Successfully reported this slideshow.

Communication

467 vues

Publié le

communication lors d'un colloque international

Publié dans : Formation
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Communication

  1. 1. L’enseignement de la littérature au lycée est « en péril » Driss louiz, Professeur de français Lycée ibn zaidoun, Sidi yahya du gharb La réforme, engagée par le ministère de l’Education nationale, vise ledéveloppement d’un enseignement de qualité s’appuyant sur les constantescivilisationnelles et culturelles, cet enseignement se veut une préparationefficiente à des études supérieures et / ou une plate-forme pour une insertionaisée des jeunes dans le marché du travail.Cette réforme se donne pour finalité entre autres : La formation d’un citoyen autonome par le biais des valeurs civique et humaines et universelles. La compréhension et l’assimilation des différents changements et développements de la civilisation humaine. Comme le stipule la charte nationale de l’éducation et de la formation, l’élève qui accède au cycle secondaire qualifiant est déjà capable de s’exprimer ou d’interagir de manière correcte et efficace, dans des situations de communications complexes. Il est appelé durant ce cycle à consolider ses acquis, à se perfectionner en vue d’une appropriation élargie des dimensions culturelles, discursives et linguistiques de la langue française. Et à l’issue du cycle secondaire qualifiant, l’apprenant devra être capable : Recevoir et produire de l’oral Recevoir et produire de l’écrit Travailler en autonomieCertes on s’est inspiré des modèles développés, mais est ce qu’on a tenu comptede nos différences, de la spécificité de la société marocaine, bref de la réalitéactuelle ? C’est que nous essayons de développer dans cette modestecommunication.
  2. 2. Si l’on observe le système éducatif marocain actuel nous nous rendonscompte que la littérature à travers les œuvres littéraires enseignées au lycée ytient une place importante. Ainsi, nous voyons bien que les programmes dequelques matières ont changé pour contenir des œuvres littéraires. Sans oublierle fait qu’il existe des branches dites, littéraires. Désormais, quelle que soit labranche choisie, les élèves marocains se retrouvent confrontés à unenseignement littéraire, souvent déterminant dans leur réussite (l’exemple bienconnu, de l’importance du français dans la réussite de l’examen régional).L’enseignement des œuvres littéraires au cycle secondaire qualifiant est unevoie semée d’embûches non seulement pour les élèves qui manquentaffreusement d’outils linguistiques et discursifs afin d’approcher ces œuvresmais aussi pour les enseignants qui ne cessent de se plaindre du niveau deleurs apprenants.Nous constatons qu’il y a un décalage entre le niveau réel des apprenants etle contenu des œuvres littéraires. En classe, nous nous trouvons face à uneréalité amère et parfois décourageante. La majorité des élèves lisent mal ousavent à peine déchiffrer, question qui se pose : comment oser enseigner uneœuvre littéraire comme Candide de Voltaire pour les 2ème année du bac , ledernier jour d’un condamné pour les 1ère année ou encore le bourgeoisgentilhomme pour les troncs communs ?D’après notre modeste expérience en classe de français et lors de l’activitéétude de textes, nous sommes confrontés à des cas, des élèves qui refusentde lire puisqu’ils ne savent tout simplement pas le faire et ont peur d’être larisée de leurs camarades . Cette difficulté ne vient elle pas d’une autreexpérience menée par les élèves des écoles primaires et collège ? Nous signalons que ce type de difficultés concernent beaucoup plus lesélèves des branches littéraires et sciences humaines que leurs camarades desbranches scientifiques. 4 ou 5 élèves d’une classe de 40 ont descompétences linguistiques et sont capables de suivre et d’interagir avec lecontenu. Ces littéraires sont le plus souvent des élèves moyens ou trèsmoyens par rapport à leurs camarades de la branche scientifique et j’ose direque ces littéraires sont mal vus par leurs camarades voire même par lasociété.
  3. 3. Jamais les littéraires n’ont été aussi faibles en littérature ; les élèves des autresbranches ne font que tolérer tant bien que mal cet enseignement ; seulement parsouci d’examen. Nous sommes bien loin de cette transmission passionnée d’unenseignement par définition passionnant. Cette discipline semble, dans noscours, une incommodité pour les professeurs et pour leurs élèves, une gêne et unmalaise profond. Bien entendu, il ne faut pas oublier la lutte des élèves est quasi-désespéréecontre leurs incapacités linguistiques qui font de la lecture d’une œuvre intégraleune sorte de prouesse dont ne sont capables que trois élèves ou quatre.Toutefois, comment leur demander de lire alors qu’ils vivent dans une sociétéqui s’est arrêtée de lire, et ce depuis longtemps !!En tant qu’enseignants nous nous interrogeons sur le choix des œuvres quiposent de sérieuses difficultés pour les apprenants : La première question à seposer donc lorsqu’on décide d’inscrire une œuvre dans un programme d’étuded’un niveau scolaire donné est : est-ce que ces œuvres correspondent au niveauréel des élèves ? sachant aussi que notre enseignement est un terrain vaste ethétérogène, un enseignement à deux vitesse à savoir l’enseignement public etprivé. Est-ce qu’à 15ans l’élève se met en face du conflit social et politique entre lesnobles et les bourgeois en France au XVII siècle ? Que lui fait voir Le Bourgeoisgentilhomme de Molière ? Se passionne-t –il, cet élève qui sait à peinedéchiffrer, pour la société française du XIX siècle telle qu’elle estmerveilleusement peinte et critiquée par Balzac dans Le père Goriot ? Et lesexemples sont légion. En revanche Sidi Mohamed dans la boîte à merveilles leur parle à travers desruelles de Fès, de par son enfance et sa marocanité, grâce à la rencontre admiseou refusée avec notre réalité, avec notre quotidien. Nous rappelons que la qualité des œuvres n’est pas remise en question, maisc’est juste que ce programme manque terriblement de réalisme.Il correspondrait plutôt à une formation de littéraires, de vrais littéraires on veutdire, destinés à des études universitaires dans cette branche.Ainsi dans le programme du tronc commun, nous commençons toutnaturellement par des extraits de textes, puis nous passons aux nouvelles et nousdevrions finir l’année par aborder une pièce de théâtre en guise d’œuvre un peuplus consistante et de façon à englober les principaux genres littéraires. Toutcela tient parfaitement la route ! Mais c’est sans compter sur les énormesdifficultés que pose Le bourgeois gentilhomme, qui par la souffrance qu’il
  4. 4. inflige aux élèves et aux professeurs est loin d’être gentil. C’est une comédie, çava de soi, sauf que presque jamais les élèves ne rient. Elle ne respecte pas lecritère du niveau, la langue utilisée étant trop difficile pour un élève de tronccommun (on ne parle même pas ici des élèves des zones rurales).Deux problèmes importants demeurent particulièrement préoccupants : d’unepart le déphasage linguistique entre le secondaire où l’essentiel desenseignements se fait en langue arabe et le supérieur où l’arabisation n’aconcerné qu’une partie des sciences humaines à l’exclusion des autres champsscientifiques, technologiques et professionnels, d’autre part entre la langued’enseignement qui est l’arabe et les langues exigées dans la vie professionnelle.Nous reconnaissons également qu’il n y a pas que l’enseignement du françaisqui souffre de ces difficultés, les autres disciplines ont presque les mêmesmaux, d’ailleurs tout le monde s’accorde à dire que notre l’étatd’enseignement n’est pas bonA notre sens, nous pensons que l’un des problèmes majeurs qui entrave le bondéroulement de l’action pédagogique de notre enseignement est la gestion desressources humaines souvent influencée par le système politique et éducatif.Nous citons dans ce sens, l’exemple de ce qu’on appelle communément : « lesaffectations ministérielles directes », beaucoup d’enseignants sont affectésdans les différents cycles d’enseignement sans avoir fait de formations aupréalable. Ils se trouvent dans des classes, un champ d’expérimentation ;d’autres enseignants considérés comme des bouche – trous, le plus souventdes instituteurs appelés à la hâte pour enseigner au secondaire qualifiant etbonjour l’improvisation !!L’essentiel pour l’administration c’est qu’il y a un enseignant qui s’occuped’une classe et qu’importe la qualité !S’ajoute à cela, les différentes méthodes élaborées, et le passage d’une méthodeà une autre ou est ce peut être c’est l’effet de la mondialisation ou le brassagedes cultures comme a dit M. Tenkoul lors de l’ouverture de ce colloque ?Un autre problème relié à cette pratique c’est l’absence quasi-totale del’encadrement pédagogique, nous observons le nombre très réduit desinspecteurs censés accompagner les nouvelles recrues. Il y a beaucoupd’enseignants qui n’ont pas vu l’inspecteur depuis 3 ou 4 ans et ne savent àquel saint se vouer lorsqu’ils auront besoin d’un conseil.
  5. 5. Il existe d’autres problèmes que nous ne pouvons pas citer vu le temps qu’ilnous est imparti. Mais ils affectent beaucoup le bon déroulement de l’actionpédagogique. Une remise en question de la gestion de nos ressources humainesest urgente.Et partons du bilan publié par la Commission Spéciale Éducation - Formationdans le rapport qui clôture son mandat et qui contient une évaluation détailléedes quatre premières années de la Réforme.La question des langues est communément reconnue comme un facteurstructurel de la crise de l’école en raison de l’incohérence des choix qui ontlongtemps prévalu aussi bien en matière de « langues d’enseignement » qu’enmatière « d’enseignement des langues » ; des choix qui se sont traduits le plussouvent par une faible maîtrise des langues par les élèves et les étudiants. Que cesoit la langue arabe, ou les autres langues étrangère, le niveau linguistique desétudiants reste globalement faible tant au niveau de l’écrit que de l’expressionorale.Après près de huit années d’application des nouveaux programmes, lesévaluations et les tests effectués aux différents niveaux et cycles du systèmeattestent toujours d’une faible maîtrise des languesLes jeunes diplômés qui manquent de maîtrise en langue française ont desdifficultés à sintégrer sur le marché de lemploi, car le français joue un rôleencore important dans les affaires comme dans ladministration.En guise de conclusion, nous pensons que l’enseignement du texte littérairedevra être clairement établi pour la société, le professeur et l’école, les objectifsdevront être clairs et réalistes, reste encore une étape à franchir et surtout àréussir pour que l’opération soit un succès, Il s’agit de la mise en œuvre de cetenseignement, en d’autres termes, des méthodologies d’approche des œuvreslittéraires. Ces dernières étant adaptables en fonction de l’objet del’enseignement et des objectifs.Aborder un texte littéraire c’est ne pas rester limiter à la thématique c’est aussisensibiliser les apprenants aux différents style d’écriture car la littérature c’estsensibiliser l’élève à la beauté de la langue.
  6. 6. Les enseignants, armés d’outils, devront faire l’effort d’adapter les œuvreslittéraires (dans une certaine marge de manœuvre bien déterminée) aux réalitésde leurs classes.Les enseignants du secondaire sont appelés à user du texte littéraire, il faut qu’ilsapprennent d’abord à en jouir. Car, disons- le, même si cela doit paraîtreévident, le plaisir de lire s’acquiert et se transmet et il constitue indéniablementla source première et continue de l’esprit de découverte et du contrôle actif desconnaissances.

×