A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N
1, rue Bixio -...
La France ne peut se résigner à l’abandon de sa jeunesse. Le chômage massif des jeunes est socialement inacceptable.
140 0...
I 03
A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N
(8)
Depp,...
Notre jeunesse mérite mieux que des paroles
incantatoires. Jusqu’à présent les responsables politiques
ont répondu à cette...
quels résultats ? Ils n’assurent pas l’insertion
professionnelle des jeunes et ils créent des effets d’aubaine
concurrença...
parfois à s'acquitter d'un double loyer. Afin de les aider
dans leurs démarches, nous proposons la création
d'une platefor...
7.c Une fois entré dans un cursus en alternance, tout élève
ou étudiant doit voir cette orientation soutenue par des
dispo...
5. ENTREPRENDRE UNE RÉVOLUTION
PÉDAGOGIQUE
Proposition 10 : Repenser l’enseignement des
matières générales dans les filièr...
A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N
renouvelables,...
A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N
d’entreprise, ...
I 11
A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N
– évaluat...
1, rue Bixio - 75007 PARIS
www.force-republicaine.fr
D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES E...
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Les propositions de Fillon sur l'emploi des jeunes

8 439 vues

Publié le

Les propositions de Fillon sur l'emploi des jeunes

Publié dans : Économie & finance
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
8 439
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
5 960
Actions
Partages
0
Téléchargements
12
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Les propositions de Fillon sur l'emploi des jeunes

  1. 1. A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N 1, rue Bixio - 75007 PARIS www.force-republicaine.fr D’ACCÈS À L’EMPLOI DES JEUNES FAIRE DE L’ALTERNANCE LA PRINCIPALE VOIE D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page1
  2. 2. La France ne peut se résigner à l’abandon de sa jeunesse. Le chômage massif des jeunes est socialement inacceptable. 140 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni qualification et un jeune sur quatre est au chômage. Ce constat est d’autant plus révoltant que le marché de l’emploi est traversé par un paradoxe insupportable : un chômage massif des jeunes alors que des dizaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus, particulièrement dans l’industrie et l’artisanat1. Ce paradoxe engendre des conséquences sociales lourdes : début 2013, près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans n’étaient ni à l’école, ni en emploi, ni en formation en France ; soit 17 % de cette classe d’âge2. Plusieurs études alertent pourtant sur la pénurie de talents qui menace de frapper la France dans les prochaines années3. Ce constat est d’autant plus préoccupant, qu’il ne peut être attribué ni uniquement à la crise ni à une question de moyens engagés4. Alors que le candidat François Hollande avait mis la jeunesse au cœur de son programme, la situation des jeunes est aujourd’hui alarmante. • Entre mai 2012 et mars 2015, le nombre de jeunes de moins de 25 ans inscrits à Pôle Emploi a augmenté de 10,1 %5. • En 2014, les entrées en apprentissage ont baissé de 3,2 %, après avoir déjà reculé de 8 % en 20136. • Depuis plusieurs années, les taux de rupture de contrats d’apprentissage dépassent les 20 %. • Depuis les années 2000, le poids de l’origine sociale est de plus en plus prégnant dans la trajectoire scolaire. La France est aujourd’hui l’Etat de l’OCDE où les origines sociales pèsent le plus lourdement sur la réussite scolaire et donc, par ricochet, sur l’insertion professionnelle. FAIRE DE L’ALTERNANCE LA PRINCIPALE VOIE D’ACCÈS À L’EMPLOI DES JEUNES A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N I 02 (1) Guillaume Blache, Anita Bonnet, Jean-Louis Zanda, « Les offres d’emploi difficiles à satisfaire », Éclairages et synthèses n°6, Pôle Emploi, septembre 2014. (2) Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Klaus F. Zimmermann, L’emploi des jeunes peu qualifiés en France, note, CAE, avril 2013. (3) Mc Kinsey Global Institute, L’emploi en France : Cinq priorités d’action d’ici 2020, mars 2012 ou Manpower, Pénurie des talents, étude, juin 2014. (4) 88,07 Mds€ pour le MENESR ; 20,51 Mds€ pour la formation professionnelle ; 1,2 Md€ pour les emplois d’avenir ; 234 M€ pour les contrats de génération ; etc. Source : PLF 2015. (5) et (6) Dares et Pôle emploi. (7) Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Klaus F. Zimmermann, L’emploi des jeunes peu qualifiés en France, note, CAE, avril 2013. 7 La situation des jeunes en France apparaît particulièrement préoccupante : d’autres pays européens, comme l’Allemagne, la Suisse ou le Royaume-Uni, réussissent mieux que nous en dépensant moins. Un autre parallèle international illustre cruellement les conséquences de la faible professionnalisation de nos cursus : seuls 7 % des jeunes Français entre 16 et 25 ans sont en alternance – dont 5 % en apprentissage – contre 17 % en Allemagne ; 25 % des jeunes Français sont au chômage contre 8 % des jeunes Allemands. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page2
  3. 3. I 03 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N (8) Depp, note d’information n°12, avril 2014. (9) Voir Force républicaine, Éducation: parce que tout commence là, avril 2014. (10) Entre 2005 et 2012, les lycées professionnels ont vu leurs effectifs chuter de 9,2 %. (11) La Fabrique de l’Industrie, Formation professionnelle et industrie, Le regards des acteurs de terrain, 2014. (12) Enquête AGEFA-PME, juin 2014. (13) Ibid. Un système scolaire qui renforce les inégalités et ne permet pas une insertion professionnelle réussie En 2013, 18 % des jeunes de 17 ans8 rencontraient des difficultés pour comprendre un texte. Alors que l’éducation est le fondement d’une insertion professionnelle réussie, 80 % des jeunes décrocheurs étaient déjà en difficulté au CP. Notre système scolaire échoue donc à remédier aux difficultés rencontrées par les élèves. Or, les travaux de James Heckman, prix Nobel d’économie, montrent que les investissements les plus rentables en termes d’éducation sont ceux effectués durant la petite enfance9. Notre système éducatif doit donc s'adapter, il ne peut plus fonctionner comme une « machine à trier ». L’école devrait valoriser avant tout l’acquisition de compétences – de toute nature – en lien avec les qualités et les connaissances qui seront nécessaires pour s’insérer sur le marché du travail. Pour cela, il faut rompre avec un système où le diplôme est survalorisé – y compris par les entreprises – et l’enseignement général sacralisé10 . Lutter contre les préjugés qui entourent encore l’apprentissage et l’alternance Les difficultés rencontrées par les jeunes dans leur recherche d’emploi sont étroitement liées aux dysfonctionnements qui handicapent notre système éducatif. L’un des enjeux centraux est de redonner du sens à nos formations pour lutter contre un échec scolaire endémique qui nourrit un chômage massif des jeunes. Alors que l’école a aussi pour mission de préparer à l’entrée dans l’emploi, les jeunes peinent aujourd’hui à s’insérer sur le marché du travail. Ces difficultés naissent en partie de l’inadéquation des formations dispensées au regard des besoins des bassins d’emploi, mais aussi de l’incapacité à prendre en compte la variété des profils et des talents à former. La perception du monde du travail véhiculée à l’école est galvaudée. Au même titre, les emplois du secteur secondaire souffrent de préjugés d’un autre temps : 85 % des 18-25 ans associent le mot « industrie » à « travail à la chaîne », 81 % à « pénibilité » et 55 % à « saleté »11. Au-delà des seules filières dites « professionnelles », cette méconnaissance du monde du travail, profondément ancrée dans notre système éducatif, est fortement perçue par les chefs d’entreprise mais aussi par les enseignants eux-mêmes : 78 % des dirigeants de PME – tous secteurs confondus – et 60 % des enseignants estiment que l'école prépare mal à la vie professionnelle12 . Aujourd’hui, même les formations dites « professionnelles » sont éloignées de la réalité de l’entreprise. Ainsi, parmi les jeunes ayant obtenu leur baccalauréat professionnel en 2013, 12 % seulement l’ont préparé et obtenu par la voie de l’apprentissage. Une action publique massive mais inefficace Alors que la mission Éducation nationale, Enseignement supérieur et Recherche constitue le premier poste budgétaire de l’Etat avec 88,07 Mds€ (PLF 2015) et que 32 Mds€ sont consacrés à la formation professionnelle et à l’apprentissage, on peut légitimement s’interroger sur l’efficience de ces dispositifs. 13 D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page3
  4. 4. Notre jeunesse mérite mieux que des paroles incantatoires. Jusqu’à présent les responsables politiques ont répondu à cette problématique par une politique d’emplois aidés. L’échec patent de cette orientation invite à rompre avec une politique qui a largement fait la preuve de son inefficience. Pour inverser cette tendance, l’alternance apparaît comme la solution non seulement à développer, mais aussi à systématiser. Elle doit être promue comme une voie d’excellence – du secondaire au supérieur, quelle que soit la filière suivie – qui agit comme un tremplin vers l’emploi. La connaissance intime de l’entreprise, de ses savoir-faire et de ses savoir-être que permet l’alternance, commande qu’elle soit placée au cœur d’un grand système de formation rénové. La France ne se redressera que si elle fait le pari des talents de sa jeunesse. 1. Changer de modèle en valorisant l’acquisition des compétences 2. Mettre fin au système des emplois aidés qui ne fonctionne pas 3. Transformer la gouvernance de l’enseignement professionnel 4. Réinventer l’orientation en améliorant l’information et les dispositifs d’accompagnement des jeunes 5. Entreprendre une révolution pédagogique 6. Faciliter et renforcer l’engagement des entreprises 1. CHANGER DE MODÈLE EN VALORISANT L’ACQUISITION DES COMPÉTENCES Il faut en finir avec une politique éducative pilotée exclusivement par les taux de réussite aux examens. Soyons capables de briser un tabou : plutôt que de se gargariser de mener 80 % d’une classe d’âge au baccalauréat, il vaudrait mieux réussir à former la quasi-totalité de nos jeunes et à leur donner un emploi. Proposition 1 : Renouveler les processus de recrutement dans les entreprises. Les chefs d’entreprises veulent recruter des individus agiles, sachant s’adapter à un environnement qui évolue rapidement. Il faut pour cela promouvoir la logique, plus évolutive, de certification de compétences et arrêter de privilégier uniquement le diplôme. L’acquisition de compétences, solides et maîtrisées, est un enjeu de compétitivité pour les entreprises et d’employabilité pour les jeunes. Le numérique, via les plateformes d’« e-testing » et la création de réseaux sociaux professionnels, offre de nouvelles perspectives et invite les entreprises à renouveler leurs processus de recrutement14 . Ainsi, les branches professionnelles pourraient – par exemple – plaider pour une attestation de compétences qui remplacerait le diplôme. La maîtrise de ces compétences serait évaluée à l’aune de tests, nationalement ou internationalement reconnus : toiec, certificat Voltaire, etc. Proposition 2 : S’appuyer sur notre écosystème numérique pour mettre fin au « culte du diplôme » et faire du numérique un vecteur de formation et d’évolution professionnelle. L’écosystème du numérique est représentatif : l’École 42 ou Simplon sont des initiatives nées des carences des systèmes de formation « classiques ». Elles s’affranchissant des diplômes et schémas de formation traditionnels, et démontrent la pertinence de leur modèle. La force du numérique réside aussi dans sa puissance inclusive : beaucoup de ces jeunes étaient en échec scolaire avant de rejoindre ces formations. Le numérique, parce qu’il évolue hors logiques scolaires « classiques », affaiblit le phénomène de reproduction sociale particulièrement prégnant dans notre système éducatif. De plus, le numérique a su s’adapter aux évolutions très rapides du marché du travail et répondre à des besoins patents – les entreprises françaises rechercheraient 150 000 codeurs dans les prochaines années – tout en permettant l’insertion et la réussite de jeunes parfois en grande difficulté. Aujourd’hui, les possibilités de formation en ligne et d’obtention de micro-certifications (nanodegrees) offrent aux jeunes et aux entreprises la promesse d’une adaptabilité plus grande et permettent de pallier les carences de la formation initiale. 2. METTRE FIN AU SYSTÈME DES CONTRATS AIDÉS QUI NE FONCTIONNE PAS Proposition 3 : Mettre fin à la gabegie des emplois d’avenir et des contrats de génération pour aider davantage les jeunes les plus éloignés de l’emploi. L’Etat dépense des sommes considérables pour des résultats médiocres. Un système mieux piloté et mieux évalué permettra un usage plus juste, plus raisonné et plus efficace des deniers publics. Les emplois d’avenir et les contrats de génération sont les symptômes d’un système qui ne marche pas. Ils pèsent 1,4 Md€ dans le budget de l’Etat… pour I 04 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N (14) Charles de Froment, L’ère du sur-mesure. Solutions pour l’insertion des jeunes dans une économie post-industrielle, rapport, Institut de l’Entreprise, février 2015. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page4
  5. 5. quels résultats ? Ils n’assurent pas l’insertion professionnelle des jeunes et ils créent des effets d’aubaine concurrençant les dispositifs d’alternance qui, eux, permettent une réelle insertion sur le marché du travail. Il faut supprimer les contrats aidés à destination des jeunes et réorienter intégralement les sommes ainsi dégagées vers l’alternance. Le redéploiement des fonds aujourd’hui destinés aux emplois d’avenir servira notamment à développer les dispositifs de pré-apprentissage et d’alternance dans les écoles de la deuxième chance (100 M€), afin d’aider en priorité les décrocheurs les plus éloignés du marché du travail, et à financer une exonération totale de charges patronales pour toutes les entreprises qui accueillent des jeunes en alternance15. 3. TRANSFORMER LA GOUVERNANCE DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL Proposition 4 : Généraliser l’apprentissage dans l’enseignement professionnel (en lycées professionnels et en centres de formation). De nombreuses études s’accordent sur le fait que le passage par l’apprentissage favorise la réussite aux examens, facilite l’insertion professionnelle des jeunes et leur procure un salaire plus élevé16. L’alternance doit donc s’affirmer comme un principe de formation et être généralisée, pour que l’ensemble des jeunes soient mieux préparés au marché du travail. Il ne devrait plus être possible d’obtenir un diplôme dit « professionnel » sans avoir effectué une partie de son cursus en alternance. Proposition 5 : Confier la gestion des lycées professionnels aux régions et aux branches professionnelles, qui gèrent déjà les centres de formation des apprentis. La décentralisation de l’enseignement professionnel parachèvera les évolutions récentes, qui ont fait de la région le chef de file de la politique d’accès à l’apprentissage et à la formation professionnelle des jeunes comme des adultes. Pour mettre en œuvre l’ensemble du dispositif il faut imaginer une gouvernance nouvelle : 5.a Pour gagner en efficacité, il apparaît nécessaire de mutualiser les expériences et les ressources des centres de formation des apprentis (CFA) et des lycées professionnels. Pour accroître leur synergie, la gestion des lycées professionnels et des CFA sera confiée aux régions qui, associant étroitement les branches professionnelles, ajusteront les formations – dans le cadre d’un référentiel défini à l’échelle nationale –, pour qu’elles s’adaptent davantage à la réalité des bassins d’emplois. Les entrepreneurs et les branches professionnelles sont les mieux placés pour exprimer précisément les besoins de main-d’œuvre et les compétences nécessaires pour développer l’activité. La co-construction des formations avec les branches professionnelles, permettra une meilleure réactivité dans la mise en adéquation de la carte des formations avec les besoins économiques locaux17. Cette instance régionale sera responsable des financements en complément de la taxe d’apprentissage, versera les subventions d’équilibre aux CFA, sera garante de la bonne gestion des établissements, sera en charge de leur inspection académique mais aussi de l’ouverture et de la fermeture des formations ou de leur transformation. Cette instance allouera les moyens selon les priorités et les besoins du tissu économique local. Cette décentralisation, avec une plus grande cohérence de l’offre de formation, permettra de dégager certaines marges de manœuvre financières. Par ailleurs, les chefs d’établissements devront disposer d’une autonomie d’action et de moyens, dans le cadre d’objectifs fixés annuellement par la région. Valoriser l'alternance auprès des jeunes et des entreprises va nécessiter de lever les freins qui existent s'agissant de l'hébergement. Les jeunes apprentis ou alternants éprouvent aujourd'hui des difficultés à se loger et ont I 05 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N (15) Aujourd’hui, les employeurs inscrits au répertoire des métiers (artisans) et ceux qui emploient moins de 11 salariés sont totalement exonérés de cotisations salariales et patronales, à l'exception des cotisations accident du travail-maladie professionnelle (AT-MP). Pour les autres entreprises, les exonérations se limitent aux cotisations sociales patronales de Sécurité sociale (hors AT-MP) et aux cotisations salariales légales ou conventionnelles. Le total des charges versées par les entreprises dans le cadre des contrats de professionnalisation et d’apprentissage a été d’environ 765 M€ en 2014 ; soit environ 336 M€ pour les contrats de professionnalisation et 429 M€ pour les contrats d'apprentissage. (16) Pierre Cahuc, Marc Ferracci, avec la contribution de Jean Tirole et Etienne Wasmer, L’apprentissage au service de l’emploi, CAE, note, décembre 2014 ; Elodie Alet et Liliane Bonnal, « L’apprentissage : un impact positif sur la réussite scolaire des niveaux V », Économie et Statistique, mars 2013 ; DEPP, « en février 2013, 43 % des jeunes sortants de lycée ont un emploi sept mois après la fin de leurs études », note d'information, n°09, avril 2014 ; DEPP, « En février 2013, 65 % des jeunes ont un emploi sept mois après la fin de leur apprentissage », note d'information, n°04, mars 2014. (17) MEDEF, Apprentissage, Constats et propositions du MEDEF, juillet 2014. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page5
  6. 6. parfois à s'acquitter d'un double loyer. Afin de les aider dans leurs démarches, nous proposons la création d'une plateforme accessible sur internet qui recense dans chaque région l'ensemble des possibilités de logements sur un territoire (internat des établissements scolaires, chambres chez les particuliers, FJT, logement social ou privé...). Notre souhait est d'associer les entreprises à travers Action logement à cette question de l'hébergement des alternants ainsi que les bailleurs sociaux et privés. 5.b À ce pilotage régional, répondra une commission nationale chargée de la définition des référentiels de formation – et de leur certification – et de l’évaluation du système. Cette commission, placée sous la tutelle de l’Éducation nationale, réunira également les branches professionnelles et les partenaires sociaux. Pour garantir une véritable place aux branches professionnelles, elles seront en charge du secrétariat de rédaction de cette instance. L’Etat, qui pilote la politique de la jeunesse, doit garder des outils et des moyens d’action. Il doit pouvoir moduler les dotations allouées aux régions selon des critères objectifs, tels que le nombre d’apprentis et leur insertion dans la vie professionnelle notamment. Cette commission s’assurera également que les fonds alloués aux régions pour l’apprentissage et l’enseignement professionnel est bien utilisé à cet effet. L’Etat doit assumer un rôle d’animation du système et favoriser le partage de bonnes pratiques entre les régions. Aujourd’hui, il n’y a pas véritablement de pilotage du système. 4. RÉINVENTER L’ORIENTATION EN AMÉLIORANT L’INFORMATION ET LES DISPOSITIFS D’ACCOMPAGNEMENT DES JEUNES Au moment de choisir une filière ou une formation, les jeunes souffrent d’un dramatique déficit de hiérarchisation de l’information – parfois surabondante – à leur disposition. Cette absence de hiérarchisation a de lourdes conséquences qui se manifestent notamment par des taux d’échec et d’abandon très importants. Proposition 6 : Mesurer et fournir à tous les jeunes les taux d’emploi et de rémunération pour chaque filière et établissement, de façon à fournir à chacun une information transparente. Pour ne plus réserver les informations relatives aux débouchés de chaque filière à quelques « initiés » et pour mettre fin à cet immense gâchis, nous proposons la mise en place d’un portail18 présentant les opportunités professionnelles à l’échelle de chaque bassin d’emploi, mais aussi une information complète, pour chaque filière et chaque établissement, sur : • Le taux d’emploi à la sortie, à 3 ans et à 5 ans ; • le niveau de rémunération à la sortie, à 3 ans et à 5 ans ; • la part des jeunes exerçant une activité en lien avec leur formation à la sortie, à 3 ans et à 5 ans. L’instauration d’un « Label qualité » pour les CFA et lycées professionnels, fonction de leur taux de rupture de contrat d’apprentissage et de leur taux d’insertion professionnelle, serait également un pas vers davantage de transparence qui permettrait aux élèves d’exercer un choix plus éclairé. Proposition 7 : Revoir les processus d’orientation dans les établissements scolaires. 7.a Revoir le recrutement des conseillers d’orientation-psychologues (COP) pour permettre une plus grande ouverture au monde professionnel. Un recrutement par validation des acquis et un statut de « Conseiller d’orientation associé » permettront à des professionnels du secteur privé de consacrer une partie de leur temps à la transmission de leurs connaissances et à la mobilisation de leur réseau au service des jeunes19 . De la même manière, il faut ouvrir davantage les CIO (Centres d'Information et d'Orientation), présents dans toutes les circonscriptions d'inspection académique, aux professionnels. 7.b Au-delà des impératifs de transparence et de hiérarchisation, une orientation réussie se construit. Il est pour cela essentiel d’introduire des modules d’ « éducation aux choix » (profes- sionnels ou éducatifs), et ce, dès le collège. I 06 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N (18) Ce portail intégrera l’alternance comme un choix d’orientation à part entière ; aujourd’hui, les formations en apprentissage ne sont pas répertoriées dans le dispositif AFFELNET (AFFectation des Élèves par le Net). (19) Sandra Enlart, Choisir les bons leviers pour insérer les jeunes non qualifiés, Institut Montaigne, note, juillet 2012. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page6
  7. 7. 7.c Une fois entré dans un cursus en alternance, tout élève ou étudiant doit voir cette orientation soutenue par des dispositifs d’accompagnement qui répondent à ses besoins et à ses questionnements. Cet accompagnement individualisé – aujourd’hui très largement inexistant et auquel il faut former les enseignants – doit lui permettre de suivre à la fois des sessions de formation à distance, en lien direct avec les gestes pratiqués en milieu professionnel, mais aussi de généraliser un coaching des alternants pour pallier l’isolement que certains ressentent dans un monde dont ils ne possèdent pas toujours les codes. Le numérique offre la possibilité de développer ce coaching et de stimuler la proactivité des alternants : savoir identifier les besoins de l’entreprise et être en mesure d’y répondre au bon moment. Le développement de solutions numériques de suivi et d’accompagnement individualisé pourra également apporter une réponse efficace aux taux élevés de rupture de contrat et permettre une insertion professionnelle réussie, notamment par une implication accrue des enseignants à distance. Pour cela, il est nécessaire de développer des solutions d’accompagnement et de suivi en ligne, dont se doteront les CFA et lycées professionnels et qu’ils mettront à disposition de leurs élèves. La suppression des emplois d’avenir permettra de dégager 20 M€ à cet effet. Proposition 8 : Permettre une adaptation précoce des filières, répondant aux compétences des élèves. Notre système scolaire, tourné vers l’acquisition et la restitution de connaissances, se prête bien aux profils « déductifs » ; mais, les profils « inductifs », dont l’acquisition de connaissances se fait avant tout par des mises en situation pratiques, sont défavorisés – voire méprisés – par le système actuel. Il faut aller au-delà des limites actuelles posées par la loi Cherpion – qui rend possible l’entrée en apprentissage d’un jeune âgé de 15 ans au cours de l’année civile à condition qu’il ait achevé sa classe de troisième ou qu’il ait suivi la formation DIMA (dispositif d’initiation aux métiers) - et permettre, dès la classe de 4e, une véritable différenciation des parcours selon le profil des élèves. Dès la classe de 4e, les élèves inductifs doivent pouvoir bénéficier d’une ouverture plus grande à d’autres parcours. Par ailleurs, si le stage d’observation effectué en classe de troisième a le mérite d’exister, il se limite généralement – comme son nom l’indique – à une simple semaine « d’observation ». Il pourra être particulièrement enrichissant pour les élèves, comme pour les entreprises qui les accueillent, de remplacer ce stage par un projet mené tout au long de l’année en liaison étroite avec une entreprise ou un organisme professionnel. Proposition 9 : Ne laisser aucun jeune sans emploi ou sans formation en développant le pré-apprentissage et en leur offrant une garantie d’accès à la formation jusqu’à 18 ans. Notre système éducatif abandonne un trop grand nombre de jeunes, qui parfois ne disposent même pas des compétences fondamentales : savoir lire, écrire et compter. Nous sommes aujourd’hui face à une double problématique : prévenir le décrochage scolaire et mettre en œuvre des mécanismes capables de trouver une solution pour près de deux millions de jeunes déjà sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification. Les dispositifs actuels rendent très difficile pour ces jeunes l’accès à l’emploi. 9.a Mettre en place des dispositifs de pré-apprentissage20 dans les écoles de la deuxième chance qui, alliés à une remise à niveau sur les savoirs fondamentaux, permettront de replacer des jeunes parfois très éloignés du marché de l’emploi dans une dynamique de réussite. Il faudra créer, dans chaque région, un dispositif obéissant à un cahier des charges national et 100 M€ seront prélevés sur l’ensemble des fonds alloués aux emplois d’avenir (1,2 Md€), pour aider au développement du pré-apprentissage dans les écoles de la deuxième chance. 9.b Si la scolarisation est aujourd’hui obligatoire jusqu’à 16 ans, il faut aussi accompagner les jeunes vers l’emploi et leur offrir, jusqu’à 18 ans, une garantie d’accès à une formation. I 07 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N (20) Bertrand Martinot, Une nouvelle ambition pour l’apprentissage : 10 propositions concrètes, Institut Montaigne, note, janvier 2014. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page7
  8. 8. 5. ENTREPRENDRE UNE RÉVOLUTION PÉDAGOGIQUE Proposition 10 : Repenser l’enseignement des matières générales dans les filières profes- sionnelles pour assurer la pertinence d’un socle pédagogique qui garantisse l’employabilité future des jeunes21 et leur permette de passer davantage de temps dans un environnement professionnel. Les enseignants des filières professionnelles accomplissent un travail formidable. Il faut leur faire confiance pour qu’ils mènent la révolution pédagogique dont les élèves ont tant besoin. L’un des arguments généralement avancé pour s’opposer à toute évolution est le suivant : la formation des futurs citoyens doit prévaloir sur la formation des futurs salariés ; autrement dit, contrairement aux Allemands, les Français – qui accordent une place plus importante aux matières générales dans leur cursus – seraient mieux armés pour leur vie future de citoyens. Cet argument ne tient pas si l’on analyse les résultats du dernier test PISA, auquel les apprentis allemands obtiennent de meilleurs résultats que les apprentis français. En France, 45 % des heures d’enseignement suivies par les bacheliers professionnels sont consacrées aux enseignements généraux de tronc commun, sans aucun lien avec l’activité professionnelle à laquelle ils se destinent. Il ne s’agit pas de transiger avec le socle de connaissances fondamentales – mathématiques, culture générale, esprit critique, etc. – que tout lycéen doit maîtriser à sa sortie du système scolaire, mais de transformer leur processus d’acquisition. Il faudra à la fois s’interroger sur le volume d’heures d’enseignements généraux et faire entrer dans les programmes davantage de contenu théorique en lien avec la vie professionnelle future des élèves : connaissance de l’entreprise, connaissance et usages du numérique, projets structurants, collaboration et co-innovation, droit du travail, comptabilité, gestion, droit des conventions collectives, etc. Pour mener cette réforme des contenus et des méthodes, un véritable dialogue devra s’engager, notamment en donnant largement la parole aux anciens apprentis. Proposition 11 : Transformer les méthodes d’apprentissage. Dans le cadre de la refonte des enseignements généraux, les expériences et situations surgies durant la formation en milieu professionnel innerveront davantage les enseignements dispensés en classe. Conduire des projets transdisciplinaires et faire appel à des professionnels du secteur privé (coach, tuteurs) pourrait, à ce titre, être particulièrement intéressant. Il pourra également être envisagé de développer des modules d’e-learning pour réduire la formation en présentiel, tout en augmentant le temps passé en milieu professionnel. 11.a Promouvoir un dispositif « une tablette par apprenti » afin de permettre à chaque apprenti, quel que soit son milieu social, de suivre des enseignements à distance. Cet équipement est essentiel pour que les alternants puissent bénéficier d’un accompagnement individualisé dans l’acquisition des savoir-faire et savoir-être de l’entreprise, et d’échanges – quasi immédiats – avec leur tuteur sur leur travail et leur attitude dans le cadre professionnel. 11.b Si cela existe déjà dans certains cursus en alternance, il faudra accroître la diffusion des formations managériales, notamment au travers duTEPE (Titre d’Entrepreneur de la Petite Entreprise), afin de stimuler les vocations entrepreneuriales des jeunes Français. 11.c Adapter le nombre d’enseignants au nombre d’étudiants par filière, en rendant un plus grand nombre d’enseignants polyvalents. Le mode de recrutement des enseignants de lycées professionnels pourra être transformé. Ils pourront ainsi être engagés via des contrats de cinq ans I 08 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N (21) Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Klaus F. Zimmermann, L’emploi des jeunes peu qualifiés en France, note, CAE, avril 2013 et Pierre Cahuc, Marc Ferracci, avec la contribution de Jean Tirole et Etienne Wasmer, L’apprentissage au service de l’emploi, note, CAE, décembre 2014. (22) www.eduscol.education.fr 22 Répartition des heures d’enseignement en baccalauréat professionnel Enseignements professionnels et enseignements généraux liés à la spécialité Enseignements généraux 1218 1472 D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page8
  9. 9. A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N renouvelables, ceci afin de ménager des possibilités plus grandes d’aller-retour entre carrière dans le privé et enseignement. Enfin, pour les enseignants des voies générale et technologique, un module « connaissance du monde du travail » sera introduit dans leur formation initiale et des stages en entreprise, tous les cinq ans par exemple, pourront aussi être systématisés23. 6. FACILITER ET RENFORCER L’ENGAGEMENT DES ENTREPRISES Pour que tous les jeunes Français aient les mêmes chances de réussite, les entreprises ont un rôle central à jouer aux côtés de l’Etat. Tout programme à destination de la jeunesse ne réussira que si l’on parvient à susciter l’engagement d’entreprises de toutes tailles. Main dans la main, les acteurs politiques et économiques doivent se mobiliser pour offrir des perspectives d’avenir à la jeunesse. Mais, les entreprises ne s’impliqueront que si elles trouvent également un intérêt économique à l’alternance. Plusieurs mesures peuvent rapidement être engagées pour les y encourager. Proposition 12 : Rendre l’alternance attractive pour les entreprises. Si la majorité des dirigeants d’entreprises souhaitent pouvoir contribuer à la formation d’un jeune24, de nombreux freins rendent encore ce pas difficile à franchir. 12.a Revoir le rythme de l’alternance pour le rendre compatible avec celui de l’entreprise. Cette évolution, dont l’application est laissée aux branches professionnelles, sera facilitée par la réforme des contenus et méthodes de l’enseignement professionnel, qui permettra aux élèves de passer davantage de temps en entreprise. Cela permettra à la fois de dispenser aux jeunes une formation moins hachée et de simplifier l’organisation pratique au sein des entreprises. Un modèle ne devra pas s’imposer systématiquement à tous les acteurs mais différents formats pourront cohabiter, laissant ainsi davantage de liberté à l’ensemble des acteurs. 12.b Un principe doit prévaloir dans la rémunération des alternants : si les entreprises qui les accueillent acceptent de prendre en charge une partie de leur formation, cela ne peut se faire au détriment de leurs impératifs de rentabilité. Aujourd’hui, si la rémunération dépend de l’âge et du niveau d’études des alternants, elle est déjà – dans une immense majorité des cas – inférieure au SMIC. Mais l’Etat doit encore engager une réduction du coût du travail pour inciter les entreprises à embaucher des jeunes non qualifiés. Cela passe par la mise en place d’exonérations de charges patronales et d’une rémunération au SMIC horaire – au prorata du temps passé dans l’entreprise – uniquement pour les alternants dont la rémunération excède ou équivaut actuellement au SMIC. Il s’agira là d’un seuil de rémunération minimal, que les entreprises pourront bien évidemment dépasser si elles le souhaitent. Proposition 13 : Faciliter la gestion de l’alternance pour les entreprises. 13.a Donner à tous les contrats en alternance un socle juridique commun, tout en laissant la possibilité de différentes modalités d’alternance. Seul un tel rapprochement pourra accroître la lisibilité et l’efficacité de l’alternance. Faire converger les contrats de professionnalisation et d’apprentissage, notamment sur le droit du travail, offrirait à l’ensemble des acteurs une véritable simplification dans la gestion de leur personnel. Pour ces deux contrats, il faudra aligner les conditions de sécurité et les restrictions pesant sur les jeunes en alternance sur celles exigées pour les salariés, et supprimer les restrictions spécifiques à l’alternance : en octobre 2014, un lycée professionnel sur quatre indique avoir déjà perdu des terrains de stage du fait de l’application de la circulaire sur l’utilisation de machines dangereuses (selon le SNPDEN-Unsa). Beaucoup de chefs d’entreprise, particulièrement dans les secteurs en tension, ne peuvent engager d’apprentis en raison de ces règles et, pour les accueillir, ont besoin d’une véritable simplification dans la gestion de leur personnel. 13.b Permettre une lisibilité accrue des dispositifs pour les entreprises. Mettre en place des guichets pour l’alternance, similaires au « Centre des Formalités des Entreprises » pour la création I 09 (23) Propositions 2014 de l'ANDRH (Association nationale des Directeurs des ressources humaines), Emploi des jeunes et formation tout au long de la vie : quelles responsabilités ?, note, juin 2014. (24) « 54% des entreprises déclarent « vouloir augmenter la part d’alternants » in Propositions 2014 de l'ANDRH (Association nationale des Directeurs des ressources humaines), Emploi des jeunes et formation tout au long de la vie : quelles responsabilités ?, note, juin 2014. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page9
  10. 10. A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N d’entreprise, permettant de prendre en charge toutes les démarches administratives de l’entreprise et de l’alternant pour la mise en place de leur collaboration (contrat, formalités avec l’école, avec l’OPCA, etc.). Ces guichets – facilement accessibles mais non obligatoires – qui ne devront pas se limiter à un espace d’information, pourraient être développés par les missions locales pour l’emploi. 13.c Les entreprises se perdent souvent dans ce qu’elles vivent comme un véritable maquis réglementaire entourant les différentes modalités d’accueil d’un jeune en alternance. Le contrat de professionnalisation peut être, pour des raisons de simplification, harmonisé avec le contrat d’apprentissage. Mais il conserve sa pertinence : compléter la formation initiale et permettre – dans le cadre d’un recrutement – de combler d’éventuelles carences en termes de connaissances ou de compétences. Ce contrat – conçu comme une aide à l’insertion professionnelle –, dont la part réservée à la formation certifiante est limitée à 15 % à 25 % du temps total, doit continuer à être développé en parallèle à l’apprentissage. Proposition 14 : Imaginer des dispositifs incitatifs en élargissant les possibilités d’utilisation des fonds de la taxe d’apprentissage par les entreprises. Il faut imaginer des dispositifs plus incitatifs pour les entreprises et – si elles comptent plus de 4 % de jeunes en alternance parmi leurs effectifs – les autoriser à dépenser les fonds de la taxe d’apprentissage (0,68 % de leur masse salariale) pour créer, financer ou cofinancer leurs propres centres de formation. Cette incitation pourra aussi prendre la forme de labels venant certifier la mise en place d’un cycle de formation en alternance. Ce label pourrait être assorti d’un certificat « d’excellence » en cas de réponse à un appel d'offre, d’accueil d’un certain nombre de « décrocheurs », etc. mais il faudra également accroître substantiellement la composante « bonus » qui existe déjà dans le système actuel. Proposition 15 : Connecter davantage universités et entreprises en systématisant les bonnes pratiques d’alternance existantes. 15.a Encourager les bonnes pratiques dans l’enseignement supérieur. L’augmentation des entrées en apprentissage, entre 2004-2010, n’est due qu’à l’essor de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur (+ 24 %). Plus du quart des apprentis sont aujourd’hui des étudiants du supérieur. L’apprentissage s’est affirmé comme un puissant vecteur d’insertion professionnelle dans l’enseignement supérieur et il est nécessaire de soutenir et d’étendre cette dynamique aux établissements qui n’y participent pas encore. Ainsi, dans les universités – les grandes écoles le font déjà depuis longtemps – il faudra instaurer systéma- tiquement des stages certifiants, qui délivreront des crédits et entreront dans le processus de validation des diplômes. Les universités devront aussi se doter de conseillers capables d’aider activement les étudiants dans leur insertion professionnelle. Enfin, les grandes écoles devraient faire davantage de place aux étudiants ayant suivi une formation en apprentissage dans leurs processus d’admission. 15.b Encourager des partenariats durables entre les universités et les entreprises. Les universités devront être soutenues dans la mise en œuvre d’écosystèmes coopératifs qui favorisent l’innovation, tant dans ses processus dans le cadre de ses cursus I 10 (25) Pierre Cahuc, Marc Ferracci, avec la contribution de Jean Tirole et Etienne Wasmer, L’apprentissage au service de l’emploi, CAE, note, décembre 2014 Entrées en apprentissage selon le niveau de diplôme à l’entrée (en % du total des entrées) 25 D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page10
  11. 11. I 11 A S S O C I A T I O N D E S O U T I E N À L ’ A C T I O N P O L I T I Q U E D E F R A N Ç O I S F I L L O N – évaluation ouverte, technologie de la rencontre, intelligence collective, open publication, hubs collaboratifs, co-création, etc. –, que dans une interaction avec le monde entrepreneurial – développement de fablabs, d’incubateurs, etc. 15.c Favoriser le cumul emploi-études qui permet l’apprentissage des savoir-faire et savoir-être de l’entreprise : les études montrent que, jusqu’à 16 heures par semaine26 , il n’y a aucun impact négatif sur la poursuite des études supérieures. ANNEXE CHIFFRAGE DES PROPOSITIONS Économies dégagées par la suppression des contrats aidés (proposition 3) : 1 434 M€ / an - Suppression des emplois d’avenir : 1 200 M€ / an - Suppression des contrats de génération : 234 M€ / an Redéploiement des dépenses : 985,5 M€ / an - Exonération totale des charges patronales pour toutes les entreprises sur les contrats en alternance (Proposition 3) : 765,2 M€ / an27 - Dispositif « une tablette par apprenti » (Proposition 11) : 13,3 M€ / an28 - Développement des dispositifs de pré-apprentissage (Proposition 3) : 100 M€ / an - Tutorat renforcé (« coaching ») pour la prise de fonction des alternants (Proposition 11) : 107 M€ / an29 (26) « l’effet du travail salarié est réduit de moitié et peu significatif lorsque l’étudiant travaille moins de 16 heures par semaine » « les étudiants qui occupent un emploi salarié ont en moyenne des probabilités plus élevées de réussite aux examens : ils ne sont pas les moins capables, et travailler constitue pour eux le moyen de poursuivre des études qui leur apparaissent comme profitables. Cette corrélation positive pourrait s’expliquer par le fait que les étudiants qui cumulent emploi et études sont en moyenne, toutes choses égales par ailleurs, plus motivés que les autres par leurs études. » in Magali Beffy, Denis Fougère et Arnaud Maurel, « L’impact du travail salarié des étudiants sur la réussite et la poursuite des études universitaires », Économie et Statistique n°422, 2009. (27) Aujourd’hui, les employeurs inscrits au répertoire des métiers (artisans) et ceux qui emploient moins de 11 salariés sont totalement exonérés de cotisations salariales et patronales, à l'exception des cotisations accident du travail-maladie professionnelle (AT-MP). Pour les autres entreprises, les exonérations se limitent aux cotisations sociales patronales de Sécurité sociale (hors AT-MP) et aux cotisations salariales légales ou conventionnelles. Le total des charges versées par les entreprises dans le cadre des contrats de professionnalisation et d’apprentissage a été d’environ 765,24 M€ en 2014 ; soit environ 336 M€ pour les contrats de professionnalisation et 429,24 M€ pour les contrats d'apprentissage. (28) Coût récurrent par an estimé sur une base de 130 000 nouveaux alternants par an, et un coût complet de la tablette et des logiciels pédagogiques correspondant de 100 euros par alternant. (29) Estimation réalisée sur une hypothèse de 65 000 nouveaux alternants nécessitant un tuteur spécifique, d’un ratio d’un tuteur pour 25 nouveaux alternants. D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page11
  12. 12. 1, rue Bixio - 75007 PARIS www.force-republicaine.fr D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES_D10675-MAI 2015 12 PAGES EMPLOI DES JEUNES 13/05/2015 16:19 Page12

×