontinuentregroupesdegermainssuituneconception ponctuelledel'alliancequiempêchela cristallisationdesunitésd'échange(Basso 1973: 89-90). Dans plusieurssystèmesdravidiensdes bassesterres,le mariagebilatéral idéalestformuléentermesd'unionavecuneFZD ou uneFZHD (filledumari de la sœurdu père),mêmesi d'un pointde vueterminologiqueFZD = MBD etFZH = MB (Rivière1984: 50 ; Taylor1989; Erikson1990: 126-128); ou encore,lemariagedescousinsestconçuselonuneidéologiepatrilatérale,comme leretourà la générationsuivanted'ungermaincroisécédéauparavant(Kracke 1984).Toutefois,les cas les plus évidentsd'inflexionpatrilatéralesontceux où l'exogamielocale confèreà la latéralitédes cousinsune significationgéo- politique: ainsi,les deux meilleursexemplesde régimesmatrimoniauxqui impliquentuneconception« élargie» de l'espacesocial(Dreyfus1977)- les Tukanodu Rio Negroet les Machiguengadu piémontandin- manifestent unepréférencemarquéepourla FZD. Commesi l'exogamielocalenepouvait prévaloirque dansla modalitéla plusendogamepossible,commesila diastole localesevoyaitrestreinteparunesystolematrimoniale.Cecinousparaîtdécisif pouridentifierles limitesdes structuresd'allianceen Amazonie. Le systèmesocialtukanocomprenddes unitéspatrilinéairesexogameset virilocales,reliéesdans un réseauouvert,à telpointque la notionthéorique desociétéglobaleydevientproblématique,etqu'on doitluisubstitueruncadre centrésurlesunitéslocales - pointde vueéminemmentconcentriqueetsca- laire(Hugh-Jones1979: xv-xvi,77,93 ; Jackson1983: 5-9,96-102).Ce même système,quiimposela perspectivestatistiqued'uneanalyserégionale(Jackson 1976)etqui présenteun champmatrimonialaux dimensionsfluctuantesavec unegrandecapacitéd'absorberdenouveauxpartenaires,secaractérisedupoint de vuelocal parunepréférencepatrilatérale,définiede surcroîten termesde proximitégénéalogique(Jackson1983: 132-133): la cousinebilatéraleestconçue commeun cas particulierde la cousinepatrilatérale,etl'échangesymétrique, quandila lieu,estconceptualisécommeundoubleéchangepatrilatéral(Hugh- Jones1979: 81-86).Le mariagepatrilatéralcommemodèlede perpétuation dugroupeagnatiqueimpliqueundoubleretourdesfemmescédées: à desgéné- rationssuccessives,sousla formede la FZD ; à desgénérationsalternées,par la règlede la nominationféminine,où la MM qui nommeEgo seraégalement sa FFZ. La préférencepourlemariageavecla FZD secristalliseenunmodèlesocio- cosmologiqued'échangediscontinuet ternaire; la catégoriedes « affins d'affins» collaboreà la non-fermeturedu système,en imposantunedistinc- tionentrefrèresagnatiques,alliésetco-affins12.Les préférencesmatrimoniales superposentdeuxéchellesde distance,l'une continueetgénéalogique,l'autre discontinueetcatégorielle.La premièreprimela seconde: FZD réelle,MBD aussi,FZD classificatoire,MBD également,cousinescroiséesnonapparentées. Les femmesdes groupesqui ne sontpas déjà liés par le mariagesontles
  16. 16. La Puissanceet l'acte 155 lesmoinspréférées; cesontcesgroupesquideviendrontco-affinss'ilssemarient avec la FZD ou la MBD d'Ego, c'est-à-diredans les groupesoù se trouvent lesaffinsvirtuelsd'Ego. Les co-affinsparexcellencesontles« filsde mère», leshommesdesgroupesdes MZH, qui ontla mêmerelationde mariageavec la MBD quelegrouped'Ego. C'estl'unedesraisonsqui alimentela préférence pourla FZD surla MBD : la première« appartient» immédiatementà Ego etses frères,alorsque l'autreestequidistanted'Ego et de ses MZS. Puisque l'ordrehiérarchiquetukanodistinguelespositionsinternesd'ungroupedeger- mains(etlesrelationsd'inclusionentregroupesagnatiquessegmentaires)mais nes'appliquepasauxrelationsentrenon-agnats(affinsou co-affins),lemariage patrilatéraln'entraînepas la compétitionentredes égaux,contrairementau mariagematrilatéral.C'estprécisémentl'absencede hiérarchieentrelesunités exogamesquiempêchel'établissementd'unsystèmed'échangeasymétrique,habi- tuellementaccompagnéde différencesstatutairesentredonneurset preneurs d'épouses.Le schématernairediscontinupatrilatéralapparaîtcommela solu- tionla plusnaturellepourunsystèmed'unitésmultiplesetéquistatutairesliées par l'échangerestreint. La préférencepatrilatéraletukanon'estpas simplementdue au faitque, dans un systèmepatri-orienté,la FZD est vue commeplus procheque la MBD13.La valorisationd'unetelleproximitéesten soi significative,dansla mesureoù ellemanifesteuneconceptiondoublementcourte(despointsde vue généalogiqueetcatégoriel)de l'exogamie.De touslesgroupesamazoniens,les Tukano,avecleurssibslocalisés,hiérarchisésetexogames,présenteraientles meilleuresconditionspourl'émergencede structuresmatrilatéralesd'alliance. Pourtantilss'oriententdansla directioninverse,enadoptantla solution« régres- sive» de la préférencepatrilatérale.L'absence d'échangegénéralisédans les bassesterres,fréquemmentmentionnée,nes'expliquedoncpas parlecaractère peu cristallisédes institutionsunilinéaires; ellerenvoiesurtoutà uneconcep- tionnon totalisantede l'alliance. De filiationindifférenciée,dispersés,atomisésetuxorilocaux,lesMachiguenga présententà premièrevueuneconceptionexpansiveettotalisantede l'alliance matrimoniale: « il fautse marierloin... » (Renard-Casevitz1977: 124). Ils sontrégispar des normesd'exogamielocale (l'unitéterritorialeestla famille étendue),de non-redondancedes mariagesdans une mêmegénération(deux frèresnesemarientpas danslemêmegroupelocal)etdeprohibitiond'échange de sœurs: les liensinterlocauxsont,à chaque génération,uniques.Comme le groupeidéalde germainsse composede deuxpairesfrère-sœur,le schéma théoriquecomportehuitgroupeslocaux14. L'unicitédes liensmatrimoniauxentregroupeslocaux,loinde se traduire en une formuled'échangeunidirectionnel,fomenteun mouvementopposé: la préférencepatrilatérale,qui rendpossiblele retourà la générationsuivante, sousla formedeleursfils,deshommesperdusà chaquegénérationparlemariage uxorilocal.La dispersiondes alliancesetl'élargissementde l'espace socialne
  17. 17. 156 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO donnentpasaccèsà uneformuleglobaled'articulationdela sociétémachiguenga. Ils suscitentdesstratégieslocalesde párentelesqui conjuguent,endédoublant la paire« terminologique» de germainsdansle quatuor« matrimonial», des unionsprocheset des unionséloignées: aprèsdes mariagesavec la FZD et le MBS réels,réalisésparle premiercouplede germains,le secondcoupleira chercherdescousinséloignés.Ces unionssocialementdistantes(maisproches surle plancatégoriel,puisquetoujourspatrilatérales)auraientpourfonction de récupérerau bénéficede la parentèleces groupesque l'oubligénéalogique etla caducitédesliensd'alliancefontdériverversla périphérieduchampsocial (op. cit.: 134-135)- une stratégieidentiqueà celledécritepar Basso pour les Kalapalo du hautXingu.La dispersionsynchroniquea pourcomplément la répétition-inversiondiachronique; la distensiongéographique,le rappro- chementsociologique.Élargi en extension,le champsocial se restreinten compréhension. Si nous comparonsle systèmemachiguenga,décritcommeexogameet expansif,à celuidesJivaro,nousverronsque se dessinentdessituationsempi- riquesassezsemblables.LesAchuar,classiquementdravidiens,avecunmariage bilatéralproche,conjuguentégalementles tactiquesde distributionsynchro- niqueetderéitérationdiachroniquedesalliances,développantdeschampsmatri- moniauxradiaux,où chaqueunitéestenrelationd'échangeavecdiversesautres (Descola 1982: 311), régimemulti-bilatéralincompatibleavec un dualisme sociologique,et qui réaliseau plan statistiquece que les systèmestukanoet machiguengaimposentau plan mécanique15. La comparaisons'enrichiraitsinousincluionslesPiroetlesCandoshi,sociétés qui abandonnentle modèledravidiensimpleen faveurd'uneexpansionmaxi- malede l'espacesocial,etoù le paramètrede la distancede cognationdécolle dela grilleterminologiquebinaire.Les Piro,ArawakprochesdesMachiguenga (Gow 1991),ouvrentleursystèmede parentéà l'histoireetaffirmentunidéal de mariagedistantsurle plancognatique.Les Candoshi(Amadio& D'Emilio 1984)semblentimposerau niveaunormatifce que leursvoisinsJivaropra- tiquentstratégiquement,maisau prixdeplusieursinversions: l'interdictiondu mariageproche,compenséeparla possibilitéd'échangedesœursetd'uneredon- dance matrimonialemaximale,impliqueune augmentationdiachroniquedu nombredespartenaires,ce qui obligeà unemultiplicitédiscontinued'alliances bilatéralesencoreplus grandeque cellequi règneparmiles Jivaro. L'analysedeTaylor(1989)ducontinuumJivaro-Candoaa démontrél'exis- tencedevariantesrichesduparadigmedravidiendanslesquellesl'alliancebila- térales'exercedans un milieuterminologiqueoù les oppositionsconsan- guins/affinsetparallèles/croisésnesontpasisomorphes- unmodèlesuggestif pourl'ethnographiedu hautXingu(Hieatt1992),des Warao (Suárez 1972), desTupi-Guarani(Fausto 1991)... L'échangerestreintinclusifpeutainsiarti- culerdesrégimesmatrimoniauxcomplexes,où lesconsidérationsde distances imposentle mariage« hawaïen» ou « iroquois» avec les cousinséloignés. Notonsque le systèmecandoshisemblepouvoirs'analysercommeun cas
  18. 18. La Puissanceet l'acte 157 d'alliancepatrilatéraledécalée(mariageavecla FFZDD). Cecinousrapproche d'unautresystèmeamazonien,celuidesAiro-Pai,Tukanooccidentaux(Belaunde Olchewski1992). Les Airo-Pai entretiennenttroismodèlesmatrimoniaux: mariageentreenfantsde cousinescroisées(avec la MFZDD) ; entreenfants de cousinscroisés(avec la FFZSD), et mariageavec la FZD classificatoire (FMMZDDD). Du faitdeséquivalencesomahade la terminologie,le premier modèleestavunculaire(le mariestun « MB » de l'épouse),le secondestune unionentre« grand-père» et« petite-fille», letroisièmeestavunculaire/patri- latéral(lemariestun« MB= MBS » del'épouse).Le systèmeairo-paiinfléchit ainsil'échangemulti-bilatéraldans la directionavunculaire-patrilatérale. Ce sontles sociétéstupiqui offrentcependantl'illustrationla plusclaire dela variantepatri-avunculairedel'échangesymétrique.Si dansplusieursgroupes dela familletupi-guaranilemariageentreonclematerneletnièceestuneunion secondaire(en généralassociéeà la polygyniedes hommeséminents),ou une « infractionpréférentielle» à unenormebilatérale,dans d'autresgroupesle mariageavecla ZD estnonseulementpréférémaistrèscommun,ce qui pro- duitdiversesinflexionsobliquesdans la terminologie. C'estlecasdesParakanãenAmazonieorientale(Fausto1991).Là, la norme avunculaires'accompagned'une optionpatrilatérale,puisqu'unhommepeut renoncerà sondroitsurla nièceenfaveurde sonproprefils.Cettepossibilité, cependant,n'estpastotalementcohérenteaveclesidentificationsgénéalogiques et/ou terminologiquescaractéristiquesdu modèle avunculaire(FZ = MM, FZC = M/MB, MBC = ZC, etc.). La terminologieparakanãchercheà sauver unepartiedescousinespatrilatéralesdeleurassimilationà la catégorie« mère» (ou,mieuxdit,« MZ ») parlerecoursau critèred'âgerelatif: lescousinscroisés plusvieuxqu'Ego sontassimiléssurle planterminologiqueaux germainsde la mère,alorsque lesplusjeunessontidentifiésaux enfantsde la sœur,indé- pendammentde la latéralité(et du sexe). Ce systèmeterminologiquerésultedel'articulationdedeuxstructures- l'une dravidienne,l'autreavunculaire- , ce qui produitcertainseffetsparticuliers: la non-équivalenceentregermainsdemêmesexe; l'apparition,parvoiedeconsé- quence,d'une distinctionentreparentslinéaires,classifiesmoredravidiano, etparentscollatéraux,classifiesselonlemodeavunculaire; la distinctionentre les calculsterminologiquesfémininset masculins.Le résultatgénéralest la complexificationde l'oppositionconsanguins/affins,d'une façonqui évoque la « dravidianitériche» de Taylor(1989). Il y a de bonnesraisonsde croire qu'un telmodèles'appliqueégalementau cas des Pãi-tavyterã(Guarani),des Asuriniet Suruidu Tocantins,et des Tupinambadu XVIesiècle. À premièrevue,ce schémane s'appliqueraitpas à uneautreterminologie guarani,celledes Siriono,pour lesquelsla FZD (classifiéeà la mode crow FZD = FZ = FM) seraitinterdite; la MBD seraitl'épouseprescriteetnecoïnci- deraitpas surle planterminologiqueavec la ZD égalementinterdite.Cepen- dant,contreScheffler& Lounsbury(1971)etavecShapiro(1968),nouscroyons
  19. 19. 158 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO quela situationsirionopeuts'interprétercommeunetransformationdumariage avunculairedes Tupi-Guarani,d'autantplus que les Yuqui - groupecultu- rellementprochedes Siriono- exprimentune nettepréférencepource type d'union(Stearman1989). Notonsque la terminologiepseudo-crowetla normematrilatéralesiriono évoquentle systèmedesTxicão,groupecaribedu Xingu(Menget1977)- où les cousinespatrilatéralesbénéficienttoutefoisd'une oscillationanalogueà celleque pratiquentles Parakanã(ou FZD = FZ = FM, ou FZD = MBD = W). Ajoutonsque les Txicão permettentle mariageentreMB et ZD classifica- toires; que les Caribe sont,avec les Tupi, un des foyersde l'unionavun- culairesur le continent(les Trio présententune structurehybridede type parakanã; Rivière1969); et que les Arara(Pinto 1989),parentsimmédiats desTxicão,possèdentuneterminologiede typeavunculaireetpratiquentcette formede mariage...16 Toutefois,lesterminologiesobliquesnesontpasuniversellesparmilesTupi- Guarani: la plupartdespeuplesde cettefamilledisposentd'un modèledravi- dien- engénéralavecunesérieséparéede termesd'affinité- , etle mariage avunculaireestsecondaireparrapportà la normebilatérale(Wayãpi,Kagwahiv, Ka'apor, Araweté,Kayabi,Kamayura,Asurinidu Xingu...). Ces nomencla- tureshorizontaless'approchentcependantdesterminologiesobliquesparune instabilitéqui se vérifiedans la classificationdes cousinscroisés.Bien qu'il yexistedestermespourdésignercesparents- au contrairedesnomenclatures avunculaires,dépourvuesde cousinscroisésterminologiques- , on n'y ren- contrepas de termesspécifiques(ou, dans une perspectivecomparative,pri- maires)pourdésignerunetelleposition,pourlaquelleellesprésententainsiun videclassificatoire,qu'on remplitde diversesfaçons17.Cettesituationrefléte- raitla positionambiguëetinstabledes cousinscroisés- lieuoù s'articulent des différencesinternes(consanguinité/affinité)et des différencesexternes (cognats/ennemis)- , toutcommeellerefléteraitla centralitéde la figurede l'ennemidans les systèmessocio-cosmologiquestupl. L'absenceterminologiquedescousinscroisésapparaîtdansuntroisièmetype de systèmetupi-guarani,qui neutralisel'oppositionentreparallèlesetcroisés à G 0 etinterditlesmariagesentreparentsprochesou lesunionsentregénéra- tions.Cetteconfiguration,qui a faitcoulerbeaucoupd'encre- il s'agitdu « bifurcategenerationtype» de Dole (1969)- , combinela fusionbifurquée à G+ 1 et une classification« hawaïenne» à G 0, situationassez commune dans les bassesterres(Kadiweu,Kiriri,certainsCaribede Guyane,Shipibo, Yaruro,Warao...). Il fautici distinguer.Dans certainscas, la neutralisation de l'oppositiondravidienneà G 0 estquasi teknonymiqueet a pourfonction de résoudreles contradictionsdu systèmed'attitudes; la bifurcationà G+ 1, commel'idéaldemariageprocheetsa spécification« croisée», estmaintenue. Dans d'autrescas,cependant,cettedérivehawaïenne,contextuelleou absolue, exprimeunconceptpositifdedistancematrimoniale: lemariageestvucomme unissantdepréférencedesgermainsclassificatoireséloignés,descousinscroisés
  20. 20. La Puissanceet l'acte 159 éloignés,desenfantsde cousinscroisés.Dans le cas tupi-guarani,cettefigure nesembleserencontrerque parmilesTapirapé,lesTeneteharaetlesKaiowa18. Dans cesgroupes,ungradientde distancese substitueentièrementà l'opposi- tiondravidienne; les termesde germanitésontétendushorizontalement,de tellefaçonquelemariages'effectueentreconsanguinséloignéssurleplancogna- tiqueet non plus entreaffinsvirtuelsproches. Ce troisièmeensemblede sociétéss'écartedes deuxautres(lesquelsne se distinguententreeuxqueparla placeplusou moinsimportantequ'ilsaccordent au mariageavunculaire)parsonfonctionnementmatrimonial,maisil partage avec eux la mêmeinstabilitédans la classificationdes cousinscroisés.Tout cecisuggèrel'existenced'uneproto-structuretupi-guarani: un systèmedravi- dien« sanscousinscroisés» oscillantentrela contractionavunculaire-patrilatérale etla distensionhawaïenne.Lesvariationsethnographiquesrencontréesneseraient doncenriendesformesdégradéesd'unestructuresimpledemariageentrecou- sins(Fausto 1991: 276). L'instabilitéde la terminologiedes cousinsest attestéedans des sociétés d'autresfamillesde la souchetupi: là, les systèmesdravidiensclassiquesdis- paraissentmaison ytrouvetoujoursl'oscillationentrele mariageavunculaire etpatrilatéral.C'estle cas desgroupesMondédubassindu Rio Madeira,chez quicoexistentunefortepréférenceavunculaireetlemariagepatri-bilatéral,mais dontla nomenclaturene manifestepas les mêmesobliquitésterminologiques que celledesParakanã.Les équivalencesentrelesgermainscroisésdesparents etlesgrands-parents,etentrelesneveuxcroisésetlespetits-enfantssontclai- res; untermepourlescousinscroisésestcependantmaintenuséparé(Paiter, Zoró). Chez les Cinta-Larga,l'obliquitéaffecteégalementles cousinscroisés maiselleestdetypeomaha19.Encoreque lesdonnéessurlesCinta-Largasoient incomplètes,il convientde rappelerque Caspar (1975) a relevéunetermino- logieomahapourun groupetupiproche,les Tupari.Nous soupçonnonsque les équivalencescinta-largaFZD = ZD, MBS = MB - étrangesdans des sys- tèmesassociésau mariageavunculaire- ne sontriende plusqu'unemanière d'indiquerla possibilitéde mariageavecla cousinecroiséepatrilatérale,assi- miléeprécisémentà la filledela sœur.Le cas pseudo-omahadesAiro-Paiévo- qué plus hautrenforcecettehypothèse. Les Mundurucus'organisentenclanspatrilinéairesdivisésen deuxmoitiés exogamesliéesparl'échangesymétriquenondifféré(la ZD estinterdite).La terminologiedeparenté,cependant,présenteuneséried'équivalencesqui ame- nèrentMurphy(1956, 1960)à inférerl'existenceantérieuredu mariageavun- culaire: ainsi,MM= FZ, MB= FZS, MBC = ZC. Mais,de façontrèssignifica- tivepournotrehypothèsed'une structuretupisimultanémentavunculaireet patrilatérale,la cousinepatrilatéralen'estpas identifiéeà la mère(FZD^M). La MBD etla FZD sontdistinctessurle planterminologiquemaisidentiques matrimonialement,alorsquela MBD etla ZD sontidentiquessurleplantermi- nologiquemais distinctesmatrimonialement.
  21. 21. 160 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO Vers le Brésil central Unairdefamilleunitlesterminologiesobliquesdesbassesterres,qu'ellessoient avunculairesouprésententdestraitscrow-omaha.Des systèmescommeceuxdes Airo-Pai,Siriono,Mondé,Tupari,Wari',Mundurucu,Trio,AraraetTxicaosont stratégiquespourpenserla relationproblématiqueentrelesconfigurationsama- zoniennesetcellesdu Brésilcentral. À premièrevue,rapprocherdesterminologiescommecellesdesTrioou des ParakanãdecellesdesTimbiraou desKayapórevientà dela confusionpureet simple; plusencoreque despoissonsetdesbaleines(Lévi-Strauss1966),c'est rapprocherdespoissonsetdessous-marins...En effet,leséquivalencesobliques résultent,danslepremiercas,d'uneconceptiontropprochedumariage,tandis quedanslesecondellesseraientassociéesà la prohibitiondemariagesproches, ycomprisentrecousinscroisés.Cependant,ilexistedessimilitudesentrecertaines terminologiesgé etd'autresamazoniennes,toutcommeil existedestracesde mariagesentrecousinsdansleBrésilcentral.Nousnousborneronsicià donner quelquesindicationssurlessystèmesdu Brésilcentral,objetsd'uneabondante littératureetd'unecomplexiténotoire. Les Gé - enparticulierlesgroupesseptentrionaux(TimbiraetKayapó)- possèdentdesterminologiesdeparentéavecdeséquivalencesentregénérations. Le systèmekayapóprésenteuneclassificationomahadescousins; la termino- logiedesTimbiraorientaux,uneclassificationcrow.Les Timbiraoccidentaux (Apinayé),situésentrelespremiersetlesseconds,ontdestermescrowetomaha pourlescousins.Il estvraiqu'aucunedecesterminologiesnefournituneillus- trationimpeccabledestypesdéfinisparMurdock.Toutenprésentantlesidenti- ficationssymptomatiquesFZD = FZ = FM (= MM),MBS= MB= MF (= FF), etc. - l'équivalenceentrela collatéralitécroiséeetlechangementdeniveaudegéné- ration- ,ellessecaractérisentaussiparunecurieusesymétrie: ainsi,lessystèmes desGé duNordassimilentlesdeuxgermainscroisésdesparents(MB, FZ) aux grands-parents(réciproquement,lescroisésde G- 1 sontassimilésà G- 2), ce quin'estnicrowniomaha,maisressembleà ceque fontlesSiriono,lesMondé etautresgroupesamazoniens,enparticulierceuxquiprofessentunepréférence avunculaire.La variabilité,chezlesGéduNord,opèreessentiellementà G 0 (Da Matta1979: 117): l'instabilitédescousinscroisés,que nousavonsremarquée danslecas desTupi,seretrouveainsidansleBrésilcentral.Les deuxsystèmes, outrele faitde varierdansla classificationde cetteposition,nepossèdentpas de termesspécifiquespourelle; coïncidencequi n'estpeut-êtrepas fortuite20. Les régimesmatrimoniauxduBrésilcentralsonttrèsmalconnus.La prohi- bitiondu mariageentrecousinscroisésréelsestla tendancegénérale.Mais les XerenteetlesBororóautorisentlemariagedescousinsetsemblentpréférerl'union patrilatéraleoupatri-bilatérale(Nimuendaju1942:25 ; Crocker1979:281,292). LesXavanteépouseraientégalementla FZD plutôtquela MBD, dansunrégime oùiln'ya pasd'échangedesœursetoùlesmariagesentrecousinscroisésproches sontrares(Maybury-Lewis1967: 228).LesPanarapossèdentunsystèmedequatre
  22. 22. La Puissanceetl'acte 161 clansmatrilinéairesexogamesqui,enfonctiond'une« prescription» demariage entreenfantsdecousinsparallèlespatrilatéraux,neseregroupentpasenmoitiés exogamesmaissuiventunrégimemulti-bilatéraloùchaqueclanéchangedessœurs aveclestroisautres(Schwartzman1988).ChezlesKarajá,groupemacro-gé,on semarieavecune« sœur» classificatoire(laterminologieesthawaïenne); l'ethno- graphiemontrela prédominancemassivedemariagesavecdescousinescroisées ou parallèlespatrilatérales(Dietschy1977: 299 ; Petesch1992: 354sq.)2K L'étudedeLadeira(1982)surlesTimbiraoccidentauxappellel'attentionsur lespossiblesrelationsentrecetypedemariageetlarègledetransmissiononomas- tiquecroiséedesGéduNord,ainsiquesurdesmécanismesdedédoublementcol- latéraldetype« semi-complexe»22.Dans cessociétésuxorilocalescaractérisées parunedispersiondesalliancesdegermainsmasculins,1'« échangeonomastique» entregermainsde sexeopposés'effectueraitde préférenceentrecousinsparal- lèlespatrilatéraux,defaçonà renforcerlelienentre« germains» noncorésidents. Parailleurs,entrelesmultiplespossibilitésd'échangeonomastiqueentrecousins parallèlesetcroisésengendréesparla transmissioncroisée,celleentrela FZD et leMBS (immédiatsouclassificatoires)estla seulequisoitinterdite; cesontainsi lespremierscollatérauxdontl'uniquerelationpositivepossibleestle mariage. Partantdel'observationde Melatti(1979)selonlaquelle« quand [lesTimbira] ne peuventpas échangerdes corps(i.e. se marier),ils échangentdes noms», Ladeiraoffreuneanalysedesrelationsentrecircuitsd'échangematrimonialet onomastiquequimontreleurcomplémentarité.Pourformulerlaquestionentermes timbira,ondiraque : (a) quandonnepeutpaséchangerdescorps,onpeutéchan- gerdesnoms(BetZ, oucousinsparallèles); (b) quandonpeutéchangerdesnoms, onnepeutpas échangerdescorps(BD etZS, cousinscroisésmatrilatérauxqui reçoiventlesnomsd'unepaireB/Z) ; (c) quandonnepeutpaséchangerdesnoms, onpeutéchangerdescorps(BS etZD, mariagedecousinscroiséspatrilatéraux). On observeraque le schémapatrilatéralélémentaireestle seulcompatibleavec cetterègledetransmissioncroisée: c'estuniquementdanscelui-ciqu'unepaire B/Z ne se reproduitjamaiscommeuncoupleH/W23. Hypothèseà vérifier: lesrégimesmatrimoniauxgépeuvent-ilsêtreadéqua- tementdécritsselonunschémapatrilatéralopérantdansdesconditionsnonélé- mentaires? Si telétaitle cas, il seraitpossiblealorsd'établirun lienentreles systèmesd'allianceamazoniensetceuxduBrésilcentral.La « dravidianité» ama- zonienne,les diversesobliquitéstupi,caribeetgé, les mariagesprochesde la GuyaneetlesmariageséloignésdesGé,Candoshi,etShipibo,la subordination dela consanguinitéà l'affinitéetdecelle-cià l'affinitépotentielle,touscestraits manifesteraienten définitiveunemêmestructure: l'alliancemulti-bilatéraleà inflexionpatri-avunculaire,régimecomplexed'échangerestreintinclusifqui exprimeuneconceptionnontotalisantedela parenté.La partdutout,enconsé- quence,seraità chercherailleurs. Traduitdu portugaispar VéroniqueBoyer Museu NacionalyRio de Janeiro
  23. 23. 162 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO NOTES 1. OveringKaplan 1975; Basso 1970; Crocker1967.Dans d'autrescas,elletraduitl'existence de conceptionsalternatives,etmutuellementincompatibles,de la structureidéalede l'allianceet dela compositiondugroupelocal(Trio); dansd'autrescasencore,la classificationvariedefaçon régulièreselonque certainsparentsrésidentou nondansle mêmegroupelocalqu'Ego (Arara), qu'ilssontliésounonpardesrelationssupplémentaires- detypeonomastiqueparexemple(Tim- bira)- , qu'ilssontvusou noncommedesconjointsdésirables(Txicão,Parakanã): Rivière1969; Pinto 1989; Menget1977; Fausto, 1991. 2. VoirTowNSLEY(1988)etErikson(1990). 3. L'expressionterminologiquedecetteinterférencevarie.Danscertainscas,desmodificateurslinguis- tiquesdedistancejouentunrôlefondamental(Yanomami,AltoXingu,Pano,Machiguenga,Wayãpi, Pemon,Jivaro).Dansd'autres,c'estlateknonymiequitendà assimilerPaffineffectifà uncognât, moyennantsa définitioncommeconsanguindeconsanguin(Piaroa),c'est-à-direcesontlesaffins noneffectifsquisevoienteffectivementdésignéscommeaffins.Dansd'autresencore,la présence de termesspécifiquesd'affinitémarqueseulementlesaffinseffectifsnoncognats: la distinction seraentrelesaffinsapparentésetlesaffinsnonapparentés,cettedernièrecatégorieincluantdes affinstanteffectifsque potentiels- maisellese voitmarquéeparl'affinitépotentielledansles attitudes.C'estle casdesTrio(Rivière1969: 172,225-226).VoirSilva (1993)pouruneanalyse ducaswaimiri-atroarioùapparaîtuneoppositionlinéaire/collatéralematrimonialementpertinente, commele résultatde l'interférenceentrediamétralismeetconcentrisme. 4. Voirl'étudedescas cashinahuaet shipiboparKeifenheim(1990). 5. C'estégalementlecasdesKamayura,commelemontreBastos1990.Pouruneconceptiondel'affi- nitéeffectivecommeune« super-parenté», voirGow (1991: 166-167)surles Piro. 6. Les Gé du Nord,cas classiquede la coexistencedu concentrismeetdu diamétralisme,semblent adopterunesolutiondifférente.Cesdeux« dualismes» organisentdesdomainesséparésdela vie sociale: lagradationrègnedanslapériphériedomestique,ladiamétralitédanslecentrecérémoniel. Etlecentreenglobehiérarchiquementla périphérie- cequivientà êtrela versiongédela limita- tionstructuraledela parenté,aspectquenouscroyonsgénéralpourlesbassesterres.ChezlesGé, l'intérieurenglobel'extérieur,maisauprixd'undéplacementdelaparentéversuneposition« péri- phérique», i.e.relativementextérieure.EnAmazonie,nousavonslaprédominanceduconcentrisme surle dualisme- l'oppositionconsanguins/affinsestsubordonnéeà l'oppositionintérieur/exté- rieur.ChezlesGénousavonsl'inverse: ledualismeconcentriquepériphérie/place(etc.)estsubor- donnéauxdualismesdiamétrauxdessystèmesdemoitiés.Lessystèmesamazoniensontunedépen- danceessentielleà l'extérieur.C'estlà qu'ilssituentlesennemis,lesmorts,lesaffinspotentiels; c'estdelà qu'ilsextraientlesressourcessymboliquesindispensablesà la reproductionsociale.Les systèmesduBrésilcentral,parcontre,apparaissentcommeuncasparexcellencedel'incorporation del'extérieur,del'intériorisationdesdifférences,detellefaçonqu'ilssonteffectivementdes« sys- tèmesfermés», où l'extérieurestuncomplémentdiacritiquedel'intérieur- danscederniersont inclusestouteslesdifférencesnécessaires,extraitesdel'extérieurauxtempsmythiquesdel'origine de la culture.Le dualismeconcentriqueextérieur/intérieur,propreauxsystèmesamazoniens,est convertienundualismediamétralinternechezlesGé. Les Pano offriraientla médiation: l'une desmoitiésdesCashinahuaetdesYaminahuaestidentifiéeà l'extérieur,l'autreà l'intérieur,et desindicationssuggèrentquela moitiéextérieureenglobeetdéterminel'intérieure(Townsley1988: 100-103; McCallum 1989). 7. Commeau Norddel'Inde,où ilyauraituncaseffectifd'englobementhiérarchiquedel'affinité parla consanguinité: ce quelesIndo-aryensfontavecleur« frère» (Dumont1983a: 166-167), lesAmérindiens,ainsiquen'importequelspécialistede l'Amazoniese le rappellera,tendentà le faireavecle « beau-frère». 8. De telsritesmettentenscèneuneprédationcannibaleetsexuelledesopposants,dontlesfemmes, envertude l'affinisationterminologiqueetconceptuelledesparticipants,serontainsi« sœurs» deleursattaquants- unedoublenégationdel'affinité,dela prédationdel'autreetde l'inceste en mêmetemps. 9. Lesexemplesdecettefonctiondemédiationexercéeparlesaffinspotentielssontnombreux.Évo- quonsla transformationdel'ennemituéparunArawetéentiwadesontueur(ViveirosdeCastro 1992); la médiationendo-cannibaleexercéeparlesaffinsclassificatoiresyanomamidansle rite funéraire,entrelesprédateursexo-cannibalesennemisetlescognatsendeuillés(Albert1985); la positiond'« affinslogiques» occupésparlesennemisqui sontl'objetde la chassede dentsou detêtesparlesYaguaetlesShuar(Chaumeil1985; Taylor 1985: 166-168,et1993; etDescola
  24. 24. La Puissanceet l'acte 163 1986: 329); le cannibalismemétaphoriquedesétrangersdansles riteswari',distinctde l'exo- cannibalismelittéralexercécontrelesennemis(autresethnies)etdePendocannibalismefunéraire, égalementlittéral,à chargedesaffinseffectifs,cachéparunlangageconsanguin(Vilaça 1989); lesritesfunérairesdu hautXingu,où lescousinscroisésnonalliésparle mariagesontlesanta- gonistesarchétypaux(Menget1977: 47-48; Bastos 1990)... 10. VoirLounsbury(1978: 999)pourla réductionmatri-bilatéraleetRivière(1966)pourla réduc- tionpatri-avunculaire. 11. Le calculdravidien« co-affin= consanguin» resteunepossibilitéthéoriqueouestappliquéunique- mentdansle cercleimmédiatdesaffins- toutefois,voirle cas symptomatiquedesPiaroaoù le WZH, quandil n'estpas unfrèreréel,estclassifiécommebeau-frère(OveringKaplan 1984: 154-155); dansla variante« iroquoise» duhautXingu,lemarid'unecousinecroiséeestunbeau- frèreetnonun frère(Gregor1977: 278).D'une façongénérale,là où le gradientde distance estdéterminantdansla classification,la virtualitéducalculbinaireestsubmergéparl'assimilation desrelationséloignéesà l'affinitépotentielle.Des exemplesdecettesituationpeuventêtreinférés dequelquesmonographies(Gregor1977: 297-299)etconfirmésdansRamos& Albert 1977et Albert1985: 203-204,231(Yanomami); OveringKaplan 1975: 136-137,1984: 139,etMonod 1987: 22-24(Piaroa); Silva 1993(Waimiri-Atroari); Henley1982: 95-98(Panare); Descola 1982(Achuar). 12. Endépitdeseffortsd'ÀRHEM(1981a: 130-138)pourréduirecettetroisièmepositionà la première, ilestévidentquel'assimilationdesco-affinsà la consanguinitéestimparfaite: ils'agitd'uneposi- tionquiassocielesattributsnégatifsdela consanguinité(prohibitiondel'alliance)etdel'affinité (absencedehiérarchie,non-agnation).Elleappartientà l'universde l'affinitépotentielle; lesco- affinssont« cousinscroisésnonapparentés» quiépousentlesFZD ouMBD d'Ego,enconstituant unetroisièmepositiondegrandrendementsymbolique(Hugh-Jones1979: 80-81; Jackson1983: 144-145). 13. Ou ques'impose,aveclemêmerésultat,uneperspectiveparallèle(Scheffler& Lounsbury1971: 175; Hornborg1988: 25-26,235-237).L'affiliationsexuelleparallèleestuncorrélatcommundu mariagepatrilatéral,quandellen'estpas sa rationalisation,à commencerparle casclassiquedes Koiari(Williams1932)qui présententunprofilpatri-multibilatérald'alliance.Voiraussile cas amazoniendesMura-Pirahãoù lesmariagessuccessifsdivisent« parallèlement» lesenfantsd'un coupleselonlesexedesparentsetoùlemariagedescousinscroisésbilatérauxsevoitinfléchipatri- latéralement: Gonçalves 1993. 14. Renard-Casevitz{ibid.: 133-134)appellel'attentionsurle faitque lescircuitsd'alliancesont ouverts,liantdefaçoninductiveunnombreindéfinid'unités,dansunesituationanalogueà celle desTukanooù l'alliancepatrilatéralearticuleunespacematrimonialcontractileordonnéà partir d'un pointde vuelocal. L'itérationbinairedu calcul- les Machiguengarespectentl'algèbre dravidienne- connaîtunaffaiblissementà mesurequenousnouséloignonsde la bandeproche dugradientdedistance,eninstaurantdespossibilitésoptionnellesdansla classificationdesparents éloignés,ce qui renvoieà la subordinationdu diamétralismeterminologiqueau concentrisme idéologique. 15. La coexistenced'unidéaldemariageprocheavecla pratiqued'allianceséloignéesreproduit,parmi lesTukanoetlesMachiguenga,la situationdecessystèmescognatiquesetendogamescommeceux desPiaroa,JivaroetYanomami,où le dispositifmatrimonials'ouvreendespointsstratégiques encréantunréseauextra-locald'unegrandesignificationpolitique.Icicommelà, s'appliqueune observationqueLévi-Strauss(1979: 186)réservaitauxsociétésà maisons: « lesprincipesdel'exo- gamieetdel'endogamienesontpas[...] mutuellementexclusifs». Sitelestlecas,nousdisposons alorsd'unélémentdepluspourrepenserla nationde« structureélémentaire» à partirducontexte amazonien. 16. Il noussemble,ensomme,quelesdeuxcasd'inflexionmatrilatéraleenAmazonie,lesSirionoet lesTxicão,nonseulementneconstituentpasdessystèmesglobauxd'« allianceasymétrique» mais aussiqu'ilssontpassiblesd'uneinterprétationentermesdecristallisationmatrilatéraled'unestruc- tureoriginalementavunculaire. 17. Parexemple,lesWayãpi(Grenand1982),quipossèdentunenomenclaturedravidienne,désignent lescousinscroisésetlesbeaux-frèresparuntermedontlescognats(au senslinguistique),dans lessystèmestupi-guaranipossédantunesérieséparéepourlesaffinseffectifs,signifientexclusive- ment« beaux-frères» ou « ennemi» ; ilscondensentainsidansuneseulecatégorielescousins, lesbeaux-frèresetlesennemis.LesAraweté,quantà eux,assimilentterminologiquementlesaffins virtuelsauxaffinspotentielsetlesséparentdesaffinseffectifs; lesParakanãetdansunecertaine mesurelesKa'apor(Balée 1984)conserventunedivisionternaire: « oncles-cousins-neveux», affins, ennemis.(Les Parakanãn'ontpas de termeshorizontauxd'affinitévirtuelle; MB etZS, quand
  25. 25. 164 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO ilssontbeaux-frères,se traitentparuntermed'affinitéeffective.QuandMB etZS préfèrentne pasemployerlestermespour« oncle» et« neveu», trèschargésd'asymétrie,ilss'appellentpar destermesauto-réciproquesd'affinitépotentielleou d'« amitiéformelle».) 18. LesTupiduhautXingu(KamayuraetAweti)possèdentuneterminologiebifurquéedansla réfé- renceethawaïennedansl'adresse. 19. Paiter: Bontkes& Merrifield1985; Zoró: Brunelli 1987; Cinta-Larga: Dal Poz 1991.La terminologiecinta-largaprésentela mêmeincohérencedestermesréciproquesqui se trouvedans leséquivalencesobliquesdesSiriono,maisavecuneinversiondelatéralité: MB= grand-père,mais ZS= MBS* petit-fils(Siriono,Ego masculin);et MB= grand-père,maisZC= FZC* petit-fils (Cinta-Larga). 20. Scheffler& LouNSBURY(1971)ontsuggéréquelessystèmesdesGé,desSirionoetdesIncafor- meraientunnouveautypeterminologique,définiparunerègle(impliciteou explicite)de « trans- missionparallèlede statut». La ressemblanceaveclessystèmescrowetomahaseraitpurement superficielle.NotonstoutefoisquelecasincafutanalyséparF. Héritier(1981)commeunsystème semi-complexed'alliance.Principesdetransmissionparallèledestatut(terminologiqueet/oumatri- monial)furentde faitidentifiésdansd'autrescas amazoniens(Dietschy1977; Menget1977; Hornborg1988). 21. Le mariageavecunecousineparallèlepatrilatérale,engénéralassociéau mariageavecla FZD, a aussilieuparmilesArara(Pinto1989).Celanoussembledériverdel'asymétriepaternels/mater- nelsdanscessociétésuxorilocales(Panara,Karajá,Arara),mettanten évidenceencorela non- équivalenceentregermainsdemêmesexe,propreauxrégimessemi-complexes(ViveirosdeCastro 1993).Ajoutonsque lesAraraépousentla ZD etla BD etque lesBororóontégalementla BD commeépousevirtuelle. 22. La règledetransmissioncroiséesignifiequ'unEgomasculinouféminintransmetsesnomsà l'enfant desongermainde sexeopposé.Cettetransmissionestlerésultatd'unéchangeentreB etZ (réels ou classificatoires)etfonctionnecommeuneespècedecompensationdel'interditsexuelentreces positions(Melatti 1979): je nepeuxpas avoird'enfantsavecma sœurmaisje donneraimon nomà sonfils,quidevientainsiunerépliquesocialedecequeje suis; l'exogamies'accompagne d'une« endonymie». Il estintéressantde comparercette« structureonomastiqueélémentaire» aveclemariageavunculaire: danslesdeuxcas,la cessiond'unesœurestcompenséeparunretour à la générationsuivante,soitsousla formede la fillede cettesœurcommeépouse,soitsousla formedu filsde cettesœurcommerécepteurdesnomsd'Ego. La perspectivegé estcependant simultanément« avunculaire» et« amitale». 23. En revenantauxSirionoetauxTxicão: lesdeuxsystèmesprésententdesindicesdetransmission sexuellementparallèlesdesstatutsterminologiques.Nousavonsiciunproblème: unerègledefilia- tionparallèlediscriminantedu pointde vuede l'exogamie(« descendanceparallèle») s'accorde avecl'alliancematrilatéralemaisnonavecle schémapatrilatéral- qui s'accordeavecunerègle de« descendancecroisée». Cependant,desprincipesdeparallélismesexuelsontdescorrélatscommuns depréférencespatrilatérales,maisilsfonctionnentà l'inversed'unerègleexogame(Williams1932). Parailleurs,lesGé,quimontrentdenombreuxindicesdepréférencepatrilatérale,présententdes règlesdetransmissionsexuellementcroiséedestatutonomastique; lesTxicãoetlesSiriono,avec leurtransmissionparallèle,professentunepréférencematrilatérale.Maisil convientde rappeler quelesMachiguengaetlesKaraja,entreautres,ontdesmarquesdefiliationparallèleetunepréfé- rencepatrilatérale.En somme,nouscroyonsquela « règledetransmissionsexuellementparallèle de statut» proposéeparScheffler& Lounsburyestun épiphénomèned'unestructuregénérale patrilatérale-avunculairedesterresbasses; lesSirionoetlesTxicão,commenousl'avonsdit,seraient descas de gelmatrilatérald'unetendanceavunculaire.Le systèmeinca,où Lounsbury(1978)a vulemariagematrilatéral- etla descendanceparallèle- , peutégalementêtreperçucommeun mariagepatrilatéraldiachroniquementdécalé.Pourlarelationentrealliancepatrilatéraleetrégimes semi-complexes,voirViveirosde Castro (1990,1993).
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  31. 31. 170 EDUARDO VIVEIROS DE CASTRO & CARLOS FAUSTO ABSTRACT EduardoViveirosdeCastro & CarlosFausto, ThePowerandtheAct. KinshipinLow- landSouthAmerica.- ThekinshipsystemsoflowlandSouthAmericacanbe locatedon a continuumbetweentwopoles:Dravidian-typeterminologiesandrestrictedexchangein Amazonia;« semi-complex» alliancesystemsand terminologieswithtransgenerational equationsinCentralBrazil. TheclassicalDravidianterminologicalparadigmis radically modified,initsAmazonianversion,byconcentricschemesbasedontheparameterofcognatic distance;bya sharpdistinctionbetweenactualandpotentialaffinity;andbymanyexamples ofterminologicalskewingexpressingavuncularmarriage.Thetransgenerationalequations of CentralBraziliansystemsare analyzedas transformationsof theobliquesystemsof Amazonia(Tria,Parakanã,Siriono,Txicão),thusarisingthequestionofdeterminingthe conditionsforthetransitionbetweenAmazonianrestrictedexchangeandCentralBrazilian « semi-complexity». A generalalliancemodel- multi-bilateralexchangeanditspatrilateral andavuncularvariants- is putforthas thekinshipstructureoflowlandSouthAmerica. RESUMEN EduardoViveirosde Castro yCarlosFausto, La Potenciay elActo: elparentescoen lastierrasbajasdeAmericadelSur.- En lastierrasbajasdeAmericadelSurlossistemas de parentescose ordenanen un continuumentredos polos: el intercambiorestringido amazónico,codificadoporterminologíasdravidianas; lasconfiguraciones« semi-complejas» delBrasilcentral,enlasqueencontramosterminologíasdeequivalenciastransgeneracionales. En la Amazonia,tratándosede terminologías,el diametralismodelparadigmadravidiano clásicosevesobredeterminadoporclasificacionesconcéntricasfundamentadasenla distancia de cognación; poruna distinciónradicalentreafinidadrealy potencialque sostienen estructurasternarias; yporvariadasfigurasde oblicuidadterminológicaque expresanel matrimonioavuncular.LasequivalenciastransgeneracionalesdelossistemasdeBrasilcentral soninterpretadascomocasoslímitesdelossitemasoblicuosdelaAmazonia(Trio,Parakanã, Siriono,Txicão),lo quepermitequenospreguntemossobrelas formasdetransiciónentre elintercambiorestringidoamazónicoyelrégimen« semi-complejo» delBrasilcentral.Se proponeunmodelode alianza- el intercambiomulti-bilateralysusvariantespatrilateral y avuncular- comoinfraestructurageneralde parentescoen las tierrasbajas.

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