INVENTAIRE A KERINCUFF
EN GOUESNAC’H
(5, 6, 7, 8 novembre 1726)
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Remarques préliminaires
Le document manuscrit soumis ...
Avant d’examiner ce document de la Série B des Archives Départementales,
voici quelques repères concernant le lieu :
- don...
Selon d’Arbois de Jubainville (Bull. de la Sté. Arch. du Finistère 1830) ce nom serait
encore plus ancien : la Réformation...
Le greffier est assisté de deux priseurs, Jacques LE PROVOST de Pratarguip de
Gouesnac’h pour Marie NEDELLEC et Allain LE ...
Une autre preuve de l’intérêt porté aux abeilles est relatée par Jacques CAMBRY qui,
au cours de ses déplacements dans le ...
« deux autres vaches noirs hors d’âge, 14 livres 10 sols
« deux autres vaches hors d’âge, l’une rouge et l’autre noire et ...
« greffier, après avoir fait le lief du scellé apposé sur l’armoire estant dans l’entrée, lequel s’est
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« - Acte consenty par Yves BONJOU à ...
Certains des documents signalés attirent notre attention sur Louis BLANCHARD,
« escuyer » qui paraît avoir cédé, par contr...
De là, la Commission se rend au village de Quersaluden où l’accueille Michel QUERAVEN
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  1. 1. INVENTAIRE A KERINCUFF EN GOUESNAC’H (5, 6, 7, 8 novembre 1726) **** Remarques préliminaires Le document manuscrit soumis à votre attention, rédigé par un greffier de la Cour Royale de Concarneau et écrit à la plume d’oie, n’est pas aussi facile à interpréter qu’on pourrait le penser. Si l’écriture paraît aisée, l’orthographe en est un peu fantaisiste et la graphie est surchargée de circonvolutions décoratives qui n’en facilitent pas la lecture. En outre, l’utilisation d’abréviations telles que ptre (pour prêtre) ou appaon (pour apposition) complique encore les choses. Les mots, dont la traduction a été défaillante, ont été remplacés par des points de suspension, ce qui ne gêne, en aucune façon, la compréhension de l’exposé. **** 1/10
  2. 2. Avant d’examiner ce document de la Série B des Archives Départementales, voici quelques repères concernant le lieu : - données toponymiques : le terme de Kérincuff couvre un ensemble de terres constituant la ferme du même nom, située au centre bourg de Gouesnac’h, à proximité de l’église paroissiale. L’orthographe varie selon les époques : QUERICU, KERIKUN, KERINCUFF. Il se confond avec le toponyme de KERILLIS ainsi que l’indique un aveu de 1633 rendu pour défunt Guy de KERALDANET pour « le village QUERICU autrement KERILLIS, Gommenech » (Archives Départementales – Série A 61), le dit QUERILLIS étant aussi orthographié « autrement LE QUERLIS » (registre paroissial des sépultures pour l’an 1755). 2/10
  3. 3. Selon d’Arbois de Jubainville (Bull. de la Sté. Arch. du Finistère 1830) ce nom serait encore plus ancien : la Réformation de la noblesse du Léon de 1448 cite ce nom de famille, dans lequel notre auteur retrouve le suffixe « CUN » venant du vieil irlandais « CORM », latinisé en « COMIS » signifiant « doux, affable », qui permet de franciser le lieu en « village du Débonnaire ». - situation juridique : le domaine de Kerillis fait l’objet d’une baillée à domaine congéable pour une rente annuelle de 6 rases froment, 6 rases seigle, 6 combles avoine, 6 merlus, 6 chapons, 6 livres en argent, corvées et champart (part sur les gerbes, donc sur la récolte, qui revenait au Seigneur). Baillée consentie par le Seigneur Jacques de LOPRIAC. **** L’inventaire a été établi à la suite du décès d’Yves LAHUEC, à la requête de Marie NEDELLEC, veuve et tutrice de l’enfant issu de leur mariage, d’une part, et d’Yves RIOU de Fouesnant, tuteur de l’enfant mineur du premier mariage du défunt avec défunte Catherine BONJOU, d’autre part. La descente sur les lieux se fait sous le contrôle du Greffier LE GUILLOU de la Cour Royale de Concarneau. Cette opération avait été précédée de la rédaction d’un procès-verbal d’apposition des scellés, dressé le 7 juillet 1726, consécutivement au décès, pour préserver les droits des héritiers. 3/10
  4. 4. Le greffier est assisté de deux priseurs, Jacques LE PROVOST de Pratarguip de Gouesnac’h pour Marie NEDELLEC et Allain LE MADEC de Lansullien huella de Fouesnant, pour Yves RIOU, chargés d’estimer les biens mobiliers du défunt. Les estimations sont données en livres, sols et deniers, chaque livre valant 20 sols et chaque sol 6 deniers. Je ne reprendrai pas l’ensemble de cet inventaire qui a nécessité un déplacement sur quatre jours, du 5 au 8 novembre 1726, et donné lieu à un rapport de 18 pages, réservant mes commentaires aux objets les plus caractéristiques ou inattendus, ainsi qu’aux biens constituant la richesse économique de l’exploitation (bétail, grains, …) sans oublier les « papiers » qui sont, en fait, les archives de la famille. La visite commence par la cuisine qui contient traditionnellement les ustensiles du foyer, crémaillères et trépieds, et le matériel de cuisine, pots, marmites, chaudrons, ainsi que la vaisselle. Dans un bâtiment nommé le Buron, où l’on accomplit généralement des tâches ménagères, sont notées « 5 petites potées de beurre » estimées ensemble 5 livres et, dans un genre tout à fait différent, une charrette ferrée évaluée 30 livres, valeur de beaucoup supérieure à celle d’un véhicule non ferré généralement évalué aux alentours de 4 livres. Au même endroit, l’inventaire mentionne deux coffres sur lesquels les scellés avaient été apposés le 7 juillet, le jour même de la sépulture d’Yves LAHUEC (registre paroissial 1726). Le greffier procède au «lief des scellés » (rupture) et à l’ouverture des coffres, l’un contenant les «hardes » du défunt, l’autre une pièce «de Toille d’estoupe sur chanvre » de 17 aunes (18 l.15s) et 39 écheveaux de « fil d’estoupe » (9 l. 15 s.). Outre la préparation du beurre on pouvait effectuer dans les lieux dits « le buron », le filage et l’assemblage des fibres textiles, en l’occurrence du lin cultivé à la ferme, ce que la toponymie confirme : une parcelle est connue comme « liors canab kerilis ». Remarquons aussi que le mot « hardes », employé à l’époque dans les Inventaires, ne désignait pas des vêtements de pauvre, vieux et usagés, mais les habits courants : chemises, gilets, pourpoints, guêtres, etc… Le sens du mot « étoupe » doit aussi être précisé : il s’agissait d’un textile grossier tiré de la filasse du chanvre, matière première du lin. Dans un hangar donnant sur l’aire, un pressoir à cidre est estimé à 10 s, le chanvre à broyer 3 liv. et 14 ruchées d’abeilles 33 liv. L’existence de nombreux talus et d’importantes surfaces de landes où ajoncs, bruyères, genêts, ronces proliféraient, auxquels venaient s’ajouter les parcelles ensemencées en blé noir, les bois de châtaigniers et les arbres fruitiers des vergers, favorisait le développement d’une flore mellifère abondante et variée qui fournissait aux abeilles le nectar nécessaire à la production d’un miel « toutes fleurs » très apprécié. La valeur du produit justifie l’application que les apiculteurs mettaient dans la recherche et la capture des essaims sauvages. 4/10
  5. 5. Une autre preuve de l’intérêt porté aux abeilles est relatée par Jacques CAMBRY qui, au cours de ses déplacements dans le Département, a noté l’usage chez les apiculteurs d’associer les abeilles à leurs deuils en cas de décès du maître ou de la maîtresse de maison en accrochant un morceau d’étoffe noire aux ruches pour éviter que le malheur n’y pénètre et ne fasse mourir leurs occupantes. Cette pratique n’était pas inconnue dans la région. Pailles et grains Revenons à notre inventaire qui s’intéresse ensuite aux pailles et grains : sur l’aire, sont annotées « 3 charretées de paille de froment, 3 autres de seigle, plus une charretée de seigle » (vraisemblablement coupé avec ses tiges), le tout estimé 10 l. 10 s. , ainsi que 6 charretées de foin prisées 18 liv. Au passage dans la cour une auge en pierre est notée pour 3 l. 15 s. Les réserves de grains sont les suivantes : 16 minots de froment à 5 livres chaque (soit 80 livres) 20 seigle 3 60 30 blé noir 40 sols 60 24 avoine 1 livre 24 1 mil 3 livres 3 ½ graines de chanvre 1 __________ Total … 228 livres Les quantités de pailles et grains sont importantes, elles correspondent aux réserves d’une grande exploitation. Il ne faut pas oublier, par ailleurs, qu’une certaine partie de ces réserves sera absorbée par la rente due au propriétaire foncier. Les pailles sont évaluées par charretée et les grains en minots, mesure de capacité de l’Ancien Régime dont chacun correspondait à 3 boisseaux (chaque boisseau valant environ un décalitre). Bestiaux Il est ensuite procédé au recensement des « bestiaux » : chevaux, bovins et porcins trouvés sur les lieux, soit : « un cheval blanc hors d’âge, estimé 12 livres « une jument noir aussy hors d’âge, 9 livres « deux bœufs noirs hors d’âge, 45 livres « un bœuf allant à quatre ans, 13 livres « deux bovillons de trois ans, l’un noir et l’autre rouge, 15 livres « deux autres bovillons de deux ans, l’un roux et l’autre jaulne, 9 livres « deux autres bovillons allant à deux ans, noirs, 6 livres « deux vaches grises hors d’âge, 19 livres 10 sols « deux vaches noirs aussy hors d’âge, 15 livres 5/10
  6. 6. « deux autres vaches noirs hors d’âge, 14 livres 10 sols « deux autres vaches hors d’âge, l’une rouge et l’autre noire et blanche, 16 livres 10 sols « deux génisses allant à deux ans, 6 livres « trois veaux de l’année, 7 livres 10 sols « une génisse, 16 livres 10 sols « deux jeunes cochons de cette année, 10 livres « fait et conclu sur les lieux et remis la continuation à demain ». Cette liste ne représente qu’une partie du cheptel de la ferme. Nous apprendrons, en effet, quelques pages plus loin, que le défunt avait mis au pacage, dans d’autres fermes de la paroisse, une partie de ses bêtes. Cette partie du bétail se compose presque uniquement de bovins ; les ovins en sont absents : l’élevage du mouton n’est pas habituel dans la région. Par contre, il est étonnant que les volailles ne soient pas mentionnées ; pourtant elles existent, le tenancier étant redevable de six chapons au titre de la rente foncière. Sans doute leur valeur est-elle négligeable, mais il semble qu’il faille trouver ailleurs la raison de cette anomalie ; pour notre part, nous pensons que coqs et poules se répandent dans la nature, dès l’aurore, à la recherche de leur pitance, et n’attendent pas le passage des autorités pour se faire recenser. Les bovins dont la présence est constatée sont au nombre de 27 et constituent déjà un joli troupeau ; leur valeur totale est estimée à 214 livres 10 sols par les priseurs. Chaque bovin est personnalisé par la couleur de sa robe (blanche, jaune, rouge, noire ou grise) et par son âge relatif (de l’année, allant à deux ans, de deux ans, allant à quatre ans et hors d’âge au-delà) ; ces indications complétées par l’aspect général de chaque bête permettent aux estimateurs d’affiner leurs propositions de valeur. Les porcins sont au nombre de deux, ce qui paraît bien peu alors que le porc constitue, à l’époque, la base de l’alimentation carnée. Mais les faits se passent en novembre et l’on peut penser que les réserves ont déjà été mises au saloir pour le proche hiver. Les « jeunes cochons de l’année » ont, vraisemblablement, été conservés sur pieds pour servir à la reproduction et assurer ainsi l’avenir. Comme il est d’usage dans les grandes fermes, le procès-verbal note la présence d’un cheval, accompagné d’une jument. Ils seront utilisés comme animaux de trait (charrettes, chars à bancs). Au début du 18ème siècle, les gros travaux de la terre (labours, débardage des bois) sont encore effectués à l’aide d’une paire de bœufs dont la présence est signalée à la suite des équidés, les bœufs étant des animaux plus résistants, plus rustiques et d’un entretien plus facile que les chevaux qui les remplaceront plus tard à l’attelage de la charrue ; ils présentent, en outre, l’avantage de trouver la plus grande partie de leur nourriture sur les terres froides de l’exploitation (prairies humides et landes). Titres et papiers « Advenu ce jour sept novembre mil sept cent vingt six, au lieu de Kerincuff, le sus-dit 6/10
  7. 7. « greffier, après avoir fait le lief du scellé apposé sur l’armoire estant dans l’entrée, lequel s’est « trouvé sain entier et non vicié, cet ouverture faite en présence de la dite NEDELEC et du dit « RIOU, c’y est trouvé les papiers qui suivent : « - un petit livret servant à mettre les quittances, dans lequel livret il y a onze quittances dattées « des années 1714, 1715, 1716, 1717, 1718, 1719, 1720, 1721, 1722,1723, 1724 et 1725 (…..) « pour la taillée due sur le lieu de Querillis, « - apposition de scellé, tutelle et inventaire fait après le décès de Maurice LE COSQUERIC « dattés des 9è, 18è et 24è aoust 1726, « - contrat d’acquet de (…….….) fait par Maurice LE COSQUERIC, des lieux de « Querincuff/Querillis en Gouesnach d’escuyer Louis Blanchard datté du 22 septembre 1705 « signé LE ROY, notaire. « - contrat de vente passé entre Pierre COSQUERIC et Jacob LE COSQUERIC datté du « 8 septembre 1722. « - quittance obtenue par deffunt Maurice LE COSQUERIC et autres du Sieur BLANCHARD « datté du 28 septembre 1709. « - quittance obtenue par Marie NEDELEC du Seigneur de LOPRIAC datté du 6 mars 1723 « - deux quittances obtenues du Sieur (Quervern ?) Chapeau et du nommé « Corentin LE CLOAREC ……. (dattés des 3 septembre 1722 et 28 février 1717). « - deux quittances sur un même carteau obtenues par deffunt Yves LAHUEC du Seigneur de « Quer Stang Kergus pour la rente due sur le lieu de Botgarvan pour les années 1716 et 1717. « - trois quittances obtenues par le dit Yves LAHUEC pour la taillée de Querillis bras et « Queranquemener pour les années 1709, 1714 et 1715, deux d’ycelles signé GERME et « l’autre du Sieur de Quergoz. « - coppy du contrat de mariage du dit deffunt Yves LAHUEC avec deffunte Catherine « BONJOU datté qu 14 février 1703 . « - contrat de mariage du deffunt LAHUEC avec la dite Marie NEDELEC au rapport de « Guiomar, notaire royal, le 31 aoûst 1727 avec coppy de quittance générale obtenue par le « dit deffunt de la dite NEDELEC portant 600 livres aussy passé au rapport du dit Guiomar « le 9 novembre de la même année. « - coppy d’inventaire fait à la requête du deffunt LAHUEC pour arrester la communauté « d’entre luy et défunte Catherine BONJOU aussi au rapport du dit Guiomar, datté du 26 « octobre 1724. « - coppy du contrat d’engagement passé entre Missire Allain LAHUEC, prêtre et « Jean LE BLONS au rapport de Prouhet, notaire royal, du 10 may 1720. « - Acte consenty par Marie NEDELEC, le 9 septembre 1724 au Sieur Recteur de Gouesnach « portant 300 livres lequel acte endossé par le Sieur Recteur de Gouesnach qui reconnaît avoir « reçu la dite somme de 300 livres de Y. LAHUEC et Marie NEDELEC. « - Acte de palmage pour Y. LAHUEC sur Charles QUEFFELEC portant 171 l. passé au « rapport de Guiomar le 31 janvier 1724 « - Billet consenty au dit deffunt par Jean JEZEQUELLOU portant obligation de 120 l. datté « du 8 novembre 1725 « - Coppy de …. passé entre Y. L et Jean LE QUEFFELEC au rapport de Bazin notaire le « 9 octobre 1723 « - Coppy de …. passé entre Louis LE CAIN et consorts et Y. L. au rapport de Guiomar « le 12 décembre 1723 « - deux quittances obtenues par Y.L. des Sieurs Recteur et Curé de Gouesnach dattée des « 4 et 16 avril 1723 7/10
  8. 8. « - quittance genneralle obtenue par Jean LE BLONCE ET Marie BODIVIT le 14 may « 1720 « - Acte consenty par Yves BONJOU à Laurens TANIOU fabrique de Saint Pierre du « 13 décembre1698 « - Obligation pour Missire Allain LAHUEC prêtre sur Charles DANIEL et Allain DANIEL « sa caution portant 66 l. datté du 2 juillet 1718 au rapport de Bazin « - Autres pour le sieur LAHUEC pretre sur les dits DANIEL sa caution portant 100 liv. « au rapport de Bazin datté du 27 juillet 1720 « - Autre acte consenty par Jean LE BLONS au dit sieur LAHUEC pretre portant 63 l. datté « 20 janvier l72O au rapport de Bazin « - Autre acte consenty par Jean LE BLONS au dit sieur LAHUEC pretre portant 6O l. en « date du l3 janvier l722 aussy au rapport de Bazin. Cette longue liste de documents représente les archives familiales des domainiers du Village de Querincuff/Querillis au début du 18ème siècle. Ils comprennent des actes administratifs établis par des représentants de la Cour Royale de Concarneau tels que scellés, inventaires, tutelles, ainsi que des actes purement privés dont la régularité est garantie par l’intervention d’un notaire royal sur le rapport duquel l’acte était validé, notamment dans les prêts ou emprunts d’argent qui donnaient lieu à la rédaction soit de billets portant obligation, soit de quittances. Nous pouvons constater que ces auxiliaires de justice étaient nombreux et ne manquaient pas d’intervenir à la moindre occasion. L’ensemble de ces « Titres et Papiers » présente l’intérêt de nous offrir quelques ouvertures sur le clergé paroissial. En ce début du 18ème siècle, Vincent PIERRE est recteur de la paroisse ; nommé en 1707, il le restera jusqu’à son décès le 29 décembre 1744 ; l’acte constatant sa sépulture dans l’église de Gouesnac’h, daté du lendemain, est assorti de la mention « après avoir gouverné la paroisse l’espace de 42 ans » (40 ans en fait selon les documents d’archives). Notons, au passage, que nous lui devons l’édification, en 1729, de la chapelle actuelle du Vray Secours remplaçant l’édifice primitif qui était en très mauvais état et peut-être proche de la ruine ; elle conservera de ce fait chez les paroissiens l’appellation de « Chapelle Neuve » (Chapel Nevez est encore usité de nos jours) V .PIERRE sera aidé dans son ministère par Allain LAHUEC, prêtre auxiliaire, dont le nom apparaît à plusieurs reprises dans les documents répertoriés, qui se trouve être frère du défunt Yves, nés tous deux à Gouesnac’h dans la ferme de Botgarvan. 8/10
  9. 9. Certains des documents signalés attirent notre attention sur Louis BLANCHARD, « escuyer » qui paraît avoir cédé, par contrat du 22 septembre 1705, certains droits relatifs aux lieux de Querincuff/Querillis. Ce personnage était le fils d’écuyer Jean BLANCHARD, Sieur de Kerkaer, et frère de Messire René BLANCHARD, Recteur de Gouesnac’h de 1686 à 1704, bénéficiaire du titre honorifique de Promoteur de Cornouaille, inhumé dans l’église à l’âge de 42 ans. Ces « nobles hommes » appartenaient au cercle des personnalités de la paroisse ; une partie de la pierre tombale du Sieur de Kerkaer a été incorporée dans le pavement de la chapelle du Vray Secours. L’un des actes rapportés fait apparaître, d’autre part, Laurens TANIOU, Fabricien de l’église Saint-Pierre, charge qu’il exerçait en qualité de membre supposé du Général de la paroisse (Conseil composé des fermiers les plus influents qui veillaient à la bonne administration de la collectivité). Cette personnalité était, en outre, maître de barques ; à ce titre, il participait à la milice garde-côtes. Homme important donc, au point qu’un acte de mariage de 1710 nomme « Maître Laurens TANIOU » parmi les présents à la cérémonie (Reg. Par. – 25 août) Dans un tout autre registre, l’inventaire mentionne un acte de palmage passé par le défunt avec Charles QUEFFELEC pour une somme de 171 livres, au rapport de GUIOMAR, Notaire royal. On régularisait ainsi la mise à l’engrais par un agriculteur de tout ou partie de son bétail chez un autre qui mettait ses patûres à sa disposition moyennant finances. Cette façon de faire n’était pas toujours respectée ; nous verrons dans la suite du procès-verbal que deux mises en pâture sur trois auront été faites sans aucune formalité. Après qu’il ait été procédé au tri, à l’examen et à la cotation des « papiers », la veuve déclare que son époux avait des bestiaux à l’engraissement en divers lieux de la paroisse, en premier lieu à Querambraguer où le greffier instrumentaire se rend. Sur les lieux, Jean QUEFFELEC, résidant en l’endroit, est présent et déclare tenir en pâture de Y. LAHUEC les bestiaux ci-après : « deux bœufs estimés 43 livres 10 sols « un bovillon de 3 ans 9 l. « un taureau 4 l. 10 s. « une vache hors d’âge au poil châtaigne 13 l. 10 s. « une vache écornée 9 l. « une vache gare noire hors d’âge 7 l. 10 s « une génisse « plaine » 12 l. « une génisse d’un an 5 l. « deux veaux de l’année 6 l. représentant une valeur de 112 livres De ce lieu, les autorités se transportent au village de Quergoreden bras où Corentin LE COSQUERIC déclare tenir à titre de métayage les bêtes ci-après, sans qu’il y ait acte de palmage : « deux bovillons de trois ans estimés 18 livres « une vache gare noire de quatre ans 12 livres « une vache poil « moisy » hors d’âge 10 l. 10 s. « deux génisses d’un an 6 livres Sont également estimées, pour des valeurs dérisoires, quelques pièces de mobilier dont je ne parlerai pas davantage. 9/10
  10. 10. De là, la Commission se rend au village de Quersaluden où l’accueille Michel QUERAVEN qui déclare « avoir eu en pâturage, sans acte, trois génisses il y a environ 3 ans » : « une génisse plaine âgée de 4 ans estimée 12 l. « deux génisses 7 l. 10 s. le tout d’une valeur de 19 l. 10 s. « et sont les bestiaux que le dit QUERAVEN a dit appartenir au dit deffunct LAHUEC « Fait et conclut sur les lieux sous nos signes, la dite Nédellec, Riou, Pronost, Marrec et « Queraven disants ne scavoir signer, le dit jour et an. » Signé : LE GUILLOU, Greffier. » Cette dernière partie d’inventaire appelle quelques remarques de notre part. Nous constatons tout d’abord l’importance du cheptel possédé par Allain LAHUEC qui passe de 27 à 40 têtes ce qui est considérable ; il apparaît que l’exploitation agricole concédée à Y. LAHUEC fait partie des fermes les plus prospères de la paroisse, assurant au tenancier une aisance, sinon une richesse certaine. De nouveaux éléments nous sont donnés tant sur la couleur du pelage (le poil pouvant aussi être « châtaigne » ou « moisy ») que sur l’aspect physique, la liste comportant une « vache écornée », ce qui ne paraît pas avoir d’incidence sur la valeur que lui attribuent les priseurs. Dernière remarque : les relations du défunt avec les fermiers de Querambraguer, Quergoreden et Quersaluden laissent entrevoir des liens d’amitié, sinon de parenté proche ou lointaine entre eux ; le cousinage est, en effet, très étendu ainsi que le montre les procédures de tutelle qui recherchent cette parenté jusqu’au 3ème degré. Nous n’avons pas procédé à des recherches approfondies pour préciser ces liens, cette question relevant du domaine de l’histoire de la vie privée, autre volet de l’histoire locale. Nous voici arrivés au terme de ce procès-verbal d’inventaire enregistré et contrôlé à Concarneau le 22 novembre 1726 et qui donna lieu à la perception d’une taxe de vingt quatre livres dont le versement a été authentifié par la signature du sieur BILLETTE Jean VARENNE 10/10

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