Jean Le FOLL
MOULINS ET MEUNIERS
D’AUTREFOIS

Dès la Préhistoire, les hommes ont
réussi, à l'aide de moyens rudimentaires,...
C'était un moulin royal, dont l'emplacement seulement fut vendu au Sieur de
Penfoulic dans les années 1560 (voir le N°
10 ...
La présente ferme faite et convenue
entre les parties pour une durée de cinq
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L'acte spécifie "qu'ils ne pourront laisser
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Guillaume Jean, de Kernoac'h Izella :
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François Nédélec, de Keranmarec :
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Petit Ergué, d'autre part; entre lesquelles
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après distraction de 4 p...
Le montant des renables était très
variable. L'estimation des meules, en
particulier, dépendait de leur usure et des
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Lorsque les meules étaient usées,
un spécialiste s'installait à demeure pour
tailler et assembler les blocs qui allaient
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Les moulins à eau ont peu à peu
disparu, ne pouvant lutter contre les grands
monopoles (les Grands Moulins de Paris)
et le...
Action entreprise pour lutter contre
les abus dont les meuniers
étaient soupçonnés.
Le 4 septembre 1769 était publiée
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La commission attendit vainement
les autres meuniers; René Le Roy fut le
seul à se mettre en règle. Devant cette
situation...
vous plaise, Messieurs, ayant égard à tout
ce que dessus, de fixer le jour pour
descendre en tous les moulins situés dans
...
Le 6 mai 1770, Anthoine
Dulamens, sénéchal, Mathieu Poupon,
substitut
du procureur, Mathieu Le
Treffou, commissaire juré r...
: 50, 25, 12, 6, 4, 3, 2, 1, et 1/2 livres.
Kergador, Le Plessix et Pen an Coat
avaient des poids de 6, Pen a Len un poids...
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Moulins & lavoirs au Pays de Fouesnant --phprj yoql

  1. 1. Jean Le FOLL MOULINS ET MEUNIERS D’AUTREFOIS Dès la Préhistoire, les hommes ont réussi, à l'aide de moyens rudimentaires, à broyer les graines de céréales et ont obtenu une farine qui a permis une évolution importante de l'alimentation humaine. Ils furent amenés à perfectionner peu à peu les instruments de broyage, et plusieurs meules préhistoriques ont été répertoriées dans le Cap Sizun. Mais il faut attendre l'occupation romaine pour voir se répandre chez nous les meules à bras, dont de nombreux spécimens ont été découverts dans le Finistère; une seule d'entre elles, à notre connaissance, a été signalée à Fouesnant, au début du siècle, à Coat Veil Mor, mais on ne sait ce qu'elle est devenue. L'invention des moulins à eau, qui date aussi de cette époque, ne gagna que tardivement nos régions, bien après la fin de l'occupation romaine. C'est le Cartulaire de Landévennec qui nous apporte les premiers témoignages de l'existence des moulins à eau ou à vent dans notre région. La Charte 43 concerne le Cap Caval et le Pays de Fouesnant, mais sans indications précises. Le vicomte DILES fait des donations à l'Abbaye et on relève dans le texte latin "molina rorram cum scripulo terrae, du ur Ti, Tref Cunhour in pago Fuenant". Langillière, qui s'est beaucoup penché sur le Cartulaire, a facilement reconnu Trégonnour dans Tref Cunhour, mais n'a pu identifier Molina Corram avec sa petite parcelle de terre. En parcourant un rentier de 1750, nous avons relevé qu'un Jean Caradec devait au Roi une rente de 7 Livres 13 sols sur "Corran Nevez", lieu situé dans le secteur de Mousterlin, non loin de Trégonnour . Plus tard, on indique sur les rentiers Corran Nevez ou Menez ar Roué, et finalement seule la dernière dénomination sera utilisée. La rente sur Corran Nevez est ensuite payée par un fils de Jean, Tanguy Caradec, du Cosquer. Le moulin de Corran - l'un des rares signalés dans la Charte - serait donc probablement le plus ancien de la paroisse de Fouesnant. En se basant sur le Cartulaire, il daterait des environs du X ème siècle, la Charte ellemême ayant été rédigée au XI ème. Le lieu où il se situait plaiderait en faveur d'un moulin à vent. On connaît la base de l'alimentation bretonne depuis le Moyen-Age : pain de seigle ou "pain noir", crêpes et galettes de blé noir, bouillie d'avoine... Aussi comprend-on l'importance des moulins et leur prolifération dans nos campagnes, sur les hauteurs ou tout au long des ruisseaux. Deux moulins ont utilisé les courants de marées, à l'endroit du Port-La-Forêt actuel, et dans l'anse de Penfoulic. Ce dernier avait déjà disparu dès le XVI ème siècle . 1/15
  2. 2. C'était un moulin royal, dont l'emplacement seulement fut vendu au Sieur de Penfoulic dans les années 1560 (voir le N° 10 de Foen-Izella, page 28). Celui de PortLa Forêt n'est déjà plus mentionné à cette époque. Les moulins à vent ne furent pas très nombreux. On les situe aisément, car les champs où ils étaient implantés ont gardé le nom de" Parc ar veil aer’. Celui de Kerasploc'h s'élevait sur la colline de Coat Huella; il tournait encore au début du XVIII ème siècle. Celui de Bréhoulou, à l'emplacement de l'actuelle piscine, servait de refuge aux mendiants à cette époque. Kerelleau eut aussi son moulin à vent sur la colline de Kervian, mais il disparut très tôt. Seuls deux moulins à vent tournaient encore au XIX ème siècle: ceux de Coat Clévarec et de Bénodet. En ce qui concerne Beg Meil, aucun des vieux écrits que nous avons eu l’occasion de consulter ne porte la moindre indication de moulin; aucun nom de parcelle ne permet d'en supposer la présence, et il est probable que le nom de Beg Meil a un autre sens que celui de "Pointe du moulin" qui lui est le plus souvent attribué. Les moulins à eau furent bien plus nombreux et s'égrenaient le long des rivières. Ceux alimentés par des ruisseaux de trop faible débit tombèrent en ruines assez rapidement, comme ceux de Coat Conan (ruiné en 1600), Bréhoulou, ou des Vergers. Ces moulins dépendaient le plus souvent d'une seigneurie, parfois du clergé (Locamand), ou du Roi (les "moulinsmer"). Les paysans étaient tenus de fréquenter celui de leur suzerain, et ne pouvaient déroger à cette obligation sans son accord. Rares étaient les meuniers originaires du Pays fouesnantais, où ils parvenaient après une étape dans la région de Saint- Yvi ou Beuzec-Conq. Ils se déplaçaient d'ailleurs souvent, sans doute à la recherche d'un moulin plus rentable. Chaque fois, ils devaient convenir du "renable" avec leur remplaçant, et signer un bail avec la seigneurie. Les baux sont le plus souvent identiques, mais peuvent cependant présenter des clauses particulières. Affermage du moulin du Henvez. "L'an 1783, an II de la République, le 29 septembre aux environ de midi, devant les sousignés notaires de la cidevant Sénéchaussée de Concarneau, en présence du citoyen Gildas Marie Coroller, homme de loi demeurant à Cheffontaines paroisse de Clohars procurateur de la citoyenne Marie Michelle Nouë veuve donataire de Nicolas Eon Vieux Chate propriétaire, de la cidevant seigneurie du Mur Henvez et Guériven d'une part; Jean Pierre Piriou et Anne Quittot sa femme, demeurant au lieu de Kerouanquer en la paroisse de Fouesnant d'autre part, le citoyen Coroller a déclaré bailler céder et délaisser avec promesse de bonne et valable garantie à titre de pure et simple ferme aux dits Piriou et femme le moulin du Henvez avec ses tournants, moulance, bief, étang, chaussée, maisons, crèches, terres chaudes et froides, prés et prairies qui en dépendent, tels qu'ils se présentent dans le bail actuel dont bénéficient les héritiers de feu Olive Sauveur, bail au rapport de Prouhet, notaire, en date du 26 mai 1784 et dont le dit Piriou et sa femme ont déclaré avoir une parfaite connaissance. 2/15
  3. 3. La présente ferme faite et convenue entre les parties pour une durée de cinq années qui commencent à courir à partir de la Saint Michel 1794, à l'expiration du bail précédent. Les preneurs devront bien soigner le dit moulin, manoeuvrer et cultiver les terres et prés en dépendant en bon père de famille, sans pouvoir y faire ni causer aucune dégradation; ils devront payer annuellement à la citoyenne Nouël veuve Vieux Chatel, ou au citoyen Coroller, ou tout autre receveur, pour prix de la ferme la somme de 360 Livres en deux termes égaux, l'un le 1er avril, l'autre à la Saint Michel. Les preneurs devront bien entretenir les fossés de terre, les toits en paille" et les toits en ardoise en réparations locatives en pierres fait tantes seulement. Ils se feront rendre de même le moulin par les héritiers de la dite Sauveur à leur sortie. A ce moment, il sera fait, à leurs frais, contradictoirement avec ces derniers et un préposé de la bailleuse, un nouveau renable des ustensiles, tournants et moulance du dit moulin, à l'effet de faire raison aux dits héritiers de l'excédent au montant du dit renable, après distraction de la souche morte de 278 Livres 18 sols dont ils sont chargés au profit de la dame bailleuse, aux fins du dernier renable rapporté par Hervé, notaire, le 22 septembre et contrôlé le 12 octobre 1767. Il sera de plus fourni aux preneurs le bois nécessaire pour l'entretien du dit moulin, les preneurs disposant également des bois oouraux et émondés qui se trouvent sur et autour des endroits affermés. Au cas où quelques grosses réparations seraient nécessaires, ou autre cas fortuit qui rendraient le moulin chômant, il est convenu que les preneurs ne pourront prétendre à tout autre dégrèvement qu'une diminution sur le prix du présent, à proportion du temps pendant lequel le dit moulin sera hors d'état de moudre. Les preneurs ne pourront en aucun cas subroger personne, pour le tout ni pour partie, sans le consentement du procureur bailleur. Pour commission gracieuse, les preneurs s'obligent à payer au procurateur une somme de 200 Livres payables en deux termes: 100 Livres le 1er octobre 1794 et 100 Livres le 1er octobre 1795." Ainsi Jean Pierre Piriou et sa femme prenaient la suite de Olive Sauveur, veuve d'Yves Gabriel Piriou, qui venait de décéder. Le bail de 1784 avait été conclu pour la somme de 450 Livres. En 1770, Julien Le Dars était meunier au Henvez et payait 460 Livres de loyer; c'était le bail le plus élevé de tout le canton. Le Henvez devait desservir un secteur important s'étendant vers Mousterlin et le bourg de Fouesnant. En 1786, Le Pelleter, venant du moulin de Kerguinou en Saint- Yvi avait remplacé Yves Bénéat au moulin de Chef du Bois. Il devait en plus du loyer de 270 Livres, fournir " 12 jeunes canards mangeables et 12 jeunes forts poulets dans la saison qu'il voudra". Il avait la liberté de faire paître trois vaches sur les "montagnes" et frostages de la métairie de Chef du Bois. Le bail indique que la maison et le moulin étaient couverts de paille, ainsi que les crêches, mais que l'écurie adossée au pignon nord du moulin était couverte d'ardoises. En 1791, Turquet de Beauregard, faisant pour Cheffontaines, affermait à Joseph Henry père et fils et leurs épouses les deux moulins du Mur en Saint-Évarzec. 3/15
  4. 4. L'acte spécifie "qu'ils ne pourront laisser paître ni vaches ni moutons, mais seulement quatre chevaux pour le service de leurs moulins dans la grande taille du Mur; ne pourront ni pêcher, ni laisser pêcher avec filet, ni à la ligne sur le grand étang, ni y mettre du chanvre ni du lin à rouir". Ici aussi on trouve des toits de paille et d'ardoises. En 1769, au moulin de Créac'h Quéta et métairie de Ros an Glanvez, le bail dut être résilié au bout de six mois, à la demande du meunier qui ne pouvait payer: il dut céder au seigneur les semences faites, un cheval et un cochon, laisser sur place paille, foin, fumier, le tout évalué à 127 Livres 10 sols. Transaction acceptée par le seigneur "par pure charité", selon les indications du notaire. Quelques années plus tard, Thomas Briant de Les coat, demeurant à Quimperlé, loue à Louis Quittot et Marie Philippot, sa femme, le même moulin de Creac'h Quéta et Ros an Glanvez. Le meunier devra "aider la fermière de Creac'h Quéta à curer le grand ruisseau dévalant du dit moulin au moulin du Pont; il réparera la chaussée du dit moulin et pourra pour cela prendre des mottes de prairie à la queue de l'étang; pour le transport, il pourra passer le bois, mais avec des brouettes seulement; il devra réparer les brèches faites au cours du transport". Parfois, comme dans le bail de Pen a Len, de petits détails sont mentionnés: "Les preneurs s'obligent à ôter les verdures qui seront sur l'étang; la dame bailleuse fournira les engins nécessaires pour aller sur l'étang, et le four pour cuire le plâtre nécessaire pour le dit moulin… " Le moulin de Bodigneau avait un bail particulier, les vassaux s'étant groupés pour affermer le moulin et répartir le montant du loyer, ainsi que l'indique le rôle établi par le notaire Hervé : " Rôle des cotisations fait sur les vassaux et astreignables sujets aux moulins de Bodigneau, pour parvenir au paiement du prix de la ferme, passé entre les dits vassaux et le seigneur Marquis de Cheffontaines le 15 et contrôlé le 21 février dernier à Conarneau par le sieur Leduc auquel a été vaqué par le soussigné Hervé requis pour le rapport en présence des dits vassaux, à laquelle cotisation ils ont procédé comme il suit, ce jour 1er octobre 1769, l'après midi : "Rôle des cotisations fait sur les vassaux et astreignables sujets aux moulins de Bodigneau pourparvenir au paiement du prix de la ferme, passé entre les dits vassaux et lr seigneur Marquis de Cheffontaines le 15 et contrôlé le 21 février dernier à Concarneau par le sieur Leduc auquel a été vaqué par le soussigné Hervé requis pour le rapport en présence des dits vassaux, à laquelle cotisation ils ont procédé comme il suit, ce jour 1 er octobre 1769, l’après-midi : Rôle des cotisations sur les vassaux et astreignables des moulins de Bodigneau En premier, paroisse de Clohars : Jean Berrou, de Saint-Guénolé : Joseph Nédélec, de Kervoac'h : Jean Goarin, de Kergarrec Bras: François Briec, de Kergarrec Huella : Madeleine Rannou, de Kercadou : Guillaume Le Nader, de Kerhal : Pierre Boloré et son métayer du dit lieu: Hervé Le Garédec, de Kernoac'h Huella : 8L 8 Livres 5s 8L 3L 2L 6L 3L 6L 5 sols 5s 10s 5s 15s 15s 4/15
  5. 5. Guillaume Jean, de Kernoac'h Izella : 6L François Nédélec, de Keranmarec : 8L J acob Berrou, de Keranbourdiec : 8L Guillaume Goarin, de Kerancren : 4L Louis Daniélou, du bourg: 1L Qui profite de Brominou Bras: 8L Jean Hervé, du Cosquer : 8L Guillaume Nédélec, de Kerjégu : 7L Toussaint Nédélec, du dit lieu: 8L Joachim Le Fol, de Pontesguen : 6L Noël Christien pour Kerandanidou et Kerangouic : 8 L Marie Berrou, du dit Kerandanidou : 2L Guillaume Caradec, de Minven : 5L 10s 5s 5s 8s 10s 10s 10s 5s Paroisse de Perguet François Quilven, de Keramarec : François Quilven, de Keramarec : Yves Le Leuré, du Poulker : Le métayer du dit lieu : Jacob Clément, de Kerancren : Jean Christien, du dit lieu : Thomas Guillou, de Keranguiader : Guillaume Lahuec et consorts, de Talavern : Alain Cosquer, de Kersallé : 4L 4L 1L 3L 3L 8L 6L 8L Paroisse de Fouesnant Charles Le Guen, de Lanrivoal : Charles Le Guen, de Lanrivoal : Yves Le Goardet, du dit lieu : 8L 8L 5s 5s Le contenu du présent rôle s'est trouvé monter, sauf erreur au calcul, à la somme de 183 Livres que les dits susnommés vassaux se sont obligés et s'obligent de payer tous les ans pendant six ans consécutifs au dit seigneur Marquis de Cheffontaines. Ainsi fait et consenti aux issues du château de Bodigneau au rapport du soussigné Hervé". Seul le notaire Hervé signe, les autres ne sachant pas le faire. Les assujettis du seigneur de Cheffontaines avaient trouvé là un procédé original leur permettant de choisir leur meunier et sans doute d'éviter les abus. Avant de prendre possession du moulin, il fallait convenir du "renable", c'est-à-dire faire l'inventaire et évaluer les différentes pièces du moulin. Ce n'était pas toujours chose facile, comme en témoigne le renable ci -dessous : Renable des moulins de Pen a Len "L'An 1793, An II de la République Française, le 2 octobre après midi, devant les soussignés notaires de la cidevant sénéchausée de Concarneau annexée en partie au district de Quimper, département du Finistère, ont comparu Jean Cogant demeurant au moulin de Pen a Len en la paroisse de Fouesnant, d'une part, Joseph Henry, moulinier entrant au moulin de Pen a Len, demeurant au Moulin Blanc en la paroisse de Saint- Évarzec, paroisse du petit Ergué d’autre part ; 5/15
  6. 6. Petit Ergué, d'autre part; entre lesquelles parties est reconnu que le dit Henry avait affermé les moulins de Pen a Len, à la charge de procéder à l'amiable au renable des tournants, virators et moulants des dits deux moulins, avec tous leurs ustensiles et tout ce qui en dépend. Et pour l'exécution des dites conventions le dit Jean Caugant avait nommé comme expert François Philippe, charpentier de moulin demeurant à Quimper, et le dit Henry désignant Mathurin Nicolas, aussi charpentier de moulin, demeurant à Fouesnant. Lesquels ont concuremment procédé au renable des deux moulins. Mais n'ayant pu se concilier sur leurs estimations, les parties ont nommé entre elles, aimablement, pour seul et unique renableur Pierre Joseph Le Don, montageur du moulin de Pont an Cussent, paroisse de Beuzec Conq, qui en présence des parties le requérant, et de leur consentement, a procédé au dit renable, le dit jour, comme suit : En premier: le Moulin blanc L'atrémy (sic, pour la trémie) La civière et l'auge à grains, la traquette et le chapeau 6 planches servant à couvrir le moulin 4 pièces de cuvage, 4 bridages L'auge à farine avec son canal Les deux moulants 5 pièces de plate-forme Le balancier et la "janan" sèche La "janan" mouillée avec sa quenouille et son oreiller 7 planches pour la cloison et la "sautrelle" Les 2 poutres de la plate forme, 6 pieds de long et 1 pied carré Le petit canal, 9 pieds 10 pouces Le grand canal, ayant 15 pieds de long La meule dormante, ayant 8 pouces d'épaisseur, et 4 pieds 7 pouces de diamètre, à 15 L le pouce, après distraction de 4 pouces pour la charge, prisée La meule tournante, ayant 11 pouces d'épaisseur, sur 4 pieds 7 lignes, distraction de 4 pouces pour la charge La rue de dedans avec ses ustensiles et cuiller d'acier La croix pesant 20 livres, le grand fer pesant 30 livres 9 Livres 8L 6L 36 L 3L 6L 10 L 4 L 10 S 4L 3L 12 L 6L 45 L 60 L 120 L 10 S 72 L 130 L Le moulin roux L'entrimay estimé La civière et l'auge à grain Les traquettes et chapeaux 6 planches servant de couverture, 7 autres planches 4 pièces de cuvage, 4 pièces de bridage et deux montants L'auge à farine et son canal 23 pièces de plâtre de forme 13 petites planches pour cloison et la cloison 2 petites poutres de 12 pieds de long sur 1 pied de large 6L 6L 1 L 10 S 9 L 10 S 30 L 3L 23 L 3L5S 45 L 6/15
  7. 7. La pièce dormante à 4 pieds 7 pouces de diamètre, 8 pouces 1/2 d'épaisseur, à 13 livres le pouce, après distraction de 4 pouces pour la charge La pièce tournante, 4 pieds 7 pouces sur 9 pouces, après distraction de 4 pouces pour les charges Les 2 pelles avec les écluses Un canal ayant 10 pieds de long La croix pesant 24 livres à 2 L 10 s la livre Le grand fer pesant 48 livres à 2 L l0s la livre Les marteaux et autres ferrailles pesant 28 livres La pirouette du moulin avec ses ustensiles Un grand câble pesant 48 livres, un petit pesant 34 livres Les grandes et petites poulies avec leurs ustensiles La grande écluse avec sa cloison Le total général des renables des deux moulins se monte à la somme de Mil vingt deux Livres dix sols. Mais comme il se trouve enfin une écurie sur pilotis et autres petites choses faites par le meunier sortant, qui ne sont point sujet au renable, ont été d'avis les parties de porter le tout à la fois à la somme de 1.100 Livres pour laisser les choses en l'état. Sur laquelle somme il a été convenu entre les parties qu'il resterait 58 L 10 S 65 L 24 L 30 L 60 L 100 L 56 L 20 L 50 L 8 S 24 L 24 L celle de 165 Livres 18 sols 9 deniers dus par Joseph Henry, meunier entrant, pour souche mote au profit des héritiers de feu Madame Laxalde, conformément à la quittance du dernier renable du moulin du 14 octobre 1777, au rapport de Le Prédour, controlé le 17 du même mois... Fait et passé au rapport de Parquer, au bourg de Fouesnant, et qui seul signe, les meuniers ne sachant le faire. " 7/15
  8. 8. Le montant des renables était très variable. L'estimation des meules, en particulier, dépendait de leur usure et des matériaux : pierre de champagne, ou de Rouen, ou silex. En 1807, au Moulin du Pont, la meule tournante en pierre de Champagne ayant 152 cm de diamètre était évaluée 330 Francs, et la meule dormante 495 F. La même année au moulin du Mur, la meule tournante est estimée 216 F et celle dormante 240 F; à Lespont, la meule tournante est comptée pour 100 F et la dormante 137 F. Les éléments des différents moulins sont en général identiques. On relève cependant des particularités: A Lespont et au Mur," le grand et le petit chariot, la lanterne"; à Lespont, "5 marteaux à piquer le moulin, le croc, les ciseaux, la barre de fer». Il fallait en effet, de temps en temps, repiquer les meules. C'était un travail délicat et dangereux, en particulier pour les meules en silex: au préalable, on soulevait la meule, puis on la faisait basculer. Ce travail était à refaire souvent, tous les huit à quinze jours lorsque le moulin tournait beaucoup. Le "moulin blanc" avait en général des meules en silex qui broyaient plus fin le froment et le blé noir. Ce dernier, avant sa mouture, était étalé au grenier en couche de 5 cm et piétiné avec des sabots usés, à la semelle bien plate. Au moulin, on le faisait passer dans un cylindre muni de brosses pour le décortiquer. Le réglage des meules se faisait au moyen d'une vis qui soulevait ou descendait la meule tournante. C'était une affaire également délicate, car il ne fallait pas que le grain passe trop vite, ni que la farine chauffe, ce qui lui aurait enlevé de sa qualité. Le "moulin roux" avait des meules en pierre de Champagne ou de Rouen. On l'utilisait surtout pour moudre les aliments du bétail, travail représentant jusqu'à 800/0 de l'activité meunière. L'avoine demandait quelques préparatifs particuliers: elle était d'abord grillée au four, puis décortiquée en écartant les meules. 8/15
  9. 9. Lorsque les meules étaient usées, un spécialiste s'installait à demeure pour tailler et assembler les blocs qui allaient former la nouvelle meule. Ces blocs étaient scellés au plâtre et maintenus solidement par un cerclage de fer. Au centre, une ouverture creusée dans un carré de granit laissait passer le grain. A l'extérieur du moulin, l'eau amenée par un petit canal se déversait dans les godets de la grande roue qui entraînait les meules. Les godets étaient généralement en hêtre, mais le gros axe et les rayons en chêne. Les dents de la roue intérieure actionnant la meule étaient en bois de pommier ou d'acacia, ce dernier s'y prêtant bien par sa souplesse. Le grain qu'on déversait dans la grande trémie s'échappait lentement pour parvenir au centre de la meule. Un petit balai de genêt permettait de régler le débit. Un second balai, fixé sur le pourtour de la meule, dirigeait la farine vers l'orifice par lequel elle se déversait dans un sac ou dans une auge. La mouture obtenue était livrée avec le son: c'est ensuite à la maison, avec des tamis très fins en crin de cheval, qu'on obtenait la farine pour les usages domestiques. Les meuniers autrefois formaient une corporation un peu particulière, classée, comme celle des tailleurs, dans une catégorie méprisée. Les paysans se plaignaient souvent des abus qu'ils constataient dans le prélèvement effectué pour le prix de la moute. Pourtant, dans le canton de Fouesnant, les inventaires après décès ne révèlent, dans les meilleurs des cas, qu'une situation équivalente à celle d'un paysan moyen. Un seul meunier, Louis Sauveur, de Pen a Len, parvenait à prêter un peu d'argent à ses voisins ou à sa famille. Il semble que beaucoup arrivaient péniblement à payer leur loyer et entretenir leur foyer: ils devaient, tout en tenant le moulin, exploiter quelques terres au voisinage, comme à Creac'h Quéta, au Plessix, au Henvez... Le moulin de Kergador nous paraît cependant une exception. En 1753, le meunier Pierre Cozic ayant disparu depuis 18 ans, on mit les scellés sur le moulin après avoir fait l'inventaire: une petite table servant à mettre le pain, une équerre de lit "avec son accoutrement", 2 draps, une couette, traversin et hardes, le tout évalué 6 Livres. Après la mort de sa veuve Catherine Bolloré en 1770, la vente s'éleva à 42 Livres. En 1778, le moulin avec son tournant était évalué 167 Livres, l'ensemble avec la maison et 9 cordes de terre 404 Livres, une somme dérisoire. Le meunier de Kergoat, peut-être pour meubler ses moments creux, mais sans doute aussi pour arrondir ses revenus, était forgeron à ses heures. A sa mort, son attirail fut estimé 180 Livres. Les meuniers veillaient à ce que tous les paysans astreints à leur moulin leur soient fidèles: nous avons exposé dans un précédent numéro de "Foen Izella" (No 10, p. 13) qu'une vingtaine de paysans avaient été lourdement condamnés pour avoir déserté le moulin auquel ils étaient assujettis. Il arrivait qu'un meunier tolère une dérogation à cette obligation contre le versement d'une petite redevance : c'est ainsi que Pierre Ledan, de Moulin Coz, autorise Christophe Balnois à faire moudre son grain où bon lui semble, mais il lui en coûtera 15 Livres par an. 9/15
  10. 10. Les moulins à eau ont peu à peu disparu, ne pouvant lutter contre les grands monopoles (les Grands Moulins de Paris) et les fabriquants d'aliments pour le bétail. La guerre de 39-45 leur a donné un regain d'activité temporaire, mais dès la fin des hostilités leur tic-tac s'est éteint inexorablement. Le dernier a avoir tourné dans le canton est probablement celui de Chef du Bois. Mathieu Quéméré qui en fut le meunier jusqu'en 1968 a entrepris de le remettre en état. Nous avons pu, en sa compagnie, visiter le moulin dont une des meules est déjà en état de marche. Dès l'ouverture de la vanne, la grande roue à godets s'est mise à tourner, entraînant la meule: dans un cadre demeuré intact, il nous a semblé plonger dans une époque révolue, que le maître des lieux évoquait avec une certaine nostalgie ... Au moulin de Chef du Bois, en cours de restauration (1991) On distingue à droite la vis qui permet de régler l'écartement des meules et une partie du cerclage en fer de la meule tournante. La trémie n'est pas encore posée au-dessU8 de celle-ci. Au-dessous, la roue dentée en prise avec la roue extérieure à godets. Tout est en bois, y compris les engrenages. 10/15
  11. 11. Action entreprise pour lutter contre les abus dont les meuniers étaient soupçonnés. Le 4 septembre 1769 était publiée une ordonnance par laquelle la sénéchaussée de Concarneau semblait décidée à répondre aux souhaits de la population, qui se plaignait de la trop grande liberté laissée aux meuniers pour se faire payer le prix de la mouture. Il était enjoint, sans exception, aux meuniers de ce ressort de se conformer aux usages, et d'avoir des poids et des balances réglementaires, "bien en vue, en un lieu éminent de leur moulin". Ceux qui ne se conformeraient pas au règlement seraient passibles d'une amende. Le meunier de Kergoat fut le premier à se mettre en règle : "Par devant nous écuyer Antoine Dulaurens, Sénéchal de Concarneau, et Mathieu Joseph Jean Poupon, avocat substitut du Procureur général du Roy, a, ce jour 19 septembre 1769, comparu René Le Roy, fermier du moulin de Kergoat en la paroisse de Clohars et y demeurant, lequel nous a déclaré que pour se conformer aux arrêts et réglements de la cour et à ses jugements et pour se mettre en règle vis à vis des astreignables sujets au dit moulin, éviter de leur faire aucun motif de plainte des pertes qu'ils pourraient alléguer sur leur mouture, ce qui pourrait être prétexte à querelle... il a décidé de nous présenter, pour procéder à la vérification, à l'examen et à la composition, les poids et balances de son moulin. Attendu que notre greffe se trouve dépourvu de poids et balances jauges, nous nous sommes rendus chez le sieur Bodillio, négociant en cette ville, où à notre connaissance se trouvent des poids justes et marqués, afin de contrôler les poids et balances du dit Le Roy, que nous avons fait transporter. Le dit Le Roy nous a présenté un poids de fer avec son anneau, duquel il entend se servir et qui devait peser 50 livres. Nous l'avons placé dans l'un des plateaux de la balance et vis à vis un poids de 50 livres appartenant au sieur Bodillio, et avons constaté qu'au poids présenté par le sieur Le Roy il manquait 10 onces. Nous avons vérifié pareillement deux autres poids de 50 livres: à l'un il manquait 8 onces, et à l'autre 6 onces. Au poids de 25 livres il manquait un quarteron, à celui de 10 livres en plomb il manquait une once. Le poids de 5 livres fut trouvé juste; à chacun des poids de deux livres il manquait une demi once, les deux poids d'une livre furent trouvés justes. On procéda ensuite à une coulée de plomb correspondant au manque constaté, et après vérification tous les poids se révélèrent justes. Nous avons ensuite examiné les fléaux en bois de la balance présentée par le dit Le Roy et l'avons trouvée assez juste, attendu leur qualité, et pour plus grande authenticité, sur le milieu du balancier avons imprimé au fer chaud une fleur de lys et "Sénéchaussée de Conrorneau " en abrégé. Avons dit au sieur Le Roy d'exposer en un lieu éminent de son moulin la balance et les poids pour être vus par les sujets destreignables afin de requérir à volonté l'apprécis de leurs grains et farines, qui ne pourra leur être refusé. Défense est faite au sieur Le Roy de se servir d'autres poids et balance que ceux vérifiés. Pour que les sujets destreignables ne puissent prétendre ignorer l'ordonnance du dit Le Roy, celui-ci fera juridiquement savoir un dimanche à la sortie de la messe, l'établissement des poids et balance réglés en son dit moulin." La vérification a coûté 10 Livres. 11/15
  12. 12. La commission attendit vainement les autres meuniers; René Le Roy fut le seul à se mettre en règle. Devant cette situation, une information plus rapprochée des meuniers fut décidée. Guillaume Joseph Ramon, sergent royal de la Sénéchaussée de Concarneau, "à la requête de Mr le Substitut de Mr le Procureur général du Roy, en vertu de l'ordonnance du 4 septembre 1769 qui ordonne à tout meunier d'avoir, dans le mois, des poids et balances bien et duement réglés et étalonnés, bien exposés dans leur moulin", s'est rendu au bourg de Saint-Évarzec le 19 octobre et le 22 du dit mois, les 12 et 19 novembre aux bourgs de Gouesnac'h, Perguet et Locamand et après la grandmesse "à haute et intelligible voix, tant en français qu'en breton, a publié et affiché la dite ordonnance, afin que personne sous prétexte d'ignorance ne puisse refuser de déférer aux sommations et aux peines qui en dérouleront. " Fouesnant et Pleuven furent visités le 5 novembre par Maître Chacun, huissier. Mais toutes ces démarches ne furent suivies d'aucun effet, aucun meunier ne se déplaça. Aussi la Sénéchaussée décida de réagir énergiquement: la diatribe qui suit en est un témoignage (on en remarquera le style particulièrement emphatique). A Messieurs les juges de la Sénéchaussée de Concarneau " Remontre noble Me Mathieu Jean Jacques Poupon, avocat au Parlement de Paris et substitut de Mr le Procureur général, s'expédiant d'office, que la misère des choses actuelles est si grande, la disette des grains si forte qu'on ne saurait trop tôt découvrir et approfondir assez la calamité dont se trouvent accablés tant riches que pauvres. Oui, messieurs, la situation de tous les habitants des paroisses sous notre ressort est presque à son comble, puisque tous ensemble gémissent sous des pouvoirs terribles, sous des abus invétérés et inventés même avec toute l'astuce possible. Et comment, messieurs, y pourvoir, comment faut-il y porter remède, comment pourra-t-on remonter jusqu'à la source et déraciner le mal ? Une chose, messieurs, nous semble à cet effet unique pour réussir à faire rentrer très efficacement le tout dans l'ordre et cette chose, simple en son espèce quoique des plus importantes, est de faire exécuter la loi. Messieurs, les seuls meuniers depuis trop longtemps osent fronder impunément les lois qui leur sont prescrites et sont la plupart d'entre eux sans poids et sans balances et profitent de cette irrégularité énorme pour étancher leur soif pour assouvir leur passion infâme et perpétuer leur scélérate habitude de prendre sans nulle certitude des grains en leur moulin et de les rendre en farine après en avoir pris, sans doute avec leurs deux mains, ce que bon leur semble et qui porte selon les cris des particuliers ordinairement au double de leur dû, quelquefois au triple et au delà. Avec une prévarication si funeste, messieurs, à toute l'espèce humaine de, ce canton, et à une contraventwn siformelle et qui lui devient tant onéreuse, il nous incombe fort de ne point nous assoupir et à ces causes : 12/15
  13. 13. vous plaise, Messieurs, ayant égard à tout ce que dessus, de fixer le jour pour descendre en tous les moulins situés dans les paroisses de Beuzec-Conq, Lanriec, Saint-Évarzec, Goenac'h, Pleven, Cloar, Perguet, Fouesnant, LocAmand, et y vérifier l'état des poids et balances, et en dresser procès-verbal..." 13/15
  14. 14. Le 6 mai 1770, Anthoine Dulamens, sénéchal, Mathieu Poupon, substitut du procureur, Mathieu Le Treffou, commissaire juré régisseur , répondant aux ordres de Maître Jean François Ramon, " considérant que les meuniers ont poussé l'opiniâtreté à continuer leur réfraction aux réglements et considérablement augmenté leur pillage, et ne voyant d'autre moyen que de constater par nous-mêmes l'inobservation des réglements, nous nous sommes transportés premièrement au moulin du Moros en la paroisse de Lanriec, et occupé par Jérôme Ollivier, le dit moulin ayant deux tournants. Parlant au dit Ollivier, lui avons déclaré les motifs de notre mission. En conséquence l'avons interpellé de nous faire voir les poids et les balances qu'il doit avoir conformément aux réglements, pour peser les différents grains qui sont moulus au public. A laquelle interpellation il nous a répondu n'avoir jamais eu de poids ni de balance. Ayant examiné des yeux le dit moulin, n'avons effectivement aperçu ni poids ni balance, ni traces qu'il yen eût jamais. Interpellé de nous dire comment il peut fixer juste les droits de moute à lui attribués, il nous a répondu qu'il est d'usage, comme dans tous les autres moulins, de n'avoir qu'une écuelle qu'il nous a montrée, avec laquelle il prend le montant de ses droits. Lui avons représenté qu'il est en contravention avec le réglement et qu'il est passible d'une amende pour une conduite aussi irrégulière. Requis de signer la déclaration, a déclaré ne savoir écrire". La commission va ensuite visiter tous les moulins de la sénéchaussée, et dans l'ensemble la réponse des meuniers est la même que celle de Jérôme Ollivier. Le rapport est cependant intéressant, car il nous indique le nom du meunier, le nombre de tournants, le montant du bail. Liste des moulins du canton en 1770 De toute cette liste, (voir page suivante) les seuls à pouvoir satisfaire à la curiosité de la commission furent : Mathurin Le Gall du moulin du Buis, qui déclara qu’il avait des poids, mais qu'il les avait prêtés, et fit voir un fléau de fer suspendu; Yves Piriou, de Pen a Len montra de mauvais poids et une mauvaise balance; René Le Roy, de Kergoat, tendit le certificat qui lui avait été délivré à Concarneau et déclara que ses poids servaient aussi au moulin d'en-haut : la commission s’en montra satisfaite. Ces visites de moulins s'effectuèrent dans la seconde quinzaine de mai 1770, mais les meuniers montrèrent peu d’empressement à se mettre en règle. Ce n’est qu'en décembre qu'ils jugèrent plus prudent d’obtempérer, sans doute menacés de sanctions plus graves. Le premier qui se présenta au contrôle à Concarneau, le 15 décembre, fut Quénéhervé, du Moulin du Bois. Il fut procédé au contrôle de la même façon que pour René Le Roy: tous les poids se révélèrent justes, ainsi que la balance qui fut donc estampillée d’une fleur de lys et de la marque de la sénéchaussée. Curieusement, tous les poids et balances des autres meuniers se révélèrent également justes. Les séries de poids présentés étaient en général uniformes: 50, 25, 12, 3, 2, et 1 livres, ce qui laisse supposer qu'une même série aurait pu servir à plusieurs meuniers, les présentations n’ayant pas lieu le même jour. Joseph Le Gouic, de Trévidiern (Locamand), avait la série la plus complète ; 14/15
  15. 15. : 50, 25, 12, 6, 4, 3, 2, 1, et 1/2 livres. Kergador, Le Plessix et Pen an Coat avaient des poids de 6, Pen a Len un poids de 60. Le moulin à vent de Bénodet présenta une série particulière : 71, 32, 17, 2 et 1 livres. Les moulins du canton de Fouesnant en 1770 Moulins Chef du Bois Moulin Coz Penanster Moulin du Stang Moulin du Buis Pen à Len Penfoulic Moulin du Bois Henvez Kergourant Keraven Bodigno (2 moulins) Kerandraon Kerguilly Kervransel Moustoir Moulin du Mur Moulin Blanc Moulin du Dréau Poul an Caret (?) Creac'h Quéta Moulin du Pont Bénodet (Moulin à vent) Lespont Kergador Plessix Coat Clévarec Kersaluden Creac'han Duc (Locamand) M. du Prieuré (Locamand) Moulin du Len Trévidiern Kergoat d'en bas d'en haut Meuniers Jacques Braban Laurent Coupé Pierre Poissard Guillaume Le Mestre Mathurin Le GaI Yves Piriou Eloy Troalen François Quénéhervé Germain Le Dars Yves Le Moenner Jean Le Gac Yves Le Mao Jean Perrot Hervé Le Guen Alain Ollivier Joseph Livinec Gabriel Piriou François Piriou Jean Guillou Guy Le Cam Joseph Le Galoudec Louis Le Mao Henri Le G aro Jacob Le Dars Noël Bolloré Guillaume Le Héloret Jacques Le Guillou Marie Perot Gérôme Livinec Sylvestre Haré Henri Perrault Joseph Le Gouic René Le Roy id Les meuniers se servirent-ils davantage de leurs poids et balances ? On peut en douter, car vingt ans après, les cahiers de doléances du canton demandèrent" la suppression du droit de moute de manière que chacun puisse faire Bail 210 L 150 L 280 L 90 L 93 L 220 L 120 L 154 L 460 L 78 L 90 L 165 L 120 L 90 L 156 L 156 L 200 L 150 L 120 L 210 L 300 L 60 L 120 L 120 L Tournants 2 2 2 1 1 2 1 1 1 2 1 1+1 1 1 1 1 1 1 2 1 1 1 1 1 1 1 150 L 2 1 400 L 1 1 moudre son blé dans les moulins que bon lui semblera, comme étant grevé par les meuniers qui emportent jusqu'au quart et même au tiers du blé qu'on leur porte à moudre, au lieu du seizième qui leur est du". 15/15

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