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Un guide de la Ligue
contre le cancer
pour les personnes touchées
et leurs proches
Le mélanome
Impressum
_Editeur
Ligue suisse contre le cancer
Effingerstrasse 40, case postale, 3001 Berne
tél. 031 389 91 00, fax 031 389 91 60
info@liguecancer.ch, www.liguecancer.ch
_Direction du projet
Susanne Lanz, Ligue suisse contre le cancer, Berne
_Conseils scientifiques
(par ordre alphabétique)
Prof. Dr Reinhard Dummer, Directeur de clinique suppléant,
Clinique de dermatologie, Hôpital universitaire de Zurich
Dr Philippa Golling, Cheffe de clinique, Clinique de derma-
tologie, Hôpital universitaire de Zurich
Dr Clarissa Huber, médecin-assistante, Clinique de derma-
tologie, Hôpital universitaire de Zurich
Prof. Dr Renato Panizzon, Centre hospitalier universitaire
vaudois, Service de dermatologie, Lausanne
_Texte
Nicolas Broccard, journaliste scientifique, Berne
_Traduction
Cristina Martínez, Gabriella Pidoux, Ligue suisse contre le
cancer, Berne
_Révision
Jacques-Olivier Pidoux, Ligue suisse contre le cancer,
Berne
_Couverture
Adam et Eve, d’après Albrecht Dürer
_Illustrations
P. 7 : Frank Geisler, dessinateur scientifique, Berlin ;
P. 11 : Essex Pharma GmbH, München,
Willi R. Hess, dessinateur scientifique, Berne
_Photos
P. 4, 38, 42 : Shutterstock ; pp. 13, 16 : Clinique de
dermatologie, Hôpital universitaire de Zurich ;
p. 17 : Dr Jean-Philipp Görög, Berne ;
p. 20 : Michael Jordan by Fotolia ; p. 26 : Getty Images
_Conception graphique
Ligue suisse contre le cancer, Berne
_Impression
Ast & Fischer SA, Wabern
Cette brochure est également disponible en allemand et en
italien.
© 2016, 2009
Ligue suisse contre le cancer, Berne
3e
édition revue et augmentée
LSC / 3.2016 / 3500 F / 021085012111
3Le mélanome
Sommaire
Avant-propos	5
Qu’est-ce que le cancer ?	 6
La peau et le cancer de la peau	 10
La structure de la peau	 10
Les types de cancer de la peau	 11
Le mélanome	 12
Causes et facteurs de risque	 14
Examens et diagnostic	 17
Les stades de la maladie	 19
Généralités sur le traitement	 23
Choix du traitement	 23
Principes thérapeutiques	 27
Mélanome : options thérapeutiques	 28
La chirurgie	 28
La radiothérapie	 29
Les thérapies médicamenteuses 	 30
Faire face aux effets indésirables	 34
La thérapie dans le cadre d’une étude clinique	 36
Le traitement du mélanome	 36
Les traitements additionnels	 39
Traitement de la douleur	 39
Les médecines complémentaires	 39
Suivi médical et réadaptation	 40
Le retour à la vie quotidienne	 42
Conseils et informations	 44
4 Le mélanome
5Le mélanome
Cancer. Pour les malades comme
pour leurs proches, le diagnostic
est généralement un choc. Du jour
au lendemain, la vie bascule ; le pré-
sent, l’avenir, tout est chamboulé et
les questions se précipitent, char-
gées d’espoir un jour, lourdes d’an-
goisse et de colère le lendemain.
Cette brochure est destinée à vous
aider à mieux comprendre et af-
fronter la maladie.Vous y trouverez
une description détaillée du méla-
nome, des examens réalisés en vue
de poser le diagnostic et du traite-
ment, mais aussi des conseils utiles
pour la période qui suit les théra-
pies et des offres de soutien pour
vous faciliter le retour à la vie de
tous les jours.
Vous constaterez lors de la lecture
que le « cancer de la peau » est en
réalité un terme générique qui en-
globe plusieurs maladies cancé-
reuses dont chacune présente des
effets et des répercussions diffé-
rentes.
Le traitement du mélanome est de-
venu plus efficace et mieux toléré
ces dernières années. Lorsque le
mélanome est découvert à un stade
Chère lectrice, cher lecteur,
précoce, petit et limité à l’épiderme,
les perspectives de guérison sont
généralement bonnes. A un stade
plus avancé, il est souvent possible
d’en ralentir l’évolution. Même
lorsqu’on ne peut plus espérer de
rétablissement durable, des me-
sures d’accompagnement peuvent
contribuer à maintenir ou amélio-
rer la qualité de vie. Si vous avez
des questions, l’équipe médicale et
soignante est là pour y répondre.
N’hésitez pas non plus à faire ap-
pel au soutien de votre entourage,
qu’il s’agisse de votre famille, de
vos amis ou connaissances.
Vous trouverez des conseils et des
informations utiles dans de nom-
breuses autres brochures de la
Ligue contre le cancer. Les profes-
sionnels à l’œuvre au sein des li-
gues cantonales et régionales et à la
Ligne InfoCancer connaissent bien
les questions qui se posent dans le
cas d’un cancer et sont là pour vous
conseiller et vous accompagner.
Vous trouverez les coordonnées né-
cessaires à la fin de cette brochure.
Nos vœux les plus chaleureux vous
accompagnent.
Votre Ligue contre le cancer
Par souci de lisibi-
lité, nous renonçons
à mentionner expli-
citement les deux
genres. Le masculin
implique toujours la
forme féminine.
Remarque
Le mélanome de l’œil, le sarcome de Kaposi et le carcinome à cellules de Merkel ne sont pas traités
dans cette brochure. Le carcinome basocellulaire, le carcinome spinocellulaire et les lésions précancé-
reuses (kératose actinique, Morbus Bowen) sont décrits en détail dans la brochure « Les cancers de la
peau non-mélanome : carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, lésions précancéreuses ».
La brochure « Lymphomes hodgkiniens et non-hodgkiniens » donne quant à elle des informations sur
les lymphomes cutanés primaires.
6 Le mélanome
Le terme de « cancer » recouvre un
large éventail de maladies diffé-
rentes qui présentent néanmoins
certaines caractéristiques com-
munes :
>	Des cellules normales au dé-
part se multiplient de façon in-
contrôlée ; elles prolifèrent et se
transforment en cellules cancé-
reuses.
	Les cellules cancéreuses en-
vahissent le tissu sain ; elles le
compriment et le détruisent.
	Certaines de ces cellules
peuvent se détacher de l’endroit
où elles se sont constituées et
donner naissance à des foyers
secondaires dans d’autres par-
ties du corps : les métastases.
Le terme de « cancer » désigne
donc la prolifération de cellules
qui se multiplient de façon in-
contrôlée et qui envahissent le tis-
su sain. Dans le langage courant,
on parle aussi de tumeur. Il faut
toutefois distinguer les tumeurs
bénignes, qui ne mettent pas la vie
en danger, des tumeurs malignes,
qui peuvent menacer l’existence.
Les tumeurs malignes sont aussi
appelées néoplasmes, ce qui signi-
fie « nouvelle formation ».
Il existe plus de deux cents types
de cancers différents. On distingue
les tumeurs solides, qui se déve-
loppent à partir des cellules d’un
organe et qui forment une masse
ou un nodule (le cancer du sein,
Qu’est-ce que le cancer ?
par ex.), et les cancers qui prennent
naissance dans le système sanguin
ou lymphatique (les leucémies, par
ex.). Ceux-ci peuvent notamment
se traduire par un gonflement des
ganglions lymphatiques, mais aus-
si par des modifications de la for-
mule sanguine.
Les tumeurs malignes solides qui
se forment à partir de tissus su-
perficiels comme la peau, les mu-
queuses ou les glandes sont appe-
lées carcinomes. Les carcinomes
représentent la grande majorité
des tumeurs malignes.
Tumeurs bénignes et tumeurs
malignes
En grandissant, les tumeurs bé-
nignes compriment le tissu sain,
mais elles ne l’envahissent pas et
ne forment pas non plus de mé-
tastases. Suivant leur localisation,
elles peuvent cependant provo-
quer des troubles importants en
écrasant le tissu normal ou en en-
traînant le rétrécissement d’un ca-
nal comme un nerf ou un vaisseau
sanguin.
Certaines tumeurs bénignes
peuvent se transformer en tu-
meurs malignes, parfois après de
longues années. Les polypes de
l’intestin en sont un bon exemple.
Ces excroissances qui se déve-
loppent sur la muqueuse intesti-
nale peuvent constituer un stade
précurseur du cancer de l’intestin.
7Le mélanome
Comment se forme une tumeur ?
Exemple : carcinome de la muqueuse
tumeur maligne tissu sain
La tumeur commence à infiltrer le tissu sain.
cellules
cancéreuses
vaisseaux
sanguinscellules
cancéreuses
Elle envahit le tissu voisin. Les cellules cancéreuses pénètrent dans
les vaisseaux sanguins (en rouge/bleu) et lymphatiques (en vert)
et parviennent ainsi dans d’autres organes, où elles forment des
métastases.
vaisseaux
lymphatiques
8 Le mélanome
Les tumeurs malignes, quant à
elles, envahissent le tissu envi-
ronnant et l’endommagent. Elles
forment également de nouveaux
vaisseaux sanguins pour s’appro-
visionner en éléments nutritifs.
Des cellules cancéreuses peuvent
se détacher de la tumeur et passer
dans les vaisseaux sanguins ou
lymphatiques. Elles parviennent
ainsi dans les ganglions lympha-
tiques et dans d’autres organes,
où elles forment des métastases.
En principe, les cellules cancé-
reuses conservent les caractéris-
tiques de leur tissu d’origine, de
sorte qu’il est possible d’identifier
l’organe dont les métastases sont
issues.
Tout commence dans la cellule
Les tissus et les organes sont
composés de plusieurs milliards
de cellules. Chaque cellule ren-
ferme dans son noyau le plan de
construction de l’individu : le ma-
tériel génétique (génome), avec
les chromosomes et les gènes. Ce-
lui-ci est constitué d’acide désoxy-
ribonucléique (ADN), le support
de l’information génétique.
Au cours du processus de division
cellulaire, de nouvelles cellules
apparaissent constamment tandis
que d’autres meurent. Le matériel
génétique peut être endommagé à
la suite d’une erreur lors de la divi-
sion cellulaire ou sous l’influence
de divers autres facteurs. En prin-
cipe, les cellules sont capables de
détecter et de réparer elles-mêmes
ces anomalies ou meurent si elles
ont subi une altération. Lorsque
ce n’est pas le cas, la cellule dé-
fectueuse – on parle de cellule mu-
tée – continue de se diviser de ma-
nière incontrôlée. Les cellules qui
prolifèrent ainsi finissent par for-
mer, avec le temps, un nodule, une
tumeur.
Des dimensions inimaginables
Une tumeur d’un centimètre de
diamètre contient déjà des mil-
lions de cellules et peut s’être for-
mée il y a plusieurs années. En
d’autres termes, une tumeur n’ap-
paraît pas du jour au lendemain ;
la vitesse à laquelle elle grandit va-
rie toutefois d’un type de cancer à
l’autre.
Des causes multiples
Les maladies cancéreuses sont
dues à des altérations qui affectent
le matériel génétique des cellules.
Certains facteurs sont connus
pour favoriser ces mutations et
jouent un rôle dans l’apparition
du cancer :
	le vieillissement naturel ;
	le mode de vie (alimentation
trop peu variée, sédentarité,
tabagisme, consommation d’al-
cool, etc.) ;
	des influences extérieures (vi-
rus, polluants, fumée du tabac,
rayonnement ultraviolet, etc.) ;
9Le mélanome
	des facteurs héréditaires ou
génétiques.
Pourquoi moi ?
Vous vous posez peut-être cette
question et vous demandez si
vous auriez pu faire les choses au-
trement pour échapper à la ma-
ladie. Il est compréhensible que
vous vous interrogiez et que vous
soyez en proie au doute ou à la
colère. Vous devez toutefois sa-
voir que la genèse du cancer est
un processus extrêmement com-
plexe, difficile à cerner même pour
un spécialiste.
Personne ne peut se protéger à
coup sûr de la maladie. Le can-
cer frappe indifféremment les per-
sonnes ayant un comportement à
risque et celles vivant sainement,
les jeunes et les moins jeunes. La
probabilité d’être atteint relève en
partie du hasard ou de la fatalité.
Ce qui est sûr, c’est que le diagnos-
tic engendre un stress important.
10 Le mélanome
La peau et le cancer de la peau
La peau est le plus grand organe
du corps humain. Chez l’adulte, sa
surface est d’environ 1,5 à 2 m2
.
La peau remplit les fonctions les
plus diverses :
	 Elle régule la température
interne du corps et une partie
de la teneur en eau de l’orga-
nisme. Cette régulation se fait
par la transpiration et par ce
qu’on appelle la perte insen-
sible en eau (PIE).
	 Elle est un organe senso-
riel qui permet d’entrer en
contact avec le monde exté-
rieur et de ressentir des sensa-
tions variées comme une brise
légère, une caresse ou une
douleur.
	 La peau constitue une bar-
rière qui protège l’organisme
des agressions extérieures
telles que le froid, la chaleur,
les rayons UV, les produits
chimiques, les virus et les bac-
téries.
	 Elle absorbe dans une cer-
taine mesure des substances
et certains médicaments
(par exemple sous forme de
crèmes).
	 Grâce à la lumière du soleil,
elle produit la vitamine D,
importante pour le dévelop-
pement et la conservation des
os. Cette vitamine ne se trouve
qu’en quantités limitées dans
l’alimentation.
La structure de la peau
La peau est constituée de diffé-
rentes couches :
	 L’épiderme avec la couche épi-
neuse ; la couche basale (avec
la membrane basale), située
dans la partie la plus profonde
de l’épiderme. On y trouve
également les mélanocytes
(cellules pigmentaires produi-
sant la mélanine).
	 Le derme comprend les folli-
cules pileux que l’on trouve
parfois même dans l’hypo-
derme.
	L’hypoderme.
Les épaisseurs respectives des dif-
férentes couches de la peau ne sont
pas les mêmes sur tout le corps.
Pour l’épiderme, elle est comprise
entre0,04mm(paupières)et1,5mm
(plante des pieds). Le derme et l’hy-
poderme sont plus épais.
L’épiderme est constitué avant
tout de kératinocytes qui pro-
duisent une substance cornée ap-
pelée kératine.
De nouvelles cellules cutanées
sont produites en permanence
dans la couche basale de l’épi-
derme. Alors qu’elles sont pous-
sées vers la surface de la peau
par les nouvelles cellules, elles
passent par différents stades de
développement et, finalement, se
transforment en cellules cornées
11Le mélanome
La structure de la peau
a	Epiderme
b	Derme
c	 Hypoderme (tissu sous-cutané)
d	 Couche ou membrane basale
e	 Couche épineuse (kératinocytes)
f	 Cellules pigmentaires (mélanocytes)
g	 Follicule pileux
h	Poil
i	 Glande sébacée
k	 Glande sudoripare
qui sont éliminées sous forme de
squames. Ce processus perma-
nent de renouvellement de la peau
dure trois à quatre semaines.
Les mélanocytes forment un pig-
ment appelé mélanine qui, en
donnant sa coloration à la peau,
lui assure une certaine protection
contre les rayons UV (voir égale-
ment p. 14).
Le derme est un tissu conjonc-
tif élastique et fibreux contenant
notamment des cellules immuni-
taires, des fibres nerveuses, des
vaisseaux sanguins et lympha-
tiques, des glandes sudoripares et
sébacées ainsi que des follicules
capillaires.
L’hypoderme est constitué de tissu
adipeux et de tissu conjonctif élas-
tique, sillonnés de vaisseaux san-
guins et de nerfs. Il est relié aux
muscles sous-jacents.
Les types de cancer
de la peau
Le terme cancer de la peau dé-
signe en fait diverses tumeurs
de la peau qui ont des noms dif-
férents en fonction des couches
cutanées ou des cellules dans les-
quelles elles se développent.
En cas de modification cutanée,
un dermatologue sera la per-
sonne indiquée pour déterminer
s’il s’agit d’un changement bénin
ou d’un cancer de la peau et, le cas
échéant, de quel type.
Le mélanome malin
	 Le mélanome malin se déve-
loppe à partir des mélanocytes
(cellules pigmentaires).
12 Le mélanome
Le nombre de cas de mélanomes
(incidence) a fortement augmen-
té ces dernières décennies. Les
raisons ne sont pas réellement
connues, mais on peut suppo-
ser que certains facteurs y contri-
buent, comme l’exposition plus
intensive aux rayons UV (bains
de soleil plus fréquents, solarium,
et autres activités de plein air) et
une détection précoce avec réper-
toriage grâce à un système sani-
taire efficace en Suisse.
Les cancers de la peau
non-mélanome
	 Le carcinome basocellulaire se
forme à partir de la couche des
cellules basales ainsi qu’à par-
tir des kératinocytes, le long
des follicules pileux. Le carci-
nome spinocellulaire se déve-
loppe quant à lui à partir des
kératinocytes de la couche épi-
neuse (épiderme).
	 Lésions précancéreuses pou-
vant dégénérer en carcinomes
spinocellulaires :
	 La kératose actinique et la
maladie de Bowen se déve-
loppent tous deux dans l’épi-
derme.
Les cancers de la peau non-mé-
lanomes sont beaucoup plus fré-
quents que les mélanomes.
L’évolution et le traitement du mé-
lanome et des cancers de la peau
non-mélanome diffèrent beau-
coup. C’est pourquoi une brochure
spécifique est consacrée à ces der-
niers : « Les cancers de la peau
non-mélanome : carcinome ba-
socellulaire, carcinome spinocel-
lulaire, lésions précancéreuses »
(voir p. 46).
Le mélanome
Le mélanome se présente sous
différentes formes. La plupart du
temps, une tache sombre ou noire
se forme. Elle peut être plate,
bombée ou présenter des nodosi-
tés (petites grosseurs).
Un mélanome peut faire son ap-
parition à n’importe quel endroit,
également dans la zone génitale
ou – occasionnellement – sous les
ongles des pieds ou des mains.
Plus rarement, des mélanomes
se forment dans les muqueuses,
Le cancer de la peau en chiffres
Chaque année en Suisse, près de 2100 personnes reçoivent un dia-
gnostic de mélanome. Le mélanome vient en cinquième position
des maladies cancéreuses et représente 6 % de toutes les maladies
cancéreuses.
13Le mélanome
dans les méninges ou dans des
organes internes.
Les hommes sont souvent tou-
chés au torse, les femmes plutôt
aux bras et aux jambes. Les mé-
lanomes apparaissent surtout
chez des personnes de plus de 50
ans. Au moment du diagnostic,
un tiers des personnes atteintes
sont âgées de 70 ans ou plus, un
tiers cependant a moins de 50 ans.
Chez les jeunes adultes, le méla-
nome est l’un des types de cancer
le plus souvent diagnostiqué.
Les quatre types de mélanomes
les plus fréquents :
	 Le mélanome superficiel exten-
sif (50 %) ;
	 Le mélanome nodulaire (30 %) ;
	 Le mélanome de Dubreuilh ou
lentigo malin (10 %) : il apparaît
surtout sur le visage de per-
sonnes âgées ;
Mélanome superficiel extensif Mélanome nodulaire Mélanome de Dubreuilh ou
lentigo malin
	 Le mélanome acro-lentigineux
(5 %) ; apparaît sous la paume
des mains, des plantes des
pieds ou sous les ongles.
Environ 5 % sont d’autres types de
mélanome.
Selon son aspect, un mélanome
se développe sur plusieurs mois
ou plusieurs années.
Aujourd’hui, les mélanomes sont
souvent détectés à un stade pré-
coce. Ainsi, s’ils sont petits et limi-
tés à l’épiderme, les chances de
guérison sont plus élevées.
En revanche, si un mélanome se
développe dans le derme, des
cellules cancéreuses peuvent de
propager via les vaisseaux lym-
phatiques aux ganglions lympha-
tiques voisins ou via les vaisseaux
sanguins à d’autres organes (en
Quelques types de mélanomes
14 Le mélanome
Causes et facteurs
de risque
Le rayonnement UV
Les rayons infrarouges du soleil
provoquent une sensation de cha-
leur, les rayons visibles (la lu-
mière) donnent couleurs et lumi-
nosité à notre environnement, par
contre les rayons ultraviolets sont
invisibles et on ne peut les ressen-
tir. Le rayonnement UV n’atteint
que partiellement la surface de la
Terre, car la majeure partie est ab-
sorbée par la couche d’ozone.
Il existe trois types de rayons UV :
	 Les rayons UVA provoquent
un teint hâlé en superficie. Ils
pénétrent jusqu’au derme et
entrainent un vieillissement
prématuré de la peau. Les
rayons UVA peuvent endom-
mager le patrimoine génétique
(ADN) et augmenter le risque
de cancer de la peau.
particulier les poumons, les os, le
foie, le cerveau) et y former des
métastases.
Dans le cas du mélanome, on parle
également de métastases locales
(régionales) :
	 les métastases en transit se
forment dans la peau, entre la
tumeur et les ganglions lym-
phatiques les plus proches.
	 les métastases satellites appa-
raissent dans un périmètre
de 2 centimètres autour de la
tumeur.
	 les micrométastases sont des
métastases des ganglions lym-
phatiques mesurant entre 0,2
et 2 millimètres.
	 les macrométastases sont des
métastases des ganglions lym-
phatiques de plus de 2 milli-
mètres.
Modifications cutanées : si vous avez un doute, consultez !
Un autoexamen régulier de la peau permet de reconnaître à temps
des modifications cutanées suspectes. Surtout les personnes à
risque devraient examiner et contrôler leur peau régulièrement –
visuellement et au toucher – pour constater ou non des change-
ments.Toute modification suspecte doit vous amener à consulter
un médecin.
15Le mélanome
	 Les rayons UVB sont plus
agressifs que les UVA. Ils
pénètrent jusqu’à l’épiderme,
ils y provoquent de dange-
reux coups de soleil. Sous leur
action, l’épiderme s’épais-
sit (hyperkératose), ce qui lui
confère une protection limitée.
	 Les rayons UVB peuvent
endommager le patrimoine
génétique (ADN) et augmenter
le risque de cancer.
	 Les rayons UVC sont stoppés
par la couche d’ozone et ne
parviennent pas jusqu’à la sur-
face de la Terre.
Les solariums
Les rayons UV artificiels des sola-
riums représentent une agres-
sion supplémentaire de la peau.
Ils augmentent le risque de cancer
de la peau et accélèrent le vieillis-
sement cutané.
Facteurs de risque
Différents facteurs peuvent aug-
menter le risque d’être atteint
d’un mélanome :
	nombre élevé de taches pig-
mentées (plus de 100) ;
	antécédents familiaux de méla-
nome ;
	antécédents personnels de
cancer de la peau ;
	brunissement inexistant ou
lent des peaux claires (faible
pigmentation de la peau) ;
	expositions intensives aux
rayons solaires avec coups de
soleil ;
	immunosuppression : le sys-
tème de défense naturel (sys-
tème immunitaire) est trop
affaibli en raison d’une mala-
die, ou alors réprimé par des
médicaments, pour empêcher
par exemple le rejet lors d’une
greffe ou d’une transplanta-
tion.
Pour en savoir plus
Sur les risques de cancer de la
peau, les mesures de protection,
l’autoexamen et le dépistage,
vous pouvez consulter la brochure
« Protection solaire » de la Ligue
contre le cancer (voir p. 46).
Modifications suspectes
de la peau
Environ un cinquième de tous les
mélanomes se développent à par-
tir d’une tache pigmentée (névus
mélanocytaire, ou grain de beau-
té).
Lorsqu’une tache pigmentée se
différencie clairement par sa forme
et sa couleur des autres, il faut en
connaître la raison. Si elle est exis-
tante ou nouvellement apparue,
et si elle grossit rapidement et se
durcit, alors elle doit être montrée
à un dermatologue.
La règle A-B-C-D facilite l’autoexa-
men de la peau.
16 Le mélanome
	 Tache pigmentée bénigne	 Tache pigmentée suspecte
A = Asymétrie
B = Bords
C = Coloration
D = Dynamique
Forme
irrégulière,
non symétrique
Bords
irréguliers, non
correctement
délimités
Couleurs
diverses,
taches
Modifications
(taille, couleur,
forme ou
épaisseur)
Forme
régulière et
symétrique
Bords
réguliers et
contours
délimités
Couleur
uniforme
Sans évolution
La règle A-B-C-D
17Le mélanome
En cas d’altérations de la peau
suspectes ou lors d’un contrôle
annuel, le dermatologue procède
généralement à différents exa-
mens médicaux :
	 Examen approfondi de la peau,
en portant une attention parti-
culière aux taches pigmentées
et autres altérations de la cou-
leur.
	 Les altérations de la peau sus-
pectes font l’objet d’un exa-
men supplémentaire à l’aide
d’un dermatoscope.
	 En règle générale, si une tache
pigmentée, un névus (grain de
beauté) ou un nouveau nodule
cumulent plusieurs caracté-
ristiques suspectes (voir règle
A-B-C-D), le dermatologue
les enlèvera sous anesthésie
locale, avec une petite marge
de sécurité (biopsie d’exci-
sion). De plus, le médecin pal-
pera les voies lymphatiques
voisines ainsi que les gan-
glions lymphatiques.
	 L’examen microscopique en
laboratoire du tissu excisé per-
mettra de poser un diagnostic
précis.
	 S’il s’agit d’un mélanome, il
faudra déterminer les autres
caractéristiques de la tumeur,
Examens et diagnostic
Le Dr Jean-Philippe Görög, Berne, lors d’un examen au dermatoscope
18 Le mélanome
à savoir le type (voir p. 13),
la vitesse de la division cellu-
laire, l’épaisseur en millimètres
selon Breslow, la profondeur
de pénétration dans les tissus
selon Clark et les mutations
génétiques de la tumeur.
Au cours d’un entretien approfondi
avec le médecin, le patient reçoit des
informations supplémentaires sur sa
maladie et peut poser des questions.
Après évaluation de la situation per-
sonnelle, des examens complémen-
taires peuvent être proposés :
	 prise de sang et examen san-
guin ;
	 échographie, éventuellement
photographie des ganglions
lymphatiques avoisinants ;
	 radiographie des poumons
(radiographie du thorax).
Le ganglion sentinelle fait l’objet
d’une attention toute particulière,
car il s’agit du premier ganglion
qui reçoit le flux lymphatique de
la tumeur.
	 Si des cellules du mélanome
migrent dans les ganglions
lymphatiques, le ganglion lym-
phatique sentinelle sera le pre-
mier atteint.
	 Si l’épaisseur du mélanome
est supérieure à 1 mm ou si le
ganglion lymphatique senti-
nelle paraît anormal à l’écho-
graphie, il sera prélevé puis
analysé.
	 Si des cellules cancéreuses se
trouvent dans les ganglions
lymphatiques sentinelles, tous
les ganglions lymphatiques
de la zone concernée seront
en principe excisés (lympha-
dénectomie).
L’examen des ganglions lympha-
tiques sentinelles sert au diagnos-
tic, mais n’est pas une mesure
thérapeutique.
Techniques complémentaires
d’imagerie médicale
Si l’épaisseur du mélanome est
supérieure à 1 mm, il est recom-
mandé de procéder à d’autres exa-
mens spécialisés. Grâce à la tomo-
graphie axiale (scanner ou CT), à
la tomographie par résonance ma-
gnétique (IRM), à la tomographie
Outil de diagnosticTEP/CT
Le TEP/CT est un nouvel appareil qui combine la tomographie
par émission de positons (TEP) avec la tomographie axiale (CT)
(scanner). Le couplage de ces deux techniques donne des informa-
tions sur le volume et la position de la tumeur (CT) ainsi que sur la
consommation d’énergie et le métabolisme de la tumeur (PET).
19Le mélanome
par émission de positons (TEP)
ou à la scintigraphie osseuse, il
est possible de vérifier si des mé-
tastases se sont formées dans
d’autres organes.
Les méthodes décrites ci-dessus
ne sont pas toutes utilisées pour
le même patient. Le choix des mé-
thodes dépend de la situation indi-
viduelle du patient.
La thérapie optimale à recomman-
der au patient dépendra du type
de tumeur, de sa taille ainsi que
des résultats des analyses.
Les stades de la maladie
Les différents examens per-
mettent au dermatologue de dé-
terminer le stade de la maladie,
et d’évaluer son extension. La sta-
dification joue un rôle important
dans le choix de la thérapie la plus
appropriée. Dans ce but, on a re-
cours au système international de
classificationTNM.
T	 La lettre T suivie d’un chiffre compris entre 0 et 4 exprime
l’extension (taille) de la tumeur ; plus le chiffre est élevé, plus
sa taille est importante.
Tis	 Tumor in situ, limitée à l’épiderme ; la tumeur n’a pas encore
percé la membrane basale.
T1	 L’épaisseur de la tumeur ne dépasse pas 1 mm.
T2	 L’épaisseur de la tumeur est comprise entre 1 et 2 mm.
T3	 L’épaisseur de la tumeur est comprise entre 2 et 4 mm.
T4	 L’épaisseur de la tumeur est supérieure à 4 mm.
ClassificationTNM
L’ajout d’un b minuscule, par exempleT2b, signifie que la surface de la
tumeur n’est plus intacte, mais qu’elle présente des ulcérations (comme
dans le cas d’un ulcère suintant).
Si c’est un a minuscule que l’on ajoute, par exempleT2a, alors la tumeur
ne présente pas d’ulcération.
20 Le mélanome
21Le mélanome
N	 La lettre N exprime le degré d’atteinte des ganglions lympha-
tiques (lymph node en anglais).
N0	 Les ganglions lymphatiques voisins ne sont pas atteints.
N1	 Présence de micro- ou macrométastases dans un ganglion
lymphatique voisin (ganglion lymphatique sentinelle).
N2	 Présence de métastases dans deux ou trois ganglions lympha-
tiques voisins et/ou présence de micro- ou macrométastases,
de métastases satellites ou de métastases en transit (voir p. 22).
N3	 Présence de métastases dans quatre ganglions lymphatiques
voisins ou plus, auxquelles s’ajoutent des métastases satel-
lites ou des métastases en transit.
M	 La lettre M indique la présence ou l’absence de métastases
dans d’autres organes. On les appelle aussi métastases à dis-
tance.
M0	 Aucun signe de métastases.
M1	 Présence de métastases :
	 M1a sur ou dans la peau.
	 M1b dans les poumons.
	 M1c dans d’autres organes (par ex. les os, le foie, le cerveau)
ou des métastases à distance.
L’ajout de lettres minuscules précise le diagnostic :
a	 micrométastases (non-palpables) dans les ganglions lymphatiques
b	 macrométastases (palpables) dans les ganglions lymphatiques
c	 métastases satellites ou en transit (voir p. 22)
Votre dermatologue répondra volontiers aux questions que vous vous
posez à ce sujet.
22 Le mélanome
Les stades de la maladie
Pour le mélanome, la classifica-
tion TNM est résumée en quatre
stades (I–IV). Plus la maladie s’est
propagée dans l’organisme, plus
son stade d’évolution est avancé
et correspond à un chiffre élevé.
Stade I
L’épaisseur de la tumeur est au
maximum de 1 mm (avec ulcéra-
tion, soit T1b) ou au maximum de
2 mm (sans ulcération, soit T2a).
Dans les deux cas pas de signes
de métastases.
Stade II
L’épaisseur de la tumeur dépasse
1 mm avec ulcération, dépasse
2 mm sans ulcération. Pas de
signes de métastases.
Stade III
Ici ni l’épaisseur ni l’ulcération de
la tumeur ne jouent un rôle. En re-
vanche, des métastases sont pré-
sentes dans les ganglions lym-
phatiques voisins ou la peau
avoisinante est touchée.
Stade IV
Pour la classification dans ce
stade, la taille ou le degré d’enva-
hissement/d’infection des gan-
glions lymphatiques ne joue au-
cun rôle. C’est la présence de mé-
tastases dans d’autres organes
(poumons, foie, cerveau, sque-
lette, etc.) qui est déterminante.
23Le mélanome
Généralités sur le traitement
Le traitement dépend avant tout
du type de tumeur, de sa localisa-
tion et de son extension :
	Quelles sont la taille et l’éten-
due de la tumeur ?
	Le stade de la maladie (voir p.
22) : quelle épaisseur a la tu-
meur ? Est-elle ulcérée ? Le gan-
glion sentinelle ou d’autres
ganglions lymphatiques sont-
ils touchés ? Des métastases
se sont-elles formées dans
d’autres organes ?
	Peut-on enlever la tumeur par
une opération chirurgicale ?
Par ailleurs, on tiendra compte de
facteurs tels que l’état général,
l’âge ainsi que de l’avis et des pré-
férences du patient.
Choix du traitement
La thérapie est planifiée et mise
en œuvre de manière pluridisci-
plinaire. En d’autres termes, diffé-
rents experts évaluent ensemble
la situation lors de réunions de
concertation médicale interdis-
ciplinaire appelées aussi tumor
boards. Cette démarche permet de
vous proposer la meilleure théra-
pie possible.
Dans le cas du mélanome, les spé-
cialistes dans les domaines sui-
vants seront sollicités :
	 Dermatologie : maladies de la
peau et tumeurs cutanées.
	 Anatomo-pathologie : ana-
lyse au microscope de cellules
ou de tissus prélevés sur un
organe.
	 Chirurgie : chirurgie recons-
tructrive ou plastique.
	 Radio-oncologie : thérapie par
radiation des cellules cancé-
reuses.
	Oncologie/dermato-oncolo-
gie : thérapie médicamenteuse,
soins de soutien, coordination
des processus de traitement.
	 Psycho-oncologie : accompa-
gnement psycho-social de la
personne touchée par un can-
cer.
	 ORL (oto-rhino-laryngologie) :
diagnostic et traitement des
troubles du nez, de la gorge,
de l’oreille et de la région tête
et cou.
Thérapies à disposition
Les principales méthodes de thé-
rapie sont
	 La chirurgie (opération)
	 Les thérapies médicamen-
teuses (chimiothérapie, immu-
nothérapie)
	 La radiothérapie
	 La thérapie palliative
Ces thérapies s’emploient seules
ou combinées. Le but visé est la
suppression totale ou quasi-totale
de la tumeur.
24 Le mélanome
Le choix de la thérapie se fait en
accord avec vous.
Vous décidez
Nous vous recommandons de dis-
cuter des options thérapeutiques
avec les médecins des différentes
disciplines. Dans certains hôpi-
taux et centres de soins, les étapes
d’un traitement sont coordonnées
par un spécialiste, il est alors votre
interlocuteur.
A tout moment, vous pouvez poser
des questions, remettre en ques-
tion une décision antérieure, ou
demander un temps de réflexion.
Il est important que vous compre-
niez les enjeux (buts recherchés,
conséquences, effets secondaires)
d’une mesure thérapeutique pro-
posée avant de l’accepter ou de la
refuser.
Vous avez le droit de refuser un
traitement. Dans ce cas il est im-
portant d’avoir compris quelles
conséquences ce refus peut avoir
sur le cours possible de la mala-
die.
Vous pouvez aussi laisser la dé-
cision du choix thérapeutique
aux médecins. Nonobstant, qu’il
s’agisse d’une opération ou d’une
thérapie, votre accord est toujours
indispensable.
Faites-vous accompagner
et conseiller
Prenez le temps nécessaire pour
bien comprendre le traitement et
poser toutes vos questions. Il est
recommandé de se faire accompa-
gner chez le médecin par un proche
ou une personne de confiance.
Chez vous, dans le calme, couchez
par écrit les questions que vous
souhaitez poser, afin de penser à
tout lors du rendez-vous. Vous re-
cevez beaucoup d’informations et
il peut s’avérer utile que quelqu’un
soit à vos côtés.
Vous pouvez impliquer votre mé-
decin de famille ou demander un
deuxième avis. Le médecin qui
vous auscultera ou votre médecin
traitant ne le prendra pas comme
une marque de défiance, mais
comme un droit qui vous revient.
Peut-être éprouvez-vous le besoin
de parler du poids psychique ou
social que la maladie engendre
chez vous. La psycho-oncologie
constitue dans ce cas une aide
précieuse. En effet, lors d’un en-
tretien avec un psycho-oncologue,
vous pouvez parler des aspects de
la maladie qui vont au-delà des
questions médicales, par exemple
les peurs ou les problèmes so-
ciaux (voir p. 40).
25Le mélanome
Osez poser des questions
	Que puis-je attendre du traitement : permet-il d’obtenir la guérison ? Prolonge-t-il
la vie ? Améliore-t-il la qualité de vie ?
	Quels sont les avantages et inconvénients du traitement ?
	Quelle est l’expérience de l’hôpital dans le traitement du mélanome ? A quelle
fréquence les médecins opèrent-ils ? Ce sont des questions essentielles, car
l’expérience de l’équipe soignante et médicale a une grande influence sur l’évo-
lution de la maladie et la qualité de vie du patient.
	Quel aspect physique aurai-je après l’opération ?
	A quels effets indésirables dois-je m’attendre ? Sont-ils transitoires ou définitifs ?
Que peut-on faire ?
	Quelles sont les complications possibles de l’opération ?
	Quelles fonctions physiques ou physiologiques seront affectées par le traite-
ment ou l’opération ?
	Quelles répercussions la maladie et le traitement auront-ils sur mon quotidien,
mon entourage et mon bien-être ?
	Si je renonce à certains traitements, quelles seront les conséquences sur mon
espérance de vie et ma qualité de vie ?
	Y a-t-il une option autre que le traitement proposé ?
	Les coûts du traitement sont-ils pris en charge par la caisse maladie ?
26 Le mélanome
27Le mélanome
Principes
thérapeutiques
Les principes thérapeutiques dif-
fèrent selon la tumeur et le stade
de la maladie.
Curatif
Le traitement curatif vise la gué-
rison. Une thérapie curative est
envisagée lors de l’ablation chirur-
gicale complète de la tumeur et en
l’absence de métastases.
Dans le cas du mélanome, la résec-
tion de tous les tissus atteints ne
garantit toutefois pas forcément
la guérison définitive ou l’absence
d’une récidive à plus ou moins
long terme. C’est la raison pour
laquelle une thérapie médicamen-
teuse ou une radiothérapie pré- ou
postopératoires sont envisagées.
Palliatif
Le traitement palliatif a lieu
lorsque les chances de rémis-
sion sont faibles. Il s’agit dès lors
de ralentir la progression de la
maladie et de maintenir une qua-
lité de vie aussi bonne que pos-
sible. Une mesure palliative peut
être administrée sous forme médi-
cale, de soins, d’un accompagne-
ment psychologique ou spirituel.
On cherche dans ce cas à atténuer
les symptômes tels que les dou-
leurs, les angoisses, la fatigue, ou
la difficulté à s’alimenter. Parfois,
on peut prolonger la vie pendant
une longue période, voire plu-
sieurs années.
Dans une telle situation, peut-
être en collaboration avec un psy-
cho-oncologue, définissez ce que
signifie pour vous la notion de
qualité de vie. Parlez-en aussi à
votre équipe soignante. Le traite-
ment pourra ainsi être mieux ciblé.
Néoadjuvant ou préopératoire
Par principe néoadjuvant, il faut
comprendre les thérapies (chimio-
thérapie, radiothérapie) qui sont
administrées avant l’opération.
Ces thérapies permettent de
réduire la taille de la tumeur afin
de ménager au maximum les tis-
sus environnants lors de l’inter-
vention chirurgicale.
Adjuvant ou postopératoire
Par principe adjuvant, il faut com-
prendre les thérapies (chimio-
thérapie, radiothérapie) qui sont
administrées après l’opération.
Elles consistent à éliminer d’éven-
tuelles cellules cancéreuses rési-
duelles et à détruire les métastases
microscopiques. Elles peuvent
aussi être administrées pour dimi-
nuer le risque de récidive (nou-
velle apparition de tumeur) et de
formation de métastases. Selon
les circonstances, elles permettent
de différer l’évolution de la mala-
die.
28 Le mélanome
Mélanome :
options thérapeutiques
Les principales méthodes de
traitement du mélanome sont
la chirurgie, la radiothérapie et
les thérapies médicamenteuses
(chimiothérapie et immunothé-
rapie). Ces trois approches thé-
rapeutiques sont souvent asso-
ciées. Le médecin se sert du stade
et du grade du cancer, ainsi que
d’autres facteurs pour planifier le
traitement.
La chirurgie
Le traitement des mélanomes re-
pose sur une exérèse chirurgicale
large de la lésion. L’intervention
chirurgicale a pour but d’exciser
la tumeur entièrement avec une
marge de sécurité de tissu sain.
	 En cas d’intervention mineure,
la plaie est immédiatement
recousue.
	 Si l’intervention est plus
lourde, la plaie est refermée
par le glissement de peau
(chirurgie par lambeau). Il est
parfois nécessaire de refer-
mer la plaie avec un fragment
de peau provenant d’une autre
partie du corps (greffe cuta-
née).
	 Si l’intervention est plus
lourde, la plaie est refermée
en déplaçant un fragment de
peau avoisinant (technique des
lambeaux). Il est parfois néces-
saire de recourir à la transplan-
tation d’un fragment de peau
provenant d’une autre partie
du corps (greffe cutanée).
	 Tout est mis en œuvre pour
que la cicatrice n’entraîne pas
de troubles fonctionnels et soit
optimale d’un point de vue
esthétique.
Les interventions chirurgicales
mineures sont effectuées par le
dermatologue, les plus lourdes,
en fonction de la partie du corps
concernée, requièrent l’interven-
tion de chirurgiens spécialisés : par
exemple des spécialistes en ORL
(nez, gorge, oreilles), en chirur-
gie de la main ou bien encore en
chirurgie plastique, reconstructive
et esthétique.
Chirurgie micrographique
La chirurgie micrographique asso-
cie une analyse microscopique et
topographique de la pièce d’exci-
sion. Ainsi les marges d’exérèse
sont réduites au maximum tout en
assurant une excision complète de
la lésion.
Si le mélanome se trouve à un en-
droit du corps où il ne convient
pas de retirer beaucoup de tissu
pour des raisons esthétiques ou
autres, sur le visage par exemple,
il est parfois nécessaire de procé-
der à deux interventions ou plus.
	 Dans un premier temps, la
tumeur est excisée chirurgica-
29Le mélanome
lement. Elle est colorée puis
analysée en laboratoire au
microscope.
	 Aux endroits où de petites
extensions tumorales sont
décelables jusqu’au bord de la
partie excisée, les restes de tis-
su tumoral sont excisés à nou-
veau, au cours d’une seconde
ou plus rarement d’une troi-
sième opération.
	 Lorsque l’examen de l’entier
du tissu extrait permet de s’as-
surer que tous les restes tumo-
raux ont été excisés, la plaie
est refermée définitivement.
	 Il n’est normalement pas pos-
sible d’effectuer toutes ces
étapes en une seule et même
journée. La plaie est alors
refermée provisoirement avec
une peau artificielle, en atten-
dant de la refermer définitive-
ment.
	 Cette technique a pour avan-
tage d’enlever autant que pos-
sible toutes les cellules cancé-
reuses tout en préservant au
maximum les tissus sains et
d’éviter une récidive ainsi que
la formation de métastases.
Suites opératoires possibles
En fonction de l’emplacement,
de la taille et de la profondeur de
pénétration de la tumeur, l’opé-
ration peut être ressentie comme
gênante sur le plan esthétique.
Des tendons, des muscles ou des
nerfs peuvent être blessés et pro-
duire une sensation d’engourdis-
sement passagère ou d’autres
troubles.
Si des vaisseaux lymphatiques
sont endommagés ou comprimés,
le liquide lymphatique accumulé
peut provoquer un œdème (gon-
flement) qui peut être traité (drai-
nage lymphatique, bandages, voir
à cet effet les brochures p. 46).
La radiothérapie
Une radiothérapie s’attaque sur-
tout aux cellules cancéreuses. Ne
pouvant plus se diviser ni prolifé-
rer, elles finissent par mourir. Mais
les rayons peuvent aussi agir sur
les cellules saines et entraîner des
troubles transitoires. Heureuse-
ment, les cellules saines, contrai-
rement aux cellules cancéreuses,
sont presque toutes en mesure de
se remettre des dégâts subis.
En règle générale, les rayons sont
dirigés à travers la peau (de façon
percutanée) sur la tumeur et sur
les ganglions lymphatiques envi-
ronnants. Le champ cutané à ir-
radier est précisément défini au
moyen d’un scanner (tomogra-
phie assistée par ordinateur) afin
de protéger le mieux possible les
organes voisins.
Chez les patients touchés par un
mélanome, la radiothérapie est
30 Le mélanome
peu utilisée lors du premier trai-
tement. Elle joue cependant un
rôle important dans les thérapies
post-opératoires (traitement adju-
vant), par exemple pour traiter des
ganglions lymphatiques touchés
ou des métastases à distance, et
pour atténuer les douleurs lors de
métastases osseuses ou de com-
pressions nerveuses dues à des
métastases. Selon la situation, la
radiothérapie peut être combinée
avec un traitement médicamen-
teux.
Si l’opération s’avère trop déli-
cate en raison de l’emplacement
du mélanome (sur le visage par
ex.), un autre type de radiothéra-
pie, utilisant des rayons X à faible
énergie, peut être mis en place. La
radiothérapie s’accompagne fré-
quemment de sécheresse ou de
rougeurs sur la partie irradiée de
la peau.
	Faites part immédiatement
à votre médecin de tout pro-
blème qui pourrait surgir et
demandez des conseils sur la
manière d’y faire face. Lisez
également les conseils à la
page 44.
	Vous en apprendrez davantage
sur les radiothérapies dans la
brochure de la Ligue contre le
cancer « La radiothérapie »
(voir p. 46).
Les thérapies
médicamenteuses
La chimiothérapie par
les cytostatiques
C’est une thérapie qui utilise les
cytostatiques (du grec zyto = cel-
lule, et statikòs = arrêter), des
substances qui inhibent la crois-
sance et la division des cellules.
Contrairement à la radiothérapie
qui agit localement, les cytosta-
tiques sont distribués dans tout
l’organisme par le bias de la cir-
culation sanguine. On parle à ce
propos d’effet systémique du trai-
tement.
Traitement par rayons X à faible énergie
Cette thérapie constitue une alternative à l’opération chirurgicale
dont les désagréments esthétiques peuvent être importants. Par ail-
leurs, elle est idéale pour les tumeurs superficielles, car les rayons
ne pénètrent pas profondément dans les tissus. La tumeur est ainsi
détruite de manière ciblée et les tissus environnants et sous-jacents
sont largement épargnés.
31Le mélanome
L’action des cytostatiques
Grâce aux cytostatiques, les cel-
lules cancéreuses à croissance
rapide ne se divisent plus et ne
prolifèrent pas, voire meurent.
Contrairement à la radiothérapie
qui est ciblée sur la tumeur et agit
localement, les cytostatiques sont
diffusés dans tout l’organisme par
le biais de la circulation sanguine,
c’est pourquoi la chimiothérapie
détruit aussi des cellules saines à
croissance rapide, comme les cel-
lules responsables de la formation
du sang (moelle osseuse), les cel-
lules des follicules pileux (struc-
tures qui entourent la racine du
cheveu et assurent l’ancrage du
cheveu dans la peau), les cellules
des muqueuses (de la bouche,
de l’estomac et de l’intestin), et
les cellules sexuelles (spermato-
zoïdes et ovules).
La lésion non volontaire des cel-
lules saines est la cause princi-
pale de différents effets indési-
rables d’une chimiothérapie. Mais
alors que les cellules cancéreuses
meurent, les tissus sains ont la
capacité de se régénérer dans la
majorité des cas. Pour cette raison,
les effets indésirables s’estompent
après la fin du traitement.
Le choix des cytostatiques utilisés
– on en compte actuellement plus
de 100 – dépend du type de cancer.
La chimiothérapie peut être admi-
nistrée avant ou après l’opération,
en combinaison avec une radiothé-
rapie ou en tant que monothérapie.
Comment les cytostatiques
sont-ils administrés ?	
Les cytostatiques sont administrés
la plupart du temps en quatre à six
cycles. Un cycle dure entre trois
et quatre semaines. Entre chaque
cycle, une pause permet aux tissus
sains de récupérer. Pour ce traite-
ment, le patient peut être hospita-
lisé (une nuit à l’hôpital) ou rece-
voir le traitement en intervention
ambulatoire.
Dans la majorité des cas, les cytos-
tatiques sont administrés par per-
fusion. Dans certains cas, la voie
orale (comprimés) est possible.
Effets indésirables fréquents
	 modification de la formule san-
guine, augmentation du risque
d’infection ou d’hémorragie ;
	 fatigue ;
	 symptômes grippaux ;
	 nausées, vomissements, diar-
rhée ou constipation ;
	 sécheresse ou inflammation
des muqueuses (bouche, intes-
tin, organes génitaux) ;
	 chute de cheveux ;
	 éruptions cutanées ;
	 syndrome main-pied (appa-
rition de rougeurs ou gonfle-
ments des paumes des mains
ou des plantes des pieds, d’en-
gourdissement, de fourmille-
ments) ;
32 Le mélanome
	paresthésie (picotements dans
les bouts des doigts et des or-
teils) ;
	oedèmes (gonflements) des
pieds et des jambes ;
	réactions allergiques ;
	diminution de la fertilité et de
la reproduction.
Le moment d’apparition et l’in-
tensité des effets secondaires dé-
pendent du type de médicament
ou de la combination médicamen-
teuse administrée. Entrent égale-
ment en ligne de compte le do-
sage et la sensibilité individuelle.
De nombreux effets indésirables
sont transitoires. Votre médecin et
votre équipe soignante vous infor-
meront et conseilleront à ce sujet.
Nous vous invitons également
à lire les remarques au chapitre
« Faire face aux effets indési-
rables » à la page 34.
Dans le cas d’un mélanome, la
chimiothérapie est proposée uni-
quement s’il y a des métastases.
Le but est de diminuer les dou-
leurs à un stade avancé de la ma-
ladie.
Souvent, un seul médicament est
prescrit (monothérapie), mais il
peut aussi arriver que plusieurs
cytostatiques soient combinés
(polychimiothérapie, chimiothéra-
pie multiple). Le traitement se fait
le plus souvent en ambulatoire.
Chimiothérapie régionale
(perfusion hyperthermique)
Lachimiothérapierégionale,admi-
nistrée directement dans les vais-
seaux sanguins d’un bras ou d’une
jambe, permet de donner des cy-
tostatiques à plus forte concentra-
tion (15 à 20 fois plus que la dose
systémique). On peut administrer
une chimiothérapie régionale aux
personnes ayant des métastases
dans des ganglions lymphatiques
locaux, des métastases en transit
ou de multiples récidives au bras
ou à la jambe.
Pour ce faire, on dévie temporai-
rement la circulation sanguine du
bras ou de la jambe touchée vers
un appareil cardio-pulmonaire.
Puis on augmente la température
du membre en question à 41 °C
dans lequel on envoie une dose
élevée de cytostatiques. Cette mé-
thode est appelée hyperthermie
ou perfusion hyperthermique d’un
membre isolé, car la chaleur aug-
mente l’efficacité de la chimiothé-
rapie.
Immunothérapie avec l’interféron
ou l’interleukine
Toutes les immunothérapies pré-
sentées ci-dessous font partie des
thérapies ciblées aussi nommées
« TargetedTherapies ».
Par immunothérapie, on entend
des médicaments qui stimulent
le système de défense de l’orga-
33Le mélanome
nisme pour exercer une activité
antitumorale. Ces médicaments
activent certaines cellules du
système immunitaire, qui proli-
fèrent et intensifient la destruc-
tion des cellules cancéreuses. Il
s’agit principalement des interfé-
rons et de l’interleukine qui sont
des cytokines. Elles sont pro-
duites par génie génétique en la-
boratoire.
L’immunothérapie n’est employée
que pour quelques cancers,
comme le mélanome, et unique-
ment dans certaines situations (en
traitement adjuvant lors de méla-
nome, voir p. 27).
En général, l’interféron ou l’in-
terleukine sont prescrits en mo-
nothérapie (une seule substance
active). Votre dermatologue ou
votre oncologue vous renseignera
quant à la possibilité d’envisager
ce traitement dans votre cas.
Effets secondaires possibles de
l’interféron
Il s’agit, le plus souvent, d’un syn-
drome pseudo-grippal avec fièvre,
courbatures, fatigue, analogue à la
grippe. Ceci reflète l’activité aug-
mentée et induite du système im-
munitaire.
Lors de thérapie de longue durée,
des problèmes tels que fatigue,
épuisement, perte d’élan, irritabi-
lité, dépression ou des problèmes
de concentration, etc. peuvent
également apparaître.
Ces problèmes nécessitent une
prise en charge adéquate afin de
prévenir le stress et améliorer la
qualité de vie. Les effets indési-
rables des interférons sont passa-
gers et disparaissent au terme du
traitement.
Effets secondaires possibles de
l’interleukine
Suivant la dose administrée, l’in-
terleukine présente aussi des ef-
fets indésirables plus ou moins
prononcés. Lorsque la maladie
est très avancée et que de fortes
doses d’interleukine sont néces-
saires, une hospitalisation est obli-
gatoire.
Les effets secondaires possibles
sont de la fièvre, des frissons, une
accélération du rythme cardiaque,
un état d’épuisement, des érup-
tions cutanées et une rétention de
liquide dans le corps. Ces effets in-
désirables sont aussi transitoires
et disparaissent après l’arrêt du
traitement.
Immunothérapie par substances
inhibitrices et anticorps
En Suisse, deux nouveaux prin-
cipes actifs sont autorisés pour le
traitement des mélanomes inopé-
rables métastasés. Il s’agit de la
substance inhibitrice Vémurafénib
et de l’anticorps Ipilimumab.
34 Le mélanome
Vémurafénib inhibe la proliféra-
tion incontrôlée des cellules tu-
morales. Ipilimumab active la ré-
ponse immunitaire en bloquant
les molécules inhibitrices du sys-
tème immunitaire.
Effets secondaires possibles
Vu la complexité des effets indési-
rables de ces médicaments, votre
médecin est le mieux à même de
vous informer.
D’autres nouveaux médicaments
sont actuellement testés dans des
études cliniques, et à certaines
conditions déjà administrés en
traitement.
Immunothérapie par vaccins
Les immunothérapies qui utilisent
des « vaccins tumoraux » peuvent
stimuler le système immunitaire à
réagir contre les tissus tumoraux.
La recherche se concentre sur des
vaccins contre des mutations gé-
nétiques particulières.
Faire face aux effets
indésirables
L’opération, la radiothérapie et
la thérapie médicamenteuse ont
toutes trois des conséquences et
des effets indésirables différents.
L’apparition ou non d’effets indé-
sirables et leur intensité varient
beaucoup d’un individu à l’autre.
Certains effets surviennent en
cours de traitement et régressent
spontanément. D’autres se ma-
nifestent dès la fin du traitement.
La grande majorité des effets in-
désirables peuvent être traités
par des soins ou des traitements
médicaux et diminuent au fil des
jours, des semaines et des mois.
Tenez l’équipe soignante au cou-
rant de vos symptômes.
Plus particulièrement à un stade
avancé de la maladie, il est conseil-
lé de peser avec prudence le pour
et le contre des effets indésirables
et du succès du traitement.
Important
	 La douleur ou des nausées sont
des effets indésirables prévi-
sibles qui sont atténués par des
médicaments adjuvants admi-
nistrés parfois même avant le
début du traitement, indépen-
damment de la thérapie choisie.
Il est important de bien suivre
la prescription.
	 Parlez à votre équipe soignante
avant de prendre des médica-
ments choisis par vos soins. Ce
conseil est aussi valable pour
des pommades ou des médi-
caments de médecine com-
plémentaire : tout aussi natu-
rels ou anodins qu’ils puissent
paraître, ils peuvent avoir une
influence sur la thérapie.
	 L’équipe soignante vous com-
prend et soutient si vous
35Le mélanome
Médicaments ou traitements de soutien
Pour lutter contre des symptômes liés à une maladie ou à une
thérapie comme la fièvre, les infections, l’anémie, un manque
d’oxygène, ou les douleurs, le médecin peut prescrire des médica-
ments ou des thérapies complémentaires, même à titre préventif :
	médicaments contre les nausées et les vomissements (antiémé-
tiques) ;
	bains de bouche ou vaporisateurs en cas de lésion buccale ;
	antibiotiques contre les infections bactériennes ;
	antimycosiques contre les infections fongiques ;
	analgésiques (voir aussi la brochure « Les douleurs liées au can-
cer et leurs traitements ») ;
	traitement par inhalation ou oxygène ;
	transfusions sanguines ou médicaments comme l’érythropoïétine
en cas d’anémie ; transfusions de plaquettes sanguines lors de
risque d’hémorragie ;
	si le taux de globules blancs est trop bas, prescription de médica-
ments qui favorisent leur formation ;
	préparations à base de cortisone contre différents autres troubles.
36 Le mélanome
souhaitez avoir recours aux
méthodes complémentaires.
De nombreuses brochures de la
Ligue contre le cancer traitent de
différentes thérapies liées au can-
cer et donnent des conseils sur la
manière de gérer les effets indési-
rables de la maladie et de la thé-
rapie.
La thérapie dans
le cadre d’une étude
clinique
La recherche médicale est en
constante évolution. Elle déve-
loppe de nouvelles approches et
méthodes en vue d’améliorer l’ef-
ficacité des soins. Dernière étape
de ce processus, les études cli-
niques au cours desquelles les
traitements sont testés et optimi-
sés grâce à la participation des pa-
tients.
Il est tout à fait possible qu’on
vous propose une telle étude dans
le cadre de votre traitement. Tou-
tefois, seul un entretien avec votre
médecin permettra de cerner les
avantages ou inconvénients pour
vous. Certains patients acceptent
de participer à une étude clinique
parce qu’ils pensent que les ré-
sultats en seront bénéfiques pour
d’autres patients.
Sur le site www.kofam.ch, vous
trouverez de nombreuses infor-
mations sur les études en cours
(se rapportant à votre tableau cli-
nique). La décision vous appar-
tient entièrement, vous êtes libre
d’accepter ou refuser, et si vous
acceptez, vous pouvez vous reti-
rer à tout instant.
Le refus de participer à une étude
clinique n’influe aucunement sur
votre traitement. Dans tous les
cas, vous serez soigné selon les
connaissances scientifiques les
plus récentes et profiterez de la
meilleure prise en charge pos-
sible.
La brochure « Thérapie anticancé-
reuse dans le cadre d’une étude
clinique » vous en dit davantage.
Le traitement du
mélanome
Mélanome primaire
Dans le cas d’un mélanome pri-
maire, l’intervention chirurgicale
est la première et souvent la seule
thérapie possible. Si l’excision
complète de la tumeur n’est pas
possible, ou si l’opération conduit
à des modifications esthétiques
inacceptables, une radiothérapie
peut être envisagée.
37Le mélanome
Une chimiothérapie systémique
n’est pas le traitement de premier
choix lors d’un mélanome pri-
maire.
Lorsque l’épaisseur de la tumeur
primaire est supérieure à 1 mm,
une biopsie du ganglion lympha-
tique sentinelle précisera l’éten-
due de la propagation des cel-
lules cancéreuses. Les résultats
de cette démarche détermineront
la suite de la thérapie.
Dans des cas spéciaux, afin de pré-
venir une récidive ou des métas-
tases, une thérapie adjuvante à
l’interféron peut être prescrite.
Le stade des métastases
à distance
A ce stade avancé, une chimiothé-
rapie systémique (qui agit dans
l’ensemble du corps) est planifiée.
Le choix des substances de la
chimiothérapienedébutequ’après
un bilan préthérapeutique. C’est-
à-dire que des examens biolo-
giques sont effectués sur le tissu
métastatique afin d’identifier des
mutations génétiques des cel-
lules tumorales. Comme chaque
tumeur a sa propre empreinte
génétique, cette étape est primor-
diale pour choisir les substances
de chimiothérapie adéquates.
Selon la mutation génétique, des
substances inhibitrices ou immu-
nomodulatrices, ou encore des
anticorps seront employés seuls
ou combinés.
Certains sous-types de méla-
nomes présentent des mutations
bien définies. Ils seront traités par
des vaccins (effets et effets indési-
rables de ces substances, voir p.
34). Les thérapies personnalisées
sont proposées, souvent dans le
cadre d’études cliniques, dans des
centres spécialisés (voir p. 36).
38 Le mélanome
39Le mélanome
Les traitements additionnels
Traitement
de la douleur
Il est toujours possible de soulager
les douleurs d’origine cancéreuse,
voire de les supprimer complète-
ment, que ce soit par des médica-
ments ou par d’autres méthodes
comme une radiothérapie ou une
opération.
Le mélanome à un stade avancé
peut provoquer des douleurs, no-
tamment en cas de métastases.
Ne les subissez pas en silence,
parlez-en à l’équipe médicale, car
les douleurs vous affaiblissent
inutilement et vous minent le mo-
ral. Il est important de faire appel
à toutes les possibilités offertes
par les traitements modernes de
la douleur.
Si vous-même ou vos proches
éprouvez de la méfiance vis-à-
vis de la morphine ou d’autres
médicaments opioïdes, abordez
ce point avec le médecin. La plu-
part du temps, les craintes liées à
la morphine résultent de concep-
tions erronées alors qu’en fonc-
tion du type de cancer, le recours
à un opioïde peut représenter la
seule option possible pour atté-
nuer les douleurs. La démarche
est donc importante.
Vous trouverez de précieux
conseils sur le sujet dans la bro-
chure « Les douleurs liées au can-
cer et leurs traitements » (voir
p. 46).
Les médecines
complémentaires
Un grand nombre de personnes
touchées par le cancer ont recours
à des méthodes complémentaires
à leur traitement médical.
Certaines de ces méthodes contri-
buent à améliorer le bien-être gé-
néral et la qualité de vie pendant et
après un traitement. Elles peuvent
renforcer le système immunitaire
et rendre les effets secondaires
plus tolérables. En général, elles
n’ont pas d’effet sur la tumeur
elle-même. Lors de mélanome,
une thérapie à base de gui est par
exemple contre-indiquée, car elle
peut favoriser la progression de la
maladie.
En revanche, la Ligue contre le
cancer ne conseille pas les mé-
thodes dites parallèles ou alter-
natives qui prétendent se substi-
tuer à la médecine classique. Vous
trouverez davantage d’informa-
tions à ce propos dans la brochure
« Parallèles ? Complémentaires ? »
(voir p. 46).
40 Le mélanome
Adressez-vous à votre médecin ou
votre équipe soignante si une mé-
thode complémentaire vous inté-
resse, ou si vous suivez déjà un
traitement complémentaire. En-
semble, vous définirez la méthode
qui convient le mieux à votre si-
tuation personnelle sans qu’elle
influence la thérapie médicale
mise en place.
N’optez pas pour des méthodes
complémentaires de votre propre
chef sans en parler au préalable
avec votre médecin. En effet,
même tout en paraissant inof-
fensives, certaines préparations
peuvent s’avérer incompatibles
avec votre traitement.
Suivi médical
et réadaptation
Après le traitement, et dans un
premier temps, on vous conseil-
lera de faire des contrôles régu-
liers. Ces contrôles servent entre
autres à déceler et à atténuer les
effets indésirables de la maladie
ou du traitement. Ce suivi n’est
pas mis en place uniquement pour
les troubles physiques comme les
douleurs, la fatigue, les nausées,
la perte d’appétit, etc. Le suivi mé-
dical offre aussi l’occasion d’abor-
der d’autres lourdes difficultés
liées à la maladie, notamment les
peurs, ou les difficultés d’ordre
professionnel, psychologique ou
social.
En cas de besoin, vous pouvez
bénéficier de conseils psycho-on-
cologiques et psychosociaux qui
faciliteront autant que possible
votre réadaptation à la vie de tous
les jours.Votre médecin de famille
y est également associé.
Il est essentiel de parler des diffi-
cultés que vous affrontez en rap-
port avec la maladie et que vous
demandiez à être accompagné
dans votre recherche de solutions.
Cette démarche facilite la réadap-
tation, c’est-à-dire votre retour à la
vie de tous les jours.
Au début, le médecin vous propo-
sera des contrôles médicaux ré-
guliers, puis espacés. L’intervalle
entre deux rendez-vous dépend
notamment de la nature de la tu-
meur, du stade de la maladie, des
thérapies et de votre état de santé.
Lors de tumeurs opérées à
haut risque de métastases, des
contrôles réguliers intensifs sont
nécessaires durant cinq ans. Pour
les tumeurs à faible risque, des
contrôles à six mois d’intervalle
durant cinq ans peuvent suffire.
En cas de mélanome avancé, les
intervalles de contrôle sont fixés
individuellement.
41Le mélanome
Certains troubles peuvent survenir
en raison d’une récidive ou d’une
présence de métastases. Les
contrôles permettent ainsi de les
détecter et de les traiter. N’hésitez
pas à consulter si des symptômes
ou des troubles apparaissent,
même entre deux rendez-vous.
Différentes mesures de réa-
daptation peuvent vous aider
à reprendre des forces après la
maladie et les traitements : phy-
siothérapie, gymnastique aqua-
tique, sport, exercices de relaxa-
tion. Dans la brochure « Découvrir
de nouveaux horizons : stages de
réadaptation », vous trouverez des
stages d’une durée de 2 à 7 jours,
organisés par la Ligue contre le
cancer (voir p. 47).Votre ligue can-
tonale vous renseigne aussi sur
les cours proposés dans votre ré-
gion.
42 Le mélanome
Le retour à la vie quotidienne
Les progrès réalisés ces dernières
décennies ont permis d’améliorer
sensiblement la qualité et l’espé-
rance de vie des personnes tou-
chées par le cancer. Les traite-
ments restent toutefois longs et
éprouvants. Certaines personnes
sont capables de poursuivre leurs
activités quotidiennes durant cette
période, d’autres pas.
Une fois le traitement terminé,
il n’est pas toujours facile de re-
trouver ses marques. Les rendez-
vous chez le médecin et les traite-
ments ont rythmé votre quotidien
pendant de longues semaines.
L’équipe médicale vous a soute-
nue et vos proches vous ont en-
tourée en cherchant à vous simpli-
fier l’existence au cours de cette
période difficile.
Votre entourage s’est employé à
vous remonter le moral et vous
avez peut-être pu partager vos
craintes et vos espoirs. Et voilà
que vous devez à nouveau vous
débrouiller seule alors que vous
étiez jusque-là au centre de l’atten-
tion. Il est donc possible que vous
vous sentiez déboussolée ou que
vous traversiez un passage à vide.
Les traitements sont certes der-
rière vous, mais rien n’est plus
comme avant. Vous ne vous sen-
tez peut-être pas encore de taille
à reprendre vos activités habi-
tuelles. Vous souffrez peut-être
encore physiquement et psychi-
quement des suites de la mala-
die et des effets indésirables des
traitements ; vous êtes fatiguée,
vous n’avez pas d’énergie et vous
éprouvez une profonde tristesse.
Cela n’est sans doute pas facile
à comprendre pour vos proches,
car ils s’attendent à ce que vous
soyez comme avant. Il est d’autant
plus important que vous soyez à
l’écoute de vos besoins et ne vous
mettiez pas sous pression.
Prenez le temps qu’il faudra pour
vous adapter à votre nouvelle si-
tuation. Essayez de déterminer ce
qui vous fait du bien et peut contri-
buer à améliorer votre qualité de
vie.
L’horizon s’éclaire parfois si on
se pose des questions toutes
simples :
•	 Qu’est-ce qui compte pour
moi à présent ?
•	 De quoi ai-je besoin ?
•	 Comment pourrais-je arriver
à cela ?
•	 Qui serait en mesure de
m’aider ?
En parler avec d’autres
Face à la maladie comme face à
la vie en général, chacun réagit à
sa façon. Il n’y pas de recette uni-
verselle et chacun doit trouver sa
propre voie.
43Le mélanome
Le cancer fait peur, même lorsque
les chances de guérison sont éle-
vées. En parler peut être un sou-
lagement. Mais tout le monde
n’a pas envie d’aborder la ques-
tion ou n’ose pas le faire. Cer-
tains attendent parfois que leur
entourage fasse le premier pas.
Il faut souvent du temps jusqu’à
ce que, petit à petit, les choses se
remettent en place.
Faire appel à un soutien
professionnel
Si vous avez du mal à reprendre le
dessus, n’hésitez pas à faire appel
à un professionnel. Parlez de vos
difficultés à l’équipe médicale, à
la Ligue contre le cancer ou à un
autre spécialiste. Ils pourront vous
conseiller, vous expliquer quelles
mesures sont remboursées par
l’assurance-maladie et trouver
avec vous ce qui vous aidera le
mieux.
44 Le mélanome
Conseils et informations
Votre équipe soignante
Les membres de l’équipe sont là pour
vous informer et vous aider à surmonter
les problèmes liés à la maladie et au trai-
tement. A quelles ressources avez-vous
fait appel par le passé dans une situation
difficile.
La psycho-oncologie
Les conséquences d’un cancer vont bien
au-delà des aspects purement médicaux :
la maladie affecte aussi la vie psychique.
Les personnes touchées souffrent notam-
ment de dépression, d’angoisse et de
tristesse. Si vous en ressentez le besoin,
faites appel à une personne formée en
psycho-oncologie.
Des professionnels issus d’horizons
variés (médecins, psychologues, infir-
miers, travailleurs sociaux ou accompa-
gnants spirituels ou religieux) peuvent
offrir des conseils ou une thérapie car
ils ont acquis une vaste expérience avec
des personnes atteintes d’un cancer
et leurs proches. Certains d’entre eux
bénéficient d’une formation spécifique
en psycho-oncologie. Actifs notamment
dans les services d’oncologie ou de
psychiatrie des hôpitaux, ces personnes
vous apportent un soutien qui dépasse
le cadre strictement médical. Ici encore,
nous vous recommandons dans un pre-
mier temps de vous adresser à votre
ligue cantonale.
Votre ligue cantonale ou régionale
contre le cancer
Elle conseille, accompagne et soutient
les personnes touchées par un cancer et
leurs proches de différentes manières,
en proposant notamment des entretiens
individuels, des réponses en matière
d’assurances ou des cours. Par ailleurs,
elle vous aide à accomplir des démarches
administratives et oriente vers des pro-
fessionnels
La Ligne InfoCancer 0800 11 88 11
Au bout du fil, une conseillère spécialisée
vous écoute. Elle répond à vos questions
sur la maladie et son traitement et vous
informe sur les prochaines étapes pos-
sibles. Avec elle vous pouvez échanger
sur vos peurs, incertitudes et votre vécu
personnel de la maladie.
L’appel et les renseignements sont gra-
tuits. Les entretiens peuvent s’effectuer
via Skype, à l’adresse : krebstelefon.ch.
Cancerline : pour chatter sur le cancer
Sous www.liguecancer.ch/cancerline,
les enfants, adolescents et adultes
peuvent chatter en direct avec les
conseillères spécialisées de la Ligne
InfoCancer. Ils y recevront des informa-
tions au sujet du cancer, ils pourront
poser des questions et échanger sur
tout ce qui les préoccupe. Du lundi au
vendredi de 11 h à 16 h.
Cancer : comment en parler aux
enfants ?
Vous avez appris que vous êtes malade et
vous avez des enfants : qu’ils soient petits
ou grands, vous vous demanderez bien-
tôt comment aborder avec eux le sujet
ainsi que les possibles conséquences de
votre cancer.
Vous trouverez dans le dépliant « Cancer :
comment en parler aux enfants ? » des
suggestions pour parler de la maladie
avec eux. Il contient aussi des conseils
à l’intention des enseignants. La Ligue
publie également une brochure utile,
sous le titre « Quand le cancer touche les
parents : en parler aux enfants ».
45Le mélanome
La Ligne stop-tabac 0848 000 181
Des conseillères spécialisées vous ren-
seignent et vous aident à arrêter de
fumer. Si vous le souhaitez, vous pouvez
mettre en place des entretiens de suivi
gratuits.
Stages
Dans différentes régions de Suisse, la
Ligue contre le cancer propose aux per-
sonnes touchées des stages de durée
variable : www.liguecancer.ch/stages. Le
programme est publié dans une brochure
(voir p. 47).
Activité physique
De nombreuses personnes touchées pra-
tiquent une activité physique pour retrou-
ver de l’énergie, reprendre confiance en
soi et réduire la sensation de fatigue.
Il existe des groupes de sport adaptés
aux personnes atteintes d’un cancer :
renseignez-vous auprès de votre ligue
cantonale ou régionale, et consultez la
brochure « Activité physique et cancer »
(voir p. 47).
Autres personnes touchées
Les contacts avec des personnes qui
ont traversé des épreuves semblables
peuvent vous redonner du courage.
N’oubliez toutefois pas que ce qui a aidé
une personne ne vous conviendra pas
forcément.
Forums de discussion
Il existe sur internet des forums de dis-
cussion sur le thème du cancer, notam-
ment le forum de la Ligue contre le
cancer www.forumcancer.ch, géré par
la Ligne InfoCancer (Suisse). Vous pou-
vez aussi vous rendre sur le forum de la
Ligue française contre le cancer : www.
ligue-cancer.asso.fr.
Groupes d’entraide
Se retrouver dans un groupe favorise
l’échange d’informations et d’expé-
riences. Bien des choses paraissent plus
légères quand on en discute avec des
personnes confrontées aux mêmes dif-
ficultés.
Informez-vous auprès de votre ligue can-
tonale ou régionale : elle vous renseigne-
ra sur les groupes d’entraide, les groupes
de parole ou les offres de cours pour per-
sonnes touchées et leurs proches.
Service de soins à domicile
De nombreux cantons proposent des
services de soins à domicile. Vous pou-
vez faire appel à eux pendant toutes les
phases de la maladie. Ils vous conseillent
à la maison pendant et après les cycles
de traitement, notamment sur les effets
secondaires. Votre ligue cantonale vous
communiquera une adresse.
Conseils en alimentation
De nombreux hôpitaux offrent des
consultations en alimentation. Par ail-
leurs, des conseillers indépendants col-
laborant la plupart du temps avec les
médecins sont regroupés en une asso-
ciation :
Association suisse des diététiciens et dié-
téticiennes diplômé-e-s ES/HES (ASDD)
Altenbergstrasse 29
Case postale 686
3000 Berne 8
Tél. 031 313 88 70
service@svde-asdd.ch
www.svvde-asdd.ch
Sur la page d’accueil, le lien Liste des dié-
téticien/nes dipl. vous permet de trouver
l’adresse d’un professionnel dans votre
canton.
46 Le mélanome
palliative ch
Vous trouvez sur le site de la Société
suisse de médecine et de soins palliatifs
les adresses des sections cantonales et
des réseaux. Indépendamment de votre
domicile, ils assurent aux personnes
concernées un accompagnement opti-
mal et des soins.
palliative ch
Société suisse de médecine et de soins
palliatifs
Bubenbergplatz 11
3011 Berne
Tél. 044 240 16 21
info@palliative.ch
www.palliative.ch
Les assurances
Les frais des traitements contre le cancer
sont pris en charge par l’assurance obli-
gatoire pour autant qu’il s’agisse de thé-
rapies reconnues ou que le produit figure
sur la liste des spécialités de l’Office fédé-
ral de la santé publique (OFSP). Votre
médecin doit vous donner les précisions
nécessaires à ce sujet.
Dans le cadre d’une étude clinique éga-
lement, les traitements basés sur des
substances autorisées donnent aussi lieu
à une prise en charge (voir p. 36). Si la
commercialisation de médicaments n’est
pas encore autorisée ou si les procédures
utilisées sont encore nouvelles ou des
mesures complémentaires encore néces-
saires (par ex. des examens génétiques),
ces coûts sont couverts par des fonds de
recherche.
En cas de conseils ou de traitements
supplémentaires non médicaux, la prise
en charge par l’assurance obligatoire ou
l’assurance complémentaire n’est pas
garantie. Informez-vous avant le début
du traitement. La Ligue contre le cancer
de votre canton peut également vous
accompagner dans ces démarches.
Pour de plus amples informations sur la
question des assurances, nous vous invi-
tons à consulter la brochure « Cancer :
prestations des assurances sociales »
(voir p. 47).
Brochures de la
Ligue contre le cancer
	 Protection solaire
	 Les cancers de la peau non-mélanome
Carcinome basocellulaire, carcinome
spinocellulaire, lésions précancé-
reuses
	 Les traitements médicamenteux des
cancers
	Chimiothérapie, thérapie antihormo-
nale, immunothérapie
	 La radiothérapie
	 Parallèles ? Complémentaires ?
	Risques et bénéfices des méthodes
non vérifiées en oncologie
	 Les douleurs liées au cancer et leurs
traitements
	 Journal des douleurs
	 DOLOMETER®
VAS
	Réglette pour évaluer l’intensité de
la douleur
	 Fatigue et cancer
	Identifier les causes, trouver des
solutions
47Le mélanome
	 Difficultés alimentaires en cas de
cancer
	 L’œdème lymphatique en cas de
cancer
	 Cancer et sexualité au féminin
	 Cancer et sexualité au masculin
	 Quand le cancer touche les parents
	 En parler aux enfants
	 Cancer : comment en parler aux
enfants ?
	Dépliant de 8 pages pour les parents
et les enseignants
	 Cancer : prestations des assurances
sociales
	 Décider jusqu’au bout
	 Brochure sur les directives anticipées
	 Les directives anticipées de la Ligue
contre le cancer
	15 francs ou téléchargement gratuit
sur  : www.liguecancer.ch/directivesan-
ticipees
	 Cancer : quand l’espoir de guérir
s’amenuise
	 Guide de l’offre en soins palliatifs
	 Le cancer : des gènes à l’homme
	Un CD-ROM sur la formation et le
traitement des maladies cancéreuses.
Le texte peut être écouté et/ou lu.
(Fr. 25.– + frais de port et d’emballage)
	 Prédispositions héréditaires au cancer
	Un guide d’orientation pour les
familles ayant un risque accru de can-
cer
	 Stages 2016 – Séminaires de
réadaptation de la Ligue contre
le cancer
	 Découvrir de nouveaux horizons
	 Soigner son apparence durant et
après la thérapie
	Peau, coiffure, couleurs et vêtements :
les conseils de la Ligue contre le can-
cer
	 Activité physique et cancer
	Retrouver confiance en son corps
grâce au mouvement	
	 Accompagner un proche atteint de
cancer
	Suggestions et conseils pour les
parents et amis des personnes tou-
chées
	 Soigner un proche et travailler : une
mission possible
	Dépliant de 8 pages pour mieux
concilier activité professionnelle et
soins prodigués à un proche
	 Cancer – quand l’espoir de guérir
s’amenuise
Commandes
	 Ligue contre le cancer de votre canton
	 Téléphone : 0844 85 00 00
	 Courriel : boutique@liguecancer.ch
	 Internet : www.liguecancer.ch
Vous trouverez toutes les brochures
de la Ligue contre le cancer sur www.
liguecancer.ch/brochures. La grande ma-
jorité vous est remise gratuitement et
vous pouvez également les télécharger.
La Ligue suisse contre le cancer et votre
ligue cantonale peuvent vous les offrir
grâce au soutien de leurs donateurs.
48 Le mélanome
Votre avis nous intéresse
Vous avez un avis sur nos brochures ?
Prenez quelques minutes et remplis-
sez le questionnaire à l’adresse www.
forumcancer.ch. Votre opinion nous est
précieuse !
Internet
(Par ordre alphabétique)
Sur le site de la Ligue française contre le
cancer, disponible en ligne : www.ligue-
cancer.net/
« La prise en charge de votre mélanome
cutané », Institut national du cancer, dis-
ponible en ligne :
www.e-cancer.fr → Expertises-et-publi-
cations → Catalogue-des-publications
La fondation cancer du Luxembourg pro-
pose différentes brochures sur son site :
www.cancer.lu/fr/publications/brochures
Le Centre hospitalier universitaire vau-
dois (CHUV) propose sur le site du Dépar-
tement d’oncologie une information au
sujet du mélanome :
www.chuv.ch → oncologie → onc-mala-
dies-melanome.htm
« Thérapie anticancéreuse dans le cadre
d’une étude clinique», disponible en
ligne : http://sakk.ch/fr/le-sakk-offre/pour-
les-patients/brochures/
Cette brochure peut aussi être obtenue
auprès de l’Institut suisse de recherche
appliqués SIAK, tél. 031 389 91 91, www.
sakk.ch, courriel : sakkcc@sakk.ch
Offre de la Ligue contre le cancer
www.forumcancer.ch
Forum Internet de la Ligue contre le can-
cer
www.liguecancer.ch
Site de la Ligue suisse contre le cancer
www.liguecancer.ch/migrants
Cette adresse propose des informations
en albanais, portugais, serbe/croate/bos-
niaque, espagnol, turc, et anglais.
www.liguecancer.ch/stages
La Ligue contre le cancer propose des
stages de réadaptation pour mieux vivre
avec la maladie au quotidien
www.krebsliga.ch/cancerline
Le chat sur le cancer pour les enfants, les
adolescents et les adultes : Du lundi au
vendredi de 11 h à 16 h.
www.liguecancer.ch/guidecancer
Répertoire en ligne d’offres psychoso-
ciales et de prestations de nature non
médicale
Autres institutions ou sites
spécialisés
www.cancer.ca
Site de la Société canadienne du cancer
www.doctissimo.fr
Site français consacré à la santé
www.fnclcc.fr
Site de la Fédération nationale des
centres de lutte contre le cancer, avec un
dictionnaire des cancers de A à Z
www.infocancer.org
Site français consacré aux différents
types de cancer
www.la-maison-du-cancer.com
Fondé par une journaliste touchée par
la maladie, ce site français propose des
informations non médicales et théma-
tiques
49Le mélanome
www.melanoma.ch
Un site de la Société suisse de Dermato-
logie et Vénérologie
www.palliative.ch
Société suisse de médecine et de soins
palliatifs
www.uv-index.ch
Valeurs actuelles et prévisions de l’index
UV en Suisse. Conseils de protection et
différentes brochures à télécharger.
Sites en anglais
www.cancer.ca
Canadian cancer society
www.cancerbackup.org.uk/cancertype/
Skin
A non-profit cancer information service
www.cancer.gov/cancertopics/types/
skin
National Cancer Institute USA
www.cancer.org
American Cancer Society
www.cancer.net
American Society of Clinical Oncology
www.cancersupport.ch
Site de l’ESCA (English speaking can-
cer association) : il s’adresse aux anglo-
phones et à leurs proches résidant en
Suisse
Sources
Les publications et les sites internet men-
tionnés dans cette brochure ont égale-
ment servi de sources pour sa rédaction.
Ils correspondent pour l’essentiel aux cri-
tères de qualité de la fondation La Santé
sur internet (voir charte sur www.hon.ch/
HONcode/French).
50 Le mélanome
1	 Krebsliga Aargau
Milchgasse 41
5000 Aarau
Tel. 062 834 75 75
Fax 062 834 75 76
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2	 Krebsliga beider Basel
Mittlere Strasse 35
4056 Basel
Tel. 061 319 99 88
Fax 061 319 99 89
info@klbb.ch
www.klbb.ch
PK 40-28150-6
3	 Bernische Krebsliga
	 Ligue bernoise contre le cancer
Marktgasse 55
Postfach 184
3000 Bern 7
Tel. 031 313 24 24
Fax 031 313 24 20
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www.bernischekrebsliga.ch
PK 30-22695-4
4	 Ligue fribourgeoise
	 contre le cancer
	 Krebsliga Freiburg
route St-Nicolas-de-Flüe 2
case postale 96
1705 Fribourg
tél. 026 426 02 90
fax 026 426 02 88
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www.liguecancer-fr.ch
CP 17-6131-3
5	 Ligue genevoise
	 contre le cancer
11, rue Leschot
1205 Genève
tél. 022 322 13 33
fax 022 322 13 39
ligue.cancer@mediane.ch
www.lgc.ch
CP 12-380-8
6	 Krebsliga Graubünden
Ottoplatz 1
Postfach 368
7001 Chur
Tel. 081 252 50 90
Fax 081 253 76 08
info@krebsliga-gr.ch
www.krebsliga-gr.ch
PK 70-1442-0
7	 Ligue jurassienne contre le cancer
rue des Moulins 12
2800 Delémont
tél. 032 422 20 30
fax 032 422 26 10
ligue.ju.cancer@bluewin.ch
www.liguecancer-ju.ch
CP 25-7881-3
8	 Ligue neuchâteloise
	 contre le cancer
faubourg du Lac 17
case postale
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tél. 032 721 23 25
LNCC@ne.ch
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51Le mélanome
9	 Krebsliga Ostschweiz
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Flurhofstrasse 7
9000 St. Gallen
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Fax 071 242 70 30
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www.krebsliga-ostschweiz.ch
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10	 Krebsliga Schaffhausen
Rheinstrasse 17
8200 Schaffhausen
Tel. 052 741 45 45
Fax 052 741 45 57
info@krebsliga-sh.ch
www.krebsliga-sh.ch
PK 82-3096-2
11	 Krebsliga Solothurn
Hauptbahnhofstrasse 12
4500 Solothurn
Tel. 032 628 68 10
Fax 032 628 68 11
info@krebsliga-so.ch
www.krebsliga-so.ch
PK 45-1044-7
12	 Thurgauische Krebsliga
Bahnhofstrasse 5
8570 Weinfelden
Tel. 071 626 70 00
Fax 071 626 70 01
info@tgkl.ch
www.tgkl.ch
PK 85-4796-4
13	 Lega ticinese
	 contro il cancro
Piazza Nosetto 3
6500 Bellinzona
Tel. 091 820 64 20
Fax 091 820 64 60
info@legacancro-ti.ch
www.legacancro-ti.ch
CP 65-126-6
14	 Ligue vaudoise
	 contre le cancer
place Pépinet 1
1003 Lausanne
tél. 021 623 11 11
fax 021 623 11 10
info@lvc.ch
www.lvc.ch
CP 10-22260-0
15	 Ligue valaisanne contre le cancer
	 Krebsliga Wallis
Siège central :
rue de la Dixence 19
1950 Sion
tél. 027 322 99 74
fax 027 322 99 75
info@lvcc.ch
www.lvcc.ch
Beratungsbüro :
Spitalzentrum Oberwallis
Überlandstrasse 14
3900 Brig
Tel. 027 604 35 41
Mobile 079 644 80 18
info@krebsliga-wallis.ch
www.krebsliga-wallis.ch
CP/PK 19-340-2
16	 Krebsliga Zentralschweiz
	 LU, OW, NW, SZ, UR
Löwenstrasse 3
6004 Luzern
Tel. 041 210 25 50
Fax 041 210 26 50
info@krebsliga.info
www.krebsliga.info
PK 60-13232-5
17	 Krebsliga Zug
Alpenstrasse 14
6300 Zug
Tel. 041 720 20 45
Fax 041 720 20 46
info@krebsliga-zug.ch
www.krebsliga-zug.ch
PK 80-56342-6
18	 Krebsliga Zürich
Freiestrasse 71
8032 Zürich
Tel. 044 388 55 00
Fax 044 388 55 11
info@krebsligazuerich.ch
www.krebsligazuerich.ch
PK 80-868-5
19	 Krebshilfe Liechtenstein
Im Malarsch 4
FL-9494 Schaan
Tel. 00423 233 18 45
Fax 00423 233 18 55
admin@krebshilfe.li
www.krebshilfe.li
PK 90-3253-1
Unis contre le cancer
Ligne InfoCancer
0800 11 88 11
Du lundi au vendredi
9 h – 19 h
Appel gratuit
helpline@liguecancer.ch
Ligue suisse
contre le cancer
Effingerstrasse 40
case postale
3001 Berne
tél. 031 389 91 00
fax 031 389 91 60
info@liguecancer.ch
www.liguecancer.ch
CP 30-4843-9
Brochures
tél. 0844 85 00 00
boutique@liguecancer.ch
www.liguecancer.ch/
brochures
Forum
www.forumcancer.ch
Le forum internet de la
Ligue contre le cancer
Cancerline
www.liguecancer.ch/
cancerline
Le chat sur le cancer pour
les enfants, les ado-
lescents et les adultes
Du lundi au vendredi
11 h – 16 h
Skype
krebstelefon.ch
Du lundi au vendredi
11 h – 16 h
Ligne stop-tabac
tél. 0848 000 181
max. 8 cts/min.
(sur réseau fixe)
Du lundi au vendredi
11 h – 19 h
Vos dons sont les
bienvenus.
Brochure offerte par la Ligue contre le cancer :
Les cancers de
la peau : mélanomes
A qui en parler ?
Vous cherchez de l’aide ou d’autres informations ?
Vous avez besoin de parler ?
Vous cherchez des informations sur un type de
cancer ou ses possibilités de traitement ?
Vous voulez savoir comment faire appel à un service
de la Fondation contre le Cancer ?
Dans ce cas, appelez gratuitement et de façon
anonyme le Cancerphone.
Des professionnels (médecins, psychologues,
infirmiers et assistants sociaux) sont à l’écoute de
toute personne confrontée au cancer.
Tous les jours ouvrables de 9h à 13h,
le lundi de 9h à 19h.
E.R.:LucVanHaute-FondationcontreleCancer-ChausséedeLouvain479,B-1030Bruxelles•Fondationd’utilitépublique•0873.268.432•D1322-P101.04-PR13.06CDNCommunication13.4.58	3.1.1
Fondation d’utilité publique
Chaussée de Louvain 479 - 1030 Bruxelles
T. 02 736 99 99
info@fondationcontrelecancer.be
www.fondationcontrelecancer.be
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A qui cette brochure est-elle
destinée ?
Ce document s’adresse avant tout aux personnes ayant
un mélanome.
Lorsqu’on vous annonce un diagnostic de cancer, de
très nombreuses questions et émotions se bousculent.
On veut comprendre comment et pourquoi la maladie
s’est développée, quels sont les examens et les
traitements indispensables, combien de temps ils
risquent de durer… On se demande si une guérison est
possible, si les traitements permettent de poursuivre
une vie normale ou s’il faudra se faire aider…
On s’interroge sur le coût de la maladie, sur ce qu’il
vaut mieux dire ou ne pas dire à son entourage…
A toutes ces questions et à bien d’autres, des réponses
devront être apportées au fur et à mesure qu’elles se
posent, au cas par cas, en fonction de l’évolution
particulière de chaque patient.
Votre médecin jouera à cet égard un rôle essentiel. Lui
seul est en mesure de vous informer avec précision sur
l’évolution de votre cas, pour autant que vous le lui
demandiez.
Cette brochure n’a pas pour objet de tout vous
apprendre sur votre maladie. Elle vous donne
cependant des informations générales très
importantes pour comprendre ce qu’est un cancer
de la peau et comment il se soigne. Cette brochure
vous aidera à poser les bonnes questions à votre
médecin, si vous souhaitez en savoir plus sur votre
situation particulière.
N’oubliez pas non plus vos proches. Eux aussi se
posent de nombreuses questions. Ce document peut
donc également leur être utile.
32
Table de matières
A qui cette brochure est-elle destinée ?	 3
Qu’est-ce qu’un cancer ?	 4
La peau	 6
Le mélanome	 8
Facteurs de risque	 10
Symptômes	 12
Examens de diagnostic	 13
Traitements	 14
Suivi après traitement	 20
Conseils particuliers pour ceux qui ont eu 	 22
un mélanome	
Chances de guérison	 24
Informations utiles	 25
La Fondation contre le Cancer : 	 31
une mission, trois objectifs
3
54
Dernière précision : tumeur n’est pas toujours
synonyme de cancer. Une tumeur est une masse de
cellules qui peuvent être cancéreuses ou non. On parle
respectivement de tumeur maligne (cancer), ou de
tumeur bénigne (adénome, kyste...).
Vous cherchez d’autres informations ? Appelez
gratuitement le Cancerphone au 0800 15 801,
tous les jours ouvrables de 9h à 13h, le lundi de
9h à 19h.
Qu’est-ce qu’un cancer ?
Un cancer résulte d’une perturbation profonde et
complexe du fonctionnement de certaines cellules, qui
se multiplient de manière incontrôlée et anarchique,
à tel point qu’elles finissent par envahir l’organe
dans lequel elles se trouvent, et par envoyer d’autres
cellules malades à distance, vers d’autres organes.
Au départ, ce sont les dégâts accumulés par une cellule
qui déclenchent le processus de cancérisation
(carcino­genèse). Ces dégâts peuvent entre autres
être dus à l’exposition à des produits toxiques (le plus
souvent, la fumée de tabac), à des agents physiques
(ultraviolets naturels ou artificiels, rayonnements
ionisants, pollution), ou à certains virus. Le lien avec
l’alimentation est établi mais encore mal connu ; par
contre il est certain que l’alcool, l’excès de poids et
le manque d’exercice physique sont impliqués dans
l’augmentation des cas de cancers. Certains cancers
sont clairement d’origine professionnelle (exposition
à des produits chimiques, amiante…). L’hérédité
n’intervient que rarement (5 % des cas). Les cancers
ne sont jamais contagieux.
Après un temps d’évolution plus ou moins long,
certaines cellules cancéreuses peuvent s’échapper de
leur tumeur d’origine et coloniser d’autres parties du
corps, via les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Ces
colonies distantes portent le nom de métastases.
Le processus de cancérisation est habituellement très
lent. Il peut s’étendre sur plusieurs années, voire des
dizaines, après les premiers dégâts cellulaires. Voilà
pourquoi la fréquence des cancers augmente globale­
ment avec l’âge. C’est aussi la raison pour laquelle le
dépistage précoce de certains cancers est si important.
Il permet de les traiter avant l’apparition des métastases.
76
La peau
Notre peau remplit différentes fonctions :
•	 elle protège notre organisme, par exemple vis-à-vis
des infections et des rayons ultraviolets (UV) ;
•	 par l’intermédiaire de la peau, nous pouvons
percevoir des signaux en provenance de notre
environnement : les nerfs cutanés transmettent les
stimuli douloureux, sensitifs et thermiques vers le
cerveau qui “traduit” ces stimuli en sensations ;
•	 enfin, la peau a une grande importance pour
la régulation de la température corporelle ; les
glandes sudoripares de la peau contribuent
largement à cette régulation.
Notre peau est constituée de trois couches. La
couche superficielle porte le nom d’épiderme, la
couche intermédiaire se nomme derme et la couche
inférieure est appelée tissu conjonctif sous-cutané
ou hypoderme.
1
2
3 a
4
b
c
Coupe de la peau
	 a) 	épiderme :	
		 1.	 poil	 3.	cellules pavimenteuses
		 2.	couche cornée	 4.	cellules basales
	 b) 	derme
	 c) 	hypoderme
L’épiderme est principalement constitué de deux
types de cellules :
•	 	les cellules basales ;
•	 les cellules pavimenteuses.
Dans la couche profonde de l’épiderme se
trouvent également les cellules pigmentaires ou
mélanocytes. Sous l’effet des rayons ultraviolets
provenant par exemple du soleil ou de lampes
à ultraviolets, les mélanocytes fabriquent des
pigments bruns qui diffusent dans les autres cellules
de l’épiderme, donnant ce que l’on appelle le
“bronzage”.
98
Le mélanome
Les autres formes de cancers de la peau sont
détaillées dans une brochure séparée : cancers de la
peau (non mélanomes).
Mélanome signifie littéralement : tumeur noire.
Ce type de cancer apparaît au départ des
mélanocytes ou cellules pigmentaires. Celles-ci
sont présentes sous forme disséminée dans toute
la peau. Elles peuvent également être réunies en
petits amas et forment alors des taches pigmentées,
comme les grains de beauté (naevus). On parle
de mélanome lorsque, à un endroit de la peau, les
cellules pigmentaires se transforment en cellules
cancéreuses. La tumeur maligne qui en résulte va se
présenter comme une tache pigmentée qui grandit,
grossit, ou change de couleur…
Un mélanome se développe parfois au départ d’une
tache pigmentée (naevus) mais le plus souvent au
niveau d’une zone de peau “saine”, sans tache
préexistante. Les mélanomes peuvent se développer
à n’importe quel endroit de la peau. Chez les femmes,
ils apparaissent un peu plus fréquemment au niveau
des jambes, chez les hommes au niveau du tronc.
Les zones recouvertes de poils, comme le cuir
chevelu, peuvent également être atteintes, de même
que la peau sous les ongles. Exceptionnellement,
un méla­nome peut apparaître sur une muqueuse
(bouche, cavités nasales, gorge, vagin, anus…), voire à
l’intérieur des paupières ou dans l’œil proprement dit.
Métastases
Comme n’importe quel autre cancer, un mélanome
peut envoyer des métastases (colonies secondaires)
ailleurs dans le corps. Par voie lymphatique,
les cellules tumorales atteignent les ganglions
lymphatiques du cou, des aisselles ou de l’aine
(en fonction de la localisation de la tumeur) et s’y
multiplient pour donner naissance à des métastases.
Les cellules de mélanome peuvent également se
disséminer par voie sanguine vers d’autres endroits
de l’organisme, par exemple vers les poumons,
le foie, un autre site cutané ou le cerveau. Les
métastases commencent néanmoins presque
toujours par apparaître au niveau des ganglions
lymphatiques régionaux.
b
a
a
b
Mélanome au niveau du bras et de la jambe
	
	 a)	 mélanome
	 b)	 ganglions lymphatiques régionaux
Incidence
En Belgique, on enregistre chaque année plus de
2 000 nouveaux cas de mélanome. Avant la puberté,
ce cancer est extrêmement rare. Par la suite, il peut
survenir à tout âge, un peu plus souvent chez les
femmes que chez les hommes.
10
Facteurs de risque
On sait depuis longtemps que la majorité des
cancers de la peau apparaissent suite à une
exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV)
du soleil ou de lampes à ultraviolets.
Les coups de soleil constituent un important facteur
de risque, surtout si l’on a subi de tels coups de soleil
lorsque l’on était enfant.
Les personnes qui ont la peau claire, qui bronzent
difficilement et attrapent facilement des coups de
soleil sont particulièrement à risque. S’il y a eu des
cas de mélanome parmi vos proches parents, vous
courez également un risque accru.
Lorsqu’on découvre un mélanome, il apparaît que,
dans 5 % des cas, un autre membre de la famille
souffre également de cette pathologie. Le nombre de
patients atteints de mélanome a considérablement
augmenté au cours des dernières décennies. Outre
une exposition croissante aux ultraviolets, il est
possible que d’autres facteurs environnementaux
non encore élucidés jouent également un rôle.
Naevi dysplasiques
Le mélanome semble également apparaître plus
fréquemment chez les personnes présentant
de nombreux grains de beauté irréguliers et
multicolores : les naevi dysplasiques (naevus =
grain de beauté). Les individus porteurs de ce type
de naevus présentent souvent un grand nombre de
grains de beauté disséminés sur tout le corps. Les
grains de beauté diffèrent entre eux non seulement
par leur taille, mais également par leur couleur.
11
C’est surtout lorsque ce type de grains de beauté
dysplasiques atteint plusieurs personnes d’une même
famille que le risque de développer un mélanome
est clairement accru. C’est encore davantage le cas
lorsqu’un membre de la famille a déjà présenté un
mélanome. Un examen de tous les proches parents
(parents, enfants, frères et sœurs) pour dépister
ces lésions est alors nécessaire. Le dermatologue
contrôlera ensuite régulièrement les membres de
la famille qui présentent des naevi dysplasiques. Si,
chez l’un d’entre eux, un grain de beauté se modifie,
il devra être enlevé et examiné au microscope.
Comme tous les autres types de cancer, le mélanome
n’est pas contagieux.
1312
Symptômes
Un mélanome peut se former soit au niveau d’une peau
“saine”, sans tache pigmentée préalable, soit sur un
grain de beauté existant.
Toute apparition/modification d’une tache pigmentée
chez l’adulte doit donc attirer l’attention, surtout
si elle présente les caractéristiques suivantes,
résumées par la règle ABCDE :
•	 asymétrie : une forme asymétrique, irrégulière par
sa taille et/ou son épaisseur ;
•	 bords : le contour de la tache est/devient irrégulier,
en un ou plusieurs endroits ;
•	 couleur : au début, souvent très foncée,
ultérieurement toutes les couleurs mélangées
(brun clair ou foncé, rouge, bleuté, noir, …) ;
•	 dimension : un diamètre supérieur à 5-6 mm ;
•	 évolution : la lésion change d’aspect, de taille, de
couleur, d’épaisseur.
Les symptômes qui sont susceptibles d’apparaître un
peu plus tard sont :
•	 des saignements ;
•	 des démangeaisons ;
•	 la formation d’une blessure avec une croûte.
Tous les mélanomes n’ont pas une couleur sombre.
Quelquefois, des cellules pigmentaires devenues
malignes ne forment plus de pigments ; de tels
mélanomes sont dits “amélanotiques”. Comme ils ne
présentent pas les caractéristiques habituelles, on a
tendance à les prendre à tort pour des lésions bénignes.
Lorsqu’une personne consulte son médecin parce qu’elle
présente un ou plusieurs des symptômes susmentionnés
et qu’il existe une suspicion de mélanome, ce patient est
immédiatement référé à un spécialiste, habituellement
un dermatologue, parfois un chirurgien.
Examens de diagnostic
Un diagnostic de mélanome n’est pas aisé à
établir, même par un dermatologue. Il n’est donc
pas rare que le médecin demande l’avis d’un autre
spécialiste afin de se concerter sur ce qu’il convient
de faire.
S’il existe une suspicion de mélanome, un examen
microscopique est toujours nécessaire. La tumeur
doit pour cela être prélevée sous anesthésie
locale. Cette intervention porte le nom d’excision
diagnostique.
Un autre spécialiste, l’anatomopathologiste,
examinera au microscope l’échantillon de tissu
prélevé. S’il s’agit d’un mélanome, l’anatomo­
pathologiste déterminera notamment son épaisseur,
en dixièmes de millimètres (Indice de Breslow). Il
faut parfois attendre une semaine ou deux avant de
connaître le résultat de ces examens.
Quand un mélanome est diagnostiqué et
traité à un stade très précoce, ses chances de
guérison sont élevées.
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  • 1. Un guide de la Ligue contre le cancer pour les personnes touchées et leurs proches Le mélanome
  • 2. Impressum _Editeur Ligue suisse contre le cancer Effingerstrasse 40, case postale, 3001 Berne tél. 031 389 91 00, fax 031 389 91 60 info@liguecancer.ch, www.liguecancer.ch _Direction du projet Susanne Lanz, Ligue suisse contre le cancer, Berne _Conseils scientifiques (par ordre alphabétique) Prof. Dr Reinhard Dummer, Directeur de clinique suppléant, Clinique de dermatologie, Hôpital universitaire de Zurich Dr Philippa Golling, Cheffe de clinique, Clinique de derma- tologie, Hôpital universitaire de Zurich Dr Clarissa Huber, médecin-assistante, Clinique de derma- tologie, Hôpital universitaire de Zurich Prof. Dr Renato Panizzon, Centre hospitalier universitaire vaudois, Service de dermatologie, Lausanne _Texte Nicolas Broccard, journaliste scientifique, Berne _Traduction Cristina Martínez, Gabriella Pidoux, Ligue suisse contre le cancer, Berne _Révision Jacques-Olivier Pidoux, Ligue suisse contre le cancer, Berne _Couverture Adam et Eve, d’après Albrecht Dürer _Illustrations P. 7 : Frank Geisler, dessinateur scientifique, Berlin ; P. 11 : Essex Pharma GmbH, München, Willi R. Hess, dessinateur scientifique, Berne _Photos P. 4, 38, 42 : Shutterstock ; pp. 13, 16 : Clinique de dermatologie, Hôpital universitaire de Zurich ; p. 17 : Dr Jean-Philipp Görög, Berne ; p. 20 : Michael Jordan by Fotolia ; p. 26 : Getty Images _Conception graphique Ligue suisse contre le cancer, Berne _Impression Ast & Fischer SA, Wabern Cette brochure est également disponible en allemand et en italien. © 2016, 2009 Ligue suisse contre le cancer, Berne 3e édition revue et augmentée LSC / 3.2016 / 3500 F / 021085012111
  • 3. 3Le mélanome Sommaire Avant-propos 5 Qu’est-ce que le cancer ? 6 La peau et le cancer de la peau 10 La structure de la peau 10 Les types de cancer de la peau 11 Le mélanome 12 Causes et facteurs de risque 14 Examens et diagnostic 17 Les stades de la maladie 19 Généralités sur le traitement 23 Choix du traitement 23 Principes thérapeutiques 27 Mélanome : options thérapeutiques 28 La chirurgie 28 La radiothérapie 29 Les thérapies médicamenteuses 30 Faire face aux effets indésirables 34 La thérapie dans le cadre d’une étude clinique 36 Le traitement du mélanome 36 Les traitements additionnels 39 Traitement de la douleur 39 Les médecines complémentaires 39 Suivi médical et réadaptation 40 Le retour à la vie quotidienne 42 Conseils et informations 44
  • 5. 5Le mélanome Cancer. Pour les malades comme pour leurs proches, le diagnostic est généralement un choc. Du jour au lendemain, la vie bascule ; le pré- sent, l’avenir, tout est chamboulé et les questions se précipitent, char- gées d’espoir un jour, lourdes d’an- goisse et de colère le lendemain. Cette brochure est destinée à vous aider à mieux comprendre et af- fronter la maladie.Vous y trouverez une description détaillée du méla- nome, des examens réalisés en vue de poser le diagnostic et du traite- ment, mais aussi des conseils utiles pour la période qui suit les théra- pies et des offres de soutien pour vous faciliter le retour à la vie de tous les jours. Vous constaterez lors de la lecture que le « cancer de la peau » est en réalité un terme générique qui en- globe plusieurs maladies cancé- reuses dont chacune présente des effets et des répercussions diffé- rentes. Le traitement du mélanome est de- venu plus efficace et mieux toléré ces dernières années. Lorsque le mélanome est découvert à un stade Chère lectrice, cher lecteur, précoce, petit et limité à l’épiderme, les perspectives de guérison sont généralement bonnes. A un stade plus avancé, il est souvent possible d’en ralentir l’évolution. Même lorsqu’on ne peut plus espérer de rétablissement durable, des me- sures d’accompagnement peuvent contribuer à maintenir ou amélio- rer la qualité de vie. Si vous avez des questions, l’équipe médicale et soignante est là pour y répondre. N’hésitez pas non plus à faire ap- pel au soutien de votre entourage, qu’il s’agisse de votre famille, de vos amis ou connaissances. Vous trouverez des conseils et des informations utiles dans de nom- breuses autres brochures de la Ligue contre le cancer. Les profes- sionnels à l’œuvre au sein des li- gues cantonales et régionales et à la Ligne InfoCancer connaissent bien les questions qui se posent dans le cas d’un cancer et sont là pour vous conseiller et vous accompagner. Vous trouverez les coordonnées né- cessaires à la fin de cette brochure. Nos vœux les plus chaleureux vous accompagnent. Votre Ligue contre le cancer Par souci de lisibi- lité, nous renonçons à mentionner expli- citement les deux genres. Le masculin implique toujours la forme féminine. Remarque Le mélanome de l’œil, le sarcome de Kaposi et le carcinome à cellules de Merkel ne sont pas traités dans cette brochure. Le carcinome basocellulaire, le carcinome spinocellulaire et les lésions précancé- reuses (kératose actinique, Morbus Bowen) sont décrits en détail dans la brochure « Les cancers de la peau non-mélanome : carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, lésions précancéreuses ». La brochure « Lymphomes hodgkiniens et non-hodgkiniens » donne quant à elle des informations sur les lymphomes cutanés primaires.
  • 6. 6 Le mélanome Le terme de « cancer » recouvre un large éventail de maladies diffé- rentes qui présentent néanmoins certaines caractéristiques com- munes : > Des cellules normales au dé- part se multiplient de façon in- contrôlée ; elles prolifèrent et se transforment en cellules cancé- reuses. Les cellules cancéreuses en- vahissent le tissu sain ; elles le compriment et le détruisent. Certaines de ces cellules peuvent se détacher de l’endroit où elles se sont constituées et donner naissance à des foyers secondaires dans d’autres par- ties du corps : les métastases. Le terme de « cancer » désigne donc la prolifération de cellules qui se multiplient de façon in- contrôlée et qui envahissent le tis- su sain. Dans le langage courant, on parle aussi de tumeur. Il faut toutefois distinguer les tumeurs bénignes, qui ne mettent pas la vie en danger, des tumeurs malignes, qui peuvent menacer l’existence. Les tumeurs malignes sont aussi appelées néoplasmes, ce qui signi- fie « nouvelle formation ». Il existe plus de deux cents types de cancers différents. On distingue les tumeurs solides, qui se déve- loppent à partir des cellules d’un organe et qui forment une masse ou un nodule (le cancer du sein, Qu’est-ce que le cancer ? par ex.), et les cancers qui prennent naissance dans le système sanguin ou lymphatique (les leucémies, par ex.). Ceux-ci peuvent notamment se traduire par un gonflement des ganglions lymphatiques, mais aus- si par des modifications de la for- mule sanguine. Les tumeurs malignes solides qui se forment à partir de tissus su- perficiels comme la peau, les mu- queuses ou les glandes sont appe- lées carcinomes. Les carcinomes représentent la grande majorité des tumeurs malignes. Tumeurs bénignes et tumeurs malignes En grandissant, les tumeurs bé- nignes compriment le tissu sain, mais elles ne l’envahissent pas et ne forment pas non plus de mé- tastases. Suivant leur localisation, elles peuvent cependant provo- quer des troubles importants en écrasant le tissu normal ou en en- traînant le rétrécissement d’un ca- nal comme un nerf ou un vaisseau sanguin. Certaines tumeurs bénignes peuvent se transformer en tu- meurs malignes, parfois après de longues années. Les polypes de l’intestin en sont un bon exemple. Ces excroissances qui se déve- loppent sur la muqueuse intesti- nale peuvent constituer un stade précurseur du cancer de l’intestin.
  • 7. 7Le mélanome Comment se forme une tumeur ? Exemple : carcinome de la muqueuse tumeur maligne tissu sain La tumeur commence à infiltrer le tissu sain. cellules cancéreuses vaisseaux sanguinscellules cancéreuses Elle envahit le tissu voisin. Les cellules cancéreuses pénètrent dans les vaisseaux sanguins (en rouge/bleu) et lymphatiques (en vert) et parviennent ainsi dans d’autres organes, où elles forment des métastases. vaisseaux lymphatiques
  • 8. 8 Le mélanome Les tumeurs malignes, quant à elles, envahissent le tissu envi- ronnant et l’endommagent. Elles forment également de nouveaux vaisseaux sanguins pour s’appro- visionner en éléments nutritifs. Des cellules cancéreuses peuvent se détacher de la tumeur et passer dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Elles parviennent ainsi dans les ganglions lympha- tiques et dans d’autres organes, où elles forment des métastases. En principe, les cellules cancé- reuses conservent les caractéris- tiques de leur tissu d’origine, de sorte qu’il est possible d’identifier l’organe dont les métastases sont issues. Tout commence dans la cellule Les tissus et les organes sont composés de plusieurs milliards de cellules. Chaque cellule ren- ferme dans son noyau le plan de construction de l’individu : le ma- tériel génétique (génome), avec les chromosomes et les gènes. Ce- lui-ci est constitué d’acide désoxy- ribonucléique (ADN), le support de l’information génétique. Au cours du processus de division cellulaire, de nouvelles cellules apparaissent constamment tandis que d’autres meurent. Le matériel génétique peut être endommagé à la suite d’une erreur lors de la divi- sion cellulaire ou sous l’influence de divers autres facteurs. En prin- cipe, les cellules sont capables de détecter et de réparer elles-mêmes ces anomalies ou meurent si elles ont subi une altération. Lorsque ce n’est pas le cas, la cellule dé- fectueuse – on parle de cellule mu- tée – continue de se diviser de ma- nière incontrôlée. Les cellules qui prolifèrent ainsi finissent par for- mer, avec le temps, un nodule, une tumeur. Des dimensions inimaginables Une tumeur d’un centimètre de diamètre contient déjà des mil- lions de cellules et peut s’être for- mée il y a plusieurs années. En d’autres termes, une tumeur n’ap- paraît pas du jour au lendemain ; la vitesse à laquelle elle grandit va- rie toutefois d’un type de cancer à l’autre. Des causes multiples Les maladies cancéreuses sont dues à des altérations qui affectent le matériel génétique des cellules. Certains facteurs sont connus pour favoriser ces mutations et jouent un rôle dans l’apparition du cancer : le vieillissement naturel ; le mode de vie (alimentation trop peu variée, sédentarité, tabagisme, consommation d’al- cool, etc.) ; des influences extérieures (vi- rus, polluants, fumée du tabac, rayonnement ultraviolet, etc.) ;
  • 9. 9Le mélanome des facteurs héréditaires ou génétiques. Pourquoi moi ? Vous vous posez peut-être cette question et vous demandez si vous auriez pu faire les choses au- trement pour échapper à la ma- ladie. Il est compréhensible que vous vous interrogiez et que vous soyez en proie au doute ou à la colère. Vous devez toutefois sa- voir que la genèse du cancer est un processus extrêmement com- plexe, difficile à cerner même pour un spécialiste. Personne ne peut se protéger à coup sûr de la maladie. Le can- cer frappe indifféremment les per- sonnes ayant un comportement à risque et celles vivant sainement, les jeunes et les moins jeunes. La probabilité d’être atteint relève en partie du hasard ou de la fatalité. Ce qui est sûr, c’est que le diagnos- tic engendre un stress important.
  • 10. 10 Le mélanome La peau et le cancer de la peau La peau est le plus grand organe du corps humain. Chez l’adulte, sa surface est d’environ 1,5 à 2 m2 . La peau remplit les fonctions les plus diverses : Elle régule la température interne du corps et une partie de la teneur en eau de l’orga- nisme. Cette régulation se fait par la transpiration et par ce qu’on appelle la perte insen- sible en eau (PIE). Elle est un organe senso- riel qui permet d’entrer en contact avec le monde exté- rieur et de ressentir des sensa- tions variées comme une brise légère, une caresse ou une douleur. La peau constitue une bar- rière qui protège l’organisme des agressions extérieures telles que le froid, la chaleur, les rayons UV, les produits chimiques, les virus et les bac- téries. Elle absorbe dans une cer- taine mesure des substances et certains médicaments (par exemple sous forme de crèmes). Grâce à la lumière du soleil, elle produit la vitamine D, importante pour le dévelop- pement et la conservation des os. Cette vitamine ne se trouve qu’en quantités limitées dans l’alimentation. La structure de la peau La peau est constituée de diffé- rentes couches : L’épiderme avec la couche épi- neuse ; la couche basale (avec la membrane basale), située dans la partie la plus profonde de l’épiderme. On y trouve également les mélanocytes (cellules pigmentaires produi- sant la mélanine). Le derme comprend les folli- cules pileux que l’on trouve parfois même dans l’hypo- derme. L’hypoderme. Les épaisseurs respectives des dif- férentes couches de la peau ne sont pas les mêmes sur tout le corps. Pour l’épiderme, elle est comprise entre0,04mm(paupières)et1,5mm (plante des pieds). Le derme et l’hy- poderme sont plus épais. L’épiderme est constitué avant tout de kératinocytes qui pro- duisent une substance cornée ap- pelée kératine. De nouvelles cellules cutanées sont produites en permanence dans la couche basale de l’épi- derme. Alors qu’elles sont pous- sées vers la surface de la peau par les nouvelles cellules, elles passent par différents stades de développement et, finalement, se transforment en cellules cornées
  • 11. 11Le mélanome La structure de la peau a Epiderme b Derme c Hypoderme (tissu sous-cutané) d Couche ou membrane basale e Couche épineuse (kératinocytes) f Cellules pigmentaires (mélanocytes) g Follicule pileux h Poil i Glande sébacée k Glande sudoripare qui sont éliminées sous forme de squames. Ce processus perma- nent de renouvellement de la peau dure trois à quatre semaines. Les mélanocytes forment un pig- ment appelé mélanine qui, en donnant sa coloration à la peau, lui assure une certaine protection contre les rayons UV (voir égale- ment p. 14). Le derme est un tissu conjonc- tif élastique et fibreux contenant notamment des cellules immuni- taires, des fibres nerveuses, des vaisseaux sanguins et lympha- tiques, des glandes sudoripares et sébacées ainsi que des follicules capillaires. L’hypoderme est constitué de tissu adipeux et de tissu conjonctif élas- tique, sillonnés de vaisseaux san- guins et de nerfs. Il est relié aux muscles sous-jacents. Les types de cancer de la peau Le terme cancer de la peau dé- signe en fait diverses tumeurs de la peau qui ont des noms dif- férents en fonction des couches cutanées ou des cellules dans les- quelles elles se développent. En cas de modification cutanée, un dermatologue sera la per- sonne indiquée pour déterminer s’il s’agit d’un changement bénin ou d’un cancer de la peau et, le cas échéant, de quel type. Le mélanome malin Le mélanome malin se déve- loppe à partir des mélanocytes (cellules pigmentaires).
  • 12. 12 Le mélanome Le nombre de cas de mélanomes (incidence) a fortement augmen- té ces dernières décennies. Les raisons ne sont pas réellement connues, mais on peut suppo- ser que certains facteurs y contri- buent, comme l’exposition plus intensive aux rayons UV (bains de soleil plus fréquents, solarium, et autres activités de plein air) et une détection précoce avec réper- toriage grâce à un système sani- taire efficace en Suisse. Les cancers de la peau non-mélanome Le carcinome basocellulaire se forme à partir de la couche des cellules basales ainsi qu’à par- tir des kératinocytes, le long des follicules pileux. Le carci- nome spinocellulaire se déve- loppe quant à lui à partir des kératinocytes de la couche épi- neuse (épiderme). Lésions précancéreuses pou- vant dégénérer en carcinomes spinocellulaires : La kératose actinique et la maladie de Bowen se déve- loppent tous deux dans l’épi- derme. Les cancers de la peau non-mé- lanomes sont beaucoup plus fré- quents que les mélanomes. L’évolution et le traitement du mé- lanome et des cancers de la peau non-mélanome diffèrent beau- coup. C’est pourquoi une brochure spécifique est consacrée à ces der- niers : « Les cancers de la peau non-mélanome : carcinome ba- socellulaire, carcinome spinocel- lulaire, lésions précancéreuses » (voir p. 46). Le mélanome Le mélanome se présente sous différentes formes. La plupart du temps, une tache sombre ou noire se forme. Elle peut être plate, bombée ou présenter des nodosi- tés (petites grosseurs). Un mélanome peut faire son ap- parition à n’importe quel endroit, également dans la zone génitale ou – occasionnellement – sous les ongles des pieds ou des mains. Plus rarement, des mélanomes se forment dans les muqueuses, Le cancer de la peau en chiffres Chaque année en Suisse, près de 2100 personnes reçoivent un dia- gnostic de mélanome. Le mélanome vient en cinquième position des maladies cancéreuses et représente 6 % de toutes les maladies cancéreuses.
  • 13. 13Le mélanome dans les méninges ou dans des organes internes. Les hommes sont souvent tou- chés au torse, les femmes plutôt aux bras et aux jambes. Les mé- lanomes apparaissent surtout chez des personnes de plus de 50 ans. Au moment du diagnostic, un tiers des personnes atteintes sont âgées de 70 ans ou plus, un tiers cependant a moins de 50 ans. Chez les jeunes adultes, le méla- nome est l’un des types de cancer le plus souvent diagnostiqué. Les quatre types de mélanomes les plus fréquents : Le mélanome superficiel exten- sif (50 %) ; Le mélanome nodulaire (30 %) ; Le mélanome de Dubreuilh ou lentigo malin (10 %) : il apparaît surtout sur le visage de per- sonnes âgées ; Mélanome superficiel extensif Mélanome nodulaire Mélanome de Dubreuilh ou lentigo malin Le mélanome acro-lentigineux (5 %) ; apparaît sous la paume des mains, des plantes des pieds ou sous les ongles. Environ 5 % sont d’autres types de mélanome. Selon son aspect, un mélanome se développe sur plusieurs mois ou plusieurs années. Aujourd’hui, les mélanomes sont souvent détectés à un stade pré- coce. Ainsi, s’ils sont petits et limi- tés à l’épiderme, les chances de guérison sont plus élevées. En revanche, si un mélanome se développe dans le derme, des cellules cancéreuses peuvent de propager via les vaisseaux lym- phatiques aux ganglions lympha- tiques voisins ou via les vaisseaux sanguins à d’autres organes (en Quelques types de mélanomes
  • 14. 14 Le mélanome Causes et facteurs de risque Le rayonnement UV Les rayons infrarouges du soleil provoquent une sensation de cha- leur, les rayons visibles (la lu- mière) donnent couleurs et lumi- nosité à notre environnement, par contre les rayons ultraviolets sont invisibles et on ne peut les ressen- tir. Le rayonnement UV n’atteint que partiellement la surface de la Terre, car la majeure partie est ab- sorbée par la couche d’ozone. Il existe trois types de rayons UV : Les rayons UVA provoquent un teint hâlé en superficie. Ils pénétrent jusqu’au derme et entrainent un vieillissement prématuré de la peau. Les rayons UVA peuvent endom- mager le patrimoine génétique (ADN) et augmenter le risque de cancer de la peau. particulier les poumons, les os, le foie, le cerveau) et y former des métastases. Dans le cas du mélanome, on parle également de métastases locales (régionales) : les métastases en transit se forment dans la peau, entre la tumeur et les ganglions lym- phatiques les plus proches. les métastases satellites appa- raissent dans un périmètre de 2 centimètres autour de la tumeur. les micrométastases sont des métastases des ganglions lym- phatiques mesurant entre 0,2 et 2 millimètres. les macrométastases sont des métastases des ganglions lym- phatiques de plus de 2 milli- mètres. Modifications cutanées : si vous avez un doute, consultez ! Un autoexamen régulier de la peau permet de reconnaître à temps des modifications cutanées suspectes. Surtout les personnes à risque devraient examiner et contrôler leur peau régulièrement – visuellement et au toucher – pour constater ou non des change- ments.Toute modification suspecte doit vous amener à consulter un médecin.
  • 15. 15Le mélanome Les rayons UVB sont plus agressifs que les UVA. Ils pénètrent jusqu’à l’épiderme, ils y provoquent de dange- reux coups de soleil. Sous leur action, l’épiderme s’épais- sit (hyperkératose), ce qui lui confère une protection limitée. Les rayons UVB peuvent endommager le patrimoine génétique (ADN) et augmenter le risque de cancer. Les rayons UVC sont stoppés par la couche d’ozone et ne parviennent pas jusqu’à la sur- face de la Terre. Les solariums Les rayons UV artificiels des sola- riums représentent une agres- sion supplémentaire de la peau. Ils augmentent le risque de cancer de la peau et accélèrent le vieillis- sement cutané. Facteurs de risque Différents facteurs peuvent aug- menter le risque d’être atteint d’un mélanome : nombre élevé de taches pig- mentées (plus de 100) ; antécédents familiaux de méla- nome ; antécédents personnels de cancer de la peau ; brunissement inexistant ou lent des peaux claires (faible pigmentation de la peau) ; expositions intensives aux rayons solaires avec coups de soleil ; immunosuppression : le sys- tème de défense naturel (sys- tème immunitaire) est trop affaibli en raison d’une mala- die, ou alors réprimé par des médicaments, pour empêcher par exemple le rejet lors d’une greffe ou d’une transplanta- tion. Pour en savoir plus Sur les risques de cancer de la peau, les mesures de protection, l’autoexamen et le dépistage, vous pouvez consulter la brochure « Protection solaire » de la Ligue contre le cancer (voir p. 46). Modifications suspectes de la peau Environ un cinquième de tous les mélanomes se développent à par- tir d’une tache pigmentée (névus mélanocytaire, ou grain de beau- té). Lorsqu’une tache pigmentée se différencie clairement par sa forme et sa couleur des autres, il faut en connaître la raison. Si elle est exis- tante ou nouvellement apparue, et si elle grossit rapidement et se durcit, alors elle doit être montrée à un dermatologue. La règle A-B-C-D facilite l’autoexa- men de la peau.
  • 16. 16 Le mélanome Tache pigmentée bénigne Tache pigmentée suspecte A = Asymétrie B = Bords C = Coloration D = Dynamique Forme irrégulière, non symétrique Bords irréguliers, non correctement délimités Couleurs diverses, taches Modifications (taille, couleur, forme ou épaisseur) Forme régulière et symétrique Bords réguliers et contours délimités Couleur uniforme Sans évolution La règle A-B-C-D
  • 17. 17Le mélanome En cas d’altérations de la peau suspectes ou lors d’un contrôle annuel, le dermatologue procède généralement à différents exa- mens médicaux : Examen approfondi de la peau, en portant une attention parti- culière aux taches pigmentées et autres altérations de la cou- leur. Les altérations de la peau sus- pectes font l’objet d’un exa- men supplémentaire à l’aide d’un dermatoscope. En règle générale, si une tache pigmentée, un névus (grain de beauté) ou un nouveau nodule cumulent plusieurs caracté- ristiques suspectes (voir règle A-B-C-D), le dermatologue les enlèvera sous anesthésie locale, avec une petite marge de sécurité (biopsie d’exci- sion). De plus, le médecin pal- pera les voies lymphatiques voisines ainsi que les gan- glions lymphatiques. L’examen microscopique en laboratoire du tissu excisé per- mettra de poser un diagnostic précis. S’il s’agit d’un mélanome, il faudra déterminer les autres caractéristiques de la tumeur, Examens et diagnostic Le Dr Jean-Philippe Görög, Berne, lors d’un examen au dermatoscope
  • 18. 18 Le mélanome à savoir le type (voir p. 13), la vitesse de la division cellu- laire, l’épaisseur en millimètres selon Breslow, la profondeur de pénétration dans les tissus selon Clark et les mutations génétiques de la tumeur. Au cours d’un entretien approfondi avec le médecin, le patient reçoit des informations supplémentaires sur sa maladie et peut poser des questions. Après évaluation de la situation per- sonnelle, des examens complémen- taires peuvent être proposés : prise de sang et examen san- guin ; échographie, éventuellement photographie des ganglions lymphatiques avoisinants ; radiographie des poumons (radiographie du thorax). Le ganglion sentinelle fait l’objet d’une attention toute particulière, car il s’agit du premier ganglion qui reçoit le flux lymphatique de la tumeur. Si des cellules du mélanome migrent dans les ganglions lymphatiques, le ganglion lym- phatique sentinelle sera le pre- mier atteint. Si l’épaisseur du mélanome est supérieure à 1 mm ou si le ganglion lymphatique senti- nelle paraît anormal à l’écho- graphie, il sera prélevé puis analysé. Si des cellules cancéreuses se trouvent dans les ganglions lymphatiques sentinelles, tous les ganglions lymphatiques de la zone concernée seront en principe excisés (lympha- dénectomie). L’examen des ganglions lympha- tiques sentinelles sert au diagnos- tic, mais n’est pas une mesure thérapeutique. Techniques complémentaires d’imagerie médicale Si l’épaisseur du mélanome est supérieure à 1 mm, il est recom- mandé de procéder à d’autres exa- mens spécialisés. Grâce à la tomo- graphie axiale (scanner ou CT), à la tomographie par résonance ma- gnétique (IRM), à la tomographie Outil de diagnosticTEP/CT Le TEP/CT est un nouvel appareil qui combine la tomographie par émission de positons (TEP) avec la tomographie axiale (CT) (scanner). Le couplage de ces deux techniques donne des informa- tions sur le volume et la position de la tumeur (CT) ainsi que sur la consommation d’énergie et le métabolisme de la tumeur (PET).
  • 19. 19Le mélanome par émission de positons (TEP) ou à la scintigraphie osseuse, il est possible de vérifier si des mé- tastases se sont formées dans d’autres organes. Les méthodes décrites ci-dessus ne sont pas toutes utilisées pour le même patient. Le choix des mé- thodes dépend de la situation indi- viduelle du patient. La thérapie optimale à recomman- der au patient dépendra du type de tumeur, de sa taille ainsi que des résultats des analyses. Les stades de la maladie Les différents examens per- mettent au dermatologue de dé- terminer le stade de la maladie, et d’évaluer son extension. La sta- dification joue un rôle important dans le choix de la thérapie la plus appropriée. Dans ce but, on a re- cours au système international de classificationTNM. T La lettre T suivie d’un chiffre compris entre 0 et 4 exprime l’extension (taille) de la tumeur ; plus le chiffre est élevé, plus sa taille est importante. Tis Tumor in situ, limitée à l’épiderme ; la tumeur n’a pas encore percé la membrane basale. T1 L’épaisseur de la tumeur ne dépasse pas 1 mm. T2 L’épaisseur de la tumeur est comprise entre 1 et 2 mm. T3 L’épaisseur de la tumeur est comprise entre 2 et 4 mm. T4 L’épaisseur de la tumeur est supérieure à 4 mm. ClassificationTNM L’ajout d’un b minuscule, par exempleT2b, signifie que la surface de la tumeur n’est plus intacte, mais qu’elle présente des ulcérations (comme dans le cas d’un ulcère suintant). Si c’est un a minuscule que l’on ajoute, par exempleT2a, alors la tumeur ne présente pas d’ulcération.
  • 21. 21Le mélanome N La lettre N exprime le degré d’atteinte des ganglions lympha- tiques (lymph node en anglais). N0 Les ganglions lymphatiques voisins ne sont pas atteints. N1 Présence de micro- ou macrométastases dans un ganglion lymphatique voisin (ganglion lymphatique sentinelle). N2 Présence de métastases dans deux ou trois ganglions lympha- tiques voisins et/ou présence de micro- ou macrométastases, de métastases satellites ou de métastases en transit (voir p. 22). N3 Présence de métastases dans quatre ganglions lymphatiques voisins ou plus, auxquelles s’ajoutent des métastases satel- lites ou des métastases en transit. M La lettre M indique la présence ou l’absence de métastases dans d’autres organes. On les appelle aussi métastases à dis- tance. M0 Aucun signe de métastases. M1 Présence de métastases : M1a sur ou dans la peau. M1b dans les poumons. M1c dans d’autres organes (par ex. les os, le foie, le cerveau) ou des métastases à distance. L’ajout de lettres minuscules précise le diagnostic : a micrométastases (non-palpables) dans les ganglions lymphatiques b macrométastases (palpables) dans les ganglions lymphatiques c métastases satellites ou en transit (voir p. 22) Votre dermatologue répondra volontiers aux questions que vous vous posez à ce sujet.
  • 22. 22 Le mélanome Les stades de la maladie Pour le mélanome, la classifica- tion TNM est résumée en quatre stades (I–IV). Plus la maladie s’est propagée dans l’organisme, plus son stade d’évolution est avancé et correspond à un chiffre élevé. Stade I L’épaisseur de la tumeur est au maximum de 1 mm (avec ulcéra- tion, soit T1b) ou au maximum de 2 mm (sans ulcération, soit T2a). Dans les deux cas pas de signes de métastases. Stade II L’épaisseur de la tumeur dépasse 1 mm avec ulcération, dépasse 2 mm sans ulcération. Pas de signes de métastases. Stade III Ici ni l’épaisseur ni l’ulcération de la tumeur ne jouent un rôle. En re- vanche, des métastases sont pré- sentes dans les ganglions lym- phatiques voisins ou la peau avoisinante est touchée. Stade IV Pour la classification dans ce stade, la taille ou le degré d’enva- hissement/d’infection des gan- glions lymphatiques ne joue au- cun rôle. C’est la présence de mé- tastases dans d’autres organes (poumons, foie, cerveau, sque- lette, etc.) qui est déterminante.
  • 23. 23Le mélanome Généralités sur le traitement Le traitement dépend avant tout du type de tumeur, de sa localisa- tion et de son extension : Quelles sont la taille et l’éten- due de la tumeur ? Le stade de la maladie (voir p. 22) : quelle épaisseur a la tu- meur ? Est-elle ulcérée ? Le gan- glion sentinelle ou d’autres ganglions lymphatiques sont- ils touchés ? Des métastases se sont-elles formées dans d’autres organes ? Peut-on enlever la tumeur par une opération chirurgicale ? Par ailleurs, on tiendra compte de facteurs tels que l’état général, l’âge ainsi que de l’avis et des pré- férences du patient. Choix du traitement La thérapie est planifiée et mise en œuvre de manière pluridisci- plinaire. En d’autres termes, diffé- rents experts évaluent ensemble la situation lors de réunions de concertation médicale interdis- ciplinaire appelées aussi tumor boards. Cette démarche permet de vous proposer la meilleure théra- pie possible. Dans le cas du mélanome, les spé- cialistes dans les domaines sui- vants seront sollicités : Dermatologie : maladies de la peau et tumeurs cutanées. Anatomo-pathologie : ana- lyse au microscope de cellules ou de tissus prélevés sur un organe. Chirurgie : chirurgie recons- tructrive ou plastique. Radio-oncologie : thérapie par radiation des cellules cancé- reuses. Oncologie/dermato-oncolo- gie : thérapie médicamenteuse, soins de soutien, coordination des processus de traitement. Psycho-oncologie : accompa- gnement psycho-social de la personne touchée par un can- cer. ORL (oto-rhino-laryngologie) : diagnostic et traitement des troubles du nez, de la gorge, de l’oreille et de la région tête et cou. Thérapies à disposition Les principales méthodes de thé- rapie sont La chirurgie (opération) Les thérapies médicamen- teuses (chimiothérapie, immu- nothérapie) La radiothérapie La thérapie palliative Ces thérapies s’emploient seules ou combinées. Le but visé est la suppression totale ou quasi-totale de la tumeur.
  • 24. 24 Le mélanome Le choix de la thérapie se fait en accord avec vous. Vous décidez Nous vous recommandons de dis- cuter des options thérapeutiques avec les médecins des différentes disciplines. Dans certains hôpi- taux et centres de soins, les étapes d’un traitement sont coordonnées par un spécialiste, il est alors votre interlocuteur. A tout moment, vous pouvez poser des questions, remettre en ques- tion une décision antérieure, ou demander un temps de réflexion. Il est important que vous compre- niez les enjeux (buts recherchés, conséquences, effets secondaires) d’une mesure thérapeutique pro- posée avant de l’accepter ou de la refuser. Vous avez le droit de refuser un traitement. Dans ce cas il est im- portant d’avoir compris quelles conséquences ce refus peut avoir sur le cours possible de la mala- die. Vous pouvez aussi laisser la dé- cision du choix thérapeutique aux médecins. Nonobstant, qu’il s’agisse d’une opération ou d’une thérapie, votre accord est toujours indispensable. Faites-vous accompagner et conseiller Prenez le temps nécessaire pour bien comprendre le traitement et poser toutes vos questions. Il est recommandé de se faire accompa- gner chez le médecin par un proche ou une personne de confiance. Chez vous, dans le calme, couchez par écrit les questions que vous souhaitez poser, afin de penser à tout lors du rendez-vous. Vous re- cevez beaucoup d’informations et il peut s’avérer utile que quelqu’un soit à vos côtés. Vous pouvez impliquer votre mé- decin de famille ou demander un deuxième avis. Le médecin qui vous auscultera ou votre médecin traitant ne le prendra pas comme une marque de défiance, mais comme un droit qui vous revient. Peut-être éprouvez-vous le besoin de parler du poids psychique ou social que la maladie engendre chez vous. La psycho-oncologie constitue dans ce cas une aide précieuse. En effet, lors d’un en- tretien avec un psycho-oncologue, vous pouvez parler des aspects de la maladie qui vont au-delà des questions médicales, par exemple les peurs ou les problèmes so- ciaux (voir p. 40).
  • 25. 25Le mélanome Osez poser des questions Que puis-je attendre du traitement : permet-il d’obtenir la guérison ? Prolonge-t-il la vie ? Améliore-t-il la qualité de vie ? Quels sont les avantages et inconvénients du traitement ? Quelle est l’expérience de l’hôpital dans le traitement du mélanome ? A quelle fréquence les médecins opèrent-ils ? Ce sont des questions essentielles, car l’expérience de l’équipe soignante et médicale a une grande influence sur l’évo- lution de la maladie et la qualité de vie du patient. Quel aspect physique aurai-je après l’opération ? A quels effets indésirables dois-je m’attendre ? Sont-ils transitoires ou définitifs ? Que peut-on faire ? Quelles sont les complications possibles de l’opération ? Quelles fonctions physiques ou physiologiques seront affectées par le traite- ment ou l’opération ? Quelles répercussions la maladie et le traitement auront-ils sur mon quotidien, mon entourage et mon bien-être ? Si je renonce à certains traitements, quelles seront les conséquences sur mon espérance de vie et ma qualité de vie ? Y a-t-il une option autre que le traitement proposé ? Les coûts du traitement sont-ils pris en charge par la caisse maladie ?
  • 27. 27Le mélanome Principes thérapeutiques Les principes thérapeutiques dif- fèrent selon la tumeur et le stade de la maladie. Curatif Le traitement curatif vise la gué- rison. Une thérapie curative est envisagée lors de l’ablation chirur- gicale complète de la tumeur et en l’absence de métastases. Dans le cas du mélanome, la résec- tion de tous les tissus atteints ne garantit toutefois pas forcément la guérison définitive ou l’absence d’une récidive à plus ou moins long terme. C’est la raison pour laquelle une thérapie médicamen- teuse ou une radiothérapie pré- ou postopératoires sont envisagées. Palliatif Le traitement palliatif a lieu lorsque les chances de rémis- sion sont faibles. Il s’agit dès lors de ralentir la progression de la maladie et de maintenir une qua- lité de vie aussi bonne que pos- sible. Une mesure palliative peut être administrée sous forme médi- cale, de soins, d’un accompagne- ment psychologique ou spirituel. On cherche dans ce cas à atténuer les symptômes tels que les dou- leurs, les angoisses, la fatigue, ou la difficulté à s’alimenter. Parfois, on peut prolonger la vie pendant une longue période, voire plu- sieurs années. Dans une telle situation, peut- être en collaboration avec un psy- cho-oncologue, définissez ce que signifie pour vous la notion de qualité de vie. Parlez-en aussi à votre équipe soignante. Le traite- ment pourra ainsi être mieux ciblé. Néoadjuvant ou préopératoire Par principe néoadjuvant, il faut comprendre les thérapies (chimio- thérapie, radiothérapie) qui sont administrées avant l’opération. Ces thérapies permettent de réduire la taille de la tumeur afin de ménager au maximum les tis- sus environnants lors de l’inter- vention chirurgicale. Adjuvant ou postopératoire Par principe adjuvant, il faut com- prendre les thérapies (chimio- thérapie, radiothérapie) qui sont administrées après l’opération. Elles consistent à éliminer d’éven- tuelles cellules cancéreuses rési- duelles et à détruire les métastases microscopiques. Elles peuvent aussi être administrées pour dimi- nuer le risque de récidive (nou- velle apparition de tumeur) et de formation de métastases. Selon les circonstances, elles permettent de différer l’évolution de la mala- die.
  • 28. 28 Le mélanome Mélanome : options thérapeutiques Les principales méthodes de traitement du mélanome sont la chirurgie, la radiothérapie et les thérapies médicamenteuses (chimiothérapie et immunothé- rapie). Ces trois approches thé- rapeutiques sont souvent asso- ciées. Le médecin se sert du stade et du grade du cancer, ainsi que d’autres facteurs pour planifier le traitement. La chirurgie Le traitement des mélanomes re- pose sur une exérèse chirurgicale large de la lésion. L’intervention chirurgicale a pour but d’exciser la tumeur entièrement avec une marge de sécurité de tissu sain. En cas d’intervention mineure, la plaie est immédiatement recousue. Si l’intervention est plus lourde, la plaie est refermée par le glissement de peau (chirurgie par lambeau). Il est parfois nécessaire de refer- mer la plaie avec un fragment de peau provenant d’une autre partie du corps (greffe cuta- née). Si l’intervention est plus lourde, la plaie est refermée en déplaçant un fragment de peau avoisinant (technique des lambeaux). Il est parfois néces- saire de recourir à la transplan- tation d’un fragment de peau provenant d’une autre partie du corps (greffe cutanée). Tout est mis en œuvre pour que la cicatrice n’entraîne pas de troubles fonctionnels et soit optimale d’un point de vue esthétique. Les interventions chirurgicales mineures sont effectuées par le dermatologue, les plus lourdes, en fonction de la partie du corps concernée, requièrent l’interven- tion de chirurgiens spécialisés : par exemple des spécialistes en ORL (nez, gorge, oreilles), en chirur- gie de la main ou bien encore en chirurgie plastique, reconstructive et esthétique. Chirurgie micrographique La chirurgie micrographique asso- cie une analyse microscopique et topographique de la pièce d’exci- sion. Ainsi les marges d’exérèse sont réduites au maximum tout en assurant une excision complète de la lésion. Si le mélanome se trouve à un en- droit du corps où il ne convient pas de retirer beaucoup de tissu pour des raisons esthétiques ou autres, sur le visage par exemple, il est parfois nécessaire de procé- der à deux interventions ou plus. Dans un premier temps, la tumeur est excisée chirurgica-
  • 29. 29Le mélanome lement. Elle est colorée puis analysée en laboratoire au microscope. Aux endroits où de petites extensions tumorales sont décelables jusqu’au bord de la partie excisée, les restes de tis- su tumoral sont excisés à nou- veau, au cours d’une seconde ou plus rarement d’une troi- sième opération. Lorsque l’examen de l’entier du tissu extrait permet de s’as- surer que tous les restes tumo- raux ont été excisés, la plaie est refermée définitivement. Il n’est normalement pas pos- sible d’effectuer toutes ces étapes en une seule et même journée. La plaie est alors refermée provisoirement avec une peau artificielle, en atten- dant de la refermer définitive- ment. Cette technique a pour avan- tage d’enlever autant que pos- sible toutes les cellules cancé- reuses tout en préservant au maximum les tissus sains et d’éviter une récidive ainsi que la formation de métastases. Suites opératoires possibles En fonction de l’emplacement, de la taille et de la profondeur de pénétration de la tumeur, l’opé- ration peut être ressentie comme gênante sur le plan esthétique. Des tendons, des muscles ou des nerfs peuvent être blessés et pro- duire une sensation d’engourdis- sement passagère ou d’autres troubles. Si des vaisseaux lymphatiques sont endommagés ou comprimés, le liquide lymphatique accumulé peut provoquer un œdème (gon- flement) qui peut être traité (drai- nage lymphatique, bandages, voir à cet effet les brochures p. 46). La radiothérapie Une radiothérapie s’attaque sur- tout aux cellules cancéreuses. Ne pouvant plus se diviser ni prolifé- rer, elles finissent par mourir. Mais les rayons peuvent aussi agir sur les cellules saines et entraîner des troubles transitoires. Heureuse- ment, les cellules saines, contrai- rement aux cellules cancéreuses, sont presque toutes en mesure de se remettre des dégâts subis. En règle générale, les rayons sont dirigés à travers la peau (de façon percutanée) sur la tumeur et sur les ganglions lymphatiques envi- ronnants. Le champ cutané à ir- radier est précisément défini au moyen d’un scanner (tomogra- phie assistée par ordinateur) afin de protéger le mieux possible les organes voisins. Chez les patients touchés par un mélanome, la radiothérapie est
  • 30. 30 Le mélanome peu utilisée lors du premier trai- tement. Elle joue cependant un rôle important dans les thérapies post-opératoires (traitement adju- vant), par exemple pour traiter des ganglions lymphatiques touchés ou des métastases à distance, et pour atténuer les douleurs lors de métastases osseuses ou de com- pressions nerveuses dues à des métastases. Selon la situation, la radiothérapie peut être combinée avec un traitement médicamen- teux. Si l’opération s’avère trop déli- cate en raison de l’emplacement du mélanome (sur le visage par ex.), un autre type de radiothéra- pie, utilisant des rayons X à faible énergie, peut être mis en place. La radiothérapie s’accompagne fré- quemment de sécheresse ou de rougeurs sur la partie irradiée de la peau. Faites part immédiatement à votre médecin de tout pro- blème qui pourrait surgir et demandez des conseils sur la manière d’y faire face. Lisez également les conseils à la page 44. Vous en apprendrez davantage sur les radiothérapies dans la brochure de la Ligue contre le cancer « La radiothérapie » (voir p. 46). Les thérapies médicamenteuses La chimiothérapie par les cytostatiques C’est une thérapie qui utilise les cytostatiques (du grec zyto = cel- lule, et statikòs = arrêter), des substances qui inhibent la crois- sance et la division des cellules. Contrairement à la radiothérapie qui agit localement, les cytosta- tiques sont distribués dans tout l’organisme par le bias de la cir- culation sanguine. On parle à ce propos d’effet systémique du trai- tement. Traitement par rayons X à faible énergie Cette thérapie constitue une alternative à l’opération chirurgicale dont les désagréments esthétiques peuvent être importants. Par ail- leurs, elle est idéale pour les tumeurs superficielles, car les rayons ne pénètrent pas profondément dans les tissus. La tumeur est ainsi détruite de manière ciblée et les tissus environnants et sous-jacents sont largement épargnés.
  • 31. 31Le mélanome L’action des cytostatiques Grâce aux cytostatiques, les cel- lules cancéreuses à croissance rapide ne se divisent plus et ne prolifèrent pas, voire meurent. Contrairement à la radiothérapie qui est ciblée sur la tumeur et agit localement, les cytostatiques sont diffusés dans tout l’organisme par le biais de la circulation sanguine, c’est pourquoi la chimiothérapie détruit aussi des cellules saines à croissance rapide, comme les cel- lules responsables de la formation du sang (moelle osseuse), les cel- lules des follicules pileux (struc- tures qui entourent la racine du cheveu et assurent l’ancrage du cheveu dans la peau), les cellules des muqueuses (de la bouche, de l’estomac et de l’intestin), et les cellules sexuelles (spermato- zoïdes et ovules). La lésion non volontaire des cel- lules saines est la cause princi- pale de différents effets indési- rables d’une chimiothérapie. Mais alors que les cellules cancéreuses meurent, les tissus sains ont la capacité de se régénérer dans la majorité des cas. Pour cette raison, les effets indésirables s’estompent après la fin du traitement. Le choix des cytostatiques utilisés – on en compte actuellement plus de 100 – dépend du type de cancer. La chimiothérapie peut être admi- nistrée avant ou après l’opération, en combinaison avec une radiothé- rapie ou en tant que monothérapie. Comment les cytostatiques sont-ils administrés ? Les cytostatiques sont administrés la plupart du temps en quatre à six cycles. Un cycle dure entre trois et quatre semaines. Entre chaque cycle, une pause permet aux tissus sains de récupérer. Pour ce traite- ment, le patient peut être hospita- lisé (une nuit à l’hôpital) ou rece- voir le traitement en intervention ambulatoire. Dans la majorité des cas, les cytos- tatiques sont administrés par per- fusion. Dans certains cas, la voie orale (comprimés) est possible. Effets indésirables fréquents modification de la formule san- guine, augmentation du risque d’infection ou d’hémorragie ; fatigue ; symptômes grippaux ; nausées, vomissements, diar- rhée ou constipation ; sécheresse ou inflammation des muqueuses (bouche, intes- tin, organes génitaux) ; chute de cheveux ; éruptions cutanées ; syndrome main-pied (appa- rition de rougeurs ou gonfle- ments des paumes des mains ou des plantes des pieds, d’en- gourdissement, de fourmille- ments) ;
  • 32. 32 Le mélanome paresthésie (picotements dans les bouts des doigts et des or- teils) ; oedèmes (gonflements) des pieds et des jambes ; réactions allergiques ; diminution de la fertilité et de la reproduction. Le moment d’apparition et l’in- tensité des effets secondaires dé- pendent du type de médicament ou de la combination médicamen- teuse administrée. Entrent égale- ment en ligne de compte le do- sage et la sensibilité individuelle. De nombreux effets indésirables sont transitoires. Votre médecin et votre équipe soignante vous infor- meront et conseilleront à ce sujet. Nous vous invitons également à lire les remarques au chapitre « Faire face aux effets indési- rables » à la page 34. Dans le cas d’un mélanome, la chimiothérapie est proposée uni- quement s’il y a des métastases. Le but est de diminuer les dou- leurs à un stade avancé de la ma- ladie. Souvent, un seul médicament est prescrit (monothérapie), mais il peut aussi arriver que plusieurs cytostatiques soient combinés (polychimiothérapie, chimiothéra- pie multiple). Le traitement se fait le plus souvent en ambulatoire. Chimiothérapie régionale (perfusion hyperthermique) Lachimiothérapierégionale,admi- nistrée directement dans les vais- seaux sanguins d’un bras ou d’une jambe, permet de donner des cy- tostatiques à plus forte concentra- tion (15 à 20 fois plus que la dose systémique). On peut administrer une chimiothérapie régionale aux personnes ayant des métastases dans des ganglions lymphatiques locaux, des métastases en transit ou de multiples récidives au bras ou à la jambe. Pour ce faire, on dévie temporai- rement la circulation sanguine du bras ou de la jambe touchée vers un appareil cardio-pulmonaire. Puis on augmente la température du membre en question à 41 °C dans lequel on envoie une dose élevée de cytostatiques. Cette mé- thode est appelée hyperthermie ou perfusion hyperthermique d’un membre isolé, car la chaleur aug- mente l’efficacité de la chimiothé- rapie. Immunothérapie avec l’interféron ou l’interleukine Toutes les immunothérapies pré- sentées ci-dessous font partie des thérapies ciblées aussi nommées « TargetedTherapies ». Par immunothérapie, on entend des médicaments qui stimulent le système de défense de l’orga-
  • 33. 33Le mélanome nisme pour exercer une activité antitumorale. Ces médicaments activent certaines cellules du système immunitaire, qui proli- fèrent et intensifient la destruc- tion des cellules cancéreuses. Il s’agit principalement des interfé- rons et de l’interleukine qui sont des cytokines. Elles sont pro- duites par génie génétique en la- boratoire. L’immunothérapie n’est employée que pour quelques cancers, comme le mélanome, et unique- ment dans certaines situations (en traitement adjuvant lors de méla- nome, voir p. 27). En général, l’interféron ou l’in- terleukine sont prescrits en mo- nothérapie (une seule substance active). Votre dermatologue ou votre oncologue vous renseignera quant à la possibilité d’envisager ce traitement dans votre cas. Effets secondaires possibles de l’interféron Il s’agit, le plus souvent, d’un syn- drome pseudo-grippal avec fièvre, courbatures, fatigue, analogue à la grippe. Ceci reflète l’activité aug- mentée et induite du système im- munitaire. Lors de thérapie de longue durée, des problèmes tels que fatigue, épuisement, perte d’élan, irritabi- lité, dépression ou des problèmes de concentration, etc. peuvent également apparaître. Ces problèmes nécessitent une prise en charge adéquate afin de prévenir le stress et améliorer la qualité de vie. Les effets indési- rables des interférons sont passa- gers et disparaissent au terme du traitement. Effets secondaires possibles de l’interleukine Suivant la dose administrée, l’in- terleukine présente aussi des ef- fets indésirables plus ou moins prononcés. Lorsque la maladie est très avancée et que de fortes doses d’interleukine sont néces- saires, une hospitalisation est obli- gatoire. Les effets secondaires possibles sont de la fièvre, des frissons, une accélération du rythme cardiaque, un état d’épuisement, des érup- tions cutanées et une rétention de liquide dans le corps. Ces effets in- désirables sont aussi transitoires et disparaissent après l’arrêt du traitement. Immunothérapie par substances inhibitrices et anticorps En Suisse, deux nouveaux prin- cipes actifs sont autorisés pour le traitement des mélanomes inopé- rables métastasés. Il s’agit de la substance inhibitrice Vémurafénib et de l’anticorps Ipilimumab.
  • 34. 34 Le mélanome Vémurafénib inhibe la proliféra- tion incontrôlée des cellules tu- morales. Ipilimumab active la ré- ponse immunitaire en bloquant les molécules inhibitrices du sys- tème immunitaire. Effets secondaires possibles Vu la complexité des effets indési- rables de ces médicaments, votre médecin est le mieux à même de vous informer. D’autres nouveaux médicaments sont actuellement testés dans des études cliniques, et à certaines conditions déjà administrés en traitement. Immunothérapie par vaccins Les immunothérapies qui utilisent des « vaccins tumoraux » peuvent stimuler le système immunitaire à réagir contre les tissus tumoraux. La recherche se concentre sur des vaccins contre des mutations gé- nétiques particulières. Faire face aux effets indésirables L’opération, la radiothérapie et la thérapie médicamenteuse ont toutes trois des conséquences et des effets indésirables différents. L’apparition ou non d’effets indé- sirables et leur intensité varient beaucoup d’un individu à l’autre. Certains effets surviennent en cours de traitement et régressent spontanément. D’autres se ma- nifestent dès la fin du traitement. La grande majorité des effets in- désirables peuvent être traités par des soins ou des traitements médicaux et diminuent au fil des jours, des semaines et des mois. Tenez l’équipe soignante au cou- rant de vos symptômes. Plus particulièrement à un stade avancé de la maladie, il est conseil- lé de peser avec prudence le pour et le contre des effets indésirables et du succès du traitement. Important La douleur ou des nausées sont des effets indésirables prévi- sibles qui sont atténués par des médicaments adjuvants admi- nistrés parfois même avant le début du traitement, indépen- damment de la thérapie choisie. Il est important de bien suivre la prescription. Parlez à votre équipe soignante avant de prendre des médica- ments choisis par vos soins. Ce conseil est aussi valable pour des pommades ou des médi- caments de médecine com- plémentaire : tout aussi natu- rels ou anodins qu’ils puissent paraître, ils peuvent avoir une influence sur la thérapie. L’équipe soignante vous com- prend et soutient si vous
  • 35. 35Le mélanome Médicaments ou traitements de soutien Pour lutter contre des symptômes liés à une maladie ou à une thérapie comme la fièvre, les infections, l’anémie, un manque d’oxygène, ou les douleurs, le médecin peut prescrire des médica- ments ou des thérapies complémentaires, même à titre préventif : médicaments contre les nausées et les vomissements (antiémé- tiques) ; bains de bouche ou vaporisateurs en cas de lésion buccale ; antibiotiques contre les infections bactériennes ; antimycosiques contre les infections fongiques ; analgésiques (voir aussi la brochure « Les douleurs liées au can- cer et leurs traitements ») ; traitement par inhalation ou oxygène ; transfusions sanguines ou médicaments comme l’érythropoïétine en cas d’anémie ; transfusions de plaquettes sanguines lors de risque d’hémorragie ; si le taux de globules blancs est trop bas, prescription de médica- ments qui favorisent leur formation ; préparations à base de cortisone contre différents autres troubles.
  • 36. 36 Le mélanome souhaitez avoir recours aux méthodes complémentaires. De nombreuses brochures de la Ligue contre le cancer traitent de différentes thérapies liées au can- cer et donnent des conseils sur la manière de gérer les effets indési- rables de la maladie et de la thé- rapie. La thérapie dans le cadre d’une étude clinique La recherche médicale est en constante évolution. Elle déve- loppe de nouvelles approches et méthodes en vue d’améliorer l’ef- ficacité des soins. Dernière étape de ce processus, les études cli- niques au cours desquelles les traitements sont testés et optimi- sés grâce à la participation des pa- tients. Il est tout à fait possible qu’on vous propose une telle étude dans le cadre de votre traitement. Tou- tefois, seul un entretien avec votre médecin permettra de cerner les avantages ou inconvénients pour vous. Certains patients acceptent de participer à une étude clinique parce qu’ils pensent que les ré- sultats en seront bénéfiques pour d’autres patients. Sur le site www.kofam.ch, vous trouverez de nombreuses infor- mations sur les études en cours (se rapportant à votre tableau cli- nique). La décision vous appar- tient entièrement, vous êtes libre d’accepter ou refuser, et si vous acceptez, vous pouvez vous reti- rer à tout instant. Le refus de participer à une étude clinique n’influe aucunement sur votre traitement. Dans tous les cas, vous serez soigné selon les connaissances scientifiques les plus récentes et profiterez de la meilleure prise en charge pos- sible. La brochure « Thérapie anticancé- reuse dans le cadre d’une étude clinique » vous en dit davantage. Le traitement du mélanome Mélanome primaire Dans le cas d’un mélanome pri- maire, l’intervention chirurgicale est la première et souvent la seule thérapie possible. Si l’excision complète de la tumeur n’est pas possible, ou si l’opération conduit à des modifications esthétiques inacceptables, une radiothérapie peut être envisagée.
  • 37. 37Le mélanome Une chimiothérapie systémique n’est pas le traitement de premier choix lors d’un mélanome pri- maire. Lorsque l’épaisseur de la tumeur primaire est supérieure à 1 mm, une biopsie du ganglion lympha- tique sentinelle précisera l’éten- due de la propagation des cel- lules cancéreuses. Les résultats de cette démarche détermineront la suite de la thérapie. Dans des cas spéciaux, afin de pré- venir une récidive ou des métas- tases, une thérapie adjuvante à l’interféron peut être prescrite. Le stade des métastases à distance A ce stade avancé, une chimiothé- rapie systémique (qui agit dans l’ensemble du corps) est planifiée. Le choix des substances de la chimiothérapienedébutequ’après un bilan préthérapeutique. C’est- à-dire que des examens biolo- giques sont effectués sur le tissu métastatique afin d’identifier des mutations génétiques des cel- lules tumorales. Comme chaque tumeur a sa propre empreinte génétique, cette étape est primor- diale pour choisir les substances de chimiothérapie adéquates. Selon la mutation génétique, des substances inhibitrices ou immu- nomodulatrices, ou encore des anticorps seront employés seuls ou combinés. Certains sous-types de méla- nomes présentent des mutations bien définies. Ils seront traités par des vaccins (effets et effets indési- rables de ces substances, voir p. 34). Les thérapies personnalisées sont proposées, souvent dans le cadre d’études cliniques, dans des centres spécialisés (voir p. 36).
  • 39. 39Le mélanome Les traitements additionnels Traitement de la douleur Il est toujours possible de soulager les douleurs d’origine cancéreuse, voire de les supprimer complète- ment, que ce soit par des médica- ments ou par d’autres méthodes comme une radiothérapie ou une opération. Le mélanome à un stade avancé peut provoquer des douleurs, no- tamment en cas de métastases. Ne les subissez pas en silence, parlez-en à l’équipe médicale, car les douleurs vous affaiblissent inutilement et vous minent le mo- ral. Il est important de faire appel à toutes les possibilités offertes par les traitements modernes de la douleur. Si vous-même ou vos proches éprouvez de la méfiance vis-à- vis de la morphine ou d’autres médicaments opioïdes, abordez ce point avec le médecin. La plu- part du temps, les craintes liées à la morphine résultent de concep- tions erronées alors qu’en fonc- tion du type de cancer, le recours à un opioïde peut représenter la seule option possible pour atté- nuer les douleurs. La démarche est donc importante. Vous trouverez de précieux conseils sur le sujet dans la bro- chure « Les douleurs liées au can- cer et leurs traitements » (voir p. 46). Les médecines complémentaires Un grand nombre de personnes touchées par le cancer ont recours à des méthodes complémentaires à leur traitement médical. Certaines de ces méthodes contri- buent à améliorer le bien-être gé- néral et la qualité de vie pendant et après un traitement. Elles peuvent renforcer le système immunitaire et rendre les effets secondaires plus tolérables. En général, elles n’ont pas d’effet sur la tumeur elle-même. Lors de mélanome, une thérapie à base de gui est par exemple contre-indiquée, car elle peut favoriser la progression de la maladie. En revanche, la Ligue contre le cancer ne conseille pas les mé- thodes dites parallèles ou alter- natives qui prétendent se substi- tuer à la médecine classique. Vous trouverez davantage d’informa- tions à ce propos dans la brochure « Parallèles ? Complémentaires ? » (voir p. 46).
  • 40. 40 Le mélanome Adressez-vous à votre médecin ou votre équipe soignante si une mé- thode complémentaire vous inté- resse, ou si vous suivez déjà un traitement complémentaire. En- semble, vous définirez la méthode qui convient le mieux à votre si- tuation personnelle sans qu’elle influence la thérapie médicale mise en place. N’optez pas pour des méthodes complémentaires de votre propre chef sans en parler au préalable avec votre médecin. En effet, même tout en paraissant inof- fensives, certaines préparations peuvent s’avérer incompatibles avec votre traitement. Suivi médical et réadaptation Après le traitement, et dans un premier temps, on vous conseil- lera de faire des contrôles régu- liers. Ces contrôles servent entre autres à déceler et à atténuer les effets indésirables de la maladie ou du traitement. Ce suivi n’est pas mis en place uniquement pour les troubles physiques comme les douleurs, la fatigue, les nausées, la perte d’appétit, etc. Le suivi mé- dical offre aussi l’occasion d’abor- der d’autres lourdes difficultés liées à la maladie, notamment les peurs, ou les difficultés d’ordre professionnel, psychologique ou social. En cas de besoin, vous pouvez bénéficier de conseils psycho-on- cologiques et psychosociaux qui faciliteront autant que possible votre réadaptation à la vie de tous les jours.Votre médecin de famille y est également associé. Il est essentiel de parler des diffi- cultés que vous affrontez en rap- port avec la maladie et que vous demandiez à être accompagné dans votre recherche de solutions. Cette démarche facilite la réadap- tation, c’est-à-dire votre retour à la vie de tous les jours. Au début, le médecin vous propo- sera des contrôles médicaux ré- guliers, puis espacés. L’intervalle entre deux rendez-vous dépend notamment de la nature de la tu- meur, du stade de la maladie, des thérapies et de votre état de santé. Lors de tumeurs opérées à haut risque de métastases, des contrôles réguliers intensifs sont nécessaires durant cinq ans. Pour les tumeurs à faible risque, des contrôles à six mois d’intervalle durant cinq ans peuvent suffire. En cas de mélanome avancé, les intervalles de contrôle sont fixés individuellement.
  • 41. 41Le mélanome Certains troubles peuvent survenir en raison d’une récidive ou d’une présence de métastases. Les contrôles permettent ainsi de les détecter et de les traiter. N’hésitez pas à consulter si des symptômes ou des troubles apparaissent, même entre deux rendez-vous. Différentes mesures de réa- daptation peuvent vous aider à reprendre des forces après la maladie et les traitements : phy- siothérapie, gymnastique aqua- tique, sport, exercices de relaxa- tion. Dans la brochure « Découvrir de nouveaux horizons : stages de réadaptation », vous trouverez des stages d’une durée de 2 à 7 jours, organisés par la Ligue contre le cancer (voir p. 47).Votre ligue can- tonale vous renseigne aussi sur les cours proposés dans votre ré- gion.
  • 42. 42 Le mélanome Le retour à la vie quotidienne Les progrès réalisés ces dernières décennies ont permis d’améliorer sensiblement la qualité et l’espé- rance de vie des personnes tou- chées par le cancer. Les traite- ments restent toutefois longs et éprouvants. Certaines personnes sont capables de poursuivre leurs activités quotidiennes durant cette période, d’autres pas. Une fois le traitement terminé, il n’est pas toujours facile de re- trouver ses marques. Les rendez- vous chez le médecin et les traite- ments ont rythmé votre quotidien pendant de longues semaines. L’équipe médicale vous a soute- nue et vos proches vous ont en- tourée en cherchant à vous simpli- fier l’existence au cours de cette période difficile. Votre entourage s’est employé à vous remonter le moral et vous avez peut-être pu partager vos craintes et vos espoirs. Et voilà que vous devez à nouveau vous débrouiller seule alors que vous étiez jusque-là au centre de l’atten- tion. Il est donc possible que vous vous sentiez déboussolée ou que vous traversiez un passage à vide. Les traitements sont certes der- rière vous, mais rien n’est plus comme avant. Vous ne vous sen- tez peut-être pas encore de taille à reprendre vos activités habi- tuelles. Vous souffrez peut-être encore physiquement et psychi- quement des suites de la mala- die et des effets indésirables des traitements ; vous êtes fatiguée, vous n’avez pas d’énergie et vous éprouvez une profonde tristesse. Cela n’est sans doute pas facile à comprendre pour vos proches, car ils s’attendent à ce que vous soyez comme avant. Il est d’autant plus important que vous soyez à l’écoute de vos besoins et ne vous mettiez pas sous pression. Prenez le temps qu’il faudra pour vous adapter à votre nouvelle si- tuation. Essayez de déterminer ce qui vous fait du bien et peut contri- buer à améliorer votre qualité de vie. L’horizon s’éclaire parfois si on se pose des questions toutes simples : • Qu’est-ce qui compte pour moi à présent ? • De quoi ai-je besoin ? • Comment pourrais-je arriver à cela ? • Qui serait en mesure de m’aider ? En parler avec d’autres Face à la maladie comme face à la vie en général, chacun réagit à sa façon. Il n’y pas de recette uni- verselle et chacun doit trouver sa propre voie.
  • 43. 43Le mélanome Le cancer fait peur, même lorsque les chances de guérison sont éle- vées. En parler peut être un sou- lagement. Mais tout le monde n’a pas envie d’aborder la ques- tion ou n’ose pas le faire. Cer- tains attendent parfois que leur entourage fasse le premier pas. Il faut souvent du temps jusqu’à ce que, petit à petit, les choses se remettent en place. Faire appel à un soutien professionnel Si vous avez du mal à reprendre le dessus, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel. Parlez de vos difficultés à l’équipe médicale, à la Ligue contre le cancer ou à un autre spécialiste. Ils pourront vous conseiller, vous expliquer quelles mesures sont remboursées par l’assurance-maladie et trouver avec vous ce qui vous aidera le mieux.
  • 44. 44 Le mélanome Conseils et informations Votre équipe soignante Les membres de l’équipe sont là pour vous informer et vous aider à surmonter les problèmes liés à la maladie et au trai- tement. A quelles ressources avez-vous fait appel par le passé dans une situation difficile. La psycho-oncologie Les conséquences d’un cancer vont bien au-delà des aspects purement médicaux : la maladie affecte aussi la vie psychique. Les personnes touchées souffrent notam- ment de dépression, d’angoisse et de tristesse. Si vous en ressentez le besoin, faites appel à une personne formée en psycho-oncologie. Des professionnels issus d’horizons variés (médecins, psychologues, infir- miers, travailleurs sociaux ou accompa- gnants spirituels ou religieux) peuvent offrir des conseils ou une thérapie car ils ont acquis une vaste expérience avec des personnes atteintes d’un cancer et leurs proches. Certains d’entre eux bénéficient d’une formation spécifique en psycho-oncologie. Actifs notamment dans les services d’oncologie ou de psychiatrie des hôpitaux, ces personnes vous apportent un soutien qui dépasse le cadre strictement médical. Ici encore, nous vous recommandons dans un pre- mier temps de vous adresser à votre ligue cantonale. Votre ligue cantonale ou régionale contre le cancer Elle conseille, accompagne et soutient les personnes touchées par un cancer et leurs proches de différentes manières, en proposant notamment des entretiens individuels, des réponses en matière d’assurances ou des cours. Par ailleurs, elle vous aide à accomplir des démarches administratives et oriente vers des pro- fessionnels La Ligne InfoCancer 0800 11 88 11 Au bout du fil, une conseillère spécialisée vous écoute. Elle répond à vos questions sur la maladie et son traitement et vous informe sur les prochaines étapes pos- sibles. Avec elle vous pouvez échanger sur vos peurs, incertitudes et votre vécu personnel de la maladie. L’appel et les renseignements sont gra- tuits. Les entretiens peuvent s’effectuer via Skype, à l’adresse : krebstelefon.ch. Cancerline : pour chatter sur le cancer Sous www.liguecancer.ch/cancerline, les enfants, adolescents et adultes peuvent chatter en direct avec les conseillères spécialisées de la Ligne InfoCancer. Ils y recevront des informa- tions au sujet du cancer, ils pourront poser des questions et échanger sur tout ce qui les préoccupe. Du lundi au vendredi de 11 h à 16 h. Cancer : comment en parler aux enfants ? Vous avez appris que vous êtes malade et vous avez des enfants : qu’ils soient petits ou grands, vous vous demanderez bien- tôt comment aborder avec eux le sujet ainsi que les possibles conséquences de votre cancer. Vous trouverez dans le dépliant « Cancer : comment en parler aux enfants ? » des suggestions pour parler de la maladie avec eux. Il contient aussi des conseils à l’intention des enseignants. La Ligue publie également une brochure utile, sous le titre « Quand le cancer touche les parents : en parler aux enfants ».
  • 45. 45Le mélanome La Ligne stop-tabac 0848 000 181 Des conseillères spécialisées vous ren- seignent et vous aident à arrêter de fumer. Si vous le souhaitez, vous pouvez mettre en place des entretiens de suivi gratuits. Stages Dans différentes régions de Suisse, la Ligue contre le cancer propose aux per- sonnes touchées des stages de durée variable : www.liguecancer.ch/stages. Le programme est publié dans une brochure (voir p. 47). Activité physique De nombreuses personnes touchées pra- tiquent une activité physique pour retrou- ver de l’énergie, reprendre confiance en soi et réduire la sensation de fatigue. Il existe des groupes de sport adaptés aux personnes atteintes d’un cancer : renseignez-vous auprès de votre ligue cantonale ou régionale, et consultez la brochure « Activité physique et cancer » (voir p. 47). Autres personnes touchées Les contacts avec des personnes qui ont traversé des épreuves semblables peuvent vous redonner du courage. N’oubliez toutefois pas que ce qui a aidé une personne ne vous conviendra pas forcément. Forums de discussion Il existe sur internet des forums de dis- cussion sur le thème du cancer, notam- ment le forum de la Ligue contre le cancer www.forumcancer.ch, géré par la Ligne InfoCancer (Suisse). Vous pou- vez aussi vous rendre sur le forum de la Ligue française contre le cancer : www. ligue-cancer.asso.fr. Groupes d’entraide Se retrouver dans un groupe favorise l’échange d’informations et d’expé- riences. Bien des choses paraissent plus légères quand on en discute avec des personnes confrontées aux mêmes dif- ficultés. Informez-vous auprès de votre ligue can- tonale ou régionale : elle vous renseigne- ra sur les groupes d’entraide, les groupes de parole ou les offres de cours pour per- sonnes touchées et leurs proches. Service de soins à domicile De nombreux cantons proposent des services de soins à domicile. Vous pou- vez faire appel à eux pendant toutes les phases de la maladie. Ils vous conseillent à la maison pendant et après les cycles de traitement, notamment sur les effets secondaires. Votre ligue cantonale vous communiquera une adresse. Conseils en alimentation De nombreux hôpitaux offrent des consultations en alimentation. Par ail- leurs, des conseillers indépendants col- laborant la plupart du temps avec les médecins sont regroupés en une asso- ciation : Association suisse des diététiciens et dié- téticiennes diplômé-e-s ES/HES (ASDD) Altenbergstrasse 29 Case postale 686 3000 Berne 8 Tél. 031 313 88 70 service@svde-asdd.ch www.svvde-asdd.ch Sur la page d’accueil, le lien Liste des dié- téticien/nes dipl. vous permet de trouver l’adresse d’un professionnel dans votre canton.
  • 46. 46 Le mélanome palliative ch Vous trouvez sur le site de la Société suisse de médecine et de soins palliatifs les adresses des sections cantonales et des réseaux. Indépendamment de votre domicile, ils assurent aux personnes concernées un accompagnement opti- mal et des soins. palliative ch Société suisse de médecine et de soins palliatifs Bubenbergplatz 11 3011 Berne Tél. 044 240 16 21 info@palliative.ch www.palliative.ch Les assurances Les frais des traitements contre le cancer sont pris en charge par l’assurance obli- gatoire pour autant qu’il s’agisse de thé- rapies reconnues ou que le produit figure sur la liste des spécialités de l’Office fédé- ral de la santé publique (OFSP). Votre médecin doit vous donner les précisions nécessaires à ce sujet. Dans le cadre d’une étude clinique éga- lement, les traitements basés sur des substances autorisées donnent aussi lieu à une prise en charge (voir p. 36). Si la commercialisation de médicaments n’est pas encore autorisée ou si les procédures utilisées sont encore nouvelles ou des mesures complémentaires encore néces- saires (par ex. des examens génétiques), ces coûts sont couverts par des fonds de recherche. En cas de conseils ou de traitements supplémentaires non médicaux, la prise en charge par l’assurance obligatoire ou l’assurance complémentaire n’est pas garantie. Informez-vous avant le début du traitement. La Ligue contre le cancer de votre canton peut également vous accompagner dans ces démarches. Pour de plus amples informations sur la question des assurances, nous vous invi- tons à consulter la brochure « Cancer : prestations des assurances sociales » (voir p. 47). Brochures de la Ligue contre le cancer Protection solaire Les cancers de la peau non-mélanome Carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, lésions précancé- reuses Les traitements médicamenteux des cancers Chimiothérapie, thérapie antihormo- nale, immunothérapie La radiothérapie Parallèles ? Complémentaires ? Risques et bénéfices des méthodes non vérifiées en oncologie Les douleurs liées au cancer et leurs traitements Journal des douleurs DOLOMETER® VAS Réglette pour évaluer l’intensité de la douleur Fatigue et cancer Identifier les causes, trouver des solutions
  • 47. 47Le mélanome Difficultés alimentaires en cas de cancer L’œdème lymphatique en cas de cancer Cancer et sexualité au féminin Cancer et sexualité au masculin Quand le cancer touche les parents En parler aux enfants Cancer : comment en parler aux enfants ? Dépliant de 8 pages pour les parents et les enseignants Cancer : prestations des assurances sociales Décider jusqu’au bout Brochure sur les directives anticipées Les directives anticipées de la Ligue contre le cancer 15 francs ou téléchargement gratuit sur  : www.liguecancer.ch/directivesan- ticipees Cancer : quand l’espoir de guérir s’amenuise Guide de l’offre en soins palliatifs Le cancer : des gènes à l’homme Un CD-ROM sur la formation et le traitement des maladies cancéreuses. Le texte peut être écouté et/ou lu. (Fr. 25.– + frais de port et d’emballage) Prédispositions héréditaires au cancer Un guide d’orientation pour les familles ayant un risque accru de can- cer Stages 2016 – Séminaires de réadaptation de la Ligue contre le cancer Découvrir de nouveaux horizons Soigner son apparence durant et après la thérapie Peau, coiffure, couleurs et vêtements : les conseils de la Ligue contre le can- cer Activité physique et cancer Retrouver confiance en son corps grâce au mouvement Accompagner un proche atteint de cancer Suggestions et conseils pour les parents et amis des personnes tou- chées Soigner un proche et travailler : une mission possible Dépliant de 8 pages pour mieux concilier activité professionnelle et soins prodigués à un proche Cancer – quand l’espoir de guérir s’amenuise Commandes Ligue contre le cancer de votre canton Téléphone : 0844 85 00 00 Courriel : boutique@liguecancer.ch Internet : www.liguecancer.ch Vous trouverez toutes les brochures de la Ligue contre le cancer sur www. liguecancer.ch/brochures. La grande ma- jorité vous est remise gratuitement et vous pouvez également les télécharger. La Ligue suisse contre le cancer et votre ligue cantonale peuvent vous les offrir grâce au soutien de leurs donateurs.
  • 48. 48 Le mélanome Votre avis nous intéresse Vous avez un avis sur nos brochures ? Prenez quelques minutes et remplis- sez le questionnaire à l’adresse www. forumcancer.ch. Votre opinion nous est précieuse ! Internet (Par ordre alphabétique) Sur le site de la Ligue française contre le cancer, disponible en ligne : www.ligue- cancer.net/ « La prise en charge de votre mélanome cutané », Institut national du cancer, dis- ponible en ligne : www.e-cancer.fr → Expertises-et-publi- cations → Catalogue-des-publications La fondation cancer du Luxembourg pro- pose différentes brochures sur son site : www.cancer.lu/fr/publications/brochures Le Centre hospitalier universitaire vau- dois (CHUV) propose sur le site du Dépar- tement d’oncologie une information au sujet du mélanome : www.chuv.ch → oncologie → onc-mala- dies-melanome.htm « Thérapie anticancéreuse dans le cadre d’une étude clinique», disponible en ligne : http://sakk.ch/fr/le-sakk-offre/pour- les-patients/brochures/ Cette brochure peut aussi être obtenue auprès de l’Institut suisse de recherche appliqués SIAK, tél. 031 389 91 91, www. sakk.ch, courriel : sakkcc@sakk.ch Offre de la Ligue contre le cancer www.forumcancer.ch Forum Internet de la Ligue contre le can- cer www.liguecancer.ch Site de la Ligue suisse contre le cancer www.liguecancer.ch/migrants Cette adresse propose des informations en albanais, portugais, serbe/croate/bos- niaque, espagnol, turc, et anglais. www.liguecancer.ch/stages La Ligue contre le cancer propose des stages de réadaptation pour mieux vivre avec la maladie au quotidien www.krebsliga.ch/cancerline Le chat sur le cancer pour les enfants, les adolescents et les adultes : Du lundi au vendredi de 11 h à 16 h. www.liguecancer.ch/guidecancer Répertoire en ligne d’offres psychoso- ciales et de prestations de nature non médicale Autres institutions ou sites spécialisés www.cancer.ca Site de la Société canadienne du cancer www.doctissimo.fr Site français consacré à la santé www.fnclcc.fr Site de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, avec un dictionnaire des cancers de A à Z www.infocancer.org Site français consacré aux différents types de cancer www.la-maison-du-cancer.com Fondé par une journaliste touchée par la maladie, ce site français propose des informations non médicales et théma- tiques
  • 49. 49Le mélanome www.melanoma.ch Un site de la Société suisse de Dermato- logie et Vénérologie www.palliative.ch Société suisse de médecine et de soins palliatifs www.uv-index.ch Valeurs actuelles et prévisions de l’index UV en Suisse. Conseils de protection et différentes brochures à télécharger. Sites en anglais www.cancer.ca Canadian cancer society www.cancerbackup.org.uk/cancertype/ Skin A non-profit cancer information service www.cancer.gov/cancertopics/types/ skin National Cancer Institute USA www.cancer.org American Cancer Society www.cancer.net American Society of Clinical Oncology www.cancersupport.ch Site de l’ESCA (English speaking can- cer association) : il s’adresse aux anglo- phones et à leurs proches résidant en Suisse Sources Les publications et les sites internet men- tionnés dans cette brochure ont égale- ment servi de sources pour sa rédaction. Ils correspondent pour l’essentiel aux cri- tères de qualité de la fondation La Santé sur internet (voir charte sur www.hon.ch/ HONcode/French).
  • 50. 50 Le mélanome 1 Krebsliga Aargau Milchgasse 41 5000 Aarau Tel. 062 834 75 75 Fax 062 834 75 76 admin@krebsliga-aargau.ch www.krebsliga-aargau.ch PK 50-12121-7 2 Krebsliga beider Basel Mittlere Strasse 35 4056 Basel Tel. 061 319 99 88 Fax 061 319 99 89 info@klbb.ch www.klbb.ch PK 40-28150-6 3 Bernische Krebsliga Ligue bernoise contre le cancer Marktgasse 55 Postfach 184 3000 Bern 7 Tel. 031 313 24 24 Fax 031 313 24 20 info@bernischekrebsliga.ch www.bernischekrebsliga.ch PK 30-22695-4 4 Ligue fribourgeoise contre le cancer Krebsliga Freiburg route St-Nicolas-de-Flüe 2 case postale 96 1705 Fribourg tél. 026 426 02 90 fax 026 426 02 88 info@liguecancer-fr.ch www.liguecancer-fr.ch CP 17-6131-3 5 Ligue genevoise contre le cancer 11, rue Leschot 1205 Genève tél. 022 322 13 33 fax 022 322 13 39 ligue.cancer@mediane.ch www.lgc.ch CP 12-380-8 6 Krebsliga Graubünden Ottoplatz 1 Postfach 368 7001 Chur Tel. 081 252 50 90 Fax 081 253 76 08 info@krebsliga-gr.ch www.krebsliga-gr.ch PK 70-1442-0 7 Ligue jurassienne contre le cancer rue des Moulins 12 2800 Delémont tél. 032 422 20 30 fax 032 422 26 10 ligue.ju.cancer@bluewin.ch www.liguecancer-ju.ch CP 25-7881-3 8 Ligue neuchâteloise contre le cancer faubourg du Lac 17 case postale 2001 Neuchâtel tél. 032 721 23 25 LNCC@ne.ch www.liguecancer-ne.ch CP 20-6717-9 La Ligue contre le cancer de votre région offre conseils et soutien 3 12 6 4 14 5 15 8 7 13 18 12 9 9 16 1711 19 10
  • 51. 51Le mélanome 9 Krebsliga Ostschweiz SG, AR, AI, GL Flurhofstrasse 7 9000 St. Gallen Tel. 071 242 70 00 Fax 071 242 70 30 info@krebsliga-ostschweiz.ch www.krebsliga-ostschweiz.ch PK 90-15390-1 10 Krebsliga Schaffhausen Rheinstrasse 17 8200 Schaffhausen Tel. 052 741 45 45 Fax 052 741 45 57 info@krebsliga-sh.ch www.krebsliga-sh.ch PK 82-3096-2 11 Krebsliga Solothurn Hauptbahnhofstrasse 12 4500 Solothurn Tel. 032 628 68 10 Fax 032 628 68 11 info@krebsliga-so.ch www.krebsliga-so.ch PK 45-1044-7 12 Thurgauische Krebsliga Bahnhofstrasse 5 8570 Weinfelden Tel. 071 626 70 00 Fax 071 626 70 01 info@tgkl.ch www.tgkl.ch PK 85-4796-4 13 Lega ticinese contro il cancro Piazza Nosetto 3 6500 Bellinzona Tel. 091 820 64 20 Fax 091 820 64 60 info@legacancro-ti.ch www.legacancro-ti.ch CP 65-126-6 14 Ligue vaudoise contre le cancer place Pépinet 1 1003 Lausanne tél. 021 623 11 11 fax 021 623 11 10 info@lvc.ch www.lvc.ch CP 10-22260-0 15 Ligue valaisanne contre le cancer Krebsliga Wallis Siège central : rue de la Dixence 19 1950 Sion tél. 027 322 99 74 fax 027 322 99 75 info@lvcc.ch www.lvcc.ch Beratungsbüro : Spitalzentrum Oberwallis Überlandstrasse 14 3900 Brig Tel. 027 604 35 41 Mobile 079 644 80 18 info@krebsliga-wallis.ch www.krebsliga-wallis.ch CP/PK 19-340-2 16 Krebsliga Zentralschweiz LU, OW, NW, SZ, UR Löwenstrasse 3 6004 Luzern Tel. 041 210 25 50 Fax 041 210 26 50 info@krebsliga.info www.krebsliga.info PK 60-13232-5 17 Krebsliga Zug Alpenstrasse 14 6300 Zug Tel. 041 720 20 45 Fax 041 720 20 46 info@krebsliga-zug.ch www.krebsliga-zug.ch PK 80-56342-6 18 Krebsliga Zürich Freiestrasse 71 8032 Zürich Tel. 044 388 55 00 Fax 044 388 55 11 info@krebsligazuerich.ch www.krebsligazuerich.ch PK 80-868-5 19 Krebshilfe Liechtenstein Im Malarsch 4 FL-9494 Schaan Tel. 00423 233 18 45 Fax 00423 233 18 55 admin@krebshilfe.li www.krebshilfe.li PK 90-3253-1 Unis contre le cancer Ligne InfoCancer 0800 11 88 11 Du lundi au vendredi 9 h – 19 h Appel gratuit helpline@liguecancer.ch Ligue suisse contre le cancer Effingerstrasse 40 case postale 3001 Berne tél. 031 389 91 00 fax 031 389 91 60 info@liguecancer.ch www.liguecancer.ch CP 30-4843-9 Brochures tél. 0844 85 00 00 boutique@liguecancer.ch www.liguecancer.ch/ brochures Forum www.forumcancer.ch Le forum internet de la Ligue contre le cancer Cancerline www.liguecancer.ch/ cancerline Le chat sur le cancer pour les enfants, les ado- lescents et les adultes Du lundi au vendredi 11 h – 16 h Skype krebstelefon.ch Du lundi au vendredi 11 h – 16 h Ligne stop-tabac tél. 0848 000 181 max. 8 cts/min. (sur réseau fixe) Du lundi au vendredi 11 h – 19 h Vos dons sont les bienvenus.
  • 52. Brochure offerte par la Ligue contre le cancer :
  • 53. Les cancers de la peau : mélanomes A qui en parler ? Vous cherchez de l’aide ou d’autres informations ? Vous avez besoin de parler ? Vous cherchez des informations sur un type de cancer ou ses possibilités de traitement ? Vous voulez savoir comment faire appel à un service de la Fondation contre le Cancer ? Dans ce cas, appelez gratuitement et de façon anonyme le Cancerphone. Des professionnels (médecins, psychologues, infirmiers et assistants sociaux) sont à l’écoute de toute personne confrontée au cancer. Tous les jours ouvrables de 9h à 13h, le lundi de 9h à 19h. E.R.:LucVanHaute-FondationcontreleCancer-ChausséedeLouvain479,B-1030Bruxelles•Fondationd’utilitépublique•0873.268.432•D1322-P101.04-PR13.06CDNCommunication13.4.58 3.1.1 Fondation d’utilité publique Chaussée de Louvain 479 - 1030 Bruxelles T. 02 736 99 99 info@fondationcontrelecancer.be www.fondationcontrelecancer.be Soutenez-nous : IBAN : BE45 0000 0000 8989 - BIC : BPOTBEB1 Suivez-nous sur http://www.facebook.com/fondationcontrelecancer
  • 54. A qui cette brochure est-elle destinée ? Ce document s’adresse avant tout aux personnes ayant un mélanome. Lorsqu’on vous annonce un diagnostic de cancer, de très nombreuses questions et émotions se bousculent. On veut comprendre comment et pourquoi la maladie s’est développée, quels sont les examens et les traitements indispensables, combien de temps ils risquent de durer… On se demande si une guérison est possible, si les traitements permettent de poursuivre une vie normale ou s’il faudra se faire aider… On s’interroge sur le coût de la maladie, sur ce qu’il vaut mieux dire ou ne pas dire à son entourage… A toutes ces questions et à bien d’autres, des réponses devront être apportées au fur et à mesure qu’elles se posent, au cas par cas, en fonction de l’évolution particulière de chaque patient. Votre médecin jouera à cet égard un rôle essentiel. Lui seul est en mesure de vous informer avec précision sur l’évolution de votre cas, pour autant que vous le lui demandiez. Cette brochure n’a pas pour objet de tout vous apprendre sur votre maladie. Elle vous donne cependant des informations générales très importantes pour comprendre ce qu’est un cancer de la peau et comment il se soigne. Cette brochure vous aidera à poser les bonnes questions à votre médecin, si vous souhaitez en savoir plus sur votre situation particulière. N’oubliez pas non plus vos proches. Eux aussi se posent de nombreuses questions. Ce document peut donc également leur être utile. 32 Table de matières A qui cette brochure est-elle destinée ? 3 Qu’est-ce qu’un cancer ? 4 La peau 6 Le mélanome 8 Facteurs de risque 10 Symptômes 12 Examens de diagnostic 13 Traitements 14 Suivi après traitement 20 Conseils particuliers pour ceux qui ont eu 22 un mélanome Chances de guérison 24 Informations utiles 25 La Fondation contre le Cancer : 31 une mission, trois objectifs 3
  • 55. 54 Dernière précision : tumeur n’est pas toujours synonyme de cancer. Une tumeur est une masse de cellules qui peuvent être cancéreuses ou non. On parle respectivement de tumeur maligne (cancer), ou de tumeur bénigne (adénome, kyste...). Vous cherchez d’autres informations ? Appelez gratuitement le Cancerphone au 0800 15 801, tous les jours ouvrables de 9h à 13h, le lundi de 9h à 19h. Qu’est-ce qu’un cancer ? Un cancer résulte d’une perturbation profonde et complexe du fonctionnement de certaines cellules, qui se multiplient de manière incontrôlée et anarchique, à tel point qu’elles finissent par envahir l’organe dans lequel elles se trouvent, et par envoyer d’autres cellules malades à distance, vers d’autres organes. Au départ, ce sont les dégâts accumulés par une cellule qui déclenchent le processus de cancérisation (carcino­genèse). Ces dégâts peuvent entre autres être dus à l’exposition à des produits toxiques (le plus souvent, la fumée de tabac), à des agents physiques (ultraviolets naturels ou artificiels, rayonnements ionisants, pollution), ou à certains virus. Le lien avec l’alimentation est établi mais encore mal connu ; par contre il est certain que l’alcool, l’excès de poids et le manque d’exercice physique sont impliqués dans l’augmentation des cas de cancers. Certains cancers sont clairement d’origine professionnelle (exposition à des produits chimiques, amiante…). L’hérédité n’intervient que rarement (5 % des cas). Les cancers ne sont jamais contagieux. Après un temps d’évolution plus ou moins long, certaines cellules cancéreuses peuvent s’échapper de leur tumeur d’origine et coloniser d’autres parties du corps, via les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Ces colonies distantes portent le nom de métastases. Le processus de cancérisation est habituellement très lent. Il peut s’étendre sur plusieurs années, voire des dizaines, après les premiers dégâts cellulaires. Voilà pourquoi la fréquence des cancers augmente globale­ ment avec l’âge. C’est aussi la raison pour laquelle le dépistage précoce de certains cancers est si important. Il permet de les traiter avant l’apparition des métastases.
  • 56. 76 La peau Notre peau remplit différentes fonctions : • elle protège notre organisme, par exemple vis-à-vis des infections et des rayons ultraviolets (UV) ; • par l’intermédiaire de la peau, nous pouvons percevoir des signaux en provenance de notre environnement : les nerfs cutanés transmettent les stimuli douloureux, sensitifs et thermiques vers le cerveau qui “traduit” ces stimuli en sensations ; • enfin, la peau a une grande importance pour la régulation de la température corporelle ; les glandes sudoripares de la peau contribuent largement à cette régulation. Notre peau est constituée de trois couches. La couche superficielle porte le nom d’épiderme, la couche intermédiaire se nomme derme et la couche inférieure est appelée tissu conjonctif sous-cutané ou hypoderme. 1 2 3 a 4 b c Coupe de la peau a) épiderme : 1. poil 3. cellules pavimenteuses 2. couche cornée 4. cellules basales b) derme c) hypoderme L’épiderme est principalement constitué de deux types de cellules : • les cellules basales ; • les cellules pavimenteuses. Dans la couche profonde de l’épiderme se trouvent également les cellules pigmentaires ou mélanocytes. Sous l’effet des rayons ultraviolets provenant par exemple du soleil ou de lampes à ultraviolets, les mélanocytes fabriquent des pigments bruns qui diffusent dans les autres cellules de l’épiderme, donnant ce que l’on appelle le “bronzage”.
  • 57. 98 Le mélanome Les autres formes de cancers de la peau sont détaillées dans une brochure séparée : cancers de la peau (non mélanomes). Mélanome signifie littéralement : tumeur noire. Ce type de cancer apparaît au départ des mélanocytes ou cellules pigmentaires. Celles-ci sont présentes sous forme disséminée dans toute la peau. Elles peuvent également être réunies en petits amas et forment alors des taches pigmentées, comme les grains de beauté (naevus). On parle de mélanome lorsque, à un endroit de la peau, les cellules pigmentaires se transforment en cellules cancéreuses. La tumeur maligne qui en résulte va se présenter comme une tache pigmentée qui grandit, grossit, ou change de couleur… Un mélanome se développe parfois au départ d’une tache pigmentée (naevus) mais le plus souvent au niveau d’une zone de peau “saine”, sans tache préexistante. Les mélanomes peuvent se développer à n’importe quel endroit de la peau. Chez les femmes, ils apparaissent un peu plus fréquemment au niveau des jambes, chez les hommes au niveau du tronc. Les zones recouvertes de poils, comme le cuir chevelu, peuvent également être atteintes, de même que la peau sous les ongles. Exceptionnellement, un méla­nome peut apparaître sur une muqueuse (bouche, cavités nasales, gorge, vagin, anus…), voire à l’intérieur des paupières ou dans l’œil proprement dit. Métastases Comme n’importe quel autre cancer, un mélanome peut envoyer des métastases (colonies secondaires) ailleurs dans le corps. Par voie lymphatique, les cellules tumorales atteignent les ganglions lymphatiques du cou, des aisselles ou de l’aine (en fonction de la localisation de la tumeur) et s’y multiplient pour donner naissance à des métastases. Les cellules de mélanome peuvent également se disséminer par voie sanguine vers d’autres endroits de l’organisme, par exemple vers les poumons, le foie, un autre site cutané ou le cerveau. Les métastases commencent néanmoins presque toujours par apparaître au niveau des ganglions lymphatiques régionaux. b a a b Mélanome au niveau du bras et de la jambe a) mélanome b) ganglions lymphatiques régionaux Incidence En Belgique, on enregistre chaque année plus de 2 000 nouveaux cas de mélanome. Avant la puberté, ce cancer est extrêmement rare. Par la suite, il peut survenir à tout âge, un peu plus souvent chez les femmes que chez les hommes.
  • 58. 10 Facteurs de risque On sait depuis longtemps que la majorité des cancers de la peau apparaissent suite à une exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV) du soleil ou de lampes à ultraviolets. Les coups de soleil constituent un important facteur de risque, surtout si l’on a subi de tels coups de soleil lorsque l’on était enfant. Les personnes qui ont la peau claire, qui bronzent difficilement et attrapent facilement des coups de soleil sont particulièrement à risque. S’il y a eu des cas de mélanome parmi vos proches parents, vous courez également un risque accru. Lorsqu’on découvre un mélanome, il apparaît que, dans 5 % des cas, un autre membre de la famille souffre également de cette pathologie. Le nombre de patients atteints de mélanome a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. Outre une exposition croissante aux ultraviolets, il est possible que d’autres facteurs environnementaux non encore élucidés jouent également un rôle. Naevi dysplasiques Le mélanome semble également apparaître plus fréquemment chez les personnes présentant de nombreux grains de beauté irréguliers et multicolores : les naevi dysplasiques (naevus = grain de beauté). Les individus porteurs de ce type de naevus présentent souvent un grand nombre de grains de beauté disséminés sur tout le corps. Les grains de beauté diffèrent entre eux non seulement par leur taille, mais également par leur couleur. 11 C’est surtout lorsque ce type de grains de beauté dysplasiques atteint plusieurs personnes d’une même famille que le risque de développer un mélanome est clairement accru. C’est encore davantage le cas lorsqu’un membre de la famille a déjà présenté un mélanome. Un examen de tous les proches parents (parents, enfants, frères et sœurs) pour dépister ces lésions est alors nécessaire. Le dermatologue contrôlera ensuite régulièrement les membres de la famille qui présentent des naevi dysplasiques. Si, chez l’un d’entre eux, un grain de beauté se modifie, il devra être enlevé et examiné au microscope. Comme tous les autres types de cancer, le mélanome n’est pas contagieux.
  • 59. 1312 Symptômes Un mélanome peut se former soit au niveau d’une peau “saine”, sans tache pigmentée préalable, soit sur un grain de beauté existant. Toute apparition/modification d’une tache pigmentée chez l’adulte doit donc attirer l’attention, surtout si elle présente les caractéristiques suivantes, résumées par la règle ABCDE : • asymétrie : une forme asymétrique, irrégulière par sa taille et/ou son épaisseur ; • bords : le contour de la tache est/devient irrégulier, en un ou plusieurs endroits ; • couleur : au début, souvent très foncée, ultérieurement toutes les couleurs mélangées (brun clair ou foncé, rouge, bleuté, noir, …) ; • dimension : un diamètre supérieur à 5-6 mm ; • évolution : la lésion change d’aspect, de taille, de couleur, d’épaisseur. Les symptômes qui sont susceptibles d’apparaître un peu plus tard sont : • des saignements ; • des démangeaisons ; • la formation d’une blessure avec une croûte. Tous les mélanomes n’ont pas une couleur sombre. Quelquefois, des cellules pigmentaires devenues malignes ne forment plus de pigments ; de tels mélanomes sont dits “amélanotiques”. Comme ils ne présentent pas les caractéristiques habituelles, on a tendance à les prendre à tort pour des lésions bénignes. Lorsqu’une personne consulte son médecin parce qu’elle présente un ou plusieurs des symptômes susmentionnés et qu’il existe une suspicion de mélanome, ce patient est immédiatement référé à un spécialiste, habituellement un dermatologue, parfois un chirurgien. Examens de diagnostic Un diagnostic de mélanome n’est pas aisé à établir, même par un dermatologue. Il n’est donc pas rare que le médecin demande l’avis d’un autre spécialiste afin de se concerter sur ce qu’il convient de faire. S’il existe une suspicion de mélanome, un examen microscopique est toujours nécessaire. La tumeur doit pour cela être prélevée sous anesthésie locale. Cette intervention porte le nom d’excision diagnostique. Un autre spécialiste, l’anatomopathologiste, examinera au microscope l’échantillon de tissu prélevé. S’il s’agit d’un mélanome, l’anatomo­ pathologiste déterminera notamment son épaisseur, en dixièmes de millimètres (Indice de Breslow). Il faut parfois attendre une semaine ou deux avant de connaître le résultat de ces examens. Quand un mélanome est diagnostiqué et traité à un stade très précoce, ses chances de guérison sont élevées.