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Maître d’ouvrage : Communauté de
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  1. 1. 4444 La communauté de communes fait sortir de terre une crèche en bottes de paille. Chronologie Choix de l’architecte en mai 2012. Permis de construire en septembre 2012. Travaux d’avril 2013 à août 2014. En 2014, la commune de Muël a accueilli une crèche pour les enfants du territoire intercommunal. Grâce à la conviction d’élus, le bâtiment a pu être construit avec des bottes de paille, du bois et de la terre argileuse, des matériaux qui assurent une excellente qualité de l’air intérieur. La population a aussi pu prendre part à un chantier participatif. Présentation Saint Brieuc Quimper Vannes Rennes Muël Muël Jardin - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  2. 2. 45www.libnam.eu 2 Contexte La Communauté de Communes du Pays de Saint-Méen Montauban manquait d’infrastructures pour la petite enfance. C’est pourquoi elle a décidé de construire un établissement d’accueil. La commission petite enfance, plus particulièrement, a proposé que le bâtiment comporte 90% de matériaux naturels, si possible locaux, pour réduire l’impact environnemental et écarter la présence de particules nocives dans l’air intérieur. Afin d’accueillir 12 enfants dans les meilleures conditions, des concertations ont permis de prendre en compte les attentes de toutes les parties prenantes. Le site, sur lequel la crèche de 400 m² a été édifiée, est une parcelle de 2386 m² située au centre de ce bourg de 880 habitants. Il ne comporte pas de masque solaire et a permis l’orientation du bâtiment au sud. Afin de sensibiliser au développement durable, la collectivité a invité la population à participer à la pose de bottes de paille (7 jours) et à l’enduisage des parois en terre (5 jours). Plan © Atelier Jean Pierre Ingrand N
  3. 3. Collectif franco-britannique Libnam3 Faute de pouvoir employer du liège, très coûteux, la dalle en béton a été isolée avec du polyuréthane projeté. La structure est édifiée avec un système mixte ossature bois et poteaux-poutres reposant sur un surbot maçonné. Elle n’est pas contreventée avec des panneaux mais avec des croix de Saint-André en bois massif (douglas), pour autoriser la pose d’enduits des deux côtés de la paroi. Les lisses basses et hautes sont en bois contrecollé (lamibois). Pour les parties à vivre du bâtiment, l’ossature est isolée avec des bottes de paille (40 cm), complétée de laine de bois (Steico) dans les parties Système constructif moins accessibles. Dans les pièces techniques et en toiture, l’isolation est en ouate de cellulose (Isocell) : 22 cm en murs et 30 cm en toiture. Les murs en paille sont recouverts d’enduits en terre (extraite du site) à l’intérieur et d’enduits chaux-sable, à l’extérieur. Les autres murs sont bardés avec de l’Epicéa de pays traité, huilé et pigmenté (huile dure de lin). Les cloisons, pour leur part, intègrent un isolant en panneaux de fibre de bois (Homatherm) positionnés entre des plaques de gypse (Fermacell). L’étanchéité de la toiture a été obtenue avec une membrane en caoutchouc recyclé (EPDM - Carlisle). Au niveau des finitions, les dalles Croix de St André - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  4. 4. 47www.libnam.eu 4 Focus technique: La paille de construction Une partie de l’isolation du bâtiment est en bottes de paille. La paille utilisée (triticale) a été cultivée sans herbicides ni pesticides, dans une commune voisine, avant d’être bottelée puis stockée pour séchage, pendant 1 an. 450 bottes de paille de 30 X 40 X 90 cm ont été rassemblées. Leur de faux-plafonds sont également en fibres de bois («  Organic  » - Knauf). Les sols sont en carrelage, caoutchouc-latex ou marmoleum (linoleum naturel), selon les usages des pièces concernées. Des baies et pare-soleil sont prévus sur plusieurs faces du bâtiment. Les menuiseries sont en double vitrage avec argon. Le chauffage, quant à lui, est assuré par un plancher chauffant basse température (12 kW), alimenté par une chaudière à granulés de bois. L’eau chaude sanitaire est obtenue à l’aide de panneaux solaires thermiques et la ventilation est assurée par un système double flux. Une citerne de récupération d’eau de pluie de 5 m3 permettra l’arrosage du jardin et le lavage du local à poubelles, ainsi que l’alimentation des sanitaires, lorsque la réglementation le permettra. Pour contribuer à la qualité de l’air, le mobilier est, de surcroît, en bois massif. Enduit en terre - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  5. 5. Collectif franco-britannique Libnam5 densité, leur taille, leur poids et leur taux d’humidité (20% maximum) ont été vérifiés. Le calepinage de l’ossature a dû prendre en compte la dimension moyenne du « paillé ». Ainsi, l’écart entre les montants de l’ossature est inférieur à la largeur des bottes, de façon à compresser celles-ci à l’horizontal. Une compression verticale a été exercée en plus, grâce à un système de cales et de vérins hydrauliques. L’isolant est donc stabilisé dans l’ossature. Les normes ont été respectées, en référenceauxrèglesprofessionnelles de construction en paille. Par exemple, la 1ère rangée de bottes a été posée à plus de 30 cm au- dessus du sol naturel. La pose des menuiseries garantit une excellente étanchéité à l’eau…etc. L’enveloppe a été refermée rapidement pour éviter l’intrusion d‘éventuels rongeurs. Avec une compression suffisante et des grilles anti-rongeur correctement fixées, le risque est maîtrisé, d’autant que la paille est presque entièrement dépossédée de ses graines. Le risque d’incendie est quasi inexistant car les bottes de paille contiennent très peu d’oxygène. En revanche, pendant le chantier, la propreté est de mise afin d’éviter l’éparpillement de brindilles. Quoiqu’il arrive, aucun matériel à flammes ne peut être utilisé pendant la mise en œuvre. La paille est un matériau Ossature et paille - Photo © Echopaille
  6. 6. 49www.libnam.eu 6 Freins et leviers Dans les marchés publics, les contraintes administratives et réglementaires pèsent sur les projets en éco-construction. L’aide de réseaux de collectivités tels que « Bruded » (www.bruded.org) peut se montrer, par conséquent, d’une grande utilité. Par exemple, le cahier des charges de ce chantier conditionnait 40% de la notation à la «  dimension environnementale  ». Il a fallu le justifier, compte-tenu d’écarts de prix atteignant 30% sur certains lots. De même, recycler l’eau de pluie pour les WC ou le lavage des couches lavables devra nécessiter l’accord de l’agence Régionale de Santé. Afin d’assurer le chantier, il a fallu, bien entendu, expliquer le projet à la société d’assurance ainsi qu’au bureau de contrôle. Il a aussi fallu garantir à la DIRECCTE assez éprouvant à mettre en œuvre, exigeant beaucoup de manutentions. Et elle doit être appliquée de préférence l’été. La filière d’approvisionnement gagnerait encore à se structurer tout en prenant en compte les besoins en paille du monde agricole, importants en Bretagne. L’entreprise Echopaille, sélectionnée pour ce chantier, s’approvisionne en particulier auprès de paysans- boulangers, qui ne font aucun usage de la paille après la moisson. Entrée - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  7. 7. Collectif franco-britannique Libnam7 que les citoyens qui prendraient part à des travaux participatifs interviendraient en qualité de bénévoles et agiraient dans de parfaites conditions de sécurité (ex : pas de travaux en hauteur). Pour les travaux en paille, très peu de professionnels étaient assez structurés pour répondre à un appel d’offres public. En dehors d’ «  auto-entrepreneurs  » ou de « travailleurs occasionnels du bâtiment », le personnel formé reste limité. Les salariés de l’entreprise retenue pour le lot «  paille  », ont dû se professionnaliser pendant une année, au Québec (technique GREB) pour justifier de savoir- faire suffisants. Ils ont aussi suivi des stages courts proposés par le Réseau Français de Construction en Paille. Par rapport à un chantier ordinaire, de nombreux échanges en amont ont été nécessaires entre l’entreprise de « paille » et celle de charpente, avec plusieurs plans de détail pour adapter l’ossature aux bottes. Des réunions de chantier se sont tenues toutes les semaines. La présence du maître d’œuvre a été très importante pour lever les craintes d’artisans, voire même les aider à monter en compétences. Sur le plan technique, le plus grand point de vigilance n’a pas été la paille mais plutôt le risque de condensation en toiture. L’entreprise de charpente aurait privilégié des panneaux de bois, sans contact Intérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  8. 8. 518 Intervenants Maître d’ouvrage : Communauté de communes de Saint-Méen Montauban Maître d’œuvre : Atelier Jean-Pierre Ingrand (Ploërmel - 56) Terrassement VRD : Colas (Loudéac - 22) Gros Œuvre : SBK (Tremorel - 22) Charpente/ couverture : Briero (Mauron - 56) Serrurerie : DSJ (Trémeur - 22) Paille: Echopaille (Larré - 56) Enduits terre et chaux : Totem / Terre et couleurs (Saint Gonlay-35) Menuiseries : Carissan (Saint-Méen-Le- Grand - 35) Doublage/ cloisons : Brocéliande SARL (Saint Abraham - 56) Revêtements de sol : Hervé Déco (Laillé - 35) Peinture : Barbedor (Saint Gilles - 35) Plomberie / sanitaires : GR énergie (Merdrignac - 22) Electricité : IRCE (Médréac - 35) Coûts Terrain viabilisé : 7 735 € HT Etudes et contrôles : 14 863 € HT Maître d’œuvre : 38 350 € HT Terrassement VRD : 58 377.95 € HT Gros Œuvre : 50 153.19 € HT Charpente / couverture / isolation : 150 412.74 € HT Serrurerie : 34 577 € HT Paille / Enduits terre et chaux : 35 755.37 € HT Menuiseries : 76 983.30 € HT Doublage/ cloisons : 49 178.71 € HT Revêtements de sol : 41 881.38 € HT Peinture : 12 928.88 € HT Plomberie / sanitaires : 86 432.73 € HT Electricité : 29 780.41 € HT Coût de la construction : 652 723 € HT soit 1 630 € HT /m2 Aides financières obtenues : 520 000 € (CAF, Conseil Général, Conseil Régional, Union Européenne, Etat, Pays de Brocéliande) La crèche de Muël a fait l’objet d’une étude thermique, d’une simulation thermodynamique ainsi que d’un test d’étanchéité à l’air. Elle devrait Performances globales consommer moins de 50 Kw/h/m²/ an. En sus, elle bénéficiera d’une qualité de l’air intérieur élevée, attestée par des analyses du bâtiment à la réception et en cours d’exploitation. En France, le contrôle de présence de Formaldéhyde, de CO2 et de Benzène est promu dans les bâtiments dédiés à la petite enfance. Les matériaux utilisés sont naturels à 90%, ce qui limite les nuisances possibles de l’édifice tout au long de son cycle de vie, à la fois pour ses utilisateurs et pour l’environnement. avec une paroi froide. Cependant, le bureau de contrôle a constaté que la ventilation était suffisante et que le pare-vapeur possédait un fort coefficient Sd. D’un point de vue économique, la crèche a été construite pour un coût de 1630 €/m², soit à peine plus cher que d’autres projets équivalents nécessitant davantage de chauffage, avec une moindre qualité de l’air. Contact Constructys Bretagne www.constructys-bretagne.fr

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