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E T ft AIS 0 N N i: E.            i1 8îpi~ion     du gofier & du nez; mais tous les  Juifs Orienta.ux ne iui donnent point...
RE    Mil R QU ES.     J. Il faudroit joindre au c le k & le fi pour ré-pondre exaélement aIl fon àu cappa & du c:aph,.par...
ET    RAlgONNÉIt.                     -19~lItendre li , le mot deviendroit de trois fIhtbes   •dünt la 1èconde (eroir un i...
~o     GRAMMAIIE GÊNJ!RA LE    Les 17 voyèles & les :u con {on es font 39 (OMmples dans notre langue ; ~ ft Ion y jointlaf...
ET RAISONNÉE.                         ~.délicate &: exercée, mais ils ne font n,Î dés fixés,~Ù allfé$1 déterminés pour êtr...
~1    GRAMMArRE GÉNÉRALE     Deu~ voyelles auffi peuvent      comparer  une :fYUabe, QtLcntr.er dans la même fylla.  he : ...
E T   RAI SON NiE.                       aJdans fa même (yHabe, de forte quil yenpeut avoir quelquefois jufques à trois de...
•• GJlAIUIAIP.1 GÉN~RALE    Pour dUlinguer la 6labe réèle de la (dabc filique; Il fiut obfe.-~ que toutes les fois que plu...
~ T    R -AI SO Ii"N tE.                2)  .lent, fans quoi ce quon apèle diftongue& ttifton-  gue neft quun fon fimple ,...
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ET   1 AIS 0 N N Ë E.                17          DIFTONGUES.11.                   Diacre, diable.                      ......
d:    GRA}flllAI1E G~NÉBALE      CHA PIT REl V.Des Mots entant fueJOnr, où il eJl parlé                 de ! Accent.N     ...
d:    GRA}flllAI1E G~NÉBALE      CHA PIT REl V.Des Mots entant fueJOnr, où il eJl parlé                 de ! Accent.N     ...
~ T    RAI SON N É       t.         19aiofi (), puis (- ), & les comprenait        tOUSÀ.on ..~"WA.    00 peut voir ce quo...
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14 GRAMMAlaB GBNBRIlL firédigéèt., écrUes & c~.ûgnéM dam de. métodetualogiquea. Peu de règles, beaucoup de ré6c-,pons, IX ...
CHA PIT R E                       V~  Des Lettres confidérées comme caraé/4YII.  N       Oas navons pas pû jufques id parl...
i  G RAIlMAtllE :Q~N.gR ALECon; ceft·à-dire> quon nécrivît rien qui nefe prononçât.       ~. Que tout fonmt    marqué par ...
E T   RAI SON N É E.    Dans lHébreu même il ya des mots qui                                            3ne fom ditférens ...
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RE    .lI,{   .4 R ~ lJ E ,r.  ,MM. de P. R. après avoir expofé dans ce chapt.;are. les meilleurs principes tipografiques ...
E T RA! SON N B E.                      At                                                    "T-pour la langue parlée? Pa...
... ~   G .ft "   ,M. .M A IJUi:   G Ê N É 1.A L E4)D  maDClue. Par exemple, on unit un e &. un u pourexprimer le fon eu d...
ET     RAI SON N        t   If.·      4-~    En effet, les Écri,ins ont le droit ou pluft&                                ...
+t    GRAMMAJ.ttB GÉ,NÉJtALEinfenfihle : èle a été bien des fJèdes avant que denaitre; mais èle eft née rout·a-coup; come ...
E T    il. AIS 0 N N Ê E.                 4Sobjets matériels = & quand il v auroit u quelque ra-port de figure entre le ca...
t6     GRA.M,Ala. GÉNÉRALEfoit été eQnçû, dut être formé prefqJJen môme tem5~Be cell ce qui relève la gloire de liinventeu...
ET RA i SON Nt,Ee                    .1(erait dautant plus grande, quQB auroit lefPritplus ju:fte. Quiconque fait lire, [a...
"        GlAM1fAflBGÉNÉRALEmais htutiIemctlt. Il n., apeut-êtrè pas une languequi ait cet avantage; & les deus langues don...
E T   RAÏ SON NÉE.                   49   po~~oi~ p~s aler y coltltraindre cbel. eus tOIlS tels   am   ccnVOlent.         ...
,Ô.*    G JlAMft!AtlUI        GBNÉlAL È        et aeutëe de légèreté, ne fut eonflante quedans des choCes dc!raiConables. ...
ÉTiAISON14Ét-.                         S«luîage clans le texte. parce que je naiepas le qroîtdy rien changer, mais dans le...
Jt    GRAalÎlA::nE)(Hhnht!I.E6~~petcittotlf!pas de          ce qui en choquera luelqùe, autre••      C·HAPITRE VI.D"une nQ...
1. T   RAI SON N"F; J!.            .~ a l1re, n)appnt1icnt dabord aux emans a cOIl- ,                                     ...
J+ . G ICA MM Arll li:     0 ~ ~~l A L:Eme sal lavoit      miu"ia " miz.ere ~ &c.    Voilà les plus générales obfervations...
ET    RA!SONNÉE~ r     SECONDE PARTIE·                DEL AGRAMMAIRE"        GÉNÉRALE,Où il eft parlé des principes &: des...
S6 GRAMMAI:R! GÉNRRALEIon, aux hommes & aux perroquets.    Il nous reLle à examiner ce quelle a de fpirituel.~ui fait lun ...
f:T   RAISONNÊl!.              7flmple regard de notre efprit fur les choIes,foit dune maniere purement imelleéluelle,comm...
·~8     GRAMMAIRE G~NÉ!ALn propofition enferme néceifairement deux ter- mes; lun appellé fujet, qui eft ce dom on affirme,...
• T Il A J SO N NB t.             "t9   les autres la forme & la maniere de nos pen-   fées, quoique fouvent ils ne Ja fig...
60     GR A 1d M A j REG É NÉ ft ALE     Gefl: ce qui a fait la principale ditlerence  cntre les mots qui figmfiem les obj...
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64    GRAMMAIRE GÉNÉRALEtel ami, de fon cheval, de fon chien> de foi-même, &c.  , Les autres qui nous en repréfentenr plu-...
ET    -& AIS OiN N F: E.                i       5    ileft pas néccffaire de        rie~                                 a...
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ET RAtSoNN~E.                   67& appellatifs, il femblc que par leur natureils devroient touS avoir un plurier; néall-m...
CHA PIT R E                         V~·C turc conviennent àadjeéHfs de, onleurjugé       01lMEles noms                    ...
Grammaire Port-Royal
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És l'edició facsímil de la Grammaire générale de Port-Royal, publicada originalment el 1660. Aquesta edició data de 1754 i porta les anotacions de Charles Duclos, Secretari de l’Académie Française. La font del document és la biblioteca digital Gallica, de la Bibliothèque nationale de France http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-84320

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Grammaire Port-Royal

  1. 1. GRiMMAIRE , 1 GENERALE, ET RAISONNÉÈ; CONTENANTL Ji: S fondemens de lart de parler 1 expliqués dune maniere claire & naturelle;LE s rai Cons de ce qui dl: commun à toutes les Langues t Be. des principales diffécences qui sy rencontrent ;E Tplulicurs remarques nouvelles (ur Ia Langu. Françoitè. M., 1) ç C. L 1 V• ..tfVte Applobat;oll Ô PriviJége d. 1101.
  2. 2. Î 1; PREFACE.Î E N GAG EM E NT o~ je me juis L trouté , p!~tÔt par rencontre que par mon choix, de travailler aux Gram- maires de diverJès Langtfes) ma JOuvent porté à rec/,ercher les raifims de plufieurs cholès aui font ou communes à toutes les J l J Langues , ou particu/ieres à quelques~ ,mes: mais y ayant quelqueftis trollvé des difficNltés qui ma"êtoient , je les ai communiquées, dans les rerlcontres, à lm de mes amis) qui ne shant jtlmais.appJi~ ~é à cette filrre dejèiencc JI na pas laiJP de me donne/! beaucoup do~rvertur!s pour refludre nus doutes; & mes luejlians ïnéme ont été cauft quil a fait diverfts réfieXlO1H.fùr les vrais fondemens de fart de parler, dont m""ayam entretenu dans la umLerJàtion, je ies trouvaififilides, que i·e me fis conJèience dt les la~!Jèr perdre, Jr/ayant rien vi2 dans les anciens Gram- nh1tnem, ni dans lis nouvclZUX , qui f.
  3. 3. P R ~ F ACE.Pl*s ~ri.U!fÇ OH plus jujJe ftr cette,... t1ere. Ceft pourquQi jobfins encore de la homi ?Iu"in, po~ 11ifF, quïl me les diElât à Jes ~eureJ pêrc1ues;- i&àinJi les ayant fecueiJ./jes&.,mifls,.en ordre, jen ai coin-pr{è ce petit Trmu. Ceux lui onttte tif ~ime pour les ouvrages dé raiflnnement, t.~ou"Ueront p~I#.~itre en celui-ci que/qut {holt. lfli ies pourra [misfaire ) .(7 jjenmfprijeront pas le fujet , PUifltUl fi /4 Pth{ole èfl un des plus gr~ds avt}Ytt4ges tk f~fm:ne ,~. ce ne doit paf ftr8 "pl; chQji ~epry~"e dt pfJjflder fIt W<t!#.4te 4V~c,foute ./fI; perfdiÎ(JTJ (JfU f:(Jt}vi<Nt àf/uinn.!JIe; . qui ~11 de ,nen lZi/oir p,al ftulemcf1Çluftge , T!flis den pénét,er au{jj i,et 4i..fins ,.& defair~1?arfl;f~C ce lUi k$ ~fto ~rtsfi11l fif4l(1tfI,npar f~t"1M. GRAMMAIRE
  4. 4. GRAJ!IMAIRE , 1 GENERALE ET RAI SON NÉE. A GRAMMAIRE ea lart de parler. Parler, eft expliquer fes pen- • fées par des lignes, que les hom- mes ont inventés à ce detrein. On a trouvé que les plus commodes de ces fignes , étoient les fons & les voix. Mais parce que ces fons paffent, on 1 inventé dautres fignes pour les rendre dura- bles & vifibles, qui fom les caraéléres de1écriture, que les Grecs appellent }P«ji.IJ.fi.Trl, doù eU venu le mot de Grammaire. Ainu lon peut confidérer deux chofesdans ces fignes : La premiere ; ce quils fonepar teur namre , cefl-à-dire, en tant quefOns & caraéléres. La [econde; leur fignüicatioD; teH",": A
  5. 5. 7-dire, la maniere dont les hommes se:! fer-vent po.Jr lignifier leurs penfecs. . . NOljs traiterons de lune dans la premierePartie de cette Grammaire, & de lautredans la feconde.
  6. 6. ) ë Ji P RElli lE RE PARTIE.,Ou il cft parlé des Lettres & cn3.t1éres de lEcriture. C II API T R E PRE 11 1ER.Des Lettrts comme JOns, & premiere- ment des I/oyel/es. ES cl ~ crs fons dom on ft [en po!!"lt ,é ...J Fr].cr, &: quon appelle Lettres, ont tiUUt5 (~une manÎere toute naturelle,0.:. quil dl utJlc de remarquer. Car cum;nc la bouche cft lorgane qui les furme , on a VCl quil y cn avoit de fi fim-rlcs, qulls navoicllt befoin gue de fa [cuje Uu ertLlre pOUf fe f±ire entendre & pour for- )~:er une voix difiinde, d0Ù vient quun les d. "ppellés VoyeLleJ. Et u;} a auffi veu quil y en avait daurrei-JUI , déptndJ.lJt de lapplication parriculicreèe quelquune de iès parties, comme des : . ;:"." C:C) ;é . rc3, de la langu(~ , du palais, .. ij
  7. 7. " GRAMMAIlU! QÉNRALJf Q~ pouvaient néanmoins faire un fon parfait,ue par louverture même de la bouche,c cll:·fl-dire, par leur union avec ces premiersfons J & à caure de cela on les appelle Con-..[onef. Lon compte dordinaire cinq de ees voyel- les J a, e , i, IJ, ~; mais outre que çhacune de ceUes-Ià peut être bréve ou longue, ce qui caufe une variété affez confldérabie dans le fon; Ufembl~ qu~ conijderer la ~ifIléreQce de9 fons fimpies, felon les diverfes ouvertu-res d~ la bouche, on auroit encore pLJ ajoih-ter quatre ou cinq voyelles aux cinq prèce-denres. Car le ouvert & le fermé font deux fons afl"ez diiférens pour faire deux différen-teS voyelles, eomme mer, abifmer., commele premier & le derpier 1 Qans 7Iettlrté. dansjeTrJ J &c. Et de même 10 ouvert &: }o fermé, côt, " co tu • hau & hott,~ Car quoique le ou-vert & 10 ouvert tiennent quelque chore dulong, &. le &. r(} fermé quelque choCe du bref, néanmoins ces deux voyeUes fè varient iavantage , par être ouvertès &. fermées J quun Il ou un i ne varient par être longs ()u brefs; &. cell: une des raifons pourquoi les Grecs ont pÎûtôr inventé deux figures ~ chacune de ces deux voyelles ~ quaux tro~ iutres.
  8. 8. E T R A J SON N ! .!. S _ be plus ru , prononcé ou, commle fai- [oient les Latins, & comme font encore les italiens & les Efpagnols, a un fon très-dif- férent de ru, commE: le prononçoient lea Grecs, & comme le prononcent les Fran- . - ÇOIS. _ Eu • comme il dl daos ftU, peu , fajt en" core un fon fimple, quoique DOQS 1écrivieal avec deux voyelles. Il refie 1e muet ou féminin , qui neft dans fon origine quun fon fourd, conjoint aux comones_ lonqu-OI11 les veut prononcer r r. 1 1 fans voyelle, comme lorfquelles font faivies immédiatement dautres coofcnes, ainli que dans ce mot, ftamnum: ceft ce que les He- breux appellent fcheva, fau-tout lorfquilcommence la fyUabe. Et ceftheva fe trouvenéceffairement en toutes lf~s langues, quoi-quon ny prenne pas garde, parce quil ny àPOInt de caraélére pour le marquer. MaisGuelques Langues vulgaires, comme lAlle--mand & le François, root marqué par lavoyelle e, ajoûtant ce fc)n aux autres qutelleavoit déja : & de plus ils ont fait que cetFeminin fait une fvllabe avec fa c:onLOne,comme cff: la fecondc dans netteté ,jaimerai»donnerai, &c. ce que ne fairoit pas lefchevttdans les autres Langues, quoique plLlfieursfalfem cette faute en prononçant le fchevtl A iilj
  9. 9. ~ GR!1,4UtAIRJ! GiNÉRALEdes Hebn."Ux. ,E,[ ce qui dl encore plus re·mal"quabb~.• ceft que (ete muet mit {ouve nttOut fuul en François une fyUahe, ou plûtôtune demie fyUahe.9 comme vie, vuê, aimle. Ainft (ans·eonlidérer la différence qui Cefait entre les vO}l:elles dun même fon, par 13lenguèur oU7brt:veté, on en Eurroit difiin-tuel! jufètuesi dflt, en ne s arrêtant quauxfons fimples , & non aux caraéteres : a, ;;J .. ~1. , 1,, ) • > (1 JO, f!N , l i t • ft, e muet. R lE /II .A R QUE s. Lés Gtammairiens rtconoHtènt plus ou moins(le COI:1S dans une Langue, Celon quils ont loreilleplus ou moins ren6bJe , & quils font plus ou moinecapables de .afranchir du préjugé. Ramus avoit déja remarqué 10 voyèles dans laLangue Françoife , & MM. de P. R. ne difèrentJe lui fur cet article, quen ce quils ont fenti que~ n1érpit.autre choCe quun 0 écrit avec deus ca ra·~res.; ~u &. bref dans Paul, grave" long d,msb4uttlU. Ce.même (on Gmple sécrit avec trois oatuafl:e carattères ,dont aucun nen ellie ligne pro-pre ,tombe., berceaur. Notre onografe ell plei.ne de ces combinaifons fauffes & inutiles. Il eftaffis 1ingulier que lAbé d~ Dangeau qui avoit ré-fléchi avecefprit furIes fons de la langue, & quicOboiHoit bien la Grammaire de P. R. ait fait la.
  10. 10. ET RJ.ISONNBE~ même méprife que Ramus fur le fan llfl, tandis que IV... !!iJ, un étranger, ne sy dl pas mépris. Cel que I-vallù ne jugeait les fons que doreille, Be lon nen doit juge, que de cète manière, en 0u"- bliant ab(o!umenl cèle dom ils sécrive"t. MM. de P. R. nont FIlS marqué toute des voyèl. les quils ponvoient aiCémellt reconoÎtre dans notie bngue ; ils npnt rien dit des nafates. Les Latifts en avaient 4. qui terminent les mots Romam, urbetw~ firim , tN11plllm, & autres femblables. Ils les regar- daient fi bien come des Voyè1es, que dans1es-vers ils en f:liroient Pétillon devant la voyèle initiale du mm (uiV"2nt. La lètre m qui fuit une -voyNe avec laquèle èle sunit, efl: tOujours la lètre caraaériffi- :lue des nafales latines. Nous Jions auffi quatre nafales , quoiquèles ne foient pas todement les mémes gue cèles des La- tins, & nous y employons les lètres m & n) (uivant ce quun urage arbitraire en a décidé. Nos 4 nafa- ies Ce trouvent dans b.:m, bien) bon, brun. Lu na- fJ! fe prononce toujours eun, cefr un Cil nafal fi f2~lt obCerver que nous ne confidérons ici n~5 na- [lies que relatiement au (on, & non pas à rone- gr:lfe, parce quune même nafale sécrit fouventriune manière trè5-diférente. Par exemple, l"ana-fJl s~crjt diféremmenr dans anrre & dans fmbraf-l;:i. Le naral sécrit de) manières diférentes, ain6, A iiij
  11. 11. .. GBA.M1IIAIllE Glhlt1.ALE~) (,fin) (film) fIin. Notre oftogl.afe eit Ji .,i- cieufe, ltril ny faut avoir aucun égard en parlant .tes fons de la langue; on ne doit "onfuiter quejoreille. Plu6eurs Grammairiens adlllètent un i nara!,.encore le borntnt-ils ~ la lilabe initiale &. négativelui répond à l. privl&uf des Grecs, come ingrat,injufte, infidèle 1 &c. mais cell un fon provincial.~ui neft dufage ni à la Cour, ni à la Vile. 11 eft:nai que ri Dafal sdl introduit au Téâue, mais il J)en eft pas moins vicieus, puiCquil ncft pas auto-~jé par le bon prage, auquel le T éâtrc eft obligé de(e conformer, come la Chaire & le Bateau. On prononce airez généralement bien auTéâtre; maisil ne laifi"e pas de sy lt"ouver quelques prononcia~nons vitieufes , que cer.~s Aéteurs tiènent de leurProvince, ou dune mauvaife tradition. Lin n~­gatif ncft jamais nafal , lorfquil eft fuivi dune.:"oyète ; alors l; cft pur, &kn modifie la voyè-Je fuivante. Exemple ~ inutile, inouï) inatendu.-"c. Ll>rfque le fon eft naCal, COmme dans inconf- tant, ingrat &co ceft un e naCal POUI loreille,.~oiquil foit é,rit avec un i. Si nous joignons nos quatre nafales aux 10 .oyèlesreconues par MM. de P. R. il y en aura déja t 4. Mais puifquils difrmguent trois e & deus• J pou1CJuoi nadJllètroit~on pas detu a, lun grave
  12. 12. ET RAIsôif)iÉ~ j Il lautre aigu> come dans pât.r &, Ith, ~ & deus ,u come dans jeûa, & je"", !Laigu & le grave Jifèrent par le fon ~ indépendafiJenl de leur CZUa&:- cité. On doit encore faire.à lé:g:ud de lII ouven la même diltinttion du grave 8( de laigu ~ tels quil. font clans tête & tt". Ain6 nQW ZiVO!!S au moins 4 , gifél~ns ; e fermé dans bONi, t ouvert grave dau tit, > ouvert aigu dans ri" , t muet dans la de_ _ filabe de tomb,. V, muet neil proprement que la foyèle tU (ourde & afoiblie. Jen poutois çanter un cinquième ~ qui ef moyen erure ré fenat Be en ri? ouvert bref. Tel le fecond t de Flfwj". le premier de fUCC:lÙ ; mais nétant pas aufii fen( .. bie que les autres, > il ne feroit pas généralement admis. Cependant il Ce rencontre a1fés fouveD!, Be deviendra peut-érre encore plus uuté quil ne lcft. Je me permètrai.ici une réSexion fur le pen- chant que nous avons .i rendre notre langue moi~. effbninée & monotone. Nous avons raifon ~;éft­ ter la nuieffe dans la prononciation, mais je aoi I~ue nous tom bons trOp dans le défaut opotè. NOUI Fononcions ai/lrefois beaucoup plus de diftoaguaquaujourdhui; èles fe pronon~oiem dans les temlfdes verbes, teh que jalloù, jaurois, & dans plu-iieurs noms, tels que franCio;s ~ Angleû ~ Polo-C,i.4. a,l lieu que nous pronon~ns aujourdhui) avu ; ) ,lUTes 1 F rançes, ang1ti , .. O.OM1~ ro_" , .• . • , Dl ~
  13. 13. 10 GRAMMAt~E GÉNÉRAL!: pendant ces diftongues métoient de la foree Be deta variété dans la prononciation. & la fauvoient "une efpèce de monotonie qui vient en partie de floue multitude de muets. La même négligente de prononciation mit qo pluGèurs e qui cmginairementétoient accentué!, deviennent infen6hlement ou muets, ou moyen!.Plus un mot en manié, plus 13 prononciation endevient fcible. On a dit autrefois Roine & non pas Reine, & de nos jours Charolois endevenu oltl, harnoÎl a fait haTn~l. Ce quon apêle~ nou!!la fleUté 1 Bt ce que-le. antiens nau-roient apel~ que cOlm 1 dècide aujourdhui de la1angue Sc des mœun. Dès quun mot eft mani~CJ.uelque tems par Ile peuple des gens du monde, làprononciation sen amotit. Si nous wons dans unerdadon auffihabituèle daraires, de guète Bt deoc-om~rce avec les Suédois & les Danois quavec 1ft_~nglois , nous plononcerionsbientStDanit ScSuedè.r, come nous difons Anglèl. Avant quèHenri -nI. devint Roi de Pologne, on diroit les Pd-ionoÏi , mais ce nom ayant été fon manié. & dansce tems-là, & depuis. à loccanon àes éle8ions, laprononciation sen en afoiblle. Cète nonchalanceëfans la prononciation, qui neil pas incompatibleavec Jimpatience de sexprimer, nous faitlfitéret)ufquà la nature des mots, en les coupant àe façol
  14. 14. ET !t A t SON Nil:. 11~ue le fens nen en plus reconoiifable. On dft.par exempk, aujourdhui proverbialement, en d~pit de lui & de fa dmJ, au lieu de fer aidanJ. Nom:avons plus quon ne croit de ces mots mcomm 01aÎtéTés par l u ( a g e . Notre langue deviendra in(en{iblemen~ pluspropre pour la converlàtion que pour la Trit;ùne,& la conver[ation done le ton à la Chaire, au Ba:.reau & au T éâtre ; au lieu que chez les Grecs techez les Romains la Tribune ne 6Y aB"ernKoit pas.Une prononciation fomenue & une profodie fixe& diftinCte doivent Ce conf~rver partiailièreœentchez. des peuples qui (ont obligés de traiter publi-quement des matière. imérefrantes pour tous lesAuditeurs, parce que, toutes chores égales daij.leurs t un 0 rateur , dont la prOftonciaùon ei Fe...me 8< variée, doit être e11tt,ndu de plus loin quunautre qui nauroit pas ies mêmes avantages dans.langue, quoiquil parlat dun ton auffi élevé. Ce(croit la matière dun examen alfés filofofique, quedob(erver dar.s le fait & de montrer par des exem-ples combien le caraél:ère , les mœurs & les mtl"!rets dun peuple influent (ur (a langue. Pour revenir a notre Cujct, nous a.-ons dooe aumoms 17 voyèles.
  15. 15. ,I:l G Il  ,. • A liCE G N i Il A 1. :!a grave. pâte. 1 vertu." aigu.1 ouvert pate. t eû ~rave. Il. eu aJgu. jeûne. jeune. grave. tJte. ou. fou.:• ouvèrt 4n. ban J lent. aigu. tête. m. bien. pain ~i. =~. ;:~I on. UJ. tUn. b(Jl1~ifh bru".grave. Cate•• aigu. Cote. Il faut remarquer que ri. l" & lou font furup.. aibie$ cie diférente quantité comme toutesles au- ares voyèles , mais non pas de modification plus OclmoinS grave; ce qui pouroit les faire nomer peti- tes voyèles par opolition aux grandes Il • t ~ 0 , tu ~ tlw , indépendament de la quantité, peuvent être aipel , graves 8( nafale, Ct
  16. 16. ET B. A. ISO N Ii 8 E. IJ - CHA PIT REl 1. Des Confines. I nous faifons touchant les confones ceS que nous avons fait touchant les voyel-les, & Gue nous confiderions feulement le.fons fimples qui font en ufage dans les prin-cipales Langues, nous trouverons quil ny aque celles qui (ont dans la table fuivante, otace qui a be[oin dexplicacipn dl: marqué pardes chiffres qui renvoyent à lautre page•.
  17. 17. it": GR A,li If AI RE G fiNÉ RAL E~~-+o).~~"~~~"~":~~"+-~~*~" CONSONES Qui nont quun fon fimple.Latines &- fJulga;r~r. Grecques. Htbraïquu.B. b, B. ~, ;) 1 Beth.P; Ji, n.?r, E) Pe.F. f ~ ph, 4>.,~ 2- 3V. V, confine. d , ~, SG. c, li l{. le, :1 Caph.G.g, r.,., .l Gimel.r,~nfDne. * , lod.D. d, D.I, "t Daleth.T.t, T.~, CO Teth.R. r, P. p, ., Refch.L. l,m.· 1. A, • .. . , Lamed.M. m , . M. P. , D M~m.N. n, :N., J Nun.gn. S. s, ~. ~, o Samech.Z. z , z. " 10. T Zaiin.CH. ch,: t:1 Schin.H. h, U C. 1) n 14 Heth.·
  18. 18. E T RAI SON N É ~. 1S 1. alec un point. appelh( Dage.feh lent. o Le;-, lè prononce aulli maintenant comme on prcr.onee l:rl?tine, quoiquautrefois il euft plusil dafpir.luon. 3. CeI13u!1i comme fe prononce le Pt des He-- breux, quanJ il dl {;ans point. comme lor(quil finit les !)I1J.bes. 4. Cefl /; figure du Digamma des Eoliens ~ qui i"toit comme un double Gamma> quon a renvenc pour le dil1inguer de Ifcapitale; & ce Digamnu. avoit le Ion èe lv conlonne. 5. Comme encore le Beth> quand il finitles Cyl- labe,. f.. .. Prononcé îoujûüiS comme avant a J 0 ~ _ . cefi-à-dire comme un K. 1. Prononcé toujours comme avant la, 0, "- 8. l, comme dans fille. Les Efpagnols sten fer~ ..cnt au commencement des moL;" l1.Jm.J; les Italiens la marquer.t par il. 9. n, liqt;ide que les Efpagnols marquent paru ciret fur l" ; & nous comme les Italiens par g". 10. Comme on le prononce maintenant, car autrefois on le pronon~oit comme un J r;". 1 1. Comme on le prononce en François dlüil cbfe> (11er> Cht4, &c. l ~. A (pi rée, comme cl:!ns hauteur, honte; eat dans les mots où eUe ndt point afpirée ~ comme dans honneur, homme> ce nen quun caraâere , lit t". non OJS un Ln. E(?rit:ÎJre des Grecs, au litu duquel ils (e (ervoj{ra tlutTefais de lEloZ H J dont les Latins 0Gl pri< lH. 14. Sc!cr. J;:;n Yl:.i Ln , qui efi une afpiratioa.
  19. 19. t~ GRA.MAt1U~ GÉNÉ&A.LE Sil Y a quelques autres fans fimpIes; (comme pouvait être lafpiration de l.Ati" parmi les Hebreux) ils {ont fi difficiles 0 prOtloncer , quon peut bien ne les pas conter éntre les lettres qui entrent dans lufage or--: dinaire des Langues. Pour toutes les autres qui fe trouvent d,ms les alphabets Hebreux, Grecs, Latins, & des Langues vulgaires ; il eft airé de mon.. uer que ce ne font point des fons !impies, ,& qulls fe rapponent ~ quelques-uns de cel:IX. que nous avons marqués. Car des quatre gutturales des Hebreux, il ya de lapparence que lAleph valait au- trefois un a; le He, un e.& lAiin un " : ce qui fe voit par lordre de lalphabet Grec. qui a été pris de celui des Pheniciens juf- ques au ... , d. fone quil ny avait que le Htlh qui fût proprement afpiration. ~aintenant lAleph ne fert que pour lé cr i· ture, & na aucun fon que celui de la voyelle lui lui dl jointe. Le He nen a gueres davantage, & au plus ncft diilingué du Herh , que parce que llin cft uoe afpiration moins fone, & lautre plus forte, quoique plufieurs ne content pour afpirationque le He • & prononcel1t le Hel" comme un X. CheU,. Ppur 1).Aiin a quelques - uns ell font une afpiratioa
  20. 20. E T ft AIS 0 N N i: E. i1 8îpi~ion du gofier & du nez; mais tous les Juifs Orienta.ux ne iui donnent point de fon, nun plus quà lAhph : & dautres le pro- nOIlCent comme une n liquide. Le 71,.lll & le Teth , ou nont que le mê- me fOD, ou ne fODt difiingués que parce que J r. r:... n 1 un le prononce avec alpmlOon, oc a autre ft fans afpiration; & ainfi lun des deaa neft pas uo fon fimple. Jeo dis de même du Cap/ & du Coph. Le Tfade n"dl pas auffi uu fon fimple; mais vaut un t & une i. De même dans lalphabet Grec, les trois afpirées, 4, X J 9 ne font pas des fons 6m- 1> pl~s , mais comporés du " , Il. • 1. avec lafpi- ration. Et les trois doubles) ~ , ~, -l-, ne fODt vi- fiblement que des abregés décriture J pour dl, CI, FI. Il en dl de même de lx J du latin, qui n9efi que le ~ des Grecs. Le q & le k.. ne fom que le c, prononcédans le fan qui lui eft naturel. Le double Ir des langues du Nort, nea~ue lu Romain, cefi-à-dire ou, lorfquil cftlwvi de voyelle, comme "inum, rd""",; oulu confonc, lorfquil eft fuivi dune como-ne. B
  21. 21. RE Mil R QU ES. J. Il faudroit joindre au c le k & le fi pour ré-pondre exaélement aIl fon àu cappa & du c:aph,.parçeque le~S~emploie pout s devant le & 1;;l&U ;lieu flue le Jr. ga1de toujours le fon qui lui ell""pie. Il feroÏtmènre à·defi·rer quon lemployat préférablement au <q 1 auquel on joint un u prefque toujours inutile, .& quelquefois néce!faire , fans1ue lien indique le Cas de nécefiÏté. On écrit, par exen:pleot également:q~larante & quadrature, fan~ qùil-r ait rien qui défignle <Iue dans le premier mot ia première "lilàbe eft la .Gmple voyèle a, & dans le recond , la diftongue oua. . ~o. On doit obferver que le fon du q eft plus ou moins fort dans des mots diférens. Il eft plus fort dans <banqueroute que dans banquet. , , ·3 0 ~ Le.l ~ auffi:p1us ou moins fort. Il eft plus fott dans guen.n que dan"g.ueule. : .... o •. Nous, a.,vohs trois (ons mouillés, deus forts & un foible. Les èl.eusfons fontle En dans règne .. IeJtl dam,aiUe; "& le.mouillé foible Ce troUve &115 ayeal , ta,m, {oit qu,on lécrive par un , gre., ou par un~ï lr~m4~ CeJ}dans ces mots une vérùa- bie .confone quant au fon ,.puifquil ne sentend pas (eul , & quil ne (en quà modifier la voyèle fui- "ante pat uh mouillé foihle; & 61on vouloic {.lue
  22. 22. ET RAlgONNÉIt. -19~lItendre li , le mot deviendroit de trois fIhtbes •dünt la 1èconde (eroir un i pur; ca! on ne cicirpasoëlblier que nous traitOns ici des fons, qlreîs que10ient les cara{tùres qui ~ repréfentem. Nous aVOnsdonctroi!1 <:orllô,nes ~lusquon flen marquedan$les ,G..--ammaires; €e ~i fait u au iieu de"r,; . co NSONES.Sept folh.les. Sept forces.l" de lOIJ, f, de P()n.t~d, ,de fÙn. t, de toR.g , de gJtmle, g. de gueTllJt1.J dé jamais. ch, de cheval.c, de cuiller. ,k" q ,de kA1ende.s·,!Jlle-1) , lle vin. i, dejin.", de z.etc. f. de fiul. Deus naralet~ Deus 1iquides.m, de man. l, de lent.11" de nOl1. T - de rond. T rors mouillés. Deus forts. Il ) de p..mlej -ln. de J-eg,ge~ Un foible. .J ou ï trmla , de payen ) aïeul. B ij
  23. 23. ~o GRAMMAIIE GÊNJ!RA LE Les 17 voyèles & les :u con {on es font 39 (OMmples dans notre langue ; ~ ft Ion y jointlafpi-ration H, il Yaura 40 fons. La double confone :Il nca point un fon timp!e ice neft quune abréviation de cs dans .,1ft, de g~dans ~$;ll de ffdans AU$trr, 1 & CJ.w semploie im-proprement pour[ dans baalt , maux, &c. L" grec: dans notre ortografe aduèle eft un iJimple t quand il fait feul un mot. Exemple, il, a-Il eft ;i double dans 1; mais dans 1.,er, royau-me, moyen s &:e. il ea loyèle &: confone qu~"t au(on, ceft.à-dire, un ;. & un mouillé foible. Il eftpure confone dans ayeul, "} 1 ["lanee , ceO: 1.moui!1é fv:b1e. Vi trtma devient également UIl mouillé foibledans aieul &,2urres mOts pareils, & il ell voyèledans Sin,,i. Tous les Grammairiens ne convien~ dront. pe1lt-êue pas de ce troiGtme (on mouillé • parce quils ne lont jamais vu écrit avec un carac- sère doné pourconfone; mais tous les Filofofes fe{enriront... Un fon en tei fon par fa nature, & le ~raaère qui le d~6gne en arbitraire. On pOUfoit bien aulli ne pas reconoîue fous les {ons que je propore; mais je doute fort quon en exige, 81 qu,l Y-en ait aéhièlement dans ft langue rlus que je nen ai marqué. 11 peut bien Ce trouver cqeore quellues (QD$ mixtes, (edbles à Uo"1C oreille-
  24. 24. ET RAISONNÉE. ~.délicate &: exercée, mais ils ne font n,Î dés fixés,~Ù allfé$1 déterminés pour être ~ntés,. Cea POUt-qu.oi je ne fais point de fuWivifions cr.. muets plusou moins forts, parce que ft lon donoit à UJl ~D:Iuet plus de fOrce quil nen a ordinairement 1 ilcha.ngtfoit de nature en devenant un eu 1 commeil dl ait;:: de le remarquer dans ks finales du etumt.A légard de l~ muet qui répond au frhnJ/I des Hb-breux, &~ qui fe fait nêceifairement [entir ~ r ereiHt".quoiquill1e sécrive pas, lor(qull ya plufieurs ton-ones de fuite Q.ll [e prononcent, il ne diîere desautres que p.u la rapi(uté avec laquèle il paffë. Ce neft pas come la diférence dun ton à un autre ~cldt une diféreoce de dur~e, tèle que dune dou.~hIe croœe à une noire ou UDe blanche.. CHA PIT REl 1 1. Ves SjUabes·. eaL A Syllabe dl un fon complet, qui quelquefois compafé dune feule let-tre, mais pour lordinaire de plufieurs; dYoù vient quon lui a donné le nom de fyHahe ~."1>>>; If; comprehenJio , aj[mzhlttge. Une voy{Ue peut faire UDe feule fyllahc.
  25. 25. ~1 GRAMMArRE GÉNÉRALE Deu~ voyelles auffi peuvent comparer une :fYUabe, QtLcntr.er dans la même fylla. he : mais alûrs on les appelle diphtnongues.,. parce que leurstÙ!uK fons fe joignent en 1,10 fou, ((Of1fpht!l ~omr~:mien. hier, ùjam ..e~u! ·.La ipl~art des,diphthongues fe LOnt per- dues ,dans ia :prononciation ordinaire ·du La- fi~GQar leur· 4. & leur lE ne fe pl1000Dcentplus que C01l1me un e : mais elles [e reticn~ nent encore dans le Grec par ,eux qwi,pro-:noncent bien. . :Pour les Langues vulgaires, quelquefoisâeux voyelles ne "font .quun .fon limPJe,éomme nous avons dit d.e CIl, comme encor~en-Françofs oe, au. Mais elles ont pourra ntde veritab1es diphthongues " COInme ai;ayant; oite, foüet; oi, foi; je, mien, pre-mier ; eau, beau; ieu, Dieu : où il r ~ut re-mar<{uerque ces deux rlernieres ne font pasdes triphthongues, comme quelques-uns ontvoulu dire, parœque eu & au ne valentdans le fan quune fimple voyelle, non pasdeux. , Les confones nepeLlvent (eules compofc..rune fyUabe;mais il faut qu~elles [oient ac-compagnées de voyelles ou de .àiphthon-:~ues, fOit qu~~lles les fuivent, foitquellèSles. pré,cedent. ). PJufieut$n~anmoins peu~nt être defdite
  26. 26. E T RAI SON NiE. aJdans fa même (yHabe, de forte quil yenpeut avoir quelquefois jufques à trois devantla voyelle, & deux après, comme ferehsi& quelquefois deux devant, & trois après,~om~e .flirps. Les Hebreux nen fQu{frçntlamai " plus d~ U:UA. ~ •• .... ~ l.: ;l~ •• ~ au ~~~~"~""<>"""D"~ .. JUJl.LJ~lJO""IU- ... " "-L,,",la fyllabe , non plus quà la fin, & toutesleurs fyllahes commencent par des confo-nes, mais cefi en comptant Aleph pour uneconfone; & jamais une fyllabe na plus dunevoyelle. REM .A R QUE s. Quoique cette Grammaire foit remplie dexé.lentes réflexions, on y trouve plulieurs chofèsquifont voit que 13 nature des fans de la langue né-toit pas alors parfaitement conue, & cea enc.oréaujourd1lUi une matière affés neuve. Je ne conùspoim de Grammaire qui ne foit en défaut 1ûr lénon,bre & fUT la nature des [ons~ Il faut dabord difiinguer la lihlbe réèle & lin..que de la /ilaoe du rage, & la vraie diftongue de laf1r.s-e. La 1ilabe étarn un (on complet ,peut~forméeou duneoyèle (eule, ou dune voyèle précédéeèune confone qui la modifie. Ami dl: un mot dedeux filabes ; Il forme [eulla première ~ & la f~;mtonde.
  27. 27. •• GJlAIUIAIP.1 GÉN~RALE Pour dUlinguer la 6labe réèle de la (dabc filique; Il fiut obfe.-~ que toutes les fois que plufieur. confortes de (uite Ce font llêntir dans un mot, ii 1 liautant de 61abes réèles quil y a de ces confones~ui te font entendre, qùoiquïl ny aie point deto)èie écrite à la.fuite de chaque ron(one : ia pro-nonciation fupléant alors un e muet, la Jilabe de-Jlent réèie pour r oreille , au lieg que les Iilabe.dpfage ne fe content que par le nombre des voyè1esqui fe font entendre & qui sécrivent. Voilà ce quidiffingue la 61abe filique ou réèle de la lilabe duCa-ge. Par exempie, le mot armateur eft de trois lita·bes durage & de cinq réèl~s , parce quil faut 1üpléerun e muet après cl1aque,.; on entend mfteB"aire-~ent aremateure. Bill ea mQnolilabe dufage, 8(dUIilabe Mlue. Amant elt diffilabe réel & dufage,Mnutnllefr auai, parce que ai ne!llà que pour"It CiJuon nentend quune voyèle. CeA par cète raifon que dans nos vers, q!!! ne(ont pas dduaib1es ~ la mefure du tems come eeusdes Grecs &: des ~ûns , nous en avons tels quifont à la fois de J ~ îibbe& durage & de ~ S à 30 {l-labes fiGClues. A légard de.la diftoAgue, ccA Dne Glabe d>g,..Cage formée de deus voyèles , donc chacune Caiepne tilabe réè1e. Dù" ~ cieus ,fo ~ ou. Il.,;. 11 fautpour unt(diftongue lle les deus YoyèleJ $·ence.... ~tJ
  28. 28. ~ T R -AI SO Ii"N tE. 2) .lent, fans quoi ce quon apèle diftongue& ttifton- gue neft quun fon fimple , malgré la pluralité des Ihres. Aififi, des (ept exemples cités .dlifiS eèt. Grammaire, il Y en a deus de faus : la première fibbe dayant nefi point une diftongue; ce mot cil: compoîe dun a ou dun e quant au (on t (uivartt qua la prononciation en cil anciène ou moderae t & dIHI mouillé foible. A légard des trois voyèles du mot btall, ceil le limple (on 0 _it avec trois caraélè- res. il nexine point de ttiftongue. Les Grammai-- riens nom pas atÎes diftinglié les vraies diftongues des fauH"es, les auriculaires de cèles lui ne font quoculaires. Je pourois nomer tran!lIOÏre le premier (on denos diftongues, & repofeur le fecond; parce quele premier Ce prononce toujours rapidement, Bequon ne peut faire de tenue que (ur le fecond.Cea fans doute poUf cela que la première voyèlecft toujours un~des petires.; ; danscûl,,, dansn,,;,& ou dans oll;.;~r quoique lod écrive loi 1 foi ""moi avec un 0, on if~nte~~~e!fron ou. Cca encore à tortqb~~i dans cète Gram.l~:lire , en parlant de luo;lon des confones & desnyèles. foir qUCl/fi ln [!Jivent , Jo; queiles lup;iCe.ifnJ. La confonc précede toujours t & neleut jamais fuiyre la voyde quèle modifie: tàtÎGii iètres m & ri. CJ.ra{t~rifiiquc5 des nafales , ne C
  29. 29. s4 G BABMAla. GÊ If tRALBfoncpas le f~ dec.onfCiiê: t lOWJuèt:s mar~~nc la aafa1ilé; lune ou lautre neft alors lu,",fimpie îi«ne cp (ur1ée au défaut dun caradèrcJlÜ nOUl maDque pour chaque nafale. Le dernietanide du .piete ne doit sentendreCJU ... Gbbes dafago • & noD. de. réèles; aioliJlirt.1 cft .Il mono6labe efll1àlt 1# & il efi de cing..lilabeJ ti6qaes. Puüq. rai fait Jediiünébo.ll des vraies & de.fauffes diftongues t il oft à propos de marquer ici ~ les vaies. Après, l$! poir. examinée. a combinées avec _ention, je nen ai remarqué que J ~ cliférellte•• dom l)Uelqueto-llMl mime (c "OIWeat dauI uèJ.peu.010.. ,
  30. 30. ET 1 AIS 0 N N Ë E. 17 DIFTONGUES.11. Diacre, diable. ...;..... _,1_ __.:. ..ian, ient. y IGiIU; I.CI~II".iè , ié , iai. c.id ,pi ,biais.len. rIen.leu, 1eus. Dieu, cieus.10 , llU. p~oche , piautte.100. plOn.10U. Alpiou (terme de jeu.)uè. écuèle, équeftre.ut. lui.UIO. Alcuin, Quinquagéfime. crfJUttl nol tliftongut! •elont la wyèle tranfttoire eft un 0 .ft pnmoilçtint come fi c /toil U1l ou. je les range aalu III 7fIê.. 1IIt Ci4/fl.oua. couacre.ouao. Ecouan. (le chateau d)oè , oi, ooaî. boête, loi , mois , ouaÏl . . ( ÏDterjeélion.)om, oum. 1· _J .Oln, miUl.Owo.oui. OUI. C ij
  31. 31. d: GRA}flllAI1E G~NÉBALE CHA PIT REl V.Des Mots entant fueJOnr, où il eJl parlé de ! Accent.N Ous ne parlons pas encore des Mots felon leur fignification J mais feule- ment de ce qui le~1r convient entant que fons. On appelle Mot ce qui fe prononce à pan J & s écrit à part.. II Yen a dune fyl- labe J comme moi J da-, tU , faint » quon ap- pelle monofyllahes ~ &de ~eurs J comme pere, aominus J fIIi[eriçor~ituftment ) ConF, tt1lltinopfllitamJYItm, &c. Ce quil y a de plu$ remarquable dans la prononciation desMo~" dl laccent, qui eil une élevation de voix fur rune des fyllabes du Mot, après laquelle lav9ix vient néect: fa· . ! ft· ra~~er. lreJIllmt il _e b::-:~ .. ~Léle~ation de la Voix sappelle accent Il~U. & le rabaiffement, accent gral)e ; mais parce quil v avoit en Grec &en La"l tin de certaines tyllabes longues fur lefquel? les on élevoÏt & on rabaiifoit la voix, ils avaient inventé un troifiéine accent, quils appeUoieQt dTconJlexe) qui dabord sdl faiç
  32. 32. d: GRA}flllAI1E G~NÉBALE CHA PIT REl V.Des Mots entant fueJOnr, où il eJl parlé de ! Accent.N Ous ne parlons pas encore des Mots felon leur fignification J mais feule- ment de ce qui le~1r convient entant que fons. On appelle Mot ce qui fe prononce à pan J & s écrit à part.. II Yen a dune fyl- labe J comme moi J da-, tU , faint » quon ap- pelle monofyllahes ~ &de ~eurs J comme pere, aominus J fIIi[eriçor~ituftment ) ConF, tt1lltinopfllitamJYItm, &c. Ce quil y a de plu$ remarquable dans la prononciation desMo~" dl laccent, qui eil une élevation de voix fur rune des fyllabes du Mot, après laquelle lav9ix vient néect: fa· . ! ft· ra~~er. lreJIllmt il _e b::-:~ .. ~Léle~ation de la Voix sappelle accent Il~U. & le rabaiffement, accent gral)e ; mais parce quil v avoit en Grec &en La"l tin de certaines tyllabes longues fur lefquel? les on élevoÏt & on rabaiifoit la voix, ils avaient inventé un troifiéine accent, quils appeUoieQt dTconJlexe) qui dabord sdl faiç
  33. 33. ~ T RAI SON N É t. 19aiofi (), puis (- ), & les comprenait tOUSÀ.on ..~"WA. 00 peut voir ce quon a dit fur les ac-cens des Grecs & des Latins, dans les DOU.-veUes Méthodes pour les Langues Grec-que & Latine. Les Hébreux Ont beaucoup dfaccens..,quon (iOit avoir autrefois fervi à leur Mu-fique, & dom plufieurs font maintenant lemême urage que nos poims & nos virgules. Mais laccent.~ils appellent naturel &de Grammaire, tH !oûjours fur la penultié-me, ou fur la derniere fyllahe des mots.Ceux qui fom fu~ les précédentes, fom ap-pellés dccens de Rhétorique, & nempê-chent pas que lautre ne fOlt toûjours furlune des deux demieres; où il faut rertar-quer que la m~me figure daccent, commelatnach, &: jilluk...., qui marquent la difiinc-tion des périodes, ne Iaiffent pas auffi de~arquer en même temps laccent naturel. REM A R QUE J. Il eft (urprenant quen traitant des 3ccens t otane parle que de eeus des Grecs , de~ Laùns & desHébreus, fans rien dire de lufage quils ont ouçuih peuvent avoir en François. Il me femble en-core quon ne définit pas bien laccent en général, C iij
  34. 34. 3Q G R,"A lUI A 1 Jt B G t }{ B 1 ALEJKlf Nfft IUfI4tion de 14 1/0ix fur r,,,,e des JJ4bti tlumol" C,ela ne peut Ce dire que de laigu, pui(que le grave dl un abaiffement. Damt~urs, pour ôter cout~ équi,roque, jaimerois mieus dire du Ion qùe.te la Vo;x. Elever bu bailfer la voix: , peut senten- dre de parler plus haut ou plus bas e:n général, (lUIS diffinaion de lilabes particulière:,_, II nry a point de J.angue Clui nait fa pro(odie, çeft-à-dire , ou lon ne puiffe {enur les accens, fafpiration, la Cluantité, & !lJ>0nduation , ou les repos e~tre les dif~tentes paIL. du diifcours ; quoi-~ue cète profodie puüfe êtrt phu marquée dansune Langue lue dans une autte. Ele doit {e faire~~lcoU,p (~Ùt ~an_ le, Chinois, s1i e~ vrai queles dir,!rentell i...~xionll d~.n même mot ferveat a~er des idées diférentes. Ce nl~toitpas faute4lelFeffions que les Grecs avaient une profodie.tès~marquée ; .car nous ne voyons pas que la figni-fi~tiort dun mot dépendit de (a pr(ofodie, quoi- que~Cèlà put.fe trduveT dans les hornonime$. LesGrecs étoient fort fenfibles a lharmolnie des mots.Arifioxêne parle du chant du difcùurs , & Denis~~a~ic?-rnaffè dit que lélévation du ton dans 1at-~en~ aigu, &. raba~ernent dans le gJ:ave, étoient(fune .quinte; ainÎt laccent profodi~ue étoit auffi~lJfical, (ur-tout le circ;onflexe, ou la voix, après àvoir mont! dW1e quinte, defcendoiit dune autre
  35. 35. E 1 RAI SON NÉE. 11~inte fur la même ftlabe , qui par (.onféquent foprononçoit deus fois. On ne fait plus aujourdhui quèle étoit la propot-lion des ace.ens des Laùns t mais on nignore pasfiUils étoient fort fenûb1es si la profodie : ils avoiUlles accens , lafpiration ~ la quantité & les repos. NOUi avons auili notre profodie; Be quoiqae le.inrervales de nos acœns ne (oient pas déterJn1tl&par des règles, lufage feul nous rend fi fenGhlesaus lois de la profodie , que loreille feroit bief-!Ce, fi un Orateur ou un Aaeiii prcnonlioit un aigupour un grave, une longue pour une brève, Cu-primoit ou ajoutoit une afpiration ; sil difoit enfinumpire pour tempête, ut pour axe, lHolan/Ùpou.r 1. Hol:rmde, le honjç pOir lhome, & ,ilnob[ervoit poir.t dintervaies Cntre les diférentespanies du difcours. Nous avons, come les Lati!ls il~es ;"raticnèJu dans notre quantité, ceft-a-clire 11des longues plus ou moins lOGgues , & cies brèvesplus ou moins brèves. Mais Ji nous avons, c;omeles Anciens, la proCodie dans la langue parlée, nouine faifons pas abfolument le même ulàge queuides accens dans lécriture. Laigu ne fen qua mar-Cjuer lé fermé, bfJmé; le grave marque lè QUfeR. uccèl; on le met aulIi {ur les particules ;"là" f4 ,Ste. ou il eft abfolument inutile. AinG ni laigu ni1e grave ne font exaétement la fonétion da«eas • C iüj
  36. 36. 3Z GRAMMAI1Ù! GÊNÉRALESc ne délignem 1ue lâ .ature des e,. le circonflexene la fait pas davantage, &.neft qùun ligne d~guantité; au lieu que ch"é~ les Grecs cétoia Alndouble accent, qui élevoit & enfuite b~fIoit le ton61r une même voyè1e : nous le métons ordinàÏ.b!>ment fur les voyèles qui (ont longues & graves;exemples, âgce, flte , cdte , jeûne: on le met aù11ifur les voyèles qui"f6nt longues fans être graves;exempler, gîtt, ft/Ile, f)o:ûte. il eft a remarquer quenous navons point de fons graves qui ne {oientlongs; ce iui ne vient cependant pas de la naturedu grave, car lesAnglois ont des -graves bref,. Ona imaginé, pour marquer les brèves, de redoublerla conCone qui fuit la voyèle ; mais lemploi de cète.lètr~ oi6ve neft pas fort conféquent : on la fupri-me quelquefois par refpeét pour létimologie, C:000!medarts comm & profete; quelquefois on la re-double malgré lérimologie, come dans perJonne ihonneur &. couronne: dautres fois on redouble la.éonfone après une Jongue , jl4mfne, miinne,&lôn nen met quune après une brève;; dÀme ,rame.rIme, prune, &c. Le moyen de marquer exaétement la proCodie,feroit dabord dJen déterminer les fignes, & denfixerrufage, fans jamais en faire demplois inuti·les: il ne [croit pa~ même nOccffaire dimaginerde nouveaus fignes.
  37. 37. ~T RAISONNÉE. 11 Quant aux accens , le grave & laigu fuiiroienr, pourvu quon les employat toujours pour leur va. leur. A légard de la quantité, le circon8exe ne 1e mètroit lue ii,lf les JOiig-ües d~dées; de façc= que toutes les voyèles qui nauroient pas ce ligne,~[croient c,enfées brèves ou moyènes. Les fons ouvertS brefs, ce qui na lieu que poui des e, tels que dans pere> mere > frue # &c. pott-- roient fe marquer dun accent perpendiculaire, Illîe rciterait plus qua fuprimer lafpiration H par-tout ou de Deft pas afpirée. Cependant, quelque fom Ilion put de noter noue profodie , outre ie défagrémeDt de voir une impreffion hériffée de fignes , je doute foft que cela fut dune grande utilité. Il y a deschofes qui ne saprènent que par lufllge; èles font puremem organiques , & donent fi peu de prife a lefptit; quil (croit impo!Ilble dPîes lâifir par ia téori. feule, qui même en fautive dans les Auteurs qui en one traité expreffément. Les Gramm2.iriens, sils veulent être de boue foi 1 conviendront quils fe conduirent plus par lil. iâge que par leurs règles, & quil sell faut bien quils aient préfcm a lefprit tout ce quils ont écrit [ur la Gr2minairc ; quoiquil Coit utile que ces rè- gks 1 cefta-dire,les obferYa~ions furlufage,foient
  38. 38. 14 GRAMMAlaB GBNBRIlL firédigéèt., écrUes & c~.ûgnéM dam de. métodetualogiquea. Peu de règles, beaucoup de ré6c-,pons, IX encore plus dufage, ceft la dé de toutlesans. T ODS les fagnes plofQdiques de. Anciens,6poŒ que r.emploi en fpt bien fixé, nO nloiemfi ~COt•. ru{age~ On ne doit pat confoad.re 1~ ~t .,,""ac:c;entprofodique. Laccent oratQir~ inSue œ<)jns_ .chaque.1iW>e dun mot, par rnport apI au...tres ûlabes~;.~ (ur la fra(è entière par raponaiiCeiïs ~ au kAtiment: il modifie la fLlbilancemême du difcoufs., {an. alté,er fenûblcmm lae;c:eIItprolodique. La profodie pameulière det motldrW18 frare irdrogative , ne düêœ pu de la prOf~e ,cr... fcafeafirmative , .qlOique laece. Ofao!. . foittrà·diférent dan. lune &. dan. lawr~.1l0U1 ma,rquons dans lécriture lintérogacion & la(WpfiCe; mais çombien a,VODS·nOUS de mouvementcIe..l!a.tl1C, &. par conŒ4Ifent dinlexions oJatoira,q~ n.tpoint de fignes écrits, &. que lintelligence& le fentÏment peUvent feuls faire fai6r! Tèles fontlaiaaflexions qui marquent la colère t le mépris,.litonie, &.e. Laccent oratoire cO: le prindpe & la ba!, de la déd?-m~tion.
  39. 39. CHA PIT R E V~ Des Lettres confidérées comme caraé/4YII. N Oas navons pas pû jufques id parler des Lettres ,. que nous ne les ayo~ marquées par leurs carattéres.; mais ~ moins nous ne les avon:: pas confidér4è1 comme cara8eres, cefi-à-dire, fclon le rap- port que ces caraél:éres ont aux lOns. : Nous avons déja dit que les fons ont été pris far les hommes, pour être lignes det penft:es. & quils ont auffi invente· cettQi-t nes figures pour être les fignes de ~e$ fou; Mais quoique ces figures ou caraéére. fe10fl 4 ieur premiere infiirucion ne lignifient imIL. diatement que les fans, néanmoins les hom~ meS portent fOuvent ieurs penCées desqrac- téres à la chofe même fignifiée par les fons. Ce qui fait que les caraéléres peuvent ~é confidérés en ces deux manieres , ou comme:~ignifiant fimplement le fon, ou comme noua aidant à concevoir ce que le fon fIgnifie. En les confidérant en la premiere manie- re, il auroit fallu obferver quatre chofes pour les mettre en leur perfe8ion. 1. Que toute figure marquit quelque
  40. 40. i G RAIlMAtllE :Q~N.gR ALECon; ceft·à-dire> quon nécrivît rien qui nefe prononçât. ~. Que tout fonmt marqué par une figu-re; ceft·à-dire, quon ne pronon5ât rien quiDe fût ,écrit. " 3. Que chaque figure ne marquât quun(dl :t oû fimple, où dou>le. Càr ce neil pàS~()nuela perfeéHon. de récriture quil y aittied~tr~esidpubles "puifquelles la facilitentel) l~abré§eant . •. :4", fQu: tJI1même fon ne fût point rnaJquépar de dii"érentes figures. . .iM~isconfidérant les caraél:éres en li fc-~~_niere, cefr-à-dire, comme nous ài..• picQlJcevoirceque lefon fignifie , il ar"ri.{.el§l~efo~··quil nouseft avantageuxq.-;.tegles ne {oient pas toOjoufS obfer-,4CSfau moins ia premiere & la dcrnier~ :" i ,Gar:I"lÜ arrive fouvent, fur-tout dans lesLanp_ déri-vées,dautres Langues, quil ya~ c~iqes lettres qui ne té prononcent~nt:jqui aioli font inutiles quant au fon,ie(q"cUes ne la.i4fent, pas de nous fervir pourr~QU;lligence de. ce que les mots lignifient.Par <~xemple, dans les mots de champ! & chants, le p & ie t ne fè prononcent point, ql,li néanmoins font utiles pour la fignifica- tian, parce que nous apprenons de là, que le premier vient du Latin campi, & le fecond au Latin camUf.
  41. 41. E T RAI SON N É E. Dans lHébreu même il ya des mots qui 3ne fom ditférens que parce 1ue lun finitpar un .t1leph , & lautre par un He. qui nefe prononcent point, comme lltJ~ qui lignifiecraindre: & i1J~" qui fignifie jettet. E-t de là on voit que ceux qui fe plaignent tant de ce quon écrit autrement quon neprononce, nont pas toûjours grande raifon J & que ce quils appellent abus, ndl pas quel~quefois fans utilité. La différence des grandes & des petiteslettres femhle auffi contraire à la quatriéme régie, qui dl: quun même fon fût totijoursmarqué par la même figure. Et en effet celàferoie tout-à-fait inutile, fi Jon neconfi~roit les caraè1éres que pour marquer les fon~.puifquune grande & une petite lettre DOIitque le même fon. Doù vient qJe les Anciens"navoient pas cette différence , comme lesHébreux ne lont point encore, IV Sue p!.-;lieurs crayent que les Grecs & les Komainsont été long-temps à nécrire quen lettrtscapitales. Néanmoins cette difiinélioD etfon utile pour commencer les périodes, &pour diilinguer les noms propres dIavec lesautres. Il y a ~-uffi dam; une même Langue dedifférèntes fortes décriture> comme le Ro.-main &: lItalique dans liD;lpreffion du Latio:
  42. 42. li GRAMMÀtaE· GtNtRALE . deplufieurs Langues vulgaires, qui peu~ veM ~tre utilement employés pour le fèns. en diffing-.;;mt ou de certains mots , ou de certains difcoWS, quoique cela ne change rien dans la prononciation. S .. Voilà ce ql1 OB peut apporter pour excu- (~r I~ divedîte qui fe trouve entre la pronon- ~iation & lécritUre; mais cela n)empêche ~q1il nyen ait plufieurs qui fe foot faites &os taifon, & par la feule corruption qui sdl alliée dans les Langues. Car ceft un abus ~a~it d.onné , par ellemple, au ç la pronon- ~Dde Ps,avant le&li. davoir pronon.· c:Pat.ltr-em le g , devant ces deux mêmes ~D.J~fi~._, que devant les autres; davoir ~c19~ips c;ntre delx vt>yelles ; davoir don- ft4:a~ au l, le fon de ri avant li, fuivi tVune . " voyelle, cemme gtatia , aélio t aélion. e),. p«N~ veir ce ~ui a eté dit dans le traité T ft· •• ~ en dcM~tiUes , qlÜ dans la nouvelle l"éthode ~l~~-, " . ,-Qpe)q~&-unsCe font imaginés quils pour..., ~ coriiB- ce défaut dans les Langues. ~ires t e.n inventant de nouveaux carac- tér-es-" comme a fait Ramus dans fa Gram·· maire pour l~ Langue Françoife , ~etrancha~t, t8)S ,œJ.!Kq!l ne te prononceIit poInt, & écu· ~chBqJ1e fQJl paf la lettre à qui cette prO"· . . .tion ell: propre , comme en mettant
  43. 43. • l ~ RAI c! .n ... .....,. 1lJ M ~" ~.... Iz .., .D ~. ,- ~"une s; au ! ieu du c; devant le & ri. Maisils devoiem u.mfidérer quoutre que cela fe-roit [outcm dc6vamageux aux Langues vul-gaires; pour les raifons que nous avons dites~ils tentaient une chofe impoffible. Car il nefaut pas simaginer quil foit fadle de faire changer à tou~e une Nation tant de caraélé-res auxquels elle eft accoûrumée depuis lo~temps; puifque lEmpereur Claude ne putpilS même venir à bout den introduire un.1uil vouloit mettre en ufage. Tout ce que lon pourroit faire de plus raifonnable ~ [eroit de retrancher les lettresqui ne (ervent de rie.n ni à la prononciation.ni au feos, ni à r an;llogie des Langues, com-me on a déja commencé de faire; & confer- vant celles qui fODtutiJes, y mettre des petÎ- tes marques qui fitrent voir quelles ne fe pro- ûoncent point, ou qui fiffent connaître les dî- verres prononciations d~une même lettre. UB point au dedans ou au deffous de la lettre fi pourroit fervir pour le premier ufage) com- me tempi. Le c a déja fa cédille, dont OD pourrait lé fervir devant le & devant lj ~ auffi bien que devant les autres voyelles. Lel dont la queue ne fcroit pas toute fermée, pourroit marquer le [on quil a devant le &: devant li. Ce qui ne fait dit que poure~pIe.
  44. 44. RE .lI,{ .4 R ~ lJ E ,r. ,MM. de P. R. après avoir expofé dans ce chapt.;are. les meilleurs principes tipografiques , ne fontarêt6S que par le Ccrupule fur les étimologies; maisiij propoCent du moins un correaifqui fait voit quela caraétères fupedlut de.foient être, ou Cuprlmé.ii011" diffing-ués. 11e11: vrai quon ajoute auffitbt : Ce9ui·"l-{oiI di, tJu, pour exemple•• Il Cemble CIuon nepu~e p~opo(er la vérité quàvec timidité & réferve. an ~ étoné de ttouver,a la fois tant de taif~l1&.!d~préjugé. Celui ete, éûrnologieseR bien fort ..pflptftfàit regarder come. un avantage ce qui cilUtlv~ritàble défaut; car enfin lés caradères l1"ontét~itlièb(és ClUé p.Ot1r rêprérenfèr lés fons. Cétoitl~û[.â~ qûen rairoient nos anciens: : qùand le let:.pèapôur euS .nonS fait croire que flOUS lès imitons.n~ilS:·r~r.ons ,pfédCêment le contraire d. ce quil$~;f?jë~~. l1sp~ipoient leufs (o~s: fi un m,ot ut~~.~té tompotè dautres (ons quil n~ létoit, il.aji50~nt employédautrescaraétères. Ne confer-:-~qnp donc pas les. m~mes pour des Cons qui font de.ùifus~if~rens. Si lon emploie quelquefois les mê-Jlesfons dans la langue parU" pour exprimer desi!4esdj~~rentes , le Cens & la fuite des mou fufifent~.9t,!l~quivoque des homonimes.Linte:lligenc~.nc feroit-èle pas pour la langue écrite ce qude fait pOUl
  45. 45. E T RA! SON N B E. At "T-pour la langue parlée? Par exemple, ft lon ~crivoitchamp àe campuJ • come chant de cantus ; en con-fondroit-on plûtôt la lignification dans un écrit quedans le difcours ! Lefprit Ceroit·illa·deffus en dé-faut ~ ea Lufage , dit-on, le maître de la Langue, aintiil doit décider également de la parole &: de lécritu-oie. Je ferai ici une difiinffion. Dans les chofes pu~tement arbitraIres, on doit fuivre lufage. qui équi-":1ut alors a la f:liron : ainG lufage eft le maître dela langue par/rfe. Il peut Ce faire que ce qui sapèleaujourdhui un livre, sapèle dans la fuite un arbre;que vertlignifie un jour la couleur rouge, & rougela couleur verte, parcequil ny a rien dans la natureni Jans la raifon gui détermine un objet à être dé-ligné par un fon plufiôt que parun autre : luCage~qui arie la-dellus, neR point vicieus, puifquil ndlpoint inconféquent, quoiquil foit inconfiant. Maisil nen eR pas ainli de lécriture; tant quune Con-"eotion fubllRe, èle doit soblêrver. tufage doitélre wnféquent dans remploi dun -iigne dont lêta-biiffement étoit arbitraire : il eR inconféquent &:en contradidion quand il done a des caradères af-femblés une valeur diférente de cèle quîlleur adonée, & quil leur conferve dans leur dénomina-tion ; a moins que ce ne foit une combinai(on né-,effaire de carac1cres , pour en t€préfentrr un d!8 D
  46. 46. ... ~ G .ft " ,M. .M A IJUi: G Ê N É 1.A L E4)D maDClue. Par exemple, on unit un e &. un u pourexprimer le fon eu dans fiu;un 0 &. un Il pour rendre.c fon ouc:lans cou. Ces voyètes eu &. ou nayant paimde caraétères propres, la combinaifon qui 1è faitde deus lètres ne forme alors quun feul tign€. Maison peut dire que lufage eft videus lorCquil fait descombinaifons inutiles de lètres qui perdent leur fon, four exprimer des fons epi ont des caraétères pro- pres. On emploie 1 par exemple, pour exprimer le (on e ~ les comhinaifons a; 1 ei ~ oi:1 o;en, :f dans les mots vra;,}.Ji, peine, eonoitr, ,fRifoient. Dans ce dernier mot a; ne détipent ql,l"un e muet, &. les onq lètres oient ~n , onvert grave. Nous avons ce- pendant:> avec le feco~ dei aceen! 1 tous les e qui aous font néceffaires, fans recourir a de fauifes combinaifons. On pelt donc entrepr.endre de cori- 1er ruCage, du moins par degrés,. Be. non pas en le heurtant de front,. quoi1ue la nùfon en Dt le droit; mais la raifon même sen interdit lexercice trop fclatant, parce quen matière dutàge, ce nell que par des ménagemens quon parvient au fuccès. 11 _ut plus dégards flUe de mépriS,. ponr les préjugés pron veut guérir. Le corps dune Nation a feul droit Cur la langue ,arlée, &. les tcrivains ont droit fur la langue écri- If. Le pe..ple:1 diroit Varron, nejll,ulf m41rf d~ ,>;"i••re (;omI de Iii I.~. .
  47. 47. ET RAI SON N t If.· 4-~ En effet, les Écri,ins ont le droit ou pluft& j font dans lobligation de coriger ce quils ont cd- rompu. Ceft une vaine oftentation dérudition lui. a gâté lonografe : ce [ont des favans & non pas des filofofes qui lont altérée; le peuple ny a u aucune pan. L ortografe des ·fames , que les ~­ vans trouvent fi ridicule, eA plus raifonable que la leur. Quelques-unes v.eulent aprendre lonografo des favans; il vaudroit bien mieus que les favan. adoptaffent cèle des fames, en y (;origeant ce quune demi éducation y ,l mis de défeétueus, ceft-à-dire , de [avant. POUf conoitte qui doit décider dun Ufa- ge , il faut voir ql1i. en eft: lauteur. Ceft un peuple Cil corps qui fait une langue; cetl par le concours dune infinité de befoins , di-dees , & de caufes fifiques & momes, .ariées 8&«:ombinées durant une fucceffion de 1iècles, tàn.quil foit poffible de reconoÏtre lépoque des che-gemem , des altérations ou des progtts. Souventle c..price décide, quelquefois ceft iamétaiiJique ia .plus [ubOle , qui éch2pe a la réflexion & a laconoi1=Canee de ceus mêmes CfW en font les auteurs. lapeuple cft donc ie maine abfolu de la langue par-lée, & ceit un empire quil exerte fms ,co aper-cevOIr. Lecriture , je parle de cèie dl?s fons , Reft pasnée, come le langage, pat uae progreffion leDte &. D ij , 1
  48. 48. +t GRAMMAJ.ttB GÉ,NÉJtALEinfenfihle : èle a été bien des fJèdes avant que denaitre; mais èle eft née rout·a-coup; come la lu-mière. Suivons fomairement lordre de nos conoif-fances en cète matière. Les. homes ayant fenti lavan.ge de fe comuni-quer leurs idées danslabCence, nimaginèrent riende mieus que de tâcher de peindre les objets. Voiia,dit-on, lorigine de lécriture figurative. Mais, ou-tre quil netl guère vrai[emblable que dans cèteen-fance de lefprit, les arts fu{fent alfés perfettionéspour que lon fut en état de peindre les objets aupoint de les faire bien rec~)Roitre, quand même onfe feroit borné a peindre une partie pour un tout,on nen auroit pas été plus avancé. Il eil impoffible de parler des objets les plus matériels, (ans y joiJl- dre des idées, qui ne font pas fufeeptibles dimages, . & qui nont dexifrance que dans lefprit; ne fut-ce eple laffertion ou la négation de ce quon voudroit affurer ou Jlier dun fujet. JI faltlt donc inventer des lignes, qui par un raport diniliuttÎoa, fuffent atachés a ces idées. Tète fut lécowrehiéroglifique quon joignit a récriture figurative, Ji toutefois cèle-ci a jamais pu exifter quen projet ~ pour doner naiffan- te a lautre. On recelAut bientôt que ft les hiéro~ glifes étoient de néceffité pour les idées intellec- tuèles , il ~oit auffi fimple & plus facile dapiiquer tes mêmes ngnes cl~ tODvention pour défigner les
  49. 49. E T il. AIS 0 N N Ê E. 4Sobjets matériels = & quand il v auroit u quelque ra-port de figure entre le caraétère hiérogiifique &lobjet dont il étoit le lÎgne, ii ne pouvoit pas êtreconlidéré come figuratif. Par exemple. il ny a pasun ca.raétère allronomilue qui put réveiller par lw-même lidée de lobjet dont il porte le nom, quoi- quon ait afeété dans ~uelques-uns un peu dimita- tion. Ce fom de purs hiérogiifes. Lécriture hiéroglifique [e trouva établie. mais (u- rernent fon bornée dans fon uCage, & a portée dun uès-petit nomblFe dhomes. Chaque jour, le befoin de comuniquer une idée nouvèle, ou un,. nouveau l"3pOn did:e , bCoit convenir dun figne nouveau: cétoit un art qu;i navoit pointJie borne! ~ J~{ il a falu une longue fuite de tièdes avant quon itl.[ en état de fe comuniquer les idées le.. piC<8 uCuèles. Tèle efi aujourdhui lécriture des Chinois, qui, répond aus idées & non pas aus (ons = tels [ont parmi nous les lignes algébriques & les chifres arabes. Lécriture éWlt dans cet état, & navoit pas te moindre raport avec lécriture a.:tuèle, lorCquun génie heureus & profond remit que le di{coUfS, quelque varié &. quelquétendu quil puiffe être ponr les idées, ndl pourtant compoCé que dun aITéspe- tien ombre de [ons, & quil ne sagiifoit que de leu ai1îgner a chacun un caraftère repréfêntatif. , Si lon y ld:lécJl.Ît, on vèra que tet art ayant une
  50. 50. t6 GRA.M,Ala. GÉNÉRALEfoit été eQnçû, dut être formé prefqJJen môme tem5~Be cell ce qui relève la gloire de liinventeur. ERéfec, après avoir u le génie .rape~e"oir fiue les (on9clune langue pouvoienc fe décomp1cfCl & Ce difl:in-guer, lénuméraüon dut en être lt)iem~t faite. IlétoiJ bien plus facillt de COnter tous les Cons dune1aPgue, que de découvrir quils poutoient 1è con-ter. Lun eft un coup de gé1lie, lautlre un ftmple éfet..le latention. Peut-être ny a-t·i} jaœais u cfalfahetoompletque celui de linventeur de l"écriture. Il elbien mjCembJaJ>le CJue sil ny ut ])as alors autantcl., e.atallères quil nous en faudf()it aujourdhui #Ci. ~e la langue de linventeur n"eu exiglaoit pailtJanntage. LoftogrV"e na donc été parfaite quaÏI naifiitnte cie lécriture: èlé cû.=!!tença a 15alléret~,fqoe, pour cles fom nouveaus ou nou9èlement.~çus, ()n fit des combinaifons deis caraaères· co-.JI" .u lieu den iafiituer de nouVeaus; mais il n., ut plus ri(a de fixe, loriquon fit des combinaifons i.auwes"Bt par conf~uent vicieutè$, pour des fon9 CJuÎ avoient leurs caraéières propms. Tèle dl la (ource d~ la coruption de lonografie. Voilà ce qui I8J1d aujourdhui lart de la leaure ji dificiJe , que Ji on ne iaprenoit pas de routine dans lenfance, âge ttu le! inconféquenees de hl métode vulgaire ne fe- font pas encore apercevoir J on auroit beaucoup de Jcine "lap.encke dans un âge aVallté; & la pCiDe
  51. 51. ET RA i SON Nt,Ee .1(erait dautant plus grande, quQB auroit lefPritplus ju:fte. Quiconque fait lire, [ait la,"t le plus.ficile. Quoiquil y ait beaucoup de réalité dans l e .bleal,i abrégé que je viens de tracer, je ne le don,cepend.ant.. que pour une tonjefiure filo[o6que.Lan de lê•.riwre des [ons, dautant plus admiraWeque la pl-atique en dl facile, trouva de lopoii_adans les favans dÉgipte, dans les prêtres ,.ynu.Cew çui iloivent leur confidération aus tUèbr.,ui envelopent leur nullité &. augmenteDt leur V,G-lume impofant, craignent de produire leurs ~tères a la lumière : ils aimen.t mieas éue retpeaét<lUentendus , parce que sih; étoient enten.das t iIIcDe feco!ent peut-éare pas refpettét. Le,no.es ditgénie découvreIlt, inventent & publientl its fOAl les découvenes, &. nont point de (~rets : lngens médiocres ou intéreifés en font des miftères. Cependant lin/érét général a fait prévaloir lécri-tutc des fon&. Cet art Cere également a confoiidNle menfonge & a mMlifefier la y·érité : sil a q~fois été dangereus , il dt Ju momsle dép& des ar-Illes contre lerreur, celui de la religion & des1_. Après ..va;r déterminé tous les [on, dune Lan..gue , ce quil y auroil de plus ayantagellS feroit lue!Chaque Con Ut fon caraâère, qui ne put étre employé,u.e pçur le îQn auquel il auroÏ1 été deiliné, & ja.-
  52. 52. " GlAM1fAflBGÉNÉRALEmais htutiIemctlt. Il n., apeut-êtrè pas une languequi ait cet avantage; & les deus langues dont leslivres Cont le plus recherchés, la FrançoiCe & lAn-glbire , font cèles dont lonografe eft la plus vi-deufe. ,Une fetc>it peut-être pas fi dificile qüon (e 1ima.tine, de faite adopter par le pub!;c un alfabet com·plèt& régulier. Lobjeétion de la prétendue dificul· leslé quil y auroit a Ure livres anciens. eft une chi-mèfl, : nous les Iïfons, quoiquil y ait auffi loin deiéur ottografe a la nôtre, que de la nÔtre a une qui{troit raifonabYe. JO. Tous les livres dufage Cet8mpriment conrinuèlemenr. 1 <>. Il ny auroit poinedinnovation pour les livres écrits dans les languesmortes. 3". Ceus que leur profelJion oblige de lireles andens lï"res , y feroient bientôt llilés. Onobjeél:e encore quun Empereur na pas u lau·tc>rité dintroduire un caraétère nouVeau (le Di-gamma ou V confone). Cela prouve feulement qQ~î1 faut que cha.cun Ce renfèrme dans fon ertî- pire. -Des tcrivains tels que Cicéron, Virgile, Ho- laU , Tacite, &c. auroient été en cète matière plus puiftans quun Empereur. Dailleurs, ce qui était alors ill1poffible, ne le feroit pas aujoutdhui. Avant létahlifiement de lImprimerie, cornent luroit·on pu f.ire adopter une loi en fait dorfografe ~ On ne pouvoit
  53. 53. E T RAÏ SON NÉE. 49 po~~oi~ p~s aler y coltltraindre cbel. eus tOIlS tels am ccnVOlent. - Cependant Chilpéric a été plus heureus ou plus !labile que Claude, pui[quil a introduit quatra lètres dans lalfaJet fran~ais. II en vrai quil ne dut pas ~voir I:>eatlcoup de contradia;ons a effuye; dans une .. nation toute gUlri2:ce , ou il ny aoit peut-être que eeus qui [e mèloient du Gouvernement q~ ewrent lire & tcrire. Il y a grande a?arance que li la réforme de lal- fabet , au lieu dttre propoCée par un particulier, létoit par un corps de gens de lètres, ils finiroient par la faire adopter : la révolte du préjugé céderoit inièn!ibleOlent a la perCévérance des filofofes, &. a lutilité que le public y reeonoitroit bientôt pour ltC:ueatibn des en fans & linitruEtion des étrangers. Cere légère panie de la nation qui eit en droit ot!- en poffdEon de plaifanter de out ce qui en utile, {en quelquefois a familiarifer le public avec un objet, fans influer {üi le jugement quil en pûite. Alûïs raü.. tarité qui pr:!ide aux Leoles publiques pouroit con- courir ala réforme,en fixant une métode dinilitution. En cètc matiere les vrais légit1ateufs font les gens Je lètres, LautOrité proprement dite ne doit & ne peut SUC concourir. Pourquoi la raifon ne devien~ droit-èle pas enfin a la mode come autre chofe! Seroit-il pol1îble quune Nation reconue pOUf éclai~ Ill, E
  54. 54. ,Ô.* G JlAMft!AtlUI GBNÉlAL È et aeutëe de légèreté, ne fut eonflante quedans des choCes dc!raiConables. Tète eft là force deta pr~vention & de lhatlitude , que lorfque la rHor..me, dont la propofitiôn parait aujourd11ui chimé-tique, fera faite, car èle le fera, on ne croira pa.. gu·èle ait pu éprouver de la contradiétio!lo , Q.ué1ques r.éiés pal1ifans des ufages, qui nont de-mérite tJt!e lancieneté, voudroient faire croire queles changemens qui Ce font faits dans lonografe one altéré la profodie ; mais eeft exaétement le contrai.te. Les ehangemens atriT.és dans la prononciation oblig,ent ~t ou tard den faire dans lortografe. Si fon aVoit écrit javèl , françèl, &c. dans le temt qu"on prononçoit eneote ja1.ioil, fra1lçolf, on pou- .ôit croire que lortografe au~oit ocafioné le chan- gement arri"é dans la ptononciatiOI1 ; mais~atendu quil y a plus dun tiède que la finaie de ces mots Ce prononce come un e ouvert grave, & que r on con. tinue toujours de lécrire come une diftongue, 011 Île peut pas en acu(er lortografe, Bien·loin que la pro(odie fmve lortografe, lortografe ne fuit la ~rofodi~ que de très-ioin.• Nous ne fomes pas en. tore devenus affés raifonahles pour que le ~réiugé foit eil droit de nous faire des reproches. Je çroi devoir a cète ocalion rendre conte au lee* * leur de la diférence quil a pu remarquer entre l or- ~6grafe du text$f cèle des rcmarc.1ues. Jai fuivl
  55. 55. ÉTiAISON14Ét-. S«luîage clans le texte. parce que je naiepas le qroîtdy rien changer, mais dans les remarques j,ai un peu anticipé la réforme vers laquèle lufage même rend de jour en jour. Je me fuis borné au retran- chement des lètres doubles qui ne fe prononcent point. Jai Cubilitué des f & des , {impies aus ph &: 2t!S lb : lufage le fera fans doute un jour par-tout .~. come il a déja fait dans famaifie 1 fantôme, frénéjie ~ trône, tréJor 1 & dans quantité dautres mots. Si je fais quelques autres légers changemens ~cdl: toujours poür raprocher Les lètres de leuE.deilination & de leur valeur. Je nai pas cru devoir tOllcher aus fauffes combi- nairons de voydes , tètes que les a;, ei , 0; 1 Bec..pour ne pas trop éfaroucher les yeuse Je nai donc pas écrit conme au lieu de conoiue , ce qui ieroit pôuftant plùs naturel. Plufieurs Auteurs ont déja tenté la réforme dt§lortografe; & quoiquils naient pas été (uivis etrtout, on leur doit les changemens en bien 1 qui fefont faits depuis un tems. Je faif!5, pour faire lemême errai) loca1ion d.une Grammaire ttès-efli-ruée, ou lon remarque les défauts de notre orto-grafe, & ou lon indique lesfnoyens dy remédier.Dailleurs, il SCR faut bien que je me fois permist.out ce que la raifon autoriferoit; mais il faut alerfar degrés : eeuL-étre aurai-je des Jeaeurs .Cluï AC( E ij
  56. 56. Jt GRAalÎlA::nE)(Hhnht!I.E6~~petcittotlf!pas de ce qui en choquera luelqùe, autre•• C·HAPITRE VI.D"une nQuvelle manière P()U~ apprendre à lire facilement en touies fOrtes .de Langues,rE T T Ji Méthode regarde principale.;-....1 ment ceux qui ne favent pas encore lire. Ueficertairr que ce neft pas une grandepeine "à ceux qui cOl11mencent. que de con.. ,80itrëfhnplement lesdettres; mais qùe ,laplus grande eft de lesatfembler. , Or ce qui .end maintenant cela plus diffi..çile , .~ft q4~ chaqueleqre ayant fon nom,9~ la PFooopce feule autrement quen laf..~mblatit,~veç tautres. Par ex<mple, fi lonfait a[etJlhJ~r fr" à un enflnt) on hü faitpronon~er éf~,fr .y~reç, ce qui le brouille,infail1ibJel11~rit lorfqu il veut enfuîte joindre ces tr~is fonsenfei~le ~ pour en faire le fon ~ la fyiJahe fty. .... . . . Il femble}onc 3ue la. Voie la plus naru.,; f~t!e ~ c:o~me ,que~ques .~ens .deFprit lont" d~Ja r~tn~~é ~ ferolt que -ceux quI m~treni ~. ; -:>
  57. 57. 1. T RAI SON N"F; J!. .~ a l1re, n)appnt1icnt dabord aux emans a cOIl- , r .. naître leurs lettres, que par le nom de leut prononciation; & quainfi pour apprendre, ~ lire en Latin, par exemple, on ne donnât que le même nom de, à fe !impIe, lte &lœ, parce quon les prononce dune même façon; & de même à li & à ly > & encore à l{} &: à lau, felon quun les prononce aujourdht!i en France: car les J taliens font lau djphton~ gue. Quon ne leur nomm~t auai les coslOn.; "1 nes que par leur fon naturel, en y ajoutant: feulement le muet, qui eft néceifaire poar les prononcer: par exemple, quon donnât pour nom à h, ce quon. pronon(e dans la derniere f)rllabc de tombe; à li celui de la derniere fyHabe de ronde; & ainti des autres qui noDt quun feul fon. Que pour celles qui en ont pluficurs f cornille c , g, t, f, on les appelât par le fQDle plus naturel & plus ordinaire, qui dl ~r..u ç,le fon de que) & aug , le fo~ de gue, au ft jle fon de la derniere fyllabe deforte, & à 11;œ!ui de la dcrniere fyllahe de bourfe. Et enfuite on leur apprendroità pronon~cer à. part, & fans eppeler , les ryllab:s ce.ci ,ge , gi, lia , tie ,tii. Et on leur fermt en..tendre que lJ, entre deux voyelles., fe pro"nonce COlIijDe un ~ ) rniJeria) rnifere) com~ . E iij
  58. 58. J+ . G ICA MM Arll li: 0 ~ ~~l A L:Eme sal lavoit miu"ia " miz.ere ~ &c. Voilà les plus générales obfervations decette nouvelle Méthode dapprendre à lire,l~i teroit ~~rtainement très-utile aux enfans. Mais pour la mettre dans toute iàperfeéHon,il en faudroit faire un petit traité à part, où lon pourraitfaire les remarques neceîf.ùre~ pour raccommoder à toutes les langues., REM JI R <l U E J. , Tout -ce chapitre eft exélent. &. ne foufre hi,t.eption ni replique. Il eft étonant que lautorité de .P. :R. fUNout dans ce tems-Ja, Sc qui depuis a été apuyée de lexpérience , nait pa, encore fait tciomfer la raifon, desahfardités de la snétode vul•. gatte. Cei d~p»ès la réflexion de P. R. que le Bureau Tipografique a doné aus lètres leur déno-" iriination la plusrnaturèle ;ft , le" me ,ne, !Je, &c. &. nonpasèfe ,fIe, ème, è.e, If conJone. Cète m~­ 10J?IempDnefa-t6t ou-tard fur lanciène, par la- .atlta,e quon ~e poun Pas e1rlin sempêcher dy te~onOîu.e~~j Ufaudra du tellli.
  59. 59. ET RA!SONNÉE~ r SECONDE PARTIE· DEL AGRAMMAIRE" GÉNÉRALE,Où il eft parlé des principes &: des rairons fur lefque!fes font appuyées les diverfes formes de la fignificà~ tion des mots. CHAPITRE PREMIER.Que la connoiJJance de ce qui ft paffi dam" notre efPrit , cIl néce;jarfc pou; com- prendre lesfondemens de la Gr~mmai­ re; & que ccft de-là que depend la diverfité des mots qui compofent le difèo«rs.J USl5criel, QUE S ici nous navons confidéré dans la parole que ce quelle a de maté- quf ell commun, au moins po~ le .-. . E iiij
  60. 60. S6 GRAMMAI:R! GÉNRRALEIon, aux hommes & aux perroquets. Il nous reLle à examiner ce quelle a de fpirituel.~ui fait lun des plus grands avan- tages de 1homme au-deflùs de tous les au-tres animaux, & qui eil: une des plus gran-des preuves de la raifon : ,eft lu1àgeque!lOUS en fairons pour fignifier nos penfées;& cette invention merveilleufe de compofèrde ~ S ou 30 fans cette infinie variété demots, qui nayant rien de femblable en euX-m~mes à ce qui fe paffe dans notre efprit , ne laitlènt pas den découvrir aux autres tout le fecret, &de faire entendre à ceux qui ny peuvent pénétrer, tout ce que nous conce- vans, & tous les divers lnouvemens de notre ame. Ainfi lon peut définir les mots, des [ons difiinéts & articulés dont les hommes ontfait des fignes pour fignifier leurs penftes. Ceft pourquoi on ne peut bien compren-dre les diverfes fortes de fignifications qui font enfermées dans les mots, quon nait bien comJris auparavant ce qui fe paffe dans nos penfees, puifque les mots nont été in~ ventés que pour les faire connaître.. Tous les PhiJofophes enfeignent quil y a trois opérations de notre efprit : CONGE-:VOIR, JUGER, RAISONNER.CO~CEYQ!l ~ Jlefl: autre chofe qu~
  61. 61. f:T RAISONNÊl!. 7flmple regard de notre efprit fur les choIes,foit dune maniere purement imelleéluelle,comme quand je connais lêtre, la durée,la penfée, Dieu ; foit avec des images cor-porelles, comme quand je mimagine Wlquarré, un rond, 90 chien, un cheval. ~ JUGER. cdl: armer quune chore quenous concevons eil: telle, ou ncil pas tellecomme lodquayant conçu ce que ,cft qt:ela terre, & cc que c dl que rondmr , raffir~me de la terre, quelle eft ronde. RAISONNER, eil: fe fervir de deux juge-mens pour en faire un troifiéme : comme, lorfquayan~jugé que toute vertu eilloua- ble, & que""la patience eft une vertu, jenconclus que la patience" dl louable. Doù lon voit que la troifiéme opération de lelprit neH quune exrenfion de la fe- conde; & ainfi il fuffira pour notre fujet de confidérer les deux premieres, ou ce qui cft enfermé de la premiere dans la feconde: car les hommes ne parlent guére pour ex-, primer fimplemenr ce quils conçoivent; mais ceil prefque toujours pour exprimer les jugemens quils fom des chofes quils conçoivent. Le jugement que nous fairons des. ch~, Ces, comme qu:md je dis, la terre cft nmde. sappelle P ROPO S IT lQN; & ~tou.t~
  62. 62. ·~8 GRAMMAIRE G~NÉ!ALn propofition enferme néceifairement deux ter- mes; lun appellé fujet, qui eft ce dom on affirme, comme terre; & lautre appellé at- trwut qui eft ce quon affirme, comme rOrI- 1 de : & de plus la liaifon entre ces deux ter- fIles, e f t . . Or ileR airé de voitÎtue les deux termes appartiennent proprement :.la premiere opé- ration de lefprit 1 parce que ceft ce que nous concevons, &ce qui cft lobjet de no- tre penfée; & que la liaifon appartient à la feconde, quon peut dire être proprement laélion de notre efprit, & la maniere dont nous penfOns. . Et ainfi la plus grande diâfnélion de ce qui Ce paffe dans notre efprit, dl: de dire quon y peut confidérer lobjet de notre pen- fée , & la forme ou la maniere de notre peu- fée, dont la principale cft Je jugement: mais on y doit encore rapporter les conjonélions , disjonétions • & autres femblables opérations de notre efprit, & tous les autres mouve-.m~ns de notre ame ; comme les de fi rs , le commandement, linterrogation, &c. TI ~ __ C."h ..1_ 1. il11f 1..." 1.".............." "y",nf 1>11 "1 5 a-Jt-Qd.,t.U;;~i. ~~ &"".,. <&lV"~".&" .-.u.. ""--befoin .de fignes pour marquer tout ce qui1e patre dans leur efprit, il faut auffi que la,plus générale difiinétion des mots foit , que~. uns fignifiene les objets des penfées. &
  63. 63. • T Il A J SO N NB t. "t9 les autres la forme & la maniere de nos pen- fées, quoique fouvent ils ne Ja fignifient pas feule, mais avec lobjet, comme nous le fe~ roiJs voit. Les mots de la premiere forte font Cen:. que lon a appeUés nom!. a~tiçlel • pronoms. participes. prépofitions & adverhes ; c~x de la feconde font les lIer6es. lei conjonf1ionJ & IfS ineerjeÜion.r ; qui font tous tirés par une fuite néceffaire, de la maniere naturelle en laqüelle nous exprimons nos penfées , com~ me nous lallons monuer• .. CHA PIT REl 1.}P,S W6mS1 &premitremmt desfuIJft:amift & adjeéJift· " L . Es objets de nos penfées font ou les chores, comme la terrI, le ftleil • f ealt. le hois , ce quIon appeile fU/PtINCil ; ou la ma.. Iliere des cbofes ,comme dêtre r!1na, dêtre "ou:ge, dêtre dur, d)être Javmu, &c. ce . gtfon afpelle acciJent.l Et i .ya- -cette différence entre les chois cu les fubfiance~.1 &- la Maniere des cbolès ou les accidens; que les fubfiances fuhmlent-lar eUes~1iieS , au lieu q.1e les ac:~e~s.e; font que par les fubl1ance~.
  64. 64. 60 GR A 1d M A j REG É NÉ ft ALE Gefl: ce qui a fait la principale ditlerence cntre les mots qui figmfiem les objers des penfées : car ceux qui fignifiel1t les (ubf.. tances {ot été appellés noms Iu~fl-antiff; &. ~eux qui lignifient les accidens, en marquant le fujet auquel ces accidcns conviennent , noms adjeDifs. Voilà la première origine des noms fu/;- ftantifi & adjeélif5. Mais on nen eH pas de- meuré là; & il fè trouve quon ne sdl pas tant arrêté à la fignification quà la manicre de fIgnifier. Car, parce que la fubfl:ance cfl: ce qui fubfifie par roi-même, on a appelé noms fubfl:antifs touS ceux qui fubfifl:enr par cux- mêmes dans le difcours, fans avoir be(oin dun autre nom, encore même quils figni- fient des accidens. Et au contraire 00 a ap- pelé adjeétifs ceux mêmes qui fignificnr des tùbfl:aoces, lorfque par leur manicre de {l- gnifier ils doivent être joints à d~autres noms dans le difcours. Or ce qui fait quun nom ne peut fubfifier par foi-même, eil quand outre-fa fignifica- tion difii.Péle, il en a encore une confuf~ , quon peut appeler connotation dune chofe. à laquelle convient ce qui dl marqué par la lignification difiinél:e. . Ainfi la lignification difiinéle de rouge. e.ft la rQugeur j mais HIa lignifie en marquaQt
  65. 65. E T R A - SON N 1:: It. 61confufément e li.Jj:t rl,e cet:! rougeur, dm,vient qu" ijC li.) :1:; ",)jJ l"cul dans le dif-cours, rar(C -lllor)" -, exprimer ou fous~entendre 1<: mot -1(1 ,;,j,l-ie ce fujet. Comme donc ·eni: connotar;on fait }ad-jeèl:if, lûrIgl.ùn l~:e des fé1C->1<; qui l;gnifientles accidens, (in en tait des ,ubfbnib , com- me de coloré, couleur; de rou/Z,e , rtJ~gmr; ide dur, dUi"etf; de rrude?t , prlldence, &c. f Etau contraire, fc!"iquon ;:,jOtltC aux motsqui fignifiem le<; [ubfiaoce s , cette connota-tion ou figniF.cation confufe dune chofe à lelaquelle ces fùbrtances rapportent, on enfait des adjeél:ifs; comme dhomme, humain;genre humain, vertu humaine &c. J . Les Grecs & les Lftins ont une infinitéde ces mots; ferreur, aureus, hovi;zus , vitu~linus, &c. Mais lHébreu, le François, & les autresLangues vulgaires en ont moins; car le Fran-çois lexplique "par un de ; dor, de fer, de.bœuf~ &<:. Que fi lon dépouWe ces adjeétifs formésdes noms de fubfiances , de leur connotation,ol,l en fait de nouveaux fubfl:amifs quon aprpeUe abftraiu, ou féparés. Ainfi d~hommeayant fait humain. dhumain on fait huma.,mté.&~., MaisHl! y a une autre forte de noms qui
  66. 66. 6 t, G R A !fi MAI REG Ê NF: R A r. Epafrent pour {ùbHantifs , qtloiqu{~n cffèt ils{oient adjectifs, puilquils tigmficnt une (or4 •me accidentelle, & quils marquent auffi lin{ujet auquel convient cette forme : tds iontles noms de diverfcs proteffions des hom-mes, comme Roi, Philofophe, Peintre, Sol-dat, &c. Et ce qui fait que ces noms palfentpour fubfiantifs, & que ne pouvant avoirpour fujct que lhomme feul , ail moins pourlordinaire, & Celon la premiere impofitiondes noms, il na pas été néceffaire dy join-dre leur fubftantif, parce quon Jy peut fous-entendre fans aucune confufion, le rapporene sen pouvant faire à aucun autre; & par-là ces macs unt eu dans lu!àge ce qui eftparticulier aux fubfràfttifs, qui eU de 1ubfif~ter Cculs dans le dikours. Ceft pour cette même raifon quon ditde certains noms ou pronoms , quils fompris fubftantivement, parce quils ie rappûr- teSt à un fubftantif fi général, quil fe (ous- entend facilement & déœrminémenr ; com- me trif/e lUlU! fJdbulis. fup. negotium; pa- tria 1 fup. terra; Judea, fup. Provineia. Voyez nouv..Meth. Laüne. Jai dit que les adjeéhfs ont deux fignifi- cations; lun{ difiinéle., qui efr ceHe de la forme; & r~.ltre confufe, qui efi celle du faiet: mais il ne faut pas condure de-là quils
  67. 67. l:: T li AIS 0 N NÉE. 6Jfignifient plus direélement la forme que lefujet, comme la fignification plus di1hnéteétoie auffi la plus direete. Car au contraireil eft certain quils fignifiem le fujet direae-ment, &, comme parlent les Grammairiens,in reéto, quoique plus confufémem; & quilsne fignifient la forme quindireétement , & ,comme Us parlent encore> in obliquo, quoi.que plus diftinélemcm. Ainfi hlanc , candi-dur, lignifie diredement ce qui a de la blan·cheur ,- hahens c411dorem, mais dune ma- . r _ r r .mere IOrt canmle , ne marquant en parucu....lier aucune des cbofes qui peuvent avoir dela blancheur; & il ne fignifie quindireéte...ment la blancheur, mais dune maniere auffidifiintle que le mot même de blanche.ur.>candor. CHAPITRE III. Des noms propres, & appellatifs J , ou generaux.N Ous avons deux fortes didées; les unes qui ne nous rep:-éfenrenr quunechofe finguliere, comme lidée que chaqueperfoDne a de fon pere & de Là mere J, d~
  68. 68. 64 GRAMMAIRE GÉNÉRALEtel ami, de fon cheval, de fon chien> de foi-même, &c. , Les autres qui nous en repréfentenr plu-fieurs femblables, auxquels cette idée peutégalement convenir, comme lidée que jaid,un homme en général> dun cheval en gé-neral, &co Les hommes ont eu befoin de noms ditfé- ,,y-, r ,. , ,rens pour ces deux dmeremes lOttes ct iUecs. Ils.nt appellé1WmJ propre! ceux qui con-viennent aux idées llnguheres, comme lenom de Socrate, qui convient à un certainPhilofophe appelé Socrate; le nom de PIZ"ri!, qui convient à la ville de Paris. Et ils ont appelé noms génhaux ou ap-pellatifs, ceux qui fignifient les idées com-munes ; comme le mot dhomme qui convientà tous les hommes en général; & de mêmedu mot de lion, chien, cheval> &c. Ce ndl pas quil narrive fouvent que lemot propre ne convienne à plufieurs, com- me Pierre, Jean> &c. mais ce neH que paraccident, parce que plufieurs ont pris un mê-me nom; & alors il faut y ajoûter dautres noms qui le déterminent, -& qui le font ren-trer dans la qualité de nom propre, comme le nom de LouÏf qui convient à plufieurs, eil: propre au Roi qui régne aujourdhui, en di-iànt Louif qttatordéme. Souvent même il ndl
  69. 69. ET -& AIS OiN N F: E. i 5 ileft pas néccffaire de rie~ ajoûter,. parte que les circonfiances dl1 difcours font aff.cz voir de qui lon parle., CHAPITRE IV.. Des nombres fingulicr & plarierr j T ~ s~ noms ~ommun; qui c.onvi~.nenr à ..L..,..< pl:UlreurS,. peuvent eere prIS en chverfes·, " . . .,.. . . . . . . . . . , -yvnp., :. (;ar, Ji 0. on peut ou fe-s appliqutr i ù~e· des (bof~s:auxqueltes ikEE.lDvienBéilt,. eu même les confId ~rer toutes dans une certli- Ile UI1Ité ~idl appelée parles J!bilofophes )· luNitlunit"tyfetle., ~o. Oh les peut <tppliquefà plufieaTS tous.· enfemhle ,. en les confIdérant coJnme plu- tieur9; . ,~Pour d.iilinguer ces deu~ forte.s de rmnie-: R$. dti a inventé ks deu~ nrrm. de, fignlner,· jres;. le finguJ.ier, h9m, r hgmme;:& le plu-, lier ,. hominu, hommefl. Et même quelques Langues, comme la Grecque, Gril fait uD-duel, lfJr[que les noms conviennent à dellx.. Les Héb1(e~x en ont·aUffi un, mais feulë- acJlt.lorfqut:les m()tS fi~ni!i(mt . un~"tho[e -- - g . - - - -- - li
  70. 70. " G.aA.MMAIlUi GÉNÉAALn double, ou par nature, comme les _Jeux) leI mains, lu pieds·, &c, ou par art, comme des/Mules de moulin, des cifeaux , <kc.. De-là il fe voit que les noms propres nont point deux-mêmes de plurier , parce que de leur nature ils ne conviennent quà un; &: lue fi on les met quelquefois au plurier, CQmme quand on dit les CéfarJ, les Ale- xAndra, les Platonl, ceO: par figure, en €OOlpenant dans le nom proprt~ toutes les .periOnues qui l~r reffembleroient : comme qui diroit, des Rois auffi vaillans quAle- :Kandf~ t de~ Piik><Ophes aufû favans que Platon, &c. ~ il Yen a même qui improu- lCD[ cette façon de parler , comme nétant pas affez conforme à la nature, quoiquil sen trouve des exemples dans toutes les Lan- gues, de forte qutelle femble trop autori- .fée pour la rejeter tout-à-fait : il faut feu- lement prendre-garde dten urer modéré~.ent. TOus les adjeéHfs au contraire doiventavoir un plurier, parce quil eft de leur na-ture denfermer toûjours une cenaine ligni-fication vague dun fujer t qui fait quils peu- 1U..eIlA"lP W~Jl . r _ n U ""...,. ~pl~ ,-urs .. D n , . a u. ,IPni"~ _ &W&.""~." ~n ..... . ut.(u,nQ. ..._ nn~nt ~ ~_---.." _la maniere de fignifier) quoiquen effet ils Dec>Dvinifeot quà un. Quant aux fubft~cifs qui foJ!t c:QDunW1$
  71. 71. ET RAtSoNN~E. 67& appellatifs, il femblc que par leur natureils devroient touS avoir un plurier; néall-moins il yen a plufieurs qui nen ont point ~fait par le {impie urage, fait par quelqueforte de raifon. Ainfi les noms de chaque mé-tal, or, argent, fer, nen ont point en prei:que toutes les Langues; dont la raif()O eH Jcomme je penCe, que la retfemblance fi gran-de qui eft entre les parties des l1létau:x: Wtque lon confidere dordinaire chaquë elPèêede métal, non comme une efpece qui aitfous foi plufieurs individus, mais COI:lilme untout qui a feulement plufieurs parti1es : cequi paroît bien en notre Langue, en ce quepour marquer un métalfingulier, 01.1 ajoûœla particule de partition; de for, de il argerll,duJt-r. On dit bien fer! au plurier, Dflais cef!pour lignifier des chaînes, & Don ff::ulementune partie du métal appelé fer. Lies Latins difent bien auffi Ifra , mais cdl poudig:ni- ner de la monnaie, ou des inftrutniimS à fairefon, comme des cymbales. Et aiiJIÛ des au--J1es. F ... - Il
  72. 72. CHA PIT R E V~·C turc conviennent àadjeéHfs de, onleurjugé 01lMEles noms plufieurs a na--·"ropos , pOlir rend;e le di~c~,moins ~on" tu; , & auffi pour l-embelltr par la vanété·ùes umninaifuns, cfinvemer dans les ad jec-;tifs une diverfité felon.les fubfianofs auxquelson les appliquerait.cOr lei hommes fe font premiérement con--fdérés eu)(-mêmes; & ayant remarqué par.. mi eux une diiféremce extrêmement confidé- table, qui eft celle des deux fcxes., ils ont:jugé à propos de varier les mêmes noms ad..;etiifs, ,:aonnant diverffs terminaifons, lorf- ~DjIs s"appliquoiertt aux hommes, & lorfquils êsappliquoient aux femmes; comme en di- -fàut , homu. ViT. un bon homme, bona m,,.. &1". une bonne fe~me "; & ,eft ce qùls ent appelé genre mafculin & féminin. Mais ii a bUu que cela ait tallé nlus avant. 1 • Car, comme ces mtn1es adjeéhfs fc pou- ",oient attribuer à dautres quà des hommes ou à des femmes, ils ont été obligés de Jeur dœner r~e ou lautre des terminaifons quils

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