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Octobre 2020
20 ANS DE MISE EN ŒUVRE DE LA
RÉSOLUTION 1325 (2000) DU CONSEIL DE
SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES (CSNU) SUR
LES FEMMES, LA PAIX ET LA SÉCURITÉ
EN AFRIQUE DE L'OUEST ET AU SAHEL
Evaluation et analyse d'impact
1
Avant-propos
(Allocution d’ouverture de la commémoration des 20 ans de la Résolution 1325 (2000), Accra,
le 28 octobre 2020)
C'est un plaisir pour moi de me joindre à vous pour commémorer le 20e anniversaire de la
résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la
sécurité.
Je voudrais commencer par vous renouveler, à vous et à vos proches, l'entière solidarité des
Nations unies durant cette pandémie de COVID-19.
Cette pandémie ne met pas seulement à l'épreuve les systèmes de santé mondiaux, mais elle
remet également en cause notre engagement en faveur de l'égalité et de la dignité humaine.
Malgré ce sombre tableau qui touche toutes les couches sociales, les femmes et les groupes
de jeunes de la région ont souligné la faible représentation des femmes dans les comités de
riposte au COVID-19 au niveau national.
Alors que nous marquons le 20eme anniversaire de cette résolution historique et que nous
préparons l'avenir, il est essentiel de poursuivre nos partenariats avec les femmes leaders, qui
poursuivent leur travail de transformation. La participation significative des femmes est
essentielle pour aider à désamorcer les conflits, à les prévenir et à promouvoir une paix
durable et inclusive. Pour que les femmes participent véritablement aux processus de paix, il
faut qu'elles puissent participer à toutes les étapes de ces processus. Les femmes d'Afrique de
l'Ouest et du Sahel sont déjà à la tête des efforts communautaires visant à prévenir et à
atténuer les conflits et à construire la paix. Elles doivent donc pouvoir apporter cette expertise
et être en mesure de participer pleinement et sur un pied d'égalité dans tous les espaces. Cela
inclut en tant qu'électrices, membres de la communauté, candidates, leaders de la société
civile, figures religieuses, parlementaires et autres. Cela ne signifie pas seulement qu'il faut
augmenter le nombre de femmes représentantes. Cela signifie également qu'il faut veiller à
ce que l'égalité des sexes soit envisagée sous l'angle des droits et que la justice pour les
femmes soit appliquée dans tous les processus politiques et de paix.
Comme nous le savons tous, lorsque la participation, les droits et les intérêts des femmes sont
au centre de la planification et du suivi des processus de paix et de la politique, tout change.
De nouvelles perspectives sont mises sur la table, de nouvelles circonscriptions sont engagées
et les solutions sont plus holistiques, plus équitables et plus durables.
Avant cette commémoration, nous avons joint nos efforts à ceux de la CEDEAO pour mener
une évaluation d'impact qui a montré qu'au cours des 20 dernières années de mise en œuvre
de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, d'immenses réalisations et progrès ont
été réalisés. Les États et les gouvernements de la sous-région, les organisations de la société
civile, le monde universitaire, les centres de formation, les associations et réseaux de femmes
et les organisations régionales (CEDEAO, UFM et le G5 Sahel), soutenus et accompagnés par
le système des Nations Unies, les organisations non gouvernementales internationales et
d'autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, ont travaillé à la mise en place de structures,
ainsi que de cadres institutionnels, normatifs, juridiques et politiques. Surtout, des lois, des
mécanismes et des stratégies ont été adoptés pour protéger les femmes et les filles et
promouvoir leur participation à la prévention des conflits, aux processus politiques (lois sur
les quotas et la parité) et aux processus de médiation et de négociation de la paix.
2
Malgré les progrès réalisés dans certains domaines, les faits sur le terrain montrent que nous
avons encore un long chemin à parcourir. La participation des femmes aux processus de paix
officiels reste extrêmement limitée. Le Conseil sur les Relations Extérieures a publié des
données soulignant qu'entre 1990 et 2019, les femmes dans le monde entier ne
représentaient que 2 % des médiateurs, 8 % des négociateurs et 5 % des témoins et des
signataires dans tous les grands processus de paix. Les conflits violents continuent cependant
d'avoir un effet dévastateur sur les femmes et les filles. Les Nations unies ont recensé plus de
800 cas de violences sexuelles liées aux conflits en 2017. Les femmes défenseurs des droits de
l'homme, les dirigeants politiques, les journalistes et les militants, qui jouent un rôle important
dans la lutte contre les causes profondes des conflits, restent la cible des fauteurs de troubles.
La marginalisation des femmes, le manque d'accès aux services de base tels que la santé et
l'éducation, ainsi que l'affaiblissement économique continuent d'être à la fois une cause et un
effet des conflits violents dans la région et dans le monde. L'évidence du lien entre l'égalité
des sexes et la paix a été récemment mise en évidence une fois de plus dans l'étude conjointe
des Nations unies et de la Banque mondiale "Pathways for Peace". L'argument est non
seulement convaincant, mais aussi bien connu. Nous plaçons donc l'importance stratégique
de l'égalité des sexes pour la paix et la stabilité dans la région au cœur de nos partenariats
avec les organisations régionales.
Récemment, le Secrétaire général Antonio Guterres a souligné ce fait : "Il y a un écart
important entre ce que nous disons et ce que nous faisons. Chaque année, nous prenons des
engagements louables - mais ils ne sont pas soutenus par le soutien financier et politique
nécessaire. Nous répétons les statistiques sur la durabilité des processus de paix inclusifs -
mais ce n'est pas ainsi que nous arbitrons la plupart des conflits. Nous louons l'influence
positive des femmes qui construisent la paix, mais nous leur accordons peu de place pour
participer. Nous comptons beaucoup sur les organisations de femmes - mais nous ne les
finançons pas suffisamment. Nous reconnaissons l'importance de l'analyse de genre - mais
nous réduisons les budgets pour cette expertise".
Utilisons la célébration d'aujourd'hui comme le début d'une nouvelle journée pour orienter
nos actions vers un impact concret. Nous devons soutenir nos actions avec le soutien financier
et politique nécessaire ; permettre des méthodes de médiation plus efficaces, effectives et
intégrées ; donner plus de place à la participation des femmes et des jeunes ; et fournir des
fonds adéquats aux organisations de femmes et à l'expertise en matière de genre dans la
région.
Pour ce faire et pour faire progresser le développement et la paix durables, des stratégies clés
(désormais bien connues de tous) sont nécessaires, notamment : la parité des sexes ;
l'inclusion par la promotion d'une participation significative des femmes pour parvenir à une
paix durable ; une approche de la paix et de la sécurité fondée sur le genre grâce au soutien
des groupes locaux de femmes qui négocient l'accès humanitaire et contribuent à accroître la
résilience au niveau communautaire dans les processus de consolidation de la paix ; le
financement du programme sur les femmes, les jeunes, la paix et la sécurité ; et, enfin,
l'inclusion de l'analyse de genre dans tous les documents et rapports décisionnels pertinents.
Ensemble, nous devons travailler pour investir dans l'égalité des sexes et l'autonomisation des
femmes, non seulement comme des fins en soi, mais aussi comme un moyen essentiel
d'atteindre notre objectif global de prévention des conflits et de construction de la paix et de
la prospérité dans la région.
3
En partenariat avec la CEDEAO, les Nations unies continueront à soutenir notre engagement
à donner la priorité à la protection et à la promotion des droits et des libertés des femmes et
des filles dans la sous-région.
Je voudrais conclure par une citation du Secrétaire général des Nations Unies, M. Guterres,
qui a récemment déclaré : "Nous ne pourrons jamais relever efficacement les défis mondiaux
complexes tels que le changement climatique, les inégalités et les conflits sans l'expertise de
la moitié de notre population. La contribution des femmes est essentielle pour créer des
sociétés résistantes et pacifiques sur une planète saine".
En ce sens, le présent rapport constitue une des références qui pourrait aider à réorienter les
interventions en vue d’accélérer la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) relative aux
femmes, à la paix et à la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Mohamed Ibn CHAMBAS
4
Sommaire
AVANT-PROPOS ...............................................................................................................................................1
SOMMAIRE ......................................................................................................................................................4
ACRONYMES ET ABREVIATIONS .......................................................................................................................6
RESUME ...........................................................................................................................................................7
INTRODUCTION................................................................................................................................................8
I. CADRE DE L’EVALUATION ........................................................................................................................9
1.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’EVALUATION................................................................................................. 9
1.2. BUT ET PORTEE DE L’EVALUATION ................................................................................................................ 11
1.3. METHODOLOGIE D’EVALUATION.................................................................................................................. 11
1.4. DESTINATAIRES DE L’EVALUATION ................................................................................................................ 12
1.5. LIMITES DE L’EVALUATION .......................................................................................................................... 12
1.6. MATRICE D’EVALUATION............................................................................................................................ 12
II. PRINCIPALES REALISATIONS EN AFRIQUE DE L’OUEST (RESULTATS ATTEINTS DANS LES 12 DOMAINES
CONCERNES PAR L’EVALUATION)................................................................................................................... 13
2.1. PREVENTION DES CONFLITS ET ALERTE PRECOCE .............................................................................................. 13
2.1.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 13
2.1.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 15
2.2. RETABLISSEMENT ET CONSOLIDATION DE LA PAIX............................................................................................. 16
2.2.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 16
2.2.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 17
2.3. OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX........................................................................................................... 18
2.3.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 18
2.3.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 18
2.4. REPONSE HUMANITAIRE............................................................................................................................. 19
2.4.1. Actions spécifiques entreprises................................................................................................... 19
2.4.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 19
2.5. RECONSTRUCTION ET REHABILITATION POST-CONFLIT....................................................................................... 20
2.5.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 20
2.5.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 20
2.6. DESARMEMENT, DEMOBILISATION ET REINTEGRATION ..................................................................................... 20
2.6.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 20
2.6.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 21
2.7. PREVENIR ET REPONDRE A LA VIOLENCE SEXISTE DANS LES CONFLITS ARMES.......................................................... 21
2.7.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 21
2.7.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 22
2.8. PREVENTION ET LUTTE CONTRE L'EXPLOITATION ET LES ABUS SEXUELS ................................................................. 23
2.8.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 23
2.8.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 24
2.9. LA PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AU PROCESSUS ELECTORAL ET POLITIQUE ......................................... 24
2.10. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES A LA PREVENTION ET A LA LUTTE CONTRE L'EXTREMISME VIOLENT CONDUISANT
AU TERRORISME..................................................................................................................................................... 27
2.11. PROTECTION DES FEMMES ET DES FILLES........................................................................................................ 29
2.12. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AUX FORCES DE DEFENSES ET DE SECURITE ET A LA REFORME DU SECTEUR DE
LA SECURITE ......................................................................................................................................................... 31
III. PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE L’EXECUTION DE LA R. 1325 (2000) EN AFRIQUE
DE L’OUEST ET AU SAHEL ............................................................................................................................... 32
5
3.1. APPRECIATION DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA R. 1325 (2000)........................................................................... 32
3.1.1. Cohérence des actions développées............................................................................................ 32
3.1.2. Pertinence des actions développées ........................................................................................... 32
3.1.3. Efficacité ..................................................................................................................................... 32
3.1.4. Efficience..................................................................................................................................... 33
3.1.5. Viabilité des actions développées ............................................................................................... 34
3.2. IMPACTS DES ACTIONS DEVELOPPEES, CONTRAINTES ET DEFIS ............................................................................ 35
3.2.1. Effets et impact des actions développées ................................................................................... 35
3.2.2. Contraintes et défis..................................................................................................................... 35
3.2.3. Durabilité .................................................................................................................................... 36
IV. CONCLUSION ......................................................................................................................................... 36
V. LEÇONS TIREES ET BONNES PRATIQUES................................................................................................. 37
5.1. PREVENTION DES CONFLITS ET ALERTE PRECOCE .............................................................................................. 37
5.2. RETABLISSEMENT ET CONSOLIDATION DE LA PAIX............................................................................................. 38
5.3. OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX........................................................................................................... 39
5.4. RÉPONSE HUMANITAIRE............................................................................................................................. 40
5.5. RECONSTRUCTION ET REHABILITATION POST-CONFLIT....................................................................................... 40
5.6. DÉSARMEMENT, DÉMOBILISATION ET RÉINTÉGRATION ..................................................................................... 40
5.7. PREVENIR ET REPONDRE A LA VIOLENCE SEXISTE DANS LES CONFLITS ARMES.......................................................... 40
5.8. PREVENTION ET LUTTE CONTRE L'EXPLOITATION ET LES ABUS SEXUELS ................................................................. 41
5.9. LA PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AU PROCESSUS ELECTORAL ET POLITIQUE ......................................... 42
5.10. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES A LA PREVENTION ET A LA LUTTE CONTRE L'EXTREMISME VIOLENT CONDUISANT
AU TERRORISME..................................................................................................................................................... 43
5.11. PROTECTION DES FEMMES ET DES FILLES........................................................................................................ 43
5.12. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AUX FORCES DE DEFENSES ET DE SECURITE ET A LA REFORME DU SECTEUR DE
LA SECURITE ......................................................................................................................................................... 44
VI. RECOMMANDATIONS............................................................................................................................ 44
À l’endroit des Gouvernements des Pays de la région................................................................................... 44
À l’endroit des OSC........................................................................................................................................ 45
À l’endroit des réseaux régionaux de femmes et de jeunes pour la paix (REPSFECO, REFMAP, Plateforme des
femmes du G5 Sahel, Forum S-G-GB et ROAJELF) ......................................................................................... 45
À l’endroit des Organisations régionales....................................................................................................... 45
À l’endroit des Nations Unies et autres PTF .................................................................................................. 46
VII. ELEMENTS A CONSIDERER POUR ACCELERER LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESOLUTION 1325 (2000)....... 46
7.1. COHERENCE ET COORDINATION ................................................................................................................... 46
7.2. RESPONSABILITE....................................................................................................................................... 46
7.3. GESTION AXEE SUR LES RESULTATS ............................................................................................................... 47
7.4. SUIVI, EVALUATION ET RAPPORTS................................................................................................................. 47
7.5. RENFORCEMENT DES CAPACITES .................................................................................................................. 47
7.6. ALLOCATION DES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIERES ................................................................................ 48
7.7. EGALITE ENTRE LES SEXES ........................................................................................................................... 48
ANNEXE: QUESTIONNAIRE D’EVALUATION .................................................................................................... 49
6
Acronymes et abréviations
CADHP/DF : Charte africaine des droits de l'homme et des peuples sur les droits de la femme
en Afrique.
UA : Union africaine
CEDEF : Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des
femmes
OSC : Organisations de la société civile
DDR : Désarmement, Démobilisation et Réintégration
ECOWARN : Réseau d'alerte et de réponse de la CEDEAO
CEDEAO : Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest
VBG : Violence basée sur le genre
GSSNT : Groupe de travail national sur le genre et le secteur de la sécurité (au Liberia)
FemWise : Réseau des femmes africaines pour la prévention et la médiation des conflits
UFM : Union du Fleuve Mano
REFMAP : Réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix
REPSFECO : Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’espace CEDEAO
ROAJELF : Réseau Ouest Africain des Jeunes Femmes Leaders
FDS : Forces de Défense et de Sécurité
SDS : Service de Défense et de Sécurité
F S-G-GB : Forum Sénégal - Gambie - Guinée-Bissau
RSS : Réforme du Secteur de la Sécurité
PTF : Partenaires techniques et financiers
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
FNUAP : Fonds des Nations Unies pour la Population
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
UNOWAS : Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel
RCSNU : Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies
WANEP : Réseau d'Afrique de l'Ouest pour la consolidation de la paix
GTFJPS-AOS : Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au
Sahel
7
Résumé
La Résolution 1325 adoptée en l’an 2000 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU)
a déclaré que les femmes comptent pour la paix.
La célébration mondiale du 20ème anniversaire de la Résolution 1325 (2000) du CSNU en
octobre de cette année permet de faire une évaluation de sa mise en œuvre dans toutes les
régions.
Aussi, l’UNOWAS, la CEDEAO et leurs partenaires ont-ils jugé nécessaire de procéder au recueil
des données et informations pour partager la contribution de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel
à l'évaluation mondiale de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000).
L’évaluation a suivi trois étapes : la première concernait la collecte et l’analyse des
informations, en termes de progrès réalisés, résultats atteints, enseignements tirés, bonnes
pratiques, lacunes et défis, sur la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du CSNU, dans
douze domaines en lien avec les trois piliers de la Résolution 1325 (2000). La seconde, couvrait
l’appréciation des capacités des États et des organisations permettant de formuler des
suggestions en vue d’améliorer et d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la
Résolution 1325 (2000) du CSNU. Enfin, la troisième étape, s’intéressait aux réflexions sur les
mesures supplémentaires à prendre pour accélérer et renforcer la mise en œuvre de la
résolution 1325 (2000) du CSNU.
Les réalisations durant les vingt (20) années sont immenses. Les États et Gouvernements de
la sous-région, les Organisations de la société civile, le monde académique, les Centres de
formations, les Associations et réseaux de femmes, les Organisations régionales (la CEDEAO,
l’UFM et le G5 Sahel), soutenus par le Système des Nations Unies, les Organisations
internationales non-gouvernementales et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux
ont œuvré pour la mise en place de structures, cadres institutionnels, normatifs, juridiques et
politiques. Retenons que des lois, mécanismes et stratégies ont été adoptés et mis en place
pour protéger les femmes et les filles, promouvoir leur participation à la prévention des
conflits, aux processus politiques (lois sur les quotas et la parité) et aux processus de
médiation et négociation de la paix. Diverses activités de renforcement de capacités, de
sensibilisation, de partage d’information, de bonnes pratiques et de capitalisation ont
également permis de mener des actions de grande envergure, aussi bien au niveau des
capitales que dans les localités reculées, à l’intérieur des pays de la sous-région.
Dans l’ensemble, la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) dans les États de l’Afrique de
l’Ouest et du Sahel a permis d’obtenir des résultats encourageants. Le caractère
multidimensionnel de nombre d’activités et les partenariats établis entre acteurs d’un côté et
entre acteurs et partenaires techniques et financiers de l’autre, ont favorisé l’avancée de
l’agenda Femmes, Paix et Sécurité.
Cependant, force est de constater que la faible mobilisation de ressources et une quasi-
absence d’allocation des ressources étatiques pour appuyer l’exécution des plans d’action
nationaux adoptés, est un problème récurrent.
L’évaluation a recensé plusieurs recommandations de la part des différents acteurs impliqués
dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) avec pour objectif d’améliorer les
prestations à venir. Parmi ces acteurs, on peut citer : des acteurs nationaux, notamment les
gouvernements et les OSC, des réseaux régionaux de femmes pour la paix, des Organisations
régionales et du Système des Nations Unies et autres partenaires.
Pour atteindre de meilleurs horizons, et ce, de manière accélérée, un certain nombre de
dispositions méritent d’être observées à tous les niveaux.
8
Introduction
Le contexte actuel de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel demeure préoccupant car marqué par
La pandémie de COVID-19 qui sévit dans le monde entier, a engendré des l inégalités
supplémentaires, notamment les femmes qui deviennent plus vulnérables car elles sont
exposées à des risques encore plus grands, comme l'augmentation du nombre de cas de
violence domestique signalés, du chômage et de l'extrême pauvreté.
Les inégalités sociales, la pauvreté, l'absence de services de base tels que les soins de santé,
l'eau potable portable, l'éducation et l'électricité, résultants des déficits de gouvernance,
l'exclusion et la marginalisation de certains segments de la population, notamment les
femmes et les jeunes, les niveaux élevés de chômage touchant particulièrement les jeunes,
constituent des défis majeurs pour la stabilité de la sous-région. D'autres facteurs tels que les
processus politiques émaillés de violences, notamment les élections, la corruption
endémique, les violations systématiques des droits de l'homme dans un contexte d'impunité,
l'insécurité causée par l'extrémisme violent, les conflits intercommunautaires et les réseaux
criminels transnationaux ainsi que les conflits liés au changement climatique restent
quelques-unes des principales menaces pour la paix et la stabilité dans la sous-région.
Malgré ce sombre tableau qui touche toutes les couches sociales, les groupes de femmes et
de jeunes de la région ont souligné la faible représentation des femmes dans les comités
COVID-19 au niveau national et les retards possibles dans la mise en œuvre des plans d'action
nationaux sur la Résolution 1325 (2000) en raison de mesures restrictives. Ceci constitue un
paradoxe quand on sait que les femmes et les filles sont souvent les plus exposées, les plus
vulnérables et constituent l’essentiel des victimes parce que supportant l’essentiel des
responsabilités familiales et soumises directement aux sévices de toute sorte, viols, meurtres
et autres formes de violences. Nonobstant les lois existantes et autres instruments
internationaux et régionaux entérinés par la plupart des Etats en leur faveur, les femmes
devaient se soumettre aux décisions des instances chargées de trouver les voies et moyens
pour le règlement des conflits. Leur niveau de contribution, comme actrices pour la prévention
des conflits ou comme partie à la gestion des opérations de paix et actions post-conflits
demeure encore faible.
Cet état de fait interpelle tous les acteurs, à l’heure où le monde entier s’organise pour
commémorer les 20 années de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de
Sécurité des Nations Unies, à se mobiliser pour combler les insuffisances qui limitent la
protection des femmes et des filles, l’intégration du genre dans les programmes et processus
de paix, la contribution des femmes aux dispositifs de prévention et gestion des conflits, ainsi
qu’aux processus politiques, de médiation et de négociation de paix et de développement de
leurs pays.
9
I. Cadre de l’évaluation
1.1. Contexte et justification de l’évaluation
La Résolution 1325 (2000) est, de nos jours, devenue de fait, un outil clé pour la
reconnaissance et la prise en compte de la dimension genre dans les choix de politique des
décideurs et la protection des femmes en particulier en situation de conflits. Ainsi, cet
instrument, de haute portée préventive mais aussi outil de protection est devenu un
instrument incontournable, pour avoir été consacrée, première Résolution des CSNU, qui
reconnaît à la femme le droit d’être partie prenante, aussi bien à la prévention qu’à à la
résolution des conflits armés. Comme tel, elle a ouvert la voie à d’autres résolutions qui
s’inscrivent sur les mêmes objectifs.
Pour une mise en œuvre efficace, à grande échelle de la Résolutions 1325 (2000), le CSNU
s’est doté d’un Plan d’Action afin que chaque État puisse disposer d’un instrument qui lui
permette, au travers la contribution des femmes, de participer activement, au renforcement
des mécanismes nationaux et internationaux de gestion des conflits et de leurs retombées sur
les couches sociales vulnérables. Dans ce sens, le CSNU a été suivi en cela par l’UA et les 192
Etats membres des NU ont été invités à traduire le plan en actions opérationnelles dans le
cadre de Plan d’Action National (PAN).
S’inscrivant dans cette même dynamique, et pour créer les conditions d’une meilleure
articulation et focalisation des efforts sur les objectifs de la Résolution 1325 (2000) dans
l’espace CEDEAO, un Plan d’Action Régional (PAR 2010-2014) a été adopté en septembre 2010
à Dakar, en marge des activités commémoratives du 10ème anniversaire de la Résolution 1325
(2000). À la suite de l’adoption dudit plan, tous les pays de la région ont été encouragés à
adopter et à mettre en œuvre, un Plan d’Action National (PAN). A ce jour, quatorze (14) des
quinze (15) pays de la CEDEAO ont adopté un PAN ; seul le Cabo Verde n’a pas achevé ce
processus qu’il a entamé en 2018.
Les Ministres en charge du Genre et de la promotion de la femme de l’espace CEDEAO ont
renouvelé pour trois ans, en février 2017, à Abidjan, ce plan régional, à travers l’adoption de
la composante Femmes, Paix et Sécurité du Cadre de la CEDEAO de Prévention des Conflits.
Ces Ministres ont également adopté les Cadre et plan d’action sur « Genre et Élection ».
En outre, la CEDEAO, à travers le CCDG, l’Union du Fleuve Mano et le G5 Sahel ont facilité la
mise sur pied des réseaux régionaux d’organisations de femmes et de filles de la société civile
chargées des questions de paix et de sécurité, respectivement : (i) le Réseau Paix et Sécurité
des Femmes de l'espace CEDEAO (REPSFECO), (ii) le Réseau des Jeunes Filles Leaders
(ROAJELF) de la CEDEAO, (iii) le Réseau des Femmes du Fleuve Mano pour la Paix (REFMAP) et
(iv) la Plateforme des Femmes du G5 Sahel.
La Région Ouest africaine, à travers UNOWAS, ONU-Femmes, le Centre de la CEDEAO pour le
Développement du Genre (CCDG), l’Union du Fleuve Mano (UFM) et leurs partenaires, et avec
l’accompagnement du Département des Affaires politiques au siège des Nations Unies, ont
mis en place, en 2007, des modalités et dispositifs favorisant l’implication des femmes au
processus de prise de décision en matière de paix et de sécurité. Ce processus a débouché sur
la mise en place, en avril 2009, du Groupe de Travail, Femmes, Paix et Sécurité, une plateforme
10
régionale et multi-acteurs chargée du suivi, d’échange et de coordination des actions des
différents acteurs dans la sous-région.
L'architecture de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel pour la mise en œuvre de la Résolution 1325
(2000) du Conseil de sécurité des Nations unies peut être résumée comme suit :
1. Au niveau régional, la CEDEAO a mis en place une Unité Femmes, Paix et Sécurité (FPS)
sous la Division Sécurité Humaine et Société Civile qui travaille en tandem avec le
Centre Genre et Développement de la CEDEAO et le Comité Consultatif FPS auprès du
Commissaire aux Affaires Politiques, à la Paix et à la Sécurité. Le Comité consultatif est
un outil supplémentaire spécifiquement destiné à intégrer le genre dans les activités
du département couvrant tous les aspects de la paix et de la sécurité. L'existence de
ces trois entités est une démonstration de l'engagement de la CEDEAO à intensifier ses
actions pour mettre en œuvre la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des
Nations unies, les cadres normatifs connexes de la CEDEAO et le programme FPS en
général. La CEDEAO, ainsi que l'UFM et le G5 Sahel disposent également de
mécanismes pour la mise en œuvre du programme FPS. Leurs efforts sont soutenus
par l'UNOWAS et les bureaux régionaux d'autres entités des Nations unies dans la
région, en particulier dans le cadre du groupe de travail sur la FPS-WAS. Tous ces
acteurs travaillent en étroite collaboration avec le réseau régional des femmes et de
la société civile établi sur les initiatives de l'organisation régionale, notamment :
REPSFECO, REFMAP, ROAJELF, Forum S-GB-G, la Plateforme des femmes du Sahel du
G5, FemWise Afrique de l’Ouest.
2. Au niveau national, sous la coordination du Ministère de la Femme et du Genre, et
avec l'appui des Bureaux FEMMES des Nations Unies et du Centre de Développement
du Genre de la CEDEAO qui ont un mandat opérationnel, les OSC, les groupes de
femmes et les représentants nationaux des réseaux de femmes pour la paix sont
chargés de la mise en œuvre de la RCSNU 1325 (2000) sur le terrain.
La célébration mondiale du 20eme anniversaire de la Résolution 1325 (2000) du CSNU en ce
mois d’octobre appelle à une évaluation de sa mise en œuvre dans toutes les régions,
comme l'a demandé le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.
Ainsi, l’UNOWAS, la CEDEAO et leurs partenaires ont-ils jugé nécessaire de procéder au
recueil des données et informations pour engager des discussions lors d'une session
d'échanges thématiques en vue de préparer et de partager la contribution de l'Afrique de
l'Ouest et du Sahel à l'évaluation mondiale de la mise en œuvre de la Résolution 1325
(2000).
Les résultats de l’évaluation seront mis à profit pour accélérer la mise en œuvre de cette
Résolution dans la région, notamment, à travers l’adoption de nouvelles approches par les
gouvernements et les Organisations régionales, de même qu’un accompagnement adéquat
des partenaires et autres parties prenantes.
11
1.2. But et portée de l’évaluation
Le but de l’évaluation est d'examiner et d'évaluer l'impact de la mise en œuvre de la
Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) ; d'identifier les
bonnes pratiques et les enseignements tirés, ainsi que les lacunes et les défis afin de
développer des mécanismes et une stratégie qui soutiendront, renforceront et accéléreront
la mise en œuvre du programme Femmes, Paix et Sécurité dans la région. Elle fait partie du
processus de collecte des données pour préparer et partager la contribution de l'Afrique de
l'Ouest et du Sahel à l'évaluation globale de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000)
telle que demandé par le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. Les résultats
de ce processus seront présentés lors de la prochaine célébration mondiale du 20eme
anniversaire de la Résolution 1325 (2000).
Spécifiquement, l’évaluation s’est appuyée sur les trois piliers de la Résolutions 1325 (2000)
du CSNU, à savoir : Prévention – Participation – Protection, afin d’apprécier les actions
spécifiques entreprises, les progrès et résultats, les enseignements tirés et bonnes pratiques,
ainsi que les lacunes et défis.
Au cours de cette dynamique d’évaluation, des informations ont été collectées sur la capacité
à mettre en œuvre la Résolution 1325 (2000) du CSNU. Celle-ci est étroitement liée à la
capacité de promouvoir efficacement l'égalité des sexes dans tous les domaines de travail,
notamment par l'intégration de la dimension Genre ainsi que par des mesures ciblées visant
à renforcer l'autonomie des femmes et des filles. Pour renforcer la capacité organisationnelle,
il convient de prêter attention aux éléments suivants : cohérence et coordination,
responsabilité, gestion axée sur les résultats, suivi, évaluation et rapports, renforcement des
capacités, affectation des ressources et dotation en personnel.
L’évaluation a enfin recueilli les réflexions sur les mesures supplémentaires à prendre pour
accélérer et renforcer la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité
des Nations Unies.
1.3. Méthodologie d’évaluation
La méthodologie utilisée a été essentiellement fondée sur l’exploitation du questionnaire
d’évaluation rempli par chacun des acteurs nationaux et régionaux.
En pratique, l’évaluation a été organisée en deux étapes. La première essentiellement axée
sur des évaluations pays et la deuxième sous forme de synthèse globale basée sur
l’exploitation de l’ensemble de la documentation produite dans la période considérée.
Par ailleurs, les documents produits et partagés par quelques acteurs régionaux de la mise en
œuvre de la Résolution 1325 (2000) ont été exploités de même que la base de données mises
en place comme source documentaire de l’essentiel des publications disponibles portant sur
les initiatives de prévention, participation et protection prises en compte dans la période
considérée. Pour l’essentiel, les précédents rapports d’évaluation (notamment l’évaluation de
2015) et documents disponibles ont été mis à profit pour l’élaboration du présent rapport
régional.
12
1.4. Destinataires de l’évaluation
Ce Rapport d’évaluation est destiné à toutes les parties prenantes en Afrique de l'Ouest et
dans la région du Sahel, notamment :
✓ Les Organisations régionales : la CEDEAO, l’Union du Fleuve Mano et le G5 Sahel ;
✓ Les gouvernements et entités publiques concernées par la mise en œuvre de la
Résolution 1325 (2000) du CSNU ;
✓ Les Organisations non gouvernementales, principalement : les Réseaux régionaux des
femmes pour la paix, les ONG de femmes dans les pays, les OING dont le mandat
couvre la Résolution 1325 (2000) ;
✓ Le monde académique et les Centres de formations ;
✓ Les partenaires bilatéraux et multilatéraux ; et les entités des Nations Unies.
1.5. Limites de l’évaluation
La production de ce rapport, à partir de l’exploitation des contributions des différentes parties
prenantes a été fortement dépendante de la qualité et de la quantité des données reçues. La
pandémie du COVID-19 a servi de prétexte à quelques partenaires pour ne pas soumettre
leurs données pour exploitation. Cependant, ce manquement n’entame en rien la substance
de cette évaluation riche en informations et enseignements, mais aussi et surtout, exhaustive
en termes de résultats, bonnes pratiques et leçons tirées, comparativement aux données
recueillies en 2015, lors de la célébration des quinze (15) ans de la Résolution 1325 (2000) du
Conseil de Sécurité des Nations Unies.
1.6. Matrice d’évaluation
L’évaluation de l’impact des 20 années de mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) en
Afrique de l’Ouest et au Sahel a suivi trois étapes
Première étape : Collecte et ’analyse des informations, en termes de progrès réalisés, résultats
atteints, enseignements tirés, bonnes pratiques, lacunes et défis, sur la mise en œuvre de la
résolution 1325 (2000) du CSNU, dans les douze domaines ci-dessous :
1. Prévention des conflits et alerte précoce
2. Rétablissement et consolidation de la paix
3. Les opérations de maintien de la paix
4. La réponse humanitaire
5. Reconstruction et réhabilitation post-conflit
6. Désarmement, démobilisation et réintégration
7. Prévenir et répondre à la violence sexiste dans les conflits armés
8. Prévention et lutte contre l'exploitation et les abus sexuels
9. La participation significative des femmes au processus électoral et politique
10. Participation significative des femmes à la prévention et à la lutte contre l'extrémisme
violent conduisant au terrorisme
11. Création de partenariats
12. Plans d'action pour l'élaboration et la mise en œuvre de la Résolution 1325
13
Ensuite, l’appréciation des capacités des États et des Organisations permettant de formuler
des suggestions en vue d’améliorer et d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la
résolution 1325 (2000) du CSNU, spécifiquement : (i) la capacité de promouvoir efficacement
l'égalité des sexes dans tous les domaines de travail, notamment par l'intégration de la
dimension genre ainsi que par des mesures ciblées visant à renforcer l'autonomie des
femmes et des filles ; (ii) la capacité organisationnelle, notamment: la cohérence, la
coordination, la responsabilité, la gestion axée sur les résultats, le suivi, l’évaluation, les
rapports, le renforcement des capacités, l’affectation des ressources et la dotation en
personnel.
Enfin, les réflexions sur les mesures supplémentaires à prendre pour accélérer et renforcer la
mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations unies.
Ce rapport rend compte des résultats et procède à leur analyse sur la base de ce cadre défini
pour cette évaluation de l’impact de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) durant
les 20 dernières années, en Afrique de l’ouest et au Sahel.
II. Principales réalisations en Afrique de l’Ouest (résultats
atteints dans les 12 domaines concernés par l’évaluation)
Les réalisations durant les vingt (20) années de mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000)
en Afrique de l’Ouest et au Sahel sont immenses et diverses. Les États et Gouvernements de
la sous-région, les organisations de la société civile, le monde académique, les centres de
formations, les associations et réseaux de femmes, les organisations régionales (la CEDEAO,
l’UFM et le G5 Sahel), soutenus par le Système des Nations Unies, les Organisations
internationales non-gouvernementales et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux
ont œuvrer pour la mise en place de structures, cadres institutionnels, normatifs, juridiques
et politiques. De même, des lois, mécanismes et stratégies ont été adoptés ou mis en place
pour protéger les femmes et les filles, promouvoir leur participation à la prévention des
conflits, aux processus politiques (lois sur les quotas et la parité) et aux processus de
médiation et négociation de la paix. Diverses activités de renforcement de capacités, de
sensibilisation, de partage d’information, de bonnes pratiques et de capitalisation ont
également permis de mener des actions de grande envergure, aussi bien au niveau des
capitales que dans les localités reculées, à l’intérieur des pays de la sous-région.
2.1. Prévention des conflits et alerte précoce
2.1.1. Actions spécifiques entreprises
En matière de prévention des conflits et d’alerte précoce, les Etats membres, les OSC et les
partenaires au développement se sont engagés dans une série d’activités de renforcement de
capacités des acteurs (commun à tous les pays), d’amélioration du cadre institutionnel et
stratégique, de sensibilisation, de vulgarisation d’instruments juridiques, etc.
A cet effet, des cellules ont été mises en place à travers les pays et procédé à la vulgarisation
de la Résolution 1325 (2000) et de la loi sur les violences faites aux femmes et aux filles.
14
Plusieurs pays (en majorité les pays sahéliens et le Nigéria) se sont dotés d’une stratégie
nationale de prévention de la radicalisation et de lutte contre l’extrémisme violent dont la
mise en œuvre doit être surveillée afin de s’assurer de la prise en compte du genre. On note
dans certains pays la mise en place des observatoires nationaux de prévention et de gestion
des conflits communautaires et des cellules de veille y sont créées avec pour objectif de
sensibiliser les femmes sur la sécurité tout en renforçant la collaboration avec les Forces de
Défenses et de Sécurité (FDS). Des échanges s’organisent périodiquement pour discuter sur la
sécurité, la paix et la cohésion sociale mettant en exergue, le rôle des femmes dans la lutte
contre le terrorisme et l’extrémisme violent et leur contribution à la sauvegarde de la paix et
de la cohésion sociale. D’importants programmes de prévention de l’extrémisme violent et de
lutte contre le terrorisme impliquant les femmes et les jeunes ont été également conduits en
ce sens.
Concernant l’alerte précoce, la CEDEAO a mis en place le réseau régional d'alerte précoce et
de réponse (ECOWARN) dont les indicateurs de collecte de données et d’informations incluent
ceux liés au genre. Elle a développé un étroit partenariat avec WANEP, et tout récemment
avec les organisations de la société civile, y compris celles des femmes et des jeunes, dans le
cadre de la mise en place des mécanismes nationaux d’alerte précoce et de réponse rapide.
La CEDEAO a également produit le manuel sur genre et alerte précoce. Elle s’apprête à former
des formateurs qui formeront à leur tour, plus d’acteurs dans les pays, afin de s’assurer de
l’intégration systématique du genre dans le fonctionnement des mécanismes nationaux mis
en place. En outre, des pays disposent de moniteurs chargés de collecter et de remonter les
alertes. A ce propos, des indicateurs spécifiques au genre ont été développés pour saisir les
différentes formes de VBG sur les systèmes nationaux d'alerte précoce. A titre d’exemple,
pour le Libéria, il s’agit d’un système dénommé EWER établi à partir des structures de paix et
d'alerte précoce au niveau des communautés, des districts et des comtés permettant de
détecter rapidement les menaces potentielles qui pourraient conduire à l'émergence de
nouveaux conflits ou à l'expansion de conflits existants. Il y est également mis en place un
Groupe de travail sur l'alerte précoce et la réponse rapide (EWERWG) ou le Réseau d'alerte
précoce et de réponse du Libéria (LERN). On parle également des observatrices, opérateurs et
journalistes moniteurs formés, des cellules de veille contre les violences surtout en période
électorale, des clubs de paix et clubs des paires éducatrices en leadership politique des
femmes paix et développement qu’on retrouve au Togo.
Les Organisations de la société civile appuyées par des partenaires s’activent
substantiellement dans les formations sur la prévention, l’alerte précoce et la gestion des
conflits. Des manuels sur la construction préventive et la consolidation de la paix ainsi que sur
la médiation au niveau communautaire sont élaborés. Des fora pour identifier et proposer des
solutions aux problèmes locaux sont organisés et des consultations avec des parties prenantes
des communautés sont faites dans le sens de la prévention et la gestion des conflits. Aussi,
des plaidoyers sont-ils organisés auprès des autorités pour une participation inclusive des
femmes et des jeunes dans les programmes de prévention de conflits et d’alerte précoce. Le
niveau communautaire est également impliqué dans la prévention et la résolution des conflits.
Des manuels et livrets « blancs » sur le désir de paix des populations sont rédigés et remis aux
15
autorités compétentes et aux parties aux conflits. Tel a été le cas au Sénégal où des marches
et des tables rondes de paix des femmes ont été organisées au profit des parties prenantes
au conflit en Casamance en vue de contribuer à une paix durable.
Les institutions internationales présentes dans la sous-région contribuent de manière
préventive à renforcer un climat de paix et de stabilité. Le Bureau des Nations Unies pour
l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) mène une diplomatie préventive à travers des
missions conjointes avec les organisations régionales dont en bonne place, la CEDEAO, et les
bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies dans la région.
UNOWAS organise également chaque année, en collaboration avec la CEDEAO, ONU FEMMES
et les partenaires dans la région, la journée portes ouvertes régionales sur la Résolution 1325
(2000) qui offre des possibilités de dialogue et d’échange entre le Représentant spécial du
Secrétaire général des Nations Unies et les femmes et les jeunes de la région, sur les progrès
réalisés et les actions à développer pour plus de sécurité en faveur des femmes et la réalisation
d’un espace communautaire apaisé. En outre, ce bureau coordonne des missions de plaidoyer
de haut niveau du Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest
et au Sahel (GTFJPS-AOS), facilite et appui des initiatives nationales de prévention de la
violence électorale et entreprend des missions interdisciplinaires intégrant le genre et des
formations en analyse de conflits sensible au genre. Il accompagne en outre, la CEDEAO dans
la définition des indicateurs d’alerte précoce sensibles au genre et tient des plaidoyers de haut
niveau pour l’adoption des lois et politiques.
Plusieurs sessions de formation, des ateliers sur la surveillance à distance et sur le rôle des
acteurs comme les ONG, les parlementaires et les FDS dans la mise en œuvre de la Résolution
1325 (2000) sont tenus chaque année soit par elles-mêmes, soit avec l’appui des autres
acteurs dans la région.
2.1.2. Progrès et résultats
En termes de résultats obtenus, il faut noter que des engagements sont de plus en plus pris
par les Etats pour favoriser davantage la participation des femmes à la prévention des conflits.
Bon nombre de femmes et de jeunes et différents acteurs ont bénéficié de renforcement de
capacités pour mener à bien les objectifs relatifs à la prévention et à l’alerte précoce des
conflits. Avec de meilleures connaissances, les femmes sont plus conscientes de leur rôle
prépondérant d’actrices de la paix au sein de leur communauté et ne se considèrent pas
seulement comme des victimes des conflits. Elles interviennent assez souvent en tant que
médiatrices dans la résolution des conflits fonciers, communautaires, interethniques, dans la
gestion des violences domestiques, etc. Une telle prise de conscience a participé à
l’atténuation des risques de violences grâce à des réponses adéquates aux alertes et à
l’engagement pour la paix dans leurs pays respectifs.
Même si cela reste encore largement à parfaire, la sous-région jouit d’une participation des
femmes à la prévention des conflits et la gestion des violences dans les communautés et en
périodes électorales. Des plateformes numériques sont animées sur la thématique et des
actions conjuguées entre parties prenantes sont permanemment entretenues. En outre,
plusieurs lois sont adoptées par les Etats. De même, plusieurs formateurs ont été formés en
16
analyse des conflits sensible au genre. Le système d’alerte précoce de la CEDEAO bénéficie
d’une batterie d’indicateurs et d’un manuel de formation intégrant le genre. On note
également une facilitation des rencontres entre les femmes et jeunes de la sous-région et les
chefs d’Etats. Enfin, il a été noté une systématisation de la mise en place d’un mécanisme de
prévention des conflits électoraux, de monitoring de la violence, d’alerte précoce et de
réponse rapide durant les élections dans chacun des pays de la région.
2.2. Rétablissement et consolidation de la paix
2.2.1. Actions spécifiques entreprises
Des mécanismes mis en place ou renforcés, des politiques, stratégies et programmes élaborés
et mis en œuvre, des initiatives et mesures prises, etc. ont permis durant les 20 années
d’œuvrer au rétablissement et à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Chaque pays, chaque organisation et chaque institution s’est organisé conjointement ou
individuellement à apporter sa contribution en ce sens.
Dans un cadre du travail normatif, plusieurs institutions internationales (notamment
onusiennes, et la CEDEAO) ont produit/adopté des normes et standards, apporté leurs appuis
aux divers plaidoyers, à la formation des médiatrices, aux initiatives des femmes pour la paix
et au renforcement de leurs capacités. Dans la même foulée, des femmes ont été formées au
rétablissement et à la consolidation de la paix. Des actions de plaidoyer pour la pacification
des zones de conflit afin de faciliter le retour des personnes déplacées et réfugiés, de
renforcement de la cohésion sociale avec un accent mis sur la participation des femmes et
d’appui aux initiatives des jeunes et groupes de femmes visant l’entente entre les
réfugiés/déplacés et les communautés hôtes ont été menées.
On note également, la mise en œuvre des programmes et projets à l’instar du projet conjoint
ONUFEMMES et ONUDC relatif à l’« Appui aux initiatives transfrontalières de dialogue
communautaire avec les acteurs du secteur de la sécurité et de la justice pour la consolidation
de la paix » dans la zone de conflit du Liptako Gourma (région de Gao, Menaka et Tillabery au
Mali et Niger) et du programme de prévention de l’extrémisme violent et de lutte contre le
terrorisme, à la consolidation de la paix dans la région de la Casamance au Sénégal. Plusieurs
organisations de la société civile se sont également investies dans des séries de plaidoyers
auprès des décideurs politiques et des chefs de communautés pour une implication effective
et efficace des femmes dans la consolidation de la paix, mais aussi dans la médiation pour la
paix dans les zones de crise, parfois avec l’appui des clubs de paix mis en place dans certains
pays.
La pratique de la médiation communautaire par les femmes médiatrices formées a été
effective et porteuse de résultat visible. Il existe dans tous les pays des mécanismes nationaux
(ministère, Hauts conseils pour la réconciliation, Hauts conseils de dialogue social, etc.) en
charge de la cohésion sociale qui œuvre pour la consolidation de la paix. Les canaux d’action
généralement utilisés sont entre autres : des séries de sensibilisation, la traduction en langues
locales et la vulgarisation de la Résolution 1325 (2000) à l’endroit des populations, des tables
rondes, des missions et séminaires sur la thématique associant dans certains cas la justice
transitionnelle à la consolidation de la paix. Sur cet aspect, il a été organisé par le GTFJPS-AOS
des marches et actions de solidarité aux femmes et aux filles du Mali en 2012, en 2013 en
17
Guinée pour des élections apaisées et sans violence, en 2014 en Guinée-Bissau lors des
élections présidentielles et législatives et pour le Nigéria pour la libération des jeunes filles de
Chibok, en 2015 au Burkina-Faso et Côte d’Ivoire dans le cadre des élections, en 2016 au Niger
en solidarité avec la situation sécuritaire à Diffa et en 2017 en Gambie. L’Institut Femmes, Paix
et Sécurité du Centre Kofi Annan pour la Construction de la Paix (KAIPTC-WPSI), en
collaboration avec le GCSP et la GIZ, a organisé un cours de formation intitulé "Inspirer les
femmes africaines leaders dans le domaine de la paix et de la sécurité" à l'intention des
femmes leaders de niveau intermédiaire travaillant dans les domaines de la paix et de la
sécurité.
2.2.2. Progrès et résultats
Les actions ci-dessus entreprises ont permis d’atteindre un certain nombre de résultats dans
les efforts de promotion de la paix dans les différents pays. La paix est ramenée dans des
familles et des couples. Les conflits communautaires sont de plus en plus résolus. Certains
pays comme le Burkina Faso et la Côte d’ivoire, disposent d’une charte nationale du dialogue
social pour la prévention et la gestion des conflits sociaux.
Des départements techniques de mise en œuvre des projets de paix et de cohésion sociale
ont été créés au moment où on assiste à un engagement de haut niveau pour la paix dans les
pays surtout menacés par l’insécurité. Il faut signaler que de plus en plus de tensions et de
conflits locaux sont facilement résolus à l'amiable et réduits sans l'intervention de la police ou
d'autres agents de sécurité. Une telle avancée a permis de rétablir dans plusieurs localités de
la sous-région, la confiance entre les membres de la communauté et d'inclure les femmes dans
le processus décisionnel de la communauté. A titre d’exemple, au Nigeria, les jeunes réformés
ont renoncé à la violence en s’investissant en retour maintenant dans des initiatives de paix
dans les communautés par la sensibilisation d'autres groupes de gangs violents à une trêve et
à la paix. Par ailleurs, une réduction de la violence, en particulier à l'égard des femmes et des
filles a été également signalée.
Face à leur engagement en faveur d'une consolidation de la paix inclusive, les gouvernements
de la sous-région ont adopté des cadres, des plans et politiques nationaux qui lient les priorités
de consolidation de la paix à la réalisation des objectifs de développement durable. On note
ainsi, une volonté manifestée et partagée des acteurs à œuvrer pour la consolidation de la
paix et une prise de conscience collective de la nécessité du vivre ensemble. Par ailleurs, les
femmes rurales mises à profit en tant que médiatrices, promotrices de la non-violence et de
la paix jouent un rôle prépondérant dans les comités de paix de leurs localités.
A cet engagement des Etats, il faut ajouter la forte implication du système des Nations Unies
à assurer le retour sécurisé des populations déplacées et réfugiée et à œuvrer pour le
rétablissement de la paix. Avec l’ONUDC, des fora transfrontaliers d'échanges sont
régulièrement organisés entre les FDS et les acteurs de la chaîne pénale sur les
complémentarités de leurs mandats et rôles respectifs dans le cadre de leur mission, de même
que des émissions radios communautaires impliquant les représentants des communautés et
permettant ainsi un dialogue et une médiation afin de rétablir la confiance entre ces acteurs.
Un guide pratique permettant de mieux connaitre les mécanismes existants d’application de
la loi a également été préparé pour le Niger et des ateliers de formation des formateurs sur
les rôles et mandats des FDS et des acteurs de la chaine pénale ainsi que sur les voies de
18
recours, signalement, référencement et le plaidoyer pour les organisations de la société civile,
les organisations des femmes, de jeunes, les organisations d’éleveurs, d’agriculteurs et les
radios communautaires ont enfin été mises en œuvre. Tout cela ayant pour objectif d’éviter
aux communautés de se faire justice elles-mêmes.
L’Afrique de l’Ouest et le Sahel regorge de femmes médiatrices de tous les niveaux formées,
sur l’initiative de la CEDEAO, d’UNOWAS, d’ONU FEMMES, de l’ONUDC et d’autres PTF, et qui
attendent d’être impliquées dans les équipes de médiation et de négociation de la paix dans
les pays, la sous-région, sur le continent africain et dans le monde entier.
2.3. Opérations de maintien de la paix
2.3.1. Actions spécifiques entreprises
Dans le cadre des opérations de maintien de la paix au regard de la Résolution 1325 (2000),
des partenariats et collaborations des acteurs avec les FDS ont été établis dans tous les pays
de la sous-région pour une mise œuvre efficace de ladite résolution. Il y a eu également des
actions de renforcement des capacités du personnel militaire sur la R1325 (2000) par des
acteurs étatiques, de la société civile et des PTF dont le REPSFECO, PWA Sénégal, KAIPTC et le
HCDH, et des plaidoyers en direction de la hiérarchie militaire pour plus de participation des
femmes militaires aux opérations de maintien de la paix. Il est à cet effet, constaté le
déploiement du personnel féminin des forces de défense et de sécurité aussi bien au niveau
national pour le maintien de l’ordre public qu’au niveau sous-régional, régional et
international pour des missions d’appui au maintien de la paix.
Les efforts sont aussi enregistrés dans l’élaboration des programmes et projet à l’instar du
projet ELSIE avec la gendarmerie nationale du Sénégal proposé par PWA Sénégal et du
programme avec la police nationale du Sénégal sur le renforcement de la présence des
femmes dans les missions de consolidation et de maintien de la paix soumis par le REPSFECO.
En dehors du personnel militaire, les femmes victimes des conflits sont aussi appuyées pour
des activités génératrices de revenus.
2.3.2. Progrès et résultats
La sous-région fait état actuellement d’une amélioration du taux de participation des femmes
militaires aux opérations de maintien de la paix. Le Ghana vient d’atteindre, le 14 octobre
2020, le quota de 30% fixé pour la représentation des femmes au sein des missions de paix de
l’ONU. Les pays font particulièrement montre d’une représentativité remarquable des
femmes dans les FDS et aux postes stratégiques. Les politiques, projets et programmes conçus
pour mettre en œuvre la Résolution 1325 (2000) au sens des troupes du maintien de la paix
sont de plus en plus approuvés et financés à l’exemple du Projet ELSIE. Nombre de pays
disposent de stratégies intégrant la problématique genre et la Résolution 1325 (2000) au sein
des FDS. La feuille de route stratégique pour la reconstruction, la consolidation de la paix et la
réconciliation nationale (2013-2030) et le Plan de consolidation de la paix au Libéria (2017) en
sont quelques exemples. Un grand nombre du personnel des FDS, en majorité les femmes,
sont formés et sensibilisés sur les Résolutions 1325 (2000) et suivantes du Conseil de Sécurité
19
des Nations Unies relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité, et la prise en compte du
genre dans les différentes missions de maintien de la paix.
2.4. Réponse humanitaire
2.4.1. Actions spécifiques entreprises
Les Etats déploient d’énormes moyens dans la gestion des effets des catastrophes naturelles
et les crises humanitaires auxquelles ils font face. Chaque pays s’est doté d’un plan d’urgence
traitant des questions humanitaires et/ou de sinistres et/ou encore de déplacés. Assez
souvent, des opérations d’aide humanitaire sont entreprises lors de situations d'urgence
comme celles liées aux inondations, aux coulées de boue et aux urgences sanitaires. A cela
s’ajoutent, tout récemment avec la crise sanitaire liée au COVID-19, des plans nationaux
inclusifs d’intervention ou de contingence adoptés et mise en œuvre pour contrôler et riposter
contre ladite crise. La société civile également s’est organisée, dans ce cadre, pour venir en
appui aux pouvoir publics en termes de distribution des vivres et des kits sanitaires aux
ménages vulnérables surtout dirigés par des femmes.
Dans la dynamique de protéger les femmes contre les violences basées sur le genre (VBG), les
abus et violences sexuelles, des actions telles que la réalisation de forages afin de ravitailler
en eau potable et faciliter les travaux ménagers aux femmes sont menées. Des initiatives
d’accompagnement et de réinsertion des déplacés et des réfugiés sont menées et des centres
d’accueil aménagés dans certains pays pour contenir dans de meilleures conditions cette cible
généralement constituée en majorité de femmes et des enfants.
L’aide humanitaire est également une préoccupation des institutions internationales et
régionales présentes dans la sous-région. Le HCR, structure coordinatrice de l’assistance
humanitaire, s’investie dans la mobilisation des fonds d’appui à la mise en œuvre de réponse
humanitaire dans les pays couverts. Il appui financièrement, en abris et en médicaments, les
réfugiés et personnes déplacées internes et renforce le partenariat avec les gouvernements
pour l’efficience de l’assistance humanitaire fournie. D’autres institutions comme
ONUFEMMES, WANEP et KAIPTC soutiennent l’action humanitaire surtout à l’endroit des
femmes à travers des programmes d’assistance humanitaire et le renforcement des capacités
des équipes humanitaires et des organisations de femmes à l’aide humanitaire et sur le genre.
2.4.2. Progrès et résultats
Les initiatives pour des réponses humanitaires ont pu favoriser des valeurs ajoutées comme
le renforcement des capacités, voire l’éducation gratuite pour les enfants dans les camps de
réfugiés et de personnes déplacées, la disponibilité des structures et mécanismes pour les
déplacés et réfugiés, l’intégration de la thématique paix et sécurité aux activités de
sensibilisation et la réinsertion des déplacés et réfugiés. On note une réalisation de façon
continue des actions de prévention et de prise en charge de VBG. A travers des appuis
techniques et financiers issus des institutions et partenaires, les femmes et les jeunes filles
sont autonomisées et donc moins exposées aux abus. Les réfugiés et déplacés bénéficient
également d’une aide humanitaire adéquate avec même la mise en place dans certains pays
des centres pour femmes dans les sites de déplacées et réfugiés. Les efforts dans ce domaine
ont conduit à l'inclusion de certaines organisations de la société civile (OSC) comme le WANEP
20
Nigeria au sein du conseil d'administration du réseau Women In Humanitarian Response
Network et du Groupe de travail national sur la localisation dans le secteur humanitaire.
2.5. Reconstruction et réhabilitation post-conflit
2.5.1. Actions spécifiques entreprises
Les pays de la région ont songé à des mécanismes chargés de la réhabilitation et de la mise en
œuvre des projets filets sociaux de base qui imbrique le financement des micro-entreprises,
l’appui à la réhabilitation des infrastructures communautaires et les initiatives à haute
intensité de mains-d’œuvre (HIMO). Pour répondre de manière intégrée aux fragilités causées
par les crises sécuritaires des efforts sont déployés au profit des populations en général, mais
aussi à l’endroit des personnes déplacées internes. Il s’agit des sensibilisations continues sur
la cohésion sociale et la lutte contre la stigmatisation, la réinsertion et le renforcement de
l’autonomisation surtout des femmes victimes, à travers divers projets et programmes et des
formations sur la reconstruction et à la réhabilitation post-conflit.
On note par ailleurs, l’élaboration et la mise en œuvre de plans de secours d’urgence, de
réponse et soutien aux populations vulnérables contre l’insécurité alimentaire et la
malnutrition ainsi que la mise en place des mécanismes de réconciliation comme la
Commission Vérité, Justice et Réconciliation au Togo et en Côte d’Ivoire qui ont œuvré à des
consultation, évaluation et réparation des dommages nés des conflits.
2.5.2. Progrès et résultats
Des initiatives de dialogues communautaires sont prises par les populations elles-mêmes pour
le règlement pacifique de certains conflits intra et intercommunautaires à l’exemple des
conflits fonciers. Les travaux des mécanismes de réconciliation dans certains pays de la sous-
région ont permis de mettre en place des institutions de médiation (HCRRUN et HCRUN
respectivement au Togo et au Burkina Faso à titre illustratif), de faire un état des lieux des
dommages et de procéder aux réparations et à la réconciliation. Un nombre important de
femmes été appuyées pour leur réintégration et participation à la reconstruction et à la
réhabilitation post-conflit.
2.6. Désarmement, démobilisation et réintégration
2.6.1. Actions spécifiques entreprises
A ce niveau, la sous-région se félicite de la mise en place dans plusieurs pays des institutions
chargées de lutter contre la prolifération, la circulation et le trafic illicite des armes légères et
de petits calibres. Conformément aux recommandations de l'ONU, des plaidoyers sont menés
pour le désarmement et la réintégration dans les zones concernées par les conflits armées.
Des réorganisations autour de la construction de la paix se font de plus en plus avec les jeunes
et des groupes d’initiatives pour la paix qui naissent au jour le jour des rangs des groupes de
gangs violents comme au Nigéria. Plusieurs femmes ont été formées au désarmement, à la
démobilisation et à la réintégration des femmes et des appuis ont été apportés aux plaidoyers
pour l’intégration du genre dans les politiques nationales de DDR, pour l’intégration des
femmes ex-combattantes et/ou associées dans les FDS.
21
2.6.2. Progrès et résultats
Les efforts de désarmement, de démobilisation et de réintégration donnent lieu à une
réduction de la violence, en particulier à l'égard des femmes et des filles. Dans les pays ayant
connu des conflits, les populations, notamment les femmes ont bien compris l’intérêt et les
objectifs de DDR pour le rétablissement de la paix. Les jeunes réformés ont renoncé à la
violence, entreprennent maintenant des initiatives de paix dans les communautés et
sensibilisent d'autres groupes de bandes violentes à rendre les armes. Il existe dans plusieurs
pays, un cadre juridique de régulation des armes au sein desquels la régulation de la détention
et de la circulation des armes devient de plus en plus effective.
De bons résultats sont aussi à capitaliser relativement à l’appui aux femmes ex-combattantes,
aux politiques de DRR qui contiennent des composantes genre dans tous les pays ayant connu
des conflits dans la région et aussi, concernant le renforcement de la participation des femmes
au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration.
2.7. Prévenir et répondre à la violence sexiste dans les
conflits armés
2.7.1. Actions spécifiques entreprises
La prévention et la riposte contre les violences sexistes ont été l’une des préoccupations
majeures au cours des 20 ans de mise en œuvre de la R. 1325 (2000), mais aussi de la R. 1820
(2008) adoptée plus tard par le Conseil de Sécurité pour mettre un accent sur cette
problématique et y engager les Etats, les gouvernements et toutes les parties prenantes aux
conflits. La CEDEAO, les gouvernements, les OSC et les partenaires technique, financier et au
développement se sont mobilisés pour œuvrer à travers le renforcement de leurs cadres
juridiques et institutionnels, les plaidoyers, les activités de formation et de sensibilisation, etc.
à la prévention et à la riposte contre la violence sexiste dans les conflits aussi bien armés que
sociocommunautaires.
En termes de renforcement de cadre juridique et institutionnel, bon nombre de pays ont pris
des mesures d’harmonisation de leurs instruments juridiques avec ceux internationaux pour
prendre clairement en compte les questions de violences sexistes. Des lois pénales allant
jusqu’à l’emprisonnement à vie sont même votées dans certains pays. Pour traduire ces
mesures dans les faits, des stratégies nationales de lutte contre les VBG ou les violences faites
aux femmes et aux filles, des plans d’actions et des protocoles de prise en charge intégrée des
victimes de VBG au profit des acteurs sociaux, judiciaires, de la santé sont adoptées et mises
en œuvre. Dans les mêmes perspectives, il a été élaboré, adopté et mis en œuvre des
programmes et projets multiformes et multidimensionnels : le programme de lutte contre les
violences faites aux femmes et aux filles au Togo et celui de Debbo-Alafia au Mali qui vise à
lutter contre les VBG à travers la sensibilisation et la mobilisation des acteurs communautaires
autour du planning familial, de la fréquentation régulière des centres de santé par les femmes
et filles et du danger de la fistule obstétricale en sont des exemples.
On note la création des tribunaux modèles pour les infractions sexuelles, la mise en place
d’une ligne d'assistance téléphonique pour le signalement et la réponse rapide à la violence
fondée sur le sexe, des cases de paix pour la prévention des conflits et la lutte contre les VBG,
22
des centres d’écoute et de conseils, des boutiques de droit pour la prise en charge ainsi que
des structures d’accueil et d’hébergement et de prise en charge des victimes de VBG
Les plaidoyers, les activités de formation et de sensibilisation ont été amplement exécutés.
Différentes cibles ont été formées sur la prévention et la prise en charge des femmes et des
filles victimes de violences. Des conférences publiques ont été tenues sur la thématique. Avant
leur déploiement sur le terrain des opérations de maintien de la paix, le personnel des FDS
reçoit des formations allant dans ce sens et sur le genre. Pour plus d’efficacité dans l’exercice
de leur fonction, des formations sur la prise de mesures légales en matière de protection des
droits des femmes et des filles et l’application effective de la loi contre les mutilations
génitales féminines (MGF), sur les procédures opérationnelles standards et le paquet de
services essentiels sur les VBG sont adressées à l’endroit de plusieurs acteurs comme ceux de
la chaîne judiciaire/pénale (magistrats, policiers, gendarmes), le personnel des structures
impliquées. Des plaidoyers, lobbyings et sensibilisation sont menés pour une meilleure prise
en compte des besoins spécifiques des femmes, leur participation accrue aux missions de paix
et leur accès à des services de soins holistiques. Les femmes sont également formées à
l'autonomisation et à l'autosuffisance afin de réduire leur dépendance excessive à l'égard des
hommes, une des sources des violences exercées sur elles.
Dans la même lignée, les femmes victimes de VBG et porteuses de fistules sont
socioéconomiquement réinsérées. Pour contribuer à freiner ces violences, il est mené chaque
année par les différents acteurs, une campagne de 16 jours d’activisme contre les violences
faites aux femmes et toutes les VBG qui entre dans le cadre des activités constantes sur les
questions de violence liée au sexe, y compris les types, les conséquences, les législations et les
mécanismes de signalement. Avec l’apparition de la pandémie au COVID-19, des programmes
de plaidoyer et des actions de sensibilisation pour le respect des droits des femmes et des
filles et de leur implication dans la riposte contre le COVID 19 sont réalisés et des rencontres
et débats autour de la résilience des femmes en cas de conflit à l’heure du COVID-19 sont
menés.
2.7.2. Progrès et résultats
La culture de la non-dénonciation se dissipe de mieux en mieux dans la sous-région. Les cas
de violences liée au sexe sont désormais signalés et documentés. La gestion de l’égalité entre
les sexes bénéficie de l’innovation avec une amélioration du système d’information désormais
informatisé dans plusieurs pays. La question de violences sexuelles et sexistes conformément
aux Résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) est intégrée dans les législations nationales (Code
des personnes et de la famille, Code pénal, Code de l’enfant, Code de justice militaire, etc.)
renforcées par des lois spécifiques prises en faveur de la lutte contre les VBG. Entre autres lois
on peut citer : les lois relatives à la réforme éducative, la loi sur le viol, la loi sur les réfugiés,
la loi sur la traite des êtres humains, la loi sur les MGF, la loi sur la santé de la reproduction.
On note une meilleure compréhension de la violence liée au sexe grâce à des activités de
sensibilisation soutenues et une adhésion des communautés à œuvrer à la réduction des
préjugés et compromis vis-à-vis de la gente féminine. La campagne annuelle des 16 jours
d’activisme contre les violences faites aux femmes et toutes les VBG est désormais
institutionnalisée et systématisée dans tous les pays de la région. Tout cela, a contribué à
baisser significativement le taux de violence à l’égard des femmes et des filles. Les pays
23
disposent de système de référencement et de prise en charge des victimes de VBG et plusieurs
victimes ont été réinsérées socioéconomiquement. Dans le même cadre, quelques pays ont
même mis en place des « One stop centers » avec l’appui de l’ONU FEMMES régional.
Par ailleurs, il est observé dans la sous-région, un intérêt et une volonté d’appliquer le contenu
des Résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) sur le théâtre des opérations de maintien de la
paix avec en amont tous les efforts fournis dans le renforcement des capacités des FDS. Il est
à signaler également une certaine adéquation des stratégies de prévention et de réponse
régionales avec les besoins des pays accompagnée d’une réduction des risques de VBG et
renforcée par une mise à jour des stratégies de prévention et de réponses aux VBG en cours
dans les pays couverts par le HCR.
2.8. Prévention et lutte contre l'exploitation et les abus
sexuels
2.8.1. Actions spécifiques entreprises
Le souci de prévenir et de lutter contre l’exploitation et les abus sexuels a suscité une
multitude d’initiatives dans la sous-région. Les Partenaires Technique et financier, notamment
ceux du Système des Nations Unies ne manquent pas de soutenir les pays dans cette lutte en
produisant des normes et standards et en les appuyant dans l’amélioration de leur cadre légal.
La CEDEAO a aussi adopté plusieurs cadres légaux et plans d’actions à cet effet. Plusieurs lois
ont été adoptées pour contenir ce phénomène à travers la prévention, mais aussi la répression
et la réparation des violences à l’égard des femmes et des filles ainsi que la prise en charge
des victimes. L’accent a été beaucoup mis sur le développement des stratégies, de programme
et de projets, les activités de sensibilisation et de vulgarisation des textes contre les VBG et
violences faites aux femmes et aux filles, les plaidoyers et lobbyings, des pétitions, des sit-in
et le renforcement du cadre institutionnel.
Dans certains pays comme le Bénin, des interviews ont été accordées aux femmes victimes,
des rédactions de plaintes réalisées. Des mesures sont prises pour une meilleure orientation
des victimes vers les structures judiciaires et pour mieux coordonner les actions, des contacts
avec les officiers de police judiciaire ont été établis. Avec les contributions de certaines ONG
et réseaux comme la plateforme des femmes du G5 Sahel, Avocats sans frontière, PWA
Sénégal, REPSFECO et WANEP, les droits des femmes (y compris sexuels et génésiques), les
formes et les conséquences de l’exploitation et des abus sexuels ont été mis en lumière à
travers des sessions de formations et de sensibilisation au profit des populations en général
et des différents acteurs en particulier.
Le secteur éducatif (Universités et écoles), le monde du travail, les FDS, les collectivités
territoriales, les communautés, les organisations religieuses, etc. ont été pris pour cibles
d’intervention. A titre illustratif, on peut mentionner le programme de lutte contre les
grossesses et les mariages chez les adolescentes au Togo, le projet pilote de PWA Sénégal pour
la rédaction de la violence par une méthode inclusive et participative dans les communes et à
l’échelle départementale, le programme de protection des droits des filles migrants
travailleurs domestiques, pour un travail décent et la lutte contre les abus sexuels au Sénégal
et en Gambie piloté par le REPSFECO. Peuvent être également cités la formation en genre des
bataillons de la force conjointe du G5 Sahel et le forum sur le harcèlement au Cabo Verde, la
24
formation des partenaires de mise en œuvre sur la protection contre l'exploitation et les abus
sexuels par l’UNFPA-Sénégal et l’introduction dans les conditions générales de partenariat de
la clause prenant en compte les aspects de protection contre l'exploitation et les abus sexuels.
Des stratégies internes de lutte contre les abus et exploitation sexuels qui incluent la mise en
place de cours obligatoires sur la thématique sont élaborées et appliquées par certaines
institutions onusiennes à l’exemple du HCR. Le HCDH a soutenu avec des partenaires la
création d'un groupe de travail régional en Afrique de l'Ouest et l’appui de l’ONU FEMMES
pour l’accès à des services holistiques prend également en compte ce huitième volet de la
Résolution 1325 (2000).
2.8.2. Progrès et résultats
Bien qu’il reste des efforts à fournir, les textes juridiques traitant de la question de
l’exploitation et abus sexuels sont largement diffusés et connus. Il y a aussi, une meilleure
compréhension des VBG par les populations. Une prise de conscience émerge, la non-
dénonciation s’effrite progressivement et les sanctions pénales sont de plus en plus
prononcées contre les auteurs. Au Nigeria, davantage de jeunes hommes se mobilisent pour
protéger les femmes et les jeunes filles contre les agresseurs.
Les pays disposent de cadres juridiques sur les VBG de mieux en mieux renforcés ainsi que de
structures d’écoute, de conseils et de prise en charge des victimes des VBG. Les curricula et
outils de formation sur les VBG sont élaborés et dans la plupart de pays on note la présence
des parajuristes qui jouent un rôle très capital tout comme les "champions du genre" en Côte
d’Ivoire institués au niveau communautaire pour signaler rapidement les cas de violence
sexuelle et sexiste. Il existe par ailleurs, des politiques de sauvegarde et de protection qui
engagent l’ensemble des acteurs contre toutes formes d’exploitation et d’abus sexuels.
Le HCR mentionne la prise en compte intégrale des questions de l’exploitations et des abus
sexuels dans la programmation régionale et la mise à disposition d’opportunités de
renforcement de capacités aux pays couverts ayant favorisé une prise de conscience de
l’importance de prévenir les exploitations et abus sexuels soutenue par le renforcement des
mécanismes de réponses aux cas y afférents. L’institutionnalisation de la campagne annuelle
des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et toutes les VBG a aussi
contribué à la prévention et lutte contre l'exploitation et les abus sexuels.
2.9. La participation significative des femmes au
processus électoral et politique
2.9.1. Actions spécifiques entreprises
Plusieurs pays ont procédé à l’amélioration de leur cadre juridique électoral en y introduisant
non seulement des lois soit sur le quota (Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Gambie,
Liberia, Mali, Mauritanie, Niger et Sierra Leone), soit sur la parité (Cabo Verde, Guinée et
Sénégal), mais également des dispositions de mesures temporaires spéciales dans leurs codes
électoraux (Togo avec le principe de parité et la diminution du montant de la caution).
25
Pays ayant mis en place ou pas une loi spécifique sur le quota ou la parité
Pays Quota Parité
Oui Non Oui Non
Bénin
Burkina Faso X
Cap Vert X
Gambie
Ghana
Guinée X
Guinée Bissau x
Liberia x
Mauritanie X
Nigeria X
Sénégal X
Togo
Source: Monographies produites par UNOWAS en collaboration avec le Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix
et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Les OSC sont actives sur le terrain pour apporter leur contribution à la promotion des droits
politiques de la femme avec parfois des requêtes pour l’inscription de ces mesures
temporaires dans la loi fondamentale comme c’est le cas en Sierra Leone avec le MARWOPNET
et ses partenaires. Des Plaidoyers (y compris, de haut niveau) pour la promotion de la
participation des femmes et des jeunes dans les processus politiques et de paix ont été menés
par le GTFJPS-AOS au Benin, au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire, au Cabo Verde, en Gambie, au
Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger et au Togo. WANEP pour sa part, a
procédé au renforcement des capacités des femmes parlementaires en matière de paix et de
sécurité et mis en œuvre le Programmes de mentorat et d'accompagnement pour les femmes
politiques et parlementaires.
Des stratégies et politiques, y compris des programmes intégrés d’autonomisation sont mises
en place pour améliorer la participation des femmes au processus électoral et politique. Des
campagnes de sensibilisation et de plaidoyer sont organisées pour mobiliser les femmes en
vue de leur inscription sur les listes électorales en tant que candidates et électrices. Elles
bénéficient assez souvent des formations en techniques électorales, en observation électorale
et en monitoring des violences électorales. Beaucoup de structures ont été très actives en ce
sens et il existe une tendance généralisée dans la mise en place de mécanismes de veille
électorale pour surveiller la violence avant, pendant et après les élections et s’assurer de la
tenue d’élections pacifiques. Pour ce faire, des femmes éminentes sont identifiées et formées
26
pour servir de médiatrices et faciliter le dialogue entre les principaux acteurs du processus
électoral, contribuant ainsi à faire fonctionner les systèmes d’alerte précoce et de réponse
rapide durant chaque élection.
Toujours dans l’esprit de promouvoir la participation significative des femmes, le HCR a mis à
jour la politique Age Genre Diversité avec une mention de la parité comme obligatoire et mené
des plaidoyers auprès des Etats pour la prise en compte de la population féminine dans les
instances de prise de décision et communautaires tout en veillant au renforcement du
leadership des femmes et des jeunes filles.
Le positionnement des femmes sur les listes de candidature des partis politiques a été la cible
de plaidoyer pour le HCDH en Guinée qui y a aussi appuyé le processus d’élaboration de la loi
instituant la parité entre les hommes et les femmes pour l’accès aux mandats électoraux et
aux fonctions électives dans les institutions publiques et du Code civil rétablissant l’égalité de
droits entre les hommes et femmes dans l’espace civils et civique.
Représentation de femmes dans les fonctions électives
Pays Fonctions électives
Collectivités locales (%) Parlement (%)
Bénin 4,4 8,4
Burkina Faso 12,7 16,6
Cap Vert 26,3 23,6
Gambie 6,2 2,3
Ghana 17,0 12,7
Guinée 22,0
Guinée Bissau 13,7
Liberia 12,3
Nigeria 5,6 7,0
Mauritanie 35,01 1,09
Sénégal 47,2 42,4
Togo 12, 7 16,5
Source: Monographies produites par UNOWAS en collaboration avec le Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix
et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel..
1
Il s’agit des statistiques de la mandature 2013-2018, avec un total de 1 317 femmes sur un total 3 722 conseillers
municipaux.
27
Il faut également relever que les organisations sous-régionales nouent des partenariats pour
mieux adresser cette problématique. C’est l’exemple de l’Unité d’Assistance électorale des
Nations Unies, d’UNOWAS et de la CEDEAO qui se sont mises ensemble dans le cadre de
l’assistance électorale afin de dérouler un programme de renforcement des capacités en
genre et élection suivant l’approche bridge. La CEDEAO a en outre adopte ses cadre et plan
d’action sur genre et élection. Beaucoup de sessions de renforcement de capacités ont été
tenues sur cet aspect auquel s’ajoutent des facilitations pour la production de rapports
d’analyse genre des processus électoraux dont les résultats sont intégrés dans le rapport du
SG de l’ONU produit par UNOWAS. Des groupes de femmes et de jeunes bénéficient aussi
assez souvent d’appuis, notamment d’UNOWAS, pour la mise en place et la gestion de
mécanismes de monitoring de la violence électorale, d’alerte précoce et de réponse rapide
dans chacun des pays organisant des élections.
2.9.2. Progrès et résultats
La sous-région dispose d’un cadre de la CEDEAO et d’un plan d’action sur « Gendre et Election
», de même que de rapports d’analyse genre des élections. Plusieurs femmes et jeunes sont
formés dans plusieurs domaines liés aux élections : gestion des élections, campagnes,
intégration du genre, formation civique, observation, alerte précoce, réponse rapide, etc. Des
mécanismes de monitoring électoral sont systématiquement mise en place dans les pays
organisant des élections. Un quota minimum de 30% aux postes électifs et de direction est
institué dans la plupart des pays, sauf en Mauritanie où ce taux est de 20% mais pour les
postes électifs et nominatifs ; et au Benin, Ghana et Nigeria qui n’ont pas encore adopté une
telle loi. Trois pays (Cabo Verde, Guinée et Sénégal) de la région ont pour leur part opté pour
la parité. De plus en plus de femmes s’intéressent à la politique et l’Afrique de l’Ouest se
félicite non seulement de l’augmentation de l’effectif des femmes en tant que candidates aux
différentes élections mais aussi leur présence effective à des postes électifs et nominatifs et
surtout leur émergence à des postes stratégiques. L’espace CEDEAO, en effet, a connu une
présidente de la République au Libéria, une femme à la tête du Parlement de la Gambie, au
Togo les femmes sont actuellement à la tête du gouvernement et de l’Assemblée Nationale
avec plus de 33% de femmes ministres, des femmes sont cheffes des institutions stratégiques
comme celles chargées de la réconciliation, de la justice et de la vérité, et des femmes sont à
la tête des organes chargés d’organiser des élections, notamment au Liberia.
Comme résultats, l’on note également avec le HCR, une prise en compte intégrale des
questions de l’exploitation et des abus sexuels dans la programmation régionale et une
meilleure implication des associations de femmes dans les affaires communautaires au Mali,
Burkina-Faso et au Tchad.
2.10. Participation significative des femmes à la prévention
et à la lutte contre l'extrémisme violent conduisant
au terrorisme
2.10.1. Actions spécifiques entreprises
L’extrémisme violent qui constitue une nouvelle forme d’expression identitaire en Afrique de
l’Ouest et au Sahel, inquiète par son exacerbation durant ces dernières années. La prise en
compte de ce phénomène par la R. 1325 (2000) a donné lieu à diverses actions réunissant les
28
efforts combinés des gouvernements, des OSC et des partenaires technique et financier de la
sous-région en vue d’œuvrer, dans l’inclusion des femmes et des jeunes, aux processus de
paix et de stabilisation de la région. A cet effet, le renforcement des capacités institutionnelles
et humaines a été au cœur des préoccupations des pays et organisations pour une
participation significative des femmes à la prévention et à la lutte contre l'extrémisme violent
conduisant au terrorisme.
Amener les populations à se rendre compte des effets néfastes de l’extrémisme violent, de la
nécessité de contribuer de manière inclusive à son élimination sous toutes les formes a suscité
de s’investir fortement et davantage dans la sensibilisation et le renforcement des capacités.
On peut mentionner entre autres l’organisation des rencontres internationales comme le
colloque du Burkina Faso sur le « processus de réconciliation nationale et de cohésion sociale
dans un contexte de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme : rôle des femmes
leaders », la célébration des journées dédiées aux femmes autour de la thématique. On peut
mentionner également les sessions de dialogues et de campagnes de sensibilisation des
femmes et des jeunes sur le risque de l’enrôlement par les réseaux extrémistes et la lutte
contre l’émigration irrégulière au Sénégal, sur le rôle des femmes dans la Réforme du Secteur
de Sécurité et la lutte contre le terrorisme au Mali,
En Mauritanie l’Etat à recentrer la formation et l’éducation des jeunes sur les valeurs de
l’islam: la culture du civisme, de la tolérance, des valeurs de la démocratie et de la citoyenneté.
Plusieurs lois ont été votées dans ce sens pour conforter sa participation à la vie politique et
sociale du pays, et par là même de prévenir et de lutter contre l’extrémisme. Conjointement
avec l’UNESCO, l’UNODC a soumis une proposition de projet au Fonds pour la consolidation
de la paix (PBF) visant à prévenir l'extrémisme violent à travers le renforcement du leadership
des femmes à Nouakchott et dans les zones frontalières à risque. Sous l’égide de ONU
FEMMES, le REPSFECO Régional a mis en œuvre un important programme de prévention de
l’extrémisme violent et de lutte contre le terrorisme avec comme touche la participation des
femmes et des jeunes dans la prévention et la recherche de la paix.
Dans certains pays comme le Togo, il a été mis en place des comités interministériels de
prévention et de lutte contre l’extrémisme violent qui mènent des réflexions approfondies sur
le phénomène et sa prévention. Le niveau communautaire et les zones frontalières à risques
sont souvent pris pour cible d’action ou d’intervention avec la mise en place des structures
décentralisées ou déconcentrées comme des comités, des cellules, des clubs comme ceux
chargés par exemple de veille contre les violences, de paix et d’éducation des paires sur la
thématique et des groupes d'initiative de la paix constitués de gangs violents à risque. WANEP,
par exemple, a procédé à la révision de sa plateforme NEWS pour y inclure des indicateurs de
lutte contre l'extrémisme violent.
Plusieurs pays, à l’instar du Nigeria ont veillé à intégrer le genre et les femmes dans leur
programme national de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent conduisant au
terrorisme.
L’ONU FEMMES Régional pour sa part, a appuyé le plaidoyer pour l’inclusion du genre dans
les normes et politiques des NU sur l’extrémisme violent. Le HCR apporte son soutien aux
associations et regroupements de femmes militant pour la paix et mène des plaidoyers pour
l’implication des femmes dans la mise en œuvre des accords de paix au Mali avec un accent
sur la mobilisation des femmes pour la sensibilisation au respect de la dignité humaine et au
29
maintien de la stabilité sociale. Avec UNOWAS, des rencontres/conférences régionales et
internationales sont organisées sur l’implication des femmes dans les programmes de
prévention de l’extrémisme violent conduisant au terrorisme. Enfin, dans le cadre la Stratégie
des Nations Unies pour le Sahel, UNOWAS, ONU FEMMES, l’Union Africain et le Secrétariat
permanent du G5 Sahel ont développé un partenariat ayant abouti à la mise en place de la
plateforme des femmes du G5 Sahel et d’une unité Genre au sein du Secrétariat permanent
du G5 Sahel, au renforcement des capacités des femmes parlementaires de l’espace G5 Sahel,
en collaboration avec Femmes Africa Solidarité.
2.10.2. Progrès et résultats
L’Afrique de l’Ouest possède désormais des cadres définis pour la participation significative
des femmes à l’instar du cadre de la CEDEAO pour la mise en œuvre de la dimension de genre
de la Déclaration de Lomé sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et
l'extrémisme violent, et de l’Appel à l’action de Dakar pour une implication des femmes dans
la prévention de l’extrémisme violent conduisant au terrorisme. On note une volonté de plus
en plus affirmée des États à éliminer l’extrémisme violent en conjuguant avec les femmes. Des
pays comme le Nigeria et le Burkina-Faso ont développé et mis en œuvre des projets ciblant
des femmes dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent conduisant au
terrorisme. Des recherches sur le genre et extrémisme violent et des stratégies de prévention
et de lutte contre le phénomène s’intensifient. Avec le HCR, on enregistre de plus en plus de
présence des femmes dans les plateformes de coordination de réponses au terrorisme et une
multiplication des initiatives féminines pour la stabilisation. On assiste à un éveil des
consciences des populations de s’impliquer activement dans le combat contre la radicalisation
et l'extrémisme.
2.11. Protection des femmes et des filles
2.11.1. Actions spécifiques entreprises
Pour œuvrer à la protection des femmes et des filles, les Etats ont beaucoup plus opté pour le
renforcement de leur cadre juridique ou légal. Aussi, des politiques, stratégies et mécanismes
ont-ils été mis en place pour traduire dans les faits ces mesures juridiques prises. La
contribution de la société civile à l’adoption et à la vulgarisation des textes ainsi qu’à la mise
en œuvre des activités touchant ce onzième domaine d’intervention de la Résolution 1325
(2000) a été très significative.
En effet, la protection des femmes et des filles bénéficie d’un arsenal juridique composé de
plusieurs textes tels que les lois sur les violences faites aux femmes et aux filles, les lois sur la
violence domestique et les infractions sexuelles, les lois sur la traite des êtres humains, les lois
sur la protection et le bien-être des enfants, les lois sur le harcèlement sexuel et les mutilations
génitales féminins. Le code des personnes et de la famille, le code pénal, le code de l’enfant,
etc. de chaque pays sont adopté ou révisé en tenant compte de ce volet de protection. De
plus, tous les pays se sont efforcés d’harmoniser leur législation à celle international à laquelle
chacun est partie. Chaque pays dispose également d’une politique genre prenant évidemment
en compte ce volet et des efforts sont fournis pour veiller à la prise en compte du genre dans
les projets et programmes.
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  • 1. Octobre 2020 20 ANS DE MISE EN ŒUVRE DE LA RÉSOLUTION 1325 (2000) DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES (CSNU) SUR LES FEMMES, LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE DE L'OUEST ET AU SAHEL Evaluation et analyse d'impact
  • 2. 1 Avant-propos (Allocution d’ouverture de la commémoration des 20 ans de la Résolution 1325 (2000), Accra, le 28 octobre 2020) C'est un plaisir pour moi de me joindre à vous pour commémorer le 20e anniversaire de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Je voudrais commencer par vous renouveler, à vous et à vos proches, l'entière solidarité des Nations unies durant cette pandémie de COVID-19. Cette pandémie ne met pas seulement à l'épreuve les systèmes de santé mondiaux, mais elle remet également en cause notre engagement en faveur de l'égalité et de la dignité humaine. Malgré ce sombre tableau qui touche toutes les couches sociales, les femmes et les groupes de jeunes de la région ont souligné la faible représentation des femmes dans les comités de riposte au COVID-19 au niveau national. Alors que nous marquons le 20eme anniversaire de cette résolution historique et que nous préparons l'avenir, il est essentiel de poursuivre nos partenariats avec les femmes leaders, qui poursuivent leur travail de transformation. La participation significative des femmes est essentielle pour aider à désamorcer les conflits, à les prévenir et à promouvoir une paix durable et inclusive. Pour que les femmes participent véritablement aux processus de paix, il faut qu'elles puissent participer à toutes les étapes de ces processus. Les femmes d'Afrique de l'Ouest et du Sahel sont déjà à la tête des efforts communautaires visant à prévenir et à atténuer les conflits et à construire la paix. Elles doivent donc pouvoir apporter cette expertise et être en mesure de participer pleinement et sur un pied d'égalité dans tous les espaces. Cela inclut en tant qu'électrices, membres de la communauté, candidates, leaders de la société civile, figures religieuses, parlementaires et autres. Cela ne signifie pas seulement qu'il faut augmenter le nombre de femmes représentantes. Cela signifie également qu'il faut veiller à ce que l'égalité des sexes soit envisagée sous l'angle des droits et que la justice pour les femmes soit appliquée dans tous les processus politiques et de paix. Comme nous le savons tous, lorsque la participation, les droits et les intérêts des femmes sont au centre de la planification et du suivi des processus de paix et de la politique, tout change. De nouvelles perspectives sont mises sur la table, de nouvelles circonscriptions sont engagées et les solutions sont plus holistiques, plus équitables et plus durables. Avant cette commémoration, nous avons joint nos efforts à ceux de la CEDEAO pour mener une évaluation d'impact qui a montré qu'au cours des 20 dernières années de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, d'immenses réalisations et progrès ont été réalisés. Les États et les gouvernements de la sous-région, les organisations de la société civile, le monde universitaire, les centres de formation, les associations et réseaux de femmes et les organisations régionales (CEDEAO, UFM et le G5 Sahel), soutenus et accompagnés par le système des Nations Unies, les organisations non gouvernementales internationales et d'autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, ont travaillé à la mise en place de structures, ainsi que de cadres institutionnels, normatifs, juridiques et politiques. Surtout, des lois, des mécanismes et des stratégies ont été adoptés pour protéger les femmes et les filles et promouvoir leur participation à la prévention des conflits, aux processus politiques (lois sur les quotas et la parité) et aux processus de médiation et de négociation de la paix.
  • 3. 2 Malgré les progrès réalisés dans certains domaines, les faits sur le terrain montrent que nous avons encore un long chemin à parcourir. La participation des femmes aux processus de paix officiels reste extrêmement limitée. Le Conseil sur les Relations Extérieures a publié des données soulignant qu'entre 1990 et 2019, les femmes dans le monde entier ne représentaient que 2 % des médiateurs, 8 % des négociateurs et 5 % des témoins et des signataires dans tous les grands processus de paix. Les conflits violents continuent cependant d'avoir un effet dévastateur sur les femmes et les filles. Les Nations unies ont recensé plus de 800 cas de violences sexuelles liées aux conflits en 2017. Les femmes défenseurs des droits de l'homme, les dirigeants politiques, les journalistes et les militants, qui jouent un rôle important dans la lutte contre les causes profondes des conflits, restent la cible des fauteurs de troubles. La marginalisation des femmes, le manque d'accès aux services de base tels que la santé et l'éducation, ainsi que l'affaiblissement économique continuent d'être à la fois une cause et un effet des conflits violents dans la région et dans le monde. L'évidence du lien entre l'égalité des sexes et la paix a été récemment mise en évidence une fois de plus dans l'étude conjointe des Nations unies et de la Banque mondiale "Pathways for Peace". L'argument est non seulement convaincant, mais aussi bien connu. Nous plaçons donc l'importance stratégique de l'égalité des sexes pour la paix et la stabilité dans la région au cœur de nos partenariats avec les organisations régionales. Récemment, le Secrétaire général Antonio Guterres a souligné ce fait : "Il y a un écart important entre ce que nous disons et ce que nous faisons. Chaque année, nous prenons des engagements louables - mais ils ne sont pas soutenus par le soutien financier et politique nécessaire. Nous répétons les statistiques sur la durabilité des processus de paix inclusifs - mais ce n'est pas ainsi que nous arbitrons la plupart des conflits. Nous louons l'influence positive des femmes qui construisent la paix, mais nous leur accordons peu de place pour participer. Nous comptons beaucoup sur les organisations de femmes - mais nous ne les finançons pas suffisamment. Nous reconnaissons l'importance de l'analyse de genre - mais nous réduisons les budgets pour cette expertise". Utilisons la célébration d'aujourd'hui comme le début d'une nouvelle journée pour orienter nos actions vers un impact concret. Nous devons soutenir nos actions avec le soutien financier et politique nécessaire ; permettre des méthodes de médiation plus efficaces, effectives et intégrées ; donner plus de place à la participation des femmes et des jeunes ; et fournir des fonds adéquats aux organisations de femmes et à l'expertise en matière de genre dans la région. Pour ce faire et pour faire progresser le développement et la paix durables, des stratégies clés (désormais bien connues de tous) sont nécessaires, notamment : la parité des sexes ; l'inclusion par la promotion d'une participation significative des femmes pour parvenir à une paix durable ; une approche de la paix et de la sécurité fondée sur le genre grâce au soutien des groupes locaux de femmes qui négocient l'accès humanitaire et contribuent à accroître la résilience au niveau communautaire dans les processus de consolidation de la paix ; le financement du programme sur les femmes, les jeunes, la paix et la sécurité ; et, enfin, l'inclusion de l'analyse de genre dans tous les documents et rapports décisionnels pertinents. Ensemble, nous devons travailler pour investir dans l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, non seulement comme des fins en soi, mais aussi comme un moyen essentiel d'atteindre notre objectif global de prévention des conflits et de construction de la paix et de la prospérité dans la région.
  • 4. 3 En partenariat avec la CEDEAO, les Nations unies continueront à soutenir notre engagement à donner la priorité à la protection et à la promotion des droits et des libertés des femmes et des filles dans la sous-région. Je voudrais conclure par une citation du Secrétaire général des Nations Unies, M. Guterres, qui a récemment déclaré : "Nous ne pourrons jamais relever efficacement les défis mondiaux complexes tels que le changement climatique, les inégalités et les conflits sans l'expertise de la moitié de notre population. La contribution des femmes est essentielle pour créer des sociétés résistantes et pacifiques sur une planète saine". En ce sens, le présent rapport constitue une des références qui pourrait aider à réorienter les interventions en vue d’accélérer la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) relative aux femmes, à la paix et à la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Mohamed Ibn CHAMBAS
  • 5. 4 Sommaire AVANT-PROPOS ...............................................................................................................................................1 SOMMAIRE ......................................................................................................................................................4 ACRONYMES ET ABREVIATIONS .......................................................................................................................6 RESUME ...........................................................................................................................................................7 INTRODUCTION................................................................................................................................................8 I. CADRE DE L’EVALUATION ........................................................................................................................9 1.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’EVALUATION................................................................................................. 9 1.2. BUT ET PORTEE DE L’EVALUATION ................................................................................................................ 11 1.3. METHODOLOGIE D’EVALUATION.................................................................................................................. 11 1.4. DESTINATAIRES DE L’EVALUATION ................................................................................................................ 12 1.5. LIMITES DE L’EVALUATION .......................................................................................................................... 12 1.6. MATRICE D’EVALUATION............................................................................................................................ 12 II. PRINCIPALES REALISATIONS EN AFRIQUE DE L’OUEST (RESULTATS ATTEINTS DANS LES 12 DOMAINES CONCERNES PAR L’EVALUATION)................................................................................................................... 13 2.1. PREVENTION DES CONFLITS ET ALERTE PRECOCE .............................................................................................. 13 2.1.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 13 2.1.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 15 2.2. RETABLISSEMENT ET CONSOLIDATION DE LA PAIX............................................................................................. 16 2.2.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 16 2.2.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 17 2.3. OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX........................................................................................................... 18 2.3.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 18 2.3.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 18 2.4. REPONSE HUMANITAIRE............................................................................................................................. 19 2.4.1. Actions spécifiques entreprises................................................................................................... 19 2.4.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 19 2.5. RECONSTRUCTION ET REHABILITATION POST-CONFLIT....................................................................................... 20 2.5.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 20 2.5.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 20 2.6. DESARMEMENT, DEMOBILISATION ET REINTEGRATION ..................................................................................... 20 2.6.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 20 2.6.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 21 2.7. PREVENIR ET REPONDRE A LA VIOLENCE SEXISTE DANS LES CONFLITS ARMES.......................................................... 21 2.7.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 21 2.7.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 22 2.8. PREVENTION ET LUTTE CONTRE L'EXPLOITATION ET LES ABUS SEXUELS ................................................................. 23 2.8.1. Actions spécifiques entreprises ................................................................................................... 23 2.8.2. Progrès et résultats..................................................................................................................... 24 2.9. LA PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AU PROCESSUS ELECTORAL ET POLITIQUE ......................................... 24 2.10. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES A LA PREVENTION ET A LA LUTTE CONTRE L'EXTREMISME VIOLENT CONDUISANT AU TERRORISME..................................................................................................................................................... 27 2.11. PROTECTION DES FEMMES ET DES FILLES........................................................................................................ 29 2.12. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AUX FORCES DE DEFENSES ET DE SECURITE ET A LA REFORME DU SECTEUR DE LA SECURITE ......................................................................................................................................................... 31 III. PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE L’EXECUTION DE LA R. 1325 (2000) EN AFRIQUE DE L’OUEST ET AU SAHEL ............................................................................................................................... 32
  • 6. 5 3.1. APPRECIATION DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA R. 1325 (2000)........................................................................... 32 3.1.1. Cohérence des actions développées............................................................................................ 32 3.1.2. Pertinence des actions développées ........................................................................................... 32 3.1.3. Efficacité ..................................................................................................................................... 32 3.1.4. Efficience..................................................................................................................................... 33 3.1.5. Viabilité des actions développées ............................................................................................... 34 3.2. IMPACTS DES ACTIONS DEVELOPPEES, CONTRAINTES ET DEFIS ............................................................................ 35 3.2.1. Effets et impact des actions développées ................................................................................... 35 3.2.2. Contraintes et défis..................................................................................................................... 35 3.2.3. Durabilité .................................................................................................................................... 36 IV. CONCLUSION ......................................................................................................................................... 36 V. LEÇONS TIREES ET BONNES PRATIQUES................................................................................................. 37 5.1. PREVENTION DES CONFLITS ET ALERTE PRECOCE .............................................................................................. 37 5.2. RETABLISSEMENT ET CONSOLIDATION DE LA PAIX............................................................................................. 38 5.3. OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX........................................................................................................... 39 5.4. RÉPONSE HUMANITAIRE............................................................................................................................. 40 5.5. RECONSTRUCTION ET REHABILITATION POST-CONFLIT....................................................................................... 40 5.6. DÉSARMEMENT, DÉMOBILISATION ET RÉINTÉGRATION ..................................................................................... 40 5.7. PREVENIR ET REPONDRE A LA VIOLENCE SEXISTE DANS LES CONFLITS ARMES.......................................................... 40 5.8. PREVENTION ET LUTTE CONTRE L'EXPLOITATION ET LES ABUS SEXUELS ................................................................. 41 5.9. LA PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AU PROCESSUS ELECTORAL ET POLITIQUE ......................................... 42 5.10. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES A LA PREVENTION ET A LA LUTTE CONTRE L'EXTREMISME VIOLENT CONDUISANT AU TERRORISME..................................................................................................................................................... 43 5.11. PROTECTION DES FEMMES ET DES FILLES........................................................................................................ 43 5.12. PARTICIPATION SIGNIFICATIVE DES FEMMES AUX FORCES DE DEFENSES ET DE SECURITE ET A LA REFORME DU SECTEUR DE LA SECURITE ......................................................................................................................................................... 44 VI. RECOMMANDATIONS............................................................................................................................ 44 À l’endroit des Gouvernements des Pays de la région................................................................................... 44 À l’endroit des OSC........................................................................................................................................ 45 À l’endroit des réseaux régionaux de femmes et de jeunes pour la paix (REPSFECO, REFMAP, Plateforme des femmes du G5 Sahel, Forum S-G-GB et ROAJELF) ......................................................................................... 45 À l’endroit des Organisations régionales....................................................................................................... 45 À l’endroit des Nations Unies et autres PTF .................................................................................................. 46 VII. ELEMENTS A CONSIDERER POUR ACCELERER LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESOLUTION 1325 (2000)....... 46 7.1. COHERENCE ET COORDINATION ................................................................................................................... 46 7.2. RESPONSABILITE....................................................................................................................................... 46 7.3. GESTION AXEE SUR LES RESULTATS ............................................................................................................... 47 7.4. SUIVI, EVALUATION ET RAPPORTS................................................................................................................. 47 7.5. RENFORCEMENT DES CAPACITES .................................................................................................................. 47 7.6. ALLOCATION DES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIERES ................................................................................ 48 7.7. EGALITE ENTRE LES SEXES ........................................................................................................................... 48 ANNEXE: QUESTIONNAIRE D’EVALUATION .................................................................................................... 49
  • 7. 6 Acronymes et abréviations CADHP/DF : Charte africaine des droits de l'homme et des peuples sur les droits de la femme en Afrique. UA : Union africaine CEDEF : Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes OSC : Organisations de la société civile DDR : Désarmement, Démobilisation et Réintégration ECOWARN : Réseau d'alerte et de réponse de la CEDEAO CEDEAO : Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest VBG : Violence basée sur le genre GSSNT : Groupe de travail national sur le genre et le secteur de la sécurité (au Liberia) FemWise : Réseau des femmes africaines pour la prévention et la médiation des conflits UFM : Union du Fleuve Mano REFMAP : Réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix REPSFECO : Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’espace CEDEAO ROAJELF : Réseau Ouest Africain des Jeunes Femmes Leaders FDS : Forces de Défense et de Sécurité SDS : Service de Défense et de Sécurité F S-G-GB : Forum Sénégal - Gambie - Guinée-Bissau RSS : Réforme du Secteur de la Sécurité PTF : Partenaires techniques et financiers PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement FNUAP : Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance UNOWAS : Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel RCSNU : Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies WANEP : Réseau d'Afrique de l'Ouest pour la consolidation de la paix GTFJPS-AOS : Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel
  • 8. 7 Résumé La Résolution 1325 adoptée en l’an 2000 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) a déclaré que les femmes comptent pour la paix. La célébration mondiale du 20ème anniversaire de la Résolution 1325 (2000) du CSNU en octobre de cette année permet de faire une évaluation de sa mise en œuvre dans toutes les régions. Aussi, l’UNOWAS, la CEDEAO et leurs partenaires ont-ils jugé nécessaire de procéder au recueil des données et informations pour partager la contribution de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel à l'évaluation mondiale de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000). L’évaluation a suivi trois étapes : la première concernait la collecte et l’analyse des informations, en termes de progrès réalisés, résultats atteints, enseignements tirés, bonnes pratiques, lacunes et défis, sur la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du CSNU, dans douze domaines en lien avec les trois piliers de la Résolution 1325 (2000). La seconde, couvrait l’appréciation des capacités des États et des organisations permettant de formuler des suggestions en vue d’améliorer et d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la Résolution 1325 (2000) du CSNU. Enfin, la troisième étape, s’intéressait aux réflexions sur les mesures supplémentaires à prendre pour accélérer et renforcer la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du CSNU. Les réalisations durant les vingt (20) années sont immenses. Les États et Gouvernements de la sous-région, les Organisations de la société civile, le monde académique, les Centres de formations, les Associations et réseaux de femmes, les Organisations régionales (la CEDEAO, l’UFM et le G5 Sahel), soutenus par le Système des Nations Unies, les Organisations internationales non-gouvernementales et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux ont œuvré pour la mise en place de structures, cadres institutionnels, normatifs, juridiques et politiques. Retenons que des lois, mécanismes et stratégies ont été adoptés et mis en place pour protéger les femmes et les filles, promouvoir leur participation à la prévention des conflits, aux processus politiques (lois sur les quotas et la parité) et aux processus de médiation et négociation de la paix. Diverses activités de renforcement de capacités, de sensibilisation, de partage d’information, de bonnes pratiques et de capitalisation ont également permis de mener des actions de grande envergure, aussi bien au niveau des capitales que dans les localités reculées, à l’intérieur des pays de la sous-région. Dans l’ensemble, la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) dans les États de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel a permis d’obtenir des résultats encourageants. Le caractère multidimensionnel de nombre d’activités et les partenariats établis entre acteurs d’un côté et entre acteurs et partenaires techniques et financiers de l’autre, ont favorisé l’avancée de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité. Cependant, force est de constater que la faible mobilisation de ressources et une quasi- absence d’allocation des ressources étatiques pour appuyer l’exécution des plans d’action nationaux adoptés, est un problème récurrent. L’évaluation a recensé plusieurs recommandations de la part des différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) avec pour objectif d’améliorer les prestations à venir. Parmi ces acteurs, on peut citer : des acteurs nationaux, notamment les gouvernements et les OSC, des réseaux régionaux de femmes pour la paix, des Organisations régionales et du Système des Nations Unies et autres partenaires. Pour atteindre de meilleurs horizons, et ce, de manière accélérée, un certain nombre de dispositions méritent d’être observées à tous les niveaux.
  • 9. 8 Introduction Le contexte actuel de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel demeure préoccupant car marqué par La pandémie de COVID-19 qui sévit dans le monde entier, a engendré des l inégalités supplémentaires, notamment les femmes qui deviennent plus vulnérables car elles sont exposées à des risques encore plus grands, comme l'augmentation du nombre de cas de violence domestique signalés, du chômage et de l'extrême pauvreté. Les inégalités sociales, la pauvreté, l'absence de services de base tels que les soins de santé, l'eau potable portable, l'éducation et l'électricité, résultants des déficits de gouvernance, l'exclusion et la marginalisation de certains segments de la population, notamment les femmes et les jeunes, les niveaux élevés de chômage touchant particulièrement les jeunes, constituent des défis majeurs pour la stabilité de la sous-région. D'autres facteurs tels que les processus politiques émaillés de violences, notamment les élections, la corruption endémique, les violations systématiques des droits de l'homme dans un contexte d'impunité, l'insécurité causée par l'extrémisme violent, les conflits intercommunautaires et les réseaux criminels transnationaux ainsi que les conflits liés au changement climatique restent quelques-unes des principales menaces pour la paix et la stabilité dans la sous-région. Malgré ce sombre tableau qui touche toutes les couches sociales, les groupes de femmes et de jeunes de la région ont souligné la faible représentation des femmes dans les comités COVID-19 au niveau national et les retards possibles dans la mise en œuvre des plans d'action nationaux sur la Résolution 1325 (2000) en raison de mesures restrictives. Ceci constitue un paradoxe quand on sait que les femmes et les filles sont souvent les plus exposées, les plus vulnérables et constituent l’essentiel des victimes parce que supportant l’essentiel des responsabilités familiales et soumises directement aux sévices de toute sorte, viols, meurtres et autres formes de violences. Nonobstant les lois existantes et autres instruments internationaux et régionaux entérinés par la plupart des Etats en leur faveur, les femmes devaient se soumettre aux décisions des instances chargées de trouver les voies et moyens pour le règlement des conflits. Leur niveau de contribution, comme actrices pour la prévention des conflits ou comme partie à la gestion des opérations de paix et actions post-conflits demeure encore faible. Cet état de fait interpelle tous les acteurs, à l’heure où le monde entier s’organise pour commémorer les 20 années de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations Unies, à se mobiliser pour combler les insuffisances qui limitent la protection des femmes et des filles, l’intégration du genre dans les programmes et processus de paix, la contribution des femmes aux dispositifs de prévention et gestion des conflits, ainsi qu’aux processus politiques, de médiation et de négociation de paix et de développement de leurs pays.
  • 10. 9 I. Cadre de l’évaluation 1.1. Contexte et justification de l’évaluation La Résolution 1325 (2000) est, de nos jours, devenue de fait, un outil clé pour la reconnaissance et la prise en compte de la dimension genre dans les choix de politique des décideurs et la protection des femmes en particulier en situation de conflits. Ainsi, cet instrument, de haute portée préventive mais aussi outil de protection est devenu un instrument incontournable, pour avoir été consacrée, première Résolution des CSNU, qui reconnaît à la femme le droit d’être partie prenante, aussi bien à la prévention qu’à à la résolution des conflits armés. Comme tel, elle a ouvert la voie à d’autres résolutions qui s’inscrivent sur les mêmes objectifs. Pour une mise en œuvre efficace, à grande échelle de la Résolutions 1325 (2000), le CSNU s’est doté d’un Plan d’Action afin que chaque État puisse disposer d’un instrument qui lui permette, au travers la contribution des femmes, de participer activement, au renforcement des mécanismes nationaux et internationaux de gestion des conflits et de leurs retombées sur les couches sociales vulnérables. Dans ce sens, le CSNU a été suivi en cela par l’UA et les 192 Etats membres des NU ont été invités à traduire le plan en actions opérationnelles dans le cadre de Plan d’Action National (PAN). S’inscrivant dans cette même dynamique, et pour créer les conditions d’une meilleure articulation et focalisation des efforts sur les objectifs de la Résolution 1325 (2000) dans l’espace CEDEAO, un Plan d’Action Régional (PAR 2010-2014) a été adopté en septembre 2010 à Dakar, en marge des activités commémoratives du 10ème anniversaire de la Résolution 1325 (2000). À la suite de l’adoption dudit plan, tous les pays de la région ont été encouragés à adopter et à mettre en œuvre, un Plan d’Action National (PAN). A ce jour, quatorze (14) des quinze (15) pays de la CEDEAO ont adopté un PAN ; seul le Cabo Verde n’a pas achevé ce processus qu’il a entamé en 2018. Les Ministres en charge du Genre et de la promotion de la femme de l’espace CEDEAO ont renouvelé pour trois ans, en février 2017, à Abidjan, ce plan régional, à travers l’adoption de la composante Femmes, Paix et Sécurité du Cadre de la CEDEAO de Prévention des Conflits. Ces Ministres ont également adopté les Cadre et plan d’action sur « Genre et Élection ». En outre, la CEDEAO, à travers le CCDG, l’Union du Fleuve Mano et le G5 Sahel ont facilité la mise sur pied des réseaux régionaux d’organisations de femmes et de filles de la société civile chargées des questions de paix et de sécurité, respectivement : (i) le Réseau Paix et Sécurité des Femmes de l'espace CEDEAO (REPSFECO), (ii) le Réseau des Jeunes Filles Leaders (ROAJELF) de la CEDEAO, (iii) le Réseau des Femmes du Fleuve Mano pour la Paix (REFMAP) et (iv) la Plateforme des Femmes du G5 Sahel. La Région Ouest africaine, à travers UNOWAS, ONU-Femmes, le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), l’Union du Fleuve Mano (UFM) et leurs partenaires, et avec l’accompagnement du Département des Affaires politiques au siège des Nations Unies, ont mis en place, en 2007, des modalités et dispositifs favorisant l’implication des femmes au processus de prise de décision en matière de paix et de sécurité. Ce processus a débouché sur la mise en place, en avril 2009, du Groupe de Travail, Femmes, Paix et Sécurité, une plateforme
  • 11. 10 régionale et multi-acteurs chargée du suivi, d’échange et de coordination des actions des différents acteurs dans la sous-région. L'architecture de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations unies peut être résumée comme suit : 1. Au niveau régional, la CEDEAO a mis en place une Unité Femmes, Paix et Sécurité (FPS) sous la Division Sécurité Humaine et Société Civile qui travaille en tandem avec le Centre Genre et Développement de la CEDEAO et le Comité Consultatif FPS auprès du Commissaire aux Affaires Politiques, à la Paix et à la Sécurité. Le Comité consultatif est un outil supplémentaire spécifiquement destiné à intégrer le genre dans les activités du département couvrant tous les aspects de la paix et de la sécurité. L'existence de ces trois entités est une démonstration de l'engagement de la CEDEAO à intensifier ses actions pour mettre en œuvre la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations unies, les cadres normatifs connexes de la CEDEAO et le programme FPS en général. La CEDEAO, ainsi que l'UFM et le G5 Sahel disposent également de mécanismes pour la mise en œuvre du programme FPS. Leurs efforts sont soutenus par l'UNOWAS et les bureaux régionaux d'autres entités des Nations unies dans la région, en particulier dans le cadre du groupe de travail sur la FPS-WAS. Tous ces acteurs travaillent en étroite collaboration avec le réseau régional des femmes et de la société civile établi sur les initiatives de l'organisation régionale, notamment : REPSFECO, REFMAP, ROAJELF, Forum S-GB-G, la Plateforme des femmes du Sahel du G5, FemWise Afrique de l’Ouest. 2. Au niveau national, sous la coordination du Ministère de la Femme et du Genre, et avec l'appui des Bureaux FEMMES des Nations Unies et du Centre de Développement du Genre de la CEDEAO qui ont un mandat opérationnel, les OSC, les groupes de femmes et les représentants nationaux des réseaux de femmes pour la paix sont chargés de la mise en œuvre de la RCSNU 1325 (2000) sur le terrain. La célébration mondiale du 20eme anniversaire de la Résolution 1325 (2000) du CSNU en ce mois d’octobre appelle à une évaluation de sa mise en œuvre dans toutes les régions, comme l'a demandé le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. Ainsi, l’UNOWAS, la CEDEAO et leurs partenaires ont-ils jugé nécessaire de procéder au recueil des données et informations pour engager des discussions lors d'une session d'échanges thématiques en vue de préparer et de partager la contribution de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel à l'évaluation mondiale de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000). Les résultats de l’évaluation seront mis à profit pour accélérer la mise en œuvre de cette Résolution dans la région, notamment, à travers l’adoption de nouvelles approches par les gouvernements et les Organisations régionales, de même qu’un accompagnement adéquat des partenaires et autres parties prenantes.
  • 12. 11 1.2. But et portée de l’évaluation Le but de l’évaluation est d'examiner et d'évaluer l'impact de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) ; d'identifier les bonnes pratiques et les enseignements tirés, ainsi que les lacunes et les défis afin de développer des mécanismes et une stratégie qui soutiendront, renforceront et accéléreront la mise en œuvre du programme Femmes, Paix et Sécurité dans la région. Elle fait partie du processus de collecte des données pour préparer et partager la contribution de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel à l'évaluation globale de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) telle que demandé par le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. Les résultats de ce processus seront présentés lors de la prochaine célébration mondiale du 20eme anniversaire de la Résolution 1325 (2000). Spécifiquement, l’évaluation s’est appuyée sur les trois piliers de la Résolutions 1325 (2000) du CSNU, à savoir : Prévention – Participation – Protection, afin d’apprécier les actions spécifiques entreprises, les progrès et résultats, les enseignements tirés et bonnes pratiques, ainsi que les lacunes et défis. Au cours de cette dynamique d’évaluation, des informations ont été collectées sur la capacité à mettre en œuvre la Résolution 1325 (2000) du CSNU. Celle-ci est étroitement liée à la capacité de promouvoir efficacement l'égalité des sexes dans tous les domaines de travail, notamment par l'intégration de la dimension Genre ainsi que par des mesures ciblées visant à renforcer l'autonomie des femmes et des filles. Pour renforcer la capacité organisationnelle, il convient de prêter attention aux éléments suivants : cohérence et coordination, responsabilité, gestion axée sur les résultats, suivi, évaluation et rapports, renforcement des capacités, affectation des ressources et dotation en personnel. L’évaluation a enfin recueilli les réflexions sur les mesures supplémentaires à prendre pour accélérer et renforcer la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations Unies. 1.3. Méthodologie d’évaluation La méthodologie utilisée a été essentiellement fondée sur l’exploitation du questionnaire d’évaluation rempli par chacun des acteurs nationaux et régionaux. En pratique, l’évaluation a été organisée en deux étapes. La première essentiellement axée sur des évaluations pays et la deuxième sous forme de synthèse globale basée sur l’exploitation de l’ensemble de la documentation produite dans la période considérée. Par ailleurs, les documents produits et partagés par quelques acteurs régionaux de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) ont été exploités de même que la base de données mises en place comme source documentaire de l’essentiel des publications disponibles portant sur les initiatives de prévention, participation et protection prises en compte dans la période considérée. Pour l’essentiel, les précédents rapports d’évaluation (notamment l’évaluation de 2015) et documents disponibles ont été mis à profit pour l’élaboration du présent rapport régional.
  • 13. 12 1.4. Destinataires de l’évaluation Ce Rapport d’évaluation est destiné à toutes les parties prenantes en Afrique de l'Ouest et dans la région du Sahel, notamment : ✓ Les Organisations régionales : la CEDEAO, l’Union du Fleuve Mano et le G5 Sahel ; ✓ Les gouvernements et entités publiques concernées par la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du CSNU ; ✓ Les Organisations non gouvernementales, principalement : les Réseaux régionaux des femmes pour la paix, les ONG de femmes dans les pays, les OING dont le mandat couvre la Résolution 1325 (2000) ; ✓ Le monde académique et les Centres de formations ; ✓ Les partenaires bilatéraux et multilatéraux ; et les entités des Nations Unies. 1.5. Limites de l’évaluation La production de ce rapport, à partir de l’exploitation des contributions des différentes parties prenantes a été fortement dépendante de la qualité et de la quantité des données reçues. La pandémie du COVID-19 a servi de prétexte à quelques partenaires pour ne pas soumettre leurs données pour exploitation. Cependant, ce manquement n’entame en rien la substance de cette évaluation riche en informations et enseignements, mais aussi et surtout, exhaustive en termes de résultats, bonnes pratiques et leçons tirées, comparativement aux données recueillies en 2015, lors de la célébration des quinze (15) ans de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations Unies. 1.6. Matrice d’évaluation L’évaluation de l’impact des 20 années de mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) en Afrique de l’Ouest et au Sahel a suivi trois étapes Première étape : Collecte et ’analyse des informations, en termes de progrès réalisés, résultats atteints, enseignements tirés, bonnes pratiques, lacunes et défis, sur la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du CSNU, dans les douze domaines ci-dessous : 1. Prévention des conflits et alerte précoce 2. Rétablissement et consolidation de la paix 3. Les opérations de maintien de la paix 4. La réponse humanitaire 5. Reconstruction et réhabilitation post-conflit 6. Désarmement, démobilisation et réintégration 7. Prévenir et répondre à la violence sexiste dans les conflits armés 8. Prévention et lutte contre l'exploitation et les abus sexuels 9. La participation significative des femmes au processus électoral et politique 10. Participation significative des femmes à la prévention et à la lutte contre l'extrémisme violent conduisant au terrorisme 11. Création de partenariats 12. Plans d'action pour l'élaboration et la mise en œuvre de la Résolution 1325
  • 14. 13 Ensuite, l’appréciation des capacités des États et des Organisations permettant de formuler des suggestions en vue d’améliorer et d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1325 (2000) du CSNU, spécifiquement : (i) la capacité de promouvoir efficacement l'égalité des sexes dans tous les domaines de travail, notamment par l'intégration de la dimension genre ainsi que par des mesures ciblées visant à renforcer l'autonomie des femmes et des filles ; (ii) la capacité organisationnelle, notamment: la cohérence, la coordination, la responsabilité, la gestion axée sur les résultats, le suivi, l’évaluation, les rapports, le renforcement des capacités, l’affectation des ressources et la dotation en personnel. Enfin, les réflexions sur les mesures supplémentaires à prendre pour accélérer et renforcer la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce rapport rend compte des résultats et procède à leur analyse sur la base de ce cadre défini pour cette évaluation de l’impact de la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) durant les 20 dernières années, en Afrique de l’ouest et au Sahel. II. Principales réalisations en Afrique de l’Ouest (résultats atteints dans les 12 domaines concernés par l’évaluation) Les réalisations durant les vingt (20) années de mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) en Afrique de l’Ouest et au Sahel sont immenses et diverses. Les États et Gouvernements de la sous-région, les organisations de la société civile, le monde académique, les centres de formations, les associations et réseaux de femmes, les organisations régionales (la CEDEAO, l’UFM et le G5 Sahel), soutenus par le Système des Nations Unies, les Organisations internationales non-gouvernementales et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux ont œuvrer pour la mise en place de structures, cadres institutionnels, normatifs, juridiques et politiques. De même, des lois, mécanismes et stratégies ont été adoptés ou mis en place pour protéger les femmes et les filles, promouvoir leur participation à la prévention des conflits, aux processus politiques (lois sur les quotas et la parité) et aux processus de médiation et négociation de la paix. Diverses activités de renforcement de capacités, de sensibilisation, de partage d’information, de bonnes pratiques et de capitalisation ont également permis de mener des actions de grande envergure, aussi bien au niveau des capitales que dans les localités reculées, à l’intérieur des pays de la sous-région. 2.1. Prévention des conflits et alerte précoce 2.1.1. Actions spécifiques entreprises En matière de prévention des conflits et d’alerte précoce, les Etats membres, les OSC et les partenaires au développement se sont engagés dans une série d’activités de renforcement de capacités des acteurs (commun à tous les pays), d’amélioration du cadre institutionnel et stratégique, de sensibilisation, de vulgarisation d’instruments juridiques, etc. A cet effet, des cellules ont été mises en place à travers les pays et procédé à la vulgarisation de la Résolution 1325 (2000) et de la loi sur les violences faites aux femmes et aux filles.
  • 15. 14 Plusieurs pays (en majorité les pays sahéliens et le Nigéria) se sont dotés d’une stratégie nationale de prévention de la radicalisation et de lutte contre l’extrémisme violent dont la mise en œuvre doit être surveillée afin de s’assurer de la prise en compte du genre. On note dans certains pays la mise en place des observatoires nationaux de prévention et de gestion des conflits communautaires et des cellules de veille y sont créées avec pour objectif de sensibiliser les femmes sur la sécurité tout en renforçant la collaboration avec les Forces de Défenses et de Sécurité (FDS). Des échanges s’organisent périodiquement pour discuter sur la sécurité, la paix et la cohésion sociale mettant en exergue, le rôle des femmes dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent et leur contribution à la sauvegarde de la paix et de la cohésion sociale. D’importants programmes de prévention de l’extrémisme violent et de lutte contre le terrorisme impliquant les femmes et les jeunes ont été également conduits en ce sens. Concernant l’alerte précoce, la CEDEAO a mis en place le réseau régional d'alerte précoce et de réponse (ECOWARN) dont les indicateurs de collecte de données et d’informations incluent ceux liés au genre. Elle a développé un étroit partenariat avec WANEP, et tout récemment avec les organisations de la société civile, y compris celles des femmes et des jeunes, dans le cadre de la mise en place des mécanismes nationaux d’alerte précoce et de réponse rapide. La CEDEAO a également produit le manuel sur genre et alerte précoce. Elle s’apprête à former des formateurs qui formeront à leur tour, plus d’acteurs dans les pays, afin de s’assurer de l’intégration systématique du genre dans le fonctionnement des mécanismes nationaux mis en place. En outre, des pays disposent de moniteurs chargés de collecter et de remonter les alertes. A ce propos, des indicateurs spécifiques au genre ont été développés pour saisir les différentes formes de VBG sur les systèmes nationaux d'alerte précoce. A titre d’exemple, pour le Libéria, il s’agit d’un système dénommé EWER établi à partir des structures de paix et d'alerte précoce au niveau des communautés, des districts et des comtés permettant de détecter rapidement les menaces potentielles qui pourraient conduire à l'émergence de nouveaux conflits ou à l'expansion de conflits existants. Il y est également mis en place un Groupe de travail sur l'alerte précoce et la réponse rapide (EWERWG) ou le Réseau d'alerte précoce et de réponse du Libéria (LERN). On parle également des observatrices, opérateurs et journalistes moniteurs formés, des cellules de veille contre les violences surtout en période électorale, des clubs de paix et clubs des paires éducatrices en leadership politique des femmes paix et développement qu’on retrouve au Togo. Les Organisations de la société civile appuyées par des partenaires s’activent substantiellement dans les formations sur la prévention, l’alerte précoce et la gestion des conflits. Des manuels sur la construction préventive et la consolidation de la paix ainsi que sur la médiation au niveau communautaire sont élaborés. Des fora pour identifier et proposer des solutions aux problèmes locaux sont organisés et des consultations avec des parties prenantes des communautés sont faites dans le sens de la prévention et la gestion des conflits. Aussi, des plaidoyers sont-ils organisés auprès des autorités pour une participation inclusive des femmes et des jeunes dans les programmes de prévention de conflits et d’alerte précoce. Le niveau communautaire est également impliqué dans la prévention et la résolution des conflits. Des manuels et livrets « blancs » sur le désir de paix des populations sont rédigés et remis aux
  • 16. 15 autorités compétentes et aux parties aux conflits. Tel a été le cas au Sénégal où des marches et des tables rondes de paix des femmes ont été organisées au profit des parties prenantes au conflit en Casamance en vue de contribuer à une paix durable. Les institutions internationales présentes dans la sous-région contribuent de manière préventive à renforcer un climat de paix et de stabilité. Le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) mène une diplomatie préventive à travers des missions conjointes avec les organisations régionales dont en bonne place, la CEDEAO, et les bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies dans la région. UNOWAS organise également chaque année, en collaboration avec la CEDEAO, ONU FEMMES et les partenaires dans la région, la journée portes ouvertes régionales sur la Résolution 1325 (2000) qui offre des possibilités de dialogue et d’échange entre le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et les femmes et les jeunes de la région, sur les progrès réalisés et les actions à développer pour plus de sécurité en faveur des femmes et la réalisation d’un espace communautaire apaisé. En outre, ce bureau coordonne des missions de plaidoyer de haut niveau du Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel (GTFJPS-AOS), facilite et appui des initiatives nationales de prévention de la violence électorale et entreprend des missions interdisciplinaires intégrant le genre et des formations en analyse de conflits sensible au genre. Il accompagne en outre, la CEDEAO dans la définition des indicateurs d’alerte précoce sensibles au genre et tient des plaidoyers de haut niveau pour l’adoption des lois et politiques. Plusieurs sessions de formation, des ateliers sur la surveillance à distance et sur le rôle des acteurs comme les ONG, les parlementaires et les FDS dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) sont tenus chaque année soit par elles-mêmes, soit avec l’appui des autres acteurs dans la région. 2.1.2. Progrès et résultats En termes de résultats obtenus, il faut noter que des engagements sont de plus en plus pris par les Etats pour favoriser davantage la participation des femmes à la prévention des conflits. Bon nombre de femmes et de jeunes et différents acteurs ont bénéficié de renforcement de capacités pour mener à bien les objectifs relatifs à la prévention et à l’alerte précoce des conflits. Avec de meilleures connaissances, les femmes sont plus conscientes de leur rôle prépondérant d’actrices de la paix au sein de leur communauté et ne se considèrent pas seulement comme des victimes des conflits. Elles interviennent assez souvent en tant que médiatrices dans la résolution des conflits fonciers, communautaires, interethniques, dans la gestion des violences domestiques, etc. Une telle prise de conscience a participé à l’atténuation des risques de violences grâce à des réponses adéquates aux alertes et à l’engagement pour la paix dans leurs pays respectifs. Même si cela reste encore largement à parfaire, la sous-région jouit d’une participation des femmes à la prévention des conflits et la gestion des violences dans les communautés et en périodes électorales. Des plateformes numériques sont animées sur la thématique et des actions conjuguées entre parties prenantes sont permanemment entretenues. En outre, plusieurs lois sont adoptées par les Etats. De même, plusieurs formateurs ont été formés en
  • 17. 16 analyse des conflits sensible au genre. Le système d’alerte précoce de la CEDEAO bénéficie d’une batterie d’indicateurs et d’un manuel de formation intégrant le genre. On note également une facilitation des rencontres entre les femmes et jeunes de la sous-région et les chefs d’Etats. Enfin, il a été noté une systématisation de la mise en place d’un mécanisme de prévention des conflits électoraux, de monitoring de la violence, d’alerte précoce et de réponse rapide durant les élections dans chacun des pays de la région. 2.2. Rétablissement et consolidation de la paix 2.2.1. Actions spécifiques entreprises Des mécanismes mis en place ou renforcés, des politiques, stratégies et programmes élaborés et mis en œuvre, des initiatives et mesures prises, etc. ont permis durant les 20 années d’œuvrer au rétablissement et à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Chaque pays, chaque organisation et chaque institution s’est organisé conjointement ou individuellement à apporter sa contribution en ce sens. Dans un cadre du travail normatif, plusieurs institutions internationales (notamment onusiennes, et la CEDEAO) ont produit/adopté des normes et standards, apporté leurs appuis aux divers plaidoyers, à la formation des médiatrices, aux initiatives des femmes pour la paix et au renforcement de leurs capacités. Dans la même foulée, des femmes ont été formées au rétablissement et à la consolidation de la paix. Des actions de plaidoyer pour la pacification des zones de conflit afin de faciliter le retour des personnes déplacées et réfugiés, de renforcement de la cohésion sociale avec un accent mis sur la participation des femmes et d’appui aux initiatives des jeunes et groupes de femmes visant l’entente entre les réfugiés/déplacés et les communautés hôtes ont été menées. On note également, la mise en œuvre des programmes et projets à l’instar du projet conjoint ONUFEMMES et ONUDC relatif à l’« Appui aux initiatives transfrontalières de dialogue communautaire avec les acteurs du secteur de la sécurité et de la justice pour la consolidation de la paix » dans la zone de conflit du Liptako Gourma (région de Gao, Menaka et Tillabery au Mali et Niger) et du programme de prévention de l’extrémisme violent et de lutte contre le terrorisme, à la consolidation de la paix dans la région de la Casamance au Sénégal. Plusieurs organisations de la société civile se sont également investies dans des séries de plaidoyers auprès des décideurs politiques et des chefs de communautés pour une implication effective et efficace des femmes dans la consolidation de la paix, mais aussi dans la médiation pour la paix dans les zones de crise, parfois avec l’appui des clubs de paix mis en place dans certains pays. La pratique de la médiation communautaire par les femmes médiatrices formées a été effective et porteuse de résultat visible. Il existe dans tous les pays des mécanismes nationaux (ministère, Hauts conseils pour la réconciliation, Hauts conseils de dialogue social, etc.) en charge de la cohésion sociale qui œuvre pour la consolidation de la paix. Les canaux d’action généralement utilisés sont entre autres : des séries de sensibilisation, la traduction en langues locales et la vulgarisation de la Résolution 1325 (2000) à l’endroit des populations, des tables rondes, des missions et séminaires sur la thématique associant dans certains cas la justice transitionnelle à la consolidation de la paix. Sur cet aspect, il a été organisé par le GTFJPS-AOS des marches et actions de solidarité aux femmes et aux filles du Mali en 2012, en 2013 en
  • 18. 17 Guinée pour des élections apaisées et sans violence, en 2014 en Guinée-Bissau lors des élections présidentielles et législatives et pour le Nigéria pour la libération des jeunes filles de Chibok, en 2015 au Burkina-Faso et Côte d’Ivoire dans le cadre des élections, en 2016 au Niger en solidarité avec la situation sécuritaire à Diffa et en 2017 en Gambie. L’Institut Femmes, Paix et Sécurité du Centre Kofi Annan pour la Construction de la Paix (KAIPTC-WPSI), en collaboration avec le GCSP et la GIZ, a organisé un cours de formation intitulé "Inspirer les femmes africaines leaders dans le domaine de la paix et de la sécurité" à l'intention des femmes leaders de niveau intermédiaire travaillant dans les domaines de la paix et de la sécurité. 2.2.2. Progrès et résultats Les actions ci-dessus entreprises ont permis d’atteindre un certain nombre de résultats dans les efforts de promotion de la paix dans les différents pays. La paix est ramenée dans des familles et des couples. Les conflits communautaires sont de plus en plus résolus. Certains pays comme le Burkina Faso et la Côte d’ivoire, disposent d’une charte nationale du dialogue social pour la prévention et la gestion des conflits sociaux. Des départements techniques de mise en œuvre des projets de paix et de cohésion sociale ont été créés au moment où on assiste à un engagement de haut niveau pour la paix dans les pays surtout menacés par l’insécurité. Il faut signaler que de plus en plus de tensions et de conflits locaux sont facilement résolus à l'amiable et réduits sans l'intervention de la police ou d'autres agents de sécurité. Une telle avancée a permis de rétablir dans plusieurs localités de la sous-région, la confiance entre les membres de la communauté et d'inclure les femmes dans le processus décisionnel de la communauté. A titre d’exemple, au Nigeria, les jeunes réformés ont renoncé à la violence en s’investissant en retour maintenant dans des initiatives de paix dans les communautés par la sensibilisation d'autres groupes de gangs violents à une trêve et à la paix. Par ailleurs, une réduction de la violence, en particulier à l'égard des femmes et des filles a été également signalée. Face à leur engagement en faveur d'une consolidation de la paix inclusive, les gouvernements de la sous-région ont adopté des cadres, des plans et politiques nationaux qui lient les priorités de consolidation de la paix à la réalisation des objectifs de développement durable. On note ainsi, une volonté manifestée et partagée des acteurs à œuvrer pour la consolidation de la paix et une prise de conscience collective de la nécessité du vivre ensemble. Par ailleurs, les femmes rurales mises à profit en tant que médiatrices, promotrices de la non-violence et de la paix jouent un rôle prépondérant dans les comités de paix de leurs localités. A cet engagement des Etats, il faut ajouter la forte implication du système des Nations Unies à assurer le retour sécurisé des populations déplacées et réfugiée et à œuvrer pour le rétablissement de la paix. Avec l’ONUDC, des fora transfrontaliers d'échanges sont régulièrement organisés entre les FDS et les acteurs de la chaîne pénale sur les complémentarités de leurs mandats et rôles respectifs dans le cadre de leur mission, de même que des émissions radios communautaires impliquant les représentants des communautés et permettant ainsi un dialogue et une médiation afin de rétablir la confiance entre ces acteurs. Un guide pratique permettant de mieux connaitre les mécanismes existants d’application de la loi a également été préparé pour le Niger et des ateliers de formation des formateurs sur les rôles et mandats des FDS et des acteurs de la chaine pénale ainsi que sur les voies de
  • 19. 18 recours, signalement, référencement et le plaidoyer pour les organisations de la société civile, les organisations des femmes, de jeunes, les organisations d’éleveurs, d’agriculteurs et les radios communautaires ont enfin été mises en œuvre. Tout cela ayant pour objectif d’éviter aux communautés de se faire justice elles-mêmes. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel regorge de femmes médiatrices de tous les niveaux formées, sur l’initiative de la CEDEAO, d’UNOWAS, d’ONU FEMMES, de l’ONUDC et d’autres PTF, et qui attendent d’être impliquées dans les équipes de médiation et de négociation de la paix dans les pays, la sous-région, sur le continent africain et dans le monde entier. 2.3. Opérations de maintien de la paix 2.3.1. Actions spécifiques entreprises Dans le cadre des opérations de maintien de la paix au regard de la Résolution 1325 (2000), des partenariats et collaborations des acteurs avec les FDS ont été établis dans tous les pays de la sous-région pour une mise œuvre efficace de ladite résolution. Il y a eu également des actions de renforcement des capacités du personnel militaire sur la R1325 (2000) par des acteurs étatiques, de la société civile et des PTF dont le REPSFECO, PWA Sénégal, KAIPTC et le HCDH, et des plaidoyers en direction de la hiérarchie militaire pour plus de participation des femmes militaires aux opérations de maintien de la paix. Il est à cet effet, constaté le déploiement du personnel féminin des forces de défense et de sécurité aussi bien au niveau national pour le maintien de l’ordre public qu’au niveau sous-régional, régional et international pour des missions d’appui au maintien de la paix. Les efforts sont aussi enregistrés dans l’élaboration des programmes et projet à l’instar du projet ELSIE avec la gendarmerie nationale du Sénégal proposé par PWA Sénégal et du programme avec la police nationale du Sénégal sur le renforcement de la présence des femmes dans les missions de consolidation et de maintien de la paix soumis par le REPSFECO. En dehors du personnel militaire, les femmes victimes des conflits sont aussi appuyées pour des activités génératrices de revenus. 2.3.2. Progrès et résultats La sous-région fait état actuellement d’une amélioration du taux de participation des femmes militaires aux opérations de maintien de la paix. Le Ghana vient d’atteindre, le 14 octobre 2020, le quota de 30% fixé pour la représentation des femmes au sein des missions de paix de l’ONU. Les pays font particulièrement montre d’une représentativité remarquable des femmes dans les FDS et aux postes stratégiques. Les politiques, projets et programmes conçus pour mettre en œuvre la Résolution 1325 (2000) au sens des troupes du maintien de la paix sont de plus en plus approuvés et financés à l’exemple du Projet ELSIE. Nombre de pays disposent de stratégies intégrant la problématique genre et la Résolution 1325 (2000) au sein des FDS. La feuille de route stratégique pour la reconstruction, la consolidation de la paix et la réconciliation nationale (2013-2030) et le Plan de consolidation de la paix au Libéria (2017) en sont quelques exemples. Un grand nombre du personnel des FDS, en majorité les femmes, sont formés et sensibilisés sur les Résolutions 1325 (2000) et suivantes du Conseil de Sécurité
  • 20. 19 des Nations Unies relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité, et la prise en compte du genre dans les différentes missions de maintien de la paix. 2.4. Réponse humanitaire 2.4.1. Actions spécifiques entreprises Les Etats déploient d’énormes moyens dans la gestion des effets des catastrophes naturelles et les crises humanitaires auxquelles ils font face. Chaque pays s’est doté d’un plan d’urgence traitant des questions humanitaires et/ou de sinistres et/ou encore de déplacés. Assez souvent, des opérations d’aide humanitaire sont entreprises lors de situations d'urgence comme celles liées aux inondations, aux coulées de boue et aux urgences sanitaires. A cela s’ajoutent, tout récemment avec la crise sanitaire liée au COVID-19, des plans nationaux inclusifs d’intervention ou de contingence adoptés et mise en œuvre pour contrôler et riposter contre ladite crise. La société civile également s’est organisée, dans ce cadre, pour venir en appui aux pouvoir publics en termes de distribution des vivres et des kits sanitaires aux ménages vulnérables surtout dirigés par des femmes. Dans la dynamique de protéger les femmes contre les violences basées sur le genre (VBG), les abus et violences sexuelles, des actions telles que la réalisation de forages afin de ravitailler en eau potable et faciliter les travaux ménagers aux femmes sont menées. Des initiatives d’accompagnement et de réinsertion des déplacés et des réfugiés sont menées et des centres d’accueil aménagés dans certains pays pour contenir dans de meilleures conditions cette cible généralement constituée en majorité de femmes et des enfants. L’aide humanitaire est également une préoccupation des institutions internationales et régionales présentes dans la sous-région. Le HCR, structure coordinatrice de l’assistance humanitaire, s’investie dans la mobilisation des fonds d’appui à la mise en œuvre de réponse humanitaire dans les pays couverts. Il appui financièrement, en abris et en médicaments, les réfugiés et personnes déplacées internes et renforce le partenariat avec les gouvernements pour l’efficience de l’assistance humanitaire fournie. D’autres institutions comme ONUFEMMES, WANEP et KAIPTC soutiennent l’action humanitaire surtout à l’endroit des femmes à travers des programmes d’assistance humanitaire et le renforcement des capacités des équipes humanitaires et des organisations de femmes à l’aide humanitaire et sur le genre. 2.4.2. Progrès et résultats Les initiatives pour des réponses humanitaires ont pu favoriser des valeurs ajoutées comme le renforcement des capacités, voire l’éducation gratuite pour les enfants dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées, la disponibilité des structures et mécanismes pour les déplacés et réfugiés, l’intégration de la thématique paix et sécurité aux activités de sensibilisation et la réinsertion des déplacés et réfugiés. On note une réalisation de façon continue des actions de prévention et de prise en charge de VBG. A travers des appuis techniques et financiers issus des institutions et partenaires, les femmes et les jeunes filles sont autonomisées et donc moins exposées aux abus. Les réfugiés et déplacés bénéficient également d’une aide humanitaire adéquate avec même la mise en place dans certains pays des centres pour femmes dans les sites de déplacées et réfugiés. Les efforts dans ce domaine ont conduit à l'inclusion de certaines organisations de la société civile (OSC) comme le WANEP
  • 21. 20 Nigeria au sein du conseil d'administration du réseau Women In Humanitarian Response Network et du Groupe de travail national sur la localisation dans le secteur humanitaire. 2.5. Reconstruction et réhabilitation post-conflit 2.5.1. Actions spécifiques entreprises Les pays de la région ont songé à des mécanismes chargés de la réhabilitation et de la mise en œuvre des projets filets sociaux de base qui imbrique le financement des micro-entreprises, l’appui à la réhabilitation des infrastructures communautaires et les initiatives à haute intensité de mains-d’œuvre (HIMO). Pour répondre de manière intégrée aux fragilités causées par les crises sécuritaires des efforts sont déployés au profit des populations en général, mais aussi à l’endroit des personnes déplacées internes. Il s’agit des sensibilisations continues sur la cohésion sociale et la lutte contre la stigmatisation, la réinsertion et le renforcement de l’autonomisation surtout des femmes victimes, à travers divers projets et programmes et des formations sur la reconstruction et à la réhabilitation post-conflit. On note par ailleurs, l’élaboration et la mise en œuvre de plans de secours d’urgence, de réponse et soutien aux populations vulnérables contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition ainsi que la mise en place des mécanismes de réconciliation comme la Commission Vérité, Justice et Réconciliation au Togo et en Côte d’Ivoire qui ont œuvré à des consultation, évaluation et réparation des dommages nés des conflits. 2.5.2. Progrès et résultats Des initiatives de dialogues communautaires sont prises par les populations elles-mêmes pour le règlement pacifique de certains conflits intra et intercommunautaires à l’exemple des conflits fonciers. Les travaux des mécanismes de réconciliation dans certains pays de la sous- région ont permis de mettre en place des institutions de médiation (HCRRUN et HCRUN respectivement au Togo et au Burkina Faso à titre illustratif), de faire un état des lieux des dommages et de procéder aux réparations et à la réconciliation. Un nombre important de femmes été appuyées pour leur réintégration et participation à la reconstruction et à la réhabilitation post-conflit. 2.6. Désarmement, démobilisation et réintégration 2.6.1. Actions spécifiques entreprises A ce niveau, la sous-région se félicite de la mise en place dans plusieurs pays des institutions chargées de lutter contre la prolifération, la circulation et le trafic illicite des armes légères et de petits calibres. Conformément aux recommandations de l'ONU, des plaidoyers sont menés pour le désarmement et la réintégration dans les zones concernées par les conflits armées. Des réorganisations autour de la construction de la paix se font de plus en plus avec les jeunes et des groupes d’initiatives pour la paix qui naissent au jour le jour des rangs des groupes de gangs violents comme au Nigéria. Plusieurs femmes ont été formées au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration des femmes et des appuis ont été apportés aux plaidoyers pour l’intégration du genre dans les politiques nationales de DDR, pour l’intégration des femmes ex-combattantes et/ou associées dans les FDS.
  • 22. 21 2.6.2. Progrès et résultats Les efforts de désarmement, de démobilisation et de réintégration donnent lieu à une réduction de la violence, en particulier à l'égard des femmes et des filles. Dans les pays ayant connu des conflits, les populations, notamment les femmes ont bien compris l’intérêt et les objectifs de DDR pour le rétablissement de la paix. Les jeunes réformés ont renoncé à la violence, entreprennent maintenant des initiatives de paix dans les communautés et sensibilisent d'autres groupes de bandes violentes à rendre les armes. Il existe dans plusieurs pays, un cadre juridique de régulation des armes au sein desquels la régulation de la détention et de la circulation des armes devient de plus en plus effective. De bons résultats sont aussi à capitaliser relativement à l’appui aux femmes ex-combattantes, aux politiques de DRR qui contiennent des composantes genre dans tous les pays ayant connu des conflits dans la région et aussi, concernant le renforcement de la participation des femmes au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration. 2.7. Prévenir et répondre à la violence sexiste dans les conflits armés 2.7.1. Actions spécifiques entreprises La prévention et la riposte contre les violences sexistes ont été l’une des préoccupations majeures au cours des 20 ans de mise en œuvre de la R. 1325 (2000), mais aussi de la R. 1820 (2008) adoptée plus tard par le Conseil de Sécurité pour mettre un accent sur cette problématique et y engager les Etats, les gouvernements et toutes les parties prenantes aux conflits. La CEDEAO, les gouvernements, les OSC et les partenaires technique, financier et au développement se sont mobilisés pour œuvrer à travers le renforcement de leurs cadres juridiques et institutionnels, les plaidoyers, les activités de formation et de sensibilisation, etc. à la prévention et à la riposte contre la violence sexiste dans les conflits aussi bien armés que sociocommunautaires. En termes de renforcement de cadre juridique et institutionnel, bon nombre de pays ont pris des mesures d’harmonisation de leurs instruments juridiques avec ceux internationaux pour prendre clairement en compte les questions de violences sexistes. Des lois pénales allant jusqu’à l’emprisonnement à vie sont même votées dans certains pays. Pour traduire ces mesures dans les faits, des stratégies nationales de lutte contre les VBG ou les violences faites aux femmes et aux filles, des plans d’actions et des protocoles de prise en charge intégrée des victimes de VBG au profit des acteurs sociaux, judiciaires, de la santé sont adoptées et mises en œuvre. Dans les mêmes perspectives, il a été élaboré, adopté et mis en œuvre des programmes et projets multiformes et multidimensionnels : le programme de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles au Togo et celui de Debbo-Alafia au Mali qui vise à lutter contre les VBG à travers la sensibilisation et la mobilisation des acteurs communautaires autour du planning familial, de la fréquentation régulière des centres de santé par les femmes et filles et du danger de la fistule obstétricale en sont des exemples. On note la création des tribunaux modèles pour les infractions sexuelles, la mise en place d’une ligne d'assistance téléphonique pour le signalement et la réponse rapide à la violence fondée sur le sexe, des cases de paix pour la prévention des conflits et la lutte contre les VBG,
  • 23. 22 des centres d’écoute et de conseils, des boutiques de droit pour la prise en charge ainsi que des structures d’accueil et d’hébergement et de prise en charge des victimes de VBG Les plaidoyers, les activités de formation et de sensibilisation ont été amplement exécutés. Différentes cibles ont été formées sur la prévention et la prise en charge des femmes et des filles victimes de violences. Des conférences publiques ont été tenues sur la thématique. Avant leur déploiement sur le terrain des opérations de maintien de la paix, le personnel des FDS reçoit des formations allant dans ce sens et sur le genre. Pour plus d’efficacité dans l’exercice de leur fonction, des formations sur la prise de mesures légales en matière de protection des droits des femmes et des filles et l’application effective de la loi contre les mutilations génitales féminines (MGF), sur les procédures opérationnelles standards et le paquet de services essentiels sur les VBG sont adressées à l’endroit de plusieurs acteurs comme ceux de la chaîne judiciaire/pénale (magistrats, policiers, gendarmes), le personnel des structures impliquées. Des plaidoyers, lobbyings et sensibilisation sont menés pour une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des femmes, leur participation accrue aux missions de paix et leur accès à des services de soins holistiques. Les femmes sont également formées à l'autonomisation et à l'autosuffisance afin de réduire leur dépendance excessive à l'égard des hommes, une des sources des violences exercées sur elles. Dans la même lignée, les femmes victimes de VBG et porteuses de fistules sont socioéconomiquement réinsérées. Pour contribuer à freiner ces violences, il est mené chaque année par les différents acteurs, une campagne de 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et toutes les VBG qui entre dans le cadre des activités constantes sur les questions de violence liée au sexe, y compris les types, les conséquences, les législations et les mécanismes de signalement. Avec l’apparition de la pandémie au COVID-19, des programmes de plaidoyer et des actions de sensibilisation pour le respect des droits des femmes et des filles et de leur implication dans la riposte contre le COVID 19 sont réalisés et des rencontres et débats autour de la résilience des femmes en cas de conflit à l’heure du COVID-19 sont menés. 2.7.2. Progrès et résultats La culture de la non-dénonciation se dissipe de mieux en mieux dans la sous-région. Les cas de violences liée au sexe sont désormais signalés et documentés. La gestion de l’égalité entre les sexes bénéficie de l’innovation avec une amélioration du système d’information désormais informatisé dans plusieurs pays. La question de violences sexuelles et sexistes conformément aux Résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) est intégrée dans les législations nationales (Code des personnes et de la famille, Code pénal, Code de l’enfant, Code de justice militaire, etc.) renforcées par des lois spécifiques prises en faveur de la lutte contre les VBG. Entre autres lois on peut citer : les lois relatives à la réforme éducative, la loi sur le viol, la loi sur les réfugiés, la loi sur la traite des êtres humains, la loi sur les MGF, la loi sur la santé de la reproduction. On note une meilleure compréhension de la violence liée au sexe grâce à des activités de sensibilisation soutenues et une adhésion des communautés à œuvrer à la réduction des préjugés et compromis vis-à-vis de la gente féminine. La campagne annuelle des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et toutes les VBG est désormais institutionnalisée et systématisée dans tous les pays de la région. Tout cela, a contribué à baisser significativement le taux de violence à l’égard des femmes et des filles. Les pays
  • 24. 23 disposent de système de référencement et de prise en charge des victimes de VBG et plusieurs victimes ont été réinsérées socioéconomiquement. Dans le même cadre, quelques pays ont même mis en place des « One stop centers » avec l’appui de l’ONU FEMMES régional. Par ailleurs, il est observé dans la sous-région, un intérêt et une volonté d’appliquer le contenu des Résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) sur le théâtre des opérations de maintien de la paix avec en amont tous les efforts fournis dans le renforcement des capacités des FDS. Il est à signaler également une certaine adéquation des stratégies de prévention et de réponse régionales avec les besoins des pays accompagnée d’une réduction des risques de VBG et renforcée par une mise à jour des stratégies de prévention et de réponses aux VBG en cours dans les pays couverts par le HCR. 2.8. Prévention et lutte contre l'exploitation et les abus sexuels 2.8.1. Actions spécifiques entreprises Le souci de prévenir et de lutter contre l’exploitation et les abus sexuels a suscité une multitude d’initiatives dans la sous-région. Les Partenaires Technique et financier, notamment ceux du Système des Nations Unies ne manquent pas de soutenir les pays dans cette lutte en produisant des normes et standards et en les appuyant dans l’amélioration de leur cadre légal. La CEDEAO a aussi adopté plusieurs cadres légaux et plans d’actions à cet effet. Plusieurs lois ont été adoptées pour contenir ce phénomène à travers la prévention, mais aussi la répression et la réparation des violences à l’égard des femmes et des filles ainsi que la prise en charge des victimes. L’accent a été beaucoup mis sur le développement des stratégies, de programme et de projets, les activités de sensibilisation et de vulgarisation des textes contre les VBG et violences faites aux femmes et aux filles, les plaidoyers et lobbyings, des pétitions, des sit-in et le renforcement du cadre institutionnel. Dans certains pays comme le Bénin, des interviews ont été accordées aux femmes victimes, des rédactions de plaintes réalisées. Des mesures sont prises pour une meilleure orientation des victimes vers les structures judiciaires et pour mieux coordonner les actions, des contacts avec les officiers de police judiciaire ont été établis. Avec les contributions de certaines ONG et réseaux comme la plateforme des femmes du G5 Sahel, Avocats sans frontière, PWA Sénégal, REPSFECO et WANEP, les droits des femmes (y compris sexuels et génésiques), les formes et les conséquences de l’exploitation et des abus sexuels ont été mis en lumière à travers des sessions de formations et de sensibilisation au profit des populations en général et des différents acteurs en particulier. Le secteur éducatif (Universités et écoles), le monde du travail, les FDS, les collectivités territoriales, les communautés, les organisations religieuses, etc. ont été pris pour cibles d’intervention. A titre illustratif, on peut mentionner le programme de lutte contre les grossesses et les mariages chez les adolescentes au Togo, le projet pilote de PWA Sénégal pour la rédaction de la violence par une méthode inclusive et participative dans les communes et à l’échelle départementale, le programme de protection des droits des filles migrants travailleurs domestiques, pour un travail décent et la lutte contre les abus sexuels au Sénégal et en Gambie piloté par le REPSFECO. Peuvent être également cités la formation en genre des bataillons de la force conjointe du G5 Sahel et le forum sur le harcèlement au Cabo Verde, la
  • 25. 24 formation des partenaires de mise en œuvre sur la protection contre l'exploitation et les abus sexuels par l’UNFPA-Sénégal et l’introduction dans les conditions générales de partenariat de la clause prenant en compte les aspects de protection contre l'exploitation et les abus sexuels. Des stratégies internes de lutte contre les abus et exploitation sexuels qui incluent la mise en place de cours obligatoires sur la thématique sont élaborées et appliquées par certaines institutions onusiennes à l’exemple du HCR. Le HCDH a soutenu avec des partenaires la création d'un groupe de travail régional en Afrique de l'Ouest et l’appui de l’ONU FEMMES pour l’accès à des services holistiques prend également en compte ce huitième volet de la Résolution 1325 (2000). 2.8.2. Progrès et résultats Bien qu’il reste des efforts à fournir, les textes juridiques traitant de la question de l’exploitation et abus sexuels sont largement diffusés et connus. Il y a aussi, une meilleure compréhension des VBG par les populations. Une prise de conscience émerge, la non- dénonciation s’effrite progressivement et les sanctions pénales sont de plus en plus prononcées contre les auteurs. Au Nigeria, davantage de jeunes hommes se mobilisent pour protéger les femmes et les jeunes filles contre les agresseurs. Les pays disposent de cadres juridiques sur les VBG de mieux en mieux renforcés ainsi que de structures d’écoute, de conseils et de prise en charge des victimes des VBG. Les curricula et outils de formation sur les VBG sont élaborés et dans la plupart de pays on note la présence des parajuristes qui jouent un rôle très capital tout comme les "champions du genre" en Côte d’Ivoire institués au niveau communautaire pour signaler rapidement les cas de violence sexuelle et sexiste. Il existe par ailleurs, des politiques de sauvegarde et de protection qui engagent l’ensemble des acteurs contre toutes formes d’exploitation et d’abus sexuels. Le HCR mentionne la prise en compte intégrale des questions de l’exploitations et des abus sexuels dans la programmation régionale et la mise à disposition d’opportunités de renforcement de capacités aux pays couverts ayant favorisé une prise de conscience de l’importance de prévenir les exploitations et abus sexuels soutenue par le renforcement des mécanismes de réponses aux cas y afférents. L’institutionnalisation de la campagne annuelle des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et toutes les VBG a aussi contribué à la prévention et lutte contre l'exploitation et les abus sexuels. 2.9. La participation significative des femmes au processus électoral et politique 2.9.1. Actions spécifiques entreprises Plusieurs pays ont procédé à l’amélioration de leur cadre juridique électoral en y introduisant non seulement des lois soit sur le quota (Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Gambie, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger et Sierra Leone), soit sur la parité (Cabo Verde, Guinée et Sénégal), mais également des dispositions de mesures temporaires spéciales dans leurs codes électoraux (Togo avec le principe de parité et la diminution du montant de la caution).
  • 26. 25 Pays ayant mis en place ou pas une loi spécifique sur le quota ou la parité Pays Quota Parité Oui Non Oui Non Bénin Burkina Faso X Cap Vert X Gambie Ghana Guinée X Guinée Bissau x Liberia x Mauritanie X Nigeria X Sénégal X Togo Source: Monographies produites par UNOWAS en collaboration avec le Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les OSC sont actives sur le terrain pour apporter leur contribution à la promotion des droits politiques de la femme avec parfois des requêtes pour l’inscription de ces mesures temporaires dans la loi fondamentale comme c’est le cas en Sierra Leone avec le MARWOPNET et ses partenaires. Des Plaidoyers (y compris, de haut niveau) pour la promotion de la participation des femmes et des jeunes dans les processus politiques et de paix ont été menés par le GTFJPS-AOS au Benin, au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire, au Cabo Verde, en Gambie, au Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger et au Togo. WANEP pour sa part, a procédé au renforcement des capacités des femmes parlementaires en matière de paix et de sécurité et mis en œuvre le Programmes de mentorat et d'accompagnement pour les femmes politiques et parlementaires. Des stratégies et politiques, y compris des programmes intégrés d’autonomisation sont mises en place pour améliorer la participation des femmes au processus électoral et politique. Des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer sont organisées pour mobiliser les femmes en vue de leur inscription sur les listes électorales en tant que candidates et électrices. Elles bénéficient assez souvent des formations en techniques électorales, en observation électorale et en monitoring des violences électorales. Beaucoup de structures ont été très actives en ce sens et il existe une tendance généralisée dans la mise en place de mécanismes de veille électorale pour surveiller la violence avant, pendant et après les élections et s’assurer de la tenue d’élections pacifiques. Pour ce faire, des femmes éminentes sont identifiées et formées
  • 27. 26 pour servir de médiatrices et faciliter le dialogue entre les principaux acteurs du processus électoral, contribuant ainsi à faire fonctionner les systèmes d’alerte précoce et de réponse rapide durant chaque élection. Toujours dans l’esprit de promouvoir la participation significative des femmes, le HCR a mis à jour la politique Age Genre Diversité avec une mention de la parité comme obligatoire et mené des plaidoyers auprès des Etats pour la prise en compte de la population féminine dans les instances de prise de décision et communautaires tout en veillant au renforcement du leadership des femmes et des jeunes filles. Le positionnement des femmes sur les listes de candidature des partis politiques a été la cible de plaidoyer pour le HCDH en Guinée qui y a aussi appuyé le processus d’élaboration de la loi instituant la parité entre les hommes et les femmes pour l’accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives dans les institutions publiques et du Code civil rétablissant l’égalité de droits entre les hommes et femmes dans l’espace civils et civique. Représentation de femmes dans les fonctions électives Pays Fonctions électives Collectivités locales (%) Parlement (%) Bénin 4,4 8,4 Burkina Faso 12,7 16,6 Cap Vert 26,3 23,6 Gambie 6,2 2,3 Ghana 17,0 12,7 Guinée 22,0 Guinée Bissau 13,7 Liberia 12,3 Nigeria 5,6 7,0 Mauritanie 35,01 1,09 Sénégal 47,2 42,4 Togo 12, 7 16,5 Source: Monographies produites par UNOWAS en collaboration avec le Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.. 1 Il s’agit des statistiques de la mandature 2013-2018, avec un total de 1 317 femmes sur un total 3 722 conseillers municipaux.
  • 28. 27 Il faut également relever que les organisations sous-régionales nouent des partenariats pour mieux adresser cette problématique. C’est l’exemple de l’Unité d’Assistance électorale des Nations Unies, d’UNOWAS et de la CEDEAO qui se sont mises ensemble dans le cadre de l’assistance électorale afin de dérouler un programme de renforcement des capacités en genre et élection suivant l’approche bridge. La CEDEAO a en outre adopte ses cadre et plan d’action sur genre et élection. Beaucoup de sessions de renforcement de capacités ont été tenues sur cet aspect auquel s’ajoutent des facilitations pour la production de rapports d’analyse genre des processus électoraux dont les résultats sont intégrés dans le rapport du SG de l’ONU produit par UNOWAS. Des groupes de femmes et de jeunes bénéficient aussi assez souvent d’appuis, notamment d’UNOWAS, pour la mise en place et la gestion de mécanismes de monitoring de la violence électorale, d’alerte précoce et de réponse rapide dans chacun des pays organisant des élections. 2.9.2. Progrès et résultats La sous-région dispose d’un cadre de la CEDEAO et d’un plan d’action sur « Gendre et Election », de même que de rapports d’analyse genre des élections. Plusieurs femmes et jeunes sont formés dans plusieurs domaines liés aux élections : gestion des élections, campagnes, intégration du genre, formation civique, observation, alerte précoce, réponse rapide, etc. Des mécanismes de monitoring électoral sont systématiquement mise en place dans les pays organisant des élections. Un quota minimum de 30% aux postes électifs et de direction est institué dans la plupart des pays, sauf en Mauritanie où ce taux est de 20% mais pour les postes électifs et nominatifs ; et au Benin, Ghana et Nigeria qui n’ont pas encore adopté une telle loi. Trois pays (Cabo Verde, Guinée et Sénégal) de la région ont pour leur part opté pour la parité. De plus en plus de femmes s’intéressent à la politique et l’Afrique de l’Ouest se félicite non seulement de l’augmentation de l’effectif des femmes en tant que candidates aux différentes élections mais aussi leur présence effective à des postes électifs et nominatifs et surtout leur émergence à des postes stratégiques. L’espace CEDEAO, en effet, a connu une présidente de la République au Libéria, une femme à la tête du Parlement de la Gambie, au Togo les femmes sont actuellement à la tête du gouvernement et de l’Assemblée Nationale avec plus de 33% de femmes ministres, des femmes sont cheffes des institutions stratégiques comme celles chargées de la réconciliation, de la justice et de la vérité, et des femmes sont à la tête des organes chargés d’organiser des élections, notamment au Liberia. Comme résultats, l’on note également avec le HCR, une prise en compte intégrale des questions de l’exploitation et des abus sexuels dans la programmation régionale et une meilleure implication des associations de femmes dans les affaires communautaires au Mali, Burkina-Faso et au Tchad. 2.10. Participation significative des femmes à la prévention et à la lutte contre l'extrémisme violent conduisant au terrorisme 2.10.1. Actions spécifiques entreprises L’extrémisme violent qui constitue une nouvelle forme d’expression identitaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel, inquiète par son exacerbation durant ces dernières années. La prise en compte de ce phénomène par la R. 1325 (2000) a donné lieu à diverses actions réunissant les
  • 29. 28 efforts combinés des gouvernements, des OSC et des partenaires technique et financier de la sous-région en vue d’œuvrer, dans l’inclusion des femmes et des jeunes, aux processus de paix et de stabilisation de la région. A cet effet, le renforcement des capacités institutionnelles et humaines a été au cœur des préoccupations des pays et organisations pour une participation significative des femmes à la prévention et à la lutte contre l'extrémisme violent conduisant au terrorisme. Amener les populations à se rendre compte des effets néfastes de l’extrémisme violent, de la nécessité de contribuer de manière inclusive à son élimination sous toutes les formes a suscité de s’investir fortement et davantage dans la sensibilisation et le renforcement des capacités. On peut mentionner entre autres l’organisation des rencontres internationales comme le colloque du Burkina Faso sur le « processus de réconciliation nationale et de cohésion sociale dans un contexte de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme : rôle des femmes leaders », la célébration des journées dédiées aux femmes autour de la thématique. On peut mentionner également les sessions de dialogues et de campagnes de sensibilisation des femmes et des jeunes sur le risque de l’enrôlement par les réseaux extrémistes et la lutte contre l’émigration irrégulière au Sénégal, sur le rôle des femmes dans la Réforme du Secteur de Sécurité et la lutte contre le terrorisme au Mali, En Mauritanie l’Etat à recentrer la formation et l’éducation des jeunes sur les valeurs de l’islam: la culture du civisme, de la tolérance, des valeurs de la démocratie et de la citoyenneté. Plusieurs lois ont été votées dans ce sens pour conforter sa participation à la vie politique et sociale du pays, et par là même de prévenir et de lutter contre l’extrémisme. Conjointement avec l’UNESCO, l’UNODC a soumis une proposition de projet au Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) visant à prévenir l'extrémisme violent à travers le renforcement du leadership des femmes à Nouakchott et dans les zones frontalières à risque. Sous l’égide de ONU FEMMES, le REPSFECO Régional a mis en œuvre un important programme de prévention de l’extrémisme violent et de lutte contre le terrorisme avec comme touche la participation des femmes et des jeunes dans la prévention et la recherche de la paix. Dans certains pays comme le Togo, il a été mis en place des comités interministériels de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent qui mènent des réflexions approfondies sur le phénomène et sa prévention. Le niveau communautaire et les zones frontalières à risques sont souvent pris pour cible d’action ou d’intervention avec la mise en place des structures décentralisées ou déconcentrées comme des comités, des cellules, des clubs comme ceux chargés par exemple de veille contre les violences, de paix et d’éducation des paires sur la thématique et des groupes d'initiative de la paix constitués de gangs violents à risque. WANEP, par exemple, a procédé à la révision de sa plateforme NEWS pour y inclure des indicateurs de lutte contre l'extrémisme violent. Plusieurs pays, à l’instar du Nigeria ont veillé à intégrer le genre et les femmes dans leur programme national de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent conduisant au terrorisme. L’ONU FEMMES Régional pour sa part, a appuyé le plaidoyer pour l’inclusion du genre dans les normes et politiques des NU sur l’extrémisme violent. Le HCR apporte son soutien aux associations et regroupements de femmes militant pour la paix et mène des plaidoyers pour l’implication des femmes dans la mise en œuvre des accords de paix au Mali avec un accent sur la mobilisation des femmes pour la sensibilisation au respect de la dignité humaine et au
  • 30. 29 maintien de la stabilité sociale. Avec UNOWAS, des rencontres/conférences régionales et internationales sont organisées sur l’implication des femmes dans les programmes de prévention de l’extrémisme violent conduisant au terrorisme. Enfin, dans le cadre la Stratégie des Nations Unies pour le Sahel, UNOWAS, ONU FEMMES, l’Union Africain et le Secrétariat permanent du G5 Sahel ont développé un partenariat ayant abouti à la mise en place de la plateforme des femmes du G5 Sahel et d’une unité Genre au sein du Secrétariat permanent du G5 Sahel, au renforcement des capacités des femmes parlementaires de l’espace G5 Sahel, en collaboration avec Femmes Africa Solidarité. 2.10.2. Progrès et résultats L’Afrique de l’Ouest possède désormais des cadres définis pour la participation significative des femmes à l’instar du cadre de la CEDEAO pour la mise en œuvre de la dimension de genre de la Déclaration de Lomé sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, et de l’Appel à l’action de Dakar pour une implication des femmes dans la prévention de l’extrémisme violent conduisant au terrorisme. On note une volonté de plus en plus affirmée des États à éliminer l’extrémisme violent en conjuguant avec les femmes. Des pays comme le Nigeria et le Burkina-Faso ont développé et mis en œuvre des projets ciblant des femmes dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent conduisant au terrorisme. Des recherches sur le genre et extrémisme violent et des stratégies de prévention et de lutte contre le phénomène s’intensifient. Avec le HCR, on enregistre de plus en plus de présence des femmes dans les plateformes de coordination de réponses au terrorisme et une multiplication des initiatives féminines pour la stabilisation. On assiste à un éveil des consciences des populations de s’impliquer activement dans le combat contre la radicalisation et l'extrémisme. 2.11. Protection des femmes et des filles 2.11.1. Actions spécifiques entreprises Pour œuvrer à la protection des femmes et des filles, les Etats ont beaucoup plus opté pour le renforcement de leur cadre juridique ou légal. Aussi, des politiques, stratégies et mécanismes ont-ils été mis en place pour traduire dans les faits ces mesures juridiques prises. La contribution de la société civile à l’adoption et à la vulgarisation des textes ainsi qu’à la mise en œuvre des activités touchant ce onzième domaine d’intervention de la Résolution 1325 (2000) a été très significative. En effet, la protection des femmes et des filles bénéficie d’un arsenal juridique composé de plusieurs textes tels que les lois sur les violences faites aux femmes et aux filles, les lois sur la violence domestique et les infractions sexuelles, les lois sur la traite des êtres humains, les lois sur la protection et le bien-être des enfants, les lois sur le harcèlement sexuel et les mutilations génitales féminins. Le code des personnes et de la famille, le code pénal, le code de l’enfant, etc. de chaque pays sont adopté ou révisé en tenant compte de ce volet de protection. De plus, tous les pays se sont efforcés d’harmoniser leur législation à celle international à laquelle chacun est partie. Chaque pays dispose également d’une politique genre prenant évidemment en compte ce volet et des efforts sont fournis pour veiller à la prise en compte du genre dans les projets et programmes.