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1  sur  32
har—
monies
Projets
d’aménagements
extérieurs
éco-responsables
—Borne de
recharge
Bamboo
Le partenariat
Aubrilam-Hager
—Portraits
Gilles Clément
et Francis Hallé
—HQE le coup
de gueule de
Rudy Ricciotti
mai 2012
À vivre éditions
Le magazine de l’architecture et de l’urbanisme éco-responsables
Actuellement en kiosque et librairies spécialisées
Retrouvez toutes nos offres d’abonnements sur
Harmonies 06 — page 2
édito
Quel est le point commun entre
Rudy Ricciotti, architecte-star qui
critique avec virulence le label
HQE, et Gilles Clément, paysagiste
incontournable, qui défend avec
poésie “les herbes folles qui tentent
de pousser dans les pavés” ? Entre la
catastrophe de Fukushima et Desertec,
un projet démesuré qui prévoit de
fournir de l’énergie à l’Europe grâce
au soleil du Sahara ?
Quel est le lien entre le concept
“d’achats responsables”, et Francis
Hallé, le “commandant Cousteau”
des forêts primaires ? Entre une borne
de recharge pour véhicules électriques
et des ombrières de parking qui pro-
duisent de l’énergie photovoltaïque ?
La réponse, c’est le magazine
que vous tenez entre les mains.
Pour l’édition 2012 de notre revue
Harmonies, Aubrilam a souhaité
mettre en lumière des points de vue
singuliers, parfois opposés, mais
toujours pertinents, autour de l’idée
“aménagement extérieur éco-
responsable”. Ils sont concepteurs-
lumière, architectes, paysagistes,
professeurs, industriels, designers,
leurs préoccupations environne-
mentales sont de petites pierres du
grand édifice du Développement
Durable, ils ont choisi Harmonies
pour en parler.
Bonne lecture,
Jacques Gouteyron
Harmonies n°6 / 05.2012 / édité par Aubrilam
83, rue Fontgiève / 63057 Clermont-Ferrand Cedex 1
France
Tél. 33 (0)4 73 31 86 86
Fax 33 (0)4 73 31 86 87
Directeur de la publication : Jacques Gouteyron
Rédacteur en chef : Bruno Benchetrit
Conception : OH!MG. www.oh-mg.fr
Coordination : Corine Hillairet
Photos : Anne-Claude Barbier, Agence Rudy Ricciotti,
Xavier Boymond, Jack Byant, Jean-Michel Gueugnot,
ON Agence de Conception Lumière, Saguez & Partners, Seignette
Lafontan, Shutterstock, Wild Studio, www.gillesclement.com
Imprimé sur papier issu de sources responsables (FSC), sur
les presses de l’imprimerie Chirat labellisée Imprim’vert.
Sommaire
—Numéro 06, mai 2012
Marques d’engagement
L’aménagement extérieur
éco-responsable
L’éco-comparateur
Borne de recharge Bamboo
avis d’experts
Entretien avec Vincent Thiesson
Entretien avec Aubin Ribeyron
Entretien avec Soufyane Miloudi
Retours sur l’actu
Fukushima, 11 mars 2011
Le projet Desertec
coups de cœur
Francis Hallé, spécialiste
des forêts primaires
Gilles Clément,
tiers-jardinier planétaire
beaux projets
Ambrussum
Parly 2
St-Marcel-Lès-Valence
Amiens
coup de Gueule
Rudy Ricciotti,
pourfendeur du label HQE
— pages 04-05
— pages 06-07
— pages 08-09
— page 10
— page 11
— pages 20-21
— pages 12-13
— pages 14-15
— pages 16-17
— pages 18-19
— pages 22-23
— pages 24-25
— pages 26-27
— pages 28-29
— pages 30-31
Harmonies 06 — page 3
Ils nous font confiance :
TGV Vallée du Rhône, McDonald’s, Center Parcs, Belambra Clubs,
Leclerc, Botanic, Flunch, Autogrill, Courtepaille, Léon de Bruxelles
Mât Moshi Aubrilam,
mention spéciale du jury prix
“Entreprise et Environnement”
+	Marque d’engagement
	 avis d’expert
	Retour sur l’actu
	 coup de cœur
	 beau projet
	 coup de Gueule
—Aubrilam
l’aménagement
extérieur
éco-responsable
400.000 produits Aubrilam
ont été installés en Europe
depuis 35 ans. Plus qu’en
industriel du mobilier
urbain et des supports
d’éclairage public, c’est
en partenaire de tous les
projets d’aménagements
extérieurs éco-responsables
que la marque Aubrilam se
positionne naturellement.
Harmonies 06 — page 4
ISO 9001 ISO 14001
La société CODDE, filiale du groupe Bureau Veritas,
organisme indépendant, a accompagné Aubrilam dans
cette démarche et certifie tous les résultats publiés.
— Aubrilam publie l’empreinte environnementale
de ses produits et les bureaux de contrôle certifient
ces resultats.
	Grâce à une méthodologie rigoureuse, qui s’appuie
sur les normes ISO 14040 et ISO 14025 et en utili-
sant l’Analyse du Cycle de Vie, Aubrilam quantifie
11 impacts environnementaux représentatifs pour
tous ses produits.
— Aubrilam répond à vos contraintes écologiques
et économiques.
	Aubrilam vous accompagne dans le calcul de l’im-
pact environnementaldevotreprojetafind’améliorer
son potentiel écologique. Les produits boisAubrilam
vous permettent de réduire :
	 - les émissions de CO2
,
	 - la production de déchets dangereux,
	 - la consommation d’énergie.
Harmonies 06 — page 5
Eco-Comparateur d’Aubrilam :
pouvoir choisir en toute conscience.
L’éco-comparateur est un aboutissement
concret : un outil vous permettant de
comparer le potentiel écologique d’un projet
d’éclairage public selon qu’on utilise des
mâts Aubrilam ou des mâts métalliques à
fonctionnalité identique.
Pratique, il est disponible depuis le site web
d’Aubrilam (www.aubrilam.com). Il permet
de mieux choisir les produits dans le cadre
d’un projet d’éclairage extérieur éco-conçu.
Les résultats aident en outre à combattre
une tenace idée reçue : en éclairage
extérieur, la lanterne n’est pas la seule
source d’amélioration environnementale.
Les efforts environnementaux s’arrêtent
souvent au traitement d’une évidence :
réduire la consommation énergétique.
C’est insuffisant : un candélabre, c’est une
lanterne et un mât. Le choix du mât, de par son
volume de matière, est tout aussi important. #
Scannez-moi et remplissez
le formulaire en ligne sur
www.aubrilam.fr/evaluate/
—L’éco-comparateur
la comparaison
concrète mâtAubrilam / mât métallique,
un service unique
Tous les produits Aubrilam présentent
des données précises quantifiant leur
impact environnemental.
Les organismes certificateurs proposent
par la méthode de l’Analyse de Cycle de
Vie (ACV) la possibilité d’établir les Profils
Environnementaux des Produits (PEP).
La fiche PEP est l’expression de l’empreinte
environnementale d’un produit, mesurée
par onze critères précis et chiffrés, depuis la
genèse de la matière première jusqu’à la fin
de vie du produit.
Aubrilam a été le premier acteur de l’éclairage
public à publier les PEP de ses produits.
+	Marque d’engagement
	 avis d’expert
	Retour sur l’actu
	 coup de cœur
	 beau projet
	 coup de Gueule
— Le choix de la
matière est impactant
et donc à prendre
en compte dans les
différentes étapes
d’un projet.
Harmonies 06 — page 6
L’éco-comparateur, mettant en
valeur les gains compensés par
le choix de mâts bois Aubrilam,
vous permet de communiquer
auprès de vos interlocuteurs.
Profils environnementaux réalisés à partir
du modèle “Aubrilam process” développé
par CODDE avec le logiciel EIME.
Conformément aux principes des normes
ISO 14020 relative aux principes généraux
des déclarations environnementales,
ISO 14025 relative aux déclarations
environnementales de type III et IEC
PAS 62545 relative aux informations
environnementales des produits électriques
et électroniques, ce document établit la
comparaison des profils environnementaux
de mâts Aubrilam et de mâts métalliques*
de performances équivalentes
* Le mât métallique est par définition le mât conventionnel représentatif de l’utilisation de l’acier et de l’aluminium
sur le marché européen de l’éclairage public.
SUMU 140 Mât métallique*
Eco-comparateur
— mât Sumu 5m / mât métallique équivalent
Indicateurs environnementaux SUMU 140
Poids : 30 kg
Mât
métallique
Poids : 41 kg
Unités
Gains SUMU
140
Empreinte carbone 59 157 kg ~CO2 2,7 fois moins
Déchets dangereux 0,9 5,4 kg 5,8 fois moins
Consommation Energie Totale 414 525,5 kWh 1,3 fois moins
Consommation Energie non-renouvelable 263 493 kWh 1,9 fois moins
Consommation Energie renouvelable 150 32 kWh 4,6 fois plus
Epuisement des ressources naturelles 1,14E-15 6,26E-15 /Année 5,5 fois moins
Toxicité de l’air 1,34E+07 2,72E+07 m3
2,0 fois moins
Toxicité de l’eau 10 16 m3
1,7 fois moins
Consommation d'eau 0,2 0,5 m3
2,1 fois moins
Formation d’ozone photochimique 25 25 g ~C2
H4
1,0 fois plus
Acidification de l’air 10 20 g ~H+
2,1 fois moins
Eutrophisation de l’eau 1,5 3,5 g ~PO4
3
2,3 fois moins
Appauvrissement de la couche d’ozone 0,01 0,01 g ~CFC11
2,6 fois plus
Déch
etsdangereux
Consommationd’énergie
non-renouvelable
Empreinte carbone
Acidification de l’air
Eutrophisation
de
l’eau
Consommationd’eau
Toxicité de l’eau
50
100
150
200
250
300
350
400
SUMU 140 - Hauteur 5m
Harmonies 06 — page 7
Descriptif technique :
Bois, polycarbonate et céramique.
Fonction éclairage diffusant à base de Leds.
En phase repos : vert palpitant.
En phase de charge : blanc chaud.
En phase fin de charge : vert.
Hors service : rouge.
Partie électrique : 2 prises, une Mode 2 et
une Mode 3. Borne montée et câblée dans
les usines Hager.
Design Marc Aurel et Aa.
100.000
véhicules électriques dans les flottes
des grandes organisations (EDF, La
poste, Vinci, Bouygues…) d’ici 2015
+	Marque d’engagement
	 avis d’expert
	Retour sur l’actu
	 coup de cœur
	 beau projet
	 coup de Gueule
entre Hager
et Aubrilam,
le courant
passe
—Bamboo
à véhicule “décarboné”, mobilier
“décarboné” : la borne Bamboo est
une borne de recharge éco-conçue
pour véhicules électriques, en bois et
céramique, matériaux choisis pour leur
faible impact environnemental. C’est
à Hager, leader dans la distribution
sécurisée et intelligente de l’énergie
électrique depuis plus de 50 ans,
qu’Aubrilam a confié le développement
de toute la partie électrique de Bamboo.
— Bamboo : toute la
technologie Hager dans
une borne éco-conçue par
Aubrilam : belle, élégante,
palpitante !
Harmonies 06 — page 8
Depuis plus de 50 ans,
le groupe Hager, entreprise
familiale indépendante,
développe et commercialise
des systèmes pour la distribution
et la gestion sécurisée et
intelligente de l’énergie électrique
dans le résidentiel et le tertiaire.
Acteur de rang mondial de
l’installation électrique,
Hager compte près de 11.200
collaborateurs sur 20 sites
de production dans 12 pays,
avec un CA dépassant 1,42
milliard d’euros. Hager axe son
développement sur l’innovation
et la proximité.
44.000 2 millionspoints de charges
d’ici 2014
de véhicules en France
à l’horizon 2020
Histoire d’une borne co-développée par
Aubrilam et Hager.
Harmonies : Nous avons l’impression que les
véhicules électriques sont pour l’instant plus
présents dans les medias que dans nos rues.
DominiqueWeber: Mais c’est un fait ! La commu-
nication est allée beaucoup plus vite que le marché.
2.200 véhicules de ce type ont été immatriculés
en France en 2011, mais c’est tout de même 12 fois
plus qu’en 2010 (186 véhicules). Et le gouvernement
prévoit 2 millions de véhicules, hybrides ou 100%
électriques, à l’horizon 2020.
H : Le particulier est encore hésitant.
DW : Oui, mais l’exemple est donné par les grandes
entreprises, administrations ou collectivités, qui
équipent leurs flottes de véhicules. L’avantage pour
les grandes organisations, c’est que c’est un produit
qui se voit et qui marque leur engagement en faveur
de l’environnement. Elles envoient un signal de plus
en plus visible pour les futurs utilisateurs du grand
public. Nous sommes prêts. On a beaucoup parlé
de l’AutoLib de Bolloré à Paris, mais le concept
AutoBleue à Nice, dont Hager est le partenaire,
a été en avril 2011 le premier service d’autopartage
100% électrique lancé à si grande échelle.
H : Il semble y avoir pléthore d’offres en ce
domaine. Comment les collectivités ou les par-
ticuliers vont-ils s’y retrouver pour choisir la
bonne solution ?
DW : Nous en sommes au tout début. Les fabricants
ont des offres plus ou moins abouties, et beaucoup
de nouveaux entrants, parfois des petits acteurs locaux,
se lancent sur le marché. Pendant un temps, il y aura
un flou c’est sûr, mais les choses vont rapidement
s’assainir. Ce n’est pas tout de proposer des points
de chargement. La clé réside dans la capacité de
gérer la charge sur le réseau global. Les véhicules
électriques sont de gros consommateurs d’énergie.
Hager et les deux ou trois autres grands industriels
du secteur prennent en compte l’impact sur le réseau
avec des techniques de report de charge par exemple.
On appelle cela de l’energy management.
H : Pourquoi un partenariat avec Aubrilam ?
DW : Nous n’avions pas d’offre en développement
pour une solution “publique” à la fois très desi-
gnée et très environnementale. La borne Bamboo
d’Aubrilam est exactement cela : beau design et
faible impact. C’est un beau partenariat ; Aubrilam
profite de notre savoir-faire dans le domaine de
l’électricité, Hager profite de l’expérience d’Aubrilam
dans la conception d’un matériel urbain orienté
Développement Durable. Hager partage avec
Aubrilam les mêmes valeurs environnementales,
ce partenariat est une preuve de notre philosophie
E3 (Ethique, Environnement, Eco-efficacité). Entre
les deux sociétés, le courant est passé si l’on
peut dire. Nous nous sommes bien rencontrés :
deux entreprises familiales, indépendantes, au ma-
nagement stable. Aubrilam a eu la réactivité d’une
start-up tout en ayant une vision claire des objectifs
à atteindre. 
Entretien avec
Dominique Weber
sales manager EVCS de Hager Electro SAS
Harmonies 06 — page 9
“on” en version “off”
—Vincent Thiesson
“ON” est une agence de Conception Lumière créée en
2003 par Vincent Thiesson, architecte de formation. Elle
intervient principalement dans la définition de la dimension
nocturne des projets d’aménagement urbain et de mises
en lumière de bâtiments contemporains. Vincent Thiesson
nous livre sa vision de l’éclairage éco-responsable.
	marque d’engagement
+	avis d’expert
	Retour sur l’actu
	Coup de cœur
	 beau projet
	 coup de Gueule
Aménagement du Parvis de l’Ecole
Nationale de Musique de Villeurbanne.
Ancien parking clôturé par un mur, rendu
accessible au public et transformé en
petit jardin (architecte Agnès Deldon,
paysagiste Laurence Médion). Nous
nous sommes volontairement écartés
des “règles” d’éclairage dictées par
la norme NF-EN 13201. Les espaces
accessibles aux piétons sont en majorité
laissés dans le noir. La compréhension
de l’espace n’est donnée que par l’éclai-
rage de plans verticaux produits par
des structures métalliques, supports de
plantes grimpantes. En partie arrière, la
façade de l’école de musique est révélée
par des traits de lumière reprenant le
vocabulaire des structures végétales.
Harmonies : Outre les parties
évidentes (choix de l’éclairage,
consommation, gestion des inten-
sités, maintenance…) intégrez-vous
le choix des matériaux dans vos
critères environnementaux ?
Vincent Thiesson : Il y a quelques
années, nous avions interrogé l’ensem-
ble des fabricants avec lesquels nous
travaillions sur la politique vis-à-vis de
la recyclabilité ou de l’économie de
matière, etc. Les réponses avaient été
très “politiquement correctes”, se
retranchant derrière le respect des
normes et un formidable travail sur
les emballages ! Aujourd’hui des
fabricants lèvent un peu plus le voile
et proposent des données de compa-
raisons telles que les PEP. C’est une
avancée sensible qu’il faudra faire
évoluer rapidement. Face au progrès
technologique et esthétique de la
plupart des industriels, le critère en-
vironnemental doit devenir un élé-
ment de choix et de comparaison.
Vaste programme. Cela passera par
une compréhension de ces critères,
accessibles à tous, et une validation
extérieure et impartiale. Hier, nous
comparions les différents produits en
fonction de leurs performances pho-
tométriques. Dès demain nous les
comparerons sur leurs performances
environnementales également.
H : Les donneurs d’ordre ont-ils
vraiment tous une démarche
environnementale ?
VT : Tous ne le sont pas au même
niveau.Ilssontsensiblesauxconsom-
mations énergétiques puisqu’ils sont
confrontés à la hausse des tarifs.
Mais la prise en compte des différen-
tes dimensions d’un projet durable
est très inégale.
H : Concrètement, c’est quoi un
projet éco-responsable en éclairage
public ?
VT : Une attitude qui nous pousse à
mettre en place une “grille de lecture”
permettant d’aborder toutes les
dimensions d’un projet responsable.
La dimension nocturne et humaine est
évidemment au cœur de notre métier,
avec une question de base : “pour qui
et pourquoi ?”. D’autres éléments
sont quantifiables (consommations
énergétiques,niveauxd’éclairements,
— Replacer le projet lumière dans un ensemble,
au-delà de sa simple valeur esthétique ou sécuritaire
Entretien avec
Vincent Thiesson
concepteur lumière
La maîtrise d’ouvrage nous a suivis
dans cette démarche en nous deman-
dant de “cerner” l’espace de part et
d’autre du jardin par des candélabres
piétonniers. Ceux-ci ne sont mis en
fonctionnement qu’en fin de soirée,
lorsque les éclairages des structures et
de la façade s’éteignent.
Si nous devions refaire le projet
maintenant, nous aurions rajouté des
boutons poussoirs dans ce jardin,
avec une base d’éclairage à 10%. Un pié-
ton venant se reposer dans le jardin
aurait la possibilité de rester dans la
pénombre ou de rehausser la lumière en
déclenchant le minuteur. Et ce, quelque
soit l’heure de la nuit !
Harmonies 06 — page 10
“Je l’ai fait un peu par dépit et beaucoup par pas-
sion. Par dépit parce que je ne trouvais aucune
information sur le web concernant l’éclairage
public, mis à part les sites des fabricants. Et par
passion, parce que depuis que j’ai 4 ans, je suis
fasciné par les lumières dans la ville…” Aubin
décide donc de créer un site qui regrouperait
historique, informations pratiques, études des
produits et acteurs du marché, forum, etc.
31.000 messages…
… et 460 membres actifs sont le signe d’une
activité quasi-quotidienne, sans oublier une
newsletter et une page Facebook très active ;
presque un full-time job qui pourrait susciter
des envies et des idées : à quand un site de la
collective de l’éclairage aussi bien doté ?
Aubin Ribeyron
—Lumière sur le web
C’est le benjamin de ces pages :
à seulement 23 ans, Aubin Ribeyron
est déjà un vétéran de notre métier.
Son site web, dédié entièrement à
l’éclairage public, vient de fêter
7 ans d’activité. Il était encore lycéen
lorsqu’il a lancé cette mini-bible du
secteur, véritable mine d’informations.
“La ville c’est comme les enfants, elle
dort la lumière allumée”, écrit-il.
— La ville c’est
comme les enfants,
elle dort la lumière
allumée…
Un site web sans équivalent,
ancré dans la réalité.
L’analyse des visites prouve que le site est
fréquenté par des professionnels de l’éclairage
plus que par des amateurs-passionnés-illuminés.
Pour marquer sa différence, Aubin Ribeyron
a fait le choix d’une approche “usage et inté-
gration du luminaire dans son environnement”,
plutôt qu’une compilation de produits et de
performances théoriques.
“Mon site a été également un outil de valorisation
personnelle. Des industriels commencent à me
contacter.” C’est vrai, Aubrilam en est la preuve.
Aujourd’hui en stage chez Philips Lighting,
il vient de terminer une licence en conception et
management de l’éclairage à l’IEA de Lyon 3.
Celui qui se destine au métier de concepteur-
lumière est déjà diplômé en “Design d’Espace”
de l’école de design de Nantes Atlantique.
Et que pense le futur professionnel de l’éclairage
public de demain ?
“Il faut vraiment sortir de ce qui n’est que
“visible” : par exemple, quels impacts quant à
la fabrication du produit ? Une fois posé, quel
entretien nécessitera-t-il ? Sera-t-il réparable
en cas de dommage ? Qu’en est-il du recyclage
du produit en fin de vie ? Quel sera l’impact
environnemental du recyclage ? Tout en faisant
attention à ce que l’éco-conception ne soit pas
réductrice… ♥
Plus d’infos sur eclairagepublic.eu
maintenance, pollution lumineuse),
permettant de mener un projet au plus
juste.
Mais il reste des sujets en pleine
évolution ; l’origine et le devenir des
appareils d’éclairage au regard des
matières utilisées. L’énergie, avec
tout le débat sur les équipements
photovoltaïques autonomes ou sous
forme de centrale de production.
Je pense que nous avons un vrai rôle
auprès de la maîtrise d’ouvrage, sur
des projets de grande ampleur, pour
initier des réflexions si l’on est capable
de s’entourer de bureaux d’études
spécialisés, à l’image de ce que font
les urbanistes dans les écoquartiers sur
les solutions d’apports énergétiques.
Il y a un dernier sujet, plus vaste et
ambitieux qui nous préoccupe.
Il s’agit de la dimension citoyenne
d’un projet. Nous savons que l’enjeu
des projets d’éclairage sera leur
capacité à s’adapter en fonction des
usages réels nocturnes. Les systèmes
de commandes dits intelligents
(détections de présence ou de véhi-
cule) sont en plein développement
chez la plupart des fabricants. L’ar-
rivée de la diode a permis d’ouvrir
ce vaste chantier. Notre ambition est
de coupler l’état lumineux de certains
espaces à un vrai choix de l’utilisateur.
Face à une norme qui pousse les villes
à éclairer chaque centimètre carré de
l’espace public, il est possible à mon
sens et avec l’accord de la maîtrise
d’ouvrage d’aller plus loin : laisser
des espaces dans le noir, proposer
des cheminements alternatifs peu
ou pas éclairés, ou laisser le choix
à l’usager d’éclairer ou non les espa-
ces. La ville de Préfailles a mis à la
disposition de ses administrés un
numéro de téléphone qu’ils composent
s’ilsveulentéclairerleursespacespublics
par exemple.
Peut-être pouvons-nous considérer
l’éclairage public comme un service
public dont nous devons prendre soin,
faire des choix et parfois assumer
des déplacements dans une relative
pénombre ou au contraire grâce à
l’éclairage public habituel, en fonction
de son état psychique ou physique. 
Harmonies 06 — page 11
MARQUE D’ENGAGEMENT
	AVIS D’EXPERT
+	Retour sur l’actu
	COUP DE CŒUR
	BEAU PROJET
	 coup de Gueule 20.000 nombre de morts à ce jour
après le séisme et le tsunami
Fukushima,
l’année d’après
En France, où 80% de l’électricité
consommée est d’origine nucléaire,
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre
de l’écologie, en coopération avec
l’Agence de l’OCDE pour l’énergie
nucléaire (AEN), a organisé à Paris
en 2011 un séminaire ministériel dédié
à la sûreté nucléaire. 33 pays se sont
rassemblés pour tenter de mutualiser
les moyens et les connaissances, sur
les audits de sûreté, sur la transparence
ou encore sur les dispositifs de soli-
darité technique et humaine en cas
de crise. “On ne peut pas continuer
à penser comme on pensait avant
Fukushima.
L’accident nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 est
classé au niveau 7 (le plus élevé) de l’échelle INES, ce qui
le place au même degré de gravité que la catastrophe de
Tchernobyl (1986), compte tenu du volume important des
rejets. Il fait partie des conséquences d’un séisme de
magnitude 9 sur la côte Pacifique du Japon, qui a déclenché
un tsunami, dévasté la côte, et provoqué plus de 20 000 morts.
C’était il y a un an.
La question de la sûreté nucléaire
occupe plus que jamais le devant de la
scène : l’Union Européenne compte
143centralesenservice.L’Allemagne,
première grande puissance industrielle
à renoncer à l’énergie nucléaire, a dé-
cidé de fermer ses derniers réacteurs
en 2022. Elle devra donc trouver
d’ici là comment produire 22 %
de ses besoins en électricité, actuel-
lement couverts par ses centrales
atomiques. 15 jours après la décision
allemande, l’Italie aussi, par réfé-
rendum, s’est prononcée contre.
01
02
Harmonies 06 — page 12
80% de l’électricité consommée est
d’origine nucléaire en France
Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’il
suffit d’un accident dans une centrale
pour avoir des conséquences terribles
et irréversibles sur l’humain et sur
l’environnement. Il est impératif
d’améliorer la coopération en matière
de sûreté nucléaire civile, au niveau
international, car elle n’est pas encore
à son meilleur niveau.”
Et envisager la “sortie du nucléaire”?
Encore faut-il, comme on le rappelle
au ministère français de l’énergie, dire
par quoi on le remplace ; préciser le
futur prix de l’électricité ; expliquer
comment la sécurité d’approvisionne-
ment du pays sera assurée ; indiquer
quelles énergies (fossiles ou renou-
velables) seront privilégiées pour
remplacer l’atome ; et définir l’impact
de ces choix sur la politique de lutte
contre le réchauffement climatique…
Dans sa séance du 10 janvier 2012,
l’Académie des sciences a fait le
point sur le défi nucléaire qui se pose
à notre pays. Selon elle, l’énergie
nucléaire demeure actuellement “une
composante essentielle” des ressources
énergétiques françaises et “le restera
longtemps en raison d’avantages
reconnus.”
L’académie met en avant l’argument
principal qui consiste à dire que “les
centrales nucléaires sont aujourd’hui
le seul moyen de produire en base de
l’électricité concentrée, permanente
et sans émission de gaz à effet de
serre.” ●
— On ne peut pas
continuer à penser
comme on pensait
avant Fukushima
01 — Scène de désastre
02 — La vie après
Harmonies 06 — page 13
L’abandon du nucléaire en
Allemagne, en Italie et en Suisse,
et sa remise en cause un peu
partout en Europe, bénéficient
aux projets axés sur les énergies
renouvelables, comme celui
qu’a lancé en Afrique du nord le
consortium Desertec.
Un projet pharaonique – comme
toujours dans le désert – qui
prouve que la réalité dépasse enfin
la science-fiction : une centrale
solaire de plusieurs milliers
de kilomètres carrés capable
de produire 15% des besoins
énergétiques européens.
0,3%
des déserts de la planète couverts en
centrales thermiques permettait de couvrir
les besoins électriques de la planète en 2009
01
03
Le soleil
d’Afrique
au secours
de l’Europe
—Desertec
Desertec, un projet très prometteur pour que
l’Union atteigne ses objectifs de réduction
d’émissions de CO2
et de production d’énergies
renouvelables. Et un espoir de développement
pour les populations locales.
“Une surface de 300 kilomètres sur 300 kilomètres
dans le Sahara, équipée de miroirs paraboliques,
suffirait pour couvrir les besoins en énergie de
la planète entière”, explique-t-on chez Siemens,
partenaire du consortium Desertec. Mais nous
n’en sommes pas encore là.
Concrètement, Desertec vise à connecter
plusieurs grandes centrales solaires thermiques
et peut-être d’autres installations d’énergies
renouvelables (fermes éoliennes) entre elles,
ainsi qu’un réseau de distribution de l’électricité
qui alimentera l’Afrique du Nord, l’Europe et le
Moyen-Orient. Le projet serait totalement opéra-
tionnel à l’horizon 2040, avec une première tranche
en 2020, mais c’est au Maroc dès 2012, avec trois
ans d’avance sur le calendrier que Desertec lance
les travaux de ce méga-projet : douze kilomètres
carrés de panneaux solaires, un investissement
de deux milliards d’euros, le tout pour une pro-
duction de 500 mégawatts soit la moitié de celle
d’une centrale nucléaire.
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Harmonies 06 — page 14
1km2
de désert reçoit annuellement
une énergie solaire équivalente
à 1,5 million de barils de pétrole
02
02 — Cartographie sommaire
permettant de visualiser la structure
et les noeuds du réseau électrique du
projet Desertec. (photos Editoriale)
03 — Solar farm
Deux à quatre ans de travaux sont prévus pour
cette première étape marocaine. Dans le meilleur
des cas, cette centrale solaire gigantesque pourrait
produire de l’électricité dès fin 2014. L’initiative
Desertec lancée en Allemagne et soutenue par de
grandes entreprises comme Siemens, E.on, la
Deutsche Bank, Enel en Italie et Saint-Gobain en
France se concrétise plus vite que prévu. Desertec
pourrait rendre superflues la construction de nou-
velles centrales thermiques et la prolongation de
la durée de vie des centrales nucléaires. ▲
www.desertec.org
fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Desertec
— Desertec pourrait
rendre superflues la
construction de nouvelles
centrales thermiques et la
prolongation de la durée de
vie des centrales nucléaires
Wind
Concentrating
Solar Power
Photovoltaics
Hydro
Biomass
Geothermal
Harmonies 06 — page 15
des forêts primaires de la planète n’ont
pas encore été exploitées par l’homme5 à 10%
Découvreur de “l’architecture botanique”, auteur de
nombreux livres d’amour fervent pour le végétal,
il n’a jamais cessé de s’émerveiller de l’ingéniosité
et de la beauté des arbres. Depuis des années,
Francis Hallé travaille à la réalisation d’un grand
film consacré aux forêts tropicales primaires
menacées de disparition à très brève échéance,
pour “montrer toute cette splendeur, tant qu’elle
est encore là”.
Francis Hallé explique son projet, en bonne voie
grâce au réalisateur Luc Jacquet (la Marche de
l’empereur), mais toujours en quête de financements.
Harmonies : Que souhaitez-vous montrer avec
votre film sur les forêts tropicales ?
Francis Hallé : Il y a deux manières de résumer le
projet. Une manière triste : c’est foutu, les
forêts tropicales vont disparaître à jamais d’ici
dix ans, et ce film constituera une archive de ce
que nous aurons perdu. Pour qu’au moins les
générations suivantes disposent d’un témoignage
de cette splendeur. Et il y a une autre hypothèse,
plus ambitieuse, à laquelle je veux me rallier : que
ce film puisse contribuer à freiner la déforestation.
Je me souviens de l’impact qu’a eu le Monde du
SilencedeJacquesCousteauetLouisMalle,en1956.
Ce film a véritablement lancé l’océanographie,
c’est grâce à lui que les océanographes ont pu
avoir de gros budgets de recherche.
H: À quelles forêts vous intéressez-vous ?
FH : Les forêts primaires des tropiques proches de
la latitude zéro, de l’équateur abritent une extraor-
dinaire biodiversité. Ce sont des réserves de vie :
la forêt tropicale, qui ne constitue que 6% des
terres émergées, abrite au moins 75% de la
biodiversité mondiale. Elles sont nécessaires à la
préservation de l’eau, des sols, de la vie sauvage,
ainsi qu’à l’existence de populations humaines en
symbiose avec eux. Ces forêts sont le berceau de
l’humanité, selon les paléanthropologues.
H : Pourquoi disparaissent-elles ?
FH : Elles contiennent des ressources écono-
miques considérables, à commencer par le bois.
Et elles sont vécues comme antagonistes avec le
développement économique : alors on tape dedans
pour faire des aéroports ou des autoroutes.
La courbe de déforestation s’accroît de manière
exponentielle. En Indonésie par exemple, c’est
fini, il n’y a plus de forêts primaires sauf en très
haute altitude où elles ne sont pas exploitables.
Même chose en Thaïlande.
H : La lutte contre le bois illégal aide à lutter
contre la déforestation ?
FH : L’éco-certification a été un espoir, en parti-
culier le label FSC (Forest Stewardship Council).
Je continue à être pour… Le malentendu est que
le public s’imagine que ce label protège la forêt.
Mais dans 15 ou 20 ans, là-bas, il n’y a plus de
forêt. Si les labels sont utiles d’un point de vue
social, aucun ne peut certifier qu’une exploitation
forestière industrielle soit durable. Dès lors que
l’on touche à un fil de cet écosystème basé sur les
interactions entre les êtres vivants, c’est toute la
pelote qui se défait.
H : Il y a encore un espoir ?
FH : Mon espoir, ce serait que les grandes
firmes pharmaceutiques réalisent enfin que ces
forêts représentent un trésor biochimique, que les
canopées contiennent énormément de molécules
actives très intéressantes pour développer de
nouveaux médicaments. Et que ces firmes nous
aident à les protéger. 
Pour aider à la réalisation du film :
foretstropicaleslefilm.wordpress.com
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À près de 75 ans,
Francis Hallé est un jeune
retraité qui croule sous le travail :
ancien Professeur de botanique
à l’Université de Montpellier,
spécialiste de l’écologie des
forêts tropicales humides, grand
défenseur des forêts primaires
(jamais exploitées par l’homme
et qui ne représenteraient plus
aujourd’hui que 5 à 10 % des
forêts de la planète), il a dirigé
de 1986 à 2003 des expéditions
scientifiques sur les canopées des
forêts tropicales, cette partie la
plus élevée des forêts, en contact
avec l’atmosphère et les rayons
du soleil, où se concentre une
très grande part de la vie.
Le com-
mandant
Cousteau
des forêts
—Francis Hallé
Entretien avec
Francis Hallé
botaniste, spécialiste des forêts primaires
— Je me souviens de l’impact
qu’a eu le Monde du Silence
de Jacques Cousteau et Louis
Malle en 1956
Harmonies 06 — page 16
Bibliographie :
• Un monde sans hiver - Les Tropiques :
nature et sociétés (Le Seuil, 1993)
• Éloge de la plante, pour une nouvelle
biologie (Le Seuil, 1999)
• Le Radeau des cimes, l’exploration des
canopées forestières, (Lattès, 2000)
• Essai sur l’architecture et la dynamique
de croissance des arbres tropicaux
(Masson, 2002)
• Architecture des plantes (2004)
• Plaidoyer pour l’arbre (Actes Sud, 2005)
• Aux origines des plantes Tome 1 & 2
(Fayard, 2008)
• La Condition tropicale. Une histoire
naturelle, économique et sociale des
basses latitudes (Actes Sud, 2010)
• La vie des arbres. (Bayard, 2011)
• Du bon usage des arbres.
(Actes Sud, 2011)
Du bon usage des arbres à
l’attention des élus et des
énarques ; dédié aux élus et
collectivités publiques, un petit
cours sur l’arbre, sa gestion, sa
culture, son rôle dans la ville,
afin qu’il ne soit pas menacé
par l’incompétence, le souci
de rentabilité, le principe de
précaution, le mépris de tout
ce qui vit, quand ce n’est pas
tout cela à la fois. Un véritable
plaidoyer pour l’arbre des rues
et des parcs par Françis Hallé.
01
02
La forêt européenne s’étend :
www.planetoscope.com/forets/1218-croissance-de-la-foret-europeenne-en-europe.html
à noter que Francis Hallé parle
ici essentiellement de la forêt
primaire équatoriale.
En Finlande (le bois utilisé par
Aubrilam vient presque exclu-
sivement de ce pays), 95% des
forêts sont certifiées. Les
exploitants forestiers doivent
respecterdesrecommandations
gouvernementales permettant
d’imiter le développement
naturel de la forêt : arbres
“abandonnés” pour servir de
niches aux rapaces, coupes rases
où on laisse les arbres morts au
sol pour imiter les incendies
naturels de la forêt et permettre
à la faune et à la flore de se
développer.
D’autres sites très spécifiques
(en raison de la faune et la flore)
sont en outre interdits d’exploi-
tation (environ 1% de la surface
forestière finlandaise)
Source : ministère de
l’agriculture finlandais
01 —© Wild Studio
02 — © Jack Bryant
Harmonies 06 — page 17
Le Jardin en Mouvement s’inspire
de la friche : “espace de vie laissé au libre
développement des espèces qui s’y installent”.
Le jardin, l’espace, le paysage, ne sont pas
immuables,lesplantes,lesgrainessedéplacent
et transforment les lieux où elles s’implantent.
Le choix s’offre alors au jardinier : laisser
faire la nature ou intervenir. Cet état d’es-
prit conduit le jardinier à observer plus
et jardiner moins. À mieux connaître les
espèces et leurs comportements pour
mieux exploiter leurs capacités naturelles
sans dépense excessive d’énergie contraire
et de temps.
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Jardinier (le Parc André Citroën,
le jardin du Musée du quai Branly,
avec Jean Nouvel, c’est lui),
ingénieur horticole, enseignant à
l’école Nationale Supérieure du
Paysage de Versailles, Grand prix du
paysage 1998, brillant conférencier
et écrivain prolifique, Gilles Clément
est surtout l’auteur de plusieurs
concepts qui ont marqué les acteurs
du paysage, dont notamment le
“jardin planétaire”, le “tiers-paysage”,
et le “jardin en mouvement”.
Il a fortement influencé la profession
des architectes paysagistes en
apportant un regard nouveau
sur la nature et sa dynamique.
Sa vision globale prenant en compte
l’ensemble de notre planète a
entraîné une nouvelle façon de
penser la conception des espaces.
—Gilles Clément
tiers-jardinier
planétaire
Le Jardin Planétaire est un concept
qui prend en compte à la fois, la diversité
des êtres qui existent sur notre planète, et
le rôle de l’homme en tant que gestionnaire
de cette diversité. C’est une manière
de considérer l’écologie en intégrant l’homme
– le jardinier – dans le moindre de ses
espaces. La philosophie qui le dirige
emprunte directement au Jardin en
Mouvement : “Faire le plus possible avec,
le moins possible contre”. La finalité du
Jardin Planétaire consiste à chercher com-
ment exploiter la diversité sans la détruire.
Comment continuer à faire fonctionner la
“machine” planète, faire vivre le jardin,
donc le jardinier.
Le Tiers-Paysage désigne tous les
espaces que l’homme a abandonnés et où
seule la nature est à l’œuvre. C’est-à-dire,
les délaissés urbains ou ruraux, les espaces
de transition, les friches, les bords de route,
les rives, les talus de voies ferrées…
— Je considère
avec une même
bienveillance les
“herbes folles” qui
tentent de pousser sur
les pavés des villes et
les essences les plus
rares plantées dans
les jardins de prestige
Harmonies 06 — page 18
01 — Parc André Citroën Paris 15ème
Commanditaire : Ville de Paris, 15 hectares, réalisation 1986-1992
Paysagiste associé : Allain Provost
Architectes associés : Patrick Berger, Jean-Paul Viguier
02 — Jardins du Musée du Quai Branly
01
02
Auxquels il faut ajouter les lieux inacces-
sibles : sommets de montagnes, déserts et
réserves institutionnelles telles que les
parcs nationaux, régionaux etc.
Il est intéressant de placer dans
notre magazine Harmonies la manière
dont Gilles Clément égratigne le concept
de Développement Durable :
“C’est un mauvais oxymore. Comme
le dit un économiste américain, dans un
système fini comme celui de la planète, il
faut être fou ou économiste pour imaginer
un développement infini. Sous des appa-
rences de belles idées, le développement
durable sert de caution à des pratiques non
écologiques. L’exemple le plus frappant,
ce sont les biocarburants. Ce n’est que
de la poudre aux yeux. Sur un plan
environnemental, c’est une aberration.
Ils polluent à peine moins l’atmosphère
que les carburants traditionnels, et pour
faire un litre de biocarburant, il faut
un litre de pétrole !” ✿
Réalisations, interviews et bibliographie
sur www.gillesclement.com
Harmonies 06 — page 19
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nombre estimé
d’acheteurs
en France100.000
Selon la définition officielle du site de l’Obsar
(www.obsar.asso.fr) “L’Achat Responsable
correspond à tout achat intégrant dans un esprit
d’équilibre entre parties prenantes des exi-
gences, spécifications et critères en faveur
de la protection et de la mise en valeur de
l’environnement, du progrès social et du
développement économique.”
L’acheteur recherche l’efficacité, l’amélioration
de la qualité des prestations et l’optimisation des
coûts globaux (immédiats et différés) au sein
d’une chaîne de valeur et en mesure l’impact.
Pas encore une norme donc, même si les achats
responsables peuvent entrer dans le champ de
la nouvelle norme ISO 26000, (responsabilité
sociétale des organisations), il s’agit plutôt
d’une belle tendance de fond : l’information
passe doucement et un vrai besoin de formation
se fait sentir, mais l’intention est là. Du respect
de l’environnement à l’impact des délais de
paiement sur la trésorerie, en passant par un
accès facilité pour les TPE aux divers marchés,
le spectre d’intervention des membres de
l’OBSAR est large.
l’observatoire, 100.000 acheteurs
—Achats responsables,
c’est quoi ?
du haut de
vous contemplent
Harmonies 06 — page 20
On compte plus de 100.000
“acheteurs” en France : trop
d’achats n’ayant encore de
‘’responsables’’ que l’adjectif,
un Observatoire des Achats
Responsables (destiné à
répertorier les bonnes pratiques)
a été initié en septembre 2010.
Ouvert aux secteurs public et
privé, entreprises, collectivités
locales, services de l’Etat et
institutions s’intéressant au
secteur, ce think tank a pour but
d’être un ‘’réceptacle des bonnes
pratiques’’ en matière d’achats
responsables, et vise surtout à
les faire progresser.
Harmonies : On ne s’improvise pas
acheteur…
Soufyane Miloudi : Après une formation
Master achat et une expérience de 4 ans
chez Michelin aux achats, j’ai pris le pari de
tenter l’expérience dans une PME conceptrice
de ses propres produits avec un besoin de
structuration du service achat. Arrivé chez
Aubrilam en 2008, je prends conscience de
la fibre développement durable, valeur fon-
damentale de l’entreprise, et j’en conclus
que les achats, qui représentent plus de 60%
du CA, doivent permettre à l’entreprise de
dérouler son plan stratégique sur les 3 aspects
du développement durable, environnemental,
économique et sociétal.
H : Concrètement, l’achat responsable
chez Aubrilam, c’est quoi ?
SM:Surunplanenvironnemental,c’estl’achat
de bois certifiés FSC ou PEFC pour toutes nos
activités. La sélection de transporteurs adhérant
à la charte objectif CO2
. La démarche de pro-
grès sur la gestion des déchets auprès de nos
fournisseurs représentant 80% des dépenses.
Sur le plan économique : c’est un objectif
de zéro fournisseur chez qui nous représen-
tons plus de 25% du CA(seuil de dépendance),
le respect de la loi LME sur les délais de
paiement, l’intégration des fournisseurs en
amont à la conception et le partage de valeur
ajoutée, la réflexion sur la limitation des sur-
coûts dus à la matière mise en œuvre ou aux
procédés non adaptés.
Sur le plan sociétal : c’est réserver certains
marchés à des personnes éloignées de l’emploi
(travailleurs handicapés, etc.) ; des partenariats
locaux pour les domaines d’activités au
cœur de la région (logistique, transport,
mécano-soudure)…
H : On peut rester performant en étant
responsable ?
SM : Cette démarche doit justement permettre
à Aubrilam d’être performant tout en étant
responsable. Afin d’être “à la pointe” sur le
sujet, j’adhère à L’Observatoire des Achats
Responsables où nous faisons la promotion
des bonnes pratiques et nous nous efforçons
de les faire progresser. Les décideurs Achats
ont longtemps été cantonnés à la performance
économique, soit 1/3 du champ possible. Les
Achats Responsables, c’est viser l’Excellence.
C’est ce que nous essayons de faire. 
Entretien avec
Soufyane Miloudi
directeur des achats chez Aubrilam
Harmonies 06 — page 21
45
places de stationnement couvertes
par 2 ombrières (20 et 25 mètres de
long, 10 mètres de large)
Aubrilam couvre
les parkings d’Ambrussum
—France
A
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Aire d’Ambrussum Sud, France, 2011
Maîtrise d’ouvrage : Total et Autogrill
Architecte : France Ducres,
L’Atelier d’Architectes
Bureau d’études : Hom & Ter
Produits : 2 ombrières photovoltaïques Area 1
Harmonies 06 — page 22
Une aire de repos sur l’autoroute A9,
à proximité de Lunel, entre Nîmes
et Montpellier. 45 places à l’ombre
qui fournissent 15% de l’électricité
de la station. ASF souhaitait à la
fois une aire plus respectueuse de
l’environnement et améliorer le
confort des usagers en installant
des abris voitures.
Total et Autogrill, gestionnaires
des lieux, ont réalisé un projet
d’envergure combinant énergie et
matériaux renouvelables, esthétisme
et fonctionnalité. Deux ombrières
conçues, fabriquées et installées
par Aubrilam fournissent un nouveau
confort à l’automobiliste, et aussi une
partie de l’énergie consommée par
la station.
450 m2 de panneaux
photovoltaïques 36kva Puissance
totale installée
— “ASF souhaitait absolument des parkings à l’ombre.
Comme le bâtiment est HQE + BBC, nous avons choisi une
solution dans la continuité de notre souci environnemental,
les ombrières d’Aubrilam”
AREA 1 est la 1ère
ombrière
photovoltaïque réalisée par Aubrilam.
Compte tenu de l’engouement pour
ce concept (et du manque de solutions
alliant esthétique et respect de
l’environnement), Aubrilam a créé
un produit industrialisé adapté
à 2 places de stationnement de parking
“standard”, multi-usages (autos/
vélos/chariots) et intégré à ses
collections de mobilier urbain
(unité de design).
C’est l’agence l’Atelier d’Architectes
(Vaucluse) qui a remporté le concours
initié par Autogrill et Total pour ASF.
L’architecte France Ducres
nous précise :
Harmonies 06 — page 23
Superficie totale : 107 000 m²
Nombre de niveaux : 3
Nombre de commerces : 191
Parking : 5 050 places
Parly 2
—Les ombrières Area d’Aubrilam
équipent Parly 2
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01
Harmonies 06 — page 24
Environnement chic
dès le parking.
Parly 2 fut l’un des premiers
centres commerciaux à faire
la part belle à l’automobile.
Les parkings sont plus visibles,
pour un meilleur accueil. Dès
l’arrivée, le marquage au sol
et la signalétique donnent le ton.
Le mobilier urbain est fabriqué
avec des matériaux nobles :
huisseries noires et dorées, bois
sombre des mâts d’éclairage…
à proximité de Versailles,
c’est l’un des premiers grands
centres commerciaux français :
son ouverture en 1969 fut
commentée par Jean Baudrillard
qui publia peu après “La Société
de consommation”, un ouvrage
majeur de la sociologie française.
Le “Nouveau” Parly 2, redesigné par
l’agence Saguez & Partners a été
inauguré le 28 novembre 2011.
Un vibrant hommage à
l’esthétique pop des années 60.
Le centre avait été malmené au fil
des années et de ses extensions.
Saguez & Partners a renoué
avec l’exigence de qualité de vie
et d’élégance de sa création
pour l’inscrire à nouveau dans
le meilleur d’aujourd’hui. En
s’inspirant des Sixties Chic,
l’agence de design a retrouvé
la qualité des jeux de graphisme
et la noblesse des matériaux.
Les volumes retrouvent leur
hauteur. Les plafonds font un
clin d’œil à Paco Rabanne.
L’axe central devient un lounge-
cathédrale. Trois espaces repos
sont meublés par les plus grands
designers des sixties : Ray &
Charles Eames, Eero Saarinen,
Arne Jacobsen, Jean Prouvé,
Jaime Hayon, Louis Poulsen…
— Jeux de graphisme
et noblesse des matériaux
Centre commercial Parly 2,
Le Chesnay, France, 2011
Maîtrise d’ouvrage :
Syndicat des copropriétaires Parly 2
Maîtrise d’ouvrage déléguée :
Groupe Espace Expansion
Agence conseil en identité de marque :
Saguez & Partners
Maître d’œuvre : Performance Partner
Designer : ENT Design
Produits : 42 mâts Dôme XL 8m,
16 mâts Dôme XL 4m avec console
Catelam, 4 abris 2 roues monopente
4x5m, 3 abris caddies monopente 5x5m,
40 jardinières Orlam, 12 cendriers Moshi,
10 jalons porte-vélos Moshi, 18 corbeilles
tri sélectif Moshi, 11 barrières Orlam
02-03 crédit photos : Saguez & Partners /
Seignette Lafontan.
02
04
03
10 466 kWh
économisés
- 407 kg
de déchets dangereux
9,54 tonnes
de CO2
compensées
Harmonies 06 — page 25
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	 coup de Gueule
ZAE Le Pas du Buis,
Saint-Marcel-Lès-Valence,
France, 2011
Promoteur : Groupe Secyvest
Produits : 52 mâts Moshi 6m,
2 mâts Moshi 3,5m,
3 bancs Alba,
4 corbeilles Moshi,
24 jalons Moshi
— à St-­Marcel,
nous voulions absolument
du bois, comme McDonald’s
Harmonies 06 — page 26
Ensemble paysagé comprenant plusieurs
restaurants et un hôtel de 71 chambres,
le projet Saint-Marcel-Lès-Valence est à
l’initiative du Groupe Secyvest. “à l’origine,
nous étions de purs investisseurs, mais
devant la qualité de moins en moins
évidente des dossiers, nous avons décidé
de devenir promoteurs de nos propres
projets”, nous explique Erwann Coiquaud,
directeur des programmes de Secyvest.
“à Saint-­Marcel, nous voulions absolument
du bois, comme McDonald’s ; nous avons
choisi logiquement Aubrilam et imposé
le même design sur tous les espaces,
publics ou privatifs.” Un vrai parti-pris
environnemental qu’on retrouve dans
la gestion des eaux pluviales. L’intensité
lumineuse est aussi gérée à divers
moments de la nuit.
St-Marcel-lès-Valence
—France
12 762 kWh
économisés
- 313 kg
de déchets dangereux
6,46 tonnes
de CO2
compensées
Harmonies 06 — page 27
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	 coup de Gueule
Réalisation primée par le Ministère de
l’Ecologie, du Développement Durable,
des Transports et du Logement*
*
au titre des belles pratiques et des bons
usages en matière d’accessibilité de la cité
Les mâts bois moisés ATHENA supportent
l’ensemble des projecteurs nécessaires à l’éclai-
rage de l’esplanade. La hauteur des mobiliers
(14,00m) donne de l’ampleur à l’espace public
et permet des interdistances jusqu’à 30m.
La matière bois apporte une présence chaleu-
reuse à cet espace minéral, la finition soignée
des matériels confère une grande qualité à
l’aménagement. Le choix du bois vient conforter
le positionnement HQE du projet, en garantissant
un bilan carbone positif dans la fabrication des
supports.
Les supports sont implantés selon un axe
parallèle à la limite SNCF et à l’aménagement
paysager. Trois files successives permettent
d’assurer un parcours piéton linéaire et continu
le long des bâtiments. Les “caisses vertes” de
l’aménagement paysager règlent les interdis-
tances. La clôture béton existante a été supprimée,
remplacée par un saut-de-loup. Avec cette
ouverture, les éclairages des voies perturbent
la perception nocturne de l’esplanade. La rigueur
des implantations sur cet espace organise
cette perturbation bienvenue et cadre les vues
sur les voies.
Les matériels installés sur les mâts ont deux
régimes distincts : les uns fonctionnent de la
tombée du jour à minuit, les autres prennent le
relais et assurent le régime de veille aux heures
creuses de la nuit. L’éclairage est uniforme le
long des bâtiments alors que côté voies SNCF,
Esplanade de l’îlot Tellier à Amiens.
Premier axe aménagé de la ZAC Gare La Vallée,
qui s’étend, à terme, de la gare à la Somme ;
l’esplanade longe les voies SNCF (1ère tranche) et
doit se poursuivre (tranche conditionnelle à venir)
en parc selon un axe Nord-Sud orienté vers l’eau.
les projecteurs placés sur les mâts dessinent
des jardins d’ombre et lumière.
Le long de la limite SNCF, un mobilier équipé
de Leds éclaire la piste cyclable. La teinte bleue
sera conservée dans les tranches ultérieures
pour identifier la piste cyclable, comme le fil
d’Ariane de la ZAC.
Esplanade de l’Îlot Tellier, Amiens, France, 2011
Maîtrise d’ouvrage : Amiens Amenagement
Architecte : AUA Paul Chemetov
Paysagiste : Empreinte
Concepteurlumière:Scènepublique,AgatheArgod
assistée de Flore Siesling
BET : OGI
Produits : 11 mâts Athena XL 14m
14 905 kWh
économisés
- 459 kg
de déchets dangereux
11,1 tonnes
de CO2
compensées
Harmonies 06 — page 28
Amiens
—France — La matière bois apporte
une présence chaleureuse à
l’espace minéral.
L’ensemble du projet d’éclairage de
la ZAC s’appuie sur une démarche
soucieuse des impacts écologiques
et économiques de l’éclairage sur
l’environnement :
- assurer la maîtrise des énergies
consommées
- rechercher une grande efficacité
lumineuse des éclairages
fonctionnels
- choisir les optiques adaptées, les
hauteurs de feux et les longueurs
de crosse afin de limiter le nombre
de points lumineux
- adapter les sources au système
de télégestion de la ville afin
d’accroître la durée de vie des
lampes et de maîtriser les
consommations.
- utiliser des matériaux dont la
fabrication et l’acheminement ont
un impact écologique minimum
- proposer l’installation de matériels
utilisant de nouvelles technologies
d’éclairage sans maintenance.
Harmonies 06 — page 29
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—Rudy Ricciotti
pourfendeur
du label HQE
Architecte et ingénieur, Grand Prix national
d’architecture en 2006, Rudy Ricciotti peut
se vanter d’un CV impressionnant de classe
internationale : la spectaculaire Passerelle
de la Paix à Séoul, le Pavillon Noir d’Aix en
Provence, l’agrandissement du musée du
Louvre, le MUCEM à Marseille, le nouveau
stade Jean Bouin à Paris, le palais des
festivals à Venise…
Son franc-parler lapidaire, imagé et accentué
façon midi de la France, et sa dégaine de
play-boy chevelu (“j’ai une tête de voleur
de poules”, dit-il lui-même) lui valent une
réputation de pourfendeur du politiquement
correct. On l’adore ou on le déteste, mais
l’homme ne laisse pas indifférent.
Il s’emporte contre les normes et prône la
résistance anti HQE dans son pamphlet
“HQE : les renards du temple”, paru aux
éditions Al Dante. “Un ouvrage qui m’a coûté
cher, je suis devenu tricard avec ce discours”,
explique celui qui est à la fois Chevalier de
la Légion d’honneur et cavalier solitaire qui
donne de grands coups d’éperon dans le
système. Il dirige, depuis Bandol, une agence
de 30 personnes.
Harmonies 06 — page 30
H : N’empêche qu’il faut bien s’imposer des
contraintes environnementales ; y a-t-il une autre
solution que l’encadrement normatif selon vous ?
RD : Il faut, pour répondre à votre question, libérer
les énergies et les intelligences constructives. Il faut
déréglementer et obliger aux résultats, ce qui est autre
chose. Il faut “bilanter” l’empreinte environnementale
et pour cela, réduire la pression confort et le bling-bling
technologique. La durabilité, c’est aussi fabriquer des
bâtiments qui impliquent un besoin important de main
d’œuvre. Si l’on veut réduire l’empreinte environne-
mentale, il faut construire des bâtiments sur une chaîne
courte de production, en privilégiant le recours à la
main d’œuvre plutôt que les produits fabriqués en série
à des milliers de kilomètres.
H : Chez Aubrilam, nous avons beaucoup investi
pour “éco-concevoir nos produits”, pour diminuer
l’impact environnemental de notre site de production,
offrir à nos clients la liberté de choisir (ou pas) nos
produits qui présentent le meilleur profil environ-
nemental à ce jour. Nous présentons des analyses de
cycle de vie, des PEP. Nous avons été précurseurs en
ce domaine, depuis 5 ans. Nous n’avons pas trouvé
d’autres solutions que les normes pour démontrer
objectivement nos avantages environnementaux.
RD : Je ne crois absolument pas à la sanctification
par la norme. Les questions que vous devez évaluer
devraient être : longueur de la chaîne de production,
énergie primaire consommée, nombre d’emplois de
proximité créés, bénéfice techno-scientifique et mémoire
du travail non-délocalisable, etc.
H : Si on se passe des normes, quelle est la définition
d’une architecture (d’un architecte) responsable ?
RD : Celle qui honore les valeurs du travail. Celle qui
renouvelle la mémoire du travail. Celle qui évite
aux composants de traverser la moitié de la planète…
et surtout combattre le consumérisme industriel en
proposant la désobéissance technologique. 
— le contexte
méditerranéen
est un véritable
antidote à
la névrose
conceptuelle
HQE La Haute Qualité Environnementale,
initiative associative d’origine privée
Entretien avec
Rudy Ricciotti
Architecte et ingénieur
“S’il faut être vulgaire pour
refuser l’escroquerie à la
morale environnementale,
alors soyons tous vulgaires.
S’il faut être asocial pour refuser
l’infantilisation d’un débat de
société aussi impérieux, alors
soyons asociaux. S’il faut être
violent pour refuser le tribunal
d’exception qui conduira au
racisme culturel, alors je serai
violent.
Le sigle HQE®
est frappé d’un
“registered mark”. Que chacun
médite sur l’autoévaluation
de cette doctrine dans notre
économie libérale. Le sigle
le plus démagogue jamais
inventé protège ses initiales,
confirmant là ce désir de pouvoir
sur un territoire d’intérêt public,
et réfutant aux trois lettres
la propriété de n’être pas
appropriables.”
Harmonies : Vous raillez le fait que les architectes
doivent être aujourd’hui “green, voire hypergreen”.
L’architecte “vert” serait une sorte de gendre idéal.
Le HQE serait donc du “politiquement correct”. Le
label HQE est selon vous un “eldorado de l’arnaque”.
Rudy Ricciotti : Ce qui est grave, c’est que ces normes sont
le résultat de lobbyings industriels et les bureaucrates,
l’ombre portée de ce dispositif nécrophage. Prenez l’exemple
de la réglementation thermique : elle ne fait que promouvoir
davantage de machinerie et de suréquipement. Souffler plus
d’air dans des conduits pour l’aspirer plus est devenu le
projet révolutionnaire et romantique de tout bâtiment public.
Peuimportesil’énergieprimaireconsomméepourfabriquer
une pompe à chaleur réchauffe d’abord la planète avant de
réchauffer son propriétaire ! L’indifférence générale à cette
inflation réglementaire est critiquable mais compréhensible :
elle permet de renouveler le champ existentiel de nombreux
parasites.
H : Vous dites à propos du HQE : “les architectes,
comme les édifices, sont pris en otage”.
En effet, il n’est plus possible de répondre à la question :
“voulez-vous un projet HQE ou un projet non HQE” ?
On fait quoi alors ??
RD : Ce label est de nature à créer du négatif sur les
systèmes de raisonnement scientifique. Il prend en
otage également la question environnementale par des
inexpertises lourdes de conséquences sur l’empreinte
environnementale. La première victime est l’environne-
ment, la deuxième l’emploi. Soyons clair. La magouille
aujourd’hui est de fabriquer du bénéfice sur le dos de la
question environnementale. Les banques, les industries
chimiques, l’industrie de l’acier, les publicistes, tous sont
“verts” sans aucun doute. La manipulation est devenue
au-delà du lobby industriel une machine à fabriquer des
marchés de communication pris sur les budgets recherche
et développement. L’industrie nucléaire, l’industrie phar-
maceutique sont également HQE. Le bêlement caprin sur
le sujet a atteint un niveau pornographique.
Harmonies 06 — page 31
www.aubrilam.com
*
projets d’aménagements extérieurs

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Harmonies #06

  • 2. À vivre éditions Le magazine de l’architecture et de l’urbanisme éco-responsables Actuellement en kiosque et librairies spécialisées Retrouvez toutes nos offres d’abonnements sur Harmonies 06 — page 2
  • 3. édito Quel est le point commun entre Rudy Ricciotti, architecte-star qui critique avec virulence le label HQE, et Gilles Clément, paysagiste incontournable, qui défend avec poésie “les herbes folles qui tentent de pousser dans les pavés” ? Entre la catastrophe de Fukushima et Desertec, un projet démesuré qui prévoit de fournir de l’énergie à l’Europe grâce au soleil du Sahara ? Quel est le lien entre le concept “d’achats responsables”, et Francis Hallé, le “commandant Cousteau” des forêts primaires ? Entre une borne de recharge pour véhicules électriques et des ombrières de parking qui pro- duisent de l’énergie photovoltaïque ? La réponse, c’est le magazine que vous tenez entre les mains. Pour l’édition 2012 de notre revue Harmonies, Aubrilam a souhaité mettre en lumière des points de vue singuliers, parfois opposés, mais toujours pertinents, autour de l’idée “aménagement extérieur éco- responsable”. Ils sont concepteurs- lumière, architectes, paysagistes, professeurs, industriels, designers, leurs préoccupations environne- mentales sont de petites pierres du grand édifice du Développement Durable, ils ont choisi Harmonies pour en parler. Bonne lecture, Jacques Gouteyron Harmonies n°6 / 05.2012 / édité par Aubrilam 83, rue Fontgiève / 63057 Clermont-Ferrand Cedex 1 France Tél. 33 (0)4 73 31 86 86 Fax 33 (0)4 73 31 86 87 Directeur de la publication : Jacques Gouteyron Rédacteur en chef : Bruno Benchetrit Conception : OH!MG. www.oh-mg.fr Coordination : Corine Hillairet Photos : Anne-Claude Barbier, Agence Rudy Ricciotti, Xavier Boymond, Jack Byant, Jean-Michel Gueugnot, ON Agence de Conception Lumière, Saguez & Partners, Seignette Lafontan, Shutterstock, Wild Studio, www.gillesclement.com Imprimé sur papier issu de sources responsables (FSC), sur les presses de l’imprimerie Chirat labellisée Imprim’vert. Sommaire —Numéro 06, mai 2012 Marques d’engagement L’aménagement extérieur éco-responsable L’éco-comparateur Borne de recharge Bamboo avis d’experts Entretien avec Vincent Thiesson Entretien avec Aubin Ribeyron Entretien avec Soufyane Miloudi Retours sur l’actu Fukushima, 11 mars 2011 Le projet Desertec coups de cœur Francis Hallé, spécialiste des forêts primaires Gilles Clément, tiers-jardinier planétaire beaux projets Ambrussum Parly 2 St-Marcel-Lès-Valence Amiens coup de Gueule Rudy Ricciotti, pourfendeur du label HQE — pages 04-05 — pages 06-07 — pages 08-09 — page 10 — page 11 — pages 20-21 — pages 12-13 — pages 14-15 — pages 16-17 — pages 18-19 — pages 22-23 — pages 24-25 — pages 26-27 — pages 28-29 — pages 30-31 Harmonies 06 — page 3
  • 4. Ils nous font confiance : TGV Vallée du Rhône, McDonald’s, Center Parcs, Belambra Clubs, Leclerc, Botanic, Flunch, Autogrill, Courtepaille, Léon de Bruxelles Mât Moshi Aubrilam, mention spéciale du jury prix “Entreprise et Environnement” + Marque d’engagement avis d’expert Retour sur l’actu coup de cœur beau projet coup de Gueule —Aubrilam l’aménagement extérieur éco-responsable 400.000 produits Aubrilam ont été installés en Europe depuis 35 ans. Plus qu’en industriel du mobilier urbain et des supports d’éclairage public, c’est en partenaire de tous les projets d’aménagements extérieurs éco-responsables que la marque Aubrilam se positionne naturellement. Harmonies 06 — page 4
  • 5. ISO 9001 ISO 14001 La société CODDE, filiale du groupe Bureau Veritas, organisme indépendant, a accompagné Aubrilam dans cette démarche et certifie tous les résultats publiés. — Aubrilam publie l’empreinte environnementale de ses produits et les bureaux de contrôle certifient ces resultats. Grâce à une méthodologie rigoureuse, qui s’appuie sur les normes ISO 14040 et ISO 14025 et en utili- sant l’Analyse du Cycle de Vie, Aubrilam quantifie 11 impacts environnementaux représentatifs pour tous ses produits. — Aubrilam répond à vos contraintes écologiques et économiques. Aubrilam vous accompagne dans le calcul de l’im- pact environnementaldevotreprojetafind’améliorer son potentiel écologique. Les produits boisAubrilam vous permettent de réduire : - les émissions de CO2 , - la production de déchets dangereux, - la consommation d’énergie. Harmonies 06 — page 5
  • 6. Eco-Comparateur d’Aubrilam : pouvoir choisir en toute conscience. L’éco-comparateur est un aboutissement concret : un outil vous permettant de comparer le potentiel écologique d’un projet d’éclairage public selon qu’on utilise des mâts Aubrilam ou des mâts métalliques à fonctionnalité identique. Pratique, il est disponible depuis le site web d’Aubrilam (www.aubrilam.com). Il permet de mieux choisir les produits dans le cadre d’un projet d’éclairage extérieur éco-conçu. Les résultats aident en outre à combattre une tenace idée reçue : en éclairage extérieur, la lanterne n’est pas la seule source d’amélioration environnementale. Les efforts environnementaux s’arrêtent souvent au traitement d’une évidence : réduire la consommation énergétique. C’est insuffisant : un candélabre, c’est une lanterne et un mât. Le choix du mât, de par son volume de matière, est tout aussi important. # Scannez-moi et remplissez le formulaire en ligne sur www.aubrilam.fr/evaluate/ —L’éco-comparateur la comparaison concrète mâtAubrilam / mât métallique, un service unique Tous les produits Aubrilam présentent des données précises quantifiant leur impact environnemental. Les organismes certificateurs proposent par la méthode de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) la possibilité d’établir les Profils Environnementaux des Produits (PEP). La fiche PEP est l’expression de l’empreinte environnementale d’un produit, mesurée par onze critères précis et chiffrés, depuis la genèse de la matière première jusqu’à la fin de vie du produit. Aubrilam a été le premier acteur de l’éclairage public à publier les PEP de ses produits. + Marque d’engagement avis d’expert Retour sur l’actu coup de cœur beau projet coup de Gueule — Le choix de la matière est impactant et donc à prendre en compte dans les différentes étapes d’un projet. Harmonies 06 — page 6
  • 7. L’éco-comparateur, mettant en valeur les gains compensés par le choix de mâts bois Aubrilam, vous permet de communiquer auprès de vos interlocuteurs. Profils environnementaux réalisés à partir du modèle “Aubrilam process” développé par CODDE avec le logiciel EIME. Conformément aux principes des normes ISO 14020 relative aux principes généraux des déclarations environnementales, ISO 14025 relative aux déclarations environnementales de type III et IEC PAS 62545 relative aux informations environnementales des produits électriques et électroniques, ce document établit la comparaison des profils environnementaux de mâts Aubrilam et de mâts métalliques* de performances équivalentes * Le mât métallique est par définition le mât conventionnel représentatif de l’utilisation de l’acier et de l’aluminium sur le marché européen de l’éclairage public. SUMU 140 Mât métallique* Eco-comparateur — mât Sumu 5m / mât métallique équivalent Indicateurs environnementaux SUMU 140 Poids : 30 kg Mât métallique Poids : 41 kg Unités Gains SUMU 140 Empreinte carbone 59 157 kg ~CO2 2,7 fois moins Déchets dangereux 0,9 5,4 kg 5,8 fois moins Consommation Energie Totale 414 525,5 kWh 1,3 fois moins Consommation Energie non-renouvelable 263 493 kWh 1,9 fois moins Consommation Energie renouvelable 150 32 kWh 4,6 fois plus Epuisement des ressources naturelles 1,14E-15 6,26E-15 /Année 5,5 fois moins Toxicité de l’air 1,34E+07 2,72E+07 m3 2,0 fois moins Toxicité de l’eau 10 16 m3 1,7 fois moins Consommation d'eau 0,2 0,5 m3 2,1 fois moins Formation d’ozone photochimique 25 25 g ~C2 H4 1,0 fois plus Acidification de l’air 10 20 g ~H+ 2,1 fois moins Eutrophisation de l’eau 1,5 3,5 g ~PO4 3 2,3 fois moins Appauvrissement de la couche d’ozone 0,01 0,01 g ~CFC11 2,6 fois plus Déch etsdangereux Consommationd’énergie non-renouvelable Empreinte carbone Acidification de l’air Eutrophisation de l’eau Consommationd’eau Toxicité de l’eau 50 100 150 200 250 300 350 400 SUMU 140 - Hauteur 5m Harmonies 06 — page 7
  • 8. Descriptif technique : Bois, polycarbonate et céramique. Fonction éclairage diffusant à base de Leds. En phase repos : vert palpitant. En phase de charge : blanc chaud. En phase fin de charge : vert. Hors service : rouge. Partie électrique : 2 prises, une Mode 2 et une Mode 3. Borne montée et câblée dans les usines Hager. Design Marc Aurel et Aa. 100.000 véhicules électriques dans les flottes des grandes organisations (EDF, La poste, Vinci, Bouygues…) d’ici 2015 + Marque d’engagement avis d’expert Retour sur l’actu coup de cœur beau projet coup de Gueule entre Hager et Aubrilam, le courant passe —Bamboo à véhicule “décarboné”, mobilier “décarboné” : la borne Bamboo est une borne de recharge éco-conçue pour véhicules électriques, en bois et céramique, matériaux choisis pour leur faible impact environnemental. C’est à Hager, leader dans la distribution sécurisée et intelligente de l’énergie électrique depuis plus de 50 ans, qu’Aubrilam a confié le développement de toute la partie électrique de Bamboo. — Bamboo : toute la technologie Hager dans une borne éco-conçue par Aubrilam : belle, élégante, palpitante ! Harmonies 06 — page 8
  • 9. Depuis plus de 50 ans, le groupe Hager, entreprise familiale indépendante, développe et commercialise des systèmes pour la distribution et la gestion sécurisée et intelligente de l’énergie électrique dans le résidentiel et le tertiaire. Acteur de rang mondial de l’installation électrique, Hager compte près de 11.200 collaborateurs sur 20 sites de production dans 12 pays, avec un CA dépassant 1,42 milliard d’euros. Hager axe son développement sur l’innovation et la proximité. 44.000 2 millionspoints de charges d’ici 2014 de véhicules en France à l’horizon 2020 Histoire d’une borne co-développée par Aubrilam et Hager. Harmonies : Nous avons l’impression que les véhicules électriques sont pour l’instant plus présents dans les medias que dans nos rues. DominiqueWeber: Mais c’est un fait ! La commu- nication est allée beaucoup plus vite que le marché. 2.200 véhicules de ce type ont été immatriculés en France en 2011, mais c’est tout de même 12 fois plus qu’en 2010 (186 véhicules). Et le gouvernement prévoit 2 millions de véhicules, hybrides ou 100% électriques, à l’horizon 2020. H : Le particulier est encore hésitant. DW : Oui, mais l’exemple est donné par les grandes entreprises, administrations ou collectivités, qui équipent leurs flottes de véhicules. L’avantage pour les grandes organisations, c’est que c’est un produit qui se voit et qui marque leur engagement en faveur de l’environnement. Elles envoient un signal de plus en plus visible pour les futurs utilisateurs du grand public. Nous sommes prêts. On a beaucoup parlé de l’AutoLib de Bolloré à Paris, mais le concept AutoBleue à Nice, dont Hager est le partenaire, a été en avril 2011 le premier service d’autopartage 100% électrique lancé à si grande échelle. H : Il semble y avoir pléthore d’offres en ce domaine. Comment les collectivités ou les par- ticuliers vont-ils s’y retrouver pour choisir la bonne solution ? DW : Nous en sommes au tout début. Les fabricants ont des offres plus ou moins abouties, et beaucoup de nouveaux entrants, parfois des petits acteurs locaux, se lancent sur le marché. Pendant un temps, il y aura un flou c’est sûr, mais les choses vont rapidement s’assainir. Ce n’est pas tout de proposer des points de chargement. La clé réside dans la capacité de gérer la charge sur le réseau global. Les véhicules électriques sont de gros consommateurs d’énergie. Hager et les deux ou trois autres grands industriels du secteur prennent en compte l’impact sur le réseau avec des techniques de report de charge par exemple. On appelle cela de l’energy management. H : Pourquoi un partenariat avec Aubrilam ? DW : Nous n’avions pas d’offre en développement pour une solution “publique” à la fois très desi- gnée et très environnementale. La borne Bamboo d’Aubrilam est exactement cela : beau design et faible impact. C’est un beau partenariat ; Aubrilam profite de notre savoir-faire dans le domaine de l’électricité, Hager profite de l’expérience d’Aubrilam dans la conception d’un matériel urbain orienté Développement Durable. Hager partage avec Aubrilam les mêmes valeurs environnementales, ce partenariat est une preuve de notre philosophie E3 (Ethique, Environnement, Eco-efficacité). Entre les deux sociétés, le courant est passé si l’on peut dire. Nous nous sommes bien rencontrés : deux entreprises familiales, indépendantes, au ma- nagement stable. Aubrilam a eu la réactivité d’une start-up tout en ayant une vision claire des objectifs à atteindre.  Entretien avec Dominique Weber sales manager EVCS de Hager Electro SAS Harmonies 06 — page 9
  • 10. “on” en version “off” —Vincent Thiesson “ON” est une agence de Conception Lumière créée en 2003 par Vincent Thiesson, architecte de formation. Elle intervient principalement dans la définition de la dimension nocturne des projets d’aménagement urbain et de mises en lumière de bâtiments contemporains. Vincent Thiesson nous livre sa vision de l’éclairage éco-responsable. marque d’engagement + avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur beau projet coup de Gueule Aménagement du Parvis de l’Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne. Ancien parking clôturé par un mur, rendu accessible au public et transformé en petit jardin (architecte Agnès Deldon, paysagiste Laurence Médion). Nous nous sommes volontairement écartés des “règles” d’éclairage dictées par la norme NF-EN 13201. Les espaces accessibles aux piétons sont en majorité laissés dans le noir. La compréhension de l’espace n’est donnée que par l’éclai- rage de plans verticaux produits par des structures métalliques, supports de plantes grimpantes. En partie arrière, la façade de l’école de musique est révélée par des traits de lumière reprenant le vocabulaire des structures végétales. Harmonies : Outre les parties évidentes (choix de l’éclairage, consommation, gestion des inten- sités, maintenance…) intégrez-vous le choix des matériaux dans vos critères environnementaux ? Vincent Thiesson : Il y a quelques années, nous avions interrogé l’ensem- ble des fabricants avec lesquels nous travaillions sur la politique vis-à-vis de la recyclabilité ou de l’économie de matière, etc. Les réponses avaient été très “politiquement correctes”, se retranchant derrière le respect des normes et un formidable travail sur les emballages ! Aujourd’hui des fabricants lèvent un peu plus le voile et proposent des données de compa- raisons telles que les PEP. C’est une avancée sensible qu’il faudra faire évoluer rapidement. Face au progrès technologique et esthétique de la plupart des industriels, le critère en- vironnemental doit devenir un élé- ment de choix et de comparaison. Vaste programme. Cela passera par une compréhension de ces critères, accessibles à tous, et une validation extérieure et impartiale. Hier, nous comparions les différents produits en fonction de leurs performances pho- tométriques. Dès demain nous les comparerons sur leurs performances environnementales également. H : Les donneurs d’ordre ont-ils vraiment tous une démarche environnementale ? VT : Tous ne le sont pas au même niveau.Ilssontsensiblesauxconsom- mations énergétiques puisqu’ils sont confrontés à la hausse des tarifs. Mais la prise en compte des différen- tes dimensions d’un projet durable est très inégale. H : Concrètement, c’est quoi un projet éco-responsable en éclairage public ? VT : Une attitude qui nous pousse à mettre en place une “grille de lecture” permettant d’aborder toutes les dimensions d’un projet responsable. La dimension nocturne et humaine est évidemment au cœur de notre métier, avec une question de base : “pour qui et pourquoi ?”. D’autres éléments sont quantifiables (consommations énergétiques,niveauxd’éclairements, — Replacer le projet lumière dans un ensemble, au-delà de sa simple valeur esthétique ou sécuritaire Entretien avec Vincent Thiesson concepteur lumière La maîtrise d’ouvrage nous a suivis dans cette démarche en nous deman- dant de “cerner” l’espace de part et d’autre du jardin par des candélabres piétonniers. Ceux-ci ne sont mis en fonctionnement qu’en fin de soirée, lorsque les éclairages des structures et de la façade s’éteignent. Si nous devions refaire le projet maintenant, nous aurions rajouté des boutons poussoirs dans ce jardin, avec une base d’éclairage à 10%. Un pié- ton venant se reposer dans le jardin aurait la possibilité de rester dans la pénombre ou de rehausser la lumière en déclenchant le minuteur. Et ce, quelque soit l’heure de la nuit ! Harmonies 06 — page 10
  • 11. “Je l’ai fait un peu par dépit et beaucoup par pas- sion. Par dépit parce que je ne trouvais aucune information sur le web concernant l’éclairage public, mis à part les sites des fabricants. Et par passion, parce que depuis que j’ai 4 ans, je suis fasciné par les lumières dans la ville…” Aubin décide donc de créer un site qui regrouperait historique, informations pratiques, études des produits et acteurs du marché, forum, etc. 31.000 messages… … et 460 membres actifs sont le signe d’une activité quasi-quotidienne, sans oublier une newsletter et une page Facebook très active ; presque un full-time job qui pourrait susciter des envies et des idées : à quand un site de la collective de l’éclairage aussi bien doté ? Aubin Ribeyron —Lumière sur le web C’est le benjamin de ces pages : à seulement 23 ans, Aubin Ribeyron est déjà un vétéran de notre métier. Son site web, dédié entièrement à l’éclairage public, vient de fêter 7 ans d’activité. Il était encore lycéen lorsqu’il a lancé cette mini-bible du secteur, véritable mine d’informations. “La ville c’est comme les enfants, elle dort la lumière allumée”, écrit-il. — La ville c’est comme les enfants, elle dort la lumière allumée… Un site web sans équivalent, ancré dans la réalité. L’analyse des visites prouve que le site est fréquenté par des professionnels de l’éclairage plus que par des amateurs-passionnés-illuminés. Pour marquer sa différence, Aubin Ribeyron a fait le choix d’une approche “usage et inté- gration du luminaire dans son environnement”, plutôt qu’une compilation de produits et de performances théoriques. “Mon site a été également un outil de valorisation personnelle. Des industriels commencent à me contacter.” C’est vrai, Aubrilam en est la preuve. Aujourd’hui en stage chez Philips Lighting, il vient de terminer une licence en conception et management de l’éclairage à l’IEA de Lyon 3. Celui qui se destine au métier de concepteur- lumière est déjà diplômé en “Design d’Espace” de l’école de design de Nantes Atlantique. Et que pense le futur professionnel de l’éclairage public de demain ? “Il faut vraiment sortir de ce qui n’est que “visible” : par exemple, quels impacts quant à la fabrication du produit ? Une fois posé, quel entretien nécessitera-t-il ? Sera-t-il réparable en cas de dommage ? Qu’en est-il du recyclage du produit en fin de vie ? Quel sera l’impact environnemental du recyclage ? Tout en faisant attention à ce que l’éco-conception ne soit pas réductrice… ♥ Plus d’infos sur eclairagepublic.eu maintenance, pollution lumineuse), permettant de mener un projet au plus juste. Mais il reste des sujets en pleine évolution ; l’origine et le devenir des appareils d’éclairage au regard des matières utilisées. L’énergie, avec tout le débat sur les équipements photovoltaïques autonomes ou sous forme de centrale de production. Je pense que nous avons un vrai rôle auprès de la maîtrise d’ouvrage, sur des projets de grande ampleur, pour initier des réflexions si l’on est capable de s’entourer de bureaux d’études spécialisés, à l’image de ce que font les urbanistes dans les écoquartiers sur les solutions d’apports énergétiques. Il y a un dernier sujet, plus vaste et ambitieux qui nous préoccupe. Il s’agit de la dimension citoyenne d’un projet. Nous savons que l’enjeu des projets d’éclairage sera leur capacité à s’adapter en fonction des usages réels nocturnes. Les systèmes de commandes dits intelligents (détections de présence ou de véhi- cule) sont en plein développement chez la plupart des fabricants. L’ar- rivée de la diode a permis d’ouvrir ce vaste chantier. Notre ambition est de coupler l’état lumineux de certains espaces à un vrai choix de l’utilisateur. Face à une norme qui pousse les villes à éclairer chaque centimètre carré de l’espace public, il est possible à mon sens et avec l’accord de la maîtrise d’ouvrage d’aller plus loin : laisser des espaces dans le noir, proposer des cheminements alternatifs peu ou pas éclairés, ou laisser le choix à l’usager d’éclairer ou non les espa- ces. La ville de Préfailles a mis à la disposition de ses administrés un numéro de téléphone qu’ils composent s’ilsveulentéclairerleursespacespublics par exemple. Peut-être pouvons-nous considérer l’éclairage public comme un service public dont nous devons prendre soin, faire des choix et parfois assumer des déplacements dans une relative pénombre ou au contraire grâce à l’éclairage public habituel, en fonction de son état psychique ou physique.  Harmonies 06 — page 11
  • 12. MARQUE D’ENGAGEMENT AVIS D’EXPERT + Retour sur l’actu COUP DE CŒUR BEAU PROJET coup de Gueule 20.000 nombre de morts à ce jour après le séisme et le tsunami Fukushima, l’année d’après En France, où 80% de l’électricité consommée est d’origine nucléaire, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, en coopération avec l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN), a organisé à Paris en 2011 un séminaire ministériel dédié à la sûreté nucléaire. 33 pays se sont rassemblés pour tenter de mutualiser les moyens et les connaissances, sur les audits de sûreté, sur la transparence ou encore sur les dispositifs de soli- darité technique et humaine en cas de crise. “On ne peut pas continuer à penser comme on pensait avant Fukushima. L’accident nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 est classé au niveau 7 (le plus élevé) de l’échelle INES, ce qui le place au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986), compte tenu du volume important des rejets. Il fait partie des conséquences d’un séisme de magnitude 9 sur la côte Pacifique du Japon, qui a déclenché un tsunami, dévasté la côte, et provoqué plus de 20 000 morts. C’était il y a un an. La question de la sûreté nucléaire occupe plus que jamais le devant de la scène : l’Union Européenne compte 143centralesenservice.L’Allemagne, première grande puissance industrielle à renoncer à l’énergie nucléaire, a dé- cidé de fermer ses derniers réacteurs en 2022. Elle devra donc trouver d’ici là comment produire 22 % de ses besoins en électricité, actuel- lement couverts par ses centrales atomiques. 15 jours après la décision allemande, l’Italie aussi, par réfé- rendum, s’est prononcée contre. 01 02 Harmonies 06 — page 12
  • 13. 80% de l’électricité consommée est d’origine nucléaire en France Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’il suffit d’un accident dans une centrale pour avoir des conséquences terribles et irréversibles sur l’humain et sur l’environnement. Il est impératif d’améliorer la coopération en matière de sûreté nucléaire civile, au niveau international, car elle n’est pas encore à son meilleur niveau.” Et envisager la “sortie du nucléaire”? Encore faut-il, comme on le rappelle au ministère français de l’énergie, dire par quoi on le remplace ; préciser le futur prix de l’électricité ; expliquer comment la sécurité d’approvisionne- ment du pays sera assurée ; indiquer quelles énergies (fossiles ou renou- velables) seront privilégiées pour remplacer l’atome ; et définir l’impact de ces choix sur la politique de lutte contre le réchauffement climatique… Dans sa séance du 10 janvier 2012, l’Académie des sciences a fait le point sur le défi nucléaire qui se pose à notre pays. Selon elle, l’énergie nucléaire demeure actuellement “une composante essentielle” des ressources énergétiques françaises et “le restera longtemps en raison d’avantages reconnus.” L’académie met en avant l’argument principal qui consiste à dire que “les centrales nucléaires sont aujourd’hui le seul moyen de produire en base de l’électricité concentrée, permanente et sans émission de gaz à effet de serre.” ● — On ne peut pas continuer à penser comme on pensait avant Fukushima 01 — Scène de désastre 02 — La vie après Harmonies 06 — page 13
  • 14. L’abandon du nucléaire en Allemagne, en Italie et en Suisse, et sa remise en cause un peu partout en Europe, bénéficient aux projets axés sur les énergies renouvelables, comme celui qu’a lancé en Afrique du nord le consortium Desertec. Un projet pharaonique – comme toujours dans le désert – qui prouve que la réalité dépasse enfin la science-fiction : une centrale solaire de plusieurs milliers de kilomètres carrés capable de produire 15% des besoins énergétiques européens. 0,3% des déserts de la planète couverts en centrales thermiques permettait de couvrir les besoins électriques de la planète en 2009 01 03 Le soleil d’Afrique au secours de l’Europe —Desertec Desertec, un projet très prometteur pour que l’Union atteigne ses objectifs de réduction d’émissions de CO2 et de production d’énergies renouvelables. Et un espoir de développement pour les populations locales. “Une surface de 300 kilomètres sur 300 kilomètres dans le Sahara, équipée de miroirs paraboliques, suffirait pour couvrir les besoins en énergie de la planète entière”, explique-t-on chez Siemens, partenaire du consortium Desertec. Mais nous n’en sommes pas encore là. Concrètement, Desertec vise à connecter plusieurs grandes centrales solaires thermiques et peut-être d’autres installations d’énergies renouvelables (fermes éoliennes) entre elles, ainsi qu’un réseau de distribution de l’électricité qui alimentera l’Afrique du Nord, l’Europe et le Moyen-Orient. Le projet serait totalement opéra- tionnel à l’horizon 2040, avec une première tranche en 2020, mais c’est au Maroc dès 2012, avec trois ans d’avance sur le calendrier que Desertec lance les travaux de ce méga-projet : douze kilomètres carrés de panneaux solaires, un investissement de deux milliards d’euros, le tout pour une pro- duction de 500 mégawatts soit la moitié de celle d’une centrale nucléaire. MARQUE D’ENGAGEMENT AVIS D’EXPERT + Retour sur l’actu COUP DE CŒUR BEAU PROJET coup de Gueule Harmonies 06 — page 14
  • 15. 1km2 de désert reçoit annuellement une énergie solaire équivalente à 1,5 million de barils de pétrole 02 02 — Cartographie sommaire permettant de visualiser la structure et les noeuds du réseau électrique du projet Desertec. (photos Editoriale) 03 — Solar farm Deux à quatre ans de travaux sont prévus pour cette première étape marocaine. Dans le meilleur des cas, cette centrale solaire gigantesque pourrait produire de l’électricité dès fin 2014. L’initiative Desertec lancée en Allemagne et soutenue par de grandes entreprises comme Siemens, E.on, la Deutsche Bank, Enel en Italie et Saint-Gobain en France se concrétise plus vite que prévu. Desertec pourrait rendre superflues la construction de nou- velles centrales thermiques et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. ▲ www.desertec.org fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Desertec — Desertec pourrait rendre superflues la construction de nouvelles centrales thermiques et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires Wind Concentrating Solar Power Photovoltaics Hydro Biomass Geothermal Harmonies 06 — page 15
  • 16. des forêts primaires de la planète n’ont pas encore été exploitées par l’homme5 à 10% Découvreur de “l’architecture botanique”, auteur de nombreux livres d’amour fervent pour le végétal, il n’a jamais cessé de s’émerveiller de l’ingéniosité et de la beauté des arbres. Depuis des années, Francis Hallé travaille à la réalisation d’un grand film consacré aux forêts tropicales primaires menacées de disparition à très brève échéance, pour “montrer toute cette splendeur, tant qu’elle est encore là”. Francis Hallé explique son projet, en bonne voie grâce au réalisateur Luc Jacquet (la Marche de l’empereur), mais toujours en quête de financements. Harmonies : Que souhaitez-vous montrer avec votre film sur les forêts tropicales ? Francis Hallé : Il y a deux manières de résumer le projet. Une manière triste : c’est foutu, les forêts tropicales vont disparaître à jamais d’ici dix ans, et ce film constituera une archive de ce que nous aurons perdu. Pour qu’au moins les générations suivantes disposent d’un témoignage de cette splendeur. Et il y a une autre hypothèse, plus ambitieuse, à laquelle je veux me rallier : que ce film puisse contribuer à freiner la déforestation. Je me souviens de l’impact qu’a eu le Monde du SilencedeJacquesCousteauetLouisMalle,en1956. Ce film a véritablement lancé l’océanographie, c’est grâce à lui que les océanographes ont pu avoir de gros budgets de recherche. H: À quelles forêts vous intéressez-vous ? FH : Les forêts primaires des tropiques proches de la latitude zéro, de l’équateur abritent une extraor- dinaire biodiversité. Ce sont des réserves de vie : la forêt tropicale, qui ne constitue que 6% des terres émergées, abrite au moins 75% de la biodiversité mondiale. Elles sont nécessaires à la préservation de l’eau, des sols, de la vie sauvage, ainsi qu’à l’existence de populations humaines en symbiose avec eux. Ces forêts sont le berceau de l’humanité, selon les paléanthropologues. H : Pourquoi disparaissent-elles ? FH : Elles contiennent des ressources écono- miques considérables, à commencer par le bois. Et elles sont vécues comme antagonistes avec le développement économique : alors on tape dedans pour faire des aéroports ou des autoroutes. La courbe de déforestation s’accroît de manière exponentielle. En Indonésie par exemple, c’est fini, il n’y a plus de forêts primaires sauf en très haute altitude où elles ne sont pas exploitables. Même chose en Thaïlande. H : La lutte contre le bois illégal aide à lutter contre la déforestation ? FH : L’éco-certification a été un espoir, en parti- culier le label FSC (Forest Stewardship Council). Je continue à être pour… Le malentendu est que le public s’imagine que ce label protège la forêt. Mais dans 15 ou 20 ans, là-bas, il n’y a plus de forêt. Si les labels sont utiles d’un point de vue social, aucun ne peut certifier qu’une exploitation forestière industrielle soit durable. Dès lors que l’on touche à un fil de cet écosystème basé sur les interactions entre les êtres vivants, c’est toute la pelote qui se défait. H : Il y a encore un espoir ? FH : Mon espoir, ce serait que les grandes firmes pharmaceutiques réalisent enfin que ces forêts représentent un trésor biochimique, que les canopées contiennent énormément de molécules actives très intéressantes pour développer de nouveaux médicaments. Et que ces firmes nous aident à les protéger.  Pour aider à la réalisation du film : foretstropicaleslefilm.wordpress.com marque d’engagement avis d’expert Retour sur l’actu + Coup de cœur beau projet coup de Gueule À près de 75 ans, Francis Hallé est un jeune retraité qui croule sous le travail : ancien Professeur de botanique à l’Université de Montpellier, spécialiste de l’écologie des forêts tropicales humides, grand défenseur des forêts primaires (jamais exploitées par l’homme et qui ne représenteraient plus aujourd’hui que 5 à 10 % des forêts de la planète), il a dirigé de 1986 à 2003 des expéditions scientifiques sur les canopées des forêts tropicales, cette partie la plus élevée des forêts, en contact avec l’atmosphère et les rayons du soleil, où se concentre une très grande part de la vie. Le com- mandant Cousteau des forêts —Francis Hallé Entretien avec Francis Hallé botaniste, spécialiste des forêts primaires — Je me souviens de l’impact qu’a eu le Monde du Silence de Jacques Cousteau et Louis Malle en 1956 Harmonies 06 — page 16
  • 17. Bibliographie : • Un monde sans hiver - Les Tropiques : nature et sociétés (Le Seuil, 1993) • Éloge de la plante, pour une nouvelle biologie (Le Seuil, 1999) • Le Radeau des cimes, l’exploration des canopées forestières, (Lattès, 2000) • Essai sur l’architecture et la dynamique de croissance des arbres tropicaux (Masson, 2002) • Architecture des plantes (2004) • Plaidoyer pour l’arbre (Actes Sud, 2005) • Aux origines des plantes Tome 1 & 2 (Fayard, 2008) • La Condition tropicale. Une histoire naturelle, économique et sociale des basses latitudes (Actes Sud, 2010) • La vie des arbres. (Bayard, 2011) • Du bon usage des arbres. (Actes Sud, 2011) Du bon usage des arbres à l’attention des élus et des énarques ; dédié aux élus et collectivités publiques, un petit cours sur l’arbre, sa gestion, sa culture, son rôle dans la ville, afin qu’il ne soit pas menacé par l’incompétence, le souci de rentabilité, le principe de précaution, le mépris de tout ce qui vit, quand ce n’est pas tout cela à la fois. Un véritable plaidoyer pour l’arbre des rues et des parcs par Françis Hallé. 01 02 La forêt européenne s’étend : www.planetoscope.com/forets/1218-croissance-de-la-foret-europeenne-en-europe.html à noter que Francis Hallé parle ici essentiellement de la forêt primaire équatoriale. En Finlande (le bois utilisé par Aubrilam vient presque exclu- sivement de ce pays), 95% des forêts sont certifiées. Les exploitants forestiers doivent respecterdesrecommandations gouvernementales permettant d’imiter le développement naturel de la forêt : arbres “abandonnés” pour servir de niches aux rapaces, coupes rases où on laisse les arbres morts au sol pour imiter les incendies naturels de la forêt et permettre à la faune et à la flore de se développer. D’autres sites très spécifiques (en raison de la faune et la flore) sont en outre interdits d’exploi- tation (environ 1% de la surface forestière finlandaise) Source : ministère de l’agriculture finlandais 01 —© Wild Studio 02 — © Jack Bryant Harmonies 06 — page 17
  • 18. Le Jardin en Mouvement s’inspire de la friche : “espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y installent”. Le jardin, l’espace, le paysage, ne sont pas immuables,lesplantes,lesgrainessedéplacent et transforment les lieux où elles s’implantent. Le choix s’offre alors au jardinier : laisser faire la nature ou intervenir. Cet état d’es- prit conduit le jardinier à observer plus et jardiner moins. À mieux connaître les espèces et leurs comportements pour mieux exploiter leurs capacités naturelles sans dépense excessive d’énergie contraire et de temps. marque d’engagement avis d’expert Retour sur l’actu + Coup de cœur beau projet coup de Gueule Jardinier (le Parc André Citroën, le jardin du Musée du quai Branly, avec Jean Nouvel, c’est lui), ingénieur horticole, enseignant à l’école Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, Grand prix du paysage 1998, brillant conférencier et écrivain prolifique, Gilles Clément est surtout l’auteur de plusieurs concepts qui ont marqué les acteurs du paysage, dont notamment le “jardin planétaire”, le “tiers-paysage”, et le “jardin en mouvement”. Il a fortement influencé la profession des architectes paysagistes en apportant un regard nouveau sur la nature et sa dynamique. Sa vision globale prenant en compte l’ensemble de notre planète a entraîné une nouvelle façon de penser la conception des espaces. —Gilles Clément tiers-jardinier planétaire Le Jardin Planétaire est un concept qui prend en compte à la fois, la diversité des êtres qui existent sur notre planète, et le rôle de l’homme en tant que gestionnaire de cette diversité. C’est une manière de considérer l’écologie en intégrant l’homme – le jardinier – dans le moindre de ses espaces. La philosophie qui le dirige emprunte directement au Jardin en Mouvement : “Faire le plus possible avec, le moins possible contre”. La finalité du Jardin Planétaire consiste à chercher com- ment exploiter la diversité sans la détruire. Comment continuer à faire fonctionner la “machine” planète, faire vivre le jardin, donc le jardinier. Le Tiers-Paysage désigne tous les espaces que l’homme a abandonnés et où seule la nature est à l’œuvre. C’est-à-dire, les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, les bords de route, les rives, les talus de voies ferrées… — Je considère avec une même bienveillance les “herbes folles” qui tentent de pousser sur les pavés des villes et les essences les plus rares plantées dans les jardins de prestige Harmonies 06 — page 18
  • 19. 01 — Parc André Citroën Paris 15ème Commanditaire : Ville de Paris, 15 hectares, réalisation 1986-1992 Paysagiste associé : Allain Provost Architectes associés : Patrick Berger, Jean-Paul Viguier 02 — Jardins du Musée du Quai Branly 01 02 Auxquels il faut ajouter les lieux inacces- sibles : sommets de montagnes, déserts et réserves institutionnelles telles que les parcs nationaux, régionaux etc. Il est intéressant de placer dans notre magazine Harmonies la manière dont Gilles Clément égratigne le concept de Développement Durable : “C’est un mauvais oxymore. Comme le dit un économiste américain, dans un système fini comme celui de la planète, il faut être fou ou économiste pour imaginer un développement infini. Sous des appa- rences de belles idées, le développement durable sert de caution à des pratiques non écologiques. L’exemple le plus frappant, ce sont les biocarburants. Ce n’est que de la poudre aux yeux. Sur un plan environnemental, c’est une aberration. Ils polluent à peine moins l’atmosphère que les carburants traditionnels, et pour faire un litre de biocarburant, il faut un litre de pétrole !” ✿ Réalisations, interviews et bibliographie sur www.gillesclement.com Harmonies 06 — page 19
  • 20. marque d’engagement + Avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur beau projet coup de Gueule nombre estimé d’acheteurs en France100.000 Selon la définition officielle du site de l’Obsar (www.obsar.asso.fr) “L’Achat Responsable correspond à tout achat intégrant dans un esprit d’équilibre entre parties prenantes des exi- gences, spécifications et critères en faveur de la protection et de la mise en valeur de l’environnement, du progrès social et du développement économique.” L’acheteur recherche l’efficacité, l’amélioration de la qualité des prestations et l’optimisation des coûts globaux (immédiats et différés) au sein d’une chaîne de valeur et en mesure l’impact. Pas encore une norme donc, même si les achats responsables peuvent entrer dans le champ de la nouvelle norme ISO 26000, (responsabilité sociétale des organisations), il s’agit plutôt d’une belle tendance de fond : l’information passe doucement et un vrai besoin de formation se fait sentir, mais l’intention est là. Du respect de l’environnement à l’impact des délais de paiement sur la trésorerie, en passant par un accès facilité pour les TPE aux divers marchés, le spectre d’intervention des membres de l’OBSAR est large. l’observatoire, 100.000 acheteurs —Achats responsables, c’est quoi ? du haut de vous contemplent Harmonies 06 — page 20
  • 21. On compte plus de 100.000 “acheteurs” en France : trop d’achats n’ayant encore de ‘’responsables’’ que l’adjectif, un Observatoire des Achats Responsables (destiné à répertorier les bonnes pratiques) a été initié en septembre 2010. Ouvert aux secteurs public et privé, entreprises, collectivités locales, services de l’Etat et institutions s’intéressant au secteur, ce think tank a pour but d’être un ‘’réceptacle des bonnes pratiques’’ en matière d’achats responsables, et vise surtout à les faire progresser. Harmonies : On ne s’improvise pas acheteur… Soufyane Miloudi : Après une formation Master achat et une expérience de 4 ans chez Michelin aux achats, j’ai pris le pari de tenter l’expérience dans une PME conceptrice de ses propres produits avec un besoin de structuration du service achat. Arrivé chez Aubrilam en 2008, je prends conscience de la fibre développement durable, valeur fon- damentale de l’entreprise, et j’en conclus que les achats, qui représentent plus de 60% du CA, doivent permettre à l’entreprise de dérouler son plan stratégique sur les 3 aspects du développement durable, environnemental, économique et sociétal. H : Concrètement, l’achat responsable chez Aubrilam, c’est quoi ? SM:Surunplanenvironnemental,c’estl’achat de bois certifiés FSC ou PEFC pour toutes nos activités. La sélection de transporteurs adhérant à la charte objectif CO2 . La démarche de pro- grès sur la gestion des déchets auprès de nos fournisseurs représentant 80% des dépenses. Sur le plan économique : c’est un objectif de zéro fournisseur chez qui nous représen- tons plus de 25% du CA(seuil de dépendance), le respect de la loi LME sur les délais de paiement, l’intégration des fournisseurs en amont à la conception et le partage de valeur ajoutée, la réflexion sur la limitation des sur- coûts dus à la matière mise en œuvre ou aux procédés non adaptés. Sur le plan sociétal : c’est réserver certains marchés à des personnes éloignées de l’emploi (travailleurs handicapés, etc.) ; des partenariats locaux pour les domaines d’activités au cœur de la région (logistique, transport, mécano-soudure)… H : On peut rester performant en étant responsable ? SM : Cette démarche doit justement permettre à Aubrilam d’être performant tout en étant responsable. Afin d’être “à la pointe” sur le sujet, j’adhère à L’Observatoire des Achats Responsables où nous faisons la promotion des bonnes pratiques et nous nous efforçons de les faire progresser. Les décideurs Achats ont longtemps été cantonnés à la performance économique, soit 1/3 du champ possible. Les Achats Responsables, c’est viser l’Excellence. C’est ce que nous essayons de faire.  Entretien avec Soufyane Miloudi directeur des achats chez Aubrilam Harmonies 06 — page 21
  • 22. 45 places de stationnement couvertes par 2 ombrières (20 et 25 mètres de long, 10 mètres de large) Aubrilam couvre les parkings d’Ambrussum —France A marque d’engagement Avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur + Beau projet coup de Gueule Aire d’Ambrussum Sud, France, 2011 Maîtrise d’ouvrage : Total et Autogrill Architecte : France Ducres, L’Atelier d’Architectes Bureau d’études : Hom & Ter Produits : 2 ombrières photovoltaïques Area 1 Harmonies 06 — page 22
  • 23. Une aire de repos sur l’autoroute A9, à proximité de Lunel, entre Nîmes et Montpellier. 45 places à l’ombre qui fournissent 15% de l’électricité de la station. ASF souhaitait à la fois une aire plus respectueuse de l’environnement et améliorer le confort des usagers en installant des abris voitures. Total et Autogrill, gestionnaires des lieux, ont réalisé un projet d’envergure combinant énergie et matériaux renouvelables, esthétisme et fonctionnalité. Deux ombrières conçues, fabriquées et installées par Aubrilam fournissent un nouveau confort à l’automobiliste, et aussi une partie de l’énergie consommée par la station. 450 m2 de panneaux photovoltaïques 36kva Puissance totale installée — “ASF souhaitait absolument des parkings à l’ombre. Comme le bâtiment est HQE + BBC, nous avons choisi une solution dans la continuité de notre souci environnemental, les ombrières d’Aubrilam” AREA 1 est la 1ère ombrière photovoltaïque réalisée par Aubrilam. Compte tenu de l’engouement pour ce concept (et du manque de solutions alliant esthétique et respect de l’environnement), Aubrilam a créé un produit industrialisé adapté à 2 places de stationnement de parking “standard”, multi-usages (autos/ vélos/chariots) et intégré à ses collections de mobilier urbain (unité de design). C’est l’agence l’Atelier d’Architectes (Vaucluse) qui a remporté le concours initié par Autogrill et Total pour ASF. L’architecte France Ducres nous précise : Harmonies 06 — page 23
  • 24. Superficie totale : 107 000 m² Nombre de niveaux : 3 Nombre de commerces : 191 Parking : 5 050 places Parly 2 —Les ombrières Area d’Aubrilam équipent Parly 2 marque d’engagement Avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur + Beau projet coup de Gueule 01 Harmonies 06 — page 24
  • 25. Environnement chic dès le parking. Parly 2 fut l’un des premiers centres commerciaux à faire la part belle à l’automobile. Les parkings sont plus visibles, pour un meilleur accueil. Dès l’arrivée, le marquage au sol et la signalétique donnent le ton. Le mobilier urbain est fabriqué avec des matériaux nobles : huisseries noires et dorées, bois sombre des mâts d’éclairage… à proximité de Versailles, c’est l’un des premiers grands centres commerciaux français : son ouverture en 1969 fut commentée par Jean Baudrillard qui publia peu après “La Société de consommation”, un ouvrage majeur de la sociologie française. Le “Nouveau” Parly 2, redesigné par l’agence Saguez & Partners a été inauguré le 28 novembre 2011. Un vibrant hommage à l’esthétique pop des années 60. Le centre avait été malmené au fil des années et de ses extensions. Saguez & Partners a renoué avec l’exigence de qualité de vie et d’élégance de sa création pour l’inscrire à nouveau dans le meilleur d’aujourd’hui. En s’inspirant des Sixties Chic, l’agence de design a retrouvé la qualité des jeux de graphisme et la noblesse des matériaux. Les volumes retrouvent leur hauteur. Les plafonds font un clin d’œil à Paco Rabanne. L’axe central devient un lounge- cathédrale. Trois espaces repos sont meublés par les plus grands designers des sixties : Ray & Charles Eames, Eero Saarinen, Arne Jacobsen, Jean Prouvé, Jaime Hayon, Louis Poulsen… — Jeux de graphisme et noblesse des matériaux Centre commercial Parly 2, Le Chesnay, France, 2011 Maîtrise d’ouvrage : Syndicat des copropriétaires Parly 2 Maîtrise d’ouvrage déléguée : Groupe Espace Expansion Agence conseil en identité de marque : Saguez & Partners Maître d’œuvre : Performance Partner Designer : ENT Design Produits : 42 mâts Dôme XL 8m, 16 mâts Dôme XL 4m avec console Catelam, 4 abris 2 roues monopente 4x5m, 3 abris caddies monopente 5x5m, 40 jardinières Orlam, 12 cendriers Moshi, 10 jalons porte-vélos Moshi, 18 corbeilles tri sélectif Moshi, 11 barrières Orlam 02-03 crédit photos : Saguez & Partners / Seignette Lafontan. 02 04 03 10 466 kWh économisés - 407 kg de déchets dangereux 9,54 tonnes de CO2 compensées Harmonies 06 — page 25
  • 26. marque d’engagement Avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur + Beau projet coup de Gueule ZAE Le Pas du Buis, Saint-Marcel-Lès-Valence, France, 2011 Promoteur : Groupe Secyvest Produits : 52 mâts Moshi 6m, 2 mâts Moshi 3,5m, 3 bancs Alba, 4 corbeilles Moshi, 24 jalons Moshi — à St-­Marcel, nous voulions absolument du bois, comme McDonald’s Harmonies 06 — page 26
  • 27. Ensemble paysagé comprenant plusieurs restaurants et un hôtel de 71 chambres, le projet Saint-Marcel-Lès-Valence est à l’initiative du Groupe Secyvest. “à l’origine, nous étions de purs investisseurs, mais devant la qualité de moins en moins évidente des dossiers, nous avons décidé de devenir promoteurs de nos propres projets”, nous explique Erwann Coiquaud, directeur des programmes de Secyvest. “à Saint-­Marcel, nous voulions absolument du bois, comme McDonald’s ; nous avons choisi logiquement Aubrilam et imposé le même design sur tous les espaces, publics ou privatifs.” Un vrai parti-pris environnemental qu’on retrouve dans la gestion des eaux pluviales. L’intensité lumineuse est aussi gérée à divers moments de la nuit. St-Marcel-lès-Valence —France 12 762 kWh économisés - 313 kg de déchets dangereux 6,46 tonnes de CO2 compensées Harmonies 06 — page 27
  • 28. marque d’engagement Avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur + Beau projet coup de Gueule Réalisation primée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement* * au titre des belles pratiques et des bons usages en matière d’accessibilité de la cité Les mâts bois moisés ATHENA supportent l’ensemble des projecteurs nécessaires à l’éclai- rage de l’esplanade. La hauteur des mobiliers (14,00m) donne de l’ampleur à l’espace public et permet des interdistances jusqu’à 30m. La matière bois apporte une présence chaleu- reuse à cet espace minéral, la finition soignée des matériels confère une grande qualité à l’aménagement. Le choix du bois vient conforter le positionnement HQE du projet, en garantissant un bilan carbone positif dans la fabrication des supports. Les supports sont implantés selon un axe parallèle à la limite SNCF et à l’aménagement paysager. Trois files successives permettent d’assurer un parcours piéton linéaire et continu le long des bâtiments. Les “caisses vertes” de l’aménagement paysager règlent les interdis- tances. La clôture béton existante a été supprimée, remplacée par un saut-de-loup. Avec cette ouverture, les éclairages des voies perturbent la perception nocturne de l’esplanade. La rigueur des implantations sur cet espace organise cette perturbation bienvenue et cadre les vues sur les voies. Les matériels installés sur les mâts ont deux régimes distincts : les uns fonctionnent de la tombée du jour à minuit, les autres prennent le relais et assurent le régime de veille aux heures creuses de la nuit. L’éclairage est uniforme le long des bâtiments alors que côté voies SNCF, Esplanade de l’îlot Tellier à Amiens. Premier axe aménagé de la ZAC Gare La Vallée, qui s’étend, à terme, de la gare à la Somme ; l’esplanade longe les voies SNCF (1ère tranche) et doit se poursuivre (tranche conditionnelle à venir) en parc selon un axe Nord-Sud orienté vers l’eau. les projecteurs placés sur les mâts dessinent des jardins d’ombre et lumière. Le long de la limite SNCF, un mobilier équipé de Leds éclaire la piste cyclable. La teinte bleue sera conservée dans les tranches ultérieures pour identifier la piste cyclable, comme le fil d’Ariane de la ZAC. Esplanade de l’Îlot Tellier, Amiens, France, 2011 Maîtrise d’ouvrage : Amiens Amenagement Architecte : AUA Paul Chemetov Paysagiste : Empreinte Concepteurlumière:Scènepublique,AgatheArgod assistée de Flore Siesling BET : OGI Produits : 11 mâts Athena XL 14m 14 905 kWh économisés - 459 kg de déchets dangereux 11,1 tonnes de CO2 compensées Harmonies 06 — page 28
  • 29. Amiens —France — La matière bois apporte une présence chaleureuse à l’espace minéral. L’ensemble du projet d’éclairage de la ZAC s’appuie sur une démarche soucieuse des impacts écologiques et économiques de l’éclairage sur l’environnement : - assurer la maîtrise des énergies consommées - rechercher une grande efficacité lumineuse des éclairages fonctionnels - choisir les optiques adaptées, les hauteurs de feux et les longueurs de crosse afin de limiter le nombre de points lumineux - adapter les sources au système de télégestion de la ville afin d’accroître la durée de vie des lampes et de maîtriser les consommations. - utiliser des matériaux dont la fabrication et l’acheminement ont un impact écologique minimum - proposer l’installation de matériels utilisant de nouvelles technologies d’éclairage sans maintenance. Harmonies 06 — page 29
  • 30. marque d’engagement avis d’expert Retour sur l’actu Coup de cœur beau projet + Coup de Gueule —Rudy Ricciotti pourfendeur du label HQE Architecte et ingénieur, Grand Prix national d’architecture en 2006, Rudy Ricciotti peut se vanter d’un CV impressionnant de classe internationale : la spectaculaire Passerelle de la Paix à Séoul, le Pavillon Noir d’Aix en Provence, l’agrandissement du musée du Louvre, le MUCEM à Marseille, le nouveau stade Jean Bouin à Paris, le palais des festivals à Venise… Son franc-parler lapidaire, imagé et accentué façon midi de la France, et sa dégaine de play-boy chevelu (“j’ai une tête de voleur de poules”, dit-il lui-même) lui valent une réputation de pourfendeur du politiquement correct. On l’adore ou on le déteste, mais l’homme ne laisse pas indifférent. Il s’emporte contre les normes et prône la résistance anti HQE dans son pamphlet “HQE : les renards du temple”, paru aux éditions Al Dante. “Un ouvrage qui m’a coûté cher, je suis devenu tricard avec ce discours”, explique celui qui est à la fois Chevalier de la Légion d’honneur et cavalier solitaire qui donne de grands coups d’éperon dans le système. Il dirige, depuis Bandol, une agence de 30 personnes. Harmonies 06 — page 30
  • 31. H : N’empêche qu’il faut bien s’imposer des contraintes environnementales ; y a-t-il une autre solution que l’encadrement normatif selon vous ? RD : Il faut, pour répondre à votre question, libérer les énergies et les intelligences constructives. Il faut déréglementer et obliger aux résultats, ce qui est autre chose. Il faut “bilanter” l’empreinte environnementale et pour cela, réduire la pression confort et le bling-bling technologique. La durabilité, c’est aussi fabriquer des bâtiments qui impliquent un besoin important de main d’œuvre. Si l’on veut réduire l’empreinte environne- mentale, il faut construire des bâtiments sur une chaîne courte de production, en privilégiant le recours à la main d’œuvre plutôt que les produits fabriqués en série à des milliers de kilomètres. H : Chez Aubrilam, nous avons beaucoup investi pour “éco-concevoir nos produits”, pour diminuer l’impact environnemental de notre site de production, offrir à nos clients la liberté de choisir (ou pas) nos produits qui présentent le meilleur profil environ- nemental à ce jour. Nous présentons des analyses de cycle de vie, des PEP. Nous avons été précurseurs en ce domaine, depuis 5 ans. Nous n’avons pas trouvé d’autres solutions que les normes pour démontrer objectivement nos avantages environnementaux. RD : Je ne crois absolument pas à la sanctification par la norme. Les questions que vous devez évaluer devraient être : longueur de la chaîne de production, énergie primaire consommée, nombre d’emplois de proximité créés, bénéfice techno-scientifique et mémoire du travail non-délocalisable, etc. H : Si on se passe des normes, quelle est la définition d’une architecture (d’un architecte) responsable ? RD : Celle qui honore les valeurs du travail. Celle qui renouvelle la mémoire du travail. Celle qui évite aux composants de traverser la moitié de la planète… et surtout combattre le consumérisme industriel en proposant la désobéissance technologique.  — le contexte méditerranéen est un véritable antidote à la névrose conceptuelle HQE La Haute Qualité Environnementale, initiative associative d’origine privée Entretien avec Rudy Ricciotti Architecte et ingénieur “S’il faut être vulgaire pour refuser l’escroquerie à la morale environnementale, alors soyons tous vulgaires. S’il faut être asocial pour refuser l’infantilisation d’un débat de société aussi impérieux, alors soyons asociaux. S’il faut être violent pour refuser le tribunal d’exception qui conduira au racisme culturel, alors je serai violent. Le sigle HQE® est frappé d’un “registered mark”. Que chacun médite sur l’autoévaluation de cette doctrine dans notre économie libérale. Le sigle le plus démagogue jamais inventé protège ses initiales, confirmant là ce désir de pouvoir sur un territoire d’intérêt public, et réfutant aux trois lettres la propriété de n’être pas appropriables.” Harmonies : Vous raillez le fait que les architectes doivent être aujourd’hui “green, voire hypergreen”. L’architecte “vert” serait une sorte de gendre idéal. Le HQE serait donc du “politiquement correct”. Le label HQE est selon vous un “eldorado de l’arnaque”. Rudy Ricciotti : Ce qui est grave, c’est que ces normes sont le résultat de lobbyings industriels et les bureaucrates, l’ombre portée de ce dispositif nécrophage. Prenez l’exemple de la réglementation thermique : elle ne fait que promouvoir davantage de machinerie et de suréquipement. Souffler plus d’air dans des conduits pour l’aspirer plus est devenu le projet révolutionnaire et romantique de tout bâtiment public. Peuimportesil’énergieprimaireconsomméepourfabriquer une pompe à chaleur réchauffe d’abord la planète avant de réchauffer son propriétaire ! L’indifférence générale à cette inflation réglementaire est critiquable mais compréhensible : elle permet de renouveler le champ existentiel de nombreux parasites. H : Vous dites à propos du HQE : “les architectes, comme les édifices, sont pris en otage”. En effet, il n’est plus possible de répondre à la question : “voulez-vous un projet HQE ou un projet non HQE” ? On fait quoi alors ?? RD : Ce label est de nature à créer du négatif sur les systèmes de raisonnement scientifique. Il prend en otage également la question environnementale par des inexpertises lourdes de conséquences sur l’empreinte environnementale. La première victime est l’environne- ment, la deuxième l’emploi. Soyons clair. La magouille aujourd’hui est de fabriquer du bénéfice sur le dos de la question environnementale. Les banques, les industries chimiques, l’industrie de l’acier, les publicistes, tous sont “verts” sans aucun doute. La manipulation est devenue au-delà du lobby industriel une machine à fabriquer des marchés de communication pris sur les budgets recherche et développement. L’industrie nucléaire, l’industrie phar- maceutique sont également HQE. Le bêlement caprin sur le sujet a atteint un niveau pornographique. Harmonies 06 — page 31