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Brochure « En direct du réseau » éditée annuellement par l'Association internationale des libraires francophones.

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En direct du réseau / AILF (numéros de 2011, 2010 et 2009)

  1. 1. Association Internationale des Libraires Francophones L e t t r e d ’ i E D I T O n f o r m a t i o n d e L ’ A I L F Président de l’AILF Soyez de ceux qui défendent la valorisation de leur métier, Adhérez à la Charte du libraire francophone. Nous vous invitons à rejoindre les libraires qui ont déjà adhéré à la Charte du libraire francophone, depuis son lancement en octobre 2009 à Beyrouth.. Si vous souhaitez vous engager à : • Assurer le professionnalisme de votre équipe • Développer une offre de qualité • Veiller à la qualité de votre service à la clientèle • Favoriser les relations entre libraires et avec l’interprofession N’hésitez pas à y adhérer, nous sommes là pour vous soutenir et vous accompagner. Cet engagement du libraire francophone à tendre au respect des critères de la charte sera le fondement de la reconnaissance de son statut par ses clients, ses partenaires et son environnement. En direct du réseau Numéro 12 / 2011 Michel Choueiri Et si on partageait ensemble la défense, le maintien et le développement de la langue française La librairie francophone dans le monde doit-elle continuer à se battre presque toute seule pour la défense de la langue française ? Ce maillon, le plus actif, mais aussi, le plus fragile de la chaîne du livre, n’arrête pas de subir à chaque secousse naturelle, politique, sociale et économique, des pertes qui s’accumulent et qui mènent à la fermeture de plusieurs librairies. Hier, à Haïti, à Madagascar et au Chili, aujourd’hui en Tunisie, en Egypte, au Niger, en Côte d’Ivoire et en Algérie, et j’en oublie sans doute, nos libraires sont vraiment en difficulté. La défense de la langue française et des cultures francophones dans le monde sont non seulement la responsabilité de la chaîne du livre, mais aussi et surtout des institutions francophones publiques et privées dans le monde. Il est désormais impératif de joindre nos efforts pour que nous puissions ensemble, défendre cette langue à travers le livre français, et essayer de la maintenir, voir même de la développer. Nous ne devons plus nous permettre de voir des librairies en difficulté. Nous devons réorganiser nos finances et restructurer nos démarches, afin de créer des fonds de solidarité, provenant de tous les acteurs concernés par cette cause, comme l’OIF, le CNL, l’Institut français, le MAE, les états entièrement ou partiellement francophones, les éditeurs, les libraires… Ceci n’est pas un souhait, ni une prière, mais un cri du fond du coeur, que je lance au nom de tous les libraires de l’AILF que je représente, et de ceux qui sont dans l’oubli. (Lire l’émouvant article d’Agnès Debiage, sur les librairies francophones en difficultés, pages 2 et 3). Cet objectif figurera dans nos priorités cette année. D’autre part, c’est un combat politique que nous devons mener en partenariat avec l’OIF, organisation qui représente les gouvernements francophones de la planète. Ensemble, nous devons faire passer le message qu’il est devenu inadmissible que plusieurs pays signataires du protocole de Nairobi*, particulièrement du Sud, imposent encore des taxes et des frais de douane sur les livres, déjà assez chers par rapport au pouvoir d’achat de leurs citoyens. Neuf ans d’existence ont permis à l’AILF, plutôt que d’être demandeur d’aides et de subventions, de devenir aujourd’hui un prestataire de services, qui par son professionnalisme, sa connaissance du terrain et sa crédibilité, se permet de répondre aux besoins de ses partenaires, et d’en être un des principaux opérateurs. J’en profite ici, pour les remercier de leur confiance, de leur fidélité et de leur soutien à nos nombreuses activités et actions de par le monde. Je remercie aussi certains partenaires pour les initiatives, souvent rapides, prises afin de venir en aide à certains de nos collègues dans la tourmente. Je cite l’OIF, le CNL, l’Institut français, le MAE, la Centrale de l’édition, Dilicom, la WBI, la SODEC et bien entendu les éditeurs et distributeurs. Je suis heureux cette année, de vous annoncer que l’AILF sera présente à l’une des sessions des rencontres du réseau des médiathécaires français dans le monde. Nous ferons entendre notre voix, particulièrement sur nos relations mutuelles et les différentes collaborations qu’il pourrait y avoir avec les libraires. De même, nous serons présents pour les écouter, pour mieux comprendre leurs besoins, et faire en sorte que nos missions soient complémentaires. Je termine cet éditorial, en vous invitant à venir nous rencontrer sur le stand de l’AILF au Salon du livre de Paris, au coeur de l’Espace International, où seront assurées des permanences, afin de permettre aux libraires de discuter avec l’équipe de l’association et enregistrer leurs adhésions. Par ailleurs, nous serons heureux de vous inviter au cocktail de bienvenue, le samedi 19 mars de 17h à 19h sur notre stand (n° X 54). Comme chaque année, nous avons rendez-vous pour l’Assemblée générale de l’AILF, le dimanche 20 mars à 14h30 au Centre national du livre. Je souhaiterais vous voir nombreux y assister, et nombreux à vous présenter comme candidats au poste d’administrateurs, afin d’assurer une relève saine, dans la continuité et avec du sang neuf et de nouvelles idées. * Protocole de Nairobi (26 novembre 1976): Article premier 1. Les États contractants s’engagent à ne pas appliquer de droits de douane et autres impositions à l’importation ou à l’occasion de l’importation de livres, publications et documents.
  2. 2. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s Des librairies francophones en difficulté table vu la situation » raconte la directrice Instabilité politique, révolutions, catas-trophes naturelles, coups d’état, pro-blèmes sécuritaires, dévaluations, … frappent là où on ne les attend pas for-cément. On se souvient de 2010, qui a commencé par le dramatique tremble-ment de terre en Haïti entraînant, entre autres, la destruction de la librairie La Pléïade à Port-au-Prince. Les problèmes de sécurité au Niger ont marqué les es-prits à travers des enlèvements specta-culaires. Les élections compliquées en Côte d’Ivoire continuent à entretenir une situation qui se dégrade de jour en jour en faisant craindre une guerre civile. Les premiers soulèvements populaires en Tu-nisie en décembre 2010, étaient le signe avant coureur d’une puissante révolte du monde arabe, en quête de liberté. La Tu-nisie a ouvert la voie avec la révolution de jasmin et la fuite tant voulue de Ben Ali. Le peuple égyptien a réussi l’inimagi-nable : obtenir la démission de Moubarak après 30 années de pouvoir. Aujourd’hui les Libyens se battent encore pour leur liberté, les troubles agitent Bahrein, le Yémen, l’Algérie, la Jordanie, … Les mé-dias, et particulièrement les chaînes d’in-formation satellitaires, jouent un rôle dé-terminant. La réalité parfois si lointaine, devient soudainement très proche. On voit, en toutes circonstances, une popu-lation se battre au quotidien pour survivre dans un contexte difficile. On entend des commerçants confier leurs angoisses, leurs difficultés. Comment les libraires francophones de ces pays vivent-ils ces périodes de troubles ? C’est ce que l’AILF a cherché à savoir à travers plu-sieurs interviews que vous retrouvez en intégralité sur le site: www.librairesfrancophones.org Des libraires de Côte d’Ivoire, du Niger, de Tunisie et d’Egypte ont répondu à nos questions, avec franchise. L’AILF a voulu leur donner la parole pour que tous les professionnels du livre prennent la me-sure de ce que vivent ces librairies. Les situations diffèrent d’un pays à l’autre, mais dans un contexte de troubles, d’in-sécurité, de révolte, de chaos, qui pense encore à acheter des livres français ? Des librairies ont du baisser leur rideau Au Niger, ni la librairie Maison du Livre, ni Farandole des livres n’ont jusqu’alors été obligées de fermer leurs portes. En Tuni-sie, «Quand la répression a commencé à devenir sanglante et que Ben Ali a donné l’ordre de tirer sur les manifestants, nous avons pris la décision de fermer la librai-rie » confie Selma Jabbès de la librairie Al Kitab dont les portes restèrent closes durant 6 jours. Au Caire, Zeina Badran, directrice de la librairie Livres de France a du prendre la décision de fermer ses deux points de vente. Quant à la librairie Oum El Dounia, située en bordure de la place El Tahrir, « L’activité a été complètement interrompue pendant 17 jours et depuis la réouverture, nous avons du fermer plus tôt à quatre reprises par principe de pré-caution ». En Côte d’Ivoire, les succur-sales de la Librairie de France ont cumulé 16 jours de fermeture au début des élec-tions. Pire. René Yedieti ajoute « Nous sommes toujours en pleine crise. La si-tuation socio-économique empire avec la fermeture des banques et un risque de conflit armé. Nous avons donc déci-dé de fermer 5 librairies sur 8 pour faire face à la crise et sécuriser les stocks ».. Le témoignage de Badii Ben Younes, dont la librairie Plume et Parchemin (Bizerte) a été intégralement pillée, est accablant : « Le bilan est lourd : plus de 89 000 € de marchandises réduits en cendres, documents et archives détruits, agen-cement et local inexploitables, et cinq employés qui se retrouvent à la rue ». Des baisses de chiffre d’affaires colossales Quinze jours après leur réouverture, les librairies interrogées au Caire comp-tent encore sur les doigts d’une seule main les clients journaliers. « Il n’est pas simple de clôturer une journée de travail avec un chiffre d’affaires qui oscille entre 0 et 30 € alors que la librairie est parfai-tement achalandée et reconnue de tous ! Toutes les animations ont été intégrale-ment annulées pour deux mois au mini-mum, l’évènement livres de la Journée de la Francophonie a été reporté à octobre» s’accordent à déclarer les deux libraires. René Yedieti estime à 65% la baisse de CA pour les librairies de France, Oum El Dounia au Caire a supporté une chute de ses ventes de 30% sur janvier et 90% sur février (« l’absence de la clientèle touris-tique au coeur de la haute saison égyp-tienne a eu des conséquences irréver-sibles et il faudra faire preuve de patience avant que les touristes ne reviennent en masse au Caire »). Pour la librairie Al Kitab à Tunis, janvier a enregistré – 41% et février – 26%. Néanmoins selon sa directrice, Selma Jabbès, une reprise s’amorce « Les Tunisiens sont deman-deurs de connaissances, ils veulent re-trouver leurs origines, redécouvrir leur histoire et leur identité, et cela, bien sûr, passe par les livres. Nous vendons donc beaucoup plus de livres de sciences hu-maines en général, et les essais traitant de la période Ben Ali en particulier, sur-tout ceux qui étaient censurés jusque là ». Pour Binti Tini de la Farandole des Livres au Niger, la baisse de chiffre d’affaires se fait sentir pour la Caravane du Livre avec – 60% de ventes, « les clients habi-tuels (particuliers, représentants d’ONG, institutions) n’étaient pas au rendez-vous à cause de l’insécurité qui règne dans le pays ». Moussa Abdoul Aziz de la Mai-son du Livre au Niger, quantifie à 29 % sa perte de chiffre d’affaires. Les libraires passent ils encore des commandes ? Seule Binti Tini (Niger) n’a pas changé ses habitudes en la matière. Une heureuse exception par rapport à ses confrères. Librairie de France en Côte d’Ivoire es-saye de s’approvisionner sur les 20% de titres qui enregistrent la meilleure rota-tion et tente de satisfaire les demandes récurrentes des clients. En Côte d’Ivoire, les troubles durent depuis bientôt 5 mois. Suite à la suppression de la censure en Tunisie, Selma Jabbès déclare « Nous avons, dans un premier temps, limité nos commandes aux seuls titres qui étaient censurés auparavant, mais nous avons rapidement repris un rythme de com-mandes habituel ». En Egypte, les deux librairies consultées ont suspendu toute commande jusqu’à ce jour. « Il faudrait commencer à vendre avant de penser à commander et nous continuons à at-tendre les clients ». Le transport est-il affecté ? « La Centrale de l’Edition et les décisions d’embargo ont suspendu tous les envois en Côte d’Ivoire » confie René Yedieti qui ajoute que « des retards de paiement au-près des fournisseurs ont généré des fer-metures de comptes ». En Tunisie « Il y a eu des grèves au niveau du transport par avion et par bateau qui ont retardé un peu nos livraisons, mais nous avons pu gérer tout cela au mieux et nos clients étaient compréhensifs. Les retards n’ont pas ex-cédé 10 jours, ce qui est tout à fait accep- d’Al Kitab. En Egypte, ni Livres de France ni Oum El Dounia n’avaient de groupage pendant la révolution. Néanmoins, les services douaniers et les administrations aéroportuaires ont du cesser toute acti-vité. Des dossiers et ordinateurs ont été détruits au port d’Alexandrie, ralentissant la reprise du travail. Aujourd’hui les deux librairies cairotes ont bien des colis en attente chez Saga Air, mais tant que l’ac-tivité ne reprend pas, les groupages sont reportés. Au Niger, les conditions d’ache-minement sont restées correctes. Echéances: un cauchemar « Je n’ai effectué aucun règlement du-rant la deuxième quinzaine de janvier, le temps de voir l’évolution de la situation, mais les banques nous ayant assuré de leur soutien, j’ai rapidement rattrapé le retard et réglé toutes nos échéances dès le début du mois de février » témoigne Selma Jabès en Tunisie. « Nous avions réglé nos échéances pour janvier et fé-vrier, mais nous aurons probablement des soucis pour les échéances à ve-nir » raconte Zeina Badran. « Etant en bordure de la place El Tahrir, notre acti-vité s’est écroulé financièrement. Notre objectif premier a été de payer tous les salaires sans supprimer de poste. Nous avons bloqué les paiements fournisseurs pour sécuriser loyers et salaires. Nous accumulons donc un retard. L’avenir immédiat ne semble pas s’éclaircir au niveau économique et la dévaluation de la livre égyptienne de 7 % en un mois et demi aggrave les choses » confie Agnès Debiage. En Côte d’Ivoire, « Les ventes de la rentrée scolaire et des fêtes de fin d’année ayant été limitées, nous nous re-trouvons avec un surstock et des difficul-tés de trésorerie qui ne nous permettent pas de respecter nos échéances » selon Réné Yedieti. Au Niger, Binti Tini a ren-contré des problèmes de paiement uni-quement pour le fonds L’Harmattan lais-sé en dépôt à l’Association des Libraires du Niger. Pour Moussa Abdoul Aziz, la situation est particulière « Oui j’ai rencon-tré des difficultés à régler mes échéances mais cela est dû en grande partie au fait que ma librairie est restée fermée pen-dant un bon bout de temps par la Direc-tion des impôts suite à un malentendu qui est finalement réglé ». Pour l’Egypte, Volumen a immédiatement réagi en proposant par mail un report d’échéance de 90 jours. Cette démarche solidaire de Jean-Baptiste Dufour alors que l’Egypte était en pleine révolution et sans savoir ce qu’il allait se passer, a été très appréciée. Au Niger, Moussa La librairie de Bizerte (Tunisie) saccagée, pillée, brûlée Abdoul Aziz remercie Hachette Livre In-ternational et Binti Tini, L’Harmattan pour le report d’échéance. En Côte d’Ivoire, « Nous avons échangé avec nos four-nisseurs et la Centrale de l’Edition. Ils restent compréhensifs par rapport à la situation et nous essayons ensemble de trouver des solutions. Nous sommes également en contact avec la Coface qui suit la situation ». Quelle reprise ? En Côte d’Ivoire, « Tout reste lié à la du-rée de la crise et surtout à son issue », et René Yedieti conclut sur une phrase d’espoir « Après le retour normal des ac-tivités, nous mettrons en place une poli-tique adéquate de reprise ». Pour Selma Jabbès, « La suppression de la censure et la vente des livres qui étaient aupara-vant interdits nous a, au moins, permis de rattraper un peu la perte de chiffre d’af-faires, qui aurait certainement été bien plus dramatique autrement ». Au Caire, « Non la situation n’est pas complète-ment redevenue normale puisque des manifestations régulières sont encore prévues » selon Zeina Badran (Livres de France). « Un noyau de manifestants reste jour et nuit sur la place El Tahrir, les vendredis sont des journées d’affluence pour venir célébrer la liberté sur cette place de la Libération, des problèmes de sécurité persistent un peu partout dans la ville, l’incertitude des mois à ve-nir inquiète une partie de la population, la Bourse est fermée depuis 45 jours, la livre égyptienne dégringole en pente douce alors acheter des livres français est un peu le dernier des soucis des fran-cophones, d’autant plus que la censure a toujours cours » selon la directrice de la librairie Oum El Dounia. Même si les libraires semblent vouloir croire en leur avenir, leur quotidien demeure pré-caire. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire, en Tunisie, en Egypte, au Niger, va probable-ment toucher dans les mois à venir d’autres pays. Quelles actions peuvent mener les éditeurs, pour leur venir en aide ? Quelles aides sont susceptibles d’être mises en place dans de tels cas ? Le Centre natio-nal du Livre vient d’allouer une aide aux li-braires tunisiens pour participer au finance-ment de leurs nouvelles acquisitions. Mais que faire pour les libraires qui ont du mal à assumer leurs échéances ? Dans quels cas de figure, la Centrale de l’édition actionne-t- elle le fonds d’invention d’urgence créé à cet effet ? Ces libraires du bout du monde, qui se battent toute l’année pour défendre la présence du livre français, ont besoin de votre aide. Car il y a plus de librairies francophones qui disparaissent que de librairies qui se créent. Prenez le temps de mettre en balance les paroles de ces libraires avec les images que les télévi-sions du monde ont diffusé sur les élec-tions en Côte d’Ivoire, les révolutions en Tunisie et en Egypte, les problèmes sé-curitaires et les enlèvements au Niger, et essayez d’imaginer le quotidien de vos clients, vos partenaires, vos collègues, ces libraires francophones du monde. Agnès Debiage 2 3
  3. 3. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s 4 5 Entièrement détruite lors des évènements de décembre 2009, la librairie Lecture et Loisirs créée par Sylvie Joliclerc, vient de rouvrir ses portes dans la zone commer-ciale continuer son activité a animé cette libraire du bout du monde. Retrouvez son témoignage intégral dans la prochaine lettre électronique de l’AILF. Et la vie renait à LA PLÉIADE (HAITI) Lecture et Loisirs à Antananarivo revient de loin de Tana Waterfront. Une volonté iné-branlable de surmonter les difficultés et de Après une année douloureuse, longue, difficile, où il a fallu puiser l’énergie pour affronter les lourdes conséquences du séisme du 12 janvier 2010, le livre a repris ses droits dans la cité. Une fois le contact libraire / lecteur rétabli, la demande n’a cessé d’évoluer et nous incite plus que jamais à être à l’écoute de nos clients. La catastrophe a provoqué une migration massive de la population de Port-au-Prince vers les hauteurs de Pétion-Ville moins affectée, et un brassage sans précédent. La succursale de Pétion-Ville s’agrandit et s’enrichit de cette nouvelle clientèle issue de milieux moins favorisés. Peu de temps après la reprise de nos activités, nous sommes maintenant harcelés par une demande pressante et quotidienne de ceux qui sont restés à Port-au-Prince, privés de librairie. Pour répondre à cette attente, nous aménageons un point de vente provisoire de 50m², en attendant la reconstruction de la maison principale. Le jour de l’inauguration, le 14 février, la librairie accueille un grand nombre de ces clients venus nous remercier chaleureusement d’être de retour parmi eux. Les demandes, d’emblée, fusent dans toutes les directions, nous portant à inclure dans nos rayons des livres que nous ne pensions pas intégrer à notre offre à cause de l’exiguïté de l’espace. Dès le 6ème jour, la petite librairie de Bois Patate atteignait un pic de fréquentation de 150 personnes se succédant à la file indienne. Un vrai bonheur, mais aussi, quelle responsabilité ! Parallèlement, après une année de tergiversations, notre projet d’informatisation avance enfin. Avec l’appui spontané de Natacha Kubiak à travers le CNL, nous allons enfin pouvoir réaliser le rêve de voir la librairie entièrement informatisée que nous caressions depuis de nombreuses années. Nous lui en sommes infiniment reconnaissantes. Les études de structure de la librairie à construire sont en cours. Le temps nous parait long mais nous n’avons pas le choix, et surtout pas droit à l’erreur. Nous espérons néanmoins poser la 1ère pierre d’ici le mois de juillet au plus tard. Dans un premier temps, la librairie et la papeterie partageront un périmètre de 490m² ; le stock occupera une superficie égale, en sous-sol. Notre compagnie d’assurance n’a jusqu’ici pas versé l’intégralité du montant qui nous est dû, ce qui nous oblige à ajourner le projet de construction d’un étage supérieur. Plus que jamais, la librairie est devenue pour nous une véritable raison de vivre. Malgré toutes les incertitudes qui pèsent sur notre avenir, nous sommes convaincus qu’un pays qui accorde une telle place au livre ne peut pas périr… Solange Laffontant Librairie La Pléiade, Port-au-Prince, Haïti A l’assaut des librairies de l’ouest de l’Algérie Dans le cadre de la mission exploratoire prévue lors du Conseil d’administration de mars 2010, j’ai passé quatre jours à sillonner les villes de l’ouest de l’Algérie à la recherche des librairies. Celles que j’ai pu visiter m’ont agréablement surpris par leur cadre, leur accueil, mais d’autres sont encore loin de pouvoir être quali-fiées de librairies au sens professionnel du terme. La première destination est la ville de Chlef, située à 200 km au sud-ouest d’Al-ger. Elle renferme un grand pôle univer-sitaire où sont enseignés les sciences humaines et le droit. J’ai visité quatre librairies, dont trois sont situées dans le Centre culture islamique, l’une à côté de l’autre. Quatre m’ont particulièrement in-téressé de par leur diversité, leur statut, leur situation et leur organisation. Elles emploient toutes un personnel réduit, peu qualifié, où une forte proportion du fonds est constituée de livres en arabe, bien qu’il y ait un lectorat francophone. Deuxième destination : Mostaganem, sur le rebord d’un plateau côtier à 310 km d’Alger. On trouve comme pôle universi-taire la fac de droit et une université où sont enseignées différentes filières. Plu-sieurs librairies rayonnent sur la ville et ses environs. La plupart emploie un per-sonnel réduit, ayant très peu de connais-sances sur le métier de libraire. Les livres sont dans leur majorité en langue arabe, cela n’empêche pas qu’il y ait un public bilingue porté sur la culture. Troisième destination : Sidi Bel Abbès. Elle se situe à 480 km de la capitale. Elle renferme plusieurs universités et entre autres la bibliothèque fondée par l’écri-vaine Maïssa Bey, qui est achalandée dans toutes les disciplines ; elle est fré-quentée par un grand nombre de lecteurs. « Mais c’est un petit Paris ! », s’exclama Louis Napoléon Bonaparte en découvrant la ville. En plus de son charme, des librai-ries assez intéressantes y sont implan-tées. J’ai la même remarque à formuler : un personnel réduit, peu qualifié, mais accueillant et disponible. Une formation pour aller vers une professionnalisation est souhaitable. Quant à l’assortiment, on trouve des livres dans les langues arabe et française à proportion égale. Dernière station : Oran, la 3e plus grande ville d’Algérie. Plusieurs librairies y sont implantées. Un nombre important de livres sont exposés, que ce soit en arabe, en français, en anglais, ou en espagnol. Ces librairies sont tenues par des per-sonnes ayant une longue expérience dans le domaine du livre. A l’issue de ma courte visite à l’ouest de l’Algérie, j’ai eu le privilège de découvrir des libraires avec qui nous avons échan-gé nos expériences, parlé de tout ce qui attrait à la vie de la librairie. Globalement, Accompagnements à Madagascar En amont de la formation qui s’est dé-roulée à Antananarivo, Agnès Debiage (librairie Oum El Dounia, Le Caire) a consacré deux journées à travailler sur site avec des libraires de la capitale. Un vaste programme d’accompagnements individualisés a été initié à Madagascar et c’est la troisième année que l’AILF y mène ce type d’action. Huguette Rasao-mananoro, directrice de la librairie CMPL et présidente de l’ALM, nous avait sollici-té pour être accompagnée. Cette journée passée au CMPL a été riche : la priorité a été de recadrer l’identité de chaque es-pace : la librairie universitaire au rez-de-chaussée, la galerie d’art Yerden dans la-quelle a été installée la sélection de livres sur Madagascar (au premier étage) et la création de la bibliothèque universitaire, chère au coeur d’Huguette, qui a finale-ment migré au deuxième étage, pour une question de cohérence des espaces. Les deux vitrines ont aussi fait l’objet d’une analyse pour plus de clarté. Ce regard « extérieur » a semblé très profitable à cette libraire. Une autre journée a été réservée à la librairie Espace Loisirs où Danièle Biny a revu la présentation de certains rayons, ainsi que le classement (notamment de tous les ouvrages sur Madagascar). Cette librairie au coeur d’un quartier animé a résolument une carte à jour, en développant un assortiment notamment en poches. A travers différents sites web, la libraire a pu entrevoir la richesse de l’information disponible sur le web et pou-vant l’aider dans ses sélections Agnès Debiage Pourquoi l’AILF développe les accompagnements ? Des libraires de Chypre, de Syrie, des Emirats, de Madagascar, … et bien d’autres pays, ont pu bénéficier d’un ac-compagnement individualisé de la part d’administrateurs de l’AILF. Cette opération bien particulière, qui fait partie des missions de l’AILF, permet aux libraires de profiter de l’expérience et du savoir-faire de leurs collègues pour se professionnaliser. Les accompagna-teurs, avec leur regard extérieur et leur objectivité, peuvent ainsi étudier l’envi-ronnement de la librairie, observer son fonctionnement interne et analyser sa situation générale afin de conseiller le libraire concerné. Leur but est de l’ac-compagner dans la démarche de profes-sionnalisation de son métier, en passant par l’aménagement de sa librairie, le classement, la présentation et le choix des livres, sa gestion des stocks et des ressources humaines, ses animations dans et hors les murs, la formation et la motivation de son personnel, etc. Ces accompagnements permettent aus-si de sensibiliser les acteurs culturels du pays à mieux collaborer avec les li-braires. Dans l’autre sens, cela aide éga-lement les libraires à mieux comprendre les besoins de leurs partenaires culturels, afin de mieux les servir. L’objectif est que cette collaboration soit profitable aux deux parties et qu’elle favorise une coo-pération culturelle. Bien entendu, ce travail ne peut aboutir à de bons résultats que si les libraires bé-néficiaires suivent, par ailleurs, avec leur personnel, des formations. Michel Choueiri Une pensée pour les libraires tunisiens Toujours dans le cadre de la prospection et du suivi, j’ai entrepris une visite en Tu-nisie pour voir l’évolution du secteur après les différentes rencontres profession-nelles et formations. Malheureusement, la mission a coïncidé avec les évènements douloureux qui ont secoué ce pays. Tant bien que mal, j’ai pu rendre visite à cinq libraires (à Tunis, El Marsa, Carthage…) qui m’ont fait part d’un certain malaise qui les handicape dans l’exercice de leur métier : les nouvelles restrictions quant à l’importation des livres. En effet, tous les libraires sont contraints de formuler une demande suivie d’un échantillon du livre à importer. Ma mission en Tunisie était donc l’occasion de faire un tour d’horizon de ce qui a été fait jusqu’à présent au niveau de la formation et des problèmes rencontrés par les libraires. Il est vrai qu’une amélioration sensible a été enregistrée, mais il reste beaucoup de chantiers à entreprendre dans ce pays. Avec le changement que viennent de connaître nos collègues tunisiens, il est souhaitable de leur venir en aide en éta-blissant un programme de formation spéci-fique qui les aidera dans l’exercice de leur métier. Je ne peux passer sous silence ce qu’ont vécu tous les libraires tunisiens, particulièrement un membre de l’associa-tion, Badji BEN YOUNES, responsable des librairies PLUME & PARCHEMIN et ALKIRTAS situées à Bizerte. Cette der-nière, pillée et incendiée lors de la révolu-tion, a subi des dégâts considérables. Je lui rends hommage pour son courage et son dévouement malgré cette catastrophe. Smail Mhand les librairies visitées ont besoin de plus d’attention des organisations profession-nelles pour les accompagner, les former et d’une réorganisation pour pouvoir pré-tendre à un statut digne de ce nom. En dé-pit de ce constat, les efforts déployés par les patrons ou les gérants sont méritoires. Vu le statut de ces villes, de par leur po-pulation assez importante, leur superfi-cie, leurs activités socio-économiques et leur pôle universitaire, les pouvoirs pu-blics ont un grand rôle à jouer dans ce domaine afin d’encourager, d’aider les algériens à investir davantage dans le secteur du livre. Smaïl Mhand Mieux communiquer sur sa librairie Tel est le thème qui a été développé pendant trois jours au Caire, lors d’une formation sous-régionale AILF/BIEF qui regroupait 11 libraires du monde arabe (Mauritanie, Maroc, Tunisie, Egypte, Li-ban, Syrie, Dubai). Animée par Fabien Corbou (Electre) et Michel Choueiri (Li-brairie El Bourj), coordonnée localement par Agnès Debiage (Librairie Oum El Dounia), ce programme de formation avait pour objectif d’aider les libraires à repenser leur stratégie de communica-tion, en les incitant à réfléchir aux moyens de communication les plus adaptés à cer-taines actions et à certains publics. L’ac-cent a également été mis sur les outils de communication, gratuits et efficaces, qu’internet offre à chacun. Une séquence très constructive a permis à tous les Une nouvelle politique du livre en Algérie Une nouvelle politique pour la promotion du livre en Algérie a vu le jour avec la création du Centre national du Livre (CNL), sous l’égide du ministère de la Culture. Ses objectifs sont multiples : - la promotion et le développement du livre - l’encouragement de tous les modes d’expression littéraire et la diffusion des oeuvres littéraires - l’organisation des rencontres, salons et manifestations relatifs à la promotion et au rayonnement du livre algérien - la contribution et le soutien au développement de l’industrie du livre et wwwà sa distribution - le soutien à la lecture publique Plusieurs commissions ont été installées, à savoir : - la commission de la création et de la traduction - la commission du livre jeunesse - la commission de l’édition et de la diffusion - la commission des activités relatives au livre Hassan Bendif a été placé à la tête du CNL par la ministre de la Culture afin qu’il veille à l’application et à la concrétisation de tous ces objectifs sur le terrain. Ainsi, plusieurs activités ont été initiées à cet effet. Une nouvelle dynamique est née…
  4. 4. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s 6 7 1ère édition du programme « libraires francophones à Paris » La première édition du programme des libraires francophones à Paris s’est dé-roulée du 2 au 19 novembre dernier, à l’initiative du CNL et du BIEF et avec la participation de l’AILF. 12 libraires, venant d’horizons très diffé-rents et parfois lointains (Melbourne, San-tiago, Varsovie, Jérusalem, Hong Kong, Turin…) se sont ainsi retrouvées à Paris pour suivre ce nouveau programme, le-quel s’inscrit dans le cadre des nouvelles mesures proposées depuis 2010 par le CNL. Faisant suite au rapport sur les perspectives pour la politique publique de soutien au livre français à l’étranger, le CNL a en effet revu l’ensemble de son dispositif. Les aides à la librairie à l’étran-ger ont ainsi été réformées et élargies : à côté de la traditionnelle aide à la diversi-fication des fonds, les libraires peuvent à présent solliciter une aide pour un projet d’animation, d’informatisation, ou encore de création d’un point de vente. Pour compléter le dispositif, une attention a été portée à l’enjeu de la professionnalisation. Parallèlement aux programmes de forma-tion destinés aux libraires dans les pays francophones (en Afrique, au Maghreb, au Proche Orient), formations désormais principalement pilotées par l’AILF, il a donc été décidé de répondre aux voeux des libraires exerçant dans les pays non francophones et qui ne se retrouvaient pas dans les programmes existants . Mi-formation, mi-séminaire, l’occasion a ainsi été donnée à ces douze libraires ve-nues des 4 coins du monde de rencontrer des éditeurs, des libraires, des diffuseurs, des auteurs (dont Roger Grenier et Lau-rent Gaudé) mais surtout de vivre le quoti-dien d’un libraire français. Ce séjour dans une librairie en France, à Paris, Saint- Denis, Montreuil, Villejuif, mais aussi à Bordeaux et au Havre constituait le coeur de ce programme. Car l’idée poursuivie est bien de nouer et renforcer des liens professionnels mais aussi humains, sans lesquels la librairie ne pourrait exister, entre des libraires en France et leurs alter ego…isolés dans le reste du monde. Ten-tative de rapprochement, ce programme des libraires francophones à Paris se cherche encore un nom de baptême (et l’on pourrait ici imaginer d’organiser un concours à cet effet) mais il a sans au-cun doute fait l’unanimité parmi les 12 participantes qui ont trouvé là l’occasion 3 semaines durant de se raconter les dif-ficultés de leur métier, parfois même les misères mais surtout les mille et un bon-libraires de s’essayer à la création d’un blog. Claude Guibal, correspondante au Caire de Libération et Radio France, a fait une intervention très illustrée sur ce qui intéresse les journalistes, sur le rôle d’un communiqué de presse et sur l’im-portance pour le libraire, de s’inscrire dans un réseau relationnel. Cette forma-tion a largement été facilitée par l’ Institut Français d’ Egypte qui a accueilli ces trois jours de stage en mettant à notre dispo-sition une salle. En aval de la formation, les libraires pré-sents ont pu rencontrer l’écrivain égyp-tien Alaa el Aswany. Plus d’une heure de discussion littéraire dans le cadre inti-miste de la librairie Oum El Dounia. Alaa el Aswany a rendu un bel hommage au rôle du libraire à travers cette jolie phrase que Michel Choueiri s’est empressé de noter : « les libraires sont le Parlement des lecteurs ». Les éditions Actes Sud, complices de cet évènement, ont offert un livre d’Aswany à chaque libraire qui a pu le faire dédicacer. Grand succès pour la formation AILF à Madagascar En 2010, aucun programme de formation n’était budgété pour Madagascar. L’AILF a donc, pour la toute première fois, déci-dé d’assurer le financement d’une forma-tion, sur ses fonds propres. Une première qui a eu plusieurs effets positifs : une implication plus importante de l’ALM (As-sociation des Libraires malgaches) afin d’assurer toute la logistique de cette for-mation, un partenariat avec le SCAC, qui a accueilli la formation dans ses locaux et financé les déjeuners des libraires et une meilleure communication entre libraires et médiathécaires du centre culturel. Le thème de la formation « manager son équipe » a passionné tous les 12 libraires présents (8 d’Antananarivo et 4 de pro-vince). Un véritable travail de fond a été entrepris, notamment autour du thème la délégation. Une heure de discussion entre libraires a clôturé cette session de formation afin qu’ils décident communé-ment de leurs besoins en formation pour 2011. Chacun s’est exprimé. Les notions de communication et animation étaient communes à beaucoup de participants. A partir de celles-ci, les stagiaires se sont expliqués sur ce qu’ils mettaient derrière ces mots. Cette trame servira donc de base à la construction du prochain mo-dule de formation à Madagascar. « Quasiment tous les libraires partagent une forte motivation à continuer les pro-grammes de formation pour les patrons de librairies. Au-delà de tous les ac-quis techniques d’une formation, c’est aussi toute une discussion autour des heurs qui en font tout le prix. On pourra plus facilement se faire une idée de ce programme au travers de deux témoignages, celui de Maryline Noël, li-braire à Santiago du Chili, reçue par Syl-vie Labat à la librairie Folies d’encre à Montreuil, et celui d’Hélène Lang qui a le projet de créer sa propre librairie à Turin. PS : ce programme est annuel. La pro-chaine session se déroulera du 23 mai au 10 juin 2011. Pour connaître les conditions de par-ticipation à l’édition 2012, se reporter à l’adresse du site du Cnl (www.centrenationaldulivre.fr) ou contacter Natacha Kubiak (natacha.kubiak@centrenationaldulivre.fr) Deux libraires participantes témoignent … Maryline Noël, librairie Le Comptoir, Santiago du Chili « Ce stage m’a donné envie de bouger, pas vous ? J’ai entrepris depuis le début de la semaine de repenser complètement l’organisation de mon petit espace. Les contraintes sont grandes, je ne peux pas repousser les murs et 38 mètres carrés seront toujours 38 mètres carrés mais je vais tout changer quand même. J’ai trou-vé deux meubles aux puces aujourd’hui que je vais faire rentrer coute que coute, ils me rappellent la table de Sylvie de Folie d’Encre que j’avais juré de copier ! Je vais également demander à la rentrée à mes clients de m’écrire des petites cri-tiques des livres qu’ils m’achètent et même si je ne fais pas un petit journal sur papier comme Anaïs, je les publierai sur mon blog... je l’avais déja fait il y a quelques années mais j’avais besoin de retrouver l’enthousiasme... J’ai ramené des pe-tites coccinelles aussi et vais rédiger des courtes fiches sur mes coups de coeur. Je pense très souvent à «ma» librairie de stage à Saint-Denis et j’en parle à tout le monde. Malgré des réalités si différentes nous avons tant de choses en commun, la passion, la pression, même certains pro-fils de clients qui se retrouvent dans nos deux mondes. J’envie le calme radieux de Sylvie et j’aime me souvenir de son rire. En arrivant à Paris j’avais passé trop de temps isolée, j’avais besoin d’un petit coup d’énergie, d’un vote de confiance, de retrouver un sentiment d’apparte-nance à une profession, à un groupe. Je suis repartie forte d’un enthousiasme renouvelé, confortée aussi dans la qua-lité de mon travail. Sur certains rayons comme la jeunesse je n’ai pas senti de vé-ritable brèche entre mes connaissances et celles de mes collègues français. Par contre en littérature un abime, je n’en suis pas fière mais je l’explique par nos réali-tés si différentes. J’ai un mal fou à vendre de la littérature sortie des sentiers battus et je n’arrive pas à suivre le pas des nou-veautés. Je réfléchis à faire changer cela. Bref, de retour au Chili, je suis toujours aussi isolée géographiquement, mais je ne me sens pas seule ». Hélène Leng, projet de création de librairie à Turin La rencontre et l’échange entre libraires passeuses de culture française à l’étran-ger et ces deux relais institutionnels en France, nous a permis de sortir de l’iso-lement induit par la distance qui nous sépare du point de départ de la chaîne du livre. Ces deux institutions, grâce à leur écoute attentive et leur engagement professionnel, transmettent l’impression qu’il existe une vraie volonté de soutien des autorités publiques face aux difficul-tés très spécifiques qui sont nôtres. La La culture africaine représentée à la Foire du livre de Bruxelles Fruit d’une collaboration entre l’ONG CEC, «Coopération Education et Culture», et la librairie Graffiti (Waterloo), le stand «Echappées africaines» a pré-senté une exposition dédiée aux Femmes africaines et une librairie spécialisée en littératures africaines. Cette librairie a rassemblé des livres d’auteurs féminins qui ont marqué et marquent toujours avec une grande force et une extrême vitalité la poésie, le roman et le théâtre. Un focus « Haïti » a mis en avant toute l’activité littéraire des auteurs de cette île que le séisme n’a pu ébranler ou ralentir. Un an après, la littérature se relève des décombres, bravant tout et offrant récits, fictions, essais, livres d’enfants, tant de clefs pour mieux comprendre une réalité qui nous est très éloignée malgré l’infor-mation abondante des médias. Enfin, un coin « BD congolaise » sélectionnée par Africalia* a donné à découvrir au public un secteur d’expression artistique très dynamique en République Démocratique du Congo, et peu connu. problématiques professionnelles des uns et des autres qui s’engage lors d’une formation » explique Agnès Debiage, li-braire au Caire (Oum El Dounia) qui a animé cette formation. Elle ajoute que ce sont « quelques journées d’échanges constructifs qui permettront de mieux travailler ensemble tout au long de l’année et de développer cette réflexion commune autour de la librairie à Madagascar ». Paroles des libraires participant à la formation « Ces formations constituent l’essen-tiel de notre apprentissage du métier de libraire et nous sont donc bien pré-cieuses. Elle sont également les rares moments où nous avons l’occasion de nous rencontrer et de voir à quel point ce métier est une mission à la-quelle se consacrent tous les compo-sants de la grande société malgache ». « Encore une formation très intéres-sante, que ce soit au niveau appren-tissage ou rencontres puisque tous les libraires, ou presque, de Mada-gascar se sont réunis autour d’Agnès. Merci à l’AILF mais aussi à l’ALM ! ». « La formation va m’aider dès main-tenant à établir une fiche de fonction, un organigramme de fonction, un ob-jectif précis et à évaluer si l’objectif est atteint. Elle va aussi m’aider à amélio-rer ma relation avec les employés ». « Très franchement, je ne m’attendais pas à un tel apport pour un rôle de mana-ger car cet aspect de déléguer ne m’avait pas semblé si important et si productif. Je tâcherai en tout cas de le dévelop-per, de l’appliquer et surtout de rendre compte, pour moi-même, des résultats » *Africalia est une association belge qui entend apporter une contribution à la coopération au développement humain durable et a pour but d’attirer l’attention du public sur l’art et la culture africains contemporains, en Belgique notamment, par le biais de la (co-)organisation d’événements culturels. A la foire du livre de Bruxelles, le stand « Echappées Africaines» Les libraires du monde réunies à Paris
  5. 5. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s 8 9 Rendez-vous au Cameroun Après trois années d’absence, l’AILF et le BIEF ont organisé à Douala, au Cameroun, en décembre 2010, une rencontre professionnelle animée par deux libraires d’Afrique subsaharienne ; Chiel Lijdsman (Rwanda) et Brahim Soro (Côte d’Ivoire), qui ont pu compter sur la coordination locale de Judith Egoumé. Les quinze libraires d’Afrique Centrale représentant le Cameroun, le Rwanda, Congo Goma et Kinshasa avaient au programme l’analyse de l’impact des précédentes formations, l’intérêt d’un projet d’informatisation et des défis actuels que les librairies africaines doivent surmonter. La demande était grande de la part des libraires qui avaient pâti de ces années d’absence mais les échanges se sont avérés stimulants dès lors que le thème de l’informatisation de la librairie a été évoqué, notamment à travers la présentation du logiciel de la Librairie de France (Côte Ivoire). Enfin, une rencontre entre libraires et éditeurs de la région (réunis par le BIEF à Yaoundé ) a permis aux éditeurs de pré-senter une partie de leur catalogue, souvent orienté vers le scolaire ou d’intérêt natio-nal. La question de l’accessibilité des ouvrages est cependant restée sans réponse. première, et non la moindre, étant celle d’être une personne privée menant une mission commerciale, somme toute, « publique » (divulgation et diffusion de la langue/culture française) dans des contextes non francophones. Ma toute première pensée est que le mé-tier de libraire tel qu’exercé en France ressemble peu au métier de libraire prati-qué à l’étranger. Certes, la problématique de base relative à la vente du produit culturel au rende-ment le plus faible est inhérente au métier ici ou ailleurs, mais le travail quotidien du libraire est très différent. En France, l’ac-cent est plus facilement mis sur le rapport commercial en amont avec les éditeurs ou les distributeurs puisque l’immédiateté des rapports est plus linéaire ; le lectorat est une donnée potentielle acquise dont il faut stimuler la curiosité, le sentiment d’appartenance à un lieu au sein duquel se définit une facette de son identité socio-culturelle. A l’étranger, le lectorat poten-tiel est réduit, il faut donc le solliciter très individuellement et minutieusement et pertinemment, travailler « à l’ancienne » dans un rapport en aval au cas par cas, de confiance avec le client afin de main-tenir et accroître l’activité commerciale. Des échanges que nous avons pu avoir entre libraires des quatre coins du monde, apparaissent clairement quelques caractéristiques dont le pré-supposé de base est : qu’une librairie généraliste à l’étranger se transforme en une librairie spécialisée in situ donc une librairie dont le client franchit le seuil porteur d’une requête particulière. Nos clients sont soit - dans certains pays plus que d’autres - des expatriés en « mal de culture du pays » soit - et le plus sou-vent, je pense - des nationaux dont les demandes sont très fluctuantes. La diffé-rence première est donc « l’impondérabi-lité » de la demande en pays non franco-phones. Certes, nous pouvons servir des prescripteurs locaux : écoles françaises, CCF, Alliance française, universités et bibliothèques nationales, cependant la demande de la clientèle « tout-venant » reste énigmatique. Aussi doit-on être très à l’écoute du pouls socioculturel du pays afin que cela s’en ressente au niveau de l’assortiment, ce qui, par ailleurs a le mérite de nous éloigner du pléthorique « prêt à consommer » éditorial. Peut-être sommes-nous donc plus « libres » de nos choix d’assortiment, mais le prix de cette «semi- liberté » est un travail individuel intense, pour rencontrer, voire renforcer un lectorat. Car, la librairie francophone à l’étranger reste un petit coin du pays dont elle ex-pose l’âme culturelle et son libraire doit La Caravane du Livre 2010-2011 La dernière édition de la Caravane du Livre est sur le point de se terminer. L’oc-casion pour l’AILF de revenir sur les en-jeux de cette manifestation qui clôture sa septième édition. La Caravane du Livre est le fuit du travail des libraires qui organisent sur place des animations qui mettent, pour la plupart, en valeur des auteurs ou artistes locaux souvent peu connus. Ainsi, au Niger Is-soufou Konaté, Mahamadou Issoufou Tiado et Adamou Idé ont participé à plu-sieurs conférences publiques pour évo-quer des sujets comme la démocratie, l’écriture littéraire ou poétique. Au Mali, c’est Modibo Sidibé, auteur de livre jeu-nesse qui a pu avoir un échange ouvert et pédagogique avec des élèves de plu-sieurs établissements scolaires sur l’inté-rêt de la lecture. Au Bénin, une dizaine d’auteurs dont Florent Couao Zotti ont fait partie des manifestations organisées au Nord comme au Sud du pays. Séances de contes ou de Slam, atelier de philoso-phie … autant de déclinaisons possibles inventées par les libraires qui organisent, seuls ou avec des confrères ou média-thécaires, ces manifestations. La Caravane du Livre et de la Lecture est devenue aujourd’hui incontournable dans le paysage culturel local, voir na-tional de ces pays. Si elle est reconnue comme étant populaire, c’est avant tout par ce qu’elle se déroule hors les murs. Les libraires usent de créativité pour al-ler à la recherche de nouveaux publics. Ainsi, les écoles, les places publiques, ou autres espaces culturels sont investis. Tous les moyens sont bons pour atteindre les zones les plus reculées : si le dos de chameau reste gravé dans l’imaginaire, il semblerait que ce soit davantage en wagon bibliothèque ou bibliobus que les livres sont proposés à la population. Au Tchad, c’est par un camion plateau trans-portant 8 artistes (humoristes, conteurs, chanteurs, danseurs) et sillonnant 5 ar-rondissements de la capitale que les organisateurs ont pu amener le public à visiter les stands de livres situés dans des places publiques où se déroulaient d’autres animations (concours de lecture à voix haute…). Au Mali, la libraire orga-nisatrice ne pensait pas réitérer l’opéra-tion. Finalement, sous la pression des acteurs locaux, elle a remis en marche une Caravane qui touche des centaines d’écoliers et un public en dehors de la ca-pitale en proposant des ouvrages publiés au Sud. Certes, les contours de l’opéra-tion ne correspondent pas aux canaux classiques d’animation mais elle montre combien le libraire africain souhaite s’ou-vrir à tous les publics. C’est ce qui a cer-tainement donné cet accent de popularité et fait de cet événement un rendez vous annuel attendu. Dernièrement la preuve de cette noto-riété nous vient droit des services cultu-rels ou médiathècaires des ambassades de France qui expriment leur intérêt pour cette opération. Au Bénin d’abord, où, après 7 années de mobilisation collec-tive, le poste revient sur cette rencontre littéraire, devenue désormais nationale. Les chiffres qu’ils rapportent en sont la preuve : « Douze auteurs nationaux, dont Florent Couao-Zotti, prix Amadou Kourouma 2010, ont apporté leur talent et leur générosité au projet, allant à la rencontre de près de 2500 élèves ». Il en est de même au Niger où la média-thécaire du Centre culturel français Jean Rouch déclare : « Les rencontres autour du livre et de la lecture ont suscité des débats passionnés tant la présence du livre fait défaut dans le pays. Témoins de ce succès, les lectures sur les places publiques, dans les cours d’école, le ci-néma en plein air ou encore l’intervention du slameur Jhonel qui ont réuni jusqu’à 500 personnes ». Au Sénégal c’est la presse qui en parle le mieux même si elle évoque surtout l’anniversaire de la librai-rie organisatrice qui a coïncidait avec la Caravane du Livre. C’est pourtant chaque fois plus délicat de monter une opération de cette en-vergure. Les difficultés augmentent et se diversifient : le contexte politique qui divise la Côte d’Ivoire, ou encore du Ni-ger, la « crise économique » qui fragilise autant le pouvoir d’achat local ou la si-tuation financière des librairies qui ne peuvent commander aussi facilement qu’auparavant auprès des éditeurs fran-çais. Pourtant, 75 000 € de commandes de littérature pour des librairies de taille moyenne, ce n’est pas négligeable ; sachant que paradoxalement, les com-mandes auprès des éditeurs du Sud ont simultanément augmenté. Si tous les libraires n’ont pas réapprovisionné de manière conséquente leur stock cette an-née, c’est aussi car une partie du fonds de l’année précédente a été réutilisé. De la même manière, le stock restant peut parfois être judicieusement présenté dans un événement ultérieur. Au Burkina Faso par exemple, certains des ouvrages comme ceux sur le cinquantenaire d’in-dépendance d’Afrique ont été également présentés au Fespaco, célèbre festival de cinéma qui s’est déroulé quelques temps après la Caravane du Livre et de la Lecture. La Caravane a pu se tenir au Niger dans les plus grandes villes du pays malgré des conditions sécuritaires dégradées mais ce n’est pas le cas de la Côte d’Ivoire. La manifestation prévue pour mars est bien évidemment annulée, au-cune commande ne pouvant parvenir de France depuis plusieurs mois et la tension ambiante ne permettant pas aux Ivoiriens de sortir de chez eux … autant d’éléments qui n’encouragent pas les membres de l’association des libraires ivoiriens à organiser une quelconque ma-nifestation de célébration du livre. ALS La Caravane du Livre et de la Lecture ? La Caravane permet à une dizaine de li-braires de l’AILF de sept pays de propo-ser une sélection d’ouvrages de littérature africaine à des prix bonifiés et d’animer des espaces publiques ou écoles pour al-ler à la rencontre du public. Depuis 2004, tous les ans, la Caravane passe au Bé-nin, Niger, Mali, Burkina Faso, Togo, Côte d’Ivoire, Tchad, Sénégal, traversant au total une cinquantaine de villes et sensi-bilisant plus de 50,000 personnes au livre et à la littérature, grâce au soutien des pouvoirs publics français et francophones. Les libraires du Québec prennent le leadership Lors de la dernière rencontre interpro-fessionnelle sur le livre numérique orga-nisée par l’Association des libraires du Québec à Montréal, un échange d’infor-mations de pointe a permis de faire un bilan sur le développement fulgurant du livre numérique. C’est ainsi que Clément Laberge de la Firme Conseil « De Marque », chargé des projets de l’entrepôt numérique et de l’agrégateur des éditeurs québécois, Dominique Lemieux du portail des librai-ries indépendantes du Québec et Marie- Hélène Vaugeois, présidente de l’ALQ, ont démontré l’avancée vertigineuse non seulement de l’accès au livre numérique mais aussi de la présence envahissante de grands joueurs comme Apple, Google, Amazon et bien d’autres dans ce dossier. L’Ipad, outil numérique performant, pro-voque à lui seul la curiosité et marque en même temps une étape importante dans la promotion et dans l’accès au livre numérique. D’ailleurs l’engouement des consommateurs américains pour ce pro-duit laisse supposer un résultat mondial qui pourrait ressembler à celui de l’Iphone (60 millions vendus dans le monde). Plus de 150 personnes concernées et impliquées dans le domaine du livre au Québec ont ensuite fait le tour des défis et des opportunités qui se présentent afin d’en tirer un positionnement efficace et durable. Il en ressort que les libraires doi-vent être munis de la plus haute techno-logie et que le réseau interprofessionnel du livre doit pouvoir offrir aux consom-mateurs de manière efficace et simple le format autant numérique que papier du livre. Le gouvernement du Québec jouera très certainement un rôle de pre-mier plan dans le dossier du livre numé-rique comme soutien législatif et politique concret pour le maintien et la promotion du livre francophone en Amérique et dans la francophonie. À suivre… très bientôt. Normand Provençal Contribution volontaire des éditeurs Aujourd’hui l’AILF regroupe 80 librairies professionnelles vendant du livre fran-çais dans plus de 40 pays du monde. Ces grandes et petites librairies sont avant tout des librairies généralistes, si-gnataires de la charte du libraire franco-phone, lancée en 2009 à Beyrouth, alors capitale mondiale du livre. Les défis auxquels la librairie franco-phone doit faire face sont nombreux : forte concurrence des grandes chaines de distribution « encouragée » par l’ab-sence de régulation du prix du livre à l’étranger, frais d’approche onéreux, dé-veloppement de la vente en ligne, parte-nariats délicats avec les établissements français à l’étranger, concurrence avec le livre anglophone, catastrophes natu-relles, instabilité politique ou encore éco-nomique de certains pays. Partout, le français (et donc le livre fran-çais) doit lutter pour se maintenir comme langue de culture et d’échanges. L’AILF a pour cela opté pour des actions de professionnalisation qui permettent de maintenir un réseau dynamique et réac-tif et sur des opérations de promotion du livre francophone, comme la Caravane du Livre. Créée en 2004, cette mani-festation, désormais annuelle, a montré que de nouveaux marchés pouvaient se développer. Pour les éditeurs, les retom-bées sont loin d’être négligeables, et l’affichage sur notre site de l’intégralité des titres de la sélection, offre une visibi-lité aux près de 4 500 visiteurs recensés par mois. Cependant, l’AILF ne peut plus comp-ter uniquement sur des subventions pu-bliques. Pour preuve la disparation des Fonds de Solidarité Prioritaire du MAEE qui finançaient en partie les actions de formation. En outre, la récente réforme des aides du CNL permettant de soute-nir les librairies référentes, met de coté un certain nombre d’acteurs, peu ou mal connus en France, néanmoins acteurs d’une dynamique locale. C’est du moins ce que constatent les administrateurs de l’AILF. Autant de raisons qui nous conduisent à solliciter auprès des éditeurs une contri-bution volontaire au titre de « membre associé de l’AILF ». Le montant de cette adhésion pour 2011 en tant qu’organisme associé de l’AILF est laissé à la discrétion de chacun mais chaque éditeur peut l’es-timer en fonction de son chiffre d’affaires. Vous êtes éditeur et vous souhaitez de-venir membre associé de l’AILF, contac-tez Anne-Lise Schmitt (contac@libraires-francophones. org) au 06 63 06 49 64. être le messager et le guide de cette identi-té recherchée par le client. Nous sommes amenées à nous impliquer humainement beaucoup plus, car de notre implica-tion personnelle (compétence, écoute, conseil, action…) dépendent nos ventes. C’est pourquoi, personnellement, j’ai été marqué par les animations « sociales » de certaines librairies dont le rôle, de part souvent leur emplacement dans des quar-tiers dits « difficiles », ressemble plus au nôtre hors France : librairie lieu d’accueil et d’expression, lieu de recherche et de partage de nos humanités. »
  6. 6. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s 10 Les aides aux librairies 11 francophones à l’étranger du CNL Le dispositif mis en place en 2010 s’articule autour de deux types d’aides : Une aide à la création Destinée à accompagner, pendant trois ans, les projets de création de librairies francophones et de fonds d’ouvrages en français, cette aide porte sur la constitution des fonds mais également sur les outils per-mettant le développement qualitatif de l’activité : informatisation ren-dant possible la gestion de fonds en français, outils de sélection bi-bliographique pour la constitution des fonds, formation de personnels francophones. Au terme de 3 ans d’activité, les librairies qui remplissent les condi-tions deviennent éligibles à l’ob-tention de l’agrément « librairie francophone de référence » et aux dispositifs afférents. Un agrément « librairie fran-cophone de référence » La création de cet agrément a pour objectif de favoriser la pérennisation et le renforcement d’un réseau de librairies de qualité commercialisant du livre français à l’étranger. Toute librairie en activité depuis au moins 3 ans peut déposer un dossier. Cet agrément, valable 3 ans, ouvre la possibilité de candidater à deux dispositifs d’aide : • diversification des fonds : subventions à l’achat de livres, ex-clusivement en français ; • valorisation des fonds : soutien à la réalisation d’actions régulières de promotion de la créa-tion littéraire française, sous forme d’animations ou de mise en place outils d’information et de service autour de l’actualité éditoriale fran-çaise (sites internet, édition papier ou électronique de catalogues thé-matiques, bulletins d’information…). Les demandes de subvention pour la diversification ou pour la valorisa-tion des fonds en langue française peuvent être présentées conjointe-ment à une demande d’agrément. Pourriez-vous rappeler ce qui a motivé le CNL dans la mise en place de la réforme des aides aux librairies à l’étranger ? Comment, dans le présent contexte de globalisation des échanges et de muta-tions technologiques, favoriser le main-tien et la pérennisation du réseau des librairies francophones, permettre à ses membres d’être de véritables acteurs culturels, de participer activement au commerce du livre français, qui est aussi un commerce de personnes, de valeurs et d’idées, ainsi qu’à sa promotion et à son rayonnement ? Notre action dans ce domaine n’a fait que confirmer et amplifier les conclusions du rapport remis au Conseil du livre en mars 2009. Une attention légitime y était accor-dée au canal essentiel que représentent ces libraires dont on ne saurait trop souli-gner l’esprit d’engagement et de service. Nourri de la longue expérience d’accom-pagnement du CNL, ce rapport reprenait d’ailleurs les recommandations que nous avions élaborées en étroite concertation avec les organismes interprofessionnels, notamment avec l’AILF dont il faut dire, ici, la notable contribution. C’est ainsi que nous avons entièrement repensé notre approche ainsi que nos dispositifs et que nous proposons, de-puis le 1er janvier 2010, de nouvelles modalités de soutien. Leurs buts pra-tiques ne correspondent pas moins à des finalités supérieures. Il y va d’abord de la consolidation du réseau : la créa-tion de l’agrément « librairie francophone de référence » ; véritable label de qualité et de reconnaissance, ouvre droit, pour les acteurs reconnus, à des aides à la diversification mais également - et c’est nouveau - à la valorisation des fonds et de l’expertise. Ensuite, notre propos est la professionnalisation du réseau : nous avons instauré avec le BIEF, notre par-tenaire naturel, un séminaire réservé aux zones non francophones, distinct des programmes de formation sur site dispensés par l’AILF dans les pays de la francophonie du Sud. Douze libraires en provenance d’Australie, du Chili, du Costa Rica, d’Espagne, de Hong-Kong, d’Iran, d’Israël, d’Italie, du Mexique, de Pologne, de Serbie et du Vietnam ont ainsi été réunis lors de la première ses-sion qui s’est tenue à Paris en novembre 2010, en attendant la deuxième qui aura lieu du 23 mai au 10 juin 2011. Enfin, nous visons l’extension du réseau : l’aide à la création de librairies francophones ou de fonds en français dans des librai-ries internationales constitue désormais une des priorités. Ces trois mouvements, consolidation, professionnalisation, extension, n’en font qu’un. Celui d’une réforme qui se veut constructive, efficiente, offensive. Quels types de demandes semblent majoritaires ? Les aides à la diversification des fonds, le soutien aux animations, le soutien au site internet et aux bulletins d’information... ? Nous manquons de recul, eu égard au peu de temps écoulé, pour évaluer la ré-ception des nouveaux dispositifs. Sans surprise, les projets de diversification des fonds demeurent majoritaires en nombre des subventions demandées et attri-buées comme en valeur des montants. L’explication est mécanique : le dispositif, qui existe depuis 1997, est bien connu des libraires qui, de surcroît, renouvellent plus régulièrement leur assortiment que leur matériel informatique ou leur site in-ternet. Seule certitude : la réforme nous invite à plus d’attention aux réalités du terrain et à plus d’efforts de communica-tion si nous voulons qu’elle joue à plein l’effet de levier recherché. Le CNL, là comme ailleurs, doit se montrer proactif. Un an après sa mise en oeuvre et au vu de ces demandes, pensez-vous que vous avez atteint les objectifs visés à travers cette réforme ? S’il est trop tôt, ainsi que je viens de l’expliquer, pour tirer des conclusions, les tendances sont néanmoins encou-rageantes et témoignent d’une salutaire prise de conscience. Car il s’agit pour nous tous de penser de manière plané-taire tant les défis qui se présentent aux libraires de l’hexagone et de l’étranger ne sont guère différents. L’agrément « librai-rie francophone de référence » distingue plus de cinquante librairies dans qua-rante- trois pays dont le métier est d’oeu-vrer, auprès de leurs clients, à fournir une offre riche et diversifiée, à garantir un service de qualité et de conseil, à propo-ser des débats et des animations. Là est l’avenir universel de la librairie, dans son caractère de lieu unique de relation per-sonnelle et de prescription incarnée. D’où la nécessité de recourir intensivement aux bulletins d’information, aux sites in-ternet, que nous aidons également, afin d’assurer visiblement cette vocation agrégative de publics qui se refusent à être traités en simples consommateurs. Entre autres signes positifs, il me faudrait invoquer, par exemple, l’excellence litté-raire et intellectuelle des rencontres que nous avons récemment soutenues en Espagne, au Liban, et en Egypte. Ou in-diquer que nous avons d’ores et déjà en-registré vingt-six candidatures en regard des douze places proposées à l’occa-sion du prochain séminaire d’échanges professionnels. Je préfère souligner que de tels projets pourraient être plus nom-breux et que nous avons la capacité à les accompagner plus fortement. Quels seraient, selon vous, les consignes et recommandations à communiquer aux libraires pour at-teindre pleinement ces objectifs ? Je leur suggérerais d’oser être imagina-tifs, de se montrer plus entreprenants, de s’affirmer ambitieux. Le développement de leur communication, de leur visibilité, de leur accueil représente, je l’ai dit, un enjeu majeur. Le CNL est là pour les ac-compagner dans cette montée en puis-sance comme pivots de l’action culturelle et créateurs d’évènements. Je veux que nous contribuions, mieux et plus, de fa-çon adéquate et pertinente surtout, aux manifestations qui impliquent la venue d’auteurs dans leurs librairies. J’ai bien conscience que plus les distances sont grandes, plus les coûts de telles opéra-tions ressortent prohibitifs. Il faut donc procéder par concertation et par mutua-lisation que ce soit à Paris entre les pro-fessions et les établissements publics concernés et sur place, localement, en pensant, par exemple, des tournées à l’échelle d’une zone géographique, lin-guistique, ou culturelle. Ce travail en réseau est déterminant et nous avons besoin de l’AILF pour le réaliser. Sans tarder. Un certain nombre de libraires se voient refuser ces aides. Quelles en sont les principales causes ? Comment pensez-vous que les li-braires concernés pourraient être accompagnés ? Voyez combien le bilan chiffré est positif: trois commissions, quatre-vingt trois de-mandes d’agrément, cinquante-trois ob-tentions, soit près de deux tiers d’appro-bation pour un petit cinquième de refus si l’on prend en compte les ajournements en attente de révision dès la présentation d’un dossier plus complet lors d’une pro-chaine session. C’est là, me semble-t-il, un résultat probant. Oui, le soutien du CNL est déterminé. Pour autant notre exigence reste entière. Que faire des sociétés de diffusion dont l’activité se concentre dans la papeterie ou la presse, dont l’essentiel du chiffre d’affaires dépend de ventes aux institu-tions, principalement scolaires, donc de marchés captifs, et pour qui les ventes de détail restent accessoires ? Non seu-lement elles ne relèvent ni de nos mis-sions originelles, ni de nos champs d’in-tervention, mais encore elles dérogent à la définition de la librairie généraliste sur laquelle se fonde votre association. Sans doute peut-on envisager de les ac-compagner, mais à la condition expresse qu’elles s’engagent concrètement dans une démarche volontaire de qualité, de diversité et de proximité. Des séminaires adaptés, visant à favoriser leur appro-priation du coeur de métier et la maîtrise de leur mutation, constitue à cet effet une piste de travail. Pensez-vous que l’AILF ait un rôle à jouer pour diminuer le nombre de libraires qui se voient refuser ces aides ? Certainement. D’une part, il n’est de meilleur entraînement que l’exemple. D’autre part, le CNL et l’AILF n’existent pas comme deux entités séparées mais dans le lien que suscitent une vision com-mune, une synergie expérimentée, une solidarité éprouvée. Le financement que nous vous apportons depuis de nom-breuses années n’est qu’un volant de notre relation. Parce qu’elle est pour le CNL un authentique interlocuteur, l’AILF se trouve en position de double média-tion : du Centre vers le terrain, du terrain vers le Centre. Soyez nos passeurs, menez des missions d’expertise, faites circuler l’information. Et, pour ne pas laisser cet entretien sans vous adresser un challenge à hauteur de notre com-pagnonnage, procédons ensemble à un vaste programme de jumelages entre librairies de l’Ouest et de l’Est, du Nord et du Sud Quelles sont les mesures que vous préconiseriez pour les profession-nels du livre des pays arabes en mutation pour suivre les change-ments sociaux, culturels et poli-tiques de leur pays ? Pour avoir vécu dans le monde arabe, pour en connaître les milieux intellec-tuels et artistiques, je porte personnel-lement la plus grande attention aux mu-tations en cours. Je suis donc satisfait de ce que le CNL, dans le droit fil de sa tradition constante de coopération, s’attache à développer des échanges renouvelés entre les deux rives de la Méditerranée. Nous avons lancé au mois de février un fonds d’urgence pour sou-tenir les libraires francophones tunisiens. Nous suivons les évolutions ailleurs, sans oublier aucun des pays de la zone. Ainsi, parallèlement, dans une autre aire culturelle, mais contigüe, nous signerons le 18 mars au Salon du livre de Paris, une convention avec le TEDA, l’orga-nisme de la République de Turquie qui est notre homologue. Je veux y voir un modèle pour demain. C’est l’ensemble de ce que les Anciens appelaient la Mare Nostrum et où est né le livre qui doit s’en-gager pour l’avenir de l’écrit. A l’heure du réveil qui traverse le monde arabe, il est clair que le livre s’impose comme un indispensable vecteur de liberté, un né-cessaire ferment de débat, un gage de démocratie. A nous, le CNL, avec vous, les libraires francophones du Maghreb, du Machrek, et de toute l’AILF, d’être présents, en promouvant le dialogue des cultures, à ce rendez-vous de l’histoire. Entretien avec Jean-François Colosimo, président du Centre National du Livre JF Colossimo ( Copyright CNL )
  7. 7. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s L’AILF est une association régie par la loi du 1er Juillet 1901 11 rue Caillaux - Boite n° 49 75013 Paris-France Tél.: + 33 (0) 6 63 06 49 64 Télécopie: + 33 (0) 1 46 34 63 83 Courriel: contact@librairiesfrancophones.org Site web: www.librairiesfrancophones.org Contact: Anne-lise Schmitt - coordinatrice 12 Association Internationale des Libraires Francophones Conseil d’administration Président : M. Michel Choueiri (Librairie El Bourj - Liban) Vice-Président : M. Philippe Goffe (Librairie Graffiti - Belgique) Trésorière : Mme Anais Massola (Librairie Le rideau rouge - France) Secrétaire : Mme Agnès Debiage (Librairie Eldorado Oum El Dounia - Egypte) Administrateurs : - M. Normand Provençal (Librairie JA Boucher - Canada) - M. Chiel Lijdsman (Librairie Ikirezi - Rwanda) - M. Smail Mhand (Librairie Générale El Biar - Algérie) - Mme Sylviane Friederich (La Librairie - Suisse) - M. Yacine Retnani (Librairie Carrefour des Livres - Maroc) - M. René Yedieti (Librairie de France - Côte d’Ivoire) - Mme Renata Sader (Librairie Culture & Co. - Emirats Arabes Unis) - M. Jacques Bernard (Librairie Le Forum - Australie) Le projet de refacturation aux libraires des primes d’assurance Coface est annulé Au terme de réunions qui se sont tenues à Paris au dernier trimestre 2010 entre les représentants des libraires, des édi-teurs (sauf Hachette), du BIEF et du Mi-nistère de la Culture, le principe selon lequel les libraires n’ont pas à payer les primes d’assurance de leurs fournisseurs a pu être défendu. Cette décision fait suite au tollé qu’a provoqué l’annonce par la Centrale de l’Edition de la décision des éditeurs de refacturer aux libraires, à dater du 1er juillet, une partie des primes d’assurance de la Coface. Lourdement frappée par la crise écono-mique et la forte hausse des défaillances d’entreprises, la Coface justifie cette hausse par son taux de sinistralité su-périeur à 100% entre novembre 2008 et mars 2009 et sa perte nette de 163 mil-lions d’euros en 2009. La Coface a donc tenté de protéger sa rentabilité en aug-mentant le coût des primes d’assurance et en réduisant son exposition au risque, en reprenant 14% des garanties entre 2008 et 2009. La soudaineté de cette décision, prise sans concertation avec le secteur de la librairie, a suscité une réaction forte de l’AILF, du SLF (Syndicat de la librairie française) et du SLFB (Syndicat des li-braires francophones de Belgique) qui a permis le « gel » de la décision des édi-teurs, au moins jusqu’à la fin de l’année, et l’engagement par ceux-ci d’organiser trois réunions de concertation avec les li-braires, le Ministère français de la Culture prenant en charge à titre provisoire le montant de ces augmentations de primes. Grâce aux arguments défendus (secteur fragile, langue française en diminution dans le monde, frais d’approches lourds pour les libraires...) et à la mobilisation des représentants des libraires, des solutions alternatives à la refacturation des primes ont été recherchées. Et une mise en concurrence, par la Centrale de l’Edition, des organismes d’assurance crédit a per-mis que la Coface revienne sur sa déci-sion initiale. Par là même, les libraires évi-teront que leurs charges soient alourdies. Les libraires ont été protégés de la re-facturation des primes en 2010 grâce au Ministère français de la Culture qui a pris en charge à titre exceptionnel le montant des augmentations de primes. Le secteur de la librairie francophone reste fragile, et l’actualité est là pour le montrer. Ce n’est donc pas le moment de fragiliser davan-tage un réseau qui mène souvent un travail exemplaire à travers le monde, et que l’on juge par ailleurs indispensable, au point que le CNL vient d’adopter de nouvelles mesure de soutien au secteur. Aux frais de transport, de transitaires, de douane, aux taxes et aux facteurs d’insta-bilité politique, fallait-il ajouter les primes d’assurance des éditeurs ? Les libraires, à travers l’AILF, ont toujours été partisans de la concertation. Ils ont été entendus, ce dont ils se félicitent. Et ils espèrent que cette concertation interprofessionnelle se prolongera dans le futur. MISION EXPLORATOIRE AU MAROC Suite à la décision du conseil d’adminis-tration en mars 2010 de mener une mis-sion exploratoire au Maroc avec l’aide de Yacine Retnani (librairie Carrefour des Livres), nouvellement élu administrateur, et chargé de réorganiser la situation des li-braires au Maroc, je me suis déplacé pour y passer cinq jours en novembre 2010. J’ai pu visiter la plupart des librairies entre Casablanca et Rabat et échanger avec les libraires. Pour mieux comprendre leur situation, j’ai rencontré des éditeurs et des distributeurs marocains, ainsi que le directeur du ministère de la Culture, des responsables de plusieurs départe-ments du ministère et la nouvelle direc-trice du Bureau du livre de l’ambassade de France. Sans oublier le responsable de la filière « Métiers du livre » de la Fa-culté des Lettres et Sciences Humaines de Casablanca. Il est apparu que le manque de regroupe-ment des libraires au sein d’une associa-tion ou d’un syndicat ne leur permettait pas d’assurer une collaboration saine, constructive et permanente entre eux, mais aussi avec le ministère et le Bu-reau du livre. Ces derniers, convaincus qu’il est possible de professionnaliser le métier de libraire au Maroc sont prêts à y participer, à condition qu’il puisse y avoir comme interlocuteur une seule structure regroupant tous les libraires. C’est ainsi que le matin de mon départ, l’AILF a organisé une rencontre au Centre culturel français de Casablanca, qui a réuni des libraires, des éditeurs, la directrice du Bureau du livre de l’ambas-sade de France et trois représentants du ministère de la Culture marocain, ainsi que le responsable de la filière « Métiers du livre » (certains s’étant déplacés spé-cialement de Rabat). Il a été décidé qu’un regroupement de libraires verrait bientôt le jour, pour se réunir et définir les for-mations qu’ils souhaitent recevoir pour eux et leur personnel. Le ministère de la Culture et le Bureau du livre se sont engagés à participer avec l’AILF au fi-nancement et à l’organisation logistique de deux formations, l’une pour les pa-trons et les gérants de librairies et l’autre pour le personnel. Le responsable de la filière « Métiers du livre » est disposé à assurer à l’AILF une aide pédagogique. Suite à ces formations, il est également prêt à organiser au sein de la faculté des modules de formation continue, qui ré-pondraient aux besoins des libraires. La balle est maintenant dans le camp des libraires marocains. Pour assurer un meilleur avenir à leur métier, mieux dé-velopper leurs librairies et pour que leur mission pour la promotion de la lecture et de la culture francophone se fasse dans les meilleures conditions, ils doivent absolument s’entendre entre eux et collaborer. L’AILF et ses partenaires marocains et français n’attendent qu’un signe de leur part pour intervenir et assurer ces deux formations en 2011. Michel Choueiri Mise en page et maquette nathaliechoueiry@gmail.com
  8. 8. En direct du réseau L e t t r e d ’ i n f o r m a t i o n d e l ’ A I L F Numéro 11 / 2010 La professionnalisation de notre métier de libraires et sa reconnaissance, conti-nuent de progresser. En huit ans, l’AILF a pris de l’ampleur et gagné en crédibilité. Grâce à ses membres et à ses partenaires, l’AILF est devenue incontournable lorsqu’on .évoque la chaîne et les métiers du livre Après les formations de formateurs et de libraires, les missions exploratoires, la caravane du livre et sa base de données, les séminaires inter-professionnels, le site web (www.librairesfrancophones.org) et la lettre électronique trimestrielle, nous voici dé- .but 2010 avec deux nouveautés La première, qui marque une grande étape dans notre histoire, est le lancement de la « charte du libraire francophone » en collaboration avec l’OIF, en octobre 2009 au salon du livre francophone de Beyrouth. Une façon pour nous de célébrer le 8ème anni-versaire de notre première rencontre qui était à l’origine de l’AILF, lors du sommet de la francophonie dans cette même ville en 2001. J’invite les libraires, membres ou non de l’AILF, qui seront présents au salon du livre de Paris, à participer à la présentation officielle de la charte le lundi 29 mars à 17h sur le stand du CNL, et par la même occasion, à formuler leur demande d’adhésion à cette charte. L’AILF est disposée à aider les libraires à atteindre les critères de cette charte. Nous espérons que la prochaine grande étape de l’histoire de l’AILF, d’ici quelques années, sera la création du « label .» du libraire francophone La deuxième nouveauté est la présence au, salon du livre francophone de Beyrouth, à l’initiative de l’AILF, de l’espace « Pavillon du Sud » (voir article en page 7). Celui-ci rappelle que notre association ne se soucie pas exclusivement des libraires, mais aussi de la chaîne du livre, de la diffusion de la langue française et plus particulièrement des cultures francophones. En même temps, je tiens à souligner la présence d’un stand de la région Île de France qui, en plus d’inviter des auteurs et des éditeurs, a convié trois libraires franciliens, membres de l’AILF, à participer au choix des livres exposés, des éditeurs et des auteurs, et à gérer et à animer le stand .pendant toute la durée du salon L’année 2009 et le début de l’année 2010 n’ont pas été sans tracas pour l’AILF et ses membres. Pas mal d’évènements nous ont secoués. Les librairies de Madagascar, dont la monnaie locale a connu une variation de 20% en trois mois, de leur taux de change avec l’euro. La Coface qui a appliqué, du jour au lendemain, des baisses de garanties, à des libraires des pays du Sud, des DOM et de l’Union Européenne, en pleine période de commandes pour les rentrées scolaire, universitaire et littéraire. Je remercie l’intervention de la Centrale de l’Edition, qui a fait tout son possible pour limiter les dégâts ; nous aurons d’ailleurs l’occasion d’en reparler durant la rencontre qui aura lieu sur le stand de la Centrale de l’Edition le mardi 30 mars à 9h30. Mais l’évènement le plus dramatique demeure le tremblement de terre survenu en Haïti. En plus de la catastrophe humaine qui a touché ce pays, il a détruit des librairies et bibliothèques. Qui n’a pas pensé à Solange et Monique Lafontant, dont la librairie familiale du centre-ville a été ravagée. Un extraordinaire élan de solidarité s’est créé autour d’elles. Dans un mail reçu de Monique Lafontant, elle me disait «Solange et moi sommes littéralement bouleversées par tous ces témoignages de solidarité ». Solidarité des éditeurs, des distributeurs, de nos partenaires ainsi que de nos libraires au Nord comme au Sud, qui chacun selon ses moyens, a organisé une opération d’aide aux librairies d’Haïti dans son pays. J’en profite pour les remercier au nom des libraires d’Haïti et de l’AILF. Je cite particulièrement le Syndicat de la libraire française, le Syndicat des libraires francophones de Belgique, l’association des libraires Quebequois, certains libraires au Sénégal, Liban, Egypte, Australie… Je remercie plus particulièrement, en lui disant que nous pensons beaucoup à elle et que nous sommes également prêts à l’aider, Maryline Noël au Chili qui, le jour où elle devait commencer son opération sur Haïti, .a connu elle aussi un tremblement de terre. Sa librairie a subi des dégâts et des fissures dus au séisme Enfin, et pour terminer avec deux notes positives, l’AILF dispose d’un nouveau siège social à Paris. Pour la première fois, l’AILF sera présente au salon du livre de Paris, non plus dans un petit recoin de l’Espace International, mais dans un bureau dédié à l’AILF et bien identifié à l’intérieur de ce même espace, grâce au BIEF et à l’OIF. Vous êtes cordialement invités à nous rendre visite, l’AILF assurera des permanences pour discuter avec les libraires et enregistrer les adhésions. Mais surtout n’oubliez pas notre rendez- .vous annuel pour l’Assemblée générale de l’AILF le dimanche 28 mars à 15h au Centre national du Livre Michel CHOUEIRI Président de l’AILF E D I T O Michel Choueiri
  9. 9. En direct du réseau A s s o c i a t i o n I n t e r n a t i o n a l e d e s L i b r a i r e s F r a n c o p h o n e s Les rencontres professionnelles Construire ensemble un assortiment de livres maghrébins Les 21-22 juin 2009, un séminaire s’est tenu à Alger en présence de 3 libraires tunisiens, 4 marocains, 8 algériens. Donc au total,15 libraires réunis dans la salle de conférences de Ryad El Fath. Ce sé-minaire était organisé conjointement par le BIEF et l’AILF en collaboration avec l’ASLIA sur le thème de « l’Assortiment en librairie et la production francophone .» au Maghreb Ce programme comportait deux temps forts. Le premier consistait à présenter une sélection de titres et d’éditeurs de chaque pays maghrébin. Cette partie était importante puisqu’elle a permis aux participants de découvrir des auteurs et des maisons d’édition à travers des tours de table. Une sélection de 300 titres, par-ticulièrement en littérature, beaux livres, essais, littérature jeunesse, a également été collectivement conçue. Cet échan-tillon de livres a ensuite été présenté lors du Salon du livre de Beyrouth à l’occa-sion de « Beyrouth, capitale mondiale du livre ». Pour mener à bien cette sélection, des ateliers ont été constitués. Certains ont ramené des listings et catalogues qui ont grandement facilité la tâche lors des travaux. Une fois la sélection terminée, la deuxiè-me phase a été propice pour évoquer certaines difficultées rencontrées par les libraires, entre autres, l’importation des livres en provenance des pays voi-sins, dues à certaines contraintes tant administratives que fiscales. La rencon-tre d’Alger a permis aux participants de dégager trois grands axes, en guise de recommandations : • La sélection des titres sera rendue publique. Un suivi est fortement re-commandé pour évaluer, ou suivre les retombées du Salon de Beyrouth. • Le projet d’un fonds Maghreb présent dans les librairies du Maghreb avec une première sélection de 5 à 10 titres dès 2010. • Le prix des libraires du Maghreb. Le séminaire était animé par Smail M’hand, Nathalie Carré et Pierre Myszkowski. Smail M’Hand Les libraires d’Afrique de l’Ouest à l’heure des bilans Plus de vingt libraires d’Afrique de l’Ouest étaient réunis à Cotonou du 2 au 5 juillet 2009 pour un séminaire consacré aux en-jeux de la Caravane du Livre et de la Lec-ture en Afrique. Cette rencontre profes-sionnelle organisée en partenariat avec le BIEF sur un financement du ministère des Affaires étrangères, concernait les libraires des neufs pays de la sous-ré-gion impliqués dans l’organisation d’une Caravane du Livre et de la lecture dans leur pays (Sénégal, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Bénin, Mali, Niger, Burkina Faso .)et Tchad Ce fut l’occasion de revenir sur les enjeux de l’opération à l’heure où celle-ci est re-connue et où ses effets sont importants d’un point de vue commercial et culturel. Cette rencontre a suscité une réflexion commune sur la professionnalisation des libraires à travers la Caravane du livre et, en particulier, sur l’identité du métier de libraire, sa visibilité et son engagement culturel. L’impact de l’opération sur l’ac-tivité commerciale de la librairie a égale- .ment permis de tirer des conclusions Une série d’outils de gestion a été conçue à partir des échanges d’expériences et a permis de préparer notamment un aspect fondamental qui est, la recherche de fi-nancement par les libraires impliqués dans la manifestation. Enfin, la rencon-tre avec les éditeurs africains également réunis à Cotonou a mis en place un véri-table échange de points de vue. Libraires et éditeurs ont reconnu qu’ils devaient mieux se connaître pour mieux travailler ensemble. Les libraires ont énuméré ce qu’ils attendaient des éditeurs pour que leurs livres soient plus visibles en librairie, de leur côté, les éditeurs ont interpelé les libraires sur un certain nombre de points. L’objectif était de mettre en place les fondements d’une véritable coopération panafricaine qui porterait ses fruits pour que l’édition locale soit mieux distribuée et mise en valeur. Ce séminaire était animé par René Yedieti, Agnès Ajaho, Philippe Goffe et Anne-Lise Schmitt. Anne-Lise Schmitt Libraires et éditeurs francophones avaient rendez-vous à Beyrouth Pendant trois jours, libraires et éditeurs francophones se sont rencontrés à Bey-routh, capitale mondiale du livre, à l’oc-casion du salon du Livre. Des échanges, organisés par le BIEF et l’AILF, qui se sont avérés riches, positifs mais qui ont souligné un certain nombre de questions et d’inquiétudes pour l’avenir. La circulation du livre dans l’espace fran-cophone est, on le sait, problématique. Frais de transport élevés, barrières doua-nières et bancaires, autant d’obstacles à surmonter, qui incitent à la pratique de cession de droits ou de coéditions, en particulier à une époque où le développe-ment de la vente en ligne et du livre nu-mérique préoccupent libraires et éditeurs francophones. Les six éditeurs francophones et l’agent littéraire invités à ces rencontres ont évoqué diverses expériences de coopé-ration allant des coéditions aux cessions de droit. La plupart ont été des réussites, quelques-unes des échecs, mais l’ana-lyse par les éditeurs de ces expériences permet de tracer la voie vers une meilleu-re coopération. Les neuf libraires invités à témoigner sur les nouveaux visages de la librairie fran-cophone ont expliqué comment ils déve-loppaient avec ingéniosité et créativité de nouvelles pratiques pour rencontrer leur public et toucher de nouvelles clien-tèles. Ces témoignages étaient riches en anecdotes et en photos qui ont per-mis de mieux comprendre le contexte de certaines librairies. Etre libraire dans une zone non francophone a été un sujet passionnant développé par Rénata Sa-der (Culture&Co à Dubai et Abou Dhabi), Madeline Progin (Parenthèses à Hong Kong), Jacques Bernard (Le Forum en Australie) et Patrick Suel, librairie Zadig à Berlin. Ces libraires ont tous développé un réseau relationnel et ne ménagent pas les animations pour faire vivre le li-vre français dans des contextes très di-vers. Une demi-journée a été consacrée à la transmission d’une librairie avec, là aussi, des expériences passionnantes qui ont mis en relief la difficulté de pas-ser le relais, mais en même temps, qui ont montré qu’une nouvelle génération de libraires abordait ce métier avec un regard différent et d’autres compétences de l’année
  10. 10. aujourd’hui indispensables, notamment en informatique. Tous se sont accordés à reconnaître qu’une transmission se pré-pare longtemps à l’avance et s’accompa-gne. Ces débats entre libraires et éditeurs, fort denses tout au long de ces trois journées, attestent d’une réelle volonté de coopé-ration. En outre, les expériences menées par l’AILF pour valoriser les productions du Sud dans le cadre de la Caravane du livre ont fait leurs preuves. Dernièrement, le séminaire d’Alger, co-organisé avec le BIEF, a permis aux libraires de constituer un fonds Maghreb composé d’éditeurs des trois pays. Mais les craintes aujourd’hui semble-raient porter sur l’avenir du livre numé-rique et sur la révolution que cela impli-querait dans l’organisation de la chaîne du livre. Editeurs et libraires se montrent inquiets, même si la version papier et le nécessaire rôle de médiateur-conseil du libraire ne pourront disparaître du jour au lendemain. Anne-Lise Schmitt Libraires et éditeurs assistant, après leur rencontre, au lancement offiiciel de la Charte )du libraire francophone à Beyrouth (octobre 2009 Les nouvelles aides aux librairies francophones à l’étranger Cette année, le Centre national du livre met en place un nouveau dispositif de soutien aux librairies francophones à l’étranger qui vise à soutenir le maintien et la pérennisation d’un réseau de librairies de référence, acteurs de la promotion de la production éditoriale française à l’étranger. Il s’adresse aux librairies étrangères commercialisant uniquement du livre français mais égale-ment, sous certaines conditions, aux grandes librairies internationales souhaitant créer ou développer une offre commerciale en .français »Un agrément «Librairie francophone de référence La création de cet agrément a pour objectif de favoriser la pérennisation et le renforcement d’un réseau de librairies de qualité .commercialisant du livre français à l’étranger. Toute librairie en activité depuis au moins 3 ans peut déposer un dossier Ce nouveau dispositif s’articule autour de deux types d’aides. Cet agrément, valable 3 ans, ouvre la possibilité de candidater à deux dispositifs d’aide : • diversification des fonds : subventions à l’achat de livres, exclusivement en français ; • valorisation des fonds : soutien à la réalisation d’actions régulières de promotion de la création littéraire française, sous forme d’animations ou de mise en place d’outils d’information et de service autour de l’actualité éditoriale française (sites inter-net, édition papier ou électronique de catalogues thématiques, bulletins d’information...). Les demandes de subvention pour la diversification ou pour la valorisation des fonds en langue française peuvent être présentées .conjointement à une demande d’agrément Une aide à la création de librairie Destinée à accompagner, pendant trois ans, les projets de création de librairies francophones et de fonds d’ouvrages en français, cette aide porte sur la constitution des fonds mais également sur les outils permettant le développement qualitatif de l’activité : informatisation rendant possible la gestion de fonds en français, outils de sélection bibliographique pour la constitution des fonds, formation de personnels francophones. Au terme de 3 ans d’activité, les librairies qui remplissent les conditions deviennent éligi-bles à l’obtention de l’agrément « librairie francophone de référence » et aux dispositifs afférents. Les dossiers doivent être transmis en double exemplaire : • directement au Centre national du livre, pour instruction • auprès des services culturels de l’ambassade de France, pour avis de leur part Les dates limites de dépôt des dossiers sont fixées aux : 30 mars / 30 juillet / 30 novembre. Les commissions se tiennent entre 6 et 8 semaines après ces dates. .CNL- Bureau des échanges internationaux: Natacha Kubiak, Hôtel d’Avejan 53, rue de Verneui 75343 Paris cedex 07 Tél. : 00 33 (0)1 49 54 68 43 / Mail. : natacha.kubiak@culture.fr Ou à l’Ambassade de France dans le pays de résidence de la librairie. Site: www.centrenationaldulivre.fr

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