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avril2015
Nanterre
L e m a g a z i n e m e n s u e l d e s s p o r t s
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Football :	Caen
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Basket :	 Nanterre
Volley :	 Lyon
Handball :	 Tremblay
Découverte :	Canoë-kayak
Mécanique :	 Julien Da Costa
Au féminin :	 Kristell Massiotta
FFSU :	 Reims
Médias :	 Bruno Salomon
BUSINESS :	 SNCF Réseau
Zone Mixte :	Yohan Blondel
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NAFP15
Bulletin d’Abonnement 2015
CSRD
FORMATION ET CONSEIL EN SÛRETÉ
RECHERCHE DISSUASION
Nos actions et services se traduisent essentiellement par 4 niveaux d’intervention :
-	 La formation comportementale
-	 Le conseil
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C’est dans la rencontre entre les besoins de nos partenaires et nos compétences que nous construisons nos
actions. Toutes nos collaborations se déroulent dans la plus grande confidentialité.
NOS DIFFÉRENTS DOMAINES D’EXPERTISE :
-	 Gestion de l’incivilité et de l’agression en situation professionnelle
-	 Prévention et gestion du vol à main armée sur des lieux sensibles (banque, boutique de luxe, bijouterie...)
ou sur du transport sensible
-	 Gestion du stress opérationnel et professionnel
-	 Formation pour la Police Municipale
-	 Audit de sûreté de structure d’accueil publique d’évènementiel
-	 Mission d’accompagnement individualisé de personnes sensibles
La société CSRD a été créée par Régis Dubois, ancien fonctionnaire de police qui a fait une partie
de sa carrière dans une division Anti-terrorisme et ensuite dans le service le plus prestigieux de
la police judiciaire du quai des orfèvres, qui a à son actif le plus d’arrestations de malfaiteurs
chevronnés en flagrant délit et de gestion de prises d’otages;
CSRD est un organisme de formation et de conseil en sûreté recherche et dissuasion
47, Avenue Jean Jaurès - 94230 Cachan - Téléphone : 33.6.09.26.49.76 • mail : regis@conseil-srd.com
Site : www.conseil-srd.net
Siret : 79257739700013 • Organisme de formation : 11 94 0853194
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d’une SEMAINE
pour 4 personnes à
- Serre Chevalier
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- Soustons
- Tarnos
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4	FOCUS
	 Marie Dorin-Habert
6	Publi-rédactionnel
	 Le Languedoc-Roussillon, roi du kite
10	Sport d’attache
	 Samir Benzema
12	Sport médias
	 Bruno Salomon
FOOTBALL
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	 Emiliano Sala
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BASKET
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SPORTS DIVERS
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50	Découverte
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54	Sport Universitaire
	 3 Nations Cup
58	Sport Business
	 SNCF Réseau
62	 Fan Zone
	 Coupe internationale de Printemps
64	Shopping
	 Tous à vélo !
66	 Zone mixte
	 Le « pourquoi du comment » d’une
	 candidature olympique française
SommaireDirecteur de la Publication
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Rédacteur :
Olivier Navarranne - redaction@sportmag.fr
Maquette : Dora David - doragraph@gmail.com
Secrétaire de rédaction : Nathalie Hénebé
Secrétariat comptabilité : sportmag@sportmag.fr
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Rédaction
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95, boulevard d'Austrasie - B.P. 10423
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Diffusion : Abonnement et numérique
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Even’dia - SARL avec associé unique au capital
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Commission paritaire : 00219 K 89740
ISSN : 1960 - 7857 - Dépôt Légal : à parution
Prix : 6,50 euros
Toute reproduction, ou toute adaptation même partielle
quels que soient le support et le destinataire est interdite.
Une autorisation écrite préalable devra être demandée.
Dans le cas contraire toute fraude sera poursuivie Art.19 de
la loi du 11 mars 1957. Selon source initiale les textes, des-
sins, ou cartes, mises en pages et photos de ce document
demeurent la propriété de l’éditeur.
Prochaine parution le 1er
mai 2015
Ils nous ont quittés heureux, joyeux et radieux. Ils étaient partis
là-bas, pour nous divertir via le petit écran, pour nous montrer
une nouvelle facette de leur personnalité à travers les paysages
magnifiques de la Cordillère des Andes. Ils nous avaient marqués par
leurs performances sportives et leur sensibilité. Ils nous avaient tous
les trois, au moins un jour, rendus fiers d’être Français à travers leurs
exploits. Elles étaient deux princesses des eaux, Florence l’aventurière
du grand large et la petite Camille, la sirène des bassins. Alexis était
le rebelle maudit au parcours miné d’injustices. Ils sont partis mais
resteront toujours un exemple de courage. Deux femmes et un
homme d’exception volatilisés bien trop tôt de notre monde sportif,
mais qui nous laissent une trace indélébile.
En janvier, lors du cross national de l’UNSS aux Mureaux, Camille,
alors ambassadrice de l’UNSS, m’avait exprimé, autour d’un
sandwich, sa volonté de profiter de la vie pour découvrir de nouvelles
aventures et de redonner à la jeunesse ce que le sport lui avait
apporté. Accompagnée de Muriel Hurtis, elle était venue soutenir le
lancement des 24 heures du sport féminin au côté de Christine Kelly.
Nous ne vous oublierons jamais.
par Pascal Rioche
14	DOSSIER
Limoges accueille le monde
Du 18 au 24 avril, Limoges accueille les
Championnats du monde scolaires de basket.
Durant une semaine, soixante équipes
venues du monde entier vont s’affronter
au cours d’une compétition extrêmement
relevée, qui est également un formidable
moment d’échanges et de partage.
Edito
Adieu belles personnes
SPORTMAG - @sportmagfr
n°76 - avril 2015 3
Focuspar Olivier Navarranne
L’incroyable
destin de Marie
Dorin-Habert
©GepaPictures/IconSport
Marie Dorin-Habert est devenue la première biathlète française à
remporter deux titres dans un même championnat du monde.
n°76 - avril 20154
©EvgenyTumashov/IconSport
La native de Lyon était revenue à la
compétition au mois de janvier. Trois mois
seulement après son accouchement.
Maman en septembre et double
championne du monde en mars,
c’est l’incroyable trajectoire de
Marie Dorin-Habert. Vainqueure
du sprint et de la poursuite lors
des Mondiaux à Kontiolahti
(Finlande), la Française est
entrée dans l’histoire du
biathlon et du sport tricolore.
La Française a profité de l’avance
acquise lors du sprint pour réaliser
le doublé lors de la poursuite.
© Evgeny Tumashov / Icon Sport
n°76 - avril 2015 5
publi-rédactionnel
>> Languedoc-Roussillon
kite surf
Avec plus de 300 000 pratiquants à travers le monde, le kitesurf est une activité sportive qui tend à se développer. En France, ils sont
plus de 50 000 à s’essayer à cette discipline spectaculaire, dont la moitié sont présents en Languedoc-Roussillon. Lieu de naissance
du kite, ce territoire concentre tous les atouts nécessaires à la pratique de l’activité. Avec des conditions météorologiques optimales et
plus de 220 kilomètres de côte, la région est le terrain de jeu rêvé des kiteurs qui disposent de plus de soixante-dix spots ou zones de
pratique, dont voici les principaux.
LeLanguedoc-Roussillon,roidukite
par Olivier Navarranne
Les spots de
l’Aude
L’Aude, qui accueille notam-
ment le Mondial du Vent,
premier événement de kitesurf
et de windsurf en France, est
une terre où cette activité est
florissante. Le spot de Port-
Leucate, où est installée la
compétition, est devenu une
Mecque pour les kiteurs. Un fort
vent, jusqu’à 50 nœuds, y est
présent une très grande partie
de l’année. Même chose pour
le site des Coussoules, égale-
ment situé sur la commune de
Leucate. Une zone idéale pour
la pratique du kite de vitesse,
avec une Tramontane extrême-
ment présente. C’est d’ailleurs
là qu’est implanté le Centre
National d’Excellence Kitesurf,
où les espoirs de la discipline
font leurs armes.
Une dynamique qui profite à tout
le territoire audois qui dispose
d’autres spots de pratique. La
Palme, par exemple, est une
station balnéaire bordée par
un étang. Un lieu idéal pour les
amateurs de kitesurf, et réguliè-
rement fréquenté par les débu-
tants et les écoles en raison
de sa facilité d’accès. Un peu
plus à l’Est, place au spot de
Gruissan, l’un des endroits les
plus appréciés par les kiteurs,
notamment parce qu’il permet
de pratiquer toutes les formes
de kite, du freestyle au slalom
en passant par la vitesse. Une
zone qu’il convient cependant
de conseiller aux plus initiés. Le
spot de Saint-Pierre-La-Mer est
lui beaucoup plus accessible à
tous les publics. Le plan d’eau
est plat, lorsque les conditions
météorologiques sont au ren-
dez-vous, avec un vent régulier
et de belles vagues.
Le spot de La Palme, régulièrement fréquenté par les kiteurs dans l’Aude.
©DR
Le Français Sébastien Garat, ici en action à Leucate.
©DR
n°76 - avril 20156
Le territoire des Pyrénées-
Orientales bénéficie des spots
les plus à l’Ouest ; zones
idéales pour s’essayer une
première fois à la pratique du
kitesurf, mais aussi pour per-
mettre aux plus confirmés de
prendre du plaisir sur l’eau.
Lieu d’organisation du Wake Air
Contest, Canet Zone Sud est
un spot particulièrement appré-
cié. La houle permet de profiter
de vagues et de tremplins régu-
liers, tout comme sur le spot
de Canet Pont des Basses,
situé à une centaine de mètres.
Celui-ci est cependant destiné
à des kiteurs déjà initiés, car
le vent peut être très orienté.
Durant l’été, où la plage est
parfoissurchargée,unezoneest
d’ailleurs réservée à la pratique
du kitesurf.
Du côté de Barcarès, deux
spots sont également dispo-
nibles. Le premier est celui des
3 Colonnes, à l’origine plutôt
destiné aux pratiquants de
windsurf, mais de plus en plus
populaire auprès des kiteurs.
Parfois balayé par la Tramon-
tane, ce spot peut cependant
réserver quelques surprises. La
deuxième zone de pratique est
celle du Parc des Dosses, situé
sur l’étang de Salses-Leucate.
Le vent peut s’avérer assez irré-
gulier et pousser le kiteur vers
le milieu de l’étang. La sécurité
est donc de mise, surtout pour
les plus jeunes. Ce spot est
également le lieu d’accueil de
la Slider Party, événement qui
rassemble les meilleurs riders
autour du wakeboard, des
sliders en kite et de l’airstyle du-
rant quatre jours au mois de mai.
publi-rédactionnel
>> Languedoc-Roussillon
kite surf
Le département de l’Hérault est
celui qui dispose du plus grand
nombre de spots de kitesurf
en Languedoc-Roussillon. Un
territoire dont les spots en mer
sont de toute beauté, à l’image
de La Tamarissière, du côté
d’Agde. Si les conditions sont
réunies, d’importantes vagues
peuvent s’y former. À Sète, le
rendez-vous des kiteurs est
le coin des 3 Digues. Un spot
qui a l’avantage d’offrir d’im-
portants espaces avec une
grande plage. La présence de
baigneurs durant l’été n’est pas
gênante, car le kitesurf dispose
d’une zone dédiée.
Plus à l’Est, le spot de
Villeneuve-les-Maguelone est
l’endroit favori des riders longue
distance. Le vent y est régulier,
sauf en cas de Tramontane.
C’est aussi ici que se déroule
le FestiKite, où les meilleurs
riders de la région concourent
aux côtés des amateurs, dont
l’édition 2015 se tient du 20
au 25 mai. Un peu plus loin, à
une quinzaine de minutes de
Montpellier, le spot du Petit-
Travers à Carnon vaut surtout le
coup d’œil durant l’été, période
durant laquelle il bénéficie d’une
zone de kite. Un endroit appré-
cié des novices, mais aussi des
kiteurs aguerris.
Enfin, la Grande-Motte dispose
des spots les plus à l’Est, avec
tout d’abord celui du Grand-
Travers, qui est la suite logique
de la zone de Carnon. Les
conditions y sont les mêmes,
avec l’avantage d’avoir un peu
plus d’espace. Décoller et atter-
rir est en revanche un peu plus
compliqué au spot du Port, en
plein cœur de la Grande-Motte.
Une zone plutôt conseillée
aux kiteurs avec un minimum
d’expérience, d’autant que
ces derniers sont particulière-
ment soignés avec la mise en
place durant l’été d’un chenal
permettant d’accéder au-delà
de l’emplacement réservé aux
baigneurs.
Dans les Pyrénées-Orientales, la Tramontane permet aux pratiquants de se faire plaisir.
Le spot du Grand-Travers, du côté de la Grande-Motte, est une zone très prisée pour ses conditions favorables.
©DR©DR
Les spots de l’Hérault
Les spots des Pyrénées-Orientales
n°76 - avril 2015 7
publi-rédactionnel
>> Languedoc-Roussillon
kite surf
Du 18 au 26 avril, Leucate accueille la 19ème
édition du Mondial du Vent. Si elle est devenue, au fil des années, un événement sportif
incontournable,la Coupe du monde de kitesurf s’inscrit aussi pleinement dans la politique sportive et maritime du Languedoc-Roussillon.
Le Mondial du Vent, événement
régional à portée internationale
Une fois encore, le Mondial du
Vent va faire vibrer les amoureux
des sports nautiques à Leucate.
En effet, ce rendez-vous, qui
célèbre sa 19ème
édition du
18 au 26 avril, est le premier
événement de kitesurf et de
windsurf en France. Pas moins
de quatre compétitions seront
au programme durant plus d’une
semaine, dont la Sosh Cup Pro
Am en ce qui concerne le kitesurf.
Le principe de l’épreuve reste le
même que l’année passée : les
amateurs rident en compagnie
de champions tels que Rob
Douglas, Alexandre Caizergues
ou encore Charlotte Consorti. La
Coupe du Monde PKRA VIRGIN
Kitesurf World Championships,
dont Leucate est l’unique étape
française, sera aussi au rendez-
vous. La compétition rassemble
l’élite mondiale de la discipline en
freestyle,aussibienmasculineque
féminine. La cinquième édition de
la Sosh Cup est particulièrement
attendue, épreuve lors de laquelle
les kitesurfers et windsurfers
professionnels vont se défier sur
des runs de vitesse. Une course
au format unique qui pourrait
donner à Alexandre Caizergues,
triple champion du monde de
vitesse et détenteur du record
du monde de vitesse en kitesurf
à 56,62 nœuds (104,86 km/h),
de briller une nouvelle fois.
Les athlètes régionaux seront
également de la partie. Valentin
Garat, Geoffrey Mascarel, Sylvain
Hoceini, Marie Switala et Louise
Delorme sont autant de chances
qui devraient permettre au
Languedoc-Roussillon de briller.
Forte de plus de 15 000 pra-
tiquants de kitesurf sur son
territoire, la Région Languedoc-
Roussillon abrite la moitié des
kiteurs français. Elle est donc un
soutien et un partenaire clé du
Mondial du Vent. Cet événement
s’inscrit dans la ligne droite de la
politique sportive et maritime de
l’institution présidée par Damien
Alary. Sportive, car le Mondial
du Vent favorise et encourage
le développement de la pratique
du kitesurf pour le plus grand
nombre. En effet, en plus des
compétitions professionnelles,
le Mondial du Vent propose des
animations et des activités pour
toute la famille sur le Village de la
glisse à Leucate. Cet événement
est aussi un vecteur d’image
importantpourlaRégionLangue-
doc-Roussillon, car il participe
au rayonnement de la politique
nautique régionale. En région,
cette filière est forte de 1 790
entreprises et de 6 600 emplois,
avec des établissements d’ex-
cellence comme les lycées de
la mer de Canet-en-Roussillon
et de Sète, ou encore l’Institut
nautique de Méditerranée à St-
Cyprien. Le kitesurf prend ainsi
une part importante au dévelop-
pement de l’économie maritime
du Languedoc-Roussillon. La
Région est d’ailleurs très axée sur
la mer, puisqu’elle dispose, de-
puis 2013, d’un Parlement de la
Mer qui réunit tous les membres
de la communauté maritime du
Languedoc-Roussillon. Damien
Alary a d’ailleurs décidé de créer
une délégation autour de ce
Parlement de la Mer, dirigée par
Didier Codorniou, vice-président
de la Région.
Alexandre Caizergues sera une nouvelle fois l’une des stars du Mondial du Vent.
©DR
Le Mondial du Vent réunit les meilleurs kiteurs de la planète.
©DR
Le kitesurf, vecteur de développement
économique pour le Languedoc-Roussillon
>>> Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.mondial-du-vent.com
n°76 - avril 20158
Quelles sont les raisons
du succès du kitesurf en
Languedoc-Roussillon ?
La première raison est que le
kitesurf est né et a été conçu
en Languedoc-Roussillon. De
plus, notre territoire dispose
de 220 kilomètres de côte, ce
qui le rend propice à la pratique
de cette activité. Que ce soit à
Leucate, à Villeneuve-les-Ma-
guelone ou encore à Gruissan,
toutes les côtes sont destinées
à cette pratique grâce à un vent
agréable et fort. Ces conditions
météorologiques optimales
nous permettent d’avoir plus de
soixante-dix zones de pratique.
Quels sont les moyens mis
en place par la Région
Languedoc-Roussillon pour
encourager et développer ce
type de pratique ?
Pour nous, cette activité est
devenue très importante depuis
plusieurs années. En plus d’être
ludique, elle apporte de fortes
retombées économiques. De-
puis cinq ans, nous avons ainsi
une part inscrite dans le bud-
get de la Région et destinée à
soutenir cette pratique. L’orga-
nisation d’événements comme
le Mondial du Vent, la Gold
Cup, le Défi Wind, le Défi Kite
et le Championnat d’Europe de
kitesurf junior s’inscrivent dans
cette politique de soutien.
Nous essayons également
d’amener les jeunes à se licen-
cier. Il y a 50 000 pratiquants en
France, dont seulement 15 000
sont licenciés. La majorité des
pratiquants font cela à titre de
loisir. Nous avons ainsi voulu
sensibiliser les jeunes, en met-
tant notamment nos douze
champions présents en région,
qui représentent vingt titres
mondiaux. C’est avec cette
volonté en tête que nous avons
lancé une formation aux métiers
du kite au CREPS de Montpel-
lier. Le but est aussi que le kite
devienne un atout touristique.
Le marché de la discipline est
actuellement en hausse, avec
une croissance à deux chiffres.
Pour nous, il était donc évident
de soutenir cette pratique à
travers les manifestations spor-
tives, mais aussi la filière kite sur
le territoire. Incontestablement,
nous devons donner une valeur
ajoutée au territoire à travers le
développement du kitesurf.
Le Mondial du Vent célèbre
sa 19ème
édition. Comment
expliquez-vous la dimension
internationale prise par cet
événement ?
Il est vrai que le Mondial du Vent
est aujourd’hui connu et recon-
nu, en particulier grâce au site
de Leucate qui est un endroit
extraordinaire pour la pratique
de cette activité. C’est devenu
une référence de l’esprit glisse
que nous mettons en avant. Pas
moins de deux cents athlètes
professionnels et amateurs
participent à cet événement,
avec une retombée média-
tique évaluée à quatre mil-
lions d’euros. Le rayonnement
du Mondial du Vent participe
grandement à faire de notre
Région une place forte des
sports de glisse, au premier
plan desquels figure le kite.
publi-rédactionnel
>> Languedoc-Roussillon
kite surf
Conseiller régional délégué aux sports, Joël Abati observe, depuis plusieurs années, l’émergence de la pratique du kitesurf.
Une discipline qui, selon lui, est devenue un véritable enjeu sportif, touristique et économique.
« Le kitesurf, une
valeur ajoutée au
territoire »
La moitié des kiteurs français pratiquent en Languedoc-Roussillon.
©DR
La Région tente d’amener les pratiquants à se licencier.
©DR
n°76 - avril 2015 9
Candidat de télé-réalité,
Samir Benzema est aujourd’hui
un mannequin émérite.
© MARC AUREL
par Arnaud Lapointe
« On ne vit pas d’amour
et d’eau fraîche »
SamirBenzema
Dans votre jeunesse, vous êtes pas-
sé par une section sport-études...
Effectivement, de la 4ème
à la 1ère
, je me
trouvais au Lycée Tézenas du Montcel,
à Saint-Étienne. Dans cet établissement,
j’ai côtoyé plusieurs futurs footballeurs
professionnels de l’ASSE. Le plus
connu doit être Bafé Gomis. Yohan
Benalouane et Faouzi Ghoulam sont
également issus de cet établissement.
À l’époque, je faisais de l’athlétisme.
Mes distances de prédilection étaient
le 800 et le 1 500 mètres sur piste. En
parallèle, j’ai pratiqué le kung-fu entre
6 et 18 ans. Depuis tout jeune j’étais
fan de Bruce Lee. Cet art-martial,
que mon père m’a fait pratiquer, m’a
beaucoup appris concernant la maîtrise
de l’esprit et des émotions. Ses valeurs
me servent encore beaucoup dans
la vie de tous les jours. Aujourd’hui,
je fais du « sport fitness », du
CrossFit et de la course à pied. Je suis
également un entraînement similaire
aux pratiquants de free-fight afin de
garder une silhouette svelte. Je fais du
sport quasiment tous les jours, c’est
vital ! C’est mon échappatoire, je me
retrouve seul avec moi-même lorsque
j’en pratique. Je peux en faire le matin
avant le petit déjeuner, si je dois maigrir
par exemple. Le soir, j’opterais plus pour
une séance de musculation. Souvent, je
me sers du sport pour découvrir des
endroits que je ne connais pas. Lorsque
je suis en déplacement et que je vais
faire mon footing, cela me permet de
faire des repérages.
Auriez-vous pu devenir sportif
professionnel ?
Oui. Le problème de l’athlétisme,
c’est que c’est un sport qui demande
énormément de sacrifices et que la
Dans la famille
Benzema,
demandez Samir !
Le cousin du
footballeur Karim
s’est révélé au
grand public
grâce à plusieurs
programmes
de télé-réalité.
Rencontre avec
cet entrepreneur,
pour qui le sport
est un véritable
mode de vie.
Sport d’attache
n°76 - avril 201510
reconnaissance n’est pas souvent au
rendez-vous. Les heures passées à
l’entraînement sont loin d’être pro-
portionnelles aux sommes gagnées en
compétition. De très grands athlètes,
qui sont parfois médaillés olympiques,
ont un travail alimentaire à côté pour
pouvoir gagner leur vie. J’ai arrêté
l’athlétisme en partie pour ces raisons.
Ce sport, et c’est valable pour nombre
d’autres disciplines, prend beaucoup
de temps et demande l’investisse-
ment de pas mal d’argent. À l’arrivée,
presque tout ce qu’on a investi est
perdu. Il faut le faire par passion ; ce
que j’ai perdu avec le temps. Malheu-
reusement, on ne vit pas d’amour et
d’eau fraîche. J’ai arrêté l’athlétisme
en 2008, à l’âge de 20 ans, quand
je suis entré en école de commerce
en alternance. Sachant également
que je poursuivais mon chemin dans
le monde du mannequinat, il fallait
enlever quelque chose...
Vous habitez Lyon. Êtes-vous
supporter de l’OL ?
Entre Lyon et Saint-Étienne, je n’ai
pas de préférence. Ce sont deux villes
que j’affectionne particulièrement.
Comme je ne suis pas un « fou » de
foot, je ne serais pas opposé à l’un
de ces deux clubs. D’ailleurs, lorsque
le derby a lieu, je souhaite qu’il se
termine par un match nul.
Pouvez-vous nous raconter votre
parcours dans le monde de la
télé-réalité ?
Après avoir été élu Mister Rhône-
Alpes, j’ai concouru pour l’élection de
Mister France en 2011. Par la suite,
j’ai participé à la deuxième saison de
L’Île des vérités, puis aux Anges de
la téléréalité 5, saison dans laquelle
se trouvait Nabilla. Après Hollywood
Girls 3,jesuispassédeNRJ12àW9pour
prendre part à la deuxième édition des
Princes de l’amour. Je me sers de toutes
ces émissions de téléréalité pour faire
connaître mes activités, notamment
celle de coach de mannequin. Avec ma
société, la R Look Academy, je forme
les gens à ce métier. Nous sommes
présents sur de nombreux événements,
comme les élections de Miss France ou
de Miss Suisse.
« Pour les jeunes
footballeurs, Karim
Benzema doit être
un exemple »
Vous avez posé pour un catalogue
Louis Vuitton et défilé pour Dolce
& Gabbana. Le quotidien d’un man-
nequin ressemble-t-il parfois à celui
d’un sportif de haut niveau ?
Être mannequin, ce n’est pas
seulement poser devant un objectif.
Comme pour un sportif de haut
niveau, cette profession oblige à
consentir des sacrifices importants,
comme la recherche de castings, la
gestion de la distance géographique
avec ses proches. C’est très similaire :
on bouge souvent, notre hygiène de
vie doit être irréprochable. Enfin, nous
sommes des personnages publics,
donc exposés aux critiques.
Quels sont les sportifs que vous
admirez le plus ?
Le premier nom qui me vient en
tête est celui de Zinedine Zidane.
C’est un immense nom du sport.
Sinon, quand j’étais gamin, j’étais
fan d’André Agassi. Je mettais son
T-Shirt pour regarder Roland Garros.
Et évidemment, comment ne pas citer
mon cousin Karim, qui joue dans un
club magnifique ?
Que vous inspire la fantastique
carrière que Karim Benzema
effectue ?
Je suis fier de porter son nom ainsi que
de son parcours. Malgré les virulentes
critiques dont il a pu faire l’objet,
il est parvenu à se faire une place
importante sur la scène internationale.
Après, ce n’est pas forcément un
modèle pour moi, étant donné que
je n’évolue pas dans la même sphère.
Mais pour les jeunes footballeurs, il
doit être pris en exemple.
Comme de nombreuses stars du
foot, vous êtes un adepte des
grosses cylindrées. D’où vient
cette passion ?
Depuis tout petit, j’adore la Formule 1.
Je suis passionné d’automobile, en
particulier par le design. Par le passé,
j’avais une société via laquelle je
customisais des voitures de luxe et une
autre liée à la location de véhicules
de prestige. J’adore allier automobile
de luxe, miss et mode : ça fait rêver
les gens !
Samir Benzema
©Rlookacademy
Le jeune homme propose également des stages autour des mondes de la mode et du mannequinat.
Samir Benzema
26 ans – Né le 8 avril 1988
à Lyon (Rhône)
Profession : Mannequin
Télévision : « L’Ile des Vérités 2 »,
« Les Anges de la Téléréalité 5 »
Son site internet :
www.sam-benzema.com
BIO EXPRESS
©Rlookacademy
Le cousin de Karim Benzema est
un passionné d’automobile.
n°76 - avril 2015 11
Avec Pierre Ducrocq (au centre), Bruno
Salomon (à droite) forme un duo très
apprécié des supporters parisiens.
© DR
par Arnaud Lapointe
« Il faut un gilet
pare-balles au PSG »
BrunoSalomon
Votre parcours radiophonique est
atypique. Comment le résumeriez-
vous ?
Je suis un autodidacte qui ne possède
pas de diplôme de journalisme. J’ai
commencé comme standardiste à
Radio France Isère en 1998. J’ai ensuite
suivi le GF 38 (Grenoble) pour la radio,
comme pigiste. Après, j’ai intégré
France Bleu Picardie avec une place de
titulaire et j’ai couvert le National et la
Ligue 2. Puis, j’ai arrêté de commenter
le sport à France Bleu Périgord
pour me consacrer à de l’actualité
traditionnelle. Finalement, je suis arrivé
dans la capitale en octobre 2007 pour
installer le PSG sur France Bleu Île-de-
France. À Paris, la station cherchait
un commentateur pour mettre le PSG
à l’antenne. Le 5 janvier 2008, j’ai
commenté mon premier match : c’était
un 32ème
de finale de Coupe de France,
face à Épinal, sur un terrain à la limite
du praticable (victoire 0-2 du PSG).
Vous n’êtes pas originaire d’Île-
de-France. Pourquoi les dirigeants
de France Bleu 107.1 se sont-ils
intéressés à votre profil ?
Ils voulaient quelqu’un qui « monte la
baraque » avec des moyens minimes,
ce que je savais faire. La personne
recherchée ne devait pas avoir de
préjugés sur le PSG. Généralement,
en France, on aime ou on déteste ce
club. Ce qui n’était pas mon cas à
l’époque. Pour moi, Paris se résumait
essentiellement à Youri Djorkaeff,
joueur formé dans ma ville natale
de Grenoble, et George Weah, mon
footballeur préféré lorsque j’étais
enfant. Je n’avais aucun a priori
concernant le PSG, et c’est même
comme ça que j’ai appris à l’aimer !
Parmi les
journalistes
spécialistes
du PSG, Bruno
Salomon figure en
bonne place. Sur
les ondes de France
Bleu 107.1, cet
homme de 38 ans
commente tous les
matches du club de
la capitale au côté
de l’ancien joueur
Pierre Ducrocq.
Entretien.
Sports médias
n°76 - avril 201512
En quoi consiste votre travail sur
France Bleu 107.1 ?
C’estréglécommedupapieràmusique.
Chaque semaine, j’ai deux émissions
à préparer, « Tribune PSG », qui sont
diffusées le lundi et le vendredi, de
20h10 à 21h. Je participe également
à celle de Pierre Ducrocq, « Tribune
100% Ducrocq », retransmise le mardi
soir. Et je commente la soixantaine de
matches que dispute le PSG chaque
année. Cette saison, ça m’a emmené
de la Chine (le 2 août dernier, Paris
avait battu Guingamp, à Pékin, lors du
Trophée des champions, ndlr) jusqu’à
Londres. J’assiste aux conférences
de presse et j’interviewe parfois les
joueurs, même si c’est devenu plus
compliqué, depuis que le club est
passé sous pavillon qatarien.
Cela vous a-t-il freiné dans votre
travail ?
Non. La « maison » France Bleu nous
apprend à rester humbles. Nous
sommes un média régional qui suit le
PSG et vibre pour lui. Certains médias
ont pu se sentir lésés lorsque QSI a
repris Paris en 2011, ce qui n’a pas
été notre cas. Nous avons continué à
travailler de la même façon.
Depuis le début de la saison, Pas-
cal Praud vous invite fréquemment
sur i>TELE pour ses émissions « 13h
Foot » et « 20h Foot ». Comment
vous a-t-il repéré ?
Ce métier est fait de rencontres. C’est
Dominique Sévérac, journaliste au
Parisien, qui a proposé à Pascal Praud
de « m’essayer ». Ce dernier, qui est
également un homme de radio, a
apprécié mon profil. Il m’a contacté
pour que je parle du PSG à l’antenne,
et plus généralement de la Ligue 1,
championnat sur lequel je peux parfois
poser un regard acide.
« La «maison»
France Bleu nous
apprend à rester
humbles »
Pourriez-vous davantage vous
consacrer au média télévisuel à
l’avenir ?
Un journaliste issu de la radio aura
toujours un peu de difficultés à faire
la transition avec la télé. Les codes
ne sont pas tout à fait semblables.
Mais c’est un exercice que je trouve
particulièrement intéressant. D’ailleurs,
j’interviens également comme
consultant sur Ma Chaîne Sport, dans
l’émission « Tribune Foot », présentée
par Nicolas Vilas.
Que serait une saison réussie pour
le PSG ?
Ce serait deux titres nationaux au
minimum et une demi-finale de Ligue
des champions. Comme lors des deux
dernières saisons, le PSG se retrouve
en quarts de cette compétition. Cette
année, Paris doit intégrer le dernier
carré pour franchir un palier, même si
l’élimination de Chelsea constitue déjà
un exploit.
Laurent Blanc pourrait-il encore
être l’entraîneur du PSG la saison
prochaine ?
Même s’il parvient à réaliser la saison
que je viens d’évoquer, retrouvera-t-il
un projet aussi intéressant que celui
du PSG dans un autre club ? Ce n’est
pas garanti. Et s’il décidait de partir de
son propre chef, quel message ferait-il
passer ? Le message de quelqu’un qui
abandonne ? C’est impossible. Cela
serait catastrophique pour son avenir
professionnel.
Depuis le départ de Leonardo lors de
l’été 2012, le PSG n’a plus de directeur
sportif. N’est-ce pas une anomalie
pour un club de ce standing ?
Laurent Blanc se retrouve seul en
première ligne face aux médias et doit
tout assumer. Il manque clairement
un directeur sportif. Je dirais même
plus : il manque Leonardo. Même si
celui-ci pouvait parfois avoir un côté
sombre, c’est lui qui est allé chercher
tous les grands joueurs qui composent
aujourd’hui cette équipe. Il faut un
gilet pare-balles à ce PSG ! Ce n’est
pas le président Nasser Al-Khelaïfi qui
doit se retrouver en première ligne.
Quant à Laurent Blanc, ce n’est pas
son rôle de commenter les rumeurs
liées au mercato. À l’heure actuelle,
Leonardo entretiendrait toujours des
relations d’amitié avec Nasser. Le
problème est que le football français
est un petit monde aigri qui ne tourne
pas son regard vers l’international.
Malheureusement, ça ne colle pas
aux méthodes un peu rock’n’roll du
Brésilien.
Bruno Salomon
©Bildbyran/IconSport
Le journaliste estime que Paris doit atteindre le dernier carré de la Ligue des champions.
©AndreFerreira/IconSport
Bruno Salomon ne voit pas Laurent Blanc quitter
le PSG de son propre chef.
Bruno Salomon est à suivre sur @bruno_salomon et @107_1PSG
n°76 - avril 2015 13
Dossierpar Olivier Navarranne
Plus d’une trentaine de nations se
donnent rendez-vous à Limoges.
© J.Presņikovs / FIBA
Limoges
accueille
le monde
n°76 - avril 201514
Championnats du monde scolaires de basket
Du 18 au 24 avril, Limoges accueille les
Championnats du monde scolaires de basket.
Durant une semaine, soixante équipes
venues du monde entier vont s’affronter
au cours d’une compétition extrêmement
relevée, qui est également un formidable
moment d’échanges et de partage.
n°76 - avril 2015 15
C’est la Turquie qui l’avait emporté lors
de la précédente édition en 2013.
© ISF
Le basket, une
évidence à Limoges
Un championnat du monde scolaire
de basket à Limoges ? Une évidence
selon Pascal Robert, directeur du
service régional UNSS en charge
de l’organisation. « Nous sommes
en terrain conquis », sourit-il.
« L’organisation du Championnat
du monde ISF de handball en 2006,
à Limoges, a laissé un souvenir
extrêmement positif. Organiser à
nouveau ce type d’événement, qui plus
est en basket, était très motivant ». Le
challenge est tout de même de taille.
Un défi qui n’est en rien comparable
avec les autres événements
qu’organise le service régional tout
au long de l’année scolaire. « Nous
sommes en effet confrontés à des
problèmes que l’on ne rencontre
pas lors de l’organisation d’un
championnat de France : la barrière
de la langue, évidemment, mais aussi
le souci de la sécurité. Cette année,
nous accueillons notamment l’équipe
d’Israël, dans le contexte politique
que l’on connaît. Une dimension
géopolitique entre ainsi en compte. Le
format est beaucoup plus important,
avec soixante équipes, alors que nous
sommes un maximum de trente-
deux équipes sur un championnat de
France. C’est un marathon physique
au niveau de l’organisation, je ne vous
le cache pas ! ». Courir ce marathon
est une chose, le réussir en est une
autre. Pascal Robert en est conscient,
lui qui a souhaité donner une véritable
dimension éducative et pédologique
à ce championnat ISF. « Nous avons
listé trois enjeux majeurs sur ce
championnat. Le premier est d’avoir
une organisation qui répond au mieux
aux besoins des délégations au niveau
des transports et de l’hébergement
Organisateur de
l’événement, le
service régional
UNSS de Limoges a
mis les petits plats
dans les grands pour
accueillir au mieux
l’ensemble des
délégations durant
plus d’une semaine.
Présentation de
l’événement avec
Pascal Robert,
directeur régional.
Dossier
n°76 - avril 201516
notamment. Ensuite, nous avons aussi
pour objectif d’intégrer notre jeunesse
locale. Il faut étudier ce que nous
pouvons tirer de cet événement de
façon pédagogique, et en fonction de
nos élèves. Nous avons organisé des
formations de Jeunes officiels, nous
avons des gamins qui vont participer
à la cérémonie d’ouverture, ainsi que
des équipes de Jeunes Reporters qui
sont aussi intégrées à l’événement.
Pour les finales, nous avons décidé
d’inviter l’ensemble des associations
sportives qui participent au mini-
Mondial que nous avons mis en place
en amont, dans les écoles primaires
et les collèges. Enfin, notre troisième
objectif est de donner un nouvel élan
aux associations sportives locales. Un
championnat ISF est une opportunité
forte en termes de communication ».
« Du sérieux, dans
le projet que nous
avons présenté »
Communiquer sur la dynamique
du sport scolaire est en effet un
aspect essentiel pour Pascal Robert
et son équipe, en charge d’un
territoire composé de seulement trois
départements : la Corrèze, la Creuse
et la Haute-Vienne. « Nous totalisons
152 associations sportives au sein
de l’académie. Il faut savoir que
nous sommes une petite académie,
mais très dynamique. Nous sommes
classés troisièmes en France en ce qui
concerne le taux de pénétration, c’est
à dire en nombre de licenciés UNSS par
rapport au nombre d’élèves scolarisés.
Nous en sommes aujourd’hui à
13 500 licenciés ». Même en sport
scolaire, le basket est une discipline
privilégiée sur ce territoire où la balle
orange règne en maître. « En 2006,
j’avais eu beaucoup de difficultés
pour trouver des partenaires et avoir
les collectivités locales qui suivent.
Là, cela a été beaucoup plus facile.
Les collectivités territoriales, que ce
soit la Ville de Limoges, le Conseil
général ou la Région Limousin, nous
aident systématiquement. Nous
avons toujours été soutenus, c’est
traditionnel, mais sur des sommes
raisonnables. Les collectivités ont
également senti qu’il y avait du
sérieux dans le projet que nous avons
présenté. Il est certain que l’on ne
peut pas faire avec ce que l’on n’a
pas. La FFBB nous offre également
tous les ballons du championnat, ce
qui est un beau cadeau. On sait que
la fédération sera présente lors de la
cérémonie d’ouverture, et que nous
pouvons compter sur elle ». Sans
oublier le soutien du CSP Limoges,
club mythique du basket français et
candidat au titre de champion de
France cette saison. « Le club s’est en
effet déjà beaucoup investi. Lors du
tirage au sort de la compétition, le
président Frédéric Forte était présent,
tout comme Léo Westermann et
Mickaël Gelabale. Ils seront également
sur place lors du dîner du gala, et bien
sûr nous avons l’avantage d’organiser
des matches au Palais des Sports de
Beaublanc. Le CSP Limoges nous aide
aussi sur la communication ; Frédéric
Forte est le parrain de l’événement,
et cela nous donne une visibilité plus
forte ». De quoi assurer sans problème
le succès de l’événement. « Pour les
finales, nous serons à guichets fermés.
Beaublanc sera plein, et pour les
jeunes c’est quelque chose de génial
à vivre ! ».
©AnthonyDibon/IconSport
©AurelienMeunier/IconSport
Directeur de l’UNSS, Laurent Petrynka est aussi le
président de l’International School Sport Federation.
Léo Westermann, joueur du CSP Limoges, a participé au tirage au sort de l’épreuve.
Championnats du monde scolaires de basket
Allemagne
Angleterre
Arménie
Belgique
Brésil
Bulgarie
Cameroun
Chili
Chine
Chypre
Croatie
Danemark
Estonie
Finlande
France
Grèce
Hongrie
Inde
Iran
Irlande
Israël
Kosovo
Lettonie
Luxembourg
Pays-Bas
Pologne
Roumanie
République
Tchèque
Russie
Serbie
Slovaquie
Slovénie
Turquie
33 nations
présentes
n°76 - avril 2015 17
Dossier
Les Crazy Dunkers
de la partie
« L’accueil des équipes se fera le
vendredi 17, avec le début des
compétitions dès le lendemain »,
détaille Pascal Robert. « L’équipe de
France ira jouer à Tulle, c’est un petit
écart politique, car c’est aussi une
compétition portée par la Région
Limousin. C’est aussi un clin d’œil
au Président de la République ! ».
Si François Hollande ne devrait pas
être présent pour l’occasion, cette
« délocalisation » sera tout de même
un joli coup de projecteur pour la
compétition et le sport scolaire.
« La cérémonie d’ouverture aura
lieu le samedi soir avec des matches
handisport et sport partagé. La
cérémonie est aussi marquée par
la présence des Crazy Dunkers.
C’est une animation qui donne un
côté international à la fête ». Une
animation de choix, puisque les Crazy
Dunkers sont reconnus dans le monde
entier comme le team professionnel
leader concernant le basket
acrobatique. Animateur des tournois
des trois dernières olympiades, ce
groupe s’est spécialisé dans les shows
spectaculaires, avec notamment des
successions de dunks réalisés à l’aide
de mini trampolines. Des prouesses
réalisées à plus de quatre mètres du
sol, et qui régaleront le jeune public
du Palais des Sports de Beaublanc,
qui aura bien besoin de souffler une
dernière fois avant d’aborder une
compétition chargée.
Une journée
culturelle au
programme
« Les matches se poursuivront le
dimanche et le lundi, avant une
journée culturelle le mardi. Tous les
pays participants seront reçus dans les
établissements scolaires de Limoges
et de sa périphérie. Nous tenons
vraiment à cette immersion dans la vie
locale avec ce jumelage entre un pays
et un établissement scolaire ». L’ISF,
fédération internationale en charge
du sport scolaire, impose en effet
un moment culturel lors de chacune
de ses compétitions. Un aspect qui
permet aux élèves étrangers de
découvrir le pays dans lequel ils se
trouvent, et qui leur offre une pause
au sein d’une semaine de compétition.
Car, après cette journée, les matches
reprendront du côté de Limoges.
« Nous attaquons les quarts de finale
le mercredi, les demies-finale le jeudi,
avant les finales vendredi. Les ultimes
rencontres se succèdent assez vite, et
ce seront donc les équipes qui gèrent
le mieux leur effort qui pourraient aller
au bout ».
Durant une semaine, la
compétition battra son
plein à Limoges. Mais les
nombreuses délégations
présentes pourront aussi
profiter d’animations et de
moments culturels.
Les Crazy Dunkers représentent la référence mondiale en termes de show basket.
©FredMarvaux/IconSport
©FredPorcu/IconSport
Les finales se disputeront au Palais des Sports de Beaublanc, salle mythique du basket français.
n°76 - avril 201518
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Dossier
Nantes et Caen
au rendez-vous
Entre Nantes et Caen, les retrouvailles
pourraient avoir lieu à Limoges. Au
Mans, lors des derniers championnats
de France UNSS, le lycée nantais
des Bourdonnières avait corrigé
l’établissement Victor-Hugo de
Caen en finale (53-36). « Un certain
nombre de nos filles font partie du
centre de formation du Nantes-Rezé
Basket », explique Philippe Chopin,
accompagnateur de l’équipe nantaise
lors de la compétition. « Nous savons
qu’il y avait d’autres centres de
formation présents. Nous allions donc
aux championnats de France UNSS
davantage pour nous faire plaisir,
tout en sachant que nous pouvions
nous hisser parmi les meilleures
équipes. Assez rapidement, après
deux matches, nous avons vu que
nous étions capables de jouer un
podium avec les filles de Caen comme
principales rivales ». Des Caennaises
dominatrices jusqu’à cette finale, et
qui représentaient les U18 du club de
Mondeville. Mais l’avantage a tourné
en faveur du Lycée des Bourdonnières,
en particulier grâce au sang-froid des
jeunes nantaises. « Il y avait un peu
de stress chez les filles, mais pas plus
que ça ; en particulier, parce que nous
avons géré les compétitions UNSS en
autonomie cette saison. C’est-à-dire
que nous n’avions pas les coaches
qui entraînent lors des compétitions
fédérales, alors que les autres les
avaient. Nous sommes donc partis
sur un projet d’autogestion. Les filles
connaissent leur basket, elles savent ce
qu’elles doivent faire sur le parquet, et
se sont donc autogérées. Le coaching
a ainsi été confié à des filles qui étaient
blessées et qui ne pouvaient pas jouer.
Nous avons été observés et félicités
par rapport à cela, d’autant que ça a
fonctionné ».
« Nous ignorons
totalement le
niveau des autres
équipes ! »
Même si les Nantaises savent qu’elles
vont rencontrer la Lettonie et la Grèce
dans la poule A, il demeure difficile
de savoir quelle sera la teneur de
l’opposition. « Nous n’avons pas
spécialement d’ambitions, car nous
ignorons totalement le niveau des
autres équipes ! Autant, pour le
championnat de France, les filles
avaient une idée des équipes à
redouter, autant cette fois-ci nous
partons un peu dans l’inconnu ». Les
Caennaises, coachées par Fabrice
Calmon, partiront également dans
l’inconnu, elles qui ont hérité de la
poule B en compagnie de la Croatie,
d’Israël et de l’Angleterre. Les attentes
avant ce rendez-vous, c’est sans doute
Philippe Chopin qui les résume le
mieux. « Le message que j’essaye de
faire passer aux filles, c’est d’y aller
sans avoir un objectif de résultat en
tête, mais plutôt pour se faire plaisir.
Une fois que nous serons sur site et
que nous observerons les différentes
équipes, nous pourrons nous fixer un
objectif ». Pour Caen, disputer une
finale revanche face à Nantes a tout
d’un objectif déjà trouvé...
Tous deux finalistes du
dernier championnat de
France UNSS, le « Lycée
des Bourdonnières »
de Nantes et le « Lycée
Victor-Hugo » de Caen ont
validé leur ticket pour la
compétition ISF à Limoges.
Avec sérieux et ambition.
Les Nantaises vont s’appuyer sur un esprit
d’équipe qui a fait ses preuves.
©Nantes-RezéBasket
Lycée des Bourdon-
nières de Nantes
Sofia Bengui Bondo
Pauline Desbois
Zelie Dufour
Victoria Freidoz
Camille Lenglet
Manon Leroy
Amandine Michaud
Mélanie Nadjar
Adèle Raveleau
Fanta Soumah
Lycée Victor-Hugo
de Caen
Hawa Ba
Myriam Coly
Camille Hamard
Emma Heron
Lyndsay John
Assa Kanouté
Loreen Kerboeuf
Marie Alizée Le Moal
Mathilde Letellier
Anta Ngom
Noémie Ottensen
Julie Plouhinec
Emma Villas Gomis
n°76 - avril 201520
Championnats du monde scolaires de basket
Mulhouse, une
surprise jusqu’au bout ?
Le basket alsacien sera représenté à
Limoges. Pas Strasbourg, mais bien
Mulhouse. Les joueurs du Lycée
Schweitzer se sont en effet montrés
souverains lors du championnat de
France UNSS au Mans. « Ce n’était
pas forcément attendu. Nous avons
participé à ces championnats de France
avec l’envie d’aller le plus loin possible.
Notre progression a été linéaire tout
au long du tournoi, avec une victoire
en finale contre Le Mans », raconte
Jean-Louis Tschamber, coach de cette
équipe lors de la compétition. Les
jeunes mulhousiens ont surtout créé
la surprise en venant à bout, en finale,
d’une formation mancelle qui évoluait
pourtant à domicile. « Mulhouse est
connue pour sa formation, mais nous
avons été un peu l’équipe surprise,
c’est vrai. Beaucoup de clubs savent
que nous effectuons un travail sérieux
à Mulhouse, et que de temps en temps
nous sortons des joueurs qui évoluent
en Pro A et en Pro B ». Associé au FC
Mulhouse Basket, le Lycée Schweitzer
permet à ses jeunes basketteurs de
bénéficier d’une formation de qualité,
et cela s’en ressent forcément lors des
compétitions UNSS, où l’établissement
alsacien truste régulièrement les
premières places. « C’est un amalgame
de joueurs qui se connaissent très bien,
car ils évoluent ensemble au lycée, et
aussi parce qu’ils se rencontrent dans
les championnats fédéraux. Il y a la base
solide d’un groupe dont les joueurs
évoluent en cadet, mais qui est aussi
parfois surclassé en senior. Nous avons
su être rigoureux durant la compétition
grâce à cette expérience-là ».
Honneur au champion de France, le
lycée mulhousien a hérité de la poule A.
Le lycée Schweitzer défiera la Russie,
Israël et le Qatar. « Je peux surtout
juger l’historique existant dans ces
nations. Israël est une terre de basket,
tout comme la Russie. Le Qatar un peu
moins, mais c’est un pays émergent
qui est en train de se construire dans
différents secteurs sportifs », souligne
Jean-Louis Tschamber, pas vraiment
inquiet, et surtout conscient que ses
jeunes vont disputer une compétition
unique.
« Les jeunes
vont ouvrir grand
les yeux »
« Je tiendrai ce discours aux jeunes :
on y va, on représente une nation,
et nous nous devons d’avoir un
comportement irréprochable sur le
terrain et en dehors. Les jeunes, qui
n’ont pas l’habitude de jouer dans
ce genre de salle, vont ouvrir grand
les yeux. C’est une salle qui « pue »
le basket, avec des spectateurs qui
vont nous soutenir, car nous aurons le
maillot tricolore sur le dos. Forcément,
cela sera du stress supplémentaire,
mais nous attendons ça avec
impatience ». L’attente d’élèves, de
professeurs, mais aussi d’une ville où
la balle orange n’a jamais cessé de
rebondir. « Mulhouse est une terre de
basket. Un peu moins que Limoges,
certes, mais c’est une tradition
reconnue. Il y a eu des hauts et des
bas, mais l’équipe professionnelle est
aujourd’hui remontée en Nationale 1.
Il y a une effervescence basket qui
revient sur Mulhouse ». Nul doute
qu’une performance des jeunes
alsaciens à Limoges devrait alimenter
un peu plus cette dynamique.
Champion de France
« surprise », le Lycée
Schweitzer de Mulhouse
défendra les couleurs
françaises à Limoges.
Sans complexe, et avec
l’envie de rappeler que
ce coin d’Alsace est une
vraie terre de basket.
Le Lycée Schweitzer s’appuie sur les jeunes talents du FC Mulhouse.
©FCMulhouseBasket
Lycée Schweitzer
de Mulhouse
Leo Afanayoung Soua
Amara Diane
Maxime Diss
Cyriaque Foucart
Arnaud Halbwachs
Mathieu Illuminati
Trystan Meyer
Johann Noubissi
Tim Ostermann
Leo Spada
Jack Welstead
William Wembo
n°76 - avril 2015 21
Dossier
« Le basket
à l’école est
une chance »
Que représente cet événement
pour la Fédération française de
basketball ?
Nous sommes ravis que cet
événement soit organisé en France,
et en particulier à Limoges qui est
un lieu emblématique du basket. Je
me souviens avoir aidé dans le cadre
de la candidature pour essayer de
sensibiliser les décideurs, je suis donc
ravi que cela ait pu se faire. Pour nous,
il faut aussi évaluer l’impact de ces
Championnats du monde, avec près
de 800 jeunes présents sur le site. Si
tout va bien, il y aura près de 30 000
spectateurs lors de l’événement.
Nous profitons également de la
compétition pour effectuer un
travail sur l’arbitrage français. Nous
avons mis en place, avec l’UNSS, un
programme qui permet aux Jeunes
officiels d’être sensibilisés et formés
pour le basket traditionnel. Bruno
Gautier, responsable des arbitres en
France, sera d’ailleurs sur place. Si les
jeunes apprennent cette autre façon
de vivre le sport, cela peut susciter des
vocations.
Cet événement est-il une étape
importante en vue de la promo-
tion de l’EuroBasket qui aura lieu
au mois de septembre ?
Cela tombe en effet très bien. Nous
allons en profiter, je serai au mois
d’avril à Limoges pour signer la
convention avec l’Éducation nationale
et plusieurs fédérations, dont l’UNSS,
pour continuer à travailler ensemble
sur le développement du basket
scolaire. Tout cela est lié, c’est une
étape qui nous permet d’avoir
une promotion importante pour
l’EuroBasket. D’autant plus que 33
délégations étrangères sont présentes,
ce qui n’est pas rien. Cet événement
doit permettre de leur montrer que la
France a un savoir-faire.
« Nous sommes le
sport numéro un en
termes de pratique
féminine »
Le basket est un sport qui a pris
de l’importance au sein de l’UNSS.
Quelles sont aujourd’hui les passe-
relles entre les deux fédérations ?
Nous avons 90 000 jeunes qui
pratiquent le basket à l’UNSS. Pour
faciliter ces passerelles, nous avons mis
en place une convention dans l’idée
de favoriser l’intérêt des élèves et
des enseignants pour le basket. Nous
permettons aussi aux professeurs
de solliciter nos cadres techniques,
afin d’informer et de sensibiliser. Le
programme « Vers une génération
responsable » permet également à
l’ensemble des jeunes de développer
cette sensibilisation au basket. Depuis
peu, nous mettons aussi en œuvre
des projets innovants, comme le
basket 3x3 par exemple. L’UNSS
trouve que cela est intéressant, et
nous développons cette pratique en
collaboration avec elle.
Justement, qu’aimeriez-vous
développer au niveau du sport
scolaire ?
Nous souhaitons que les professeurs
d’EPS fassent pratiquer du basket
à l’école. On sait que le meilleur
recrutement pour nos clubs, c’est le
système scolaire. Quand un jeune est
dans un club, il attire très souvent
d’autres jeunes qui découvrent ce
sport à l’école. Nous voulons que
les professeurs fassent pratiquer
du basket dans le cadre de leurs
activités scolaires. De notre côté, nous
avons mis en place le programme «
Opération basket-école » qui permet
aux professeurs d’apprendre à
enseigner le basket par le biais d’un
DVD. De plus, je pense que le basket
permet ce que j’appelle « le transfert
positif » : se diriger facilement vers
d’autres disciplines. Ce qui n’est pas
forcément vrai pour d’autres sports.
Le basket à l’école est une chance, et
nous devons la mettre en avant.
L’UNSS a la particularité d’avoir une
pratique féminine très développée.
Est-ce l’exemple que vous suivez
concernant le milieu fédéral ?
Bien sûr. Il faut savoir que nous avons
environ 180 000 licenciées féminines.
Nous sommes le sport numéro un en
termes de pratique féminine. Il faut
être honnête, ça vient de l’école, tout
simplement. S’il y a une sensibilisation
du sport à l’école, les élèves se dirigent
plus facilement vers les clubs. Nous
sommes ravis que l’UNSS développe le
basket de la même manière, à la fois
chez les garçons et les filles.
Président de la Fédération française de basketball depuis
2010, Jean-Pierre Siutat se réjouit de l’organisation des
Championnats du monde ISF à Limoges. Selon lui, les
passerelles entre sport scolaire et sport fédéral sont d’ailleurs
plus que jamais en développement dans la pratique du basket.
Jean-Pierre Siutat se dit prêt à soutenir
l’accueil d’un prochain Championnat du
monde ISF de basket en France.
©AmandineNoel/IconSport
n°76 - avril 201522
Buteur face à
l’OM, Emiliano
Sala a rapidement
trouvé une place de
titulaire à Caen.
Footballpar Lawrence Leenhardt
© Gaston Petrelli / Icon Sport
Sala a toujours
été patient
EmilianoSala
Il lui a fallu deux matches pour
enclencher la machine. Arrivé à Caen
sous forme de prêt (sans option
d’achat) le 28 janvier, en toute fin
de mercato hivernal, Emiliano Sala
a observé ses nouveaux partenaires
battre Saint-Étienne et Toulouse. Puis
Patrice Garande l’a inclus dans son
onze titulaire et le Stade Malherbe
est devenu le tube de 2015 ! Un but
contre le PSG pour un match nul
arraché magnifiquement au Parc, un
doublé en suivant contre Lens et, en
apothéose, un but à Marseille pour
le succès de l’année ; l’Argentin de
24 ans a fait couler de l’encre. Si la
France entière a alors découvert le
grand Emi, cela fait longtemps que les
supporters bordelais le connaissent.
Et les louanges – même Bielsa y est
allé de son couplet sur ce « joueur de
référence, opportuniste et intuitif, avec
une grosse présence physique » - ont
appuyé là où ça fait mal. L’entraîneur
argentin de l’OM ne connaissait
assurément pas son compatriote, que
les Girondins ont dégoté dans une
modeste école de formation, Proyecto
Crecer, qu’ils financent depuis une
décennie à Cordoba. S’il l’a découvert,
c’est comme tout le monde, sous le
maillot caennais. Sala était bien du
match contre l’OM, en phase aller,
mais il n’est pas entré en jeu… Arrivé à
20 ans, en octobre 2010 aux Girondins,
il a été le premier joueur issu de la
filiale du club, Proyecto Crecer, à être
conservé en Gironde. Mal dégrossi, il
a su passer outre ses carences dans le
jeu pour imposer sa puissance et sa
Emilano Sala, le
Bordelais prêté à
Caen, n’a jamais été
un attaquant précoce.
Il a franchi les étapes
une à une, du CFA à la
Ligue 1, en marquant
cependant beaucoup
de buts. Son – relatif
– échec aux Girondins
confirme qu’il lui faut
du temps. Est-ce pour
revenir meilleur ?
n°76 - avril 201524
Caen
présence devant le but en marquant
déjà beaucoup en réserve. De quoi lui
offrir un premier contrat pro à 22 ans.
Si cela n’a jamais été suffisant pour
convaincre Francis Gillot, il n’a pour
autant pas renoncé, enfilant encore
les buts comme d’autres les perles en
National (19 à Orléans), puis la saison
dernière en L2 (18 avec Niort). « J’y
suis allé petit à petit. J’ai beaucoup
de confiance en moi, j’aime bien
travailler. Non, je n’ai jamais douté. Les
choses sont venues et j’ai beaucoup
travaillé pour progresser, être plus
efficace ». Sa patience et sa conviction
ont été récompensées à l’arrivée
de Willy Sagnol cet été. Fidèle à ses
déclarations sur les jeunes, il n’a pas
hésité à le faire entrer dès la première
journée, puis à le titulariser face à
Monaco. Enfin, quatre ans après son
arrivée, Sala portait la tunique de
ses rêves.
« J’ai rarement vu
un garçon qui se
soit autant accroché
pour réussir »
Des buts, Emi n’en a marqué qu’un,
et sur pénalty ; c’était au mois d’août
contre Monaco donc. Au niveau
des stats, on peut parler d’échec,
mais il faut alors ouvrir le chapitre
des circonstances atténuantes. Avec
seulement onze matches au compteur
sous la tunique au scapulaire, il a
d’abord été victime de l’efficacité
du buteur N°1, Cheick Diabaté. Un
scoreur que seul Ibrahimovic dépasse
à ce niveau et qui, en plus, n’avait
pas un profil compatible avec lui.
Leur association n’a jamais convaincu
Sagnol qui a toujours et logiquement
préféré conjuguer le sens du but et le
rôle de planche du grand Malien à la
vivacité d’un Touré. Sala n’a donc eu
que les miettes et le temps de jeu qui
va avec. Au fil des matches, le buteur
devenu muet a forcément douté.
Le style de jeu ne l’a pas avantagé,
avec une seule pointe. Sala n’est pas
Diabaté. Contrôles, duels, le plus facile
est devenu difficile. Sala s’est perdu. Et
la pression l’a rattrapé. Une pression
qu’il s’était imposée inconsciemment
dès son retour dans « son » club où il
n’avait jamais joué en pro. En revenant
à Bordeaux, Sala était très attendu.
©ManuelBlondeau/IconSport©VincentMichel/IconSport
L’attaquant n’a inscrit qu’un but en douze rencontres avec Bordeaux en début de saison.
Emiliano Sala est un attaquant extrêmement physique et opportuniste devant le but.
©VincentMichel/IconSport
Emiliano Sala
24 ans - Né le 31 octobre 1990
à Cululu (Argentine)
1m87 - 75kg
Poste : Attaquant
Clubs : Bordeaux (2010-2012),
Orléans (2012-2013), Niort (2013-2014),
Bordeaux (2014-2015), Caen (depuis 2015)
Palmarès : Néant
A Caen, l’Argentin profite d’un troisième
prêt après Niort et Orléans.
BIO EXPRESS
n°76 - avril 2015 25
Les supporters qui le suivaient de loin
depuis deux ans le voyaient claquer
à tout va. « Mais Emiliano est un
pur attaquant », note son coach en
formation, Patrick Battiston. « J’ai
rarement vu un garçon qui se soit
autant accroché pour réussir. Il a la
grinta des Sud-Américains. Mais il
est aussi arrivé tard dans le monde
pro, à 22 ans. Il a peut-être besoin
d’encore un peu de temps pour
s’affirmer en L1. C’est une question
de maturité. Ce qu’il a réussi en
deux ans est impressionnant et je ne
doute pas qu’il va continuer dans sa
dynamique ». Les Girondins sont peut-
être arrivés un peu tôt. CFA, National,
Ligue2, Emiliano Sala a franchi les
étapes avec volonté, car c’est un
gros travailleur. Caen est sûrement la
dernière étape, indispensable, pour se
prouver à lui-même qu’il a sa place au
soleil chez les Girondins. « Ça ne me
surprend pas qu’Emiliano réussisse »,
explique son ex-coéquipier à Niort et
aux Girondins, Nicolas Pallois. « C’est
une très bonne chose qu’il s’exprime
bien en L1 à Caen et je suis très
content pour lui. Il marque des buts et
il faut qu’il continue comme ça. Ici à
Bordeaux, il y avait Cheick Diabaté, et
aussi Thomas Touré qui a participé…
Emiliano a aussi eu des chances de
jouer, il a fait des matches et il n’a pas
marqué. Or le coach demande aux
attaquants de mettre des buts ». Un
coach qui assume l’embellie de son
attaquant loin de ses yeux. « Le foot,
c’est en grande partie une question de
confiance. Après, c’est aussi le travail
du staff que de savoir les y amener,
mais parfois on touche à certaines
limites. (...) Ça ne m’interpelle pas ».
Football
Emiliano Sala en est un exemple
frappant, le Stade Malherbe de
Caen n’hésite pas à leur donner leur
chance et à relancer des joueurs au
faible temps de jeu. Outre l’attaquant
prêté par les Girondins de Bordeaux,
le club de Basse-Normandie a
également accueilli Nicolas Benezet
lors du dernier mercato hivernal. En
difficulté à Évian, le milieu de terrain
a trouvé une place de titulaire à Caen,
où il brille (il a notamment offert la
victoire à son club face à Marseille au
Vélodrome, d’une superbe frappe).
Partenaire d’attaque d’Emiliano Sala,
l’ancien Sochalien Sloan Privat était en
perdition en Belgique du côté de La
Gantoise. Prêté à Caen, il a retrouvé
la confiance et le chemin des filets.
Arrivés en début de saisons, Rémy
Vercoutre et Julien Féret, qui ciraient
le banc respectivement à Lyon et à
Rennes, se sont imposés comme des
pièces essentielles du onze de départ
de Patrice Garande. Autant d’éléments
qui côtoient une jeunesse talentueuse,
symbolisée en particulier par Dennis
Appiah, Yrondu Musavu-King, N’Golo
Kanté, Fodé Koita ou encore Lenny
Nangis. Un amalgame qui fonctionne
sous la houlette de Patrice Garande,
mais aussi de Xavier Gravelaine,
directeur général, et d’Alain Cavéglia,
directeur sportif, garants d’une
politique sportive cohérente.
Caen, terre de rebonds
©VincentMichel/IconSport
©VincentMichel/IconSport
Le joueur devrait retrouver Bordeaux à la fin de prêt, en espérant s’y imposer pour de bon.
Laissé de côté à Rennes, Julien Féret a retrouvé du temps de jeu au Stade Malherbe de Caen.
n°76 - avril 201526
Le natif de Toulouse, épaulé par
William Servat (à droite), fête ses
quarante ans de présence au club.
Rugbypar Olivier Navarranne
© Manuel Blondeau / Icon Sport
« Le Stade toulousain
n’est pas en déclin »
GuyNovès
Toulouse est à la lutte pour la
qualification en phases finales.
Qu’est-ce qui vous rend optimiste
pour la fin de saison ?
Je suis surtout pragmatique, et
conscient de tout le chemin qu’il nous
reste à faire pour pouvoir atteindre les
phases finales pour la 22ème année
consécutive. Il faut y croire, c’est la
base d’une forme de réussite. Il faut
avoir confiance en son travail, en ses
joueurs, en son staff et en son club.
Je sais que j’ai des joueurs capables
de choses merveilleuses, et j’essaye de
m’appuyer sur ce qu’ils peuvent faire
pour entretenir l’espoir d’y arriver.
Pour moi, le constat n’est pas différent
des autres années ; c’est le même
parcours en termes de difficulté.
Comment expliquez-vous cette sai-
son délicate du Stade toulousain ?
Cette année, nous avons connu
énormément de blessures en début
de saison, nous avons aussi été
sous la contrainte du nombre de
matches pour les internationaux...
Chaque année, il y a des astreintes
supplémentaires. Les semaines de
doublons sont également difficiles
pour les clubs pourvoyeurs de joueurs
internationaux. C’est un véritable
problème dans notre championnat à
l’heure actuelle. Mais évidemment, je
ne peux pas me satisfaire du jeu que
nous produisons à l’heure actuelle, et
ce quelles que soient les conditions et
les absences.
Votre expérience en tant que club
peut-elle faire la différence face à
des formations comme Grenoble,
Bordeaux-Bègles ou Oyonnax ?
Il y a de la qualité partout, avec des
Éliminé dès la phase
de poules en Coupe
d’Europe et pas certain
de disputer les phases
finales du Top 14,
Toulouse s’apprête
à vivre une fin de
saison tendue. Mais
Guy Novès, manager
depuis 1993, estime
que son club, qui
doit faire face à une
concurrence de plus
en plus forte, n’est
pas pour autant sur la
pente descendante.
n°76 - avril 201528
Toulouse
staffs expérimentés, que ce soit à
Grenoble, Bordeaux, Oyonnax ou chez
nos autres concurrents. Après, il est
certain que l’expérience est toujours
un plus dans la vie, même si j’aimerais
en avoir un peu moins et être plus
jeune (rires).
« Pendant dix ans,
les gens étaient
heureux de voir le
Stade toulousain
remporter quelques
matches »
Aujourd’hui, Toulouse boxe-t-il
encore dans la même catégorie
que des formations comme Tou-
lon, Clermont, ou encore le Racing
Metro ?
De 1975 à 1985, j’ai passé dix ans
sans remporter de titres. Je sais
donc ce que c’est que de vivre des
moments difficiles. Pendant dix ans,
les gens étaient heureux de voir le
Stade toulousain remporter quelques
matches. Aujourd’hui, nous sommes
tout de même loin de ce genre de
période. Lorsque nous ratons une
qualification en quart de finale de
Coupe d’Europe au goal-average en
particulier, les gens parlent de déclin.
Je les laisse parler, et de notre côté
nous continuons à travailler.
Nous avons surtout la sensation de
vivre une période où l’adversaire s’est
extrêmement renforcé. J’ai participé à
douze titres de champion de France et
quatre de champion d’Europe, et je
ne voudrais pas qu’ils soient banalisés
en disant que le Stade toulousain va
moins bien. Il faut admettre qu’une
équipe comme Toulon domine le
rugby français avec un jeu de qualité
servi par des joueurs monstrueux. Le
Racing Metro s’est lui aussi inscrit
dans ce type de projet en faisant
des efforts énormes pour se hisser
à ce niveau-là, en termes d’effectifs
et d’infrastructures. Clermont reste
parmi les équipes qui sont là chaque
année. Montpellier, même si le
club vit une saison difficile, est en
train de se structurer pour revenir
dans la course, et là aussi avec des
moyens faramineux. Remporter des
trophées est un véritable objectif
pour ces présidents millionnaires
ou milliardaires, qui peuvent même
combler le déficit de leur club en
rigolant. Dans une période où le Stade
toulousain n’a pas pu aller jouer au
Stadium (en raison des travaux pour
l’Euro 2016 de football, ndlr) et vit
la crise comme tous les clubs, nous
subissons plus la concurrence, tout
simplement, mais le Stade toulousain
n’est pas en déclin pour autant.
Sur quels aspects le club doit-il
miser pour rivaliser ? Sa formation
en particulier ?
Le Stade Toulousain doit miser sur
ses forces vives. En effet, nous avons
la capacité de produire des jeunes
joueurs par le biais d’une formation
qui fait partie des meilleures de
France, si ce n’est la meilleure. Il n’y
a pas de problème là-dessus. Nous
restons très attentifs à l’arrivée de ces
jeunes joueurs qui viennent renforcer
l’effectif. Cela dit, c’est une volonté
qui n’est pas nouvelle, ça fait des
années que cela dure chez nous et
nous n’allons pas changer.
« Faire barrière aux
joueurs étrangers
est une hérésie »
Philippe Saint-André a déploré
le manque de temps de jeu des
jeunes français en Top 14. Compre-
nez-vous cette critique ?
D’une certaine manière, il a raison.
Un jeune joueur, il faut lui permettre
©ManuelBlondeau/IconSport
Le technicien estime que le Stade toulousain fait face à une concurrence accrue.
©AurelienMeunier/IconSport
Guy Novès
61 ans - Né le 5 février 1954
à Toulouse (Haute-Garonne)
Joueur : Toulouse (1975-1988)
Sélection nationale :
France (7 sélections)
Entraîneur :
Toulouse (1988-1990, puis depuis 1993)
Palmarès : Vainqueur de la Coupe
d’Europe (1996, 2003, 2005, 2010),
champion de France (1985, 1986, 1989,
1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001,
2008, 2011, 2012)
Le manager toulousain tient à apporter tout
son soutien à Philippe Saint-André.
BIO EXPRESS
n°76 - avril 2015 29
Rugby
Pour Guy Novès, parler de dopage dans le rugby à son époque relève du buzz.
Depuis plusieurs semaines, l’ouvrage du journaliste Pierre
Ballester, baptisé « Rugby à charges », fait débat. En
effet, l’auteur a enquêté sur la pratique du dopage dans
le rugby et, même s’il assure « ne pas avoir lu ce livre »
et « ne pas en avoir envie », Guy Novès a son avis sur la
question. « J’ai joué de 1975 à 1988, et pendant deux
ans avec l’équipe de France. J’ai connu cette période-
là, et je n’ai pas souvenir d’avoir vu du dopage organisé
tel que je l’ai entendu dire par le biais des médias. Je
n’ai, par exemple, jamais vu Jean-Pierre Rives prendre un
quelconque produit pour lui permettre d’être ce qu’il a
été, à savoir l’un des meilleurs joueurs de sa génération.
Il est vraiment très dur d’entendre ce genre de choses, à
plus de soixante ans. Ça me touche. Cela reflète la société
actuelle, où l’on crache sur tout », confie le manager
du Stade toulousain. « Aujourd’hui, pour gagner de
l’argent, il suffit de faire du buzz. C’est comme cela que
l’on éduque les nouvelles générations ; elles se régalent
de choses qui très souvent n’en valent pas la peine ».
Guy Novès « touché » par l’affaire Ballester
©JeanPaulThomas/IconSport
d’exploiter son talent et de progresser.
Mais d’un autre côté, faire barrière
aux joueurs étrangers est une hérésie.
Lorsqu’ils arrivent en nombre cohérent,
ils permettent justement aux jeunes
de progresser. C’est lorsque l’on a un
exemple de qualité que l’on peut tirer
les gens vers le haut. Aujourd’hui, je
ne suis pas certain que ce « débat »
soit le vrai problème. Je pense qu’un
joueur de talent joue. Nous visons
d’excellents résultats sur le sol français
et européen. Est-ce que les moins de
vingt ans maîtrisent suffisamment leur
rugby pour jouer dans ces clubs ? Je
pense qu’il y en a très peu. Il ne faut
pas oublier que le rugby est devenu
professionnel. En changeant de statut,
le fossé s’est creusé entre la formation
des jeunes, qui démarre trop tard selon
moi, et ce monde professionnel. Pour
les jeunes, c’est donc plus compliqué
qu’à une certaine époque.
Le sélectionneur est très criti-
qué, et les performances du XV
de France sont en dents de scie.
Qu’attendez-vous des Bleus à la
Coupe du monde ?
Nous sommes à quelques mois
seulement du Mondial, et je pense que
ce n’est pas le moment de chercher
des poux sur la tête de Philippe Saint-
André. Il faut plutôt le réconforter et
le soutenir. Concernant l’équipe de
France, je fais appel à l’expérience.
Par le passé, est-il déjà arrivé à une
équipe qui ne maîtrise pas totalement
son sujet d’avoir de bons résultats ? La
dernière Coupe du monde a montré
que l’équipe de France pouvait hisser
son niveau de jeu et prétendre au titre,
alors que le staff était extrêmement
critiqué. Une prise de conscience peut
se produire à tout moment et mettre
tout le monde en confiance, joueurs
et staff. Je souhaite vivement que cela
arrive lors de la Coupe du monde.
©JeanPaulThomas/IconSport
À l’image d’Edwin Maka (à gauche), Guy Novès n’hésite pas à lancer de jeunes joueurs.
n°76 - avril 201530
www.groupe-maurin.com
Mouhammadou Jaiteh ne s’en cache
pas : il vise le titre avec Nanterre.
Basketpar Olivier Navarranne
© Johnny Fidelin / Icon Sport
Jaiteh,
destination NBA ?
MouhammadouJaiteh
Un Français de plus sur les parquets de
NBA : voilà ce qu’espère ardemment
Mouhammadou Jaiteh. À 20 ans à
peine, ce surdoué du basket qu’il
a commencé très tard, à l’âge de
treize ans, se sent prêt à franchir
l’Atlantique. Son objectif : participer
à la traditionnelle draft NBA, et ainsi
rejoindre les rangs d’une formation
digne du plus grand championnat
de basket au monde. Et si le jeune
francilien est conscient que cette
année peut être la bonne, c’est aussi
parce qu’il a déjà tenté sa chance
à deux reprises, et sans succès.
« Après ces deux dernières années,
j’ai toujours su me remotiver en me
disant que renoncer à la draft NBA
était aussi l’occasion de faire une
meilleure saison ici. Pour moi, il était
d’abord important d’être bon en Pro
A. Il fallait que je franchisse les paliers
progressivement. Aujourd’hui ça se
passe bien en Pro A ; il est donc normal
que j’y croie plus que jamais ». Après
avoir manqué la draft en fin de saison
dernière, Mouhammadou Jaiteh est
donc revenu à Nanterre, un club où il
restait sur une première saison mitigée
dans l’élite. Mais cette année, le pivot
a pris une nouvelle dimension au sein
de l’effectif nanterrien. Régulièrement
titulaire, il a enchaîné les matches et
les performances de haute volée, que
ce soit en championnat ou sur la scène
européenne, ce qui a valu au pivot
une deuxième participation au All
Star Game début janvier. « Mam’ »
regrette cependant l’élimination
précoce en Leaders Cup au mois
Brillant avec
Nanterre
cette saison,
Mouhammadou
Jaiteh a franchi
un nouveau
palier. Pour le
pivot de 20 ans,
une progression
fulgurante qui
pourrait le mener à
fouler les parquets
américains la
saison prochaine.
n°76 - avril 201532
Nanterre
de février. « Il est certain que cette
élimination nous a déçus, car nous
avions envie de remporter le trophée
après avoir échoué en finale l’année
dernière. Perdre d’entrée, ce n’est pas
plaisant pour les compétiteurs que
nous sommes. Cela nous a montré
que, malgré le fort potentiel qui est le
nôtre, le moindre relâchement fait de
nous une équipe vulnérable, et nous
ne pouvons pas nous le permettre ».
« J’y crois vraiment,
je ne vais pas le
cacher »
Le rebond des Nanterriens a d’ailleurs
été immédiat, se traduisant par
d’excellentes performances en Pro
A, où la JSF fait partie des candidats
au titre en compagnie de Strasbourg
et de Limoges. « L’équipe est plus
talentueuse que l’année dernière. Je
pense d’ailleurs ne pas être le seul
à avoir progressé : chaque joueur
déjà présent au club par le passé est
meilleur aujourd’hui. Chacun a su
apporter quelque chose au groupe à un
moment de la saison, lorsque quelque
chose n’allait pas », assure le jeune
pivot. « Il est vrai que notre dynamique
est bonne en championnat. Ce serait
vraiment irrespectueux de dire que
nous ne voulons pas le titre. Mais on
ne se met pas de pression pour autant,
nous prenons les matches les uns
après les autres ».
Au milieu d’éléments expérimentés
comme Marc Judith, Mykal Riley ou
Jamal Shuler, Mouhammadou Jaiteh
a progressé dans tous les domaines,
pouvant enfin compter sur une place
de titulaire, après une saison où il avait
passé plus de temps sur le banc que
sur les parquets. « Cette saison, il est
vrai que j’ai beaucoup plus de stabilité
et de temps de jeu. Cela me permet
de mettre en application ce que je
travaille à l’entraînement, mais aussi
de progresser et de prendre du plaisir
pendant les matches. Disputer autant
de rencontres me permet d’avoir une
continuité dans mes performances.
Ma progression est au rendez-vous,
car je joue régulièrement, tous les trois
à quatre jours, face à des adversaires
de haut niveau ». Un haut niveau que
Nanterre, vainqueur du titre en 2013,
espère retrouver avec une nouvelle
©DaveWinter/IconSport©AndreFerreira/IconSport
Le pivot a progressé à tous les niveaux, notamment dans l’impact physique.
Ses performances ont valu à Mam Jaiteh de participer à son deuxième All Star Game.
©GEPA/IconSport
Mouhammadou Jaiteh
20 ans - Né le 27 novembre 1994
à Pantin (Seine-Saint-Denis)
2m08 - 105kg
Poste : Pivot
Clubs : Boulogne-sur-Mer (2012-2013),
Nanterre (depuis 2013)
Palmarès : Vainqueur de la Coupe de
France (2014), vainqueur du Match
des Champions (2014), finaliste de la
Leaders Cup (2013)
Le jeune joueur a profité de la multiplication
des matches, comme ici en Eurochallenge,
pour glaner du temps de jeu.
BIO EXPRESS
n°76 - avril 2015 33
Si Nanterre ne sait pas encore de
quoi sera faite sa fin de saison en
Pro A, la JSF peut d’ores et déjà
se targuer d’un excellent parcours
européen. Les hommes de Pascal
Donnadieu disputeront en effet, fin
avril, le Final Four de l’Eurochallenge,
troisième compétition européenne la
plus importante après l’Euroligue et
l’Eurocup. Sortie en tête d’un groupe
composé du Mans, des Autrichiens
d’Üssing et des Turcs d’Usak, la JSF
a ensuite disposé des Italiens de
Brindisi lors des quarts de finale, en
deux matches seulement. D’abord
vainqueurs à domicile (80-68), les
coéquipiers de Mouhammadou Jaiteh
ont réussi l’exploit de triompher en
Italie. Menés de six points à une minute
du terme, les Nanterriens ont réussi
un incroyable 13-2 pour s’imposer
sur le fil (72-77). La JSF a désormais
rendez-vous avec son histoire, en
disputant la demi-finale le 24 avril,
avant une éventuelle finale deux jours
plus tard. Alors que les performances
du PSG focalisent l’attention, c’est
bien de Nanterre que pourrait venir un
triomphe européen cette saison...
Eurochallenge :
Nanterre en Final Four
©GEPA/IconSport
couronne en 2015. Vainqueur de la
Coupe de France la saison passée
avec la JSF, Mouhammadou Jaiteh est
conscient qu’un titre de champion
de France serait aussi un éclairage
bienvenu à l’heure de tenter une
nouvelle fois sa chance en draft NBA.
« J’y crois vraiment, je ne vais pas le
cacher. À la fin de la saison, je vais
aller aux États-Unis pour commencer
le work-out. Dès que Nanterre sera
éliminé, ou champion, je l’espère,
je pars aux USA. Logiquement, il est
quasiment certain que j’irai à la draft
cet été ». Pascal Donnadieu, coach de
la JSF Nanterre, sait bien que le club
francilien n’est qu’un tremplin pour
son jeune poulain. « Je lui souhaite
d’accéder à la draft et le plus haut
possible, mais il faut l’aider à gérer
cette attente ; il ne faut pas que ça
lui mette trop de pression. Il doit se
concentrer sur le basket. Il a les qualités
pour être drafté. Mais je ressens
une pointe d’anxiété chez lui, il y a
beaucoup de scouts qui viennent et il
faut qu’il apprenne à faire abstraction
de tout ça ». Un conseil mis en
application par le joueur. « J’y pense
forcément, mais il faut que je fasse les
choses dans l’ordre, que je continue
de progresser et de terminer la saison
avec Nanterre ». Une progression
linéaire qui pourrait donc le mener à la
NBA, mais aussi à l’équipe de France.
« C’est forcément quelque chose
auquel je pense. C’est toujours un
honneur de pouvoir représenter son
pays. J’ai encore le temps, je ne pense
pas que la sélection va me tomber
dessus dans les semaines à venir. Il
y a beaucoup de bons joueurs déjà
présents dans cette équipe de France,
mais aussi en dehors, susceptibles de
les remplacer. Si je n’y suis pas, ce ne
sera pas choquant. Au contraire, ça
me laissera encore plus de temps pour
travailler ». Pour les Bleus comme pour
la NBA, Mouhammadou Jaiteh espère.
Sans se presser, mais avec la conviction
qu’il peut renverser des montagnes.
Johan Passave-Ducteil est l’un des hommes
forts de Nanterre en Eurochallenge.
©JohnnyFidelin/IconSport
Pascal Donnadieu a grandement participé à la nouvelle dimension prise par son joueur cette saison.
Basket
n°76 - avril 201534
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DU 5 AU 20 SEPTEMBRE
MONTPELLIER – LILLE MÉTROPOLE
Adam Simac fait partie des
hommes forts d’une équipe
de Lyon surprise de Ligue A.Volleypar Sylvain Lartaud © Jean Paul Thomas / Icon Sport
L’Asul volley veut
rester en haut de
l’élite française
2500 spectateurs contre Montpellier le
28 février, plus de 4000 face à Paris
le 14 mars. Cette saison, l’Asul a bien
aimé déserter le petit palais des sports
de Gerland pour se produire chez le
grand frère de celui-ci. Les Lyonnais
ont réussi une belle sensation en se
qualifiant pour les play-offs. Dans le
public, quelques anciens ont vu resurgir
de savoureux souvenirs des années 80
durant lesquelles l’Asul présentait une
formation prestigieuse composée de
nombreux internationaux : les frères
Bouvier, les frères Fabiani ou encore
Olivier Rossard. Une équipe qui n’a
pourtant jamais décroché le titre de
champion de France. Cette ambition,
Krassimir Todorov l’affiche sans
ambages. Ce Franco-Bulgare atteint
sa dixième saison à la présidence du
club dans lequel il a tout connu. Mais
pas la troisième place du classement
de Ligue A, à trois journées du terme
de la phase régulière. Il annonce que
l’objectif, c’est « de se stabiliser en
haut de l’élite et d’être sacré champion
un jour ». Pourtant, à la question de
savoir ce que ça lui faisait de voir son
équipe dans cette situation, Todorov
venait de répondre du tac au tac,
mais dans un grand éclat de rire : « un
peu plus de soucis ! On se demande
maintenant comment faire pour rester
à ce niveau, car le but c’est de ne pas
Après avoir sauvé sa
place en Ligue A lors
de la dernière journée
la saison dernière, le
club lyonnais occupe
le haut du classement
et pourrait jouer une
Coupe d’Europe. À
condition de réunir le
budget nécessaire.
n°76 - avril 201536
s’entendre dire que nous avons eu un
coup de chance sur une saison ou que
c’est dû au hasard. Le plus important,
c’est de se maintenir sur plusieurs
saisons ». De son côté, Silvano Prandi
ne s’enflamme pas devant ce rang.
L’entraîneur italien a trop d’expérience
pour se laisser piéger. « Les matches
les plus importants de la saison sont
les derniers, en play-offs. Difficile
donc de porter un regard sur les
performances de l’équipe jusque-là :
disons qu’elle a fait quelquefois bien,
quelquefois mal ». Silvano Prandi a
vécu une première saison compliquée à
l’issue de laquelle l’Asul a dû attendre
l’ultime journée, à Narbonne, pour
officiellement se maintenir. « Nous
avons joué sans le passeur, ni le pointu
(Nikolov) durant la première partie de
la saison. Cette année, au contraire,
nous avons pu construire l’équipe
comme il faut pendant l’été ».
« Imaginer Lyon
européen il y a
deux-trois ans,
c’était impossible »
Tout cela, Lyon le doit à ce technicien
qui enchaîne sa 39ème
saison sur le
banc de touche d’un club. Il reconnaît
qu’il ne connaissait rien de l’Asul au
moment où Todorov l’a appelé. « Mais
je pensais que la France pouvait être
une nouvelle expérience humaine et
sportive intéressante ». Lui aussi assure
que l’Asul peut devenir championne
de France. « On ne doit pas penser
au passé et au fait que le club a un
palmarès vierge à ce niveau, mais à
l’avenir. Nous avons une tête, deux bras
et deux jambes comme chacun de nos
adversaires qui composent l’effectif des
sept autres équipes. Pas moins que les
autres ». Martin Jambon, 25 ans, l’un
des plus anciens au club, savoure de
jouer les premiers rôles et ces nouvelles
ambitions après plusieurs saisons
d’ascenseur avec la Ligue B. « C’est
dû à la qualité des joueurs qui ont été
recrutés, affirme le pointu remplaçant.
C’est beaucoup plus régulier en termes
de résultats. Si on parvient à tirer notre
épingle du jeu durant les play-offs, ce
sera du bonus. Imaginer Lyon européen
il y a deux-trois ans, c’était impossible.
C’est vraiment bien pour un club qui
n’est pas toujours reconnu à Lyon ces
dernières années ». Reste qu’un sujet
pèse lourdement sur les épaules de
l’Asul : les incertitudes financières,
dont le club subit les affres depuis de
nombreuses années. Sur dix ans, il a
épongé une dette de 240 000 euros.
Avec1,2milliond’eurosdebudgetcette
saison, il n’est pas certain de valider sa
participation à la Coupe d’Europe et
encore moins de prolonger Prandi une
saison de plus. « Il nous faudrait 1,5
millions d’euros la saison prochaine »,
avance Krassi Todorov. Ces incertitudes
n’empêchent pas le club de rester
dans sa ligne directrice et d’évoluer. Le
projet a d’abord consisté à faire revenir
des anciennes forces vives au sein du
comité directeur, dont Jean-Marie
Schmitt, entraîneur de l’Asul dans les
années 80. Le club compte notamment
une chargée de communication et un
spécialiste des statistiques qui travaille
individuellement sur chaque joueur
pendant les entraînements. « En France,
nous sommes l’un des seuls clubs à
proposer cette organisation », précise
Krassi Todorov. Il y a dix ans, quand
celui-ci est arrivé, l’équipe évoluait en
National 2 (4ème
division), ne disposait
pas d’équipe réserve et au total le
nombre de licenciés ne dépassait
pas 70. « Aujourd’hui, nous avons
deux équipes réserves, deux équipes
féminines et près de 700 licenciés
(que nous espérons porter à 1000 l’an
prochain). Sur ce critère, nous sommes
derrière le Stade français Saint-Cloud,
le deuxième club français ». L’autre
cheval de bataille cher à Krassi Todorov,
c’est la formation. « Le but, c’est de
détecter de jeunes joueurs pour, à
terme, qu’ils deviennent les cadres de
notre équipe ». L’Asul vit, à ce niveau
là aussi, dans l’ombre du voisin OL.
« L’OL ou l’Asvel, cela fait 20 ans qu’ils
travaillent sur ce sujet pour avoir des
résultats. Nous, nous sommes là depuis
hier, il faut être patients et réalistes ».
Lyon
©JeanPaulThomas/IconSport
Le coach Silvano Prandi (au centre) a redonné vie à une équipe en difficulté depuis plusieurs saisons.
©JeanPaulThomas/IconSport
Basé sur un esprit d’équipe à toute épreuve, Lyon brille aussi sur le plan défensif.
n°76 - avril 2015 37
L’ailier de 27 ans fait partie des
cadres de l’équipe de Tremblay.
Handballpar Olivier Navarranne
© Andre Ferreira / Icon Sport
Bingo
pour Tremblay
ArnaudBingo
« Disputer une saison sans avoir la
boule au ventre à chaque match et la
peur de descendre, ça fait plaisir ! ».
La voix d’Arnaud Bingo laisse
transparaître un certain soulagement à
l’heure d’évoquer la saison en cours. Il
faut dire qu’après trois saisons difficiles
et autant de maintiens obtenus de
justesse, Tremblay-en-France a trouvé
une position plus confortable cette
année, en milieu de classement, loin
des premières places, mais aussi de
la zone rouge. Cette saison, Tremblay
joue en équipe. Et pour Arnaud
Bingo, cela change tout. « On connaît
le travail exceptionnel réalisé par
David Christmann (entraîneur arrivé
à Tremblay-en-France l’été dernier,
voir encadré, ndlr) à Cesson-Rennes.
Avec un budget limité, il était arrivé
à bâtir une équipe performante avec
des joueurs du centre de formation
et à obtenir de bons résultats. Cette
année, il nous a apporté son savoir-
faire, nous commençons à jouer en
équipe et à avoir cette culture de la
gagne essentielle à ce niveau-là. Nous
n’avons pas de pseudo-star dans
l’équipe, c’est vraiment tous pour un
chez nous », assure l’ailier gauche
qui sait mieux que personne que tout
peut aller très vite dans le handball.
« On sait d’où on vient et ce que nous
avons vécu ces dernières saisons. Nous
savons très bien que nous ne sommes
pas devenus la meilleure équipe du
championnat en quelques mois. Nous
essayons simplement de gagner les
matches qui peuvent l’être, ce qui nous
permet de ramener de plus en plus de
Tremblay-en-France
revit. Après trois
saisons à lutter
pour le maintien,
le club francilien a
trouvé sa place en
milieu de terrain.
Un véritablement
soulagement pour
l’ailier gauche
Arnaud Bingo,
présent depuis
2007 et très attaché
au club.
n°76 - avril 201538
Tremblay-en-France
public et de faire en sorte que la ville
de Tremblay soit reconnue par rapport
à ses performances ». Arrivé au club
en 2009, Arnaud Bingo n’a pas connu
que les années de galère à Tremblay.
Les places sur le podium, la finale de
Coupe de France en 2010 et celle de
la Coupe des coupes en 2011 : le natif
de Lyon était de ces aventures.
« Ce n’est pas en
le quittant quand
tout va mal que le
club arrivera à se
pérenniser »
Tout cela avant une dégringolade qui
a vu le club francilien lutter pour sa
survie dans l’élite depuis trois saisons.
« L’esprit de groupe nous a manqué
pendant deux ou trois ans. On ne
peut pas s’en sortir, si on ne travaille
pas pour le joueur qui est à côté. Il
faut respecter un schéma et ne pas
essayer de toujours prendre le jeu
à son compte. Sur ce plan-là, nous
avons fait beaucoup de progrès, et
ça commence à porter ses fruits cette
saison », explique Arnaud Bingo. «
La première année, on ne comprend
pas trop ce qu’il se passe. Quand il
y a une deuxième et une troisième
année sur ce rythme, on se dit que
les choses peuvent aller très vite. C’est
ce que je me suis dit, que rien n’était
acquis, qu’il faut toujours se remettre
en question et travailler deux, trois,
quatre, voire cinq fois plus pour
améliorer la situation ».
Un travail qui a payé pour Arnaud
Bingo, devenu international français
grâce à des performances de plus
en plus remarquées sous le maillot
tremblaysien. Appelé pour la première
fois en 2010 par Claude Onesta,
l’ailier gauche a progressivement
trouvé sa place dans le groupe France,
en suppléant de l’inusable Michaël
Guigou. Le joueur de Tremblay
devient ainsi champion du monde en
2011 en Suède, avant de participer à
l’Euro 2012. Mais les résultats en club
sont depuis passés par là : difficile
de conserver sa place en équipe de
France en disputant le maintien, alors
que les concurrents au même poste,
©JohnnyFidelin/IconSport
Ici en compagnie d’Audray Tuzolana (à gauche), Arnaud Bingo estime que Tremblay a retrouvé un esprit
d’équipe cette saison.
©ManuelBlondeau/IconSport
Arnaud Bingo faisait partie des Experts lors du titre mondial en 2011.
©SebastienMuylaert/IconSport
Arnaud Bingo
27 ans - Né le 12 octobre 1987
à Lyon (Rhône)
1m90 - 80kg
Poste : Ailier
Clubs : Villeurbanne (2005-2007),
Tremblay-en-France (depuis 2007)
Palmarès : Champion du monde
(2011), finaliste de la Coupe des
coupes (2011), finaliste de la Coupe
de France (2010)
Le joueur estime qu’une place
en milieu de tableau cette saison
serait une excellente performance.
BIO EXPRESS
n°76 - avril 2015 39
Handball
Redevenir une place forte du handball
français est l’objectif des dirigeants
du club de Tremblay-en-France.
C’est dans cette optique qu’ils se
sont chargés de trouver un nouveau
coach en fin de saison dernière, après
un nouvel exercice décevant. Leur
choix s’était ainsi porté sur David
Christmann. Le technicien, qui a
réussi à faire passer le club de Cesson
de la N2 à la D1, avait besoin d’un
nouveau challenge. « J’avais d’autres
propositions, notamment à Saint-
Raphaël. Mais le projet de Tremblay
m’a emballé. J’ai senti plus d’affinités.
Ce club a des valeurs qui me plaisent.
Il a aussi une longue histoire. Tremblay
vient de vivre des saisons plus difficiles.
Je veux l’aider à remonter la pente »,
avait-il alors déclaré. En compagnie de
son adjoint Mehdi Boubakar, il s’est
donc engagé sur la durée à Tremblay,
avec un contrat de cinq ans. Un choix
pour le moment payant, le coach
ayant réussi à redonner le sourire aux
supporters et un minimum de cohésion
à son équipe. Avec un amalgame
d’anciens et de jeunes talents formés
au club, Tremblay a retrouvé une
place en milieu de tableau. Le travail
de David Christmann, qui ne fait que
commencer, devrait continuer à porter
ses fruits dans les mois à venir et,
pourquoi pas, permettre à l’équipe
francilienne de viser encore plus haut
dès la saison prochaine.
David Christmann, messie de Tremblay ?
©AurelienMeunier/IconSport
Michaël Guigou et Samuel Honrubia
en tête, disputent le titre et la Ligue
des champions. Pour autant, Arnaud
Bingo n’a jamais émis le souhait
de partir pour une formation plus
huppée. « Ce n’est que mon avis, mais
je trouve trop facile d’être là et de
répondre aux sollicitations quand tout
va bien, et de quitter le navire quand
rien ne va. Personnellement, je ne suis
pas du tout dans cet état d’esprit.
Pendant cette période difficile, j’ai
eu des sollicitations d’autres clubs,
mais j’ai préféré rester ici, faire le dos
rond et me battre avec mes amis pour
redorer le blason du club. Ce n’est
pas en le quittant quand tout va mal
que le club arrivera à se pérenniser et
à retrouver les premières places dans
les années à venir ». Quant à l’équipe
de France, l’ailier gauche a observé le
dernier sacre des Experts au Qatar à
la télévision. Sans amertume aucune,
mais avec forcément les Bleus dans
un petit coin de la tête. « Quand
on a connu l’équipe de France, on
a toujours envie de se battre pour
y retourner. Ce n’est pas du tout
sorti de mon esprit, même si pour
l’instant ma priorité reste ma saison
avec mon club. Si je suis performant
tout au long de la saison et que je
mérite d’y retourner, alors peut-être
que je retrouverai l’équipe de France.
Même si j’avoue qu’il y a des joueurs
très talentueux dont il sera difficile de
prendre la place (rires) », s’amuse le
joueur. « J’ai trouvé un environnement
idéal ici à Tremblay, notamment avec
les gens qui travaillent au club. Pour
moi, c’est le plus important. C’est à
Tremblay que j’ai connu l’équipe de
France, la Coupe d’Europe et le haut
niveau, tout simplement. J’ai envie de
retrouver tout cela ici ». Une fidélité
qui, à défaut de crier victoire, peut
permettre au club francilien de crier
bingo !
Le technicien s’est engagé sur la durée jusqu’en 2019 avec Tremblay.
©AndreFerreira/IconSport
Le natif de Lyon veut retrouver le très haut niveau avec Tremblay.
n°76 - avril 201540
Conceptionetréalisation:Havas360/Exécution:FreeLance’sl’Agence.Grévin&Compagnie.SA-SIREN334240033RCSCompiègne.-Créditsphotos:DHP
AP_SportMag_190x135.indd 1 16/03/2015 15:56
n°76 - avril 2015 41
Julien Da Costa a rejoint le Team
Honda Racing l’année dernière.
© Pascal BLEJEAN / Esprit Racing - ACO
Sports mécaniques
par Olivier Navarranne
JulienDaCosta
Julien Da Costa a
Le Mans dans la peau
« On vise clairement le titre ». Julien
Da Costa n’y va pas par quatre
chemins au moment d’évoquer ses
ambitions à l’aube de la nouvelle
saison. L’Héraultais a en effet la rage
de vaincre, après une saison dernière
contrastée au sein du Championnat
du monde d’endurance. « D’entrée de
saison, en 2014, la moto s’était avérée
très performante. Cela s’était confirmé
au Bol d’Or où nous avions obtenu la
pôle position. Nous étions très satisfaits
et très surpris par la machine. Nous
avons seulement été trahis par des
ennuis mécaniques ». Des problèmes
et des abandons à répétition qui
n’ont pas pour autant dissuadé le
pilote de poursuivre l’aventure avec
Honda, dans un projet qu’il avait
rejoint en début de saison dernière.
« Comme chez Kawasaki, je veux
arriver à gagner chez Honda. Nous
avons les bases, nous avons installé
une stratégie d’équipe et je me plais
beaucoup à travailler avec l’équipe
technique de chez Honda. L’an dernier,
la fiabilité n’a pas été au rendez-vous,
mais le team a travaillé d’arrache-pied
pour régler ce problème. Cette année,
nous allons ainsi pouvoir profiter
de nombreuses améliorations sur la
moto, et nous sommes donc vraiment
confiants pour jouer les premiers rôles
tout au long de la saison », assure le
pilote, dont les deux coéquipiers n’ont
pas changé : Freddy Foray et Sébastien
Gimbert. Avec eux, Julien Da Costa
devra faire preuve d’une importante
régularité pour espérer soulever le
précieux trophée au terme des six
Les 18 et 19 avril,
les 24 Heures
Motos ouvrent le
Championnat du
monde d’endurance
sur le circuit Bugatti
du Mans. Une
épreuve mythique
pour l’ensemble des
pilotes, dont Julien
Da Costa, triple
vainqueur qui vise un
quatrième succès.
n°76 - avril 201542
Sportmag avril 2015 - Mam Jaiteh
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Sportmag avril 2015 - Mam Jaiteh

  • 1. N°76-6,50€ avril2015 Nanterre L e m a g a z i n e m e n s u e l d e s s p o r t s sportmag.fr Football : Caen Rugby : Toulouse Basket : Nanterre Volley : Lyon Handball : Tremblay Découverte : Canoë-kayak Mécanique : Julien Da Costa Au féminin : Kristell Massiotta FFSU : Reims Médias : Bruno Salomon BUSINESS : SNCF Réseau Zone Mixte : Yohan Blondel MAM JAITEH destination NBA
  • 2. SARL au capital de 8000€ -SIRET 450 263 785 00070 – APE 5814Z – N° Intracommunautaire FR 19450263785 -ABONNEZ – VOUS ! AU MAGAZINE 1er MAGAZINE MENSUEL DES SPORTS UNE NOUVELLE FACON DE VIVRE LE SPORT  OUI, je souhaite m’abonner à SPORTMAG pour 1 an version papier (11 numéros) + la version numérique à l’ensemble de votre établissement au prix exceptionnel de 62.50 € (au lieu de 104.5 €*)  OUI, je souhaite m’abonner à SPORTMAG pour 1 an (11 numéros) au prix exceptionnel de 49.50 € (au lieu de 71.5 €*)  OUI, je souhaite m’abonner à SPORTMAG pour 2 ans (22 numéros) au prix exceptionnel de 90 € (au lieu de 143 €*) Offre valable jusqu'au 30 Juin 2015 * Par rapport au prix unitaire Remplissez le bulletin ci-dessous : Raison sociale :…………………………………………………………………………………………………… Nom : …………………………………………………….. Prénom : …………………………………………… Adresse :…………………………………………………………………………………………………………… Code postal :……………………. Ville :…………………………………………………………………………. Téléphone : ………………………..………………Email :……………………………………………………… OBLIGATOIRE POUR VERSION NUMERIQUE BULLETIN d’ABONNEMENT à retourner accompagné de votre règlement à : SPORTMAG – PARC JEAN MERMOZ – 199 RUE HELENE BOUCHER – 34170 CASLTELNAU - MONTPELLIER METROPOLE Pour tous renseignements : service clientèle au 04.67.54.14.91 ou envoyer un mail à abonnement@sportmag.fr Votre règlement :  Chèque bancaire ou postal à l'ordre de EVEN’DIA SPORTMAG  Mandat administratif  Je souhaite une facture. Si adresse différente. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date et signature obligatoires NAFP15 Bulletin d’Abonnement 2015
  • 3. CSRD FORMATION ET CONSEIL EN SÛRETÉ RECHERCHE DISSUASION Nos actions et services se traduisent essentiellement par 4 niveaux d’intervention : - La formation comportementale - Le conseil - L’audit - Les missions d’accompagnement d’organisation C’est dans la rencontre entre les besoins de nos partenaires et nos compétences que nous construisons nos actions. Toutes nos collaborations se déroulent dans la plus grande confidentialité. NOS DIFFÉRENTS DOMAINES D’EXPERTISE : - Gestion de l’incivilité et de l’agression en situation professionnelle - Prévention et gestion du vol à main armée sur des lieux sensibles (banque, boutique de luxe, bijouterie...) ou sur du transport sensible - Gestion du stress opérationnel et professionnel - Formation pour la Police Municipale - Audit de sûreté de structure d’accueil publique d’évènementiel - Mission d’accompagnement individualisé de personnes sensibles La société CSRD a été créée par Régis Dubois, ancien fonctionnaire de police qui a fait une partie de sa carrière dans une division Anti-terrorisme et ensuite dans le service le plus prestigieux de la police judiciaire du quai des orfèvres, qui a à son actif le plus d’arrestations de malfaiteurs chevronnés en flagrant délit et de gestion de prises d’otages; CSRD est un organisme de formation et de conseil en sûreté recherche et dissuasion 47, Avenue Jean Jaurès - 94230 Cachan - Téléphone : 33.6.09.26.49.76 • mail : regis@conseil-srd.com Site : www.conseil-srd.net Siret : 79257739700013 • Organisme de formation : 11 94 0853194
  • 4. GAGNEZ … sur SPORTMAG.FR GAGNEZ … sur SPORTMAG.FR Inscription et règlement sur www.sportmag.fr Jeu valable du 1er avril au 3 mai 2015. 2 ENTRÉES au Parc Astérix (50 places à gagner) 2 ENTRÉES au Parc Astérix (50 places à gagner) Prix unitaire d’une entrée : 46 € TTC.Validité des entrées : 1 jour, 1 personne, saison 2015 (selon calendrier d’ouverture). 7 SÉJOURS d’une SEMAINE pour 4 personnes à - Serre Chevalier - Île De Ré - Mesquer - Nontron - Soustons - Tarnos 7 SÉJOURS d’une SEMAINE pour 4 personnes à - Serre Chevalier - Île De Ré - Mesquer - Nontron - Soustons - Tarnos ®pawlak®DRTouristraVacances®P.SOISSONS
  • 5. 4 FOCUS Marie Dorin-Habert 6 Publi-rédactionnel Le Languedoc-Roussillon, roi du kite 10 Sport d’attache Samir Benzema 12 Sport médias Bruno Salomon FOOTBALL 24 caen Emiliano Sala RUGBY 28 toulouse Guy Novès BASKET 32 Nanterre Mouhammadou Jaiteh VOLLEY 36 Ligue A Lyon HANDBALL 38 Tremblay Arnaud Bingo SPORTS DIVERS 42 Sports mécaniques Julien Da Costa 46 Au féminin Kristell Massiotta 50 Découverte Canoë-kayak 54 Sport Universitaire 3 Nations Cup 58 Sport Business SNCF Réseau 62 Fan Zone Coupe internationale de Printemps 64 Shopping Tous à vélo ! 66 Zone mixte Le « pourquoi du comment » d’une candidature olympique française SommaireDirecteur de la Publication Pascal Rioche - p.rioche@sportmag.fr Rédacteur : Olivier Navarranne - redaction@sportmag.fr Maquette : Dora David - doragraph@gmail.com Secrétaire de rédaction : Nathalie Hénebé Secrétariat comptabilité : sportmag@sportmag.fr Service abonnement : Nathalie Manet - abonnement@sportmag.fr Rédaction Y. Blondel, A. Lapointe, S. Lartaud, L. Leenhardt, C. Renard et O. Phil. Webmaster : Olivier Navarranne - webmaster@sportmag.fr Photos de couverture : © Icon Sport, Odile Phil, www.juliendacosta.fr Photos : Agence Icon Sport Publicité : commercial@sportmag.fr Impression : Bialec 95, boulevard d'Austrasie - B.P. 10423 54001 Nancy Cedex http://www.bialec.fr Diffusion : Abonnement et numérique SPORTMAG est une publication de la Société Even’dia - SARL avec associé unique au capital de 8 000 euros Gérant : Pascal Rioche Siège social : SARL EVEN’DIA - Parc Jean Mermoz 199 rue Hélène Boucher - 34170 Castelnau Montpellier Métropole RCS : 450 263 785 Montpellier Commission paritaire : 00219 K 89740 ISSN : 1960 - 7857 - Dépôt Légal : à parution Prix : 6,50 euros Toute reproduction, ou toute adaptation même partielle quels que soient le support et le destinataire est interdite. Une autorisation écrite préalable devra être demandée. Dans le cas contraire toute fraude sera poursuivie Art.19 de la loi du 11 mars 1957. Selon source initiale les textes, des- sins, ou cartes, mises en pages et photos de ce document demeurent la propriété de l’éditeur. Prochaine parution le 1er mai 2015 Ils nous ont quittés heureux, joyeux et radieux. Ils étaient partis là-bas, pour nous divertir via le petit écran, pour nous montrer une nouvelle facette de leur personnalité à travers les paysages magnifiques de la Cordillère des Andes. Ils nous avaient marqués par leurs performances sportives et leur sensibilité. Ils nous avaient tous les trois, au moins un jour, rendus fiers d’être Français à travers leurs exploits. Elles étaient deux princesses des eaux, Florence l’aventurière du grand large et la petite Camille, la sirène des bassins. Alexis était le rebelle maudit au parcours miné d’injustices. Ils sont partis mais resteront toujours un exemple de courage. Deux femmes et un homme d’exception volatilisés bien trop tôt de notre monde sportif, mais qui nous laissent une trace indélébile. En janvier, lors du cross national de l’UNSS aux Mureaux, Camille, alors ambassadrice de l’UNSS, m’avait exprimé, autour d’un sandwich, sa volonté de profiter de la vie pour découvrir de nouvelles aventures et de redonner à la jeunesse ce que le sport lui avait apporté. Accompagnée de Muriel Hurtis, elle était venue soutenir le lancement des 24 heures du sport féminin au côté de Christine Kelly. Nous ne vous oublierons jamais. par Pascal Rioche 14 DOSSIER Limoges accueille le monde Du 18 au 24 avril, Limoges accueille les Championnats du monde scolaires de basket. Durant une semaine, soixante équipes venues du monde entier vont s’affronter au cours d’une compétition extrêmement relevée, qui est également un formidable moment d’échanges et de partage. Edito Adieu belles personnes SPORTMAG - @sportmagfr n°76 - avril 2015 3
  • 6. Focuspar Olivier Navarranne L’incroyable destin de Marie Dorin-Habert ©GepaPictures/IconSport Marie Dorin-Habert est devenue la première biathlète française à remporter deux titres dans un même championnat du monde. n°76 - avril 20154
  • 7. ©EvgenyTumashov/IconSport La native de Lyon était revenue à la compétition au mois de janvier. Trois mois seulement après son accouchement. Maman en septembre et double championne du monde en mars, c’est l’incroyable trajectoire de Marie Dorin-Habert. Vainqueure du sprint et de la poursuite lors des Mondiaux à Kontiolahti (Finlande), la Française est entrée dans l’histoire du biathlon et du sport tricolore. La Française a profité de l’avance acquise lors du sprint pour réaliser le doublé lors de la poursuite. © Evgeny Tumashov / Icon Sport n°76 - avril 2015 5
  • 8. publi-rédactionnel >> Languedoc-Roussillon kite surf Avec plus de 300 000 pratiquants à travers le monde, le kitesurf est une activité sportive qui tend à se développer. En France, ils sont plus de 50 000 à s’essayer à cette discipline spectaculaire, dont la moitié sont présents en Languedoc-Roussillon. Lieu de naissance du kite, ce territoire concentre tous les atouts nécessaires à la pratique de l’activité. Avec des conditions météorologiques optimales et plus de 220 kilomètres de côte, la région est le terrain de jeu rêvé des kiteurs qui disposent de plus de soixante-dix spots ou zones de pratique, dont voici les principaux. LeLanguedoc-Roussillon,roidukite par Olivier Navarranne Les spots de l’Aude L’Aude, qui accueille notam- ment le Mondial du Vent, premier événement de kitesurf et de windsurf en France, est une terre où cette activité est florissante. Le spot de Port- Leucate, où est installée la compétition, est devenu une Mecque pour les kiteurs. Un fort vent, jusqu’à 50 nœuds, y est présent une très grande partie de l’année. Même chose pour le site des Coussoules, égale- ment situé sur la commune de Leucate. Une zone idéale pour la pratique du kite de vitesse, avec une Tramontane extrême- ment présente. C’est d’ailleurs là qu’est implanté le Centre National d’Excellence Kitesurf, où les espoirs de la discipline font leurs armes. Une dynamique qui profite à tout le territoire audois qui dispose d’autres spots de pratique. La Palme, par exemple, est une station balnéaire bordée par un étang. Un lieu idéal pour les amateurs de kitesurf, et réguliè- rement fréquenté par les débu- tants et les écoles en raison de sa facilité d’accès. Un peu plus à l’Est, place au spot de Gruissan, l’un des endroits les plus appréciés par les kiteurs, notamment parce qu’il permet de pratiquer toutes les formes de kite, du freestyle au slalom en passant par la vitesse. Une zone qu’il convient cependant de conseiller aux plus initiés. Le spot de Saint-Pierre-La-Mer est lui beaucoup plus accessible à tous les publics. Le plan d’eau est plat, lorsque les conditions météorologiques sont au ren- dez-vous, avec un vent régulier et de belles vagues. Le spot de La Palme, régulièrement fréquenté par les kiteurs dans l’Aude. ©DR Le Français Sébastien Garat, ici en action à Leucate. ©DR n°76 - avril 20156
  • 9. Le territoire des Pyrénées- Orientales bénéficie des spots les plus à l’Ouest ; zones idéales pour s’essayer une première fois à la pratique du kitesurf, mais aussi pour per- mettre aux plus confirmés de prendre du plaisir sur l’eau. Lieu d’organisation du Wake Air Contest, Canet Zone Sud est un spot particulièrement appré- cié. La houle permet de profiter de vagues et de tremplins régu- liers, tout comme sur le spot de Canet Pont des Basses, situé à une centaine de mètres. Celui-ci est cependant destiné à des kiteurs déjà initiés, car le vent peut être très orienté. Durant l’été, où la plage est parfoissurchargée,unezoneest d’ailleurs réservée à la pratique du kitesurf. Du côté de Barcarès, deux spots sont également dispo- nibles. Le premier est celui des 3 Colonnes, à l’origine plutôt destiné aux pratiquants de windsurf, mais de plus en plus populaire auprès des kiteurs. Parfois balayé par la Tramon- tane, ce spot peut cependant réserver quelques surprises. La deuxième zone de pratique est celle du Parc des Dosses, situé sur l’étang de Salses-Leucate. Le vent peut s’avérer assez irré- gulier et pousser le kiteur vers le milieu de l’étang. La sécurité est donc de mise, surtout pour les plus jeunes. Ce spot est également le lieu d’accueil de la Slider Party, événement qui rassemble les meilleurs riders autour du wakeboard, des sliders en kite et de l’airstyle du- rant quatre jours au mois de mai. publi-rédactionnel >> Languedoc-Roussillon kite surf Le département de l’Hérault est celui qui dispose du plus grand nombre de spots de kitesurf en Languedoc-Roussillon. Un territoire dont les spots en mer sont de toute beauté, à l’image de La Tamarissière, du côté d’Agde. Si les conditions sont réunies, d’importantes vagues peuvent s’y former. À Sète, le rendez-vous des kiteurs est le coin des 3 Digues. Un spot qui a l’avantage d’offrir d’im- portants espaces avec une grande plage. La présence de baigneurs durant l’été n’est pas gênante, car le kitesurf dispose d’une zone dédiée. Plus à l’Est, le spot de Villeneuve-les-Maguelone est l’endroit favori des riders longue distance. Le vent y est régulier, sauf en cas de Tramontane. C’est aussi ici que se déroule le FestiKite, où les meilleurs riders de la région concourent aux côtés des amateurs, dont l’édition 2015 se tient du 20 au 25 mai. Un peu plus loin, à une quinzaine de minutes de Montpellier, le spot du Petit- Travers à Carnon vaut surtout le coup d’œil durant l’été, période durant laquelle il bénéficie d’une zone de kite. Un endroit appré- cié des novices, mais aussi des kiteurs aguerris. Enfin, la Grande-Motte dispose des spots les plus à l’Est, avec tout d’abord celui du Grand- Travers, qui est la suite logique de la zone de Carnon. Les conditions y sont les mêmes, avec l’avantage d’avoir un peu plus d’espace. Décoller et atter- rir est en revanche un peu plus compliqué au spot du Port, en plein cœur de la Grande-Motte. Une zone plutôt conseillée aux kiteurs avec un minimum d’expérience, d’autant que ces derniers sont particulière- ment soignés avec la mise en place durant l’été d’un chenal permettant d’accéder au-delà de l’emplacement réservé aux baigneurs. Dans les Pyrénées-Orientales, la Tramontane permet aux pratiquants de se faire plaisir. Le spot du Grand-Travers, du côté de la Grande-Motte, est une zone très prisée pour ses conditions favorables. ©DR©DR Les spots de l’Hérault Les spots des Pyrénées-Orientales n°76 - avril 2015 7
  • 10. publi-rédactionnel >> Languedoc-Roussillon kite surf Du 18 au 26 avril, Leucate accueille la 19ème édition du Mondial du Vent. Si elle est devenue, au fil des années, un événement sportif incontournable,la Coupe du monde de kitesurf s’inscrit aussi pleinement dans la politique sportive et maritime du Languedoc-Roussillon. Le Mondial du Vent, événement régional à portée internationale Une fois encore, le Mondial du Vent va faire vibrer les amoureux des sports nautiques à Leucate. En effet, ce rendez-vous, qui célèbre sa 19ème édition du 18 au 26 avril, est le premier événement de kitesurf et de windsurf en France. Pas moins de quatre compétitions seront au programme durant plus d’une semaine, dont la Sosh Cup Pro Am en ce qui concerne le kitesurf. Le principe de l’épreuve reste le même que l’année passée : les amateurs rident en compagnie de champions tels que Rob Douglas, Alexandre Caizergues ou encore Charlotte Consorti. La Coupe du Monde PKRA VIRGIN Kitesurf World Championships, dont Leucate est l’unique étape française, sera aussi au rendez- vous. La compétition rassemble l’élite mondiale de la discipline en freestyle,aussibienmasculineque féminine. La cinquième édition de la Sosh Cup est particulièrement attendue, épreuve lors de laquelle les kitesurfers et windsurfers professionnels vont se défier sur des runs de vitesse. Une course au format unique qui pourrait donner à Alexandre Caizergues, triple champion du monde de vitesse et détenteur du record du monde de vitesse en kitesurf à 56,62 nœuds (104,86 km/h), de briller une nouvelle fois. Les athlètes régionaux seront également de la partie. Valentin Garat, Geoffrey Mascarel, Sylvain Hoceini, Marie Switala et Louise Delorme sont autant de chances qui devraient permettre au Languedoc-Roussillon de briller. Forte de plus de 15 000 pra- tiquants de kitesurf sur son territoire, la Région Languedoc- Roussillon abrite la moitié des kiteurs français. Elle est donc un soutien et un partenaire clé du Mondial du Vent. Cet événement s’inscrit dans la ligne droite de la politique sportive et maritime de l’institution présidée par Damien Alary. Sportive, car le Mondial du Vent favorise et encourage le développement de la pratique du kitesurf pour le plus grand nombre. En effet, en plus des compétitions professionnelles, le Mondial du Vent propose des animations et des activités pour toute la famille sur le Village de la glisse à Leucate. Cet événement est aussi un vecteur d’image importantpourlaRégionLangue- doc-Roussillon, car il participe au rayonnement de la politique nautique régionale. En région, cette filière est forte de 1 790 entreprises et de 6 600 emplois, avec des établissements d’ex- cellence comme les lycées de la mer de Canet-en-Roussillon et de Sète, ou encore l’Institut nautique de Méditerranée à St- Cyprien. Le kitesurf prend ainsi une part importante au dévelop- pement de l’économie maritime du Languedoc-Roussillon. La Région est d’ailleurs très axée sur la mer, puisqu’elle dispose, de- puis 2013, d’un Parlement de la Mer qui réunit tous les membres de la communauté maritime du Languedoc-Roussillon. Damien Alary a d’ailleurs décidé de créer une délégation autour de ce Parlement de la Mer, dirigée par Didier Codorniou, vice-président de la Région. Alexandre Caizergues sera une nouvelle fois l’une des stars du Mondial du Vent. ©DR Le Mondial du Vent réunit les meilleurs kiteurs de la planète. ©DR Le kitesurf, vecteur de développement économique pour le Languedoc-Roussillon >>> Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.mondial-du-vent.com n°76 - avril 20158
  • 11. Quelles sont les raisons du succès du kitesurf en Languedoc-Roussillon ? La première raison est que le kitesurf est né et a été conçu en Languedoc-Roussillon. De plus, notre territoire dispose de 220 kilomètres de côte, ce qui le rend propice à la pratique de cette activité. Que ce soit à Leucate, à Villeneuve-les-Ma- guelone ou encore à Gruissan, toutes les côtes sont destinées à cette pratique grâce à un vent agréable et fort. Ces conditions météorologiques optimales nous permettent d’avoir plus de soixante-dix zones de pratique. Quels sont les moyens mis en place par la Région Languedoc-Roussillon pour encourager et développer ce type de pratique ? Pour nous, cette activité est devenue très importante depuis plusieurs années. En plus d’être ludique, elle apporte de fortes retombées économiques. De- puis cinq ans, nous avons ainsi une part inscrite dans le bud- get de la Région et destinée à soutenir cette pratique. L’orga- nisation d’événements comme le Mondial du Vent, la Gold Cup, le Défi Wind, le Défi Kite et le Championnat d’Europe de kitesurf junior s’inscrivent dans cette politique de soutien. Nous essayons également d’amener les jeunes à se licen- cier. Il y a 50 000 pratiquants en France, dont seulement 15 000 sont licenciés. La majorité des pratiquants font cela à titre de loisir. Nous avons ainsi voulu sensibiliser les jeunes, en met- tant notamment nos douze champions présents en région, qui représentent vingt titres mondiaux. C’est avec cette volonté en tête que nous avons lancé une formation aux métiers du kite au CREPS de Montpel- lier. Le but est aussi que le kite devienne un atout touristique. Le marché de la discipline est actuellement en hausse, avec une croissance à deux chiffres. Pour nous, il était donc évident de soutenir cette pratique à travers les manifestations spor- tives, mais aussi la filière kite sur le territoire. Incontestablement, nous devons donner une valeur ajoutée au territoire à travers le développement du kitesurf. Le Mondial du Vent célèbre sa 19ème édition. Comment expliquez-vous la dimension internationale prise par cet événement ? Il est vrai que le Mondial du Vent est aujourd’hui connu et recon- nu, en particulier grâce au site de Leucate qui est un endroit extraordinaire pour la pratique de cette activité. C’est devenu une référence de l’esprit glisse que nous mettons en avant. Pas moins de deux cents athlètes professionnels et amateurs participent à cet événement, avec une retombée média- tique évaluée à quatre mil- lions d’euros. Le rayonnement du Mondial du Vent participe grandement à faire de notre Région une place forte des sports de glisse, au premier plan desquels figure le kite. publi-rédactionnel >> Languedoc-Roussillon kite surf Conseiller régional délégué aux sports, Joël Abati observe, depuis plusieurs années, l’émergence de la pratique du kitesurf. Une discipline qui, selon lui, est devenue un véritable enjeu sportif, touristique et économique. « Le kitesurf, une valeur ajoutée au territoire » La moitié des kiteurs français pratiquent en Languedoc-Roussillon. ©DR La Région tente d’amener les pratiquants à se licencier. ©DR n°76 - avril 2015 9
  • 12. Candidat de télé-réalité, Samir Benzema est aujourd’hui un mannequin émérite. © MARC AUREL par Arnaud Lapointe « On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche » SamirBenzema Dans votre jeunesse, vous êtes pas- sé par une section sport-études... Effectivement, de la 4ème à la 1ère , je me trouvais au Lycée Tézenas du Montcel, à Saint-Étienne. Dans cet établissement, j’ai côtoyé plusieurs futurs footballeurs professionnels de l’ASSE. Le plus connu doit être Bafé Gomis. Yohan Benalouane et Faouzi Ghoulam sont également issus de cet établissement. À l’époque, je faisais de l’athlétisme. Mes distances de prédilection étaient le 800 et le 1 500 mètres sur piste. En parallèle, j’ai pratiqué le kung-fu entre 6 et 18 ans. Depuis tout jeune j’étais fan de Bruce Lee. Cet art-martial, que mon père m’a fait pratiquer, m’a beaucoup appris concernant la maîtrise de l’esprit et des émotions. Ses valeurs me servent encore beaucoup dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, je fais du « sport fitness », du CrossFit et de la course à pied. Je suis également un entraînement similaire aux pratiquants de free-fight afin de garder une silhouette svelte. Je fais du sport quasiment tous les jours, c’est vital ! C’est mon échappatoire, je me retrouve seul avec moi-même lorsque j’en pratique. Je peux en faire le matin avant le petit déjeuner, si je dois maigrir par exemple. Le soir, j’opterais plus pour une séance de musculation. Souvent, je me sers du sport pour découvrir des endroits que je ne connais pas. Lorsque je suis en déplacement et que je vais faire mon footing, cela me permet de faire des repérages. Auriez-vous pu devenir sportif professionnel ? Oui. Le problème de l’athlétisme, c’est que c’est un sport qui demande énormément de sacrifices et que la Dans la famille Benzema, demandez Samir ! Le cousin du footballeur Karim s’est révélé au grand public grâce à plusieurs programmes de télé-réalité. Rencontre avec cet entrepreneur, pour qui le sport est un véritable mode de vie. Sport d’attache n°76 - avril 201510
  • 13. reconnaissance n’est pas souvent au rendez-vous. Les heures passées à l’entraînement sont loin d’être pro- portionnelles aux sommes gagnées en compétition. De très grands athlètes, qui sont parfois médaillés olympiques, ont un travail alimentaire à côté pour pouvoir gagner leur vie. J’ai arrêté l’athlétisme en partie pour ces raisons. Ce sport, et c’est valable pour nombre d’autres disciplines, prend beaucoup de temps et demande l’investisse- ment de pas mal d’argent. À l’arrivée, presque tout ce qu’on a investi est perdu. Il faut le faire par passion ; ce que j’ai perdu avec le temps. Malheu- reusement, on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche. J’ai arrêté l’athlétisme en 2008, à l’âge de 20 ans, quand je suis entré en école de commerce en alternance. Sachant également que je poursuivais mon chemin dans le monde du mannequinat, il fallait enlever quelque chose... Vous habitez Lyon. Êtes-vous supporter de l’OL ? Entre Lyon et Saint-Étienne, je n’ai pas de préférence. Ce sont deux villes que j’affectionne particulièrement. Comme je ne suis pas un « fou » de foot, je ne serais pas opposé à l’un de ces deux clubs. D’ailleurs, lorsque le derby a lieu, je souhaite qu’il se termine par un match nul. Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans le monde de la télé-réalité ? Après avoir été élu Mister Rhône- Alpes, j’ai concouru pour l’élection de Mister France en 2011. Par la suite, j’ai participé à la deuxième saison de L’Île des vérités, puis aux Anges de la téléréalité 5, saison dans laquelle se trouvait Nabilla. Après Hollywood Girls 3,jesuispassédeNRJ12àW9pour prendre part à la deuxième édition des Princes de l’amour. Je me sers de toutes ces émissions de téléréalité pour faire connaître mes activités, notamment celle de coach de mannequin. Avec ma société, la R Look Academy, je forme les gens à ce métier. Nous sommes présents sur de nombreux événements, comme les élections de Miss France ou de Miss Suisse. « Pour les jeunes footballeurs, Karim Benzema doit être un exemple » Vous avez posé pour un catalogue Louis Vuitton et défilé pour Dolce & Gabbana. Le quotidien d’un man- nequin ressemble-t-il parfois à celui d’un sportif de haut niveau ? Être mannequin, ce n’est pas seulement poser devant un objectif. Comme pour un sportif de haut niveau, cette profession oblige à consentir des sacrifices importants, comme la recherche de castings, la gestion de la distance géographique avec ses proches. C’est très similaire : on bouge souvent, notre hygiène de vie doit être irréprochable. Enfin, nous sommes des personnages publics, donc exposés aux critiques. Quels sont les sportifs que vous admirez le plus ? Le premier nom qui me vient en tête est celui de Zinedine Zidane. C’est un immense nom du sport. Sinon, quand j’étais gamin, j’étais fan d’André Agassi. Je mettais son T-Shirt pour regarder Roland Garros. Et évidemment, comment ne pas citer mon cousin Karim, qui joue dans un club magnifique ? Que vous inspire la fantastique carrière que Karim Benzema effectue ? Je suis fier de porter son nom ainsi que de son parcours. Malgré les virulentes critiques dont il a pu faire l’objet, il est parvenu à se faire une place importante sur la scène internationale. Après, ce n’est pas forcément un modèle pour moi, étant donné que je n’évolue pas dans la même sphère. Mais pour les jeunes footballeurs, il doit être pris en exemple. Comme de nombreuses stars du foot, vous êtes un adepte des grosses cylindrées. D’où vient cette passion ? Depuis tout petit, j’adore la Formule 1. Je suis passionné d’automobile, en particulier par le design. Par le passé, j’avais une société via laquelle je customisais des voitures de luxe et une autre liée à la location de véhicules de prestige. J’adore allier automobile de luxe, miss et mode : ça fait rêver les gens ! Samir Benzema ©Rlookacademy Le jeune homme propose également des stages autour des mondes de la mode et du mannequinat. Samir Benzema 26 ans – Né le 8 avril 1988 à Lyon (Rhône) Profession : Mannequin Télévision : « L’Ile des Vérités 2 », « Les Anges de la Téléréalité 5 » Son site internet : www.sam-benzema.com BIO EXPRESS ©Rlookacademy Le cousin de Karim Benzema est un passionné d’automobile. n°76 - avril 2015 11
  • 14. Avec Pierre Ducrocq (au centre), Bruno Salomon (à droite) forme un duo très apprécié des supporters parisiens. © DR par Arnaud Lapointe « Il faut un gilet pare-balles au PSG » BrunoSalomon Votre parcours radiophonique est atypique. Comment le résumeriez- vous ? Je suis un autodidacte qui ne possède pas de diplôme de journalisme. J’ai commencé comme standardiste à Radio France Isère en 1998. J’ai ensuite suivi le GF 38 (Grenoble) pour la radio, comme pigiste. Après, j’ai intégré France Bleu Picardie avec une place de titulaire et j’ai couvert le National et la Ligue 2. Puis, j’ai arrêté de commenter le sport à France Bleu Périgord pour me consacrer à de l’actualité traditionnelle. Finalement, je suis arrivé dans la capitale en octobre 2007 pour installer le PSG sur France Bleu Île-de- France. À Paris, la station cherchait un commentateur pour mettre le PSG à l’antenne. Le 5 janvier 2008, j’ai commenté mon premier match : c’était un 32ème de finale de Coupe de France, face à Épinal, sur un terrain à la limite du praticable (victoire 0-2 du PSG). Vous n’êtes pas originaire d’Île- de-France. Pourquoi les dirigeants de France Bleu 107.1 se sont-ils intéressés à votre profil ? Ils voulaient quelqu’un qui « monte la baraque » avec des moyens minimes, ce que je savais faire. La personne recherchée ne devait pas avoir de préjugés sur le PSG. Généralement, en France, on aime ou on déteste ce club. Ce qui n’était pas mon cas à l’époque. Pour moi, Paris se résumait essentiellement à Youri Djorkaeff, joueur formé dans ma ville natale de Grenoble, et George Weah, mon footballeur préféré lorsque j’étais enfant. Je n’avais aucun a priori concernant le PSG, et c’est même comme ça que j’ai appris à l’aimer ! Parmi les journalistes spécialistes du PSG, Bruno Salomon figure en bonne place. Sur les ondes de France Bleu 107.1, cet homme de 38 ans commente tous les matches du club de la capitale au côté de l’ancien joueur Pierre Ducrocq. Entretien. Sports médias n°76 - avril 201512
  • 15. En quoi consiste votre travail sur France Bleu 107.1 ? C’estréglécommedupapieràmusique. Chaque semaine, j’ai deux émissions à préparer, « Tribune PSG », qui sont diffusées le lundi et le vendredi, de 20h10 à 21h. Je participe également à celle de Pierre Ducrocq, « Tribune 100% Ducrocq », retransmise le mardi soir. Et je commente la soixantaine de matches que dispute le PSG chaque année. Cette saison, ça m’a emmené de la Chine (le 2 août dernier, Paris avait battu Guingamp, à Pékin, lors du Trophée des champions, ndlr) jusqu’à Londres. J’assiste aux conférences de presse et j’interviewe parfois les joueurs, même si c’est devenu plus compliqué, depuis que le club est passé sous pavillon qatarien. Cela vous a-t-il freiné dans votre travail ? Non. La « maison » France Bleu nous apprend à rester humbles. Nous sommes un média régional qui suit le PSG et vibre pour lui. Certains médias ont pu se sentir lésés lorsque QSI a repris Paris en 2011, ce qui n’a pas été notre cas. Nous avons continué à travailler de la même façon. Depuis le début de la saison, Pas- cal Praud vous invite fréquemment sur i>TELE pour ses émissions « 13h Foot » et « 20h Foot ». Comment vous a-t-il repéré ? Ce métier est fait de rencontres. C’est Dominique Sévérac, journaliste au Parisien, qui a proposé à Pascal Praud de « m’essayer ». Ce dernier, qui est également un homme de radio, a apprécié mon profil. Il m’a contacté pour que je parle du PSG à l’antenne, et plus généralement de la Ligue 1, championnat sur lequel je peux parfois poser un regard acide. « La «maison» France Bleu nous apprend à rester humbles » Pourriez-vous davantage vous consacrer au média télévisuel à l’avenir ? Un journaliste issu de la radio aura toujours un peu de difficultés à faire la transition avec la télé. Les codes ne sont pas tout à fait semblables. Mais c’est un exercice que je trouve particulièrement intéressant. D’ailleurs, j’interviens également comme consultant sur Ma Chaîne Sport, dans l’émission « Tribune Foot », présentée par Nicolas Vilas. Que serait une saison réussie pour le PSG ? Ce serait deux titres nationaux au minimum et une demi-finale de Ligue des champions. Comme lors des deux dernières saisons, le PSG se retrouve en quarts de cette compétition. Cette année, Paris doit intégrer le dernier carré pour franchir un palier, même si l’élimination de Chelsea constitue déjà un exploit. Laurent Blanc pourrait-il encore être l’entraîneur du PSG la saison prochaine ? Même s’il parvient à réaliser la saison que je viens d’évoquer, retrouvera-t-il un projet aussi intéressant que celui du PSG dans un autre club ? Ce n’est pas garanti. Et s’il décidait de partir de son propre chef, quel message ferait-il passer ? Le message de quelqu’un qui abandonne ? C’est impossible. Cela serait catastrophique pour son avenir professionnel. Depuis le départ de Leonardo lors de l’été 2012, le PSG n’a plus de directeur sportif. N’est-ce pas une anomalie pour un club de ce standing ? Laurent Blanc se retrouve seul en première ligne face aux médias et doit tout assumer. Il manque clairement un directeur sportif. Je dirais même plus : il manque Leonardo. Même si celui-ci pouvait parfois avoir un côté sombre, c’est lui qui est allé chercher tous les grands joueurs qui composent aujourd’hui cette équipe. Il faut un gilet pare-balles à ce PSG ! Ce n’est pas le président Nasser Al-Khelaïfi qui doit se retrouver en première ligne. Quant à Laurent Blanc, ce n’est pas son rôle de commenter les rumeurs liées au mercato. À l’heure actuelle, Leonardo entretiendrait toujours des relations d’amitié avec Nasser. Le problème est que le football français est un petit monde aigri qui ne tourne pas son regard vers l’international. Malheureusement, ça ne colle pas aux méthodes un peu rock’n’roll du Brésilien. Bruno Salomon ©Bildbyran/IconSport Le journaliste estime que Paris doit atteindre le dernier carré de la Ligue des champions. ©AndreFerreira/IconSport Bruno Salomon ne voit pas Laurent Blanc quitter le PSG de son propre chef. Bruno Salomon est à suivre sur @bruno_salomon et @107_1PSG n°76 - avril 2015 13
  • 16. Dossierpar Olivier Navarranne Plus d’une trentaine de nations se donnent rendez-vous à Limoges. © J.Presņikovs / FIBA Limoges accueille le monde n°76 - avril 201514
  • 17. Championnats du monde scolaires de basket Du 18 au 24 avril, Limoges accueille les Championnats du monde scolaires de basket. Durant une semaine, soixante équipes venues du monde entier vont s’affronter au cours d’une compétition extrêmement relevée, qui est également un formidable moment d’échanges et de partage. n°76 - avril 2015 15
  • 18. C’est la Turquie qui l’avait emporté lors de la précédente édition en 2013. © ISF Le basket, une évidence à Limoges Un championnat du monde scolaire de basket à Limoges ? Une évidence selon Pascal Robert, directeur du service régional UNSS en charge de l’organisation. « Nous sommes en terrain conquis », sourit-il. « L’organisation du Championnat du monde ISF de handball en 2006, à Limoges, a laissé un souvenir extrêmement positif. Organiser à nouveau ce type d’événement, qui plus est en basket, était très motivant ». Le challenge est tout de même de taille. Un défi qui n’est en rien comparable avec les autres événements qu’organise le service régional tout au long de l’année scolaire. « Nous sommes en effet confrontés à des problèmes que l’on ne rencontre pas lors de l’organisation d’un championnat de France : la barrière de la langue, évidemment, mais aussi le souci de la sécurité. Cette année, nous accueillons notamment l’équipe d’Israël, dans le contexte politique que l’on connaît. Une dimension géopolitique entre ainsi en compte. Le format est beaucoup plus important, avec soixante équipes, alors que nous sommes un maximum de trente- deux équipes sur un championnat de France. C’est un marathon physique au niveau de l’organisation, je ne vous le cache pas ! ». Courir ce marathon est une chose, le réussir en est une autre. Pascal Robert en est conscient, lui qui a souhaité donner une véritable dimension éducative et pédologique à ce championnat ISF. « Nous avons listé trois enjeux majeurs sur ce championnat. Le premier est d’avoir une organisation qui répond au mieux aux besoins des délégations au niveau des transports et de l’hébergement Organisateur de l’événement, le service régional UNSS de Limoges a mis les petits plats dans les grands pour accueillir au mieux l’ensemble des délégations durant plus d’une semaine. Présentation de l’événement avec Pascal Robert, directeur régional. Dossier n°76 - avril 201516
  • 19. notamment. Ensuite, nous avons aussi pour objectif d’intégrer notre jeunesse locale. Il faut étudier ce que nous pouvons tirer de cet événement de façon pédagogique, et en fonction de nos élèves. Nous avons organisé des formations de Jeunes officiels, nous avons des gamins qui vont participer à la cérémonie d’ouverture, ainsi que des équipes de Jeunes Reporters qui sont aussi intégrées à l’événement. Pour les finales, nous avons décidé d’inviter l’ensemble des associations sportives qui participent au mini- Mondial que nous avons mis en place en amont, dans les écoles primaires et les collèges. Enfin, notre troisième objectif est de donner un nouvel élan aux associations sportives locales. Un championnat ISF est une opportunité forte en termes de communication ». « Du sérieux, dans le projet que nous avons présenté » Communiquer sur la dynamique du sport scolaire est en effet un aspect essentiel pour Pascal Robert et son équipe, en charge d’un territoire composé de seulement trois départements : la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne. « Nous totalisons 152 associations sportives au sein de l’académie. Il faut savoir que nous sommes une petite académie, mais très dynamique. Nous sommes classés troisièmes en France en ce qui concerne le taux de pénétration, c’est à dire en nombre de licenciés UNSS par rapport au nombre d’élèves scolarisés. Nous en sommes aujourd’hui à 13 500 licenciés ». Même en sport scolaire, le basket est une discipline privilégiée sur ce territoire où la balle orange règne en maître. « En 2006, j’avais eu beaucoup de difficultés pour trouver des partenaires et avoir les collectivités locales qui suivent. Là, cela a été beaucoup plus facile. Les collectivités territoriales, que ce soit la Ville de Limoges, le Conseil général ou la Région Limousin, nous aident systématiquement. Nous avons toujours été soutenus, c’est traditionnel, mais sur des sommes raisonnables. Les collectivités ont également senti qu’il y avait du sérieux dans le projet que nous avons présenté. Il est certain que l’on ne peut pas faire avec ce que l’on n’a pas. La FFBB nous offre également tous les ballons du championnat, ce qui est un beau cadeau. On sait que la fédération sera présente lors de la cérémonie d’ouverture, et que nous pouvons compter sur elle ». Sans oublier le soutien du CSP Limoges, club mythique du basket français et candidat au titre de champion de France cette saison. « Le club s’est en effet déjà beaucoup investi. Lors du tirage au sort de la compétition, le président Frédéric Forte était présent, tout comme Léo Westermann et Mickaël Gelabale. Ils seront également sur place lors du dîner du gala, et bien sûr nous avons l’avantage d’organiser des matches au Palais des Sports de Beaublanc. Le CSP Limoges nous aide aussi sur la communication ; Frédéric Forte est le parrain de l’événement, et cela nous donne une visibilité plus forte ». De quoi assurer sans problème le succès de l’événement. « Pour les finales, nous serons à guichets fermés. Beaublanc sera plein, et pour les jeunes c’est quelque chose de génial à vivre ! ». ©AnthonyDibon/IconSport ©AurelienMeunier/IconSport Directeur de l’UNSS, Laurent Petrynka est aussi le président de l’International School Sport Federation. Léo Westermann, joueur du CSP Limoges, a participé au tirage au sort de l’épreuve. Championnats du monde scolaires de basket Allemagne Angleterre Arménie Belgique Brésil Bulgarie Cameroun Chili Chine Chypre Croatie Danemark Estonie Finlande France Grèce Hongrie Inde Iran Irlande Israël Kosovo Lettonie Luxembourg Pays-Bas Pologne Roumanie République Tchèque Russie Serbie Slovaquie Slovénie Turquie 33 nations présentes n°76 - avril 2015 17
  • 20. Dossier Les Crazy Dunkers de la partie « L’accueil des équipes se fera le vendredi 17, avec le début des compétitions dès le lendemain », détaille Pascal Robert. « L’équipe de France ira jouer à Tulle, c’est un petit écart politique, car c’est aussi une compétition portée par la Région Limousin. C’est aussi un clin d’œil au Président de la République ! ». Si François Hollande ne devrait pas être présent pour l’occasion, cette « délocalisation » sera tout de même un joli coup de projecteur pour la compétition et le sport scolaire. « La cérémonie d’ouverture aura lieu le samedi soir avec des matches handisport et sport partagé. La cérémonie est aussi marquée par la présence des Crazy Dunkers. C’est une animation qui donne un côté international à la fête ». Une animation de choix, puisque les Crazy Dunkers sont reconnus dans le monde entier comme le team professionnel leader concernant le basket acrobatique. Animateur des tournois des trois dernières olympiades, ce groupe s’est spécialisé dans les shows spectaculaires, avec notamment des successions de dunks réalisés à l’aide de mini trampolines. Des prouesses réalisées à plus de quatre mètres du sol, et qui régaleront le jeune public du Palais des Sports de Beaublanc, qui aura bien besoin de souffler une dernière fois avant d’aborder une compétition chargée. Une journée culturelle au programme « Les matches se poursuivront le dimanche et le lundi, avant une journée culturelle le mardi. Tous les pays participants seront reçus dans les établissements scolaires de Limoges et de sa périphérie. Nous tenons vraiment à cette immersion dans la vie locale avec ce jumelage entre un pays et un établissement scolaire ». L’ISF, fédération internationale en charge du sport scolaire, impose en effet un moment culturel lors de chacune de ses compétitions. Un aspect qui permet aux élèves étrangers de découvrir le pays dans lequel ils se trouvent, et qui leur offre une pause au sein d’une semaine de compétition. Car, après cette journée, les matches reprendront du côté de Limoges. « Nous attaquons les quarts de finale le mercredi, les demies-finale le jeudi, avant les finales vendredi. Les ultimes rencontres se succèdent assez vite, et ce seront donc les équipes qui gèrent le mieux leur effort qui pourraient aller au bout ». Durant une semaine, la compétition battra son plein à Limoges. Mais les nombreuses délégations présentes pourront aussi profiter d’animations et de moments culturels. Les Crazy Dunkers représentent la référence mondiale en termes de show basket. ©FredMarvaux/IconSport ©FredPorcu/IconSport Les finales se disputeront au Palais des Sports de Beaublanc, salle mythique du basket français. n°76 - avril 201518
  • 21. 30 000 produits dans plus de 70 sports : Achetez en ligne sur decathlonpro.fr : Devis, info stock, bonnes affaires... Recevez notre catalogue Par simple demande sur decathlonpro.fr partenaire officiel de : Transmettez lapassion dusport! Administrations|écoles|Collèges|Lycées|Clubs|Associations
  • 22. Dossier Nantes et Caen au rendez-vous Entre Nantes et Caen, les retrouvailles pourraient avoir lieu à Limoges. Au Mans, lors des derniers championnats de France UNSS, le lycée nantais des Bourdonnières avait corrigé l’établissement Victor-Hugo de Caen en finale (53-36). « Un certain nombre de nos filles font partie du centre de formation du Nantes-Rezé Basket », explique Philippe Chopin, accompagnateur de l’équipe nantaise lors de la compétition. « Nous savons qu’il y avait d’autres centres de formation présents. Nous allions donc aux championnats de France UNSS davantage pour nous faire plaisir, tout en sachant que nous pouvions nous hisser parmi les meilleures équipes. Assez rapidement, après deux matches, nous avons vu que nous étions capables de jouer un podium avec les filles de Caen comme principales rivales ». Des Caennaises dominatrices jusqu’à cette finale, et qui représentaient les U18 du club de Mondeville. Mais l’avantage a tourné en faveur du Lycée des Bourdonnières, en particulier grâce au sang-froid des jeunes nantaises. « Il y avait un peu de stress chez les filles, mais pas plus que ça ; en particulier, parce que nous avons géré les compétitions UNSS en autonomie cette saison. C’est-à-dire que nous n’avions pas les coaches qui entraînent lors des compétitions fédérales, alors que les autres les avaient. Nous sommes donc partis sur un projet d’autogestion. Les filles connaissent leur basket, elles savent ce qu’elles doivent faire sur le parquet, et se sont donc autogérées. Le coaching a ainsi été confié à des filles qui étaient blessées et qui ne pouvaient pas jouer. Nous avons été observés et félicités par rapport à cela, d’autant que ça a fonctionné ». « Nous ignorons totalement le niveau des autres équipes ! » Même si les Nantaises savent qu’elles vont rencontrer la Lettonie et la Grèce dans la poule A, il demeure difficile de savoir quelle sera la teneur de l’opposition. « Nous n’avons pas spécialement d’ambitions, car nous ignorons totalement le niveau des autres équipes ! Autant, pour le championnat de France, les filles avaient une idée des équipes à redouter, autant cette fois-ci nous partons un peu dans l’inconnu ». Les Caennaises, coachées par Fabrice Calmon, partiront également dans l’inconnu, elles qui ont hérité de la poule B en compagnie de la Croatie, d’Israël et de l’Angleterre. Les attentes avant ce rendez-vous, c’est sans doute Philippe Chopin qui les résume le mieux. « Le message que j’essaye de faire passer aux filles, c’est d’y aller sans avoir un objectif de résultat en tête, mais plutôt pour se faire plaisir. Une fois que nous serons sur site et que nous observerons les différentes équipes, nous pourrons nous fixer un objectif ». Pour Caen, disputer une finale revanche face à Nantes a tout d’un objectif déjà trouvé... Tous deux finalistes du dernier championnat de France UNSS, le « Lycée des Bourdonnières » de Nantes et le « Lycée Victor-Hugo » de Caen ont validé leur ticket pour la compétition ISF à Limoges. Avec sérieux et ambition. Les Nantaises vont s’appuyer sur un esprit d’équipe qui a fait ses preuves. ©Nantes-RezéBasket Lycée des Bourdon- nières de Nantes Sofia Bengui Bondo Pauline Desbois Zelie Dufour Victoria Freidoz Camille Lenglet Manon Leroy Amandine Michaud Mélanie Nadjar Adèle Raveleau Fanta Soumah Lycée Victor-Hugo de Caen Hawa Ba Myriam Coly Camille Hamard Emma Heron Lyndsay John Assa Kanouté Loreen Kerboeuf Marie Alizée Le Moal Mathilde Letellier Anta Ngom Noémie Ottensen Julie Plouhinec Emma Villas Gomis n°76 - avril 201520
  • 23. Championnats du monde scolaires de basket Mulhouse, une surprise jusqu’au bout ? Le basket alsacien sera représenté à Limoges. Pas Strasbourg, mais bien Mulhouse. Les joueurs du Lycée Schweitzer se sont en effet montrés souverains lors du championnat de France UNSS au Mans. « Ce n’était pas forcément attendu. Nous avons participé à ces championnats de France avec l’envie d’aller le plus loin possible. Notre progression a été linéaire tout au long du tournoi, avec une victoire en finale contre Le Mans », raconte Jean-Louis Tschamber, coach de cette équipe lors de la compétition. Les jeunes mulhousiens ont surtout créé la surprise en venant à bout, en finale, d’une formation mancelle qui évoluait pourtant à domicile. « Mulhouse est connue pour sa formation, mais nous avons été un peu l’équipe surprise, c’est vrai. Beaucoup de clubs savent que nous effectuons un travail sérieux à Mulhouse, et que de temps en temps nous sortons des joueurs qui évoluent en Pro A et en Pro B ». Associé au FC Mulhouse Basket, le Lycée Schweitzer permet à ses jeunes basketteurs de bénéficier d’une formation de qualité, et cela s’en ressent forcément lors des compétitions UNSS, où l’établissement alsacien truste régulièrement les premières places. « C’est un amalgame de joueurs qui se connaissent très bien, car ils évoluent ensemble au lycée, et aussi parce qu’ils se rencontrent dans les championnats fédéraux. Il y a la base solide d’un groupe dont les joueurs évoluent en cadet, mais qui est aussi parfois surclassé en senior. Nous avons su être rigoureux durant la compétition grâce à cette expérience-là ». Honneur au champion de France, le lycée mulhousien a hérité de la poule A. Le lycée Schweitzer défiera la Russie, Israël et le Qatar. « Je peux surtout juger l’historique existant dans ces nations. Israël est une terre de basket, tout comme la Russie. Le Qatar un peu moins, mais c’est un pays émergent qui est en train de se construire dans différents secteurs sportifs », souligne Jean-Louis Tschamber, pas vraiment inquiet, et surtout conscient que ses jeunes vont disputer une compétition unique. « Les jeunes vont ouvrir grand les yeux » « Je tiendrai ce discours aux jeunes : on y va, on représente une nation, et nous nous devons d’avoir un comportement irréprochable sur le terrain et en dehors. Les jeunes, qui n’ont pas l’habitude de jouer dans ce genre de salle, vont ouvrir grand les yeux. C’est une salle qui « pue » le basket, avec des spectateurs qui vont nous soutenir, car nous aurons le maillot tricolore sur le dos. Forcément, cela sera du stress supplémentaire, mais nous attendons ça avec impatience ». L’attente d’élèves, de professeurs, mais aussi d’une ville où la balle orange n’a jamais cessé de rebondir. « Mulhouse est une terre de basket. Un peu moins que Limoges, certes, mais c’est une tradition reconnue. Il y a eu des hauts et des bas, mais l’équipe professionnelle est aujourd’hui remontée en Nationale 1. Il y a une effervescence basket qui revient sur Mulhouse ». Nul doute qu’une performance des jeunes alsaciens à Limoges devrait alimenter un peu plus cette dynamique. Champion de France « surprise », le Lycée Schweitzer de Mulhouse défendra les couleurs françaises à Limoges. Sans complexe, et avec l’envie de rappeler que ce coin d’Alsace est une vraie terre de basket. Le Lycée Schweitzer s’appuie sur les jeunes talents du FC Mulhouse. ©FCMulhouseBasket Lycée Schweitzer de Mulhouse Leo Afanayoung Soua Amara Diane Maxime Diss Cyriaque Foucart Arnaud Halbwachs Mathieu Illuminati Trystan Meyer Johann Noubissi Tim Ostermann Leo Spada Jack Welstead William Wembo n°76 - avril 2015 21
  • 24. Dossier « Le basket à l’école est une chance » Que représente cet événement pour la Fédération française de basketball ? Nous sommes ravis que cet événement soit organisé en France, et en particulier à Limoges qui est un lieu emblématique du basket. Je me souviens avoir aidé dans le cadre de la candidature pour essayer de sensibiliser les décideurs, je suis donc ravi que cela ait pu se faire. Pour nous, il faut aussi évaluer l’impact de ces Championnats du monde, avec près de 800 jeunes présents sur le site. Si tout va bien, il y aura près de 30 000 spectateurs lors de l’événement. Nous profitons également de la compétition pour effectuer un travail sur l’arbitrage français. Nous avons mis en place, avec l’UNSS, un programme qui permet aux Jeunes officiels d’être sensibilisés et formés pour le basket traditionnel. Bruno Gautier, responsable des arbitres en France, sera d’ailleurs sur place. Si les jeunes apprennent cette autre façon de vivre le sport, cela peut susciter des vocations. Cet événement est-il une étape importante en vue de la promo- tion de l’EuroBasket qui aura lieu au mois de septembre ? Cela tombe en effet très bien. Nous allons en profiter, je serai au mois d’avril à Limoges pour signer la convention avec l’Éducation nationale et plusieurs fédérations, dont l’UNSS, pour continuer à travailler ensemble sur le développement du basket scolaire. Tout cela est lié, c’est une étape qui nous permet d’avoir une promotion importante pour l’EuroBasket. D’autant plus que 33 délégations étrangères sont présentes, ce qui n’est pas rien. Cet événement doit permettre de leur montrer que la France a un savoir-faire. « Nous sommes le sport numéro un en termes de pratique féminine » Le basket est un sport qui a pris de l’importance au sein de l’UNSS. Quelles sont aujourd’hui les passe- relles entre les deux fédérations ? Nous avons 90 000 jeunes qui pratiquent le basket à l’UNSS. Pour faciliter ces passerelles, nous avons mis en place une convention dans l’idée de favoriser l’intérêt des élèves et des enseignants pour le basket. Nous permettons aussi aux professeurs de solliciter nos cadres techniques, afin d’informer et de sensibiliser. Le programme « Vers une génération responsable » permet également à l’ensemble des jeunes de développer cette sensibilisation au basket. Depuis peu, nous mettons aussi en œuvre des projets innovants, comme le basket 3x3 par exemple. L’UNSS trouve que cela est intéressant, et nous développons cette pratique en collaboration avec elle. Justement, qu’aimeriez-vous développer au niveau du sport scolaire ? Nous souhaitons que les professeurs d’EPS fassent pratiquer du basket à l’école. On sait que le meilleur recrutement pour nos clubs, c’est le système scolaire. Quand un jeune est dans un club, il attire très souvent d’autres jeunes qui découvrent ce sport à l’école. Nous voulons que les professeurs fassent pratiquer du basket dans le cadre de leurs activités scolaires. De notre côté, nous avons mis en place le programme « Opération basket-école » qui permet aux professeurs d’apprendre à enseigner le basket par le biais d’un DVD. De plus, je pense que le basket permet ce que j’appelle « le transfert positif » : se diriger facilement vers d’autres disciplines. Ce qui n’est pas forcément vrai pour d’autres sports. Le basket à l’école est une chance, et nous devons la mettre en avant. L’UNSS a la particularité d’avoir une pratique féminine très développée. Est-ce l’exemple que vous suivez concernant le milieu fédéral ? Bien sûr. Il faut savoir que nous avons environ 180 000 licenciées féminines. Nous sommes le sport numéro un en termes de pratique féminine. Il faut être honnête, ça vient de l’école, tout simplement. S’il y a une sensibilisation du sport à l’école, les élèves se dirigent plus facilement vers les clubs. Nous sommes ravis que l’UNSS développe le basket de la même manière, à la fois chez les garçons et les filles. Président de la Fédération française de basketball depuis 2010, Jean-Pierre Siutat se réjouit de l’organisation des Championnats du monde ISF à Limoges. Selon lui, les passerelles entre sport scolaire et sport fédéral sont d’ailleurs plus que jamais en développement dans la pratique du basket. Jean-Pierre Siutat se dit prêt à soutenir l’accueil d’un prochain Championnat du monde ISF de basket en France. ©AmandineNoel/IconSport n°76 - avril 201522
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  • 26. Buteur face à l’OM, Emiliano Sala a rapidement trouvé une place de titulaire à Caen. Footballpar Lawrence Leenhardt © Gaston Petrelli / Icon Sport Sala a toujours été patient EmilianoSala Il lui a fallu deux matches pour enclencher la machine. Arrivé à Caen sous forme de prêt (sans option d’achat) le 28 janvier, en toute fin de mercato hivernal, Emiliano Sala a observé ses nouveaux partenaires battre Saint-Étienne et Toulouse. Puis Patrice Garande l’a inclus dans son onze titulaire et le Stade Malherbe est devenu le tube de 2015 ! Un but contre le PSG pour un match nul arraché magnifiquement au Parc, un doublé en suivant contre Lens et, en apothéose, un but à Marseille pour le succès de l’année ; l’Argentin de 24 ans a fait couler de l’encre. Si la France entière a alors découvert le grand Emi, cela fait longtemps que les supporters bordelais le connaissent. Et les louanges – même Bielsa y est allé de son couplet sur ce « joueur de référence, opportuniste et intuitif, avec une grosse présence physique » - ont appuyé là où ça fait mal. L’entraîneur argentin de l’OM ne connaissait assurément pas son compatriote, que les Girondins ont dégoté dans une modeste école de formation, Proyecto Crecer, qu’ils financent depuis une décennie à Cordoba. S’il l’a découvert, c’est comme tout le monde, sous le maillot caennais. Sala était bien du match contre l’OM, en phase aller, mais il n’est pas entré en jeu… Arrivé à 20 ans, en octobre 2010 aux Girondins, il a été le premier joueur issu de la filiale du club, Proyecto Crecer, à être conservé en Gironde. Mal dégrossi, il a su passer outre ses carences dans le jeu pour imposer sa puissance et sa Emilano Sala, le Bordelais prêté à Caen, n’a jamais été un attaquant précoce. Il a franchi les étapes une à une, du CFA à la Ligue 1, en marquant cependant beaucoup de buts. Son – relatif – échec aux Girondins confirme qu’il lui faut du temps. Est-ce pour revenir meilleur ? n°76 - avril 201524
  • 27. Caen présence devant le but en marquant déjà beaucoup en réserve. De quoi lui offrir un premier contrat pro à 22 ans. Si cela n’a jamais été suffisant pour convaincre Francis Gillot, il n’a pour autant pas renoncé, enfilant encore les buts comme d’autres les perles en National (19 à Orléans), puis la saison dernière en L2 (18 avec Niort). « J’y suis allé petit à petit. J’ai beaucoup de confiance en moi, j’aime bien travailler. Non, je n’ai jamais douté. Les choses sont venues et j’ai beaucoup travaillé pour progresser, être plus efficace ». Sa patience et sa conviction ont été récompensées à l’arrivée de Willy Sagnol cet été. Fidèle à ses déclarations sur les jeunes, il n’a pas hésité à le faire entrer dès la première journée, puis à le titulariser face à Monaco. Enfin, quatre ans après son arrivée, Sala portait la tunique de ses rêves. « J’ai rarement vu un garçon qui se soit autant accroché pour réussir » Des buts, Emi n’en a marqué qu’un, et sur pénalty ; c’était au mois d’août contre Monaco donc. Au niveau des stats, on peut parler d’échec, mais il faut alors ouvrir le chapitre des circonstances atténuantes. Avec seulement onze matches au compteur sous la tunique au scapulaire, il a d’abord été victime de l’efficacité du buteur N°1, Cheick Diabaté. Un scoreur que seul Ibrahimovic dépasse à ce niveau et qui, en plus, n’avait pas un profil compatible avec lui. Leur association n’a jamais convaincu Sagnol qui a toujours et logiquement préféré conjuguer le sens du but et le rôle de planche du grand Malien à la vivacité d’un Touré. Sala n’a donc eu que les miettes et le temps de jeu qui va avec. Au fil des matches, le buteur devenu muet a forcément douté. Le style de jeu ne l’a pas avantagé, avec une seule pointe. Sala n’est pas Diabaté. Contrôles, duels, le plus facile est devenu difficile. Sala s’est perdu. Et la pression l’a rattrapé. Une pression qu’il s’était imposée inconsciemment dès son retour dans « son » club où il n’avait jamais joué en pro. En revenant à Bordeaux, Sala était très attendu. ©ManuelBlondeau/IconSport©VincentMichel/IconSport L’attaquant n’a inscrit qu’un but en douze rencontres avec Bordeaux en début de saison. Emiliano Sala est un attaquant extrêmement physique et opportuniste devant le but. ©VincentMichel/IconSport Emiliano Sala 24 ans - Né le 31 octobre 1990 à Cululu (Argentine) 1m87 - 75kg Poste : Attaquant Clubs : Bordeaux (2010-2012), Orléans (2012-2013), Niort (2013-2014), Bordeaux (2014-2015), Caen (depuis 2015) Palmarès : Néant A Caen, l’Argentin profite d’un troisième prêt après Niort et Orléans. BIO EXPRESS n°76 - avril 2015 25
  • 28. Les supporters qui le suivaient de loin depuis deux ans le voyaient claquer à tout va. « Mais Emiliano est un pur attaquant », note son coach en formation, Patrick Battiston. « J’ai rarement vu un garçon qui se soit autant accroché pour réussir. Il a la grinta des Sud-Américains. Mais il est aussi arrivé tard dans le monde pro, à 22 ans. Il a peut-être besoin d’encore un peu de temps pour s’affirmer en L1. C’est une question de maturité. Ce qu’il a réussi en deux ans est impressionnant et je ne doute pas qu’il va continuer dans sa dynamique ». Les Girondins sont peut- être arrivés un peu tôt. CFA, National, Ligue2, Emiliano Sala a franchi les étapes avec volonté, car c’est un gros travailleur. Caen est sûrement la dernière étape, indispensable, pour se prouver à lui-même qu’il a sa place au soleil chez les Girondins. « Ça ne me surprend pas qu’Emiliano réussisse », explique son ex-coéquipier à Niort et aux Girondins, Nicolas Pallois. « C’est une très bonne chose qu’il s’exprime bien en L1 à Caen et je suis très content pour lui. Il marque des buts et il faut qu’il continue comme ça. Ici à Bordeaux, il y avait Cheick Diabaté, et aussi Thomas Touré qui a participé… Emiliano a aussi eu des chances de jouer, il a fait des matches et il n’a pas marqué. Or le coach demande aux attaquants de mettre des buts ». Un coach qui assume l’embellie de son attaquant loin de ses yeux. « Le foot, c’est en grande partie une question de confiance. Après, c’est aussi le travail du staff que de savoir les y amener, mais parfois on touche à certaines limites. (...) Ça ne m’interpelle pas ». Football Emiliano Sala en est un exemple frappant, le Stade Malherbe de Caen n’hésite pas à leur donner leur chance et à relancer des joueurs au faible temps de jeu. Outre l’attaquant prêté par les Girondins de Bordeaux, le club de Basse-Normandie a également accueilli Nicolas Benezet lors du dernier mercato hivernal. En difficulté à Évian, le milieu de terrain a trouvé une place de titulaire à Caen, où il brille (il a notamment offert la victoire à son club face à Marseille au Vélodrome, d’une superbe frappe). Partenaire d’attaque d’Emiliano Sala, l’ancien Sochalien Sloan Privat était en perdition en Belgique du côté de La Gantoise. Prêté à Caen, il a retrouvé la confiance et le chemin des filets. Arrivés en début de saisons, Rémy Vercoutre et Julien Féret, qui ciraient le banc respectivement à Lyon et à Rennes, se sont imposés comme des pièces essentielles du onze de départ de Patrice Garande. Autant d’éléments qui côtoient une jeunesse talentueuse, symbolisée en particulier par Dennis Appiah, Yrondu Musavu-King, N’Golo Kanté, Fodé Koita ou encore Lenny Nangis. Un amalgame qui fonctionne sous la houlette de Patrice Garande, mais aussi de Xavier Gravelaine, directeur général, et d’Alain Cavéglia, directeur sportif, garants d’une politique sportive cohérente. Caen, terre de rebonds ©VincentMichel/IconSport ©VincentMichel/IconSport Le joueur devrait retrouver Bordeaux à la fin de prêt, en espérant s’y imposer pour de bon. Laissé de côté à Rennes, Julien Féret a retrouvé du temps de jeu au Stade Malherbe de Caen. n°76 - avril 201526
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  • 30. Le natif de Toulouse, épaulé par William Servat (à droite), fête ses quarante ans de présence au club. Rugbypar Olivier Navarranne © Manuel Blondeau / Icon Sport « Le Stade toulousain n’est pas en déclin » GuyNovès Toulouse est à la lutte pour la qualification en phases finales. Qu’est-ce qui vous rend optimiste pour la fin de saison ? Je suis surtout pragmatique, et conscient de tout le chemin qu’il nous reste à faire pour pouvoir atteindre les phases finales pour la 22ème année consécutive. Il faut y croire, c’est la base d’une forme de réussite. Il faut avoir confiance en son travail, en ses joueurs, en son staff et en son club. Je sais que j’ai des joueurs capables de choses merveilleuses, et j’essaye de m’appuyer sur ce qu’ils peuvent faire pour entretenir l’espoir d’y arriver. Pour moi, le constat n’est pas différent des autres années ; c’est le même parcours en termes de difficulté. Comment expliquez-vous cette sai- son délicate du Stade toulousain ? Cette année, nous avons connu énormément de blessures en début de saison, nous avons aussi été sous la contrainte du nombre de matches pour les internationaux... Chaque année, il y a des astreintes supplémentaires. Les semaines de doublons sont également difficiles pour les clubs pourvoyeurs de joueurs internationaux. C’est un véritable problème dans notre championnat à l’heure actuelle. Mais évidemment, je ne peux pas me satisfaire du jeu que nous produisons à l’heure actuelle, et ce quelles que soient les conditions et les absences. Votre expérience en tant que club peut-elle faire la différence face à des formations comme Grenoble, Bordeaux-Bègles ou Oyonnax ? Il y a de la qualité partout, avec des Éliminé dès la phase de poules en Coupe d’Europe et pas certain de disputer les phases finales du Top 14, Toulouse s’apprête à vivre une fin de saison tendue. Mais Guy Novès, manager depuis 1993, estime que son club, qui doit faire face à une concurrence de plus en plus forte, n’est pas pour autant sur la pente descendante. n°76 - avril 201528
  • 31. Toulouse staffs expérimentés, que ce soit à Grenoble, Bordeaux, Oyonnax ou chez nos autres concurrents. Après, il est certain que l’expérience est toujours un plus dans la vie, même si j’aimerais en avoir un peu moins et être plus jeune (rires). « Pendant dix ans, les gens étaient heureux de voir le Stade toulousain remporter quelques matches » Aujourd’hui, Toulouse boxe-t-il encore dans la même catégorie que des formations comme Tou- lon, Clermont, ou encore le Racing Metro ? De 1975 à 1985, j’ai passé dix ans sans remporter de titres. Je sais donc ce que c’est que de vivre des moments difficiles. Pendant dix ans, les gens étaient heureux de voir le Stade toulousain remporter quelques matches. Aujourd’hui, nous sommes tout de même loin de ce genre de période. Lorsque nous ratons une qualification en quart de finale de Coupe d’Europe au goal-average en particulier, les gens parlent de déclin. Je les laisse parler, et de notre côté nous continuons à travailler. Nous avons surtout la sensation de vivre une période où l’adversaire s’est extrêmement renforcé. J’ai participé à douze titres de champion de France et quatre de champion d’Europe, et je ne voudrais pas qu’ils soient banalisés en disant que le Stade toulousain va moins bien. Il faut admettre qu’une équipe comme Toulon domine le rugby français avec un jeu de qualité servi par des joueurs monstrueux. Le Racing Metro s’est lui aussi inscrit dans ce type de projet en faisant des efforts énormes pour se hisser à ce niveau-là, en termes d’effectifs et d’infrastructures. Clermont reste parmi les équipes qui sont là chaque année. Montpellier, même si le club vit une saison difficile, est en train de se structurer pour revenir dans la course, et là aussi avec des moyens faramineux. Remporter des trophées est un véritable objectif pour ces présidents millionnaires ou milliardaires, qui peuvent même combler le déficit de leur club en rigolant. Dans une période où le Stade toulousain n’a pas pu aller jouer au Stadium (en raison des travaux pour l’Euro 2016 de football, ndlr) et vit la crise comme tous les clubs, nous subissons plus la concurrence, tout simplement, mais le Stade toulousain n’est pas en déclin pour autant. Sur quels aspects le club doit-il miser pour rivaliser ? Sa formation en particulier ? Le Stade Toulousain doit miser sur ses forces vives. En effet, nous avons la capacité de produire des jeunes joueurs par le biais d’une formation qui fait partie des meilleures de France, si ce n’est la meilleure. Il n’y a pas de problème là-dessus. Nous restons très attentifs à l’arrivée de ces jeunes joueurs qui viennent renforcer l’effectif. Cela dit, c’est une volonté qui n’est pas nouvelle, ça fait des années que cela dure chez nous et nous n’allons pas changer. « Faire barrière aux joueurs étrangers est une hérésie » Philippe Saint-André a déploré le manque de temps de jeu des jeunes français en Top 14. Compre- nez-vous cette critique ? D’une certaine manière, il a raison. Un jeune joueur, il faut lui permettre ©ManuelBlondeau/IconSport Le technicien estime que le Stade toulousain fait face à une concurrence accrue. ©AurelienMeunier/IconSport Guy Novès 61 ans - Né le 5 février 1954 à Toulouse (Haute-Garonne) Joueur : Toulouse (1975-1988) Sélection nationale : France (7 sélections) Entraîneur : Toulouse (1988-1990, puis depuis 1993) Palmarès : Vainqueur de la Coupe d’Europe (1996, 2003, 2005, 2010), champion de France (1985, 1986, 1989, 1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001, 2008, 2011, 2012) Le manager toulousain tient à apporter tout son soutien à Philippe Saint-André. BIO EXPRESS n°76 - avril 2015 29
  • 32. Rugby Pour Guy Novès, parler de dopage dans le rugby à son époque relève du buzz. Depuis plusieurs semaines, l’ouvrage du journaliste Pierre Ballester, baptisé « Rugby à charges », fait débat. En effet, l’auteur a enquêté sur la pratique du dopage dans le rugby et, même s’il assure « ne pas avoir lu ce livre » et « ne pas en avoir envie », Guy Novès a son avis sur la question. « J’ai joué de 1975 à 1988, et pendant deux ans avec l’équipe de France. J’ai connu cette période- là, et je n’ai pas souvenir d’avoir vu du dopage organisé tel que je l’ai entendu dire par le biais des médias. Je n’ai, par exemple, jamais vu Jean-Pierre Rives prendre un quelconque produit pour lui permettre d’être ce qu’il a été, à savoir l’un des meilleurs joueurs de sa génération. Il est vraiment très dur d’entendre ce genre de choses, à plus de soixante ans. Ça me touche. Cela reflète la société actuelle, où l’on crache sur tout », confie le manager du Stade toulousain. « Aujourd’hui, pour gagner de l’argent, il suffit de faire du buzz. C’est comme cela que l’on éduque les nouvelles générations ; elles se régalent de choses qui très souvent n’en valent pas la peine ». Guy Novès « touché » par l’affaire Ballester ©JeanPaulThomas/IconSport d’exploiter son talent et de progresser. Mais d’un autre côté, faire barrière aux joueurs étrangers est une hérésie. Lorsqu’ils arrivent en nombre cohérent, ils permettent justement aux jeunes de progresser. C’est lorsque l’on a un exemple de qualité que l’on peut tirer les gens vers le haut. Aujourd’hui, je ne suis pas certain que ce « débat » soit le vrai problème. Je pense qu’un joueur de talent joue. Nous visons d’excellents résultats sur le sol français et européen. Est-ce que les moins de vingt ans maîtrisent suffisamment leur rugby pour jouer dans ces clubs ? Je pense qu’il y en a très peu. Il ne faut pas oublier que le rugby est devenu professionnel. En changeant de statut, le fossé s’est creusé entre la formation des jeunes, qui démarre trop tard selon moi, et ce monde professionnel. Pour les jeunes, c’est donc plus compliqué qu’à une certaine époque. Le sélectionneur est très criti- qué, et les performances du XV de France sont en dents de scie. Qu’attendez-vous des Bleus à la Coupe du monde ? Nous sommes à quelques mois seulement du Mondial, et je pense que ce n’est pas le moment de chercher des poux sur la tête de Philippe Saint- André. Il faut plutôt le réconforter et le soutenir. Concernant l’équipe de France, je fais appel à l’expérience. Par le passé, est-il déjà arrivé à une équipe qui ne maîtrise pas totalement son sujet d’avoir de bons résultats ? La dernière Coupe du monde a montré que l’équipe de France pouvait hisser son niveau de jeu et prétendre au titre, alors que le staff était extrêmement critiqué. Une prise de conscience peut se produire à tout moment et mettre tout le monde en confiance, joueurs et staff. Je souhaite vivement que cela arrive lors de la Coupe du monde. ©JeanPaulThomas/IconSport À l’image d’Edwin Maka (à gauche), Guy Novès n’hésite pas à lancer de jeunes joueurs. n°76 - avril 201530
  • 34. Mouhammadou Jaiteh ne s’en cache pas : il vise le titre avec Nanterre. Basketpar Olivier Navarranne © Johnny Fidelin / Icon Sport Jaiteh, destination NBA ? MouhammadouJaiteh Un Français de plus sur les parquets de NBA : voilà ce qu’espère ardemment Mouhammadou Jaiteh. À 20 ans à peine, ce surdoué du basket qu’il a commencé très tard, à l’âge de treize ans, se sent prêt à franchir l’Atlantique. Son objectif : participer à la traditionnelle draft NBA, et ainsi rejoindre les rangs d’une formation digne du plus grand championnat de basket au monde. Et si le jeune francilien est conscient que cette année peut être la bonne, c’est aussi parce qu’il a déjà tenté sa chance à deux reprises, et sans succès. « Après ces deux dernières années, j’ai toujours su me remotiver en me disant que renoncer à la draft NBA était aussi l’occasion de faire une meilleure saison ici. Pour moi, il était d’abord important d’être bon en Pro A. Il fallait que je franchisse les paliers progressivement. Aujourd’hui ça se passe bien en Pro A ; il est donc normal que j’y croie plus que jamais ». Après avoir manqué la draft en fin de saison dernière, Mouhammadou Jaiteh est donc revenu à Nanterre, un club où il restait sur une première saison mitigée dans l’élite. Mais cette année, le pivot a pris une nouvelle dimension au sein de l’effectif nanterrien. Régulièrement titulaire, il a enchaîné les matches et les performances de haute volée, que ce soit en championnat ou sur la scène européenne, ce qui a valu au pivot une deuxième participation au All Star Game début janvier. « Mam’ » regrette cependant l’élimination précoce en Leaders Cup au mois Brillant avec Nanterre cette saison, Mouhammadou Jaiteh a franchi un nouveau palier. Pour le pivot de 20 ans, une progression fulgurante qui pourrait le mener à fouler les parquets américains la saison prochaine. n°76 - avril 201532
  • 35. Nanterre de février. « Il est certain que cette élimination nous a déçus, car nous avions envie de remporter le trophée après avoir échoué en finale l’année dernière. Perdre d’entrée, ce n’est pas plaisant pour les compétiteurs que nous sommes. Cela nous a montré que, malgré le fort potentiel qui est le nôtre, le moindre relâchement fait de nous une équipe vulnérable, et nous ne pouvons pas nous le permettre ». « J’y crois vraiment, je ne vais pas le cacher » Le rebond des Nanterriens a d’ailleurs été immédiat, se traduisant par d’excellentes performances en Pro A, où la JSF fait partie des candidats au titre en compagnie de Strasbourg et de Limoges. « L’équipe est plus talentueuse que l’année dernière. Je pense d’ailleurs ne pas être le seul à avoir progressé : chaque joueur déjà présent au club par le passé est meilleur aujourd’hui. Chacun a su apporter quelque chose au groupe à un moment de la saison, lorsque quelque chose n’allait pas », assure le jeune pivot. « Il est vrai que notre dynamique est bonne en championnat. Ce serait vraiment irrespectueux de dire que nous ne voulons pas le titre. Mais on ne se met pas de pression pour autant, nous prenons les matches les uns après les autres ». Au milieu d’éléments expérimentés comme Marc Judith, Mykal Riley ou Jamal Shuler, Mouhammadou Jaiteh a progressé dans tous les domaines, pouvant enfin compter sur une place de titulaire, après une saison où il avait passé plus de temps sur le banc que sur les parquets. « Cette saison, il est vrai que j’ai beaucoup plus de stabilité et de temps de jeu. Cela me permet de mettre en application ce que je travaille à l’entraînement, mais aussi de progresser et de prendre du plaisir pendant les matches. Disputer autant de rencontres me permet d’avoir une continuité dans mes performances. Ma progression est au rendez-vous, car je joue régulièrement, tous les trois à quatre jours, face à des adversaires de haut niveau ». Un haut niveau que Nanterre, vainqueur du titre en 2013, espère retrouver avec une nouvelle ©DaveWinter/IconSport©AndreFerreira/IconSport Le pivot a progressé à tous les niveaux, notamment dans l’impact physique. Ses performances ont valu à Mam Jaiteh de participer à son deuxième All Star Game. ©GEPA/IconSport Mouhammadou Jaiteh 20 ans - Né le 27 novembre 1994 à Pantin (Seine-Saint-Denis) 2m08 - 105kg Poste : Pivot Clubs : Boulogne-sur-Mer (2012-2013), Nanterre (depuis 2013) Palmarès : Vainqueur de la Coupe de France (2014), vainqueur du Match des Champions (2014), finaliste de la Leaders Cup (2013) Le jeune joueur a profité de la multiplication des matches, comme ici en Eurochallenge, pour glaner du temps de jeu. BIO EXPRESS n°76 - avril 2015 33
  • 36. Si Nanterre ne sait pas encore de quoi sera faite sa fin de saison en Pro A, la JSF peut d’ores et déjà se targuer d’un excellent parcours européen. Les hommes de Pascal Donnadieu disputeront en effet, fin avril, le Final Four de l’Eurochallenge, troisième compétition européenne la plus importante après l’Euroligue et l’Eurocup. Sortie en tête d’un groupe composé du Mans, des Autrichiens d’Üssing et des Turcs d’Usak, la JSF a ensuite disposé des Italiens de Brindisi lors des quarts de finale, en deux matches seulement. D’abord vainqueurs à domicile (80-68), les coéquipiers de Mouhammadou Jaiteh ont réussi l’exploit de triompher en Italie. Menés de six points à une minute du terme, les Nanterriens ont réussi un incroyable 13-2 pour s’imposer sur le fil (72-77). La JSF a désormais rendez-vous avec son histoire, en disputant la demi-finale le 24 avril, avant une éventuelle finale deux jours plus tard. Alors que les performances du PSG focalisent l’attention, c’est bien de Nanterre que pourrait venir un triomphe européen cette saison... Eurochallenge : Nanterre en Final Four ©GEPA/IconSport couronne en 2015. Vainqueur de la Coupe de France la saison passée avec la JSF, Mouhammadou Jaiteh est conscient qu’un titre de champion de France serait aussi un éclairage bienvenu à l’heure de tenter une nouvelle fois sa chance en draft NBA. « J’y crois vraiment, je ne vais pas le cacher. À la fin de la saison, je vais aller aux États-Unis pour commencer le work-out. Dès que Nanterre sera éliminé, ou champion, je l’espère, je pars aux USA. Logiquement, il est quasiment certain que j’irai à la draft cet été ». Pascal Donnadieu, coach de la JSF Nanterre, sait bien que le club francilien n’est qu’un tremplin pour son jeune poulain. « Je lui souhaite d’accéder à la draft et le plus haut possible, mais il faut l’aider à gérer cette attente ; il ne faut pas que ça lui mette trop de pression. Il doit se concentrer sur le basket. Il a les qualités pour être drafté. Mais je ressens une pointe d’anxiété chez lui, il y a beaucoup de scouts qui viennent et il faut qu’il apprenne à faire abstraction de tout ça ». Un conseil mis en application par le joueur. « J’y pense forcément, mais il faut que je fasse les choses dans l’ordre, que je continue de progresser et de terminer la saison avec Nanterre ». Une progression linéaire qui pourrait donc le mener à la NBA, mais aussi à l’équipe de France. « C’est forcément quelque chose auquel je pense. C’est toujours un honneur de pouvoir représenter son pays. J’ai encore le temps, je ne pense pas que la sélection va me tomber dessus dans les semaines à venir. Il y a beaucoup de bons joueurs déjà présents dans cette équipe de France, mais aussi en dehors, susceptibles de les remplacer. Si je n’y suis pas, ce ne sera pas choquant. Au contraire, ça me laissera encore plus de temps pour travailler ». Pour les Bleus comme pour la NBA, Mouhammadou Jaiteh espère. Sans se presser, mais avec la conviction qu’il peut renverser des montagnes. Johan Passave-Ducteil est l’un des hommes forts de Nanterre en Eurochallenge. ©JohnnyFidelin/IconSport Pascal Donnadieu a grandement participé à la nouvelle dimension prise par son joueur cette saison. Basket n°76 - avril 201534
  • 37. Infos et réservations : www.ffbb.com eurobasket2015.org ★Bronx(Paris)www.bronx.fr/ DU 5 AU 20 SEPTEMBRE MONTPELLIER – LILLE MÉTROPOLE
  • 38. Adam Simac fait partie des hommes forts d’une équipe de Lyon surprise de Ligue A.Volleypar Sylvain Lartaud © Jean Paul Thomas / Icon Sport L’Asul volley veut rester en haut de l’élite française 2500 spectateurs contre Montpellier le 28 février, plus de 4000 face à Paris le 14 mars. Cette saison, l’Asul a bien aimé déserter le petit palais des sports de Gerland pour se produire chez le grand frère de celui-ci. Les Lyonnais ont réussi une belle sensation en se qualifiant pour les play-offs. Dans le public, quelques anciens ont vu resurgir de savoureux souvenirs des années 80 durant lesquelles l’Asul présentait une formation prestigieuse composée de nombreux internationaux : les frères Bouvier, les frères Fabiani ou encore Olivier Rossard. Une équipe qui n’a pourtant jamais décroché le titre de champion de France. Cette ambition, Krassimir Todorov l’affiche sans ambages. Ce Franco-Bulgare atteint sa dixième saison à la présidence du club dans lequel il a tout connu. Mais pas la troisième place du classement de Ligue A, à trois journées du terme de la phase régulière. Il annonce que l’objectif, c’est « de se stabiliser en haut de l’élite et d’être sacré champion un jour ». Pourtant, à la question de savoir ce que ça lui faisait de voir son équipe dans cette situation, Todorov venait de répondre du tac au tac, mais dans un grand éclat de rire : « un peu plus de soucis ! On se demande maintenant comment faire pour rester à ce niveau, car le but c’est de ne pas Après avoir sauvé sa place en Ligue A lors de la dernière journée la saison dernière, le club lyonnais occupe le haut du classement et pourrait jouer une Coupe d’Europe. À condition de réunir le budget nécessaire. n°76 - avril 201536
  • 39. s’entendre dire que nous avons eu un coup de chance sur une saison ou que c’est dû au hasard. Le plus important, c’est de se maintenir sur plusieurs saisons ». De son côté, Silvano Prandi ne s’enflamme pas devant ce rang. L’entraîneur italien a trop d’expérience pour se laisser piéger. « Les matches les plus importants de la saison sont les derniers, en play-offs. Difficile donc de porter un regard sur les performances de l’équipe jusque-là : disons qu’elle a fait quelquefois bien, quelquefois mal ». Silvano Prandi a vécu une première saison compliquée à l’issue de laquelle l’Asul a dû attendre l’ultime journée, à Narbonne, pour officiellement se maintenir. « Nous avons joué sans le passeur, ni le pointu (Nikolov) durant la première partie de la saison. Cette année, au contraire, nous avons pu construire l’équipe comme il faut pendant l’été ». « Imaginer Lyon européen il y a deux-trois ans, c’était impossible » Tout cela, Lyon le doit à ce technicien qui enchaîne sa 39ème saison sur le banc de touche d’un club. Il reconnaît qu’il ne connaissait rien de l’Asul au moment où Todorov l’a appelé. « Mais je pensais que la France pouvait être une nouvelle expérience humaine et sportive intéressante ». Lui aussi assure que l’Asul peut devenir championne de France. « On ne doit pas penser au passé et au fait que le club a un palmarès vierge à ce niveau, mais à l’avenir. Nous avons une tête, deux bras et deux jambes comme chacun de nos adversaires qui composent l’effectif des sept autres équipes. Pas moins que les autres ». Martin Jambon, 25 ans, l’un des plus anciens au club, savoure de jouer les premiers rôles et ces nouvelles ambitions après plusieurs saisons d’ascenseur avec la Ligue B. « C’est dû à la qualité des joueurs qui ont été recrutés, affirme le pointu remplaçant. C’est beaucoup plus régulier en termes de résultats. Si on parvient à tirer notre épingle du jeu durant les play-offs, ce sera du bonus. Imaginer Lyon européen il y a deux-trois ans, c’était impossible. C’est vraiment bien pour un club qui n’est pas toujours reconnu à Lyon ces dernières années ». Reste qu’un sujet pèse lourdement sur les épaules de l’Asul : les incertitudes financières, dont le club subit les affres depuis de nombreuses années. Sur dix ans, il a épongé une dette de 240 000 euros. Avec1,2milliond’eurosdebudgetcette saison, il n’est pas certain de valider sa participation à la Coupe d’Europe et encore moins de prolonger Prandi une saison de plus. « Il nous faudrait 1,5 millions d’euros la saison prochaine », avance Krassi Todorov. Ces incertitudes n’empêchent pas le club de rester dans sa ligne directrice et d’évoluer. Le projet a d’abord consisté à faire revenir des anciennes forces vives au sein du comité directeur, dont Jean-Marie Schmitt, entraîneur de l’Asul dans les années 80. Le club compte notamment une chargée de communication et un spécialiste des statistiques qui travaille individuellement sur chaque joueur pendant les entraînements. « En France, nous sommes l’un des seuls clubs à proposer cette organisation », précise Krassi Todorov. Il y a dix ans, quand celui-ci est arrivé, l’équipe évoluait en National 2 (4ème division), ne disposait pas d’équipe réserve et au total le nombre de licenciés ne dépassait pas 70. « Aujourd’hui, nous avons deux équipes réserves, deux équipes féminines et près de 700 licenciés (que nous espérons porter à 1000 l’an prochain). Sur ce critère, nous sommes derrière le Stade français Saint-Cloud, le deuxième club français ». L’autre cheval de bataille cher à Krassi Todorov, c’est la formation. « Le but, c’est de détecter de jeunes joueurs pour, à terme, qu’ils deviennent les cadres de notre équipe ». L’Asul vit, à ce niveau là aussi, dans l’ombre du voisin OL. « L’OL ou l’Asvel, cela fait 20 ans qu’ils travaillent sur ce sujet pour avoir des résultats. Nous, nous sommes là depuis hier, il faut être patients et réalistes ». Lyon ©JeanPaulThomas/IconSport Le coach Silvano Prandi (au centre) a redonné vie à une équipe en difficulté depuis plusieurs saisons. ©JeanPaulThomas/IconSport Basé sur un esprit d’équipe à toute épreuve, Lyon brille aussi sur le plan défensif. n°76 - avril 2015 37
  • 40. L’ailier de 27 ans fait partie des cadres de l’équipe de Tremblay. Handballpar Olivier Navarranne © Andre Ferreira / Icon Sport Bingo pour Tremblay ArnaudBingo « Disputer une saison sans avoir la boule au ventre à chaque match et la peur de descendre, ça fait plaisir ! ». La voix d’Arnaud Bingo laisse transparaître un certain soulagement à l’heure d’évoquer la saison en cours. Il faut dire qu’après trois saisons difficiles et autant de maintiens obtenus de justesse, Tremblay-en-France a trouvé une position plus confortable cette année, en milieu de classement, loin des premières places, mais aussi de la zone rouge. Cette saison, Tremblay joue en équipe. Et pour Arnaud Bingo, cela change tout. « On connaît le travail exceptionnel réalisé par David Christmann (entraîneur arrivé à Tremblay-en-France l’été dernier, voir encadré, ndlr) à Cesson-Rennes. Avec un budget limité, il était arrivé à bâtir une équipe performante avec des joueurs du centre de formation et à obtenir de bons résultats. Cette année, il nous a apporté son savoir- faire, nous commençons à jouer en équipe et à avoir cette culture de la gagne essentielle à ce niveau-là. Nous n’avons pas de pseudo-star dans l’équipe, c’est vraiment tous pour un chez nous », assure l’ailier gauche qui sait mieux que personne que tout peut aller très vite dans le handball. « On sait d’où on vient et ce que nous avons vécu ces dernières saisons. Nous savons très bien que nous ne sommes pas devenus la meilleure équipe du championnat en quelques mois. Nous essayons simplement de gagner les matches qui peuvent l’être, ce qui nous permet de ramener de plus en plus de Tremblay-en-France revit. Après trois saisons à lutter pour le maintien, le club francilien a trouvé sa place en milieu de terrain. Un véritablement soulagement pour l’ailier gauche Arnaud Bingo, présent depuis 2007 et très attaché au club. n°76 - avril 201538
  • 41. Tremblay-en-France public et de faire en sorte que la ville de Tremblay soit reconnue par rapport à ses performances ». Arrivé au club en 2009, Arnaud Bingo n’a pas connu que les années de galère à Tremblay. Les places sur le podium, la finale de Coupe de France en 2010 et celle de la Coupe des coupes en 2011 : le natif de Lyon était de ces aventures. « Ce n’est pas en le quittant quand tout va mal que le club arrivera à se pérenniser » Tout cela avant une dégringolade qui a vu le club francilien lutter pour sa survie dans l’élite depuis trois saisons. « L’esprit de groupe nous a manqué pendant deux ou trois ans. On ne peut pas s’en sortir, si on ne travaille pas pour le joueur qui est à côté. Il faut respecter un schéma et ne pas essayer de toujours prendre le jeu à son compte. Sur ce plan-là, nous avons fait beaucoup de progrès, et ça commence à porter ses fruits cette saison », explique Arnaud Bingo. « La première année, on ne comprend pas trop ce qu’il se passe. Quand il y a une deuxième et une troisième année sur ce rythme, on se dit que les choses peuvent aller très vite. C’est ce que je me suis dit, que rien n’était acquis, qu’il faut toujours se remettre en question et travailler deux, trois, quatre, voire cinq fois plus pour améliorer la situation ». Un travail qui a payé pour Arnaud Bingo, devenu international français grâce à des performances de plus en plus remarquées sous le maillot tremblaysien. Appelé pour la première fois en 2010 par Claude Onesta, l’ailier gauche a progressivement trouvé sa place dans le groupe France, en suppléant de l’inusable Michaël Guigou. Le joueur de Tremblay devient ainsi champion du monde en 2011 en Suède, avant de participer à l’Euro 2012. Mais les résultats en club sont depuis passés par là : difficile de conserver sa place en équipe de France en disputant le maintien, alors que les concurrents au même poste, ©JohnnyFidelin/IconSport Ici en compagnie d’Audray Tuzolana (à gauche), Arnaud Bingo estime que Tremblay a retrouvé un esprit d’équipe cette saison. ©ManuelBlondeau/IconSport Arnaud Bingo faisait partie des Experts lors du titre mondial en 2011. ©SebastienMuylaert/IconSport Arnaud Bingo 27 ans - Né le 12 octobre 1987 à Lyon (Rhône) 1m90 - 80kg Poste : Ailier Clubs : Villeurbanne (2005-2007), Tremblay-en-France (depuis 2007) Palmarès : Champion du monde (2011), finaliste de la Coupe des coupes (2011), finaliste de la Coupe de France (2010) Le joueur estime qu’une place en milieu de tableau cette saison serait une excellente performance. BIO EXPRESS n°76 - avril 2015 39
  • 42. Handball Redevenir une place forte du handball français est l’objectif des dirigeants du club de Tremblay-en-France. C’est dans cette optique qu’ils se sont chargés de trouver un nouveau coach en fin de saison dernière, après un nouvel exercice décevant. Leur choix s’était ainsi porté sur David Christmann. Le technicien, qui a réussi à faire passer le club de Cesson de la N2 à la D1, avait besoin d’un nouveau challenge. « J’avais d’autres propositions, notamment à Saint- Raphaël. Mais le projet de Tremblay m’a emballé. J’ai senti plus d’affinités. Ce club a des valeurs qui me plaisent. Il a aussi une longue histoire. Tremblay vient de vivre des saisons plus difficiles. Je veux l’aider à remonter la pente », avait-il alors déclaré. En compagnie de son adjoint Mehdi Boubakar, il s’est donc engagé sur la durée à Tremblay, avec un contrat de cinq ans. Un choix pour le moment payant, le coach ayant réussi à redonner le sourire aux supporters et un minimum de cohésion à son équipe. Avec un amalgame d’anciens et de jeunes talents formés au club, Tremblay a retrouvé une place en milieu de tableau. Le travail de David Christmann, qui ne fait que commencer, devrait continuer à porter ses fruits dans les mois à venir et, pourquoi pas, permettre à l’équipe francilienne de viser encore plus haut dès la saison prochaine. David Christmann, messie de Tremblay ? ©AurelienMeunier/IconSport Michaël Guigou et Samuel Honrubia en tête, disputent le titre et la Ligue des champions. Pour autant, Arnaud Bingo n’a jamais émis le souhait de partir pour une formation plus huppée. « Ce n’est que mon avis, mais je trouve trop facile d’être là et de répondre aux sollicitations quand tout va bien, et de quitter le navire quand rien ne va. Personnellement, je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit. Pendant cette période difficile, j’ai eu des sollicitations d’autres clubs, mais j’ai préféré rester ici, faire le dos rond et me battre avec mes amis pour redorer le blason du club. Ce n’est pas en le quittant quand tout va mal que le club arrivera à se pérenniser et à retrouver les premières places dans les années à venir ». Quant à l’équipe de France, l’ailier gauche a observé le dernier sacre des Experts au Qatar à la télévision. Sans amertume aucune, mais avec forcément les Bleus dans un petit coin de la tête. « Quand on a connu l’équipe de France, on a toujours envie de se battre pour y retourner. Ce n’est pas du tout sorti de mon esprit, même si pour l’instant ma priorité reste ma saison avec mon club. Si je suis performant tout au long de la saison et que je mérite d’y retourner, alors peut-être que je retrouverai l’équipe de France. Même si j’avoue qu’il y a des joueurs très talentueux dont il sera difficile de prendre la place (rires) », s’amuse le joueur. « J’ai trouvé un environnement idéal ici à Tremblay, notamment avec les gens qui travaillent au club. Pour moi, c’est le plus important. C’est à Tremblay que j’ai connu l’équipe de France, la Coupe d’Europe et le haut niveau, tout simplement. J’ai envie de retrouver tout cela ici ». Une fidélité qui, à défaut de crier victoire, peut permettre au club francilien de crier bingo ! Le technicien s’est engagé sur la durée jusqu’en 2019 avec Tremblay. ©AndreFerreira/IconSport Le natif de Lyon veut retrouver le très haut niveau avec Tremblay. n°76 - avril 201540
  • 44. Julien Da Costa a rejoint le Team Honda Racing l’année dernière. © Pascal BLEJEAN / Esprit Racing - ACO Sports mécaniques par Olivier Navarranne JulienDaCosta Julien Da Costa a Le Mans dans la peau « On vise clairement le titre ». Julien Da Costa n’y va pas par quatre chemins au moment d’évoquer ses ambitions à l’aube de la nouvelle saison. L’Héraultais a en effet la rage de vaincre, après une saison dernière contrastée au sein du Championnat du monde d’endurance. « D’entrée de saison, en 2014, la moto s’était avérée très performante. Cela s’était confirmé au Bol d’Or où nous avions obtenu la pôle position. Nous étions très satisfaits et très surpris par la machine. Nous avons seulement été trahis par des ennuis mécaniques ». Des problèmes et des abandons à répétition qui n’ont pas pour autant dissuadé le pilote de poursuivre l’aventure avec Honda, dans un projet qu’il avait rejoint en début de saison dernière. « Comme chez Kawasaki, je veux arriver à gagner chez Honda. Nous avons les bases, nous avons installé une stratégie d’équipe et je me plais beaucoup à travailler avec l’équipe technique de chez Honda. L’an dernier, la fiabilité n’a pas été au rendez-vous, mais le team a travaillé d’arrache-pied pour régler ce problème. Cette année, nous allons ainsi pouvoir profiter de nombreuses améliorations sur la moto, et nous sommes donc vraiment confiants pour jouer les premiers rôles tout au long de la saison », assure le pilote, dont les deux coéquipiers n’ont pas changé : Freddy Foray et Sébastien Gimbert. Avec eux, Julien Da Costa devra faire preuve d’une importante régularité pour espérer soulever le précieux trophée au terme des six Les 18 et 19 avril, les 24 Heures Motos ouvrent le Championnat du monde d’endurance sur le circuit Bugatti du Mans. Une épreuve mythique pour l’ensemble des pilotes, dont Julien Da Costa, triple vainqueur qui vise un quatrième succès. n°76 - avril 201542