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Clohars- Fouesnant
La commune de Clohars est de celles où, pendant des décennies, il ne s'est rien passé,
comme si le temps s 'y était arrêté. Et quand les municipalités devaient, par obligation prendre
des décisions, elles avaient généralement l'art de renâcler et de faire traîner les choses en
longueur (voir notre bulletin de janvier 1990 : « 22 ans pour construire une école ». Certes,
la commune était pauvre, mais il faut bien convenir qu'elle ne faisait guère d'effort pour sortir
de son immobilisme. Cette caractéristique se retrouve dans la période qui nous intéresse :
1895 : Le lavoir du bourg est en ruine. Faut-il l'abandonner ? Le maire soumet le
problème au conseil municipal le 17 mars 1895.
« Le maire attire l'attention sur l'état de ruine dans lequel se trouve le lavoir communal
situé au bourg. n expose qu'il a reçu plusieurs plaintes relatives à ce lavoir qu'il est urgent de
restaurer, si on ne veut pas le voir disparaître ou se transformer en mare infecte pouvant
devenir le foyer de toutes sortes d'épidémies, vu le voisinage d'une assez forte agglomération
et sa situation au carrefour de routes très fréquentées. Il invite donc l'assemblée à décider si on
doit restaurer le dit lavoir, ou l'abandonner complètement. »

Mais les finances de la commune ne permettent pas une réparation rapide, et la
municipalité attend en vain une aide départementale.
Le 23 février 1896, on en est toujours au même point :
« Dans l'état actuel du budget communal qui supporte des charges considérables eu égard à
l'importance de la commune, les moyens de réaliser l'entreprise font presque totalement
défaut.

1/5
Mais cette entreprise offre un intérêt si pressant que beaucoup d’habitants ont spontanément
offert d 'y concourir dans une assez large part. On doit considérer comme certain qu'une
souscription ouverte à cet effet produirait une somme de 60 Francs. Pour le surplus, la
municipalité croit pouvoir compter sur l'aide bienveillante du Département.
A la suite de cet exposé et après discussion, le conseil adopte les résolutions
suivantes :
1° : Il sera ouvert une souscription dans la commune par les soins de la municipalité,
dans le but de constituer un premier fond destiné à la réfection du lavoir communal.
2° : Dés que la somme réalisée par cette souscription sera connue, le maire est invité à
s'adresser à M. le Préfet et à Messieurs les membres de la Commission départementale pour
obtenir, à titre de subvention, la somme qui sera reconnue nécessaire. »
Il faut attendre le 23 août 1896 pour que le conseil, réuni à sept heures du matin,
désigne une commission chargée de mettre en place les travaux de restauration. Ceux-ci
devraient être effectués en septembre 1896. Mais le 31 janvier 1897, on en est toujours
au même point, la précédente délibération ayant été annulée par la Préfecture. On pense
que le lavoir pourrait être réparé dans les semaines à venir ...
Mais cette même année, la population du Drennec porte à son tour ses doléances
à la mairie. Le conseil se réunit le 27 mai 1897 :
« Monsieur le maire informe le conseil
qu'il a reçu plusieurs plaintes des
habitants de la sectiondu
Drennec,
relativement au lavoir public du dit
lieu. Il expose à l'assemblée que ce
lavoir est en effet dans l'état le plus
déplorable, que l'eau du lavoir s'infiltre
dans la fontaine, et qu'il est urgent de le
réparer si on ne veut pas plonger dans
le plus grand embarras en les privant de
leur unique lavoir et d'eau salubre les
nombreuses familles, pour la plupart
ouvrières, de cette importante section.
Il soumet à l'examen du conseil le devis
approximatif des travaux, dressé par M.
Le Goff, maître maçon à Gouesnac'h, et
s'élevant à la somme de 300 Francs. »
La commune, malgré ses faibles
ressources, accepte d'octroyer un
crédit de 200 Francs pour la
réfection du lavoir, et en appelle au
Préfet pour obtenir une subvention
de 100 Francs.

2/5
L'affaire se réglera plus rapidement qu'au bourg. En effet, le 27 juillet 1897 : « Le conseil
autorise M. le maire à traiter avec M. Le Goff, entrepreneur à Saint-Evarzec, pour les travaux
de réparation à effectuer au lavoir du Drennec, et il désigne M. Grivard, de Kerstrad, et M. Le
Bras, membres du conseil, pour faire partie de la commission chargée de s’entendre avec le
dit entrepreneur. »
1896 : Taxes sur les buvettes du Drennec.
« M. le maire appelle l'attention du conseil sur l'intérêt qu'il y aurait à percevoir un
droit de place sur les débits qui s’établissent sur le territoire de la commune à l’occasion des
fêtes ou pardons.
Après discussion, le conseil adopte les résolutions suivantes :
Il sera payé un droit de place de 5 F pour chaque jour de vente par tout aubergiste
étranger à la commune qui établira un comptoir à la bifurcation des routes de Bénodet
et de Clohars-Fouesnant à l’occasion des pardons de la chapelle du Drennec ou sur
tout autre terrain de la commune pour les fêtes ou réunions qui pourraient y avoir lieu.
Le droit sera payable à partir de ce jour, sauf approbation. »
1899: Pas d'école publique de filles !
Le Préfet ordonne à la mairie de Clohars-Fouesnant de se mettre en règle avec la
loi, et d'ouvrir une maison d'école spéciale pour les filles.
Les observations présentées lors du conseil du 3 août 1902 ne manquent pas
d'intérêt. Elles font ressortir :
1- Les dépenses que cette construction entraînerait pour la commune qui n' a pas
encore complètement soldé les dépenses faites pour la construction d'une salle de classe des
garçons.
2- L'inutilité de faire cette dépense, très élevée si on la compare au petit nombre
d'élèves qui suivraient les cours de cette école: en 1884, une école spéciale aux filles existait à
Clohars, et elle n’était fréquentée que par trois élèves, alors que l’école privée tenue par la
congrégation des Filles de Jésus en accueillait une cinquantaine. n y a lieu de croire qu'
aujourd'hui pareil fait se reproduirait, puisque l' école congréganiste actuellement à Clohars
instruit chez elle des enfants venant des communes voisines.
Après ces diverses observations, M. le maire met aux voix la construction d'une
maison d’école publique spéciale aux filles. »
On passe alors au vote. Sur 7 votants, aucune voix en faveur de la construction, 7 voix
contre.
« Le conseil repousse à l'unanimité le projet de construction d'une école publique spéciale aux
filles à Clohars-Fouesnant. »
Il faudra attendre plusieurs mises en demeure faites par le préfet pour qu'enfin,
le 10 novembre 1902 :
« Le conseil accepte le principe de la transformation de l’école communale des
garçons en école mixte à deux classes, en séparant la classe existante par une cloison en bois.»

3/5
1901 : Histoire de virages. Les virages du chemin vicinal reliant Clohars-Fouesnant à
Pleuven posent problème.
« L'attention du conseil est de nouveau appelée par 1 'un des membres de l'assemblée
sur les grands inconvénients que présentent les coudes formés par le chemin vicinal N° 1 de
Clohars à Pleuven. Il expose au conseil qu'il importe de procéder à une prompte rectification
si l'on veut faire disparaître toute cause d'accidents dans ces coudes. Dans ce but, une
rectification complète du chemin a déjà été approuvée il y a quelques années, mais la
commune ne sera pas en état, avec ses propres ressources, d'exécuter le tracé projeté. D'un
autre côté, les services que ce chemin rend à la commune de Clohars ne justifient pas les
sacrifices qu'elle imposerait: trois ou quatre villages seulement de Clohars profitent de ce
chemin, soit pour venir au bourg, soit pour exploiter leurs terres. Sa plus grande utilité est
pour les cultivateurs de Pleuven qui se rendent à la grève prendre des engrais.
M . le conseiller propose donc de faire les simples
rectifications indiquées en pointillés sur le croquis ci-joint, qui
lui paraissent suffisantes et de nature à diminuer
considérablement les causes de danger, et qui auront en outre
l'avantage de ne pas grever la commune. Cette réfection faite,
les voitures allant dans l'un ou l’autre sens pourraient
s'apercevoir à près de cinquante mètres de distance,
tandis
qu'actuellement, les coudes étant brusques, il est impossible de
s'éviter si l' on marche à une allure autre que celle du pas. Le
propriétaire consent à donner son terrain gratuitement, à
condition de recevoir en échange le terrain restant libre en
dehors de la largeur du chemin. Les fermiers s’engagent
également à ne réclamer aucune pourrait être due pour tout
préjudice provenant de ces travaux, lesquels seraient
exécutés par le service des prestations. »
Jean-Yves Le Corre Philippe Rivière

N.D.L.R. : Il convient, dans un bulletin aussi sérieux que celui de Foen Izella, d'adopter le ton
académique, même quand on traite de futiles histoires de lavoir. Pourtant, Philippe Rivière,
notre nouveau rédacteur, pas encore contaminé par le style « maison », a vu les débats
municipaux de Clohars sous un angle inhabituel. Nous ne pouvons résister au plaisir d’en
faire profiter nos lecteurs :

4/5
« Nous sommes le 17 mai 1895. M. le maire exprime son inquiétude devant le conseil.
En effet, plusieurs plaintes sont parvenues à la mairie, concernant le lavoir public du bourg,
rendu à l' état de ruine: il est urgent d'agir ; ou on le répare, ou on le rase, « avant qu'il ne soit
plus qu'une mare infecte pouvant devenir le foyer de toutes les épidémies... »
A l'unanimité, il est décider de restaurer l’édifice public, important pour les nombreux
riverains. Mais la commune est pauvre, et ne peut faire face au coût des travaux. Un appel au
préfet est donc lancé pour « qu'il use de sa haute influence auprès de la Commission
Départementale afin que soit accordé un secours de 100 francs. » La machine municipale est
en route, les choses devraient s'arranger, les habitants sont contents.
Mais la machine tourne au ralenti, et le temps s’écoule aussi lentement que l'eau du
lavoir à moitié bouché. Ce n'est que le 23 février 1896 que l'on reparle du lavoir au conseil.
Pour apprendre que rien n'a été fait, si ce n’est un devis des travaux, se montant à 323 francs.
Les riverains, excédés par la lenteur des choses, proposent de se cotiser. Idée reprise aussitôt
par le maire qui lance une souscription volontaire, en espérant récolter au moins 60 francs.
Pour le reste, on essaiera de se faire aider par le Département. Tout le monde est plein de
bonnes intentions; pourtant les choses vont encore traîner, car à l'horizon se profilent les
élections municipales, prévues pour le mois de mai. Comme c'est souvent le cas, toutes les
décisions semblent suspendues. Pour la majorité, il faut bien se ménager des occasions de
promesses électorales: « Si ! Si! On s'en occupe! Dès que vous nous aurez réélus! Vous
comprenez, on n'a pas eu le temps, six ans c ' est tellement court ! » Quant à l'opposition, elle
ne rate pas l'occasion: « Non mais, vous avez vu ? Qu'est-ce qu'ils ont fait en six ans ? Rien !
Des nuls! Citoyens, I 'heure du changement a sonné! »
Surprise! Le maire sortant, sans doute lessivé par les soucis de sa charge, jette
l'éponge. Le nouveau maire est désigné par le conseille 17 mai. Un trimestre s' écoule, où il
est question un peu de tout, sauf du lavoir : c ' est ce qu'on appelle l'état de grâce... Mais tout a
une fin. Après de nouvelles plaintes, sentant monter la rage de ses administrés, le maire
décide de donner un nouvel essor au projet de rénovation, ...en créant une commission,
composée de lui-même et de deux conseillers, pour « s'entretenir avec l'entreprise des
réparations à effectuer au lavoir public ». Les travaux doivent commencer fin septembre;
enfin du concret !
Septembre s'achève, l'année aussi, et toujours rien. Les gens commencent a se dire que
ces maires ne sont que des conteurs de fables ( de la fontaine. . . ) Que se passe-t-il donc ? La
réponse tombe comme un coup de battoir, au début janvier 1897 : la demande de subvention
est revenue. Refusée! Motif, le courrier n'était pas assez explicite! ( Ce devait être un véritable
torchon, étant donné qu'il a fallu quatre mois à ces messieurs du Département pour ne pas
arriver à comprendre; il est vrai que nombre de conseillers étaient totalement illettrés...)
Après le 31 janvier, plus un mot au sujet du lavoir. On peut en déduire que la subvention a
enfin été accordée, et les travaux effectués, après un peu plus de deux ans de palabres. il est
certain qu 'un foyer épidémique aurait largement eu le temps de s'installer dans ce lavoir, d'en
déborder et de ravager le canton !

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Mairies communes du Pays de Fouesnant --phphfo bxx

  • 1. Clohars- Fouesnant La commune de Clohars est de celles où, pendant des décennies, il ne s'est rien passé, comme si le temps s 'y était arrêté. Et quand les municipalités devaient, par obligation prendre des décisions, elles avaient généralement l'art de renâcler et de faire traîner les choses en longueur (voir notre bulletin de janvier 1990 : « 22 ans pour construire une école ». Certes, la commune était pauvre, mais il faut bien convenir qu'elle ne faisait guère d'effort pour sortir de son immobilisme. Cette caractéristique se retrouve dans la période qui nous intéresse : 1895 : Le lavoir du bourg est en ruine. Faut-il l'abandonner ? Le maire soumet le problème au conseil municipal le 17 mars 1895. « Le maire attire l'attention sur l'état de ruine dans lequel se trouve le lavoir communal situé au bourg. n expose qu'il a reçu plusieurs plaintes relatives à ce lavoir qu'il est urgent de restaurer, si on ne veut pas le voir disparaître ou se transformer en mare infecte pouvant devenir le foyer de toutes sortes d'épidémies, vu le voisinage d'une assez forte agglomération et sa situation au carrefour de routes très fréquentées. Il invite donc l'assemblée à décider si on doit restaurer le dit lavoir, ou l'abandonner complètement. » Mais les finances de la commune ne permettent pas une réparation rapide, et la municipalité attend en vain une aide départementale. Le 23 février 1896, on en est toujours au même point : « Dans l'état actuel du budget communal qui supporte des charges considérables eu égard à l'importance de la commune, les moyens de réaliser l'entreprise font presque totalement défaut. 1/5
  • 2. Mais cette entreprise offre un intérêt si pressant que beaucoup d’habitants ont spontanément offert d 'y concourir dans une assez large part. On doit considérer comme certain qu'une souscription ouverte à cet effet produirait une somme de 60 Francs. Pour le surplus, la municipalité croit pouvoir compter sur l'aide bienveillante du Département. A la suite de cet exposé et après discussion, le conseil adopte les résolutions suivantes : 1° : Il sera ouvert une souscription dans la commune par les soins de la municipalité, dans le but de constituer un premier fond destiné à la réfection du lavoir communal. 2° : Dés que la somme réalisée par cette souscription sera connue, le maire est invité à s'adresser à M. le Préfet et à Messieurs les membres de la Commission départementale pour obtenir, à titre de subvention, la somme qui sera reconnue nécessaire. » Il faut attendre le 23 août 1896 pour que le conseil, réuni à sept heures du matin, désigne une commission chargée de mettre en place les travaux de restauration. Ceux-ci devraient être effectués en septembre 1896. Mais le 31 janvier 1897, on en est toujours au même point, la précédente délibération ayant été annulée par la Préfecture. On pense que le lavoir pourrait être réparé dans les semaines à venir ... Mais cette même année, la population du Drennec porte à son tour ses doléances à la mairie. Le conseil se réunit le 27 mai 1897 : « Monsieur le maire informe le conseil qu'il a reçu plusieurs plaintes des habitants de la sectiondu Drennec, relativement au lavoir public du dit lieu. Il expose à l'assemblée que ce lavoir est en effet dans l'état le plus déplorable, que l'eau du lavoir s'infiltre dans la fontaine, et qu'il est urgent de le réparer si on ne veut pas plonger dans le plus grand embarras en les privant de leur unique lavoir et d'eau salubre les nombreuses familles, pour la plupart ouvrières, de cette importante section. Il soumet à l'examen du conseil le devis approximatif des travaux, dressé par M. Le Goff, maître maçon à Gouesnac'h, et s'élevant à la somme de 300 Francs. » La commune, malgré ses faibles ressources, accepte d'octroyer un crédit de 200 Francs pour la réfection du lavoir, et en appelle au Préfet pour obtenir une subvention de 100 Francs. 2/5
  • 3. L'affaire se réglera plus rapidement qu'au bourg. En effet, le 27 juillet 1897 : « Le conseil autorise M. le maire à traiter avec M. Le Goff, entrepreneur à Saint-Evarzec, pour les travaux de réparation à effectuer au lavoir du Drennec, et il désigne M. Grivard, de Kerstrad, et M. Le Bras, membres du conseil, pour faire partie de la commission chargée de s’entendre avec le dit entrepreneur. » 1896 : Taxes sur les buvettes du Drennec. « M. le maire appelle l'attention du conseil sur l'intérêt qu'il y aurait à percevoir un droit de place sur les débits qui s’établissent sur le territoire de la commune à l’occasion des fêtes ou pardons. Après discussion, le conseil adopte les résolutions suivantes : Il sera payé un droit de place de 5 F pour chaque jour de vente par tout aubergiste étranger à la commune qui établira un comptoir à la bifurcation des routes de Bénodet et de Clohars-Fouesnant à l’occasion des pardons de la chapelle du Drennec ou sur tout autre terrain de la commune pour les fêtes ou réunions qui pourraient y avoir lieu. Le droit sera payable à partir de ce jour, sauf approbation. » 1899: Pas d'école publique de filles ! Le Préfet ordonne à la mairie de Clohars-Fouesnant de se mettre en règle avec la loi, et d'ouvrir une maison d'école spéciale pour les filles. Les observations présentées lors du conseil du 3 août 1902 ne manquent pas d'intérêt. Elles font ressortir : 1- Les dépenses que cette construction entraînerait pour la commune qui n' a pas encore complètement soldé les dépenses faites pour la construction d'une salle de classe des garçons. 2- L'inutilité de faire cette dépense, très élevée si on la compare au petit nombre d'élèves qui suivraient les cours de cette école: en 1884, une école spéciale aux filles existait à Clohars, et elle n’était fréquentée que par trois élèves, alors que l’école privée tenue par la congrégation des Filles de Jésus en accueillait une cinquantaine. n y a lieu de croire qu' aujourd'hui pareil fait se reproduirait, puisque l' école congréganiste actuellement à Clohars instruit chez elle des enfants venant des communes voisines. Après ces diverses observations, M. le maire met aux voix la construction d'une maison d’école publique spéciale aux filles. » On passe alors au vote. Sur 7 votants, aucune voix en faveur de la construction, 7 voix contre. « Le conseil repousse à l'unanimité le projet de construction d'une école publique spéciale aux filles à Clohars-Fouesnant. » Il faudra attendre plusieurs mises en demeure faites par le préfet pour qu'enfin, le 10 novembre 1902 : « Le conseil accepte le principe de la transformation de l’école communale des garçons en école mixte à deux classes, en séparant la classe existante par une cloison en bois.» 3/5
  • 4. 1901 : Histoire de virages. Les virages du chemin vicinal reliant Clohars-Fouesnant à Pleuven posent problème. « L'attention du conseil est de nouveau appelée par 1 'un des membres de l'assemblée sur les grands inconvénients que présentent les coudes formés par le chemin vicinal N° 1 de Clohars à Pleuven. Il expose au conseil qu'il importe de procéder à une prompte rectification si l'on veut faire disparaître toute cause d'accidents dans ces coudes. Dans ce but, une rectification complète du chemin a déjà été approuvée il y a quelques années, mais la commune ne sera pas en état, avec ses propres ressources, d'exécuter le tracé projeté. D'un autre côté, les services que ce chemin rend à la commune de Clohars ne justifient pas les sacrifices qu'elle imposerait: trois ou quatre villages seulement de Clohars profitent de ce chemin, soit pour venir au bourg, soit pour exploiter leurs terres. Sa plus grande utilité est pour les cultivateurs de Pleuven qui se rendent à la grève prendre des engrais. M . le conseiller propose donc de faire les simples rectifications indiquées en pointillés sur le croquis ci-joint, qui lui paraissent suffisantes et de nature à diminuer considérablement les causes de danger, et qui auront en outre l'avantage de ne pas grever la commune. Cette réfection faite, les voitures allant dans l'un ou l’autre sens pourraient s'apercevoir à près de cinquante mètres de distance, tandis qu'actuellement, les coudes étant brusques, il est impossible de s'éviter si l' on marche à une allure autre que celle du pas. Le propriétaire consent à donner son terrain gratuitement, à condition de recevoir en échange le terrain restant libre en dehors de la largeur du chemin. Les fermiers s’engagent également à ne réclamer aucune pourrait être due pour tout préjudice provenant de ces travaux, lesquels seraient exécutés par le service des prestations. » Jean-Yves Le Corre Philippe Rivière N.D.L.R. : Il convient, dans un bulletin aussi sérieux que celui de Foen Izella, d'adopter le ton académique, même quand on traite de futiles histoires de lavoir. Pourtant, Philippe Rivière, notre nouveau rédacteur, pas encore contaminé par le style « maison », a vu les débats municipaux de Clohars sous un angle inhabituel. Nous ne pouvons résister au plaisir d’en faire profiter nos lecteurs : 4/5
  • 5. « Nous sommes le 17 mai 1895. M. le maire exprime son inquiétude devant le conseil. En effet, plusieurs plaintes sont parvenues à la mairie, concernant le lavoir public du bourg, rendu à l' état de ruine: il est urgent d'agir ; ou on le répare, ou on le rase, « avant qu'il ne soit plus qu'une mare infecte pouvant devenir le foyer de toutes les épidémies... » A l'unanimité, il est décider de restaurer l’édifice public, important pour les nombreux riverains. Mais la commune est pauvre, et ne peut faire face au coût des travaux. Un appel au préfet est donc lancé pour « qu'il use de sa haute influence auprès de la Commission Départementale afin que soit accordé un secours de 100 francs. » La machine municipale est en route, les choses devraient s'arranger, les habitants sont contents. Mais la machine tourne au ralenti, et le temps s’écoule aussi lentement que l'eau du lavoir à moitié bouché. Ce n'est que le 23 février 1896 que l'on reparle du lavoir au conseil. Pour apprendre que rien n'a été fait, si ce n’est un devis des travaux, se montant à 323 francs. Les riverains, excédés par la lenteur des choses, proposent de se cotiser. Idée reprise aussitôt par le maire qui lance une souscription volontaire, en espérant récolter au moins 60 francs. Pour le reste, on essaiera de se faire aider par le Département. Tout le monde est plein de bonnes intentions; pourtant les choses vont encore traîner, car à l'horizon se profilent les élections municipales, prévues pour le mois de mai. Comme c'est souvent le cas, toutes les décisions semblent suspendues. Pour la majorité, il faut bien se ménager des occasions de promesses électorales: « Si ! Si! On s'en occupe! Dès que vous nous aurez réélus! Vous comprenez, on n'a pas eu le temps, six ans c ' est tellement court ! » Quant à l'opposition, elle ne rate pas l'occasion: « Non mais, vous avez vu ? Qu'est-ce qu'ils ont fait en six ans ? Rien ! Des nuls! Citoyens, I 'heure du changement a sonné! » Surprise! Le maire sortant, sans doute lessivé par les soucis de sa charge, jette l'éponge. Le nouveau maire est désigné par le conseille 17 mai. Un trimestre s' écoule, où il est question un peu de tout, sauf du lavoir : c ' est ce qu'on appelle l'état de grâce... Mais tout a une fin. Après de nouvelles plaintes, sentant monter la rage de ses administrés, le maire décide de donner un nouvel essor au projet de rénovation, ...en créant une commission, composée de lui-même et de deux conseillers, pour « s'entretenir avec l'entreprise des réparations à effectuer au lavoir public ». Les travaux doivent commencer fin septembre; enfin du concret ! Septembre s'achève, l'année aussi, et toujours rien. Les gens commencent a se dire que ces maires ne sont que des conteurs de fables ( de la fontaine. . . ) Que se passe-t-il donc ? La réponse tombe comme un coup de battoir, au début janvier 1897 : la demande de subvention est revenue. Refusée! Motif, le courrier n'était pas assez explicite! ( Ce devait être un véritable torchon, étant donné qu'il a fallu quatre mois à ces messieurs du Département pour ne pas arriver à comprendre; il est vrai que nombre de conseillers étaient totalement illettrés...) Après le 31 janvier, plus un mot au sujet du lavoir. On peut en déduire que la subvention a enfin été accordée, et les travaux effectués, après un peu plus de deux ans de palabres. il est certain qu 'un foyer épidémique aurait largement eu le temps de s'installer dans ce lavoir, d'en déborder et de ravager le canton ! 5/5