Ecoles du Pays de Fouesnant - pa9xd

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Ecoles du Pays de Fouesnant -

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Ecoles du Pays de Fouesnant - pa9xd

  1. 1. Bénodet EN 1871 S'OUVRAIT LA PREMIÈRE ÉCOLE A BÉNODET Deuxième partie Le lundi 13 novembre 1871, BENODET avait enfin son école, une école publique ouverte par la Congrégation des Filles de Jésus de Kermaria en Plumelin. Dix-sept enfants s'y présentèrent le premier jour, 9 filles et 8 garçons. Soeur Marguerite MAHÉ, archiviste de la Congrégation, nous a aimablement fait tenir des documents qui permettent de revivre les journées précédant l'ouverture de l'école, puis d'avoir un aperçu sur les trente années de fonctionnement qui suivirent, jusqu'à la laïcisation. 2. A monter le mobilier de la classe et celui des Soeurs pour les usages de la Communauté. 3. A fournir à la Soeur institutrice un traitement annuel au moins de cinq cents Francs. 4. A payer les frais de voyage des Soeurs pour se rendre à BENODET. 5. A leur verser, à leur arrivée, une somme de cent Francs au moins pour subvenir à leurs premiers besoins; somme avancée sur le traitement de l'institutrice. 6. La pharmacie étant fournie par la Commune sera portée sur l'inventaire. TRAITÉ ENTRE LA COMMUNE DE PERGUET ET LA COMMUNAUTÉ: Article 2 La Congrégation des Filles de Jésus s'engage de son côté à placerdeux Soeurs à BÉNODET, dont une pour faire une école mixte dans laquelle seront reçus gratuitement les enfants pauvres de la commune qui seront désignés par Mr le Recteur, le Maire et le Conseil municipal, l'autre pour visiter et soigner les malades. Ce traité fut signé le 13 Octobre 1871 par le Maire, J.M. FRIANT, et par Soeur Marie de Saint Charles, Supérieure générale, Soeur Emmanuelle Marie, Assistante générale, Soeur Marie Athanase, maîtresse des novices, Soeur Louis de Gonzague, économe, et soeur Marie Léocadie, secrétaire, toutes officières en charge et formant le conseil de la Congrégation. Article 1. Mr. Le Maire et le Conseil municipal, voulant établir une Communauté des Filles de Jésus au bourg de BÉNODET en la commune de PERGUET pour y tenir une école publique, voir et soigner les malades de la dite commune, s'engagent : 1°. A donner aux Soeurs, sans impôts ni réparations, la jouissance d'une maison qu'on vient de louer, et ultérieurement celle que la commune se propose de bâtir avec les cours, jardins et autres dépendances. INVENTAIRE DU MOBILIER DE LA MAISOI DE MADAME LE CLDICHE DIVANACH Le mobilier existant dans la maison de Mme LE CLINCHE-DIVANACH pour établir l'école de BÉIODET est décrit dans un inventaire signé par le Maire, par Mr LE CLIICHE (pour sa mère) et par Soeur Marie de saint Charles, Supérieure Générale. Les locaux loués comprennent: une chambre verte, un cabinet bleu, une chambre grise, une, mansarde au-dessus de la chambre verte et une cuisine. 1/8
  2. 2. Les pièces sont très confortablement meublées par exemple, dans la chambre verte, un lit de bois avec paillage, couette de plumes et matelas, traversin et oreiller de plumes, deux couvertures de laine blanche, un tapis de mousseline de laine; une table de nuit et un vase; deux chaises bourrées , un fauteuil, deux chaises en paille; une commode; sur la cheminée, deux tasses à chocolat et leurs soucoupes, un sucrier, une lampe, un pot à eau et une cuvette, deux glaces; dans le foyer, deux landiers; rideaux au lit et à la croisée. Dans la cuisine, on trouve une armoire, un muc (?), une table, deux fournaux, une rôtissoire, un gril, un cutin (?) avec couvercle, quatre casseroles en fer battu et une en cuivre, une poêle à frire, un pressepurée, un petit plat en fer battu, une grecque, un petit pot en fer blanc couvert, deux chandeliers en fer battu, deux bougeoirs en porcelaine, une cafetière en terre rouge, quatre pots de Aedon (?) en terre, un trépied, deux tringles, un soufflet bien vieux, pelle et pinces, une carafe, une soupière, un saladier, douze assiettes creuses, trois douzaines d'assiettes plates, trois plats longs blancs, trois plats ronds blancs, un plat creux blanc écorné, un plat creux rouge, trois bols, sept verres, deux petites bouteilles pour l'huile et le vinaigre, une cuvette, une terrine rouge, trois chaises, un vieux seau, un tabouret, deux bancs cassés, six essuie mains , dix-huit serviettes, douze draps, huit taies d'oreiller. LA JOURBÉE DU 8 NOVEMBRE 1871 Ce jour-là, à quatre heures et demie du matin, les trois Soeurs qui allaient former la Communauté de BENODET quittaient leur maison-mère de KERMARIA sous la conduite de Soeur Emmanuelle Marie, Assistante générale. Elles étaient accompagnées de l'aumônier de la communauté et d'un prêtre retraité. Messe à Sainte Anne d'Auray à huit heures; les religieuses y communièrent et se mirent sous la protection de Sainte Anne. Après le déjeuner, elles remontèrent en voiture jusqu'à la gare où les deux hommes prirent congé d'elles. A l'arrivée à QUIMPER, la Dame du Maire de BENODET et la Dame de son adjoint attendaient leurs religieuses à la gare; la Supérieure de POULDREUZIC également. Ces dames firent dîner les Soeurs à leur auberge; les arrivantes visitèrent la cathédrale, furent reçues avec une grande bonté par Mr JÉGOUX Vicaire capitulaire. Elles se rendirent ensuite chez Mr SALAUN pour leurs fournitures classiques; Ce bon monsieur offrit à la Supérieure de BÉNODET une petite statue du Sacré Coeur de Jésus, lui disant que cette image attirait les bénédictions du Ciel partout où elle se trouvait. Elles partirent de QUIIPER à quatre heures du soir, La Soeur Assistante et la Supérieure dans le char à bancs que conduisait Mr le Maire, les deux autres Soeurs dans la voiture de la Dame de l'adjoint. (Voiture hippomobile, naturellement!) . Arrivées à Bénodet à la nuit close, les Soeurs entrèrent dans la maison qui leur était destinée. La propriétaire, Mme Le CLIICHE, les y reçut. Si tout était meublé, aucune provision n'avait été faite. Heureusement, les Soeurs de POULDREUZIC et celles de PLONÉOUR avaient passé par là et y avaient déposé quelques bouteilles de vin, du lard, du café, du sucre, un sac de légumes... Le linge manquait complètement: Mme Le CLINCHE vint apporter le nécessaire pour faire les lits; elle ignorait avoir loué sa maison toute garnie! Ce soir-là, les religieuses soupèrent chez Mr le Maire, qui fut, ainsi que sa Dame, on ne peut plus complaisant pour elles. Dès le lendemain, elles furent laissées à ellesmêmes. Le jeudi matin, la Supérieure de GOUESNAC'H et Soeur Marie Sainte Eléonore vinrent faire visite aux nouvelles venues et leur apporter un petit présent. Elles allèrent toutes ensemble 2/8
  3. 3. saluer Mr le Recteur de BÉNODET qui parut content de voir des religieuses dans sa paroisse. Le samedi, les Soeurs de BÉNODET rendirent leur visite à celles de GOUESNAC'H. Le dimanche de la Dédicace, 12 Novembre, eut lieu la cérémonie de l'installation. On se conforma en tout au cérémonial habituel. Au prône de la grand messe, Mr le Recteur engagea ses paroissiens à envoyer tous leurs enfants à l'école. A l'issue de la messe, la procession se rendit à la nouvelle Communauté, placée sous le vocable de NOTRE-DAME DE TOUS LES SAINTS: tous les fidèles se firent un devoir d'y participer , témoignant par là de leur satisfaction. Le lundi 13 Novembre, fête de Saint Stanislas Kostka, eut lieu l'ouverture de l'école : 17 enfants se présentèrent, 8 garçons et 9 filles. Le soir, avant de les congédier, on les consacra à la Sainte Vierge. La Soeur Assistante quitta BÉIODET le mardi 14 pour rentrer à la Maison mère. Mr le Recteur la conduisit lui-même à QUIMPER dans sa voiture. LA PREMIERE COMMUNAUTÉ DES FILLES DE JESUS A BÉNODET Les trois premières Soeurs qui ont séjourné à BÉNODET à partir du 8 Novembre 1871 sont : Soeur Marie Louise de Jésus. (Marie Mathurine L'HIVER, née à Clohars-Carnoët le 13 mars 1846). Supérieure et enseignante de 1871 à 1878. Soeur Marie Saint Fidèle (Perrine JOUBIER, née à Lantillac 56) le 17 Septembre 1838). Pharmacienne. (Nous dirions aujourd'hui infirmière). Elle a visité et soigné les malades de 1871 à 1874. Soeur Hyppolite Marie, (Marie Ascéline LOSTEC, née à l'île d'Ars 56) le 14 Novembre 1846). Elle s'occupait de la cuisine, du jardin. Elle a quitté BÉNODET en Novembre 1874. Nous verrons plus loin qu'une autre religieuse, Soeur Marie Désiré de Saint Joseph (Marie Françoise GODEC, née à Vannes le 13 Septembre 1835), a marqué de sa personnalité son séjour dans la Communauté. Enseignante à partir de novembre 1878, le Recteur lui reprochait en mai 1879 de gérer seule la Maison de charité. Le 13 Juillet 1887, le Conseil municipal l'autorisait à ouvrir un pensionnat primaire à l'école publique des filles. LE FONCTIONNEMENT DE L 'ECOLE ENTRE 1871 ET 1902. Une déléguée de la Supérieure Générale de la Congrégation visitait l'école de BÉNODET tous les ans. A travers les conclusions de ses rapports on se fait une petite idée de la marche de l'école, des relations de la Communauté avec le Recteur et la municipalité et des préoccupations qui inquiètent les Soeurs à mesure que l'idée de laïcisation fait son chemin. Appréciations d'ordre pédagogique: Mai 1872: 31 élèves présents. Enfants légers. Lecture: Bon commencement. Ecriture: Bonne. Mars 1874: 41 élèves présents. Classe faible. Enfants difficiles à conduire. La Supérieure seule arrive à les dominer. Mars 1876: Selon le Recteur, la classe est trop peu suivie et les enfants sont faibles en lecture. Mai 1881: 46 élèves, bons principes de lecture. Avril 1882: Cette classe n'est pas mal et même assez bien pour le temps. Avril 1896: Les enfants ont peu de goût pour l'instruction. Février 1897: Les enfants sont pas avancés et il n'y a pas d'émulation. L'instruction religieuse est mieux soignée que le reste. Janvier 1898: Classe nombreuse. Autres considérations. Avril 1877: Mille précautions à 3/8
  4. 4. prendre du côté du Maire et du Recteur dont les vues sont différentes. Mai 1880: Le Maire est mauvais. L'adjoint semble porter Soeurs. Avril 1886: Les Soeurs ne reçoivent plus les 50 francs pour les médicaments fournis aux indigents. Le Maire ne fait pas de réparations, il dit que la Commune n'a pas d'argent. Avril 1892: Soeur Marie Camille est estimée comme pharmacienne et recherchée des malades qui ont en elle beaucoup de confiance. Janvier 1898: Soeur Marie Léocadie, Secrétaire générale a été avec le Recteur voir le terrain qu'il avait en vue en cas de laïcisation. Terrain payé par l'Abbé ROSSI de QUIMPER. Le Recteur pense bâtir une maison pour loger les Soeurs et ensuite il projette de leur construire deux classes et un préau. Février 1901: La Supérieure voudrait surtout lorsque l'école sera laïcisée, une Soeur active, débrouillée... Soeur Marie Saint Aurèle a du savoir faire, mais les malades la trouvent jeune...Mr le Recteur, qui estime beaucoup les Sœurs, se préoccupe toujours de la laïcisation. Janvier 1902: Dernière visite connue. La Supérieure malade, craint beaucoup la laïcisation. 1er SEPTEXBRE 1904: ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DE LAICISATION. Un rapport du Commissaire de la police spéciale ROUQUIER en date du 18 Octobre 1904 fait état d'un essai infructueux de manifestation organisée par le parti clérical : Les parents ont envoyé leurs enfants très nombreux à l'école communale qui reçoit aujourd'hui la presque totalité des élèves tenus de la fréquenter . Sur les cinq religieuses (Filles de Jésus) qui tenaient l'école, trois sont restées dans la commune et elles vivent en commun dans une maison dont e11es occupent gratuitement un étage mis à leur disposition par Madame LEVAINV1LLE. Elles se livrent à l'exercice illégal de la médecine et de la pharmacie, ce qui leur permet de conserver et d'exercer toujours une certaine influence sur la population et de s'assurer des revenus importants. Le Recteur de BENODET a annoncé en chaire, dès la laïcisation, qu'une quête serait faite dans la commune pour construire un immeuble afin d'y ouvrir une école libre. En fait, l'école privée ne pourra être ouverte qu'en 1921, dans une grande pauvreté malgré l'aide de la population. La première directrice, de 1921 à 1940, sera Mademoiselle Le BIHAN (Soeur Marie Sainte Valérie), nommée ensuite à LOCTUDY. Dans le dernier bulletin de FOEN IZELLA (n°. 8), nous avons laissé nos lecteurs sur la décision prise par le Conseil municipal de PERGUET le 22 Octobre 1810 de construire une école publique à BBIODET : décision non encore suivie d'effet... Cependant, la solution provisoirement adoptée semblait recueillir l'assentiment général. Avec l'arrivée de la religieuse enseignante, les Bénodétois prenaient-ils conscience de l'utilité de l'instruction? Trois mois après l'ouverture de l'école, le 11 Février 1812, on relève cette mention significative dans le compterendu de séance du Conseil municipal: -Le Conseil est informé que 1 'institutrice a ouvert une classe le Dimanche et il témoigne toute sa satisfaction à celle-ci et donne son complet assentiment à cette mesure d'autant plus utile que les enfants ayant été jusqu'à ces derniers temps privés de toute instruction, le nombre d'adultes illettrés est plus considérable-. Cette classe du Dimanche réservée aux adultes. Nous n'avons pas de détails concernant sa fréquentation 4/8
  5. 5. mais à la même séance le Conseil votait une somme de 6 Francs pour l'achat de 30 encriers, ce qui laisse supposer un grand intérêt de la population. AGQUISITION D'UN TERRAIN ET CONSTRUCTION DE LA MAISON D'ÉCOLE Séance du 27 septembre 1872: Le Maire informe les conseillers que les ressources de la Commune et les subventions accordées permettent de procéder à l'adjudication des travaux de construction de l'école, mais qu'il y a lieu au préalable de choisir l'emplacement. Il estime que la plus convenable est la parcelle en friches n° 158, section A, appartenant aux héritiers De KERGOS. D'une contenance de 38 ares 70 ca, elle est estimée 700 Francs et le Recteur s'est engagé à la payer. "Attendu que la mise à exécution du projet est d'une urgence reconnue, qu'en effet la classe se fait actuellement dans une salle insuffisante aussi préjudiciable à la santé qu'aux progrès des enfants... et que de plus la propriétaire ne consent pas à renouveler le bail... le Conseil décide qu'il y a lieu de charger le Maire de hâter les formalités de déclaration d'utilité publique et d'expropriation. " Toutes ces formalités seront rondement menées et la construction de la maison d'école par l'entreprise MICHEL, de PONT l’ABBÉ, sera terminée en 1874, pour un coût de 15.659.30 Francs. Au cours de la séance du 26 novembre 1876, Mr FRIANT, Maire, rend compte de la réponse défavorable du Préfet à une demande d'aide financière pour payer la construction de l'école! Il reste à devoir une somme de 400 à 500 Francs, et la commune a épuisé ses ressources. Le Préfet rappelle au Maire que la Commune n'y a consacré aucun centime additionnel, que les subventions du Département se sont élevées à 5.300 F. il invite la commune à faire un sérieux effort en lui suggérant d’établir une taxe sur l'alcool, le cidre, le poiré, l'hydromel, les bières. 1878: Les travaux de l'école ne sont toujours pas payés. Le nouveau maire, René BERROU, à peine installé, décide le conseil à aliéner un terrain municipal en faveur de Pierre Le CAIN, pour la somme de 1.064.65 Francs. Une somme de 600 Francs prélevée sur le produit de la vente est affectée au paiement des travaux de l'école et à l'achat de mobilier. UNE ÉCOLE POUR LES GARÇONS. Le 4 Juin 1882, le Conseil est réuni en séance extraordinaire: Le Maire propose aux conseillers la construction d'une école à PERGUET, en précisant qu'il offre gratuitement une parcelle de terre pour l'implanter. Soumise au vote, la proposition du Maire est rejetée par 7 voix contre 2; le conseil estime prioritaire le dédoublement de l'école du bourg par la création d'une .école spéciale de garçons. Au cours de la même séance, invités à désigner les membres de la commission scolaire, les conseillers manifestent leur mauvaise humeur en se retirant et laissent le Maire libre de faire nommer par qui de droit les membres de la commission. René BERROU avait perdu la première reprise, mais il allait triompher dans la seconde. Le 29 novembre de la même année, il soumet la même question aux conseillers. Mais il est cette fois porteur d'une lettre du Préfet citant la loi qui fait obligation aux communes de plus de 500 habitants d'avoir une école distincte pour chaque sexe et la nécessité d'une école à PERGUET qui est distant de plus de trois kilomètres du chef-lieu de la commune. A l'unanimité, le Conseil décide la construction d'une école de garçons à BÉNODET et d'une école mixte à PERGUET, et charge le Maire de négocier les baux pour l'ouverture rapide de ces deux écoles. La première devait s'ouvrir dans la maison Le CAIN 5/8
  6. 6. avec un bail partant du 1er septembre 1882. Quant à la seconde, nous y reviendrons plus loin. 1887: L'école des garçons n'est pas encore dans ses murs! Au cours de la séance du 17 Avril, le Maire, Thomas HAMON, soumet au Conseil trois possibilités: - Reprendre le projet initial; - Acheter la maison de Mr BARGAIN, pilote; - Louer la maison de Mme BARGAIN. Le Conseil opte pour La première solution, mais pour avoir au plus tôt une école de garçons, décide de louer pour deux ans La maison de Mme BARGAIN au prix de 400 Francs l'an. La commune contracte un emprunt au Crédit Foncier, l'école de garçons sera rapidement construite et fonctionnera à partir de 1888. LES PROBLEMES LIES A L'EXPANSION DE BÉNODET. Le dernier quart du XIX siècle et le début du XX voient une augmentation rapide de la population. (Voir le bulletin n° 8 de Foen lzella) Un nouvel afflux d'enfants vient bientôt gonfler les effectifs scolaires dans des proportions considérables. Et nous entrons à ce moment dans une période très agitée au point de vue politique, avec les lois sur la laïcité. Les religieuses ont cessé d'enseigner en 1904, les enseignants laïques sont arrivés. Mais les années passent, et les besoins en locaux et personnel ne font que s'aggraver. Nos édiles finissent par s'en inquiéter et appeler à l'aide les autorités de l'État. Dans sa séance du 28 Novembre 1909, l'Assemblée municipale, présidée par le Maire Joseph SAUTEJEAN, rappelle au Préfet avoir pris une décision favorable à l'établissement de plans de nouveaux locaux scolaires, et à la création de postes d'adjoints tant à l'école des garçons qu'à l'école des filles. 94 élèves sont inscrits, soit 38 de plus que de places disponibles, et certains doivent s'asseoir dans l'embrasure des fenêtres ! 1912: Le 18 Février, le registre de délibérations fait état d'un besoin de 150 places à l'école des garçons. A la rentrée scolaire, 118 inscriptions ont été enregistrées; 25 enfants n'ont pu être acceptés faute de place, et d'autres ont atteint l'âge scolaire depuis cette date. L'agrandissement de l'école est en cours, les travaux seront terminés au début du mois de mai. Le Maire demande aussi la création d'un poste de deuxième adjoint à l'école des garçons. Par ailleurs. La construction de nouveaux locaux va normaliser la situation. QUELQUES RÉFLEXIONS. Le moins qu'on puisse dire, est que la commune de PERGUET, puis celle de BÉNODET, n'ont pas été à la pointe du progrès en ce qui concerne La scolarisation de leurs enfants ! Pour mieux s'en convaincre, il n'est pas inutile de rappeler les principales lois organisant l'Instruction primaire en France: - 1833: Loi GUIZOT : Obligation aux communes de pourvoir à l'instruction primaire des garçons. - 1850: Loi FALLOUX: Cette obligation est étendue aux filles dans les communes de plus de 800 habitants. (500 à partir de 1867) - 1881-82: Lois J. FERRY: Obligation scolaire de 6 à 13 ans, gratuité de l'enseignement. - 1886: Loi GOBLET: Laïcisation du personnel enseignant: Elle ne pouvait être que progressive, et a abouti à la création de très nombreuses écoles confessionnelles. - 1904: Lois COMBES: Toutes les Congrégations sont exclues de l'enseignement publique; La liberté de l'enseignement est conservée. Il est évident que la commune de PERGUET a continuellement "traîné les pieds". La Fondation de BÉIODET était le 6/8
  7. 7. Soixante-sixième établissement de la Communauté de KERMARIA; à CLOHARS FOUESHAKT une école publique fonctionnait dès 1846 ! A quoi attribuer ce décalage ? L'état des finances locales est constamment invoqué; mais il ne devait pas être pire qu'ailleurs. Est-ce donc l'état d'esprit des élus, ou l'influence de familles de notables de PERGUET ou des communes voisines ? Quoi qu'il en soit, le mérite n'en est que plus grand des religieuses et des enseignants laïques qui ont consacré le meilleur d'eux-mêmes à l'éveil aux lumières de la connaissance de tant de jeunes esprits, dans des conditions souvent si difficiles. LES ECOLES DE HAMEAU. L'ECOLE DE PERGUET. Nous l'avons vu, le nom de René BERROU, de KERCONAN, est attaché à l'école du PERGUET qu'il a su imposer à son conseil municipal. Le 4 Novembre 1883, le Maire présente le devis de construction et les conseillers l'autorisent à faire toutes les démarches nécessaires auprès de l'administration. Le 11 du même mois avait lieu l'adjudication des travaux. Adjudicataire, Joseph MICHEL, entrepreneur à PONT-l'ABBÉ, pour la somme de 14.622,60 Francs. En attendant la construction, le Maire décidait d'ouvrir l'école dans une maison de PERGUET. Le 15 Décembre 1883, un bail était conclu entre la commune et Jean-Marie JEFFROY, débitant de boissons et tabacs au bourg de PERGUET, pour .une maison neuve au couchant de la principale, plus une chambre avec sa garniture, un jardin à partir de l'allée de buis, le droit au puits, pour un loyer de 200 Francs 1 'an. Nous n'avons pas de précisions sur la date d'ouverture de l'école, mais il n'est pas douteux qu'elle s'et faite dès le début de 1884. Elle a fermé ses portes au mois de Juin 1971 et aura donc fonctionné pendant 87 ans. Au 15 Novembre 1931, l'école comptait 56 enfants, 27 garçons et 29 filles. Le Maire obtient un poste d'adjoint et est autorisé, en raison de l'urgence, à hâter les travaux d'aménagement et à passer un marché de gré à gré avec Mr CORPOREAU, menuisier au bourg de BÉNODET. La commune de FOUESNANT participe aux frais de cette dépense d'agrandissement. L'ECOLE DE MENEZ GROAS. Elle a été construite sur des plans de Mr Le GRAND, architecte à QUIMPER. Le devis s'élevait à la somme de 234.845,15 Francs, à laquelle s'ajoutaient les devis d'installation de l'eau sur lavabo et d'électricité. Elle fut inaugurée le 17 Septembre 1932 par Mr BOUILLOUX LAFONT, Député-maire de BENODET en présence de l’inspecteur d’Académie de MM BÉNAC, Conseiller Général; YVONNOU , adjoint au Maire, Le Grand, architecte. Un banquet de cinquante couverts fut servi dans la salle de classe par Mr et Mme CLOAREC, des jeux divers organisés par le Comité des Fêtes; la journée se termina par un feu d'artifice suivi d'un bal. Tout comme celle de PERGUET, l'école de MENEZ GROAS a fermé ses portes en 1971 lorsque s'est ouverte l'école neuve de KERNEVEZ et que la municipalité a organisé le ramassage scolaire. BENODET a maintenant deux écoles. A la rentrée de Septembre 1990, il y avait 119 enfants à l'école Notre Dame et 155 au groupe scolaire de Kernevez. TEMOIGNAGES. Corentin Le GOARDET, né à BÉNODET en 1893, est à notre connaissance la seule personne en vie à avoir connu l’école des Soeurs à BENODET avant la laïcisation. 7/8
  8. 8. -Pour aller à l'école, ma mère m'avait acheté un petit bonnet de perles bleu. Les garçons et les filles étaient habillés de la même façon, une petite robe et rien en dessous. Il y avait déjà deux écoles; celle des filles était tenue par des religieuses, et celle des garçons par Mr et Mme CANÉVET, des instituteurs républicains (sic). Les classes de garçons étaient surchargées et dans la grande classe, Mr CANÉVET avait, en plus des garçons, ses deux filles, Anna et Hélène. Je me souviens aussi que les Sœurs sont parties de l'école des filles; elles ont été remplacées par Mme NÉDELEC. Je n'étais pas un bon élève, j'étais trop souvent absent et je n'ai pas pu apprendre grand chose. A 11 ans j'ai embarqué pour la pêche sur le bateau de mon père. Quelques années plus tard, j'ai suivi l'écale du soir de Mr MONNOTON et j'y ai appris plus qu'avant. Les garçons étaient fiers d'avoir des instituteurs républicains et ne manquaient pas une occasion d'agacer les bonnes soeurs. Je me souviens d'un jour où, pour un geste déplacé qui méritait bien une punition, une Soeur m'a poursuivi dans la cour, armée de son balai; heureusement Mr CANÉVET est intervenu!.. Alain CORPOREAU est né avec le siècle; il a fréquenté l'école de 1905 à 1914. - Ma mère m'avait acheté une robe neuve pour aller à l'école. Je suis entré dans la classe de Mme CANÉVET. Les classes étaient bondées, les enfants s'asseyaient un peu partout. L'école des filles était déjà tenue par des institutrices laïques. En 1907, je suis entré dans la classe de Mr MONNOTON. C’était un bon maître, mais il était dur, autant avec ses adjoints qu'avec les enfants. Je l'ai même vu envoyer son fils Charles au lit sans souper, pour une peccadille. C'est pendant la scolarité qu'a été construite une troisième classe à l’école des garçons. Je me souviens d'entendre ma mère dire qu'elle-même était allée à l'école dans un local situé à l’emplacement de 1 'ancienne mairie, là où se trouve à présent la salle de tri des P.T.T. René BLEUZEN DAUMIER, au siècle dernier, a mis en scène les écoliers et leurs maîtres. Les légendes de ses lithographies étaient souvent mordantes ; ici figurait : « Comment, vous ne savez pas le nom des trois fils de Dagobert !... Mais vous voulez donc être toute votre vie un être inutile à la société ! » 8/8

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