Bénodet
VIEUX MÉTIERS
LE FORGERON ET MARÉCHAL-FERRANT
Les métiers naissent avec besoins et
disparaissent souvent avec l'év...
QIUILFEN, je me suis marié à Marie
Jeanne LOUÉDEC le 24 avril 1929 et nous
sommes allés habiter la propriété
BOUILLOUX LAF...
Terre, manèges, tarares, batteuses, etc... Et
il fallait souvent faire preuve d'esprit
inventif et réparer au plus vite, a...
COUREUR CYCLISTE!
L'aventure commence le 1er Janvier
1922, Maurice demande à son patron,
Monsieur Le MAOUT, l'autorisation...
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Les metiers au Pays de Fouesnant - php xe-dnf8

335 vues

Publié le

Les metiers au Pays de Fouesnant -

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
335
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
41
Actions
Partages
0
Téléchargements
2
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Les metiers au Pays de Fouesnant - php xe-dnf8

  1. 1. Bénodet VIEUX MÉTIERS LE FORGERON ET MARÉCHAL-FERRANT Les métiers naissent avec besoins et disparaissent souvent avec l'évolution de leur environnement. Le pays a vécu longtemps dans une quasi autarcie et les activités répondaient essentiellement aux besoins locaux. aux travaux de la terre, aux ménages. Le bouleversement des moyens de production a condamné à la disparition toute une panoplie de professions dont il reste encore quelques représentants ou quelques témoins. Route du Letty, à BÉNODET, habite un personnage qui incarne parfaitement une de ces activités intimement liées à la campagne, à la petite agriculture, et qui ont disparu avec la transformation de celle-ci, Nous avons nommé Maurice BERROU. FORGERON MARECHAL FERRANT Le forgeron n'est pas nécessairement maréchal-ferrant, mais dans la région de Fouesnant le même homme exerçait généralement les deux métiers. Le même feu, la même enclume servaient à chauffer et à forger le fer du cheval comme le crochet de son collier d'attelage. Maurice BERROU, qui a 86 ans, (il est né le 21 Juin 1905 à BÉNODET) est un des derniers représentants de cette profession; en nous contant ce que fut son métier, il nous fait entrer dans cet univers du début du siècle: Je suis né àKerliézec, en BÉNODET, dans une famille de petits fermiers. Je suis allé à l'école, mais à la déclaration de la grande guerre. en 1914, mon père étant mobilisé, j'ai dû aider mon grand-père à la ferme de Kervao où nous nous étions installés l'année précédente; dès lors, je n'allais plus en classe que de temps en temps, l'hiver et quand le temps était mauvais. Au retour de la guerre, mon père toucha son "pécule" qui lui permit d'acheter un cheval (1.050 F,) et de se faire fabriquer une charrette chez Le LORC'H à Pont-Henvez. A 14 ans, une de mes occupations favorites était d'aller charger du goëmon à Mousterlin pour engraisser la terre, tandis que mon père aidait aux travaux dans les grandes fermes. En 1920, j'étais gagé comme "petit domestique" à Kerhall-Vihan en Clohars Fouesnant, pour 600 Francs l'an. L'année suivante j'avais 9oo Francs chez NÉDELEC à Kerguel, mais je n'y suis resté que onze mois: j'avais décidé de quitter le travail de la terre, et je me suis fait embaucher comme apprenti forgeron maréchal-ferrant chez LE MAOUT, à Pleuven. Je dus payer 500 Francs pour les six premiers mois d'apprentissage, mais j'étais nourri et logé. Après ces six mois, le patron me payait 60 Francs par mois, et je suis resté trois ans dans ces conditions. Au mois d'août 1924, sur un coup de tête, j'ai quitté mon emploi. J'ai donné un coup de main à droite et à gauche pour la moisson; puis j'ai trouvé à travailler sur mon métier à Troyallac'h, en SaintEvarzec. Je n'y suis resté que sept mois, avant de venir chez Jacob QUILFEN à Pont-Henvez,qui m'a gardé huit mois, jusqu'à mon départ au régiment, au 2. Chasseurs d'Afrique à Mascara, où j'ai naturellement été affecté à la forge et où j'ai suivi des cours de maréchalerie. A mon retour du régiment, en mai 1927, j'ai repris mon travail chez Jacob 1/4
  2. 2. QIUILFEN, je me suis marié à Marie Jeanne LOUÉDEC le 24 avril 1929 et nous sommes allés habiter la propriété BOUILLOUX LAFONT au bourg de BÉNODET. Puis, e me suis installé à mon compte chez M Le GOFF, où est maintenant le "YANNICK CLUB". Et c'est là, puis dans ma nouvelle forge, de l'autre côté de la route, que j'ai exercé; jusqu'à la retraite le métier de forgeron, tandis que ma femme tenait un café épicerie et quincaillerie. Et j'ai cédé la Place à mon fils Maurice, qui 'lient à son tour de prendre sa retraite. LE MARÉCHAL FERRANT, A cette époque, culture n'était pas encore mécanisée : c’est le cheval qui faisait tous les travaux et les charrois. LE FORGERON Le forgeron devait savoir faire de ses mains. Il recevait des barres de fer de différents profils dont il tirait les objets qui lui étaient demandés. Et tout était soudé sur l'enclume, au feu de la forge. Ainsi, je fabriquais des socs charrue même les plus grands pour ouvrir les terres de lande et les couterelles qui tracent le sillon: des pioches, des "tranches" de Je connaissais tous les cultivateurs: ils venaient à la forge avec leurs chevaux dès qu’ils se rendaient compte que ceux-ci avaient perdu un de leurs fers. Au début, je n'avais pas de travail, c’est-à-dire d'appareil pour maintenir les bêtes pendant qu'an les ferre: c'était un de mes ouvriers, ou le propriétaire de l'animal lui-même qui en tenait le pied pendant que j'ajustais et clouais le fer. Je forgeais moimême les fers à la dimension du sabot. Parfois au lieu d'utiliser du métal neuf, je faisais un bon fer avec deux vieux. La plupart des chevaux étaient dociles, mais il y en avait aussi de rétifs dont il fallait se méfier. Les carnes n'aimaient pas beaucoup le maréchalferrant et leurs sabots ont souvent sifflé à mes oreilles, mais je n'ai jamais été touché. toutes tailles, des marres, des haches, des cognées, des herminettes : des barres à mine, marteaux et poinçons pour les carriers; les marteaux de maçon et les châsses des tailleurs de pierre: les gonds et les pentures... Toute l'année, il fallait réparer instruments agricoles: faucheuses, faneuses, rracheuses de pommes de terre 2/4
  3. 3. Terre, manèges, tarares, batteuses, etc... Et il fallait souvent faire preuve d'esprit inventif et réparer au plus vite, avant que la pluie arrive. Ferrer une charrette neuve était un travail important qu'on ne confiait qu'à des ouvriers confirmés. Toute la partie "bois" était l'affaire du charron, et c’est le forgeron qui terminait l’ouvrage. Sa première intervention consistait à poser des "frettes" sur le moyeu pour éviter qu'il n'éclate lors de la pose des rais qui étaient emboîtés a force. Ensuite venait la pose des crochets, des chaînes pour les panneaux et les ridelles, les "mouflettes" pour l'extrémité des brancards, le système de bascule pour les tombereaux. . .Pour les chars à bancs, les voitures Anglaises, le travail était plus soigné. 8 centimètres de large et 27 millimètres d'épaisseur. La confection du cercle demandait beaucoup lie précision et d'adresse, et aussi de l'expérience, Il fallait d'abord, couper la barre à la bonne dimension en tenant compte de la bride pour la soudure, puis la former sur la cintreuse. Terminée son diamètre devait être légèrement inférieur à celui de la jante de bois. La pose donnait lieu à une "grande journée", car il fallait de cinq à six personnes pour assurer la chauffe. Celle-ci se faisait en plein air au moyen de fagots dont il fallait une grande quantité, jusqu'à 300 et plus…Les cercles étaient disposés l’un sur l’autre sur un lit de fagots et le feu allumé à l'extérieur pour assurer un bon tirage. Le feu était entretenu jusqu'à ce que le fer soit chauffé a blanc. Le maniement de ces cercles était alors délicat et même dangereux: les plus gros pouvaient peser 80 à 85 kilos! Ils étaient manipulés avec de longues pinces et des outils spéciaux, par dies hommes d'expérience. Je me souviens d’une de ces journées (c’était un dimanche des Rameaux), où j’ai ferré 34 roues : 24 grandes et une dizaine pour charrettes de cantonnier et brouettes. UN MÉTIER PÉNIBLE. MAIS PAS D'ACCIDENT. Ni maladie, ni accident durant cette longue existence à la forge : des mains intactes. Un incident tout de même : « le 6 juin 1925, je relevais le défi de sauter sur le dos d’un grand cheval que je venais de ferrer. J’ai pris trop d’élan, passe pardessus la bête et je me suis cassé le pied en retombant : ce qui m’a valu quelques semaines de repos… les seules de ma vie ». LE CERCLAGE DES ROUES. Pour le bandage des roues de charrettes nous utilisions lies barres de fer plat de 7 à 3/4
  4. 4. COUREUR CYCLISTE! L'aventure commence le 1er Janvier 1922, Maurice demande à son patron, Monsieur Le MAOUT, l'autorisation d'utiliser la bicyclette d'un client pour aller souhaiter la bonne année à ses parents à BÉNODET. "Devant la ferme de Penanguer, je manque le virage et je tombe dans fossé rempli de purin. Heureusement que ma mère avait du linge propre à me donner. C'étai t le premier pas d’une passion qui devait durer qui, devait jusqu’à mon mariage. (Confiant dans mes possibilités physiques, j'achète un vélo d’occasion et je m’aligne dans les courses qui commençaient à connaître la vogue des fêtes et les Pardons. Un 14 Juillet, à Bénodet, j’emporte le premier prix. Bientôt, j’achète un vélo neuf, un WARRIOR « tour de France » et jusqu’à mon départ au régiment je rafle tous les premiers prix du Canton. Ces succès me valaient d'être connu et d’avoir la réputation de bien préparer mon vélo. Chez Jacob à Pont Henvez, je commençai à réparer les machines qui m’étaient confiées après ma journée de travail. Et bientôt j’en vendis de neuves des sous-marques, que je faisais venir « en douce ». Installé à mon propre compte à Ménez Kernun, j’ai continué à vendre des vélos. J’avais initié ma femme et mes enfants au montage des roues et même ma fille Yvonne se passionnait à croiser les rayons, le soir après souper. Le forgeron maréchal ferrant était un homme estimé, recherché des cultivateurs : c’était leur dépanneur. Il n’y avait pas une commune ou même un bon hameau sans forge. Le tracteur a remplacé le cheval, la remorque fabriquée en série a supplaNté la charrette et les vieux métiers ont disparu. Maurice BERROU, qui est sans doute le seul ancien forgeron maréchal ferrant encore vivant dans le canton de Fouesnant nous a fait partager ses souvenirs, pour notre profit et surtout celui de nos jeunes lecteurs. René BLEUZEN 4/4

×